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Résumés des communications
Ministère de la Culture
Tlemcen capitale de la culture islamique 2011
Centre National de Recherches Préhistoriques, Antropologiques et Historiques
Université Abou-Bekr Belkaid-Tlemcen
Résumés des Communications
Colloque international
Retentissement de l’œuvre de
Mohammed Dib
Au nouveau Palais de la Culture d’Imama -Tlemcen
Les 14,15 et 16 Mai 2011
03,rue F.D.Roosevelt,Alger
www.cnrpah.org
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Résumés des communications
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Résumés des communications
Problématique
L’œuvre de Mohammed DIB est considérée en Algérie comme une référence de tout
premier plan; et elle est en France et dans le monde suffisamment connue et reconnue
pour être également une référence. Cette œuvre affiche une triple singularité :
celle d’être en Algérie, comme ailleurs, placée au premier rang des œuvres algériennes
de langue française ;
celle d’être, en Algérie, acceptée tout à la fois par les francophones, les arabophones
et les berbérophones ;
celle d’être reconnue dans son «algérianité» par tous les lectorats, alors qu’elle est
formulée en français.
Si nous nous référons aux nombreux travaux qui lui ont été consacrés, nous pouvons
en effet constater que, de tous les romanciers maghrébins, Mohammed DIB est sans
doute l’écrivain dont la production- par les interrogations multiples qu’elle véhicule et
sous tous les aspects où elle se manifeste- arrive à assumer en le dépassant cet apparent
paradoxe : celui d’être à la fois résolument moderne et inscrite dans une démarche
universaliste en même temps que d’être fortement rattachée, fortement ancrée dans
le contexte à partir duquel elle a pris son envol.. L’auteur affirme d’ailleurs lui même
à ce propos qu’une œuvre n’a de valeur que « dans la mesure où elle est enracinée,
où elle puise sa sève dans le pays auquel on appartient. »1
A cet effet, la réflexion que nous nous proposons de conduire au niveau de ce
colloque cherche à mettre au mieux en valeur la place qu’occupe l’œuvre majeure de
cet écrivain dans le patrimoine tlemcénien, afin de ménager une bonne articulation
avec les autres rencontres qui marquent l’année Tlemcen capitale de la culture islamique.
Autrement dit, le travail d’analyse que nous menons sur Dib - figure éminemment
emblématique de Tlemcen – vise en premier lieu à montrer comment l’auteur opère,
à travers son écriture, la prise en charge dans une langue d’importation associée à la
modernité, un héritage islamique et populaire qui plonge ses racines dans une histoire
séculaire. Il nous a donc paru important de mettre l’accent sur l’inscription de cette
œuvre dans l’épaisseur sociohistorique et culturelle qui caractérise ses « premiers lieux
d’écriture » (selon ses propres termes), pour dire combien les valeurs qui en émanent
sont fondatrices du parcours de l’auteur. Mais il nous a semblé tout aussi essentiel
de montrer comment cette même œuvre, s’offrant comme espace de réactualisation
permanente des grandes valeurs humanistes qui l’ont fondée, accède à l’universalité
et assure à son dire une constante actualité. Car c’est par et dans cette démarche
d’ouverture que Dib retrouve la spécificité de la civilisation musulmane des siècles
d’or et son aptitude à ingérer et transformer les richesses intellectuelles et culturelles
1 - Mohammed Dib cité par Jean Desjeux in La littérature Algérienne contemporaine PUF 1975.
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Résumés des communications
des pays où elle s’est implantée à la faveur de la propagation du message coranique.
C’est dans cet esprit que l’ensemble des travaux que nous proposons, sous des
formes d’expression diverses, visent essentiellement à mettre en évidence la portée très
symbolique d’une œuvre à la fois profondément ancrée dans un humus maghrébin
islamique et, en même temps, résolument inscrite dans une modernité telle qu’elle se
mondialise depuis les conquêtes coloniales au XIX ème siècle.
Ce qui nous permet, en partant de l’exemple de l’écriture dibienne et en l’élargissant
à l’analyse d’autres productions littéraires qui marquent notre paysage culturel, de
revisiter les arcanes d’un travail de traduction consubstantiel, certes, à toute écriture
littéraire mais que des écrivains comme les nôtres, vivant dans deux langues et écrivant
pour certains dans une seule, mettent en œuvre de façon plus affichée. Un défi, bien
évidemment induit par une situation particulière (celle de l’entreprise de déculturation
propre à la colonisation) mais qui n’en fait pas moins l’extraordinaire inventivité de
cette littérature. Son inépuisable richesse aussi, dans la mesure où elle puise la sève
dont elle se nourrit à deux sources linguistiques et culturelles. Tout au moins deux
sources immédiatement identifiables. Car d’autres sucs venant du lointain des âges
ou captés dans l’arpentage d’autres contrées (imaginaires ou réelles) ajoutent leurs
parfums particuliers au mélange savamment élaboré par nos écrivains. Et ce, pour le
plus grand bonheur de tous les lecteurs avides de faire leur miel de l’ensemble du legs
humaniste et universaliste des littératures du monde.
Enfin, et toujours dans le même esprit, nous précisons également que le Comité
Scientifique chargé de l’organisation du colloque a tenu à harmoniser ses activités avec
la remise du Prix Littéraire Mohammed Dib organisé par l’association « La Grande
Maison » de Tlemcen.
L’objectif est que ce colloque-hommage à une grande œuvre accompagne une
cérémonie devenue, depuis 2003 et la première remise du prix par Monsieur le
Président de la République, un important rendez-vous de la ville de Tlemcen. Ce
prix, placé symboliquement sous le nom du grand écrivain a été créé en 2001 par
l’association La Grande Maison de Tlemcen. Son attribution, cautionnée par un
jury international placé sous la présidence de Mme Naget Khadda, a pour objectif
d’encourager la jeune littérature algérienne. Trois sessions ont déjà été organisées,
elles ont été adressées à de jeunes écrivains de langue française, langue d’écriture de
Mohammed Dib. Or, l’organisation à Tlemcen d’une grande manifestation culturelle
en 2011, visant à mettre en valeur l’épaisseur et la diversité de notre patrimoine
socioculturel et philosophique, a offert aux organisateurs l’opportunité de donner à
ce Prix la dimension qu’il se doit d’avoir pour répondre pleinement à la symbolique
qui le porte, en l’élargissant à une participation arabophone et berbérophone. Afin
de mieux répondre à l’esprit de l’auteur qui en a inspiré l’existence, le Prix Littéraire
Mohammed Dib est désormais un espace de promotion de toute la jeune écriture
algérienne quelle que soit sa langue d’expression.
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Résumés des communications
Aussi, dans un souci d’harmonie, à la fois avec la problématique générale Tlemcen
capitale de la culture islamique et ce qui fait le particularisme de l’œuvre dibienne
avec la symbolique qui s’en dégage, en écho avec toutes les activités inhérentes à
Dib et indexées sur cette même problématique; nous avons choisi de consacrer une
part importante des travaux du colloque à la question du plurilinguisme. Nous nous
proposons, à cet effet, d’entraîner l’auditoire dans un voyage dans (et entre) les langues
qui structurent les pratiques d’écriture littéraire en Algérie. Occasion de réfléchir, ce
faisant, sur la base de notions élémentaires telles que mémoire, héritage, identité,
altérité, échange, ancrage, polyphonie etc., à la diversité séculaire qui constitue
notre imaginaire mais aussi à la conquête de nouveaux territoires ... L’objectif de ce
colloque sera donc, dans un premier volet, de démontrer qu’à l’instar de ce que nous
offre l’œuvre dibienne, le travail littéraire est un laboratoire d’échanges culturels et
linguistiques où se négocie une construction d’identité toujours en transformation.
Sous le double intitulé : Dib et la bi-langue et Dib et les écrivains de la bi-langue, trois
axes d’intervention se dessinent ainsi:
La langue sous la langue
Traduction du culturel
Navigation entre les langues
Sabeha BENMANSOUR
Naget KHADDA
Khaoula TALEB IBRAHIMI
En complémentarité à ce travail d’analyse, nous ouvrons, sous forme de tables
rondes, l’espace de réflexion aux écrivains, puis à leurs traducteurs. Les thématiques
sont exposées en fin des résumés.
Première table ronde: L’écriture est-elle par essence une traduction? Deuxième table ronde: Pratiques de traduction
Troisième Table Ronde: L’Aube Ismael- Hommage à la Palestine
L’hommage à Dib sera introduit par la cérémonie de remise de
prix Mohammed Dib, quatrième session.
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Résumés des communications
Theme
The work of Mohammed DIB is considered in Algeria as a reference to the forefront,
and it is in France and internationally known and recognized enough to also be a
reference. This work shows a triple singularity :
that of being in Algeria placed as elsewhere, the leading Algerian French-language
works;
That of being in Algeria at once accepted by the Francophone, the Arabophone
and Berberophone.
That of being recognized in it algerianity by its entire readership, though it is
written in French.
If we refer to numerous studies that have been spent, we can indeed see that of
all North African novelists, Mohammed DIB is without doubt the writer whose
production, through the multiple questions that vehicle and in all aspects where
it occurs, succeed to take in the excess of this apparent paradox: that of being
both modern and placed in a universalist approach at the same time to be strongly
connected, strongly anchored in the context from which it took off… The author also
asserts himself in this connection that a work has value only “insofar as it is rooted,
where it draws its sap in the country to which it belongs”.2
To this end, the thinking that we intend to drive at this conference seeks to bring
the best value and the place of the major work of this writer in Tlemcen heritage, to
provide good links with other events that mark the year Tlemcen capital of Islamic
culture.
In other words, the analysis work that we carry on Dib - highly symbolic figure of
Tlemcen - primarily aims to show how the author works through his writing, support in
a language of importation associated with modernity, an Islamic heritage and folklore
which has its roots in ancient history. It therefore seemed important to emphasize the
inclusion of this work in the socio-historical and cultural depth that characterizes his
“first scene of writing” (in his own words) to say how much the values ​​that emanate
are founders of the route of the author. But it seemed equally important to show how
this same work, offering itself as a space of continuous updating of the great humanist
values ​​which they are based on, takes its universality and ensures a constant current.
For by and in this open approach that Dib finds the specificity of Islamic civilization
of centuries of gold and its ability to ingest and transform the intellectual and cultural
riches of the country where she has settled in favor of propagation of the Qur’anic
message. With this in mind that all the work that we propose, under various forms
of expression are ultimately intended to highlight the very symbolic significance of a
work at once deeply rooted in Islamic Maghreb and humus, at the same time, firmly
2 - Mohammed Dib cited by Jean Deseux in La Littérature Algérienne Contemporaine PUF 1975.
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Résumés des communications
placed in a globalizing modernity as from the colonial conquests in the nineteenth
century.
This allows us, using the example of Dibian writing and extending the analysis
of other literary productions which mark our cultural landscape, to revisit the
intricacies of translation work consubstantial, of course, any literary writing but
writers like ours, living in two languages ​​and writing, for some, in one, implement a
more displayed. A challenge, of course induced by a particular situation (that of the
company deculturation fit for settlement), but nevertheless makes the extraordinary
inventiveness of this literature. Its inexhaustible wealth, too, insofar as it draws the
sap they feed two linguistic and cultural sources. At least, two readily identifiable
sources. For, other juices from the distant ages or captured in the survey of other
countries (imaginary or real) to add their special blend flavors expertly prepared by
our writers. And that, to the delight of all readers eager to make their honey from the
entire legacy of humanist and Universalist world literatures.
Finally, still in the same spirit, we also point out that the Scientific Committee
responsible for organizing the symposium held to harmonize with the Literary Award
Mohammed Dib organized by the association “La Grande Maison” of Tlemcen.
The goal is that this symposium-tribute to a great work accompanies a ceremony that
became, since 2003 and the award by the President of the Republic, an important rendezvous
of the town of Tlemcen. This award, placed symbolically in the name of the great writer
was established in 2001 by “La Grande Maison” of Tlemcen. This award, endorsed by
an international jury chaired by Mrs Naget Khadda, aims to encourage young Algerian
literature. Three sessions have already been organized, they were sent to young writers in
French language, the language used by Mohammed Dib. However, the organization in
Tlemcen of a major cultural event in 2011 to showcase the depth and diversity of our sociocultural heritage and philosophy, gave the organizers the opportunity to give this price
dimension that it must have to fully address the symbolic carrier, extending it to Arabic and
Berber participation. To better meet the intent of the author who inspired the existence,
Mohammed Dib Literary Prize is now an area of promoting all the young Algerian writing
whatever its language of expression.
Also, for the sake of harmony, both with the general problematic Tlemcen capital of Islamic
culture and what makes the particularity of the Dibian work and symbolism that surrounds
it, and echoed in all activities inherent in Dib and indexed on this same issue, we chose to
spend at the conference an important part of our work the question of multilingualism. We
propose to this end, to lead the audience on a journey into (and between) the languages ​​
that structure literary writing practices in Algeria. Opportunity to reflect, in doing so,
based on fundamentals such as memory, heritage, identity, otherness, exchange, anchor, etc.
polyphony, etc. Diversity is our secular imagination but also to conquer new territories…
The objective of this symposium will be in a first phase, to demonstrate that, like what
the Dibian work offer to us , literary work is a laboratory for cultural and language exchange
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Résumés des communications
where a construction identity always in transformation is negotiated. Under the dual title:
Dib and bi-lingual and Dib and writers of the bi-lingual, three areas of intervention are
emerging as well:
-The language in the language.
-Translation of the cultural.
- Navigation between languages .
Complement to this analysis, we open the form of two round tables, space of
thinking to the writers and then to their translators in the following topics:
First Round Table: is writing essentially a translation?
The reflection will bring us into the world with two faces drawn by our writers
bilingual (or trilingual), whose precursor has been patented for contemporary Algeria,
Rachid Boudjedra, who explored the possibility of writing in two languages ​​(Arabic
and French) alternately and retroactively. Other writers have followed as Merzak
Bagtache, Mohamed Sari Waciny Laredj, to name a few. And it came back to our
mind the early 20th century the very first French-language Algerian writers were
mostly bilingual writing either perfect (or nearly) sometimes in Arabic, sometime
in French. We can therefore legitimately ask ourselves, about the relationships that
can link the two writing experiences and the network of intertextuality that grows
between them. The author may rewrite his work in another language or write two
original works in two different languages, he emerged as the prime contractor of a
polyphonic writing necessarily that invites the reader to move in an area marked
immediately by the opening of the Other, his inquiry, dialogue with him or even
conflict, controversy, protest etc..
Second Round Table: Translation Practices
The more conventional way, or at least most traditional and most commonly used
for further explored is that of translation. We refer to the translation of literary works
not done by authors themselves but by licensed translators. To take the example of
Algeria, for several years, Marcel Woods has completed the translation of written
Arabic to French and some of us may have discovered Benhedouga Abdelhamid or
Taha Ouettar thanks to its translations.
But we will also take into account in our thinking the more recent attempts both
navigation from one language to another and translation (into Arabic and / or French)
when it comes to writers of Tamazight language but also to these two languages ​​into
Tamazight. Finally, it would be interesting not to ignore the occurrence in our field
the literary experimentation of Nabil Fares when he inserted fragments writing in
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Résumés des communications
Spanish in the plot of his novels in French or, even more unexpected the adventures
of a writer (Amara Lakhous) formed to writings in Arabic, moving to writing in
Italian and is translated into French ...
Anyway, all these back and forth from one language to another, invite us to travel
in the North African imaginary in its cultural diversity and its secular conquest of
new territories. In this multidirectional trip, Dib will remain a major and highly
symbolic figure.
This assertion brings us to last spring, and in a more specifically focused on the
work of Dib, two points which, in their complementarities, will show how, in his
quest for an essential truth of the world, the writer has combined in a thick historical
roots, social and cultural opening-up and everything that makes the news, making
“first place” of writing, a place of observation and statement of general values, which
gives this speech eminently Algerian a universalist scope.
- A first strand of thought start from the poetic narrative l’Aube Ismael published in 1996
in Tassili editions and reissued in 2001 by Ed Barzakh in a bilingual version (French text of
Mohammed Dib-Arabic translation of Hakim Miloud). To introduce the discussion:
A dramatized reading of L’Aube Ismael will be offered in both languages ​​by the
Theater Workshop of the association La Grande Maison, led by Kara Slimane Fewzi.
A Round Table under the heading: l’Aube Ismael Tribute to Palestine
The trigger for the vehement and pathetic Dibian protest is clearly written in the text:
the Palestinian children intifada struggling with oppression unparalleled. The shape
given to this testimony is praise: a mother’s prayer opponent of barbarism in its raw
state the ultimate degree of pacifism. Response of the same order as that of the stone
spear gun. Therefore, we have here the epitome of homminiscence process, to use the
neologism in which Michel Serres refers to this long journey of endless ‘becoming
human’. So what better case for display in the face of the world the inalienable rights
of Palestinian children to life. But are silent prayers and praise is a song more than a
cry ... She can lull pain and nourish hope; it cannot cover the noise of the guns and
the groans of the tortured. While art may face cruelty? Question as old as the world!
Only save the oppressed from despair and savagery. Only track the possible spark
of humanity lurking in the depths of the oppressor. . It probably makes sense that,
under the pen of Dib, the new form of engagement as man and poet, the new form
is the manifestation of his affiliation to a civilization and a history, it adopts new way
to post itself at the heart of tragedy.
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Résumés des communications
The second component specifies the anchor of the Dibian work in the basement
philosophy and culture by studying a set of traces that are flush with the surface of
the text and announced by the thinking that a show will be performed “Lights and
Sounds” to be proposed at the symposium about Sufism organized by CNRPAH in
December 2011, under the title The mystical quote in the work of Mohammed Dib,
which is going to be headed by Mrs. Naget KHADDA. The choice of texts is given
to Mrs. Amina Bekkat and Mrs. Bererhi Afifa.
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Résumés des communications
Anne ROCHE
Université Aix – Marseille – France
[email protected]
00.33.4 91.761.3 52
Insertions et effets de réel
En m’inspirant des travaux de Geneviève Mouillaud-Fraisse sur les insertions de
mots étrangers dans des romans français (notamment ceux de Claude Simon, Malraux,
Louis Guilloux) et sur leurs effets de lecture, je tenterai d’étudier les insertions de
mots « étrangers » dans les romans écrits en français par l’Algérien Mohamed Dib, et
leurs effets paradoxaux.
Afifa BERERHI
Université d’Alger
[email protected]
00.213.21.50.75. 67
Le texte dibien à l’écoute des Ecritures
et du mysticisme
En parcourant l’œuvre romanesque de Dib nous ferons remarquer comment
l’écriture littéraire est en osmose avec la spiritualité par la citation des Ecritures, de la
mystique soufie ou les thèmes qui s’y réfèrent. Nous serons sensible à la prosodie du
texte qui mime la scansion du madh.
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Résumés des communications
Amina BEKKAT
Alger
[email protected]
00.213.771.301.363
La citation mystique dans l’œuvre de Dib
L’œuvre de Dib est parcourue de citations et de phrases en italique qui interrogent
le sens général de la narration. Placés de-ci de-là, ces énoncés constituent pourtant
un tracé qui redouble le récit et en approfondit la portée. Un inventaire de ces traces
placées souvent en évidence nous permettra de montrer le fonctionnement du texte
dibien.
Batoul BENABADJI- SETTOUTI
Université de Tlemcen
[email protected]
00.771. 533.8 17
Les voix(es) de l’inspiration ou
« la traduction intérieure »
dans l’œuvre romanesque de Mohammed Dib
Il s’agit de montrer que Mohammed Dib écrit en français mais sans jamais se
départir de son âme de maghrébin ; comment cela se pourrait-il puisqu’elle l’habite.
Elle constitue les archives de ses souvenirs. De son passé, il a fait la source de jouvence
de sa littérature. Certes, il s’est abreuvé à la culture française goulument et sans limites,
mais tout en gardant cet arrière goût de sa culture profonde, première, qui ordonne sa
sensibilité et anime ses aspirations et ses rêves.
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Résumés des communications
C’est ainsi que la cohabitation, dans cette bilangue, (et plus récemment cette
multilangue) des deux cultures, française et arabe, s’est manifestée tout d’abord sous
forme de notes de bas de page apportant la traduction du mot arabe utilisé dans le
texte, mais bientôt, ces notes disparurent pour faire place à un usage plus étendu
des références arabo-musulmanes signalées parfois par une typographie différente
(italique) et parfois si subtilement glissées entre les plis de la langue française qu’elles
ne sont détectables que par l’insolite qu’elle peuvent susciter à la lecture.
C’est là que se situe la traduction « intérieure » opérée par l’auteur lui-même dans
son texte.
Corinne BLANCHAUD
Caen - France
[email protected]
00.33.688.263.564
Pour une quête ontologique et mystique
entre tradition et modernité
Le Désert sans détour de Mohammed Dib
Choisir le désert comme thème poétique est souvent, pour les écrivains algériens de
langue française, une façon de confronter, à l’écart du monde des hommes, l’existence
humaine à l’immensité de la nature ; c’est aussi convoquer la terre d’Algérie dans sa
part la plus importante et la plus intègre.
Le Désert sans détour de Mohammed Dib ne fait pas exception où l’espace désertique
est le lieu d’une quête ontologique et mystique à la fois, qu’impose la confrontation
immédiate avec le « Sens » - ou « Dieu ». Par ce récit, l’auteur procède à une synthèse
religieuse très particulière qui est aussi une synthèse poétique : ce «Sens » révélé,
inhérent à l’espace désertique, apporte aussi la possibilité d’une réponse à la quête
scripturale.
Composé à peine plus de dix ans avant la mort de l’auteur, cet ouvrage marque
un retour à la terre natale et le point d’ancrage d’un questionnement mystique et
religieux que confirment les œuvres ultérieures.
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Résumés des communications
Denise BRAHIMI
Paris – France
[email protected]
00.33. 40 2.131.84
Ecrivains en deux ou plusieurs langues
Les chants berbères de Kabylie ont été publiés en traduction française par Jean
Amrouche , à partir de la version chantée par sa mère en kabyle ; il entend ainsi les
rendre accessibles au public français.
Un an plus tard, sa soeur Taos amrouche les re-traduit en kabyle pour les faire
connaître dans une version chantée, et elle continue à le faire jusqu’à sa mort en 1976,
consciente de récupérer une partie du patrimoine trop longtemps occultée.
Djilali SARI
Université d’Alger
[email protected]
00.213.560. 340.4 37
Mohammed Dib (1920-2003):
témoin et communicant de son siècle
D’emblée, mais fugitivement, « guère sans conscience », l’adolescent entreprend,
par l’écriture, … « une migration », (1994 : 69) devant l’acheminer vers une lointaine
destination, sans borne. Vers d’infinis espaces, son univers, s’étendant jusqu’aux
horizons nordiques, son « exil », le double exil, tant interne qu’externe, auquel il s’est
attaché, continuellement, par l’écriture « apprentissage infini ». Avec bonheur ! Talent !
Sa raison d’être pour s’exprimer et témoigner, davantage pour communiquer et
transmettre d’indescriptibles souffrances, de poignants messages couvrant son siècle,
le XXe chargé d’évènements, répercutés par le vécu quotidien de Aïni et Omar,
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Résumés des communications
de Khadra et son nourrisson …« l’armée grouillante des meurt-de-faim » (1957).
Excellemment, la trame de la trilogie révélant au grand jour l’un des
fondateurs de la littérature algérienne contemporaine au sein, voire audelà de l’aire d’extension de
sa langue d’écriture, précisément, « la
langue, qui loin de (le) rendre Français (l)’a fait plus Algérien » (1994).
A merveille, langue d’ouverture et de communication, baignant dans l’interculturalité,
exprimant, intensément, de profonds sentiments de son peuple et d’autres damnés
de la terre, tous aux prises avec des bouleversements sans précédent.
La création littéraire exige « souvent plusieurs lectures pour pénétrer
jusqu’au sens »
comme nous y invite expressément Louis Aragon.
Aussi l’approche proposée dans la trilogie Algérie est-elle axée sur :
- la fixation, le témoignage, l’engagement
-la création littéraire de portée universelle
Elisabeth AREND
BREME – Allemagne
[email protected]
0049/1795108697
« Récits de traduction » :
Amara Lakhous et autres auteurs italophones
d’origine maghrébine
Parmi les auteurs italophones d’origine maghrébine / algérienne, Amara Lakhous
occupe une place particulière. Son roman « Scontro di civiltà per un ascensore a
piazza Vittorio » ( 2006) sera présenté comme un texte transnational par excellence.
Son analyse permettra ensuite de réfléchir sur le concept de la transnationalité qui
permet de focaliser non seulement sur des phénomènes comme la traduction, mais
aussi la migration, un des sujets majeurs des littératures actuelles.
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Résumés des communications
Fatima BOUKHELOU
Université de Tizi Ouzou
[email protected]
00.213.792. 522.2 61
Habel le Fou de Lily Anna
(la prédominance du nocturne/de la mystique dans Habel)
« Ce qui commençait n’avait pas de nom. Mais j’avais encore Lily. Et j’ai encore
Sabine. Avec elles, l’une comme l’autre, ma vie est gardée, ma vie a désavoué sa
solitude, sa férocité.» Nous nous proposons de démontrer comment les deux languesla langue d’écriture et la langue originelle- cohabitent dans la psyché du narrateur,
telles deux amantes rivales et cependant sororales et dialogales, se relayant l’une l’autre
de jour comme de nuit. La langue française serait celle du régime diurne tandis que
la langue originelle celle du régime nocturne, de la nuit rédemptrice, de la mystique,
du ressourcement.
Partageant son temps entre la nuit protectrice et la ville mortifère, entre Lily qui est
à la fois « raison, chaleur, blancheur, (…) où se découvrent toutes les réponses(…) ;
neige des origines endormie dans une fourrure de sommeil roux », et Sabine « glosant
inutilement en plein jour, conjurant le silence », Habel le Fou-Majnun Leila –arraché à
sa patrie, se réinvente, esthétise l’univers à la faveur des deux langues au sein desquelles
il trouve asile et qui lui permettent de demeurer Même et irréductible tout en allant
vers cette incontournable Altérité constitutive de Soi.
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Résumés des communications
Francesca MARIA CORRAO
Roma- Italia
[email protected]
0039065800825
”Art and the duty to change tragedy into beauty“
I will consider Dib intellectual position vis à vis tha engagement of the artist. The
need to give values to beauty and to stimulate the hope in future. In particular I will
compare his position to that of the palestinian poet Jabra Ibrahim Jabra
Hervé SANSON
France
[email protected]
00.33.148. 461.938
« Enjeux de la bi-langue (et plus) dans Retraite
de Habib Tengour :
entre français, arabe et langage photographique »
Habib Tengour, poète algérien de langue française, réalise avec Retraite en 2004
une œuvre négociant un mode de conciliation inédit entre langue d’écriture – le
français – et langue maternelle – l’arabe algérien. Davantage : ce travail poétique
dialogue avec les photographies d’Olivier de Sépibus, complexifiant ainsi le réseau
communicationnel/signifiant de l’œuvre. Dans le sillage des travaux d’Abdelkébir
Khatibi sur la « bi-langue » et l’ « inter-langue », cette communication entendra
circonscrire la manière dont le texte tisse des interactions entre texte de départ et
texte d’arrivée, rejouant sur le plan textuel les phénomènes de migration et d’exil qui
forment la thématique essentielle de l’œuvre.
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Résumés des communications
Mourad YELLES
Paris- FRANCE
[email protected]
0033.148.761.142
« Mohammed Dib et la traduction culturelle »
La question de la traduction (au sens traditionnel du terme : procédure(s) de
passage d’un texte d’une langue vers une autre) est présente très tôt dans l’œuvre de
Dib. En témoignent les nombreuses «citations» de la tradition orale maghrébine dans
les premiers romans. Pourtant, dès cette époque, la réflexion dibienne (celle du poète
avant tout) déborde à l’évidence assez largement les cadres étroits et techniques de
cette problématique.
De fait, à mesure qu’il approfondit sa réflexion et qu’il amplifie son entreprise,
Dib ne cesse de questionner la nature complexe de l’acte d’écriture dans son lien
à la mise en scène/mise en forme/mise en mots des imaginaires du Même et de
l’Autre, au point qu’il en vient peu à peu à lui conférer une dimension, en quelque
manière, supra-littéraire, pour lui assigner une visée tout à la fois herméneutique et
anthropo-philosophique. Ainsi, il semble que l’écrivain s’engage dans une exploration
systématique de la «relation transculturelle « (ses figures, ses limites et ses échappées)
à travers le prisme éclairant de la quête et du labeur poétiques.
A partir d’un certain nombre d’exemples et dans une perspective comparatiste
(essentiellement à partir de Glissant), nous essaierons de circonscrire et d’interroger
circonscrire et d’interroger les principaux aspects de la « traduction culturelle » dans
l’œuvre dibienne.
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Résumés des communications
Nahida GUELLIL – ALLAL
Tlemcen – Algérie
[email protected]
00.213.560.271.331
Le rapport inter-langue / inter-culture
chez Mohammed Dib et Isabelle Eberhardt :
Deux regards, une seule vision
Il s’agira pour nous, à travers cette problématique, de nous interroger sur la manière
dont s’inscrit le rapport à la langue mais aussi à la culture à la fois dans le discours de
M. Dib et dans celui d’I. Eberhardt. Nous basons notre étude sur deux auteurs qui
s’inscrivent et écrivent (dans) un seul et même espace, celui de l’Algérie et (dans) un
même contexte sociohistorique, celui de la colonisation mais (dans) deux époques
temporelles fort éloignées l’une de l’autre. La question est de savoir de quelle manière
les deux auteurs perçoivent et expriment, dans leurs discours, le rapport à la langue
et à la culture de l’Autre.
Paul SIBLOT
Montpellier- France
[email protected]
00.33.675. 905.124
Le sens indicible
L’œuvre de Mohamed Dib est reconnue en Algérie pour être une expression
profonde du pays. Elle est honorée en France des plus hautes distinctions ; elle a
été traduite dans le monde en une quarantaine de langues. Des centaines d’analyses
académiques lui sont consacrées. En dépit de son renom et de ses exégèses, elle conserve
une part sibylline, énigmatique, parfois impénétrable. Des études savantes y repèrent
des emprunts de tous horizons, décryptent des références ésotériques à la pensée
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Résumés des communications
mystique, soufie notamment. Les citations du patrimoine séculaire de Tlemcen et les
pérégrinations culturelles des textes appellent une attention particulière. Ce ne sont
pas des déterminations parmi d’autres, mais le tracé de l’œuvre et le parcours d’un
homme mû par une quête intime, essentielle de sens. Un cheminement singulier, solitaire et obstiné, à l’écoute d’un silence infini par delà
le vacarme du monde et la rumeur des foules. Recherche d’une transcendance peutêtre, à coup sûr d’une spiritualité omniprésente. Dans la nuit de La Grande Maison
la flamme d’une bougie éclaire les premiers écrits : métaphore de celle, invisible, qui
illumine une vie d’écriture, l’écriture d’une vie.
Regina KEIL-SAGAWE
Francfort- Allemagne
[email protected]
00 49 – 6221 80 37 86
« TRADUIRE TENGOUR :
dans les arcanes du Tiers-Espace »
Traductrice des littératures maghrébines depuis plus de vingt ans, et notamment
de l’œuvre de Habib Tengour (L’Epreuve de l’Arc, Le Poisson de Moïse, « Le Vieux
de la Montagne », La nacre à l’âme, Ce Tatar-là, La Sandale d’Empédocle, « L’Ile au
loin », Retraite, Césure, Traverser), je me propose de passer en revue, à l’exemple de
Tengour, les spécificités/problèmes de traduction/réception du texte franco-algérien
qui s’élabore, comme tout texte postcolonial, dans les arcanes du « tiers-espace »
(Bhabha) avec ses imbroglios intertextuels et interculturels.
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Résumés des communications
Yamilé GHEBALOU HARAOUI
Alger
[email protected]
00.213.550.816.384
Présence et pleine conscience dans
l’œuvre poétique de Mohammed Dib
Nous montrerons que l’écriture poétique de Dib développe une forme de fidélité
à l’être. Il s’agit en quelque sorte d’une mystique naturelle qui prend appui sur des
paradigmes musulmans mais également sur ce que l’Islam appelle El Fitra et qui
n’est nullement l’instinct au sens dégradé qu’il a pris actuellement mais plutôt les
retrouvailles avec la connivence profonde qui existe entre l’homme et le cosmos et qui
apparaît sous la forme de la pleine conscience comme nous l’expliquerons.
François DESPLANQUES
Marseille- France
[email protected]
00.33.493.717.133
Deux figures chrétiennes dans l’œuvre de Dib
Je me et je vous proposose d’étudier deux figures chrétiennes, celles de Jean-Marie
Aymard et celle de Marthe dans Dieu en Barbarie et Le Maître de chasse. J’emploierai
donc le mot citation non dans son sens hatituel de citation textuelle mais dans un
sens dérivé: action de signaler, d’évoquer, de nommer. Chemin faisant, j’essaierai de
répondre à trois questions: Qui sont-ils? Comment sont-ils? Pourquoi sont-ils là? Ce
qui en amènera une quatrième: Que nous apprennent-ils sur Dib?
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Résumés des communications
TABLES RONDES
Première table ronde : L’écriture est-elle par essence une traduction ?
Modérateur : Mourad YELLES Participants : Rachid BOUDJEDRA ; Samira NEGROUCHE ; Rabah Nourredine
SAADI ; Ibrahim TAZAGHART ; Habib TENGOUR ; Amine ZAOUI
La réflexion devra nous introduire dans l’univers à deux visages dessiné par nos
écrivains bilingues (ou trilingues) et dont le précurseur patenté a été, pour l’Algérie
contemporaine, Rachid Boudjedra, qui a exploré la possibilité d’écrire dans deux
langues (arabe et française) en alternance et rétroactivement. D’autres écrivains lui
ont emboîté le pas comme Merzak Bagtache, Mohamed Sari, Waciny Laredj, pour
ne citer que ceux-là. Et il nous est revenu à l’esprit qu’au début du 20ème siècle les tout
premiers écrivains algériens de langue française étaient dans leur majorité de parfaits
bilingues écrivant indifféremment (ou presque) tantôt en arabe, tantôt en français.
Nous pouvons, dès lors, légitimement nous interroger, sur les relations qui peuvent
lier les deux expériences d’écriture et sur le réseau d’intertextualités qui se tisse entre
elles. Que l’auteur réécrive son œuvre dans l’autre langue ou qu’il écrive deux œuvres
originales dans chacune des deux langues ; il s’affirme comme le maître d’œuvre
d’une écriture nécessairement polyphonique qui invite le lecteur à se mouvoir dans
un espace marqué d’emblée par l’ouverture sur l’Autre, son interpellation, le dialogue
avec lui, voire le conflit, la polémique, la contestation etc.
Deuxième table ronde : Pratiques de traduction
Modératrice : Khaoula TALEB – IBRAHIMI
Participants : Wahid BEN BOUAZIZ ; Sofiane HADJADJ ; Mohammed SARI ;
Marcel BOIS ; Ahmed MENOUR
La voie plus classique ou du moins plus traditionnelle car plus usitée et davantage
explorée est celle de la traduction. Nous voulons parler de la traduction des œuvres
littéraires non plus par les auteurs eux-mêmes mais par des traducteurs patentés. Pour
ne prendre que l’exemple de l’Algérie, depuis déjà plusieurs années, Marcel Bois a
procédé à la traduction des écrits en langue arabe vers la langue française et certains
d’entre nous ont peut-être découvert Abdelhamid Benhedouga ou Tahar Ouettar
grâce à ses traductions.
Mais nous prendrons également en compte dans notre réflexion les tentatives plus
récentes à la fois de navigation d’une langue à une autre et de traduction (vers l’arabe
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Résumés des communications
et/ou le français) quand il s’agit d’écrivains de langue tamazight mais aussi de ces
deux langues vers le tamazight. Enfin, il serait intéressant de ne pas ignorer non plus
la survenue dans notre champ littéraire de l’expérimence de Nabil Farès lorsqu’il
insère des fragments d’écriture en espagnol dans la trame de ses romans en français
ou, de façon encore plus inattendue l’aventure d’un écrivain (Amara Lakhous) formé
à l’écriture en langue arabe, passant à l’écriture en italien et qui se trouve traduit en
français…
Quoi qu’il en soit, tous ces allers et retours d’une langue à l’autre nous invitent, nous
aussi, à voyager dans l’imaginaire maghrébin, dans sa diversité culturelle séculaire et
sa conquête de nouveaux territoires. Dans ce voyage multidirectionnel, Dib restera
une figure majeure et hautement symbolique.
Cette assertion nous amène à aborder en dernier ressort, et dans une démarche plus
spécifiquement axée sur l’œuvre de Dib, deux points qui, dans leur complémentarité,
nous indiqueront comment, dans sa quête d’une vérité essentielle du monde, l’écrivain
a su conjuguer enracinement dans une épaisseur historique, sociale et culturelle
donnée et ouverture à tout ce qui fait l’actualité , faisant ainsi des « lieux premiers »
d’écriture , un lieu d’observation et d’affirmation de valeurs générales, ce qui confère
à ce discours éminemment algérien une portée universaliste.
Notons un volet « réflexion » qui partira du récit poétique L’Aube Ismael publié en
1996 aux éditions Tassili et réédité en 2001 aux Editions Barzakh dans une version
bilingue (Texte français de Mohammed Dib- Traduction en arabe de Hakim Miloud).
Pour introduire la réflexion :
une lecture théâtralisée de L’Aube Ismael sera proposée, dans les deux langues français (texte de Dib) et arabe (traduction de Hakim Miloud) par l’atelier de théâtre
de l’association La Grande Maison, sous la direction de Fewzi Kara Slimane.
Troisième table Ronde: L’Aube Ismael- Hommage à la Palestine
Modératrice : Naget KHADDA
Participants : Suzanne El KENZ ; Sandrine MANSOUR MERIEN ; Hocine
BELALLOUFI ; Mohammed Ismaïl ABDOUN
L’élément déclencheur de la véhémente et pathétique protestation dibienne est
nettement inscrit en texte : l’intifada des enfants palestiniens aux prises avec une
oppression sans pareille. La forme donnée à ce témoignage est la louange : prière
d’une mère opposant à la barbarie à l’état brut le degré ultime du pacifisme. Riposte
du même ordre que celle qu’oppose le lance pierres à la mitrailleuse. Dès lors, nous
avons là la quintessence même du processus «d’homminiscence», pour reprendre le
néologisme par lequel Michel Serres désigne ce long parcours sans fin du «devenir
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Résumés des communications
humain». Alors, quel meilleur plaidoyer pour exhiber à la face du monde les droits
imprescriptibles des enfants palestiniens à la vie. Mais les prières sont silencieuses
et la louange est un chant plus qu’un cri… Elle peut bercer la douleur et nourrir
l’espérance ; elle ne peut couvrir le vacarme de la mitraille et les gémissements des
suppliciés. Alors que peut l’art face à la barbarie ? Question vieille comme le monde !
Seulement sauver l’opprimé du désespoir et de l’ensauvagement. Seulement pister
la possible parcelle d’humanité tapie au plus profond de l’oppresseur. C’est, sans
doute, le sens que prend, sous la plume de Dib, la nouvelle forme de son engagement
d’homme et de poète, la nouvelle forme que revêt la manifestation de son affiliation
à une civilisation et à une histoire, la nouvelle façon qu’il adopte pour se poster au
cœur de la tragédie.
Un autre volet précise l’ancrage de l’œuvre dibienne dans le socle philosophique et
culturel par l’étude de tout un ensemble de traces qui affleurent à la surface du texte
et annonce un spectacle « Sons et Lumières » qui sera proposé lors du colloque sur
le Soufisme organisé par le CNRPAH en décembre 2011, sous l’intitulé La citation
mystique dans l’œuvre de Mohammed Dib . Il sera dirigé par Mme Naget KHADDA et
le choix des textes confié à Mmes Afifa Bererhi et Amina Bekkat.
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Résumés des communications
PRESENTATION DE FILM
« La terre parle arabe »
Maryse Gargour (auteur , producteur).
Fin XIXème, le Sionisme, mouvement politique minoritaire, apparaît sur la scène
internationale. Théorisé par ses leaders historiques, il appelle à la création d’un état
juif quelque part dans le monde, surtout en terre de Palestine. Or, à cette époque et
depuis des millénaires, « la terre parle arabe », la Palestine étant habitée par le peuple
arabe de Palestine: les Palestiniens.
Comment les leaders sionistes vont-ils concilier leurs ambitions politiques avec la
réalité palestinienne de la fin du XIXème ?
Basé sur des citations de leaders sionistes, d’archives audiovisuelles inédites, de la
presse de l’époque, de documents officiels, d’interviews d’historiens et de témoignages
de Palestiniens d’avant 1948, le film jette une lumière crue sur une vérité brûlante:
celle du nettoyage de la terre palestinienne par les Sionistes.
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Résumés des communications
EXPOSITIONS
Exposition de textes calligraphiés
– A partir du texte de Mohammed Dib L’Aube Ismael - Réalisée par Mr Mohammed
Talhaoui – Atelier KHATT – Tlemcen
Expositions photos :
– Proposées par l’atelier photo de l’association La Grande Maison :
1- Calligraphie de Lumière de Saàd Allah Taleb Bendiab
En écho à la représentation théâtrale L’Aube Ismaël
2- A tu et à moi de Ryadh Dendane
En écho à la représentation théâtrale Simorgh
3- Identité intemporelle de Houari Bouchenak Khelladi et Fethi Hadj Kacem
En écho à la représentation théâtrale Simorgh
Invités d’honneur :
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Assia DIB
Faiz DIB

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