Bisou en PDF - SMAC d`agglomération bordelaise

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Bisou en PDF - SMAC d`agglomération bordelaise
KRAKATOA / ROCHER DE PALMER /ROCK ET CHANSON / ROCK SCHOOL BARBEY
N° 1
LE MAGAZINE DES SCÈNES
DE MUSIQUES ACTUELLES
DE L’AGGLOMÉRATION BORDELAISE
-2-
-3-
EDITO
Portrait d’Elisa Dignac, du groupe A Call
at Nausicaa, par Pierre Wetzel (collodion).
« La photo au collodion, ça ne fait qu’un an que j’en fais. D’une certaine manière, ça rend à la photo ses lettres de noblesse. Bon, avec
ça, la photo de concert, tu oublies complètement, les contraintes
techniques sont énormes. Il faut beaucoup de lumière, je ne peux
pas me déplacer, la plaque doit rester humide, je dois avoir mon
labo à côté, le sujet doit être immobile pendant 10 secondes... »
Exposition (K)ollodion, du 6 au 28 mars à la Médiathèque de Mérignac.
Retrouvez l’interview de Pierre Wetzel et sa playlist
sur le site de la SMAC d’agglomération.
SOMMAIRE
MARS - AVRIL - MAI - JUIN 2015
4 - NEWS
6 - SUPPORT YOUR LOCAL BAND !
Cockpit
8 - DOSSIER
Parcours scolaires : suivez le guide !
13 -SIMPLE ET EFFICACE
Une histoire de la soul
14 -COMMENT ÇA MARCHE ?
Le rider
STER
16 -CARTE BLANCHE
Odezenne
PO
DÉTAE!
CHABL
18 - LIVE EXPERIENCE
Le concert dont vous êtes le héros
Une comptine animalière pour
passer d’un âge à l’autre, une playlist à refrains pour un anniversaire,
un disque de soul placé opportunément au
moment du dessert pour inviter au rapprochement, un album aux paroles censurées
pour marquer son territoire, le dernier Jay Z
pour accompagner un trajet en tramway, un
beat un peu trop présent dans les allées d’un
magasin de vêtements, des morceaux qui font
briller les yeux pour se marier, peut-être les
mêmes pour se dire au revoir, des chansons
pour la pluie, un riddim entêtant pour une
sieste au soleil, trois notes qui appuient une
scène de cinéma, un stabat mater pour un
moment seul dans son canapé. Des musiques
pour des révoltes, pour se donner du coeur
à l’ouvrage, pour être ensemble. Au-delà de
leur actualité ou des projets qui rythment leurs
saisons, les 4 scènes de musiques actuelles de
l’agglomération bordelaise (SMAC) invitent
amis, voisins et connaissances de passage à
partager ce qui fait la bande originale de leurs
vies. Une conversation à l’écart du bruit ambiant,
à laquelle vous êtes conviés.
Et vous, votre bande originale, elle commence
comment ?
19 - VU, ENTENDU
Disques, livres et autres curiosités
20 - EXTRA BALLE
Y’a pas que le musique dans la vie
22 -TÊTE D’AFFICHE
Mark Lanegan, le 8 mars au Krakatoa
24 -SAVE THE DATE
Sélection d’événements à ne pas manquer
26 -AGENDA
Tous les concerts en un coup d’œil
29 -J’Y ÉTAIS !
Pavement à Barbey, le 8 novembre 1999
30 -TEST
-4-
N
Deux anniversaires pour les SMAC
en 2015. Deux anniversaires qui chuchotent de
façon impertinente « Hey les kids, on n’est pas nés
dans un chou ou une rose odorifère. Nous sommes
les enfants du larsen et de la transpiration de fin
de soirée ». 25 ans pour le Krakatoa. 30 ans pour
Rock et Chanson. Exposition de photos et création originale signée Year of No Light et Bagarre
Générale dès janvier pour Talence, succession de
concerts événements en mars à Mérignac, il y aura
plusieurs occasions de lever un toast.
Plutôt que de faire un historique des grandes heures
de chacun – le meilleur est toujours à venir – on a
préféré replacer le contexte culturel dans lequel s’est
créée chaque salle. Un battle 1985 vs. 1990 pour
vous permettre de déterminer qui a eu le plus de
mérite et de remettre en perspective l’ancienneté
de ces chouettes lieux de culture.
ROCK
ET CH ANSON
K RAKA TOA
> CE QUI PASSE À LA RADIO
New Kids On The Block – « Step By Step »
Vanilla Ice – « Ice Ice Baby »
MC Hammer – « U Can’t Touch This »
Depeche Mode – « Enjoy The Silence »
INXS – « Suicide Blonde »
> CE QUI PASSE À LA RADIO
Bruce Springsteen – « Born In The USA »
Wham ! – « Wake Me Up Before You Go-Go »
Dire Straits – « Money For Nothing »
USA For Africa – « We Are The World »
Tears For Fears – « Shout »
> CE QU’ON ÉCOUTE CHEZ LES
COPAINS COOLS
The B-52’s – « Love Shack »
Jane’s Addiction – « Been Caught Stealing »
The La’s – « There She Goes »
> AU CINÉ
> CE QU’ON ÉCOUTE CHEZ LES
COPAINS COOLS
The Smiths – « How Soon Is Now ? »
Jesus And Mary Chain – « Just Like Honey »
Big Audio Dynamite – « E=MC2 »
1990 1 85
9
> AU CINÉ
« Retour vers le futur » de Robert Zemeckis
« Brazil » de Terry Gilliam
« Les Goonies » de Richard Donner
« Les Affranchis » de Martin Scorsese
« Misery » de Rob Reiner
« Cry Baby » de John Waters
> TÉLEX >
Issu du collectif Les Disques du Fennec entrés en Pépinière au Krakatoa, Girafes a remporté Bordeaux Mon
Tremplin à Barbey, s’adjugeant aussi le Prix cou(p) de cœur du Rocher. /// Autre Prix, le Ricard Live SA : sur
10 groupes en finale, trois étaient bordelais ! À défaut de l’emporter, Banquise, Cliché et I Me Mine se sont
offerts une belle vitrine.
N EWS
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BRUIT FANTÔME
Connaissant l’appétit de Year Of No Light et de Bagarre Générale pour les traversées hors des clous, on
s’attendait à ce que la soirée Fantôme du 29 janvier frôle le surnaturel. On y eut droit à trois créations sonores
et visuelles aux frontières de l’étrange qui firent passer des frissons dans les échines des spectateurs du Rocher
de Palmer. Une expérience mystique convaincante, menée sous l’aile de Rock et Chanson, qui venait conclure
en beauté la conférence de la veille sur le passage de l’analogique au numérique...
> Interview de Jérôme Alban (Year of No Light) à retrouver sur le site de la SMAC d’agglomération.
ODEZENNE À L’OLYMPIA
Juste ascension que celle d’Odezenne, qu’on évitera de
ranger dans des cases aussi soigneusement qu’on vous
conseillera d’aller vous faire une idée par vous-même.
Après une résidence en plusieurs parties dans les 4 salles
de l’agglomération, après un concert incroyable chez les
amis de Vie Sauvage en juin dernier et un carton plein au
quai de Brazza pour la clôture d’Agora à la rentrée, le trio
bordelais investit l’Olympia pour une date unique ce 10
mars. Pourquoi l’Olympia ? Sans doute l’écrin idéal pour
livrer les nouvelles chansons de l’album à venir, dans le
sillage de l’EP « Rien » sorti en mai dernier. Mais surtout,
comme ils disent, parce que « ça fera plaisir à nos parents ».
> TÉLEX >
Cette année encore, DJ Vex forme la jeune garde du scratching au Rocher : restitution en live le 25 avril
à l’occasion de la venue du maître beatmaker Guts. /// Attention beau livre ! « Discover », une centaine
de pochettes d’albums cultes à la moulinette graphique d’Emmanuel Bellegarde, sorti chez Les Requins
Marteaux avec le soutien de Barbey.
-6-
SUPPORT
YOUR
LOCAL BAND
COCKPIT
Avec leur premier album bientôt sur le
tarmac, le quartet rock à fort volume
Cockpit ne devrait plus voler longtemps
sous le seuil des radars. On ne pouvait
prendre le risque de ne pas être les premiers à leur faire l’interview « Y a-t-il
un pilote dans l’avion ».
Y a-t-il un pilote dans l’avion ? Quatre pilotes ?
Yoann (guitare et chant). Tout remonte au printemps 2013, les dernières heures du Saint-Ex.
On y traînait tout le temps, on s’y croisait pour des
concerts garage. Et, à force de leur filer des coups
de main, ils m’avaient filé la clé pour répéter avec
mes différents groupes. Ça faisait un moment que
j’avais envie de jouer avec Nico (batteur), puis Jules (guitare et chant) nous a rejoints. On a monté
5 titres pour une jam session BMX à Darwin, à
l’arrache. Et Gaspard (basse et chant), qui rentrait
d’un an au Canada, nous a vus.
-7Gaspard. Je leur ai dit « c’était pas très bon mais
si vous avez besoin d’un bassiste...». Jules. Juste
derrière, on nous proposait une autre date et
on n’avait aucun nom à mettre sur le flyer. Dans
l’urgence, c’est Cockpit qui m’est venu. Y. Vite et
bien. G. Ouais, ça sonne puissant et aérien. Ça
nous va pas mal.
C’est quoi la compagnie ? Garage Airways ?
Nico. Ouais, euh, en fait, garage, ça veut plus rien dire,
ils mettent ça à toutes les sauces. Y. Dans un premier temps, l’idée c’était de faire du rock qui se joue
fort, avec un peu de punk, de psyché... J. On fait du
grunge-gaze, mec. Y. C’est dur à définir. En tout cas,
c’est le premier groupe dans lequel j’arrive à mêler
toutes mes influences à la fois. G. Pareil. Une sorte de
couteau suisse, quoi. J. Un couteau suisse avec toutes
les lames dehors.
Chose étonnante, vous ne portez pas l’uniforme.
J. Moi, j’ai des tatouages mais je ne les montre pas.
C’est pas le but. Y. Pourtant vous êtes un peu déguisés dans Amphetamine Penis (l’autre groupe de Nico
et Jules, ndlr). N. C’est un peu plus déconne, c’est vrai.
J. Dans Cockpit, on y a à peine réfléchi : on joue, on
n’est pas là pour l’attitude. N. On est nous, et on est
des gentils. Y. Ouais, l’image crade ne nous correspond pas. G. Faut dire qu’avec un futur pharmacien,
un étudiant en master...
Y a du beau linge dans la tour de contrôle...
Y. C’est vrai, on a été chanceux. On s’en est donné
les moyens, on bosse, mais parmi nos potes, il s’en
est trouvé plein pour nous donner un coup de main.
Beaucoup des Iceberg (collectif des Crane Angels,
JC Satàn, Botibol, Nunna Daul Isunyi, Strasbourg,
etc., ndlr) sont nos potes, on se voit tout le temps au
Wunderbar, au Café Pompier, parfois à l’Heretic.
Arthur Satàn, dès qu’il nous a vus en concert, il
nous a dit « je vous enregistre ». Comme on aime
ce qu’il fait et comme il a un matos de folie... Il a fait
l’enregistrement, le mix, et c’est Dorian Satàn qui a fait
le master. J. Ça tombait bien parce qu’au même moment, Ludo, du label Adrenalin Fix, voulait un album.
Lui aussi après nous avoir vus en live. « Cockpit » va
donc sortir chez Adrenalin, en coprod avec Barbarella
Records de La Rochelle. G. Pour la pochette, c’est
encore des potes : Raph Sabbath pour le visuel, LL
Cool Jo pour la typo. Les deux Strasbourg, quoi.
Aucune turbulence à l’horizon, semble-t-il...
N. Non, ça se goupille bien. On espère que ça va continuer à marcher, faire des tournées, sortir plusieurs
albums – on s’attaque déjà à de nouveaux morceaux...
G. On a entre 22 et 27 ans, ça fait tous vachement
longtemps qu’on est dans la musique. Mais c’est la
première fois que ça va aussi loin qu’on l’espérait. Et en
aimant ce qu’on fait. Y. En plus, on a déjà des dates qui
se calent : trois avec Cheaap en mars, à Rouen, Paris
et Poitiers, et puis une tournée à la rentrée en France
et en Europe, dans les pays voisins. À Bordeaux, sauf
surprise, on va essayer de se faire rare en attendant la
release party, vers fin avril-début mai. J. Bon on commence à voir les limites : on sent bien qu’on n’est pas
vraiment prêts pour des formats grande scène, sur des
festivals ou autres. Occuper l’espace, on ne sait pas
trop comment faire. G. Ouais, on commence à sentir
le besoin de résidence, on est d’ailleurs en pourparlers
avec le Krakatoa pour ça.
Juste un dernier truc. Comme c’est en anglais, je n’arrive
pas à lire le plan de vol...
G. T’inquiète, c’est assez secondaire, les paroles.
J. Si tu veux tout savoir, on ne fait ni dans le politique,
ni dans le sentimental. N. En fait, ce sont des histoires
qui nous parlent : elles parlent de nous mais pas vraiment, sur un mode léger, un peu déconne.
Y. Non, attends, des fois, on parle de choses sérieuses.
Tiens, celle sur le système immunitaire. Bon, ok, on
en parle d’une manière plus simple que dans « Il était
une fois la vie », on y met des tanks qui détruisent les
microbes, mais quand même, c’est un sujet sérieux...
G. « K2000 » est assez emblématique. J. C’est vrai.
Vu qu’aucun de nous n’a le permis, on se dit que si on
avait Kit pour nous ramener bourrés, ce serait le rêve...
Chopé au vol par Sébastien Le Jeune
PL AY LIST
Yoann : Lost Sounds – « Blac Static »
(compilation, Fat Possum Records, 2011).
Nico : The Reatards – « Teenage Hate »
(Goner Records, 1998).
Jules : Destruction Unit – « Deep Trip »
(Sacred Bones Records, 2013).
Gaspard : The Zombies – « Odessey and Oracle »
(CBS, 1968).
(Bonus) Gaspard : Sonic Youth – « Daydream
Nation » (Enigma/Blast First, 1988).
-8-
- DOSSIER -
PARCOURS SCOLAIRES :
SUIVEZ LE GUIDE !
Au cœur du projet des SMAC,
le passage de relais aux jeunes
générations se paie la part belle.
Notamment au travers de parcours
à destination des scolaires. On a
voulu voir comment ça se passe, en
immersion dans les quatre lieux.
« C’est quoi, une basse ? » – Et c’est une fille qui
écoute AC/DC qui demande ça ! C’est dire si, en
la matière, on part de zéro ou pas loin. C’est tout
l’intérêt de ces parcours scolaires : tout le monde
ou presque a beau écouter de la musique, bien peu
sont réellement familiers avec les coulisses de sa
“fabrication”. Ici, on oublie les complexes, toutes
les questions sont bonnes à poser.
C’est la première règle dès qu’on met le pied à Rock
et Chanson, à Talence.
Toute l’équipe est sur le pont en cette froide matinée de février, où déboule une classe de 4e du
collège de Lacanau. En préambule, une petite vidéo
montrant toutes les facettes de la SMAC, lieu de
vie musical complet, depuis l’éveil aux résidences de
pros et groupes émergents en passant par les cours
de musique...
« Z’êtes pas endormis ? (En chœur) – Non ! » Cool,
allons voir ça en vrai alors. L’Antirouille, la salle de
concert. Le studio d’enregistrement, sa cabine insonorisée et sa console géante. Les salles de répèt’
et leurs multiples instruments.
Tiens, puisqu’on est là, let the music play ! C’est
l’heure de la pratique musicale. Par petits groupes,
les élèves découvrent ici les claviers et guitares, là la
batterie. Objectif : apprendre à jouer en groupe et à
-9reproduire un morceau test qu’ils joueront tous ensemble tout à l’heure. Dessus, on mettra les paroles
élaborées au même moment par un autre groupe,
celui de l’atelier d’écriture mené par des membres
de l’asso Effort de Conscience.
Ainsi, tandis que d’un côté, on fredonne sur la boucle enregistrée – « si, si, écoute, là, au refrain, ça
colle trop bien! » – d’un autre on s’escrime sur une
batterie éclatée : à toi la grosse caisse, à toi la cymbale… Et vous seriez surpris du résultat qu’on peut
obtenir en une heure ! Avec parfois, il est vrai, le
renfort de Catherine, la prof de musique, à l’origine
de l’inscription de la classe au parcours scolaire.
« Ce qui m’a séduite, c’est que Rock et Chanson
propose un parcours complet, clés en main, mais
modulable, indique cette passionnée de musiques
actuelles : on a discuté de tout le contenu avec
Marc, le responsable pédagogique. » Plus tard, elle
incitera ses élèves à venir assister, hors temps scolaire, à un vrai concert à l’Antirøuille.
Pour Marc et toute l’équipe, c’est toujours « un
moment génial » : la transmission est au cœur du
projet de la SMAC. « Mais chaque parcours mobilise tout le monde, tous les espaces ou presque. On
ne peut hélas pas les multiplier à l’infini… »
Victimes de leur succès.
Heureusement, les classes de l’agglo et du département peuvent compter sur quatre SMAC. Toutes
proposent des parcours scolaires, offrant peu ou
prou la même chose : en général, une visite du lieu
avec découverte des coulisses et des aspects techniques, de la pratique instrumentale, une rencontre
avec des artistes, un concert. Mais chacune avec
ses propres spécificités.
Filons vers la Rock School Barbey qui, justement,
ajoute un petit volet « prévention auditive ». Voilà
Pauline en train d’expliquer les risques encourus si
on écoute la musique trop fort à des terminales bac
pro accueil du lycée professionnel des Chartrons,
bien aidée par les détails donnés en vidéo par le
chanteur Cali. « C’est qui, Cali ? » Qu’importe, le
message est passé.
Eux vont avoir droit à leur concert direct, dans la
foulée de la visite technique. Sitôt José a-t-il fini de
détailler sa partie lumière que les Odezenne, alors
en résidence dans la SMAC, entrent en scène et
balancent un « Chewing Gum » bien senti. Ils ne
dansent pas beaucoup, nos ados – on va mettre
ça sur le compte de l’heure, 14 heures, la digestion,
tout ça…
À moins que ça ne vienne d’Odezenne ?
« C’est vrai que c’est à mille lieues de la musique
qu’ils écoutent, et pourtant ils ont fini par être
conquis quand même ! » précise Nelly, la référente
culture du lycée. « Il a fallu beaucoup travailler sur
leurs textes, leur univers. Ils étaient sous le choc
avec la vidéo de “Chewing Gum” et ses poupées
gonflables : ils ont beau être ados, c’est fou ce qu’ils
sont conformistes. »
« Des journées comme ça, reprend-elle, très riches
si elles sont bien préparées en lien avec Alice, la
responsable pédagogique de Barbey, c’est hyperimportant en complément des interventions que
je peux proposer dans les classes, sur l’histoire
des musiques actuelles par exemple. Il faut qu’ils
sachent que la musique qu’ils entendent à la radio
n’est pas sortie de nulle part. Surtout, il faut leur
ouvrir les oreilles, aiguiser leur curiosité… Et leur
donner envie de revenir, de pousser sans problème
la porte d’une salle de concert. »
- 10 -
- DOSSIER Petits avec de grandes oreilles
« Ouaiiiiiis ! Encoooooooore !!! » Une kyrielle de
petites voix en folie s’échappent de la grande salle
du Krakatoa. Nous voilà téléportés à Mérignac
où, aujourd’hui, on accueille des petits, les CM2
de l’école Gustave Eiffel, de Cubzac-les-Ponts.
Une parenthèse joyeuse pour le trio Utopies
de Printemps : autour de Guillaume Martial, on
retrouve Benoît, clavier du groupe Le Trottoir d’en
Face rencontré sur le banc d’un stage d’écriture
“chez Cabrel”, à Astaffort, et Kalam, chanteurslammeur-rappeur de Makja (et aussi l’un des
fondateurs de l’asso Effort de Conscience).
Avec le jeune public, l’adhésion est immédiate : ça
tape dans les mains, ça chante, ça rit ! Et ça pose tout
plein de questions : « Ça fait quoi d’être artiste ? »
« C’est dur le piano ? » « Si vous oubliez les paroles y
a quelqu’un qui vous souffle à l’oreille ? » « C’est quoi,
votre style ? » – et là on sent qu’ils ont eu droit à la
conférence « Blues Is Roots » sur l’histoire des musiques actuelles par le musicien Grégory Desgranges–
« Combien de temps il faut pour écrire une chanson ? »
Combien, tu dis ? « Trois minutes ! Démonstration !
Donnez-nous une note, un rythme et un mot et
on y va ! » Et le trio se lève et crée sous leurs yeux
pétillants ébahis un « rap de l’ornithorynque » qui va
leur coller à la tête toute la journée. « C’est vraiment
un super moment, avoue le groupe en chœur : on a
l’impression de semer des graines d’amour de la musique. On se souvient tous de notre premier concert,
et c’est le kif d’avoir été le premier artiste live d’une vie !
Leur spontanéité, leur fraîcheur… Même leurs éventuelles critiques peuvent nous faire grandir. »
Profitons de la visite des loges et des coulisses par les
élèves fièrement armés de leur “pass technicien” , pour
discuter deux minutes avec Lili, la responsable action
culturelle du lieu. « C’est vraiment une expérience
extra pour tout le monde, les enfants, les artistes…
Et pour nous aussi, parce qu’on est obligés d’inventer
sans cesse : comme on n’est pas, contrairement à
d’autres SMAC, adossé à une école de musique, on
centre tout sur les artistes, différents à chaque fois. Il
y a des bases communes, la conférence de Grégory,
le “Kartable musique” donné aux classes pour préparer la visite, des ateliers dans certaines classes, des
prêts d’expos, des films sur nos métiers… Ça évolue
sans cesse, et c’est très complémentaire des idées
qu’on peut avoir pour d’autres publics, comme ceux
des médiathèques ou des hôpitaux. »
Tiens, les élèves reviennent des coulisses. C’est leur
tour maintenant de monter sur scène, le temps
d’enregistrer la chanson qu’ils ont répétée depuis
quelques semaines. Oubliez donc un instant le « Rap
de l’ornithorynque » et suivez bien la maîtresse, on est
partis : « Je suis le poinçonneur des Lilas… » Guillaume
à la baguette, Benoît au piano, tout le monde est au
point et ça envoie : une ou deux prises devraient suffire. « C’est dans la boîte, Marco ? » Pouce en l’air de
l’ingé son. Parfait, voilà un joli souvenir à ramener à
la maison.
- 11 -
Pas très chaud au début, quand les parcours avaient
été créés, l’ingé son s’est pris au jeu, répondant en
souriant aux questions les plus désarmantes sur sa
console aux mille boutons. « C’est marrant, sourit
Marco. Et je me suis découvert un certain sens de
la pédagogie. » Avant de grommeler : « Et dire que
quand j’étais môme, on se cognait “Connaissance du
monde” sur les Incas ! »
Virus contagieux
Encore sans transition, on repasse des tailles S aux
tailles L – terminales L, pour être exact, ceux du lycée
Václav Havel de Bègles. Au Rocher de Palmer aussi,
on articule le parcours autour de l’artiste. Et quels
artistes ! Eux ont l’honneur de rencontrer ce soir
Christian et Stella Vander, les deux têtes pensantes
de Magma, éminente formation 40 ans d’âge du
free rock jazzy progressif reconnue sur les scènes du
monde entier.
Là encore, une musique inclassable, à des annéeslumière du mainstream formaté radio. Avant ça, des
heures d’écoute et d’explications en classe, plus une
sieste musicale au Rocher pour revenir aux origines,
n’auront pas été de trop. Et les questions s’en
ressentent : « Pourquoi avoir inventé votre propre
langue, le “Kobaïa” ? » « Comment on construit
une carrière avec une musique sans concession ? »
« Pourquoi les rythmes sont-ils aussi importants pour
vous ? » Et tant dans les réponses sensibles d’une
Stella – « il m’arrive de pleurer sur scène tellement je
suis prise dans la musique » – que dans les départs en
bops enflammés d’un Christian – « quand Coltrane
fait “tee-dah tididi ta tadaah”, vous voyez ? », à
chaque fois les élèves sont scotchés avec le sourire.
Et juste avant le concert, l’excitation est perceptible.
« Qu’est-ce qu’il est charismatique ! lance Pauline
à Chloé. – C’est vrai, tous les deux, ils sont à fond
dans leur truc, ils ont juste envie de partager ! » Leur
oreille s’est déjà « habituée à leur son très particulier »
mais « pas déplaisant ». « En tout cas, ajoute Pauline,
ça donne envie de faire comme eux, de faire de
la musique, de partager, de voyager. Pour moi, je
pense qu’il est trop tard, je n’ai jamais touché un seul
instrument ». Aussitôt reprise par Chloé, pas loin, elle
non plus, d’avoir chopé le virus : « Comment ça, trop
tard ? T’as que 17 ans, vas-y, lance-toi ! »
Sébastien Le Jeune
LE TRUC EN PLUS
Toutes les infos pratiques, ressources et
contacts pour développer un parcours autour des
musiques actuelles avec sa classe sont sur le site de la
SMAC d’agglomération bordelaise.
- 12 -
- DOSSIER -
DIS, MAÎTRESSE...
Cécile Laflaquière, professeure des écoles et par ailleurs
trésorière du collectif Iceberg, a eu l’idée d’inviter dans
sa classe de maternelle deux musiciens pour des ateliers
aussi inventifs que décalés. Rencontre avec cette instit’
pas comme les autres et avec Baptiste Averty, clavier du
groupe Lonely Walk.
Mais je crois qu’on a atteint le but recherché, celui de la
découverte, montrer qu’un “instrument de musique”, ce
n’était pas forcément un piano ou une guitare, et qu’on
pouvait produire des sons avec des objets en carton.
Comment s’est monté ce projet très particulier ?
Cécile : À l’origine, j’ai rencontré Lili du Krakatoa pour
un stage d’observation scolaire. Ce qu’elle me proposait
était plutôt intéressant, mais j’ai eu envie d’aller plus loin
et de créer un projet autour de la transformation de la
voix, en invitant dans ma classe des musiciens que je
connaissais par ailleurs. J’ai tout de suite pensé à Baptiste,
il est curieux de tout et il avait déjà eu une expérience avec
les petits, je savais qu’il serait à l’aise !
Et alors, tu étais vraiment à l’aise, ou tu as quand même
flippé à un moment ?
Baptiste : Non, ce n’est pas si flippant, mais c’est tout de
même une sacrée responsabilité, on veut bien faire ! La
contrainte était stimulante, il fallait être créatif tout en
collant aux objectifs, faire quelque chose de différent
tout en restant pédagogue.
C : C’est surtout Guillaume (ndlr : bassiste de Lonely
Walk) qui m’a avoué avoir eu beaucoup plus le trac devant 20 gamins que sur scène devant 200 personnes...
Ça a donné quel genre de projet ?
C : En amont, j’avais travaillé avec les enfants sur la thématique des loups et des bruits qu’ils produisent... On a
ensuite travaillé sur la transformation et la déformation
de la voix par l’objet, avec un côté “laboratoire” qui a
beaucoup plu aux enfants.
B : C’était important que l’intervenant ne soit pas un chef
d’orchestre, plutôt un assistant de laboratoire. On s’est
présenté en chanson, mais ensuite, le but du jeu était de
leur proposer toute une série d’objets pour tester euxmêmes la modification du son : des tubes en plastique,
des trucs bricolés, des jouets... Pour la deuxième séance,
on a travaillé avec des pédales d’effets, des micros bricolés,
c’était tout aussi ludique et intéressant !
Qu’est-ce que les enfants ont retiré de cette expérience ?
B : En tout cas, ils étaient très contents d’avoir le droit
de faire du bruit, pour une fois, ils se sentaient très libres !
C’est beaucoup de travail en amont, ce genre d’atelier ?
C : Le gros du travail pour moi, c’était de trouver un
financement, il faut que l’instit’ soit assez motivé par
son projet. Mais ensuite, c’est assez facile de s’adresser
à quelqu’un comme Lili au Krakatoa, qui va valider votre
projet et l’accompagner.
B : Pour moi, c’était comme un travail de commande, mais d’une grande utilité... Je me souviens de
l’enseignement de la musique à l’école quand j’étais plus
jeune, c’était assez pauvre alors qu’il y a tant de choses
à faire !
Est-ce qu’il y a quelque chose à changer dans la façon
d’enseigner la musique aux enfants aujourd’hui ?
B : À mon sens, ce qui est important, c’est d’éviter tout
aspect critique, ne pas utiliser la notion de “beau”, de
“bien” ou “pas bien”. D’autant qu’à leurs âges, ils n’ont
aucune barrière, aucun snobisme, ce sont des éponges,
tu peux leur faire tout écouter...
C : C’est vrai ! Quand je leur fais écouter de la musique,
je ne leur fais pas écouter du “rock pour enfant” ou de
la “musique d’adulte”, je leur fais écouter de la musique,
point. De Devo à Laibach en passant par Ween, comme
ils n’ont aucun a priori, tout peut leur plaire !
Moondog, Robert Wyatt, Kat Onoma, The Cure…
Retrouvez l’interview complète et les tops de Cécile
et Baptiste sur le site de la SMAC d’agglomération !
- 13 -
- SIMPLE ET EFFICACE -
UNE HISTOIRE
D E LA S O UL
Traditions musicales d’Afrique
Centrale et Occidentale
Traditions musicales des
colons européens
Barbershop
Gospel Blues
Boogie
woogie
Jump Blues
DJing
Funk Rock
P-Funk
New Jack Swing
2-Step
En 1958, Ray Charles sort l’album « Soul », acte de naissance d’une musique qui mêle la quête du sacré du gospel
au groove du rhythm and blues. À la fin des années 50, l’explosion de la soul est marquée par l’affrontement de
deux labels : Stax, qui porte depuis Memphis la deep soul de Wilson Pickett, Sam & Dave et Otis Redding, et Tamla
Motown, porteuse d’une northern soul dansante et presque pop, qui verra exploser Barrett Strong, Diana Ross &
The Supremes, Marvin Gaye, The Temptations ou Stevie Wonder. James Brown, le “parrain” de la soul, puis Curtis
Mayfield, marqueront ensuite les premières heures du funk, tandis que les DJs des années 70 redécouvriront des
trésors soul méconnus qui nourriront tant la culture hip-hop que la scène disco.
- 14 -
- COMMENT ÇA MARCHE ? -
LE RIDER
Contrairement à ce que l’on pourrait penser, un
concert se prépare rarement (quoique) à la dernière
minute. Hébergement, location de matériel, exigences
culinaires des groupes, toutes ces informations
plus cruciales qu’on ne le pense pour la réussite de
l’événement sont contenues dans deux documents
aux noms anglais qui en disent long : technical rider
et hospitality rider. Le premier contient toutes les
informations dont auront besoin les techniciens de la
salle pour préparer l’arrivée du groupe (branchements
sur scène, précisions quant aux conditions d’éclairages
souhaitées, etc.), tandis que le second est très utile
au régisseur général d’un lieu pour accueillir le groupe
dans les meilleures conditions, prévoir un petit goûter
pour leur arrivée et un repas du soir adéquat, voire...
la décoration des loges.
ADELINE PRATS - Rocher de Palmer
L’artiste en goguette au Rocher de Palmer sait toujours
à qui s’adresser lorsqu’il a besoin de la moindre chose le
jour du concert : à l’instar de ses collègues des autres
structures de la métropole bordelaise, Adeline est
régisseuse générale au Rocher et à ce titre, en connaît un
rayon question accueil des artistes et riders de groupes...
C’est lequel, ton rider préféré ?
Celui-ci, sans conteste, un groupe américain qui
pensait nous faciliter la tâche et a entièrement
rédigé son rider avec Google Translate : du coup,
on y trouve une cymbale “accident” à la place de la
crash, et on y apprend que « les sous-marins sont
très significatifs » ... Ils voulaient sans doute nous
dire que les subs (ndlr : pour “subwoofer”, soit les
caissons de basse) sont essentiels à leur spectacle !
Tu préfères les riders chargés ou ceux qui contiennent
peu d’informations ?
C’est surtout la fiche technique qui est importante.
Pour le rider d’accueil, tu peux souvent traiter ça
par téléphone ou par mail assez facilement, mais
quand la fiche technique est incomplète, c’est vite
le bazar. Avec l’expérience, tu vois tout de suite
lorsqu’une demande est imprécise et tu apprends à
anticiper les soucis que tu vas avoir.
Alors, qu’est-ce qu’une bonne fiche technique ?
Quand ils te disent qu’ils viennent avec tout ! Plus
sérieusement, c’est plus facile pour nous de travailler avec les grosses boîtes de production qui ont
des fiches déjà calibrées où ils remplissent les trous.
Mais sinon, si je devais donner quelques conseils
aux groupes qui débutent, ce serait surtout de ne
pas oublier les contacts, de faire une liste précise du
matériel dont ils ont besoin en distinguant ce qu’ils
amènent, et de se faire un plan de scène : ça n’a l’air
de rien, mais ça nous fait gagner un temps considérable de savoir à l’avance comment on va configurer
la scène et où on va ranger le matériel !
Le top 5 ultime d’Adeline :
- Beethoven - « La Lettre à Elise »
- Nirvana - « Lithium »
- Led Zeppelin - « Babe I’m Gonna Leave You »
- Pink Floyd - « Atom Heart Mother »
- Gainsbourg - « La Chanson de Prévert »
- 15 -
RIDERS
ON THE
STORM
Si généralement, les riders n’apportent que peu
de surprises à ceux qui les lisent, on y trouve
aussi parfois des petites pépites aussi incongrues
qu’extravagantes. Petit florilège et top 5 des
meilleurs riders de la planète. Jonathan Hénault
> N°5 : LE RIDER MANIAQUE
C’est un fait, les musiciens sont tous de grands
malades... qui le savent (comme KC & The Sunshine
Band qui interdisent les stroboscopes, craignant les
crises d’épilepsie), ou plus souvent qui l’ignorent.
Le célèbre rider de Van Halen incluait une clause
interdisant la présence de M&M’s marrons dans les
loges, tandis que chez les Beach Boys du temps de
leur splendeur, on devait bien entendu leur fournir
cigarettes et briquets, mais attention... pas de
briquets verts ! Quant à Jay-Z, il est plutôt du genre
à assumer, et n’hésite pas à demander du Valium à
volonté. Pourquoi pas...
> N°3 : LE RIDER MÉGALO
Un peu plus mignon mais tout aussi dérangé, le
rider “flower power” d’Elton John, ses longues
tables couvertes de lin, ses plantes vertes et ses assortiments floraux propices à la concentration du
maître. Quant à Eminem, qui en connaît un rayon
question mégalomanie, sa concentration passe par
l’installation d’une... salle de jeu avec table de pingpong et Playstation.
> N° 2 : LE RIDER AVEC DES PÉPITES DEDANS
Le pire dans tout ça, c’est que tout est vrai... Sauf chez
certains artistes pour qui le rider est l’occasion de se
marrer un bon coup. En France, Oldelaf « se réserve le
droit de fondre en larmes pour une durée indéterminée
», mais la palme revient à Iggy Pop, auteur du rider le
plus drôle de l’univers : « Robots, télévangélistes, substances liées à la fabrication de goudron, hippocampes
en plastique et crétins interdits devant la scène (…) Nous
aurons besoin d’un ingénieur du son parlant anglais et
n’ayant pas peur de la mort (simple plaisanterie… ou
pas). Nous n’avons pas notre propre ingénieur du son car
bientôt, les robots travailleront pour nous et oeuvreront
pour un monde meilleur ».
> N°4 : LE RIDER SUPERMARCHÉ
Un type de rider qui a malheureusement tendance
à devenir la norme dans le milieu... Certes, un mu> N°1 : LE RIDER DÉLIRANT
sicien en tournée n’a pas beaucoup de temps pour
DJ et producteur de talent, Diplo en connaît un rayon
faire ses petites courses, mais de là à demander slips
question rider : le sien inclut tout simplement un gorille
et chaussettes Calvin Klein pour la semaine, il n’y a
(« mais un orang-outan pourra faire l’affaire »), un jeu
qu’un pas que franchissaient allègrement les Jane’s
de fléchettes avec la tête de Nicolas Cage, un mariage
Addiction. Kanye West est lui plutôt Neutrogena,
arrangé, la troisième saison de Lost en VHS ou encore
loin de l’image de bad boy qui lui colle à la peau. Les
deux animaux gonflables « avec des points bonus s’il
dépravés ne sont d’ailleurs pas ceux qu’on croit : la
s’agit d’une espèce menacée ou disparue ». En voilà un
belle Adele se soigne au vin et à la clope, tandis que
qui devrait bien s’entendre avec la Française GiedRé, elle
les gendres parfaits de Coldplay sont plutôt cartes
qui réclame un DVD fitness de Guy Carlier, une ex de
postales, chaussettes et vodka. Mais rien de compaJacques Pradel, la preuve par 3 et un bon avocat. Elle en
rable au rider “spécial booze” de Rush, rhum le lundi,
aura sans doute besoin.
Chivas le mardi, cognac le mercredi...
Page suivante : Carte blanche à Odezenne, d’après leur EP « Rien »
- 18 -
LIVE
EXPERIENCE
LE CONCERT
LE PLUS FORT
DU MONDE
Qui a commencé à jouer comme un tordu ? Difficile à
affirmer. Les premiers vestiges viennent des Who, en
1976, qui ont gagné leur place dans le Guinness Book
des records pour une mesure de 126 dB constatés à 30
mètres de la scène. AC/DC a joué une série de concerts à 130 dB sur la tournée Back in Black en 1980,
ne baissant la moyenne qu’après les plaintes répétées
des promoteurs. Manowar ensuite. Toute une histoire.
En 1984, le Guinness Book vient glorifier le groupe de
« loudest performance ». 139 dB que le bouquin qualifie même de « painfully loud ». Motörhead reprend son
sceptre et le Guinness Book décide de supprimer cette
catégorie pour ne pas inciter à la surenchère qui aurait
pu mettre en danger le public. Juste pour rire, Manowar
battra encore le record. Au cas où. En 2009, KISS atteint à son tour 139 dB à Ottawa. Les appels des voisins
ont débordé le standard de la police locale. Si la fiction
compte, c’est dans « H2G2 » de Douglas Adams qu’on
trouve le groupe qui joue le plus fort de la galaxie. Il s’agit
de Disaster Area, de Pluton. Dans le livre, un observateur juge qu’il faut écouter leurs concerts à 37 000 km
de la scène, enfermé dans un bunker au béton épais. Les
musiciens eux-mêmes jouent de leurs instruments par
télécommande à partir d’un vaisseau en orbite. Ou plus
fréquemment, en orbite d’une planète totalement différente.
100 dB = marteau-piqueur à 2 mètres
120 dB = seuil de douleur
130 dB = Boeing 787 au décollage à 100 mètres
KICK OUT THE TRAM
Le Krakatoa et le Rocher Palmer ont beau être aux
antipodes de Bordeaux, on peut aller de l’un à l’autre
par la ligne de tramway A. Le trajet prend 35 minutes
et 40 secondes, ce qui vous laisse très exactement le
temps d’écouter trois albums très cools, à caler dans
votre lecteur si vous n’aimez pas laisser tomber les
deux derniers morceaux d’un disque dans le mépris des
arrivés à bon port, ou si vous êtes toujours au contraire
un mp3 trop court pour la dernière station.
Nancy Sinatra & Lee Hazzlewood « Nancy and Lee » (1968)
La définition de la classe. Et ça peut aider dans les trajets
bondés de fermer les yeux et de se voir immédiatement
avec une moustache et des patchs aux coudes, bien assis
dans un fauteuil club au coin d’une cheminée cosy.
Wire « Pink Flag » (1977)
Décharné. Imprévisible. Une flopée de morceaux sous
la minute. Et pourtant une sophistication arty très étonnante dans cette première vague de punk anglais. Un
album meilleur à chaque fois qu’on le réécoute.
Sonic Youth « Confusion is Sex » (1983)
Underground. Lo-fi. Abrasif. Dissonant. Des paysages
envoûtants plus que des chansons académiques.
Confusion is Sex ne figure pas dans les classiques du
virage entre les 80s et les 90s (« Daydream Nation »,
« Goo », « Dirty ») mais pose des bases solides pour
tout ce que va devenir Sonic Youth. Pas un disque
particulièrement easy, mais ça classe un mélomane
dans les dîners de gala.
- 19 -
Zoé de La Taille
Médiatrice au Rocher de Palmer
Jérôme Alban
Intervenant pédagogique à Rock et Chanson
Issu du collectif de Brooklyn Pro Era, le jeune Joey
Bada$$ sort son premier album à tout juste 20 ans.
Dans une période où l’on entend énormément de beats
rap assez froids, il revient au sample et à un groove très
organique, qu’on croyait disparu depuis la fin des années
90. Pour moi qui ai grandi en écoutant Mobb Deep ou
Boot Camp Click, ce son boom bap fait du bien. On
entend le C.R.E.A.M. du Wu Tang Clan dans « Paper
Trail$ », The Roots dans « Like Me » ou Das EFX dans
« Christ Conscious ». Il rend hommage à J Dilla, fait appel à Statik Selektah et DJ-Premier, donne un coup de
main à BJ the Chicago Kid, Chronixx ou Raury, 18 ans à
peine, entendu récemment aux côtés de Flying Lotus.
Le plus marquant reste le flow Bada$$ : mature, précis
rappelant parfois l’accent des toasters jamaïcains.
« B4.DA.$$ » de Joey Bada$$ (Cinematic Music
Group / Pro Era)
Ce recueil de textes de David Toop, chroniqueur
du magazine « Wire », est une formidable machine à
abattre les chapelles musicales. À travers des articles
traitant entre autres des liens entre les compositeurs
impressionnistes français, le jazz et les musiques électro, des studios d’enregistrement en Jamaïque comme
laboratoires foutraques de recherche musicale, de
l’influence des électro-acousticiens français sur la genèse du hip-hop, de l’impact des gamelans javanais sur
la musique de Debussy ou encore de la continuité du
travail de Stockhausen dans la musique d’Aphex Twin,
David Toop nous propose un regard neuf sur les différents courants musicaux du XXe siècle. Une manière
décloisonnée, vivante et décomplexée d’écouter et de
faire de la musique, où les termes “musiques actuelles”,
“musiques classiques” ou encore “musiques jazz et improvisées” semblent bien caducs. David Toop écoute le
monde, l’environnement sonore comme une symphonie et met en avant que la musique se nourrit continuellement dans le chaos des identités, des incidents
technologiques et des rencontres fortuites.
« Ocean of Sound : Musiques ambiantes, mondes
imaginaires et autres voix de l’éther » de David Toop
(éd. Éclat)
VU ,
E NT ENDU
Quentin Lefevre, administrateur, et Julien
Lavie, comptable de la Rock School Barbey
De l’éloge du bon goût.
Quand tu bosses dans une structure culturelle, t’as une
sorte de devoir de bon goût, comme écouter Pendentif
par exemple. Nous, à l’administration, on a Bide et Musique. On y trouve tout ce qu’il faut pour bâtir une culture
digne de ce nom. A défaut, on fait au moins chier le reste
de nos collègues en le diffusant à fond dans les bureaux.
> Vienna « Pour ne pas me toucher » Un must, une poésie disco dadaïste. Impossible de l’écouter sans l’avoir en
tête pour le restant de la journée.
> Vivien Savage « C’est qu’le vent » Un hymne à la libération de la femme et aux synthés dégueulasses.
Mention spéciale au parolier qui ne s’est pas foutu de
nous.
> Frédéric Lecoultre « Le poêle à mazout » Huum les
traditions, les feux de cheminée, une chanson qui rappelle le temps où on pouvait s’asseoir sur les genoux de
papy.
> www.bide-et-musique.com, la radio de l’improbable et
de l’inouï
Eugène
Chargé de billetterie et promo au Krakatoa
« Parcs, ou comment voler les pieds sur Terre ».
Dans son Parcs, le Quiberonnais Bertrand Belin, oiseau
sans bec à la plume élégante, se promène et cloue le leur
(de bec) à ses congénères. Il signe ici, d’un zèle éclatant,
le disque du temps suspendu, des errances bucoliques et
de l’émotion nue. Rythmes country, balades extatiques
et humour savamment distillé. Comment un homme
aussi déterminé par l’excellence artistique peut-il chanter « Aller sans but » ? « Parcs » est l’œuvre d’un héros des
temps modernes, d’un cowboy chevauchant les plaines
de la chanson, malice et poésie en bandoulière. Du fin
fond de l’Armorique, Bertrand Belin fend les ondées
avec grâce. Comment ça se danse ? L’interprétation en
live de cet album figure au sommet des concerts les plus
majestueux que l’homme puisse produire.
« Parcs » de Bertrand Belin (Cinq7 / Wagram)
- 20 -
EX TR A BA LL E
>> ON HAIR
Il n’y a pas que la musique dans la vie, y’a les cheveux
aussi. Directeur artistique de l’édition 2015 du Carnaval
des Deux Rives (organisé par Musiques de Nuit et la
Rock School Barbey), le coiffeur médocain Charlie Le
Mindu nous a donné l’idée d’un article tout ce qu’il y a de
plus capillotracté. Quoique. On vous met tout de même
au défi de nous démontrer que musique et coupes de
cheveux (en quatre) n’ont jamais été intimement liées,
de la crête à l’afro, des cheveux longs d’Antoine aux idées
courtes de Johnny, à moins que ce ne soit l’inverse. Et
pour en avoir le coeur net, on s’est rendu au Petit Salon,
l’un des coiffeurs les plus musicaux de la ville. C’est Lucas
qui nous reçoit, les ciseaux à la main.
Comment est né le Petit Salon ?
À l’origine, des coiffeurs réunis par un même esprit décalé, subversif, avec une connotation politique et sociale : l’idée était de proposer un salon accessible à tous
au milieu d’un quartier très populaire à l’époque, avec
une certaine mixité qui nous allait bien. Ici, nos tarifs
sont gradués en fonction de l’expérience du coiffeur,
ce qui nous permet d’avoir un spectre de prix très large.
Si ce n’était pas un salon de coiffure, ce serait un disquaire ?
Sans doute ! Mes collègues alimentent la playlist du lieu
en permanence, en fonction de ce qu’ils écoutent chez
eux ou de ce qu’ils ont découvert en concert. Ça va bien
avec la déco du lieu, alimentée par des artistes bordelais
comme Jean-François Buisson ou Hugo Voisin... Même
si la star reste notre squelette, tout le monde le prend
en photo, on a même été obligé de lui faire une page
Facebook !
Est-ce qu’on demande à un client de ce qu’il écoute avant
de le coiffer ?
C’est vrai que les clients nous interpellent souvent sur la
musique, il y en a même qui viennent juste écouter des
trucs ! Sinon, en général, on essaie de cerner la personnalité de notre client avant de le coiffer, comment il se
voit lui-même. Parfois, c’est un peu « dis moi ce que tu
écoutes, je te dirai qui tu es »...
>> LE TRUC À LIRE
« Minimum rock’n’roll : Rouflaquettes, poils de torse et
cheveux à chouchous » (éd. Discobabel)
La lecture essentielle pour les amateurs de poils et de
musique : Marie-Pierre Bonniol, créatrice de la biennommée revue « Minimum Rock’n’Roll », a convié ici
une trentaine d’auteurs plus ou moins professionnels (et
plus ou moins cosmiques) à s’exprimer à leur façon sur la
relation ambiguë qu’entretiennent nos cheveux avec la
musique que l’on écoute. Ça pourrait être parfois un peu
rasoir, voire un peu barbant, mais non... La diversité des
styles littéraires, d’Eric Débris à Patrick Scarzello en passant par Rubin Steiner, du gonzo reportage en apnée à
la nouvelle à-peu-près-policière, cet éclectisme vibrant
fait battre vaillamment le petit coeur musclé de cet assemblage hétéroclite de textes tous plus captivants les
uns que les autres.
http://discobabel.free.fr
LA
PL AYLIST
CAPILL AIRE
Morceaux choisis d’artistes aux choix capillaires
audacieux ou remarquables
Motörhead - « Ace Of Spades »
Frank Zappa - « Bobby Brown »
Marvin Gaye - « What’s Going On? »
Queen - « We Will Rock You »
Django Reinhardt - « Minor Swing »
Georges Brassens - « La Mauvaise Réputation »
Sébastien Tellier - « La Ritournelle »
System Of A Down - « Chop Suey »
TV On The Radio - « Happy Idiot »
Devendra Banhart - « Foolin’ »
Iron and Wine - « Sunset Soon Forgotten »
Snoop Dogg - « Who Am I »
Moondog - « Invocation »
Prince - « Sexy MF »...
(et on vous a épargné : Francis Cabrel, Jean Ferrat,
Pierre Vassiliu ou Diam’s).
Retrouvez cette playlist et une sélection de groupes aux
noms capillaires sur le site de la SMAC d’agglomération !
- 21 -
E
LA RUE A LA PAROLE
Quand on le voit tiré à quatre épingles dans son costume de vendeur en boutique de sape chic, on n’imaginerait pas
une seconde que, du quartier du Grand-Parc où il a grandi, Ken a gardé ce sens du contact et du partage avec les
sans-abris. Ça avait commencé par de la récup’, de la nourriture, des habits qu’il glanait à gauche à droite pour les
redistribuer. Et un jour, un SDF lui a demandé de lui tirer le portrait, avec sa chienne malade au bras. Le déclic. C’est à
leur contact qu’il s’est peu à peu glissé dans la peau du “street photographe”. « L’Oeil de Ken », la rue plein cadre, sans
misérabilisme aucun. À voir jusqu’au 27 mars au Rocher. Vernissage le 6 à 18h30.
www.facebook.com/EchangePhotographique
C’EST ELLES
C’est Elles, d’accord, mais c’est qui, Elles ? Candice et Lucie, les deux
artificières qui font exploser le petit monde de la comédie bordelaise
avec leurs soirées toujours réussies. À la Rock School Barbey, vont se
succéder Audrey Vernon dans « Comment épouser un milliardaire »
(le 11 mars), Antoine Schoumsky « Au Parloir » (le 1er avril), Thomas
VDB qui, toujours, « chante Daft Punk » (le 22 mai) et Olivia Moore
dans « Mère Indigne » (le 27 mai), alors que c’est Pierre-Emmanuel
Barré qui grimpera en juin (le 30) sur le Rocher de Palmer avec un
spectacle au nom qui en dit long : « Pierre-Emmanuel Barré est un
sale con ». Qu’il le prouve ! Chaque soir, 20h30, 18-20€.
LE MAXI POUR LES MINIS
Les concerts, c’est pas que pour les grands, qu’on se le dise ! Au
Krakat’, la formule se double d’un atelier de création ouvert aux 7 ans
et plus avec restitution sur scène ! À réserver d’urgence, tant pour le
live que pour l’atelier.
Tél. 05 56 24 18 28 ou [email protected]
- 22 -
- TÊTE D’AFFICHE -
MARK
L ANEGAN
AU FIL DU TEMPS
On a tous eu un pote taciturne. Le gars qui restait là, à une place de la bande qui ne dérange personne, et toujours avec un sourire réconfortant quand on faisait un bon mot. Et dès que ce mec
murmurait ses trois grognements hebdomadaires, tout le monde arrêtait de parler et avait envie d’en
savoir plus parce que ça tapait terriblement juste. Quand on a perdu de vue tout le crew bavard et
exubérant, c’est de ce mec qu’on est resté proche, finalement.
Mark Lanegan, c’est ce mec à l’échelle du rock. Par Arnaud d’Armagnac.
- 23 Les gars qu’on a laissés sur le bord de la route au fil des
années, c’est le grunge, puis le stoner et enfin une bonne
partie du rock indé. Mais Mark Lanegan est toujours là.
Et pour l’instant, ses rares bribes de paroles n’ont jamais
arrêté de nous captiver. Trente ans et une oeuvre majeure gardée secrète. Une carrière absurde d’intégrité.
Un pied dans le punk, l’autre dans la case minimisée des
artistes à part. Neil Young, Daniel Johnston, Leonard
Cohen. Well. Mark Lanegan. À l’origine de tout ça, une
vision old school qui propulse la créativité bien au-delà
de l’ego. Lanegan est un vrai artiste, dans sa plus pure
et ancienne acception. Un mec terriblement normal
qui devient épais, mystique et crucial uniquement dans
le cadre de son expression artistique. Ce n’est pas bon
pour la promo et le sponsoring par The Kooples, mais ça
assure à ses disques d’être à une place très privilégiée de
votre collection.
Mark Lanegan n’est pas du genre à imposer son nom
sur tout ce qu’il touche, mais on reconnaît son apport
immédiatement, en revanche. 30 ans de carrière, 5 disques
pour mieux comprendre le taiseux de Seattle.
D’OÙ IL VIENT ?
THE SCREAMING TREES « Sweet Oblivion » (1992)
Les Screaming Trees avaient les mêmes défauts et les
mêmes qualités que Mark Lanegan dans tout le reste de
sa carrière : bon, constant mais discret et avec un désintérêt total pour l’image ou la promo. Ils sont de Seattle,
démarrent dès 1986 et même s’ils auront les faveurs de
la critique, ne resteront dans le top 3 de personne quand
il faut citer les références grunge.
SON MEILLEUR ALBUM SOLO
MARK LANEGAN « Bubblegum » (2004)
S’il ne doit en rester qu’un. Chaque morceau est une
exposition universelle de la classe. On ne parle même
plus de “hit”, on n’étalonne d’ailleurs pas ce genre de
disque avec les instruments classiques de la critique. Ni
avec ceux de l’auditeur lambda. « Bubblegum » est en
lien direct avec vos tripes. Il mérite un tiroir de votre discothèque uniquement pour lui. Son « Hit the City » avec
PJ Harvey mérite le panthéon de la chiale.
SA MEILLEURE COLLABORATION
ISOBEL CAMPBELL + MARK LANEGAN « Ballad of
the Broken Seas » (2006)
En Écosse, Isobel n’est plus dans Belle and Sebastian.
Elle bricole un premier album solo moyen puis se met à
écrire le deuxième. Elle l’écrit pour un duo du style Lee
Hazzlewood/Nancy Sinatra et pense à Mark Lanegan
qu’elle ne connaît pas. Elle lui envoie les bandes à l’autre
bout du monde, il accepte. La meilleure opposition de
style au sein d’un duo depuis Mel Gibson et Danny
Glover dans « L’ Arme Fatale ».
ET MAINTENANT ?
MARK LANEGAN « Phantom Radio » (2014)
Après avoir officié en éternel “guest parfait” sur bon
nombre de projets très différents, Mark Lanegan reste
sur sa lancée plus obscure et épurée depuis « Blues
Funeral ». Dans quelques années, on se dira que c’était
sa traversée du Styx vers son aura crépusculaire à la Tom
Waits. Un pas de plus vers l’avant après 30 années de
mouvement perpétuel.
NOUVEAU POINT DE DÉPART
QUEENS OF THE STONE AGE « Songs For The Deaf »
(2002)
L’album qui n’a pas quitté la platine des fans d’indie rock,
de heavy metal, de rock psyché et de rock underground
entre 2002 et 2003. Probablement le « Nevermind »
des années 2000.
En concert le 8 mars au Krakatoa (Mérignac).
- 24 -
SAVE
Indie, increvable
THE
Non, il n’est pas question ici de l’archéologue au chapeau
de Spielberg mais de l’esprit indie – indé si vous préférez :
le Barbey Indie Club fait sa résurrection en fanfare ! Neuf
dates pour découvrir la crème de la scène indé internationale à prix mini (10€ en prévente), depuis les derniers
chouchous maliens en date de Damon Albarn, Songhoy
Blues, jusqu’au freak folk des Woods de Brooklyn (voir
agenda). Et pour quatre achetés, le 5e est offert : une aubaine pour les indievores !
L’Antirøuille coupe la prise
En attendant la grande fête en extérieur le 13 juin, Rock
et Chanson célèbre aussi ses 30 ans par de petites
soirées ambiance “au coin du feu”. Quatre Antirøuille
Unplugged sont au programme en mars et avril, à 5€
seulement (plus 3€ d’adhésion). Si certains comme
Metisolea’ (le 12 mars) ou Botibol (le 23 avril) vont être
dans leur élément, d’autres créeront forcément la surprise : des shoegazers comme les Be Quiet (le 26 mars)
ou des metalleux comme les Great Old Ones (le 2 avril)
ont un joli défi à relever.
DATE
Désir d’ailleurs
Malgré ses influences musclées (AC/DC, The Stooges),
l’ancien guitariste de Noir Désir Serge Teyssot-Gay a
emprunté depuis la fin du groupe en 2003 de multiples
chemins de traverse. D’une part Zone Libre et sa fusion
hip hop-rock, d’autre part, Interzone avec le joueur de oud
syrien Khaled Al-Jaramani. Le fruit de rencontres uniques
ouvrant à toutes les expérimentations sonores, comme
on le verra lors de trois jours de carte blanche proposée
par le Rocher dans le cadre fantastique de la Chapelle
de Mussonville, à Bègles : outre Al-Jaramani, on y croisera aussi la contrebasse free-jazz de Joëlle Léandre ou la
clarinette de la Britannique Carol Robinson.
Du 5 au 7 mars, 21h, 10-14€.
Un certain savoir-FAIR
Connaissant le flair du FAIR, le Fonds d’Action et
d’Initiative Rock, on ira au concert les yeux fermés, certain de se confronter à d’intéressantes découvertes musicales. Ce dispositif national de soutien au démarrage de
carrière des groupes de musiques actuelles n’a-t-il pas
mis le pied à l’étrier depuis 1989 à des NTM, Mano Solo,
Miossec ou Odezenne ? Tandis que notre lauréat bordelais de l’année Smokey Joe & The Kid prend la route,
le Krakatoa s’offrira un plateau de poids avec l’electropop
de Chapelier Fou et la French pop de Baden Baden –
plus notre Thomas Skrobek tout de folk vêtu... Parlez-en
autour de vous, mais n’oubliez pas : le dire, c’est bien, le
FAIR, c’est mieux.
Le 17 avril, 20h, 15-18€
La BD prend du volume
Si vous manquez ça, c’est qu’il vous manque une case :
d’un côté, les musiciens de Splendor in the Grass, bien
rodés à l’exercice BD-concert (on leur doit « Les Larmes
de l’Assassin » avec Thierry Murat notamment) ; de
l’autre, Alfred, notre Fauve d’or 2014 à Angoulême – qui
signe aussi les visuels des 30 ans de Rock et Chanson.
Ensemble, après une résidence à Barbey, ils mettront en
musique la magie italienne de l’album « Come Prima »
au Rocher de Palmer dans le cadre du festival Bulles en
Hauts de Garonne. Et c’est gratuit !
Le 21 mars, 19h30, gratuit.
Réservations au 05 56 74 80 00.
- 25 -
Carnaval des 2 Rives
Parade / 14h / Gratuit
Vianney
Rock SchoolBarbey
0
6
Krakatoa
Electro-world / 20h30 / 15-19€
Rock et plus / 21h / 5-14€
0
6
Pop World / 19h / Gratuit
Danakil + Yaniss Odua
& Artikal Band
Noëmi Waysfeld & Blik
Reggae / 20h30 / 21 à 25 €
Yiddish & Fado / 20h30 / 18 à 22 €
1 Rock SchoolBarbey
2
Orga : Musicabourdons
1
4
Pop-Soul / 20h / 24 €
Rocherde Palm er
Nhac ! + Multidelta
Bal folk / 20h30 / 6 - 8 €
Arema
Rock & Chanson
1
4
Big Red + General Levy
+ Djama D Baven
Ragga / 20h30 / 15 - 19,80 €
Rocherde Palm er
Hilight Tribe
Trance / 22h à 5h / 22 - 25€
Musiques de Nuit
Rocher de Palmer
Pop-Rock / 15h30 / Gratuit
1
1
Mark Lanegan Band
+ Duke Garwood + Lyenn
Indie Blues-Rock / 20h / 22 - 25 €
1
3
1
5
Heavy Metal / 20h30 / 22 €
PAD
Rock School Barbey
Humour / 20h30 / 18 - 20 €
Rock / 20h30 / 5 € (+ 3 € adh.)
1 Krakatoa
4
Les Wampas
+ King Kong Blues
+ My Drummer Is Dead
Jazz musette / 20h30 / 23 à 27€
Freak Kitchen
Permis de Rire :
Audrey Vernon
Unplugged #1 :
Metisolea’ + Hantcha
Sylvain Luc
et Richard Galliano
Rocherde Palm er
Rock SchoolBarbey
1 Rock & Chanson
2
Jazz vocal / 20h30 / 23 à 27€
Le Vigean - Eysines
Médiathèque de Mérignac
Estelle & Romain
Humeau (Eiffel)
Youn Sun Nah Quartet
Avec la Ville d’Eysines
Benjamin Clementine
Orga : X Ray Prod
1 Rock SchoolBarbey
3
Orga : Mandala & friends
Avec Base Prod
1
3
Jazz / 20h30 / 10-17€
0
7
1 Rocherde Palm er
2
Chanson rock / 20h30 / 18 - 21 €
Folk / 20h / 21-24 €
Krakatoa
Rock du désert / 20h30 / 10-13€
8
Mademoiselle K + Le A
Fink + Douglas Dare
Vincent Peirani + Michel
Portal + Émile Parisien
Rock / 19h / Gratuit sur invitation
Orga : Base Prod
1 Krakatoa
2
0 Rocherde Palm er
6
Songhoy Blues
+ My Name is Nobody
0 Krakatoa
Avec Base Prod
0 Rocherde Palm er
7
Jazz / 18h30 / Gratuit
Botibol + Monolithe Noir
+ A Call At Nausicaa + Be
Quiet + John and The Volta
+ Blackbird Hill
Youssef Abado
Tiou
Chanson / 20h30 / 5 €
0 Rocherde Palm er
7
0
6
Rock & Chanson
Ernst Reijseger
Chanson / 20h30 / 16-18€
0 Chapelle de Mussonville, Bègles 0 Rocherde Palm er
0
5
6
5
0
6
0 Serge Teyssot-Gay + Joëlle
7 Léandre + K haled Al-Jarani
+ Carol Robinson
Orange Blossom
Rocherde Palm er
0 Rocherde Palm er
4
0 Rock SchoolBarbey
4
Bordeaux
Avec CL Comédie
MAR S
0
1
Orga : Base Prod
- L’AGENDA -
Chanson punk / 20h / 20 - 23 €
1
6
Rocherde Palm er
Soirée Diva :
Juan Mari Beltran Trio
Jazz / 19h30 / 5 €
Transrock
Krakatoa
- 26 -
Orga : Corida
Electro / 20h / 17-20 €
2 Rock SchoolBarbey
0
Pop Folk / 20h / 25 €
2
4
Rock SchoolBarbey
Indie Rock / 20h30 / 20 €
Rocherde Palm er
Mozaïc Rock Challenge
2 Rock & Chanson
6
2 Rock SchoolBarbey
7
2
7
2
8
Johnny Clarke & Jah9
+ Africa’n’ Percu
Jazz / 19h / 50 € pour 2 concerts
2 Rocherde Palm er
8
0
1
Rock SchoolBarbey
Permis de Rire :
Antoine Schoumsky
Humour / 20h30 / 18 - 20 €
2 Rocherde Palm er
6
Cécile McLorin Salvant
& Aaron Diehl Trio
Jazz vocal / 20h30 / 10 à 17 €
2 Rocherde Palm er
7
0
2
Akhenaton "IAM Alive"
Rap / 20h30 / 28 - 30 €
Rap / 20h30 / 26,80-33 €
Muzik’o’Rama
Lyre Le Temps + invités
Jazz / 20h30 / 18-22 €
Rocherde Palm er
Lacrim + Talents d’Achille
2 Rock SchoolBarbey
8
Dal Sasso / Belmondo Big
Band "A Love Supreme"
+ Serge Moulinié Trio
Divers / 19h / 6 €
Avec CL Comédie
AVR I L
Dal Sasso / Belmondo Big
Band "200 ans d’histoire"
Concerts lycéens
Reggae / 21h / 15 €
- L’AGENDA -
Krakatoa
La Fanfare Ciocarlia
Electro-pop / 20h30 / 25-30 €
2 Château Palm er, Margaux
7
Rocherde Palm er
Balkan Music / 20h30 / 15 à 19 €
Christine & The Queens
Rock / 20h30 / 5 € (+ 3 € adh.)
Chanson Pop / 20h30 / 16-18 €
BD-Concert / 19h30 / Gratuit
2
5
2 Rocherde Palm er
6
Unplugged #2 : John &
The Volta + Be Quiet
Nach
Krakatoa
Folk metal / 20h / 23-25 €
Indie Rock / 20h30 / 10-13 €
Reggae / 20h30 / 10 à 17 €
Alfred & Splendor In
The Grass "Come Prima"
Finntroll "performing
Nattfodd" + Hatesphere
+ Profane Omen
Barbey Indie Club :
The Wave Pictures
+ The Missing Season
The Skints
2 Rocherde Palm er
6
2
5
Popa Chubby
Blues / 20h30 / 23-25 €
2 Rocherde Palm er
1
Krakatoa
Goûter-Concert / 15h30/ 5 €
Chanson / Dès 7 ans / 19h30 / 5 €
2 Rock SchoolBarbey
6
Rap / 20h30 / 12-15 €
Krakakids :
Cocktail Bananas
Le Prince Miiaou
Monsieur Lune
"Un Renaud pour
moi tout seul"
Tremplin musical / 20h30 / Gratuit
2 Rocherde Palm er
5
2
1
Vin’s Wazacrew
"Freeson Tour"
1 Rocherde Palm er
9
Orga : Allez Les Filles
Koudlam + Hørd
Jazz vocal / 20h30 / 16-20 €
Charlie Winston + Malo’
Orga : Base Prod
1 Rock SchoolBarbey
9
Orga : Wazacrew
Robin McKelle
Krakatoa
2
1
Krakatoa
Orga : Tape Recordz
2
0
1
9
Orga : Euterpe
Avec la Ville d’Eysines
1 Le Vigean - Eysines
8
Electroswing hip hop / 21h / 12-14 €
0 Rocherde Palm er
2
Proxima Centauri
"Opus 15.1 :
la jeune génération"
Musique contemporaine / 20h30 / 10€
PASS 1 (30 € au lieu de 48 €) : John And The Volta + Ewert & The Two Dragons + Kid Wise + Fair Le Tour / PASS 2 (30 € au lieu de 52 €) : Great Old
Ones + Jabberwocky + Guillaume Perret + Wand / PASS 3 (30 € au lieu de 45 €) : Botibol + Ewert & The Two Dragons + Low Roar + Kevin Morby
- 27 -
Folk metal / 20h30 / 5 € (+ 3 € adh.)
Orga : Réelle Musique
1
1
Rocherde Palm er
Avec Einstein On The Beach
Rocherde Palm er
1
1
Piers Faccini et Vincent
Segal + Jenny Lysander
End Of The Weak
Folk / 20h30 / 10 à 17 €
Tremplin Hip Hop / 20h30 / 10-12 €
1
5
Les Massifs de Fleurs
+ Bruch
"L’Impro On The Road"
Rocherde Palm er
Jazz-funk fusion / 20h30 / 28 à 32 €
2 Rock & Chanson
3
Unplugged #4 :
Botibol + Cliché
Pop / 20h30 / 5 € + (3 € adh.)
Krakatoa
Electropop / 20h / 17-20 €
1 Rock SchoolBarbey
7
Phases Cachées
+ Joey Larsé
Hip Hop Reggae / 21h / 12-15 €
2 Rocherde Palm er
5
Guts (live band)
+ DJ Vex + Charles X
Hip hop / 20h30 / 10-17 €
- L’AGENDA Isaac Delusion +
Banquise
Electropop / 20h / 18-21 €
Arema
Rock & Chanson
0
9
Billy Cobham Band
Jazz / 20h30 / 23 à 27 €
1
4
MA I
Musiques de Nuit
Rocher de Palmer
Indie pop-folk / 20h30 / 10 à 17 €
1
0
1
4
Rock SchoolBarbey
Rock SchoolBarbey
Here I Come #13 :
Panda Dub
+ Mungo’s HiFi + Feldub
Dub / 21h à 4h / 15 - 19,80 €
Rocherde Palm er
Igit
Kaaris
Blues-folk / 20h30 / 16-18 €
Rap / 20h30 / 21 à 25 €
1
7
1 Rock SchoolBarbey
6
Krakatoa
Jabberwocky
Expérimental / 20h30 / 10 €
Dub / 21h à 4h / 12-15 €
Rocherde Palm er
Skip&Die + JuMo
Electro-hip hop / 20h30 / 16-19 €
Cumbia / 20h30 / 18-22 €
Marcus Miller
3
0
9
La Yegros + Nahko &
Medicine For The People
1 Rocherde Palm er
4
1
7
Piano classique / 20h30 / 10 à 17 €
0 Rock SchoolBarbey
Orga : Baco Records
Orga : MA Prod
0
8
Rock SchoolBarbey
Ewert & The
Two Dragons
Orga : X Ray Prod
Kotaro Fukuma
Dub to Dub #2 :
Channel One + Roots
Raid & Shanti D + Dub
Browser + Uptown Rebel
Indie Rock / 20h30 / 10-13 €
1 Rocherde Palm er
8
Krakatoa
Fair Le Tour 2015 :
Chapelier Fou + Baden
Baden + Thomas Skrobek
Barbey Indie Club : Kid
Wise + Cosmo Sheldrake
Electro & Pop / 20h / 15-18 €
2 Rocherde Palm er
1
Alonzo
Rival Sons
Rap / 20h30 / 21 à 25 €
2 Rocherde Palm er
5
Rock / 20h30 / 21 à 25 €
2 Rocherde Palm er
9
Hindi Zahra
Mamadou Barry
World / 20h30 / 18 à 22 €
0 Rocherde Palm er
6
Guillaume Perret
& The Electric Epic
Jazz metal / 20h30 / 15 à 19 €
PAD
Rock School Barbey
Afrobeat / 19h30 / Gratuit
0 Rocherde Palm er
8
Avec Bordeaux Cité Tango
Unplugged #3 : The Great
Old Ones + invité
0 Rocherde Palm er
7
0 Rock SchoolBarbey
4
Avec Cubik Prod
0 Rocherde Palm er
3
Orga : Base Prod
0 Rock & Chanson
2
Grande Soirée Tango
Tango / 20h30 / 10 à 17 €
Transrock
Krakatoa
- 28 -
2
1
Tigran & Yerevan
Chamber Choir
"Luys i Luso"
2
2
Krakatoa
Chanson / 20h / 25 - 28 €
Orga : Base Prod
2 Rocherde Palm er
4
Al Di Meola
Jazz fusion / 20h30 / 35 €
Burning Heads
Rebel Assholes
+ Not Scientists
Punk Rock / 20h / 16 - 19 €
Tournée Europavox :
Mountain Bike
+ James Hersey + invités
Garage pop / 20h30 / 10 €
Kalakan +
Philippe de Ezcurra Trio
Musique basque / 20h45 / 6 - 12 €
Shannon Wright
+ invités
Folk Rock / 19h30 / 12-15 €
1 L’Entrep ôt, Le Haillan
2
Barcella
+ Souleymane Diamanka
Chanson hip hop / 20h / 15 - 18 €
Barbey Indie Club :
Kevin Morby + invité
Indie Folk Rock / 20h30 / 10-13 €
2 Rocherde Palm er
7
Low Roar + surprises
Folk-rock / 20h / 10 €
Garage psyché / 20h30 / 10 - 13 €
2
2
Rock SchoolBarbey
Thomas VDB
"chante Daft Punk"
Humour / 20h30 / 18 - 20 €
2 Rock SchoolBarbey
6
0 Rock SchoolBarbey
8
0 IBoat
4
Avec l’IBoat
World / 20h / Gratuit sur réservation
2 La Caravelle, Marcheprim e
9
+ The
Avec Le Haillan Chanté
Duende
2 Rocherde Palm er
6
Krakatoa
2
9
Maison des Arts, Sainte-Eulalie
2 Krakatoa
1
Barbey Indie Club :
Wand + invités
Rap / 20h30 / 23 à 27 €
2
2
Dominique A
2 Rock SchoolBarbey
1
Youssoupha & invités
+ Pako Sancho
Piano Jazz / 20h30 / 18 à 22€
Arch Enemy
+ Unearth + Drone
Metal / 20h / 25 €
Barbey Indie Club :
Cheatahs + invité
Shoegaze / 20h30 / 10 - 13 €
- L’AGENDA -
J U IN
0 Rock SchoolBarbey
9
Barbey Indie Club :
The Drones + invité
Garage Rock / 20h30 / 10 - 13 €
2
3
Avec Les Rencontres Af.
2
0
Jazz vocal / 20h30 / 23 à 27€
Rocherde Palm er
Krakatoa
+ Malamut Clan
Rap / 21h / 20 €
Salle Bellegrave , Pessac
Le Bal de
l’Afrique enchantée
Bal du monde / 20h30 / 18 - 22 €
2 Rock SchoolBarbey
7
Avec CL Comédie
Psyché pop / 20h30 / 10 - 13 €
Eglise Ste Croix, Bordeaux
1
8
Lino (Ärsenik)
Lisa Simone
Avec CL Comédie
Barbey Indie Club :
Jacco Gardner + invités
1 Rock SchoolBarbey
5
Permis de Rire :
Olivia Moore
Humour / 20h30 / 18 - 20 €
0 Rock SchoolBarbey
3
Foxygen + invité
Indie rock 60’s / 20h30 / 18 - 21 €
1 Rocherde Palm er
0
Avec le CH Cadillac
1 Le Vigean, Eysines
3
Rock SchoolBarbey
Avec la Ville d’Eysines
1
1
Les Voix de Babel
Création / 19h30 / 12 €
3 Rocherde Palm er
0
Al Jarreau
Jazz & Soul / 20h30 / 33-37 €
0 Rock SchoolBarbey
2
/
0
Permis de Rire : 7
Pierre-Emmanuel
Barbey Indie Club :
Barré "est un sale con"
Woods + invité
Humour / 20h30 / 23 à 28 €
Folk Rock / 20h30 / 10 - 13 €
La programmation continue pendant l’été : Festival des Hauts de Garonne, Inédits de l’été... et Ouvre la Voix à la rentrée !
- 29 -
- J’Y ÉTAIS -
PAV E M E N T
LE 8 NOVEMBRE 1999
Martial Jésus, disquaire indépendant chez Total Heaven et légende de la discussion mélomane
autour du comptoir. David Lespès, programmateur au Krakatoa et membre du culte groupe
pop lo-fi bordelais des années 90, Calc. Deux figures culturelles qui se souviennent d’une date
marquante dans la longue liste des concerts de nos SMAC.
Martial : Avant ça, Pavement n’avait encore jamais
joué à Bordeaux, ce qui constituait déjà un miniévénement.
David : Oui, en 1999, je fréquentais beaucoup les
salles de concerts et notamment Barbey. Le passage
de Pavement était un événement, après une année
déjà riche en concerts à Barbey : The Notwist, Fugazi,
avant Elliott Smith quelques mois plus tard.
Martial : Je me souviens que les fans de la première
heure avaient déjà un peu décroché, considérant
« Terror Twilight », qui venait de sortir, comme un
album mollasson et rangé des bécanes... Je bossais
alors à la Fnac, j’avais eu droit au T-shirt promo et
personne n’en voulait. Je me souviens l’avoir gardé
des années durant, le portant méga troué. Depuis
qu’il a été réduit à l’état de loque je m’en sers de
chiffon pour nettoyer les disques d’occase au shop.
Il remplit très bien ce rôle.
David : J’étais un grand fan de Pavement et, à l’aube
de leur séparation et après un album c’est vrai un peu
mollasson, nous étions quand même heureux de voir
ici ceux qui nous avaient tant fait rêver. L’attitude, le
son, les morceaux, tout était là, mis à part la magie
peut-être. Un groupe en fin de parcours, mais aussi
la fin d’une certaine époque à Bordeaux. Le Jimmy
fermera un an plus tard.
Martial : Je me souviens que Stephen Malkmus était
déjà un peu ailleurs, c’est vrai..
Mais je me souviens aussi de la joie de Mark Ibold et
Bob Nastanovitch...
Je me souviens des guirlandes lumineuses autour des
micros. Je me souviens que nous ne savions pas encore que le groupe allait splitter quelques semaines
plus tard. Je me souviens qu’aujourd’hui, leur attitude
d’alors sur scène prend tout son sens.
Pourtant je me souviens aussi que l’ambiance du
concert m’avait paru magique et collait avec l’attitute
laidback et cotonneuse du dernier album. Je me
souviens que, comme au concert de Dinosaur Jr. à
Barbey au début des 90’s, il a fallu s’armer de patience
pour affronter les défenseurs du bon goût et de la
vraie musique pontifier bruyamment sur la “piètre
prestation” du groupe, ha ha ha. Il y avait un énorme
malentendu sur cette musique dite de “slacker”. C’était
un monstrueux quiproquo qui a longtemps confondu le
feeling hors norme de musiciens doués et inspirés, à la
pire des paresses et au « laisser-aller » généralisé.
Le mot de la fin : Martial.
Je me souviens que pendant ce concert à Barbey,
Pavement devenait instantanément mon groupe
préféré de tous les temps. J’ai découvert The Fall et
le krautrock grâce à eux.
- 30 -
- TEST -
QUEL
SPECTATEUR
ÊTES-VOUS ?
1. Dans quelques mois, un de vos groupes préférés passe
en ville...
Vous vous précipitez sur le site du groupe pour vérifier
tout ça, et dans la foulée, vous montez un événement
Facebook pour y poster quelques photos et infos de
dernière minute.
Vous achetez votre place à la Fnac sans tarder et la
rangez soigneusement dans votre portefeuille, histoire
de ne pas être pris au dépourvu.
Vous attendez le dernier moment pour prendre votre
place, de toute façon, ce n’est jamais vraiment complet.
2. Ce soir, c’est le soir du concert...
Quel concert ? Ah oui, c’est vrai ! Votre agenda est
désespérément vide, alors pourquoi pas... Vous filez à
la salle en quatrième vitesse.
Portefeuille à gauche, billet à droite, tee-shirt du
groupe plié sur votre lit, téléphone chargé. Vous avez
préparé méthodiquement votre soirée, il ne peut plus
rien vous arriver d’affreux maintenant.
Vous le savez bien, que c’est ce soir : vous avez dormi
chez un copain qui habite à côté et ça fait trois heures
que vous poireautez devant le tour-bus en espérant
apercevoir le bout d’une santiag.
3. Dès les premières mesures, le chanteur-guitariste lâche
son instrument et se lance dans une tentative de record du
monde de traversée de salle !
Téléphone-caméra à la main, vous vous reculez
prudemment pour vous mettre à l’abri derrière la console de son. Ah le con, il vient par ici.
Vous poussez tout le monde, et surtout les mecs avec
des caméras, pour avoir l’honneur d’effleurer du bout
des doigts sa cuisse droite. S’il doit battre un record, ce
sera grâce à vous.
Il paraît que c’était un truc de fou ! En tout cas, c’est ce
que vous raconterez à tout le monde. Ce que vous ne
direz pas, c’est que vous étiez au bar à ce moment-là.
4. Fin du concert. La foule en délire réclame un rappel, qui
finira bien par arriver
Ouais ! À poil ! Vous êtes surexcité et manquez de vous
prendre un pain de l’agent de sécurité qui apprécie
moyennement votre enthousiasme.
Perdu dans le décolleté d’une jeune fille croisée dans
le coin fumeur, vous espérez surtout ne pas croiser
quelqu’un que vous connaissez. Pour l’instant, elle a l’air
encore persuadée que vous vous appelez John et que
vous êtes le leader d’un petit groupe appelé les Beatles.
C’est à dire que vous vous levez tôt demain. Tout en
applaudissant poliment, vous jetez des regards anxieux
à votre montre en espérant que le dernier tram n’est
pas encore passé.
Vous avez plus de : Vous êtes le fan ultime, le roi du
pogo, le maître de la fosse, le prince du head-banging et de
la danse décérébrée. Vous vivez chaque concert comme si
c’était le dernier, mais à force d’énerver tout le monde, ça
finira en effet par être votre dernier...
Vous avez plus de : Vous êtes le spectateur contemplatif
par excellence, calme et pondéré. Les merchandisers des
groupes vous adorent, surtout quand ils vous aperçoivent
en train de compter méthodiquement vos sous à la fin d’un
concert que vous n’avez vécu qu’à travers le petit oeil de
votre caméra. Mais en vrai, c’était bien ?
Vous avez plus de : Vous êtes le spectateur touriste, et
vous vivez chaque concert avant tout comme une bonne
occasion de se marrer. On vous croise surtout au comptoir
ou dans le coin fumeurs, en train de raconter le concert
que vous êtes en train de louper. Touriste.
- 31 -
QU’EST -CE
QUE
C’EST ?
Scènes de musiques actuelles
de l’agglomération bordelaise
La SMAC d’agglomération bordelaise associe le
Krakatoa, le Rocher de Palmer, Rock et Chanson et
la Rock School Barbey.
Partenaires : Ministère de la culture et de la communication - DRAC Aquitaine, Conseil régional Aquitaine,
Conseil Général de la Gironde, Bordeaux Métropole,
Villes de Bordeaux, Cenon, Mérignac, Talence, Aquitaine Groupement d’Employeurs Culture.
Cette publication a été réalisée avec le soutien de la
Région Aquitaine au titre de l’économie sociale et
solidaire.
Responsable de la publication : Marie Le Moal.
Comité de rédaction : association These Go To
Eleven - [email protected]
Arnaud d’Armagnac, Jonathan Hénault, Sébastien
Le Jeune.
Réalisation graphique : Riverside Press
Impression : Pixagram Lormont – imprimé en mars 2015
[email protected]
www.smacdagglobx.org
Crédits photo
P2 Pierre Wetzel // P4 Alfred // P5 Kami / Mathieu Nieto // P6
Simon Guillo // P8&10 Luce Torres // P9 Maximilien Marie // P11
SLJ // P12 Cécile Laflaquière // P13 Marie Le Moal // P14 David
Bross // P15 DR // P16-17 Odezenne // P21 Ken Wong-Youk-Hong
/ DR // P22 Steve Gullick // P24 Alfred – Delcourt-Mirages // P25
DR / Jean-Marc Lubrano / Winter & Winter / DR / Adrien Selbert
/ Tanya Bindra / © Chris Charpenel / Sylvain Caro / DR / Animal
Factory / DR / Isabelle Rozenbaum / Julie Arnoux / Steve Gullick / John Waxx / Tommy N. Lance / Iris Della Roca & Lou Levy
/ Sung Yull Nah / DR / Micky Clement / Joker / Sylvain Bouzat /
Yann Orhan / DR / Gwen Le Bras / Patrick Ullaeus / DR // P26 Jacob Blickenstaff / DR / Wazacrew / Clay Patrick McBride / Steph
Dray / Emmanuelle Brisson / DR / Alain Chasseuil / DR / DR /
DR / Arne Reinhardt / Tombarnes Photo / James Loveday / Because / John Abbott / Audoin Desforges / Mélina Quintin / Pascal
Pittorino / Fifou / Rory Stonelove / DR / Éric Garault / French
Gramm / Franck Buadès / Nicolas Guérin / Frédéric Desmesure
// P27 DR / Stéphane Delavoye / Nick Caro / Mart Vares / Hamza
Djenat / Laura Andalou / Taba / DR / Réelle Musique / Payram /
Kalima Productions / Def Jam / J.M Dandoy / Ojoz / Claire Dorn
/ Romain Gamba / Sauvage / Biscuit Studio / Def Jam / Earache /
Animal Factory / DR / DR / DR / Valentin Boudet / Émile Holba
/ Bordeaux Cité Tango Festival // P28 Nick Helderman / Franck
Loriou - Agence VU / Romain Rigal / Patrick Ullaeus / Stame
/ Fifou / DR / DR / Richard Dumas / DR / Benjamin Boccas /
Christophe Livonnen / Francesco Cabras / Olivier Donnet /Alex
De Mora / Olivier Brauman / Alfred Foto / Igotz Ziarreta / DR /
Thomas Rabillon / Amy Harrity / DR / DR / The Judge / Marina
Chavez / Christophe Brachet / Woodsist // P29 Éric Laffargue //
P30 David Bross.
4
COCKTAILS DE PRINTEMPS
SCÈNES,
CONCERTS
À PETITS PRIX !
2.04 Great Old Ones + invité
////// Antirøuille Rock et Chanson
+
15.04 Jabberwocky
////// Krakatoa
26.03 John and the Volta + Be Quiet
+
////// Antirøuille Rock et Chanson
6.05 Guillaume Perret & the Electric Epic
+
////// Rocher de Palmer
07.04 Ewert and the Two Dragons
+
////// Rocher de Palmer
21.05 Wand
+
////// Rock School Barbey
16.04 Kid Wise
////// Rock School Barbey
= 30€ au lieu de 52€
+
17.04 Le Fair le Tour - Chapelier Fou
Baden Baden + Thomas Skrobek (solo)
////// Krakatoa
07.04 Ewert and the Two Dragons
= 30€ au lieu de 48 €
////// Rocher de Palmer
+
23.04 Botibol + Cliché
////// Antirøuille Rock et Chanson
+
21.05 Low Roar
////// Krakatoa
+
08.06 Kevin Morby
////// Rock School Barbey
= 30€ au lieu de 43 €