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Numéro 36 - juillet - août 2006
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
4000 km à vélo pour deux p'tits loups et leurs
parents partis rendre visite à leur grand-père
NOUVeLLes
ROUMANIe
Les
Papy habite en Moldavie
D
eux passionnés de randonnée habitaient chacun à
l'autre bout de l'Europe. Lui, Jean-Marc Béquet, un
Nantais âgé maintenant de 44 ans, informaticien et
inspecteur des impôts, d'abord randonneur pédestre, avait déjà
parcouru mille kilomètres à vélo en solitaire à travers la Bulgarie
aidé d'une carte écrite en cyrillique; elle, Iulia, 30 ans, enseignante de langue, Moldave de Chisinau, pratiquait la marche à
pied mais n'avait jamais eu l'occasion de donner un coup de
pédale de sa vie. L'amour fait des miracles et, après leur rencontre, le jeune couple décidait de
partir à la découverte des Carpates roumaines … 1300 km de pentes parfois ardues.
Depuis deux p'tits loups sont venus enrichir la famille: Julien (Iuliu), 4 ans et Benjamin
(Liviu), 2 ans, et leurs parents ont décidé de les emmener voir leur grand-père en Moldavie, en
respectant et en utilisant ce qui a forgé leur union… le vélo.
Le 1er mai dernier, l'équipage a donc quitté Nantes, prenant la direction de Chisinau. Les
enfants ont pris place dans la carriole attelé au vélo de papa, avec quelques jeux, des livres… et des couches de rechange, maman
transportant les bagages dans la sienne. Au rythme de 40 km par jour, l'équipage compte atteindre son but après 4 mois d'efforts,
début septembre. Echaudés par le souvenir des courbatures que leur avaient laissées les Carpates, Jean-Marc et Iulia ont choisi un
itinéraire longeant au maximum le cours des fleuves… tout simplement parce que ceux-ci coulent en pente douce, aidés par une
trouvaille providentielle: l'Eurovélo route des fleuves, projet d'aménagement de voies spécialement conçues pour les cycles, financé par les
Régions et les fonds européens.
52
Découvrir le continent grâce à l'Eurovéloroute
Partant de Nantes, cette itinéraire rejoint Budapest en suivant le
cours de trois des plus beaux fleuves européens: la Loire, le Rhin et le
Danube. Pour faire la jonction il utilise, dans l'ordre, le canal du Centre,
la Saône, le Doubs, le canal du Rhône au Rhin, traversant six pays:
France, Suisse, Allemagne, Autriche, Slovaquie et Hongrie. Ainsi sur les
4000 km du périple, les 2400 premiers en sont d'autant facilités, servant
de mise en jambe pour les reliefs à venir de Roumanie, avant d'aborder
les grandes plaines de Moldavie. C'est aussi l'occasion de tester cette
Eurovéloroute et de faire une synthèse des informations utiles, de la qualité de l'itinéraire et de l'état d'achèvement du projet, qui sera remise à ses concepteurs.
L'itinéraire le long du Danube est opérationnel depuis 1991, et sa partie autrichienne, qui fait figure d'exemple au niveau mondial, est devenue la première destination européenne de tourisme à vélo. En Suisse, la route du Rhin est ouverte depuis 1998. En
France, dans l'est, il reste à aménager les chaînons manquants du tracé, en Bourgogne et en France Comté, ainsi qu'à harmoniser
la signalisation. La Loire à vélo est aussi en cours d'aménagement, permettant de gagner la côte Atlantique, 225 km étant ouverts
fin 2005 sur un total de 800 km entre Cuffy dans le Cher et Saint Brévin les Pins.
Faire rêver de ce petit pays mystérieux et méconnu
Jean-Marc Béquet a travaillé d'arrache-pied pendant de longs mois à son projet, économisant des congés depuis deux ans afin
de pouvoir les bloquer pour ce voyage. Il est parti également à la recherche de son financement, estimé à environ 15 000 €, dont
10 000 d'apport personnel.
Mais pour le couple franco-moldave, le jeu en valait la chandelle. Par ce long cheminement au rythme du vélo à la rencontre
de leur grand-père, il espère cimenter l'appartenance de ses enfants à une double culture et jeter les prémisses de leur future identité européenne. Tout au long du voyage, son compte-rendu, des photos, des informations pratiques ou d'intérêt général sont mis
en ligne sur son site Internet, papy-habite-en-Moldavie.com. Au retour, ce site évoluera en référence documentaire à l'intention de
ceux qui ont des projets en Moldavie.
Car, finalement, cette aventure humaine, pour la part de rêve qu'elle représente, a bien comme objectif de faire découvrir ce
pays mystérieux, largement inconnu des Européens. Et ces 4000 km à coups de pédale, représentent aussi symboliquement le chemin qui reste à parcourir à la Moldavie pour enfin accéder à cette Europe dont elle fait partie.
de
SOMMAIRE
Actualité
Vie internationale
Moldavie
Politique
Economie, Equipement
Social
La page de Vali
Les enfants au centre d'un enjeu
2à4
5
6 à 11
12 à 14
15 à 22
23
Société
Evénements
Faits divers
Vie quotidienne
Carnet
Enseignement, Santé
Minorités
Religion
Insolite
Sports
Photos
24 à 27
28 et 29
30 à 32
33 et 34
35 et 36
37
38
39
40
41
Connaissance
et découverte
Littérature
Cinéma, BD, Chansons
Francophonie
Tourisme
Echanges
Médias, Humour
Abonnement
Coup de coeur
Lettre d’information bimestrielle
42 et 43
44
45
46 et 47
48 et 49
50
51
52
S
ans complexe, une trentaine d'organisations d'adoption, pour l'essentiel
américaines, anglaises, italiennes ou roumaines liées avec des partenaires
étrangers, ont sommé, dans une pétition, le gouvernement roumain de permettre le redémarrage des adoptions internationales, gelées à la demande expresse de
l'UE, à la suite des abus qu'elles avaient entraînées, notamment le trafic juteux de
bébés, dans lequel plusieurs associations étaient mêlées, et ses dérives mafieuses.
Cette demande peut se comprendre quand elle émane de couples adoptifs dont le
dossier, alors en bonne voie, a été brusquement bloqué par cette décision. Quand elle
s'inscrit dans un contexte de lobbying intensif, pratique courante des anglo-saxons, et,
comme c'est ici le cas depuis plusieurs mois avec l'aval de l'ambassade américaine,
elle devient inadmissible. Car, en l'occurrence, les pétitionnaires ne reculent devant
aucun moyen pour obtenir gain de cause: saisir l'UE pour qu'elle repousse la candidature d'adhésion de Bucarest qui doit être discutée en septembre et oser comparer la
situation des orphelins roumains… à celle des prisonniers de la base américaine de
Guantanamo. Et d'appeler les médias à la rescousse, après avoir réuni des centaines de
milliers de dollars, pour déclencher une campagne publicitaire de presse, avec éditorial dans l'influent "Financial Times".
Ces pratiques malhonnêtes et intéressées font fi de l'image de la Roumanie, qui en
a assez souffert ces dernières années. Elles laissent entendre que les Roumains sont de
mauvais parents, abandonnant volontiers leurs enfants, sans prendre en compte le
poids du passé ceausiste. Elles ont indigné la baronne Emma Nicholson, laquelle, au
nom du Parlement européen, avait bataillé ferme en son temps pour que les autorités
roumaines mettent fin à l'horreur des orphelinats, obtenant gain de cause, et encourageant aujourd'hui les énormes progrès enregistrés, même si tout n'est pas parfait.
Pour autant, il existe un autre problème de l'enfance, aujourd'hui, en Roumanie.
Très grave. Celui des dizaines de milliers d'enfants livrés à eux-mêmes, parce que
leurs parents sont partis travailler en Occident, vidant les villages de leurs adultes.
Parfois, ils sont confiés à leurs grands-parents ou à des voisins, sans garantie. Le
risque de les voir abandonner l'école, verser dans les mauvaises fréquentations est
grand... ainsi que celui de leur immense peine. L'image du petit moldave Razvan, qui
s'est pendu en mars dernier, à l'âge de dix ans, car il pleurait sa mère partie en Espagne
pour gagner quelques sous et lui rapporter un ordinateur, a bouleversé tout le pays.
Oui, l'enfance est bien un enjeu… mais pour l'UE qui doit accueillir au plus vite
la Roumanie afin que ses enfants et leurs parents ne désespèrent plus.
Henri Gillet
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Vie internationale
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2007-2013:
plus de 30 milliards
d'euros d'aide
pour la Roumanie
2
La Commission européenne a présenté son projet de budget pour 2007,
d'un montant de 127 milliards d'euros,
s'inscrivant dans le cadre minimaliste
conclu entre les gouvernements des
pays membres et le Parlement
européen, prévoyant un budget de
865 milliards d'euros (1,05 % du PIB
de l'UE) pour la période 2007-2013.
En 2007, Bruxelles versera 3,5 milliards d'euros à la Roumanie et à la
Bulgarie pour aider ces deux pays à
se réformer et moderniser leurs structures. De 2007 à 2013, Bucarest recevra plus de 30 milliards d'euros d'aide
de la communauté européenne,
contribuant en contre-partie à son
budget à hauteur de 8 milliards (environ un milliard par an)
La porte de l'UE
entrouverte à la Roumanie
au 1er janvier 2007
L
a Commission européenne a adressé, mardi 16 mai, des mises en demeure
à la Bulgarie et à la Roumanie leur enjoignant de se conformer à leurs
engagements avant leur entrée effective dans l'Union. La décision définitive ne sera prise qu'à l'automne, les deux pays étant
sommés de remplir d'ici là les conditions requises.
Mais, dans un entretien à la BBC Télévision, José
Manuel Barroso, président de la Commission
européenne, s'est dit favorable à l'entrée de la
Bulgarie et de la Roumanie "dès que possible", à partir du moment où les deux pays "respecteront exactement tous les critères qui leur sont demandés". Une
position renforcée par la déclaration des chefs d’Etats
de l’UE, lors de leur sommet de la mi-juin, donnant
pour pratiquement acquise cette date et invitant les
derniers pays membres à ne pas avoir encore ratifié le
traité d’adéhésion (dont la France), à le faire illico.
La ministre Monica Macovei
Par sa décision, l'UE montre sa volonté de ménas’est faite la championne
de la lutte contre la corruption.
ger à la fois une population européenne de plus en
plus hostile à l'élargissement et la susceptibilité des deux futurs pays membres qui
auraient mal vécu un report d'un an. Cette annonce a été plutôt bien accueillie à
Bucarest comme à Sofia qui y voient un encouragement à faire tout leur possible pour
adhérer au plus vite. D'ailleurs, dès le lendemain, José Manuel Barroso et le commissaire à l'élargissement, Olli Rehn, prenaient l'avion pour les deux capitales.
A Bucarest, les deux hommes se montraient particulièrement optimistes, appelant
la Roumanie "à se retrousser les manches et à sacrifier ses vacances s'il le fallait pour
faire les derniers efforts nécessaires", insistant sur "la priorité des priorités", la réforme effective de la justice et recommandant aux deux pays de conserver leur stabilité
politique, évitant les changements jusqu'à leur adhésion.
Evoquant un découplage des deux candidatures - la Roumanie est considérée en
avance sur la Bulgarie, contrairement à un passé récent - José Manuel Barroso, sans
rejeter l'hypothèse, a indiqué qu'il privilégiait celle de l'adhésion en même temps.
L'Europe
à toutes les sauces
Quatre points noirs
Trois jours après le verdict de
Bruxelles, considéré comme une victoire à Bucarest, le Premier ministre,
Calin Popescu Tariceanu, reprenant
les méthodes d'Adrian Nastase, s'en
attribuait le
fruit, mettant
en circulation
à travers le
pays un million d'affiches
et quatre millions de
cartes postales, destinées aux foyers
roumains, où il pose seul devant les
emblèmes de l'UE. Son attaché de
presse a indiqué qu'il n'avait pas eu
le temps matériel de réunir son gouvernement pour une photo de famille.
Le traité prévoit que les deux pays rejoindront les 25 pays membres de l'UE le 1er
janvier 2007, mais laissent ouverte la possibilité d'un report d'un an s'ils ne sont manifestement pas prêts. Des clauses de sauvegarde permettent également de suspendre
pendant trois ans l'application de certains droits en cas de difficultés, en particulier
dans les domaines du marché intérieur et de la justice.
Le rapport présenté le 16 mai par le commissaire à l'élargissement, Olli Rehn,
estime qu'en dépit des efforts accomplis par les deux pays d'importants problèmes subsistent qui doivent faire l'objet d' "actions urgentes" d'ici l'automne .
Pour la Bulgarie, ces points noirs sont au nombre de six. Pour la Roumanie, ils
sont passés de quatorze à quatre. La grande différence avec la Bulgarie est que la corruption a cessé d'être considérée comme un obstacle à l'adhésion. Les quatre domaines
qui inquiètent la Commission sont, comme pour la Bulgarie, la gestion des fonds
structurels pour l'agriculture, l'environnement et la sécurité alimentaire, auxquels
s'ajoutent les lacunes de l'informatisation pour la collecte des impôts.
Le précédent rapport mentionnait la corruption comme un des domaines "particulièrement préoccupants". Le nouveau prend acte des succès de la politique conduite dans des conditions difficiles par la ministre de la justice, Monica Macovei. La porte
de l'UE paraît donc largement entrouverte… A la Roumanie de saisir l'opportunité.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Infos pratiques
ABONNEMENT
CHANGE*
(en lei et nouveaux lei, RON)
Euro
Franc suisse
Dollar
Forint hongrois
*Au 19 juin 2006
35 226 = 3,52 RON
(1 RON =0,28 €)
22 648 = 2,26 RON
27 828 = 2,78 RON
129 = 0,012 RON
(1 € = 272 forints)
Les NOUVeLLes
de ROUMANIe
Numéro 34, juillet-août 2006
Lettre d'information bimestrielle sur
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International, la Culture et l’Amitié)
association loi 1901
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8 Chemin de la Sécherie
44 300 Nantes, France
Tel. : 02 40 49 79 94
E-mail : [email protected]
Directeur de la publication
Henri Gillet
Rédactrice en chef
Dolores Sîrbu-Ghiran
Ont participé à ce numéro :
Karin Humbert, Bernard
Camboulives, Martine et Jean
Bovon-Dumoulin, Claude Pasat,
Evelyne Barthou, Jean-Gabriel
Barbin, Laurent Couderc.
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44 980 Sainte-Luce
Numéro de Commission paritaire:
1107 G 80172
ISSN 1624-4699
Dépôt légal: à parution
Prochain numéro: sept. 2006
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NANTES - France.
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Connaissance et découverte
Médias
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main basse sur la presse
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Humour
Motivation
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Il est considéré comme
le plus grand escroc de Roumanie
Radu, travailleur ivrogne et chômeur, en vaine de repentance, se
présente à l'agence pour l'emploi
pour trouver un boulot. Le fonctionnaire lui en propose un où il faut travailler beaucoup, mais où on gagne
tout autant.
- Ah non ! Je risque de tout
dépenser à boire ; ce n'est pas bien.
- Alors, j'en ai un autre où on ne
travaille pas beaucoup et où on ne
gagne pas beaucoup.
- Non plus ! Si je me tourne les
pouces, je sais que j'irai boire un
coup et ce n'est pas bien. Vous
n'avez pas plutôt un boulot on travaille dur et où on ne gagne rien ?
- Ah si… mais çà c'est réservé à
ceux qui ont des diplômes et fait des
études supérieures…
Postérité
Ion entre en vociférant contre
Ceausescu dans la guérite des
garde-forestiers et leur réclame un
fusil dont ils sont les seuls à être
équipés à l'époque, la chasse étant
interdite pour ne pas éventuellement
procurer des armes aux opposants.
Bien sûr, il se fait refouler. Nullement
découragé, il revient plusieurs soirs
de suite à la charge.
Les garde-forestiers tentent de le
raisonner:
- Voyons, Ion, tu sais bien que
personne n'a le droit d'entrer dans la
forêt avec un fusil…
- Mais ce n'est pas dans la forêt
que je veux entrer… C'est dans
l'Histoire !
P
eut-on imaginer Bernard Tapie rachetant
"Le Canard enchaîné" ? Ce serait immédiatement la révolution, non seulement
parmi les médias mais aussi dans l'opinion publique
française. Et bien, cela s'est effectué en Roumanie,
au mois de mai, et est passé comme une lettre à la
poste… ce qui en dit long sur la passivité du public et la compromission de nombreux
journalistes roumains, pratiquement aucun ne réagissant.
Sorin Ovidiu Vîntu a, en effet, racheté le groupe "Academia Catavencu", dont le
fleuron est l'hebdomadaire portant le même nom, et qui se flatte d'être "Le Canard
enchaîné" de la Roumanie, son groupe de presse "Realitatea" devenant l'un des plus
puissants du pays. SOV, ainsi que l'appelle la presse, est l'un des plus gros "bonnets"
de Roumanie. Comme ses congénères milliardaires, il a bâti sa fortune en volant l'Etat
roumain et spoliant le pays, à l'occasion des privatisations; mais, en plus, il a escroqué
300 000 Roumains modestes qui avaient placé leurs économies dans le Fonds National
d'Investissements, étant considéré comme le "papa" de cet organisme qui a fait faillite en 2000. 380 M€ ont disparu des caisses du FNI et n'ont jamais été retrouvés.
Avec sa fortune et sa désormais immense influence dans les médias, SOV peut
acheter les partis, de droite comme de gauche, ce qu'il ne se prive pas de faire, et aussi
les consciences des journalistes qui, malheureusement, n'ont ont pas beaucoup en
Roumanie. Ainsi en invite-t-il fréquemment dans la station balnéaire la plus luxueuse
de Méditerranée, Elounda, en Crète, où sa chambre d'hôtel lui coûte 2800 € par nuit.
Ce “savoir-faire" met à l'abri ou retarde les éventuelles poursuites à l'encontre de
cet escroc de haute volée qui a fait quelques années de prison sous Ceausescu pour ces
méfaits. Retrouvant une sorte de "virginité", SOV, qui s'efforce de se montrer discret
après une période "flamboyante", est devenu incontournable dans son pays et se permet même de lui donner des leçons de morale, quand il est interviewé.
Une nouvelle édition du site
lepetitjournal.com à Bucarest
U
ne semaine après son ouverture à
Santiago du Chili, lepetitjournal.com est
arrivé à Bucarest fin avril. Il s'agit de la
treizième édition d'un journal en ligne plus que jamais
international, permettant de se tenir au courant de l'actualité française et du pays où il est réalisé… en langue
française bien sûr. Idéal pour les expatriés résidant sur
place et les Francophones locaux. Du lundi au vendredi, le petitjournal.com de
Bucarest rend compte de l'actualité française, roumaine et internationale. A l'instar des
autres éditions réparties à travers le monde, ce nouveau quotidien francophone s'efforce de sélectionner les sujets les plus intéressants pour un lectorat très divers.
Tout au long de la semaine, une panoplie d'articles, de brèves, d'interviews et de
portraits portent sur la politique, l'économie, la culture... Différentes rubriques d'informations pratiques sont régulièrement actualisées. Le quotidien offre aussi un agenda des événements à venir, des petites annonces, des critiques cinéma et restaurant.
Lepetitjournal.com n'a pas fini de s'implanter de par le monde. Objectif d'Hervé
Heyraud, directeur général, pour 2007: lancer le journal dans 25 capitales. En Europe
de l'Est, le quotidien est déjà présent à Budapest et à Varsovie. A Bucarest, c'est
Laurent Couderc (notre photo), correspondant de L'Express et de La Croix, qui en
assure la direction. Lepetitjournal.com, édition de Bucarest, risque de devenir vite
une lecture aussi indispensable aux amis de la Roumanie... que le café, le matin !
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Un grand rendez-vous diplomatique organisé par Bucarest
Vie internationale
Les pays riverains de la Mer Noire s'organisent
pour contrer le désir d'hégémonie de Moscou
S
ix chefs d'Etat, 15 ministres des Affaires étrangères
ainsi que plusieurs représentants d'organisations
internationales (ONU, OSCE, Conseil de l'Europe)
ont discuté début juin au Palais du parlement de Bucarest de
divers sujets, du crime organisé qui sévit dans la région aux
questions énergétiques, en passant par les relations parfois tendues qui perdurent entre certains pays.
Le président de la Moldavie, Vladimir Voronin, lors de
son discours a répété à plusieurs reprises le désir de son pays
de faire partie de l'Union européenne. Par ailleurs, il a critiqué
la Russie, sans la nommer, en disant que le séparatisme transnistrien est soutenu de
l'extérieur.
"La mer Noire vient
avec nous à Bruxelles (...)
et les pays de la région doivent trouver une identité à
travers le dialogue car
nous avons les mêmes
préoccupations" a déclaré
le ministre roumain des
Affaires étrangères, MihaiRazvan Ungureanu (notre
photo). Car la Roumanie
est bien décidée à renforcer
les liens entre les pays de la zone, et les présidents de
l'Arménie, de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie, de la Moldavie et
de l'Ukraine ont répondu présents à son invitation.
"La Roumanie essaie de faire comprendre à ses alliés de
l'OTAN et à ses futurs partenaires de l'Union européenne que
la frontière orientale de ces deux institutions n'est pas sécu-
risée, et qu'elle est en proie aux trafics humains et de drogues
ainsi qu'aux ventes illégales d'armes" affirmait il y a peu Radu
Tudor, correspondant de la revue britannique Jane's Defence.
Poutine, grand absent
Grand absent, le président russe Vladimir Poutine a boudé
la réunion alors que son pays est le principal fournisseur d'énergie de la région et joue un rôle important pour sa sécurité.
La Fédération russe n'a participé au Forum qu'en tant qu'observateur.
Interrogé par la chaîne TVR 1, Jonathan Eyal, directeur
d'études à l'Institut royal de défense de Londres, a affirmé que
Traian Basescu veut attirer la Russie au sein de ce regroupement de pays de la mer Noire. Mais d'un autre coté, il a spécifié que le rapprochement de ces pays se fera avec ou sans
Moscou.
Le désir d'Etats de l'ex-Union soviétique de renforcer leurs
liens n'est pas nouveau. Créé en 1997 pour contrer l'hégémonie de la Russie sur sa périphérie, le GUAM - l'association de
4 pays: Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie - s'est doté,
le 22 mai dernier, d'un statut international dont le siège est
aujourd'hui à Kiev (Ukraine), changeant de nom pour devenir
l'Organisation pour la démocratie et le développement
GUAM. Ces derniers temps, ce type d'initiative fleurit.
Réduire la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie est
l'un des principaux défis de plusieurs de ces pays, la Roumanie
incluse. Pour nombre d'entre eux, le prix du gaz importé de
Russie reste trop élevé ce qui génère de graves problèmes pendant l'hiver.
Laurent Couderc (Le Petit Journal de Bucarest)
Frégates anglaises achetées contre bakchichs
T
out le monde a en tête le scandale de la vente à Taiwan de
vedettes françaises, conclue
en échange de fabuleux dessous de tables,
affaire sur laquelle, plus de dix ans après,
la justice n'a toujours pas fait la lumière,
les bénéficiaires étant sans-doute intouchables. Et bien, la Roumanie s'est inspirée de cet exemple.
Le corrupteur est cette fois-ci la
Grande-Bretagne qui a livré deux vieilles
frégates, mises en service par sa marine
dans les années 1980, à son homologue
roumaine, pour le prix de 150 M€, des
bakchichs à hauteur de 10 M€ étant
versés en sous-main aux acquéreurs et
intermédiaires.
Scandale "a la française" à Bucarest
C'est la police britannique qui a mis
les pieds dans le plat en procédant à l'arrestation d'un de ses ressortissants, marié
à une Roumaine, consultant d'un des plus
grands marchands d'armes du monde, la
firme BAE Systems (22 milliards de
chiffres d'affaires annuels) anciennement
British Aerospace, impliquée dans de
nombreux scandales de pots de vins,
notamment avec le Qatar et l'Arabie
Saoudite.
Le couple intermédiaire, vite remis
en liberté, aurait empoché 1,3 M€, le
reste s'étant évaporé, les autorités roumaines ne paraissant pas vouloir forcer le
pas dans l'enquête qui a été déclenchée.
La presse roumaine a toutefois cherché à
savoir qui pourrait être impliqué dans
cette affaire. Le contrat de vente des deux
frégates, baptisées Roi Ferdinand et
Reine Maria, a été signé en 1983, par le
Premier ministre de l'époque, Adrian
Nastase, paraphé également par les
ministres de l'Industrie, Dan Ioan
Popescu, des Finances publiques, Mihai
Tanasescu, divers secrétaires d'Etat et
hauts fonctionnaires. Seul le ministre de
la Défense, Ioan Mircea Pascu a déclaré
être ignorant de l'affaire !
Avant l'acquisition des deux frégates,
beaucoup de voix s'étaient élevées en
Roumanie pour dénoncer une affaire tordue, basée sur la spéculation et les
intérêts privés.
3
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Horizon 2012-2014
pour l'introduction de l'euro
Vie internationale
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BAIA MARE
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CHISINAU
TÂRGOVISTE
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BUCAREST
L'Ukraine resserre
les boulons
de sa frontière
avec la Transnistrie
4
Au rythme de cent mètres par jour,
cinq équipes d'ouvriers ukrainiens ont
commencé à creuser, le 10 avril dernier, une tranchée le long des 400
kilomètres qui séparent l'Ukraine de
la Transnistrie, région séparatiste de
la République de Moldavie. Menée
par Kiev, l'opération est supervisée
par l'Union Européenne avec le but
de mettre fin aux trafics de personnes humaines, notamment des
jeunes filles forcées de se prostituer,
d'armes et à la contrebande.
Cette région qui échappe à tout
contrôle est devenu un paradis pour
la criminalité organisée. Des dizaines
de routes frontalières, non surveillées, permettant de passer aisément d'un pays à l'autre, ont été
fermées. Des monticules de terre
serviront de poste d'observation, des
systèmes électroniques modernes
seront installés facilitant la détection
des clandestins par dégagement de
leur chaleur corporelle, et des panneaux d'avertissement seront installés tous les cents mètres.
Depuis le début de l'année jusqu'en avril, 2000 personnes ont été
arrêtées pour trafic transfrontalier de
marchandises, portant principalement
sur de la viande, de l'alcool et du
tabac. En parallèle à la construction
d'un fossé de dissuasion entre les
deux pays, l'Ukraine a pris la décision de ne laisser entrer sur son territoire qu'uniquement des produits
autorisés par la douane moldave,
alors que, jusqu'ici, elle fermait les
yeux sur ceux provenant directement
de Transnistrie.
M
ugur Isarescu, gouverneur de la Banque nationale de Roumanie et
ancien Premier ministre, a estimé que son pays serait prêt à adopter l'euro entre 2012 et 2014, entrant dans la phase préparatoire entre 2010 et
2012, pendant laquelle le cours de sa monnaie devra respecter une marge de 15 %
autour de sa parité face à l'euro.
Pour entrer dans la zone euro, un pays doit limiter son inflation au maximum à
1,5 % au-dessus de la moyenne des trois meilleurs élèves de l'UE (2 % en 2005), son
déficit budgétaire ne dépassant pas 3 % de son PIB et son endettement se limitant à
60 % de celui-ci. Pour l'instant, la Roumanie ne remplit que ce dernier critère, approchant le second. Son principal problème reste le niveau de l'inflation (8-9 % en 2005),
d'autant plus que l'entrée dans l'UE devrait le majorer de 1-2 % pendant les quatre
années suivantes, notamment à cause de l'augmentation du prix de l'énergie.
S
Retour du Roi Michel en Bessarabie
oixante cinq ans après la para- Allemands, entre juin 1941 et août 1944.
Au cours de cette période, l'armée
de militaire à laquelle il avait
roumaine
avait participé aux combats
assisté à Chisinau (capitale
dans les batailles de
actuelle de la RépuCornesti, Odessa, du
blique de Moldavie),
Don, de Kuban, du
en 1941, après la libéCaucase, de Stalinration de la Bessarabie
grad et de Crimée. Cet
et du nord de la
engagement était dû à
Bucovine (aujourd'hui
la volonté du dictateur
ukrainienne), occuAntonescu de soutenir
pées alors par les
les troupes hitlétroupes soviétiques riennes, contrevenant
lesquelles retourneront
au souhait du jeune
à l'URSS à la fin de la
Roi Michel - à peine
guerre - le Roi Michel
20 ans à l'époque - de
est revenu dans ces
le limiter à la reconterritoires.
quête des territoires
L'ancien souveLe roi Michel au cimetière de Tiganca.
roumains.
La cérémorain a participé, fin
nie
de
Tiganca,
à
laquelle
ont assisté
mai, à la cérémonie d'inauguration du
conjointement
autorités
roumaines
et
monument aux héros du cimetière de
Tiganca, en Moldavie (judet de Cahul), moldaves, est le premier pas en vue d'une
en mémoire des 71 000 soldats roumains réhabilitation et d'une meilleure comprétombés au cours des campagnes mili- hension de cette époque, occultée totaletaires sur le front est, aux côtés des ment par le régime communiste.
Les Américains comme chez eux
V
oici un peu plus d'un an, Virgil Brescan,
79 ans, ancien colonel des garde-frontières,
était renversé sur un passage piétonnier par
une voiture conduite par un soldat américain basé à
Constantsa, dans le cadre d'un exercice militaire commun, décédant de ses blessures. Comme dans tout acciLa tombe de Teo Peter, dent corporel, un dossier était ouvert par la justice rouchanteur rock roumain très
populaire, tué dans un accident maine, mais le conducteur fautif était immédiatement
provoqué par un marine US. exfiltré vers les USA pour échapper à une éventuelle
sanction, comme le prévoit les accords SOFA signés par les deux pays et accordant
une forme d'exterritorialité aux ressortissants américains basés en Roumanie.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Connaissance et découverte
encore des bakchichs et des tracasseries à la douane
de l'association Chanteau-Gavojdia
Il est maintenant 18 h. Nous roulons vers le poste de douamaine (malgré que celle-ci soit collée sur le pare brise!) ainsi
ne roumaine. Là, le chef de poste photocopie à nouveau les
que le document qui nous a été remis par le contrôle fiscal lors
trois "faux reçus". Muni de nos passeports il recopie sur un
de notre entrée, mais que la douane de Lugoj ne nous a pas
registre nos coordonnées. Il est alors 18 h 15. Je roule vers le
rendu, Il est alors 9h 30.
poste de contrôle fiscal et nous récupérons un document "graJe n'ai pas ce dernier document et j'alerte aussitôt mes
tuit", ce précieux "laissez-passer" qui nous vaudra toutes nos
amis Jean-Pierre et René, qui sont en voiture, pour qu'ils pardifficultés du retour.
tent à la douane de Lugoj avec Tenzi pour essayer de nous
Il est 19h. La sortie vers la Roumanie est à 200 mètres,
aider en nous faxant ce document. Pendant ce temps je reviens
donc direction la dernière barrière où nous tombons sur un
avec la facture de notre vignette, mais la douanière ne l'accepdouanier qui d'un doigt rageur nous montre le poste de transit
te pas. Comme j'ai acheté cette vignette à 100 mètres de là, je
et nous dit que sans ce document fret, il n'est pas question de
vais trouver le monsieur qui est au guichet, il a la gentillesse
rentrer en Roumanie. Il nous faut un transitaire pour passer
de fermer boutique et m'accompagne jusqu'au poste où il fait
notre chargement. Nous voila devant un guichet où une jeune
admettre que ce document est bien le bon. La douanière lâche
femme sympathique va beaucoup nous aider.
prise sur ce point. Il est 10h.
Il nous manque le numéro fiscal de la commune de
Gavojdia ainsi que l'acceptation de donation avec la liste glo"C'est 1000 € avec facture … ou 50 € sans"
bale des nos marchandises traduit en
roumain. Il faudra que cette jeune
Il n'en demeure pas moins qu'elle
femme se mette en relation avec le maire
nous coince avec l'autre document. Elle
de Gavojdia. Il est 19h45. Celui-ci metme propose donc de payer une amende
tra un quart d'heure pour nous envoyer le
de 1000 € avec obtention d'une facture
premier document, il est 20h00. Le
pour pouvoir passer. Je lui explique que
second document parvient par fax trois
nous ne sommes pas entrés en fraude.
quarts d'heure plus tard. Il est donc
Elle ne veut rien savoir. Entre temps
20h45.
Tenzi m'appelle sur mon portable et
Il nous faut ensuite faire deux "aller
m'explique que notre document est
et retour" au pas de gymnastique en pleiperdu. Il est 10 h 30. Un jeune douane nuit jusqu'au poste de sortie pour
nier vient nous trouver. Il est intrigué de
deux coups de tampons successifs. Le
notre comportement d'attente. Je lui dis
A la douane roumaine, il faut savoir
document est enfin élaboré, il nous en
parfois graisser la patte que c'est une honte de traiter ainsi des
des policiers pour ne pas trop attendre. gens qui viennent apporter une aide à
coûtera 120 € de frais de transit pour 950
€ de cargaison déclarée avec cette fois une facture en bonne et
son pays. Il me demande alors de l'accompagner et me propodue forme. Nous quittons ce poste vers 21h 15. Nous sommes
se de payer 200 € (!) pour passer. Je lui demande une facture
pour le mettre en difficulté. Il me rétorque que ce n'est pas pos"libérés" vers 21h 30, nous venons d'être "otages" pendant
sible. Ensuite, il me propose 50 €! Je lui réclame une facture.
plus de 9 h, et nous laissons derrière nous 130 € de facture et
Ne sachant plus comment faire il me propose de retourner voir
245 € de bakchich ! Nous achetons la vignette roumaine à
sa collègue qui parle français. Il est à présent 11 h 15. Avec son
proximité, ça nous aidera pour le voyage retour. Nous atteisourire elle me dit: "C'est 1 000 € avec facture ou 50 € sans
gnons enfin Gavojdia vers 1h 00 du matin, le 11 mai.
facture". Nous acceptons cette solution de 50 €, car nous
sommes là depuis déjà trop de temps. Il est 11 h 45
Entre bêtise et gentillesse
Je reviens avec une coupure de 50 €. Le billet s'évanouit
dans
un petit classeur de bureau, et son collègue remplit en
Le jour suivant nous apprenons que notre camion plombé
quelques
secondes le précieux document. Il est 12 h 15. Nous
ne pourra être soumis à la bonne volonté du service des
passons
au
pesage, il est 12h 30; direction le poste frontière, il
douanes de Lugoj que le lundi matin 15 mai! Nous apprenons
est
12
h
45.
Le camion repart direction le fret hongrois alors
aussi que les documents n'étant pas tous réunis, notre chargement sera mis sous scellés dans un local des douanes. Nous
que nous sommes "vide"! Il est 13 h. La barrière s'ouvre, direcdéchargeons donc tout notre matériel le lundi matin et ce n'est
tion la France, Il est 15h 00. Nous avons perdu six heures pour
qu'après beaucoup de tractations que le lundi après midi nous
un camion vide ! Et laissé 50 € de bakchich.
pourrons tout de même récupérer une vingtaine de cartons perLe jeudi 18 mai à une heure du matin, mon ami René me
sonnels. Il nous faut donc envisager un autre voyage en juillet
dépose avant de rejoindre son domicile. L'expédition qui s'est
pour terminer notre mission et distribuer notre chargement.
soldée par un demi-échec a coûté 6000 € à ses organisateurs
Nous repartons vers la France le mardi matin 16 mai. Il
qui devront retourner une seconde fois en Roumanie, en juillet
est 7h. La femme présente dans le premier poste roumain me
pour tenter de débloquer le reste de leur matériel.
réclame dans un français correct la facture de la vignette rouClaude Pasat
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Connaissance et découverte
Echanges
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Actualité
L'ex-Russie soviétique a déclenché la guerre
du vin contre deux de ses anciens satellites indociles
Moldavie
La mésaventure
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SATU MARE
ORADEA
Aide humanitaire :
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
CONSTANTA
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Epilogue
Le Lundi 29 mai, vers 7 h 30, une
collaboratrice des "Nouvelles de
Roumanie" se trouve dans le car qui
effectue la liaison régulière entre
Sezged (Hongrie) et Arad (Roumanie),
lequel, lors de l'arrivée à la douane de
Nadlac, se range aux côtés d'un autre
autocar, immatriculé à Augsbourg, en
Allemagne, de la compagnie “Adriana
Touristik", rempli par près de 50
Roumains, plutôt jeunes, revenant très
certainement de travailler quelques
mois dans ce pays.
48
De son fauteuil, notre collaboratrice est bien placée pour observer le
manège du douanier hongrois, monté
à bord, lequel passe dans chaque
rang, les passagers lui remettant
automatiquement un billet de 20 €.
Sont-ils "en fraude", pour avoir
dépassé le terme légal des trois mois
de séjour ? Ce n'est même pas sûr,
les douaniers hongrois ayant l'habitude rançonner sans raisons les
Roumains partant ou revenant de l'étranger. En tous les cas, la recette
était coquette: 1000 € pour un seul
car… mais le douanier était honnête:
à un passager qui n'avait qu'un billet
de 50 €, il a rendu consciencieusement la monnaie !
L
es associations humanitaires pensaient que l'époque où elles se faisaient
systématiquement racketter aux postes frontières roumains lorsqu'elles
acheminaient leur aide et devaient faire face aux tracasseries bureaucratiques était révolue… la Fondation Emmaüs d'Orléans, qui avait mis à disposition son
camion de huit tonnes, et l'association d'amitié Chanteau-Gavojdia ont fait la cruelle
expérience du contraire lors du 17ème convoi qu'elles ont organisé, à la mi-mai. Les
huit membres de l'expédition transportaient trois tonnes de matériel dont des vêtements pour enfants et adultes,
des fauteuils roulants pour
handicapés, un réfrigérateur
avec du matériel pour dispensaire, un photocopieur, un lit
médicalisé, du matériel sanitaire et du mobilier, le tout
destiné au centre de placement
d'enfants de Gavojdia. Voici le
compte-rendu de leur mésaventure, fait par un membre de
l'équipe, Claude Pasat.
Escroqués par un faux douanier
"Mardi 9 mai, 8 heures départ de la communauté d'Ormes, le camion plombé par
les douanes françaises, c'est donc tout à fait confiant que nous partons en Roumanie.
Première journée sans problème, nous nous posons en Allemagne. Au petit jour, le
mercredi 10 mai en route vers l'Autriche parmi la multitude de camions sur les autoroutes. Le groupe se retrouve en Hongrie. Nous sommes jeudi 11 mai et le camion
repart à 8 heures avec une heure d'avance sur l'autre véhicule. Rendez-vous à la frontière Hongro-Roumaine de Nadlac où nous arrivons vers 13h. Nous sommes obligés
de prendre la file des camions. C'est pour nous le début de nos difficultés.
Nous commençons une longue attente lorsqu'un homme vêtu d'une veste de
l'armée, vraisemblablement roumain, se fait passer pour douanier au service du fret et
monte dans le camion. Il nous prépare les documents nécessaires au transit de notre
matériel pour la douane roumaine et nous remet des reçus, nous payons les taxes (fiscales, écologiques, de désinfection) pour un montant de 195 € et après nous avoir
réclamé 40 € de bakchich, il nous fait remonter la file de camions et se réintroduire
dans la file d'attente. Nous sommes perplexes et inquiets de cette attitude bizarre et de
la gène du policier hongrois qui surveille la manœuvre.
Nous arrivons au pesage du camion. Au poste de transit du fret où on nous remet
un document. Devant notre incompréhension le guichetier décide que la taxe sera de
10 € sans facture ! Il est 15h. Il nous faut faire une queue interminable derrière une
trentaine de chauffeurs et nous restons presque deux heures avant d'arriver au guichet.
Il est 17h 00. Nous passons la douane hongroise sans grandes difficultés. Il est 17h 30.
Plus de neuf heures pour passer la douane
Nous partons donc vers le prochain poste roumain. Il s'agit de la désinfection du
camion. Là, les douaniers nous présentent un document et nous leur expliquons que
l'on a déjà payé cette taxe pour la désinfection; ils nous demandent de leur présenter
nos reçus. Nous comprenons alors que nos soupçons sur le transitaire volant sont bien
fondés, c'est un escroc. Les douaniers photocopient alors nos 3 documents et nous
demandent de décrire cet individu. Apparemment ils n'ont aucun pouvoir du côté hongrois pour arrêter cet homme. Devant notre amertume ils nous font cadeau des 3 € de
la désinfection prétextant que les convois humanitaires ne payent pas.
Chantage économique contre
volonté d'émancipation moldave
L
e 27 mars
dernier, la
fédération de
Russie interdisait l'imde
vins,
Les deux Vladimir, Vorinine (Moldavie) portation
et Poutine (Russie) en conversation.
alcools, eaux minérales,
en provenance de ses anciennes républiques satellites de
Moldavie et Georgie. La mesure prenait effet immédiatement,
avec le retrait en 24 heures des étalages des commerces russes
d'un million de litres de vin. Cet embargo a été décidé à la
suite de la découverte subite par le médecin-chef russe chargé
du contrôle sanitaire, Ohenadi Oniscenko, que ces boissons
étaient frelatées, menaçant l'estomac de ses compatriotes…
alors qu'elles étaient consommées depuis des décennies. Au
cours de leurs analyses, ses services auraient relevé la présence de pesticides et autres substances chimiques, en contradiction avec les normes sanitaires et épidémiologiques russes.
La mesure porte un coup sérieux aux économies des deux
pays, où la viticulture occupe une place prépondérante. En
2005, les exportations de vins moldaves se sont élevées à
270 M€, dont 80 % concernent Russie.
La douma russe a approuvé à la quasi unanimité cette
décision, seuls deux députés s'y opposant, l'un faisant remarquer que la majorité des produits toxiques cités ne pouvaient
être utilisés en viticulture. Un de ses collègues, favorable à
l'embargo, vendait la mêche… grosse comme une ficelle aux
yeux des observateurs: "Ce ne sont pas les raisins moldaves ou
georgiens qui sont en cause, mais les régimes de ces deux pays
qui mènent une politique anti-russe".
Une arme utilisée... comme pour
l'approvisionnement en gaz de l'Europe
Depuis un an et demi pour la Georgie et un peu moins
pour la Moldavie, les gouvernements de ces républiques indépendantes ont pris leurs distances avec Moscou. La Georgie
veut entrer dans l'OTAN et récupérer sa souveraineté sur les
parties de son territoire en proie à une sécession soutenue en
N
sous-main par les Russes, qui veulent garder le contrôle de la
région. Alliée fidèle jusque là de son ancien maître, la
Moldavie, pourtant dirigée par un ancien secrétaire général du
parti communiste, Vladimir Voronine, s'émancipe de plus en
plus de cette influence, en constatant que le Kremlin ne veut
pas sérieusement régler le problème de la Transnistrie, également sécessionniste, où il maintient des troupes … tout en dispensant cette région des mesures d'embargo sur sa production
vinicole.
Chisinau se tourne désormais vers l'UE et l'OTAN au
grand dam de Vladimir Poutine qui espère la faire rentrer dans
les rangs en utilisant sa nouvelle arme diplomatique: le chantage économique… comme les Européens peuvent actuellement l'expérimenter avec les menaces qui pèsent sur leur
approvisionnement en gaz russe.
Amener Moldavie et Georgie à résipiscence
Les instances internationales saisies, dont l'UE, sont
impuissantes face à cette pratique unilatérale, la Russie ne faisant pas partie de l'Organisation Mondiale du Commerce et
n'étant pas obligée de se conformer à sa réglementation des
échanges commerciaux. Cette politique est cependant à double
tranchant pour Moscou qui fait des pieds et des mains depuis
des années pour être admis au sein de l'OMC.
Par cette guerre du vin, la Russie, dotée désormais d'un
régime autoritaire, espère amener ses deux anciennes républiques rebelles à une vision des choses plus conformes à ses
intérêts, en vue du sommet des chefs d'Etat de la CEI
(Communauté des Etats Indépendants) qui se tiendra les 21 et
22 juillet à Moscou, mis en place pour suppléer à la disparition
de l'URSS. Elle espère aussi afficher aux yeux des citoyens
russes sa volonté de redonner au pays sa place de premier rang
dans le concert international, pour mieux leur faire passer la
pilule des réformes qu'elle veut engager.
Ce conflit n'a cependant pas empêché Vladimir Poutine
d'envoyer ses vœux de bonne santé à Vladimir Voronine, dans
un message souhaitant "paix et prospérité" au peuple moldave.
UE : l'espoir d'une porte d'entrée par la Roumanie pour les Moldaves
ombre de Moldaves prennent
d'assaut Ungheni, ville frontière avec la Roumanie, dans
l'espoir que ce changement de résidence
va leur permettre d'obtenir plus facilement les visas d'entrée dans ce pays,
récemment instaurés dans la perspective
de l'adhésion de Bucarest à l'UE au premier janvier prochain, et de se servir de
ce Sésame pour gagner l'Occident. Cet
afflux a fait exploser les prix des locations à Ungheni, le prix d'un appartement
de deux à trois chambres, construit sous
le communisme, ayant passé de 3-4000 €
à 25 000-30 000 €, en quelques années.
Les occupants de ces logements
espèrent, en tant que frontaliers, pouvoir
bénéficier d'un régime simplifié de visas,
ce qu'a formellement démenti Bucarest.
Comme Ungheni est une ville marquée
par un fort chômage, où il est impossible
de trouver un emploi, beaucoup de gens
vivent de ce qu'on appelle "le commerce
avec la valise".
Chaque jour, ils importent de
Moldavie des cigarettes et de l'essence,
moins taxées dans leur pays, pour les
revendre à Iasi ou d'autres villes roumaines proches de la frontière, réalisant
un bénéfice infime.
5
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Condamnation du
communisme: un président
de l'ombre pour faire la lumière
Politique
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BUCAREST
CONSTANTA
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L'ancien Premier
ministre Radu Vasile
indicateur
de la Securitate ?
6
Au cours d'un débat sur les
méfaits du communisme, l'ancien président de la République Emil
Constantinescu (1996-2000) a indiqué qu'en 1998, avant de le nommer
Premier ministre, il avait eu entre les
mains un dossier de l'ex-Securitate,
témoignant que Radu Vasile, professeur universitaire jusque là, en avait
été un informateur, précisant toutefois
qu'il n'était pas chargé de surveiller
ses collègues mais les étudiants
étrangers.
a Roumanie est le dernier pays a traîner les pieds pour condamner le communisme, écrivions-nous dans notre dernier numéro. Le "mal" a été réparé
depuis, puisque le président Basescu a décidé la création d'une commission
présidentielle chargé d'enquêter sur le sujet. Cela pourrait paraître un bon point aux
yeux des quelques 300 personnalités et intellectuels roumains qui réclamaient à cors et à cris
que le dossier soit enfin ouvert et que le pays se
penche sur son passé. Ceux-ci ont toutefois
déchanté en découvrant le nom du président de
cette commission, désigné par Traian Basescu.
Il s'agit de Vladimir Tismaneanu (notre
photo). D'après une fiche des archives du SRI
(Service Roumain d'Information) qui a pris la succession de la Securitate, celui-ci
aurait quitté la Roumanie en 1987 avec l'aval d'une branche de cette dernière, chargée
de la contre-information économique. "Comme membre du Parti Communiste
Roumain, il a été entraîné à différentes tâches, parmi lesquelles, celle de lecteur à la
commission de propagande du PCR du conseil municipal de Bucarest" peut-on y lire.
On y apprend aussi que sa femme et son fils avaient fui la Roumanie dès 1981, au
cours d'un voyage en France et en Espagne, pour s'établir au Venezuela. Ils rejoindront
plus tard mari et père aux USA, lequel s'y était installé grâce à l'aide de camarades du
Parti communiste américain, faisant une apologie de celui-ci dans le premier livre qu'il
écrira "en liberté". Après les évènements de 1989, Vladimir Tismaneanu publiera Le
grand choc, livre d'interview de Ion Iliescu, leurs familles ayant des liens anciens, en
relation avec leur proximité à Ana Pauker, l'égérie du communisme roumain de l'époque la plus barbare (1946-1964). Vladimir Tismaneanu se propose de condamner le
communisme mais sans faire référence aux criminels de cette époque, et de limiter ses
investigations à la période suivant 1964.
CNSAS : ne pas enquêter trop loin
Radu Vasile a
été premier
ministre sous
le président
Constantinescu
L'ancien chef de l'Etat est resté
cependant vague sur les raisons qui
l'avaient conduit, en toute connaissance de cause, à désigner Radu
Vasile à la fonction de chef de gouvernement, indiquant seulement qu'il
avait cédé aux instances du président
du PNTCD (Parti National des paysans et des Chrétiens Démocrates),
Ion Diaconescu, lequel occupait un
rôle central au sein de la majorité
parlementaire. Les deux hommes
étaient pourtant réputés pour leur résistance au communisme, sous l'ancien régime… Voilà qui n'éclaire, ni
ne grandit le rôle et les desseins des
hommes politiques roumains actuels.
C
réé sous la présidence d'Emil
Constantinescu, le CNSAS
(Conseil
national
pour
l'Etude des Archives de la Securitate) a
pour vocation d'établir quels sont les
dignitaires, hauts fonctionnaires, etc., qui
ont collaboré avec la Securitate, pour
qu’ils en tirennt les conséquences, en
démissionnant de leurs attributions, ou en
en ne postulant pas à certaines fonctions.
Comme dans les autres pays de l'Est,
cette mission se heurte à toutes sortes
d'entraves, les dirigeants d'aujourd'hui
ayant souvent largement profité du régime antérieur. En Roumanie, ce poids du
passé est encore plus flagrant. Le CNSAS
devait procéder à l'élection d'un nouveau
président, Ticu Dumitrescu étant pressenti par la l'actuelle coalition au pouvoir; or
au moment du vote, le PD (parti
Démocrate de Traian Basescu) a changé
de fusil d'épaule, s'alliant au PSD et au
parti extrémiste de Corneliu Vadim
Tudor, faisant finalement élire Corneliu
Turianu, à la grande fureur de son allié, le
PNL (Parti National Libéral).
Cuisine politicienne sans-doute…
mais qui convient finalement à l'ensemble des partis. Ceux-ci n'ont pas
guère à redouter le zèle des enquêteurs
chargés des investigations du CNSAS:
les deux candidats à sa présidence sont
catalogués comme ayant été racolés pour
devenir collaborateurs de la Securitate et
du régime de Ceausescu. Ils ont d'ailleurs
reçu le soutien indirect des parlementaires. Après avoir repoussé la création
d'un organisme chargé de démasquer la
corruption dans leurs rangs et ceux des
hautes sphères du pouvoir, les sénateurs
ont exclu les hiérarques de l'Eglise orthodoxe des catégories susceptibles d'être
enquêtées pour leurs liens passés avec la
Securitate.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Tourisme
Connaissance et découverte
Le cœur du Maramures et ses vallées
réservent des balades faciles et très belles
A Botiza : s'imprégner d'images, de bruits, d'ambiances
B
otiza, beau village niché entre de douces collines
est traversé par la rivière Botiza, affluent de l'Iza.
C'est par une bonne route qu'on arrive au coeur du
village. En haut à gauche, une grande église blanche de style
orthodoxe accroche le regard ; au milieu la rivière, et de part
et d'autre, des maisons, la mairie, un magasin-bistrot. Le
bureau d'information OVR se trouve à gauche
de la rivière, il faut passer à pied le petit pont,
c'est juste en face. Mais attention, il y a 2
bureaux concurrents l'un à côté de l'autre; ne
vous trompez pas, le bon c'est celui de droite.
Musiciens et horinca
L'architecture a gardé, comme à Ieud, sa
richesse: des maisons de bois aux toits de bardeaux, une église en bois, au-dessus de l'église de pierre. Elle vient du village de Viseu de
Jos, où elle fut démontée en 1899 et remontée
ici pour remplacer l'église qui avait brûlé.
L'atout particulier de Botiza est ses musiciens.
Connu très loin à la ronde, les quatre frères
Sicuta, dont Toader est le chef de file, sont des violonistes virtuoses qui n'attendent pas les fêtes pour s'exprimer. Maintenant
leurs enfants commencent à suivre leurs traces. Vous aurez
peut-être la chance d'écouter une sérénade improvisée dans un
jardin tout en dégustant un verre de horinca (tsuica) ou après
un repas typique que votre hôtesse vous aura préparé avec
cœur. Et peut-être aussi lors d'une noce, dans laquelle vous
pourrez admirer les costumes colorés et surtout les petits chapeaux à rubans des hommes.
Artisanat et randonnées
L'artisanat du bois sculpté, en particulier les jougs des
bœufs ainsi que le tissage de tapis aux teintures végétales, aux
motifs géométriques sont révélateurs des multiples savoirfaire des habitants. On voit parfois, des femmes filant la laine,
assises à deux ou trois devant leurs maisons babillant pour passer le temps, parlant de tout et de rien.
Des balades faciles et très belles sont à entreprendre audessus du village, vers les hameaux de Botiza ou vers Ieud ; il
ne faut pas oublier les randonnées dont celle qui conduit aux
sources d'eau salée et ferrugineuse, ainsi que celle qui irait
jusqu'à la vallée de Cosau.
Aux environs, on peut visiter les villages de la vallée de
l'Iza en aval: tout d'abord Sieu et son église (1760) dans laquelle se trouvent de superbes peintures murales du peintre paysan
Ion Plodod; Rozavlea dont la pointe du clocher de l'église
monte à 54 m. tions Payot, 2004… à ne pas manquer !). A
Strâmtura, les portails sculptés sont particulièrement remarquables.
Le monastère de Bârsana, abandonné au 18e siècle, revit
complètement grâce à une communauté de nonnes. Deux
églises ont été construites durant les dix dernières années, la première, en bois, est orthodoxe et la seconde, en pierre, est gréco-catholique. En amont de la rivière vers le sud, il
faut visiter Bogdan Voda, Mosei, Borsa, Ieud,
la vallée de Vaser et son vieux train forestier.
Fête de la transhumance
et enterrement comme des noces
Plusieurs événements ponctuent l'année :
- à la mi-Mai, fête de la transhumance à
Valea Sasului.
- vers le 20 juillet, le "Maramusical" à
Botiza, Ieud et Vadu Izei, fête du violon.
- les 14 et 15 août à Rozavlea: Les jours
culturels, musiques et danses.
Il faut relever aussi les rites de la naissance, des noces, des
enterrements, qui donnent lieu à des festivités hautes en couleurs. Lors d'un enterrement, par exemple, d'un jeune homme
ou d'une jeune fille, le rite s'apparente alors à celui d'une noce,
les villageois participent à un festin ponctué de musique et de
danses comme s'ils participaient aux noces que le défunt ou la
défunte auraient désirées.
Eviter les dérives vers les gains faciles
Pour bien "sentir" Botiza, il faut le parcourir à pied, lentement, s'imprégner d'images, de bruits, d'ambiances. En fin de
journée, ce qui frappe, c'est l'animation dans la rue. Entre les
charrettes sans éclairage et les quelques voitures, les habitants
jeunes ou vieux s'y retrouvent pour échanger et s'amuser. C'est
très chaleureux et vivant.
Mais attention, les touristes affluent et la dérive vers des
gains faciles peut tenter certains; aussi méfiez-vous des gens
qui vous racolent dans la rue. Ils ne sont pas du réseau OVR.
De plus, soyez ferme sur les prix, ils doivent suivent ceux de
la charte Retea Turistica.
Renseignements divers : organisation conjointe des excursions, entre Botiza et Ieud, location d' un bus 8 places avec
chauffeur et guide, même pour plusieurs jours.
Martine et Jean Bovon-Dumoulin
Pour en savoir plus, retrouvez les bonnes adresses de Martine et Jean Bovon-Dumoulin en commandant le guide OVR Retea Turistica
Au pays des Villages roumains qui permet de partir à la découverte d'une Roumanie authentique à l'aide de fiches en couleurs.
Commandes à adresser à Martine Bovon-Dumoulin, Borgeaud, 35, 1196 Gland, CH Suisse.
Joindre un chèque de 23,10 € (port compris) à son ordre.
47
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Connaissance et découverte
Tourisme
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SÂMBATA DE SUS
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TIMISOARA
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SIGHET
BAIA MARE
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BUCAREST
CONSTANTA
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Les plages de la
Mer Noire à louer
46
L'Etat roumain a décidé de mettre
en concession la location des 33
plages qui bordent la Mer Noire de
Navodari, au nord de Constantsa, à
la station Deux mai, peu avant la
frontière bulgare. Seule la célèbre
plage de Vama veche (La Vieille
douane), échappe à ce sort de part
sa spécificité qui en a fait un lieu à la
mode fréquenté de tous temps par
les intellectuels et contestataires. Elle
restera sous la responsabilité de la
commune et de l'association de sauvegarde qui veille sur elle.
Ce sont donc 160 ha de plages,
sous forme de lots de 2 à 6 ha, qui
vont être cédés pour une période de
dix ans, renouvelable cinq ans. Les
prix de location varient de 0,1 à
1,25 € le mètre carré, dépendant de
la situation. Mamaia, qui dispose de
six plages, est bien sûr l'endroit le
plus recherché.
Une concession y coûtera jusqu'à
140 000 € ce qui demande d'avoir
les reins solides pour investir.
Nombre d'hôtels ont décliné une offre
au-dessus de leurs moyens.
Les exploitants devront veiller quotidiennement à la propreté des lieux,
installer et entretenir des toilettes
publiques, assurer un service médical de première urgence et une surveillance des baignades. Les vacanciers n'auront pas de taxes à acquitter pour accéder aux plages, les
concessionnaires rentabilisant leur
affaire en installant des bars et restaurants, des locations de chaises
longues et en organisant des activités touristiques (clubs de plage,
pour enfants…).
On peut y dormir à deux
à partir de 3 €… jusqu'à plus de 70 €
Bien qu'elles poussent comme
des champignons, les pensions agrotouristiques sont en nombre insuffisant
L
es pensions "agro-touristiques" poussent comme des champignons à travers la Roumanie qui en compte désormais plus de 4000. Ce type d'hébergement rural est très apprécié par les touristes et selon le classement de la
catégorie - de 0 à 4 marguerites - coûte entre 100 000 lei (3 €) la nuit pour deux personnes à plus de 70 € à Bran, où se trouve le château de Vlad Tepes (Dracula). Mais
même dans cette dernière localité, où elles se sont multipliées, le nombre de pensions
est souvent insuffisant.
Leur développement est donc
appelé à un avenir certain dans les
régions hautement touristiques comme
la Bucovine et ses monastères, le delta
du Danube, les judets de Brasov, Sibiu,
Harghita (Miercurea Ciuc), mais aussi
dans celles qui connaissent un engouement récent: judets de Arges (Pitesti),
Gorj (Târgu Jiu), Vâlcea, Mehedinti,
Alba Iulia, Cluj, Covasna (Sfântu
Gheorghe). D'autres secteurs possèCertaines pensions rurales dent également un grand potentiel: les
sont devenues de véritables petits hôtels. vallées de la Prahova (Sinaia), de la
Bistrita, la région de Vatra Dornei et bien sûr le Maramures, véritable "coqueluche"
des Occidentaux. Certaines, belles et authentiques, sont malheureusement tenues à l'écart de ce mouvement à cause du mauvais état des routes et voies d'accès.
Des propriétaires investissent seulement de 1000 à 2000 € pour transformer leur
maison en pension, mais s'ils suivent les conseils de l'ANTREC (Association
Nationale du Tourisme Rural, Ecologique et Culturel) ce montant est beaucoup plus
important, s'élevant en moyenne à 10 000 € pour l'aménagement de cinq chambres, à
50 000 € pour une construction.
L'ANTREC recommande de limiter les chambres à ce nombre (5-6) pour conserver un accueil convivial, les pièces devant faire au minimum 16 m2, 20 m2 étant
l'idéal.
Aides européennes de 2500 à 100 000 €
Outre le confort, l'association insiste sur le caractère régional, rural et la "patine"
historique qu'il faut conserver aux bâtiments et à l'intérieur, et l'indispensable jardin
fleuri à mettre en valeur avec des équipements comme des espaces pour les grillades,
les terrasses abritées en bois… et bien sûr l'incontournable sourire, essentiel pour faire
revenir les hôtes.
La cuisine doit également être soignée avec, de préférence, des plats locaux
confectionnés à base de produits du crû. L'organisation d'activités - fêtes locales,
mariage, tuer le cochon, découverte et achat des produits régionaux, prêt de bicyclettes - est aussi considérée comme bienvenue.
Selon l'ANTREC, en respectant ces recommandations, les propriétaires peuvent
espérer un taux d'occupation de 40 % la première année, pendant la saison, pouvant
croître ensuite jusqu'à 80 % et dégager un profit annuel de 15-20 %, par rapport à la
mise de départ. Sans oublier que les fonds européens SAPARD, pour le développement rural, accordent des subventions allant de 2500 à 100 000 €, à condition que
leurs bénéficiaires investissent au moins la même somme.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Politique
Actualité
Certaines communes du judet de Timis
gardent la nostalgie de l’”époque d’or”
T
imisoara
a été la
première
ville roumaine libérée du communisme,
le 17 décembre 1989.
Sous la pression de
ses citoyens et des
associations comme
Début de la Révolution, le19 décembre celles des Anciens
1989 devant l’opéra, de Timisoara
détenus politiques,
l'Alliance civique, du 17 décembre, elle a décidé alors de
témoigner de cette date historique en changeant tous les noms
des artères évoquant ce passé qui venait d'être rejeté. Ainsi le
boulevard Lénine est devenu Mihai Eminescu, la rue Leontin
Salajan s'appelle Take Ionescu, celle du 23 août 1944 (entrée
de la Roumanie dans la sphère d'influence soviétique après
qu'elle ait retourné ses armes contre les nazis)… est devenue
celle du 3 août, plusieurs noms étant par ailleurs attribués aux
héros tombés lors de la "Révolution" de décembre 1989.
Mais certains villages du judet sont loin de marcher du
même pas anti-communiste, conservant encore la nostalgie de
"L'Epoque d'or", seize ans après sa disparition. A Ghiroda
(commune de Giroc) on trouve toujours une rue des
Coopératives, de triste mémoire pour les paysans; non loin, à
Gataia et Buzias, existe une rue du 6 mars 1945, date de l'installation du premier gouvernement communiste en Roumanie.
A Recas, pourtant l'une des communes les plus récentes du
judet, on a le sentiment d'être ramené 20 ans en arrière; on s'y
promène sur les avenues ou dans les rues Karl Marx, Lénine,
Molotov, Rosa Luxembourg, Stefan Plavat, du 6 mars ou du 23
août. Le maire affirme avec aplomb que ces appellations
n'existent plus, mais elles figurent encore sur les papiers officiels et les plaques des voies. D'ailleurs on trouve encore dans
la commune des manuels de propagande communiste.
Dumbravita est sans-doute la plus nostalgique, mais cela
ne se remarque pas trop pour les étrangers. Commune à majorité magyare, nombre de ses rues portent le nom de communistes hongrois guère connus au-delà des frontières. Pour se
justifier, le maire, Szabo Geza, affirme qu'il les a fait débaptiser… mais que les nouvelles plaques, commandées voici six
mois, n'arrivent toujours pas. Toutefois, il est incapable de
montrer la délibération du conseil municipal qui aurait décidé
du changement de leurs noms…
Le Président Basescu opéré d'urgence
U
ne hernie discale pouvant entraîner des complications neurologiques
ayant été découverte lors d'un examen médical, le Président Basescu
a été opéré d'urgence dans un hôpital de Vienne, dans la nuit du 7 au
8 mai, pour éviter d'éventuelles complications, dont une paralysie. L'opération
qui a duré près de deux heures s'est bien déroulée. Selon les médecins autrichiens, la hernie du président était particulièrement sévère, de taille "inhabituelle" et touchait plusieurs nerfs. Elle avait même conduit à des "troubles neurologiques", et le président ne sentait plus la partie inférieure de son corps. Au
départ, Traian Basescu devait se faire opérer à Bucarest, mais après plusieurs
réunions, et vu les complications de la hernie, les médecins roumains ont préféré
le transférer dans le plus grand hôpital de Vienne, l'”Allgemeines Krankenhaus".
Cet établissement a souvent collaboré avec l'hôpital universitaire de Bucarest et
dispose de "tous les équipements modernes" pour procéder à une opération de
cette envergure. Après une hospitalisation sur place d'une dizaine de jours, le
Président a été transféré vers l'hôpital Elias de Bucarest où un bureau spécial lui
a été aménagé pour qu'il puisse reprendre ses activités, y recevant des soins pendant deux semaines. La période complète de récupération est estimée à six moisun an. Selon ses proches, ses filles ont pris en charge le coût de l'intervention
viennoise, ayant les moyens d'acquitter la facture de 22 000 €.
Un mémorial de la
Révolution à Timisoara
L
a chute de Ceausescu a été précédée de journées révolutionnaires
auxquelles le Mémorial de la
Révolution de Timisoara veut rendre hommage, tout en faisant la distinction entre les premiers jours des évènements de décembre
1989 et la récupération opérée par la suite par
les néo-communistes. Présidé par Traian
Orban, ce centre a pour but de valoriser les
témoignages écrits et audiovisuels des acteurs
de ces jours complexes. Il offre une salle pour
la documentation et la recherche, une salle
audio vidéo, des salles d'exposition, un espace de recueillement et une bibliothèque.
Memorialul Revolutiei Timisoara, str.
Emanoil Ungureanu, nr. 8, Timisoara. Tel./fax:
(00 40) 056/133287.
Alliance douteuse entre le PSD et Vadim Tudor
S
ans-doute pour contrer l'émergence d'un rassemblement de
centre-gauche que s'efforce de
créer l'ancien Premier ministre Petre
Roman et Ion Iliescu, sous le nom de Pôle
social, le PSD, dirigé par Mircea Geoana,
et le PRM de Cornel Vadim Tudor ont
décidé de collaborer au parlement,
signant un protocole d'accord. Le parti
des anciens et nouveaux nomenklaturistes et celui des extrémistes nationalistes se retrouvent donc, ce qui n'est
guère surprenant car leurs dirigeants sont
issus de l'ancien régime.
Découvrant un peu tard son aveuglement au sujet de la véritable nature du
PSD, qu'elle a fait entrer dans ses rangs,
conduisant le parti Démocrate à en sortir,
l'Internationale Socialiste a taxé d'inacceptable et d'incompréhensible ce rapprochement,
7
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Politique
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ORADEA ZALAU
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ARAD
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CRAIOVA
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SF. GHEORGHE
BRASOV
BRAILA
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BUCAREST
CONSTANTA
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Un"meilleur maire
roumain” de l'année
2005 ambigu
8
Francophonie
Une abstention
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BAIA MARE
SATU MARE
Douloureuse désillusion et grand
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Matei Lupu (PSD) a été élu
"meilleur maire de l'année 2005" par
l'association des villes de Roumanie
dans laquelle le PSD est représenté
en force. Mué en politicien, cet
ancien syndicaliste en est à son
deuxième mandat de maire de la
ville de Moldova Noua (CarasSeverin), située sur le Danube, en
face de la Serbie-Montenegro, et
dont l'île d'Ostrovul ("Ilot" en roumain)
est protégé dans le cadre du parc
National des Portes de Fer.
L'édile a été distingué pour son
engagement dans un projet de jumelage et de bon voisinage avec la
localité serbe de Veliko Gradiste, de
l'autre côté du fleuve. Mais toutes les
performances dont il se flatte ne font
pas l'unanimité de ses concitoyens
son nom et celui de sa femme étant
associés à plusieurs scandales
locaux. Ainsi, le service communal de
transports publics a-t-il été fermé en
janvier dernier, pour laisser place au
monopole de l'entreprise privée détenue pour moitié par son épouse, les
terrains qu'il détenait lui étant
concédés pour une période de 25
ans. Une autre société, dont sa
femme détient aussi la moitié des
actions, a vu récemment ses
comptes bloqués pour dettes non
payées à l'égard de la commune.
Enfin, bien que toute construction
soit interdite sur l'île d'Ostrovul, aire
humide protégée pour la nidification
des oiseaux, 400 concessions ont été
délivrées par la mairie, sans que
cette décision ne soit remise en
cause, le préfet arguant de l'absence
de documents d'urbanisme.
E
n Roumanie, qui est une démocratie en théorie au moins depuis 1990, c'està-dire depuis 16 ans, la participation politique et électorale aurait dû être
élevée puisque le pays sortait de 44 ans de dictature. Au départ, le système
semblait fonctionner de manière normale. Il n'y a pas eu de grand scandale lors du
déroulement des élections de 1990, ce qui est positif pour un pays qui a vécu plus de
quarante ans d'absence de système démocratique.
Finalement, le réflexe démocratique d'aller voter et de s'exprimer sur le plan politique s'est pris assez rapidement. La présence d'Iliescu n'a pas été une barrière à l'expression formelle de la vie démocratique. En 1996, la Roumanie a connu l'alternance
en élisant le libéral Constantinescu. Le taux de participation aux élections était de près
de 76 % de la population, soit 24 % d'abstention, ce qui reste un score honorable.
Lors des élections de 2000 en revanche, les choses ont changé. La société roumaine, après s'être engouffrée dans un modèle qu'elle ne comprenait pas forcément, a
été rapidement très déçue. L'alternance n'a pas donné aux Roumains le sentiment d'un
changement réel. Il en a résulté le sentiment d'avoir été trompé par l'Occident et par
les dirigeants politiques en place. Cela s'est vérifié lors des élections de 2000, avec le
score qu'a fait Vadim Tudor, à partir d'un discours très violemment anti-occidental,
anti-capitaliste et xénophobe. Une xénophobie tournée contre "l'Occident capitaliste
juif qui veut voler la Roumanie et l'a contaminée par des mœurs dissolues et le SIDA".
Le discours du "Il n'y a pas d'alternative"
Ces thèmes du discours de Vadim
Tudor débordent le cadre de son parti, le
"Parti de la Grande Roumanie" et
témoignent de la présence, pour les
Roumains, d'une menace mal définie. La
participation électorale lors de ces élections de 2000 est descendue à 56 % de la
population, ce qui représente 44 % d'abstention et donc une baisse de 20 points
en l'espace de 4 ans. Ces chiffres sont
totalement particuliers à la Roumanie,
qui n'était sous un régime démocratique à ce moment là que depuis 10 ans. A titre de
comparaison, l'abstention en France lors des élections de 2002 a été de 20,29 %. En
Roumanie, les années 1990-2000 ont donc été marquées par une douloureuse désillusion et un grand désenchantement.
En fait, il semblerait qu'il se soit produit un énorme malentendu en 1990.
L'ensemble de la société a cru que renverser Nicolae Ceausescu signifiait automatiquement entrer dans une "démocratie libérale" et une "économie de marché". Ces
concepts sont devenus des expressions stéréotypées, utilisées à tout vent mais sans
réellement mettre du contenu derrière. En effet, les gouvernements successifs ont tenu
aux Roumains des propos du style: "C'est ainsi, il n'y a pas d'alternative. Il faut intégrer les structures euro-atlantiques, il n'y a pas d'alternative. Voici les mesures préconisées par le Fonds Monétaire International, il n'y pas d'alternative". Ce qui crée
une situation à la fois apathique et résignée qui peut expliquer le développement de la
fuite des cerveaux, l'exil des jeunes, la catastrophe démographique que vit ce pays
comme l'ensemble des Balkans et la Russie.
Un président élu par seulement un quart des électeurs
Il existe une abdication de responsabilité, que ce soit du coté des responsables
politiques comme du coté des électeurs puisque toutes les perspectives sont définies
de l'extérieur par "les autres", c'est-à-dire les Etats-Unis et l'Union Européenne.
Connaissance et découverte
Fin septembre, la Roumanie accueille
le plus grand sommet international de son histoire
Bucarest capitale mondiale de la Francophonie
L
es 28 et 29 septembre prochains, Bucarest accueille
blèmes quant on connaît les embarras de circulation que prole IXème sommet de la Francophonie. A cette occavoque les simples cortèges officiels dans la capitale, alors avec
sion, Henri Gillet a interviewé celui qui en est le
63… Par boutade, nous avons pensé mettre les Bucarestois en
maître d'œuvre sur place, Cristian Preda, Secrétaire d'Etat rouvacance pendant trois jours, puis l'idée a fait son chemin, mais
main à la Francophonie.
est difficile à mettre en application: que penseHenri Gillet: Que représente ce sommet
rait le reste du pays devant ce privilège accordé
pour la Roumanie?
à la capitale ?
Cristian Preda: Il est très symbolique pour
Environ 15 000 personnes et 18 ministères
notre pays. Les Roumains ne peuvent pas oublier
ou institutions (Santé, Transports, mairie de
que c'est l'organisation de la Francophonie qui
Bucarest, services de logement, de restauration)
leur a ouvert la première les bras au plan monseront mobilisés sous la direction du ministère
dial, dès 1992, bien avant l'OTAN et les organides Affaires étrangères. L'équipe d'organisation
sations européennes, faisant de la Roumanie un
d'une trentaine de personnes qui m'entoure
membre à part entière, lui permettant ainsi de
depuis le début de l'année a été sérieusement
rejoindre la communauté internationale.
étoffée ces dernières semaines; à Edmonton, lors
Mais aussi, avec 63 chefs d'Etat ou de goudu dernier sommet, elle comptait 150 personnes.
vernement attendus, la participation de nombreux organismes comme l'UNESCO,
"A lui seul, le palais de Ceausescu
l'UNICEF, etc., il s'agit de la plus importante
Cristian Preda, chargé du pourrait accueillir cinq sommets"
sommet de fin septembre.
réunion internationale que notre pays aura organisé dans son histoire. Il ne faut pas oublier, non plus, que c'est
H.G : Avez-vous rencontré des problèmes ?
la première fois que ce sommet est organisé en Europe, en
C.P. : Je dois dire que j'aurais préféré que les hôtels cinq
dehors de la France. Et c'est une fierté pour nous.
étoiles de la capitale jouent le jeu, en nous réservant toutes
H.G. : Quelle utilité lui voyez-vous ?
leurs capacités d'accueil, ce qui aurait facilité les choses,
C.P. : Une est évidente: mettre en valeur la Roumanie, aux
notamment dans le domaine de la sécurité et des transports.
yeux du monde entier. Les autres sont sous-jacentes, mais tout
Mais certains n'ont pas compris l'importance pour le pays de
aussi importantes. Il s'agit de renforcer notre identité
cet évènement et ont préféré donner la préférence à leur
européenne. Enfin, le sommet permettra de prendre acte du
clientèle habituelle.
fort caractère francophone de l'Union Européenne. Pour la preA contrario, nous avons une chance exceptionnelle… que
mière fois, avec l'entrée de ses dix nouveaux membres et celle
l'on doit à Ceausescu (!). C'est le palais qu'il a fait construire,
prochaine de la Roumanie et de la Bulgarie, l'UE comptera une
lieu idéal pour ce genre de manifestations, disposant de toute
majorité de pays ayant un lien avec la Francophonie - 14 pays
la logistique. A lui seul, il pourrait accueillir cinq sommets !
sur 27 -, certains ayant un statut d'observateur (Pologne) et
Bien sûr, certains pourront voir un hiatus entre un lieu qui,
aux yeux des Roumains, perpétue le symbole de la tyrannie et
d'autres, comme nous et nos voisins du sud, en tant que
l'accueil d'une réunion regroupant des pays à l'initiative de
membres à part entière. N'oublions pas que d'autres pays francelui qui représente les Droits de l'Homme. Mais nous sommes
cophones frapperont bientôt à la porte de l'UE : la Moldavie,
en recherche de la redéfinition symbolique de ce bâtiment ; ce
la Macédoine, la Serbie, le Monténégro.
n'est pas facile, vu son côté démesuré, mais déjà le Parlement
H.G. : Quel est le calendrier de ce sommet ?
y a installé son siège.
C.P. : Si le point fort est la conférence des chefs d'Etat et
H.G. : Le sommet sera-t-il uniquement politique ?
de gouvernement, les jeudi et vendredi 28 et 29 septembre, le
C.P. : C'est son rôle essentiel, mais nous n'oublions pas sa
sommet se déroulera en fait sur une semaine. Dès le lundi 25,
dimension culturelle. Du 22 septembre au 1er octobre, la capileurs représentants personnels se rencontreront dans le cadre
tale vivra à l'heure de la Francophonie grâce au programme
du CPF (Conseil Permanent de la Francophonie); le lende"Bucarest francophone". Version grand public, des expositions
main, ce sera au tour des ministres des Affaires étrangères de
de livres, philatélique, gastronomique auront lieu. Une scène
se réunir lors de la Conférence Ministérielle de la
mobile sera installée en plein centre-ville, dans un périmètre
Francophonie (CMF), puis le mercredi 27, ce sera l'arrivée et
réservé, près du Théâtre national, où seront installés des stands
l'accueil officiel des chefs d'Etat et de gouvernement.
de la Francophonie des pays du monde entier et donnés des
H.G.: Cette réunion suppose des moyens logistiques
spectacles de musique de groupes francophones de tous les
lourds ?
continents. Les délégués auront droit aussi à leurs réjouisC.P. : Bien sûr, ne serait-ce que pour assurer la sécurité de
sances, avec des présentations théâtrales et des concerts. Mais
toutes les délégations qui totaliseront 3000 membres, dont des
pour en savoir plus, il suffit de consulter notre site: sommetprésidents, des premiers ministres, des ministres, etc…
francophonie.org.
Leurs déplacements ne seront pas le moindre des pro-
45
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Connaissance et découverte
Cinéma
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BUCAREST
CONSTANTA
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Chansons
Pas de festival
du "Cerf d'or"
cette année à Brasov
44
Une génération de metteurs
en scène très talentueuse
Les organisateurs du célèbre festival de musique et chansons du "Cerf
d'or" de Brasov n'aura pas lieu cette
année, en raison de difficultés financières, ont annoncé ses organisateurs, espérant qu'il reverra le jour,
en 2007.
C’est une
grande
déception
pour ses
fans.
ans qu'on puisse parler d'école roumaine, la génération de metteurs en scène
de ce pays se révèle d'une très grande qualité, à l'image de son passé culturel. Avec plus de 20 prix internationaux, dont celui
de la section "Un certain regar" du festival de Cannes (2005),
"La mort de monsieur Lazarescu" de Cristu Puiu est devenu
le film roumain le plus primé de tous les temps.
Ce réalisateur avait déjà obtenu l'"Ours d'or" à Berlin pour
son court métrage, “Une cartouche de Kent et un paquet de
café” (2004), ainsi que le grand prix du festival de Zagreb
(Croatie) et le premier prix à Buenos Aires. En 2001, son film
"La marchandise et les sous" avait décroché plusieurs prix à
Nae Caranfil
des festivals en Allemagne, Grèce, Italie et France.
Pour sa part, Radu Mihaileanu a été le premier Roumain
de l'histoire du cinéma distingué par un "César", celui du scénario original, pour le merveilleux "Va, vis et deviens"
(2006), une œuvre nominée pour trois autres "Césars" et qui
méritait encore un meilleur sort.
En 2004, Catalin Mitulescu avait reçu à Cannes la "Palme
d'or" du court métrage pour "Trafic", tandis que "Philanthropique" de Nae Caranfil était primé à Paris, Wiesbaden,
Würzburg (Allemagne) et qu'"Occident" de Cristi Mungiu
Cristi Puiu
recevait des distinctions, entre autres, aux festivals de
Rotterdam, Leeds et Mons (Belgique). En remontant un peu plus en arrière, il faut se
souvenir que Lucian Pintilie s'était vu décerné le prix spécial du jury de la "Mostra"
de Venise pour "Terminus Paradis" (1998) et, en 1992, toujours au même prestigieux festival, Dan Pita le "Lion d'argent" pour "Hôtel de luxe".
Le trophée
remis au
vainqueur
du festival.
Regroupant les meilleures formations musicales du pays et ses plus
prestigieux interprètes, le "Cerbul de
Aur", fondé en 1968, était devenu
une véritable institution. Craignant
ses dérapages, les autorités communistes l'avaient supprimé en 1972,
alors que se profilait le durcissement
du régime. Après plus de vingt ans
d'interruption, il reprendra en 1994,
sur la belle place du Conseil du
centre historique de Brasov. La participation de grandes vedettes internationales a ancré son prestige: Ray
Charles, Julio Iglesias, Patricia Kass,
Gilbert Bécaud, Joe Cooker, Boyd
George, Diana Ross, Rita Pavone,
etc. Le budget de la manifestation,
initialement de 400 000 €, lors de sa
reprise, était passé à 1,25 M€, l'an
passé, grâce à la participation de
nombreux sponsors, dont la télévision roumaine, qui a fait faux bond
cette année, en proie à des scandales financiers.
Dodo Nita met en évidence
l’influence francophone dont elle tire ses racines
La BD roumaine en dictionnaire
D
odo Nita, avec son ami Virgil Tomulet, vient de publier aux éditions MJM
de Craoiva, dans la collection Argonaut, le premier dictionnaire de la
bande dessinée roumaine. Au cours d’un voyage à travers tous les auteurs
de BD roumaine et des Francophones traduits et publiés en Roumanie, on découvre
ainsi dans cet ouvrage que nombre de dessinateurs franco-belges sont en fait d'origine roumaine. C'est le cas de Gotlib (“Gai-Luron” dans Pif), de Arapu (Arthur et le
fantôme, Pif et Hercule), Arnal (créateur de Pif et Félix le chat), Carabal (Les
gosses), Giroud (La fille aux ibis), Lax (dessinateur pour Fluide glacial, Métal
Hurlant), Stoicanescu (L'Histoire de Jésus). Quatre auteurs ont aussi réussi en
Amérique du Nord, Arno, Stan Lee (Spiderman), Florea (Conan, Buffy, X-Man) et
Ilin, publié aussi dans Spirou.
Dodo Nita rappelle que plusieurs de ces dessinateurs ont été obligés de quitter le
pays sous Ceausescu (Sandu Florea, Livia Rusz, Mircea Arapu). N. Batzaria, créateur
du célèbre personnage roumain de Haplea, a été emprisonné et est mort dans sa geôle;
Neagu Radulescu, a été mis à l'index et interdit de publication pendant 20 ans pour
avoir raconté les aventures du soldat Neata, luttant contre les bolcheviques; l'acteur et
dessinateur George Voinescu a été persécuté par la Securitate et contraint de se réfugier en France, alors terre des "Droits de l'Homme".
La BD a été aussi un moyen important de propagande communiste, avec la publication d'ouvrages anti-occidentaux et anti-titistes. Retournement… après la
"Révolution", on a découvert que le premier maire post-communiste de Constantsa et
le directeur de l'école de police de Cluj étaient des créateurs de bandes dessinées…
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
désenchantement éloignent de plus en plus les Roumains des urnes
inquiétante pour une jeune démocratie
D'une certaine manière, cela absout le gouvernement,
puisque il ne ferait que suivre la politique du FMI et la négocier au moindre mal pour la population, en obtenant de temps
à autre, le droit à un déficit budgétaire plus élevé que ce qui
était, initialement, imposé.
Cependant, il y a là quelque chose
de très déroutant et de très dangereux sur
le long terme. Effectivement, le retour
du politique se fait par l'abstention, ou
par la violence, telle qu'elle s'est
exprimée en 2000 dans le discours de
Vadim Tudor. Celui-ci paraissait extrêmement brutal, mais il faut voir en ses
propos, un discours de récupération
nationale et patriotique, représentant en partie les électeurs
désabusés, qui veulent redevenir acteurs de leur vie et ne
savent pas comment se positionner. Ils rejettent tout ce qui leur
est proposé aujourd'hui. Notons que la Roumanie connaît
maintenant un taux impressionnant d'abstentionnisme électoral, près de la moitié des électeurs, même s'il s'agit là encore
d'un phénomène de désenchantement à l'échelle européenne.
En effet, les élections présidentielles et législatives de
2004 ont vu la participation baisser encore légèrement car,
selon le Bureau Electoral Central (BEC), 55,21% des personnes avec droit de vote se sont exprimées. Effectivement, au
2ème tour des élections présidentielles qui ont eu lieu le
dimanche 12 décembre 2004 en Roumanie, Traian Basescu
(Alliance PNL-PD) maire en poste de Bucarest, a emporté les
élections avec 51,23% des voix, contre 48,77% des suffrages
pour Adrian Nastase (Union PSD-PUR). Le président actuel
n'a ainsi été élu que par un quart des électeurs. Quasiment donc
la moitié des électeurs ne se sont pas déplacés, ce qui, même
si il existe au niveau européen un mouvement similaire, représente un grave danger pour la démocratie roumaine.
La tragi-comédie du référendum
sorti sur les marchés de légumes et dans les rues des urnes
mobiles, bien que la méthode ne soit justifiable que pour permettre aux personnes à mobilité réduite de voter. La course
folle à la participation ressemblait aux dernières secondes d'un
100 mètres…
Et l'effort semble avoir été payant: à
15 heures le dimanche, cinq heures
avant la clôture du scrutin, la participation n'avait atteint que 34,27 %. Pour
que le référendum soit valide, une participation de 50 % était requise. La
deuxième condition pour que la nouvelle constitution entre en vigueur était le
vote favorable d'une majorité de suffrages exprimés. Dans le cas contraire, l'actuelle constitution
restait valable et le processus de validation des modifications
devait être repris depuis le début. Finalement le quorum était
atteint d'extrême justesse, dans les dernières minutes, laissant
d'ailleurs un fort doute sur la réalité des chiffres aux observateurs. Ce qui amenait Mirela Luca et Iulian Anghel dans
“Ziarul Financiar” (Le quotidien financier), du 20 octobre
2003, à titrer leur article: "Référendum: un petit Oui pour la
Constitution, un grand Non pour la classe politique".
Ce fort absentéisme signifie, plus que tout, un blâme
adressé à toute la classe politique, qu'elle soit au pouvoir ou
dans l'opposition, mais également à la politique en général
puisque cette constitution était censée rapprocher la Roumanie
de l'intégration européenne. Surtout, bien qu'il ne soit pas
question d'élections mais du choix pour une nouvelle
Constitution, l'absentéisme inattendu est le signal d'une rupture entre la base électorale et la classe politique, d'une véritable
crise de représentation.
Coupure entre "l'élite" et la population
Les analystes politiques interprètent
différemment cet absentéisme. Le socioUn autre évènement électoral en
logue Alin Teodo-rescu, directeur de
Roumanie est révélateur de la perte de vitesl'IMAS (Institut de marketing et de sondase très importante de l'expression démocrage), considère que le peu de confiance de la
tique, le référendum constitutionnel d'ocpopulation dans ses hommes politiques
tobre 2003. Au premier jour du scrutin orgaexpliquent la situation. L'analyste Dan
nisé pour l'adoption la nouvelle constituPavel accuse lui la classe politique d'être
tion, seulement 14,29 % des 18 millions d'écoupée des masses et la succession d'échecs
lecteurs se sont présentés aux urnes.
signifierait une "délégitimation" du systèLe couple Nastase sortant des urnes.
Pris par surprise par la réaction populaime politique. Enfin, l'historien Adrian
re, le PSD (Parti social démocrate), au pouvoir à ce moment là,
Cioroianu est d'avis que le désintérêt des Roumains pour le fait
a convoqué les leaders locaux à une vidéoconférence. Le mespolitique est la cause de l'absentéisme, ce qui est le plus dansage unique et impératif a été: "Quelles que soient les
gereux des phénomènes dans une démocratie.
méthodes, faites voter les gens!". Les maires ont alors organisé
Ce mécanisme est commun à de nombreux autres pays
dans l'urgence des tombolas jusque dans les sections de vote,
mais encore une fois la Roumanie est une jeune démocratie,
ils ont inauguré des "Coupes de foot de la Constitution", proqui plus est en difficulté. Elle connaît déjà les effets pervers de
mis aux gens de payer leurs charges, ont fait cadeau de chausce système démocratique, alors que celui-ci n'a pas porté les
settes, de cochons de lait… Forçant la loi, les organisateurs ont
espoirs tant attendus.
(lire la suite page 10)
9
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Pour André Bellon, la crise qui se développe partout en Occident n'est pas une
crise politique traditionnelle où le peuple manifeste son exaspération devant les
mesures prises par ses représentants, mais une différence fondamentale de vision.
Pour lui d'un coté les citoyens souhaitent être représentés, avoir des porte-parole politiques et de l'autre, les élites estiment savoir ce qu'est le bien commun et "s'estiment
porteuses d'un intérêt général d'essence quasi immanente, y compris contre leurs
propres concitoyens. La légitimité ne procède donc plus du peuple".
Ces remarques, qui concernent au départ l'Occident et plus particulièrement le
référendum sur la Constitution européenne, sont très utiles pour comprendre la situation en Roumanie. En effet, elles soulèvent l'importance du fossé qui existe entre les
élites roumaines et le peuple, mais également le fait que la population ne se reconnaisse pas dans les mesures politiques adoptées. Les "élites" politiques roumaines ne
semblent pas prêtes à prendre en compte les attentes de leur population, laquelle ne se
sent pas non plus intégrée au mécanisme politique.
Tara Oasului
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BUCAREST
Actualité
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Députés
sous surveillance
Le président de la Chambre des
députés Bogdan Olteanu a décidé de
faire appel aux médias afin de remédier à la désertion des députés.
10
Norica
Nicolai
"Nous allons nous assurer que
chaque angle de la Chambre soit
filmé pour que les électeurs des différentes circonscriptions soient témoins
des sièges vides laissés par certains
membres", a récemment déclaré
Bogdan Olteanu, après un mois et
demi de mandat à la présidence du
"Des citoyens toujours considérés comme des sujets"
Plus terre à terre, dans "Les Nouvelles de Roumanie", Henri Gillet, présent à
toutes les grandes échéances démocratiques du pays et qui a vécu l'enthousiasme et
l'attente ardente des Roumains lors de la "Révolution" de décembre 1989, n'y va pas
par quatre chemins, appelant un chat un chat. Se refusant à dénommer "élite" une classe politique et des affairistes mafieux "qui pillent sans vergogne le pays, affichant
avec arrogance leur nouvelle richesse face à une population souffrant de plus en plus,
partagée entre le dégoût et la colère", il la baptise "nomenklatura", signifiant ainsi
qu'au niveau des dirigeants, du comportement des administrations, il n'y a qu'une rupture de façade avec le régime communiste. Pour le journaliste, pastichant la célèbre
formule d'Henri Rochefort, évoquant l'état de la France sous Napoléon III ("La
France compte 30 millions de sujets… sans compter les sujets de mécontentement"),
les Roumains sont encore considérés comme des sujets et non des citoyens.
Notant au passage que ce ne sont pas les idéologies qui comptent, mais la qualité
des hommes, il entrevoit cependant un avenir moins sombre avec l'émergence d'une
société civile qui lui paraît le meilleur acquis de cette transition vers la démocratie.
D'ailleurs, les Roumains lui semblent s'éveiller aux exigences de celle-ci, plaçant en
tête de leurs préoccupations le niveau inouï atteint par la corruption, devant la pauvreté alors qu'ils en sont tellement affecté. Et de saluer au passage leur résistance aux
idées de Vadim Tudor, "car ils avaient bien plus de raisons de voter pour lui que la
France prospère pour Le Pen, en 2002"…
Pour une jeune démocratie, qui n'a pas véritablement perçu l'intérêt ni vraiment
profité des avantages d'un tel système, la réalité de l'abstention semble toutefois dommageable et dangereuse. Elle doit également être prise en compte pour comprendre la
nostalgie de l'époque communiste et l'évolution de la société roumaine.
Evelyne Barthou
Benoît XVI sans-doute à Sibiu à l'automne 2007
A
Parlement. Il a ajouté que certains
députés oubliaient trop souvent leurs
cartes de vote ou utilisaient plusieurs
cartes pour voter. Récemment, la
député libérale Norica Nicolai a été la
cible des médias après avoir laissé sa
carte à sa nièce (notre photo), qui a
ensuite voté à sa place au sein même
du Parlement.
(LPJ)
l'occasion de la troisième
assemblée mondiale œcuménique, qui se tiendra à Sibiu
à l'automne 2007, le métropolite orthodoxe de Transylvanie, Mgr Laurentiu Streza,
a adressé une lettre d'invitation au pape. Cette
démarche, effectuée au nom
de l'ensemble des églises
chrétiennes et avec leur
approbation, a semblé obte-
nir son agrément et Benoît XVI devrait
l'honorer d'une courte visite,
à laquelle seraient associés
le Patriarche Teoctist et le
Président Basescu. Sur
place, les préparatifs de ce
voyage historique dans le
joyau de la province de
l'Ardeal sont déjà en cours.
Les différents églises pavoisent, pour elles, un tel évènement correspondant à dix
ans d'effort de catéchèse.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Connaissance et découverte
sulfureux de Cecilia Stefanescu, traduit en français
ose aborder le thème de l'homosexualité
Au début de leur relation, il n'est pas question pour les
deux amies "de sexe ou de fantaisies qui se terminent en masturbation ou en orgasme…" Mais, peu à peu, l'amitié s'approfondit et la raison tend à s'assoupir tout comme le
corps tend à s'alourdir "glissant tous deux dans les
profondeurs de la couche en direction du pays des
amours interdites".
"Ses pages nous brûlent la peau"
Liaisons morbides n'est toutefois pas seulement
le roman d'une simple relation amoureuse entre
deux jeunes femmes. Il est aussi un roman à plusieurs voix qui
s'interfèrent pour témoigner d'une quête identitaire. "Mes liaisons sont maladives (titre initialement prévu en français),
confie Cecilia Stefanescu, plutôt par le fait que la narratrice,
Kiki, est un personnage non crédible, qui tente toujours de se
tenir en équilibre entre réalité et rêverie, les embrouillant. Elle
est mythomane, solitaire, une séductrice fragile, et, pour cette
raison, dangereuse, incapable de lier des relations " (Entretien
accordé à Sorin Ghergut pour La Roumanie aujourd'hui).
S'il a fait scandale en Roumanie à sa sortie, le
livre de Cecilia Stefanescu n'en a pas moins été
apprécié par un large public et par la critique. Voici
ce qu'en a dit notamment Gheorghe Craciun (écrivain et critique littéraire reconnu en Roumanie):
"… Ses pages nous brûlent la peau, ses mots nous
suffoquent, chargés qu'ils sont de puanteurs et de
parfums. Le bistouri taille dans le vif. Le tout avec
une assurance narrative qui devrait donner des
frissons de jalousie à nombre de prosateurs d'aujourd'hui…
Assurément, l'un des meilleurs romans brefs de toute la littérature roumaine".
Cecilia Stefanescu, Liaisons morbides, Traduit du roumain par
Laure Hinckel, Editions Phébus, 2006. 170 pages, 14,5 euros.
Bernard CAMBOULIVES
homosexuels étaient considérés comme des criminels
dépénalisation récente
Pourtant, entre les 23 et 29 mai 2005,
était organisé à Bucarest le festival
Gayfest (avec une Gay Pride au final) à
l'initiative de l'association Accept. Pour
Silviu Mihai, représentant d'Accept, il
s'agissait alors de permettre à la communauté gay "d'apprendre à s'affirmer sans
peur… pour sortir… d'une culture de la
honte".
Naissance
d'une communauté gay
Toujours en 2005 (en octobre), le
premier magazine homosexuel de
Roumanie, le mensuel Inklusiv, était présenté à la presse de Bucarest par l'équipe
rédactionnelle. Le but de l'entreprise:
"montrer que les Gays sont des êtres
humains comme les autres". Le premier
numéro était tiré à 5000 exemplaires et
diffusé dans les principales villes roumaines. Il contenait un supplément de 12
pages consacré notamment à la prévention du Sida. Comportant des rubriques
de mode, culture, santé ou gastronomie,
le mensuel faisait sa une sur la princesse
roumaine Briana Caragea devenue l'une
des porte-drapeaux de la défense des
droits des minorités sexuelles depuis sa
participation en tête de cortège, le 28 mai
2005, au premier défile gay organisé en
Roumanie (500 personnes dans le centre
de Bucarest).
Une culture gay est-elle ainsi en train
de naître en Roumanie? Stefan Iancu,
membre du Conseil de direction d'Accept
en est pour sa part convaincu: "Je peux
affirmer que la Roumanie voit naître une
culture de ce type qui s'esquisse à travers
les bars, les clubs, les communautés web,
etc." Pour ce qui est du domaine littéraire, il existe un roman emblématique qui
est: Pe bune/Pe invers d'Adrian Schiopu.
Mais ce dernier se défend d'avoir écrit un
roman gay: "J'ignore le sens d'un tel syntagme, a-t-il expliqué dans la presse roumaine. Les critères selon lesquels un livre
est qualifié de littérature gay sont douteux et n'ont rien à voir avec l'esthétique.
Je désapprouve le concept de littérature
gay car il renvoie au ghetto…".
Même son de cloche chez Cecilia
Stefanescu, l'auteur de Legaturi Bolnavicioase (voir notre article): "Je ne pense
pas que les livres doivent être étiquetés.
Je ne pense pas que nous devions parler
de la littérature gay, de la littérature
féministe, etc., car une telle approche est
peu édifiante et simplificatrice".
43
Radu Afrim, metteur en scène et dramaturge, estime lui aussi qu'il ne faut pas
permettre l'existence d'une culture gay
dans le sens d'une culture de ghetto:
"Pour ma part, je lance mes défis à travers l'art, surgis de l'incorrection politique, des déviances de la norme. Or, la
Roumanie est loin socialement de la
norme, ce qui fait que le consommateur
roumain se sent scandalisé, provoqué par
les plus naturelles des tendances gay".
Le chemin sera sans doute encore
long pour une pleine et entière reconnaissance des gays dans la société roumaine.
Mais tout espoir n'est peut-être pas absolument illusoire car, si l'on en croit Mihai
Mihalcea, chorégraphe et danseur: "Les
Roumains sont plus tolérants que d'autres
peuples mais aussi bien plus hypocrites ".
Et d'avouer qu'il ne s'est jamais senti discriminé pour son orientation sexuelle
dans son pays. Reste finalement à savoir
si l'hypocrisie est un fléau moins difficile
à éradiquer que l'intolérance.
Bernard CAMBOULIVES
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Connaissance et découverte
“Liaisons morbides”, le roman
Littérature
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Benjamine talentueuse
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Actualité
Lutte contre la corruption:
ne pas se contenter de mots
Politique
La littérature roumaine
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ARAD
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Cecilia Stefanescu est née len
1975 à Bucarest où elle vit aujourd'hui. Elle a débuté en 1998 dans le
volume collectif Fenêtres 98 issu du
cénacle de Mircea Cartarescu de la
Faculté des Lettres de l'Université de
Bucarest. Legaturi bolnavicioase
est son premier roman publié en
2002 . Ni trop jeune, ni trop âgée,
selon ses propres mots, au moment
de la révolution de 1989, elle profite
pleinement de la nouveauté du
monde qui l'entoure et en nourrit sa
prose. Le réalisateur Tudor Giurgiu
vient de finir le tournage d'un scénario écrit à partir de ce roman. Le film
devrait sortir sur les écrans cette
année. Cecilia Stefanescu était la
benjamine des 12 auteurs roumains
invités en France dans le cadre du
programme “Les Belles Etrangères”.
Douze ans pour
rénover le centre
historique de Bucarest
Avec un an de retard, les travaux
de réhabilitation et de modernisation
des infrastructures et immeubles du
centre historique de la capitale
devaient commencer en cette fin juin.
La première étape, prévue pour 18
mois, concerne une zone pilote,
représentant le quart de ce centre,
bordée au nord par la Strada Lipscani,
à l'est par le boulevard Bratianu jusqu'à Splaiul Unirii, au sud par Spaiul
Indepedentiei et à l'Ouest par la Calea
Victoriei. La rénovation du périmètre
complet du centre historique prendra
12 ans. Les travaux sont estimés à 20
M€, dont 12 M€ provenant de la mairie, le reste étant financé par un
emprunt à la BERD et un don du gouvernement hollandais.
L
'homosexualité, thème d'un récent roman de Cecilia Stefanescu (notre
photo), est un sujet qui n'a pas lieu d'émouvoir les Français, lesquels en
ont lu bien d'autres en la matière. Mais en Roumanie, à sa parution en 2002,
Legaturi polnavicioase (Liaisons morbides) a fait scandale alors même que l'homosexualité dans ce pays n'a été dépénalisée qu'en 2001 (lire nos informations ci-après).
De toute façon, la jeune romancière (née en 1975 à Bucarest et découverte par
Mircea Cartarescu) se défend d'avoir fait un livre scandaleux sur l'homosexualité:
"C'est une histoire d'amour, d'amitié, et, probablement, plus que cela: c'est un livre sur
la jeunesse et sur l'autisme de cet âge". De fait, deux adolescentes vont initier une
relation sur les bancs du lycée et l'aprofondir quelque temps plus tard dans le cadre de
leurs études universitaires. Le destin va alors les unir provisoirement, mais violemment, comme il n'est pas rare que cela se fasse entre jeunes gens en quête d'eux-mêmes
et de la beauté du monde. Période de transition que la fin de l'adolescence: période initiatique. La liberté se cherche tout comme un nouveau rapport au monde: "Pour la
plupart des gens, nous étions deux bonnes amies qui ne trouvaient pas leur place en
ce monde… Quelques-uns seulement croyaient savoir la vérité sur nous. Mais nous
étions les seules à connaître la vraie vérité, parce que nous n'entendions goutte à ce
qui nous arrivait, sinon qu'il nous arrivait quelque chose d'assez beau".
Jusqu'en 2002, les
Une
C
La princesse
Briana
Caragea a
mené le
cortège de la
première
Gay-pride
roumaine.
e n'est qu'en 2002, sous la
pression de l'Union européenne dans la perspective de
l'intégration roumaine, que l'homosexualité a été dépénalisée en Roumanie. Cette
décision du Parlement roumain était toutefois accompagnée d'une restriction
concernant les "pratiques sexuelles anormales, parmi lesquelles les relations
sexuelles anales ou orales, si elles sont
pratiquées en public". Et le code criminel
de prévoir des peines de prison allant jusqu'à cinq ans.
Bien que ne visant pas spécialement
les homosexuels, le maintien de cet
article dans la nouvelle loi avait alors
profondément irrité Adrian Coman, responsable d'Accept, la seule association
roumaine de défense des droits des
homosexuels: "Les députés n'ont apparemment rien compris… fustigeait-il
alors. Ils persistent dans la discrimination malgré les recommandations du
Conseil de l'Europe. Il est triste de voir
que la Roumanie reste aux côtés de
l'Arménie, de la Tchétchénie et de la
Serbie sur la liste des pays où les homosexuels sont considérés comme des criminels ".
Depuis, l'homosexualité roumaine a
fait du chemin pour tenter de se faire
reconnaître au grand jour. En 2004, le
sujet est même devenu un des thèmes de
la campagne électorale. Le candidat de
l'alliance d'opposition (Justice et vérité),
l'actuel Président de la République Traian
Basescu, déclarait alors être favorable au
mariage de deux personnes du même
sexe et que, proposant cela, il ne faisait
qu'assumer la réalité du pays comptant
jusqu'à 20% d'homosexuels dans la population (NDLR: estimation totalement fantaisiste). En face, la réaction ne s'était
alors pas fait attendre et son adversaire
(malheureux), Adrian Nastase, lui avait
rétorqué que ses propos étaient inacceptables et qu'il ne se ferait jamais l'écho de
tels messages.
En dehors de ces joutes électorales,
et dans un pays où l'Eglise orthodoxe traditionnellement conservatrice joue encore un rôle important, il reste toutefois
bien difficile encore, pour la communauté homosexuelle roumaine, de se faire
entendre.
L
'ONG "Transparancy Romania" s'inquiète de la
tournure que prend la lutte contre la corruption,
malgré les mesures décidées par les autorités roumaines. Elle note qu'aucun membre des anciens gouvernements n'a été inculpé à ce jour pour des délits commis lors de
leur mandat et que le gouvernement actuel n'a toujours pas
réussi à mettre sur pied une agence contrôlant les déclarations
de fortune des personnalités publiques.
Plus même, "Transparency International" relève que les
parlementaires s'efforcent de saboter les mesures prises pour
mettre un terme à la corruption, comptant sur la passivité du
gouvernement. Ainsi se sont-ils
opposés à la perquisition décidée par
le Parquet au domicile de l'ancien
Premier ministre, Adrian Nastase,
figure de proue de la corruption, et
ont-ils rejeté, en première instance,
la création d'une agence chargée
d'enquêter sur celle-ci, la DNA.
Cette dernière a vu finalement le
jour, mais l'ONG attend que des dossiers se transforment en condamnation et que des fripons hauts placés
se
retrouvent derrière le barreaux,
Nicholas Taubman a mis
les pieds dans le plat.
pour mesurer son efficacité. En prévision de la future adhésion de la Roumanie à l'UE
"Transparency International Romania" se réfère aussi au mauvais exemple donné par les ex-pays communistes devenus
membres en avril 2004… et qui, depuis cette époque, ont
abandonné les efforts et réformes engagées en ce sens.
L'ambassadeur américain: mettre en prison
les corrompus serait le meilleur remède
Nicholas Taubman, ambassadeur américain à Bucarest a
estimé également, au cours d'un colloque, que la corruption
reste le problème majeur de la Roumanie, affectant aussi bien
le milieu des affaires, le système de santé ou l'administration
publique, et décourageant les investisseurs. "Le gouvernement
doit faire en sorte que les fonctionnaires ne prennent plus de
pourboires. Chaque acte de corruption, petit ou grand, mine la
confiance de la population envers les autorités" a-t-il déclaré,
enchaînant: "Il faut mettre un terme
aux agissements des fonctionnaires
qui détournent l'argent public, font
des contrats avantageux pour leurs
amis ou leurs parents. Les corrompus, notamment les officiels de haut
rang d'hier et d'aujourd'hui doivent
finir derrière les barreaux. Ce sera
le meilleur remède".
L'ambassadeur a cependant
salué les efforts entrepris par le
Adrian Nastase: le
symbole de la corruption.
gouvernement Tariceanu contre ce
phénomène, les datant du changement de majorité - allusion à
la généralisation de la corruption lorsqu'Adrian Nastase était
Premier ministre - et soulignant l'action déterminée menée par
la ministre de la Justice, Monica Macovei. Il a aussi demandé
à la Roumanie de mettre en place un cadre législatif stable et
durable, de réduire la bureaucratie et de consulter les milieux
d'affaires avant de prendre des décisions les concernant, afin
de ne plus entraver le développement économique.
Enfin, évoquant l'affaire Bechtel, dont le contrat de
construction de l'autoroute Pitesti-Brasov-Oradea a été en partie remis en cause, il a invité les autorités roumaines à respecter leurs engagements… oubliant de dire que, sous le gouvernement Nastase, la firme américaine l'avait emporté face à ses
concurrents, notamment français, grâce à ses pots de vin sansdoute plus généreux.
L'ambassadeur d'Allemagne, Wilfried Gruber a rejoint les
déclarations de son collègue américain, indiquant, dans un
communiqué que "l'administration publique roumaine se
caractérisait par son puissant bureaucratisme où se mêlaient
léthargie et arrogance, et où fleurissait la corruption".
La "mafia de Baneasa" à l'oeuvre
L
e président Basescu a stigmatisé dernièrement les agissements d'un groupe de 6 à 7
"hommes d'affaires", connus pour leurs
énormes escroqueries, qu'il a baptisées
"la mafia de Baneasa". Avec la complicité de l'administration, qui leur a cédé
pour une bouchée de pain, sans appel
d'offres et sans doute "spaga" (dessous de
table) à l'appui, 221 hectares de terrain
dans la zone aéroportuaire de Baneasa, à
la sortie nord de la capitale, ce groupe les
revend dix fois leur prix. La même opération est en train de se dérouler autour du
palais de Ceausescu, où on s'apprête à
exproprier des habitants avec des indemnités dérisoires, pour faire place à un projet pharaonique, baptisé "Esplanada", qui
verra pousser des gratte-ciels dont les
emplacements de bureau seront revendus
à des prix astronomiques. Ces projets
dénommés "à caractère d'utilité
publiques" profitent à des groupes privés,
comme la banque Rothschild.
L'affaire la plus spectaculaire réalisée de ce groupe, dirigé par deux
mafieux notoires, Petrache et Bittner, a
été la revente d'action de la télévision
Realitate TV, acquises pour 140 € et
cédées un mois plus tard au prix de 5,6
millions de dollars à une firme offshore
de Chypre, contrôlée par Sorin Ovidiu
Vântu, considéré comme le plus grand
escroc de Roumanie et qui a dirigé l'opération. Cet "homme d'affaires", emprisonné déjà pour ses méfaits sous
Ceausescu, et qui "arrose" tous les partis
politiques, est suspecté d'avoir joué un
rôle central dans la banqueroute du FNI,
voici six ans, laquelle a spolié 300 000
petits épargnants de leurs économies.
L'argent n'a jamais été retrouvé.
11
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Economie
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Scènes de la vie politique
Plus de 10 ans de purgatoire, après 1989,
avant qu'ils accèdent à des directions
SUCEAVA
ORADEA
z
CLUJ
z
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CAMPULUNG
z IASI
TARGU MURES
BAIA MARE
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ARAD
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BACAU
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GALATI
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BRASOV
PLOIESTI
PITESTI
CRAIOVA
z
z
z
„
BUCAREST
z
TULCEA
CONSTANTA
z
De 50 000 €
à plus de 200 000 €
pour les managers
12
Les grosses entreprises roumaines
paient bien leurs managers, surtout
quant elles opèrent dans les
branches des industries pharmaceutiques (qui ont toujours eu un niveau
salarial élevé, comme dans l'industrie
du tabac), pétrolières, le secteur bancaire ou de la grande distribution.
Les directeurs généraux peuvent
gagner de 50 000 € brut, annuellement, à plus de 200 000 €, le revenu
moyen étant de 100 000 €, composé
d'un salaire de 75 000 € et d'une
prime de 25 000 €, suivant les résultats. Ces cadres supérieurs sont particulièrement sensibles à la voiture
qu'on leur fournit, BMW 5 et Audi 6,
étant les modèles préférés, leur coût
(45 000 €) et leur entretien annuel
(10 à 12 000 €) étant à la charge de
leur entreprise.
Malgré ces salaires attractifs et les
avantages importants, le recrutement
est difficile, la Roumanie manquant
de cadres de haut niveau, disposant
d'une expérience de 5-6 ans minimum, jugée nécessaire pour être efficace. Les entreprises roumaines se
tournent donc vers les managers
étrangers, quasiment exclusivement
occidentaux. Le niveau de vie local
leur permet de mieux vivre que dans
leur pays d'origine, d'autant plus qu'ils
bénéficient aussi souvent d'une maison gratuite, les frais d'entretien étant
payés. Sur la base de 100 pour la
Roumanie, le niveau de revenu des
managers dans les pays émergents
d'Europe se situe à 148 en Slovénie,
142 en Pologne, 138 en République
Tchèque, 133 en Hongrie, 129 en
Croatie, 117 en Slovaquie, 82 en
Serbie, 71 en Bulgarie.
Des patrons roumains aux
commandes des filiales internationales
D
evenir directeur de filiale d'une multinationale n'est plus un rêve irréalisable pour les Roumains. Les exemples se multiplient, et les maisonmères basées à Londres ou à Paris sont de plus en plus à la recherche de
ces perles rares. Mais tout dépend aussi de la stratégie du groupe. "Des Roumains à la
tête de multinationales", titraient en première page le quotidien “Ziarul Financiar”.
Ils ont en général entre 35 et 45 ans et dirigent en Roumanie des grands noms de l'industrie ou des services. Après plusieurs années au sein d'une multinationale, leur professionnalisme et leur capacité d'adaptation ont payé. Mais il aura fallu attendre plus
de dix ans après la révolution de 1989 pour voir enfin un Roumain ou une Roumaine
prendre les rênes de la filiale d'un groupe international.
La plupart ont bénéficié d'une expérience à l'étranger dans une école de commerce ou dans le cadre d'un stage en entreprise. La perspective de diriger la filiale d'une
multinationale a changé la donne du marché de l'emploi. Désormais, si la fuite des
cerveaux demeure un phénomène récurrent, beaucoup de jeunes professionnels décident de rester en Roumanie. Après quelques années passées à l'Ouest, certains se rendent compte qu'ils peuvent avoir une meilleure qualité de vie dans leur pays qu'à l'étranger. De nombreux cadres sont revenus travailler à Bucarest.
Ion Iliescu, président couronné en Thaïlande.
Calin Popescu Tariceanu, un Premier ministre pétaradant.
Les "succes stories" se multiplient
Les "success stories" de dirigeants roumains se sont ainsi
multipliées. Au sein de la communauté francophone, Dan
Bedros, directeur d'Alcatel Roumanie (notre photo) et récemment réélu président de la Chambre de commerce franco-roumaine, reste un exemple. "Les multinationales peuvent envoyer
leurs meilleurs managers mais il existe toujours le risque qu'ils
ne sachent pas comment réagir face au contexte roumain", affirme J. Schiele, consultant international, dans un entretien au
“Ziarul Financiar”. C'est peut-être l'une des raisons pour laquelle la plupart des multinationales implantées en Roumanie cherchent à mettre un autochtone à la tête de leur
filiale. Mais, il est aussi moins onéreux à long terme d'embaucher un dirigeant roumain plutôt que de rémunérer un expatrié de haut vol, bien qu'aujourd'hui les salaires
des directeurs autochtones s'alignent de plus en plus sur les standards internationaux.
D'un autre côté, "certains grands groupes vont préférer un expatrié pour diriger
leur filiale afin d'avoir un meilleur contrôle sur leur développement dans le pays,
affirme un responsable des ressources humaines d'une multinationale installée à
Bucarest. Tout dépend du secteur d'activité et de la stratégie de la maison-mère".
L.C. (LPJ)
41
Adrian Nastase à l’affût.
Gheorghe Funar, maire de Cluj,
emmené manu-militari.
Traian Basescu, le prestige
de l’uniforme de la marine.
Corneliu Vadim Tudor: la part cachée.
Escroquerie à la privatisation: ARO mis en faillitte
C
édé voici trois ans à la firme
américaine Cross lander,
représenté en Roumanie par
John Pérez, dans le cadre des privatisations, Aro, le seul constructeur roumain
de véhicules tous terrains, sis à
Câmpulung Moldovenesc (Judet de
Suceava) a été mis en faillite. Son repreneur avait promis d'investir 14 millions
de dollars en cinq ans dans l'entreprise et
600 000 autres pour la protection de l'environnement, afin de produire plus de 10
000 véhicules annuellement. Non seulement, il n'en n'a rien fait, les autroités
roumaines fermant les yeux sur les manquements au respect du contrat, mais
John Pérez en a profité pour vendre tous
les actifs de la société, terrains, usines,
stock de matériel, ferraille, en retirant
plus de 40 millions de dollars de profits !
Traian Basescu:
le baiser
présidentiel
de Brigitte
Bardot.
Ion Iliescu: l’hommage au nouveau voivode.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Sports
BAIA
MARE
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P. NEAMT
BACAU
FOCSANI
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URZICENI
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BUCAREST
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CONSTANTA
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Insolite
A Cufoaia
le "cimetière
des pendus"
manque de candidats
40
L
IASI
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TG. JIU
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TIMISOARA
CRAIOVA
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CLUJ
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SUCEAVA
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MURES
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Cufoaia, village d'une centaine de
familles, dans le Maramures atteindra-t-il la célébrité de Sapinta et de
son cimetière gai? Fait unique en
Roumanie, la petite localité abrite un
"cimetière des pendus", proche du
cimetière communal, réservé à ceux
qui ont choisi de se passer la corde
autour du cou… non pas pour convoler mais pour en finir avec la vie. Une
vingtaine de tombes y sont dénombrées. Seuls les anciens se souviennent des personnes qui reposent en
ce lieu, car depuis quelques années
on n'a enregistré aucun cas de pendaison dans le village et le croquemort est obligé d'aller chercher les
profils correspondant à cette spécificité à une vingtaine de kilomètres à
la ronde, jusqu'à Tîrgu Lapus.
Cet endroit a vu le jour au début
du XXème siècle, lorsque la
Roumanie était sujette à de fréquentes épidémies mortelles, les
croyants n’admettant pas d'être
enterrés auprès des suicidés, suivant
les préceptes, toujours en vigueur,
de l'Eglise orthodoxe. Sauf dérogation accordée au cas par cas par
l'évêque, à la demandes des
familles, les suicidés n'ont toujours
pas droit au carillon des cloches, à la
messe des morts pardonnant leurs
fautes, à une croix sur leur tombe, et
doivent être enterrés à l'écart, le
prêtre se contentant d'assister à la
mise en terre.
La gymnaste Catalina
Ponor met fin à sa carrière
a nouvelle fée de la gymnastique féminine,
Catalina Ponor, 19 ans, a décidé de mettre un
terme à sa carrière, après avoir remporté le titre
de championne d'Europe à la barre fixe, à Volos, fin avril, en
Grèce, et la médaille de bronze aux exercices au sol. La
terre grecque lui a porté chance puisque, voici deux ans, lors
des J.O. d'Athènes, elle y décrochait quatre médailles d'or
(barre fixe, poutre, exercice au sol et par équipe), apparaissant comme l'héritière naturelle de Nadia Comaneci.
Ambitieuse et volontaire, la jeune fille crevait l'écran par sa forte personnalité.
Elle prenait nettement l'ascendant sur ses camarades et adversaires, lesquelles paraissaient gamines aux côtés de cette déjà magnifique et très belle jeune femme, aux traits
semi-orientaux d'une grande finesse, hérités d'un père naturel turc.
Son départ accentue la période de mutation que vit la gymnastique roumaine après
le retrait, voici quelques mois, de son couple mythique d'entraîneurs, Octavian Belu et
Mariana Bitang qui a régenté la discipline d'une main de fer, ces vingt dernières
années. Mais une nouvelle génération montre le bout de son nez. Sandra Ibitza a obtenu l'or à Volos aux exercices au sol et le bronze à la barre fixe, la junior Aluisa
Lacusteanu décrochant l'or dans sa catégorie, au sol. L'équipe féminine roumaine a
manqué d'un souffle l'or par équipes, devancée par l'Italie (175,225 points contre
175,125), alors qu'elle a mené le concours de bout en bout, échouant à a la suite de la
mauvaise réception de Floara Leonida au saut.
L
Le Steaua se succède à lui-même
e Steaua Bucarest a remporté
son second titre consécutif de
champion de football de
Roumanie et le 23ème de son histoire. Le
club de Gigi Becali a terminé premier du
championnat opposant seize formations,
devant trois autres équipes de la capitale,
le Rapid, le Dinamo et le Sportul, les
deux premières étant appelées à défendre
les couleurs roumaines dans la coupe de
l'UEFA, aux côtés du, vainqueur de la
coupe de Roumanie. Deux clubs descendent en série B, Pandurii de Târgu Jiu et
O
Bacau. Quatre grimpent en Nationale A:
Cheahlaul de Piatra Neamt, Universitatea
de Craiova, Liberty Salonta et Unirea
Urziceni, vainqueur du tournoi opposant
les seconds des trois groupes B, composés également de seize clubs. La surprise vient de la montée parmi les ténors
du club de Salonta, petite ville de 15 000
habitants, située entre Arad et Oradea.
N'ayant pas les moyens de jouer à ce
niveau, le petit poucet a vendu sa place
en fusionnant avec l'UTA d'Arad qui
vient de descendre en troisième division.
Les footballeurs du F.C. National
soumis au détecteur de mensonges !
vidiu Burca, capitaine du F.C. National, club de Bucarest opérant en première division, est entré dans l'histoire du football… en étant soumis à l'épreuve du détecteur de mensonges, pour savoir s'il s'était laissé acheter
lors d'un match perdu 4-0 contre Farul Constanta en championnat, alors que quelques
jours auparavant son club l'avait battu 4-1. Burca était sorti du terrain après 30 minutes
de jeu pour réveil d'une blessure occasionnée lors d'une rencontre précédente. Le test
s'est cependant avéré négatif, mais ses coéquipiers devraient suivre.
Cette décision a été prise par le président du F.C. National, Constantin Iacov, dit
aussi club des banquiers, pour mettre un terme aux rumeurs qui courraient dans la
presse, laissant entendre que son équipe prenait des "arrangements", comme par
exemple lors des matchs perdus disputés contre Jiul Petrosani et le F.C. Vaslui, clubs
menacés de relégation en division inférieure et qui avaient besoin de victoires.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Asirom dans la tourmente
Economie
Gaz russe pour la Roumanie
L
e géant russe Gazprom a signé deux
contrats avec des sociétés roumaines. Le premier, qui crée une
société mixte mais ne précise pas pour l'instant
la part de chaque partenaire, associe Romgaz,
pour l'importation de deux milliards de m3
annuellement, le stockage et la vente de gaz
naturel qui seront acheminés vers un dépôt à
Roman, dont la construction est estimée à
120 M€. Le second accord a été passé avec la
compagnie CONEF, laquelle importera de
Russie 50 milliards de m3 de gaz au cours des
25 prochaines années.
En route pour l'autoroute
Bucarest-Brasov
L
es travaux de construction de l'autoroute Bucarest-Brasov vont commencer cet été.
L'Etat roumain va devoir racheter les terrains de 3.500 propriétaires pour environ 200
millions d'euros. Selon le ministre des
Transports, Gheorghe Dobre, les travaux
s'achèveront en 2010 pour aboutir à 173 km de
route et à huit tunnels. Mais il sera possible
d'emprunter certaines portions de l'autoroute
dès 2008.
La
route
dé-partementale
DN1 deviendra
une route nationale entre les
différentes localités de la touristique vallée de la
de Prahova.
Des revenus électriques
L
a société Electrica, appartenant à
l'Etat, a enregistré l'année passée un
profit net record de 197 millions
d'euros, soit deux fois et demi le profit de 2004.
Et avec un chiffre d'affaires de 2,03 milliards
d'euros, Electrica entre dans le top cinq des
plus grandes sociétés roumaines. Selon un responsable de la compagnie, "ce résultat est dû à
la majoration des tarifs et aux revenus
encaissés de la privatisation de quatre de nos
filiales". Electrica alimente en électricité
Bucarest et les départements limitrophes et
compte 2094 employés.
A
près une période continue de croissance (1990-2003), la deuxième
société roumaine d'assurances a enregistré l'année dernière des
pertes de 10 millions d'euros… Selon le directeur général de la
compagnie, Boris Schneider, "les trois quarts de ces pertes sont dûs à de mauvaises opérations financières et notamment à l'appréciation du Leu, la dévaluation des actions d'Asirom dans d'autres sociétés, et la chûte des intérêts de
nos placements bancaires". Schneider ajoute que les dépenses d'environ 3 millions d'euros occasionnées par les inondations de l'an passé ont alourdi l'ardoi-
O
Taxe sur le vice
fficiellement, depuis le 1er mai, la "taxe sur le vice" établie par le
ministre de la Santé, Eugen Nicolaescu, est obligatoire. Le prix des
cigarettes et de l'alcool devrait donc augmenter d'environ 30%. Le
paquet de cigarettes coûte un nouveau leu de plus (0,25 €) et le litre d'alcool
sept nouveaux lei (1,75 €). Le ministère de la Santé compte ainsi récolter 100
millions d'euros supplémentaires dans son budget d'ici la fin de l'année afin de
résoudre le manque de moyens, notamment dans les hôpitaux. D'autres augmentations étaient également prévues à partir du 1er juillet pour s'aligner peu à
peu sur les normes en pratique dans l'UE.
D
Renault investit
'ici 2008, Renault investira 18 M€ dans la réalisation d'un centre
intégré pour les automobiles et les composants automobiles (design et tests). L'emplacement de "Renault Technocentre România"
n'a pas encore été décidé (à proximité de Brasov, Craiova, Pitesti ou Ploiesti).
L'investissement s'inscrit dans la stratégie annoncée par le président du Groupe,
Carlos Ghosn, visant à développer davantage les activités en Roumanie.
L
Premiers bénéfices pour Michelin
e groupe français Michelin devrait enregistrer ses premiers bénéfices en Roumanie depuis son arrivée dans le pays en 2001. "Cette
année notre chiffre d'affaires devrait croître de 20 à 25% par rapport à l'année dernière", a récemment affirmé Jean-Marc Gebhart, président de
Michelin Roumanie. L'an passé, le groupe a produit 500.000 pneumatiques
pour la Logan (Dacia), ce qui correspond à 70% de la production de pneumatiques réalisée en Roumanie, et atteint un chiffre d'affaires de 200 millions
d'euros. "Les exportations vers les Etats-Unis et d'autres pays d'Europe représentent 75% de la production de pneus sortis des usines Michelin", a ajouté
Jean-marc Gebhart.
L
Baisse des droits de douane pour
le Roquefort, le Beaujolais et le Cognac
a Banque centrale maintient inchangé l'objectif de l'inflation pour
2006, à savoir + 6%, mais indique qu'elle pourrait grimper jusqu'à
6,5 %, sans dommages pour l'économie. Un récent arrêté gouvernemental a décidé de la réduction ou la suppression de droits de douane à l'importation de plus de 1000 produits. Parmi les biens concernés figurent les fromages Gruyère, Vacherin Mont d'Or, Roquefort ou Gorgonzola (taxe douanière ramenée de 270% à 45%), les vins Beaujolais, Bordeaux, Languedoc
Roussillon, Rioja, Porto ou Marsala (de 315% à 60%), les boissons alcoolisées
telles l'Armagnac, le Cognac, le Brandy de Jerez et la Grappa (de 220% à
60%), le tabac du type Virginia ou Burley (de 80% à 30%).
13
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Sur 14 000 km de voies
ferrées, seulement 60 respectent
le critère européen de vitesse minimum
Equipement
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CONSTANTA
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Une croissance
de 5,2 % attendue
cette année
14
D'après les pronostics du Fonds
Monétaire International, avec une
croissance prévue de 5,2 % de son
produit intérieur brut en 2006, et de
5,7 % annoncée pour 2007, la Roumanie se trouve dans la moyenne
(5,3 %) des pays européens émergents, les Pays Baltes étant les
meilleurs élèves de la classe
(Lettonie, 9%, Estonie, 7,9 %).
La demande dépassant l'offre, à la
suite de l'augmentation générale des
salaires, de l'endettement croissant
des particuliers ayant recours aux
crédits de consommation, des investissements, l'inflation restera à un
haut niveau (7,9 % en 2006, 4,8 % en
2007), le déficit du compte courant
s'élevant à 8,3 % (8,1 % en 2007). Le
FMI, qui porte une analyse sensiblement équivalente sur la Bulgarie, attire l'attention de ces deux pays sur les
risques de surchauffe économiques.
... mais ralentie
En 2005, la Roumanie a enregistré
un taux de croissance de 4% contre
8,3 % en 2004. Ce ralentissement est
un phénomène commun à tous les
pays d'Europe de l’Est, selon la
Banque pour la reconstruction et le
développement. Sur l'ensemble de la
zone, la croissance est de 5,6%
contre un taux record de 6,7% en
2004. Outre la Roumanie, ce ralentissement est particulièrement sensible
en Pologne (3,2 % après 5,3 %) et en
Ukraine (2,6 % après 12,1 %).
"Au fur et à mesure que la région
intègre l'économie mondiale elle
devient plus vulnérable aux tendances globales" indique la BERD,
qui aide ces pays dans leur transition.
L
a Roumanie a encore beaucoup d'efforts à consentir pour améliorer son
réseau de voies ferrées (14 000 km). Seulement 91 km ont été réaménagés
sur les 2000 des corridors internationaux qui traversent le pays. Il faudra
attendre 2020 pour que ceux-ci soient réhabilités, ce qui coûtera 17 milliards d'euros.
Quant aux critères européens de vitesse minimum (160 km/h), ils ne sont atteints
que sur 60 km, entre Chitila et Brazi,
Ploiesti et Floresti. Sur près de la
moitié du réseau (5500 km), la vitesse est limitée à 80 km/h pour des raisons de sécurité, et même à 50 km/h
pour 3500 autres kilomètres. Près de
5000 km attendent des réparations
d'urgence, mais l'Etat n'investit que
500 M€ par an pour les transports
ferroviaires (0,7 %du PIB), ce qui
est notoirement insuffisant, le retard des travaux entraînant de nouvelles restrictions
de vitesse. L'UE a promis un milliard d'euros d'ici 2013 pour améliorer la situation.
La Roumanie possède 46,1 km de voies ferrées par mille kilomètres carrés, ce qui
la situe dans la moyenne de l'UE (48,1 km). Les autres pays de l'Europe de l'Est disposent des équipements suivants : Bulgarie, 38,9 km, Pologne, 65,2 km, Slovaquie,
75 km, République Tchèque, 121,7 km… et Hongrie, 825 km, record du monde !
C
La moitié de la flotte fluviale à changer
omposée de 3000 navires et
comptant une cinquantaine
d'armateurs, la flotte fluviale
roumaine occupe le quatrième rang en
Europe, position due notamment au
Danube qui effectue en Roumanie son
plus long parcours.
Ses opérateurs sont cependant très
inquiets avec la prochaine entrée en
vigueur des normes européennes que seulement la moitié des embarcations peuvent espérer remplir, principalement dans
les domaines de la pollution et de la protection de l'environnement. A terme, les
L
prévisions sont encore plus pessimistes:
en 2012, la flotte roumaine, modernisée,
ne comptera plus que 500 navires dont 70
propulsés.
Pour rendre la situation plus supportable, les armateurs roumains demandent
des délais, ce qui n'est guère envisageable, la Roumanie ayant déjà bouclé
ses négociations avec l'UE dans le
domaine des transports, l'aide de fonds
européens, et, pour une période limitée
dans le temps, l'exclusivité du cabotage
pour leurs bateaux sur les voies navigables roumaines.
Une autoroute… pour le prix de trois
e ministère a lancé les travaux de réparation de 23 km d'autoroute sur l'axe
Bucarest-Pitesti (du km 23 à 46 dans ce sens, de 43 à 37 et de 29 à 23 dans
l'autre), dont le coût est chiffré à 277 M€, s'ajoutant aux 117 M€ déjà
dépensés depuis 1998 pour cet axe qui a tout juste une dizaine d'années… et se révèle par endroits pleine de trous. La facture totale de ces réparations s'élèvent ainsi à près
de 400 M€, soit 3,44 M€ pour un kilomètre… alors que la construction de la nouvelle "autoroute du soleil" (Bucarest-Constantsa) est estimée à 2,3 M€ du km.
Bucarest-Pitesti a coûté jusqu'ici pratiquement le prix de trois autoroutes normales, dépassant même celui des plus coûteuses autoroutes européennes de montagne.
Et ce n'est pas fini, aux dires des spécialistes. Incompétence et corruption sont à la
base de cette addition pharamineuse.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Insolite
Société
Clandestins pendant 200 kilomètres
dans la cohorte présidentielle
U
ne équipe de journalistes d'Evenimentul Zilei
(L'Evènement du Jour) a réussi à glisser sa voiture, un 4X4 noir immatriculé à Bucarest ne dépareillant pas avec les autres véhicules, dans le cortège présidentiel, sans que les services de sécurité, les gardes du corps du
président, la police, ne s'en rendent compte. Ils ont ainsi parcouru 200 km entre Odorheiu Secuiesc et Predeal (station de
sports d'hiver près de Brasov) entre les 13 voitures de la cohorte roulant à 100 km/h, avec gyrophares et sirènes, traversant
Brasov en cinq minutes, brûlant les feux rouges, roulant à
contre-sens, sans qu'on leur demande de présenter la moindre
accréditation, autorisation. Intégrés dans la file, ils se sont
même retrouvés pendant quelques kilomètres à seulement trois
véhicules de la voiture présidentielle, salués bien bas par les
policiers en faction. Personne ne s'est aperçu de cette intrusion, ni que le cortège comprenait un véhicule de trop.
Finalement, les journalistes ont arrêté discrètement leur
périple quand Traian Basescu a décidé de faire une pause à
Predeal pour regarder à la télévision le match de quart de finale de la coupe UEFA, entre le Betis de Séville et Steaua
Bucarest (0-3). Révélant quelques jours plus tard leur aventure aux services de sécurité, ils se sont heurtés à des haussements d'épaule et à un péremptoire "ce n'est pas possible".
Puis devant l'accumulation des détails fournis, ces services ont
trouvé l'explication: "en général, les policiers de province sont
très stressés quand ils voient un cortège officiel traverser leur
zone, avec des voitures immatriculées à Bucarest et ils ont tendance à se mettre au garde-à-vous sans se poser de questions".
L'amour à l'air libre
L
a vedette du salon du tourisme rural, qui s'est tenue
fin mai à Albac (judet de Alba Iulia) dans les
Apuseni, a été sans conteste la présentation de l'aménagement d'une colline de la commune d'Horea où les couples
peuvent désormais venir faire l'amour en pleine nature, sans être
dérangés, perpétrant une vieille tradition de l'endroit à l'initiative du maire, Corneliu Olar, qui entend ainsi développer le tourisme dans sa commune. Les jeunes, qui n'ont pas les moyens de
s'acheter une voiture, apprécient de pouvoir "s'aimer avec
fureur" et sans contraintes, tandis que leurs aînés reconnaissent
avoir été souvent des habitués de cette colline.
U
ne cafétéria du centre de
Bucarest, sise 1 rue Liviu
Rebreanu, est très courue des
habitants de la capitale pour les gâteaux
originaux qu'elle propose. Les clients
peuvent commander toutes sortes de
forme pour leurs pâtisseries : chat, fantôme, chaussures, voitures, violon en chocolat, sirène blonde en gelée, piano, partitions musicales, maisons en caramel…La spécialité de la maison est d'in-
Photographies comestibles
clure des photographies en sucre, chocolat, gelée, que leur apportent leurs clients.
Les reproductions calculées par ordinateur, selon un procédé secret, sont très
appréciées et en couleur. Elles sont réalisées en quelques heures et peuvent être
rétouchées. Ainsi le gâteau des jeunes
mariés peut-il reproduire la scène où ils
ont dit "oui" devant le maire et les parents
d'un nouveau né revoir celle du pope le
baptisant.
Fausse note
L
39
e pianiste russe Nikolaï Petrov a interrompu son concert, donné
début mars à Chisinau (République de Moldavie) à cause d'un
spectateur dont le portable a sonné deux fois. "Le pianiste avait
à peine fini le premier mouvement de son morceau quand la sonnerie a
retenti. Il s'est arrêté pour attendre que le spectateur mal élevé finisse sa
conversation. Quand le téléphone du même spectateur a sonné une nouvelle fois, quelques minutes plus tard, le pianiste s'est levé et est sorti de
scène" a raconté le directeur de la salle. La direction a demandé au spectateur de quitter les lieux, mais l'artiste a refusé de poursuivre le concert.
Il a également annulé celui prévu le lendemain et a quitté la Moldavie.
Agences de publicité et grosses
entreprises sont friandes de ce genre de
surprises, lors des évènements médiatiques ou des fêtes internes qu'elles organisent. Le prix dépend de la grosseur des
pâtisseries et des ingrédients utilisés. Le
record appartient toutefois à une célèbre
marque de préservatifs qui avait fait
confectionner un phallus géant de 60
kilos en chocolat, crème à l'intérieur et
fruits à la base…
Grand cœur… et jolies fesses
B
riget Massland, présentatrice à la télévision hollandaise, a adopté l'an passé un
des chiens errants de la capitale, lors
d'un passage à Bucarest. Elle a offert un combiné
Mercedes équipé de tout le matériel nécessaire à leur
stérilisation à une association de Cernavoda, où se
déroule un programme international d'adoption.
Pour financer son achat, la jolie présentatrice a
décidé de dévoiler sa superbe anatomie dans la
revue "Play Boy", édition des Pays Bas.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Un évènement pour
l'Eglise gréco-catholique
Religion
BAIA
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ARAD
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ORADEA
BISTRITA
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HUNEDOARA
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CHISINAU
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CONSTANTA
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Vocations
monastiques en chute
38
Mgr Lucian Muresan
devient métropolite
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Les monastères ont de plus en
plus de mal à trouver des jeunes
ayant la vocation, alors que ces lieux
de cultes se sont multipliés depuis
1989. Pourtant, dans les cinq
années suivant la "Révolution", un
engouement certain s'était fait jour.
"Nous avons accueilli environ 30
nonnes dans cette période; il y avait
un élan mystique", confie la Mère
supérieure d'un des plus vieux
monastères du judet de Bacau,
Bogdana, ajoutant "mais depuis
quatre ans, nous n'avons enregistré
aucune candidature”.
'est un événement majeur que vient de connaître
l'Eglise gréco-catholique (uniate), trois siècles
après sa fondation: le Vatican lui a accordé le
rang d'archevêché majeur, élevant à un rang égal à celui du patriarche Teoctist pour
l'Eglise orthodoxe, Mgr Lucian Muresan, désormais archevêque qui siègera à Blaj
(Judet d'Alba). La cérémonie d'élévation a eu lieu le dimanche 30 avril, dans le haut
lieu de cette religion, en présence de dizaine d'évêques et de milliers de fidèles.
L'Eglise orthodoxe était représentée à la cérémonie par le curé de Blaj, bien que son
patriarche ait été invité, le gouvernement se faisant également assez discret avec la
seule présence de la ministre de la Justice et des Cultes, Monica Macovei.
Désormais, l'Eglise gréco-catholique disposera d'un synode qui choisira lui-même
son chef, alors qu'auparavant son Conseil supérieur désignait trois candidats, l'élu restant à la discrétion de Rome. Mgr Muresan bénéficie de toutes les prérogatives
réservées à un patriarche d'une église orientale, bien que ce rang ne soit pas reconnu
par le Vatican qui le réserve aux églises créées lors des premiers siècles de l'ère chrétienne: catholique, copte, syriaque, maronite, melchite, chaldéenne et arménienne.
Agé de 75 ans, Mgr Muresan est né dans le Maramures (Baia Mare). Après ses
études au lycée, il a voulu devenir prêtre gréco-catholique, entrant à l'Institut romanocatholique d'Alba Iulia. Cette confession étant interdite par le régime communiste, en
1948, le jeune a été exclu du séminaire et est devenu simple fonctionnaire, continuant
en cachette ses études théologiques et attendant son ordination. Il a été élu évêque du
Maramures après la "Révolution".
Mécontent du renvoi de leur prêtre, un village
entier passe en bloc au gréco-catholicisme
L
"Les jeunes préfèrent partir à l'étranger, mener leur propre vie.
Aujourd'hui ils sont libres et ont peur
de l'engagement monacal" constate
un moine qui a revêtu la bure voici
quarante ans, pour échapper à l'univers communiste, regrettant que
l'Eglise orthodoxe ne soit pas suffisamment préparée pour provoquer
et accompagner les vocations. "Nous
ne savons pas adapter l'enseignement du Christ à nos jours; pourtant
il ne faudrait pas que la Roumanie
entre dans l'Union Européenne en
perdant ses spécificités", conclut-il.
Selon l'épiscopat orthodoxe roumain, le pays compte 430 moines et
nonnes répartis dans 27 monastères.
es fidèles orthodoxes de Valea
de Jos (Judet de Bihor,
Oradea) n'ont fait ni une, ni
deux quant ils ont appris la mise à l'écart
par sa hiérarchie, à la suite d'un différent,
de leur prêtre, le Père Dumitru Salajan,
dans lequel ils ont la plus grande confiance. A la tête de la paroisse depuis 27 ans,
celui-ci a décidé de passer au grécocatholicisme, 370 de ses fidèles, sur les
400 adultes de la commune, lui emboîtant
le pas… bien que cette dernière religion
n'ai jamais été pratiquée sur place. Leur
requête a été agréée par l'épiscopat de
celle-ci.
Le prêtre et ses paroissiens se sont
appropriés la nouvelle église, ce qui
risque de conduire à un conflit avec la
hiérarchie orthodoxe d'Oradea… mais ils
estiment en avoir le droit car ils l'ont
construite de leur propre mains sans son
aide. Par ailleurs l'Eglise orthodoxe affirme couramment que les églises ainsi disputées appartiennent à la majorité des
fidèles, ce qui l'arrange dans bien des cas,
catholicisme et gréco-catholicisme ayant
vu fondre leurs effectifs sous le communisme, à la suite des persécutions religieuses qu'elle a moins subies de part son
attitude coopérante. Oradea a envoyé un
jeune prêtre orthodoxe de 27 ans pour
suppléer à la "désertion" du Père Salajan.
Avec les 30 fidèles qui lui restent, celuici a l'impression de prêcher dans le désert
et a trouvé refuge dans la vieille église en
bois du village.
La hiérarchie de l'Eglise orthodoxe
est fréquemment critiquée pour son autoritarisme, son inflexibilité et son manque
de compréhension vis à vis des demandes
de ses fidèles, ce qui a déjà conduit deux
villages, Pescenea (judet de Vâlcea) et
Valcea Stei (judet d'Hunedoara) à quitter
ses rangs, usant de la liberté de conscience retrouvée, pour rejoindre d'autres
églises leur paraissant plus ouvertes et
plus proches d'eux, entraînant un conflit
avec intervention d'organisations internationales spécialisées dans la défense du
droit à choisir sa religion.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Social
Actualité
Des villages roumains entiers se vident de leur population adulte
Traumatisés, les enfants attendent le retour
de parents partis pour l'Eldorado de l'Ouest
M
irel Bran a rencontré ces Roumains tentés par
"l'Eldorado" de l'Occident et la cueillette des
fraises en Espagne. Il conte leurs espoirs dans
"Le Monde":
"Assis près de leurs
bagages, rue Buzescu, à
Bucarest, une trentaine
de Rou-mains attendent
l'autocar pour l'Espagne.
Il est 5 heures du matin
et, pour un mois de juin,
il fait froid. La rue est
déserte.
Seul
le
McDonald's, ouvert nuit
et jour face à l'arrêt d'autocar, anime la rue poussiéreuse.
"Je pars pour deux mois, avoue Ana, enseignante à
Sinesti, un village proche de la capitale. Les travaux agricoles
ne me font pas peur. J'ai l'habitude. Au moins, en Espagne,
nous sommes mieux payés qu'ici." Son salaire mensuel roumain, équivalent à 200 €, est loin de la faire vivre décemment,
avec ses deux enfants. Un travail saisonnier dans les champs
espagnols, même mal payé comparé à la moyenne européenne,
reste alléchant pour les Roumains.
En 2005, selon la Banque centrale, ses travailleurs
à l'étranger ont renvoyé 3 milliards d'euros au pays, un
pactole qui a fait exploser le prix de l'immobilier et
permis à la Roumanie de se développer rapidement.
Pourtant, le départ pour l'Eldorado de l'Ouest est souvent vécu comme un drame, surtout par les enfants.
Ceux-ci restent très souvent en Roumanie, généralement confiés par les migrants à leurs grandsparents. La région de Moldavie (à ne pas confondre
avec l'Etat homonyme), à l'est du pays, réputée pour sa pauvreté, est la plus touchée par ce phénomène d'"bandon temporaire. Rien que dans la ville d'Iasi, 10 000 enfants sont concernés, selon l'inspection de l'éducation locale.
"Ils manifestent un grand besoin d'affection, présentent
des troubles du sommeil et développent un comportement
agressif”, affirme Camelia Gavrila, directrice de l'inspection
de la ville. “Nous informons constamment les parents sur les
E
risques auxquels ils exposent leurs enfants."
Le suicide du petit Razvan a bouleversé le pays
C'est dans la région de Moldavie que Razvan Suculiuc,
âgé de 10 ans, s'est pendu le 27 mars parce que sa mère, partie
travailler en Italie pour lui acheter un ordinateur censé faciliter sa réussite scolaire, lui manquait trop. Ce suicide a bouleversé le pays et provoqué un débat sur le destin de ces enfants
délaissés. "Le cas du petit Razvan n'est pas une exception. Il
concerne des milliers d'enfants que les parents ont quittés,
poussés par le mirage de l'argent", notait l'éditorial du quotidien “Evenimentul Zilei” (L'Evénement du jour).
Des villages roumains entiers se vident de leur population
adulte, qui prend le chemin de l'Ouest en quête de meilleurs
salaires. Les enfants confiés aux grands-parents ont souvent du
mal à continuer leurs études et des écoles en milieu rural commencent à fermer leurs portes.
Un millier de Chinoises embauchées
à Bacau, faute de main d'œuvre locale
Les finances du pays sont touchées par le phénomène
migratoire. Certes, les 3 milliards d'euros envoyés depuis
l'étranger contribuent à faire
tourner l'économie. Mais ces
Roumains-là ne paient pas
d'impôts sur ces revenus. Le
système de santé et l'enseignement souffrent d'un
manque de fonds publics.
Les émigrés partis à l'étranger ont fait baisser le taux de chômage roumain à 6 %; mais en
même temps, de plus en plus d'entrepreneurs se plaignent des
difficultés qu'ils rencontrent pour trouver de la main-d'oeuvre.
En mai, une entreprise textile de Bacau a dû embaucher un
millier de Chinoises pour pouvoir pallier le manque de maind'oeuvre locale. En même temps, à Bucarest, rue Buzescu, des
dizaines de Roumains attendent tous les matins l'autocar qui
les emmènera vers les champs ensoleillés d'Andalousie".
En 2008, le salaire moyen net devrait atteindre les 300 €
n 2008, selon une étude réalisée par la Commission Nationale des Prévisions (CNP),
le PIB/habitant atteindra 5450 € (contre
3.500 €/habitant, en 2005). La zone la
plus développée sera la région Ouest de
la Roumanie (les départements de Arad,
Timis, Hunedoara et Caras-Severin),
avec un PIB/habitant supérieur à 6.000
€. Elle sera talonnée par les régions
Centre et Nord-Ouest (PIB/habitant compris entre 5100 € et 6.000 €), les régions
Sud-Ouest, Sud-Est et Sud (entre 4100 €
et 5000 €) et la région Nord-Est (en-dessous de 4000 €). Durant la période 20062008, la région de Bucarest sera la seule
à afficher une croissance supérieure à la
moyenne nationale (2006: 6,6%; 2007:
7,1%; 2008: 6,8%) indique l'étude de la
CNP. Pour ce qui est du salaire moyen
net, la CNP estime que d'ici 2008, il s'accroîtra de 17,5% en termes réels, pour
atteindre 1.002 lei (300 €), contre 817
actuellement (250 €), une hausse au-delà
de la moyenne nationale devant être
enregistrée dans les régions de Bucarest,
Nord-Ouest et Ouest).
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Social
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La dure réalité
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Travailler dans l'UE :
les barrières tombent
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Passeport confisqué, interdiction
La Grèce, l'Espagne, la Finlande
et le Portugal ont annoncé leur intention de lever les restrictions empêchant les Roumains et Bulgares de
venir y travailler, deux après l'adhésion de ces deux pays à l'UE, soit,
normalement, au 1er janvier 2009.
Grande-Bretagne, Irlande et Suède
avaient déjà montré la voie en indiquant que ces barrières tomberaient
dès leur entrée dans l'UE, en janvier
prochain.
Ces mesures positives sont prises
après avoir observé que l'adhésion
des ex-pays communistes, le 1er mai
2004, n'a pratiquement produit aucun
surplus de flux d'immigration, ni de
problèmes particuliers. La France,
elle, ouvrira ses portes au coup par
coup, suivant ses besoins de main
d'œuvre dans différents secteurs
(bâtiment, agriculture); il en est de
même pour le Luxembourg et la
Belgique qui vont simplifier les formalités de délivrance des permis de
travail.
L'Italie a choisi de doubler son
quota d'immigrés, passant de 85 000
à 170 000, alors que les Pays Bas
veulent aussi ouvrir leur marché du
travail, mais attendent que leur parlement se prononce. Finalement, seuls
l'Allemagne, l'Autriche et le
Danemark campent sur leur position
fermée et ne songent à lever les restrictions qu'après 2011.
Bruxelles se réjouit de cette
ouverture, tout en notant, avec irritation que la République tchèque, nouvel adhérent, ne respecte pas la
règle du jeu, en venant d'augmenter
le niveau de difficultés pour les
Roumains et Bulgares désireux de
venir y travailler.
E
nvoyé spécial du monde, Michel Samson a observé le déroulement de la
campagne de ramassage des fraises dans la région de Huelva, en Espagne,
deuxième productrice mondiale derrière les USA (un million de tonnes),
avec 286 000 tonnes. Voici son récit :
Le long de la route de Moguer à
Mazagon, encore chaude dans le soleil déclinant, marchent de petits groupes de femmes
blondes portant des sacs en plastique remplis
de courses. D'autres, qu'elles croisent, tirent
sur l'asphalte poussiéreux de cahotantes
valises à roulettes. A un carrefour, trois
femmes mûres font du stop. Elles s'annoncent
roumaines et côtoient deux jeunes Marocains,
arrivés de Marrakech et Meknès. Derrière
eux, de chaque côté de la route, s'étendent à
perte de vue des champs de fraisiers.
En ce début juin, la plupart d'entre eux ne portent plus de fruits. Partout, dans la
région andalouse de Huelva, la récolte de la fraise touche à sa fin. Dans les cohortes
de saisonnières, elles sont nombreuses à marcher déjà vers l'autocar qui, en trois jours
et trois nuits, les ramènera chez elles. Garé sur un terrain poussiéreux à la sortie de
Palos de la Frontera, un vieil autobus, qu'elles appellent "le camion", attend ces partantes pressées de rentrer au pays maintenant que le travail manque.
Dortoirs brûlants l'été, froids l'hiver
Plus loin, vers la station balnéaire de Mazagon, un chemin de terre s'enfonce entre
les champs vers un complexe chimique dont les cheminées dominent la plaine sablonneuse. Au milieu des serres encore en activité ou déjà démontées, se succèdent des
maisonnettes blanches à toit plat: une porte métallique, deux fenêtres.
Ce sont des dortoirs: brûlants l'été, froids l'hiver. Là sont logées les dizaines de
milliers de ramasseuses étrangères, ces saisonnières qui font la richesse de la région
de Huelva, petit coin d'Andalousie océanique devenu, depuis les années 1970, le paradis de la fraise. Bien qu'espagnole, cette agriculture, essentiellement exportatrice, avec
ses milliers de tonnes de fruits produits chaque année (286 000 en 2004, 87 % à l'export), n'a plus grand-chose de
méditerranéen, hormis son nom.
Huelva est le royaume de la
fraise camarosa, une variété brevetée. Les semences ont été mises
au point au soleil de la Californie.
C'est là que le pionnier espagnol,
Antonio Médina, est allé se fournir, dans les années 1960. C'est
toujours le cas. Aujourd'hui, l'entreprise Las Madres y achète les
plants, puis les commercialise,
après pépiniérage, dans toute la région.
La cueillette de la fraise reste totalement manuelle. La main-d'oeuvre est donc un
élément majeur du coût de production de ce fruit fragile, et une préoccupation permanente des producteurs. Aujourd'hui, elle vient du Maroc, de pays subsahariens, un peu
d'Amérique latine et pour plus de la moitié d'Europe centrale et de l'Est, majoritairement de Pologne et de Roumanie. Ce sont ces femmes qu'on voit marcher sur les chemins ou qu'on aperçoit depuis la route faire leur lessive près de leurs dortoirs blancs,
interdits aux hommes et cernés de grillages.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
"Une tradition vieille comme la nuit des temps"
Minorités
Des mariées tziganes de 8 ans
C
'est un petit
village d'aspect moyenâgeux comme il y en a
tant dans la Roumanie
profonde, rapporte Mirel
Bran dans “Le Monde”
du 24 mars. Routes
défoncées, maisons modestes. Dans le centre, les
Cette jeune mariée a eu de la chance Roumains; à la périphéses parents attendant ses 15 ans.
rie, la minorité tzigane.
Depuis le 16 mars, Ram-nicelu, à l'est du pays, commune de
quelque 5 000 habitants dont un tiers de Tziganes, est dans la
ligne de mire des autorités roumaines. Quelques jours auparavant, la communauté tzigane du village faisait la fête. Neuf
mariages le même jour, ce n'était pas un événement ordinaire.
L'âge des mariées non plus, puisque les neuf filles étaient
encore des écolières de 8 à 11 ans. "Dans cette communauté,
les mariages arrangés sont la norme depuis la nuit des temps",
affirme Bogdan Panait, secrétaire d'Etat chargé de la protection de l'enfance.
"Depuis le début de l'année, nous avons célébré une trentaine de mariages entre nos enfants", raconte Gheorghe
Fotache, conseiller d'origine tzigane auprès de la mairie, qui
joue le rôle de médiateur entre les Tziganes et les Roumains.
Moi-même j'ai épousé ma femme à l'âge de 14 ans alors qu'elle en avait 9 et nous sommes très heureux." Mais ces mariages
précoces, que la communauté tzigane continue de pratiquer
neuf mois avant l'adhésion de la Roumanie à l'Union
européenne, mettent les autorités roumaines dans l'embarras.
Dormant avec leur belle-mère
et non avec leur jeune mari
Bucarest a été sommé par les instances européennes,
depuis le début des négociations avec l'UE, en 2000, de régler
A
Le roi Cioaba lors du mariage forcé de sa fille,
Ana Maria, 12 ans, qui a défrayé la chronique.
ce problème. Les mariages multiples de Ramnicelu font resurgir la question dans l'actualité. "Le maire du village nous a saisis à propos de ces neuf mariages de mineurs, témoigne
Cecilia Manolescu, directrice de l'antenne locale pour la protection de l'enfance. Nous avons aussitôt envoyé dans le village une équipe d'assistants sociaux accompagnés de policiers
pour faire une enquête. Nous avons trouvé quatre petites filles
installées dans les maisons de leurs beaux-parents. Elles ont
déclaré qu'elles habitaient bien là mais qu'elles dormaient
avec leurs belles-mères et non avec leurs jeunes maris.
Malheureusement, cette situation est très fréquente dans notre
région."
Mères dès l’âge de 13 ans
L'enquête menée par les
autorités roumaines ne semble
pas devoir faire changer d'avis
les représentants légaux de ces
enfants. "Nous ne voulons pas
renoncer à cette tradition, dit
Alexandru Ibris, grand-père
d'une des mariées de
Ramnicelu, âgée de 8 ans.
Personne ne fait de mal à ces
enfants, mais nous voulons
être certains que les nôtres hériteront de nos biens. Les
Roumains ne peuvent pas comprendre." Selon les témoignages
de cette communauté, une fille qui n'est pas encore mariée à 10
ans est une honte pour la famille. La directrice de l'école locale, Neacsa Raileanu, s'inquiète de la natalité galopante dans la
communauté tzigane. "Je vois de plus en plus de filles
enceintes à partir de l'âge de 13 ans", affirme-t-elle. Quant au
maire de Ramnicelu, Neculai Jugaru, il se déclare battu. "Nous
avons organisé une rencontre entre plusieurs parents tziganes
et un psychologue, explique-t-il. Quelques jours plus tard, les
mêmes familles mariaient leurs enfants et faisaient la fête."
Amende honorable du roi Cioaba
na-Maria, 12 ans, mariée de force en 2003 par son père, le roi des tsiganes Cioaba, avait pleuré tout au long de la cérémonie. Ces mœurs
d'un autre temps avaient été largement dénoncées, autant au plan
national qu'international. Le "souverain" a fait depuis amende honorable, puisque
le samedi 6 mai 2006, il a conduit sa nièce, Ruxandra-Anca, bientôt 18 ans,
devant l'autel pour l'unir à Alexandru Dragan, attendant que les deux futurs époux
aient atteint l'âge de 16 ans, afin de se soumettre à la législation. "Il faut commencer à changer certaines de nos traditions" s'est-il exclamé, "respecter la
légalité, d'autant plus que nous allons entrer dans l'Union Européenne". Considéré comme l'événement de l'année, le mariage s'est déroulé dans la cathédrale
métropolite de Sibiu. 500 invités ont participé à la noce. La jeune mariée a reçu
en dot, un collier et de nombreuses pièces en or, une Mercedes d'une valeur de 30
000 €, du mobilier de luxe venant d'Italie, tout les appareils électroménagers de
dernière génération et des robes créées par les plus grands couturiers roumains.
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
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Des infirmières
roumaines
pour la Belgique
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De plus en plus d'infirmières roumaines exercent en Belgique, ce qui
exaspère les agences chargées du
recrutement, lesquelles estiment que
30 000 professionnelles belges n'entrent pas sur ce marché du travail car
les conditions ne sont pas à la hauteur des critères européens.
"Les Roumaines ne sont pas
regardantes sur les conditions qu'on
leur fait et pensent arriver dans un
paradis" a déclaré le président du
syndicat des infirmiers, doutant de
leur qualité professionnelle, “car elles
exercent dans d'autres conditions et
ne parlent que le français, ne possédant aucun élément de flamand, ce
qui est indispensable à Bruxelles".
Tel n'est pas l'avis des hôpitaux
belges, privés ou d'Etat, qui se déclarent satisfaits de trouver du personnel
qualifié parlant justement français,
alors que le recrutement sur place est
difficile et que les agences de placement exigent une prime correspondant à 20 % du salaire. Le responsable du réseau d'hôpitaux publics de
la région bruxelloise, a déclaré qu'il
s'apprêtait à engager une vingtaine
d'assistantes roumaines.
En France, la question commence
à se poser dans les régions où les
infirmières manquent chroniquement,
(Ile de France ou dans l'Est). Le
recours aux infirmières espagnoles a
tourné court pour un problème linguistique. Le recrutement d'infirmières roumaines, pratiquant le
français, appréciées pour leur sérieux
et leurs qualités humaines, demandant seulement une mise à jour de
leurs pratiques, pourrait se révéler
une solution.
Actualité
Colère des praticiens
après la réforme annoncée de la santé
de sortir, conditions de vie souvent indignes, sentiment de se sentir prisonnières…
A
"Avec 27 euros la journée, pendant 35 jours,
j'ai pu payer mon année universitaire"
Santé
ORADEA
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
lors que les critiques fusent, le ministre de la Santé Eugen Nicolaescu
compte mettre en place au plus vite les nouvelles lois de réforme du système de santé, qui concernent notamment la direction des hôpitaux. Au
risque de se mettre à dos les praticiens qui ne comprennent pas ces mesures pour le
moins radicales. Plus d'une centaine de directeurs d'hôpitaux vont être remplacés afin
de mettre un terme à un système sclérosé et mafieux, affirme le ministre de la Santé.
"Les hôpitaux doivent non seulement être dirigés par de bons médecins mais aussi des
managers responsables ", ajoute-t-il. D'ailleurs, le nouveau paquet de lois sur la réforme de la Santé prévoit pour les nouveaux directeurs un stage de préparation
de deux mois dans une école nationale
de management. Au sein de la nouvelle
équipe de dirigeants, le ministère a fait
appel à des économistes et même à un
avocat.
De leur côté, la plupart des médecins, bousculés par la réforme, critiquent les mesures adoptées et estiment
qu'il est essentiel qu'un hôpital soit
dirigé par un médecin. "Il faudrait d'abord dire à la population quels sont les coûts de
fonctionnement d'un hôpital. Le ministère devrait s'interroger avant tout sur le
manque de financement du système de santé" a déclaré Mircea Cinteza, président du
Collège des médecins, sur la chaîne de télévision Antena 3.
Deux mille spécialistes obligés de partir à la retraite
Les nouvelles lois ont pour objectif de redynamiser tout un système, au prix d'un
mécontentement grandissant des praticiens. Car plus de 2000 d'entre eux vont devoir
partir à la retraite dans les semaines voire les jours qui viennent.
En effet, l'âge limite d'exercice pour un médecin a été ramené de 65 à 62 ans et de
60 à 57 ans pour une médecin femme. Exaspérés, six médecins d'hôpitaux de Cluj ont
commencé une grève de la faim en signe de protestation. "Il est normal d'instituer un
système de contrôle plus performant et de soumettre les postes exécutifs à un contrat
de management", a affirmé l'ancienne ministre de la Culture, Mona Musca. "Par
contre, je ne peux pas comprendre qu'on mette à la retraite un médecin spécialiste à
62 ans. La plupart ont dû étudier pendant 15 ans avant de maîtriser leur spécialité; à
60 ans leur expérience est très précieuse" a-t-elle ajouté.
(LPJ)
Sécurité sociale : plus de 400 M€ volatilisés
A
u cours d'un de ses contrôles
remontant à 2004, la Cour
des Comptes a relevé que
plus de 400 M€ s'étaient volatilisés des
caisses de la sécurité Sociale, la CNAS
(Caisse Nationale d'Assurance Santé),
ainsi que de celles de ses antennes régionales et des hôpitaux, sans indiquer précisément s'il s'agissait de détournements
ou d'erreurs de comptabilité.
Très souvent, ces administrations
n'enregistrent pas les factures et on ne
retrouve ainsi pas trace des acquisitions
ou des dépenses effectivement engagées.
Ainsi le ministère de la santé a acheté
récemment un appareil ultra-moderne de
radiologie à l'étranger pour un hôpital,
personne ne sachant où il a été livré.
De nombreux équipements sont
détournés vers des cabinets médicaux
privés (au moins pour 3 M€ d'après la
Cour des Comptes)… ce qui permet aux
médecins impliqués dans ce trafic d'augmenter sensiblement leurs tarifs de
consultation, en arguant de la modernité
de leur matériel.
des ramasseuses de fraises roumaines en Espagne
d'être honorée d'une médaille, elle aussi ramasse la fraise :
dans la vie, elle est diplômée de sociologie et de psychologie...
Si elles se disent finalement heureuses d'être venues ici,
ces femmes parlent aussi volontiers de la dureté des conditions
de travail. Deux Gitanes de Bucarest montrent leurs reins en
grimaçant: "Difficile, trop difficile", dit la plus jeune, 30 ans et
deux enfants au pays. Michaëla, 37 ans, qui a laissé son gamin
de 9 ans chez sa mère, était ouvrière dans le textile avant de
devenir chômeuse. En Espagne, elle a travaillé chez un propriétaire qui employait près de cent ramasseuses. La chef d'équipe était roumaine et "très, très dure", raconte-t-elle. "Les
jours de presse, on ne te laissait pas aller aux toilettes ni même
boire tant que tu n'avais pas rempli toutes tes cagettes."
Depuis le milieu des années 1990, la plupart viennent dans
le cadre d'un "contrat d'origine" signé par les gouvernements
de Varsovie et de Bucarest avec l'Espagne. Il s'agit d'une forme
d'"immigration choisie", mais temporaire, mise en place par
les organismes patronaux espagnols de la fraise. Leurs représentants se rendent sur place pour choisir leurs bras, après une
sélection sur dossier effectuée par les gouvernements. Le
succès est au rendez-vous.
Une Roumaine de Bucarest se souvient qu'"au moins 4
000 personnes attendaient devant le bureau le jour de l'embauche". Elle a campé là "trois jours et deux nuits" avant l'ouverture des inscriptions. Hormis le fait qu'elle n'était "pas
"Des chefs qui crient
grosse", elle ne sait pas pourquoi elle a été choisie. La seule
après tout le monde pour aller plus vite"
question qui lui fut posée fut de savoir "si elle connaissait
quelqu'un en Espagne". Elle n'y connaissait personne, elle a
Sa collègue, l'étudiante en droit Amelia, décrit un système
été prise. Ce jour-là fut "certainement (son)
pervers: "On nous disait que les vingt perjour de chance".
sonnes qui ramassent le moins n'auraient
L'étonnement initial s'accroît encore
pas de travail le lendemain. Mais on ne nous
quand on parle avec ces femmes. Roumaine
disait pas combien de cagettes cela repréde 23 ans, Cristina est venue la première fois
sente: alors c'était la folie, tout le monde se
en 2004, avec sa mère de 45 ans. Elle a
déchaînait." Même pression dans les grands
trouvé le travail correct et précise: "Je suis
ateliers de conditionnement des coopérajeune, j'ai des forces, alors ça allait. A 27
tives. Elena, qui y a travaillé plusieurs mois,
euros la journée et 35 jours de travail sur
se souvient que "les chefs criaient après tout
trois mois passés ici, j'ai pu payer mon année
le monde pour qu'on aille toujours plus vite".
universitaire en droit et langues étrangères."
Mais elle a aussi été femme de maison et
Depuis, elle est revenue chaque année. A
conclut: "La fraise, c'est dur. Mais je préfère
Le départ de centaines de milliers de ça au travail de bonne: au moins tu vois du
Huelva, elle a eu des ennuis avec un patron
parents laisse autant d’enfants seuls.
harceleur, contre lequel elle a gagné son
monde."
procès. Les 500 euros d'indemnités, dit-elle, vont bien l'aider
Autre point de contestation souvent soulevé : le logement.
quand elle s'en retournera, une fois la cueillette terminée, pasLa médiatrice de la COAG en convient : "En deux ans, c'est
ser ses examens au pays. Sa mère, seule pour élever deux
pour des problèmes de cohabitation que j'ai été le plus souvent
filles, a abandonné son métier de comptable pour venir cueillir
sollicitée. Comme elles viennent de régions différentes et sont
souvent énervées, les femmes ont du mal à s'entendre."
la fraise. Quant à la soeur de Christina, elle est restée au pays,
Michaëla confie: "On rentre crevées après la cueillette et on
où elle étudie la médecine.
nous parque à douze par chambre, avec rien d'autre qu'une
petite cuisine et pas de meubles, à 7 kilomètres du village le
Cristina était directrice
plus proche."
de publicité en Roumanie
Anca, étudiante en droit, a vécu la saison "à huit par
chambre,
avec des lits superposés et rien d'autre". Elle s'inEléna, 26 ans, a fait une école hôtelière. Elle a pu obtenir
digne
que
la visite des hommes soit interdite, que la fermeture
la possibilité de rallier l'Espagne parce que sa belle-mère est
des
grilles
soit imposée à 19 h 30, avec une sanction terrible en
une actrice très célèbre dans son pays. Rencontrée au siège de
la COAG (Coordination des organisations d'agriculteurs et d'écas de retard le soir: "Pas de travail le lendemain." Elle rit
leveurs, le plus à gauche des syndicats paysans espagnols), une
pourtant quand elle raconte: "Une fois, on a été au cinéma.
autre Cristina, 32 ans, est devenue, après quatre saisons aux
Pour rentrer, on a dû faire le mur. Comme des voleuses."
fraises, "médiatrice" du syndicat d'agriculteurs. Auparavant,
Toutes le répètent: l'employeur conservant leur passeport, elles
elle ne connaissait rien à l'agriculture: elle était directrice de
se sentent "complètement prisonnières".
publicité en Roumanie !
Quant à Mirela, elle a quitté sa première patronne, une
Interrogée sur sa présence en Andalousie, elle hausse les
“mémé” qui la frappait avec un bâton, parce qu’elle n’aimait
épaules: "Le salaire est tellement plus grand." Quant à la
pas sa cuisine, et est aujourd’hui femme de ménage à Madrid.
médiatrice bénévole roumaine de la Croix-Rouge, qui vient
(Lire page suivante)
17
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Social
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SATU MARE
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Jean-Gabriel Barbin: "C'est tout juste
sur catalogue avec
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SF. GHEORGHE
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BUCAREST
CONSTANTA
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Des patrons
anciens ouvriers
agricoles andalous
(Suite de la page 17)
18
Gelée par le gouvernement, l’adoption
à des dérives invraisemblables
Maria, animatrice du Syndicat des
ouvriers agricoles (SOC) local,
bataille avec fougue contre ces
conditions de travail "indignes".
Elle constate que les agriculteurs,
dont beaucoup sont eux-mêmes
d'anciens ouvriers agricoles andalous, ont du mal à "comprendre les
revendications des femmes".
Même quand ils sont de bonne
volonté, comme Eduardo Dominguez
Cano, moustache sombre et mains
calleuses, responsable des migrations au syndicat agricole espagnol
COAG.
Ce syndicaliste convaincu, fier
d'avoir été décoré en Roumanie
d'une médaille ornée d'une fraise,
rêve d'une "bonne entente" entre les
petits agriculteurs huelviens, désormais menacés par la fraise marocaine - et peut-être bientôt par la fraise
chinoise, au coût de revient bien
plus bas encore - et les ouvrières
"qui gagnent plus que le double de
ce qu'elles gagnaient dans leur pays,
quel que soit leur métier".
Et cet homme, qui connaît
quelques difficultés avec un gouvernement roumain qu'il trouve parfois
peu coopératif, de conclure: "C'est
l'Espagne qui aide la Roumanie, pas
la Roumanie qui aide l'Espagne."
Il doit dire quelque chose de fort:
“Aussi sévères soient-elles sur les
conditions de travail, aucune des
femmes rencontrées n'a dit avoir le
moindre regret d'être venue travailler
dans cet eldorado fraisier".
L
a Roumanie a gelé l'adoption internationale
voici près de deux ans à la suite de pressions
venant
principalement
de
l'Union
Européenne, consécutives aux dérives auxquelles
avaient abouti le placement des enfants à l'étranger.
Aujourd'hui, les enfants roumains, à de rares exceptions
près, ne peuvent être adoptés que dans le cadre national
ou, en dernier recours, par des membres roumains de leur famille fixés à l'étranger.
Chirurgien français installé à Bucarest depuis 1990 et alors responsable sur place
de Médecins du Monde, Jean-Gabriel Barbin s'est retrouvé au cœur de cette grande
vague d'adoption. Témoin des trafics qu'elle entraînait, qui culmineront à la fin des
années 90, il a démissionné de Médecins du Monde dès 1996, estimant qu'ils étaient
incompatibles avec sa mission. Evoquant ce problème qui demeure d'actualité, même
s'il est moins aiguë, il répond aux questions de Henri Gillet.
"Pour les Américains, Canadiens et Anglais,
il s'agissait d'un business comme un autre "
Henri Gillet: Le gel des adoptions par les étrangers, décidée par le gouvernement roumain, se révèle-t-elle être une bonne mesure?
Jean-Gabriel Barbin: Cela fait partie d'une palette de solutions pour mettre fin
à une dérive invraisemblable qui a abouti à la mise en place d'un véritable trafic d'êtres
humains. La Roumanie a été soumise à de nombreuses pressions pour y mettre un
terme, mais il était important que la décision vienne d'elle-même, montrant ainsi qu'elle était consciente du problème. Cependant, si cette mesure est saine au départ, il faut
aussi faire avec les passe-droits et toutes les tentatives pour la contourner. Aidées par
leur ambassade, les associations américaines ont recommencé leur lobbying pour la
faire lever et répondre aux demandes d'adoptions de leurs membres.
H.G.: A quand remontent les dérives évoquées ?
J.G.B.: Dès 1990, cela a été un problème. Sentant les abus à venir, la
Communauté européenne avait envoyé sur place un représentant, de nationalité hollandaise, pour coordonner l'attitude à prendre par l'ensemble des pays concernés. Mais
cela n'a pas été possible à cause des Américains, des Anglais et des Canadiens qui ne
voulaient entendre parler d'aucune entrave à l'adoption. A la limite, pour eux, il s'agissait d'un business comme un autre. D'ailleurs, l'ambassade américaine fournissait à ses
ressortissants une documentation avec tarifs d'adoption annoncés à l'avance à la clé.
Des associations comme "Los ninos" ("Les enfants") du Texas procédaient sur une
grande échelle. C'est tout juste si on ne pouvait pas acheter un enfant sur catalogue,
avec livraison garantie.
"De 2000 € on est passé à 15 000 €, voire plus"
H.G.: Comment justifier les prix demandés pour adopter un enfant ?
J.G.B.: Le coût réel d'une adoption était de 500 € au départ de la Roumanie,
englobant les démarches administratives et la traduction des actes et papiers. Avec le
voyage des parents adoptifs venus chercher leur enfant, le coût global ne devait pas
dépasser 2000 €. Les associations jouant les intermédiaires demandaient de 10 à
15 000 € en France, tarif qui doublait presque pour les USA. Des parents adoptifs se
sont d'ailleurs plaints en France de ces coûts démesurés. On justifiait ces sommes en
arguant qu'une partie de l'argent servait à améliorer les conditions d'existence des
enfants qui restaient dans les orphelinats… ce qui est complètement faux.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
L'apprentissage de la corruption
commence dès l'école
Enseignement
C
ommandée par le Centre Educa-tion 2000, et
financée par l'Union Euro-péenne, une étude qualitative portant sur 150 professeurs, élèves et
parents des judets d'Arges (Pitesti), Dolj (Craiova), Sibiu et
Vâlcea, les réunissant dans des groupes de discussion, a abouti à la conclusion que la corruption prenait racine dès l'école.
Les parents se sont montrés très critiques vis à vis des
fonds réclamés aux élèves par les enseignants dans chaque
classe et qui varient entre 2 et 30 €
annuellement.
Il faut leur verser de l'argent pour
payer le ballon de football, pour la tradition des martisors (petites amulettes
que l'ont remet aux femmes, début
mars), pour le jour de la fête des
femmes, leur anniversaire et celui du
directeur, Noël, le jour de la capacitate
(brevet) où il est de tradition de leur
remettre une enveloppe couvrant leurs
frais de restauration et de boisson…
Les enfants sont encore plus
remontés contre cette pratique; ils redoutent de se faire tirer les
oreilles s'ils ne versent rien et de s'attirer des remarques perpétuelles devant leurs camarades.
Les cours particuliers, destinés à compenser l'extrême faiblesse des salaires des enseignants constitue l'autre principal
sujet de fâcherie. De nombreux parents ont estimé anormal
que des professeurs en donnent à leurs propres élèves, qui sont
favorisés par la suite. Il leur arrive d'être convoqués par l'en-
M
seignant et de s'entendre dire que sans cet appui, leurs enfants
ne réussiront à rien.
Des élèves reçoivent mauvaises notes sur mauvaises notes
jusqu'à ce qu'ils comprennent qu'ils ont besoin de s'inscrire aux
leçons données par leurs professeurs, s’ils veulent réussir.
Des “méditations” bienvenues
L'efficacité de ces cours particuliers, appelés "méditations" en roumain, donnée souvent juste avant la
période des examens, est d'ailleurs
sujette à caution, des parents doutant
qu'un retard de plusieurs années puisse
être refait en 3-4 mois.
Certains vont plus loin, confiant
"J'ai donné ce qu'il fallait pour que
mon fils réussisse son examen et qu’il
n’y ait pas de problèmes... çà a marché", un élève renchérissant: "Avant
d'entrer dans la salle, un professeur qui
devait nous surveiller pendant l'épreuve, nous a dit le sujet et
j'ai pu le copier".
Cette dégradation de l'esprit moral au sein de l'Education
nationale avait déjà commencé sous Ceausescu, mais s'est nettement accélérée en cette période de transition. Un parent a
conclu: "Il ne faut pas s'étonner si aucun de nos établissements
d'enseignement supérieur n'est classé parmi les 500 premiers
du monde !".
L'irruption de la télévision câblée
dans les villages a profondément perturbé les enfants
arcel voit rouge quant on
lui parle des bienfaits de la
télévision. Depuis l'arrivée
du câble, en 2003, dans son village de
Livada (Satu Mare) où il est professeur et
directeur de l'école, il fait le même
constat que l'ensemble de ses collègues:
le niveau scolaire des élèves a considérablement chuté. Les enfants sont agglutinés devant les écrans, la seule distraction possible. Il passent quatre à six
heures par jour à ingurgiter les insipides
séries américaines, les mauvais dessins
animés japonais.
Violences à tour de bras, fortunes
accumulées sans effort, grosses voitures:
tout est réuni pour leur présenter une idée
complètement faussée de la vie et leur
comportement s'en ressent déjà.
Puisqu'on n'a pas besoin de se donner du
mal pour réussir, le travail est bâclé, les
devoirs ne sont pas faits, les leçons pas
apprises. En cours, le manque d'attention
est général, la démotivation profonde,
facilement justifiée par la situation économique et l'absence de perspectives.
La discipline est relâchée, l'insolence
et le manque de respect, aussi bien à l'égard des enseignants que des parents et
adultes, fréquents. Les élèves mentent
volontiers, règlent leurs différents à
coups de poings. Ils ne prennent rien au
sérieux, n'ont pas de jugement, ne sont
plus capables de participer à une discussion, d'exprimer un avis cohérent. Ce
constat est encore plus vrai pour les
garçons.
Un professeur de roumain de Livada
trouve l'illustration de cette évolution
dans la pauvreté des rédactions. La
logique des phrases est atteinte, la façon
de s'exprimer est devenue extrêmement
vulgaire; déjà bas, le niveau de culture
générale a baissé, et les enfants n'ont plus
aucun intérêt pour les valeurs authentiques. Le salut ne réside même pas dans
le geste de fermer le petit écran… La
radio déverse à longueur de journée des
tombereaux de "manele", cette musique
tsigano-balkanique mêlant une extrême
vulgarité, jurons et sexe.
35
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Carnet
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L'insaisissable rebelle du Fagaras
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Enseignement
Plus de 60 %
des écoles rurales
n'ont pas le téléphone
34
Ion Gavrila, héros de la résistance
anti-communiste, a été pourchassé
pendant 30 ans avant d'être arrêté
Selon un rapport du ministère de
l'Education, beaucoup plus de 60 %
des écoles rurales ne disposent ni de
téléphone ni de fax, ni de photocopieuse, ce qui les isole totalement et
les tient en dehors des consignes et
textes qu'il transmet, empêchant leur
évolution. Dans 500 écoles dotées
d'un ordinateur, celui-ci ne fonctionnait avec Internet que dans deux cas,
la possibilité de connection, d'une
façon générale étant proche de zéro.
Que soit au niveau des locaux, de
l'hygiène, de l'équipement en matériel
pédagogique, de leur qualité, la situation qui prévaut aujourd'hui dans l'enseignement en milieu rural n'est
guère différente de celle d'entre les
deux guerres.
L
a Roumanie a enterré au mois de mai un de ses symboles, une des âmes les
plus pures du pays, Ion Gavrila-Ogoranu, 83 ans, dernier chef des partisans
qui ont lutté contre les communistes, depuis leurs refuges dans les montagnes des Carpates.
A 21 ans, en 1944, le jeune homme avait déjà pris les armes pour chasser l'armée
allemande du pays. Mais, étudiant en agronomie à Cluj et en sciences économiques à
Brasov, il les avait retournées dès 1946 contre les communistes, devenant le leader de
la grande grève des étudiants de Cluj contre le régime, organisant des noyaux de résistance contre l'occupation soviétique. Deux ans plus tard, en 1948, alors qu'il obtenait
sa licence en agronomie, il prenait le maquis dans
les monts Fagaras avec quelques camarades, alors
que s'abattait la grande vague d'épuration entreprise par les communistes.
A la tête du Groupe des Carpates de l'Armée
Nationale qu'il avait constituée, Ion Gavrila entamera un combat de dix ans contre les troupes de
la Securitate, devenant pour celle-ci un véritable
cauchemar, déclenchant des dizaines d'attaques et
provoquant plus d'une centaines d'offensives
vaines de ses ennemis pour y mettre un terme. Sa
petite armée, qui ne dépassa jamais une trentaine
d'hommes, était insaisissable, rompant le combat
après avoir déclenché ses actions surprises pour
se réfugier dans les montagnes. Aux archives de la Securitate on recense cent mille
fiches contenues dans 124 volumes consacrées à ses activités.
Le groupe fut démantelé en 1955. Plusieurs de ses membres avaient été tués au
combat, les survivant furent condamnés à mort. Miraculeusement, Ion Gavrila,
condamné à mort par contumace en 1951 lors d'un procès à Brasov, devenue "orasul
Stalin", échappa à l'arrestation, regagnant ses montagnes. En 1956, il redescendit dans
la plaine et se cacha à Galtiu (judet d'Alba), dans la maison de la veuve d'un de ses
anciens camarades de lycée, Ana Sabadus, qu'il épousa plus tard, en secret.
Libéré sur intervention de Nixon
Le ministère a décidé d'octroyer
110 M€ aux écoles les plus défavorisées, oubliées lors de l'application
des premières mesures de remise à
niveau, datant de près de cinq ans.
Pour les plus petites écoles de villages, les centres de ressources
seront regroupées au niveau de la
commune. Le ministère a réaffirmé
sa volonté que le principe de l'égalité
des chances ne reste pas une
coquille vide pour les enfants des
campagnes.
Pendant vingt ans encore, la Sécuritate ne réussissant pas à le localiser, le pourchassa pour finalement mettre la main sur lui à la suite d'une dénonciation, alors qu'il
se trouvait à Cluj. Il fut durement interrogé pendant six mois, mais finalement libéré
sur intervention directe du président Nixon, bénéficiant de la prescription décidée en
1964. Cela ne l'empêcha pas, par la suite, d'être constamment suivi et surveillé par la
Securitate, jusqu'à l'exécution des Ceausescu.
A 67 ans, l'infatigable rebelle reprit du service lors des "évènements" de décembre
1989. Contrairement à bien d'autres résistants de la dernière heure, parfois fortement
compromis avec le régime qui venait de tomber, il ne sollicita pas un certificat de
"Révolutionnaire", ne voulant tirer aucun avantage de son engagement.
Par la suite et jusqu'à son dernier souffle, Ion Gavrila se consacrera à une tâche
qu'il jugeait de la plus haute importance: être la mémoire des horreurs du communisme et rappeler le souvenir de ceux qui l'avaient combattu, devenant membre de plusieurs associations comme l'Académie civique ou le parti "Pour la Patrie". Il écrira
plusieurs ouvrages, le "haiduc" des Fagaras expliquant les raisons de son combat:
commencer une guerre pour libérer le territoire de l'occupation soviétique et aider de
l'intérieur l'intervention qui ne saurait tarder des Américains. Mais la Roumanie n'a
pas connu ce 6 juin que Ion Gavrila a appelé de ses voeux pendant 43 ans.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
internationale des enfants roumains a donné lieu
ainsi qu'à des trafics mafieux
si on ne pouvait pas acheter un enfant
livraison garantie”
Mais aussi, on faisait vibrer la fibre sentimentale des
parents adoptifs qui sauvaient des enfants et aidaient la
Roumanie à se dépêtrer d'un de ses plus graves problèmes.
H.G.: Qui en profitait alors ?
J.G.B.: Pour s'en faire une idée, il suffit de regarder le
changement de train de vie, avec nouvelles voitures et maisons, de responsables de certaines associations roumaines,
franco-roumaines ou françaises qui avaient obtenu l'indispensable agrément, Sésame les habilitant à procéder aux adoptions. Le puissant lobby des avocats, dont celui qui a défendu
Nicu Ceausescu, en a bien profité, se battant jusqu'au bout
pour conserver le principe de l'adoption internationale.
Deux mille enfants à adopter par an… cela faisait quand
même un pactole annuel d'environ 30 millions d'euros.
"On arrêtait les femmes enceintes dans la rue
pour leur demander si elles ne voulaient pas
abandonner leur enfant à naître"
H.G.: Comment en est-on arrivé aux dérives ?
J.G.B: Il faut se rappeler que, sous Ceausescu, c'est lui
même qui signait l'acceptation des dossiers d'enfants adoptés;
cela a continué au début avec Iliescu mais les demandes
étaient devenues tellement nombreuses que c'était devenu
ingérable. Alors, un comité roumain d'adoption dépendant du
Premier ministre - Petre Roman à l'époque - a été créé qui s'est
efforcé de contrôler la situation jusqu'aux "minériades" de
1991, entraînant la chute du gouvernement et le remplacement
de Roman par Teodor Stolojan. Les compétences du comité
ont été transférées du Premier ministre au ministre de la Santé.
Ce fût le début des dérives. Tout le monde "bakchichait"
pour que les dossiers aillent plus vite. Normalement, la priorité
à l'adoption était donnée aux Roumains, mais les juges n'en
tenaient pas compte. On savait les judets où il fallait aller pour
être "servis" au mieux. C'était le délire. Des intermédiaires,
mais aussi des étrangers en mal d'adoption, arrêtaient les
femmes enceintes en pleine rue ou s'introduisaient dans les
maternités pour leur proposer d'abandonner leur enfant.
Le summum a été atteint sous la présidence d'Emil
Constantinescu (1996-2000). Il faut dire que les adoptions
avaient un grand mérite: elles vidaient les orphelinats roumains tant décriés par les médias internationaux.
Pour éviter de trop choquer l'opinion, un système de "sas"
a été mis au point avec le concours d'associations, conseillées
par une "camarilla" de psychologues pas très au niveau. Il
consistait à placer temporairement les enfants sortant de l'orphelinat dans des familles d'accueil roumaines, avant de les
expédier à l'étranger. Les pays adoptants ont leur part de responsabilité dans cette expérimentation déstabilisante et traumatisante pour les enfants.
Du coup, les tarifs ont gonflé, sont devenus exorbitants.
On est passé de 5000 € à 15 000 € pour les Européens et plus
pour les Américains. Conséquence: les parents adoptifs roumains, qui avaient priorité à l'adoption les six premiers mois ce dont se moquaient souvent les juges - ne pouvaient pas
suivre. D'ailleurs, les jugeant moins intéressants les intermédiaires ne s'adressaient pas à eux. Pour les décourager, on leur
disait parfois que c'était des enfants qui avaient le SIDA et
qu'on envoyait se faire soigner en Italie.
"Un trafic très rentable avec couverture
morale et médiatique exceptionnelle"
H.G.: "Des dérives, on passe à des cas de trafic d'êtres
humains ?"
J.G.B.: Des filières de toutes sortes ont vu le jour.
L'adresse était "trop bonne". Des couples d'homosexuels ou
des femmes célibataires se sont précipités en Roumanie,
l'adoption étant trop difficile en France. On a même vu un
femme seule repartir avec un môme sous le bras dans une île
des Caraïbes. A l'époque du trafic "à tout va", l'adoption pouvait se faire en trois mois. Le plus difficile était d'avoir l'agrément en France. Il fallait passer par trois étapes: être déclaré
apte à l'adoption dans le pays d'accueil, demander à une association habilitée et établie dans ce pays de nouer le contact
avec une association roumaine (parfois franco-roumaine)
agréée, installée en Roumanie.
Il existait également des filières pour adopter des enfants
de moins de trois mois, ce qui était interdit par la loi roumaine, mais certains juges savaient fermer les yeux au vu de l'enveloppe qui leur était remise. Bien sûr, cela a été un jeu d'enfants pour des réseaux mafieux de s'infiltrer dans cet univers
invraisemblable. C'était sans risques et un trafic très rentable
avec couverture morale et médiatique exceptionnelle.
Avec l'aide d'avocats, des enfants ont été envoyés en
France alors qu'ils n'avaient pas été abandonnés, contrairement
à ce que l'on avait fait croire à leurs parents adoptifs, lesquels
étaient ensuite soumis à un chantage. Des institutions
envoyaient des enfant se faire soigner à l'étranger où ils étaient
déclarés abandonnés à l'aide de faux papiers, leurs parents ne
les voyant jamais revenir. Il faut cependant faire justice d'une
rumeur infondée: jamais il n'y a eu de trafic d'organes.
A Paris, le dossier de ces enfants malades était géré par
l'hôpital Necker et, bizarrement, ceux qui étaient adoptés
allaient pratiquement tous dans la région Provence-Côte
d'Azur. Des assistantes sociales françaises constatant que des
enfants étaient maltraités ont porté plainte. A un moment, les
adoptions se faisaient si facilement qu'il n'y avait pas de
contrôle sur le profil des candidats, dont certains décidaient
d'adopter un enfant après avoir regardé une émission à la télévision… comme achète un chaton à Noël, pour l'abandonner
lors du départ en vacances.
(lire page suivante)
19
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Lobbying énorme auprès des hommes politiques
SATU MARE
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BACAU
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TARGOVISTE
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BUCAREST
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CONSTANTA
Chaque jour, près
de deux bébés sont
abandonnés à Iasi
20
La chiffre est effrayant. Plus de 50
bébés sont abandonnés chaque
mois dans les maternités de Iasi,
dont 40 dans la principale, la maternité "Cuza Voda". Dans de nombreux
cas, leurs mères sont des lycéennes
qui, après avoir donné une fausse
identité et s'être plaintes auprès du
personnel médical que leur famille
ne les accepteront plus, par crainte
de la honte ressentie vis à vis de
l'entourage et des voisins, s'enfuient
purement et simplement. D'autres
confessent être trop pauvres et ne
pas avoir les moyens de les élever.
La maternité
Cuza Voda
de iasi.
Médecins et infirmières constatent
que beaucoup aimeraient garder leur
enfant, et certains, faisant le travail
des policiers, partent à leur recherche
pour rétablir le contact mère-bébé.
Ce personnel déplore le manque d'éducation portant sur la contraception,
qui éviterait de nombreux drames, et
le gel des crédits attribués aux services de l'enfance et des assistantes
sociales. Faute de fonds, leur nombre
est réduit et leurs moyens sont inefficients. Ainsi, pratiquement aucun
contrôle n'est exercé sur le millier
d'assistantes maternelles qui
accueillent les enfants abandonnés
du judet et l'on trouve des cas où ces
mères de substitution les envoient au
travail plutôt qu'à l'école.
(Suite p. 19)
H.G.: Les autorités n'ont jamais réagi ?
J.G.B.: Si. Une liste noire des associations suspectées de profiter de la situation
a très vite été dressée à l'ambassade de France. Une enquête parlementaire a eu lieu
en France et celle-ci a décidé de restreindre sérieusement le robinet de l'adoption
internationale, une attitude qui a été aussi bien observée par le gouvernement Jospin
que par celui de Raffarin. Des procédures sont en cours sur les faux qui ont permis des
adoptions.
Sous l'impulsion de la baronne et parlementaire européenne britannique, Ema
Nicholson, l'U.E. a pris la même attitude, poussant le gouvernement roumain à geler
les adoptions internationales, le temps de remettre les choses à plat et qu'il adopte une
nouvelle législation dans le domaine de la protection de l'enfance. Cela n'a pas été
sans mal, tant le lobbying des associations jouant le rôle d'intermédiaires a été énorme sur les hommes politiques.
H.G.: Ces adoptions vous laissent-elles un goût amer ?
J.G.B.: Certainement dans le cas des trafics et les trop nombreuses dérives auxquelles j'ai assisté. Cela laisse d'ailleurs souvent un malaise chez les parents adoptifs
qui en ont été victimes et n'osent souvent pas avouer le montant de la somme qu'ils
ont dû verser. Mais lorsque, faites dans les règles avec des associations honnêtes et
désintéressées, elles ont permis à des enfants malheureux, sans avenir, de trouver un
foyer où on les aime, alors on ne peut être qu'admiratif. J'espère que c'est dans la
majorité des cas.
Propos recueillis par Henri Gillet
E
Le forcing de certaines associations
ntamant en juin une campagne
de presse, coûtant plusieurs
dizaines de milliers d'euros,
avec parution dans des organes prestigieux comme le "Financial Times", une
trentaine d'organisations d'adoption, souvent italiennes, britanniques, américaines
ou roumaines avec partenaires étrangers,
ont fait à nouveau pression pour relancer
le processus d'adoptions internationales,
utilisant comme thème "La Roumanie est
le Guantanamo des enfants”. Cette campagne a provoqué l'indignation de la
baronne Ema Nicholson, qui, suspectant
dans cette initiative des intérêts financiers, et après s'être battue très fort, pendant des années, au nom de l'UE pour que
le gouvernement roumain réserve un
meilleur sort à ses orphelins, a reconnu et
encourage les efforts de celui-ci.
Voici la liste des organisations
impliquées dans la campagne de presse: Amici dei Bambini, Blythswood
Banat, Bridge of Cristian Relief, Cry in
the Dark din Marea Britanie, Everyone's
Child Romania, FARA Foundation,
Foundation for the Relief of Disabled
Orphans, Fundatia Casa Sperantei,
Fundatia Casa Mea, Fundatia Forget menot, Fundatia in Brate, Fundatia Speranta
Familiei, Link Romania, Livada Orphan
Care, O Noua Viata, Prietenii Copiilor,
Primavara Copiilor, Reach Romania
Lancashire, Relief Fund for Romania,
Romanafectus, Romanian Aid Distribution, Romanian Orphan Support
Effort, Romanian Relief, Save Eastern
Europe's Kids, Spungeon's Child Care,
Ungureni Trust, Viata Noua pentru Copii,
Anonymous Charity A, B,C,D,E,F.
Neuf mille abandons en 2005
L
es dernières statistiques de l'UNICEF indiquent que plus de 9000 nouveaux-nés ont été abandonnés en 2005, en Roumanie, ce qui représente 1,8
% des 550 000 naissances enregistrées, ce chiffre étant relativement stable
depuis 30 ans, avec une pointe entre 1989 et 1992, où l'on enregistrait annuellement
11 5000 abandons. Le représentant de l'UNICEF en Roumanie, Pierre Poupard, a
affirmé que une des causes de ces abandons massifs était l'analphabétisme, 42 % des
jeunes mères choisissant de ne pas conserver leur enfant étant non scolarisées et vivant
à la limite de la pauvreté.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Carnet
Société
Disparition de Yitzhak Ben Aharon, précurseur
de l'exode des Juifs de Roumanie vers Israël
L
'ancien responsable
israélien travailliste Yitzhak Ben
Aharon est mort vendredi 19 mai dans un
hôpital de Kfar Saba. Il
était âgé de 99 ans.
Avec lui disparaît
une figure du premier
âge d'Israël mais aussi
des Juifs d'origine roumaine. De par ses fonctions au sein du
Parti travailliste israélien dans le mouvement des kibboutz et à
la tête de la centrale syndicale Histadrout, Yitzhak Ben Aharon
a été l'une des figures de cette élite ashkénaze (Juifs d'Europe
centrale et orientale, composant 90 % de la population de la
communauté juive avant la Shoah) qui forgea et domina l'Etat
jusqu'à sa déroute historique de 1977 face à l'alliance de la
droite et de Sépharades (Juifs d'Afrique du Nord et du pourtour
méditerranéen, aujourd'hui majoritaires) convaincus d'avoir
été laissés à sa marge.
Né le 17 juillet 1906 dans l'Empire austro-hongrois, en
Bucovine, qui sera rattachée à la Roumanie après la première
guerre mondiale, Yitzhak Ben Aharon étudie à Berlin et adhère très tôt au sionisme. Après la guerre, en 1920, il devient le
L
responsable pour la Roumanie de l'organisation de jeunesse
Hachomer Hatzaïr, dont les premiers représentants ont émigré
vers la Palestine mandataire un an plus tôt.
Yitzhak Ben Aharon les suit en 1928, donnant ainsi le
signal des départs en masse de la communauté juive roumaine
dans les années qui vont suivre, traversant la Turquie, la Syrie
et le Liban à dos d'âne selon le quotidien israélien Haaretz.
Cinq ans plus tard, il s'installe en Galilée dans le kibboutz
Givat Chaim fondé en hommage à Chaim Arlosoroff, le responsable travailliste victime en 1933 d'un assassinat souvent
attribué à la droite sioniste. Il y résidera jusqu'à sa mort.
Membre du Parti des ouvriers d'Eretz Israël, le Mapaï, et
de la Haganah, la milice juive qui deviendra l'armée israélienne, il s'engage pendant la deuxième guerre mondiale dans
l'armée britannique pour combattre les forces de l'Axe. Fait
prisonnier par les Allemands en Grèce, il passe quatre ans en
captivité.
Après la création d'Israël, Yitzhak Ben Aharon quitte le
Mapaï pour créer le Parti sioniste de gauche, le Mapam, très
marxisant, tout en étant très actif dans le mouvement des kibboutz, dont les principes d'éducation et la mise en commun des
moyens de production constituent les apports les plus originaux du sionisme. La communauté juive d'origine roumaine
installée en Israël est estimée, aujourd'hui, à environ 400 000
personnes.
D'origine transylvaine (Cluj) et hongroise, le compositeur
György Ligeti a profondément marqué la musique du XXème siècle
e monde musical vient de
perdre l'un de ses plus extraordinaires représentants : le
compositeur autrichien György Ligeti,
d'origine hongroise et née en
Transylvanie en 1923, dans la ville
de Tirnaveni, est mort à Vienne
lundi 12 juin, à l'âge de 83 ans.
Réputé pour son indépendance
farouche, il laisse une oeuvre profuse et singulière, ludique et virtuose,
admirée par l'avant-garde comme
par les milieux académiques.
"En dépit de son sens de la dérision, il était un grand tragique",
témoigne le pianiste français PierreLaurent Aimard, qui fut un de ses
proches. Il faut ramener toute sa création
aux deux grandes tyrannies qu'il a
connues, le nazisme et le communisme.
György Ligeti, dont, dans sa famille,
seule la mère est revenue des camps
nazis, après avoir quitté la Roumanie a
vécu en Hongrie communiste jusqu'en
1956, année où il passe à l'Ouest en fran-
chissant à pied la frontière autrichienne.
"Non seulement je détestais ce régime,
mais il n'y avait aucune chance pour ma
musique", dira-t-il.
Le compositeur, considéré comme
une figure majeure de la musique du
XXème siècle a notamment créé l'opéra
Le Grand Macabre, dont la première fut
jouée à Graz, en Autriche, en 1978.
Certaines de ses œuvres ont été utilisées
pour des films comme 2001 : l'odyssée de
l'espace, de Stanley Kubrick. Considéré
comme un compositeur d'avant-garde, il
s'est tardivement tourné vers la tradition
musicale de ses racines, et s'est souvent
inspiré de rythmes africains.
Né de parents juifs hongrois en
Transylvanie (région hongroise
devenue roumaine à partir de 1920),
György Ligeti a passé sa jeunesse à
Kolosvar (aujourd'hui Cluj), la capitale de la région, où il effectue l'école primaire en hongrois. Il écrit ses
premières compositions à l'âge de
10 ans, débute le piano trois ans plus
tard, avant d'étudier l'orgue. Un
temps établi en Hongrie, il a fui en
Autriche après la révolution hongroise de 1956 et y avait obtenu la
nationalité.
Selon les experts, la musique de
György Ligeti a enrichi le monde musical, en cherchant la complexité pour
ensuite la délier et y introduire le chaos.
Une complexité illustrée notamment
par le Poème symphonique composé
pour 100 métronomes.
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
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La Roumanie en tête des
violences domestiques
contre les femmes au sein de l'Europe
Vie quotidienne
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Le suicide, phénomène
inquiétant chez les
jeunes des anciens
pays de l'Est
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Société
Les jeunes constituent une des
catégories les plus touchées par les
changements dus à la transition dans
les pays de l'Est, y compris les
anciennes républiques de l'ex URSS.
Un million et demi vivent sans l'assistance de leur parents qui n'ont pas
les moyens de les élever et sont
placés dans des orphelinats ou
centres similaires, dépendant de
tuteurs ou d'assistantes maternelles.
L'UNICEF a mené une enquête
dans les 27 pays concernés, relevant
que 30 000 adolescents entre 15 et
19 ans y étaient décédés chaque
année, sur la période 1999-2003, le
record revenant à la Russie (135
adolescents morts pour 100 000
jeunes de cette catégorie), suivie par
ses anciennes possessions. La
Roumanie se classe dans la moyenne, avec un ratio de 55 décès. La
Slovaquie, la Hongrie et l'Arménie
sont les pays les plus épargnés.
Les maladies infectieuses constituent une des principales causes de
mortalité, suite au manque d'hygiène.
Les morts violentes sont l'autre raison majeure, accidents en tête, suivies par les suicides. Pendant la
période étudiée, 3500 garçons et 800
filles ont mis fin à leurs jours, chaque
année, la Russie arrivant encore en
tête avec 36 suicides pour 100 000
adolescents, la Roumanie occupant
la 18ème place (6-7 suicides). Ce
phénomène touche de 3 à 5 fois plus
les garçons que les filles, les premiers se montrant les plus déterminés dans leurs gestes (6 suicides
réussis sur 10 tentatives), les filles ne
réussissant que dans un cas sur dix.
C
ela se passe en Europe. La violence exercée contre les femmes par un partenaire de sexe masculin y atteint des dimensions hallucinantes. Au sein
du foyer, les brutalités sont devenues, pour les Européennes de 16 à 44
ans, la première cause d'invalidité et de mortalité avant même les accidents de la route
ou le cancer... Selon les pays, entre le quart et la moitié des femmes sont victimes de
sévices. Au Portugal, par exemple, 52,8 % des femmes déclarent avoir été l'objet de
violences de la part de leur mari ou de leur concubin. En Allemagne, trois femmes
sont assassinées tous les quatre jours par les hommes avec lesquels elles vivaient, soit
près de 300 par an. Au Royaume-Uni, une femme est occise dans les mêmes circonstances tous les trois jours. En Espagne, une tous les quatre jours, près de 100 par an.
En France, à cause des agressions masculines domestiques, six femmes meurent
chaque mois - une tous les cinq jours -, un tiers d'entre elles poignardées, un autre tiers
abattues par arme à feu, 20 % étranglées et 10 % rouées de coups jusqu'à la mort. Dans
l'ensemble des quinze Etats de l'Union Européenne (avant l'élargissement à vingtcinq), plus de 600 femmes meurent chaque année - presque deux par jour ! - sous les
brutalités sexistes dans le cercle familial.
Le profil de l'agresseur n'est pas toujours celui qu'on imagine. On a tendance à
associer cette attitude meurtrière à des personnes peu éduquées, issues d'un milieu
défavorisé. C'est une erreur. En France, selon les statistiques, l'agresseur est en majorité un homme bénéficiant par sa fonction professionnelle d'un certain pouvoir. On
remarque une proportion très importante de cadres (67 %), de professionnels de la
santé (25 %) et d'officiers de la police ou de l'armée.
Une autre idée reçue consiste à penser que les violences de ce genre sont plus fréquentes dans les pays "machistes" du sud de l'Europe que dans les Etats du nord. Là
encore, il faut pondérer. La Roumanie apparaît, certes, comme le pays européen où la
violence domestique contre les femmes est la plus grave: chaque année, en moyenne,
pour chaque million de Roumaines, 12,62 d'entre elles sont tuées par leurs partenaires
masculins. Mais, dans le sinistre palmarès des pays les plus féminicides, immédiatement après la Roumanie se situent des pays dans lesquels, paradoxalement, les droits
des femmes sont les mieux respectés, comme la Finlande, où tous les ans, pour chaque
million de Finlandaises, 8,65 femmes sont tuées dans le huis clos domestique, suivie
par la Norvège (6,58), le Luxembourg (5,56), le Danemark (5,42) et la Suède (4,59),
l'Italie, l'Espagne et l'Irlande occupant les dernières places.
E
A la maison, une Roumaine
fait le travail de deux Roumains
urostat a publié le résultat
d'une enquête effectuée auprès
de 17 000 hommes et femmes
de tous les pays d'Europe, pour connaître
la répartition des tâches domestiques.
Pour la Roumanie, il en ressort que la
femme passe cinq heures à s'en occuper
quotidiennement, contre deux heures
pour les hommes, soit 150 % de plus. Les
Roumaines peuvent envier les Suédoises
(+ 50 %), mais ne sont pas les plus à
plaindre, par comparaison à l'Italie et
l'Espagne (+ 200 %), pays les plus
machos du continent.
Ces cinq heures, les Roumaines les
passent à faire les courses et préparer les
repas (47 % de leur temps), faire le ménage (16 %), coudre, laver et repasser les
vêtements (13 %), laver la vaisselle
(10 %), s'occuper des enfants et du jardin
(7 % chacun). Les hommes consacrent
leurs deux heures aux réparations et bricolage (37 %), au jardin (17 %), au ménage aux côtés de leur femme (17 %), et
seulement 3% à faire la vaisselle et 1 % à
laver les vêtements. Leurs amis francophones mâles peuvent donc leur montrer
l'exemple, en laissant de côté, pour une
fois, le verre de tsuica, à la fin du repas…
et en s'emparant d'autorité du torchon !
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Sans nouvelles de 1500 enfants
adoptés à l'étranger depuis 1997
Social
L
Bucarest à revoir sa position, prise pourtant à la demande de
es autorités roumaines ont fait savoir qu'elles
l'Union Européenne, laquelle s'était rendu compte, malheureuétaient sans nouvelles de 1500 enfants adoptés à l'ésement, que le commerce mené par certaines organisations
tranger depuis 1997, alors que parents adoptifs,
d'adoption primait sur l'intérêt des enfants.
organisations se préoccupant des adoptions et autorités des
Mais l'Europe doit aussi balayer devant sa porte. Plus de
pays qui leur avaient donné un agrément, s'étaient engagés à
120
parlementaires européens se sont montrés sensibles à leurs
les tenir informées pendant au moins deux ans de leur cas.
pressions,
signant une pétition demandant au gouvernement
Ce manquement aux conventions concerne en priorité les
roumain
un
retour à la flexibilité des adoptions internationales,
USA, la Suisse, l'Espagne et l'Italie. En outre, le suivi ne paraît
ignorant
le
passif, la prudence et les précautions nécessaires
pas toujours sérieux. Ainsi, Bucarest a reçu un rapport postdans ce domaine.
adoption très satisfaisant sur un enfant
adopté aux USA, faisant part de sa
bonne intégration… pour apprendre
Un trafic qui reprend
quelques temps plus tard que la père
adoptif avait été condamné à 30 ans de
Malgré toutes les précautions
prison pour avoir abusé de lui.
prises, le trafic semble reprendre.
Cela n'empêche pas les lobbies
L'Office Roumain pour l'Adoption a
américains, soutenus par leur ambassafait savoir qu'il a été saisi par des
deur sur place et leurs congressmen, de
familles et du personnel médical de
faire flèche de tous bois pour obtenir
plusieurs cas d'adoptions directes dans
de la Roumanie qu'elle rouvre les posdes maternités, sans respecter les
sibilités d'adoptions internationales,
procédures légales. Le "marché"
suspendues en 2001, malgré toutes les Des enfants convoités qui rêvent d’une famille et de reprendrait pour des sommes comdérives qui ont eu lieu ces dernières futurs parents adoptifs tout à la joie de les accueillir. prises entre 4000 et 10 000 €, bien que
années et qui ont abouti à un trafic d'achat d'enfants. Ils ont
2000 familles roumaines soient inscrites sur des listes d'attenréussi à convaincre le gouvernement américain de saisir le
te pour adopter les 800 enfants qui, annuellement, attendent de
Comité d'Helsinki des Droits de l'Homme pour obliger
nouveaux parents.
E
La mésaventure d’un couple suisse
n 2002, un couple suisse a
déposé un dossier pour adopter une fillette de trois mois
alors que le gouvernement roumain
venait juste de mettre l’embargo sur les
adoptions internationales. L’association
roumaine “New family”, dirigée par une
personne se présentant comme avocat,
mais inconnue au barreau, avait joué les
intermédiaires, promettant qu’elle arrangerait la situation. L’administration roumaine ne donant pas de réponse à la
démarche, les futurs patrents furent entretenus dans l’illusion, recevant des photos
de l’enfant, préparant déjà sa chambre.
Finalement, celui-ci fut attreibué à une
A
famille roumaine par le tribunal.
Les Suisses avaient versé 9000 euros
en vain à “New family”. L’association,
qui ne répond pratiquement jamais au
téléphone, et dont le siège se trouve dans
un simple appartement de Bucarest, ne se
démonta pas pour autant , leur garantissant la “livraison” d’un autre enfant en
contournant la loi. Ils devaient prendre un
domicile en Roumanie, y séjourner deux
à trois fois par an, y ouvrir fictivement
une firme... tout en étant avertis que leur
opération leur coûterait entre 9000 et
12000 euros.
La proposition fut déclinée, mais, au
cours de ses préparations, le couple a
découvert plusieurs compatriotes qui
étaient dans la même situation, s’étant
laissés abusés par des promesses après
qu’on leur ait présenté leurs “futurs”
enfants dans des albums photos ou dans
des vidéos faites par des professionnels
où ils étaient mis en scène comme dans
les émissions de télé-achat.
Interrogé sur ces cas, le Secrétaire
d’Etat responsable de l’Office Roumain
d’Adoption (ORA), Teodora Berzi, a
indiqué qu’ils appartenait au passé, tout
en reconnaissant leur existence et a fortement enhgagé les candidats à l’adoption
passant par des intermédiaires à se mettre
en relation avec son administration.
Tintin et Martine en Roumanie pour un peu de sourire
pportant un sourire aux enfants roumains, la BD
belge (en fait essentiellement wallonne avec
Dupuis à Charleroi et Casterman à Tournai, mais
aussi bruxelloise) fait ses premiers pas en Roumanie, avec le
lancement des deux premiers albums en langue roumaine des
aventures de Tintin, Les cigares du pharaon et Le Lotus
bleu, qui devrait être suivi par la publication de l'intégralité de
la collection. Pour les plus petits, viennent de paraître aux édition Crisan de Deva, la traduction de plusieurs albums de
Martine, célèbre livre pour enfants de Gilbert Delahaye et
Marcel Marlier. A noter qu'en roumain… Martine s'appelle
Andreea.
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Une actrice française se
bat pour adopter un enfant
déjà élevé par une famille roumaine
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Le mécontentement
gronde chez
les retraités
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Les protestations de mécontentement des retraités contre la détérioration de leur niveau de vie se font
de plus en plus nombreuses à travers le pays. Des centaines d'entreeux ont manifesté Piata Civica, dans
le centre de Vaslui, scandant des slogans anti-gouvernementaux du genre
"Redonnez-nous l'assurance du lendemain", "Nous avons voté pour
vivre mieux (thème de la campagne
de Traian Basescu, lors des dernières présidentielles)… nous survivons au jour le jour", "Nous somme
vos parents, vos grands-parents, ne
nous exterminez pas".
Les retraité de Bârlad avaient
apporté un tableau de leur confection, représentant la Cène, où l'on
pouvait reconnaître comme personnages Ion Iliescu, Adrian Nastase,
Emil Boc (président du Parti
Démocrate, actuellement au pouvoir), Mona Musca, ancienne
ministre et Traian Basescu… c'est à
dire la nouvelles nomenklatura, issue
de l'ancienne.
U
ne guerre fait rage entre Florence Nicolas, actrice française, et une famille roumaine pour l'adoption du petit Adrian, enfant abandonné à sa naissance à la maternité de Ploiesti, en 2002. Le bébé a été confié à un centre
de placement. L'actrice, mère d'un enfant décédé, s'est portée candidate à son adoption, l'ayant en garde un moment, son ami roumain, Daniel Nicodim agissant en son
nom. Mais, entre-temps, est intervenu le gel des adoptions internationales et Adrian a
été finalement confié à une famille roumaine qui l'élève
depuis et souhaite l'adopter. Daniel Nicodim, marié depuis
avec Florence Nicolas (notre photo), s'est porté aussi candidat à l'adoption, arguant de sa nationalité roumaine.
Les tuteurs actuels s'élèvent contre les pressions qu'ils
subissent de la part du couple franco-roumain: "Ils disent
qu'on ne présente aucune garantie morale et matérielle,
mais elle s'est mariée avec un citoyen roumain uniquement
pour contourner la loi". Un procès a été engagé, Daniel
Nicodim s'efforçant de démontrer qu'il présente les meilleures garanties. L'affaire est
en cours, mais le dossier précise que le petit Adrian, quatre ans, est très attaché à ses
tuteurs actuels, et rappelle que la priorité est donnée aux familles roumaines. Pour
accentuer la pression, l'actrice a débarqué en Roumanie entourée d'une équipe de TF1,
pour tourner un sujet "people"… ce qui promet le pire sur l'image de ce pays.
V
Clanta et le 1er mai
ali, le "Plantu" roumain, ami des "Nouvelles de Roumanie", nous fait le
grand plaisir de nous offrir les "cartoons" qu'il publie chaque semaine
dans "Jurnalul national", croquant les mœurs de ses compatriotes. Une
occasion de découvrir la société roumaine quotidienne à travers les dessins d'un grand
caricaturiste… mais aussi, pour les lecteurs pratiquant un tant soit peu le roumain, de
vérifier leurs connaissances. Clanta, un des personnages favoris de Vali, garçon joufflu plein de verve et de fausse naïveté, pourrait s'appeler "Pipelette" en français. Cette
fois, il découvre ce qu'est devenue la grande fête communiste du 1er mai.
1- Les travailleurs sont sortis bras-dessus -bras dessous pour fêter le 1er mai des
ouvriers, la, la, la, la la… (chanson patriotique communiste que l'on trouve sur
www.ceausescu.org/ceausescu-média/1 mai)
2- Grand-père, qu'est-ce que c'est ce tintamarre, çà m'a réveillé !
- C'est le 1er mai, Clanta, le jour des travailleurs; il faut fêter çà (Le pays est rempli de joie, car le 1er mai est arrivé)
3- (A la radio): A Londres, Paris, Rome, New-York, Tokyo, Sydney, des millions
d'hommes sont sortis dans la rue pour fêter ce jour.
- Viens voir, Clanta, comme c'est beau !
4- Je file au défilé, maman, çà va être super.
5- Ah, çà doit être ici.
6- Monsieur, vous vous êtes regroupés ici pour le 1er mai ?
- Quel 1er mai, corniaud, tu ne vois pas qu'on fête la victoire du Steaua en UEFA
- Zut, ils n'étaient pas ici; il faut que j'aille plus loin, ils sont bien quelque part.
7- Enfin, je crois que je les ai trouvés.
8- Non fiston, nous les retraités,nous faisons la queue pour les médicaments.
9- Mais où donc sont-ils passés ? Ah, voilà un policier, je vais lui demander.
10- Monsieur le sergent, je cherche les travailleurs qui fêtent le 1er mai. Savezvous où ils sont passés ?
11- Tu n'as aucune chance de les trouver, mon garçon, ils sont tous partis en
Espagne (ramasser des fraises).
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
annuellement 23 kg au lieu de 100 kg en 1997
quotidien" n'est plus autant d'actualité
On trouve de tout, et surtout des aliments importés mais
les prix flambent. L'inflation, qui sévit durant cette période se
mesure au prix du pain. 200 lei en 1993, puis 400, 500 et
même 750 lei.Peu à peu la consommation de pain diminue.
Tout d'abord parce que les paysans disposent à nouveau d'aliments pour le bétail et ne se servent plus de pain pour le nourrir. Ainsi, entre 1990 et 2000, elle chute de 25 %. Par la suite,
la diversification de l'alimentation contribue à affaiblir encore
la consommation de pain de 3 à 4 % par année, ce qui se solde
actuellement par une demande divisée par 4. Un Roumain
mange annuellement 23 kg de pain au lieu de 100 kg en 1997.
5 % seulement des unités de panification
correspondent aux normes européennes
Mais les années passent et voici la Roumanie
candidate à l'UE. Parmi les nombreux changements que cela implique, on voit arriver les
fameuses normes européennes s'appliquant à
l'alimentation. Comme dans beaucoup d'autres
domaines - dont notamment la production agricole - les normes imposées en matière de panification sont très éloignées de la réalité des producteurs de farine et de pain. 5 % seulement des
unités fabricant du pain et 8 % seulement des
producteurs de farine y correspondent.
Les résultats d'une enquête de l'Autorité
Sanitaire et Vétérinaire et de Contrôle de
l'Alimentation, de janvier dernier, sont désastreux. Sur 3.200 boulangeries et 630 minoteries, seules 170 et
55, respectivement, méritent la mention "bien". 17 % de bou-
langeries et 15 % de minoteries travaillent dans des conditions
telles qu'elles ne pourront en aucun cas chercher à correspondre aux normes imposées.
Une façon d'acheter qui évolue à grands pas
Le visage du marché du pain et des produits annexes à
également évolué. Les petites boulangeries de quartier perdent
une importante partie de leur clientèle. Celle-ci achète désormais son pain en grande surface. Carrefour, Cora, Kaufland
ont gagné 10 % de parts du marché de la panification. Ces
magasins proposent du pain cuit sur place et vendu emballé, ce
qui explique la préférence des consommateurs pour des raisons de commodité et d'hygiène. Mais il faut compter avec la
concurrence d'un marché noir. L'évasion fiscale du secteur de
la panification approche la somme faramineuse
de 5 mille milliards de lei (14 M€) - dont 10
M€ pour la fabrication du pain et 3 M€ de TVA
pour la minoterie, le reste de la somme étant
représenté par les impayés d'impôts.
Afin d'éviter ce marché parallèle, le
Ministère de l'Agriculture prévoit de rendre l'étiquetage du pain obligatoire, ce qui sous entend
l'obligation pour les dépôts, les moulins et les
silos de posséder une licence. C'est la mort
assurée pour tous ceux qui ne rempliront pas les
conditions prévues. Il va sans dire que la modernisation des producteurs ainsi que l'application
d'une législation plus stricte, auront un coût,
lequel viendra augmenter à nouveau le prix du pain.
Karin Humbert
French Bakery, un concept bon comme le pain chaud
A
vis aux amateurs de pâtisseries fines et de vrais croissants, l'enseigne French
Bakery a débarqué au cœur de la capitale
roumaine avec deux premières enseignes.
Ces deux salons de thé très "Frenchies"
se sont ouverts il y a peu à Bucarest.
Outre les tartelettes faites maison qu'on
croirait tout droit sorties d'une pâtisserie
française, les deux enseigne de French
Bakery offrent des sandwichs succulents.
Quelques tables, une déco raffinée, et
le tour est joué. Très bien placés, ces deux
salons attirent une clientèle de bureau qui
a souvent du mal à trouver quelque chose
à manger "en vitesse" pour remplir un
petit creux en milieu de journée.
Petit détail important: quand on
rentre dans le salon du 10 rue Ion
Campineanu, la radio ne vous assourdit
pas, un fond de chansons françaises
accueille le client en douceur. Sandwich à
emporter ou tartelette à déguster sur
place, c'est au choix. Certes le prix est un
peu élevé par rapport à une boulangerie
quelconque, mais la qualité est au rendezvous.
Quant au service, il est impeccable.
"J'essaie d'être un bon employé raconte
Toma, jeune Roumain de 22 ans qui parle
un français parfait. Je crois en cette
entreprise, nous sommes très sérieux tant
au niveau de l'hygiène que du goût."
Le patron de l'enseigne, également
Roumain et souvent en déplacement, a
vécu plusieurs années en France. "Quand
il vient, il prend un produit au hasard, et
s'il n'est pas satisfait il appelle tout de
suite le laboratoire", explique Toma.
C'est dans ce "laboratoire", non loin
du centre de Bucarest, que tout est préparé. Plusieurs cuisines se répartissent la
fabrication des pains, tartes, sandwiches
et gâteaux. Le travail commence dans la
nuit afin d'assurer les trois livraisons
journalières. Le "laboratoire" livre aussi
à plusieurs cafés, restaurants et hôtels de
Bucarest, dont le Hilton.
Devant un tel succès, les "French
bakery" vont se multiplier. Deux autres
devaient ouvrir ce printemps à Bucarest.
L.C. (LPJ)
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Fournisseur
de la Bulgarie
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La Roumanie de Vali
Clanta et le premier mai
"Donnez nous notre pain
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Société
Un Roumain en mange
Vie quotidienne
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Si l'industrie du pain roumaine
laisse encore beaucoup à désirer,
par rapport aux normes
européennes, en Bulgarie, la situation est encore moins bonne.
La Bulgarie, qui devrait, en principe, entrer dans l'Union Européenne
en même temps que la Roumanie,
possède une industrie de la panification encore plus éloignée des
normes de la Communauté.
En Roumanie, les fonds alloués
par le SAPARD ont aidé une certaine
quantité de boulangeries à se
moderniser.
Cela n'a pas été le cas en
Bulgarie. Il se pourrait donc que la
Roumanie fournisse sa voisine en
pain, comme le déclare l'Association
Bulgare des Boulangers et Pâtissiers
(BABC). Une étude de cet organisme
montre que 75 % des 3.900 unités
de panification bulgares devront probablement fermer, incapables de
s'adapter aux normes européennes.
Ce débouché serait une solution permettant à l'industrie de panification
roumaine de s'élargir.
Le pain est un symbole, permettant de se faire une idée assez juste
du degré d'évolution d'un pays. La
façon dont se transformera l'industrie
de la panification en Roumanie, la
manière dont elle s'adaptera aux
normes de la Communauté, seront
un indicateur du stade atteint par le
pays dans sa quête de cette tant
désirée économie de marché.
Espérons qu'elle indiquera également l'amélioration des conditions de
vie de la population.
L
e pain (ou dans certains pays le riz ou le manioc, qui le remplacent), est par
excellence l'aliment test permettant de juger du stade d'évolution économique et social d'une nation. Entendons par là: augmentation de la consommation, diversification de l'alimentation, prise de conscience des normes d'hygiène
alimentaire, etc.Qui n'a pas en esprit cette image, qu'on pourrait qualifier d'Epinal, du
chef de famille, assis en bout de table et entamant le pain avec un couteau sorti de sa
poche, après y avoir dessiné une croix ? Peintres et cinéastes ont repris ce cliché, et
nous le retrouvons dans maintes œuvres littéraires des ces siècles derniers.
Insensiblement, la façon de se nourrir a
évolué. Les progrès de l'industrie alimentaire en
sont la cause principale. Ayant un choix plus
large d'aliments, on consomme logiquement
moins de pain. Comme partout, l'industrie alimentaire se diversifie aussi en Roumanie, modifiant la façon de s'alimenter.
Bourgeoisie et société féodale
On peut dire que l'évolution de la consommation de pain en Roumanie est liée à la succession des événements politiques. La Roumanie vit pratiquement jusqu'à la deuxième guerre mondiale dans une société de type féodal. Les classes sociales y sont bien
distinctes et l'écart qui les sépare important.
L'évolution de l'alimentation concerne alors surtout la grande et moyenne bourgeoisie. C'est durant la période entre les deux guerres que pour la bourgeoisie roumaine les repas deviennent une véritable fête. Dans ce pays formé de multiples
influences, la gastronomie prend autant de visages que d'origines. Les poissons fumés
de la Baltique et le caviar russe côtoient la choucroute et la charcuterie allemandes, la
poularde demi-deuil et le savarin français, le caviar d'aubergines et la moussaka
turques, le roast-beef anglais et les zakouski grecs. Des livres de cuisine apparaissent,
tel le célèbre " Sanda Marin ", véritable recueil de recettes franco-germano-russo-roumaines.
Il va de soi, que le pain, encore que très présent, perd de son importance, tout en
se diversifiant et en s'ennoblissant: petits pains ronds au lait du matin, pains spéciaux
pour accompagner le fromage, viennoiseries. Mais la grande majorité de la population n'a guère les moyens de suivre cette évolution. Le pain reste pour elle l'aliment de
base. La deuxième guerre mondiale et la terrible famine de 1943-1944, due à la sécheresse, en font un aliment rare et convoité. On raconte que dans certaines régions les
gens mâchaient l'écorce des arbres pour tromper la faim.
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Pénurie à l'époque de Ceausescu
Le pain regagne en importance durant la période communiste. Le choix économique de Nicolae Ceausescu de diriger tous les efforts du pays vers le remboursement
de la dette nationale, débouche sur une grave pénurie alimentaire. Se nourrir devient
la préoccupation principale de chaque roumain. Hommes et femmes ne se déplacent
plus sans un filet à provisions. Dès qu'ils aperçoivent des gens faisant la queue, ils se
précipitent pour les rejoindre, car cela signifie qu'il y a de la nourriture à acheter. Le
plus souvent, lorsque leur tour arrive, il n'y a plus rien à vendre et ils repartent leur
filet à provision vide, vers une autre file d'attente.
Après 1990 la situation s'améliore progressivement. On peut trouver du pain facilement. Sur les marchés et dans les boulangeries, bien entendu, mais aussi dans les
bouches de métro, au coin des rues, dans les innombrables petits kiosques qui fleurissent un peu partout dans les villes.
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Evénements
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Les Roumains tels qu'ils se voient:
Hospitaliers,
travailleurs,
débrouillards…
mais aussi fainéants
et hypocrites
24
Selon une étude de la Faculté de
lettres de Bucarest, auprès de 2000
Roumains, ceux-ci se considèrent
comme hospitaliers, travailleurs,
débrouillards mais aussi, paradoxalement, comme fainéants, hypocrites,
pauvres et ignorants. A leurs yeux,
l'image typique du Roumain est celle
d'un homme de 30-40 ans, marié
avec deux enfants, qui mange des
sarmale accompagnés de tsuica.
L'enquête portait également sur
l'image qu'ont les Roumains des
étrangers. Les Allemands apparaissent comme corrects, rigoureux, disciplinés. Les Italiens sont bavards et
fêtards, les Américains, gros, idiots,
superficiels, mais ouverts et pragmatiques, les Russes, ivrognes… Quant
aux Français, on les considère
comme orgueilleux, très nationalistes,
imbus de leur statut d'ancienne puissance mondiale culturelle, ayant
exercé une hégémonie par leurs réalisations d'exception… et également
comme des romantiques incurables !
Quartier de luxe
Plusieurs centaines de maisons et
de petits immeubles vont voir le jour
dans la banlieue nord de Bucarest,
au-delà de l'aéroport de Baneasa.
Construits sur 220 hectares, ils seront
commercialisés au prix moyen de
1500 € le mètre carré, un appartement avec une chambre et un garage
étant vendu 200 000 €. Malgré ces
prix prohibitifs, ces logements se sont
arrachés comme des petits pains.
La capitale et les grandes villes
sont désormais touchées
Grippe aviaire: plus de cent foyers
épizootiques découverts depuis octobre
et 1,5 million de volailles abattues
P
rès d'un million de volailles devaient être abattues après la découverte dans
le centre du pays de trois foyers épizootiques dus au virus H5N1 de la grippe aviaire, à la mi-mai, chiffre vite porté à une soixantaine. L'un d'eux se
situe dans un élevage de Codlea (judet de Brasov) qui compte 350 000 poulets. Le secteur a été mis en quarantaine et les écoles fermées. Selon une enquête officielle, cette
ferme, dont les responsables ont été arrêtés et risquent jusqu'à 15 ans de prison, aurait
livré des manière illégale des volailles dans trois
départements du centre et de l'est de la
Roumanie, en sachant qu'elles étaient contaminées, bradant les prix. Des barquettes de viande ont été trouvées et retirées dans des supermarchés de Bucarest. Le transport de volailles a
été interdit dans tout le pays et des stocks de
Tamiflu ont été mis en place dans les régions
touchées.
La situation s'est encore aggravée dans la
seconde quinzaine de mai, le virus H5N1 atteignant la capitale. Deux foyers de grippe aviaire
y ont été confirmés dans les quartiers d'Andronache, au nord-est de la ville, et Luica,
au sud. L'accès a été limité dans 65 rues, où vivent 2000 personnes, et ces quartiers
placés en quarantaine pour plusieurs jours. L'abattage des volatiles et la désinfection
des rues ont aussitôt démarré. A Bucarest, plus de 400 foyers élèvent environ 4.400
poulets, selon le maire Adriean Videanu. L'élevage de volaille dans la ville pourrait
être interdit par les autorités et 40 000 volatiles domestiques pourraient être éliminées.
Jusqu'à présent, la grippe aviaire ne touchait que les villages. Désormais, elle frappe aussi les villes, ce qui complique la tache des autorités pour instaurer une quarantaine efficace. Des foyers ont été découverts à Brasov et Sibiu. Des barrages filtrants
ont été installés, la circulation restreinte, et des zones isolées pour tenter d'endiguer la
propagation de l'épizootie. Depuis octobre 2005, début de l'épizootie, 130 foyers de
grippe aviaire ont été identifiés en Roumanie dans 11 judets sur les 41 qu'elle compte, entraînant au total l'abattage de 1,5 millions de volailles: Tulcea, Vaslui, Calarasi,
Ialomita, Braila, Dolj, Dâmbovita, Ilfov (couronne de Bucarest), Buzau, Constantsa
et Olt. Aucun être humain n'a été contaminé.
La Roumanie est particulièrement exposée du fait du passage de nombreux
oiseaux dans le delta du Danube. Toutefois les autorités ont pris sérieusement en main
les choses, interdisant le transport des volailles, détruisant les élevages touchés.
Les services secrets ridiculisés
Par ailleurs, un rapport sur les origines de la grippe aviaire a soulevé la polémique
et les services secrets roumains se sont retrouvés la cible des critiques et ridiculisés.
En effet, le SRI indiquait que l'importation de dindes en provenance de Hongrie au
mois de janvier était à l'origine de l'épizootie actuelle. Aussitôt, les démentis se sont
multipliés: les sociétés impliquées dans ces transactions, la police, le parquet et
l'Autorité sanitaire vétérinaire ont tous exclu cette hypothèse. Quant à l'exportateur
hongrois incriminé, il assure n'avoir jamais élevé de dindes ni enregistrer de cas de
grippe aviaire sur sa production. Les poussins de dindes étaient en réalité des poussins
de poule. Cet incident est révélateur de l'atavisme anti-hongrois persistant des officines nées de l'ère Ceausescu ou qui ont pris leur succession.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Le premier congrès d'Interpol
sur la prostitution s'est tenu à Bucarest
Faits divers
L
e groupe de travail
d'Interpol sur le trafic
d'êtres humains s'est
réuni à Bucarest, pour la première
fois de puis sa constitution, en
2000. Une centaine d'officiers,
venant de 41 pays, ont confronté
leur expérience et imaginer des conduites à suivre pour combattre ce fléau. Les débats ont surtout porté sur la prostitution,
la Roumanie étant particulièrement bien placée dans ce domaine puisqu'elle est un des fournisseurs majeurs de prostituées à
destination de l'Italie, l'Espagne et la France et un pays de transit pour celles qui sont originaires de pays plus à l'est ou au sud
(Moldavie, Ukraine, Russie, Bulgarie, Turquie).
Ainsi, Interpol a sollicité la police roumaine dans 138 cas
en 2005 qui ont abouti à 1031 enquêtes, à l'arrestation et à la
condamnation de 146 trafiquants. La dernière intervention a
été la plus fructueuse. Une demande de l'Italie, relayée par
Interpol, a abouti au démantèlement d'un réseau de Craiova
qui avait conduit 166 jeunes femmes, souvent mineures, à se
prostituer dans ce pays depuis l'an 2000. Un couple était à la
tête de ce trafic, accumulant plus de 200 000 € de gains par
an, possédant quatre maisons, autant de voitures et de nombreux autres biens, mis sous séquestre depuis.
S
elon une étude de l'Association
Roumaine Anti-Sida, interviewant 400 prostituées dans
douze grandes villes du pays, 80 %
d'entre-elles n'utiliseraient pas de préservatifs, par ignorance des risques ou à la
demande des clients, et 10 % donneraient
régulièrement leur sang pour compléter
leurs revenus, faisant de fausses déclarations sur leur statut,considéré comme un
délit depuis mars 2006. Seulement 40 %
ont fait des tests anti-Sida et plus de la
moitié ont déclaré avoir été porteuses de
maladies sexuellement transmissibles.
La Roumanie compterait entre 25 et
Les méthodes utilisées par ces réseaux criminels sont
identiques à travers l'Europe de l'Est. Les jeunes filles sont
racolées dans la rue ou par petite annonce. D'origine pauvre et
sans éducation, ni formation, on leur fait miroiter un emploi de
serveuse ou danseuse bien payé en Occident. On les assure du
transport, des formalités et de l'hébergement. Tombées dans le
miroir aux alouettes, elles partent en toute confiance et légalité, sans se douter de ce qui les attend.
Des jeunes filles immédiatement violées et
régulièrement battues pour briser leur volonté
Ces victimes déchantent dès leur arrivée. Elles sont
violées pour être mises en condition, leurs papiers sont confisqués afin de prévenir toute fuite; elles ne conservent aucun
objet personnel; on les menace de faire subir des sévices à leur
famille ou à leurs enfants, allant jusqu'à l'assassinat, si l'idée
leur prend d'alerter la police locale. Elles ne peuvent avoir
aucun contact à l'extérieur.
Régulièrement battues pour briser leur volonté, elles sont
tout de suite mise "au travail" et obligées d'accepter n'importe
quel client. Elles ne touchent rien de leurs gains qui leur sont
immédiatement “retirés" pour payer les frais de voyage et
d'entretien, mais aussi couvrir leur rachat à un autre réseau.
Près de 80 % des prostituées n'utiliseraient pas
de préservatifs et 10 % donneraient leur sang
45 000 prostituées, 60 % ayant commencé lorsqu'elles étaient mineures,
10 % n'ayant pas encore 14 ans. 40 %
proviennent d'orphelinats, beaucoup ont
un niveau scolaire très faible (moins de
huit classes), certaines n'ayant jamais été
scolarisées (12 %).
Ces adolescentes tombent vite sous
la coupe d'un proxénète, très peu travaillant pour leur propre compte. 30 %
ont été vendues ou achetées, ce pourcentage atteignant 52 % à Constantsa et 42 %
à Bucarest. Un tiers déclarent avoir été
battues par la police et la moitié par leurs
clients.
Les lieux de prostitution sont les
mêmes que dans le monde entier: maisons de passe ("bordels" en roumain; on
y changerait les draps tous les 20 clients),
studios, racolage dans la rue puis hôtel,
parkings de camions à la périphérie des
villes. Les filles seraient contraintes de se
prostituer de 3-4 fois par jour jusqu'à 20,
les tarifs allant, selon leurs dires, de 5 €
dans les villes de province à 70 € dans le
centre de Bucarest, pouvant rapporter
jusqu'à 500 € par jour. Mais pour la grande majorité d'entre elles, le commerce de
leur corps ne leur rapporte guère plus de
400 € mensuels .
Règlement de comptes entre juges dans les WC
P
rocureur auprès du tribunal d'Oradea, Calin Roman
n'avait pas apprécié que son adjoint, Adrian Sferle,
membre de la commission d'appréciation de la profession, lui attribue la mention "Bien" au lieu du "Très bien"
habituel, ce qui lui avait barré la porte d'une promotion.
Les deux hommes présents au mariage d'un de leurs
confrères, après forces libations, se sont retrouvés tous les
deux coincés dans les toilettes du lieu. Le chef a alors admi-
nistré une correction à son subalterne, vidant ainsi toute sa vindicte, amenant celui-ci a déposé plainte, certificat médicolégal à l'appui. Le procureur soutient que son adjoint, s'est
blessé lui-même, vu sont état d'ébriété avancé.
Le journal local d'Oradea qui rapporte les faits se demande comment les Roumains peuvent avoir confiance dans leur
"justice" quand ils voient la manière dont se comportent
réguilèrement ses responsables.
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
La Roumanie
championne d'Europe
pour les accidents routiers graves
Faits divers
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CONSTANTA
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Une fillette
déchiquetée par
neuf chiens errants
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Geanina, de Hunedoara, âgée de
sept ans, a été attaquée par une
meute de neuf chiens errants alors
qu'elle revenait de l'école. La fillette
n'a dû la vie sauve qu'à l'intervention
de riverains alertés par ses cris,
alors que les chiens avaient commencé à la dévorer, lui déchiquetant
jambes, mains, une partie de la face
et la scalpant sur 15 cm de long et
de large.
Elle a été conduite à l'hôpital de
Deva dans un extrême état de choc
et a été opérée pendant quatre
heures.
Trafic de mineurs
en famille
La police de Sighetu-Marmatiei a
procédé à l'arrestation de Nelutu
Dobaies, 33 ans, soupçonné d'avoir
recruté des adolescentes pour les
envoyer se prostituer en Espagne.
Le rabatteur fait partie du tristement
célèbre clan des Dobaies qui, en
famille, se livre depuis des années
au trafic d'êtres humains, avec à la
clé prostitution, proxénétisme, vols,
envoyant leurs victimes en France,
Espagne et Autriche, terrorisant la
région sans que les autorités ne réagissent vraiment.
Le clan est impliqué dans le
détournement d'au moins une vingtaine de personnes et est l'objet de
mandats d'arrêts internationaux, parvenant toujours à échapper aux
poursuites en se cachant ou en
fuyant à l'étranger.
L
a statistique date de 2002, mais fait froid dans le dos des usagers des routes
roumaines. La Roumanie a enregistré cette année là le plus fort taux d'accidents graves en Europe avec un mort tous les trois accidents entrant dans
cette catégorie, devançant la Russie (un sur six), la moyenne de l'UE se situant très
loin derrière (un sur 40), la Grande-Bretagne étant le pays le plus sûr (un sur 93). En
2005, 6905 accidents graves ont été enregistrés, causant 2491 décès et 5637 blessés
graves, soit une augmentation entre 5,3 et 8,3 % par rapport à l'année précédente.
La conduite des Roumains n'est pas seule en cause, le mauvais état des routes,
l'absence d'autoroutes, le temps d'intervention des équipes d'assistance médicale, la
vétusté et les défaillances des voitures, ayant une large part de responsabilité dans
cette hécatombe. La direction générale de la police routière a toutefois décidé de réagir en lançant une campagne baptisée "Stop aux accidents, la vie a la priorité", avec
l'objectif de réduire leur nombre de 5 % dans les mois à venir. Un chiffre qui fait peur
a été avancé : avec 3200 morts chaque jour, la violence routière est l'une des premières
causes de décès dans le monde.
Liste noire des routes meurtrières
Les services de la police routière ont aussi dressé la "liste noire" des routes meurtrières:
- DN 1 (E 60) Bucarest-Ploiesti-Sinaia-Brasov
- DN 13 (E 60) Sighisoara-Târgu-Mures-Cluj
- DN 2 (E 85) Bucarest-Urziceni-Buzau-Focsani-Bacau
- DN 2 A (E 60) Urziceni-Slobozia-Harsova-Constantsa
- DN 25 (E 581) Galati-Tecuci-Tisita
- DN 39 (E 87) Constantsa-Mangalia
- DN 6 (E 70) Bucarest-Alexandria
- DN 6 (E 79) Filiasi-Drobeta Turnu-Severin
- DN 65 (E 574) Pitesti-Craiova
- DN 7 (E 81) Pitesti-Râmnicu-Vâlcea-Sibiu-Deva-Arad
Près de 60 % des voitures
refusées au contrôle technique
L
e contrôle technique, obligatoire tous les deux ans pour les
voitures ou tous les six mois
ou un an, suivant le type de véhicules,
constitue une véritable épreuve pour les
nerfs des automobilistes. Seulement 40 %
des voitures effectuant leur premier
contrôle sont agréées. Les principaux
motifs de refus sont les défauts concernant l'installation électrique, la pollution,
le manque d'équipements annexes (ceintures de sécurité, triangle d'arrêt d'urgence), et, bien sûr, la suspension, les pneus,
la direction et les freins qui souffrent de
l'état des routes. Cela n'empêche pas les
conducteurs en faute de continuer à utiliser leur voiture, risquant une amende
d'environ 15 € s'ils sont contrôlés par la
police, réduite de moitié, si elle est payée
dans les quarante huit heures.
Au hit-parade des véhicules refusés,
les engins de travail, bull-dozers mais
aussi camions caracolent en tête, 74 %
étant recalés. Suivent les autobus, 67 %,
qui, normalement, ne devraient plus avoir
le droit de transporter des passagers, les
tracteurs agricoles, 66 %, les véhicules
utilitaires, 63 %, les automobiles, 60 %.
Les micro-bus, fermant la marche avec
43 %, sont considérés comme les véhicules les plus aptes à circuler, malgré le
nombre d'accidents graves dans lesquels
ils sont impliqués, à cause des cadences
de rotation imposées à leurs conducteurs.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Comment faire des affaires juteuses
sur le dos du pays et de sa population
Evénements
Le Port de Tomis loué pour deux francs trois sous
C
omment faire des "affaires" en Roumanie ? C'est
simple….n'avoir aucun scrupule, voler les
richesses nationales en s'assurant de bonnes complicités au niveau de la nouvelle nomenklatura. Si, en plus,
sous l'ancien régime, on était un familier de certains secteurs
d'activités, il suffit de creuser un peu, d'y faire jouer ses relations pour dénicher les opportunités juteuses, notamment avec
les privatisations et les programmes d'aides européens… C'est
ainsi que le port de plaisance de Tomis a été concédé pour une
bouchée de pain à un promoteur proche du maire de Constanta,
Radu Mazare, à la tête d'une obscure société qui a réalisé un
profit net de 2,7 M€ en 2004… en employant seulement deux
personnes. Chapeau pour leur performance !
Les larmes d'Ovide
Situé sur le littoral de la Mer Noire, dans la province roumaine de Dobroudja, Tomis est un important port de plaisance. Tomis est en fait le nom originel de Constanta. Les Grecs
y établirent une colonie au VIIème et VIème siècle avant J.-C.
A l'époque romaine, Tomis deviendra un des plus importants
établissements des rives de la Mer Noire.
La ville est restée célèbre pour avoir accueilli le poète
Ovide, exilé de Rome, qui y désespéra jusqu'à sa mort. Ses
larmes seraient aujourd'hui d'un autre genre.Pendant la période byzantine, le port de Tomis continua à jouer un rôle économique et politique important.
La légende associe Tomis à l'aventure de Jason et de ses
Argonautes, lesquels partis à la recherche de la Toison d'or, y
jetèrent l'ancre. De nos jours, le port de Tomis est dédié à la
plaisance. On y voit des yachts et des bateaux provenant du
monde entier, car c'est le point de départ des croisières sur la
Mer Noire. En 2005 ce port a accueilli la Foire "Tomis Yacht".
Un loyer ridicule
C'est ce joyau que Gheorghe Moldoveanu directeur de l'ex
Compagnie Nationale d'Administration Portuaire et Maritime
de Constanta (CN APMC), a loué en décembre 2004 pour une
durée de 17 années contre un loyer mensuel absolument dérisoire - 2.605 € - soit inférieur à celui d'une appartement de
standing dans la capitale. Les économistes constatent que
comparée à l'immense potentiel du port de Tomis, cette redevance est parfaitement ridicule.
L'heureux bénéficiaire de cette opération est une entreprise au nom ronflant de "Système International d'Affaires SA de
Bucarest", dont l'actionnaire principal est Valentin Gheorghe
Ionescu, homme d'affaires proche du maire de Constanta,
Radu Mazare, un jeune loup déjà sous le coup d'autres
enquêtes judiciaires. Au registre du commerce, "Système
International d'Affaires" figure comme n'employant que 2 personnes, ce qui ne l'a pas empêché de réaliser, en 2004, un profit net de 2,7 M€. Valentin Gheorghe Ionescu porte également
les casquettes de président de l'Association pour la Promotion
des Produits et Services Roumains et de membre de l'Alliance
pour le Développement Economique de la Roumanie. Il avait
mis sur pied le programme "Fabriqué en Roumanie" lequel
s'était avéré inopérant, mais avait bénéficié d'importants fonds
d'Etat sous Adrian Nastase. Le personnage est également
connu pour avoir acheté de terrains extrêmement bien situés à
20 € le m2, soit réellement un "prix d'amis", plus de 10 fois
inférieur au prix normal.
"Dans les règles"… mais 270 000 € exigés
pour déposer un dossier de candidature
A ceux qui pourraient mettre en avant que la cessation du
port de Tomis s'était faite sans qu'il y ait licitation, l'APMC
rétorque qu'il y a eu 2 appels d'offre, et qu'à chaque fois Le
Système International d'Affaires a été le seul candidat. Ce qui
s'explique par les conditions carrément décourageantes figurant dans le cahier de charges: un engagement de 270 000 €
garantissant la participation aux différentes étapes de l'appel
d'offres. Entre autres avantages concédés, durant les 3 premières années du bail, Système International d'Affaires ne
payera que 50 % de la valeur du loyer. Au bout de cette période elle devrait réaliser des investissements, mais le détail de
ceux-ci ne figure pas dans les clauses du contrat.
Les termes de ce contrat sont totalement défavorables à
l'Administration Portuaire et Maritime de Constanta, laquelle
ne récupérera même pas le prix des investissements réalisés.
La direction actuelle de celle-ci essaye actuellement de renégocier ces clauses, et tout spécialement le montant du loyer,
menaçant de résilier le contrat si les négociations piétinnent et
n'aboutissent pas.
Le Ministère des Transports a déposé devant la justice un
dossier énumérant les irrégularités ayant émaillé la signature
du bail concernant le Port de Tomis. Ces démarches aboutiront-elles ou ne sont-elles qu'un rideau de fumée ?
Des habitants écœurés
A la lecture du compte rendu de cette affaire par les journaux nationaux roumains certains lecteurs ont réagit plutôt
vivement. Témoin, ces quelques extraits de leurs courriers:
" …et ce n'est pas le seul exemple de contrat signé par la
mafia du PSD, paraphé par les cousins, oncles et tantes des
vendeurs, ramenant notre pays à 100 ans en arrière…"
"Ne sommes-nous pas le pays où tout est possible ? Dans
la toile d'araignée des "affaires" sales, qu'importe un dossier
de plus ? Finalement Monsieur Mazare s'en tirera sans dommage. Peu à peu la poussière retombera sur tous ces scandales, et il n'en restera que de la poudre aux yeux….. Nous y
sommes habitués, certains souffrent de conjonctivite, d'autres,
se protègent, comme les chevaux, avec des oeillères…"
Karin Humbert
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Evénements
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MARE
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ARAD
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CLUJ
ALBA I.
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TG. JIU
PITESTI
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BRASOV
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VASLUI
M. CIUC
SIBIU
TIMISOARA
IASI
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Le château de Bran
restitué aux Habsbourg
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GALATI
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TULCEA
CONSTANTA
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Avec 5 cm de plus
les policiers roumains
vont devenir les plus
grands d'Europe
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Le ministre de l'Intérieur, Vasile
Blaga, a signé un décret portant la
hauteur minimum pour être admis à
l'Académie de police et devenir policier, de 1 m 65 à 1 m 70 pour les
femmes, et de 1 m 70 à 1 m 75 pour
les hommes. Cette décision a été
prise trois mois avant les examens
d'admission que les candidats préparent depuis un an, sans préciser s'ils
bénéficieraient d'une exception. Du
coup, les policiers roumains seront
les plus grands d'Europe.
Dans les principaux pays
européens, les tailles minimum pour
être policiers sont les suivantes:
Allemagne, 1,63 m pour les filles,
1,65 m pour les garçons, Autriche,
1,63 m et 1,68 m, Espagne, 1,60 m
et 1,70 m, Italie, 1 m 61 m et 1,65 m,
Portugal, 1,60 m et 1,65 m, France,
1,60 m pour les deux sexes,
Belgique, 1,52 m également pour les
deux sexes. Nicolas Sarkozy,
ministre de l'Intérieur et donc chef de
la police, peut donc légitimement
espérer se recaser dans ses propres
services ou chez nos voisins belges
et faire la chasses aux immigrés sur
le terrain… si d'aventure il n'était pas
élu président en 2007.
L
Vlad Tepes en tremble de fureur…
a fondation "Mihai Eminescu
Trust" fondée et patronnée par
le Prince Charles d'Angleterre
acquiert de nombreuses propriétés en
Roumanie qu'elle restaure pour ensuite
les louer, ou bien se livrer à des activités
de production agricole, notamment dans
L
e célèbre château de Bran, près de Brasov,
haut lieu de l'histoire roumaine, auquel est
associée l'image de Vlad Tepes (Vlad l'empaleur) et le mythe de Dracula, va être restitué à la branche
américaine de la famille des Habsbourg, qui en avait fait
la requête voici quatre ans, demandant aussi, par le biais
d'un cabinet d'avocats, à retrouver la propriété des 30
hectares de terrain l'entourant. La célérité avec laquelle a
été prise cette décision surprend, alors que nombre de
simples Roumains attendent en vain depuis dix, voire quinze ans, la, restitution de
leurs biens. Une loi votée en 2001 prévoit pourtant que Bran ne peut pas être rendu en
nature, ses ancien propriétaires pouvant seulement recevoir un dédommagement.
L'ensemble est estimé à 25-28 millions de dollars. Selon les termes de l'accord passé
avec le ministère de la Culture et des Cultes, le musée qu'il abrite sera encore accessible au public pour une durée de trois ans, son avenir au-delà n'étant pas évoqué.
Cette décision provoque une grande indignation parmi les Roumains. "Les biens
de la Couronne ont toujours été ceux de l'Etat" s'indigne un internaute dans un forum
sur le Net, continuant "cet Habsbourg américain n'a rien à voir avec notre pays, son
histoire, celle de Bran, de Vlad Tepes, des Chevaliers teutons, des princes et seigneurs
liés au peuple roumain".
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Maman à 14 ans, Aurelia
montrée du doigt dans son village
Evénements
E
lève à l'école du village de Cornai, commune de
Dragotesti (judet de Gorj, Târgu Jiu), Aurelia, 14
ans, a failli en être exclue parce qu'elle a donné
naissance à un bébé, en février dernier. Finalement, le conseil
professoral a limité sa "punition", baissant les notes de l'infortunée fillette à 8 sur 10, alors qu'elle était la meilleure élève de
sa classe, obtenant des 9,5, n'avait commis aucune faute, son
absence se limitant à la période de l'accouchement.
Prise sous l'influence du prêtre du village, également professeur de religion à l'école, la décision a indigné se parents
qui ont choisi, tantbien que mal, de faire face à "la honte"
qu'ils redoutaient rencontrer sur place.
Aurelia, qui s'occupe fort bien de son bébé, avec l'aide de
ses parents et grands-parents, continue d'aller à l'école et d'y
briller, ses professeurs, impuissants devant la sanction du
conseil, la considérant comme les autres élèves.
L'inspectorat du judet a décidé d'ouvrir une enquête à la
demande de Maria Mota, responsable de la section féminine
du parti Démocrate du judet. Quant au père, également mineur,
âgé de 17 ans, il fuit ses responsabilités, ne reconnaissant pas
l'enfant. Aurelia était tombée enceinte à la suite de la première et seule relation sexuelle qu'elle avait eue.
Un million de dollars pour les photos du bébé de Nadia Comaneci
L
a petite fée des J.O. de Montréal, qui avait enchanté le monde en 1976, a fait du chemin
dans celui des affaires depuis. A 44 ans, Nadia Comaneci a donné le jour à son premier
bébé, né trois semaines prématurément dans une clinique d'Oklahoma, aux USA, où la
championne de gymnastique s'est installée avec son mari, Bart Conner, 48 ans (notre photo). Le
nouveau-né, un garçon de 2,1 kg, a été prénommé Dylan Paul. Il n'a pas de soucis à se faire pour
son avenir, ses parents ayant négocié l'exclusivité des photos de sa naissance pour la revue américaine "People Magazine" contre la somme de un million de dollars. Son baptême a été célébré à
Beverly Hills (Los Angeles), au cours d'une fête monumentale où le "tout Hollywood" était invité.
Inquiétude de voir brader le patrimoine national
De plus en plus branchés Internet
L'inquiétude se manifeste en Roumanie de voir brader le patrimoine national, sous
couvert de la loi de restitution des biens confisqués sous le communisme. Le splendide palais Brukenthal de Sibiu a ainsi été redonné en décembre dernier à la paroisse
évangélique de la ville; le mois dernier, le ministère de la Culture a commencé le processus de rétrocession au Roi Michel qui réclame la propriété des châteaux de Peles
et Pelisor, à Sinaïa ainsi que celle des complexes Ceramica et Stavilari.
L'archévêque Pimen de Bucovine, lui, réclame avec virulence depuis quinze ans
le retour dans le giron de l'Eglise orthodoxe de 192 000 hectares de forêts (près de
2000 km2)… que lui ont promis les deux candidats aux dernières élections présidentielles. Adrian Nastase, alors Premier ministre, avait même fait prendre une mesure
d'urgence quelques semaines avant le scrutin pour lui en réattribuer d'office la moitié;
du coup Pimen, qui le vouait aux gémonies auparavant n'eut de cesse de le louanger
et de faire appeler par ses prêtres à voter en sa faveur. Nastase ayant perdu les élections, la mesure fut annulée par le Conseil Constitutionnel, lequel a rappelé qu'avant
le communisme, l'Eglise n'avait jamais été propriétaire de ces forêts, mais en avait
seulement reçu le droit d'utilisation. Dernièrement, Pimen a fait défiler dans les rues
cinq cents de ses moines et prêtres pour soutenir cette revendication. Le préfet de
Suceava a indiqué que si cette requête aboutissait, ce serait à la suite de la plus grande corruption que la Roumanie n'ait jamais connue.
es Roumains sont de plus en plus "branchés" Internet. Le
nombre de connexions a doublé l'an dernier, la Roumanie
dépassant l'Albanie, avec laquelle elle faisait jeu égal
voici trois ans, pour rattraper la moyenne des dix derniers pays ayant
rejoint l'UE, au niveau de l'Internet haut débit. A peu près 9 % des
foyers sont branchés et il existe 1000 fournisseurs d'Internet, dont un
tiers propose le haut débit, au lieu de 230 en 2003. Les principales
raisons de cette expansion sont le développement des réseaux de
quartier, ceux du téléphone mobile et de l'utilisation des fibres
optiques qui a quadruplé ces dernières années.
Châteaux en Roumanie pour le Prince Charles
le domaine biologique. Ainsi, l'héritier de
la couronne britannique a acquis deux
châteaux, à Laslea (Sibiu), le second à
Bunesti (Brasov). Le Prince de Galles se
rend souvent en Roumanie pour de courts
séjours. Il ne rend jamais visite aux autorités locales qui sont simplement averties,
un mois à l'avance, de la venue "d'un personnage très important". Sur place,
Charles aime faire faux bond à ses
accompagnateurs, se promenant en solitaire dans la campagne et les bois, ceuxci patientant dans les 7-8 imposant 4x4
chargés de l'intendance et de sa sécurité.
L
80 000 élèves ont dessiné pour Carrefour
C
arrefour a lancé un concours de dessin auquel ont participé 217 écoles de Bucarest et 80 000 élèves. De nombreux prix ont été distribués, les quatre gagnants bénéficiant d'un voyage à Paris et à Eurodisney. Leurs dessins ont été
exposés dans les 4 hypermarchés que le groupe détient à Bucarest.
Défilé gay tendu
L
e samedi3 juin, le deuxième défilé gay organisé
en Rouma-nie a généré quelques heurts, notamment sur la place Unirii, à cause de militants
homophobes. Les gendarmes ont dû calmer une cinquantaine d'extrémistes proches du parti de la Nouvelle génération fondé par le millionnaire Gigi Becali et du groupe
d'extrême droite "Noua dreapta". S'il n'y a pas eu d'incidents majeurs,
les
homosexuels
roumains ont une
nouvelle fois eu
du mal à défiler
en paix. (LPJ)
Policiers et douaniers au grand cœur
L
es policiers gradés du judet de Sibiu ont effectué une collecte à l'occasion des
fêtes de Pâques, destinée à apporter quelque réconfort sous forme de brioches,
d'œufs peints et autres denrées alimentaires à la centaine de pensionnaires de
l'asile pour personnes âgées de Sibiu, dont la doyenne, Maria Dordea, a 109 ans. Il leur ont
également rendu visite. De leur côté, les douaniers du pays ont réuni la somme de 10 000
€, affectée à un but humanitaire. Ces gestes ont servi à redorer le blason de ces deux corporations, estimées comme étant les plus corrompues du pays - avec les juges - méprisées
et déconsidérées auprès de la population.
Famille record
I
bram Amet, 48 ans, et sa
femme, 47 ans, du judet de
Tulcea, détiennent le record
de la famille nombreuse du pays
avec 24 enfants en vie, le 25ème
étant mort à l'âge de 5 ans. Huit sont
encore mineurs, le plus petit ayant
un an. La maman a eu son premier
bébé à l'âge de 15 ans. Le couple est
incapable de dire combien il a de
petits enfants… leur fille aînée,
Dunca, ayant déjà 17 enfants.
27
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Evénements
BAIA
MARE
z
ARAD
z
z
ORADEA
CLUJ
ALBA I.
z
z
z
TG. JIU
PITESTI
CRAIOVA
z
z
z
z
BACAU
z
BRASOV
z
z
VASLUI
M. CIUC
SIBIU
TIMISOARA
IASI
z
z
Le château de Bran
restitué aux Habsbourg
z
SUCEAVA
TARGU
MURES
GALATI
z
z
BUZAU
„
BUCAREST
z
z
TULCEA
CONSTANTA
z
Avec 5 cm de plus
les policiers roumains
vont devenir les plus
grands d'Europe
26
Le ministre de l'Intérieur, Vasile
Blaga, a signé un décret portant la
hauteur minimum pour être admis à
l'Académie de police et devenir policier, de 1 m 65 à 1 m 70 pour les
femmes, et de 1 m 70 à 1 m 75 pour
les hommes. Cette décision a été
prise trois mois avant les examens
d'admission que les candidats préparent depuis un an, sans préciser s'ils
bénéficieraient d'une exception. Du
coup, les policiers roumains seront
les plus grands d'Europe.
Dans les principaux pays
européens, les tailles minimum pour
être policiers sont les suivantes:
Allemagne, 1,63 m pour les filles,
1,65 m pour les garçons, Autriche,
1,63 m et 1,68 m, Espagne, 1,60 m
et 1,70 m, Italie, 1 m 61 m et 1,65 m,
Portugal, 1,60 m et 1,65 m, France,
1,60 m pour les deux sexes,
Belgique, 1,52 m également pour les
deux sexes. Nicolas Sarkozy,
ministre de l'Intérieur et donc chef de
la police, peut donc légitimement
espérer se recaser dans ses propres
services ou chez nos voisins belges
et faire la chasses aux immigrés sur
le terrain… si d'aventure il n'était pas
élu président en 2007.
L
Vlad Tepes en tremble de fureur…
a fondation "Mihai Eminescu
Trust" fondée et patronnée par
le Prince Charles d'Angleterre
acquiert de nombreuses propriétés en
Roumanie qu'elle restaure pour ensuite
les louer, ou bien se livrer à des activités
de production agricole, notamment dans
L
e célèbre château de Bran, près de Brasov,
haut lieu de l'histoire roumaine, auquel est
associée l'image de Vlad Tepes (Vlad l'empaleur) et le mythe de Dracula, va être restitué à la branche
américaine de la famille des Habsbourg, qui en avait fait
la requête voici quatre ans, demandant aussi, par le biais
d'un cabinet d'avocats, à retrouver la propriété des 30
hectares de terrain l'entourant. La célérité avec laquelle a
été prise cette décision surprend, alors que nombre de
simples Roumains attendent en vain depuis dix, voire quinze ans, la, restitution de
leurs biens. Une loi votée en 2001 prévoit pourtant que Bran ne peut pas être rendu en
nature, ses ancien propriétaires pouvant seulement recevoir un dédommagement.
L'ensemble est estimé à 25-28 millions de dollars. Selon les termes de l'accord passé
avec le ministère de la Culture et des Cultes, le musée qu'il abrite sera encore accessible au public pour une durée de trois ans, son avenir au-delà n'étant pas évoqué.
Cette décision provoque une grande indignation parmi les Roumains. "Les biens
de la Couronne ont toujours été ceux de l'Etat" s'indigne un internaute dans un forum
sur le Net, continuant "cet Habsbourg américain n'a rien à voir avec notre pays, son
histoire, celle de Bran, de Vlad Tepes, des Chevaliers teutons, des princes et seigneurs
liés au peuple roumain".
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Maman à 14 ans, Aurelia
montrée du doigt dans son village
Evénements
E
lève à l'école du village de Cornai, commune de
Dragotesti (judet de Gorj, Târgu Jiu), Aurelia, 14
ans, a failli en être exclue parce qu'elle a donné
naissance à un bébé, en février dernier. Finalement, le conseil
professoral a limité sa "punition", baissant les notes de l'infortunée fillette à 8 sur 10, alors qu'elle était la meilleure élève de
sa classe, obtenant des 9,5, n'avait commis aucune faute, son
absence se limitant à la période de l'accouchement.
Prise sous l'influence du prêtre du village, également professeur de religion à l'école, la décision a indigné se parents
qui ont choisi, tantbien que mal, de faire face à "la honte"
qu'ils redoutaient rencontrer sur place.
Aurelia, qui s'occupe fort bien de son bébé, avec l'aide de
ses parents et grands-parents, continue d'aller à l'école et d'y
briller, ses professeurs, impuissants devant la sanction du
conseil, la considérant comme les autres élèves.
L'inspectorat du judet a décidé d'ouvrir une enquête à la
demande de Maria Mota, responsable de la section féminine
du parti Démocrate du judet. Quant au père, également mineur,
âgé de 17 ans, il fuit ses responsabilités, ne reconnaissant pas
l'enfant. Aurelia était tombée enceinte à la suite de la première et seule relation sexuelle qu'elle avait eue.
Un million de dollars pour les photos du bébé de Nadia Comaneci
L
a petite fée des J.O. de Montréal, qui avait enchanté le monde en 1976, a fait du chemin
dans celui des affaires depuis. A 44 ans, Nadia Comaneci a donné le jour à son premier
bébé, né trois semaines prématurément dans une clinique d'Oklahoma, aux USA, où la
championne de gymnastique s'est installée avec son mari, Bart Conner, 48 ans (notre photo). Le
nouveau-né, un garçon de 2,1 kg, a été prénommé Dylan Paul. Il n'a pas de soucis à se faire pour
son avenir, ses parents ayant négocié l'exclusivité des photos de sa naissance pour la revue américaine "People Magazine" contre la somme de un million de dollars. Son baptême a été célébré à
Beverly Hills (Los Angeles), au cours d'une fête monumentale où le "tout Hollywood" était invité.
Inquiétude de voir brader le patrimoine national
De plus en plus branchés Internet
L'inquiétude se manifeste en Roumanie de voir brader le patrimoine national, sous
couvert de la loi de restitution des biens confisqués sous le communisme. Le splendide palais Brukenthal de Sibiu a ainsi été redonné en décembre dernier à la paroisse
évangélique de la ville; le mois dernier, le ministère de la Culture a commencé le processus de rétrocession au Roi Michel qui réclame la propriété des châteaux de Peles
et Pelisor, à Sinaïa ainsi que celle des complexes Ceramica et Stavilari.
L'archévêque Pimen de Bucovine, lui, réclame avec virulence depuis quinze ans
le retour dans le giron de l'Eglise orthodoxe de 192 000 hectares de forêts (près de
2000 km2)… que lui ont promis les deux candidats aux dernières élections présidentielles. Adrian Nastase, alors Premier ministre, avait même fait prendre une mesure
d'urgence quelques semaines avant le scrutin pour lui en réattribuer d'office la moitié;
du coup Pimen, qui le vouait aux gémonies auparavant n'eut de cesse de le louanger
et de faire appeler par ses prêtres à voter en sa faveur. Nastase ayant perdu les élections, la mesure fut annulée par le Conseil Constitutionnel, lequel a rappelé qu'avant
le communisme, l'Eglise n'avait jamais été propriétaire de ces forêts, mais en avait
seulement reçu le droit d'utilisation. Dernièrement, Pimen a fait défiler dans les rues
cinq cents de ses moines et prêtres pour soutenir cette revendication. Le préfet de
Suceava a indiqué que si cette requête aboutissait, ce serait à la suite de la plus grande corruption que la Roumanie n'ait jamais connue.
es Roumains sont de plus en plus "branchés" Internet. Le
nombre de connexions a doublé l'an dernier, la Roumanie
dépassant l'Albanie, avec laquelle elle faisait jeu égal
voici trois ans, pour rattraper la moyenne des dix derniers pays ayant
rejoint l'UE, au niveau de l'Internet haut débit. A peu près 9 % des
foyers sont branchés et il existe 1000 fournisseurs d'Internet, dont un
tiers propose le haut débit, au lieu de 230 en 2003. Les principales
raisons de cette expansion sont le développement des réseaux de
quartier, ceux du téléphone mobile et de l'utilisation des fibres
optiques qui a quadruplé ces dernières années.
Châteaux en Roumanie pour le Prince Charles
le domaine biologique. Ainsi, l'héritier de
la couronne britannique a acquis deux
châteaux, à Laslea (Sibiu), le second à
Bunesti (Brasov). Le Prince de Galles se
rend souvent en Roumanie pour de courts
séjours. Il ne rend jamais visite aux autorités locales qui sont simplement averties,
un mois à l'avance, de la venue "d'un personnage très important". Sur place,
Charles aime faire faux bond à ses
accompagnateurs, se promenant en solitaire dans la campagne et les bois, ceuxci patientant dans les 7-8 imposant 4x4
chargés de l'intendance et de sa sécurité.
L
80 000 élèves ont dessiné pour Carrefour
C
arrefour a lancé un concours de dessin auquel ont participé 217 écoles de Bucarest et 80 000 élèves. De nombreux prix ont été distribués, les quatre gagnants bénéficiant d'un voyage à Paris et à Eurodisney. Leurs dessins ont été
exposés dans les 4 hypermarchés que le groupe détient à Bucarest.
Défilé gay tendu
L
e samedi3 juin, le deuxième défilé gay organisé
en Rouma-nie a généré quelques heurts, notamment sur la place Unirii, à cause de militants
homophobes. Les gendarmes ont dû calmer une cinquantaine d'extrémistes proches du parti de la Nouvelle génération fondé par le millionnaire Gigi Becali et du groupe
d'extrême droite "Noua dreapta". S'il n'y a pas eu d'incidents majeurs,
les
homosexuels
roumains ont une
nouvelle fois eu
du mal à défiler
en paix. (LPJ)
Policiers et douaniers au grand cœur
L
es policiers gradés du judet de Sibiu ont effectué une collecte à l'occasion des
fêtes de Pâques, destinée à apporter quelque réconfort sous forme de brioches,
d'œufs peints et autres denrées alimentaires à la centaine de pensionnaires de
l'asile pour personnes âgées de Sibiu, dont la doyenne, Maria Dordea, a 109 ans. Il leur ont
également rendu visite. De leur côté, les douaniers du pays ont réuni la somme de 10 000
€, affectée à un but humanitaire. Ces gestes ont servi à redorer le blason de ces deux corporations, estimées comme étant les plus corrompues du pays - avec les juges - méprisées
et déconsidérées auprès de la population.
Famille record
I
bram Amet, 48 ans, et sa
femme, 47 ans, du judet de
Tulcea, détiennent le record
de la famille nombreuse du pays
avec 24 enfants en vie, le 25ème
étant mort à l'âge de 5 ans. Huit sont
encore mineurs, le plus petit ayant
un an. La maman a eu son premier
bébé à l'âge de 15 ans. Le couple est
incapable de dire combien il a de
petits enfants… leur fille aînée,
Dunca, ayant déjà 17 enfants.
27
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
La Roumanie
championne d'Europe
pour les accidents routiers graves
Faits divers
BAIA
MARE
z
z
IASI
ORADEA
TARGU
MURES
DEVA
TIMISOARA
z
z
ARAD
z
SUCEAVA
z
z
z
z
z
BACAU
z
SIBIU
BICAZ
BRASOV
GALATI
BRAILA
PITESTI
z
z
z
z
TULCEA
z
CRAIOVA
z
„
BUCAREST
CONSTANTA
z
Une fillette
déchiquetée par
neuf chiens errants
28
Geanina, de Hunedoara, âgée de
sept ans, a été attaquée par une
meute de neuf chiens errants alors
qu'elle revenait de l'école. La fillette
n'a dû la vie sauve qu'à l'intervention
de riverains alertés par ses cris,
alors que les chiens avaient commencé à la dévorer, lui déchiquetant
jambes, mains, une partie de la face
et la scalpant sur 15 cm de long et
de large.
Elle a été conduite à l'hôpital de
Deva dans un extrême état de choc
et a été opérée pendant quatre
heures.
Trafic de mineurs
en famille
La police de Sighetu-Marmatiei a
procédé à l'arrestation de Nelutu
Dobaies, 33 ans, soupçonné d'avoir
recruté des adolescentes pour les
envoyer se prostituer en Espagne.
Le rabatteur fait partie du tristement
célèbre clan des Dobaies qui, en
famille, se livre depuis des années
au trafic d'êtres humains, avec à la
clé prostitution, proxénétisme, vols,
envoyant leurs victimes en France,
Espagne et Autriche, terrorisant la
région sans que les autorités ne réagissent vraiment.
Le clan est impliqué dans le
détournement d'au moins une vingtaine de personnes et est l'objet de
mandats d'arrêts internationaux, parvenant toujours à échapper aux
poursuites en se cachant ou en
fuyant à l'étranger.
L
a statistique date de 2002, mais fait froid dans le dos des usagers des routes
roumaines. La Roumanie a enregistré cette année là le plus fort taux d'accidents graves en Europe avec un mort tous les trois accidents entrant dans
cette catégorie, devançant la Russie (un sur six), la moyenne de l'UE se situant très
loin derrière (un sur 40), la Grande-Bretagne étant le pays le plus sûr (un sur 93). En
2005, 6905 accidents graves ont été enregistrés, causant 2491 décès et 5637 blessés
graves, soit une augmentation entre 5,3 et 8,3 % par rapport à l'année précédente.
La conduite des Roumains n'est pas seule en cause, le mauvais état des routes,
l'absence d'autoroutes, le temps d'intervention des équipes d'assistance médicale, la
vétusté et les défaillances des voitures, ayant une large part de responsabilité dans
cette hécatombe. La direction générale de la police routière a toutefois décidé de réagir en lançant une campagne baptisée "Stop aux accidents, la vie a la priorité", avec
l'objectif de réduire leur nombre de 5 % dans les mois à venir. Un chiffre qui fait peur
a été avancé : avec 3200 morts chaque jour, la violence routière est l'une des premières
causes de décès dans le monde.
Liste noire des routes meurtrières
Les services de la police routière ont aussi dressé la "liste noire" des routes meurtrières:
- DN 1 (E 60) Bucarest-Ploiesti-Sinaia-Brasov
- DN 13 (E 60) Sighisoara-Târgu-Mures-Cluj
- DN 2 (E 85) Bucarest-Urziceni-Buzau-Focsani-Bacau
- DN 2 A (E 60) Urziceni-Slobozia-Harsova-Constantsa
- DN 25 (E 581) Galati-Tecuci-Tisita
- DN 39 (E 87) Constantsa-Mangalia
- DN 6 (E 70) Bucarest-Alexandria
- DN 6 (E 79) Filiasi-Drobeta Turnu-Severin
- DN 65 (E 574) Pitesti-Craiova
- DN 7 (E 81) Pitesti-Râmnicu-Vâlcea-Sibiu-Deva-Arad
Près de 60 % des voitures
refusées au contrôle technique
L
e contrôle technique, obligatoire tous les deux ans pour les
voitures ou tous les six mois
ou un an, suivant le type de véhicules,
constitue une véritable épreuve pour les
nerfs des automobilistes. Seulement 40 %
des voitures effectuant leur premier
contrôle sont agréées. Les principaux
motifs de refus sont les défauts concernant l'installation électrique, la pollution,
le manque d'équipements annexes (ceintures de sécurité, triangle d'arrêt d'urgence), et, bien sûr, la suspension, les pneus,
la direction et les freins qui souffrent de
l'état des routes. Cela n'empêche pas les
conducteurs en faute de continuer à utiliser leur voiture, risquant une amende
d'environ 15 € s'ils sont contrôlés par la
police, réduite de moitié, si elle est payée
dans les quarante huit heures.
Au hit-parade des véhicules refusés,
les engins de travail, bull-dozers mais
aussi camions caracolent en tête, 74 %
étant recalés. Suivent les autobus, 67 %,
qui, normalement, ne devraient plus avoir
le droit de transporter des passagers, les
tracteurs agricoles, 66 %, les véhicules
utilitaires, 63 %, les automobiles, 60 %.
Les micro-bus, fermant la marche avec
43 %, sont considérés comme les véhicules les plus aptes à circuler, malgré le
nombre d'accidents graves dans lesquels
ils sont impliqués, à cause des cadences
de rotation imposées à leurs conducteurs.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Comment faire des affaires juteuses
sur le dos du pays et de sa population
Evénements
Le Port de Tomis loué pour deux francs trois sous
C
omment faire des "affaires" en Roumanie ? C'est
simple….n'avoir aucun scrupule, voler les
richesses nationales en s'assurant de bonnes complicités au niveau de la nouvelle nomenklatura. Si, en plus,
sous l'ancien régime, on était un familier de certains secteurs
d'activités, il suffit de creuser un peu, d'y faire jouer ses relations pour dénicher les opportunités juteuses, notamment avec
les privatisations et les programmes d'aides européens… C'est
ainsi que le port de plaisance de Tomis a été concédé pour une
bouchée de pain à un promoteur proche du maire de Constanta,
Radu Mazare, à la tête d'une obscure société qui a réalisé un
profit net de 2,7 M€ en 2004… en employant seulement deux
personnes. Chapeau pour leur performance !
Les larmes d'Ovide
Situé sur le littoral de la Mer Noire, dans la province roumaine de Dobroudja, Tomis est un important port de plaisance. Tomis est en fait le nom originel de Constanta. Les Grecs
y établirent une colonie au VIIème et VIème siècle avant J.-C.
A l'époque romaine, Tomis deviendra un des plus importants
établissements des rives de la Mer Noire.
La ville est restée célèbre pour avoir accueilli le poète
Ovide, exilé de Rome, qui y désespéra jusqu'à sa mort. Ses
larmes seraient aujourd'hui d'un autre genre.Pendant la période byzantine, le port de Tomis continua à jouer un rôle économique et politique important.
La légende associe Tomis à l'aventure de Jason et de ses
Argonautes, lesquels partis à la recherche de la Toison d'or, y
jetèrent l'ancre. De nos jours, le port de Tomis est dédié à la
plaisance. On y voit des yachts et des bateaux provenant du
monde entier, car c'est le point de départ des croisières sur la
Mer Noire. En 2005 ce port a accueilli la Foire "Tomis Yacht".
Un loyer ridicule
C'est ce joyau que Gheorghe Moldoveanu directeur de l'ex
Compagnie Nationale d'Administration Portuaire et Maritime
de Constanta (CN APMC), a loué en décembre 2004 pour une
durée de 17 années contre un loyer mensuel absolument dérisoire - 2.605 € - soit inférieur à celui d'une appartement de
standing dans la capitale. Les économistes constatent que
comparée à l'immense potentiel du port de Tomis, cette redevance est parfaitement ridicule.
L'heureux bénéficiaire de cette opération est une entreprise au nom ronflant de "Système International d'Affaires SA de
Bucarest", dont l'actionnaire principal est Valentin Gheorghe
Ionescu, homme d'affaires proche du maire de Constanta,
Radu Mazare, un jeune loup déjà sous le coup d'autres
enquêtes judiciaires. Au registre du commerce, "Système
International d'Affaires" figure comme n'employant que 2 personnes, ce qui ne l'a pas empêché de réaliser, en 2004, un profit net de 2,7 M€. Valentin Gheorghe Ionescu porte également
les casquettes de président de l'Association pour la Promotion
des Produits et Services Roumains et de membre de l'Alliance
pour le Développement Economique de la Roumanie. Il avait
mis sur pied le programme "Fabriqué en Roumanie" lequel
s'était avéré inopérant, mais avait bénéficié d'importants fonds
d'Etat sous Adrian Nastase. Le personnage est également
connu pour avoir acheté de terrains extrêmement bien situés à
20 € le m2, soit réellement un "prix d'amis", plus de 10 fois
inférieur au prix normal.
"Dans les règles"… mais 270 000 € exigés
pour déposer un dossier de candidature
A ceux qui pourraient mettre en avant que la cessation du
port de Tomis s'était faite sans qu'il y ait licitation, l'APMC
rétorque qu'il y a eu 2 appels d'offre, et qu'à chaque fois Le
Système International d'Affaires a été le seul candidat. Ce qui
s'explique par les conditions carrément décourageantes figurant dans le cahier de charges: un engagement de 270 000 €
garantissant la participation aux différentes étapes de l'appel
d'offres. Entre autres avantages concédés, durant les 3 premières années du bail, Système International d'Affaires ne
payera que 50 % de la valeur du loyer. Au bout de cette période elle devrait réaliser des investissements, mais le détail de
ceux-ci ne figure pas dans les clauses du contrat.
Les termes de ce contrat sont totalement défavorables à
l'Administration Portuaire et Maritime de Constanta, laquelle
ne récupérera même pas le prix des investissements réalisés.
La direction actuelle de celle-ci essaye actuellement de renégocier ces clauses, et tout spécialement le montant du loyer,
menaçant de résilier le contrat si les négociations piétinnent et
n'aboutissent pas.
Le Ministère des Transports a déposé devant la justice un
dossier énumérant les irrégularités ayant émaillé la signature
du bail concernant le Port de Tomis. Ces démarches aboutiront-elles ou ne sont-elles qu'un rideau de fumée ?
Des habitants écœurés
A la lecture du compte rendu de cette affaire par les journaux nationaux roumains certains lecteurs ont réagit plutôt
vivement. Témoin, ces quelques extraits de leurs courriers:
" …et ce n'est pas le seul exemple de contrat signé par la
mafia du PSD, paraphé par les cousins, oncles et tantes des
vendeurs, ramenant notre pays à 100 ans en arrière…"
"Ne sommes-nous pas le pays où tout est possible ? Dans
la toile d'araignée des "affaires" sales, qu'importe un dossier
de plus ? Finalement Monsieur Mazare s'en tirera sans dommage. Peu à peu la poussière retombera sur tous ces scandales, et il n'en restera que de la poudre aux yeux….. Nous y
sommes habitués, certains souffrent de conjonctivite, d'autres,
se protègent, comme les chevaux, avec des oeillères…"
Karin Humbert
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Evénements
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TULCEA
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BUCAREST
CONSTANTA
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Les Roumains tels qu'ils se voient:
Hospitaliers,
travailleurs,
débrouillards…
mais aussi fainéants
et hypocrites
24
Selon une étude de la Faculté de
lettres de Bucarest, auprès de 2000
Roumains, ceux-ci se considèrent
comme hospitaliers, travailleurs,
débrouillards mais aussi, paradoxalement, comme fainéants, hypocrites,
pauvres et ignorants. A leurs yeux,
l'image typique du Roumain est celle
d'un homme de 30-40 ans, marié
avec deux enfants, qui mange des
sarmale accompagnés de tsuica.
L'enquête portait également sur
l'image qu'ont les Roumains des
étrangers. Les Allemands apparaissent comme corrects, rigoureux, disciplinés. Les Italiens sont bavards et
fêtards, les Américains, gros, idiots,
superficiels, mais ouverts et pragmatiques, les Russes, ivrognes… Quant
aux Français, on les considère
comme orgueilleux, très nationalistes,
imbus de leur statut d'ancienne puissance mondiale culturelle, ayant
exercé une hégémonie par leurs réalisations d'exception… et également
comme des romantiques incurables !
Quartier de luxe
Plusieurs centaines de maisons et
de petits immeubles vont voir le jour
dans la banlieue nord de Bucarest,
au-delà de l'aéroport de Baneasa.
Construits sur 220 hectares, ils seront
commercialisés au prix moyen de
1500 € le mètre carré, un appartement avec une chambre et un garage
étant vendu 200 000 €. Malgré ces
prix prohibitifs, ces logements se sont
arrachés comme des petits pains.
La capitale et les grandes villes
sont désormais touchées
Grippe aviaire: plus de cent foyers
épizootiques découverts depuis octobre
et 1,5 million de volailles abattues
P
rès d'un million de volailles devaient être abattues après la découverte dans
le centre du pays de trois foyers épizootiques dus au virus H5N1 de la grippe aviaire, à la mi-mai, chiffre vite porté à une soixantaine. L'un d'eux se
situe dans un élevage de Codlea (judet de Brasov) qui compte 350 000 poulets. Le secteur a été mis en quarantaine et les écoles fermées. Selon une enquête officielle, cette
ferme, dont les responsables ont été arrêtés et risquent jusqu'à 15 ans de prison, aurait
livré des manière illégale des volailles dans trois
départements du centre et de l'est de la
Roumanie, en sachant qu'elles étaient contaminées, bradant les prix. Des barquettes de viande ont été trouvées et retirées dans des supermarchés de Bucarest. Le transport de volailles a
été interdit dans tout le pays et des stocks de
Tamiflu ont été mis en place dans les régions
touchées.
La situation s'est encore aggravée dans la
seconde quinzaine de mai, le virus H5N1 atteignant la capitale. Deux foyers de grippe aviaire
y ont été confirmés dans les quartiers d'Andronache, au nord-est de la ville, et Luica,
au sud. L'accès a été limité dans 65 rues, où vivent 2000 personnes, et ces quartiers
placés en quarantaine pour plusieurs jours. L'abattage des volatiles et la désinfection
des rues ont aussitôt démarré. A Bucarest, plus de 400 foyers élèvent environ 4.400
poulets, selon le maire Adriean Videanu. L'élevage de volaille dans la ville pourrait
être interdit par les autorités et 40 000 volatiles domestiques pourraient être éliminées.
Jusqu'à présent, la grippe aviaire ne touchait que les villages. Désormais, elle frappe aussi les villes, ce qui complique la tache des autorités pour instaurer une quarantaine efficace. Des foyers ont été découverts à Brasov et Sibiu. Des barrages filtrants
ont été installés, la circulation restreinte, et des zones isolées pour tenter d'endiguer la
propagation de l'épizootie. Depuis octobre 2005, début de l'épizootie, 130 foyers de
grippe aviaire ont été identifiés en Roumanie dans 11 judets sur les 41 qu'elle compte, entraînant au total l'abattage de 1,5 millions de volailles: Tulcea, Vaslui, Calarasi,
Ialomita, Braila, Dolj, Dâmbovita, Ilfov (couronne de Bucarest), Buzau, Constantsa
et Olt. Aucun être humain n'a été contaminé.
La Roumanie est particulièrement exposée du fait du passage de nombreux
oiseaux dans le delta du Danube. Toutefois les autorités ont pris sérieusement en main
les choses, interdisant le transport des volailles, détruisant les élevages touchés.
Les services secrets ridiculisés
Par ailleurs, un rapport sur les origines de la grippe aviaire a soulevé la polémique
et les services secrets roumains se sont retrouvés la cible des critiques et ridiculisés.
En effet, le SRI indiquait que l'importation de dindes en provenance de Hongrie au
mois de janvier était à l'origine de l'épizootie actuelle. Aussitôt, les démentis se sont
multipliés: les sociétés impliquées dans ces transactions, la police, le parquet et
l'Autorité sanitaire vétérinaire ont tous exclu cette hypothèse. Quant à l'exportateur
hongrois incriminé, il assure n'avoir jamais élevé de dindes ni enregistrer de cas de
grippe aviaire sur sa production. Les poussins de dindes étaient en réalité des poussins
de poule. Cet incident est révélateur de l'atavisme anti-hongrois persistant des officines nées de l'ère Ceausescu ou qui ont pris leur succession.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Le premier congrès d'Interpol
sur la prostitution s'est tenu à Bucarest
Faits divers
L
e groupe de travail
d'Interpol sur le trafic
d'êtres humains s'est
réuni à Bucarest, pour la première
fois de puis sa constitution, en
2000. Une centaine d'officiers,
venant de 41 pays, ont confronté
leur expérience et imaginer des conduites à suivre pour combattre ce fléau. Les débats ont surtout porté sur la prostitution,
la Roumanie étant particulièrement bien placée dans ce domaine puisqu'elle est un des fournisseurs majeurs de prostituées à
destination de l'Italie, l'Espagne et la France et un pays de transit pour celles qui sont originaires de pays plus à l'est ou au sud
(Moldavie, Ukraine, Russie, Bulgarie, Turquie).
Ainsi, Interpol a sollicité la police roumaine dans 138 cas
en 2005 qui ont abouti à 1031 enquêtes, à l'arrestation et à la
condamnation de 146 trafiquants. La dernière intervention a
été la plus fructueuse. Une demande de l'Italie, relayée par
Interpol, a abouti au démantèlement d'un réseau de Craiova
qui avait conduit 166 jeunes femmes, souvent mineures, à se
prostituer dans ce pays depuis l'an 2000. Un couple était à la
tête de ce trafic, accumulant plus de 200 000 € de gains par
an, possédant quatre maisons, autant de voitures et de nombreux autres biens, mis sous séquestre depuis.
S
elon une étude de l'Association
Roumaine Anti-Sida, interviewant 400 prostituées dans
douze grandes villes du pays, 80 %
d'entre-elles n'utiliseraient pas de préservatifs, par ignorance des risques ou à la
demande des clients, et 10 % donneraient
régulièrement leur sang pour compléter
leurs revenus, faisant de fausses déclarations sur leur statut,considéré comme un
délit depuis mars 2006. Seulement 40 %
ont fait des tests anti-Sida et plus de la
moitié ont déclaré avoir été porteuses de
maladies sexuellement transmissibles.
La Roumanie compterait entre 25 et
Les méthodes utilisées par ces réseaux criminels sont
identiques à travers l'Europe de l'Est. Les jeunes filles sont
racolées dans la rue ou par petite annonce. D'origine pauvre et
sans éducation, ni formation, on leur fait miroiter un emploi de
serveuse ou danseuse bien payé en Occident. On les assure du
transport, des formalités et de l'hébergement. Tombées dans le
miroir aux alouettes, elles partent en toute confiance et légalité, sans se douter de ce qui les attend.
Des jeunes filles immédiatement violées et
régulièrement battues pour briser leur volonté
Ces victimes déchantent dès leur arrivée. Elles sont
violées pour être mises en condition, leurs papiers sont confisqués afin de prévenir toute fuite; elles ne conservent aucun
objet personnel; on les menace de faire subir des sévices à leur
famille ou à leurs enfants, allant jusqu'à l'assassinat, si l'idée
leur prend d'alerter la police locale. Elles ne peuvent avoir
aucun contact à l'extérieur.
Régulièrement battues pour briser leur volonté, elles sont
tout de suite mise "au travail" et obligées d'accepter n'importe
quel client. Elles ne touchent rien de leurs gains qui leur sont
immédiatement “retirés" pour payer les frais de voyage et
d'entretien, mais aussi couvrir leur rachat à un autre réseau.
Près de 80 % des prostituées n'utiliseraient pas
de préservatifs et 10 % donneraient leur sang
45 000 prostituées, 60 % ayant commencé lorsqu'elles étaient mineures,
10 % n'ayant pas encore 14 ans. 40 %
proviennent d'orphelinats, beaucoup ont
un niveau scolaire très faible (moins de
huit classes), certaines n'ayant jamais été
scolarisées (12 %).
Ces adolescentes tombent vite sous
la coupe d'un proxénète, très peu travaillant pour leur propre compte. 30 %
ont été vendues ou achetées, ce pourcentage atteignant 52 % à Constantsa et 42 %
à Bucarest. Un tiers déclarent avoir été
battues par la police et la moitié par leurs
clients.
Les lieux de prostitution sont les
mêmes que dans le monde entier: maisons de passe ("bordels" en roumain; on
y changerait les draps tous les 20 clients),
studios, racolage dans la rue puis hôtel,
parkings de camions à la périphérie des
villes. Les filles seraient contraintes de se
prostituer de 3-4 fois par jour jusqu'à 20,
les tarifs allant, selon leurs dires, de 5 €
dans les villes de province à 70 € dans le
centre de Bucarest, pouvant rapporter
jusqu'à 500 € par jour. Mais pour la grande majorité d'entre elles, le commerce de
leur corps ne leur rapporte guère plus de
400 € mensuels .
Règlement de comptes entre juges dans les WC
P
rocureur auprès du tribunal d'Oradea, Calin Roman
n'avait pas apprécié que son adjoint, Adrian Sferle,
membre de la commission d'appréciation de la profession, lui attribue la mention "Bien" au lieu du "Très bien"
habituel, ce qui lui avait barré la porte d'une promotion.
Les deux hommes présents au mariage d'un de leurs
confrères, après forces libations, se sont retrouvés tous les
deux coincés dans les toilettes du lieu. Le chef a alors admi-
nistré une correction à son subalterne, vidant ainsi toute sa vindicte, amenant celui-ci a déposé plainte, certificat médicolégal à l'appui. Le procureur soutient que son adjoint, s'est
blessé lui-même, vu sont état d'ébriété avancé.
Le journal local d'Oradea qui rapporte les faits se demande comment les Roumains peuvent avoir confiance dans leur
"justice" quand ils voient la manière dont se comportent
réguilèrement ses responsables.
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
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Fournisseur
de la Bulgarie
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La Roumanie de Vali
Clanta et le premier mai
"Donnez nous notre pain
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Un Roumain en mange
Vie quotidienne
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Si l'industrie du pain roumaine
laisse encore beaucoup à désirer,
par rapport aux normes
européennes, en Bulgarie, la situation est encore moins bonne.
La Bulgarie, qui devrait, en principe, entrer dans l'Union Européenne
en même temps que la Roumanie,
possède une industrie de la panification encore plus éloignée des
normes de la Communauté.
En Roumanie, les fonds alloués
par le SAPARD ont aidé une certaine
quantité de boulangeries à se
moderniser.
Cela n'a pas été le cas en
Bulgarie. Il se pourrait donc que la
Roumanie fournisse sa voisine en
pain, comme le déclare l'Association
Bulgare des Boulangers et Pâtissiers
(BABC). Une étude de cet organisme
montre que 75 % des 3.900 unités
de panification bulgares devront probablement fermer, incapables de
s'adapter aux normes européennes.
Ce débouché serait une solution permettant à l'industrie de panification
roumaine de s'élargir.
Le pain est un symbole, permettant de se faire une idée assez juste
du degré d'évolution d'un pays. La
façon dont se transformera l'industrie
de la panification en Roumanie, la
manière dont elle s'adaptera aux
normes de la Communauté, seront
un indicateur du stade atteint par le
pays dans sa quête de cette tant
désirée économie de marché.
Espérons qu'elle indiquera également l'amélioration des conditions de
vie de la population.
L
e pain (ou dans certains pays le riz ou le manioc, qui le remplacent), est par
excellence l'aliment test permettant de juger du stade d'évolution économique et social d'une nation. Entendons par là: augmentation de la consommation, diversification de l'alimentation, prise de conscience des normes d'hygiène
alimentaire, etc.Qui n'a pas en esprit cette image, qu'on pourrait qualifier d'Epinal, du
chef de famille, assis en bout de table et entamant le pain avec un couteau sorti de sa
poche, après y avoir dessiné une croix ? Peintres et cinéastes ont repris ce cliché, et
nous le retrouvons dans maintes œuvres littéraires des ces siècles derniers.
Insensiblement, la façon de se nourrir a
évolué. Les progrès de l'industrie alimentaire en
sont la cause principale. Ayant un choix plus
large d'aliments, on consomme logiquement
moins de pain. Comme partout, l'industrie alimentaire se diversifie aussi en Roumanie, modifiant la façon de s'alimenter.
Bourgeoisie et société féodale
On peut dire que l'évolution de la consommation de pain en Roumanie est liée à la succession des événements politiques. La Roumanie vit pratiquement jusqu'à la deuxième guerre mondiale dans une société de type féodal. Les classes sociales y sont bien
distinctes et l'écart qui les sépare important.
L'évolution de l'alimentation concerne alors surtout la grande et moyenne bourgeoisie. C'est durant la période entre les deux guerres que pour la bourgeoisie roumaine les repas deviennent une véritable fête. Dans ce pays formé de multiples
influences, la gastronomie prend autant de visages que d'origines. Les poissons fumés
de la Baltique et le caviar russe côtoient la choucroute et la charcuterie allemandes, la
poularde demi-deuil et le savarin français, le caviar d'aubergines et la moussaka
turques, le roast-beef anglais et les zakouski grecs. Des livres de cuisine apparaissent,
tel le célèbre " Sanda Marin ", véritable recueil de recettes franco-germano-russo-roumaines.
Il va de soi, que le pain, encore que très présent, perd de son importance, tout en
se diversifiant et en s'ennoblissant: petits pains ronds au lait du matin, pains spéciaux
pour accompagner le fromage, viennoiseries. Mais la grande majorité de la population n'a guère les moyens de suivre cette évolution. Le pain reste pour elle l'aliment de
base. La deuxième guerre mondiale et la terrible famine de 1943-1944, due à la sécheresse, en font un aliment rare et convoité. On raconte que dans certaines régions les
gens mâchaient l'écorce des arbres pour tromper la faim.
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Pénurie à l'époque de Ceausescu
Le pain regagne en importance durant la période communiste. Le choix économique de Nicolae Ceausescu de diriger tous les efforts du pays vers le remboursement
de la dette nationale, débouche sur une grave pénurie alimentaire. Se nourrir devient
la préoccupation principale de chaque roumain. Hommes et femmes ne se déplacent
plus sans un filet à provisions. Dès qu'ils aperçoivent des gens faisant la queue, ils se
précipitent pour les rejoindre, car cela signifie qu'il y a de la nourriture à acheter. Le
plus souvent, lorsque leur tour arrive, il n'y a plus rien à vendre et ils repartent leur
filet à provision vide, vers une autre file d'attente.
Après 1990 la situation s'améliore progressivement. On peut trouver du pain facilement. Sur les marchés et dans les boulangeries, bien entendu, mais aussi dans les
bouches de métro, au coin des rues, dans les innombrables petits kiosques qui fleurissent un peu partout dans les villes.
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Une actrice française se
bat pour adopter un enfant
déjà élevé par une famille roumaine
Social
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Le mécontentement
gronde chez
les retraités
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Les protestations de mécontentement des retraités contre la détérioration de leur niveau de vie se font
de plus en plus nombreuses à travers le pays. Des centaines d'entreeux ont manifesté Piata Civica, dans
le centre de Vaslui, scandant des slogans anti-gouvernementaux du genre
"Redonnez-nous l'assurance du lendemain", "Nous avons voté pour
vivre mieux (thème de la campagne
de Traian Basescu, lors des dernières présidentielles)… nous survivons au jour le jour", "Nous somme
vos parents, vos grands-parents, ne
nous exterminez pas".
Les retraité de Bârlad avaient
apporté un tableau de leur confection, représentant la Cène, où l'on
pouvait reconnaître comme personnages Ion Iliescu, Adrian Nastase,
Emil Boc (président du Parti
Démocrate, actuellement au pouvoir), Mona Musca, ancienne
ministre et Traian Basescu… c'est à
dire la nouvelles nomenklatura, issue
de l'ancienne.
U
ne guerre fait rage entre Florence Nicolas, actrice française, et une famille roumaine pour l'adoption du petit Adrian, enfant abandonné à sa naissance à la maternité de Ploiesti, en 2002. Le bébé a été confié à un centre
de placement. L'actrice, mère d'un enfant décédé, s'est portée candidate à son adoption, l'ayant en garde un moment, son ami roumain, Daniel Nicodim agissant en son
nom. Mais, entre-temps, est intervenu le gel des adoptions internationales et Adrian a
été finalement confié à une famille roumaine qui l'élève
depuis et souhaite l'adopter. Daniel Nicodim, marié depuis
avec Florence Nicolas (notre photo), s'est porté aussi candidat à l'adoption, arguant de sa nationalité roumaine.
Les tuteurs actuels s'élèvent contre les pressions qu'ils
subissent de la part du couple franco-roumain: "Ils disent
qu'on ne présente aucune garantie morale et matérielle,
mais elle s'est mariée avec un citoyen roumain uniquement
pour contourner la loi". Un procès a été engagé, Daniel
Nicodim s'efforçant de démontrer qu'il présente les meilleures garanties. L'affaire est
en cours, mais le dossier précise que le petit Adrian, quatre ans, est très attaché à ses
tuteurs actuels, et rappelle que la priorité est donnée aux familles roumaines. Pour
accentuer la pression, l'actrice a débarqué en Roumanie entourée d'une équipe de TF1,
pour tourner un sujet "people"… ce qui promet le pire sur l'image de ce pays.
V
Clanta et le 1er mai
ali, le "Plantu" roumain, ami des "Nouvelles de Roumanie", nous fait le
grand plaisir de nous offrir les "cartoons" qu'il publie chaque semaine
dans "Jurnalul national", croquant les mœurs de ses compatriotes. Une
occasion de découvrir la société roumaine quotidienne à travers les dessins d'un grand
caricaturiste… mais aussi, pour les lecteurs pratiquant un tant soit peu le roumain, de
vérifier leurs connaissances. Clanta, un des personnages favoris de Vali, garçon joufflu plein de verve et de fausse naïveté, pourrait s'appeler "Pipelette" en français. Cette
fois, il découvre ce qu'est devenue la grande fête communiste du 1er mai.
1- Les travailleurs sont sortis bras-dessus -bras dessous pour fêter le 1er mai des
ouvriers, la, la, la, la la… (chanson patriotique communiste que l'on trouve sur
www.ceausescu.org/ceausescu-média/1 mai)
2- Grand-père, qu'est-ce que c'est ce tintamarre, çà m'a réveillé !
- C'est le 1er mai, Clanta, le jour des travailleurs; il faut fêter çà (Le pays est rempli de joie, car le 1er mai est arrivé)
3- (A la radio): A Londres, Paris, Rome, New-York, Tokyo, Sydney, des millions
d'hommes sont sortis dans la rue pour fêter ce jour.
- Viens voir, Clanta, comme c'est beau !
4- Je file au défilé, maman, çà va être super.
5- Ah, çà doit être ici.
6- Monsieur, vous vous êtes regroupés ici pour le 1er mai ?
- Quel 1er mai, corniaud, tu ne vois pas qu'on fête la victoire du Steaua en UEFA
- Zut, ils n'étaient pas ici; il faut que j'aille plus loin, ils sont bien quelque part.
7- Enfin, je crois que je les ai trouvés.
8- Non fiston, nous les retraités,nous faisons la queue pour les médicaments.
9- Mais où donc sont-ils passés ? Ah, voilà un policier, je vais lui demander.
10- Monsieur le sergent, je cherche les travailleurs qui fêtent le 1er mai. Savezvous où ils sont passés ?
11- Tu n'as aucune chance de les trouver, mon garçon, ils sont tous partis en
Espagne (ramasser des fraises).
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
annuellement 23 kg au lieu de 100 kg en 1997
quotidien" n'est plus autant d'actualité
On trouve de tout, et surtout des aliments importés mais
les prix flambent. L'inflation, qui sévit durant cette période se
mesure au prix du pain. 200 lei en 1993, puis 400, 500 et
même 750 lei.Peu à peu la consommation de pain diminue.
Tout d'abord parce que les paysans disposent à nouveau d'aliments pour le bétail et ne se servent plus de pain pour le nourrir. Ainsi, entre 1990 et 2000, elle chute de 25 %. Par la suite,
la diversification de l'alimentation contribue à affaiblir encore
la consommation de pain de 3 à 4 % par année, ce qui se solde
actuellement par une demande divisée par 4. Un Roumain
mange annuellement 23 kg de pain au lieu de 100 kg en 1997.
5 % seulement des unités de panification
correspondent aux normes européennes
Mais les années passent et voici la Roumanie
candidate à l'UE. Parmi les nombreux changements que cela implique, on voit arriver les
fameuses normes européennes s'appliquant à
l'alimentation. Comme dans beaucoup d'autres
domaines - dont notamment la production agricole - les normes imposées en matière de panification sont très éloignées de la réalité des producteurs de farine et de pain. 5 % seulement des
unités fabricant du pain et 8 % seulement des
producteurs de farine y correspondent.
Les résultats d'une enquête de l'Autorité
Sanitaire et Vétérinaire et de Contrôle de
l'Alimentation, de janvier dernier, sont désastreux. Sur 3.200 boulangeries et 630 minoteries, seules 170 et
55, respectivement, méritent la mention "bien". 17 % de bou-
langeries et 15 % de minoteries travaillent dans des conditions
telles qu'elles ne pourront en aucun cas chercher à correspondre aux normes imposées.
Une façon d'acheter qui évolue à grands pas
Le visage du marché du pain et des produits annexes à
également évolué. Les petites boulangeries de quartier perdent
une importante partie de leur clientèle. Celle-ci achète désormais son pain en grande surface. Carrefour, Cora, Kaufland
ont gagné 10 % de parts du marché de la panification. Ces
magasins proposent du pain cuit sur place et vendu emballé, ce
qui explique la préférence des consommateurs pour des raisons de commodité et d'hygiène. Mais il faut compter avec la
concurrence d'un marché noir. L'évasion fiscale du secteur de
la panification approche la somme faramineuse
de 5 mille milliards de lei (14 M€) - dont 10
M€ pour la fabrication du pain et 3 M€ de TVA
pour la minoterie, le reste de la somme étant
représenté par les impayés d'impôts.
Afin d'éviter ce marché parallèle, le
Ministère de l'Agriculture prévoit de rendre l'étiquetage du pain obligatoire, ce qui sous entend
l'obligation pour les dépôts, les moulins et les
silos de posséder une licence. C'est la mort
assurée pour tous ceux qui ne rempliront pas les
conditions prévues. Il va sans dire que la modernisation des producteurs ainsi que l'application
d'une législation plus stricte, auront un coût,
lequel viendra augmenter à nouveau le prix du pain.
Karin Humbert
French Bakery, un concept bon comme le pain chaud
A
vis aux amateurs de pâtisseries fines et de vrais croissants, l'enseigne French
Bakery a débarqué au cœur de la capitale
roumaine avec deux premières enseignes.
Ces deux salons de thé très "Frenchies"
se sont ouverts il y a peu à Bucarest.
Outre les tartelettes faites maison qu'on
croirait tout droit sorties d'une pâtisserie
française, les deux enseigne de French
Bakery offrent des sandwichs succulents.
Quelques tables, une déco raffinée, et
le tour est joué. Très bien placés, ces deux
salons attirent une clientèle de bureau qui
a souvent du mal à trouver quelque chose
à manger "en vitesse" pour remplir un
petit creux en milieu de journée.
Petit détail important: quand on
rentre dans le salon du 10 rue Ion
Campineanu, la radio ne vous assourdit
pas, un fond de chansons françaises
accueille le client en douceur. Sandwich à
emporter ou tartelette à déguster sur
place, c'est au choix. Certes le prix est un
peu élevé par rapport à une boulangerie
quelconque, mais la qualité est au rendezvous.
Quant au service, il est impeccable.
"J'essaie d'être un bon employé raconte
Toma, jeune Roumain de 22 ans qui parle
un français parfait. Je crois en cette
entreprise, nous sommes très sérieux tant
au niveau de l'hygiène que du goût."
Le patron de l'enseigne, également
Roumain et souvent en déplacement, a
vécu plusieurs années en France. "Quand
il vient, il prend un produit au hasard, et
s'il n'est pas satisfait il appelle tout de
suite le laboratoire", explique Toma.
C'est dans ce "laboratoire", non loin
du centre de Bucarest, que tout est préparé. Plusieurs cuisines se répartissent la
fabrication des pains, tartes, sandwiches
et gâteaux. Le travail commence dans la
nuit afin d'assurer les trois livraisons
journalières. Le "laboratoire" livre aussi
à plusieurs cafés, restaurants et hôtels de
Bucarest, dont le Hilton.
Devant un tel succès, les "French
bakery" vont se multiplier. Deux autres
devaient ouvrir ce printemps à Bucarest.
L.C. (LPJ)
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
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La Roumanie en tête des
violences domestiques
contre les femmes au sein de l'Europe
Vie quotidienne
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BUCAREST
z
z
TULCEA
CONSTANTA
z
Le suicide, phénomène
inquiétant chez les
jeunes des anciens
pays de l'Est
32
Société
Les jeunes constituent une des
catégories les plus touchées par les
changements dus à la transition dans
les pays de l'Est, y compris les
anciennes républiques de l'ex URSS.
Un million et demi vivent sans l'assistance de leur parents qui n'ont pas
les moyens de les élever et sont
placés dans des orphelinats ou
centres similaires, dépendant de
tuteurs ou d'assistantes maternelles.
L'UNICEF a mené une enquête
dans les 27 pays concernés, relevant
que 30 000 adolescents entre 15 et
19 ans y étaient décédés chaque
année, sur la période 1999-2003, le
record revenant à la Russie (135
adolescents morts pour 100 000
jeunes de cette catégorie), suivie par
ses anciennes possessions. La
Roumanie se classe dans la moyenne, avec un ratio de 55 décès. La
Slovaquie, la Hongrie et l'Arménie
sont les pays les plus épargnés.
Les maladies infectieuses constituent une des principales causes de
mortalité, suite au manque d'hygiène.
Les morts violentes sont l'autre raison majeure, accidents en tête, suivies par les suicides. Pendant la
période étudiée, 3500 garçons et 800
filles ont mis fin à leurs jours, chaque
année, la Russie arrivant encore en
tête avec 36 suicides pour 100 000
adolescents, la Roumanie occupant
la 18ème place (6-7 suicides). Ce
phénomène touche de 3 à 5 fois plus
les garçons que les filles, les premiers se montrant les plus déterminés dans leurs gestes (6 suicides
réussis sur 10 tentatives), les filles ne
réussissant que dans un cas sur dix.
C
ela se passe en Europe. La violence exercée contre les femmes par un partenaire de sexe masculin y atteint des dimensions hallucinantes. Au sein
du foyer, les brutalités sont devenues, pour les Européennes de 16 à 44
ans, la première cause d'invalidité et de mortalité avant même les accidents de la route
ou le cancer... Selon les pays, entre le quart et la moitié des femmes sont victimes de
sévices. Au Portugal, par exemple, 52,8 % des femmes déclarent avoir été l'objet de
violences de la part de leur mari ou de leur concubin. En Allemagne, trois femmes
sont assassinées tous les quatre jours par les hommes avec lesquels elles vivaient, soit
près de 300 par an. Au Royaume-Uni, une femme est occise dans les mêmes circonstances tous les trois jours. En Espagne, une tous les quatre jours, près de 100 par an.
En France, à cause des agressions masculines domestiques, six femmes meurent
chaque mois - une tous les cinq jours -, un tiers d'entre elles poignardées, un autre tiers
abattues par arme à feu, 20 % étranglées et 10 % rouées de coups jusqu'à la mort. Dans
l'ensemble des quinze Etats de l'Union Européenne (avant l'élargissement à vingtcinq), plus de 600 femmes meurent chaque année - presque deux par jour ! - sous les
brutalités sexistes dans le cercle familial.
Le profil de l'agresseur n'est pas toujours celui qu'on imagine. On a tendance à
associer cette attitude meurtrière à des personnes peu éduquées, issues d'un milieu
défavorisé. C'est une erreur. En France, selon les statistiques, l'agresseur est en majorité un homme bénéficiant par sa fonction professionnelle d'un certain pouvoir. On
remarque une proportion très importante de cadres (67 %), de professionnels de la
santé (25 %) et d'officiers de la police ou de l'armée.
Une autre idée reçue consiste à penser que les violences de ce genre sont plus fréquentes dans les pays "machistes" du sud de l'Europe que dans les Etats du nord. Là
encore, il faut pondérer. La Roumanie apparaît, certes, comme le pays européen où la
violence domestique contre les femmes est la plus grave: chaque année, en moyenne,
pour chaque million de Roumaines, 12,62 d'entre elles sont tuées par leurs partenaires
masculins. Mais, dans le sinistre palmarès des pays les plus féminicides, immédiatement après la Roumanie se situent des pays dans lesquels, paradoxalement, les droits
des femmes sont les mieux respectés, comme la Finlande, où tous les ans, pour chaque
million de Finlandaises, 8,65 femmes sont tuées dans le huis clos domestique, suivie
par la Norvège (6,58), le Luxembourg (5,56), le Danemark (5,42) et la Suède (4,59),
l'Italie, l'Espagne et l'Irlande occupant les dernières places.
E
A la maison, une Roumaine
fait le travail de deux Roumains
urostat a publié le résultat
d'une enquête effectuée auprès
de 17 000 hommes et femmes
de tous les pays d'Europe, pour connaître
la répartition des tâches domestiques.
Pour la Roumanie, il en ressort que la
femme passe cinq heures à s'en occuper
quotidiennement, contre deux heures
pour les hommes, soit 150 % de plus. Les
Roumaines peuvent envier les Suédoises
(+ 50 %), mais ne sont pas les plus à
plaindre, par comparaison à l'Italie et
l'Espagne (+ 200 %), pays les plus
machos du continent.
Ces cinq heures, les Roumaines les
passent à faire les courses et préparer les
repas (47 % de leur temps), faire le ménage (16 %), coudre, laver et repasser les
vêtements (13 %), laver la vaisselle
(10 %), s'occuper des enfants et du jardin
(7 % chacun). Les hommes consacrent
leurs deux heures aux réparations et bricolage (37 %), au jardin (17 %), au ménage aux côtés de leur femme (17 %), et
seulement 3% à faire la vaisselle et 1 % à
laver les vêtements. Leurs amis francophones mâles peuvent donc leur montrer
l'exemple, en laissant de côté, pour une
fois, le verre de tsuica, à la fin du repas…
et en s'emparant d'autorité du torchon !
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Sans nouvelles de 1500 enfants
adoptés à l'étranger depuis 1997
Social
L
Bucarest à revoir sa position, prise pourtant à la demande de
es autorités roumaines ont fait savoir qu'elles
l'Union Européenne, laquelle s'était rendu compte, malheureuétaient sans nouvelles de 1500 enfants adoptés à l'ésement, que le commerce mené par certaines organisations
tranger depuis 1997, alors que parents adoptifs,
d'adoption primait sur l'intérêt des enfants.
organisations se préoccupant des adoptions et autorités des
Mais l'Europe doit aussi balayer devant sa porte. Plus de
pays qui leur avaient donné un agrément, s'étaient engagés à
120
parlementaires européens se sont montrés sensibles à leurs
les tenir informées pendant au moins deux ans de leur cas.
pressions,
signant une pétition demandant au gouvernement
Ce manquement aux conventions concerne en priorité les
roumain
un
retour à la flexibilité des adoptions internationales,
USA, la Suisse, l'Espagne et l'Italie. En outre, le suivi ne paraît
ignorant
le
passif, la prudence et les précautions nécessaires
pas toujours sérieux. Ainsi, Bucarest a reçu un rapport postdans ce domaine.
adoption très satisfaisant sur un enfant
adopté aux USA, faisant part de sa
bonne intégration… pour apprendre
Un trafic qui reprend
quelques temps plus tard que la père
adoptif avait été condamné à 30 ans de
Malgré toutes les précautions
prison pour avoir abusé de lui.
prises, le trafic semble reprendre.
Cela n'empêche pas les lobbies
L'Office Roumain pour l'Adoption a
américains, soutenus par leur ambassafait savoir qu'il a été saisi par des
deur sur place et leurs congressmen, de
familles et du personnel médical de
faire flèche de tous bois pour obtenir
plusieurs cas d'adoptions directes dans
de la Roumanie qu'elle rouvre les posdes maternités, sans respecter les
sibilités d'adoptions internationales,
procédures légales. Le "marché"
suspendues en 2001, malgré toutes les Des enfants convoités qui rêvent d’une famille et de reprendrait pour des sommes comdérives qui ont eu lieu ces dernières futurs parents adoptifs tout à la joie de les accueillir. prises entre 4000 et 10 000 €, bien que
années et qui ont abouti à un trafic d'achat d'enfants. Ils ont
2000 familles roumaines soient inscrites sur des listes d'attenréussi à convaincre le gouvernement américain de saisir le
te pour adopter les 800 enfants qui, annuellement, attendent de
Comité d'Helsinki des Droits de l'Homme pour obliger
nouveaux parents.
E
La mésaventure d’un couple suisse
n 2002, un couple suisse a
déposé un dossier pour adopter une fillette de trois mois
alors que le gouvernement roumain
venait juste de mettre l’embargo sur les
adoptions internationales. L’association
roumaine “New family”, dirigée par une
personne se présentant comme avocat,
mais inconnue au barreau, avait joué les
intermédiaires, promettant qu’elle arrangerait la situation. L’administration roumaine ne donant pas de réponse à la
démarche, les futurs patrents furent entretenus dans l’illusion, recevant des photos
de l’enfant, préparant déjà sa chambre.
Finalement, celui-ci fut attreibué à une
A
famille roumaine par le tribunal.
Les Suisses avaient versé 9000 euros
en vain à “New family”. L’association,
qui ne répond pratiquement jamais au
téléphone, et dont le siège se trouve dans
un simple appartement de Bucarest, ne se
démonta pas pour autant , leur garantissant la “livraison” d’un autre enfant en
contournant la loi. Ils devaient prendre un
domicile en Roumanie, y séjourner deux
à trois fois par an, y ouvrir fictivement
une firme... tout en étant avertis que leur
opération leur coûterait entre 9000 et
12000 euros.
La proposition fut déclinée, mais, au
cours de ses préparations, le couple a
découvert plusieurs compatriotes qui
étaient dans la même situation, s’étant
laissés abusés par des promesses après
qu’on leur ait présenté leurs “futurs”
enfants dans des albums photos ou dans
des vidéos faites par des professionnels
où ils étaient mis en scène comme dans
les émissions de télé-achat.
Interrogé sur ces cas, le Secrétaire
d’Etat responsable de l’Office Roumain
d’Adoption (ORA), Teodora Berzi, a
indiqué qu’ils appartenait au passé, tout
en reconnaissant leur existence et a fortement enhgagé les candidats à l’adoption
passant par des intermédiaires à se mettre
en relation avec son administration.
Tintin et Martine en Roumanie pour un peu de sourire
pportant un sourire aux enfants roumains, la BD
belge (en fait essentiellement wallonne avec
Dupuis à Charleroi et Casterman à Tournai, mais
aussi bruxelloise) fait ses premiers pas en Roumanie, avec le
lancement des deux premiers albums en langue roumaine des
aventures de Tintin, Les cigares du pharaon et Le Lotus
bleu, qui devrait être suivi par la publication de l'intégralité de
la collection. Pour les plus petits, viennent de paraître aux édition Crisan de Deva, la traduction de plusieurs albums de
Martine, célèbre livre pour enfants de Gilbert Delahaye et
Marcel Marlier. A noter qu'en roumain… Martine s'appelle
Andreea.
21
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Lobbying énorme auprès des hommes politiques
SATU MARE
z
z
ORADEA
SUCEAVA
z
IASI
z
TARGU
MURES
ARAD
BACAU
z
z
z
VASLUI
z
z
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TIMISOARA
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HUNEDOARA
z
PITESTI
z
CRAIOVA
BRAILA
z
BRASOV
RESITA
z
z
TULCEA
z
TARGOVISTE
„
BUCAREST
z
CONSTANTA
Chaque jour, près
de deux bébés sont
abandonnés à Iasi
20
La chiffre est effrayant. Plus de 50
bébés sont abandonnés chaque
mois dans les maternités de Iasi,
dont 40 dans la principale, la maternité "Cuza Voda". Dans de nombreux
cas, leurs mères sont des lycéennes
qui, après avoir donné une fausse
identité et s'être plaintes auprès du
personnel médical que leur famille
ne les accepteront plus, par crainte
de la honte ressentie vis à vis de
l'entourage et des voisins, s'enfuient
purement et simplement. D'autres
confessent être trop pauvres et ne
pas avoir les moyens de les élever.
La maternité
Cuza Voda
de iasi.
Médecins et infirmières constatent
que beaucoup aimeraient garder leur
enfant, et certains, faisant le travail
des policiers, partent à leur recherche
pour rétablir le contact mère-bébé.
Ce personnel déplore le manque d'éducation portant sur la contraception,
qui éviterait de nombreux drames, et
le gel des crédits attribués aux services de l'enfance et des assistantes
sociales. Faute de fonds, leur nombre
est réduit et leurs moyens sont inefficients. Ainsi, pratiquement aucun
contrôle n'est exercé sur le millier
d'assistantes maternelles qui
accueillent les enfants abandonnés
du judet et l'on trouve des cas où ces
mères de substitution les envoient au
travail plutôt qu'à l'école.
(Suite p. 19)
H.G.: Les autorités n'ont jamais réagi ?
J.G.B.: Si. Une liste noire des associations suspectées de profiter de la situation
a très vite été dressée à l'ambassade de France. Une enquête parlementaire a eu lieu
en France et celle-ci a décidé de restreindre sérieusement le robinet de l'adoption
internationale, une attitude qui a été aussi bien observée par le gouvernement Jospin
que par celui de Raffarin. Des procédures sont en cours sur les faux qui ont permis des
adoptions.
Sous l'impulsion de la baronne et parlementaire européenne britannique, Ema
Nicholson, l'U.E. a pris la même attitude, poussant le gouvernement roumain à geler
les adoptions internationales, le temps de remettre les choses à plat et qu'il adopte une
nouvelle législation dans le domaine de la protection de l'enfance. Cela n'a pas été
sans mal, tant le lobbying des associations jouant le rôle d'intermédiaires a été énorme sur les hommes politiques.
H.G.: Ces adoptions vous laissent-elles un goût amer ?
J.G.B.: Certainement dans le cas des trafics et les trop nombreuses dérives auxquelles j'ai assisté. Cela laisse d'ailleurs souvent un malaise chez les parents adoptifs
qui en ont été victimes et n'osent souvent pas avouer le montant de la somme qu'ils
ont dû verser. Mais lorsque, faites dans les règles avec des associations honnêtes et
désintéressées, elles ont permis à des enfants malheureux, sans avenir, de trouver un
foyer où on les aime, alors on ne peut être qu'admiratif. J'espère que c'est dans la
majorité des cas.
Propos recueillis par Henri Gillet
E
Le forcing de certaines associations
ntamant en juin une campagne
de presse, coûtant plusieurs
dizaines de milliers d'euros,
avec parution dans des organes prestigieux comme le "Financial Times", une
trentaine d'organisations d'adoption, souvent italiennes, britanniques, américaines
ou roumaines avec partenaires étrangers,
ont fait à nouveau pression pour relancer
le processus d'adoptions internationales,
utilisant comme thème "La Roumanie est
le Guantanamo des enfants”. Cette campagne a provoqué l'indignation de la
baronne Ema Nicholson, qui, suspectant
dans cette initiative des intérêts financiers, et après s'être battue très fort, pendant des années, au nom de l'UE pour que
le gouvernement roumain réserve un
meilleur sort à ses orphelins, a reconnu et
encourage les efforts de celui-ci.
Voici la liste des organisations
impliquées dans la campagne de presse: Amici dei Bambini, Blythswood
Banat, Bridge of Cristian Relief, Cry in
the Dark din Marea Britanie, Everyone's
Child Romania, FARA Foundation,
Foundation for the Relief of Disabled
Orphans, Fundatia Casa Sperantei,
Fundatia Casa Mea, Fundatia Forget menot, Fundatia in Brate, Fundatia Speranta
Familiei, Link Romania, Livada Orphan
Care, O Noua Viata, Prietenii Copiilor,
Primavara Copiilor, Reach Romania
Lancashire, Relief Fund for Romania,
Romanafectus, Romanian Aid Distribution, Romanian Orphan Support
Effort, Romanian Relief, Save Eastern
Europe's Kids, Spungeon's Child Care,
Ungureni Trust, Viata Noua pentru Copii,
Anonymous Charity A, B,C,D,E,F.
Neuf mille abandons en 2005
L
es dernières statistiques de l'UNICEF indiquent que plus de 9000 nouveaux-nés ont été abandonnés en 2005, en Roumanie, ce qui représente 1,8
% des 550 000 naissances enregistrées, ce chiffre étant relativement stable
depuis 30 ans, avec une pointe entre 1989 et 1992, où l'on enregistrait annuellement
11 5000 abandons. Le représentant de l'UNICEF en Roumanie, Pierre Poupard, a
affirmé que une des causes de ces abandons massifs était l'analphabétisme, 42 % des
jeunes mères choisissant de ne pas conserver leur enfant étant non scolarisées et vivant
à la limite de la pauvreté.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Carnet
Société
Disparition de Yitzhak Ben Aharon, précurseur
de l'exode des Juifs de Roumanie vers Israël
L
'ancien responsable
israélien travailliste Yitzhak Ben
Aharon est mort vendredi 19 mai dans un
hôpital de Kfar Saba. Il
était âgé de 99 ans.
Avec lui disparaît
une figure du premier
âge d'Israël mais aussi
des Juifs d'origine roumaine. De par ses fonctions au sein du
Parti travailliste israélien dans le mouvement des kibboutz et à
la tête de la centrale syndicale Histadrout, Yitzhak Ben Aharon
a été l'une des figures de cette élite ashkénaze (Juifs d'Europe
centrale et orientale, composant 90 % de la population de la
communauté juive avant la Shoah) qui forgea et domina l'Etat
jusqu'à sa déroute historique de 1977 face à l'alliance de la
droite et de Sépharades (Juifs d'Afrique du Nord et du pourtour
méditerranéen, aujourd'hui majoritaires) convaincus d'avoir
été laissés à sa marge.
Né le 17 juillet 1906 dans l'Empire austro-hongrois, en
Bucovine, qui sera rattachée à la Roumanie après la première
guerre mondiale, Yitzhak Ben Aharon étudie à Berlin et adhère très tôt au sionisme. Après la guerre, en 1920, il devient le
L
responsable pour la Roumanie de l'organisation de jeunesse
Hachomer Hatzaïr, dont les premiers représentants ont émigré
vers la Palestine mandataire un an plus tôt.
Yitzhak Ben Aharon les suit en 1928, donnant ainsi le
signal des départs en masse de la communauté juive roumaine
dans les années qui vont suivre, traversant la Turquie, la Syrie
et le Liban à dos d'âne selon le quotidien israélien Haaretz.
Cinq ans plus tard, il s'installe en Galilée dans le kibboutz
Givat Chaim fondé en hommage à Chaim Arlosoroff, le responsable travailliste victime en 1933 d'un assassinat souvent
attribué à la droite sioniste. Il y résidera jusqu'à sa mort.
Membre du Parti des ouvriers d'Eretz Israël, le Mapaï, et
de la Haganah, la milice juive qui deviendra l'armée israélienne, il s'engage pendant la deuxième guerre mondiale dans
l'armée britannique pour combattre les forces de l'Axe. Fait
prisonnier par les Allemands en Grèce, il passe quatre ans en
captivité.
Après la création d'Israël, Yitzhak Ben Aharon quitte le
Mapaï pour créer le Parti sioniste de gauche, le Mapam, très
marxisant, tout en étant très actif dans le mouvement des kibboutz, dont les principes d'éducation et la mise en commun des
moyens de production constituent les apports les plus originaux du sionisme. La communauté juive d'origine roumaine
installée en Israël est estimée, aujourd'hui, à environ 400 000
personnes.
D'origine transylvaine (Cluj) et hongroise, le compositeur
György Ligeti a profondément marqué la musique du XXème siècle
e monde musical vient de
perdre l'un de ses plus extraordinaires représentants : le
compositeur autrichien György Ligeti,
d'origine hongroise et née en
Transylvanie en 1923, dans la ville
de Tirnaveni, est mort à Vienne
lundi 12 juin, à l'âge de 83 ans.
Réputé pour son indépendance
farouche, il laisse une oeuvre profuse et singulière, ludique et virtuose,
admirée par l'avant-garde comme
par les milieux académiques.
"En dépit de son sens de la dérision, il était un grand tragique",
témoigne le pianiste français PierreLaurent Aimard, qui fut un de ses
proches. Il faut ramener toute sa création
aux deux grandes tyrannies qu'il a
connues, le nazisme et le communisme.
György Ligeti, dont, dans sa famille,
seule la mère est revenue des camps
nazis, après avoir quitté la Roumanie a
vécu en Hongrie communiste jusqu'en
1956, année où il passe à l'Ouest en fran-
chissant à pied la frontière autrichienne.
"Non seulement je détestais ce régime,
mais il n'y avait aucune chance pour ma
musique", dira-t-il.
Le compositeur, considéré comme
une figure majeure de la musique du
XXème siècle a notamment créé l'opéra
Le Grand Macabre, dont la première fut
jouée à Graz, en Autriche, en 1978.
Certaines de ses œuvres ont été utilisées
pour des films comme 2001 : l'odyssée de
l'espace, de Stanley Kubrick. Considéré
comme un compositeur d'avant-garde, il
s'est tardivement tourné vers la tradition
musicale de ses racines, et s'est souvent
inspiré de rythmes africains.
Né de parents juifs hongrois en
Transylvanie (région hongroise
devenue roumaine à partir de 1920),
György Ligeti a passé sa jeunesse à
Kolosvar (aujourd'hui Cluj), la capitale de la région, où il effectue l'école primaire en hongrois. Il écrit ses
premières compositions à l'âge de
10 ans, débute le piano trois ans plus
tard, avant d'étudier l'orgue. Un
temps établi en Hongrie, il a fui en
Autriche après la révolution hongroise de 1956 et y avait obtenu la
nationalité.
Selon les experts, la musique de
György Ligeti a enrichi le monde musical, en cherchant la complexité pour
ensuite la délier et y introduire le chaos.
Une complexité illustrée notamment
par le Poème symphonique composé
pour 100 métronomes.
33
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Carnet
z
ORADEA
z
z
ALBA IULIA
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SUCEAVA
TARGU
MURES
CLUJ
z
ARAD
BOTOSANI
SATUMARE
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GALATI
BRASOV
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z
BRAILA
PITESTI
CRAIOVA
IASI
z
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R. VALVEA
L'insaisissable rebelle du Fagaras
z
FOCSANI
z
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TIMISOARA
z
„
BUCAREST
z
z
TULCEA
CONSTANTA
z
Enseignement
Plus de 60 %
des écoles rurales
n'ont pas le téléphone
34
Ion Gavrila, héros de la résistance
anti-communiste, a été pourchassé
pendant 30 ans avant d'être arrêté
Selon un rapport du ministère de
l'Education, beaucoup plus de 60 %
des écoles rurales ne disposent ni de
téléphone ni de fax, ni de photocopieuse, ce qui les isole totalement et
les tient en dehors des consignes et
textes qu'il transmet, empêchant leur
évolution. Dans 500 écoles dotées
d'un ordinateur, celui-ci ne fonctionnait avec Internet que dans deux cas,
la possibilité de connection, d'une
façon générale étant proche de zéro.
Que soit au niveau des locaux, de
l'hygiène, de l'équipement en matériel
pédagogique, de leur qualité, la situation qui prévaut aujourd'hui dans l'enseignement en milieu rural n'est
guère différente de celle d'entre les
deux guerres.
L
a Roumanie a enterré au mois de mai un de ses symboles, une des âmes les
plus pures du pays, Ion Gavrila-Ogoranu, 83 ans, dernier chef des partisans
qui ont lutté contre les communistes, depuis leurs refuges dans les montagnes des Carpates.
A 21 ans, en 1944, le jeune homme avait déjà pris les armes pour chasser l'armée
allemande du pays. Mais, étudiant en agronomie à Cluj et en sciences économiques à
Brasov, il les avait retournées dès 1946 contre les communistes, devenant le leader de
la grande grève des étudiants de Cluj contre le régime, organisant des noyaux de résistance contre l'occupation soviétique. Deux ans plus tard, en 1948, alors qu'il obtenait
sa licence en agronomie, il prenait le maquis dans
les monts Fagaras avec quelques camarades, alors
que s'abattait la grande vague d'épuration entreprise par les communistes.
A la tête du Groupe des Carpates de l'Armée
Nationale qu'il avait constituée, Ion Gavrila entamera un combat de dix ans contre les troupes de
la Securitate, devenant pour celle-ci un véritable
cauchemar, déclenchant des dizaines d'attaques et
provoquant plus d'une centaines d'offensives
vaines de ses ennemis pour y mettre un terme. Sa
petite armée, qui ne dépassa jamais une trentaine
d'hommes, était insaisissable, rompant le combat
après avoir déclenché ses actions surprises pour
se réfugier dans les montagnes. Aux archives de la Securitate on recense cent mille
fiches contenues dans 124 volumes consacrées à ses activités.
Le groupe fut démantelé en 1955. Plusieurs de ses membres avaient été tués au
combat, les survivant furent condamnés à mort. Miraculeusement, Ion Gavrila,
condamné à mort par contumace en 1951 lors d'un procès à Brasov, devenue "orasul
Stalin", échappa à l'arrestation, regagnant ses montagnes. En 1956, il redescendit dans
la plaine et se cacha à Galtiu (judet d'Alba), dans la maison de la veuve d'un de ses
anciens camarades de lycée, Ana Sabadus, qu'il épousa plus tard, en secret.
Libéré sur intervention de Nixon
Le ministère a décidé d'octroyer
110 M€ aux écoles les plus défavorisées, oubliées lors de l'application
des premières mesures de remise à
niveau, datant de près de cinq ans.
Pour les plus petites écoles de villages, les centres de ressources
seront regroupées au niveau de la
commune. Le ministère a réaffirmé
sa volonté que le principe de l'égalité
des chances ne reste pas une
coquille vide pour les enfants des
campagnes.
Pendant vingt ans encore, la Sécuritate ne réussissant pas à le localiser, le pourchassa pour finalement mettre la main sur lui à la suite d'une dénonciation, alors qu'il
se trouvait à Cluj. Il fut durement interrogé pendant six mois, mais finalement libéré
sur intervention directe du président Nixon, bénéficiant de la prescription décidée en
1964. Cela ne l'empêcha pas, par la suite, d'être constamment suivi et surveillé par la
Securitate, jusqu'à l'exécution des Ceausescu.
A 67 ans, l'infatigable rebelle reprit du service lors des "évènements" de décembre
1989. Contrairement à bien d'autres résistants de la dernière heure, parfois fortement
compromis avec le régime qui venait de tomber, il ne sollicita pas un certificat de
"Révolutionnaire", ne voulant tirer aucun avantage de son engagement.
Par la suite et jusqu'à son dernier souffle, Ion Gavrila se consacrera à une tâche
qu'il jugeait de la plus haute importance: être la mémoire des horreurs du communisme et rappeler le souvenir de ceux qui l'avaient combattu, devenant membre de plusieurs associations comme l'Académie civique ou le parti "Pour la Patrie". Il écrira
plusieurs ouvrages, le "haiduc" des Fagaras expliquant les raisons de son combat:
commencer une guerre pour libérer le territoire de l'occupation soviétique et aider de
l'intérieur l'intervention qui ne saurait tarder des Américains. Mais la Roumanie n'a
pas connu ce 6 juin que Ion Gavrila a appelé de ses voeux pendant 43 ans.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
internationale des enfants roumains a donné lieu
ainsi qu'à des trafics mafieux
si on ne pouvait pas acheter un enfant
livraison garantie”
Mais aussi, on faisait vibrer la fibre sentimentale des
parents adoptifs qui sauvaient des enfants et aidaient la
Roumanie à se dépêtrer d'un de ses plus graves problèmes.
H.G.: Qui en profitait alors ?
J.G.B.: Pour s'en faire une idée, il suffit de regarder le
changement de train de vie, avec nouvelles voitures et maisons, de responsables de certaines associations roumaines,
franco-roumaines ou françaises qui avaient obtenu l'indispensable agrément, Sésame les habilitant à procéder aux adoptions. Le puissant lobby des avocats, dont celui qui a défendu
Nicu Ceausescu, en a bien profité, se battant jusqu'au bout
pour conserver le principe de l'adoption internationale.
Deux mille enfants à adopter par an… cela faisait quand
même un pactole annuel d'environ 30 millions d'euros.
"On arrêtait les femmes enceintes dans la rue
pour leur demander si elles ne voulaient pas
abandonner leur enfant à naître"
H.G.: Comment en est-on arrivé aux dérives ?
J.G.B: Il faut se rappeler que, sous Ceausescu, c'est lui
même qui signait l'acceptation des dossiers d'enfants adoptés;
cela a continué au début avec Iliescu mais les demandes
étaient devenues tellement nombreuses que c'était devenu
ingérable. Alors, un comité roumain d'adoption dépendant du
Premier ministre - Petre Roman à l'époque - a été créé qui s'est
efforcé de contrôler la situation jusqu'aux "minériades" de
1991, entraînant la chute du gouvernement et le remplacement
de Roman par Teodor Stolojan. Les compétences du comité
ont été transférées du Premier ministre au ministre de la Santé.
Ce fût le début des dérives. Tout le monde "bakchichait"
pour que les dossiers aillent plus vite. Normalement, la priorité
à l'adoption était donnée aux Roumains, mais les juges n'en
tenaient pas compte. On savait les judets où il fallait aller pour
être "servis" au mieux. C'était le délire. Des intermédiaires,
mais aussi des étrangers en mal d'adoption, arrêtaient les
femmes enceintes en pleine rue ou s'introduisaient dans les
maternités pour leur proposer d'abandonner leur enfant.
Le summum a été atteint sous la présidence d'Emil
Constantinescu (1996-2000). Il faut dire que les adoptions
avaient un grand mérite: elles vidaient les orphelinats roumains tant décriés par les médias internationaux.
Pour éviter de trop choquer l'opinion, un système de "sas"
a été mis au point avec le concours d'associations, conseillées
par une "camarilla" de psychologues pas très au niveau. Il
consistait à placer temporairement les enfants sortant de l'orphelinat dans des familles d'accueil roumaines, avant de les
expédier à l'étranger. Les pays adoptants ont leur part de responsabilité dans cette expérimentation déstabilisante et traumatisante pour les enfants.
Du coup, les tarifs ont gonflé, sont devenus exorbitants.
On est passé de 5000 € à 15 000 € pour les Européens et plus
pour les Américains. Conséquence: les parents adoptifs roumains, qui avaient priorité à l'adoption les six premiers mois ce dont se moquaient souvent les juges - ne pouvaient pas
suivre. D'ailleurs, les jugeant moins intéressants les intermédiaires ne s'adressaient pas à eux. Pour les décourager, on leur
disait parfois que c'était des enfants qui avaient le SIDA et
qu'on envoyait se faire soigner en Italie.
"Un trafic très rentable avec couverture
morale et médiatique exceptionnelle"
H.G.: "Des dérives, on passe à des cas de trafic d'êtres
humains ?"
J.G.B.: Des filières de toutes sortes ont vu le jour.
L'adresse était "trop bonne". Des couples d'homosexuels ou
des femmes célibataires se sont précipités en Roumanie,
l'adoption étant trop difficile en France. On a même vu un
femme seule repartir avec un môme sous le bras dans une île
des Caraïbes. A l'époque du trafic "à tout va", l'adoption pouvait se faire en trois mois. Le plus difficile était d'avoir l'agrément en France. Il fallait passer par trois étapes: être déclaré
apte à l'adoption dans le pays d'accueil, demander à une association habilitée et établie dans ce pays de nouer le contact
avec une association roumaine (parfois franco-roumaine)
agréée, installée en Roumanie.
Il existait également des filières pour adopter des enfants
de moins de trois mois, ce qui était interdit par la loi roumaine, mais certains juges savaient fermer les yeux au vu de l'enveloppe qui leur était remise. Bien sûr, cela a été un jeu d'enfants pour des réseaux mafieux de s'infiltrer dans cet univers
invraisemblable. C'était sans risques et un trafic très rentable
avec couverture morale et médiatique exceptionnelle.
Avec l'aide d'avocats, des enfants ont été envoyés en
France alors qu'ils n'avaient pas été abandonnés, contrairement
à ce que l'on avait fait croire à leurs parents adoptifs, lesquels
étaient ensuite soumis à un chantage. Des institutions
envoyaient des enfant se faire soigner à l'étranger où ils étaient
déclarés abandonnés à l'aide de faux papiers, leurs parents ne
les voyant jamais revenir. Il faut cependant faire justice d'une
rumeur infondée: jamais il n'y a eu de trafic d'organes.
A Paris, le dossier de ces enfants malades était géré par
l'hôpital Necker et, bizarrement, ceux qui étaient adoptés
allaient pratiquement tous dans la région Provence-Côte
d'Azur. Des assistantes sociales françaises constatant que des
enfants étaient maltraités ont porté plainte. A un moment, les
adoptions se faisaient si facilement qu'il n'y avait pas de
contrôle sur le profil des candidats, dont certains décidaient
d'adopter un enfant après avoir regardé une émission à la télévision… comme achète un chaton à Noël, pour l'abandonner
lors du départ en vacances.
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Social
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Jean-Gabriel Barbin: "C'est tout juste
sur catalogue avec
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Des patrons
anciens ouvriers
agricoles andalous
(Suite de la page 17)
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Gelée par le gouvernement, l’adoption
à des dérives invraisemblables
Maria, animatrice du Syndicat des
ouvriers agricoles (SOC) local,
bataille avec fougue contre ces
conditions de travail "indignes".
Elle constate que les agriculteurs,
dont beaucoup sont eux-mêmes
d'anciens ouvriers agricoles andalous, ont du mal à "comprendre les
revendications des femmes".
Même quand ils sont de bonne
volonté, comme Eduardo Dominguez
Cano, moustache sombre et mains
calleuses, responsable des migrations au syndicat agricole espagnol
COAG.
Ce syndicaliste convaincu, fier
d'avoir été décoré en Roumanie
d'une médaille ornée d'une fraise,
rêve d'une "bonne entente" entre les
petits agriculteurs huelviens, désormais menacés par la fraise marocaine - et peut-être bientôt par la fraise
chinoise, au coût de revient bien
plus bas encore - et les ouvrières
"qui gagnent plus que le double de
ce qu'elles gagnaient dans leur pays,
quel que soit leur métier".
Et cet homme, qui connaît
quelques difficultés avec un gouvernement roumain qu'il trouve parfois
peu coopératif, de conclure: "C'est
l'Espagne qui aide la Roumanie, pas
la Roumanie qui aide l'Espagne."
Il doit dire quelque chose de fort:
“Aussi sévères soient-elles sur les
conditions de travail, aucune des
femmes rencontrées n'a dit avoir le
moindre regret d'être venue travailler
dans cet eldorado fraisier".
L
a Roumanie a gelé l'adoption internationale
voici près de deux ans à la suite de pressions
venant
principalement
de
l'Union
Européenne, consécutives aux dérives auxquelles
avaient abouti le placement des enfants à l'étranger.
Aujourd'hui, les enfants roumains, à de rares exceptions
près, ne peuvent être adoptés que dans le cadre national
ou, en dernier recours, par des membres roumains de leur famille fixés à l'étranger.
Chirurgien français installé à Bucarest depuis 1990 et alors responsable sur place
de Médecins du Monde, Jean-Gabriel Barbin s'est retrouvé au cœur de cette grande
vague d'adoption. Témoin des trafics qu'elle entraînait, qui culmineront à la fin des
années 90, il a démissionné de Médecins du Monde dès 1996, estimant qu'ils étaient
incompatibles avec sa mission. Evoquant ce problème qui demeure d'actualité, même
s'il est moins aiguë, il répond aux questions de Henri Gillet.
"Pour les Américains, Canadiens et Anglais,
il s'agissait d'un business comme un autre "
Henri Gillet: Le gel des adoptions par les étrangers, décidée par le gouvernement roumain, se révèle-t-elle être une bonne mesure?
Jean-Gabriel Barbin: Cela fait partie d'une palette de solutions pour mettre fin
à une dérive invraisemblable qui a abouti à la mise en place d'un véritable trafic d'êtres
humains. La Roumanie a été soumise à de nombreuses pressions pour y mettre un
terme, mais il était important que la décision vienne d'elle-même, montrant ainsi qu'elle était consciente du problème. Cependant, si cette mesure est saine au départ, il faut
aussi faire avec les passe-droits et toutes les tentatives pour la contourner. Aidées par
leur ambassade, les associations américaines ont recommencé leur lobbying pour la
faire lever et répondre aux demandes d'adoptions de leurs membres.
H.G.: A quand remontent les dérives évoquées ?
J.G.B.: Dès 1990, cela a été un problème. Sentant les abus à venir, la
Communauté européenne avait envoyé sur place un représentant, de nationalité hollandaise, pour coordonner l'attitude à prendre par l'ensemble des pays concernés. Mais
cela n'a pas été possible à cause des Américains, des Anglais et des Canadiens qui ne
voulaient entendre parler d'aucune entrave à l'adoption. A la limite, pour eux, il s'agissait d'un business comme un autre. D'ailleurs, l'ambassade américaine fournissait à ses
ressortissants une documentation avec tarifs d'adoption annoncés à l'avance à la clé.
Des associations comme "Los ninos" ("Les enfants") du Texas procédaient sur une
grande échelle. C'est tout juste si on ne pouvait pas acheter un enfant sur catalogue,
avec livraison garantie.
"De 2000 € on est passé à 15 000 €, voire plus"
H.G.: Comment justifier les prix demandés pour adopter un enfant ?
J.G.B.: Le coût réel d'une adoption était de 500 € au départ de la Roumanie,
englobant les démarches administratives et la traduction des actes et papiers. Avec le
voyage des parents adoptifs venus chercher leur enfant, le coût global ne devait pas
dépasser 2000 €. Les associations jouant les intermédiaires demandaient de 10 à
15 000 € en France, tarif qui doublait presque pour les USA. Des parents adoptifs se
sont d'ailleurs plaints en France de ces coûts démesurés. On justifiait ces sommes en
arguant qu'une partie de l'argent servait à améliorer les conditions d'existence des
enfants qui restaient dans les orphelinats… ce qui est complètement faux.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
L'apprentissage de la corruption
commence dès l'école
Enseignement
C
ommandée par le Centre Educa-tion 2000, et
financée par l'Union Euro-péenne, une étude qualitative portant sur 150 professeurs, élèves et
parents des judets d'Arges (Pitesti), Dolj (Craiova), Sibiu et
Vâlcea, les réunissant dans des groupes de discussion, a abouti à la conclusion que la corruption prenait racine dès l'école.
Les parents se sont montrés très critiques vis à vis des
fonds réclamés aux élèves par les enseignants dans chaque
classe et qui varient entre 2 et 30 €
annuellement.
Il faut leur verser de l'argent pour
payer le ballon de football, pour la tradition des martisors (petites amulettes
que l'ont remet aux femmes, début
mars), pour le jour de la fête des
femmes, leur anniversaire et celui du
directeur, Noël, le jour de la capacitate
(brevet) où il est de tradition de leur
remettre une enveloppe couvrant leurs
frais de restauration et de boisson…
Les enfants sont encore plus
remontés contre cette pratique; ils redoutent de se faire tirer les
oreilles s'ils ne versent rien et de s'attirer des remarques perpétuelles devant leurs camarades.
Les cours particuliers, destinés à compenser l'extrême faiblesse des salaires des enseignants constitue l'autre principal
sujet de fâcherie. De nombreux parents ont estimé anormal
que des professeurs en donnent à leurs propres élèves, qui sont
favorisés par la suite. Il leur arrive d'être convoqués par l'en-
M
seignant et de s'entendre dire que sans cet appui, leurs enfants
ne réussiront à rien.
Des élèves reçoivent mauvaises notes sur mauvaises notes
jusqu'à ce qu'ils comprennent qu'ils ont besoin de s'inscrire aux
leçons données par leurs professeurs, s’ils veulent réussir.
Des “méditations” bienvenues
L'efficacité de ces cours particuliers, appelés "méditations" en roumain, donnée souvent juste avant la
période des examens, est d'ailleurs
sujette à caution, des parents doutant
qu'un retard de plusieurs années puisse
être refait en 3-4 mois.
Certains vont plus loin, confiant
"J'ai donné ce qu'il fallait pour que
mon fils réussisse son examen et qu’il
n’y ait pas de problèmes... çà a marché", un élève renchérissant: "Avant
d'entrer dans la salle, un professeur qui
devait nous surveiller pendant l'épreuve, nous a dit le sujet et
j'ai pu le copier".
Cette dégradation de l'esprit moral au sein de l'Education
nationale avait déjà commencé sous Ceausescu, mais s'est nettement accélérée en cette période de transition. Un parent a
conclu: "Il ne faut pas s'étonner si aucun de nos établissements
d'enseignement supérieur n'est classé parmi les 500 premiers
du monde !".
L'irruption de la télévision câblée
dans les villages a profondément perturbé les enfants
arcel voit rouge quant on
lui parle des bienfaits de la
télévision. Depuis l'arrivée
du câble, en 2003, dans son village de
Livada (Satu Mare) où il est professeur et
directeur de l'école, il fait le même
constat que l'ensemble de ses collègues:
le niveau scolaire des élèves a considérablement chuté. Les enfants sont agglutinés devant les écrans, la seule distraction possible. Il passent quatre à six
heures par jour à ingurgiter les insipides
séries américaines, les mauvais dessins
animés japonais.
Violences à tour de bras, fortunes
accumulées sans effort, grosses voitures:
tout est réuni pour leur présenter une idée
complètement faussée de la vie et leur
comportement s'en ressent déjà.
Puisqu'on n'a pas besoin de se donner du
mal pour réussir, le travail est bâclé, les
devoirs ne sont pas faits, les leçons pas
apprises. En cours, le manque d'attention
est général, la démotivation profonde,
facilement justifiée par la situation économique et l'absence de perspectives.
La discipline est relâchée, l'insolence
et le manque de respect, aussi bien à l'égard des enseignants que des parents et
adultes, fréquents. Les élèves mentent
volontiers, règlent leurs différents à
coups de poings. Ils ne prennent rien au
sérieux, n'ont pas de jugement, ne sont
plus capables de participer à une discussion, d'exprimer un avis cohérent. Ce
constat est encore plus vrai pour les
garçons.
Un professeur de roumain de Livada
trouve l'illustration de cette évolution
dans la pauvreté des rédactions. La
logique des phrases est atteinte, la façon
de s'exprimer est devenue extrêmement
vulgaire; déjà bas, le niveau de culture
générale a baissé, et les enfants n'ont plus
aucun intérêt pour les valeurs authentiques. Le salut ne réside même pas dans
le geste de fermer le petit écran… La
radio déverse à longueur de journée des
tombereaux de "manele", cette musique
tsigano-balkanique mêlant une extrême
vulgarité, jurons et sexe.
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
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Des infirmières
roumaines
pour la Belgique
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De plus en plus d'infirmières roumaines exercent en Belgique, ce qui
exaspère les agences chargées du
recrutement, lesquelles estiment que
30 000 professionnelles belges n'entrent pas sur ce marché du travail car
les conditions ne sont pas à la hauteur des critères européens.
"Les Roumaines ne sont pas
regardantes sur les conditions qu'on
leur fait et pensent arriver dans un
paradis" a déclaré le président du
syndicat des infirmiers, doutant de
leur qualité professionnelle, “car elles
exercent dans d'autres conditions et
ne parlent que le français, ne possédant aucun élément de flamand, ce
qui est indispensable à Bruxelles".
Tel n'est pas l'avis des hôpitaux
belges, privés ou d'Etat, qui se déclarent satisfaits de trouver du personnel
qualifié parlant justement français,
alors que le recrutement sur place est
difficile et que les agences de placement exigent une prime correspondant à 20 % du salaire. Le responsable du réseau d'hôpitaux publics de
la région bruxelloise, a déclaré qu'il
s'apprêtait à engager une vingtaine
d'assistantes roumaines.
En France, la question commence
à se poser dans les régions où les
infirmières manquent chroniquement,
(Ile de France ou dans l'Est). Le
recours aux infirmières espagnoles a
tourné court pour un problème linguistique. Le recrutement d'infirmières roumaines, pratiquant le
français, appréciées pour leur sérieux
et leurs qualités humaines, demandant seulement une mise à jour de
leurs pratiques, pourrait se révéler
une solution.
Actualité
Colère des praticiens
après la réforme annoncée de la santé
de sortir, conditions de vie souvent indignes, sentiment de se sentir prisonnières…
A
"Avec 27 euros la journée, pendant 35 jours,
j'ai pu payer mon année universitaire"
Santé
ORADEA
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
lors que les critiques fusent, le ministre de la Santé Eugen Nicolaescu
compte mettre en place au plus vite les nouvelles lois de réforme du système de santé, qui concernent notamment la direction des hôpitaux. Au
risque de se mettre à dos les praticiens qui ne comprennent pas ces mesures pour le
moins radicales. Plus d'une centaine de directeurs d'hôpitaux vont être remplacés afin
de mettre un terme à un système sclérosé et mafieux, affirme le ministre de la Santé.
"Les hôpitaux doivent non seulement être dirigés par de bons médecins mais aussi des
managers responsables ", ajoute-t-il. D'ailleurs, le nouveau paquet de lois sur la réforme de la Santé prévoit pour les nouveaux directeurs un stage de préparation
de deux mois dans une école nationale
de management. Au sein de la nouvelle
équipe de dirigeants, le ministère a fait
appel à des économistes et même à un
avocat.
De leur côté, la plupart des médecins, bousculés par la réforme, critiquent les mesures adoptées et estiment
qu'il est essentiel qu'un hôpital soit
dirigé par un médecin. "Il faudrait d'abord dire à la population quels sont les coûts de
fonctionnement d'un hôpital. Le ministère devrait s'interroger avant tout sur le
manque de financement du système de santé" a déclaré Mircea Cinteza, président du
Collège des médecins, sur la chaîne de télévision Antena 3.
Deux mille spécialistes obligés de partir à la retraite
Les nouvelles lois ont pour objectif de redynamiser tout un système, au prix d'un
mécontentement grandissant des praticiens. Car plus de 2000 d'entre eux vont devoir
partir à la retraite dans les semaines voire les jours qui viennent.
En effet, l'âge limite d'exercice pour un médecin a été ramené de 65 à 62 ans et de
60 à 57 ans pour une médecin femme. Exaspérés, six médecins d'hôpitaux de Cluj ont
commencé une grève de la faim en signe de protestation. "Il est normal d'instituer un
système de contrôle plus performant et de soumettre les postes exécutifs à un contrat
de management", a affirmé l'ancienne ministre de la Culture, Mona Musca. "Par
contre, je ne peux pas comprendre qu'on mette à la retraite un médecin spécialiste à
62 ans. La plupart ont dû étudier pendant 15 ans avant de maîtriser leur spécialité; à
60 ans leur expérience est très précieuse" a-t-elle ajouté.
(LPJ)
Sécurité sociale : plus de 400 M€ volatilisés
A
u cours d'un de ses contrôles
remontant à 2004, la Cour
des Comptes a relevé que
plus de 400 M€ s'étaient volatilisés des
caisses de la sécurité Sociale, la CNAS
(Caisse Nationale d'Assurance Santé),
ainsi que de celles de ses antennes régionales et des hôpitaux, sans indiquer précisément s'il s'agissait de détournements
ou d'erreurs de comptabilité.
Très souvent, ces administrations
n'enregistrent pas les factures et on ne
retrouve ainsi pas trace des acquisitions
ou des dépenses effectivement engagées.
Ainsi le ministère de la santé a acheté
récemment un appareil ultra-moderne de
radiologie à l'étranger pour un hôpital,
personne ne sachant où il a été livré.
De nombreux équipements sont
détournés vers des cabinets médicaux
privés (au moins pour 3 M€ d'après la
Cour des Comptes)… ce qui permet aux
médecins impliqués dans ce trafic d'augmenter sensiblement leurs tarifs de
consultation, en arguant de la modernité
de leur matériel.
des ramasseuses de fraises roumaines en Espagne
d'être honorée d'une médaille, elle aussi ramasse la fraise :
dans la vie, elle est diplômée de sociologie et de psychologie...
Si elles se disent finalement heureuses d'être venues ici,
ces femmes parlent aussi volontiers de la dureté des conditions
de travail. Deux Gitanes de Bucarest montrent leurs reins en
grimaçant: "Difficile, trop difficile", dit la plus jeune, 30 ans et
deux enfants au pays. Michaëla, 37 ans, qui a laissé son gamin
de 9 ans chez sa mère, était ouvrière dans le textile avant de
devenir chômeuse. En Espagne, elle a travaillé chez un propriétaire qui employait près de cent ramasseuses. La chef d'équipe était roumaine et "très, très dure", raconte-t-elle. "Les
jours de presse, on ne te laissait pas aller aux toilettes ni même
boire tant que tu n'avais pas rempli toutes tes cagettes."
Depuis le milieu des années 1990, la plupart viennent dans
le cadre d'un "contrat d'origine" signé par les gouvernements
de Varsovie et de Bucarest avec l'Espagne. Il s'agit d'une forme
d'"immigration choisie", mais temporaire, mise en place par
les organismes patronaux espagnols de la fraise. Leurs représentants se rendent sur place pour choisir leurs bras, après une
sélection sur dossier effectuée par les gouvernements. Le
succès est au rendez-vous.
Une Roumaine de Bucarest se souvient qu'"au moins 4
000 personnes attendaient devant le bureau le jour de l'embauche". Elle a campé là "trois jours et deux nuits" avant l'ouverture des inscriptions. Hormis le fait qu'elle n'était "pas
"Des chefs qui crient
grosse", elle ne sait pas pourquoi elle a été choisie. La seule
après tout le monde pour aller plus vite"
question qui lui fut posée fut de savoir "si elle connaissait
quelqu'un en Espagne". Elle n'y connaissait personne, elle a
Sa collègue, l'étudiante en droit Amelia, décrit un système
été prise. Ce jour-là fut "certainement (son)
pervers: "On nous disait que les vingt perjour de chance".
sonnes qui ramassent le moins n'auraient
L'étonnement initial s'accroît encore
pas de travail le lendemain. Mais on ne nous
quand on parle avec ces femmes. Roumaine
disait pas combien de cagettes cela repréde 23 ans, Cristina est venue la première fois
sente: alors c'était la folie, tout le monde se
en 2004, avec sa mère de 45 ans. Elle a
déchaînait." Même pression dans les grands
trouvé le travail correct et précise: "Je suis
ateliers de conditionnement des coopérajeune, j'ai des forces, alors ça allait. A 27
tives. Elena, qui y a travaillé plusieurs mois,
euros la journée et 35 jours de travail sur
se souvient que "les chefs criaient après tout
trois mois passés ici, j'ai pu payer mon année
le monde pour qu'on aille toujours plus vite".
universitaire en droit et langues étrangères."
Mais elle a aussi été femme de maison et
Depuis, elle est revenue chaque année. A
conclut: "La fraise, c'est dur. Mais je préfère
Le départ de centaines de milliers de ça au travail de bonne: au moins tu vois du
Huelva, elle a eu des ennuis avec un patron
parents laisse autant d’enfants seuls.
harceleur, contre lequel elle a gagné son
monde."
procès. Les 500 euros d'indemnités, dit-elle, vont bien l'aider
Autre point de contestation souvent soulevé : le logement.
quand elle s'en retournera, une fois la cueillette terminée, pasLa médiatrice de la COAG en convient : "En deux ans, c'est
ser ses examens au pays. Sa mère, seule pour élever deux
pour des problèmes de cohabitation que j'ai été le plus souvent
filles, a abandonné son métier de comptable pour venir cueillir
sollicitée. Comme elles viennent de régions différentes et sont
souvent énervées, les femmes ont du mal à s'entendre."
la fraise. Quant à la soeur de Christina, elle est restée au pays,
Michaëla confie: "On rentre crevées après la cueillette et on
où elle étudie la médecine.
nous parque à douze par chambre, avec rien d'autre qu'une
petite cuisine et pas de meubles, à 7 kilomètres du village le
Cristina était directrice
plus proche."
de publicité en Roumanie
Anca, étudiante en droit, a vécu la saison "à huit par
chambre,
avec des lits superposés et rien d'autre". Elle s'inEléna, 26 ans, a fait une école hôtelière. Elle a pu obtenir
digne
que
la visite des hommes soit interdite, que la fermeture
la possibilité de rallier l'Espagne parce que sa belle-mère est
des
grilles
soit imposée à 19 h 30, avec une sanction terrible en
une actrice très célèbre dans son pays. Rencontrée au siège de
la COAG (Coordination des organisations d'agriculteurs et d'écas de retard le soir: "Pas de travail le lendemain." Elle rit
leveurs, le plus à gauche des syndicats paysans espagnols), une
pourtant quand elle raconte: "Une fois, on a été au cinéma.
autre Cristina, 32 ans, est devenue, après quatre saisons aux
Pour rentrer, on a dû faire le mur. Comme des voleuses."
fraises, "médiatrice" du syndicat d'agriculteurs. Auparavant,
Toutes le répètent: l'employeur conservant leur passeport, elles
elle ne connaissait rien à l'agriculture: elle était directrice de
se sentent "complètement prisonnières".
publicité en Roumanie !
Quant à Mirela, elle a quitté sa première patronne, une
Interrogée sur sa présence en Andalousie, elle hausse les
“mémé” qui la frappait avec un bâton, parce qu’elle n’aimait
épaules: "Le salaire est tellement plus grand." Quant à la
pas sa cuisine, et est aujourd’hui femme de ménage à Madrid.
médiatrice bénévole roumaine de la Croix-Rouge, qui vient
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Actualité
Social
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La dure réalité
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Travailler dans l'UE :
les barrières tombent
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Passeport confisqué, interdiction
La Grèce, l'Espagne, la Finlande
et le Portugal ont annoncé leur intention de lever les restrictions empêchant les Roumains et Bulgares de
venir y travailler, deux après l'adhésion de ces deux pays à l'UE, soit,
normalement, au 1er janvier 2009.
Grande-Bretagne, Irlande et Suède
avaient déjà montré la voie en indiquant que ces barrières tomberaient
dès leur entrée dans l'UE, en janvier
prochain.
Ces mesures positives sont prises
après avoir observé que l'adhésion
des ex-pays communistes, le 1er mai
2004, n'a pratiquement produit aucun
surplus de flux d'immigration, ni de
problèmes particuliers. La France,
elle, ouvrira ses portes au coup par
coup, suivant ses besoins de main
d'œuvre dans différents secteurs
(bâtiment, agriculture); il en est de
même pour le Luxembourg et la
Belgique qui vont simplifier les formalités de délivrance des permis de
travail.
L'Italie a choisi de doubler son
quota d'immigrés, passant de 85 000
à 170 000, alors que les Pays Bas
veulent aussi ouvrir leur marché du
travail, mais attendent que leur parlement se prononce. Finalement, seuls
l'Allemagne, l'Autriche et le
Danemark campent sur leur position
fermée et ne songent à lever les restrictions qu'après 2011.
Bruxelles se réjouit de cette
ouverture, tout en notant, avec irritation que la République tchèque, nouvel adhérent, ne respecte pas la
règle du jeu, en venant d'augmenter
le niveau de difficultés pour les
Roumains et Bulgares désireux de
venir y travailler.
E
nvoyé spécial du monde, Michel Samson a observé le déroulement de la
campagne de ramassage des fraises dans la région de Huelva, en Espagne,
deuxième productrice mondiale derrière les USA (un million de tonnes),
avec 286 000 tonnes. Voici son récit :
Le long de la route de Moguer à
Mazagon, encore chaude dans le soleil déclinant, marchent de petits groupes de femmes
blondes portant des sacs en plastique remplis
de courses. D'autres, qu'elles croisent, tirent
sur l'asphalte poussiéreux de cahotantes
valises à roulettes. A un carrefour, trois
femmes mûres font du stop. Elles s'annoncent
roumaines et côtoient deux jeunes Marocains,
arrivés de Marrakech et Meknès. Derrière
eux, de chaque côté de la route, s'étendent à
perte de vue des champs de fraisiers.
En ce début juin, la plupart d'entre eux ne portent plus de fruits. Partout, dans la
région andalouse de Huelva, la récolte de la fraise touche à sa fin. Dans les cohortes
de saisonnières, elles sont nombreuses à marcher déjà vers l'autocar qui, en trois jours
et trois nuits, les ramènera chez elles. Garé sur un terrain poussiéreux à la sortie de
Palos de la Frontera, un vieil autobus, qu'elles appellent "le camion", attend ces partantes pressées de rentrer au pays maintenant que le travail manque.
Dortoirs brûlants l'été, froids l'hiver
Plus loin, vers la station balnéaire de Mazagon, un chemin de terre s'enfonce entre
les champs vers un complexe chimique dont les cheminées dominent la plaine sablonneuse. Au milieu des serres encore en activité ou déjà démontées, se succèdent des
maisonnettes blanches à toit plat: une porte métallique, deux fenêtres.
Ce sont des dortoirs: brûlants l'été, froids l'hiver. Là sont logées les dizaines de
milliers de ramasseuses étrangères, ces saisonnières qui font la richesse de la région
de Huelva, petit coin d'Andalousie océanique devenu, depuis les années 1970, le paradis de la fraise. Bien qu'espagnole, cette agriculture, essentiellement exportatrice, avec
ses milliers de tonnes de fruits produits chaque année (286 000 en 2004, 87 % à l'export), n'a plus grand-chose de
méditerranéen, hormis son nom.
Huelva est le royaume de la
fraise camarosa, une variété brevetée. Les semences ont été mises
au point au soleil de la Californie.
C'est là que le pionnier espagnol,
Antonio Médina, est allé se fournir, dans les années 1960. C'est
toujours le cas. Aujourd'hui, l'entreprise Las Madres y achète les
plants, puis les commercialise,
après pépiniérage, dans toute la région.
La cueillette de la fraise reste totalement manuelle. La main-d'oeuvre est donc un
élément majeur du coût de production de ce fruit fragile, et une préoccupation permanente des producteurs. Aujourd'hui, elle vient du Maroc, de pays subsahariens, un peu
d'Amérique latine et pour plus de la moitié d'Europe centrale et de l'Est, majoritairement de Pologne et de Roumanie. Ce sont ces femmes qu'on voit marcher sur les chemins ou qu'on aperçoit depuis la route faire leur lessive près de leurs dortoirs blancs,
interdits aux hommes et cernés de grillages.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
"Une tradition vieille comme la nuit des temps"
Minorités
Des mariées tziganes de 8 ans
C
'est un petit
village d'aspect moyenâgeux comme il y en a
tant dans la Roumanie
profonde, rapporte Mirel
Bran dans “Le Monde”
du 24 mars. Routes
défoncées, maisons modestes. Dans le centre, les
Cette jeune mariée a eu de la chance Roumains; à la périphéses parents attendant ses 15 ans.
rie, la minorité tzigane.
Depuis le 16 mars, Ram-nicelu, à l'est du pays, commune de
quelque 5 000 habitants dont un tiers de Tziganes, est dans la
ligne de mire des autorités roumaines. Quelques jours auparavant, la communauté tzigane du village faisait la fête. Neuf
mariages le même jour, ce n'était pas un événement ordinaire.
L'âge des mariées non plus, puisque les neuf filles étaient
encore des écolières de 8 à 11 ans. "Dans cette communauté,
les mariages arrangés sont la norme depuis la nuit des temps",
affirme Bogdan Panait, secrétaire d'Etat chargé de la protection de l'enfance.
"Depuis le début de l'année, nous avons célébré une trentaine de mariages entre nos enfants", raconte Gheorghe
Fotache, conseiller d'origine tzigane auprès de la mairie, qui
joue le rôle de médiateur entre les Tziganes et les Roumains.
Moi-même j'ai épousé ma femme à l'âge de 14 ans alors qu'elle en avait 9 et nous sommes très heureux." Mais ces mariages
précoces, que la communauté tzigane continue de pratiquer
neuf mois avant l'adhésion de la Roumanie à l'Union
européenne, mettent les autorités roumaines dans l'embarras.
Dormant avec leur belle-mère
et non avec leur jeune mari
Bucarest a été sommé par les instances européennes,
depuis le début des négociations avec l'UE, en 2000, de régler
A
Le roi Cioaba lors du mariage forcé de sa fille,
Ana Maria, 12 ans, qui a défrayé la chronique.
ce problème. Les mariages multiples de Ramnicelu font resurgir la question dans l'actualité. "Le maire du village nous a saisis à propos de ces neuf mariages de mineurs, témoigne
Cecilia Manolescu, directrice de l'antenne locale pour la protection de l'enfance. Nous avons aussitôt envoyé dans le village une équipe d'assistants sociaux accompagnés de policiers
pour faire une enquête. Nous avons trouvé quatre petites filles
installées dans les maisons de leurs beaux-parents. Elles ont
déclaré qu'elles habitaient bien là mais qu'elles dormaient
avec leurs belles-mères et non avec leurs jeunes maris.
Malheureusement, cette situation est très fréquente dans notre
région."
Mères dès l’âge de 13 ans
L'enquête menée par les
autorités roumaines ne semble
pas devoir faire changer d'avis
les représentants légaux de ces
enfants. "Nous ne voulons pas
renoncer à cette tradition, dit
Alexandru Ibris, grand-père
d'une des mariées de
Ramnicelu, âgée de 8 ans.
Personne ne fait de mal à ces
enfants, mais nous voulons
être certains que les nôtres hériteront de nos biens. Les
Roumains ne peuvent pas comprendre." Selon les témoignages
de cette communauté, une fille qui n'est pas encore mariée à 10
ans est une honte pour la famille. La directrice de l'école locale, Neacsa Raileanu, s'inquiète de la natalité galopante dans la
communauté tzigane. "Je vois de plus en plus de filles
enceintes à partir de l'âge de 13 ans", affirme-t-elle. Quant au
maire de Ramnicelu, Neculai Jugaru, il se déclare battu. "Nous
avons organisé une rencontre entre plusieurs parents tziganes
et un psychologue, explique-t-il. Quelques jours plus tard, les
mêmes familles mariaient leurs enfants et faisaient la fête."
Amende honorable du roi Cioaba
na-Maria, 12 ans, mariée de force en 2003 par son père, le roi des tsiganes Cioaba, avait pleuré tout au long de la cérémonie. Ces mœurs
d'un autre temps avaient été largement dénoncées, autant au plan
national qu'international. Le "souverain" a fait depuis amende honorable, puisque
le samedi 6 mai 2006, il a conduit sa nièce, Ruxandra-Anca, bientôt 18 ans,
devant l'autel pour l'unir à Alexandru Dragan, attendant que les deux futurs époux
aient atteint l'âge de 16 ans, afin de se soumettre à la législation. "Il faut commencer à changer certaines de nos traditions" s'est-il exclamé, "respecter la
légalité, d'autant plus que nous allons entrer dans l'Union Européenne". Considéré comme l'événement de l'année, le mariage s'est déroulé dans la cathédrale
métropolite de Sibiu. 500 invités ont participé à la noce. La jeune mariée a reçu
en dot, un collier et de nombreuses pièces en or, une Mercedes d'une valeur de 30
000 €, du mobilier de luxe venant d'Italie, tout les appareils électroménagers de
dernière génération et des robes créées par les plus grands couturiers roumains.
37
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Un évènement pour
l'Eglise gréco-catholique
Religion
BAIA
MARE
z
ARAD
z
z
SUCEAVA
z
ORADEA
BISTRITA
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CLUJ
BLAJ
z
z
HUNEDOARA
R. VALCEA
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GALATI
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BRASOV
z
BRAILA
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CRAIOVA
CHISINAU
z
IASI
TARGU
MURES
SIBIU
z
z
TIMISOARA
„
BUCAREST
C
z
CONSTANTA
z
Vocations
monastiques en chute
38
Mgr Lucian Muresan
devient métropolite
z
z
Les monastères ont de plus en
plus de mal à trouver des jeunes
ayant la vocation, alors que ces lieux
de cultes se sont multipliés depuis
1989. Pourtant, dans les cinq
années suivant la "Révolution", un
engouement certain s'était fait jour.
"Nous avons accueilli environ 30
nonnes dans cette période; il y avait
un élan mystique", confie la Mère
supérieure d'un des plus vieux
monastères du judet de Bacau,
Bogdana, ajoutant "mais depuis
quatre ans, nous n'avons enregistré
aucune candidature”.
'est un événement majeur que vient de connaître
l'Eglise gréco-catholique (uniate), trois siècles
après sa fondation: le Vatican lui a accordé le
rang d'archevêché majeur, élevant à un rang égal à celui du patriarche Teoctist pour
l'Eglise orthodoxe, Mgr Lucian Muresan, désormais archevêque qui siègera à Blaj
(Judet d'Alba). La cérémonie d'élévation a eu lieu le dimanche 30 avril, dans le haut
lieu de cette religion, en présence de dizaine d'évêques et de milliers de fidèles.
L'Eglise orthodoxe était représentée à la cérémonie par le curé de Blaj, bien que son
patriarche ait été invité, le gouvernement se faisant également assez discret avec la
seule présence de la ministre de la Justice et des Cultes, Monica Macovei.
Désormais, l'Eglise gréco-catholique disposera d'un synode qui choisira lui-même
son chef, alors qu'auparavant son Conseil supérieur désignait trois candidats, l'élu restant à la discrétion de Rome. Mgr Muresan bénéficie de toutes les prérogatives
réservées à un patriarche d'une église orientale, bien que ce rang ne soit pas reconnu
par le Vatican qui le réserve aux églises créées lors des premiers siècles de l'ère chrétienne: catholique, copte, syriaque, maronite, melchite, chaldéenne et arménienne.
Agé de 75 ans, Mgr Muresan est né dans le Maramures (Baia Mare). Après ses
études au lycée, il a voulu devenir prêtre gréco-catholique, entrant à l'Institut romanocatholique d'Alba Iulia. Cette confession étant interdite par le régime communiste, en
1948, le jeune a été exclu du séminaire et est devenu simple fonctionnaire, continuant
en cachette ses études théologiques et attendant son ordination. Il a été élu évêque du
Maramures après la "Révolution".
Mécontent du renvoi de leur prêtre, un village
entier passe en bloc au gréco-catholicisme
L
"Les jeunes préfèrent partir à l'étranger, mener leur propre vie.
Aujourd'hui ils sont libres et ont peur
de l'engagement monacal" constate
un moine qui a revêtu la bure voici
quarante ans, pour échapper à l'univers communiste, regrettant que
l'Eglise orthodoxe ne soit pas suffisamment préparée pour provoquer
et accompagner les vocations. "Nous
ne savons pas adapter l'enseignement du Christ à nos jours; pourtant
il ne faudrait pas que la Roumanie
entre dans l'Union Européenne en
perdant ses spécificités", conclut-il.
Selon l'épiscopat orthodoxe roumain, le pays compte 430 moines et
nonnes répartis dans 27 monastères.
es fidèles orthodoxes de Valea
de Jos (Judet de Bihor,
Oradea) n'ont fait ni une, ni
deux quant ils ont appris la mise à l'écart
par sa hiérarchie, à la suite d'un différent,
de leur prêtre, le Père Dumitru Salajan,
dans lequel ils ont la plus grande confiance. A la tête de la paroisse depuis 27 ans,
celui-ci a décidé de passer au grécocatholicisme, 370 de ses fidèles, sur les
400 adultes de la commune, lui emboîtant
le pas… bien que cette dernière religion
n'ai jamais été pratiquée sur place. Leur
requête a été agréée par l'épiscopat de
celle-ci.
Le prêtre et ses paroissiens se sont
appropriés la nouvelle église, ce qui
risque de conduire à un conflit avec la
hiérarchie orthodoxe d'Oradea… mais ils
estiment en avoir le droit car ils l'ont
construite de leur propre mains sans son
aide. Par ailleurs l'Eglise orthodoxe affirme couramment que les églises ainsi disputées appartiennent à la majorité des
fidèles, ce qui l'arrange dans bien des cas,
catholicisme et gréco-catholicisme ayant
vu fondre leurs effectifs sous le communisme, à la suite des persécutions religieuses qu'elle a moins subies de part son
attitude coopérante. Oradea a envoyé un
jeune prêtre orthodoxe de 27 ans pour
suppléer à la "désertion" du Père Salajan.
Avec les 30 fidèles qui lui restent, celuici a l'impression de prêcher dans le désert
et a trouvé refuge dans la vieille église en
bois du village.
La hiérarchie de l'Eglise orthodoxe
est fréquemment critiquée pour son autoritarisme, son inflexibilité et son manque
de compréhension vis à vis des demandes
de ses fidèles, ce qui a déjà conduit deux
villages, Pescenea (judet de Vâlcea) et
Valcea Stei (judet d'Hunedoara) à quitter
ses rangs, usant de la liberté de conscience retrouvée, pour rejoindre d'autres
églises leur paraissant plus ouvertes et
plus proches d'eux, entraînant un conflit
avec intervention d'organisations internationales spécialisées dans la défense du
droit à choisir sa religion.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Social
Actualité
Des villages roumains entiers se vident de leur population adulte
Traumatisés, les enfants attendent le retour
de parents partis pour l'Eldorado de l'Ouest
M
irel Bran a rencontré ces Roumains tentés par
"l'Eldorado" de l'Occident et la cueillette des
fraises en Espagne. Il conte leurs espoirs dans
"Le Monde":
"Assis près de leurs
bagages, rue Buzescu, à
Bucarest, une trentaine
de Rou-mains attendent
l'autocar pour l'Espagne.
Il est 5 heures du matin
et, pour un mois de juin,
il fait froid. La rue est
déserte.
Seul
le
McDonald's, ouvert nuit
et jour face à l'arrêt d'autocar, anime la rue poussiéreuse.
"Je pars pour deux mois, avoue Ana, enseignante à
Sinesti, un village proche de la capitale. Les travaux agricoles
ne me font pas peur. J'ai l'habitude. Au moins, en Espagne,
nous sommes mieux payés qu'ici." Son salaire mensuel roumain, équivalent à 200 €, est loin de la faire vivre décemment,
avec ses deux enfants. Un travail saisonnier dans les champs
espagnols, même mal payé comparé à la moyenne européenne,
reste alléchant pour les Roumains.
En 2005, selon la Banque centrale, ses travailleurs
à l'étranger ont renvoyé 3 milliards d'euros au pays, un
pactole qui a fait exploser le prix de l'immobilier et
permis à la Roumanie de se développer rapidement.
Pourtant, le départ pour l'Eldorado de l'Ouest est souvent vécu comme un drame, surtout par les enfants.
Ceux-ci restent très souvent en Roumanie, généralement confiés par les migrants à leurs grandsparents. La région de Moldavie (à ne pas confondre
avec l'Etat homonyme), à l'est du pays, réputée pour sa pauvreté, est la plus touchée par ce phénomène d'"bandon temporaire. Rien que dans la ville d'Iasi, 10 000 enfants sont concernés, selon l'inspection de l'éducation locale.
"Ils manifestent un grand besoin d'affection, présentent
des troubles du sommeil et développent un comportement
agressif”, affirme Camelia Gavrila, directrice de l'inspection
de la ville. “Nous informons constamment les parents sur les
E
risques auxquels ils exposent leurs enfants."
Le suicide du petit Razvan a bouleversé le pays
C'est dans la région de Moldavie que Razvan Suculiuc,
âgé de 10 ans, s'est pendu le 27 mars parce que sa mère, partie
travailler en Italie pour lui acheter un ordinateur censé faciliter sa réussite scolaire, lui manquait trop. Ce suicide a bouleversé le pays et provoqué un débat sur le destin de ces enfants
délaissés. "Le cas du petit Razvan n'est pas une exception. Il
concerne des milliers d'enfants que les parents ont quittés,
poussés par le mirage de l'argent", notait l'éditorial du quotidien “Evenimentul Zilei” (L'Evénement du jour).
Des villages roumains entiers se vident de leur population
adulte, qui prend le chemin de l'Ouest en quête de meilleurs
salaires. Les enfants confiés aux grands-parents ont souvent du
mal à continuer leurs études et des écoles en milieu rural commencent à fermer leurs portes.
Un millier de Chinoises embauchées
à Bacau, faute de main d'œuvre locale
Les finances du pays sont touchées par le phénomène
migratoire. Certes, les 3 milliards d'euros envoyés depuis
l'étranger contribuent à faire
tourner l'économie. Mais ces
Roumains-là ne paient pas
d'impôts sur ces revenus. Le
système de santé et l'enseignement souffrent d'un
manque de fonds publics.
Les émigrés partis à l'étranger ont fait baisser le taux de chômage roumain à 6 %; mais en
même temps, de plus en plus d'entrepreneurs se plaignent des
difficultés qu'ils rencontrent pour trouver de la main-d'oeuvre.
En mai, une entreprise textile de Bacau a dû embaucher un
millier de Chinoises pour pouvoir pallier le manque de maind'oeuvre locale. En même temps, à Bucarest, rue Buzescu, des
dizaines de Roumains attendent tous les matins l'autocar qui
les emmènera vers les champs ensoleillés d'Andalousie".
En 2008, le salaire moyen net devrait atteindre les 300 €
n 2008, selon une étude réalisée par la Commission Nationale des Prévisions (CNP),
le PIB/habitant atteindra 5450 € (contre
3.500 €/habitant, en 2005). La zone la
plus développée sera la région Ouest de
la Roumanie (les départements de Arad,
Timis, Hunedoara et Caras-Severin),
avec un PIB/habitant supérieur à 6.000
€. Elle sera talonnée par les régions
Centre et Nord-Ouest (PIB/habitant compris entre 5100 € et 6.000 €), les régions
Sud-Ouest, Sud-Est et Sud (entre 4100 €
et 5000 €) et la région Nord-Est (en-dessous de 4000 €). Durant la période 20062008, la région de Bucarest sera la seule
à afficher une croissance supérieure à la
moyenne nationale (2006: 6,6%; 2007:
7,1%; 2008: 6,8%) indique l'étude de la
CNP. Pour ce qui est du salaire moyen
net, la CNP estime que d'ici 2008, il s'accroîtra de 17,5% en termes réels, pour
atteindre 1.002 lei (300 €), contre 817
actuellement (250 €), une hausse au-delà
de la moyenne nationale devant être
enregistrée dans les régions de Bucarest,
Nord-Ouest et Ouest).
15
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Sur 14 000 km de voies
ferrées, seulement 60 respectent
le critère européen de vitesse minimum
Equipement
z
ARAD
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CLUJ
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ALBA IULIA
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z
z
SULINA
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z
TULCEA
CONSTANTA
z
Une croissance
de 5,2 % attendue
cette année
14
D'après les pronostics du Fonds
Monétaire International, avec une
croissance prévue de 5,2 % de son
produit intérieur brut en 2006, et de
5,7 % annoncée pour 2007, la Roumanie se trouve dans la moyenne
(5,3 %) des pays européens émergents, les Pays Baltes étant les
meilleurs élèves de la classe
(Lettonie, 9%, Estonie, 7,9 %).
La demande dépassant l'offre, à la
suite de l'augmentation générale des
salaires, de l'endettement croissant
des particuliers ayant recours aux
crédits de consommation, des investissements, l'inflation restera à un
haut niveau (7,9 % en 2006, 4,8 % en
2007), le déficit du compte courant
s'élevant à 8,3 % (8,1 % en 2007). Le
FMI, qui porte une analyse sensiblement équivalente sur la Bulgarie, attire l'attention de ces deux pays sur les
risques de surchauffe économiques.
... mais ralentie
En 2005, la Roumanie a enregistré
un taux de croissance de 4% contre
8,3 % en 2004. Ce ralentissement est
un phénomène commun à tous les
pays d'Europe de l’Est, selon la
Banque pour la reconstruction et le
développement. Sur l'ensemble de la
zone, la croissance est de 5,6%
contre un taux record de 6,7% en
2004. Outre la Roumanie, ce ralentissement est particulièrement sensible
en Pologne (3,2 % après 5,3 %) et en
Ukraine (2,6 % après 12,1 %).
"Au fur et à mesure que la région
intègre l'économie mondiale elle
devient plus vulnérable aux tendances globales" indique la BERD,
qui aide ces pays dans leur transition.
L
a Roumanie a encore beaucoup d'efforts à consentir pour améliorer son
réseau de voies ferrées (14 000 km). Seulement 91 km ont été réaménagés
sur les 2000 des corridors internationaux qui traversent le pays. Il faudra
attendre 2020 pour que ceux-ci soient réhabilités, ce qui coûtera 17 milliards d'euros.
Quant aux critères européens de vitesse minimum (160 km/h), ils ne sont atteints
que sur 60 km, entre Chitila et Brazi,
Ploiesti et Floresti. Sur près de la
moitié du réseau (5500 km), la vitesse est limitée à 80 km/h pour des raisons de sécurité, et même à 50 km/h
pour 3500 autres kilomètres. Près de
5000 km attendent des réparations
d'urgence, mais l'Etat n'investit que
500 M€ par an pour les transports
ferroviaires (0,7 %du PIB), ce qui
est notoirement insuffisant, le retard des travaux entraînant de nouvelles restrictions
de vitesse. L'UE a promis un milliard d'euros d'ici 2013 pour améliorer la situation.
La Roumanie possède 46,1 km de voies ferrées par mille kilomètres carrés, ce qui
la situe dans la moyenne de l'UE (48,1 km). Les autres pays de l'Europe de l'Est disposent des équipements suivants : Bulgarie, 38,9 km, Pologne, 65,2 km, Slovaquie,
75 km, République Tchèque, 121,7 km… et Hongrie, 825 km, record du monde !
C
La moitié de la flotte fluviale à changer
omposée de 3000 navires et
comptant une cinquantaine
d'armateurs, la flotte fluviale
roumaine occupe le quatrième rang en
Europe, position due notamment au
Danube qui effectue en Roumanie son
plus long parcours.
Ses opérateurs sont cependant très
inquiets avec la prochaine entrée en
vigueur des normes européennes que seulement la moitié des embarcations peuvent espérer remplir, principalement dans
les domaines de la pollution et de la protection de l'environnement. A terme, les
L
prévisions sont encore plus pessimistes:
en 2012, la flotte roumaine, modernisée,
ne comptera plus que 500 navires dont 70
propulsés.
Pour rendre la situation plus supportable, les armateurs roumains demandent
des délais, ce qui n'est guère envisageable, la Roumanie ayant déjà bouclé
ses négociations avec l'UE dans le
domaine des transports, l'aide de fonds
européens, et, pour une période limitée
dans le temps, l'exclusivité du cabotage
pour leurs bateaux sur les voies navigables roumaines.
Une autoroute… pour le prix de trois
e ministère a lancé les travaux de réparation de 23 km d'autoroute sur l'axe
Bucarest-Pitesti (du km 23 à 46 dans ce sens, de 43 à 37 et de 29 à 23 dans
l'autre), dont le coût est chiffré à 277 M€, s'ajoutant aux 117 M€ déjà
dépensés depuis 1998 pour cet axe qui a tout juste une dizaine d'années… et se révèle par endroits pleine de trous. La facture totale de ces réparations s'élèvent ainsi à près
de 400 M€, soit 3,44 M€ pour un kilomètre… alors que la construction de la nouvelle "autoroute du soleil" (Bucarest-Constantsa) est estimée à 2,3 M€ du km.
Bucarest-Pitesti a coûté jusqu'ici pratiquement le prix de trois autoroutes normales, dépassant même celui des plus coûteuses autoroutes européennes de montagne.
Et ce n'est pas fini, aux dires des spécialistes. Incompétence et corruption sont à la
base de cette addition pharamineuse.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Insolite
Société
Clandestins pendant 200 kilomètres
dans la cohorte présidentielle
U
ne équipe de journalistes d'Evenimentul Zilei
(L'Evènement du Jour) a réussi à glisser sa voiture, un 4X4 noir immatriculé à Bucarest ne dépareillant pas avec les autres véhicules, dans le cortège présidentiel, sans que les services de sécurité, les gardes du corps du
président, la police, ne s'en rendent compte. Ils ont ainsi parcouru 200 km entre Odorheiu Secuiesc et Predeal (station de
sports d'hiver près de Brasov) entre les 13 voitures de la cohorte roulant à 100 km/h, avec gyrophares et sirènes, traversant
Brasov en cinq minutes, brûlant les feux rouges, roulant à
contre-sens, sans qu'on leur demande de présenter la moindre
accréditation, autorisation. Intégrés dans la file, ils se sont
même retrouvés pendant quelques kilomètres à seulement trois
véhicules de la voiture présidentielle, salués bien bas par les
policiers en faction. Personne ne s'est aperçu de cette intrusion, ni que le cortège comprenait un véhicule de trop.
Finalement, les journalistes ont arrêté discrètement leur
périple quand Traian Basescu a décidé de faire une pause à
Predeal pour regarder à la télévision le match de quart de finale de la coupe UEFA, entre le Betis de Séville et Steaua
Bucarest (0-3). Révélant quelques jours plus tard leur aventure aux services de sécurité, ils se sont heurtés à des haussements d'épaule et à un péremptoire "ce n'est pas possible".
Puis devant l'accumulation des détails fournis, ces services ont
trouvé l'explication: "en général, les policiers de province sont
très stressés quand ils voient un cortège officiel traverser leur
zone, avec des voitures immatriculées à Bucarest et ils ont tendance à se mettre au garde-à-vous sans se poser de questions".
L'amour à l'air libre
L
a vedette du salon du tourisme rural, qui s'est tenue
fin mai à Albac (judet de Alba Iulia) dans les
Apuseni, a été sans conteste la présentation de l'aménagement d'une colline de la commune d'Horea où les couples
peuvent désormais venir faire l'amour en pleine nature, sans être
dérangés, perpétrant une vieille tradition de l'endroit à l'initiative du maire, Corneliu Olar, qui entend ainsi développer le tourisme dans sa commune. Les jeunes, qui n'ont pas les moyens de
s'acheter une voiture, apprécient de pouvoir "s'aimer avec
fureur" et sans contraintes, tandis que leurs aînés reconnaissent
avoir été souvent des habitués de cette colline.
U
ne cafétéria du centre de
Bucarest, sise 1 rue Liviu
Rebreanu, est très courue des
habitants de la capitale pour les gâteaux
originaux qu'elle propose. Les clients
peuvent commander toutes sortes de
forme pour leurs pâtisseries : chat, fantôme, chaussures, voitures, violon en chocolat, sirène blonde en gelée, piano, partitions musicales, maisons en caramel…La spécialité de la maison est d'in-
Photographies comestibles
clure des photographies en sucre, chocolat, gelée, que leur apportent leurs clients.
Les reproductions calculées par ordinateur, selon un procédé secret, sont très
appréciées et en couleur. Elles sont réalisées en quelques heures et peuvent être
rétouchées. Ainsi le gâteau des jeunes
mariés peut-il reproduire la scène où ils
ont dit "oui" devant le maire et les parents
d'un nouveau né revoir celle du pope le
baptisant.
Fausse note
L
39
e pianiste russe Nikolaï Petrov a interrompu son concert, donné
début mars à Chisinau (République de Moldavie) à cause d'un
spectateur dont le portable a sonné deux fois. "Le pianiste avait
à peine fini le premier mouvement de son morceau quand la sonnerie a
retenti. Il s'est arrêté pour attendre que le spectateur mal élevé finisse sa
conversation. Quand le téléphone du même spectateur a sonné une nouvelle fois, quelques minutes plus tard, le pianiste s'est levé et est sorti de
scène" a raconté le directeur de la salle. La direction a demandé au spectateur de quitter les lieux, mais l'artiste a refusé de poursuivre le concert.
Il a également annulé celui prévu le lendemain et a quitté la Moldavie.
Agences de publicité et grosses
entreprises sont friandes de ce genre de
surprises, lors des évènements médiatiques ou des fêtes internes qu'elles organisent. Le prix dépend de la grosseur des
pâtisseries et des ingrédients utilisés. Le
record appartient toutefois à une célèbre
marque de préservatifs qui avait fait
confectionner un phallus géant de 60
kilos en chocolat, crème à l'intérieur et
fruits à la base…
Grand cœur… et jolies fesses
B
riget Massland, présentatrice à la télévision hollandaise, a adopté l'an passé un
des chiens errants de la capitale, lors
d'un passage à Bucarest. Elle a offert un combiné
Mercedes équipé de tout le matériel nécessaire à leur
stérilisation à une association de Cernavoda, où se
déroule un programme international d'adoption.
Pour financer son achat, la jolie présentatrice a
décidé de dévoiler sa superbe anatomie dans la
revue "Play Boy", édition des Pays Bas.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Sports
BAIA
MARE
z
ORADEA
z
z
SALONTA
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SIBIU
z
z
z
P. NEAMT
BACAU
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URZICENI
PITESTI
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BUCAREST
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TULCEA
CONSTANTA
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Insolite
A Cufoaia
le "cimetière
des pendus"
manque de candidats
40
L
IASI
z
z
TG. JIU
z
z
BRASOV
TIMISOARA
CRAIOVA
z
z
CLUJ
ARAD
z
SUCEAVA
TARGU
MURES
z
Cufoaia, village d'une centaine de
familles, dans le Maramures atteindra-t-il la célébrité de Sapinta et de
son cimetière gai? Fait unique en
Roumanie, la petite localité abrite un
"cimetière des pendus", proche du
cimetière communal, réservé à ceux
qui ont choisi de se passer la corde
autour du cou… non pas pour convoler mais pour en finir avec la vie. Une
vingtaine de tombes y sont dénombrées. Seuls les anciens se souviennent des personnes qui reposent en
ce lieu, car depuis quelques années
on n'a enregistré aucun cas de pendaison dans le village et le croquemort est obligé d'aller chercher les
profils correspondant à cette spécificité à une vingtaine de kilomètres à
la ronde, jusqu'à Tîrgu Lapus.
Cet endroit a vu le jour au début
du XXème siècle, lorsque la
Roumanie était sujette à de fréquentes épidémies mortelles, les
croyants n’admettant pas d'être
enterrés auprès des suicidés, suivant
les préceptes, toujours en vigueur,
de l'Eglise orthodoxe. Sauf dérogation accordée au cas par cas par
l'évêque, à la demandes des
familles, les suicidés n'ont toujours
pas droit au carillon des cloches, à la
messe des morts pardonnant leurs
fautes, à une croix sur leur tombe, et
doivent être enterrés à l'écart, le
prêtre se contentant d'assister à la
mise en terre.
La gymnaste Catalina
Ponor met fin à sa carrière
a nouvelle fée de la gymnastique féminine,
Catalina Ponor, 19 ans, a décidé de mettre un
terme à sa carrière, après avoir remporté le titre
de championne d'Europe à la barre fixe, à Volos, fin avril, en
Grèce, et la médaille de bronze aux exercices au sol. La
terre grecque lui a porté chance puisque, voici deux ans, lors
des J.O. d'Athènes, elle y décrochait quatre médailles d'or
(barre fixe, poutre, exercice au sol et par équipe), apparaissant comme l'héritière naturelle de Nadia Comaneci.
Ambitieuse et volontaire, la jeune fille crevait l'écran par sa forte personnalité.
Elle prenait nettement l'ascendant sur ses camarades et adversaires, lesquelles paraissaient gamines aux côtés de cette déjà magnifique et très belle jeune femme, aux traits
semi-orientaux d'une grande finesse, hérités d'un père naturel turc.
Son départ accentue la période de mutation que vit la gymnastique roumaine après
le retrait, voici quelques mois, de son couple mythique d'entraîneurs, Octavian Belu et
Mariana Bitang qui a régenté la discipline d'une main de fer, ces vingt dernières
années. Mais une nouvelle génération montre le bout de son nez. Sandra Ibitza a obtenu l'or à Volos aux exercices au sol et le bronze à la barre fixe, la junior Aluisa
Lacusteanu décrochant l'or dans sa catégorie, au sol. L'équipe féminine roumaine a
manqué d'un souffle l'or par équipes, devancée par l'Italie (175,225 points contre
175,125), alors qu'elle a mené le concours de bout en bout, échouant à a la suite de la
mauvaise réception de Floara Leonida au saut.
L
Le Steaua se succède à lui-même
e Steaua Bucarest a remporté
son second titre consécutif de
champion de football de
Roumanie et le 23ème de son histoire. Le
club de Gigi Becali a terminé premier du
championnat opposant seize formations,
devant trois autres équipes de la capitale,
le Rapid, le Dinamo et le Sportul, les
deux premières étant appelées à défendre
les couleurs roumaines dans la coupe de
l'UEFA, aux côtés du, vainqueur de la
coupe de Roumanie. Deux clubs descendent en série B, Pandurii de Târgu Jiu et
O
Bacau. Quatre grimpent en Nationale A:
Cheahlaul de Piatra Neamt, Universitatea
de Craiova, Liberty Salonta et Unirea
Urziceni, vainqueur du tournoi opposant
les seconds des trois groupes B, composés également de seize clubs. La surprise vient de la montée parmi les ténors
du club de Salonta, petite ville de 15 000
habitants, située entre Arad et Oradea.
N'ayant pas les moyens de jouer à ce
niveau, le petit poucet a vendu sa place
en fusionnant avec l'UTA d'Arad qui
vient de descendre en troisième division.
Les footballeurs du F.C. National
soumis au détecteur de mensonges !
vidiu Burca, capitaine du F.C. National, club de Bucarest opérant en première division, est entré dans l'histoire du football… en étant soumis à l'épreuve du détecteur de mensonges, pour savoir s'il s'était laissé acheter
lors d'un match perdu 4-0 contre Farul Constanta en championnat, alors que quelques
jours auparavant son club l'avait battu 4-1. Burca était sorti du terrain après 30 minutes
de jeu pour réveil d'une blessure occasionnée lors d'une rencontre précédente. Le test
s'est cependant avéré négatif, mais ses coéquipiers devraient suivre.
Cette décision a été prise par le président du F.C. National, Constantin Iacov, dit
aussi club des banquiers, pour mettre un terme aux rumeurs qui courraient dans la
presse, laissant entendre que son équipe prenait des "arrangements", comme par
exemple lors des matchs perdus disputés contre Jiul Petrosani et le F.C. Vaslui, clubs
menacés de relégation en division inférieure et qui avaient besoin de victoires.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Asirom dans la tourmente
Economie
Gaz russe pour la Roumanie
L
e géant russe Gazprom a signé deux
contrats avec des sociétés roumaines. Le premier, qui crée une
société mixte mais ne précise pas pour l'instant
la part de chaque partenaire, associe Romgaz,
pour l'importation de deux milliards de m3
annuellement, le stockage et la vente de gaz
naturel qui seront acheminés vers un dépôt à
Roman, dont la construction est estimée à
120 M€. Le second accord a été passé avec la
compagnie CONEF, laquelle importera de
Russie 50 milliards de m3 de gaz au cours des
25 prochaines années.
En route pour l'autoroute
Bucarest-Brasov
L
es travaux de construction de l'autoroute Bucarest-Brasov vont commencer cet été.
L'Etat roumain va devoir racheter les terrains de 3.500 propriétaires pour environ 200
millions d'euros. Selon le ministre des
Transports, Gheorghe Dobre, les travaux
s'achèveront en 2010 pour aboutir à 173 km de
route et à huit tunnels. Mais il sera possible
d'emprunter certaines portions de l'autoroute
dès 2008.
La
route
dé-partementale
DN1 deviendra
une route nationale entre les
différentes localités de la touristique vallée de la
de Prahova.
Des revenus électriques
L
a société Electrica, appartenant à
l'Etat, a enregistré l'année passée un
profit net record de 197 millions
d'euros, soit deux fois et demi le profit de 2004.
Et avec un chiffre d'affaires de 2,03 milliards
d'euros, Electrica entre dans le top cinq des
plus grandes sociétés roumaines. Selon un responsable de la compagnie, "ce résultat est dû à
la majoration des tarifs et aux revenus
encaissés de la privatisation de quatre de nos
filiales". Electrica alimente en électricité
Bucarest et les départements limitrophes et
compte 2094 employés.
A
près une période continue de croissance (1990-2003), la deuxième
société roumaine d'assurances a enregistré l'année dernière des
pertes de 10 millions d'euros… Selon le directeur général de la
compagnie, Boris Schneider, "les trois quarts de ces pertes sont dûs à de mauvaises opérations financières et notamment à l'appréciation du Leu, la dévaluation des actions d'Asirom dans d'autres sociétés, et la chûte des intérêts de
nos placements bancaires". Schneider ajoute que les dépenses d'environ 3 millions d'euros occasionnées par les inondations de l'an passé ont alourdi l'ardoi-
O
Taxe sur le vice
fficiellement, depuis le 1er mai, la "taxe sur le vice" établie par le
ministre de la Santé, Eugen Nicolaescu, est obligatoire. Le prix des
cigarettes et de l'alcool devrait donc augmenter d'environ 30%. Le
paquet de cigarettes coûte un nouveau leu de plus (0,25 €) et le litre d'alcool
sept nouveaux lei (1,75 €). Le ministère de la Santé compte ainsi récolter 100
millions d'euros supplémentaires dans son budget d'ici la fin de l'année afin de
résoudre le manque de moyens, notamment dans les hôpitaux. D'autres augmentations étaient également prévues à partir du 1er juillet pour s'aligner peu à
peu sur les normes en pratique dans l'UE.
D
Renault investit
'ici 2008, Renault investira 18 M€ dans la réalisation d'un centre
intégré pour les automobiles et les composants automobiles (design et tests). L'emplacement de "Renault Technocentre România"
n'a pas encore été décidé (à proximité de Brasov, Craiova, Pitesti ou Ploiesti).
L'investissement s'inscrit dans la stratégie annoncée par le président du Groupe,
Carlos Ghosn, visant à développer davantage les activités en Roumanie.
L
Premiers bénéfices pour Michelin
e groupe français Michelin devrait enregistrer ses premiers bénéfices en Roumanie depuis son arrivée dans le pays en 2001. "Cette
année notre chiffre d'affaires devrait croître de 20 à 25% par rapport à l'année dernière", a récemment affirmé Jean-Marc Gebhart, président de
Michelin Roumanie. L'an passé, le groupe a produit 500.000 pneumatiques
pour la Logan (Dacia), ce qui correspond à 70% de la production de pneumatiques réalisée en Roumanie, et atteint un chiffre d'affaires de 200 millions
d'euros. "Les exportations vers les Etats-Unis et d'autres pays d'Europe représentent 75% de la production de pneus sortis des usines Michelin", a ajouté
Jean-marc Gebhart.
L
Baisse des droits de douane pour
le Roquefort, le Beaujolais et le Cognac
a Banque centrale maintient inchangé l'objectif de l'inflation pour
2006, à savoir + 6%, mais indique qu'elle pourrait grimper jusqu'à
6,5 %, sans dommages pour l'économie. Un récent arrêté gouvernemental a décidé de la réduction ou la suppression de droits de douane à l'importation de plus de 1000 produits. Parmi les biens concernés figurent les fromages Gruyère, Vacherin Mont d'Or, Roquefort ou Gorgonzola (taxe douanière ramenée de 270% à 45%), les vins Beaujolais, Bordeaux, Languedoc
Roussillon, Rioja, Porto ou Marsala (de 315% à 60%), les boissons alcoolisées
telles l'Armagnac, le Cognac, le Brandy de Jerez et la Grappa (de 220% à
60%), le tabac du type Virginia ou Burley (de 80% à 30%).
13
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Economie
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Société
Scènes de la vie politique
Plus de 10 ans de purgatoire, après 1989,
avant qu'ils accèdent à des directions
SUCEAVA
ORADEA
z
CLUJ
z
z
CAMPULUNG
z IASI
TARGU MURES
BAIA MARE
z
ARAD
z
z
z
z
BACAU
z
z
SIBIU
TIMISOARA
GALATI
z
z
BRASOV
PLOIESTI
PITESTI
CRAIOVA
z
z
z
„
BUCAREST
z
TULCEA
CONSTANTA
z
De 50 000 €
à plus de 200 000 €
pour les managers
12
Les grosses entreprises roumaines
paient bien leurs managers, surtout
quant elles opèrent dans les
branches des industries pharmaceutiques (qui ont toujours eu un niveau
salarial élevé, comme dans l'industrie
du tabac), pétrolières, le secteur bancaire ou de la grande distribution.
Les directeurs généraux peuvent
gagner de 50 000 € brut, annuellement, à plus de 200 000 €, le revenu
moyen étant de 100 000 €, composé
d'un salaire de 75 000 € et d'une
prime de 25 000 €, suivant les résultats. Ces cadres supérieurs sont particulièrement sensibles à la voiture
qu'on leur fournit, BMW 5 et Audi 6,
étant les modèles préférés, leur coût
(45 000 €) et leur entretien annuel
(10 à 12 000 €) étant à la charge de
leur entreprise.
Malgré ces salaires attractifs et les
avantages importants, le recrutement
est difficile, la Roumanie manquant
de cadres de haut niveau, disposant
d'une expérience de 5-6 ans minimum, jugée nécessaire pour être efficace. Les entreprises roumaines se
tournent donc vers les managers
étrangers, quasiment exclusivement
occidentaux. Le niveau de vie local
leur permet de mieux vivre que dans
leur pays d'origine, d'autant plus qu'ils
bénéficient aussi souvent d'une maison gratuite, les frais d'entretien étant
payés. Sur la base de 100 pour la
Roumanie, le niveau de revenu des
managers dans les pays émergents
d'Europe se situe à 148 en Slovénie,
142 en Pologne, 138 en République
Tchèque, 133 en Hongrie, 129 en
Croatie, 117 en Slovaquie, 82 en
Serbie, 71 en Bulgarie.
Des patrons roumains aux
commandes des filiales internationales
D
evenir directeur de filiale d'une multinationale n'est plus un rêve irréalisable pour les Roumains. Les exemples se multiplient, et les maisonmères basées à Londres ou à Paris sont de plus en plus à la recherche de
ces perles rares. Mais tout dépend aussi de la stratégie du groupe. "Des Roumains à la
tête de multinationales", titraient en première page le quotidien “Ziarul Financiar”.
Ils ont en général entre 35 et 45 ans et dirigent en Roumanie des grands noms de l'industrie ou des services. Après plusieurs années au sein d'une multinationale, leur professionnalisme et leur capacité d'adaptation ont payé. Mais il aura fallu attendre plus
de dix ans après la révolution de 1989 pour voir enfin un Roumain ou une Roumaine
prendre les rênes de la filiale d'un groupe international.
La plupart ont bénéficié d'une expérience à l'étranger dans une école de commerce ou dans le cadre d'un stage en entreprise. La perspective de diriger la filiale d'une
multinationale a changé la donne du marché de l'emploi. Désormais, si la fuite des
cerveaux demeure un phénomène récurrent, beaucoup de jeunes professionnels décident de rester en Roumanie. Après quelques années passées à l'Ouest, certains se rendent compte qu'ils peuvent avoir une meilleure qualité de vie dans leur pays qu'à l'étranger. De nombreux cadres sont revenus travailler à Bucarest.
Ion Iliescu, président couronné en Thaïlande.
Calin Popescu Tariceanu, un Premier ministre pétaradant.
Les "succes stories" se multiplient
Les "success stories" de dirigeants roumains se sont ainsi
multipliées. Au sein de la communauté francophone, Dan
Bedros, directeur d'Alcatel Roumanie (notre photo) et récemment réélu président de la Chambre de commerce franco-roumaine, reste un exemple. "Les multinationales peuvent envoyer
leurs meilleurs managers mais il existe toujours le risque qu'ils
ne sachent pas comment réagir face au contexte roumain", affirme J. Schiele, consultant international, dans un entretien au
“Ziarul Financiar”. C'est peut-être l'une des raisons pour laquelle la plupart des multinationales implantées en Roumanie cherchent à mettre un autochtone à la tête de leur
filiale. Mais, il est aussi moins onéreux à long terme d'embaucher un dirigeant roumain plutôt que de rémunérer un expatrié de haut vol, bien qu'aujourd'hui les salaires
des directeurs autochtones s'alignent de plus en plus sur les standards internationaux.
D'un autre côté, "certains grands groupes vont préférer un expatrié pour diriger
leur filiale afin d'avoir un meilleur contrôle sur leur développement dans le pays,
affirme un responsable des ressources humaines d'une multinationale installée à
Bucarest. Tout dépend du secteur d'activité et de la stratégie de la maison-mère".
L.C. (LPJ)
41
Adrian Nastase à l’affût.
Gheorghe Funar, maire de Cluj,
emmené manu-militari.
Traian Basescu, le prestige
de l’uniforme de la marine.
Corneliu Vadim Tudor: la part cachée.
Escroquerie à la privatisation: ARO mis en faillitte
C
édé voici trois ans à la firme
américaine Cross lander,
représenté en Roumanie par
John Pérez, dans le cadre des privatisations, Aro, le seul constructeur roumain
de véhicules tous terrains, sis à
Câmpulung Moldovenesc (Judet de
Suceava) a été mis en faillite. Son repreneur avait promis d'investir 14 millions
de dollars en cinq ans dans l'entreprise et
600 000 autres pour la protection de l'environnement, afin de produire plus de 10
000 véhicules annuellement. Non seulement, il n'en n'a rien fait, les autroités
roumaines fermant les yeux sur les manquements au respect du contrat, mais
John Pérez en a profité pour vendre tous
les actifs de la société, terrains, usines,
stock de matériel, ferraille, en retirant
plus de 40 millions de dollars de profits !
Traian Basescu:
le baiser
présidentiel
de Brigitte
Bardot.
Ion Iliescu: l’hommage au nouveau voivode.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Connaissance et découverte
“Liaisons morbides”, le roman
Littérature
z
z
BAIA MARE
ORADEA
z
z
TARGU MURES
DEVA
z
z
SIBIU
GALATI
z
COMARNIC
z
z
BRAILA
z
PITESTI
CRAIOVA
VASLUI
BRASOV
z
TIMISOARA
IASI
z
CLUJ
z
z
TULCEA
z
„
BUCAREST
CONSTANTA
z
Benjamine talentueuse
42
Actualité
Lutte contre la corruption:
ne pas se contenter de mots
Politique
La littérature roumaine
z
SUCEAVA
z
z
ARAD
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Cecilia Stefanescu est née len
1975 à Bucarest où elle vit aujourd'hui. Elle a débuté en 1998 dans le
volume collectif Fenêtres 98 issu du
cénacle de Mircea Cartarescu de la
Faculté des Lettres de l'Université de
Bucarest. Legaturi bolnavicioase
est son premier roman publié en
2002 . Ni trop jeune, ni trop âgée,
selon ses propres mots, au moment
de la révolution de 1989, elle profite
pleinement de la nouveauté du
monde qui l'entoure et en nourrit sa
prose. Le réalisateur Tudor Giurgiu
vient de finir le tournage d'un scénario écrit à partir de ce roman. Le film
devrait sortir sur les écrans cette
année. Cecilia Stefanescu était la
benjamine des 12 auteurs roumains
invités en France dans le cadre du
programme “Les Belles Etrangères”.
Douze ans pour
rénover le centre
historique de Bucarest
Avec un an de retard, les travaux
de réhabilitation et de modernisation
des infrastructures et immeubles du
centre historique de la capitale
devaient commencer en cette fin juin.
La première étape, prévue pour 18
mois, concerne une zone pilote,
représentant le quart de ce centre,
bordée au nord par la Strada Lipscani,
à l'est par le boulevard Bratianu jusqu'à Splaiul Unirii, au sud par Spaiul
Indepedentiei et à l'Ouest par la Calea
Victoriei. La rénovation du périmètre
complet du centre historique prendra
12 ans. Les travaux sont estimés à 20
M€, dont 12 M€ provenant de la mairie, le reste étant financé par un
emprunt à la BERD et un don du gouvernement hollandais.
L
'homosexualité, thème d'un récent roman de Cecilia Stefanescu (notre
photo), est un sujet qui n'a pas lieu d'émouvoir les Français, lesquels en
ont lu bien d'autres en la matière. Mais en Roumanie, à sa parution en 2002,
Legaturi polnavicioase (Liaisons morbides) a fait scandale alors même que l'homosexualité dans ce pays n'a été dépénalisée qu'en 2001 (lire nos informations ci-après).
De toute façon, la jeune romancière (née en 1975 à Bucarest et découverte par
Mircea Cartarescu) se défend d'avoir fait un livre scandaleux sur l'homosexualité:
"C'est une histoire d'amour, d'amitié, et, probablement, plus que cela: c'est un livre sur
la jeunesse et sur l'autisme de cet âge". De fait, deux adolescentes vont initier une
relation sur les bancs du lycée et l'aprofondir quelque temps plus tard dans le cadre de
leurs études universitaires. Le destin va alors les unir provisoirement, mais violemment, comme il n'est pas rare que cela se fasse entre jeunes gens en quête d'eux-mêmes
et de la beauté du monde. Période de transition que la fin de l'adolescence: période initiatique. La liberté se cherche tout comme un nouveau rapport au monde: "Pour la
plupart des gens, nous étions deux bonnes amies qui ne trouvaient pas leur place en
ce monde… Quelques-uns seulement croyaient savoir la vérité sur nous. Mais nous
étions les seules à connaître la vraie vérité, parce que nous n'entendions goutte à ce
qui nous arrivait, sinon qu'il nous arrivait quelque chose d'assez beau".
Jusqu'en 2002, les
Une
C
La princesse
Briana
Caragea a
mené le
cortège de la
première
Gay-pride
roumaine.
e n'est qu'en 2002, sous la
pression de l'Union européenne dans la perspective de
l'intégration roumaine, que l'homosexualité a été dépénalisée en Roumanie. Cette
décision du Parlement roumain était toutefois accompagnée d'une restriction
concernant les "pratiques sexuelles anormales, parmi lesquelles les relations
sexuelles anales ou orales, si elles sont
pratiquées en public". Et le code criminel
de prévoir des peines de prison allant jusqu'à cinq ans.
Bien que ne visant pas spécialement
les homosexuels, le maintien de cet
article dans la nouvelle loi avait alors
profondément irrité Adrian Coman, responsable d'Accept, la seule association
roumaine de défense des droits des
homosexuels: "Les députés n'ont apparemment rien compris… fustigeait-il
alors. Ils persistent dans la discrimination malgré les recommandations du
Conseil de l'Europe. Il est triste de voir
que la Roumanie reste aux côtés de
l'Arménie, de la Tchétchénie et de la
Serbie sur la liste des pays où les homosexuels sont considérés comme des criminels ".
Depuis, l'homosexualité roumaine a
fait du chemin pour tenter de se faire
reconnaître au grand jour. En 2004, le
sujet est même devenu un des thèmes de
la campagne électorale. Le candidat de
l'alliance d'opposition (Justice et vérité),
l'actuel Président de la République Traian
Basescu, déclarait alors être favorable au
mariage de deux personnes du même
sexe et que, proposant cela, il ne faisait
qu'assumer la réalité du pays comptant
jusqu'à 20% d'homosexuels dans la population (NDLR: estimation totalement fantaisiste). En face, la réaction ne s'était
alors pas fait attendre et son adversaire
(malheureux), Adrian Nastase, lui avait
rétorqué que ses propos étaient inacceptables et qu'il ne se ferait jamais l'écho de
tels messages.
En dehors de ces joutes électorales,
et dans un pays où l'Eglise orthodoxe traditionnellement conservatrice joue encore un rôle important, il reste toutefois
bien difficile encore, pour la communauté homosexuelle roumaine, de se faire
entendre.
L
'ONG "Transparancy Romania" s'inquiète de la
tournure que prend la lutte contre la corruption,
malgré les mesures décidées par les autorités roumaines. Elle note qu'aucun membre des anciens gouvernements n'a été inculpé à ce jour pour des délits commis lors de
leur mandat et que le gouvernement actuel n'a toujours pas
réussi à mettre sur pied une agence contrôlant les déclarations
de fortune des personnalités publiques.
Plus même, "Transparency International" relève que les
parlementaires s'efforcent de saboter les mesures prises pour
mettre un terme à la corruption, comptant sur la passivité du
gouvernement. Ainsi se sont-ils
opposés à la perquisition décidée par
le Parquet au domicile de l'ancien
Premier ministre, Adrian Nastase,
figure de proue de la corruption, et
ont-ils rejeté, en première instance,
la création d'une agence chargée
d'enquêter sur celle-ci, la DNA.
Cette dernière a vu finalement le
jour, mais l'ONG attend que des dossiers se transforment en condamnation et que des fripons hauts placés
se
retrouvent derrière le barreaux,
Nicholas Taubman a mis
les pieds dans le plat.
pour mesurer son efficacité. En prévision de la future adhésion de la Roumanie à l'UE
"Transparency International Romania" se réfère aussi au mauvais exemple donné par les ex-pays communistes devenus
membres en avril 2004… et qui, depuis cette époque, ont
abandonné les efforts et réformes engagées en ce sens.
L'ambassadeur américain: mettre en prison
les corrompus serait le meilleur remède
Nicholas Taubman, ambassadeur américain à Bucarest a
estimé également, au cours d'un colloque, que la corruption
reste le problème majeur de la Roumanie, affectant aussi bien
le milieu des affaires, le système de santé ou l'administration
publique, et décourageant les investisseurs. "Le gouvernement
doit faire en sorte que les fonctionnaires ne prennent plus de
pourboires. Chaque acte de corruption, petit ou grand, mine la
confiance de la population envers les autorités" a-t-il déclaré,
enchaînant: "Il faut mettre un terme
aux agissements des fonctionnaires
qui détournent l'argent public, font
des contrats avantageux pour leurs
amis ou leurs parents. Les corrompus, notamment les officiels de haut
rang d'hier et d'aujourd'hui doivent
finir derrière les barreaux. Ce sera
le meilleur remède".
L'ambassadeur a cependant
salué les efforts entrepris par le
Adrian Nastase: le
symbole de la corruption.
gouvernement Tariceanu contre ce
phénomène, les datant du changement de majorité - allusion à
la généralisation de la corruption lorsqu'Adrian Nastase était
Premier ministre - et soulignant l'action déterminée menée par
la ministre de la Justice, Monica Macovei. Il a aussi demandé
à la Roumanie de mettre en place un cadre législatif stable et
durable, de réduire la bureaucratie et de consulter les milieux
d'affaires avant de prendre des décisions les concernant, afin
de ne plus entraver le développement économique.
Enfin, évoquant l'affaire Bechtel, dont le contrat de
construction de l'autoroute Pitesti-Brasov-Oradea a été en partie remis en cause, il a invité les autorités roumaines à respecter leurs engagements… oubliant de dire que, sous le gouvernement Nastase, la firme américaine l'avait emporté face à ses
concurrents, notamment français, grâce à ses pots de vin sansdoute plus généreux.
L'ambassadeur d'Allemagne, Wilfried Gruber a rejoint les
déclarations de son collègue américain, indiquant, dans un
communiqué que "l'administration publique roumaine se
caractérisait par son puissant bureaucratisme où se mêlaient
léthargie et arrogance, et où fleurissait la corruption".
La "mafia de Baneasa" à l'oeuvre
L
e président Basescu a stigmatisé dernièrement les agissements d'un groupe de 6 à 7
"hommes d'affaires", connus pour leurs
énormes escroqueries, qu'il a baptisées
"la mafia de Baneasa". Avec la complicité de l'administration, qui leur a cédé
pour une bouchée de pain, sans appel
d'offres et sans doute "spaga" (dessous de
table) à l'appui, 221 hectares de terrain
dans la zone aéroportuaire de Baneasa, à
la sortie nord de la capitale, ce groupe les
revend dix fois leur prix. La même opération est en train de se dérouler autour du
palais de Ceausescu, où on s'apprête à
exproprier des habitants avec des indemnités dérisoires, pour faire place à un projet pharaonique, baptisé "Esplanada", qui
verra pousser des gratte-ciels dont les
emplacements de bureau seront revendus
à des prix astronomiques. Ces projets
dénommés "à caractère d'utilité
publiques" profitent à des groupes privés,
comme la banque Rothschild.
L'affaire la plus spectaculaire réalisée de ce groupe, dirigé par deux
mafieux notoires, Petrache et Bittner, a
été la revente d'action de la télévision
Realitate TV, acquises pour 140 € et
cédées un mois plus tard au prix de 5,6
millions de dollars à une firme offshore
de Chypre, contrôlée par Sorin Ovidiu
Vântu, considéré comme le plus grand
escroc de Roumanie et qui a dirigé l'opération. Cet "homme d'affaires", emprisonné déjà pour ses méfaits sous
Ceausescu, et qui "arrose" tous les partis
politiques, est suspecté d'avoir joué un
rôle central dans la banqueroute du FNI,
voici six ans, laquelle a spolié 300 000
petits épargnants de leurs économies.
L'argent n'a jamais été retrouvé.
11
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Pour André Bellon, la crise qui se développe partout en Occident n'est pas une
crise politique traditionnelle où le peuple manifeste son exaspération devant les
mesures prises par ses représentants, mais une différence fondamentale de vision.
Pour lui d'un coté les citoyens souhaitent être représentés, avoir des porte-parole politiques et de l'autre, les élites estiment savoir ce qu'est le bien commun et "s'estiment
porteuses d'un intérêt général d'essence quasi immanente, y compris contre leurs
propres concitoyens. La légitimité ne procède donc plus du peuple".
Ces remarques, qui concernent au départ l'Occident et plus particulièrement le
référendum sur la Constitution européenne, sont très utiles pour comprendre la situation en Roumanie. En effet, elles soulèvent l'importance du fossé qui existe entre les
élites roumaines et le peuple, mais également le fait que la population ne se reconnaisse pas dans les mesures politiques adoptées. Les "élites" politiques roumaines ne
semblent pas prêtes à prendre en compte les attentes de leur population, laquelle ne se
sent pas non plus intégrée au mécanisme politique.
Tara Oasului
z
ORADEA
z
BAIA MARE
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TARGU MURES
ARAD
BRASOV
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IASI
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DEVA
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CLUJ
SIBIU
TIMISOARA
GALATI
z
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BRAILA
PITESTI
CRAIOVA
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BUCAREST
Actualité
CONSTANTA
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Députés
sous surveillance
Le président de la Chambre des
députés Bogdan Olteanu a décidé de
faire appel aux médias afin de remédier à la désertion des députés.
10
Norica
Nicolai
"Nous allons nous assurer que
chaque angle de la Chambre soit
filmé pour que les électeurs des différentes circonscriptions soient témoins
des sièges vides laissés par certains
membres", a récemment déclaré
Bogdan Olteanu, après un mois et
demi de mandat à la présidence du
"Des citoyens toujours considérés comme des sujets"
Plus terre à terre, dans "Les Nouvelles de Roumanie", Henri Gillet, présent à
toutes les grandes échéances démocratiques du pays et qui a vécu l'enthousiasme et
l'attente ardente des Roumains lors de la "Révolution" de décembre 1989, n'y va pas
par quatre chemins, appelant un chat un chat. Se refusant à dénommer "élite" une classe politique et des affairistes mafieux "qui pillent sans vergogne le pays, affichant
avec arrogance leur nouvelle richesse face à une population souffrant de plus en plus,
partagée entre le dégoût et la colère", il la baptise "nomenklatura", signifiant ainsi
qu'au niveau des dirigeants, du comportement des administrations, il n'y a qu'une rupture de façade avec le régime communiste. Pour le journaliste, pastichant la célèbre
formule d'Henri Rochefort, évoquant l'état de la France sous Napoléon III ("La
France compte 30 millions de sujets… sans compter les sujets de mécontentement"),
les Roumains sont encore considérés comme des sujets et non des citoyens.
Notant au passage que ce ne sont pas les idéologies qui comptent, mais la qualité
des hommes, il entrevoit cependant un avenir moins sombre avec l'émergence d'une
société civile qui lui paraît le meilleur acquis de cette transition vers la démocratie.
D'ailleurs, les Roumains lui semblent s'éveiller aux exigences de celle-ci, plaçant en
tête de leurs préoccupations le niveau inouï atteint par la corruption, devant la pauvreté alors qu'ils en sont tellement affecté. Et de saluer au passage leur résistance aux
idées de Vadim Tudor, "car ils avaient bien plus de raisons de voter pour lui que la
France prospère pour Le Pen, en 2002"…
Pour une jeune démocratie, qui n'a pas véritablement perçu l'intérêt ni vraiment
profité des avantages d'un tel système, la réalité de l'abstention semble toutefois dommageable et dangereuse. Elle doit également être prise en compte pour comprendre la
nostalgie de l'époque communiste et l'évolution de la société roumaine.
Evelyne Barthou
Benoît XVI sans-doute à Sibiu à l'automne 2007
A
Parlement. Il a ajouté que certains
députés oubliaient trop souvent leurs
cartes de vote ou utilisaient plusieurs
cartes pour voter. Récemment, la
député libérale Norica Nicolai a été la
cible des médias après avoir laissé sa
carte à sa nièce (notre photo), qui a
ensuite voté à sa place au sein même
du Parlement.
(LPJ)
l'occasion de la troisième
assemblée mondiale œcuménique, qui se tiendra à Sibiu
à l'automne 2007, le métropolite orthodoxe de Transylvanie, Mgr Laurentiu Streza,
a adressé une lettre d'invitation au pape. Cette
démarche, effectuée au nom
de l'ensemble des églises
chrétiennes et avec leur
approbation, a semblé obte-
nir son agrément et Benoît XVI devrait
l'honorer d'une courte visite,
à laquelle seraient associés
le Patriarche Teoctist et le
Président Basescu. Sur
place, les préparatifs de ce
voyage historique dans le
joyau de la province de
l'Ardeal sont déjà en cours.
Les différents églises pavoisent, pour elles, un tel évènement correspondant à dix
ans d'effort de catéchèse.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Connaissance et découverte
sulfureux de Cecilia Stefanescu, traduit en français
ose aborder le thème de l'homosexualité
Au début de leur relation, il n'est pas question pour les
deux amies "de sexe ou de fantaisies qui se terminent en masturbation ou en orgasme…" Mais, peu à peu, l'amitié s'approfondit et la raison tend à s'assoupir tout comme le
corps tend à s'alourdir "glissant tous deux dans les
profondeurs de la couche en direction du pays des
amours interdites".
"Ses pages nous brûlent la peau"
Liaisons morbides n'est toutefois pas seulement
le roman d'une simple relation amoureuse entre
deux jeunes femmes. Il est aussi un roman à plusieurs voix qui
s'interfèrent pour témoigner d'une quête identitaire. "Mes liaisons sont maladives (titre initialement prévu en français),
confie Cecilia Stefanescu, plutôt par le fait que la narratrice,
Kiki, est un personnage non crédible, qui tente toujours de se
tenir en équilibre entre réalité et rêverie, les embrouillant. Elle
est mythomane, solitaire, une séductrice fragile, et, pour cette
raison, dangereuse, incapable de lier des relations " (Entretien
accordé à Sorin Ghergut pour La Roumanie aujourd'hui).
S'il a fait scandale en Roumanie à sa sortie, le
livre de Cecilia Stefanescu n'en a pas moins été
apprécié par un large public et par la critique. Voici
ce qu'en a dit notamment Gheorghe Craciun (écrivain et critique littéraire reconnu en Roumanie):
"… Ses pages nous brûlent la peau, ses mots nous
suffoquent, chargés qu'ils sont de puanteurs et de
parfums. Le bistouri taille dans le vif. Le tout avec
une assurance narrative qui devrait donner des
frissons de jalousie à nombre de prosateurs d'aujourd'hui…
Assurément, l'un des meilleurs romans brefs de toute la littérature roumaine".
Cecilia Stefanescu, Liaisons morbides, Traduit du roumain par
Laure Hinckel, Editions Phébus, 2006. 170 pages, 14,5 euros.
Bernard CAMBOULIVES
homosexuels étaient considérés comme des criminels
dépénalisation récente
Pourtant, entre les 23 et 29 mai 2005,
était organisé à Bucarest le festival
Gayfest (avec une Gay Pride au final) à
l'initiative de l'association Accept. Pour
Silviu Mihai, représentant d'Accept, il
s'agissait alors de permettre à la communauté gay "d'apprendre à s'affirmer sans
peur… pour sortir… d'une culture de la
honte".
Naissance
d'une communauté gay
Toujours en 2005 (en octobre), le
premier magazine homosexuel de
Roumanie, le mensuel Inklusiv, était présenté à la presse de Bucarest par l'équipe
rédactionnelle. Le but de l'entreprise:
"montrer que les Gays sont des êtres
humains comme les autres". Le premier
numéro était tiré à 5000 exemplaires et
diffusé dans les principales villes roumaines. Il contenait un supplément de 12
pages consacré notamment à la prévention du Sida. Comportant des rubriques
de mode, culture, santé ou gastronomie,
le mensuel faisait sa une sur la princesse
roumaine Briana Caragea devenue l'une
des porte-drapeaux de la défense des
droits des minorités sexuelles depuis sa
participation en tête de cortège, le 28 mai
2005, au premier défile gay organisé en
Roumanie (500 personnes dans le centre
de Bucarest).
Une culture gay est-elle ainsi en train
de naître en Roumanie? Stefan Iancu,
membre du Conseil de direction d'Accept
en est pour sa part convaincu: "Je peux
affirmer que la Roumanie voit naître une
culture de ce type qui s'esquisse à travers
les bars, les clubs, les communautés web,
etc." Pour ce qui est du domaine littéraire, il existe un roman emblématique qui
est: Pe bune/Pe invers d'Adrian Schiopu.
Mais ce dernier se défend d'avoir écrit un
roman gay: "J'ignore le sens d'un tel syntagme, a-t-il expliqué dans la presse roumaine. Les critères selon lesquels un livre
est qualifié de littérature gay sont douteux et n'ont rien à voir avec l'esthétique.
Je désapprouve le concept de littérature
gay car il renvoie au ghetto…".
Même son de cloche chez Cecilia
Stefanescu, l'auteur de Legaturi Bolnavicioase (voir notre article): "Je ne pense
pas que les livres doivent être étiquetés.
Je ne pense pas que nous devions parler
de la littérature gay, de la littérature
féministe, etc., car une telle approche est
peu édifiante et simplificatrice".
43
Radu Afrim, metteur en scène et dramaturge, estime lui aussi qu'il ne faut pas
permettre l'existence d'une culture gay
dans le sens d'une culture de ghetto:
"Pour ma part, je lance mes défis à travers l'art, surgis de l'incorrection politique, des déviances de la norme. Or, la
Roumanie est loin socialement de la
norme, ce qui fait que le consommateur
roumain se sent scandalisé, provoqué par
les plus naturelles des tendances gay".
Le chemin sera sans doute encore
long pour une pleine et entière reconnaissance des gays dans la société roumaine.
Mais tout espoir n'est peut-être pas absolument illusoire car, si l'on en croit Mihai
Mihalcea, chorégraphe et danseur: "Les
Roumains sont plus tolérants que d'autres
peuples mais aussi bien plus hypocrites ".
Et d'avouer qu'il ne s'est jamais senti discriminé pour son orientation sexuelle
dans son pays. Reste finalement à savoir
si l'hypocrisie est un fléau moins difficile
à éradiquer que l'intolérance.
Bernard CAMBOULIVES
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Connaissance et découverte
Cinéma
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ORADEA
ARAD
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CLUJ
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BUCAREST
CONSTANTA
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Chansons
Pas de festival
du "Cerf d'or"
cette année à Brasov
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Une génération de metteurs
en scène très talentueuse
Les organisateurs du célèbre festival de musique et chansons du "Cerf
d'or" de Brasov n'aura pas lieu cette
année, en raison de difficultés financières, ont annoncé ses organisateurs, espérant qu'il reverra le jour,
en 2007.
C’est une
grande
déception
pour ses
fans.
ans qu'on puisse parler d'école roumaine, la génération de metteurs en scène
de ce pays se révèle d'une très grande qualité, à l'image de son passé culturel. Avec plus de 20 prix internationaux, dont celui
de la section "Un certain regar" du festival de Cannes (2005),
"La mort de monsieur Lazarescu" de Cristu Puiu est devenu
le film roumain le plus primé de tous les temps.
Ce réalisateur avait déjà obtenu l'"Ours d'or" à Berlin pour
son court métrage, “Une cartouche de Kent et un paquet de
café” (2004), ainsi que le grand prix du festival de Zagreb
(Croatie) et le premier prix à Buenos Aires. En 2001, son film
"La marchandise et les sous" avait décroché plusieurs prix à
Nae Caranfil
des festivals en Allemagne, Grèce, Italie et France.
Pour sa part, Radu Mihaileanu a été le premier Roumain
de l'histoire du cinéma distingué par un "César", celui du scénario original, pour le merveilleux "Va, vis et deviens"
(2006), une œuvre nominée pour trois autres "Césars" et qui
méritait encore un meilleur sort.
En 2004, Catalin Mitulescu avait reçu à Cannes la "Palme
d'or" du court métrage pour "Trafic", tandis que "Philanthropique" de Nae Caranfil était primé à Paris, Wiesbaden,
Würzburg (Allemagne) et qu'"Occident" de Cristi Mungiu
Cristi Puiu
recevait des distinctions, entre autres, aux festivals de
Rotterdam, Leeds et Mons (Belgique). En remontant un peu plus en arrière, il faut se
souvenir que Lucian Pintilie s'était vu décerné le prix spécial du jury de la "Mostra"
de Venise pour "Terminus Paradis" (1998) et, en 1992, toujours au même prestigieux festival, Dan Pita le "Lion d'argent" pour "Hôtel de luxe".
Le trophée
remis au
vainqueur
du festival.
Regroupant les meilleures formations musicales du pays et ses plus
prestigieux interprètes, le "Cerbul de
Aur", fondé en 1968, était devenu
une véritable institution. Craignant
ses dérapages, les autorités communistes l'avaient supprimé en 1972,
alors que se profilait le durcissement
du régime. Après plus de vingt ans
d'interruption, il reprendra en 1994,
sur la belle place du Conseil du
centre historique de Brasov. La participation de grandes vedettes internationales a ancré son prestige: Ray
Charles, Julio Iglesias, Patricia Kass,
Gilbert Bécaud, Joe Cooker, Boyd
George, Diana Ross, Rita Pavone,
etc. Le budget de la manifestation,
initialement de 400 000 €, lors de sa
reprise, était passé à 1,25 M€, l'an
passé, grâce à la participation de
nombreux sponsors, dont la télévision roumaine, qui a fait faux bond
cette année, en proie à des scandales financiers.
Dodo Nita met en évidence
l’influence francophone dont elle tire ses racines
La BD roumaine en dictionnaire
D
odo Nita, avec son ami Virgil Tomulet, vient de publier aux éditions MJM
de Craoiva, dans la collection Argonaut, le premier dictionnaire de la
bande dessinée roumaine. Au cours d’un voyage à travers tous les auteurs
de BD roumaine et des Francophones traduits et publiés en Roumanie, on découvre
ainsi dans cet ouvrage que nombre de dessinateurs franco-belges sont en fait d'origine roumaine. C'est le cas de Gotlib (“Gai-Luron” dans Pif), de Arapu (Arthur et le
fantôme, Pif et Hercule), Arnal (créateur de Pif et Félix le chat), Carabal (Les
gosses), Giroud (La fille aux ibis), Lax (dessinateur pour Fluide glacial, Métal
Hurlant), Stoicanescu (L'Histoire de Jésus). Quatre auteurs ont aussi réussi en
Amérique du Nord, Arno, Stan Lee (Spiderman), Florea (Conan, Buffy, X-Man) et
Ilin, publié aussi dans Spirou.
Dodo Nita rappelle que plusieurs de ces dessinateurs ont été obligés de quitter le
pays sous Ceausescu (Sandu Florea, Livia Rusz, Mircea Arapu). N. Batzaria, créateur
du célèbre personnage roumain de Haplea, a été emprisonné et est mort dans sa geôle;
Neagu Radulescu, a été mis à l'index et interdit de publication pendant 20 ans pour
avoir raconté les aventures du soldat Neata, luttant contre les bolcheviques; l'acteur et
dessinateur George Voinescu a été persécuté par la Securitate et contraint de se réfugier en France, alors terre des "Droits de l'Homme".
La BD a été aussi un moyen important de propagande communiste, avec la publication d'ouvrages anti-occidentaux et anti-titistes. Retournement… après la
"Révolution", on a découvert que le premier maire post-communiste de Constantsa et
le directeur de l'école de police de Cluj étaient des créateurs de bandes dessinées…
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
désenchantement éloignent de plus en plus les Roumains des urnes
inquiétante pour une jeune démocratie
D'une certaine manière, cela absout le gouvernement,
puisque il ne ferait que suivre la politique du FMI et la négocier au moindre mal pour la population, en obtenant de temps
à autre, le droit à un déficit budgétaire plus élevé que ce qui
était, initialement, imposé.
Cependant, il y a là quelque chose
de très déroutant et de très dangereux sur
le long terme. Effectivement, le retour
du politique se fait par l'abstention, ou
par la violence, telle qu'elle s'est
exprimée en 2000 dans le discours de
Vadim Tudor. Celui-ci paraissait extrêmement brutal, mais il faut voir en ses
propos, un discours de récupération
nationale et patriotique, représentant en partie les électeurs
désabusés, qui veulent redevenir acteurs de leur vie et ne
savent pas comment se positionner. Ils rejettent tout ce qui leur
est proposé aujourd'hui. Notons que la Roumanie connaît
maintenant un taux impressionnant d'abstentionnisme électoral, près de la moitié des électeurs, même s'il s'agit là encore
d'un phénomène de désenchantement à l'échelle européenne.
En effet, les élections présidentielles et législatives de
2004 ont vu la participation baisser encore légèrement car,
selon le Bureau Electoral Central (BEC), 55,21% des personnes avec droit de vote se sont exprimées. Effectivement, au
2ème tour des élections présidentielles qui ont eu lieu le
dimanche 12 décembre 2004 en Roumanie, Traian Basescu
(Alliance PNL-PD) maire en poste de Bucarest, a emporté les
élections avec 51,23% des voix, contre 48,77% des suffrages
pour Adrian Nastase (Union PSD-PUR). Le président actuel
n'a ainsi été élu que par un quart des électeurs. Quasiment donc
la moitié des électeurs ne se sont pas déplacés, ce qui, même
si il existe au niveau européen un mouvement similaire, représente un grave danger pour la démocratie roumaine.
La tragi-comédie du référendum
sorti sur les marchés de légumes et dans les rues des urnes
mobiles, bien que la méthode ne soit justifiable que pour permettre aux personnes à mobilité réduite de voter. La course
folle à la participation ressemblait aux dernières secondes d'un
100 mètres…
Et l'effort semble avoir été payant: à
15 heures le dimanche, cinq heures
avant la clôture du scrutin, la participation n'avait atteint que 34,27 %. Pour
que le référendum soit valide, une participation de 50 % était requise. La
deuxième condition pour que la nouvelle constitution entre en vigueur était le
vote favorable d'une majorité de suffrages exprimés. Dans le cas contraire, l'actuelle constitution
restait valable et le processus de validation des modifications
devait être repris depuis le début. Finalement le quorum était
atteint d'extrême justesse, dans les dernières minutes, laissant
d'ailleurs un fort doute sur la réalité des chiffres aux observateurs. Ce qui amenait Mirela Luca et Iulian Anghel dans
“Ziarul Financiar” (Le quotidien financier), du 20 octobre
2003, à titrer leur article: "Référendum: un petit Oui pour la
Constitution, un grand Non pour la classe politique".
Ce fort absentéisme signifie, plus que tout, un blâme
adressé à toute la classe politique, qu'elle soit au pouvoir ou
dans l'opposition, mais également à la politique en général
puisque cette constitution était censée rapprocher la Roumanie
de l'intégration européenne. Surtout, bien qu'il ne soit pas
question d'élections mais du choix pour une nouvelle
Constitution, l'absentéisme inattendu est le signal d'une rupture entre la base électorale et la classe politique, d'une véritable
crise de représentation.
Coupure entre "l'élite" et la population
Les analystes politiques interprètent
différemment cet absentéisme. Le socioUn autre évènement électoral en
logue Alin Teodo-rescu, directeur de
Roumanie est révélateur de la perte de vitesl'IMAS (Institut de marketing et de sondase très importante de l'expression démocrage), considère que le peu de confiance de la
tique, le référendum constitutionnel d'ocpopulation dans ses hommes politiques
tobre 2003. Au premier jour du scrutin orgaexpliquent la situation. L'analyste Dan
nisé pour l'adoption la nouvelle constituPavel accuse lui la classe politique d'être
tion, seulement 14,29 % des 18 millions d'écoupée des masses et la succession d'échecs
lecteurs se sont présentés aux urnes.
signifierait une "délégitimation" du systèLe couple Nastase sortant des urnes.
Pris par surprise par la réaction populaime politique. Enfin, l'historien Adrian
re, le PSD (Parti social démocrate), au pouvoir à ce moment là,
Cioroianu est d'avis que le désintérêt des Roumains pour le fait
a convoqué les leaders locaux à une vidéoconférence. Le mespolitique est la cause de l'absentéisme, ce qui est le plus dansage unique et impératif a été: "Quelles que soient les
gereux des phénomènes dans une démocratie.
méthodes, faites voter les gens!". Les maires ont alors organisé
Ce mécanisme est commun à de nombreux autres pays
dans l'urgence des tombolas jusque dans les sections de vote,
mais encore une fois la Roumanie est une jeune démocratie,
ils ont inauguré des "Coupes de foot de la Constitution", proqui plus est en difficulté. Elle connaît déjà les effets pervers de
mis aux gens de payer leurs charges, ont fait cadeau de chausce système démocratique, alors que celui-ci n'a pas porté les
settes, de cochons de lait… Forçant la loi, les organisateurs ont
espoirs tant attendus.
(lire la suite page 10)
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Politique
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ORADEA ZALAU
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SF. GHEORGHE
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BUCAREST
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Un"meilleur maire
roumain” de l'année
2005 ambigu
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Francophonie
Une abstention
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BAIA MARE
SATU MARE
Douloureuse désillusion et grand
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Matei Lupu (PSD) a été élu
"meilleur maire de l'année 2005" par
l'association des villes de Roumanie
dans laquelle le PSD est représenté
en force. Mué en politicien, cet
ancien syndicaliste en est à son
deuxième mandat de maire de la
ville de Moldova Noua (CarasSeverin), située sur le Danube, en
face de la Serbie-Montenegro, et
dont l'île d'Ostrovul ("Ilot" en roumain)
est protégé dans le cadre du parc
National des Portes de Fer.
L'édile a été distingué pour son
engagement dans un projet de jumelage et de bon voisinage avec la
localité serbe de Veliko Gradiste, de
l'autre côté du fleuve. Mais toutes les
performances dont il se flatte ne font
pas l'unanimité de ses concitoyens
son nom et celui de sa femme étant
associés à plusieurs scandales
locaux. Ainsi, le service communal de
transports publics a-t-il été fermé en
janvier dernier, pour laisser place au
monopole de l'entreprise privée détenue pour moitié par son épouse, les
terrains qu'il détenait lui étant
concédés pour une période de 25
ans. Une autre société, dont sa
femme détient aussi la moitié des
actions, a vu récemment ses
comptes bloqués pour dettes non
payées à l'égard de la commune.
Enfin, bien que toute construction
soit interdite sur l'île d'Ostrovul, aire
humide protégée pour la nidification
des oiseaux, 400 concessions ont été
délivrées par la mairie, sans que
cette décision ne soit remise en
cause, le préfet arguant de l'absence
de documents d'urbanisme.
E
n Roumanie, qui est une démocratie en théorie au moins depuis 1990, c'està-dire depuis 16 ans, la participation politique et électorale aurait dû être
élevée puisque le pays sortait de 44 ans de dictature. Au départ, le système
semblait fonctionner de manière normale. Il n'y a pas eu de grand scandale lors du
déroulement des élections de 1990, ce qui est positif pour un pays qui a vécu plus de
quarante ans d'absence de système démocratique.
Finalement, le réflexe démocratique d'aller voter et de s'exprimer sur le plan politique s'est pris assez rapidement. La présence d'Iliescu n'a pas été une barrière à l'expression formelle de la vie démocratique. En 1996, la Roumanie a connu l'alternance
en élisant le libéral Constantinescu. Le taux de participation aux élections était de près
de 76 % de la population, soit 24 % d'abstention, ce qui reste un score honorable.
Lors des élections de 2000 en revanche, les choses ont changé. La société roumaine, après s'être engouffrée dans un modèle qu'elle ne comprenait pas forcément, a
été rapidement très déçue. L'alternance n'a pas donné aux Roumains le sentiment d'un
changement réel. Il en a résulté le sentiment d'avoir été trompé par l'Occident et par
les dirigeants politiques en place. Cela s'est vérifié lors des élections de 2000, avec le
score qu'a fait Vadim Tudor, à partir d'un discours très violemment anti-occidental,
anti-capitaliste et xénophobe. Une xénophobie tournée contre "l'Occident capitaliste
juif qui veut voler la Roumanie et l'a contaminée par des mœurs dissolues et le SIDA".
Le discours du "Il n'y a pas d'alternative"
Ces thèmes du discours de Vadim
Tudor débordent le cadre de son parti, le
"Parti de la Grande Roumanie" et
témoignent de la présence, pour les
Roumains, d'une menace mal définie. La
participation électorale lors de ces élections de 2000 est descendue à 56 % de la
population, ce qui représente 44 % d'abstention et donc une baisse de 20 points
en l'espace de 4 ans. Ces chiffres sont
totalement particuliers à la Roumanie,
qui n'était sous un régime démocratique à ce moment là que depuis 10 ans. A titre de
comparaison, l'abstention en France lors des élections de 2002 a été de 20,29 %. En
Roumanie, les années 1990-2000 ont donc été marquées par une douloureuse désillusion et un grand désenchantement.
En fait, il semblerait qu'il se soit produit un énorme malentendu en 1990.
L'ensemble de la société a cru que renverser Nicolae Ceausescu signifiait automatiquement entrer dans une "démocratie libérale" et une "économie de marché". Ces
concepts sont devenus des expressions stéréotypées, utilisées à tout vent mais sans
réellement mettre du contenu derrière. En effet, les gouvernements successifs ont tenu
aux Roumains des propos du style: "C'est ainsi, il n'y a pas d'alternative. Il faut intégrer les structures euro-atlantiques, il n'y a pas d'alternative. Voici les mesures préconisées par le Fonds Monétaire International, il n'y pas d'alternative". Ce qui crée
une situation à la fois apathique et résignée qui peut expliquer le développement de la
fuite des cerveaux, l'exil des jeunes, la catastrophe démographique que vit ce pays
comme l'ensemble des Balkans et la Russie.
Un président élu par seulement un quart des électeurs
Il existe une abdication de responsabilité, que ce soit du coté des responsables
politiques comme du coté des électeurs puisque toutes les perspectives sont définies
de l'extérieur par "les autres", c'est-à-dire les Etats-Unis et l'Union Européenne.
Connaissance et découverte
Fin septembre, la Roumanie accueille
le plus grand sommet international de son histoire
Bucarest capitale mondiale de la Francophonie
L
es 28 et 29 septembre prochains, Bucarest accueille
blèmes quant on connaît les embarras de circulation que prole IXème sommet de la Francophonie. A cette occavoque les simples cortèges officiels dans la capitale, alors avec
sion, Henri Gillet a interviewé celui qui en est le
63… Par boutade, nous avons pensé mettre les Bucarestois en
maître d'œuvre sur place, Cristian Preda, Secrétaire d'Etat rouvacance pendant trois jours, puis l'idée a fait son chemin, mais
main à la Francophonie.
est difficile à mettre en application: que penseHenri Gillet: Que représente ce sommet
rait le reste du pays devant ce privilège accordé
pour la Roumanie?
à la capitale ?
Cristian Preda: Il est très symbolique pour
Environ 15 000 personnes et 18 ministères
notre pays. Les Roumains ne peuvent pas oublier
ou institutions (Santé, Transports, mairie de
que c'est l'organisation de la Francophonie qui
Bucarest, services de logement, de restauration)
leur a ouvert la première les bras au plan monseront mobilisés sous la direction du ministère
dial, dès 1992, bien avant l'OTAN et les organides Affaires étrangères. L'équipe d'organisation
sations européennes, faisant de la Roumanie un
d'une trentaine de personnes qui m'entoure
membre à part entière, lui permettant ainsi de
depuis le début de l'année a été sérieusement
rejoindre la communauté internationale.
étoffée ces dernières semaines; à Edmonton, lors
Mais aussi, avec 63 chefs d'Etat ou de goudu dernier sommet, elle comptait 150 personnes.
vernement attendus, la participation de nombreux organismes comme l'UNESCO,
"A lui seul, le palais de Ceausescu
l'UNICEF, etc., il s'agit de la plus importante
Cristian Preda, chargé du pourrait accueillir cinq sommets"
sommet de fin septembre.
réunion internationale que notre pays aura organisé dans son histoire. Il ne faut pas oublier, non plus, que c'est
H.G : Avez-vous rencontré des problèmes ?
la première fois que ce sommet est organisé en Europe, en
C.P. : Je dois dire que j'aurais préféré que les hôtels cinq
dehors de la France. Et c'est une fierté pour nous.
étoiles de la capitale jouent le jeu, en nous réservant toutes
H.G. : Quelle utilité lui voyez-vous ?
leurs capacités d'accueil, ce qui aurait facilité les choses,
C.P. : Une est évidente: mettre en valeur la Roumanie, aux
notamment dans le domaine de la sécurité et des transports.
yeux du monde entier. Les autres sont sous-jacentes, mais tout
Mais certains n'ont pas compris l'importance pour le pays de
aussi importantes. Il s'agit de renforcer notre identité
cet évènement et ont préféré donner la préférence à leur
européenne. Enfin, le sommet permettra de prendre acte du
clientèle habituelle.
fort caractère francophone de l'Union Européenne. Pour la preA contrario, nous avons une chance exceptionnelle… que
mière fois, avec l'entrée de ses dix nouveaux membres et celle
l'on doit à Ceausescu (!). C'est le palais qu'il a fait construire,
prochaine de la Roumanie et de la Bulgarie, l'UE comptera une
lieu idéal pour ce genre de manifestations, disposant de toute
majorité de pays ayant un lien avec la Francophonie - 14 pays
la logistique. A lui seul, il pourrait accueillir cinq sommets !
sur 27 -, certains ayant un statut d'observateur (Pologne) et
Bien sûr, certains pourront voir un hiatus entre un lieu qui,
aux yeux des Roumains, perpétue le symbole de la tyrannie et
d'autres, comme nous et nos voisins du sud, en tant que
l'accueil d'une réunion regroupant des pays à l'initiative de
membres à part entière. N'oublions pas que d'autres pays francelui qui représente les Droits de l'Homme. Mais nous sommes
cophones frapperont bientôt à la porte de l'UE : la Moldavie,
en recherche de la redéfinition symbolique de ce bâtiment ; ce
la Macédoine, la Serbie, le Monténégro.
n'est pas facile, vu son côté démesuré, mais déjà le Parlement
H.G. : Quel est le calendrier de ce sommet ?
y a installé son siège.
C.P. : Si le point fort est la conférence des chefs d'Etat et
H.G. : Le sommet sera-t-il uniquement politique ?
de gouvernement, les jeudi et vendredi 28 et 29 septembre, le
C.P. : C'est son rôle essentiel, mais nous n'oublions pas sa
sommet se déroulera en fait sur une semaine. Dès le lundi 25,
dimension culturelle. Du 22 septembre au 1er octobre, la capileurs représentants personnels se rencontreront dans le cadre
tale vivra à l'heure de la Francophonie grâce au programme
du CPF (Conseil Permanent de la Francophonie); le lende"Bucarest francophone". Version grand public, des expositions
main, ce sera au tour des ministres des Affaires étrangères de
de livres, philatélique, gastronomique auront lieu. Une scène
se réunir lors de la Conférence Ministérielle de la
mobile sera installée en plein centre-ville, dans un périmètre
Francophonie (CMF), puis le mercredi 27, ce sera l'arrivée et
réservé, près du Théâtre national, où seront installés des stands
l'accueil officiel des chefs d'Etat et de gouvernement.
de la Francophonie des pays du monde entier et donnés des
H.G.: Cette réunion suppose des moyens logistiques
spectacles de musique de groupes francophones de tous les
lourds ?
continents. Les délégués auront droit aussi à leurs réjouisC.P. : Bien sûr, ne serait-ce que pour assurer la sécurité de
sances, avec des présentations théâtrales et des concerts. Mais
toutes les délégations qui totaliseront 3000 membres, dont des
pour en savoir plus, il suffit de consulter notre site: sommetprésidents, des premiers ministres, des ministres, etc…
francophonie.org.
Leurs déplacements ne seront pas le moindre des pro-
45
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Connaissance et découverte
Tourisme
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ORADEA
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SÂMBATA DE SUS
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TIMISOARA
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BAIA MARE
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BUCAREST
CONSTANTA
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Les plages de la
Mer Noire à louer
46
L'Etat roumain a décidé de mettre
en concession la location des 33
plages qui bordent la Mer Noire de
Navodari, au nord de Constantsa, à
la station Deux mai, peu avant la
frontière bulgare. Seule la célèbre
plage de Vama veche (La Vieille
douane), échappe à ce sort de part
sa spécificité qui en a fait un lieu à la
mode fréquenté de tous temps par
les intellectuels et contestataires. Elle
restera sous la responsabilité de la
commune et de l'association de sauvegarde qui veille sur elle.
Ce sont donc 160 ha de plages,
sous forme de lots de 2 à 6 ha, qui
vont être cédés pour une période de
dix ans, renouvelable cinq ans. Les
prix de location varient de 0,1 à
1,25 € le mètre carré, dépendant de
la situation. Mamaia, qui dispose de
six plages, est bien sûr l'endroit le
plus recherché.
Une concession y coûtera jusqu'à
140 000 € ce qui demande d'avoir
les reins solides pour investir.
Nombre d'hôtels ont décliné une offre
au-dessus de leurs moyens.
Les exploitants devront veiller quotidiennement à la propreté des lieux,
installer et entretenir des toilettes
publiques, assurer un service médical de première urgence et une surveillance des baignades. Les vacanciers n'auront pas de taxes à acquitter pour accéder aux plages, les
concessionnaires rentabilisant leur
affaire en installant des bars et restaurants, des locations de chaises
longues et en organisant des activités touristiques (clubs de plage,
pour enfants…).
On peut y dormir à deux
à partir de 3 €… jusqu'à plus de 70 €
Bien qu'elles poussent comme
des champignons, les pensions agrotouristiques sont en nombre insuffisant
L
es pensions "agro-touristiques" poussent comme des champignons à travers la Roumanie qui en compte désormais plus de 4000. Ce type d'hébergement rural est très apprécié par les touristes et selon le classement de la
catégorie - de 0 à 4 marguerites - coûte entre 100 000 lei (3 €) la nuit pour deux personnes à plus de 70 € à Bran, où se trouve le château de Vlad Tepes (Dracula). Mais
même dans cette dernière localité, où elles se sont multipliées, le nombre de pensions
est souvent insuffisant.
Leur développement est donc
appelé à un avenir certain dans les
régions hautement touristiques comme
la Bucovine et ses monastères, le delta
du Danube, les judets de Brasov, Sibiu,
Harghita (Miercurea Ciuc), mais aussi
dans celles qui connaissent un engouement récent: judets de Arges (Pitesti),
Gorj (Târgu Jiu), Vâlcea, Mehedinti,
Alba Iulia, Cluj, Covasna (Sfântu
Gheorghe). D'autres secteurs possèCertaines pensions rurales dent également un grand potentiel: les
sont devenues de véritables petits hôtels. vallées de la Prahova (Sinaia), de la
Bistrita, la région de Vatra Dornei et bien sûr le Maramures, véritable "coqueluche"
des Occidentaux. Certaines, belles et authentiques, sont malheureusement tenues à l'écart de ce mouvement à cause du mauvais état des routes et voies d'accès.
Des propriétaires investissent seulement de 1000 à 2000 € pour transformer leur
maison en pension, mais s'ils suivent les conseils de l'ANTREC (Association
Nationale du Tourisme Rural, Ecologique et Culturel) ce montant est beaucoup plus
important, s'élevant en moyenne à 10 000 € pour l'aménagement de cinq chambres, à
50 000 € pour une construction.
L'ANTREC recommande de limiter les chambres à ce nombre (5-6) pour conserver un accueil convivial, les pièces devant faire au minimum 16 m2, 20 m2 étant
l'idéal.
Aides européennes de 2500 à 100 000 €
Outre le confort, l'association insiste sur le caractère régional, rural et la "patine"
historique qu'il faut conserver aux bâtiments et à l'intérieur, et l'indispensable jardin
fleuri à mettre en valeur avec des équipements comme des espaces pour les grillades,
les terrasses abritées en bois… et bien sûr l'incontournable sourire, essentiel pour faire
revenir les hôtes.
La cuisine doit également être soignée avec, de préférence, des plats locaux
confectionnés à base de produits du crû. L'organisation d'activités - fêtes locales,
mariage, tuer le cochon, découverte et achat des produits régionaux, prêt de bicyclettes - est aussi considérée comme bienvenue.
Selon l'ANTREC, en respectant ces recommandations, les propriétaires peuvent
espérer un taux d'occupation de 40 % la première année, pendant la saison, pouvant
croître ensuite jusqu'à 80 % et dégager un profit annuel de 15-20 %, par rapport à la
mise de départ. Sans oublier que les fonds européens SAPARD, pour le développement rural, accordent des subventions allant de 2500 à 100 000 €, à condition que
leurs bénéficiaires investissent au moins la même somme.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Politique
Actualité
Certaines communes du judet de Timis
gardent la nostalgie de l’”époque d’or”
T
imisoara
a été la
première
ville roumaine libérée du communisme,
le 17 décembre 1989.
Sous la pression de
ses citoyens et des
associations comme
Début de la Révolution, le19 décembre celles des Anciens
1989 devant l’opéra, de Timisoara
détenus politiques,
l'Alliance civique, du 17 décembre, elle a décidé alors de
témoigner de cette date historique en changeant tous les noms
des artères évoquant ce passé qui venait d'être rejeté. Ainsi le
boulevard Lénine est devenu Mihai Eminescu, la rue Leontin
Salajan s'appelle Take Ionescu, celle du 23 août 1944 (entrée
de la Roumanie dans la sphère d'influence soviétique après
qu'elle ait retourné ses armes contre les nazis)… est devenue
celle du 3 août, plusieurs noms étant par ailleurs attribués aux
héros tombés lors de la "Révolution" de décembre 1989.
Mais certains villages du judet sont loin de marcher du
même pas anti-communiste, conservant encore la nostalgie de
"L'Epoque d'or", seize ans après sa disparition. A Ghiroda
(commune de Giroc) on trouve toujours une rue des
Coopératives, de triste mémoire pour les paysans; non loin, à
Gataia et Buzias, existe une rue du 6 mars 1945, date de l'installation du premier gouvernement communiste en Roumanie.
A Recas, pourtant l'une des communes les plus récentes du
judet, on a le sentiment d'être ramené 20 ans en arrière; on s'y
promène sur les avenues ou dans les rues Karl Marx, Lénine,
Molotov, Rosa Luxembourg, Stefan Plavat, du 6 mars ou du 23
août. Le maire affirme avec aplomb que ces appellations
n'existent plus, mais elles figurent encore sur les papiers officiels et les plaques des voies. D'ailleurs on trouve encore dans
la commune des manuels de propagande communiste.
Dumbravita est sans-doute la plus nostalgique, mais cela
ne se remarque pas trop pour les étrangers. Commune à majorité magyare, nombre de ses rues portent le nom de communistes hongrois guère connus au-delà des frontières. Pour se
justifier, le maire, Szabo Geza, affirme qu'il les a fait débaptiser… mais que les nouvelles plaques, commandées voici six
mois, n'arrivent toujours pas. Toutefois, il est incapable de
montrer la délibération du conseil municipal qui aurait décidé
du changement de leurs noms…
Le Président Basescu opéré d'urgence
U
ne hernie discale pouvant entraîner des complications neurologiques
ayant été découverte lors d'un examen médical, le Président Basescu
a été opéré d'urgence dans un hôpital de Vienne, dans la nuit du 7 au
8 mai, pour éviter d'éventuelles complications, dont une paralysie. L'opération
qui a duré près de deux heures s'est bien déroulée. Selon les médecins autrichiens, la hernie du président était particulièrement sévère, de taille "inhabituelle" et touchait plusieurs nerfs. Elle avait même conduit à des "troubles neurologiques", et le président ne sentait plus la partie inférieure de son corps. Au
départ, Traian Basescu devait se faire opérer à Bucarest, mais après plusieurs
réunions, et vu les complications de la hernie, les médecins roumains ont préféré
le transférer dans le plus grand hôpital de Vienne, l'”Allgemeines Krankenhaus".
Cet établissement a souvent collaboré avec l'hôpital universitaire de Bucarest et
dispose de "tous les équipements modernes" pour procéder à une opération de
cette envergure. Après une hospitalisation sur place d'une dizaine de jours, le
Président a été transféré vers l'hôpital Elias de Bucarest où un bureau spécial lui
a été aménagé pour qu'il puisse reprendre ses activités, y recevant des soins pendant deux semaines. La période complète de récupération est estimée à six moisun an. Selon ses proches, ses filles ont pris en charge le coût de l'intervention
viennoise, ayant les moyens d'acquitter la facture de 22 000 €.
Un mémorial de la
Révolution à Timisoara
L
a chute de Ceausescu a été précédée de journées révolutionnaires
auxquelles le Mémorial de la
Révolution de Timisoara veut rendre hommage, tout en faisant la distinction entre les premiers jours des évènements de décembre
1989 et la récupération opérée par la suite par
les néo-communistes. Présidé par Traian
Orban, ce centre a pour but de valoriser les
témoignages écrits et audiovisuels des acteurs
de ces jours complexes. Il offre une salle pour
la documentation et la recherche, une salle
audio vidéo, des salles d'exposition, un espace de recueillement et une bibliothèque.
Memorialul Revolutiei Timisoara, str.
Emanoil Ungureanu, nr. 8, Timisoara. Tel./fax:
(00 40) 056/133287.
Alliance douteuse entre le PSD et Vadim Tudor
S
ans-doute pour contrer l'émergence d'un rassemblement de
centre-gauche que s'efforce de
créer l'ancien Premier ministre Petre
Roman et Ion Iliescu, sous le nom de Pôle
social, le PSD, dirigé par Mircea Geoana,
et le PRM de Cornel Vadim Tudor ont
décidé de collaborer au parlement,
signant un protocole d'accord. Le parti
des anciens et nouveaux nomenklaturistes et celui des extrémistes nationalistes se retrouvent donc, ce qui n'est
guère surprenant car leurs dirigeants sont
issus de l'ancien régime.
Découvrant un peu tard son aveuglement au sujet de la véritable nature du
PSD, qu'elle a fait entrer dans ses rangs,
conduisant le parti Démocrate à en sortir,
l'Internationale Socialiste a taxé d'inacceptable et d'incompréhensible ce rapprochement,
7
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Condamnation du
communisme: un président
de l'ombre pour faire la lumière
Politique
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L'ancien Premier
ministre Radu Vasile
indicateur
de la Securitate ?
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Au cours d'un débat sur les
méfaits du communisme, l'ancien président de la République Emil
Constantinescu (1996-2000) a indiqué qu'en 1998, avant de le nommer
Premier ministre, il avait eu entre les
mains un dossier de l'ex-Securitate,
témoignant que Radu Vasile, professeur universitaire jusque là, en avait
été un informateur, précisant toutefois
qu'il n'était pas chargé de surveiller
ses collègues mais les étudiants
étrangers.
a Roumanie est le dernier pays a traîner les pieds pour condamner le communisme, écrivions-nous dans notre dernier numéro. Le "mal" a été réparé
depuis, puisque le président Basescu a décidé la création d'une commission
présidentielle chargé d'enquêter sur le sujet. Cela pourrait paraître un bon point aux
yeux des quelques 300 personnalités et intellectuels roumains qui réclamaient à cors et à cris
que le dossier soit enfin ouvert et que le pays se
penche sur son passé. Ceux-ci ont toutefois
déchanté en découvrant le nom du président de
cette commission, désigné par Traian Basescu.
Il s'agit de Vladimir Tismaneanu (notre
photo). D'après une fiche des archives du SRI
(Service Roumain d'Information) qui a pris la succession de la Securitate, celui-ci
aurait quitté la Roumanie en 1987 avec l'aval d'une branche de cette dernière, chargée
de la contre-information économique. "Comme membre du Parti Communiste
Roumain, il a été entraîné à différentes tâches, parmi lesquelles, celle de lecteur à la
commission de propagande du PCR du conseil municipal de Bucarest" peut-on y lire.
On y apprend aussi que sa femme et son fils avaient fui la Roumanie dès 1981, au
cours d'un voyage en France et en Espagne, pour s'établir au Venezuela. Ils rejoindront
plus tard mari et père aux USA, lequel s'y était installé grâce à l'aide de camarades du
Parti communiste américain, faisant une apologie de celui-ci dans le premier livre qu'il
écrira "en liberté". Après les évènements de 1989, Vladimir Tismaneanu publiera Le
grand choc, livre d'interview de Ion Iliescu, leurs familles ayant des liens anciens, en
relation avec leur proximité à Ana Pauker, l'égérie du communisme roumain de l'époque la plus barbare (1946-1964). Vladimir Tismaneanu se propose de condamner le
communisme mais sans faire référence aux criminels de cette époque, et de limiter ses
investigations à la période suivant 1964.
CNSAS : ne pas enquêter trop loin
Radu Vasile a
été premier
ministre sous
le président
Constantinescu
L'ancien chef de l'Etat est resté
cependant vague sur les raisons qui
l'avaient conduit, en toute connaissance de cause, à désigner Radu
Vasile à la fonction de chef de gouvernement, indiquant seulement qu'il
avait cédé aux instances du président
du PNTCD (Parti National des paysans et des Chrétiens Démocrates),
Ion Diaconescu, lequel occupait un
rôle central au sein de la majorité
parlementaire. Les deux hommes
étaient pourtant réputés pour leur résistance au communisme, sous l'ancien régime… Voilà qui n'éclaire, ni
ne grandit le rôle et les desseins des
hommes politiques roumains actuels.
C
réé sous la présidence d'Emil
Constantinescu, le CNSAS
(Conseil
national
pour
l'Etude des Archives de la Securitate) a
pour vocation d'établir quels sont les
dignitaires, hauts fonctionnaires, etc., qui
ont collaboré avec la Securitate, pour
qu’ils en tirennt les conséquences, en
démissionnant de leurs attributions, ou en
en ne postulant pas à certaines fonctions.
Comme dans les autres pays de l'Est,
cette mission se heurte à toutes sortes
d'entraves, les dirigeants d'aujourd'hui
ayant souvent largement profité du régime antérieur. En Roumanie, ce poids du
passé est encore plus flagrant. Le CNSAS
devait procéder à l'élection d'un nouveau
président, Ticu Dumitrescu étant pressenti par la l'actuelle coalition au pouvoir; or
au moment du vote, le PD (parti
Démocrate de Traian Basescu) a changé
de fusil d'épaule, s'alliant au PSD et au
parti extrémiste de Corneliu Vadim
Tudor, faisant finalement élire Corneliu
Turianu, à la grande fureur de son allié, le
PNL (Parti National Libéral).
Cuisine politicienne sans-doute…
mais qui convient finalement à l'ensemble des partis. Ceux-ci n'ont pas
guère à redouter le zèle des enquêteurs
chargés des investigations du CNSAS:
les deux candidats à sa présidence sont
catalogués comme ayant été racolés pour
devenir collaborateurs de la Securitate et
du régime de Ceausescu. Ils ont d'ailleurs
reçu le soutien indirect des parlementaires. Après avoir repoussé la création
d'un organisme chargé de démasquer la
corruption dans leurs rangs et ceux des
hautes sphères du pouvoir, les sénateurs
ont exclu les hiérarques de l'Eglise orthodoxe des catégories susceptibles d'être
enquêtées pour leurs liens passés avec la
Securitate.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Tourisme
Connaissance et découverte
Le cœur du Maramures et ses vallées
réservent des balades faciles et très belles
A Botiza : s'imprégner d'images, de bruits, d'ambiances
B
otiza, beau village niché entre de douces collines
est traversé par la rivière Botiza, affluent de l'Iza.
C'est par une bonne route qu'on arrive au coeur du
village. En haut à gauche, une grande église blanche de style
orthodoxe accroche le regard ; au milieu la rivière, et de part
et d'autre, des maisons, la mairie, un magasin-bistrot. Le
bureau d'information OVR se trouve à gauche
de la rivière, il faut passer à pied le petit pont,
c'est juste en face. Mais attention, il y a 2
bureaux concurrents l'un à côté de l'autre; ne
vous trompez pas, le bon c'est celui de droite.
Musiciens et horinca
L'architecture a gardé, comme à Ieud, sa
richesse: des maisons de bois aux toits de bardeaux, une église en bois, au-dessus de l'église de pierre. Elle vient du village de Viseu de
Jos, où elle fut démontée en 1899 et remontée
ici pour remplacer l'église qui avait brûlé.
L'atout particulier de Botiza est ses musiciens.
Connu très loin à la ronde, les quatre frères
Sicuta, dont Toader est le chef de file, sont des violonistes virtuoses qui n'attendent pas les fêtes pour s'exprimer. Maintenant
leurs enfants commencent à suivre leurs traces. Vous aurez
peut-être la chance d'écouter une sérénade improvisée dans un
jardin tout en dégustant un verre de horinca (tsuica) ou après
un repas typique que votre hôtesse vous aura préparé avec
cœur. Et peut-être aussi lors d'une noce, dans laquelle vous
pourrez admirer les costumes colorés et surtout les petits chapeaux à rubans des hommes.
Artisanat et randonnées
L'artisanat du bois sculpté, en particulier les jougs des
bœufs ainsi que le tissage de tapis aux teintures végétales, aux
motifs géométriques sont révélateurs des multiples savoirfaire des habitants. On voit parfois, des femmes filant la laine,
assises à deux ou trois devant leurs maisons babillant pour passer le temps, parlant de tout et de rien.
Des balades faciles et très belles sont à entreprendre audessus du village, vers les hameaux de Botiza ou vers Ieud ; il
ne faut pas oublier les randonnées dont celle qui conduit aux
sources d'eau salée et ferrugineuse, ainsi que celle qui irait
jusqu'à la vallée de Cosau.
Aux environs, on peut visiter les villages de la vallée de
l'Iza en aval: tout d'abord Sieu et son église (1760) dans laquelle se trouvent de superbes peintures murales du peintre paysan
Ion Plodod; Rozavlea dont la pointe du clocher de l'église
monte à 54 m. tions Payot, 2004… à ne pas manquer !). A
Strâmtura, les portails sculptés sont particulièrement remarquables.
Le monastère de Bârsana, abandonné au 18e siècle, revit
complètement grâce à une communauté de nonnes. Deux
églises ont été construites durant les dix dernières années, la première, en bois, est orthodoxe et la seconde, en pierre, est gréco-catholique. En amont de la rivière vers le sud, il
faut visiter Bogdan Voda, Mosei, Borsa, Ieud,
la vallée de Vaser et son vieux train forestier.
Fête de la transhumance
et enterrement comme des noces
Plusieurs événements ponctuent l'année :
- à la mi-Mai, fête de la transhumance à
Valea Sasului.
- vers le 20 juillet, le "Maramusical" à
Botiza, Ieud et Vadu Izei, fête du violon.
- les 14 et 15 août à Rozavlea: Les jours
culturels, musiques et danses.
Il faut relever aussi les rites de la naissance, des noces, des
enterrements, qui donnent lieu à des festivités hautes en couleurs. Lors d'un enterrement, par exemple, d'un jeune homme
ou d'une jeune fille, le rite s'apparente alors à celui d'une noce,
les villageois participent à un festin ponctué de musique et de
danses comme s'ils participaient aux noces que le défunt ou la
défunte auraient désirées.
Eviter les dérives vers les gains faciles
Pour bien "sentir" Botiza, il faut le parcourir à pied, lentement, s'imprégner d'images, de bruits, d'ambiances. En fin de
journée, ce qui frappe, c'est l'animation dans la rue. Entre les
charrettes sans éclairage et les quelques voitures, les habitants
jeunes ou vieux s'y retrouvent pour échanger et s'amuser. C'est
très chaleureux et vivant.
Mais attention, les touristes affluent et la dérive vers des
gains faciles peut tenter certains; aussi méfiez-vous des gens
qui vous racolent dans la rue. Ils ne sont pas du réseau OVR.
De plus, soyez ferme sur les prix, ils doivent suivent ceux de
la charte Retea Turistica.
Renseignements divers : organisation conjointe des excursions, entre Botiza et Ieud, location d' un bus 8 places avec
chauffeur et guide, même pour plusieurs jours.
Martine et Jean Bovon-Dumoulin
Pour en savoir plus, retrouvez les bonnes adresses de Martine et Jean Bovon-Dumoulin en commandant le guide OVR Retea Turistica
Au pays des Villages roumains qui permet de partir à la découverte d'une Roumanie authentique à l'aide de fiches en couleurs.
Commandes à adresser à Martine Bovon-Dumoulin, Borgeaud, 35, 1196 Gland, CH Suisse.
Joindre un chèque de 23,10 € (port compris) à son ordre.
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Connaissance et découverte
Echanges
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NADLAC
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GAVOJDIA PITESTI
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BUCAREST
Actualité
L'ex-Russie soviétique a déclenché la guerre
du vin contre deux de ses anciens satellites indociles
Moldavie
La mésaventure
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SATU MARE
ORADEA
Aide humanitaire :
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
CONSTANTA
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Epilogue
Le Lundi 29 mai, vers 7 h 30, une
collaboratrice des "Nouvelles de
Roumanie" se trouve dans le car qui
effectue la liaison régulière entre
Sezged (Hongrie) et Arad (Roumanie),
lequel, lors de l'arrivée à la douane de
Nadlac, se range aux côtés d'un autre
autocar, immatriculé à Augsbourg, en
Allemagne, de la compagnie “Adriana
Touristik", rempli par près de 50
Roumains, plutôt jeunes, revenant très
certainement de travailler quelques
mois dans ce pays.
48
De son fauteuil, notre collaboratrice est bien placée pour observer le
manège du douanier hongrois, monté
à bord, lequel passe dans chaque
rang, les passagers lui remettant
automatiquement un billet de 20 €.
Sont-ils "en fraude", pour avoir
dépassé le terme légal des trois mois
de séjour ? Ce n'est même pas sûr,
les douaniers hongrois ayant l'habitude rançonner sans raisons les
Roumains partant ou revenant de l'étranger. En tous les cas, la recette
était coquette: 1000 € pour un seul
car… mais le douanier était honnête:
à un passager qui n'avait qu'un billet
de 50 €, il a rendu consciencieusement la monnaie !
L
es associations humanitaires pensaient que l'époque où elles se faisaient
systématiquement racketter aux postes frontières roumains lorsqu'elles
acheminaient leur aide et devaient faire face aux tracasseries bureaucratiques était révolue… la Fondation Emmaüs d'Orléans, qui avait mis à disposition son
camion de huit tonnes, et l'association d'amitié Chanteau-Gavojdia ont fait la cruelle
expérience du contraire lors du 17ème convoi qu'elles ont organisé, à la mi-mai. Les
huit membres de l'expédition transportaient trois tonnes de matériel dont des vêtements pour enfants et adultes,
des fauteuils roulants pour
handicapés, un réfrigérateur
avec du matériel pour dispensaire, un photocopieur, un lit
médicalisé, du matériel sanitaire et du mobilier, le tout
destiné au centre de placement
d'enfants de Gavojdia. Voici le
compte-rendu de leur mésaventure, fait par un membre de
l'équipe, Claude Pasat.
Escroqués par un faux douanier
"Mardi 9 mai, 8 heures départ de la communauté d'Ormes, le camion plombé par
les douanes françaises, c'est donc tout à fait confiant que nous partons en Roumanie.
Première journée sans problème, nous nous posons en Allemagne. Au petit jour, le
mercredi 10 mai en route vers l'Autriche parmi la multitude de camions sur les autoroutes. Le groupe se retrouve en Hongrie. Nous sommes jeudi 11 mai et le camion
repart à 8 heures avec une heure d'avance sur l'autre véhicule. Rendez-vous à la frontière Hongro-Roumaine de Nadlac où nous arrivons vers 13h. Nous sommes obligés
de prendre la file des camions. C'est pour nous le début de nos difficultés.
Nous commençons une longue attente lorsqu'un homme vêtu d'une veste de
l'armée, vraisemblablement roumain, se fait passer pour douanier au service du fret et
monte dans le camion. Il nous prépare les documents nécessaires au transit de notre
matériel pour la douane roumaine et nous remet des reçus, nous payons les taxes (fiscales, écologiques, de désinfection) pour un montant de 195 € et après nous avoir
réclamé 40 € de bakchich, il nous fait remonter la file de camions et se réintroduire
dans la file d'attente. Nous sommes perplexes et inquiets de cette attitude bizarre et de
la gène du policier hongrois qui surveille la manœuvre.
Nous arrivons au pesage du camion. Au poste de transit du fret où on nous remet
un document. Devant notre incompréhension le guichetier décide que la taxe sera de
10 € sans facture ! Il est 15h. Il nous faut faire une queue interminable derrière une
trentaine de chauffeurs et nous restons presque deux heures avant d'arriver au guichet.
Il est 17h 00. Nous passons la douane hongroise sans grandes difficultés. Il est 17h 30.
Plus de neuf heures pour passer la douane
Nous partons donc vers le prochain poste roumain. Il s'agit de la désinfection du
camion. Là, les douaniers nous présentent un document et nous leur expliquons que
l'on a déjà payé cette taxe pour la désinfection; ils nous demandent de leur présenter
nos reçus. Nous comprenons alors que nos soupçons sur le transitaire volant sont bien
fondés, c'est un escroc. Les douaniers photocopient alors nos 3 documents et nous
demandent de décrire cet individu. Apparemment ils n'ont aucun pouvoir du côté hongrois pour arrêter cet homme. Devant notre amertume ils nous font cadeau des 3 € de
la désinfection prétextant que les convois humanitaires ne payent pas.
Chantage économique contre
volonté d'émancipation moldave
L
e 27 mars
dernier, la
fédération de
Russie interdisait l'imde
vins,
Les deux Vladimir, Vorinine (Moldavie) portation
et Poutine (Russie) en conversation.
alcools, eaux minérales,
en provenance de ses anciennes républiques satellites de
Moldavie et Georgie. La mesure prenait effet immédiatement,
avec le retrait en 24 heures des étalages des commerces russes
d'un million de litres de vin. Cet embargo a été décidé à la
suite de la découverte subite par le médecin-chef russe chargé
du contrôle sanitaire, Ohenadi Oniscenko, que ces boissons
étaient frelatées, menaçant l'estomac de ses compatriotes…
alors qu'elles étaient consommées depuis des décennies. Au
cours de leurs analyses, ses services auraient relevé la présence de pesticides et autres substances chimiques, en contradiction avec les normes sanitaires et épidémiologiques russes.
La mesure porte un coup sérieux aux économies des deux
pays, où la viticulture occupe une place prépondérante. En
2005, les exportations de vins moldaves se sont élevées à
270 M€, dont 80 % concernent Russie.
La douma russe a approuvé à la quasi unanimité cette
décision, seuls deux députés s'y opposant, l'un faisant remarquer que la majorité des produits toxiques cités ne pouvaient
être utilisés en viticulture. Un de ses collègues, favorable à
l'embargo, vendait la mêche… grosse comme une ficelle aux
yeux des observateurs: "Ce ne sont pas les raisins moldaves ou
georgiens qui sont en cause, mais les régimes de ces deux pays
qui mènent une politique anti-russe".
Une arme utilisée... comme pour
l'approvisionnement en gaz de l'Europe
Depuis un an et demi pour la Georgie et un peu moins
pour la Moldavie, les gouvernements de ces républiques indépendantes ont pris leurs distances avec Moscou. La Georgie
veut entrer dans l'OTAN et récupérer sa souveraineté sur les
parties de son territoire en proie à une sécession soutenue en
N
sous-main par les Russes, qui veulent garder le contrôle de la
région. Alliée fidèle jusque là de son ancien maître, la
Moldavie, pourtant dirigée par un ancien secrétaire général du
parti communiste, Vladimir Voronine, s'émancipe de plus en
plus de cette influence, en constatant que le Kremlin ne veut
pas sérieusement régler le problème de la Transnistrie, également sécessionniste, où il maintient des troupes … tout en dispensant cette région des mesures d'embargo sur sa production
vinicole.
Chisinau se tourne désormais vers l'UE et l'OTAN au
grand dam de Vladimir Poutine qui espère la faire rentrer dans
les rangs en utilisant sa nouvelle arme diplomatique: le chantage économique… comme les Européens peuvent actuellement l'expérimenter avec les menaces qui pèsent sur leur
approvisionnement en gaz russe.
Amener Moldavie et Georgie à résipiscence
Les instances internationales saisies, dont l'UE, sont
impuissantes face à cette pratique unilatérale, la Russie ne faisant pas partie de l'Organisation Mondiale du Commerce et
n'étant pas obligée de se conformer à sa réglementation des
échanges commerciaux. Cette politique est cependant à double
tranchant pour Moscou qui fait des pieds et des mains depuis
des années pour être admis au sein de l'OMC.
Par cette guerre du vin, la Russie, dotée désormais d'un
régime autoritaire, espère amener ses deux anciennes républiques rebelles à une vision des choses plus conformes à ses
intérêts, en vue du sommet des chefs d'Etat de la CEI
(Communauté des Etats Indépendants) qui se tiendra les 21 et
22 juillet à Moscou, mis en place pour suppléer à la disparition
de l'URSS. Elle espère aussi afficher aux yeux des citoyens
russes sa volonté de redonner au pays sa place de premier rang
dans le concert international, pour mieux leur faire passer la
pilule des réformes qu'elle veut engager.
Ce conflit n'a cependant pas empêché Vladimir Poutine
d'envoyer ses vœux de bonne santé à Vladimir Voronine, dans
un message souhaitant "paix et prospérité" au peuple moldave.
UE : l'espoir d'une porte d'entrée par la Roumanie pour les Moldaves
ombre de Moldaves prennent
d'assaut Ungheni, ville frontière avec la Roumanie, dans
l'espoir que ce changement de résidence
va leur permettre d'obtenir plus facilement les visas d'entrée dans ce pays,
récemment instaurés dans la perspective
de l'adhésion de Bucarest à l'UE au premier janvier prochain, et de se servir de
ce Sésame pour gagner l'Occident. Cet
afflux a fait exploser les prix des locations à Ungheni, le prix d'un appartement
de deux à trois chambres, construit sous
le communisme, ayant passé de 3-4000 €
à 25 000-30 000 €, en quelques années.
Les occupants de ces logements
espèrent, en tant que frontaliers, pouvoir
bénéficier d'un régime simplifié de visas,
ce qu'a formellement démenti Bucarest.
Comme Ungheni est une ville marquée
par un fort chômage, où il est impossible
de trouver un emploi, beaucoup de gens
vivent de ce qu'on appelle "le commerce
avec la valise".
Chaque jour, ils importent de
Moldavie des cigarettes et de l'essence,
moins taxées dans leur pays, pour les
revendre à Iasi ou d'autres villes roumaines proches de la frontière, réalisant
un bénéfice infime.
5
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Horizon 2012-2014
pour l'introduction de l'euro
Vie internationale
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CHISINAU
TÂRGOVISTE
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BUCAREST
L'Ukraine resserre
les boulons
de sa frontière
avec la Transnistrie
4
Au rythme de cent mètres par jour,
cinq équipes d'ouvriers ukrainiens ont
commencé à creuser, le 10 avril dernier, une tranchée le long des 400
kilomètres qui séparent l'Ukraine de
la Transnistrie, région séparatiste de
la République de Moldavie. Menée
par Kiev, l'opération est supervisée
par l'Union Européenne avec le but
de mettre fin aux trafics de personnes humaines, notamment des
jeunes filles forcées de se prostituer,
d'armes et à la contrebande.
Cette région qui échappe à tout
contrôle est devenu un paradis pour
la criminalité organisée. Des dizaines
de routes frontalières, non surveillées, permettant de passer aisément d'un pays à l'autre, ont été
fermées. Des monticules de terre
serviront de poste d'observation, des
systèmes électroniques modernes
seront installés facilitant la détection
des clandestins par dégagement de
leur chaleur corporelle, et des panneaux d'avertissement seront installés tous les cents mètres.
Depuis le début de l'année jusqu'en avril, 2000 personnes ont été
arrêtées pour trafic transfrontalier de
marchandises, portant principalement
sur de la viande, de l'alcool et du
tabac. En parallèle à la construction
d'un fossé de dissuasion entre les
deux pays, l'Ukraine a pris la décision de ne laisser entrer sur son territoire qu'uniquement des produits
autorisés par la douane moldave,
alors que, jusqu'ici, elle fermait les
yeux sur ceux provenant directement
de Transnistrie.
M
ugur Isarescu, gouverneur de la Banque nationale de Roumanie et
ancien Premier ministre, a estimé que son pays serait prêt à adopter l'euro entre 2012 et 2014, entrant dans la phase préparatoire entre 2010 et
2012, pendant laquelle le cours de sa monnaie devra respecter une marge de 15 %
autour de sa parité face à l'euro.
Pour entrer dans la zone euro, un pays doit limiter son inflation au maximum à
1,5 % au-dessus de la moyenne des trois meilleurs élèves de l'UE (2 % en 2005), son
déficit budgétaire ne dépassant pas 3 % de son PIB et son endettement se limitant à
60 % de celui-ci. Pour l'instant, la Roumanie ne remplit que ce dernier critère, approchant le second. Son principal problème reste le niveau de l'inflation (8-9 % en 2005),
d'autant plus que l'entrée dans l'UE devrait le majorer de 1-2 % pendant les quatre
années suivantes, notamment à cause de l'augmentation du prix de l'énergie.
S
Retour du Roi Michel en Bessarabie
oixante cinq ans après la para- Allemands, entre juin 1941 et août 1944.
Au cours de cette période, l'armée
de militaire à laquelle il avait
roumaine
avait participé aux combats
assisté à Chisinau (capitale
dans les batailles de
actuelle de la RépuCornesti, Odessa, du
blique de Moldavie),
Don, de Kuban, du
en 1941, après la libéCaucase, de Stalinration de la Bessarabie
grad et de Crimée. Cet
et du nord de la
engagement était dû à
Bucovine (aujourd'hui
la volonté du dictateur
ukrainienne), occuAntonescu de soutenir
pées alors par les
les troupes hitlétroupes soviétiques riennes, contrevenant
lesquelles retourneront
au souhait du jeune
à l'URSS à la fin de la
Roi Michel - à peine
guerre - le Roi Michel
20 ans à l'époque - de
est revenu dans ces
le limiter à la reconterritoires.
quête des territoires
L'ancien souveLe roi Michel au cimetière de Tiganca.
roumains.
La cérémorain a participé, fin
nie
de
Tiganca,
à
laquelle
ont assisté
mai, à la cérémonie d'inauguration du
conjointement
autorités
roumaines
et
monument aux héros du cimetière de
Tiganca, en Moldavie (judet de Cahul), moldaves, est le premier pas en vue d'une
en mémoire des 71 000 soldats roumains réhabilitation et d'une meilleure comprétombés au cours des campagnes mili- hension de cette époque, occultée totaletaires sur le front est, aux côtés des ment par le régime communiste.
Les Américains comme chez eux
V
oici un peu plus d'un an, Virgil Brescan,
79 ans, ancien colonel des garde-frontières,
était renversé sur un passage piétonnier par
une voiture conduite par un soldat américain basé à
Constantsa, dans le cadre d'un exercice militaire commun, décédant de ses blessures. Comme dans tout acciLa tombe de Teo Peter, dent corporel, un dossier était ouvert par la justice rouchanteur rock roumain très
populaire, tué dans un accident maine, mais le conducteur fautif était immédiatement
provoqué par un marine US. exfiltré vers les USA pour échapper à une éventuelle
sanction, comme le prévoit les accords SOFA signés par les deux pays et accordant
une forme d'exterritorialité aux ressortissants américains basés en Roumanie.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Connaissance et découverte
encore des bakchichs et des tracasseries à la douane
de l'association Chanteau-Gavojdia
Il est maintenant 18 h. Nous roulons vers le poste de douamaine (malgré que celle-ci soit collée sur le pare brise!) ainsi
ne roumaine. Là, le chef de poste photocopie à nouveau les
que le document qui nous a été remis par le contrôle fiscal lors
trois "faux reçus". Muni de nos passeports il recopie sur un
de notre entrée, mais que la douane de Lugoj ne nous a pas
registre nos coordonnées. Il est alors 18 h 15. Je roule vers le
rendu, Il est alors 9h 30.
poste de contrôle fiscal et nous récupérons un document "graJe n'ai pas ce dernier document et j'alerte aussitôt mes
tuit", ce précieux "laissez-passer" qui nous vaudra toutes nos
amis Jean-Pierre et René, qui sont en voiture, pour qu'ils pardifficultés du retour.
tent à la douane de Lugoj avec Tenzi pour essayer de nous
Il est 19h. La sortie vers la Roumanie est à 200 mètres,
aider en nous faxant ce document. Pendant ce temps je reviens
donc direction la dernière barrière où nous tombons sur un
avec la facture de notre vignette, mais la douanière ne l'accepdouanier qui d'un doigt rageur nous montre le poste de transit
te pas. Comme j'ai acheté cette vignette à 100 mètres de là, je
et nous dit que sans ce document fret, il n'est pas question de
vais trouver le monsieur qui est au guichet, il a la gentillesse
rentrer en Roumanie. Il nous faut un transitaire pour passer
de fermer boutique et m'accompagne jusqu'au poste où il fait
notre chargement. Nous voila devant un guichet où une jeune
admettre que ce document est bien le bon. La douanière lâche
femme sympathique va beaucoup nous aider.
prise sur ce point. Il est 10h.
Il nous manque le numéro fiscal de la commune de
Gavojdia ainsi que l'acceptation de donation avec la liste glo"C'est 1000 € avec facture … ou 50 € sans"
bale des nos marchandises traduit en
roumain. Il faudra que cette jeune
Il n'en demeure pas moins qu'elle
femme se mette en relation avec le maire
nous coince avec l'autre document. Elle
de Gavojdia. Il est 19h45. Celui-ci metme propose donc de payer une amende
tra un quart d'heure pour nous envoyer le
de 1000 € avec obtention d'une facture
premier document, il est 20h00. Le
pour pouvoir passer. Je lui explique que
second document parvient par fax trois
nous ne sommes pas entrés en fraude.
quarts d'heure plus tard. Il est donc
Elle ne veut rien savoir. Entre temps
20h45.
Tenzi m'appelle sur mon portable et
Il nous faut ensuite faire deux "aller
m'explique que notre document est
et retour" au pas de gymnastique en pleiperdu. Il est 10 h 30. Un jeune douane nuit jusqu'au poste de sortie pour
nier vient nous trouver. Il est intrigué de
deux coups de tampons successifs. Le
notre comportement d'attente. Je lui dis
A la douane roumaine, il faut savoir
document est enfin élaboré, il nous en
parfois graisser la patte que c'est une honte de traiter ainsi des
des policiers pour ne pas trop attendre. gens qui viennent apporter une aide à
coûtera 120 € de frais de transit pour 950
€ de cargaison déclarée avec cette fois une facture en bonne et
son pays. Il me demande alors de l'accompagner et me propodue forme. Nous quittons ce poste vers 21h 15. Nous sommes
se de payer 200 € (!) pour passer. Je lui demande une facture
pour le mettre en difficulté. Il me rétorque que ce n'est pas pos"libérés" vers 21h 30, nous venons d'être "otages" pendant
sible. Ensuite, il me propose 50 €! Je lui réclame une facture.
plus de 9 h, et nous laissons derrière nous 130 € de facture et
Ne sachant plus comment faire il me propose de retourner voir
245 € de bakchich ! Nous achetons la vignette roumaine à
sa collègue qui parle français. Il est à présent 11 h 15. Avec son
proximité, ça nous aidera pour le voyage retour. Nous atteisourire elle me dit: "C'est 1 000 € avec facture ou 50 € sans
gnons enfin Gavojdia vers 1h 00 du matin, le 11 mai.
facture". Nous acceptons cette solution de 50 €, car nous
sommes là depuis déjà trop de temps. Il est 11 h 45
Entre bêtise et gentillesse
Je reviens avec une coupure de 50 €. Le billet s'évanouit
dans
un petit classeur de bureau, et son collègue remplit en
Le jour suivant nous apprenons que notre camion plombé
quelques
secondes le précieux document. Il est 12 h 15. Nous
ne pourra être soumis à la bonne volonté du service des
passons
au
pesage, il est 12h 30; direction le poste frontière, il
douanes de Lugoj que le lundi matin 15 mai! Nous apprenons
est
12
h
45.
Le camion repart direction le fret hongrois alors
aussi que les documents n'étant pas tous réunis, notre chargement sera mis sous scellés dans un local des douanes. Nous
que nous sommes "vide"! Il est 13 h. La barrière s'ouvre, direcdéchargeons donc tout notre matériel le lundi matin et ce n'est
tion la France, Il est 15h 00. Nous avons perdu six heures pour
qu'après beaucoup de tractations que le lundi après midi nous
un camion vide ! Et laissé 50 € de bakchich.
pourrons tout de même récupérer une vingtaine de cartons perLe jeudi 18 mai à une heure du matin, mon ami René me
sonnels. Il nous faut donc envisager un autre voyage en juillet
dépose avant de rejoindre son domicile. L'expédition qui s'est
pour terminer notre mission et distribuer notre chargement.
soldée par un demi-échec a coûté 6000 € à ses organisateurs
Nous repartons vers la France le mardi matin 16 mai. Il
qui devront retourner une seconde fois en Roumanie, en juillet
est 7h. La femme présente dans le premier poste roumain me
pour tenter de débloquer le reste de leur matériel.
réclame dans un français correct la facture de la vignette rouClaude Pasat
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Connaissance et découverte
Médias
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Sorin Ovidiu Vîntu fait
main basse sur la presse
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BUCAREST
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Humour
Motivation
50
Il est considéré comme
le plus grand escroc de Roumanie
Radu, travailleur ivrogne et chômeur, en vaine de repentance, se
présente à l'agence pour l'emploi
pour trouver un boulot. Le fonctionnaire lui en propose un où il faut travailler beaucoup, mais où on gagne
tout autant.
- Ah non ! Je risque de tout
dépenser à boire ; ce n'est pas bien.
- Alors, j'en ai un autre où on ne
travaille pas beaucoup et où on ne
gagne pas beaucoup.
- Non plus ! Si je me tourne les
pouces, je sais que j'irai boire un
coup et ce n'est pas bien. Vous
n'avez pas plutôt un boulot on travaille dur et où on ne gagne rien ?
- Ah si… mais çà c'est réservé à
ceux qui ont des diplômes et fait des
études supérieures…
Postérité
Ion entre en vociférant contre
Ceausescu dans la guérite des
garde-forestiers et leur réclame un
fusil dont ils sont les seuls à être
équipés à l'époque, la chasse étant
interdite pour ne pas éventuellement
procurer des armes aux opposants.
Bien sûr, il se fait refouler. Nullement
découragé, il revient plusieurs soirs
de suite à la charge.
Les garde-forestiers tentent de le
raisonner:
- Voyons, Ion, tu sais bien que
personne n'a le droit d'entrer dans la
forêt avec un fusil…
- Mais ce n'est pas dans la forêt
que je veux entrer… C'est dans
l'Histoire !
P
eut-on imaginer Bernard Tapie rachetant
"Le Canard enchaîné" ? Ce serait immédiatement la révolution, non seulement
parmi les médias mais aussi dans l'opinion publique
française. Et bien, cela s'est effectué en Roumanie,
au mois de mai, et est passé comme une lettre à la
poste… ce qui en dit long sur la passivité du public et la compromission de nombreux
journalistes roumains, pratiquement aucun ne réagissant.
Sorin Ovidiu Vîntu a, en effet, racheté le groupe "Academia Catavencu", dont le
fleuron est l'hebdomadaire portant le même nom, et qui se flatte d'être "Le Canard
enchaîné" de la Roumanie, son groupe de presse "Realitatea" devenant l'un des plus
puissants du pays. SOV, ainsi que l'appelle la presse, est l'un des plus gros "bonnets"
de Roumanie. Comme ses congénères milliardaires, il a bâti sa fortune en volant l'Etat
roumain et spoliant le pays, à l'occasion des privatisations; mais, en plus, il a escroqué
300 000 Roumains modestes qui avaient placé leurs économies dans le Fonds National
d'Investissements, étant considéré comme le "papa" de cet organisme qui a fait faillite en 2000. 380 M€ ont disparu des caisses du FNI et n'ont jamais été retrouvés.
Avec sa fortune et sa désormais immense influence dans les médias, SOV peut
acheter les partis, de droite comme de gauche, ce qu'il ne se prive pas de faire, et aussi
les consciences des journalistes qui, malheureusement, n'ont ont pas beaucoup en
Roumanie. Ainsi en invite-t-il fréquemment dans la station balnéaire la plus luxueuse
de Méditerranée, Elounda, en Crète, où sa chambre d'hôtel lui coûte 2800 € par nuit.
Ce “savoir-faire" met à l'abri ou retarde les éventuelles poursuites à l'encontre de
cet escroc de haute volée qui a fait quelques années de prison sous Ceausescu pour ces
méfaits. Retrouvant une sorte de "virginité", SOV, qui s'efforce de se montrer discret
après une période "flamboyante", est devenu incontournable dans son pays et se permet même de lui donner des leçons de morale, quand il est interviewé.
Une nouvelle édition du site
lepetitjournal.com à Bucarest
U
ne semaine après son ouverture à
Santiago du Chili, lepetitjournal.com est
arrivé à Bucarest fin avril. Il s'agit de la
treizième édition d'un journal en ligne plus que jamais
international, permettant de se tenir au courant de l'actualité française et du pays où il est réalisé… en langue
française bien sûr. Idéal pour les expatriés résidant sur
place et les Francophones locaux. Du lundi au vendredi, le petitjournal.com de
Bucarest rend compte de l'actualité française, roumaine et internationale. A l'instar des
autres éditions réparties à travers le monde, ce nouveau quotidien francophone s'efforce de sélectionner les sujets les plus intéressants pour un lectorat très divers.
Tout au long de la semaine, une panoplie d'articles, de brèves, d'interviews et de
portraits portent sur la politique, l'économie, la culture... Différentes rubriques d'informations pratiques sont régulièrement actualisées. Le quotidien offre aussi un agenda des événements à venir, des petites annonces, des critiques cinéma et restaurant.
Lepetitjournal.com n'a pas fini de s'implanter de par le monde. Objectif d'Hervé
Heyraud, directeur général, pour 2007: lancer le journal dans 25 capitales. En Europe
de l'Est, le quotidien est déjà présent à Budapest et à Varsovie. A Bucarest, c'est
Laurent Couderc (notre photo), correspondant de L'Express et de La Croix, qui en
assure la direction. Lepetitjournal.com, édition de Bucarest, risque de devenir vite
une lecture aussi indispensable aux amis de la Roumanie... que le café, le matin !
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
Un grand rendez-vous diplomatique organisé par Bucarest
Vie internationale
Les pays riverains de la Mer Noire s'organisent
pour contrer le désir d'hégémonie de Moscou
S
ix chefs d'Etat, 15 ministres des Affaires étrangères
ainsi que plusieurs représentants d'organisations
internationales (ONU, OSCE, Conseil de l'Europe)
ont discuté début juin au Palais du parlement de Bucarest de
divers sujets, du crime organisé qui sévit dans la région aux
questions énergétiques, en passant par les relations parfois tendues qui perdurent entre certains pays.
Le président de la Moldavie, Vladimir Voronin, lors de
son discours a répété à plusieurs reprises le désir de son pays
de faire partie de l'Union européenne. Par ailleurs, il a critiqué
la Russie, sans la nommer, en disant que le séparatisme transnistrien est soutenu de
l'extérieur.
"La mer Noire vient
avec nous à Bruxelles (...)
et les pays de la région doivent trouver une identité à
travers le dialogue car
nous avons les mêmes
préoccupations" a déclaré
le ministre roumain des
Affaires étrangères, MihaiRazvan Ungureanu (notre
photo). Car la Roumanie
est bien décidée à renforcer
les liens entre les pays de la zone, et les présidents de
l'Arménie, de l'Azerbaïdjan, de la Géorgie, de la Moldavie et
de l'Ukraine ont répondu présents à son invitation.
"La Roumanie essaie de faire comprendre à ses alliés de
l'OTAN et à ses futurs partenaires de l'Union européenne que
la frontière orientale de ces deux institutions n'est pas sécu-
risée, et qu'elle est en proie aux trafics humains et de drogues
ainsi qu'aux ventes illégales d'armes" affirmait il y a peu Radu
Tudor, correspondant de la revue britannique Jane's Defence.
Poutine, grand absent
Grand absent, le président russe Vladimir Poutine a boudé
la réunion alors que son pays est le principal fournisseur d'énergie de la région et joue un rôle important pour sa sécurité.
La Fédération russe n'a participé au Forum qu'en tant qu'observateur.
Interrogé par la chaîne TVR 1, Jonathan Eyal, directeur
d'études à l'Institut royal de défense de Londres, a affirmé que
Traian Basescu veut attirer la Russie au sein de ce regroupement de pays de la mer Noire. Mais d'un autre coté, il a spécifié que le rapprochement de ces pays se fera avec ou sans
Moscou.
Le désir d'Etats de l'ex-Union soviétique de renforcer leurs
liens n'est pas nouveau. Créé en 1997 pour contrer l'hégémonie de la Russie sur sa périphérie, le GUAM - l'association de
4 pays: Géorgie, Ukraine, Azerbaïdjan, Moldavie - s'est doté,
le 22 mai dernier, d'un statut international dont le siège est
aujourd'hui à Kiev (Ukraine), changeant de nom pour devenir
l'Organisation pour la démocratie et le développement
GUAM. Ces derniers temps, ce type d'initiative fleurit.
Réduire la dépendance énergétique vis-à-vis de la Russie est
l'un des principaux défis de plusieurs de ces pays, la Roumanie
incluse. Pour nombre d'entre eux, le prix du gaz importé de
Russie reste trop élevé ce qui génère de graves problèmes pendant l'hiver.
Laurent Couderc (Le Petit Journal de Bucarest)
Frégates anglaises achetées contre bakchichs
T
out le monde a en tête le scandale de la vente à Taiwan de
vedettes françaises, conclue
en échange de fabuleux dessous de tables,
affaire sur laquelle, plus de dix ans après,
la justice n'a toujours pas fait la lumière,
les bénéficiaires étant sans-doute intouchables. Et bien, la Roumanie s'est inspirée de cet exemple.
Le corrupteur est cette fois-ci la
Grande-Bretagne qui a livré deux vieilles
frégates, mises en service par sa marine
dans les années 1980, à son homologue
roumaine, pour le prix de 150 M€, des
bakchichs à hauteur de 10 M€ étant
versés en sous-main aux acquéreurs et
intermédiaires.
Scandale "a la française" à Bucarest
C'est la police britannique qui a mis
les pieds dans le plat en procédant à l'arrestation d'un de ses ressortissants, marié
à une Roumaine, consultant d'un des plus
grands marchands d'armes du monde, la
firme BAE Systems (22 milliards de
chiffres d'affaires annuels) anciennement
British Aerospace, impliquée dans de
nombreux scandales de pots de vins,
notamment avec le Qatar et l'Arabie
Saoudite.
Le couple intermédiaire, vite remis
en liberté, aurait empoché 1,3 M€, le
reste s'étant évaporé, les autorités roumaines ne paraissant pas vouloir forcer le
pas dans l'enquête qui a été déclenchée.
La presse roumaine a toutefois cherché à
savoir qui pourrait être impliqué dans
cette affaire. Le contrat de vente des deux
frégates, baptisées Roi Ferdinand et
Reine Maria, a été signé en 1983, par le
Premier ministre de l'époque, Adrian
Nastase, paraphé également par les
ministres de l'Industrie, Dan Ioan
Popescu, des Finances publiques, Mihai
Tanasescu, divers secrétaires d'Etat et
hauts fonctionnaires. Seul le ministre de
la Défense, Ioan Mircea Pascu a déclaré
être ignorant de l'affaire !
Avant l'acquisition des deux frégates,
beaucoup de voix s'étaient élevées en
Roumanie pour dénoncer une affaire tordue, basée sur la spéculation et les
intérêts privés.
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Les NOUVeLLes de ROUMANIe
Actualité
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2007-2013:
plus de 30 milliards
d'euros d'aide
pour la Roumanie
2
La Commission européenne a présenté son projet de budget pour 2007,
d'un montant de 127 milliards d'euros,
s'inscrivant dans le cadre minimaliste
conclu entre les gouvernements des
pays membres et le Parlement
européen, prévoyant un budget de
865 milliards d'euros (1,05 % du PIB
de l'UE) pour la période 2007-2013.
En 2007, Bruxelles versera 3,5 milliards d'euros à la Roumanie et à la
Bulgarie pour aider ces deux pays à
se réformer et moderniser leurs structures. De 2007 à 2013, Bucarest recevra plus de 30 milliards d'euros d'aide
de la communauté européenne,
contribuant en contre-partie à son
budget à hauteur de 8 milliards (environ un milliard par an)
La porte de l'UE
entrouverte à la Roumanie
au 1er janvier 2007
L
a Commission européenne a adressé, mardi 16 mai, des mises en demeure
à la Bulgarie et à la Roumanie leur enjoignant de se conformer à leurs
engagements avant leur entrée effective dans l'Union. La décision définitive ne sera prise qu'à l'automne, les deux pays étant
sommés de remplir d'ici là les conditions requises.
Mais, dans un entretien à la BBC Télévision, José
Manuel Barroso, président de la Commission
européenne, s'est dit favorable à l'entrée de la
Bulgarie et de la Roumanie "dès que possible", à partir du moment où les deux pays "respecteront exactement tous les critères qui leur sont demandés". Une
position renforcée par la déclaration des chefs d’Etats
de l’UE, lors de leur sommet de la mi-juin, donnant
pour pratiquement acquise cette date et invitant les
derniers pays membres à ne pas avoir encore ratifié le
traité d’adéhésion (dont la France), à le faire illico.
La ministre Monica Macovei
Par sa décision, l'UE montre sa volonté de ménas’est faite la championne
de la lutte contre la corruption.
ger à la fois une population européenne de plus en
plus hostile à l'élargissement et la susceptibilité des deux futurs pays membres qui
auraient mal vécu un report d'un an. Cette annonce a été plutôt bien accueillie à
Bucarest comme à Sofia qui y voient un encouragement à faire tout leur possible pour
adhérer au plus vite. D'ailleurs, dès le lendemain, José Manuel Barroso et le commissaire à l'élargissement, Olli Rehn, prenaient l'avion pour les deux capitales.
A Bucarest, les deux hommes se montraient particulièrement optimistes, appelant
la Roumanie "à se retrousser les manches et à sacrifier ses vacances s'il le fallait pour
faire les derniers efforts nécessaires", insistant sur "la priorité des priorités", la réforme effective de la justice et recommandant aux deux pays de conserver leur stabilité
politique, évitant les changements jusqu'à leur adhésion.
Evoquant un découplage des deux candidatures - la Roumanie est considérée en
avance sur la Bulgarie, contrairement à un passé récent - José Manuel Barroso, sans
rejeter l'hypothèse, a indiqué qu'il privilégiait celle de l'adhésion en même temps.
L'Europe
à toutes les sauces
Quatre points noirs
Trois jours après le verdict de
Bruxelles, considéré comme une victoire à Bucarest, le Premier ministre,
Calin Popescu Tariceanu, reprenant
les méthodes d'Adrian Nastase, s'en
attribuait le
fruit, mettant
en circulation
à travers le
pays un million d'affiches
et quatre millions de
cartes postales, destinées aux foyers
roumains, où il pose seul devant les
emblèmes de l'UE. Son attaché de
presse a indiqué qu'il n'avait pas eu
le temps matériel de réunir son gouvernement pour une photo de famille.
Le traité prévoit que les deux pays rejoindront les 25 pays membres de l'UE le 1er
janvier 2007, mais laissent ouverte la possibilité d'un report d'un an s'ils ne sont manifestement pas prêts. Des clauses de sauvegarde permettent également de suspendre
pendant trois ans l'application de certains droits en cas de difficultés, en particulier
dans les domaines du marché intérieur et de la justice.
Le rapport présenté le 16 mai par le commissaire à l'élargissement, Olli Rehn,
estime qu'en dépit des efforts accomplis par les deux pays d'importants problèmes subsistent qui doivent faire l'objet d' "actions urgentes" d'ici l'automne .
Pour la Bulgarie, ces points noirs sont au nombre de six. Pour la Roumanie, ils
sont passés de quatorze à quatre. La grande différence avec la Bulgarie est que la corruption a cessé d'être considérée comme un obstacle à l'adhésion. Les quatre domaines
qui inquiètent la Commission sont, comme pour la Bulgarie, la gestion des fonds
structurels pour l'agriculture, l'environnement et la sécurité alimentaire, auxquels
s'ajoutent les lacunes de l'informatisation pour la collecte des impôts.
Le précédent rapport mentionnait la corruption comme un des domaines "particulièrement préoccupants". Le nouveau prend acte des succès de la politique conduite dans des conditions difficiles par la ministre de la justice, Monica Macovei. La porte
de l'UE paraît donc largement entrouverte… A la Roumanie de saisir l'opportunité.
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
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Les NOUVeLLes
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Numéro 34, juillet-août 2006
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Numéro 36 - juillet - août 2006
Les NOUVeLLes de ROUMANIe
4000 km à vélo pour deux p'tits loups et leurs
parents partis rendre visite à leur grand-père
NOUVeLLes
ROUMANIe
Les
Papy habite en Moldavie
D
eux passionnés de randonnée habitaient chacun à
l'autre bout de l'Europe. Lui, Jean-Marc Béquet, un
Nantais âgé maintenant de 44 ans, informaticien et
inspecteur des impôts, d'abord randonneur pédestre, avait déjà
parcouru mille kilomètres à vélo en solitaire à travers la Bulgarie
aidé d'une carte écrite en cyrillique; elle, Iulia, 30 ans, enseignante de langue, Moldave de Chisinau, pratiquait la marche à
pied mais n'avait jamais eu l'occasion de donner un coup de
pédale de sa vie. L'amour fait des miracles et, après leur rencontre, le jeune couple décidait de
partir à la découverte des Carpates roumaines … 1300 km de pentes parfois ardues.
Depuis deux p'tits loups sont venus enrichir la famille: Julien (Iuliu), 4 ans et Benjamin
(Liviu), 2 ans, et leurs parents ont décidé de les emmener voir leur grand-père en Moldavie, en
respectant et en utilisant ce qui a forgé leur union… le vélo.
Le 1er mai dernier, l'équipage a donc quitté Nantes, prenant la direction de Chisinau. Les
enfants ont pris place dans la carriole attelé au vélo de papa, avec quelques jeux, des livres… et des couches de rechange, maman
transportant les bagages dans la sienne. Au rythme de 40 km par jour, l'équipage compte atteindre son but après 4 mois d'efforts,
début septembre. Echaudés par le souvenir des courbatures que leur avaient laissées les Carpates, Jean-Marc et Iulia ont choisi un
itinéraire longeant au maximum le cours des fleuves… tout simplement parce que ceux-ci coulent en pente douce, aidés par une
trouvaille providentielle: l'Eurovélo route des fleuves, projet d'aménagement de voies spécialement conçues pour les cycles, financé par les
Régions et les fonds européens.
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Découvrir le continent grâce à l'Eurovéloroute
Partant de Nantes, cette itinéraire rejoint Budapest en suivant le
cours de trois des plus beaux fleuves européens: la Loire, le Rhin et le
Danube. Pour faire la jonction il utilise, dans l'ordre, le canal du Centre,
la Saône, le Doubs, le canal du Rhône au Rhin, traversant six pays:
France, Suisse, Allemagne, Autriche, Slovaquie et Hongrie. Ainsi sur les
4000 km du périple, les 2400 premiers en sont d'autant facilités, servant
de mise en jambe pour les reliefs à venir de Roumanie, avant d'aborder
les grandes plaines de Moldavie. C'est aussi l'occasion de tester cette
Eurovéloroute et de faire une synthèse des informations utiles, de la qualité de l'itinéraire et de l'état d'achèvement du projet, qui sera remise à ses concepteurs.
L'itinéraire le long du Danube est opérationnel depuis 1991, et sa partie autrichienne, qui fait figure d'exemple au niveau mondial, est devenue la première destination européenne de tourisme à vélo. En Suisse, la route du Rhin est ouverte depuis 1998. En
France, dans l'est, il reste à aménager les chaînons manquants du tracé, en Bourgogne et en France Comté, ainsi qu'à harmoniser
la signalisation. La Loire à vélo est aussi en cours d'aménagement, permettant de gagner la côte Atlantique, 225 km étant ouverts
fin 2005 sur un total de 800 km entre Cuffy dans le Cher et Saint Brévin les Pins.
Faire rêver de ce petit pays mystérieux et méconnu
Jean-Marc Béquet a travaillé d'arrache-pied pendant de longs mois à son projet, économisant des congés depuis deux ans afin
de pouvoir les bloquer pour ce voyage. Il est parti également à la recherche de son financement, estimé à environ 15 000 €, dont
10 000 d'apport personnel.
Mais pour le couple franco-moldave, le jeu en valait la chandelle. Par ce long cheminement au rythme du vélo à la rencontre
de leur grand-père, il espère cimenter l'appartenance de ses enfants à une double culture et jeter les prémisses de leur future identité européenne. Tout au long du voyage, son compte-rendu, des photos, des informations pratiques ou d'intérêt général sont mis
en ligne sur son site Internet, papy-habite-en-Moldavie.com. Au retour, ce site évoluera en référence documentaire à l'intention de
ceux qui ont des projets en Moldavie.
Car, finalement, cette aventure humaine, pour la part de rêve qu'elle représente, a bien comme objectif de faire découvrir ce
pays mystérieux, largement inconnu des Européens. Et ces 4000 km à coups de pédale, représentent aussi symboliquement le chemin qui reste à parcourir à la Moldavie pour enfin accéder à cette Europe dont elle fait partie.
de
SOMMAIRE
Actualité
Vie internationale
Moldavie
Politique
Economie, Equipement
Social
La page de Vali
Les enfants au centre d'un enjeu
2à4
5
6 à 11
12 à 14
15 à 22
23
Société
Evénements
Faits divers
Vie quotidienne
Carnet
Enseignement, Santé
Minorités
Religion
Insolite
Sports
Photos
24 à 27
28 et 29
30 à 32
33 et 34
35 et 36
37
38
39
40
41
Connaissance
et découverte
Littérature
Cinéma, BD, Chansons
Francophonie
Tourisme
Echanges
Médias, Humour
Abonnement
Coup de coeur
Lettre d’information bimestrielle
42 et 43
44
45
46 et 47
48 et 49
50
51
52
S
ans complexe, une trentaine d'organisations d'adoption, pour l'essentiel
américaines, anglaises, italiennes ou roumaines liées avec des partenaires
étrangers, ont sommé, dans une pétition, le gouvernement roumain de permettre le redémarrage des adoptions internationales, gelées à la demande expresse de
l'UE, à la suite des abus qu'elles avaient entraînées, notamment le trafic juteux de
bébés, dans lequel plusieurs associations étaient mêlées, et ses dérives mafieuses.
Cette demande peut se comprendre quand elle émane de couples adoptifs dont le
dossier, alors en bonne voie, a été brusquement bloqué par cette décision. Quand elle
s'inscrit dans un contexte de lobbying intensif, pratique courante des anglo-saxons, et,
comme c'est ici le cas depuis plusieurs mois avec l'aval de l'ambassade américaine,
elle devient inadmissible. Car, en l'occurrence, les pétitionnaires ne reculent devant
aucun moyen pour obtenir gain de cause: saisir l'UE pour qu'elle repousse la candidature d'adhésion de Bucarest qui doit être discutée en septembre et oser comparer la
situation des orphelins roumains… à celle des prisonniers de la base américaine de
Guantanamo. Et d'appeler les médias à la rescousse, après avoir réuni des centaines de
milliers de dollars, pour déclencher une campagne publicitaire de presse, avec éditorial dans l'influent "Financial Times".
Ces pratiques malhonnêtes et intéressées font fi de l'image de la Roumanie, qui en
a assez souffert ces dernières années. Elles laissent entendre que les Roumains sont de
mauvais parents, abandonnant volontiers leurs enfants, sans prendre en compte le
poids du passé ceausiste. Elles ont indigné la baronne Emma Nicholson, laquelle, au
nom du Parlement européen, avait bataillé ferme en son temps pour que les autorités
roumaines mettent fin à l'horreur des orphelinats, obtenant gain de cause, et encourageant aujourd'hui les énormes progrès enregistrés, même si tout n'est pas parfait.
Pour autant, il existe un autre problème de l'enfance, aujourd'hui, en Roumanie.
Très grave. Celui des dizaines de milliers d'enfants livrés à eux-mêmes, parce que
leurs parents sont partis travailler en Occident, vidant les villages de leurs adultes.
Parfois, ils sont confiés à leurs grands-parents ou à des voisins, sans garantie. Le
risque de les voir abandonner l'école, verser dans les mauvaises fréquentations est
grand... ainsi que celui de leur immense peine. L'image du petit moldave Razvan, qui
s'est pendu en mars dernier, à l'âge de dix ans, car il pleurait sa mère partie en Espagne
pour gagner quelques sous et lui rapporter un ordinateur, a bouleversé tout le pays.
Oui, l'enfance est bien un enjeu… mais pour l'UE qui doit accueillir au plus vite
la Roumanie afin que ses enfants et leurs parents ne désespèrent plus.
Henri Gillet