Les Personnes âgées dans nos familles et la question de la fin de vie

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Les Personnes âgées dans nos familles et la question de la fin de vie
Les Personnes âgées dans nos familles
et la question de la fin de vie
N°5
De nos jours les parents se trouvent souvent éloignés de leurs enfants. Isolement.
Difficulté de participer aux célébrations éloignées de chez eux (pb de voiture). On devrait revoir
la question des célébrations sans prêtre dans les paroisses.
Pour ceux qui sont en fin de vie et veulent partir, ils ont l'impression d’être une charge, inutiles.
Que faire ? Prier avec eux, être présent, ce n'est pas facile. Cela dépend du niveau d'acceptation
de la fin de vie, des liens qui unissent les personnes, et aussi de l'acceptation de l'idée qu'on a de
voir partir les siens. Pour les malades quelque fois jeunes, c'est encore plus difficile !!!
N°8
Le maintien à domicile avec des aides humaines (afin d’éviter l’entrée en maison de retraite) a
un coût non négligeable.
Difficulté de nos jours pour les enfants de concevoir l’idée d’accueillir chez eux leur parent âgé
dépendant. Individualisme ? Problème de l’espace avec le coût du logement de nos jours.
Difficulté dans ce cas pour les enfants à prendre des congés, à s’absenter, ne serait-ce parfois
qu’une après-midi. Question également de la pudeur, du respect du corps, si les enfants sont
amenés à faire la toilette ou changer leurs propres parents.
Beaucoup de sujets âgés souhaitent encore mourir chez eux, mais en pratique presque tous sont
hospitalisés pour y mourir. Problème de l’éloignement géographique des enfants (familles
dispersées de nos jours, avec la demande de mobilité professionnelle). Point positif : meilleure
prise en charge de la douleur, meilleurs soins de confort pour les derniers jours, mais risque de
solitude le jour du décès.
N°22
Accompagner la vie jusqu’au bout (et non la mort)
Inventer des solutions à la solitude
Vivre un ensemble intergénérationnel
L’Eglise doit susciter, une créativité pour que la fin de vie soit la meilleur possible.
Apprendre à accompagner et à écouter.
La bienveillance et non le jugement ont été évoqués comme des préalables indispensables dans
la relation à nos frères souffrant
Une autre question qui se pose par ailleurs, est de savoir comment nous laissons transformer par
les autres, au cœur de leurs difficultés.
Encourager les paroisses à garder le lien par des visites à domicile au « non de la paroisse »
Que les Equipes paroissiales soient attentives aux différents liens : HEPAD, maison de retraite,
famille….
N°29
L’Eglise est appelée par la situation nouvelle des fins de vie à investir plus dans les soins palliatifs.
C’est une priorité comme cela le fut au cours de l’Histoire pour la création des Hôpitaux ou des
écoles.
N°38
Ces personnes doivent trouver leur place dans la Paroisse et se voir confier des rôles et/ou
missions pour qu'ils soient utiles ; Développer l'esprit de solidarité entre les générations
N°45
A partir du moment où une personne a une vie moins active, en général à partir de 70 ans,
on peut considérer que la personne est âgée. Avec les progrès de la médecine, on a vu
apparaître un 4ème âge.
Il y a quelques décennies, les personnes âgées vivaient sous le même toit que toute la
famille : mode de vie, raisons économiques, maisons de retraite inexistantes. Avec le
versement de la retraite (y compris dans le monde rural) les personnes âgées ont pû intégrer
leur propre logement les modes de vie ayant évolué (exemple : la femme au foyer prend sa
place dans le monde professionnel).
Aujourd’hui avec l’allongement de la durée de la vie, la solidarité s’est mise en place à
l’intérieur de la famille pour s’occuper des plus âgés.
Autrefois, du fait de l’habitat en 3 générations, il y avait présence au quotidien.
Quand les enfants habitent loin, cela complique la relation mais grâce aux techniques
modernes (téléphone, internet) cette relation existe différemment.
Continuer à vivre, faire soi-même les choses que l’on peut faire, ne pas être surprotégé car
après on est trop dépendant. Pouvoir prendre des initiatives, des décisions en consultant les
enfants mais il ne faut pas que ce soit eux qui décident à la place.
La personne âgée désire rester chez elle le plus longtemps possible ; cela est possible grâce
aux différents services d’aide à la personne mais cela a un coût et ses limites (elle doit avoir
une certaine autonomie pour pouvoir rester seule dans la journée et la nuit)
Les visites des enfants et petits-enfants sont un moment de bonheur réciproque.
Nombreux sont les grands-parents qui souffrent du déficit de transmission des valeurs
chrétiennes !
Lorsqu’un des conjoints part en maison de retraite, c’est une souffrance pour le couple.
Le départ en maison de retraite doit se préparer car c’est une rupture souvent douloureuse :
quitter son logement, son environnement, ses voisins, sa famille …
Dans notre zone rurale très marquée par le christianisme, les personnes âgées sont en
général respectées et bien entourées.
LA FIN DE VIE, Une question bien compliquée !
Autrefois, on acceptait la fin de vie comme elle venait. On mourrait chez soi le plus souvent.
Avec les progrès médicaux, sont apparues plein de questions !
Beaucoup de gens meurent à l’hôpital ou en maison de retraite.
Tous les hôpitaux n’ont pas de service de soins palliatifs ; certaines maisons de retraite font
le choix de garder leurs résidents en fin de vie et les entourent de soins et d’affection mais
ce n’est pas le cas de toutes.
Notre société moderne n’accepte pas de voir la déchéance, la souffrance et occulte la mort.
Les participants de notre réunion n’ont pas émis de souhait spécifique face à leur propre
mort ; à la grâce de Dieu !
Un couple âgé sans enfant dont le mari est décédé avait pris ensemble la décision de mourir
chez eux même en cas de maladie mais le monsieur ayant fait un malaise a été emmené à
l’hôpital et est décédé ; son épouse s’est culpabilisée.
N°49
Avec l’espérance de vie qui s’allonge, la famille reste le lieu où la personne, même si les
forces physiques sont de l’ordre du passé et que sa santé mentale se dégrade, la famille
reste un sanctuaire de la dignité retrouvée.
N°54
Synthèse 1 : Il est important de redonner une image et une valeur à la personne âgée, par
exemple en favorisant les lieux de vie mixte. Il convient aussi de favoriser une meilleure
communication entre les personnes qui s’occupent des personnes âgées (médecins, aide-
soignants, famille, bénévoles en soins palliatifs, aumônerie, etc.) Il est aussi essentiel que la
mort ne soit pas évacuée de la vie publique : il faudrait pouvoir en parler paisiblement, et
vivre le sacrement des malades plus aisément.
Synthèse 2 : Le modèle ancien où toutes les générations cohabitaient sous le même toit a
complètement disparu en France. Choisir entre le maintien à domicile des personnes âgées
ou leur installation en maison de retraite est toujours un choix délicat. Il faudrait promouvoir
les expériences de lieux intergénérationnels et la refondation des béguinages (cette
proposition de vie communautaire pour des veuves, célèbre en Flandres).
Quant à la fin de vie, nous sommes interpelés par la montée de courants promouvant
l’euthanasie, venant souvent de groupes hostiles à la religion. Le problème de fond est peutêtre moins la douleur que la solitude, et donc la capacité de notre société à accompagner
jusqu’au bout les personnes, au niveau physique et spirituel.
N°85 A
Constat : c‘est bien qu’on nous demande notre avis, alors parlons-en !! nous nous sentons
tous concernés parce que nous avons encore un ou nos parents, de la famille, des voisins
âgés, parce qu’un jour ce sera notre tour !!
Nous disons que chaque personne doit pouvoir « vivre et mourir dans la dignité » Qu’est-ce
que ça veut dire ??
Vivre dans la dignité :
-ne pas laisser souffrir inutilement
-être respectée (ne pas prendre les décisions à sa place),
- être aimée et entourée jusqu’au bout
-Revenir à des valeurs de transmission (la personne âgée à des valeurs, des histoires à
communiquer ; c’est la mémoire de la famille, du quartier, etc….)
- trouver une écoute de la part de la famille, du médecin, du personnel hospitalier ou à
domicile)
-être avertie avec tact quand il y a situation de danger (conduite malgré les handicaps, vivre
seul quand tout devient danger) ; c’est pas facile pour les familles, il faut se faire aider par le
médecin de famille qui a plus de poids par sa parole)
- quand la personne vit à domicile et a besoin d’aide pour sa toilette par exemple, ne pas
intervenir directement en tant que personne de la famille, faire appel à des associations
formées à ces fonctions (respect de la personne)
Mourir dans la dignité :
-chacun devrait pouvoir à l’avance exprimer ses souhaits (pas d’acharnement thérapeutique,
don d’organe, de son corps à la science, de son inhumation ou crémation) et être sûr que la
demande sera prise en compte ; ca libèrerait la personne qui panique à l’idée de l’après.
-Il ne faut pas hésiter à en parler en famille ; le fait d’en parler ne fait pas mourir !!! ensuite
faire le nécessaire (ex : carte de donneur d’organe)
- soulager la souffrance, ne pas s’acharner s’il n’y a pas de vie possible, mais ne pas « tuer »
- Bénéficier des soins palliatifs : si c’est bien fait, la personne, ne demande pas à mourir.
-pouvoir avoir accès facilement à un membre d’équipe soit d’aumônerie, d’
accompagnement de fin de vie ou un prêtre pour entendre le besoin, le désir de la personne.
Jésus durant sa vie a toujours été accueillant envers les malades, leur a donné plein d’amour,
alors chaque chrétien doit se sentir investi d’accompagner son frère, son ami, son parent,
en étant à son écoute, en l’entourant du mieux possible tout en respectant ses volontés.
N°91
La vieillesse, et la façon dont elle est vécue en famille, va souvent refléter l’histoire d’une
famille, la force des liens construits tout comme les difficultés qu’elle a pu vivre (divorce,
éloignement, etc.). La famille est ainsi plus ou moins préparée à affronter cette ultime étape
de la maladie et de la séparation.
La personne elle-même est acteur de cette étape de sa vie, notamment quand elle exprime –
si elle le peut – sa volonté d’autonomie ou son souhait de peser le moins possible sur ses
proches. Elle peut être amenée à vivre ce chemin d’abandon comme une grâce qui rend de
plus en plus unique chaque instant donné.
Du côté des accompagnants, la souffrance n’exclut pas un certain bonheur et des occasions
de découverte mutuelles, comme des témoignages de grande générosité.
Les défis qui sont apparus :
Redonner sa place à la mort, ne plus en faire un sujet tabou, aider les plus jeunes à découvrir
le grand âge, sans appréhension. Défi de la rencontre intergénérationnelle.
La confrontation à nos propres capacités d’accompagnement (découverte et acceptation de
nos limites) et le maintien d’un équilibre familial face à des cas lourds de dépendance ou de
maladie.
Le besoin de formation pour être en mesure d’accompagner la personne âgée, de recevoir sa
fragilité. Notamment pour distinguer la personne de sa maladie et lui conserver toute sa
dignité, lutter contre les incitations à l’euthanasie.
La volonté de garder le lien (plus difficile en cas d’éloignement géographique).
La transmission de notre espérance chrétienne, de notre foi en la communion des saints, en
premier lieu au sein des familles.
Les attentes qui en découlent :
Trouver des lieux de formation, et être sensibilisés tout au long de la vie.
Pouvoir partager, « déposer son fardeau » et se sentir accueilli (déjà entre accompagnants).
Etre en mesure de vivre la fin de vie chez soi, pour un temps unique de rapprochement
familial (sous-entend hospitalisation à domicile, voire soins palliatifs).
Associer la fin de vie à un temps d’évangélisation des familles et de la personne (sacrement
des malades, funérailles, accompagnement des familles). Il faut décider d’en parler.