Mètis numéro 9 - Les experts de la CNES

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Mètis numéro 9 - Les experts de la CNES
Mètis
Bulletin de liaison
de la
Chambre Nationale des Experts Spécialisés en Objets
d’Art et de Collection
Numéro Neuf
Mai 2016
Le Mot de l’Éditeur
Philippe Crasse
Mètis promis, Mètis dû….
Tout d’abord, fin de mandature oblige, le président revient sur ses neuf années à la barre de notre
vaisseau et analyse sans langue de bois ni complaisance son action et les réactions qu’elle a
suscitées : un bilan en forme d’interview… Et un tremplin pour son successeur !
Lors du dernier numéro, je vous avais promis la publication des professions de foi des candidats à
la présidence de notre chère Chambre !
Eh bien, le débat a fait long feu, la région Provence-Méditerranée ayant choisi d’écourter le
suspense en élisant un nouveau responsable à sa tête. Dont acte !
Cela n’enlève rien à l’intérêt de la publication de l’engagement de notre candidate, qui pour rester
seule en lice n’en est pas moins constructive et prometteuse.
Si d’aucuns s’émeuvent de cette publication pré-électorale, qu’ils soient bien certains que nous
n’élisons pas un(e) président(e) pour le parer d’un titre honorifique, mais bien pour qu’il (elle) nous
montre le chemin, qu’il (elle) nous unisse, qu’il (elle) nous entraîne…
Et que la moindre des choses, c’est que nous ayons une idée de ce qui nous attend !
Ceci dit, ne nous prenons pas au sérieux, il n’y aura aucun survivant, comme dit Alphonse Allais !
Sommaire – Mai 2016
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Les Mots de la Fin
BD, la suite…
Pourquoi présenter ma candidature à la présidence de notre Chambre ?
Programme du congrès d’Angers (rappel)
Mobilisation contre le trafic de biens culturels
Vie des Régions
Paris-Ile de France
Provence-Méditerranée
Programme de l’École des Chartes
Parole d’Experts
Programmes
Occitanie – compte rendu
In Memoriam
To be or not to be : Caravaggio
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Pour joindre la rédaction : [email protected]
: dans le N°8, une erreur s’est glissée dans l’article concernant la fiscalité (page 8, avant
dernier paragraphe). L’exonération totale de plus-value n’est atteinte qu’au bout de 22 ans
et non pas 12 ans, comme indiqué…
Je remercie notre confrère Bernard Dragesco qui nous a signalé opportunément cette coquille.
ERRATUM
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Les Mots de la Fin
Interview de Jean-Michel RENARD
Lors de notre prochain congrès, à Angers, nous élirons un nouveau
président.
Quel bilan "à chaud" peut-on tirer de ces années d’exercice ?
Difficile justement de faire un bilan à chaud sans risquer de se perdre dans les
détails d’une vision trop subjective. Disons d’emblée que ça n’aura pas été facile.
Pour en tracer quelques lignes, je reprendrais cette antienne que j’ai régulièrement
assénée lors de nos différents congrès et qui m’a servi de référence constante au cours de mon
mandat: Ces vieilles questions kantiennes: Que m’est-il permis de connaitre, que m’est-il permis de faire, que
m’est-il permis d’espérer... C’est à dire ici :
Quelle analyse puis-je faire de la C.N.E.S. aussi bien en tant que syndicat professionnel qu’en tant
qu’acteur du marché de l’art?
Quel est son rôle et en quoi dois-je le servir?
Quel est son devenir et quelle direction puis-je lui proposer?
Il existe une bonne douzaine de chambres d’experts en objets d’art, vouées à défendre les intérêts
de la profession. La C.N.E.S. reste encore la plus importante par le nombre de ses adhérents, mais
elle se distingue surtout par ses modalités d’admission (les examens n’y sont pas symboliques) et
par ses stages de formation. Cela signifie qu’elle possède un savoir-faire à travers l’expérience
collective de l’acquisition des connaissances et de leur transmission. Il s’agit à l’évidence d’un
avantage comparatif énorme, nous y reviendrons.
Son identité dans le marché de l’art est quasiment nulle. Ne nous le cachons pas. Elle est un peu
connue dans le milieu professionnel, ou auprès des pouvoirs publics, mais le plus souvent comme
une des nombreuses chambres d’antiquaires, difficilement repérables à travers leur nombre et leurs
sigles... Quelque chose d’indistinct que par conséquent il n’est pas nécessaire de prendre en
considération1.
Voilà brièvement le constat que j’avais pu faire en prenant mes fonctions. La C.N.E.S. allait bien.
C’est tout à l’honneur de mes prédécesseurs et ce n’est pas ici une formule de politesse. Mais elle
était adaptée à un marché qui était sinon en voie de disparition, du moins pris dans une mutation 2
dont on ne mesure pas encore tous les effets. Les chiffres du marché de l’art eux, se maintiennent
quand ils ne continuent pas de progresser, mais la profession de marchand a entamé une
décroissance préoccupante. On a eu beau seriner à la C.N.E.S. que si nous sommes ici c’était en
tant qu’experts et non en tant que marchands, il est évident que les missions d’expertise ne nous
Vu de l’extérieur, les chambres d’experts se confondent les unes les autres et affichent toutes le même discours de sérieux, de
compétences et de déontologie. Ce qui amène tout interlocuteur à se demander pourquoi elles sont si nombreuses si elles sont
identiques ?...
2 Les galeries ont cessé d’être les vitrines privilégiées des objets d’art. Dans les grandes villes, les quartiers d’antiquaires et de libraires
ont le plus souvent cédé la place aux marchands d’habits ; à Paris, le Louvre des Antiquaires est fermé et les différents quartiers
réputés en la matière, rétrécissent comme peau de chagrin.
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nourrissent pas et qu’un marchand qui cesse ses activités demeure rarement un membre actif de
notre Chambre.
Alors que faire avec ça? Se préparer benoitement à assister à cette disparition annoncée, en ne
tentant rien, tout en prétendant que nous sommes les meilleurs et qu’internet ou les maisons de
ventes représentent le mal absolu? Comme avait pu le représenter jadis l’électricité ou la vapeur?...
N’était-ce pas un peu alarmiste ? La disparition de la C.N.E.S. n’était tout de même pas à
craindre à court terme et elle ne l’est toujours pas.
Bien sûr que non.
Mais le court terme relève en général des affaires courantes, et il est rare que leur règlement déchaine
des passions. Qu’on ne se méprenne pas. Je n’ai jamais considéré que la C.N.E.S. était archaïque,
mais en l’état des choses j’étais convaincu que d’une manière ou d’une autre, il fallait l’activer.
Comme on façonne et active un programme numérique qui se développe et s’enrichit au fur et à
mesure qu’il reçoit des informations.
Il fallait dans un premier temps donner une direction à ce développement et j’étais convaincu que
celle qui m’apparaissait la plus prometteuse n’était pas la plus directe. À savoir que la C.N.E.S.
devait sortir de son contexte fondateur, - antiquaires (français) – experts - pour mieux y revenir
sans doute, mais après l’avoir élargi et lui avoir donné une résonance originale.
Quel type d’élargissement pouvait-on envisager ? Et avec qui ?
La part la plus visible du marché était à présent tenue par les maisons de vente et cet état paraissait
irréversible. Mes relations avec le SYMEV étaient excellentes et nous cherchions des idées de
collaboration avec le président Chayette. Dès le congrès de Rochefort il m’a été enjoint en Conseil
d’Administration, de ne plus inviter le représentant des commissaires-priseurs, nos ennemis de
classe!... Il en résulte que le SYMEV a conservé comme interlocuteur privilégié son partenaire
historique le S.F.E.P.... Quant au Conseil des ventes, le moindre échange relevait de la haute
trahison... Il en résulte également que la C.N.E. et le S.F.E.P. y sont représentés. Mais la C.N.E.S.
est restée pure...
S’opposer frontalement à ces réactions passionnelles ne m’apparaissait pas nécessaire. C’était
prendre le risque d’une rupture, à l’évidence préjudiciable au bon déroulement de nos activités
internes, et pour un gain modéré.
Les voyages, qui semblent avoir suscité tant d’opposition, faisaient pourtant aussi partie
de cette politique ?
Bien sûr, et pourtant je n’en étais pas l’instigateur. Le premier voyage, en Chine, est proposé d’une
manière aussi abrupte qu’imprévue par l’ancien président Randier, en 2008 à Troyes, mon premier
congrès en tant que président. Sur le fond je m’y associe, mais je n’imagine pas que le C.A. soit
prêt à se prononcer pour une telle dépense. Or sur 26 membres, 4 seulement s’opposent ou
s’abstiennent. Une écrasante majorité (85%) m’envoie donc en Chine pour un voyage que je n’ai
pas proposé, et qui est organisé par le syndicat des commissaires-priseurs qu’on m’enjoindra par
ailleurs de ne plus fréquenter… Nous nageons en pleine euphorie et l’enthousiasme est tel que
certains d’entre nous n’hésitent pas à mettre la main à la poche pour participer au financement de
l’entreprise. Elle coûtera finalement 1900 € à la Chambre. Au retour, j’ai remis mon rapport au
Conseil d’Administration, avec des propositions d’actions qui, portées par la C.N.E.S. pouvaient,
toute proportion gardée, nous ouvrir la voie d’une reconnaissance internationale. Même mon
prédécesseur, le plus farouche opposant à ce voyage, avait fini par s’en réjouir. Les rencontres dans
le pays m’étaient apparues prometteuses, non seulement avec les autorités locales, mais avec des
représentants des maisons de luxe françaises parmi les plus célèbres. Celles-ci étaient prêtes à
investir d’énormes sommes pour leur promotion, notamment dans une approche culturelle des arts
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décoratifs à la française où la C.N.E.S. pouvait faire figure de partenaire privilégié. Il fallait dans un
premier temps assigner un budget (2000€) à la préparation d’une telle entreprise. Il a été refusé.
Je le regrette, mais avec le temps je le comprends3.
Pourquoi donc ?
Parce que je me trompais.
Je demandais à mes confrères de faire un métier qui n’était pas le leur. La plupart ne se sentaient
pas concernés. Il aurait fallu confier le travail à des professionnels. Sans doute n’en avais-je pas
suffisamment conscience et de toute façon nous n’en avions pas les moyens. Je persistais cependant
à considérer que c’est en sortant de notre périmètre professionnel classique que nous pourrions
affermir notre rôle dans le marché. Que les partenaires et les événements culturels auxquels nous
serions liés, nous procureraient une image beaucoup plus forte que celle à laquelle nous pouvions
prétendre au sein de nos activités individuelles. Les pouvoirs publics, les institutions privées, les
collectionneurs, aussi bien que la presse, c’està-dire les principales composantes du marché
de l’art, ne nous accorderaient pas un surcroît
d’intérêt tant que nous serions une chambre
d’experts parmi d’autres. Il ne s’agissait bien
évidemment pas de se sentir supérieur mais
de mettre en avant et d’une manière originale,
nos compétences d’experts, plutôt que d’être
systématiquement liés à notre profession
d’antiquaire dont je considérais, et considère
encore, le déclin comme inéluctable.
J’entends la profession telle qu’elle est
généralement exercée : L’approvisionnement par les adresses et les ventes publiques (vues encore
comme des grossistes), la vente en boutique ou sur les foires, sans oublier la hiérarchie pyramidale
des acteurs, du chineur de campagne aux spécialistes des beaux quartiers… Ce que la plupart d’entre
nous ont connu. Nous le connaissons encore, mais jusqu’à quand ? La révolution numérique aura
balayé cet équilibre en moins d’une génération. Déjà n’importe qui peut acheter ou vendre
n’importe quoi n’importe où, à partir de son téléphone !… Et on regarde ailleurs en expliquant que
les sites internet ne sont pas fiables, que les commissaires-priseurs ne sont pas compétents, comme
au début du siècle dernier les marchands de chevaux expliquaient que les chauffeurs d’automobiles
étaient des criminels en puissance.
Cette analyse était-elle partagée ?
Par une partie d’entre nous, je le crois.
C’est difficile à dire, la modernisation est un mot fourre-tout. Tout le monde est toujours d’accord
pour se moderniser. Il ne s’agit pas ici d’une modernisation technique. Elle s’est faite sans nous. Il
s’agit, pour s’adapter à cette irréversible évolution, d’une modernisation culturelle. On connait la
formule de Keynes : La difficulté n’est pas de comprendre les idées nouvelles mais d’échapper aux idées
anciennes. On pourrait ajouter et à leur corollaire : les conduites anciennes. Je ne me sens pas exempt de ce
handicap, d’autant qu’il tire pour une grande part son origine de notre métier lui-même. Un
individualisme borné par la culture du secret. Il suffit de comparer l’antiquaire et l’opérateur de
ventes pour s’en convaincre. L’intérêt particulier du premier repose essentiellement sur l’absence
de relation entre le vendeur et l’acheteur. Il veille donc au maintien de ce no man’s land sachant que
la moindre confidence risque de lui faire perdre une part du terrain. L’intérêt particulier du second
De plus le rapport en question n’a pas été vraiment relayé par les présidents de région et les courriers envoyés à chacun par la suite
sont restés quasiment lettre morte, c’est le cas de le dire.
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est précisément le contraire. Il vend sa capacité à diriger la mise en relation des deux parties. Son
succès repose alors sur les moyens qu’il met en œuvre pour se faire entendre. Il n’investit pas dans
un objet mais dans un outil de communication. Au fond, il n’a pas tant besoin de connaitre les
objets que de les faire connaitre. Pour le reste, il y a la sous-traitance ; c’est-à-dire les experts…
Bel avenir !...
Depuis la libéralisation des Sociétés de Ventes Volontaires, les frais acheteurs sont passés de 10,674
% à 24 %, en moyenne. Les honoraires d’experts eux, n’ont pas changé. Allez négocier cela au nom
d’une profession individualiste comme la nôtre, c’est-à-dire divisée… Il n’y aurait qu’une chambre
syndicale, aux compétences reconnues, ou au moins une nettement détachées des autres, elle aurait
une influence non négligeable, mais hélas ce n’est pas pour demain. Ce qui nous différencie et nous
différenciera, ce n’est pas la compétence mais le dynamisme. J’ai proposé à plusieurs reprises à la
direction de la C.N.E. et à celle du S.F.E.P. d’envisager les modalités d’une fusion de nos chambres
respectives. Je dis bien : d’envisager les modalités. Pas quelque-chose de brutal. Mais cette
perspective n’était visiblement pas à l’ordre du jour. Je le regrette parce qu’en mettant nos forces
en commun nous nous donnions de fait une place que nous n’avons pas et de plus, nous avions les
moyens de créer un poste spécialement voué à la promotion de notre métier. Demeurer, si je puis
dire, en l’état, nous faisait (et nous fait !) suivre le déclin de la profession. Mais certainement pas la
compétence des professionnels. Voilà pourquoi j’ai considéré qu’il nous fallait sortir de notre
contexte pour le redéfinir avec de nouvelles perspectives. Les conclusions de mon séjour en Chine,
en 2008, m’avaient convaincu que l’expérience des voyages organisés par le S.Y.M.E.V. pouvait
être profitable. Je m’empresse d’ajouter : À condition de leur donner suite…
Beaucoup ont considéré que c’était des vacances payées au président.
S’il n’y avait eu que ça…4
4
L’utilité de ce type de voyage réside d’une part dans l’intérêt des rencontres prévues par les organisateurs et d’autre part par la
liberté totale de chacun pour préparer ses propres rendez-vous. Je ne m’en étais pas privé. On ne va pas ici refaire l’histoire de ces
voyages, mais un exemple me semble très significatif. En 2011, avant de partir pour la Russie, j’avais organisé diverses rencontres,
dont une avec Pavel Chinsky, directeur de la Chambre de commerce française à Moscou. L’idée était de proposer nos services à des
partenaires susceptibles de financer des projets culturels communs. A l’issue de l’entretien nous nous décidons pour un événement
autour du bicentenaire de la Campagne de Russie, très célèbre ici sous le nom de Guerre Patriotique. Le principe en est le suivant :
La C.N.E.S. prépare un stage en France sur les arts décoratifs et l’esthétique impériale. La Chambre de Commerce confie à une
maison de prestige, a priori Château Cheval Blanc, l’accueil des participants et l’organisation des mondanités. Notre correspondante
à Moscou est chargée de faire connaitre le projet et de recruter des stagiaires dans l’entourage des collectionneurs russes. De retour
en France, je présente l’affaire au C.A. qui, à l’unanimité, en vote la réalisation. Le musée de la Malmaison accepte de participer au
projet, de même que le musée des Invalides où est prévue une soirée de clôture, avec concert sur instruments d’époque. Tous les
organisateurs des stages me comprendront, il ne s’agit pas d’un travail facile. Mais il est prometteur. La C.N.E.S. met à la disposition
d’un public, pour le moins sélectionné, des compétences, des services et autant que possible des objets. Avec la faculté de reconduire
l’opération en cas de succès. Dès le début de l’année 2012, il apparait que Pavel Chinsky ne tient pas ses engagements et au mois
de mai, sa collaboration s’arrête par un courrier dont le style diplomatique est un modèle du genre. L’affaire était bien partie, mais
nous nous trouvons subitement sans les moyens de la réaliser.
Les projets issus du voyage en Chine étaient restés sans suite. Une exposition sur la perle et ses usages, proposée par l’ambassadeur
du Qatar lors du congrès de Paris 2010, avait été annulée. Entre autres raisons, les salles du musée de la Légion d’honneur, où elle
devait avoir lieu n’avaient pas été réservées à temps... Nous manquions vraiment de professionnalisme, mais quels qu’en soient les
motifs, ces échecs étaient insupportables. Je ne sais plus combien de sonnettes j’ai tirées pour trouver un financement, (jusqu’à celle
d’une entreprise de bâtiment !) mais le seul intérêt que j’ai pu susciter fut auprès de la maison de vente Marc-Arthur Kohn. Il
finançait le coût de l’opération, mettait sa galerie de l’avenue Matignon à notre disposition ainsi que le salon d’honneur du Bristol.
Le principe du stage était bien sûr conservé, de même que les réceptions prévues. Une vente publique consacrée au 1er Empire était
organisée. Les expertises et le catalogue réalisés par les membres de la C.N.E.S. et les objets mis en vente examinés lors du stage.
Sauvés ! J’avais entendu parler en mal du commissaire-priseur… Mais j’ai entendu parler en mal de tellement de gens… Ayant déjà
été son expert et n’ayant jamais eu à m’en plaindre, j’interroge des confrères qui reconnaissent être dans le même cas. Chacun a
défini les intérêts qu’il pouvait y avoir dans cette collaboration ponctuelle. Il s’agit alors pour la C.N.E.S. d’établir un contrat avec
la Société Kohn, et de veiller à ce que chaque terme en soit respecté. Si l’affaire marche, elle pourra même être modélisée ; avec
d’autres partenaires, peu importe du moment que cela puisse nous faire connaitre. Rien de bien compliqué, mais il faut au préalable
obtenir l’aval du Conseil d’Administration au congrès de Bruxelles.
Il vote contre à une courte majorité… Tout est annulé !
(Suite page suivante)
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Le problème n’a pas tant été les voyages, que ce qu’on en a fait ; ou plutôt ce qu’on n’en a pas fait.
Je rappelle qu’ils ont toujours été présentés comme des expériences à tenter afin de donner une
direction à un avenir pour le moins confus, et qu’ils ont été votés par le Conseil d’Administration
avec une majorité de 85% pour le premier, 100% pour le deuxième et 81% pour le dernier.
Je ne vais tout de même pas m’en excuser.
Il faut pourtant reconnaitre que cette politique a créé des dissensions au sein de la
Chambre…
C’est normal !
J’avoue que sur le moment, pour des
raisons diverses, je n’ai rien vu venir. Je ne
fais pas ce bilan pour régler des comptes,
je ne parlerai donc pas de la forme. Mais
sur le fond, ça n’a rien d’étonnant. Pour
être tranquille il suffit de gérer les seules
affaires d’ordre administratif ; on prend les
événements comme ils viennent et on
applique les statuts. C’est une tâche
nécessaire qui s’apparente à l’entretien du
véhicule, mais pas au pilotage. Ce dernier,
pour poursuivre la métaphore, est du
ressort du Conseil d’Administration. Je
rappelle à ce sujet que statutairement le
président d’une association est là pour la
représenter et pour faire appliquer les
décisions dudit Conseil. Le reste, il se
l’octroie ou on le lui laisse prendre. Pour
ma part, je n’ai jamais rien décidé ni
dépensé qui ne fût voté par le C.A.
Les réunions étaient parfois houleuses,
mais c’est là l’une des conditions d’exercice
de la démocratie. Les propositions se distinguent des diktats en ceci qu’elles suscitent des
oppositions. Cela est à l’évidence utile tant que ces dernières font office de contre-propositions et
ne deviennent pas elles-mêmes des diktats en faisant du blocage systématique leur seule raison
d’être. Or c’est exactement ce qui se passait. Nous étions dans une situation difficile, ce n’était pas
la première fois, mais nous n’étions certainement pas au bord de la catastrophe ; et si tel avait dû
être le cas, cela ne l’eut pas été pour des questions financières, mais pour des questions morales,
J’ai pour principe de ne jamais mêler mes responsabilités syndicales et mes sentiments personnels, mais j’avoue que j’ai le plus grand
mal à masquer l’état d’hébétude dans lequel me laisse cette réunion.
Nous avons alors un déficit record de 28 000 €, (dont le voyage en Russie ne représente pas le quart) la venue des stagiaires russes
doit nous rapporter au moins 30 000 € ainsi qu’une clientèle de collectionneurs à laquelle aucun d’entre nous n’a jamais eu accès, et
nous refusons d’un trait cette opportunité parce que le seul partenaire qui peut prendre en charge l’opération n’a pas l’honneur de
plaire à certains… Nous sommes au moins quatre membres de la Chambre à avoir travaillé pour la Maison Kohn et que je sache,
aucun n’a jamais eu à s’en plaindre. Les expertises ont été publiées intégralement et les honoraires payés sans difficultés. Les critiques
les plus radicales viennent de personnes qui n’ont jamais expertisé, non plus qu’acheté ou vendu dans cette étude, mais qui ont
toutes connu quelqu’un qui lui-même a connu quelqu’un… On connait la chanson… Comme j’envie la confortable paresse
intellectuelle des gens sûrs d’eux… Dans ces salons, la réputation est plus forte que les faits, et comme bien souvent les indécis se
rangent aux côté des plus bruyants. La C.N.E.S. ne fait pas exception en étant alourdie par deux types d’inertie : l’indifférence ou
l’apathie d’une majorité prise par ses propres préoccupations, on le comprend, se sentant peu concernée par les actions de la
Chambre et donc peu instruite de leur élaboration et une élite autoproclamée qui finalement ne représente qu'elle-même en se
prétendant les gardiens vertueux d'un temple livré aux mains des barbares; ou plutôt des gauchistes... Oh ce mot !... Vite mes sels!
Tiens on titrera: le Nouveau Testament de Lénine. Il faut savoir faire plaisir...
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tant l’ambiance était devenue délétère. Si quelqu’un avait eu au moins la franchise et le courage de
se présenter au suffrage de ses pairs, j’aurais trouvé la chose tout à fait normale. La compétition est
une des conditions de la démocratie. Mais il n’en était rien.
À la rentrée 2012, les critiques idéologiques étaient devenues de lourdes charges ad hominem. En
passer les détails n’équivaut pas à embellir la façade institutionnelle de la Chambre, au prétexte de
préserver l’image de je ne sais quel esprit maison, mais à considérer que les faits sont révolus et que
ce qui en demeure, aussi douloureux soit-il, relève de la sphère privée. Qu’il me soit cependant
permis d’ajouter que les témoignages d’amitié que j’ai pu recevoir à cette époque m’ont été d’une
aide beaucoup plus importante que ne pouvaient sans doute l’imaginer ceux qui me les faisaient
parvenir…
La paix des braves, enfin ?
Non ! Avec les braves, j’étais déjà en paix.
Mais je ne pouvais pas continuer d’assumer mes responsabilités à la C.N.E.S. avec la moitié du
bureau qui s’ingéniait, entre autre, à porter des critiques continuelles et à répandre de fausses
informations. L’équipe est en partie renouvelée au congrès de Paris 2013, et en quelques mois tout
change ! Un nouveau bureau et l’entrée de nouveaux administrateurs semblent redonner à notre
Chambre ce qui lui manquait tant : de la volonté et de l’enthousiasme.
Qu’on en juge :
En moins de trois ans, la C.N.E.S. entre au Conseil d’administration de l’Union Nationale des
Métiers d’Art, présente ses travaux, ses services et ses compétences au Salon du Patrimoine où un
stand lui est régulièrement réservé. Notre site internet a été entièrement refondé, il se trouve
actuellement en première page des moteurs de recherche. La revue Métis représente le bulletin de
liaison le plus élaboré que nous n’ayons jamais eu. Un partenariat s’organise avec l’École Nationale
des Chartes ; un autre avec Drouot en tant que membre de la commission d’expertise et en suivant
avec Drouot Formation pour l’organisation de stages communs. Paroles d’expert va en être à sa
vingt-cinquième conférence, entre le musée de Toulouse et celui d’Avignon, nos statuts et notre
règlement intérieur viennent d’être modernisés et la collection Écrits d’Experts dédiée à la
publication papier des meilleurs mémoires sort ses premiers volumes.
Pour une Chambre dont les bonnes langues expliquaient qu’elle était en faillite et qu’elle aurait
disparu avant 2015, il y a peut-être de quoi retenir ses larmes.
En suivant l’ordre des questions formulées au début, il semble qu’il y ait donc beaucoup à
espérer ?
Pas sans effort.
S’il faut savoir choisir entre se reposer et rester libre5 l’avenir de la C.N.E.S. n’est pas reposant.
Beaucoup à faire, on le voit, et beaucoup à espérer, sans doute... À condition d’être capables de
nous prendre en charge.
Les stages on le sait, restent un de nos avantages comparatifs les plus importants. L’équipe qui en
a conservé la responsabilité en maitrise parfaitement l’organisation et la logistique. Il y manque à
l’évidence une équipe pédagogique. Mais ce n’est pas de leur ressort et il nous revient à tous de la
développer. Une réciprocité de services, à construire avec nos différents partenaires, nous
permettra sans doute de donner à cet outil les moyens de se perfectionner. Est-ce parce que nous
n’en connaissons pas encore les modalités que nous ne devons pas en avoir l’ambition ?
Nos économies nous mettent au moins à l’abri des difficultés actuelles, et si nos bilans financiers
sont encore déficitaires, c’est par la difficulté à recouvrer les cotisations. Problème récurrent, mais
5
Thucydide, Histoire de la guerre du Péloponnèse.
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de plus en plus préoccupant. Est-ce que la négligence ou la mauvaise foi évidente de certains doit
masquer les méventes et le manque de perspectives de beaucoup d’entre nous ?
Nous vivons une époque où tout est possible, et tout à craindre. Tout à craindre parce-que
l’évolution du marché de l’art se fait à l’extérieur de notre territoire historique. On peut toujours
ruminer en regardant passer le train, la révolution numérique et ses conséquences, dont la
mondialisation, ont rendu ce processus à l’évidence irréversible. Mais cette révolution, en
déstabilisant les bases mêmes de notre culture professionnelle, nous ouvre des perspectives qui
n’ont jamais été aussi vastes… et aussi incertaines. Cela dépend de nous et des facultés d’adaptation
que nous sommes capables de mettre en œuvre.
Le rapport Hiscox 2015, dépassent ses prévisions précédentes, et fait état d’une croissance annuelle
de 68% du marché de l’art en ligne. Certes, comme tout marché émergeant il atteindra une vitesse
de croisière moins vertigineuse, mais il est mondial ; et internet est un outil à la portée de tout le
monde !…
La C.N.E.S. représente près de 300 professionnels compétents. Est-ce qu’on se rend compte de la
puissance que peut développer une telle synergie ? Est-ce qu’on peut imaginer par exemple, qu’une
plateforme de ventes en ligne, publiques ou privées, alimentée par 300 spécialistes ne relève pas
seulement du fantasme ?
Le professionnalisme de chacun, tant du point de vue de la connaissance des objets que des
exigences déontologiques, constitue l’atout majeur d’une telle entreprise. Elle représente l’avenir ;
parce qu’elle est à la portée de chacun, à condition que chacun comprenne que son intérêt propre
passe par l’intérêt commun, et que ce dernier n’est pas un frein à l’ambition personnelle, mais une
base.
Il nous faut mettre en commun ce qui nous donne de la force, pour conserver la liberté de cultiver
en propre ce qui nous donne de l’originalité…
Et du plaisir !
Bd, suite…
La double page de fin du Sceptre
d’Ottokar, propriété du chanteur
Renaud, adjugée 1,04 million d’euros
chez Artcurial, avril 2016.
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Pourquoi présenter ma candidature à
la présidence de notre Chambre ?
Être Président d’une association, c’est accepter de
prendre des responsabilités et de travailler
bénévolement, pour promouvoir une activité, des
valeurs, des idées malgré parfois des turbulences.
Il n’y a pas de portrait type d’un Président
d’Association. Il peut être volontaire, charismatique,
entreprenant, conciliant, humble et tout cela peut bien
entendu se lire au féminin.
Tout comme vous, j’ai choisi ce métier par passion. On
constate depuis quelques années, que dans un contexte
de rapide transformation de notre profession, il faut
sans cesse évoluer, avancer, se remettre en question
essayer de s’en sortir. Je suis toujours en activité et je
comprends ces préoccupations, les connaissant moimême.
Concernant notre Chambre, je n’ai aucune ambition personnelle et je suis attachée viscéralement à
la notion de transmission. Participer à la formation des femmes et hommes experts de demain est
une tâche exaltante.
Pour avoir assisté notre responsable des examens depuis de nombreuses années et contrairement à
ce qui est dit, nous ne sommes pas en pénurie de talents, bien au contraire, il suffit de participer
aux stages proposés par notre institut de formation et d’assister aux interventions de nos experts
ou élèves-experts pour apprécier la qualité de leurs connaissances chacun dans son domaine. Nous
en ressortons tous enrichis tant sur le plan de la connaissance que sur l’échange humain.
Nous en avons la preuve à chaque fois. C’est la force de notre Chambre qui ne cesse de se
développer. Nous resterons dans cette voie de qualité, des savoirs et nous ne laisserons pas de place
à la médiocrité professionnelle. Pour ce faire, il faudra à chaque stage consacrer un moment à la
pédagogie.
Nous devons également être vigilants et ne pas vendre notre cerveau et nos connaissances à des
acteurs qui en tirent profit pour un pourcentage dérisoire mais une responsabilité totale.
Par les compétences acquises à la Chambre, l’esprit critique, la créativité et l’autonomie sont
essentielles dans une société qui s’appuie sur la valeur de la connaissance, car à une heure où les
dossiers deviennent extrêmement techniques, notre responsabilité de plus en plus engagée il nous
appartiendra de mettre en place des procédures claires et transparentes d’information de
concertation et de décision. Bien sûr nous sommes tous happés par des tâches chronophages qui
nous empêchent de bien faire nos métiers, mais nous devons, tous ensemble, rester maîtres de notre
destin.
Avancer, évoluer et construire ensemble
Il est indispensable de continuer à accueillir des nouvelles spécialités d’experts qui font depuis des
siècles la renommée du patrimoine si riche de notre pays mais aussi d’aujourd’hui comme la BD, le
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street-art, l’automobile et cycles de collection…. quand on voit les prix sur le marché, cela nous
laisse rêveurs.
Je vais essayer d’européaniser encore plus notre Chambre en multipliant ou consolidant nos
relations avec les associations homologues ou proches sans renoncer à notre spécificité et je
proposerai également de l’internationaliser ce qui me semble inéluctable aujourd’hui. Nous avons
déjà des confrères et bureaux en Chine, à Moscou, à New York.
Il faut s’ouvrir et pour cela COMMUNIQUER, nous faire connaître encore et encore. N’est-il pas
un outil fabuleux aujourd’hui que le net et ses réseaux sociaux ? Il faut développer toujours plus.
Aussi dans nos régions, la presse, notre présence sur les salons, les ventes, les conférences, les
expositions, lors de nos réunions régionales….
Pour cela il faut avancer et construire ensemble, fédérer des énergies.
Il m’importe aussi de pouvoir poursuivre les actions qui ont été engagées au cours des dernières
années et renforcer les liens sur les dossiers aussi importants que les partenariats institutionnels
comme l’École des Chartes, les centres de recherche, le salon international du patrimoine, le salon
international des livres rares et estampes, les relations avec les autres Chambres, notre institut de
formation… et tous les groupes de projets déjà menés bénévolement par certains de nos membres
seront encouragés à continuer, développer en améliorant d’année en année.
Bien sûr il y aura des critiques, il y en a toujours et elles sont nécessaires à condition qu’elles nous
fassent avancer. Les visions étriquées ou la nostalgie d’un âge d’or révolu ne font naître aucune
proposition précise.
Je vais essayer de me rendre dans les régions afin d’ouvrir des dialogues surtout avec les élèvesexperts qui n’osent pas faire appel à la Chambre par timidité ou fausses idées car on entend tout et
beaucoup de bêtises. Je ferai mon possible pour rétablir la réalité afin d’éviter les «on-dit» ou
calomnies.
Notre secrétariat en la personne d’Alexandra est toujours à votre écoute et transmet vos questions
à toute l’équipe administrative que je côtoie depuis un certain nombre d’années et dont on peut
saluer ici l’efficacité et le dévouement.
S’appuyer sur des déclarations rhétoriques qui promettent de satisfaire tout le monde n’entre pas
dans ma conception de l’action politique, elle s’appuie à mes yeux sur une organisation du travail
en équipe que nous devons améliorer. Chaque administrateur, élu par vous, aura une tâche à
accomplir durant son mandat. Il devra donner rapport de ses interventions, recherches,
participations et résultats à chaque CA ; comme le font déjà les Présidents de régions.
Peut-être certains pensent qu’avec une femme ce sera difficile. Sachez qu’en examinant les origines
de l’Homme, des chercheurs américains ont fait une découverte rassurante. Leurs résultats
suggèrent que les hommes sont apparus en même temps que les femmes ; et pas bien plus tard
comme des études antérieures l’affirmaient… (Ouf !)
Et comme dit le poète : la femme est l’avenir de l’homme…
Oui, mais avec lui.
Geneviève BAUME
Présidente de la région Centre
Vice-Présidente de la C.N.E.S.
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Plus me plaît…
…Plus mon Loire gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur angevine.
Joachim du Bellay, 1558
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Congrès à Angers
30, 31 Mai et 1er Juin 2016
Programme
Lundi 30 mai 2016
11h00 Accueil des congressistes à la Brasserie du Théâtre, 7 place du Ralliement
12h00 Déjeuner à la Brasserie du Théâtre, 7 place du Ralliement
14h00 Conférence–examen d’Arnaud Huppé-Chambon, à la Brasserie du Théâtre
Les ivoires sculptés Nayaks d’Inde du Sud du XVIème au XVIIIème siècle
15h30 Visite du Musée Jean Lurçat, 4 boulevard Arago
Le plus grand ensemble de tapisseries contemporaines : Le Chant du Monde de Jean Lurçat
dans l’Hôpital Saint Jean.
17h00-19h00
Réunion des élèves-experts à la Brasserie du Théâtre, 7 place du Ralliement
19h30 Dîner au restaurant « La Romanerie », 48 boulevard de la Romanerie à Saint Barthélémy d’Anjou
- Tables rondes avec présentation d’objets
- Soirée dansante
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8h30
Mardi 31 mai 2016
Assemblée Générale
Hôtel d’Anjou, 1 boulevard du Maréchal Foch
12h30 Déjeuner
Restaurant « Monument Café » dans le logis du gouverneur au Château
d’Angers, 2 Promenade du Bout du Monde
15h00 Visite des Tapisseries de l’Apocalypse au Château d’Angers
Le plus grand ensemble de tapisseries médiévales du XIVème siècle
Encore
quelques places,
inscrivez-vous vite
!!!!!
comptons
Inscription au Congrès en cliquantNous
ici
sur vous…
18h00 Visite d’une collection privée
20h00 Dîner de Gala aux Salons Donadieu
18 rue Donadieu de Puycharic
Mercredi 1er juin 2016
10h00 Visite du Château princier de Serrant
12h30 Déjeuner au Château de Serrant
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Mobilisation contre le trafic de biens culturels
Depuis que les extrémistes ont été expulsés de Palmyre, toute l’étendue des
dommages causés au site syrien du patrimoine mondial se révèle ; des preuves de pillage soulignent
l’importance de maitriser le commerce illicite des biens culturels afin de préserver le patrimoine.
Les participants à la journée de tables rondes, qui s’est déroulée le 30 mars dernier, se sont accordés
sur la responsabilité éthique de tous les acteurs du marché international de l’art pour veiller à ce
que leurs actions, en tant que vendeurs et acheteurs, ne contribuent pas à un commerce illégal qui
prive les peuples des différentes régions du monde de leur patrimoine, un problème
particulièrement prégnant dans les pays en conflit. À cette fin, tous ont reconnu que la
responsabilité des États est tout aussi prépondérante.
La cité antique de Palmyre en Syrie, filmée le 26 mai 2015. - AP/SIPA
Malheureusement, Palmyre n’est pas la seule victime du pillage, un fléau qui affecte de nombreux
autres monuments, sites archéologiques, musées et collections dans les zones de conflit.
Ouvrant les débats, Francesco Bandarin, Sous-Directeur
général pour la culture de l’UNESCO, a souligné que le trafic
illicite d’objets culturels détruit les repères des civilisations et des
identités, en même temps qu’il finance le terrorisme et représente une
menace pour la sécurité. Il est également préjudiciable à la réputation
du marché de l’art. Pour lutter sévèrement contre cela, nous devons
coopérer. Il est dans l’intérêt des professionnels du marché de l’art
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d’autoréguler leurs activités et il est dans l’intérêt des États de renforcer leurs politiques pour lutter contre le trafic
illicite. Plus que jamais le marché de l’art doit être particulièrement vigilant afin de vérifier la provenance des objets
archéologiques venant de pays en conflit comme l’Irak et la Syrie, mais aussi la Libye, le Mali et le Yémen.
L’UNESCO et le Conseil des Ventes Volontaires, autorité de régulation des ventes aux enchères
publiques en France, ont organisé cet événement qui a réuni des représentants du marché de l’art
(professionnels des plus grandes maisons de vente aux enchères, des fédérations internationales et
européennes des maisons de vente, des groupements nationaux, des syndicats d’antiquaires et
d’experts…) , des musées, des organisations telle qu’INTERPOL, l’Organisation Mondiale des
Douanes, l’Équipe de Surveillance du Conseil de sécurité des Nations Unies l’UNODC,
UNIDROIT et l’ICOM mais aussi des représentants des gouvernements, ainsi que des juristes et
des spécialistes de la protection du patrimoine culturel. Tous ont convenu de la nécessité de
renforcer la coopération pour lutter contre le trafic illicite de biens volés dans des sites
archéologiques des musées et qui, de plus en plus, circulent sur les marchés internationaux et les
plateformes de ventes en ligne.
Les participants, après avoir évalué l’ampleur du défi à relever, ont reconnu que la sensibilisation
et la vigilance se sont améliorées au cours des dernières années, et que des lois et mécanismes tant
à l’échelle nationale qu’internationale ont été mis en place, telle la résolution 2199 du Conseil de
sécurité des Nations Unies, qui met en évidence le lien indissociable entre trafic illicite des biens
culturels et sécurité internationale. Mais les participants ont également noté que les trafiquants,
montent des opérations plus sophistiquées et que le crime organisé est de plus en plus impliqué
dans le trafic illicite de biens culturels, évalué entre 3,4 et 6,3 milliards de dollars par an dans le
monde, selon l’estimation de l’organisme américain, Global Financial Integrity.
Qualifiant l’économie du marché de l’art de spéculative, volatile et compétitive, le professeur
Françoise Benhamou a précisé que les trois principaux marchés à l’échelle mondiale, sont l’Europe, la Chine
et les États-Unis. La Chine, par exemple, occupait en 2014 la 2ème place derrière les États-Unis avec 29,50 %
du marché mondial de l’art équivalent à une valeur d’environ 8 milliards d’euros.
Les situations de conflit rendent les musées, les sites archéologiques et les institutions privées plus
vulnérables, tout en limitant la capacité des services de police et de douanes dans leur rôle de garant
du respect de la loi. Ali Ahmed Ali Farhan, Directeur général du département des objets saisis
(Égypte) a expliqué que les pillards de sites archéologiques profitent de l’instabilité en Égypte pour faire sortir du
pays les objets volés, cachés dans des camions - le problème trouvant sa source au niveau local Dans les pays de
transit, des certificats de transport sont ainsi délivrés et les objets entrent sur le marché comme biens culturels
enregistrés. De fausses factures et de faux certificats de provenance sont ensuite produits par le crime organisé.
Samuel Sidibé, Directeur du Musée national du Mali, a quant à lui, partagé quelques exemples de
partenariats réussis ayant conduit à des restitutions et a appelé à une coopération régionale accrue et à
renforcer l’application des lois dans les pays d’origine, de transit et de destination.
Les biens culturels volés passent de main en main et traversent de nombreuses frontières avant
d’arriver chez les marchands d’art avec des certificats de bonne provenance. Ces objets passent
parfois des années en transit ou hors du marché. Cela contribue à rendre le suivi, l’authentification
et leur restitution encore plus difficiles. Ces difficultés ont été illustrées par des exemples flagrants
provenant des musées égyptiens, maliens et turcs, ou fournis par des unités de polices italienne,
suisse et américaine spécialisées dans la protection du patrimoine culturel.
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Johannes Vermeer, Le concert, 1663, hst 72,5 cm x 64,7 cm.
Volé en 1990 à Boston, au Musée Isabella Stewart Gardner.
À ce jour, il n'a toujours pas été retrouvé.
L’importance capitale d’exercer un contrôle diligent de la vérification de provenance des biens
culturels a été tout particulièrement souligné. Corrado Catesi, INTERPOL, a indiqué que la base
de données sur les œuvres d’art volées de son Organisation est un outil essentiel au service de tous les
acteurs impliqués, y compris le secteur privé et Catherine Muganga, de l’Office des Nations Unies contre
la drogue et le crime, a rappelé aux participants qu’un manque de contrôle diligent peut entraîner des sanctions
pénales ou civiles.
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Selon Catherine Chadelat, le Conseil des Ventes Volontaires, dans son rôle d’autorité de régulateur
du marché, encourage vivement ses acteurs à se conformer non seulement aux réglementations en vigueur, mais à
aller plus loin et à prendre une responsabilité éthique personnelle.
Cecilia Fletcher, Sotheby’s, a souligné l’importance de la coopération et de la communication, en
ajoutant que l’approche des grandes maisons de ventes s’est considérablement améliorée au cours de la dernière
décennie en matière de normes de contrôle diligent, de vérification et de comportement éthique […] mais que d’étroites
relations de travail se sont également forgées avec les organismes chargés de l’application de la loi et les ministères de
la culture. Ceci est dans l’intérêt commercial des commissaires-priseurs, des vendeurs, des marchands et des galeristes
a-t-elle argué.
Pour compléter l’échange d’informations entre les acteurs impliqués, Jean Claude Gandur,
collectionneur d’art et Président de la Fondation Gandur pour l’Art, a ajouté que les collectionneurs et
les musées sont le dernier maillon de la chaîne et le plus important. Ils doivent être éthiques, proactifs et savoir à qui
s’adresser lorsqu’ils sont en possession d’objets douteux.
Les participants à la réunion ont convenu que, pour endiguer et mettre fin à ce fléau, une
sensibilisation, une coopération et une communication accrues entre les secteurs public et privé
sont une nécessité vitale. Ils ont recommandé une élévation du niveau de contrôle diligent de la
part notamment des acteurs du marché de l’art (marchands d’art, galeristes, plateformes de vente
en ligne et collectionneurs), le renfoncement des sanctions pénales, l’accroissement de la formation
destinée aux policiers et aux agents des douanes, et l’harmonisation des règlementations nationales
et internationales.
Emplacement libre du tableau de Matisse, volé au Musée Kunsthal,
Rotterdam, Pays-Bas. R. Van Lonkhuijsen. Reuters
Pour conclure, Mme María Vlazaki, Présidente du Comité Subsidiaire de la Convention UNESCO
de 1970, Mme Catherine Chadelat, Présidente du CVV, et Mme Mechtild Rossler, Directrice de la
Division du patrimoine de l’UNESCO, ont appelé tous les acteurs à travailler plus étroitement
ensemble dans l’objectif de prévenir le trafic illicite d’objets culturels, en particulier dans les régions
en conflit.
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Vie des Régions
PARIS – ILE de France
Dans le cadre des ateliers CNES, Frantz Fray souhaite organiser une conférence/démonstration
sur
LA RESTAURATION AU LAQUE D’OR KINTSUGI.
Cette technique d’abord utilisée sur les objets en céramique destinés à la cérémonie du thé fut
ensuite très répandue voire dévoyée lorsqu’elle fut utilisée sur des porcelaines européennes où elle
n’avait pas vraiment lieu d’être.
Cette intervention sera surtout axée sur le côté technique avec présentation des différentes étapes
de réparation, des produits traditionnels utilisés, d’objets restaurés, etc...
Pour définir une date, prendre attache avec [email protected]
PROVENCE – MEDITERANNEE
La région Provence-Méditerranée propose un programme de visites ponctuelles et informelles
(exposition, visite de vente publique spécialisée, collection et manifestations multiples et variées).
Arnaud Huppe-Chambon propose comme premier rendez-vous une visite de l’exposition Madoura
à Vallauris le vendredi 20 mai à 10 heures du matin, ou nous serons accueillis par Yves Peletier
expert Cnes et directeur du l’espace Madoura, à l’angle de la rue Ramiè et de la rue Gerbino.
Que les intéressés se manifestent auprès d’Arnaud au 06 12 05 24 18.
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Programme de l’École des Chartes
23 mai
cycle «Les grandes voix»
Philippe Contamine
La France et les Français aux temps médiévaux: quels sens attribuer à ces deux termes?
30 mai
cycle «Du rare à l’unique»
Le fantôme de l’Opéra
Martine Kahane
13 juin
La pathocénose
Joël Coste
cycle «Du rare à l’unique»
Parole d’Experts
Prochaines dates
En Avignon, le 1er samedi du mois
Musée Vouland à 17h
Pour cause de Festival d’Avignon, les conférences reprendront en Septembre
À Toulouse, le 2ème samedi du mois
Musée Paul Dupuy à 15h
11 Juin
9 Juillet
Geneviève BAUME
Corinne BESSON
La bague de fiançailles à travers les siècles
Bijouterie hellénistique et romaine de Mariemont
Tenez-nous au courant de vos nouveaux thèmes
de conférences !
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Parole d’Experts
OCCITANIE
14 Mai 2016
Grande date ! Tout d’abord choc de Titans…
Antide Janvier vs Hubert Sarton…
Le Parisien et le Liégeois… Les deux géants avaient leurs hérauts en la
personne de Michel Hayard, spécialiste reconnu d’Antide et Jacques Nève,
défendeur d’Hubert…
La visite de la collection d’horlogerie du musée Paul Dupuy de Toulouse fut
donc une régalade pour la dizaine de membre de la CNES, avec explications
de Michel, échanges entre nos deux férus de technique : analyse d’un détail mécanique astucieux
par Michel, ajout d’une anecdote par Jacques ou soulignement d’une courbe particulièrement
gracieuse…
L’après-midi, la conférence fut magistrale, à tous les sens du mot.
Biographie, mise en perspective historique, étude des différentes productions : l’alimentaire pour
financer la recherche et la création pour satisfaire son altesse celsissime Charles de Lorraine : nous
eûmes droit à un résumé de la vie professionnelle de H. Sarton, en définitive très similaire à celle
des artisans d’art d’aujourd’hui. Cette relation, ponctuée par l’étude typologique des différents
modèles : pendules squelettes, à un ou plusieurs cadrans, pendules de compagnie à cadran mobile et
autres régulateurs fut complétée par un aperçu esthétique des gaines, des bronzes et des cadrans
émaillés, le plus souvent le fait d’ateliers parisiens, en tout cas pour les pièces de prestige ; les
collaborations ayant pour nom Dubuisson, Cotteau, Chardin ou Merlet…
Précis comme un vaudois, disert comme un breton, notre ami belge emporta l’adhésion du public
et la CNES fut très fière de répondre à un auditeur souhaitant savoir si cette conférence était
complémentée par un ouvrage : que très bientôt, cela serait une réalité…
Ce sera, en effet, le volume inaugural de la collection Écrits d’Experts.
In Memoriam
Marc Lagrand nous a quittés.
C’était un type bien.
Il faisait autorité dans le domaine de la haute-époque. Il était membre des commissions d’experts à
la Biennale ou à Maastricht. Il a présidé la région parisienne pendant des années et ouvert sa porte
à tous ceux qui le sollicitaient. Dans sa galerie de la rue de Bourgogne, on croisait de beaux objets,
et du beau monde. On y organisait les examens d’entrée à la C.N.E.S. ou les examens finaux. On
peut dire finals aussi. Il avait le souci du détail mais ne cherchait pas à faire peur aux candidats. Bien
au contraire. Marc avait la discrétion des gens cultivés, l’élégance des gens bien élevés et la sensibilité
des gens qui aiment les gens. On est, je crois, nombreux à s’y être arrêter pour les voir, Catherine
et lui.
On y passait de bons moments…
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To be or not to be…
Caravaggio !
Judith tranchant la tête d’Holopherne, découverte par hasard dans la sous-pente d’une maison
toulousaine en avril 2014, fait débat auprès des experts. Alors que le cabinet Turquin attribue
l’œuvre au Caravage, un éminent spécialiste italien du caravagisme, Gianni Papi, penche plutôt pour
une exécution de la main de Louis Finson.
Du coup les vides-greniers locaux ont un nouvel attrait, et la moindre croûte fait l’objet d’examens
attentionnés…
Pour mémoire,
la version romaine visible à la
Galleria
nazionale
d’arte
antica…
Et vous ! Qu’en pensez-vous ?
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