n°2001-1

Commentaires

Transcription

n°2001-1
S O M MA I RE
ANSI
200
In Memoriam
Survol de la SF
Edition
SF et Web
SF et Entreprise
Niouzes
Kronix
lunivers est a vous
2
3
6
12
14
17
20
du suspense...
et du chocolat.
26
SURVOL DE LA S
IN MEMORIAM
par Yannick
L'écrivain américain Lyon SPRAGUE DE CAMP est mort d'une attaque
le 6 novembre dernier au Texas. Il avait 93 ans.
Connu pour avoir relancé le Cycle de Conan le Barbare, initié par
Robert E. HOWARD, dans les années 70, SPRAGUE DE CAMP avait
été découvert par le fanzine Astounding Fiction, et connut quelques
succès d'édition dans les années 50 et 60 : Le règne des Gorilles
(1956), A l’aube des ténèbres...
Il était également l'auteur d'une biographie de LOVECRAFT.
Biographie complète en anglais sur le site du magazine LOCUS
-------------------------------------------------------------------------------KEITH ROBERTS
L'auteur britannique de Science-Fiction Keith ROBERTS est mort le 5
octobre dernier. Né en 1935, il était notamment l'auteur de Pavane, une
fantastique uchronie médiévale dans laquelle l'assassinat d'Elisabeth I
donnait naissance à un monde attardé technologiquement sous la férule autoritaire de l'église vaticane toute puissante.
La science-fiction n’est pas une invention «m
avec l’homme. Déjà présente dans l’art pari
souligne avec humour le strip ci-dessous, on
de Francis Godwin, le souci de l’Homme d’al
les plus vifs fantasmes depuis L’Histoire vér
notre ère ).
Mais l’acte de naissance «officiel» du genre date de 1818,
lorsque la poétesse anglaise
Mary Shelley composa son
Frankenstein ou le Prométhée
moderne ; cette histoire d’un
médecin suisse qui crée un
homme à partir de tissus prélevés
sur des cadavres va déclencher
l’arrivée massive de récits
prenant appui sur des faits scientifiques. L’origine même de cette oeuvre reste
cauchemar terrifiant de l’auteur , roman écrit e
Les progrès techniques dus à la Révolution i
tion littéraire. Les deux auteurs majeurs de la
Verne et l’Anglais Herbert George Wells.
dinaires dans les mondes connus et inconnu
ence. Ses romans les plus intéressants restent
la Lune (1865), ou encore Voyage au Centre
scientifique, selon l’expression de l’auteur. A
de H G Wells ; il interroge la société sur l’imp
le quotidien et le contexte social de ses conte
invisible (1897) ou La Guerre des mondes (1
Au début du XXème siècle, les sciences et le
développement des modes de transport facilit
terres inconnues. Le faible prix du papier per
revues bon marché et de petit format de l’autr
publier des récits d’inconnus mêlant poésie,
ture. J. H. Rosny Aîné, auteur de La Guerre d
Terre (1910), est l’auteur français le plus int
anglo-saxon, les auteurs s’attachent plus à u
2
dominés par la technologie. George Orwell, avec son «Big Brother is watching you» de
1984 (1949) et Aldous Huxley avec Le Meilleur des mondes (1932) se posent surtout
comme des porte-paroles de propagande antitotalitaire. Le film Metropolis (1926), de
l’Allemand Fritz Lang, se rattache à ce courant. Les années
1930 sont riches de films reprenant les grands mythes littéraires : Frankenstein (Whale, 1931 ), Dr Jekyll and Mr
Hyde (Mamoulian, 1932), L’homme invisible (Whale, 1933).
Dans l’intervalle, Hugo Gernsback, éditeur de la revue
Amazing Stories (créée en 1926), contribue à promouvoir la
SF ; il inventa le terme de scientifiction pour synthétiser tous
ces concepts. Dans les années 50, le Prix Hugo sera créé par
la profession des auteurs et éditeurs pour récompenser les
meilleures oeuvres du genre (par réaction, les fans vont créer
le prix Apollo). Le développement des pulps va permettre aux
lecteurs de s’exprimer ; ce mouvement sera appelé fandom ;
il sera à l’origine de réunions de fans, appelées conventions,
qui sont aujourd’hui de grandes messes autant que des rendez-vous incontournables pour les auteurs qui veulent rester
proches de leur lectorat. Le second âge d’or de la SF au
cinéma correspond aux fifties, dont l’atmosphère est rendue lourde par la Guerre Froide. La
vague des soucoupes volantes (Le Météore de la nuit, La Guerre des mondes, L’Invasion des
profanateurs de sépultures, Planète interdite...) déferle alors sur les écrans. C’est l’apogée
des space opera grandioses, mais aussi de l’heroic fantasy, où des héros musclés luttent contre des forces occultes omnipotentes. Ce mouvement a été initié par Le Seigneur des Anneaux
(Tolkien, 1954-1955, à noter que ce roman a été élu «Roman du siècle») et la série des Conan
de Robert E. Howard (à partir de 1925). Quel est l’âge d’or de la science-fiction ? Quatorze
ans, répondit un jour Isaac Asimov, auteur des cycles de Fondation et des Robots. Les années
40-50, c’était l’âge d’or de la SF.
Les années 60 et 70 sont marqués par la Guerre Froide et le Vietnam. Les auteurs tournent résolument le dos au Sense of Wonder qui guidait les oeuvres auparavant. Un auteur comme Philip K.
Dick est le plus représentatif de cette période. Centrée sur l’exploration des
univers intérieurs de ses héros, son reuvre (Ubik, Le Dieu venu du
Centaure) est profondément désespérée. Le libéralisme triomphant est
retourné systématiquement, procurant une atmosphère sombre et pessimiste aux productions de cette période. Un autre mouvement, la new
wave, cherche d’autres voies au travers d’une esthétisation, d’une expérimentation de l’écriture. Michael Moorcock, rédacteur en chef de la revue
anglaise New Worlds, et J. G. Ballard sont les portes-drapeaux de cette
génération. Le roman le plus marquant est Jack Barron ou l’éternité
(1967), de Norman Spinrad, qui dénonce le pouvoir accru des médias et la
prédominance de l’argent. Le quotidien est source de malheur, de
4
névrose, de déchéance. Le manifeste officie
visions (1967) coordonné par Harlan Ellison
Véritable révolution, le livre ira même jusqu’à
Stanley Kubrick lâche en 1968 une bombe dans l
cinéma de SF : 2001, l’Odyssée de l’espace (ad
velle d’Arthur C. Clarke) est une fable métaphy
messianiques; le film inaugure l’ère de la SF
mencera 3 ans plus tard avec Orange mécan
réflexion sur le libre arbitre et ses limites.
En 1977 renaît le genre du space opera, où d
fendent l’espace pour guerroyer dans des mondes
au film Star Wars : A New Hope de George Luc
une seule langue et une seule culture (comm
d’Isaac Asimov), l’univers est une mosaïque de
en butte à des luttes de pouvoirs (La Stratégie
Card, en 1977, et Hypérion, de Dan Simmons
modèles de constructions de mondes entiers).
années 80 une nouvelle tendance, qui s’appu
numériques et optiques. C’est le cyberpunk, init
1984. Ces techniques sont intégrées à la vie cou
tent contre les multinationales. Les films Total
1998) rejoignent cette vision désenchantée.
Forts de toutes ces brèches ouvertes par les
apparition sur le marché global de l’édition
roman épique (Les Guerriers du silence, 1995
lance dans le space opera politique avec Des
Valerio Evangelisti, avec les aventures de l’
mélange avec
depuis de nom
avec des aute
paysage du tem
Brin (Marée st
presque rien,
philosophique,
trilogie des Fo
La science-fict
fantaisies de sav
qui interroge l
époque, suscita
QUAND LA SCIENCE-FICTION S’EVEILLE,
LES EDITEURS EXPLOITENT CE GENRE MARGINAL
La littérature d’anticipation connaît
en France un regain d’intérêt. La science-fiction ne représente certes
qu’un très petit segment de l’édition,
aujourd’hui dans l’actualité grâce au
Salon du livre. Mais les statistiques
sont trompeuses. Car ce genre, qui
étend souvent son influence à la littérature générale, voit ses ventes progresser régulièrement. Il est à l’origine d’un incontestable dynamisme
éditorial nourri par une génération
montante d’auteurs.
Si le terme cyberspace figure aujourd’hui en bonne place aux côtés d’e-mail,
start-up, protocole http, etc., dans les glossaires destinés aux intemautes, ce
n’est pas parce qu’il a été inventé par un gourou de la Toile. Il est sorti de
l’imagination fertile de l’auteur d’un thriller informatique dans lequel le
cerveau du héros est branché sur des banques de données, Voilà plus de
quinze ans, en 1984, l’Américain William Oibson publiait Neuromancien, le
roman fondateur du courant cyberpunk, un sous-genre de la science-fiction
fortement influencé par les nouvelles technologies. Depuis, la science-fiction
a continué à contaminer le réel, et certains des rêves les plus fous de ses
auteurs pourraient bientôt se réaliser. La recherche permet d’espérer l’invention de molécules contre le vieillissement, la téléportation devient envisageable grâce à la compression des données et si certains ont dû renoncer aux
Martiens, de nouvelles galaxies sont sans cesse découvertes.
Le cinéma est le grand bénéficiaire de cet engouement pour la science-fiction, comme l’a montré récemment le succès de « Matrix “ ou la renaissance
de Star Wars. Dans l’édition, en revanche, cette discipline reste marginale.
Des frontières difficiles à établir
« Ce qui est terrible, c’est que la plupart des amateurs de Matrix ou de La
Guerre des étoiles ne font pas le rapprochement, ils ne se rendent pas compte
que c’est de la science-fiction », s’indigne Doug Headline, directeur de
6
la collection Fantasy chez Rivages. «
envahir à partir de la littérature, ma
aurait pas eu 2001 sans le roman d’A
“Matrix’. sans les mangas japonais
dessinée américaine, elle-même in,\’
années 50 », explique-t-il.
En 1999 (*), le chiffre d’affaires des li
fiction, terreur, épouvante “ a représe
seulement 0,6 % des ventes de l’éditi
al de l’édition. Une goutte d’eau, donc
si l’on s’en tient à une définition strict
tastique, Le constat est le même en te
Aucun livre de science-fiction ne fig
ventes 1999 établi par Livres Hebdo.
Mais les chiffres sont trompeurs. Les
ciles à définir et la science-fiction éten
générale. Des oeuvres comme Les Rac
Particules élémentaires, de Michel Ho
Werber, intègrent ainsi largement u
appartenant à des collections générali
«Quand on y réfléchit bien, s’intéress
tie des obsessions scientifiques qui on
ticipation», note Benoît Cousin, édite
Lu, qui publie deux collections de sci
Millénaires, créée en 1998- en semi
observe qu’«une contamination des g
de se produire. Certains romans sont
de la science-fiction. Ce sont des roma
plus intéressants.».
Pour sa part, Jacques Chambon, ancie
demi la nouvelle collection moyen
volontairement donné à celle-ci une
tome des nouvelles de Richard Math
cela annonçait bien la couleur : c’est
res, du thriller au fantastique, en pas
très représentatif de I’éclectisme que je compte faire prévaloir. » Le directeur
d’ImaGine ajoute que ce décloisonnement est aussi une manière, en supprimant «l’étiquette science-fiction», de faire découvrir cette littérature à des
néophytes, souvent armés de préjugés contre un genre dit « populaire ».
Car la science-fiction reste bien le vilain petit canard de l’édition. Jacques
Baudou, pour Le Monde, et Philippe Curval, pour Le Magazine littéraire, font
partie des rares chroniqueurs de science-fiction, ce genre auquel Bernard
Pivot n’a consacré qu’une seule émission. «La science-fiction est une littérature illégitime et c’est précisément de cette illégitimité qu’elle tire sa force,
son impertinence... Cette littérature ne sera jamais acceptée, et Dieu merci!»
se plaît à souligner Daniel Riche, ancien directeur de collection au Fleuve
Noir.
L’effet « an 2000 »
Malgré ces problèmes de médiatisation et de reconnaissance auprès du grand
public, la littérature de science-fiction connaît actuellement un regain
d’intérêt comparable à celui des années 50 ou des années 70. Même si elle ne
constitue qu’un très petit segment du marché de l’édition en termes de
progression des ventes, la science-fiction se porte bien. Selon les chiffres du
Syndicat national de l’édition, les ventes du segment «science-fiction, terreur,
épouvante» ont ainsi progressé de 8,4% en valeur entre 1998 et 1999, et de
près de 20 % entre 1996 et 1999, dans un marché de l’édition frappé
d’anémie, à l’exception de l’an dernier.
Sur le court terme, le passage au troisième millénaire semble avoir joué un
rôle important dans l’intérêt renouvelé des lecteurs français pour une littérature dont beaucoup de classiques de La machine à explorer le temps, de H. G.
Wells, à 1984, de George Orwell, et à 2001 l’Odyssée de l’espace - jouent sur
l’imaginaire du futur et la projection dans l’avenir. A la FNAC, une opération
spéciale science-fiction alliant textes et bandes dessinées sur le thème
«Changez d’ère!» a remporté un franc succès début 2000. «Symboliquement,
organiser cette opération au moment du passage à l’an 2000 tombait bien»,
explique Pascal Godebillon, responsable des produits BD, science-fiction et
policiers à la FNAC. Témoin de cette réussite, la progression du chiffre
d’affaires du segment «science-fiction, fantastique, terreur», a battu des
records au premier semestre. Les livres grand format ont été les principaux
8
gagnants de l’opération : leurs ventes
rapport au premier semestre de l’an
l’année 1999, la croissance s’était éle
L’an 2000 a été doublement célébré p
également les trente ans de 1eur co
Publication en Librio d’«Une histoi
Sadoul, en quatre volumes, sortie du
Bordage en six épisodes et succès
Voyageurs, début mai à Saint-Mal
d’édition a cherché à “marquer le cou
une émulation science-fiction sur tout
Les éditeurs n’ont pourtant pas atten
mettre la science-fiction à l’honneur. L
ventes s’accompagne, depuis quelqu
incontestable qui a vu notamment l’
français n’ayant plus rien à envier
Ayerdhal, Serge Lehman, Jean-Claud
de cette nouvelle génération d’auteu
années 80, a succédé aux écrivains
politisés et engagés, comme Gérard K
Multiplication des collections
«En termes de chiffre d’affaires, c’est
pavé. Ils sont même passés devant
dehors des classiques comme Herber
meilleures ventes», commente Benoît
La qualité de cette nouvelle génération
place accordée à l’écriture, après tan
contenu importait, explique Daniel R
compris qu’il fallait renouer avec
techniques littéraires traditionnelles”
Cet art du récit de science-fiction est
de Serge Lehman. auteur de romans (
de nouvelles (Nulle part à Livérion, L
gies (Escales sur l’horizon). La science-fiction, analyse-t-il, est “moins un
genre littéraire qu’une langue étrangère qui procure à ses initiés un vertige
(...), le plaisir d’avoir repéré les indices qui permettent de déchiffrer un
monde totalement étranger. Tout l’art de la narration réside dans l’habileté
avec laquelle l’auteur distille ces indices. Le renouvellement rapide des
collections est un autre signe de la bonne santé de la science-fiction française.
La création de la petite maison d’édition Mnémos, il y a cinq ans, a été suivie de l’apparition d’une myriade de micro-éditeurs, parmi lesquels
Naturellement, Nesti Veqnen ou Orion.
En janvier 2000, le Fleuve Noir a mis fin à ses très populaires collections de
poche, pour ne plus publier qu’une édition moyen format.
L’autre grand événement de l’année aura été la reprise en poche par
Gallimard de la collection moyen format Présence du futur de Denoël.
L’arrivée de la science-fiction chez Gallimard est interprétée de façons
diverses. Pour certains, c’est le signe que ce genre a enfin gagné ses lettres
de noblesse, pour d’autres, comme Gérard Klein, cette décision de l’éditeur
de reprendre en format poche le fonds littéraire de sa filiale est motivée par
“des soucis de gestion interne et de rentabilité”. Le directeur de la collection
Ailleurs et Demain (Laffont) souligne que la multiplication des collections
semble avoir atteint ses limites : « Quand les éditeurs pensent, à ton ou
à raison, qu’un genre marche bien, chacun veut sa collection. Mais il n’y a
de place dans l’édition de science-fiction que pour huit à dix collections.
C’est une constante depuis les années 50, et c’est pourquoi de sérieux
réajustements se produisent actuellement.»
En effet, si les collections de science-fiction se multiplient, le lectorat
n’augmente pas dans les mêmes proportions et repose encore largement, en
dépit des efforts de promotion des éditeurs, sur une frange d’initiés. Doug
Headline observe: «Il y a une pléthore de collections depuis deux ans, et
beaucoup trop de mauvais livres sont publiés. La bulle va éclater, certaines
collections s’arrêteront et leurs éditeurs se mordront les doigts. Le lectorat
de la science-fiction n’est pas extensible à merci. Il est souvent constitué de
jeunes avec un faible pouvoir d’achat». Mais ce sont précisément ces jeunes
qui, connectés à Internet, amateurs de jeux vidéo et rompus au multimédia,
pourraient permettre à la littérature de science-fiction de faire peau neuve.
10
Car c’est peut-être dans les groupes de
des univers raffinés et barbares des je
inquiétants des jeux de rôle que l’aven
(*) Dernières statistiques de l’édition
La littérature d’anticipation a largement investi la Toile
Outil privilégié d’échanges très prisé des amateurs, Internet compte quelque
30.000 sites ou pages personnelles consacrés au genre.
La littérature de science-fiction pourrait enfin accéder à la reconnaissance
dont bénéficie déjà le genre sur grand écran grâce aux mutations technologiques de ces dernières années. La présence de la littérature de sciencefiction sur Internet, même si elle est difficile à évaluer économiquement,
progresse en effet à grands pas. Source d’inspiration pour, les auteurs, qui
sont nombreux a avoir imaginé depuis longtemps la communication en
réseau, la Toile est aussi un outil privilégié d’échanges pour le noyau dur
des lecteurs de science-fiction.
D’après le Guide Totem de la science-fiction (Larousse), il existe pas moins
de 30.000 sites Internet ou pages personnelles liés au genre. Des bases de
données, véritables encyclopédies consacrées à la science-fiction comme
XLII (www.quarante-deux.org) ou Noosfere (www.noosfere.com), aux sites
des magazines et revues, en passant par les sites personnels, la littérature de
science-fiction a largement investi le réseau mondial.
Du fanzine à I’e-zine
“Comme tous les amateurs de culture “Underground”, ou en tout cas mal
acceptée par /a culture dominante, les amateurs de science-fiction ont
toujours énormément correspondu entre eux “, explique Daniel Riche, ancien
directeur de collection au Fleuve Noir. “ Au “fandom” des années 30 et 40 ce petit milieu constitué de lecteurs et d’écrivains dialoguant par l’intermédiaire des fanzines (NDLR : bulletins de liaison sur l’actualité du genre
destinés aux fans) - ont succédé les e-zines, forums de discussion sur Internet
qui sont l’archétype de l’outil dont les amateurs de science-fiction ont
longtemps rêvé.“
Les moteurs de recherche permettent de trouver plusieurs centaines de sites
personnels, au graphisme souvent bigarré et très étudié, sur lesquels les fans
présentent biographies d’auteurs, critiques d’ouvrages et forums de discussion. LivreSF (www.multimania.com/livreSF), par exemple, propose aux
internautes de participer à la rédaction d’un roman de science-fiction interactif, de télécharger des nouvelles et des romans écrits par certains visiteurs du
12
site, de visiter une galerie de photos e
l’espace prises par la NASA. Ce méla
tent les technologies multimedia, pou
popularisation de la science-fiction,
visuel des lecteurs, passerelles entre é
Des expériences de collaboration ent
vidéo ont d’ailleurs débuté, notammen
nouvelle d’Hervé Jubert, sorte d’intr
inclue dans le coffret du jeu « Deep F
septembre dernier, il a été suivi d’un
la suite. Une expérience similaire avai
avec l’adaptation romanesque d’« Atl
C’est dans une même perspective de m
Benoît Cousin, jeune éditeur du pô
publication en mai 2001 d’un roman
nouveaux mondes. Une version en
semaines avant sa mise en rayon. E
renvoyant à un site Internet sur lequ
traduiront l’univers du roman et perm
à un élément graphique. Autant d
graphique, ludique, virtuel et écrit.
« L’ auteur de SF raisonne comme un entrepreneur »
Pour Michel Pébereau (*), lecteur passionné de science-fiction, les patrons
doivent exercer leurs capacités de création et d’imagination.
Comment est né votre intérêt pour la science-fiction ?
Tout à fait par hasard, il y a un peu plus de trente ans. J’étais, à l’époque,
jeune inspecteur des finances en mission à Madagascar pour une enquête sur
le fonctionnement de l’ensemble des organismes français de coopération et
de recherche en matière agricole. Pendant les week-ends, j’avais besoin
de lecture, donc je suis allé à la librairie de Tananarive. Comme j’avais lu à
peu près tout ce qu’il y avait en matière de littérature générale, j’ai découvert
le rayon science-fiction, qui était composé d’une série de la collection
Présence du futur de Denoël, C’était un genre littéraire dont j’ignorais tout,
sauf Jules Verne, bien sûr. A l’école Polytechnique, certains de mes
camarades en lisaient. Moi non ; j’étais alors plongé dans Apollinaire.
Depuis, je n’ai plus quitté la SF. Des conversations avec un ami psychanalyste m’ont permis d’en avoir une approche plus éclairante et vraiment
intéressante. Je lis une douzaine de livres par mois et j’en critique quatre à
cInq pour la revue La Recherche.
Quels sont vos auteurs préférés ?
Croisière sans escale de Brian Aldiss, Solaris de Stanislas Lem, Fondation
d’Asimov, Ubik de Philip K. Dick font partie des livres qui m’ont attiré vers
la science-fiction. Mais depuis, j’ai constaté que, dans ce genre, plus peutêtre encore que dans les autres, si on laisse de côté les romans d’aventures
écrits à la chaîne, il y a presque toujours quelque chose à découvrir chez un
auteur.
Cela dit, il y a des oeuvres qui se détachent par leur ambition, leur force, leur
cohérence, la fascination qu’elles exercent sur le lecteur : le cycle des
Fondation d’ Asimov, mais aussi celui de Dune d’Herbert, d’Hyperion et d’
Endymion de Dan Simmons, ou la série consacrée à la colonisation de
Mars, de Kim Stanley Robinson, ou encore Le Fleuve de l’Eternité de
Farmer. A mon avis, ils se comparent très favorablement aux grandes fictions
du XIXe siècle; ils emportent le lecteur avec autant d’efficacité que les Trois
14
Mousquetaires de Dumas. Mais ils
explorent de nouveaux mondes, de no
transpositions de notre propre univers
Que vous apportent vos lectures ?
La démarche intellectuelle de la scien
principe de la démarche littéraire h
démarche mathématique dans laquell
un certain nombre de théorèmes : on
logique. Le raisonnement aux limit
démarche mathématique. Qui devien
ables sont poussées à leur limite
drogues se généralise, se banalise ?
humain des séries de microprocesseu
Et puis, vous savez, la démarche de l’
démarche entrepreneuriale. Le raison
nous nous retrouver si je pose tels pos
l’entrepreneur à chaque instant de sa
prise dans deux, trois, cinq, dix ans si
fiction fonctionne sur un mode de pur
I’impression qu’elle relève puremen
hobby un genre littéraire qui vous con
votre métier ne me paraît pas absurd
neurs doivent exercer leurs capacités
A votre avis, comment se porte la litt
Aujourd’hui, il existe en France un co
le courant américain. Simplement, il
forte de la part des lecteurs. Jusqu’
réalisé une oeuvre de la dimension de
très grands auteurs qui n’ont jamais c
G.J. Arnaud, ou J. P. Andrevon, et d’
donné le genre, comme M. Jeury. Mai
laquelle figurent Ayerdhal, Pierre Bor
Roland Wagner, qui a la capacité d
ampleur. L’émergence de cette jeune génération est accompagnée par les
éditeurs : plusieurs s’intéressent au genre, et de nouvelles collections
apparaissent ; des périodiques aussi. La SF française se porte bien, et elle
devrait nous étonner dans les années à venir.
NIOU
L’auteur de 2001, l’odyssée de l’espace
janvier dernier, depuis sa résidence au
que le 1er janvier 201 était bien la date d
3ème millénaire... Ce problème de date
l’an dernier à la même date il avait vilipe
3ème millénaire un an trop tôt... C’est vr
Propos recueillis par D. M.
(*) Michel Pébereau est PDG de BNP Paribas.
drier...
A noter la réédition du chef d’œuvre de
poche chez J’ai Lu et chez Omnibus qui
gros volume titré Les Odyssées de l’espa
Cette fois c’est raté : le père fouettard de
bien en fait- Stephen King vient de mettr
juillet dernier, pour la deuxième fois, il pub
des années 80. The Plant (en français,
mais King espérer rentabiliser l’affaire
chèque de 2 dollars en échange... Eh bie
tats de l’opération, M. King a mis fin aux
net...
Les premières images de La Planète des
premiers Batman, Sleepy Hollow, Beetle
officiel du film. Le réalisateur a signé ave
sion de l’histoire déjà racontée par Frank
rôle principal est cette fois tenu par Mar
d’Helena Bonham Carter (Frankenstein)
juillet aux Etats-Unis. www.planetoftheap
Qui l’eût cru ? C’est le réalisateur d’orig
Dragon), qui a été retenu par les studios
tures au cinéma de l’incroyable géant ve
même. Le film, qui entrera en tournage d
Californie, et mettra aux prises un Hulk
américaine. Les tanks vont voler bas à B
Pour tous ceux, très nombreux, qui a
Seigneur des Anneaux par Peter
(www.lordoftherings.com), superbe offre
16
neuve qui donne un avant-goût des images du film. Ca fait plutôt envie...
film a débuté en janvier à Los Angeles.
Des rumeurs du Net (à prendre avec des pincettes, donc) prétendent que George
Lucas et le producteur Rick Mc Callum auraient fait appel à Steven Spielberg pour
retravailler le montage de l’Episode II de Star Wars. Une rumeur qui, si elle se
confirme, amène 2 réflexions :
1. Ca va pas être facile de tenir les délais pour une sortie prévue toujours à mai
2002 aux States.
Ca doit être un beau bordel leur synopsis pour qu’ils aient lancé un SOS pareil. Ca
promet... par ailleurs George Lucas commence à révéler des détails de ce deuxième
épisode. Il annonce un scénario très sombre qui doit mener Anakin Skywalker à se
transformer peu à peu en Darth Vader. Ce bon vieux George reconnaît que le film
ne sera peut-être pas aussi attirant pour le grand public. En attendant d’en savoir
plus, de nouvelles images du tournage sont visibles sur le site officiel
(www.starwars.com).
Après avoir nié pendant des années, le r
qu’il travaillait sérieusement sur une nou
datant de 1982 : Tron. Celui-ci racontai
vidéos propulsé à l’intérieur du cerveau d
prédateurs logiciels et de jeux électroniq
acteurs réels et effets vidéos virtuels, ce
donc difficile d’être aussi visionnaire aujo
sont devenus monnaie courante.. C’est d
Le réalisateur Darren Aronofsky (Pi), qui dirigera le cinquième Batman a décidé de
faire du neuf : il travaille sur le script avec l’auteur de la BD, Frank Miller. Aronofsky
semble vouloir renouer avec le Batman sombre et gothique des premiers épisodes
(signés du grand Tim Burton). Ce n’est qu’une déclaration d’intention, mais vu que
les derniers Batman battaient des records de débilité, ça fait quand même plaisir...
Wes Craven (Freddy I, les trois Scream) travaille à une adaptation du classique
Alice au pays des Merveilles de Lewis Carroll, sous un angle volontairement
sombre. On n’en sait pas beaucoup plus, si ce n’est que Natalie Portman (Leon,
Episode I) pourrait incarner l’Alice en question.
Plus gros, plus fort, plus terrifiant... C’est la règle édictée par Steven Spielberg pour
le troisième volet de Jurassic Park. Les studios ont donc sorti de leur chapeau de
nouvelles races de dinosaures. On parle d’un spinosaurus de 11 tonnes à côté
duquel le T-Rex semblerait aussi inoffensif qu’une mouche apathique. Sam Neill et
Laura Dern sont les seuls acteurs des précédents épisodes à retenter l’aventure
puisque Jeff Goldblum et Sir Richard Attenborough ont décliné l’offre (peur du
spinosaure peut-être ?). Ils ont été rejoints par Tea Leoni dans ce film de Joe
Johnston (Jumanji).
C’est en mars 2002 que sortira sur les écrans américains le Spiderman tant
attendu (donc en France pour l’été de la même année, patience...). Peter Parker
sera incarné par Tobey Maguire, le rôle du super-vilain Green Goblin revient finalement à Willem Dafoe (Speed 2), et non à John Malkovich, comme ce fut annoncé
initialement. Par ailleurs, c’est David Koepp (scénariste de Jurassic Park) qui signe
le script et Sam Raimi (Evil Dead 2, Mort ou vif) qui dirigera le film. Le tournage du
18
KRONIX
UN BRUCE EN VERT INCASSABLE
A l’aube de l’année 2000, un OVNI a fait irruption dans le paysage cinématographique. Sixième Sens, troisième long-métrage du jeune réalisateur Maloj
Night Shyamalan, a bousculé les habitudes : un metteur en scène inconnu, un
acteur has-been (Bruce Willis), une histoire vaguement fantastique. A l’arrivée,
Sixième Sens est devenu le 10ème film le plus rentable de l’histoire du cinéma. A
peine un an plus tard, on prend les mêmes et on recommence. David Dunn est un
homme médiocre, il a raté sa carrière de sportif de haut niveau mais ne dort plus
avec elle. Un jour il échappe à un effroyable accident ferroviaire. Le problème,
c’est qu’il est le seul survivant, et qu’il n’a même pas une égratignure. Il est
alors contacté par Elijah Price (Samuel L. Jackson, qui arbore une coiffure improbable), propriétaire d’une galerie consacrée aux comics, qui a la particularité d’être
fragile comme du verre à cause d’une maladie rare des os. Selon lui, Dunn serait
une sorte de super-héros d’une résistance extrême (sinon absolue)), voué à répandre le bien autour de lui. Dunn le prend d’abord pour un dingue avant de réfléchir à
sa situation et de se transformer en justicier de l’ombre. Et ça le fait. Bruce Willis es
transfiguré (ce n’est plus l’acteur de Piège de Cristal), l’histoire se tient tout en glissant dans un fantastique somme toute très américain, et on est encore surpris à la
fin. On retrouve (avec une joie toute cinéphilique) les éléments qui ont fait le succès
de Sixième Sens : une écriture extrêmement maîtrisée, un jeu des symboles très
subtil (à l’indienne), et un faux rythme lent propre au cinéma indien. Un très grand
film.
PLANETE ROUGE DE HONTE
en 2065, la terraformation de Mars a sérieusement commencé. Des sondes
contenant des algues ont été implantées sur la planète rouge. L’une d’elles ne
répond plus. Une mission humaine est envoyée pour enquêter. Celle-ci est commandée par une femme (Carrie-Anne Moss, Matrix et Memento) mais ne comporte
pas d’acteur de couleur. Pour le politiquement correct, c’est déjà raté. Mais lorsqu’ils
arrivent à proximité de Mars, , un incident technique les oblige à quitter le vaisseau
(on a beau dire, la technologie russe, ça tient mieux !), en laissant leur commandante se débrouiller pour réparer en orbite. Les gars, menés par Val Kilmer (pour le
pire, Top Gun, Le Saint, L’île du Dr Moreau, pour le meilleur, je cherche encore),
arrivent donc sur Mars pour niquer les martiens s’ils existent. Et deux d’entre eux
meurent connement (il faut bien le dire) tandis que leur robot d’exploration, Amee,
pète un processeur et se prend pour le prédateur d’Alien. Et puis vient LA révélation
du film : on peut respirer sur Mars ! La cause n’est même pas crédible. Et pendant
20
ce temps, Carrie-Anne Moss se balade e
dans Alien, tiens, tiens) dans un grand va
de manière décalée, comme si le scénario
L’Arme Fatale 4) que Kilmer et Moss on
but du viril héros, alors qu’il est poursui
donc être de revenir dans le vaisseau tou
russe échouée là depuis un demi-siècle v
disais !). où l’on apprend qu’un modem a
logiciel de navigation russe de 2010...
La réalisation est plate, les arguments s
mais ce n’est pas nouveau) plutôt inex
sans... Il reste quelques moments sympa
quitter le sol de Mars, brandit un doigt de
Intéressant... Après le blockbuster mystiq
le navet d’Anthony Hoffmann marque
Amerloques avec Mars. On attend don
Carpenter (New York 1997, Halloween,
chance... Mais vraiment la dernière.
A voir pour les cuisses de Carrie.
L’EXORCISTE A POIL DEVANT LE PRIS
13 mars 2001 : votre serviteur est invité à
intégrale de l’un des films les plus cultes
L’accroche de l’affiche est alléchante : «
comme vous ne l’avez jamais vu ! ». Si je
il y a des trucs terrifiants, des têtes qui s
ment tordus, des maquillages saisissant
vomir dans la salle ! Je propose à plusie
ne veut, sans doute à cause de leur esto
sac idoine. Bon, pour ceux qui ne connai
fille est sous l’emprise d’un démon prob
(Max Von Sydow, excellent comme à so
l’exorcisme. Le film est le prétexte à une
physiques, lévitations, mutilations, torsion
sante, mais pas dans une salle de 500 p
moindre hurlement de la Bête. Le film dur
elle n’apporte rien à l’histoire) n’a été r
d’œuvre du cinéma fantastique, mais cet
monde connaît déjà.
William Friedkin (le réalisateur) et William
avaient juste besoin de payer leurs impô
ASTERIX ET LATRAVIATA’RTAGUEUL A LA RECRE
Mais pourquoi Astérix dans Ansible, me direz-vous ? Il n’y a pas de fantastique ni
de SF dans Ils sont fous ces romains ! Certes, mais on atteint avec ce 31ème album
un sommet de surréalisme, voire de ridicule. Je vais m’expliquer, même si la plupart
d’entre vous l’ont probablement déjà acheté à l’heure où vous me lirez. Entouré du
plus grand mystère (pour cacher son indigence ?), cet album est sorti le 14 mars
simultanément sur toute la France (3 millions d’exemplaires, tant qu’à faire dans le
pharaonique...). Bon alors, c’est l’anniversaire d’Astérix et d’Obélix (nés le même
jour, c’est pratique) ; leurs familles leur offrent un glaive et un casque qui appartiennent en fait à Pompée, le rival de César ; celui-ci envoie dans le petit village qui
résiste encore et toujours à l’envahisseur une actrice, Latraviata, maquillée comme
Falbala, dont Obélix a jadis été amoureux. Arguant d’une amnésie bien pratique,
elle essaie de séduire les deux Gaulois afin de leur dérober les objets. Bref, il ne se
passe pas grand-chose, ce ne sont que quiproquos, rencontres fortuites entre le
village et Condate (Rennes), où sont séquestrés les pères des deux amis. En plus
d’être une opération commerciale typique de la paranoïa de son auteur (Uderzo),
c’est une œuvre artistiquement discutable : il ne dessine pratiquement plus (il n’a
que deux doigts non atteints de paralysie) et les couleurs ont l’air d’avoir été faites
sur ordinateur ; de plus, les personnages (mis à part les parents d’Astérix et Obélix)
et les situations ont déjà été utilisés par le regretté Goscinny. Bref, à force d’exploiter
le filon, il se dilue.
ORSON SCOTT CARD : PLUS DE CREDIT
Les Enfants de l’esprit était l’un des ouvrages les plus attendus de la Sciencefiction, au même titre que L’Héritage de Saint Leibovitz. Ce récit, qui clôt le cycle
d’Ender, initié par La Stratégie Ender, tourbillon de virtuosité et d’originalité
(justement récompensé par les prix Nebula et Hugo), sombre dans un galimatias
mystico-poussif (normal, c’est un Mormon). Souvenez-vous : Ender c’est un petit
garçon qui, dans un futur relativement éloigné, est élevé pour devenir un stratège
militaire. Il réussit si bien qu’au cours de ce qu’il croyait être une énième simulation,
il vaporise intégralement la civilisation la civilisation des Doryphores, alors ennemi
juré de l’humanité. Par la suite, dans La Voix des Morts et Xénocide, il va tenter de
trouver un foyer pour la dernière Reine des Doryphores, sauvée in extremis de la
mort ; il va également tenter de trouver la paix de l’esprit en épousant une veuve sur
la planète Lusitania, au milieu de cet étrange petit peuple des Piggies.
Dans cette troisième suite, on assiste à la lente agonie d’Ender, entouré par sa
famille véritable et d’adoption, mais aussi à la disparition puis à la renaissance de
Jane, sa compagne-intelligence artificielle (dont l’origine reste obscure). Andrew
Wiggin, alias Ender, n’est plus le héros du cycle ; on suit plutôt la renaissance
22
physique de Jane (dans le corps d’une de
de son frère Peter dans des sociétés ori
adoptifs et de ses 3 ex-femmes (la vie m
pipe, un comble pour un personnage d
Stratégie Ender. L’ensemble est très bav
religieux dans la droite ligne de Xénocide
Arrêtez d’écrire des suites !
LES STRYGES SONT PARMI NOUS !
Un coup de cœur BD en marge de l’a
Depuis maintenant 3 ou 4 ans, un jeune
iste, Eric Corbeyran, construit un multive
nant autour du mythe des stryges. Q
qu’un stryge ? (je dis bien un) C’est une c
humanoïde ailée dont on retrouve la tra
de nombreuses civilisations. Récupér
ensemble d’éléments de mode d’aujourd
Files, les jeux de rôle...) et des littérature
(Lovecraft, entre autres), Corebeyran c
un réseau qui vise à instiller une sourde
tude sans pratiquement rien dévoiler, à
haleine jusqu’à la dernière page. La p
série, Le Chant des Stryges, superbeme
en images par Richard Guérineau (on e
lera de celui-là, croyez-moi), narre les in
tions d’un groupe disparate, un écriv
ancien du FBI (tiens, tiens...) et un étrang
au sujet de créatures gardées dans les
cinquième volume va clore le cycle en juin
chose. La deuxième série porte sur l’un
compte deux volumes et devrait s’ache
déserte en Bretagne, un groupe de joueu
la chasse où le gibier est l’humain. Grég
volume du troisième volet vient de sortir ;
petit noblaillon du 14ème siècle, dont le
tranges créatures ailées. Michel Suro
graphique. Une quatrième série est en pr
Corbeyran veut en venir, mais il a le mérit
ailleurs Le Fond du Monde, Sales Mioch
Site officiel : www.stryges.com
ROSWELL, WELL, WELL
Juste quelques mots sur une
série SF “soft” qui a débarqué
depuis quelques mois sur la
petite lucarne hexagonale.
Roswell est en effet diffusé le
samedi soir, en troisième position de la trilogie du samedi, sur
M6. On y suit les mésaventures
de trois lycéens de cette petite
ville du Nouveau-Mexique, qui
ont été recueillis enfants par
des gens du coin, et qui sont persuadés d’être des extra-terrestres. Tout en essayant
de retrouver leurs origines, ils doivent empêcher le shérif Valenti (William Sadler,
habitué des seconds rôles) de découvrir leur secret. Mais comment savent-ils qu’ils
viennnent d’ailleurs ? Eh bien, ils possèdent des dons pas courants : faire léviter
certains objets, écouter un CD simplement en le collant sur l’oreille... A noter qu’ils
adorent le tabasco et en mettent dans tous les plats (si ça, ça ne prouve pas qu’ils
viennent de Mars, je veux bien être pendu !). L’un d’entre eux, Max, a la pouvoir de
guérir les blessures par imposition des mains ; c’est comme ça qu’il a peu à peu
conquis le coeur de Liz (Shiri Appleby), qu’il a mise au courant de son secret. A michemin entre X-Files et Buffy, ces aventures légèrement fantastiques sont produites
par Kim Manners, habitué des tribulations de Mulder et Scully. Les trois adolescents
sont (très bien) interprétés par Jason Behr (aux grandes oreilles), la gironde
Katherine Heigl et Brendan Fehr(qui ressemble à Fox Mulder avec 20 ans de moins).
Le tout est introduit dans le générique par une mélodie entêtante de Dido, la révélation pop américaine du moment. Une série sympathique à suivre.
LEO, C’EST PAS DU CARPACCIO !
Depuis 1995, le dessinateur Leo (Trent) a lancé une
OPA sur la bande dessinée de SF. ses histoires se
passent plusieurs siècles dans le futur. Les terriens ont
lancé des vaisseaux dans l’espace pour trouver des
mondes viables et installer des colonies sur de
lointaines planètes. certains de ces vaisseaux se sont
perdus sur des mondes à la faune et la flore totalement
inattendues. Ainsi les protagonistes du premier cycle,
Aldebaran, sont confrontés à une créature polymorphe,
la Mantrisse, qui apparaît périodiquement pour délivrer
des cachets de non-vieillissement. Servi par un
graphisme réaliste un rien flamboyant, l’oeuvre délivre
24
des messages fondamentalement huma
dans le space-opera. Kim, personnage r
Bételgeuse, le second cycle. partie à
Bételgeuse-6, elle arrive, à la tête d’un p
pour découvrir que la petite colonie s’est
nauté où tout le monde est libre et respec
en l’intelligence supérieure des iums, so
système dictatorial, militaire, qui milite
d’appeler des renforts, Kim décide d’obse
tome 2, Les Survivants, on ne peut déjà p
nous fait presque oublier Aldebaran, qui é
A noter que cet univers a désormais son

Documents pareils