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Toute limite est un seuil qui élargit l’espace indéfiniment. Toute frontière est une zone de contact qui s’ouvre sur l’Autre.
Clôturant la saison consacrée au thème de Fata Morgana et ouvrant sur un nouveau thème consacré au statut de l’objet,
Synapsen rassemble un ensemble original d’œuvres, voiles, tentures et rideaux, de l’artiste allemande Isa Melsheimer
(*1968, vit et travaille à Berlin). Ainsi paré de maintes limites, frontières et seuils, comme autant de cloisons mouvantes
dressées dans ses espaces, l’ikob sera habité d’une multitude de stimuli.
Membranes sur lesquelles s’accroche l’image, proche et lointaine, spatiale et installative, les « rideaux » de Melsheimer
jouent de la transparence et de l’opacité, ouvrant et fermant des espaces, dévoilant ce que la surface a à nous dire des
profondeurs. Loin d’être de simples ornements, les images que l’on trouve brodées, cousues, rapiécées, repassées sur
les pans de tissus sont soit arrachées au flot discontinu des images médiatiques qui nous entourent Ŕ et souvent
marquées par une certaine violence Ŕ, soit empruntées au registre des topographies architecturales. Proches, elles nous
parlent de notre environnement quotidien, de sa précarité et de son anachronisme ; lointaines, elles nous montrent
l’urgence des catastrophes et des béances qui se forment à la surface du monde : gouffres provoqués par l’effondrement
de routes, trous perlés, boat people errant dans une mer de tissu, maison fantôme encerclée de bretelles d’autoroute
refugiée dans l’angle d’un matelas, etc.
En effet, accrochées sur les voiles et rideaux comme sur des toiles d’araignée, ces images ont une qualité transitoire et
possèdent une inquiétante actualité, à la fois familière et étrangère. Les ombres et les traces sont d’ailleurs
omniprésents dans l’œuvre « brodée » de Melsheimer. Dans Vorhang (Eule), les traces d’humidité forment comme une
masse d’air entourant la chouette en plein vol, tandis que son ombre vient se nicher au sol dans les plis du rideau. Le
voile lui-même semble ainsi porter le vol de l’oiseau. Il faut dire que le « rideau » est lui même un monde, un
microcosme, voire un univers, habité par des êtres résidant dans les transparences, les jeux de lumières, les effets de
matières et les plis et replis du tissu. Et, ce monde, zone de contacts synaptiques en l’excellence, ne se laisse pas
appréhender si facilement. Car, littéralement tendu dans l’espace et parcouru par de multiples signaux transmettant des
informations d’un côté et de l’autre de son étendu, il est animé par un mouvement incessant qui le constitue comme un
espace ouvert et « volage ».
Par conséquent, œuvres auratiques en l’excellence, les « rideaux » de Melsheimer ne sont pas que des voiles Ŕ dans le
rôle défini par Walter Benjamin lorsqu’il évoque la notion d’Aura Ŕ, puisqu’ils ne font pas que voiler un objet qui se
trouverait au-delà, mais sont simultanément le voile et l’objet. Ainsi, de par sa complexité visuelle et cognitive, cette série
nous fait appréhender le décloisonnement fondamental des catégories et des genres symptomatique de l’art
contemporain. En effet, ni peinture, ni sculpture, ni objet, ni espace, ces œuvres sont tout cela à la fois. Ce sont des
peintures puisqu’elles accueillent bel et bien une composition colorée sur une toile ; ce sont des sculptures du fait de leur
tridimensionnalité ; ce sont des objets car composées d’étoffes, brodées, teintées, rapiécées et affublées de tringles,
elles sont reconnaissables en tant que rideaux ou tentures ; et, enfin, ce sont des espaces car utilisées comme des
cloisons, elles en délimitent les contours. Le spectateur ne se trouve pas dès lors face à une sculpture, une peinture ou
un objet, mais bien au sein d’un espace mouvant. En cela, si on peut voir le textile comme un médium artistique, auquel
l’artiste a recours de manière récurrente depuis 2008 et qui dispose d’une longue histoire associée à celle de la broderie,
de la tapisserie et de la mode, son usage repose moins ici sur l’idée d’une réunion, largement accomplie, de l’art
populaire ou des arts appliqués avec le grand Art, que sur la formidable extension, voire explosion, du champ artistique
constitutive de l’art contemporain (Même si la réunion a anticipé l’élargissement des années 60).
Que ce soit dans la forme comme dans le fond, cette œuvre nous parle ainsi des frontières, qu’il faut franchir, et des
seuils Ŕ ces zones de non-lieux selon Marc Augé ou ces zones de transit selon Foucault Ŕ qu’il faut toujours déplacer
pour découvrir la richesse de ce qu’ils délimitent.
Maïté Vissault
(Textes additionnels, en allemand et en anglais, sur Isa Melsheimer sur demande : [email protected])
Le douzième travail d’Adrien Tirtiaux (exposition à l’ikob 31.08. au 16.10. 2014) a consisté à dessiner toute
la collection de l’ikob, soit près de 300 oeuvres de tailles et de médiums forts différents. Ainsi reproduite et
traduite sur feuille volante, la collection dessinée s’ouvre sur un autre espace créatif, celui qui habite
l’imaginaire du musée et de l’artiste qui en est l’auteur.
1968
1991-97
1999
2001
2002
2002
2005
2007
2008
2010
2012
2013
née à Neuss, Allemagne. Vit et travaille à Berlin
Études à la HdK Berlin, élève-maître dans la classe de Georg Baselitz
Bourse du Künstlerhaus Schloß Balmoral, Bad Ems
Bourse du Schloß Plüschow, Mecklenbourg
Bourse de la Stiftung Kulturfonds, Berlin
Glenfiddich Förderpreis für Junge Kunst
Bourse The Chinati Foundation, Marfa, Texas
Bourse Civitella Ranieri Foundation, Umbertide, Italie
Bourse de travail Senatsverwaltung für Wissenschaft, Forschung und Kultur, Berlin
Résidence Villa Aurora, Los Angeles
Bourse Berliner Senat pour Istanbul
Prix d’art Stadt Nordhorn 2008
Fondation Kunstfonds Bonn Projektzuschuss
Institut für Auslandsbeziehungen e. V., Ausstellungsförderung
Bourse de séjour, Goethe-Institut Lisabonne, Portugal
Bourse de séjour, Deutsche Akademie Rom Villa Massimo
Expositions individuelles
2015
2014
2013
2012
2010
2009
2008
2007
2006
2005
2004
2003
2002
2001
2000
„Kontrastbedürfnis” Ernst Barlach Haus, Hambourg
„Synapsen” ikob Ŕ Museum für Zeitgenössische Kunst, Eupen, Belgique
„Times are hard, but Postmodern“ Galerie Jocelyn Wolff, Paris
PKM Gallery Project Exhibitions, Seoul, Corée du Sud
„Plant Hunters“, Galerie nächst St. Stephan Rosemarie Schwarzwälder, Vienne
„A green Archipelago“ Galerie Esther Schipper, Berlin
„Vermilion Sands and other Stories from the Neon West”, Santa Monica Museum of Art,
Los Angeles
„Dachgarten“, Galerie Jocelyn Wolff, Paris
„Mittelland“, Kunsthaus Langenthal, Suisse (avec Daniel Robert Hunziker)
„Wuchern“, Foyer der Vertretung des Landes Niedersachsen, Berlin
Carré d’art Ŕ musée d’art contemporain, Nîmes, France
„Das Durchdrehen der Schraube“, Galerie Barbara Wien, Berlin
„Land aus Glas“, Galerie nächst St. Stephan Rosemarie Schwarzwälder, Vienne
Städtische Galerie Nordhorn, Nordhor
„Fremdenzimmer“, Stiftung Arp Museum Bahnhof Rolandseck, Rolandseck
Mönchehaus Museum, Goslar
„Hyperboloïde“, Galerie Jocelyn Wolff, Paris
„Tiefes Rauschen“, Guestroom Galerie Mark Müller, Zurich
„Das Queens Hotel heißt jetzt Best Western“, Galerie Barbara Wien, Berlin
dépendance, Brüssel
„Wuchern“, Art Statement, Art 37 Bâle
„Geliehene Landschaften“, Galerie Nächst St. Stephan, LOGIN, Vienne
Galerie Jocelyn Wolff, Paris
The Chinati Foundation, Marfa, Texas
„corridors”, Bonnefantenmuseum, Maastricht, Pays-Bas
Kunstverein Arnsberg, Arnsberg
Projektraum Rosenthaler 11, Berlin
Kunstraum München, München
„Behausung“, Galerie Barbara Wien, Berlin
Expositions collectives (sélection)
2014
„Jäger & Sammler in der zeitgenössischen Kunst“ Museum Morsbroich, Leverkusen
„Was Modelle Können“, Museum für Gegenwartskunst, Siegen
„Backdoor Fantasies”, KAI 10 | Arthena Foundation, Düsseldorf
„Rapunzel & Co. Von Türmen und Menschen in der Kunst“ Stiftung Arp Museum Bahnhof
Rolandseck
2013
2012
2011
2009
2008
2007
2006
2005
2004
2003
2001
„Widersprüchliche Konturen / Räume und Zwischenräume“, Märkisches Museum Witten
„Fata Morgana“ ikob Ŕ Museum für Zeitgenössische Kunst, Eupen, Belgique
„Macht. Wahn. Vision. Der Turm und urbane Giganten in der Skulptur“, Städtische Museum
Heilbronn
„HANDARBEIT Material und Symbolik“, Museum Kunst der Westküste, Alkersum/ Föhr
„f*******! towards new perspectives on feminism“, Espace Surplus, Berlin
„Garden of Eden“, Palais de Tokyo, Paris
„30 Künstler / 30 Räume“ Neues Museum, Nuremberg
„Mondes inventés, Mondes habités“, MUDAM Luxembourg
„Innenwelten“, Museum Kunst der Westküste, Alkersum/ Föhr
„Pamphile Show #3“, Sammlung Falckenberg, Hamburg2010 „(re)designing nature", Künstlerhaus, Wien
„Solde migratoire“, Biennale de Belleville, Paris
„FischGrätenMelkStand“, Temporäre Kunsthalle Berlin, Berlin
„KölnSkulptur5“, Skulpturenpark Cologne
„Neulicht am See“, Maschsee, Hannovre
„Le Travail de Rivière”, Centre d’art contemporain d’IvryŔle Crédac, Ivry-sur-Seine,
France
„On Produceability“, Alti Aylik, Istanbul, Turkey; Lizabeth Oliveria L.A., Los Angeles
„M for M”, Time Festival, S.M.A.K., Gent, Belgique
„The Thread”, International Exhibition of Contemporary Art, Gallery of Fine Arts, Slovenj
Gradec, Slovénie
„Gegenstände”, Badischer Kunstverein, Karlsruhe
„Asterism”, Artists Living in Berlin, Museo Tamayo Arte Contemporáneo. Mexico City
„36 x 27 x 10“, White Cube Berlin im ehemaligen Palast der Republik, Berlin
„Lichtkunst aus Kunstlicht“, ZKM Zentrum für Kunst und Medientechnologie, Karlsruhe
„The built, the unbuilt, and the unbuildable”, Overgaden Institut for Samtidskunst,
Copenhague
„un-built cities“, Bonner Kunstverein, Bonn
„Small talk Ŕ Performative Installation #2”, Lily van der Stokker, Museum Ludwig, Cologne
„new Heimat“, Frankfurter Kunstverein, Frankfurt am Main
Œuvres dans collections publiques
Arp Museum Bahnhof Rolandseck, Rolandseck
Bonnefanten Museum, Maastricht, Pays-Bas
CNAP Centre national des arts plastiques, France
Carré d’art- Musee d’art contemporain de Nîmes, France
Europäisches Patentamt, Munich
Künstlerhaus Schloß Balmoral, Stiftung Rheinland-Pfalz, Bad Ems
MuDam, Luxembourg
Museum Ludwig, Cologne
Sammlung Gilles Fuchs, Paris
Sammlung Falckenberg, Hambourg
S.M.A.K. Stedelijk Museum voor Actuele Kunst, Gent, Belgique
Projets
2014
2011
THE BEE TREASURE, Internationales Sommerfestival 2014, Kampnagel Hamburg
Direction artistique, chorégraphie: Barbara Schmidt Rohr
Installation, équipement, costumes: Isa Melsheimer
Chorégraphie: Frank Willens, Maria F. Scaroni
Dramaturgie: Thomas Schaupp
Musique/Son: Richard von der Schulenburg
EXPEDACTION: Le Corbusier, Pierre Jeanneret, Charlotte Perriand, 032c Workshop, Berlin
avec Arno Brandlhuber et Christopher Roth
VISUELS DISPONIBLES (sur demande: Ingrid Mossoux | [email protected] | +32 87 56 01 10)
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