strategie de developpement d`un tourisme haut de gamme

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strategie de developpement d`un tourisme haut de gamme
REPUBLIQUE DU SENEGAL
UN PEUPLE – UN BUT – UNE FOI
CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL
PREMIERE SESSION ORDINAIRE DE L’ANNEE 2010
==========
Compte rendu Analytique
SEANCE PLENIERE
DU MARDI 20 AVRIL 2010
A 10 HEURES
==========
SEANCE TENUE SOUS LA PRESIDENCE DE
MONSIEUR MADEMBA SOCK
3EME VICE-PRESIDENT DU CONSEIL ECONOMIQUE
ET SOCIAL
==========
« STRATEGIE DE DEVELOPPEMENT D'UN TOURISME
HAUT DE GAMME »
==========
Commission du Tourisme, de la Culture, de l’Artisanat et du Sport
Date de la plénière
20 avril 2010
N° Affaire
2010-15
Thème
Stratégie pour le Développement d’un Tourisme haut de gamme
Commission compétente
Commission du Tourisme, de la Culture, de l’Artisanat et du Sport
Président de Séance
M. Mademba SOCK, 3ème Vice Président
Représentation du Gouvernement
Ministre de l’Artisanat, du Tourisme et des Relations avec le
secteur privé et le secteur informel
Nombre de conseillers
119
Présents
76
Excusés
07
Absents
36
Adoption du rapport et Adoption du projet de résolution
Votants
76
Pour
76
Contre
00
Abstention
00
1. OUVERTURE DE SEANCE
Le Président de séance, Monsieur Mademba SOCK ouvre la séance à 10h 20mn. Il remercie Monsieur le
Ministre de l’Artisanat, du Tourisme et des Relations avec le secteur privé et le secteur informel pour avoir
répondu à l’invitation du Conseil et lui souhaite la bienvenue.
L’ordre du jour de la séance porte sur l’examen de l’affaire n°2010-15 relative au rapport sur les « Stratégies
de développement d'un tourisme haut de gamme» préparé par la Commission Tourisme, Culture, Artisanat
et Sport.
2. PRESENTATION DU RAPPORT
Le Président de la Commission donne lecture de l’économie du rapport dont la version intégrale se trouve en
annexe. Ce rapport est structuré en deux parties : Diagnostic du secteur et Recommandations.
I. DIAGNOSTIC DE L’OFFRE TOURISTIQUE
A - L’offre naturelle
Cette offre naturelle se retrouve dans les zones où se concentrent les principaux attraits touristiques. Il
s’agit de :
- Dakar, la Capitale administrative et économique du pays.
- Thies-Mbour ou la Petite Côte
- Saint-Louis première capitale du Sénégal
- Kaolack-Fatick ou simplement les Îles du Saloum
- La Casamance
- La Gambie
- Touba et Tivaouane
- Tambacounda-Kédougou
- La région de Matam
B - Les segments de produit
-
Le balnéaire
Les Découvertes circuits et excursions
Le Retour aux sources
La pêche sportive
Le tourisme cynégétique
Safari –vision
L’ornithologie et l’écotourisme
Le tourisme de congrès
C– Analyse Benchmarking du tourisme sénégalais : facteurs déterminant la concurrence.
-
La capacité d’hébergement
La qualité des services.
Stabilité politique du pays et sécurité des touristes ;
l’accessibilité du pays
Promotion de la destination
Le Prix
D- Contraintes et atouts du tourisme sénégalais.
1. Contraintes
-
Budgets de promotion faibles sur les marchés cibles, comparés à ceux des concurrents ;
destination peu connue sur certains marchés, en particulier sur celui de la Scandinavie, la Grande
Bretagne et en Asie ;
banalisation et crispation sur l’unique produit balnéaire sur le principal marché qui est la France ;
manque de compétitivité du secteur du fait de la cherté des services hôteliers et touristiques ;
problèmes de la Casamance ;
manque de financement du secteur par les banques commerciales locales ;
manque de qualification du personnel ;
absence d’un code spécifique des investissements touristiques ;
les motivations des visiteurs sont mal maîtrisées du fait de l’absence d’études spécifiques ;
2. Atouts
-
stabilité politique du pays doublée d’une relative sécurité pour les visiteurs ;
-
un climat enviable, une population accueillante, une gastronomie appréciée ;
des infrastructures de qualité et de nouveaux aménagements en cours de réalisation ;
une certaine proximité en terme de distance des marchés émetteurs ;
réduction de la TVA en vue et bientôt crédit hôtelier en 2010 ;
présence d’investisseurs prestigieux tels que Club Méditerranée, Méridien, Accor ;
absence de vaccination et de visas pour les groupes européens.
E- Les performances : Caractéristiques de l’Offre et de la demande
1. L’offre (en termes de capacité)
2. La demande (en termes de marchés émetteurs)
II. RECOMMANDATIONS
Il s’agit de décliner ici sous forme de recommandations les enseignements, tirés de l’étude du milieu
physique (tous centres d’intérêts touristiques confondus), les études documentaires relatives au secteur
(étude de marché, de plan d’aménagement).
Certaines de ces recommandations sont transversales, c'est-à-dire de dimension nationale. Elles concernent
toute la destination touristique « Sénégal » et exigent de ce fait un traitement radical et urgent, pour la survie
du tourisme Sénégalais.
A-
A l’échelle nationale
Les recommandations sont relatives à :
La cherté de la destination
•
En rapport avec le Ministère chargé de l’économie et des Finances d’une part, et les
Ministères chargés des Infrastructures et des Equipements, des Transports Maritimes,
Aériens et routiers, d’autre part, le Ministère chargé du Tourisme devra étudier toutes
possibilités qui permettront de réduire le coût des facteurs de production concernés, en vue
de rendre plus compétitive la destination « Sénégal Touristique ».
La carence de la desserte aérienne
•
En rapport avec le Ministère chargé du Transport Aérien, le Ministère chargé du Tourisme
devrait négocier et obtenir de toutes les compagnies aériennes internationales, en particulier
Européennes (Espagne, Italie, Royaume Uni, Allemagne) la reprise de la desserte aérienne
du Sénégal ;
L’insuffisance du budget Sénégalais de Promotion Touristique
•
En rapport avec le Ministère de l’Economie et des Finances, l’Administration nationale du
Tourisme (ANT) devra étudier tous voies et moyens de renflouer les possibilités financières du
fonds National de Promotion Touristique (05 à 10 milliards de francs cfa immédiatement, pour
arriver à 15 – 20 milliards en 2015.
L’absence d’institutions de financement ou financements inadaptés
•
En rapport avec le Ministère de l’Economie et des Finances, l’ANT étudiera les possibilités de
mise en place d’un crédit hôtelier, chargé spécifiquement de financer le secteur à des
conditions adaptées.
L’absence de code spécifique des investissements touristiques
•
En rapport avec le MEF et le M.INT, l’ANT devra étudier la possibilité de création d’un code
spécifique des investissements touristiques.
L’absence d’une image forte de la destination
•
En rapport avec le Ministère de la Culture, le Ministère chargé du tourisme, devra étudier la
possibilité de doter le Sénégal d’une image de marque forte susceptible d’attirer davantage de
visiteurs vers le Sénégal.
La recommandation essentielle concerne
•
la restructuration de l’offre touristique sénégalaise afin de l’adapter à la demande
internationale : cela passera nécessairement par la conception et l’adoption d’une politique
touristique appropriée, bien au fait des exigences du marché et sous-tendue par une réelle
volonté politique.
B– A l’échelle locale
-
Dans la zone Nord
La finalisation rapide du plan d’aménagement de la zone nord.
l’extension de l’aéroport afin qu’il puisse accueillir de gros porteurs.
La prise en compte de la région du Nord par l’Agence nationale de promotion touristique
l’implication de la municipalité dans la gestion du secteur
En rapport avec les parcs nationaux, l’ANT devrait étudier toutes possibilités de doter les parcs de
davantage d’infrastructures adaptées au milieu, pour la distraction des touristes.
-
Aux îles du Saloum
l’ANT devrait étudier la possibilité d’étendre le plan d’aménagement de la Zone centre aux îles de Mar
Lothie. Elles sont nombreuses à n’avoir ni eau, ni électricité.
-
l’ANT devrait exhumer l’ancien dossier initié dont l’objectif était de trouver du financement pour le
collectif des 10 petites unités d’exploitation touristique.
-
l’ANT devrait encourager l’Organisation nationale des Indépendants touristiques du Sénégal (ONITS) à
ouvrir ses portes au collectif et l’intégrer le cas échéant, dans sa structure et toutes ses activités.
l’ANT, par l’intermédiaire de l’ANPT, devrait impliquer le site MAR LOTHIE dans son agenda. A ce
propos, le Conseil Economique et social devrait étudier la possibilité de rencontrer les opérateurs de cette
zone.
-
-
-
-
A Saly (Mbour)
La police et la Gendarmerie devront accentuer leurs efforts en vue d’assurer davantage la sécurité des
personnes
et
des
biens
dans
la
station.
La Société d’Aménagement de la Petite Côte (SAPCO) doit impérativement arrêter la déforestation des
zones boisées qui assuraient un certain micro- climat et la fixation des sols du site.
l’ANT (la SAPCO) devrait mettre fin aux installations de résidences hôtelières et autres structures de
modestes catégories, qui faussent le jeu de la concurrence.
En Casamance
Les problèmes s’appellent insécurité et enclavement. L’Etat devra prendre toutes les dispositions
nécessaires pour :
une desserte aérienne régulière de la région aussi bien à partir de Dakar qu’à partir de l’Europe ;
mettre en place un bateau qui pourra assurer une liaison maritime correcte et régulière.
3. PRECISIONS DU MINISTRE
Le Ministre a pris la parole pour apporter quelques correctifs sur le contenu du rapport.
- Sur les chiffres qui ne sont pas très exacts par rapport aux chiffres réels, à ce propos, il promet de mettre
à la disposition de la commission le bon document.
- Sur la différence que fait la commission entre ANT et ANPT.
4. DEBAT GENERAL
Madame Thialal SABARA, après avoir souhaité la bienvenue à Monsieur le Ministre de l’Artisanat, du
Tourisme et des relations avec le Secteur Privé et le Secteur Informel, a interpellé ce dernier sur les réformes
envisagées pour développer un tourisme haut de gamme au Sénégal et sur les mesures prises pour une mise à
niveau des réceptacles existants.
Aussi Mme SABARA a interpellé le Ministre sur l’état d’avancement des grands travaux d’aménagement de
la zone Nord, Saint Louis et du delta du Saloum, sur les travaux de la SAPCO.
Elle a aussi appelé à des mesures incitatives pour l’emploi des jeunes dans le secteur du tourisme afin de
résorber le chômage de cette catégorie de notre population.
Monsieur Moustapha TALL a vivement félicité et encouragé Monsieur le Ministre Thierno LO. Il a invité
le secteur du Tourisme à améliorer l’accueil, la sécurité, l’hospitalité et le coût pour attirer plus de touristes.
Il reconnaît qu’en matière de Tourisme des progrès sont entrain d’être faits mais que le secteur de l’Artisanat
est un peu négligé. Les pouvoirs publics doivent faire quelque chose selon lui, le village artisanal ne recevant
plus de touristes. Il faut également lutter contre le tourisme informel.
Madame Mbayang NDIAYE a adressé ses salutations à Monsieur le Ministre et à sa délégation avant de
décrire la situation des réceptacles hôteliers de Kaolack qui sont pour la plupart fermés ou dans un état
lamentable. Kaolack étant une ville carrefour, elle a émis le souhait pour la réfection et la réouverture des
hôtels de cette localité avec l’aide de l’Etat avant d’inviter le Ministre en charge du tourisme de veiller aux
motivations des touristes qui visitent notre pays afin de prévenir les dérives notamment le tourisme sexuel.
Monsieur Samir ABOURITZ a émis deux préoccupations :
- L’une est historique et est relative au mémorial de Gorée qui selon lui devait se trouver à Rufisque parce
que les caravanes d’esclaves venus d’ailleurs s’arrêtait d’abord à Rufisque.
- Il propose par ailleurs que le secteur fasse resurgir nos sites historiques. Les touristes sont à la recherche
d’un tourisme intégré. Faut-il que l’on continue à développer le Tourisme de luxe. Monsieur ABOURITZ
pense qu’il faut peupler les sites tels que Bandia. Il a aussi dénoncé la présence de lépreux devant la
Cathédrale qui renvoie une image peu reluisante pour notre pays.
Madame Ngoné THIOUNE après avoir chaleureusement félicité Monsieur Elie Charles MOREAU et les
membres de la commission Tourisme, Artisanat et Sport et souhaité la bienvenue à Monsieur le Ministre
Thierno LO, elle a invité les autorités à concevoir un tourisme pour tous.
En outre, elle a interpellé Monsieur le Ministre en charge du secteur du Tourisme pour que ce dernier se
penche sur le cas de Saint Louis qui, malgré ses innombrables atouts, tarde a décoller sur le plan touristique.
Enfin, Madame THIOUNE a parlé du tourisme sexuel qui gagne en ampleur et de la prolifération des
appartements meublés qui ne sont rien d’autre que des maisons closes.
Serigne Cheikh Asta MBACKE invite le gouvernement à promouvoir l’Artisanat en commençant par l’Etat
du Sénégal. Il suggère que les équipements de toute l’administration sénégalaise soient fabriqués dans notre
pays au lieu d’être importés de Chine ou d’ailleurs.
Il demande également au Ministre du Tourisme d’ouvrir un Bureau du Tourisme à Djeddah, à l’instar de
Paris et Washington.
Serigne MBACKE appelle aussi à l’arrêt de la variation des prix dans les hôtels. Il faut que les hôtels
affichent les prix fixes. Il demande à être édifier sur la fermeture ou non du Centre touristique de Mbacké.
Madame Fatou MBACKE a axé son propos sur la situation du tourisme en Casamance, exacerbée par la
rébellion sans oublier d’interpeller Monsieur le Ministre sur l’effectivité de la baisse de la TVA dans le
secteur du tourisme.
Madame Gnagna FALL admet que le Tourisme est un secteur porteur mais appelle les autorités à faire
attention aux dérapages qu’il peut engendrer. Y-a-t-il des mesures prises pour protéger notre
jeunesse devenue vulnérable du fait de la conjoncture? Y-a-t-il des efforts envisagés pour baisser les coûts
des aménagements ? Peut- on multiplier les structures de formation à côté des hôtels ?, autant de questions
soulevées par Mme FALL.
Mme FALL a relevé également des omissions du rapport notamment sur la Casamance.
Monsieur Bouna NIANG a qualifié d’ambitieux le projet de tourisme haut de gamme au Sénégal.
Selon lui, cela nécessite de lourds investissements qui risquent de ne pas être à la portée des promoteurs
nationaux d’où le risque potentiel d’accaparement de ce secteur par les investisseurs étrangers avec son
corollaire d’effets d’entrainement faible sur l’économie nationale.
Il a aussi interpellé le Ministre en charge du Tourisme sur la fiscalité appliquée sur les titres de transport
aérien et sur l’état d’avancement du projet du compte satellite soutenu par l’Organisation Mondiale du
Tourisme pour rendre visible et attrayante la destination Sénégal.
Monsieur Ismaîla LO adresse ses remerciements au Ministre Thierno Lo et propose :
- La création d’une police touristique
- La mise en place d’une politique tarifaire pour les nationaux au profit des femmes.
Monsieur Mamadou Racine SY a salué l’excellent esprit et les bonnes dispositions dans lesquelles
Monsieur le Ministre du Tourisme travaille avec les membres du secteur depuis sa nomination à la tête de ce
département.
Il s’est félicité de la tenue prochaine du premier Salon International du Tourisme au Sénégal avant
d’interpeller Monsieur le Ministre du tourisme sur les raisons qui retardent l’application de la baisse de la
TVA sur le secteur touristique.
Enfin Monsieur Sy est revenu sur certains problèmes qui gangrènent le secteur du tourisme notamment sur
l’enclavement aérien de la Casamance, l’accueil des touristes à l’aéroport à la limité de l’agression, le
manque de visibilité sur les tarifs, les lépreux présents à proximité de la cathédrale. Il recommande par
ailleurs la mise en place d’une ligne de crédit spécifique au secteur du tourisme et à long terme.
5. COMPLEMENTS DE LA COMMISSION
Le Président de la commission a pris bonne note de toutes les observations et contributions qui viennent
enrichir son rapport. Il a demandé au Ministre que la commission soit impliquée dans les travaux
préparatoires au Salon international du Tourisme qui aura lieu à Dakar au mois de mai prochain.
6. CONTRIBUTION DU MINISTRE
Dans son propos, Monsieur le Ministre a indiqué qu’il s’inscrit dans la dynamique d’impliquer tous les
acteurs du secteur du tourisme pour établir un diagnostic sans regarder leur coloration politique. L’ensemble
des Ministres qui ont eu en charge ce département sont conviés à la réflexion. Le Tourisme constitue un
secteur vital qu’il faut réformer impérativement : rendre la destination attrayante, créer les incitations,
impliquer les privés, refaire nos cellules familiales. L’assainissement du secteur, est du ressort et de la
responsabilité collective ; il passe nécessairement par la reconstruction de la cellule familiale. Cela
commence par l’Education dans les maisons.
Aussi, il faut aussi avoir le courage de fermer certaines auberges dont la vocation est de favoriser la
prostitution d’autant plus qu’elles mènent une concurrence déloyale aux véritables operateurs du secteur
touristique tout en tuant l’investissement parce que ne respectant pas les cahiers de charges.
Il faudrait aussi selon le Ministre amener les sénégalais à investir dans le tourisme religieux par une approche
pédagogique.
Pour ce qui concerne la SAPCO, il a indiqué que désormais, elle intervient sur l’ensemble du territoire
national et qu’une commission travaille pour la matérialisation du crédit hôtelier.
Au chapitre de la formation il a précisé que malgré la floraison des écoles, une seule dispense, un
enseignement conforme aux exigences de ce secteur, d’où la volonté politique de l’Etat d’assainir ce
domaine.
D’autres pistes doivent également être explorées ou dopées notamment le tourisme historique, culturel ou
durable tout comme il faut développer le tourisme intégré.
Le Ministre s’est également prononcé sur le Tourisme intérieur pour les sénégalais qui ne connaissent pas
leur pays, préférant passer leur vacances en dehors du pays.
De l’avis du Ministre, le désenclavement est en train d’être progressivement réglé et sera certainement
effectif avec le prochain démarrage des activités de Sénégal Airlines.
Enfin, Monsieur le Ministre en charge du tourisme a invité la commission à intégrer le volet artisanat dans
leur rapport et promis de leur envoyer les véritables statistiques du secteur.
7. ADOPTION DU RAPPORT
Le rapport de la Commission Tourisme, Culture, Artisanat et Sport a été adopté à l’unanimité des conseillers
présents sous réserve des observations qui ont été formulées. Les conseillers ont également adopté le projet
de résolution qui donne mandat au Président du Conseil économique et social de mettre en place un comité
ad hoc pour la mise en forme définitive du rapport et des recommandations à adresser aux autorités
compétentes.
L’ordre du jour étant épuisé, la séance fut levée à 12h45mn après que le Président ait chaleureusement
remercié le Ministre pour avoir répondu à l’invitation du Conseil Economique et Social.
ANNEXE
REPUBLIQUE DU SENEGAL
UN PEUPLE – UN BUT – UNE FOI
CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL
STRATEGIES DE DEVELOPPEMENT
D’UN TOURISME HAUT DE GAMME
RAPPORT PRESENTE PAR M. ELIE CHARLES MOREAU
AU NOM DE LA COMMISSION TOURISME, CULTURE, ARTISANAT ET SPORT
PREMIERE SESSION ORDINAIRE FEVRIER-AVRIL 2010
SOMMAIRE
I. DIAGNOSTIC DE L’OFFRE TOURISTIQUE
A - L’offre naturelle
B - Les segments de produit
C– Analyse Benchmarking du tourisme sénégalais : facteurs déterminant la
concurrence.
D Contraintes et atouts du tourisme sénégalais.
1. Contraintes
2. Atouts
E- Les performances : Caractéristiques de l’Offre et de la demande
1. L’offre (en termes de capacité)
2. La demande (en termes de marchés émetteurs)
II. RECOMMANDATIONS
A- A l’échelle nationale
B- A l’échelle locale
1234ANNEXES
Dans la zone nord
Aux iles du Saloum
A Saly (Mbour)
En Casamance
II. DIAGNOSTIC DE L’OFFRE TOURISTIQUE
Il s’agira ici d’une analyse critique de l’offre et de la demande touristique sur les
variables quantitativement déterminantes pour juger de la pertinence des politiques
de l’Etat (Aménagement de sites, campagnes de promotion, mesures institutionnelles
incitatives) mais aussi du dynamisme de l’Investissement Privé, premier partenaire de
l’Administration Nationale du Tourisme (ANT).
L’offre est comprise dans ses composantes communément appelées artificielles ou
confectionnées (Hôtels, chambres, lits, golf, piscine tennis), mais aussi et surtout
naturelles (climat, mer, plages, forêts, parcs et différents cours d’eau…) ; mais si c’est
l’ensemble que l’on appelle produit touristique, c’est certainement cette dernière
composante naturelle qui fait généralement la différence dans une situation
concurrentielle et qui demeure donc la principale motivation des visiteurs.
Quant à la demande les arrivées nous semblent être la variable la mieux indiquée tout
simplement par ce que c’est elle qui est le résultat de toutes les actions de
commercialisation de la destination Sénégal.
A - L’offre naturelle
Cette offre naturelle se retrouve dans les zones où se concentrent les principaux
attraits touristiques. Il s’agit de :
- Dakar, la Capitale administrative et économique du pays, ville que les visiteurs
apprécient pour ses potentialités relatives à la culture, la gastronomie, sa
population hospitalière, ses jolis marchés bien achalandés ses beaux hôtels de
classe internationale (loisirs et affaires), ses musées dont l’un sur l’Île de
Gorée, départ du commerce triangulaire et son lac rose.
Mais le large de Dakar, c’est également la pêche au gros au cours d’excursions des
nombreux touristes de loisirs, résidents et internationaux.
Quant au « retour aux sources », il s’agit spécifiquement d’un séjour d’une semaine à
Dakar et les environs. Un produit spécifiquement afro-américain. Ils viennent
s’informer sur l’histoire de l’esclavage.
- Thies-Mbour ou simplement la Petite Côte : plages de la station balnéaire de
Saly avec son golf de 18 trous, sa manufacture de tapisserie est à visiter.
- Saint-Louis première capitale du Sénégal, son passé historique, le pont
Faidherbe et la statue Faidherbe ; la découverte et l’excursion sur le Fleuve
Sénégal ; le désert mauritanien, le lac de Guiers, le parc de Djoudj et celui de la
Langue de Barbarie ; l’excursion à Richard Toll pour voir la « Folie » du Baron
Roger.
- Kaolack-Fatick ou simplement les Îles du Saloum, le Delta du Saloum, visites
et pêches sur les nombreux bras de mer en pirogue, l’ornithologie et
l’écotourisme ; accueil dans de très pittoresques campements lacustres.
- La Casamance, le paradis sur terre des amateurs d’une belle nature, végétation
luxuriante : le balnéaire du Cap Skiring, plages et cocotiers, ses beaux villages
de vacances et le Club Méditerranée, lever de soleil ; activités de découvertes
de la forêt, loisirs nautiques, spectacles folkloriques des oiseaux ; Kafountine
et son célèbre marché aux poissons séchés.
- La Gambie est un prolongement naturel de l’offre touristique des Îles du
Saloum et de la Casamance à la fois, visite de Banjul ; son bac et son accueil
anglophone ; c’est un autre Sénégal dans le même Sénégal.
- Touba et Tivaouane avec leur fort potentiel pour le développement d’un
tourisme religieux.
- Tambacounda-Kédougou : région de savane et d’excursion reliées à la nature,
le parc Niokolo-Koba, animaux, oiseaux, aventure et campements de chasse ;
culture bassari à découvrir ; chutes de Dindy Félo et la Forêt de Bakel.
- La région de Matam : coincée entre Saint-Louis et Tambacounda, découverte
des populations poular et soninké. Les sites initiatiques et les griottes locales.
C’est la région du climat sahélien avec quelques vents de sable en saison sèche et la
proximité avec le désert du Sahara. C’est aussi une zone d’avenir agricole avec
l’avènement du barrage de Manantali qui a également permis de prolonger la
navigabilité sur le Fleuve Sénégal. C’est une zone de découverte de la brousse.
B - Les segments de produit
S’agissant des principaux segments de produit, nous tenterons dans ce qui suit
d’en faire la typologie, même si d’ores et déjà nous savons que la similitude des
sites est parfois telle que, les mêmes sous-produits peuvent se retrouver dans
plusieurs régions à la fois ; ce sont les suivants :
a- le balnéaire ; le visiteur cherche généralement l’exotisme et la relaxation sur
les plages, les clubs avec la variété des activités sportives et récréatives
(nautisme, golf, tennis etc..) donc de la détente dans des complexes d’un
niveau élevé et sécuritaire. Au Sénégal cette forme de tourisme est pratiquée au
Cap Skiring, en Basse Casamance, à Saly Portudal et au Club Aldiana à Mbour,
et généralement en hiver.
b - Les Découvertes circuits et excursions ; on cherche à exploiter une
destination inconnue. A vrai dire, cette forme de tourisme s’accommode bien
du balnéaire, du culturel et de l’aventure. Un forfait complet (balnéaire,
culturel, historique, découverte etc..) pourrait plaire aux aventuriers. Ce sousproduit peut également faire l’affaire des week-endistes, amateurs d’escapades
de courte durée pour un événement culturel ou sportif périodique (festival de
jazz, rallye Paris-Dakar ou Baule-Dakar). C’est un produit de toute saison de
toutes destinations.
c - Au Sénégal depuis le célèbre long métrage d’Alex Hailey « Roots », Le
Retour aux sources est à juste titre considéré comme un important sousproduit, surtout quand on sait que l’Île de Gorée à elle seule, suffit comme
motivation à tous les africains de la Diaspora. Le Sénégal en a particulièrement
bénéficié durant les années 70-80 avec les noirs américains (USA et Brésil) et
ceux de la Diaspora. Cette forme de tourisme est l’affaire des nantis et est de
toutes saisons. L’ancienne maison des esclaves est à visiter absolument. C’est
ce qu’ont fait : Nelson Mandela, James Brown, Bill Clinton, entres autres.
d - La pêche sportive, rien à voir avec les touristes pêcheurs récréatifs
occasionnels ; il s’agit généralement du regroupement au sein d’organisations
et d’associations spécialisées, qui se ruent sur un fond marin précis. C’est un
sous-produit des destinations plages. Le Sénégal est l’une des rares
destinations de ce type de tourisme où existe l’espèce recherchée.
e - Le tourisme cynégétique ; les enquêtes touristiques ont révélé que c’est le
type de tourisme le plus contributif, financièrement s’entend. Ils viennent en
groupe sur les zones amodiées, bien organisés et généralement bien équipés en
pacotilles, produits manufacturés divers, pour les indigènes. Il est bien pratiqué
au Sénégal (Fatick, moyenne Casamance, Tambacounda et Kédougou).
f – Safari –vision : Le parc de Niokolo Koba est la principale destination.
Celui-ci est sous la gestion d’un Ministère chargé des parcs mais exploité par
les professionnels sénégalais du Tourisme. Aujourd’hui, en dehors de
l’éléphant dont la population a été totalement décimée par les braconniers, on y
observe toutes les espèces animales, y compris même de la faune fluviale.
L’hiver est la meilleure période pour ce type de tourisme.
g – L’ornithologie et l’écotourisme : ce segment du tourisme est lié à une
caractéristique environnementale et dont les motivations incluent : les forêts et
l’environnement naturel, vierge ou protégé ; l’apprentissage sur la nature ; les
phénomènes naturels (chutes d’eau) ; les oiseaux et d’autres animaux.
C’est une catégorie de touristes peu exigeante du point de vue de
l’hébergement et de la restauration. L’ornithologie et l’écotourisme sont surtout
l’affaire de spécialistes de la nature (scientifiques, photographes..) et font
l’objet d’une promotion spécifique dans laquelle le slogan « tourisme durable »
a tout son sens (protection de l’environnement, lutte contre la pauvreté,
réduction des inégalités en terme de genre).
h – Enfin le tourisme de congrès : des séminaires et des affaires ; c’est l’actuel
point fort du Sénégal qui a relativement des atouts par rapport aux voisins de la
sous-région (proximité avec l’Europe ; « Porte de l’Afrique » ; culturellement
très proche du marché français : infrastructures de qualité. Ce tourisme est
l’affaire des cadres des grandes entreprises et d’associations internationales. Il
est généralement de courte durée mais plus contributif que le tourisme de
loisirs pour une même durée de séjour.
C– Analyse Benchmarking du tourisme
concurrence.
sénégalais : facteurs déterminant la
- La capacité d’hébergement
En 1992 par exemple, selon l’Organisation Mondiale du Tourisme, la capacité totale
de l’Afrique s’élevait à 361 000 chambres. Sur cette capacité, près de la moitié était
concentrée entre la Tunisie, le Maroc, l’Afrique du Sud et le Kenya. L’autre moitié à
partager entre plus de 45 Etats. A titre de comparaison, le Sénégal en était à 9000
chambres en 1995.
- La qualité des services.
L’accueil dans les hôtels et les services offerts sont un facteur déterminant pour
l’ensemble du séjour.
- Stabilité politique du pays et sécurité des touristes ;
C’est l’avantage n°1 du Maroc ou la monarchie assure la sécurité.
- l’accessibilité du pays
Critère important pour aider le touriste dans la planification de ses voyages (aller et
retour). A ce sujet, si les vols réguliers des compagnies européennes desservent
régulièrement le Sénégal (Dakar) certains sites souffrent parfois de leur enclavement
permanent ou temporaire (Casamance, Saint-Louis, Tambacounda).
- Promotion de la destination
On note parfois des différences énormes entre les budgets de promotion des
destinations concurrentes. Par exemple en 1994, Le Kenya a dépensé près de 6
millions de FF pour le marché français, alors que le Sénégal peinait à boucler un
budget de 1,5 millions de FF sur l’ensemble des marchés internationaux.
- Le Prix
On compare les forfaits pour le même nombre de jours entre les destinations
concurrentes.
Prix des destinations concurrentes en Afrique pour le marché français en 1997.
Destination
Maroc
Tunisie
Kenya
Ile Maurice
Sénégal
7 nuitées en
pension
2 600 – 3 500
2 400 – 3 000
5 400 – 7 500
10 000 – 13 000
4 700 - 5 500
PRIX EN FF
demi- 7
nuitées
en Circuits aventurés
pension complète
4 000 – 4 500
4 500 – 5 200
3 300 – 3 300
3 600 – 4 000
9 000 – 12 000
10 000 – 15 000
5 300 - 6 000
5 500 - 6 500
Moins cher que le Kenya et l’Ile Maurice, le Sénégal est de loin plus cher que la
Tunisie et le Maroc. C’est essentiellement dû au fait que le Sénégal est bien
positionné sur le balnéaire pendant la haute saison où son seul concurrent sur le
marché français demeure les Antilles.
En conclusion : la concurrence du marché touristique sénégalais se résume comme
suit : le Maroc, la Tunisie, l’Afrique du Sud, le Kenya et plus proches de nous, le
Cap-Vert, la Guinée Conakry qui font tous du balnéaire.
- En outre le Maroc, la Tunisie et bientôt le Kenya offrent une capacité de
150 000 lits chacun. Ils ont ensuite une bonne qualité de services, et une
stabilité politique qui garantit la sécurité des visiteurs. Le Sénégal compte
actuellement 31.229 lits (statistiques touristiques 2007).
Bien desservis par de nombreux vols charters et réguliers, les 4 pays africains
enregistrent à eux seuls les ¾ des arrivées internationales.
Les destinations : Maroc, Tunisie, Kenya, Afrique du Sud, jouent sur une stratégie
prix très compétitive précisément pour vendre le balnéaire. Ce qui n’est pas le cas au
Sénégal. Les forfaits du type balnéaire à Saly et en Casamance des années 90 ne sont
plus d’actualité pour diverses raisons.
Quant aux autres forfaits pratiqués au Sénégal, on peut citer :
- les courtes excursions de ½ journée relatives au balnéaire, formule Club ;
- le circuit « Grand Tour du Sénégal », découverte de plusieurs produits en 9
jours : oiseaux et animaux divers ; pêche sportive et chasse, visites, us et
coutumes des populations locales etc.
D Contraintes et atouts du tourisme sénégalais.
1. Contraintes
- Budgets de promotion faibles sur les marchés cibles, comparés à ceux des
concurrents ;
- destination peu connue sur certains marchés, en particulier sur celui de la
Scandinavie, la Grande Bretagne et en Asie ;
- banalisation et crispation sur l’unique produit balnéaire sur le principal marché
qui est la France ;
- manque de compétitivité du secteur du fait de la cherté des services hôteliers et
touristiques ;
- problèmes de la Casamance ;
- manque de financement du secteur par les banques commerciales locales ;
- manque de qualification du personnel ;
- absence d’un code spécifique des investissements touristiques ;
- les motivations des visiteurs sont mal maîtrisées du fait de l’absence d’études
spécifiques ;
2. Atouts
- stabilité politique du pays doublée d’une relative sécurité pour les visiteurs ;
- un climat enviable, une population accueillante, une gastronomie appréciée ;
- des infrastructures de qualité et de nouveaux aménagements en cours de
réalisation ;
- une certaine proximité en terme de distance des marchés émetteurs ;
- réduction de la TVA en vue et bientôt crédit hôtelier en 2010 ;
- présence d’investisseurs prestigieux tels que Club Méditerranée, Méridien,
Accor ;
- absence de vaccination et de visas pour les groupes européens.
E- Les performances : Caractéristiques de l’Offre et de la demande
3. L’offre (en termes de capacité)
Alors que le Plan Stratégique de 1995 l’estimait à 50.000 lits en 2010, la capacité
hôtelière lits n’est à l’arrivée que de 31.300, soit un gap de 37%. En fait cela est
simplement dû au fait que le Plan en question n’a pas été mis en œuvre.
Au niveau de la capacité, une hausse de 38% a été notée concernant les hôtels
d’affaires de 2000 à 2007, et de 87% pour les hôtels de loisirs. Cette performance
est essentiellement le résultat de l’initiative du privé, notamment à travers des
hôtels de petites catégories, des résidences et des maisons meublées dans toutes
les capitales régionales (voir tableau n°1). Par contre, la tendance est inversée en
termes d’arrivées car, pour les hôtels d’affaires, la baisse a été de 115% et pour
les hôtels de loisirs de 165%.
Notons qu’il ne s’agit ici que des catégories d’établissement susceptibles d’être
retenus dans l’échantillon du Bureau des Statistiques du Ministère chargé du
Tourisme. Par ailleurs, avec ses 22% par rapport à la capacité globale, la région de
Dakar a enregistré à elle seule 53% des arrivées internationales en 2007. Au même
moment la région de Thiès fait respectivement 27% et 24% ; Ziguinchor 20% et
6%. En d’autres termes, il n’y a aucune corrélation entre l’offre d’une région et sa
demande touristique.
A ce propos, c’est le cas de Ziguinchor qui mérite certainement plus d’attention.
En effet alors qu’elle pesait près de 25% de l’offre et de la demande pendant les
années 90, elle ne pèse plus que 20 et 6% de l’offre et de la demande
respectivement en 2007. Il y a donc baisse des poids relatifs de l’offre et de la
demande de la région la plus touristique du Sénégal.
En outre on constate que de 2000 à 2007, l’investissement moyen annuel n’a été
que de 18.400 lits, soit 9.200 chambres, un taux relativement faible, quand on sait
qu’il va des petits campements touristiques aux hôtels et villages 4*, en passant
par les résidences et les meublés.
Enfin, le rapport demande/offre est plus important à Dakar (29) que partout
ailleurs, en 2007. Il parait donc probablement plus intéressant d’investir à Dakar
que dans les autres régions. Une distorsion à corriger puisque probablement
imputable à l’informel qui caractérise les statistiques et le manque de suivi des
initiatives privées dans les régions de l’intérieur. En effet, il est beaucoup plus
facile de réaliser une 2* en cachette dans les régions que de cacher 2 chambres
supplémentaires à Dakar.
4. La demande (en termes de marchés émetteurs)
De 2000 à 2007, la demande internationale a baissé de 0,6%. Une baisse
imputable à celle des marchés français de 11% ; du marché allemand de 85% ; du
marché espagnol de 92 %. En somme il s’agit des marchés que l’on croyait acquis
(France, Allemagne) ou émergent (Espagne).
En revanche, les marchés africains, du Benelux, des USA, du Royaume Uni et de
la Scandinavie se sont réchauffés en 2007/2000, respectivement de 16%, 70%,
19% et 342%.
Toutefois, pour les premiers comme pour les seconds, tous les marchés ont évolué
en dents de scie de 2000 à 2007. Mais le paradoxe vient surtout du fait que les
marchés les plus performants actuellement sont ceux qui sont le moins investis en
termes de promotion, à l’exception peut-être des USA où il existe un bureau de
promotion. Nous ferons des recommandations utiles à ce sujet.
Les arrivées par régions destinataires : l’année 2003 est la plus mauvaise avec une
baisse de 9% par rapport à 2000 et de 10% par rapport à 2001. Mais si l’année
2004 a été meilleure que 2009, on constate que 2004 a baissé par rapport à 1999
de 1,5%.
Ces baisses sont naturellement imputables aux contre-performances de Dakar qui
sont de 15% de 2003/2000 ; de Thiès de 14% sur la même période, de 23% pour
Ziguinchor. Ce sont les plus grandes régions touristiques du Pays. En revanche les
régions que l’on peut appeler de seconde catégorie (Fatick, Saint-Louis et
Tambacounda) ont plus ou moins amorti la chute avec respectivement des hausses
de 2,4%, 65,7% et 94,6%.
Néanmoins, là également l’embellie ne s’est pas maintenue puisque Fatick a
chuté en 2007/2006 de 3% et Saint-Louis a suivi une allure hésitante de 2003 à
2007.
Seule Tambacounda a suivi un rythme régulier de 2000 à 2007 ; c’est la
découverte, la culture mais aussi la vision, la chasse et l’écotourisme. L’enquête
sur la satisfaction des touristes permettra de déterminer la motivation des visiteurs
de la région.
Du coup des suggestions pertinentes seront faites au Ministère du Tourisme, en
vue du prochain plan d’aménagement touristique de la région.
Enfin, si la contre performance de Ziguinchor peut aisément s’expliquer par les
mouvements irrédentistes qui commencent par s’éterniser et qui dissuadent tout
investissement (y compris le plan d’aménagement que l’Administration tarde à
réaliser), les cas de Dakar et Thiès suscitent des inquiétudes (vieillissement du
produit, encombrement humain, insalubrité, tracasseries et insécurité des touristes
sont invoqués).
Dans ce cas, seul Saly peut être sérieusement atteint puisque Dakar demeure
toujours la destination privilégiée du tourisme d’affaires (missions, séminaires,
congrès) sous-régional, privilège qu’elle tient de plusieurs facteurs : sûreté de son
aéroport, infrastructures de niveau international). De fait, on constate que :
- l’essentiel du tourisme d’affaires se passe à Dakar où sont concentrés tous les
grands hôtels d’affaires, luxe et 4* qui totalisent à eux seuls 79% des touristes
d’affaires ;
- le tourisme d’affaires représente 47% des arrivées globales en 2007, alors qu’il
ne se passe qu’à Dakar, laissant les 53% au tourisme balnéaire qui a lieu à la
fois à Mbour, à Ziguinchor et à Saint-Louis ;
- en 2007, le tourisme d’affaires s’est bien comporté par rapport à 2006, (hausse
de 37%), au moment où le tourisme de loisirs baisse de 0,5% ; c’est donc le
tourisme d’affaires qui a sauvé les arrivées globales en 2007.
Logiquement, la tendance devrait se maintenir avec l’achèvement prochain des
réceptifs qui étaient prévus dans le cadre de l’OCI, en 2008. D’autant qu’il s’agit
d’infrastructures de qualité à l’image du Complexe hôtel-restaurant-casino Le
Terrou bi d’une capacité de près de 300 chambres.
II. RECOMMANDATIONS
Il s’agit de décliner ici sous forme de recommandations les enseignements, tirés de
l’étude du milieu physique (tous centres d’intérêts touristiques confondus), les
études documentaires relatives au secteur (étude de marché,
de plan
d’aménagement).
Certaines de ces recommandations sont transversales, c'est-à-dire de dimension
nationale. Elles concernent toute la destination touristique « Sénégal » et exigent de
ce fait un traitement radical et urgent, pour la survie du tourisme Sénégalais.
B-
A L’ECHELLE NATIONALE
Les recommandations sont relatives à :
1 – la cherté de la destination : le Sénégal est réputé être une destination chère, tant
du point de vue de la desserte aérienne (en raison surtout des taxes aéroportuaires) ,
que du point de vue des prestations hôtelières et touristiques (le cout des facteurs de
production et de la fiscalité y est pour beaucoup) ; aussi s’impose-t-il la
recommandation suivante :
• En rapport avec le Ministère chargé de l’économie et des Finances d’une
part, et les Ministères chargés des Infrastructures et des Equipements,
des Transports Maritimes,
Aériens et routiers, d’autre part,
le
Ministère chargé du Tourisme
devra étudier toutes possibilités qui
permettront de réduire le coût des facteurs de production concernés, en
vue de rendre plus compétitive la destination « Sénégal Touristique ».
Tous les types de transport sont concernés, ainsi que l’eau, l’électricité, les TICS
et les voies de communication ;
2- la carence de la desserte aérienne ; notre destination n’est pour l’essentiel desservie
à des fins touristiques que par la seule compagnie Air France. C’est un handicap
majeur pour la commercialisation de notre destination qui en plus d’Air Afrique et
Air Sénégal, recevait les avions de toute l’Europe jusqu’à la fin des années 1990.
Hélas ce n’est plus le cas et la demande touristique s’en est ressentie. En
conséquence :
• En rapport avec le Ministère chargé du Transport Aérien, le Ministère
chargé du Tourisme devrait négocier et obtenir de toutes les compagnies
aériennes internationales, en particulier Européennes (Espagne, Italie,
Royaume Uni, Allemagne) la reprise de la desserte aérienne du Sénégal ;
3- l’insuffisance du budget Sénégalais de Promotion Touristique : Alors qu’il se
chiffre à plus de 20 Milliards de francs CFA, chez nos principaux concurrents
(Maghreb, Afrique du Sud, Kenya), il n’est que d’un milliard de francs cfa chez
nous. C’est une des raisons qui font que le Sénégal résiste mal à la concurrence de
ces derniers. En conséquence.
• En
rapport avec le Ministère de l’Economie et des Finances,
l’Administration nationale du Tourisme (ANT)devra étudier tous voies et
moyens de renflouer les possibilités financières du fonds National de
Promotion Touristique (05 à 10 milliards de francs cfa immédiatement,
pour arriver à 15 – 20 milliards en 2015.
4- Absence d’institutions de financement ou financements inadaptés. Depuis la
disparition de la SOFISEDIT et de plusieurs banques impliquées dans le tourisme
vers les années 1990, le secteur touristique est laissé à lui-même, ou reçoit çà et là
des crédits à des taux exorbitants de 18 à 25%. Ce qui renchérit d’autant le coût des
prestations hôtelières et touristiques, du fait des amortissements trop lourds à
supporter.
• En rapport avec le Ministère de l’Economie et des Finances, l’ANT
étudiera les possibilités de mise en place d’un crédit hôtelier, chargé
spécifiquement de financer le secteur à des conditions adaptées.
5- Absence de code spécifique des investissements touristiques : celui-ci traitera en
priorité les différentes possibilités de mise à disposition des terres (les baux, les
ventes, les immatriculations) afin de sécuriser les investissements et aussi leur
faciliter l’obtention de crédits. C’est la condition sine qua non pour rassurer les
bailleurs de fonds.
• En rapport avec le MEF et le M.INT, l’ANT devra étudier la possibilité de
création d’un code spécifique des investissements touristiques.
6 – Absence d’une image forte de la destination : LS.SENGHOR poète et homme
d’Etat, Gorée d’Alex Hailey ont pendant longtemps symbolisé la destination
Sénégal. « La porte de l’Afrique » et l’Ile de Gorée incitaient beaucoup d’étrangers à
visiter le Sénégal où l’on parlait parfaitement le Français et d’où sont partis tous
les noirs de la Diaspora. Sont venus ensuite l’Alternance politique de 2000, et le
Mondial de 2002 ; deux événements dont malheureusement nous n’avons pas su tirer
grand profit. Il n’ya donc plus rien en terme d’image du Sénégal.
• En rapport avec le Ministère de la Culture, le Ministère chargé du
tourisme, devra étudier la possibilité de doter le Sénégal d’une image de
marque forte susceptible d’attirer davantage de visiteurs vers le Sénégal.
7-La recommandation essentielle concerne :
• la restructuration de l’offre touristique sénégalaise afin de l’adapter à la
demande internationale : cela passera nécessairement par la conception et
l’adoption d’une politique touristique appropriée, bien au fait des
exigences du marché et sous-tendue par une réelle volonté politique.
B– A L’ECHELLE LOCALE
1- DANS LA ZONE NORD
1 – 1 La finalisation rapide du plan d’aménagement de la zone nord. C’est une
affaire qui relève des compétences des Ministères chargés du Tourisme, de
l’Intérieur et de l’Economie et des Finances.
1-2-l’extension de l’aéroport (allongement et élargissement) afin qu’il puisse
accueillir de gros porteurs. Cela incombe au Ministère chargé du transport
aérien.
1 – 3 La prise en compte de la région du Nord par l’Agence nationale de
promotion touristique (ANPT), qui mettra en relief
l’écotourisme et
l’ornithologie) à commercialiser dans les pays du Nord (Scandinavie) ;
1 – 4 l’implication de la municipalité dans la gestion du secteur, quitte à créer
des primes pour ceux qui s’impliquent de façon décisive dans le maintien de
l’ordre public, la sécurité des touristes et la salubrité de la commune. Le
Ministère chargé du Tourisme pourrait étudier cette question dans le cadre
d’une journée de travail sous l’égide du CES en rapport avec la gouvernance et
la Mairie.
1 – 5 En rapport avec les parcs nationaux, l’ANT devrait étudier toutes
possibilités de doter les parcs de davantage d’infrastructures adaptées au
milieu, pour la distraction des touristes.
2 – AUX ILES DU SALOUM
2 – 1 l’ANT devrait étudier la possibilité d’étendre le plan d’aménagement de
la Zone centre aux îles de Mar Lothie. Elles sont nombreuses à n’avoir ni eau,
ni électricité.
2 – 2 l’ANT devrait exhumer l’ancien dossier initié dont l’objectif était de
trouver du financement pour le collectif des 10 petites unités d’exploitation
touristique.
2 – 3 l’ANT devrait encourager l’Organisation nationale des Indépendants
touristiques du Sénégal (ONITS) à ouvrir ses portes au collectif et l’intégrer le
cas échéant, dans sa structure et toutes ses activités.
2 – 4 l’ANT, par l’intermédiaire de l’ANPT, devrait impliquer le site MAR
LOTHIE dans son agenda. A ce propos, le Conseil Economique et social
devrait étudier la possibilité de rencontrer les opérateurs de cette zone.
3 – A SALY (Mbour)
3 – 1 La police et la Gendarmerie devront accentuer leurs efforts en vue
d’assurer davantage la sécurité des personnes et des biens dans la station. Le
Ministère de l’intérieur et le Ministère des forces armées sont concernés.
3 – 2 La Société d’Aménagement de la Petite Côte (SAPCO) doit
impérativement arrêter la déforestation des zones boisées qui assuraient un
certain micro- climat et la fixation des sols du site.
3 – 3 l’ANT (la SAPCO) devrait mettre fin aux installations de résidences
hôtelières et autres structures de modestes catégories, qui faussent le jeu de la
concurrence.
4 – EN CASAMANCE
Les problèmes s’appellent insécurité et enclavement. L’Etat devra prendre
toutes les dispositions nécessaires pour :
4-1- une desserte aérienne régulière de la région aussi bien à partir de Dakar
qu’à partir de l’Europe ;
4-2- mettre en place un bateau qui pourra assurer une liaison maritime
correcte et régulière.
ANNEXE
ANNEXE I : MEMBRES DE LA COMMISSION DU TOURISME, DE LA
CULTURE, DE L’ARTISANAT, ET DES SPORTS
Titre
PRENOMS ET NOM
1
PRESIDENT
Elie Charles MOREAU
2
VICE PRESIDENTE
Fatou Mbacké BADJI
3
RAPPORTEUR
Khady Sidibé DIA
4
MEMBRES
Samba BA
5
Anna Ba DIA
6
Ndèye Ndamouté FALL
7
Pape Meïssa DIOP
8
Mamadou Racine SY
9
Ismaël LO
10
Seyni SECK
11
Khoudia SOW
12
Madjiguène dite Mbayang NDIAYE
13
Anta Niang TOURE
14
Ngoné THIOUNE
15
Saliou DIAGNE
16
Amadou KANE
17
Hamidou Diaye KOITA
18
Khady BASSE
LE PRESIDENT
Je vous remercie, Monsieur le Président,
Monsieur le Ministre de l’Artisanat, du Tourisme et des Relations avec le
secteur privé et le secteur informel, avez-vous des observations à formuler
sur le rapport ?
MONSIEUR LE MINISTRE
---------------------------------------------------------LE PRESIDENT
Je vous remercie Monsieur le Ministre
Le Débat général est ouvert.
Nous allons passer la parole aux conseillers désignés par les deux groupes.
Il s’agit de :
12345678910La parole est à :
………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………
………………………………………………………………
………………………………………………………………………………
……………………………………………………………………………..
Nous venons d’entendre le dernier intervenant, le débat général est clos.
Nous allons donner la parole au Président de la Commission pour certaines
clarifications.
Intervention du Président de la Commission.
-------------------------------------------
LE PRESIDENT
Je vous remercie Monsieur le Président
Nous allons maintenant donner la parole au Ministre de l’Artisanat, du
Tourisme et des Relations avec le secteur privé et le secteur informel pour
répondre aux questions soulevées et apporter sa contribution.
Intervention du Ministre:
---------------------------------------------------------------------------------------------------------------LE PRESIDENT
Merci Monsieur le Ministre
Mesdames, Messieurs les Conseillers,
Au terme de ces échanges sur les conclusions du rapport sur « Stratégies
de développement d'un tourisme haut de gamme » préparé par la
Commission Tourisme, Culture, Artisanat et Sport, je soumets le rapport
aux voix.
Qui vote pour son adoption sous réserve de l’intégration des observations
formulées ? Merci
Qui vote contre son adoption ? Merci
Qui s’abstient ? Merci
Le Rapport sur les « Stratégies de développement d'un tourisme haut de
gamme » est adopté (ou rejeté) à l’unanimité (ou à la majorité) des
conseillers présents.
Je prie Madame la Secrétaire de bien vouloir donner lecture du projet de
résolution émis en ce sens.
MADAME LA SECRETAIRE ELUE
Je vous remercie, Monsieur le Président.
PROJET DE RESOLUTION
************
LE CONSEIL ECONOMIQUE ET SOCIAL,
Après examen du thème relatif aux « Stratégies de développement d'un
tourisme haut de gamme » en sa séance du mardi 20 avril 2010, à 10
heures,
CONSIDERANT
les conclusions du rapport présenté, au nom du
Conseil économique et social, par la Commission du
Tourisme, de l'Artisanat, de la Culture et des Sports ;
Après en avoir débattu :
ADOPTE
le rapport ainsi que les recommandations qui
y sont formulées;
DONNE
mandat au Président du Conseil économique et
Social de mettre en place un comité ad hoc pour la
mise en forme définitive du rapport et des
recommandations à adresser aux autorités
compétentes
Fait à Dakar, le 20 avril 2010
Monsieur LE PRESIDENT
Merci, Madame la Secrétaire Elue
Je mets aux voix le projet de résolution.
Avis favorables ?
Avis contraires ?
Abstentions ?
Le projet de résolution est adopté à l’unanimité.
…………………………………………………………………………
…………………………………………………………………………
FELICITATIONS ET REMERCIEMENTS AU PRESIDENT
ET AU RAPPORTEUR DE LA COMMISSION
………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………
………………………………………………………………………………
REMERCIEMENTS AU MINISTRE DE L’ARTISANAT, DU
TOURISME ET DES RELATIONS AVEC LE SECTEUR PRIVÉ ET LE
SECTEUR INFORMEL
Mesdames, Messieurs les Conseillers,
Avant de suspendre la séance, je rappelle que nous nous retrouverons dans
l’après midi à 16 Heures pour examiner le rapport sur la problématique de
l'énergie en présence du Ministre de l'énergie.
Y a-t-il des observations ?
Il en est ainsi décidé.
La séance est suspendue.

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