sur les traces des restaurateurs du patrimoine

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sur les traces des restaurateurs du patrimoine
patrimoine architectural et mobilier
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du pat
iers
Chant
its
condu
dans
Le Conseil général du Lot
agit pour la sauvegarde
du patrimoine
le
Lot
M o n u m e n t s
Martel, hôtel de la Raymondie
Conservation et sécurisation d’un bas-relief............. 20
h i s t o r i q u e s
Gros travaux sur les immeubles classés
Gigouzac, église Saint-Pierre-ès-Liens
Restauration du retable du maître-autel .................. 21
Cabrerets, château
Restauration de la charpente de la tour maîtresse.. 4-5
Le Vigan, église Notre-Dame de l’Assomption
Restauration de deux statues ................................... 22
Figeac, ancien collège Champollion
Restauration des salons peints ............................... 6-7
Saint-Michel-de-Bannières église Saint-Michel.
Restauration extérieure et intérieure...................... 8-9
P a t r i m o i n e
r e m a r q u a b l e
Restauration des églises et chapelles
non protégées
Gros travaux sur les immeubles inscrits
Espagnac-Sainte-Eulalie tour du monastère
Restauration de la toiture et des maçonneries ........ 10
Lachapelle-Auzac, église Sainte-Marie-Madeleine
Restauration des peintures murales.......................... 23
Flaugnac, chapelle du château Saint-Privat
Restauration de la voûte de la croisée ..................... 11
Rocamadour, chapelle Notre-Dame de Lhospitalet
Restauration du chœur ............................................. 24
Loubressac, église Saint-Jean-Baptiste
Restauration extérieure ............................................ 12
Sauvegarde de l’architecture
rurale traditionnelle
Entretien des édifices classés
Aynac, église Saint-Geniès
Restitution de la voûte de la nef .............................. 13
Gagnac-sur-Cère, grange-étable
Restauration de la toiture en lauzes de schiste ....... 25
Le Bourg, église Saint-Saturnin
Consolidation des peintures murales ....................... 14
Livernon, caselle du lac de Lacam
Restauration des maçonneries ................................. 26
Cahors, église Saint-Barthélémy
Réfection et protection des vitraux .......................... 15
Lugagnac, four à pain
Réfection de la voûte et de la couverture ................ 27
Castelfranc, église Notre-Dame de l’Assomption
Restauration des couvertures du clocher ................. 16
Reyrevignes, maison élémentaire
Réfection de la couverture ....................................... 28
Lhospitalet, église Notre-Dame de la Nativité
Réfection des contreforts et fenêtres du chœur ...... 17
Vayrac, séchoir à briques
Montcuq, tour
Réfection des niveaux intérieurs .............................. 18
Réfection de la toiture .............................................. 29
Restauration des objets mobiliers
classés et inscritSs
Q u i
f a i t
q u o i
?
Les interlocuteurs techniques ................................. 30
Castelnau-Montratier, Église Saint-Georges
Restauration du tableau............................................ 19
Les partenaires financiers ....................................... 31
2
D9
6
D11
9
Martel
Vayrac
D803
D3
D3
D19
D2 3
D653
D14
40
D8
D40
D32
D17
Aynac
40
D
D9
40
D802
D10
D65
3
D8
40
Reyrevignes
Livernon
D40
D2
D17
D6
D13
D12
D7
D49
D811
D9
CAHORS
D662
D8
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D8
40
D17
D41
Cabrerets
D662
D19
11
D8
D8
D4
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D19
D5
Castelfranc
FIGEAC
EspagnacSainte-Eulalie
D653
D8
20
3
D41
D10
Gigouzac
D 13
D 67
N122
D802
D13
D13
D12
D677
1
D2
D 17
D2
D820
D2
Le Bourg
D19
D14
D840
D801
D704
3
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D 67
D13
D48
Le Vigan
D1
D3
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04
D7
D8
D 39
D39
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07
D8
D673
D48
Rocamadour
D36
D801
D673
Loubressac
D90
D4
3
D8
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D653
D20
D23
D43
Gagnac-sur-Cère
D43
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73
D15
03
D8
LachapelleAuzac
D67
Très patrimoine !
Saint-Michel-de-Bannières
D911
D662
D19
D8
D8
D23
D24
D27
11
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Lugagnac
D9
11
D7
D65 6
le
D22
D656
faire artisanaux tels la
département
du
Lhospitalet
Montcuq
lauze de schiste ou de
Lot possède assurément
Flaugnac
calcaire.
une
incroyable
richesse
Il a par ailleurs convaincu
patrimoniale.
Castelnau-Montratier
en 2008 la Région Midi-Pyrénées
Près de 500 immeubles protégés
de l’accompagner dans un partenariat
parmi les Monuments historiques, plus
fructueux, alliant programmation financière
de 2 250 objets mobiliers répertoriés, sans
et connaissance scientifique au travers d’études et
oublier les milliers d’édifices plus ou moins grands qui
inventaires.
parsèment les paysages. Des centaines de châteaux
et de maisons médiévales jusque dans les plus petits Entre 2007 et 2010, l’État, la Région et le Département
bourgs, des églises romanes ou gothiques possédant ont ainsi mobilisé chaque année 1,4 million d’euros en
des vitraux, des tableaux, statues et retables, faveur de la restauration et de l’entretien du patrimoine
d’innombrables fermes, granges et pigeonniers, des lotois, appartenant aux communes ou à des particuliers.
kilomètres de murets de pierre sèche ponctués de Ce fort engagement permet la conservation et la
caselles et gariottes…
transmission de cet héritage aux générations futures,
contribue à la vitalité de l’économie locale et au soutien
Depuis près de 40 ans, l’engagement du Conseil
des entreprises spécialisées en ce domaine. Il conforte
général du Lot dans le domaine du patrimoine ne
aussi l’image d’un tourisme culturel de qualité.
se dément pas : plus d’une centaine de chantiers de
restauration et d’entretien bénéficient chaque année Cette brochure présente une vingtaine de chantiers
de son soutien financier.
récents, sélectionnés parmi les quelque 500 opérations
Le Lot fut l’un des premiers départements à créer, dès conduites depuis 2007 avec l’aide financière et
1973, un fonds de sauvegarde de l’architecture rurale technique des collectivités publiques.
traditionnelle. Après avoir toujours aidé les propriétaires Elle reflète la richesse des patrimoines du Lot, mais
de Monuments historiques aux côtés de l’État, il a été aussi la diversité des opérations qui sont engagées.
la seule collectivité territoriale en France retenue Quelques gros chantiers longs et coûteux sur les
pour expérimenter entre 2007 et 2010 une gestion charpentes, couvertures et maçonneries de grands
décentralisée des crédits du Ministère de la Culture monuments, côtoient chaque année des dizaines
en faveur des immeubles, orgues et objets classés ou d’opérations d’entretien régulier des édifices, tandis
inscrits parmi les Monuments historiques. Il apporte son qu’une attention particulière est portée à la restauration
aide aux églises et chapelles non protégées, mais aussi des vitraux, à la conservation des peintures murales ou
à la conservation des sites archéologiques et des savoir- la mise en sécurité des œuvres d’art contre le vol.
D911
59
4
D2
D10
D6
D653
D6
D19
D4
D6
D4
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7
D4
D6
59
3
D5 5
D55
G ROS TRAVAUX SUR LES IMMEUBLES CLASSÉS
Cabrerets
Château
Restauration de
la charpente de
la tour maîtresse
u Un édifice militaire de la fin du Moyen Âge
L’enrayure inférieure après dépose intégrale de la
charpente (©Rodrigues-Bizeul, 2008)
Le château de Cabrerets a été construit au cours de la seconde
moitié du XVe siècle par les Gontaud, dont la famille seigneuriale
succéda aux Cardaillac eux-mêmes héritiers des Barasc qui occupaient
le site dès le XIIIe siècle. Il s’élève sur un escarpement rocheux, placé
en position dominante 30 mètres au-dessus de la vallée du Célé
dont il commandait le passage. Les bâtiments forment deux ailes
d’inégales longueurs disposées en V, flanquées de grosses tours
rondes et reliées par une tourelle d’escalier : ils s’articulent autour
d’une grande cour intérieure ouverte sur le village. La demeure
devait initialement recevoir une troisième aile refermant la cour,
mais celle-ci ne fut jamais construite, sans doute compromise par les
guerres de Religion. Après quelques remaniements aux XVIIe et XIXe
siècles, le château fut acquis vers 1850 par des proches de Joachim
Murat, roi de Naples, aïeux de la famille Sahut d’Izarn qui la possède
toujours et obtint son classement parmi les Monuments historiques
en 1996.
u Une charpente exceptionnelle mais délabrée
Érigée en surplomb de la vallée, la grosse tour ronde qui prolonge
l’aile sud est coiffée de mâchicoulis et d’une monumentale toiture
pointue, dite en poivrière, dont la charpente datant de la fin du XVe
siècle est un chef-d’œuvre à elle toute seule. Mesurant 14 mètres
de diamètre, cette charpente en chêne repose sur une seule pièce
de bois, appelée ferme, assurant à la base la stabilité de l’ensemble.
Elle devait à l’origine recevoir des lauzes de calcaire posées sur une
volige de châtaignier ou peuplier.
Mais, l’ouvrage, fragilisé et usé par le temps, menaçait de s’abattre :
la charpente avait progressivement vrillé. L’enrayure basse, soit
l’ensemble des pièces de charpente horizontales reposant sur les
murs, avait pivoté sur elle-même, entraînant avec elle la rotation
et déformation du poinçon vertical fiché en son centre, puis des
deux autres enrayures supérieures à partir desquelles rayonnent
les chevrons, aisseliers, jambettes et coyaux. Le changement du
4
Échafaudages, grue et bâches de protection
sur la charpente en cours de travaux
(©Philippe Sahut d’Izarn, 2008)
Le château surplombe le cours du Célé
et le village de Cabrerets
(©Nelly Blaya, Conseil général du Lot)
matériau de couverture initial pour de la tuile plate avait accentué ce
mouvement de rotation, suscitant le fléchissement et la déformation
des bois, le déboitement des assemblages et la cassure de certaines
pièces.
u Une restauration in situ, véritable prouesse
technique
Ce phénomène n’était pas nouveau, puisque de nombreux renforts
avaient été ajoutés depuis au moins trois siècles. Mais la charpente
continuait à poser des problèmes de stabilité et de sécurité pour les
personnes, qui se manifestaient notamment par des mouvements
excessifs les jours de grand vent.
Après avoir mené d’importants travaux entre 1994 et 1997 sur les
autres parties du château, en particulier la tour nord, le propriétaire
envisagea au début des années 2000 la restauration de la charpente
de la tour maîtresse. La Conservation régionale des Monuments
historiques (DRAC Midi-Pyrénées), qui assurait alors la maîtrise
d’ouvrage sur les édifices classés pour le compte des propriétaires,
fit élaborer un projet par l’architecte en chef qui se concrétisa par
un important chantier conduit sur place entre décembre 2007 et
juillet 2008.
Pour s’opposer à la rotation de la charpente et rigidifier la structure,
fut créée une coque composée d’un double voligeage croisé en
partie basse de la charpente.
Afin d’éviter une dépose complète de l’ensemble, les travaux ont
été menés sur place en 8 mois à l’aide d’un échafaudage tournant
et d’une grue. Il fut ainsi procédé au démontage de la couverture et
dépose de la charpente, à la reprise des arases de maçonnerie, au
redressement et au remplacement des pièces de bois défectueuses,
à la réalisation du voligeage sur les chevrons, à la reprise du conduit
de cheminée et à l’installation au sommet d’un épi de faîtage. Ainsi,
près de 30% de la structure initiale en bois a été conservée. La
couverture en tuiles plates a enfin été reconduite, privilégiant le
dernier état connu et compatible avec la stabilité de l’ensemble.
5
Vue intérieure de la charpente après travaux,
permettant de distinguer les enrayures basse
et haute, ainsi que le voligeage extérieur
(©Nelly Blaya, Conseil général du Lot)
Propriétaire : Philippe Sahut d’Izarn
Maîtrise d’ouvrage : DRAC Midi-Pyrénées
et SCI de Méjanel
Maîtrise d’œuvre : Jean-Louis Rebière,
architecte en chef des Monuments
historiques
Entreprise : Rodrigues-Bizeul (Fontanes, 46)
Coût : 320 000 € TTC (scindé en 2 tranches)
Financement (2006 et 2007) : État 40%
(tranche 1), Conseil général du Lot 40%
(tranche 2), Région Midi-Pyrénées 25%
G ROS TRAVAUX SUR LES IMMEUBLES CLASSÉS
Figeac
Ancien collège
Champollion
Restauration des
salons peints
Restauration en cours des peintures murales du plafond à la
catalane et de la cheminée dans le grand salon
u Un remarquable témoignage de l’art
de la peinture monumentale
Tests de mise au point du dé-vernissage
des panneaux en bois du grand salon.
En cours de retouche
En 1673, les consuls de Figeac concédèrent le collège de la ville
à Antoine de Laborie (prieur du Puy de 1658 à 1699) pour en
faire un collège et séminaire destiné à la formation des prêtres.
L’établissement d’enseignement, jouxtant le chevet de l’église
Notre-Dame du Puy, fut ainsi érigé de 1676 à 1682 et progressivement
décoré. Après la reconstruction du collège vers 1880, il ne reste de
l’édifice du XVIIe siècle que l’aile sud et le portail ; le collège a depuis
quitté les lieux au cours des années 1970.
Au premier niveau de l’aile sud, desservies par un couloir, deux
pièces attenantes constituant un grand salon et un petit cabinet,
classés parmi les Monuments historiques en 1934, sont décorées du
sol au plafond de boiseries, panneaux peints et tableaux des XVIIe
et XVIIIe siècles.
Les registres inférieurs des boiseries présentent de riches décors
peints à même le bois : une dizaine de scènes de batailles très
colorées figure d’admirables chevaux qui s’entrecroisent avec des
soldats, l’ensemble narrant les exploits de l’empereur Constantin.
Elles surmontent des scènes de genre et de la vie populaire, plus
archaïques, dans une gamme de coloris plus sobres, peints en
réserve et laissant apparaître la couleur brune du bois. Au-dessus, de
grandes toiles prennent place dans les cadres réservés à leur effet,
figurant des scènes religieuses de l’Ancien et du Nouveau Testament
(Laban cherchant ses idoles, le Retour d’Égypte, la Résurrection de
Lazare, le Repas de Jésus chez Marthe et Marie, l’Adoration des
bergers, une Piéta) et s’inspirant notamment des grands maîtres
du XVIIe siècle, tels Rubens et Basano.
Un troisième salon jouxtait la principale pièce de réception, mais
il a été dépouillé de ses décors dès le XIXe siècle. D’autres salles
peintes existaient ailleurs dans le séminaire et certains décors
(tels la cheminée monumentale) sont venus enrichir l’aile sud. Le
bâtiment subit aussi des transformations : percement au XVIIIe siècle
de nouvelles fenêtres côté jardin, modifiant l’aspect des boiseries,
puis campagnes de repeints au XIXe siècle.
6
Le grand salon après
achèvement
des travaux
u Un patrimoine dévasté par un incendie
Durant la nuit du 14 au 15 novembre 1981, un incendie se déclara
dans l’aile sud de l’ancien collège Champollion, ravageant la toiture
et les bureaux du directeur qui se trouvaient alors au deuxième
étage.
Une fois le sinistre maîtrisé, il fut décidé de procéder à des mesures
de sécurité : pose d’étais sur les planchers hauts et dépose des
boiseries et des peintures altérées. Des travaux furent rapidement
menés pour redonner une toiture neuve à l’édifice, puis celui-ci fit
l’objet d’un arrêté d’interdiction d’accès au public.
Les décors des deux salons furent mis en caisse, dispersés
dans divers lieux entre les ateliers municipaux et des ateliers de
restauration toulousains. Puis ils tombèrent progressivement
dans l’oubli.
Ce n’est qu’une quinzaine d’années plus tard, à la fin des années
1990, que ces œuvres d’art furent redécouvertes et qu’un projet
de restauration fut élaboré. Finalement peu attaquées par le feu,
les boiseries et toiles peintes présentaient toutefois d’importantes
fragilités dues à la suie, l’eau des pompiers, la poussière et les
mouvements des bois.
u L’intervention de plusieurs compétences
Dès 2003, d’importants travaux avaient permis le retour des
boiseries dans le grand salon et restaient dans l’attente de la
restauration des peintures les rehaussant, objet du chantier conduit
entre septembre 2008 et l’automne 2010. L’édifice a par ailleurs
fait l’objet en 2009 de restaurations extérieures, notamment sur les
maçonneries et les fenêtres de la façade sur cour, afin d’assurer le
clos et la mise en sécurité des salons.
Ce chantier présente l’intérêt de mobiliser des savoir-faire très
pointus : s’y sont succédés des restaurateurs de peintures murales
(pour le plafond dit “à la catalane” et les panneaux de bois peints),
de toiles peintes (pour les grands tableaux, partis en atelier), des
ébénistes (pour les boiseries et décors), mais aussi des électriciens
en vue de la réaffectation de l’édifice. Les décors ayant connu des
modifications régulières au cours des siècles, la restauration a
privilégié leur dernier état connu.
Réouverts à la visite, les salons pourraient accueillir à terme les
collections du Musée du Vieux Figeac.
7
Détail d’un panneau peint restauré
Propriétaire : commune de Figeac
Maîtrise d’ouvrage : DRAC Midi-Pyrénées
(grand salon) et commune de Figeac
(petit salon, fenêtres et électricité)
Maîtrise d’œuvre : Jean-Louis Rebière,
architecte en chef des Monuments historiques
(salons), Nathalie Prat, architecte du
Patrimoine DPLG (fenêtres et maçonneries
extérieures)
Entreprises :
Grand salon : Correa (Pamiers, 09) :
maçonneries / Malbrel Conservation
(Capdenac, 46) : menuiseries / Marc Philippe
(Fondettes, 37) : peinture murale / Jean-Marc
Stouffs et Florence Meyerfeld (Mourvilles, 31) :
restauration toiles et panneaux peints
Petit salon : Correa (Pamiers, 09) :
maçonnerie / MCCC (Fléac, 16) : menuiseries /
Malbrel Conservation (Capdenac, 46) :
peintures et restauration toiles
Fenêtres : Rodrigues-Bizeul (Fontanes, 46) :
maçonneries extérieures / Férignac (Hautefort,
24) : menuiseries / Fleury (Toulouse, 31) :
vitrail / Roques (Figeac, 46) : peinture
Électricité : SDEL Quercy (Figeac, 46)
Coût global : 621 000 € TTC (scindé en 4
tranches)
Financement (2002 à 2009) : État 40%, Conseil
général du Lot 15%, Région Midi-Pyrénées
25%
G ROS TRAVAUX SUR LES IMMEUBLES CLASSÉS
Saint-Michelde-Bannières
Église saint-Michel
Restauration extérieure
et intérieure
Restauration des
maçonneries et toitures
du bras du transept nord et
du clocher (2008)
u Une église romane fortifiée après
la guerre de Cent Ans
L’église de Saint-Michel-de-Bannières appartenait au Moyen Âge à
un prieuré bénédictin dépendant de l’abbaye de Tulle et se distingue
par son chevet tripartite, avec un chœur semi-circulaire bordé de
deux absidioles érigées au cours de la deuxième moitié du XIIe
siècle. La croisée du transept, coiffée d’une coupole au-dessus de
laquelle s’élevait le clocher, date elle-aussi de l’époque romane.
Initialement prévue avec des collatéraux, la courte nef a par contre
été bâtie ou reconstruite au XVe siècle, flanquée ensuite au XVIe
siècle d’une chapelle funéraire des seigneurs de Blanat.
À une date indéterminée entre la guerre de Cent Ans et les guerres
de Religion, l’ensemble de l’église a été surélevé et fortifié,
ménageant un chemin de garde et des bretèches. Quatre corps de
garde furent établis sur les bras du transept, l’abside et la nef, reliés
entre eux par des corridors placés de biais aux angles du clocher. Les
absidioles surélevées furent percées de meurtrières. Un haut mur fut
érigé à l’aplomb du bras nord du transept, coiffé d’une tour armée
de créneaux.
Enfin, l’intérieur de l’église connut d’importantes campagnes
de décoration au cours des XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles, avec la
réalisation de plusieurs peintures murales successives dans le chœur
et les absidioles, laissant toutefois inachevés le transept et la nef.
u Un clocher prenant l’eau
Réfection des enduits intérieurs de la nef
et du transept (2011)
Disposant de plus de 300 m² de toitures, le clocher de l’église
Saint-Michel a toujours posé des problèmes d’entretien. Depuis les
importants travaux de réfection des toitures au XIXe siècle, ayant
conduit à la pose d’ardoises d’Allassac venues remplacer la
traditionnelle tuile plate, la municipalité a eu du mal à entretenir
régulièrement son imposante église, les registres de délibération
témoignant à intervalles réguliers de cette préoccupation. Des prises
d’eau fréquentes à peine endiguées par les bâches posées sur les
toitures, ont entraîné progressivement la détérioration des pièces
de charpente, des infiltrations dans les maçonneries au point de
pénétrer à l’intérieur et dégrader notamment les décors peints de
l’absidiole sud.
8
u Six années de restauration complète
Vue panoramique intérieure
des toitures et façades (2003-2009)
Peu après le classement de l’édifice obtenu en 1994 et des premiers
travaux d’entretien urgents, la restauration extérieure de l’église a
été mise à l’étude par l’architecte en chef, sous la maîtrise d’ouvrage
de la Conservation régionale des Monuments historiques (DRAC MidiPyrénées). Après un diagnostic préalable destiné à bien connaître
l’édifice et planifier les besoins sur le long terme, les travaux ont
démarré en 2003 par les toitures et ont été scindés en plusieurs
tranches opérationnelles, destinées à faire le tour complet de
l’église.
Le chantier a débuté par la toiture la plus haute, celle du clocheton
surmontant la croisée du transept qui a été entièrement changé à
l’identique, puis il a concerné en 2005 les couvertures de la nef et du
bras nord du transept, se poursuivant ensuite en 2006 par l’absidiole
sud et le chœur, en 2007 par le bras nord du transept et le beffroi,
avant de se terminer enfin en 2009 par la chapelle de Blanat.
Parallèlement à la restauration des toitures, qui a privilégié la
conservation des ardoises, les différentes façades ont fait l’objet
à leur tour d’un traitement progressif, consistant en une reprise
complète des maçonneries et des joints, un changement des
pierres gelées et la restitution des bretèches surplombant les portes
d’entrée.
u L’engagement en 2010 de la restauration
des décors intérieurs
Une fois les travaux bien engagés sur le clos et le couvert, la
municipalité et l’association des Amis de l’Église de Saint-Michelde-Bannières ont concentré leurs efforts sur l’intérieur de l’église,
le mobilier, les tableaux et les décors. Ils ont commandé en 2006
une étude sur les peintures murales qui avaient le plus souffert,
celles de l’absidiole sud présentant une juxtaposition complexe de
décors des XVIIe et XIXe siècles : elle fut suivie de travaux urgents de
consolidation en 2007.
La restauration complète de l’intérieur de l’église a ensuite été
évaluée, toujours confiée à l’architecte en chef mais désormais
sous la maîtrise d’ouvrage de la commune. Après des sondages en
reconnaissance de décors peints, qui se sont révélés peu fructueux
dans la nef et le transept, il a été fait le choix de conserver dans les
parties ouest de l’église les simples décors de badigeons blancs
tels qu’ils étaient parvenus. C’est l’objet du chantier engagé entre
septembre 2010 et le printemps 2011, avant de terminer un jour
futur par la restauration à proprement parler des décors du chœur
et des chapelles.
9
L’église Saint-Michel
après travaux extérieurs
(©Nelly Blaya, Conseil général du Lot)
Propriétaire : commune de Saint-Michel
de Bannières
Maîtrise d’ouvrage : DRAC Midi-Pyrénées
(travaux extérieurs) et commune de SaintMichel de Bannières (travaux intérieurs)
Maîtrise d’œuvre : Jean-Louis Rebière,
architecte en chef des Monuments historiques
Travaux extérieurs :
Coût : 500 000 € TTC (scindés en 5 tranches)
Entreprises : Rodrigues-Bizeul (Fontanes, 46) :
maçonnerie, charpente / Duplouy (Teyssieu,
46) : couverture
Financement (2003 à 2007) : État 50%,
Conseil général du Lot 25%,
Région Midi-Pyrénées 10%
Travaux intérieurs :
Coût : 220 000 € TTC
Entreprises : / Canterios Luis (Parthem, 12) :
maçonnerie et enduits / Didier Legrand Atelier
(Clayrac, 47) : peintures murales / Malbrel
Conservation (Capdenac, 46) : menuiseries
Financement (2010) : État 45%, Conseil général
du Lot 20%, Région Midi-Pyrénées 25%
G ROS TRAVAUX SUR LES IMMEUBLES INSCRITS
EspagnacSainte-Eulalie
Tour du monastère
Restauration
de la toiture
et maçonneries
Le pan de mur sud
après travaux
Restauration en cours des maçonneries du
piédroit et pan de mur sud
(©Gaëlle Duchêne, 2010)
u Une tour-porte protégeant l’accès
au prieuré du Val Paradis
Le monastère du Val Paradis aurait été fondé peu avant 1150 par
un moine errant, le bienheureux Bertrand de Griffeuil, qui l’aurait
ensuite donné à l’abbaye charentaise de la Couronne qui y installa
une communauté de religieuses, des chanoinesses régulières de
l’ordre de saint Angustin.
Le prieuré d’Espagnac fut reconstruit à la fin du XIIIe siècle, grâce
aux largesses d’Aymeric Hébrard, évêque de Coïmbra au Portugal,
dont le gisant repose dans un enfeu de l’église Notre-Dame. Les
bâtiments monastiques se développaient dans un grand quadrilatère,
longeant la rivière du Célé et clos de hauts murs, où se trouvaient
l’église, un cloître, les appartements de la prieure et les logements
des religieuses, des bâtiments agricoles, un jardin et un verger.
Des trois portes qui donnaient accès à l’ensemble, il n’en subsiste
qu’une seule au sud, ouvrant sur le “chemin des Dames”, surmontée
d’une imposante tour rectangulaire datant du XIVe siècle.
u Des travaux de reprise des piédroits de portes
et de réfection de la couverture de la tour
Réfection de la couverture de la tour
(©Gaëlle Duchêne, 2010)
Propriétaire et maître d’ouvrage :
commune d’Espagnac-Sainte-Eulalie
Maîtrise d’œuvre : Gaëlle Duchêne,
architecte du Patrimoine DPLG
(Lhospitalet, 46)
Entreprises : Rodrigues-Bizeul (Fontanes,
46) : maçonnerie / Breil Frères (Brengues,
46) : charpente - couverture
Coût : 116 000 € TTC
Financement (2009) : État 25%,
Conseil général du Lot 25%,
Région Midi-Pyrénées 25%
La porte sud du monastère présentait des désordres de maçonnerie
en partie basse, en raison du caractère gélive des pierres calcaires
qui, sous l’effet de l’eau et du gel, avaient fini par se fissurer et
éclater.
Le piédroit sud-ouest fit donc l’objet dès 2008 d’une consolidation
d’urgence par la pose d’un coffrage permettant d’éviter un
tassement des maçonneries, avant sa restauration à proprement
parler fin 2009. Celle-ci consista tout d’abord à démonter et enlever
les pierres ne pouvant être conservées, puis à les remplacer par des
éléments de nature similaire, aussi bien sur le piédroit que le départ
de l’arcade dont quatre claveaux furent changés.
En retour sur le côté gauche du “chemin des Dames”, un pan de
mur percé d’une petite porte en arc brisé était dénué de toute
étanchéité et présentait des maçonneries “lessivées” : la dépose
partielle des maçonneries fut suivie d’un remaillage, d’une injection
de coulis et d’un rejointoiement au mortier de chaux, puis de la
pose d’un couronnement de lauzes et plomb pour évacuer les eaux
pluviales.
Enfin, la haute toiture de la tour présentait une importante
dégradation de la charpente, avec pourrissement des abouts de
solive et du voligeage, entraînant la chute des lauzes d’égout. Il fut
donc procédé à la révision ou au changement de certaines pièces de
bois (voliges, solives, chevrons et liteaux), nécessitant au préalable
la dépose complète des tuiles plates qui furent ensuite remises en
place avec des compléments.
10
Flaugnac
Chapelle du château Saint-Privat
Restauration de la voûte de la croisée
Vue extérieure en cours de travaux
(©Gaëlle Duchêne, Marion Sartre 2011)
u Un repaire médiéval et son église
paroissiale du XVe siècle
Le hameau de Saint-Privat doit son nom à une famille de chevaliers
qui y fit construire un petit château ou maison forte, comportant
des vestiges des XIIIe et XIVe siècles, auprès d’une des trois églises
paroissiales de la communauté de Flaugnac. Cette église perdit
toutefois son statut dès 1809, devenant une simple chapelle après
la suppression de la cure : elle a depuis été vendue par la commune.
De plan en croix, ce modeste édifice en moellons de calcaire blanc a
été presque entièrement reconstruit après la guerre de Cent Ans,
et pourvu d’un programme iconographique exécuté à la fin du XVe
siècle ou au début du XVIe siècle.
Découvertes en 1964 dans le chœur mais restant partiellement
lisibles, ces peintures murales sont consacrées à la Passion du
Christ. Au-dessus d’un registre ornemental fait de carrés jaunes
et rouges, apparaissent les scènes de l’Arrestation de Jésus, la
Comparution devant Pilate et la Flagellation. Les jambes lacérées
d’un personnage, dont le reste du corps a disparu, pourraient
appartenir à saint Privat qui, lors de son martyr, fut lié à une colonne
et déchiré par des crocs de fer.
Vue d’ensemble de l’intérieur de la chapelle
(Jean-François Peiré ©Inventaire général Région MidiPyrénées, 2002)
u Des travaux pluriannuels de stabilisation
de l’édifice et des décors peints
Laissée plus ou moins à l’abandon depuis le début du XXe siècle, la
chapelle Saint-Privat avait subi les vicissitudes du temps, laissant les
gravas s’accumuler et abîmer les décors peints.
Après avoir obtenu son inscription à l’Inventaire supplémentaire
des Monuments historiques en 2002, les propriétaires de l’église
et du repaire voisin engagèrent en 2008 des premiers travaux sur
les maçonneries et couvertures (chaînage en béton, reprise de
génoise et fissures d’angle, consolidation de la baie sud, nouvelle
charpente sur le chœur), ainsi qu’une sécurisation du décor peint
(rebouchage des fissures au mortier de chaux, injections de colle et
coulis de chaux pour résorber les décollements, réalisation de solins
au droit des lacunes).
Entre mars et juin 2011, une nouvelle opération a consisté
à reprendre les voûtains de la croisée du transept, dont les
maçonneries déformées par les infiltrations et poussées menaçaient
de s’effondrer et ne pouvaient plus être consolidées. La mise en
place de cintres soutenant les ogives, ainsi maintenues en place, a
été suivie de la démolition des voûtains, de la pose d’un platelage
de planches croisées en bois, puis de la reconstruction des voûtains
constitués d’un mélange de pierres et de mortier.
Devraient suivre au cours des prochaines années la consolidation
des maçonneries et des voûtes de la nef et des chapelles latérales.
11
Platelage de bois entre les ogives avant
reconstruction des voûtains
(©Gaëlle Duchêne, Marion Sartre, 2011)
Propriétaire et maître d’ouvrage :
M. et Mme Vrillac
Maîtrise d’œuvre : Gaëlle Duchêne, architecte
du Patrimoine DPLG (Lhospitalet) / Marion
Sartre, architecte du Patrimoine DPLG
(Toulouse)
Entreprises : Rodrigues-Bizeul (Fontanes, 46) :
maçonnerie / GIE Atelier d’Autan (Marquefave,
31) : peintures murales
Coût : 52 000 € TTC
Financement (2010) : État 25%,
Région Midi-Pyrénées 15%
G ROS TRAVAUX SUR LES IMMEUBLES INSCRITS
Loubressac
Église Saint-Jean-Baptiste
Restauration extérieure
Vue extérieure en cours de travaux
(©Gaëlle Duchêne, Marion Sartre, 2009)
u Une église castrale construite
à l’époque gothique
Restauration de la couverture de la tourelle
d’escalier (©Gaëlle Duchêne, Marion Sartre, 2009)
L’église Saint-Jean-Baptiste se trouve au cœur du castrum de
Loubressac, en surplomb du rocher dominant le cours de la Bave,
non loin d’une porte fortifiée et des vestiges du château. Elle n’était
à l’origine qu’une simple chapelle dédiée à saint Pierre, annexe
de l’église paroissiale située dans le vallon et abandonnée au cours
de la guerre de Cent Ans.
L’édifice actuel pourrait dater du XIVe siècle et aurait été agrandi
au XVIe siècle, doté alors d’un remarquable portail sculpté après
1520, associant les formes du gothique flamboyant au vocabulaire
ornemental de la Renaissance : le tympan figure la Crucifixion
entourée de deux scènes de la Passion et des statues d’Adam et Eve.
A l’intérieur, la large nef unique bordée de deux petites chapelles
ouvre sur un chœur polygonal entièrement meublé d’un grand
retable du XVIIIe siècle. Sur le flanc nord-ouest, un clocher carré a été
érigé au XVIe siècle, accessible par une petite tourelle ronde abritant
un escalier en vis.
u Des travaux de mise hors d’eau
et de stabilisation
Le chevet après
rejointoiement et
reprise des enduits
extérieurs
(©Gaëlle Duchêne,
Marion Sartre, 2009)
Propriétaire et maître d’ouvrage :
commune de Loubressac
Maîtrise d’œuvre : Gaëlle Duchêne,
architecte du Patrimoine DPLG (Lhospitalet,
46) / Marion Sartre, architecte du
Patrimoine DPLG (Toulouse, 31)
Entreprise : Vermande (Assier, 46) :
maçonnerie / Ayroles (Bilhac, 19) :
charpente - couverture / Jauzac (Biars sur
Cère, 46) : menuiserie / Atelier Creunier
(Albas, 46) : vitrail / Atelier d’ornements
(Hautefort, 24) : sondages
Coût : 154 000 € TTC
Financement (2007) : État 25%, Conseil
général du Lot 25%, Région Midi-Pyrénées
15%
Inscrite en 1971, l’église de Loubressac présentait les symptômes
classiques de la plupart des édifices anciens : des maçonneries
altérées et laissant pénétrer l’eau sur les façades, des contreforts
délités et une partie des couvertures abîmées, en particulier celle en
lauzes calcaires coiffant la tourelle d’escalier.
Des travaux furent entrepris entre février 2009 et avril 2010 pour
traiter ces problèmes extérieurs, constituant une première tranche
sur les interventions les plus urgentes : leur principale difficulté
résida dans la pose d’un échafaudage au chevet, construit en
surplomb du rocher et peu accessible.
Furent ainsi conduits la restauration et le rejointoiement des glacis
des contreforts du chevet, des consolidations de maçonneries sur
la façade sud (encadrements de baies et reprises ponctuelles) et la
reprise des enduits du chevet et de la façade sud. La restauration
complète de la couverture en lauzes de la tourelle a été suivie
d’une révision des toitures voisines et de la pose d’une couverture
en plomb sur la sacristie. Les fenêtres firent l’objet d’une réfection
de quelques huisseries, de la dépose de plusieurs vitraux en attente
de restauration et de la fourniture de grillages de protection. Enfin, à
l’intérieur, les voûtes de la tourelle et de la première travée de nef
ont été consolidées, tandis que des sondages peu fructueux ont été
réalisés sur les décors peints.
12
ENTRETIEN DES ÉDI F ICES CLASSÉS
Aynac
Église Saint-Geniès
Restitution de la voûte de la nef
u Une église romane aux chapiteaux historiés
L’image que donne au premier regard l’église Saint-Geniès d’Aynac
est celle d’un édifice néo-roman du XIXe siècle, imposant et austère.
Pourtant, elle appartenait depuis le XIe siècle au chapitre cathédral
de Cahors, comme semble le confirmer une bulle du pape Pascal II
en 1106. La nef, restaurée au XVIIe siècle, fut rebâtie et agrandie en
1882, date à laquelle on rehaussa également le clocher octogonal
roman.
L’édifice de plan en croix latine est constitué d’un chevet
“bénédictin” ou tripartite, composé d’une abside principale pour
le chœur et de deux absidioles formant chapelles : semi-circulaires
et voûtés en cul-de-four, ces espaces communiquent entre eux par
des portes en plein cintre, ornées de tores, bandeaux de billettes
et chapiteaux de type “bagué”. Dans la croisée du transept, les
piliers cruciformes présentent à la retombée des arcs une série de
chapiteaux historiés ou à motifs géométriques et floraux.
La nef avant travaux avec plafond couvert
d’un film plastique (©STAP du Lot, 2007)
u Le choix de la restitution
Les maigres vestiges de la nef romane ne permettent pas de savoir
avec certitude comment elle était couverte : elle disposait sans
doute d’un simple plancher ou d’une charpente apparente. Au
XIXe siècle a été mise en place une voûte en briquettes, déposée en
1998 à cause du risque d’effondrement. Elle a alors été remplacée
par un plafond temporaire constitué de chevrons et d’un film
plastique.
Les travaux de restauration ont toutefois tardé et n’ont pu être mis
en œuvre qu’en 2008. Cette opération a consisté dans la dépose
et l’évacuation du plafond provisoire, la fourniture et la pose d’une
charpente en peuplier et d’un plancher lambrissé ainsi que la
réalisation d’une patine à la chaux et d’un motif au pochoir. Il a
été ainsi fait le choix de restituer une forme en plein cintre, sur le
modèle de la voûte en plâtre qui existait au XIXe siècle.
En 2009 et 2010, suivirent de nouveaux travaux d’entretien et de
révision des couvertures de l’ensemble de l’église.
Propriétaire et maître d’ouvrage :
commune d’Aynac
Maîtrise d’œuvre : Pierre Sicard, architecte
des Bâtiments de France (STAP du Lot, Cahors)
Entreprise : Vincent Albagnac (Livernon, 46)
Coût : 30 872 € TTC
Financement (2008) : État 50%,
Conseil général du Lot 25%
Le plafond cintré en lattes de peuplier posé
sur les deux travées de la nef
13
ENTRETIEN DES ÉDI F ICES CLASSÉS
Le Bourg
Soulèvements de couche picturale
vus en lumière rasante (station 8)
Église Saint-Saturnin
Consolidation des
u Un rare décor peint sur ciment
au
début du XXe siècle
peintures murales
du chemin de croix L’église du prieuré bénédictin du Bourg est connue pour son architecture
(©Diane Henry-Lormelle, 2009)
Échafaudage du chantier dans
le bas-côté nord
romane et ses chapiteaux sculptés du XIIe siècle. Elle l’est beaucoup moins
pour ses décors peints dans la nef, pourtant dignes d’intérêt tant par leur
datation, leur style que leur technique d’exécution.
Ils ont été réalisés en 1936 par Charles Plessard, élève et ami de
Maurice Denis, fondateur des Ateliers d’art sacré au début du XXe siècle
et à l’origine du renouveau de l’art religieux en France. Cet artiste prolixe,
peintre et dessinateur de cartons pour vitraux, a œuvré aussi bien à Paris
et Vincennes qu’au Maroc et en Algérie, mais aussi en Lozère, Aveyron,
Deux-Sèvres...
Il a figuré les quatorze stations de la Passion du Christ sous la forme
de tableaux individuels séparés par des motifs géométriques, où chaque
scène est subtilement dessinée, les personnages cernés de noir, aux
visages blancs sur un fond bleu-gris rehaussé de petites touches colorées
rouge et blanche.
Fait original, les décors ont été exécutés avec une peinture acrylique
posée sur une bande de ciment. Prisé au début du XXe siècle car
jugé révolutionnaire, ce matériau est aujourd’hui absolument proscrit
des Monuments historiques : imperméable et suscitant la prolifération
de sels, il est à l’origine de la plupart des problèmes d’humidité dans
les églises et incompatible avec la conservation des peintures murales
traditionnelles.
u Une étude préalable et des travaux
de conservation
Le chemin de croix avant restauration
(station 3)
Propriétaire et maître d’ouvrage :
commune du Bourg
Assistance technique : Nicolas Bru,
conservateur des Antiquités et Objets
d’Art (Conseil général du Lot, Cahors)
Entreprise : Diane Henry-Lormelle
(Souillac, 46)
Coût : 11 356 € TTC (étude et travaux)
Financement (2009) : État 45%, Conseil
général du Lot 20%, Région MidiPyrénées 30%
Constatant la disparition progressive des décors devenus par endroits
invisibles, la commune du Bourg commanda en 2008 une étude
préalable à un conservateur-restaurateur qui permit de mieux
comprendre la technique utilisée par le peintre et identifier la cause
des problèmes. À la surprise générale, il s’avéra que l’état très dégradé
des peintures ne résultait pas de leur exécution sur du ciment, mais
surtout d’écoulements provenant de fuites dans les toitures et de
ruissellements le long des murs : ceux-ci avaient suscité par endroits de
très importants soulèvements des peintures qui menaçaient de tomber
au moindre souffle.
Après avoir réalisé un débouchage des chéneaux et garanti une évacuation
correcte des eaux de pluies, il fut possible en 2009 de mener les travaux
de conservation d’urgence des décors, destinés à stopper leur altération
et garantissant leur restauration future. Un long et minutieux travail fut
entrepris pour enlever les sels minéraux qui avaient cristallisé à la surface
des peintures, nettoyer les poussières et toiles d’araignées imbriquées
au milieu des pigments, et recoller une à une la plupart des écailles
soulevées.
La restauration des peintures n’est pas à ce jour programmée, dans
l’attente d’un projet global de réfection des toitures, reprise des
maçonneries et mise en valeur des parements intérieurs.
14
Cahors
Église Saint-Barthélémy
Réfection et protection des vitraux
u Un édifice caractéristique du gothique
méridional
Dominant la partie haute de la ville médiévale de Cahors, l’église
Saint-Barthélemy a pris ce nom au XIVe siècle lorsqu’elle fut
reconstruite sous l’impulsion du pape Jean XXII. De l’édifice
originel qui s’appelait Saint-Etienne-des-Soubirous, il ne reste qu’un
pan de mur sur la façade nord.
Cet édifice massif construit en pierres de taille et en briques est
coiffé d’un haut clocher carré avec de larges baies superposées.
A l’intérieur, le plan est caractéristique du gothique méridional : une
large et haute nef terminée par un chevet plat, voûtée en berceau
au XVe siècle et bordée de petites chapelles latérales dédiées à des
cultes particuliers ou réservées à des confréries.
Placée contre le porche d’entrée où des enfeus gothiques côtoient
un portail à voussures, la chapelle sud-ouest renferme un important
programme peint figurant le Jugement Dernier datant de la fin du
XVe siècle.
u Une campagne pluriannuelle
de consolidation et sécurisation des baies
L’église Saint-Barthélemy fait l’objet depuis vingt ans de travaux
réguliers d’entretien tant extérieurs qu’intérieurs. Entre 2007 et
2011, les vitraux essentiellement géométriques du XIXe siècle
ont connu une importante campagne de travaux, visant à traiter
l’ensemble des baies de l’édifice en adaptant les méthodes et
interventions aux pathologies et à la nature des vitraux.
Les vitraux ne peuvent être détachés de leur environnement
architectural. En raison de leurs matériaux constitutifs, les verres
anciens, ainsi que leurs décors peints, sont particulièrement
fragilisés par les agressions atmosphériques et humaines
(projectile, vandalisme, grêle, oiseaux…). La sauvegarde des
vitraux ne dépend pas uniquement de la conservation des verres,
mais également de l’état des plombs et barlotières : bris de verre,
dessertissage de pièces, infiltrations d’eau..., sont souvent le résultat
d’une déformation des panneaux insuffisamment maintenus par
une armature corrodée.
Ainsi, depuis 2007, ce sont chaque année trois à quatre baies qui
ont été traitées successivement, consistant pour certaines en une
dépose et une remise en plomb en atelier, d’autres ne nécessitant
que des consolidations et nettoyages menés sur place, tous les
vitraux bénéficiant ensuite de la pose à l’extérieur de raquettes
protectrices en cuivre. La campagne doit s’achever en 2011 après
avoir traité les façades nord, est et ouest de l’église.
15
Un des vitraux de
la façade sud avant
restauration
(©STAP du Lot, 2009)
Le même vitrail vu
de l’extérieur, après
restauration et pose des
raquettes de protection
(©STAP du Lot, 2010)
Propriétaire et maître d’ouvrage :
commune de Cahors
Maîtrise d’œuvre : Pierre Sicard,
architecte des Bâtiments de France
(STAP du Lot, Cahors)
Entreprise : Atelier Creunier (Albas, 46)
Coût : 33 126 € TTC
(scindé en 4 tranches)
Financement (2007 à 2010) : État 40%,
Conseil général du Lot 25%
ENTRETIEN DES ÉDI F ICES CLASSÉS
Castelfranc
Église Notre-Dame de l’Assomption
Restauration des couvertures du clocher
u Une église du XIVe siècle très largement
reconstruite au XIXe siècle
Tête de mur nord et couverture de la tourelle
d’escalier, avant travaux (©STAP du Lot, 2008)
Vue générale extérieure après travaux
Propriétaire et maître d’ouvrage :
commune de Castelfranc
Maîtrise d’œuvre : Pierre Sicard, architecte
des Bâtiments de France
(STAP du Lot, Cahors)
Entreprise : SARL Didier Izard (Duravel, 46)
Coût : 45 890 € TTC
Financement (2008 et 2009) :
État 45%, Conseil général du Lot 20%,
Région Midi-Pyrénées 25%
L’église gothique Notre-Dame de l’Assomption prend place au
centre de la bastide de Castelfranc, fondée par l’évêque de Cahors
à la fin du XIIIe siècle. En partie reconstruit au XIXe siècle, l’édifice
se distingue surtout par son puissant clocher-mur fortifié du XIVe
siècle.
Selon un principe fort répandu dans les bastides de l’Aquitaine,
l’église érigée au début du XIVe siècle occupe l’angle de la place de
Castelfranc. Afin d’adapter la construction à la trame orthogonale
de la bastide, la sacristie, la chapelle latérale et l’escalier en vis du
clocher furent implantés sur le flanc nord de la nef et du chœur.
Bien qu’ayant fait l’objet de remaniements, la façade occidentale, le
chœur carré ainsi que la sacristie qui le flanque sur son côté nord,
relèvent dans leurs lignes générales de l’état primitif élaboré au
début du XIVe siècle. La nef, le faux-transept sur lequel s’élève un
clocher barlong, et la chapelle latérale polygonale ont par contre
été entièrement reconstruits en 1879, peints et meublés dans le
style néogothique.
Seule la façade ouest, avec son clocher-mur et le portail en arc
brisé orné de visages, feuilles et fleurs, ont été classés parmi les
Monuments historiques en 1920.
u Une intervention sur la toiture
en ardoises du clocher-mur
Les travaux d’entretien, programmés en deux temps, ont consisté à
restaurer l’ensemble des couvertures du clocher.
En 2008, une première intervention a permis de réparer la couverture
de la tour d’escalier, coiffée d’une toiture à cinq pans. Elle a été
suivie en 2009 de la reprise de la couverture du clocher proprement
dit, nécessitant un démoussage et une consolidation des manques.
Pour cette restauration, les travaux ont été réalisés suivant les
techniques traditionnelles, en ardoise extra forte posée au clou
de cuivre, après une dépose de la couverture, un changement des
pièces de bois défectueuses de la charpente et un rejointoiement
des maçonneries des têtes de murs.
16
Lhospitalet
Église Notre-Dame de la Nativité
Réfection des contreforts
et fenêtres du chœur
u Deux campagnes de construction
à l’époque gothique
D’après la tradition, l’église Notre-Dame de la Nativité a été
construite après 1250 sur l’emplacement de l’ancien oratoire d’un
hôpital qu’Hélène de Castelnau, femme de Pons de Gourdon, baron
de Castelnau-des-Vaux (Castelnau-Montratier) aurait fondé en 1095.
Les disproportions du plan et de la structure générale de l’église
Notre-Dame sont dues à deux campagnes de construction qui se
sont succédées à peu d’années d’intervalle.
La première, entreprise au cours de la seconde moitié du XIIIe
siècle, concerne la nef ainsi que la croisée du transept. La seconde,
exécutée à la fin du XIIIe ou au début du XIVe siècle, correspond à
la réalisation du chœur et des deux bras du transept. Il était alors
vraisemblablement prévu d’abattre et reconstruire la nef et la
croisée du transept dans le prolongement du nouveau chœur.
Le projet ne fut pas porté à terme, ce qui explique le raccord malaisé
entre les deux entités, ainsi que le manque d’homogénéité général
de l’édifice : haute et large, l’abside ne présente que peu de lien
avec la nef, courte, basse et ramassée.
Le chevet gothique et ses grandes fenêtres
à lancette, lors de la campagne de restauration
des contreforts (©STAP du Lot, 2008)
u Une intervention pluriannuelle
sur les maçonneries et vitraux
Classée parmi les Monuments historiques en 1912, l’église de
Lhospitalet a fait l’objet de travaux réguliers d’entretien depuis
plusieurs années : reprise de charpente en 2003, révision de
couverture en 2005, consolidation de maçonneries en 2006 et
restauration de contreforts de la nef en 2007.
A partir de 2008, la commune a engagé une campagne pluriannuelle de restauration du chœur gothique, consistant chaque
année à traiter deux grandes fenêtres sur les huit que compte
l’abside, en partant de la façade nord pour terminer par le flanc sud
prévu en 2011.
L’opération a tout d’abord concerné la restauration des maçonneries :
réfection des têtes de contreforts, reprise des remplages des parties
hautes des fenêtres et du meneau central des lancettes. Il s’agit de
remédier à la détérioration de la pierre, soit par changement, soit
par réagréage superficiel, en appliquant le principe de conservation
maximum des parties anciennes.
Les vitraux des grandes baies du chœur, datant du XIXe siècle, ont
dans le même temps été traités : nettoyage et consolidation pour les
mieux conservés, dépose et remise en plomb pour les plus abîmés,
mais aussi remplacement des vitrages sans intérêt des baies nord
et sud par des vitraux neufs ornés d’un motif de feuilles de laurier.
17
Base de la fenêtre nord
du chœur, avec vitrail et
maçonnerie dégradés, avant
travaux
Détail du vitrail
nord créé par
l’Atelier Creunier
(©Atelier Creunier)
(©STAP du Lot, 2008)
Propriétaire et maître d’ouvrage :
commune de Lhospitalet
Maîtrise d’œuvre : Pierre Sicard, architecte des
Bâtiments de France (STAP du Lot, Cahors)
Entreprise : Rodrigues-Bizeul (Fontanes) :
maçonnerie / Atelier Creunier (Albas) : vitrail
Coût : 145 905 € TTC (scindé en 3 tranches)
Financement (2008 à 2011) : État 45%,
Conseil général du Lot 20%,
Région Midi-Pyrénées 25%
ENTRETIEN DES ÉDI F ICES CLASSÉS
Montcuq
Tour
Réfection des niveaux intérieurs
et création de planchers
u Un monument majeur de l’architecture
militaire médiévale du Lot
L’intérieur de la tour vu en 2006 au travers
de la voûte effondrée du rez-de-chaussée
(©STAP du Lot, 2006)
Posée sur un rocher, la tour de Montcuq domine l’ancien bourg
médiéval et la vallée de la Barguelonne : elle était le point culminant
du castrum, ensemble fortifié réunissant un logis seigneurial, une
chapelle et des maisons de chevaliers aujourd’hui disparus.
Les six niveaux du donjon sont distribués par une tourelle carrée,
prolongeant la façade nord et abritant un escalier en vis. Aveugles,
les premier et dernier niveaux sont couverts d’une voûte de pierre en
berceau et servaient de réduit ou réserve. Les autres étages étaient
dotés de simples planchers en bois reposant sur des corbeaux,
agrémentés de cheminées et latrines.
Cette tour constitue un remarquable exemple de donjon établi sur
une fausse motte et offre l’un des plus anciens exemples en Quercy
de fenêtres à coussièges. L’étude archéologique récente de ces
éléments conduit aujourd’hui à réviser la datation du monument,
jusqu’à présent qualifié de “roman” et attribué à la fin du XIIe siècle :
la tour aurait été en fait érigée au plus tôt au milieu du XIIIe siècle
et correspondrait à une reconstruction postérieure à la croisade des
Albigeois. Pour renforcer sa défense, la tour a ensuite été couronnée
de mâchicoulis au XIVe siècle.
u Des travaux d’accessibilité
Le troisième niveau après restitution
des planchers et création d’une exposition
permanente (2011)
Propriétaire et maître d’ouvrage :
commune de Montcuq
Maîtrise d’œuvre : Pierre Sicard, architecte
des Bâtiments de France
(STAP du Lot, Cahors)
Entreprises : Roque Bâtiment (Saint-Cyprien,
46) : voûte / CCT Gardes (CastelnauMontratier, 46) : planchers
Coût : 88 677 € TTC (scindé en 2 tranches)
Financement (2008 et 2009) :
État 35%, Conseil général du Lot 15%,
Région Midi-Pyrénées 25%
Une partie de la voûte de la salle basse s’était effondrée depuis
longtemps, interdisant l’accès au public.
Les travaux réalisés d’octobre à novembre 2008 ont été scindés en
deux tranches : la première consistait à remonter la partie de la
voûte effondrée en reprenant les maçonneries, la seconde à restituer
les planchers du premier et deuxième étages, ainsi qu’à consolider
la voûte du dernier niveau.
La restauration de la voûte de la salle basse a nécessité la réalisation
d’un cintre en bois, la pose de pierres de taille, le remblaiement de
l’extrados et la réalisation d’une chape de gros béton lavé dans la
salle du deuxième niveau. Les reprises ponctuelles de maçonnerie
ont permis de changer les pierres défectueuses à l’identique sur
l’encadrement de la porte d’entrée de la tour et à l’entrée de la salle
basse.
Sur les corbeaux des niveaux supérieurs ont été posés des poutres
de chêne et un plancher en châtaignier, offrant désormais un accès
pour un entretien plus régulier de chaque niveau.
Ces travaux ont permis dès 2009 l’ouverture des étages à la visite
touristique, puis suscité l’élaboration en 2010 d’un projet global de
valorisation du monument ayant abouti à la création d’une exposition
permanente sur l’histoire de la tour et du village inaugurée en juin 2011.
18
RESTAURATION DES OBJETS MOBILIERS INSCRITS
Castelnau-Montratier
Église Saint-Georges de Russac
Restauration du tableau
de la Vierge à l’Enfant
u Un tableau inspiré de Raphaël et exécuté
par une jeune élève
Les copies de grands maîtres italiens sont fréquentes, même dans les
petites églises de campagne. Plus rares sont par contre les œuvres
de jeunesse ou d’apprentissage.
Le tableau de la Vierge à l’Enfant n’était pas destiné à orner un jour
l’église romane Saint-Georges : le cartouche dans le coin inférieur
droit indique qu’il a été peint en 1769 par une dénommée
Marguerite Michel, âgée de 14 ans. Au revers, une inscription sur
le châssis (“Donné en 1854 à l’église de Russac par les h[éritiers ?] de
M. de Laroch[e]”) semble indiquer une première restauration avant
le don à l’église. On se prête à imaginer une jeune fille d’origine
noble ou bourgeoise recevant des cours de peinture, et une toile
gardée longtemps dans le château familial.
Il s’agit d’une copie inspirée de la “Grande Sainte Famille” de
Raphaël, réalisée en 1518 et conservée au musée du Louvre, connue
au XVIIIe siècle par les recueils de gravures en circulation auprès des
ateliers de province et peintres locaux. Mais, dans l’œuvre originelle,
la Vierge et l’Enfant Jésus sont accompagnés d’autres personnages,
ici remplacés par un simple drapé et un paysage romantique en
arrière-plan.
u Une restauration complète de la toile,
du châssis et du cadre
En très mauvais état, le tableau avait été remisé sur la tribune de
l’église. Déchirée et très encrassée, la toile était presque illisible du
fait d’un vernis devenu opaque en surface et chancis (voile blanc
dû à l’humidité se propageant à l’intérieur du vernis par un réseau
de micro-craquelures).
Conduite en atelier au cours de l’hiver 2008, la restauration a
consisté d’abord à aplanir les déformations de la toile, reprendre les
déchirures fil à fil, incruster des pièces de lin neuves dans les trous,
et consolider le châssis. Après un décrassage de surface, les vernis
ont été enlevés à l’aide de solvants, permettant de mieux identifier
les quelques repeints du XIXe siècle qui ont été dégagés, avant la
pose d’un mastic rouge dans les lacunes de couche picturale, suivie
enfin d’une retouche illusionniste de l’ensemble.
En 2009, la restauration du cadre en bois initialement doré a été
menée, par une consolidation des assemblages et une réintégration
à la feuille d’or.
19
Vue après restauration de la toile et du cadre
Le tableau avant travaux
(2005)
Détail de la signature
(©Florence Meyerfeld,
Jérôme Ruiz, 2008)
Propriétaire et maître d’ouvrage :
commune de Castelnau-Montratier
Assistance technique : Nicolas Bru,
conservateur des Antiquités et Objets d’Art
(Conseil général du Lot, Cahors)
Entreprise : Florence Meyerfeld et Jérôme Ruiz
(Juzes, 31) : toile, couche picturale et châssis /
Sophie Nicolas (Gaillac, 81) : cadre
Coût : 6 637 € TTC (scindé en 2 tranches)
Financement (2007 et 2008) : État 25%,
Conseil général du Lot 25%
RESTAURATION DES OBJETS MOBILIERS CLASSÉS
Martel
Hôtel de la Raymondie
Conservation et sécurisation
d’un bas-relief de La Crucifixion
Le bas-relief
dans l’atelier de
restauration
u Une œuvre exceptionnelle
portant la marque de François Ier
Vue après dégagement des bronzines et
retouche finale
La mairie de Martel occupe une grande demeure médiévale
jouxtant la halle, connue pour sa cour intérieure et ses fenêtres
croisées à remplage du XIVe siècle.
La salle du conseil municipal renferme un objet rare et précieux,
datant du début du XVIe siècle : un bas-relief en bois doré,
représentant le roi François Ier et ses emblèmes (initiale F et
salamandre), Marie-Madeleine, la Vierge et saint Jean au pied du
Christ en croix.
La présence dans un édifice républicain d’une telle œuvre religieuse
peut surprendre, mais témoigne de la continuité du pouvoir municipal
de l’Ancien Régime jusqu’à nos jours : les consuls de la ville de
Martel, ancêtres des conseillers municipaux, prêtaient serment sur
ce bas-relief, pratique aujourd’hui évidemment révolue.
Le bas-relief présentait à la fois des problèmes structurels et
esthétiques, avec une fragilité des bois, des décollements ponctuels
des décors, un important repeint brun sur le fond de la scène, des
ors repris à la bronzine (fausse dorure au cuivre), ainsi qu’un fort
encrassement.
u Un profond nettoyage
et dégagement des repeints
Détail du roi
François Ier en prière
au pied de la croix
Propriétaire et maître d’ouvrage :
commune de Martel
Assistance technique : Nicolas Bru,
conservateur des Antiquités et Objets d’Art
(Conseil général du Lot, Cahors)
Entreprise : Elise Rachez et Stéphane Moreau
(Montauban, 82)
Coût : 5 980 € TTC
Financement (2009) : État 30%, Conseil
général du Lot 15%, Région Midi-Pyrénées
30%
L’opération a d’abord concerné une désinfestation par anoxie,
méthode passive pour enlever les insectes xylophages : le bas-relief
a été placé dans une poche plastique avec des capsules absorbant
l’oxygène, privant de vie tout micro-organisme se nourrissant du
bois. Un traitement insecticide a ensuite été réalisé avec un produit
chimique, cette fois à titre préventif. Les bois vermoulus ont été
consolidés par durcissement.
Les repeints récents, vernis et bronzine oxydés ont été enlevés,
pour retrouver une cohérence entre les polychromies, dorures
et argentures : sous le brun, un bleu-vert éclatant a ainsi été mis
au jour. Les apprêts fragiles ont été recollés, mais les lacunes n’ont
pas été rebouchées pour conserver visibles de près ces “accidents
de l’histoire”. Une réintégration picturale a été menée, par petites
touches d’aquarelle sur les bords de lacune, laissant certaines parties
du bois à nu, pour harmoniser la vision globale de l’œuvre. Enfin, la
repose s’est accompagnée d’une sécurisation anti-vol.
L’observation des décors a permis de mieux comprendre
l’histoire de l’œuvre. Les polychromies, dorures et argentures sont
postérieures à la sculpture et datent sans doute du XVIIe siècle. Elles
sont venues recouvrir des décors antérieurs, dont seules quelques
traces tenues persistent dans les creux du bois.
20
Gigouzac
Église Saint-Pierre-ès-Liens
Restauration du retable du maître-autel
u Un grand retable baroque “restauré”
au XIXe siècle
Dans la nuit du jeudi 10 au vendredi 11 juin 2010, le village de
Gigouzac subit une brusque montée des eaux suite à de violents
orages : le ruisseau du Vert déborda et envahit plus de 60 maisons,
l’église baignât les pieds dans l’eau et la boue pendant plusieurs
jours. Heureux hasard du calendrier ? Prévue depuis plusieurs mois,
la restauration du retable fut précipitée et se déroula à l’automne
2010.
Ornant le chœur, ce retable de la fin du XVIIe ou début du XVIIIe
siècle est traditionnellement attribué aux Tournié, sculpteurs
et ébénistes de Gourdon, et se distingue par ses exceptionnelles
statues de saint Pierre et sainte Elisabeth, ainsi que la figure de Dieu
le Père au fronton.
Il avait subi plusieurs campagnes de réfection depuis deux
siècles. Au XIXe siècle, les statues en bois sculpté et ciré avaient été
peintes d’une huile colorée. Abîmées, les parties basses avaient été
dissimulées sous une épaisse couche marron au début du XXe siècle.
Dans les années 1960, du contreplaqué et des bois exotiques furent
utilisés à la place du noyer, essence exclusive de l’œuvre d’origine.
Peu après, le tableau sculpté de La Crucifixion et le tabernacle ont
été mal restaurés, avec une feuille d’or “posée à l’emporte-pièce”.
Travaux en cours sur l’échafaudage
Dégagement en cours de
la peinture marron sur un
panneau figurant saint
Matthieu (©Christian Schmitter,
Le retable après
restauration
2010)
u La redécouverte de décors éclatants
Hormis l’estrade, les deux grandes statues et le tabernacle traités
en atelier, la restauration a été conduite sur place à l’aide d’un
échafaudage.
Essentielle bien que peu visible, la première étape concerna la
consolidation des structures porteuses et de l’ébénisterie :
changement des rajouts modernes et défectueux, greffes sur
les quatre poteaux à l’arrière du retable, fabrication de nouvelles
plinthes. Plus spectaculaire, la deuxième étape consista en un long
et minutieux nettoyage des décors de surface. Sur les registres
médian et supérieur, l’allègement des vernis très encrassés permit
de retrouver l’éclat des couleurs vives, passées sur le bois sculpté.
En partie basse, la couche marron a été enlevée, révélant de fins
panneaux sculptés et rehaussés de polychromies sur apprêt.
La troisième et dernière étape concerna la réintégration et
l’harmonisation picturale des décors. Une fois le nettoyage
achevé, il fut procédé à des retouches colorées pour masquer
partiellement les nombreuses lacunes en partie basse, une reprise
des dorures du tabernacle et un dégagement du fond bleu d’origine
derrière La Crucifixion.
21
Dieu le Père au fronton, après
nettoyage et avant retouche finale
Propriétaire et maître d’ouvrage :
commune de Gigouzac
Assistance technique : Nicolas Bru,
conservateur des Antiquités et Objets d’Art
(Conseil général du Lot, Cahors)
Entreprise : Christian Schmitter
(Lamagdelaine, 46)
Coût : 32 807 € TTC
Financement (2009) : État 45%, Conseil général
du Lot 15%, Région Midi-Pyrénées 30%
RESTAURATION DES OBJETS MOBILIERS INSCRITS
Le Vigan
Église Notre-Dame
de l’Assomption
Restauration de deux statues
de la Vierge à l’Enfant et de
saint Joseph
Statue de saint Joseph avant et après restauration
u Des œuvres caractéristiques d’un art populaire
du XVIIIe siècle
Comme la plupart des églises du diocèse de Cahors, la collégiale du
Vigan a fait l’objet d’un réaménagement complet de son mobilier
liturgique au cours de la deuxième moitié du XVIIe siècle : un grand
maître-autel de forme pyramidale et des panneaux sculptés témoignent
encore aujourd’hui des commandes passées auprès de l’atelier Tournié,
famille d’ébénistes et sculpteurs installés à Gourdon qui œuvrèrent
entre 1650 et 1715.
Dans le chœur, deux modestes statues datables du XVIIIe siècle
participent elles aussi de l’ameublement des églises de la ContreRéforme catholique : formant une Sainte Famille, elles représentent
une Vierge tenant dans ses bras l’Enfant Jésus et un saint Joseph
barbu. En bois doré et peint, ce sont des œuvres classiques de la
dévotion populaire, réalisées dans un style courant par un atelier local
impossible à identifier en l’absence d’archives.
u Des travaux de conservation et une
réintégration de type “archéologique”
Statue de la Vierge à l’Enfant avant
et après restauration
Propriétaire et maître d’ouvrage :
commune du Vigan
Assistance technique : Nicolas Bru,
conservateur des Antiquités et Objets d’Art
(Conseil général du Lot, Cahors, 46)
Entreprise : Malbrel Conservation
(Capdenac, 46)
Coût : 6 877 € TTC
Financement (2008) : État 25%, Conseil
général du Lot 25%, Région Midi-Pyrénées
30%
Les deux statues avaient grandement souffert de leur environnement
climatique et connu des interventions anciennes plus ou moins
heureuses. Outre l’altération des bois, les remontées d’humidité
avaient suscité la chute de grandes plaques de décors anciens. Ce
qui avait conduit à de larges repeints pour camoufler ces problèmes :
carnations de bonne qualité posées anciennement sur les chairs
d’origine, bronzines sur les dorures de la Vierge devenues oxydées,
épaisse peinture à l’huile de couleur verte sur Joseph.
Fixation des décollements avant transport, traitement insecticide et
fongicide, durcissement des bois et greffes ponctuelles, consolidation
définitive des apprêts et nettoyage des décors, repose sur une platine
métallique, sécurisation par cadenas : telles sont les opérations
successivement menées.
L’originalité de l’intervention réside dans le choix de ne pas
réintégrer les importantes lacunes qui avaient laissé le bois à nu.
Une restauration complète aurait conduit à sorte de falsification,
nécessitant de redorer et repeindre aux trois-quart les statues. Même
si leur aspect peut surprendre au premier abord, elles sont aujourd’hui
aptes à traverser les générations futures et conservent lisibles les traces
de leur passé.
22
RESTAURATION DES É G LISES ET CHAPELLES
NON PROTÉ G ÉES
Lachapelle-Auzac
Église Sainte-Marie-Madeleine
de Reyrevignes
Restauration des peintures murales
et enduits intérieurs
u Une église romane agrandie
Le mur nord du chœur après restauration
à l’époque gothique
Dépendante de l’abbaye de Souillac, l’église du prieuré de
Reyrevignes est un petit édifice complexe résultant de plusieurs
campagnes de construction. De l’époque romane, il ne reste
que la grande nef des XIe et XIIe siècles, surmontée d’un clocher
rectangulaire. L’abside médiévale a été remplacée, au cours de
la seconde moitié du XVe siècle ou au début du XVIe siècle, par un
chœur et transept gothiques ornés de peintures murales.
Ces dernières sont restées longtemps dissimulées sous les couches
de badigeons blancs rajoutées au fil des siècles, jusqu’à ce que
quelques sondages révèlent au cours des années 1990 la présence
d’un blason dans le chœur, de pigments noirs sur les murs et de
touches colorées sur les voûtes, laissant présager des décors peints
plus amples.
En 2007, la restauration du retable du maître-autel, déposé pour
être traité en atelier, incita la commune de Lachapelle-Auzac à
programmer parallèlement le dégagement des décors et la réfection
des enduits du chœur. Une deuxième tranche fut ensuite menée en
2010 concernant la croisée du transept et les chapelles latérales.
Vue générale
de la façade ouest
Dégagement
en cours des
badigeons
dans le chœur
u La mise au jour d’une litre funéraire
et d’un faux appareil du XVIIe ou XVIIIe siècle
L’enlèvement des badigeons, qui couvraient quasiment l’intégralité
des murs et voûtes, a permis de révéler l’existence d’une litre
funéraire. Cette bande noire horizontale, située à environ
2,5 m du sol et ponctuée régulièrement de petits blasons, était
traditionnellement peinte sur l’ensemble des murs de l’église, en
signe de deuil lors du décès du seigneur des lieux. Dans le chœur,
elle est complétée par deux grands lions ailés, posés sur un fond
d’hermine et portant le même blason aux armes des de La Tour,
vicomtes de Turenne, ducs de Bouillon, coiffé d’une couronne à
cinq fleurs et d’un heaume, caractéristiques de la fin du XVIIe siècle.
Les nervures du chœur, de la croisée du transept et de la chapelle
latérale sud ont quant à elles révélé de faux claveaux, peints
alternativement en rouge, jaune et noir, rehaussés de tâches
mouchetées blanches. Les voûtains étaient exempts de tout décor
peint et ont reçu une simple patine d’harmonisation de couleur ocre,
tout comme la chapelle nord dont les voûtes datent du XIXe siècle.
Par contre le même faux appareil coloré a été retrouvé sur les
encadrements des fenêtres du chœur, mais posé par-dessus la
bande noire, attestant donc de l’antériorité de la litre funéraire.
23
Le grand blason
avant restauration
Propriétaire et maître d’ouvrage :
commune de Lachapelle-Auzac
Entreprise : Malbrel Conservation
(Capdenac, 46)
Coût : 66 172 € TTC
(scindé en 2 tranches)
Financement (2007 et 2009) :
Conseil général du Lot : 25%
RESTAURATION DES ÉGLISES ET CHAPELLES NON PROTÉGÉES
Rocamadour
Chapelle Notre-Dame de Lhospitalet
Restauration du chœur
u Une chapelle d’hôpital de pèlerinage
Vue générale intérieure
avant travaux
L’ancien hôpital Saint-Jean et sa chapelle furent installés vers 1200
au sommet de la Voie Sainte que les pèlerins empruntaient pour
gagner les sanctuaires de Rocamadour. De l’hôpital du XIIIe siècle
ne subsistent aujourd’hui que des ruines archéologiques, tandis que
la chapelle de Lhospitalet a été largement modifiée au XIXe siècle.
Vers 1862, l’abbé Chevalt, restaurateur de la cité religieuse, a
entièrement reconstruit le chœur d’origine et coiffé la façade d’un
curieux clocher. Il ne reste plus de la chapelle médiévale que les
murs de la nef romane, percée d’une petite porte au sud, ainsi que
le grand portail occidental bordé de deux enfeus et surmonté d’un
pignon à redents (en escalier).
(©Gaëlle Duchêne, 2005)
u Des travaux de sécurisation
La nef et le
chœur après
travaux
(2010)
Propriétaire et maître d’ouvrage :
commune de Rocamadour
Maîtrise d’œuvre : Gaëlle Duchêne,
architecte du Patrimoine DPLG (Lhospitalet)
Entreprise : Rodrigues-Bizeul (Fontanes, 46) :
maçonnerie, charpente, couverture
Coût : 64 905 € TTC
Financement (2006) :
Conseil général du Lot 25%
Le chœur érigé par l’abbé Chevalt ne reproduisait pas les dispositions
de l’abside d’origine, initialement carrée et non semi-circulaire, et
s’avéra rapidement peu solide. Le cul-de-four installé au-dessus des
fenêtres fut remplacé au cours du XXe siècle par un plafond en lattis
de plâtre. Ce dernier menaçait de s’effondrer, après avoir subi de
régulières infiltrations d’eau en raison de fuites sur la toiture.
Des travaux de mise hors d’eau du chœur ont été réalisés en 2008
par la commune de Rocamadour, propriétaire de l’édifice, consistant
en une reprise de la charpente et couverture, la démolition du
couvrement en lattis, puis son remplacement. Le parti architectural
retenu consistât, non pas à reconstruire le cul-de-four à l’identique,
mais à en restituer la forme semi-sphérique par la mise en place
d’un voûtement charpenté en bois. Dans le même temps, la
réfection des enduits et la démolition du sol en béton furent suivies
de la pose d’un dallage en terre cuite.
En 2010, une deuxième tranche de travaux fut entreprise, cette
fois sous maîtrise d’ouvrage du Syndicat Mixte du Grand Site de
Rocamadour, concernant la réalisation d’un drainage extérieur, la
dépose du plafond en lattis qui coiffait la nef, dont la charpente est
dorénavant visible, et la reprise complète du pavement intérieur.
24
SAUVE G ARDE DE L ’ ARCHITECTURE
RURALE TRADITIONNELLE
Gagnac-sur-Cère
Grange-étable
Restauration de la toiture
en lauzes de schiste
La grange-étable avant travaux (©CAUE du Lot, 2008)
u Un édifice emblématique du Ségala
Située à la sortie du bourg en direction de Glanes, cette grande
grange-étable est un des derniers exemples de toiture couverte
en lauzes de schiste dans le bourg de Gagnac-sur-Cère, témoignant
de sa situation en transition entre le Ségala et le Limargue,
caractéristique de la Xaïntrie corrézienne.
Implantée sur la pente, parallèlement à la route, elle offre deux
niveaux en superposition, un étage ouvert sur la voie par un porche
avec une couverture à croupe et un niveau inférieur accessible par
le bas du terrain : le rez-de-chaussée était destiné au logement
des vaches, tandis que l’étage servait au stockage du foin et de la
paille. La couverture du bâtiment est à deux pentes et se termine sur
chaque pignon par des demi-croupes. Une des lauzes de rive porte
les initiales T et P, probablement celles du couvreur d’origine, ainsi
qu’une croix. La date 1879 figure sur la clé du linteau du porche.
L’édifice sert de dépendance à une maison traditionnelle restaurée.
Travaux en cours sur la façade arrière
(©Mme Dreyer, 2009)
u Un savoir-faire traditionnel
La couverture n’assurait plus l’étanchéité du bâtiment, certaines
lauzes ayant glissé et les infiltrations d’eau altérant les voliges de
peuplier. Elle a nécessité une dépose partielle pour une reprise à
l’identique, en réutilisant une partie des lauzes en bon état et la
fourniture de lauzes de récupération posées au clou de cuivre. Les
voliges ont été au préalable traitées ou partiellement changées. Les
noues du porche (parties arrondies en transition entre deux pentes)
ont reçu une protection en zinc ensuite dissimulée.
Depuis le début des années 1990, le Conseil général du Lot et le
Conseil en Architecture, Urbanisme et Environnement du Lot ont
mené dans le cadre du Fonds Denieul une action phare en faveur
des couvertures en lauzes de schiste. La prise en charge d’une
partie du surcoût entre le maintien de la lauze et son remplacement
par de l’ardoise ou de la tuile plate a permis de conserver un
élément caractéristique du Ségala, de retrouver les savoir-faire
particuliers rattachés à ce type d’ouvrage, la réouverture de carrières
d’exploitation du matériau, ainsi que la création et spécialisation
d’entreprises locales.
25
Vue générale après travaux (©Julien Hadjadj-Jadaud,
Conseil général du Lot, 2010)
Propriétaire et maître d’ouvrage :
Mme Dreyer (Gagnac-sur-Cère, 46)
Entreprise : Bex Menuiserie (Bretenoux, 46)
Coût : 61 784 € TTC
Financement (2008) : Conseil général du Lot,
subvention forfaitaire de 25 €/m² pour une
surface de 127 m²
SAUVEGARDE DE L’ARCHITECTURE RURALE TRADITIONNELLE
Livernon
Caselle du lac
de Lacam
Restauration
des maçonneries
Vue générale de la caselle et du lac avant travaux (© CAUE du Lot, 2009)
u Un ensemble rural typique du causse
de Gramat
Cet édifice constitue avec le lac qui l’accompagne un ensemble
remarquable qui en fait un des sites les plus emblématiques
des Causses du Quercy. Petites constructions en pierre calcaire,
coiffées de couvertures en lauzes posées à sec, généralement de
forme carrée ou ronde, les caselles et gariottes désignent dans le
patois local des cabanes utilisées le plus souvent par les bergers
pour garder les brebis et s’abriter des intempéries, mais pouvant
aussi servir de remise pour les outils, de réserve à grain, parfois de
poulailler aux abords des maisons...
La caselle de Lacam s’ouvre sur le lac qui est une simple et modeste
résurgence creusée en partie dans le substrat rocheux. Construite
sur un plan circulaire, couverte avec une toiture en forme de cloche
en lauzes calcaires posées sur une voûte, elle offre une disposition
traditionnelle. Elle est bâtie avec une maçonnerie de moellons
calcaires sommairement équarris montés avec un mortier de terre
et de chaux de couleur ocrée.
u Des travaux de consolidation
Détail de la maçonnerie
après travaux
Maître d’ouvrage : Communauté de
communes de la Vallée et du Causse
Entreprise : Raffy (Grèzes, 46)
Coût : 7 774 € TTC
Financement (2010) :
Conseil général du Lot 50%
Plusieurs lauzes de couverture étaient gelées et quelques grandes
pierres de rives éclatées. Les maçonneries présentaient sur les flancs
plusieurs fissures et gonflements. La stabilité et l’étanchéité du
bâtiment risquaient d’être compromises par l’ensemble de ces petits
désordres. Eu égard à la sensibilité du site, fortement fréquenté,
des précautions ont été prises pour conserver au bâtiment son
authenticité, préserver son aspect, restituer les matériaux à
l’identique selon un savoir-faire traditionnel. Les reprises partielles
de maçonnerie ont été réalisées avec des pierres de récupération.
Les travaux de consolidation ont été conduits avec un mortier de
chaux et de terre. Le remaillage des lauzes a été fait de façon
discrète, conservant la patine des matériaux.
26
Lugagnac
Four à pain
Réfection de la voûte
et de la couverture
Vue avant travaux (©CAUE du Lot, 2006
u Un des innombrables témoins
de la vie dans les campagnes
Ce modeste édifice situé aux abords du village de Lugagnac présente
les dispositions traditionnelles des fours à pain du Lot. Implanté en
limite de la voie, il prolonge l’alignement des murets en pierre
sèche du secteur et participe au caractère patrimonial du bourg,
marqué par la répétition des porches couverts en lauzes.
Le fournil rectangulaire est couvert d’une toiture pentue à deux
versants avec tuiles plates. Accolé au pignon, le four à proprement
parler se présente sous la forme d’une abside semi-circulaire,
coiffée d’une couverture en lauzes calcaires posées à sec, dissimulant
le foyer en briques réfractaires. Ici, une cheminée permettant
d’évacuer les fumées s’élève à la jonction entre les deux parties, ce
qui n’est toutefois pas le cas de tous les fours à pain.
u Des travaux pour une remise en usage
Propriété des habitants, le four à pain était tombé progressivement
en déshérence faute d’usage, puis l’intérieur s’était fortement
dégradé. Les briques de la voûte s’effritaient en poussière et
rendaient l’utilisation du four impossible, nécessitant le démontage
complet de la toiture bien qu’elle ne fût pas en très mauvais état.
Les travaux ont été conduits en 2008, la commune ayant souhaité
remettre le four en état de fonctionnement pour organiser des
manifestations autour de la cuisson du pain. La réfection de la voûte
a été réalisée avec des briques réfractaires adaptées. La couverture
en lauzes a été restituée “à l’identique”, les lauzes posées à sec
avec une grande pierre plate en guise de faîtage, même si l’on peut
noter la forme légèrement moins bombée qu’à l’origine.
Vue après travaux (©mairie de Lugagnac, 2008)
Propriétaire et maître d’ouvrage :
commune de Lugagnac
Entreprise : Lancini Joël (Beauregard, 46)
Coût : 8 641 € TTC
Financement (2006) :
Conseil général du Lot 40%
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SAUVEGARDE DE L’ARCHITECTURE RURALE TRADITIONNELLE
Reyrevignes
Maison élémentaire
Réfection de la toiture
Édifice avant travaux (©M. Mir, 2006)
u Un édifice caractéristique
de l’architecture rurale du Lot
Situé au détour d’un petit chemin aux abords de l’église de
Reyrevignes, cet édifice est un exemple caractéristique de l’habitation
paysanne en Quercy. Il s’agit d’une maison élémentaire, bâtie en
moellons de calcaire de tout venant recouvert d’un enduit de chaux
et sable, chaulé à blanc autour des ouvertures. Adoptant un faible
volume rectangulaire au sol, elle accueille une seule et unique
pièce de vie éclairée à peine par une petite fenêtre et une porte :
à l’intérieur, on n’y trouve qu’un évier en pierre, une cheminée et
un sol en terre battue. Elle se distingue par son petit pigeonnier
érigé sur le côté qui a complexifié la toiture à deux pentes, conserve
ses rangs de lauzes en calcaire sur les pignons et bords de toit, et
présente le rare intérêt de n’avoir pas été transformée en habitation
moderne.
Édifice après travaux (©M. Mir, 2008)
Propriétaire et maître d’ouvrage : M. Mir
Entreprises : Ets Montal et Fils (Reyrevignes,
46) : charpente, couverture / Rénovation
du Patrimoine Quercynois (Thémines, 46) :
maçonnerie
Coût : 30 807 € TTC
Financement (2007) :
Conseil général du Lot 5%
u La restauration de la charpente
et de la couverture
Abandonnée depuis plusieurs décennies, la maison présentait de
sérieux désordres de couverture, la toiture crevée et la charpente
pourrie. Les travaux conduits en 2008 ont nécessité une dépose et
un changement complet des pièces de bois, remplacées par des
poutres neuves en chêne et une volige de peuplier, recevant ensuite
des tuiles plates de récupération, seul un tiers des tuiles d’origine
ayant pu être réutilisé. Les rangs de lauzes ont été au préalable
entièrement repris et scellés au mortier de chaux, en tâchant de
respecter les dispositions initiales, même si le pignon du pigeonnier
est aujourd’hui plus pointu qu’à l’origine.
La seule concession faite à la modernité a été l’ajout d’une
petite lucarne, permettant d’éclairer le comble, tandis que les
aménagements intérieurs ont été préservés, la volonté des
propriétaires étant d’assurer la conservation en l’état de l’édifice
et de ne pas l’adapter aux normes actuelles d’habitabilité.
L’opération a bénéficié du label attribué par la Fondation du
Patrimoine, d’un prix décerné par la délégation lotoise de
l’association Maisons Paysannes de France, ainsi que d’un coup de
projecteur en juin 2009 lors de la Journée du Patrimoine de Pays
avec une présentation par les entreprises des travaux réalisés.
28
Vayrac
Séchoir à briques
Réfection de la toiture
Le séchoir vu avant travaux (2009)
u Un rare séchoir artisanal
Situé au lieu-dit Sous-Roques en bordure de la route départementale
entre Saint-Denis-les-Martel et Vayrac, ce curieux bâtiment présente
une façade fermée par un bardage en bois à claire-voie et une
silhouette atypique avec une toiture légèrement bombée. Il est un
des rares témoins encore bien conservés dans le Lot de l’activité
artisanale de briqueterie, tenue par la famille Lascaux jusqu’au
milieu du XXe siècle. De plan rectangulaire, le séchoir se présente
comme une petite halle ouverte, avec une toiture reposant sur des
piliers maçonnés en pierre. La charpente, formée par des fermes
à entrait retroussé et des chevrons courbes, donne à la couverture
sa forme carénée. Il servait sans doute d’atelier de façonnage des
briques, puis de séchage après fabrication, tandis qu’au fond une
réserve enterrée et voûtée permettait la conservation de l’argile de
l’humidité. A proximité, des ruines témoignent encore des vestiges
d’un four de cuisson.
u Une consolidation de la charpente
et de la couverture
Le séchoir vu depuis la route après travaux
(©M. Chambon, 2009)
La toiture du séchoir présentait plusieurs désordres et n’assurait
plus l’étanchéité du bâtiment, qui a nécessité des travaux destinés
avant tout à la conservation en l’état de l’édifice. Les pièces de
charpente (sommiers périphériques, chevrons, embouts de poutres)
qui étaient en contact avec l’humidité ont été remplacées par des
poutres en sapin, tout en conservant l’aspect courbe des fermes
de croupes et des chevrons. Les tuiles plates avaient au préalable
été entièrement déposées et mises à l’abri, avant réutilisation
finale avec un complément de tuiles de récupération. Le faîtage
et les arêtiers ont été protégés par des tuiles canal scellées au
mortier de chaux. Les lucarnes en chien-assis ont reçu de nouvelles
planches, tandis que le fin bardage entre les piliers maçonnés a été
conservé. Un chaulage a enfin été réalisé sur les grosses poutres
porteuses.
Une brique
produite
sur place
29
Propriétaire et maître d’ouvrage :
M. Chambon
Entreprise : Jauzac Entreprise
(Biars-sur-Cère, 46)
Coût : 43 095 € TTC
Financement (2008) :
Conseil général du Lot 40%
Région Midi-Pyrénées 30%
Qui fait quoi ?
Que vous soyez une
commune propriétaire d’une
église Monument historique
ou un particulier possédant
un édifice non protégé,
plusieurs interlocuteurs
sont à votre disposition
pour vous accompagner
dans le montage technique,
financier et administratif des
travaux que vous projetez.
Les interlocuteurs
techniques
Le livre IV du Code du Patrimoine
définit deux degrés de protection
des édifices et objets mobiliers
(classement ou inscription à
l’Inventaire supplémentaire), en
fonction desquels les procédures et
financements peuvent varier. Les
services de l’État (Ministère de la
Culture et de la Communication)
sont chargés de faire appliquer
la réglementation, instruire
les demandes d’autorisation
de travaux, mais aussi assister
les porteurs de projets dans le
montage et le suivi des chantiers.
La Conservation régionale des
Monuments historiques
Au sein de la direction régionale
des Affaires culturelles de
Midi-Pyrénées, la CRMH
veille à l’application de la
réglementation relative à la
u
protection du patrimoine, tant
sur les immeubles que les objets.
Concernant les immeubles, elle
programme chaque année les
diagnostics sanitaires et études
préalables sur les édifices classés,
détermine la programmation
des chantiers financés par l’État,
autorise et contrôle les travaux
de restauration et réparation.
Elle peut assurer, dans certains
cas, une assistance à maîtrise
d’ouvrage auprès des propriétaires
d’immeubles classés pour le
montage administratif des
opérations.
De la même façon, elle assure la
programmation financière et le
contrôle scientifique et technique
des travaux sur objets classés.
CRMH, DRAC Midi-Pyrénées
32 rue de la Dalbade,
BP 811, 31080 Toulouse
Tel : 05 67 73 20 20
www.culture.gouv.fr
L’architecte des Bâtiments
de France
A la tête ou au sein du Service
Territorial de l’Architecture et
du Patrimoine, l’ABF est chargé
dans le département de veiller
à la conservation du patrimoine
architectural protégé. Il conseille
les propriétaires et les architectes
maîtres d’œuvre dans la définition
des projets de restauration sur
les immeubles inscrits (diagnostic
sanitaire, évaluation de la
faisabilité du projet, définition de
la nature des travaux susceptibles
d’être menés...). Il délivre un
avis systématique sur les permis
de construire et déclarations de
travaux sur ou aux abords des
monuments protégés. Jusqu’en
2009, il assurait la maîtrise
d’œuvre des travaux d’entretien
sur immeubles classés pour
le compte des propriétaires ;
il continue à intervenir en cas
u
30
d’urgence sanitaire et conduit
les travaux d’entretien sur les
monuments appartenant à l’État.
Il assiste le Conseil général du Lot
dans la gestion des crédits affectés
à la restauration du patrimoine
non protégé, délivrant un avis
systématique sur les travaux
proposés et assurant un contrôle
final.
STAP du Lot
Place Chapou, 46000 Cahors
Tel : 05 65 23 07 50
www.sdap-46.culture.gouv.fr
Le conservateur des Antiquités
et Objets d’Art
Équivalent de l’ABF pour toutes
les questions relevant des objets
mobiliers, le CAOA est chargé dans
le département de tenir à jour la
documentation sur le patrimoine
protégé, surveiller et prévenir les
vols, conseiller les propriétaires
dans tout projet. Il établit une
programmation annuelle de
restauration des objets inscrits,
dont il assure le suivi des chantiers,
assistant les communes dans
l’établissement des diagnostics et
la définition des projets. Bien que
relevant des missions régaliennes
de l’État depuis 1908, la CAOA est
prise en charge depuis 2003 par
le Conseil général du Lot, comme
c’est le cas dans de nombreux
autres départements français.
Conseil général du Lot, service
Culture-Patrimoine historique
Place Chapou, 46000 Cahors
Tel : 05 65 53 43 12
www.patrimoine-lot.com
u
Le Conseil en Architecture,
Urbanisme et Environnement
Créé en 1977, le CAUE du Lot est
une association départementale
reconnue d’intérêt public,
intervenant pour le compte
du Conseil général du Lot
afin de promouvoir la qualité
u
architecturale. L’équipe
d’architectes et de paysagistes
conduit pour les collectivités une
assistance à la conception de
projet et propose aux particuliers
des conseils gratuits lors de
rendez-vous personnalisés. Le
CAUE assure l’instruction technique
du fonds de sauvegarde de
l’architecture rurale traditionnelle,
créé en 1973 et dit Fonds
Denieul : pour chaque demande
de financement, une visite est
programmée sur place, permettant
de vérifier l’intérêt des projets
et définir des préconisations
techniques relatives aux travaux à
conduire.
CAUE du Lot
Place Chapou, 46000 Cahors
Tel : 05 65 30 14 35
www.caue-mp.fr
uL’architecte en chef des
Monuments historiques
Architecte exerçant à titre privé
et recruté sur concours pour le
compte de l’État, l’ACMH avait
jusqu’en 2009 l’exclusivité de
la maîtrise d’œuvre des études
préalables et gros travaux de
restauration sur les immeubles
classés, dans le département dont
il avait la charge. Il est aujourd’hui
soumis à concurrence pour les
édifices classés appartenant aux
collectivités et particuliers et
continue à assurer la direction
des chantiers sur les monuments
appartenant à l’État (cathédrales
et châteaux).
Les architectes DPLG et
architectes DPLG du Patrimoine
La complexité de certains chantiers
de restauration d’immeubles,
protégés ou non, peut justifier
dans de nombreux cas le recours
à une maîtrise d’œuvre qualifiée.
Elle permet de dresser un bilan
sanitaire complet de l’édifice,
u
définir le meilleur projet en
fonction des besoins et moyens
disponibles, prendre en charge
les procédures administratives et
financières, assurer la direction
du chantier et la coordination des
différentes entreprises. Parmi les
architectes DPLG qui interviennent
à titre privé pour le compte des
collectivités ou des particuliers,
certains disposent d’une formation
spécifique dans le domaine du
patrimoine délivrée par le Centre
des Hautes Études en Architecture
(Chaillot, Paris).
www.archi.fr/AP
Les partenaires
financiers
L’État (Ministère de la Culture
et de la Communication)
apporte des aides financières
aux propriétaires d’immeubles
et objets classés et inscrits parmi
les Monuments historiques,
selon des taux et des modalités
différents en fonction du degré
de protection, de la nature et de
l’urgence des travaux.
DRAC Midi-Pyrénées
32 rue de la Dalbade,
BP 811, 31080 Toulouse
Tel : 05 67 73 20 20
www.culture.gouv.fr
La Région Midi-Pyrénées
attribue des subventions pour la
restauration des bâtiments situés
dans un périmètre règlementaire
(édifices et abords de
Monuments historiques, secteurs
sauvegardés, ZPPAUP/AVAP,
VPAH, Grands Sites), l’architecture
rurale traditionnelle, les objets
d’art et instruments de musique
(orgues et carillons).
31
Région Midi-Pyrénées, direction
de la Culture et de l’Audiovisuel,
Hôtel de Région, 22 boulevard du
Maréchal-Juin, 31406 Toulouse
Tel : 05 61 39 62 47
www.patrimoines.midipyrenees.fr
Le Conseil général du Lot
apporte un soutien financier à
la sauvegarde des Monuments
historiques en complément des
aides de l’État, gère depuis 2005
les crédits en faveur des églises
et chapelles non protégées, et
attribue depuis 1973 des aides
financières à la restauration de
l’architecture rurale traditionnelle
(Fonds Denieul).
Conseil général du Lot, service
Culture - Patrimoine historique
Place Chapou, 46000 Cahors
05.65.53.43.11
www.lot.fr
La Fondation du Patrimoine,
en mobilisant un mécénat
d’entreprises, attribue un
label fiscal aux propriétaires
privés réalisant des travaux de
restauration de leur patrimoine,
et apporte un soutien aux
collectivités et associations pour
le financement de leurs projets.
Fondation du Patrimoine,
délégation régionale MidiPyrénées
11 Boulevard des Récollets,
31078 Toulouse
Tel : 05 62 19 00 71
www.fondation-patrimoine.org
L’association nationale
Sauvegarde de l’Art Français
apporte un mécénat aux
propriétaires publics et privés
pour la restauration des églises.
La Sauvegarde de l’Art Français
22 rue de Douai, 75009 Paris
Tel : 01 48 74 49 82
www.sauvegardeartfrancais.fr
Le Ministère de la Culture et de la Communication
a pour mission de protéger le patrimoine, de
programmer et surveiller les travaux de restauration
et d’entretien sur les immeubles et objets classés ou
inscrits parmi les Monuments historiques.
La Région Midi-Pyrénées apporte son soutien
financier aux travaux de restauration des édifices et
objets mobiliers, protégés ou non, appartenant aux
communes et particuliers. Elle a en charge depuis
2004 l’Inventaire général du patrimoine culturel
qu’elle mène en partenariat avec les départements et
les autres collectivités locales.
Le Conseil général du Lot est la seule collectivité en
France à avoir expérimenté entre 2007 et 2010 une
décentralisation des crédits auparavant affectés par
l’État à la sauvegarde des Monuments historiques.
Il apporte son soutien financier à la restauration
des églises et chapelles non protégées, ainsi qu’à la
préservation de l’architecture rurale traditionnelle.
Il mène par ailleurs des études scientifiques sur le
patrimoine architectural et mobilier, dans le cadre
d’une délégation de la compétence de l’Inventaire
général.
Découvrez le patrimoine du Lot sur le site
www.patrimoine-lot.com
Textes et coordination :
Nicolas Bru et Alexandra Moreau :
Conseil général du Lot ,
Service Culture-Patrimoine historique
Crédits iconographiques :
sauf mentions contraires,
Conseil général du Lot
Cette brochure a été réalisée par le Conseil général
du Lot avec le concours financier de la Région MidiPyrénées dans le cadre d’un partenariat dans le
domaine de la connaissance et de la valorisation du
patrimoine.
Remerciements :
Pierre SICARD (STAP du Lot), Joël LAPORTE (CAUE du
Lot), Jean-Louis REBIÈRE, Gaëlle DUCHÊNE et
l’ensemble des propriétaires et des entreprises.
Mise en page : Rémy Bacharach
Impression :
2011-n°6
N° ISBN : 978-2-919055-06-7
(collection complète)
N° ISBN : 978-2-919055-13-5 (vol. 3)
N° ISSN : 2109-7364
Dépôt légal : août 2011
Le Conseil général du Lot
agit pour la sauvegarde
du patrimoine