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16
No le magazine
des sciences et
des technologies
d’altran
www.altran.com
altitude
Quel arseNal
thérapeutique
pour
demain ?
NEWS p. 13 W[í]ng, presque aussi léger que l’air / Fondation Altran : la Fondation fait peau neuve HIGH-TECH p. 17 Quel arsenal
thérapeutique pour demain ? PEOPLE p. 28 Expertise : Projet offshore et international auprès du Groupe AG2R LA MONDIALE /
Campus : AEA 2009, une femme au sommet ! / Portrait : Dr David Foster, médecin devenu scénariste de la série Docteur House
/édito/
/sommaire/
news 04
04
L’innovation a la santé
Dans le dernier numéro d’Altitude,
Yves de Chaisemartin nous rappelait
que la recherche se devait de répondre
aux besoins essentiels de l’être humain :
se nourrir, se loger, se soigner…
Le magazine que vous tenez entre vos
mains s’intéresse à ce dernier point en se
penchant sur les avancées récentes et les
futures tendances en matière de traitement :
quel arsenal thérapeutique pour demain ?
> 04 Observer les
profondeurs de l’espace
Filiale du groupe Altran,
Cambridge Consultants participe
au développement du plus grand
télescope du monde.
> 10 Faciliter le
pèlerinage de La Mecque
Altran AIT contribue à un vaste
projet de construction qui répond
aux contraintes d’affluence liées
au grand pèlerinage annuel.
> 13 Presque aussi
léger que l’air
Altran Pr[i]me a imaginé un
concept d’avion-taxi, W[i]ng,
permettant le transport rapide
de personnes à coût modéré.
high-tech 17
Le groupe Altran, via son périmètre EILiS (Energy, Industry
and Life Sciences), contribue à cette dynamique d’innovation
en accompagnant des projets aussi variés que la mise au point
d’une nouvelle génération de cœur artificiel ou le développement
d’automates de diagnostic médical simultané. Vous retrouverez ces projets
dans les pages suivantes, mais la liste est encore longue : transmission
des données d’un pacemaker vers un iPhone, fiabilisation de la seringue
sans aiguille, essais cliniques d’alicaments anticancéreux…
Autant de pistes sur lesquelles la recherche peut s’engager, et les experts
Altran ne manqueront pas de l’accompagner dans les années à venir.
Certains le feront au sein d’Altran Research, une nouvelle structure mise
en place début 2009, et que nous vous présentons dans ce numéro (p. 26).
En développant un secteur de recherche en compte propre, nous mobilisons
nos consultants, riches d’expériences industrielles diverses et de
compétences transverses, autour de sujets qui seront critiques pour nos
clients et le monde de demain. C’est cela aussi, le conseil en innovation.
Pascal Brier
Directeur général adjoint
02
Altitude n°16
2, rue Paul Vaillant-Couturier
92532 Levallois-Perret Cedex
www.altran.com
[email protected]
> 17 Quel arsenal thérapeutique pour demain ?
Tour d’horizon des principales technologies de ruptures qui promettent de révolutionner
prochainement la prise en charge des patients : traitements d’un nouveau genre, design
optimisé pour appareils médicaux, simulations numériques, patient virtuel, etc.
Altitude n°16
Directeur de la publication :
Pascal Brier
Rédacteur en chef :
Benoît Repoux
Rédaction :
Benoît Repoux, Martin Bellet, Laura
Houeix, Émilie Tran Phong
Conception et mise en pages :
01 77 45 86 88
Responsable d’édition :
Émilie Tran Phong
Direction artistique :
David Corvaisier, Franck Widling
Maquette :
Franck Widling
Secrétariat de rédaction :
Anne Placier
Crédit couverture :
Jupiter Images
Fabrication :
Sylvie Esquer
Impression :
Imprimerie Vincent
Dépôt légal :
Septembre 2009
ISSN : 1767-9974
Altitude (Paris 2003)
people 27
> 28 projet offshore et international
d’entreprise en période de crise auprès du groupe AG2R La Mondiale
> 27 La gouvernance
Tribune de Pierre Calvanese, directeur
IT Stratégie & Organisation chez
Altran CIS, présentant les enjeux de
la gouvernance en période de crise.
Altran CIS a été sollicité par le groupe d’assurance
AG2R LA MONDIALE pour la réalisation de son site web
institutionnel et le lancement de sa toute nouvelle identité.
Le projet, au forfait, a été mené en partie en offshore.
Si vous souhaitez vous abonner à Altitude, rendez-vous sur le site altran.com
Altitude n°16
03
news
Espace
520 jours en mission martienne
altran publication
Les machines parlent
aux machines
L’Homme marchait
sur la Lune
Les six volontaires
qui viennent de
passer 105 jours
en isolement :
les cosmonautes
Serguei Ryazansky
et Oleg Artemyez,
le médecin Alexei
Baranov, l’expert en
physiologie du sport
Alexei Shpakov, le
pilote d’Airbus A320
Cyrille Fournier
et l’ingénieur en
mécanique Oliver
Knickel.
« Un petit pas pour l’homme, mais un bond de
géant pour l’humanité. » Le 21 juillet 1969, près
de 450 millions d’auditeurs et de
téléspectateurs ont assisté en direct à
l’événement : l’astronaute Neil Armstrong
foulait pour la première fois le sol lunaire, suivi
du pilote Buzz Aldrin. Les Américains
réussissaient ainsi le pari, lancé huit ans plus
tôt par le président Kennedy, de poser un pied
sur la Lune avant la fin des années 1960.
Un peu comme monsieur
Jourdain, nous utilisons
tous du M2M sans le
savoir ! Le M2M (pour
Machine to Machine)
est un marché en plein
essor, et ses usages
se sont déjà largement
répandus parmi nous,
parfois depuis
plusieurs années.
De plus en plus de
machines de notre
environnement
communiquent entre
elles pour notre
bien-être et notre
confort : télépéage,
gestion de flotte,
télémaintenance,
etc. Qu’est-ce qui
se cache derrière
le M2M ? Quels
concepts ? Quels
enjeux ? Pour quels
usages ? Vous le saurez en lisant la dernière
édition du Kaliste d’Altran Télécoms & Média.
Pour en savoir plus: [email protected]
ESA
Six volontaires – quatre Russes, un
Allemand et un Français – s’apprêtent à
rester confinés 520 jours dans un
simulateur spatial de 550 m3 dépourvu
de fenêtres. Organisée par les agences
spatiales russe et européenne dans
le cadre de leur programme Mars500,
l’expérience, qui devrait commencer
début 2010, vise à simuler un vol habité
vers Mars. 520 jours, c’est en effet le
temps nécessaire pour aller sur la planète
rouge, y rester un mois et en revenir.
Une autre équipe de six volontaires avait
déjà testé les effets psychologiques et
physiologiques de l’isolement pendant
105 jours entre avril et juillet. Cette fois,
il s’agira de simuler au plus près du réel
une mission martienne. Les participants
ne chômeront pas : ils réaliseront
des expériences en télémédecine,
microbiologie, immunologie, physiologie
et psychologie. Et ils seront soumis
Il y a 40 ans
à toute une série de simulations liées
au déroulement du vol : lancement,
voyage aller de 250 jours, arrivée
et atterrissage sur Mars, expériences
scientifiques sur place pendant un mois,
redécollage et voyage retour de 240 jours.
Sans oublier les simulations de situations
d’urgence et les délais rallongés
(jusqu’à 20 minutes) dans la transmission
des communications.
Pour en savoir plus :
www.esa.int/SPECIALS/Mars500/index.html
altran Astronomie
Filiale du groupe Altran,
Cambridge Consultants
a signé un accord-cadre
avec l’université d’Oxford
afin de lui fournir services
(design) et conseils
(industrialisation) dans
le cadre du programme
04
Altitude n°16
Square Kilometre Array
(SKA), projet international
qui vise à développer le plus
grand télescope au monde.
Une fois achevé en 2020
en Australie ou en Afrique
du Sud, le radiotélescope
SKA sera des milliers de
fois plus puissant que les
équipements existants.
Avec une zone de captation
d’un million de mètres carré,
les scientifiques pourront
observer les profondeurs de
l’espace, se pencher sur les
débuts de l’univers, tester
la théorie de la relativité
d’Einstein, en savoir plus
sur la matière noire et
même chercher des traces
de vie extra-terrestre. Pour
permettre cela, le télescope
devra être extrêmement
sensible sur l’ensemble
d’un énorme champ de
vision instantanée. Le noyau
compact de l’instrument
comprendra plus de la
moitié des antennes du
radiotélescope et les
moyens informatiques
nécessaires au traitement
des signaux reçus.
Des stations annexes
rayonneront ensuite
à travers le continent,
jusqu’à 3 000 kilomètres
de là. Les consultants de
Cambridge Consultants
devront répondre à la
question complexe du
conditionnement et du
traitement des signaux
captés par les 40 millions
d’antennes du SKA,
tout en dépensant aussi
peu d’argent et d’énergie
que possible…
Pour en savoir plus :
http://www.skatelescope.org
altran Création
Altran CIS, précurseur
des innovations de demain
Jupiter Images
Xilostudios
Observer les profondeurs de l’espace
Altran CIS promeut l’innovation à travers la création de deux
laboratoires : Innovation Way, du périmètre Télécoms &
Média, et le Club de l’Innovation, du périmètre Altran Financial
Services. Il s’agit de proposer à nos clients de nouveaux relais
de croissance à travers des produits, services, ou procédés
innovants, ouvrant la voie aux évolutions de marché. Ces deux
laboratoires ont une vocation commune de création de valeur.
Altitude n°16
05
news
06
Altitude n°16
Un yaourt
contre
la grippe ?
Cambridge Consultants
couronné par la Reine
Remplacer les piqûres de vaccin par
des yaourts à boire ou des smoothies :
telle est la perspective alléchante que
nous laissent entrevoir des chercheurs
américains de la Feinberg School of
Medicine (Northwestern University).
Ces derniers testent actuellement des
ferments de yaourt – ou probiotiques –
modifiés de manière à exprimer les
antigènes présents à la surface d’un
virus et à déclencher, de ce fait, la
production d’anticorps contre lui dans
l’organisme. Si l’équipe a surtout
travaillé sur le virus de l’anthrax, la
technique peut s’appliquer à d’autres
agents infectieux.
En plus de plaire aux patients les plus
douillets, le vaccin oral obtenu
présente plusieurs avantages. Déjà,
il est peu coûteux. Et, comme il n’est
plus injecté dans le muscle, mais
atterrit directement dans l’intestin, qui
est l’une des premières barrières
immunitaires du corps, son action est
renforcée. En outre, sa fabrication ne
nécessite plus l’ajout de produits
chimiques comme l’aluminium ou le
mercure, souvent suspectés de
déclencher des maladies
neurologiques. Les travaux,
récemment publiés dans la revue
Proceedings of National Academy of
Science, ne parlent pas, en revanche,
du goût de ces yaourts…
Pour en savoir plus :
www.feinberg.northwestern.edu
Cette filiale anglaise du groupe
Altran a reçu le Queen’s
Award for Enterprise,
l’une des plus
prestigieuses distinctions
du Royaume-Uni pour
les entreprises, dans
la catégorie Commerce
international. Une
reconnaissance de la forte
croissance de son chiffre d’affaires
hors des frontières. La société, qui
fêtera l’année prochaine ses 50 ans
d’activité, est implantée des deux
côtés de l’Atlantique, à Cambridge
(Royaume-Uni) et Boston (États-Unis).
Ses 300 ingénieurs, scientifiques et
designers s’appliquent à créer des
solutions technologiques innovantes
pour l’industrie pharmaceutique, les
transports, le sans-fil… En 2008,
l’exportation a constitué plus de 70 %
des activités de la société, un tour de
force rendu possible par la
réputation de Cambridge
Consultants quant à sa
capacité d’aider ses
clients (startups ou
multinationales) à mettre
leurs produits sur le
marché au plus vite tout
en conservant un avantage
compétitif.
Parmi les dernières innovations de
Cambridge Consultants : un système
de détection de piétons embarqué
dans les voitures et visant à éviter les
collisions, un système d’administration
et de dosage de l’insuline sans
contact, une imprimante Bluetooth
format poche, ou encore des lunettes
intelligentes pour les athlètes qui
affichent des informations sur leurs
paramètres vitaux.
Pour en savoir plus :
www.cambridgeconsultants.com
altran Congrès
Un partenariat
contre
le cancer
Les 3 et 4 septembre 2009 a
eu lieu à Toulouse le premier
congrès oncologique
organisé par le pôle Cancer Bio-Santé de Toulouse et
l’Oslo Cancer Cluster, réunis
au sein du partenariat
European Cancer Cluster.
Altran y a participé aux côtés
de plusieurs leaders et
sponsors (MSD, BMS, PF,
Sanofi, Astra Zeneca, GE
Healthcare…), de
nombreuses PME et
40 investisseurs.
Plus d’informations sur
www.eccp2009.com
Lutte contre la douleur
Anesthésie locale longue durée
altran Base de données biologiques
À quand la culture de la truffe
grâce au projet d’Altran CIS ?
Pour le compte de l’Institut Pasteur, Altran CIS constitue
le premier catalogue référençant l’ensemble des
micro-organismes connus (bactéries,
champignons, virus…), accessible via une plateforme Web. Ce projet, financé par le ministère
français de la Recherche, permettra aux
chercheurs spécialisés de dix instituts français
(parmi lesquels des instituts et hôpitaux
universitaires, l’Institut national de la recherche
agronomique, le Muséum national d’histoire
naturelle) de partager le fruit de leurs travaux et de
faire avancer la recherche.
Des chercheurs de l’hôpital
pédiatrique de Boston ont
développé un anesthésiant
local à effet longue durée
qui pourrait révolutionner le
traitement de la douleur, en
particulier pendant et après
une opération chirurgicale.
Ils ont pour cela
emprisonné le produit
anesthésiant dans de
minuscules vésicules de
graisse. Ces liposomes,
parce qu’ils ont une
structure proche de celle
des membranes cellulaires
du corps humain, peuvent
fusionner avec elles pour y
libérer durablement le
traitement. Et ce, sans effet
toxique pour les tissus
environnants.
Le traitement a été testé
BSIP
La dialyse est un processus
de purification du sang par un
appareil, utilisé lorsque les reins
ne fonctionnent plus. Altran Italy
s’est penché sur le développement
complet d’un appareil de dialyse
innovant, depuis le cahier des
charges jusqu’à la validation des
aspects mécaniques, matériels et
logiciels.
Plusieurs avancées ont été faites
ces dernières années, mais les plus
significatives concernent le design et
le développement du processus de
désinfection du circuit hydraulique
de l’appareil. Ce processus critique
a pour but l’élimination, par l’action
de produits chimiques et de la
chaleur, des bactéries et autres
substances accumulées entre
chaque traitement. La solution
chimique est composée d’eau et de
désinfectant, dilué selon un ratio
précis ; elle demeure en contact
avec les composants hydrauliques
pendant le temps nécessaire à la
garantie d’une désinfection optimale.
Les bactéries sont également
combattues avec de l’eau chaude,
jusqu’à 100 °C, qui coule dans ce
même circuit. Le développement
de ces deux solutions demande
la maîtrise de divers savoir-faire
comme la dynamique des fluides,
pour le dessin, et la programmation,
pour son implémentation.
Auparavant, Altran Italy n’avait jamais
travaillé dans ce champ d’action,
mais grâce à ses connaissances
dans d’autres secteurs, comme
le ferroviaire et l’automobile,
la société a su relever ce défi et
apporter un réel soutien à Gambro
Dasco, spécialiste de la dialyse
depuis quarante ans. Sauver des vies
humaines, c’est ce qui a motivé les
consultants Altran impliqués dans
l’amélioration de ce produit.
altran Queen’s Award for Enterprise 2009
Jupiter Images
Rendre la dialyse
plus sûre
Vaccins
BSIP
altran Dispositif médical
avec succès sur des rats :
injecté dans le nerf sciatique,
l’anesthésiant a pu en
bloquer les transmissions
nerveuses pendant
quarante-huit heures, et il n’y
a pas eu de dommage
collatéral sur les nerfs et
muscles alentour. Des essais
cliniques pourraient être
lancés prochainement, mais
l’équipe cherche auparavant
à optimiser la formulation de
son produit pour un effet
plus longue durée encore.
Pour en savoir plus :
www.childrenshospital.org
Altitude n°16
07
news
Nucléaire
Véhicule électrique
Faites l’électricité,
pas la guerre
Un bus qui se recharge
en 10 secondes
altran Électricité verte
Clément Perrotte
La géothermie
efficace même
à moyenne
température
Jupiter Images
Comment vendre et exporter
en toute sécurité des centrales
nucléaires sans prendre le risque
d’une prolifération des armes
atomiques dans le monde ?
Réponse : en ajoutant au combustible
utilisé une infime quantité – de l’ordre
de 0,1 % – d’americium 241.
Ce métal se trouve, comme
le plutonium, dans la composition
des déchets nucléaires. Déjà utilisé
de façon courante dans la fabrication
de détecteurs de fumée, il aurait
ici la propriété de « désamorcer »
le plutonium. En sa présence,
en effet, le plutonium produit lors
de la réaction nucléaire prend
une forme non fissible, impropre
à tout usage militaire. Il conserve
néanmoins les caractéristiques
suffisantes pour être recyclé,
comme aujourd’hui, en combustible
civil.Cette solution, mise au point
par des chercheurs de l’université
Ben-Gourion du Néguev, en Israël,
est suivie de près par les pays
membres de l’Agence internationale
de l’énergie atomique (AIEA).
PVI
33 milliards
de kWh
À chaque arrêt, il profitera du temps
de montée et descente des
passagers pour recharger ses
batteries. Grâce à un bras articulé
qui le raccordera à l’Abribus, le
nouveau concept de bus proposé par
la société française PVI, baptisé
Watt*, pourra recevoir en quelques
secondes un « shoot » électrique de
300 kW, soit l’énergie nécessaire
pour atteindre la station suivante. Le
système ne nécessiterait pas une
lourde infrastructure. Il suffirait
d’équiper des bus classiques de
supercondensateurs capables de
distribuer et stocker l’énergie, et les
arrêts de bus d’une installation
C’est la consommation annuelle
d’électricité liée aux « spams », selon
une étude de la société spécialisée
dans la sécurité informatique McAfee.
Une consommation équivalente à
celle de 2,4 millions de foyers
américains, qui produirait autant
de gaz à effet de serre que
3,1 millions de voitures.
Chaque courrier indésirable envoyé
émettrait 0,3 g de CO2, soit autant
qu’un mètre de déplacement en
voiture. Mais, multiplié par le nombre
de spams envoyés par an dans
le monde – 62 milliards en 2008 –
cela équivaut à faire 1,3 million
de fois le tour de la Terre.
électrique de 12 kW. Des batteries
additionnelles compléteront
néanmoins le dispositif, au cas où un
incident de parcours se produirait et
retarderait l’arrivée au prochain
arrêt. Avec un prix au kilomètre de
0,10 €, contre 0,50 € pour un bus
Diesel, Watt pourrait rapidement
séduire les collectivités. Premier test
grandeur nature prévu en 2011 à
Valenciennes, dans le nord de la
France. À condition que l’entreprise
arrive à maîtriser les émissions
d’ondes magnétiques au-dessus des
passagers.
Pour en savoir plus : www.pvi.biz
Enel, la société nationale
italienne d’électricité, a sollicité
Altran pour l’aider à trouver
un moyen de produire de façon
efficace de l’électricité grâce
à la géothermie basse enthalpie,
où la température de l’eau oscille
entre 30 °C et 90 °C.
En trois mois, l’étude par Altran
d’un cycle Rankine surcritique,
combiné à un revêtement
spécial, a permis d’augmenter
la production de 35 %.
Ce process est applicable
partout, permettant de mieux
exploiter les sources d’énergie
géothermique et d’envisager
l’ouverture d’une usine pilote
en Italie.
* Watt : Wireless alternative trolley technology
DÉPOLLUTION
Nanopièges en eaux troubles
Une montre qui donne l’heure,
quel ennui… La Montre Verte,
conçue avec la participation
des équipes d’Altran TEM, dispose,
elle, de capteurs gazeux et sonores
qui transmettent le niveau
de pollution à l’ozone et le niveau
de décibels d’un lieu à une plateforme de recueil des données.
Les informations transmises
par la montre sont géolocalisées
et temporalisées en fonction
des déplacements de l’individu
08
Altitude n°16
qui la porte. Les applications
de ce système sont nombreuses.
On peut ainsi imaginer disposer d’un
suivi environnemental accessible à
partir d’un site Web comme Google
Maps. En attendant cette couverture
globale, des discussions sont
engagées avec la Mairie de Paris
pour proposer à tous les citadins une
cartographie en temps réel de l’état
de la pollution environnementale et
sonore, rue par rue. Incontournable
pour avoir la green attitude !
Citizen-Press
La montre verte
Les nanoparticules trouvent
de plus en plus d’applications
industrielles. Elles entrent
déjà dans la composition de
cosmétiques, de peintures,
de pots catalytiques,
de raquettes de tennis…
Autant de produits qui,
en se dissolvant ou en
s’usant, voire lors de leur
fabrication, sont susceptibles
de libérer des nanopoussières
dans la nature. Pourtant,
les scientifiques sont toujours
incapables de statuer
sur le niveau de danger lié
à leur présence dans
l’environnement. Des
chercheurs du Centre
national de la recherche
scientifique (CNRS)
et de l’Institut national
des sciences appliquées
(Insa) de Toulouse, en France,
n’ont pas voulu attendre
qu’apparaissent les premiers
problèmes de pollution
ou de santé pour agir.
Afin d’anticiper les risques,
ils ont mis au point
une méthode capable
d’éliminer les nanoparticules
de l’eau. Encore en phase
de développement, ce filtre
pourrait être testé dès l’an
prochain sur des effluents
de stations d’épuration.
Il fonctionne sur la base
de procédés classiques
de traitement des eaux,
notamment sur la flottation.
Cela consiste à capturer les
nanoparticules, non solubles,
dans des bulles d’air pour
les emporter vers la surface,
où elles seront écumées.
BSIP
altran environnement
Altitude n°16
09
news
Située dans l’ouest de l’Arabie
saoudite, La Mecque accueille chaque
année des millions de pèlerins venus
du monde entier. Pour améliorer la
capacité d’accueil durant le Hadj, le
plus important pèlerinage musulman,
un consortium de constructeurs dont
fait partie le client d’Altran – un acteur
majeur du BTP – est en charge d’un
projet pharaonique : ériger 15 hôtels
de luxe de 35 à 52 étages afin de
faciliter le séjour et la circulation des
pèlerins. Ce projet couvre une
superficie de plus d’un million de
mètres carrés au cœur de la ville, et
une équipe d’une quinzaine de
consultants d’Altran AIT y travaille
depuis Paris et en Arabie Saoudite.
Outre l’ampleur de la tâche
et les délais de réalisation très serrés,
les défis résident surtout dans le
contexte religieux et environnemental
du site. Le projet, reparti sur six
zones, comprend quinze hôtels,
des espaces commerciaux, des
restaurants, une gigantesque salle de
prière, un centre de conférences, des
résidences et villas, des parkings…
Par Pascal de Lima, chef
économiste chez Altran CIS
Financial Services. Maître de
conférences à Sciences-Po Paris.
Le tout équivaut à la construction de
La Défense en trois ans, dans une
des zones les plus chaudes du
monde et dans un lieu sacré à forte
affluence, où les contraintes de
sécurité sont énormes. Exemple
d’aménagement lié à
ce contexte : pour éviter les effets
de foule, chacun des hôtels
comprendra en moyenne
18 ascenseurs afin que tout
le monde puisse descendre en moins
de 20 minutes à l’heure de la prière.
altran conférence
L’innovation au sommet au Brésil
Pour promouvoir sa présence sur le marché brésilien, Altran Brazil a organisé
un grand événement baptisé Innovation Conference. Afin de garantir la réussite
de l’entreprise, l’équipe organisatrice avait invité de grands noms tels Wim
Vanhaverbeke (coauteur du best-seller Open Innovation : researching a new
paradigm), Darrell Mann, Richard Harriman, Francisco Gallo Mejia (lauréat du
Prix 2008 de la Fondation Altran pour l’Innovation) et Francesco Pessolano
(de De Valck Consultants). Yves de Chaisemartin, Président-Directeur
général du groupe Altran, a ouvert la conférence et rencontré le président
du Brésil, Luiz Inacio Lula da Silva. « Les sociétés qui durent sont
celles qui innovent constamment. Nous sommes convaincus que ce
rassemblement va ouvrir les esprits, révéler des possibilités et générer
des opportunités », a commenté Patrick Dauga, Directeur exécutif
Amériques pour Altran.
La Commission européenne a rappelé
à l’ordre un certain nombre de pays
européens qui émettent des réserves
sur le principe de libéralisation des jeux
en ligne. Ainsi la France, l’Espagne
et le Portugal souhaitent conserver
leur monopole d’État sur ce marché.
Or, aucun pays ne peut passer
à côté de la manne économique
et fiscale que représente l’ouverture
à la concurrence. En effet, aujourd’hui,
plus de 6 millions de joueurs parient
déjà en ligne depuis un ordinateur basé
dans l’Union européenne.
Les champions dans ce domaine
sont le Royaume-Uni et Malte,
qui détiennent les sites les plus
fréquentés du marché.
En France, plus de trois joueurs sur
quatre parient sur des sites étrangers.
Ainsi, 75 % de cette activité échappe
aux deux entreprises qui en détiennent
le monopole en France – La Française
des jeux et le Pari mutuel urbain
(PMU) –, ce qui n’engendre ni impôt
ni croissance économique.
A contrario, l’Italie a démontré depuis
trois ans comment une fiscalité
incitative et une ouverture réelle
permettent d’engendrer de nouvelles
opportunités de croissance sur
le marché on line, qui a fait un bond
de + 40 % entre 2006 et 2008.
Ainsi, à l’aube de cette
déréglementation, Altran CIS a pris
le parti, depuis plusieurs mois déjà,
de développer au travers de son pôle
Innovation Labs une offre spécifique
sur le marché du gambling et du
e-gambling. Qu’ils s’appellent Barrière,
Partouche, Orange, SFR, PMU, Paris
Turf, voire même Française des jeux,
les attentes de nos clients ainsi
que leur business model diffèrent
sensiblement. Lancer un site de poker
on line, développer un PMU virtuel,
proposer des services de betting sur
terminaux… Autant de nouveautés
pour les nombreux joueurs français
professionnels ou simples amateurs.
C’est une loi naturelle de la
concurrence que d’inciter les différents
acteurs à quitter l’habit frileux de la
protection étatique pour s’engager
sur la voie de l’innovation
et de la plus grande satisfaction
des consommateurs.
Électronique
Micro-batterie imprimable sur cartes à puce
Moins d’un gramme pour
moins d’un millimètre
d’épaisseur et moins
de sept centimètres
de long. La nouvelle
génération de batteries
développée par l’institut
allemand Fraunhofer
est révolutionnaire.
Sans mercure ni substance
polluante, elles sont
capables de produire
1,5 volt chacune et peuvent,
placées en séries,
atteindre 3, voire 6 volts.
Surtout, elles sont
imprimables. Composées
d’une fine anode de zinc et
d’une fine cathode de
manganèse, ces batteries
peuvent être imprimées à
faible coût sur des surfaces
fines et souples – des
cartes à puces, par
exemple. Et ce, suivant la
même méthode que celle
utilisée pour
l’impression de
T-shirts :
une sorte de bec en
caoutchouc presse
une petite
plaque
recouverte
de « pâte à
imprimer »
sur le substrat qui est
recouvert d’un pochoir.
Seul bémol : comme les
couches sont très fines,
la cathode et l’anode se
déchargent assez vite.
Le dispositif ne peut donc
être utilisé que pour des
applications à durée de vie
limitée ou consommant
très peu d’énergie.
Pour en savoir plus :
www.enas.fraunhofer.de
Fraunhofer ENAS
En 2009, pour la première fois lors des
Microsoft TechDays, un Swiss .NET
Innovation Award a été décerné tout
spécialement à des logiciels innovants.
Le programme de gestion de
l’information et des ressources Altran
Information Manager a été distingué
dans cette catégorie à Berne, en Suisse.
Ce prix marque la reconnaissance de
développements SI particulièrement
innovants.
Dieter Werner, Manager Standard
Development et en charge de cette
nouvelle génération du logiciel : « Nous
sommes naturellement très satisfaits
que le nouvel Altran Information
Manager ait été retenu par le jury,
notamment pour ses aspects innovants.
C’était précisément un de nos objectifs
principaux avec ce nouveau concept
d’Information Manager : développer
une solution à la pointe du progrès,
qui intègre des technologies en devenir
et définisse de nouveaux standards,
le tout pour un meilleur service à nos
clients. »
Jeux en ligne : Vive la concurrence !
Faciliter le pèlerinage
de La Mecque
Jupiter Images
le Swiss .NET
Innovation Award
récompense un
logiciel Altran
altran note de conjoncture
altran Défi immobilier
BSIP
altran Prix
Altitude n°16
11
news
altran Automobile
Avec Altran, le courant passe
entre EDF et Toyota
Première sortie pour Solar Impulse
Vendredi 26 juin 2009,
depuis la base aérienne
de Dübendorf, en Suisse,
Bertrand Piccard, André
Borschberg et toute l’équipe
de Solar Impulse ont dévoilé
à la presse internationale le
Solar Impulse HB-SIA, premier
avion qui, avec son envergure
de 63,40 mètres, vise à voler
de nuit comme de jour sans
carburant. Depuis 2004,
Altran s’est engagé en tant
que partenaire officiel, avec
conviction et enthousiasme,
dans cette aventure technique,
technologique et humaine.
Altran et Solar Impulse,
c’est l’histoire de la rencontre
de passionnés qui mettent leur
talent et leur énergie en
commun pour faire qu’un rêve
devienne une réalité. Pendant
cinq années, des équipes
d’experts Altran – français et
internationaux – ont mis à
profit leur connaissance des
secteurs aéronautique et
énergétiques, ainsi que leurs
compétences en management
de projet et gestion des
risques au service de cette
formidable aventure humaine
et technologique.
Le groupe Altran est intervenu
sur différentes parties
du projet Solar Impulse,
notamment la réalisation
altran Brésil
Payer moins d’impôts
en innovant
Profitant de la “Lei do Bem”, une loi brésilienne qui offre
des réductions d’impôts aux entreprises qui investissent
dans la R & D, Altran Brazil a signé un contrat stratégique
avec l’un des acteurs principaux de la fourniture de
solutions technologiques aux constructeurs automobiles.
Grâce à ses activités innovantes, le client est 100 %
éligible, et les consultants Altran vont l’aider à réduire le
coût de ses projets de recherche jusqu’à 34 %.
12
Altitude n°16
d’un simulateur de mission
permettant à la fois
d’optimiser les différents
choix technologiques et
les paramètres de définition
de l’avion. Ce simulateur
permet également de
développer des stratégies
de vol, en incluant notamment
l’influence de la météo sur
le parcours. Défi complexe
mais captivant, puisqu’il
s’agit de traiter des milliers de
paramètres pour déterminer
le bilan énergétique exact
de l’avion (masses d’air,
position du soleil, etc.).
Altran a également apporté
son soutien à la définition
et à l’optimisation du système
énergétique de l’avion,
ce qui comprend les capteurs
solaires sur les ailes,
les moteurs électriques
actionnant les hélices,
les batteries permettant
le vol pendant la nuit, et les
calculateurs et régulateurs
pour la gestion de l’énergie.
Ce système permet à l’avion
de se maintenir en vol pendant
plusieurs jours sans aucun
autre apport énergétique
que la lumière solaire.
Premier vol prévu
d’ici fin 2009…
Pour en savoir plus :
www.solarimpulse.com
altran Veille marketing
Surveiller l’opinion
Blogs, forums et communautés en ligne sont souvent la
source d’avis et de conseils lors d’un achat sur Internet. Afin
de collecter et d’analyser ces informations, le Centre
d’expertise CRM d’Altran Italy a développé une solution de
surveillance de l’opinion (Opinion Monitoring). Grâce à un
moteur de recherche qui indexe ces textes, il est possible de
générer un rapport sur les tendances de marché qui
émergent, de vérifier l’efficacité d’une campagne de
marketing et de définir les sujets sur lesquels une société doit
se concentrer pour améliorer sa relation avec ses clients.
pr[Í]ME pr[Í]ME pr[Í]ME
altran Aviation solaire
En mars 2009, le géant automobile
japonais Toyota et le leader mondial
de l’énergie EDF ont annoncé
une démonstration à grande échelle
de véhicules hybrides rechargeables
(VHR) à Strasbourg, en France,
d’ici à la fin de l’année 2009,
et pour une durée de trois ans.
EDF et Toyota associent leur
savoir-faire pour mettre à disposition
des entreprises et des partenaires
institutionnels un véhicule hybride
rechargeable. Altran a participé
à ce projet unique en tant qu’expert
en ingénierie électronique.
Les équipes Altran AIT et NSI sont
Pr[í]me fait partie
de la practice
internationale
IMD (Innovation
Management
& Development).
Pour amener ses
clients (direction
générale, direction
marketing, direction
R & D) de l’idée
au marché, Pr[í]me
intègre une
approche
environnementale
de manière
systématique.
intervenues en avance de phase sur
l’intégration des systèmes
électroniques communicants
dans le cadre du développement
d’un dispositif destiné à équiper
les véhicules électriques en libre
service. Les deux parties ont
travaillé au développement
d’une carte électronique, lien
indispensable à l’échange
d’informations entre la borne et
le véhicule. À Altran l’expertise
software, et à NSI l’expertise
électronique. L’objectif était de
vérifier la conformité du projet EDF
avec les standards autos (qualité,
fiabilité, technologies…), mais aussi
de mettre à niveau le dossier
industriel pour pouvoir faire
produire une pré-série.
Avion-taxi
Presque aussi léger que l’air
Les Very Light Jet (VLJ) ouvrent
la voie à une nouvelle ère de
transport rapide dédié (Peer to
Peer) à coût modéré. W[í]ng,
concept d’avion virtuel imaginé
par Altran Pr[í]me, s’inscrit dans
cette logique en la poussant plus
loin : par une baisse du coût
d’exploitation et l’intégration de
technologies high-tech, il permet
une « démocratisation par le
haut ». Son architecture générale
favorise la performance
aérodynamique tout en
recherchant l’habitabilité
(rehaussement local de la cabine
au niveau du couloir pour
diminuer l’empreinte
aérodynamique générale,
section de cabine aplatie pour
optimiser la largeur). Sa formule
« canard » (les petites ailes à
l’avant) a été choisie pour la
performance.
Dessiné dans une optique de
réduction de masse (et, ainsi, de
coût d’exploitation), l’intérieur de
la cabine a été pensé de manière
fonctionnelle, confortable et
simple pour l’entretien. W[í]ng
est un véritable taxi du ciel
modulable, simple, pratique et
aisé à mettre en œuvre grâce à :
• la section de cabine facilitant le
passage en couloir,
• la disposition des sièges en
quinconce pour réduire le
diamètre de fuselage,
• les sièges raccordés aux flans
du fuselage, libérant ainsi
l’espace inférieur,
• la possibilité d’acheter l’avion
« au tronçon »,
• la disposition de hublots en
partie haute afin d’optimiser la
luminosité.
Altitude n°16
13
news
Fondation Altran
La Fondation fait peau neuve !
Après treize années de réussites incontestables, le conseil d’administration de la Fondation Altran a décidé
de reconduire l’action de celle-ci pour cinq nouvelles années. Cette reconduction est l’occasion pour
la Fondation de se renouveler et d’innover à son tour en faisant évoluer son concept et son Prix annuel.
Y aura-t-il des changements ? Pour le savoir, rendez-vous en décembre pour l’annonce du Prix 2010 !
Francisco
Gallo Mejía
Retour sur le Prix 2008
The Green Home Project
En 2008, le thème du Prix de la
Fondation était la réduction
du taux de CO2 dans l’atmosphère.
Le lauréat, Francisco Gallo Mejía,
originaire de Colombie, avait
développé un projet qui parvenait
à concilier les dimensions
environnementale, économique
et sociale. Son projet ? Réaliser
un matériau composite haute
technologie à base de bambou
Guadua pour la construction
de bâtiments en Colombie,
dans un premiers temps.
Pourquoi un composite à base
de bambou Guadua ? Le bambou
Guadua absorbe beaucoup
plus de CO2 que les autres espèces
végétales et contribue à la
régénération des sols (il nourrit,
conserve et prévient l’érosion).
De plus, le carbone stocké
par le bambou reste intact une fois
celui-ci coupé : le matériau
composite sera alors principalement
constitué de carbone.
Outre ces avantages, le travail autour
du bambou Guadua va permettre
de développer les aspects socio
économiques : sa fabrication est peu
coûteuse, sa production nécessite
également peu de transport et
d’énergie (la culture des bambous
étant proche des utilisateurs finaux).
L’objectif de Francisco Gallo Mejía
est de permettre aux habitants
de gérer l’ensemble du processus
de production, de la culture du
Jupiter Images
L’utilisation de bambou
comme bio-composite pour la
construction permet de
concilier le développement
économique et l’amélioration
des conditions de vie locales
avec la protection de
l’environnement.
14
Altitude n°16
bambou
jusqu’à la
construction de
bâtiments.
Ainsi, le travail du bambou
permettra de générer de l’emploi et
d’assurer une stabilité économique
et professionnelle au plus grand
nombre, et aussi de répondre au
problème de la pénurie de
logements, qui concerne près de
4 millions de foyers en Colombie.
Enfin, ce bambou étant utilisé
depuis des siècles, le projet ne
bouleverse pas les modes de vie
locaux. Au contraire, il s’inscrit
dans la tradition tout en ayant
recours à une manière innovante
d’utiliser le bambou.
L’accompagnement d’Altran
Pour ce projet, l’équipe
d’accompagnement Altran a pour
objectif de définir le composite
et les machines servant à le
fabriquer, ainsi que les plans
de la maison à construire – à un coût
minimal. Elle sera aussi chargée
de réunir les fonds nécessaires au
lancement du projet. Afin de faciliter
la commercialisation du composite,
elle va s’attacher à respecter
à la fois les normes colombiennes
et européennes de construction,
mais aussi à diminuer le plus
possible l’empreinte écologique
du projet dans son ensemble.
Lauréat 2003
Le point sur le patch
En 2003, le thème du prix
de la Fondation était
« Innovation technologique et
petite enfance ». Le lauréat,
Pierre-Henri Benhamou,
créateur et administrateur
de la société française
DBV Technologies, avait conçu
un projet qui permettait de
détecter l’allergie au lait chez
les enfants grâce à un simple
patch, le Diallertest® Milk. Il a
bénéficié de l’accompagnement
d’Altran dans la mise en place
de toutes les étapes de
production, et notamment la
création de son design. Celui-ci
a depuis été récompensé par un
prix de l’APCI (Agence pour la
promotion de la création
industrielle) et une place
à l’exposition de la Cité des
sciences et de l’industrie, à
Paris. Le lauréat a déclaré qu’il
n’aurait jamais pu accomplir
« autant en si peu de temps
sans l’aide massive d’Altran ».
Aujourd’hui, six ans après la
remise du prix, Diallertest® Milk
est distribué en France, au
Moyen-Orient, au Mexique, en
Australie et en Nouvelle-Zélande.
DBV Technologies s’est bien
développée. La société a mis
au point d’autres patchs qui
détectent les allergies au blé,
au soja et à la poussière. Elle a
non seulement augmenté ses
effectifs, mais aussi développé
des partenariats avec de grands
investisseurs tels que Sofinova
ou Apax. En janvier 2009, c’est
le laboratoire ALK-Abello qui
s’est joint au capital, mettant sur
la table 6 millions d’euros,
somme qui est venue s’ajouter
aux 12 millions déjà levés en
2007. Cette année, l’étude sur
l’allergie aux arachides est à
l’honneur : DBV Technologies,
en collaboration avec l’AP-HP
(Assistance Publique - Hôpitaux
de Paris), va entamer une étude
clinique de tolérance aux
États-Unis.
Lauréat 2005
De la télépathie à la science
Pr Jonathan R. Wolpaw
Le professeur Jonathan R.
Wolpaw, physicien chercheur
au centre Wadsworth
de New York et lauréat
du Prix 2005 de la Fondation
(dont le thème était l’intégration
dans la société), a développé
une nouvelle génération
d’interfaces entre le cerveau
et l’ordinateur (Brain Computer
Interface) qui, en enregistrant
les ondes cérébrales
à la surface du crâne, puis
en les décodant, permettent
de déplacer le curseur d’une
souris d’ordinateur de bas
en haut et de gauche à droite,
d’écrire des e-mails ou même
de contrôler un bras robotisé.
En 2006, Altran a travaillé sur
le développement du casque
et des logiciels, sur l’acquisition
des données et l’intégration
des systèmes. D’autre part,
les consultants ont dû rendre
cette interface suffisamment
facile d’utilisation pour qu’un
patient puisse s’en servir de
façon autonome. À l’issue de la
période d’accompagnement,
le premier e-mail « par
la pensée » a été envoyé !
Désormais, six personnes
atteintes de sclérose latérale
amyotrophique avancée
utilisent cette interface
quotidiennement chez eux afin
de communiquer avec leur
famille et le personnel médical.
Ils utilisent les applications
Word, Internet et envoient
des e-mails grâce au support
technique des laboratoires.
Enfin, le système est en phase
d’amélioration afin d’être
encore plus simple d’emploi
et compatible avec un usage
à domicile grâce à la réduction
de la taille des amplificateurs
et des électrodes. Aujourd’hui,
grâce aux travaux précurseurs
du Pr Wolpaw, des systèmes
similaires émergent à travers
le monde.
Altitude n°16
15
Shopping
Techno
Ayez l’« e-main verte »
spécialisé pour mettre ces
données en parallèle avec une
bibliothèque de plus de
5 000 plantes. Au final : des
conseils pour requinquer votre
yucca ou, mieux encore, des
recommandations sur les espèces
végétales à planter en fonction des
conditions d’environnement
recueillies. Le dispositif est aussi
valable pour les plantes d’un
balcon ou d’un potager.
Prix : env. 50 euros.
Pour en savoir plus :
www.easybloom.com
Jupiter Images
Plus la peine d’essayer de décoder
la triste mine de votre ficus ou
d’interpréter l’absence de fleur sur
votre hibiscus : il suffit désormais,
pour avoir la main verte avec vos
plantes d’appartement, d’acheter
la sonde EasyBloom et de la
planter dans les pots en question.
Celle-ci recueille pendant vingtquatre heures les caractéristiques
d’ensoleillement, d’humidité et de
luminosité du lieu. En branchant
ensuite sa partie supérieure (en
forme de fleur) à un PC, la sonde
se connecte à un site Internet
0,25 mm d’épaisseur pour ce haut-parleur
Oublié le cône du haut-parleur
traditionnel transmettant les
vibrations mécaniques imposées par
une bobine conductrice et un champ
magnétique. Dépassé aussi
l’enceinte volumineuse qui permettait
jusque-là d’optimiser la transmission
du son. Le Flat Flexible Loudspeaker,
conçu par des ingénieurs de
l’université de Warwick, au RoyaumeUni, puis développé par la start-up
Warwick Audio Technologies,
révolutionne le principe du hautparleur. Les trois minces couches de
matériaux isolants et conducteurs qui
le composent sont capables de
transformer directement l’énergie
électrique en vibrations sonores.
Résultat : un amincissement
spectaculaire. Aussi fin qu’une feuille
de papier, ce haut-parleur pourrait
bientôt équiper sans encombrement
les appuis-tête des voitures,
recouvrir les murs des aéroports ou
s’insérer sur des affiches
publicitaires. Le dispositif serait
particulièrement attractif pour la
sonorisation des lieux publics,
puisqu’il émet le son dans une
direction précise, sans détérioration
de volume ou de qualité.
Lancement commercial prévu fin 2009.
http://www.warwickaudiotech.com
high-tech Dossier
> quel arsenal thérapeutique
pour demain ?
Option solaire pour l’iPhone
Avec ses multiples applications,
l’iPhone nécessite un
rechargement électrique
quotidien. Une petite
contrainte dont la société
Airis propose de
s’affranchir : elle vient
de mettre sur le
marché une batterie
qui, équipée de cellules
16
Altitude n°16
photovoltaïques, se recharge à la
lumière. Il suffit ainsi de laisser
traîner sur son bureau son
téléphone pendant deux heures
pour que celui-ci bénéficie d’une
autonomie d’1 h 30. La batterie se
décharge rarement : soumise
régulièrement à la lumière du
jour, elle s’alimente en continu et
peut survivre plusieurs jours,
voire plusieurs semaines
ou mois sans prise électrique.
Prix du Solar Airis chargeur
iPhone : 35 euros.
Pour en savoir plus :
www.airis-france.com
20 / Diagnostic assisté par ordinAteur /
22 / Simuler pour mieux soigner /
25 / Altran Eilis participe au développement d’un cœur artificiel /
high-tech
Quel arsenal
thérapeutique
pour demain ?
Avec la concurrence des médicaments génériques, les industries
pharmaceutiques sont poussées à l’innovation. Elles misent donc
sur le développement de technologies de rupture, susceptibles
de révolutionner la prise en charge des patients.
P
du sein. Commercialisée par Roche, cette molécule
bloque des récepteurs qui, présents à la surface des
cellules tumorales, sont impliqués dans leur prolifération. Cela améliore les chances de survie et limite les
récidives. En outre, comme le médicament s’attaque
très spécifiquement aux cellules malignes, certains
effets indésirables habituellement liés aux chimiothérapies (perte de cheveux, etc.) sont évités. Une avancée
considérable… pour les 20 à 30 % de malades qui
peuvent en bénéficier. Les autres ne présentent pas le
récepteur ciblé par ce produit. Il a donc fallu attendre
la mise au point d’un test génétique, l’HercepTest™,
permettant de sélectionner les patientes éligibles au
traitement, pour que ce dernier puisse être mis sur le
marché. C’est le premier test à avoir été ainsi associé
à une thérapie.
Depuis, tous les laboratoires se sont lancés dans cette
voie, créant des structures dédiées ou s’associant à
Thérapies « sur mesure »
l’une des start-up spécialisées en théranostic qui
Ce concept intéresse en premier lieu les oncolo- fleurissent un peu partout dans le monde. Une tengues. « Même petites, des différences moléculaires dance encouragée par les autorités. Il faut dire qu’en
ou génétiques entre deux cancers peuvent influencer plus d’éviter au patient de subir les effets indésirables
la réponse au traitement, expliquait ainsi Richard L. d’un traitement qui n’a pas de prise sur leur maladie,
Schilsky, président de l’American Society of Clinical les tests théranostiques contribuent à la réduction
Oncology (Asco), à l’ouverture du congrès de sa des dépenses de santé. Ainsi, l’Erbitux®, commerciasociété, le 30 mai dernier. De ce
lisé par Merck ou Bristol-Myers
fait, certains choix thérapeutiques,
Squibb selon les pays, est utilisé
« Les progrès de l’imagerie
excellents dans certains cas, ne
avec succès dans le traitement
médicale et de l’informatique
sont pas efficaces pour tous. »
du cancer colorectal, mais 30 à
permettent le développement
Exemple avec l’Herceptin®, utili40 % des patients ont une mutad’outils capables d’éclairer les
tion
génétique qui rendent ce
sée dans le traitement du cancer
décisions du médecin… »
suite page 20
18
Altitude n°16
Projet Altran
Altran EILiS au cœur du diagnostic médical
Altran EILiS Rhône-Alpes et Altran EILiS
Paris ont créé ensemble un plateau
projet de développement logiciel,
impliquant une équipe de plus d’une
dizaine de consultants, pour une société
de diagnostic médical. Cette entreprise
est un fabricant d’instruments et de réactifs
de diagnostic médical spécialisés dans les
maladies liées aux virus sanguins (VIH,
maladie de la vache folle, grippe aviaire…).
Dans le cadre de sa croissance, elle a
racheté une société qui doit produire d’ici
à six mois un nouvel automate innovant
capable de réaliser plusieurs tests sur
plusieurs patients en simultané. Cet enjeu
concurrentiel fort l’a poussé à mandater
Altran EILiS pour un audit technique et
organisationnel de ce projet de conception
logicielle. Forte de ses expériences de
même type dans des sociétés de diagnostic
médical (Stago, Biorad, General Electric,
ELA, Trophy Kodak), la Direction technique
parisienne a accompagné des chefs de
projet lyonnais pour mener à bien cet audit,
qui a conduit à monter une structure projet
de développement, débogage et test.
Jupiter Images
ar technologies de rupture, il faut entendre
des solutions qui, comme les thérapies
géniques, les cellules souches ou les nanotechnologies, promettent de bouleverser la
nature même des traitements, mais aussi des innovations permettant d’optimiser l’utilisation de dispositifs
médicaux (inhalateurs pour asthmatiques, pompes
à insuline pour diabétiques, etc.). On peut aussi citer
l’émergence d’une approche plus personnalisée de la
médecine, avec le développement du « théranostic »,
démarche qui consiste à associer une thérapie ciblée,
capable de soigner efficacement une catégorie de
patients, même limitée, et d’un test diagnostic pour
sélectionner ces personnes. Objectif : trouver plus
rapidement les soins adaptés à chaque malade, en
évitant les tâtonnements, les échecs inutiles et les
effets trop indésirables.
•••
Altitude n°16
19
high-tech
Projet Altran
Un patient virtuel comme cobaye
Avec un patient virtuel, pas de
considération éthique à avoir. On
peut tester sur lui tous les candidats
médicaments. En éliminant les
mauvais, ceux qui auraient pu se
révéler inefficaces ou toxiques
lors d’expérimentations in vivo, on
évite les essais cliniques inutiles
et coûteux en même temps que
les complications médicales.
La Commission européenne
est intéressée. En 2007, elle a
d’ailleurs accordé une enveloppe de
72 millions d’euros au programme
« Virtual Physiological Human »,
qui vise à réunir les nombreuses
recherches menées en Europe
sur les modélisations d’organes
et de maladie. Parmi les projets
impliqués, des modèles virtuels de
cœur, de rein, de cerveau ou de
système immunitaire, mais aussi
de la démence ou de l’ostéoporose.
Objectif : aider à mieux comprendre la
physiologie humaine et les processus
de développement des maladies,
donc à perfectionner les tests virtuels
de médicaments. Cela devrait aussi
favoriser le développement d’outils
capables de prédire les réactions
de chaque patient aux différents
traitements disponibles.
Pour en savoir plus : www.vph-noe.eu
médicament inopérant chez eux. Bien que le test qui
détecte cette mutation coûte près de 450 dollars, une
étude présentée par l’Asco en janvier 2009 a montré
que la dépense en valait la peine : rien qu’aux ÉtatsUnis, elle pourrait permettre au système de santé, en
évitant de payer des thérapies inutiles (un traitement
par Erbitux® coûte environ 71 000 dollars par patient),
d’économiser jusqu’à 740 millions de dollars par an.
Si le cancer reste le plus gros marché de la médecine
personnalisée, il existe aussi une attente forte dans
d’autres spécialités. Ainsi, l’entreprise américaine
Monogram Biosciences a conclu des partenariats
avec Pfizer et GlaxoSmithKline pour le développement
de tests associés à des thérapies contre le sida. Les
traitements antirejet prescrits après une greffe d’organe font eux aussi l’objet de recherches. Parce que
leurs effets secondaires sont importants (détérioration
des reins, etc.), les médecins attendent beaucoup du
développement de tests permettant de mesurer la
sensibilité de chaque patient à ces substances, donc
d’adapter les doses en tenant compte du meilleur rapport efficacité/toxicité.
Plus d’un millier de tests théranostics sont ainsi en projet. Mais il reste des freins d’importance à leur développement, ce qui explique que quelques dizaines d’entre
eux seulement soient commercialisés. Ainsi, dans la
plupart des pays, il n’y a pas encore de processus
clair et homogène pour soumettre le couple « test/
médicament » à une agence réglementaire et obtenir
une autorisation de mise sur le marché. Le processus
peut prendre plusieurs années.
Diagnostic assisté par ordinateur
Autre moyen de personnaliser la prise en charge
des patients : le diagnostic assisté par ordinateur.
Aujourd’hui, en effet, les progrès de l’imagerie médi-
20
Altitude n°16
cale et de l’informatique permettent le développement
de systèmes intelligents capables d’éclairer les médecins sur la décision thérapeutique la plus adaptée à
chaque malade.
Siemens Medical Solutions travaille sur l’un de ces
outils. Baptisé Remind (pour Reliable Extraction and
Meaningful Interference from Nonstructured Data),
celui-ci est actuellement testé à la clinique Maastro de
Maastricht, aux Pays-Bas, auprès de patients atteints
d’un cancer du poumon. Il est capable, en se référant
à une importante base de données et en comparant
les caractéristiques d’un patient à de nombreux cas
similaires, d’interpréter des images médicales ou des
résultats de tests biologiques. Cela aide le médecin
à prédire avec précision le taux de survie à deux ans
d’un patient et le pronostic de réussite des différentes
options de thérapie. Bientôt, le dispositif sera également capable d’estimer les complications et éventuels
effets secondaires liés aux traitements, à leur durée et
Vers une médecine régénératrice ?
Autre piste de recherche prometteuse : les cellules
souches. Celles isolées à partir d’embryons humains
disposent notamment d’une capacité unique à se
différencier en n’importe quelles cellules (cardiaques,
musculaires, etc.). Cela laisse entrevoir les perspectives
d’une médecine capable de redonner vie à des tissus
défectueux ou malades. Les laboratoires pharmaceutiques s’y intéressent de près. En novembre 2008,
Pfizer a ainsi ouvert une unité de recherche en médecine régénératrice. Et Sanofi-Aventis a entamé en
février 2009 une collaboration sur cinq ans avec le Salk
Institute for Biological Studies, laboratoire californien
spécialisé dans les cellules souches.
Mais les thérapies cellulaires posent encore d’importantes questions éthiques. Il est exclu, en effet, de
produire des embryons humains à de seules fins médicales. Et les citoyens s’interrogent sur le respect de la
dignité humaine liée à l’utilisation des embryons surnuméraires issus de fécondation in vitro. Si certaines
thérapies peuvent s’appuyer sur l’autogreffe de cellules
souches prélevées dans le corps même du patient, les
suite page 24
Cambridge Consultants donne vie
au concept de « patient connecté »
Un appareil médical connecté
à Internet, facilitant le transfert
d’informations de suivi entre le
patient et son médecin, permet
une meilleure observance des
traitements*, une amélioration
des résultats de la thérapie
ainsi qu’une réduction des coûts
des traitements de longue durée.
C’est pourquoi Cambridge
Consultants, filiale d’Altran,
a conçu une technologie
permettant de connecter
les patients et leurs appareils de
traitement – des inhalateurs, par
exemple – aux professionnels
de santé, via une gamme
d’applications en ligne.
Cette technologie repose sur
la plate-forme d’appareils de
santé sans fil Vena, développée
par Cambridge Consultants.
Celle-ci, conforme aux normes
sélectionnées par Continua
Health Alliance, permet aux
patients de gérer leur santé
partout et à tout moment.
Elle intègre le profil HDP (Health
Device Profile) Bluetooth™ qui
garantit la sécurisation des
transferts de données médicales
grâce à une puce unique, et ce
pour un prix modique.
« L’idée inhérente à la notion
de “patient connecté”
est de faciliter le transfert
des informations de suivi
d’un patient (ou des données
des appareils de traitement) vers
un réseau de santé, le cabinet
du médecin ou les applications
médicales en ligne, avec
l’objectif, par exemple,
d’encourager le patient à suivre
un régime prévu dans le cadre
d’un traitement, explique David
Blakey, directeur de la
campagne Administration des
médicaments chez Cambridge
Consultants. Cela rapproche
non seulement patients et
praticiens, mais contribue aussi
à améliorer le respect, l’efficacité
et le coût des traitements. »
* Observance thérapeutique : degré de
concordance entre le comportement
d’un patient et les prescriptions
ou recommandations du médecin.
•••
Dossier médical
en ligne
Jupiter Images
Jupiter Images
• • • suite de la page 18
aux doses prescrites. De nombreux autres projets de
modélisation d’organes ou de maladies sont à l’étude.
Ils sont de plus en plus précis, intégrant aussi bien
les dimensions anatomiques, physiologiques et génétiques que les interactions mécaniques et physico-chimiques entre organes. Mais ils portent presque tous
sur des parties du corps ou des fonctions biologiques
isolées. Prochain défi : créer, en regroupant tous ces
modèles, un « patient virtuel » complet, qui donnerait
une vision plus globale de l’action d’un traitement. Les
difficultés à surmonter, liées à la complexité du vivant,
restent néanmoins nombreuses.
Équipement
connecté
Appareil médical
Altitude n°16
21
high-tech
Focus
Simuler pour mieux soigner
Prédire l’évolution d’une tumeur
À l’instar d’industries comme l’aéronautique ou l’automobile,
Une équipe de l’Institut national de recherche en informatique
et automatique (Inria), en France, travaille à la modélisation 3D
de la croissance des tumeurs cérébrales. S’appuyant sur trois grands
paramètres observés en proportions variables dans ce type de cancer
– la vitesse de prolifération des cellules tumorales, leur capacité à s’infiltrer
dans les tissus et la rapidité avec laquelle grossissent les tumeurs –,
le modèle développé permet déjà d’interpréter les images médicales
réalisées sur un patient et de simuler à partir de celles-ci la progression
de la maladie. Cela aide le médecin à choisir une stratégie thérapeutique
adaptée. Ainsi, une tumeur qui se propage surtout par infiltration sera
plutôt traitée par chimiothérapie ou radiothérapie étendue, tandis que la
chirurgie est plus indiquée sur les tumeurs qui grossissent sans s’infiltrer.
les laboratoires pharmaceutiques et les médecins s’appuient de plus en plus
sur des techniques de simulation numérique.
Chirurgie guidée par le virtuel
En chirurgie, le virtuel jouera bientôt un rôle clé.
Pendant que le chirurgien opérera, une caméra filmera
son intervention. Ces images seront transmises
à un ordinateur qui les intégrera aussitôt à un modèle
numérique des organes considérés, permettant au
chirurgien de suivre en 4D (3D et temps réel) les effets
de ses gestes. Il faudra néanmoins attendre encore avant
que cette technologie ne devienne une réalité.
Outre une meilleure personnalisation des modèles en
fonction de l’anatomie de chaque patient, ces simulations
devront en effet pouvoir intégrer les déformations
de la zone opérée au fur et à mesure de l’opération.
En attendant, des simulateurs permettent déjà
à de jeunes médecins de s’entraîner virtuellement
à certaines opérations.
Poumons
Cœur
Mieux comprendre l’hypertension
Afin d’éliminer dès le départ les « mauvais » candidats médicaments, les laboratoires
pharmaceutiques développent des tests informatiques capables de comparer les
caractéristiques physico-chimiques de chaque nouvelle molécule étudiée à celles de molécules
dont les effets toxiques sont connus ou qui ont échoué lors d’expérimentations in vivo.
Et ce avant même de procéder aux premiers tests sur animaux. Un gain de temps et d’argent
appréciable pour les laboratoires qui évitent, par la même occasion, des essais cliniques
à effets indésirables pour les patients.
22
Altitude n°16
Rein
Circulation
sanguine
Développé par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), en France,
le projet Saphir* vise à développer un modèle de régulation de la pression artérielle.
Un modèle complexe puisque cette régulation, déterminée par la balance entre
l’entrée de fluides et de sels dans le système sanguin et leur excrétion, implique
plusieurs organes : le cœur, les reins, les poumons, le système nerveux, etc.
Lorsqu’il sera finalisé, le système aidera les chercheurs à mieux comprendre
l’hypertension. Il leur permettra surtout, à partir des caractéristiques personnelles
d’un patient, de prédire les effets qu’auront sur lui différents scénarios de traitement.
* Saphir : a System Approach of PHysiological Intégration of Renal, cardiac and respiratory functions.
Altitude n°16
Infographie :
Antoine Dagan
Illustration Jean-Marie
Lagnel
Prédire la toxicité d’une molécule
23
high-tech
• • • suite de la page 21
capacités de différenciation de ces cellules, adultes,
sont beaucoup plus limitées – des cellules souches
de moelle osseuse, par exemple, peuvent donner des
cellules sanguines, mais pas des tissus nerveux. Les
chercheurs explorent donc de nouvelles « sources ». Le
cordon ombilical ou le liquide amniotique, par exemple.
Mais leur généralisation nécessiterait de mettre en
place un système organisé de collecte et de conservation. Et ce à grande échelle, de manière à disposer
de tissus immunologiquement compatibles avec le
maximum de patients.
Autre problématique à résoudre : les cellules souches
sont difficiles à maîtriser. Elles peuvent se multiplier
à l’infini, avec le risque de se transformer en tumeur.
En outre, elles peuvent se tromper d’affectation. Des
cellules souches destinées à soigner des problèmes
cardiaques peuvent ainsi se retrouver par erreur dans
le cerveau. Des médecins du New York Presbytarian
Hospital semblent toutefois avoir trouvé une solution :
ils proposent, en modifiant génétiquement les cellules
souches avant de les transplanter, de leur « apprendre »
à répondre à des signaux, à se suicider, par exemple,
en présence d’une certaine molécule. Le médecin
n’aurait alors qu’à administrer cette dernière au patient
pour empêcher toute prolifération anarchique. Une
piste à suivre.
24
Altitude n°16
ARN contre ARN
Moins médiatiques mais tout aussi prometteurs, les
ARN interférents (ARNi) font l’objet de nombreuses
recherches. Comme l’ADN, les ARN sont des petits
filaments porteurs d’une information génétique, mais,
au lieu d’être composés de deux brins entrelacés, ils
n’en ont qu’un. Il en existe naturellement dans la cellule : ce sont les ARN messagers (ou ARNm), chargés
de traduire l’information d’un gène en une protéine.
Les ARNi, eux, sont fabriqués artificiellement en laboratoire. Ayant un code génétique complémentaire de
celui d’un ARNm cible, ils peuvent le reconnaître et se
lier à lui pour l’empêcher de produire sa protéine. Les
conséquences observées dépendent de la fonction de
cette protéine. Si celle-ci est indispensable à la prolifération des cellules cancéreuses, son absence peut,
par exemple, bloquer l’activité d’une tumeur.
Pour autant, les chercheurs rencontrent encore des
difficultés à utiliser cette technologie in vivo. En attendant de pouvoir être utilisés en thérapie, les ARNi ont
néanmoins un rôle à jouer en R & D puisqu’ils aident les
chercheurs à identifier les cibles potentielles de nouveaux traitements : si l’introduction d’un ARNi dans des
cellules cancéreuses entraîne la mort de ces dernières,
alors les chercheurs peuvent retrouver la protéine bloquée et développer un médicament qui s’y attaque.
Les laboratoires ont vite compris l’intérêt du phénomène. En témoigne le partenariat qui lie depuis 2006
Merck à Cenix BioScience, entreprise allemande spécialisée dans ce domaine, pour le développement de
thérapies à base d’ARNi.
Attaques nano-ciblées
Souvent mises en avant pour leurs promesses thérapeutiques, les nanotechnologies consistent, quant
à elles, à encapsuler le principe actif dans des particules d’à peine quelques dizaines de nanomètres,
de manière à pouvoir transporter celui-ci sans altération jusqu’aux cellules à traiter. Elles en sont encore
au stade de la recherche, mais cela permettra bientôt
d’agir précisément là où on le souhaite et non plus,
comme aujourd’hui, au niveau de tout l’organisme.
L’action du produit étant concentrée en un endroit précis (une tumeur, par exemple), le traitement sera plus
efficace à moindre dose. Avec, à la clé, une réduction
des effets secondaires.
L’Europe y croit. Pour preuve, elle a alloué en 2006
un budget de 11,5 millions d’euros au projet Nanother,
qui vise à développer de tels nanovecteurs de médicaments. Certaines des nanoparticules étudiées,
magnétiques, sont même capables, après avoir localisé et rejoint une tumeur, de chauffer sous l’effet d’un
Altran EILiS participe au développement d’un cœur artificiel
Depuis janvier 2009, six consultants
d’Altran EILiS participent à l’un
des grands défis de la décennie :
le développement d’un nouveau cœur
artificiel, capable de remplacer dans
son intégralité le cœur d’une personne
en arrêt cardiaque brutal.
Les ingénieurs, chercheurs et
techniciens de l’entreprise Carmat
ont créé un prototype reproduisant,
avec une fidélité sans précédent,
le comportement d’un cœur humain.
Altran EILiS a su s’intégrer au projet,
avec des ingénieurs ayant
à la fois des connaissances médicales
et des compétences généralistes,
allant de l’électronique à la mécanique
en passant par l’ingénierie système.
Deux des consultants Altran œuvrent
à la définition du système dans son
ensemble. Ils sont chargés d’imaginer
et de spécifier l’élément central,
le cœur, et de définir les conditions
de maintenance, d’implantation
et de contrôle. Les sous-systèmes
doivent aussi être définis : la batterie,
les systèmes de transmission de
données, etc. Un autre consultant
travaille au développement du logiciel
qui permettra au cœur de se réguler
et de s’adapter au rythme de vie
du patient. Le quatrième imagine
et conçoit les outillages qui vont
permettre la fabrication de la prothèse
et la cinquième travaille sur les
biomatériaux qui compose cette
prothèse. Le dernier membre de
l’équipe Altran est en charge des essais
de faisabilité. En avance de phase,
il étudie et teste les fonctions à ajouter,
les modélise et détermine le passage
au développeur.
champ magnétique. Cela rend les tumeurs plus sensibles au traitement libéré.
Reste à montrer l’absence de toxicité des nanoparticules, qui pourraient s’accumuler dans certains tissus.
Nouveau design pour les dispositifs médicaux
Parmi les innovations sur lesquelles mise l’industrie
pharmaceutique se trouvent aussi des systèmes plus
modernes pour administrer les traitements. Ainsi,
fin 2008, Cambridge Consultants, filiale d’Altran, a
travaillé avec 3M Drug Delivery Systems au développement d’un nouveau dispositif d’inhalation pour
asthmatiques, baptisé Conix®. L’appareil permet de
délivrer le médicament au plus profond des poumons,
en réglant un problème rencontré par beaucoup de
patients : souvent, quand ils utilisent un inhalateur classique, le médicament est expulsé du tube en une fraction de seconde, avant même qu’ils n’aient eu le temps
Le cœur artificiel ainsi développé
intègre toutes les avancées des autres
prothèses existantes. Il respecte
les critères de biocompatibilité avec
le corps humain, et ses fonctionnalités
sont similaires à celles d’un cœur
naturel. Grâce à des logiciels et des
capteurs électroniques semblables à
ceux utilisés dans un calculateur de vol
(d’où la participation d’EADS), l’organe
est, par exemple, capable d’ajuster
le rythme et la pression sanguine en
fonction du niveau d’effort physique.
L’équipe de 40 personnes est
rassemblée autour d’un même objectif :
élaborer un dispositif viable pouvant
être testé sur l’homme d’ici à deux ans.
Breveté au stade des essais
précliniques, le projet a déjà passé
la phase de tests sur animaux,
qui a permis la création de la société
Carmat. Le projet, qui vise une
commercialisation d’ici à cinq ans,
est très attendu : chaque année, plus
de 15 millions de personnes décèdent
de maladies cardiovasculaires, et près
de 20 000 attendent une greffe de cœur.
d’atteindre leur taux d’inhalation optimal. Le nouveau
dispositif, lui, distribue le médicament à travers l’effort
d’inspiration, permettant un meilleur usage du pouvoir
des poumons, même si celui-ci est limité par la crise.
Résultat : une augmentation de 40 % des doses respirées, en comparaison avec les produits leaders du
marché. Déjà commercialisées ou encore en phase
d’exploration, toutes ces voies de recherche devraient
faire partie de l’arsenal thérapeutique de demain.
Conix®, le nouveau
dispositif d’inhalation
pour asthmatiques,
développé par Cambridge
Consultants, filiale d’Altran.
DR
BSIP
Projet Altran
people
Trajectoires
Tribune
La Gouvernance d’entreprise
en période de crise
ALTRAN RESEARCH
Créé en janvier 2009, Altran Research vise à renforcer le positionnement du groupe en conseil
en innovation, en développant de la recherche en compte propre. Altran Research est un projet
stratégique pour le Groupe. Précisément, Altran Research vise à mobiliser nos consultants, riches
d’expériences industrielles diverses et de compétences transverses, autour de sujets de recherche
qui seront critiques pour nos clients.
Wikipedia nous éclaire une fois de plus
sur la définition de ce paradigme :
« La gouvernance d’entreprise est
l’ensemble des processus, réglementations,
lois et institutions influant la manière dont
l’entreprise est dirigée, administrée et contrôlée. »
Pour progresser
BIO
1996 > ingénieur
de l’École nationale
supérieure de chimie
de Paris (ENSCP)
1994 > doctorat
de physique, université
Pierre-et-Marie-Curie
(Paris-VI)
1994 > intègre Rhodia
Recherche
2006 > rejoint Arendi
Consulting, filiale
du groupe Altran
2009 > lancement
d’Altran Research
« Nous pensons que chaque ingénieur peut mettre
ses compétences et son expérience au service d’un
projet de recherche. C’est en quelque sorte le
concept de l’open source appliqué à la recherche.
Mais nous ne pouvons pas définir à l’avance les
ressources disponibles, ni poser de jalons fixes dans
le temps. La situation est donc tout à fait inédite, et il
nous faut revisiter le mode projet en conséquence,
l’organisation de la recherche ainsi que la gestion
des connaissances. »
Altran dispose d’une palette de compétences
unique : pluridisciplinarité technique (matériaux,
électronique, thermique, mécanique…), de secteur
(automobile, aéronautique, énergie…) et de
positionnement dans la chaîne de valeur. Mobiliser
l’ensemble des expertises du groupe au bénéfice de
projets de recherche est donc extrêmement
intéressant. Encore faut-il identifier des sujets
réellement transverses et nécessitant des
compétences disponibles.
« Nous poursuivons un objectif d’innovation
pérenne. Il s’agit de concevoir des solutions durables
(efficacité énergétique, respect de l’environnement,
gestion responsable des ressources…) pour
répondre à des besoins primaires (se nourrir, se
loger, prendre soin de sa santé…). Je pense que la
technologie ne doit pas être une fin en soi, mais une
solution “au service de” l’essentiel. »
BIO
Diplômée de Polytechnique et de Chimie Paris, Aurore Beaume rejoint Arendi après une thèse
dans le secteur pharmaceutique.
« Au sein d’Arendi, je dirige des missions
de conseil en stratégie d’innovation et organisation
de la R & D pour nos clients. Avec Altran Research,
je retrouve ces deux processus, mais au service
du groupe. En effet, il faut définir précisément
la stratégie d’Altran Research et établir les liens
avec la stratégie du groupe. Il s’agit aussi de mettre
en place l’organisation des projets au quotidien
et des partenariats qu’Altran Research pourrait
nouer. » Aurore intervient donc à plusieurs
niveaux au sein d’Altran Research : la définition
de la stratégie d’innovation, l’organisation
des partenariats académiques et les relations
institutionnelles, l’accompagnement scientifique
et technique au moment du lancement du projet.
À partir d’un sujet envisagé, Aurore accompagne le
Altitude n°16
Par conséquent, nous pouvons décliner cette gouvernance
autour de deux axes : une gouvernance institutionnelle se
concentrant sur les processus de conformité et la maîtrise
des risques, et une gouvernance opérationnelle se focalisant
davantage sur les processus de performance et de création
de valeurs.
Après dix ans de recherche chez Saint-Gobain, puis Rhodia, Valérie Archambault a initié une
activité de Competitive Intelligence et Knowledge Management chez Rhodia. Elle s’est ainsi
intéressée à la stratégie d’innovation pendant cinq ans avant de rejoindre Arendi. Valérie
Archambault est directrice d’Altran Research depuis son lancement, en janvier 2009.
Pour développer
26
Par Pierre Calvanese, directeur IT Stratégie
& Organisation chez Altran CIS
porteur du projet ou le futur chef de projet pour la
rédaction de la fiche idée : enjeux, problématique,
approche, compétences. Cette maturation aboutit
à la constitution d’une équipe selon les
compétences disponibles parmi les consultants en
intercontrats. Ensuite, le chef de projet anime
toutes les semaines une réunion d’équipe et fait le
point sur la répartition des tâches, l’avancée du
livrable, la réorientation du périmètre… « Tous les
deux mois environ, le chef de projet présente
l’avancement de ses travaux au comité de pilotage,
qui comprend un directeur de projet issu d’un
périmètre et des membres de la direction
scientifique, dont je fais partie. Je contribue
à ces comités lorsque l’environnement est une
thématique importante du projet. »
2003 > diplômée de
Polytechnique Paris
2004 > diplômée
de Chimie Paris
2007 > entre dans
le groupe Altran
2009 > rejoint Altran
Research
Pour rebondir
En treize ans au sein du groupe Altran, Thierry Poupon a
participé à de nombreux projets pour les plus grands
équipementiers automobiles, souvent pour des sièges,
mais le retournement économique a mis fin au dernier.
BIO
1989 > ingénieur
Ensam
1990 > ingénieur
d’études chez
Faurecia
1996 > rejoint le
groupe Altran en tant
que consultant
2009 > intègre un
projet Altran Research
Parce qu’il s’est tenu au courant
des activités d’Altran AIT (Automotive,
Infrastructure and Transportation),
Thierry a d’abord participé au projet
Car Innovation by Altran, puis à deux
réponses à appels internationaux.
Intéressé par plusieurs projets Altran
Research, il a finalement intégré l’équipe
BioMat, dont l’objectif est de diminuer
la dépendance au pétrole pour toutes
les pièces non métalliques dans les
véhicules. « J’ai d’abord été surpris, car je
visais un autre projet, mais c’est un sujet
intéressant, où il y a moyen de s’engager
et de s’impliquer, et auquel mon
expérience me permet de contribuer. »
Dans cette équipe multifacettes, chacun
amène son expérience et son savoir
personnels afin d’établir la partie visible
de l’état de l’art, avant de s’attaquer à ce
qui est su par des initiés sur des cibles
précises. « J’espère bien sûr repartir
en projet chez un client, mais Altran
Research me permet de continuer
à apprendre, de rester stimulé. Surtout,
je suis convaincu qu’Altran a besoin de
se constituer un fond documentaire
pour capitaliser sur des expériences
personnelles en interne sur les métiers,
et Altran Research va le permettre. »
Mais tâchons d’abord de nous intéresser aux enjeux
de la maîtrise de la gouvernance en période de troubles
ou d’incertitudes économiques :
• Anticiper les impacts de la crise afin d’avoir la capacité
de piloter et de décider à travers des indicateurs adaptés.
• Apporter des réponses claires aux attentes de parties
prenantes (actionnaires, métiers, clients, fournisseurs,
partenaires, etc.) afin de les intégrer à la marche de
l’entreprise dans un climat de confiance et de transparence.
La gouvernance a ainsi quatre objectifs majeurs :
1. La maîtrise des risques ;
2. La performance boursière, financière et business ;
3. La cohérence entre les opérations et la stratégie ;
4. L’image et un climat social maîtrisés.
Le SI est le centre névralgique au service de la gouvernance
de l’entreprise. Il est au cœur de son activité et est un acteur
incontournable des projets de transformation, créateurs
de valeur.
Gouvernance d’entreprise et gouvernance SI :
une impérieuse nécessité d’alignement
La gouvernance SI doit s’intégrer dans la gouvernance
d’entreprise. Si le constat est évident, les moyens
pour y parvenir ne le sont pas toujours.
Pour ce faire, la démarche à suivre pourrait consister à :
• évaluer la maturité des gouvernances afin de les améliorer ;
• mesurer leurs performances ;
• mettre en place des bonnes pratiques ;
• répondre, enfin, aux attentes des parties prenantes,
donc aux objectifs stratégiques fixés.
C’est en grande partie l’objet de l’offre de conseil d’Altran CIS
ITGma (IT Governance Maturity Assessment) « Évaluation
de la maturité des gouvernances SI ».
Modèle de gouvernance SI
élargie ©Altran CIS IT Stratégie
& Organisation
Altitude n°16
27
people
Expertise
Christophe Amadieu
À l’occasion de leur union, les sociétés d’assurance AG2R
et La Mondiale ont mis en place un plan de communication
d’envergure s’appuyant sur la toute nouvelle identité de leur
groupe. Celle-ci a été révélée lors du lancement du site Web
de la marque, www.ag2rlamondiale.fr. Un site réalisé par les
équipes d’Altran CIS, et plus spécifiquement par la Business Line
Assurance et le Solution Centre. Ce projet, au forfait, a été mené
avec la collaboration en offshore de la société russe Fortess.
responsable des activités
Internet pour AG2R LA MONDIALE
interview
Altitude : Pourquoi avoir choisi
Altran CIS ?
Christophe Amadieu : Le choix d’Altran CIS s’est fait
sur la qualité de sa réponse, la prise en compte des
contraintes techniques dans un environnement hétérogène, la pertinence de l’approche organisationnelle et métier.
Par ailleurs, le mode d’engagement, proposé sous
forme de forfait avec la mobilisation d’un centre de
développement offshore, a garanti la maîtrise des
coûts et le respect des objectifs du projet.
Pavel Vasilenko (chef de projet, Fortess)
Fortess, dont le Centre scientifique est situé à Novosibirsk,
en Sibérie (Russie), développe depuis 2004 un partenariat
offshore avec Altran.
J’aimerais mettre en avant plusieurs points clés dans la
réussite d’un projet offshore :
- Une communication efficace, tout d’abord, indispensable
pour bien se comprendre lorsque le client est éloigné des
équipes de développement. Les e-mails, en particulier, doivent être concis et informatifs afin que les objectifs principaux soient clairs, sans toutefois les saturer de détails
techniques. Chaque conférence téléphonique doit être
suivie d’un compte rendu de la réunion où les décisions
prises figurent clairement.
- Chaque fonctionnalité du SRS projet (Sofware
Requirement Specification) doit être limpide. Cela rend le
développement du projet, ses modifications et son acceptation beaucoup plus faciles.
- Le suivi du projet et une bonne visibilité de ce suivi doivent
permettre au client d’être au courant des avancées, des
questions, des risques et des échéances à court terme.
Des informations aussi importantes doivent être transmises
au client par période négociée, surtout dans le cadre d’un
projet offshore.
- La réactivité du client face à un problème bloquant est
essentielle, sinon l’équipe se tourne les pouces en attendant le retour du client. De tels retards peuvent impacter le
calendrier du projet, ce qui peut le mettre en danger.
En conclusion, je suis satisfait du travail accompli sur ce
projet, et je me réjouis que le client soit content lui aussi.
C’est notre grande réactivité qui a permis la réussite de ce
projet.
Alt. : Quels sont les enjeux de ce
projet pour AG2R LA MONDIALE ?
C. A. : Tout d’abord, révéler et porter sur le Web
notre nouvelle identité visuelle et notre nouvelle
marque unique AG2R LA MONDIALE, conjuguée à
une volonté forte d’intégrer plus que jamais le canal
Internet – et tout son potentiel – dans notre stratégie
globale d’entreprise.
Ensuite, enclencher notre révolution Internet en mettant en place un véritable portail CMS (Content
Management System) capable d’évoluer facilement,
de répondre aux derniers standards du Web, d’administrer l’ensemble de nos sites Internet et d’intégrer à court terme nos briques métiers, avec comme
objectif premier la satisfaction de nos clients.
Diplômé de Polytech’Grenoble en communication multimédia, Guillaume Périllat a rejoint Altran CIS en novembre 2005. Après plusieurs projets intranet et Internet
auprès de Schneider Electric, Société Générale (SGCIB)
et Generali, Guillaume a assuré le pilotage de ce projet,
au forfait et à dimension internationale.
« Ce projet a été un vrai challenge pour moi, et ce à plusieurs titres. D’abord, le délai très court. En effet, moins de
quatre mois se sont écoulés entre l’appel d’offres et la mise
en ligne du site. De plus, la coordination des intervenants
a été aussi prenante que passionnante. Six intervenants
localisés en Russie, Hollande, Suisse et France et près de
trente collaborateurs d’Altran CIS ont participé au projet. »
Dans cet environnement complexe, une collaboration
28
Altitude n°16
efficace passe par le respect de « best practices ». Ainsi
le formalisme des documents, la précision des informations échangées, le suivi et la tenue du planning sont des
éléments clés du succès. Au-delà de cette rigueur indispensable, le management d’un tel projet nécessite aussi
suffisamment de souplesse pour fédérer des intervenants
multispécialistes dans un contexte Web en perpétuelle
ébullition, où la créativité doit pouvoir s’exprimer.
« La réussite du projet a plus que tout reposé sur la transparence dans la relation entre Altran CIS et AG2R LA MONDIALE. Les contraintes et les imprévus de chacun sont
partagés et permettent une prise de décision éclairée et
concertée. Une relation « gagnant-gagnant » se tisse, qui
profite à tous les intervenants et favorise l’investissement
de chacun dans un mode collaboratif. »
Jupiter Images
Guillaume-Amédée Périllat (Chef de projet, Altran CIS)
Voilà quelques mois, les sociétés d’assurance AG2R et La Mondiale ont fusionné, avec l’ambition de devenir l’un des tous premiers acteurs sur les marchés de la prévoyance, de la retraite,
de l’épargne et de la santé. Elles ont choisi d’unir le paritarisme
et le mutualisme pour couvrir tous les risques de la vie humaine,
dans le respect des valeurs de leurs fondateurs et des principes
de l’économie sociale. Le nouveau groupe se caractérise par
une expertise complète en matière d’assurance de protection
sociale et patrimoniale, ainsi que par des principes d’action qui
allient performance économique et engagement social.
Avec un total de 13,3 milliards d’euros de cotisations pour 8 millions d’assurés, le Groupe AG2R LA MONDIALE est le 9e assureur
de personnes en France.
Alt. : Comment abordez-vous vos
futurs challenges ?
C.A. : Dans un avenir proche, nous souhaitons renforcer la convivialité et l’interactivité de nos interfaces, optimiser la présentation de nos offres de
produits et services, digitaliser la relation avec nos
clients et proposer de plus en plus de produits souscriptibles directement en ligne.
Cette première étape a été un succès, la qualité et
les délais annoncés ont été respectés. Notre objectif
est maintenant de capitaliser sur cette première
expérience et de déployer l’Internet AG2R LA MONDIALE 2.0 en s’appuyant sur une relation forte et
durable avec Altran CIS.
Altitude n°16
29
Campus
people
France
Un partenariat multifacettes pour Altran CIS
Au travers de conférences (Sciences-Po, Polytechnique,
École nationale supérieure des télécommunications),
de participations à des jurys de soutenance (École nationale
d’assurances), de parrainages de promotion (université Paris
Dauphine), Altran CIS participe à la vie des écoles et universités.
Plus récemment, de nouveaux partenariats ont vu le jour. Ainsi,
le Club des clients Altran Financial Services a accueilli comme
nouveau membre le directeur des partenariats technologiques
de HEC. En outre, Altran CIS est partie prenante du projet Neptune,
première plate-forme ouverte d’expérimentation à très haut débit,
avec entres autres partenaires Supélec et l’université Paris-Sud.
AEA 2009 :
Une femme
au sommet !
La finale de l’édition 2009 de l’Altran Engineering
Academy (AEA), en partenariat avec Total, s’est
déroulée le 6 juillet dernier au centre technique
d’ING Renault F1 Team à Enstone, en GrandeBretagne. Une jeune anglaise, Helen Makey,
âgée de 22 ans, a su tirer son épingle du jeu
face aux autres concurrents grâce à son projet
d’optimisation de l’efficacité énergétique, utilisant
des éléments aérodynamiques mobiles.
À l’instar des vainqueurs précédents, originaires du
Royaume-Uni, d’Espagne, de Suède, de République
tchèque et du Brésil, Helen entame en septembre
prochain son stage de six mois à Enstone au sein
du département Recherche et Développement de
Renault F1 Team, sous la direction de Robin Tuluie,
chef du département. Le prix, amplement mérité, qui
lui a été décerné par Altran, Total et ING Renault F1
Team lui permet de bénéficier d’un salaire, d’un logement ainsi que d’une voiture de fonction Renault. À
l’annonce de sa victoire, Helen a déclaré : « Remporter
ce concours est un rêve qui devient réalité. C’est
un véritable privilège que de pouvoir faire partie de
Renault F1 Team. Cette expérience est, pour moi, une
excellente opportunité de mettre en pratique ce que j’ai
appris lors de mes études au sein du monde en perpétuelle évolution de la formule 1. Je tiens à remercier
Altran, Total et, bien sûr, ING Renault F1 Team pour
cette merveilleuse chance qui m’est donnée. »
Une victoire à domicile
Tout a commencé par un long trajet
en train. Même si Helen Makey jouait
à domicile pour cette édition de l’Altran
Engineering Academy, elle a dû voyager
aussi longtemps que les autres
finalistes. Partie de Morpeth, petite
bourgade du Northumberland, près
de Newcastle, Helen est descendue
en train à Oxford. Pendant ces
cinq heures, elle a eu le temps de
repenser aux préparatifs de ces
dernières semaines et à sa présentation
du lendemain. Helen, une passionnée
de karting et de rallye, est ingénieure en
génie mécanique et était à la tête de
l’équipe de son université, Cambridge,
30
Altitude n°16
dans la compétition automobile Formula
Student. Logique dès lors que son
projet de master, supervisé
par la Fédération internationale
de l’automobile (FIA), concerne
l’optimisation de l’efficacité énergétique
via des éléments aérodynamiques
mobiles. Le chauffeur de son taxi en
aurait eu bien besoin lorsqu’il a freiné
brutalement devant l’entrée de l’hôtel…
Le lendemain, la tension était palpable,
mais Helen s’en est accommodée.
Après tout, ne venait-elle pas d’être
diplômée d’une des plus prestigieuses
universités au monde ? Pas de quoi être
nerveuse, donc. À défaut d’être sûre de
l’emporter, elle savait qu’elle ferait
de son mieux. D’ailleurs, le fait
de passer en dernier l’a rassurée,
elle en avait pris l’habitude pendant
ses études. Patiemment, elle a suivi
attentivement les projets des autres
finalistes, analysant leurs échanges
avec le jury. Quand son tour est venu,
Helen est montée sur scène pleine
d’assurance, mélangeant passion
et conviction dans sa présentation.
Répondant avec brio aux questions
parfois pièges du jury, elle s’est toutefois
retrouvée sans voix à l’annonce
des résultats. Pas grave, car son sourire
en disait déjà long.
Les huit autres candidats, originaires du Brésil, de
République tchèque, de France, d’Allemagne, d’Italie,
des Pays-Bas, d’Espagne et de Suisse, ont également
impressionné le jury présidé par Robin Tuluie. Parmi les
autres membres du jury figuraient Alfonso Martinez,
directeur exécutif d’Altran Technologies en Espagne,
Olivier Guillaud, consultant senior dans le cadre du
partenariat entre Altran et ING Renault F1 Team, et
Philippe Girard, de la direction scientifique du groupe
Total. Après avoir annoncé le nom de la gagnante,
Robin Tuluie a réitéré son profond attachement au
concours Altran Engineering Academy (AEA) : « Six
ans après le lancement du premier concours, je suis
toujours aussi impressionné par le niveau d’expertise
et d’ingéniosité que ces jeunes ingénieurs apportent
à la compétition. Leur passion et leurs idées sont une
véritable source d’inspiration et nous sommes fiers de
pouvoir offrir à certains d’entre eux l’opportunité de
réaliser leur rêve en intégrant ING Renault F1 Team. »
Philippe Girard, de Total, ajoute : « Cela a été pour
nous un véritable plaisir de constater l’engagement de
l’ensemble des participants. La contribution de jeunes
talents est essentielle dans le domaine des sciences
de l’énergie, et il est encourageant de savoir que nous
pouvons compter sur leur expertise et leur enthousiasme dans le cadre de nos activités de recherche
futures. » Alfonso Martinez, d’Altran, a aussi fait remarquer que, même si un seul vainqueur était désigné, les
entreprises organisatrices du concours ne fermaient
pas complètement leur porte aux autres participants :
« La sélection d’un vainqueur s’avère de plus en plus
difficile chaque année, et je souhaite remercier tous
les finalistes pour leur contribution dans le cadre de
cet événement. Altran et Renault F1 vont suivre leur
parcours de près ! »
Belgique
Succès pour l’action
recrutement d’Altran
Plus encore que l’année dernière, les Campus Teams de Belgique
ont tenu à être au plus près des étudiants. Leur mission comprend
deux volets. Le premier consiste à présenter Altran et les opportunités
offertes par le Groupe, par exemple en participant à une manifestation
organisée par l’université de Liège pour promouvoir la marque Altran.
Le second volet vise à aider les étudiants afin qu’ils soient aussi
efficaces que possible dans leurs recherches d’emploi. À l’Université
libre de Bruxelles, les Campus Teams ont mis en place un atelier CV
et des simulations d’entretien au siège d’Altran. Associée aux salons
habituels, cette année de recrutement a été un succès retentissant.
Italie
Entretiens virtuels
pour recrutements réels
Altran Italy a franchi une
nouvelle frontière dans l’univers
du recrutement : l’entretien
vidéo sur Internet. Pour le
leader européen du conseil en
innovation, qui vise à devenir
l’employeur de référence,
quoi de plus normal ?
Cette première a eu lieu
en avril 2009 à l’occasion
de la BIP (Borsa Internationale
del Placement, ou International
Placement Exchange)
sur www.biponline.it.
La déclinaison Web de ce
forum, qui réunit chaque année
universités et entreprises
et à laquelle Altran Italy avait
participé en septembre 2008, a
permis une meilleure interaction
avec les candidats grâce
à des catalogues, des points
d’information et des sessions
de recrutement en ligne.
Altitude n°16
31
Dr David Foster
DR
1967 : Naissance. 1995 : Diplômé de la Harvard Medical School. 1998 : Première collaboration
scénaristique, en tant que consultant technique pour Warner Bros, sur Outreach. 2004 : Engagé
comme consultant pour la série Docteur House. 2005 : Déménagement à Los Angeles pour intégrer
de façon permanente l’équipe du Docteur House.
DR
portrait
Y a-t-il un Docteur derrière House ?
Depuis cinq saisons, David Foster, médecin devenu scénariste, veille à ce que les intrigues
de la série Docteur House soient réalistes et originales.
Accumulant les récompenses depuis six ans, la série Très vite, celui qui se décrivait comme « le docteur qui fait
télévisée Docteur House doit son succès interna- un peu de télé » devient « l’écrivain télé qui fait un peu de
tional autant à ses acteurs qu’à la profondeur et à médecine ». Il quitte alors Boston où il s’investissait dans la
l’ingéniosité de ses histoires. À chaque épisode, le lutte contre les addictions, le SIDA ou les hépatites dans un
Dr Gregory House et son équipe doivent découvrir – un centre de santé local pour débarquer avec toute sa famille
peu comme dans une enquête policière – la bonne théra- à Los Angeles : une nouvelle vie commence.
pie qui sauvera un patient atteint d’une pathologie rare. Et, Six ans plus tard, il a su s’imposer comme l’un des scénapour donner du réalisme à la vie d’un médecin, rien de tel ristes clés de cette série, et sa vie a bien changé. Avant,
qu’un autre praticien : c’est le métier du Dr David Foster, c’était à lui de découvrir de quelle maladie souffraient ses
patients alors que, désormais, la maladie est devenue le
scénariste historique de la série.
Brillant médecin diplômé de la Harvard Medical School, postulat de départ de toutes les histoires qu’il écrit. « Ces hisDavid Foster découvre dès la fin de ses études le milieu de toires, c’est aussi l’occasion de pourvoir lancer des débats
la télé, grâce à l’un de ses amis d’école. Il se lance alors d’idées qui vont au-delà de la simple fiction pour toucher
dans une double vie, à la fois médecin à Boston et consul- aussi le monde médical réel, explique-t-il. Je suis conscient
de l’impact que la série peut avoir, c’est un
tant pour des séries télé à Hollywood (il a
rôle que je prends au sérieux. »
notamment participé à la série Law and
« Le docteur qui fait un
Un
gage de qualité pour la série dont le
Order – Special Victims Unit). Jusqu’au
peu de télé » devient
succès
ne se dément pas, puisqu’elle repart
jour où on lui propose de travailler pour
« l’écrivain télé qui fait
pour
une
sixième saison en septembre.
Docteur House.
un peu de médecine »

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