Dossier de presse de MILOSLAV MOUCHA

Commentaires

Transcription

Dossier de presse de MILOSLAV MOUCHA
GALERIE LAURE ROYNETTE
Miloslav MOUCHA
« À partir d’un Point »
du 12 mai au 19 juin 2016
à la GALERIE LAURE ROYNETTE
20 rue de Thorigny, 75003 Paris
Miloslav Moucha, Cycle espagnol, 1985, Huile sur toile, 195 x 130 cm
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Si Miloslav Moucha se déclare aujourd’hui « peintre, tout simplement », ce n’est pas sans une
pointe de défi, car il sait trop bien où se trouvent les vicissitudes, mais aussi tout le potentiel
expressif inhérent à ce métier.
Les débuts de sa création artistique se situent dans la Tchécoslovaquie des années 1960, un
pays qu’il quitte pour s’installer en France après 1968 au moment de l’occupation soviétique.
Ses efforts sont couronnés de succès et il accède à la reconnaissance internationale. Ses
œuvres sont présentes dans les collections les plus prestigieuses, notamment celles du
MNAM – Centre Pompidou. Nommé professeur à l’École des Beaux-Arts de Besançon en
1974, il quitte l’enseignement au début des années 1990 pour se consacrer entièrement à son
œuvre. À partir de cette époque, il est à nouveau présent sur la scène artistique de son pays
natal où il est de plus en plus reconnu, « timidement » mais progressivement, à l’image des
illustres artistes tchéco-français Frantisek Kupka ou Josef Síma, dont il prolonge dignement la
lignée.
Dans son livre autobiographique Au fil du temps (1999), Moucha décrit, avec le recul, ses
expérimentations des années 1970 : actions rituelles, « installations simples, faites de cailloux
dorés, bleus ou naturels, de ficelles imprégnées du graphite », mais paraphrasés en parallèle
avec des moyens plastiques descriptifs. « Je testais les possibilités offertes par la matériau
plastiques, comme le point, la ligne, la surface. Je me rapprochais peu à peu de la peinture
classique ». Pierre Restany lui consacre en 1977 un article dont le titre antinomique « Entre
présence et absence » résume bien les différentes polarités qui caractérisent les recherches
formelles et les quêtes spirituelles de l’artiste.
Le point, qui devient le motif principal de ses œuvres en 1978, le langage des lignes et des
formes picturales et graphiques géométriques, les renvois à la magie engendrée par la
rencontre en apparence fortuite entre des objets du réel et l’infini des formes et des couleurs,
les natures mortes ou les paysages comme autant de clins d’œil aux genres classiques :
toutes ces œuvres portent en elles une dimension de découverte, de surprise et d’une
connaissance universelle retrouvée.
Markéta Theinhardt, « Miloslav Moucha, L’Oeil du Temps », 2015.
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
« À partir d’un Point » Miloslav Moucha
du 12 mai au 19 juin 2016
Miloslav Moucha : « Note sur le rapport entre la forme et son
contenu »
Le contenu (le fond) et sa forme ne font qu’un.
Plus le contenu est subtil et universel, plus la forme est simple et abstraite.
Le contenu dicte la forme et la forme révèle le contenu.
Chaque discipline (la poésie, la musique, la peinture, la sculpture…) a ses limites et sa profondeur
(infinie) propres. C’est pourquoi tous les arts opèrent en parallèle et se rejoignent dans l’infini, car leur
but est le même.
Si le contenu qui dicte la forme provient des profondeurs de la première création, cette forme vous
révèle l’intelligence de la vie.
Le rapport entre la forme et le contenu (le fond) nous conduit inévitablement à la réflexion sur la relation
entre la forme et le symbole. Si l’homme pouvait se passer du langage des formes, il ne l’aurait pas
inventé.
Là où les mots, même très savamment combinés, n’arrivent pas à exprimer la connaissance, l’homme a
recours aux symboles. Les symboles les plus riches sont les formes les plus simples – les formes qu’on
appelle géométriques. L’ensemble de ces formes constitue un langage traditionnel qui nous permet
d’exprimer la conception du monde d’une manière subtile et directe. Tout ce qui est révélé dans ce
monde doit avoir une forme, un corps – même s’il est invisible. Chaque forme a son sens même si nous
ne le saisissons pas.
« A note on the relation between form and its content. »
Content and form are but one thing.
The subtler and more universal the content, the simpler and
Content dictates the form and the form reveals the content.
more abstract the form.
Every art (poetry, music, painting, sculpture…) has its own limits and (infinite) possibilities. This is why
all arts are parallel and eventually come together in infinity for their ultimate purpoce is the same.
If the content that dictates form comes from the very depths of initial creation, form then reveals the
intelligence of life.
The relation between form and content leads us inevitably to reflect on the relation between form and
symbol. If man could do without the language of forms he would have never invented them or made use
of them.
In that place where even the most clever word combinations fail to express meaning, man is drawn to
symbols. The richest symbols are the simplest forms – those which we call geometric. The totality of
these forms constitutes the traditional language which enables us to express our conception of the
world in a subtle and direct manner.
All that is revealed in this world must have form and a body, even if it is invisible. Every form has its own
meaning even when we can not perceive it.
Traduction Christophe Boïcos
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Miloslav Moucha
Collections Publiques
_____________________________________________________________________
Musée National d'Art Moderne Centre Georges Pompidou, Paris, France
Miloslav Moucha
Sans titre (1977)
Collage de ficelle, graphite, mine graphite,
crayon de couleur sur papier vélin
57,5 x 76 cm
Miloslav Moucha
Sans titre (1986)
Fusain et pastel sur papier vélin
121 x 81 cm
Miloslav Moucha
Tout pour un carré rouge (1987)
Huile sur toile
200 x 200 cm
Inscriptions : S.D.R.H.G. : Moucha 1987
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Musée d’Art Moderne de la Ville de Paris, France
Miloslav Moucha
Verticale/Horizontale (1977)
Crayon et encre sur papier
76 x 57 cm
Miloslav Moucha
Verticale/Horizontale (1977)
Crayon et encre sur papier
76 x 57 cm
CNAP - Centre national des arts plastiques, Paris, France
Miloslav Moucha
Tableau du grand cycle
(selon Saint-Jean) n°5
(1987-1988)
Huile sur toile
158 x 250 cm
Národní galerie, Prague, République Tchèque
Musée des Beaux-Arts, Besançon, France
Fond Régional d'Art Contemporain de Franche-Comté, France
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Fond National d'Art Contemporain, France
Galerie výtvarného umění, Ostrava, République Tchèque
Oblastní galerie Vysočiny, Jihlava, République Tchèque
Galerie výtvarného umění, Zlín, République Tchèque
Galerie výtvarného umění, Pardubice, République Tchèque
Alšova jihočeská galerie, Hluboká nad Vltavou, République Tchèque
Galerie Klatovy/Klenová, République Tchèque
Sélection d’expositions personnelles
_____________________________________________________________________
2016 A partir d’un point, Galerie Laure Roynette, Paris
2015 L’Oeil du Temps : Miloslav Moucha, Centre culturel tchèque, Paris
2013 La Genèse selon Miloslav Moucha – dans le cadre du festival biblique,
l’église Saint-Germain-des-Prés, Paris
Centre culturel - l'église St. Antoine de Padoue, Sokolov, Rép. Tchèque
2012 Galerie výtvarného umění v Mostě, République Tchèque
Galerie Mathieu, Lyon, France
2009 Galerie Mathieu, Lyon, France
2008 Alšova jihočeská galerie, Hluboká nad Vltavou, République Tchèque
Galerie Tsubaky, Tokyo, Japon
2004 Galerie Tsubaky, Tokyo, Japon
Galerie Roger Bellemare, Montreal, Canada
1999 Galerie výtvarného umění v Mostě, République Tchèque
Galerie Klatovy/Klenová
Galerie moderního umění, Hradec Králové, République Tchèque
1996 Galerie Lambert Rouland, Paris, France
Oblastní galerie Vysočiny, Jihlava, République Tchèque
Galerie moderního umění, Roudnice nad Labem, République Tchèque
1995 Dům umění v Opavě, République Tchèque
1992 Židovské muzeum v Praze, République Tchèque
1989 Centre d'art Contemporain CREDAC, Ivry (région parisienne), France
Musée des Beaux-Arts, Dole, France
1986 Centre d'art Contemporain, Montbéliard, France
1980 Musée des Beaux Arts Besançon, France
1979 Galerie Mathieu, Besançon, France
1978 Galerie UxA, Novara, Italie
1975 Galerie Jean Chauvelin, Paris, France
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Sélection d’expositions collectives
_____________________________________________________________________
2000 Le regard égoïste 1 – Carte blanche à Christian Boltanski, Musée National d’Art
Moderne Centre Georges Pompidou, Paris, France
1993 Nové přírůstky - Národní muzeum, Prague, République Tchèque
1987 Voies Diverses - Musée Nationale d'Art Moderne Centre Georges Pompidou, Paris,
France.
À partir de 1983 participation aux foires d'art – Art Basel, Art Frankfurt, Art Forum à Hambourg, Art
Paris, Art Prague, St'Art à Strasbourg.
1980 Nature du Dessin - Musée National d'Art Moderne Centre Georges Pompidou, Paris,
France.
Miloslav Moucha, Sans titre, 1977 , collection du Centre Georges Pompidou
1977 FIAC – Tendance actuelle en France, Galerie Ilanne, Paris, France
1975 9ème Biennale de Paris.
Manifestation internationale de jeunes artistes, Paris, France
1974 Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris, France
Aspect de l'art actuel an Europe de l'Est, ICC Anvers, Belgique
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Biographie
Miloslav Moucha est un artiste peintre et un écrivain français d’origine tchèque, qui
fréquenta dans les années 1970 les avant-gardes intellectuelles.
Il est né le 25 mars 1942 à Dolni Litvínov, une vieille ville des Sudètes ravagée par la Seconde
Guerre mondiale, dont l'atmosphère est retranscrite dans la série des pointes sèches intitulée
« Le Hameau », réalisée dans les années 1960. À cette époque, Moucha peint la misère
humaine liée à la terreur rampante du communisme. Il fréquente l'écrivain et essayiste Josef
Jedlička qui lui fait découvrir des œuvres bannies par le régime communiste, les penseurs du
catholicisme moderne, les artistes en marge des courants officiels, et des poètes tels que Ivan
Diviš et Jan Zábrana. Jedlička lui permet de réaliser que l'art n'est pas un jeu mais un travail
de conscience, une affaire de destin et de foi.
Sa formation de peintre et l'enseignement artistique qu'il reçoit, conditionné par son échec au
concours d'entrée à de l'École des Beaux-arts de Prague, est celui d'un autodidacte. Il exerce
alors divers métiers comme bûcheron, mineur, garçon de café, aide-serrurier, emballeur de
médicaments pour les animaux, graphiste pour la propagande du travail, réparateur de boîte à
vitesse… Par ce biais, il rencontre des criminels et des intellectuels considérés comme
criminels. Puis il devient professeur de mathématiques et d'arts plastiques.
Par crainte de persécutions, Moucha émigre en France en 1968. Il y fréquente d'autres artistes
et intellectuels tchèques, parmi lesquels l'écrivain Josef Kroutvor et le cinéaste Štěpán Benda.
À Paris, il découvre l'art d'avant-garde avec Ben Vautier, Claude Viallat, Serge Oldenbourg,
etc. Plus tard, il se lie d'amitié avec Pierre Restany et Gérard Barrière. La rencontre avec le
peintre Václav Boštík en 1980 est aussi déterminante. Il est attiré par ce qu'il appelle, plutôt
que l'art, une attitude : une « philosophie pratique ».
Nommé professeur à l'École de Beaux-arts de Besançon en 1974, il expose en France et dans
le monde (Europe, États-Unis, Japon) dès 1971.
En 1978, il doute profondément du bien-fondé de cette activité et se rapproche peu à peu de
la peinture classique. Le bouleversement arrive avec son tableau où figure un point unique.
Depuis 1990, Moucha partage son temps entre la France et la République tchèque. Dans sa
maison de Bohème, il peint des paysages et des natures mortes. La géométrie, la couleur, leur
dialogue dans le rythme et la vibration liés au format, sont les bases d'un vocabulaire plastique
nourrit par la contemplation. Défenseur d'un art privé et existentiel, Moucha travaille sur de
grands cycles qui ne cessent d'interroger l'origine et les conditions d'apparition du visible.
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Citations et Critiques
Fabrice Hergott, 1986.
Depuis 1969, depuis son arrivée en France (il est né en 1942 à Litvinov, en Tchécoslovaquie), Miloslav
Moucha s’est avancé sur son chemin dominé par l’obsession d’une chose unique : dégager l’essentiel,
faire en sorte qu’une chose représentée existe, qu’elle ne soit pas seulement image, composition ou
forme, ou contenu, mais qu’elle existe à part entière, avec les conditions de l’art qui sont celles d’une
vie miraculeuse, sans chute, mais toute de parallélismes. Une vie fixée pour toujours au-dessus du
monde normal, ni pire ni meilleur, seulement plus longue, c’est-à-dire plus disponible.
Au début, il devait penser que les matériaux élémentaires (rudimentaires) lui permettraient de dégager
comme l’entrée du monde visible. Par une disposition extrême et une intensité austère, une
composition au mur ou au sol lui indiquerait cet envers du miroir par où pénètrent les objets avant de
devenir des images reflétées. Sans doute n’était-il pas satisfait. Il délaissait le bois, la terre (le graphite),
la pierre, le verre, l’or (qu’il utilisa une fois au moins), pour la peinture et le dessin. Mais ce passage ne
fut pas successif. Cette solution avait des avantages techniques : la diagonale restait à l’endroit précis
de la surface d’où elle prenait son maximum de tension, de même pour la courbe, l’orthogonale ou le
cercle. D’ailleurs Moucha se méfiait de lui-même, de sa subjectivité, et calculait l’emplacement de
chaque élément. L’harmonie est plus qu’une simple affaire de goût.
C’est aussi exiger de soi une conscience étendue, perpétuellement en éveil et alarmée, sans jamais
compter sur le hasard. Bien qu’un travail véritable, introspectif et à son point le plus désespéré, en soit
le bénéficiaire malgré lui.
Entre 1979 et 1983, il peignit une série de tableaux dont le sujet est le point. Unique au centre, il est
peint depuis les bords de la toile recouverte totalement d’un dense réseau de touches qui ne font que
préciser le rayonnement de ce moindre objet. Un rayonnement coloré, physique, spatial (de l’espace
du point central vers celui de la toile), sinon existentiel. Artistiquement ces tableaux sont une réussite,
sur le plan humain ils constituent une solution dont les termes étaient inacceptables car ils appelaient
une discipline inouïe dont la conséquence la plus évidente était la fin de sa peinture. Moucha s’y
soumit. Mais il vécut cette disparition pour lui seul, en dehors de sa peinture, en s’arrêtant
provisoirement de peindre ; puis il recommença. L’esprit et les mains plus libres, il fit de petites
peintures et des objets et enfin les grandes toiles d’aujourd’hui avec leurs lignes ondulatoires, leurs
ovales (presque des visages), ainsi que quelques points qui paraissent des réminiscences ironiques,
dans cette beauté froide de rêves d’éther.
Fabrice Hergott
Pierre Restany, « Entre la présence et l’absence »,
Cat. Miloslav Moucha – au fil du temps, Praha, 2000.
Un observateur superficiel de l’œuvre de Miloslav Moucha risque de s’égarer dans l’apparente
contradiction de ses contextes successifs, le Journal Impersonnel (1968-1972), les rituels biotopographiques (Ile d’Oléron, 1972), les présences fictives / absences réelles et les Time Concepts
(1975) et enfin les actuelles Corrections de Formats.
Plus troublantes encore sont les contradictions apparentes que l’on peut relever dans ses écrits du
Journal Impersonnel. Trois phrases-clés en figurent les nœuds critiques :
1° L’Etre se manifeste à travers les relations entre éléments
2° Le contenu de notre existence est l’état absolu de conscience
3° Chaque acte, chaque absence d’acte est un fait rituel
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Le Moi c’est le Monde. Les motivations cosmo-ontologiques parlent d’elles-mêmes, et c’est tout
naturellement la référence à Husserl qui m’a guidé dans ma réflexion. D’un Husserl revu et corrigé par
Derrida, dans le commentaire critique dont ce dernier a accompagné sa traduction en 1962 de
l’Origine de la Géométrie. J’en ai tiré ces quelques remarques qui constituent à mes yeux une
proposition de re-lecture des travaux récents de Moucha.
L’Etre se manifeste à travers les relations entre les éléments (1°). Comment concilier ce rôle objectivant
du nombre avec une démarche matérielle dont la libido s’identifie d’emblée, et totalement à l’être, au
point d’ôter toute signification, toute réalité au binôme homme / monde, au binôme sujet / objet ? Et
Moucha en fait s’acharne à nous démontrer qu’en aucun cas le nombre ne peut être le signe de la
matière.
Cette négation en entraîne d’autres, en chaîne, et d’abord celle de l’autre binôme-modèle : corps /
esprit ; sens / intellect ; signifiant / signifié. L’ontologie généralisée de Moucha n’admet aucune
opposition entre le dedans et le dehors, entre l’envers et l’endroit.
Comment s’en sortir ? L’artiste tchèque en arrive à postuler que l’expérience humaine peut se
développer entièrement selon une modalité unidimensionnelle, celle du chiffre en tant qu’écriture du
nombre.
Le contenu de notre existence est l’état absolu de conscience (2°). L’œuvre en tant qu’émanation de
l’état absolu de conscience suscite son propre contexte autonome et auto-suffisant : l’unité dialectique
du chiffrage.
Le sujet est la fin en soi de la conscience, son absolu : le plein de sa présence est tel qu’il conditionne
par ses lignes de force les contours même de son absence. Cette omniprésence, si elle était statique,
enfermerait le sujet dans l’instant du Temps Zéro, c’est-à-dire dans la formulation purement théorique,
au présent absolu, de l’équation cosmo-ontologique (Temps Zéro = Moi-monde). Pour Moucha le fait
capital de cette omniprésence est sa mouvance immatérielle qui à la fois la retient dans le passé et la
projette dans le futur. Cette mouvance du sujet au sein de sa propre présence est le fait de la
répétition. L’extension de la répétition dans le temps fait naître la différence. La répétition différente
reconstitue l’unité dialectique du chiffrage, c’est-à-dire le contexte auto-suffisant de l’œuvre.
Ainsi s’éclaire l’itinéraire mental de Moucha dans son travail actuel : l’intervention du nombre d’or sur le
contexte auto-suffisant de l’œuvre (format + ligne matérielle) le détruit dans une première phase
temporelle (le passage du Temps Zéro à la contraction du passé) ; la rupture dans la répétition
mathématique est consommée, mais en même temps la différence arithmétique reconstitue une autre
unité dialectique, celle du troisième format par rapport aux deux formats de base, le format commercial
originel et le format corrigé. Dans cette seconde phase immédiatement successive se reconstitue ipso
facto la plénitude de la présence du sujet projeté dans son propre futur.
Cette dialectique interne, inhérente à la mouvance de la pensée, résout la contradiction fondamentale
de Moucha : en s’inversant le binôme présence fictive / absence réelle rejoint la totalité du sujet
(présence réelle / absence fictive). Le tiers élément a joué le rôle de discriminant ; au sein de son
omniprésence, le sujet a agi en tant que catalyseur irrationnel de la matière – en étant « agie » et non
« agissante », s’est identifiée à la raison du sujet : chaque acte, chaque absence d’acte est un fait
rituel (3°).
Paris, août 1977
Pierre Restany
Olivier Kaeppelin, « Le passage intérieur», 1989.
«Un jour, un artiste faisait grand étalage des moyens qu’il employait pour purifier et perfectionner ses
couleurs. Monsieur Chardin, impatient de ce bavardage de la part d’un homme à qui il ne reconnaissoit
d’autre talent que celui d’une exécution froide et soignée, lui dit: «Mais qui vous a dit qu’on peignît
avec les couleurs?
- Avec quoy donc? répliqua l’autre, fort étonné. – On se sert des couleurs, reprit M. Chardin, mais on
peint avec le sentiment.»
Lettre de Cochin à Haillet de Couronne
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Il arrive que dans la vie d’un peintre rien ne permette plus de croire à l’avenir de la peinture, rien ne
permette plus de peindre. Ni ses forces, ni ses convictions qu’il sent menacées, ni la société qui
l’englobe où tout se change en faits de surface, où toute présence s’oublie au profit de la maîtrise
d’objets, leurs fonctions et manipulations. Un peintre peut croire, un jour, que la peinture l’abandonne,
qu’il va succomber aux phrases, sans cesse répétées, qui annoncent sa fin et, en même temps,
éprouver, sans raison, sans arguments, l’émergence d’un «non» radical à ces injonctions. Quelque
idée, quelque sentiment irréductibles l’empêchent de se livrer à la mort de cette expérience constitutive
de son rapport au monde, sa connaissance et sa vie. Quelque chose est en danger et rien ne laisse
l’espoir de le sauvegarder. Une présence, cependant, l’oblige à décider d’exécuter un geste grave à
ce point qu’il pourrait sauver ce qui est jugé perdu.
Peut-on, encore, aujourd’hui, sans provoquer la dérision, proposer un acte qui, parce qu’il nous livre
tout entier à l’emportement, l’épreuve, l’incongruité, permettrait de triompher de la mort annoncée?
Peut-on croire encore à un acte, très matériel, d’intelligence et de foi qui défait les mesures illusoires de
notre temps, pour affirmer, préserver ce qui est essentiel: le mouvement secret de la vie, l’aptitude
renouvelée à donner naissance à une forme, un corps?
A vrai dire, qui pourrait donner la réponse si ce n’est ceux qui décident d’un tel acte, par
exemple le cinéaste allemand Werner Herzog qui l’accomplit en 1974, pour sauver Lotte Eisner qu’on
disait gravement malade, proche de la mort?
A cette nouvelle, Werner Herzog opposa: un «cela ne se peut», il est trop tôt encore; le cinéma
ne peut la perdre. Il prit sa veste, les affaires indispensables, une boussole et, alors qu’il habitait
Munich, choisit, pour empêcher qu’elle ne disparaisse, de rallier Paris à pied où Lotte Eisner était
soignée dans un hôpital. Il s’agissait d’aller vers elle et, par ce mouvement de marche, de la ranimer,
de lui redonner vie. A elle: cette femme, et au sens du monde qu’elle portait en ses œuvres. Après trois
semaines de marche, il atteint la capitale puis la chambre et le lit de Lotte Eisner. Elle vivait. Il lui parla:
«Ensemble (…) nous ferons cuire un feu et nous arrêterons les poissons». Elle le regarda puis,
continue-t-il, «comme elle savait que j’étais de ceux qui marchent, et partant, sans défense, elle m'a
compris. Pendant un bref instant tout de finesse, quelque chose de doux traversa mon corps exténué.»
Je lui dis: «Ouvrez la fenêtre, depuis quelques jours je sais voler.»
Miloslav Moucha est frère de Werner Herzog. Quand la peinture d’un coup s’absenta de
l’atelier, qu’aucun espace, aucune forme ne vinrent, quand rien à l’extérieur ne lui soufflait: «Continue à
peindre», il décida, voilà quelques années, de partir vers le sud, de marcher pour retrouver cette
peinture, dans l’épaisseur du temps, loin de la vitesse qui la vole, dans l’espace qui ne saurait être
autre que celui du cosmos même s'il advient en les limites du cadre, dans les signes secrètement
assemblésqui sont toujours plus que ce qu'ils sont, dans la simple matérialité des choses qui n’a de
signification que si la matière se change en présence animée, singulièrement habitée. Quand il revint
de cette longue marche, je ne sais si la peinture fut sauvée aux yeux d’autrui. La seule chose sûre est
qu’elle était à nouveau là, entre les mains et dans l’esprit du peintre.
Elle est, aujourd’hui, vivante et ce qu’elle génère est la transformation de la substance inerte, de la
nature morte en un réel de vie silencieuse plus vif que la réalité.
Les toiles qui suivirent ce retour sont recouvertes d’une étendue blanche aux nuances multiples,
riches, vibratiles. Le blanc, marqué par une infinité de gestes souples, fait apparaître le remuement
d’une couche antérieure, bleue ou verte, qui l’approfondit. L’espace est intensément parcouru de
différences qui dilatent le rectangle de la toile, nous obligeant à considérer l’espace en son entier. En
son sein naissent des courbes, des arcs, des circonférences, des cercles pleins qui produisent un
sentiment de vérité plus puissant que la réalité de la nature.
Miloslav Moucha dit volontiers son aversion pour la peinture lorsqu’elle se résume à sa littéralité,
travestissant l’œuvre en composition décorative. Par ces tableaux, avec lesquels il retrouve le désir de
peindre dans son ambition, il affirme que cet acte est une expérience où la toile se creuse, se construit
et se défait, se risque, de telle façon que les formes nous déconcentrent au point qu’elles obligent à la
pensée de la complexité. Les yeux s’ouvrent sur une géométrie et une substance qui s’opposent et se
lient. Aucun modèle extérieur ne permet de s’y retrouver et, calmement, sereinement, le peintre nous
incite à inverser le regard vers l’intérieur, afin de saisir l’origine d’une vision prenant la toile comme
champ de manœuvre, congédiant ainsi toute une rédaction formaliste. Si la rigueur est, ici, évidente,
jamais elle ne renvoie aux seules questions de la composition. Son dessein est bien plutôt de nous
conduire vers un espace spirituel.
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
En ce sens, il n’est pas étonnant de voir Moucha évoquer Chardin à de nombreuses reprises.
Dans les toiles de 1982, les éléments géométriques, s’ils sont posés tels des objets, ne le sont, en fait,
jamais car l’espace qui circule entre eux, l’interpénétration des plans, la façon de poser les couleurs,
les replacent dans une unité manifestant la peinture comme une totalité. Elle a comme effet de générer
une vie les traversant, les faisant exister comme part d’une pensée tendue, à l’affût de ce qui «se
montre», inédit, inconnu, dans l’accomplissement de cette peinture même.
Peindre devient alors le résultat d’un étrange rapport entre ce qui, de l’extérieur, afflue vers le
sujet et un principe intérieur s’emparant de cela. Celui-ci défait, débaptise, emporte ce courant dans un
flux, où il aspire à voir naître, devant lui, une forme qui donne lieu à la manifestation synthétique de
cette expérience s’opposant à la dissémination décervelante des fragmentations et accumulations. Le
peintre ne cherche plus les événements mais l’événement qui livrerait l'espace et le placerait dans
l’hypothèse d’un centre mental et du mouvement qui en émane. Ce faisant, il se refuse à toute idée
préconçue, ainsi la peinture devient cette épreuve inégalable de révélation ou de déception.
Dans le sens littéral, le sujet est confronté à une situation de vis-à-vis troublant, semblable à celui
d’une apparition. Une forme s’est composée qui rassemble et fait face. Construite de lignes, de
couleurs, de plans, une figure est là qui regarde et fait mur ou voile. En un premier temps, étrangère au
sujet, elle l’arrête, le renvoie à lui-même qui peut, soit se complaire en cette substance qui le domine et
le signifie comme corps divin ou emblème, soit refuser la toute-puissance de cette incarnation qu’il
s’emploiera à déjouer, à passer, affirmant, par là, que la peinture est, toujours et dans le même instant,
l’avènement d’un corps et sa dissolution.
Dans les toiles de 1984 à 1986, Moucha appelle et accepte cette apparition qui évoque parfois
la forme d’un visage, il la laisse venir et nous incite à accueillir cette mystérieuse apostrophe avant que
de, tel un iconoclaste clandestin, déconstruire, à partir de 1987, ce dialogue frontal comme s’il
cherchait dans le tableau la faille, le passage vers un nouvel espace.
Ce qui précédemment rassemblait les lignes et les plans en unité, suspendue et instable, se
délite, se dénoue. Le peintre accepte d’abord le chahut des géométries et ainsi se trouve confronté à
l’ordre de la division. D’un côté la reformulation, à l’intérieur du cadre, du lieu d’apparition: un
rectangle, un dessin droit; de l’autre: un éclat de lignes courbes ou brisées, de spirales, de cercles,
d’ovales indécis qui nous emmènent dans un mouvement de traversée. Icône et mobilité semblent
s’opposer, s’exclure mais Moucha sait qu’il en est rien. Tel Giotto qui, peignant la résurrection de
Druisania, rassemble, contre la tradition, en une même scène, l’arrivée de saint Jean à Ephèse et le
miracle, accompli par l’évangéliste, redonnant vie à cette femme portée par le désir de la foule, il tente
le rapprochement, la mise en regard de ces deux espaces qui, dès lors, en génère un troisième. Celuici est, d’abord, un espace interstitiel, un espace «d’entre deux» - celui d’une main à l’autre, d’un amour
à un autre, d’une rencontre – puis à le contempler, sa nature s’inverse. Il devient point nodal, lieu
originel. Ce qu’il est, ce qu’il impose à la construction définit désormais les deux autres.
En 1988, chez Moucha, cette figure d’angle se manifeste d’abord en aplat, désigne une
géométrie où s’établit une construction évoquant la croix de Saint-André telle qu’elle fut représentée
aux XIIe et XIIIe siècles en un T de travers. Ce nouvel espace est aigu, précis, il incise le tableau. Dans
les dernières toiles, peu à peu, il se change. Façonné par le modèle, il devient le lieu d’une diffusion
légère de la lumière. Il acquiert soudain une profondeur et dans la matière même de la peinture
suppose un au-delà du plan. Il met en évidence cette question, cette fiction du passage. La croix
géométrique apparaît non seulement dans son évidence formelle mais comme une figure mystérieuse
unissant les contraires et, par là, ouvrant un espace «insensé» sans haut ni bas, engendré par la
contradiction. Il est à la fois proche et lointain, discernable et insaisissable, véritable défi à la pensée
qui veut le formuler, non dans l’épanchement, mais dans la rigueur d’une construction.
Il est l’objet du désir et l’occupe tout entier. Le peintre refuse, ici, clairement, une attitude de
ravissement qui le pousserait à une formulation par la pulsion ou le geste de «sympathie». Il choisit de
l’éprouver, le plus précisément possible, comme s’il était la clé d’une situation mentale. Il cherche, avec
exigence, ce réel précieux, ce lieu qui, éloigné de la confusion de la matière, permettrait de repousser
les menaces de l’indistinction et d’envisager, sereinement, un chemin vers un espace de vie impensée
où l’être tenterait sa réconciliation.
A regarder ces travaux secrets, amples, en équilibre, me vient l’envie de paraphraser cette
question de Pierre-Jean Jouve, qui signifie l’inquiétude et le pari de leur auteur: «Quel cœur aurai-je à
l’espace où ma substance change et meurt?» Cette inquiétude vive et mobile construit l’œuvre claire
de Miloslav Moucha.
Olivier Kaeppelin
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
The internal space, 1989.
« One day an artist was discoursing at great length on the means he employed in order to purify and
perfect his colours. M. Chardin grown impatient with the chatter of a man of whom the only talent he
recognised was that for a cold and tidy execution, told him : « But who is it that told you that one paints
with colours ? » « By what other means ? » replied, astonished, the man. « One uses colours, continued
M. Chardin, but one paints with feeling. »
A day may come in the life of a painter when nothing allows him to feel that there is any future in art
or any reason to continue painting. Neither his strength, nor his conviction, which he feels threatened,
nor the society that surrounds him in which everything is rendered superficial, and where sensibility is
lost in the superficial mastery and functional manipulation of common objects. A painter may believe
that painting is abandoning him, that he will succumb to the endlessly reiterated pronouncements
announcing its death, and yet summon from within, from a place beyond reason and logic that radical
‘no’ with which to counter these injunctions. Some idea, an indefinable sentiment, keeps him from
accepting the death of his creative experience, his relation to the world, his knowledge and his life. He
feels the danger and dare not hope. A hidden ‘presence’, at this point, will lead him to accomplish that
grave gesture which could save what appears to be irretrievably lost.
Can we still, today, believe, without inviting mockery, that an act which will sweep us away and lead
us into struggle and incongruity can still allow un to triumph over a foretold death? Can we still believe
in a material act of intelligence and faith that defies the superficial measures of our time in order to
affirm and preserve that which is essential: the secret flow of life and the on-going capacity of giving
birth to a form or a body?
In truth no-one can answer but those who have accomplished such an act. In finding out in 1974 that
Lotte Eisner was dying, the German filmmaker Werner Herzog stated: “This cannot be, it’s too soon, the
cinema can’t afford to loose her.” He picked up his jacket his toothbrush and a compass and walked
from Munich to Paris where Lotte was hospitalized. The point was to go to her and in walking towards
her revive her and re-animate the cosmic meaning she brought to his films. After a three-week march
he reached Paris and Lotte’s bedside. She was still alive. “Together, he told her, we will light a fire and
stop the fish.” She looked at him, he says, “and since he knew that I was amongst those who walk, she
understood me. For a brief and very fine moment a soft sensation overcome my tired body. I told her:
“Open the window, in the last few days I’ve learned how to fly.””
Miloslav Moucha is Werner Herzog’s brother. When painting suddenly abandoned him, when he
could find neither from nor space, when nothing from outside whispered “go on painting”, he decided,
a few years ago, to leave for the south. His object was to re-discover painting in the thickness of time,
far from the speed that steals it, in a space which is no other than that of the cosmos when it reaches
the edges of the frame; in the signs secretly assembled that point to something other than themselves,
in the simple materiality of things that have no significance unless matter is transformed into an
animate, lived-in presence. When he came back from that long pilgrimage I do not know if his painting
was saved in the eyes of others, but what is certain in that it had come back again into the hands and
spirit of the painter.
His painting is now alive in the transformation of inert substance, of still life, into the reality of a silent
life more intense than reality itself.
The canvaces that followed his return are painted in a white of multiple, rich and versatile
nuance. Through the white, which is made up of an infinity of supple touches, can be seen a previous
layer of blue and green that adds a moving depth. The space is intensely articulated by marks that
dilate the rectangle of the canvas and force us to consider the space in its entirety. Within the painting
are born curves, arcs, circumferences and full circles giving rise to a feeling for truth even more
powerful than that of reality or nature herself.
Miloslav Moucha freely admits his aversion to painting when it is reduced to its own
essentials, turning the work of art into a mere decorative composition. In his works he re-discovers the
act of painting as an experience in which the canvas is plied, constantly built up and taken apart and
becomes the embodiment of a complex process of thought. Geometry and Substance are opposed yet
linked. The work depends on no exterior model. The painter leads us on calmly and serenely turning
our gaze towards the interior, re-capturing the origin of a vision that uses the canvas as field of action.
Any purely formalist reduction is, thereby, eliminated. Despite his technical discipline, Moucha never
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
reduces his vision to the more problem of formal composition. His true aim is to lead us into a spiritual
space.
It is not, therefore, surprising to hear Moucha repeatedly refer to Chardin. In his 1982 pictures
geometric forms may appear compact and grounded but are not so truly: the space surrounding them,
the interpenetration of planes and his placement of colour instil upon them a sense of unity, totality and
life, as a thought suspended and revealing what cannot be said or known in the act of painting itself.
Painting then becomes the result of strange rapport between what from the outside rushes in
towards the subject and an interior principle snatching up those exterior forces. The interior principle
dismantles and carries away the external current, aspiring to a form that gives way to the synthetic
manifestation of an experience opposing the mindless dissemination of fragments and accumulations.
The painter stops looking for events and looks for the event that will free space and place him in a
hypothetical mental centre and its vibration. In so doing, he refuses all pre-conception and painting
turns into an unequal struggle for revelation or deception.
The subject is confronted to a situation of troubling opposition close to that of an apparition. A
form is born that assembles and confronts. Composed of lines, colours and planes a figure appears
and acts as a wall or a veil. At first, a stranger to the subject, it alerts and sends it back on itself. The
subject can either adapt itself to this dominating substance, which ahs turned it into a divine being or
emblem, or refute the all-powerful effect of this incarnation by trying to by-pass it. It thus affirms that
painting is always and at the same time, the advent of a body and its dissolution.
In his works of 1948-86, Moucha, beckons to and welcomes this apparition, which suggests at
times the shape of a face, lets it come forth and persuades us to receive it as a mysterious apostrophe.
From 1987 on, however, he deconstructs the frontal dialogue as if he were seeking a rift in the picture, a
passage to a new space. Lines and planes previously suspended in an unstable union loosen and
unwind. The painter accepts the rumpus of geometry and is thus confronted with the order of division.
He proceeds to the re-formulation within the frame of the place of apparition. On one side he places a
rectangle or a rectolinear figure and on the other a flash of curves or broken lines, spirals and loose
ellipses which indicate movement. The icon of stillness on one side, and movement on the other, seem
to contradict and exclude each other, but Moucha knows this is not so. Like Giotto who, in the
Resurrection of Druisania, brings together, against tradition, St. John’s arrival in Ephessus and the
miracle, Moucha attempts a rapprochement and confrontation of two spaces which lead to the
generation of a third. This third space is an opening, an ‘in-between’ space, as the space in between
two hands, between two loves or within an encounter. But on closer look the nature of this space is
inverted. It becomes the nodal point, the original ‘place’ and re-defines the other two.
In 1988 a flat angular form in the shape of St. Andrew’s cross (a T), placed sideways, appears in
Moucha’s painting. This cross provides a new, sharp space like an incision in the canvas. In the later
paintings the T is gradually transformed into a modelled F and turns into a soft source of light. It
acquires a new depth and indicates a further plane beyond the painting. It points towards the question
or the fiction of a further ‘passage’. The geometric cross is not simply a formalistic contrivance, but a
mysterious figure providing an opening into a new dimension. It is at once close and distant,
discernable and imperceptible, a true defiance to the painter’s thinking, to be expressed not in a loose
outpouring but in the rigour of the construction.
It is the object of his desire and obsesses him completely. The painter here clearly resists the
temptation that would lead him to a spontaneous or sympathetic formulation. He chooses to experience
his sensation in the most concrete way possible as if it were the key to a mental state. He seeks with
rigour and precision the true treasure, that ‘place’ which beyond the confusion of matter, would allow
one to resist the threat of indistinction and calmly contemplate a path towards an unthinkable ‘lifespace’ where being would finally be reconciled.
In contemplating the secrecy, fragility and balance of Moucha’s paintings I am drawn to
paraphrasing a remark by Pierre-Jean Jouve which reveals all of the anxiety and sense of gamble in the
painter’s search: “What heart would I wear in a space where my substance changes and dies?” This
anxious and lively intensity underlies the work of Miloslav Moucha.
Olivier Kaeppelin
Traduction Chrisophe Boïcos
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
« A partir d’un Point »
aperçu de l’exposition à la Galerie Laure Roynette
20 rue de Thorigny, 75003 Paris, France
1976, Huile sur toile, 38 x 76 cm
Echelle, Huile sur toile, 43 x 33 cm
Diagonale - mouvement, 1977, 32 x 20 cm
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Diagonales – Mouvement 3, 1977 , 32 x 20 cm
Oblitération, 1978 , Huile sur toile, 32 x 22 cm
Diagonales 1, 32 x 20 cm
Oblitération 2, 1978, 32 x 22 cm
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Point Supposition, 1978, Huile sur toile, 81 x 65 cm
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Cycle espagnol
Huile sur toile, 195 x 130 cm
Huile sur toile, 195 x 130 cm
Huile sur toile, 195 x 130 cm
Huile sur toile, 195 x 130 cm
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Huile sur toile, 195 x 130 cm
Huile sur toile, 105 x 50 cm
Huile sur toile, 200 x 190 cm
Huile sur toile, 195 x 90 cm
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Huile sur toile, 195 x 130 cm
Huile sur toile, 162 x 130 cm
Huile sur toile, 200 x 200 cm
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Huile sur toile, 100 x 100 cm
Huile sur toile, 80 x 100 cm
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Position de rouge, 1985, Huile sur toile, 33 x 41 cm
Présence rouge, 1985, Huile sur toile, 41 x 33 cm
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Un carré presque, 1985, Huile sur toile, 33 x 41 cm
Vers la droit, 1985, Huile sur toile, 33 x 41 cm
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Imposition, 1985, Huile sur toile, 133 x 41 cm
L rouge, 1986, Huile sur toile, 33 x 41 cm
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Cycle de Saint-Jean, 1987 , Huile sur toile, 24 x 41 cm
Verticale vert, 1987, Huile sur toile, 46 x 52 cm
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
9
cercles, 1988, Huile sur toile, 33 x 55 cm
Situation bleue, 1988, Huile sur toile, 33 x 55 cm
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
En mouvement, 1990, Huile sur toile, 33 x 41 cm
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Revue de Presse
Artube
http://www.artube.fr/fr/event/gallery/a-partir-d-un-point-exposition-de-miloslav-moucha
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Slash
http://slash-paris.com/evenements/miloslav-moucha-a-partir-dun-point
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Exponaute, Exposition "A partir d'un Point" de la Galerie Laure Roynette
http://www.exponaute.com/expositions/13643-a-partir-d-un-point-exposition-de-miloslav-moucha/
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Exponaute, L'artiste Miloslav Moucha
http://www.exponaute.com/artistes/1028-miloslav-moucha/
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Margaret Hawkins, Chicago Sun-Times, 20 novembre 1998
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Christophe Boïcos, 1987
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Anna Kubista, Radio Praha – 07 octobre 2007
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Markéta Theinhardt, L’Oeil du Temps, 2015.
http://paris.czechcentres.cz/programme/details-de-levenement/miloslav-fly/
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com
GALERIE LAURE ROYNETTE
« A partir d’un Point » Miloslav Moucha
du 12 mai au 19 juin 2016
à la GALERIE LAURE ROYNETTE
20 rue de Thorigny, 75003 Paris
Ouverte en 2011 dans le quartier du Marais, la Galerie Laure Roynette représente la
jeune garde artistique et soutient le travail Hors les murs de ses artistes. A deux pas
du Musée Picasso, elle montre une douzaine d’artistes performers, peintres,
vidéastes, français et étrangers. Laure Roynette aime surprendre ses collectionneurs
et, faisant sienne l’expression de Robert Storr « Machines à aura », aime « les
œuvres qui stimulent, aident à réfléchir sur la vision du monde et peut-être même
parfois à la changer ».
Laure Roynette représente Miloslav Moucha depuis 2016.
Informations pratiques
« A partir d’un Point »
Exposition de Miloslav Moucha
Du 12 mai au 19 juin 2016
Galerie Laure Roynette
20 rue de Thorigny 75003 Paris
Contact Presse
Laure Roynette
GALERIE LAURE ROYNETTE
20 rue de Thorigny 75003 Paris
[email protected]
+33 6 08 63 54 41
www.laureroynette.com
mardi au samedi 14h à 19h ou sur RDV
Galerie Laure Roynette 20 rue de Thorigny 75003 Paris, France
www.laureroynette.com

Documents pareils