Cinéma garanti sans 3D

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Cinéma garanti sans 3D
a garanti sans 3D
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C
5 place Camille Jullian 33000 Bordeaux • www.cinemas-utopia.org • 05 56 52 00 03 • [email protected]
TEMPÊTE
Samuel COLLARDEY
France 2015 1h29
avec Dominique Leborne,
Matteo Leborne, Mailys Leborne,
Patrick d'Assumçao…
Scénario de Samuel Collardey
et Catherine Paillé
Les festivals de Venise, Namur, la Roche
sur Yon… ont tous primé ce film exceptionnel et on espère bien que ce n'est
qu'un commencement tellement il le
mérite ! Samuel Collardey nous offre un
film absolument magnifique, qui n'a besoin d'aucun artifice pour vous boule-
verser et sonder l'âme humaine.
Premières
images
saisissantes…
Éléments déchaînés… Nous voilà perdus au milieu de l'océan, brinquebalés
par une somptueuse tempête, écartelés entre admiration et peur au ventre
No 168 du 24 février au 29 mars 2016 / Entrée: 6,50€ / La 1re séance: 4€ / Abonnement: 48€ les 10 places
TEMPÊTE
face à la beauté, à la force de la nature.
Dans cette première scène magistrale,
tout est dit. L'excitation puissante en
même temps que le sentiment de vulnérabilité qui transpercent ceux qui vivent
de tels instants. Après cela, infranchissables semblent les abysses séparant le
monde des terriens et celui des marins,
qui cœxistent pourtant sur la même planète. Combien revenir sur le plancher des
vaches, malgré toutes les attaches qu'on
y a, doit paraître fade ! Quels charmes
terrestres pourraient rivaliser avec les envoûtements impérieux de la mer ?
Dom ne cherche même pas à y résister. Ce beau trentenaire, forgé par des
années de pêche en haute mer, n'imagine pas faire autre chose de sa vie, il
s'en sait d'ailleurs complètement incapable. S'il ne parle pas de passion, il la
vit au quotidien. Les vagues le bercent
autant qu'elles le bousculent, le protègent. Des années d'embarquement
l'ont préservé de devenir une de ces
grandes personnes insipides, pour le
meilleur et pour le pire. Peut-être le peu
de jours qu'il passe sur terre sont-ils insuffisants pour apprendre à décoder le
monde de ceux qui y restent constamment. Chaque fois que Dom revient sur
l'Île d'Yeu, où il réside, il semble tanguer
entre l'état d'adulte et celui de l'éternel
gamin qui, vingt années auparavant, prit
pour la première fois le large. Mais voilà… à trente six ans, il n'est plus le seul
adolescent de la famille qu'il a essayé de
fonder. Dans le petit pavillon qu'il n'a jamais le temps de retaper, l'attendent toujours impatients ses deux gosses, dont il
a la garde, Matteo et Mailys. À voir leurs
retrouvailles on a plus l'impression que
c'est une fratrie qui se reconstitue qu'un
père qui reprend son rôle en main. Elles
sont certes vivifiantes, leurs taquineries,
leurs batailles qui dévastent l'appartement, mais elles ne laissent que peu de
place et de temps à l'écoute, à la communication dont ils auraient tous besoin.
Dom se trompe lourdement en croyant
sa progéniture suffisamment armée pour
affronter les écueils qui se présentent à
elle. Il la pense toujours sagement rangée dans les petites cases prévues à cet
effet. Matteo enfilant comme les générations précédentes la panoplie de marin,
Mailys se satisfaisant du rôle de fille docile. Il a beau les aimer intensément, il est
aveugle aux tempêtes qui s'agitent sous
leurs crânes au sortir de leur enfance
houleuse. Et lorsque Dom fait défaut à
Mailys dans un moment crucial pour elle,
cela va être comme un véritable tsunami affectif qui laissera des traces indélébiles dans sa vie comme dans leur relation… En filigrane ? Un contexte social
peu réjouissant, où la crise qui guette les
pêcheurs se révèlera plus vorace que les
plus féroces requins et où aucun banquier, aucun syndicat ne mouille sa chemise pour les aider à surnager…
On ne peut terminer sans préciser que,
pour chacun des acteurs principaux,
justes, exceptionnels, charismatiques,
c'est un premier passage à l'écran. On
en ressort complètement bluffé, à tel
point que deux grands festivals prestigieux n'ont pas hésiter à décerner à
Dominique Leborne leur grand prix d'interprétation masculine. Et ils ont eu bien
raison ! C'est qu'avec une grande et
humble simplicité, il a offert sa propre
histoire à Samuel Collardey, qui respecte
et filme ses personnages de manière admirable, magnifiant cette humanité vibrante à laquelle nous appartenons tous.
THE REVENANT
Alejandro GONZALEZ IÑARRITU
USA 2015 2h36 VOSTF
avec Leonardo DiCaprio, Tom Hardy,
Domhnall Gleeson, Will Poulter…
Scénario de Alejandro González
Iñárritu et Mark L. Smith, d'après le
roman de Michael Punke. Musique
de Ryuichi Sakamoto, photographie
d'Emmanuel Lubezki.
et Alfonso Cuarón (Les fils de l'homme,
Gravity). Rien ne peut vous préparer à
la fulgurance de sa sauvagerie, à l'animalité viscérale de sa violence. Rien ne
peut vous préparer à l'éclat bouleversant, au cœur des ténèbres, de la lueur
d'humanité qui subsiste, malgré tout ce
qu'il endure, dans le regard de Leonardo
DiCaprio.
GOLDEN GLOBES 2016 : Meilleur film,
Meilleur réalisateur, Meilleur acteur
Depuis qu'il s'est mis à l'écriture du scénario de ses films à partir de Biutiful,
Alejandro González Iñárritu a déployé
ses ailes et confirme le tournant esthétique de Birdman. Dans The revenant,
l'usage des plans séquences et de la
courte focale est en parfaite cohérence
avec l'histoire, on n'est plus dans l'exercice formaliste génial, son cinéma est
devenu organique, respirant avec son
histoire, ses personnages. C'est le résultat d'un tournage dans des conditions particulièrement difficiles (il rejoint
les légendaires tournages d'Apocalypse
Now et Sorcerer), en décors naturels,
et dans l'ordre chronologique du film :
« tout le monde était gelé, le matériel se
brisait. Amener la caméra d'un point à
un autre était un cauchemar. Les acteurs
n'étaient pas en studio à rigoler devant
des fonds verts. »
Hugh Glass était un « mountain man »,
« Tant que tu peux t'accrocher à une
respiration, bats-toi, respire… continue
à respirer. » C'est sur cette leçon de survie que commence l'odyssée de Hugh
Glass selon Iñárritu. Ne vous laissez pas
submerger, perturber, par le bruit médiatique qui va entourer la sortie de ce
grand favori pour les Oscar (douze nominations), après avoir triomphé aux
Golden Globes.
Retenez votre respiration, elle vous sera précieuse durant cette expérience
immersive dans les étendues glacées
et les montagnes enneigées du Dakota
du Sud. Rien ne peut vous préparer à
sa beauté, à la magnifique photographie
d'Emmanuel Lubezki, déjà à l'œuvre
pour Birdman, et aussi chez Terrence
Malick (Tree of life, Le Nouveau monde)
un de ces trappeurs, explorateurs américains qui parcouraient les montagnes de
l'Amérique du Nord au xixe siècle, motivés par le profit, chassant les castors et
vendant leurs peaux. Jeremiah Johnson,
de Sydney Pollack, qui racontait l'histoire d'un de ces trappeurs, Johnson
le mangeur-de-foie, fait aujourd'hui figure de conte pour enfant aux côtés de
The Revenant. Le film mêle deux épisodes qui ont fait la célébrité de Hugh
Glass, durant l'expédition du général
William Ashley remontant le Missouri.
Le premier épisode est celui de la rencontre avec les indiens Arikaras, qui les
pourchassèrent et auxquels il parvint à
échapper, aidé ensuite par des Sioux
pour rejoindre le fort. En 1823, lors d'une
reconnaissance, Glass surprit une femelle grizzly, accompagnée de ses deux
oursons, qui le chargea. Il réussit à tuer
l'ours, mais très gravement blessé, fut
laissé pour mort par les deux compagnons qui devaient rester à ses côtés.
Sans armes, il parvint en six semaines
à gagner Fort Kiowa, distant de plus de
trois cents kilomètres. Glass se remettra
ensuite en route pour traquer Bridger et
Fitzgerald, et en tirer vengeance.
Resserrant la durée du récit originel, le
film reprend en grande partie les épisodes de cette histoire pour en faire une
aventure humaine dont la profondeur et
la force en font dores et déjà un classique intemporel, hors catégories : « la
souffrance est temporaire, un film est
éternel » (Alejandro González Iñárritu,
Golden Globes 2016).
Toulouse, c'est pas rose, Toulouse, c'est morose…
Il s'en passe de belles du côté de nos cousins d'Utopia Toulouse : le 26 Janvier, à 8
heures du matin, les projectionnistes se
sont retrouvés devant les portes bloquées,
des affiches placardées un peu partout sur
les vitres avec des slogans dont la violence
a cassé les effets bénéfiques de leur petit
déjeuner : « BDS – Utopia – Merah même
combat ». Dans la foulée, La Licra et le Crif
publiaient des communiqués lourds des
mêmes vilains amalgames dans le journal la Dépêche (on ne parle même pas
des propos injurieux tenus sur JSSNews) :
voilà donc Utopia et BDS assimilés à d'affreux criminels (Merah, Fofana, les frères
Kouachi…) et autres terroristes qui ont
ensanglanté la France par des attentats
ces derniers mois… Ouf ! C'est violent !
Objectif de ces attaques simultanées : empêcher que se déroule à Utopia Toulouse
la soirée débat sur la situation de Georges
Ibrahim Abdallah. Mais empêcher aussi
que le mouvement pacisfiste BDS s'exprime et trouve des soutiens alors que la
comparution de 4 de ses militants distributeurs de tracts est prévue en Juin au
Tribunal de Toulouse.
Alors, on s'interroge : pourquoi donc cette
modeste soirée, qui finalement a pu se tenir après que les dégats aient été réparés,
contrarie-t-elle autant les militants de certaines associations juives ?
Georges Ibrahim Abdallah, militant communiste libanais, dit Wikipedia… Sans
doute le plus ancien prisonnier politique
en Europe. Condamné à perpétuité pour
complicité (qu'il a toujours niée) dans l'assassinat en 1982 de deux diplomates,
l'un américain, l'autre israélien, dans un
contexte de conflit entre Israël et le Liban.
A ce jour, il a passé 32 ans en détention
et est actuellement détenu à la centrale
de Lannemezan. Par deux fois le Tribunal
d'application des peines a prononcé sa libération conditionnelle, confirmée en appel sous condition d'expulsion du territoire
français. Mais la décision n'a pu être appliquée car le gouvernement refuse de signer
l'arrêté d'expulsion. Alors qu'il est libérable depuis 1999, ses avocats se sont vu
refuser 9 fois la libération conditionnelle
demandée. Des partis politiques, des associations soutiennent sa demande de libération : le Parti de Gauche, Lutte Ouvrière,
le NPA, Alternative libertaire, L'Union Juive
Française pour la Paix… Des personnalités aussi : Angela Davis, Noël Mamère,
Jacques Tardi, Françoise Vergès, André
Chassaigne, Patrick Braouzec… des communes l'ont nommé citoyen d'honneur…
allez donc voir sur internet.
A Utopia, ce n'est pas la première fois que
des projections-débats sont organisées
sur le sujet. A Utopia Bordeaux, l'ex-pré-
fet Bonnet, patron de la DST au moment
de l'arrestation d'Abdallah, ancien député
UDF… a participé à une soirée sans qu'il
y ait opposition virulente et encore moins
tentative d'intimidation. On rappelle que le
préfet en question, interviewé sur l'affaire
dénonçait « une vengeance d'état » dans
un excellent article de La Dépêche du 7
Janvier 2012. On pourrait penser qu'il est
légitime de s'interroger sur le sujet : ben
non ! Ce n'est pas l'avis de JSSNews, de la
Licra Toulouse, du Crif Toulouse et de leurs
amis… encouragés par la sentence définitive de notre premier ministre : « expliquer, c'est déjà vouloir un peu excuser »,
triste écho au célèbre « réfléchir, c'est
commencer à désobéir » seriné dans les
armées pendant la guerre d'Algérie.
BDS : Boycott Désinvestissement
Sanctions.
Sur un moteur de recherche bien connu
et non censuré on peut lire : « c'est une
campagne internationale appelant à exercer diverses sanctions économiques, académiques, culturelles et politiques contre
Israël afin d'aboutir à la réalisation de trois
objectifs : la fin de l'occupation et de la colonisation des terres arabes, l'égalité complète pour les citoyens arabes palestiniens
d'Israël et le respect du droit au retour des
réfugiés palestiniens ». En France en particulier, le mouvement se définit comme
une réponse citoyenne et non violente à
l'impunité d'Israël. Si, dans la plupart des
pays, les appels au boycott n'ont rien d'illégal, en France, depuis la « circulaire Alliot
Marie » de 2010, tout appel au boycott est
pénalisé, puni d'un an d'emprisonnement
et de 45 000 euros d'amende et les procès se multiplient. A Toulouse 4 personnes
sont citées à comparaître pour « entrave
à l'exercice normal d'une activité économique ». Leur délit ? Avoir distribué des
tracts sur le trottoir devant deux grandes
surfaces en Décembre 2014 et en Février
2015.
Alors question : Israël serait-il si fragile
pour trembler ainsi devant quelques distributeurs de tracts pacifistes ? Ce petit
pays de 8 millions d'habitants qui est le 8e
plus grand exportateur d'armes du monde,
qui est aussi une puissance nucléaire…
craindrait plus que tout d'être interpellé
par des universitaires, des artistes, des intellos… au point que ses partisans inconditionnels ont besoin de jeter l'anathème
sur leurs contradicteurs en pratiquant des
amalgames sordides, les assimilant à des
antisémites, des criminels, des terroristes,
des islamo-gauchistes (ce qui ne veut
strictement rien dire)… brandissant avec
la plus évidente mauvaise foi les accusations les plus extrêmes pour imposer silence, envoyant leurs troupes couler nui-
tamment de la colle dans les serrures d'un
petit cinéma de rien du tout pour empêcher un débat concernant la demande de
libération d'un homme emprisonné depuis
plus de trente ans et rassemblant une centaine de spectateurs ?
« Israël ne laissera pas BDS occuper le terrain médiatique » vient de déclarer le premier ministre d'Israël. Propos rapportés
par Israël Valley, site officiel de la chambre
de commerce France-Israël, qui précise
que 33 millions d'euros et 35 emplois supplémentaires seront ajoutés pour contrer
ces pacifistes tant redoutés qui font faire
des cauchemards aux politiciens de la
Knesset.
Quelques jours après, à Toulouse, était annoncée dans des locaux municipaux un
diner de Gala organisé pour BHL et l'ambassadrice d'Israël… qui s'est fait remarquer en début d'année en exigeant le retrait d'un portrait du palestinien Marwan
Baghouti, homme politique et chef militaire palestinien, incarcéré dans une prison de haute sécurité israélienne, élément
d'une exposition organisée par une salle
des ventes à Paris comprenant 36 « unes »
de Libé relookées par des artistes et vendues au profit de « reporters sans frontières ».
La collaboration entre la salle des ventes,
Libération et RSF a été interrompue,
Libération refusant de retirer la une contestée, et des artistes retirant leur œuvre par
solidarité… « Je suis étonné qu'une ambassade étrangère puisse décider de ce
que l'on expose ou pas. Et qu'une maison
de ventes cède aux pressions. Je ne tenais pas à envenimer tout cela. Dans les
années 70, je me suis élevé contre le jumelage de ma ville, Nice, avec l'Afrique du
Sud. A l'époque on disait la même chose
de Mandela. Je n'ai pas cherché la provocation avec cette une » regrette Ernest
Pignon-Ernest…
Utopia Toulouse a porté plainte et réfléchit
aux suites judiciaires à donner. L'Union
Juive Française a publié un communiqué
à lire sur son site.
Mais tout de même… ce genre de comportements, ces amalgames aussi stupides que grossiers, ces pressions (auxquelles cèdent un peu trop facilement les
élus), ces interdictions successives… ne
sont-ils pas plus productifs d'hostilité envers Israël que des tracts protestant pacifiquement contre une politique d'apartheid
que plus grand monde ne conteste ?
En savoir plus :
www.ujfp.org
www.bdsfrance.org
MERCI PATRON !
Documentaire de François RUFFIN
France 2016 1h24
avec Serge et Jocelyne Klur, leurs
amis, leurs anciens collègues, François
Ruffin… à l'assaut du prix Woodrow
Wilson de la citoyenneté d'entreprise et
du service public (!!!), le chevalier commandeur de l'ordre de l'Empire britannique (qu'ils le gardent !), le patron qui
dit sans rire « Quant aux maisons, je
crois qu'il ne faut pas en avoir trop, il
faut avoir le temps d'y aller », j'ai nommé l'inénarrable Bernard Arnault…
C'est l'histoire de Jocelyne et Serge
Klur, ex-employés d'Ecce, filiale du
groupe LVMH. Ex-employés de son
usine de Poix-du-Nord, jadis chargée
de la confection des costumes Kenzo.
« Jadis » car, mondialisation oblige, le
groupe a cru bon d'en délocaliser toute
la production en Pologne. Moyennant
quoi les Klur ont été invités à se rendre
employables ailleurs. Quatre ans plus
tard, la fin de droits est passée depuis
belle lurette, on tourne à 400 euros par
mois, la maison est fraîche – forcément,
il n'y a plus de chauffage, et il a fallu se
replier dans la seule pièce habitable…
On en est là quand survient un avis de
saisie de la maison, ni plus ni moins, à
la suite d'une ardoise d'assurance de
25 000 euros. Pour les Klur, qui considèrent qu'on est un « gros », voire un
« capitaliste » à partir de 3 000 euros par
mois, c'est là tomber d'un coup dans
des ordres de grandeur qui font sortir de la Voie lactée. Ce qui n'empêche
pas d'ailleurs de tirer des conséquences
pratiques, en l'occurrence sous la forme
du projet, si c'est ça, de foutre le feu à
la maison – la seule chose que les Klur
aient vraiment eue à eux et dont ils ont
tiré à peu près tout ce que leur existence
leur a réservé de joies.
On ne fait pas plus local que le cas Klur.
Et on ne fait pas plus global non plus.
Car les Klur offrent un résumé presque
complet du système. Pourtant, contrairement à bon nombre de ceux qui ont
traité avant lui de la condition salariale à
l'époque néo-libérale, le film de François
Ruffin n'a aucune visée analytique ou
pédagogique. C'est un film d'un autre
genre, difficilement identifiable, d'ailleurs, au regard des catégories cinématographiques habituelles. Le plus
juste serait sans doute d'en dire qu'il
est un film d'action directe. Car Ruffin,
qui a Bernard Arnault dans le collima-
teur depuis un moment, va opter pour
l'attaque frontale : Klur-Ruffin contre
Arnault. L'époque néo-libérale enseignant que si l'on ne demande pas avec
ce qu'il faut de force, on n'obtient rien,
Klur-Ruffin vont demander. Avec ce qu'il
faut de force. 45 000 euros de dédommagement pour réduction d'un couple à
la misère, plus un CDI quelque part dans
le groupe LVMH pour Serge ! Et sinon,
campagne de presse. Pas Le Monde,
pas France Inter, pas Mediapart : Fakir,
journal libre fondé par Ruffin et basé à
Amiens. Tremblez, puissants !
C'est à ce moment que le film passe
d'un coup dans la quatrième dimension,
et nous avec. Car dans le cortex frontal
de l'éléphant, l'attaque du moustique a
semé un sacré foiridon. Et le puissant se
met à trembler pour de bon. On ne peut
pas raconter ici la série des hilarantes
péripéties qui y conduisent, mais le parti
pris de « spoiler » commande au moins
de donner tout de suite la fin de l'histoire : Bernard Arnault s'affale !
… Si des Klur coachés par le camarade Ruffin ont le pouvoir de mettre
Bernard Arnault à quatre pattes, c'est
bien qu'en face, on a peur. Confusément
conscience que tant de vilenies accumulées ne pourront pas rester éternellement impunies, donc peur… Et si l'espoir changeait de camp, si le combat
changeait d'âme ? (Frédéric Lordon, Le
Monde diplomatique)
> Théâtre
Sœurs
Texte et mise en scène Wajdi Mouawad
08 > 12 mars
Reconnu pour l’intensité de ses fresques théâtrales
(Littoral, Incendies, Forêts…), Wajdi Mouawad construit un
« cycle domestique » où il décortique, l’une après l’autre,
chaque figure familiale. Après le fils avec Seuls (au TnBA
en 2008), voici Sœurs, en hommage à sa sœur et à une
époustouflante comédienne, Annick Bergeron. Dans une
scénographie sidérante d’inventivité, elle incarne avec
virtuosité et humanité tous les rôles. Aussi crédible en
quinqua québécoise survoltée qu’en immigrée libanaise
virago, elle donne chair et âme à ces sœurs de combat.
> Danse
Conception et chorégraphie Julie Nioche
15 & 16 mars - Cuvier / Artigues-près-Bordeaux
Suspendue dans les airs, au milieu d’une forêt de câbles et
de poids, une danseuse s’élève, ondule, plane, se déploie,
se repose, retombe… Fragile équilibriste tentant d’explorer
l’apesanteur, elle évolue entre liberté et contrainte, au
cœur d’un dispositif dont elle dépend tout autant qu’elle lui
donne vie. Au carrefour de la danse, des arts plastiques et
du cirque, une danse de l’épreuve entre fragilité et maîtrise.
En partenariat avec Le Cuvier - Centre de Développement
Chorégraphique d’Aquitaine - Artigues-près-Bordeaux
> Théâtre
Texte Ulrich Hub
Mise en scène Betty Heurtebise
Trois pingouins contemplent la banquise et se
chamaillent. C’est alors qu’une colombe, messagère
de Noé, leur annonce le déluge et les informe que deux
places seulement sont disponibles dans la fameuse
Arche. Ils vont donc tout faire pour cacher le troisième
et embarquer tous ensemble. L’Arche part à 8 heures
séduit d’emblée par son histoire incontestablement
drôle et profonde. À travers le mythe du déluge, ce petit
traité de philosophie à l’adresse des enfants aborde avec
fantaisie, humour et chansons endiablées, des questions
hautement sérieuses. Une Arche qui ne laisse personne
de glace !
> Théâtre
Sandre
monologue pour un homme
4
Conception et direction Rodrigo García
16 > 18 mars
Sur scène, quatre personnages enchaînés par des toiles
d’araignées peuplées de grelots, quatre coqs en basket, des
corps nus qui s’unissent et se repoussent sur un énorme
savon de Marseille, deux mini - miss de neuf ans qui
dialoguent avec un samouraï, des mots crus qui claquent
sans cesse… Dans une matière scénique résolument
avant-gardiste où le poétique et le trivial se disputent la
scène, entre « Jardin des délices » à la Jérôme Bosch et
observation acerbe du monde contemporain, l’humour
décapant et provocateur de Rodrigo García.
En espagnol surtitré en français
Déconseillé aux - 16 ans
design franck tallon
L’Arche
part à 8 heures
22 > 25 mars
Nos Solitudes
Programme
Renseignements du mardi au samedi
& billetterie en ligne de 13h à 19h
www.tnba.org
> Théâtre en famille - À partir de 7 ans
05 56 33 36 80
Texte Solène Denis
Mise en scène Collectif Denisyak
22 mars > 02 avril
Dans un flot maladroit, une femme se raconte. Jeune
fille amoureuse, épouse, mère, une vie passée entre
la cuisine, le ménage, les courses, son travail, le soin
apporté à ses deux enfants, l’amour pour son homme...
Et les promesses trahies, le mari qui l’ignore, la trompe.
Alors, cet enfant qu’elle porte dans son ventre, elle n’en
veut pas, elle le tuera. Saisissant de vérité, le comédien
Erwan Daouphars incarne cette femme brisée, hantée
par ses souvenirs. Un voyage dans les blessures de l’âme
humaine.
Théâtre du Port de la Lune
Direction Catherine Marnas
3 place Renaudel - Bordeaux
Tram C - Arrêt Sainte-Croix
www.tnba.org
Spotlight
Tom McCARTHY USA 2015 2h08 VOSTF
avec Michael Keaton, Rachel McAdams, Mark Ruffalo,
Brian d’Arcy James, Liev Schreiber, Stanley Tucci,
Billy Crudup, John Slattery, Jamey Sheridan…
Scénario de Josh Singer et Tom McCarthy
CAROL
Todd HAYNES GB / USA 2015 1h58 VOSTF
avec Cate Blanchett, Rooney Mara, Sarah Paulson,
Kyle Chandler, Carrie Brownstein…
Scénario de Phyllis Nagy, d’après le roman
de Patricia Highsmith
Carol est une femme en train de s’écrouler. Elle ne tient plus
que par l'artifice de son statut d’épouse et de mère, de femme
du monde belle et enviée. Carol est une femme qui sait qu’elle
est en train de s’écrouler mais elle a conscience que sa chute
est indispensable à sa renaissance, dont elle ne doute pas.
En attendant de pouvoir se sortir d’une procédure de divorce
ô combien difficile (nous sommes en 1952, le mariage est
d'airain), elle tente tant bien que mal de faire bonne figure, au
prix d’efforts contraints et de sourires forcés.
Therese est une femme en train d’éclore. Elle est jeune, encore insouciante et légère, mais autour d’elle, entourage, société… tout la pousse à se couler sans réfléchir dans le moule
que l’époque a choisi pour elle : se marier, être une gentille
épouse et une maman modèle. Sans être rebelle ni forcément
réfractaire à l’idée d’un fiancé, Therese a pourtant l’intime
conviction que sa destinée ne peut pas déjà, si vite, être toute
tracée et qu’il doit bien y avoir une possibilité de simplement
suivre son instinct, ses désirs.
Quand elle croise le regard un peu froid de cette femme à la
silhouette parfaite, d'une classe folle, Therese est subjuguée.
Carol est un continent inaccessible, l'incarnation divinement
séduisante d’un monde auquel elle n’appartient pas et auquel
elle n’appartiendra sans doute jamais, elle la petite vendeuse
de jouets derrière son comptoir.
Lorsqu'elle croise le regard curieux de ce petit bout de nana
frêle à l'allure juvénile, Carol est fascinée. Therese est une
promesse de candeur et d'espoirs pas encore broyés sous
le poids des convenances et des conventions, un appel au
rêve pour elle qui depuis trop longtemps est prisonnière d’un
mariage raté.
Magistralement filmées, les deux comédiennes forment un
duo troublant de sensualité et de douceur contenues, les
mouvements des corps et les croisements de regards occupent tout le cadre… Un film somptueux.
Ce remarquable Spotlight… s’inspire de faits réels. L’équipe
de journalistes d’investigation du Boston Globe, surnommée
« Spotlight » (littéralement « le projecteur »), enquête, au début des années 2000, sur une affaire de crimes pédophiles
perpétrés – et dissimulés – par l’Église catholique. Pour autant, il ne faut pas chercher la moindre héroïsation du reporter.
Car ce qui intéresse McCarthy, c’est de montrer le journaliste,
ce soutier de la démocratie, au travail… D’ailleurs le réalisateur ne s’attache à ses personnages qu’à travers le prisme
professionnel, sans s’attarder inutilement sur leur sphère personnelle qui aurait risqué de parasiter leur indéfectible trajectoire… McCarthy excelle à camper cette petite ruche industrieuse que forme le groupe Spotlight – les visages anxieux
minés par la fatigue croissante et les rebuffades récurrentes,
les innombrables appels téléphoniques infructueux, les allées
et venues entre le journal, le Palais de justice et le bureau des
avocats – et à humer l’atmosphère solidaire qui règne à la rédaction…
Peu à peu, le travail acharné des journalistes esquisse les
contours des violences insondables subies par les jeunes victimes d’hier. À cet égard, la force de Spotlight, c’est le traitement du hors-champ. S’il ne fait preuve d’aucune fausse
pudeur dans l’évocation des viols, le cinéaste évite soigneusement les flash-back insistants, le pathos racoleur…
Ce plaidoyer pour la fonction salvatrice de la presse écrite
ne serait pas aussi puissant s’il n’était pas ancré dans un
contexte géographique bien spécifique. Car dans le film, la
responsabilité écrasante de l’Église se confond avec celle
de Boston : Boston la patricienne, discrète et « provinciale »,
Boston qui exècre l’ostentation, et surtout Boston la catholique, où le crime s’épanouit pourtant… Dans ce film subtil
qui ne tombe jamais dans l’écueil du manichéisme, tout le
monde, ou presque, partage les mêmes origines et, partant,
une responsabilité collective… Un film passionnant, de bout
en bout ! (F. Garbarz, Positif)
REHABILITER LES
TIRAILLEURS NAUFRAGÉS
LES LUNDIS DES CINÉASTES BORDELAIS ET AQUITAINS
C’est une drôle d’histoire que
révèle encore une fois notre ami
Karfa Diallo. L’histoire oubliée de
tirailleurs naufragés lors de la
plus grande catastrophe maritime
française.
Après plusieurs années de
combats et de souffrances dans les
tranchées du Chemin des Dames,
pour une guerre imposée, bien loin
de leurs intérêts et de leurs terres,
plusieurs compagnies de tirailleurs
sénégalais rentraient retrouver leur
foyer. C’est de Bordeaux, quai des
Chartrons, que partit, le 9 Janvier
1920, le paquebot « L’Afrique ». Dès
son appareillage, L’Afrique montre
des signes de faiblesse. Des
incidents inexpliqués surviennent
lors des manœuvres pour sortir
de l’estuaire. Ayant heurté une
épave, le navire ne répond
plus aux commandes. Il dérive
dangereusement au milieu d’une
terrible tempête qui interdit toute
tentative de secours. Dans la nuit
du 12 au 13 janvier 1920, entre
l’ïle de Ré et les Sables d’Olonne,
L’Afrique sombre avec presque
tous ses passagers. On comptera
seulement trente-six survivants
dont quatorze Sénégalais, trois
passagers, et dix-sept membres de
l’équipage. Parmi ces miraculés,
aucune femme, aucun enfant.
De violentes controverses
judiciaires, techniques et
politiques surviendront plus tard
mais jamais on n'accordera
aux 178 soldats « indigènes »
disparus en mer, dans l’exercice
de leur devoir, l’hommage et la
reconnaissance pour service rendu
à la France. Morts pour la France,
ignorés de tous, ces tirailleurs
gisent toujours au fond de l’Océan.
Dans le cadre du centenaire de
la grande guerre et à l’heure
des errements sur les questions
de nationalité, l’association
internationale Mémoires &
Partages lance un appel pour qu’un
hommage soit rendu à la centaine
de tirailleurs dont l’âme réclame
justice. Une pétition est lancée sur
la plate-forme change.org.
DEUX PROJECTIONS DU FILM SUBLAND
Toutes les infos sur
www.memoiresetpartages.com
Lundi 29 FÉVRIER
en présence des membres du groupe ODEZENNE,
du réalisateur Noël Magis et de l'équipe du film
proposées par Dublin Film et ECLA Aquitaine
19h30 : projection sur invitation (quelques places disponibles
sur inscription à l'adresse suivante : [email protected])
21h30 : projection publique payante, tarif unique : 4 euros
Achetez vos places à partir du Samedi 20 Février.
SUBLAND
Film documentaire de Noël MAGIS
France 2015 53 mn
avec le groupe Odezenne
Produit par Dublin Films
Avec le soutien de la région
Aquitaine et de TV7 Bordeaux
Alix, Jaco et Mattia sont les membres
d’Odezenne, un groupe de musique indépendant. Ils communiquent sur les
réseaux sociaux, produisent eux même
leurs clips, organisent les tournées…
Mais leur vocation première est l’écriture.
Alors, il faut partir. 5 mois à Berlin pour
créer un troisième album dans un lieu
isolé de tout : Subland...
SOUTIEN À GEORGES IBRAHIM ABDALLAH
Le 1er Mardi de chaque mois, de 18h à 20h, le collectif « Libérons Georges 33 » tient
une table de presse devant le cinéma Utopia pour informer sur la situation de Georges
Ibrahim Abdallah, 64 ans, militant communiste libanais qui entre dans sa trente-deuxième année de détention dans les prisons françaises. « Aujourd’hui, c’est certainement
le plus ancien prisonnier politique en Europe », assure son avocat Jean-Louis Chalanset.
Contact Gironde : [email protected] et liberonsgeorges.over-blog.com
Mardi 8 MARS, PREMIÈRE PROJECTION DU FILM en présence du réalisateur
Pierre Léon et des comédiens Pascal Cervo, Serge Bozon et Luna Piccoli-Truffaut.
Pour cette soirée organisée par l'agence ÉCLA Aquitaine, achetez vos places à l'avance,
à partir du Samedi 27 Février. Le film est ensuite programmé du 10 au 22 Mars.
DEUX RÉMI, DEUX
Pierre LÉON
France 2016 1h06
avec Pascal Cervo, Serge Bozon,
Luna Picoli-Truffaut, Bernard
Eisenschitz, Jean-Christophe
Bouvet, Pascal Cervo…
Scénario de Pierre Léon et Renaud
Legrand, très librement adapté du
roman Le Double, de Dostoievski
Tourné à Bordeaux, soutenu par
la Région Aquitaine, en partenariat
avec le CNC. Accompagné
par l'agence Écla Aquitaine
Pierre Léon est un cinéaste singulier et
franc-tireur dans l'âme, que vous avez
pu découvrir sur nos écrans en 2009
avec son remarquable L'Idiot, déjà inspiré de Dostoievski, qui offrait à Jeanne
Balibar un de ses plus beaux rôles au
cinéma. Pierre Léon, Français né à
Moscou, revient à ses amours dostoïevskiennes avec une très libre adaptation
du Double, dont il ne s'inspire que pour
mieux s'en éloigner, car si l'œuvre du ro-
mancier russe n'était que désespoir et
destin sombre, celle de Pierre Léon est
une comédie ludique et tout à fait savoureuse.
Rémi Pardon (son patronyme dit à lui
seul sa discrétion) est l'employé a priori très ordinaire d'une entreprise qui l'est
un peu moins (elle se dénomme « Chat
va bien » et aide les propriétaires de
chats anxieux), dont le patron assez lunaire est le père d'une fille pas ordinaire
du tout que le jeune homme fréquente
en secret.
Rémi vit avec son frère Philippe qui aimerait le voir plus enjoué mais sa vie
reste rythmée par les rituels quotidiens
et immuables, son passage au café où il
commande toujours la même chose, son
rendez vous avec sa fiancée qui semble
vouloir le bousculer… mais il y a du boulot !
C'est alors que déboule Rémi, oui un
autre Rémi, le double parfait de Rémi,
mais la duplication s'arrête au physique : Rémi 2 est plein d'initiatives alors
que Rémi 1 est réservé, Rémi 2 est plein
d'arrogance et de présomption alors que
Rémi 1 n'est que discrétion et modestie.
Le pire est que non seulement personne
ne semble s'étonner de l'apparition d'un
second Rémi, mais que collègues et patron semblent s'enthousiasmer pour lui.
Rémi 1 se réveillera-t-il de sa torpeur
pour résister à l'intrusion de ce double
envahissant ?
Ce conte fantastique, court pour laisser
au spectateur tout le temps d'y penser
après, est mené avec beaucoup de légèreté et de fantaisie. On appréciera le
ton volontairement décalé, voire surréaliste, des dialogues, on goûtera la sérénité élégante avec laquelle sont présentées et filmées les situations les plus
saugrenues, les plus surprenantes et on
applaudira au jeu à la fois parfaitement
sincère et distancié juste ce qu'il faut
d'une équipe d'acteurs tous épatants.
Au final, Deux Rémi, deux s'avère un
très bel éloge de la discrétion, une belle
revanche offerte aux garçons réservés
dans un monde où l'on exige de tous
qu'ils se surpassent en tout, et par dessus le marché qu'ils sachent se vendre.
Autant vous dire que ça fait un bien fou.
PS : quant aux Bordelais, ils seront ravis
de voir leur ville aussi justement filmée,
sans souci aucun du classement patrimonial de l'Unesco !
REPAIRE DE LÀ-BAS
SI J'Y SUIS À BACALAN
Mardi 8 mars à 19h
au Théâtre du Pont Tournant
13 rue Charlevoix de Villers - Bdx
Le revenu de base
Avec Mathieu JOERGER,
sociologue, militant NouvelleDonne, et Marc MORISSET du
Mouvement Français pour un
Revenu de Base (MFRB)
Dissocier revenu et emploi en versant une allocation à tous les citoyens, sans distinction, en voilà une idée qu’elle est bonne !
D’autant plus intéressante que son
application concrète a récemment
frémi en Suisse et que le revenu
de base est en passe d’être mis
en œuvre en Finlande. Mais reste
encore à évaluer le montant de ce
revenu, qui doit être suffisant pour
vivre décemment, les modalités de
son financement ou les risques sociaux que ce changement radical ne
manquera de faire apparaître. Nous
explorerons le sujet en compagnie
de Mathieu JOERGER, sociologue
et militant Nouvelle-Donne et Marc
MORISSET du Mouvement Français
pour un Revenu de Base (MFRB).
Mettez votre PUB
dans la gazette
05 56 52 00 15
Jeudi 10 MARS à 19h30, la première projection de HOMELAND 2e partie sera
suivie d'un débat avec un ou des universitaires spécialistes du Moyen-Orient.
Soirée organisée par les associations de Science Po Bordeaux : Les Petits Courts,
Sciences Po Bordeaux for Refugees, Regards croisés et le Bureau des Arts, et par
l'Association des Etudiants de Langue Arabe de l'Université Bordeaux-Montaigne.
Pour cette soirée, achetez vos places à l'avance, à partir du Lundi 29 Février.
HOMELAND 1re partie est diffusé trois fois avant cette soirée du 10 Mars.
Les deux parties seront ensuite projetés deux fois par semaine chacune jusqu'à fin Mars.
HOMELAND
(Irak année zéro)
Film documentaire en deux
parties d’Abbas FAHDEL
Irak 2014 VOSTF
Partie 1 : AVANT LA CHUTE –
Durée : 2h48 • Partie 2 : APRÈS
LA BATAILLE – Durée : 3h02
C'est une formidable lettre d'amour de
près de six heures à un pays martyr et à
un jeune garçon parti beaucoup trop tôt
et de manière absurde.
Abbas Fahdel est né à Hilla, Babylone,
en Irak. À 18 ans, le jeune cinéphile rejoint la France pour y suivre les cours de
brillants disparus : Eric Rohmer, Jean
Rouch et Serge Daney. En 2002, alors
que les discours de Bush laissent présager une attaque américaine imminente, le réalisateur ressent le besoin
impérieux de rejoindre sa famille restée
à Bagdad et de filmer tout ce qu'il peut
de son quotidien. Un an plus tard il doit
revenir en France pour la naissance de
sa fille. La guerre éclate en Mars 2003.
Quelques semaines passent et il est de
retour en Irak pour filmer un pays dévasté, pour filmer aussi et surtout sa famille
et son peuple qui survivent avec un stoÏcisme et un humour désarmants...
Et puis un événement tragique interrompt brutalement le tournage et Abbas
Fahdel se sent incapable de toucher à
ses images pendant près de dix ans.
Finalement il se remet à la tâche pour
constituer un film avec des centaines
d'heures de prises de vue et construire
ainsi une incroyable fresque impressionniste, la destinée d'un peuple avant et
après Saddam... et aussi pour ressusciter un être cher... Abbas Fahdel nous décrit admirablement toute une époque en
même temps que l'absurdité d'une histoire chaotique.
La première partie nous plonge avec humour dans un univers kafkaïen où l'on
regarde via le satellite des dessins animés japonais entrecoupés des discours
de plomb de Saddam. Il nous fait suivre
la vie quotidienne parfois ubuesque de
cette famille, avec notamment ses nièces
bien décidées à poursuivre des études
envers et contre tout, avec Haidar, ce
neveu facétieux qui prend tout en dérision... Et tandis que la guerre se profile,
tout le monde reste dans l'attente avec
philosophie, alors mêmes que beaucoup ont déjà vécu en 1991 la première
guerre du Golfe et le terrible embargo
(dont Abbas Fahdel dit que, plus encore
que l'invasion, il a forgé des djihadistes
en puissance).
La deuxième partie est celle de la découverte du chaos, notamment aux
côtés de cet acteur incroyable, Sami
Kaftan, sorte de Depardieu irakien, qui
cherche désespérément dans les ruines
de la cinémathèque de Bagdad la trace
de films éventuellement épargnés. Et
puis il y a la montée de l'insécurité, les
bavures terribles des Américains, capables d'abattre un jeune homme qui
portait une bobine d'allumage qu'ils ont
prise pour une bombe, sans s'excuser
auprès de la famille, capables aussi de
faire sauter un dépôt de munitions sans
prévenir les habitants aux alentours, laissant derrière eux des maisons détruites
et des enfants blessés. On devine alors
les ferments de la haine qui a nourri les
fanatiques...
s a i s o n
2 0 1 6
dir. Jacques Charpentier
purcell
bruckner
Funérailles de
la Reine Mary
& motets
Lundi 7 MARS à 20h
LES LUNDIS CINÉMA DE SCIENCES PO BORDEAUX
proposés par Trudy Bolter
Projection unique du film LE PONT DES ESPIONS.
Présentation et échanges autour du film avec les chercheurs
en cinéma et ardents cinéphiles de Sciences Po : Trudy Bolter,
professeur émérite, Robert Lafore et Pierre Sadran, directeurs
honoraires, et Xavier Daverat, intervenant.
LE PONT DES ESPIONS
Vendredi 8 aVril
20h30
abbatiale Ste-Croix
bordeaux
Quatuor de cuivres
sirocco
ParticiPation de
la classe de Percussions
du conservatoire
de Bègles
dir. JaCqueS Charpentier
(BRIDGE OF SPIES)
Steven SPIELBERG
USA 2015 2h22 VOSTF
avec Tom Hanks, Mark Rylance, Scott
Sheperd II, Amy Ryan, Sebastian
Koch, Alan Alda… Scénario de Matt
Charman, Joel Coen et Ethan Cœn
06 71 38 36 99 groupevocalarpege.org
Tarifs : 22 et 15 euros
Places Prestige : 30 euros
Billetterie sur notre site internet et
La Machine à Musique/Lignerolles
Le premier plan, superbe et saisissant,
montre un homme qui semble avoir
trois visages : le sien, celui qu'un miroir
lui renvoie et celui de l'autoportrait qu'il
est en train de peindre… Cet artiste est
un espion. Une remarquable scène de
filature le confirme, dans le New York
de 1957, jusqu'à l'arrestation de cet
étrange Russe prénommé Abel. S'ouvre
alors vraiment un scénario touffu, coécrit par les frères Coen, avec un certain
sens de la paranoïa et quelques pointes
d'humour en contrebande. Pour faire
condamner à mort Abel, l'Etat américain
veut mettre les formes et lui paie donc un
avocat commis d'office. Mais ce James
Donovan (Tom Hanks), bon père de famille spécialisé dans les problèmes d'as-
surance, décide de pousser l'illusion de
justice jusqu'à l'épreuve de vérité : pour
faire respecter les droits de son client, il
devient le plus brillant, le plus courageux
des négociateurs, haï par ses concitoyens, mais droit dans ses principes. Et
c'est lui que la CIA vient chercher en secret, quand un de ses agents tombe aux
mains des Russes, pour tenter un grand
marchandage…
Parce qu'elle est vraie, l'histoire de
James B. Donovan (1916-1970) donne
matière à bien plus qu'un simple film
d'espionnage. A travers cet homme ordinaire en mission secrète, c'est une certaine idée de l'engagement qui est mise
en exergue, en même temps que de
grandes valeurs (liberté, justice) se transforment en actes. Cette partition est évidemment parfaite pour Spielberg, qui
peut ici faire vibrer sa fibre humaniste…
Avec son ami Tom Hanks, lui-même dans
un rôle idéal, il donne à ce Pont des espions la tonalité et la tenue d'un cinéma
classique, enveloppant, d'une sobre élégance… (Télérama)
MUSTANG
Deniz Gamze ERGÜVEN
Turquie/France 2015 1h37 VOSTF
avec Günes Sensoy, Doga Zeynep
Doguslu, Tugba Sunguroglu, Elit Iscan,
Ilayda Akdogan, Ayberk Pekcan…
Scénario de Deniz Gamze Ergüven
et Alice Winocour
Mustang nous plonge dans une Turquie
qui, depuis quelques années, subit une
lente mais indéniable refonte sociale
qui ne va pas forcément dans le bon
sens… Le film traduit la fougue contagieuse d’une jeune réalisatrice qui manifestement ne se reconnait pas dans ces
transformations.
C’est le dernier jour de l’année dans le
collège d’un village de bord de mer. Un
moment bien particulier qui draine son
lot d’émotions fortes et de sentiments
contradictoires. La tristesse de quitter
ses camarades de classes, d’en être séparé pour un temps qui parait une éternité, la joie d’être délivré des obligations
quotidiennes, de pouvoir vivre les aventures palpitantes des vacances. La tristesse, Lale et ses quatre sœurs la vivent
effectivement, serrant bien fort copines et copains dans leurs bras. Lale
se montre particulièrement émue par le
départ d’une de ses enseignantes pour
Istanbul. Après les séparations et les embrassades, place à l’euphorie de ceux
qui restent : les cinq sœurs et quelques
garçons se dirigent vers une plage magnifique pour se prêter à des batifolages
aquatiques gentiment chahuteurs. Mais
ces jeux innocents et joyeux ne sont pas
du goût de tout le monde et suscitent
un scandale aux conséquences inattendues. L’honneur est en jeu, il faut répondre à l’accusation d’une voisine, une
de ces gardiennes d’une morale d’un
autre temps qui crie à la débauche. La
grand-mère se lamente, l’oncle l’accuse
de laxisme et promet la remise au pas.
Mais rien ne semble atteindre cette fratrie unie comme les doigts de la main,
ces cinq filles belles comme des cœurs,
vives, espiègles, d’une complicité qui
crève l’écran. Orphelines depuis dix
ans, elles sont élevées par leur grandmère un peu dépassée devant les désirs
adolescents qui s’expriment avec un insolent naturel. Malgré la dureté de leur
oncle, elles s’arrangent avec les interdits et se créent des espaces de libertés
telle Sonay qui n’hésite pas à faire le mur
pour rejoindre son amoureux.
Puis vient la goutte d’eau qui fait dé-
border le vase du puritanisme familial
lorsque elles bravent l’interdiction de
se rendre à un match de foot : le pot
au rose est découvert au travers d’une
scène assez comique. À partir de là, serrage de vis en règle : on les revêt de longues robes « couleur de merde » – dixit
Lale – et on les accompagne au village
comme pour les exposer. Une vaste entreprise matrimoniale se met branle et
dès lors tout sera fait pour pour empêcher les sœurs d’échapper à ce destin
contraint : on met sous clef ordinateurs
et téléphones, on installe des barreaux
aux fenêtres, on rehausse les murs d’enceinte de la maison, qui se transforme
en prison. Et commence le défilé ridicule
des familles de prétendants. Tout est
mis en œuvre pour éduquer ces jeunes
femmes à devenir de bonnes épouses,
dociles, respectueuses de leur mari, de
la tradition, de la religion. A la rentrée,
aucune ne retourne à l’école, les cours
de pratiques ménagères suffisent !
Mais le désir de liberté et d’accomplissement personnel est toujours là…
Ne vous y trompez pas, Mustang est
bien plus un appel à l’affirmation, et si
nécessaire à la révolte des filles et des
femmes que le constat fataliste d’une
société en régression. À travers cette
chronique vivifiante d’adolescence rebelle, la réalisatrice nous dit clairement
qu’il faut garder l’espoir, qu’il y a des
espaces de liberté à sauvegarder ou à
conquérir. Même si le combat quotidien
est difficile…
Cinéma de genre, Exploitation, OFNI,
auteurs borderline... Séance mensuelle
du troisième type proposée par
l’association Monoquini
www.lunenoire.org
LUNE NOIRE #7 • Mercredi 9 MARS à 20h45
LE VENIN
DE LA PEUR
(UNA LUCERTOLA CON
LA PELLE DI DONNA) Lucio FULCI
Italie 1971 1h42 VOSTF
couleur numérique
avec Florinda Bolkan, Anita Strindberg,
Stanley Baker, Jean Sorel
Musique d’Ennio Morricone
Carol Hammond, membre de la bonne
société londonienne, confie à son psychanalyste un rêve récurrent : une troublante relation saphique débouchant
sur le meurtre de sa partenaire sexuelle.
Quelques jours plus tard, sa voisine,
l’actrice en vogue Julia Durer, est assassinée dans son appartement après une
fête où s’est pressé le gratin hippie de
la ville. Or Julia Durer n’est autre que la
femme dont rêve Carol.
Dès la scène d’ouverture, Le Venin de
la peur déploie tout son pouvoir de fascination sulfureux. Baroque et onirique,
la séquence invite le spectateur à entrer dans le labyrinthe à fantasmes de
l’héroïne, une femme persuadée d’avoir
commis un meurtre en état de transe.
Plus qu’une version latine – donc poussée dans le rouge – du Répulsion de
Roman Polanski (rappelons que le personnage incarné par Catherine Deneuve
s’appelle… Carol), le film de Lucio Fulci
est un des plus beaux Gialli qui soient.
Le Giallo : un genre cinématographique
issu de la littérature de gare et qui allait inonder les écrans transalpins suite
au succès des premiers films de Dario
Argento (L’Oiseau au plumage de cristal
en tête).
Le Venin de la peur ne déroge pas à ses
règles précises : une machination policière, l’étalage psychédélique de l’inconscient, des assassinats fétichisés,
les volutes musicales envoûtantes d’Ennio Morricone et, au cœur de l’intrigue,
toujours, la femme et sa sexualité.
Mais ici, l’héroïne s’affranchit du rôle
habituel de victime érotisée pour devenir le siège de toutes les contradictions
d’une époque. Cinéaste volontiers misanthrope, Lucio Fulci brouille ainsi les
rapports entre psychanalyse et frustrations sexuelles et renvoie dos à dos libéralisation hippie des mœurs et carcan
bourgeois.
Si le culte voué à ce cinéaste est tributaire d’une tétralogie macabre consacrée
aux morts-vivants (L’Enfer des zombies,
L’Au-delà…), on aurait tort de négliger, au sein d’une longue carrière protéiforme (ses comédies et ses westerns
restent injustement sous-estimés), une
série de Gialli atypiques dont Le Venin
de la peur est sans conteste l’aboutisse-
ment. Les référents picturaux (Salvador
Dali et Francis Bacon sont clairement
cités) choisis ici par Lucio Fulci ne sont
pas les moindres atouts d’une mise en
scène hallucinée (split-screens, flous,
ralentis…).
Le cinéaste choisit également de s’entourer du directeur de la photo d’Elio
Petri (Luigi Kuveiller), de Florinda Bolkan,
formidable actrice brésilienne à la filmographie exigeante et d’Anita Strindberg,
beauté glaçante du Giallo (Qui l’a vue
mourir, La Queue du scorpion).
La (re)découverte du film témoigne d’un
phénomène significatif de l’histoire récente de la cinéphilie : la réévaluation
de certains cinéastes italiens majeurs
œuvrant dans les genres, jadis rois des
vidéoclubs et aujourd’hui célébrés par
les plus vénérables institutions. Dario
Argento et Mario Bava en premier lieu,
mais aussi Lucio Fulci.
Après deux sorties confidentielles dans
les salles françaises sous le titre Carole,
puis Les Salopes vont en enfer (faisant
naître la légende d’une version caviardée d’inserts pornos), le film n’est resté visible en France qu’en cassette VHS.
Le Venin de la peur jouit aujourd’hui
d’une splendide copie restaurée faisant
éclore toute la beauté frénétique du film.
Immanquable !
FERDA
LA FOURMI
Programme de 5 films d’animation
réalisés par Hermina TYRLOVA
Tchécoslovaquie 1968/1983
Durée totale : 42 mn Sans parole
POUR LES ENFANTS À PARTIR DE 3 ANS
Tarif unique : 4 euros
Ferda, c’est une fourmi qui porte fièrement un joli foulard
rouge à pois blancs. Créée en 1933, elle est vite devenue
une héroïne très populaire dans sa Tchécoslovaquie natale
et même dans d’autres pays d’Europe, notamment l’Allemagne. On ne la connait pas en France, le premier film de ce
chouette programme va être l’occasion de s’attacher à cette
petite bestiole espiègle.
LES ESPIÈGLES
Programme de 4 films d'animation de l'excellent Studio AB
Lettonie 2003/2015 45 mn Sans parole
POUR LES ENFANTS À PARTIR DE 3/4 ANS
Tarif unique : 4 euros
Voilà bientôt cinquante ans que le Studio AB, champion letton du film d'animation, met en scène des humains et des animaux pour faire rire son jeune public. Mais au-delà du savoirfaire et des situations comiques, c’est toute une poésie et un
regard bienveillant qui animent les marionnettes du studio.
Des thématiques simples mais des combats justes, formidablement mis en scène pour être compris par les plus petits.
Au temps des moissons (2003, 13 mn)
C’est l’effervescence à la ferme ! Pendant les moissons, paysans et citadins s’entraident pour récolter les céréales, aidés
par la fameuse batteuse à vapeur. Au même moment, sous
terre, les souris s’activent elles-aussi.
Les Espiègles (2006, 9 mn)
Pour un petit garçon, vivre à la ferme est souvent synonyme
de bêtises en tous genres. Ce n’est certes pas le petit Peter
qui va déroger à la règle, lui qui ne manque aucune occasion
de faire une farce. Son entourage – humains comme animaux
– va en faire les frais.
Le Garde forestier (2015, 12 mn)
Quand un garde forestier ne peut plus rien faire contre les pollueurs, ce sont les animaux de la forêt qui prennent la relève.
Face à leur mobilisation et leur ingéniosité, certains vont regretter de ne pas avoir respecté la nature.
Les Hérissons en ville (2015, 11 mn)
Les animaux viennent de perdre leur maison. La forêt qui les
protégeait a été rasée par les hommes pour laisser place à
une ville. Avec l’aide de leurs compagnons à quatre pattes, un
couple de hérissons va piéger les humains à leur propre jeu.
Vous l'aurez compris, les animaux du Studio AB sont malins.
Ils savent retourner une situation comme personne, piégeant
les humains à leur propre jeu. Pour tout reconstruire et tout
recommencer. En mieux.
Ferda aide ses amis (1977 – 10 mn)
Ferda la fourmi aimerait bien aider ses amis, en toutes circonstances… Un bourdon lui demande de jouer du tuba pour
réveiller ses enfants mais elle joue un peu trop fort ; une sorte
de scarabée aquatique l’engage pour pomper de l’air au fond
de l’étang, mais elle casse sa machine. Bonne volonté et maladresse ne font pas forcément bon ménage !
Les autres histoires :
Un sacré garnement (1973 – 8 mn)
À la ferme, un petit garçon s’amuse à tendre de vilains pièges
aux animaux à l’aide d’un pot de colle… On verra que les animaux se montreront moins méchants que lui quand les rôles
s’inverseront…
Les Farces du diablotin (1980 – 6 mn)
Sur l’arbre de Noël, les sujets en pâte à pain prennent vie. Un
petit diablotin sème la zizanie et fait tomber du sapin le berger
et ses brebis, le coq et les poussins, la bergère et le bébé…
Les Fééries du corail (1968 – 10 mn)
Au fond de la mer, poissons et coquillages jouent et se taquinent… Mais attention, il ne faudrait pas que ça les empêche de voir le danger qui menace…
Conte de la corde à linge (1986 – 8 mn)
Sur une corde à linge sont accrochés une salopette, un tablier,
une grenouillère et un napperon. Mais voilà que la salopette
décide de quitter la corde et de découvrir le vaste monde…
LES SAISONS
Jacques PERRIN et Jacques CLUZAUD
Documentaire France Allemagne 2015 1h37
POUR LES ENFANTS À PARTIR DE 7/8 ANS
Après avoir parcouru le globe à tire-d’aile avec les oiseaux migrateurs et surfé dans tous les océans en compagnie des baleines et des raies manta, Jacques Perrin et Jacques Cluzaud
reviennent pour ce nouveau film sur des terres plus familières.
Ils nous convient à un voyage à travers le temps pour redécouvrir ces territoires européens que nous partageons avec
les animaux sauvages depuis la dernière ère glaciaire. L’hiver
durait depuis 80 000 ans lorsque, en un temps très bref, une
forêt immense recouvre tout le continent. Une nouvelle configuration planétaire et tout est bouleversé. Le cycle des saisons se met en place, le paysage se métamorphose, la faune
et la flore évoluent. L’histoire commence… À un interminable
âge de glace succède une forêt profonde et riche puis, sous
l’impulsion d’hommes nouveaux, une campagne riante.
TOUT EN HAUT
DU MONDE
Film d'animation de Rémi CHAYÉ France 2015 1h20
avec les voix de Christa Théret, Féodor Atkine,
Thomas Sagols, Rémi Caillebot…
Scénario de Claire Paoletti Patricia Valeix
Musique originale de Jonathan Morali (Syd Matters)
POUR LES ENFANTS À PARTIR DE 7/8 ANS
1882… Plongée dans la majestueuse Saint Pétersbourg de
l'époque, son palais de marbre, ses dorures, ses calèches et
ses canaux romantiques… Sacha a tout juste 14 ans. À l'âge
où les jeunes filles de bonne famille ne rêvent que de robes
couleur de lune et de pantoufles de vair, Sacha n'a qu'une
passion : les bateaux ! D'un surtout : le Davaï ! Un magnifique
voilier conçu par son grand-père explorateur Ouloukine.
Le monde de Sacha a basculé le jour où Ouloukine, parti à la
conquête du pôle nord, a été porté disparu avec son vaisseau
pourtant réputé insubmersible. Dès lors, fidèle à la complicité
qui les liait, Sacha s'est plongée dans les notes de son aïeul, a
lu et relu ses écrits, est devenue sa plus fidèle experte, malgré
son jeune âge… Elle s'est mise à étudier les cartes marines,
a appris à compter en nœuds, en milles, à se diriger en plein
large… En théorie, bien sûr… Car en pratique, le seul cap
que son rang lui impose de tenir, c'est de devenir une future
épouse présentable et soumise. D'ailleurs ce soir va être celui
de son premier bal…
Mais les événements et son caractère bien trempé vont détourner Sacha de sa voie mondaine toute tracée : au cœur de
la nuit, elle enfourche un cheval et met les voiles au sens figuré tout en espérant pouvoir le faire bientôt au sens propre.
Direction la mer et ses embruns, le grand large et peut-être
bien la banquise dans le sillage d'Ouloukine et du Davaï…
Tout en haut du monde !
On vous recommande plus que chaleureusement ce petit bijou d'animation enthousiasmant. C'est une œuvre limpide,
intelligente, dans laquelle petits ou grands trouveront leur
compte, chacun avec un niveau de lecture différent. Il parle
tout autant d'aventure que de transmission, de passion !
Un peu plus qu’un simple film documentaire animalier, Les
saisons est une épopée sensible et pédagogique à travers les
âges qui relate la longue et tumultueuse histoire commune
qui lie l’homme aux animaux. Le discours n’est pourtant pas
assommant et si le film s’adresse à un public large (et donc
aussi scolaire), il reste avant tout très visuel. Pas de grand exposé scientifique ni trop de blabla universitaire : la beauté des
images se suffit à elle-même et les mots, dévoilés avec parcimonie, ne sont là que pour situer les grandes lignes du propos. La caméra suit au plus près les animaux petits et gros,
lents et rapides, prédateurs ou simple habitants de cette planète bleue et verte que l’homme et sa technologie n’ont pas
épargnée. Bébés renard et oisillons, majestueux cerfs, sangliers, oies sauvages, hibou, en solo ou en troupeau, sous le
vent, les feuilles, la neige ou le soleil, le règne animal est filmé
dans toute sa sublime diversité, dans sa sauvagerie autant
que son authentique poésie.
CONCERTS
Quatre films sur cette gazette, la suite sur la prochaine
Copies numériques – Versions restaurées
SAM 27.02 - HIP-HOP
ONYX + ARGO
JEU 03.03 - ANALOG ROCK
RELEASE PARTY
KRAZOLTA
LUN 07.03 - RUSSIAN RAVE
LITTLE BIG
+ TRICKSTERLAND
VEN 11.03 - NOISE ROCK
ZERO
+ BASEMENT
+ DONE
JEU 17.03 - SHOEGAZE
RINGO DEATHSTARR
+ LOVELESS
VEN 18.03 - FRENCH POP/POP
RELEASE PARTY
GATHA
LUN 21.03 - METAL
DER WEG EINER
FREIHEIT + HARAKIRI
FOR THE SKY
+ THE GREAT OLD
ONES
« Kurosawa est un prodige de la nature et son œuvre constitue un véritable
don au cinéma et à tous ceux qui l’aiment. » (Martin Scorsese)
Né en 1910, décédé en 1998, Akira Kurosawa est l’un des plus grands réalisateurs du cinéma japonais (et mondial !), auteur d'un nombre considérable
de chefs d'œuvre puissants et indémodables. En cinquante ans de carrière
– premier film en 1943 : La Légende du grand Judo ; dernier film en 1993 :
Madadayo – le cinéaste a touché à tous les genres : le film d’action, la fresque
historique, le film noir, le drame intimiste… Grand connaisseur de la littérature occidentale, il a également transposé de nombreux auteurs à l’écran : de
Shakespeare à Maxime Gorki en passant par l'auteur de polar Ed McBain…
QUI MARCHE SUR
LA QUEUE DU TIGRE…
LUN 28.03 - LIVE ELECTRONICS
THE ALGORITHM
MAR 29.03 - INDIE POST-FOLK
THROW ME OFF THE
BRIDGE
MER 30.03 - HIP-HOP
THE MOUSE OUTFIT
MAR 05.04 - ROCK
MERZHIN
JEU 07.04 - NOISE
NARCO TERROR
+ HOT FLOWERS
+ COCKPIT + DONE
SAM 16.04 - ROCK 70’S
DEWOLFF
+ DATCHA MANDALA
LUN 18.04 - HARDCORE
SHAI HULUD
JEU 28.04 - ABSTRACT HIP-HOP
DOCTOR FLAKE
Écrit et réalisé par Akira KUROSAWA
Japon 1945 1h VOSTF Noir & Blanc
avec Denjiro Okochi, Susumu Fujita,
Kenichi Enomoto, Masayuki Mori…
D'après la pièce de kabuki Ataka,
elle-même inspirée d'un drame du nô
INÉDIT EN FRANCE
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1185. Les guerres de clans font rage au
Japon. Le prince Yoshitsune est pourchassé par son frère aîné, jaloux de sa récente
victoire sur le clan Heike. Yoshitsune prend
alors la fuite, aidé par six fidèles vassaux
déguisés en moines pour tromper leurs
poursuivants. Mais avant de quitter le territoire, il leur faut traverser le poste-frontière d’Ataka, minutieusement gardé par
les hommes de son frère…
Dix ans avant Les Sept Samouraïs, le cinéaste offre une somptueuse variation du
film de sabre, en livrant ce quasi huis-clos
qui parvient avec élégance à mélanger comédie et tragédie.
RÉTROSPECTIVE AKIRA KUROSAWA
Acte 1
femme Osuji. Une dizaine de personnes
vivent dans cette cour des miracles, parmi lesquelles un acteur raté, un ancien
samouraï, une prostituée et un voleur. Un
jour, un mystérieux pèlerin débarque dans
ce lieu de misère. À son contact, les habitants de l’auberge se mettent à rêver et à
croire en de jours meilleurs…
Après Le Château de l’araignée, Akira
Kurosawa se lance dans une nouvelle
adaptation, celle des Bas-Fonds, célèbre
pièce de théâtre du Russe Maxime Gorki
– également adaptée par Jean Renoir en
1936. Transposant l'action dans le Japon
de l'ère Edo, période marquée par une
grande disparité entre les classes sociales, Kurosawa pose un magnifique regard humaniste et généreux sur la misère
des laissés pour compte.
LE CHÂTEAU
DE L'ARAIGNÉE
Akira KUROSAWA
Japon 1957 1h50 VOSTF Noir & Blanc
avec Toshiro Mifune, Isuzu Yamada,
Minoru Chiaki, Takashi Shimura…
Scénario de Shinobu Hashimoto,
Ryuzo Kukushima, Akira Kurosawa
et Hideo Oguni, d'après Macbeth
de William Shakespeare
« En tournant Le Château de l’Araignée,
j’ai oublié Shakespeare et fait le film
comme s’il s’agissait d’une histoire de
mon pays. »
Dans le Japon féodal (xvie siècle), alors
que les guerres civiles font rage, les généraux Washizu et Miki rentrent victorieux
chez leur seigneur Tsuzuki. Ils traversent
une mystérieuse forêt et rencontrent un
esprit qui leur annonce leur destinée :
Washizu deviendra seigneur du château
de l’Araignée, mais ce sera le fils de Miki
qui lui succèdera. Troublé par cette prophétie, Washizu se confie à sa femme,
Asaji. Celle-ci lui conseille de forcer le
destin en assassinant Tsuzuki…
À nouveau, le réalisateur de Rashômon
excelle dans la représentation de la folie
humaine, prouvant ainsi qu’il est bien le
digne descendant (branche asiatique) du
grand dramaturge britannique.
LES BAS
FONDS
Akira KUROSAWA
Japon 1957 2h17 VOSTF Noir & Blanc
avec Toshiro Mifune, Ganjiro
Nakamura, Kyoko Kagawa,
Bokuzen Hidari, Isuzu Yamada…
Scénario d'Akira Kurosawa
et Hideo Oguni, d'après la pièce
de Maxime Gorki
Dans les bas-fonds d’Edo, à l’écart du
reste de la ville, se dresse une auberge
miteuse tenue par l’avare Rokubei et sa
LES SALAUDS
DORMENT
EN PAIX
Akira KUROSAWA
Japon 1960 2h30 VOSTF Noir & Blanc
avec Toshiro Mifune, Takeshi Kato,
Takashi Shimura, Masayuki Mori…
Scénario de Akira Kurosawa,
Shinobu Hashimoto, Hideo Oguni,
Eijiro Hisaita, Mike Y. Inoue
Monsieur Iwabuchi, puissant homme d’affaires, s’apprête à marier sa fille Yoshiko
à son secrétaire particulier, Koichi Nishi.
Les festivités du repas de noces sont
troublées par une succession d’événements : l’arrestation de l’un des comptables de la société et l’arrivée d’une
mystérieuse pièce montée faisant écho
au suicide d’un employé cinq ans auparavant…
Éclate bientôt un scandale financier mettant en cause le fonctionnement de la
compagnie…
Les Salauds dorment en paix (quel titre !)
est né de la volonté de Kurosawa de tourner un film sur la corruption de la haute
finance au Japon, principal fléau de
l'après-guerre selon le cinéaste. C'est
noir et c'est magnifique !
Soutien scolaire
en langue française
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DEUX SOIRÉES-DÉBATS à RETENIR
au tout début de la prochaine gazette
Jeudi 31 Mars à 20h30, soirée organisée par L'Escale du
livre, projection du film UNDERGRONDE, de Francis Vadillo, suivie d'un débat avec des membres de collectifs de fanzines
bordelais. Places en vente à partir du Samedi 26 Mars.
UnderGronde est un voyage initiatique
à travers l’Europe du fanzinat, du graphzine et de la micro-édition. À la découverte
des pratiques artistiques qui deviennent un
langage commun et fédérateur, en dehors
des circuits institutionnels et marchands.
Dans tout le continent, les lieux de l’underground prolifèrent. Des univers inventifs où l’on s’active, on crée. Où les artistes
n’obéissent qu’à une seule règle : « Fais-le
toi-même ! ».
Un artiste dans un atelier, une ville, un événement, nous fera rencontrer un autre artiste, une autre ville, un autre événement.
Le principe de l’underground est celui du
mouvement, de la rencontre et de l’aléatoire. Rien n’est vraiment organisé, ou au
dernier moment. Une dérive territoriale au
fil du désir des créateurs et de leurs créations.
Vendredi 1er Avril à 20h30, soirée organisée par
Générations Futures Bordeaux, dans le cadre de la
Semaine pour les alternatives aux pesticides (du 20 au
30 Mars). Projection du film INSECTICIDE, MON AMOUR, de
Guillaume Bodin. Suivie d'un débat – Intervenants à préciser.
Places en vente à partir du Samedi 26 Mars.
Guillaume a 26 ans. Il est ouvrier viticole
en Saône-et-Loire lorsqu’il est victime des
traitements obligatoires aux insecticides
contre la cicadelle de la flavescence dorée. Comme il est impossible de se faire
entendre, il décide de quitter son travail et
d’enquêter sur la question. L'enquête durera deux ans !
Il part à la rencontre de nombreux acteurs
du milieu viticole et scientifique comme
Emmanuel Giboulot, ce vigneron ayant refusé de traiter aux insecticides. Ou JeanMarc Bonmatin, chercheur au CNRS et
lanceur d’alerte sur les effets catastrophiques de l’utilisation de ce type de pesticides sur l’environnement. Claude et Lydia
Bourguignon, microbiologistes, lui apportent de nombreuses informations sur
l’impact de ces produits chimiques sur la
faune des sols.
Tout n’est pas si sombre dans cette affaire, car un collectif de vignerons essaye de
faire évoluer le dossier vers un plus grand respect de l’environnement.
generations-futures.fr/relais-locaux/bordeaux/
NOUS TROIS OU RIEN
Écrit et réalisé par KHEIRON
France 2015 1h42
avec Kheiron, Leila Bekhti, Zabou
Breitman, Gérard Darmon, Alexandre
Astier, Kyan Khojandi, Arsène Mosca,
Jonathan Cohen…
Dire qu’on a failli passer à côté de ce
film marrant comme tout, intelligent,
plein de surprises et de chaleur, débordant d’amour pour l’humanité toute entière et en particulier pour ceux qui ont
inspiré le film : les parents de Kheiron,
drôle d’énergumène qui arrive dans ce
qui est son premier film à faire « rire aux
larmes, bouleverser les âmes, interpeller
les consciences » comme écrit un spectateur. On ajoutera qu’il nous fait traverser trente ans d’histoire de la façon la
plus surprenante, franchir trois ou quatre
frontières pour atterrir dans une cité de
la banlieue parisienne, nous donne une
foultitude d’informations qui trouvent
leur prolongement dans notre histoire
présente… endossant lui-même le rôle
de son propre père, un bonhomme hors
du commun, indécrottable optimiste à
qui il rend ici un hommage affectueux à
travers une histoire qui a toutes les apparences d’un conte alors qu’elle nous
raconte des choses terribles et qui auraient du mal à passer sans cette façon
de les dire, pleine d’humour, d’inventions audacieuses et de vitalité. Ce film
a tout l’air d’une déclaration d’amour
à son père, sa mère, ses frères et ses
sœurs… ses amis et parvient à nous
convaincre que rien n’est jamais perdu
tant qu’on est persuadé du contraire.
Quel tempérament ce Hibat (le nom
du papa) ! Issu d’une famille très nombreuse, très solidaire, très animée.
Jeune avocat, irréductible et turbulent
opposant au Chah d’Iran et à son régime répressif, il sera condamné à la prison, avec plusieurs de ses copains et
frères. Il passera sept années de mauvais traitements dans les prisons iraniennes… Une peine qu’il finira au mitard pour avoir refusé, un beau jour du
printemps 1975, de manger le gâteau offert par le Chah pour son anniversaire à
tous les prisonniers. Comme beaucoup
d’opposants, il se réjouit tout d’abord
de la révolution qui renverse le Chah
(79) et lui permet de retrouver la liberté.
Mais au premier discours de l’ayatollah
Khomeiny, il comprend vite qu’elle ne va
pas amener la démocratie dont il rêve
et se retrouve à nouveau dans l’opposition au nouveau régime. Entre temps il a
rencontré celle qui va devenir sa femme
(ahrr la séquence où il demande sa main
à ses beaux parents…) une drôle de
gonzesse (chouette Leila Bekhti) avec
qui il va faire très vite le bambin qui réalisera le film de sa vie en 2015 après avoir
fait ses classes avec Jamel Debbouze et
Canal…
Leur fuite d’Iran à travers les montagnes
enneigées du Kurdistan (83), leur passage en Turquie, leur atterrissage à
Stains (84)… une épopée miraculeuse
dont on se demande encore comment
ils ont pu en sortir… le tout emballé avec
un humour décapant et des comédiens
qui semblent se marrer comme des petits fous… certains des personnages auront une fin moins heureuse (mais bel
hommage à ceux-là aussi : la drôlerie
n’empêche pas l’émotion).
Trop beau diront certains ! D’autres
s’énerveront : on ne rigole pas avec la
torture. Faire du Chah un personnage
de bande dessinée peut en hérisser
d’autres… Foin des pisse-vinaigre : la
dérision n’est elle pas le meilleur moyen
de conjurer l’horreur ? Se donner de la
force pour parvenir à résister et de rappeler des choses que certains ignorent
et que beaucoup ont déjà oublié ? C’est
un hymne fichtrement positif et bienveillant à la liberté, à la tolérance, à l’intégration et la réalité donne raison à ce
parti pris de prendre les choses du bon
côté quoi qu’il arrive : une bonne façon
de donner le ton pour ce début d’année
qu’on vous souhaite excellente. Et que
l’humour nous préserve tous de devenir
de vieux imbéciles craintifs et amers…
SOIRÉE-DÉBAT Jeudi 17 MARS à 20h30
Toute expérience est une émancipation
organisée par la radio LA CLÉ DES ONDES 90.10
avec les ex-Fralib (Géménos) qui on repris de haute lutte l'outil de
travail à une des plus grandes multinationales pour fonder une cooéparative, Scop-Ti, acheter équitable, fabriquer bio et vendre à prix
raisonnable. Projection de 1336 JOURS, DES HAUTS, DÉBATS MAIS
DEBOUT suivie d'une rencontre avec des travailleurs de Scop-Ti.
Achetez vos places à l'avance, à partir du Lundi 7 Mars.
1336 JOURS, DES HAUTS,
DÉBATS MAIS DEBOUT
Film documentaire de Claude HIRSCH
France 2015 1h13
Après le film Pot de thé /Pot de fer, projeté chez nous fin 2013, voici la suite de
la saga des « Fralib », depuis Septembre
2011, première occupation de l’usine,
jusqu’en Juillet 2014, fête de fin de conflit.
Lutte victorieuse contre le trust Unilever
qui veut délocaliser la production en
Pologne et fermer cette usine de conditionnement de thés et infusions située à
10 km de Marseille. Comment une poignée d’irréductibles ouvriers a pu rester
debout contre manœuvres et divisions,
portés par l’espoir de reprendre collectivement l’usine ? Le film aborde différents
aspects de la lutte du point de vue de ses
protagonistes : les aspects juridiques, les
Mettez votre PUB
dans la gazette
05 56 52 00 15
menées provocatrices d’Unilever, l’organisation de l’occupation, les actions
de lutte et de solidarité multiples durant
ce long conflit, et donne corps et voix à
cette ténacité ouvrière qui a permis cette
issue victorieuse.
Les luttes des « Fralib » sont devenues le
symbole des combats collectifs contre la
fatalité des délocalisations. Aujourd’hui,
après avoir monté leur coopérative, la
marque 1336 (comme 1336 jours de
lutte) est de nouveau dans les rayons.
Une Histoire (avec un grand H) qui résonne avec celles des LIP ou des réquisitions de Marseille d’après-guerre, et qui
vient une fois de plus prouver que si une
usine peut se passer de dirigeants, elle
ne peut en revanche faire l’impasse sur
les ouvriers.
Jeudi 17 MARS, VENTE DES PRODUITS DE LA SCOP-TI à 10h30
au local de la Clé des Ondes, 71 cours Edouard Vaillant à 16h30 place
Camille Jullian devant Utopia le soir après le débat au cinéma
ROYAL ORCHESTRA
Film documentaire
de Heddy HONIGMANN
Pays-Bas 2015 1h34 VOSTF
(néerlandais, anglais, espagnol et russe)
avec le chef et les musiciens du Royal
Concertgebouw
Orchestra
(RCO)
d'Amsterdam…
presque tentaculaire (une tête qui dirige
et de multiples bras : plus de cinquante
musiciens) et en faire une œuvre vivante,
cohérente, originale, qui tienne le spectateur en haleine ? Comment trouver des
plans d'attaque originaux, ne pas sombrer dans le « déjà vu » ?
gage à part qui relie entre eux les mélomanes venus de tous horizons. De Saint
Pétersbourg à Buenos Aires en passant
par Soweto… Heddy ne se contente pas
de survoler les sujets et en peu de plans
elle brosse un contexte politique, humain… passionnant.
Le tour du monde en cinquante concerts !
Ainsi s'appelait dans un premier temps
cet incroyable documentaire, d'une simplicité vraie, qui nous a tous emballés au
Festival de La Rochelle, avant d'être débaptisé. On aimait ce premier titre : Le
tour du monde en cinquante concerts…
Comme un petit clin d'œil à Jules Vernes
qui disait bien la patte espiègle et subtile de la réalisatrice Heddy Honigmann.
D'un travail de commande (passée par
le prestigieux Royal Concertgebouw
Orchestra d'Amsterdam pour célébrer
ses 125 ans) elle a réussi à faire une véritable aventure de vie qui se déguste
comme un roman ! Ce n'était pourtant
pas gagné d'avance : comment filmer la
tournée internationale de cet organisme
Heddy Honigmann réussit tout cela avec
brio et dirige sa caméra avec les gestes
précis et limpides d'un véritable chef
d'orchestre. Toujours à capter la petite
chose, le menu détail qui en disent plus
long que bien des discours et ménagent
des moments de respirations joviaux ou
tendres. Son plaisir indéniable derrière la
caméra est immédiatement perceptible,
communicatif et jamais elle ne se met
en avant. Cinéaste discrète, marionnettiste de l'ombre, qui nous entraîne avec
bonheur dans les coulisses, l'intimité des virtuoses et même celle de leurs
plus modestes admirateurs. La musique
devient plus qu'un simple loisir, elle est
un art de vivre démocratique, presque
une philosophie. Elle est aussi un lan-
Première séquence : mais quel est ce
petit point insignifiant sur cette grande
scène, perdu au milieu de cet immense
opéra vide qui semble l'engloutir ? Voilà
le percussionniste de cette formation
symphonique ! Et c'est fort malin de
commencer par lui. Le bougre parle de
son boulot avec tant d'humilité et de
drôlerie que, d'un coup de baguette, il
brise la glace et un mythe. La grande
musique n'est pas une affaire d'élite,
elle aussi accessible aux petites oreilles,
celle des obscurs, des sans-grade. Elle
est avant tout une merveilleuse aventure
à la portée de tous. On finirait même par
croire qu'un jour elle parviendra à briser
les ridicules frontières érigées par la petitesse des hommes !
45 ANS
Écrit et réalisé par Andrew HAIGH
Angleterre 2015 1h35 VOSTF
avec Charlotte Rampling, Tom Courtenay,
Geraldine James, Dolly Wells…
D'après la nouvelle de David Constantine
Festival de Berlin 2015 : Ours d'argent de
la Meilleure actrice et du Meilleur acteur
Charlotte Rampling est Kate, mariée à Geoff (Tom Courtenay).
Il vont prochainement célébrer comme il se doit leurs 45 ans
de mariage, les préparatifs commencent, la fête sera belle.
Mais une ombre surgit : le corps disparu d'une jeune femme
que le mari a aimée dans sa jeunesse – et qu'il n'a visiblement jamais oubliée – vient d'être retrouvé dans une fissure
d'un glacier des Alpes, cinquante ans après sa disparition.
Cette ombre du passé va grandir, de plus en plus présente,
trop présente. Le doute s'invite à la fête et dans le quotidien
de Kate, les mauvaises questions surgissent. Lui ai-je suffi ?
M'a-t-il aimée autant qu'elle ? Ces questions ne la lâcheront
plus. Tout devient alors amer et se brouille, réalité et projections cauchemardesques. Est-ce le passé ou le présent qui
fait souffrir ? Qui est le plus affecté, elle, lui ? On s'arrange
comme on peut avec ses vulnérabilités, c'est l'effondrement
du couple et de sa propre structure interne.
La montée progressive de l'émotion tient aussi à la rigueur
stylistique du film, à son décor souvent circonscrit à cette
maison, avec ses coins et ses recoins privés, analogie dérangeante avec le couple. Ce lieu à demi clos devient alors la
scène où tout se défait, en silence.
Le récit tire sa force de sa simplicité même, de son épure. Les
silences, les regards fuyants soulignent la circularité fatidique
de l'amour. Kate cherche des réponses à des questions impossibles et la vérité, qu'on ne dévoilera pas, éclatera un soir
à la faveur d'un écran de projection qui va tout révéler.
Charlotte Rampling, actrice à la classe folle, compose un
personnage d'une puissance et d'une complexité rares, elle
écarte en un regard la mièvrerie qui pourrait tirer le film vers
le médodrame pour donner à son jeu une épaisseur presque
glaçante. Elle pourrait être une héroïne de Bergman, vertigineuse.
CE SENTIMENT
DE L'ÉTÉ
Mikhaël HERS France 2015 1h46
avec Anders Danielsen Lie, Judith Chemla, Marie Rivière,
Féodor Atkine, Dounia Sichov, Stéphanie Déhel, Lana
Cooper, Thibault Vinçon, Jean-Pierre Kalfon…
Scénario de Mikhaël Hers et Mariette Désert
Grand Prix, Festival International
du Film Indépendant de Bordeaux 2015
Ce film infiniment intelligent et délicat se construit sur une
absence. Les mystères de la vie font que l'on peut mourir à
trente ans sans que rien ne l'annonce, et c'est ainsi que disparaît Sasha.
Elle laisse son compagnon américain, Lawrence, dévasté par
sa disparition, rapidement rejoint à Berlin par les amies parisiennes, par les parents, par la sœur de Sasha, Zoé, dont la
ressemblance avec sa compagne disparue trouble beaucoup
Lawrence. Il y aura les mots difficilement trouvés par les uns
et les autres dans ces circonstances aussi cruelles qu'inexplicables. Puis le retour tant bien que mal de chacun à sa vie,
dans sa ville respective…
Ce sentiment de l'été est probablement l'un des plus beaux
et des plus justes films qu'on ait pu voir sur le deuil. Il choisit
de suivre sur trois années les protagonistes, aux différentes
étapes de leur vie après la mort de Sasha. Dans trois villes différentes, Berlin, Paris, New York (avec escapade de vacances
au bord du lac d'Annecy). Toujours l'été parce qu'il rappelle la
date anniversaire de la disparition de la jeune femme…
On va donc observer le taiseux et timide Lawrence, dont le regard intense trahit la pensée bien plus que ses rares paroles,
et la volcanique Zoé, chacun avec leur peine et leurs tentatives pour poursuivre le cours de leur existence.
Mikhaël Hers, avec une sensibilité et une retenue rares, tire
magnifiquement parti de la personnalité singulière de ses
deux acteurs : le comédien norvégien Anders Danielsen
Lie (bouleversant dans Oslo 31 Août, diponible en Vidéo en
Poche) prête à Lawrence cette force intérieure toujours prête
à exploser, cette beauté marmoréenne qui n'attend que de se
fissurer ; quand à Judith Chemla, elle est pétulante, toute en
réactivité et en fragilité. Tous les deux sont splendides.
Un livre important et saisissant sur la tragédie rwandaise
L'INNOMABLE
AGAHOMAMUNWA
Un récit du génocide des Tutsi
par Adélaïde Mukantabana
Editions L'Harmattan – Collection Ecrire l'Afrique
« Plus de vingt après, j'ai envie de
me confier, de tout dire. Mais je
m'embrouille, je suis effrayée. À
quoi ça servirait ? À quoi ça ressemblerait ? Je suis toujours en deuil.
Je le resterai. Dois-je renoncer à
dire, à écrire ? Ce serait accepter
de banaliser la barbarie qui a emporté deux de mes enfants, mes parents, la majorité de ma fratrie, mes
tantes, mes oncles, mes cousins,
mes amis, mes voisins, mes collègues. Me taire, ce serait admettre
le génocide des Tutsi comme une
fatalité, comme une guerre tribale,
comme un conflit atavique, « le quotidien du continent africain ». Ce serait renoncer à l'élan qui m'anime,
à la volonté de savoir ce qui s'est
passé, de le faire entendre, d'abord
à mes enfants qui ont survécu, puis
à la génération future. Ils ne pourront l'apprendre qu'à travers ce que
je suis devenue, qu'à travers ce que
le génocide a fait de moi… »
Adélaïde Mukantabana habite à Bègles depuis Novembre 1994. Elle a
participé en 2004 à la création de l'association Cauri, dont elle est actuellement présidente. L'objectif principal de Cauri – avec qui plusieurs soirées-débats ont été organisées à Utopia – est de rechercher la vérité, d'informer et de soutenir la mémoire du génocide des Tutsi rwandais.
Argentine, 1976-2016 : il y a quarante ans, la dictature militaire
Vendredi 18 MARS à 20h30, SOIRÉE-DÉBAT autour du film L'HISTOIRE OFFICIELLE.
Projection suivie d'un débat avec Inés VAZQUEZ, anthropologue, Université de Buenos
Aires, enseignant-chercheur spécialiste du mouvement des Mères de la place de Mai.
Pour cette soirée, achetez vos places à l'avance, à partir du Mardi 8 Mars.
L'Histoire officielle est rediffusé le Mardi 22 Mars à 15h15.
L’HISTOIRE OFFICIELLE
(La Historia oficial)
Luis PUENZO
Argentine 1985 1h52 VOSTF
avec Norma Aleandro, Hector Alterio,
Hugo Arana, Guillermo Battaglia…
Scénario de Luis Puenzo
et Aida Bortnik
COPIE NUMÉRIQUE
VERSION RESTAURÉE
C'est dores et déjà un classique du cinéma argentin, aussi passionnant que
poignant. Invisible depuis des années
au cinéma, il ressortira prochainement
en version restaurée. Vous avez la primeur de deux avant-premières, dont une
le Vendredi 18 Mars en présence d'Inès
Vazquez, universitaire argentine qui a été
Présidente de l'Université populaire «
Mères de la place de Mai ». Inès Vazquez
a participé à la création et à l'animation
de l'Association des ex-détenus disparus dans la période 1984-1999, elle a joué
un rôle important dans la dénonciation
des violations des droits de l'homme aux
côtés des survivants des centres clandestins de détention, de torture et d'extermination sous la dernière dictature
argentine, elle a participé à l'ouverture
des procès des auteurs de génocide devant les tribunaux de justice en collaboration avec les militants argentins pour
la justice… Une femme exceptionnelle !
Argentine, 1983 : derniers mois de la
dictature. Alicia enseigne l'histoire dans
un lycée de Buenos Aires et vit heureuse
avec son mari et la petite fille qu'ils ont
adoptée. Jusqu'au jour où elle reçoit
Ana, de retour d'exil, qui lui raconte les
tortures qu'elle a subies…
La force du film est de ne pas décrire directement les exactions de la dictature,
mais de montrer la prise de conscience
d'une femme ancrée dans ses convictions, dont le quotidien s'écroule : plus elle
découvre la réalité du régime du général
Videla, plus Alicia se rend compte que
l'enseignement qu'elle prodigue ment.
Norma Aleandro est bouleversante. Elle
a obtenu un prix d'interprétation mérité
au festival de Cannes 1985. Mais c'est
tout le film qu'il faut admirer : œuvre de
mise au point, sincère et implacable, superbement écrite. (A. Ferenczi, Télérama)
Un deuxième film à voir, Samedi 19 Mars à 11h45 et Lundi 21 Mars à 14h10
KAMCHATKA
Marcelo PINEYRO Argentine 2002 1h45 VOSTF
avec Ricardo Darin, Cecilia Roth, Hector Alterio, Fernanda Mistral…
Scénario de Marcelo Figueras et Marcelo Pineyro
Il a 10 ans et ne comprend rien. Pourquoi sa mère vient le chercher en classe,
un beau jour, et lui interdit de revoir son meilleur pote ? Pourquoi ses parents
l'emmènent, lui et son petit frère, dans une maison isolée ? En cette année
1976, il y a des patrouilles plein les rues de Buenos Aires…
La dictature, Marcelo Piñeyro la filme comme un orage lointain, mais menaçant.
On la sent dans les regards brouillés de chagrin des parents (Ricardo Darín et
Cecilia Roth, également formidables). Dans la terreur qui les pousse à accourir dans la chambre des enfants, la nuit, au moindre bruit suspect. Dans la tendresse éperdue dont ils entourent les gamins : comme si ces caresses, ces
embrassades répétées pouvaient les protéger. Comme si elles devaient être
les dernières.
Marcelo Piñeyro réussit une magnifique chronique intimiste, où douceur et douleur, insidieusement mêlées, aboutissent au lyrisme. (P. Murat, Télérama)
À lundi !
La collection
du Frac Aquitaine vue
par son régisseur EXPOSITION
DU 29 JANVIER AU 23 AVRIL 2016
FRAC AQUITAINE
Hangar G2 · Bassin à flot no1
Quai Armand Lalande
33 300 Bordeaux
05 56 24 71 36
Inscription : [email protected]
Suivez nous ! www.frac-aquitaine.net
Facebook : Frac Aquitaine
Twitter : @FracAquitaine
AUTOUR DE L’EXPOSITION
Ateliers
Commissaire Fracasse
Avec l’artiste Laurent Kropf
Atelier familles et enfants (6-10 ans)
Samedis 5 mars et 2 avril
Atelier ados (11-15 ans)
Samedi 12 mars
Atelier adultes
Samedi 9 avril
De 15h à 17h · Sur inscription
3€ / personne
Week-end Musées Télérama
Samedi 19 mars · 14h30-18h30
Performance participative
Avec le collectif Monts et Merveilles
15h, 15h30 et 16h · Entrée libre
Visites partagées avec une médiatrice
Tout public · 1h
Tous les samedis à 16h30 · Entrée libre
Pour les groupes
15 personnes minimum · 1h · Sur inscription
Payant · Anglais ou espagnol sur demande
Pour les scolaires et étudiants
1h · Sur inscription · Gratuit
Visites Panini
Inventons notre propre collection !
Pour les classes élémentaires, 6e et 5e
1h15 · Sur inscription · Gratuit
No Land's Song
Film documentaire écrit
et réalisé par Ayat NAJAFI
Iran/France 2016 1h31 VOSTF
avec Sara Najafi, Parvin Namazi, Jeanne
Cherhal, Elise Caron, Emel Mathlouthi…
Imaginez un instant ce que serait la
scène musicale française sans qu’aucune femme ne puisse chanter seule
sur scène. Imaginez que toutes nos
chanteuses soient dans l'impossibilité
de se produire devant un public mixte.
Imaginez qu’elles soient contraintes,
pour pouvoir être sur scène, de se placer docilement au second plan, dans les
décors, derrière des interprètes uniquement masculins. Imaginez encore qu’on
leur demande fermement de ne pas trop
pousser leur voix et si possible de se limiter à des chuchotements, de se faire
discrètes, de devenir invisibles…
Cela semble impensable. C’est pourtant
la réalité que vivent les femmes dans
la République islamique d’Iran : elles
n’ont pas le droit de chanter en public, à
moins que l'audience ne soit composée
uniquement que de leurs semblables
(entendre par semblables : « femmes,
être inférieurs à l’homme »). Un interdit
d’une violence inouïe qui prive les « auteures compositrices » du plaisir singulier de jouer pour les autres, de vivre sur
scène un art qui est fait pour être partagé, pour vibrer à l’unisson.
Cet état de fait imposé par un régime
autoritaire et considéré par tous comme
une immuable fatalité, Sara Najafi, auteure et compositrice de Téhéran, a décidé de lui tordre le cou. Mais « tordre
le cou », quand on est une femme, une
audacieuse autant que charismatique
artiste, on se doit de le faire avec intelligente et talent, avec grâce et délicatesse, avec persévérance et diplomatie.
C’est cette histoire que nous raconte
cet incroyable documentaire, l’histoire
d’une femme qui veut faire chanter des
femmes dans une société patriarcale
qui connut pourtant un passé libre où
une femme pouvait chanter et danser
l’amour devant un public conquis composé de ses semblables (entendre par
semblables : êtres humains des deux
sexes jouissant des mêmes droits – ou
presque).
Sara va monter un projet ambitieux et
fou : organiser un concert officiel pour
femmes solistes en faisant monter sur
scène non seulement des Iraniennes
(Parvin Namazi et Sayeh Sodeyfi) mais
aussi deux Françaises (Elise Caron
et Jeanne Cherhal) et une Tunisienne
(Emel Mathlouthi, qui donna une série
de concerts lors du printemps Tunisien).
Mais rien ne peut se faire sans l’accord
des autorités et du terrible département
culturel, qui va tout mettre en œuvre
pour empêcher le concert…
No land’s song se vit presque comme
un film d’aventure, avec du suspens,
des rebondissements et des déceptions, avec des instants de grâce nés
de l’extraordinaire beauté des voix et
de la musique iranienne et de très forts
moment de partage que seule la langue
commune de la musique sait faire naître.
Et au-delà de la musique, bien sûr, c’est
une plongée dans le système kafkaïen et
souvent totalement ridicule d’une « république islamiste » qui ne sait plus sur
quel pied danser, entre un renouveau politique incarné par l’élection du président
Hasan Rohani et une vision sclérosée
venue d’un autre âge. Mais heureusement, en Iran, en Egypte, en Tunisie,
comme hier au Chili, en Argentine, en
Tchécoslovaquie… : Kelmti Horra ! (en
arabe : « ma parole est libre », chanson
de Emel Mathlouthi)
saison
Dans le cadre des Semaines d'information sur la santé mentale
SOIRÉE-DÉBAT Lundi 21 MARS à 20h30
La famille face à la violence d'une maladie insidieuse
organisée par l'UNAFAM 33 (Union nationale des
amis et familles de malades psychiques)
Projection du film MY SKINNY SISTER suivie d'un débat
avec le docteur Marc Delorme, psychiatre au centre Abadie,
pôle aquitain de l'adolescent, CHU de Bordeaux. Achetez vos
places à l'avance, à partir du Vendredi 11 Mars.
JANVIER
MARS
21.01 > 20h
16-17-18-22
> 20h30
TENTATIVES&-23/03
ACTIONS
THéâTRE
/ CRéATION
PERFORMANCES
MY SKINNY SISTER
Etat
Sauvage
PRAXIS
#4
la tierce
titre
provisoire
centre aéré
+ CONCERT
Cie DU CHieN DANS
féVRIER
LeS DeNTS
10 & 11.02 > 19h
SCèNE OuVERTE
30-31/03 & 01/04 > 20h30
THéâTRE
La Grande
Relaps
Mêlée
Instantané
de la jeune
LA
NébULeUSe
créatIon – 4 projets
InsolItes à découvrIr
AVRIL
l’Outil / la tierce /
05/04
> 20h30
grOupe
apache / cie
CONCERTs
des divins animaux
Sonic Protest
boNus tRAck
Workshop
CLAP
feSTivAL
Dans le cadre de la Grande Mêlée,
tRAck
nous recherchons un chœur
bonuSde
clappeurs, groupe de volontaires
Tous les mardis,
jeudis
et vendredis, de
désireux
d’explorer
la musicalité
12h30 à 14h (en intérieur ou dans le jarfrappée.
din, selon le
temps), et
régalez-vous
des
Workshop
: weekend
soirées
bons
petits
plats d’Estelle
en Goguette
du
6 au
11 février
(infos et horaires
sur
qui vous accueille également avant
et
www.manufactureatlantique.net
> page
après les spectacles.
workshops)
Écrit et réalisé par Sanna LENKEN
Suède 2015 1h35
VO (suédois et anglais) STF
avec Rebecka Josephson, Amy
Deasimont, Annika Hallin, Henrik
Norlén, Maxim Mehmet…
Vous n'êtes pas prêts d'oublier la gouaille
et la bouille joufflue de la rouquine Stella,
épatant personnage de collégienne amenée à basculer trop vite dans l'âge adulte
alors qu'elle est loin d'en avoir fini avec
l'enfance. Stella a douze ans et c'est une
pré-ado comme bien d'autres : grande
gueule, un peu trop boulotte, pas assez
conforme aux modèles imposés pour être
à la fois la fille populaire et celle qui attire les regards des garçons. Et comme
bien d'autres encore, elle souffre du syndrome bien connu de la petite sœur, celle
qui grandit à l'ombre de la grande, d'autant que Katya, son aînée, a comme on
dit tout pour elle : grande et svelte, un vi-
sage de nymphe scandinave, elle s'est en
plus hissée, à force de travail opiniâtre, au
rang d'espoir local du patinage artistique,
un sport auquel elle sacrifie tout son
temps libre et l'essentiel de son énergie…
Tout pourrait continuer ainsi, dans cette
espèce de déséquilibre familial harmonieux où chacun trouve finalement sa
place, cahin-caha, malgré petites bisbilles et menues jalousies… Mais on sent
bien, dans le volontarisme forcené de la
patineuse, sa soif perpétuelle d'exercice,
ses obsessions culinaires que s'installe
un malaise de plus en plus palpable.
My skinny sister pose un très beau regard sur un fléau qui touche des millions
d'adolescentes, leur famille, leurs amies :
l'anorexie. Le sujet est traité avec une
grande authenticité, une grande justesse
et on n'est pas du tout étonné que la réalisatrice déclare « avoir une expérience
personnelle des troubles alimentaires »…
NAHID
Ida PANAHANDEH
Iran 2015 1h45 VOSTF
avec Sareh Bayat, Pejman
Bazeghi, Navid Mohammad
Zadeh, Milad Hossein Pour…
Scénario d'Ida Panahandeh
et Arsaian Amiri
le rôle principal de Nahid ! Mais contrairement au film de Farhadi, où les personnages principaux appartenaient à un
milieu plutôt aisé, Nahid est une jeune
mère divorcée qui vit dans un petit port
de la mer Caspienne et se débat pour
sa survie quotidienne grâce à un petit travail de secrétariat. Elle se démène
aussi pour avoir la garde de son fils au
comportement difficile. Il faut dire que
le père de l'enfant est un homme paradoxal, joueur invétéré et toxicomane irresponsable mais toujours amoureux de
son ex-épouse et père aimant envers et
contre tout…
Pour faire référence à un film iranien
qui a connu un succès retentissant, on
peut sans tricher dire que Nahid s'inscrit dans la droite ligne de Une séparation, d'Ashgar Farhadi (disponible en
Vidéo en Poche, ainsi que trois autres
de ses films iraniens). Dans Une séparation, on suivait le divorce douloureux et
contrarié de Nader et Simin, une rupture
dans laquelle venait interférer le combat de Reza, une femme de ménage
accusant Nader de l'avoir violemment
bousculée au point de compromettre
sa grossesse. Cette femme de ménage
était incarnée par une actrice exceptionnelle, Sareh Bayat, qui tient justement
C'est la complexité des situations, ainsi
que les sentiments contradictoires des
personnages qui font la richesse du film.
Étrangeté de la loi iranienne : Nahid peut
avoir la garde de l'enfant à condition de
ne pas se remarier. Les choses se compliquent donc quand elle noue une relation durable avec Masoud, un élégant
gérant d'hôtel qui accepte mal cette situation ubuesque et consent à se plier
à une autre spécificité ubuesque de la
loi : un mariage temporaire, qui permet
aux intéressés de s'engager pour une
heure ou quelques mois sans que cela
soit inscrit dans les registres d’état civil ! Mais évidemment la chose va arri-
ver jusqu'aux oreilles de l'ex-mari, d'autant que l'orgueil de Masoud supporte
de plus en plus mal cette vie de secret.
La jeune réalisatrice Ida Panahandeh
décrit à merveille les déchirements de
Nahid, qui sont probablement ceux de
bien des femmes divorcées en Iran, dénonçant au passage l'hypocrisie et le
piège du mariage temporaire : Nahid
est avant tout une mère courage prête
à tout pour son enfant qui ne lui en est
pas forcément reconnaissant, mais c'est
aussi une amante passionnée qui aimerait vivre pleinement son amour, et parfois enfin une ex-épouse compatissante,
qui sait que son ex-mari n'est pas seulement un monstre irresponsable. Sans
compter qu'elle n'est pas complètement
insensible à la flamme qu'il a toujours
pour elle… Dans ce rôle à multiples facettes, Sareh Bayat est magnifique.
Ida Panahandeh, dont c'est la première
fiction après plusieurs documentaires, a
choisi de tourner son film en automne,
dans l'atmosphère nuageuse et grise
des bords de la mer Caspienne, au Nord
de l'Iran. Elle a trouvé là le cadre parfait
pour son très sensible et brillant théâtre
des sentiments et des regrets. Une nouvelle grande réalisatrice iranienne est
née…
MÉDECIN DE CAMPAGNE
Thomas LILTI
France 2016 1h42
avec François Cluzet, Marianne
Denicourt, Isabelle Sadoyan, Christophe
Odent, Patrick Descamps, Felix Moati…
Scénario de Thomas Lilti
et Baya Kasmi
On a découvert Thomas Lilti, médecin
passionné devenu cinéaste du même
métal, avec Hippocrate, formidable portrait d'un jeune interne plongé dans le
maelstrom d'un grand hôpital parisien en
proie à la réduction des effectifs et à la
surchauffe. Son nouveau film s'intéresse
encore à la médecine – le titre ne laisse
aucun doute sur la question – mais, bien
loin des grands complexes hospitaliers parisiens, il nous parachute dans le
Vexin, région encore largement rurale à
cheval entre la Normandie et les confins
de l’île de France. La vie quotidienne est
sans doute ici plus sereine, son rythme
est plus raisonnable, à la mesure de ces
paysages paisibles, qui n'ont guère bougé depuis un siècle… Il n'empêche que
pour Jean-Pierre Werner, seul médecin
dans un rayon de plusieurs dizaines de
kilomètres, la surchauffe est bien présente aussi. Du matin au crépuscule, il
sillonne les départementales de la région, au devant des petits bobos et des
grandes solitudes, tour à tour médecin
généraliste, psychologue, assistant social, homme à tout faire, dans une campagne peuplée essentiellement de personnes âgées, pour qui il est parfois une
des rares visites. Les consultations à domicile s'enchaînent – très belles scènes
qui témoignent bien du regard chaleureux de Thomas Lilti, en même temps
que de sa connaissance approfondie
de son sujet – et quand il revient, quasi
systématiquement en retard, à son cabinet, la salle d'attente est souvent pleine
de patients… Pas de doute, la tâche est
rude. Et les confrères ne se bousculent
pas au portillon pour accepter de s'installer dans une région pas spécialement
attractive et fort peu lucrative : travailler
dix à douze heures par jour à ce prix là,
c'est du sacerdoce !
Mais pour l'instant, ce n'est pas la surcharge de travail qui préoccupe JeanPierre. C'est même tout le contraire :
ce qui le mine, c'est qu'il risque d'être
obligé d'arrêter. Le diagnostic de son
confrère et ami qui, dans la première
scène du film, lui fait passer un examen
du cerveau est sans appel : il souffre
d'une tumeur temporale, il va lui falloir
suivre un traitement lourd, fatiguant,
donc il n'a pas d'autre choix que de lever drastiquement le pied et de se trouver dare-dare un remplaçant…
C'est comme ça que débarque Nathalie,
qui a tout pour déplaire au vieil ours
Jean-Pierre, habitué à travailler tout
seul, à ne s'expliquer de rien à personne,
et claffi de préjugés éventuellement machistes : Nathalie est incontestablement
une femme, une citadine qui n'a aucune
expérience de la campagne, incapable
de distinguer un jars d'un canard, et qui
en plus a suivi un parcours peu orthodoxe puisqu'ancienne infirmière ayant
repris des études de médecine sur le
tard… Ce qui nous vaudra quelques
scènes de bizutage aussi répréhensibles
que cocasses.
Mais Nathalie a un sacré tempérament
et une vraie compétence et elle va s'accrocher, jusqu'à gagner la confiance de
son confrère mal embouché…
Thomas Lilti livre un bel hommage, d'une
évidente authenticité, à cette profession de médecin de campagne, somme
toute méconnue et guère valorisée – pas
étonnant qu'elle soit en voie de disparition –, en première ligne face à la crise
générale de notre système de santé. Et
il agrémente cette chronique bien sentie
d'une fine trame romanesque où l'amour
et la peur de la mort vont se croiser. Pour
incarner ce couple a priori pas du tout
fait pour s'entendre mais dont les solitudes vont évidemment se rapprocher,
Marianne Denicourt et François Cluzet
excellent.
Et surtout la santé !
Deux Petits déjeuner de
la transition en Mars, salle
de la cheminée au ciné, sur
le thème de la santé.
Apportez deux ou trois viennoiseries, nous vous offrons le café, le
thé, le jus de pomme
Samedi 12 Mars : Alerte rouge
sur la santé. Que penser du
recul de l’espérance de vie ?
L’INSEE a dévoilé, mardi 19
Janvier son bilan démographique
pour l’année 2015 : l’espérance
de vie est en recul. Qu’est-ce que
cela signifie ? Anecdocte conjoncturelle ou indicateur de l’évolution
globale d’une société, en particulier de son état social ?
Samedi 26 Mars : La santé, un luxe inaccessible ?
L’exemple grec. Avec Véronique
Champouillon, du Collectif
Solidarité France-Grèce pour la
Santé. Ce collectif a pour objectif
de collecter du matériel et médicaments pour les dispensaires autogérés en Grèce.
112 ATTENTATS
À L’HUMEUR PUBLIQUE
un livre qui compile chronologiquement les actions de rue
du groupe Art112 durant ces
trente dernières années
Editions Ag2Sap, 47 rue
Montplaisir, 16100 Cognac
[email protected]
Quatre individus anonymes, auteurs d’interventions éphémères
dont ce livre se propose d’être
l’unique trace. Ce sont des mises
en scène à base de volumes et de
graphismes réalisées sans autorisation ni détérioration, en grande
partie dans l’Ouest de la France,
entre 1983 et 2013.
45 ANS
Du 24/02 au 14/03
MUSTANG
Du 28/02 au 28/03
A PERFECT DAY
Du 16 au 29/03
NAHID
Du 16 au 29/03
ALIAS MARIA
Du 9 au 29/03
NO HOME MOVIE
Du 16 au 28/03
ANOMALISA
Du 24/02 au 7/03
NO LAND’S SONG
Du 16 au 29/03
AVE CÉSAR !
Du 24/02 au 29/03
NOUS TROIS OU RIEN
Du 12 au 28/03
BELGICA
Du 2 au 29/03
PEACE TO US
IN OUR DREAMS
Du 24/02 au 7/03
CAROL
Du 24/02 au 8/03
ROYAL ORCHESTRA
CE SENTIMENT DE L’ÉTÉ À partir du 23/03
Du 24/02 au 7/03
SAINT AMOUR
Du 2 au 29/03
DEMAIN
Du 25/02 au 28/03
LES SAISONS
LES DÉLICES DE TOKYO Du 9 au 28/03
Du 24/02 au 8/03
SPOTLIGHT
puis chaque Lundi en fin
Du 24/02 au 8/03
d’après-midi
DEUX RÉMI, DEUX
Du 8 au 22/03
SUITE ARMORICAINE
Du 9 au 29/03
LES ESPIÈGLES
Du 24 au 28/02
TEMPÊTE
Du 24/02 au 29/03
FATIMA
THE ASSASSIN
Chaque Samedi après-midi Du 9 au 29/03
FERDA LA FOURMI
Du 2 au 28/03
THE REVENANT
Du 24/02 au 29/03
L’HISTOIRE DU
GÉANT TIMIDE
Du 24/02 au 27/03
TOUT EN HAUT
DU MONDE
Du 24/02 au 6/03
L’HISTOIRE OFFICIELLE
18/03 à 20h30
et 22/03 à 15h15
LE TRÉSOR
Du 24 au 28/02
HOMELAND 1
Avant la chute
Du 4 au 28/03
GÉOCINÉMA
Mercredi 23 et Jeudi 24/03
LES BACCHANALES
HOMELAND 2
Après la bataille
Du 10 au 28/03
LES BACCHANTES
Vendredi 18/03 à 20h45
LES INNOCENTES
Du 24/02 au 28/03
DYONISUS IN ‘69
Mardi 29/03 à 20h45
JANIS
Chaque Vendredi soir
MEUTRIÈRE
Ven 11/03 à 20h, Sam 12
et Dim 13/03 à 17h30
KAMCHATKA
19/03 à 11h45
et 21/03 à 14h10
AKIRA KUROSAWA
Acte 1
MÉDECIN DE
CAMPAGNE
À partir du 23/03
MERCI PATRON
Du 24/02 au 29/03
LES BAS FONDS
Du 12 au 28/03
LE CHATEAU
DE L’ARAIGNÉE
Du 10 au 27/03
QUI MARCHE SUR
LA QUEUE DU TIGRE
Du 9 au 24/03
LES SALAUDS
DORMENT EN PAIX
Du 11 au 29/03
SÉANCES
SPÉCIALES
SUBLAND + Rencontre
Lundi 29/02 à 19h30
et 21h30
AU BOUT DE LEUR
PEINE + Débat
Mardi 1/03 à 20h30
INCENDIES
Jeudi 3/03 à 20h30
L’HOMME QUI RÉPARE
LES FEMMES + Débat
Vendredi 4/03 à 20h15
LE PONT DES ESPIONS
+ Échanges
Lundi 7/03 à 20h
Avt-Prem DEUX RÉMI,
DEUX + Rencontre
Mardi 8/03 à 20h30
LUNE NOIRE :
LE VENIN DE LA PEUR
Mercredi 9/03 à 20h45
HOMELAND 2 + Débat
Jeudi 10/03 à 19h30
COMME ILS RESPIRENT
+ Rencontre
Vendredi 11/03 à 20h30
J’AVANCERAI
VERS TOI... + Rencontre
Lundi 14/03 à 20h30
BD-CONCERT
COME PRIMA
Mardi 15/03 à 21h
1336, DES HAUTS,
DÉBATS... + Débat
Jeudi 17/03 à 20h30
L’HISTOIRE OFFICIELLE
+ Débat
Vendredi 18/03 à 20h30
NO HOME MOVIE
+ Discussion
Lundi 21/03 à 20h15
MY SKINNY SISTER
+ Débat
Lundi 21/03 à 20h30
EX MACHINA + Débat
Vendredi 2503 à 20h30
PROGRAMME
MER
24
FEV
JEU
25
FEV
VEN
26
FEV
SAM
27
FEV
DIM
28
FEV
LUN
29
FEV
MAR
1
er
MAR
4€
4€
4€
4€
4€
(D) = dernière projection du film. L’heure indiquée
est celle du début du film ; soyez à l’heure, on ne laisse
pas entrer les retardataires. Nous laissons le générique
de fin se dérouler dans le noir, profitez-en, ne vous
levez pas trop tôt. Les 5 salles sont accessibles aux
personnes handicapées. www.cinemas-utopia.org
11H45
CAROL
11H15
LES INNOCENTES
11H
DÉLICES DE TOKYO
12H
AVE CÉSAR !
11H30
THE REVENANT
14H30
TOUT EN HAUT…
13H40
PEACE TO US…
14H
LE TRÉSOR
14H15
AVE CÉSAR !
14H45
THE REVENANT
16H15
LES ESPIÈGLES
15H50
HISTOIRE DU GÉANT…
16H
MERCI PATRON
16H30
TEMPÊTE
17H30
LES INNOCENTES
17H50
45 ANS
17H45
CE SENTIMENT…
18H30
AVE CÉSAR !
18H
THE REVENANT
19H45
HISTOIRE DU GÉANT…
19H50
TEMPÊTE
20H
MERCI PATRON
20H45
AVE CÉSAR !
21H15
THE REVENANT
21H40
SPOTLIGHT
21H45
DEMAIN
21H50
ANOMALISA
11H45
TOUT EN HAUT…
11H30
MERCI PATRON
11H15
LE TRÉSOR
12H
HISTOIRE DU GÉANT…
11H
THE REVENANT
13H45
DÉLICES DE TOKYO
13H40
TEMPÊTE
13H30
ANOMALISA
14H
DEMAIN
14H30
THE REVENANT
16H
LES ESPIÈGLES
15H30
LES INNOCENTES
15H20
45 ANS
16H20
AVE CÉSAR !
17H10
SPOTLIGHT
17H50
TEMPÊTE
17H15
CAROL
18H30
AVE CÉSAR !
18H
THE REVENANT
19H40
CE SENTIMENT…
19H45
LES INNOCENTES
19H30
PEACE TO US…
20H45
AVE CÉSAR !
21H15
THE REVENANT
21H50
MERCI PATRON
22H
AVE CÉSAR !
21H45
HISTOIRE DU GÉANT…
11H45
SPOTLIGHT
11H
LES INNOCENTES
11H15
ANOMALISA
12H
TEMPÊTE
11H30
AVE CÉSAR !
14H30
TOUT EN HAUT…
13H45
HISTOIRE DU GÉANT…
13H30
MERCI PATRON
14H20
AVE CÉSAR !
14H40
THE REVENANT
16H15
LES ESPIÈGLES
15H45
LES INNOCENTES
15H15
CE SENTIMENT…
16H45
DEMAIN
17H30
DÉLICES DE TOKYO
18H
HISTOIRE DU GÉANT…
17H20
PEACE TO US…
21H45
MERCI PATRON
21H50
AVE CÉSAR !
22H
JANIS
21H30
THE REVENANT
17H45
THE REVENANT
19H45
45 ANS
20H
TEMPÊTE
19H40
CAROL
19H15
AVE CÉSAR !
21H
THE REVENANT
11H
LES ESPIÈGLES
11H45
LES INNOCENTES
11H15
PEACE TO US…
12H
DÉLICES DE TOKYO
11H30
DEMAIN
13H40
CE SENTIMENT…
14H
TEMPÊTE
13H45
MERCI PATRON
14H45
AVE CÉSAR !
14H30
THE REVENANT
15H50
TOUT EN HAUT…
16H
FATIMA
15H30
HISTOIRE DU GÉANT…
17H40
LE TRÉSOR
17H45
LES INNOCENTES
17H30
45 ANS
17H
AVE CÉSAR !
18H
THE REVENANT
19H50
HISTOIRE DU GÉANT…
20H10
TEMPÊTE
19H40
MERCI PATRON
19H15
AVE CÉSAR !
21H15
THE REVENANT
21H50
SPOTLIGHT
22H
AVE CÉSAR !
21H30
ANOMALISA
21H40
THE REVENANT
11H15
TOUT EN HAUT…
12H
TEMPÊTE
11H30
HISTOIRE DU GÉANT…
11H45
AVE CÉSAR !
11H
THE REVENANT
13H45
45 ANS
14H10
MUSTANG
13H30
MERCI PATRON
14H
DEMAIN
14H20
THE REVENANT
15H45
LES ESPIÈGLES
(D)
16H10
LES INNOCENTES
15H20
CAROL
16H30
AVE CÉSAR !
17H
HISTOIRE DU GÉANT…
18H30
TEMPÊTE
17H45
MERCI PATRON
18H45
AVE CÉSAR !
17H30
THE REVENANT
19H15
LE TRÉSOR (D)
20H30
SPOTLIGHT
19H30
CE SENTIMENT…
21H
AVE CÉSAR !
20H45
THE REVENANT
21H15
ANOMALISA
TOUS LES JOURS
LA 1re SÉANCE
(SUR FOND GRIS)
C’EST 4€
15H
HISTOIRE DU GÉANT…
15H30
TEMPÊTE
15H15
MERCI PATRON
14H30
THE REVENANT
14H45
AVE CÉSAR !
17H45
CE SENTIMENT…
18H
DEMAIN
18H15
45 ANS
17H30
THE REVENANT
17H
LES INNOCENTES
20H
DÉLICES DE TOKYO
20H30
AVE CÉSAR !
20H15
MUSTANG
21H
THE REVENANT
19H30
TOUS LES JOURS
LA 1re SÉANCE
(SUR FOND GRIS)
C’EST 4€
15H
HISTOIRE DU GÉANT…
15H15
TEMPÊTE
14H45
LES INNOCENTES
15H30
AVE CÉSAR !
14H30
THE REVENANT
17H30
ANOMALISA
18H
MUSTANG
17H20
45 ANS
18H15
AVE CÉSAR !
17H45
THE REVENANT
19H40
HISTOIRE DU GÉANT…
20H
TEMPÊTE
19H45
MERCI PATRON
20H30
4€
4€
SUBLAND
21H40
PEACE TO US…
21H30
SUBLAND
21H40
CE SENTIMENT…
21H50
AVE CÉSAR !
21H30
CAROL
AU BOUT DE LEUR PEINE + Débat
21H
THE REVENANT
VISITE GUIDÉE LE BORDEAUX NÈGRE : « Derrière les murs, la condition des hommes. » Venez suivre
les pas des animateurs de la balade alternative qui vous fera visiter l'autre Bordeaux. Le patrimoine
révélé des Bordelais que l'histoire a conduits en Afrique mais aussi en Outre-mer, jusqu'en Louisiane…
Dimanches 28 Février, 13 et 27 Mars, Inscription : www.memoiresetpartages.com
4€
14H
DEMAIN
13H30
TEMPÊTE
13H40
BELGICA
14H15
SAINT-AMOUR
14H30
THE REVENANT
MER
2
MAR
JEU
3
MAR
VEN
4
MAR
SAM
5
MAR
DIM
6
MAR
LUN
7
MAR
MAR
8
MAR
TOUS LES JOURS
LA 1re SÉANCE
(SUR FOND GRIS)
C’EST 4€
4€
4€
4€
4€
16H30
FERDA LA FOURMI
15H20
HISTOIRE DU GÉANT…
16H10
MERCI PATRON
16H20
AVE CÉSAR !
4€
15H15
TEMPÊTE
15H
BELGICA
14H45
HISTOIRE DU GÉANT…
15H30
SAINT-AMOUR
14H30
THE REVENANT
17H45
LES INNOCENTES
17H20
CE SENTIMENT…
18H
ANOMALISA
18H30
SAINT-AMOUR
17H30
THE REVENANT
20H
TEMPÊTE
19H30
BELGICA
19H50
HISTOIRE DU GÉANT…
20H40
SAINT-AMOUR
21H
THE REVENANT
21H50
MUSTANG
22H
AVE CÉSAR !
21H45
SPOTLIGHT
17H10
CAROL
17H45
45 ANS
17H
PEACE TO US…
18H
AVE CÉSAR !
17H30
THE REVENANT
19H30
CE SENTIMENT…
19H40
AVE CÉSAR !
19H15
LES INNOCENTES
20H30
21H45
MERCI PATRON
21H50
SAINT-AMOUR
21H30
BELGICA
17H40
ANOMALISA
17H30
TEMPÊTE
17H45
MUSTANG
18H
SAINT-AMOUR
18H15
DÉLICES DE TOKYO
19H40
AVE CÉSAR !
19H30
SAINT-AMOUR
19H45
MERCI PATRON
20H15
INCENDIES
21H
THE REVENANT
12H
HISTOIRE DU GÉANT…
11H15
45 ANS
11H
PEACE TO US…
12H10
SAINT-AMOUR
11H30
AVE CÉSAR !
14H10
BELGICA
14H05
LES INNOCENTES
14H
HOMELAND 1
14H30
TEMPÊTE
14H20
THE REVENANT
12H
MERCI PATRON
11H15
BELGICA
11H30
DÉLICES DE TOKYO
11H45
AVE CÉSAR !
11H
DEMAIN
14H45
FERDA LA FOURMI
13H50
TEMPÊTE
13H45
MUSTANG
14H30
SAINT-AMOUR
14H15
THE REVENANT
16H
TOUT EN HAUT…
15H45
FATIMA
15H40
HISTOIRE DU GÉANT…
17H45
LES INNOCENTES
17H30
45 ANS
17H40
CE SENTIMENT…
17H
AVE CÉSAR !
17H15
THE REVENANT
20H
TEMPÊTE
19H30
BELGICA
19H50
HISTOIRE DU GÉANT…
19H15
SAINT-AMOUR
20H45
THE REVENANT
21H50
AVE CÉSAR !
22H
SAINT-AMOUR
21H45
SPOTLIGHT
21H30
THE REVENANT
10H45
TOUT EN HAUT…
10H30
HOMELAND 1
11H
BELGICA
11H30
SAINT-AMOUR
11H15
THE REVENANT
14H15
LES INNOCENTES
13H45
TEMPÊTE
13H30
HISTOIRE DU GÉANT…
14H
AVE CÉSAR !
14H30
THE REVENANT
16H40
FERDA LA FOURMI
15H40
DEMAIN
15H30
MUSTANG
16H20
SAINT-AMOUR
18H10
TEMPÊTE
18H
BELGICA
17H30
HISTOIRE DU GÉANT…
18H30
AVE CÉSAR !
17H45
THE REVENANT
20H
MERCI PATRON
20H30
SPOTLIGHT
19H30
CE SENTIMENT…
20H45
SAINT-AMOUR
21H
THE REVENANT
21H45
ANOMALISA
14H
MERCI PATRON
13H40
BELGICA
13H30
CE SENTIMENT…
14H30
THE REVENANT
14H10
SAINT-AMOUR
16H
DÉLICES DE TOKYO
16H10
45 ANS
15H45
LES INNOCENTES
20H30
ANOMALISA (D)
20H45
BELGICA
20H15
HISTOIRE DU GÉANT…
20H
16H20
AVE CÉSAR !
18H15
TEMPÊTE
18H10
CAROL
18H
PEACE TO US…
17H45
SAINT-AMOUR
18H30
DEMAIN
15H15
45 ANS
15H
AVE CÉSAR !
14H45
MUSTANG
15H30
SAINT-AMOUR
14H30
THE REVENANT
17H15
CAROL (D)
17H30
HISTOIRE DU GÉANT…
17H20
DÉLICES DE TOKYO
18H
LES INNOCENTES
17H45
THE REVENANT
12H
TEMPÊTE
11H10
SPOTLIGHT
11H20
AVE CÉSAR !
12H10
SAINT-AMOUR
11H
THE REVENANT
(D)
TOUS LES JOURS
LA 1re SÉANCE
(SUR FOND GRIS)
C’EST 4€
(D)
4€
(D)
21H50
JANIS
21H40
THE REVENANT
21H30
BELGICA
L’HOMME QUI RÉPARE LES FEMMES + Débat
20H45
THE REVENANT
21H40
AVE CÉSAR !
LE PONT DES ESPIONS + Débat
21H
THE REVENANT
19H40
AVE CÉSAR !
19H30
SAINT-AMOUR
19H50
TEMPÊTE
20H30
Avant-Première
21H50
MERCI PATRON
21H40
SPOTLIGHT
(D)
21H45
BELGICA
DEUX RÉMI, DEUX + Rencontre
21H
THE REVENANT
Talents, atelier d'écriture – Salle de la cheminée à Utopia Samedi 27 Février
et Samedi 5 Mars de 9h30 à 12h30. Contact : [email protected]
4€
13H30
SUITE ARMORICAINE
13H40
TEMPÊTE
13H50
BELGICA
14H
SAINT-AMOUR
14H30
THE REVENANT
MER
9
MAR
JEU
10
MAR
VEN
11
MAR
SAM
12
MAR
DIM
13
MAR
LUN
14
MAR
MAR
15
MAR
TOUS LES JOURS
LA 1re SÉANCE
(SUR FOND GRIS)
C’EST 4€
4€
4€
4€
4€
12H10
DEUX RÉMI, DEUX
11H30
MUSTANG
11H15
MERCI PATRON
12H
SAINT-AMOUR
11H
THE REVENANT
14H05
HISTOIRE DU GÉANT…
14H10
THE ASSASSIN
14H
SUITE ARMORICAINE
14H20
DEMAIN
14H30
LES INNOCENTES
11H
HOMELAND 1
11H30
TEMPÊTE
11H15 Kurosawa
LES BAS-FONDS
11H45
THE ASSASSIN
12H
SAINT-AMOUR
14H20
LES SAISONS
13H30
ALIAS MARIA
14H30
SUITE ARMORICAINE
14H10
FATIMA
11H15
LES SAISONS
11H30
LES INNOCENTES
11H
HOMELAND 2
11H45
AVE CÉSAR !
12H
THE REVENANT
14H
Kurosawa
CHÂTEAU ARAIGNÉE
13H45
DEUX RÉMI, DEUX
11H
Kurosawa
SALAUDS DORMENT…
11H40
SAINT-AMOUR
11H30
BELGICA
12H
DEMAIN
11H15
THE REVENANT
14H15
SAINT-AMOUR
13H50
ALIAS MARIA
13H45
MUSTANG
14H
TEMPÊTE
14H30
45 ANS
(D)
14H15
THE REVENANT
TOUS LES JOURS
LA 1re SÉANCE
(SUR FOND GRIS)
C’EST 4€
16H20
FERDA LA FOURMI
15H30
AVE CÉSAR !
16H30
HISTOIRE DU GÉANT…
16H10
THE ASSASSIN
4€
14H30
SUITE ARMORICAINE
15H15
THE ASSASSIN
15H
ALIAS MARIA
14H45
45 ANS
15H30
SAINT-AMOUR
16H30
FERDA LA FOURMI
15H30
LES INNOCENTES
16H
AVE CÉSAR !
15H
THE REVENANT
16H15
FERDA LA FOURMI
15H15
45 ANS
15H
ALIAS MARIA
16H30
TEMPÊTE
15H30
DEMAIN
15H45
HISTOIRE DU GÉANT…
15H50
NOUS TROIS OU RIEN
16H15
DEUX RÉMI, DEUX
16H30
SAINT-AMOUR
4€
15H15
HISTOIRE DU GÉANT…
15H30
THE ASSASSIN
14H45
BELGICA
15H
AVE CÉSAR !
14H30
THE REVENANT
17H30 Kurosawa
QUI MARCHE SUR…
17H40
LES SAISONS
18H30
ALIAS MARIA
18H20
LES INNOCENTES
18H
THE REVENANT
19H
SUITE ARMORICAINE
19H40
THE ASSASSIN
20H30
HOMELAND 1
20H45
Lune Noire #7
17H30 Kurosawa
CHÂTEAU ARAIGNÉE
17H45
TEMPÊTE
17H40
MERCI PATRON
17H15
AVE CÉSAR !
18H
THE REVENANT
19H45
DEUX RÉMI, DEUX
19H40
SAINT-AMOUR
19H50
ALIAS MARIA
19H30
17H15
ALIAS MARIA
17H30
THE ASSASSIN
17H20
BELGICA
17H
THE REVENANT
18H
SAINT-AMOUR
19H15
45 ANS
19H40
AVE CÉSAR !
19H50
TEMPÊTE
20H
Bacchanales
17H40 Bacchanales
19H
SUITE ARMORICAINE
19H50
THE ASSASSIN
19H30
ALIAS MARIA
20H15
SAINT-AMOUR
21H15
THE REVENANT
21H50
BELGICA
22H
SAINT-AMOUR
21H30
MERCI PATRON
22H20
AVE CÉSAR !
19H
HISTOIRE DU GÉANT…
19H30
AVE CÉSAR !
19H50
ALIAS MARIA
20H45
THE REVENANT
21H
SAINT-AMOUR
21H15
THE ASSASSIN
21H40
BELGICA
21H45
MERCI PATRON
MEUTRIÈRE
17H45
NOUS TROIS OU RIEN
17H30
HISTOIRE DU GÉANT…
18H15
TEMPÊTE
18H
THE REVENANT
17H30 Bacchanales
MEUTRIÈRE
17H15
THE ASSASSIN
17H
SUITE ARMORICAINE
18H30
SAINT-AMOUR
18H
THE REVENANT
21H50
AVE CÉSAR !
21H45
THE REVENANT
LE VENIN DE LA PEUR
21H
SAINT-AMOUR
21H15
THE ASSASSIN
21H50
BELGICA
21H45
HISTOIRE DU GÉANT…
HOMELAND 2 + Débat
21H
THE REVENANT
MEUTRIÈRE
21H15 Kurosawa
SALAUDS DORMENT…
21H50
SAINT-AMOUR
21H45
JANIS
21H30
THE REVENANT
20H30
COMME ILS RESPIRENT + Rencontre
17H40
DÉLICES DE TOKYO
18H
LES INNOCENTES
17H45
SUITE ARMORICAINE
18H40
AVE CÉSAR !
17H15
THE REVENANT
20H
MERCI PATRON
20H15
THE ASSASSIN
20H45
ALIAS MARIA
21H
SAINT-AMOUR
20H30
17H50
TEMPÊTE
17H45
ALIAS MARIA
17H15
MERCI PATRON
18H15
NOUS TROIS OU RIEN
17H30
SAINT-AMOUR
19H45
DEUX RÉMI, DEUX
19H40
AVE CÉSAR !
19H
SUITE ARMORICAINE
20H30
THE REVENANT
21H
J’AVANCERAI VERS TOI… + Rencontre
21H15 Kurosawa
CHÂTEAU ARAIGNÉE
21H45
SAINT-AMOUR
21H50
THE ASSASSIN
BD-CONCERT COME PRIMA
RAPPEL : POUR LES MOINS DE 14 ANS, TARIF UNIQUE 4 euros POUR TOUS LES FILMS
UTOPIA est partenaire de la carte culture jeune « Bordeaux ma ville ». Pour les détenteurs
de la carte, place à 4 euros (sauf Samedi, Dimanche jusqu’à 19h, jour férié et veille de férié)
4€
13H30
THE ASSASSIN
13H40
TEMPÊTE
13H50
ALIAS MARIA
14H15
SAINT-AMOUR
14H30
THE REVENANT
MER
16
MAR
JEU
17
MAR
VEN
18
MAR
SAM
19
MAR
DIM
20
MAR
LUN
21
MAR
MAR
22
MAR
TOUS LES JOURS
LA 1re SÉANCE
(SUR FOND GRIS)
C’EST 4€
4€
4€
4€
4€
11H
Kurosawa
SALAUDS DORMENT…
11H15
BELGICA
12H
HISTOIRE DU GÉANT…
12H10
A PERFECT DAY
11H30
SAINT-AMOUR
14H
NO HOME MOVIE
14H10
TEMPÊTE
14H05
THE ASSASSIN
14H30
LES INNOCENTES
14H20
THE REVENANT
11H
HOMELAND 1
11H30
THE ASSASSIN
11H45
Argentine
KAMCHATKA
12H
A PERFECT DAY
11H15
LES INNOCENTES
14H30
LES SAISONS
13H40
Kurosawa
QUI MARCHE SUR…
14H20
DEUX RÉMI, DEUX
14H15
THE REVENANT
14H
NO LAND’S SONG
11H30
NO HOME MOVIE
11H45
HISTOIRE DU GÉANT…
11H15
HOMELAND 2
12H10
NO LAND’S SONG
11H
THE REVENANT
13H50
MUSTANG
14H10
A PERFECT DAY
11H
SUITE ARMORICAINE
12H
A PERFECT DAY
11H15
NAHID
11H30
AVE CÉSAR !
12H10
SAINT-AMOUR
14H10
Argentine
KAMCHATKA
14H15
TEMPÊTE
13H50
ALIAS MARIA
14H
NO LAND’S SONG
14H30
THE REVENANT
14H20
LES INNOCENTES
14H
LES SAISONS
TOUS LES JOURS
LA 1re SÉANCE
(SUR FOND GRIS)
C’EST 4€
15H40
LES SAISONS
15H30
A PERFECT DAY
15H45
DEUX RÉMI, DEUX
16H20
NO LAND’S SONG
17H40
Kurosawa
QUI MARCHE SUR…
17H45
NAHID
17H15
NO HOME MOVIE
18H15
LES INNOCENTES
18H
DEMAIN
19H
SUITE ARMORICAINE
19H50
NO LAND’S SONG
19H30
HISTOIRE DU GÉANT…
20H45
A PERFECT DAY
20H30
THE REVENANT
21H50
AVE CÉSAR !
21H45
SAINT-AMOUR
21H30
BELGICA
17H
Kurosawa
LES BAS-FONDS
17H30
NOUS TROIS OU RIEN
17H40
TEMPÊTE
18H15
SAINT-AMOUR
18H
THE REVENANT
19H45
MERCI PATRON
19H40
AVE CÉSAR !
19H30
ALIAS MARIA
20H30
21H30
A PERFECT DAY
21H50
BELGICA
21H40
THE ASSASSIN
17H30
A PERFECT DAY
17H40
SUITE ARMORICAINE
17H20
ALIAS MARIA
17H
NO LAND’S SONG
18H
AVE CÉSAR !
19H45
THE ASSASSIN
20H45 Bacchanales
21H50
JANIS
19H30
NAHID
19H
MUSTANG
20H30 Argentine
21H40
SAINT-AMOUR
21H
THE REVENANT
19H30
THE ASSASSIN
20H
A PERFECT DAY
19H45
ALIAS MARIA
19H15
NO LAND’S SONG
20H45
THE REVENANT
21H40
HISTOIRE DU GÉANT…
22H15
AVE CÉSAR !
21H50
BELGICA
21H15
SAINT-AMOUR
16H
DEMAIN
17H45
MERCI PATRON
17H50
NOUS TROIS OU RIEN
17H30
NAHID
17H15
TEMPÊTE
18H30
SAINT-AMOUR
15H45
FERDA LA FOURMI
16H20
THE ASSASSIN
15H
NAHID
16H40
NO LAND’S SONG
16H
SAINT-AMOUR
17H20
ALIAS MARIA
18H30
TEMPÊTE
17H15
SUITE ARMORICAINE
18H45
A PERFECT DAY
18H10
THE REVENANT
19H15
Kurosawa
CHÂTEAU ARAIGNÉE
20H30
THE ASSASSIN
20H10
DEUX RÉMI, DEUX
21H
SAINT-AMOUR
21H15
AVE CÉSAR !
21H30
BELGICA
16H15
MERCI PATRON
16H10
NOUS TROIS OU RIEN
15H45
HISTOIRE DU GÉANT…
16H
LES INNOCENTES
18H
THE ASSASSIN
18H30
DÉLICES DE TOKYO
17H45
Kurosawa
CHÂTEAU ARAIGNÉE
18H15
A PERFECT DAY
17H30
THE REVENANT
20H15
4€
14H45
NAHID
15H15
A PERFECT DAY
14H30
SUITE ARMORICAINE
15H30
NO LAND’S SONG
15H
THE REVENANT
16H30
FERDA LA FOURMI
15H
SUITE ARMORICAINE
15H50
FATIMA
4€
14H15
HOMELAND 2
15H
THE ASSASSIN
15H15
Argentine
HISTOIRE OFFICIELLE
14H30
A PERFECT DAY
15H30
DEMAIN
17H45
Kurosawa
SALAUDS DORMENT…
17H40
NAHID
17H30
ALIAS MARIA
17H
HISTOIRE DU GÉANT…
18H15
SAINT-AMOUR
LES FRALIB - 1336 JOURS… + Débat
21H
SAINT-AMOUR
LES BACCHANTES
L’HISTOIRE OFFICIELLE + Débat
21H40
MERCI PATRON
NO HOME MOVIE + Discussion
21H
BELGICA
20H
HOMELAND 1
20H30
MY SKINNY SISTER + Débat
20H45
SAINT-AMOUR
20H45
SUITE ARMORICAINE
19H50
TEMPÊTE
19H40 (D)
DEUX RÉMI, DEUX
19H
NO LAND’S SONG
20H30
THE REVENANT
21H45
SAINT-AMOUR
21H15
AVE CÉSAR !
21H
A PERFECT DAY
CERCLE DE SILENCE à Bordeaux TOUS LES DERNIERS MARDI DU MOIS,
Mardi 29 Mars, de 18h30 à 19h30, place Pey-Berland. Contact: FEP, 201 rue Robespierre,
33401 TALENCE • 05 57 12 35 65 • 06 12 55 04 81• Courriel: [email protected]
MER
23
MAR
9H
Géocinéma
SOCIAL NETWORK
JEU
24
MAR
VEN
25
MAR
SAM
26
MAR
DIM
27
MAR
LUN
28
MAR
MAR
29
MAR
9H
4€
14H
LES SAISONS
13H45
TEMPÊTE
13H30
ROYAL ORCHESTRA
14H30
SAINT-AMOUR
14H10
MÉDECIN CAMPAGNE
Géocinéma
SUMMER WARS
4€
4€
4€
4€
16H
FERDA LA FOURMI
15H40
A PERFECT DAY
15H30
NAHID
20H
MERCI PATRON
19H45
SAINT-AMOUR
19H30
ROYAL ORCHESTRA
20H30
Géocinéma
16H20
MÉDECIN CAMPAGNE
17H10
SUITE ARMORICAINE
17H50
ALIAS MARIA
17H40
NO LAND’S SONG
17H20
THE REVENANT
18H30
AVE CÉSAR !
14H30
SUITE ARMORICAINE
14H45
HISTOIRE DU GÉANT…
15H15
NO LAND’S SONG
15H30
THE ASSASSIN
15H
MÉDECIN CAMPAGNE
18H
Kurosawa
QUI MARCHE SUR… (D)
17H45
TEMPÊTE
17H40
NAHID
18H15
ROYAL ORCHESTRA
18H30
MÉDECIN CAMPAGNE
19H30
NO HOME MOVIE
19H40
A PERFECT DAY
19H45
ALIAS MARIA
20H30
Géocinéma
17H45
ALIAS MARIA
17H40
LES INNOCENTES
17H30
TEMPÊTE
17H15
THE REVENANT
18H
MÉDECIN CAMPAGNE
19H40
21H50
THE ASSASSIN
JANIS (D)
20H
SUITE ARMORICAINE
19H30
21H40
NOUS TROIS OU RIEN
A PERFECT DAY
20H30
EX MACHINA + Débat
20H10
22H15
MÉDECIN CAMPAGNE
SAINT-AMOUR
4€
21H45
Kurosawa
CHÂTEAU ARAIGNÉE
21H50
A PERFECT DAY
21H30
THE ASSASSIN
HER
20H45
MÉDECIN CAMPAGNE
21H45
BELGICA
21H50
SAINT-AMOUR
21H40
AVE CÉSAR !
WARGAMES
20H45
THE REVENANT
11H
Kurosawa
LES BAS-FONDS
12H
A PERFECT DAY
11H30
NAHID
12H10
AVE CÉSAR !
11H15
THE REVENANT
14H05
NO LAND’S SONG
14H10
SAINT-AMOUR
14H
ROYAL ORCHESTRA
14H20
DEMAIN
14H30
MÉDECIN CAMPAGNE
11H30 Kurosawa
SALAUDS DORMENT…
10H30
HOMELAND 1
11H15
NO HOME MOVIE
11H45
LES INNOCENTES
11H
THE REVENANT
14H30
LES SAISONS
13H40
A PERFECT DAY
13H45
ROYAL ORCHESTRA
14H15
THE ASSASSIN
14H
MÉDECIN CAMPAGNE
16H30
FERDA LA FOURMI
15H50
FATIMA (D)
15H40
NAHID
16H45
TEMPÊTE
16H10
SAINT-AMOUR
17H45
MERCI PATRON
17H40
MUSTANG
17H50
NO LAND’S SONG
18H40
AVE CÉSAR !
18H20
MÉDECIN CAMPAGNE
19H30
HISTOIRE DU GÉANT…
19H40
A PERFECT DAY
19H45
ROYAL ORCHESTRA
21H
THE REVENANT
20H30
MÉDECIN CAMPAGNE
21H30
SUITE ARMORICAINE
21H50
SAINT-AMOUR
21H45
ALIAS MARIA
11H15
ALIAS MARIA
11H
HOMELAND 2
11H30
A PERFECT DAY
11H45
SAINT-AMOUR
12H
MÉDECIN CAMPAGNE
13H40
Kurosawa
CHÂTEAU ARAIGNÉE (D)
14H30
SUITE ARMORICAINE
13H45
ROYAL ORCHESTRA
14H
DEMAIN
15H50
LES SAISONS
15H45
TEMPÊTE
16H30
LES INNOCENTES
15H
MÉDECIN CAMPAGNE
17H50
(D)
HISTOIRE DU GÉANT…
17H30
THE ASSASSIN
17H40
NOUS TROIS OU RIEN
18H45
ROYAL ORCHESTRA
17H15
THE REVENANT
19H50
TEMPÊTE
19H40
NO LAND’S SONG
19H45
NAHID
21H
SAINT-AMOUR
20H30
MÉDECIN CAMPAGNE
21H45
A PERFECT DAY
21H40
THE REVENANT
22H
AVE CÉSAR !
11H15
LES SAISONS
(D)
11H30
THE ASSASSIN
11H45
TEMPÊTE
12H
LES INNOCENTES (D)
11H
DEMAIN (D)
13H30
HOMELAND 1
(D)
13H45
A PERFECT DAY
13H50
MUSTANG (D)
14H20
(D)
NOUS TROIS OU RIEN
14H
MÉDECIN CAMPAGNE
16H40
(D)
FERDA LA FOURMI
16H
ROYAL ORCHESTRA
15H45
NO LAND’S SONG
16H30
SAINT-AMOUR
16H15
MÉDECIN CAMPAGNE
17H45
BELGICA
18H
DÉLICES DE TOKYO (D)
17H40
NO HOME MOVIE (D)
18H45
AVE CÉSAR !
18H30
MÉDECIN CAMPAGNE
20H15
Kurosawa
LES BAS-FONDS (D)
20H30
A PERFECT DAY
20H
HOMELAND 2
(D)
21H
SAINT-AMOUR
20H45
THE REVENANT
14H45
ROYAL ORCHESTRA
15H15
MERCI PATRON
(D)
14H30
ALIAS MARIA
(D)
15H
SAINT-AMOUR
15H30
MÉDECIN CAMPAGNE
17H
Kurosawa (D)
SALAUDS DORMENT…
17H45
(D)
SUITE ARMORICAINE
17H30
TEMPÊTE
(D)
18H
THE REVENANT
18H15
MÉDECIN CAMPAGNE
19H50
NO LAND’S SONG
20H45
Bacchanales
21H45
BELGICA
19H40
NAHID
(D)
21H
THE ASSASSIN
20H30
AVE CÉSAR !
(D)
21H50
A PERFECT DAY
TOUS LES JOURS
LA 1re SÉANCE
(SUR FOND GRIS)
C’EST 4€
4€
(D)
DYONISUS IN ‘69
Vidéo en Poche des films sur votre clé usb !
5€ par film, sans DRM et en HD quand c’est possible, la résolution minimale
étant celle d’un DVD ! Les fichiers sont lisibles par VLC, mais aussi sur les Freebox,
et de nombreuses TV et boitiers multimedia. Vous pouvez consulter sur le site et à
la caisse du ciné le catalogue complet : www.videoenpoche.info
fert vers la prison des adultes et au bout
du chemin l’exécution capitale : il a été
condamné à mort pour avoir tué, deux
ans plus tôt, sa bien aimée : ce devait être
un suicide romantique à deux, pour fuir
l’oppression et les tabous de la société,
mais il a survécu…
Seule solution pour éviter l’inéluctable :
obtenir du père de la victime le pardon qui
signifierait la grâce, puisque la loi du Talion
prévaut dans la justice iranienne… Ala, son
meilleur ami, détenu avec lui, va alors se
débrouiller pour être libéré, il va demander
de l’aide à Firoozeh, la sœur aînée d’Akbar,
et essayer par tous les moyens d’obtenir
la mansuétude du père éploré… Ashgar
Farhadi suit pas à pas ce formidable combat pour la vie et livre une analyse intelligente et subtile de la société iranienne,
incroyablement complexe et contradictoire.
MARCEL CONCHE
MARCEL CONCHE (en HD)
la nature d’un philosophe
Écrit et réalisé par Christian Girier.
Bonus : extraits chapitrés d’entretiens
avec Marcel Conche. Durée totale : 2h14
C’est une belle découverte et le documentaire de Christian Girier est la preuve
que oui, le cinéma est un bon moyen pour
se rapprocher de l’œuvre du philosophe.
Surtout quand il s’agit comme l’a fait le réalisateur d’aller le rencontrer, en chair et en
os, chez lui, dans sa maison natale d’Altillac
en Corrèze. De le filmer au plus près, mais
sans indiscrétion, sans intrusion, dans son
quotidien, à table en train de manger, peu
et sans sel, en balade… De parler avec lui
de son enfance paysanne, de sa jeunesse,
de ses amours, de sa passion des livres et
de la philosophie, de sa tendresse pour les
philosophes antiques et pour Montaigne.
Aussi de son parcours intellectuel, de sa foi
dans l’homme.
« Un film sur un philosophe vivant est chose
rare. Avec Marcel Conche, cela signifie
avant tout aller à la rencontre d’un homme
qui vit sa philosophie. Pétri de sagesse,
Marcel Conche se montre tel qu’il est, tel
qu’il pense : loin des dogmes et des vérités
figées il est en perpétuel mouvement. Son
charisme, coloré de malice et d’humour,
en fait une personne authentique devant
la caméra. Il s’agit d’un film ni pour érudit
ni pour spécialiste mais bien d’un film qui
s’adresse à tous. » (Christian Girier)
Marcel Conche a aujourd’hui 93 ans, des
yeux qui n’ont pas oublié de pétiller et des
neurones qui carburent au renouvelable.
Sa métaphysique s’ouvre à une Nature
qui ne se réduit pas à ce que l’on croit
voir. En cheminant dans les paysages de
son enfance corrézienne, il nous livre avec
délice une sagesse vécue au plus près de
sa vie.
Après Une Séparation et
À propos d’Elly, disponibles en HD,
deux autres films d’Ashgar Farhadi
LES ENFANTS
DE BELLE VILLE
Écrit et réalisé par Ashgar Farhadi
Belle Ville, c’est un quartier de Téhéran
où se trouve un centre de détention pour
mineurs. Akbar y fête son dix-huitième
anniversaire, qui signifie pour lui trans-
LES ENFANTS DE BELLE VILLE
LA FÊTE DU FEU
LA FÊTE DU FEU
Écrit et réalisé par Ashgar Farhadi
Rouhi est à deux doigts du mariage, et
nage en pleine félicité. Pas riche, elle joue
les aide-ménagères et atterrit par la grâce
d’une agence d’intérim dans un couple en
pleine crise. C’est le bordel dans la maison,
et la belle maîtresse des lieux vit une crise
intense de suspicion, collant ses oreilles
sur les bouches d’aération de la salle
de bain pour tenter d’entendre ce qui se
passe chez sa voisine, qu’elle soupçonne
d’avoir emberlificoté le cœur de son mari.
Soupçonneuse de tout, elle voit d’un sale
œil tout d’abord cette Rouhi envoyée par
son mari, la paie pour qu’elle s’en aille,
puis la rappelle, puis l’envoie se faire faire
une beauté de mariée chez sa voisine pour
l’espionner…
et plus de 130 autres films au
catalogue : www.videoenpoche.info
ALIAS MARIA
Jose Luis RUGELES
Colombie 2015 1h31 VOSTF
avec Karen Torres, Carlos Clavijo,
Erik ruiz, Anderson Gomez…
Scénario de Diego Vivanco
Maria ne s’appelle pas Maria. C’est
le nom qu’elle porte depuis qu’elle a
pris les armes pour rejoindre la guérilla, au cœur de la forêt amazonienne de
Colombie. Un surnom (« alias » en espagnol), un pseudonyme, un nom de
guerre, la marque que celle qu’elle était
avant n’est plus, et qu’elle a perdu, en
embrassant la cause, son nom de baptême et les traces de son passé.
De Maria on ne saura pas grand chose.
Ni pourquoi elle a rejoint les FARC – à
moins qu’elle n’ait été enrôlée de force –
ni ce qu’était sa vie. Ses parents, son village, sa famille : tout cela n’a plus d’importance pour elle et n’en aura pas plus
pour nous, spectateur. Maria est une
compañera, soldate armée et en treillis
d’un commando composé essentiellement de femmes, souvent très jeunes.
Un visage encore potelé par les rondeurs de l’enfance, un corps qui a poussé trop vite, un regard bien trop profond
et trop triste pour que l’on puisse oser
croire que la jeune vie de Maria fût un
fleuve joyeux et insouciant. Et Maria au-
ra beau jouer à faire craquer le vernis rosé de ses doigts abîmés, comme le font
les petites filles se rêvant déjà devenues
femmes, on voit bien qu’elle a perdu depuis bien longtemps l’innocence de ses
treize ans.
Dirigé forcément par un homme qui manie en un savant dosage paternalisme,
autoritarisme et ce qu’il faut d’attentions pour contrôler ce drôle de gynécée, le commando doit rejoindre un lieu
plus sûr. La jungle est l’immense champ
de la terrible bataille que se livrent depuis des décennies les Forces Armées
Révolutionnaires Colombiennes, l’armée gouvernementale, les narco-traficants et les milices para-militaires. Une
guerre sanglante dont les civils, paysans, femmes, enfants, sont les premières victimes. Et comme Maria, bon
nombre d’entre eux rejoignent les rangs
des FARC, par soif d’un idéal de justice
et d’équité, par l’attrait des armes et du
pouvoir qu’elles confèrent mais aussi
sans doute parce qu’elles offrent un toit,
une protection, des repas et même les
précieux services d’un médecin dont ce
peuple oublié est privé.
Peut-être parce qu’elle est plus coriace
et déterminée que les autres, ou simplement par hasard, Maria se voit confier
une mission : transporter en lieu sûr le
nouveau-né du commandant. Car en dépit des précautions et des avortements
pratiqués régulièrement, des bébés
naissent dans la jungle. Accompagnée
de deux soldats et d’un gamin encore
plus jeune qu’elle à qui l’on a donné une
arme et un barda deux fois plus lourd
que sa maigre carcasse, Maria s’enfonce au cœur de la forêt, le bébé contre
son sein.
Nous allons suivre cette improbable expédition au plus près des corps et des
souffles, au plus profond du ventre de
la jungle, qui définit un étrange huis-clos
oppressant et moite où chaque pas de
travers peut-être fatal. Le danger est
partout et les règles de la guérilla, sans
pitié, sont appliquées à tous, quelque
soit le sexe ou l’âge.
C’est un film très fort qui n’épargne ni
ses personnages, ni le spectateur et oui,
c’est un film secouant, qu’il faut encaisser comme on encaisse les mauvaises
nouvelles de notre monde, si violent.
Mais au-delà de la dimension documentaire du film, qui s’inspire bien évidemment de la brutale réalité de la Colombie
et de ses guerres internes, sans pourtant jamais poser un regard moralisateur
ou inquisiteur, Alias Maria est surtout le
portrait bouleversant d’une gamine luttant pour sa survie. Sa force vive, son
courage, mais aussi son empathie et
son désir incandescent de se sortir de
ce bourbier résonnent comme les promesses fragiles d’une vie meilleure, loin
de la violence arbitraire, des règlements
de comptes, de la prédation des mâles.
PEACE TO US
IN OUR DREAMS
40 cours Pasteur • 05 56 94 71 19
Écrit et réalisé par Sharunas BARTAS
Lituanie 2015 1h47 VOSTF
avec Lora Kmieliauskaite,
Ina Marija Bartaite, Sharunas Bartas,
Edvinas Goldsteinas.
Ses grands yeux noirs plantés dans la caméra, une biche nous prend à partie. Le
film vient de commencer, elle a surgi de
nulle part, dans la forêt, pour sceller un
pacte entre la nature – qu’on n’a pas vu
filmée avec tant de grâce depuis un bon
moment – et l’art. Des chasseurs sont sur
sa trace, un coup de feu retentit. Il y aura
de la violence. Il y aura du silence.
Bienvenue dans le monde de Sharunas
Bartas, grand manitou du cinéma lituanien, qui envoie des nouvelles tous les
cinq ans, et dont les dernières en date
prennent la forme d’un film de famille
aux accents élégiaques, travaillé par un
violent tumulte.
Le cinéaste joue un personnage qui
pourrait être lui. Pour incarner sa fille, il a
choisi la sienne, Ina Marija Bartaite, née
de son union avec la poétesse Katerina
Golubeva, beauté mélancolique qui illumina ses films de jeunesse (Trois jours,
Corridor, Few of us). Et pour sa compagne violoniste, la violoniste Lora
Kmieliauskaite, qui partage aujourd’hui
sa vie.
La porosité entre réel et fiction est
grande, d’autant plus que les dialogues
sont rares, et largement improvisés. Ils
portent sur les affaires qui ont toujours
travaillé Bartas – la perte, la difficulté à
communiquer, à départir l’imaginaire de
la réalité… Mais ils importent peu.
Ce qui nous importe, c’est l’infinie beauté de tout ce que saisit sa caméra. Les
plans s’agencent musicalement, embrassant dans leur mouvement de lointains échos de Sokourov, du Sacrifice
de Tarkovski. Le vent dans les herbes
folles répond aux mouvements de la rivière, une violoniste qui craque en plein
concert résonne avec cette vieille femme
qui explose de colère quand on lui chante
un air de Beethoven, un petit Huckleberry
Finn lituanien vole des tomates puis un
fusil… Et cette splendide enfant dont la
ressemblance avec sa mère est tellement
troublante, n’est-elle pas une réincarnation ?
Surgie de la nuit, une femme demande au
personnage joué par Bartas s’il n’a pas,
parfois, envie de retomber en enfance,
pour retrouver cette capacité d’émerveillement que l’on perd, après, parce que
l’on a trop de désirs contradictoires. Non,
répond-il. C’est que son regard, malgré
toute sa mélancolie, est bien celui d’un
homme qui a gardé un lien avec l’enfance. (I. Régnier, Le Monde)
Lundi 21 Mars, après la projection de 20h15, moment d’échanges
entre vous, spectateurs, et une ou plusieurs membres de l’équipe d’Utopia.
NO HOME MOVIE
Écrit et réalisé par Chantal AKERMAN
France/Belgique 2015 1h55
Chantal Akerman s’est donné la mort le
5 Octobre dernier. Son cinéma, marqué
par une radicalité et une puissance formelle implacable et hypnotique, a inspiré quelques uns des cinéastes que vous
avez coutume de voir sur nos écrans :
Apichatpong
Weerasetakhul,
Todd
Haynes ou Gus van Sant… Nous tenterons de programmer ultérieurement
quelques films et notamment son chefd’œuvre avec Delphine Seyrig, Jeanne
Dielman, 23 quai du Commerce, 1080
Bruxelles. Il y a quarante ans, elle osait
filmer trois jours de la vie d’une femme
dans son appartement, en déroulant
de façon imparable un enchaînement
de rituels répétitifs jusqu’à ce qu’advienne l’impensable. Aujourd’hui, avec
ce No home movie qui restera son dernier film, elle retourne dans un appartement à Bruxelles, pour y filmer cette fois
sa mère, cette femme au centre de son
œuvre, dont elle n’a pu surmonter la disparition…
« Cela fait des années maintenant que
je me suis mise à filmer un peu partout,
dès que je sentais un plan. Sans but
vraiment, mais avec le sentiment qu'un
jour ces images feraient un film, ou une
installation. Je me laissais juste aller, par
désir et par instinct. Sans scénario, sans
projet conscient.
« […] Ce printemps, avec Claire Atherton
et Clémence Carré, j'ai rassemblé une
vingtaine d'heures d'images et de sons
sans toujours savoir où j'allais. Et nous
avons commencé à sculpter dans la matière. Ces vingt heures sont devenues
huit, puis six, et puis au bout d'un certain temps deux. Et là, on a vu, on a vu
un film et je me suis dit : bien sûr, c'est
ce film-là que je voulais faire. Sans me
l'avouer. Et si j'avais dû me l'avouer, si
j’en avais pris conscience, si j’en avais
fait un projet dès le départ, je ne l'aurais
sans doute pas fait. J'aurais eu peur. Ou
pas assez peur.
« Parce que ce film est avant tout un film
sur ma mère, ma mère qui n'est plus.
Sur cette femme arrivée en Belgique
en 1938 fuyant la Pologne, les pogroms
et les exactions. Cette femme qu'on
ne verra que dans son appartement
et uniquement là. Un appartement à
Bruxelles. Une mère tout le temps quittée et retrouvée après de longs voyages
par l'une ou l'autre de ses filles, ma sœur
et moi. C'est donc un film sur ma mère,
mais pas seulement. Entre les plans, les
moments passés avec elle, il y a les moments au loin, dans des terres parfois
arides. Et à chaque fois on la retrouve.
À chaque fois, un peu moins bien.
Jusqu'à ce qu'elle n'arrive presque plus
à nous parler, s'endormant entre chaque
phrase. Et pourtant, il ne faut pas qu’elle
s’endorme. Le médecin nous l’a dit : ne
pas la laisser s'endormir.
« […] Ce film est un film sur le monde
qui bouge et que ma mère ne voit pas,
elle qui ne bouge presque plus de son
appartement. Et pourtant, le monde
du dehors est bien là, il s’insinue entre
les plans de l'appartement, comme la
touche jaune d'un tableau qui fait exister tout le reste de la toile. C'est aussi un film d'amour, un film sur la perte,
parfois drôle, parfois terrible. Mais, avec
un regard qui garde une juste distance,
je pense. Un film où se fait une transmission, discrètement, presque l’air de
rien, sans pathos, dans une cuisine de
Bruxelles.
« Bien sûr, c'est un film brut, comme on
parle d'art brut. Il ne faut surtout pas
rendre lisse. Il en perdrait de sa force.
Le film est parfois maladroit, mais ici, la
maladresse est un plus. Le film vagabonde sans qu'on sache vraiment où il
va. Et pourtant il ne peut nous mener
qu'à une seule chose, la mort. La mort
de la mère, on ne la verra jamais. Seul
l'appartement, désormais vide, en parle
en silence.
« […] La narration avance à petits pas,
un peu comme on entre dans cet appartement de Bruxelles où une femme
marche avec la grâce fragile de celle qui
doit garder un équilibre précaire. Une
femme qui ne se laisse pas aller… »
Chantal Akerman
22, 23 et 24 MARS, JOURNÉES GÉOCINÉMA 2016
La géographie autrement, à travers ses liens avec le film de fiction
Journées organisées par le laboratoire de recherche Passages (UMR 5319 CNRS-Université BordeauxMontaigne, Université de Bordeaux, Université des Pays de l'Adour) et l'Université Bordeaux-Montaigne
THÈME DE CETTE ÉDITION : LE CYBERESPACE
Forgé dans le roman anglais Neuromancien de William Gibson en 1984, le cyberespace
intéresse les géographes depuis le milieu des années 1990. Constitutif et vecteur d’un imaginaire
puissant, le cyberespace offre la possibilité d’explorer de nouvelles formes de discontinuités,
de nouvelles limites entre matériel, immatériel, idéel et virtuel. L’équipe de Géocinéma vous
invite à pénétrer cette « espèce d’espace », hypothétique 8e continent…
Jeudi 24 Mars à 9h
tarif unique 4 euros
SUMMER WARS
Film d'animation de Mamoru OSODA
Japon 2009 1h53 VOSTF
Scénario de Satoko Okudera
et Mamoru Osoda
Bienvenue dans le monde de OZ : la plateforme communautaire d'internet. En
se connectant, des millions d'avatars alimentent le plus grand réseau social en
ligne. Kenji, un lycéen timide autant que
surdoué, effectue un job d'été au service
de la maintenance lorsque OZ est attaquée par un virus…
Projection présentée et commentée
par Philippe Vidal, Maître de conférences à l'Université du Havre, et
Etienne Lhomet, Directeur de la société Des villes et Des Hommes
HER
LE PROGRAMME à UTOPIA
Mercredi 23 Mars à 9h
tarif unique : 4 euros
SOCIAL NETWORK
David FINCHER
USA 2010 2h VOSTF
avec Jesse Eisenberg, Justin
Timberlake, Andrew Garfield,
Rooney Mara, Dakota Johnson…
Scénario d'Aaron Sorkin,
d'après le livre de Ben Mezrich
Un film sur la création de Facebook ou
l'odyssée de Mark Zuckerberg.
« The Social Network est une sorte de
tragédie grecque au temps du pixel
roi, filmée avec la vigueur d'un Howard
Hawks. » (Télérama)
Projection présentée et commentée par Valérie Kociemba, professeur agrégé à l'Université BordeauxMontaigne, et Pierre-Amiel Giraud,
professeur agrégé de Géographie
Mercredi 23 Mars à 20h30
HER
Écrit et réalisé par Spike JONZE
USA 2013 2h06 VOSTF
avec Joaquin Phœnix, Amy
Adams, Rooney Mara, Chris Pratt,
Olivia Wilde… et la voix ensorcelante
de Scarlett Johansson
Musique de Arcade Fire
Imaginez un monde où les ordinateurs
auraient acquis une conscience. C'est
dans ce futur plus ou moins proche que
nous projette Spike Jonze, pour une histoire d'amour improbable entre un modeste écrivain spécialisé dans les liaisons épistolaires et… un programme
informatique qui s'exprime à travers une
voix féminine suave.
Projection présentée et commentée par Jérémy Frey, Post-doctorant
à l'Institut National de Recherche en
Informatique et en Automatique, et
Marina Dufeal, Maître de conférences
à l'Université Bordeaux-Montaigne
Jeudi 24 Mars à 20h30
WAR GAMES
John BADHAM
USA 1983 1h51 VOSTF
avec Matthew Borderick, Ally Sheedy,
Dabney Coleman, John Wood…
Scénario de Lawrence Lasker
et Walter F. Parkes
Un jeune passionné d'informatique, voulant pirater des jeux vidéos, se branche
sur un ordinateur secret de l'armée américaine. Croyant être aux commandes
d'un jeu virtuel, le garçon déclenche
sans le savoir le compte à rebours d'une
troisième guerre mondiale… Un film devenu quasi-culte, un des premiers à
mettre en scène les jeux et les enjeux de
l'informatique.
Projection présentée et commentée
par Philippe Vidal, Maître de conférences à l'Université du Havre, et
Frédérik Douzet, Titulaire de la Chaire
Castex de Cyberstratégie à l'Institut
Français de Géopolique, Université
Paris 8
Dans le cadre du 14e FORUM DU REGARD
14, 15 et 16 Mars - organisé par l'agence ECLA Aquitaine
BD-CONCERT COME PRIMA Mardi 15 MARS à 21h
La musique du groupe SPLENDOR IN THE GRASS
accompagne la BD du dessinateur Alfred projetée
à l'écran. Tarif unique : 8 euros – Achetez vos places
à l'avance, à partir du Samedi 5 Mars
COME PRIMA BD-CONCERT
Création vidéo de
Benjamin LACQUEMENT
Musique originale de
SPLENDOR IN THE GRASS
Durée : 1h15
La bande dessinée Come Prima, de l’auteur-dessinateur bordelais Alfred, reçoit
en 2014 le prestigieux Fauve d’Or du
festival international de bande dessinée
d’Angoulême. Les musiciens du groupe
Splendor in the Grass imaginent dans la
foulée un spectacle qui alliera leurs compositions originales et la bande dessinée
d'Alfred projetée sur grand écran.
La création du vidéaste Benjamin
Lacquement reprend la quasi-intégralité des images et des textes de la bande
dessinée. Les cases de la BD défilent,
empruntant au langage cinématographique ses enchaînements de plans :
zooms, travelllings, fondus enchaînés…
Sur scène, à côté de l'écran, dans la pénombre, les quatre de Splendor in the
Grass jouent leur musique au rythme du
récit.
Pendant une heure et quart, le spectateur
devient lecteur, emporté par une émotion
à la fois visuelle, musicale et littéraire.
Une expérience rare et intense…
Entre road-movie heurté et hommage
au cinéma italien des années 60, Come
Prima conte les retrouvailles de deux
frères, Fabio et Giovanni : l'un, ancienne
chemise noire, fuit une famille qui ne le
comprend pas ; tandis que l'autre tente
de le ramener chez eux, par respect pour
un père décédé. D'un trait lumineux,
Alfred emmène son lecteur sur des sentiers inattendus, creuse un passé douloureux, des névroses installées. Oscillant
constamment – et gracieusement – entre
rires et larmes.
Dans le cadre du 14e FORUM DU REGARD • 14, 15 et 16 Mars • organisé par l’agence ECLA Aquitaine
Lundi 14 MARS à 20h30, PROJECTION DU FILM J’AVANCERAI VERS TOI AVEC
LES YEUX D’UN SOURD en présence de sa réalisatrice, Laetitia Carton. Les échanges
seront signés en LSF. Achetez vos places à l’avance, à partir du Vendredi 4 Mars.
J'AVANCERAI VERS TOI
AVEC LES YEUX D'UN SOURD
Film documentaire
de Laetitia CARTON
France 2015 1h45
Projection sous-titrée pour les spectateurs sourds ou malentendants
C’est tout en poésie qu’on se laisse
embarquer dans ce film. La réalisatrice
rend hommage à un ami et à travers lui
à toute une communauté : les sourds et
les malentendants.
Les sourds ou malentendants sont nombreux, a priori plus de 6% de la population. Les institutions, la société en
général et la plupart des entendants
considèrent la surdité comme un handicap. Et si c’était simplement une différence ?
Ce film est un voyage à la découverte
d’une langue : la langue des signes.
Avec elle, nous découvrons des his-
toires de vie, des amitiés, une famille
qui veut une bonne éducation pour ses
enfants, des entendants qui essaient
d’apprendre, des militants (étiez vous
conscients qu’en France il pouvait être
nécessaire de devoir militer pour échanger dans sa langue ?).
Dans ce film, on découvre que des
gens sont contraints à « oraliser », apprendre à former des sons quand on
ne les entend pas (ça paraît pourtant
absurde ?!)… Oraliser a un prix : beaucoup d’énergie et de difficultés. Et tout
ça pour quoi ? Ressentir bien plus intensément l’impression d’être inadapté au
monde, d’être handicapé.
A Ramonville, à deux pas de Toulouse, il
existe une école où les sourds peuvent
parler leur langue. Et là, miracle (miracle ?), les enfants sont aussi éveillés, vivants, inventifs, curieux que dans
n’importe quelle autre école. Dans cette
école, les entendants et les sourds partagent les cours et la cour de récré. Et ils
arrivent très bien à communiquer.
Ce film, c’est tout ça. A la fois très intime
et tout à fait universel tant le témoignage
va au-delà des histoires personnelles.
C’est un appel à l’ouverture et à la curiosité. On sort de la salle en ayant envie de parler avec les mains. Parce que
c’est beau mais pas seulement. Aurions
nous oublié le langage du corps ? Les
expressions du visage ? Les regards, le
sourire ? Tout ça communique aussi et
mérite qu’on y prête attention. Espérons
que le temps du film ne sera que le début d’une vision nouvelle, plus curieuse
car, comme l’a si joliment écrit Victor
Hugo, « Qu’importe la surdité de l’oreille
quand l’esprit entend ? La seule surdité,
la vrai surdité, la surdité incurable, c’est
celle de l’intelligence. »
100% HAlEtANt
1 HEUrE 23’ 14’’
Et 7 cENtiÈMES
tHÉÂtrE / dANSE
JAcQUES GAMBliN & BAStiEN lEfÈVrE
22.3 à 20H30 & 23.3 à 19H30
AU cArrÉ
100% MYStÉriEUX
SŒUr, JE NE SAiS pAS
QUOi frÈrE
tHÉÂtrE
cOMpAGNiE pOUr AiNSi dirE
31.3 à 20H30
AU cArrÉ
GROUPE 33
Hölderlin…
à la folie
Goethe Institut
22-25 mars 20h30
www.groupe33.fr
ABONNEMENtS & lOcAtiONS
05 57 93 18 93 / 05 56 95 49 00
WWW.lEcArrE-lEScOlONNES.fr
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tArifS lES plUS BAS
à pArtir dE
3 SpEctAclES
Les délices de Tokyo
Écrit et réalisé par Naomi KAWASE
Japon 2015 1h53 VOSTF
avec Kirin Kiki, Masatoshi
Nagase, Kyara Uchida…
D’après le roman An, de Durian
Sukegawa (en librairie le 3 Février)
Tokyo… Un quartier, excentré, banal
et terne, s’il n’y avait… les cerisiers en
fleurs ! Les voilà qui rivalisent d’exubérance, déployant de subtiles dentelles
de pétales, saupoudrant d’un rose fragile le monde grisonnant des hommes.
Ils donneraient presque des airs de village ancestral aux bâtisses bétonnées
et sans charme. Mais le printemps peine
à pénétrer dans certaines boutiques.
Celle que tient Sentaro reste résolument insipide, à l’image de son gérant
et de la pâte « an » des « dorayakis »
qu’il cuisine… Vous ne connaissez pas
les dorayakis ? Qu’importe, vous aurez tout le film pour les découvrir, vous
pourlécher les babines et entendre votre
ventre gargouiller… Mais ne croyez pas
que vous avez affaire à un film culinaire :
nous sommes dans l’univers de Naomi
Kawase, avec sa douceur, sa subtilité habituelles, sa gourmandise de la
vie. Ces dorayakis se révèlent être plus
que de savoureuses pâtisseries, ils recèlent l’essence des choses, la saveur
de l’enfance, l’attention aux autres, aux
moindres petites choses. Ils sont une invitation à s’ancrer dans le présent, à aimer tout ce qui nous entoure, à jouir de
la vie. Une ode au Carpe Diem…
Mais revenons à Sentaro. Pour lui, les
jours se suivent… Le réveil sonne l’heure
de la clope qu’il fume, solitaire, sur une
terrasse, avant de se mettre au boulot
sans conviction. Des litres de pâte qu’il
transforme en dizaines de petites crêpes
pour les gosiers voraces d’une poignée
de collégiennes qui les ingurgitent en se
moquant de lui, de ses airs bougons.
Seule Wakana semble prendre racine,
une fois la nuée de ses copines passée.
Elle n’a guère d’alternative puisque ses
camarades filent vers des cours particuliers qu’elle n’a pas les moyens de
s’offrir. Elle n’ose tout bonnement plus
espérer accéder à l’université faute de
l’argent nécessaire. C’est une drôle de
complicité qui se tisse en silence entre
le quadragénaire et la collégienne. La
tristesse désabusée de ces deux égratignés de la vie n’a pas besoin de mots
pour s’exprimer.
Les jours pourraient dériver ainsi longtemps encore, lorsqu’une drôle de petite vieille, hésitante et bancale, passe
sa frimousse dans l’embrasure de la petite échoppe. Le patron cherche un com-
mis pour l’aider ? Elle dit être la femme
de la situation ! Sentaro refuse, la voyant
trop âgée, trop abimée, trop tordue de
la tête aux mains… Poliment il tente de
la dissuader en lui parlant du salaire minable… Mais, chose saugrenue, ne voilà-t-il pas que la grand-mère, loin de se
décourager, négocie son salaire encore
à la baisse ! Sentaro ne sait plus comment s’en dépêtrer… D’autant que tous
les jours la dame semble revenir à la
charge jusqu’à l’obliger à goûter la délicieuse pâte « an » qu’elle a réalisée :
un comble pour celui qui déteste le sucré ! Voilà comment Tokue va finir par
imposer sa présence réjouissante dans
le quartier, bouleverser la routine de
Sentaro, à coup de savoir faire, à coup
de savoir être. Elle semble ré-enchanter
le monde partout où elle vient piétiner,
hésitante et gauche. Étonnante Tokue
qui sait écouter aussi bien les murmures
des feuilles qui frissonnent que ceux
du cœur des hommes ou des haricots
rouges qui patientent dans la casserole.
Ceci n’est qu’un début, un prétexte ou
presque, vous le découvrirez lorsque le
film va basculer dans un tout autre registre évoquant un pan honteux de l’histoire nipponne… Et on comprendra que
l’indéracinable capacité d’émerveillement de Tokue a cru dans la fange d’un
terrible passé.
DISQUAIRE
vinyles, nouveautés,
rééditions, occasions
rock reggae electro hip hop
metal funk 60's 70's
pas de site de vente en ligne,
mais un bon vieux « vente par
correspondance » à l'ancienne
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6 rue de Candale, BordeauxVictoire • 05 56 31 31 03
Anomalisa
Charlie KAUFMAN et Duke JOHNSON
USA 2015 1h30 VOSTF
avec les voix de David Thewlis,
Jennifer Jason Leigh, Tom Noonan…
Scénario de Charlie Kaufman
Musique (superbe) de Carter Burwell,
le compositeur attitré des frères Coen
EXTRAORDINAIRE FILM
D'ANIMATION POUR ADULTES
(vraiment pas pour les enfants)
« Extraordinaire film d'animation » annonçons-nous sans hésiter. On aurait pu
écrire « exceptionnel », on était à deux
doigts de se laisser aller à « génial » mais
on s'est retenu à temps. Sur ce coup, on
ne sera sans aucun doute pas les seuls
à user (abuser diront les esprits rétifs
à l'enthousiasme) des superlatifs tant
Anomalisa s'impose comme une œuvre
hors du commun, une réussite totale en
ce sens qu'elle fait preuve d'une cohérence parfaite entre le fond et la forme.
C'est ici sans doute qu'il faut exhorter
nos spectateurs réfractaires au cinéma
d'animation à surmonter leurs préventions et à venir découvrir à quel point la
technique dite du « stop motion » (animation en volume image par image) peut
créer un univers sensible et profond,
propice aux émotions, à la réflexion, aux
interrogations les plus essentielles. Ce
que Charlie Kaufman (scénariste fameux
de Dans la peau de John Malkovich et
d'Eternal sunshine of the spotless mind,
réalisateur en 2008 d'un premier film injustement passé inaperçu : Synecdoche,
New York) et Duke Johnson (le spécialiste de l'animation, c'est lui) expriment
et font vivre ici, ils n'auraient pas pu
l'exprimer et le faire vivre dans un film
en prises de vues réelles, avec des acteurs en chair et en os. L'utilisation des
figurines animées apporte un recul,
une poésie, une forme de radicalité
expressive qui donnent au film toute
sa dimension de fable existentielle et
philosophique, qui lui confèrent paradoxalement une incroyable humanité.
Fascinante expérience pour le spectateur, qui est d'abord intrigué, voire perturbé, par ces personnages au visage
figé, au regard perdu, accomplissant
comme des marionnettes (qu'ils sont
doublement !) des gestes semble-t-il
dénués de nécessité, se mouvant dans
des décors impersonnels comme savent
si bien les imaginer les urbanistes et
autres designers de la modernité totalitaire et mondialisée. Et puis, peu à peu,
les traits se précisent, les détails s'affirment, et nous percevons que tout fait
sens, que rien dans l'image comme dans
la bande son n'est inutile (magnifique
travail sur le son, sur les voix), rien n'est
gratuit, rien n'est laissé au hasard : c'est
tout un monde qui se construit sous nos
yeux, tout un monde de situations, d'ac-
tions, de mots, d'échanges, de signes,
de symboles, tout un monde qui mérite
bien notre attention de chaque instant.
Un avion vole dans un ciel nuageux. À
bord, un homme grisonnant au regard
las. Il écoute sans les entendre les paroles banales de son voisin et supporte
mal que celui-ci lui prenne la main, par
réflexe de crainte, au moment de l'atterrissage. L'homme récupère ses bagages, le pas résigné. Il prend un taxi, le
chauffeur lui parle de choses et d'autres
qui ne l'intéressent nullement. Il se rend
à l'hôtel Fregoli, où une chambre type
supérieur a été réservée pour lui. Il s'installe, allume la télé. Cet homme, c'est
Michael Stone, un spécialiste du service
clients dans les grandes entreprises. Il
a même écrit un bestseller sur la question : « Comment puis-je vous aider à les
aider ? ». Il est à Cincinnati pour donner
une conférence sur son bouquin et on
le devine accablé par l'idée de participer
de son plein gré à ce jeu de rôles dérisoire qui fait de vous une vedette parce
que vous avez écrit un guide de conseils
sur l'assistance hotline…
Michael Stone s'est laissé fossiliser
dans la routine de sa vie. Il est mari, il est
père, il est seul. Il profite de sa présence
à Cincinnati pour reprendre contact
avec un amour de jeunesse : fiasco
complet, le courant ne passe plus. Estil jamais passé ? Peut-être la rencontre
avec une de ses fans, Lisa, hébergée
dans le même hôtel, va-t-elle le réveiller de son engourdissement ? Peut-être
l'amour, cette anomalie, va-t-il redonner
des couleurs à cette grisaille uniforme
dans laquelle il se débat ?
SOIRÉE-DÉBAT Vendredi 25 MARS à 20h30
Intelligence artificielle : entre l'homme et la machine
organisée par l'association étudiante ASCOERGO (ascoergo.fr)
dans le cadre du Forum de l'Intelligence Artificielle de Bordeaux
Projection du film EX MACHINA suivie d'un débat
avec Nicolas Rougier, chercheur en neurosciences
computationnelles à l'IMN et à l'INRIA, et Guillaume Ballan
neurologue au Centre Hospitalier de Bayonne. Achetez vos
places à l'avance, à partir du Mardi 15 Mars.
EX MACHINA
Écrit et réalisé par Alex GARLAND
GB 2015 1h47 VOSTF
avec Domhnall Gleeson, Alicia Vikander,
Oscar Isaac, Sonoya Mizuno…
Caleb est programmateur – talentueux –
au sein d'une importante entreprise d'informatique, qui a imposé un moteur de
recherches incomparable : Blue book.
Heureux gagnant d'un concours interne,
il va avoir l'insigne privilège d'être invité
pendant une semaine dans la demeure
luxueuse du grand patron de l'entreprise,
Nathan, génie solitaire qui vit en reclus au
cœur des montagnes. Une fois sur place
– après un long voyage en hélicoptère ! –
il découvre qu'il va devoir participer à une
étrange et fascinante expérience : entrer
en contact avec la dernière création de
Nathan, un androïde hyper sophistiqué
répondant au nom d'Ava, et déterminer si
cette machine à l'allure et aux traits féminins est douée d'une intelligence et d'une
sensibilité au moins égales à celles d'un
être humain…
Ex Machina se structure en grande partie sur des questions d’éthique autour du
développement de ces nouvelles intelligences artificielles robotiques toujours
plus proches de l’être humain. La capacité des robots à développer une véritable intelligence et de vrais sentiments,
le questionnement moral sur l'éventuel
danger que représente l'introduction de
ces nouvelles entités dans nos sociétés,
le sous-texte sur la condition féminine,
l'idée de possibles relations affectives
et sexuelles entre robots et humains…
autant de sujets qui titillent l'esprit et
mènent à une réflexion que les échanges
après la projection de ce soir pourront
enrichir et rendre passionnante.
Dans le cadre de l'exposition BACCHANALES MODERNES !
à la Galerie des beaux arts de Bordeaux du 12 Février au 23 Mai
TROIS RENDEZ-VOUS À UTOPIA proposés par l'association Monoquini – www.monoquini.net
ranné, faisant l'économie de l'érotisme
débordant et des effusions sanglantes
que motivait le sujet. Il nous livre plutôt
une sorte d'opéra aux accents kitsch,
avec ses ballets de bacchantes empruntant à des figures classiques, où les
femmes, sous l'influence de Dionysos,
s'émancipent contre le pouvoir religieux,
à la conquête de leur plaisir et de leur
liberté.
Mardi 29 Mars à 20h45
DIONYSUS IN '69
Brian de PALMA, Robert FIORE
& Bruce RUBIN
USA 1970 1h25 VOSTF Noir & Blanc
LES BACCHANTES
Vendredi 11 Mars à 19h30,
Samedi 12 Mars à 17h30,
Dimanche 13 Mars à 17h30
MEURTRIÈRE
Philippe GRANDRIEUX
France 2015 1h sonore, sans paroles
avec Émilia Giudicelli, Vilma Pitrinaite,
Hélène Rocheteau, Francesca Ziviani…
Meurtrière est le second mouvement
d’un triptyque amorcé par White epilepsy, dont l’objet est « l’inquiétude ».
Chaque mouvement se déploie sous
forme d’une performance, d’un film et
d’une installation. Meurtrière, sous la
forme présente d'une performance filmée, c'est la verticalité de l'image qui
évoque les ténèbres d'une toile de
Cranach ou de Bacon soudain animée
d'une vie sourde et menaçante ; c'est
un espace de métamorphoses et de révélations au bord de la perception, un
monde archaïque et reptilien d'avant
le langage ; c'est la pulsation animale,
sexuelle, de quatre danseuses nues,
mêlant leurs corps ruisselants dans un
lent rituel de dévoration : une bacchanale sauvage.
se résout à sacrifier à la déesse Déméter
la vierge Mantô, fille du devin Tiresias,
se présente un étranger, porteur du vin
sacré, qui exhorte la population à célébrer Dionysos. Son pouvoir est tel que
la jeunesse Thébaine se rend en nombre
sur le mont Cithéron pour vouer un culte
au dieu bachique. Décidé à briser l'emprise du séduisant voyageur et faire cesser les orgies qu'il préside, Penthée envoie ses troupes qui vont se heurter aux
Ménades…
Puisant librement dans la tragédie d'Euripide, Les Bacchantes s'apparente davantage au conte mythologique qu'au
péplum en vogue en ce début des années 60. Metteur en scène talentueux
et maniériste, Giorgio Ferroni choisit de
développer une atmosphère poétique et
surnaturelle au charme doucement su-
Dionysus in '69 est une libre adaptation des Bacchantes d’Euripide par le
Performance Group, une troupe d’avantgarde New-Yorkaise. La pièce créée
sous la direction de Richard Schechner
est une expérience sans précédent, reflétant les aspirations de l'époque et
laissant une part importante à l'improvisation : les acteurs en transe y jouent
quasi-nus, rompant la distance habituelle avec le public, amené alors à
participer physiquement au spectacle,
jusqu'au paroxysme. Afin de restituer
cette interaction et offrir une multiplicité
de points de vue, de Palma a ici recours
au « split-screen », un procédé qu'il reprendra dans nombre de ses œuvres ultérieures.
L'intégralité de la programmation culturelle qui accompagne l'exposition est
consultable sur musba-bordeaux.fr
Vendredi 18 Mars à 20h45
LES BACCHANTES
(Le Baccanti)
Giorgio FERRONI
Italie/France 1961 1h36 couleur VF
avec Pierre Brice, Tania Elg, Allesandra
Panaro, Alberto Lupo, Akim Tamiroff…
Projection en 35 mm
Alors qu'une terrible sécheresse frappe
la cité de Thèbes et que le roi Penthée
DIONYSUS IN ‘69
PEUPLES SOLIDAIRES 33 vous
invite à la Marche solidaire n°26
Dimanche 13 mars
Sur les coteaux de Bouliac
RDV covoiturage : 13h30 précises – Station de tram : terminus
Floirac Dravemont (Tram A) ou14h
devant l’église de Bouliac
Thème : Luttes paysannes dans le
monde - Accaparement des terres
des paysans, un bon placement !!!!
Marche d’environ 2 heures
Objectif des Marches solidaires :
faire connaître les luttes pour le
Droit à la Terre des populations du
Sud confrontées à l’accaparement
de leurs terres (pour la production
de cultures d’exportation, d’agrocarburants, parcs animaliers…) et
répondre à leur demande de soutien international
Renseignements – inscription
covoiturage : 06 87 86 55 91
[email protected]
peuples-solidaires.desc33.over-blog.org
DÉMOSPHÈRE
GIRONDE
gironde.demosphere.eu
Agenda participatif sur Internet
PCA Paysans et Consommateurs Associés Bordeaux
Vallée de l’Isle - pca.nursit.com
Il y a des jours où on ressent une profonde lassitude. Ce matin par exemple, chercher dans la boue les cadavres des poulets estourbis par le renard hier soir m'a
rendu peu primesautier au-delà du raisonnable. Il ne nous laisse aucun répit, l'animal ! On ne peut pas baisser la garde. Rentrer de Bordeaux le Mercredi après la
tombée de la nuit et monter dans les bois fermer les cabanes : il est passé par ici,
il repassera par là, dès que tu t'absenteras !
Demain, direction la coopérative agricole. On commande des clôtures mobiles
électrifiées à poser devant la clôture existante. Ça peut paraître un peu concentrationnaire comme architecture de défense mais on ne sait plus à quel saint se
vouer.
Comme j'ai l'avantage de la double culture, urbaine/rurale, j'ai d'abord appelé un
ancien camarade d'enfance. Epoque Argenteuil, ZUP Nord, 26 Boulevard Lénine,
Bâtiment 16, escalier M. Un peu bourru au premier abord mais bon esprit dans le
fond. On s'était connu sur la dalle, il avait d'abord voulu jouer au foot, puis rapidement il avait voulu mon ballon.
En sortant du commissariat on avait finalement sympathisé et il m'avait affirmé :
« Si un jour y'a un blaireau qui te pourrit la vie, tu m'appelles et je lui mets la misère. » Blaireau, renard, c'est la même engeance de nuisibles. J'appelle donc
Rorosse et lui dépeint le tableau. Réponse immédiate de l'intéressé « Bon bin le renard, y viens, tu lui niques sa mère. Y reviens, tu lui niques sa race ! »Tout simple,
il n'allait pas quitter la dalle pour ça !
Pas d'affolement, si le renard fait drastiquement baisser la profitabilité de notre
activité d'élevage en ce moment, nous ne sommes pas prêts à mettre la clé sous
la porte pour autant.
Nous comptons bien nous rebecter la cerise avec les fraises qui sont déjà en fleurs
et qui viendront dans deux ou trois mois nous regarnir la trésorerie, si tout va bien
et que les chevreuils n'ont pas tout bouffé d'ici là.
Et puis les attaques de nuisibles, ça fait partie du jeu, on ne va pas faire une manif
de tracteur devant la préfecture pour si peu. De toute façon on a peu de chance
d'arriver jusque-là avec notre vieux Massey de 1954.
Si on compare avec la situation des éleveurs de porcs ou de vaches laitières, on
pourrait presque se prendre pour des nantis. Je ne vous parle même pas de mon
bon vieux copain de marché, viticulteur en Gironde et bon vivant devant l'éternel.
Un blagueur qui regrettait un jour « J'ai tellement utilisé de produits phytosanitaires que quand je passe devant un étalage de fruits et légumes, je peux te dire le
dernier traitement qu'ils ont reçu, rien qu'à l'odeur ». Ces derniers temps il n'avait
pas la forme, il ne cassait plus la croûte avec nous et était passé sous la barre des
100 kilos. Quand on lui conseillait d'aller quand même voir un médecin il répondait « Non ça ira : si c'est pas grave ça va passer et si c'est grave, y'a rien à faire ».
Finalement c'est nous qui sommes passés le voir avec les copains, à l'hôpital. Il
avait le moral, on venait de lui faire une piqure d'EPO et de lui annoncer qu'il avait
un cancer. Examens complémentaires à Bergognié, cancer généralisé.
Ce n'est pas pour cette raison que nous n'utilisons pas de produits chimiques,
c'est juste qu'en vérité on n'en a pas besoin. Petit élevage, petites surfaces, grande
diversité de cultures et si on en perd un peu, maladie, ravageurs ou autres, c'est
pas grave. On ne peut pas faire du 100%. Par contre, quand les enjeux sont trop
importants (dizaines d'hectares de vignes, centaines d'hectares de cultures, dizaines de milliers d'animaux), les gars traitent en préventif car ils n'ont pas droit à
l'erreur, ils ne s'en relèveraient pas ou trop difficilement. C'est le système qui est
mauvais et presque tout le monde le sait mais quand le tracteur suit une ornière
depuis des années, c'est bien difficile de l'en faire sortir.
En attendant vous pouvez toujours venir sentir les produits de PCA chaque
Mercredi entre 19h et 20h à la salle de la cheminée du cinéma Utopia et si vous y
trouvez une odeur désagréable, c'est que vous avez le nez trop près de la bouche ! BELGICA
Felix VAN GROENINGEN
Belgique 2015 2h07 VOSTF
(en néerlandais)
avec Stef Aerts, Tom Vermeir,
Hélène De Vos, Charlotte
Vandermeersch, Boris Van Severen…
Scénario de Arne Sierens
et Felix Van Groeningen
Musique de Soulwax
Après La Merditude des choses et
Alabama Monroe (César du meilleur film
étranger 2014), voici le nouveau film de
Felix Van Groeningen, Belgica. C'est le
nom d'un club qui résonne comme celui
de tout un pays. Mais c'est avant tout
un rêve, celui de Jo, un fada de musique
qui imagine transformer son modeste
et assez miteux bar à Gand en temple
du rock'n roll, en arche de Noé, pour les
âmes échouées d'une époque qui déjà
prédit à ses enfants des lendemains qui
déchantent. Le frère de Jo, Frank, est
aux antipodes de tout cela. Si le premier
à l'air d'un gringalet un brin fragile, le second a une grande et belle gueule et les
épaules carrées. Tâcheron de la vie, il
tente de se montrer bon père de famille,
loyal envers sa compagne Isabelle…
Mais clairement il bout et tourne en rond
comme un des chiens du chenil que
le couple à monté pour gagner sa vie.
Quand Jo lui fait visiter un local mitoyen
de son bistrot, il ne lui faut pas long-
temps pour rebondir sur l'idée de son
cadet. Frank propose de devenir son associé, puis tente de convaincre Isabelle
qui ne voit pas ça d'un très bon œil mais
abdique devant la détermination farouche de son homme.
Voilà les deux frangins qui s'affairent, rameutent les copains. Tous ensemble ils
cassent les murs, font du béton, coulent
des dalles, reconstruisent, s'acharnent
sans compter leur peine, mouillent
leurs chemises et les usent jusqu'à la
corde… Et alors que leurs économies
s'assèchent, voilà le « Belgica » presque
prêt à fonctionner, n'attendant plus que
le feu vert de la commission de sécurité. Le début des emmerdes, en quelque
sorte, comme chacun sait…
Mais rien n'arrête l'improbable duo.
L'inauguration démarre au son d'un
délirant remix de « J'aime regarder les
filles qui marchent sur la plage… » et
cette première nuit va mettre le feu aux
poudres ! Très vite le club devient un
endroit incontournable, déjanté et chaleureux. Très vite aussi une jolie rousse,
Marieke, tombe dans les bras de Jo.
Tandis qu'Isabelle, coincée entre ses
clebs et sa progéniture, se retrouve exclue des joyeuses sauteries… Ce sont
les années 90, torrides, sexe, cocaïne
and rock'n roll… Tout y passe ! Mais ce
n'est que le début d'une épopée, une
plongée dans les milieux moites et interlopes de la nuit, qui laissera des traces
dans la ville comme dans la vie des deux
frangins…
« Belgica, c'est l'histoire de milliers d'entrepreneurs : on grandit puis il faut abandonner ses rêves. À mes yeux le film raconte en filigrane combien notre société
a changé en deux décennies, comment
elle est devenue plus sévère et peutêtre aussi comment elle a perdu ses
idéaux. » dit le réalisateur.
Belgica s'inspire largement de l'histoire
véridique du café-concert-discothèque
« Le Charlatan », lieu mythique qu'ouvrit
le père de Felix Van Grœningen, dans
lequel ce dernier grandit et passa une
partie de son adolescence. Mais avant
même de savoir cela, on aurait juré qu'il
y avait du vécu dans ce film. Ce n'est
pas une boîte de nuit que construit Felix
Van Grœningen avec sa bande de potes
d'alors, mais une œuvre qui dépeint la
grandeur et la décadence d'un monde
un peu vain et en perte de vitesse. Et
c'est à la fois dérangeant et touchant…
On ne peut terminer sans une mention
très spéciale pour la génialissime bande
son, crée par les frères Stephen et David
Dewale (Soulwax et 2Many Dj's) qui sont
allés jusqu'à former des groupes spécialement pour créer une ambiance sur
mesure ! Percutante !
Vendredi 11 MARS à 20h30
SOIRÉE CINÉ-DANSE organisée par le Centre de
Formation ADAGE dans le cadre du festival Corpus Focus
Projection du film COMME ILS RESPIRENT suivie
de chorégraphies en duos et trios par des stagiaires du CF
Adage, membres du « Collectif 29 », puis d'une rencontre
avec Claire Patronik, réalisatrice du film, et Brigitte
Petit, présidente du CF Adage, directrice de Adage.
Achetez vos places à l'avance, à partir du Mardi 1er Mars.
COMME ILS RESPIRENT
Film documentaire de Claire PATRONIK
France 2015 1h36
avec Anna Chirescu, Louise Djabri, Claire
Tran, Hugo Mbeng, Claire Patronik…
Après avoir étudié la danse au
Conservatoire afin d’en faire son métier,
Claire Patronik a finalement choisi la voie
du cinéma. Comme ils respirent est son
premier film. Dix ans après leur rencontre
au Conservatoire National de Paris, elle
recontacte Claire Tran, Louise Djabri,
Anna Chirescu et Hugo Mbeng, qui ont
poursuivi leur carrière de danseurs, et
leur propose un nouveau projet. Ils se
sont perdus de vue pendant dix ans, ils
vont à nouveau danser ensemble. La réalisatrice reprend la danse pour l’occasion et monte une chorégraphie avec eux
– que le spectateur découvre à la fin du
film. S’ouvrant sur les retrouvailles des
cinq protagonistes, le film prend ensuite
le parti de s’attacher à chacun d’eux,
afin de livrer des portraits croisés de ces
danseurs qui ont suivi des chemins différents mais sont unis par la même passion. Pas question ici de mettre en scène
des artistes coupés du quotidien. Il s’agit
bien au contraire de montrer l’impact
de la danse dans le quotidien de ces
jeunes gens « comme tout le monde ». Le
mythe de l’artiste est brisé, le spectateur
est face à des personnes qui souffrent,
s’interrogent, ont le trac, s’amusent et
mènent la vie des gens de leur âge. Les
nombreux témoignages qu’ils livrent à la
caméra avec beaucoup de sincérité sont
essentiels car ils permettent de prendre
conscience de la difficulté de leur situation, souvent idéalisée.
Contrairement à ses camarades, Claire
Patronik n’a pas dansé depuis des années et a décidé de montrer à l’écran
un autre point de vue, celui d’une jeune
femme qui a choisi un autre parcours et
qui renoue ici avec la danse, avec toutes
les difficultés que cela comporte.
(avoir-alire.com)
très réussie, A perfect day est aussi une
parabole d'une rare acuité sur le « désarroi humanitaire » de ces années-là.
L'action est située « quelque part dans
les Balkans », l'imprécision géographique de cette histoire renforce sa dimension parabolique et la difficulté des
personnages à situer leur rôle au beau
milieu de cette guerre. Cette « parfaite
journée » se situe quelques jours après
la signature des Accords de Dayton, en
Décembre 1995, durant cette période de
fin de guerre où règne l'incertitude, les
soldats ne sachant pas tous si c'est vraiment fini, les profiteurs de guerre voulant encore se gaver jusqu'au dernier
moment, et les civils des ONG, entre
deux missions, ne sachant pas si leur
rôle est terminé ou pas dans cette région du monde.
Une équipe comme une autre, d'une
ONG comme une autre (« Aids across
A PERFECT DAY
borders »), essaie de sortir d'un puits
un cadavre jeté au fond par des trafiquants d'eau potable. Ils ont vingtquatre heures pour sortir le corps avant
que le point d'eau ne devienne inutilisable, mais ils n'ont plus de corde assez solide pour le tirer de là ! Les deux
voitures de leur petit groupe vont donc
partir à la recherche de cette précieuse
corde, véritable fil d'Ariane du récit, sillonnant les lacets des montagnes au
son très rock'n roll des cordes de guitare de Marilyn Manson et Lou Reed. Il y
a quelque chose de Don Quichottesque
dans leur quête et dans le regard que
portent sur eux les autochtones imperturbables, mais non dénués d'humour
– c'est d'ailleurs ce que dit l'interprète
de leur groupe : « la région est réputée pour son yaourt et son humour ».
Comme Don Quichotte, leur aventure
est aussi le récit tragique de la fin d'une
époque, témoin ce soldat qui garde seul
une cabane de sentinelle perdue dans
la montagne, et qui ne veut pas céder
la corde qui sert à maintenir le drapeau
en haut du mât, seule raison de sa présence.
(UN JOUR COMME UN AUTRE)
Réalisé par
Fernando LEON DE ARANOA
Espagne 2015 1h46 VOSTF (anglais)
avec Benicio Del Toro, Tim Robbins,
Mélanie Thierry, Olga Kurylenko, Fedja
Stukan, Sergi López…
Scénario de Fernando León de
Aranoa et Diego Farias, d'après le roman Dejarse llover de Paula Farias
Une des grandes réussites de cette co-
médie géopolitique, au rythme soutenu
et millimétré, est l'assemblage hétéroclite de son casting international (mention spéciale à Benicio Del Toro et Tim
Robbins, excellents en vieux baroudeurs sans frontières). Il reflète bien celui des ONG et des Casques Bleus, perdus dans les Balkans, assemblage de
nations au beau milieu du conflit fratricide de Bosnie-Herzégovine issu de la
dislocation de la République Fédérale
de Yougoslavie. Jamais leur rôle ne fut
autant questionné, et si la comédie est
Comédie toujours sur le fil, le film ne
tire jamais trop sur la corde et, sur
fond d'une bande-son endiablée façon
« Rock around the Balkans », fait le portrait mélancolique et touchant de ces
nouveaux « chevaliers à la triste figure »
qui tentent de donner un sens à leur
existence dans ces endroits du Monde
qui n'en ont plus. Qui mieux, à la fin de
cette journée parfaite et décidément pas
comme les autres, que Marlène Dietrich
pour chanter la mélancolie des champs
de ruines avec la chanson Where have
all the flowers gone ? (« Où sont passées
toutes les fleurs ? »).
L’Association culturelle du Marché des Chartrons organise le
17e Marché de la Poésie de Bordeaux
parrainé par
Patrick Deville
HALLE DES CHARTRONS 5-13 MARS 2016
LIBRAIRIE OLYMPIQUE
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Le Grand XX Siè
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JEUDI 10 MARS 18H30
Sibylle Muller, autour de la traduction de poètes, notamment de Rainer
Maria Rilke et Gertrud Kolmar.
SAMEDI 12 MARS 19H00
Les éditions Unes présentent
Jean-Louis Giovannoni, prix
Georges Perros 2010.
DIMANCHE 13 MARS
15H00 Frédéric Brun présentera
l’anthologie-manifeste
Habiter poétiquement le monde
(Ed. Poesis) qui réunit 120 poètes et
penseurs de l’époque romantique à
aujourd’hui. Il évoquera également
les deux premières parutions de
Poesis consacrées à Novalis.
16H00 Michel Volkovitch a fondé
en 2013 les éditions Le Miel
des Anges qui font connaître
la poésie et la prose grecque
d’aujourd’hui.
SAMEDI 5 MARS 20H30
Les poètes du XXe siècle chantés par
Brassens, Ferré, Jean-Louis Aubert
Henri Dominguez et l’Affinity Trio.
DIMANCHE 6 MARS 17H00 Scène ouverte
5 min pour lire, chanter, déclamer vos textes ou ceux d’auteurs du XXe siècle.
MARDI 8 MARS 20H30
« Artaud, c’est la guerre de la poésie contre tout »
conférence de M.Belhaj Kacem, lecture : Gilbert Tiberghien.
MERCREDI 9 MARS 20H00
« Cabaret Dada - le spectacle qui tire à U(bu) et à Tza(ra) »
par le Collectif Les Mots de Tête.
JEUDI 10 MARS
16H30 Musée d’Aquitaine : Bordeaux au XVIIIe siècle, le commerce atlantique et l’esclavage,visite guidée par F. Hubert, et R. Lucas.
20H30 Aimé
Césaire : « Au bout du petit matin, les
armes de la poésie », Daniel Maximin s’entretient avec
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« Voici mon cœur. C’est un bon cœur. »
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VENDREDI 11 MARS 20H30
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Jean-Michel Devésa et Daniel Delas.
Poésie amérindienne
ANNE ALVARO, comédienne,
Nicolas Daussy, musicien,
Thierry Thieû Niang, danseur.
HALLE DES CHARTRONS
DIMANCHE 13 MARS 15H00
Michel Deguy, pour son
œuvre et pour la collection
« L’Extrême Contemporain » qu’il
dirige aux éditions Belin.
SAMEDI 12 MARS 20H30
Ecrire au XXe siècle, lumières et contrefeux : éclairer, ouvrir la voie et résister,
table ronde avec Patrick Deville, Ernest Pignon-Ernest,
André Velter, Jean-Baptiste Para, Jean Portante.
SAMEDI 12 ET DIMANCHE 13 MARS DE 11H00 À 19H00
SALON DU LIVRE DE POÉSIE
DES POÈTES ET DES ÉDITEURS
Programme, réservations : poesiebordeaux.fr - 05 56 01 03 90
Les innocentes
Anne FONTAINE
France 2016 1h55 VOSTF
(français, polonais, anglais…)
avec Lou De Laâge, Agata
Buzek, Vincent Macaigne,
Agata Kulesza, Joana Kulig…
Scénario de Sabrina B. Karine,
Alice Vial, Anne Fontaine
et Pascal Bonitzer, sur une
idée de Philippe Maynial
C'est plus qu'un beau film. Un moment
de grâce, une expérience à la fois humaine et quasi spirituelle. L'univers dans
lequel il nous plonge nous confronte à
quelque chose qui relève de cette émotion secrète et profonde que tout être
humain éprouve un jour ou l'autre, particulièrement lorsqu'il est confronté à des
situations d'exception : ce sentiment indicible que la vie est un grand mystère,
tout comme la mort, cette découverte
que, parfois, la question de la transcendance s'impose intensément à nous. Il
nous a rarement été donné de voir exprimée au cinéma, avec une telle subtilité et une telle force, la complexité de la
nature humaine et de ses aspirations les
plus intimes, révélée ici par une histoire
qui, pour être douloureuse, ne parvient
pas à détruire la petite lumière d'espoir
et de vie qui illumine une humanité déchirée, violentée, mais portée par un
amour insubmersible qui la dépasse.
Le film a été tourné en Pologne, pour une
grande part dans un couvent désaffecté,
avec des actrices (particulièrement inspirées) et acteurs polonais et français,
dans des conditions de découverte mutuelle qui renforcent encore l'impression
d'authenticité. Si l'histoire de départ est
bien réelle – celle de Madeleine Pauliac,
jeune et jolie Française, provisoire médecin-chef de l'hôpital de Varsovie en
1945 –, elle sert ici de révélateur à des
relations aussi universelles qu'intemporelles qui prennent une intensité particulière dans le huis-clos de ce couvent austère, magnifié par les images
de Caroline Champetier, habité par les
chants grégoriens – interprétés essentiellement par les comédiennes – qui
contribuent au sentiment de sérénité, de
plénitude si particulières à l'ambiance
monastique, contrastant ici avec la violence de la situation.
1944 : la Pologne a été dévastée par
l'occupation allemande. Tandis que les
autochtones tentent de survivre, la Croix
Rouge française s'est installée dans ce
qu'il reste d'un hôpital pour soigner et
rapatrier les Français qui se trouvent encore sur le territoire polonais. L'équipe
médicale n'a pas pour mission de s'occuper des Polonais, et quand une jeune
religieuse vient demander du secours, on
l'éconduit dans un premier temps, mais
Mathilde Beaulieu, interne de 25 ans,
se laisse toucher par sa détresse et accepte de la suivre jusque dans son couvent, malgré l'interdiction qui lui est faite
de s'éloigner du cadre de sa mission.
Là, elle découvre une communauté de
Bénédictines qui continuent à vivre leur
vie de moniales, rythmée par les sept offices quotidiens, mais qui cachent dans
la honte et le désarroi un secret terrible.
Les soldats de l'armée rouge, suivant le
reflux de l'armée allemande, ont pénétré dans le couvent à plusieurs reprises,
brutalisé, violé les jeunes religieuses et
certaines sont sur le point d'accoucher.
La mère Abbesse est d'abord réticente
à l'intervention de Mathilde, tant elle redoute que l'horreur de leur situation soit
connue à l'extérieur du couvent. Mais
peu à peu une relation se noue entre la
médecin athée, engagée corps et âme
au service des autres, et la trentaine de
nonnes qu'elle va tenter d'aider autant
que possible, s'immergeant dans leur
quotidien, à l'écoute de leurs choix sans
pour autant modifier ses orientations
personnelles…
Les Innocentes est bien plus que le récit prenant d'un moment d'histoire peu
connu, le film rayonne de cette lumière
intérieure qui caractérise ceux qu'une
conviction profonde élève au dessus
des contingences les plus difficiles,
jusqu'à atteindre une sorte d'intensité
harmonique rare et positive.
SOIRÉE-DÉBAT Vendredi 4 MARS à 20h15
Violences sexuelles et impunité
organisée par Amnesty International Bordeaux, dans
le cadre de la campagne mondiale Mon corps, mes droits
Projection de L'HOMME QUI RÉPARE LES FEMMES
suivie d'un débat avec Pascale Mazière, médecin,
membre d'Amnesty International France. Achetez vos
places à l'avance, à partir du Mardi 23 Février.
L'HOMME QUI RÉPARE LES FEMMES
La Colère d'Hippocrate
Film documentaire de Thierry MICHEL
Écrit par Colette BRAECKMAN
et Thierry MICHEL
Belgique 2015 1h52
Le Sud Kivu, en République Démocratique
du Congo, est une zone frontière avec le
Rwanda et le Burundi. La frontière avec
le Rwanda a vu le passage, en avril 1994,
de milliers de Tutsis fuyant les miliciens
hutus auteurs du génocide… puis, en
Juillet de la même année, l'arrivée de
centaines de milliers de Hutus, fuyant à
leur tour le Rwanda dès l'arrivée au pouvoir du Front patriotique rwandais dirigé
par Paul Kagame… C'est ainsi que l'Est
du Congo a subi plusieurs crises humanitaires successives et a été le théâtre de
plusieurs guerres, accompagnées évidemment d'atrocités à l'encontre des
populations civiles et en particulier des
femmes.
C'est dans ce contexte terrible que le
docteur Denis Mukwege accomplit son
extraordinaire travail.
Prix Sakharov 2014, le docteur Mukwege
est internationalement connu comme
l’homme qui « répare » des milliers de
femmes violées durant vingt ans de
conflits dans ce pays qui compte parmi les plus pauvres de la planète, mais
qui dispose d'un sous-sol extrêmement
riche. Il mène une lutte incessante pour
mettre fin à ces atrocités et dénoncer
l’impunité dont jouissent les coupables.
Menacé de mort, ce médecin au destin
exceptionnel vit dorénavant cloîtré dans
son hôpital de Bukavu, sous la protection des Casques bleus de la Mission des
Nations unies au Congo.
Mais il n’est plus seul à lutter. A ses côtés se trouvent des femmes auxquelles
il a restitué intégrité physique et dignité,
et qui sont devenues grâce à lui de véritables activistes de la paix, assoiffées de
justice.
Le film propose un portrait en miroir. D’un
côté le docteur qui accueille des femmes
dévastées physiquement comme psychologiquement et pour qui il est le dernier espoir. De l’autre, des femmes qui se
reconstruisent et qui restituent à leur médecin des raisons d’espérer…
LE TRÉSOR
(COMOARA)
Écrit et réalisé par Corneliu PORUMBOIU
Roumanie 2015 1h29 VOSTF
avec Toma Cuzin, Adrian Purcarescu,
Corneliu Cozmei, Cristina Toma…
Attention, une seule séance par semaine,
chaque Vendredi soir
JANIS
Film documentaire d'Amy BERG
USA 2015 1h46 VOSTF
avec Janis Joplin, Bob Weir, Kris Kristofferson,
John Lennon, Jimi Hendrix, Otis Redding, Juliette Lewis,
Pink… et la voix de Chan Marshall alias Cat Power
Est-il besoin de présenter Janis Joplin ? Une des plus mythiques chanteuses de rock et de blues de tous les temps.
Mais au-delà de son personnage de rock-star et de sa voix
extraordinaire, ce remarquable documentaire nous dépeint
une femme sensible, vulnérable et puissante. Une artiste
complexe, déterminée et tourmentée qui a réussi à toucher
le monde entier alors que sa musique revêtait une dimension hautement personnelle, souvent inspirée de gens qu’elle
connaissait ou qu’elle avait croisés durant ses nombreux
voyages. Mieux que n'importe quel biopic, aussi réussi soit-il,
le film d'Amy Berg nous offre un portrait foisonnant, qui rend
hommage à une femme hors du commun, dont la voix éloquente et brute a su incarner et exprimer au mieux les souffrances de son temps.
Ce sont les propres mots de Janis Joplin qui content l’histoire
du film, à travers des lettres (lues par la voix de Cat Power)
qu’elle a écrites à ses parents au fil des années ; la majeure
partie d’entre elles n’ont d’ailleurs jamais été dévoilées auparavant. Il aura fallu sept ans à Amy Berg pour rassembler des
dizaines de photos, de vidéos et de témoignages inédits sur
la vie de Janis. Des vidéos d’elle en studio et en concert, et
même des séquences de son retour dans sa ville natale, à
l'occasion d'une réunion d'anciens élèves à Port Arthur. Ces
éléments ne font qu'apporter davantage de profondeur et de
véracité au récit. Au fil du documentaire, on découvre aussi
des interviews de sa famille, de ses amis d’enfance, des musiciens ou des journalistes de l’époque. Se dévoile ainsi la
personnalité souvent incomprise d'une femme au destin tragique, qui fit vibrer des millions de personnes et révolutionna
la musique avant de mourir en 1971, à l’âge de 27 ans. Une
vie courte, mouvementée mais exaltante !
Costi est un jeune père de famille, aimant, aimé et pas malheureux, mais un peu enfermé dans une vie domestique ronronnante et un boulot pas franchement passionnant. Et puis
un soir, Adrian, un voisin qu'il connaît à peine, vient toquer à
sa porte et solliciter son aide. Il est étranglé financièrement,
accablé de dettes, et aurait besoin de 800 euros pour se sortir
de cette situation insoluble. Costi est touché mais forcé de refuser, cette somme est beaucoup plus qu'il ne peut se le permettre. L'autre revient à la charge et s'explique : ces 800 euros sont en réalité un investissement pour acheter le matériel
nécessaire à la recherche du magot que son arrière-grandpère aurait enterré avant l'arrivée des communistes dans le
jardin de la maison familiale. Sa demande se mue alors en
offre : en compensation de son investissement et de son aide
pour aller déterrer le fameux magot, Adrian partagerait avec
Costi la moitié de la fortune planquée par son ancêtre. Costi,
que l'ennui guette et qui aime lire à son fils des contes et des
histoires – celle de Robin des Bois notamment –, se laisse entraîner dans cette invraisemblable promesse d'aventure. Les
deux compères se lancent donc dans la préparation de leur
chasse au trésor, et particulièrement dans la recherche d'un
indispensable détecteur de métaux qui leur sera livré avec un
troisième larron pour le manipuler. Et voilà nos trois pieds-nickelés qui prennent la route jusqu'à la demeure de la famille
d'Adrian…
Le Trésor est donc le récit de cette épopée aussi surréaliste
et absurde qu'ancrée dans la réalité, révélatrice de la situation
passée et présente de la Roumanie. Au fur et à mesure que
les trois personnages s'enfoncent dans les complications et
dans le trou qu'ils creusent sans relâche, Porumboiu dévoile
les différentes époques qui ont marqué le pays et dont la maison familiale fut le témoin. Les situations burlesques et les
gags cocasses se multiplient, jusqu'à un dénouement mêlant
à l'ironie mordante une émouvante touche de poésie.
AVE CÉSAR !
(HAIL, CAESAR !)
Écrit et réalisé par Joel et Ethan COEN
USA 2015 1h46 VOSTF
avec Josh Brolin, George Clooney,
Clancy Brown, Ralph Fiennes, Jonah
Hill, Scarlett Johansson, Christophe
Lambert, Frances McDormand, Tilda
Swinton, Channing Tatum…
Festival de Berlin 2016,
film d'ouverture
Allez, ça y est, c’est bon, on y croit, en
2016 on va enfin pouvoir se marrer en
bonne compagnie ! Mais si, c’est possible : à partir du 17 février, vous avez
de bonnes chances de vous marrer.
Bon, il n’est pas totalement exclu que
vous réussissiez à rigoler avant cette
date, pour peu que vous fassiez partie de cette catégorie de personnes qui
pensent heureusement qu’on peut rire
de tout, en toutes circonstances et en
dépit d’un monde qui pousse plus à l’affliction, la révolte ou le désarroi qu’à la
franche rigolade (un peu à la manière
d’un génial François Morel, capable de
livrer le 11 septembre 2015 une chronique ayant pour titre « 3615 code terroriste, le retour des Daechiens »). En tout
cas, le 17 février, le nouveau film des
frères Coen déboule sur nos écrans et
c’est sûr : ça va nous faire un bien fou.
Parce que les frères Coen… quand
même, les frères Coen ! Parce que le
cinéma des frères Coen, c’est un peu
comme la vinaigrette de ma belle-mère
Michèle : personne n’a encore réussi à
copier la recette originelle pour tenter
d’égaler ce ton si singulier, ce sens inouï
du rythme, cet humour, cette écriture qui
brille autant par son intelligence que son
sens absolu de la dérision.
Alors oui, un nouveau film des frères
Coen, surtout quand il s’agit d’une comédie en mode majeur, ça s’impose illico dans la gazette, ça prend directement
sa place sans montrer son carton d’invitation ni sa patte blanche… Certes c’est
une pratique qui pourrait sembler cavalière et que généralement, nous n’aimons pas trop à Utopia, mais c’est aussi le privilège des grands (comme ce fut
le cas récemment avec Tarantino), des
princes tout autant que des potes. Donc
vous l’avez compris au bout de ces 1700
et quelques caractères : nous n’avons
pas vu Ave César !, quasiment personne
ne l'a vu d'ailleurs, puisque le film ne
sortira aux Etats Unis que le 5 février.
Cela faisait bien des années que ce film
trottait dans le cerveau quadricéphale
d’Ethan et de Joel, à la manière de ces
vieux rêves que tout réalisateur nourrit secrètement, ce genre de projets qui
s’éloignent, et reviennent, qui s’oublient
un peu, et puis ressurgissent.
Et un jour, tous les éléments s’emboîtent :
le scénario, le casting, le budget, le timing. Et ça nous donne ça : une comédie qui se déroule dans les années 50,
en plein âge d'or hollywoodien, au cœur
d'un grand studio de cinéma florissant
et mégalo à souhait, tendance Ben Hur,
Cléopâtre ou Spartacus. Le récit narre la
folle journée d'Eddie Mannix (le personnage a d'ailleurs réellement existé), un «
fixer », l'homme à tout faire du studio incarné par Josh Brolin, chargé de retrouver l'acteur star Baird Whitlock (George
Clooney, plus Clark Gablesque que jamais), engagé pour tourner dans un péplum baptisé « Ave César ! » mais kidnappé au bout de quelques jours de tournage
par un mystérieux groupe de ravisseurs baptisé « Le Futur », rien que ça…
Si vous êtes comme nous curieux et
frétillants d’impatience, vous avez déjà
sans doute regardé la bande-annonce
qui est un pur régal et montre un George
César denté et gominé dans un grand
numéro d’autodérision dont il a le secret. Rendez-vous donc avé César le 17
février pour cette comédie polardesque
qui on l'espère, contrairement à certains, tiendra ses promesses.
Jeudi 3 MARS à 20h30
PROJECTION CINÉ-THÉÂTRE proposée par le TnBa
à l'occasion du spectacle SOEURS, texte et mise en scène
de Wajdi MOUAWOUAD du Mardi 8 au Samedi 12 Mars,
TnBa – Grande salle Vitez. Projection du film INCENDIES
adapté de la pièce de Wajdi Mouawad. Achetez vos places
à l'avance, à partir du Lundi 22 Février.
Direction artistique Charles Jude
La Reine
morte
Kader Belarbi
PRODUCTION THÉÂTRE DU CAPITOLE DE TOULOUSE
Grand-Théâtre
DU 11 AU 18 MARS
opera-bordeaux.com
#onbnlareinemorte
© Photographie : David Herrero - Opéra National de Bordeaux- Nos de licences : 1-1073174 ; DOS201137810 - Février 2016
Directeur Général Thierry Fouquet
INCENDIES
Écrit et réalisé par Denis VILLENEUVE
Canada (Québec) 2010 2h10 VOSTF
avec Lubna Azabal, Mélissa
Désormeaux-Poulin, Maxim Gaudette,
Rémy Girard, Abdelghafour Elaaziz…
D’après la pièce de Wajdi Mouawad
Jeanne et Simon Marwan sont jumeaux.
Ils viennent de perdre leur mère. A la lecture du testament, Jeanne reçoit une
« lettre au père » et Simon une « lettre
au frère ». Pour offrir des obsèques décentes à leur mère, chacun devra la remettre à son destinataire. Situation surprenante… Simon refuse instinctivement
de se soumettre à cette mission qu'il
considère comme l'ultime accès de folie de sa mère. Jeanne, au contraire, espère y trouver la clé des récents com-
portements énigmatiques de celle-ci et
brûle de soulever ce doute qui vient de
s'abattre sur eux : les jumeaux croyaient
leur père mort et n'ont jamais eu connaissance de l'existence d'un frère.
Jeanne quitte son Québec d'adoption
pour pister la véritable histoire de sa
mère. Elle se rend au Moyen-Orient dans
un pays jamais nommé, marqué par les
guerres successives, coupé entre le Nord
et le Sud, entre nationalistes et réfugiés…
Elle se lance dans une odyssée homérique qui, par le biais d'une structure en
flash-backs, brasse dans un même élan
les trajectoires intimes et l'Histoire du
Moyen-Orient de ces quarante dernières
années…
Le film restitue bien les implacables secrets narratifs et la qualité du texte
de Wajdi Mouawad, oscillant entre le
contrôle précis de ce que le spectateur
doit savoir et la liberté qu'il nous laisse de
recoller les morceaux d'une construction
complexe et riche.
SOEURS : Reconnu pour l’intensité de ses fresques théâtrales (Littoral, Incendies,
Forêts…), Wajdi Mouawad construit un « cycle domestique » où il décortique, l’une
après l’autre, chaque figure familiale. Après le fils avec Seuls (au TnBA en 2008)
où il était justement seul en scène, voici Sœurs, en hommage à sa sœur et à une
époustouflante comédienne, Annick Bergeron. Dans une scénographie sidérante
d’inventivité, elle incarne avec virtuosité et humanité tous les rôles.
DEMAIN
Film documentaire de Cyril DION et Mélanie LAURENT
France 2015 2h
Loin de l'écologie triste et punitive, loin du discours sur le
développement durable cher au greenwashing, vous allez
voir un film formidable, vivant, enthousiasmant sur la manière
d'imaginer un monde nouveau, respectueux de la planète et
de ses habitants, sur notre extraordinaire capacité à rebondir face à l'adversité, notre extraordinaire capacité à imaginer,
notre extraordinaire capacité à faire.
Mélanie Laurent et Cyril Dion sont allés rencontrer des gens
passionnants à travers le monde, qui œuvrent au quotidien
à ce changement indispensable : Inde, États-unis, Canada,
Danemark, Allemagne, Islande, Scandinavie, Finlande, Grèce,
France…
Attention, une seule séance par semaine,
chaque Samedi après-midi
FATIMA
Écrit et réalisé par Philippe FAUCON
France 2015 1h19
avec Soria Zeroual, Zita Hanrot, Kenza Noah Aïche, Chawki
Amari, Mehdi Senoussi, Franck Andrieux, Yolanda Mpele...
Scénario librement inspiré des ouvrages de Fatima
Elayoubi : Prière à la lune et Enfin, je peux marcher seule
Et si le plus beau film français de l’année 2005 était ce Fatima
d’une simplicité et d’une épure magnifiques, une heure et dixneuf minutes de générosité et d’empathie dénuées de toute
facilité, de de toute tentation psychologisante ou lacrimale ?
C’est en tout cas ce qu’a pensé le jury du Prix Louis Delluc,
qui l’a élu récemment face à des films aussi réussis que La Loi
du marché, Trois souvenirs de ma jeunesse ou Marguerite...
En attendant les César, pour lesquels il est notre favori.
Fatima, un prénom de princesse presque devenu un nom
commun tant on l’associe aux dames de ménage corvéables
à merci, prolétaires de l’ombre destinées à la serpillère. Notre
Fatima ne rompt pas avec ce cliché. Ses vêtements, son allure, sa discrétion en font une Fatima semblable à ces milliers d’autres qu’on voit circuler dans l’indifférence générale
de nos cités. Elle cumule sans rechigner plusieurs emplois
dans plusieurs lieux où l’on s’adresse à elle avec une condescendance déshonorante (plus pour ceux qui en font preuve
que pour elle qui la subit). Le soir, rentrée à l’appartement, il
lui reste encore à affronter l’arrogance de sa plus jeune fille,
Souad, qui du haut de ses quinze ans la juge de manière tranchante. Comme si Fatima était le symbole de l’entrave à son
intégration, l’empêcheuse de se normaliser en rond. Sa révolte se trompe d’ennemie, elle est le fruit d’une société qui
l’incite à avoir honte d’une mère qui n’est bonne qu’à « laver
la merde des Français » et qui ne sait même pas parler leur
langue...
Heureusement son aînée, Nesrine, remet un peu sa cadette
en place. Elle connait le prix de l’ascension sociale, les sacrifices maternels pour qu’elle poursuive ses études de médecine…
Le film est composé de cinq chapitres : agriculture, énergie, économie, démocratie et éducation. Construction intelligente et pédagogique, dans le meilleur du sens du terme,
qui nous montre bien que tout est lié, qu'il s'agit bien d'un
problème politique, là aussi dans le sens noble du terme. Et
il présente des actions, des alternatives concrètes qui sont
mises en œuvre, avec succès, dans tous ces domaines.
Mélanie Laurent : « Mises bout à bout, les initiatives comme
la permaculture, les monnaies locales, les énergies renouvelables, dessinent un monde possible. Ce qui peut paraître démotivant, c’est qu’il ne s’agit que d’initiatives isolées, mais en
même temps elles ne demandent qu’à être réunies ! Il y a déjà
un monde qui tient la route, qui existe, où tout est possible.
Des solutions sont déjà disponibles, dans tous les domaines,
c’est forcément inspirant ! »
Tout s'enchaîne judicieusement et vient renforcer la certitude
qu'il faut d'urgence opérer une rupture symbolique, mais aussi pratique avec notre système actuel fondé sur le pétrole et
les autres énergies fossiles, sur le nucléaire, sur le productivisme, sur le consumérisme, sur la financiarisation de l'économie, sur l'éducation normative et compétitive…
Pas de doute, Cyril Dion, co-fondateur avec Pierre Rabhi du
mouvement Colibris, et Mélanie Laurent, actrice et réalisatrice, tous deux activistes pour un monde meilleur, ont réussi
leur coup : sur les thématiques qu'il aborde, Demain est un
film-somme, essentiel, un outil d'information et d'action qui
est aussi un spectacle passionnant et exaltant.
Licences 2-1084387 & 3-1084388 - Graphisme : Jonathan Cohen
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SUITE ARMORICAINE
Écrit et réalisé par Pascale BRETON
France 2015 2h28
avec Valérie Dréville, Kaou Langoët,
Elina Löwenshon, Manon Evenat,
Laurent Sauvage…
C'est une grande et belle découverte que ce film romanesque qui nous
charme et nous captive par la richesse
de ses thématiques et de ses personnages, par une mise en scène touchée
par la grâce. C'est à la fois foisonnant
et fluide, réfléchi et sensuel, littéraire et
musical, très personnel et universel, érudit et tout à fait accessible. Une réussite
de haute volée, qu'on pourrait inscrire,
pour donner une idée, dans la veine des
meilleurs films d'Arnaud Desplechin.
C'est un compliment !
Lorsqu’elle était enfant, face au miroir,
Françoise s’est fait un masque de buée
en soufflant sur le reflet de ses yeux.
Protégée par sa capuche d’invisibilité,
elle a dit « Personne ne peut être dans
mon cerveau. Il n’y a que moi à l’intérieur de moi. Il faudra que je me souvienne de moi à cet instant précis. » Les
années ont passé et Françoise (Valérie
Dréville) a oublié ce serment enfantin.
Elle est montée à Paris, elle est devenue
historienne de l’art.
Aujourd’hui, elle est de retour dans la
Bretagne de son enfance. Elle vient
enseigner à l’Université de Rennes où
elle a étudié, reprend contact avec de
vieux copains perdus de vue. Dans la
même fac, Ion, 19 ans, arrivé de nulle
part, s’inscrit en géographie et tombe
amoureux de Lydie, une étudiante malvoyante. C'est en fait le passé qui va les
réunir…
Le générique aligne quelques images
de la Bretagne outragée, paysans en
colère, arbres abattus au nom du béton, marées noires. Evitant tout folklore,
Suite armoricaine s’ancre dans la réalité d’une ville moderne, Rennes. Mais la
nature et ses forces vives restent pourtant proches pour qui sait les entendre.
Ainsi Lydie demande comment s’appelle
l’arbre qui bruit par-delà la fenêtre. C’est
un saule tortueux, tortueux comme peut
l'être un destin humain…
Femme aimable, intellectuelle brillante,
prof inspirée – on voit quelques très
belles scènes de cours –, Françoise
a quitté la capitale, un compagnon,
une psychanalyse. Elle ne ressent
plus « l’obsession morbide de la Gare
Montparnasse », elle guérit de son eczéma. Elle renoue avec ses racines.
Ion dit qu’il est orphelin. Il a honte de sa
mère, SDF, qui toujours le retrouve, le
harcèle. Il la fuit, il s’absente, il devient
comme un fantôme hantant les angles
morts de la vie estudiantine.
Françoise revoit les copains en compagnie desquels elle écumait les concerts
de rock à l’aube des années 80, la
grande époque de Marquis de Sade,
de Niagara, du débutant Daho… Il y a
la grande Catherine, locataire d'un appartement au sommet d’une tour que le
vent fait bouger. Il y a John, qui n’a jamais abjuré le rock’n’roll. Et il y a Moon,
la plus folle d’entre tous, qui a trébuché,
qui est « comme une pierre qui roule »,
sans domicile fixe. C'est elle bien sûr la
mère de Ion, et nous sommes tous des
fantômes dans la vie des autres…
Des étudiants bretonnants intègrent
Françoise à leurs études. Une autre manière de faire remonter en elle le passé.
Elle défouit ses racines. Pleure en se souvenant du bocage, de la ferme familiale,
du grand-père qui avait le secret pour
guérir les dartres et la peur. L’historienne
de l’art retrouve le nom breton de l’ombilic de Vénus, de l’achillée mille-feuille
et autres plantes médicinales. Un flashback d’une lumineuse simplicité montre
l’aïeul broyant des feuilles pour aider un
nourrisson. Françoise, réconciliée, décillée, revient en Arcadie – thème récurrent de ses cours –, contrée imaginaire
et idyllique qui est aussi le pays de l’enfance. La sienne, celle de l’humanité.
SOIRÉE-DÉBAT Mardi 1er MARS à 20h30
La fin de la peine de prison
organisée par le Syndicat de la Magistrature
(section ENM) et le GENEPI Bordeaux
Projection du film AU BOUT DE LEUR PEINE suivie d'un débat
avec Eglantine Bourgognon, Conseillère d'Insertion et de Probation,
Secrétaire nationale du collectif CGT Insertion et Probation, Christian
Jacquot, co-fondateur et directeur de 1979 à 2010 de GARE BTT, association de lutte contre l’exclusion à Besançon, membre du jury de « La
Conférence de consensus sur la Prévention de la Récidive » (20122013), et (sous réserve) la réalisatrice Mathilde Syre en visioconférence. Achetez vos places à l'avance, à partir du Samedi 20 Février.
AU BOUT DE LEUR PEINE
Film documentaire de Mathilde SYRE
France 2015 1h10
Un certain nombre de documentaires ont
déjà été tournés sur le milieu pénitentiaire en France. Ils donnent souvent la parole aux détenus, parfois aux familles, de
temps en temps au personnel de surveillance, mais on s’intéresse rarement au
« service social ».
Il existe en France environ 4500
Conseillers Pénitentiaires d’Insertion et
de Probation qui prennent en charge environ 240 000 personnes placées sous
main de justice dont 77 000 personnes
détenues en milieu fermé.
Les médias s’intéressent aux Services
Pénitentiaires d’Insertion et de Probation
quand la machine judiciaire déraille,
quand un détenu récidive et qu’on remet
en cause le suivi des travailleurs sociaux.
C’est « l’extra-ordinaire » qui est présenté
au grand public.
A l’inverse, la réalisatrice s'est intéressée
au quotidien du service. Montrer que les
conseillers d’insertion travaillent chaque
jour auprès des détenus. Ils tentent de
maintenir un peu d’humanité au sein
d’une administration où la mission de
garde, et donc la sécurité et le maintien
de l’ordre, est bien souvent une priorité
sur toute autre considération. Dans cet
univers carcéral, leur rôle est essentiel
autant que singulier.
Les CPIP assurent le lien entre l’intérieur
et l’extérieur. Ils gèrent à la fois les démarches administratives des détenus, les
aménagements de leur peine, la relation
avec les familles, et les conflits de détention.
La réalisatrice a filmé pendant sept
mois au Centre Pénitentiaire d’Aiton, en
Savoie, pour rendre compte de ce quotidien. L’établissement regroupe une maison d’arrêt (courte peine) et un centre de
détention (longue peine) et accueille environ cinq cents détenus.
The Assassin
HOU HSIAO-HSIEN
Taïwan 2015 1h45 VOSTF
avec Shu Qi, Chang Chen, Yun Zhou
Tsumabuki Satoshi, Ching-Tien Juan…
Scénario de Chu T'ien-wen
et Hou Hsiao-Hsien
Festival de Cannes 2015 :
Prix de la Mise en scène
Pour quelques uns d'entre nous – et
pour pas mal de critiques aussi –, The
Assassin était le plus beau film du
Festival de Cannes 2015, stupéfiant de
splendeur, un film qui rentrera à coup sûr
au panthéon du cinéma asiatique.
Dès son subjuguant prologue en noir et
blanc, on est saisi par la beauté sidérante de chacun des plans, de leur minutie frisant la folie : sensation rare de
se trouver littéralement happé par une
œuvre, de perdre ses repères, d'être
hors du temps qui défile…
The Assassin nous propose un bond en
arrière jusqu'au ixe siècle, au cœur de
la dynastie Tang. Une période souvent
considérée comme une des plus florissantes, des plus prospères de l'histoire
de la Chine, tant économiquement que
culturellement. La capitale Chang'An
était à l'époque la plus grande ville du
monde. Bien plus et bien mieux que
dans la plus soignée des productions
hollywoodiennes, la reconstitution historique est d'une précision vertigineuse,
fruit de cinq ans de recherches et de repérages. Nous allons suivre une jeune
femme, Nie Yinniang, qui revient chez
elle après plusieurs années d'exil mystérieux. On découvre peu à peu qu'elle
a séjourné auprès d'une nonne non
moins mystérieuse, qui lui a enseigné
dans le plus grand secret les arts martiaux, et Nie Yinniang est devenue une
professionnelle de l'assassinat, envoyée
à Huebo, capitale provinciale, pour tuer
Tian Ji'an, le gouverneur félon de la province, dans le contexte troublé de désagrégation de l'Empire, miné par les ambitions féodales. Détail qui n'en pas un :
Tian Ji'an est son cousin, avec lequel
elle a été élevée et qui lui fut autrefois
promis comme fiancé…
Inspiré d'une nouvelle de l'époque, The
Assassin signe le retour du grand Hou
Hsiao-Hsien (Poussières dans le vent,
La Cité des douleurs, Le Maître de marionnettes, Les Fleurs de Shanghaï…)
et c'est la première incursion du maître
taiwanais dans un genre culte en Chine,
le wu xia pian, (film de sabre à connotation historique), qui le fascina adolescent mais auquel jamais il n'osa s'attaquer. Un genre immortalisé par les
chefs d'œuvre de King Hu dans les années 70 (Raining in the moutain, Touch
of zen…) puis par les délires virtuoses et
virevoltants de Tsui Hark (Zu, les guerriers de la montagne magique), enfin
plus récemment par le divertissant Tigre
et dragon d'Ang Lee. Mais Hou HsiaoHsien aborde le genre de manière totalement différente, beaucoup plus intimiste, mêlant le mélo au film de sabre.
Le film est ponctué de combats magnifiquement chorégraphiés, sublimés
par une harmonie de couleurs toujours
idéale, mais ils s'apparentent davantage aux combats des films de chambara de Kurosawa qu'à ceux de Tsui Hark
ou Ang Lee. La tension réside essentiellement dans l'atmosphère feutrée et
élégante des palais où les intrigues se
nouent. Hou Hsiao Hsien filme magnifiquement ses personnages noyés dans
les paysages grandioses de la Mongolie
intérieure ou du centre de la Chine : on
les croirait sortis d'une estampe médiévale… Il magnifie aussi, toujours en clair
obscur, les intérieurs couleur sang et or
que n'aurait pas renié un Caravage. Des
intérieurs enveloppants où se nouent les
amours déçues, les vengeances longtemps enfouies, où la mort peut surgir
à tout instant, dans une volute de fumée
incompréhensible qui cache l'assassin.
Il faut insister une fois encore sur l'admirable précision de la mise en scène : rien
n'y est inutile, les plans séquences les
plus impossibles sont maîtrisés à la perfection… Avec en prime un couple d'acteurs au charisme renversant, tout particulièrement la splendide Shu Qi, égérie
du cinéaste.
Saint Amour
Death Experience, ils rendaient justice
aux cyclistes dépressifs tout en rendant sympa et génialement drôle le plus
insupportable des écrivains : Michel
Houellebecq… Six films, ça commence
à pouvoir s'appeler une œuvre. Qui a une
sacrée gueule ! Et autant vous dire que
Saint Amour va ajouter une septième
pierre précieuse à l'édifice ! Le rire le plus
gargantuesque et les larmes les plus sensibles mêlés comme rarement. Si j'avais
su qu'un jour je chialerais en écoutant
le discours d'un éleveur de bœufs à un
concours agricole…
Parce qu'il faut vous dire que tout commence dans ce qui s'avère un magnifique
lieu de cinéma : le salon de l'agriculture.
Jean (Gérard Depardieu, grandiose), éleveur de bovins de compèt, et son fils
Bruno (Benoit Poelvoorde, formidable
avec le cheveu gras collé) participent
comme tous les ans au Salon dans l'espoir que la médaille tant espérée viendra enfin récompenser leur taureau bien
couillu. Mais Bruno n'y est pas… Tout
ça le déprime. Il a la bonne quarantaine,
bosse tout le temps dans la gadoue, se
prend des vestes dès qu'il approche les
filles et il n'est pas question pour lui de
reprendre la ferme familiale. La seule
chose qui le console, c'est de profiter
de cette semaine parisienne pour faire la
route des vins… à l'intérieur du salon…
éclusant des godets à tous les stands de
dégustation représentant les vignobles
des régions françaises.
Face à cette situation pathétique, Jean
va prendre les choses en main et embarque son grand fiston dépressif pour
une vraie route des vins dans le taxi de
Mike (Vincent Lacoste, parfait), jeune frimeur parisien, mythomane patenté. Un
périple initiatique en forme de road movie drolatique, qui va permettre au père et
au fils de renouer les liens au gré de rencontres détonantes : avec une jeune serveuse obsédée par la dette abyssale de
la France, un hôtelier airbnb très inquiétant (le déjà nommé Michel Houellebecq,
très très flippant), une cavalière pré-ménopausée en recherche immédiate de
géniteurs… Tout ça agrémenté de bitures
légendaires.
Il n'y a que Delépine et Kervern pour
concilier avec autant de verve, d'invention, de poésie brute les scènes hilarantes, parfois délicieusement borderline, et les séquences d'émotion pure,
notamment celles où le fils et le père se
rapprochent envers et contre tout, ou encore celle où la superbe Céline Sallette
chevauche le long de la Seine… Et mine
de rien, sans larmoyer ni pérorer, cette
truculente comédie se révèle un des plus
beaux hommages qui soient au monde
paysan (pas celui de l'agriculture industrielle, rassurez-vous !), à son courage,
son sens de l'abnégation et de la transmission.
L'HISTOIRE DU GÉANT TIMIDE
Écrit et réalisé par Dagur KARI
Islande 2015 1h34 VOSTF
avec Gunnar Jonsson, Ilmur
Kristjansdottir, Margret Helga
Johannsdottir, Sigurjon Kjartansson…
Meilleur scénario, Meilleur acteur,
Meilleur film au Festival de Tribeca
Grand prix du Jury au Festival d’Arras
On connaît le refrain reggae de
Gainsbourg : « La beauté cachée des
laids, des laids, se voit sans délai, délai ». Ici c’est la délicatesse introvertie des gros qui se révèle au grand jour.
C’est la profonde gentillesse (au sens
fort du terme) des maous, des ventrus,
des XXL qui nous met du baume au
cœur et le sourire aux lèvres. L’Histoire
du géant timide, c’est un conte moral,
une chronique douce-amère à l’islandaise, c’est à dire décalée, pince-sansrire, tout en retenue et en non-dits, se
méfiant comme de la peste des épanchements intempestifs, des effets de
manche, des grands mots mais pas des
grands bipèdes.
C’est rien de dire qu’on s’attache à ce
gros nounours de Fúsi, personnage magnifique qui, plus le film avance, gagne
en complexité, en finesse, en charme.
Personnage qui doit évidemment beau-
coup à son interprète, l’incroyable
Gunnar Jonsson. Le réalisateur Dagur
Kari (dont on avait défendu naguère le
tout premier film, Noi Albinoi) explique
d’ailleurs que c’est en voyant l’acteur
dans un petit rôle à la télévision qu’il a
eu l’idée de construire un film autour de
lui : « Je suis tombé sous son charme,
je le trouvais génial, avec une présence
absolument unique. Il a un talent fou, un
jeu incroyablement naturel. »
Fúsi aura bientôt quarante-cinq ans et il
vit toujours chez sa maman. Une forte
femme, aimante et dévouée sans aucun
doute, mais qui a des idées bien arrêtées sur ce qu’il faut faire ou ne pas faire,
et qui a dû jouer un rôle non négligeable
dans l’évolution de son grand gaillard
de fiston. Renfermé, complexé, solitaire.
Passionné par la reconstitution en modèles réduits de grandes batailles du
passé avec tanks et petits soldats qu’il
peint lui-même, avec une patience et
une précision qui disent bien qu’il ne se
résume pas à son physique de balourd.
Fúsi travaille à l’aéroport, il transporte
les bagages. Il fait bien son boulot mais
doit subir les plaisanteries, toujours stupides et souvent cruelles, de ses collègues. Il les supporte stoïquement, ne
se rebiffe pas, ne les dénonce pas. Fúsi
n’a en lui pas une once de méchanceté,
pas l’ombre d’un ressentiment. C’est un
grand naïf qui ne demande qu’à rendre
service, à faire plaisir. C’est ainsi qu’il
devient le compagnon de jeux d’une petite gamine qui vient d’emménager dans
son immeuble et se sent seule. Une relation toute naturelle pour lui. Mais pas
pour tout le monde. Un grand costaud
comme ça avec une petite fille, c’est
louche… Là encore Fúsi ne s’offusque
pas, se défend à peine. Il ne veut de mal
à personne, pourquoi quelqu’un lui voudrait-t-il du mal ?
Le morne cours des choses va se trouver bousculé grâce à Rolf, le « fiancé » de sa mère (constater que sa mère
a toujours une activité sexuelle alors
qu’on en est soi-même privé : dur dur
pour un fils dans la force de l’âge !), qui,
pour les quarante-cinq ans de Fusi, lui
offre un chapeau de cow-boy en même
temps qu’un abonnement à des cours
de danse country : le moyen idéal selon lui pour se faire des amies. Et de fait,
après un premier réflexe de fuite, c’est là
que Fúsi va rencontrer Sjöfn (en Islande,
c’est un prénom féminin). Et comme
nous ne sommes pas dans une banale
comédie romantique mais dans un film
plein de finesse et de surprises, la suite
des événements sera souvent drôle et
infiniment touchante…
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garanti sans 3D
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S
ai
nt
Écrit et réalisé par Benoît DELÉPINE
et Gustave KERVERN
France 2016 1h42
avec Gérard Depardieu, Benoît
Poelvoorde, Vincent Lacoste, Céline
Sallette, Chiara Mastroianni, Gustave
Kervern, Solène Rigot, Michel
Houellebecq, Ana Girardot, Andréa
Ferréol, Izia Higelin…
et la voix de Yolande Moreau !
Am
ou r
Au moment de vous présenter ce Saint
Amour, on se sent pris d'une envie de
récapituler les prodiges déjà accomplis par le duo Delépine-Kervern. Avec
Aaltra, ils ont convaincu des milliers
d'handicapés qu'ils pouvaient traverser l'Europe en faisant chier un maximum de gens ; avec Avida, ils ont montré que le surréalisme bandait encore ;
avec Louise Michel, ils ont montré la
voie pour recentrer la lutte sociale sur
l'exécution des patrons scélérats (au
fait, voyez Merci Patron : François Ruffin
propose une toute aussi hilarante variante) ; avec Mammuth, ils ont magnifié la revanche des retraités pauvres en
mobylette ; avec Le Grand soir, ils ont
réconcilié les punks à chiens et les vendeurs de literie (tous sont disponibles
en Vidéo en Poche) ; enfin, dans Near
No 168 du 24 février au 29 mars 2016 / Entrée: 6,50€ / La 1re séance: 4€ / Abonnement: 48€ les 10 places

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