UE 116 ª FINANCE D`ENTREPRISE

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UE 116 ª FINANCE D`ENTREPRISE
UE 116
FINANCE
D’ENTREPRISE
année 2012-2013
ce fascicule comprend :
La présentation de l’ue
La série 1
Le devoir 1 à envoyer à la correction
L’anaLysedesétatsfinanciers
En collaboration avec
le Centre National
d’Enseignement à Distance
Institut de Lyon
Philippe AVARE
Jean-Claude COILLE
v1161-f1/4
Finance d’entreprise • Série 1
Les auteurs :
Philippe AVARE : Maître de conférences à l’INTEC, expert-comptable et commissaire aux comptes.
Jean-Claude COILLE : Professeur agrégé d’économie et gestion à l’Intec et responsable de l’UE
de Finance.
L’ensemble des contenus (textes, images, données, dessins, graphiques,
etc.) de ce fascicule est la propriété exclusive de l’INTEC-CNAM.
En vertu de l’art. L. 122-4 du Code de la propriété intellectuelle, la reproduction ou représentation intégrale ou partielle de ces contenus, sans autorisation expresse et préalable de l’INTEC-CNAM, est illicite. Le Code de la
propriété intellectuelle n’autorise que « les copies ou reproductions strictement réservées à l’usage privé du copiste et non destinées à une utilisation
collective » (art. L. 122-5).
2
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UE 116 • Finance d’entreprise
•••
OBJECTIFS
•••
Cette première série a trois objectifs :
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1. La présentation générale de la matière : l’introduction du cours présente la
finance d’entreprise (programme officiel, plan des séries de l’Intec, méthodologie
de l’épreuve).
2. L’étude du compte de résultat : les soldes intermédiaires de gestion et la capacité d’autofinancement étudient les flux d’activité d’une entreprise sur une année.
3. L’étude du bilan : le bilan fonctionnel permet d’analyser l’équilibre financier et
l’endettement.
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3
UE 116 • Finance d’entreprise
Table
des maTières
Présentation de l’Ue
7
Plan annUel dU coUrs
13
Partie 1.L’analyse des états financiers
15
Introduction .............................................................................................................15
Chapitre 1. Présentation des états financiers et des objectifs du diagnostic .. 19
Section 1. Présentation des états financiers .......................................................19
Section 2. Les objectifs du diagnostic financier ..................................................22
Chapitre 2. L’analyse de l’activité .........................................................................25
Section 1. Les soldes intermédiaires de gestion (SIG) ........................................25
Section 2. Les retraitements améliorant la pertinence économique des SIG .....33
Section 3. Du résultat à la trésorerie....................................................................37
Chapitre 3. L’analyse de l’équilibre financier.......................................................42
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Section 1. Présentation et construction du bilan fonctionnel ..............................42
Section 2. Analyse du bilan fonctionnel ..............................................................50
Conclusion ..............................................................................................................59
lexiqUe
60
index
62
devoir 1
63
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5
UE 116 • Finance d’entreprise
PrésenTaTion
de l’Ue
La finance d’entreprise regroupe un certain nombre d’outils destinés à aider les décideurs de
l’entreprise mais aussi les tiers à « analyser le passé en vue d’anticiper le futur ». De manière
schématique, nous pouvons dire que :
• les outils d’analyse du passé constituent l’analyse financière et regroupent les outils d’analyse
du compte de résultat et du bilan, des tableaux de flux et des ratios pour aboutir sur le diagnostic ;
• les outils de prévision constituent la gestion financière avec l’étude de la rentabilité des investissements et de leur financement.
Néanmoins, contrairement à ce que pourrait laisser penser son titre, le programme de l’UE va
au-delà de la finance d’entreprise et contient également une initiation à la finance de marché
avec une présentation des principaux marchés (actions, obligations, etc.) sur lesquels une entreprise peut trouver des financements ou y faire des placements.
I.
LeprogrammedefInanced’entreprIseendgc
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Le cours de finance d’entreprise de l’Intec correspond au programme de l’UE 6 du DCG tel
qu’énoncé dans le BO n° 11 du 18 mars 2010. Il prévoit 150 heures d’enseignement et équivaut
à 12 ECTS (crédits européens d’enseignement). Nous présentons ci-dessous ce programme :
Sens et portée de l’étude
1. La valeur (15 heures)
Il s’agit de prendre conscience, à partir du concept de valeur,
de mécanismes fondamentaux en finance en excluant tout
développement complexe.
1.1 La valeur et le temps
La notion de valeur est présentée sous l’angle financier et
mathématique afin de mettre en évidence ses liens avec le
temps. Elle est mesurée pour un actif ou un passif financier
auquel est associée une séquence de flux de trésorerie
certains. Elle est mesurée aussi bien lors de l’émission que
plus tard à chaque date de règlement d’un flux.
Notions et contenus
Coût de l’argent, taux d’intérêt (nominal et réel) Valeur
présente et valeur future
Annuités et rentes
Capitalisation et actualisation en temps discret
Valeur de marché
Relation taux requis – valeur
Évaluation d’une dette à taux fixe
Taux de rendement actuariel
1.2 La valeur et le risque
L’incertitude liée à l’avenir est abordée sous l’angle
Couple rentabilité – risque : la représentation espérance/
économique et mathématique puis appliquée à l’évaluation sur écart-type
une période d’un instrument ayant une valeur finale incertaine. Introduction à la diversification : le cas de deux actifs
Modélisation d’une rentabilité aléatoire avec un modèle à
deux facteurs
Notions de risque diversifiable et de risque non diversifiable
1.3 La valeur et l’information
Les marchés financiers sont a priori organisés en vue d’assurer Information et incertitude(1)
aux investisseurs une information financière de qualité.
Notion de marché financier(2)
Valeur, information et prix de marché(3)
Efficience informationnelle
(1) Il s’agit de montrer que l’information réduit l’incertitude ; plus l’information est précise, plus l’incertitude est faible et en conséquence, plus la dispersion de la
rentabilité attendue est faible.
(2) Définition, notion d’instrument financier, présentation des valeurs mobilières classiques (action et obligation), distinction entre marché primaire et marché secondaire.
(3) En fonction des informations disponibles et de ses anticipations, chaque intervenant sur le marché attribue une valeur aux actifs détenus et arbitre en fonction
du prix de marché ; chaque arrivée d’une information nouvelle peut provoquer une révision des anticipations et agir sur la demande de l’offre d’un actif. Les prix de
marché révèlent l’information détenue par l’ensemble des acteurs.
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Finance d’entreprise • Série 1
2.2 L’analyse de l’activité
L’analyse de l’activité de l’entreprise constitue le point de
départ de tout diagnostic : elle permet
d’apprécier la croissance de l’entreprise et de mesurer
l’aptitude à dégager des profits.
2.3 L’analyse de la structure financière
Le diagnostic repose ensuite sur l’analyse de la structure des
ressources et des emplois qui ont été mis en œuvre pour que
l’entreprise puisse développer son activité. Parmi les méthodes
existantes, l’analyse fonctionnelle(6) statique fournit un cadre
d’analyse simple adapté à la plupart des entreprises.
2.4 L’analyse de la rentabilité
La rentabilité résulte du rapport entre résultats et moyens mis
en œuvre. Elle peut être mesurée au strict plan économique ou
en introduisant l’impact de l’endettement sur la rentabilité des
fonds propres.
2.5 L’analyse par les ratios
Le diagnostic doit être enrichi par la détermination de valeurs
relatives permettant de situer l’entreprise dans l’espace et
dans le temps.
2.6 L’analyse par les tableaux de flux
L’analyse dynamique par les flux de fonds et les flux de
trésorerie (observés ou prévus sur plusieurs périodes) permet
de juger l’aptitude de l’entreprise à faire face à ses
engagements et à prévenir les éventuelles défaillances.
3. La politique d’investissement (40 heures)
3.1 Les projets d’investissement
La décision d’investissement repose en partie sur un calcul
permettant de s’assurer que les flux futurs de trésorerie
anticipés ont une valeur actuarielle supérieure au coût des
moyens nécessaires à la réalisation de l’investissement(7).
Notions et contenus
Diagnostic économique, diagnostic financier d’une entreprise
Diversité des méthodes
Comparaison dans l’espace et dans le temps
Analyse des états financiers(4)(5) : bilan, compte de résultat,
tableau de flux et annexe
Analyse du compte de résultat : soldes intermédiaires de
gestion et capacité d’autofinancement
Risque d’exploitation : seuil de profitabilité, levier
opérationnel
Analyse fonctionnelle du bilan : fonds de roulement net
global, besoin en fonds de roulement, trésorerie nette
Rentabilité économique, rentabilité financière
Effet de levier financier
Ratios de composition, ratios d’évolution
Ratios d’activité, de profitabilité, d’équilibre,
d’investissement, d’endettement, de rentabilité
Tableaux de financement et tableaux de flux de trésorerie
Capacité à supporter le coût de la dette, solvabilité
Capacité à financer les investissements
Estimation des flux des projets (capacité d’autofinancement
d’exploitation, variations du besoin en fonds de roulement
d’exploitation, immobilisations, valeurs terminales)
Taux d’actualisation, coût du capital pour un projet
Critères de sélection financiers (valeur actuelle nette, taux
interne de rentabilité, délai de récupération du capital
investi, taux de rendement global(8)
Critères de sélection non financiers(9)
(4) Le diagnostic est basé sur des données pluriannuelles.
(5) La connaissance préalable des modalités d’établissement des modèles proposés par différentes organisations (centrales de bilans, OEC, etc.) n’est pas exigée
des candidats.
(6) L’analyse liquidité-exigibilité et l’analyse pool de fonds ne sont pas traitées.
(7) Le projet d’investissement étudié pourra être de différentes natures : développement, remplacement, productivité, externalisation, etc. En cas de projets mutuellement exclusifs, les durées seront identiques. La valeur résiduelle d’un projet est donnée au candidat et ne doit pas donner lieu à un ajustement fiscal.
(8) L’utilisation des arbres de décision et des probabilités est exclue de l’étude des investissements.
(9) Taille du projet, niveau de risque (économique, environnemental, social, organisationnel, technologique), cohérence avec la stratégie de l’entreprise.
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Sens et portée de l’étude
2. Le diagnostic financier des comptes sociaux (40 heures)
Le diagnostic financier permet de porter un jugement sur les
forces et les faiblesses de l’entreprise sur le plan financier à
partir de différentes approches utilisées en analyse financière.
2.1 La démarche de diagnostic
Le diagnostic repose sur la mise en œuvre de méthodes
d’analyse des états financiers qui varient en fonction de
l’information disponible et du contexte du diagnostic.
UE 116 • Finance d’entreprise
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Sens et portée de l’étude
3.2 La gestion du besoin en fonds de roulement
Parmi les emplois que l’entreprise doit financer, le besoin de
financement généré par l’exploitation peut être évalué en se
référant aux normes (ou conditions normales) de
fonctionnement du cycle d’exploitation. Ce cadre d’analyse
permet de mesurer l’impact des variations de niveau d’activité
et justifie éventuellement les politiques de réduction de ces
emplois.
4. La politique de financement (40 heures)
En fonction de son contexte et de sa taille, l’entreprise met en
œuvre une politique financière afin de financer le plus
judicieusement possible les emplois de sa politique
économique.
4.1 Les modes de financement
L’entreprise peut recourir à différents modes de financement
dont le coût varie en fonction de leur origine et du risque
supporté par les bailleurs de fonds.
4.2 Les contraintes de financement
Les bailleurs de fonds financent les investissements d’une
entreprise en fonction de la structure des financements
existants et de l’état du développement de l’entreprise.
4.3 La structure du financement
Le coût moyen des financements de l’entreprise se détermine
en fonction de la proportion et des coûts des différents modes
de financement. Il n’est influencé, sous certaines hypothèses,
que par l’impact de la fiscalité et de l’endettement financier.
4.4 Le plan de financement
Le plan de financement permet de faire la synthèse des
investissements et des financements prévus afin d’apprécier la
pertinence de la politique financière retenue et d’assurer
l’équilibre de la trésorerie sur le moyen terme.
5. La trésorerie (15 heures)
5.1 La gestion de la trésorerie
La gestion de trésorerie a pour objectif l’optimisation des
mouvements et des soldes de trésorerie.
Notions et contenus
Approche normative d’évaluation du besoin en fonds de
roulement d’exploitation(10)
Action sur les postes clients, fournisseurs et stocks
Autofinancement
Financement par augmentation de capital, par emprunt(11)
et par crédit-bail
Coût des moyens de financement(12)
Équilibre financier
Risque financier(13) et garanties(14)
Coût du capital
Structure financière et valeur de l’entreprise(15)
Objectifs du plan de financement
Processus d’élaboration(16)
Modalités d’équilibrage
Prévisions de trésorerie
Modalités d’équilibrage : financements des insuffisances de
trésorerie (escompte, crédits de trésorerie, découvert),
placement des excédents(17)
5.2 La gestion du risque de change
Les aléas sur les mouvements de trésorerie libellés en monnaie Couverture du risque de change commercial : empruntétrangère peuvent faire l’objet de mesures de protection
dépôt, change à terme, option de change
spécifiques.
(10) La composante fixe est exclue du calcul. Seuls les postes de stocks, de créances clients, de dettes fournisseurs et de TVA font partie de l’étude.
(11) Remboursement par amortissements constants, annuités constantes (avec différé éventuel), in fine.
(12) En intégrant l’impôt sur les bénéfices.
(13) Taux d’endettement, capacité d’endettement, couverture des charges financières par l’EBE.
(14) Les principales garanties prises par les organismes prêteurs (garanties personnelles et réelles) sont rappelées sans détailler les spécificités juridiques de ces
opérations.
(15) Il s’agit de mettre en évidence l’impact théorique de l’endettement sur le taux requis par les actionnaires, le coût du capital et la valeur de l’entreprise. Le
MEDAF n’est pas au programme.
(16) Le plan de financement peut être réalisé en deux étapes : un plan préparatoire puis un plan définitif après arbitrage sur les emplois et/ou les moyens de financement. Il est élaboré sur deux ou trois exercices et présenté selon un modèle adapté à l’analyse fonctionnelle. La réalisation du plan de financement peut être
précédée de l’élaboration de comptes de résultats prévisionnels.
(17) L’élaboration des plans de trésorerie sera limitée à un horizon de quelques mois en prenant en compte la TVA. L’optimisation peut concerner les mouvements
(par exemple, escompte sur encaissements ou négociation des décaissements) comme les soldes (par exemple, recherche ou placement d’un solde excédentaire).
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Finance d’entreprise • Série 1
INDICATIONS COMPLÉMENTAIRES
1. La valeur
Le couple rentabilité – risque pourra être illustré par des statistiques analysant cette relation sur le long terme et par type
d’actifs (action, obligation).
Information et incertitude : il s’agit de montrer que l’information réduit l’incertitude ; plus l’information est précise, plus
l’incertitude est faible et en conséquence, plus la dispersion de la rentabilité attendue est faible.
L’étude du marché financier se limite aux aspects suivants : définition, notion d’instrument financier, présentation des valeurs
mobilières classiques (action et obligation), distinction entre marché primaire et marché secondaire.
Valeur, information et prix de marché : en fonction des informations disponibles et de ses anticipations, chaque intervenant
sur le marché attribue une valeur aux actifs détenus et arbitre en fonction du prix du marché ; chaque arrivée d’une
information nouvelle peut provoquer une révision des anticipations et agir sur la demande et l’offre d’un actif ; les prix de
marché révèlent donc l’information détenue par l’ensemble des acteurs.
2. Le diagnostic financier des comptes sociaux
Le diagnostic est réalisé à partir de données pluriannuelles.
La connaissance préalable des modalités d’établissement des modèles proposés par différentes organisations (Centrale des
bilans, CSOEC, etc.) n’est pas exigée des candidats.
Les retraitements étudiés peuvent concerner : les contrats de location-financement, le personnel extérieur, la participation
des salariés, les créances cédées non échues, les valeurs mobilières de placement, les intérêts courus sur immobilisations
et dettes financières.
L’analyse fonctionnelle du bilan est l’occasion d’introduire les différents cycles d’opérations : cycle d’investissement, cycle
d’exploitation et cycle de financement.
L’analyse liquidité – exigibilité et l’analyse pool de fonds du bilan ne sont pas traitées.
4. La politique de financement
Les modalités de remboursement des emprunts à prendre en compte sont les suivantes :
amortissements constants, annuités constantes (avec différé éventuel), in fine.
Le coût des moyens de financement est étudié en intégrant l’impôt sur les bénéfices.
Risque financier et garanties : le risque financier est appréhendé à l’aide de ratios (par exemple : taux d’endettement,
capacité d’endettement, couverture des charges financières récurrentes par l’excédent brut d’exploitation) ; les principales
garanties prises par les organismes prêteurs (garanties personnelles et réelles) sont rappelées sans détailler les spécificités
juridiques de ces opérations.
Structure financière et valeur de l’entreprise : il s’agit de mettre en évidence l’impact théorique de l’endettement sur le taux
requis par les actionnaires, le coût du capital et la valeur de l’entreprise en prenant en compte la fiscalité de l’entreprise. Le
MEDAF n’est pas au programme.
Le plan de financement peut être réalisé en deux étapes : un plan préparatoire puis un plan définitif après arbitrage sur les
emplois et/ou les moyens de financement. Il est élaboré sur deux ou trois exercices et présenté selon un modèle adapté à
l’analyse fonctionnelle. Sa réalisation peut être précédée par l’élaboration de comptes de résultats prévisionnels.
5. La trésorerie
L’élaboration des plans de trésorerie sera limitée à un horizon de quelques mois en prenant en compte la TVA. L’optimisation
peut concerner les mouvements (par exemple, escompte sur encaissements ou négociation des décaissements) comme les
soldes (par exemple, recherche d’un financement ou placement d’un solde excédentaire).
L’étude des options de change est limitée aux achats d’options négociées de gré à gré.
10
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3. La politique d’investissement
Le projet d’investissement étudié pourra être de différentes natures : développement, remplacement, productivité,
externalisation, etc. En cas d’étude de projets mutuellement exclusifs, les durées seront identiques. La valeur résiduelle d’un
projet est donnée au candidat et ne doit pas donner lieu à un ajustement fiscal.
L’utilisation des arbres de décision et des probabilités est exclue de l’étude des investissements.
Différents critères non financiers pourront être évoqués pour montrer que la décision d’investissement ne se résume pas à
un simple calcul financier ; on peut prendre en compte, par exemple, la taille du projet, son niveau de risque (économique,
environnemental, social, organisationnel, technologique), sa durée, sa cohérence avec la stratégie de l’entreprise.
L’évaluation du besoin en fonds de roulement d’exploitation est réalisée en excluant l’éventuelle composante fixe. Seuls les
postes de stocks, de créances clients, de dettes fournisseurs et de TVA font partie de l’étude.
UE 116 • Finance d’entreprise
II.
BIBLIographIe
Le cours de l’Intec de finance d’entreprise est composé de quatre séries représentant l’intégralité
du programme de l’UE 6 du DCG. Le cours est normalement autosuffisant et ne nécessite pas
l’acquisition d’ouvrages complémentaires. Néanmoins, les élèves désirant approfondir certains
points peuvent se référer à d’autres ouvrages comme ceux figurant dans la bibliographie ci-après.
•
•
•
•
M. Mollet, Finance d’entreprise, DCG 6, Foucher, 2010.
J. Delahaye et F. Delahaye, Finance d’entreprise, DCG 6, éditions Dunod, 2011.
P. Vernimmen, P. Quiry, Y. Le Fur, Finance d’Entreprise, Dalloz, 2012.
A. Marion, Analyse financière (concepts et méthodes), 5e éd., Dunod, 2011.
Si l’acquisition d’ouvrages en complément des séries n’est pas indispensable, la préparation
des annales des sujets d’examens des années antérieures semble indispensable.
III. méthodoLogIedessérIes,LogIquedetravaIL
Les quatre séries du cours sont toutes régies selon la même progression :
1. Explication des concepts de base.
2. Exemple simple d’illustration des concepts.
3. Explication des calculs détaillés.
4. Commentaires et démarche d’analyse.
5. Exercice détaillé avec corrigé.
6. Devoirs (un devoir pour les séries 1 et 4 ; deux devoirs pour les séries 2 et 3).
Dans le texte des séries seront insérés des renvois vers des compléments pédagogiques
sur le site Internet : www.cnamintec.fr, dans la rubrique « Ressources ». Ces renvois donnent
des explications complémentaires ou des cas pratiques.
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L’ensemble des séries s’inscrit dans une démarche pédagogique globale, forme un tout, allant
des notions financières de base jusqu’aux éléments d’analyse de diagnostic de l’entreprise et à
la rentabilité et au financement des investissements.
La finance d’entreprise ne saurait être envisagée comme un domaine mobilisant uniquement des
connaissances techniques. Il est fondamental que l’analyste, et donc également celui qui se
forme à la matière, prenne en considération de multiples paramètres pour mener à bien une
analyse financière pertinente.
Cette remarque entraîne une double contrainte pour l’étudiant : il doit maîtriser parfaitement les
outils et les techniques de l’analyse tout en conservant un regard critique l’amenant à ne pas se
satisfaire de la seule maîtrise technique. Il est donc fondamental de comprendre les fondements
des outils mobilisés. Une approche purement scolaire d’apprentissage ne saurait être suffisante.
Iv.
méthodoLogIedeL’examen
Le programme officiel de l’épreuve n° 6 du DCG Finance d’entreprise prévoit une épreuve écrite
portant sur l’étude d’une ou de plusieurs situations pratiques avec, le cas échéant, une ou des
questions.
Durée : 3 heures. Coefficient : 1.
Cette épreuve a pour objectif d’évaluer les capacités des candidats à :
• maîtriser les concepts fondamentaux de la finance et du raisonnement financier (logique financière) ;
• appliquer ces notions à la gestion et à la politique financières des organisations (décisions
financières) ;
• utiliser des techniques financières en matière de diagnostic (conseil financier).
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Finance d’entreprise • Série 1
Pour la rédaction des devoirs ou des annales, nous vous conseillons de vous mettre dans
les conditions de l’examen, sans consulter de documents et avec une durée d’épreuve déterminée. Vous constaterez que dans la plupart des cas vous êtes trop lent et que vous avez du mal
à rédiger et à présenter vos copies.
Apprenez à lire un sujet, à appréhender les différentes parties à traiter (poids relatif en fonction
du barème), l’indépendance des parties et des questions, à repérer les documents fournis en
annexe.
L’expérience montre qu’une lecture trop rapide amène à une non-perception globale du sujet ou
à des erreurs de compréhension ou d’interprétation.
Apprenez à ne pas perdre de temps. Dans un examen, une majorité des notes est comprise
entre 8 et 11 sur 20. Le fait d’échouer à un examen est souvent l’affaire d’un point ou d’un demipoint. Donc, le demi-point marginal est capital et souvent perdu à cause d’un problème de gestion du temps. Pour bien gérer votre temps :
1. Répartissez votre temps après la lecture du sujet en essayant d’estimer le barème par partie
et sous-partie.
2. Utilisez votre temps avec un souci de productivité. Par exemple, il est inutile de passer trop de
temps sur un commentaire où il vous est demandé de « commenter brièvement ».
3. Le gain de temps passe souvent par la rédaction directe sur la copie des éléments de réponse.
Cela vous oblige à rédiger proprement et clairement.
Apprenez aussi à répondre sous forme de tableaux, l’épreuve d’analyse financière s’y prête particulièrement bien.
Les correcteurs ne vous connaissent pas ; votre image de marque, c’est votre copie, prenez un
soin extrême à sa présentation.
Il faut laisser de l’espace entre chaque réponse ; n’hésitez pas à changer de page entre chaque
partie, cela vous évitera en cas de complément de réponse venu postérieurement à la rédaction,
de faire un renvoi en fin de copie, toujours désagréable à la correction.
Enfin, encadrer vos résultats et présentez-les de la même manière tout au long de votre copie.
Calculatrice. Sauf disposition spécifique précisée dans l’en-tête du sujet d’examen, la calculatrice est autorisée à l’examen (à l’exclusion de tout matériel ou document). Nous vous conseillons
d’acquérir une calculatrice financière qui vous permettra de faire l’ensemble des calculs d’actualisation nécessaires aux exercices.
Mieux vaut choisir une calculatrice financière aux fonctions bien maîtrisées, qu’une calculatrice
parfois trop complexe à l’usage.
12
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Le détail des explications permet d’attribuer des points même si la réponse finale est fausse.
UE 116 • Finance d’entreprise
Plan
annUel dU coUrs
Série 1
Partie 1. L’anaLyse des états financiers
Chapitre 1. Présentation des états financiers et des objectifs du diagnostic
Chapitre 2. L’analyse de l’activité.
Chapitre 3. L’analyse de l’équilibre financier.
série 2
Partie 2. Les tabLeaux de fLux et Le diagnostic financier
Chapitre 1. L’analyse des flux financiers
Chapitre 2. Le diagnostic financier
série 3
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Partie 3. La rentabiLité des investissements
Chapitre 1. Le fonds de roulement normatif
Chapitre 2. L’analyse de la valeur
Chapitre 3. La stratégie d’investissement
série 4
Partie 4.  PoLitique de financement, gestion de La trésorerie 
et du risque de change
Chapitre 1. La politique de financement
Chapitre 2. La gestion de trésorerie
Chapitre 3. La gestion du risque de change commercial
201161TDPA0112
13
partie
L’analyse
1
des éTaTs financiers
InTrodUcTion
Nous commencerons par donner :
• la liste des abréviations utilisées dans cette première série ;
• les états financiers de la société Référence, entreprise à laquelle nous appliquerons l’ensemble
des outils présentés dans les deux premières séries.
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I. Abréviations
BFRE
BFRHE
CA
CBC
CAF
CdB
CAR
CCA
CAMPC
CAMV
CSNA
CSANV
DADP
EBE
EBITDA
ECA
ECP
ENE
ESO
ETE
ETG
FRNG
ICNE
IS
PCEA
PCA
PRO
RADP
RCAI
RBE
RD
RNE
SIG
VA
VCEAC
VMP
201161TDPA0112
Besoin en fonds de roulement d’exploitation
Besoin en fonds de roulement hors exploitation
Chiffre d’affaires
Concours bancaires courants
Capacité d’autofinancement
Centrale de bilans (de la Banque de France)
Charges à répartir (sur plusieurs exercices)
Charges constatées d’avance
Coût d’achat des matières premières consommées
Coût d’achat des marchandises vendues
Capital souscrit non appelé
Capital souscrit appelé non versé
Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions
Excédent brut d’exploitation
Earnings Before Interest, Taxes Depreciation and Amortization
Écart de conversion actif
Écart de conversion passif
Excédent net d’exploitation.
Excédent sur opérations
Excédent de trésorerie d’exploitation
Excédent de trésorerie globale
Fonds de roulement net global
Intérêts courus non échus
Impôt sur les sociétés
Prix de cession des éléments d’actifs
Produits constatés d’avance
Prime de remboursement des obligations
Reprises sur amortissements, dépréciations et provisions
Résultat courant avant impôt
Résultat brut d’exploitation
Ressources durables
Résultat net d’exploitation
Soldes intermédiaires de gestion
Valeur ajoutée
Valeur comptable des éléments d’actifs cédés
Valeur mobilière de placement
15
Finance d’entreprise • Série 1
II. États financiers société Référence
comptes de résultat
Quotes-parts opér. en commun II(1)
CHARGES FINANCIÈRES
Dotations
Intérêts et charges assimilées
Différences négatives de change
Charges nettes sur cession de VMP
TOTAL III
CHARGES EXCEPTIONNELLES
Sur opérations de gestion
Sur opérations en capital :
• Valeur comptable des actifs cédés
Dotations
TOTAL IV
Participation salariés aux résultats V
Impôts sur les bénéfices VI
Total des charges I à VI
Solde créditeur = Bénéfice
TOTAL GÉNÉRAL
5 000
121 023
9 874
135 897
1 005
23 101
23 201
47 307
17 894
362 858
N–1
PRODUITS
PRODUITS D’EXPLOITATION
489 120 Ventes de marchandises
(10 380) Production vendue
2 449 801
Sous-total A : chiffre d’affaires
(40 003)
Production stockée
Subventions d’exploitation
RADP
1 574 082 Transferts de charges
154 000 Autres produits
3 370 421
Sous-total B :
1 348 168 TOTAL I (A + B)
N–1
781 575
631 950
10 669 600
9 861 928
11 451 175 10 493 878
133 168
158 610
25 000
15 000
123 903
12 901
35 651
5 000
4 000
322 722
190 511
11 773 897 10 684 389
158 949
69 821
31 211
3 256
9 598 446
6 023 Quotes-parts opér. en commun II(1)
PRODUITS FINANCIERS
De participation
98 160 D’autres valeurs mobilières
3 698 Autres intérêts et produits assimilés
451 RADP
102 309 Différences positives de change
Produits nets sur cession de VMP
2 221 TOTAL III
PRODUITS EXCEPTIONNELS
Sur opérations de gestion
Sur opérations en capital :
2 221 • Produits cessions des d’actifs
• Subv. d’investis. virée résultat
16 153 RADP
362 099 TOTAL IV
11 339 941 10 087 251 Total des produits I à IV
589 819
621 888
11 929 760 10 709 139 TOTAL GÉNÉRAL
(1) Quote-part des opérations faites en commun.
16
N
5 987
-
37 850
100
982
5 980
987
45 899
980
141
8 317
4 259
13 697
9 818
1 053
74 159
20 000
103 977
10 000
11 053
11 929 760 10 709 139
11 929 760 10 709 139
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CHARGES
N
CHARGES D’EXPLOITATION
Achats de marchandises
580 923
Variation de stock de marchandises
15 698
Achats de matières premières
2 692 280
Variation stock de matières premières
8 995
Services extérieurs :
• Personnel extérieur
75 000
• Loyers crédit-bail
150 000
• Autres
1 720 188
Impôts, taxes et versements assimilés
159 000
Salaires et traitements
3 579 855
Charges sociales
1 459 942
DADP :
• immob : dotations amortissements
180 903
• actif circulant : dotations dépréciations
98 632
• risques et charges
44 742
Autres charges
9 827
TOTAL I
10 775 985
UE 116 • Finance d’entreprise
Bilans
ACTIFS
ANNÉES
Capital souscrit non appelé
TOTAL 0
Immobilisations incorporelles :
• Frais de recherche et développement
• Fonds commercial
BRUT
N
125 000
A et D(1)
N
-
NET
N
125 000
NET
N–1
-
557 984
-
557 984
468 500
Immobilisations corporelles :
• Constructions
• Installations
• Avances et acomptes
668 921
1 345 065
-
104 259
298 000
-
564 662
1 047 065
-
593 231
801 000
45 000
Immobilisations financières :
• Participations
• Prêts
ACTIF IMMOBILISÉ
378 500
2 950 470
402 259
378 500
2 548 211
75 000
1 982 731
188 992
532 668
56 244
15 924
197 987
374 500
71 942
-
1 734 024
169 874
3 569
5 015
1 569
1 312 475
140 015
0
50 000
99 021
9 720
20 987
21 256
98 632
2 728 866
2 276 916
500 891
30 000
5 432 077
21 869
4 281 336
TOTAL I
Stock et en-cours :
• Matières premières
• Produits finis
• Marchandises
Avances et acomptes versés
Créances d’exploitation :
• Clients et comptes rattachés
• Autres créances d’exploitation
Créances diverses(2)
Capital souscrit-appelé non versé
Valeurs mobilières de placement
Disponibilités
188 992
532 668
56 244
15 924
1 832 656
169 874
3 569
5 015
1 569
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Charges constatées d’avance
ACTIF CIRCULANT
20 987
TOTAL II
Charges à répartir sur plusieurs exercices III
Primes remboursement des obligations IV
Écarts de conversion actif V
TOTAL GÉNÉRAL I à V
2 827 498
30 000
5 932 968
98 632
-
(1) Amortissements et dépréciations.
(2) Détail des créances diverses
Dont créances cessions immobilisations
IMMOBILISATIONS
Immobilisations incorporelles :
• Fonds commercial
N
N–1
3 569
-
Début N
Augment. N
Diminut. N
468 500
89 484
Immobilisations corporelles :
• Constructions
• Installations techniques, matériel
• Avances et acomptes
668 921
1 050 000
45 000
421 500
-
126 435
45 000
668 921
1 345 065
-
Immobilisations financières :
• Participations
• Prêts
TOTAL
75 000
2 307 421
378 500
889 484
75 000
246 435
378 500
2 950 470
201161TDPA0112
-
Fin N
557 984
17
DÉPRÉCIATIONS – PROVISIONS
• Produits finis
• Clients et comptes rattachés
• Provisions réglementées
• Provisions pour risques et charges
TOTAL
Début N
Augment. N
25 000
61 650
98 632
23 201
37 253
44 742
123 903
166 575
Diminut. N
25 000
61 650
37 253
123 903
Fin N
98 632
23 201
44 742
166 575
AMORTISSEMENTS
• Constructions
• Installations techniques, matériel
TOTAL
Début N
Augment. N
75 690
28 569
249 000
152 334
324 690
180 903
Diminut. N
103 334
103 334
Fin N
104 259
298 000
402 259
PASSIFS
Capital
Primes d’émission, de fusion, d’apport
Réserves :
• Réserve légale
• Réserves statutaires
• Autres
Report à nouveau
Résultat de l’exercice
Subventions d’investissement
Provisions réglementées
TOTAL I CAPITAUX PROPRES
N
850 000
150 000
N–1
400 000
40 000
40 000
250 000
182 593
589 819
200 000
23 201
2 285 613
40 000
220 000
151 200
5 921
621 888
140 000
1 619 009
44 742
37 253
Autres emprunts obligataires
Emprunts auprès des établissements de crédit(1)
Avances et acomptes reçus
Dettes d’exploitation :
• Dettes fournisseurs et comptes rattachés
• Dettes fiscales et sociales
Dettes diverses :
• Dettes sur immobilisations
• Dettes fiscales (impôts sur les bénéfices)
• Autres dettes
585 000
1 432 053
59 852
1 636 000
51 842
653 200
256 327
635 400
244 500
Produits constatés d’avance
TOTAL III DETTES
12 985
3 094 742
14 753
2 625 074
Écarts de conversion passif IV
TOTAL GÉNÉRAL I à IV
6 980
5 432 077
4 281 336
TOTAL II PROVISIONS RISQUES ET CHARGES
(1)
Dont soldes créditeurs de banque :
65 897
15 698
13 730
N
N–1
125 325
9 954
18 915
23 664
III. Informations complémentaires sur la société Référence
Le tableau ci-dessous synthétise les intérêts courus non échus sur emprunts et les effets
escomptés non échus à la fin de chacun des exercices.
• ICNE sur emprunts :
• EENE :
18
N
5 423
69 500
N–1
5 651
-
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Finance d’entreprise • Série 1
UE 116 • Finance d’entreprise
Les escomptes obtenus et accordés sont résumés dans le tableau suivant :
• Escompte financier accordé :
• Escompte financier obtenu :
N
6 981
556
N–1
1 561
0
Les VMP peuvent être assimilées à la trésorerie.
Les écarts de conversion actif concernent les créances clients et les écarts de conversion passif
les dettes fournisseurs (d’exploitation).
Au cours de l’exercice N, la société a :
• émis des actions de numéraire ;
• incorporé des réserves au capital pour 100 000 € ;
• remboursé des emprunts pour 369 852 € ;
• souscrit un contrat de crédit-bail (début janvier N) :
– valeur du bien loué : 500 000 €,
– ce bien aurait fait l’objet d’un amortissement en linéaire sur 4 ans s’il avait été acquis en
pleine propriété ;
• reçu une subvention d’exploitation qui peut être considérée comme un complément au chiffre
d’affaires ;
• amorti la prime de remboursement des obligations pour 5 000 €.
ChaPiTre 1.Présentationdesétatsfinanciers
etdesobjectifsdudiagnostic
Document de travail résevé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Un diagnostic financier peut avoir des objectifs multiples (que nous préciserons plus loin), mais,
pour l’essentiel il s’agit d’analyser :
• la rentabilité qui exprime la capacité de l’entreprise à générer suffisamment de bénéfice par
rapport aux capitaux investis par les actionnaires ;
• et la solvabilité, c’est-à-dire la capacité de l’entreprise à rembourser ses dettes.
La réalisation de ce diagnostic s’appuie essentiellement sur les états financiers obtenus grâce à
la comptabilité générale : le compte de résultat, le bilan et l’annexe. Nous désignerons ces documents comptables par états financiers, comptes annuels ou encore documents de synthèse.
Avant de présenter plus en détail les objectifs du diagnostic, nous commencerons par présenter
le contenu des états financiers.
Section 1.  PréSentation deS étatS financierS
I.
LesopératIonseffectuéesparL’entreprIse
L’activité d’une entreprise est rythmée par les opérations effectuées. Quelle que soit la forme
(juridique, structurelle), les objectifs (profit, service public, assistance) ou la nature du capital de
l’organisation (publique ou privée), l’entreprise est une structure humaine organisée visant à
mobiliser des ressources pour produire des biens et/ou services. Pour ce faire, l’organisation
réalise différentes opérations que l’on peut classifier selon leur objectif : les opérations d’exploitation, d’investissement et de financement.
Les opérations liées à l’exploitation relèvent de l’activité courante, de la finalité de l’entreprise : acheter de la matière première, payer les salaires, vendre des produits ou des prestations
sont des activités d’exploitation.
Les opérations d’investissement rassemblent les opérations ayant pour objet l’acquisition ou la
cession d’immobilisations : l’achat d’un terrain, la construction d’une usine, la vente d’une machine.
201161TDPA0112
19
Finance d’entreprise • Série 1
Les opérations de financement permettent à l’entreprise de disposer des ressources nécessaires à son activité. Elles concernent les opérations d’emprunt et de remboursement, mais
également les opérations sur fonds propres (augmentations de capital, distribution de dividendes
par exemple).
Ces différentes opérations (activité, investissement, financement) génèrent deux types de flux :
les flux physiques et les flux monétaires. C’est le décalage entre les flux physiques et monétaires qui crée pour l’entreprise un besoin de financement ou un excédent de financement. Ainsi,
un fournisseur payé 60 jours après la livraison de sa marchandise permet à l’entreprise de disposer d’un excédent de financement durant 60 jours. À l’inverse, un client qui règle sa dette
30 jours après avoir pris livraison du bien ou service génère pour l’entreprise un besoin de financement durant 30 jours.
II.
LatranscrIptIondesopératIonsdansLesétatsfInancIers
Les documents comptables sont la base indispensable à l’analyse financière. Les systèmes
comptables sont tous organisés autour de la distinction de deux documents principaux : le
compte de résultat et le bilan. Il est indispensable de bien comprendre les mécanismes d’élaboration de ces deux documents pour pouvoir en faire ensuite l’analyse.
a.LecomptederésuLtat
Ce résultat est formé par la différence entre les produits et les charges de l’exercice. Les produits
et les charges sont séparés en trois grandes masses : l’exploitation (l’activité récurrente de
l’entreprise), le financier (coût du financement de l’activité), l’exceptionnel (activité non récurrente de l’entreprise). Le compte de résultat permet ainsi de distinguer différents niveaux de
résultats :
• Le résultat d’exploitation est calculé par différence entre produits et charges d’exploitation. Il
est représentatif de la capacité de l’entreprise à générer, pour la période considérée, un profit
ou une perte à partir des seules opérations du cycle d’exploitation, c’est-à-dire sans tenir
compte des modes de financement ou des opérations d’investissement/désinvestissement.
Le résultat d’exploitation peut être un premier élément d’analyse de la pertinence de l’activité
économique de l’entreprise.
• Le résultat financier est calculé par différence entre produits financiers et charges financières.
Il est représentatif de la capacité de l’entreprise à équilibrer ses opérations de financement
(paiement des frais financiers d’emprunts et encaissement des placements de trésorerie par
exemple). Il est fréquent que le résultat financier soit négatif (perte), notamment dans les entreprises fortement endettées.
• Le résultat exceptionnel est calculé par différence entre produits exceptionnels et charges
exceptionnelles. Il est représentatif des flux non récurrents de l’entreprise et intègre notamment les opérations de l’exercice associées au cycle d’investissement (cession d’éléments de
l’actif immobilisé). L’analyste portera souvent un regard attentif sur le résultat exceptionnel qui
peut largement améliorer ou amoindrir le résultat net.
Le résultat net comptable est alors calculé par différence entre tous les produits et toutes les
charges ou par addition des résultats d’exploitation, financier et exceptionnel et minoré de l’impôt sur les sociétés et de la participation des salariés. Le résultat net sera ensuite distribué aux
actionnaires et/ou mis en réserve.
20
Document de travail résevé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
L’activité de l’entreprise est synthétisée dans le compte de résultat qui mesure, sur une année,
le résultat de l’exercice. Dans une approche simplifiée mais juste, le compte de résultat permet
de vérifier si le prix des produits et services vendus est bien supérieur aux coûts supportés :
c’est là une condition indispensable et première à la survie de l’entreprise sur le long terme.
Exprimé autrement, mesurer le résultat de l’entreprise, c’est vérifier que l’activité dégage bien un
excédent, un enrichissement, que son patrimoine augmente grâce à son activité.
UE 116 • Finance d’entreprise
B.LeBILan
Le bilan présente le patrimoine de l’entreprise à un instant donné : les biens dont l’entreprise est
propriétaire (actif) et la manière dont ils sont financés (passif). Le bilan comptable est organisé en
grandes masses que l’on peut schématiquement représenter comme suit :
ACTIF
Actif immobilisé
Immobilisations incorporelles
Immobilisations corporelles
Immobilisations financières
PASSIF
Capitaux propres
Capital social
Réserves
Résultat
Actif circulant
Stocks
Créances clients
Provisions pour risques et charges
Trésorerie
Valeurs mobilières de placement
Disponibilités
Comptes de régularisation actifs
Charges constatées d’avance
Primes de remboursement
Charges à répartir
Écarts de conversion actifs
Dettes
Dettes financières
Fournisseurs
Comptes de régularisation passifs
Produits constatés d’avance
Écarts de conversion passifs
1. L’actif
Document de travail résevé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
L’actif du bilan représente l’ensemble des biens et des droits constituant le patrimoine de l’entreprise. Il est composé de l’actif immobilisé (emplois durables dans l’entreprise), de l’actif
circulant (éléments qui ne font que transiter dans l’entreprise et qui se renouvellent avec le cycle
d’exploitation) et de la trésorerie active, auxquels on rajoutera les comptes de régularisation et
les écarts de conversion actif.
Au sein des actifs immobilisés, on distingue les immobilisations incorporelles (marques, brevets,
fonds de commerce, etc.), corporelles (terrain, machines, bâtiments, etc.) et les immobilisations
financières (actions d’une autre entreprise par exemple).
L’actif circulant est composé d’actifs « temporaires » (stocks, créances clients).
La trésorerie active est composée de placements financiers (valeurs mobilières de placement) et
d’argent disponible (disponibilités).
quelquesparticularitésàl’actifdubilan
Les frais d’établissement comprennent les frais de constitution, les frais de premier
établissement, les frais d’augmentation de capital. Ils doivent être amortis dans un délai qui
ne peut excéder 5 ans. Leur définition a été largement restreinte par l’évolution du Plan
comptable. Le règlement CRC n° 2004-06 sur les actifs, applicable depuis le 1er janvier
2005, considère ainsi que les frais de constitution, de premier établissement et d’augmentation
de capital devraient être systématiquement comptabilisés en charges. Il subsiste néanmoins
la possibilité d’immobiliser ces charges en vertu du décret du 23 novembre 1983.
Les frais de recherche et de développement sont liés à des projets individualisés et dont
les chances de réussite sont sérieuses. Ils doivent être amortis de la même manière que les
frais d’établissement.
Les immobilisations financières comprennent les participations (titres qui permettent
d’exercer une influence sur la société émettrice, c’est-à-dire représentant par exemple
201161TDPA0112
•••
21
Finance d’entreprise • Série 1
•••
10 % du capital de cette entreprise), les créances rattachées à des participations (prêts
octroyés à des entreprises détenues en partie), les autres titres immobilisés ainsi que les
autres immobilisations financières (prêts et dépôts à plus d’un an).
Les charges à répartir sur plusieurs exercices sont des charges qui peuvent être étalées
sur plusieurs exercices (frais d’émission des emprunts). Elles doivent être amorties de
manière générale dans un délai maximum de 5 ans. Leur utilisation est restreinte par
l’évolution du plan comptable.
Les primes de remboursement des obligations sont égales à la différence entre le prix
de remboursement et le prix d’émission des obligations. Elles apparaissent en valeur nette
au bilan et sont amorties par exemple sur la durée de l’emprunt.
Les écarts de conversion actif proviennent de l’évolution – défavorable à l’entreprise –
des différentiels de taux de change entre la monnaie d’origine d’une créance ou d’une dette
et son évaluation en euros à la clôture de l’exercice.
Les biens sont inscrits à l’actif du bilan pour leur valeur d’origine (coût historique). Les immobilisations sont ainsi comptabilisées pour leur valeur d’achat ou de production, les stocks pour leur
valeur de production ou d’achat, les créances des clients pour leur valeur facturée. Cependant,
pour donner une image fidèle du patrimoine de l’entreprise, la comptabilité prévoit d’évaluer la
dépréciation de ces actifs en amortissant dans le temps les immobilisations et en dépréciant
éventuellement les montants des créances ou des stocks qui se déprécient (chute de la valeur
de marché, stocks périssables, clients douteux, etc.). La valeur brute des éléments d’actif correspond donc à leur valeur d’origine, la valeur nette à leur valeur "réelle" et actuelle. En revanche,
les comptes de régularisation sont toujours présentés en valeur nette.
Le passif du bilan représente l’ensemble des ressources à la disposition des entreprises. Il est
composé des capitaux propres (capital social, réserves et résultat), des provisions pour
risques et charges (destinées à couvrir un risque probable mais non certain), des dettes classées suivant leur origine (financière, fournisseurs…) ainsi que des comptes de régularisation
passif (produits constatés d’avance, écarts de conversion passif).
quelquesparticularitésaupassifdubilan
Les dettes financières sont composées des emprunts obligataires convertibles, des autres
emprunts obligataires, des emprunts et dettes auprès des établissements de crédit (dettes
bancaires à caractère durable, concours bancaires courants et soldes créditeurs de banques),
des emprunts et dettes financières diverses (dont les intérêts courus sur emprunts).
Les écarts de conversion passif proviennent de l’évolution – favorable pour l’entreprise
– des différentiels de taux entre la monnaie d’origine des dettes et créances et leur évaluation
en euros à la clôture de l’exercice.
Section 2.  LeS objectifS du diagnoStic financier
L’analyse financière tient une place centrale dans la gestion d’une organisation. Elle vise à produire
une information à destination de différents utilisateurs.
22
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2. Lepassif
UE 116 • Finance d’entreprise
I.
L’anaLysefInancIèredeL’InformatIoncomptaBLe
L’analyse de l’information comptable vise à porter un diagnostic sur l’entreprise, en vue de prendre
des décisions (décisions de gestion, de cotation, d’achat ou de vente d’actions, etc.). Pour réaliser
un tel diagnostic, l’analyste utilise quelques concepts de base qu’il est essentiel de comprendre
avant d’entamer l’étude des comptes de l’entreprise : la rentabilité, le risque, la solvabilité, la liquidité.
La rentabilité est généralement l’objectif principal des dirigeants et actionnaires de l’entreprise.
Elle mesure la capacité de l’entreprise à dégager des bénéfices avec le moins possible de
moyens. C’est donc le rapport d’un flux (issu du compte de résultat : résultat d’exploitation,
résultat courant, résultat net) et d’un stock (issu du bilan : capitaux propres, ressources durables).
On distingue classiquement la rentabilité économique de la rentabilité financière. Ces deux
notions seront développées dans la série n° 2.
Le risque est la variable pondératrice des décisions des investisseurs et des dirigeants. Les
partenaires financiers ou les futurs actionnaires réalisent un arbitrage rentabilité/risque. L’analyse
financière a donc pour objectif, après avoir mesuré la rentabilité de l’entreprise, d’évaluer le
degré de risque auquel les ressources prêtées ou investies sont soumises. Le risque peut notamment se mesurer en comparant les ressources propres de l’entreprise et ses dettes financières.
Une entreprise plus endettée est synonyme de risque potentiellement supérieur. Le niveau de
risque est notamment appréhendé au travers de la notion de solvabilité (abordée dans le chapitre III de cette série).
La solvabilité mesure la capacité de l’entreprise à faire face à moyen ou long terme à ses obligations (dettes financières à long et moyen terme, fournisseurs d’immobilisations, etc.). Pour
être solvable, l’entreprise doit donc avoir un actif supérieur à ses dettes. Cette définition de la
solvabilité générale inclut donc la notion de liquidité.
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La liquidité mesure la capacité de l’entreprise à faire face à court terme à ses obligations
(salaires, charges fiscales, etc.). Elle est évaluée en comparant l’actif à moins d’un an de l’entreprise (stocks, créances clients, disponibilités, etc.) au passif exigible à moins d’un an (fournisseurs, salaires, dettes fiscales et sociales, concours bancaires, etc.). Plus l’actif disponible est
supérieur au passif exigible, plus le degré de liquidité de l’entreprise est élevé.
L’objectif de l’analyse financière est alors de combiner les outils permettant d’évaluer ces quatre
dimensions caractéristiques de la santé de l’entreprise pour faciliter la prise de décision (pour les
investisseurs, partenaires financiers, clients, fournisseurs, etc.).
II.
LespartIesprenantes
Les parties prenantes (ou « stakeholders ») peuvent être définies comme les individus ou groupes
qui dépendent de l’organisation pour atteindre leurs propres buts et dont l’organisation dépend
également. Les parties prenantes rassemblent des acteurs très différents, qu’il est possible de
classer selon leur proximité avec l’entreprise :
Parties prenantes internes
• dirigeants
• salariés
• syndicats
• (actionnaires)
Parties prenantes externes
• actionnaires
• partenaires financiers (banques notamment)
• clients
• fournisseurs
• pouvoirs publics (services fiscaux, administrations locales)
Les objectifs des parties prenantes partagent une base commune. Chacun a tout intérêt à ce que
l’entreprise soit profitable : les dirigeants pour renforcer leur pouvoir et assurer leur emploi, les
salariés pour conserver leur emploi et évoluer professionnellement, les actionnaires et les partenaires financiers pour rentabiliser leur investissement, les clients et fournisseurs pour assurer leur
volume d’activité, les pouvoirs publics pour maintenir l’emploi et engranger des recettes fiscales.
Pourtant, si les parties prenantes partagent un objectif de rentabilité, leurs attentes peuvent être différentes. Le tableau suivant présente quelques-uns des objectifs des principales parties prenantes.
201161TDPA0112
23
Finance d’entreprise • Série 1
Parties prenantes
Objectifs
Actionnaires
Maximisation de la richesse
Dirigeants
Maximisation des revenus
Créanciers
Remboursement des créances
Salariés
Maintien de l’emploi et croissance
des rémunérations
Focalisation du diagnostic
• Rentabilité financière
• Risque financier
• Croissance
• Rentabilité économique
• Autonomie financière
• Risque de défaillance
• Solvabilité
• Croissance
• Rentabilité économique
• Risque de défaillance
Adapté de Caby & Koëhl, Analyse financière, Pearson Education, 2003.
La prise en compte des parties prenantes dans la démarche d’analyse financière n’est pas en soi
un élément nouveau. Elle a en revanche connu un essor important ces dernières années du fait
du développement du gouvernement d’entreprise.
III. LaproductIondeL’InformatIonfInancIère
La production de l’information financière nécessite de prendre en considération les liens étroits
entre la comptabilité et la finance.
Les documents comptables (bilan, compte de résultat, annexe) sont les sources indispensables
de l’analyse financière. En règle générale, l’analyste financier utilise la liasse fiscale comme
source d’information pour l’analyse des PME. Dans les grandes entreprises et notamment pour
une analyse financière externe, le rapport annuel est la source principale des informations.
ExEmplEs
Exemples de reclassements pour améliorer la pertinence économique et financière
La comptabilité classe en « charges externes » le personnel intérimaire ou les redevances de
crédit-bail. Dans la grande majorité des cas, l’analyse financière reclasse ces montants en
réintégrant le personnel intérimaire dans les charges de personnel et en distinguant dans la
redevance de crédit-bail la part correspondant à un amortissement fictif du bien et la part correspondant aux frais financiers fictifs sur l’emprunt. C’est également fondamental pour comparer des entreprises ayant des politiques d’investissement différentes.
Exemples de reclassements pour tenir compte des informations extracomptables
L’analyste financier doit essayer d’obtenir le maximum d’informations pertinentes sur l’entreprise, son activité et son secteur. Il doit alors utiliser toutes les sources disponibles pour développer la pertinence de son diagnostic.
Les charges et produits exceptionnels pourront par exemple faire l’objet d’une étude approfondie
pour s’assurer que des charges d’exploitation n’ont pas été comptabilisées comme des charges
exceptionnelles. La démarche d’analyse financière doit donc être envisagée comme un allerretour permanent entre les informations comptables et les informations extracomptables. Une
analyse approfondie nécessite alors de pouvoir rencontrer et interroger les dirigeants de l’entreprise sur les ambiguïtés ou incompréhensions issues de la lecture des documents comptables.
L’analyse financière est par essence contingente. Cela signifie que l’analyste doit prendre en
compte les facteurs de contingence de nature à modifier la pertinence de l’analyse ou de certains outils. Quelques-uns de ces facteurs sont évoqués ci-après.
L’activité de l’entreprise est un élément essentiel à l’analyse financière. Les résultats de l’analyse
doivent en effet être interprétés au regard de la nature et des conditions d’exercice de l’activité.
24
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Si l’information comptable est la base première de l’analyse financière, les logiques de la comptabilité et de la finance ne sont pas identiques. La comptabilité est par exemple basée sur le
principe du coût historique alors que la finance raisonne en valeur de marché, donc en valeur
actualisée. L’analyste devra donc procéder à des reclassements et retraitements, d’une part
pour atteindre la plus grande pertinence économique et financière possible, d’autre part pour
tenir compte des informations extracomptables dont il dispose.
UE 116 • Finance d’entreprise
ExEmplE
Exemples de facteurs de contingence liés à la nature de l’activité
Une entreprise industrielle et une entreprise de services n’auront probablement pas un profil
financier comparable. L’entreprise industrielle disposera probablement d’un actif immobilisé
important et de stocks conséquents par exemple, alors que l’entreprise de services aura des
charges de personnel plus importantes et des stocks réduits. De même, une boulangerie ou un
pressing en début d’activité auront probablement des frais financiers relativement importants
(remboursement des emprunts liés aux équipements) alors qu’une agence immobilière aura
des charges de personnel conséquentes mais peu de frais financiers.
ChaPiTre 2.L’anaLysedeL’activité
Nous définissons l’activité comme l’ensemble des opérations ayant une traduction définitive dans
le compte de résultat (ventes, achats, etc.). Cette activité doit être analysée sous deux angles :
• Le résultat est-il satisfaisant ?
• La trésorerie obtenue est-elle suffisante ?
Section 1.  LeS SoLdeS intermédiaireS de geStion (Sig)
Nous verrons comment se définissent, se calculent et s’interprètent les différents SIG.
Certaines critiques ont été adressées à ces SIG, ce qui a conduit la centrale de bilans de la Banque
de France à apporter diverses améliorations. Nous expliquerons et calculerons ces retraitements.
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Quelle que soit la version des SIG, nous montrerons comment en faire le commentaire.
Questions
Informations brutes
Retraitements
de l’information
Le bénéfice
est-il suffisant ?
Compte de résultat
SIG PCG
Analyse
Ratios +
commentaires
SIG Banque de France
I.
présentatIongénéraLedessIg
Mieux qu’un simple compte de résultat ne distinguant que les produits et les charges, les soldes
intermédiaires de gestion permettent de comprendre comment ce résultat a été obtenu : il fait
ainsi apparaître le résultat d’exploitation, le résultat exceptionnel, etc., mais le calcul du résultat
financier n’a pas été prévu.
Le schéma ci-dessous présente de façon très schématique la structure des SIG en trois niveaux :
Charges d’exploitation
Résultat d’exploitation
Produits d’exploitation
Produits financiers
Charges financières
Résultat Courant Avant Impôt (RCAI)
Charges exceptionnelles
Résultat exceptionnel
Produits exceptionnels
Résultat Net : RCAI + résultat exceptionnel
201161TDPA0112
25
Finance d’entreprise • Série 1
Le tableau des SIG permet ensuite de détailler le contenu du résultat d’exploitation en mettant
en évidence la valeur ajoutée. D’un point de vue macro-économique, le produit Intérieur brut
(PIB) est égal à la somme des valeurs ajoutées des entreprises et des administrations et constitue un indicateur essentiel pour un pays. Le PIB de la France pour 2011 a atteint environ
2 000 milliards d’euros.
Au niveau micro-économique, la valeur ajoutée est égale à l’enrichissement brut généré par l’activité courante (hors cession d’actif) d’une entreprise. De façon schématique, la valeur ajoutée
est égale au chiffre d’affaires diminué des consommations externes (comptes 60 à 62). La
richesse ainsi créée constitue alors la rémunération des différents facteurs de production :
• État (impôt et taxes et impôts sur les bénéfices, comptes 63 et 695).
• Personnel (comptes 64).
• Prêteurs (comptes 66).
Ensuite, le solde est disponible pour l’entreprise afin :
• de renouveler ses immobilisations (dotations) ;
• rémunérer ses actionnaires (dividendes) ;
• augmenter ses capitaux propres (réserves).
De façon schématique, on peut ainsi écrire :
• Valeur ajoutée = chiffre d’affaires – consommations externes
• Résultat net comptable = valeur ajoutée – coût des facteurs de production
Un diagnostic sur le niveau du résultat net comptable peut donc être basé sur la valeur ajoutée
et sur la répartition de cette richesse entre les différents facteurs de production.
ExEmplE applicatif 1
Compte de résultat
Ventes de marchandises
Coût d’achat des marchandises vendues
Charges de personnel
Charges d’intérêts
Charges exceptionnelles
Résultat net comptable
N
1 000
480
155
40
(65)
260
N–1
900
450
150
30
270
Sans avoir encore présenté en détail la structure des SIG, on peut déjà, avec le tableau suivant,
en montrer l’intérêt dans la réalisation d’un diagnostic financier.
SIG simplifiés
Valeur ajoutée : CA – consommations externes : 1 000 – 480 :
(–) Charges de personnel
(=) Résultat d’exploitation : (520 – 155)
(–) Charges d’intérêt (prêteurs) :
(=) Résultat courant(1) : 365 – 40
(+) Résultat exceptionnel
Résultat net comptable : 325 – 65
N
520
(155)
365
(40)
325
(65)
260
(1) Résultat avant prise en compte des éléments exceptionnels.
Afin d’en faciliter le commentaire, il est conseillé de calculer ces SIG en pourcentage.
26
N–1
450
(150)
300
(30)
270
270
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Donnons une illustration très simplifiée qui va nous permettre de comprendre l’apport des SIG
dans un diagnostic financier. Le tableau ci-dessous présente le compte de résultat d’une entreprise pour les deux derniers exercices.
UE 116 • Finance d’entreprise
SIG en pourcentages
Valeur ajoutée/chiffre d’affaires (520/1 000)
Charges de personnel/valeur ajoutée (155/520)
Charges d’intérêt/valeur ajoutée (40/520)
Résultat courant/chiffre d’affaires
Résultat net comptable/chiffre d’affaires (260/1 000)
N
52 %
29,8 %
7,7 %
32,5 %
26 %
N–1
50 %
33,3 %
6,7 %
30 %
30 %
Alors que le chiffre d’affaires est en hausse, le résultat net comptable est en baisse, en euros (260
contre 270) et en pourcentage du chiffre d’affaires (26 % contre 30 %). Quelles en sont les causes ?
• Le niveau de la richesse créée par l’entreprise n’est pas en cause puisque le taux de valeur
ajoutée a même augmenté (52 % contre 50 %).
• En revanche, la répartition de cette valeur ajoutée s’est faite de manière « inégale » : le prélèvement opéré par les charges de personnel est en baisse alors que les charges d’intérêt payées
aux prêteurs ont augmenté de 1 point. Malgré tout, le résultat courant est toujours en hausse
(32,5 % contre 30 % du chiffre d’affaires).
• Les charges exceptionnelles ont donc un rôle essentiel dans l’explication de la baisse du résultat.
II.
LaconstructIondessIg
Après avoir montré la structure générale et l’intérêt des SIG, nous abordons à présent le détail
de leur construction. Le schéma suivant commence par résumer la démarche.
Production
vendue
Vente de marchandises
Coût achat des
marchandises vendues
Marge
commerciale
Production Production
stockée
immobilisée
Production de l’exercice
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Marge commerciale + Production
Consommations en
provenance de tiers
Valeur
ajoutée
Subventions
d’exploitation
Valeur ajoutée
Impôts et taxes +
Personnel
Excédent brut
d’exploitation
Excédent brut
d’exploitation
Produits financiers
Charges financières
Résultat
financier
Autres produits +
Reprises sur provisions
Autres charges +
DAP
Résultat
d’exploitation
Résultat courant avant impôts
Produits exceptionnels
Charges
exceptionnelles
Résultat
exceptionnel
Résultat de
l’exercice
IS +
Participation
Les SIG peuvent être présentés sous la forme d’un tableau identique à celui reproduit ci-après.
201161TDPA0112
27
28
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Total
• Produits sur cessions d’éléments d’actif
Total
Total
• Charges exceptionnelles
• Dotations aux provisions exceptionnelles
• Valeur nette comptable des immobilisations
cédées
Total
• ou Résultat courant avant impôts (Perte)
• ou Résultat exceptionnel (Perte)
• Participation des salariés
• Impôts sur les bénéfices
Total
• Valeur comptable des éléments d’actif cédés
Total
Total
Total
Total
Total
Total
• Produits exceptionnels
• Reprises provisions et transferts de charges
exceptionnels
• Prix de cession des immobilisations cédées
Total
• Résultat courant avant impôts (Bénéfice)
• Résultat exceptionnel (Bénéfice)
• ou Insuffisance brute d’exploitation
• Dotations aux amortissements
et aux provisions d’exploitation
• Autres charges
• Impôts, taxes et versements assimilés
• Charges de personnel
• Consommations de l’exercice
en provenance de tiers
Charges
• Coût d’achat des marchandises vendues
Total
• Déstockage de production
• ou Résultat d’exploitation (Perte)
• Charges financières
• Dotations aux provisions financières
• Quotes-parts de résultat sur opérations
en commun
Total
Total
Total
Total
Total
N
• Résultat d’exploitation (Bénéfice)
• Produits Financiers
• Reprises provisions financières
• Quotes-parts de résultat sur opérations
en commun
• Excédent brut d’exploitation
• Reprises sur provisions et transferts de
charges d’exploitation
• Autres produits
• Valeur ajoutée
• Subventions d’exploitation
• Marge commerciale
• Production de l’exercice
• Production vendue
• Production stockée
• Production immobilisée
Produits
• Ventes de marchandises
N
Plus ou moins-value sur cession d’actifs
Résultat de l’exercice
Résultat exceptionnel
Résultat courant avant impôts
Résultat d’exploitation
Excédent brut d’exploitation
Valeur ajoutée
Production de l’exercice
Marge commerciale
Soldes
N
Finance d’entreprise • Série 1
UE 116 • Finance d’entreprise
ExEmplE applicatif 2
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Néanmoins, il est plus simple de présenter les SIG en liste comme nous le faisons ci-dessous
pour la société Référence ; les états financiers de cette société ont été présentés au début de la
série.
SOCIÉTÉ RÉFÉRENCE
Ventes de marchandises :
Coût d’achat des marchandises vendues :
MARGE COMMERCIALE
Production vendue :
Production stockée (ou déstockée)
Production immobilisée
PRODUCTION DE L’EXERCICE
Coût d’achat matières premières consommées
Autres achats et charges externes
VALEUR AJOUTÉE
Subventions d’exploitation
Impôts, taxes et versements assimilés
Charges de personnel
EXCÉDENT BRUT D’EXPLOITATION
Reprises sur charges et transferts
Autres produits
Dotations
Autres charges
RÉSULTAT D’EXPLOITATION
Quote-part résultats opérations en commun
Produits financiers
Charges financières
RÉSULTAT COURANT AVANT IMPÔTS
Produits exceptionnels
Charges exceptionnelles
RÉSULTAT EXCEPTIONNEL
Participation des salariés aux résultats
Impôt sur les bénéfices
RÉSULTAT NET DE L’EXERCICE
RÉSULTAT NET DES CESSIONS
PROCÉDURES
(1)
(2) = achats + Δ stocks
(3) = (1) – (2)
(4)
(5)
(6)
(7) = (4) + (5) + (6)
(8) = achats + Δ stocks
(9)
(10) = (3) + (7) – (8) – (9)
(11)
(12)
(13)
(14) = (10) + (11) – (12) – (13)
(15)
(16)
(17)
(18)
(19) = (14) + (15) + (16) – (17) – (18)
(20)
(21)
(22)
(23) = (19) + (20) + (21) – (22)
(24)
(25)
(26) = (24) – (25)
(27)
(28)
(29) = (23) + (26) – (27) – (28)
PCEA – VCEAC
N
781 575
596 621
184 954
10 669 600
133 168
10 802 768
2 701 275
1 945 188
6 341 259
25 000
159 000
5 039 797
1 167 462
159 554
5 000
324 277
9 827
997 912
5 987
45 899
135 897
913 901
103 977
47 307
56 670
17 894
362 858
589 819
51 058
N–1
631 950
478 740
153 210
9 861 928
158 610
10 020 538
2 409 798
1 574 082
6 189 868
15 000
154 000
4 718 589
1 332 279
12 901
4 000
259 981
3 256
1 085 943
(6 023)
13 697
102 309
991 308
11 053
2 221
8 832
16 153
362 099
621 888
-
Quelques commentaires sur la construction de ce tableau des SIG :
• Il est impératif de retrouver le même résultat que dans le compte de résultat !
• On ne doit pas omettre le dernier solde « Résultat net des cessions » : il est obtenu par une
simple différence entre les comptes « PCEA » et « VCEAC ». Le résultat net des cessions est
donc une partie du résultat exceptionnel.
• La plupart des soldes intermédiaires sont obtenus à partir du solde précédent ; il n’en va pas ainsi
pour la production de l’exercice et le résultat exceptionnel qui sont des soldes indépendants.
201161TDPA0112
29
30
10 775 985
9 827
180 903
98 632
44 742
159 000
3 579 855
1 459 942
75 000
150 000
1 720 188
580 923
15 698
2 692 280
8 995
-
N
997 212
5 000
324 277
9 827
Autres produits
Dotations amortis. dépréc. provisions
Autres charges
RÉSULTAT D’EXPLOITATION
159 554
1 167 462
EXCÉDENT BRUT D’EXPLOITATION
Reprises et transferts
25 000
159 000
5 039 797
6 341 259
Subventions d’exploitation
Impôts, taxes et versements assimilés
Charges de personnel
VALEUR AJOUTÉE
2 701 275
1 945 188
10 802 768
PRODUCTION DE L’EXERCICE
Coût d’achat MP consommées
Autres achats et charges externes
10 669 600
133 168
0
184 954
Production vendue
Production stockée (ou déstockée)
Production immobilisée
MARGE COMMERCIALE
596 621
Document de travail résevé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
TOTAL I
Autres charges
Impôts, taxes et versements assimilés
Salaires et traitements
Charges sociales
DADP :
Sur immobilisations :
Sur immobilisations :
Sur actif circulant :
Risques et charges :
Achats de marchandises
Variation de stock
Achats de matières premières
Variation de stock
Achats non stockés de matières
Services extérieurs
Personnel extérieur
Loyers en crédit-bail
Autres
CHARGES D’EXPLOITATION
781 575
Coût d’achat marchandises vendues
N
Ventes de marchandises
SIG
SOCIÉTÉ RÉFÉRENCE
11 773 897
25 000
123 903
35 651
5 000
322 722
Subventions d’exploitation
Reprises sur dépréciations provisions
Transferts de charges
Autres produits
Sous-total B :
TOTAL I (A + B)
133 168
-
781 575
10 669 600
11 451 175
N
Production stockée
Production immobilisée
Ventes de marchandises
Production vendue
Sous-total A : chiffre d’affaires
PRODUITS
D’EXPLOITATION
Finance d’entreprise • Série 1
Le tableau ci-après présente le détail du calcul pour la partie exploitation.
UE 116 • Finance d’entreprise
III. L’anaLysedessIgparLesratIos
Un ratio est un rapport entre deux grandeurs qui permet d’évaluer un poste en pourcentage et
ainsi, de rendre comparable des entreprises de taille très différente. Les ratios qui nous intéressent pour l’instant sont calculés à partir des soldes intermédiaires de gestion et permettent de
mieux comprendre la formation du résultat net.
Proposition d’une liste de ratios
RATIOS
Conclusions(1)
Taux de variation du CA
CA N - CA N-1
CA N-1
A
Taux de profitabilité(2)
Résultat net
CA
A
Marge commerciale
CAMV
A
Marge commerciale
Vente de marchandises
A
CAMPC
Production exercice
B
Charges externes
CA
B
Valeur ajoutée
CA
A
Charge de personnel
Valeur ajoutée( 3 )
B
EBE
CA
A
Charges financières( 4 )
CA
B
INTITULÉS
Taux de marge commerciale
OU
Taux de marque commerciale
Taux de matières premières
Taux de charges externes
Taux de valeur ajoutée
Taux de charges de personnel
Document de travail résevé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Taux d’EBE
Taux de charges financières(4)
(1) A : plus le ratio est élevé, plus la situation est favorable.
B : plus le ratio est élevé, plus la situation est défavorable.
(2) Appelé aussi taux de marge nette.
(3) Ou chiffre d’affaires.
(4) Certains calculent ce ratio sur le seul poste intérêt.
Certains de ces ratios appellent quelques commentaires.
Le taux de profitabilité synthétise tous les autres ratios et si vous n’en calculé qu’un seul, ce
sera celui-là ! La moyenne observée en France, tout secteur confondu, est d’environ 3 % (3 centimes de bénéfice par euro de chiffre d’affaires). La dispersion par rapport à cette moyenne
s’explique par le degré de compétitivité propre à chaque secteur et la possibilité de se différencier : dans les deux cas, cela permet en grande partie la possibilité d’accroître ou non sa marge.
Ainsi, le BTP (bâtiments et travaux publics) ou les constructeurs automobiles sont à moins de
2 % alors que le secteur du luxe peut dépasser 10 %.
Le taux de marge commerciale mesure la marge brute (seuls les achats de marchandises sont
pris en compte) dégagée par une entreprise de négoce par euro de marchandises achetées.
Ainsi, une marge commerciale de 60 % signifie qu’un produit acheté 1 € est revendu 1,6 €.
Certains utilisent le taux de marque commerciale qui exprime la marge, mais cette fois par € de
ventes. Dans les deux cas, le ratio est fondamental pour le secteur commercial, car il exprime les
deux principales variables sur lesquels une entreprise de ce secteur pourra agir pour améliorer
sa performance économique.
201161TDPA0112
31
Finance d’entreprise • Série 1
En plus de la richesse créée déjà présentée, la valeur ajoutée est aussi un indicateur de taille.
Plus le ratio (VA/CA) tendra vers 1, plus cela traduira une VA proche du chiffre d’affaires et donc
peu de moyens externes (marchandises, matières premières, services extérieurs). On dit aussi
que le niveau d’intégration de l’entreprise est élevé (ratio proche de 1) ou faible (proche de zéro) ;
cette information n’est pas sans intérêt pour comprendre le niveau des coûts. En effet, plus le
ratio est proche de 1 :
• plus la taille relative de l’entreprise est grande ;
• plus son pouvoir de négociation est important ;
• mais souvent elle perd en flexibilité du fait du niveau élevé de charges fixes (beaucoup de
moyens internes donc du personnel et des machines) ;
• enfin, les ressources nécessaires au financement des investissements sont plus grandes.
Inversement, l’entreprise dont le ratio est plus faible et qui fait appel à des moyens extérieurs,
bénéficie au contraire d’un crédit fournisseur dont le coût est apparemment gratuit. Ainsi, beaucoup d’entreprises préfèrent aujourd’hui sous-traiter afin de retrouver un peu de flexibilité (par
exemple, les stocks sont transférés chez les fournisseurs).
La valeur ajoutée est aussi un élément dans la négociation salariale et un paramètre déterminant
dans le calcul de la réserve spéciale de participation. Il est vrai que cette dernière n’est obligatoire que dans les entreprises de plus de cinquante salariés et que le détail du calcul de la VA
diffère légèrement de celui du PCG (il est donné par le code du travail).
Le taux d’EBE1 est souvent utilisé par certains pour apprécier la performance pure de l’exploitation (économique) puisque l’EBE est indépendant :
• des politiques d’amortissement, de dépréciations et de provisions toujours un peu subjective ;
• de la politique de financement (les capitaux propres ne génèrent aucune charge à la différence
des emprunts) ;
• des éléments exceptionnels.
ExEmplE applicatif 3
Le tableau suivant présente les principaux ratios de la société Référence concernant l’étude de
l’activité. Le taux de charges de personnel a été calculé par rapport au chiffre d’affaires.
RATIOS SOCIÉTÉ RÉFÉRENCE
R1 : Variation CA
R2 : Taux de profitabilité
R3 : Taux de marge commerciale
R4 : Taux de matières premières
R5 : Taux de charges externes
R6 : Taux de valeur ajoutée
R7 : Taux de charges de personnel
R8 : Taux d’EBE
R9 : Taux de charges financières
N
9,1 %(1)
5,2 %(2)
31,0 %(3)
25,0 %(4)
17,0 %(5)
55,4 %(6)
44,0 %(7)
10,2 %(8)
1,2 %(9)
N–1
5,9 %
32,0 %
24,0 %
15,0 %
59,0 %
45,0 %
12,7 %
1,0 %
(1) (11 451 175 – 10 493 878)/10 493 878
(2) 589 819/11 451 175
(3) 184 954/596 621
(4) 2 701 275/10 802 768
(5) 1 945 188/11 451 175
(6) 6 341 259/11 451 175
(7) 5 039 797/11 451 175
(8) 1 167 462/11 451 175
(9) 135 897/11 451 175
1. Les Anglo-Saxons parlent d’EBITDA (Earnings Before Interest, Taxes, Depreciation and Amortization)
qui correspond approximativement à l’EBE.
32
Document de travail résevé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
De plus, l’EBE ne contenant aucun élément calculé et non monétaires comme par exemple les
dotations aux amortissements (voir plus loin la section sur la CAF), on peut aussi le définir
comme la trésorerie potentielle générée par l’exploitation.
UE 116 • Finance d’entreprise
Analyse de la profitabilité de la société Référence
Dans un contexte de baisse de l’activité (R1), le taux de profitabilité est en baisse.
Ceci s’explique par la diminution de la richesse créée (R6) :
• l’activité de négoce se fait avec une marge plus faible (R3) ;
• et les taux de consommation de matières premières et de charges externes sont en hausse
(R4, R5).
En revanche, l’évolution de la rémunération des facteurs de production est plus nuancée :
• si les charges financières croissent très légèrement ;
• les charges de personnel diminuent de 1 point par rapport au chiffre d’affaires.
Pour terminer, il faut souligner que sans le résultat exceptionnel (qui représente environ 10 % du
résultat net comptable), la baisse de la profitabilité aurait été nettement plus importante.
Section 2.  LeS retraitementS améLiorant La Pertinence 
économique deS Sig
Afin d’améliorer la pertinence économique des soldes, de nombreux analystes, dont la centrale
de bilans de la Banque de France, proposent d’opérer quelques retraitements et reclassements
dans le tableau des SIG. Un retraitement consiste à changer le classement d’une charge ou d’un
produit par rapport à celui proposé par le plan comptable. Le plus souvent, le but est de faciliter
la comparaison entre les entreprises.
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La centrale de bilans propose ainsi des SIG (parfois appelés « au coût des facteurs ») pour la
partie exploitation : ils reposent sur une vision plus économique et moins juridique de l’entreprise que celle du PCG exposée précédemment.
La centrale de bilans a été créée par la Banque de France en 1968. Elle se présente actuellement
sous trois aspects complémentaires : une base de données harmonisée sur les entreprises ; un
service d’analyse financière et de diagnostic (présent sur l’ensemble du territoire) ; un observatoire économique du tissu productif national, régional et local. Par la suite, nous parlerons indifféremment de la Banque de France ou de la Centrale de bilans.
I.
LesprIncIpauxretraItements
a.Lasous-traItance
Un recours accru à la sous-traitance de fabrication n’entraîne pas de croissance au niveau de
l’entreprise mais au niveau de son sous-traitant. En conséquence, les frais de sous-traitance ne
sont plus dans les charges externes (et donc dans la valeur ajoutée) mais sont retirés de la production de l’exercice pour obtenir la production propre.
B.LepersonneLextérIeur
Pour le coût du personnel, les SIG traditionnels ne retiennent que les salaires (et les charges
sociales correspondantes). Or, il faut tenir compte du personnel extérieur à l’entreprise pour
obtenir une image fidèle des ressources mobilisées par l’entreprise pour produire. Le coût de la
fonction personnel est ainsi mesuré indépendamment de son mode de rémunération. Les
charges de personnel intérimaire sont retirées de la valeur ajoutée pour être pris en compte au
niveau de l’EBE (c’est-à-dire du résultat brut d’exploitation dans le système Banque de France).
201161TDPA0112
33
Finance d’entreprise • Série 1
C.LessuBventIonsd’expLoItatIon
La centrale de bilans intègre les subventions d’exploitation pour complément de prix au niveau
du calcul de la valeur ajoutée. Les autres subventions d’exploitation sont laissées au niveau du
résultat brut d’exploitation.
d.LesredevancesdecrédIt-BaIL
Deux entreprises strictement identiques, mais dont l’une fait appel au crédit-bail alors que l’autre
est propriétaire de tous ses actifs de production, auront des valeurs ajoutées PCG différentes (le
crédit-bail étant comptabilisé dans les consommations externes).
Pour pouvoir comparer ces entreprises, il est donc souhaitable de considérer que la redevance
périodique doit être comptabilisée comme si l’entreprise était propriétaire de l’immobilisation.
Ce retraitement permet ensuite, notamment dans l’analyse de la rentabilité, de mettre en parallèle les résultats obtenus avec tous les moyens réellement mis en œuvre dans l’activité, qu’ils
soient ou non la possession de l’entreprise.
On calcule l’amortissement que l’on aurait pratiqué si l’on était propriétaire du bien. Cette dotation fictive aux amortissements est comptabilisée au niveau du résultat d’exploitation, avec les
autres dotations d’exploitation. La différence entre la redevance et l’amortissement fictif représente les frais financiers associés au crédit-bail.
ExEmplE applicatif 4
Cette somme est donc retirée de la valeur ajoutée pour être comptabilisée en charge au niveau
du résultat d’exploitation, avec les autres dotations aux amortissements.
La différence entre la redevance annuelle payée et cette dotation aux amortissements (55 000
– 50 000 = 5 000) correspond donc à des frais financiers, assimilables à ceux que l’entreprise
paieraient si elle devait rembourser l’emprunt correspondant à l’acquisition de la machine. Ce
montant est donc retiré de la valeur ajoutée pour être pris en compte au niveau du résultat courant, avec les autres charges financières.
e.LesescomptesfInancIers
Les escomptes accordés aux clients ou obtenus des fournisseurs (pour paiement comptant) peuvent être pris en compte dans le RBE et non dans les charges et produits à caractère financier.
f. LesautreschargesetLesautresproduIts
Les autres charges et les autres produits (comptes 65 et 75), normalement classés dans le calcul
du résultat d’exploitation peuvent être retraités dans le résultat brut d’exploitation.
g.Lestransfertsdecharges
Les transferts de charges peuvent être reclassés si l’on dispose d’informations sur leur nature :
• transferts de charges relatives aux salaires : ils sont retirés du résultat d’exploitation et comptabilisés au niveau de l’EBE, avec les autres charges de personnel.
• transferts de charges relatives à un loyer commun avec une autre entreprise : ils sont retirés du
résultat d’exploitation et comptabilisés au niveau de la valeur ajoutée, avec les autres consommations externes.
34
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L’entreprise a pris en crédit-bail une machine d’une valeur de 200 000 euros.
Le contrat de location-vente prévoit le versement d’une redevance annuelle de 55 000 euros
pendant 4 ans.
Si l’entreprise avait été propriétaire de la machine, elle aurait comptabilisé une dotation aux amortissements d’exploitation d’un montant : valeur d’achat/durée d’utilisation : 200 000/4 = 50 000 €
UE 116 • Finance d’entreprise
Les transferts de charge peuvent être inscrits dans le compte de résultat dans la catégorie
exploitation (791), financier (796) ou exceptionnel (797). Il faut bien dire que, aussi bien dans
la réalité qu’aux examens, les transferts de charges sont le plus souvent d’exploitation et
tous nos exemples seront bâtis sur cette hypothèse.
Le poste transfert de charges peut avoir l’un des objectifs suivants :
• annuler une charge pour la transférer vers un autre poste de charge, comme dans le cas
d’un appartement loué pour un collaborateur qui bénéficie ainsi d’un avantage en nature ;
• annuler une charge pour la transférer vers un compte de tiers, au bilan, lorsque la charge a été
en réalité supportée pour le compte de tiers : indemnités d’assurances, aides de l’État, etc. ;
• annuler une charge pour la transférer vers le compte 481 « Charges à répartir », au bilan.
Dans ces trois cas, au lieu de créditer le compte de charge initial, on crédite le compte 79
concerné par le débit du compte destinataire de la charge. Qu’en déduire pour l’analyse
financière ?
En ce qui concerne les soldes intermédiaires de gestion, nous avons vu que le compte 791
n’est pris en compte que globalement au niveau du résultat d’exploitation. Or, les transferts
de charges d’exploitation peuvent concerner tous les comptes de charges 60 à 65. Les
soldes marge commerciale, valeur ajoutée et EBE peuvent donc être faussés car on devrait
affecter le transfert dans le solde où se trouve la charge à annuler. Le schéma d’élaboration
des SIG prévu par le PCG ne le permet pas et nos soldes seront erronés ! La résolution de
ce problème aurait supposé une subdivision appropriée du compte 791 en fonction du
numéro du solde concerné : 7911, 7913 et 7914 respectivement pour la marge commerciale,
la valeur ajoutée et l’EBE. Il n’y aurait pas eu de compte 7912 car le solde n° 2 (la production)
n’est pas concernée par les transferts.
En définitive, si le texte ne nous donne pas de précision, nous imputerons toujours le
transfert de charges d’exploitation au niveau du résultat d’exploitation.
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II.
présentatIondétaILLéedessIgd’expLoItatIon
deLaBanquedefrance.
Le tableau suivant détaille les SIG d’exploitation de la Banque de France.
Marge commerciale : identique à celle du PCG
Production de l’exercice PCG
– Sous-traitance de fabrication
= Production propre
– Coût des matières consommées
= Marge sur production propre
Marge commerciale
+ Marge sur production propre
= Marge brute d’exploitation
Marge brute d’exploitation
– Achats et charges externes (sauf sous-traitance de fabrication, loyers de crédit-bail et personnel extérieur)
+ Subventions d’exploitation pour complément de prix
= Valeur ajoutée au coût des facteurs
ou
Valeur ajoutée PCG non retraitée
+ Redevances de crédit-bail
+ Personnel extérieur
+ Subventions d’exploitation pour complément de prix
= Valeur ajoutée au coût des facteurs
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35
Finance d’entreprise • Série 1
Valeur ajoutée au coût des facteurs
+ Autres produits :
+ Autres subventions d’exploitation (non complément de prix)
+ Escomptes obtenus
– Autres charges :
– Escomptes accordés
– Impôts et taxes
– Charges de personnel (y compris personnel extérieur)
= Résultat brut d’exploitation
Résultat brut d’exploitation
+ Transferts de charges d’exploitation (si non retraité)
+ Reprises sur amortissements, dépréciations et provisions d’exploitation
– Dotations aux amortissements, dépréciations et provisions d’exploitation (y compris crédit-bail)
= Résultat net d’exploitation
ExEmplE applicatif 5
Le tableau suivant présente, pour la seule année N, les SIG d’exploitation retraités de la société
Référence.
Deux retraitements ne pouvaient pas être appliqués ici, soit faute d’information (transferts de
charges) ou parce que le poste n’existe pas dans notre exemple (sous-traitance).
Autres achats et charges externes
Subvention d’exploitation
VA CdB
Impôts et taxes
Charges de personnel
Autres charges
Autres produits
Escompte obtenu
Escompte accordé
RBE
Transferts de charges d’exploitation
Dotations nettes de reprises
Amortissements sur biens loués
RNE
(1) Autres achats et charges externes sauf personnel extérieur et loyer de crédit-bail.
(2) Salaires + charges sociales + personnel extérieur = 3 579 855 + 1 459 942 + 75 000.
(3) 6 591 259 – 159 000 – 5 114 797– 9 827 + 5 000 + 556 – 6 981
(4) DADP d’exploitation nettes de reprises : 180 903 + 0 + 98 632 + 44 742 – 123 903
(5) 500 000/4
(6) 1 306 210 + 35 651 – 200 374 – 125 000
36
N
781 575
596 621
184 954
10 669 600
133 168
0
2 701 275
8 101 493
8 286 447
1 720 188(1)
25 000
6 591 259
159 000
5 114 797(2)
9 827
5 000
556
6 981
1 306 210(3)
35 651
200 374(4)
125 000(5)
1 016 487(6)
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ANALYSE DE L’EXPLOITATION
SIG retraités société Référence
Ventes de marchandises
Coût d’achat des marchandises vendues
MARGE COMMERCIALE = A
Production vendue de biens et de services
Production stockée (ou déstockée)
Production immobilisée
Coût d’achat des matières premières consommées
MARGE SUR PRODUCTION PROPRE = B
MARGE BRUTE D’EXPLOITATION = A + B
UE 116 • Finance d’entreprise
On peut vérifier le RNE obtenu en le rapprochant du résultat d’exploitation PCG non retraité :
RNE :
1 016 487
(–) escompte obtenu :
(556)
(+) escompte accordé :
6 981
(–) intérêt sur bien loué : 125 000 – 100 000
(25 000)
= Résultat d’exploitation PCG non retraité :
997 912
Les ratios présentés précédemment peuvent être calculés sur ces ratios retraités. Dans ce cas,
il faudra rajouter le calcul des charges financières retraitées selon la procédure suivante :
Charges financières non retraitées :
135 897
(+) intérêt sur bien loué :
25 000
(–) escompte accordé :
(6 981)
Charges financières retraitées :
153 916
Section 3.Du réSuLtat à La tréSorerie
Réaliser un surplus, un résultat net positif est une condition première de survie. Il faut ensuite
que ce surplus soit encaissé par l’entreprise sous forme monétaire afin qu’elle puisse s’autofinancer, payer des dividendes aux actionnaires, rembourser ses emprunts.
Questions
Informations
brutes
Retraitements
de l’information(1)
La trésorerie générée
par l’activité est-elle
suffisante ?
Compte
de résultat
CAF
CAF retraitée
Analyse
Ratios +
commentaires
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(1) Car les charges et les produits contiennent des éléments qui ne sont pas liés à la trésorerie.
I.
défInItIondeLacaf
L’ensemble des composantes du résultat net de l’exercice n’a pas nécessairement une conséquence monétaire. Il en est ainsi des flux calculés. C’est principalement le cas des dotations aux
amortissements, des dépréciations et des provisions qui traduisent la dépréciation d’une immobilisation ou tiennent compte d’un risque futur probable. Ces flux calculés n’ont pas d’incidence
sur la trésorerie de l’entreprise et sont donc à la base de la distinction fondamentale entre résultat et flux de trésorerie.
Ainsi, le calcul d’une CAF permet d’isoler les flux monétaires des flux réels : les charges et les
produits calculés sont annulés (DAP, RAP, quote-part de subvention d’investissement virée au
compte de résultat), mais aussi les cessions d’actifs qui, si elles ont bien une conséquence
monétaire, ne sont pas considérées comme liées à l’activité normale.
Il est temps de rappeler une définition de la capacité d’autofinancement : il s’agit du flux de
trésorerie potentiel généré par l’activité normale de l’entreprise, pendant une période donnée. Potentiel seulement, car comme nous le verrons par la suite, il deviendra acquis seulement
lorsque l’ensemble des opérations aura eu une contrepartie monétaire. Par exemple, le chiffre
d’affaires devient un flux de trésorerie définitif, au moment où la vente est réglée par le client.
La capacité d’autofinancement est donc composée de flux encaissables et décaissables (et non
encaissés et décaissés). Il existe deux causes qui expliquent que la CAF ne soit pas immédiatement dans la caisse de l’entreprise : l’existence des stocks, et le décalage entre le paiement des
différentes charges et l’encaissement du prix de vente.
201161TDPA0112
37
Finance d’entreprise • Série 1
En définitive, le résultat mesure l’enrichissement de l’entreprise grâce à son activité. C’est l’indicateur le plus synthétique et le plus complet. La partie monétaire de cet enrichissement, la CAF,
est obtenue en éliminant les charges et les produits calculés. Mais, une partie de cette trésorerie
est peut être immobilisée dans les stocks et dans le décalage clients – fournisseurs. Pour passer
de flux encaissables à des flux encaissés, on tient compte du besoin en fonds de roulement
(BFR) et on obtient alors la trésorerie réellement encaissée grâce à l’activité et appelée excédent
de trésorerie (cet indicateur sera développé à la fin de la série).
Les flux comptables peuvent alors être représentés de la manière suivante :
Flux calculés
Flux à encaisser ou à décaisser
Flux comptables
Flux
encaissables/
décaissables
II.
Flux encaissés ou décaissés
caLcuLsdeLacaf
a.LaméthodesoustractIve(IndIrecte)
La première méthode élimine du résultat les éléments calculés et les cessions d’actif. Ces dernières correspondent bien à des flux de trésorerie, mais, vu leur caractère exceptionnel, on préfère ne pas en tenir compte et calculer une CAF « courante ».
CALCUL DE LA CAF DU PCG
Résultat net
(+) DADP (exploitation, financier, exceptionnel)
(–) RADP (comptes 781, 786, 787)
(–) PCEA (compte 775)
(+) VCEAC (compte 675)
(–) Quote-part de subvention d’investissement
virée au compte de résultat (compte 777)
SOURCES D’INFORMATIONS
Compte de résultat ou bilan
Compte de résultat (3 types de charges)(1)
Total diminutions tableau dépréc. provisions(2)
Produits exceptionnels opérations en capital
Charges exceptionnelles opérations en capital
Produits exceptionnels opérations en capital
(1) Ou total des augmentations :
– du tableau des dépréciations et provisions ;
– du tableau des amortissements ;
– des amortissements des primes de remboursement des obligations et des charges à répartir.
(2) Ou trois lignes de reprises dans le compte de résultat (seule démarche possible pour l’exercice N–1).
38
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Il existe deux méthodes pour calculer la CAF à partir du compte de résultat.
UE 116 • Finance d’entreprise
ExEmplE applicatif 6
Le tableau ci-dessous présente le calcul de la CAF de la société Référence.
SOCIÉTÉ RÉFÉRENCE
Résultat net comptable
(+) DADP d’exploitation
(+) DADP à caractère financier
(+) DADP à caractère exceptionnel
(–) RADP
(–) PCEA
(+) VCEAC
(–) Quote-part de subvention d’investissement
CAF
N
589 819
324 277
5 000
23 201
(123 903)
(74 159)
23 101
(20 000)
747 336
On peut décomposer le résultat de la société Référence pour l’exercice N en :
Augmentation monétaire du patrimoine (la CAF) :
Variation non monétaire du patrimoine (DAP, etc.) ou non liée à l’activité courante :
N–1
621 888
259 981
(21 218)
(10 000)
850 651
747 336
– 157 517(1)
(1) 324 277 + 5 000 + 23 201 – 123 903 – 74 159 +23 101 – 20 000
Avec sa CAF, l’entreprise peut payer ses actionnaires, faire des investissements, rembourser ses
emprunts…
B.LaméthodeaddItIve(dIrecte)
Document de travail résevé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Il existe une seconde méthode de calcul de la CAF du PCG, basée sur l’excédent brut d’exploitation. Cette démarche est basée sur le fait que la CAF est égale aux produits encaissables
moins les charges décaissables.
On pourrait alors commencer avec les ventes de marchandises (premier produit encaissable),
mais, pour ne pas avoir un calcul trop long, on débute avec l’EBE qui représente le flux de trésorerie potentiel généré par l’exploitation.
Ensuite, il suffit de prendre en compte tous les produits encaissables et toutes les charges
décaissables qui se situent en aval de l’EBE y compris les transferts de charges. En définitive, on
retient tous les produits et charges du compte de résultat, sauf ceux qui ont été éliminés dans la
première méthode de calcul (comptes 68, 78, 675, 775 et 777).
ExEmplE applicatif 7
SOCIÉTÉ RÉFÉRENCE
Excédent brut d’exploitation
(+) Transferts de charges
(+) Autres produits
(+) Quote-part sur opérations faites en commun
(+) Produits financiers (sauf reprises)
(+) Produits exceptionnels sur opérations de gestion
(–) Autres charges
(–) Charges financières (sauf dotations)
(–) Charges exceptionnelles (sauf VCEAC et dotations)
(–) Participation des salariés aux résultats
(–) Impôts sur les bénéfices
CAF
201161TDPA0112
N
1 167 462
35 651
5 000
5 987
45 899
9 818
(9 827)
(130 897)
(1 005)
(17 894)
(362 858)
747 336
N–1
1 332 279
4 000
(6 023)
5 380
1 053
(3 256)
(102 309)
(2 221)
(16 153)
(362 099)
850 651
39
Finance d’entreprise • Série 1
1. Lessubventionsetl’analysefinancière
Une entreprise peut bénéficier de deux types de subventions pour lesquelles nous présentons
ici le traitement financier.
Si une entreprise reçoit une subvention pour lui permettre de compenser l’insuffisance de certains produits d’exploitation ou de faire face à certaines charges d’exploitation, la subvention est
alors qualifiée de subvention d’exploitation et doit être prise en compte immédiatement et en
totalité dans le compte 74. Nous avons déjà vu que comptabilisée par le PCG au niveau de
l’EBE, cette subvention peut être reclassée dans la valeur ajoutée.
Par ailleurs, l’entreprise peut bénéficier d’une subvention d’investissement afin d’acquérir des
immobilisations (subvention d’équipement) ou financer des activités à long terme. Selon les
options offertes par le droit fiscal, l’entreprise a le choix (c’est une décision de gestion) entre
plusieurs possibilités :
• l’enregistrement en produits exceptionnels (compte 777 : quote-part des subventions virées
au résultat de l’exercice) pour le montant total de la subvention ;
• l’échelonnement de leur imposition sur plusieurs exercices : cette dérogation est offerte
lorsque les subventions d’équipement sont accordées exclusivement par l’État ou les collectivités publiques.
ExEmplE applicatif 8
Soit une immobilisation de 200 000 € achetée le premier juillet N–1, amortissable sur cinq ans en
linéaire et financée à 100 % par une subvention. Si l’entreprise décide de l’étalement de cette
subvention, les écritures suivantes sont alors nécessaires :
1/07/N–1
512
131
Banque
Subvention d’équipement
1391
777
Subvention inscrite au compte de résultat
Quote-part subvention virée au résultat exercice
1391
777
Subvention inscrite au compte de résultat
Quote-part subvention virée au résultat exercice
131
1391
Subvention d’équipement
Subvention inscrite au compte de résultat
200 000
20 000
31/12/N–1
20 000
31/12/N
40 000
40 000
31/12/N+4
20 000
20 000
En définitive, on constate que le seul flux de trésorerie est celui du 1er juillet N–1, mais il fait partie
des conséquences de la politique financière et nous le retrouverons plus loin. Si non, le compte 777
n’est qu’un produit calculé qui sert à étaler l’imposition de la subvention sur la durée de vie de
l’immobilisation ; c’est ainsi que le compte « 777 » doit être éliminé dans le calcul de la CAF à
partir du résultat net (et ne pas être pris en compte dans la méthode additive).
2. Lestransfertsdecharges
Les transferts de charges doivent toujours être pris en compte dans le calcul de la CAF à partir d’un
EBE ou (ce qui revient au même) ne pas être éliminé dans un calcul à partir du résultat net. Si non
la charge initiale n’est plus compensée par un produit et ainsi, se trouve comptée deux fois.
c.LacafretraItée
Lorsque l’entreprise recours au crédit-bail, certains proposent de calculer une CAF retraitée
Nous avons alors :
CAF retraitée = CAF non retraitée + dotations aux amortissements sur biens loués.
40
Document de travail résevé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
20 000
UE 116 • Finance d’entreprise
ExEmplE applicatif 9
SOCIÉTÉ RÉFÉRENCE
CAF non retraitée
(+) DAP sur biens loués
CAF retraitée
N
747 336
125 000
872 336
III. InterprétatIonetLImItesdeLacaf
a.cequeLacafpeutdIredeL’actIvItédeL’entreprIse
Le renseignement principal fourni par la CAF concerne les possibilités d’autofinancement de
l’entreprise. On appelle autofinancement la CAF diminuée des dividendes versés. Plus la CAF
est élevée, plus les possibilités financières de l’entreprise sont grandes. En effet, la CAF permettra le financement des investissements, le remboursement des emprunts. Inversement, une CAF
négative reflète une situation dangereuse.
Pour apprécier le niveau de cet autofinancement, on calcule en général le ratio « autofinancement/valeur ajoutée ».
ExEmplE applicatif 10
Document de travail résevé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Le tableau suivant présente, pour la société Référence et dans l’optique de la centrale de bilans
de la Banque de France, un tableau de répartition de la valeur ajoutée jusqu’à l’autofinancement.
Tous les postes ont été retraités, avec une particularité : la participation des salariés au résultat
a été ajoutée aux charges de personnel.
Les montants de l’année N–1 vous sont donnés pour information ; on ne peut pas les retrouver
à partir des informations dont on dispose. Pour l’année N, on supposera que le dividende prélevé sur le bénéfice s’élève à 404 227 €.
SOCIÉTÉ RÉFÉRENCE
Répartition VA cdb
VA cdb
(+) ou (–) autres éléments :
Total de la richesse à répartir
(–) Personnel :
(–) État :
(–) Prêteurs :
• CAF CdB
(–) Dividendes prélevés :
• Autofinancement
N en €
6 591 259
74 668(1)
6 665 927
(5 132 691)(2)
(521 858)(3)
(139 042)(4)
872 336
(404 227)
468 109
N en %
99 %
1 %
100 %
– 77,00 %(5)
– 7,83 %
– 2,09 %
13,09 %
– 6,06 %
7,02 %
N–1 en €
N–1 en %
6 204 868
(6 777)
6 198 091
(4 734 742)
(516 099)
(96 599)
850 651
(466 416)
384 235
100 %
0 %
100 %
– 76,39 %
– 8,33 %
– 1,56 %
13,72 %
– 7,53 %
6,20 %
(1) Il est conseillé de terminer le tableau par ce poste en partant du principe qu’il s’agit des produits encaissables et des charges décaissables sauf ceux et celles qui sont déjà pris en compte dans la VA cdb ou dans les lignes suivantes (personnel, État, prêteurs) :
Détail du calcul de la ligne « Autres éléments »
N
35 651
Transferts de charges
5 000
Autres produits
5 987
Quote-part de résultat sur opérations en commun (montant net)
45 899 – 0
Produits financiers sauf reprises
9 818
Produits exceptionnels sur opérations de gestion
(9 827)
Autres charges
(9 874 + 6 981)
Charges financières sauf dotations et intérêts (hors escompte accordé)
(1 005)
Charges exceptionnelles sur opération de gestion
Total
74 668
(2) Charges de personnel retraitées (salaires bruts + charges sociales + personnel extérieur) + participation des salariés :
3 579 855 + 1 459 942 + 75 000 + 17 894
(3) Impôts et taxes et impôts sur les bénéfices : 159 000 + 362 858
(4) Intérêts retraités (intérêts PCG + intérêts sur biens loués – escompte accordé) : 121 023 + 25 000 – 6 981
(5) 5 132 691/6 665 927
L’autofinancement de la société Référence a augmenté de près de 22 %. On peut imputer cette
progression à la diminution du dividende octroyé aux actionnaires (– 13 %).
201161TDPA0112
41
Finance d’entreprise • Série 1
B.cequeLacafnepeutpasdIredeL’actIvItédeL’entreprIse
La CAF n’est qu’un flux de trésorerie potentiel (voir excédent de trésorerie dans le chapitre 3
ci-après), c’est-à-dire un flux certain mais dont on ne connaît pas la date d’encaissement. En
outre, toute la CAF n’est pas encaissée au même moment en raison des délais de paiements
différents accordés par les clients et négociés avec les fournisseurs. La CAF ne représente donc
pas le flux de trésorerie effectivement encaissé durant la période.
La CAF mélange des flux hétérogènes, flux d’exploitation mais aussi financiers ou exceptionnels. La CAF ne représente donc pas un flux de trésorerie ventilé par type de flux. Les tableaux
de flux de trésorerie que nous traiterons dans la série 2 visent à corriger ce défaut.
ChaPiTre 3.L’anaLysedeL’équiLibrefinancier
Avec le thème de l’équilibre financier, nous découvrons dans ce chapitre, une première méthode
d’étude du bilan (la seconde, centrée sur la rentabilité, sera présentée dans la série 2).
Par définition, un bilan est toujours équilibré mais il y a des équilibres meilleurs que d’autres,
autrement dit, il y a des ressources (capitaux propres, emprunts, etc.) qui sont préférables à
d’autres pour financer certains emplois (immobilisations, stocks, créances clients, etc.). La
question étudiée dans ce chapitre est donc : comment l’équilibre financier a-t- il été obtenu ? Le
schéma ci-dessous présente notre démarche.
Questions
Informations
brutes
Retraitements
de l’information
Analyse
L’équilibre
financier est-il
satisfaisant ?
Bilan comptable
Bilan fonctionnel
Calcul FRNG,
BFR + ratios
+ commentaires
I.
prIncIpesgénéraux
a.cLassementdesopératIonsparcycLe
L’analyse de l’équilibre financier est basée sur un bilan fonctionnel (bilan comptable retraité) dont
les postes ont été regroupés par cycle, constituant chacun un ensemble d’opérations de même
nature. On distingue quatre cycles :
• le cycle d’investissement et de désinvestissement regroupant les opérations d’acquisitions et
de cessions d’éléments d’actif ;
• le cycle de financement regroupant les opérations ayant pour but de réunir les ressources
financières (capital, emprunt) nécessaires au financement des besoins durables ;
• le cycle d’exploitation et hors exploitation regroupant respectivement les opérations liées à
l’activité cyclique (pour ce qui est du cycle d’exploitation) et des autres opérations non courantes (pour le cycle hors exploitation) ;
• le cycle de trésorerie résultant des cycles précédents. Il a pour fonction d’assurer l’ajustement
global entre le cycle d’exploitation et les deux autres cycles.
42
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Section 1.  PréSentation et conStruction du biLan fonctionneL
UE 116 • Finance d’entreprise
B.évaLuatIonàLavaLeurd’orIgIne
Les flux de ressources proviennent concrètement des ventes et autres produits encaissables,
des apports en capital, des subventions d’investissement, des emprunts ou encore des dettes
fournisseurs, fiscales et sociales. Elles ont pour effet d’augmenter la trésorerie disponible. C’est
en prélevant sur cette trésorerie que l’entreprise finance les emplois. Parmi les emplois, nous
retrouvons par exemple les charges décaissables, les acquisitions d’immobilisations, les remboursements d’emprunts, les stocks ou les créances clients. Le bilan fonctionnel présente le
cumul de ces flux de ressources et d’emplois échangés depuis la création de l’entreprise.
Pour rendre compte de ces échanges, le principe qui préside à la construction du bilan fonctionnel est l’évaluation à la valeur d’origine des flux de ressources et d’emplois. Concrètement, cette
règle s’applique essentiellement aux postes de l’actif qui doivent tous, à l’exception des charges
à répartir, être évalués en valeurs brutes.
Pour analyser le bilan d’une entreprise, deux approches peuvent être mobilisées. L’analyse
fonctionnelle que nous développons dans ce chapitre et l’analyse patrimoniale. Conformément
au programme officiel du DCG, seule l’analyse fonctionnelle sera abordée dans nos séries.
Nous présentons néanmoins, dans les quelques lignes suivantes, les grands principes de
l’analyse patrimoniale.
L’analyse patrimoniale se focalise sur la liquidité et la solvabilité de l’entreprise, et donc son
risque de faillite. L’entreprise est liquide si ses disponibilités sont suffisantes pour faire face à
ses échéances à très court terme, elle est solvable si elle a la capacité à régler l’ensemble de
ses dettes en cédant ses actifs. Cette approche est donc basée sur une hypothèse implicite
de cessation de l’activité ; les éléments du bilan sont classés en fonction de leur exigibilité
(plus d’un an, moins d’un an) pour les dettes et de leur liquidité pour les actifs. Les éléments
du bilan ne sont donc pas classés en fonction du cycle économique auquel ils se rapportent.
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II.
structureduBILanfonctIonneL
L’actif et le passif du bilan fonctionnel sont séparés en deux grandes masses : la partie stable et
la partie circulante dont les éléments se renouvellent au fur et à mesure de la vie de l’entreprise.
La logique d’analyse du bilan fonctionnel considère que les ressources stables doivent financer
au minimum les emplois stables (« haut de bilan »), puis que les ressources stables excédentaires et les ressources circulantes financent les emplois circulants (cycle d’exploitation, « bas de
bilan »). Pour ce faire, l’analyse fonctionnelle classe les éléments du bilan (actif et passif) selon
leur nature ou leur destination.
Plus précisément, on retrouve à l’actif :
• les emplois stables qui résultent du cycle d’investissement et correspondent à l’actif immobilisé brut ;
• l’actif circulant qui résulte du cycle d’exploitation et correspond au montant brut des stocks,
créances, etc. Cette masse est le plus souvent séparée entre une partie exploitation et une
partie hors exploitation ;
• la trésorerie active.
Le passif est lui composé :
• des ressources stables qui résultent des décisions de financement et comprennent les capitaux propres, les amortissements et provisions pour dépréciation, les dettes financières. Les
amortissements et provisions pour dépréciation sont assimilés à des ressources de financement
car ils rendent compte d’une dépréciation de l’actif permettant d’en assurer le renouvellement ;
• des dettes circulantes qui résultent du cycle d’exploitation et comprennent les dettes du passif
qui ne sont pas financières (dettes fournisseurs, dettes diverses, etc.). Comme pour l’actif, cette
masse peut être séparée entre une partie exploitation et une partie hors exploitation ;
• de la trésorerie passive qui rassemble des dettes financières à court terme, essentiellement
les concours bancaires courants, soldes créditeurs de banque et effets escomptés non échus.
201161TDPA0112
43
Finance d’entreprise • Série 1
Le bilan suivant présente les grandes masses d’un bilan fonctionnel telle qu’elles devront apparaître si la question vous est posée à l’examen. Le détail de chacune des grandes masses sera
proposé plus loin.
ACTIF
Emplois stables
Actif immobilisé brut (sauf ICNE)
Charges à répartir
Actif circulant
actif circulant d’exploitation
Stocks bruts
Avances et acomptes
Créances clients + EENE
Autres créances d’exploitation
Charges constatées d’avance
actif circulant hors exploitation
Créances diverses
CSANV
ICNE sur immobilisations financières
VMP non liquides
Trésorerie active
Disponibilités
VMP si liquides
PASSIF
Ressources durables
Capitaux propres
Provisions pour risques et charges
Amortissements et provisions pour dépréciation
Dettes financières – PRO
Dettes circulantes
Dettes d’exploitation
Avances et acomptes reçus
Dettes fournisseurs
Dettes fiscales et sociales
Autres dettes d’exploitation
Produits constatés d’avance
Dettes hors exploitation
Dettes sur immobilisation
Dettes d’IS
Autres dettes hors exploitation
ICNE sur emprunts
Trésorerie passive
Soldes créditeurs de banque
EENE
III. détaILsdesretraItementsetrecLassements
a.auseInduBILan
1. Lescomptesdecréancesenverslesactionnaires:capitalsouscritnon
appelé(csna,109)etcapitalsouscritappelénonversé(csanv,456)
Ces postes peuvent apparaître à la création d’une société ou lorsqu’elle augmente son capital.
ExEmplE applicatif 11
Une société augmente son capital de 100 000 € (sans prime d’émission) : 20 % ont été apportés
immédiatement, 60 % d’ici un mois et le reste plus tard. Dans le bilan comptable, les conséquences de cette opération se présentent ainsi :
Actif
CSNA :
+ 20 000
CSANV :
+ 60 000
Banque :
+ 20 000
Passif
Capital social :
+ 100 000
Le passif enregistre une augmentation des ressources pour 100 000 € alors que 20 000 € seulement ont été encaissés. Par définition, le CSANV représente une créance encaissable à très
court terme (moins d’un mois) et on peut également considérer les 60 000 € comme une ressource potentielle.
44
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La construction du bilan fonctionnel se réalise à partir du bilan comptable en opérant des reclassements et retraitements au sein du bilan mais également d’éléments hors bilan.
UE 116 • Finance d’entreprise
En revanche, le CSNA, dont la libération peut intervenir dans les cinq ans, ne représentent pas
une ressource pour financer un emploi. Ce poste sera donc éliminé de l’actif et soustrait des
capitaux propres pour le même montant. Ainsi, dans un bilan fonctionnel, nous aurons :
Actif
CSNAV :
+ 60 000
Banque :
+ 20 000
Passif
Capital social – CSNA :
+ 80 000
2. Lesécartsdeconversionactifetpassif(ecaetecp,comptes476et477)
Un écart de conversion actif constate une perte de change latente (dépréciation d’une créance
ou appréciation d’une dette). Un écart de conversion passif est le constat d’un gain de change
latent (appréciation d’une créance ou dépréciation d’une dette).
Aux examens, ces écarts de conversion peuvent concerner les postes suivants : prêts, créances
(clients le plus souvent), emprunts, dettes (fournisseurs d’exploitation le plus souvent). Même si
ces écarts sont inscrits en bas du bilan, une information sur les postes concernés doit obligatoirement vous être donnée en annexe afin de pouvoir les retraiter.
ExEmplE applicatif 12
Le 01/12/N, une société a vendu des marchandises pour 13 000 $ (soit 10 000 €), avec une
échéance de paiement le 31 janvier N+1. Le 01/12/N, les conséquences de cette opération se
présentent ainsi dans le bilan comptable :
Le 01/12/N
Actif
Créances clients : + 10 000
Passif
Résultat : + 10 000
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Si à l’inventaire, le 31-12-N, il existe un gain latent de change de 1 000 €, la créance est augmentée de ce profit latent ; mais en vertu du principe de prudence, le résultat est inchangé et le gain
potentiel est dans un compte de régularisation. Le bilan comptable est alors le suivant :
Le 31/12/N
Actif
Passif
Créances clients : + 11 000
Résultat : + 10 000
ECP :
+ 1 000
On constate un décalage de 1 000 € entre la ressource (le résultat) et l’emploi (ici, une créance
client). On pourrait montrer qu’en cas d’écart de conversion actif, malgré l’enregistrement d’une
dotation aux provisions, le problème est le même. Le retraitement dans le bilan fonctionnel
consiste alors à annuler l’effet des écarts de conversion selon la procédure suivante :
• prêts + ECA – ECP ;
• créances + ECA – ECP ;
• emprunts – ECA + ECP ;
• dettes fournisseurs – ECA + ECP.
3. Leschargesàrépartirsurplusieursexercices
Les charges à répartir sur plusieurs exercices (frais d’émission d’emprunt par exemple) ont une
incidence sur l’avenir de l’entreprise et de ce fait, sont reclassées en emplois stables.
Le montant figurant à l’actif du bilan est le montant net. Il conviendrait d’y ajouter les amortissements cumulés sur les charges à répartir pour inscrire le montant brut en emplois stables. Le
montant brut des charges à répartir est mentionné dans le tableau des amortissements de la
liasse fiscale. Le montant cumulé des amortissements sera alors ajouté également en ressources
stables, avec les autres amortissements pour dépréciation. Néanmoins, aux examens, il est
admis (et c’est la seule exception) de l’inscrire dans les emplois stables en valeurs nettes.
201161TDPA0112
45
Finance d’entreprise • Série 1
Il est parfois considéré que les charges à répartir peuvent être considérées comme des nonvaleurs. Elles sont alors éliminées de l’actif et les capitaux propres sont diminués du même
montant. En l’absence d’informations spécifiques, cette solution ne doit pas être privilégiée.
4. Leschargesetproduitsconstatésd’avance
En l’absence d’information spécifique, on considère qu’ils relèvent de l’exploitation ; ils sont
alors classés dans l’actif circulant d’exploitation (CCA) ou dans les dettes d’exploitation (PCA).
5. Lesintérêtscourusnonéchus
Les ICNE doivent être passés du long terme au court terme hors exploitation, qu’ils concernent
des prêts ou des emprunts. Ils sont donc retranchés des dettes financières et ajoutés aux dettes
hors exploitation (pour les intérêts courus sur emprunts) ou retranchés des immobilisations
financières et ajoutés aux actifs hors exploitation (pour les intérêts sur prêts).
6. Lesprimesderemboursementdesobligations
De manière générale, ces primes (figurant initialement à l’actif) sont considérées comme des
non-valeurs. Elles sont donc retirées de l’actif et soustraites du montant des emprunts obligataires au passif (ressources stables).
7. Lesamortissementsetprovisionspourdépréciation
Les amortissements et provisions pour dépréciations représentent des capitaux épargnés pour
financer le renouvellement des immobilisations ou de possibles dépréciations. À ce titre, ils
constituent des ressources de financement. Ils sont donc éliminés de l’actif (l’actif immobilisé et
circulant étant toujours pris en compte pour leur valeur brute) et ajoutés aux ressources stables
du passif (avec les provisions pour risques et charges).
Selon leur nature, elles seront considérées comme un élément de l’actif hors exploitation (en cas
de risque de perte, par exemple des actions, ou si elles sont peu liquides) ou comme un élément
de la trésorerie active (si elles sont liquides et sans risque de perte).
9. Lescomptesbancairescourantsetsoldescréditeursdebanque(cBc,
compte519)
Ils ne constituent pas une ressource stable et doivent donc être retirés des dettes financières
pour être replacés dans la trésorerie passive.
B.éLémentshorsBILan
1. Leseffetsescomptésnonéchus
Les EENE peuvent être assimilés à un crédit bancaire. De ce point de vue, ils doivent donc être
réintégrés dans le passif du bilan, au niveau de la trésorerie passive et à l’actif dans la partie
circulante d’exploitation avec les créances clients. Donnons un exemple des conséquences de
ce retraitement.
46
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8. Lesvaleursmobilièresdeplacement
UE 116 • Finance d’entreprise
ExEmplE applicatif 13
Le 1er décembre N, une entreprise détient une créance client de 1 000 €, avec une échéance au
31 janvier N+1 et matérialisée par un effet de commerce. Si le 31 décembre N, l’entreprise escompte
cet effet (nous négligerons les frais et les intérêts), les bilans comptables sont alors les suivants :
01/12/N
Créances clients :
Actif
+ 1 000
31/12/N
Créances clients :
Trésorerie :
Actif
0
+ 1 000
Information en annexe
EENE(1) : + 1 000
(1) Cet effet escompté sera considéré comme non échu jusqu’à sa « date normale » d’échéance, ici, le 31 janvier N+1.
Comment analyser les créances clients à la suite de l’escompte d’un effet de commerce. Le
poste créances clients au bilan est la conséquence de trois décisions :
• le crédit accordé par les commerciaux aux clients ;
• le délai supplémentaire que s’octroie les mêmes clients en payant en retard ; cette pratique est
fonction de la nature du moyen de paiement (chèques, virement ou au contraire effet de
commerce) et de l’efficacité de la politique de recouvrement de l’entreprise ;
• et enfin, on le voit dans le bilan comptable au 31 décembre N, d’une décision de nature strictement financière : l’escompte d’un effet de commerce a pour effet d’encaisser immédiatement la somme et de réduire le montant du poste créances clients. Et c’est bien là le problème
pour l’analyste financier ! L’escompte financier masque la réalité du poste clients et de la trésorerie en annulant (mais à quel coût ?) les conséquences des décisions des commerciaux et
des éventuels retard de règlement. Avec le retraitement des EENE dans le bilan fonctionnel, on
en revient à la situation avent l’escompte et ainsi on peut mieux se rendre compte des excès
éventuels dans le crédit client, par exemple.
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2. Lecrédit-bail
Comme dans le cas des retraitements du compte de résultat proposés par la centrale de bilans
de la Banque de France que nous avons évoqués précédemment, le crédit-bail est réintégré
dans le bilan fonctionnel. En effet, les biens financés par crédit-bail peuvent être considérés
comme des immobilisations acquises par l’entreprise et financées par emprunt. La valeur d’origine des biens est ajoutée dans l’actif stable. Les amortissements virtuels sont rattachés au
passif stable avec les autres amortissements pour dépréciation de l’actif. La partie non amortie
(valeur nette comptable virtuelle) est ajoutée aux dettes financières.
ExEmplE applicatif 14
L’entreprise a pris en crédit-bail une machine d’une valeur de 200 000 euros le 1er janvier N. Le
contrat de location-vente prévoit le versement d’une redevance annuelle de 55 000 euros pendant 4 ans. Si l’entreprise avait été propriétaire de la machine, elle aurait comptabilisé une dotation aux amortissements d’exploitation d’un montant de 50 000 € : valeur d’achat/durée
d’utilisation : 200 000/4.
Pour N, le crédit-bail sera retraité de la manière suivante :
• valeur d’origine : 200 000 ajoutée aux immobilisations corporelles (emplois stables) ;
• amortissement fictif : 50 000 ajouté aux amortissements (ressources stables) ;
• valeur nette : 200 000 – 50 000 = 150 000 ajoutée aux dettes financières (ressources stables).
Pour N+1, le retraitement sera le suivant :
• valeur d’origine : 200 000 ajoutée aux immobilisations corporelles (emplois stables) ;
• amortissement fictif : 50 000 (N) + 50 000 (N+1) = 100 000 ajouté aux amortissements (ressources stables) ;
• valeur nette : 200 000 – 100 000 ajoutée aux dettes financières (ressources stables).
201161TDPA0112
47
Finance d’entreprise • Série 1
synthèsedesrecLassementsetretraItements
duBILanfonctIonneL
ACTIF
Emplois stables
Immobilisations incorporelles brutes
+ Immobilisations corporelles brutes (y compris
crédit-bail)
+ Immobilisations financières brutes
+ CAR
– ICNE sur prêts
Actif circulant
actif circulant d’exploitation (en valeur brute)
Stocks et encours
+ Avances et acomptes versés sur commandes
+ Créances d’exploitation
+ EENE
+ Autres créances d’exploitation
+ CCA liées à l’exploitation
+ ECA si relatif aux clients
– ECP si relatif aux clients
actif circulant hors exploitation (en valeur brute)
Créances diverses
+ CSANV
+ VMP si non liquides et/ou risque de moins-value
+ CCA non liées à l’exploitation
+ ICNE sur prêts
+ ECA si relatif à l’actif hors exploitation
– ECP si relatif à l’actif hors exploitation
Trésorerie active
Disponibilités
+ VMP si liquides et sans risque de perte
48
PASSIF
Ressources durables
Capitaux propres (Total I du passif du bilan)
– Capital souscrit non appelé
+ Amortissements de l’actif immobilisé (y compris
crédit-bail)
+ Dépréciation de l’actif
+ Provisions pour risques et charges
+ Dettes financières
+ Valeur nette crédit-bail
(valeur brute – amortissements)
– PRO
– ICNE sur dettes financières
– ECA si relatif à une ressource durable
+ ECP si relatif à une ressource durable
Passif circulant
Dettes d’exploitation
Avances et acomptes reçus sur commande
+ Dettes fournisseurs et comptes rattachés
+ Dettes fiscales et sociales d’exploitation
+ Autres dettes d’exploitation
+ PCA d’exploitation
– ECA si relatif aux fournisseurs
+ ECP si relatif aux fournisseurs
Dettes hors exploitation
Dettes sur immobilisations et comptes rattachés
+ Dette IS
+ Autres dettes hors exploitation
+ ICNE sur dettes financières
+ PCA non liées à l’exploitation
– ECA si relatif à des dettes hors exploitation
+ ECP si relatif à des dettes hors exploitation
+ Comptes courants d’associés si non bloqués
et non destinés à être incorporés au capital
Trésorerie passive
Concours bancaires courants
+ Soldes créditeurs de banque
+ Effets escomptés non échus
Document de travail résevé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Iv.
UE 116 • Finance d’entreprise
ExEmplE applicatif 15
Le bilan fonctionnel demandé à l’examen doit être présenté sous la forme de grandes masses et
il n’est donc pas nécessaire de faire apparaître le détail de tous les postes.
Bilans fonctionnels société référence
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ACTIF
N
2 950 470
Total I Actif bilan comptable(1)
(+) Valeur biens loués
500 000
(+) ECA sur prêt
(–) ECP sur prêt
(–) ICNE sur prêts
(+) Charges à répartir
EMPLOIS STABLES
3 450 470
2 827 498
Total II Actif circulant(2)
(+) EENE
69 500
(+) ECA sur créances clients
(–) ECP sur créances clients
(–) Créances diverses
(3 569)
(–) CSANV
(–) VMP
(5 015)
(–) Disponibilités
(1 569)
ACTIF CIRCULANT D’EXPLOITATION 2 886 845
Créances diverses
CSANV
VMP non liquides
ICNE sur prêt
ACTIF HORS EXPLOITATION
3 569
3 569
Disponibilités
VMP liquides
TRÉSORERIE ACTIVE
1 569
5 015
6 584
TOTAL GÉNÉRAL
N–1
2 307 421
2 307 421
2 363 566
21 689
(50 000)
(99 021)
(9 720)
2 226 514
PASSIF
Total I Capitaux propres
(–) CSNA
(+) Total II Autres fonds propres
(+) Total amort., dépréc. actif(3)
(+) Total provisions passif
(+) Amortissements sur crédit-bail
CAPITAUX PROPRES
Emprunts obligataires convertibles
(+) Autres emprunts obligataires
(+) Emprunts établissements de crédit
(+) Emprunts divers
(–) ICNE sur emprunts
(–) PRO
(–) Soldes créditeurs de banque
(–) ECA sur emprunts
(+) ECP sur emprunts
(+) Solde emprunt fictif sur crédit-bail
DETTES FINANCIÈRES
50 000 RESSOURCES DURABLES
Avances et acomptes reçus
50 000 Dettes fournisseurs
(–) ECA sur dettes fournisseurs
9 720 (+) ECP sur dettes fournisseurs
99 021 Dettes fiscales et sociales
108 741 Autres dettes
PCA
DETTES D’EXPLOITATION
N
2 285 613
(125 000)
0
500 891
44 742
125 000
2 831 246
585 000
1 432 053
(5 423)
(30 000)
(125 325)
375 000
2 231 305
5 062 551
N–1
1 619 009
0
411 340
37 253
2 067 602
1 636 000
(5 651)
0
(9 954)
1 620 395
3 687 997
59 852
653 200
6 980
256 327
12 985
989 344
51 842
635 400
244 500
14 753
946 495
Dettes d’IS
Dettes fournisseurs d’immobilisations
Autres dettes
ICNE sur emprunts
DETTES HORS EXPLOITATION
15 698
65 897
13 730
5 423
100 748
18 915
23 664
5 651
48 230
Soldes créditeurs de banque
(+) EENE
TRÉSORERIE PASSIVE
125 325
69 500
194 825
9 954
9 954
6 347 468
692 676
6 347 468 4 692 676 TOTAL GÉNÉRAL
(1) Plutôt que d’additionner un par un les postes qui composent les emplois stables, le calcul est basé sur le total de l’actif immobilisé (qui
se rapproche le plus des emplois stables) qui est ensuite corrigé (ICNE, CAR, etc.).
Pour l’année N, le total I de l’actif en valeur brute peut être lu directement dans le bilan comptable. Par contre, en N–1, le bilan est exprimé
en valeur nette ; l’information en valeur brute (2 307 421) peut alors être trouvée dans le tableau des immobilisations, dans la colonne
début N.
(2) Là encore, plutôt que d’additionner un par un les postes qui composent l’actif circulant, nous avons basé le calcul sur le total II du bilan
comptable et, notamment, corrigé les éléments hors exploitation et la trésorerie. Pour N–1, le montant en valeur brute (2 363 566) a été
obtenu ainsi : montant en valeur nette dans le bilan (2 276 916) auquel on ajoute les dépréciations sur stocks (25 000) et sur créances
clients (61 650) lues dans le tableau des dépréciations.
(3) Pour l’année N, le montant est en bas du bilan comptable. Pour N–1, il faut additionner le montant inscrit dans le tableau d’amortissement (324 690) et une partie de ceux inscrits dans le tableau des dépréciations et provisions (25 000 + 61 650).
201161TDPA0112
49
Finance d’entreprise • Série 1
Section 2.AnaLySe du biLan fonctionneL
I.
L’anaLysedeL’équILIBrefInancIer«fondsderouLement/Bfr»
Le bilan fonctionnel est construit autour d’un équilibre central entre, d’une part, ressources
durables et emplois stables (lié à la notion de fonds de roulement), et d’autre part entre les actifs
circulants et les dettes circulantes (lié à la notion de besoin en fonds de roulement). L’étude de
l’ajustement de ces éléments traduit l’équilibre financier de l’entreprise. Des ratios utilisant différents éléments du bilan permettent de tirer des enseignements plus précis sur la situation financière de l’entreprise.
a.présentatIondesnotIonsdefondsderouLement/BesoInenfonds
derouLement/trésorerIenette
1. Lefondsderoulementnetglobal(frng)
Le fonds de roulement net global est la partie excédentaire des ressources stables, après financement des emplois stables, qui concourt au financement de l’actif circulant. Il se mesure à
partir de la différence entre les ressources stables (permanentes) et la valeur brute des immobilisations (emplois stables).
frng = ressources durables – emplois stables
Plus le FRNG est important (et donc plus l’entreprise dispose de ressources durables excédentaires), plus l’entreprise peut financer facilement son exploitation. Le FRNG est généralement
positif. Si le FRNG est négatif, cela signifie que l’entreprise finance des emplois stables (immobilisations par exemple) à l’aide de ses dettes d’exploitation ou de sa trésorerie passive. En cas
de diminution de son volume d’activité, l’entreprise risque alors de ne plus pouvoir financer ses
emplois stables et de se retrouver dans une situation critique.
Le besoin en fonds de roulement représente un besoin de financement permanent à court terme
né du décalage entre le décaissement des achats et l’encaissement des ventes. Il se calcule par
la différence entre, d’une part, les stocks, les encours et les créances de l’actif circulant et,
d’autre part, les dettes circulantes.
Si les besoins de financement de l’actif sont supérieurs aux ressources de financement du passif, il en résulte un besoin net de financement : le BFR. À l’inverse, des ressources de financement excédentaires vont créer une ressource nette de financement. On parle alors de BFR
négatif ou d’excédent en fonds de roulement (EFR).
On distingue généralement le besoin en fonds de roulement d’exploitation du besoin en fonds
de roulement hors exploitation.
bfr = bfr d’exploitation + bfr hors exploitation
a.Le besoin en fonds de roulement d’exploitation (BfRE)
Le BFRE représente la composante la plus importante du BFR. Il est issu du décalage entre les
flux réels et les flux financiers qui vont créer :
• un besoin de financement à l’actif, généré par l’exploitation de l’entreprise (stocks, créances
commerciales, TVA déductible par exemple qui sont destinés à rester peu de temps dans l’entreprise mais se renouvellent) ;
• une ressource de financement au passif, engendrée par l’exploitation de l’entreprise (crédit fournisseurs, TVA à payer, dettes sociales… qui sont de courte durée mais se renouvellent également).
bfre = actif circulant d’exploitation – dettes d’exploitation
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2. Lebesoinenfondsderoulement(Bfr)
UE 116 • Finance d’entreprise
Le BFRE a un caractère structurel dans la mesure où il dépend de la nature de l’activité de l’entreprise ainsi que des conditions générales d’exploitation. Par exemple, les entreprises de distribution de type hypermarché ont un BFRE négatif par nature. En effet, les fournisseurs sont payés
dans un délai compris entre 90 et 120 jours alors que les clients règlent au comptant. En outre,
dans un hypermarché, le taux de rotation des stocks (délai entre l’arrivée en stock et la vente) est
faible (10 jours en moyenne). Il est donc fréquent que les besoins de financement d’exploitation de
ces entreprises soient très faibles alors que les ressources de financement d’exploitation sont élevées. Il en résulte un BFRE négatif ou excédent de financement d’exploitation.
À l’inverse, une entreprise industrielle vendant sa production à des centrales d’achat aura un
volume de créances clients élevé et des dettes fournisseurs plus réduites (du fait de l’activité de
transformation/production et des délais moyens de règlement de ses fournisseurs de matières
premières plus courts). Son BFRE sera probablement positif et élevé, ce qui traduit la difficulté
structurelle de l’exploitation de s’autofinancer.
Le BFRE a également un caractère conjoncturel dans la mesure où il dépend des fluctuations du
volume d’affaires (qui influent sur les ventes, donc sur les stocks et le montant des créances
clients lors de la clôture de l’exercice), du volume de l’activité, des mesures de gestion (allégement des stocks, réduction du crédit client par exemple).
b.Le besoin en fonds de roulement hors exploitation (BfRHE)
Le BFRHE est en général une composante mineure du BFR. Il est souvent lié aux opérations de
financement et d’investissement. Le BFRHE n’est généralement pas stable car dépendant d’éléments exceptionnels. Son caractère conjoncturel le rend peut prévisible.
bfrhe = actif circulant hors exploitation – dettes hors exploitation
3. Latrésorerienette(tn)
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Nous verrons en étudiant l’équilibre FR/BFR que la trésorerie correspond au reliquat des ressources de l’entreprise après confrontation du FRNG et du BFR. Pour le moment, nous la définirons par ses composantes.
trésorerie nette = trésorerie active – trésorerie passive
B.L’équILIBre«fondsderouLement/BesoIn
enfondsderouLement/trésorerIe»
Notons, comme le signale Vernimmen (2003), que le diagnostic sur l’équilibre « FR/BFR » est une
partie importante du travail de l’analyste financier en Europe continentale compte tenu de l’importance du financement interentreprises dans l’économie. A contrario, la littérature anglosaxonne lui accorde une place plus faible compte tenu de pratiques commerciales plus strictes
qui rendent très rare le crédit interentreprises et donc moins pertinente l’analyse du BFRE.
1. L’équilibregénéraldubilan
De manière générale, une relation centrale lie le FRNG, le BFR, la trésorerie et vous est présentée
dans le tableau suivant. Elle découle des définitions des différents éléments que nous venons de
présenter et de l’égalité entre l’actif et le passif du bilan. L’analyse statique est intéressante, mais
c’est aussi et surtout l’analyse des évolutions respectives des composantes de l’équilibre financier qui constitue une aide précieuse à la décision et permet de trouver d’éventuelles solutions à
la dégradation de la trésorerie, premier indicateur d’un déséquilibre dans le bilan.
fonds de roulement net global = besoin en fonds de roulement + trésorerie nette
frng = bfre + bfrhe + tn
Au sens strict, les emplois stables de l’entreprise doivent être financés intégralement par des
ressources stables. Cela correspond à un FRNG positif.
201161TDPA0112
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Finance d’entreprise • Série 1
Cependant, une marge de sécurité supplémentaire est nécessaire en raison des décalages dans
le temps des différentes opérations ainsi que des aléas de la vie de l’entreprise. C’est pourquoi,
l’absence de problèmes de trésorerie est garantie par l’existence d’un fonds de roulement supérieur au besoin de fonds de roulement. Pour améliorer la trésorerie, on peut donc de manière
concrète augmenter les ressources stables, diminuer les crédits aux clients, diminuer la durée de
stockage ou encore augmenter les crédits auprès des fournisseurs.
La gestion de l’équilibre financier est donc un élément fondamental du rôle des dirigeants et des
experts comptables. Des capitaux propres insuffisants limitent le FRNG et fragilisent donc d’autant l’entreprise face aux variations de son activité.
2. desexemplesdesituationsfinancièresdiverses
a.Structures financières schématiques
Différentes configurations peuvent se présenter en fonction de l’importance respective du fonds
de roulement, besoin en fonds de roulement et trésorerie. Elles traduisent chacune des situations financières différentes. Nous proposons six situations types susceptibles de se présenter
en vous indiquant le diagnostic à apporter et les préconisations éventuelles à proposer dans
chaque cas. Nous distinguerons en particulier, les trois premières situations à BFR positif, des
trois dernières à ressources en fonds de roulement (BFR négatif). Une partie de nos remarques
est issue du rapport du XXXVIIe Congrès national de l’Ordre des experts comptables (la fonction
financière et le plan comptable général).
Situation 1
Bilan
BFR+ FR+
schématique T+
Situation 2
BFR+ FR+
T–
Situation 3
FR–
T–
BFR+
Situation 4
T+
FR+
BFR–
Situation 5
FR–
BFR–
T+
Situation 6
FR–
BFR–
T–
Diagnostic : Les BFR constatés sont entièrement financés par les ressources durables dont l’importance permet de dégager des disponibilités. Cette situation est apparemment la plus favorable pour l’entreprise.
Préconisations : Il convient de s’interroger sur la rentabilité des excédents de trésorerie qui peuvent être trop importants ou mal placés.
➠➠Situation➠2
Diagnostic : Les BFR sont financés en partie par des ressources durables, en partie avec des
concours bancaires courants.
Préconisations : Il convient d’apprécier l’importance du risque bancaire. Pour réduire le niveau
des concours bancaires, l’entreprise peut augmenter son FR en accroissant les ressources
propres ou les dettes financières. Par ailleurs, elle peut réduire le BFR par une diminution des
stocks, une réduction des créances clients ou une augmentation des dettes fournisseurs.
➠➠Situation➠3
Diagnostic : Les concours bancaires courants couvrent une partie des actifs fixes, les BFR et les
disponibilités. Cette situation est mauvaise.
Préconisations : L’entreprise doit restructurer son FR en augmentant les financements longs et
en améliorant son autofinancement. Elle peut également diminuer son BFR.
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➠➠Situation➠1
UE 116 • Finance d’entreprise
➠➠Situation➠4
Diagnostic : Les ressources induites par le cycle d’exploitation s’ajoutent à un excédent de ressources permanentes pour dégager un excédent de liquidités important. Cette situation est
exceptionnelle (courante pour les entreprises de grande distribution mais rare pour les entreprises industrielles).
Préconisations : L’entreprise se doit de surveiller les modalités de gestion de sa trésorerie :
existe-il un sous-emploi de capitaux ?
➠➠Situation➠5
Diagnostic : Les ressources issues du cycle d’exploitation couvrent un excédent de liquidités,
éventuellement excessives mais encore une partie de l’actif immobilisé. Les fournisseurs et les
avances de la clientèle financent le cycle mais aussi une partie des immobilisations. Il s’agit d’un
cas typique de la grande distribution.
Préconisations : L’entreprise risque d’être dépendante de ses fournisseurs. Il convient donc de
s’interroger sur l’insuffisance du FR, conjoncturel ou structurel. Un renforcement des ressources
stables est à examiner.
➠➠Situation➠6
Diagnostic : Les ressources durables ne couvrent qu’une partie de l’actif immobilisé et leur insuffisance est compensée par les fournisseurs, les avances de la clientèle et les concours bancaires
courants. Il s’agit d’une situation similaire à la situation 5.
Préconisations : De manière générale, il s’agit d’une situation précaire pour l’entreprise : elle est
dépendante de ses fournisseurs et des banques. Le risque est cependant plus important dans
le cas d’une entreprise industrielle. La structure des financements est à revoir pour reconstituer
le FRNG.
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b.Croissance de l’entreprise et risques de déséquilibre
L’analyse de l’équilibre financier est rarement indépendante de la situation de l’entreprise au
regard de son cycle de vie. L’analyste doit notamment être attentif à certaines difficultés associées à la croissance ou au déclin de l’activité. Cinq risques, non exhaustifs, peuvent notamment
être envisagés.
➠➠Risque➠n°➠1
Croissance trop rapide et non maîtrisée : Les produits ou services de l’entreprise rencontrent un
réel succès. Voulant répondre à la forte demande qui leur est adressée, les dirigeants voient leur
chiffre d’affaires augmenter de façon considérable. Sans action spécifique sur la gestion des
stocks et/ou sur les délais de règlement accordés aux clients ou accordés par les fournisseurs,
le besoin en fonds de roulement augmente très rapidement, au même rythme que le chiffre d’affaires. Si les ressources stables n’augmentent pas, l’équilibre FRNG/BFR se détériore et l’entreprise connaît des problèmes de trésorerie.
➠➠Risque➠n°➠2
Croissance insuffisante : Pour doper ses ventes et augmenter son volume d’activité, l’entreprise
accepte d’allonger le délai de règlement accordé aux clients sans contrepartie des fournisseurs.
Le BFRE augmente rapidement et l’entreprise connaît également des difficultés de trésorerie.
➠➠Risque➠n°➠3
Retard d’investissement : L’entreprise n’a pas procédé aux investissements qui auraient été
nécessaires durant les dernières années. Confrontés à une diminution de la productivité, à une
mévente des produits pour cause de moindre qualité ou devant faire face à une sous-capacité
de production, les dirigeants décident de rattraper leur retard technologique en investissant
massivement dans l’outil productif. Si l’investissement est autofinancé, les ressources stables
n’augmentent pas alors que les emplois stables progressent. Le FRNG diminue beaucoup ce qui
entraîne des problèmes de trésorerie.
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Finance d’entreprise • Série 1
➠➠Risque➠n°➠4
Pertes accumulées : L’accumulation des pertes durant plusieurs exercices consécutifs vient
diminuer les ressources stables par le biais du report à nouveau. Le FRNG se dégrade, entraînant des problèmes de trésorerie.
➠➠Risque➠n°➠5
Paradoxe du déclin : Pour différentes raisons possibles, les ventes de l’entreprise diminuent de
manière sensible. Les composantes du BFRE diminuent également, mais les créances clients
diminuent plus rapidement que les dettes fournisseurs. Le besoin en fonds de roulement diminue, entraînant une amélioration de la trésorerie. Cette amélioration est illusoire et temporaire
dans la mesure où la baisse des résultats va entraîner ensuite une diminution des ressources
durables, donc du FRNG et de la trésorerie.
c.anaLysedeL’InfLuencedeL’actIvItédeL’entreprIsesurLeBfr
Différents ratios permettent d’analyser le besoin en fonds de roulement d’exploitation. Il est tout
d’abord possible de mesurer le « poids du BFR d’exploitation » au regard du chiffre d’affaires. De
manière plus précise, il est souhaitable d’isoler les causes de l’évolution de ce poids au sein de
l’activité de l’entreprise parmi les stocks, créances d’exploitation ou dettes d’exploitation. Les délais
indiqués dans ce que l’on nomme les « ratios de temps d’écoulement » répondent à cette question.
1. LepoidsduBfrd’exploitation
Si l’on se réfère au mode de calcul du BFR d’exploitation, on constate qu’il est fonction de l’activité de l’entreprise. La proportionnalité du BFRE au chiffre d’affaires est mesurée par un ratio
appelé « poids du BFR d’exploitation ».
Si l’on se réfère à la construction du BFRE, tout accroissement du poids du BFRE peut s’expliquer par un accroissement des décalages de l’actif circulant (stocks et créances clients) ou par
une réduction des décalages du passif (dettes fournisseurs). Afin de préciser la source de ces
modifications, il est possible d’utiliser des ratios dits de rotation qui indiquent les délais de rotations des stocks, des crédits clients ou des crédits fournisseurs.
2. Lesratiosdetempsd’écoulement
Un ratio de rotation, appelé également ratio de temps d’écoulement, précise la durée pendant
laquelle un flux réel de matières, créances ou dettes, est resté immobilisé dans l’entreprise. Les
délais de rotation sont obtenus en formant le rapport entre un poste du BFRE (stock, créance ou
dette) et un flux d’achat, de production ou de vente.
a.Les ratios de rotation des stocks
De manière plus intéressante, il est conseillé de séparer les différents types de stocks :
• Durée de stockage des matières premières = (Stocks de matières premières/CAPMC) × 360.
• Durée de stockage des marchandises = (Stocks de marchandises/CAMV) × 360.
• Durée de stockage des produits finis = (Stocks de produits finis/Coût de production des produits finis vendus) × 360.
Il est à noter que ce dernier ratio ne pourra être calculé que de manière interne à l’entreprise. En
effet, le coût de revient de la production n’apparaît pas dans le compte de résultat destiné aux
utilisateurs extérieurs.
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bfre exprimé en jours de ca = bfre × 360/ca
UE 116 • Finance d’entreprise
b.Le ratio de rotation du crédit client
Le ratio de rotation du crédit client mesure la durée moyenne du crédit accordé par l’entreprise
à ses clients (ou plus précisément le délai moyen de paiement de ceux-ci). Il se calcule en rapportant l’encours client au chiffre d’affaires journalier moyen.2
Durée moyenne du crédit client (Créances clients EENE - avances reçues ECA - ECP )
¥ 360
Chiffre d’affaires TTC( 2 )
c.Le ratio de rotation du crédit fournisseur
Le ratio de rotation du crédit fournisseurs mesure la durée moyenne du crédit accordé à l’entreprise par ses fournisseurs (ou le délai moyen de paiement de celle-ci). Il rapporte l’encours fournisseurs aux achats journaliers moyens.3
Durée moyenne du crédit client (Dettes fournisseurs - avances versées - ECA ECP )
¥ 360
( Achats de marchandises Achats de matières charges externes ) TTC( 3 )
d.L’excédent de trésorerie d’exploitation (EtE)
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Nous avons vu dans le chapitre II que l’EBE et la CAF étaient des indicateurs du niveau de la
trésorerie généré par l’exploitation ou l’activité. Dans les deux cas, cette trésorerie n’est que
potentielle car une partie de cette trésorerie peut être immobilisée dans les stocks et dans le
décalage clients – fournisseurs. Pour passer de flux encaissables à des flux encaissés, on tient
compte de la variation du besoin en fonds de roulement et on obtient alors la trésorerie réellement encaissée grâce à l’activité et appelée excédent de trésorerie.
On peut calculer trois excédents différents, basés sur l’exploitation pour certains, sur l’ensemble
de l’activité pour d’autre.
• Excédent sur opérations = ESO = EBE – ∆ des stocks
= Trésorerie générée par l’exploitation et compte tenu du financement des stocks.
• Excédent de trésorerie d’exploitation = ETE = EBE – ∆ BFRE
= Trésorerie générée par l’exploitation et compte tenu du financement des stocks et du décalage entre l’encaissement des créances clients et le règlement des dettes fournisseurs.
• Excédent de trésorerie globale = ETG = CAF – ∆ BFR
= Trésorerie générée par toute l’activité et compte tenu du financement de l’ensemble du BFR
(exploitation et hors exploitation).
II.
L’anaLysedeL’endettement
Après l’étude de l’équilibre « fonds de roulement/besoin en fonds de roulement », le deuxième axe
d’analyse du bilan est centré sur la notion d’endettement. On distingue les dettes d’exploitation (à
court terme et sans intérêt) des dettes financières (à échéance fixée, plus longue et rémunérées).
Il s’agit dès lors de mesurer le risque financier de l’entreprise lié au poids de l’endettement. Un
bilan financier (ou patrimonial) serait davantage adapté à l’analyse de l’endettement de l’entreprise mais il n’est plus au programme du DCG.
La notion de risque financier peut être abordée à court et à long terme. À court terme, l’objectif
est de mesurer la capacité de l’entreprise à honorer ses engagements à court terme (notion de
liquidité). À plus long terme, on étudiera l’aptitude de l’entreprise à faire face à ses engagements
à long terme (notion de solvabilité).
2. Le numérateur est exprimé TTC. Or, les montants issus du compte de résultat (chiffre d’affaires, achats)
sont HT. Il convient donc de multiplier le dénominateur par (1 + taux de TVA) pour obtenir les montants TTC.
3. Voir note précédente.
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Finance d’entreprise • Série 1
Il convient de noter dès à présent que l’analyse du risque financier menée sur le bilan est une
analyse statique qui s’intéresse à la situation actuelle des financements de l’entreprise.
a.anaLyseàcourttermedeL’endettement:LaLIquIdIté
La liquidité est définie comme la capacité de l’entreprise à faire face à ses engagements de court
terme.
En pratique, la liquidité est assurée lorsque la valeur des actifs permet théoriquement de rembourser les dettes pour un même terme de liquidité/exigibilité. Elle mesure en quelque sorte la
vitesse de rotation de l’actif par rapport au passif.
Une durée des emplois supérieure à celle des ressources génère un risque d’illiquidité. Dans ce
cas, l’entreprise ne dépose pas obligatoirement son bilan. Il lui faut en revanche chercher de
nouvelles ressources de court terme avec une contrainte de dépendance supplémentaire. En
période difficile, cela peut être impossible et contraindre l’entreprise à déposer son bilan.
1. Laliquiditégénérale
La liquidité générale mesure l’aptitude de l’entreprise à faire face à ses dettes à court terme.
Le ratio de liquidité générale se construit à partir du rapport entre les actifs à moins d’un an
(stocks, créances clients, autres créances et liquidités) et le passif à moins d’un an (ensemble
des dettes dont l’échéance est à moins d’un an).
ratio de liquidité générale = actifs à moins d’un an/passifs à moins d’un an
Ce ratio doit être assez largement supérieur à 100 % dans la mesure où les actifs à moins d’un
an présentent des degrés de liquidité très divers.
La liquidité réduite mesure l’aptitude de l’entreprise à faire face à ses dettes de court terme avec
ses liquidités et les sommes attendues des clients. Elle exprime en fait la liquidité de l’entreprise
en excluant les stocks de l’analyse. En effet, une partie des stocks représente une véritable
immobilisation (valeur minimum du stock nécessaire à l’activité normale de l’entreprise). Ces
stocks peuvent se révéler insuffisamment liquides en cas de besoin urgent.
Le ratio de liquidité réduite se construit en rapportant les actifs à moins d’un an, diminués des
stocks, au passif exigible à court terme.
ratio de liquidité réduite = actifs à moins d’un an hors stocks/passifs à moins d’un an
Ce ratio est parfois appelé « ratio de trésorerie ». Il doit être proche de 100 %.
3. Laliquiditéimmédiate
La liquidité immédiate mesure l’aptitude de l’entreprise à faire face à ses dettes de court terme
avec ses seules liquidités. Le ratio de liquidité immédiate se construit en rapportant les liquidités
et les valeurs mobilières de placement au passif à moins d’un an.
ratio de liquidité immédiate = disponibilités + vmP/passifs à moins d’un an
Ce ratio est généralement faible mais il n’existe pas de norme. À titre d’illustration, un ratio de
liquidité immédiate supérieur à 100 % traduirait une trésorerie nette positive. De manière générale, ce ratio connaît des fluctuations dont l’interprétation est souvent très incertaine.
B.anaLyseàLongtermedeL’endettement:LasoLvaBILIté
L’impact de l’endettement sur la situation financière à plus long terme est analysé par la notion
de solvabilité. La solvabilité se définit comme la capacité de l’entreprise à payer ses dettes
lorsque celles-ci arrivent à échéance.
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2. Laliquiditéréduite
UE 116 • Finance d’entreprise
1. analysedelasolvabilitéparl’indépendancefinancière
L’indépendance financière mesure le poids de l’endettement global. Elle traduit l’aptitude de
l’entreprise à engager de nouveaux emprunts sans risque ou au contraire à rembourser ses
créanciers en cas de liquidation de l’entreprise.
Le ratio d’indépendance financière (ou d’autonomie globale)
Le ratio d’indépendance financière rapporte l’endettement total au total du bilan.
taux d’endettement financier = endettement financier/total de bilan
Il n’existe pas de norme à proprement parler pour ce ratio mais on considère généralement que
l’endettement financier ne doit pas représenter plus du tiers du total de bilan. En effet, il s’accompagne de dépenses annuelles fixes (amortissements des emprunts et intérêts). En cas de détérioration de l’activité, l’entreprise risque d’être dans l’incapacité d’assurer le service de sa dette.
2. analysedelasolvabilitéparl’autonomiefinancière
L’autonomie financière compare l’endettement aux ressources propres de l’entreprise. Elle
exprime une règle de prudence pour les banques qui, en cas de faillite, seront remboursées sur
les ressources propres de l’entreprise.
Nous présentons ici la forme la plus usuelle de ratio d’autonomie financière qui rapporte les
dettes financières aux capitaux propres.
ratio d’autonomie financière = dettes financières/capitaux propres
Ce ratio doit être inférieur à 1. En effet, dans le cas contraire, les dettes financières sont supérieures
aux capitaux propres. Cela implique un risque important pour les prêteurs de l’entreprise qui s’impliquent alors dans la gestion de l’entreprise et mettent en cause son autonomie. Par ailleurs, ce
ratio permet de mesurer la capacité de résistance de l’entreprise aux variations de la conjoncture.
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Il convient cependant de demeurer critique sur l’application universelle de la norme du ratio d’autonomie financière. En effet, certaines entreprises peuvent supporter un endettement financier
supérieur à leurs capitaux propres si elles génèrent des flux de trésorerie d’exploitation importants.
3. analysedelasolvabilitéaveclacaf
Le ratio « dettes financières/CAF » permet d’apprécier la capacité de remboursement liée à la CAF.
La limite maximum fréquemment admise pour ce ratio est de 3 ou 4, ce qui signifie que les dettes
de l’entreprise représentent 3 à 4 années de capacité d’autofinancement. De plus, ce ratio peut
être utilisé pour analyser la solvabilité de l’entreprise : ainsi, au-delà de 3 à 4, le niveau de ce ratio
traduit une solvabilité, c’est-à-dire une capacité à rembourser ses dettes, insuffisante.
ExEmplE applicatif 16
Nous appliquons à la société Référence, les analyses du bilan fonctionnel que nous venons de
présenter. Les opérations de l’entreprise supportent une TVA au taux normal de 19,60 %.
ANALYSE DES BILANS FONCTIONNELS
FRNG
Variation du FRNG
BFRE
Variation du BFRE
BFRHE
Variation du BFRHE
Trésorerie
Variation de Trésorerie
N
1 612 081(1)
231 505
1 897 501(2)
617 482
– 97 179(3)
– 98 949
– 188 241(4)
– 287 028
N–1
1 380 576
1 280 019
1 770
98 787
-
(1) 5 062 551 – 3 450 470
(2) 2 886 845 – 989 344
(3) 3 569 – 100 748
(4) 6 584 – 194 825
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Finance d’entreprise • Série 1
ANALYSE DES POSTES DU BFRE
Durée de stockage des matières premières
Durée de stockage des marchandises
Durée du crédit clients
Durée du crédit fournisseurs
BFRE en jours de chiffre d’affaires
ESO
ETE
ETG
N
25,2(1)
33,9(2)
48,4(3)
37,2(4)
59,7(5)
1 058 987 €(6)
549 980 €(7)
228 803 €(8)
N–1
29,6
54,1
38,6(9)
42,4
43,9
-
ANALYSE DE L’ENDETTEMENT
Emprunts obligataires convertibles
(+) Autres emprunts obligataires
(+) Emprunts et dettes établis. de crédit
(+) Emprunts et dettes financières divers
(–) ICNE sur emprunts
(–) ECA sur emprunts
(+) ECP sur emprunts
(–) Soldes créditeurs de banque
Total des emprunts(1)
CAF(1)
Capitaux propres comptables
Ratio capacité de remboursement(2)
Ratio d’autonomie financière(3)
N
585 000
1 432 053
(5 423)
(125 325)
1 886 305
747 336
2 285 613
2,5
82,5 %
N–1
1 636 000
(5 651)
(9 954)
1 620 395
850 661
1 619 009
1,9
100 %
(1) Si le texte nous le propose, on peut retraiter le crédit-bail.
(2) Emprunts/CAF
(3) Emprunts/Capitaux propres comptables
Commentaires des tableaux précédents
Le niveau de la trésorerie est devenu négatif au cours de la période.
Cette dégradation ne provient pas du haut du bilan puisque la règle minimale d’équilibre financier est satisfaite : le FRNG est non seulement positif mais en augmentation. L’ensemble des
emplois stables est donc financé par des ressources durables (capitaux propres et emprunts).
Par contre, si en N–1, l’excédent de ressources durables (donc le FRNG soit 1 380 576) permettait de financer le cycle d’exploitation (autrement dit le BFRE soit 1 280 019), il en va autrement
en N (1 612 081 de FRNG contre 1 897 501 de BFRE). Ce déséquilibre provient-il d’un manque
de ressources durables (donc un FRNG insuffisant) ou un BFRE trop élevé ? Nous ne disposons
pas d’informations sectorielles, mais on peut tout de même constater la forte hausse du BFRE
exprimé en jours de chiffre d’affaires (+ 36 %) liée à l’accroissement de la durée de crédit accordé
aux clients et malgré la baisse des durées de stockage.
Cette forte hausse du BFRE apparaît également à travers le niveau des excédents de trésorerie :
l’ETE représente la moitié de l’EBE et l’ETG seulement 37 % de la CAF !
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(1) 188 992 × 360/(2 692 280 + 8 995)
(2) 56 244 × 360/(580 923 + 15 698)
(3) (1 832 656 – 59 852 + 69 500 (EENE)) × 360/(11 451 175 × 1,196)
(4) (653 200 – 15 924 (avance versée) + 6 980 (ECP)) × 360/(580 923 + 2 692 280 + 75 000 + 150 000 + 1 720 188) × 1,196
(5) 1 897 501 × 360/11 451 175
(6) EBE – Δ stocks = 1 167 462 – (188 992 + 532 668 + 56 244 – 97 987 – 374 500 – 25 000 – 71 942)
Attention : la valeur des stocks en N–1 est donnée dans le bilan comptable en valeurs nettes ; comme dans un bilan fonctionnel, tous les
postes de l’actif circulant doivent être retenus pour leur valeur brute. Les 25 000 € qui apparaissent dans le calcul correspondent à la
dépréciation sur les stocks de produits finis à la fin de l’exercice N–1 ; cette information a été trouvée dans le tableau des dépréciations,
dans la colonne début N (donc fin N–1).
(7) EBE – Δ BFRE = 1 167 462 – 617 482
(8) CAF – Δ BFR = 747 336 – (617 482 – 98 949)
(9) (1 312 475 + 61 650 – 51 842 (avance reçue) + 21 689 (ECA)) × 360/(10 493 878 × 1,196)
Encore une fois, pour N–1, les postes apparaissent dans le bilan en valeurs nettes et les 61 650 € qui apparaissent dans le calcul ci-dessus correspondent à la dépréciation du poste créance clients (cette information a été trouvée dans le tableau des dépréciations, dans la
colonne début N).
UE 116 • Finance d’entreprise
En dégageant une ressource de 98 949 €, la partie hors exploitation du cycle a permis de réduire
les besoins de trésorerie ; mais cette ressource ne peut être que temporaire.
D’après l’analyse de l’endettement, le montant des dettes financières qui composent les ressources durables n’est pas excessif puisque le ratio « emprunt/CAF » est inférieur à trois ; l’entreprise Référence peut donc être considérée comme solvable. Néanmoins, la durée moyenne
de remboursement augmente tout de même de 30 % sur la période et le ratio d’autonomie financière est toujours proche de 100 %.
ConclUsion
Document de travail résevé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Avec cette première série, nous terminons une première phase du diagnostic financier. Elle sera
complétée dans la deuxième série avec :
• une étude complémentaire du compte de résultat et du bilan afin d’analyser la rentabilité des
moyens mis en œuvre et les risques encourus par l’entreprise (calcul de seuil de rentabilité) ;
• une autre approche du diagnostic financier, centrée cette fois sur la trésorerie, avec le tableau
de financement et les tableaux de flux.
201161TDPA0112
59
Finance d’entreprise • Série 1
LexiqUe
Actif du bilan : Ensemble des biens et des droits constituant le patrimoine de l’entreprise. Il est
composé de l’actif immobilisé (emplois stables) et de l’actif circulant (éléments qui ne font que
transiter dans l’entreprise et qui se renouvellent) auxquels on rajoutera les comptes de régularisation et les écarts de conversion actif.
Analyse financière : « Ensemble d’instruments et de méthodes de diagnostic qui visent à énoncer
une appréciation concernant la situation financière et les performances des entreprises » (E. Cohen).
Autofinancement : Trésorerie potentielle générée par l’activité déduction faite des dividendes
payés au cours de l’exercice (CAF – dividendes).
Besoin en fonds de roulement : Besoin de financement permanent à court terme né du décalage entre le décaissement des achats et l’encaissement des ventes, différence entre les stocks,
les en-cours et les créances de l’actif circulant et les dettes circulantes.
Bilan : Document de synthèse qui décrit à un moment donné (généralement la date de clôture
de l’exercice) le patrimoine de l’entreprise. Il rend compte de la provenance des ressources (passif) et de leur affectation (actif).
Bilan fonctionnel : Bilan ayant subi un certain nombre de retraitements et de reclassements de
manière à traduire une vision économique de la situation de l’entreprise. En particulier, les postes
y sont classés d’après la fonction à laquelle ils se rapportent (financement, investissement,
exploitation) et évalués à leur valeur d’origine.
Centrale de bilans (Banque de France) : Institution créée par la Banque de France en 1968.
Elle constitue une base de données descriptive et comptable d’entreprises pour une analyse
individuelle mais surtout sectorielle.
Compte de résultat : Document comptable de synthèse qui décrit la formation du résultat d’un
exercice à travers les différents soldes intermédiaires de gestion. Il reprend l’ensemble de l’activité de l’entreprise pendant l’exercice.
Dette : Argent mis à la disposition d’une entreprise par ses créanciers. On distingue les dettes
d’exploitation (à court terme et sans intérêt) des dettes financières (à échéance fixée, plus longue
et rémunérée).
Effet ciseau : Baisse mécanique du résultat de l’entreprise générée par une croissance des
charges supérieure à celle des produits. L’issue de cette évolution peut être fatale à l’entreprise.
Excédent de trésorerie d’exploitation (ETE = EBE – Δ BFRE) : Trésorerie effectivement encaissée (compte tenu de la variation du BFRE) grâce à l’exploitation.
Exigibilité : Délai courant jusqu’à l’échéance de remboursement d’une dette.
Fonds de roulement net global : Excédent des ressources durables après financement des
emplois stables.
Intensité capitalistique : Ratio qui caractérise l’intensité du capital de production nécessaire
pour qu’un salarié puisse travailler. Il se calcule en rapportant les immobilisations d’exploitation
brutes à l’effectif moyen.
Liquidité d’une entreprise : Capacité de l’entreprise à faire face à ses engagements de court
terme. La liquidité est assurée lorsque la valeur des actifs à moins d’un an permet théoriquement
de rembourser les dettes à moins d’un an.
60
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Capacité d’autofinancement (CAF) : Flux de trésorerie potentiel généré par l’activité normale
de l’entreprise, pendant une période donnée. Il peut être utilisé pour financer de nouveaux investissements ou pour rembourser des emprunts.
UE 116 • Finance d’entreprise
Liquidité d’un bien : Aptitude d’un bien à être transformé en moyen de paiement sans perte de
valeur.
Passif du bilan : Ensemble des ressources à la disposition des entreprises. Il est composé des
capitaux propres, des dettes classées suivant leur origine ainsi que des produits constatés
d’avance.
Profitabilité : Capacité de l’entreprise à générer du résultat (ex. : EBE/CA ou résultat net/CA). À la
différence de la rentabilité, la profitabilité ne tient pas compte des moyens investis.
Ratio : Rapport de deux grandeurs issues par exemple du compte de résultat ou du bilan et
décrivant la situation de l’entreprise.
Ratio de rotation ou de temps d’écoulement : Ratio qui met en rapport un poste du BFRE
(stocks, créance ou dette) et un flux d’achat, de production ou de vente. Il précise la durée pendant laquelle un flux réel de matières, créances ou dettes est resté immobilisé dans l’entreprise.
Rentabilité : Rapport entre l’accroissement de richesse (le résultat) et les moyens mis en œuvre
pour l’obtenir. Les deux taux de rentabilité les plus fréquemment calculés sont le taux de rentabilité économique (résultat d’exploitation après impôt/actif économique) et le taux de rentabilité financière (résultat net/capitaux propres).
Retraitements : Modification de la prise en compte de certains postes du bilan et du compte de
résultat par rapport aux indications du PCG. Les retraitements sont destinés à améliorer la qualité du diagnostic financier.
Soldes intermédiaires de gestion (SIG) : Différences partielles entre certains produits et certaines charges qui permettent la décomposition du résultat de l’exercice.
Solvabilité : Capacité de l’entreprise à payer ses dettes lorsque celles-ci arrivent à échéance. Au
sens large, la solvabilité est assurée lorsque la valeur des actifs est supérieure à celle des dettes.
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Structure financière : Part respective des capitaux propres et des dettes financières dans les
ressources durables de l’entreprise.
Valeur ajoutée : SIG qui représente la richesse créée par l’entreprise dans l’exercice de ses
activités professionnelles courantes par rapport à la valeur initiale des biens et services utilisés
pour réaliser ces activités. Il s’agit d’un indicateur central de l’activité d’une entreprise. Sur un
plan macroéconomique, la somme des valeurs ajoutées des entreprises est égale au produit
intérieur brut (PIB).
201161TDPA0112
61
Finance d’entreprise • Série 1
Index
Intérêts courus non échus 46
Liquidité 23, 43, 56
Marge commerciale 31
Personnel extérieur 33
Primes de remboursement des obligations
46
Profitabilité 31
Rentabilité 19, 23, 34
Résultat brut d’exploitation 33
Retraitement 33
Risque 23
Risque financier 55
SIG 25
Solvabilité 19, 23, 43, 56
Stocks 50, 54
Subvention d’exploitation 34, 40
Subvention d’investissement 40
Transferts de charges 34, 39, 40
Valeur ajoutée 26, 32, 33, 41
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Autofinancement 41
Besoin en fonds de roulement 38, 50, 54, 55
Bilan fonctionnel 42
Capacité d’autofinancement 37, 57
Capacité de remboursement 57
Capital souscrit appelé non versé 44
Capital souscrit non appelé 44
Centrale de bilans 33
Charges à répartir 22, 35, 45
Crédit-bail 34, 47
Décalage 37, 50
Écart de conversion actif 22, 45
Écart de conversion passif 22, 45
Effets escomptés non échus 43, 46
Endettement 55
Équilibre financier 42, 51
Escomptes 34
Excédent brut d'exploitation 32, 39
Excédent de trésorerie 38
Fonds de roulement net global 50
62
UE 116
Finance d’entreprise
Année 2012-2013
Devoir 1
À envoyer à la correction
Auteur : Jean-Claude COILLE
exercIce:socIétéBaLLand
Vous réalisez un stage dans un cabinet d’expertise comptable qui vous demande de réaliser des travaux
d’analyse financière concernant une PME, la société Balland.
Cette société fabrique du mobilier de jardin et ses actionnaires s’inquiètent de la baisse de la profitabilité.
Par ailleurs, ils désirent apporter une solution à la dégradation récente de la trésorerie.
Document de travail résevé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Dossier 1 : Outils de l’analyse financière (13,5 points)
Ce premier dossier a pour objectif de mettre en place les principaux outils de l’analyse financière. Le
traitement des deux premières questions se fera sans aucun retraitement alors que les questions 3, 4 et 5
donneront lieu aux retraitements habituels.
TRAVAIL À FAIRE
1. Calculez les soldes intermédiaires de gestion de l’exercice N. (3 points)
2. Calculez la CAF de l’exercice N en utilisant les deux méthodes usuelles (à partir du résultat net et à
partir de l’EBE). (2 points)
3. Vous décidez à présent de procéder aux principaux retraitements de la centrale de bilans de la
Banque de France. Calculer pour l’exercice N : (2 points)
– la valeur ajoutée au coût des facteurs ;
– le résultat brut d’exploitation ;
– le résultat net d’exploitation.
4. Reproduisez et complétez le tableau ci-après sur votre copie afin de mettre en évidence, en euros,
la répartition de la richesse créée pour l’exercice N. (1,5 point)
N
VA cdb :
(+ ou –) autres éléments :
(–) Personnel :
(–) État :
(–) Prêteurs :
= CAF :
(–) Dividendes
= Autofinancement :
5. Établissez les bilans fonctionnels pour les exercices N–1 et N. (5 points)
Dossier 2 : Calcul de ratios et commentaires (6,5 points)
Vous désirez commenter les indicateurs dont vous disposez dans l’annexe n° 4. Avant cela, vous souhaitez
en vérifier quelques-uns.
6. Justifiez, en posant le calcul sur votre copie (pour l’exercice N seulement), les six indicateurs de
l’annexe n° 4 repérés par un renvoi. (2,5 points)
7. Réalisez un commentaire structuré de la profitabilité et de l’équilibre financier de la société Balland.
(4 points)
201161TDPA0112
✄
– 20
63
Finance d’entreprise • Devoir 1
Annexe 1  Liste des AbréviAtions
Les principales abréviations utilisées sont les suivantes :
Besoin en fonds de roulement d’exploitation
Besoin en fonds de roulement hors exploitation
Chiffre d’affaires
Capacité d’autofinancement
Coût d’achat des matières premières consommées
Centrale de bilans (de la Banque de France)
Excédent brut d’exploitation
Écart de conversion actif
Écart de conversion passif
Effets escomptés non échus
Excédent de trésorerie d’exploitation
Fonds de roulement net global
Intérêts courus non échus
Marge commerciale
Prix de cession des éléments d’actifs
Production de l’exercice
Résultat brut d’exploitation
Résultat net d’exploitation
Résultat d’exploitation
Résultat courant avant impôt
Soldes intermédiaires de gestion
Valeur ajoutée
Valeur comptable des éléments d’actifs cédés
Valeurs mobilières de placement
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BFRE :
BFRHE :
CA :
CAF :
CAMPC :
CdB :
EBE :
ECA :
ECP :
EENE :
ETE :
FRNG :
ICNE :
MC :
PCEA :
PE :
RBE :
RNE :
RE :
RCAI :
SIG :
VA :
VCEAC :
VMP :
✄
64
UE 116 • Finance d’entreprise
Document de travail résevé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Annexe 2Documents de synthèse société bALLAnd
CHARGES
CHARGES D’EXPLOITATION
Achats de marchandises :
• Variation de stock de marchandises
Achats de matières premières :
• Variation de stock de matières premières
Services extérieurs :
• Personnel extérieur
• Loyers crédit-bail
• Autres
Impôts, taxes et versements assimilés
Salaires et traitements
Charges sociales
Dotations aux amortissements et dépréciations :
• Immobilisations : dotations amortissements
• Actif circulant : dotations dépréciations
Dotations aux provisions
Autres charges
TOTAL I
Quote-part sur opérations faites en commun II
CHARGES FINANCIÈRES
Dotations
Intérêts et charges assimilées
Différences négatives de change
Charges nettes sur cessions de VMP
TOTAL III
CHARGES EXCEPTIONNELLES
Sur opérations de gestion
Sur opérations en capital :
• Valeur comptable éléments d’actifs cédés
Dotations
TOTAL IV
Participation des salariés aux résultats V
Impôts sur les bénéfices VI
Total des charges : I + II + III + IV + V + VI
Solde créditeur : Bénéfice
TOTAL GÉNÉRAL
✄
201161TDPA0112
N
PRODUITS
PRODUITS D’EXPLOITATION
Ventes de marchandises
Production vendue de biens et de services
17 911
Sous-total A : Chiffre d’affaires
(110)
Production stockée
150 Subventions d’exploitation
300 Reprises sur dépréciations et provisions
7 550 Transferts de charges
125 Autres produits
1 200
Sous-total B
530 TOTAL I (A + B)
1 560
220
150
20
29 606
12 Quote-part sur opérations faites en commun II
PRODUITS FINANCIERS
25 De participation
261 D’autres valeurs mobilières de placement
25 Différences positives de change
51 Produits nets sur cessions de VMP
362 TOTAL III
PRODUITS EXCEPTIONNELS
231 Sur opérations de gestion
185 Sur opérations en capital :
• Produits cessions d’éléments d’actifs
• Subvention d’investis. virée résultat
Reprises sur dépréciations et provisions
416 TOTAL IV
103
450
30 949 Total des produits : I + II + III + IV
1 371
32 320 TOTAL GÉNÉRAL
N
31 239
31 239
360
119
379
90
10
958
32 197
5
15
5
6
20
46
26
21
25
72
32 320
32 320
65
Finance d’entreprise • Devoir 1
BRUT
N
1 000
A et D(1)
N
0
NET
N
1 000
4 900
3 300
4 310
250
1 920
1 580
2 795
-
2 980
1 720
1 515
250
2 400
1 000
1 300
450
155
275
200
290
180
13 390
6 450
6 940
5 620
1 430
3 100
90
40
45
-
1 390
3 055
90
1 266
2 715
-
3 450
500
100
23
145
-
3 305
500
100
23
3 510
400
15
5
5
230
8 463
7 916
-
-
Immobilisations financières :
• Participations
• Prêts
ACTIF IMMOBILISÉ
430
200
TOTAL I
Stock et en-cours :
• Matières premières
• Produits finis
Avances et acomptes versés
Créances d’exploitation :
• Clients et comptes rattachés
• Autres créances d’exploitation
Créances diverses
Valeurs mobilières de placement
Disponibilités
Charges constatées d’avance
ACTIF CIRCULANT
TOTAL II
Charges à répartir sur plusieurs exercices III
Prime de remboursement des obligations IV
Écarts de conversion actif V
TOTAL GÉNÉRAL 0 à V
8 693
30
23 113
-
6 680
30
16 433
NET
N–1
0
20
13 556
(1) Amortissements et dépréciations.
IMMOBILISATIONS
Immobilisations corporelles :
• Constructions
• Installations techniques, matériel
• Autres immobilisations corporelles
• Avances et acomptes
Immobilisations financières :
• Participations
• Prêts
TOTAL
Début N
Augment. N
Diminut. N
Fin N
4 000
2 500
3 400
450
900
1 200
1 110
250
400
200
450
4 900
3 300
4 310
250
420
180
10 950
60
40
3 560
50
20
1 120
430
200
13 390
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BILANS ACTIFS
ANNÉES
Capital souscrit non appelé
TOTAL 0
Immobilisations corporelles :
• Constructions
• Installations
• Autres immobilisations corporelles
• Avances et acomptes
✄
66
UE 116 • Finance d’entreprise
DÉPRÉCIATIONS – PROVISIONS
• Participations
• Matières premières
• Produits finis
• Clients et comptes rattachés
• Provisions pour risques et charges
TOTAL
AMORTISSEMENTS
• Constructions
• Installations techniques, matériel
• Autres immobilisations corporelles
TOTAL
BILANS PASSIFS
Capital
Primes d’émission, de fusion, d’apport
Réserves :
• Réserve légale
• Autres
Report à nouveau
Résultat de l’exercice
Subventions d’investissement
CAPITAUX PROPRES I
Début N
130
54
25
110
200
519
Augment. N
25
40
45
135
150
395
Diminut. N
54
25
100
200
379
Fin N
155
40
45
145
150
535
Début N
Augment. N
Diminut. N
Fin N
1 600
1 500
2 100
5 200
320
360
880
1 560
280
185
465
1 920
1 580
2 795
6 295
N
6 000
1 875
N–1
4 500
1 200
450
1 785
5
1 371
140
11 626
450
1 350
10
700
100
8 310
150
200
1 944
20
1 564
-
2 273
208
3 152
140
-
-
Document de travail résevé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
PROVISIONS RISQUES ET CHARGES II
Emprunts auprès des établissements de crédit(1)
Avances et acomptes reçus
Dettes d’exploitation :
• Dettes fournisseurs et comptes rattachés
• Dettes fiscales et sociales
Dettes diverses :
• Dettes sur immobilisations
• Dettes fiscales (impôts sur les bénéfices)
145
120
20
25
DETTES III
Écarts de conversion passif IV
TOTAL GÉNÉRAL I à IV
4 610
47
16 433
5 001
45
13 556
(1) Dont soldes créditeurs de banque :
25
Produits constatés d’avance
✄
201161TDPA0112
-
67
Finance d’entreprise • Devoir 1
Annexe 3InformAtions compLémentAires société bALLAnd
Au cours de l’exercice N, la société Balland a :
• souscrit un contrat de crédit-bail (à la date du 1er juillet N) :
– valeur du bien loué : 2 500,
– ce bien aurait fait l’objet d’un amortissement en linéaire sur 5 ans s’il avait été acquis en pleine propriété ;
• reçu une subvention d’exploitation qui peut-être considérée comme un complément au chiffre d’affaires.
Le tableau ci-dessous synthétise les intérêts courus non échus sur emprunts et les effets escomptés non
échus à la fin de chacun des exercices :
ICNE sur emprunts :
EENE :
N
64
105
N–1
44
5
Les VMP peuvent être assimilées à de la trésorerie.
Les écarts de conversion actif concernent les dettes fournisseurs et les écarts de conversion passif sont
à rattacher aux créances clients.
Les charges et produits constatés d’avance concernent l’exploitation.
Annexe 4TAbLeAu d’indicAteurs économiques et finAnciers
INDICATEURS
ÉCONOMIQUES ET FINANCIERS
Taux de profitabilité nette :
Taux de matières premières : CAMPC/PE
Taux de charges externes : charges externes/CA
Taux de charges de personnel : charges personnel/VA
Taux d’EBE : EBE/CA
Taux de charges financières : charges financières/CA
FRNG
BFRE
BFRHE
Trésorerie nette
Durée de stockage matières premières
Durée du crédit clients(a)
Durée du crédit fournisseurs
BFRE en jours de CA
ETE en euros
(a) Les ventes sont soumises à une TVA au taux normal (19,60 %).
Balland N
4,4 %(1)
56,3 %(2)
25,6 %
29,8 %
13 %
1,2 %
5 921
6 160
– 109
– 130
29(3)
34(4)
40
71(5)
2 650(6)
Balland
N–1
5,5 %
58 %
26 %
29 %
12,5 %
0,8 %
4 599
4 748
– 164
15
20
25
40
60
-
Ratios moyens
secteur en N
5 %
58 %
27 %
28 %
12,5 %
0,7 %
20
30
30
60
-
Document de travail résevé aux élèves de l’Intec – Toute reproduction sans autorisation est interdite
Les informations issues du compte de résultat n’ont pas été retraitées ; par contre, les calculs basés sur
le bilan intègrent les retraitements du crédit-bail et des effets escomptés non échus.
Les renvois (de 1 à 6) inscrits dans la colonne « Balland N », ne sont là que pour bien identifier les lignes
pour lesquelles vous devez justifier le calcul de l’indicateur.
✄
68