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LE SAVIEZ-VOUS ?
Daniel Ryckmans
1. Le traité transatlantique (PTCI, en anglais TTIP) mauvais pour les agriculteurs !
L’Union Européenne, et plus particulièrement le commissaire européen en charge
du commerce international Karel De
Gucht (il était en poste jusqu’à la mi-octobre), négocie (avec très peu de transparence) depuis des mois le Partenariat
Transatlantique pour le Commerce et les
Investissements (PTCI, en anglais TTIP
(Transatlantic Trade & Investment Partnership)) entre les E.-U. d’Amérique et
l’U.E. Il s’agit de créer un grand bloc commercial englobant l’U.E. et les E.U., zone
où les tarifs et taxes à l’importation disparaitraient et où les 2 partenaires reconnaitraient les standards commerciaux réciproques. Ce qui permettrait de diminuer
les coûts et favoriserait le commerce transatlantique. On parle de meilleures possibilités d’exportation (pour l’Union) de produits agricoles (pommes et poires notamment) et encore plus de denrées alimentaires (jambons, fromages, chocolats,
bières, vins et spiritueux). Cela signifierait
aussi que la viande hormonée étatsunienne ou encore les volailles traitées au
chlore pourraient arriver sur nos marchés
et dans nos assiettes, mais aussi plus de
soja et de maïs (généralement OGM) et
de nouveaux OGM ou des produits avec
des résidus phytos jusqu’à maintenant interdits en U.E.
Les partisans du projet parlent d’un
« gain » de 545 € par ménage européen
(grâce à des biens et des services moins
chers pour les consommateurs) ou encore
de la création de 2 millions d’emplois de
part et d’autre de l’Atlantique. Les adversaires font remarquer que les promesses
de gains, de créations d’emplois ou de
points de PIB gagnés annoncés pour les
précédents traités (GATT, création du
marché unique, introduction de l’euro,…)
n’ont pas été concrétisées, ou alors à des
hauteurs bien moindre qu’annoncées…
Si les traités de libre commerce peuvent
éventuellement promouvoir certaines de
nos exportations, ces traités peuvent aussi
rendre certaines de nos productions
beaucoup plus vulnérables à la concurrence (déloyale, si on pense aux hormones ou aux poulets chlorés par
exemple).
La plupart des organisations professionnelles et syndicales agricoles sont contre
le PTCI (ou en tout cas très critiques), et
veulent que l’agriculture européenne et
ses agriculteurs/trices soient protégés des
effets négatifs de ce projet de traité sur les
productions et manières de produire durables, liées au sol, respectueuses des
hommes/femmes et de l’environnement.
Crédit photo : Gérard Julien / AFP
Fiwap-Info N° 143 (Septembre – Octobre –Début novembre 2014)
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2.
Belspo, la politique scientifique belge, supprimée !
Suite à l’accord gouvernemental, le
SPP/POD (Service Public fédéral de Programmation scientifique / Programmatorisch federale Overheidsdienst Wetenschappelijk beleid) – mieux connu sous
le nom de BELSPO – est supprimé ! En
fait, et plus précisément, les services
BELSPO de l’avenue Louise (Bruxelles).
C-à-d les programmes de recherche, les
activités de coordination internationale,
les indicateurs scientifiques nationaux
(obligation européenne), les activités
aéronautique et le spatial ! Le problème, c’est que BELSPO est un Département totalement intégré. Il réunit 3.000
collaborateurs et notamment ceux des
10 établissements et musées fédéraux.
BELSPO est le seul SPF "ISO-9001", a été
finaliste de "l'organisation publique de
l'année" en 2014, a développé des systèmes de mutualisation de services, des
synergies, des effets de seuil...
Supprimer BELSPO (Louise) aura un impact direct, concret et fatal pour les
Etablissement
scientifiques
dont
« Belspo-Louise » assure l'essentiel des
services d'appui (personnel, budget,
comptabilité, services juridiques, marchés publics)... Mais aussi le financement et l'organisation des activités de
recherche qui sont, évidemment, essentielles !
Remplacer BELSPO par une "DG" cachée quelque part dans un SPF quelconque, va provoquer une inflexion fatale à la capacité de mettre en œuvre
et de développer une "politique scientifique" au niveau fédéral, c'est à dire une
stratégie de recherche complémentaire à celle des Régions et Communautés, orientée sur le coopération entre
toutes les compétences scientifiques du
pays et le volet international.
BELSPO avec son budget opérationnel
(600 millions d'€) et les dispositifs fiscaux
et para-fiscaux qu'elle organise, gère
47% des crédits publics de recherche en
Belgique. C'est dire à quel point cette
décision, si elle était mise en œuvre, serait catastrophique, à court, moyen et
long terme.
Ce démantèlement est lamentable et
inquiétant, d’autant plus qu’il y a
quelques semaines 5.000 scientifiques
belges,
néerlandophones,
francophones et germanophones, ont signé
un appel et une pétition à l’adresse de
Charles Michel et Kris Peeters afin de
préserver cette structure… permettant
à toutes les universités et centres de recherche du Royaume de collaborer
entre eux…
Photo 1. Collaborations inter universités
et centre de recherches du Nord et du
Sud de la Belgique grâce à Belspo : Un
drone du VITO (Mol) sur une parcelle de
pomme de terre de Gembloux (collaboration CRA-W – Fiwap) – projet IPot
(photo : Daniel Ryckmans / Fiwap)
Pour nous, Filière wallonne de la pomme
de terre, cette suppression est grave,
car elle pourrait affecter le projet iPOT
mené par Belspo, le CRA-W, le VITO,
l’ULg et Belgapom ainsi que le projet
Belcam, (CRA-W, VITO, UCL, ULg et
Belspo), auquel collabore la Fiwap (récolte de données au sol, c-à-d prélèvements aux champs).
Fiwap-Info N° 143 (Septembre – Octobre –Début novembre 2014)

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