Telephone mobile, risque de tumeurs cerebrales et du nerf - S-ECN

Commentaires

Transcription

Telephone mobile, risque de tumeurs cerebrales et du nerf - S-ECN
Revue d'Épidemiologie et de Sante Publique 55 (2007) 321 —332
Article original
Telephone mobile, risque de tumeurs cerebrales et du nerf
vestibuloacoustique : l'etude cas-temoins INTERPHONE en France
Cell Phones and Risk of brain and acoustic nerve tumours:
the French INTERPHONE case-control study
M. Hoursa,*, M. Bernarda, L. Montestrucqa, M. Arslana, A. Bergereta, I. Deltourb, E. Cardisb
a Unité
mixte de recherche épidémiologique et de surveillance transport travail environnement (INRETS/UCBL/InVS), faculté de médecine, domaine Rockefeller,
8, avenue Rockefeller, 69373 Lyon cedex 08, France
b Centre international de recherche sur le cancer, Radiation Unit, 145, cours Albert-Thomas, 69008 Lyon, France
Reçu le 12 juillet 2006 ; accepte le 12 juin 2007
Disponible sur internet le 11 septembre 2007
1. Introduction
Les telephones mobiles, apparus en France pour le reseau
cellulaire en 1992, ont connu en quelques annees un veritable
essor. Des 1999, 28 % des menages possedent au moins un
telephone mobile [1] ; en 2004, les operateurs français ne
recensent pas moins de 44,5 millions d'utilisateurs [2]. Les
telephones mobiles font aujourd'hui partie integrante du quotidien des Français et on compte, selon la categorie socioprofessionnelle, entre 73 et 86 % d'utilisateurs.
Compte tenu de la progression rapide de l'usage des telephones mobiles, plusieurs questions ont emerge au sujet de leur
eventuel impact sur la sante. La technologie des telephones
mobiles repose, en effet, sur l'emission de champs electromagnetiques, specifiquement des radiofrequences entre 400
Mhz et 2100 MHz. La majeure partie des ondes reçues est
absorbee par les cellules des organes situees à proximite
immediate du recepteur, au niveau de l'oreille. La partie la plus
importante de cette energie est absorbee par la peau, la glande
parotide et l'oreille ; 20 à 30 % de la dose sont absor-bees par le
cerveau [3]. Les tumeurs les plus susceptibles de se developper
en lien avec l'usage du telephone mobile sont donc les gliomes
et les meningiomes, les neurinomes des nerfs crâ-niens et les
tumeurs des glandes salivaires, en particulier, la glande
parotide. La quantite d'energie provenant des radiofre-quences,
emis par le telephone et absorbee par les tissus humains, est
generalement mesuree par le debit d'absorption specifique
(DAS), c'est-à-dire le debit d'energie absorbee par unite de
masse. Au niveau de la tête, le DAS ne doit pas depas-ser la
valeur recommandee par l'OMS (2 W/kg moyennes sur six
minutes et 1 cm3 de tissu). Aujourd'hui, tous les appareils
telephoniques mobiles doivent respecter ce DAS mesure à
puissance de crête maximale, ce qui n'etait pas le cas dans les
premieres annees de la telephonie mobile.
Plusieurs etudes experimentales sur l'animal n'ont pas montre d'augmentation de tumeurs chez les animaux exposes aux
radiofrequences, seules [4] ou en association avec un cancerogene connu [5,6] alors que Repacholi a montre un effet chez les
souris PIM [7]. Les effets genotoxiques, trouves par Lai et
Singh [8] et par Diem et al. [9], ne sont pas retrouves dans
d'autres experimentations [4,10-13]. À ce jour, l'hypothese de
genotoxicite concernant les radiofrequences n'est pas la plus
plausible ; il semble plus probable, si un lien existe entre radiofrequences et cancers, qu'il s'agisse d'une action de promotion
ou de stimulation de progression de la tumeur. Plus recem-ment,
l'existence potentielle d'une permeabilite accrue de la barriere
hematoencephalique [14,15] n'a pas ete retrouvee [16].
Les premieres etudes epidemiologiques [17-21] ont ete
entachees d'insuffisances methodologiques liees à des effectifs
insuffisants pour mettre en evidence un risque faible, une
mesure de l'exposition inadequate, uniquement basee sur la
duree, la non prise en compte des facteurs de confusion et,
essentiellement, un net manque de recul face au developpement
de cette technologie recente.
Afin d'apporter de nouveaux elements de reponse sur le lien
potentiel entre les radiofrequences emises par les telephones
mobiles et les tumeurs de la tête, l'etude internationale multicentrique INTERPHONE, coordonnee par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), a ete mise en place en
1999. Il s'agit d'une etude cas temoins dont le but est de
rechercher dans quelle mesure l'utilisation des telephones
mobiles influence le risque de tumeurs de la tête. En depit des
effectifs faibles de la participation française concernant les
gliomes, les meningiomes et les neurinomes des nerfs crâniens, il a paru interessant d'en presenter les resultats, sachant
que l'etude INTERPHONE dans sa globalite apportera la puissance necessaire à la recherche de risques faibles.
2. Matériel et méthodes
2.1. Population
Les sujets recrutes etaient domicilies soit dans la zone
urbaine de Lyon, soit dans la region d'Île-de-France, ces deux
regions correspondant aux zones les plus precocement couvertes par les reseaux de telephonie mobile. La population d'etude
comprend exclusivement les personnes âgees de 30 à 59 ans ;
cette tranche d'âge correspond à la population utilisatrice du
telephone mobile dans les annees precedant le debut de l'etude ;
bien que ce ne soit pas la classe d'âge qui presente
M. Hours et al. / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 55 (2007) 321 –332
le plus grand risque de developper ces tumeurs, l'etude de faisabilite avait montre que le fait de se restreindre à ces categories assurait un meilleur rapport coût–efficacite [22].
323
telephone ni de ceux pour lesquels les lettres sont revenues
pour adresse inconnue (environ 15 % des sujets).
2.4. Recueil des données
2.2. Recrutement des cas
Le debut de la periode de recrutement des cas est different
selon le type de tumeur : le 1er juin 2000 pour les neurinomes, le
1er septembre 2000 pour les meningiomes, et le 1er decembre
2000 pour les gliomes. L'ensemble du recrutement s'est acheve
le 31 août 2003. Les services hospitaliers lyonnais et parisiens
participant à l'etude devaient signaler tous les nouveaux cas
diagnostiques pendant cette periode ; il s'agit essentiellement de
services de neurologie, neurochirurgie et ORL. Un service de
radiotherapie marseillais, specialise dans le traitement des
tumeurs de la tête par rayonnements, a egalement integre l'etude.
En effet, ce traitement alternatif à la chirurgie peut attirer des
malades residant sur Paris et Lyon. Tous les services lyonnais
concernes ont ete contactes et ont participe au recueil de
donnees ;pour la region parisienne, seuls quelques services ont
participe de façon exhaustive, certains n'ont participe que
partiellement sur la periode, d'autres pas du tout. Un contrôle
d'exhaustivite du recrutement a ete realise dans tous les services
impliques, pour leur periode de participation, grâce aux donnees
des departements d'information medicale (DIM). Ce contrôle a
permis d'inclure des cas a posteriori. Certains cas reperes grâce
aux DIM n'ont pas pu être contactes faute d'autorisation
medicale. Ils ont cependant ete pris en compte lors du calcul du
taux de participation. Les cas incidents ont ete inclus dans
l'etude après verification des critères d'inclu-sion (âge, lieu
d'habitat, tumeur primitive) et pour la majorite des cas, du
diagnostic confirme histologiquement. Pour cer-tains, par
exemple les tumeurs traitees par radiotherapie ou inaccessibles
chirurgicalement, seules les investigations radio-logiques etaient
disponibles ; le diagnostic des cas a alors ete medicalement
valide avant inclusion.
2.3. Recrutement des témoins
Chaque cas a ete apparie à un temoin pour les gliomes et les
meningiomes, et à deux temoins pour les neurinomes. L'appariement a ete realise sur le sexe, l'âge (± 5 ans) et la commune
de residence à la date du diagnostic du cas. Dix temoins par cas
ont ete tires au sort à partir des listes electorales. Une lettre,
jointe à un formulaire de consentement et une enveloppe retour,
a ete adressee au premier temoin de la liste ; elle expli-quait qu'il
s'agissait d'une etude medicale sur l'exposition aux
rayonnements dans l'environnement, sans qu'il soit fait mention
de façon specifique du telephone mobile. Un courrier de relance
a ete adresse un mois plus tard, puis trois essais de contact
telephonique, sur des plages horaires variees, notam-ment en
debut de soiree, ont ete realises. En cas de non-reponse, refus ou
adresse inexistante, la recherche a porte sur le temoin suivant de
la liste, et ainsi de suite. La demarche a ete identique quelle que
soit la pathologie du cas correspondant. Le calcul du taux de
participation ne tient pas compte des sujets pour lesquels nous
ne disposions pas d'un numero de
Les entretiens avec les cas et les temoins ont eu lieu au sein
des hôpitaux, au domicile des sujets ou dans tout autre lieu à la
convenance du sujet et, exceptionnellement, par telephone. Les
premiers entretiens ont eu lieu en fevrier 2001 pour les sujets
lyonnais et en mai 2001 pour les sujets d'Île-de-France. Les
entretiens ont ete realises par dix enquêteurs formes au prealable à la passation du questionnaire. Dans la mesure du possible, un même enquêteur realisait l'entretien à la fois pour le
cas et pour son(ses) temoin(s).
2.5. Questionnaire
Le questionnaire, assiste par ordinateur (logiciel CAPI,
Computer Assisted Personal Interviewing programme en Blaise
[23]), a permis la saisie directe des informations au cours de
l'entretien. Plusieurs parties composent le questionnaire : informations sociodemographiques, consommation de tabac, antecedents medicaux du sujet et de sa famille, usage de la telephonie
mobile et autres systèmes de radiocommunication, expositions à
des rayonnements dans un contexte medical et professionnel, et
historique professionnel. Pour les neurinomes et leurs temoins,
le questionnaire comporte une section supplementaire sur
l'exposition au bruit.
La partie du questionnaire concernant les telephones mobiles a permis d'obtenir les informations sur :
 les telephones utilises par le sujet : nombre, marques et
modèles (si ces informations n'etaient pas connues, la
recherche de la facture d'achat etait demandee et à defaut,
la consultation d'un catalogue des telephones disponibles
en France et des questions portant sur les caracteristiques
de l'appareil telles que l'antenne, la couleur ou encore la
taille etaient proposees afin de l'identifier), les operateurs,
la periode d'utilisation ;
 le niveau de consommation pour chaque telephone, estime
par le nombre d'appels emis et reçus (donne par jour, par
semaine ou par mois) et par le temps de communication
(donne en minutes ou en heures, par appel, par jour, par
semaine ou par mois) ;
 les details de l'utilisation : frequence, mode d'utilisation
(usage de kit pieton ou main libre, en zone rurale ou
urbaine, dans un vehicule en mouvement).
2.6. Analyse des données
Afin que chaque cas et son(ses) temoin(s) aient des estimations de leurs expositions aux telephones mobiles comparables,
la date du diagnostic du cas a ete consideree comme date de
reference pour chaque paire ou triplette. L'usage du telephone
pendant l'annee precedant cette date, ou au-delà de cette date,
n'a pas ete pris en compte.
Plusieurs variables ont ete calculees : nombre d'appels
moyens par mois, nombre d'appels cumules, avec ou sans uti-
324
M. Hours et al. / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 55 (2007) 321 –332
lisation d'un kit pieton ou main libre, temps de
communication moyen par appel, temps de communication
moyen par mois, temps de communication cumule avec ou
sans utilisation d'un kit pieton ou main libre, duree de la
periode d'utilisation. Ces variables ont ete considerees d'une
part comme des variables categorielles (classes delimitees
selon les premier, deuxième et troisième quartiles observes
dans le groupe des temoins), et d 'autre part comme des
variables continues. Lorsqu'une donnee de consommation
d'un sujet etait caracte-risee par un intervalle de duree ou de
nombre d'appels, c'est la mediane qui a ete choisie pour
estimer la consommation. Pour quelques sujets, certaines
periodes de telephonie etaient non renseignees : lorsque cette
periode etait encadree par deux periodes pour lesquelles
l'information etait disponible, la moyenne des deux periodes
etait attribuee à la periode manquante ; s'il s'agissait du
premier ou du dernier telephone utilise, la consommation de
la periode adjacente etait attribuee ; deux sujets n'ont donne
aucune information concernant leur consommation : ils ont
ete consideres comme consommateurs non reguliers.
La mesure de l'association entre exposition aux telephones
mobiles et tumeurs de la ttite a ete estimee par des odds ratio
(OR) obtenus par regression logistique conditionnelle tenant
compte de l'appariement. Dans un premier temps, la distinction
entre les trois types de tumeurs n'a pas ete faite, puis chacune
des trois tumeurs a ete analysee separement. Pour selectionner
les variables d'ajustement, chaque variable liee aux informations
sociodemographiques, aux antecedents medicaux du sujet et de
sa famille, à l'utilisation d'autres systèmes de radiocommunication, aux expositions à des rayonnements dans un
contexte medical et à l'exposition au bruit pour l'etude portant
sur les neurinomes a ete testee en univarie. Les variables significatives à un seuil de 20 % ont ete retenues pour la suite de
l'analyse. Il a ete decide de conserver certaines variables quel
que soit leur niveau de significativite en univarie ; il s'agit du
statut tabagique, du fait du haut pouvoir cancerogène du tabac et
de la categorie socioprofessionnelle en raison du risque de biais
de selection lie à cette variable. Un premier modèle mul-tivarie a
ete construit par procedure descendante à partir des variables
forcees et des variables retenues à l'etape anterieure. Le modèle
final a comporte pour tous les types de tumeurs la categorie
socioprofessionnelle (selon le premier digit de la codification
INSEE) et le statut tabagique, le statut matrimonial pour les
gliomes et l'exposition au bruit pour les neurinomes. Les
variables liees à la consommation telephonique ont ete
introduites separement dans ce modèle.
Une analyse des tumeurs ipsilaterales et controlaterales a
egalement ete realisee. Une tumeur etait classee ipsilaterale
lorsqu'elle se situait du côte d'usage du telephone mobile et
controlaterale lorsqu'elle etait du côte oppose. Les tumeurs
centrales ont ete considerees comme controlaterales (car situees
dans une zone non ou peu exposee quel que soit le côte d'usage
du telephone mobile). Les utilisateurs telephonant
indifferemment des deux côtes etaient classes dans le groupe
ipsilateral. Pour les temoins, le côte de la tumeur du cas auquel
il etait apparie a ete utilise pour la decision d'ipsi- ou de
controlateralite. Les paires ayant au moins un sujet pour lequel
nous n'avons pas pu conclure au caractère ipsilateral–controlateral ont ete exclues de cette analyse. Les deux modalites ont
ete testees dans le mtime modèle en comparaison avec les utilisateurs non reguliers et les non-utilisateurs.
Pour les variables traduisant l'exposition aux telephones
mobiles, la categorie de reference correspondait aux sujets
ayant declare ne jamais avoir utilise un telephone mobile ou
n'en ayant pas fait une utilisation regulière (soit moins d'une
fois par semaine pendant six mois).
Les analyses ont ete menees sous SAS (Version 8.2).
3. Résultats
3.1. Participation à l’étude et description de la population
Au total, 490 cas (160 gliomes, 190 meningiomes, 140 neurinomes) et 639 temoins ont ete enregistres sur Paris et Lyon.
Les cas de neurinomes ont ete signales de manière exhaustive
dans tous les services participants, ce qui n'a pas ete possible
pour les autres tumeurs. Dix patients parisiens (neuf neurinomes et un meningiome) ont ete signales par le service de radiotherapie de Marseille. Les taux de participation s'elèvent à 60,0
% pour les cas de gliomes, 78,4 % pour les cas de meningiomes et 80,7 % pour les cas de neurinomes (Tableau 1).
Cette difference s'explique par le haut niveau de gravite des
gliomes ; en effet, 6,8 % de ces malades n'ont pu titre inclus
pour cause de decès ou de maladie trop avancee et sans
qu'aucun proche ne puisse repondre, 19,4 % ont refuse et 5,0
% n'ont pu titre contactes. Le taux de participation des temoins
s'elève à 74,7 %. Il n'a pas ete possible de trouver certains
temoins, ce qui nous a fait exclure de l'analyse cinq cas (quatre
neurinomes, un meningiome) ; quatre cas de neuri-nomes n'ont
ete apparies qu'à un seul temoin. L'analyse finale a donc porte
sur 350 cas et 455 temoins repartis en 96 gliomes (96 temoins),
145 meningiomes (145 temoins) et 109 neurino-mes (214
temoins).
Seulement 4 % des questionnaires de cas ont ete renseignes
par un proche du malade (12 sujets sur 96 dans le groupe des
gliomes et deux dans le groupe des meningiomes), alors que
tous les temoins ont repondu directement aux enqutiteurs. La
plupart des enqutites (55,4 % pour les cas et 52,1 % pour les
temoins) ont eu lieu au domicile des sujets. Pour 24,0 % des
cas, l'enqutite a ete realisee au sein de l'hôpital ;pour 15,2 %
des temoins, elle a ete faite sur leur lieu de travail. Enfin, les
enqutites au telephone representaient pour les cas et les
temoins respectivement 4,9 % et 11,2 %. Le delai median entre
la date de diagnostic et l'interview s'est etale de deux mois
pour les gliomes à cinq mois pour les neurinomes.
Le Tableau 1 presente les caracteristiques cliniques des cas
interviewes : la plupart des gliomes etaient des tumeurs de grade
II. Les glioblastomes (grade IV) representaient le type
morphologique le plus frequent (28 sujets) puis venaient les
oligodendrogliomes (22 sujets), les tumeurs anaplasiques
(astrocytomes ou oligodendrogliomes : 15 sujets) et les tumeurs
mixtes (dix sujets). En ce qui concerne les meningio-mes, 22,1
% etaient situes sur la ligne mediane (il s'agit pour la plupart de
meningiomes de la faux du cerveau). Pour les trois types de
tumeurs, 38 à 56 % des cas utilisateurs de telephone
M. Hours et al. / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 55 (2007) 321 –332
Tableau 1
Caracteristiques des cas selon le type de tumeur
Meningiomes
Neurinomes
Gliomes
(n = 145)
(n = 109)
(n = 96)
n%
n%
n%
74 (77,1)
142 (97,9)
86 (78,9)
Chirurgie (oui)
Confirmation histologique
94 (97,9)
142 (97,9)
86 (78,9)
Code morphologique
Grades I
1 (1,1)
133 (93,7)
86 (100)a
Grades II
50 (59,5)
9 (6,3)
Grades III
15 (17,9)
Grades IV
28 (33,3)
Côté de la tumeur
Gauche
42 (43,8)
45 (31,0)
61 (56,0)
Droit
45 (46,9)
59 (40,7)
47 (43,1)
Mediane
2 (2,1)
32 (22,1)
7 (7,3)
9 (6,2)
1 (0,9)
Indetermine ou
multicentrique
Localisation de la tumeur
10 (10,4)
11 (7,6)
Hemisphère cerebral sans
autre precision
Lobe frontal
46 (47,9)
79 (54,5)
Lobe temporal
29 (30,2)
33 (22,8)
Lobe parietal
31 (32,3)
15 (10,3)
Lobe occipital
9 (9,4)
5 (3,4)
Ventricule
4 (4,2)
Cervelet
0
14 (9,7)
Tronc cerebral
1(1,0)
8 (5,5)
Lieu de résidence
Paris
67 (70)
103 (70,8)
89 (81,7)
Taux de participation
57,8
75,0
75,6
Lyon
29 (30)
42 (29,2)
20 (18,3)
Taux de participation
64,4
77,8
87,0
a Sur les 109 sujets souffrant de neurinomes, 108 souffraient d 'un neurinome du nerf acoustique et 1 du nerf trijumeau.
325
mobile telephonaient du côte où la tumeur s'est developpee (cas
ipsilateraux) ; les autres tumeurs se sont developpees dans
l'hemisphère cerebral oppose ou au centre du cerveau c'est-àdire dans des zones peu ou pas exposees aux champs emis par
le telephone mobile. Si les neurinomes etaient egale-ment
repartis entre les deux sexes (48,6 % d'hommes), ce n'etait pas
le cas pour les deux autres types de tumeurs : les hommes
representaient la majorite des gliomes (61,5 %) et seu-lement
17,9 % des meningiomes (Tableau 2). Les patients atteints de
meningiome representaient le groupe le plus âge (50,4 ans en
moyenne). Parmi les cas de neurinome, 41,3 % appartenaient
aux categories des cadres ou des professions intermediaires
(versus 61,2 % des temoins ; p < 0,01). Parmi les gliomes, 14,6
% des cas etaient separes, divorces ou veufs (4,2 % des temoins
; p < 0,10). L'exposition au bruit a permis de distinguer
significativement les neurinomes et leurs temoins (p < 0,05),
notamment au niveau de l'exposition profession-nelle, avec
34,9 % des cas contre 23,9 % des temoins.
3.2. Utilisation des téléphones mobiles
Les utilisateurs reguliers de telephones mobiles comptaient
globalement pour 53,7 % des cas (tous types confondus) et
56,5 % des temoins (Tableau 3). Soixante pour cent des cas
utilisateurs reguliers et 62,0 % des temoins utilisaient leur telephone à droite ou indifferemment des deux côtes. La prevalence de l'usage du kit main libre ou pieton etait de 12,8 %
chez les cas utilisateurs reguliers et de 16,7 % chez les temoins
utilisateurs reguliers.
Tableau 2
Caracteristiques sociodemographiques et habitudes selon le type de tumeur
Âge : moyenne
(± ecart-type)
Hommes (%)
Catégorie socioprofessionnelle
Cadres (%)
Artisans (%)
Professions intermediaires (%)
Employes (%)
Ouvriers (%)
Sans emploi (%)
Statut marital
Celibataire (%)
En couple (%)
Separe, divorce, veuf (%)
Statut tabagique
N'a jamais fume (%)
A fume (%)
Fume (%)
Exposition au bruit
Jamais expose (%)
Uniquement dans les loisirs (%)
Uniquement au travail (%)
Au travail et dans les loisirs (%)
Ensemble
Cas
Temoins
(n = 350)
(n = 455)
48,7 (± 7,6)
48,9 (± 7,3)
Gliomes
Cas
Temoins
(n = 96)
(n = 96)
47,0 (± 8,4)
46,9 (± 8,2)
Meningiomes
Cas
Temoins
(n = 145)
(n = 145)
50,4 (± 6,7) 50,8 (± 6,4)
Neurinomes
Cas
Temoins
(n = 109)
(n = 214)
48,1 (± 7,6)
48,6 (± 7,3)
138 (39,4 %)
187 (41,1 %)
59 (61,5 %)
59 (61,5 %)
26 (17,9 %)
26 (17,9 %)
53 (48,6 %)
102 (47,7 %)
83 (23,7 %)
22 (6,3 %)
80 (22,9 %)
113 (32,3 %)
46 (13,1 %)
6 (1,7 %)
144 (31,6 %)
12 (2,6 %)
134 (29,5 %)
127 (27,9 %)
36 (7,9 %)
2
28 (29,1 %)
6 (6,3 %)
20 (20,8 %)
23 (24,0 %)
19 (19,8 %)
32 (33,3 %)
29
33 (34,4 %)
16 (16,7 %)
13 (13,5 %)
-
33 (22,8 %)
5 (3,4 %)
49 (33,8 %)
52 (35,9 %)
5 (3,4 %)
1
22 (20,2 %)
7 (6,4 %)
23 (21,1 %)
42 (38,5 %)
15 (13,8 %)
-
33 (22,8 %)
(6,2 %)
37 (25,5 %)
48 (33,1 %)
12 (8,3 %)
6 (4,1 %)
-
79 (36,9 %)
5 (2,3 %)
52 (24,3 %)
59 (27,6 %)
18 (8,4 %)
1
38 (10,9 %)
263 (75,1 %)
48 (10,6 %)
350 (76,9 %)
12 (12,5 %)
70 (72,9 %)
10 (10,4 %)
82 (85,4 %)
15 (10,3 %)
107 (73,8 %)
11 (10,1 %)
84 (77,1 %)
23 (10,8 %)
161 (75,2 %)
49 (14,0 %)
57 (12,5 %)
14 (14,6 %)
4
15 (10,3 %)
109
(75,2 %)
21 (14,5 %)
23 (15,9 %)
14 (12,8 %)
30 (14,0 %)
171 (48,8 %)
108 (30,9 %)
71 (20,3 %)
228 (50,1 %)
117 (25,7 %)
110 (24,2 %)
46 (47,9 %)
28 (29,2 %)
22 (22,9 %)
46 (48,0 %)
25 (26,0 %)
25 (26,0 %)
67 (46,2 %)
49 (33,8 %)
29 (20,0 %)
83 (57,2 %)
33 (22,8 %)
29 (20,0 %)
58 (53,2 %)
31 (28,4 %)
20 (18,4 %)
99 (46,2 %)
59 (27,6 %)
56 (26,2 %)
-
-
-
-
-
-
63 (57,8 %)
8 (7,3 %)
28 (25,7 %)
10 (9,2 %)
156 (72,8 %)
7 (3,3 %)
38 (17,8 %)
13 (6,1 %)
326
Ensemble
Cas
Temoins
OR
(n = 350) (n = 455)
aj.a
IC 95 %
Cas
(n = 96)
Gliomes
Temoins
OR
(n = 96)
aj.a
IC 95 %
Cas
(n = 145)
Meningiomes
Temoins
OR
(n = 145)
aj.a
IC 95 %
Cas
(n = 109)
Neurinomes
Temoins
OR
(n = 214)
aj.a
IC 95 %
Type d'utilisateur
Non-utilisateurb
71
57
17
12
36
22
18
23
91
141
20
30
38
43
33
68
Utilisateur non
1,0
1,0
1,0
1,0
regulierb
188
257
0,93
59
54
1,15
71
80
0,74
58
123
0,92
Utilisateur
0,69-1,27
0,65-2,05
0,43-1,28
0,53-1,59
regulier
Côté d'utilisation
Droite
102
129
1,04
36
27
1,46
34
40
0,79
32
62
1,13
0,73-1,48
0,73-2,92
0,42-1,47
0,59-2,19
Gauche
74
97
0,92
19
20
1,02
31
31
0,75
24
46
0,85
0,62-1,37
0,46-2,26
0,38-1,50
0,43-1,68
12,
31
0,45* 0,21-0,97
4
7
0,32
69
0,44
2
15
0,20
Les 2 côtes,
0,06-1,82
0,13-1,52
0,04-1,02
indetermine
Ipsilatéralitéc
156
191
1,0
33
38
1,0
72
64
1,0
51
89
1,0
Nonutilisateursutilisateurs non
reguliers
Controlateral
93
116
0,95
24
20
1,17
34
43
0,65
35
53
1,23
0,64-1,39
0,52-2,65
0,33-1,27
0,64-2,38
Ipsilateral
83
128
0,87
31
30
1,15
30
29
0,87
22
69
0,62
0,59-1,26
0,55-2,43
0,44-1,75
0,32-1,20
* p < 0,05.
a OR ajuste sur la categorie socioprofessionnelle et le statut tabagique pour chaque type de tumeur, ainsi que sur le statut matrimonial pour les gliomes et sur l 'exposition au bruit pour les neurinomes.
b ces deux categories regroupees constituent dans les analyses suivantes la categorie de reference.
c les paires ayant au moins un sujet pour lequel nous ne pouvions pas conclure au caractère ipsilateral -controlateral ont ete exclues de cette analyse.
M. Hours et al. / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 55 (2007) 321–332
Tableau 3
Caracteristiques de l'utilisation des telephones mobiles selon le type de tumeur (modélisation en régression logistique conditionnelle)
M. Hours et al. / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 55 (2007) 321–332
L'analyse des gliomes montre une proportion plus importante d'utilisateurs reguliers chez les cas (61,5 %) que chez les
temoins (56,3 %) [OR = 1,15 ; IC 95 % : 0,65 -2,05]. Le fait
d'avoir ete un utilisateur regulier du telephone mobile
n'augmente pas le risque des deux autres types de tumeurs. Il
n'y a pas de difference significative pour les differentes
tumeurs en fonction de la localisation, bien qu'un OR plus
eleve à droite qu'à gauche soit observe pour les neurinomes. Il
n'y a pas de difference de risque entre les utilisateurs regu-liers
presentant une tumeur ipsilaterale et ceux avec une tumeur
controlaterale (Tableau 3).
3.3. Consommation téléphonique
Les sujets atteints de gliome ont un risque brut significativement plus eleve d'avoir utilise au moins deux telephones
mobiles (OR = 2,06 ; IC 95 % : 1,02 -4,18). L'analyse continue
est egalement significative avec un OR par telephone supplementaire de 1,27 (IC 95 % : 1,02 -1,59). L'ajustement du
modèle sur les variables de confusion supprime la signification
statistique de ces resultats.
Bien qu'aucune augmentation significative ne soit observee,
quel que soit le type de la tumeur, en fonction du niveau de
consommation telephonique (Tableau 4), des OR eleves sont
observes pour les gliomes, lies à une consommation telephonique importante (exprimee sous la forme de temps de communication, de nombre d'appels moyens ou cumules, ou encore de
duree de la periode d'utilisation).
En general, les cas etaient plus nombreux que les temoins à
passer des appels longs de plus de 5,5 minutes en moyenne
(respectivement 19,4 % et 13,4 %). Cet excès, observe pour les
gliomes et meningiomes, n'est pas significatif. Il est cepen-dant
particulièrement visible pour les gliomes : 21,9 % des cas et
13,5 % des temoins ; OR = 1,72 ; IC 95 % : 0,75-3,96.
En ce qui concerne l'analyse des durees cumulees de communication, aucun excès de risque n'est observe pour les
meningiomes ou les neurinomes, alors qu'un OR de 1,79 (non
significatif ;base sur 24 cas) est observe pour les gliomes pour
un temps de communication de plus de 260 heures. La prise en
compte de l'usage d'un kit main libre a peu d'influence sur les
resultats (OR pour plus de 260 heures de communication sans
kit mains libres = 1,71 ; IC 95 % : 0,71 -4,10). Lorsque l'on
analyse de manière continue la duree cumulee de communication chez les gliomes, pour 80 heures supplementaires, l'association est à la limite de la significativite statistique (OR = 1,02
; IC 95 % : 1,00-1,04).
De même, si aucun excès de risque n'est mis en evidence
pour les meningiomes et neurinomes en fonction de la duree
d'utilisation, un OR non significatif de 1,96 (base sur 21 cas)
est observe pour les gliomes pour une utilisation superieure ou
egale à 46 mois.
Le faible nombre de sujets dans chaque categorie de duree
ou de nombre d'appels lorsque les sujets ont ete repartis suivant leur categorie d'utilisateurs (ipsilateralite ou controlateralite) ne nous a pas permis de realiser des analyses plus detaillees.
327
4. Discussion
Nous n'observons pas d'augmentation du risque d'avoir un
neurinome ou un meningiome en relation avec l'usage du telephone mobile. L'OR inferieur à un observe pour les neurinomes ipsilateraux peut s'expliquer par le fait que le neurinome
est une tumeur d'evolution lente qui se revèle par une surdite
progressive ; dans ce contexte, les sujets, atteints de neurinome, utilisent leur telephone du côte de leur meilleure oreille
et donc à l'oppose de la tumeur.
En ce qui concerne les gliomes, et bien que ces resultats ne
soient pas significatifs, il semble exister une tendance generale
à une augmentation du risque de gliome chez les plus « gros
consommateurs » de telephonie mobile : utilisateurs de longue
duree, au temps de communication eleve et ayant utilise un
plus grand nombre de telephones (ce nombre etant en fait
significativement correle avec la consommation telephonique,
tant en nombre d'appels qu'en duree).
Tous les cas ont fait l'objet d'une verification systematique
des dossiers medicaux et des comptes rendus anatomopathologiques afin de contrôler les critères d'inclusion et les diagnostics. Les scanners et IRM ont tous ete vus par un neuroradiologue qui a valide le diagnostic et la localisation de la tumeur.
La même verification a ete realisee pour tous les cas non inclus
dans l'etude.
Pour les neurinomes et meningiomes, tous les cas recenses
dans les services au cours de la periode de participation ont fait
l'objet d'un essai de rencontre : les refus representent moins de
14 % des cas (les autres causes de non-participation sont un
contact impossible ou un problème de langue). En revanche,
en ce qui concerne les cas de gliome, le taux de nonparticipation est plus important : les sujets non participants
sont en moyenne un peu plus âges (50 ans contre 46 ans pour
les inclus), ils ont un peu moins souvent subi un geste
chirurgical, et le gliome est un peu plus souvent de haut grade
(55,2 % des inclus contre 60,0 % des cas non inclus) ; il n 'y a,
en revanche, pas de difference en fonction du sexe. Les OR ne
varient pas si l'on restreint l'analyse au seul groupe des gliomes de haut grade. Il est evident que nous ne sommes pas
exhaustifs pour les sujets de l'Île-de-France, en particulier pour
les meningiomes et les gliomes pour lesquels nous pen-sons
avoir recense environ 20 % des cas (pour les neurinomes, les
principaux services ont participe mais pas sur la totalite de la
periode suivant les hôpitaux et le taux de recensement est aux
alentours de 50 %). Dans la mesure où sur la region Île-deFrance d'importants services de neurochirurgie n'ont pas
participe ou seulement partiellement, il est necessaire de se
poser la question d'un possible biais de selection, Ce pourrait
être le cas si le recrutement des services est lie à l'exposition
au telephone mobile, et si suivant le type cellulaire les malades
vont dans un hôpital plutôt qu'un autre, ce qui paraît peu vraisemblable. Il se peut egalement que des cas de neurinomes ou
de meningiomes, pour lesquels une simple surveillance a ete
decidee, aient echappe au signalement, malgre notre contrôle a
posteriori dans les fichiers des DIM. Cette non-exhaustivite sur
la region Île-de-France a fait perdre beaucoup de puissance à
l'analyse.
328
Tableau 4
Relation entre la consommation téléphonique et les différents types de tumeurs cérébrales
Cas
(n = 350)
Reference
162
Nombre de telephones
198
Un seul
Au moins deux
129
128
IC 95 %
0,86
1,04
0,60–1,22
0,71–1,53
Pour un telephone supplementaire
Duree de la periode d'utilisation
1,03
0,91-1,17
< 16 mois
47
64
[16–27[ mois
[27–46[ mois
>_ 46 mois
55
36
50
62
66
65
0,95
1,07
0,69
0,98
0,59–1,52
0,69–1,65
0,41–1,15
0,60–1,61
Pour 1 an supplementaire
Temps de communication cumule
1,02
0,94–1,09
< 20 heures
42
64
[20–80[ heures
[80–260[ heures
>_ 260 heures
52
39
55
65
64
64
0,82
1,01
0,84
1,15
0,52–1,30
0,63–1,63
0, 53–1,34
0,72–1,85
Pour 80 heures supplementaires
Temps de communication moyen par appel
1,01
0,99–1,02
< 1,5 minute
0,57
0,83
0,81
1,48
0,32–1,02
0,52–1,34
0,51–1,28
0,96–2,30
Pour 1 minute supplementaire par appel
Nombre cumule d'appels
1,02
0,99–1,05
<490 appels
59
[490–1600[ appels 39
[1600–5100[ appels 47
>_ 5100 appels
43
1,22
0,74
0,91
0,85
0,78–1,91
0,46–1,19
0,57–1,45
0,52–1,39
1,00
0,98–1,02
91
97
25
[1,5–2,5[ minutes 42
[2,5–5,5[ minutes 53
>_ 5,5 minutes
68
47
63
86
61
65
63
64
65
Pour 1000 appels supplementaires
* p < 0,05.
a OR
(modelisation en regression logistique conditionnelle)
Gliomes
Cas
Témoins
(n = 96) (n = 96)
37
42
20
39
11
13
14
21
12
10
13
24
30
24
13
11
16
14
12
11
16
15
OR aj.a
0,69
2,18
0,33–1,41
0,98–4,83
1,27
0,99–1,63
0,68
0,98
1,04
1,96
0,23–2,04
0,38–2,49
0,35–3,11
0,74–5,20
1,11
0,96–1,29
1,17
0,75
0,87
1,79
0,45–3,03
0,23–2,45
0,35–2,17
0,74–4,34
1,02
1,00–1,04
5
17
10
19
0,52
0,89
16
21
12
13
1,37
1,72
0,14–1,89
0,38–2,07
0,51–3,68
0,75–3,96
1,03
0,97-1,10
1,48
0,52-4,21
0,26-2,13
0,36-2,25
0,62-3,77
0,99-1,08
13
10
16
20
12
10
17
15
0,74
0,91
1,53
1,03
Neurinomes
Méningiomes
IC 95 %
Cas
(n = 145)
74
Témoins
(n = 145)
65
42
29
44
36
16
27
13
15
20
22
20
18
23
23
16
18
0,40-1,38
0,35-1,53
0,62-1,07
29
29
55
68
1,03
0,82
0,99
0,55-1,93
0,43-1,55
19
17
8
14
1,21
1,33
0,63
0,66
0,96
0,55-2,69
0,58-3,03
0,26-1,53
0,28-1,57
0,95
0,27-1,36
0,52-2,14
0,21-1,17
0,28-1,91
0,82-1,10
0,57
1,28
0,59
0,78
0,26-1,27
0,55-2,95
0,25-1,42
0,29-2,07
14
15
13
16
1,06
0,87
0,85
0,92
0,48-2,36
0,40-1,91
0,38-1,88
0,41-2,07
1,00
0,97-1,04
1,00
0,96-1,03
0,75
0,73
0,60
1,06
0,50
0,73
13
13
0,77
0,86
16
28
32
22
0,36*
1,21
0,28-2,14
0,35-2,13
0,15-0,86
0,54-2,68
1,01
0,97-1,05
0,83
0,68
0,84
0,50
0,40-1,73
0,30-1,53
0,37-1,93
0,18-1,38
0,94
0,87-1,02
26
20
19
15
IC 95 %
51
12
15
25
16
20
10
Cas
(n = 109)
OR aj.a
0,81
17
25
14
15
IC 95 %
Témoins
(n = 214)
91
OR aj.a
31
29
30
33
29
31
32
31
0,80-1,22
0,84-1,10
8
10
24
31
0,53
0,68
21
19
42
26
1,05
1,35
0,20-1,41
0,28-1,63
0,49-2,23
0,63-2,92
1,04
0,98-1,11
1,77
0,69
0,82
0,68
0,82–3,82
0,31–1,57
0,36–1,85
0,29–1,58
0,99
0,95–1,02
21
13
11
13
27
33
28
35
ajusté sur la catégorie socioprofessionnelle et le statut tabagique pour chaque type de tumeur, ainsi que sur le statut matrimonial pour les gliomes et sur l’exposition au bruit pour les neurinomes.
M. Hours et al. / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 55 (2007) 321–332
Ensemble
Témoins OR aj.a
(n = 455)
M. Hours et al. / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 55 (2007) 321–332
La repartition par sexe pour les differents types de tumeurs
est conforme à ce qui etait attendu. Il en est de même pour la
repartition de la localisation des gliomes dans les differents
lobes cerebraux, compte tenu des types cellulaires observes.
En ce qui concerne les temoins, la question de la nonexhaustivite des listes electorales concerne essentiellement les
jeunes ; or, les temoins devaient être âges au minimum de 30
ans âge auquel les sujets sont en general inscrits. En revanche,
de très nombreux sujets tires au sort n'ont pas pu être contactes
du fait de changements d'adresse recents. Cela pour-rait
introduire un biais dans la mesure où les sujets qui demenagent auraient un comportement different en matière d 'usage
du telephone.
Le taux de refus des temoins est plutôt inferieur à celui
observe dans les autres etudes dejà publiees [24,25], mais n'ont
ete comptabilises que les temoins pour lesquels une prise de
contact etait possible. La repartition significativement differente
des categories socioprofessionnelles entre les cas de neurinomes
et leurs temoins, et entre les trois groupes de temoins euxmêmes pourrait faire suspecter un biais de selection chez ces
temoins. Les enquêteurs charges de rechercher les temoins à
partir des listes electorales etaient des etudiants en sociologie,
meconnaissant la difference entre les trois types de tumeur et qui
ont suivi la procedure mise en place : il est peu probable que
leur mode de recherche des temoins, au vu des informations
dont ils disposaient, ait introduit un biais speci-fique pour les
neurinomes. De plus, quand on tient compte du sexe et de l'âge,
la categorie socioprofessionnelle n'est plus une information
discriminante des trois groupes de temoins. La difference
observee en ce qui concerne l'usage du telephone mobile et
chacun des trois types de tumeurs ne peut donc pas être
expliquee par un biais de selection associe à la categorie
socioprofessionnelle. En ce qui concerne les gliomes, il se peut
que l'on ait eu plus de mal à joindre les temoins celibataires,
veufs ou divorces, et qu'il s'agisse justement de plus « gros
utilisateurs » de telephone mobile. Le fait d'ajuster sur le statut
matrimonial permet de prendre en compte cet element.
L'entretien auprès des sujets a ete fait de la même façon
s'agissant des cas et des temoins ; toutefois, l'enquêteur
connaissait le statut de la personne rencontree. C'est une des
deux raisons (l'autre etant la reproductibilite entre les pays) qui
avaient fait choisir un entretien à questions fermees de façon à
eviter le plus possible une presentation variable des questions
aux sujets interroges.
Une etude de validation a ete mise en place en parallèle pour
tester la capacite du questionnaire à recueillir la meilleure
information possible sur la consommation telephonique des
sujets [26]. Pour cela, les estimations declarees par 76 volontaires ont ete comparees aux donnees enregistrees par les operateurs de telephonie mobile : le nombre d'appels etait rapporte
de façon plus fiable que le temps de communication, qui etait
surestime de manière significative, ce qui peut entraîner des
erreurs de classement. Ce phenomène pourrait particulièrement
jouer lors de l'analyse des durees de consommation si les cas
avaient un comportement de declaration different des temoins.
Cette possibilite est à evoquer, en particulier pour les sujets
329
atteints de gliomes, dans la mesure où certains d 'entre eux
souffrent de troubles mnesiques. Toutefois, nos resultats sont
très coherents entre les differents types d'indicateurs de
consommation utilises et ne corroborent pas cette possibilite.
La mesure de l'exposition utilisee permet de qualifier l'utilisation des telephones mobiles, mais ne traduit pas l'exposition
reelle aux radiofrequences emises par les telephones portables.
Nous avons pris en compte dans les analyses la proportion de
temps estimee par les sujets pendant lequel ils utilisent un kit
main libre ou pieton. Cependant, il s'agit encore une fois d'une
estimation faite à partir de la declaration de la consommation
des sujets et non sur de reelles mesures de l'exposition aux
radiofrequences elles-mêmes.
Compte tenu des effectifs, de la frequence de l'exposition, du
nombre de temoins apparies à chaque cas et en se plaçant à un
risque de première espèce de 5 %, nous pouvons conclure que
les trois etudes portant sur les gliomes, les meningiomes et les
neurinomes se heurtent à un reel problème de puissance (20 %)
si l'on considère que le risque recherche se situe aux alentours
de 1,5. Les effectifs observes permettaient, en effet, de mettre
en evidence un risque entre 2 (pour les meningiomes) et 2,4
(pour les gliomes) avec une puissance de 80 % pour un
utilisateur regulier. Vu le faible nombre de « gros utilisateurs »,
la puissance statistique, pour mesurer un risque de l'ordre de
deux lie à une longue duree ou à une forte consommation, est
egalement faible.
Nous pouvons regretter de ne pas disposer d 'un nombre plus
important de sujets ayant utilise plus de dix ans un telephone
mobile compte tenu du developpement plutôt lent de tumeurs
comme les neurinomes. En effet, nous n'avons recense que
quatre sujets dans cette situation : deux cas de gliomes, un cas
de neurinome et un temoin de neurinome, ce qui ne nous
permet pas de prendre en compte ce temps de latence et limite
les comparaisons possibles avec les resultats publies des autres
pays de l'etude INTERPHONE.
Pour l'analyse des gliomes, les OR observes pour la categorie des plus « gros consommateurs » de telephones mobiles,
notamment pour les sujets realisant des appels de longue duree
et pour les utilisateurs de longue duree, sont superieurs à un.
Malgre le manque de puissance, il existe un excès de gliomes à
la limite de la significativite lie au nombre de telephones
mobiles. Compte tenu de l'implantation assez recente dans
notre pays de la telephonie mobile (en 1995, soit cinq ans
avant l'etude, seulement 12 % de la population etait utilisatrice), il paraît legitime de considerer les utilisateurs de plus
d'un telephone comme des consommateurs plus anciens, et
peut-être même comme de forts consommateurs.
Pour la plupart des etudes recensees dans la litterature scientifique existante, les limites, comme le manque de puissance, la
difficulte à quantifier l'exposition aux telephones mobiles sur la
simple declaration des sujets ou le manque de recul dans le
temps, ont ete soulignees de façon recurrente. Cependant, la
plupart des etudes publiees avaient suffisamment de puissance
pour rechercher des risques superieurs à deux lies à l'utilisation
d'un telephone de manière regulière. En revanche, quand on
restreint l'analyse aux seuls sujets ayant un niveau de consom-
330
M. Hours et al. / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 55 (2007) 321 –332
mation eleve, toutes les etudes publiees manquent des lors de
puissance [26]. Par ailleurs, les simulations [27] montrent que
des erreurs de mesure telles que celles rencontrees dans cette
etude auraient pour effet de diminuer de façon consequente le
niveau de l'association.
Nos resultats sont coherents avec les resultats anterieurs.
Grâce aux premiers resultats parus sur l'etude INTERPHONE,
nous disposons d'une base de comparaison tres interessante
puisque les etudes ont ete mises en place à partir du même
protocole et surtout à partir du même questionnaire standardise.
Cependant, des differences sont à noter, notamment au niveau
methodologique. En Suede [28], l'appariement n'a pas ete realise de maniere individuelle, mais sur un mode de stratification
par tranche d'âge.
Certaines discordances apparaissent concernant les neurinomes pour lesquels les etudes danoise [24] et japonaise [29] ne
montrent pas de surrisque significatif alors que l'etude suedoise
[28] et l'analyse combinee des donnees de cinq pays du nord de
l'Europe [25] mettent en evidence une augmentation du risque
chez les utilisateurs les plus anciens (dix ans et plus). Ceux-ci
ont developpe une tumeur du côte où ils utilisaient le telephone ;
cette apparente discordance peut toutefois s'expli-quer dans un
contexte de risque faible et de puissance insuffi-sante, dans la
mesure où les etudes danoise et japonaise comptent, comme
nous, peu d'utilisateurs de longue duree.
En France, pour les gliomes, des resultats contradictoires sont
observes en Suede où Lönn, suivant le protocole INTERPHONE
[30], n'a pas trouve de relation entre l'usage du telephone mobile
et les gliomes globalement (bien qu'un OR eleve mais non
significatif ait ete trouve chez les utilisateurs les plus anciens qui
ont developpe une tumeur du côte d'utilisation du telephone
mobile). Hardell et al. [31], suivant un autre proto-cole d'etude
cas temoin, ont en revanche trouve un risque de gliome associe à
l'usage ancien et important des telephones mobiles de type
analogique. Un leger exces de risque a egale-ment ete retrouve
par Auvinen et al. en Finlande [32]. L'etude INTERPHONE
anglaise [33] portant sur plus de 900 cas de gliomes n'a pas mis
en evidence de relation entre usage du telephone mobile et
gliomes, mais cette etude regroupe des donnees sur des sujets
dont la repartition des âges est beaucoup plus etendue ; or, les
classes d'âge plus jeunes ou plus âgees etaient, pour les annees
couvertes par l'etude INTERPHONE, de faibles utilisatrices du
telephone mobile, ce qui tendrait à diminuer la puissance de
l'etude anglaise. Pour sa part, l'etude INTERPHONE allemande
[34] a trouve une augmentation du risque de gliome chez les
utilisateurs de plus de dix ans (OR = 2,20 ; IC 95 % : 0,945,11). Une recente mise à jour de l'etude de cohorte des
souscripteurs danois [35] apporte peu d'informations sur un
eventuel risque : en effet, aucune information n'est disponible
sur l'importance de l'utilisation du telephone (hormis la date de
premier abonnement) ou sur l'identite de l'utilisateur (qui n'est
pas toujours le souscripteur) ; de plus, le nombre de cancers du
cerveau chez les souscripteurs les plus anciens est faible. Enfin,
l'exclusion des utilisateurs ayant des abonnements
professionnels (alors qu'ils sont inclus dans la population
generale à laquelle la
cohorte est comparee) et l'observation d'un risque de cancers
(toutes localisations confondues y compris les cancers du poumon) significativement plus faible que celui de la population
generale rend difficile l'interpretation des resultats de cette
etude.
En ce qui concerne les meningiomes, seuls Hardell et al.
[36] trouvent à ce jour une relation significative. Cependant, le
seul facteur de risque connu pour les meningiomes, à savoir les
radiations ionisantes, n'apparaît que pour des expositions
anterieures de plus de 20 ans ; il s'agit donc de rester vigilant
pour ce type de tumeur egalement.
5. Conclusion
Le debat sur la relation existant entre l'usage du telephone
mobile et les tumeurs du cerveau n'est toujours pas tranche : le
risque, s'il existe, semble être dans le domaine des risques faibles pour un usage regulier, tant en ce qui concerne les tumeurs
du nerf vestibuloacoustique que les gliomes. Les etudes precedemment publiees n'ont jamais pris en compte les erreurs de
mesure qui pourraient avoir masque le risque. Enfin, le recul
necessaire pour voir apparaître des tumeurs à croissance tres
lente est encore insuffisant. Certains de nos resultats semblent
cependant suggerer la possibilite d'un risque, non significatif il
est vrai, de gliomes pour les forts utilisateurs. Il est donc primordial d'avoir les resultats de l'etude INTERPHONE dans sa
globalite pour avancer dans la connaissance du risque, compte
tenu de la puissance statistique associee à la participation de 13
pays et du travail specifique entrepris pour permettre une evaluation de l'exposition au niveau des tissus cerebraux euxmêmes en fonction des caracteristiques des appareils utilises et
de la localisation precise des tumeurs.
Remerciements
Nous remercions Mary-Pierre Herrscher, Fatima Lamri,
Agnes Boidart, Helene Gire, Juliette Krassilchik, Judith Lenti,
Delphine Maillac, Frederique Sonnet, Flore Taguiev pour la
collecte des donnees ; Julie Frantz, France Castay, Florian Gay
pour la recherche des temoins, le Pr Doyon (Paris) et le Dr
Hermier (Lyon) qui ont participe activement à la localisation
radiologique des tumeurs ; les services hospitaliers qui ont
participe au signalement des cas : à Lyon, centre hospitalier
Lyon-Sud (Pr Dubreuil), Hôpital neurologique PierreWertheimer (Prs Trouillas, Confavreux, Fisher, Vallee, Bret,
Sindou et Deruty ;Drs Honnorat, Farsi, Mahla, Ricci, Achiti),
hôpital d'instruction des armees Desgenettes (Dr Felten), centre
Leon-Berard (Dr Frappaz), clinique du Tonkin (Dr de Garassus,
Dr Brudon) ; à Paris, hôpital de la Pitie-Salpetriere (Prs
Fohanno, Cornu, Delattre, Hauw et Poirier, Drs Lopes, Bloch,
Capelle, Duffau, Sanson, Marsault), hôpital Foch (Prs Visot et
Chabolle, Drs Gaillard et Dupuy), hôpital Beaujon (Prs
Sterkers, Dr Bouccara), Hôpital Lariboisiere (Prs Georges et
Tran Ba Huy, Drs Blanquet et Koot), hôpital Sainte-Anne (Pr
Roux, Dr Turak), fondation Rothschild (Drs Mouder, Daguet,
et Piekarski), hôpital d'instruction des armees du
M. Hours et al. / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 55 (2007) 321 –332
Val-de-Grâce (Prs Bequet, Renard et Desgeorges), hôpital
Saint-Joseph (Dr Gauthier), centre hospitalier intercommunal
de Poissy-Saint-Germain en Laye (Dr Cambon), centre hospitalier Sud-Francilien (Dr Serre), centre hospitalier de Meaux
(Dr Ameri) ; à Marseille, hôpital de La Timone (Pr Peragut, Dr
Regis), ainsi que tous les responsables des departements
d'information medicale et tous les membres du personnel des
hôpitaux qui nous ont aides et accueillis, en particulier les surveillantes et les secretaires de tous les services hospitaliers et
l'ensemble des personnels des archives hospitalières, ainsi que
Lesley Richardson (CIRC) pour son travail d 'animation de
l'etude internationale et de relecture.
Au niveau international, l'etude INTERPHONE a ete
approuvee par le Comite d'ethique du CIRC. En France, le
Comite consultatif sur le traitement de l'information en matière
de recherche dans le domaine de la sante (CCTIRS) et la Commission nationale informatique et libertes (CNIL) ont egalement emis un avis favorable.
[7]
L'etude INTERPHONE a ete financee par le cinquième
PCRD de l'Union europeenne (contrat QLK4-CT-199901563), l'Union internationale contre le cancer (UICC) et des
fonds nationaux. L'UICC a reçu des fonds pour cette etude du
Forum des constructeurs et de l'association GSM. La redistribution de ces fonds par l'UICC aux chercheurs a ete regie par
une convention garantissant la totale independance des chercheurs d'INTERPHONE. Les fonds nationaux reçus par les
chercheurs français proviennent de l'Association pour la
recherche sur le cancer (ARC : contrat no 5142) et des trois
operateurs (Orange, SFR, Bouygues Telecom). Les fonds verses par les operateurs representent 5 % du total du coût de
l'etude française et sont regis par des conventions qui garantissent l'independance des chercheurs.
Les auteurs n'ont pas de conflit d 'interêt à declarer.
[13]
[8]
[9]
[10]
[11]
[12]
[14]
[15]
[16]
[17]
[18]
Références
[1]
[2]
[3]
[4]
[5]
[6]
INSEE. Enquête permanente sur les conditions de vie. Consommation
des menages-equipement des menages en multimedia par categories
socioprofessionnelles 2004 [cited; http://www.insee.fr/fr/ffc/chifcle_fiche.asp?ref_id=NATSOS05118&tab_id=431].
Teinturier B, Mangin AH, Petit G. Observatoire societal du telephone
mobile. Strategies d'opinion [Association française des operateurs mobiles/TNS SOFRES] 3 novembre 2005 [cited; www.tns-sofres.com/etudes/
pol/031105_telmobiles.pdf].
[19]
Rothman KJ, Chou C-K, Morgan R, Balzano Q, Guy AW, Funch DP, et
al. Assessment of cellular telephone and other radio frequency exposure
for epidemiologic research. Epidemiology Resources Inc 1996;7(3):
291-7.
La Regina M, Moros EG, Pickard WF, Straube WL, Baty J, Roti Roti JL.
The effect of chronic exposure to 835.62 MHz TDMA or 847.74 CDMA
RF radiation on the incidence of spontaneous tumors in rats. Radiat Res
2003;160:143-51.
Heikkinen P, Kosma VM, Alhonen L, Huuskonen H, Komulainen H,
Kumlin T, et al. Effects of mobile phone radiation on UV-induced skin
tumourigenesis in ODC transgenic and non-transgenic mice. Int J Radiat
Biol 2003;79:221-33.
Anane R, Dulou PE, Taxile M, Geffard M, Crespeau FL, Veyret B.
Effects of GSM-900 MW on DMBA-induced mammary gland tumors in
female Sprague-Dawley rats. Radiat Res 2003;160:492-7.
[22]
[20]
[21]
[23]
[24]
[25]
[26]
331
Repacholi MH. Health risks from the use of mobile phones. Toxycology
Letters 2001;120:213-331.
Lai H, Singh PN. Acute Low-lntensity Microwave Exposure Increases
DNA Single-Strand Breaks in Rat Brain Cells. Biolectromagnetics
1995;16:207-10.
Diem E, Schwarz C, Aldkofer F, Jahn O, Rüdiger H. Non-Thermal DNA
breakage by mobile-phone radiation (1800 MHz) in human fibroblasts
and in transformed GFSH-R17 rat granulosa cells in vitro. Mutat Res
2005;583:178-83.
Malyapa RS, Ahern EW, Bi C, Straube WL, La Regina M, Pickard WF,
et al. DNA damage in rat brain cells after in vivo exposure to 2450 MHz
electromagnetic radiation and various methods of euthanasia. Radiat Res
1998;149:637-45.
Ono T, Saito Y, Komura J, Ikehata H, Tarusawa Y, Nojima T, et al.
Absence of mutagenic effects of 2.45 GHz radiofrequency exposure in
spleen, liver, brain, and testis of lacZ-transgenic mouse exposed in utero.
Tohoku J Exp Med 2004;202:93-103.
Lagroye I, Anane R, Wettring BA, Moros EG, Straube WL, La Regina
M, et al. Measurements of DNA damage after acute exposure to pulsed
waves 2450MHz in rat brain cells by two alkaline comet assay methods.
Int J Radiat Biol 2004;80:11-20.
Komatsubara Y, Hirose H, Sakurai T, Koyama S, Suzuki Y, Taki M, et
al. Effect of high-frequency electromagnetic fields with a wide range of
SARs on chromosomal aberrations in murine m5S cells. Mutat Res
2005;587:114-9.
Töre F, Dulou PE, Haro E, Veyret B, Aubineau P. Two-hours Exposure to
2 W/kg, 900 MHz GSM microwaves induces Plasma Protein Extravasation in Rat Brain. 5th International Congress of the European Bioelectromagnetics Association; 2001, September 6. Helsinki, Finland; 2001.
Salford LG, Brun AE, Eberhardt JL, Malmgren L, Persson BR. Nerve
cell damage in mammalian brain after exposure to MW from GSM
mobile phones. Environ Health Perspect 2003;111:881-3.
Cosquer B, Vasconcelos AP, Frohlich J, Cassel JC. Blood-brain barrier
and electromagnetic fields: effects of scopolamine methylbromide on
working memory after whole-body exposure to 2.45 GHz microwaves in
rats. Behav Brain Res 2005;161:229-37.
Inskip H, Tarone RE, Hatch EE, Wilcosky TC, Shapiro WR, Selker RG,
et al. Cellular-telephone use and brain tumors. N Engl J Med 2001;344:
79-86.
Hardell L, Hansson Mild K, Zimmerman SM, Zimmerman RW. Handheld cellular telephones and brain cancer risk. J Am Med Assoc 2001;
285:1838-939.
Muscat JE, Malkin MG, Thompson S, Shore RE, Stellman JM, McRee
D, et al. Handheld cellular telephone use and risk of brain cancer. JAMA
2000;284:3001-7.
Hardell L, Hansson Mild K, Carlberg M. Further aspects on cellular and
cordless telephones and brain tumours. Int J Oncol 2003;22:399-407.
Muscat JE, Malkin MG, Shore RE, Thompson S, Neugut AI, Stell-man
SD, et al. Handheld cellular telephones and risk of acoustic neu-roma.
Neurology 2002;58:1304-6.
Cardis E, Kilkenny M. International case-control study of adult brain,
head and neck tumours : results of the feasibility. Radiat Prot Dosim
1999;83:179-83.
Informatics Dos. Blaise reference manual. Voorburg/Heerlen: Statistics
Netherlands; 1999.
Christensen HC, Schüz J, Kosteljanetz M, Poulsen HS, Thomsen J, Cardis E, et al. Cellular telephone use and risk of acoustic neuroma. Am J
Epidemiol 2004;159:277-83.
Schoemaker MJ, Swerdlow AJ, Ahlbom A, Auvinen A, Blaasaas KG,
Cardis E, et al. Mobile phone use and risk of acoustic neuroma: results of
the Interphone case-control study in five North European countries. Br J
Cancer 2005;93:842-8.
Vrijheid M, Cardis E, Armstrong BK, Auvinen A, Berg G, Blaasaas KG,
et al. Validation of Short-Term Recall of Mobile Phone Use for the Interphone Study. Occup Environ Med 2006;63:247-63.
332
M. Hours et al. / Revue d’Épidémiologie et de Santé Publique 55 (2007) 321–332
[27] Vrijheid M, Deltour I, Krewski D, Sanchez M, Cardis E. The effects of
recall bias in epidemiologic studies of mobile phone use and cancer risk.
J Expo Sc Environ Epidemiol 2006;00:1-14.
[28] Lönn S, Ahlbom A, Hall P, Feychting M. Mobile phone use and the risk
of acoustic neuroma. Epidemiology 2004;15:653-9.
[29] Takebayashi T, Akiba S, Kikuchi Y, Taki M, Wake K, Watanabe S, et al.
Mobile phone use and acoustic neuroma risk in Japan. Occup Environ
Med 2006;63:802-7.
[30] Lönn S, Ahlbom A, Hall P, Feychting M. Group. atSIS. Long-term
mobile phone use and brain tumor risk. Am J Epidemiol 2005;161:526 35.
[31] Hardell L, Mild KH, Carlberg M. Case-control study on the use of cellular and cordless phones and the risk for malignant brain tumours. Int J
Radiat Biol 2002;78:931-6.
[32] Auvinen A, Hietanen M, Luukkonen R, Koskela R-S. Brain tumors and
salivary gland cancers among cellular telephone users. Epidemiology
2002;356-359:13.
[33] Hepworth SJ, Schoemaker MJ, Muir KR, Swerdlow AJ, van Tongeren
MJA, McKinney PA. Mobile phone use and risk of glioma in adults:
case-control study. Br. Med. J. 2006;Online bmj.com.38720.687975.55.
[34] Schüz J, Bohler E, Berg G, Schlehofer B, Hettinger I, Schaefler K, et al.
Cellular phones, cordless phones, and the risks of glioma and meningioma (Interphone Study group). Am J Epidemiol 2006;163(6):512 -20.
[35] Schüz J, Jacobsen R, Olsen JH, Boice JDJ, McLaughlin JK, Johansen C.
Cellular telephone use and cancer risk: update of a nationwide Danish
cohort. J Natl Cancer Inst 2006;98:1707-13.
[36] Hardell L, Carlberg M, Mild KH. Case-control study on cellular and
cordless telephones and the risk for acoustic neuroma or meningioma in
patients diagnosed 200-2003. Neuroepidemiology 2005;25:120-8.

Documents pareils