Sommaire - Vincent Serreau

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Sommaire - Vincent Serreau
/ Sommaire
Éditos / p.2
Calendrier / p.8
Informations pratiques / p.10
Nevrotik Hôtel / p.12
L’Opéra de Quat’Sous / Weill-Brecht / p.21
Le Frigo / Copi / p.31
Caligula / Albert Camus / p.37
Brasseur et « Les Enfants du Paradis » / p.43
Richard II / Shakespeare / p.46
Monsieur de Pourceaugnac / Molière-Lully / p.55
Le Chat Botté / Charles Perrault / p.60
Kvetch / Steven Berkoff / p.62
The Servant / Robin Maugham / p.69
Une Leçon d’histoire de France / p.74
Ulysse(s) / D’après James Joyce / p.78
Pour Louis de Funès / Valère Novarina / p.83
Le Cinéma en chansons / p.86
La Traviata / Verdi / p.91
La Périchole / Offenbach / p.101
Les Cantates / Bach / p.108
La Petite Messe Solennelle / Rossini / p.112
Musique russe / Rimski-Korsakov - Glinka / p.120
Trio à cordes / Beethoven, Schubert, Dohnányi / p.124
Accord’Orient Quartet / p.130
Splendeurs d’Andalousie / p.132
Musiques Brésiliennes / p.136
New Orleans Jazz at the Usine / p.140
Autour des spectacles / p.144
Les Entretiens de Figeac, Théâtre de l’Archicube,
Les Rendez-vous Off Gratuits,
lectures, expositions...
L’orchestre et le chœur du Festival de Saint-Céré / p.165
L’équipe / p.167
Le Club Entreprises / p.169
Les Partenaires / p.170
La Scène Conventionnée / p.172
Les tournées 16/17 / p.174
La Saison 16/17 / p.176
1
/ Éditos
Un projet : deux festivals
C
et été nous vous offrons un festival de masques !
Le spectacle est un lieu d’apparence et d’artifice qui est le moyen de découvrir
ce qu’il y a au-delà : la « farce » sociale et la « face » intérieure.
Avec Le Frigo d’un auteur-illusionniste, La Traviata qui se dépouille de son habit social,
Richard II qui jette son masque de roi, Monsieur de Pourceaugnac qui porte le grotesque
sur son masque, Michel Fau qui touche des vérités en se « grimant », Pierre Brasseur
qui choisit la parole contre le mime, La Périchole qui travestit ses origines par arrivisme,
Brecht qui utilise les clichés bourgeois, Caligula qui se déguise en Dieu, nous voilà
mélangeant allègrement musique, théâtre, chant au service de cette traversée des
apparences.
Cet été traduit joyeusement ou tragiquement le monde des illusions et fait voir sous
le fard des clichés et des conventions l’épaisseur charnelle des êtres humains...
Saint-Céré et Figeac 2016 c’est la fête d’un théâtre incarné et d’une musique sensuelle.
Michel Fau & Olivier Desbordes
Directeurs artistiques
A
vec le temps le Festival de Théâtre de Figeac et le Festival d’Opéra de Saint-Céré
se rapprochent et s’organisent pour proposer une saison d’été pouvant satisfaire tous ceux qui veulent en profiter pour découvrir d’autres auteurs, d’autres
artistes et d’autres mises en scène.
Après des années à la Halle des Sports de Saint-Céré, le nouveau Théâtre de l’Usine
que beaucoup vont découvrir est une salle magnifique. Au-delà des spectacles de
la saison d’hiver, il a déjà permis à des compagnies d’être leur résidence de création
pour une partie des spectacles que vous allez voir. Ne manquez pas d’y faire un tour
car il complète l’espace Mitterrand, le château de Castelnau et nos autres sites dans
ce mélange de modernité et tradition qui nous est cher.
Cette année nos festivals sont éclectiques et s’interpénètrent pour mieux répondre
à vos attentes. Ils présentent des œuvres variées qui permettent de découvrir toutes
les facettes de leurs arts. Figeac vous offre tous les styles de théâtre et d’auteurs, du
monologue au classique et à la comédie-ballet. Saint-Céré vous plonge dans l’opéra
classique ou moderne, l’opérette ou la musique qu’elle soit classique ou venue d’ailleurs
sans oublier les chansons de cinéma.
Profitez pleinement de ces jours de bonheur artistique et musical.
Alain Juillet
Président du CNPTTM
2
R
ayonnant chaque été dans le Département du Lot, les deux festivals, celui de
Saint-Céré avec l’art lyrique et celui de Figeac avec le théâtre, donnent vie au
patrimoine en y proposant une programmation brillante. Ces deux rendez-vous
artistiques, maintenant réunis au sein d’une même famille d’artistes ayant une passion
commune pour le spectacle, ne font plus qu’un seul festival.
La Scène, conventionnée et soutenue par l’État pour le théâtre et le théâtre musical,
est désormais porteuse de l’unité du projet artistique. Elle nous propose cette année
un large choix d’œuvres, dont de nombreuses créations, plusieurs de celles-ci étant
travaillées au Théâtre de l’Usine.
Ces créations portent la vitalité artistique de notre territoire et favorisent la présence
d’artistes et de professionnels du spectacle en milieu rural. Elles partiront plus tard en
tournée en France et à l’étranger, participant ainsi au rayonnement culturel de notre
département et de notre grande région.
Il est audacieux pour un festival de proposer autant de nouvelles productions, mais
aussi de donner l’opportunité à des jeunes artistes de bénéficier d’une insertion professionnelle dans des projets passionnants. Je salue avec joie cette ouverture d’esprit,
cette modernité et cette remarquable capacité d’adaptation.
Ce festival unifié nous prouve une fois de plus que ni le théâtre ni l’opéra ne sont l’exclusivité d’une quelconque catégorie sociale ou d’une génération particulière. Tout
est fait ici pour élargir le public par des concerts ouverts à tous, des lectures, un stage,
un tremplin, une exposition… L’éducation artistique et culturelle tout au long de la vie
est une voie pleine d’avenir, tout autant pour le patrimoine que pour la création. C’est
une des richesses de notre pays et une chance pour tous nos concitoyens.
Ainsi, avec un public toujours plus nombreux et plus diversifié, ce festival est un rendezvous à ne pas manquer, un moment que l’on ne saurait oublier de convivialité, de
bonheurs artistiques et de partages.
Catherine Ferrier
Préfète du Lot
C
e que réalisent les Festivals de Théâtre de Figeac et d’Art Lyrique de Saint-Céré
est exemplaire à plusieurs titres. Diffuser la culture dans tous les territoires est
déjà un défi. Mais faire de ces territoires non seulement des lieux de diffusion
culturelle, mais des espaces de création, là est véritablement la promesse chaque année
renouvelée et tenue par les équipes dirigées par Olivier Desbordes et Michel Fau.
Les Festivals de Théâtre et d’Art Lyrique de Figeac et de Saint-Céré sont un projet
commun pour lequel ils ont choisi de faire ensemble, de ces trois semaines à cheval
sur la fin juillet et le début du mois d’août, un point d’orgue, un événement culturel
d’ampleur nationale dans le Département du Lot.
Près de 25 000 personnes répondent chaque année à cette invitation à découvrir des
lieux patrimoniaux exceptionnels dans lesquels se tiennent les représentations.
Soutenir la culture comme la Région s’y est engagée, c’est développer partout une
culture vivante, diversifiée, à la fois exigeante d’un point de vue artistique et accessible
au plus grand nombre.
Je souhaite à toutes et à tous de belles découvertes lors de ces deux festivals.
Carole Delga
Ancienne ministre
Présidente de la Région Languedoc-Roussillon Midi-Pyrénées
3
/ Éditos
L
e Festival de Théâtre de Figeac, et celui d’Opéra de Saint-Céré, se donnent une
nouvelle fois la réplique cet été.
À la faveur d’une programmation misant sur l’éclectisme, en musique et sur les
planches, les grands classiques se mêlent aux créations originales.
Unique en son genre, ce festival à « double-face » est l’occasion pour tous, Lotois et visiteurs, de saisir un instant toute la diversité et la richesse des expressions artistiques,
et de les lier entre elles.
Pour élargir encore ses horizons et mettre en perspectives l’ampleur du patrimoine
culturel Lotois, le Festival et les musées du Département ont établi cette année un
partenariat faisant bénéficier les festivaliers de tarifs préférentiels à l’entrée de nombreuses expositions locales.
L’action départementale a ainsi placé au centre de ses priorités la Culture, en se fixant
pour objectifs de la promouvoir, la soutenir et surtout de garantir son accès pour tous.
La rénovation du Théâtre de l’Usine, haut-lieu de création artistique situé au cœur de
l’événement et à la symbolique locale forte, est une des illustrations de ces engagements.
Moment d’esprit, de jeu, de convivialité et de fête, je souhaite que ce Festival soit pour
chacun l’occasion de se réunir, se rencontrer et de partager ensemble un moment
d’émotion en terre lotoise.
Bon Festival à tous !
Serge Rigal
Président du Département
É
vénement majeur de la ville, le Festival de Théâtre prend ses quartiers à Figeac
du 22 juillet au 4 août. Beaucoup d’attentes de la part des festivaliers pour
cette 16ème édition. Attentes qui vont être comblées par une programmation
exceptionnelle et par 6 créations et coproductions de la Scène Conventionnée pour
le Théâtre et Théâtre Musical – Figeac / Saint-Céré dirigée par Olivier Desbordes et
Michel Fau et des compagnies nationales et régionales : Nevrotik-Hôtel, Le Frigo,
L’Opéra de Quat’Sous, Caligula, Monsieur de Pourceaugnac, Le Cinéma en chansons.
Sans oublier les apéros-rencontres qui sont plébiscités, car ce sont des moments forts
d’échanges entre artistes et festivaliers.
Je rappelle que cette manifestation culturelle permet d’accueillir à Figeac plus de 10 000
spectateurs. Outre sa mission de démocratisation de la culture, de mixité sociale, son
rôle économique n’est plus à démontrer. Enfin, je tiens à remercier les Amis du Festival
de Théâtre, cette association qui est désormais incontournable sur le festival. Je salue
également les intermittents du spectacle, métier de vocation qui implique d’importantes
concessions, et sans qui il n’y aurait pas de festival.
Alors bon festival à tous !
André Mellinger
Maire de Figeac
Vice-Président du Département du Lot
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U
/ Éditos
ne étape supplémentaire est encore franchie pour le Festival de Saint-Céré. En
effet, avec la mise en service des nouvelles salles de l’Usine grâce au Département et l’école de musique à disposition du festival par Cauvaldor, dont ils
doivent être remerciés sincèrement, le nouvel ensemble en cas de repli à cause de
mauvais temps sera un énorme avantage pour la réception des festivaliers. Je souhaite,
bien entendu, un temps le plus clément possible car le château de Castelnau offre un
cadre incomparable, mais les nouvelles installations plébiscitées par le public hivernal
offre un professionnalisme encore plus évident et en cas de repli, le public ne pourra
qu’admirer et profiter des nouveaux bâtiments.
Les représentations données seront encore remarquables et présentent une palette
diversifiée de grande qualité. Je souhaite à l’équipe d’Olivier Desbordes et au public
une excellente saison d’été à Saint-Céré avec la possibilité d’assister aussi à Figeac à
des spectacles variés et comme d’habitude de haut niveau.
Alors bienvenue à tous à Saint-Céré, Figeac et en vallée de la Dordogne.
Pierre Destic
Maire de Saint-Céré
Vice-Président de la Communauté de Communes Causses et Vallée de la Dordogne
D
ans l’authenticité et la richesse des lieux patrimoniaux de Cahors et du Grand
Cahors, Cahors donne de la voix, la déclinaison Cadurcienne du Festival de
Saint-Céré prend place pour une dizaine de jours cet été. La Cour de l’Archidiaconé,
l’Église de St Barthélémy, le Théâtre ou encore le château de Labastide-Marnhac ou
l’Église de Catus deviennent le siège de la musique sous différentes formes.
Le festival Cahors donne de la voix est un festival de création, ouvert et accessible à
tous. Le programme 2016 ne déroge pas à cette ligne avec une Périchole haute en
couleurs qui dénonce la velléité du pouvoir face à l’amour triomphant, des musiques
andalouses, russes et orientales prêchent l’ouverture culturelle ou encore Éric Perez
qui rend un vibrant hommage aux actrices du cinéma. De grands classiques seront
également mis en lumière comme la Petite Messe Solennelle de Rossini ou des Cantates
de Bach. La programmation place le chant et la musique dans un engagement artistique ; un engagement communément porté par Olivier Desbordes, à la direction, et
par les artistes. À l’image d’une politique locale de territoire qui s’attache à diffuser la
culture, Cahors ouvre la porte à la voix humaine !
Jean-Marc Vayssouze-Faure
Maire de Cahors
Président du Grand Cahors
Culture et tourisme liés
C
’est une grande chance pour notre territoire que de posséder aujourd’hui l’une
des plus belles manifestations culturelles de France. L’une des plus imaginatives,
rayonnantes et talentueuses. Opéra-théâtre. On baptise parfois « festivals » des
rencontres faites exclusivement de reprises et d’achat de spectacles. La démarche est
nécessaire. Créer coûte cher. Et créer sans revendre ne peut durer longtemps. Mais
un « festival » sans création est-il réellement un « festival » ?
Je ne le crois pas. En tout cas, je suis infiniment convaincu que celui qui crée et qui
diffuse mérite une attention particulière de la part de ceux dont l’une des missions est
le soutien à la culture.
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/ Éditos
Plusieurs créations vont encore marquer les rencontres de cet été. Je formule le vœu
qu’elles portent loin la renommée de Saint-Céré et de Figeac, comme d’autres, celles
d’Avignon, d’Aix-en-Provence, Fréjus, Montpellier ou du festival d’Anjou, dans des
domaines et à des stades différents de développement.
Mais n’hésitons pas. Exprimons-nous. Ce que nous offrent Olivier Desbordes et Michel
Fau, leurs amis et partenaires, s’inscrit bien dans cette lignée. Culture et tourisme liés,
ce que nous ne devons jamais cesser de dire et redire.
Martin Malvy
Ancien Ministre
Président du Grand-Figeac
L
es festivals sont un des éléments forts de notre attractivité touristique lotoise.
Le Festival de Saint-Céré associe grands sites patrimoniaux de la Vallée de la
Dordogne et création artistique permettant pour un public large de vivre sur
notre vallée et nos causses une partie de leurs vacances.
L’image nationale du festival de Saint-Céré s’associe à notre projet touristique qui se partage entre patrimoine bâti, paysages, culture vivante, patrimoine traditionnel et agricole.
Puis au-delà de l’été, à travers le Théâtre de l’Usine, le Festival n’oublie pas nos jeunes,
le public de nos villages pour participer ainsi à l’attractivité et au bien vivre.
La culture « vivante » crée un lien entre toutes et tous, participe à notre identité, fédère
et réunit !
Gilles Liébus
Président de Cauvaldor.
C
haque été, dans le Lot et même au-delà, il est des festivals attendus par chacune
et chacun d’entre nous ; les Festivals de Figeac et de Saint-Céré en juillet et
août sont de ceux-là.
Leur programmation respective, dévoilée en début d’année, est toujours guettée
avec impatience. La qualité et la diversité des différents spectacles proposés, dans
un environnement patrimonial et architectural riche et unique, ne cessent de nous
surprendre, de nous éblouir, de nous enthousiasmer.
Voilà donc, au cœur de l’été, la présentation décentralisée de nombreuses œuvres
musicales et pièces théâtrales entre vallée de la Dordogne lotoise et territoire figeacois.
J’ai déjà écrit et dit ma conviction que la culture, au sens large du terme, s’inscrit pleinement dans une démarche de mise en valeur des territoires et qu’elle constitue un
véritable outil de développement local et de cohésion sociale. Aujourd’hui, nous en
avons besoin, encore plus qu’hier.
Par notre participation et notre enthousiasme, nous témoignons à Olivier Desbordes et à
Michel Fau, à toute l’équipe qui les entoure, notre attachement à ces deux rendez-vous
emblématiques de l’été, dont la renommée transcende les limites de notre Département
et de notre Région.
/ Éditos
Un festival qui a le goût et la capacité d’innover
C
haque été, le Festival de Saint-Céré est un rendez-vous immanquable pour les
nombreux amateurs de musique classique et de chant lyrique. Cette année, le
festival fait à nouveau cause commune avec celui de Figeac, célébrant ainsi les
noces de l’art lyrique et du théâtre musical.
Depuis plus de 30 ans, le festival de Saint-Céré fait preuve, édition après édition, de
sa grande capacité à innover, notamment en proposant ses propres créations, appelées
à être présentées sur toutes les scènes de France.
Le festival a également été avant-gardiste en développant des partenariats avec
notre Département. Chaque année, des spectacles sont « décentralisés » vers la
Corrèze, donnant l’occasion à nos concitoyens de découvrir des artistes reconnus
et des jeunes chanteurs lyriques prometteurs... C’est ainsi que du 2 au 11 août, les
programmateurs lotois ont choisi l’Église et le Château de Curemonte, et l’Abbatiale
de Beaulieu-sur-Dordogne pour accueillir des concerts qui offriront aux Corréziens
l’occasion d’écouter aussi bien des musiques brésiliennes qu’un trio à cordes et un
quartet oriental.
Cette volonté d’ouverture, musicale mais aussi géographique, témoigne de la bonne
santé d’un festival qui fête cette année sa 36ème édition.
Pascal Coste
Président du Conseil départemental de la Corrèze
P
remier opérateur culturel dans le domaine de la gestion des monuments historiques
ouverts au public, le Centre des monuments nationaux est heureux d’associer son
nom aux grands événements musicaux qui ponctuent la saison estivale. À ses
nombreux visiteurs amateurs d’architecture et d’histoire, il offre ainsi, grâce à ces partenariats nombreux, la possibilité d’associer à la découverte du patrimoine d’autres
formes de culture, musique, danse, théâtre, lectures. Ces moments festifs sont une
manière différente pour chacun de s’approprier ce patrimoine. Ils sont riches d’émotions,
de fantaisies et d’étonnements.
Au château de Castelnau-Bretenoux, le festival de Saint-Céré honore la mémoire des
lieux marqués par l’art lyrique. Le ténor Mouliérat qui, en son temps, fut un Alfredo
convaincant dans La Traviata de 1889 à l’Opéra-Comique, n’aurait osé imaginer, dans
la cour de son château, retrouver l’une des œuvres qu’il interprétait avec brio. Le lien
entre histoire et spectacle vivant est ainsi renoué depuis plus de trois décennies pour
des soirées sous les étoiles, où du décor, de la musique et des artistes, tout participe
à faire de la culture une fête.
Philippe Bélaval
Président du Centre des monuments nationaux
Jean Launay
Député du Lot
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/ Calendrier
/ Calendrier
Mercredi 3 août
Le Cinéma en chansons
20h / Salle Charles Boyer, l’Astrolabe - Figeac
Samedi 30 juillet
21h / Espace Mitterrand - Figeac
19h / Salle Charles Boyer, l’Astrolabe - Figeac
Nevrotik-Hôtel
Samedi 23 juillet
Les Entretiens de Figeac
14h30 / Jardins de la Mairie - Figeac
Archicube
18h30 / Salle Charles Boyer, l’Astrolabe - Figeac
L’Opéra de Quat’Sous
21h30 / Espace Mitterrand - Figeac
Dimanche 24 juillet
Le Chat Botté - Jeune public
The Servant
21h / Espace Mitterrand - Figeac
Le Cinéma en chansons
21h / Cour de l’Archidiaconé - Cahors
Dimanche 31 juillet
Une Leçon d’Histoire de France :
de l’an Mil à Jeanne d’Arc
18h / Salle Balène - Figeac
Le Cinéma en chansons
Une Leçon d’Histoire de France :
de 1515 au Roi Soleil
Brasseur et « Les Enfants du Paradis »
Monsieur de Pourceaugnac
20h / Salle Charles Boyer - l’Astrolabe - Figeac
21h45 / Espace Mitterrand - Figeac
Lundi 25 juillet
20h / Salle Balène - Figeac
21h30 / Espace Mitterrand - Figeac
La Traviata
21h30 / Château de Castelnau-Bretenoux
Mardi 9 août
La Traviata
21h30 / Théâtre de l’Usine - Saint-Céré
21h30 / Château de Castelnau-Bretenoux
La Petite Messe Solennelle de Rossini
21h / Église St Barthélémy - Cahors
Jeudi 4 août
Le Frigo - Copi
Les Cantates de Bach
21h / Théâtre de l’Usine - Saint-Céré
Vendredi 5 août
La Traviata
Accord’Orient Quartet
Richard II - Shakespeare
21h / Espace Mitterrand - Figeac
Jeudi 28 juillet
Pour Louis de Funès
20h / Salle Balène - Figeac
Nevrotik-Hôtel
21h30 / Espace Mitterrand - Figeac
Vendredi 29 juillet
21h / Cour de l’Archidiaconé - Cahors
21h / Église Ste Spérie - Saint-Céré
Mardi 2 août
Caligula - Camus
19h30 / Théâtre de l’Usine - Saint-Céré
L’Opéra de Quat’Sous
21h30 / Théâtre de l’Usine - Saint-Céré
Accord’Orient Quartet
21h / Abbatiale - Beaulieu-sur-Dordogne
21h45 / Espace Mitterrand - Figeac
21h30 / Château de Castelnau-Bretenoux
Trio à cordes / Schubert, Beethoven,
Dohnanyi
21h / Église - Curemonte
Splendeurs d’Andalousie
L’Opéra de Quat’Sous
Musique Russe /
Quintette pour piano et vents
21h45 / Espace Mitterrand - Figeac
New Orleans Jazz at the Usine
Dimanche 7 août
Caligula - Camus
19h30 / Salle Charles Boyer, l’Astrolabe - Figeac
Les Cantates de Bach
19h30 / Salle Charles Boyer, l’Astrolabe - Figeac
Monsieur de Pourceaugnac
21h / Cour de l’Archidiaconé - Cahors
Musique Russe /
Quintette pour piano et vents
21h / Église - Floirac
21h30 / Château de Castelnau-Bretenoux
La Petite Messe Solennelle de Rossini
Mercredi 27 juillet
Richard II - Shakespeare
21h30 / Espace Mitterrand - Figeac
Accord’Orient Quartet
21h / Église, Catus
21h30 / Espace Mitterrand - Figeac
20h / Salle Balène - Figeac
L’Opéra de Quat’Sous
Jeudi 11 août
Splendeurs d’Andalousie
21h / Église St Barthélémy - Cahors
Pour Louis de Funès
21h / Jardin du musée - Saint-Laurent-les-Tours
21h30 / Château de Castelnau-Bretenoux
Musique Russe /
Quintette pour piano et vents
20h / Salle Charles Boyer - l’Astrolabe - Figeac
Musiques Brésiliennes
21h30 / Théâtre de l’Usine - Saint-Céré
(Bus depuis Saint-Céré)
Samedi 6 août
Mardi 26 juillet
21h / Église - Loubressac
21h30 / Espace Mitterrand - Figeac
L’Opéra de Quat’Sous
Lundi 1 août
Trio à cordes / Schubert, Beethoven,
Dohnanyi
Mercredi 10 août
Nevrotik-Hôtel **
Le Frigo - Copi
21h / Salle Charles Boyer, l’Astrolabe - Figeac
er
La Périchole
20h / Salle Charles Boyer, l’Astrolabe - Figeac
(dans le cadre du Festival de musique sacrée
de Rocamadour)
20h30 / Basilique Saint-Sauveur - Rocamadour
Ulysse(s)
21h / La Salmière (source) - Miers/Alvignac
Kvetch
21h45 / Espace Mitterrand - Figeac
Vendredi 22 juillet
Musiques Brésiliennes *
La Traviata **
(Bus depuis Figeac)
Splendeurs d’Andalousie *
21h / Église - Saint-Michel de Bannières
21h / Parc du Château - Carennac
Lundi 8 août
21h / Jardins du musée - Saint-Laurent-les-Tours
21h / Château - Labastide-Marnhac
Trio à cordes / Schubert, Beethoven,
Dohnanyi
La Traviata
Musiques Brésiliennes
21h / Château - Curemonte
Splendeurs d’Andalousie
21h / Parc du Château - Labastide-Murat
Vendredi 12 août
La Périchole
21h / Théâtre - Cahors
Le Cinéma en chansons
21h / Château - Cavagnac
Trio à cordes / Schubert, Beethoven,
Dohnanyi
21h / Abbatiale - Beaulieu-sur-Dordogne
Samedi 13 août
La Traviata
21h30 / Château de Castelnau-Bretenoux
Le Cinéma en chansons
21h / Château - Aynac
Dimanche 14 août
New Orleans Jazz at the Usine
19h30 / Théâtre de l’Usine - Saint-Céré
L’Opéra de Quat’Sous
21h30 / Théâtre de l’Usine - Saint-Céré
* à Saint-Michel-de-Bannières et la Salmière - Miers/Alvignac, des visites guidées sont organisées par le Pays d’Art
et d’Histoire à 19h les soirs de concert
** un bus Figeac/Saint-Céré est prévu pour ces spectacles
8
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/ Informations pratiques
/ Informations pratiques
Nouveauté 2016 : Prenez le bus pour aller au spectacle : 5€ l’aller-retour, réservations obligatoires.
De Saint-Céré à Figeac : Nevrotik Hôtel le 4 août à l’Espace Mitterrand de Figeac –
21h30, rendez-vous place de la République de Saint-Céré à 20h.
De Figeac à Saint-Céré : La Traviata le 7 août au château de Castelnau-Bretenoux –
21h30, rendez-vous place du Foirail à Figeac à 20h.
/ Festival de
Théâtre de Figeac
/ Festival
de Saint-Céré
Une journée au festival
Réservations
11h30 : les Apéros-Rencontre
avec les artistes
18h : Lectures entrée libre
19h30 ou 20h : premier spectacle de la soirée
(voir horaires particuliers sur le site)
21h30 ou 21h45 : second spectacle
de la soirée
​
Un petit train effectue une navette gratuite entre
la salle Balène, l’Astrolabe et l’Espace Mitterrand,
entre les deux spectacles de la soirée.
Tous les soirs de spectacles, la librairie Champollion
vous propose des ouvrages en lien avec la programmation.
Restauration
Tous les jours, avant et après les spectacles,
l’équipe du festival vous accueille au pied de
l’Espace Mitterrand à l’Entrée des artistes, bar
et restauration légère.
Réservations
En ligne : www.festivaltheatre-figeac.com
Par téléphone : 05 65 38 28 08
et 09 72 55 12 20 (à partir du 12 juillet)
Sur place : À la boutique du festival à partir du 12
juillet - 6 rue Séguier (à 20m de la Place Champollion) Du lundi au samedi de 10h à 12h30 et
de 14h à 18h30.
Les dimanches 24 et 31 juillet de 10h à 13h.
(Avant le 12 juillet : Service Culturel du Grand
Figeac : 05 65 34 24 78 ou Office de Tourisme
du Pays de Figeac : 05 65 34 06 25)
10
En ligne : www.festival-saint-cere.com
Par téléphone : 05 65 38 28 08
Par le réseau Fnac, Carrefour, Géant
0892 68 36 22 (0,34€/min) - www.fnac.com
Sur place : billetterie du théâtre de l’Usine,
18 avenue du Docteur Roux, 46400 Saint-Céré
Du lundi au vendredi de 10h à 12h30
et de 14h à 17h30.
Le samedi de 10h à 12h30 et de 14h à 16h.
Le dimanche de 10h30 à 12h30.
Pour les spectacles du Grand Cahors, des places
sont disponibles à la vente à l’Office de tourisme
de Cahors.
Restauration
Paniers-repas sur réservation les soirs de La Traviata
au château de Castelnau-Bretenoux, à 20h.
NOUVEAUTÉ : Tous les jours du 22 juillet au
14 août à partir de 18h et jusqu’en fin de soirée
après les spectacles, au Théâtre de l’Usine à
Saint-Céré, bar et restauration légère. Après les
spectacles, retrouvez l’équipe et les artistes autour
d’un verre !
Exposition d’art Contemporain
Charlotte Charbonnel exposera du 1er au 14 août
à la maison des Consuls de Saint-Céré et Laure
Bonnefous au Théâtre de l’Usine à Saint-Céré.
Anne Touquet sera accueillie à l’Espace Orlando
de Saint-Jean-Lespinasse. (cf p. 159)
Le Festival OFF
Festival OFF gratuit, dates et renseignements à
la billetterie ou au 05 65 38 28 08. (cf page 159)
/ Le festival élabore une démarche
éco-responsable :
Communication responsable
* Nos imprimeurs travaillent avec du papier PEFC et des encres végétales.
* La réalisation des missions d’information est faite de manière éthique, respectueuse.
* Nous valorisons de plus en plus les supports numériques et une communication ciblée.
Restauration
* Les producteurs locaux sont des partenaires du festival depuis plusieurs années, foie gras, canard,
fromages de chèvre, vin.
* La restauration des artistes et des équipes est issue de circuits courts et partiellement de l’agriculture
biologique, en partenariat avec les Fermes de Figeac.
* Les boissons au bar du festival, sont servies en éco-cups.
Transports
* Pour faciliter la circulation du public, d’un site à l’autre de nos festivals et compte tenu d’une offre
en transports en commun inadaptée, nous proposons depuis cette année l’organisation de bus
entre Figeac et Saint Céré certains soirs de spectacle.
/ Les Replis
Figeac
Les apéros et les lectures
Jardin des Écritures
En cas de repli, la lecture et les apéros seront
donnés à la Salle Balène à Figeac.
Saint-Céré
Si les replis ne sont pas précisés ci-dessous, les
spectacles sont maintenus sur le site dans un
lieu couvert.
La Traviata - Château de Castelnau-Bretenoux
En cas de repli, le spectacle sera donné le soir
même au Théâtre de l’Usine de Saint-Céré à
21h45 où les repas seront servis à 20h30.
Le Cinéma en chansons
En cas de repli le soir de Cahors, le spectacle
sera donné le soir même au Théâtre de Cahors.
En cas de repli le soir d’Aynac, le spectacle sera
donné le soir même dans une salle du château
d’Aynac.
Musique Russe
En cas de repli le soir de Cahors, le spectacle
sera donné le soir même au Théâtre de Cahors.
En cas de repli le soir de Saint-Laurent-Les-Tours,
le spectacle sera donné le soir même au Théâtre
de l’Usine de Saint-Céré.
Splendeurs d’Andalousie
En cas de repli le soir de Carennac, le spectacle
sera donné le soir même au Cloître de Carennac.
En cas de repli le soir de Labastide-Murat, le
spectacle sera donné le soir à l’église de Labastide-Murat.
Musiques brésiliennes
En cas de repli le soir de la source Salmière à
Miers-Alvignac, le spectacle sera donné le soir
même dans le chapiteau de la Source Salmière
à Miers-Alvignac.
En cas de repli le soir de Saint-Laurent-Les-Tours,
renseignements sur les panneaux d’affichage,
sur les sites internet, les facebook ou à la billetterie
au 05 65 38 28 08
En cas de repli le soir de Curemonte, le spectacle
sera donné le soir même à l’église de Curemonte.
Trio à cordes
En cas de repli le soir de Labastide-Marnhac,
le spectacle sera donné le soir même dans une
salle du château de Labastide-Marnhac
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/ Nevrotik-Hôtel
/ Note d’intention de Michel Fau
Arthur Rimbaud disait : « Rien n’est beau que le faux, le faux seul est aimable ».
Une certaine théâtralité factice me fascine, me fait rire et m’inquiète… Je veux continuer
mon travail sur le travestissement et sur la voix transformée, mais par des chemins
différents… À partir de chansons inédites de Michel Rivgauche et d’autres, sur des
musiques mélancoliques et raffinées de Jean-Pierre Stora, j’ai demandé à Christian
Siméon d’inventer un conte maléfique et pathétique… Vous allez assister à l’étrange
histoire d’une vieille dame dévastée par la vie, seule dans une chambre d’hôtel en
bord de mer, qui propose à un joli groom agaçant un contrat funèbre et délicat…
Cela ressemble à une vertigineuse mise en abîme des clichés humains, mais c’est
aussi un hommage décalé et poignant à la grande chanson française.
En compagnie du charismatique Antoine Kahan, je vais tenter d’incarner la vérité de
l’artifice…
Jean Genet disait : « Ma vie visible ne fut que feintes bien masquées ».
Michel Fau
/ Note d’intention
de Christian Siméon, auteur
Qui a vu L’impardonnable revue pathétique et dégradante de Monsieur Fau ou Le
récital emphatique, ou les errances de tante Geneviève et autres incarnations dans les
grands spectacles d’Olivier Py, comprendra ce que je veux dire.
Il existe un personnage inventé, unique et bouleversant, chanteuse approximative mais
Diva Assoluta, souvent de mauvaise humeur, image d’une sophistication pompidolienne,
que dis-je, giscardienne, petite cousine de Gwynneth Jones, Régine Crespin et Léonie
Rysaneck, bête de scène dans son acception la plus dévastatrice, capable de danser
la danse des sept voiles et de chanter l’air de Dalila tout en draguant outrageusement
son pianiste, imperméable à tout doute et sûre d’un pouvoir d’attraction sexuel dévastateur et échevelé, une artiste jamais vulgaire, jamais perdante, que rien ne rebute, rien
n’arrête, qui peut interpréter Massenet, Bizet et Carla Bruni dans le même spectacle
(elle est la seule au monde à pouvoir faire cela) et qui hante les scènes de France les
plus chanceuses.
Je dois à cette Ava Gardner insolente et mezzo soprano revue par Dubout parmi mes
plus jubilatoires émotions de spectateur.
Cet être virtuel existe, Michel Fau l’incarne au gré de ses envies et chaque fois à ma
plus grande stupéfaction.
Il y a des choses auxquelles on ne s’habitue pas.
Alors lorsque Michel Fau m’a proposé de prendre en charge, pour cette grande dame
du chant lyrique (bon, ici du chant réaliste, elle peut vraiment tout faire) qu’il incarne
de manière ahurissante, une machinerie théâtrale, trame et dialogues, et d’enchâsser
pour elle, dans une vraie pièce de théâtre (après tout, c’est mon métier), des chansons
de Michel Rivgauche et Jean-Pierre Stora, chansons écrites pour des comédiennes
puis refusées par lesdites comédiennes, mon sang n’a fait qu’un tour.
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13
/ Nevrotik-Hôtel
/ Nevrotik-Hôtel
La réponse était oui.
Oui oui oui.
Et encore oui.
Et dans la joie encore.
Outre que cela m’a valu de passer toute une après-midi chez lui à l’écouter interpréter
pour moi tout seul toutes les chansons.
En sortant, je me suis dit que j’avais une vie bizarre.
Bon, tout ceci pour dire mon enthousiasme à entrer dans une aventure de ladite Diva,
et mon engagement à tout tenter pour lui tricoter un livret digne d’elle, une histoire et
des dialogues à la mesure de sa folie sans limites.
Alors voilà.
Il y avait d’un côté une quinzaine de chansons magnifiques dues au talent d’un compositeur, Jean-Pierre Stora, d’un parolier, Michel Rivgauche et de quelques autres.
De l’autre, deux comédiens, Antoine Kahan et Michel Fau, encore et toujours.
Un merveilleux scénographe résolu au rose et vert, Emmanuel Charles.
Un costumier de même couleur et de même détermination, David Belugou.
Trois musiciens hors normes, Matthieu El Fassi, Laurent Derache et Lionel Allemand.
Un éclairagiste intrépide, Joël Fabing.
Une maquilleuse de combat, Pascale Fau.
Un Festival de Figeac prêt à tout.
Et un metteur en scène et porteur du projet, tiens, encore Michel Fau.
Restait à écrire la pièce, relier les chansons dans une dramaturgie cohérente.
Avancer dans la sacralisation du Kitch qui ose dire son nom et raconter comment,
dans un hypothétique établissement de la côte d’albâtre, le Nevrotik Hôtel, une riche
Lady Margaret allait s’employer à harceler sexuellement un groom charmant et non
dénué de répondant, appelé Antoine.
Et tout ceci en chanson.
J’ajoute que comme j’allais écrire le texte, je me suis dit que j’allais pouvoir, en plus,
assister au spectacle toutes les fois que j’en aurais envie, sans payer ma place.
Pas par pure radinerie, mais parce que cette Diva me fait l’effet du prosac sans les
contre-indications.
Elle n’est pas chimique, elle est alchimique.
Et elle me rend une confiance dans le monde, bien abîmée ces derniers temps.
Tout ne va pas si mal que ça puisqu’une telle incarnation est possible.
Bon, j’arrête là pour ne pas passer pour un courtisan fanatisé.
Qu’on sache juste que Michel Fau a été le premier comédien à interpréter un de mes
textes sur une scène de théâtre.
C’était en 1997.
C’était « Hyène ou le monologue de Théodore-Frédéric Benoît », un texte noir, étouffant
et sans espoir.
Et quand Michel a commencé à jouer, les spectateurs ont ri.
À mon plus grand étonnement.
J’ai alors compris la force du rire en terrain dramatique.
C’est vrai aussi que les spectateurs riaient moins à la fin.
22 pièces et un Molière plus tard, je peux dire que la leçon que Michel m’a donnée ce
jour-là a imprégné mon travail d’auteur.
C’était en 1997, au 18 Théâtre, dans une mise en scène de Jean Macqueron.
Auteur débutant, j’ignorais alors tout de la chance qui m’était donnée.
Christian Siméon
Paris, le 27 mai 2016
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/ Répertoire (à titre indicatif)
Si y’avait pas les vagues… - paroles Michel Rivgauche
La moustiquaire du Caire - paroles Michel Rivgauche
Un loft avec vous - paroles Michel Rivgauche
Fleurs de papiers peints - paroles Pascal Bonafoux
Le printemps dans le Sussex - paroles Michel Rivgauche
Ce mois de mai - chanson du 13ème siècle
Chanson du premier amour perdu - paroles Jean-François Deniau
À chaque fois qu’on aime - paroles Michel Rivgauche
Le syndrome de Stockholm - paroles Christian Siméon
Coup de foudre sur la montagne - paroles Michel Rivgauche
Je croyais - paroles Julie Daroy
Hôtel des fous - paroles Julie Daroy
Il passa - paroles Hélène Vacaresco
A quoi ça tient un amour ? - paroles Michel Rivgauche
Chacun sa limonade - paroles Claude Delecluse et Michelle Senlis
/ À propos de Michel Rivgauche
Michel Rivgauche (Mariano Ruiz de son vrai nom) commence assez jeune à jouer et à
chanter les succès de l’époque dans l’orchestre de ses parents. Il débute des études
d’ingénieur, tout en écrivant des textes de chanson qu’il envoie aux compositeurs de
renom de Paris.
En août 1957, Edith Piaf cherche un auteur pour mettre des paroles françaises sur
une valse péruvienne. Elle met au défi M. Rivgauche d’écrire un texte sur cet air. Par la
suite, il lui écrit le texte de La Foule, en se basant uniquement sur la musique comme
elle lui avait demandé. Edith Piaf ne jure plus que par Michel Rivgauche. En 1958 et
1959, Michel Rivgauche se produit à plusieurs reprises comme interprète dans les
premières parties d’Edith Piaf. Il entame avec la chanteuse une collaboration qui donnera
lieu à dix-sept chansons, parmi lesquelles : Tant qu’il y aura des jours (musique de
Marguerite Monnot, 1958), Les mots d’amour (musique de Charles Dumont, 1960),
ou encore Mon vieux Lucien (musique de Charles Dumont, 1961). En compagnie de
Claude Leveillée et de Pierre Lacotte il lui écrit La Voix, une comédie ballet. De nombreux autres chanteurs vont interpréter ses mots tels que Dalida avec Parlez-moi de
lui, Maurice Chevalier, Yves Montand ou encore Christophe...
Michel Rivgauche s’illustre aussi par l’écriture de sketches comiques pour Odette
Laure, Paul Préboist, Jean Richard, etc… En 1960, il publie un 45 tours quatre titres en
tant qu’interprète. Robert Chauvigny dirige l’orchestre et Edith Piaf rédige le texte de
présentation au dos du disque.
Il conçoit des feuilletons radiophoniques, des émissions de télévision, écrit une comédie
musicale avec Gérard Calvi (Un amour de Femme, en 1982 pour Colette Renard) ou
encore des dialogues de films d’animation. Numéro un au Japon, Brésil, Argentine ou
encore USA, il reçoit de nombreuses récompenses tout au long de sa carrière : l’Oscar
de la meilleure chanson étrangère de l’American Society of Composers Authors and
Publishers (USA, 1973) ainsi que quatre prix nationaux. Administrateur à la SACEM, il
en est le Secrétaire général en 2001. En 1997, il rencontre Charlotte Rampling. Il lui
propose les chansons qu’il a écrites pour elle en compagnie du compositeur Jean-Pierre
Stora. Michel Rivgauche est décédé le 21 juin 2005 et laisse de nombreuses œuvres
inédites.
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/ Nevrotik-Hôtel
/ Nevrotik-Hôtel
/ À propos de Jean-Pierre Stora
Jean-Pierre Stora est né à Alger. Il se passionne dès son plus jeune âge pour la musique
et le cinéma. Son père s’oppose à une carrière artistique. Il devient, à treize ans, journaliste pour payer ses cours de solfège, de piano et d’harmonie. Il complète sa formation en allant applaudir les vedettes de music-hall en tournée. Mick Micheyl, Georges
Brassens, à qui il présente ses premières compositions, l’encouragent. Il suit, tout de
même, en parallèle, des études (dites «sérieuses»), et se retrouve à Paris, diplôme
d’avocat en poche, à écrire, en 1962, sa première musique de film : celle de L’Amour
à la mer, réalisé par Guy Gilles (ce film reçut le prix de la jeune critique à Locarno et,
également, celui de la jeune critique à Hyères). Après avoir mené pendant de nombreuses années une double carrière, ajoutant encore, parfois, à ses activités, reportages,
interviews, photographies, Jean-Pierre Stora se consacre désormais, principalement,
à la composition. (jeanpierrestora.com)
/ Les artistes
Michel Fau / Comédien
Diplômé du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique et ex-égérie
d’Olivier Py, Michel Fau a mis en scène et joué : Fleur de cactus de Barillet et
Grédy avec Catherine Frot, Un amour qui ne finit pas d’André Roussin avec
Léa Drucker et Pascale Arbillot, Brûlez-la de Christian Siméon avec Claude
Perron, Le Misanthrope de Molière avec Julie Depardieu et Edith Scob, Que
faire de Mister Sloane ? de Joe Orton avec Charlotte de Turckheim et Gaspard Ulliel, Demain il fera jour de Henry de Montherlant avec Léa Drucker, Britannicus de Racine
avec Geneviève Page et Agathe Bonitzer, Nono de Sacha Guitry avec Julie Depardieu et Brigitte
Catillon, Maison de poupée d’Ibsen avec Audrey Tautou, American buffalo de David Mamet avec
Michel Vuillermoz et Nicolas Duvauchelle, Créanciers de Strindberg, Thérèse Raquin d’après Zola...
Michel Fau a mis en scène à l’opéra : Dardanus de Rameau, Ciboulette de Hahn, Bastien et Bastienne
de Mozart, Madame Butterfly de Puccini, Eugène Onéguine de Tchaïkovski, Rigoletto de Verdi,
Cosi fan tutte de Mozart, Tosca de Puccini, Le condamné à mort de Capdenat d’après Genet…
Il a joué Shakespeare, Labiche, Maeterlinck, Racine, Feydeau, Claudel, Eschyle, Copi, Genet, Bernharf,
Sade, Courtelin, Durif… Sous la direction de Jérôme Deschamps, Benjamin Lazar, Jean-Michel Ribes,
Olivier Py, Philippe Calvario, Éric Vigner, Emmanuel Daumas, Sébastien Rajon, Paul Desveaux,
Olivier Desbordes, Jean-Michel Rabeux, Jean Gillibert, Stéphane Braunschweig, Jean Macqueron,
Pierre Guillois, Jean-Claude Penchenat, Jean-Luc Lagarce, Laurent Gutmann, Gilbert Tsaï, Gabriel
Garran…
On a pu le voir dans des films réalisés par Xavier Gianolli, Christophe Honoré, Édouard Baer,
Albert Dupontel, Jean-Michel Ribes, Dominik Moll, François Ozon, Benoit Jacquot, Josée Dayan,
Valérie Minetto, Benoît Pétré, Arnaud Sélignac, Noémie Lvovsky, Michel Hassan, Nina Companeez,
Alair Brunard, Jérôme Le Gris… Il a enseigné au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique dont il a démissionné en 2014.
Michel Fau a reçu en 1998 le prix Gérard-Philipe de la ville de Paris, en 2006, le prix du meilleur
comédien du syndicat de la critique pour Illusions comiques d’Olivier Py, en 2015 le grand prix
du meilleur spectacle lyrique du syndicat de la critique pour sa mise en scène de Dardanus sous
la direction de Raphaël Pichon, ainsi que le prix du Brigadier pour Un amour qui ne finit pas et
Fleur de cactus.
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Antoine Kahan / Comédien
Après un parcours de gymnaste, il se forme à l’art dramatique au Conservatoire du 18ème arrondissement de Paris puis à l’École Supérieure d’Art Dramatique du Théâtre National de Strasbourg (promotion 2008). En 2009, il
joue dans deux mises en scène de C. Guiéla : Macbeth (Inquiétudes) d’après
I.Kadare et Andromaque de J.Racine. Il retrouve la direction de M-C. Soma en
septembre 2010 avec la création de Les Vagues de Virginia Woolf. En 2011, il
interprète Tony Nailles dans Bullet Park d’après J.Cheever, créé par les Possédés au Théâtre Vidy
Lausanne. En 2012 / 2013, il joue dans La vie est un rêve de Calderon mise en scène de J.Vincey.
En 2016, il joue dans le coup droit lifté de Marcel Proust, premier volume d’À la recherche du
temps perdu, du côté de chez Swann, Combray, mise en scène de R.Dana.
Christian Siméon / Trames et dialogues
Après sa première pièce, Hécate, le metteur en scène Jean Macqueron crée
Hyènes ou le monologue de Théodore-Frédéric Benoit avec Michel Fau en
1997. La collaboration avec Jean Macqueron aboutit aux créations de La
reine écartelée, L’Androcée, Landru et Fantaisies. Après Vampires ou l’histoire
de Népès, il reçoit le prix Nouveau Talent Théâtre de la SACD. En 2007, sa
comédie musicale, Le Cabaret des hommes perdus est créée au Théâtre du
Rond-Point et récompensée par le Molière du spectacle musical. De 2011 à 2014, El Cabaret de
los hombres perdidos, adaptation espagnole, mise en scène Lia Jelin, est la comédie musicale qui
a été jouée le plus longtemps à Buenos Aires (5 premios Hugo, dont le Hugo d’or). En mai-juin
2016, Brûlez-la ! est jouée au Rond-Point par la comédienne Claude Perron dans la mise en scène
Michel Fau. Il a reçu en 2007 le Molière de l’Auteur.
Mathieu El Fassi / Piano et arrangements
Après ses études pianistiques et d‘écriture, il se consacre à l’improvisation
classique et compte dans ce domaine plus de 350 représentations. En 2000,
Mathieu El Fassi rejoint l’orchestre tzigane du cabaret russe Le Raspoutine.
Parallèlement il pratique le chant lyrique et se passionne pour l’accompagnement de chanteurs. Il participe à l’élaboration, direction, composition de
spectacles vivants dont il est aussi l’interprète en tant que musicien mais aussi
chanteur et comédien. Également arrangeur, il travaille en studio et participe à la réalisation de
disques. Il crée Nous n’irons plus au bois (20 pièces pour piano). Il enseigne dans plusieurs établissements (conservatoires municipaux et nationaux, il crée aussi une classe d’improvisation au
conservatoire international de Paris). Mathieu El Fassi a rejoint en 2005 la troupe d’Olivier Py dans
Les illusions comiques (2005), Les Enfants de Saturne (2009), Opus Magnum (2010), Roméo et
Juliette (2011), Die Sonne (2011). En 2012, il participe à la création de La petite fée aux allumettes,
un opéra-conte à deux voix (répertoire lyrique et traditionnel russe). Il accompagne Michel Fau
dans Le Récital Emphatique aux Bouffes du Nord (Petit Marigny) et reprend au Petit St Martin un
spectacle sur Luigi Tenco ciao amore ciao créé avec Antonio Interlandi. En 2013, il interprète des
extraits de Nous n’irons plus au bois au festival de piano de la Charité-sur-Loire et crée le spectacle Partition pour amours inachevées avec deux chanteurs au théâtre de Chagny. Cette saison, il
crée des ateliers concerts à la Philharmonie de Paris.
Laurent Derache / Accordéon
Laurent Derache suit un apprentissage traditionnel de l’accordéon passant
par la variété et la chanson, puis se dirige ensuite vers une musique qu’il
affectionne particulièrement, le jazz. Il étudie alors l’harmonie, l’arrangement,
et l’improvisation avec le pianiste Michel Kus. En 2006, il intègre la classe
de jazz du conservatoire de Reims suivie en 2008 du Centre des Musiques
Didier Lockwood, d’où il sort diplômé après un an passé aux côtés de Benoît
Sourisse, André Charlier, ou encore Stéphane Guillaume. Il fonde le groupe Laurent Derache Trio
en 2009, tout en poursuivant en parallèle une carrière d’accompagnateur, et collabore avec Sanseverino, Véronique Sanson, Art Mengo, ou encore Clotilde Courau.
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/ Nevrotik-Hôtel
Lionel Allemand / Violoncelle
Il étudie le violoncelle au CNR de Marseille avec G. Teulière, puis au CNSM de
Lyon avec J. Deplace. De 1993 à 1997, il est violoncelle solo de l’Orchestre
du Grand Théâtre de Tours, et occupe depuis 2007 cette même fonction au
sein de la compagnie nationale lyrique Opéra Éclaté. Il se consacre à l’improvisation dans le jazz avec des musiciens tels que Antoine Hervé, Didier
Lockwood ou encore Jean-Marc Padovani. Passionné par le tango argentin,
Lionel Allemand se produit dans diverses formations avec Juan Jo Mosalini et Debora Russ, ainsi
qu’avec la chanteuse Haydée Alba, le guitariste Tomás Gubitsch. Il se produit également au sein
de l’orchestre Café de los Maestros, avec Fernando Suarez-Paz, Ernesto Baffa ou encore Juan
Carlos Godoy. Membre fondateur du trio Esteban avec le ténor John Esteban et l’accordéoniste
Anthony Millet.
Damien Lefèvre / Assistant à la mise en scène
plusieurs années.
Musicien de formation il obtient différents prix dans deux disciplines, piano et
chant et parallèlement passe une licence de musicologie. Il travaille comme
choriste et musicien avec la compagnie Opéra Éclaté et comme comédien
avec la compagnie l’Artifice de Dijon. Puis il se consacre à l’assistanat de
mises en scène aux côtés de Jean-Luc Revol, Olivier Desbordes, Éric Perez,
Régis Santon, Jérôme Deschamps et Michel Fau qu’il accompagne depuis
Emmanuel Charles / Décors
Emmanuel Charles a suivi des études de scénographie à l’École supérieure
des arts appliqués de Lyon. A l’Opéra de Paris, il a été l’assistant de Stéfano
Pace et Maria Bjornson. Assistant de Bernard Fau sur plusieurs spectacles,
il se sent chez lui aussi bien au Théâtre des Variétés, au Palais Royal, qu’au
Théâtre Antoine à Paris... En 2014, il dessine et peint le décor de Brûlez-la au
Festival de Figeac, crée la scénographie et les costumes du tricentenaire de
l’opéra comique. En 2015, il signe le décor de Dardanus à l’opéra National de Bordeaux.
David Belugou / Costumes
Collaborateur et complice de Michel Fau depuis sept ans, il a pu parcourir avec
lui toute la gamme du spectacle, du comique au mélodrame, du burlesque
au tragique en signant pour lui les costumes des opéras Rigoletto, Cosi fan
Tutte et Le condamné à Mort au Festival de Saint-Céré, du Récital emphatique
au Théâtre Marigny, et des pièces Que faire de Mister Sloane ? à la Comédie
des Champs-Elysées, Maison de Poupée avec Audrey Tautou et Nono avec
Julie Depardieu au Théâtre de la Madeleine à Paris, production pour laquelle il a été nominé aux
Molières. Artiste régulièrement présent au festival de Figeac, il a signé les costumes de Britannicus
de Racine avec Geneviève Page, Demain il fera jour de Montherlant avec Léa Drucker et Michel
Fau ou encore Le Misanthrope ou Un Amour qui ne finit pas. Il réalise les costumes pour le film
Arletty avec Laetitia Casta, Fleur de Cactus avec Catherine Frot.
Joël Fabing / Lumières
cf p.96
Pascale Fau / Maquillage
cf p.96
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/ Figeac
Théâtre
/ St-Céré
Opéra
n 23 juillet (21h30) / 29 juillet (21h45) /
1er août (21h30)
Espace Mitterrand, Figeac
n 6 / 10 / 14 août
Théâtre de l’Usine
St-Céré / 21h30
Création
/ Kurt Weill - Bertolt Brecht
L’Opéra de
Quat’Sous
Mise en scène / Éric
Perez et Olivier Desbordes
Peskine
Direction musicale / Manuel
Avec / Madame Peachum / Nicole Croisille
Monsieur Peachum / Patrick Zimmermann
Macheath / Éric Perez - Polly / Anandha Seethanen
Jenny / Flore Boixel - Brown / Marc Schapira - Lucie / Sarah Lazerges
Avec / Yassine Benameur, Manuel Peskine, Clément Chébli,
Anne-Sophie Domergue, Fanny Aguado, Alexandre Charlet,
Antoine Baillet-Devallez, Nathalie Schaaff, Josselin Michalon
Décor / Patrice Gouron - Costumes / Jean-Michel Angays
Construction décor / Guillaume Hébrard - Graffitis sur toile / Paolo Calia
Orchestre Opéra Éclaté
Spectacle créé le 28 novembre 2015
au Centre Lyrique de Clermont Auvergne
Version française de Jean-Claude Hémery
Textes et chansons chantés en français.
L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté
Production Scène conventionnée Théâtre et Théâtre Musical Figeac/Saint Céré - Opéra Éclaté
Coproduction Centre Lyrique Clermont Auvergne
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/ L’Opéra de Quat’Sous
/ L’Opéra de Quat’Sous
/ Notes de mise en scène
/ Notes à propos des costumes
Avec l’Opéra de Quat‘sous, Brecht et Weill brouillent les cartes de l’opéra traditionnel,
ils mélangent sans complexe des références à Bach, au Jazz, au choral luthérien.
Ils se situent en fait dans ce vaste champ de réflexion sur la place de l’Opéra dans la
société, réflexion entamée par tous les contemporains de la République de Weimar.
L’art explose ses frontières, que ce soit par l’architecture, par le cinéma ou la peinture,
dans un milieu industriel florissant.
C’est dans ce contexte que naît cette proposition désordonnée de mise en abyme de
l’opéra « bourgeois ». Mais une mise en abyme à l’image de la société des années 30,
où de grandes utopies se mettent en place, où la crise sépare encore plus les pauvres
des dirigeants, où un monde souterrain et interlope tente de survivre. C’est dans le
cabaret-cirque de Jenny des Lupanars, dans ce bouge proche de l’Ange bleu que se
préparent les provocations envers les bourgeois, les repus, les riches. C’est ainsi que
trahisons, mensonges, coups bas et couteaux dans le dos, ouvrent le bal. Il n’y a pourtant pas de sang dans le spectacle, pas de chagrin, pas de morts, tout est faux, les
billets, les baisers, les larmes et les moignons des mendiants.
On est au cirque ! M. Peachum fait tourner les clowns autour de la piste au son des
grincements de dents ! Il lancera ainsi vers la surface du monde une meute de clowns,
de vieux cabotins, de saltimbanques, d’artistes. Chaque numéro est bien rodé ; les
pirouettes sont impressionnantes, les tours de passe passe réussis, l’illusion est parfaite.
Le tigre lui-même est si bien dressé qu’il entre seul dans sa cage et se met à pleurer…
Alors, on rit, on applaudit, on en redemande ! Tout le monde sait pourtant que sous
les maquillages, les faux crânes, les perruques des clowns, il y a la tristesse, l’amertume,
le dérisoire et l’absurde. On reste jusqu’au bout, afin de voir tomber le funambule et
se réjouir de n’être que les spectateurs du cirque grotesque de notre vie !
Éric Perez et Olivier Desbordes
/ Notes à propos du décor
Dans un entrepôt hors du temps à la croisée du grand cirque de l’existence et d’une
petite vie emprisonnée et miteuse, les Peachum tels les Thénardier des Temps Modernes règnent en maîtres sur un royaume de petites frappes et de vieilles putains,
d’escrocs à la petite semaine, de policiers véreux et de fillettes ambitieuses prêtes à
tout pour fuir la misère de leur condition.
Images d’aujourd’hui croisant celles d’hier, paradis des fripiers, de la chine, de la récupération tel est mon mot d’ordre pour cette farce amère. Mais qui donc est riche ? Mais
qui donc est pauvre ? Mais qui donc est loyal ? Mais qui donc ne l’est pas...
/ Extraits de l’œuvre
Jean-Michel Angays
Cessez de réprimer tous les délits mineurs,
Le crime s’éteindra de lui-même, sans loi,
Songez à la profonde nuit, au droit
Dans cette vallée de larmes d’horreur ;
Mais pourchassez les vrais, les grands voleurs,
Exterminez-les tous dès aujourd’hui
C’est d’eux que vient le froid, c’est d’eux que vient la nuit.
C’est par eux que la terre est un monde d’horreurs.
/ Citations
Final de l’Opéra de Quat’Sous écrit en 1948
« Le poète d’aujourd’hui doit appartenir à une caste, à un parti ou au « Tout Paris » !
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé. » Léo Ferré - 1973
Un opéra qui s’improvise
Rond de planches, mâts de cocagne
Quelques filaments d’ampoules tendus
Un lit de barreaux, une grille de cage
Cubes rouge sang qui s’échafaudent pour haranguer la foule
Tabouret de domptage animal ou humain
Déballage criard de rue
Toiles hissées, ombre chinoise, rideau vermillon
Ball-trap de foire, campement éternel des acteurs nomades sur place publique
Ici la vie est gratuite mais son spectacle est payant car un sou est un sou et là tout
se joue sur le tour de piste du cirque des hommes... même pour 4 sous!
« Les grandes tâches critiques n’excluent pas le plaisir » Bertolt Brecht
Patrice Gouron
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/ L’Opéra de Quat’Sous
/ L’Opéra de Quat’Sous
/ La presse en parle
« Sous la direction animée de Manuel Peskine, l’orchestre Opéra Éclaté met en valeur
la partition canaille de Weill. Sonorisés, les chanteurs jouent le jeu de l’humour sarcastique et décapant. Coiffée d’une espèce de turban à la Simone de Beauvoir, Nicole
Croisille incarne une implacable Celia, face au Peachum plein d’autorité de Patrick
Zimmermann et à la sensuelle Polly d’Anandha Seethanen. Moustache conquérante,
veste blanche, gants blancs, chaussures bicolores, Éric Perez offre un Mackie diabolique, qui fait un sort à son « Dans ce bordel où nous tenions notre état » et se montre
émouvant dans « Frères humains », adaptation de La Ballade des pendus de François
Villon. À ses côtés, Samuel Theis incarne un jeune et séduisant Brown, d’un cynisme
ravageur, mais qui sait aussi être touchant quand il faut. Longue chevelure rousse, robe
échancrée à impression panthère, Flore Boixel est une Jenny sans pitié. Enfin Sarah
Lazerges, en corsage vert, impose une Lucy d’une vulgarité étudiée et savoureuse ».
Opéra Magazine - Bruno Villien - janvier 2016
« Une farce grandiose entre cirque et cabaret dans un décor de fond de grenier de
grand’mère ou rien n’est de trop pour l’environnement du Monsieur Loyal local un
Monsieur Peachum tonitruant alias Patrick Zimmermann le roi des mendiants qui organise
la mendicité pour s’enrichir. Nicole Croisille a attrapé le public dans le rôle de Madame
Peachum, mégère de caniveau à la limite de la mère maquerelle voulant cependant
protéger sa fille des griffes de Mackie qu’elle soupçonne à raison de vouloir l’ajouter
à sa liste déjà longue d’épouses putatives. De très beaux jeux d’acteurs et de magnifiques voix ».
MédiaPart - Antoine Lazerges - 8 décembre 2015
« Ce « cabaret-circus » est très visuel, animé et sans hiatus. On sent tout de suite la
cohésion entre acteurs-chanteurs et petit orchestre de cuivres, bois, accordéon et percussions, placé sous la direction de Manuel Peskine. La troupe est remuante à souhait.
Tous bons comédiens et bons chanteurs. La « Croisille » dont l’abattage fascine, voix
éraillée et jeu démesuré, chante avec gouaille la fameuse chanson de Mackie le surineur. Patrick Zimmermann est un monsieur Loyal, chef de la clique des mendiants,
convaincant. Sa fille Polly a la voix délicate d’Anandha Seethanen et Éric Perez fait un
Macheath, maquereau beau parleur, vraiment, séduisant. La Jenny jalmince et un rien
salope de Flore Boixel est réjouissante. Samuel Theis a, pour son Le sheriff Brown, vrai
ami et flic marron, des allures de Bogart. Il y a chez Brecht toujours une actualité brûlante
qui fait de cet Opéra de Quat’Sous une œuvre qui nous parle encore par delà les aléas
tragiques de l’Histoire ».
La Marseillaise - Patrick de Maria - 24 novembre 2015
« Il y a presque cent ans, Bertolt Brecht n’y était pas allé de main morte avec son texte
anticapitaliste. Cette prose, cruelle et cynique, vieillit si bien additionnée à la musique
de Kurt Weill, populaire, aux accents jazzy. La messe est dite, à l’instar de la mise en
scène proposée par Olivier Desbordes qui nous offre un dernier tableau tel un Giotto
détourné, Mackie le bandit dandy est presque sur la croix avec ses trois prétendues
épouses éplorées à ses pieds.... Dans une mise en scène soignée offrant un décor
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de cirque comme face d’un monde corrompu et perdu, Éric Perez (Mackie) et Patrick
Zimmermann (Peachum) n’étaient pas trop de deux pour faire face à la gente féminine (Anandha Seethanen en Polly et sa mère Nicole Croisille dont le timbre rauque
se prête si bien à cet univers quasi expressionniste). (...) Cette production de l’Opéra
Éclaté est également une réussite sur le plan instrumental. Sous la direction de Manuel
Peskine, « l’orchestre », loin des canons classiques, a su nous plonger dans l’univers
music-hall des années 30, un monde pas très recommandable où « Les voleurs volent,
les mendiants mendient et les putes font les putains » ».
Zibelin - Frédéric Isoletta - décembre 2015
« Insaisissable et irréductible charivari que L’Opéra de Quat’Sous. Toute la difficulté
de monter ce casse-tête tient à la quadrature du cercle mettre la main sur un casting
d’oiseaux rares, à la fois chanteurs et comédiens. Il faut marier pour le meilleur, parodie
et tragédie. Quant au pire, Brecht s’en charge dans un texte à couteaux tirés avec la
morale et les bonnes mœurs. Il faut parvenir à cerner tout le génie de Kurt Weill pour
en affûter le tranchant. Difficulté d’autant plus grande pour Olivier Desbordes qui en
cosigne la mise en scène avec Éric Perez, que ces deux-là ont choisi la version française
de Jean-Claude Hémery samedi à l’Opéra de Clermont-Ferrand dans la saison du
Centre Lyrique d’Auvergne.
Décor de bastringue bancal, ambiance circassienne, parfums de cabaret glauque tendu
à la va-comme-je-te-pousse de draps douteux où dansent des caricatures équivoques
brossées à grands traits. Un portique famélique s’endimanche d’une guirlande d’ampoules paresseuses. La piste aux étoiles a des allures de claque. Au fond, un orchestre
encanaillé en casquettes et marinières, trousse une musique crapuleuse sur des
rythmes syncopés. Banjo, saxo, trompette, orgue des rues, clarinette, saxo, trompette,
trombone, guitare, contrebasse, timbales, caisse claire la bande est au complet, survitaminée par un Manuel Peskine sous haute tension. Que la fête commence ! Desbordes
et Perez mènent le bal. La marque du premier est sensible un savant équilibre entre
joyeux délire et cruauté implicite.
Il nous fait l’immense plaisir de ne pas trop en faire, de se tenir toujours à distance des
trop faciles complaisances pour laisser parler la musique et cet art difficile du chanterparler, marque de fabrique du compositeur. Sa mise en scène bannit tout remplissage,
l’idée fait mouche. Il sait que la misère se suffit à elle-même et se passe aisément de
métaphore. La cruauté, à elle seule théâtre à part entière, se contente de peu ; c’est-àdire de l’essentiel une malle d’oripeaux, deux ou trois meubles au goût douteux brandis crânement par une bande d’argousins de sac et de corde qui occupent l’espace de
leur morgue insolente. La crapulerie a aussi sa fierté. Et c’est là encore toute l’habileté
de cette production. Desbordes et Perez ont le bon sens de ne pas chercher à singer
le Berlin spartakiste. Version française oblige, on est dans la veine des beuglants et
caf’conc’ dans la grande tradition des Bruant, Yvette Guilbert, Damia et Frehel. Le Peachum plus vrai que nature de Patrick Zimmermann est un régal avec son air matois, son
arrogance boulevardière, sa sous-ventrière avantageuse et ses œillades férocement
cyniques. En (in)digne Monsieur Loyal de cette basse-cour des miracles il psalmodie la
harangue « Toi, lève-toi, mauvais chrétien » avec une faconde à la Galabru. La gouaille
populacière du « Chant de la vanité » de ce maquignon des bas-fonds sur un air d’accordéon
est un morceau d’anthologie. Une bête de scène qui trouve en Nicole Croisille, poissarde
satisfaite, sa digne moitié.
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/ L’Opéra de Quat’Sous
/ L’Opéra de Quat’Sous
Elle farde avec délectation la « Complainte de Mackie » de relents vaniteux à souhait.
Elle a la gouaille savoureusement toxique, la mesquinerie cultivée comme une vertu, la
méchanceté ordurière élevée au rang des Beaux-Arts. Les bougres font un duo d’enfer
d’une gouleyante perversité dans « Au lieu de dormir bien gentiment ». Pas davantage
l’ombre d’une réserve à l’endroit du Mackie d’Éric Perez, « petit Néron » cruel et violent,
sans foi cela va de soi et sans autre loi que sa concupiscence et sa rapacité. L’animal
n’a pas seulement la gueule de l’emploi. Il en a la voix, l’arrogance et la vindicte pour
jouir d’un malicieux « Messieurs au lieu de prêcher l’abstinence » et l’énergie et la
rouerie pour se délecter d’un narquois « De quoi l’homme vit- il... ». Jusqu’à brocarder
« L’amour ça dure » dans le registre de haute-contre. Durée plurielle, apprend à ses
dépens Polly, la tendre oie blanche vite déniaisée. Bouleversante dans le fameux « Navire
des corsaires », Anandha passe ainsi de sa naïve et émouvante « Prière d’enfant » à la
femme d’affaire sans scrupule qui n’hésite pas à sacrifier son Mackie avec des aigus
assassins. Et la pamoison des saintes femmes au pied d’un Mackie crucifié vaut son
pesant de félonie iconoclaste. Il fallait toute la force de conviction et le timbre bien
trempé de Sarah Lazerges pour lui tenir tête avec sa Lucie volontaire, vocalement bien
dotée et investie en femme trahie. Flore Boixel, jolie Jenny, remplit son contrat sans
démériter face à ses solides partenaires. »
Forum Opéra - Roland Duclos - 28 novembre 2015
/ Les artistes
Éric Perez / Mise en scène / Macheath
Ayant une double formation de comédien et de chanteur, Éric Perez privilégie
le répertoire du théâtre musical et de la chanson française, il interprète les
poèmes d’Aragon, Ferré, Caussimon, Queneau, Vian, Prévert, Gainsbourg.
En 2000, pour la création en France du Lac d’Argent, Éric Pérez joue le rôle
principal de Séverin. En 2009, Pérez participe à la création du spectacle Berlin
années 20 ! mis en scène par Oliver Desbordes. Au festival de Figeac 2013,
il interprète le rôle de Jan dans Le Malentendu de Camus. Depuis 2003, il met en scène plusieurs opéras parmi les plus récents La Flûte Enchantée, Eugène Onéguine, Don Juan, L’Opéra de
Quat’Sous en 2015... En 2014-2015, il joue le maître de cérémonies dans Cabaret. En 2015-2016, il
joue Mackeath dans L’Opéra de Quat’Sous et écrit et chante Mon cinéma en Chansons accompagné
par Manuel Peskine au piano.
Olivier Desbordes / Mise en scène
Licencié de littérature française et ayant suivi une formation d’art dramatique
aux cours Simon, Olivier Desbordes réalise un long métrage, Requiem à
l’Aube, en 1976. Il travaille ensuite au Palace jusqu’en 1984 et collabore avec
des grands noms Tina Turner, Paco Rabanne, Lagerfeld... En 1981, il crée le
Festival de Saint-Céré dont il assure depuis la direction artistique. En 1985,
il crée Opéra Éclaté, structure de décentralisation lyrique. Il collabore avec
l’Opéra de Québec, les Opéras de Nantes, Massy et Besançon avec des mises en scène Tosca, Le
Roi Malgré lui avec Nathalie Dessay. Il compte plus d’une cinquantaine de mises en scène, dont
des spectacles créés pour la première fois en France (Es liegt in der Luft, Le Brave Soldat Schweik,
der Silbersee...). Depuis 2011, il a repris, avec Michel Fau, les destinées du Festival de Théâtre de
Figeac, où il a mis en scène en 2012 Lost in the Stars de Kurt Weill et Maxwell Anderson (première
en France) qui a tourné en France. En 2013, il a mis en scène Le Malentendu d’Albert Camus, en
2014 Le Voyage dans la Lune d’Offenbach en coproduction avec l’Opéra de Fribourg et Lausanne
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ainsi que Cabaret avec China Moses, Nicole Croisille, Samuel Theis et Éric Perez notamment et en
coproduction avec les Folies Lyriques de Montpellier. En 2015, il met en scène Falstaff de Verdi et
co-signe la mise en scène de La Périchole avec Benjamin Moreau. Cet été, il co-signe la mise en
scène de L’Opéra de Quat’Sous avec Eric Perez, et met en scène La Traviata avec la collaboration
de Benjamin Moreau.
Manuel Peskine / Direction musicale
Après des études de piano, d’écriture et de direction d’orchestre, Manuel
Peskine développe la composition à travers le jazz, la chanson et les musiques du monde. Il crée des musiques de scène (Le Porteur d’Histoire mis
en scène par Alexis Michalik, Mon père avait raison mis en scène par Bernard
Murat), et des musiques de film (Ma compagne de nuit d’Isabelle Brocard, La
Bifle de Jean-Baptiste Saurel, L’Affaire Sacha Guitry de Fabrice Cazeneuve).
Il poursuit parallèlement sa carrière de pianiste au sein de groupes et de spectacles musicaux
(Yom & the Wonder Rabbis, Émeline Bayart, Anandha Seethanen) et crée des orchestrations et
des arrangements (Sequenza 93, Aedes, Opéra Éclaté). En 2015, il assure la direction musicale de
L’Opéra de Quat’Sous avec la compagnie Opéra Éclaté.
Patrice Gouron / Décors
Cours de théâtre chez Tania Balachova puis technicien au cabaret le Lido,
figurant à la comédie française, à l’Opéra de Paris et au Cinéma, Patrice Gouron a un parcours varié et iconoclaste. Concepteur d’éclairages au Palace,
Patrice Gouron y rencontre Olivier Desbordes avec lequel il collabore depuis.
Très tôt, il se consacre à l’opéra et réalise les lumières et les décors de nombreux ouvrages lyriques de la compagnie Opéra Éclaté mais aussi de l’Opéra
de Dijon. Dernièrement il a réalisé les décors de Cabaret (2014) et Falstaff (2015).
Jean-Michel Angays / Costumes
Jean-Michel Angays commence sa carrière à 19 ans puis rencontre Thierry
Mugler avec lequel il travaillera durant 5 ans. En 1996, il monte sa propre
société et réalise des costumes pour le théâtre et la danse (Le Soldat Rose
en 2008). Il fonde en 2002 l’atelier de costumes Fbg 22-11 avec Stéphane
Laverne. Cette collaboration l’amène à travailler dans le domaine de l’opéra
(Le Vaisseau Fantôme de Wagner, m.e.s par Éric Perez, Lost in the Stars de K.
Weill m.e.s. Olivier Desbordes…) mais aussi au cinéma (Arthur I et II de Luc Besson).
Nicole Croisille / Madame Peachum
D’abord danseuse de Modern Jazz, Nicole Croisille se lance comme chanteuse
et enregistre en 1961 son premier disque une adaptation d’une chanson de
Ray Charles Halleluyah, I love him so chez Fontana. En 1966, elle enregistre
la musique du film Un homme et une femme qui devient un immense succès
international. Dès lors, Nicole Croisille enchaîne les tubes avec Quand nous
n’aurons que la tendresse, Parlez moi de lui, La Garonne, Téléphone-moi,
Femme... En 1992, elle joue au Théâtre du Châtelet dans la comédie musicale Hello Dolly, elle
reprendra ensuite des rôles créés par Jacqueline Maillan. Elle tournera dans des téléfilms dont
Dolmen pour TF1. En 2010, elle joue Jalousie en trois mails. Elle était l’an passé à l’Opéra de Toulon
dans la comédie musicale Follies. En 2014-15, elle interprète Frau Schneider dans le spectacle
Cabaret de la compagnie Opéra Éclaté et joue également dans Irma la douce au Théâtre de la
Porte Saint Martin.
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/ L’Opéra de Quat’Sous
Patrick Zimmermann / Monsieur Peachum
Après une formation auprès de Gabriel Cousin, Patrick Zimmermann a fait
ses débuts au théâtre en 1973, à Grenoble où il collaboré longuement avec
Georges Lavaudant ainsi qu’avec Yvon Chaix. Il a travaillé ensuite sous la
direction de nombreux metteurs en scène, tels qu’Edmond Tamiz, Bruno
Boëglin, Jean-Louis Martinelli, Philippe Sireuil, Ariel Garcia-Valdes, Laurent
Pelly, Olivier Py… Au cinéma, il a tourné avec F. Truffaut, R. Ruiz, Jacques Rouffio,
B. Rapp… Il a consacré une grande partie de son parcours à la pédagogie en particulier au CRR de
Grenoble. Durant cette période il a travaillé à transmettre son intérêt pour toute forme d’écriture
et a incité chaque élève à mettre en valeur ses propres particularités.
Anandha Seethanen / Polly
/ L’Opéra de Quat’Sous
Sarah Lazerges / Lucie
Suite à l’obtention de sa maîtrise de musicologie à Paris (2006), elle obtient
une bourse pour suivre une formation d’interprétation à l’université de Cardiff
(Wales). Cette université lui offre l’opportunité de s’affirmer en tant que chanteuse. Elle profite de l’enseignement des plus prestigieux professeurs de la
Royale Académie de Cardiff, fait ses premiers pas à l’Opéra de Cardiff pour
les Lunchtime Concerts et entre dans les chœurs de la BBC Wales. De retour
en France, on lui propose ses premiers rôles qui vont de la divette aux jeunes premiers, Sarah
interprète des rôles comme Yara La Gitane, dans La Caravelle d’or de Francis Lopez, Agathe dans
Véronique de Messager, Gabrielle dans La Vie Parisienne d’Offenbach, Rolland dans les Bavards
d’Offenbach, Lazuli dans l’Étoile de Chabrier, le Prince Caprice dans Le Voyage dans la Lune d’Offenbach…
Anandha s’est formée au théâtre à l’Ecole Réunionnaise d’Acteurs, puis à l’Institut des Arts et Métiers du Spectacle de Paris. Refusant les cloisonnements,
elle s’est attachée à diversifier ses expériences dans les milieux du théâtre
(Feydeau, Steve Gooch, création contemporaine...), de la musique (concerts
et tours de chant en France et au Japon...) et du cinéma (Nouvelle Cuisine...).
C’est dans l’univers de la comédie musicale (Swinging Life, Le Roi Lion, Hair,
Hairspray...) qu’elle a surtout évolué ces dernières années. Sa rencontre déterminante avec le guitariste et producteur Karim Attoumane vient de donner naissance à un premier opus acoustique
sur mesure In a Dance of Time.
Flore Boixel / Jenny
Après ses études de chant à l’école normale de musique de Paris, Flore Boixel
participe à de nombreuses productions (opéras, opérettes, music hall,
comédies musicales) avec Opéra Éclaté et le Festival de St-Céré grâce à l’invitation d’Olivier Desbordes, metteur en scène. Éric Perez, metteur en scène
chanteur et comédien, l’engagera aussi dans plusieurs opéras dont L’Opéra
de Quat’Sous en 2016 où elle joue le rôle de Jenny. L’éclectisme de son intérêt
pour le chant et son goût pour la scène lui permettent d’aborder d’autres univers artistiques
comme des concerts événementiels en tant que soliste avec le groupe Urban sax en France et
à l’étranger. Michel Fau, comédien metteur en scène lui permettra également de se produire en
tant que comédienne dans une pièce d’Ibsen au théâtre de la Madeleine.
Marc Schapira / Brown
Marc Schapira est comédien et enseignant (École Claude Mathieu à Paris /
CRR Cergy-Pontoise). Après avoir dirigé sa propre troupe à Paris, il rencontre
Jean-Claude Penchenat et le Théâtre du Campagnol avec lequel il effectue
un long compagnonnage. Il a joué sous la direction de François Rancillac,
Philippe Berling ou encore Vincent Goethals… Il a également tourné au
cinéma et dans des téléfilms. En 2011-2012, il est artiste associé au Théâtre
du Peuple de Bussang. En 2014, il joue une adaptation de Charly 9 (J.Teulé) à l’Opéra de Metz.
En novembre 2015, il est metteur en scène et récitant dans Hänsel et Gretel avec le quintette de
cuivres Magnifica.
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n 1er / 4 août
Salle Charles
Boyer l’Astrolabe
Figeac / 20h
/ Figeac
Théâtre
/ Copi
Le Frigo
Création
Mise en scène / Sébastien
Rajon
Avec / Yannis Ezziadi / L. - Nadine Capri / La mère
Laure Portier / Les autres rôles
Création maquillages / Pascale Fau assisté de Valentine Portier
Son / Arnaud Jollet
Lumières / Florent Barnaud
Production Le Carnival théâtre et ID Production
Résidence de création au Théâtre de l’Usine de Saint-Céré en juin 2016
Le Frigo a été créé le 7 octobre 1983 au Théâtre Fontaine à Paris dans le cadre du Festival
d’Automne, joué par Copi qui interprétait tous les personnages dans des décors et
costumes de Juan Stoppani.
/ Notre Frigo, une farce dramatique,
une illusion lyrique et baroque
C’est l’anniversaire de L., qui fêterait ses 50 ans, âge néfaste de la ménopause... Est-ce
réellement son anniversaire ? Ou celui de sa mère que L. sublime comme une cérémonie
excentrique? Quoi qu’il en soit, sa mère, en guise de cadeau pour son vrai-faux anniversaire, lui fait livrer un frigo. Oiseau de mauvaise augure dont l’arrivée perturbante
pour L. précède le chaos. Les va-et-vient chez elle, l’encombrement du réfrigérateur
et la visite de sa mère mettent L. dans tous ses états. Va-t-elle trouver le temps pour
elle ? Pour l’amour ?
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/ Le Frigo
La journée d’une rêveuse ou l’histoire d’une femme au
bord de la crise de nerf
Copi nous plonge dans une prodigieuse et terrifiante fable égotique. Dans un jeu
pathétique et drôle, l’auteur-acteur imagine son personnage comme un enfant profane
qui dans un grenier plein de costumes et d’accessoires, s’invente une vie d’artiste lumineuse et mouvementée, pleine de soucis et de tracas, dont les autres, sortes de miroir
déformant, subiront les conséquences. Petit tyran grotesque qui s’essaye, L. éructe,
vocifère, chante et crache ses élucubrations excentriques. L. manipule les autres et
met en scène un jeu dont elle seule connaît les règles, les enjeux et la finitude. Son
jeu, tout à la fois obscur, par l’incompréhension qu’il nous laisse et lumineux, par sa
bouffonnerie, révèle et dissimule tour à tour sa puérilité et son inflexibilité, sa beauté
et sa monstruosité. Scandaleuse et ambiguë, L. est l’émanation de l’acteur aux yeux du
spectateur, qui tout à la fois fascine, consterne et menace.
Entre le simulacre théâtral, le spectacle de music-hall, le défilé de haute couture, l’illusion,
la revue de cabaret, la prestidigitation, le numéro de dressage ou de marionnettiste,
Copi, sorte de Kazuo Ono de ‘’pacotille’’, strass et plumes en avant, donne à voir l’image
fantoche et funambulesque d’un Théâtre Nô à la sauce argentine. Dans un joyeux
bordel, il délivre une sorte d’hydre transgenre, une apparition superbe et grossière
qui tente par le jeu de sublimer son ennui et sa médiocrité, un animal fabuleux équivoque qui nous répugne et nous attire. L’arrivée du frigo dans sa vie semble venir tout
dérégler. Dans un bal incessant de sorties et d’entrées de scène, Copi, tel un montreur
de foire, envoie sur le plateau à manger à sa chimère et fait sortir de la coulisse un
véritable bestiaire d’archétypes théâtraux : une gitane, un détective, la bonne, une
psychiatre, un chien..., puis comme une apparition, la marâtre apothéotique, la créature
démiurge émettrice de l’offrande frigorifique.
Avec Le Frigo, comme un défilé, un grand bal de folles, c’est un triple hommage que
Copi, arrogant et bouffon, organise. Hommage aux femmes (peut être même aux
mères), au travestissement, au théâtre (et plus spécifiquement aux actrices).
Un « petit garçon » qui voulait faire théâtre de sa vie
L. est comme un pseudo qu’on choisirait pour s’affranchir du prénom donné par la
mère, afin de la surpasser elle, de la tuer presque. Le personnage asexué dont il s’agit,
se prénomme L. « L » pour Lorenzo ? « L » pour Loretta du Loretta Strong de Copi ?
Cette seule lettre « L » épurée d’un prénom trop viril peut être ou d’un diminutif trop
attendrissant et restrictif à double « t », ramenée à son essentiel, est bien mystérieuse.
Ce seul son « L » qu’implique la lettre cherche peut être à dissimuler un homme au
profit d’une « elle » bien féminine. La seule, l’unique, la vraie ? Celle que le héros de
Copi voudrait incarner ?
Poursuivre son idéal, se dépasser, devenir son propre architecte, en imitant les faits et
gestes d’un autre, en l’occurrence d’une autre. Revêtir l’image de la mère peut-être ?
Usurper l’identité de l’autre pour se transcender soi-même. Ce jeu que L. se propose
passe par le travestissement. Pas seulement pour être femme parmi les femmes, mais
pour être « la femme », que tout le monde envie et convoite. Dans son théâtre imaginaire, où son image se reflète à l’infini sous différents oripeaux, L. semble enfiler les
robes de maman et « jouer à ».
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/ Le Frigo
L. s’invente une vie artificielle, empêchée et contraignante, noyée par les contingences
que la vie d’un artiste très sollicité impose. Comme un hommage, elle incarne ou parodie plutôt, une sorte de diva dramatique dont la mère pourrait être le modèle et
dont elle emprunte et sublime les travers, damnée et exubérante, loufoque et tragique.
À sa création, Copi jouait tous les personnages du Frigo dans une invraisemblable
chorégraphie schizophrénique. Dans notre Frigo, qui reprend mot pour mot l’oeuvre
de Copi et inspiré entre autres par son Homosexuel, où la difficulté de s’exprimer,
je pars du postulat que L. sera joué par un homme qui se travestit. Nous focaliserons
sur la mère et le cadeau qui la précède, le coeur des enjeux de L. Ainsi La procréatrice
symbolise l’aboutissement de ce que L. vise, en jouant la dame avec les robes de sa
mère, femme accomplie. Pour finir, dans son délire imaginaire L. avilira un méprisable
alter ego féminin, sorte de femme-objet pour servir sa fable. J’ai fait le choix d’une
autre comédienne, qui telle la « petite soeur » manipulée de L., assumera tous les
personnages qui lui rendent visite. Elle incarnera ainsi l’esclave qui permet au maître
L. d’exister et l’aidera à parfaire et crédibiliser l’image fantasmée à laquelle elle aspire.
Tête pleine et ventre vide
Un anniversaire atypique, dont on ne sait pas grand chose et surtout pas s’il est réel... ?
Il constitue en tout cas un prétexte idéal. Comme un caprice, L. se permet tous les
excès et toutes les absurdités pourvu qu’elle s’amuse. Car c’est bien de ça dont il
s’agit, s’amuser à, jouer, avec comme seule arme de transcendance pour lutter contre
l’ennui, son imagination.
Qui dit anniversaire, dit cadeau. Celui que sa mère lui fait livrer pour ses 50 ans, un
frigo qui trône ou traîne sur le plateau et qui fait l’objet de tous les fantasmes.
Va-t-il s’ouvrir ? Que fera-t-il apparaître ? Pâle et triste objet de la grande distribution,
symbole de la bien trop vulgaire consommation, voué à rassurer les préoccupations
toutes maternelles de la génitrice auteure du présent. Le frigidaire, glaciale figure
hiératique et immaculée peut évoquer bien des choses. Il pourrait être comme un
totem, un sarcophage, un mausolée, un placard, un abri, un cachot, un boudoir, une
coulisse, une loge, une simple porte menant on ne sait où..., une malle au trésor, une
boîte de magicien, un reliquaire, bref une mystérieuse boîte de Pandore d’où toutes
les merveilles mais aussi toutes les atrocités peuvent sortir... L’écrin qui tient au secret
une promesse de quelque chose à venir, quelque chose à dévoiler... Pourtant, l’objet
provenant de sa matrone et sans doute aussi trop quelconque pour L., le désintéresse
et l’encombre.
Le frigo n’est pas là pour L. mais pour nous. Il est le réceptacle de nos projections
de spectateur-voyeur, il est notre espoir, notre mauvais oeil. Enfin il est pour l’auteurillusionniste, le vecteur du suspens.
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/ Le Frigo
/ L’auteur
Raúl Damonte Botana, dit Copi, est un romancier, dramaturge et dessinateur argentin
francophone, figure majeure du mouvement gay, né le 20 novembre 1939 à Buenos
Aires. Élevé en grande partie à Montévideo (Uruguay), dans une famille argentine
parfaitement francophone dont le père est directeur de journal et député anti-péroniste, tirant peut-être du goût de ce dernier pour la peinture un talent précoce pour le
dessin, il collabore dès l’âge de 16 ans au journal satirique Tía Vicenta.
Les activités politiques de son père l’obligent à s’exiler en sa compagnie à Haïti puis
à New York. En 1963, il le quitte pour s’installer à Paris dans l’espoir d’y vivre de sa
passion, le théâtre. Mais sa maîtrise imparfaite du français le conduit à vivre dans un
premier temps du dessin. Sous le nom de « Copi », il entre alors à Twenty, à Bizarre,
puis au Nouvel Observateur.
S’il amorce alors sa collaboration à l’hebdomadaire de la rue d’Aboukir, il dessine aussi
pour Hara-Kiri, Charlie Hebdo et leur homologue italien, Linus. Se distinguant par un
graphisme aigu et un humour surréaliste, il atteint la notoriété avec son personnage de
dame assise au gros nez et aux cheveux raides qui, figée sur sa chaise, monologue,
ou dialogue avec un volatile informe. Selon Marilù Marini, il a « créé son exact opposé
avec cette femme pleine d’a priori qui veut rester sur sa chaise sans bouger, car tout
ce qui peut ébranler ses convictions est pour elle un grand danger ».
Avec les revenus qu’il tire du dessin, il peut ainsi se livrer à sa passion en compagnie
de ses amis Victor Garcia, Alejandro Jodorwsky, mais aussi Jérôme Savary qui est le
premier, en 1964, à monter de courtes pièces qu’il a écrites. Jorge Lavelli prend la
suite en montant Sainte Geneviève dans sa baignoire, La Journée d’une rêveuse au
Lutèce (1966) et L’Homosexuel ou la Difficulté de s’exprimer (1967) où Copi joue luimême un travesti délirant (c’est encore Copi qui, en tant qu’acteur, fait une apparition
en travesti décalé dans le clip publicitaire C’est fou ! pour Perrier). Car s’il dénonce
le régime argentin comme dans Eva Peron (montée à Buenos Aires en 1970), il est
proche du mouvement du Front homosexuel d’action révolutionnaire (FHAR) qui traduit
un rapprochement entre l’extrême gauche mao et les homosexuels.
Compagnon de la figure de proue du mouvement gay Guy Hocquenghem, il suit ce
dernier à Libération où, avec Jean-Luc Hennig, Christian Hennion ou la transsexuelle
Hélène Hazera, ils forment à partir de 1973 un petit groupe d’homosexuels au sein
de la rédaction. L’été 1979, de juin à août, il dessine une petite créature inventée sur
mesure pour le quotidien : la transsexuelle Libérett’. Ses dessins politico-pornographiques, mâtinés d’humour noir et franchement potaches, réagissent à l’actualité en
s’en moquant et font rapidement scandale. Un terme est mis à l’aventure Libérett’ dès
la fin du mois d’août 1979. Libération rappellera pourtant Copi en 1982 où il reviendra
avec un autre personnage, plus sage cette fois-ci : Kang le kangourou, dont les dessins
seront compilés plus tard dans un album du même nom.
Auteur de nombreuses pièces dans la deuxième moitié des années 1970 et la première
partie des années 1980, Copi meurt des suites du Sida le 14 décembre 1987, alors
qu’il était en pleine répétition d’Une visite inopportune, dont le personnage principal
est un malade du sida qui se meurt dans un hôpital.
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/ Le Frigo
/ Les artistes
Sébastien Rajon / Mise en scène
Comédien et metteur en scène, formé par Hébé Lorenzo au Petit chêne
théâtre à Cluny, à la Scène Nationale de Mâcon par Evanthia Cosmas, puis
au Studio 34 à Paris par Philippe Brigaud, Valia Boulay et Jacques Garsi. En
1999, il a créé la Cie Acte 6, avec neuf autres comédiens issus de sa promotion
du Studio 34. Par ailleurs il a dirigé des stages et des ateliers d’art dramatique, notamment au sein des Ateliers 34 à Aubervilliers. En 2010, il crée une
nouvelle Cie, le Carnival Théâtre. Au théâtre, il a joué entre autres sous la direction de Evanthia
Cosmas, Valia Boulay, Fredéric Ozier, Yves Burnier, Fabian Chappuis, Layla Metssitane... Il a mis en
scène Peer Gynt (H. Ibsen), au théâtre 13, Le Balcon (J. Genet) avec Michel Fau, Les courtes lignes
de Mr Courteline (d’après G. Courteline) avec la Cie acte 6, au Théâtre de l’Athénée - Louis Jouvet à
Paris et Sixième solo (S. Valetti) interprété par Jacques Frantz. Enfin, il collabore depuis une dizaine
d’année avec le jeune auteur contemporain Pierre Vignes, dont il a mis en scène, Séjour et Cavales.
Il mettra en scène prochainement La Cantatrice Chauve de Ionesco.
Yannis Ezziadi / L.
Comédien né en 1991 en banlieue parisienne. À 12 ans, il commence les
cours de théâtre dans la ville de Coulommiers. Après son exclusion du lycée
à l’âge de 16 ans, il intègre le cours de son acteur fétiche : Michel Galabru qui
le forme durant trois ans, puis devient le parrain de ses spectacles. À sa sortie de
cours, il joue et met en scène Les dialogues tristes d’Octave Mirbeau, L’ultime
et périlleux tour de chant de Rosa Joly (revue travesti), J’ai Devos à vous dire
d’après Raymond Devos, Les fourberies de Scapin de Molière. En 2015, il met en scène une soirée
hommage à René de Obaldia (doyen de l’Académie française), dans laquelle il joue Les fantasmes
de demoiselles. Parallèlement à son parcours d’acteur, il chante la musique latino-américaine.
Nadine Capri / La mère
Comédienne de théâtre et d’opérette, elle a joué sous la direction de Jérôme
Savary dans Tartarin de Tarascon (A. Daudet), d’Alain Sachs, dans La Femme
du boulanger, de Michel Fagadeau, dans Les Marchands de gloire, de JeanClaude Brialy dans Les Affaires sont les affaires, de Francis Perrin dans Moi (E.
Labiche), et aussi dirigée par M. Risch, D. Colas, J.P. Dravel et O. Macé. Elle
a joué aussi dans des pièces de Jean Galabru : Les Casseroles, Bon appétit
Messieurs...etc, et dans des mises en scène de lui, On purge bébé, Mais ne te promène donc pas
toute nue, Feu la mère de Madame et entre autres, Les lettres de mon moulin (A. Daudet) avec la
compagnie de Michel Galabru. Elle a, par ailleurs, participé à plusieurs opérettes.
Laure Portier / les autres rôles
Comédienne formée par Jean-Luc Borg à Nanterre, Florence Haziot à L’oeil
du huit, et Philippe Brigaud, Valia Boulay et Jacques Garsi au Studio 34 à
Paris. Au théâtre, elle travaille avec le collectif Odylliade dirigé par Benjamin
Duval dans Enfanquillage et l’Ograltère (d’après les textes d’Anne Mulpas).
Elle travaille aussi sous la direction de Xavier Carrarre dans Vivre (d’après
l’oeuvre de Taslima Nasreen) et celle d’Anne Delbée dans le Cid (P. Corneille).
Avec la Cie du Conte Amer, elle joue dans une adaptation de Le Rouge et le noir et dans Hiroshima,
mon amour. Puis, avec la compagnie Guépard Échappée, elle joue dans J’ai mal à Platonov,
(d’après Tchékhov) au théâtre de l’Épée de bois, dans Pierre et Jean (d’après Maupassant) et dans
Le Dindon (G. Feydeau) au théâtre 13.
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n 29 juillet / 2 août
Salle Charles Boyer
l’Astrolabe
Figeac / 19h30
Création
2016
/ Figeac
Théâtre
/ Albert Camus
Caligula
Mise en scène / Clémence Labatut
Assistanat à la mise en scène / Jessica Laryennat
Avec / Clément Bayart, Charlotte Castellat, Yoann Daunay,
Thibault Deblache, Quentin Quignon, Mélanie Rochis, Sébastien Ventura
Régisseur lumière et vidéo / Christophe Barrière
Scénographie-Création lumière et vidéo / Julien Dubuc
Création sonore / Cédric Soubiron - Musique de scène / Charlotte Castellat
Aide à la dramaturgie / Dominique Dani - Costumes / Pauline Montana-Lescos, Jules Nassar
Dessin de l’affiche / Baptiste Gourden - Graphisme / Sophie Doléans
Production Les LabOrateurs et Cie Ah ! Le Destin
Coproduction Scène Conventionnée Théâtre et Théâtre Musical Figeac/Saint Céré, Théâtre Jules Julien
avec le soutien financier de la DRAC Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, de la Région Midi-Pyrénées,
de la Ville de Toulouse, l’aide à la création de l’Adami, le soutien du Pavillon Mazar / Groupe Merci, du Théâtre
Sorano, du Théâtre d’Aurillac, du Centre culturel du Grand Figeac,
du Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse. Avec le mécénat de Monacor.
La compagnie tient à remercier : Jean-Louis Dubuc, Julien Kosellek, Thierry Besche, Pascal Papini toute l’équipe
des LabOrateurs, l’équipe de Jules Julien, l’équipe du Théâtre de l’Usine, Philippe et Dominique Labatut, Théodore
Oliver, Édith Richard, Albert Rochis, le Groupe Merci, Cyril Monteil, Jérôme Sion, François Pousson, Christophe
Barrière, Stanislas Netter, Katty Castellat, Eugénie Soulard, Margaux Szuter, Céline Maufra, Henri Herré, Florian
Butzenlechner, Franck Delpech, Aurore Carpentier, Manu Clemenceau, Nathalie Delpech, Benoît Bougard...
Association LabOrateurs
Les LabOrateurs - Pépinière d’artistes est une association créée fin 2013 par les comédiens / porteurs
de projets issus de l’année d’insertion, dite « Classe Labo », instaurée en partenariat entre les Chantiers Nomades et la section Art Dramatique du Conservatoire à Rayonnement Régional de Toulouse /
Midi-Pyrénées. Cette association, favorisant la transition entre l’univers de la formation et le monde du
travail, a par ailleurs pour vocation d’assurer l’implantation et l’insertion de ses membres dans la région
Midi-Pyrénées Languedoc-Roussillon, et de s’ancrer artistiquement et culturellement sur ce territoire.
Ah! Le Destin Compagnie
Ah ! Le Destin est une compagnie toulousaine créée en 2016 à l’initiative de Jessica Laryennat et
Clémence Labatut (comédiennes et metteures en scène) à l’occasion de deux spectacles et de
leur désir de s’associer artistiquement après leur expérience commune au sein de La Classe Labo
puis des LabOrateurs. Un premier texte, Caligula d’Albert Camus mis en scène par Clémence Labatut
et un deuxième, Partition pour deux âmes sœurs écrit et mis en scène par Jessica Laryennat.
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/ Caligula
/ Caligula
/ La pièce
/ La presse en parle
Camus avait 25 ans, en 1938, lorsqu’il commença à écrire Caligula. Un texte porté par
un jeune homme de 25 ans encore inconnu, Gérard Philipe, en 1945, au sortir de la
guerre. Aujourd’hui, 70 ans après, pour créer ce spectacle, Clémence Labatut a réuni
une équipe de jeunes comédiens. Avec toute la fureur de la jeunesse, ils s’emparent
de ce monument théâtral, et sur les traces de Camus et de son Théâtre de l’Équipe,
tentent de questionner le monde. Caligula, c’est l’histoire d’une passion terrifiante,
d’une quête insatiable, irraisonnable.
La passion de l’impossible (...). La montrer dans sa fureur, en illustrer les ravages, en
faire éclater l’échec (...). Albert Camus, Edition Américaine du théâtre, 1957.
Caligula, c’est un adolescent qui est en train de devenir un homme. C’est un homme
qui refuse l’absurdité de la condition humaine et qui veut se jouer de la mort. C’est
un empereur qui joue au Dieu et qui s’invente un monde où il se fait Destin. C’est un
provocateur qui veut surpasser la nature, prouver que sa liberté est absolue. Il nous
invite à ses jeux funestes, à son blasphème des dieux, à sa terrible excentricité. Place
au cabaret mortuaire. Place au ballet grotesque.
/ Genèse du projet
Mes deux dernières mises en scène étaient des créations - Mon corps est à moi et [Je]
d’échec - avec pour question centrale la place du corps dans nos sociétés. Je voulais
aujourd’hui retrouver un texte de théâtre, une langue pour porter mes interrogations.
Plusieurs thèmes monopolisent ma pensée depuis quelques mois, dont la plupart
s’inscrivent dans des problématiques politiques, liées au vivre ensemble, au climat
actuel international et à certaines dérives qui touchent insidieusement la démocratie.
En Espagne, deux propositions de lois ont ainsi retenu mon attention, l’une sur l’interdiction de l’avortement, l’autre sur la limitation des manifestations. Deux lois qui
soulignent l’extrême fragilité de nos avancées sociales et sociétales, voire de nos systèmes politiques. Il est terrifiant de constater à quel point tout peut être balayé d’un
seul revers de loi. Nos démocraties, symboles de liberté et de droits de l’homme, ne
sont pas à l’abri de dérives rétrogrades, obscurantistes et extrémistes, ni de ce qui
peut se passer ailleurs, hors des frontières européennes. Chaque cas est différent,
mais de façon générale, l’équilibre politique semble fragile. Les sociétés marchent
sur un fil, funambules de leur Histoire. Inutile de faire une liste... Et dans ce monde aux
repères fragilisés, la figure du dictateur n’est pas éradiquée.
C’est en ayant en tête ce questionnement que j’ai relu Caligula. Ce fut une redécouverte.
Celle d’une œuvre terriblement actuelle, celle d’un théâtre populaire, susceptible de
réveiller les consciences endormies, loin du classique poussiéreux dont on peut parler
à tort, une pièce dramaturgiquement riche, aux multiples registres, du tragique au
comique, de l’absurde au poétique ; et au delà du questionnement politique, celle
d’une pièce qui s’inscrit dans le cycle de l’absurde, et qui s’interroge sur les questions
fondamentales chères à Camus : le sens de la vie, son absurdité, l’idée de fin, la fuite
des hommes devant la mort, la liberté absolue, le destin, la révolte.
Clémence Labatut, avril 2014
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« La jeune équipe s’empare de ce monument du théâtre classique et en donne une
version pétillante et résolument moderne. Clémence Labatut assure la mise en scène
de la pièce et donne le rôle-titre à Quentin Quignon, originaire de Gourdon. Sur scène,
il incarne un Caligula adolescent en train de devenir un homme. Un personnage qui
refuse l’absurdité de la condition humaine et qui veut se jouer de la mort. »
La Vie Quercynoise - Du 14 au 20 avril 2016
« Quelle surprise de découvrir cette version moderne de la pièce de Camus : des
entrées fracassantes, utilisation maximale de tout l’espace théâtral… La mise en scène
met en relief un texte d’une brûlante actualité, mise en valeur par un ensemble de
comédiens d’une extrême justesse, utilisant le public, le prenant tantôt à témoin ou le
faisant participer. »
La Dépêche du Midi - 10 avril 2016
« Il est difficile de rendre une scène épique avec sobriété : la chair de poule qui a pris
possession de notre peau à ce moment-là, l’émotion du dénouement qui nous tord la
gorge sont pour nous des signes d’une indéniable et admirable réussite. Le flot continu
d’applaudissements qui suit en est un autre. »
aparté.com
/ Les artistes
Clémence Labatut / Mise en scène
Formation au Cours Florent / professeur d’art dramatique Cours Florent jeunesse / Meurtres Hors
Champs de Durif – création collective / m.e.s d’Une visite inopportune de Copi, Aktéon Théâtre/
m.e.s de [Je] d’échec et Mon corps est à moi, créations lors des festivals À court de forme 2010
et On n’arrête pas le théâtre 2011, direction Julien Kosellek et Stéphane Auvray-Nauroy, Estrarre,
ensemble théâtral (L’Étoile du nord, Paris) / m.e.s Lkbhar f’lmasrah au sein de la Cie Dabateatr,
direction Jaouad Essounani, Festival Migrant’ scène en partenariat avec le Gadem, Rabat / comédienne
sur Je dis non, création 2012, Casablanca, m.e.s Fatym Layachi / intègre en 2013 la première
promotion de la Classe Labo et travaille avec divers metteurs en scène et directeurs d’acteurs
dont Sébastien Bournac, Yann-Joël Collin, Jean-Louis Hourdin, Espéranza Lopez, Pascal Papini... /
Création Collective Hyperland avec Les labOrateurs sur le site d’AZF, régisseur général Pascal
Papini / Assistante de Jean-Michel Rabeux, stage d’acteurs sur Sarah Kane, 104, Paris / Talents Adami
Cannes 2015 / Assistante à la m.e.s de Julien Kosellek, Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare,
Festival Esquisses d’été 2015, Le Menteur Volontaire en partenariat avec Estrarre, ensemble théâtral,
La Roche-sur Yon.
Jessica Laryennat / Assistanat à la mise en scène
Titulaire de Licences en anglais et en Gestion des Activités Touristiques / formation au conservatoire
de Théâtre de St-Denis de la Réunion (Jean-Louis Levasseur) puis au CRR de Toulouse (Pascal
Papini) / Obtention du DET (Diplôme d’Etudes Théâtrales) / spectacle Les Soeurs de Siam d’après
Marie Nimier m.e.s. par Jean-Louis Levasseur (CDN de la Réunion), création Electronic City de Falk
Richter – m.e.s. Guillaume Bailliart, comédienne dans Le Roi Arthur d’après Henry Purcell – m.e.s.
Olivier Baert / Intègre la première promotion de la Classe Labo et travaille avec divers metteurs
en scène et directeurs d’acteurs dont Sébastien Bournac, Yann-Joël Collin, Jean-Louis Hourdin,
Espéranza Lopez, Pascal Papini... / Création Collective Hyperland avec Les labOrateurs.
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/ Caligula
Julien Dubuc / Scénographie, Lumière et Vidéo
BTS lumière Grim-Edif / Master Réalisation lumière ENSATT Lyon / Scénographies Numériques
Gaieté Lyrique / co-fondateur Collectif INVIVO / création lumière et vidéo à Paris pour Deug Doen
Group (Aurélie Van Den Deale), Sambre (Carole Thibaut), Jean-Claude Cotillard, Mouvement du
22 (Yannik Landrein) et Opus66 (Jane Piot) / création lumière vidéo et scénographie à Lyon pour
Ubris (Julie Tarnat/Charly Marty), les 7 soeurs (Catherine Hargreaves / Blandine Pinon / Yann Lheureux), Matthias Langhoff (dans le cadre du fin de cursus ENSATT) / créations lumières à Agen avec
le théâtre du Jour et la compagnie Pierre Debauche (Alan Boone/Vincent Poirier) / réalisation de
divers objets vidéo MAD - projet ailleurs(s).
Cédric Soubiron / Créateur sonore
Formation au Studio École de France et à l’SAE (producteur et sound-désigner) / réalisateur et
producteur à Skyrock / Travaille au sein de la société de production ‘Starling’ / DJ et scratcheur
pour des soirées et événements dans les années 90 / En 1998, fondateur avec Martial Tricoche
du groupe de rap celtique Manau, récompensé aux Victoires de la musique en tant que Meilleur
groupe de musiques urbaines / En 2000, prix Vincent Scotto de la SACEM pour la chanson La
tribu de Dana / Formation au Cours Florent en 2008 avec Suzanne Marot, Arlette Alain et Julien
Kosellek / comédien dans Lucrèce Borgia, Angelo, tyran de Padoue de Victor Hugo, dans Le songe
d’une nuit d’été de Shakespeare mis en scène par Julien Kosellek, ensemble théâtral Estrarre /
dans Plastic dolls de Clemence Longy, dans Pulp de Charles Bukowski mis en scène par Romain
Martin, dans Le monte-plats de Harolt Pinter mis en scène par Stéphane Auvray-Nauroy / Création
personnelle Il faudra que je m’applaudisse moi-même / Création sonore de Push Up de Roland
Schimmelpfennig mis en scène par Julien Kosellek.
Clément Bayart / Comédien
Prépa en Arts Appliqués à LISAA / formation au Cours Florent, à L’École Auvray-Nauroy et à la New
York Film Academy / en 2008 comédien dans Une visite inopportune de Copi m.e.s Clémence
Labatut à l’Aktéon Théâtre / Meurtres Hors Champs de Durif, création collective à l’Aktéon Théâtre/
Pothos, création d’après Fragments d’un discours Amoureux de R. Barthes avec S. Siroux pour A
court de forme 2010 / En 2011, mise en scène de L’Amour de Phèdre de S. Kane au Théâtre de
Verre / comédien sur les courts métrages Entre les Corps et Spasibo réalisés par A. Sartini / En
2012 et 2013, comédien sur AVARE et Dom Juan sur Paris et en tournée, m.e.s Maxime Coudour
et Fanny Imber / comédien sur Novembre court-métrage réalisé par Lisa Gyongy / en 2014, comédien
sur Celui qui n’existe pas m.e.s Camille Ollagnier au Point éphémère à Paris / comédien sur Bora-Bora
réalisé par Nicolas Martin.
Charlotte Castellat / Comédienne
Formation au CRR de Toulouse en théâtre, en violoncelle, piano et en danse / De 2004 à 2011 :
Créations avec le groupe Ex-Abrupto (compositrice, musicienne et comédienne) au théâtre Sorano
de Toulouse : Rimbaud l’Enragé, Un tramway nommé désir, Le procès, Cabaret K, La Cerisaie, Dom
Juan, Cyrano de Bergerac, ... mises en scène Didier Carette / Dom Juan - Régis Goudot / La Séparation des songes et Le tigre bleu de l’Euphrate - Michel Didym : création d’Electronic City - Guillaume
Bailliart / mise en musique de film muets avec La Cinémathèque de Toulouse / intègre la classe Labo
en 2013 et travaille notamment avec Sébastien Bournac, Yann-Joël Collin, Jean-Louis Hourdin,
Espéranza Lopez, Pascal Papini... / En 2014, lecture mise en espace d’Un chien dans la tête -Laurent
Perez / création Hyperland - Les LabOrateurs / création danse : Fragments - cie Plumes d’elles / En
2016, création d’Histoire de Julie qui avait une ombre de garçon adapté de l’album jeunesse du
même nom et mis en scène par Sarah Cousy.
Yoann Daunay / Comédien
Formation au CRR de Tours (Philippe Lebas, Christine Joly et Didier Girauldon) / créations professionnelles auprès de Cano Lopez (réadaptation du Grand Meaulnes, L’Amour comme un vertige et
La Mastication des morts de Kermann, The MasticKoncert), d’Armand Gatti (reprise et réadaptation
de Ces Empereurs aux ombrelles trouées) et de Jean-Marie Sirgue (Capitaine Le Jan) / monte la
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/ Caligula
Cie Avant je voulais changer le monde : création d’Electronic City de Falk Richter et projet de
création jeune public / intègre en 2013 la première promotion de la Classe Labo et travaille avec
divers metteurs en scène et directeurs d’acteurs dont Sébastien Bournac, Yann-Joël Collin, JeanLouis Hourdin, Espéranza Lopez, Pascal Papini / création Hyperland - Les LabOrateurs / Assistant
de Mathieu Bertholet sur Bertholet Bertholet et Derborence de Ramuz / comédien sur RendezVU
avec Gilles de Théodore Oliver, compagnie MegaSuperThéâtre.
Thibault Deblache / Comédien
Formation à l’Atelier Intensif du Hangar de Toulouse (Didier Roux, Laurence Riout et Bernard
Guittet) / diplôme de fin d’études en piano à l’EMD de Villeneuve sur Lot / master en Biologie à
l’université Paul Sabatier de Toulouse / marionnettiste pour la compagnie Le Théâtrophone avec
François-Henri Soulié / musicien et comédien au sein du groupe The Band from New York et
tournées depuis 2013 / création du Collectif Roues Libres et du spectacle Quart de Cycle sur des
textes de Ronan Chéneau / réadaptation des Monologues du Vagin avec Luna Kalo / création de
l’association Les Papoteurs visant à faire de la vulgarisation scientifique par le théâtre / comédien
sur les courts-métrages La Parole d’un Geste réalisé par Samuel Brien, Nouveau Luxe réalisé par
Romain Vidal, Les Ronces de Suzanne réalisé par Maria Blanchard.
Quentin Quignon / Comédien
Formation au CRR de Toulouse (Pascal Papini) et au sein d’une troupe lotoise / Tournée sur la
Mastication des morts de Kermann - Groupe Merci / création Electronic City de Richter - Guillaume
Bailliart / expériences de travail auprès du jeune public / intègre en 2013 la première promotion
de la Classe Labo et travaille avec divers metteurs en scène et directeurs d’acteurs dont Sébastien
Bournac, Yann-Joël Collin, Jean-Louis Hourdin, Espéranza Lopez, Pascal Papini… / création Hyperland
par l’association LabOrateurs sur le site d AZF à Toulouse, régisseur général Pascal Papini / Joue
dans C’est quoi le théâtre et RendezVU avec Gilles, créations de la compagnie MegaSuperThéâtre
dont la direction artistique est assurée par Théodore Oliver/ acteur sur Par les villages de Verdun
à Constantinople 14-18, adaptation et mise en scène Jean-Pierre Beauredon- Cie BDP le Tracteur.
Mélanie Rochis / Comédienne
Licence d’Etude théâtrales / Ecole d’Art dramatique Les Enfants Terribles, Paris / stages d’interprétation avec Fabrice Melquiot et Bénédicte Le Lamer, CDDB de Lorient / comédienne dans
J’ étais dans ma maison et j’attendais que la pluie vienne de JL. Lagarce - F. Azéma, Théâtre du Pavé /
formation au CRR de Toulouse / tournée sur La mastication des morts de P.Kermann- Groupe
Merci / création d’Electronic City de F.Richter-Guillaume Bailliart / intègre en 2013 la première
promotion de la Classe Labo et travaille avec divers metteurs en scène et directeurs d’acteurs dont
Sébastien Bournac, Yann-Joël Collin, Jean-Louis Hourdin, Espéranza Lopez, Pascal Papini / création
Hyperland - Les LabOrateurs / Assistante sur C’est quoi le théâtre - compagnie MégaSuperThéâtre,
direction artistique Théodore Oliver.
Sébastien Ventura / Comédien
Formation au Cours Florent, intervenants : Michèle Harfaut, Julien Kosellek, Benoît Guibert / en
2012, stage De la commedia dell’arte à Molière et Marivaux, intervenant : Luis Jaime Cortez Théâtre du Hibou / en 2015-2016 : auteur, metteur en scène et interprète du spectacle Hommage(s) / comédien dans Une visite inopportune de Copi m.e.s. Clémence Labatut, Eva Perón de
Copi m.e.s. Stéphanie Dussine (Avignon-Off 2012 et 2013), La tour de la Défense de Copi m.e.s.
Florian Pautasso et Maya Peillon au Théâtre La Loge à Paris, Dancing écrit et m.e.s. par Geoffrey
Couët (Avignon-Off 2011), Lord Haworth écrit et m.e.s. par Constance Gontier au Théâtre Clavel à
Paris, Hamlet de Shakespeare m.e.s. Vincent Brunol au Théâtre L’Etoile du Nord à Paris / interprète
en comédie musicale : rôle-titre de Monsieur ! Le musical chic en 2012 à Paris / rôles courts à la
télévision : Détectives, Un village français, Trepalium / comédien dans Table rase réalisé par Thomas
Keumurian, 2 nominations : Meilleur acteur dans un court-métrage au St-Tropez International Film
Festival, et Meilleur acteur dans un court-métrage étranger au Milan IFF 2015.
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/ Figeac
Théâtre
n 24 juillet
Espace Mitterrand
Figeac / 21h45
Création 2016
/ Brasseur et
« Les Enfants
du Paradis »
Une pièce écrite et mise en scène par Daniel
Colas sur une idée
Brasseur.
et avec la complicité d’Alexandre
Avec /
Alexandre Brasseur et Cléo Sénia
Assistante à la mise en scène / Stéphanie Froeliger
Décors / Jean Haas - Costumes / Jean-Daniel Vuillermoz
Lumières / Kevin Daufresne - Musique / Stéphane Green
Vidéo / Olivier Bemer
Production Théâtre Actuel
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/ Brasseur et « Les Enfants du Paradis »
/ Brasseur et « Les Enfants du Paradis »
« Je suis très fier de ce texte qui exulte la vie, la liberté et qui rend hommage à un film
qui lui-même rend hommage au théâtre. C’est une part de mon héritage, un peu de ce que
nous étions dans ma famille, de ce que nous sommes et de ce que je veux continuer à être. »
/ Le mot de l’auteur
Alexandre Brasseur
Dans le début des années 50, à Paris, Pierre Brasseur, grand acteur de ce temps, se
souvient et raconte la création d’un film français mythique : « Les Enfants du Paradis ».
Brasseur nous parle de lui, bien sûr, et aussi d’Arletty et de Jean-Louis Barrault, ses
partenaires à l’écran, mais surtout de l’écriture du film, pendant l’occupation allemande,
en Provence, à Tourrettes-sur-Loup, dans une maison, le Prieuré des Valettes, que Prévert
avait louée à cet effet.
Au Prieuré, Marcel Carné, Jacques Prévert, Alexandre Trauner et Joseph Kosma travaillent
à l’élaboration du scénario, de la musique, et des décors du film. Quatre créateurs
en veine d’inspiration. Une histoire d’artistes déterminés, de créateurs décidés à ce
que l’esprit et la liberté́ prennent décidément le pas sur les armes et la répression ; mais
également une histoire d’amis, de copains aussi, qui s’efforcent de continuer à vivre,
à rire, à travailler dans une époque particulièrement sombre.
Brasseur nous raconte aussi le tournage du film, les difficultés, les interruptions ; et
du rapport avec les autorités : jusqu’où le fait de pactiser – temporairement – avec
l’occupant est-il, ou non, acceptable ? Où commence la collaboration ? Sur quelle fine
ligne faut-il danser pour que les actes qui ne sont pas d’opposition ne soient pas pour
autant des actes de participation ?
Et puis le célèbre acteur va nous parler aussi de la libération, et puis aussi, de la révélation
de la Shoah, et des formellement tristes instants de l’épuration.
L’histoire d’un film. L’histoire de plusieurs vies. L’histoire d’un peuple aussi. D’un peuple
opprimé et de ses réactions, plus ou moins héroïques ou sujettes à caution. L’histoire
d’un moment de l’Histoire.
Daniel Colas
/ La pièce
Hiver 1943 en France. Malgré les contrôles et la dangerosité ambiante, un quatuor
magique un peu bohème va se terrer, à deux doigts des réseaux clandestins. Cachés en
Provence, co-habitent Prévert, Carné, Trauner et Kosma, la trentaine éclatante. Quatre
amis, quatre artistes, quatre génies. Auteur anti-militariste, réalisateur homosexuel,
décorateur et compositeur juifs, ils se retrouvent dans la tourmente des verts de gris,
des collabos et des résistants. Généreux et heureux malgré le malheur, ils veulent se
battre avec leurs armes. Les mots, les images, la beauté, la musique. Leur devise est
de regagner par l’esprit ce qui avait été perdu par les armes. Ensemble, dans le plus
grand secret, entourés de leurs femmes et de quelques amis, ils vont écrire, rêver,
dessiner et composer en six mois, Les Enfants du Paradis. Ensemble, ils vont collaborer
dans la clandestinité, pour faire souffler le vent de la liberté sur les cendres d’une France
décharnée. Une histoire humaine, pétrie de joies, de craintes et d’amitié, sur la genèse
d’une œuvre majeure, au milieu des menaces quotidiennes de la guerre qui assaille
le pays. Alexandre Brasseur, à travers la parole de son grand-père, Pierre, nous fait
revivre l’histoire extraordinaire et pourtant vraie, de ce monument du cinéma français.
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/ Le film, le contexte
Sortie en 1945, c’est une des rares productions françaises entreprises pendant la
guerre sous l’occupation allemande. De nombreuses interruptions ont lieu dans le
tournage, liées au rationnement de la pellicule et aux coupures d’électricité. Plusieurs
participants étaient juifs et ont apporté leur contribution au film dans la clandestinité
comme Alexandre Trauner et Joseph Kosma.
/ Les artistes
Alexandre Brasseur / Comédien
Après deux années passées à Londres pour apprendre son métier et travailler
pour MTV, Alexandre tourne pour la première fois sous la direction de Bob
Swaim. Jean-Claude Brialy lui offre ensuite son premier vrai rôle dans George
Dandin où il donne la réplique à Jacques Villeret et Mathilde Seigner. Théâtre,
cinéma, télévision. De Colt 45 à Maigret, des Textiles au Bureau Des Légendes,
de la comédie au polar, il aime passer d’un genre à l’autre et ne pas se laisser
enfermer. Il joue aux côtés de Gérard Lanvin, Joey Starr, Pierre Arditi... Sur les planches, son désir
de liberté est le même : de Goldoni à Schmitt en passant par Tchekhov ou Philippe Lellouche, il a
entre autres travaillé sous la direction de Wilson, Murat, Caron ou Savary. En 2007, il reçoit pour,
Mon père avait raison de Guitry, le Prix Raimu de la révélation théâtrale. Il joue également dans
plusieurs séries et téléfilms Le Bureau des Légendes, Kader Chérif, Joséphine ange gardien, The
Collection (Amazon/BBC International).
Daniel Colas / Auteur, metteur en scène
Artiste multiple - acteur, dramaturge, metteur en scène, cinéaste - Daniel Colas a été l’interprète
de nombre de rôles tant au théâtre qu’au cinéma ou à la télévision. Il a réalisé pour le cinéma
Ras le Cœur (1980), Man Eaters (1988) et Nuit Noire (2002, Grand Prix du Festival de la Ciotat,
Grand Prix du festival international de Marseille). Au théâtre, outre ses propres pièces, il a mis en
scène de nombreux auteurs contemporains, dont récemment : Eva de Nicolas Bedos, Check Up
de Serge Serout, Le facteur sonne toujours deux fois de James M. Cain, Les Autres de Jean-Claude
Grumberg (Daniel Russo, nomination aux Molières 2010), Hollywood de Ron Hutchinson, Huis clos
de Jean-Paul Sartre. Il a mis en scène Patricia Kaas dans son spectacle en tournée internationale
Kaas chante Piaf (2012). Daniel Colas a également mis en scène les ouvrages dont il est l’auteur :
Charlotte Corday (avec Coralie Audret), Les Chaussettes, Opus 124 (Michel Galabru, Molière 2008
du Meilleur Acteur) Henri IV, le bien aimé (spectacle qui obtient 5 nominations aux Molières 2011
dont Jean-François Balmer meilleur acteur, et Daniel Colas metteur en scène) et, tout dernièrement,
Un certain Charles Spencer Chaplin (Maxime d’Aboville) ... De 2006 à 2011 Daniel Colas a été
directeur du Théâtre des Mathurins.
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n 26 juillet (21h30) /
27 juillet (21h)
Espace Mitterrand
Figeac
/ Figeac
Théâtre
/ Shakespeare
Richard II
Conception /
Guillaume Séverac-Schmitz
Traducteur, adaptation
et dramaturge /
Clément Camar-Mercier
Avec /
Jean Alibert,
François De Brauer,
Olivia Corsini,
Baptiste Dezerces,
Pierre-Stéfan Montagnier,
Thibault Perrenoud,
Nicolas Pirson
Scénographie / Emmanuel Clolus
Création Lumière / Pascale Bongiovanni
Création Costume / Emmanuelle Thomas
Création sonore / Yann France et
Guillaume Séverac-Schmitz
Régie générale et son / Yann France
Régisseur Lumière / Héla Skandrani
Production Le collectif Eudaimonia - EPOC-Productions
Coproduction Théâtre de l’Archipel - Scène Nationale de Perpignan, Les théâtres Aix-Marseille / Gymnase-Bernardines,
Le théâtre Montansier de Versailles, Le Cratère-Scène nationale d’Alès.
Aide à la création : du Ministère de la culture et de la communication-DRAC Languedoc Roussillon, du Conseil
Régional Languedoc Roussillon, du Conseil départemental de l’Aude et de la SPEDIDAM.
Avec le soutien du dispositif d’insertion de l’école du Nord EPSAD/CDN Lille-Tourcoing soutenu par la Région
Nord Pas de Calais et la DRAC Nord Pas de Calais, ARCAL-Cie Nationale d’art lyrique, Théâtre Jacques Coeur de
Lattes, la Cie Sandrine Anglade et Réseau en scène Languedoc Roussillon.
/ Richard II
/ La pièce Richard II
Écrite par William Shakespeare en 1595, La vie et la mort du roi Richard II, raconte
l’abdication de ce roi, dont le règne a duré 22 ans (1377-1399). Cette pièce historique
commence après l’assassinat du duc de Gloucester, oncle du roi. Suite à une querelle
à ce propos, il banni Bolingbroke, duc de Lancastre et Mowbray, duc de Norfolk.
Profitant d’avoir pillé la fortune de Jean de Gand, père de Bolingbroke, Richard part
faire la guerre en Irlande. À son retour, Bolingbroke est revenu en Angleterre, réclamant
l’héritage de son père. Forcé (ou non, selon les interprétations...), Richard donnera
son royaume et sa couronne à Bolingbroke, le laissant devenir Henry IV, nouveau roi
d’Angleterre. Sur un malentendu (ou non, selon les interprétations...), le nouveau roi
fera assassiner Richard, alors tourmenté par la folie, dans sa cellule de prison.
/ Parcours d’acteurs
Richard II comprend une trentaine de rôles dans sa version originale. Ici, nous avons
adapté l’œuvre pour qu’elle soit jouée par sept interprètes. C’est un choix délibéré et
mûrement réfléchi.
Certains acteurs n’ont qu’une seule partition, comme Richard par exemple, et d’autres
ont une partition composée de plusieurs rôles. L’ensemble de l’équipe a donc à défendre
un parcours équivalent en taille au sein du spectacle, permettant ainsi de créer une
solidarité très forte au plateau et un véritable esprit de troupe.
/ Principes de mise en scène
Par son lyrisme et sa poésie, Richard II renferme un univers symbolique très puissant
qui embrasse la vie des personnages. La mise en scène s’empare de ces symboles en
déployant leur portée théâtrale.
Les éléments naturels comme l’eau et le vent sont très souvent utilisés comme métaphore
pour renforcer le caractère sacré de l’œuvre.
En effet, en plus du travail fondamental autour de la direction d’acteur, il me semblait
important d’aborder la pièce par cet angle poétique et vibrant de la sacralisation.
Ces deux principes du travail de mise en scène (les acteurs et le sacré) dialoguent et
fusionnent selon les situations en s’appuyant sur de simples accessoires de jeu (drap
blanc, tabourets, table) qui permettent l’évocation des lieux et du cadre des situations.
Ces accessoires sont manipulés par les acteurs eux-mêmes. C’est un théâtre qui se
fait et se défait à vue. Ce travail quasi-artisanal du développement de la pensée par
l’image permet de plonger le spectateur dans l’énergie de la pièce et convoque son
imagination.
Guillaume Séverac-Schmitz
Remerciements : Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris (CNSAD), à Sara Llorca/Cie HO,
au Conservatoire de Vincennes et au Sillon-Scène conventionnée Clermont l’Hérault.
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/ Richard II
/ Richard II
/ Le mot du Collectif
/ ... Du pouvoir à la poésie.
Le travail du Collectif Eudaimonia tire son énergie de l’esprit de groupe et de la cohésion qui l’anime durant la création. Nous avons le souhait profond de parler au monde
avec un constant souci de vérité et nous pensons que le théâtre est une fête ; qu’il doit
l’être à l’endroit du partage et de la joie.
Nous abordons ici Shakespeare à travers l’histoire d’un homme qui perd tout, mais
qui dans sa chute nous révèle qu’il y a une manière de gagner qui consiste à perdre.
Pour la raconter, nous mettons l’humain au centre de notre création en instaurant
un dialogue permanent entre les acteurs et les concepteurs. Nous tendons vers un
théâtre moderne où la créativité et la sensibilité de chacun des membres de l’équipe
sont au service de l’œuvre que nous défendons.
Nous avons construit un projet exigeant, créatif, rassembleur et résolument populaire.
Nous sommes partis du texte, de ce qu’il met en jeu et de ce qu’il dit.
Nous sommes partis de ce qu’écrit Shakespeare, sans complexe, sans préjugés, en
ayant l’ambition de toucher les enjeux dramatiques de son texte, pour en révéler la
puissance en tentant de démontrer qu’il y a dans chacune de ses œuvres une part très
intime de nous-mêmes. Notre travail sur Richard II tend à témoigner de cette universalité.
Si l’on continue encore à monter Shakespeare aujourd’hui, c’est qu’il y a dans son
œuvre quelque chose d’immortel, d’intemporel, d’infini mais aussi quelque chose qui
demande toujours à être réinterrogé, redécouvert, réinterprété. L’ambition du spectacle
tente de réunir ces deux pôles : embrasser la poésie géniale de l’auteur et l’ampleur
de sa pensée tout en comprenant aujourd’hui la portée du discours de la pièce que
ce soit d’un point de vue humain, politique mais aussi théâtral.
En effet, si Richard II est l’histoire d’un roi qui chute, c’est aussi celle d’un acteur qui
laisse le premier rôle. Rarement ce geste, souvent assimilé à la quintessence même
du tragique, est interprété comme une gloire, une réussite : comme s’il n’y avait pas
plus royal que de laisser sa place...
Tant de contradictions et de questionnements sont soulevés quand vous êtes confrontés
à l’œuvre du dramaturge anglais : si en cerner toutes les ambigüités est une priorité,
savoir les éclairer pour les rendre lisibles et efficaces lors du passage au plateau est
une nécessité. C’est dans cette perspective d’efficacité et de lisibilité que la mise en
scène se doit d’être tout aussi épique et spectaculaire qu’intime et poétique. L’œuvre
est adaptée pour pouvoir être jouée par une troupe de sept acteurs. Ainsi le théâtre
est sans cesse mis en abyme, il se construit à vue par les acteurs eux-mêmes.
En entretenant un rapport concret avec les spectateurs, le lieu de représentation devient
plus qu’une simple salle de spectacle mais l’Angleterre entière du roi Richard.
Shakespeare l’avait compris : le théâtre a bien les épaules pour rêver de grandes Histoires.
L’énigme reste entière. Pourquoi Richard décide-t-il d’abandonner si promptement le
pouvoir ? « Tout est à vous » : d’un seul coup, comme ça. Quelle mouche l’a donc piqué ?
Dans la pièce, tout est jeu de pouvoir, vilain jeu qui tourne vite au massacre. Les personnages passent leur temps à se laver les mains, au sens figuré. Imaginons-le sur
scène, au sens propre. Comme le nez de Pinocchio se rallonge au mensonge, toutes
ces mains avides de pouvoir se tâchent dès que l’ambition gonfle. Il faut donc passer
son temps à se laver les mains car la soif de pouvoir n’est efficace que bien insidieusement masquée. Mais peut-on vraiment détourner les autres de nos volontés quand
elles sont aussi majestueuses que la royauté ? Richard, lui, se lave les mains dès le
début : il a tué son oncle. Mais peu à peu, ce n’est plus lui qui a soif de pouvoir, cette
soif s’estompe au nom d’une fièvre poétique. Ces mains ne se tâchent plus car il abandonne totalement l’addiction au pouvoir, éternellement liée au sang, pour pénétrer
un autre monde, fou, féérique, malade du verbe. Le pouvoir fatigue car il nécessite
cette frénétique ablution qui assèche les mains. La terre, le sang, le pouvoir : c’est la
soif des humains. Il s’évade vers l’autre monde, vers le ciel : là où on peut résider au
son d’une musique. Mais pour cela, il faut mourir : car tout est pourri au royaume du
pouvoir. Dans un terrible bain de sang, la poésie nous tuera tous. Et si c’était donc elle
qui avait emporté Richard ?
Clément Camar-Mercier / Guillaume Séverac-Schmitz
/ La scénographie
Un espace de jeu simple avec un grand pouvoir d’évocation; une sorte d’étendue
ou l’acteur peut évoluer seul ou en groupe ou muni d’accessoires, bordée de part
et d’autre d’échelles dédiées à la technique; support de projecteurs, d’enceintes, de
ventilateurs, de fumée...
Liner posé sur le plateau, pouvant recevoir de l’eau, du sang, le tout balayé par le vent...
Les éléments et les matières tissent des liens dans l’histoire de Richard et traversent
les êtres : soit ils y grandissent, soit ils y périssent.
Emmanuel Clolus
Le collectif Eudaimonia
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/ Richard II
/ Richard II
/ Sur la nouvelle traduction
et l’adaptation (Extrait)
Si la traduction a l’air de toujours se poser comme un problème dans l’histoire et dans
l’approche de la littérature, il faut aussi parfois savoir embrasser sa beauté. Au théâtre,
ce serait de pouvoir offrir à chaque nouvelle création d’un même texte : un nouveau
souffle, une nouvelle langue. Au fond, la traduction dramatique est là pour servir la
poésie du théâtre : pour une seule pièce, un nombre illimité de textes. Imaginez ! (...)
Pour ce qui est du travail d’adaptation, il a été fait en étroite collaboration avec le
metteur en scène, ainsi le texte de cette création relève d’un double travail qui ne
peuvent qu’exister ensemble. Cette nouvelle traduction de la pièce ne peut donc pas
se détacher de l’adaptation pour la mise en scène qu’elle propose : intrigue étoffée,
moins de personnages, clarification du propos historique, rythme accéléré, transitions
plus brutales, etc...
Clément Camar-Mercier
/ La presse en parle
« Comment embrasser la poésie géniale de Shakespeare et l’ampleur de sa pensée
tout en maintenant le point de vue humain, poétique mais aussi théâtral ? Pari réussi
avec ce Richard II. »
Jacques Pumérada, Le Travailleur Catalan, Novembre 2015
« Cette pièce très peu jouée (...) est restituée ici dans un geste paradoxal d’épure gonflée,
avec seulement sept acteurs sur le plateau. Un défi de taille, bien relevé par un metteur
en scène prometteur qui n’a pas froid aux yeux. »
Thomas Ngohong, i/o La Gazette éphémère des festivals, Décembre 2015
« Guillaume Séverac-Schmitz a imaginé une version plus que dépoussiérée, vitupérant
de jeunesse et de vitalité, délicieusement décalée et exaltée. »
Julie Cadilhac, lagrandeparade.fr, Novembre 2015
« Servi par la nouvelle traduction revivifiante de Clément Camar-Mercier (...) ce spectacle
aux effets rudimentaires mais visant souvent juste déroule une belle densité. »
hierautheatre.wordpress.com, Décembre 2015
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/ Les artistes
Guillaume Séverac-Schmitz / Mise en scène
Acteur, Musicien et metteur en scène formé au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique
de Paris (CNSAD), Guillaume Séverac-Schmitz est le directeur artistique du Collectif Eudaimonia.
En tant qu’acteur il joue sous la direction de Mario Gonzalez, Jean-Paul Wenzel, Cécile Garcia-Fogel,
Karelle Prugnaud, Jean-Michel Ribes, Jean-Louis Martinelli, Michel Didym, David Lescot, Sara Llorca,
Wajdi Mouawad... En Décembre 2012, il fonde Le Collectif Eudaimonia et conçoit en novembre
2013 le Solo Un obus dans le cœur de Wajdi Mouawad au CDN de Montpellier et actuellement en
tournée. Guillaume Séverac-Schmitz est artiste accompagné par Les Théâtres Aix-Marseille / Gymnase-Bernardines et pour le projet Richard II par le Théâtre de l’Archipel, scène nationale de Perpignan.
Clément Camar-Mercier / Dramaturge
Diplômé de l’ENS en Histoire et Théorie des Arts, Clément Camar-Mercier est doctorant et enseignant en études cinématographiques à l’Université d’Aix-Marseille. Il a travaillé pour Arte, la cinémathèque de Montréal ou France Culture. En 2012, il monte sa compagnie Les Fossés Rouges,
qu’il dote d’un lieu de création dans la région Centre, et il met en scène Pour un tombeau d’Anatole,
d’après Stéphane Mallarmé, pour la réouverture du théâtre universitaire de la rue d’Ulm.
En 2013, sur commande de la compagnie Juste Avant, il traduit et adapte Richard III de William
Shakespeare pour le Théâtre régional d’Arbois. Répondant à une nouvelle commande de cette
compagnie, il écrit en 2014, L’émouvante épopée d’Elvis K. pour des élèves de l’EPSAD à Lille.
En 2014, Guillaume Séverac-Schmitz lui commande une nouvelle traduction et adaptation de Richard II.
En 2015, en tant que dramaturge et assistant, il travaille au Théâtre de la Ville-Paris pour Brigitte
Jaques-Wajeman et au théâtre de Vanves pour Alice Zeniter, avant de créer son nouveau spectacle
Avec grâce, librement inspiré de Yukio Mishima.
Emmanuel Clolus / Scénographe
Après ses études à Olivier de Serres, Emmanuel Clolus est assistant du décorateur Louis Bercut.
Ensuite, il réalise de nombreux décors pour le théâtre : Le Prince travesti de Marivaux, L’annonce
faite à Marie de Claudel, Le Maître et Marguerite de Boulgakov, ou encore Bérénice de Racine.
Il collabore très régulièrement avec Stanislas Nordey au théâtre : Le Triomphe de l’amour de Marivaux,
Incendies de Wajdi Mouawad, La métamorphose de Kafka (opéra de Lille), mais également
Melancholia à l’Opéra Garnier. Depuis 2006, il collabore avec l’auteur / metteur en scène Wajdi
Mouawad et a réalisé les décors de Forêts, Littoral, Seul puis Le Sang des Promesses et Ciels pour
le festival d’Avignon 2009. Dernièrement il vient de signer les scénographies de Tristesse Animal
Noir de Anja Hilling et Par les villages de Peter Handke mis en scène par Stanislas Nordey à la Colline,
de deux opéras : Lucia de Lammermoor de Donizetti pour Lille et La Vestale de Spontini pour le
théâtre des Champs-Élysées ; Ainsi que Ajax et Œdipe-Roi de Sophocle et Sœurs (mise en scène
de Wajdi Mouawad).
Jean Alibert / Thomas de Woodstock (duc de Gloucester), Edmond de Langley
(duc d’York), les oncles de Richard et le jardinier.
Acteur formé au Conservatoire de Lyon il suit également une formation de comedia dell’arte au
Piccolo Teatro qui l’amènera à travailler en Italie avec Carlo Boso. En France, il participe à l’aventure
du Théâtre du Campagnol est jouera dans les spectacles Une des dernières soirées de carnaval,
Le voyage à Rome, Le Joueur, Audiberti. Au cinéma et à la télévision, il tourne avec Marcel Bluwal,
Nino Monti, Jacques Rouffio, Nadine Trintignant, Laurent Heynemann. Il travaille entre autres avec
Paul Desveaux Richard II, Guy Delamotte Richard III, Wajdi Mouawad dans Littoral, Forêts et la
trilogie Le sang des promesses, ainsi qu’avec Stuart Seide Au bois lacté, Thomas Jolly le cycle des
Henry VI, Christian Lapointe L’homme atlantique et la maladie de la mort, Gorgio Barberio Corsetti
Le prince de Hombourg.
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/ Richard II
/ Richard II
François De Brauer / Henry Bolingbroke (duc de Hereford, fils de Jean de Gand et
Baptiste Dezerces / Le Duc d’Aumerle (fils du duc d’York, cousin et ami de Richard)
Il est formé dans la Classe libre du Cours Florent par Michel Fau et Jean-Pierre Garnier puis au
Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris (CNSAD), par Alain Françon, Dominique Valadié, Gérard Desarthe, Yann-Joël Collin, Philippe Garrel... Au théâtre, il joue sous la direction de Julia Vidit Illusions, d’Ivan Viripaev, Marc Paquien La Locandiera de Goldoni et Les Femmes
savantes de Molière, Clément Poirée Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, Volodia Serre
Les Trois Sœurs de Tchekhov, Sara Llorca Théâtre à la Campagne de David Lescot ou encore Les
Deux Nobles Cousins de Shakespeare et Fletcher. En dehors du plateau, il a coécrit plusieurs
projets de théâtre et de cinéma, il a composé la musique de Saltimbanque de D. Chryssoulis et
E. Bonnier-Bel Hadj et a collaboré à la mise en scène de Louis Arene La Fleur à la bouche de Pirandello à la Comédie-Française. En 2014, il a écrit et interprété un solo intitulé La Réforme Goutard.
Acteur formé à l’École du Nord après deux années au conservatoire du XIIIème arrondissement
de Paris. Fort d’un stage professionnel en 2008-2009 au théâtre du Seuil à Chartres, il crée Juste
avant la Compagnie avec Lisa Guez en juillet 2010. Cette structure lui permet d’interpréter le personnage de La Nuit juste avant les forêts de Bernard-Marie Koltès, mis en scène par Lisa Guez au
Théâtre de l’École Normale Supérieure. Entre 2010 et 2012, il a interprété le rôle d’Alceste, sous
la direction de la compagnie Sub’théâtre, au cours d’une tournée de Théâtre à domicile. En septembre 2012, Baptiste Dezerces incarne Stéphane Mallarmé dans Pour un tombeau (d’Anatole),
mis en scène par Clément Camar-Mercier, au théâtre de l’ENS. En 2013, il joue et met en scène
en collaboration avec Lisa Guez, Richard III de William Shakespeare traduit et adapté par Clément
Camar-Mercier. Enfin, il participe dès 2014 au dernier projet de Juste avant la compagnie : Macbeth
de Shakespeare, dont il interprète le rôle titre.
cousin de Richard).
Pierre-Stéfan Montagnier / Jean de Gand (duc de Lancastre, père de Bolingbroke
et oncle de Richard), Lord Bushy (ami de Richard), l’évêque de Carlisle (partisan de
Richard) et l’aide jardinier
Lors de sa formation à l’ENSATT, il rencontre Brigitte Jaques Wajeman. Au sein de la Cie Pandora, il
jouera Plaute (La Marmite, Euclion ; Pseudolus, Ballion), Molière (Tartuffe, Orgon), Crimp (Tendre et
Cruel, Le Général) et bien sûr Corneille (Nicomède, Prusias ; Surena, Orode ; Sophonisbe, Syphax).
Il travaille aussi avec Gildas Bourdet dans l’Atelier de J-C. Gumberg où il jouait Le Premier Presseur,
Christophe Rauck (La Nuit des Rois, Malvolio), Guy-Pierre Couleau (George Dandin, Dandin ; et
Les Dialogues de Dubillard), Isabelle Starkier (Le Bal de Kafka de Timothy Daly, Herman). Avec
Claude Yersin, il joue dans Le Comte Öderland de Max Frisch. Avec Silviu Purcarete, dans l’Orestie
d’Eschyle. Il croise aussi les univers de Christian Colin (Amnésie, d’après Kleist), de Bernard Kudlak
et du Cirque Plume (La Plume de Satan, d’après Victor Hugo), de Sarkis Tcheumlekdjian (La Ménagerie de Verre, Jim). Il travaille depuis de nombreuses années au sein de La Liseuse, compagnie
de lecture à Voix Haute dirigée par Caroline Girard. Ensemble, ils préparent Malacarne de Giosuè
Calaciura qui a été joué à Lilas en Scène au mois de novembre 2014.
Nicolas Pirson / Thomas Mowbray (duc de Norflok), Henry Percy (comte de Northumberland, partisan de Bolingbroke).
Il débute sa formation d’acteur au Conservatoire royal de Bruxelles et la poursuit à l’École Nationale
Supérieure du Théâtre National de Strasbourg (TNS). Il travaille notamment sous la direction
d’Alain Françon, Stéphane Braunschweig, Christophe Perton, Laurent Gutmann ou plus récemment
avec Jean-Louis Martinelli dans Une Nuit à la Présidence et Calme de Lars Norèn aux côtés de
Jean-Pierre Darroussin. Depuis 2006, il rejoint l’équipe pédagogique et est professeur d’interprétation au Conservatoire Royal de Bruxelles.
Thibault Perrenoud / Le Roi Richard II d’Angleterre
Acteur et metteur en scène diplômé du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris
(CNSAD), il a travaillé sous la direction de divers metteurs en scène tels que Daniel Mesguich,
Brigitte Jaques-Wajeman ou encore Benjamin Moreau. Avec eux, il explore des auteurs classiques
et contemporains comme Corneille, Molière, Zorn... Parallèlement à son parcours d’acteur il crée
également la Compagnie Kobal’t avec deux autres collaborateurs artistiques Mathieu Boisliveau
et Guillaume Motte. Avec eux, il co-met en scène Pour un oui ou pour un non de Nathalie Sarraute et
Big Shoot de Koffi Kwahulé. Avant cela il avait créé Hommage à Tadeusz Kantor. Il met également
en scène le Misanthrope de Molière au Château de Fargues en 2012. Dernièrement, il a joué dans
Mars d’après Fritz Zorn adapté et mis en scène par Mathieu Boisliveau au théâtre de Vanves. Il est
également titulaire du diplôme d’enseignement théâtral. En 2017, il mettra en scène La Mouette
de Tchekhov.
Olivia Corsini / La duchesse de Gloucester (veuve de Thomas de Woodstock), La
reine Isabelle (épouse de Richard), Lord Ross (partisan de Bolingbroke), La duchesse
d’York (femme du duc d’York et mère du duc d’Aumerle).
Née à Modena, Olivia s’est formée à l’École nationale d’art dramatique Paolo Grassi de Milan et
aux côtés d’artistes tels que Tina Nilsen, Julie Anne Stanzak ou encore Kim Duk Soo. Pendant deux
ans elle travaille dans la compagnie internationale Teatro de los Sentidos dirigée par le metteur
en scène colombien, Enrique Vargas en Espagne. En 2002, elle intègre le Théâtre du Soleil dirigé
par Ariane Mnouchkine où elle interprète des rôles principaux dans les créations collectives Le
Dernier Caravansérail, Les Éphémères et Les Naufragés du Fol Espoir, jusqu’en 2014. Elle s’occupe
de formations d’acteurs en dirigeant des ateliers de recherches théâtrales en France, Italie, Espagne,
Chili, Argentine et Brésil. Au cinéma, elle joue dans les derniers films d’Ariane Mnouchkine et Tonino
De Bernardi et plus récemment elle incarne le premier rôle dans le film Olmo and The Seagull de
la brésilienne Petra Costa.
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Théâtre de l’Éventail et Ensemble La Rêveuse
La compagnie
Le Théâtre de l’Éventail a été fondé par Raphaël de Angelis en 2006. La compagnie est composée
de comédiens qui se sont rencontrés lors de leur cursus au Conservatoire d’Orléans. Se formant
depuis 2004 au Japon aux théâtres Nô et Kyogen, Raphaël De Angelis poursuit une recherche
sur la tradition théâtrale et le théâtre de masques. En complétant sa formation auprès de grands
maîtres de la commedia dell’arte tels que Ferruccio Soleri ou Enrico Bonavera, il a pour ligne
artistique de renouer avec les traditions théâtrales occidentales en se servant de son expérience
asiatique. Il souhaite développer un art populaire, de qualité, et accessible à tous. La compagnie
s’attache à trouver un rire universel.
Ensemble La Rêveuse
Fondé par le luthiste Benjamin Perrot et la gambiste Florence Bolton, La Rêveuse est un ensemble
composé de musiciens et chanteurs solistes, qui s’attache à redonner vie à la musique instrumentale des XVIIe et XVIIIe siècles. Leurs enregistrements ont reçu un succès critique très important
(Choix de France Musique, Choc Classica, 5 Diapasons).
Création 2016
n 31 juillet (21h30) /
2 août (21h45)
Espace Mitterrand
Figeac
/ Figeac
Théâtre
/ Molière-Lully
Monsieur de
Pourceaugnac
Comédie-Ballet
Mise en scène / Raphaël de Angelis
Direction Musicale / Benjamin Perrot et Florence Bolton
Avec / Kim Biscaïno, Brice Cousin, Raphaël de Angelis,
Maëva Husband, Cécile Messineo, Nicolas Orlando
Chorégraphie / Namkyung Kim
Chanteurs / Sophie Landy, Raphaël Brémard, Lucas Bacro
Musiciens / Stéphan Dudermel, Ajay Ranganathan, Béatrice Linon, Florence Bolton,
Émily Audouin, Benjamin Perrot, Thibaut Roussel, Jean-Miguel Aristizabal.
Assistant à la mise en scène / Christian Dupont
Scénographie / Raphaël de Angelis et Brice Cousin
Régie générale et sonorisation / Emmanuel Clémenceau
Mise en lumières et régie / Jean Broda - Habilleuse / Paula Dartigues
Costumes / Lucile Charvet, Jessica Geraci, L’Atelier 360,
avec l’aide de Cécile Messineo et Paula Dartigues
Décor / Luc Rousseau et l’équipe des ateliers de construction
de l’Agglomération Montargoise et Rives du Loing
Extension du décor d’origine / Stéphane Liger, Les mécanos de la générale
Accessoires / Stéphane Liger, Brice Cousin
Masques / Den - Marionnettes à gaine / Irene Vecchia et Selvaggia Filippini
Marionnette géante / Yves Coumans et la compagnie Les Passeurs de Rêves
Production réalisée en collaboration avec l’Ensemble La Rêveuse grâce au soutien de la Spedidam, du Fonds
d’insertion professionnelle de l’Académie – ESPTL, avec la participation artistique du Jeune Théâtre National,
Accueil en résidence au Théâtre de l’Usine Scène Conventionnée Théâtre et Théâtre Musical - Figeac/Saint-Céré,
avec le soutien de l’Agglomération Montargoise et Rives du Loing, du Centre Culturel La Passerelle-Scène
Régionale de Fleury-les-Aubrais, de l’Institut Français de Naples-Le Grenoble, du 108 Maison Bourgogne.
Le Théâtre de l’éventail est soutenu par la Région Centre-Val de Loire, la Ville d’Orléans,
le Conseil Départemental du Loiret.
L’Ensemble La Rêveuse est soutenu par le Ministère de la Culture (DRAC Centre - aide
aux ensembles conventionnés, la Région Centre –Val de Loire et la Ville d’Orléans.
Remerciements à Vincent Tavernier et Boris Trano.
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/ Monsieur de Pourceaugnac
/ L’œuvre
Monsieur de Pourceaugnac est une comédie-ballet écrite par Molière en 1669.
Dans cette œuvre, Molière s’inspire de canevas de commedia dell’arte qu’il habille à
la française. L’histoire se situe à Paris où Éraste et Julie sont épris l’un de l’autre.
Mais le père de Julie, Oronte, a entendu dire qu’un avocat de Limoges, Monsieur de
Pourceaugnac, est plus fortuné qu’Éraste. Il souhaite alors la marier à celui-ci.
Sbrigani et Nérine, qui sont respectivement un fourbe napolitain et une intrigante
au service de Julie, conçoivent alors toute une série de stratagèmes pour chasser le
fâcheux de Paris et permettre à Éraste d’épouser Julie. Le séjour du Limougeot dans la
capitale se révèle cauchemardesque pour lui et jubilatoire pour le spectateur.
Avec cette comédie des masques et de l’illusion aux allures carnavalesques, Molière
crée un formidable jeu de théâtre dans le théâtre.
Dans cette pièce, il utilise le procédé comique du provincial ridicule (qu’il reprendra
un an plus tard dans Le Bourgeois gentilhomme) tout en y ajoutant un aspect cruel
qu’il développera avec brio dans Les Fourberies de Scapin.
La pièce se distingue par son originalité. En ce sens, Molière a rarement joué avec
autant de registres : le comique de mots, le comique de gestes, le comique de répétition
et le comique de situation.
L’auteur s’amuse avec toutes sortes de langues (l’occitan de la première fausse
épouse), d’accents (le français parlé à la flamande par le napolitain Sbrigani, à la
suisse alémanique par les soldats ou à la picarde par la seconde fausse épouse), de
jargons (la manière de parler alambiquée des médecins), ou de patois (le langage
des deux paysans).
Tout au long de la pièce, le corps est au centre du jeu, celui de Monsieur de Pourceaugnac en premier lieu. D’abord humilié lors de l’épisode médical, agressé lors de
la scène des enfants, il sera finalement travesti à la fin de la pièce.
Comme dans toute mascarade, le corps est le moyen d’expression principal. Permettant de symboliser, d’illustrer, de converser mais aussi de transgresser ou de violenter,
le corps est utilisé diaboliquement par Sbrigani, gaiement par Oronte, cruellement
par Nérine, passionnément par Julie et Éraste, rigidement par les médecins, grotesquement par l’apothicaire, discrètement par le faux marchand flamand, timidement
par les paysans, violemment par Sbrigani et Nérine grimés en gardes suisses et bien
sûr naïvement par Monsieur de Pourceaugnac.
/ Monsieur de Pourceaugnac
/ L’interprétation choisie par le Théâtre
de l’Éventail et l’Ensemble La Rêveuse
Pour le dixième anniversaire de la compagnie, le Théâtre de l’Éventail a souhaité explorer
la tradition de la comédie-ballet, avec la création de l’une des plus connues d’entre
elles : Monsieur de Pourceaugnac, de Molière, mis en musique par Jean-Baptiste Lully.
Pour cette création, le Théâtre de l’Éventail s’est associé à l’Ensemble de musique
baroque La Rêveuse.
Forts de leur travail pour aborder le répertoire baroque de manière accessible et
actuelle, Le Théâtre de l’Éventail et La Rêveuse ont choisi de faire renaître la pièce de
Molière avec ses intermèdes musicaux de Lully. En effet, le public ignore souvent à
quel point l’utilisation de la musique accentue les effets comiques des pièces de Molière.
Les artistes proposent donc au public une mascarade dans laquelle la bouffonnerie
des situations théâtrales est portée à la fois par la musique, le chant et la danse.
Pour représenter le plus justement cette frénésie, la compagnie s’inspire du tréteau
de commedia dell’arte et de la scène de théâtre Nô sur laquelle sont joués les drames
(Nô) mais aussi les farces (Kyôgen) du théâtre traditionnel japonais. Ainsi, deux ponts
(un à cour et un à jardin) mènent au carré central, le « carrefour du mensonge », là où
se joue l’intrigue et où se déroule l’action. Éléments de passage entre les coulisses et
la scène, propices aux apparitions des différents personnages, les ponts représentent
aussi un espace entre le jeu et le non jeu, permettant la machination de théâtre dans
le théâtre.
Tous les personnages de la pièce, à l’exception de Pourceaugnac, sont masqués pour
mettre en valeur l’univers de la tromperie et du carnaval, sous différentes formes.
Cependant, face à cette multitude de masques, Monsieur de Pourceaugnac est visage
nu. Ainsi, le public s’identifie à lui et vit son cauchemar comme si c’était le sien.
Le travail des costumes vient accentuer cette mascarade folle, burlesque et inquiétante.
D’inspiration classique voire traditionnelle, les costumes mêlent différentes époques
et font se marier quantités de tons, de couleurs, de matières, ce qui permet de faire
ressortir les contrastes et oppositions des personnages tout en soulignant le caractère
intemporel et universel de la fable.
/ Le jeu entre la musique et la danse
Monsieur de Pourceaugnac est la 8e comédie-ballet de Molière et c’est l’une des plus
abouties sur les rapports qu’entretiennent musique, danse et comédie. En effet, Molière,
qui a jusqu’ici inséré la musique dans ses pièces sous forme d’intermèdes cloisonnés
venant ponctuer l’histoire, opère dans Monsieur de Pourceaugnac une véritable fusion
des genres entre musique et action : on passe très naturellement dans certaines scènes
du texte à la musique et de la musique au texte.
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57
/ Monsieur de Pourceaugnac
/ Les artistes
Raphaël de Angelis / Mise en scène, comédien
Formé au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique de Paris, Raphaël est le fondateur
et directeur artistique du Théâtre de l’Éventail. Il s’est formé à la commedia dell’arte ainsi qu’au
théâtre traditionnel japonais. Il a reçu le Prix Européen Engagement et Initiatives Jeunes dans
l’Union Européenne pour le projet Molière et la comédie italienne.
Florence Bolton / Direction musicale
Après avoir étudié la viole de gambe au CNSM de Lyon, Florence fonde l’Ensemble La Rêveuse
avec Benjamin Perrot. Intéressée par les croisements artistiques, elle travaille régulièrement avec
les metteurs en scène Benjamin Lazar et Louise Moaty.
Benjamin Perrot / Direction musicale
Benjamin a étudié le théorbe, le luth et la guitare baroque au CNR de Paris. Il a participé à une
cinquantaine d’enregistrements discographiques et travaille comme soliste et continuiste avec de
nombreux ensembles baroques. Il a co-fondé l’Ensemble La Rêveuse en 2004.
Namkyung Kim / Chorégraphie
Namkyung a été formée à l’université nationale des arts de la danse de Séoul et au Centre Chorégraphique National de Montpellier sous la direction de Mathilde Monnier. Elle a travaillé avec de
nombreux chorégraphes et a rejoint le Théâtre du Corps Pietragalla-Derouault en 2006.
Christian Dupont / Assistant mise en scène
Alternant une carrière de peintre et d’acteur, dont 7 ans au Théâtre du Soleil, Christian aime
notamment placer la cuisine au centre de la pratique artistique et multiplier les expérimentations
artistiques.
Sophie Landy / Soprano
La carrière de Sophie l’a amenée à chanter de Chine en Turquie, de Malte en Ukraine ainsi que
dans les principaux festivals français. Elle collabore notamment avec l’ensemble baroque de Nice,
l’ensemble Musicatreize, Sagittarius, la Simphonie du Marais, les Éléments ou encore le Concert
Spirituel.
Raphaël Brémard / Ténor
Raphaël est engagé à l’Opéra National de Montpellier, en qualité d’ « artiste fidélisé ». Son répertoire
est large et intègre non seulement les compositeurs baroques et classiques, mais également ceux
du XXe siècle.
Lucas Bacro / Basse
Lucas se produit régulièrement en tant que soliste ou choriste avec le Parlement de Musique, le
Centre de Musique Baroque de Versailles, le Palais Royal, les Folies Françoises et La Rêveuse. On
a pu le voir sur scène en 2012 dans Le Bourgeois gentilhomme de Molière avec François Morel.
Kim Biscaïno / Comédienne
D’origine canadienne, Kim a étudié le mime corporel, le jeu masqué et le clown, puis intègre le
groupe 39 de l’école supérieure d’art dramatique du TNS en 2008. Elle joue régulièrement avec
le Théâtre de l’Éventail et a participé à la création de Monsieur de Pourceaugnac en 2014 dans le
rôle de Oronte.
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/ Monsieur de Pourceaugnac
Brice Cousin / Comédien
Brice a étudié au Conservatoire d’Orléans et à l’École Supérieure d’Art Dramatique du Théâtre National
de Strasbourg. Il collabore notamment avec Bruno Bayen au Théâtre National de la Colline, puis
avec Caterina Gozzi au Théâtre National de l’Odéon. Il est impliqué dans la compagnie en tant
que comédien, mais aussi en tant que metteur en scène.
Maëva Husband / Comédienne
Maëva s’est formée au conservatoire d’Orléans puis à l’ESAD-Paris. Elle pratique aussi le chant, la
danse et l’acrobatie et participe à des projets au cinéma. Depuis 2014, elle est Julie dans Monsieur
de Pourceaugnac avec le Théâtre de l’Éventail.
Cécile Messineo / Comédienne
Cécile a suivi ses études au conservatoire d’Orléans, pendant lesquelles elle a été assistante à la
mise en scène auprès d’Olivier Py. Elle est comédienne au sein du Théâtre de l’Éventail depuis sa
création et s’est lancée dans la mise en scène, avec deux spectacles jeune public et deux « récitals
poétiques ».
Nicolas Orlando / Comédien
Nicolas se forme aux ateliers de l’École du Théâtre National de Chaillot et à l’École Nationale
Supérieure des Arts et Techniques du Théâtre. Il a créé la compagnie Kali d’Or en 2007. Il joue le
rôle d’Éraste dans la version comédie-ballet de Monsieur de Pourceaugnac.
Stéphan Dudermel / Violon
Premier prix de violon baroque au CNSM de Lyon avec la mention très bien, Stéphan se produit au
sein de nombreuses formations, telles que le Concert Spirituel, le Parlement de Musique, the New
London Consort, et la Chapelle Vocale de Lausanne et collabore régulièrement avec La Rêveuse.
Béatrice Linon / Violon
Diplômée en musique ancienne au CNSMD de Lyon, Béatrice se produit dans des festivals et
concerts en France et à l’étranger avec l’Ensemble Correspondances, les Sonadori, l’Ensemble
Pygmalion, etc.
Emily Audouin / Viole de gambe
La carrière d’Emily est marquée par des concerts en France et à l’étranger et par des enregistrements
discographiques nombreux. Elle privilégie désormais les petites formations et a également été
sollicitée par le compositeur Renaud Barbier pour enregistrer la partie solo de la bande originale
du film Vauban.
Thibaut Roussel / Théorbe
Après des études de guitare classique et de son, Thibaut se spécialise dans la musique ancienne
et s’intéresse à l’interprétation sur instruments anciens de la musique contemporaine. Il se produit
aujourd’hui en tant que soliste et continuiste au sein de plusieurs ensembles baroques.
Jean-Miguel Aristizabal / Clavecin
Membre fondateur et claveciniste de l’ensemble Le Vertigo, Jean-Miguel joue fréquemment avec
de nombreux autres ensembles. Il a lancé la création d’une classe de basse continue au conservatoire
de Bordeaux et a enseigné au conservatoire de musique de Pau puis à Meaux.
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/ Le Chat Botté
n 30 juillet /
Salle Charles Boyer, l’Astrolabe
Figeac / 19h
En cas de repli le spectacle aura lieu à la
Salle Balène
/ Charles Perrault
Le Chat Botté
Spectacle jeune public (à partir de 5 ans)
Mise en scène / Cécile
Théâtre de l’Éventail
Messineo et Brice Cousin
Avec / Nastasia Berrezaie, Brice Cousin, Cécile Messineo, Maxime Vambre
Scénographie / Brice Cousin - Régie générale / Noémie Boggio - Masque / Den
/ L’œuvre
Ce spectacle a bénéficié d’une aide à la résidence de la DRAC Centre Val de Loire.
Avec l’aide de la Ville de Chalette-sur-Loing, du Musée du Théâtre Forain d’Artenay,
et du Collectif 108 Maison Bourgogne.
La compagnie Théâtre de l’Éventail bénéficie du soutien de la Ville d’Orléans,
de la Région Centre Val de Loire, du Conseil Départemental du Loiret.
Le Chat Botté apparaît pour la première fois dans un conte italien du début du XVIème
siècle écrit par Giovanni Francesco Straparola dont la version classique sera écrite à
la fin du XVIIème siècle par Charles Perrault. Le Chat Botté connaît instantanément le
succès et reste populaire de nos jours, malgré une morale ambiguë.
Il relate l’histoire du plus jeune fils d’un meunier qui hérite du chat de son père. Au
décès du meunier, celui-ci lègue son moulin au premier fils, son âne au deuxième et
son chat au dernier. Désespéré, le dernier fils s’apprête à manger le chat pour survivre
lorsque celui-ci le convainc de lui confectionner des bottes et de lui donner un sac.
À l’aide de ce sac, il capture des animaux dont il fait cadeau au Roi au nom d’un certain
Marquis de Carabas. Apprenant que le Roi et sa fille allaient faire une promenade au
bord de la rivière, le Chat Botté propose à son maître de s’y baigner. Au passage du
carrosse royal, le chat invente un vol de vêtements et présente le fils du meunier au
Roi qui lui fait apporter de fins habits. Il convainc ensuite les paysans de soutenir que
les terres environnantes appartiennent au marquis de Carabas. Il parvient au château
d’un riche ogre qu’il met au défi de se transformer en souris pour le manger aussitôt.
Alors que le carrosse atteint le château, le chat annonce « Votre Majesté soit la bienvenue dans ce château de monsieur le marquis de Carabas ! ». Le Roi est séduit par
la richesse du marquis et la princesse par sa beauté. Le jeune meunier épouse la
princesse le jour même et le chat devient grand seigneur.
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Plusieurs analyses sont consacrées aux personnages et aux thèmes du point de vue
de la symbolique et de la morale… Certains le perçoivent comme un récit initiatique,
d’autres l’analysent comme le reflet des mœurs de l’époque de Perrault (investiture
royale, rôle de la bourgeoisie, droit d’aînesse...) tout comme une histoire immorale
faisant l’apologie de la ruse et de la tricherie au détriment du travail honnête.
/ L’adaptation de l’œuvre par Cécile Messineo
La morale du Chat Botté étant ambiguë, Cécile de Messineo prend l’initiative de jouer
avec les différents niveaux de lecture de l’histoire.
Au commencement du récit, le personnage principal est particulièrement défavorisé
puisqu’il hérite d’un chat tout juste bon à être mangé, mais grâce à l’intelligence et à
la persévérance de ce dernier, il va connaître un dénouement inespéré.
Ce récit présente aussi une rude critique sociale. Le fils du meunier, dernier de sa
fratrie, et le chat, sont des êtres fragiles mais particulièrement rusés, alors que les
puissants, le roi et l’ogre sont bernés. Finalement, la morale du conte pourrait être :
l’union fait la force. Le personnage de la princesse, qui dans la version de Perrault n’a
pas son mot à dire, sera plus présent.
Le jeu du chat est physique et joue sur l’ambigüité de la métamorphose, ce qui cadre
parfaitement avec le merveilleux du conte. Les artistes travaillent également à base
d’improvisations afin de créer des lazzi, moment de jeu comique durant lesquels l’intrigue s’arrête. Ce type de jeu favorise aussi l’interaction avec le public, ce qui est
particulièrement important avec les enfants.
La scénographie vient rappeler le fantastique du conte. Les artistes ont choisi de jouer
sur les volumes et les perspectives en s’inspirant notamment des livres pop-up, ces
livres plats qui prennent la forme de ce qu’ils racontent lorsqu’on en tourne les pages.
L’imagination est stimulée comme dans un rêve en travaillant sur les ombres et les
lumières qui donneront du relief à un monde de papier. Les costumes seront très
symboliques afin de souligner les archétypes de chaque personnage, l’essentiel étant
de créer un espace qui ne soit pas réaliste et qui favorise l’ouverture d’esprit de nos
jeunes spectateurs.
/ Les artistes
Nastasia Berrezaie
Après 4 ans passés au Conservatoire d’Art Dramatique d’Orléans sous la direction de Christophe
Maltot puis Fabrice Pruvost, ainsi qu’un an au Conservatoire d’Art Dramatique de Tours sous la
direction de Philippe Lebas, elle obtient son Diplôme d’Études Théâtrales. Elle travaille avec la
compagnie du Théâtre de l’Éventail sur des courtes pièces de Molière : La Jalousie du Barbouillé
et Le Médecin volant. En 2012, elle participe à la création du Petit Chaperon Rouge en jouant le
rôle de la Mère et celui de la Grand-mère. Elle sera la princesse dans Le Chat Botté.
Brice Cousin
Cécile Messineo
cf p. 59
cf p. 59
Maxime Vambre
Il suit une formation à l’École des Enfants Terribles, puis il intègre le Théâtre de l’Épée de Bois,
à la Cartoucherie de Vincennes. Il a travaillé des pièces du répertoire classique de Molière ou
Shakespeare (sous la direction d’Antonio Diaz-Florian), des pièces du XXème siècle dont plusieurs
œuvres de Federico Garcia Lorca. En 2011, il intègre le Théâtre de l’Éventail, il est comédien dans
Le Médecin malgré lui mis en scène Raphaël de Angelis.
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/ Figeac
Théâtre
n 3 août
Espace Mitterrand
Figeac / 21h45
/ Steven Berkoff
Kvetch
Traduit de l’anglais par
Geoffrey Dyson et Antoinette Monod
Mise en scène / Sophie
Lecarpentier
Avec / Stéphane Brel, Fabrice Cals, Anne Cressent,
Julien Saada et Alto / Bertrand Causse
Costumes / Nathalie Saulnier - Sons / Tom Menigault
Lumières / Orazio Trotta - Chorégraphe / Nathalie Herve et Yano Iatrides
Régisseurs / Émilie Cerniaut et Gaëtan Lajoye
/ Kvetch
/ Note d’intention :
L’humour comme catharsis
« L’humour a non seulement quelque chose de libérateur, mais encore quelque chose
de sublime et d’élevé.»
Sigmund Freud
Un portrait drôle et féroce des hommes et de leurs peurs ;
Un hymne à l’ouverture aux autres ;
Une prise de conscience de la fragilité humaine qui fait sa richesse.
Le monde moderne qui nous contraint à toujours plus de compétitivité, de désir de
perfection, de peur de faillir, accentue notre perte de confiance et accroît la sensation
de mystère et d’angoisse face au jugement d’autrui. « Que pense-t-il là maintenant
quand je lui dis ça ? Me juge-t-il ? » sont des questions qui traversent l’esprit de chacun...
Steven Berkoff appuie le trait et stigmatise nos peurs avec humour.
Les figures auxquelles il donne vie dans Kvetch sont comme transparentes : elles
tiennent en parallèle un double discours et nous donnent à entendre après chaque
parole dite à autrui, leurs pensées intérieures. Et l’on découvre des êtres irrésistiblement comiques car asphyxiés par les interdits, hilarants parce qu’engoncés dans leur
peur de décevoir, de ne pas être à la hauteur, de ne pas plaire. Ils ne retrouvent une
respiration vacillante que dans leurs questionnements intérieurs.
L’homme peut-il faire taire ce « gendarme intérieur » qui s’apparente au surmoi freudien,
lentement et savamment édifié par l’éducation et la vie en société ? Quelle est la part
de liberté de chacun face à son désir ? Chez Berkoff, l’homme est terriblement faible
et incroyablement fort. Cela confère à sa vision du monde une force réjouissante et
tonique, qui nous renvoie à nos responsabilités d’homme et de femme acteurs de
nos destins.
Mélange baroque d’argot, de langage ordurier et de pure poésie, la langue de Berkoff
explose d’érotisme, de cruauté et de lyrisme. Plus qu’une simple provocation, cette
langue racle et fait exploser joyeusement nos préjugés. Par le rire, la pièce nous incite
à nous rendre maître de tout ce qui dans nos vies renonce, cède à la morale, à la
norme et à l’hypocrisie, à tout ce qui se résigne. C’est peut-être un curieux hymne à la
vulnérabilité de l’homme.
Pour moi, Kvetch est un vaudeville et une tragédie shakespearienne, Berkoff, un Pinter
qui aurait lu Pirandello... Par sa théâtralité originale, la pièce réussit à mêler ainsi politique et humour, dénonciation et sensualité. C’est une pièce qui parle du Théâtre et
de la liberté folle du plateau, territoire de tous les possibles, de toutes les audaces,
même de celle de dire avec les mots ce que les mots ne peuvent, et n’osent, au quotidien, formuler.
Sophie Lecarpentier
Production Compagnie Eulalie
Coproduction Espace Philippe-Augustede Vernon.
Avec le soutien du Festival du Mot de la Charité-sur-Loire - Le Conseil régional Haute-Normandie La DRAC Haute-Normandie - L’ADAMI - La SPEDIDAM - Le Théâtre de l’Ouest Parisien de Boulogne-Billancourt La Ménagerie de Verre de Paris dans le cadre du Studiolab.
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63
/ Kvetch
/ La pièce
Steven Berkoff publie Kvetch en 1986 et s’exerce au genre du récit, récit dramatique
qui donne à cette pièce une narration particulière, un relief stylistique et une étrangeté
singulière. Le mari, la femme, la belle-mère, l’ami, le client : cinq petits bourgeois
ordinaires sont croqués à vif dans la comédie de la vie quotidienne, dans sa banalité et
sa routine. Derrière les situations les plus normales, l’auteur s’interroge : à quoi pensent-ils
lorsqu’ils discutent, lorsqu’ils travaillent, lorsqu’ils font l’amour ? Berkoff choisit de
nous faire entendre, à côté des paroles prononcées, leur envers, « les mots à l’arrière
de nos têtes », tout ce qui grouille derrière les dialogues : les frustrations et les envies,
les haines et les fantasmes. Sous les masques sociaux, nous découvrons alors les
« Kvetch » : ces arrière-pensées parasites qui assaillent nos esprits, qui nous titillent,
et font nos petits enfers quotidiens. Nous voici projetés à l’intérieur des crânes des
personnages, auditeurs de leurs angoisses et de leurs désirs inavouables, témoins de
tentatives ridicules pour faire bonne figure.
/ Steven Berkoff, un auteur engagé
« Le dissident le plus flamboyant et le plus célèbre du théâtre anglais contemporain,
celui qui grâce à une imagination langagière et poétique sait transmuer la noirceur en
diamant et l’ordure en or. »
Philippe Rouyer, Paroles (2000)
Acteur, metteur en scène, auteur de nouvelles, poète, Steven Berkoff s’inspire des
écrits d’Antonin Artaud, et du théâtre expérimental américain surtout le Living Theater.
C’est un dissident... Il est considéré comme l’un des dramaturges les plus singuliers
du théâtre d’aujourd’hui. En une dizaine de pièces, il a composé une œuvre iconoclaste, âpre, violente, impudique et tonique. La question de la théâtralité et celle de
l’efficacité poétique du langage sont au centre de son œuvre. La langue de Berkoff est
scandaleuse. C’est une provocation. Elle libère les corps et l’imagination de l’acteur
comme du spectateur. Elle épouse le flux de la vie. Elle devient énergie, pensée vive
et éclats de rire. Ses pièces de théâtre : East, Décadence, Greek, Harry’s Christmas,
Lunch, West, Acapulco, Kvetch, Sink the Belgrano, Massage, ont été montées dans
une vingtaine de pays.
/ Entretien avec Sophie Lecarpentier
Comment avez-vous découvert la pièce ? Qu’est-ce qui vous a donné envie de vous
en emparer ?
J’ai découvert Steven Berkoff en allant voir Décadence au Théâtre de la Colline, dans
la mise en scène de Jorge Lavelli. J’avais été éblouie par la crudité de la langue et la
subtilité de l’interprétation de Christiane Cohendy et Michel Aumont. Berkoff écrit
des partitions pour acteurs, vraiment comme de la musique qui demande à être interprétée pour dévoiler sa puissance. Sa langue épouse le flux de la vie, c’est une provocation ! Ses textes sont comme des prétextes à jouer, qui imposent aux comédiens
un engagement physique et total... Après avoir travaillé des classiques ces dernières
années, j’éprouvais le besoin de revenir à un théâtre épuré, sans décor, reposant
d’abord sur les interprètes. La pièce Kvetch est comme un cheval sauvage, elle donne
envie de la monter à cru…
64
/ Kvetch
Kvetch c’est avant tout un « procédé », une singularité narrative... C’est ce qui vous a
intriguée ?
J’ai toujours joué à imaginer les conversations silencieuses dans l’esprit des autres.
Quand je marche dans la rue, dans le métro, quand je suis assise à côté d’un couple au
restaurant... À quoi pensent-ils, tous ces gens qui sourient, qui prennent l’air concentré,
qui semblent si sûrs d’eux-mêmes ? En nous permettant d’entendre à coté des paroles
dites, leur envers, les arrières-pensées parasites, Berkoff rassasie notre soif de pénétrer
dans le crâne des autres pour voir comment ça marche, là, au dedans... Nous sommes
tous traversés en permanence par des peurs, des angoisses, des colères, des envies
fugitives mais fondamentales... Ce sont elles qui nous entravent parfois, mais elles
nous font aussi prendre les grandes décisions de nos vies. Dans Kvetch, Berkoff nous
propose presque un regard d’anthropologue qui étudierait de manière appliquée
cette voix de la conscience habituellement secrète. Ces sentiments, ces pensées, ces
choses qui normalement ne sont pas dites, mais gardées pour soi.
Ce discours intérieur, cet « inner speech » constitue une expérience intime qui nous
interpelle quotidiennement. « Je pense donc je suis », devient ici « Je me parle en
moi-même, donc je m’appartiens ».
Mais hors du procédé, la pièce raconte-t-elle une fable ?
Berkoff dédie sa pièce à ceux qui ont peur. Moi, je dédie ce spectacle à ceux qui
refusent d’avoir peur. Si le fond du propos est relativement désespérant — dans notre
monde dégradé, l’être humain est ontologiquement écartelé entre un idéal du moi et
un compromis social déceptif et frustrant ; entre le principe de plaisir et le principe
de réalité — la forme, elle, invite à l’autodérision et prône l’humour, comme unique et
salvateur échappatoire à la sclérose et la névrose. L’accumulation des « kvetchs » permet
de les relativiser. À la sortie du spectacle, j’ai le sentiment que chacun se sentira plus
libre et plus joyeux... Et peut-être aussi que chaque spectateur aura envie d’oser être
un peu plus lui-même, dans sa singularité.
Comment imaginez-vous la pièce sur le plateau ? Et quelle part va prendre la
chorégraphie ?
J’ai eu envie d’une totale épure... de faire confiance à l’imaginaire des spectateurs !
Cinq chaises, des acteurs et un texte. Une lumière stylisée, un grand drap blanc et un
fil rouge. Cette nudité scénographique est accentuée par la présence d’un violoniste
qui crée un univers sonore en live. L’âme du violon suit, accompagne et crée des
variations et des horizons autour du texte... J’aime l’idée qu’il reste encore une part
d’ombre chez les personnages au-delà des « kvetchs », qui est indicible, mais peut-être
audible autrement et qui ne s’adresse qu’aux sensations du spectateur.
Par ricochet, nous nous sommes interrogés sur la place du corps, très présent dans le
texte par l’évocation de ses débordements, et sa trivialité... D’où la collaboration avec
la chorégraphe exceptionnelle de délicatesse qu’était Yano Latrides puis Nathalie Hervé.
Puisqu’il n’y avait que les corps sur le plateau, c’était à eux de styliser l’écart entre le
réel, quotidien dans lequel l’individu est tenu au carcan social, malgré ses humeurs, et
le monde intérieur transgressif, qui libère les pulsions et autorise tout...
Le défi complexe pour les acteurs réside dans la vivacité rythmique de cet aller-retour
incessant. On doit être ici et là, dedans et dehors, en soi et au monde, en même temps.
Sophie Lecarpentier
65
/ Kvetch
/ La presse en parle
« Ah ! rien de convenu dans Kvetch, une pièce du féroce Britannique Steven Berkoff qui
date d’il y a trente ans mis en scène aujourd’hui par Sophie Lecarpentier. L’auteur, qui
est aussi comédien, avait alors imaginé que le public avait accès aux pensées intimes
des protagonistes. Tout en devisant plus ou moins poliment, ils disaient aussi à haute
voix leurs pensées intimes le plus souvent méchantes, violentes, salaces. Le metteur
en scène dirige quatre de ses camarades survoltés et n’a pas peur de la grossièreté.
Stéphane Brel, Fabrice Cals, Anne Cressent, Julien Saada sont irrésistibles. Un couple,
une belle-mère, des amis, des tentations, des coups de folie. Un festival de rire accueille
ce déploiement athlétique, gamin et cauchemardesque. Les sons si purs de l’alto de
Bertrand Causse nous rappellent que le monde est beau. »
Armelle Héliot, Le Figaro, Février 2016
« Le Kvetch intelligent de Sophie Lecarpentier avec de petites touches de mise en
scène exquises, un délice. » Tweet de Stéphane Capron, France Inter
« La pièce de Steven Berkoff et la mise en scène de Sophie Lecarpentier sont pleines
d’humour et d’énergie. On assiste au dîner d’une famille petite bourgeoise, à une scène
au lit, mais rien de réaliste n’apparaît sur le plateau. Quatre comédiens, un violoniste,
cinq chaises. Le texte exprime ce qui se dit entre les personnages, ce qu’ils montrent
en société. Mais dans l’instant qui suit, on voit et entend ce que le personnage pense
vraiment, ce qu’il cache. La différence entre le carcan dans lequel les personnages
sont enfermés et les pulsions, quasiment chorégraphiées, qu’ils expriment dans la vitalité de leur corps, est hilarante. Engagement physique, énergie, appui de la mise
en scène sur la musique du violoniste... Tout fait de ce spectacle une belle réussite. »
Sylviane Bernard-Gresh, Télérama Sortir TT
« (...) Un merveilleux spectacle, généreux, décapant et drôle qui aura, espérons-le,
le succès qu’il mérite. » Igor Hansen Love , L’Express
/ Les artistes
La Compagnie Eulalie
La Compagnie Eulalie est créée en 1996, à Rouen. Sophie Lecarpentier a longtemps orienté son
travail vers les textes contemporains, souvent écrits par les auteurs pour la compagnie, alternant
humour et gravité. Après une incursion depuis 3 ans dans les textes classiques (Marivaux et Beaumarchais) Kvetch est un retour au théâtre actuel, fort et engagé. Cette création synthétise les 2
axes de travail de la compagnie Eulalie en donnant à voir et entendre ce texte qui interroge notre
relation au monde, et qui fait rire par son regard porté sur nos angoisses intimes. Par ailleurs,
la compagnie Eulalie accompagne en 2010, la première mise en scène du comédien Frédéric
Cherboeuf avec Les amnésiques n’ont rien vécu d’inoubliable de Hervé Le Tellier. En 2013, elle
renouvelle son compagnonnage avec le premier spectacle jeune public conçu par la comédienne
Solveig Maupu : Grain de sel – spectacle à partir de 3 ans d’après un texte de Martine Delerm.
Sophie Lecarpentier / Metteur en scène
Après des études de Lettres et une formation au Conservatoire d’Art dramatique de Rouen, en
1996, elle crée, la Compagnie Eulalie en Normandie. Oscillant librement entre humour et gravité,
Sophie met en scène Beaumarchais, Nathalie Sarraute, Marivaux, Vincent Delerm, ... Elle adapte
et écrit deux pièces à quatre mains avec son partenaire artistique Frédéric Cherboeuf, Too much
66
/ Kvetch
Fight (derrière les murs), et La plus haute des solitudes (d’après Tahar Ben Jelloun) et initie un
travail de troupe avec un collectif d’acteurs et techniciens qui donnera lieu à un spectacle sur les
coulisses du théâtre : Le Jour de l’Italienne. Par ailleurs elle poursuit un parcours de collaborations
artistiques : récemment avec Luc Bondy, Yasmina Reza ou encore Edouard Baer. Elle participe
régulièrement au Festival du Mot de la Charité-sur-Loire et mène des résidences artistiques à
l’étranger. Elle mène actuellement une nouvelle expérience : depuis deux ans, avec Vanessa Koutseff
avec qui elle invente une pièce écrite et construite au contact d’adolescents.
Fabrice Cals / Frank, le mari
Formé à l’ERAC de Cannes, il travaille au théâtre entre autres, avec Laurent Serrano, Jean-Claude
Penchenat, Paul Desveaux, Alexandra Tobelaim, Catherine Delattres, Jean de Pange. Au cinéma, il
tourne avec Raul Ruiz, Yves Caumon, Jérôme Bonnel, Xavier Durringer et Pierre Schoeller. En 2014
il est mis en scène par Michel Fau dans Le Misanthrope.
Anne Cressent / Donna, La femme
Diplômée du Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique, elle a travaillé sous la direction
d’Yves Pignot, Jean-Claude Cotillard, Maryline Klein, Victor Costa-Andres, rencontrés à L’ESAD de
Paris. Elle poursuit parallèlement un travail de recherche sur les écritures contemporaines à la fois
au sein de la Compagnie de La Banquette en Skaï ! sous la direction de Crystal Shepherd-Cross
et aussi à travers le groupe de réflexion et d’expérimentation de la Compagnie du Théâtre Déplié
sous la direction d’Adrien Béal. Elle a retrouvé en 2012/13 le metteur en scène Lukas Hemleb
pour la création d’une pièce de Pauline Sales : Les Arrangements. Dernièrement, Anne a participé
à l’aventure du feuilleton théâtral Docteur Camiski ou l’esprit du sexe, écrit à quatre mains par
Pauline Sales et Fabrice Melquiot, où elle a retrouvé son partenaire de jeu Vincent Garanger, pour
incarner une ex-star du porno, Kate Lagrange, dans l’épisode 4 mis en scène par Pauline Bureau.
Prochainement, c’est avec la création de Lulu de Wedekind, qu’Anne projette de retrouver Paul Desveaux.
Stéphane Brel / Hal, l’ami de Frank
Formé au sein de la classe libre du cours Florent, Stéphane Brel crée sa propre compagnie avec
laquelle il monte plusieurs auteurs contemporains (N.Saugeon, I.Horovitz, John Steinbeck). Il collabore ensuite avec les Tréteaux de France avant de travailler avec différents metteurs en scène
(Jean De Pange, Justine Heynemann, Philippe Ferran…). Son compagnonnage avec la metteur
en scène Sophie Lecarpentier dure maintenant depuis plusieurs années (Le jour de l’italienne,
L’Epreuve de Marivaux, Trois Folles Journées d’après la trilogie de Beaumarchais). Cette année
il participe conjointement à la création d’Othello de Shakespeare (compagnie Viva) et d’Yvonne
Princesse de Bourgogne de Gombrowicz (By Collectif) pour le festival d’Avignon 2016. Au cinéma
et à la télévision il travaille entre autres avec Alain Corneau, Caroline Huppert, Robert Guédiguian,
Christian Faure, Virginie Sauveur, Luc Béraud.
Julien Saada / Georges, un grossiste, client de Frank et la belle-mère
Après une formation au studio théâtre d’Asnières il intègre le conservatoire national supérieur d’art
dramatique. Il y travaille sous la direction de Brigitte Jaques-Wajeman, Eric Ruf, Joël Jouanneau,
Jean-Marie Patte, Philippe Adrien et Daniel Mesguish. Au théâtre, il a joué sous la direction de Thomas
Quillardet, Alain Gautré, Claude Montagné, Sylvie Peyronnet, Laëtitia Guédon, Flavià Lorenzi et Anthony
Magnier. C’est sa cinquième collaboration avec Sophie Lecarpentier. Après Le Jour de l’italienne, création collective de la compagnie Eulalie, il joue dans L’Épreuve de Marivaux, Les trois folles journées
d’après la trilogie de Beaumarchais et Kvetch de Steven Berkoff. Sophie Lecarpentier a également
mis en scène son premier texte Du bouc à l’espace vide conférence illustrée sur l’histoire du théâtre.
Bertrand Causse / Alto
Altiste, pianiste, chef, d’orchestre, chanteur, siffleur. Très attiré par les spectacles d’arts mêlés, il crée
en 2001, l’ensemble Illico qui tournent partout en France avec plus de 300 représentations (5 cordes
dont 1 vocale, Le Magic Orchestra). Il crée Siffler, n’est pas jouer, à La Manufacture (CDN Nancy)
Bertrand Causse est également l’altiste du groupe de Nemanja Radulovic Les trilles du diable avec
lequel il donne des concerts sur les scènes internationales les plus réputées dont les enregistrements reçoivent de prestigieuses récompenses internationales. Il est actuellement alto solo de l’orchestre de chambre Double Sens dirigé par Nemanja Radulovic. Par ailleurs, il dirige, depuis 4 ans à
Paris, l’orchestre symphonique Coalescence qui compte aujourd’hui plus de 70 musiciens amateurs.
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n 30 juillet
Espace Mitterrand
Figeac / 21h
/ Figeac
Théâtre
/ Robin Maugham
The Servant
Traduit par Laurent Sillan
Mise en scène / Thierry
Harcourt
Assisté de / Stéphanie Froeliger
Avec /
Barett / Maxime d’Aboville
(Molière du meilleur comédien dans un spectacle privé 2015)
Vera et Kelly / Roxane Bret
Tony / Xavier Lafitte
Richard / Adrien Melin
Sally / Alexie Ribes
Lumières / Jacques Rouveyrollis assisté par / Jessica Duclos
Costumes / Jean-Daniel Vuillermoz - Décor / Sophie Jacob
Création sonore / Camille Urvoy
Production Théâtre de Poche-Montparnasse
Avec le soutien de la Fondation Jacques Toja pour le Théâtre
Remerciements à Jicara Chocolat, Paris 15
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/ The Servant
/ La pièce
À Londres, Tony, un jeune aristocrate paresseux, emménage dans une confortable
maison de ville. Il engage Barrett. Ce dernier se révèle un valet modèle, travailleur et
intelligent. Une certaine complicité s’établit peu à peu entre eux, mais rapidement les
rôles s’inversent et le maître se retrouve être l’esclave de son serviteur.
Adapté de la pièce de Robin Maugham par Laurent Sillan (précédentes adaptations :
Arsenic et Vieilles Dentelles, Le Talentueux Mr. Repley, Rose, etc… ), The Servant se
situe dans la période de l’après-guerre où chacun veut accéder à ce monde privilégié
jusque-là réservé à peu de gens. Comme dans un film en noir et blanc, où le suspens
psychologique se marie à la comédie tout en nuances anglaises, le spectateur est
plongé dans un huis clos passionnant où la lutte des classes mène un combat acharné pour la domination, dans un mélange de thriller, de surréalisme et d’humour noir.
Une sorte de barbarie où l’on badine avec la vie. Tel Iago avec Othello, le personnage
de Barrett, rendu célèbre par Dirk Bogarde dans l’adaptation cinématographique de
l’œuvre par Joseph Losey sur un scénario de Harold Pinter, est tout en charme vénéneux, tel le serpent qui s’insinue dans la pomme. Entre possession et identification,
l’esclave cache un maître, et vice-versa.
La mise en scène fluide traverse les différents temps forts de l’action sur un rythme de
jazz, mouvement perpétuel en chute plongeante. Elle n’impose rien aux spectateurs,
mais elle leur propose un univers, une réflexion qui les tiendra en haleine jusqu’au
dernier souffle de la résolution.
Thierry Harcourt
/ La mise en scène
La pièce est travaillée par des influences anglaises que mes différents séjours britanniques m’ont permis de saisir et de transmettre dans la mise en scène, notamment
à travers l’atmosphère. J’ai fréquenté le monde dans lequel se déroule la pièce, et
cela m’aide beaucoup par exemple sur le choix du décor, des tissus, des couleurs, du
climat, des comportements des personnages. C’est un milieu qui m’est familier... Nous
sommes dans un quartier cossu de Londres, dans les années 1950. Tout commence
dans le confort, l’aisance, l’ordre. Le décor se construit en direct, grâce à l’action de
Barrett, qui fabrique un cadre à Tony sous nos yeux, qui le meuble, l’entretient. Puis
petit à petit Barrett fait le vide ; les accessoires disparaissent, le désordre s’installe,
l’alcool occupe l’espace. Tout se craquelle. Les lumières se resserrent et deviennent
de plus en plus crues. Quelque chose d’animal envahit la scène... Une musique de
jazz parcourt tout le spectacle, et joue parfois avec le texte.
En France le metteur en scène est souvent déifié ou au contraire négligé. En Angleterre,
il est beaucoup plus présent au cœur du projet qui se construit au fil des répétitions.
On expérimente toutes les possibilités. Le travail est plus artisanal, on prépare moins,
on joue plus sur la spontanéité des acteurs. Une spontanéité qui se chorégraphie
petit à petit. La sincérité des interprètes passe par le filtre d’une certaine retenue
anglo-saxonne que je connais bien, et qui, ici, est de mise. On ne cède pas à de
70
/ The Servant
grands mouvements de passion, on ne lâche rien... Le sous-texte est très important ;
il faut toujours être derrière le mot. En même temps, le style vif de Robin Maugham
implique une rapidité de parole, un débit fluide et actif, dépourvu de scories de langages, ces « euh... », ces temps qui cassent le naturel du dialogue.
La mise en scène fluide traverse les différents temps forts de l’action sur un rythme de
jazz, mouvement perpétuel en chute plongeante. Elle n’impose rien aux spectateurs,
mais elle leur propose un univers, une réflexion qui les tiendra en haleine jusqu’au
dernier souffle de la résolution.
Thierry Harcourt
/ Les personnages
On sait de Spence Barrett qu’il est originaire de Birmingham, qu’il exerce le métier
de valet de chambre et que ses références sont excellentes. Qu’est-ce qui motive ce
personnage à prendre peu à peu l’ascendant sur son maître Tony Williams, jusqu’à
annihiler en lui toute forme de volonté pour le réduire à l’état de loque humaine ?
Il est évident que la notion de lutte de classes explique en grande partie le rapport
entre les deux personnages. La dialectique du maître et de l’esclave, qui imprègne
tout le théâtre classique (on songe surtout à Marivaux et Beaumarchais, où émerge un
rapport de lutte), a été théorisée par le philosophe allemand Hegel dans son œuvre
Phénoménologie de l’Esprit. Il montre que la tension entre maître et valet, ainsi qu’un
renversement des rôles, sont inévitables. Le valet détient un pouvoir réel sur la nature
qu’il peut transformer par son travail. Il acquiert ainsi une forme d’autonomie, tandis
que le maître, entièrement dans la jouissance du monde, est en réalité dépendant de
l’esclave.
Dans la tradition théâtrale, le valet, contraint de travailler et de produire, s’avère
généralement plus intelligent, plus habile, plus ingénieux que son maître. Molière associe
souvent au valet l’adjectif « industrieux ». Barrett est manifestement doué d’une grande
intelligence, très supérieure à celle de son maître, qui semble, pour reprendre la formule de Beaumarchais, « ne s’être que donné la peine de naître ». Non seulement
Barrett a une grande capacité d’organisation, sait anticiper les besoins de son maître,
est un cuisinier hors pair, mais il se révèle aussi un « architecte d’intérieur » au goût sûr,
reprenant intégralement en mains la décoration de l’appartement, et même un être
cultivé, lisant le Times et faisant ses mots croisés avec une grande dextérité. Surtout,
Barrett fait preuve d’un grand raffinement dans la perversité et la manipulation.
Le domestique semble vouloir se venger de sa position sociale et prendre l’ascendant
sur son maître, qu’il estime inférieur à lui et méprise. La lutte de classes devient lutte
de pouvoir. Barrett, certainement humilié par sa position sociale et doué d’un fort
complexe de supériorité, s’ingénie avec adresse à détruire le monde des apparences,
pour restaurer un monde infiniment plus originel et plus barbare, où l’être supérieur
doit nécessairement et effectivement dominer. Cette démarche n’est pas consciente :
il est cette force destructrice qui va. Cet anarchisme viscéral et inconscient de Barrett,
qui nie toute construction sociétale, me semble très finement indiqué dans un passage
de la pièce aussi savoureux qu’énigmatique.
Maxime d’Aboville
71
/ The Servant
/ The Servant
/ Robin Maugham ou la quintessence
de l’esprit anglais
Bien que j’aie tout d’abord et comme la plupart de ses admirateurs, connu The Servant
à travers le film qui en a été tiré, c’est la pièce de Robin Maugham (que son agent
m’avait envoyée lorsque j’habitais et travaillais à Londres) qui m’a séduit. J’ai alors découvert
un excellent auteur, Robin Maugham, artiste aux multiples facettes et éternel insatisfait.
Robin Maugham, bien qu’auteur de nombreux romans, essais, biographies et pièces,
peut être considéré comme un homme frustré. Il était voué par sa famille à une vie
d’avocat mais il décida de se consacrer à sa passion : l’écriture, malgré l’ombre imposante de son oncle, l’auteur à succès Somerset Maugham. Bien que son roman
The Servant, qu’il adapta plus tard lui-même en pièce de théâtre créée à Londres en
1958, rencontra le succès, c’est aussi grâce à l’adaptation qu’en fit Harold Pinter pour
le film réalisé par Joseph Losey qu’il connut une notoriété mondiale. À l’instar du
personnage de Barrett, impeccable en apparence mais tiraillé de mille complexes,
il décrit à merveille une Angleterre à la recherche de nouveaux repères, accrochée
aux traditions, où rien n’est dit clairement et où tous les désirs sexuels sont enfouis et
parfois reniés. Après des études à Eton et Cambridge, il eut des ambitions politiques
et travailla aux côtés de Winston Churchill. Pour le traduire, j’ai choisi l’auteur Laurent
Sillan, à qui j’avais déjà confié les traductions de Arsenic et Vieilles Dentelles et du
Talentueux Mr. Ripley. Laurent, dont la langue me semble être idéale pour retranscrire
la quintessence de l’esprit anglais, a donc pu retrouver tout cet humour acerbe et noir
et ce langage où tout est dit « derrière » les mots.
/ Les artistes
Thierry Harcourt / Metteur en scène
Thierry Harcourt, metteur en scène et réalisateur, partage son activité entre
Londres et Paris. Parmi plus d’une trentaine de mises en scène de théâtre, on
notera en particulier What you get and what you expect au Lyric Hammersmith à Londres, Outrage aux mœurs, Moulins à Paroles avec Maïa Simon et
Annie Girardot, mais aussi la revue musicale L’Air de Paris avec Patrick Dupont
ou encore Shopping and Fucking de Mark Ravenhill à la Pépinière Opéra. En
2007, il est le premier metteur en scène français invité au Théâtre national de Sofia où il monte Le
Mari idéal d’Oscar Wilde et, suite à son succès, Le Bal des voleurs de Jean Anouilh. Depuis, tout
en continuant de travailler avec la troupe de danse contemporaine Jasmine Vardimon à Londres
il s’attaque à La Papesse américaine d’Esther Vilar pour le festival Avignon Off, à Léocadia de Jean
Anouilh. Plus récemment Rose de Martin Sherman avec Judith Magre au Théâtre la Pépinière mais
également, Stop Search de Dominic Taylor au Catford Broadway à Londres. Il a écrit et réalisé
Photo de Famille, un court-métrage pour Movie Da prods et Venise A/R, un long métrage pour
Toto productions.
Maxime d’Aboville / Barett
Maxime d’Aboville a été formé chez Jean-Laurent Cochet et à la Birmingham
Theatre School après avoir été reçu au concours d’avocat. Il a adapté et interprété
Journal d’un curé de campagne de Georges Bernanos (nomination aux Molières,
révélation masculine) et a joué dans Henri IV le bien-aimé de Daniel Colas
(nomination aux Molières, comédien dans un second rôle). Il a ensuite incarné
Bonaparte dans La Conversation de Jean d’Ormesson au Théâtre Hébertot,
72
mis en scène par Jean-Laurent Silvi et interprète Ariel, dans La Tempête de Shakespeare, mis en
scène par Christophe Lidon. Il est également l’auteur d’Une leçon d’histoire de France, qu’il interprète régulièrement au Théâtre de Poche-Montparnasse.
Roxane Bret / Vera et Kelly
Roxane est née en 1995. Elle fait ses premiers pas devant la caméra aux côtés de Laurent Lafitte
dans 16 ans ou presque le premier film de Tristan Seguela fin 2012. Très vite, elle tourne ensuite
dans Un fils, réalisé par Alain Berliner avec Michelle Laroque. Roxane fait également partie du
collectif Les Parasites avec lequel elle tourne une dizaine de courts métrages. Elle remporte le Prix
de la meilleure actrice dans deux festivals. Cette année, elle intègre la promotion 35 de la Classe
Libre du Cours Florent. The Servant est sa première expérience théâtrale.
Xavier Lafitte / Tony
Xavier Lafitte débute sous la direction de Thierry Harcourt dans Outrage aux
mœurs (1999), puis sous celles de Jean-Claude Penchenat, Pierre Laville et
Chris Botti, avant de rencontrer Daniel Colas avec qui il travaille sur plusieurs
spectacles, entre autres Charlotte Corday, Le Facteur sonne toujours deux
fois, Henri IV, le bien-aimé (2010/2012) où il interprète le spirituel Marquis de
Bassompierre aux côtés de Jean-François Balmer. Xavier travaille régulièrement pour la télévision (Patrick Grandperret, Arnaud Sélignac, Jean-Pierre Mocky… ) et au cinéma
où il débute dans La Bande du Drugstore de François Armanet et tourne plus tard sous la direction
de Patrice Chéreau, dans Gabrielle. Mais c’est en 2007 que José Luis Guerin choisit Xavier pour
incarner son personnage dans En la ciudad de Sylvia. Ce film, en compétition à la Mostra, rencontre un grand succès critique international et lui permet d’être remarqué par des réalisateurs
européens (Laurence Coriat, Juan Fran Viruega, José Ramón Ayerra Diaz, Roque Madrid… ) et
notamment en Espagne où il travaille régulièrement. Enfin, Xavier incarne le rôle complexe de
Jacques de Bascher dans Yves Saint-Laurent (2014) de Jalil Lespert aux côtés de Pierre Niney et
Guillaume Gallienne.
Adrien Melin / Richard
Adrien Melin intègre le CNSAD en 2004 où il travaille notamment avec Christophe Rauck, Tilly et
Marcial Di Fonzo Bo. À sa sortie en 2007, il joue Mercutio dans Roméo et Juliette dirigé par Denis
Llorca et dans Les Trois Récits de Jean-Luc Lagarce mis en scène par Jean-Charles Mouveaux.
Puis, pendant deux saisons, aux côtés de Claude Rich, il joue Louis XIV dans Le Diable rouge
d’Antoine Rault monté par Christophe Lidon. Suivra Ce qui arrive et ce qu’on attend mis en scène
par Arnaud Denis en 2010. En 2011, il interprète le monologue Thomas Chagrin sous la direction
de Gilbert Desveaux et La Leçon du Maître (de Jean Pavans et Henry James) mis en scène par
Jacques Lassalle. En 2012, il joue dans Il faut/Je ne veux pas (Alfred de Musset/Jean-Marie Besset)
et il participe à La Nouvelle École des maîtres sous la direction de l’argentin Rafael Spregelburd.
En 2013, Didier Long le dirige dans La Folle de Chaillot et Sophie Gubri dans Le Corbeau et le
Pouvoir. En 2014, il joue le rôle d’Étienne de la Boétie dans Parce que c’était lui de Jean-Claude
Idée et celui de Ferdinand dans La Tempête de Shakespeare créée par Christophe Lidon. Depuis
2010, il apparaît régulièrement dans le spectacle Masques et Nez conçu par Igor Mendjisky.
Alexie Ribes / Sally
Alexie Ribes suit une formation en danse classique à l’École Stanlowa et en théâtre au cours Florent
puis au Sudden Theatre. Elle joue au théâtre dans Musée haut, musée bas de Jean-Michel Ribes,
chante dans Signé Topor (musique de Reinhardt Wagner, mise en scène de Jean-Louis Jacopin).
Elle joue et chante dans El Tigre comédie musicale signée Alfredo Arias et Bruno Coulais. Elle participe
à de nombreux événements (Nuits des musées, Nuit blanche) ainsi qu’à des festivals comme celui
de Jean-Marie Besset, Nava ou le festival de la correspondance de Grignan.
À la télévision elle tourne pour Josée Dayan, Caroline Huppert et Francis Girod. On a pu la voir
dans Les Petits Crimes d’Agatha Christie ou Vaugand pour France 2. Au cinéma elle tourne dans
Le Crime est notre affaire de Pascal Thomas, Le Désordre a 20 ans de Jacques Baratier, Un Balcon
sur la mer de Nicole Garcia et dans Musée haut, musée bas et dernièrement dans Les Brèves de
comptoir de Jean-Michel Ribes.
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/ Une Leçon d’histoire de France
/ Figeac
Théâtre
Une Leçon
d’histoire
de France
n 31 juillet / Salle Balène, Figeac / 18h
Première période : De l’an Mil à Jeanne d’Arc
d’après François-René Chateaubriand, Jules Michelet,
Victor Duruy, Jacques Bainville
de et avec / Maxime
d’Aboville
Mise en scène de / Jean-Laurent Silvi
Lumières / Jean-Laurent Silvi
n 31 juillet / Salle Balène, Figeac / 20h
Seconde période : de 1515 au Roi Soleil
d’après Alexandre Dumas, Jules Michelet,
Victor Hugo, Duc de Saint-Simon
de et avec / Maxime
d’Aboville
Production Théâtre de Poche-Montparnasse
Avec le soutien de Canal 33
74
/ Première période : de l’an Mil à Jeanne d’Arc
Maxime d’Aboville endosse l’habit de l’instituteur et reprend les cours. Le royaume de
France revit. Louis VI, qui n’est pas encore gros, tente de s’imposer aux seigneurs ; Louis VII
épouse « la sublimissime » Aliénor d’Aquitaine qui s’ennuie et le trompe avec un Sarrasin ;
couronné à 14 ans, Philippe Auguste chasse les Plantagenêts de Normandie, défait Anglais
et Allemands à Bouvines (1214). Menant son auditoire à la baguette, d’Aboville vibrionne
comme un seigneur sur le champ de bataille. Philippe le Bel défie le pape, écrase les Templiers. À Crécy, les Français sont donnés gagnants, mais leur précipitation conduit à une
défaite historique face aux Anglais. On croirait voir l’image du XV de France. Le moral du
pays est en berne. Laid, mais valeureux, le brigand Du Guesclin met son épée au service de
Charles V. Charles VI devient fou, le duc de Bourgogne fait assassiner son rival et cousin, le
duc d’Orléans. À Azincourt, les chevaliers français s’enfoncent dans la boue sous le poids
de leurs armures. En 1431, Jeanne d’Arc sera brûlée vive, mais les Anglais finiront par être
chassés. L’histoire est une leçon ; continuer à l’enseigner, c’est entrer en résistance.
Bernard de Saint Vincent
Note d’intention : Quoi de neuf Michelet ?
Depuis quelques années, de nombreux éditeurs font revivre les grands classiques de l’histoire de France, et notamment de vieux manuels scolaires. Dans toutes les librairies, on
trouve désormais Michelet, Lavisse et son célèbre « Petit Lavisse » surnommé l’« évangile
républicain », Bainville, les « Malet et Isaac » qui ont formé des générations de lycéens
jusqu’aux années 60. Impossible de dresser la liste complète de tous ces grands classiques
à qui les éditeurs donnent aujourd’hui une seconde naissance. Jusqu’alors ces ouvrages
étaient simplement bannis, parce que typiques d’une conception de l’histoire considérée
comme rétrograde. Trop chronologiques, trop simples, trop narratifs. La renaissance du
« roman national » va de pair avec un débat de fond sur l’enseignement de l’histoire à
l’école, caractérisé au contraire par l’abandon de la chronologie, la volonté de privilégier
l’évolution des faits sociaux sur l’« histoire-événements », l’analyse de documents au détriment de l’apprentissage des dates et des faits ; bref la condamnation de ce qu’on appelle
péjorativement l’« histoire-batailles ».
Notre rôle, en tant qu’artistes de spectacle, n’est certainement pas de porter un jugement
sur cette évolution. Néanmoins, à la lecture des grands ouvrages précurseurs de l’histoire
de France, on découvre une matière passionnante, avec un souffle véritablement dramatique et l’on se met à imaginer qu’une leçon d’autrefois, où les grands personnages, le récit
et la chronologie avaient toute leur place, peut avoir la dimension d’un spectacle, propre à
enflammer l’imaginaire et à faire vibrer les âmes. Nous pensons aussi que l’on retient mieux
l’histoire quand elle vous est contée ; que mieux connaître l’histoire de son pays permet de
s’y sentir plus heureux, d’être plus sensible à la façade d’un hôtel de ville à la Rochelle ou à
Compiègne, un château sur la Loire, un tableau de Delacroix, un champ de blé en Beauce
ou un roman de Victor Hugo.
Si l’on peut parfois contester la valeur scientifique des écrits des grands historiens du XIXème
siècle, leur style est du plus haut niveau. Sous leur plume, l’histoire devient mythe et littérature,
et donc potentiellement théâtre ! Si l’on considère, bien sûr, que le théâtre est le lieu de
l’émotion et de l’imaginaire, et non celui du raisonnement et de la recherche scientifique.
À partir de ces grands textes et en m’attachant à en respecter le style et la puissance d’évocation,
j’ai imaginé de concevoir pour le théâtre une leçon d’histoire de France.
Maxime d’Aboville, auteur et interprète janvier 2013
75
/ Une Leçon d’histoire de France
/ Une Leçon d’histoire de France
L’histoire, une grande scène de Théâtre
Maxime d’Aboville est comédien. Il a interprété Bernanos. Il a incarné le prince de Condé,
mari de la belle Charlotte de Montmorency dont Henri IV était amoureux. Dans La Conversation,
aux côtés d’Alain Pochet, Cambacérès plus vrai que nature, il a donné vie et puissance à
Bonaparte, Premier consul, sur le point de se changer en empereur.
Il a toujours tourné autour de l’histoire de France et de ses tumultes. Il voit dans ses héros
et dans ses drames comme un grand spectacle théâtral, mis en scène par des écrivains
et des historiens de droite et de gauche, comme Chateaubriand, Michelet, Victor Hugo,
Lavisse, Bainville.
S’inspirant de ces grand classiques, Maxime d’Aboville fait passer sur la scène qu’il anime le
souffle de l’histoire et une émotion dramatique. Il donne à travers l’imaginaire théâtral une
leçon d’histoire de France.
Jean d’Ormesson de l’Académie française, janvier 2013
/ Seconde période : de 1515 au Roi Soleil
Note d’intention
Pour cette deuxième Leçon d’histoire de France, Maxime d’Aboville fait revivre les plus
belles pages d’œuvres mythiques de notre littérature, comme Les Trois Mousquetaires ou
les Mémoires de Saint-Simon, pour conter l’histoire de France à la manière d’un palpitant
récit d’aventures ou d’une savoureuse chronique de mœurs.
De la très célèbre victoire de François Ier à Marignan qui consacre la suprématie du
royaume de France, à la mort de Louis XIV sonnant le glas de la monarchie absolue, en
passant par les guerres de religion, cette nouvelle « leçon » revisite les « riches heures » de
ces deux siècles de tragédie et de grandeur. L’histoire, ainsi, s’invite au théâtre...
« J’ai imaginé de faire une leçon d’histoire avec l’idée, plutôt que d’écrire moi-même – ou
d’improviser – un cours qui aurait manqué d’envergure et de souffle, de composer cette
leçon à partir d’extraits de grandes œuvres de notre littérature historique. Pour faire vivre
sur scène cette épopée, qui tient plus du grand récit mythologique que du cours d’histoire
scientifique, je me suis amusé à tenir le rôle de l’instituteur d’autrefois, avec sa blouse grise
et sa grande carte de France, comme on en voyait jadis dans toutes les salles de classe. »
Il est le troubadour de l’histoire de France. À deux titres : le poète et le conteur.
Poète, celui qui livre dans ce qu’il écrit la liberté de son imagination et de sa sensibilité.
Maxime d’Aboville puise dans la « grande histoire » comme dans la « petite histoire » les
anecdotes les plus piquantes ou bien les figures humaines les plus marquantes. Il en tire
des récits ou des portraits qui, réunis, font une sorte de mosaïque pleine de couleurs, de
vivacité, de finesse et d’humour. L’histoire vivante, où se mêlent le lyrique et l’épique.
Conteur, celui qui par la parole et le geste incarne l’écrit. Si comme on le dit l’histoire est un
théâtre, la porter sur la scène sous la forme d’un récit n’est pas une mince gageure. Maxime
d’Aboville n’est ni Shakespeare ni Hugo, qui recomposaient l’histoire. À lui seul, il est tous
les personnages que celle-ci a portés, à lui seul tous les événements qu’elle a produits !
Sa fougue, sa sincérité, son engagement sont un plaisir.
L’histoire avec lui devient elle-même un plaisir. Elle est spectacle. Elle invite au rêve.
Notre troubadour rachète l’ennui que trop souvent elle inspire aux enfants des écoles.
/ La presse en parle
« C’est avec maestria que Maxime d’Aboville joue ce condensé d’histoire littéraire.
Restituant le style et le « souffle dramatique » des textes originels, il excelle dans le récit,
souvent comique, des batailles. On ne peut qu’être d’accord avec ce prof passionné :
« On retient mieux l’Histoire quand elle vous est contée ».
Françoise Sabatier Morel – Télérama (On aime beaucoup)
« Une heure d’histoire comme on rêve de l’apprendre avec de l’aventure, de l’action,
de l’émotion et une bonne dose d’humour. Les événements s’enchaînent, de façon
chronologique, comme s’ils étaient encore chauds, truffés d’anecdotes et de détails
amusants, pour marquer les esprits, surtout les plus jeunes. La classe, pardon le public,
n’en perd pas une miette, captivé, emporté par le souffle épique de l’histoire. Maxime
d’Aboville court, galope, bataille, manie l’épée, prend à témoin l’assistance ».
France Lebreton – La Croix
« Maxime d’Aboville nous régale de sa réflexion savante et savoureuse ».
Maxime d’Aboville
Le troubadour de l’Histoire
Il aura fallu dix-neuf gros volumes à Michelet pour raconter l’histoire de France. Il suffira de
trois petits livres à Maxime d’Aboville pour remplir cet office. Voici le deuxième, après le
premier qui rencontra un grand succès, et en attendant le dernier. À chacun son rôle.
À Jules Michelet celui de l’érudit. À Maxime d’Aboville celui du troubadour. Mais en commun
une même passion : la France et son peuple, et une même vision de l’histoire de France :
un roman national.
Nonobstant l’étendue de leur savoir, et transcendant celui-ci, la plupart des auteurs dont
s’inspire Maxime d’Aboville voyaient dans la France une personne vivante et ne limitaient
pas le récit de son histoire à l’objet d’une analyse. Ils exaltaient sa légende et sa gloire,
ils fouillaient son âme, ils inscrivaient ses faits et gestes, qu’ils fussent héroïques ou misérables,
dans l’épopée d’un destin collectif. C’est cela, un roman national. Maxime d’Aboville est de
leur race. Il perpétue une tradition que la science aujourd’hui tend à effacer.
76
Philippe Tesson
Armelle Héliot – Le Figaro **** (Excellent)
« Ce jeune acteur confirmé donne vie à ses récits avec passion : les rois et les hommes
et femmes qui les entourent défilent sous nos yeux avec leurs intrigues. Un récit qui
captive ! »
La Voix du Nord
/ L’artiste
Maxime d’Aboville / Comédien
cf p. 72
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/ Ulysse(s)
Traduction / Tiphaine Samoyault
Musicien / Philippe Gelda - Accompagnement artistique / Laurence Bienvenu
Scénographe / Toni Casalonga - Dramaturgie / Céline Astrié
Créateur Images - Visuel / Bruno Wagner - Créateur sonore / Arnaud Romet
Créateur lumières / Christian Toullec - Conseil artistique / Isabelle Ayache
Régie lumière et son / Amandine Gérome
Production Compagnie Oui Bizarre / Coproduction Le théâtre Garonne - Scène Européenne - Toulouse, Le Parvis,
Scène Nationale de Tarbes Pyrénées, Scène Conventionnée Théâtre et Théâtre Musical - Figeac / Saint-Céré,
Théâtre le Hangar - Association Lohengrin, Le Ring et Théâtre 2 l’Acte.
Lire Ulysse de James Joyce, et particulièrement le monologue final de Molly, est une
expérience de lecteur vertigineuse. Le dire, est une expérience physique jouissive,
organique « à s’en faire péter la mâchoire ! » (extrait du texte) dans la respiration
qu’elle implique. On en ressort dévasté, jeté sur le rivage, après avoir été emporté par
les flots de cette parole ininterrompue. Ivre de joie.
Ce livre a été écrit sur huit années par épisodes, dans des revues. Le roman se déroule
sur une seule journée à Dublin (nous suivons Léopold Bloom de 8h du matin à 3h
du matin). Il se compose de 18 épisodes. Ce sont des variations stylistiques qui s’inscrivent dans une expérience de l’écriture : un oratorio in progress. Chaque épisode
traite d’une science, est relié à un organe du corps humain, à une couleur et à un
personnage de L’Odyssée d’Homère, livre fondateur pour Joyce depuis sa jeunesse.
Le monologue de Molly Bloom dans sa totalité fait une durée de 2h30 à la lecture.
Il est composé de 8 phrases, 8 mouvements qui sont signifiés par un simple retour à
la ligne, comme des respirations. Chaque phrase s’étend sur une dizaine de pages.
Après avoir fait une relecture minutieuse, une analyse dramaturgique, j’ai choisi de
garder un tiers du texte. Ce qui a guidé mes pas, c’est l’écoute du tempo intérieur
du texte, en le disant à haute voix, la sensation physique que cela produit, au-delà
du sens.
Le monologue de Molly Bloom (dix-huitième épisode) dans le roman de Joyce : Marion
Bloom (Molly) est fille de Major et d’une mère juive de Gibraltar. Elle est reliée à
l’élément de la terre et à la figure de Pénélope, femme d’Ulysse dans L’Odyssée.
Contrairement à celle-ci, elle est infidèle à son mari de manière systématique, et sans
aucune moralité.
C’est en milieu de nuit, 3h du matin, qu’une femme, dans son lit, déroule sa pensée,
dans un flux incessant, comme le sang, comme l’eau qui compose notre corps. Dans
un état de pré-sommeil, à la frontière à la lisière du sommeil. Son mari (Léopold
Bloom), après le périple incroyable d’une journée dans Dublin, rentre à la maison et
la réveille. Il s’endort près d’elle dans le même lit, “tête bêche”.
Fascinant, ce monologue torrentiel ouvre sur la nuit où se dilatent les forces telluriques
de la parole, du corps de Molly : c’est dans la nuit toujours que l’on s’abandonne.
Il ouvre sur cette nuit de l’inconscient, telle l’ouverture d’un opéra qui se déverse dans
une phrase infinie sans ponctuation. Un chant des sirènes qui nous attire vers le large,
nous perd dans le courant d’une « marée irrésistible ».
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/ Ulysse(s)
/ La presse en parle
« Dire que l’« Ulysse(s) » présenté trois soirs durant aux Nouveautés par Isabelle Luccioni
était empreint d’un souffle homérique est une entrée en matière facile. Mais c’est surtout une
évidence. (...) la comédienne a fait sien le monologue de Molly Bloom, un des personnages
de l’« Ulysse » de James Joyce, œuvre coriace, abrupte, qu’Isabelle Luccioni a donné à entendre avec brio et une certaine audace, puisant dans chaque recoin de son corps de quoi
extraire la moelle d’une langue pas toujours simple.(...)
Les tabous sont alors abattus et la langue de Joyce trouve une expression toute charnelle,
délivrée en pulsations, quasi orgasmiques, comme la petite musique d’une vie meurtrie
par les solitudes, les abandons. Par les naufrages, que la voix de sirène d’Isabelle Luccioni,
ensorcelante au final, permet de suivre avec délice. »
D.G. La Dépêche - Tarbes, 10 octobre 2015
« On savait cette comédienne et metteur en scène toulousaine talentueuse, mais on ignorait
ses qualités de chanteuse : incroyables ! Par ailleurs, Isabelle Luccioni rend l’impudique
texte de Joyce avec un « naturel » et une habileté touchante.(...) Isabelle Luccioni se tire avec
beaucoup d’assurance de cet incroyable portrait féminin (...). »
A.H. La Dépêche du midi, 4 avril 2015
/ Isabelle Luccioni / Compagnie Oui Bizarre
La Compagnie Isabelle Luccioni, créée en 1994, est devenue Compagnie OUI, BIZARRE en 2006.
Isabelle Luccioni a d’abord été comédienne professionnelle durant 15 années formée par Michel
Mathieu et s’est tournée vers la mise en scène en 1994, avec une adaptation à la scène d’un roman
de Bohumil Hrabal, Une Trop Bruyante Solitude, interprétée par René Gouzenne qui a connu un
vif succès à Avignon et a tourné plus de 300 fois en France et l’étranger. Depuis, elle a créé les
spectacles Rencontre avec Bram van Velde de Charles Juliet au Théâtre National de Toulouse
en 2000, Le Mensonge de Nathalie Sarraute en 2001-2002 au théâtre Garonne ; Comédie / La
Dernière Bande de Samuel Beckett en 2004 avec une reprise au T.N.T. en 2005 ; Les Dramuscules,
Spécialité Tragi - Comique de Thomas Bernhard en 2007 au théâtre Sorano, avec une tournée en
région en 2007-2008. En tant qu’actrice, elle joue le rôle de Claire dans la reprise des Bonnes de
Jean Genet au théâtre Garonne en février 2009.
En 2010, elle crée Tout doit disparaître, (C’est magnifique) au théâtre Garonne, sur des écritures
contemporaines avec des auteurs comme Olivier Cadiot, Jean-Charles Massera, Philippe Myniana.
De par sa formation d’actrice/chanteuse et ses rencontres artistiques (Claude Régy, Peter Brook,
Ariane Mnouchkine, etc...), Isabelle Luccioni place l’acteur et le rapport à la langue au cœur même
de son travail de recherche. Elle s’entoure de créateurs (son, lumière, scénographes, plasticiens).
Son travail est un long chantier de découverte mené avec une équipe, fidèle, qui prépare les
créations à travers discussions, travail à table, laboratoires de recherche et répétitions. Tout ceci
aboutit à des débats, un travail de dramaturgie et une réflexion commune. Une recherche qui se
passionne actuellement pour les écritures contemporaines. Depuis 12 ans, une équipe commence
à se créer, chacun apportant sa spécificité et son expérience.
Isabelle Luccioni a joué en 2012 sous la direction de Séverine Astel dans le cadre de sa création
Jon Fosse, saison 1. En 2013, elle crée Cent vint trois de l’auteur Eddy Pallaro, joué à Toulouse et
dans le Tarn. Ulysse(s) a été crée en avril 2015 au théâtre Garonne à Toulouse dans le cadre de
« In Extrémis», puis repris sur la saison 15/16 à Tarbes ( Scène Nationale) , à Saint-Céré (programmé par
L’Usine, à Toulouse au Ring, à la Cave Poésie, au théâtre du Hangar, et sera repris Saison 2016/17
à la Scène Nationale de Foix et dans le Lot, Espace Appia. La prochaine création de la compagnie
s’intitule Les quatre jumelles de Copi et sera crée en mars 2017, au Théâtre Sorano de Toulouse
(co-production théâtre Sorano/ Théâtre Garonne).
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/ Figeac
Théâtre
n 26 / 28 juillet
Salle Balène
Figeac / 20h
/ Valère Novarina
Pour Louis
de Funès
Texte de 1986
Comédien / Frédéric
Le Sacripan
/ Note d’intention
J’ai rencontré ce manifeste pour l’acteur au début de ma formation théâtrale au
Conservatoire de Grenoble et depuis il m’accompagne. Il revient régulièrement à la
surface comme un retour aux sources, aux origines. Il purge comme une tisane, il vous
enlève toutes les saletés, toutes les fioritures que le métier nous impose. Alors « Loin
d’ici Monsieur Purgon, mettez les loin d’ici » !!! Merci !
Être acteur ? Qu’est-ce que c’est que cette maladie-là ?
Être acteur « c’est pas aimer paraître, c’est aimer énormément disparaître », « Le vrai
acteur qui joue aspire à rien avec autant de violence qu’à pas être là. » Quel paradoxe !
Comme c’est fascinant !
J’entends Rimbaud qui me souffle son « Je est un autre. » et dans mon panthéon personnel,
Mère Térésa lui répond d’un « on ne devient soi-même que dans l’oubli de soi. »
Ouf ! Voici l’homme ! Voici l’acteur ! Faites entrer Louis de Funès !
Et que l’hommage aux grands acteurs nous fasse entrer en danse ! Allez Valère !
Comme au bal musette !
Pour Bruno Sermonne, Daniel Znyk, Jules Berry, Michel Simon, Arletty, Bette Davis et
aussi pour Jack Nicholson, Gérard Depardieu, Michel Galabru et Michel Fau... et aussi
pour mon père !
Allez venez, venons, dansons comme au bal musette portés par les mots, le souffle au
joyeux trou du monde !
En scène !
Frédéric Le Sacripan
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/ Pour Louis de Funès
/ Inénarrable Sacripant !
Tous ceux qui étaient là hier soir à l’Odéon, salle Roger Blin, se souviendront longtemps de votre rigoureuse et librisme plongée dans le Pour Louis de Funès !
« Double saut périlleux et demi, avec semi torsade talonnée à l’appui gauche, remontée
virgule, chute en flèche et sortie coup de pied à la lune ! »
Quand j’étais petit (à peu près à la même époque où je découvris un jeudi après-midi,
au cinéma L’Étoile sonore, le grand Louis de Funès interprétait magistralement un
tout petit croque-mort hilarant) j’étais afficionado des championnats de plongeons
qui avaient lieu le samedi à midi à la plage de Thonon ; mais ce que j’aimais surtout
c’était l’annonce des sauts : la précision clinique du vocabulaire - inspiré du cirque,
de la danse et de la géométrie - que l’on utilisait pour décrire les évolutions, les révolutions aéro-aquatiques des plongeurs aux mille figures... Sacripan, vous m’épatez !
Et vous méritez pleinement ce nom magnifiquement picaro-dionysiaque que Bruno
Sermonne vous décerna un jour comme un signe de courage et de comique à perpétuité !
Merci Frédéric ! - Saluez toujours pour moi ainsi Louis de Funèbre et de Lumière !
Valère Novarina, le 4 novembre 2015
/ La presse en parle
« Prêtant sa forte voix à cet opuscule dithyrambique, Frédéric Le Sacripan apparaît seul
sur scène coiffé d’un symbolique képi de gendarme. Le texte qu’il entame est un éloge
au talent de Funès mais c’est surtout un manifeste théâtral où Novarina a développé
une théorie très personnelle sur le métier d’acteur. Dénigrant les metteurs en scène
intellos ou les décorateurs inutiles, l’auteur genevois place le comédien nu au coeur
de la scène et en fait l’élément central de toute pièce. » Florence Yérémian - bscnews.fr
« Et voilà du théâtre tout ce qu’il y a de contemporain qui célèbre Louis de Funès ! Il y a
de belles rencontres tout de même. Il est certain que l’interprète du Gendarme savait
comme personne faire sortir l’animal en lui ! Car c’est bien de « bête de scène » dont
il s’agit, de celui qui distingue la viande du verbe – thématique obsessionnelle chez
Novarina – en enfilant masque sur masque. » A. Duminy - Place Gre’net
/ L’artiste Frédéric Le Sacripan
D’abord formé au Conservatoire National de Région de Grenoble, ses rencontres avec Michel Fau
puis Olivier Py ont été déterminantes. Il travaille régulièrement avec ce dernier (Les Vainqueurs,
Illusions comiques, L’Orestie, Les sept contre Thèbes, les Suppliantes et Les perses d’Eschyle, Le
Soulier de Satin de Paul Claudel, Les Enfants de Saturne, Roméo et Juliette de Shakespeare et
Prométhée enchaîné d’Eschyle au festival d’Avignon).
Il est admis au Théâtre National de Strasbourg, mais il décide d’intégrer finalement la Classe Libre
du cours Florent où il travaille avec Stéphane Auvray-Nauroy, Jean-Michel Rabeux et Michel Fau.
Puis, il entre au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique dans la classe de Dominique
Valadié, Daniel Mesguich, Muriel Mayette, et participe aux ateliers de Tilly et Wajdi Mouawad.
Il joue sous la direction de Philippe Sire (Un Coeur faible de Dostoievski), Jean-Michel Rabeux
(Le Songe d’une nuit d’été de Shakespeare), Jacques Vincey (Jours souterrains d’Arne Lygre),
Christophe Maltot (Lettre au directeur de théâtre de Denis Guénoun), Benjamin Moreau (Une Saison
en enfer de Rimbaud, Amphitryon de Kleist et L’Homme de paille de Feydeau), Michel Fau (Opéra
de Cosi fan tutte de Mozart et Le Misanthrope de Molière). Il incarne Pour Louis de Funès de Valère
Novarina (tricycle à Grenoble et à la bibliothèque de l’Odéon à Paris).
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/ Le Cinéma en chansons
/ Figeac
Théâtre
n 24 juillet / 3 aoûtSalle Charles Boyer,
l’Astrolabe, Figeac / 20h
n 30 juillet / Cour de l’Archidiaconé, Cahors / 21h
n 12 août / Château, Cavagnac / 21h
n 13 août / Parc du Château, Aynac / 21h
/ St-Céré
Opéra
Le Cinéma
en chansons
Écriture et chant / Éric
Piano et autres ustensiles musicaux / Manuel
Perez
Peskine
Production Scène Conventionnée pour le Théâtre et Théâtre Musical – Figeac / Saint-Céré
création février 2016, suite à une résidence au théâtre de l’Usine
Ce spectacle est consacré aux chansons de cinéma, aux chansons de films, de films
non musicaux. J’ai choisi ces musiques car elles ont marqué les films d’une manière
ou d’une autre, soit en s’insérant dans l’intrigue, dans ce cas les chansons sont généralement chantées par les acteurs qui peuvent être doublés ou pas, ou une chanson
que l’on entend au générique, le thème musical du film qui devient une chanson,
cette mélodie devient alors indissociable du film, de son ambiance, du souvenir que
l’on garde du film. Concernant le choix des chansons, ce fut délicat car j’avais au départ
envie de chanter près de 100 chansons au fur et à mesure des essais, les voix des femmes
se sont imposées. Les acteurs représentent souvent l’action, le rythme, le pouvoir,
la violence mais les actrices évoquent le désir, le rêve, ce sont elles qui véhiculent le
plus souvent l’émotion. Les chansons de film sont le reflet de leurs états d’âme.
/ Note d’intention
J’aime la chanson, le cinéma est ma passion, alors quoi de plus naturel d’avoir envie
de proposer un spectacle sur les chansons de films.
Certaines chansons sont indissociables du souvenir de telle ou telle œuvre cinématographique.
Ainsi, quelques fois, ces deux magiciens que sont la chanson et le cinéma s’unissent
pour laisser leur empreinte, pour évoquer des souvenirs, susciter des émotions par
le rire ou par les larmes.
Le cinéma chante avant de parler, Al Jolson « le chanteur de jazz » ouvre la « voix ».
Marylin, Rita, Marlène chantent et deviennent mythiques et immortelles. On entend
quelques notes de « Un año d’amor » et nous sommes dans l’Espagne kitch et passionnée d’Almodovar.
Fernandel, Bourvil, Gabin poussent la chansonnette et nous rappellent que c’est le
Music Hall qui a engendré les plus grandes vedettes du cinéma.
Quelquefois, certaines chansons gagnent la course à la postérité ; qui se souvient de
quels films « la Complainte des Infidèles » et « Un jour tu verras » de Mouloudji sont
issues ?
Prévert et Kosma subliment les films de Carné, Barbara unit sa voix à celle de Bernadette
Lafont pour la Fiancée du Pirate, et la voix de Nicole Croisille devient indissociable
des films de Lelouch et son « Cha ba da ba da » a l’odeur de la plage de Deauville.
Fréhel chante et pleure dans Pépé le Moko, Cora Vaucaire nous invite chez Renoir,
Danielle Darrieux nous donne un Premier Rendez-Vous.
C’est toute cette mythologie du cinéma et de la chanson que j’ai envie d’évoquer
Le partage de ma passion est l’unique raison d’être de ce spectacle.
Éric Perez
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/ Le Cinéma en chansons
/ Liste des chansons
Trois petites notes de musique : film Une aussi longue absence interprété par Cora Vaucaire
La Complainte De La Butte : film French Cancan interprété par Cora Vaucaire
Quand on s’promène au bord de l’eau : film La Belle Équipe interprété par Jean Gabin
Où Est-il Donc : film Pépé le moko interprété par Fréhel
Ich bin von Kopf bis Fuß Auf Liebe : film L’Ange Bleu interprété par Marlene Dietrich
Avec Son Tra-la-la : film Quai des Orfèvres et interprété par Suzy Delair
Coeur de Parisienne : film Un chien qui rapporte interprété par Arletty
Démons Et Merveilles : film Les Visiteurs du Soir interprété par Jacques Jansen
La Complainte Des Infidèles : film La Maison Bonnadieu interprété par Mouloudji
Put The Blame On Mame : film Gilda interprété par Rita Hayworth
The River Of No Return : film Rivière sans retour interprété par Maryline Monroe
Luna Negra : film Un verre et une cigarette interprèté par Dalida
Parle Plus bas : film Le parrain interprété par Dalida
Les Enfants Du Pirée : film Jamais le dimanche interprété par Melina Mercouri
This Is My Song : film La Comtesse de Hong-Kong interprété par Petula Clark
Soldi, Soldi, Soldi : film Boccaccio ’70 interprété par Sophia Loren
Jésus Java et Jésus tango : film Tous le monde il est beau, tout le monde il est gentil
interprété par Ginette Garcin
Requiem pour un con : film Le Pacha interprèté par Serge Gainsbourg
Moi, Je Me Balance : film La Fiancée du pirate interprété par Barbara
Vivre Pour Vivre : film Vivre pour vivre interprété par Nicole Croisille
Chant D’exil : film La passante du Sans Souci interprété par Talila
La Chanson D’Hélène : film Les choses de la vie interprété par Romy Schneider
et Michel Piccoli
Porque te vas : film Cria Cuervos interprété par Jeanette
Piensa En Mi : film Talons Aiguilles interprété par Luz Casal
Moon River : film Diamants sur Canapé interprété par Audrey Hepburn
Tourbillon : film Jules et Jim interprété par Jeanne Moreau
Un año de amor : film Talons Aiguilles interprété par Luz Casal
Rappels
My Heart Will Go On : film Titanic interprété par Céline Dion
Goldfinger : film Goldfinger interprété par Shirley Bassey
/ Les artistes
Éric Perez / Écriture et chant
cf p. 26
Manuel Peskine / Piano et autres ustensiles musicaux
cf p. 27
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n 31 juillet / 3 / 5 / 7 / 11 / 13 août
Château de Castelnau-Bretenoux
21h30
/ St-Céré
Opéra
/ Giuseppe Verdi
La Traviata
Direction musicale / Gaspard
Mise en scène / Olivier
Brécourt
Desbordes
Collaborateur à la mise en scène / Benjamin Moreau
Avec /
Violetta / Burcu Uyar
Alfredo / Julien Dran
Giorgio / Christophe Lacassagne
Flora / Sarah Lazerges
Gaston / Éric Vignau
Le Docteur Grenvil / Matthieu Toulouse
Baron Douphol / Laurent Arcaro
Le Marquis D’Obigny / Yassine Benameur
Traviata muette / Fanny Aguado
Décor et costumes / Patrice Gouron
Collaboration technique / Guillaume Hebrard
Lumières / Joël Fabing
Chef de chant / Élisabeth Bruselle
Maquillage / Pascale Fau
Vidéo / Clément Chébli
Chœur et Orchestre Opéra Éclaté
Nouvelle production
Production : Scène conventionnée Théâtre et Théâtre Musical Figeac/Saint-Céré - Opéra Éclaté
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/ La Traviata
/ La Traviata
/ Notes de mise en scène
/ Résumé de l’œuvre
Dès les premières notes de l’ouverture de La Traviata, Verdi annonce la fin, ou bien ne
se place-t-il pas déjà à la fin, pour remonter ensuite le passé avec le regard particulier
qui caractérise la tragédie ?
C’est ce double point de vue qui guide ce projet. D’une part, une Violetta mourante
qui se remémore le passé et d’autre part, une Violetta qui s’étourdit dans les apparences et le mirage social. D’une part, une Violetta lucide témoin de ses vains espoirs
et d’autre part, une Violetta jeune et ambitieuse qui tente de sortir du déterminisme
social par son unique sensualité.
Acte I
D’une part, une Violetta qui a mis son masque social et d’autre part, à la fin de son
histoire, une Violetta sans masque qui, rongée par la maladie « symbolique », observe
avec lucidité la traversée des apparences et le miroir de l’univers des hommes.
Alfredo et Violetta vivent ensemble à la campagne. Ils sont heureux. Alfredo découvre
que Violetta vend ses bijoux, car elle n’a plus d’argent. Il part pour Paris où il espère en
trouver. Pendant ce temps, Violetta reçoit la visite de Giorgio Germont, le père d’Alfredo,
qui l’accuse de déshonorer son nom et de compromettre le prochain mariage de sa
fille. Violetta accepte de se sacrifier pour le bien d’Alfredo. Au retour de celui-ci, elle
s’enfuit et lui fait remettre un billet d’adieu.
Pour se faire, la Violetta dénudée des apparences, chantera et regardera une autre
Violetta qui correspond au modèle social imposé par les conventions. La Violetta lucide
sera filmée en direct et projetée sur le fond du décor tandis que sur scène un monde
de fantômes normalisés s’ébattra dans un jeu social convenu et réglé.
La vision concomitante des deux phases de la personne (une sur scène, une sur
l’écran) doit amener le spectateur à percevoir l’impasse où se trouve Violetta, les
contradictions, la nécessité de la fin pour régler la question.
L’orchestre sera intégré dans l’espace scénique car la musique et ses exécutants font
partie de « la règle du jeu », la salle de bal, son orchestre et ses danseurs participent à
cette règle. C’est une société qui continue de « gigoter » alors qu’elle est au bord de
la fin d’un siècle et d’un monde. Violetta, la courtisane ambitieuse sortie du roman de
Zola, sorte de « nana » qui profite des feux de sa beauté pour échapper à la misère et
s’étourdit dans l’amour artificiel et les compromis. Costumes fin de siècle, estampes
figées... espace vide peuplé de fantômes... c’est ainsi que la Violetta encore vivante se
séparera de la Violetta à l’amour virtuel.
J’ai demandé au chef d’orchestre et à l’orchestrateur de travailler l’orchestre de chambre
pour que celui-ci puisse différencier les atmosphères : d’un côté, l’écoute de la Violetta
mourante et se remémorant son passé et de l’autre l’étourdissement de la fête. D’un
côté la mélancolie d’un temps retrouvé opposé à une présence forte de l’autre. On verra
se confronter au cours de l’Œuvre l’apparence et la vérité, le subliminal et le concret...
c’est le sujet de cet opéra, c’est le sujet volontairement choisi par Verdi, ce qui explique
les problèmes qu’il a eus avec le public et la censure aux premières représentations.
Olivier Desbordes
Références cinématographiques :
Renoir, La règle du jeu
Bergman, Persona
Antonioni, Identification d’une femme
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Au cours d’une grande fête qu’elle donne pour oublier qu’elle est gravement malade,
Violetta fait la connaissance d’Alfredo, qui lui déclare sa flamme. Elle promet de le revoir
et se rend compte qu’elle est tombée amoureuse pour la première fois de sa vie.
Acte II
On la retrouve dans une soirée parisienne, accompagnée de son ancien amant, le baron
Douphol. Alfredo feint de l’ignorer. Il provoque le baron aux cartes, puis jette au visage
de Violetta l’argent qu’il vient de gagner pour ne plus rien lui devoir. Son père lui
reproche d’avoir insulté une femme en public, sans toutefois lui révéler la vérité.
Acte III
Violetta se meurt de tuberculose. Elle reçoit une lettre de Giorgio Germont qui a tout
révélé à Alfredo. Celui-ci accourt chez Violetta pour lui demander pardon, mais il est
trop tard pour la sauver et elle expire dans les bras de son amant.
Source : Livrets d’opéra, Alain Pâris
/ La création
La Traviata occupe une place centrale au sein de la carrière de Giuseppe Verdi, juste
après la composition de Rigoletto et du Trouvère qui forment avec elle la « trilogie de
la maturité » du compositeur italien. C’est au début de l’année 1852 que Verdi accepte
une nouvelle commande du Teatro La Fenice de Venise. Il hésite pendant plusieurs
mois sur le sujet qu’il devrait choisir, avant de se décider finalement pour une adaptation de La Dame aux camélias de Dumas fils, dont il avait vu la version théâtrale à
Paris au début de l’année (et dont il connaissait sans doute le roman, publié en 1848).
Au livret signé Francesco Maria Piave, la censure impose un changement de titre
(La Traviata remplaçant Amore e morte) et une transposition de l’intrigue au temps de
Richelieu (alors que le roman et la pièce de Dumas mettent en scène la bourgeoisie
contemporaine).
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/ La Traviata
/ La Traviata
La création de l’ouvrage le 6 mars 1853 est un fiasco retentissant, dû notamment au
physique robuste de la créatrice du rôle-titre, la Salvini-Donatelli. Verdi révise sa partition pour une reprise dans un autre théâtre vénitien, le Teatro San Benedetto où
l’ouvrage est donné dans sa forme définitive dès 1854. Cette fois-ci, le succès est au
rendez-vous. Au cours des années suivantes, La Traviata conquiert rapidement l’Italie
et les autres pays européens. C’est aujourd’hui l’un des opéras les plus souvent programmés de tout le répertoire lyrique, et un chef-d’œuvre absolu auquel on revient
sans cesse.
reseau-canope.fr
/ La Traviata ou la fin de l’idylle
par Gilles de Van
La Traviata a été incontestablement une œuvre de rupture qui, comme toutes les
œuvres de ce genre, a surpris et désorienté le public avant de le conquérir, et qui par
la suite a fait figure de jalon important dans l’évolution de la dramaturgie lyrique au
XIXème siècle : c’est la première fois que la société se représente sans les travestissements
historiques habituels et qu’elle réduit au minimum la distance qui la sépare de son
propre reflet.
Gilles de Van, L’avant Scène opéra, opérette, musique, Avril 1983, n°51, p. 22
/ Giuseppe Verdi (Busseto 1813 - Milan 1901)
Musicien anti-doctrinaire n’ayant laissé aucun écrit
théorique, (…) il constitue le lien entre le mélodrame du début du siècle et le drame musical.
L’évolution que Verdi impulse n’est pas lisible
dans la progression de son œuvre mais plutôt
dans les principes qui se dégagent de ses compositions au fur et à mesure, comme l’importance
de la théâtralité du sujet et de la mélodie.
Verdi étudie au conservatoire de Milan grâce à
son protecteur Barezzi, qui découvre le talent du
jeune musicien alors qu’il remplace son instituteur
à l’orgue du village. Verdi travaille sur les œuvres
des grands maîtres allemands aussi bien qu’italiens. Il présente avec succès son premier opéra
en 1838, Oberto. Mais ce n’est rien comparé au
triomphe de Nabucco, dont le chœur « Va pensiero » devient l’hymne symbolisant la
résistance de l’Italie à la domination autrichienne. Le succès est à nouveau au rendezvous pour ses opéras suivants, Les Lombards (1843) et surtout Macbeth (1847), dans
lequel il perfectionne l’orchestration.
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Le travail psychologique qui y est esquissé domine tout à fait dans la « trilogie »,
Rigoletto (expression des émotions contradictoires), Le Trouvère (trio amoureux) et
La Traviata (souplesse du langage). Les créations se poursuivent, notamment à Paris ;
Verdi est confronté à de nombreuses commandes mais mène entre-temps une carrière
politique en tant que député (1861-65). La fin de sa production est marquée par deux
œuvres particulières : Otello, opéra foisonnant de nouvelles formules musicales,
et Falstaff, seule grande comédie lyrique de Verdi. Dans un dernier éclat de rire, Verdi
transmet à un public devenu complice une œuvre enlevée et fidèle à son amour de
la voix.
francemusique.fr
/ Les artistes
Olivier Desbordes / Mise en scène
cf p. 26
Benjamin Moreau / Collaboration à la mise en scène
Benjamin Moreau a étudié au Conservatoire de la Roche sur Yon puis il intègre
le Cycle d’orientation Professionnelle du C.N.R de Grenoble. Au cours de
ses études, il a notamment pu travailler avec Michel Fau, Philippe Sire, Stéphane Auvray-Nauroy, Pilar Anthony, Jean Michel Rabeux, Claude Degliame,
Claude Régy, Gustavo Frigerio. En tant que metteur en scène, après deux
travaux autour de l’œuvre de Franz Kafka, il aborde le répertoire avec Escurial
(2003) de Michel Ghelderode au CDN des Alpes. En 2004, il a travaillé sur sept pièces de jeunesse
de Tchekhov. Il travaille régulièrement à la MC2, Maison de la Culture de Grenoble (récemment il a
mis en scène Choco Bé de Laura Tirandaz) Pour le Festival de Figeac il a mis en scène L’Homme de
Paille de Feydeau (2012), Péguy-Jaurès - La Guerre et la Paix, d’Evelyne Loew. Après une première
co-mise en scène lyrique à l’invitation d’Olivier Desbordes (La Périchole d’Offenbach, coproduction Folies d’O - Opéra éclaté), il travaillera en 2016 sur La Traviata de Verdi (Festival lyrique de
Saint-Céré).
Gaspard Brécourt / Direction musicale
Après des études musicales à la Maîtrise de Radio France et au CNR de Boulogne Billancourt où il obtient ses premiers prix de piano, percussions, harmonie et contrepoint, Gaspard Brécourt se consacre en premier lieu à son
métier de chef de chant dans différents opéras en France et à l’étranger ainsi
qu’en récital. En 2007, il est nommé pour deux années Directeur Musical et
Conseiller Artistique du Théâtre Imperial de Compiègne. Il a dirigé la création
mondiale de Cyrano et Roxane de Stavros Xarhakos. Il a travaillé avec le Tokyo Metropolitan Symphony, l’Orchestre de la radio néerlandaise. Depuis 2012, il a dirigé les spectacles avec l’orchestre
de la radio d’État de Grèce, le théâtre National de Santiago du Chili ou en tournée avec Opéra
Éclaté notamment Lucia di Lammermoor, Madame Butterfly, Un Train pour Johannesburg et Don
Juan mais également Carmen avec A l’Opera et le Martyr de Saint Sébastien avec E. Génovèse et
le Netherlands Radio Philharmonic.
Patrice Gouron / Décor - Costumes
cf p. 27
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/ La Traviata
/ La Traviata
Joël Fabing / Lumières
Joël Fabing découvre le spectacle vivant au Caveau des Trinitaires, caveau
jazz à Metz. Puis régisseur lumière à l’Arsenal de Metz durant sept ans, il crée
les éclairages des concerts de musique vivantes (Didier Lockwood, Diane
Reeves, Nguyen Lee...). En 1998, il participe à l’ouverture de l’Auditorium de
Dijon, et dès 2003, il assure les créations lumière pour les productions du
Ballet de l’Opéra de Dijon. À partir de 2005, il signe les éclairages pour les
opéras mis en scène par Éric Perez : Le Dialogue des Carmélites, Les Caprices de Marianne, Le
Vaisseau Fantôme, Macbeth et Aïda. Il collabore également comme éclairagiste sur les mises en
scène à l’opéra, de Michel Fau : Madame Butterfly et Tosca de Puccini, ainsi qu’avec Régis Santon :
Orphée aux enfers, avec Gerhard Weber : Faust de Gounod et avec Olivier Desbordes : Neues
Vom Tage. Depuis 2010, il crée les lumières pour les mises en scène de Michel Fau ; au Théâtre
de la Madeleine: Maison de poupée (Henrik Ibsen) et Nono (Sacha Guitry), au Festival de théâtre
de Figeac : Britannicus (Racine) et Brûlez-là ! Zelda la Magnifique (Christian Siméon), à la Comédie
des Champs-Elysées : Que Faire De Mister Sloane (Joe Orton), à l’Opéra Comique Ciboulette
(Reynaldo Hahn) et au Théâtre de L’Oeuvre Le Misanthrope. En 2015 il crée les éclairages pour
Dardanus (Rameau) à l’Opéra de Bordeaux, Un Amour Qui Ne Finit Pas (Roussin) au Théâtre de
L’œuvre et Fleur de Cactus (Barillet et Gredy) au Théâtre Antoine.
Clément Chébli / Vidéo
Formé au Studio-théâtre d’Asnières, Clément Chébli apparaît aussi bien au
théâtre (Cabaret, Fauves, Les Autres, Madame Doubtfire), au cinéma (Quartier
Lointain, Les Aiguilles Rouges) qu’à la télévision (Frères de Sang, Avocats et
Associés, Adresse Inconnue, On ne choisit pas ses parents, le Cri, Docteur
Sylvestre, Louis Page, Louis la Brocante, L’Instit).
Pascale Fau / Maquillage
Pascale Fau commence au Conservatoire National Supérieur d’Art Dramatique
et réalise ses travaux de fin d’année des classes de M.Bouquet, G.Desarthe,
D.Mesguish, P.Vial et J.Sereys. Elle réalise les créations des spectacles de J-P.
Vincent au Théâtre des Amandiers à Nanterre, puis collabore au théâtre avec,
entre autres, les metteurs en scène G.Chevassieux, L.Gutmann, M.Vuillermoz,
P.Guillois, P.Desveaux, P.Calvario, A.Françon, O.Broda. Fidèle collaboratrice
de Michel Fau, elle a signé les maquillages de ses mises en scène à l’opéra et au théâtre dont ceux
de Que faire de Mister Sloane ? à la Comédie des Champs-Élysées, Ciboulette à l’Opéra Comique,
Maison de Poupée d’Ibsen et Nono de Sacha Guitry au Théâtre de la Madeleine, Récital Emphatique et, au Théâtre de l’Oeuvre Demain il fera jour de Montherlant et Le Misanthrope de Molière.
Récemment, Pascale Fau a créé les maquillages de Dom Juan de Molière mise en scène d’Arnaud
Denis au Théâtre 14, de Cabaret mise en scène d’Olivier Desbordes aux Folies d’O à Montpellier
et de Dardanus de Jean-Philippe Rameau mis en scène à L’Opéra National de Bordeaux.
Burcu Uyar / Violetta
Parallèlement à des études de piano et de guitare, Burcu Uyar commence le
chant en Turquie. Elle obtient rapidement ses prix de conservatoire et fait ses
premiers pas sur scène dans le rôle d’Olympia dans Les Contes d’Hoffmann
d’Offenbach à l’Opéra d’Izmir. Elle remporte ensuite le concours AS.LI.CO à
Milan et rejoint l’Europe. Durant la saison 2004-2005, elle rejoint le CNIPAL
de Marseille. Elle enregistre un CD à la demande du pianiste international
Fazil Say The Meltin Altiok Oratorio avant d’enregistrer en première mondiale de l’Opéra de Glück
Il Trionfo di Clelia à Athènes dans lequel elle chante le rôle de Larissa sous la direction du Maestro
George Petrou. Elle a remporté le 1er prix du grand concours « Début 2006 » à Bad Mergentheim
en Allemagne et a reçu le prix de la meilleure artiste d’Opéra Féminine Turque de l’année aux 2ème
victoires de la musique classique de Turquie.
96
Depuis, elle interprète régulièrement les rôles de la Reine de la Nuit, Lucia, Donna Anna, Gilda,
Manon, Violetta, Sœur Constance ou encore Mimi et Carmina Burana dans de nombreux Opéras et
Théâtre du Monde (Berlin, Milan, Dijon, Marseille, Athènes, Mannheim, Londres, Karlsruhe, Hambourg,
Düsseldorf, Amsterdam, Bruxelles, Barcelone, Lisbonne, Rome, Ankara, Lecce, Tel Aviv, Leipzig,
Berlin, Ankara, Florence...).
Julien Dran / Alfredo
Julien Dran commence très tôt l’étude du chant ; dès 22 ans il chante le
Cygne dans les Carmina Burana de Carl Orff. Il se produira ensuite au festival
de Sagonnes ou encore au festival de musique sacrée de Sylvanès. En 20072008, il est pensionnaire au CNIPAL de Marseille puis il est engagé à l’Opéra
de Marseille (dans Un Ballo in Maschera (le serviteur d’Amelia), Aïda de Verdi
(il messagero), Mireille, Le Petit berger, Manon Lescaut de Puccini. Puis, il joue
aux Chorégies d’Orange (La Traviata (Giuseppe)) avant de remporter le concours international de
chant Clermont-Ferrand en 2009 puis le Premier prix du concours international de chant « Gayarre »
à Pampelune (Espagne) en 2011 et le premier prix homme du « Paris opéra Awards » en 2012. Il
joue sur de nombreuses scènes : l’opéra de Metz, Bordeaux, Massy, Naples, Avignon, Bruxelles
(où il enregistre son premier disque), Limoges, Fribourg, Avignon, le Festival d’Aix-en-Provence, le
Centre Lyrique Clermont-Auvergne, les chorégies d’Orange, le Festival de Corte...
Christophe Lacassagne / Germont
Après des études de théâtre à Paris, Christophe Lacassagne entre au CNSM
de Paris dans la classe de Peter Gottlieb. En 1992, il intègre la troupe de
l‘Opéra National de Lyon. Il y effectue ses débuts avec Papageno dans Une
Petite Flûte Enchantée, Theseus dans Le Songe d’une nuit d’été et Figaro dans
les Noces de Figaro. Dès lors, il se produit sur des scènes internationales
comme le Théâtre de la Monnaie de Bruxelles, le Bunkamura de Tokyo ou le
Teatro Lirico de la Scala de Milan. Il travaille avec des chefs d’orchestre tels que Kent Nagano, Paolo
Olmi, Peter Eötvös, David Robertson et des metteurs en scène comme Klaus Mikael Grubber,
Tamas Asscher, Jean-Pierre Vincent, Michel Fau, Robert Carsen. Christophe Lacassagne a interprété plus de cinquante rôles parmi lesquels Figaro, Don Giovanni, Escamillo, Macbeth. Depuis
de nombreuses années, il est un habitué du Festival de Saint-Céré : Bartolo dans Le Barbier de
Seville, Schweik dans Le Brave Soldat Schweik, Le Condamné à Mort de Genet-Capdenat, Marcello
dans La Bohème, Rigoletto et Falstaff l’été dernier.
Sarah Lazerges / Flora
cf p. 29
Éric Vignau / Gaston
Éric Vignau commence ses études musicales et fait ses premières rencontres
artistiques à Toulouse. Au Centre de musique baroque de Versailles, sous la
direction de Marc Minkowski, il acquiert une solide formation tout en intégrant des ensembles tels que les Arts Florissants dirigé par William Christie,
mais aussi la Simphonie du Marais, A Sei Voci ou les Musiciens du Louvre...
Éric Vignau retrouve avec bonheur le Festival de Saint-Céré en 1994, défendant des répertoires allant de la mélodie à la chanson, de l’opérette à l’opéra sans oublier l’oratorio.
Matthieu Toulouse / Le Docteur Grenvil
Matthieu Toulouse débute le chant en parallèle de ses études universitaires.
Après l’obtention d’un master en géopolitique, il se consacre entièrement
au chant lyrique. Élève au CNR de Toulouse puis à la Schola Cantorum, il y
obtient son diplôme supérieur de chant. C’est au sein de l’atelier lyrique dirigé par Nathalie Spinosi qu’il fait l’expérience de la scène. Il s’y produit entre
autres dans les rôles de Mustapha, de Figaro, ou encore de Don Pasquale dans
97
/ La Traviata
le cadre du festival des voix mêlées des Pavillons-Sous-Bois. Il perfectionne sa connaissance de la
mélodie dans le cadre d’un master à la Sorbonne dirigé par Françoise Tillard. Son affection pour
ce genre musical l’amène à se produire régulièrement en récital, notamment à la Péniche Opéra
lors de l’Odyssée de la Mélodie. En 2008, il obtient un premier prix d’excellence au concours
international de musique Leopold Bellan. Cette même année, il chante au festival de Saint-Paulles-Trois-Chateaux le rôle d’Alidoro dans la Cenerentola de Rossini mis en scène par Isabelle du
Boucher. Il interprète régulièrement des oratorios : la Petite Messe Solennelle, le Requiem de
Mozart... Il travaille régulièrement au Festival de Saint-Céré et avec la cie Opéra Éclaté (La Flûte
Enchantée, La Traviata…).
Laurent Arcaro / Baron Douphol
Après des études de chant au C.N.S.M de Paris Laurent ARCARO intègre le
studio Opera de Mannheim et la Hochshule für Musik dans la classe de Lied
de Ulrich Eisenlohr. Il se perfectionne avec des artistes de renom comme
Robert Massard, Thomas Hampson, Gundula Janowitz et Gabriel Bacquier.
Il a chanté notamment les rôles de Figaro et Dandini de Rossini, il Conte et
Figaro des Nozze di Figaro, le rôle titre de Don Giovanni, Escamillo dans Carmen,
Malatesta et Belcore de Donizetti, Silvio dans I Pagliacci...
Yassine Benameur / Le Marquis D’Obigny
Yassine Benameur entame sa formation au Conservatoire National de Musique
et de Danse de Rabat. En 2005, il intègre la classe de Roselyne Allouch au
CNR de Dijon, puis celle de Pierre Catala au Conservatoire Francis Polenc à
Paris où il obtient son diplôme. Il débute sa carrière de chanteur lyrique dans
le Chœur National du Maroc. Puis il intègre la Compagnie Opéra Éclaté et
ses différentes productions. On le retrouve ainsi dans un répertoire éclectique : de Antonio dans Les Noces de Figaro, à Garcia dans une adaptation arabo-andalouse de
Carmen, en passant par Ramirez dans La Belle de Cadix, Yamadori dans Madame Butterfly ou
Matthew Kumalo dans Lost in the stars de Kurt Weill...
Fanny Aguado / Traviata muette
Danseuse, chorégraphe et pédagogue, Fanny Aguado s’est formée au Studio
Harmonic à Paris. Elle intègre la Cie Adidas (hip-hop), Cie Hubert Petit-Phar,
danse auprès de Bruno Collinet, Bruno Agati, James Carlès. Ses compétences
élargies l’entraînent alors vers de nouveaux horizons : décoratrice, initiatrice
d’intervention théâtrale de rue et co-directrice artistique du festival Art’zimut.
En 2012, elle crée la compagnie Rouge à Rêves et développe ses propres
créations : Muzik Box (danse clownesque) et Pierre Paul Jacques (danse théâtre). En 2013, elle
intègre la troupe de l’Opéra éclaté en tant que danseuse-choriste dans la comédie musicale
Cabaret et en 2015 dans L’Opéra de Quat’Sous.
99
n 9 août / Théâtre de l’Usine, St-Céré / 21h30
n 12 août / Théâtre de Cahors / 21h
/ St-Céré
Opéra
/ Offenbach
La Périchole
Mise en scène / Benjamin
Moreau et Olivier Desbordes
Trottein
Direction musicale / Dominique
Avec /
La Périchole / Sarah Laulan
Piquillo / Pierre-Emmanuel Roubet
Le Vice-Roi / Christophe Lacassagne
Don Andrès de Ribeira / Éric Vignau
Don Miguel de Panatellas / Yassine Benameur
Cousines / Sarah Lazerges, Dalila Khatir, Flore Boixel
Tarapote / Antoine Baillet-Devallez
Costumes / Jean-Michel Angays
Décors / Elsa Belenguier
Chœur et Orchestre Opéra Éclaté
Production Scène Conventionnée pour le Théâtre et Théâtre Musical - Figeac / Saint-Céré - Opéra Éclaté
Coproduction Folies Lyriques - Montpellier
Spectacle créé le 7 juillet 2015 au Domaine d’O à Montpellier
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101
/ La Périchole
/ Notes d’intention
La Périchole est inspirée de la comédienne péruvienne Micaela Villegas, surnommée
« la perra chola » (« chienne de métisse ») - en raison de la mésalliance de sa mère
avec un chanteur des rues - qui devint la maîtresse du Vice-Roi du Pérou.
Offenbach, accompagné de Meilhac et Halévy, n’a pas choisi le sujet par hasard.
La situation de cette chanteuse des rues « capturée » par les puissants pour leur « bon
plaisir » était idéale pour permettre aux auteurs de poursuivre leur satire du pouvoir.
Dans cet entrelacs de petits marquis qui conspirent pour approcher le « palais », notre
Périchole va résister pour garder son identité, ses valeurs et sa liberté d’artiste !
Elle finira par choisir de rester avec son amoureux Piquillo qui, lui, est un artiste libre !
Opérette sur la servilité, opérette sur le pouvoir, opérette qui parle de liberté…
C’est dans ce sens que nous avons demandé au scénographe et au costumier de travailler : confrontation de mondes contemporains qui ne se comprennent pas, insolence
des pouvoirs qui perdent pied avec la réalité et vivent au rythme des infos en continu
et des magazines people… ! Le premier chœur de La Périchole dit : « Amusons-nous,
on nous a payés pour ça ! ».
C’est en résumé le sort des artistes, d’amuser… de se moquer !
Amusons-nous, moquons-nous, ce n’est pas encore la révolution dans une Amérique
du Sud d’opérette, Piquillo n’est pas Che Guevara… Périchole n’est pas Eva Perón…
Le Vice-Roi n’existe pas… Sûrement pas ! A voir ?
Olivier Desbordes
Offenbach écrit sa Périchole à cheval sur le Second Empire et sur la Troisième République1 Le règne de Napoléon III, brutalement interrompu par la guerre avec la Prusse,
s’était libéralisé dans les dernières années de l’Empire. Et c’est dans cette fin de règne
qu’Offenbach déploya son talent.
Si on s’y arrête un peu, l’histoire de cette Périchole n’a pas de quoi faire rire : l’amour
y est empêché car il faut manger, et les mariages sont forcés. La fin du premier acte la scène où la toile qui va entourer Piquillo et la Périchole, se tisse - est une orgie,
presqu’un viol ! Et pourtant tout va tellement vite qu’on est embarqué et obligé de
rire : c’est un vaudeville. Et c’est en même temps la queue de comète du romantisme
qu’on voit passer dans cette œuvre : les espagnolades chères à Mérimée, Hugo et
tant d’autres, la figure bohème de l’artiste, et aussi ce vieux prisonnier qui semble
surgi d’un roman d’Alexandre Dumas ! Nous souhaiterions que cette flamboyance
recherchée par le romantisme dans l’Espagne2, nous la retrouvions ici, comme un
écho tardif, fantasque et tendre. Le grotesque se retrouve mêlé au sublime, l’horrible
s’abîme dans le bouffon, le lyrisme et le drame sont scellés. Mais à la différence qu’il
faut rire, rire à tout prix car on nous a payés pour ça ! comme le dit d’entrée de jeu le
chœur.
Tout est là, mêlé, mais par un maître d’œuvre amusé, insolent danseur mondain et
bon père de famille : Offenbach. Un spectateur placide qui se régale, et nous avec lui.
Pour ce faire, il n’y a pas besoin du folklore ni du bestiaire d’une Illyrie sud-américaine.
La force est déjà là, dans les lignes d’un livret admirablement ciselé par Meilhac et Halévy,
et dans la force musicale d’Offenbach. La campagne mexicaine de Napoléon III résonne
avec ce Pérou fantastique. Même si tout cela est bien loin aujourd’hui, notre imaginaire
teinte encore d’aventures ce continent-là.
102
/ La Périchole
Et derrière cela, il y a un trio de vaudeville : La Périchole, Piquillo et le vice-roi. L’amour
est là, il se réclame, se prend, se donne, semble s’acheter, mais il est surtout dans
l’œuvre elle-même, dans l’attention amusée aux êtres, dans la tendresse des peintures
de mœurs que croque cet opéra-bouffe.
La Périchole est une œuvre double, cruelle par le trait et tendre par le sentiment...
presque un mélodrame.
L’actrice - maîtresse du roi : la corde paraît usée, c’était la même que Mérimée utilisait
déjà quelques années auparavant avec Louis XVIII pour son Carrosse du Saint-Sacrement.
En lui reprenant le motif pour La Périchole, Offenbach ne fait que saisir un patronage :
Mérimée est entre temps devenu un des proches de l’impératrice Eugénie.
On a peu de mal à reconnaître Napoléon III sous les traits du vice-roi ; on a peu de
mal aussi à en reconnaître d’autres. La corporation des comédiennes a approvisionné,
et continue d’approvisionner loyalement et indéfectiblement le désir des puissants :
elle fait son devoir. Le troisième du trio, Piquillo, sera sauvé du suicide in extremis par
deux compères, tout comme Papageno3 mais pas pour actionner un carillon magique :
pour tomber encore plus bas en faisant l’homme de paille...
Pas de merveilleux, seulement la crudité et la violence du pouvoir. Pas de pouvoir
sans violence, pas de satire du pouvoir sans montrer la violence. Derrière le décorum
du vaudeville, un balancement savamment cadencé : grave et léger, superficiel et
profond... La Périchole n’est pas qu’une bouffonnerie mais une danse au-dessus d’un
gouffre, et il ne faut pas cesser de rire pour ne pas tomber !
L’autre aspect qu’il nous importe de souligner est celui de l’artiste et du pouvoir.
La Périchole est un opéra-bouffe. Voilà l’autre porte d’entrée : les bouffons. La place
de l’artiste auprès des puissants. Comme le vice-roi qui erre dans les rues de Lima, à
la recherche masochiste d’une vérité (quelqu’un qui dira du mal de lui !), et qui finira
par trouver son bonheur avec la Périchole... Les bouffons sont là pour rappeler aux
rois qu’ils sont des hommes, par l’art de l’insolence. La Périchole est l’insolence, jamais
dupe et faussement naïve.
Et au passage, ici, même les rois, poussés par l’amour, deviennent bouffons...
Mais c’est avant tout le pouvoir et le peuple qui sont mis en scène par Offenbach.
Et pour faire entendre ces deux mondes, nous marquerons deux espaces, la rue et le
palais. Entre ces deux lieux, un simple rideau. Un simple rideau qui est là comme un
mur. Peut-être léger, peut-être volatil, mais la frontière est marquée. Seuls la Périchole
et Piquillo feront l’expérience de le franchir car ils sont faits de la même étoffe. Deux
arlequins sachant assez se contorsionner pour avancer dans l’un et dans l’autre...
Du théâtre dans le théâtre en somme ! Offenbach est, avec Labiche, un de ces faux
superficiels, ou de ces «superficiels par profondeur ». Il ne fut pas un officiel mais un
bon bourgeois, et on n’en fera pas un révolutionnaire. Il « dansa » ! lucide, tranchant,
avec la délicatesse de ne pas s’attarder. C’est cette condition paradoxale de l’artiste,
toujours sur une crête à flirter avec l’insolence, la beauté et l’amusement, tout en gardant
l’œil ouvert, en coin, pour guetter la permission ou l’adoubement providentiel...
Un art poétique du bon goût dans l’insolence !
Benjamin Moreau
1
1868 : 1ère version en deux actes ; 1874 : 2ème version en trois actes et quatre tableaux
(Le Second Empire chute en 1870...)
2
L’Espagne et le Romantisme français, Ernest Martinenche - Hachette, 1922.
3
Mozart, La Flûte enchantée, acte II
103
/ La Périchole
/ À propos des costumes
Entretien avec Jean-Michel Angays, costumier
réalisé par Jacky Vilacèque
Quand Jean-Michel Angays part pour le Pérou, ce n’est pas avec des rêves d’Eldorado plein la tête. Le Pérou de La Périchole, le vieux compagnon de route d’Olivier
Desbordes pour les costumes sait bien qu’il n’existe pas. Pas de réalisme colonial,
pas de chapeaux melons indigènes version Hergé dans Le Temple du Soleil, pas de
condor qui passe sur les Andes : il a assez fréquenté Offenbach pour savoir que ce
Pérou-là est un morceau de Second Empire et que si on y grandit parce qu’on est
espagnol, c’est que l’Impératrice, née de Montijo, avait un faible pour les cajoleries
hispanisantes.
Mais faire un simple décalque sud-américain de la France de Napoléon III serait trop
simple encore : Olivier Desbordes et Benjamin Moreau, les deux metteurs en scène
n’aiment rien tant que ces brusques embardées anachroniques rappelant que la foire
aux vanités est de tous les âges. Alors, pour les 120 costumes de cette production,
Jean-Michel Angays a laissé courir son imagination. Qu’il a féconde.
Pour lui, le petit peuple qui écoute chanter sa Périchole sera coloré, une sorte de
chœur ouvrier convoqué à une fête obligatoire par le patron. « Il y aura des bleus de
travail, dit-il, un peu dans l’esprit d’une reconstruction des années 50-60. Disons, dans
l’esprit d’un Fellini, d’un Mastroianni. Voilà c’est ça : un côté banlieue de Rome ».
À l’inverse de ces arcs-en-ciel banlieusards, tout ce qui relève du pouvoir - vice-roi,
courtisans, magistrats - sera strictement vêtu de noir. Enfin... Strictement n’est pas tout
à fait le bon adverbe : les baskets y seront fluo et les perruques XVIIIème.
« Pour moi, dit Jean-Michel Angays, c’est le ministère de la Culture aujourd’hui : on
s’agite, les dames en tailleur Chanel, les messieurs en petits costumes noirs cintrés.
Juste la petite note de fantaisie qui montre que, tout de même, on est dans la Culture... ».
Alors, comme l’an dernier pour Cabaret, le costumier fétiche d’Olivier Desbordes court
les fripes : c’est qu’il s’agit de donner - au chœur ouvrier en particulier - cette patine qui
rend crédible les personnages et que de vieux vêtements - largement retouchés cela va
sans dire - lui garantissent. Vêtements patinés, costumes noirs ? Holà !
N’y aurait-il pas un peu de mélancolie - d’ailleurs réelle dans La Périchole - sous l’aiguille
de Jean-Michel Angays ? C’est mal le connaître : il y aura, paraît-il, quelques apparitions
péruviennes qui vaudront leur pesant de coca... Mais chut !
/ À propos des décors
Entretien avec Elsa Belenguier, scénographe
réalisé par Jacky Vilacèque
Scénographe. Définition (non littérale) : qui est chargé de donner chair, couleur, forme,
aux idées du metteur en scène. En pratique : tout dépend du metteur en scène, des
limites qu’il se fixe, de la latitude laissée à son/sa scénographe. À Montpellier pour
cette Périchole, les choses ne pouvaient pas mieux tomber : vieux routier de la mise
en scène d’opérette, d’opéra-bouffe, d’opéra tout court, grand connaisseur d’Offenbach,
Olivier Desbordes n’avait rien contre un regard neuf. Il s’est donc adjoint les services
d’un co-metteur en scène, Benjamin Moreau.
104
/ La Périchole
Et d’une scénographe de 27 ans, Elsa Belenguier, qui revendique de ne pas « avoir
d’univers théâtral particulier ». De ne pas avoir la religion de la vidéo, comme souvent
sur les scènes actuelles, pas d’apriori générationnel. De pouvoir passer de Démons,
la très noire pièce de Lars Noren, à la légèreté d’Offenbach. Car, de plus, dit-elle, elle
« adore l’opéra ».
Et voilà donc Elsa Belenguier confrontée à ce livret où le traditionnel loufoque offenbachien se moire de mélancolie. À cette histoire qui se joue sur trois lieux en trois
actes : une place publique, une prison, un palais... Alors le trio a imaginé une scène
coupée en deux. Devant, la place où chacun passe, chacun vient, chacun va, comme
auraient dit les librettistes Meilhac et Halévy. Petit peuple coloré, joyeux, remuant où
on s’habille volontiers de rouge et où l’on grandira car on est espagnol, comme le
veut l’air fameux...
Et puis derrière un rideau, un espace en gradins où seules des taches de blanc-argent
éclairent les dominantes noires : « c’est le lieu du pouvoir, de la représentation », dit
Elsa Belenguier. Bien entendu, pas question de tirer cette Périchole vers la noirceur
que ce décor suggère : loufoque est Offenbach, loufoque on sera.
Ainsi Olivier Desbordes ne se privera pas de ces clins d’œil temporels dont il raffole :
entre le Second Empire et le XXIème siècle, les vanités, les appétits de pouvoir, les
ridicules sont les mêmes. Elsa Belenguier s’en est donc donné à cœur joie : quand un
m’as-tu-vu un peu racaille arrive sur scène, c’est dans une Mercedes de carton pâte.
« En 2D comme beaucoup d’éléments de la scénographie, détaille-t-elle. Je voulais
qu’on voie que c’est du toc mais que ça soit beau quand même ».
Alors en voiture pour cette Périchole. En carrosse, en Mercedes, qu’importe pourvu
que l’inaltérable charme d’Offenbach soit au bout de la route.
/ La presse en parle
La virtuosité débridée d’une vraie troupe, plus quelques allusions à l’actualité bien ciblées
et jamais systématiques, mènent le carrosse à un train d’enfer. La cohésion d’ensemble
est telle que, pour un peu, on ne distinguerait plus les solistes des choristes !
Jacques Doucelin, Opéra Magazine - Octobre 2015
Avec un soucis constant d’imagination et de surprise (…), l’atmosphère se veut bonne
enfant. Le public rit, applaudit, bat le rythme. Quant aux acteurs, ils n’hésitent pas à
prendre les spectateurs à partie et à les inviter à mettre leur grain de sel. L’idée est
judicieuse, tant cette œuvre d’Offenbach se prête à merveille à la cantonade, avec ses
mélodies entêtantes et la lecture très décalée qu’en font Olivier Desbordes et Benjamin
Moreau.
François Deletraz, lefigaro.fr - Août 2015
Une version à déguster comme un bon cocktail. (…) On vient entre amis déguster un
petit Offenbach de derrière les fagots et l’on sirote le message, ça passe tout seul, tout
en se massant énergiquement les zygomatiques. (…) Alors quittons-nous en chansons,
émerveillés par l’enthousiasme juvénile de La Périchole, qui préfère, finalement, sa dignité
à ce qui brille, de ce brave Piquillo, revenu de l’enfer…mement. Deux voix, deux jeux,
piment délicat dans ce Pérou de carton-pâte.
François Cazals, La Dépêche du Midi - Août 2015
105
/ La Périchole
/ La Périchole
/ Les artistes
Olivier Desbordes / Mise en scène
Benjamin Moreau / Mise en scène
cf p. 26
cf p. 95
Dominique Trottein / Direction musicale
cf p. 97
cf p. 97
cf p. 99
cf p. 29
Dalila Khatir / Mastrilla, Cousine
Après avoir été chef de chant (Opéra de Nantes, Opéra de Nancy : création française de Billy Budd et de Mort à Venise, création mondiale de Noche
Triste), il se consacre à sa carrière de chef et collabore avec de nombreux
opéras, théâtres et festivals (Tours, Nancy, Saint-Etienne, Metz, Marseille,
Avignon, Toulon, Düsseldorf, Milan, Théâtre Mogador...). Il dirige dans ces
lieux différentes productions notamment La Flûte Enchantée, Le Carnaval
de Londres, La Dame Blanche, Le Pays du Sourire, La Grande Duchesse de
Gerolstein, Le Dialogue des Carmélites... Il crée l’ensemble vocal Mille e tre.
Il entame en 1999 une longue collaboration avec le festival de Saint-Céré (Le Barbier de Séville,
Le Roi Carotte...) tout en continuant ses autres projets (invité par l’orchestre philharmonique du
Maroc, l’université de Yale, l’orchestre Verdi de Milan, le concert « Prom’s » avec le Royal Scottish
National Orchestra). En septembre 2002, il est le directeur musical du duo Dijon (Les Contes
d’Hoffmann, Tosca...). Passionné par la formation de jeunes chanteurs, il est chef principal invité
du CNIPAL (Orphée aux Enfers, Cenerentolla). De 2011 à 2015, il dirige encore de nombreux
opéras, opérettes et comédies musicales, dont Madame Butterfly, La Belle de Cadix, Cabaret et
Lost in the Stars avec Opéra Éclaté.
Jean-Michel Angays / Costumes
Christophe Lacassagne / Le Vice-Roi
Éric Vignau / Don Andrès de Ribeira
Yassine Benameur / Don Miguel de Panatellas
Sarah Lazerges / Cousine
cf p. 27
Elsa Belenguier / Décors
Elsa Belenguier a étudié à l’ENSAT. Elle collabore depuis avec plusieurs compagnies en France ainsi qu’en Suisse, notamment avec le Théâtre du Trèfle,
la Cie Evaporée, la Cie Laligne Acte Public, et la compagnie Mimesis. Récemment
elle a conçue et réalisée la scénographie de Démons de Lars Noren, mis en scène
par Cyril Legris et entame de nouvelles collaborations avec la Cie L’Atelier,
la Cie Les Corbeaux et la Cie Anteprima, toutes trois basées en Rhône Alpes.
Formation musicale et vocale au CNIPAL à Marseille, Dalila Khatir perfectionne sa technique vocale auprès de Georgette Rispal, et sa formation musicale auprès d’Alicia Roque-Alcina. Dès 1980, elle travaille avec différents
metteurs en scène notamment Akel Akian, François-Michel Pesenti, en tant
que chanteuse mais aussi comédienne. Elle aborde par ailleurs le répertoire
lyrique en tant que chanteuse soliste dans plusieurs opérettes, opéras ou
zarzuelas comme La Veuve joyeuse, La Périchole, La Vie parisienne, L’opéra de quat’ sous... Elle
s’intéresse également au théâtre musical. Passionnée par la pédagogie, elle est l’assistante de la
chanteuse de free jazz Maggy Nichols avec laquelle elle aborde le domaine de l’improvisation et
crée le groupe Les Méchantes. Elle est également formatrice vocale.
Flore Boixel / Berginella, Cousine
cf p. 28
Antoine Baillet-Devallez / Le marquis de Tarapote
Diplômé en Juin 2012 de l’école nationale supérieure d’art dramatique de
Montpellier, Antoine Baillet-Devallez à débuté le théâtre en 2004 en travaillant au CNR de Montluçon avant de rejoindre la classe de Jean-Pierre Berthomier au CRR de Poitiers. Second assistant d’Olivier Py sur la reprise du Soulier
de Satin en 2009 à l’Odéon, Antoine Baillet-Devallez a aussi travaillé avec
Anne Théron, Étienne Pommeret, Georges Lavaudant, Bruno Geslin, Cyril
Teste, Richard Mitou, Gilbert Desveaux, Régis de Martrin-Donos, Claire Lasne-Darcueil... Antoine
Baillet-Devallez joue le rôle de Pierrotin dans Le Banquet d’Auteuil de Jean-Marie Besset et le rôle
de Victor dans Cabaret mise en scène d’Olivier Desbordes, en tournée en France.
Sarah Laulan / La Périchole
3ème prix au Concours International Reine Elisabeth 2014, Sarah Laulan a suivi
une formation de comédienne et chanteuse au Théâtre National de Toulouse,
au Conservatoire Royal de Bruxelles ainsi qu’à la Chapelle Musicale Reine
Elisabeth. Éclectique dans son répertoire, elle chante à la fois la musique légère
française et la musique du XXe siècle : l’Opéra de quat’ sous, Laïka the Spacedog
avec l’English Touring Opera, Les Caprices de Marianne d’Henri Sauguet,
ainsi que les Mamelles de Tirésias (à la Monnaie), et l’Enfant et les Sortilèges (au Barhain) pour le
Festival d’Aix-en-Provence.
Pierre-Emmanuel Roubet / Piquillo
Pierre-Emmanuel Roubet obtient le diplôme d’étude musicale en « piano jazz » au
Conservatoire National de région de Toulouse. Il étudie également le chant
lyrique auprès de Didier Laclau-Barrière, Sophie Koch et Jane Berbié. Il a eu
l’occasion d’interpréter des rôles tels que Pâris de La Belle Hélène d’Offenbach,
Thespis et Mercure du Platée de Rameau, Mozart dans le Mozart et Salieri de
Rimski... En 2015, il est le Duc de Mantoue dans le Rigoletto de Verdi pour
l’Opéra des Landes. Il est également régulièrement invité pour de nombreux oratorios ainsi que
de nombreux concerts en récital…
106
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/ Les Cantates
/ St-Céré
Opéra
n 4 août / Théâtre de l’Usine, St-Céré / 21h
n 6 août / Église St Barthélémy, Cahors / 21h
/ Jean-Sébastien Bach
Les Cantates
Direction musicale / Anass
Ismat
Soprane / Elena
Galiskaya
Basse / Paul-Henry Vila
Orgue / Kazuya
Gunji
Orchestre Opéra Éclaté
Chœur du stage de chant choral dirigé par Anass Ismat
/ Sélection d’extraits des cantates suivantes
(programme à titre indicatif, le Festival ne peut être tenu responsable
en cas de changement)
Première partie :
Cantate BWV 21 Ich hatte viel Bekümmernis
Cantate BWV 131 Aus der Tiefe rufe ich, Herr, zu dir
Cantate BWV 124 Jesum lass ich nicht (extrait)
Deuxième partie
Cantate BWV 156 Ich steh mit einem Fuss im Grabe
Cantate BWV 133 Ich freue mich in dir
Cantate BWV 84 Ich bin vergnügt mit meinem Glücke
Cantate BWV 150 Nach dir Herr, verlanget mich
Cantate BWV 159 Sehet, wir gehn hinauf gen Jerusalem
Cantate BWV21 Ich hatte viel Bekümmernis
Cantate BWV 22 Jesus nahm zu sich die Zwölfe
Cantate BWV 147 Herz und Mund und Tat und Leben
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Les Cantates font partie des œuvres les plus connues de Bach. Il n’était pas rare qu’il
compose une cantate par semaine pour l’office du dimanche quand il était chantre à
Leipzig. Beaucoup ont été perdues, mais il en reste encore plus de 200.
Ces cantates avaient un rôle majeur dans la cérémonie religieuse luthérienne et prenaient
souvent place après la lecture de l’Évangile. Bach a écrit très peu de textes pour ses
cantates. Il a utilisé certains chorals de Martin Luther et surtout les écrits de librettistes
ou poètes de l’époque. Néanmoins il a toujours mis sa musique au service des paroles,
il écrivit d’ailleurs : « Mon but dernier a toujours été d’exécuter avec plaisir une musique
sacrée bien réglée en l’honneur de Dieu ». Le texte et le contenu prennent ainsi toute
leur importance, la musique servant à en souligner le sens.
Ces cantates ont conservé une grande intensité dramatique qui pourrait les rapprocher
de l’Opéra sacré. Il est quasiment impossible d’en jouer l’intégralité en un spectacle,
Anass Ismat a donc essayé d’assembler des extraits de chœurs de différentes cantates en
suivant la vie de Jésus comme fil conducteur. Un aperçu original et tout en contrastes
de l’œuvre de Bach, avec des pages sombres, des changements de climat vers l’espoir,
jusqu’à la lumière et la confiance. Se joignent aux choristes, un petit ensemble instrumental ainsi que deux solistes de grande renommée, Elena Galitskaya (soprano) qui
représentera l’âme et Paul-Henry Vila (basse) dans le rôle de Jésus.
/ Sélection d’extraits des cantates suivantes
d’après Gilles Cantagreil, Les Cantates de J.-S. Bach, Fayard, 2010
Il est impossible de jouer l’intégralité des cantates dans un concert. Le directeur musical
Anass Ismat a donc réalisé une sélection de Cantates et d’extraits de Cantates pour en
donner un aperçu cohérent.
Première partie
Cantate BWV 21 Ich hatte viel Bekümmernis (J’avais grande affliction en mon cœur)
Passages choisis : Sinfonia, chœur et aria soprane
Cette Cantate a probablement été écrite en 1713 à Weimar. Bach l’aurait utilisée avant
pour briguer le poste d’organiste de Halle. Elle fut jouée la première fois en 1714 et
évoque des thèmes de profonde souffrance, de douleur et de deuil.
Cantate BWV 131 Aus der Tiefe rufe ich, Herr, zu dir
(des profondeurs, je crie vers toi Seigneur)
Passages choisis : Chœur, aria basse, chœur
Elle a été composée en 1707 à Mühlhausen à la demande de Georg Christian Eilmar.
Elle est tirée du psaume 130 et des versets 2 et 5 du choral « Hezz Jesu Christ, du
höchstes Gut » de Bartholomäus Ringwaldt (1588). Elle évoque le pardon des péchés,
peut-être écrite pour des funérailles. Elle serait l’une des deux premières cantates
écrites par Bach (avec la 150).
Cantate BWV 124 Jesum lass ich nicht (je n’abandonnerai pas mon Jésus)
Passage choisi : Choral
Composée à Leipzig en 1725 pour l’Épiphanie, cette cantate s’inspire du texte de
Christian Keymann et d’un auteur inconnu. Le choral, très court, choisi dans cette cantate
est inspiré du psaume éponyme d’Andreas Hammerschmidt (1611).
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/ Les Cantates
Deuxième partie
Cantate BWV 156 Ich steh mit einem Fuss im Grabe (J’ai déjà un pied dans la tombe)
Passage choisi : Sinfonia
Elle fut composée à Leipzig en 1729 pour le troisième dimanche après l’Épiphanie.
Cantate BWV 133 Ich freue mich in dir (Je me réjouis en toi)
Passage choisi : chœur d’ouverture
Bach composa cette cantate durant sa deuxième année à Leipzig pour le troisième
jour de la fête de Noël, elle est jouée pour la première fois en 1724. John Eliot Gardiner
résume : « Il me paraît difficile d’imaginer une musique qui transmette de façon plus
persuasive l’essence, l’exubérance et la pure joie de vivre que le chœur d’ouverture
de la BWV 133 ».
Cantate BWV 84 Ich bin vergnügt mit meinem Glücke (Je suis satisfait de mon bonheur)
Passage choisi : aria soprane
Cette cantate a été composée en 1727 à Leipzig pour le troisième dimanche avant le
mercredi des Cendres. C’est l’une des seules Cantates de Bach qu’il appela lui-même
Cantate. L’idée insufflée dans cette cantate religieuse est que le Chrétien doit se satisfaire
de ce qu’il possède sans envier les autres.
Cantate BWV 150 Nach dir Herr, verlanget mich (Vers toi, Seigneur, j’aspire)
Passage choisi : chœur
Cette cantate aurait été une des deux premières écrites par Bach avec la 131 en 1707
à Mühlhauser pour le troisième dimanche après la Trinité. Le livret alterne entre texte
biblique et poésie libre, ce qui est rare dans les premières cantates de Bach.
Cantate BWV 159 Sehet, wir gehn hinauf gen Jerusalem
(Voyez ! Nous montons à Jérusalem !)
Passages choisis : Aria basse, choral
Bach composa cette cantate en 1729 à Leipzig pour le dernier dimanche avant Carême.
Cette cantate se concentre sur la Passion du Christ, le texte est de Picander.
/ Les Cantates
/ Jean-Sébastien Bach (1685 - 1750)
Jean-Sébastien Bach est un compositeur et organiste allemand, né en 1685 et mort en
1750. Son œuvre fait partie des monuments de la musique classique et bénéficie d’une
reconnaissance universelle dans l’histoire de la musique. La musique de Jean-Sébastien
Bach est le témoignage d’une synthèse fondamentale dans l’époque baroque : de
la tradition germanique et des influences italiennes et françaises, ainsi que de l’ensemble des procédés musicaux de la composition polyphonique, avec une place prépondérante réservée à la mélodie. Le maître s’illustre dans tous les genres (excepté
l’opéra), portant la musique tonale à sa pleine expression et préparant de la même
manière sa transgression future. « S’il y a quelqu’un qui doit tout à Bach, c’est bien
Dieu » écrit l’écrivain et le philosophe Emil Cioran. En effet, la foi de Bach est le prisme
indispensable à la compréhension de son œuvre. Bach est un fervent luthérien, il écrit
sa musique à la gloire de Dieu, et il est donc de son devoir de cultiver son talent.
Issu d’une famille composée d’une véritable dynastie de musiciens (environ 80 musiciens dans la famille) et né la même année que Haendel et D. Scarlatti, Jean-Sébastien
Bach se retrouve vite orphelin, il est élevé par son frère, musicien organiste. Il reçoit à
l’orgue, au violon et au chant une solide formation musicale mais c’est en étudiant les
écrits de ses contemporains qu’il assimile véritablement l’art de la composition. Au fil
de ses différents engagements à la cour ou en l’église, Bach construit un opus constitué
notamment des œuvres de circonstance : aux formes léguées par ses prédécesseurs
il donne une nouvelle dimension tant sur le plan expressif que structural, en se renouvelant
sans cesse. De son temps, la reconnaissance de Jean-Sébastien Bach dépasse à peine
les frontières de l’Allemagne où l’on apprécie davantage ses qualités d’organiste que
ses compositions. Néanmoins, il forma de nombreux musiciens qui perpétuèrent son
enseignement.
L’héritage musical du compositeur sera maintenu pendant une génération par ses fils
Wilhelm Friedmann, Carl Philipp Emanuel, Johann Christoph Friedrich et Johann Christian,
puis disparaîtra avec eux avant d’être remis au goût du jour par les romantiques.
francemusique.fr
Cantate BWV21 Ich hatte viel Bekümmernis
Passages choisis : duo soprano et basse
Cf première partie
Cantate BWV 22 Jesus nahm zu sich die Zwölfe (Jésus prit avec lui les Douze)
Passage choisi : choral
Bach dirigea pour la première fois cette cantate le 7 février 1723 quand il candidatait
au poste de cantor de l’église Saint-Thomas de Leipzig. Il fut d’ailleurs élu à l’unanimité.
Le choral choisi ici est le cinquième et dernier couplet de la chanson d’Elizabeth Cruciger
Herr Christ, der einig Gotts Sohn.
Cantate BWV 147 Herz und Mund und Tat und Leben
(Le cœur, et la bouche, et l’action, et la vie)
Passage choisi : choral
Composée à Leipzig en 1723 à l’occasion de la Visitation de la Vierge Marie, c’est une
nouvelle version de la cantate 147 a de 1716. La mélodie du chœur a aussi été utilisée
dans La Passion selon Saint Matthieu sur les mots « Bin ich gleich von dir gewichen ».
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/ Les artistes
Anass Ismat / Direction musicale
Elena Galiskaya / Soprane
Paul-Henry Vila / Basse
Kazuya Gunji / Orgue
cf p.117
cf p.119
cf p.119
cf p.119
111
/ La Petite Messe Solennelle
n 3 août / Église St Barthélémy, Cahors / 21h
n 5 août / Basilique Saint-Sauveur,
Rocamadour / 21h
(dans le cadre du Festival de musique
sacrée de Rocamadour)
/ St-Céré
Opéra
/ Gioacchino Rossini
La Petite Messe
Solennelle
Direction musicale / Anass
Ismat
Soprane / Elena
Galiskaya
Mezzo / Sarah Laulan
Ténor / Pierre-Emmanuel Roubet
Basse / Paul-Henry Vila
Orgue / Kazuya
Gunji
Piano / Alcibiade Minel
Chœur du stage de chant choral dirigé par Anass Ismat
Spectacle co-accueilli par le Festival de musique sacrée de Rocamadour
Rossini compose La Petite Messe Solennelle en 1863, alors qu’il a écrit son dernier
opéra Guillaume Tell, 34 ans plus tôt. C’est une commande du comte Alexis Pillet-Will
pour son épouse Louise. « Petite » de part son effectif, mais avec ses deux parties et
ses quatorze morceaux, la Petite Messe Solennelle présente néanmoins l’ampleur et
toutes les caractéristiques des “grandes” messes de ses prédécesseurs. Enchaînant
des airs et des chœurs, parmi les plus beaux écrits au XIXème siècle, elle est considérée
comme l’une des plus novatrices et des plus importantes de la musique sacrée.
Rossini évoque cette composition comme un de ses « péchés de vieillesse », sorte de
testament musical.
112
/ Rossini et sa Petite Messe Solennelle
d’après Philippe Torrens (Chœur d’Oratorio de Paris)
Voici l’œuvre étrange d’un étrange compositeur, l’œuvre tardive (1863) d’un compositeur
précoce qui, en 1804, écrit à douze ans ses Sonates à quatre pour cordes, et à quatorze ans,
en 1806, son premier opéra Demetrio e Polibio ; qui, après avoir connu avec ses opéras un
immense succès européen, s’arrête d’en composer en 1829, à 37 ans, et ne produit plus
rien après le Stabat mater de 1832. Après une longue dépression, il ne reprend qu’à partir
de 1855 la composition de petites pièces pour le salon qu’il tient à Passy et qu’il regroupe
sous le titre de Péchés de ma vieillesse. Compositeur étrange parce que difficilement classable : profondément ancrés dans le 18e siècle, son esthétique et son langage musical sont
plus proches de Haydn et de Mozart que de Beethoven, Schubert ou Mendelssohn — dont
pourtant on perçoit parfois des échos. Comme son admirateur Stendhal, il se rattache au
romantisme sans en partager les angoisses et le goût du pathos. Il garde lui aussi une aimable
distance par rapport à ce qu’il évoque et sait ne pas trop se prendre au sérieux.
C’est aujourd’hui souvent pour ses opéras-comédies qu’il est le plus apprécié : dans Le Barbier
de Séville, L’Italienne à Alger ou Le Turc en Italie, il met son invention au service de livrets
astucieux et ce sont là des exemples inégalés d’opéras vraiment comiques. Dans Le Voyage
à Reims, il traite avec une plaisante distance comique un sujet très officiel, le couronnement
de Charles X. Ses opéras sérieux, à sujet tragique (Otello, Tancredi, Semiramis...), après
avoir connu un long purgatoire, sont de nouveau joués et enregistrés.
Rossini, fidèle à son caractère, a entouré sa messe de commentaires plaisants :
« Bon Dieu, la voilà terminée cette pauvre petite messe. Est-ce bien de la musique sacrée
que je viens de faire ou bien de la sacrée musique ? J’étais né pour l’opera buffa, tu le sais
bien ! Peu de science, un peu de cœur, tout est là. Sois donc béni et accorde-moi le Paradis. »
Toutefois, ces facéties verbales ne doivent pas nous faire croire à une plaisanterie musicale :
Rossini, qui est croyant, considère que sa foi peut s’exprimer dans le langage qui est le sien
dans ses opéras. Comme avant lui Monteverdi, Haendel, Mozart et bien d’autres, il transpose
le langage de l’opéra dans une œuvre sacrée. Cependant, si sa messe use d’effets parfois
spectaculaires, elle ne comporte pas les fioritures et ornements vocaux virtuoses qui, dans
ses opéras, répondaient aux exigences tant des chanteurs que du public. Par ailleurs, vers
1859-1860, les témoins rapportent que Rossini improvise beaucoup au piano et qu’il se
passionne pour la musique de Bach (il est parmi les premiers abonnés aux publications de
la Bachgesellschaft) : la messe porte la trace de ces improvisations et de cet intérêt.
/ Structure de la Petite Messe Solennelle
Première partie :
1 - Kyrie eleison - chœur et Gloria
2 - Gloria in excelsis Deo - solistes et chœur
3 - Gratias - Trio pour contralto,
ténor et basse
4 - Domine Deus - ténor solo
5 - Qui tollis - Duo pour soprano et contralto
6 - Quoniam - basse solo
7 - Cum Sancto Spiritu - chœur
Deuxième partie
8 - Credo - solistes et chœur
9 - Crucifixus - soprano solo
10 - Et resurrexit - solistes et chœur
11 - Prélude religieux (pendant l’Offertoire) piano puis harmonium solo
12 - Sanctus - solistes et chœur
13 - O salutaris Hostia - soprano solo
14 - Agnus Dei - contralto et chœur
113
/ La Petite Messe Solennelle
Première partie
Qui tollis - soprano et contralto
Kyrie eleison, Christe, Kyrie eleison - choeur
Qui tollis peccata mundi, miserere nobis, qui tollis peccata mundi, suscipe deprecationem nostram
(Toi qui enlèves [ou portes] les péchés du monde, aie pitié de nous ! Toi qui enlèves les péchés du
monde, accueille notre prière !).
« Seigneur, prends pitié ! Christ, prends pitié »
Qui sedes ad dexteram Patris, miserere nobis (Toi qui es assis à la droite du Père, aie pitié de nous !)
Les deux Kyrie reposent sur un accompagnement rythmique marqué et régulier, qui confère à
ce début un caractère particulièrement dynamique. Un deuxième motif apparaît, chanté par le
chœur, d’abord polyphoniquement, puis de façon plus regroupée. Une deuxième phase, avec
un accompagnement un peu différent, est marquée par de forts contrastes d’intensité. Le chœur
seul (a cappella) interprète une page polyphonique en style ancien, à la manière de Palestrina,
et dont Rossini a emprunté le thème à une messe de Niedermeyer, directeur d’une école de musique originale (où Fauré sera élève) dont l’enseignement reposait sur l’ancienne musique chorale
polyphonique. Ce mouvement montre l’intérêt de Rossini pour d’autres musiques que l’opéra.
Le second kyrie reprend les motifs rythmiques du premier et si les voix présentent beaucoup de
ressemblances avec le premier Kyrie, elles s’en différencient néanmoins par de nombreux détails,
comme les contretemps des sopranos. Il se termine encore plus pianissimo. S’enchaîne alors un
gloria, qui, comme le veut la tradition, se décompose en six mouvements, dont les deux extrêmes
sont confiés au chœur et les autres chantés par les solistes, seuls ou diversement associés.
Ce duo féminin suggère d’abord le poids des péchés du monde. Puis les deux voix se séparent
et miserere, répété, se fait de plus en plus suppliant, sur un fond d’arpèges suggérant la harpe
employée dans la version orchestrale. Vient un nouvel épisode où les deux solistes interviennent
en longues séquences alternées avant de chanter puis d’alterner et de se décaler sur un nouveau
miserere.
Gloria in excelsis Deo - solistes et choeur
Gloria in excelsis Deo (Gloire à Dieu au plus haut des cieux).
Et in terra pax hominibus bonae voluntatis (Et paix sur la terre aux hommes de bonne volonté)
Laudamus te, benedicimus te, adoramus te, glorificamus te (Nous te célébrons, nous te bénissons,
nous t’adorons, nous te glorifions).
Après une double suite de trois accords fortissimo, chacun suivi d’un trait rapide, le chœur proclame
haut et fort la gloire de Dieu.
Gratias - trio pour contralto, ténor et basse
Gratias agimus tibi propter magnam gloriam tuam (Nous te rendons grâce pour la grande gloire
qui est la tienne).
Une introduction au piano, commençant par quelques octaves plaquées fortement, laisse place
à un motif d’accompagnement qui baigne toute la première partie du mouvement où, toujours
discrètement, les trois solistes déploient une certaine polyphonie. Malgré d’assez importantes
variations d’intensité, la tendance dominante reste celle d’une discrétion recueillie.
Domine Deus - ténor
Domine Deus, Rex caelestis, Deus Pater omnipotens, Domine Fili unigenite Jesu Christe Altissime,
Domine Deus, Agnus Dei, Filius Patris (Seigneur Dieu, Roi du ciel, Dieu Père tout-puissant, Seigneur
Fils unique Jésus-Christ le Très Haut, Seigneur Dieu, Agneau de Dieu, Fils du Père).
Le mouvement, très différent du précédent présente, dès ses premières notes, une allure presque
martiale pour évoquer Dieu le Père tout-puissant ; la première mention du fils est marquée par un
certain assouplissement, mais le caractère martial l’emporte de nouveau jusqu’à un point culminant
avec le La aigu de unigenite. Puis vient une section centrale beaucoup plus tendre sur Agnus Dei,
un passage curieusement schubertien avec son flottement entre majeur et mineur. Le retour au
Roi des cieux est aussi celui du mouvement martial et entraînant, aux éclats de voix théâtraux,
jusqu’à une conclusion éclatante, que modèrent quelques mesures de piano plus discrètes avant
un unisson inattendu ff sur Do.
114
/ La Petite Messe Solennelle
Quoniam - basse
Quoniam Tu solus Sanctus, Tu solus Dominus, Tu solus Altissimus, Jesu Christe (Parce que Toi seul
Tu es Saint, Toi seul es le Seigneur, Toi seul es le Très-Haut, Jésus-Christ).
La basse entre assez discrètement avec un nouveau thème, puis le thème énergique revient au
piano, ensuite repris par le soliste. Apparaissent deux nouveaux thèmes, qui reviendront, et dont
le second est très lyrique. Ces diverses séquences se terminent régulièrement sur un Jesu Christe
triomphal et une suite d’accords arpégés forme la transition avec la partie suivante.
Cum sancto spiritu - chœur
Cum Sancto Spiritu, in gloria Dei Patris, Amen (Avec le Saint-Esprit, dans la gloire de Dieu le Père.
Amen).
Le chœur déroule une brève séquence solennelle. Puis les sopranos exposent le thème d’une
fugue, constitué de deux fragments. Cette fugue rapide et dansante constitue comme une danse
joyeuse à la gloire de Dieu et du Saint-Esprit. Les voix y alternent, se chevauchent, se retrouvent
ensemble, se dissocient de nouveau, se décalent en contretemps, le tout de façon endiablée.
Deuxième partie
Credo - solistes et chœur
Credo in unum Deum (Je crois en un seul Dieu).
Patrem omnipotentem, factorem coeli et terrae, visibilium omnium et invisibilium (Père tout-puissant,
créateur du ciel et de la terre, de tout ce qui est visible et invisible).
Et in unum Dominum Jesum Christum Filium Dei unigenitum et ex Patre natum ante omnia saecula,
Deum de Deo, lumen de lumine, Deum verum de Deo vero, genitum non factum, consubstantialem
Patri per quem omnia facta sunt, qui propter nos homines et propter nostram salutem descendit de
caelis (Et en un seul Seigneur Jésus-Christ, Fils unique de Dieu, né du Père avant tous les siècles,
Dieu issu de Dieu, lumière issue de la lumière, Dieu vrai issu du Dieu vrai, engendré et non créé,
consubstantiel au Père, par qui tout a été créé, qui pour nous les hommes et pour notre salut est
descendu des cieux).
Et incarnatus est de Spiritu Sancto ex Maria Virgine, et homo factus est (Il a pris chair de la Vierge
Marie par l’action du Saint Esprit, et il a été fait homme).
115
/ La Petite Messe Solennelle
Le compositeur a inventé le terme d’allegro cristiano pour préciser le tempo de ce mouvement
que le piano ouvre dynamiquement. Il alterne les interventions des solistes et celles du chœur.
O Salutaris - soprano
Crucifixus - soprano
O salutaris hostia (O victime qui apporte le salut).
Crucifixus etiam pro nobis, sub Pontio Pilato passus et sepultus est. (Il a aussi été crucifié pour nous,
sous le gouvernement de Ponce Pilate il a subi sa passion et a été mis au tombeau).
Sur un accompagnement rythmique toujours identique du piano, la soprano chante d’abord une
série de petites séquences séparées par des silences, puis se lance dans une phrase plus longue.
Le mouvement s’éteint dans le recueillement.
Et resurrexit - solistes et chœur
Et resurrexit tertia die, secundum Scripturas, et ascendit in caelum, sedet ad dexteram Patris, et
iterum venturus est cum gloria judicare vivos et mortuos, cujus regni non erit finis (Et il est ressuscité
le troisième jour, conformément aux Ecritures, et il est monté au ciel, il est assis à la droite du Père,
et il reviendra dans sa gloire juger les vivants et les morts, lui dont le règne n’aura pas de fin).
Et in Spiritum Sanctum, Dominum et vivificantem, qui ex Patre Filioque procedit, qui cum Patre et
Filio simul adoratur et conglorificatur, qui locutus est per prophetas, et unam, sanctam, catholicam
et apostolicam Ecclesiam. (Et au Saint-Esprit, Seigneur et donnant la vie, qui procède du Père et
du Fils, qui avec le Père et le Fils est conjointement adoré et glorifié, qui a parlé par l’intermédiaire
des prophètes, et à l’Eglise, une, sainte, universelle et apostolique).
Confiteor unum baptisma in remissionem peccatorum (Je reconnais un seul baptême pour la rémission
des péchés).
Et expecto resurrectionem mortuorum et vitam venturi saeculi. (Et j’attends la résurrection des
morts et la vie du temps à venir).
Le recueillement précédent est déchiré par le cri du chœur annonçant la résurrection. Les solistes
interviennent brièvement et le chœur évoque solennellement le retour du Christ pour juger les
hommes et commencer son règne éternel. Les solistes et les chœurs alternent pour énumérer
les points suivants du dogme en insistant sur l’évocation de l’Église, puis le chœur seul se charge
d’affirmer la foi dans le baptême, la rémission des péchés, l’attente de la résurrection des morts et
surtout celle de la vie dans l’autre monde.
Preludio religioso - piano, orgue
Il est destiné à l’offertoire, sorte de pause durant la messe (autrefois moment où les fidèles apportaient leurs offrandes). Les voix se taisent durant ce passage constitué d’un bref prélude et d’une
longue fugue.
Sanctus - soliste et choeur
Sanctus, Sanctus, Sanctus, Dominus Deus Sabbaoth, pleni sunt caeli et terra gloria ejus. (Saint, Saint,
Saint est le Seigneur Dieu des armées célestes, les cieux et la terre sont remplis de sa gloire)
Hosanna in excelsis (Hosanna au plus haut des cieux).
Benedictus qui venit in nomine Domini (Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur).
Dans cette pièce a cappella, le chœur et les solistes alternent d’un bout à l’autre : généralement,
ce sont les solistes qui chantent les Hosanna, tandis que le chœur interprète des séquences plus
méditatives.
116
/ La Petite Messe Solennelle
Quae coeli pandis ostium (Qui ouvre grand l’entrée du ciel).
bella premunt hostilia (Des guerres funestes [nous] accablent).
da robur, fer auxilium. (Donne de la force, porte secours).
Rossini a ajouté pour la version orchestrale de la messe quatre versets d’une prière de Saint Thomas
d’Aquin destinée à la Fête-Dieu, et que Liszt a également mise en musique. Cet ajout doit fournir
à la soprano un rôle équilibrant celui de la contralto dans l’Agnus Dei.
Agnus Dei - contralto et chœur
Agnus Deiqui tollis peccata mundi, miserere nobis (Agneau de Dieu, toi qui portes les péchés du
monde, aie pitié de nous)
Dona nobis pacem (Donne-nous la paix)
L’introduction au piano est d’intensité très contrastée. Puis un accompagnement rythmique régulier
se met en place, qui ne s’interrompra presque jamais. La soliste déroule une première supplication
de plus en plus ardente dont les mélismes conclusifs sont brièvement relayés par le chœur a
cappella. Le même processus se répète deux fois encore dans des tonalités différentes et avec
bien des variantes dans la partie de contralto. Puis, chœur et soliste conjuguent leur supplication.
/ Les artistes
Anass Ismat / Direction musicale
Anass Ismat est né à Rabat (Maroc), où il a obtenu un premier prix de violon et
de formation musicale au Conservatoire National de Musique et Danse. Il y a
suivi des master-class de chant avec Caroline Dumas, Glenn Chambers, Henrick
Siffert... Il poursuit ensuite ses études supérieures en France au Conservatoire
Hector Berlioz à Bourgoin-Jallieu : violon, chant avec J-M Bruin et direction
de chœur avec Emmanuel Robin. Il entre en 2005 au Conservatoire Supérieur de Lyon en classe de chant chez Brian Parsons, puis en 2006 dans la classe de direction de
chœur avec Bernard Tétu puis Nicole Corti. Parallèlement à son cursus au CNSMD, il a effectué un
séjour en Allemagne dans le cadre de l’échange européen ERASMUS, à la Musikhochschule de
Stuttgart. Anass obtient son master d’interprète en direction de chœur en juin 2011 et est nommé
en octobre de la même année professeur d’enseignement artistique de chant choral au CRR de
Toulon Provence Méditerranée. Anass mène à la fois une activité de pédagogue, dans le cadre de
formation de chef de chœur dans la région Rhône-Alpes, ainsi qu’interprète, comme chef invité
pour l’académie du festival Saint-Céré, chef du WIC (Willems International Choir), chef assistant
au sein du Jeune Chœur Symphonique (Spirito) et directeur artistique de différents ensembles
lyonnais. Puis chanteur, au sein de l’Ensemble Epsilon Renaissance (dir. Maud Hamon), Les Solistes
de Lyon (dir. Bernard Tétu), l’ensemble Gilles Binchois (dir. Dominique Vellard), le choeur Arsys
Bourgogne (dir. Pierre Cao) et Le Chœur Britten (dir. Nicole Corti). En juillet 2015, Anass est nommé
chef du chœur de l’Opéra de Dijon.
117
/ La Petite Messe Solennelle
Elena Galiskaya / Soprano
Originaire de Russie, la soprano Elena Galitskaya est diplômée de l’Académie
d’art choral de Moscou. Elle est lauréate HSBC de l’Académie européenne de
musique du Festival d’Aix-en-Provence en 2010, prix du public au Concours
Reine Elisabeth à Bruxelles. Elle chante régulièrement à l’Opéra National de
Lyon les rôles de Despina, Zerlina et Barbarina (festival Mozart en 2011) et
Frasquita (ms. Olivier Py) et la chanteuse italienne dans Capriccio de Richard
Strauss. Depuis 2012, elle se produit à l’Opéra de Rome, au Drottningholms Slottsteater en Suède,
à l’Opéra National de Lorraine, au Teatro Verdi de Trieste, au Theater an der Wien, au Théâtre
Royal de la Monnaie à Bruxelles. Elle donne de nombreux récitals et se produit également en
concert. Familière avec le répertoire russe, elle interprète notamment les mélodies et lieder de
Chostakovitch ou encore des romances de Tchaïkovski, Rachmaninov, Taneev ou Rimski-Korsakov.
Elle explore également le répertoire français et notamment les mélodies de Fauré, Debussy, SaintSaens, Chausson, Hahn, Poulenc.
Paul-Henry Vila / Basse
Paul-Henry Vila effectue ses études de chant à Lyon, au Conservatoire National
Supérieur de Musique dans la classe d’Isabelle Germain, où il obtient en
2000 son Diplôme d’Etudes Supérieures. Il se perfectionne par la suite auprès
de grands chanteurs tels que Gabriel Bacquier ou Walter Berry. Il travaille très
régulièrement avec les chefs baroques Gabriel Garrido, Hervé Niquet, Marc
Minkowski et William Christie, ce qui lui permet de chanter dans des endroits
prestigieux (Scala di Milano, Opéra de Lyon, Festival D’Ambronay, Festival d’Aix en Provence, Festival
D’Utrecht, Barbican de Londres, BAM de New York).
Kazuya Gunji / Orgue
Kazuya Gunji commence ses études de musique au Japon puis obtient le
Diplôme National d’Étude Supérieures Musicales au Conservatoire de Lyon.
En août 2010, il remporte le plus haut prix de clavecin du Concours International Musica Antiqua à Bruges. Depuis 2005, il se produit comme soliste
ou accompagnateur avec plusieurs orchestres et ensembles comme l’Opéra
national de Lyon, l’Opéra de Toulon, l’Orchestre d’Auvergne, l’Orchestre de
chambre de Paris, Het Noord Nederlande Orkest (Pays-Bas), Gumma Symphony Orchestra (Japon),
Bach Collegium Japan…
Alcibiade Minel / Piano
Alcibiade Minel est pianiste accompagnateur au Conservatoire à Rayonnement
Régional de Toulon-Provence-Méditerranée. Il a été formé en piano, écriture
et accompagnement au CRR de Paris et aux CNSMD de Paris et de Lyon. Il se
produit en tant que pianiste de l’ensemble Breakdown Quartet (violon,
violoncelle, clarinette, piano), dans un répertoire éclectique et original. ll réalise
par ailleurs de nombreux arrangements vocaux et instrumentaux pour divers
artistes et ensembles (notamment pour Lewis Furey, les Petits Chanteurs de Saint-Marc « Les Choristes », le tubiste Thomas Leleu, l’ensemble vocal Les Voix Animées...).
119
/ Musique russe
n 1er août / Cour de l’Archidiaconé, Cahors / 21h
n 2 août / Jardins du musée Jean Lurçat,
Saint-Laurent-Les-Tours / 21h
n 10 août / Église, Floirac / 21h
/ St-Céré
Opéra
/ Quintette pour piano et vents
de Rimski-Korsakov
Il fut écrit en 1876, pour piano, flûte, clarinette, cor et basson, et destiné au concours de
composition organisé par la société Russe Impériale de Musique.
Le prix fut remporté par un compositeur resté marginal, Eduard Napravnik (1838-1916)
mais le quintette remporta un grand succès lors de sa création publique à la société de
musique de chambre de Saint-Petersbourg avec Y. Goldstein au piano.
Il est composé de trois mouvements :
1- Allegro con brio / 2- Andante / 3- Allegretto Vivace
/ Rimski-Korsakov - Glinka
Musique
Russe
Quintette pour piano et vents en si bémol
majeur de Rimski-Korsakov
Trio pathétique en ré mineur pour piano,
clarinette et Basson de Glinka
Piano et direction / Gaspard Brécourt
Flûte / Thomas Saulet
Clarinette / Francis Prost
Basson / Loïc Chevandier
Cor / Karim Strahm
Dans ses mémoires, le compositeur a donné le commentaire suivant : « L’Allegro con brio
initial est dans le style classique beethovénien ; le second mouvement, Andante, contient
un fugato assez réussi aux vents, accompagné par une libre partie au piano; le troisième
mouvement, Allegretto Vivace en forme de rondo, contient un passage intéressant : la préparation du premier thème après la partie centrale. La flûte, le cor et la clarinette effectuent
à tour de rôle des cadences de virtuosité, interrompues chaque fois par une intervention
du basson, en sauts d’octaves ; après la cadence du piano, sur ces mêmes sauts au basson,
le premier thème fait enfin son entrée ».
On peut ajouter que l’Andante reste bien dans la tonalité principale de si b Majeur, et que
la mélodie qu’introduit le cor est répétée plusieurs fois dans des contextes harmoniques
différents, à la manière russe. De même, lorsque la clarinette énonce une longue phrase en
mineur, elle est répétée quatre fois sur des accompagnements de plus en plus savoureux
et ornementés. L’œuvre s’est maintenue au répertoire depuis sa création, au même titre que
le quintette d’Anton Rubinstein pour la même formation.
La spontanéité enjouée, le dynamisme, les “souvenirs” orientaux de cette partition fort bien
écrite pour les divers instruments, font que le musicien la considérait plus comme “plus libre de
forme et plus séduisante que le sextuor”, (sextuor composé au début de cette même année).
/ Nikolaï Rimski-Korsakov (1844-1908)
Compositeur romantique incontournable de la Russie (milieu XIXème), Rimski-Korsakov fut
professeur de musique, d’harmonie et d’orchestration et membre du Groupe des Cinq.
Issu d’une famille aristocratique, il entreprend, contraint par sa famille, une carrière dans
la Marine. Doué pour la musique, il étudie à l’insu de sa famille le piano et la composition.
Alors qu’il est encore officier dans la marine, il commence en 1862, l’écriture de sa première
symphonie qui sera jouée en public pour la première fois en 1865. Encouragé par ceux qui
constitueront plus tard le Groupe des Cinq (Mili Balakirev, Alexandre Borodine, Modeste
Moussorgski, César Cui), il songe sérieusement à entreprendre une carrière de compositeur.
Il devient alors professeur de composition et d’orchestration au conservatoire de SaintPétersbourg. Guidé par Tchaïkovski, il approfondit ses études musicales. Il dirigera les différents orchestres de la marine impériale et les Concerts Symphoniques russes avec Mitrofan
Belaiev en 1886. Il compose alors ses plus grandes œuvres telles que Shéhérazade. Suite à
la mort de Tchaïkovski en 1893, il compose pour le théâtre impérial onze opéras entre 1893
et 1908. Il est l’auteur de deux traités d’orchestration dont le second sera achevé après sa
mort par son fils. Parfois surnommé le « magicien de l’orchestre » en raison de son talent
en orchestration, il est le compositeur le plus important d’opéras russes avec au total 15
opéras. Il est apprécié pour son inspiration puisée dans la musique populaire folklorique,
ses thèmes fantastiques, sa virtuosité et ses qualités d’orchestration.
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121
/ Musique russe
/ Musique russe
/ Trio pathétique en ré mineur de Glinka
Composé en 1832, sous le coup d’une double défaillance, physique et sentimentale. Glinka
continuait à souffrir de crises nerveuses, malgré les soins apportés par le Docteur Filippi,
tandis qu’il se vit éconduit par une femme mariée.
L’œuvre, pour piano, clarinette et basson, fut créée dans sa formation originale à Milan, à
l’automne de 1833, par le compositeur au piano et deux solistes de la Scala, qui s’exclamèrent à l’audition de ce trio « pathétique » : « ma questo e disperazione » (« mais c’est du
désespoir ! »). Depuis son édition muscovite, en 1878, toujours sous la direction de Balakirev,
a existé une version pour piano, violon et violoncelle.
Le trio est composé de quatre mouvements relativement brefs :
1- Allegro / 2- Scherzo : vivacissimo / 3- Largo / 4- Allegro con spirito.
Il présente la forme d’une fantaisie en un seul mouvement, les trois premiers étant pratiquement enchaînés, et formant un chant cyclique oscillant entre un pathétique douloureux et
un lyrisme plus intériorisé, avec quelques échappées vers la lumière et vers l’espoir.
L’Allegro introductif est de stricte forme sonate sans reprise du thème. Le ton énergique de
l’exposition mène directement à une tension lyrique et à la mise en valeur d’un véritable
leitmotiv qui servira de “dédoublement” de la personnalité profonde du narrateur, successivement épique, puis pathétiquement lyrique. Le second mouvement est un Scherzo Vivacissimo, dont les passages extrêmes apportent comme une solide trame à l’œuvre, tandis
que l’épisode central (trio, meno mosso) confié au basson se base sur une mélodie ardente
et passionnée. Le troisième mouvement, Largo, est un souvenir de cantilène italienne, qui
joue sur les différents registres dynamiques dont est capable la clarinette, reprise par le
piano coloré des teintes sombres du basson. Le clavier s’exprime seul, une dernière fois, en
partant du leitmotiv original. Le final Allegro con spirito reprend les thèmes des trois premiers mouvements, mais dans une présentation volontairement lâche, avant qu’une Coda,
fière et virtuose, resserre le trait en un résumé majestueux et d’une belle ampleur.
/ Mikhaïl Glinka (1804-1857)
Précurseur du Groupe des Cinq, il est le fondateur de l’école musicale russe et occupe une
place très importante dans l’histoire de la musique en Russie. À l’âge de 10 ans, il commence le
violon et le piano. Il côtoie de nombreux professeurs d’Europe centrale lors de ses études
musicales, tel que Siegfried Sehn, ancien élève de Beethoven. Très tôt, apparaît chez lui
la volonté de créer une musique spécifiquement russe fondée sur les chants populaires
russes. Son œuvre annonce en ce sens le Groupe des Cinq. Il est un contemporain de deux
poètes, Alexandre Pouchkine, qui lui fut d’un grand soutien et de Nicolas Gogol, mais aussi
du compositeur Balakirev dont il encouragea la vocation. Glinka est également l’auteur du
Motif de chant national qui fut l’hymne national de la Fédération de Russie de 1991 à 2000.
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/ Les artistes
Gaspard Brécourt / Piano et direction
cf p. 95
Thomas Saulet / Flûte
Thomas Saulet commence ses études musicales en Bourgogne auprès de Philippe Perrousset avant d’intégrer le conservatoire de Genève, puis les CNSM
de Lyon et de Paris où il suit les enseignements d’Emmanuel Pahud et Philippe
Bernold. En 2004, il rencontre Yo Yo Ma qui lui propose de rejoindre son Silk
Road Project. La même année, il intègre le Gustav Mahler Jugend Orchester
sous la direction de Claudio ABBADO. Depuis, Thomas Saulet a joué sous la
direction de chefs prestigieux, Gardiner, Salonen, Petrenko, Chung... Sa pratique de la musique de
chambre l’a amené à travailler auprès de compositeurs comme Peter Eötvös ou Ibrahim Maalouf et
à se produire sur les scènes des Prom’s, festival Présences, Concertgebow d’Amsterdam. Thomas
Saulet est membre du Quintette de Marseille, du trio Cinabre et flûte solo de l’Orchestre Pasdeloup.
Francis Prost / Clarinette
Après avoir obtenu le premier prix des conservatoires de Mâcon à 14 ans,
puis Dijon, CNR de Paris, et Rueil Malmaison, il remporte un premier prix
régional Rhône-Alpes. Il rejoint les orchestres : Ostinato, l’Opéra de Rouen,
la Philharmonie des Nations. Depuis 2001, il est membre de la Compagnie
Opéra Éclaté. De 2007 à mars 2012, il joue du cor de basset dans le quatuor
de clarinettes et percussion Les Bons Becs. En mars 2014, il participe à des
spectacles sur la Péniche Opéra à Paris.
Loïc Chevandier / Basson
Né à Calais en 1973, Loïc Chevandier étudie tout d’abord le basson à l’ENM
de Calais, puis le fagott (basson allemand) au CNR de Lille où il obtient une
médaille d’or en 1995. Il poursuit sa formation au Conservatoire International
de Genève dans la classe de Roger Birnstingl, puis au CNSMDP dans la classe
de Pascal Gallois à partir de 1996. Il y obtient en 1999, son Diplôme de Formation Supérieure et poursuit ses études en formation de quintette à vent dans la
classe de musique de chambre de David Walter, en cycle supérieur (Obtention du Prix de Musique
de Chambre en 2001), puis en Cycle de Perfectionnement. Au cours de sa formation Loïc Chevandier
a travaillé avec l’Orchestre Bernard Thomas, la Société des Concerts Lamoureux, l’Ensemble Inter
Contemporain, la compagnie Opéra Éclaté, l’Orchestre de l’Opéra de Rouen (direction Oswald Sallaberger), l’Ensemble Orchestral de Paris et l’Ensemble Court-Circuit dont il est membre depuis 2003.
Par ailleurs, il enseigne depuis 2002 à l’École de Musique de Chatou (Yvelines).
Karim Strahm / Cor
Karim Strahm, né en 1973, a débuté ses études musicales à 7 ans par le piano
puis découvre le cor à 12 ans, et rentre en 1989 dans la classe d’André Gantiez
(conservatoire du Xème arrondissement de Paris) où il obtiendra le premier prix
de la ville de Paris. Après avoir obtenu un 1er prix de Cor à l’unanimité et de musique de chambre au CNR de Boulogne-Billancourt (classe de Jacques Adnet),
il travaille régulièrement en tant que supplémentaire au sein de grandes formations symphoniques (Orchestre du Capitole de Toulouse, Ensemble Intercontemporain, Orchestre
de l’Opéra de Paris, Orchestre de Bretagne). En 2000, Karim Strahm intègre l’Orchestre de la Police
Nationale, en 2007 il rentre comme co-soliste à l’Orchestre des Concerts Lamoureux et depuis 2008
est cor solo invité au Shanghaï Sinfonietta. Parallèlement, il se produit régulièrement en formation
de musique de chambre (octuor, quintette à vents, quintette de cuivre...). Karim Strahm participe au
Festival de Saint-Céré et à la compagnie Opéra Éclaté en tant que cor solo depuis 1998.
123
/ Trio à cordes
Formation à part entière, le trio à cordes a inspiré les plus grands compositeurs. Son
répertoire est aussi exigeant qu’original. C’est également la clé de voûte de bien
d’autres formations telles que le quatuor et le quintette. Franz Schubert et Ludwig
van Beethoven lui dédient certaines de leurs premières compositions de musique de
chambre dont celles présentées ici, et qui demeurent des références musicales indéniables. Dohnanyi, quant à lui composa son trio sous forme de sérénade, à l’image de
Beethoven, avec une marche en ouverture et en clôture, et un caractère alternant des
mouvements rapides, lyriques et légers.
/ Schubert : trio en sib majeur D471
Si tout un chacun connaît La Truite de Schubert, peu d’auditeurs ou même de mélomanes
avertis savent qu’il a également écrit pour trio à cordes, il en a pourtant écrit trois.
La première tentative date de 1814 avec le trio D 111A, mais seul un fragment de
l’allegro demeure : Schubert le transformera d’ailleurs en un quatuor (le D112).
En 1816, Schubert se met à travailler sur le trio D471, dont il achève seulement l’Allegro
initial et un fragment du mouvement lent. Cet Allegro présenté ici, est une pièce d’une
fraîcheur et d’un charme attachants, où tous les membres de l’ensemble participent sur
une base plus équitable que dans certains des premiers quatuors à cordes de Schubert,
peut-être parce qu’il ne s’est pas senti obligé d’écrire une partie de violoncelle facilement gérable par son père. Le dernier trio est le D581, écrit en 1817 composé de
quatre mouvements.
/ Franz Schubert (1797 - 1828)
Initié par son père au violon, Franz Schubert fait son apprentissage musical (chant,
alto, orgue, contrepoint, harmonie) avec Michael Holzer, organiste de la paroisse de
Lichtenthal. Devenu chanteur à la Chapelle Royale de Vienne, il reçoit les leçons de
Salieri (1809-1813) au Stadtkonvikt (collège municipal) où il est engagé comme violoniste dans l’orchestre, ce qui lui permet de connaître des œuvres de Mozart, de Haydn
et de Beethoven. Durant quelques années il exerce les fonctions de maître auxiliaire
dans l’école que dirigeait son père, mais ayant pris conscience de son don exceptionnel
pour la musique, il décide de se consacrer entièrement à la composition. Si l’ombre
de Beethoven habite la musique instrumentale ou symphonique de Schubert, dans
le lied il s’impose tout de suite avec son empreinte unique. Même si le lied revient
à la mode avec le romantisme allemand (Mozart, Haydn et notamment Beethoven
avec le cycle À la bien-aimée lointaine de 1816), Schubert est incontestablement le
père du lied romantique allemand, et cela depuis son premier chef d’œuvre du genre
qui est Marguerite au rouet D118 de 1814, sur un texte de l’Olympien. Dans la première période, où il compose la moitié de ses 600 lieder, son poète de prédilection
est Goethe ; par la suite Schubert s’ouvre de plus en plus à d’autres poètes, Rückert,
Shakespeare, Wilhelm Müller. Dans les années 1820 à Vienne, Schubert est admiré
uniquement par une élite des connaisseurs. Ses lieder et ses pièces de piano sont
exécutés uniquement dans le cadre des soirées musicales privées appelées Schubertiades, et son unique concert public à Vienne a lieu quelques mois seulement avant
sa mort. Une grande partie de l’œuvre de Schubert ne fut découverte, éditée et créée
qu’à titre posthume.
francemusique.fr
126
125
/ Trio à cordes
/ Beethoven :
Sérénade en ré majeur opus 8
L’œuvre a été composée entre 1796 et 1797, en même temps que la Sonate à quatre
mains (op. 6) et que la Sonate pour piano n° 4. Elle se divise en sept parties :
1. Marcia, Allegro, à 4 temps et en ré majeur
2. Adagio, à 3 temps et en ré majeur
3. Menuetto, Allegretto à 3 temps et en ré majeur
4. Adagio, à 2 temps et en ré mineur, suivi d’un Scherzo, Allegro molto à 2 temps et en
ré majeur
5. Allegretto alla Polaca à 3 temps et en fa majeur
6. Tema con Variazioni. Andante quasi Allegretto, à 2 temps et en ré majeur
7. Marcia, Allegro, à 4 temps et en ré majeur
Beethoven accorde une grande place au rythme et aux oppositions de tempo. En effet,
dès le premier mouvement (Marcia), l’opposition entre vif et lent s’inscrit dans l’écriture
musicale, entre des rythmes pointés et des triolets de crochets. Elle s’ouvre et se ferme
sur une marche, avec le même matériau thématique, mais la conservation des signes
dynamiques exclut toute approche de crescendo ou tout diminuendo pour simuler le
départ. L’interprétation de la Sérénade constituait un défi au regard des normes apparentes de l’époque, mais tout se passe comme si Beethoven connaissait déjà le grand
violoniste Schuppanzigh. L’Adagio qui suit la Marcia présente un caractère de musique
pour quatuor à cordes, où le premier violon joue des décorations solistes d’après le modèle d’une aria. Le Menuetto est très éloquent et culmine avec des pizzicati. Le second
Adagio s’ouvre sur un fort expressif duo pour le violon, et l’alto doublant à l’octave, et le
violoncelle. S’ensuit une Allegretto alla Polacca pleine de vie et d’allégresse - l’une des
rares polonaises qui nous soient parvenues de cette période, entre celles de Wilhelm
Friedemann Bach (un autre spécialiste) et celles de Chopin. Puis, viennent un thème
plutôt plus orthodoxe (Andante quasi allegretto) et six variations, qui témoignent, peutêtre pour la première fois dans les Trios à cordes, de l’influence de la musique, et même
de l’enseignement, de Haydn. La Marcia, qui suit une variation pour violoncelle assez
spéciale, achève cette œuvre. D’une durée d’environ 30 minutes, l’œuvre y sublime les
trois instruments. Ils y ont d’ailleurs une importance pratiquement égale. La Sérénade
a beaucoup de succès, surtout grâce à son Allegretto alla Polacca très apprécié dans le
milieu musical viennois de l’époque.
/ Ludwig Van Beethoven (1770 - 1827)
Né à Bonn, son père, ténor, lui délivre ses premières leçons de musique mais échoue
dans la tentative de lui faire mener une carrière d’enfant prodige. Il lui fait donner des
cours de piano avec Gilles van der Aeden et Tobias Friedrich Pfeiffer, de violon avec
Georg Rovantini, d’orgue avec Willibald Koch et Zense, organiste à la cathédrale de
Bonn. Mais c’est l’enseignement de Christian Gottlob Neefe arrivé à Bonn en 1779,
qui est décisif. Il lui enseigne le piano, l’écriture, mais encore les philosophes de l’antiquité
et certainement le goût pour les idées républicaines. Il sera un ami et un protecteur.
En 1782 il publie 9 variations en do mineur sur un thème de Dressler.
La famille von Breuning le prend à son service comme professeur de piano. Au sein de
cette famille, il peut assister quotidiennement à des conversations ou des lectures des
126
/ Trio à cordes
œuvres de Goethe, Schiller, Herder. Il suit quelques conférences de philosophie à la
nouvelle Université créée par Maximilian Franz. En 1792, doté d’une rente du prince,
il se rend à Vienne pour étudier auprès de Haydn. Il se présente, pour la première
fois devant le public viennois dans un récital de piano en 1795. L’année suivante, ses
trois trios avec piano sont édités. La même année, il entame une série de tournées
comme concertiste. Ces tournées sont aidées par de solides protections qui ouvrent
les portes des lieux de concerts (les princes Lobkowitz et Lichnowsky, l’archevêque
Rodolphe, frère de l’empereur) et par sa renommée de virtuose et d’improvisateur.
En 1798, il éprouve les premiers troubles de l’audition lors de l’écriture de sa 1ère symphonie et achève la même année les 6 quatuors à cordes (…).
1815 marque un tournant dans la vie de Beethoven, son frère décède et c’est également
l’année de sa surdité totale qui le forcera à communiquer par l’intermédiaire de carnets
(les fameux carnets de conversation). En 1823, sa 9ème symphonie est créée à Vienne.
Il se consacrera par la suite aux quatuors à cordes.
d’après musicologie.org
/ Dohnanyi :
Sérénade en do majeur opus 1
C’est l’une des premières fois où Dohnányi sent avoir atteint un langage musical personnel,
équilibré, débarrassé des influences romantiques tardives. Composée en 1902 lors
d’une tournée de concerts qui le mena de Londres à Vienne, la Sérénade se compose
de cinq mouvements :
1. Marcia : Allegro
2. Romanza : Adagio non troppo
3. Scherzo : Vivace
4. Tema con varizioni : Andante con moto
5. Finale : Rondo
Cette œuvre s’inscrit clairement dans la tradition de la sérénade du XIXème siècle, telle
que développée par Brahms et par Robert Fuchs. Le modèle de Brahms, qui avait
vivement encouragé le jeune Dohnányi, se fait encore sentir par endroits, mais la
concision formelle et l’économie de moyens de cette Sérénade révèlent une nouvelle
sensibilité en action, où transparaissent aussi des allusions à l’authentique musique
populaire hongroise, que les jeunes collègues du compositeur, Bartók et Kodály, vont
bientôt explorer et collecter.
La saveur hongroise est déjà manifeste dès la Marcia, la plupart des autres mouvements
faisant, de manière plus ou moins sublimée, référence aux thèmes de cette Marche.
Quant à la Romanza suivante, forte d’une longue mélodie aux inflexions hongroises,
elle préfigure clairement la musique de Zoltán Kodály. Plus tard, Dohnányi va arranger
ce mouvement de forme ternaire pour orchestre à cordes.
Le cœur de l’œuvre, un vigoureux Scherzo minutieusement ciselé, présente certains
aspects d’une forme sonate complète et vaut par ses rythmes irréguliers, sa figuration
rapide et son habile traitement fugué des thèmes, tissés ensemble dans la section finale.
Le quatrième mouvement est un corpus de cinq variations sur un thème de type choral (luimême variante de la mélodie magyare de la Marche), d’où émane un lyrisme presque
schubertien. Le Rondo final est sûrement le mouvement au caractère le plus brahmsien.
Vers la fin, la retentissante mélodie magyare du premier mouvement fait une réapparition
inattendue sous sa forme originelle, conférant à l’œuvre une unité structurelle satisfaisante.
d’après hyperion-records.co.uk
127
/ Trio à cordes
/ Ernő Dohnányi (1877 - 1960)
Né en 1877, Ernő Dohnányi était un chef d’orchestre hongrois, compositeur et pianiste.
Il a utilisé une forme allemande de son nom, Ernst Von Dohnanyi, sur la plupart de
ses compositions publiées. Son style de composition est personnel, mais très conservateur. Bien qu’il utilise des éléments de musique folklorique hongroise, il n’est pas
considéré comme un compositeur nationaliste comme Béla Bartók ou encore Zoltán
Kodály. Certains caractérisent son style comme inscrit dans le courant traditionnel
euro-germanique dans la manière de Brahms plutôt que spécifiquement hongrois,
tandis que d’autres entendent très peu de Brahms dans sa musique.
/ Les musiciens
fr.hdclassicalmusic.com
Ludovic Passavant / Violon
Après des études de violon au conservatoire de Caen puis au CNSM de Lyon,
Ludovic Passavant se perfectionne dans la classe de Catherine Courtois. Passionné de musique de chambre, il se tourne vers le quatuor à cordes et étudie
avec le quatuor Ravel en cycle spécialisé au CNSM de Lyon, puis avec le quatuor
Lassalle et Cleveland dans le cadre de la formation Pro Quartet, ainsi qu’avec
le quatuor Ysaÿe au CNR de Paris. Depuis quelques années, il est le premier
violon du quatuor Hypoténuse qui se produit en France et en Europe et avec qui il se fait une solide
place dans le paysage de la musique de chambre. Depuis 1998, il est membre de l’Orchestre de
chambre de Caen. En septembre 2005, Ludovic Passavant devient violon solo de l’Orchestre de la
compagnie lyrique Opéra Éclaté. Il se produit au festival de Saint-Céré, aussi bien en soliste (Quatre
saisons de Vivaldi, Quatre Saisons de Piazzola), qu’en musique de chambre avec les solistes de l’orchestre. Passionné par le floklore et les musiques du monde, Ludovic Passavant joue dans différents
formations de tango argentin et de musique tzigane, répertoire qui le rapproche de ses origines.
Il se produit notamment avec l’accordéoniste Anthony Millet et le violoncelliste Lionel Allemand.
Actuellement sur scène avec Paloma Pradal et Jean-Marc Padovani autour d’une rencontre jazz/
flamenco, il collabore à la sortie d’un nouveau disque pour 2016. Il est également sur scène depuis
septembre 2015, en duo, avec la violoncelliste Maude Ferey autour de la musique du 20ème et 21ème
siècle (Ravel, Kodaly, Martinu, Beffa, etc…).
Stéphanie Blet / Alto
Après des études au Conservatoire d’Angers, Stéphanie Blet intègre l’orchestre
de l’Opéra Éclaté où elle devient alto solo et participe activement aux festivals et
tournées de cette troupe depuis 1998 (opéras, oratorios, musique de chambre
et quatuor du Festival, opérettes). Depuis 2003, Stéphanie Blet joue régulièrement avec l’Ensemble de Basse Normandie, l’Orchestre National des Pays de
Loire, l’Orchestre de Bretagne, l’Orchestre d’Auvergne, l’Orchestre symphonique
de Tours. Stéphanie Blet accompagne également des jeunes chanteurs français comme Babx ou L,
des groupes de rock comme MòN ou Tribute to Led Zeppelin.
Lionel Allemand / Violoncelle
130
cf p. 19
129
/ Accord’Orient Quartet
n 1er août / Eglise Ste Spérie, Saint-Céré / 21h
n 6 août / Abbatiale, Beaulieu-sur-Dordogne / 21h
n 10 août / Cour de l’Archidiaconé, Cahors / 21h
/ St-Céré
Opéra
Accord’Orient
Quartet
Printemps musical
Violon / Marwan Fakir
Accordéon / Julien Gonzales
Alto / Mohammed El Hachoumi
Oud, percussions / Youssef Kassimi Jamal
Production scène Conventionnée pour le Théâtre et Théâtre Musical - Figeac / Saint-Céré
/ Le spectacle
La musique orientale désigne un ensemble de musiques issues du monde arabe
allant du Proche-Orient à l’Atlantique. Malgré leurs multiples ressemblances et leur
tradition orale commune, elles présentent des particularités régionales marquées.
Depuis quelques années, faisant suite aux multiples évènements qui se sont déroulés
politiquement et humainement, des compositeurs novateurs mettent en avant cette
musique orientale dans une écriture plus contemporaine. Ces artistes issus de pays
et de cultures différents voire opposées, mélangent les origines indiennes de la musique
orientale, les influences européennes voire transatlantiques et les rythmes traditionnels
nord-africain voire même des Balkans. Dans ce sens, le choix du répertoire pour ce
spectacle est identique à cette ouverture d’esprit, telle une révolution, un printemps
musical oriental. L’association des quatre instruments tels que le violon, l’alto, le oud
et l’accordéon représentant une forme de quatuor, du type quatuor à cordes dans
la musique classique occidentale, illustre l’évolution de cette musique et du monde
dans lequel elle s’écrit.
Marwan Fakir
130
/ Présentation par Marwan Fakir
L’Accord’Orient en Quartet est dans l’évolution logique de notre travail. En ce sens,
après avoir joué de la musique séfarade, traditionnelle marocaine, andalouse ou encore
tzigane des Balkans, il me paraissait naturel de s’attaquer aux musiques actuelles du
monde arabe.
Ces musiques comprennent l’ensemble des musiques du bassin méditerranéen,
c’est-à-dire de l’Égypte au Maroc en passant par la Turquie, la Tunisie et l’Arménie.
Le bassin rassemble d’ailleurs un grand nombre de compositeurs contemporains tels
que Göksel Baktagir1, un compositeur turc, ou encore Ara Dinkjian2, un compositeur
arménien.
Par ailleurs, ayant beaucoup voyagé cette année, j’ai récupéré un certain nombre de
bandes sonores et j’ai ainsi pu faire plusieurs arrangements.
1 Göksel Baktagir : Né à Kırklareli en 1966, Göksel Baktagir a commencé la musique à l’âge de huit ans avec
l’enseignement de son père. En 1988, il sort diplômé du Conservatoire d’État de la musique turque à l’Université
technique d’Istanbul. Au cours de ses études supérieures, il est entre autres devenu joueur de kanun pour l’État
turc Music Group Istanbul. Il a ensuite voyagé et joué dans différents pays : Angleterre, France, Danemark, Belgique, Hollande, Argentine, Suisse, … Il a écrit ses premières compositions lors de ses études au conservatoire.
Aujourd’hui il a composé pas moins de 200 pièces pour voix et instruments.
2 Ara Dinkjian : Considéré comme l’un des meilleurs joueurs de oud dans le monde, il compose des musiques en
treize langues différentes. Il est connu entre autre pour son hit Homecoming réalisé lors de la cérémonie de clôture
des Jeux olympiques d’Athènes en 2004 et il est le fondateur du groupe instrumental révolutionnaire Night Ark.
/ Les musiciens
Marwan Fakir / Violon oriental
Julien Gonzales / Accordéon
cf p. 135
cf p. 135
Mohammed El Hachoumi / Alto
Actuellement, Mohammed El Hachoumi est un chef d’attaque des seconds
violons à l’ensemble orchestral de Dijon, il joue avec plusieurs ensembles
et orchestres en France et au Maroc, notamment le Quintette Kaléidoscope
et l’orchestre Philharmonique du Maroc. Il s’introduit sur plusieurs scènes et
festivals nationaux et internationaux (Opéra éclaté, Festival de Saint-Céré
(France), Festival Musica Nigella (France), Festival de la musique sacrée du
monde à Fès (Maroc), Festival printemps musical des alizés à Essaouira (Maroc), Festival Musicales
en Folie en France…). Il forme aussi les jeunes musiciens de l’orchestre philharmonique du Maroc.
Youssef Kassimi Jamal / Oud, percussions
cf p. 135
131
/ Splendeurs d’Andalousie
n 2 août / Parc du Château, Carennac / 21h
n 5 août / Église, Catus / 21h
n 7 août / Église, Saint-Michel de Bannières / 21h
n 11 août / Parc du Château, Labastide-Murat / 21h
/ St-Céré
Opéra
Splendeurs
d’Andalousie
Violon oriental / Marwan Fakir
Accordéon / Julien Gonzales
Oud, percussions / Youssef Kassimi Jamal
Production scène Conventionnée pour le Théâtre et Théâtre Musical - Figeac / Saint-Céré
Résidence de création au Théâtre de l’Usine de Saint-Céré en mai 2016.
/ L’âge d’or de l’Andalousie « Al Andalousse »
ou splendeurs de l’Andalousie
Quoi de mieux que la musique pour illustrer et témoigner de l’âge d’or de l’Andalousie
dans toute sa splendeur ; une splendeur qui témoigne à son tour d’une époque de
tolérance, de cohabitation et de liberté. Cette musique résume parfaitement cet esprit
d’ouverture et de créativité qui lui ont permis de résister au temps et persister en Espagne à travers le flamenco, au Maroc à travers « al ala », en Algérie à travers « al gharnati », en Tunisie et en Libye à travers le « malouf »… on retrouve même son influence
jusqu’en Amérique latine.
La musique arabo-andalouse évoluant depuis le IXème siècle est riche en rythmes, en
modes et en émotions ce qui lui donne une grande dimension spirituelle au delà du
divertissement et la place parmi les musiques savantes du monde.
La formation instrumentale qui présente ce concert reflète parfaitement cet esprit
d’ouverture en rassemblant accordéon, violon, oud et percussions joués par des musiciens de différentes cultures … et pour en fin redonner vie à cette musique et la
revisiter différemment.
132
/ Présentation de l’œuvre
par Youssef Kassimi Jamal
Pour ce nouveau concert, notre choix s’est arrêté sur des musiques interprétées, des
pièces instrumentales arabo-andalouses qui existaient depuis le IXème siècle sous le
nom des « Noubas ».
À l’origine il y avait 24 noubas qui correspondaient aux 24 heures de la journée.
Et chaque Nouba se jouait à une heure précise. Cependant, cette musique se préserve
essentiellement par la tradition orale et beaucoup de répertoires ont été perdus au
fil des siècles. Des 24 noubas, il n’en reste aujourd’hui que 11... Les Noubas sont des
musiques qui comportent des parties à la fois chantées et des parties instrumentales.
Nous avons choisi de présenter plutôt des pièces instrumentales en les arrangeant
pour nos trois instruments, c’est-à-dire pour des instruments qui ne sont pas habituellement utilisés dans cette musique, comme l’accordéon. Le but est donc de montrer
que le oud, le violon et l’accordéon peuvent très bien s’accorder et faire évoluer cette
musique vieille de plusieurs siècles.
De plus, nous avons voulu rester dans l’esprit de l’époque où l’Andalousie rassemblait
les trois religions chrétienne, juive et musulmane et où tout le monde s’entendait très
bien.
Par ailleurs, de la même façon que chaque nouba représente une heure précise de
la journée, chaque nouba exprime aussi plusieurs humeurs ou sentiments ou thèmes
comme l’amour, le patriotisme, le spirituel, le vin, les femmes ou encore la nature.
Enfin, nous présentons aussi d’autres formes de musique qui se sont inspirées de la
nouba telle que la musique ottomane et la musique classique orientale (notamment
des compositions de Said Chraibi1 qui a beaucoup travaillé sur la musique andalouse
en s’en inspirant).
Youssef Kassimi Jamal
Said Chraibi (1951-2016) : Autodidacte, Said Chraibi a appris le luth à l’âge de 13 ans.
À partir des années 80, il commence à susciter l’attention dans le milieu de la musique et obtient en 1986 le « plectre
d’or ». Il est classé parmi les meilleurs luthistes du monde arabe et a composé des musiques pour de nombreuses
voix marocaines. Avant-gardiste en ce qui concerne la musique arabo-andalouse, il a également eu un rôle essentiel
dans l’évolution de la lutherie marocaine puisqu’il a été l’inventeur du Oud Bass, du Oud Soprano et Sopranino.
1
/ La presse en parle
« S’il faut faire mille et quelques kilomètres pour découvrir « en vrai » les merveilles
architecturales d’Andalousie, sa musique vient à nos portes, dans le nord du Lot, révéler
ses splendeurs. Quelle chance ! »
journal-laroulotte.fr, mai 2016.
133
/ Splendeurs d’Andalousie
/ Les musiciens
Marwan Fakir / Violon oriental
Marwan Fakir se forme au Conservatoire de Marrakech, de Paris 9° et de Tourcoing.
Il a été un des premiers à introduire le violon à 5 cordes dans la musique
orientale et a donné de nombreux concerts dans le Monde Arabe et
en Europe. Depuis 2000, il travaille dans plusieurs projets du Festival de
Saint-Céré et a créé le duo Accord’Orient avec l’accordéoniste Julien Gonzales.
Il participe également à l’ensemble de musique de chambre Al Jisr. Depuis
2010, il accompagne le chanteur et conteur belge Mousta Largo dans ses tournées. Il mène plusieurs
projets : composition de musique pour Les Numéros Cabaret joués au Printemps des Comédiens,
création du Marwan Fakir Quartet et du Roubaix Ouest, accompagnement de la diva Jahida
Wehbe. Il a intégré le Sextet international et l’orchestre de la diva marocaine Asma Lmnawar.
Julien Gonzales / Accordéon
Né à Besançon, il débute la musique à l’âge de sept ans. Il étudie dans la
classe d’accordéon de Frédéric Deschamps au CNR du IX arrondissement
de Paris jusqu’en 2008. Parallèlement, il étudie l’enseignement général de
la musique, ainsi que la musique de chambre. Puis Julien se perfectionne
dans la classe de Viatcheslav Semjonov à l’Académie GNESSINS de Moscou
jusqu’en 2010. Cet artiste, ouvert à beaucoup de styles musicaux, se produit
dans le monde entier (Chine, Koweït, Gaza, Canada, Japon, Russie, Afrique, etc.) en développant
le projet « Accordéon dans tous ses États » mis en place en partenariat avec les Ambassades de
France et le Ministère de la Culture Français.
Youssef Kassimi Jamal / Oud, percussions
Lauréat du prix du Conservatoire National de Rabat, Youssef Kassimi Jamal
est un habitué de l’orchestre d’Opéra Éclaté : il a composé la musique d’Une
Carmen arabo-andalouse (ms O. Desbordes), assuré la direction musicale du
Café Chantant en 2003. Il a aussi crée l’ensemble de musique de chambre
arabe Al Jisr. Il a enseigné au Conservatoire National de Marrakech et au
Conservatoire Jean-Philippe Rameau de Dijon. Depuis 2005, il dirige l’ensemble
polyphonique arabe « Jossour » à l’institut français de Marrakech (6 CD à ce jour). Conférencier,
Youssef Kassimi Jamal tend aussi à faire connaître le patrimoine arabe et marocain.
134
135
/ Musiques Brésiliennes
n 8 août / La Salmière (source), Miers/Alvignac / 21h
n 9 août / Jardin du musée, Saint-Laurent-les-Tours / 21h
n 11 août / Château, Curemonte / 21h
/ St-Céré
Opéra
Musiques
Brésiliennes
Musiques populaires
et savantes du Brésil
Chant / Karine Serafin
Guitare / Max Mastella
Saxophone, clarinette, flûte / Boris Pokora
Piano / Manuel Peskine
Scène Conventionnée pour le Théâtre et le Théâtre Musical Figeac / Saint-Céré
/ Le projet
C’est un projet initié par Max Mastella, Boris Pokora et moi-même, lors de nos répétitions
pour l’Opéra de Quat’Sous.
En effet, c’est au cours de discussion durant la tournée de l’Opéra de Quat’Sous que
nous avons pris conscience de notre passion commune pour la musique brésilienne.
Notre choix est donc de proposer un répertoire typiquement brésilien y compris dans
l’orchestration (bien qu’il y ait des parties avec du cavaquinho1). Le répertoire intègre
également une chanteuse, puisque la musique brésilienne sollicite très souvent du
chant.
136
Cependant, nous ne souhaitons pas pour autant entrer dans une catégorie d’orchestre
folklorique, c’est pourquoi nous allons proposer un panorama des musiques brésiliennes, en partant de la musique classique brésilienne du XIXème siècle (comme par
exemple le compositeur Heitor Villa-Lobos2) pour arriver à la musique populaire du
XXème siècle.
L’essentiel étant pour nous de mettre en valeur le mélange entre les influences européennes et les sonorités brésiliennes qui nous intéresse grandement.
Manuel Peskine
1 Le Cavaquinho est un instrument de musique d’origine portugaise. Il possède quatre cordes pincées, comme
une guitare. Cet instrument s’est répandu au Brésil où il est parfois surnommé cavaco. On le retrouve également
au Cap-Vert mais également dans la musique indonésienne où il ne possède parfois que trois cordes.
2 H. Villa-Lobos (1887-1959) : il apprend à jouer de la guitare en cachette puis joue dans les Choros, groupes
de musique populaire. Il achève ses études au monastère de São Bento et s’inscrit pour préparer la Faculté de
Médecine. En 1905, il visite le Nord du Brésil où il est intéressé par les musiques populaires qu’il découvre. Il fait
à l’occasion des relevés de chansons. Puis il visite le Sud. Il est déçu par les musiques qu’il y entend car elles sont
trop influencées par les immigrants européens. Par la suite, il s’inscrit à l’Institut National de Musique et suit la
classe d’harmonie de Federico Nascimento. De retour à Rio, il compose deux opéras en un acte, Aglaia et Elisa
qu’il refonde en 1912 dans un opéra en quatre actes, Izaht. Il compose des pièces pour violon et pour piano et
un double quintette à cordes, des mélodies accompagnées au piano, des pièces liturgiques. Il continue à composer et se marie avec la pianiste Lucília Guimarães. Il se produit à Londres, Amsterdam, Vienne, Berlin, Bruxelles,
Madrid, Liège, Lyon, Barcelone... Il est correcteur chez Max Eschig. Il est directeur du Conservatoire international
de Paris et Ducasse le nomme professeur de composition. En 1945, il est le premier président de l’Académie
brésilienne qu’il a contribué à fonder.
/ Le répertoire
Des racines amérindiennes jusqu’à l’influence portugaise en passant par les rythmes
des esclaves africains, la musique brésilienne témoigne du métissage permanent
entre musique populaire et musique savante.
Le Choro (« pleur » en portugais) surgit vers la fin du XIXème siècle et désigne les
groupes instrumentaux et les fêtes où étaient jouées polka, valse, mazurka… interprétées
à la brésilienne, en accentuant notamment le côté sentimental sous l’influence de la
musique portugaise…
La Samba, danse populaire par excellence avec Cartola ou Paulinho da Viola, qui devient
afro-samba avec Baden-Powell ou qui s’embourgeoise et devient chanson des quartiers
riches avec Ary Barroso…
La Bossa Nova qui fut d’abord une musique intimiste de salon littéraire, dévoilée par
Tom Jobin et Vinìcius de Moraes, qui mélangera jazz américain et samba brésilienne…
puis un peu plus tard la MPB (ou Musique Populaire Brésilienne) qui s’imposera quand
les musiques traditionnelles du pays s’ouvriront au jazz et au rock anglo-saxons, avec
des compositeurs/interprètes tels Chico Buarque, Maria Bethânia, Caetano Veloso…
Au fil du temps les interactions entre musique traditionnelle et musique savante n’ont
jamais disparu : on retrouve chez les compositeurs « classiques brésiliens » du XXème
siècle tels Heitor Villa-Lobos ou Claudio Santoro, tous ces éléments de folklore traditionnel.
137
/ Musiques Brésiliennes
/ Les artistes
Karine Serafin / Chant
Elle a commencé ses études musicales au CNR de Caen. Tout d’abord pianiste,
elle décide de se consacrer au chant et à la musique ancienne avec Caroline
Pelon, au conservatoire du 7ème art à Paris. Elle se produit régulièrement en
tant que soliste dans diverses formations, tant en France qu’à l’étranger, collaborant ainsi avec des spécialistes de la musique ancienne, et travaille également au sein d’ensembles vocaux dans des répertoires allant du baroque au
contemporain : « Jacques Moderne », « Les Éléments », « William Byrd », « Les Lunaisiens »… ensembles
avec lesquels elle a l’occasion d’enregistrer différents disques. Depuis 2002, elle voyage régulièrement au Brésil pour enseigner la musique ancienne lors de stages tout en participant là-bas à
des concerts et des enregistrements. Elle s’intéresse aussi à la musique vocale du 20ème siècle et
participe ainsi à diverses créations de spectacles avec des compagnies de danse contemporaine,
de théâtre et ciné-concert depuis janvier 2000. Elle chante également depuis novembre 2006
au sein du quintette vocal « Cinq de Cœur » dans les spectacles d’humour musical Chasseurs de
sons, Métronome et actuellement Le concert sans retour.
Max Mastella / Guitare
Originaire d’Italie, le guitariste a joué avec le trompettiste Paolo Fresu, le
saxophoniste Francesco Bearzatti, le batteur Massimo Chiarella, puis a eu
l’occasion d’explorer différents styles musicaux, allant du jazz (Hiéiko Kan
Quartet, prix de composition au trophée du Sunside 2005, Jocelyn Mienniel
Tro, Jerry Edwards Trio) à la chanson (le groupe Bang-Bang, qui apparaîtra
dans le film de Laura Morante La Cerise sur le gâteau) en passant par le slam
(Yamlayam) et la musique électro-acoustique (Resyn, Driftin’Orchestra). Il a participé à l’enregistrement de la musique du film Ma Compagne de nuit de I. Brocard sur des musiques de Manuel
Peskine ainsi qu’au spectacle de la comédienne et chanteuse Sophie Forte. Titulaire d’une médaille
d’or de Jazz à l’ENM de Montreuil mais également du Diplôme d’État de professeur de Jazz, Max
Mastella enseigne au Conservatoire de Saint-Germain-en-Laye depuis 2008 et au Conservatoire
de Puteaux depuis 2013.
Boris Pokora / Saxophone, clarinette, flûte
Multi instrumentiste (saxes, clarinette, flûte, chant) il obtient divers prix : 1er Prix
mention très bien du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris où
il étudie avec notamment Ricardo Del Fra, Glenn Ferris..., 1er Prix du Concours
International de solistes de jazz de Szcezcin, 1er lauréat du Tremplin d’Ile de
France, 1er Prix à l’unanimité des Trophées du Sunside, avec son propre quartet,
et prix de composition... Il a eu l’occasion de collaborer, en tant qu’alto lead,
avec des musiciens tels que Chris Potter, Frank Lacy, Steve Wilson, Bill Oleman, Steve Lacy, Lionel
Belmondo ou Ivan Jullien. Outre le jazz, il se spécialise aussi dans la musique brésilienne et les
musiques traditionnelles d’Amérique latine. Il intègre en 2010 le nouveau projet Afrojazzbeat
d’Éric Legnini, avec qui il enregistre trois disques, dont « The VOX » qui est élu meilleur disque
instrumental aux victoires de la Musique Jazz. Il s’est produit dans les plus grands festivals de Jazz
en France.
Manuel Peskine / Piano
138
cf p. 27
139
/ New Orleans Jazz at the Usine
/ St-Céré
Opéra
n 6 août / Théâtre de l’Usine, Saint-Céré / 19h30
n 14 août / Théâtre de l’Usine, Saint-Céré / 19h30
New Orleans
Jazz at the
Usine
« When the 4’sous
go marching in »
Piano / Manuel Peskine
Contrebasse / Alice Hoquet
Clarinettes, saxophones / Nicolas Fargeix, Boris Pokora
Trompette / Marie Bedat
Trombone / François Michels
Banjo / Max Mastella
Accordéon / Laurent Derache
Percussions / Samuel Domergue
/ Le répertoire (À titre indicatif)
Mack the Knife / When the Saints go marching in / Caravan / Mood Indigo /
SING, SING, SING / Basin Street Blues / Sweet Georgia Brown / Down by the riverside /
Saint James Infirmary
140
/ Le projet
Parce que le Festival de Saint-Céré c’est aussi la compagnie Opéra Éclaté, les artistes
se côtoient sur plusieurs productions lyriques ou de théâtre musical toute l’année sur
les routes de France et d’Europe. Parfois, naissent de ces rencontres, des projets plus
variés, plus libres. Ce projet de jazz en fait partie. Alors que les musiciens se retrouvaient autour de l’Opéra de Quat’Sous, ils ont exprimé le souhait de reprendre des
standards de dixieland, de « hot jazz américain » notamment, de Basin street blues à
Mack the Knife.
« C’est par le biais de l’orchestre de l’Opéra de Quat’Sous (qui était quasiment le même
que pour Cabaret) que nous autres musiciens avons eu l’envie de créer un projet de
jazz.
En effet, il se trouve que les deux répertoires que ce soit pour Cabaret, avec un répertoire
des années 30 inspiré du jazz, ou bien pour l’Opéra de Quat’Sous et la musique de
Kurt Weill d’inspiration des années 20, les influences musicales se rejoignent.
Par ailleurs, pour s’échauffer et commencer nos répétitions, nous avons pris l’habitude
de prendre ce répertoire là.
Olivier Desbordes, directeur du Festival, nous a entendu et nous nous sommes dit
que cela serait une bonne idée à programmer sous forme de concert.
Enfin, nous souhaitons donner à ce projet une dimension d’improvisation où chaque
musicien sera libre d’improviser une partie au cours du concert ».
Manuel Peskine
/ Les artistes
Manuel Peskine / Piano
cf p. 27
Alice Hoquet / Contrebasse
Née en 1990, elle commence la Contrebasse à l’âge de 7 ans dans la classe de Jean-Marc Cochenet
au Conservatoire de Charleville Mézières. En 2008, elle intègre la classe de Daniel Marillier au
CRR de Boulogne Billancourt et y obtient deux ans plus tard le 1er prix. Elle se perfectionne depuis
auprès de Jean-Edmond Bacquet, soliste de l’Orchestre National de France. Elle est régulièrement
sollicitée pour jouer dans les formations telles que : l’Orchestre Philharmonique de Strasbourg,
l’Orchestre Symphonique de Bretagne, l’Orchestre Symphonique de Région Centre - Tours, l’Orchestre Pasdeloup, l’Orchestre de Caen... Depuis 2012, elle fait partie de la troupe Opéra Éclaté.
Nicolas Fargeix / Clarinette, saxophone
Nicolas Fargeix obtient le premier prix de clarinette (à l’unanimité, premier nommé) du CNSM de
Paris dans la classe de Michel Arrignon, ainsi que le premier prix de musique de chambre. Lauréat
des concours internationaux de Genève et Séville, il se produit comme soliste et chambriste, collabore avec les orchestres parisiens et fait partie des ensembles tm+ et Archimusic. Passionné de
Jazz, Nicolas Fargeix joue au sein de diverses formations, du duo au big band.
Boris Pokora / Clarinette, saxophone
cf p. 139
141
/ New Orleans Jazz at the Usine
Marie Bedat / Trompette
Née en 1982 à Pau, cette jeune béarnaise est initiée à la musique dès l’âge
de cinq ans à l’école de musique municipale de Lescar où elle débute la
trompette. Elle poursuit ensuite ses études musicales à l’École Nationale de
Musique de Pau avant d’intégrer le Conservatoire Régional de Bordeaux où
elle obtient en 1999 le prix de déchiffrage, en 2000 le prix d’instrument et le
prix de musique de chambre, ce qui lui permet d’enseigner deux ans dans
l’école de ses débuts. Après une année au CNR de Lyon, elle entre au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris, où elle obtient en 2007 un premier
prix en instrument en musique de chambre. Son parcours musical lui permet de travailler avec
de nombreux orchestres français comme l’Orchestre de l’Opéra de Paris. Membre de l’Orchestre
Opéra Éclaté depuis 2004, son éclectisme la fait se produire dans des groupes de salsa et de
musique de rue.
François Michels / Trombone
Né à Charleville-Mézières, François Michels commence le trombone à 8 ans. Il poursuit ses études
musicales au CNR de Nantes puis au CNR de Rueil-Malmaison où il obtient un premier prix et
un prix d’excellence en 1997. Il entre au CNSM de Paris la même année, où il reçoit un premier
prix de musique de chambre à l’unanimité en 2000, puis un premier prix de trombone en 2001.
François Michels est aujourd’hui régulièrement invité au sein de formations prestigieuses tels que
l’Orchestre National de France, l’Orchestre de Paris, l’Opéra de Paris, l’Orchestre National des
Pays de la Loire, l’Orchestre de Bretagne... Parallèlement, il consacre une partie de son temps à
l’enseignement, au CRC de Fontenay-sous-bois puis au conservatoire de Villeneuve-sur-Yonne.
Max Mastella / Banjo
Laurent Derache / Accordéon
cf p. 139
cf p. 17
Samuel Domergue / Percussions
1er prix du Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris, Samuel
Domergue joue avec Pierre Boulez, l’Orchestre National de France dirigé par
Kurt Masur, Daniele Gatti, l’ensemble baroque Le Poème Harmonique… De
plus, son expérience à la Berklee School de Boston lui ouvre des voies dans
des musiques plus actuelles avec Johnny Hallyday, Florent Pagny, Charles
Aznavour, Michel Legrand, Calogero, Julien Clerc, Noa, Lalo Schifrin, Vladimir
Cosma, Jean-Claude Petit, Jérôme Savary. Samuel Domergue joue également sur des plateaux de
télévision avec Michel Delpech, Laurent Voulzy, Patrick Bruel. Il tourne à l’étranger avec Raymond
Lefèvre, René Aubry, Vangelis dirigé par Yvan Cassar et participe également à la bande originale
du film John Rabe. Samuel Domergue est batteur dans les comédies musicales : Un violon sur le toit,
Le Roi Lion, Rendez-vous avec Kad Merad, Il était une fois Joe Dassin, Avenue Q, Mamma mia…
142
143
/ Entretiens de Figeac
/ Autour des
spectacles
/ À Figeac, samedi 23 juillet
Entretiens de Figeac
Théâtre de l’Archicube
/ Les rendez-vous gratuits
du Festival de Théâtre de Figeac
Lectures, tous les jours au Jardins des Écritures à 18h
/ Les rendez-vous off gratuits
du Festival de Saint-Céré
Les rendez-vous gratuits : Concerts, répétition générale,
Expositions d’Art Contemporain
Visites guidées organisées par le Pays d’Art et d’Histoire
à Sousceyrac, Saint-Michel-de-Bannières et à la Source Salmière Miers/Alvignac
/ Nos partenaires culturels
à Figeac :
Musée Champollion
Visites nocturnes
à Saint-Céré et sur la Vallée
de la Dordogne lotoise :
Atelier Musée Jean-Lurçat
Le 50ème anniversaire de la mort de Jean Lurçat
​Les châteaux de Castelnau-Bretenoux, Montal et Assier
144
n Samedi 23 juillet / 14h30 / Jardins de la Mairie
/ 12ème édition des
Entretiens
de Figeac
Réservation obligatoire à la billetterie du Festival - Entrée gratuite
/ La jeunesse, entre volonté d’avenir et précarité
La jeunesse a fait irruption sur la scène politique française à la suite des événements
de mai 1968 et ne l’a plus quittée depuis. Elle a été à l’origine de mutations culturelles
majeures dans le style de vie et les modes d’expression artistique, elle a aussi amorcé
des transformations sociales radicales dans la famille, les relations de travail et les
organisations privées et publiques.
Mais si la jeunesse était il y a 60 ans une jeunesse révoltée et conquérante, elle est
aujourd’hui inquiète et désireuse d’inventer d’autres formes d’actions politiques et
sociales. La dégradation des perspectives d’emploi des jeunes, la perte de valeur des
diplômes, le choc du 13 novembre qui visait d’abord la jeunesse obligent à poser la
question à nouveaux frais. On achève bien la jeunesse, titrait un ouvrage récent, qui
soulignait le bien fondé de son pessimisme, mais d’un autre côté, comment ignorer
que l’innovation française est en grande partie portée par la jeunesse ?
Les Entretiens de Figeac 2016 dresseront l’état des lieux : à quel degré et comment
la jeunesse française est-elle soucieuse de son avenir, n’abrite-t-elle pas des sources
d’action qui ne demandent qu’à se déployer ?
Avec /
Agathe Cagé, membre du cabinet de la ministre de l’Éducation nationale et fondatrice
du think tank Cartes sur table, qui interviendra sur l’état de la jeunesse et les nouvelles
formes de réflexion et d’action politique.
Guillaume Le Blanc, philosophe et sociologue, universitaire, auteur de nombreux ouvrages,
qui traitera de la situation sociale, économique et culturelle de la jeunesse.
Hélène Xuan, économiste et Déléguée générale de la Chaire Transitions Démographiques, Transitions Économiques.
Monique Canto-Sperber, philosophe, ancienne directrice d’institutions universitaires,
qui parlera des questions de la formation supérieure et de la massification des universités.
145
/ Entretiens de Figeac
/ Les intervenants
Monique Cantos Sperber
Monique Cantos Sperber a fait ses études à l’École normale supérieure de jeunes filles
dite de Sèvres. Elle est agrégée et docteur en philosophie. Elle a enseigné à l’université de
Rouen, puis à l’université d’Amiens avant d’entrer au CNRS comme directrice de recherche
en 1993. Elle a été membre du Comité Consultatif national d’éthique de 2001 à 2004, puis
en est devenue vice-présidente jusqu’en 2007. De 2006 à 2010, elle est professeur au Département des humanités et sciences sociales de l’École Polytechnique. En tant que haut
fonctionnaire, elle a servi l’État en conseillant le gouvernement sur des questions de philosophie morale, un domaine pour lequel elle a créé en 1993 la collection « Philosophie
morale » (bientôt suivie de « Questions d’éthique », en 2000) aux Presses Universitaires de
France. Elle est la première femme à être nommée à la direction de l’ENS. Elle restera à la
tête de l’établissement de 2005 à 2012. Elle quittera l’institution pour prendre la présidence
de la fondation Paris Sciences et Lettres.
Agathe Cagé
Ancienne élève de l’ENS Ulm et de l’ENA, diplômée en science politique, droit public et
finances publiques, Agathe Cagé est conseillère en charge du second degré, des programmes et de l’évaluation des élèves au cabinet de la ministre de l’Éducation nationale,
de l’Enseignement supérieur et de la Recherche. Elle poursuit parallèlement ses recherches
en science politique sur le rôle des acteurs hybrides dans les interactions entre intellectuels
et professionnels de la politique comme doctorante au CESSP. Elle préside le think tank
Cartes sur table, qu’elle a cofondé.
Guillaume Le Blanc
Il est un philosophe et écrivain français, maître de conférences à l’université Michel-de-Montaigne, à Bordeaux et actuellement professeur de philosophie à l’université de Paris Est Créteil
où il est titulaire de la chaire de « philosophie pratique ». Il a signé plusieurs ouvrages sur
Canguilhem, La Vie humaine. Anthropologie et biologie chez Georges Canguilhem (PUF,
2002) et Canguilhem et les normes (PUF, 1998), ainsi que sur Foucault, La Pensée Foucault
(Ellipses, 2006). Il est aussi l’auteur de Vies ordinaires, vies précaires (Seuil, 2007) et de Dedans,
dehors. La condition d’étranger (Seuil, 2010).
/ Entretiens de Figeac
n Samedi 23 juillet / 18h30 / Salle Charles Boyer - l’Astrolabe
Réservation obligatoire (3-8€)
Le Théâtre de l’Archicube présente :
Triple Anouilh
composé d’Humulus le muet, La Belle Vie
et Épisode de la vie d’un auteur
Le Théâtre de l’Archicube est la troupe de l’association des anciens élèves de l’École
Normale Supérieure de la rue de l’Ulm, fondée par une poignée d’anciens élèves unis
par une commune passion du théâtre.
Mise en scène / Christophe Barbier
Musique / Stephan Caso
Avec / Morgane Locker, Florence Méaux, Dorothée Stik, Hélène Valade,
Christophe Barbier, Yves Boubenec, Stephan Caso, Pierre Cordier,
Patrick Guérin, Helman le Pas de Sécheval
Hélène Xuan
Déléguée générale de la Chaire Transitions Démographiques, Transitions Économiques
(Chaire TDTE). Membre du Club XXIe Siècle. À ses débuts, elle collabore avec Yazid Sabeg
dans le cadre du plan Borloo pour la déségrégation des quartiers au sein du Comité d’Évaluation et de Suivi de l’ANRU (Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine). Après un
passage à l’ACAM (Autorité de contrôle des assurances et des mutuelles), elle rejoint le
cabinet de Yazid Sabeg nouvellement nommé Commissaire à la Diversité et l’Égalité des
Chances en décembre 2008, en tant que conseillère. En 2010, elle prend la direction scientifique d’une Chaire de recherche sur les Transitions Démographiques et Transitions Économiques (Chaire TDTE) dont elle assure aujourd’hui la direction générale. Elle est titulaire
d’un doctorat en sciences économiques qui a porté sur le vieillissement démographique et
la croissance. Elle publie Vivre un Siècle aux Éditions Descartes en 2011. Son dernier ouvrage
s’intitule France, le désarroi d’une jeunesse co-écrit avec J-H. Lorenzi, paru en février 2016
aux Editions Eyrolles.
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/ Les rendez-vous gratuits du Festival de Théâtre de Figeac
/ Les rendez-vous gratuits du
Festival de
Théâtre de Figeac
En cas de repli les lectures seront données à la salle Balène de Figeac
n Dimanche 24 juillet / Jardins des Écritures / 18h
Ma Grotte Noire Noire
de Franck Achard
Lecture musicale par Hélène Poussin
et Jacques Kaki Perrin (au violoncelle)
de la compagnie Les Pieds bleus,
proposée par l’association Lire à Figeac
Tout public à partir de 8 ans
« Pas facile facile, quitter tout ça. Ouais, tout ça, là, que
tu vois, ou que tu vois pas. Je sais pas. Pas facile facile,
en tout cas, quitter mon jardin de sable, il faudrait
pourtant. »
Un être étrange vit sous la mer, dans le monde des « vagues vues par dessous ». Pour
tout voisin, un grand poulpe qui vit dans une grotte noire bien noire. Effrayant ? Sympathique ? Il ne sait pas vraiment. Il ne peut le savoir puisqu’il n’y est jamais allé dans
cette grotte. Bref, une inconnue dans l’enclos de son « jardin de sable sous l’eau ». Le
personnage rêve d’un ailleurs. Il rêve... Et puis fi des rêves ! Il faut partir. Il part donc à
l’aventure, bien décidé à découvrir le monde !
Une épopée drôle, décalée et poétique, initiatique, pour parler de la naissance, de
la transformation.
L’auteur
Franck Achard est né à Caen en 1974. Il débute l’écriture par la musique à laquelle il se consacrera
jusqu’à la fin des années 90.
L’écriture théâtrale pour la jeunesse devient alors l’un de ses territoires d’expression privilégié
(huit de ses pièces y sont consacrées). Une première représentation d’une de ses pièces Nous,
Cerise est présentée en 2013 au festival « Passages de témoins », puis en 2014, Franck Achard
devient associé du théâtre du Rivage à Saint-Jean-de-Luz pour lequel il écrit trois pièces, dont Ma
grotte noire noire, et travaille sur un projet d’écriture autour de l’œuvre de Karin Serres.
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/ Les rendez-vous gratuits du Festival de Théâtre de Figeac
n Lundi 25 juillet / Jardin des Écritures / 18h
Atteintes à sa vie de Martin Crimp
Lecture par Clément Chébli et Pauline Moulène
Atteintes à sa vie se compose de « 17 scénarios pour le théâtre », 17 scènes où les discours de nombreux personnages offrent le portrait morcelé d’une femme, Anne. Elle
a connu la guerre puis posé des bombes, elle a découvert une particule élémentaire
et communique avec les extraterrestres, elle est la voisine de palier et la star de porno.
L’œuvre donne à voir différentes facettes - réelles ou fantasmées -
Martin Crimp
Martin Crimp est un grand nom de la scène britannique. Son écriture
est souvent comparée à celle d’un compositeur ; elle est musicale. Il obtient
le John Whiting Award for Drama en 1993, puis différentes bourses
d’écriture. Il effectue une résidence d’auteur à New York en 1991 et entre
comme auteur associé au Royal Court Theatre à Londres en 1997.
La même année, il écrit et met en scène Atteintes à sa vie (Attempts on
her Life). Ses premières pièces sont créées à l’Orange Tree Theatre de
Richmond : Living Remains (1982), Four Attempted Acts (1984), Definitely
the Bahamas (1987), Dealing With Clair (1998), Play With Repeats (1989),
puis au Royal Court Theatre : No One Sees the Video (1990), Getting Attention (1991) et The Country (2000). Sa dernière pièce, Face to the Wall, une petite forme de
quinze minutes, y est créée en mars 2002. Il écrit également pour la radio (Three Attempted Acts,
qui obtient le Best Radio Plays en 1985) et signe de nombreuses adaptations théâtrales : La Veuve
Joyeuse de Franz Lehar (2000), crée au MET à New York, Le Triomphe de l’amour de Marivaux
(l999), Les Bonnes de Jean Genet (1999), Le Misanthrope de Molière (1996), Roberto Zucco de
Bernard-Marie Koltès (1997), crée par la RoyaI Shakespeare Company et Les Chaises d’Eugène
Ionesco (1997). Ses pièces sont traduites et jouées dans de nombreux pays d’Europe, en particulier
en Allemagne. En Belgique, Marcel Delval met en scène Attempts on her Life, (texte français d’Eric
Kahane) au Rideau de Bruxelles en 1997, et Personne ne voit la video (No One Sees the Video,
texte français de Danielle Merahi) au théâtre Varia en 2001. (festival-automne.com)
Les artistes :
Pauline Moulène
Clément Chébli
cf p. 153
cf p.96
n Mardi 26 juillet / Jardin des Écritures / 18h
L’Homme-joie de Christian Bobin
Lecture par Isabelle Luccioni
(spectacle Ulysse(s)).
Dans L’Homme-Joie, Christian Bobin ouvre des brèches de lumière dans le plus profond
du désespoir. Son écriture est une douce musique, une lumière qui nous accompagne,
nous console, comme une main amie. Isabelle Luccioni
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/ Les rendez-vous gratuits du Festival de Théâtre de Figeac
L’auteur
Après avoir étudié la philosophie, Christian Bobin travaille pour la bibliothèque municipale d’Autun puis
en tant que rédacteur à la Revue Milieux.
Ses premiers textes se situent entre essais et poésie
(Paroles d’Aube, Le Temps qu’il fait aux éditions Brandes).
Sa forme d’écriture est le fragment, forme faite de petits
tableaux représentatifs d’un moment. Ses ouvrages
peuvent tenir tant du roman, que du journal ou encore
de la poésie en prose. Il connaît certains succès notamment pour Une petite robe de fête en 1991 et Le TrèsBas en 1992.
Extraits
« Un livre est voyant ou il n’est rien. Son travail est d’allumer la lumière dans les palais
de nos cerveaux déserts. L’écriture en sait plus long que la mort et de ça, je suis sûr. ».
« J’ai lu plus de livres qu’un alcoolique boit de bouteilles. Je ne peux m’éloigner d’eux
plus d’un jour. Leurs lenteurs ont des manières de guérisseur. »
« Écrire, c’est dessiner une porte sur un mur infranchissable, et puis l’ouvrir. »
La presse en parle
« L’Homme-Joie est incroyablement lumineux. Peut-être faut-il le situer comme le point
le plus lumineux, d’ailleurs, dans une bibliographie superbe mais torturée, où la mélancolie, l’absence et la mort tiennent une place déterminante ».
L’Express, 12 février 2013.
« Court livre, sobre et envoûtant ».
Télérama, 22 avril 2015.
n Mercredi 27 juillet / Jardins des Écritures / 18h
Malacarne de Giosuè Calaciura
Avec Pierre Stefan Montagnier (spectacle Richard II)
Le texte
Malacarne est le premier roman écrit par Giosuè Calaciura il y a de cela une vingtaine
d’années déjà. Comme l’indique son titre Malacarne qui signifie « petit tueur de la
mafia », l’auteur met en scène des petits gars nés d’une mauvaise loterie de départ.
Ils assassinent en série, déjouent les règles d’une justice elle-même souvent corrompue,
meurent d’une mort précoce dans des guerres de pognon sans foi ni loi.
Le texte est écrit sous la forme d’un monologue adressé à un « Monsieur le juge ».
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Giosuè Calaciura, journaliste, nourrit son roman d’événements identifiables de l’histoire d’une mafia qui déborde
les frontières de l’Italie. Il met en scène, sans jamais le
nommer un juge célèbre aisément reconnaissable et plusieurs générations de mafieux.
L’écrivain transcende l’effroyable réalité par une forme littéraire épique. L’écriture court à un rythme effréné, brasse
réel et imaginaire, sordide et grandiose en une suite de
phrases aux accents baroques
Giosuè Calaciura
Giosuè Calaciura est né à Palerme en 1960. Il vit et travaille aujourd’hui à Rome. Il est
journaliste et collabore régulièrement avec de nombreux quotidiens et diverses revues.
Il écrit également pour le théâtre et la radio. Ses premiers écrits, des nouvelles, ont été
publiées dans diverses revues (telles que Il Sole 24 Ore, Lo Straniero, Nuovi Argomenti)
et dans des anthologies d’écrivains méridionaux comme Luna nuova, présentée par
Goffredo Fo et Disertori, Sud : Racconti dalla frontiera, présentée par Giovanna de
Angelis (Einaudi, 2000). En 2002, Passes noires sur le thème de la prostitution de filles
noires entrées clandestinement en Italie, a été finaliste à l’un des prix littéraires italiens
les plus prestigieux, le Campiello. En 2006, est publié Ubi et Orbi sur le thème d’un
pape entouré d’une bande de prélats corrompus.
n Jeudi 28 juillet / Jardin des Écritures / 18h
Franck V de F. Dürrenmatt
Lecture par les comédiens de l’Opéra de Quat’Sous
Gottfried Frank est le cinquième directeur de la dynastie des banquiers Frank. On
l’appelle aussi Gottfried le philanthrope. Il n’aime pas la finance mais la philosophie et
par-dessus tout Goethe. Son père régnait sur Wall Street, son grand-père tenait toute
la Chine, mais lui a dilapidé la fortune familiale et ne possède même plus de quoi
financer une petite usine électrique. C’est pourquoi il décide de liquider sa banque
petit à petit et de mettre un terme à ses activités pour jouir de ses derniers biens. Il se
fait passer pour mort. Le cadavre d’un imbécile le remplace dans son cercueil et lorsqu’il veut quitter le placard où il est caché, il se déguise en curé. Son épouse, Ottilie,
le suivra dans une fausse mort. Le Président de la République se chargera de leurs
dettes. Les enfants de Frank V et Ottilie sont élevés dans des collèges chics à Oxford
et à Montreux. Ils sont tenus à l’écart de la vie professionnelle de leurs parents, qui désirent leur donner une éducation honnête. Mais les deux jeunes héritiers ont les dents
longues. Après avoir découvert le pot aux roses, ils font chanter leurs parents et finissent par éliminer réellement leur père. Le jeune Herbert, Frank VI, enterre son père
vivant dans un coffre-fort de la salle du trésor. Ils pourront ainsi toucher l’assurance qui
leur permettra de remonter la célèbre banque de leurs ancêtres. Ottilie veut avouer
ses forfaits et être punie, mais le Président de la République, son ancien amant, ne
peut décidément pas pousser l’honnêteté jusque-là ! Il lui pardonne. Autour de cette
famille, des employés dévoués, de riches clients, des voleurs, la putain de service, le garçon
de café, tous hauts en couleur.
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Extraits
« Nous avons pourtant une âme
Et nous rêvions tous d’un idéal
Mais dans ce monde brutal
Il nous faut bien être infâmes…
Tandis que les « sans-le-sou »
Sont tranquilles et peuvent rire
Tout leur saoul
Mais pas nous ».
L’auteur, Friedrich Dürrenmatt
Il est né en janvier 1921 à Konolfingen (canton de Berne) et est mort en décembre 1990 à Neuchâtel.
Fils de pasteur, il fit des études de philosophie et de théologie à Berne, puis à Zürich. Il assura la
critique dramatique à la « Weltwoche » et écrivit pour un cabaret de chansonniers antifascistes
« Le Cornichon ». Passionnément épris de peinture, il voulait devenir peintre. Pour avoir le recul
nécessaire face à ses tableaux, il se mit à écrire. Il signa son entrée en littérature en 1947, avec
une pièce qui fit scandale à Zürich : C’est écrit (Es steht geschrieben). Il vécut ensuite à Neuchâtel,
où il s’installa définitivement en 1952, continuant à peindre en même temps qu’il poursuivait son
œuvre littéraire, unanimement reconnu comme un maître de la prose allemande contemporaine
et un des dramaturges majeurs de notre temps dès 1956, où le triomphe de La Visite de la vieille
dame (Der Besuch der alten Dame) lui apporta célébrité et indépendance matérielle. C’est par ses
pièces de théâtre que Dürrenmatt acquit une notoriété mondiale. Il a écrit plus de vingt comédies,
de nombreuses pièces radiophoniques et des adaptations pour la scène. Mais il écrivit également
des romans de type policier. Enfin, dans d’autres écrits en prose, Dürrenmatt adopta définitivement une attitude de plus en plus engagée comme observateur perspicace de la scène politique
internationale. (archives.theatreosses.ch)
Extraits des critiques parues à la création française de la
pièce en 1963
« Suspense policier et tragédie grecque »
Mythe, fable ou simple satire ? Tout cela ensemble, et un jeu théâtral diablement habile
et réussi qui mêle le suspense policier à la tragédie grecque.
Georges Lerminier, Le Parisien Libéré
« L’Opéra des quat’milliards »
C’est sarcastique, sec, dur, cinglant, cruel, mais, la plupart du temps, on rit. (...) Le spectacle
de la peur que s’inspirent mutuellement les hommes finit lui-même par nous apparaître
sous les aspects d’une bouffonnerie grandiose.
Jean-Jacques Gauthier, Le Figaro
« Du très grand théâtre »
Tout cela, dans le burlesque comme dans le drame, est affirmé avec une violence et
une brutalité tout à fait incomparables. C’est du très grand théâtre. (...) Friedrich Dürrenmatt est en passe de devenir le plus grand dramaturge européen.
Pierre Marcabru, Paris-Presse
« Un des spectacles les plus drôles de la saison »
Sur le canevas de cette farce satirique, Dürrenmatt, adapté par Porret, a conçu un enchaînement de sketches d’une cocasserie toujours renouvelée, entrelardés de lyrics de
Caussimon, sur une musique de Burkhard, qui vaudraient à eux seuls le déplacement.
Gilbert Guilleminault, L’Aurore
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n Vendredi 29 juillet / Musée Champollion / 18h
Correspondances des frères
Champollion
Lecture par Pauline Moulène
et Benjamin Moreau
L’année 2016 marque les trente ans de l’ouverture du
musée Champollion au public.
À cette occasion, un prêt exceptionnel d’objets et d’effets
personnels du déchiffreur des hiéroglyphes conservés
au musée Champollion de Vif, en Isère, permet désormais au visiteur d’approcher l’intimité de Jean-François
Champollion dans sa maison natale, à Figeac.
Cette même année voit la publication par le musée
Champollion – Les Écritures du Monde du travail
réalisé par Karine Madrigal à partir des archives de
Jacques-Joseph Champollion-Figeac, conservées aux
Archives départementales de l’Isère. Un large choix de lettres des deux frères, dont
de nombreuses étaient inédites, permet ainsi de réaffirmer les liens étroits de ces
illustres savants avec Figeac.
À travers ces Correspondances, c’est, au-delà de l’image du génial déchiffreur, la personne
intime qui se découvre, dans sa relation avec sa ville natale, ses affaires familiales comme
ses convictions profondes et leurs conséquences sur sa vie personnelle. La lecture de ces
lettres est aussi l’occasion de découvrir une personnalité forte sans cesse tournée vers
l’accomplissement du but de toute une vie, mais aussi, plus simplement, un homme
entier doué souvent d’une ironie mordante et d’un franc parler réjouissants.
Le Festival de Théâtre de Figeac et le musée Champollion – les Écritures du Monde
se proposent, au travers de ce choix de lettres, de faire entendre cette voix illustre et
profondément humaine dans les lieux mêmes où elle a retenti.
Les lecteurs
Pauline Moulène / Comédienne
Après une formation au Cours Florent, Pauline Moulène intègre la 62ème promotion de l’ENSATT
à Lyon. Elle rejoint ensuite la troupe de la Comédie de Valence (Centre Dramatique National
Drôme-Ardèche) dans laquelle elle y joue notamment des pièces de Racine, Molière, Claudel et
Shakespeare. Puis elle s’installe à Paris et joue à La Comédie Française dans La Folie d’Héraclès
d’Euripide mis en scène par Christophe Perton. Olivier Desbordes lui propose de jouer Maria
dans sa mise en scène du Malentendu de Camus au festival de Figeac. Elle retrouve le metteur en
scène en 2014, pour le rôle de Fraulein Kost dans la comédie musicale Cabaret. Parallèlement à la
scène, elle participe à de nombreuses fictions radiophoniques pour Radio France. Au cinéma, on
l’a vue récemment dans L’Air de rien de G. Magne et S. Viard.
Benjamin Moreau / Comédien
cf p. 95
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n Samedi 30 juillet / Jardins des Écritures / 18h
Partition pour deux âmes soeurs
de Jessica Laryennat
Lecture par les comédiens de Caligula
C’est une lecture à deux voix qui est proposée ici. Cette
oeuvre écrite par Jessica Laryennat est le prochain projet
de Ah! Le Destin Compagnie.
Le texte
Un homme. Une femme.
La rencontre de deux êtres dans un monde qui va trop vite pour eux, qui les pousse
dans leurs retranchements, les marginalise, dans lequel ils se réinventent un univers
où ils s’isolent de plus en plus. L’union de deux destins qui se déroulent comme la
partition d’un orgue de barbarie.
Vies perforées qu’un engrenage imperceptible et implacable mène jusqu’au moment
où ils se demandent : « Mais comment en est-on arrivés là ? »
La compagnie et les artistes
cf p. 39 à 41
n Lundi 1er août / jardin des Écritures / 18h
Le Nouveau Pathelin
Farce médiévale
Lecture par Raphaël Trano de Angelis
(spectacle Monsieur de Pourceaugnac)
Le Nouveau Pathelin est la continuation de La Farce de
Maître Pathelin, farce médiévale la plus célèbre. Pièce à la
virulence anticléricale et au rythme endiablé, elle apporte un
éclairage intéressant sur le genre de la farce au Moyen-Âge.
La Farce Maître Pathelin
Cette pièce n’a jamais cessé d’être jouée depuis sa création jusqu’à nos jours. Publiée
en 1489, elle fut rapidement suivie de deux continuations, Le Nouveau Pathelin et Le
Testament de Pathelin, qui n’ont pas connu la même fortune bien qu’elles apportent
un éclairage passionnant sur les milieux des coquillards et de la Basoche, qui virent
naître les figures de Pathelin et de Villon. actes-sud.fr
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Extraits
La presse
« Taisez-vous. Par ma conscience, si je veux mon sens éprouver, je saurai bien où en
trouver, des robes et des chaperons. Si Dieu plaît, nous échapperons et serons remis
sus en l’heure. Déa ! En peu d’heure Dieu labeure. S’il esconvient que je m’applique à
bouter avant ma pratique, on ne saura trouver mon pair. »
Pour dire Noël qui n’est pas que réjouissances, Marie Nimier n’a pas son pareil. Alors
que l’auteure répète la même scène, son écriture a des accents, irrévérencieux, d’authenticité et ses dialogues font mouche. À la phrase blasée répond le propos acerbe
et, par poussées subversives, c’est comme si chaque protagoniste se dotait d’une voix
off pour commenter un tableau « familial » qui soudain prendrait le risque de devenir
trop convenu… Tableau où manque le père, on ne sait s’il est encore de ce monde,
et aussi la fille, qu’on ne voit plus. On ne saura exactement pourquoi, tensions, rupture majeure, elle est depuis longtemps hors du cadre familial. D’elle, l’absente, la
mère parle longuement, entre médisances fulgurantes et francs regrets. Mais jamais
les Noël de Marie Nimier ne fondent en larmes, rien ne pèse, hormis les estomacs,
l’humour vachard et l’hystérie ébouriffent le pathos qui souvent transpire quand les
fêtes forcent les retrouvailles familiales. Voilà en tout cas un texte qui donne envie de
faire retour sur le travail romanesque de Marie Nimier.
« Il faut être encore plus fou pour intenter un procès à un fou aussi authentique ».
« Il délire, il chante, il embrouille tant de langages et il bredouille ».
Raphaël Trano de Angelis / Comédien
cf p. 58
n Lundi 2 août / Jardin des Écritures / 18h
Noël revient tous les ans
de Marie Nimier
Lecture par les comédiens de Kvetch
Résumé de l’œuvre
Ce n’est pas un, mais huit Noël qui défilent sous nos yeux. Chaque fois à un moment
différent de la soirée. Année après année, façon cœur de palmier, on en rajoute une
couche. La mère, le fils et l’amie du fils (tour à tour Patricia, Nathalie, Catherine, ou
Nat, Pat, Cat, si l’on veut) fêtent ensemble le réveillon. Enfin ensemble, c’est à voir. Aux
yeux de la mère, toutes ces filles se ressemblent et ressemblent à sa fille, sa fille qui
n’est pas là. Ce qui lui est arrivé ? Mystère. Les absents sont très forts pour s’installer au
centre des conversations de Noël… C’est drôle pendant longtemps, et puis ce n’est
plus drôle. marienimier.com
L’auteur
Marie Nimier, romancière, coud un dialogue précis, rythmé. Elle triture les secrets de famille, sur la durée. Prix
Médicis 2004 pour La Reine du silence, Prix Georges
Brassens pour Les Inséparables, auteur de chansons
pour Eddy Mitchell ou Juliette Gréco, elle avait présenté
au Rond-Point La Confusion, déjà mise en scène par Karelle Prugnaud. Elle poursuit l’exploration du mal de l’absence, des vides à combler. L’humour l’emporte toujours.
Trois comédiens, sur un plateau encombré de sapins enguirlandés, survivent à huit éditions de Noël chaque fois
plus corrosives. Dehors, il neige. Cela aurait pu faire un
si joli tableau. Manque de bol, tout a fondu. Pierre Notte,
theatredurondpoint.fr
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Aude Brédy, Blog : Qui va là ?, 2015
La langue est mordante, drôle, méchante, noire, pour raconter tous les dérapages possibles lors d’un rituel devenu douloureux : le cadeau qui ne fait pas plaisir, l’impossible
bûche, l’arme du fils, l’étrangère de la famille, méprisée, les jalousies qui se répètent,
la présence des morts et puis la dispute qui éclate, incontrôlable. « Noël a ce mystérieux pouvoir de réitération Pas de répétition, non, de réitération, c’est ce mot qui
me viendra à l’esprit » confie l’amie. Impossible donc d’en réchapper. Même par un
voyage dans le désert. Jusqu’à la mort avec sa petite guirlande sur le mur de l’hôpital.
Une pièce de facture simple, efficace et plutôt classique qui nous rappelle combien
la magie de Noël peine à exister aujourd’hui à l’image de notre monde désenchanté.
Une pièce où les boules multicolores se transforment en hérissons vivants, suspendus
aux branches par de petits harnais en macramé bien serrés et où le père Noël n’existe
définitivement plus.
Laurene Cazaux, Le matricule des anges, 2015
Marie Nimier aime la scène. À la fois en tant que spectatrice et en tant qu’auteure. Sa
dernière pièce, elle l’a écrite pour la comédienne Marie-Christine Orry « Il existait une
forme courte de ce texte dont elle a fait une lecture. Ce fut un vrai coup de foudre et
j’ai eu envie de lui offrir une version longue pour donner à entendre, parfois dans une
même phrase, sa drôlerie et ses larmes rentrées ».
Émilie Grangeray, M le magazine du Monde, 2014
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/ Les rendez-vous gratuits du Festival de Théâtre de Figeac
n Mercredi 3 août / Jardin des Écritures / 18h
Le Gueuloir,
perles de correspondances
de Gustave Flaubert
Lecture par Nadine Capri, Yannis Ezziadi, Laure Portier, Sébastien Rajon
(spectacle Le Frigo)
Le texte
Le Gueuloir réunit les principales fulgurances des correspondances de Gustave Flaubert avec ses « amis » tout au long de sa vie.
« Les femmes, les bourgeois, les gens de lettres, l’art, la morale, la politique, la religion : en grand pourfendeur de la bêtise, l’Excessif (tel qu’il aimait à se surnommer
lui-même) n’épargne personne. Ripailleur et tonitruant, il se montre tout autant épris
d’absolu et sensible jusqu’à la mélancolie : « Notre vie tourne ainsi continuellement
dans la même série de misères, comme un écureuil dans une cage, et nous haletons
à chaque degré. » ».
(Le Gueuloir, perles de correspondances de Gustave Flaubert
aux éditions Le Castor Astral, 2016).
Gustave Flaubert
Gustave Flaubert est né en 1821 à Rouen.
Son travail débute avec l’écriture d’une autobiographie
Mémoires d’un fou en 1838. Après deux années d’études
de droit, Flaubert fait une sorte de crise d’épilepsie en
1844 et retourne vivre chez ses parents pour se réfugier
dans l’écriture.
De 1845 à 1851, Flaubert va beaucoup voyager. À son
retour, il écrira Madame Bovary qui connaîtra un grand
succès. À partir de 1869, plusieurs évènements vont ternir
ce tableau dont notamment la mort de sa mère. Il écrira
d’autres manuscrits ainsi qu’une pièce de théâtre Le Candidat et succombera à une attaque nerveuse en 1880.
/ Les rendez-vous off gratuits du Festival de Saint-Céré
/ Les rendez-vous off gratuits du
Festival de Saint-Céré
Le programme du Festival OFF sera dévoilé courant juillet à la billetterie du
Théâtre de l’Usine et sur le site internet www.festival-saint-cere.com.
D’ores et déjà une date est prévue le 4 août à 18h à Sousceyrac qui sera
précédée d’une visite guidée gratuite de Sousceyrac organisée par le Pays
d’Art et d’Histoire à 16h30 (plus d’informations page 160)
n Du 1er au 14 août / Saint-Céré
Théâtre de l’Usine et Maison des Consuls à Saint-Céré /
Espace Orlando à Saint-Jean-Lespinasse
Art Contemporain en Pays
de Saint-Céré
L’association Art contemporain en pays de Saint-Céré, propose pour la troisième année un événement en lien avec le Festival de Saint-Céré, pour susciter une synergie
entre des manifestations artistiques existantes sur le territoire et le monde des jeunes
artistes plasticiens.
Le Théâtre de l’Usine accueille la photographe Laura Bonnefous (lauréate du Prix
Picto de la Jeune Photographie 2015 et du prix spécial « directeurs de création » et de
la bourse du talent). Elle propose une photographie plasticienne où l’accent est mis
sur les espaces qu’elle rencontre et ceux qu’elle recrée en studio. Elle a consacré dans
une approche sculpturale de la photographie, une série de photos qui met en scène
des instruments de musique : la série « Syncopate ».
http://www.laurabonnefous.com/syncopate
Exposition soutenue par le laboratoire photographique Granon digital
Charlotte Charbonnel expose du 1er au 14 août à la Maison des Consuls, Saint-Céré.
Dans son travail l’image et la matière côtoient le son et se déploient dans l’espace,
dans un dialogue inspiré par les expériences scientifiques liées à l’acoustique.
http://charlotte-charbonnel.com/syphonie-18-2013/
Anne Touquet, jeune artiste graveuse et dessinatrice est accueillie à l’Espace Orlando,
Saint-Jean-Lespinasse. http://www.annetouquet.com/
Avec le soutien des villes de Saint-Céré et Saint-Jean-Lespinasse.
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Visites guidées Saint-Michel-de-Bannières,
La Salmière – Miers/Alvignac
3€ pour les personnes participants aux concerts qui suivent les visites (gratuit
pour les moins de 12 ans) / Durée 45 mn.
Organisées par le Pays d’Art et d’Histoire (réservations auprès du Festival de
Saint-Céré), ces visites ont lieu avant les concerts ci-dessous pour découvrir les
lieux du patrimoine lotois.
Dimanche 7 août à 19h / Église - Saint-Michel-de-Bannières
suivie du spectacle Splendeurs d’Andalousie
À cette occasion la Table du fermier propose une assiette froide à 8€ sur réservations
à la billetterie du Festival.
Lundi 8 août à 19h / La source La Salmière – Miers/Alvignac
suivie du spectacle Musiques Brésiliennes
Les amis de la Source Salmière proposent un repas sur place au tarif de 9€ (réservations obligatoires au 06 08 93 27 46 ou à la billetterie du Festival, grande salade
brésilienne avec poulet rôti, faisselle avec coulis de fruits rouges, fruit de saison)
Jeudi 4 août à 16h30 / Sousceyrac
Une visite exceptionnelle est programmée le 4 août à 16h30 à Sousceyrac, elle sera
suivie d’un concert OFF du Festival programmé à 18h, (visite et concert gratuits).
/ Nos partenaires culturels à Figeac, à Saint-Céré...
/ nos partenaires culturels
à Figeac
Nouveautés 2016 : les festivaliers bénéficient d’un tarif préférentiel - tarif réduit - sur chacun des
sites, sur présentation d’un billet de spectacle du festival en cours.
Musée Champollion
Les Écritures du Monde
Derrière la « façade aux mille lettres », le musée permet de plonger au cœur de l’histoire des écritures. Le parcours met en lumière le travail de Champollion, né à Figeac
en 1790, et comment, au terme d’une recherche passionnée, il a percé le mystère de
l’écriture égyptienne.
À partir des travaux du célèbre déchiffreur des hiéroglyphes, les collections racontent
la fabuleuse aventure de l’écriture et invitent à un voyage à travers les cultures du
monde entier : du Mexique à la Chine en passant par l’Égypte et le Proche-Orient,
des objets inscrits au pinceau, au calame ou à la plume évoquent cette histoire qui a
commencé il y a 5300 ans.
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Musée Champollion la façade aux mille lettres, P. di Sciullo, 2007, architecte
Moatti & Rivière©Pierre Soissons
/ Les rendez-vous off gratuits du Festival de Saint-Céré
Champollion Intime
Exposition du 4 juin 2016 au 4 mai 2017
Musée Champollion-Les Écritures du Monde
Cette exposition sera l’occasion de pénétrer dans l’intimité de Jean-François Champollion grâce à la présentation d’objets conservés, entre autres, dans l’ancienne
maison de son frère Jacques-Joseph à Vif (près de Grenoble), dans laquelle il séjourna fréquemment.
Ce prêt d’une année est historique et permettra de
découvrir son bureau, sa « tenue égyptienne », son poignard, sa bible d’enfant, l’estampage de la pierre de
Rosette sur lequel il travaillait et divers autres objets qui
seront installés au cœur des collections permanentes ,
dans un espace nouvellement dédié. S’y ajouteront les
correspondances privées de Salvador Cherubini et Auguste Bartholdi, ainsi que des pièces emblématiques
issues des collections du musée Champollion.
Elle a été inaugurée le 4 juin, en même temps que la présentation de l’ouvrage Correspondances, Figeac et les frères Champollion (cf p. 153) publié par le musée Champollion
en collaboration avec Karine Madrigal, chargée du dépouillement des archives Champollion aux Archives Départementales de l’Isère dont des extraits seront lus au cours d’une
lecture gratuite pendant le Festival de Figeac le 29 juillet à 18h dans le Musée (cf page)
L’Écriture dans l’art actuel
Du 8 juillet au 30 octobre 2016
Le musée Champollion de Figeac, organise cette année une manifestation donnant à voir
ce que peut être la création actuelle en matière de recours à l’écriture, que ce soit dans
les arts plastiques ou le design. Il s’agit ainsi de dévoiler la grande diversité des moyens
de création et des matériaux utilisés aujourd’hui par des artistes qui ont choisi essentiellement pour leur œuvre l’écriture, qu’elle soit lisible ou illisible, oubliée ou inventée, latine,
arabe ou cyrillique, brodée, sculptée ou peinte, monumentale ou minuscule… Une dizaine d’artistes, parmi lesquels Pierre Gaucher, Antoine Leperlier, Jean-Claude Loubières,
Sylvian Meschia, Roeland Otten, Benoît Piret, Laurent Rébéna ou encore Fanny Viollet investisent le musée Champollion.
Place Champollion – 46100 Figeac
05 65 50 31 08
[email protected]
www.musee-champollion.fr
Avril à Juin / Septembre-Octobre : 10h30 – 12h30 et 14h – 18h (fermé lundi)
Juillet / Août : tous les jours de 10h30 à 18h30
Novembre à Mars : 14h – 17h30 (fermé lundi)
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/ Nos partenaires culturels à Figeac, à Saint-Céré...
Visites nocturnes aux flambeaux de Figeac
Les visites nocturnes aux flambeaux
vous convient à découvrir un « autre »
Figeac, tous les mercredis à 21h30,
du 13 juillet au 31 août 2016. Le soir,
l’architecture se fait discrète, le patrimoine secret et la ville devient un nouvel
univers à explorer...
Visites sur réservation auprès de l’Office
de Tourisme du pays de Figeac,
05 65 34 06 25
/ nos partenaires culturels
à Saint-Céré
et dans la Vallée de la Dordogne lotoise
Atelier-musée départemental Jean Lurçat
Nouveautés 2016 : les festivaliers bénéficient d’un tarif préférentiel - tarif réduit - sur chacun des
sites, sur présentation d’un billet de spectacle du festival en cours.
En 2016, Jean Lurçat, aventures lotoises
Durant près de 20 ans, Jean Lurçat s’est partagé entre
sa demeure parisienne et son château-atelier du Lot.
Pour célébrer le cinquantenaire de sa mort, le Département du Lot, au sein de l’atelier-musée Jean Lurçat
à Saint-Laurent-les-Tours, s’attachera à faire revivre
ce parcours. Témoignages, œuvres de collections locales illustreront ses liens affectifs et charnels avec ce
terroir, ses engagements, ses amitiés, ses créations.
Atelier-musée départemental Jean Lurçat
46400 Saint-Laurent-Les-Tours
Du 16 avril au 30 septembre 2016
Tous les jours sauf le lundi
10h30/12h30 - 14h30/18h30
2016, Le 50ème anniversaire de la mort de Jean Lurçat
De nombreuses manifestations auront lieu à Saint-Céré, expositions (lithographies,
peintures, photos), spectacles de théâtre (l’Horloger de l’Aube, le 16 juillet à 21h,
Théâtre de l’Usine, Arts Scènes et cie), de danse, réalisation de mosaïques.
Renseignements aux Offices de tourisme de la Vallée de la Dordogne Lotoise : 05 65 33 22 00.
Associations les Amis de Jean Lurçat / [email protected] / 06 81 15 95 87
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/ Nos partenaires culturels à Figeac, à Saint-Céré...
Les châteaux de
Castelnau-Bretenoux,
Montal et Assier
Nouveautés 2016 : les festivaliers bénéficient d’un tarif préférentiel – tarif réduit – sur chacun des
sites, sur présentation d’un billet de spectacle du festival en cours.
Le Château de Castelnau-Bretenoux
Cet imposant château-fort a été érigé à partir du XIIIe siècle par
les puissants barons de Castelnau-Bretenoux. Sur son éperon
rocheux, il domine, avec son donjon carré et ses hautes tours, un
paysage de riches vallées non loin de la Dordogne. Son dernier
propriétaire, ténor à l’Opéra-Comique de Paris, y a rassemblé au
début du XXe siècle une collection exceptionnelle de meubles
et d’objets d’art.
Visites familles chaque jeudi en juillet et août.
www.castelnau-bretenoux.monuments-nationaux.fr
Tél. 05 65 10 98 00 - Ouvert toute l’année
Le Château de Montal
Édifié par Jeanne de Balsac à partir de 1519, il est le témoignage
de la pensée humaniste et de la culture exceptionnelle de cette
femme de caractère. Par le biais d’un répertoire à la culture iconographique complexe, sa propriétaire exprime en effet la douleur
et le deuil, mais également les valeurs morales mises en exergue
par les penseurs de son temps. Les décors de la cour intérieure
et de l’escalier d’honneur en sont les témoins. Resté aux mains
des descendants de la famille de Montal jusqu’à la fin du XVIIIème
siècle, le château, vendu par les Plas de Tanes au XIXème siècle, est
dépouillé de son décor sculpté à partir de 1880. En 1908, Maurice
Fenaille, un riche industriel pionnier dans le domaine pétrolier,
achète le château et s’engage dans sa restauration. En un temps record et avec une efficacité exemplaire, Maurice Fenaille réalise ainsi pour le château de Montal une action de sauvegarde magistrale.
Durant la seconde guerre mondiale, le château de Montal abrite une partie des collections de peintures du musée du Louvre dont la précieuse et célèbre Joconde.
Réouverture le 9 juillet 2016 avec nouveau parcours de visite
www.montal.monuments-nationaux.fr - Tél. 05 65 38 13 72 - Ouvert toute l’année
Le Château d’Assier
Le château d’Assier a été construit entre 1512 et 1535
par Jacques Ricard de Genouillac dit Galiot, capitaine
général de l’artillerie sous Louis XII et grand écuyer de
France sous François 1er. Il reste, malgré de désastreuses
destructions, un précieux témoignage de la première
Renaissance française et de son introduction dans le
sud-ouest. À l’origine, il formait un vaste quadrilatère
flanqué de quatre tours rondes dont l’une abritait une
chapelle. Un décor sculpté à la gloire du maître des
lieux, où la figure d’Hercule côtoyait blasons, emblèmes
et motifs militaires, ornait façades et intérieurs. Aujourd’hui, seule est conservée l’aile ouest, le reste
ayant été vendu à des démolisseurs et marchands de matériaux en 1768 par l’un des lointains héritiers de Galiot, le duc d’Uzès. À la même période, l’important domaine foncier qui faisait partie de
la seigneurie fut également vendu par lots. Classé monument historique en 1901, puis acheté par
l’État en 1934, le château fit dès lors l’objet de restaurations importantes.
www.assier.monumenents-nationaux.fr - Tél. 05 65 40 40 99 - Ouvert toute l’année
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/ L’orchestre et le choeur du Festival de Saint-Céré
/ l’orchestre
François Michels
Ludovic Passavant
1er Violon
La Traviata / Trio à cordes / Les Cantates
Lionel Allemand
Violoncelle
La Traviata / Trio à cordes / Nevrotik Hôtel
Marie Bedat
Trompette
La Traviata / L’Opéra de Quat’Sous / La Périchole /
New Orleans Jazz at the Usine
Stéphanie Blet
Alto
La Traviata / Trio à cordes
Gaspard Brécourt
Piano
Musique Russe​
Olivier Brouard
La Traviata / New Orleans Jazz at the Usine
Loïc Chevandier
Cor
Basson
La Traviata / Musique Russe
Robin Defives
Violoncelle
Laurent Derache
Accordéon
Samuel Domergue
Percussions
New Orleans Jazz at the Usine / Les Cantates
L’Opéra de Quat’Sous / La Périchole / Nevrotik
Hôtel
La Traviata / L’Opéra de Quat’Sous / La Périchole /
New Orleans Jazz at the Usine
Mohammed El Hachoumi
La Traviata / Accord’Orient Quartet
Nicolas Fargeix
La Traviata / L’Opéra de Quat’Sous
Violon
Clarinette
Caroline Florenville
Violon
Marwan Fakir
Violon
Kazuya Gunji
Orgue
La Traviata / Les Cantates
Accord’Orient Quartet / Splendeurs d’Andalousie
Les Cantates / La Petite Messe Solennelle
Julien Gonzales
Accordéon
Accord’Orient Quartet / Splendeurs d’Andalousie
Alice Hoquet
Contrebasse
La Traviata / L’Opéra de Quat’Sous / La Périchole
Youssef Kassimi-Jamal
Oud
Marie Kuchinski
Alto
Accord’Orient Quartet / Splendeurs d’Andalousie
La Traviata / Les Cantates
Valérie Liebenguth
Hautbois
La Traviata / New Orleans Jazz at the Usine / Les
Cantates
Massimiliano Mastella
Banjo, Guitare
L’Opéra de Quat’Sous / New Orleans Jazz at the
Usine / Musiques Brésiliennes
Trombone
La Traviata / L’Opéra de Quat’Sous / La Périchole /
New Orleans Jazz at the Usine
Manuel Peskine
Piano
L’Opéra de Quat’Sous / Musiques Brésiliennes /
Le Cinéma en chansons / New Orleans Jazz at
the Usine
Joris Plantat
Tuba
Boris Pokora
Saxophone, clarinette
Francis Prost
Clarinette
La Périchole
L’Opéra de Quat’Sous / New Orleans Jazz at the
Usine / Musiques Brésiliennes
La Périchole / Musique Russe
Alexandrine Rouillé
Les Cantates
Thomas Saulet
Contrebasse
Flûte
La Traviata / La Périchole / Musique Russe
Karim Strahm
La Traviata / Musique Russe
Virginie Turban
La Traviata / Les Cantates
Cor
Violon
/ le Choeur
Flore Boixel
La Traviata
Timothé Bougon
La Périchole
Thierry Cantero
La Traviata / La Périchole
Arno Cornil
La Traviata / La Périchole
Anne-Sophie Domergue
La Traviata / La Périchole
Françoise Faidherbe
La Traviata / La Périchole
Mathias Manya
La Traviata / La Périchole
Valérie Marret
La Périchole
Josselin Michalon
La Traviata / La Périchole
Laetitia Montico
La Traviata
Samuel Oddos
La Traviata / La Périchole
Nathalie Schaaff
La Traviata / La Périchole
Matthieu Toulouse
La Périchole
Soprano
Baryton
Ténor
Baryton
Soprano
Mezzo
Ténor
Soprano
Baryton
Soprano
Ténor
Mezzo
Baryton
«LA SPEDIDAM (Société de Perception et de Distribution des Droits des Artistes-Interprètes de la Musique et de la Danse) est une société d’artistes-interprètes qui GERE LES DROITS DE L’ARTISTE-INTERPRETE (MUSICIEN, CHORISTE OU DANSEUR) EN MATIERE D’ENREGISTREMENT, DE DIFFUSION ET DE
REUTILISATION DES PRESTATIONS ENREGISTREES.»
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/ L’équipe
/ L’équipe
Direction artistique du Festival de Théâtre de Figeac / Olivier Desbordes et Michel Fau
Directeur artistique du Festival de Saint-Céré / Olivier Desbordes
/ L’équipe permanente
Directrice déléguée / Véronique Do
Directeur de production /
Jean-Baptiste Clément
Comptable / Philippe Kupczak
Chargée des ressources humaines /
Valérie Escassut
/ L’équipe des festivals
Régisseur général (festivals et
productions) / Guillaume Hébrard
Technique / Jean Broda, Emmanuel
Clémenceau, Lucas Delachaux, Olivier
Dumesnil, David Bitoune, Thierry
Janoska, Aurélie Noël, Alexia Pailler,
Jean-Ulrich Vert, Étienne Morel.
Habillage / Élodie Madebos, Alain Paradol
Responsable presse Figeac /
Vincent Serreau
Chargée des relations publiques,
billetterie / Charlotte Sarrouy
Chargée de la communication /
Louise Lemercier
Chargée de diffusion / Fabienne Viguier
Responsable billetterie / Marie Soquet
Sécrétariat / Bernadette Béco
Régisseur général / Lionel Rofidal
Accueil artistes et entretien / Lucille Khouth
Responsable presse Saint-Céré /
Elizabeth Demidoff
Assistants de production /
Basile Chevalier, Marion Desangle
Billetterie Figeac - production /
Maude Riamon
Assistante de communication /
Clémence Lepetit
Affichage / Guillaume Marchesi
Cuisine / Torstein Ziebold, Dominique
Delvert, Matthieu Cauvin, Marie-Angélique
Breil, Serge Truel, Antoni Suau, Fabienne
Daval.
/ L’équipe de l’Astrolabe
Coordinateur général / Éric Thimjo
Accueil des artistes / Astrid Langhade
Et les équipes d’accueil
En collaboration avec les services techniques et administratifs des Villes de Figeac,
de Saint-Céré et Cahors.
Remerciements à l’ensemble des bénévoles et particulièrement à Sylvia Moody,
Josette Roques et les Amis du Festival de Théâtre de Figeac.
L’association des Amis du Festival de Théâtre de Figeac (AFTF) Représentante fidèle du public,
l’association AFTF encourage le Festival dans son ambition, son dynamisme et son éclectisme :
créations, réinterprétations d’œuvres connues, diversité de genre, lectures publiques, rencontres
et discussions avec les comédiens, auteurs, metteurs en scène... sans compter l’heureux mélange
en ville d’artistes confirmés, de jeunes talents et de festivaliers de plus en plus fidèles et nombreux.
Ses membres, présents tout au long du Festival, sont à l’écoute des spectateurs. N’hésitez pas à les
solliciter. Et tout au long de l’année, l’AFTF informe ses adhérents de ses activités et projets. Contacts
AFTF : Tél : 06 75 64 11 58 - courriel : [email protected]
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/ Club Entreprises
/ Club Entreprises
Le Club Entreprises permet depuis plus de quinze ans de favoriser le développement
et la pérennité du Festival. La présence de ces entreprises à nos côtés confirme l’intégration du Festival dans la vie économique locale. Du symbole que représente cette
confiance et de cette fidélité, nous souhaitons vivement les remercier :
Le Victor Hugo
Hôtel Logis Restaurant
2 Terrasses
En juillet et en août,
ouvert 7/7 midi et soir
7 Avenue des Maquis
46400 Saint- Céré
Tel : 05 65 38 16 15
[email protected]
Hôtel de France
Restaurateur
Nathalie et Alain Berry
Terrasse ombragée
et piscine
Ouvert le soir
et le dimanche midi
Route d’Aurillac
46400 Saint-Céré
Tél : 05 65 38 02 16
Fax : 05 65 38 02 98
[email protected]
Renault Saint-Céré
3 avenue Anatole de Monzie
46400 Saint-Céré
Tél : 05 65 38 20 10
Il était une fois
Salon de thé,
chocolaterie, pâtisserie
13 r Pasteur,
46400 Saint-Céré
Tel : 05 65 34 30 89
Caves Michelet
Vins, Spiritueux, Bib, champagne,
whisky, différents articles autour du vin
6 place Edmond Michelet (derrière l’église
St Sauveur) 46100 Figeac
Ouvert tous les jours du 1er juillet au 6 septembre
9h-12h30/14h30-19h (dimanche 10h-12h30)
Tél : 05 65 34 18 58
[email protected]
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/ Les Partenaires
/ Les Partenaires
/ Le Centre National de Production
de Théâtre et Théâtre Musical
/ est subventionné par :
Le Ministère de la Culture
et de la Communication / DRAC LanguedocRoussillon / Midi-Pyrénées
La Région Languedoc-Roussilon /
Midi-Pyrénées
Le Département du Lot
Les villes de Figeac & Saint-Céré
La Ville de Cahors
Le Grand Cahors
Le Département de La Corrèze
/ les partenaires & mécènes du Festival de Théâtre de Figeac
Ratier Figeac
Banque Populaire Occitane
Laboratoires Fabre
Orange
ENEDIS
Fermes de Figeac coopérative
Philippe Bergès / Architecte
Renault Figeac
Generali Assurances
Agence Figeac
M. J-L Lacoste
Casadepax Jean-François
Architecte
SELARL GETUDE
Le Musée Champollion
Librairie Champollion
Librairie le Livre en fête
et la SPEDIDAM
/ les partenaires & mécènes du Festival de Saint-Céré
/ avec la participation des villes de :
Aynac, Beaulieu-sur-Dordogne, Carennac,
Catus, Cavagnac, Curemonte, Floirac,
Labastide-Marnhac, Labastide-Murat,
/ et des associations :
Les amis de Curemonte, Entre temps
Curemonte le Patrimoine revisité,
Loubressac, Martel, Miers/Alvignac,
Prudhomat, Saint-Laurent-les-Tours,
Saint-Michel-de-Bannières.
Godard, Chambon & Marrel
Renault / Saint-Céré
La Zone du Musicien
Terres du Lot
MJ Music
Le Victor Hugo
L’hôtel de France
Le Grand Hôtel Maury
Remo
Librairie Parenthèse
Le 432, magasin de musique
CAP Loubressac, Lire à Figeac,
Les amis de la Source Salmière
/ la structure remercie pour leur aide
/ les partenaires médias :
La Dépêche du midi
France 3 Midi-Pyrénées
Télérama
La Vie
Dire Lot
Centre des Monuments
Nationaux
Crédit Agricole Nord MidiPyrénées
La Caisse des Dépôts
Sermati / Saint-Céré
Concertclassic
La Vie Quercynoise
RFM
FNAC
Antenne d’Oc
Jordanne FM
Décibel Fm
Radio Totem
Radio Présence
Le Villefranchois
Fevis
La Préfecture du Lot, Messieurs les Maires des Villes de Figeac et Saint-Céré, leurs conseils municipaux, leurs services techniques et administratifs, Monsieur l’Architecte des Bâtiments de
France, Madame l’administratrice et conservatrice du Château de Castelnau-Bretenoux, Monsieur
l’Évêque de Cahors et l’ensemble des curés pour la mise à disposition des églises, les offices
du tourisme du Département, du Pays de la Vallée de la Dordogne lotoise, du Grand Figeac et
du Grand Cahors. Les associations de commerçants, l’association Art Contemporain en Pays de
Saint-Céré, Le Pays d’Art et d’Histoire et l’association des amis du Festival de Théâtre de Figeac,
ainsi que le Théâtre des Treize Arches à Brive, la ville d’Aurillac et sortie Ouest à Béziers pour leur
prêt de matériel technique.
Remerciement particulier au Grand-Figeac pour la mise à disposition de l’Astrolabe.
/ les partenaires & mécènes :
Raynal et Roquelaure
Adecco
Andros
Fromagerie de l’Étoile
SA Traiteur du Val de Cère
Le château Calissanne
Le Gouffre de Padirac
Réalisation graphique : Sébastien Figuéroa - Impression : Presse Indé - Cahors
Crédits photos © : Genja Jonas (p.2), Frédéric Stéphan - Thierry Lindaier - Catherine Cabrol (p.2023-27-29), Katty Castellat (p.36), Juliette Brasseur (p.42), Loran Chourrau (p.46), ARTCOMART
(p.62), Brigitte Enguerand (p.68), Alejandro Guerrero (p.74), Bruno Wagner (p.78), Eric Cantisano
(p.82), Louise Lemercier (p.86), Guy Rieutort (p.100-107), Henri Pergaix (p.124), Ville de Cahors
(p.148), Franck David (p.156), Biljara (p.162).
Scène Conventionnée pour le Théâtre et Théâtre Musical - Figeac / Saint-Céré
CNPTTM - Licences d’entrepreneur de spectacles n°1-1065515 , n°2-1065516 , n°3-1065517
Ce programme, imprimé en juin 2016, ne saurait engager la responsabilité du Festival en cas de modification du
programme ou des distributions.
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/ La Scène Conventionnée
/ La Scène Conventionnée pour
le Théâtre et Théâtre Musical
Figeac / Saint-Céré
Le Centre National de Production de Théâtre et Théâtre Musical - Figeac /
Saint-Céré est conventionné par le Ministère de la Culture, depuis 2014,
pour construire un projet unique en milieu rural développant la création et
favorisant l’accès de tous à la culture et au spectacle vivant.
La création - La Compagnie Opéra Éclaté
Créée en 1985, devenue compagnie nationale lyrique, elle a depuis plus de 30 ans
donné plus de 2000 représentations. En 2015/16, 4 créations ont été réalisées, Falstaff
de Verdi mise en scène Olivier Desbordes, La Périchole d’Offenbach mise en scène
Benjamin Moreau et Olivier Desbordes, L’Opéra de Quat’sous de Brecht/Weill mise
en scène Éric Perez et Olivier Desbordes, La Traviata de Verdi mise en scène Olivier
Desbordes collaboration artistique Benjamin Moreau.
Depuis l’origine, elle est engagée dans une démarche de soutien à l’insertion professionnelle de jeunes artistes lyriques et musiciens.
Les tournées
Les spectacles créés pour les festivals sont en tournées nationales les saisons suivantes.
Ainsi La Périchole, L’Opéra de Quat’sous, La Traviata tourneront en 16/17, mais aussi
les nombreuses petites formes déclinées lors des festivals, Le Cinéma en chansons,
les concerts de musique traditionnelle, Splendeurs d’Andalousie, Le Printemps de la
Méditerranée.
Les festivals, des temps forts dédiés à la création
Le Festival de Saint-Céré
La Saison du Théâtre de l’Usine
Le projet artistique et culturel du Théâtre de l’Usine est ambitieux et généreux, ouvert
à tous, pour tous, à la rencontre de chacun. Il se veut exemplaire pour tracer le chemin,
qui donnera du sens et du plaisir, offrant de la qualité aux relations humaines qui lient
les habitants de ce territoire.
Depuis janvier 2016, l’ouverture du Théâtre de l’Usine permet de développer une
saison pluridisciplinaire qui donne à voir et à entendre l’excellence nationale mais
aussi la découverte de jeunes talents, le répertoire et les esthétiques contemporaines.
Les résidences de création sont avant tout un soutien à la création, elles sont autant
de possibilités de développer des actions de médiation auprès des scolaires et des
jeunes et favorisent la rencontre entre les artistes, la population et le public. Entre
janvier et juillet 2016, huit résidences de création ont été accueillies au Théâtre de
l’Usine, Pierre, Paul, Jacques (Cie Rouge à rêves, danse), Cinéma en chansons, Splendeurs d’Andalousie (Opéra Éclaté), Monsieur de Pourceaugnac (Théâtre de l’Eventail),
Le Frigo (Le Carnival Théâtre), Nevrotik Hôtel (Michel Fau et son équipe) production
déléguée du CNPTTM.
Les résidences sont aussi un soutien aux jeunes artistes, comme les LabOrateurs, Caligula,
pépinière d’artistes sortants du Conservatoire de Toulouse, Jekyll Wood (musiques
actuelles)
Un projet de territoire
Les artistes accueillis au Théâtre de l’Usine vont rayonner sur le Causse et la Vallée de
la Dordogne lotoise, à la rencontre de tous les habitants, avec des représentations
itinérantes organisées en partenariat avec les associations culturelles, les établissements scolaires, les communes et communautés de communes.
L’Astrolabe – Grand-Figeac :
la saison de spectacles 2016-2017 !
De septembre à mai, avec une cinquantaine de rendez-vous,
l’Astrolabe fait le spectacle dans le Grand-Figeac !
Il a été créé en 1981, sous la direction d’Olivier Desbordes. Chaque année ce sont
150 artistes, plus de quarante représentations, une centaine d’œuvres créées depuis
35 ans, dont des premières en France (Lost in the Stars, Le Brave Soldat Schweik, Es liegt
in der Luft ...) et aussi des créations de concerts de musique du monde, de chants
traditionnels.
Une saison de théâtre avec Le Mariage de Figaro, L’Avare, Andromaque, Réparer
les vivants, Roméo et Juliette, François Morel, J’écris comme on se venge, …
Une saison de musique avec Rokia Traoré, Ben Mazué, l’Orchestre national du
Capitole de Toulouse, Christian Olivier, le Quatuor Béla, l’ensemble La Fenice, …
Une saison d’événements généreux avec le Magnific-Picnic, le 46ème Rugissant,
Graines de Moutards, la Semaine de l’étudiant, …
Une saison pour le jeune public !
La direction artistique est assurée par Olivier Desbordes et Michel Fau depuis 2011.
Cette année, sont accueillis 6 créations, 14 spectacles, des lectures, des rencontres.
L’une des créations de 2016 Nevrotik Hotel de Michel Fau sera reprise en janvier 2017
aux Bouffes du Nord à Paris.
Coup d’envoi le vendredi 24 septembre avec Pulcinella pour fêter comme il se doit
les rencontres artistiques à venir. Au plaisir de vous retrouver. Vous êtes ici chez vous !
Le Festival de Théâtre de Figeac
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/ La Scène Conventionnée
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/ Les Tournées 2016/2017
/ La Saison 16/17
/ Tournées 2016/2017
productions Scène Conventionnée Théâtre et
Théâtre Musical Figeac/Saint Céré - Opéra Éclaté
La Périchole / Offenbach
Mise en scène / Benjamin Moreau
et Olivier Desbordes
Direction musicale / Gaspard Brécourt /
Dominique Trottein
(Coproduction Folies Lyriques-Montpellier)
(cf p. 101)
4 et 5 novembre 2016 : Centre Lyrique
Clermont-Auvergne
4 et 6 décembre 2016 : Opéra de Massy
18 décembre 2016 : Centre des congrès
Les Atlantes, Les Sables d’Olonne
Kurt Weill-Brecht /
L’Opéra de Quat’Sous
Mise en scène / Éric Perez
et Olivier Desbordes
Direction musicale / Manuel Peskine
Avec Nicole Croisille, Patrick Zimmermann,
Éric Perez, Anandha Seethanen...
(Coproduction Centre Lyrique
Clermont-Auvergne) (cf p. 21)
3 mars 2017 : Palais des Congrès,
Issy les Moulineaux
10 mars 2017 : L’Avant Seine Théâtre,
Colombes
17 mars 2017 : Théâtre de l’Archipel,
SN Perpignan
12 mai 2017 : Centre Culturel Val d’Yerres
(programmation Opéra de Massy)
13 mai 2017 : Théâtre de Longjumeau
(programmation Opéra de Massy)
27 mai 2017 : Centre Culturel Gérard Philipe,
Calais
La Traviata / Verdi
Mise en scène / Olivier Desbordes
et Benjamin Moreau
Direction musicale / Gaspard Brécourt
Création au Festival de Saint-Céré
le 30 juillet 2016 (cf p. 91)
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24 février 2017 : Grande Scène, Le Chesnay
4 mars 2017 : Ettelbruck
18 et 19 mars 2017 / CEC - Théâtre de Yerres /
/ La Saison 16/17
Programme (sous réserve de modifications)
Présentation de saison le lundi 12 septembre à 19h
(programmation Opéra de Massy)
1er avril 2017 : Théâtre La Colonne, Miramas
26 avril 2017 : Le Théâtre, Scène Nationale
de Narbonne
Les Noces de Figaro /
Beaumarchais
Mise en scène / Éric Perez
Direction musicale / Gaspard Brécourt
(création à Clermont-Ferrand
avec Joël Suhubiette)
Création le 5 et 6 mai 2017 à 20h :
Centre Lyrique Clermont-Auvergne
Reprise au Festival de Saint-Céré
en juillet-août 2017
Nevrotik-Hotel
De et avec Michel Fau
accompagné d’Antoine Kahan
Théâtre des Bouffes du Nord / Paris
(cf p. 12)
3, 4, 5, 6, 7 janvier 2017 à 20h30
8 janvier 2017 à 16h
Homme de paille /
G. Feydeau
Mise en scène : Benjamin Moreau
(Production Cie l’Atelier)
15 et 16 novembre 2016 : Théâtre Montansier,
Versailles
26 février 2017 : Théâtre des Trois ponts,
Castelnaudary
Du 15 au 26 mars 2017 : Tournée en
décentralisation / Maison de la culture
de Grenoble
(dates et lieux à préciser)
Octobre
Chanson : Peau neuve
Lili Cros et Thierry Chazelle
Théâtre de l’Usine
Jazz : In a dance of time
Anandha Seethanen (Résidence)
Théâtre de l’Usine
Novembre
Jazz : For you Lou Tavano
Théâtre de l’Usine
Théâtre : L’Homme de paille
de G. Feydeau
mise en scène Benjamin Moreau
artiste associé (résidence)
Souillac, Gramat, Sousceyrac, Bretenoux
Théâtre musical :
Aragon, Ferré, Ferrat
Théâtre : Le Misanthrope
de Molière
mise en scène Thibault Perrenoud
Théâtre de l’Usine
Décembre
Théâtre : J’écris comme on se venge
d’après La Trempe de M. Cherfi
Cie les Arts Oseurs
Théâtre de l’Usine
Théâtre : Burn out de A. Badea
mise en scène Anne Sicco
Théâtre de l’Usine
Chanson : Paco Ibanez
Théâtre de l’Usine
Jeune public : Rêves de sable
Cie Ytupepintas
Théâtre de l’Usine
Éric Perez et Manuel Peskine
mise en scène Benjamin Moreau
Mayrinhac-Lentour, Lanzac
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/ Saison 16/17
Janvier
Jazz-club : Echoes of spring
(jazz New Orleans)
Théâtre de l’Usine, Floirac
Jazz rock : La Recette
Théâtre de l’Usine
Cirque : Le Cirque Leroux
Théâtre de l’Usine
Musique classique :
Bertrand Chamayou, piano
Théâtre de l’Usine
Février
Théâtre : Dialogue d’un chien
avec son maître de JM Piemme
mise en scène Sébastien Bournac
Théâtre de l’Usine
Musiques actuelles :
Tremplin Lot amplifié
Théâtre de l’Usine
Mars
Musique classique :
Orchestre de chambre de Toulouse
Théâtre de l’Usine,
Centre culturel de Biars s/Cère
Danse, chant :
Le Flamenco de Grenade
Théâtre de l’Usine, Gignac, Gramat
Jazz : Antoinette Trio
Vayrac
Printemps des poètes
par le Lieu commun
Théâtre de l’Usine
Jeune public : Si haut, si loin
Cie Rouge les Anges
Théâtre de l’Usine, Bio, Rocamadour
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Théâtre : Le Cercle des utopistes
anonymes d’E. Durif
mise en scène JL Hourdin
Théâtre de l’Usine,
Espace Appia, Anglars-Juillac
Avril
Chanson : Leprest - pacifiste inconnu
JeHaN et Lionel Suarez
Théâtre de l’Usine
Théâtre : Arlequin poli par l’amour
de Marivaux
mise en scène Thomas Joly
Théâtre de l’Usine
Musiques actuelles :
Les Détours 2016
Tremplin organisé par Ecaussystème
Théâtre de l’Usine
Jazz : Lorenzo Naccarato Trio
Souillac
Musique classique :
Quatuor Opéra Éclaté
Martel, Bretenoux, Souillac, Gramat
Résidence création :
Les Noces de Figaro
de Beaumarchais
Mise en scène Éric Perez
Opéra Éclaté
Théâtre de l’Usine
Mai
Jeune public : Héritages de B. Friot
mise en scène Lou Broquin
Création Cie Créature
Théâtre de l’Usine
Musique actuelle : Cumbia libre
El Gato negro

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