Dossier décembre 2014

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Dossier décembre 2014
Saison 2014-2015
Orchestre Symphonique Région
Centre-Tours
Wolfgang Amadeus MOZART 1756-1791
William WALTON 1902-1983
MOZART Ouverture des Noces de Figaro, K492
Concerto n°25 pour piano et orchestre
WALTON Symphonie n°1 en si bémol mineur
Soliste : Igor Tchetuev, piano
Direction: Emmanuel Joel-Hornak
Durée approximative : 1h16 sans entracte
Effectif: 64 musiciens
Samedi 6 décembre 20h
Dimanche 7 décembre 17h
Julie Boudsocq, musicienne intervenante OSRC-T/ Service JEUNE PUBLIC
Laurent Bres/ coordinateur "Viva l'Orchestra"
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Saison 2014-2015
SOMMAIRE
LES INTERPRETES
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AU PROGRAMME
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LE JOURNAL
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Julie Boudsocq, musicienne intervenante OSRC-T/ Service JEUNE PUBLIC
Laurent Bres/ coordinateur "Viva l'Orchestra"
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Saison 2014-2015
LES INTERPRETES
EMMANUEL JOEL-HORNAK, DIRECTION
Après des études au CNSM de Paris, Emmanuel Joel-Hornak est assistant pour
la création française d’Al Gran Sole Carico d'amore de Luigi Nono à l'Opéra de
Lyon, puis de John Eliot Gardiner pour Les Boréades de Rameau au festival
d'Aix-en-Provence. Parallèlement il est chef de chant au Théâtre des Arts de
Rouen, en 1981-82, puis y est nommé chef des choeurs-chef assistant en 1983.
En 1984 il devient chef des choeurs de l'Opéra de Nancy-Lorraine, où il restera
jusqu'en 1989. Il y dirigea notamment Goyescas de Granados, Madama
Butterfly, les Pêcheurs de Perles, La Fanciulla del West. En 1989 il entame une
carrière de chef d'orchestre free-lance.
Il fait ses débuts à l'Opéra de Paris-Bastille en décembre 1993 en dirigeant Les Brigands d’Offenbach,
avant d’entamer une active carrière à l'étranger : Festival de Wexford (La Dame Blanche), Maastricht
(L'Etoile), Dublin (Lakmé), Londres (Don Quichotte, Les Pêcheurs de Perles et La Bohème à l'English
National Opera (ENO), Carmen avec le ROH Covent Garden en tournée au Festival de Jérusalem),
Melbourne (Les Pêcheurs de Perles, Semele), Scottish Opera (La Belle Hélène), Tel Aviv (Werther).
Il fait des débuts remarqués aux Etats-Unis en 1997 à San Francisco dans Carmen, puis Don Carlo et La
Bohème, avant de diriger La Traviata au New York City Opera, Werther à Los Angeles et Faust à
Cincinnati. On a pu l’applaudir ensuite au Capitole de Toulouse (Werther, Pelléas et Mélisande), à
Montpellier (Le Roi Arthus, Samson et Dalila, La Fanciulla del West), Marseille (Faust, Samson et Dalila,
Mârouf), San Francisco (La Bohème, Samson et Dalila), Turin (Orphée aux enfers, Hamlet), Los Angeles
(Don Pasquale), à l’Opéra du Rhin (Roméo et Juliette), à Göteborg et Oslo (Dialogues des Carmélites),
Nantes (Il Trittico), Lausanne (Béatrice et Benedict de Berlioz), Stockholm (Carmen), Washington
(Vanessa de Barber avec Dame Kiri te Kanawa), Houston (Manon, Roméo et Juliette)…
Plus récemment, il a dirigé Thaïs à Londres, Werther au Norske Opera d'Oslo, Pelléas et Mélisande à
Göteborg, Manon et Il Trovatore à Sydney, Don Carlo et Chérubin de Massenet au Tiroler Landestheater
d'Innsbruck, Carmen à Wiesbaden, Les Contes d'Hoffmann à Leipzig et, à l’ENO, La Belle Hélène, avec
Dame Felicity Lott, dans la production de Laurent Pelly.
En 2006, il a dirigé une nouvelle production de Faust à l'Opéra de Nouvelle-Zélande, puis Roméo et
Juliette à Pittsburgh, dans la mise en scène de Jean-Philippe Clarac et Olivier Delœuil. Puis en 2007 il
est retourné à Lausanne pour diriger Il Barbiere di Siviglia de Paisiello, puis à Melbourne pour une
nouvelle production des Contes d’Hoffmann ainsi que Les Pêcheurs de perles, qu’il a repris en septembre
2008 à Sydney. En 2008 il a dirigé Roméo et Juliette à Toulon, une nouvelle production de Faust à
l’Opéra National de Bordeaux, une nouvelle production de la Bohème au NBR New Zealand Opera, une
nouvelle production de La Traviata mise en scène par David Mc Vicar au Scottish Opera, et La Périchole
à Toulouse. L’année 2009 a commencé par une nouvelle production des Contes d’Hoffmann à l’Opéra
de Nice, avec Annick Massis, puis Carmen au New Israeli Opera de Tel Aviv, dans la production de Franco
Zefirelli, du Metropolitan Opera, avec Neil Shicoff. Suivirent la reprise de la fameuse production de
Jérome Deschamps et Macha Makaieff des Brigands d'Offenbach à Bordeaux et Luxembourg, les Contes
d’Hoffmann au Colorado Opera de Denver, la Périchole à Lausanne. En début d’année 2010, il passa
trois mois auprès du Minnesota Opera de Minneapolis, pour la Bohème et Salomé.
Invité au Festival de Tenerife par Gian-Carlo del Monaco, il y dirigea une nouvelle production de
Madama Butterfly. En janvier 2010, il fit ses débuts au Théâtre Bolshoï de Moscou dans Carmen. Il y est
depuis régulièrement réinvité. Sa collaboration avec le Grand Théâtre de Bordeaux se poursuivit avec Il
Trovatore, et avec l'Opéra de Sydney pour Lakmé, filmé en DVD. En janvier 2012, sa direction d'une
nouvelle production de Haensel und Gretel marqua sa cinquième collaboration avec le Scottish Opera
de Glasgow-Edimbourg. Après Carmen au Queensland Opera de Brisbane, Australie; les Pêcheurs de
Perles au North Carolina Opera-Charlotte, USA, et une nouvelle production de I Medici de Leoncavallo
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au Stadttheater de Erfurt, il fit ses débuts remarqués à l'Opéra de Hong Kong, avec Les Contes
d'Hoffmann, dans la production de Jean-Louis Grinda de l'Opéra de Monte-Carlo. Il vient de diriger une
nouvelle production de Traviata au New Zealand Opera, et une série de concerts avec Ainhoa Arteta le
Bilbao Orkestra Sinfonikoa.
Emmanuel Joel-Hornak s’est également illustré dans le répertoire symphonique, notamment à la tête
de l'Orchestre de chambre de Lausanne, l'Orchestre du Capitole, l'Orchestre symphonique de la
Monnaie de Bruxelles, l'Orchestre Colonne et l'Orchestre Philharmonique de Radio-France, l'Orchestre
Philharmonique de Lituanie, l'Orchestre du Teatro Regio de Turin, Hek Gelders Orkest, le
Philharmonisches Orchester Dortmund, l'Orchestre symphonique de Mulhouse, le Auckland
Philarmonia Orchestra,le New Zealand Symphony Orchestra, l'Orchestre de l'Opéra Royal de Wallonie,
l'Orchestre Symphonique de Valladolid Castilla y Leon.
Parmi ses projets, on compte les débuts au Seattle Opera avec les Pêcheurs de Perles, en septembre
2015.
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L’ORCHESTRE SYMPHONIQUE REGION CENTRE-TOURS
L’Orchestre Symphonique Région Centre - Tours (OSRC-T), obtient depuis quelques années une
reconnaissance aussi bien nationale qu’internationale, tant pour ses activités symphoniques que
pour ses activités lyriques.
Depuis 2002, il assure, grâce au soutien de la Région Centre, une mission régionale de diffusion
de la musique symphonique sur l’ensemble du territoire.
Formation à géométrie variable, l’OSRC-T se produit avec des solistes de talent comme
Augustin Dumay, Renaud et Gautier Capuçon, Anne Queffélec, Fanny Clamagirand, Antoine
Tamestit, Adam Laloum et bien d’autres…
Outre ses très nombreux déplacements en Région Centre, l’orchestre se produit dans les plus
grandes salles françaises comme le Théâtre du Châtelet, la Salle Pleyel, la Cité Internationale des
Congrès de Nantes, le Festival de la Côte Saint André etc… Il a de nouveau été invité au Théâtre du
Châtelet en mai 2014.
L’OSRC-T a obtenu au cours de la saison 2007-2008 le Prix Claude Rostand du meilleur
spectacle lyrique de province pour Le Pays de Joseph-Guy Ropartz (mise en scène Alain Garichot ;
direction Jean-Yves Ossonce).
En juin 2010, pour le premier enregistrement mondial de l’opéra Le coeur du moulin de Déodat
de Séverac, l’orchestre a reçu les récompenses du monde musical professionnel avec un Diapason
d’Or, l’Orphée d’Or de l’Académie du disque lyrique et le Diamant d’Opéra Magazine.
En mai 2011, l’Orchestre Symphonique Région Centre - Tours a enregistré son deuxième CD en
public avec Jean-Yves Ossonce : La Troisième Symphonie du breton Joseph-Guy Ropartz, paru sous
le label Timpani, Orphée d’Or de l’Académie du Disque Lyrique 2012, Prix Albert Roussel pour le
meilleur enregistrement d'un compositeur français.
En 2014, l’OSRC-T obtient de nouveau le Prix Claude Rostand pour le meilleur spectacle lyrique
créé en province pour la nouvelle production de Bérénice d’Albéric Magnard (mise en scène Alain
Garichot ; direction Jean-Yves Ossonce).
L’Orchestre Symphonique Région Centre - Tours est à ce jour l’une des meilleures formations
orchestrales françaises, de par la qualité de ses musiciens, l’originalité et la diversité de ses
programmations.
Les concerts de l’OSRC-T sont
portés par la Région Centre
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IGOR TCHETUEV, SOLISTE, PIANO
Igor Tchetuev est né en Ukraine et obtient en 1994, le Premier Prix du Concours
International des Jeunes Pianistes Vladimir Krainev, puis remporte en 1998 le
Premier Prix du 9ème Concours International de Piano Arthur Rubinstein, à Tel
Aviv, où il reçoit également le « Prix du Public ». Igor Tchetuev est l’invité du
Mariinsky Orchestra/Valery Gergiev (Prokofiev Concerto n°3 / Concerto de
Scriabine), Berlin Symphony Orchestra à la Philharmonie de Berlin (Tchaïkovski
Concerto n°1), Orchestre National de Bordeaux (Beethoven Concerto n°3)
Orchestre Symphonique de Bilbao/Günter Neuhold (Tchaikovsky Concerto n°1),
Prague Symphony Orchestra (Beethoven Concerto n°4 & Tchaïkovski Concerto
n°1), Orchestre National de Montpellier (Tchaïkovski Concerto n°1/Ari
Rasilainen), Orchestre Philharmonique de Marseille (Rachmaninov Concerto n°3/ Adrian Prabava).
Igor Tchetuev accompagne la grande basse Ferruccio Furlanetto à la Scala de Milan, au Théâtre du
Mariinsky, au Wiener Staatsoper, à la Philharmonie de Berlin, à l’Opéra Garnier à Paris.
Il est en récital et musique de chambre à au Festival des « Nuits Blanches » au Théâtre du Mariinsky, à
Wigmore Hall, au Concertgebouw d’Amsterdam, au Festival International de Colmar, à la Philharmonie
de Saint Petersburg, à la Salle Gaveau, au Festival de Menton, à l’Auditorium de Dijon, au Festival
Chopin à Paris, au Festival de Radio France et Montpellier, aux Musicales du Golfe, au Lille Piano
Festival…
Igor Tchetuev a eu l’occasion de jouer avec des orchestres tels que l’Orchestre National de France, le
Mariinsky Theatre Orchestra, WDR Köln, Luxembourg Philharmonic, Israel Philharmonic Orchestra,
Israel Chamber Orchestra, Bern Philharmonic, NDR Hanover, Santa Cecilia Orchestra, Dortmund
Orchester, New Japan Philharmonic, Miami New World Symphony, Orchestre National de Lille,
Stavanger Symphony Orchestra, St. Petersburg Academic Symphony Orchestra. Il joue sous la direction
de chefs tels que V.Gergiev, N.Järvi, G.Herbig, S.Bychkov, V.Spivakov, E.Svetlanov, R.Frubeck de Burgos,
M.Elder, J-C.Casadesus, A.Dmitriev, J.Franz, M.Chostakovitch, etc.
Il est l’invité de séries telles que la Philharmonie de Berlin, Festival de la Roque d’Anthéron, SchleswigHolstein Festival, Festival de Menton, Wigmore Hall, Klavier Festival Ruhr, Salle Gaveau, Braunschweig
Festival, Festival Chopin à Paris, Festival de Colmar, Festival Piano Passion, Festival d’Hardelot, Festival
de Sintra, le Festival Menuhin, Zino Francescatti, Festival de Gstaad, à l’Accademia Filarmonica
Romana, etc…
Il joue en musique de chambre avec le violoncelliste Xavier Phillips, les violonistes Valery Sokolov,
David Grimal, Fanny Clamagirand, Chloë Hanslip, Andrei Bielov, le hautboïste Alexei Ogrintchouk, le
Quatuor Szymanowski.
Igor Tchetuev a enregistré un disque d’Etudes de Schumann, Chopin, Liszt et Scriabine pour le label TriM Classics, les Sonates de Chopin encensées par la critique pour Ofeo/Harmonia Mundi. Il a également
enregistré l’intégrale des sonates de Schnittke (Caro Mitis, Russie) pour lesquelles il a reçu le « Preis der
Deutschen Schallplattenkritik » en Allemagne et R10 dans le magasine Classica-Répertoire en France.
Vient de sortir le sixième volume de son Intégrale des Sonates de Beethoven (Caro Mitis). Chacun de ces
volumes a reçu 5 de Diapason et son Appassionata est comparée dans la presse à celles de Pollini et
Brendel.
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AU PROGRAMME
Wolfgang Amadeus Mozart
En juin 1781, Wolfgang Amadeus Mozart décide de quitter le service du prince-archevêque
Colloredo, à la cour de Salzbourg, dont il avait été, comme son père Leopold, l’employé pendant plus
de dix ans. Il ne supportait plus sa situation, qu’il avait comparée quelques années plus tôt, dans une
lettre à son père, à un « esclavage » (« l’archevêque ne peut même pas me payer assez pour cet
esclavage de Salzbourg ! », 1778). Colloredo, de son côté, ne supportait plus ni les caprices de son
jeune (et génial) employé, ni ses nombreuses absences. C’est à Vienne, à 25 ans, que Mozart
s’installa, dans la capitale qui était alors le centre musical non seulement de l’Empire autrichien, mais
peut-être même de l’Europe entière. Mozart y devint un compositeur « freelance », et, ne servant plus
aucun patron, y trouva une plus grande liberté. Il pensait naturellement y rencontrer fortune et
célébrité, mais on sait comment cette aventure s’acheva : dans l’oubli et la pauvreté. Pendant la
dernière décennie de sa vie, en effet, les périodes de succès et de richesse alternèrent avec de sombres
moments de solitude et de dénuement. Mozart ne fut qu’un temps la coqueluche des viennois, et la
funeste histoire des dernières semaines de sa vie est bien connue : il n’acheva jamais son Requiem,
auquel il travailla sur son lit de mort, et sa dépouille fut jetée dans une fosse commune.
Les Noces de Figaro et la plupart des concertos pour piano renvoient cependant à la période de
succès qui s’acheva à la fin des années 1780. La protection de l’empereur Joseph II, mort en 1790, avait
en partie contribué à ces temps plutôt heureux, bien que Mozart n’obtint jamais le poste officiel et
prestigieux de « Kappellmeister » (maître de chapelle) qu’il aurait souhaité.
Ouverture des Noces de Figaro
L’orchestre est composé de deux flûtes, deux hautbois, deux clarinettes, deux bassons, deux cors, deux
trompettes, timbales et cordes.
Le Nozze di Figaro, créé le 1er mai 1786 au Burgtheater de Vienne, est le premier des trois opéras
composés par Mozart sur des livrets de Lorenzo Da Ponte. Don Giovanni suivit en 1787, puis Cosi fan
tutte en 1790. Le succès de l’opéra à Vienne puis à Prague incita Mozart et Da Ponte à collaborer à
nouveau, et c’est même à Prague, ville où Mozart se sentit davantage aimé qu’à Vienne, que Don
Giovanni fut créé. Par bien des aspects, la vie de Da Ponte fut presque celle d’un héros d’opéra : né
Emanuele Conegliano en 1749 près de Venise, il commença le séminaire pour devenir prêtre avant
d’avoir une liaison avec une femme mariée, de vivre des aventures rocambolesques et d’être inquiété
par les autorités… Mais en 1783, protégé par Joseph II, il devient à Vienne le poète associé de la troupe
impériale d’opéra italien, genre alors à la mode. C’est pour cette troupe qu’il écrivit non seulement les
livrets de sa « trilogie » avec Mozart, mais aussi ceux des opéras d’Antonio Salieri et de Vicente Martín y
Soler, qui furent souvent à l’époque préférés à ceux de Mozart. Après la mort de Joseph II en 1790, Da
Ponte fut relevé de sa charge impériale, et, après un séjour à Paris, il s’installa à New York. Naturalisé
américain, il y travailla comme impresario d’opéra, libraire et traducteur. Il fut même le premier
professeur d’Italien au Columbia College, devenu aujourd’hui la prestigieuse Université Columbia, et
contribua grandement à l’établissement d’un opéra à New York, où il mourut en 1838 à l’âge de à 91
ans.
Julie Boudsocq, musicienne intervenante OSRC-T/ Service JEUNE PUBLIC
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C’est Mozart qui soumit à Da Ponte la pièce La
La forme « Allegro de sonate »
folle Journée, ou le Mariage de Figaro de
Dite
aussi
« Forme sonate », il s’agit de la
Beaumarchais, écrite en 1778. Beaumarchais y met
forme,
ou
structure, généralement
en scène les mêmes personnages que dans Le Barbier
employée
par
les compositeurs de
de Séville, ou la précaution inutile (1775), dont Figaro,
l’époque
de
Vienne, dite aussi
le comte Almaviva dont il est le valet, Rosine, qui a fini
«
classique
»
(environ
1770-1800), dans
par épouser le comte, et Suzanne, sa camériste, la
les
premiers
mouvements
de leurs
fiancée de Figaro. Une troisième pièce, L’autre
sonates,
symphonies
et
concertos.
Tartuffe, ou la mère coupable (1792), clôt la trilogie de
Haydn, Mozart et Beethoven exploitent le
Beaumarchais autour de ce noyau de personnages
potentiel de cette structure en trois
explorant les relations libertines entre aristocrates et
parties :
serviteurs. En raison de ses critiques des mœurs
- EXPOSITION de deux thèmes dans deux
volages de l’aristocratie, Le Mariage de Figaro de
tonalités différentes, appelées tonique
Beaumarchais ne fut pas autorisé tout de suite à être
(tonalité de référence d’un morceau) et
représenté ; il ne le fut que 6 ans après son écriture,
dominante [reprise éventuelle de cette
au Théâtre de l’Odéon. L’Empereur Joseph II, quant
partie]
à lui, avait autorisé l’opéra de Mozart et Da Ponte
- DEVELOPPEMENT d’un ou des deux
après que ces derniers lui ont affirmé que les scènes
thèmes,
avec
des
modulations
les plus critiques de la pièce ne seraient pas mises en
(explorations
d’autres
tonalités)
scène. Joseph mourut avant de voir les
- REEXPOSITION des deux thèmes, avec
développements de la Révolution française, et avant
retour au ton de la tonique, même pour
que son beau-frère, Louis XVI, et sa sœur, Mariele deuxième thème.
Antoinette, ne soient guillotinés en 1793.
La tonique est le ton de référence d’un
Avec l’ouverture des Noces de Figaro, Mozart
morceau, sa note polaire en quelque
souhaite manifestement résumer la « folle journée »
sorte. Le Concerto pour piano K. 503 en do
du titre de la pièce de Beaumarchais. Un peu comme
majeur a par exemple pour tonique do et
s’il avait voulu immerger l’auditoire dans la frénésie
l’accord
de do majeur construit sur cette
du drame qui, pour résumer à l’extrême, raconte la
note.
La
dominante se situe une quinte
journée au cours de laquelle Figaro et Suzanne
au-dessus
(dans ce cas la note sol et
doivent se marier et déjouer bien des intrigues,
l’accord
de
sol majeur).
notamment celle du comte qui veut rétablir le « droit
Beethoven
est
connu pour avoir fait subir
de cuissage » pour pouvoir profiter de la jeune
des
modifications
à la forme Allegro de
camériste à son gré… Mozart ne reprend aucun
sonate
;
des
compositeurs
comme
thème de l’opéra, mais représente la vivacité de
Schubert,
Schumann,
Brahms,
Dvořák,
la
Figaro et de sa femme Suzanne — leur panique
réutilisèrent.
peut-être ?— face au comte Almaviva. L’idée générale
est servie par le tempo Presto, et, dès la première
mesure, par un motif fébrile qui semble courir de tous côtés, présenté à l’unisson par les cordes et
les bassons frémissant. Comme si toute cette énergie ne demandait qu’à exploser, ce thème est
interrompu plusieurs fois par de puissantes éruptions du tutti. Mozart expose ensuite un deuxième
thème avec des accents aux violons, non moins enjoué. L’ouverture est de forme « Allegro de sonate* »
sans développement, c’est à dire qu’après l’exposition de ces deux thèmes, une très brève section
amène leur réexposition modifiée (le deuxième thème est notamment transposé à la dominante selon
la norme de la forme « Allegro de sonate* »).
Texte de Nicolas Dufetel
Reproduction et diffusion interdites sans l'accord de l'auteur
Usage à caractère strictement pédagogique
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Saison 2014-2015
Effectif orchestral Ouverture des Noces de Figaro MOZART
Cordes frottées: 12 violons 1, 10 violons 2, 8 altos, 7 violoncelles, 5 contrebasses
Bois : 2 flûtes traversières, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons
Cuivres : 2 cors, 2 trompettes
Percussions : timbales
Durée d'exécution : 4 minutes
Concerto n°25 pour piano et orchestre en do majeur (K. 503)
Le « Köchel »
L’abréviation « K » (ou KV), qui sert à
identifier les œuvres de Mozart,
correspond à « Köchel » (« Köchel
Verzeichniss »), du nom de Ludwig von
Köchel, le musicographe qui a réalisé
en 1861 le premier catalogue de
l’œuvre du compositeur. Actualisé et
modernisé, cet ouvrage de référence
est toujours utilisé (la 6e édition est
parue en 1964 et a été rééditée deux
fois jusqu’en 1983). Un débat anime
aujourd’hui le milieu musicologique
sur la nécessité et la faisabilité d’une
nouvelle édition.
L’orchestre est composé d’une flûte, de deux hautbois,
deux bassons, deux cors, deux trompettes, timbales,
cordes, auquel s’ajoute le piano solo.
La plupart des 27 concertos pour piano de Mozart ont
été écrits pour le public viennois des concerts dans
lesquels il apparaissait comme compositeurinterprète ; il en présentant entre un à quatre chaque
saison. Le Concerto n° 25 est le douzième et dernier que
Mozart ait écrit en trois ans pour ces saisons régulières
de concerts, entre 1784 et 1786, mais deux suivront
encore. Selon la date qu’il a inscrite dans le catalogue
de ses œuvres qu’il a lui-même compilé, Mozart l’a
achevé le 4 décembre 1786. Sa composition est donc
contemporaine de la création des Noces de Figaro et de
la Symphonie n° 38, « Prague », K. 504 (datée du 6
décembre). Le Concerto pour piano n° 25 est le plus brillant et le plus « symphonique » de tous ceux
écrits par Mozart, et en raison de ce caractère, il aparfois été comparé au Concerto pour piano n° 5,
« l’Empereur », de Beethoven.
Le premier mouvement, Allegro maestoso (« majestueux »), donne le ton : le tutti de l’orchestre
expose un premier thème solennel et majestueux qui n’est pas sans rappeler la dernière symphonie
de Mozart, dite « Jupiter » (K. 551), composée deux ans après ce concerto. Selon la tradition de la forme
« Allegro de sonate* », Mozart mène une transition vers l’exposition d’un deuxième thème, plus doux,
au profil de marche, et qui apporte quelques ombres par des modulations en mineur. Son profil
ressemble fortement à celui de La Marseillaise (qui ne sera écrite par Rouget de Lisle qu’en 1792) et
certains ont voulu voir dans les trois notes répétées du début (qui reviendront beaucoup, notamment
comme ponctuation et dans le développement) un lien avec le motif (le célèbre pom-pom-pom-pom) de
la Symphonie n° 5 de Beethoven, composée entre 1805 et 1807. Le piano fait une entrée discrète, sans
reprendre le premier thème, qui sera rejoué par l’orchestre peu à peu avant que ne s’engage un
dialogue entre les divers pupitres et le soliste. Ce dernier fait entendre de volubiles et agiles gammes
que l’on retrouvera dans le Finale — avec ces passages « di bravura », Mozart démontrait ainsi au
public de Vienne sa virtuosité et le raffinement de son jeu. Le développement reste principalement
fondé sur le deuxième thème, celui de la marche. Au cours de la réexposition, qui débute par la reprise
du premier thème par l’orchestre, c’est le soliste qui jour le deuxième thème, avant d’engager un
nouveau dialogue avec les musiciens et de jouer la traditionnelle cadence (Mozart n’en a pas laissé).
Après un trille dans l’aigu, signal de la reprise du cours normal de la partition, l’orchestre reprend la
main avec les premières notes du thème initial, commençant une coda fondée sur le deuxième thème
qui clôt le mouvement en majesté.
Julie Boudsocq, musicienne intervenante OSRC-T/ Service JEUNE PUBLIC
Laurent Bres/ coordinateur "Viva l'Orchestra"
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Saison 2014-2015
Le deuxième mouvement, Andante, pourrait être considéré comme une romance caractérisée par
le raffinement des ornementations au piano, renforcées par les interventions de l’orchestre. Une fois le
soliste entré en scène, ce dernier a la particularité de mettre en avant les instruments à vent, alors que
les cordes sont réduites au rôle de ponctuation ou de commentaire du soliste. La forme est similaire à
celle de l’Ouverture des Noces de Figaro : un Allegro de sonate* sans développement, fondé sur
l’exposition de deux thèmes, d’une petite section centrale de transition, et de la réexposition.
Le Rondo final, Allegretto, s’ouvre sur l’énoncé par l’orchestre d’un « ritornello » (refrain), qui est
en réalité le thème d’une Gavotte composée par Mozart en 1781 pour la musique de ballet de son
opéra Idomeneo (K. 367). Très rapidement, le soliste fait entendre des gammes et des arpèges « di
bravura », De nature élégante et brillante, le refrain alterne avec des passages aux caractères plus
contrastés, comme cet épisode lyrique et presque mélancolique où le soliste dialogue avec les
violoncelles et contrebasses avant d’être rejoints par le hautbois, la flûte puis le basson. C’est la
Gavotte exaltante et presque exubérante, où le pianiste montre toute sa virtuosité, qui clôt avec brio
le mouvement et le concerto, une des musiques les plus joyeuses jamais écrites par Mozart.
Texte de Nicolas Dufetel
Reproduction et diffusion interdites sans l'accord de l'auteur
Usage à caractère strictement pédagogique
Effectif orchestral Concerto n°25 pour piano et orchestre MOZART
Cordes frottées: 12 violons 1, 10 violons 2, 8 altos, 7 violoncelles, 5 contrebasses
Bois : 1 flûte traversière, 2 hautbois, 2 bassons
Cuivres : 2 cors, 2 trompettes
Percussions : timbales
Durée d'exécution : 30 minutes
Julie Boudsocq, musicienne intervenante OSRC-T/ Service JEUNE PUBLIC
Laurent Bres/ coordinateur "Viva l'Orchestra"
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Saison 2014-2015
William Walton, Symphonie n°1
L’orchestre est composé d’un piccolo, deux flûtes, deux hautbois, deux clarinettes, deux bassons, quatre
cors, trois trompettes, trois trombones, tuba, timbales, caisse-claire, cymbales, tam-tam* et cordes.
William Walton est né près de Manchester en 1902 et mort sur l’île d’Ischia, dans le golfe de Naples, en
1983. Adolescent, il fait partie du chœur de la cathédrale Christ Church d’Oxford, où il étudie
également, à partir de 16 ans, au « College » Christ Church (un demi-siècle plus tôt Lewis Carroll, qui y
était professeur de mathématiques, y avait écrit Les Aventures d’Alice au pays des merveilles). Walton
étudie la musique « moderne » de l’époque et complète ses cours par de nombreuses lectures à la
bibliothèque. Cependant, en 1920, bien qu’il réussisse dans les matières musicales, il échoue aux
examens de Grec et d’algèbre et doit quitter l’université sans diplôme. Pendant ses années à Oxford, il
s’était lié avec la fratrie Sitwell —Edith, Osbert et Sacheverell — qui formèrent le noyau d’un cénacle
littéraire à Londres jusqu’au début des années 1930. Ils aidèrent et stimulèrent Walton, qui put prendre,
grâce à eux, des leçons avec Ernest Ansermet et Ferruccio Busoni, et rencontrer Stravinsky et Gershwin.
Alban Berg, qui entendit à Salzbourg en 1923 un quatuor à cordes de sa composition, reconnut en lui le
représentant de l’avant-garde musicale et de la musique atonale britannique, et lui fit rencontrer
Schoenberg. La même année, il présente Façade, sur des poèmes d’Edith Sitwell, qui est un succès de
scandale : les poèmes sont récités dans un mégaphone, derrière la scène, pendant que les musiciens
jouent. La réputation d’ « enfant terrible » de Walton allait durer, mais il serait bientôt reconnu comme
un compositeur de l’establishment. Sir Thomas Beecham, le légendaire chef d’orchestre britannique,
l’encouragea à écrire un Concerto pour alto en 1929, œuvre lyrique qui est aujourd’hui une de ses pièces
les plus fameuses. Deux ans plus tard, la BBC lui commanda une cantate dans la grande tradition
anglaise : Belshazzar’s Feast (Le festin de Balthazar), dont Haendel avait fait un opéra en 1745. Et en
1937, la marche du couronnement du roi Georges VI lui est commandée (Crown Imperial March) ; il
composa aussi celle du couronnement d’Elisabeth II en 1953 (Orb and Sceptre March) et fut anobli
« Sir » en 1957. Walton composa également de la musique de film dès les années 1930 et un opéra, créé
en1954 à Covent Garden (Troilus and Cressida). On lui doit aussi Cinq Bagatelles pour guitare qui ont
trouvé leur place dans le répertoire contemporain.
La Symphonie n° 1 de Walton, longtemps attendue et annoncée par les journaux comme un
moment historique de la musique anglaise, est à l’origine une commande datant de 1932 du chef
Hamilton Harty pour le prestigieux Orchestre Hallé, basé à Manchester et fondé en 1858 par le
pianiste et chef d’orchestre d’origine allemande Charles Hallé. La première était prévue en avril 1933,
mais Walton peinait à composer : au début de l’année, seuls les deux premiers mouvements étaient
achevés. L’Andante fut achevé fin 1933 et Walton accepta que sa symphonie soit créée avec trois
mouvements seulement, le 3 décembre 1934, par l’Orchestre symphonique de Londres sous la
direction de Harty. Après avoir composé sa première musique de film, Walton se remit au travail et
acheva le finale en août 1935. La symphonie complète fut créé à Londres par le même Harty, à la tête
du BBC Symphony orchestra, le 6 novembre 1935. Bien que son succès ne se soit jamais démenti, elle
ne plut pas à certains, comme Benjamin Britten qui la trouva « prétentieuse » avec une « abominable
orchestration ».
La Symphonie est dédiée à la baronne Imma von Dorenberg, avec qui Walton entretenait une
liaison au moment où il commença sa composition. Cependant, Imma le quitta en 1933 avant qu’il ne
l’achève : le caractère de l’œuvre, comme les difficultés qu’éprouva Walton pour la finir, sont parfois
expliquées par ce drame personnel. Et bien qu’il l’ait achevée alors qu’il avait commencé une liaison
avec la vicomtesse Alice Wimborne, la Symphonie est restée dédiée à Imma von Dorenberg.
Le premier mouvement, Allegro assai, démontre immédiatement l’influence de Sibelius, alors
considéré comme le maître de la symphonie moderne. Des notes tenues, quelques touches de cor, des
rythmes répétés, des bribes de thèmes (au hautbois) forment une matière bouillonnante qui, comme
le début de la Symphonie n° 5 de Sibelius que le public tourangeau a pu découvrir en mars 2013, ne
demandent qu’à se développer et à triompher. Et en effet, l’orchestre émerge peu à peu pour prendre
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la forme d’un long discours rythmé, puissant, énergique et dominé par des effets d’orchestration
remarquables (la section centrale est plus calme).
Le Presto con malizia, mouvement au caractère de Scherzo « avec malice », reflète, comme Walton
l’avoua plus tard, l’amertume de sa relation avec Imma. Volcanique, plein de surprises, il alterne, selon
la tradition, avec des passages plus apaisés quoiqu’assez espiègles, et s’achève par un trille des violons
ouvrant la porte à de brefs accords qui sonnent avec surprise comme des pieds-de-nez entrecoupés de
silence.
Le mouvement lent, Andante con malincolia (« avec mélancolie ») commence par une mélodie
attristée à la flûte, avant de passer progressivement à l’apogée tragique et passionné de toute la
Symphonie, avant de disparaître doucement et, sans véritablement se conclure, de laisser une
impression d’inachevé.
Le finale (Maestoso – Brioso ed ardamente – Vivacissimo), qui renoue avec le caractère du premier
mouvement, commence par une section majestueuse suivie par une autre brillante et « ardente ». Il
comporte pour finir une fugue. A son ami Constant Lambert qui lui avait suggéré d’en insérer une, il
répondit qu’il ne savait pas en écrire. Lambert lui conseilla alors de lire l’article sur la fugue de Ralph
Vaughan-Williams dans le Dictionary of Music and Musicians de Grove (1906), où il trouverait réponse à
ses questions. Walton avait pourtant déjà écrit des fugues, et sa confession doit en réalité être
interprétée comme un hommage à Vaughan-Williams, dont la Symphonie n° 4, créée par le même BBC
Symphony Orchestra trois mois avant la première de sa propre symphonie, comporte une fugue en
guise de finale.
Texte de Nicolas Dufetel
Reproduction et diffusion interdites sans l'accord de l'auteur
Usage à caractère strictement pédagogique
Effectif orchestral Symphonie n°1 en si bémol mineur WALTON
Cordes frottées: 12 violons 1, 10 violons 2, 8 altos, 7 violoncelles, 5 contrebasses
Bois : 2 flûtes traversières, 2 hautbois, 2 clarinettes, 2 bassons
Cuivres : 4 cors, 3 trompettes, 3 trombones à coulisse, 1 tuba
Percussions : timbales +caisse-claire, cymbales, tam-tam
Durée d'exécution : 42 minutes
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*Tam-tam ou gong ?
Le tam-tam de l’orchestre ne doit pas être confondu avec le tam-tam africain ou améridien, qui est un
tambour (avec une membrane). Il s’agit ici d’un instrument à percussion proche du gong : un disque de
métal suspendu que l’on frappe avec une baguette ou un marteau, avec différentes techniques selon l’effet
recherché. Mais à la différence du gong qui a une hauteur musicale (une note) déterminée, le tam-tam
produit un son non déterminé, toujours le même. Le gong a généralement une excroissance au milieu, alors
que le tam-tam est plat.
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Interview imaginaire de WALTON (Sir William Turner) par des
enfants :
1. Quand êtes- vous né et de quelle nationalité êtes- vous ?
Je suis né le 29 mars 1902 à Oldham, Lancashire. Je suis d’origine
Anglaise.
2. Quand vous étiez petit, de quel instrument avez-vous joué ?
Mes parents étaient tous deux chanteurs professionnels. Doté d’une belle voix, je suis entré à la
Cathedral Choir School de Christ Church à Oxford ou j’ai commencé à composer des pièces de
chorales. A 17 ans, j’ai composé un quatuor à cordes qui est accepté au premier Festival de la Société
internationale de musique contemporaine en 1923.
3. Dans quels genres de musique avez-vous composé ?
En musique instrumentale/orchestrale j’ai composé : Portsmouth Point, ouverture
de concert (Zurich 1926) ; Siesta (1926) ; Sinfonia concertante pour piano et
orchestre (Londres 1928) ; deux symphonies ;
Musique de chambre : Quatuor avec piano, quatuor à cordes, Toccata pour violon et
piano Sonate pour violon et piano, 5 Bagatelles pour guitare (1972)
1 opéra crée en 195 4à Covent Garden Troilus and Cressida
Musique de film: Escape Me Never (1934) ; As Tou Like It (1936) ; Stolen Life (1939) ;
Major Barbara (1941) ; Henry V (1944) ; Hamlet (1974) ; Richard III (1954) etc…
plusieurs suites ont été tirées de ces partitions
4. Avez- vous rencontré d’autres compositeurs de votre époque ?
En assistant à des représentations de ballets russes, j’ai rencontré Stravinski et Gershwin.
Puis Alban Berg et Arnold Schoenberg lors d’un concert d’un de mes quatuor pour cordes à Salzbourg
en 1923.
5. Quand êtes- vous mort ?
Le 8 mars1983, j'avais alors 81 ans.
J’ai passé les dernières années de ma vie sur l’île d’Ishia au large de Naples avec ma femme d’origine
argentine Susana Gil Passo.
J’ai été sollicité en deux occasions royales : le couronnement du roi Georges VI, pour lequel il compose
Crown Imperial March (1937), et celui de la reine Elisabeth II, pour lequel j’ai composé Orb and
Spectre (1953).
Je suis fait doctor honoris causa de l’Université d’Oxford en 1942 puis j’ai été anoblie en 1951.
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JOURNAL DE L'ORSC-T
Zoom sur l'ouverture et l’ostinato
L’ouverture est une pièce instrumentale jouée à rideau fermé et qui précède le plus souvent un
opéra ou bien un ballet, une comédie-ballet …
La fanfare qui précède l'Orféo de Montéverdi en 1607 est la première du genre. Lully en fera une
pièce plus ambitieuse, composée de 3 parties : la première de tempo lent avec des rythmes
pointés et une écriture verticale, la seconde, rapide et d'écriture horizontale et la troisième qui est
généralement une reprise écourtée de la première. Cette ouverture "à la française" alternant des
tempos et des caractères différents se retrouvera au début de suites de danses comme les
célèbres suites de J.S.Bach.
En Italie, au dix-huitième siècle, les ouvertures sont également en trois parties mais avec des
tempo inversés : vif-lent-vif. Ces pièces étaient souvent autonomes et avaient souvent pour
principal objectif d'imposer le silence à la manière des trois coups frappés sur la scène d'une pièce
de théâtre.
La relation dramatique entre
l'ouverture et l'opéra qu'elle
précède fut recherchée au cours du
dix-huitième siècle principalement
par J.P. Rameau, C.W. Gluck et W.A.
Mozart.
Au dix-neuvième siècle, l'ouverture
s'inspire des principaux thèmes de
l'opéra
et
peut
toujours
s'émanciper comme chez G.
Rossini. Chez R. Wagner, le prélude
se substitue à l'ouverture et
anticipe l'action dans chacun des
actes de ses opéras.
Dans les opéras contemporains,
l'ouverture peut prendre des formes
très variées ou même disparaître
pour commencer directement dans
l'action.
Première page manuscrite de l’ouverture des Noces
L'ouverture des Noces de Figaro nous plonge d'emblée dans cette folle journée.
Quels éléments musicaux de cette ouverture correspondent à l’argument de l’opéra ?
http://www.youtube.com/watch?v=xISIi0svIto
L’orchestre symphonique de Vienne sous la conduite de Riccardo Muti
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L'"ouverture“ orchestrale du premier mouvement du Concerto pour piano n°25 en ut Majeur
fait entendre deux thèmes contrastés qu'il sera intéressant de comparer pour les différencier et
retrouver un air de révolte…
Concerto N° 25 C major K 503, avec Mitsuko Uchida au piano et l'orchestre symphonique de Vienne
sous la conduite de Riccardo Muti
http://www.youtube.com/watch?v=bliH3wpdcWc
L’ostinato
est une formule mélodique, rythmique, harmonique (ou une combinaison de ces dernières)
répétée de façon obstinée. Placée à la basse, cette formule devient une basse obstinée (cas
particulier de la basse continue, caractéristique de la période baroque)que l'on retrouve dans des
pièces telles que chaconne, passacaille … et canon tel que celui en Ré Majeur de Pachelbel
composée aux environs de 1680.
Le Canon en Ré de Johann Pachelbel interprétée en 2008 par l'orchestre symphonique de Minéria
sous la direction d'Adrian Lepper
http://www.youtube.com/watch?v=OFfYGoVstgc
Ce processus d’ostinato est l'élément remarquable du célèbre Boléro composé par Maurice Ravel
en 1929. La seule variation provient de l'orchestration dans un crescendo continu avec certains
timbres encore peu utilisés dans l'orchestre symphonique tels que le saxophone soprano,
sopranino et le célesta
Le Boléro de Maurice Ravel interprété par l'orchestre philharmonique de Vienne sous la direction
de Gustavo Dudamel en 2010
http://www.youtube.com/watch?v=3KgpEru9lhw
Dans les années soixante, la musique répétitive américaine, qui fait partie du mouvement
minimaliste, base son processus de création sur la répétition d'une cellule musicale très simple.
Clapping Music 1972 de Steve Reich
interprétée par Steve Reich et Juanita Fernández (2012)
http://vimeo.com/73772522
Il sera intéressant de repérer les différents motifs répétés au début du premier mouvement de la
première Symphonie de William Walton et de noter leur retour à la fin de celui-ci.
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Résonnances plastiques
Deux de ces pianos sont muets
Un de ces pianos sert pour l'étude
Un de ces pianos évoque le silence
Trois de ces pianos résonnent symboliquement
Joseph Beuys (1921-1986)
Infiltration homogène pour piano à queue, 1966,
Piano à queue recouvert de feutre et tissus
100 x 152 x 240 cm Centre Georges Pompidou, Paris
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Georges Braque (1882 - 1963)
Le Duo, 1937, huile sur toile. 131 x 162,5 cm. Centre Georges Pompidou, Paris
Nicolas de Staël, (1914-1955) Le Concert, 1955, huile sur toile, 350 x 600 cm
Musée Picasso, Antibes
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Zoom sur l’ostinato
Un métier en lumière : le facteur de piano
On choisit ce métier pour l'amour de la musique, la
noblesse des matériaux utilisés mais également
pour l’approche sensitive des musiciens.
Il faut assembler la mécanique, placer les étouffoirs,
coller les marteaux… et régler l’ensemble pour
obtenir une sonorité complexe : avec des aigus
brillants et expressifs, un médium très coloré, très
rond et des basses profondes et longues
Le facteur de piano a tout intérêt à être
instrumentiste lui-même afin d'estimer ses réglages et de comprendre les exigences des pianistes
à travers des images et des métaphores qui caractériseront le timbre et les sensations recherchés.
Qualités nécessaires :
La patience et la minutie : Toutes les étapes réalisées seront à reproduire 88 fois avec une grande
régularité car il y a 88 touches.
Profil d’un marteau
La forme du marteau par exemple donne la dynamique du
son. Le son est-il trop étouffé ? Il faut enlever de la matière
dans le feutre en ponçant tout en respectant sa forme pour
ne pas modifier sa dynamique.
Les marteaux des notes aiguës seront
plus pointus de manière à concentrer
l'énergie de la frappe. Les marteaux des
notes graves seront plus ronds afin de
répartir cette énergie.
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Les cordes aussi seront
différentes selon les
registres. Au nombre de
trois par note dans l'aigu
et le médium, elles sont toutes en acier nickelé
pour éviter la rouille (à partir de O,7 mn de
diamètre). Deux cordes puis une seule dans le
registre grave, elles sont gainées de cuivre pour
les alourdir (jusqu'à 1,5 mn de diamètre)
Un piano accordé sur un « la » à 440 hertz représente 220 cordes tendues à 90 kg environ soit à peu
près 18 tonnes de tension !!!
Un métier d'art : facteur de piano
Entre 16 et 24 ans plusieurs formations en continu ou en alternance existent dans le cadre de
contrats de professionnalisation
CAP (certificat d'aptitude professionnelle)
Accordeur de piano
Assistant technique en instruments de musique avec l'option piano
BMA (Brevet des métiers d'art)
Technicien en facture instrumentale avec l'option piano
DMA (Diplôme des métiers d'art)
Facture instrumentale avec l'option piano
http://oniseptv.onisep.fr/video_facteur_instrumental_un_metier_d_art_pour_moi.html
Sources
http://www.larousse.fr/encyclopedie/musdico/ouverture/169434
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