CDI - Ressources audiovisuelles Infos mars 2014

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CDI - Ressources audiovisuelles Infos mars 2014
CDI - Ressources audiovisuelles
Infos mars 2014
En avant-première :
la programmation 2014 - 2015 Lycéens au cinéma
Lycéens au cinéma, qu’est-ce que c’est ?
C’est un dispositif national d’éducation au cinéma qui a pour objectif de
:
• susciter la curiosité des élèves en montrant des oeuvres marquantes
en salle de cinéma,
• développer chez eux une approche critique de l’image animée,
• leur donner la capacité de cerner les enjeux d’un film et
• favoriser l’accès du plus grand nombre à la culture cinématographique.
Ce dispositif s’adresse aux apprentis et élèves de secondes, premières,
terminales, BTS des CFA et lycées privés et publics, d’enseignement général, professionnel et agricole. Il repose sur l’engagement des enseignants
volontaires et des salles de cinéma partenaires.
Chaque élève assiste, en temps scolaire, à une projection par trimestre, au
tarif de 2,50 euros par séance.
la programmation est concue par un comité de sélection composé d’enseignants de toutes les filières, de représentants de salles de cinéma et du
comité de pilotage (pour la Région Centre : CICLIC).
Pour les 3 séances (4 si on prend les deux films au choix) :
• un long métrage «obligatoire»
• une séance de courts métrages
• un long métrage au choix parmi deux titres
Tout enseigant intéressé peut inscrire une ou plusieurs classes dans le
dispositif.
Les enseignants bénéficient d’un dossier pédagogique consacré aux films
du programme et les élèves disposent de fiches sur les films.
Il y a deux journées de formations organisées par la coordination et
CICLIC met en ligne de nombreux documents liés au travail sur les
films.
Editorial
Dans le cadre du dispositif «Lycéens au
cinéma», les élèves travaillent autour d’un
film devenu une référence : «la Mouche»
de David Cronenberg. C’est pour eux
l’occasion d’étudier la manière dont la
réalisateur utilise le genre (ici le Gore)
pour pratiquer l’art de la métaphore, base
de la littérature mais qui pose de vraies
questions pour l’art cinématographique.
L’occasion pour nous de revenir sur ce
réalisateur canadien.
Autres auteurs à découvrir : le duo
inséparable que constituent les frères
Dardenne. «Le silence de Lorna» est à
l’étude au lycée, «le gamin au vélo» est
au programme de «Collège au cinéma».
Une approche fictionnelle de sujets graves
et abordés dans une forme proche du documentaire.
Les films choisis pour ces dispositifs ne
sont pas des films pour enfants, ni même
destinés spécifiquement à un public de
jeunes, ils sont issus de la cinéphilie
«adulte», l’enjeu des dispositfs étant de
donner aux élèves des clés pour aborder
des univers qui ne leur sont pas familiers.
L’enseignant-relais (Arnaud Boura) est à votre disposition pour toute
information complémentaire.
Le CDI
programme longs métrages 2014 - 2015 (sous réserves)
Long métrage obligatoire : Bonnie and Clyde - Arthur PENN - Etats-Unis - 1967
La dramatique aventure de deux amants révoltés pendant la grande dépression des années 30 aux Etats-Unis, inspirée par un fait
réel. Film culte réalisé un an avant les événements de 1968. Film majeur dans l’histoire du cinéma américain car il marque la naissance de ce qui a été appelé «le nouvel Hollywood». Les images de l’assassinat du Président Kennedy (Cf. numéro de janvier) et la
guerre du Vietnam ont radicalement transformé les formes de ce cinéma inspiré de la nouvelle vague française.
Longs métrages «au choix» :
M le Maudit - Fritz LANG - Allemagne - 1931 avec Peter Lorre
Berlin début des années 30. Un homme assassine des fillettes. L’ opinion s’émeut, la police organise des rafles répétées qui dérangent la pègre. les chefs du milieu décident de passer à l’action et s’engagent dans la poursuite de Frantz Becker, le meurtrier.
Premier film parlant de Fritz Lang qui, à partir d’un fait réel (le Vampire de Dusseldorf), réalise à la fois le premier film d’un sérial
killer et un passionnant portrait de l’Allemagne pré-hitlerienne. Chef d’oeuvre absolu.
L’Exercice de l’Etat - Pierre SCHOELLER - France - 2011 avec Olivier Gourmet, Michel Blanc, Zabou Breitman
Le ministre des transports est réveillé en pleine nuit car un grave accident vient d’avoir lieu. Il y va, il n’ a pas le choix. Cest le début
de l’odyssée d’un homme d’Etat dans un monde toujours plus complexe et hostile. A quels sacrifices les hommes sont-ils prêts ?
Jusqu’où tiendront-ils dans un Etat qui dévorent ceux qui le servent ? Un film magnifique mené à un rythme de thriller dans les
milieux du pouvoir et de la politique.
Retour sur le progra
la Mouche - David CRONENBERG - 1986
David CRONENBERG
Né le 15 mars 1943 à Toronto, fils d’un journaliste écrivain et d’une mère pianiste, Cronenberg voue
très tôt une passion aux arts (le cinéma, l’écriture, la musique) et à la biochimie.
Entre 1966 et 1970, Cronenberg réalise quatre films, emblématiques de ses liens avec le milieu underground de Toronto et de l’influence du cinéma expérimental étasunien (Jonas Mekas, Kenneth Anger,
Andy Warhol).
Les décennies 1970-1980 imposent Cronenberg comme le cinéaste du fantastique et de la science-fiction d’épouvante.
Frissons, Rage et Chromosome 3 figurent la contamination et la frénésie sexuelle sous la forme de
parasites ou d’excroissances agressifs.
Scanners (les télépathes), Videodrome (l’homme-magnétoscope), Dead Zone (le voyant) et La Mouche se focalisent sur les
mutants.
Faux-Semblants ponctue cette période « monstrueuse » en racontant la relation excessive de deux jumeaux obstétriciens, incarnés par Jeremy Irons, plus tard bouleversant en amant égaré dans M. Butterfly.
Suivent, durant les années 1990, deux adaptations de texte. Le Festin nu, de William Burroughs, œuvre de référence pour le
cinéaste, avec les écrits de Kafka, Nabokov, Sartre et Philip K. Dick, et Crash !, de J.G. Ballard, sur la fascination sexuelle liée aux
corps accidentés et à la mécanique broyée.
Son intérêt pour l’homotechnologicus pousse logiquement Cronenberg à explorer en 1999 les frontières du monde virtuel dans
eXistenZ, son dernier scénario original.
Ses choix le conduisent ensuite à Londres, suivant deux trajectoires distinctes : approche minimaliste de l’esprit schizophrène
imaginé par Patrick McGrath dans Spider ; percée plus ample dans le quotidien de la mafia russe en terre anglaise dans Les
Promesses de l’ombre. Cronenberg retrouve pour l’occasion Viggo Mortensen, déjà mis en scène dans A History of Violence
(2005) dans le rôle du héros d’un jour contraint de réveiller la part sombre de sa personnalité. Sa passion de pour la psychanalyse se concrétise par son avant-dernier film A dangerous method consacré aux rapports entre Sigmund Freud et Carl Jung.
Son dernier film est Cosmopolis, adaptation du roman de Don DeLillo en 2012.
Ses genres de prédilection sont l’horreur, le fantastique et la science-fiction. Son cinéma, influencé
par la psychanalyse, sonde les névroses et les phobies de la société occidentale, laissant libre cours au
déchaînement de pulsions refoulées. Ses deux thèmes récurrents sont le double et la métamorphose.
Sa vision du corps humain martyrisé, mutilé et dégradé peut rappeler la peinture de Francis Bacon.
Ses films, caractérisés par une grande maîtrise technique et un univers à la fois ultra-violent et cérébral, ouvrent la voie à de nombreuses lectures sur le conditionnement, le mal et l’aliénation.
sif, enfin des mutations vont apparaître et changer totalement
Le film (résumé du scénario)
son apparence: un être vivant entre l’homme et la mouche.
Seth Brundle (Jeff Goldblum), est
L’expérience lui ayant fait perdre tout
un physicien très doué. Il met au
raisonnement, il décide
point une invention qui doit
révolutionner le monde : le
de fusionner avec sa petélépod, qui consiste à transtite amie, la journaliste
porter d’une cabine à une autre un objet ou un être vivant.
Véronica Quaife (GeeAprès avoir réussi à téléporter un babouin, il décide
na Davis), enceinte, afin
de tester la machine sur lui-même. Mais il ne s’aperde créer l’«être parfait».
çoit pas que pendant l’expérience, une mouche s’inUn collègue de VéroniCronenberg avec Geena
troduit dans la même cabine que lui. N’étant pas
ca intervient à temps pour Davis sur le tournage.
conçue pour reconstituer en même temps deux
empêcher la fusion, dans le
corps différents, la machine va fusionner Seth Brunfeu de l’action Seth Brundle fusionne accidenteldle avec l’insecte. Ainsi, au terme de l’expérience, Cronenberg dans les pattes lement avec le télépod et devient une aberration
de son monstre.
Brundle a toujours son apparence humaine, mais les
vivante. Désespéré, il implore Véronica de le tuer.
gènes de la mouche vont progressivement modi- A lire :
fier sa nature : sa force va d’abord s’en trouver décu- David Cronenberg de Serge Grumberg (2002 - Ed. Cahiers du Cinéma)
plée, puis son comportement deviendra plus agres- Analyse thématique des films par un spécialiste du réalisateur.
David Cronenberg : la beauté du chaos de Géraldine Pompon et Pierre
Différentes phases de la transformation de Brundle.
Véronneau (2003 - Ed. Cerf-Corlet)
Evolution thématique et esthétique, film par film par le conservateur de la
cinémathèque québécoise.
Le cinéma gore, une esthétique du sang de Philippe Rouyer ( 1998 - Ed.
Cerf) - Analyse de l’oeuvre de grands cinéastes du genre dont Cronenberg.
A voir (en plus des films de Cronenberg - dispos au CDI) :
David Cronenberg - I have to make the word be flesh (Je dois donner
chair au verbe) de André S. labarthe (1999 - 1 h 09)
Collection cinéma de notre temps - Entretiens avec Serge Grumberg
amme 2013 - 2014
Le silence de Lorna - Jean-Pierre et Luc DARDENNE - 2008
Les Frères DARDENNE
Jean-Pierre Dardenne est né le 21 avril 1951, Luc le 10 mars 1954. Ils ont
grandi dans la Belgique industrieuse.
En 1969, Jean-Pierre rencontre Armand Gatti, qui aura une influence importante sur la maturation artistique des deux frères. Luc, étudiant en lettres
(plus tard en philosophie et en sociologie), rejoint Gatti au printemps 1973.
Jusqu’en 1976, ils tournent des portraits de personnes vivant dans les cités
ouvrières aux alentours de Liège.
Très tôt, les frères se partagent les tâches au tournage : Jean-Pierre à l’image,
Luc au son.
Il est impossible de séparer les « Dardenne ». Les deux frères cinéastes ont toujours travaillé ensemble.
Ils vont réaliser six films documentaires de 1978 à 1983 à forte charge politique et sociale.
Après deux premiers longs métrages, c’est La Promesse, réalisé en 1996, qui va révéler les frères Dardenne, film dans lequel Jérémie Renier, qui a alors 15 ans, fait véritablement son entrée en cinéma.
Dès lors, les réussites vont s’enchaîner : Rosetta en 1999, Le Fils en 2001, L’Enfant en 2004, Le Silence de Lorna en 2009, et en
2011, Le Gamin au vélo.
Réussites qui se mesurent tant au point de vue de la fréquentation en salle, que du succès critique ou des récompenses cannoises :
Palme d’Or et prix d’interprétation pour Emilie Dequenne dans Rosetta, nouvelle Palme pour L’Enfant, prix du scénario pour Le
Silence de Lorna, et grand prix pour Le Gamin au vélo.
Tous leurs longs-métrages depuis La Promesse interrogent la question des choix moraux.
Le film (résumé du scénario)
L’ Albanaise Lorna a conclu un mariage blanc avec le drogué Claudy afin d’obtenir la nationalité belge.
Le mariage doit se conclure non par le divorce promis à Claudy, mais par un meurtre dissimulé en
overdose.
Rapidement veuve, Lorna pourra épouser un Russe cherchant aussi à obtenir la nationalité belge, en
échange d’une somme qui lui permettra d’ouvrir un snack avec son amoureux Sokol. Elle supporte
difficilement sa cohabitation avec «le camé». La mécanique de la machination s’enraye lorsque Claudy
décide d’arrêter la drogue et lui demande de l’aide.
D’abord réticente, elle finit par céder.
Jusqu’où la mènera ce soutien qu’elle décide d’accorder à un homme qu’elle voulait utiliser ?
Jacqueline Aubenas constate dans son ouvrage sur les cinéastes (Cf. ci-dessous) : «Les Dardenne osent le mélodrame avec toute
l’émotion, les rebondissements, la surcharge narrative que le genre implique ... mais en le biaisant, en l’écrivant comme on approche
le documentaire.»
Dans Le Silence de Lorna, nous pouvons en effet repérer des éléments mélodramatiques tels que le meurtre de l’homme aimé et
l’arrivée d’un enfant, fruit d’un amour interdit ou caché et un cas de conscience, celui de Lorna.
Une histoire qui pourrait n’être que celle d’une manipulation se transforme en une rencontre sentimentale entre deux personnages.
Pour mieux caractériser le mélange de genres en présence dans Le Silence de Lorna, il nous faut ajouter le thriller. Nous retrouvons
ici le milieu des dealers et des trafiquants de papiers, le meurtre déguisé en overdose. Même si la mort elle-même est ellipsée, ce qui
nous renvoie à une distance plus proche du documentaire, l’enjeu autour de cette mort programmée que Lorna tente d’éviter crée un
suspense de thriller.
Ce suspense est relancé au moment où le spectateur commence à imaginer, de concert avec Lorna, que Fabio a décidé de la tuer.
Jérémie RENIER
A lire :
Il fait ses débuts au cinéma dans «la
Au dos de nos images, 1991-2005, suivi de «Le fils», l’EnPromesse», à l’âge de 15 ans. Il manfeste
fant» et «le silence de Lorna» de Luc Dardenne (2009 - Ed.
dès ses débuts une possibilité de bascule
Points)
entre des attitudes assez puériles et des
Description très précise du travail réalisé en partciulier pour
attitudes très graves, pouvant très rapil’écriture des scénarios (+ scénarios joints)
dement passer du fou rire à un visage
Jean-Pierre et Luc Dardenne de Jacqueline Aubenas (2008 fermé et dur. Ce sont ces deux versants
Ed. CGRI)Premier grand ouvrage de référence sur l’oeuvre des
qu’il utlise pour jouer à la fois un faible
Dardenne..
(drogué très diminué) et un fort (qui
Luc et Jean-Pierre Dardenne de Louis Héliot (1999 - Ed.
refuse des ordres), un être insupporScope)
table (qui ne cesse de se plaindre) et
Petite synthèse pour découvrir les films de la première période.
charismatique. c’est cette capacité à jouer des rôles ambigüs qui a A voir (en plus des films des frères Dardenne - dispos au CDI) :
été utlisée par d’autres cinéastes.
Le Home-cinéma des frères Dardenne de Jean-Pierre LimoPour jouer le rôle de Claudy, il perdra quinze kilos et consultera sin (2006 - 1 h )
des psychologues pour connaître les effets du manque et jouer le Collection cinéma de notre temps
plus juste possible
programme courts métrages 2014 - 2015 (sous réserves)
C’est autour du travail sur le SON que nous avons composé ce programme de courts métrages.
Après les «voyages fantastiques», thème de la programmation 2013 - 2014, le titre sera peut-être «Ecouter le cinéma».
Nous avons voulu proposer des approches multiples autour de l’utilisation de la bande son au cinéma tout en restant dans notre
logique de programmation qui permet de travailler sur des oeuvres diverses et variées.
Ce programme regroupe donc des oeuvres contemporaines commes des oeuvres plus classiques, de la fiction, du documentaire, de
l’animation sans oublier une approche expérimentale.
Voici donc les films retenus :
- Je sens le beat qui monte en moi - Yann Le Quellec - 2012 - France - 32 minutes Grand prix et prix de la jeunesse au festival de Vendôme. Une comédie qui fait se rencontrer une fille hypersensible aux
bruits et un fan de musique dans une situation assez étonnante. Dans la lignée d’une forme de cinéma d’autodérision. Avec
Serge Bozon.
- En pleine forme - Pierre Etaix - 1971 - France - 12 minutes
Dans la lignée du cinéma de Tati qui a beaucoup travaillé autour du son, Pierre Etaix nous livre un point de vue sur les vacances qui n’a pas pris une ride. Un humour burlesque qui dépeint les travers d’une société conformiste qui inquiète Pierre
Etaix et sa soif de liberté.
- Plot Point - Nicolas Provost - 2007 - Belgique - 15 minutes
Des images documentaires filmées à New-York montées sur une bande sonore composée de bruits et de sons créent une
tension dramatique qui nous oblige à rentrer dans une ambiance paranoïaque qui entre en résonnance avec les événements
du 11 septembre. (Ce film a déjà projeté il y a 4 ans)
- Ain’t she sweet - Dave Fleisher - 1933 - USA - 8 minutes (animation)
Film d’animation et aussi film expérimental où se mélangent différents styles dans les débuts de l’utilisation du son au cinéma. La synchronisation image-son qui a donné naissance au cinéma sonore date de 1927.
- Lisboa Orchestra - Guillaume Delaperrière - 2012 - France - 12 minutes
Un portrait d’une ville en composant un film avec des morceaux de films, de bruits, de musiques, de voix qui donne un
aperçu très évocateur de la capitale du Portugal.
Alain RESNAIS (1922-2014)
Il intègre la première promotion de l’IDHEC en montage et commence, à la fin des
années 1940, à réaliser des courts métrages et moyens métrages documentaires qui
marquent le public et la critique : Van Gogh, Guernica et surtout Nuit et brouillard,
premier film de référence sur les camps de concentration.
Réalisateur d’Hiroshima mon amour (1959) et de L’Année dernière à Marienbad
(1961), deux dates dans l’histoire du cinéma, Alain Resnais est rapidement considéré
comme l’un des grands représentants du Nouveau cinéma (équivalent du Nouveau
roman en littérature) et comme un des pères de la modernité cinématographique européenne dans sa manière de remettre en
cause la grammaire du cinéma classique et de déconstruire la narration linéaire.
Cinéaste expérimental, capable de se remettre en question à chaque nouvelle réalisation, Alain Resnais est reconnu pour sa capacité à créer des formes inédites et à enrichir les codes de la représentation cinématographique par son frottement à d’autres arts :
littérature, théâtre, musique, peinture ou bande dessinée. Ses réalisations, du côté de l’artifice et de l’imaginaire, peuvent paraître
déroutantes pour le grand public même si beaucoup ont rencontré le succès.
Avant le choc qu’a été Hiroshima mon amour (1959), Resnais a réalisé des courts
métrages documentaires. Avant le son direct, ses films sont
réalisés avec des grands auteurs de texte :
- Van Gogh (1948), un des premiers films sur l’art, oscarisé en 1949.
- Guernica (1950), sur un texte inspiré de Paul Eluard
qui reprend des oeuvres de Picasso et amplifie l’émotion
transmise avec son tableau.
- Les statues meurent aussi (1953), co-écrit avec Chris
Marker (CF. Numéro de février), qui dénonce le manque
de considération pour l’art africain en fin de période coloniale.
- Nuit et Brouillard (1955) sur un texte de Jean Cayrol, film de référence sur les camps de concentration.
- Toute la mémoire du monde (1956) qui décrit la Bibliothèque nationale de France sur un commentaire de Rémo Forlani.
- Le chant du Styrène (1958), documentaire sur le plastique sur un texte en alexandrins de Raymond Queneau.
Alain Resnais était le compagnon de Sabine Azéma, il est mort le 1er mars 2014.