Dialogue inter-burundais à Entebbe en Ouganda : Jour J

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Dialogue inter-burundais à Entebbe en Ouganda : Jour J
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Dialogue inter-burundais à Entebbe en Ouganda : Jour J
RFI, 28-12-2015 Ï Ouganda : les pourparlers sur le Burundi s'ouvrent à Entebbe Ce lundi 28 décembre 2015, l'Ouganda
accueille les représentants du gouvernement, de l'opposition et de la société civile burundaise. Les pourparlers vont
démarrer si tout se passe bien à Entebbe, près de la capitale, Kampala, où se trouve le palais présidentiel et sous
l'égide justement du président ougandais Museveni. Ce lundi 28 décembre 2015 au matin, lors de l'arrivée des
délégations participant à la reprise des négociations, difficile de savoir qui est présent. Les participants sont dans des
véhicules aux vitres teintées. Leur entrée s'est faite lentement à cause des nombreux contrôles pour arriver jusqu’à
la State House.
Très vite, après l'ouverture à 9 h, les délégations vont se retrouver à huis clos. Il y a environ 70 personnalités à participer :
le gouvernement burundais, le parti au pouvoir le CNDD-FDD, l’opposition, la société civile, les femmes, les
médias... Quelques-unes de ces personnalités doivent prendre la parole lors de ce huis clos. Un choix d’orateurs
qui faisait encore débat, semble-t-il hier. Même si cette première journée a valeur symbolique : en effet, la rencontre
devrait se terminer vers midi. Les différentes délégations arrivées hier, dimanche soir, se voulaient optimistes et
voulaient y croire. Dans cet hôtel de Munyonyo où les différentes délégations sont logées, les discussions allaient bon
train. On se met d’accord, m’ont confié différents participants. L’Ivoirien Kassimi Bamba de
l’Union africaine (UA) était présent et tentait de répondre et d’écouter toutes les parties demandeuses.
Malgré toutes ces bonnes volontés, les discussions vont tout de même être difficiles. De maigres chances de succès
Interrogé juste avant de prendre l’avion pour Kampala, le ministre des Relations extérieures, Alain Aimé
Nyamitwe pose une série de conditions et de limites à la participation du gouvernement : « D’abord, il s’agit
du dialogue, pas de négociations. Deuxièmement, pour nous, nous avons clairement indiqué au facilitateur que nous
n’allons pas cautionner, ni légitimer, les putschistes, ni le mouvement putschiste ». Le gouvernement refuse
notamment de discuter avec le Conseil national pour le respect de l'accord d'Arusha et la restauration d'un Etat de droit
au Burundi (Cnared) en tant qu’organisation, plateforme créée par des anciens du régime de Pierre Nkurunziza,
des opposants politiques et des membres de la société civile, qui demande toujours le départ du président burundais.
Pour l’opposant Charles Nditije, l’une des très rares figures politiques d’opposition, qui a signé la
déclaration de création du Cnared, à vivre encore ans le pays, la médiation ne doit pas se tromper : « Il est important et
nous soulignons cela, surtout vis-à-vis de la médiation, le pouvoir de facto de Nkurunziza, il est partie prenante au conflit.
Il n’a pas à imposer la méthodologie parce qu’il est le mal absolu. Toutes ces victimes, ces assassinats,
ces enlèvements, c’est de la faute du troisième mandat ». Putschistes d’un côté, mal absolu de
l’autre, voilà le ton à la reprise de ce dialogue, dont personne n’est sûr qu’il se prolongera après ce
lundi. C’est l’un des enjeux de cette journée de reprise. Ï Crise au Burundi : reprise de la médiation
ougandaise Le premier round de discussions à Bujumbura, juste avant la présidentielle de juillet dernier, s'était soldé
par un échec après le retrait du gouvernement. Ce lundi 28 décembre, le président ougandais, Yoweri Museveni,
relance sa médiation en vue de trouver une solution à la spirale de violences dans laquelle s'enfonce le Burundi depuis
l'annonce par le président Pierre Nkurunziza de sa décision de briguer un troisième mandat fin avril. Mais le pays n'est
pas encore au bout du tunnel. Pour la première fois depuis plus de cinq mois, le pouvoir burundais et son opposition
vont se retrouver autour d'une même table de discussions ce lundi matin à la State House Entebbe, en Ouganda. Cela
n'a pas été facile. Au-delà d'une victoire personnelle pour le médiateur ougandais, il a fallu de multiples pressions et
menaces de la communauté internationale pour en arriver là. Mais les Ougandais ont déjà prévenu : il ne faut pas trop
attendre de la cérémonie officielle de ce lundi car on ne va pas entrer dans le vif du sujet. Après un discours du
président Yoweri Museveni, suivi de discussions à huis clos, les différentes parties devraient repartir chacune dans sa
direction. Pessimisme Les choses sérieuses devraient commencer bientôt, dès la semaine prochaine peut-être, selon
certaines sources diplomatiques. Et cette fois, les différents protagonistes du conflit burundais devraient se retrouver à
Arusha en Tanzanie. Tout un symbole, car c'est dans cette ville qu'on a signé en 2000 l'accord de paix qui a mis fin en
grande partie à la guerre civile qui avait cours au Burundi à l'époque. Mais là aussi, ça ne sera pas facile. Le gouvernement
continue de traiter de « terroristes » ses principaux opposants regroupés au sein d'une coalition politique en exil, le
Conseil national pour le respect de l'accord d'Arusha et de la restauration de l'Etat de droit au Burundi (Cnared), et
refuse de s'asseoir avec eux à la même table de négociation. Dans ces conditions, plusieurs analystes se disent
pessimistes sur une rapide sortie de crise au Burundi, alors que le pays s'enfonce chaque jour un peu plus dans la
violence. Espoirs La réouverture de ces pourparlers était particulièrement attendue par les délégations et notamment
par celle du Cnared. Cette nouvelle phase dans la médiation est synonyme d'espoir pour Pancrace Cimpaye, le porteparole du mouvement. « Nous pensons que c’est le début d’une ère nouvelle. Une ère qui doit trancher
avec le drame qui est en train de se passer et dans le silence total du monde entier,souhaite-t-il. On espère
qu’aujourd’hui, les projecteurs seront officiellement braqués sur Bujumbura. On va siéger en tant que
Cnared parce que c’est un mouvement qui est là, un mouvement citoyen qui se veut être une alternative à la
déconfiture actuelle. » Réunis au grand hôtel de Munyonyo construit sur les bords du lac Victoria, les participants
discutent dans le hall. Devant la fontaine passent les invités. Pour tous, il est bien sûr question de régler le conflit qui se
joue actuellement au Burundi, mais Sylvestre Ntibantunganya, ex-président du Burundi, pense aussi à la situation
régionale. « Dès que le Burundi se déstabilise, il va sans dire que cela produit immédiatement des conséquences sur
les pays voisins. Nous le voyons déjà aujourd’hui avec l’afflux de réfugiés donc ce rendez-vous doit être
accompagné dans les meilleurs délais de résultats », juge-t-il.
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