SEQUENCE 3 : l`entrée en scène des héros

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SEQUENCE 3 : l`entrée en scène des héros
SEQUENCE 3 : l’entrée en scène des héros
Séance 1 : Jacques Le Fataliste
 Approfondissement
Le roman « Jacques le Fatatliste » peut s’apparenter à ce qu’on appelle le roman picaresque. En effet, nous retrouvons
dans le livre de Diderot certains motifs du roman picaresque : tout d'abord, l'objet du récit cadre (récit cadre synonyme
de récit principal) est celui du voyage de Jacques et de son maître, voyage sans véritable but. Ils dorment parfois à la
belle étoile ou font des haltes dans des auberges plus ou moins douteuses où des péripéties les attendent. Mais pour
autant, Jacques ne ressemble pas vraiment à un picaro, s'il porte un regard critique sur la société et sur sa situation de
valet, il n'en demeure pas moins qu'il est très conformiste et n'aspire pas vraiment au changement. Il se trouve bien
comme il est.
1) Le roman picaresque
a) Origines
Le roman picaresque a connu un grand succès en France et s'est développé surtout au 18ème siècle : ce genre né en
Espagne met en scène un héros d'origine modeste, un personnage débrouillard, le picaro (le coquin en espagnol), qui
parti de rien, essaie de sortir de son état et de gravir les échelons de la société : le héros picaresque aime les aventures
et côtoie tous les milieux sociaux. On suit ce personnage depuis sa naissance jusqu'à la fin de sa vie.
Ce genre romanesque nous permet de découvrir la société de l'époque, il met en scène de nombreux personnages et a
une fonction critique. Le premier roman qui inspira tous les autres fut écrit au 16ème siècle, en Espagne, par un auteur
inconnu et s'intitule : La vie de Lazarillo de Tormes... Ce roman est rédigé à la première personne et a donc une
apparence d'œuvre autobiographique.
b) Gil Blas de Santillane de Lesage
En France, René Lesage recueille cet héritage et écrit un des premiers romans picaresques français : Gil Blas de
Santillane, un roman fleuve aux multiples péripéties et rebondissements. Gil Blas naît en Espagne d'un père écuyer et
d'une mère femme de chambre. Ainsi le héros est confronté à toutes sortes de personnages hauts en couleurs issus de
milieux très divers : nobles, prélats, voleurs, domestiques, médecins.
c) L’intérêt du roman picaresque
C'est l'occasion de faire une satire acerbe et amusante de ces différentes catégories sociales : on perçoit la cupidité des
plus riches, l'incompétence des médecins, les ruses des voleurs ....
Le héros n'a qu'une envie : échapper à ses origines modestes, pour ce faire, on le voit choisir et marchander chez un
fripier des vêtements de noble en velours, brodé d'or : il est ébloui par cet habit qui lui donne l'illusion de sortir de son
rang.
Le réalisme de cette œuvre mêlé à un humour constant apporte une vivacité à la lecture.
A travers ce personnage, on voit aussi une revendication du petit peuple qui rêve à plus de justice sociale, plus d'égalité
Le roman picaresque représente bien les aspirations de la bourgeoisie à jouer un rôle plus important dans la société.
2) Le fatalisme
Le fatalisme est un système qui affirme le fatum (que ce qui doit arriver, arrive) et devant lequel les hommes ne
peuvent intervenir ni par leur décision ni par leur action. Il s’agit, alors, de montrer pour Diderot que le fatalisme
s’oppose nécessairement à la liberté. Il y a donc une forme de stoïcisme qui s’opère puisque l’homme doit accepter ce
qu’il lui arrive.
Le déterminisme considère qu’il y a un ordre des faits suivant lequel les conditions d'existence d'un phénomène sont
déterminées, fixées absolument ; de telle façon que ces conditions étant posées, le phénomène ne peut pas ne pas se
produire. Le déterminisme pose ainsi la nécessité inéluctable de l’enchaînement causal, mais seulement si la situation
donnée est telle que ce qui est déterminé à se réaliser puisse s’exprimer.
Cette doctrine déterministe est affirmée avec une rare constance par Diderot, depuis la Lettre sur les aveugles jusqu'au
Rêve de d'Alembert. La formulation la plus nette se trouve dans la lettre à Landois du 29 juin 1756 :« Regardez-y de
près, et vous verrez que le mot liberté est un mot vide de sens; qu'il n'y a point, et qu'il ne peut pas y avoir d'êtres libres;
que nous ne sommes que ce qui convient à l'ordre général, à l'organisation, à l'éducation, et à la chaîne des événements.
Voilà ce qui dispose de nous invinciblement. On ne conçoit non plus qu'un être agisse sans motif, qu'un des bras d'une
balance agisse sans l'action d'un poids; et le motif nous est toujours extérieur, attaché ou par une nature ou par une
cause quelconque, qui n'est pas en nous. » Pourtant ce problème de la liberté ne cesse de questionner le philosophe,
sensible à la distance qui sépare un système abstrait d'un comportement quotidien, et nous pouvons voir que Jacques le
Fataliste apparaît souvent comme une contestation du déterminisme.

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