Rapport d`activités 2013 - Association pour le Développement

Commentaires

Transcription

Rapport d`activités 2013 - Association pour le Développement
cultuel. Elle
constitue également un
formidable laboratoire marketing, car elle oblige nos chefs d’entreprises à concevoir des
produits et des process qui conviennent à la
diversité de la population.
" L’industrie
réunionnaise
n’est pas née au
XXème siècle : elle s’enracine beaucoup plus profondément, ce qui lui donne sa force. L’ADIR, indispensable tuteur, n’est
pas sa génitrice, mais une marraine attentive,
penchée depuis trois décennies sur le berceau
d’un bébé gigoteur, longtemps chétif mais de
plus en plus solide. Solide, mais toujours marqué par cette particularité, qui l’oblige à être,
tel un Petit Poucet de l’Océan Indien, toujours
plus imaginatif que d’autres : il est si loin si loin
de tout …. "
Ainsi se termine l’introduction du livre " 3O ans
d’industrie à La Réunion " sous la plume de
Daniel VAXELAIRE, publié par l’ADIR en novembre
2006.
Les choses ont quelque peu changé depuis sa
parution en novembre 2006 : mais à l’aube des
40 ans de l’ADIR, l’Industrie Réunionnaise reste
très fragile.
La crise économique mondiale a décuplé l’agressivité de l’importation en poussant les
exportateurs européens à écouler le surplus de
leurs productions sur nos marchés de délestage. Dans le même temps, la sévère diminution
des incitations fiscales à la construction de
logements a sévèrement ébranlé le secteur du
bâtiment et par extension les secteurs industriels qui lui sont liés.
Pourtant, de nouvelles opportunités s’offrent à
nous. Elles sont notamment liées à notre position géo-politique et géo-économique, que la
mondialisation a paradoxalement renforcée. Si
cette dernière nous expose à une concurrence
toujours accrue, elle nous situe aussi au centre
de flux qui se développent, notamment entre
l’Asie et l’Afrique et plus timidement au sein de
la zone Océan Indien. La Réunion se situe aujourd‘hui à la convergence de problématiques
qui dépassent largement notre périmètre relationnel historique.
Dans ce grand brassage mondial des cultures et
des modes de consommation, notre société
plurielle est un exemple sur les plans culturel et
Notre Gouvernance est également nécessairement originale. Nous sommes positivement
contraints à l’harmonie des usages dans une île
qui a l’honneur de voir une partie de sa superficie classée au Patrimoine de l’UNESCO. Cela
nécessite une ingéniosité et une intelligence
territoriale qui permette de combiner toutes les
contraintes, écologique, sociales et économiques, dans un contexte de croissance démographique dont la transition n’est pas encore atteinte.
Nous sommes donc obligés de transformer nos
contraintes en opportunités, ce qui peut nous
conférer une ambition légitime en termes
d’exemplarité . Comment ?
• En combinant notre exceptionnelle biodiversité avec le respect qu’on lui doit et
l’usage intelligent qui peut en être fait :
soulignons à cet égard, le projet ECO-EX,
porté par le Pôle de compétitivité QUALITROPIC, seul projet des DOM à avoir été
reconnu dans le cadre des investissements
d’avenir.
• En exploitant nos caractéristiques de "zone
non interconnectée" pour être innovant
dans les recherche de solutions énergétiques non fossiles.
• En se battant pour que notre éloignement
géographique soit gommé par un connexion
haut débit qui nous permette d’optimiser
nos compétences reconnues dans le domaine des TIC.
Si elles sont séduisantes et mobilisatrices dans
le moyen terme, ces opportunités nécessitent
cependant que les 3 fondamentaux du développement industriel de La Réunion soient sanctuarisés :
− un environnement des affaires propice à
l’activité,
− une stratégie partagée,
− des outils adaptés.
C’est au maintien et au renforcement de ces
trois fondamentaux que l’ADIR consacre son
énergie au quotidien, avec des convictions fortes :
•
•
•
•
•
On ne change pas la nature ; les handicaps
structurels qui caractérisent les RUP, les
DOM et La Réunion en particulier persistent : éloignement, géographie et climat
perturbés, étroitesse du marché,…. A ceuxlà s’ajoute un environnement constitué de
pays émergents ou en développement, aux
enjeux certes colossaux mais à la capacité
d’agir, d’investir et de consommer, encore
limitée.
La reconnaissance de ces handicaps et
spécificités doit recevoir l’écoute et la
détermination qu’ils méritent, à tous les
niveaux, et trouver sa concrétisation sous
forme de mécanismes de compensations
qui ont été mis en oeuvre et doivent rester
aussi pérennes que les handicaps qui les
justifient.
Les vertus de la production locale en termes de qualité, de proximité, de création de
valeur, mais aussi comme vivier de l’innovation, doivent être partagées et réaffirmées à tous les échelons politiques et de la
société civile.
L’obligation de voir grand suppose que l’on
nous donne d’abord les moyens de l’ambition partagée d’une meilleure pénétration
du marché domestique, et d’un déploiement
régional et d’innovations à l’échelle de nos
marchés.
La solidarité et la confiance envers les
entrepreneurs doivent être sans cesse
renforcées, aussi bien au niveau des politiques, quelle que soit l’échelle à laquelle ils
évoluent, qu’au niveau de la population dans
son ensemble.
De son côté, l’industrie réunionnaise confirme
sa volonté de relever les défis auxquels elle est
confrontée et réitère son engagement en faveur
d’une autonomie accrue en matière d’approvisionnement, basée sur une innovation produits
et process continue et sur une adaptation permanente aux évolutions des habitudes, des
exigences et des réglementations, pour autant
qu’elles soient adaptées .
La stratégie de l’ADIR est dans cette perspective fondée sur deux piliers :
− la consolidation de l’ancrage territorial du
tissu industriel,
− le positionnement des entreprises à l’international.
Jérôme ISAUTIER
Président de l’ADIR
L’ADIR
Association loi 1901
Créée le 9 août 1975 pour la promotion des
industries existantes et nouvelles à La Réunion sous le double patronage de la Préfecture et de la Chambre de Commerce et
d'Industrie de la Réunion.
Au service des industries de La Réunion
197 adhérents se répartissant ainsi : 161
entreprises industrielles, 4 entreprises de
services à l’industrie, 14 organismes financiers et assurances, 1 organisme consulaire,
6 sociétés membres associés et 11 personnes physiques.
•
•
•
•
•
•
Les missions de l'ADIR
La promotion des industries locales, de
leurs produits, des hommes qui y travaillent,
Le maintien d'un dialogue constant avec
les pouvoirs publics, pour créer un
environnement favorable au développement industriel,
La défense de l'intérêt collectif dans les
négociations avec les différents acteurs
du monde économique,
L'engagement de moyens d'études et de
recherches sur le développement industriel,
L’accompagnement technique au service
de la performance globale,
L’organisation de formations.
Les membres fondateurs
Messieurs René BARRIERE, Maximin CHANEKI-CHUNE, Henri Emile CORNU, Rémi FASTRE,
Abdéali I. GOULAMALY, Charles ISAUTIER,
Sulliman MOGALIA, Raymond ODE, Marcel
PERE, Alain PISSLER, Xavier THIEBLIN.
BANQUE de la REUNION, BNCI-OI, BOURBON
PLASTIQUES, CCIR (Chambre de Commerce
et d'Industrie de la Réunion), COGEDAL,
CORAL, Ets ISAUTIER, ISOPLAST, JEUMONT
REUNION, SATEC, SEICAR MIKO, SODERE,
SOREMA, SOCIETE SUCRIERE DU QUARTIER
FRANÇAIS, SYNDICAT DES INDUSTRIES ALIMENTAIRES DIVERSES.
Les présidents
1975 – 1981 : Xavier THIEBLIN,
PDG du Groupe Quartier Français
1981 – 1987 : Abbdéali GOULAMALY,
PDG du Groupe Océinde
1987 – 1989 : Raphaël CHANE-NAM,
PDG du Groupe Chane-Nam
1989 – 1996 : Paul MARTINEL, PDG de CILAM
1996 – 1999 : Gérard DEBEUX, PDG de STMB
1999 – 2011 : Maurice CERISOLA,
Directeur de Crête d’Or Entreprise
Depuis 2011 : Jérôme ISAUTIER
Directeur Général du Gpe Isautier
2
Environnement des affaires
Au niveau
communautaire
Avec d’autres acteurs économiques, l’ADIR a
rappelé aux instances locales, nationales et
communautaires, les leviers du développement économique du territoire, en cohérence
avec la stratégie de développement industriel
local. Cette démarche a notamment été
conduite avec l’appui d’EURODOM et en
concertation étroite avec la Région Réunion
et les services déconcentrés de l’Etat.
dans les RUP. Au final, le nouveau Règlement
d’Exemption par Catégorie permet d’accélérer les procédures pour les aides d’Etat en
faveur des RUP, ce qui simplifie non seulement la tâche des administrations dans leur
travail de négociation avec les instances
communautaires, mais permet aux entreprises de voir la mise en œuvre des dispositifs
de soutien au développement économique
dans des délais plus rapides qu’auparavant.
Positionner les entreprises
à l’international et favoriser
leur insertion régionale
Pour consolider l’ancrage territorial
du tissu industriel
Priorité 1 : Politique de Cohésion
Maintien des enveloppes financières des
fonds structurels, en particulier les aides en
faveur des investissements industriels et
l’allocation spécifique "surcoûts".
Priorité 2 : Politique fiscale
Octroi de mer : renouvellement général du
dispositif de différentiel avec certaines adaptations techniques nécessaires au contexte
concurrentiel ; correction des dysfonctionnements induits par la réforme de 2004 et
meilleure flexibilité en cohérence avec la
réalité économique. A cet égard, l’année 2013
a été particulièrement chargée avec la participation de l’ADIR aux multiples réunions
organisées par la Région, ayant décidé d’associer l’industrie au pilotage de sa réflexion
stratégique et à la préparation des argumentaires techniques. L’exercice s’est progressivement intensifié pour atteindre un rythme
particulièrement soutenu au cours de l’année
2014, pour justifier les différentiels attribués
à environ 250 produits industriels locaux.
Après une première prorogation du dispositif
de juillet à décembre 2014, le marathon s’est
encore accéléré, de nombreux adhérents
ayant ainsi été sollicités pour permettre le
travail d’analyse et de justification des équipes de l’ADIR, qui impose d’accéder à des
données économiques précises auprès des
entreprises.
•
Meilleure cohérence entre les politiques
européennes, de cohésion d’une part
(volet interne) et commerciales et de
coopération d’autre part (volet externe)
avec la prise en compte des stratégies
régionales (notamment celle de la COI)
et de l’équilibre des échanges (cfr APE).
A cet égard, l’ADIR porte le projet d’élévation des standards de production des
entreprises de la zone, par la valorisation des savoir-faire et normes européennes appliqués à La Réunion au bénéfice des entreprises de la zone Océan
indien.
•
Sur le plan opérationnel, trois axes
pourraient être approfondis :
- En matière d’approvisionnement et de
développement des échanges : élargissement du soutien financier "intrants –
extrants" à toutes origines ou destinations, en particulier depuis/vers la zone
Océan indien élargie.
- En matière d’investissement : soutien
communautaire à la réalisation de projets d’intérêt régionaux communs macro
ou micro-économiques.
- En matière de coopération et de transfert de savoir-faire : favoriser l’émergence de cadres normatifs régionaux
calqués sur le modèle européen en s’appuyant sur l’expertise réunionnaise.
Priorité 3 : Politique agricole et de la pêche
Consolidation du POSEI Agricole et instauration d’un POSEI pêche au service de la structuration des filières, notamment l’interprofession ARIPA.
Au niveau national
Priorité 4 : Aides d’Etat
Adaptation pour les RUP de la définition communautaire de la PME, et définition d’un cadre
d’intervention spécifique des aides d’Etat
•
L’actualité nationale, suivie et relayée par la
FEDOM, est marquée par deux éléments majeurs :
Le Pacte national pour la Croissance, la
compétitivité et l’emploi : 8 leviers et 38
mesures concrètes dont le "Crédit d’im-
pôt pour la compétitivité et l’emploi" (le
CICE) au centre de toutes les attentions.
La question de sa vraie adaptation locale
(eu égard par ailleurs au "recentrage"
des exonérations de charges sociales)
animera les débats entre l’Etat et les
DOM pendant toute l’année 2013 pour se
poursuivre en 2014.
•
L’adoption le 19 décembre du projet de
loi de finances 2014 et le projet de loi de
finances rectificative pour 2013 : l’élément majeur consiste en l’instauration
d'un crédit d'impôt à l'investissement
(imputation d'une partie de l'investissement sur l'impôt dû au titre de l'année
de sa réalisation, restitution de l'excédent si l'impôt dû est inférieur à la partie
imputée de l'investissement) qui se
substitue en partie à la procédure de
défiscalisation (obligatoire pour toutes
les entreprises dont le CA, estimé au
niveau des groupes, est supérieur à 20
millions d’euros).
Au niveau local
La raison d’être de l’ADIR est la promotion de
la production locale. C’est pourquoi elle s’est
engagée, ainsi que ses adhérents, de façon
déterminée et citoyenne dans la démarche
engagée par le Ministre des Outre Mer, à
savoir le bouclier "qualité-prix" institué par
la loi du 20 novembre 2012, de sorte que les
produits locaux y occupent une place importante.
et sa capacité à continuer à générer de la
valeur ajoutée et donc de l’emploi. Le "prix à
tout prix" nous condamne. La vraie arme
contre la vie chère est l’emploi généré par
l’activité.
C’est dans cette perspective que l’ADIR a
sollicité et obtenu de la part de la Préfecture
l’extension du "Haut Conseil de la Commande
publique" à la restauration collective, dont la
première séance s’est tenue en décembre
2013. L’objectif est, via une meilleure
connaissance et information mutuelle entre
fournisseurs locaux et acheteurs publics,
d’augmenter la part de la production locale
dans la restauration collective.
Dans le même état d’esprit, l’ADIR s’est associée, aux côtés d’autres acteurs à la démarche portée par la CGPME concernant la déclinaison nationale du Small Business Act, à
savoir, à La Réunion "Stratégie du Bon
Achat", dans le cadre de laquelle plusieurs
conventions ont été signées en 2013 et 2014 :
CINOR, Région Réunion, CHU,
Elle a par ailleurs poursuivi ses échanges
avec la grande distribution (FCD) pour soutenir les efforts des industriels visant à obtenir
une place significative de ses produits dans
les linéaires des grandes surfaces.
Elle a enfin participé activement aux travaux
de toutes les collectivités qui l’ont sollicitée
en termes de développement de filières
(AROP-FL, FRCA) et d’aménagement de zones
d’activités (notamment avec le TCO).
Conseil
d’Administration
2014
Président
Jérôme ISAUTIER
Directeur Général du
GROUPE ISAUTIER
Dossiers suivis :
Octroi de mer, dispositifs
européens & déclinaisons
locales, international &
coopération, énergie,
performance globale
Vice-Présidents
Abdéali GOULAMALY (GPE OCEINDE)
Dossiers suivis : gestion de la chaine logistique
(approvisionnements & transport)
Daniel MOREAU (ROYAL BOURBON IND.)
Dossiers suivis : chaîne logistique, marchés
publics, filière fruits & légumes, innovation
Trésorier
Thierry TAYE (BIOALGOSTRAL)
Dossiers : Prévention des risques industriels
Trésorier-adjoint
Gilles COUAPEL (DOM’EAU)
Dossiers suivis : Relations internationales &
insertion régionale
Secrétaire
Paul MARTINEL (GROUPE CILAM)
Mais, la production locale ne peut se résigner
à la seule logique du prix le plus bas, car il
fait peser un risque majeur sur sa rentabilité
Dossiers suivis : Ressources humaines, conditions de travail, " L’envie d’entreprendre "
Secrétaire-adjoint
Johnny LAW-YEN (SOLYVAL)
Dossiers suivis : Filière Environnement
Membres
L’équipe de l’ADIR
Secrétaire Générale
Françoise DELMONT-DE PALMAS
Octroi de mer, dispositifs européens et déclinaisons locales, dispositifs nationaux
(FEDOM), relations GMS & Instance de concertation, innovation, coopération régionale et
relations institutionnelles
Chargé de Mission Appui aux Entreprises : Olivier SOL-DOURDIN
Logistique, fret maritime, marchés publics, innovation, ingénierie financière, performance,
ressources humaines & conditions de travail
Chargés de Mission "Environnement" : Roxanne LOGE puis Laurent ADOLPHE (depuis avril 2014)
Energie & MDE, Acerbat & matériaux BTP, prévention des risques industriels, déchets, eau
Responsable Communication : Ania VAN DEN CRUYS
Communication de l’association, Les Nouveaux Défis®, Nou la fé®, relations avec l’Education,
Assistante Communication : Séverine LEPINAY
Assistante - dossiers SLAI et FEDER : Julie MOUROUVIN
Assistante-Comptable : Sylvie DURIEZ et Gaël PERIANDEMODELY (depuis sept. 2014)
Assistante administrative : Hélène PERESINI
Frédéric AUCHE (MASCARIN)
Relations GMS & Instance de Concertation
Maximin CHANE-KI-CHUNE (GROUPE QUOTIDIEN)
Michel DIJOUX (GROUPE COFER)
Philippe GUERIN (ENEZ DU & REUNIPECHE)
Filière Pêche et
Plan de Prévention des Risques Technologiques
Guy HAGELAUER (CARTONNERIE DE LA REUNION)
Ingénierie financière
Alex HOW CHOONG (HCE)
Filière Environnement & logistique
Philippe LABRO (TEREOS)
Innovation & ingénierie financière
Yvan MAINIX (FIBRES IND.)
Filière matériaux du BTP , Géocert®, Acerbat Pascal QUINEAU (SCEA CHEMIN D’EAU, OVOCOOP)
Marchés publics
3
Déploiement régional
L’ouverture de l’île et sa capacité à générer
des échanges reposent sur deux piliers :
− les moyens : en particulier de transport,
− les partenaires.
Les moyens de transport en général,
et la logistique en particulier
L’ADIR a également participé activement
aux réunions de travail et aux commissions
organisées par l’UMIR dont elle est membre avec une implication particulière sur
les mécanismes de communication,
concertation et déblocage rapide en cas de
conflit.
L’année 2013 a été caractérisée par plusieurs
événements significatifs :
Les partenaires
•
•
•
De fortes turbulences et une grande volatilité des tarifs maritimes ont amené la
Commission Fret à remettre en question
ses principes de fonctionnement. Comme
les années précédentes, au terme d’une
consultation des compagnies maritimes,
elle a choisi l’une d’entre elle comme partenaire privilégié au bénéfice de ses adhérents, son objectif étant de leur garantir
des tarifs intéressants. Les fortes perturbations du marché sur la deuxième moitié
de l’année l’ont amenée à revisiter son
fonctionnement et son mode opératoire
pour l’année 2014 ;
Les mouvements sur le Port, et la politique
des compagnies en matière de délais de
détention, l’ont incitée à travailler sur la
supply chain, chantier qui se poursuivra
dans les années à venir, vu la réorganisation du Port et les ambitions qu’il affiche ;
La commission a par ailleurs poursuivi ses
efforts au-delà du fret en termes d’optimisation des tarifs en reconduisant, au seul
bénéfice de ses adhérents, une convention
de partenariat avec une compagnie d’assurance maritime et une société de fret
Industries agroalimentaires
Nb adh.
60
Industries des boissons
Industries de la viande & lait
Pêche & ind. poisson
Industries du sucre
Autres ind. alimentaires/tabac
15
12
9
4
20
Papier, carton & imprimerie
Industries chimiques & plastiques
Matériaux de construction
& Métallurgie
Machines & équipement
Industries diverses
Récupération & recyclage
Eau et énergie
14
21
•
L’action de "compagnonnage industriel" avec le
Syndicat des Industries malgaches (SIM), elle
aussi financée par le FEDER et la Région Réunion, a été préparée courant 2013, pour
connaître sa concrétisation en 2014 (pour
mémoire elle comporte trois phases :
20
16
9
7
•
Compagnonnage à Madagascar : la sensibilisation des industriels malgaches aux
thématiques retenues effectuée par des
industriels réunionnais qui visiteront les
sites et animeront des séances de travail
pour faire partager leur expérience et
préparer la phase 2 (maîtrise de la demande en énergie, qualité, maintenance)
•
Réalisation de diagnostics par des experts
réunionnais sur les trois thématiques
retenues, avec remise de rapport et identification de pistes de coopération.
•
Compagnonnage à La Réunion : visites des
industriels malgaches dans les industries
réunionnaises pour apprécier en réalité la
nature des actions qu’ils auront à mettre
en oeuvre. Cette troisième phase se terminera par une séance de restitution générale en présence des partenaires institutionnels et la détermination des axes de coopération future.
Le partenariat avec nos collègues de l’AMM
(Association of Mauritian Manufacturers) se
poursuit :
•
•
Nous avons mené à son terme notre action
d’assistance technique relative à l’accompagnement de notre homologue dans la
mise en place de sa marque d’identification
locale (dans le cadre d’un POCT, avec
l’appui du FEDER et de la Région Réunion).
Cette action est à resituer dans la volonté
exprimée par les Présidents respectifs de
l’ADIR, l’AMM (l’Ass. des Manufacturiers
Mauriciens) et le SIM (Syndicat des industries malgaches) de travailler ensemble à
l’élaboration d’une stratégie industrielle
régionale, plutôt que de prendre le parti
d’une attaque sur nos marchés domestiques respectifs.
Notre collaboration sur le volet de la Maîtrise de la Demande en Energie (MDE)
continue ; rappelons que notre implication
et l’intérêt qu’elle a suscité chez nos collègues mauriciens ont retenu l’attention de
l’AFD, qui a mené une étude sur les gisements d’économie d’énergie, puis de la COI
Le relais et la participation aux initiatives du
Club Export, notamment dans le cadre des
missions organisées et des deuxièmes rencontres du Développement Durable RéunionMaurice.
Typologie des adhérents
L’ADIR fédère 200 adhérents en 2014 se répartissant en 167 entreprises industrielles, 6
entreprises de services à l’industrie, 10 organismes financiers & assurances, 1 organisme
consulaire, 6 sociétés membres associés et 18 personnes physiques.
Effectif salarié
< 10 salariés
18%
10 à 19 salariés
21%
50 sal. &+
18%
20 à 49 salariés
43%
Niveau d’activités (CA en milliers d’€)
20
167
4
et de l’Etat mauricien. L’ADIR restera attentive à ce que cette graine qu’elle a
semée génère des retours pour nos entreprises.
express.
<8M€
11%
8 - 1,4M€
15%
1,5 - 2,9M€
22%
3 - 7,7 M€
19%
15M€ +
16%
7,8-14,9M€
17%
Ancienneté des entreprises
<5 ans
9%
6-10 ans
20%
11-15 ans
16%
16-20 ans
17%
21-30 ans
18%
31-40
13%
>40
7%
LES MEMBRES ADIR
Les membres d’honneur
R. BARRIERE, M. CERISOLA, R. CHANE-NAM,
M. CHANE-KI-CHUNE, G. DEBEUX, A. GOULAMALY,
P. MARTINEL, X. THIEBLIN.
Les industries
Agriculture, chasse, sylviculture
AVIFERME, COUVEE D'OR, ELEVAGE DU PATELIN,
ELEVAGE MAILLOT PIERRE MAXIMIN, SCEA CHEMIN D'EAU
Pêche & Aquaculture
ARMAS PECHE, ARMEMENT DES MASCAREIGNES,
ARMEMENT ENEZ DU, CAP BOURBON, COMATA,
LES ARMEMENTS REUNIONNAIS, SAPMER
Industries alimentaires
- Transformation & conservation de la viande :
Fabrication de produits à base de tabac
CORETAB
Fabrication de textiles
BOURBON BACHES
Travail du bois & fabrication d'articles en bois
BOURBON BOIS, COPOBOIS, FIBRES, MILLET
OCEAN INDIEN, OSSATURE BOIS INDUSTRIE,
RACINE CUBIQUE, SBR, SCIAGES DE BOURBON
Industrie du papier et du carton
CARTONNERIE DE LA REUNION, DOULUX, EMPREINTE LOCALE, ETIQ’OCEAN, PACK OI, SILF
Imprimerie & reproduction d’enregistrements
GRAPHICA, ICP ROTO, IMPRIMERIE CKC, NID
IMPRIMERIE, PROJECT REPRO INDUSTRIE, ROTOCEAN, SAFI, SCANNER, SRIC
Fabrication de matériel de transport
CARROSSERIE INDUSTRIELLE BOURGAULT, LE
MERLE CARROSSERIE INDUSTRIELLE
Autres industries manufacturières
- Fabrication de meubles : BAMB, BMC, EBENISTERIE VENCATACHELLUM, ISOPLAST, PROMOB,
SOREPLAST
- Réparation-installation de machines & équipements : EURL LOURME, HONORE OUTREMER,
SOMIP
Prod. & distribution d'électricité, de gaz & d'eau
- Production et distribution d’électricité, de
gaz, de vapeur et d’air conditionné : ALBIOMA,
CTBR, EDF, SOLEO
- Captage, traitement et distribution d’eau :
OTV, SAPHIR, VEOLIA EAU
- Transformation & conservation de poisson, de
crustacés et de mollusques : OCEANE DE PRO-
Industrie chimique
AIR LIQUIDE REUNION, AVIFUEL, CHRYSO MASCAREIGNES, COROI, ECOCHIMIE, EECA, EMIR, LA
SEIGNEURIE, MAUVILAC, SIB, SOPECO, SRPP,
TAKAMAKA INDUSTRIES
Collecte, traitement & éliminations des déchets ; Récupération
AC2V SERVICES, CRMM, CUB, CYCLEA, HCE,
INTER’VAL, SOLYVAL, METAL REUNION, STAR
- Transformation & conservation de fruits et
légumes : SETAA, SORINORD
- Fabrication d’huiles et graisses végétales et
animales : SPHB
- Fabrication de produits laitiers : CILAM, L’ILE
Industrie du caoutchouc & des plastiques
BOURBON COMPOSITES, BOURBON PLASTIQUES
BATIMENT, BOURBON PLASTIQUES EMBALLAGES,
FCI PLASTIPUR, PLAST OI, RECHAPAGE REUNION,
REUNIPLAST, SODICO, VERLEO
Les services à l’industrie
- Travail des grains-Fabrication de produits
amylacés : COGEDAL, SOBORIZ, SODERIZ, UCR
- Fabrication de produits de boulangeriepâtisserie et de pâtes alimentaires : BOULAN-
Fab. d’autres produits minéraux non métalliques
DECOROC, DESIGN ALU, HOLCIM, JPP DISTRIBUTION, LAFARGE GRANULATS BETON REUNION, MGI
PRODUCTION, PREFABETON, PREFABLOC, SIGEMAT, SCPR, SIPEC, SOREMIR
CCIR
CRETE D'OR ENTREPRISE, MAK YUEN INDUSTRIES,
SALAISONS DE BOURBON, SVP, TRANSCOVI
DUCTION, REUNIPECHE
EN GLACE, SORELAIT
GERIE YONG, PAINS ST-ROLAN
- Fabrication d’autres produits alimentaires :
EUROCANNE, MAISON AH-SOUNE, MASCARIN
SAS, OVOCOOP, ROYAL BOURBON INDUSTRIES,
RPS, SICRE, SNAF, SOGECCIR, SORETEC, STPA,
SUCRERIE DE BOIS-ROUGE, SUCRIERE DE LA
REUNION
- Fabrication d'aliments pour animaux : NUTRIMA PRODUCTION, PROVAL, URCOOPA
Fabrication de boissons
BRASSERIES DE BOURBON, CHAN OU TEUNG
(Ets), CHANE HIVE SA, CILAOS, COVINO, DISTILLERIE DE SAVANNA, DISTILLERIE JEAN CHATEL,
DISTILLERIE RIVIERE DU MAT, EDENA, GRAND SUD
PRODUCTIONS, ISAUTIER (Ets), RHUMS & PUNCHS ISAUTIER, RHUMS REUNION, SOGIM, SOREBRA
Métallurgie
ARCELORMITTAL CONSTRUCTION REUNION, CMOI,
COFELY ENDEL REUNION, MOGATOLE, SERMETAL,
SOLUBAT, SORETOLE, ZINC OI
Fabrication de machines & équipements
ARMA SUD REUNION, CANCE REUNION, CSR,
DAL'ALU, GALVANISATION REUNION, JIPE REUNION, LACROIX OCEAN INDIEN, METAL PROTEC,
MODUL’R, RUNTEK, SELF SIGNAL OI, SOCIETE
MOREL FERMETURES, SOGAL OI
Fab. équipements électriques et électroniques
ALDES REUNION, COFER, DOM'EAU, EMR, GANY
INDUSTRIES, GIORDANO INDUSTRIES OI, PROTEM,
REUNI PUB
ACTEMIUM, AXIMA, CENERGI DEVELOPPEMENT
OCEAN INDIEN, COREM, COREX, SOREFROID
Les autres adhérents
Les personnes physiques
P. BUISSON, V. CHANE-NAM, J.P. HAGGAI, S.
HOARAU, J. ISAUTIER, Y. MAINIX, D. MOREAU, P.
QUINEAU, J.M. RODRIGUEZ, X. THIEBLIN
Les établissements
financiers
BFC OI, BNP PARIBAS REUNION, BR, BRED BANQUE POPULAIRE, CAISSE D’EPARGNE DE LA REUNION, CREDIT AGRICOLE DE LA REUNION, IEDOM,
INGEPAR, NATIXIS FACTOR, VASCO
Les membres
associés
ADEPTA, AGENCE FRANCAISE DE DEVELOPPEMENT, ARTIC, ORANGE, SEMIR, SRR
Nouvel adhérent 2013 - Nouvel adhérent 2014
Adhérent sortant 2013 /2014
5
L’ADIR dans
les instances
Performance globale
Instances
EURODOM : Jérôme ISAUTIER
FEDOM : Maurice CERISOLA
Développement
CESER : Jérôme ISAUTIER
CLUB EXPORT : Gilles COUAPEL
CRI : Secrétaire générale es qualité
CRIESR : Secrétaire générale es qualité
IEDOM Comité consultatif : Jérôme ISAUTIER
Incubateur de La Réunion, comité de pilotage :
Philippe LABRO
TEMERGIE : Maurice CERISOLA
Aménagement
CIREST : Secrétaire Générale es qualité
TCO : Secrétaire Générale es qualité
SAR : Jérôme ISAUTIER
SEMIR : Thierry TAYE
TECHNOPOLE : Maurice CERISOLA
Logistique
Conseil Portuaire : Jérôme ISAUTIER,
Abdéali GOULAMALY (suppl.)
UMIR : Jérôme ISAUTIER
Un des enjeux majeurs des PME/TPE de la
Réunion en matière de compétitivité est
l’optimisation de ses activités de production
dans un contexte où les contraintes en
amont et aval sont de plus en plus lourdes.
Les hommes
L’industrie ne serait rien sans les compétences humaines qui lui permettent de se développer au quotidien. L’ADIR accorde une
attention toute particulière à ce sujet qui,
dans son approche, ne relève en rien du
dialogue social, réservé aux syndicats patronaux. Mais l’information sur les risques et
la sécurité, en partenariat notamment avec
l’ARVISE et la CGSS, ainsi que l’accompagnement de FACT "Fonds d’amélioration des
conditions de travail", font partie du service
qu’elle se doit de rendre à ses adhérents.
Le coût
d’approvisionnement
Formation & ressources humaines
AFDET : Secrétaire Générale es qualité
ARGFP/OPCAREG :
Secrétaire Générale es qualité
ARVISE : Jérôme ISAUTIER
Secrét. générale es qualité (suppl.)
Comité Régional de l'Enseignement Agricole :
Pascal QUINEAU
COFIP : Maurice CERISOLA
PROFIL Université : Maurice CERISOLA
INTERMETRA Conseil d’Administration :
Jérôme ISAUTIER
L’ADIR, chef de file du combat pour le « fret
zéro » depuis des dizaines d’années, suit de
très près les mesures de soutien aux intrants – extrants, en particulier la mesure
relative à l’acheminement des intrants productifs.
BTP
Agroalimentaire
6
L’acquisition de normes et de certifications
introduisent l’obligation d’évolution permanente, ce que l’industrie réunionnaise a bien
compris ; dans un monde en mouvement et
dans une économie dynamique stimulée par
une exigence accrue des consommateurs en
termes qualitatifs. Il faut néanmoins veiller à
ce qu’elles soient conformes à nos particularités et que l’excès ne nuise pas à l’activité.
C’est la raison pour laquelle l’ADIR fut un
partenaire actif et mobilisateur dans le
cadre du colloque organisé par l’AFNOR, aux
côtés du CRITT, de la CMAR, de la DIECCTE et
du CRI.
L’adaptation des normes est par ailleurs un
des leviers majeurs de l’innovation à La
Réunion, eu égard à sa singularité dans
l’espace européen.
L’innovation
ACERBAT : Yvan MAINIX
CER BTP : Yvan MAINIX
ADEPTA : Jérôme ISAUTIER
CDOA : Daniel MOREAU
Pascal QUINEAU (suppléant)
CORPAQ : Daniel MOREAU,
Pascal QUINEAU (suppléant)
CRAR (Comm. Régionale de l'Agricul. Raisonnée) :
Pascal QUINEAU
ESIROI :
- François GAUVRIT (comité orientation)
- Paul MARTINEL (CA)
OCTROI : Pascal QUINEAU
QUALITROPIC : Daniel MOREAU
ARIFEL : Daniel MOREAU
Canne : Philippe LABRO
Viande et lait : Pascal QUINEAU
Les normes
Une cellule est dédiée à ce sujet, en relation
permanente avec le service instructeur, et à
disposition des adhérents sur la question.
Des difficultés diverses liées au caractère
novateur de ce dispositif ont entraîné des
retards dans le cheminement des dossiers
mais le caractère constructif des relations
entre l’ADIR et le service instructeur permet
à tout le moins de les expliquer et nous
oeuvrons au quotidien pour que le dispositif
gagne en efficience.
Les structures en charge de l’innovation
sont nombreuses à La Réunion ; l’ADIR s’associe de manière assidue à leurs réflexions
et démarches pour les relayer auprès de
ses adhérents : CRI, NEXA, QUALITROPIC,
TECHNOPOLE. Elle a par ailleurs fourni sa
contribution écrite dans le cadre de la rédaction de la S3.
Un des axes porteurs, sur lequel La Réunion
a une longueur d’avance et peut se positionner à l’international, est celui des matériaux
et du bâti tropical. Qu’il s’agisse d’ACERBAT,
dont les membres fondateurs sont l’ADIR, la
CMAR et la CERBTP, ainsi que des organismes comme le CIRBAT, l’Ecole d’Architecture, le CAUE, l’IUT de Saint-Pierre, pour ne
citer qu’eux, et les entreprises locales,
l’expertise est patente, reconnue. Elle doit
bénéficier d’un soutien spécifique pour faire
décoller l’île à la face du monde en cette
tendance de réchauffement climatique.
La gestion
environnementale et la
prévention des risques
L’industrie a une double, et lourde, responsabilité dans un territoire comme le nôtre : générer
de l’activité et de l’emploi, et ce dans le respect
d’un environnement fragile, sur un territoire
exigu où les conflits d’usage sont multiples.
Un travail de fond est mené au quotidien par
l’ADIR sur les thématiques majeures, à la fois
sur le plan réglementaire, mais aussi dans une
perspective de développement à laquelle l’écologie industrielle et l’économie circulaire peuvent ouvrir des champs.
Energie, déchets, eau et risques industriels font
ainsi l’objet d’une veille continue et d’une participation assidue de l’Association à toutes les
consultations ou manifestations relatives au
Schéma Régional Air Energie Climat, au Plan de
prévention de la gestion des déchets non dangereux piloté par le Conseil Général ainsi qu’à
la Semaine du Développement durable mise en
oeuvre par l’Etat.
L’ADIR est également à l’écoute permanente
des chefs d’entreprises et des QSE pour traiter
les sujets qui les préoccupent ; ils ont été réunis en début d’année, afin de définir les priorités à traiter par l’association.
Energie
Dans le cadre des actions des industriels en
matière de Maîtrise de la Demande en Energie,
un focus particulier a été mis sur les Certificats d’économie d’énergie qui s’est matérialisé
par la co-organisation d’un colloque par l’ADIR,
l’ADEME et la SPL Energie auquel l’ATEE (Agence
Technique Energie Environnement) avait fait le
déplacement, et qui a accueilli plus de 150
personnes. La notion d’énergie en tant qu’actif
est désormais partagée, et devrait faire l’objet
d’échanges nourris avec l’ADEME, TEMERGIE et
EDF en 2014.
ASSOCIATION POUR LE DÉVELOPPEMENT
INDUSTRIEL DE LA RÉUNION
Directeur de la Publication : M. ISAUTIER
Conception et réalisation : ADIR
8 rue Philibert, BP 80327, 97466 Saint-Denis Cedex
Tél 0262.94.43.00 Fax 0262.94.43.09
[email protected]  www.ad ir.info
www.labourseauxmateriaux.re
Déchets
Prévention des risques industriels
2013 a vu la mise en place d’une action collective "ECO-CONCEPTION" (réduction des emballages à la source) avec l’appui de l’ADEME ainsi
que la naissance de la bourse aux matériaux en
partenariat avec la CER-BTP, et le soutien
financier de l’ADEME, et des entreprises
HOLCIM, LAFARGE et SCPR.
L’ADIR en tant que représentant du collège des
riverains au sein du Comité de suivi de suite du
Plan de prévention des risques de la SRPP, a
très activement et très techniquement oeuvré
pour que le projet de règlement prenne en
considération le caractère économique fondamental de la ZI 1 du Port, analysant et relayant
auprès de la DEAL toutes les problématiques
spécifiques des adhérents afin d’en limiter au
maximum les impacts dans un dossier d’une
extrême sensibilité.
Deux nouvelles filières REP ont vu le jour : la
filière DEA (Déchets d’éléments d’ameublement) et DDS (déchets diffus spécifiques) dont
l’ADIR a suivi l’évolution de même qu’elle a
relayé les initiatives de ses adhérents sur tous
les créneaux du déchet, qu’il s’agisse de recyclage des batteries, de stockage et d’expédition
des déchets dangereux.
Aux côtés de ses partenaires, en particulier le
SICR, l’ADIR suit de près les initiatives de la COI
en matière d’étude de gisement des déchets
dans la zone.
Elle assure l’AGORAH de sa collaboration dans
le cadre de l’Observatoire des Déchets, sur
base de son expérience en matière d’observatoire des déchets industriels.
Eau
L’accompagnement des entreprises dans le
cadre de la campagne mutualisée relative à la
RSDE (recherche de substances dangereuses
dans l’environnement) s’est poursuivi avec
l’intermédiation de l’ADIR entre la DEAL, les
prestataires et les adhérents. Suite aux arrêtés qui seront publiés, une mutualisation des
actions de suivi sera organisée.
Quelles que soient les thématiques transversales évoquées ci-dessus, l’ADIR et
son Conseil d’Administration ont une ligne
de conduite :
• Porter les intérêts défensifs et offensifs de ses adhérents, en collaborant
de manière constructive avec les
structures dédiées.
• Eviter les doublons, optimiser les
synergies et toujours aller de l’avant
pour que la fierté de produire et de
travailler soit partagée par le plus
grand nombre.
7
Les Nouveaux Défis®
Nos partenaires
L’ADIR produit ce programme grâce au
soutien de co-financeurs institutionnels,
l’Europe et la Région Réunion, qui nous accompagnent depuis sa création et en collaboration avec son partenaire-diffuseur
Antenne Réunion depuis 2011. L’émission
bénéfice par ailleurs de l’appui de ses parrains : CCIR, EDF, Téréos Océan Indien, Banque de La Réunion, Mauvilac et Air France en
2013 (remplacé par Solar Réunion en 2014).
Une dynamique
Rythmé autour de 6 à 7 rubriques, ce programme s’axe sur la découverte de La Réunion sur 3 thématiques :
• les entreprises et leurs savoir-faire,
• les métiers et parcours professionnels
• les enjeux de notre territoire.
et différentes rubriques ponctuelles permettant également de montrer La Réunion dans
toutes ses dimensions économique, géopolitique, sociale, touristique, environnementale.
www.youtube.com/LesNouveauxDefis
www.facebook/lesnouveauxdefis
Les Nouveaux Défis®, l’émission
économique télévisée produite par
l’ADIR depuis 1998, a réalisé sa
15ème saison en 2013, avec un
succès toujours au rendez-vous.
Ce programme de télévision, basé
sur la vulgarisation économique et
la valorisation du savoir-faire
réunionnais, présente dans un
rythme dynamique, une succession de reportages de 5 minutes
pour une durée totale de 40 minutes. Chacune des 10 émissions annuelles est
diffusée en prime-time (20h) dernier mardi
du mois*, rediffusée le vendredi de la semaine suivante en seconde partie de soirée et
accessible dès le lendemain de la diffusion
sur le portail d’Antenne Réunion.
Dans un environnement du paysage audiovisuel réunionnais où les offres du "satellite"
sont omniprésentes, le média télévision a
nettement progressé en 2013 pour totaliser
60% (+9 pts) de pénétration tandis que les
8 dernières mesures annuelles s’établissaient autour de 50%, Dans ce contexte,
l’impact des Nouveaux Défis s’est maintenu
et affiche une pénétration de l’émission
auprès de la population réunionnaise de 21%
(22% en 2012) et une part de marché
moyenne de 37% (43% en 2012 dû à l’augmentation de l’audience totale). **
Dans ce contexte, l’ADIR et son partenaire
Antenne Réunion ont décidé de revoir la
durée globale de l’émission afin de la faire
"coller" aux formats actuels et aux nouveaux
modes de "consommation" du média. Le
programme a donc été reconstruit sur une
durée de 40 minutes, permettant de faire
progresser l’attention de nos téléspectateurs : ils sont désormais 2 fois plus nombreux à regarder l’émission en totalité (29%
contre 14% ces 3 dernières années).
La structure de l’audience des Nouveaux
Défis® (typologie des téléspectateurs) n’enregistre aucune modification et reste proche de celle de la population réunionnaise :
l’émission se caractérise depuis sa création
par l’uniformité de sa pénétration auprès de
TOUTE la population.
Fin 2011, l’ADIR a créé une chaîne dédiée sur
le site communautaire YouTube qui permet
actuellement l’accès à 190 sujets et totalise
plus de 350 abonnés. L’impact de cette
chaîne sur internet s’est d’ailleurs développé grâce à l’amplification de notre communication sur la page Facebook de l’émission
début 2014.
Les 150 reportages disponibles en 2013 ont
généré près de 70.000 visionnages ("vues"),
amplifiant nettement l’impact de chaque
sujet, qui devient communautaire et accessible à tous. Le réseau de partage Youtube
devient également prescripteur puisqu’il est
à l’origine de près de 64% des visionnages
(via les suggestions). L’audience de la chaîne
Les Nouveaux Défis vidéothèque on-line est
composée d’un public essentiellement masculin (80%), métropolitains (52%), réunionnais (15%) mais aussi par les internautes du
Magreb (15%).
Pour capitaliser sur cette dynamique, la
création d’un site internet dédié est en
cours pour constituer une véritable vidéothèque de découverte de notre île, de son
savoir-faire et de son dynamisme économique.
* de février à juin et de juillet à novembre, bestof mi-décembre ** 3 études d’audience réalisées
par Ipsos Océan Indien, le lendemain de l’émission auprès de 200 individus minimum, représentatifs de la population réunionnaise de plus de 18
ans.
Quelques uns des sujets 2013 ...


 








Février 2013 : Couvée d’Or, Takamaka
Industries, Corail Hélicoptères, stockage
énergie photovoltaïque
Mars 2013 : Regénération de batteries, La
Poste, Bourbon Plastiques Emballages, Sigemat

Avril 2013 : Pole logistique Réunion, agrandissement piste aéroport R. Garros, Self Signal,
ferronnier d’art
Mai 2013 : Salaisons de Bourbon, filière
cryptomeria, Sapef, JPP distribution,






Juin 2013 , Spéciale Pêche : FAZSOI, Réunipêche, Océane de Production, Grand port
maritime, filière pêche
Aout 2013 : Campagne sucrière, Soleil
Réunion, courses sur internet, concours Innovatropic, Association Globice










Sept. 2013 : Nou la fé fête ses 4 ans, Galvanisation Réunion, Bioclimatik
Octobre 2013 : Avifuel, production réunionnaise de spiruline, DAK industries
Novembre 2013 : Block ICE, Sovelo, les
ingénieurs Arts & Métiers, les huîtres

réunionnaises





9
Sites ouverts
en 2013
Agro-alimentaire
CILAM (produits laitiers), Ovocoop
(ovoproduits), Royal Bourbon Industries
(conserverie, desserts, …), Salaisons de
Bourbon (charcuterie & plats cuisinés),
SCEA Chemin d'eau (oeufs), SPHB (huiles &
sauce), Sucrerie de Bois-Rouge (sucre),
Urcoopa (aliments pour animaux), Usine
Sucrière du Gol (sucre).
Boissons
Brasseries de Bourbon (bières & BRSA),
Covino (vins), Edena (eau), Ets Chan Ou
Teung (BRSA), Distillerie de Savanna
(rhums), Distillerie J. Chatel (punchs &
spiritueux), Grand Sud Productions (BRSA),
Rhums & Punchs Isautier (punchs & spiritueux).
Produits du bâtiment
Bourbon Bois Industries (bâtiments industrialisés),
Galvanisation
Réunion
(galvanisation), Mauvilac (peintures), Métacolor (thermolaquage), Millet Océan Indien
(menuiserie), Millet Portes et Fenêtres
(menuiserie), Racine Cubique (structures en
bois) , Sciages de Bourbon, SCPR (pierres
artificielles) sur 2 sites, Sermetal
(métallurgie), Soremir (vitrerie-miroiterie).
Papier & carton
Cartonnerie de La Réunion (carton), Doulux
(ouate de cellulose), SILF (ouate de cellulose)
Imprimerie & reproduction :
Etiq'Ocean (étiquettes), Graphica, ICP Roto,
NID (imprimeurs).
Industries de la chimie
Bourbon Composites (cuves, piscines), Bourbon Plastiques Emballages (emballages),
COROI (produits phyto-sanitaires), Ecochimie (produits d'entretien), Verléo
(rotomoulage)
Equipement
Dom'Eau Prestige (traitement de l'eau),
Promob (mobilier bois), Réunipub
(enseignes)
Energie, eau et déchets
Centrale Thermique de Bois-Rouge, Centrale
Thermique du Gol, Civis-HCE (gestion des
déchets), Cycléa (recyclage), Véolia Eau
10
Semaine de l’Industrie 2013 : inauguration et conférence de presse chez Millet Océan Indien avec le Préfet de
La Réunion, visite de Galvacolor par le collège de la Marine Vincendo (St-Joseph) et d’Ovocoop par le collège
de l’Etang St-Paul.
Les jeunes et l’industrie
Semaine de l’Industrie
Pour la seconde édition de La Semaine de
l’Industrie de 2012, l’ADIR avait proposé un
vaste programme de plus de 150 visites dont
seules 38 avaient pu se tenir, principalement en raison d’un manque de communication et d’un délai d’organisation trop court
pour le milieu éducatif.
Forte de ce constat, l’ADIR a su relever le
challenge de l’édition 2013 de cette manifestation nationale organisée par le Ministère
de l’Economie et de l’Industrie en proposant
le plus vaste programme de portes ouvertes
jamais réalisé. Près de 90 visites industrielles aux quatre coins de l’Ile du 18 au 22 mars
ont permis à plus de 2.400 jeunes collégiens
et lycéens de 60 établissements de découvrir 50 sites industriels et le monde de
l’entreprise, démystifier la production et
échanger avec des professionnels. Une
manifestation également plébiscitée par les
enseignants qui ont pu découvrir que l’industrie n’était pas qu’agro-alimentaire et
que derrière chaque entreprise, même sans
"grande marque" se cachait un savoir-faire
et une volonté de partager cette passion de
la fabrication, de la création …
L’implication du Rectorat et des équipes
pédagogiques tout autant que l’accueil et la
disponibilité de nos adhérents sont à l’origi-
ne de ce succès, auquel il convient d’associer la DIECCTE et La Région Réunion qui ont
financé la communication de la manifestation et les transports des élèves.
L’opération fut donc réitérée en avril 2014
avec moins de sites participants mais encore plus de visites : 100 portes-ouvertes de
34 sites sur 5 jours. Cette initiative des
professionnels réunionnais n’est pas la
seule en direction des jeunes ; ce rapprochement n’en est pas moins exceptionnel et
primordial par son ampleur.
Esprit d’entreprendre
Grâce au relais de 4 ambassadeurs du
concept l’Esprit d’Entreprendre initié par M.
Martinel — Patrick Doressamy (Ovocoop),
Marc Gautheron (Soboriz/SPHB), Pascal
Ghiotto (Protem) et Guy Hagelauer
(Cartonnerie de La Réunion) - 12 classes de
3ème des Collèges de la Pointe des Chateeaux
et du Gol ont participé aux étapes de la
création d’une entreprise industrielle et se
sont initiées aux principes de gestion d’une
entreprise, sur base de celui d’une famille.
Un apprentissage pratique lié à leur vie
quotidienne et, qui sait, plus tard pour entreprendre…
Toutes ces initiatives à destination des
jeunes sont présentées sur notre nouveau
site www.jeunesetindustrie.re.
Léanou booste Nou la fé® !
Nou la fé®, marque collective d’identification de la production locale développée par
l’ADIR a fêté ses 5 ans en septembre dernier.
Destinée à identifier les produits fabriqués à
La Réunion, quels que soient le type de produit, la marque ou l’origine des matières
premières, dans l’objectif d’influer sur le
comportement d’achat des réunionnais,
Nou la fé s’attache depuis 2009 à valoriser
la valeur ajoutée de nos activités de production, notre savoir-faire et surtout l’emploi.
Deux comités d’attribution de la marque
collective ont permis d’accueillir 5 nouvelles
entreprises représentant 6 marques (dont 3
parmi les entreprises déjà attributaires de
Nou la fé) et 4 gammes de produits. Ces
nouvelles attributions ont la particularité de
valider l’entrée de produits de la construction et de l’équipement, permettant à la
marque de prendre pied parmi la production
non liée à la grande consommation.
Anniversaire de Nou la fé avec les détenteurs
L’année 2013 a également été marquée par
la mise en place d’une nouvelle communication, permettant d’amplifier un discours
économique tout en renforçant le capital
sympathie de la marque. Nou la fé® a donc
opté pour un nouveau ton de communication,
plus interpellant, et a donné vie à un personnage — baptisé Léanou par les fans —
chargé de véhiculer ce discours et de renforcer la complicité entre la marque et le
public. Cela s’est traduit par 2 vagues de
communication en télévision, en cinéma et
une campagne d’affichage 4x3, suivies par la
continuité du parrainage de l’émission RunStar initié en 2012 (concours musical diffusé
sur Antenne Réunion).
Avec cette nouvelle campagne, l’impact de la
marque parmi la population s’est nettement
amplifié, la mesure de notoriété affichant
des résultats en hausse significative : la
citation spontanée de Nou la fé® en tant que
"marque d’identification de la production
réunionnaise" pour 46% des personnes
interrogées (+12 pts) et sa reconnaissance
par 89% (+9 pts) d’entre elles (notoriété
assistée).
Une première mesure d’influence sur l’acte
d’achat a été réalisée fin 2013 en parallèle
de notre baromètre de notoriété. Elle laisse
apparaître une influence de la marque sur
l’acte d’achat pour 60% des personnes
interrogées à prix et produits comparables.
Ces mêmes personnes se déclarent prêtes à
privilégier Nou la fé® à 60% si le produit
local affiche un prix supérieur.
Nou la fé® est actuellement portée par 26
entreprises, 74 marques et plus de 2.100
produits. La marque repère de la production locale ne s’adresse pas uniquement à
l’agroalimentaire et aux produits de grande
consommation puisqu’elle représente 48
secteurs d’activité différents allant de
l’agroalimentaire, l’hygiène, le bazar, l’équipement jusqu’aux matériaux de construction.
A retenir
26 entreprises, 74 marques
48 activités & plus de 2.100 produits
Notoriété 89%
Influence sur l’achat : 60%
www.noulafe.re
" Kan ou achèt, choisis Nou la fé, choisis La Réunion ! "
Produits Nou la fé
SORELAIT-DANONE yaourts Danone, Velouté et
flans Dany • SALAISONS DE BOURBON boucherie-charcuterie Salaisons de Bourbon, plats
cuisinés Le Traiteur de Bourbon, boucheriecharcuterie Porfine charcuteries Vermont et
Ti’Volaille, poissons fumés Fumaisons de
l’Océan Indien • TRANSCOVI boucheriecharcuterie Les Paysannes • REUNION PELAGIQUE poissons préparés Pêcheur
Créole • AVIFERME oeufs Lustucru • STPA
préparation surgelées La Belle Run • Légumes & fruits SANDHY
BRASSERIES de BOURBON bières en bouteille
verre et fûts Bourbon et sa gamme la Rousse, la Blanche, Métiss, Radler, Héritage.
Boissons gazeuses en PET Coca-Cola, et ses
déclinaisons light & Zéro, Dynamalt, Fanta,
Splash, Sprite & Sprite Zéro Schweppes,
Orangina, & Miss O • Eau de source EDENA •
Rhum Charrette de RHUMS REUNION • gamme
sirops MASCARIN • CHATEL Punchs, Les Inédits, Cubipunch, Esprit de Canne, Rhum
Aromatisé, Fêt, Punch des Iles, Goyavlet et
Les Arrangés
COGEDAL farines & mixes grand public et
professionnels Meunier de Bourbon • MASCARIN gamme chocolats • ROYAL BOURBON
INDUSTRIES Royal Bourbon : haricots natu-
rels, haricots cuisinés, plats cuisinés, condiments ; Maison Rama épices, herbes et aides
culinaires ; Albius vanille, aides pâtissières,
préparations pour desserts, confitures,
desserts de fruits ; condiments CEB • SICRE
cafés en sachet Le Lion • SOBORIZ riz et
légumes secs Le Forban et Le Capricorne •
SORETEC gamme moulu 250g Café Séga •
SPHB Corbeille d’Or, huile, mayonnaise, ketchup, huile pimentée, sauce salade et rougail
dakatine ; huiles Isio4, Frial, Alba et Lesieur
tournesol.
DOULUX papier toilette, rouleaux ménager,
protections périodiques et serviettes de
table Doulux, essuies-tout Maisonet et Doudou, papiers toilette Ouateco, Souity, changes-bébé Cabriol • SILF papiers toilette
Doupéï, Ecodou, Maxiroll, Ekopéï, essuiestout Essuidou’péï et Maxidou’péï, papiers
toilette et essuies-tout Maxi Compact et
Soley, gamme professionnelle Doupéï Expert • sacs poubelle et sacs mode BOURBON
PLASTIQUES EMBALLAGES
Terreaux & scories JPP DISTRIBUTION • MASCARIN alcool à brûler La Fournaise • aliments pour chiens Kanéo de PETFOOD RUN
ASR bonbonne Vivalo • Ballons & capteurs
solaires DAK INDUSTRIES • gammes 32.5 &
42.5 de CIMENTS LAFARGE • SOCIETE MOREL
FERMETURES rideaux métalliques & métallerie
11
18
l'économie
LE JOURNAL DE
Lundi 13 octobre 2014
Le Journal de l’Île
JÉRÔME ISAUTIER
« Les régions ultrapériphériques
peinent à jouer leur rôle
d'ambassadeurs auprès de l'Europe »
A quelques jours de l'assemblée générale de l'Adir
(Association pour le développement industriel
de la Réunion), son président ausculte les relations
entre l'Europe et les régions ultrapériphériques.
S'il se félicite du maintien des enveloppes budgétaires,
il s'inquiète, en revanche, de la multiplication
«des décisions incohérentes» prises par Bruxelles
et qui affectent directement l'économie des Rup.
Si le CICE
surmajoré n’est pas
appliqué trè vite,
nous demanderons au
gouvernement de revenir
sur le "recentrage" des
charges sociales qui
a coûté aux entreprises
réunionnaises
90 millions d'euros.
L'assemblée générale de l'Adir est
consacrée cette année aux Rup
avec cette question : « Faut-il subir
ou agir ? » Les régions ultrapériphériques subissent-elles, à ce
point, les règles européennes ?
La Réunion doit effectivement se
conformer à l'ensemble des règles
de droit français qui elle-mêmes déclinent les directives européennes.
Ces directives sont établies au profit
du plus grand nombre, notamment
en ce qui concerne l'environnement. Ces règles de bon sens sont
malheureusement parfois incohérentes pour les petits territoires isolés que sont les Rup. À titre d'exemple, l'interdiction d'exportation des
déchets industriels européens vers
l'Afrique est logique pour protéger
ce continent de délestages inappropriés. En revanche, le fait que les déchets industriels réunionnais ne
puissent pas être traités en Afrique
constitue une aberration, car nos
très faibles volumes n'auraient en
rien menacé ce continent alors qu'il
nous faut aujourd'hui remonter ces
déchets jusqu'en Europe à grand
gaspillage d'empreinte carbone.
Plus généralement, les Rup ont toujours du mal à trouver leur vraie place
d'ambassadeurs de l'Union européenne dans leur océan respectif, que
ce soit sur le plan diplomatique ou
commercial. C'est pourquoi les Rup
militent pour que le Groupe
Interservice Rup, actuellement placé
au sein de la DG Région comme si les
Rup n'étaient qu'une énième région
européenne, soit réaffecté directement auprès du président Junker.
La multiplication des accords de
libre échange signés actuellement
par Bruxelles vous inquiète-t-elle ?
Ces accords sont bien sûr une
bonne chose à l'échelle européenne
mais tous ceux qui sont signés avec
les pays de la zone intertropicale
élargie sont une menace directe
pour les Rup et pour les Dom en
particulier. En effet, les produits de
ces pays ne concurrencent pas
l'Europe continentale, mais sont
exactement les même que ceux produits par les Dom. A titre d'exemple,
l'ouverture de quotas d'importation
de rhum sans droits de douane au
profit du Vénézuela ou du Pérou et
de beaucoup d'autres, fait à coup sûr
reculer les ventes de rhum des Dom
en Europe et en métropole. Les
conséquences sur la production de
nos usines sont évidentes et cela
pourrait à terme nous amener à licencier
des
collaborateurs.
L'absence d'étude d'impact sur les
économies fragiles des Rup préalablement à la signature de tels accords est inadmissible. L'Adir,
Eurodom, et nos députés européens
se battent sans relâche contre cette
situation, mais il faut bien l'admettre, c'est un peu le pot de terre
contre le pot de fer.
Le Medef mène actuellement une
étude sur l'attractivité économique de La Réunion. Notre territoire donne-t-il envie, selon vous,
à des investisseurs de s'installer ?
De petits investisseurs spécialisés
peuvent trouver intérêt à s'installer
à la Réunion pour servir la population locale qui avec bientôt son million d'habitants constitue un embryon de marché industriel. Par
contre, les grands groupes internationaux préfèrent localiser leurs
structures qui visent les marchés
africains, asiatiques ou américains
sur des territoires dont la fiscalité
est très largement plus attractive.
Leur démarche est d'autant moins
surprenante que ces pays bénéficient d'accords de non double imposition avec la France ou d'autres
pays européens. L'évolution significative à la baisse de la fiscalité sera
une condition sine qua non pour que
les choses bougent réellement. Ce
volontarisme fiscal devra être rigoureusement encadré pour attirer les
secteurs d'activités sélectionnés au
préalable et dont l'implantation serait en cohérence avec les capacités
d'accueil de nos territoires. Je pense,
à titre d'exemple, à l'assemblage de
matériels médicaux à destination du
marché africain, ou toute autre activité nécessitant de la main d'oeuvre qualifiée.
A ce titre, le prochain déploiement
accentué de la compagnie CMA
CGM à la Réunion qui permettra
une meilleure liaison avec le conti-
nent africain constitue une opportunité qu'il faudra savoir exploiter.
Ce projet doit dépasser le cadre portuaire, il doit devenir un projet de
territoire.
Vous rentrez d'une mission à
Bruxelles consacrée aux régions ultrapériphériques et aux programmes opérationnels pour les six
prochaines années. Les ultimes arbitrages rendus sont-ils rassurants ?
La difficulté de ce genre d'exercice
est la durée au cours de laquelle ces
fonds devront aider au développe-
ment de l'économie, de l'éducation,
de la santé et tant d'autres secteurs.
L'importance pour nous était double. D'une part, il fallait que l'enveloppe globale consacrée à nos territoires soit suffisante pour couvrir les
besoins à venir. Il est difficile d'anticiper l'avenir, mais nous pouvons
considérer que le maintien, voire le
léger accroissement de l'enveloppe
dans une période générale de récession est une première victoire collective. D'autre part, il nous faudra
être collectivement intelligents
pour que les fonds soient le moins
Le Journal de l’Île
INTERVIEW
Lundi 13 octobre 2014
cloisonnés possible afin de pouvoir
les réaffecter en fonction des besoins. La Réunion a toujours su faire
des arbitrages sur les dernières années de programmation, je ne suis
donc pas inquiet pour le futur.
jardinerie, ou autres. La Réunion a
très peu d'atouts industriels naturels, seule la volonté politique couplée à l'énergie des entrepreneurs lui
permettra de progresser encore et de
créer des emplois.
La préservation de l'octroi de
mer pour les six prochaines années règle-t-elle définitivement
ce problème, ou faudra-t-il, en
2020, réinventer un nouveau mécanisme de protection de l'industrie locale ?
Les handicaps de l'industrie réunionnaise
sont
parfaitement
connus et désormais admis de tous,
y compris de la Commission
Européenne qui a été très pointilleuse pour éviter de surcompenser
tel ou tel produit mais qui n'a, à
aucun moment, remis en cause le
principe d'exonération d'octroi de
mer au profit de la production locale. Nos handicaps sont permanents : exiguïté du marché, éloignement des matières premières,
surstocks nécessaires pour éviter les
ruptures, gammes très larges pour
réaliser suffisamment de chiffre d'affaires et couvrir les coûts fixes. Il est
donc évident que le maintien d'une
industrie à la Réunion sera conditionné à l'existence d'un dispositif,
qu'on le qualifie de "protection" ou
de "compensation de handicap".
Une solution, parmi d'autres, serait
d'imposer un taux minimum de présence des produits locaux dans les
marchés des collectivités, que ce soit
dans le BTP ou les cantines, ainsi
qu'un taux minimum dans les enseignes de distribution, qu'elles
soient alimentaires, de bricolage, de
Le CICE sur majoré n'entrera en
vigueur que si Bruxelles donne
son feu vert. Le gouvernement ne
joue-t-il pas la montre dans ce
dossier ?
Nous sommes vigilants sur le CICE
à 9% qui semble acquis mais aussi
sur le CICE à 12% pour les secteurs
stratégiques de la Lodeom (agroalimentaire, tourisme, énergie environnement, TIC). Ce deuxième niveau n'est pas encore dans la loi de
finances. A défaut, nous demanderons au gouvernement de revenir
sur le "recentrage" sur les charges sociales du début d'année qui a coûté
aux entreprises réunionnaises 90
millions d'euros et de déplacer de
nouveau le curseur dans le sens inverse pour soutenir les secteurs stratégiques en leur permettant de nouveau de recruter des agents de
maitrise et des cadres.
A ce titre, nous plaidons également
pour que les matériaux et procédés
de construction adaptés à la zone
intertropicale (résistance au soleil,
aux vents forts, aux pluie diluviennes...) deviennent un nouveau
secteur stratégique de la Réunion et
bénéficient de l'ensemble des dispositions prévues dans la Lodeom. Ce
nouveau secteur peut constituer
une véritable mine de produits à exporter vers les autres pays de la zone
intertropicale. Ainsi, la Réunion utiliserait intelligemment sa puissance
de recherche pour prendre de
l'avance sur ses voisins.
A ce titre, nous soulignons la bonne
initiative du gouvernement d'avoir
accepté de repositionner le taux du
Crédit Impôt recherche à 50% au lieu
de 30%. Cela va certainement donner
de l'énergie aux entrepreneurs pour
innover encore plus à condition que
cette mesure trouve réellement à s'appliquer dans les faits.
Nous nous battons
sans relâche contre
certaines situations
surréalistes, mais il faut
bien l'admettre, c'est un
peu le pot de terre contre
le pot de fer
Propos recueillis
par Florent Corée
"Nous avons encore beaucoup
de combats à mener"
Tous secteurs confondus l'industrie réunionnaise pèse plus de 2,2 milliards d'euros
de chiffre d'affaires et compte 7 500 salariés.
La production réunionnaise a-t-elle définitivement trouvé sa place ?
L'industrie à la Réunion est solide et fragile
à la fois. A chaque fois que nous accueillons
nos amis industriels des Antilles, ceux-ci
sont époustouflés du niveau de développement industriel comparé au leur. En même
temps, et à titre d'exemple, la moindre
bagarre entre enseignes de la grande distribution peut amener l'une ou l'autre de ces
dernières à importer massivement un produit pourtant fabriqué localement et déstabiliser l'une ou l'autre de nos industries. De
même, la Commission Européenne a failli
condamner des secteurs entiers de notre
industrie en considérant que les exonérations d'octroi de mer dont bénéficiaient ces
secteurs étaient insuffisamment justifiés.
Pourtant, sur un plan macroéconomique,
l'importation continue à progresser nettement plus vite que la production locale. Il y
a encore beaucoup de chemin à parcourir et
beaucoup de combats à mener.
Lors du dernier carrefour des communes
la question des approvisionnements des
établissements scolaires en produits
locaux s'est à nouveau posée. En matière
économique aussi, la préférence régionale est compliquée ?
La prise de conscience est réelle, c'est une
évolution significative et positive. La signature des documents de Stratégie du Bon
Achat par diverses collectivités en est un
signe. Il reste à traduire ces bonnes intentions dans les faits. Un observatoire de la
part de la production locale, dans les
assiettes, sur les chantiers et sur les linéaires
est une nécessité.
19
24
>
ECO ENTRETIEN
Le Quotidien de la Réunion - lundi 13/10/14
JÉRÔME ISAUTIER, PRÉSIDENT DE L’ADIR
« Nous sommes obligés de sortir
du cadre si nous voulons avancer »
L’Adir (Association pour le développement industriel de La Réunion) tiendra jeudi son assemblée générale annuelle. Dans une interview au Quotidien,
son président depuis trois ans, Jérôme Isautier, dresse les bases d’une l’industrie locale plus forte. Critique vis-à-vis du projet de loi de Finances,
il demande à l’Etat de favoriser l’accès des produits locaux aux marchés publics.
– Jérôme Isautier, le thème de
l’assemblée générale de l’Adir
est « La Réunion, région ultrapériphérique de l’océan Indien :
subir ou agir » ? Qu’allez vous
répondre ?
– Nous avons choisi l’Europe et
les RUP comme thème car c’est
l’échelle à laquelle nous pouvons
encore bouger les lignes. Le but
est de redonner une ambition à
La Réunion et une raison d’espérer. La Réunion est une tête
d’épingle au niveau européen
mais c’est la seule (avec Mayotte)
dans l’océan Indien, à proximité
de l’Afrique, de l’Inde et de la
Chine. Nous sommes dans ce
barycentre et avons un coup à
jouer. Jusqu’ici, La Réunion a été
traitée de manière sociale avec
une compensation de ses handicaps. En terme de perspectives,
c’est peu encourageant. Nous réfléchissons donc à la manière
pour La Réunion de trouver un
sens et d’être utile à l’Europe.
Diego Garcia a choisi d’être une
base militaire. La Réunion pourrait être une base avancée pour
les grands groupes européens.
Elle ne peut pas devenir une
terre industrielle au sens volumes-prix mais assurer le perfectionnement final de produits à
forte technologie qui seraient ensuite exportés. Avec Eurodom
(qui représente les acteurs économiques à Bruxelles, NDLR),
nous allons essayer de faire en
sorte que l’unité RUP repasse
sous la tutelle directe du président de la Commission, JeanClaude Juncker. Je me félicite
également des fonctions prises
par le député européen Younous
Omarjee. Elles doivent être un
vecteur d’ambitions pour La Réunion.
– Les enquêtes de conjoncture d’Ipsos et de l’Iedom lais-
sent apparaître des signes de
reprise de l’économie réunionnaise. Est-ce aussi le cas pour
l’industrie ?
– L’industrie est très diversifiée
et il n’y a pas de réponse unique
à votre question même si l’ensemble de l’économie de La Réunion est en grande souffrance.
Les industries liées aux travaux
publics, qui fournissent les matériaux, ont un peu d’espoir grâce
au chantier de la nouvelle route
du Littoral. Le bâtiment, en revanche, est très inquiet suite aux
menaces qui planent autour du
logement social. C’était le secteur
qui gardait en survie le BTP ces
derniers mois. Les choses vont
mal mais tellement mal que le
moindre souffle d’espoir pourrait
améliorer la situation. La Réunion est une terre volcanique et
fertile. Un peu de pluie et elle
reverdit. L’industrie agroalimentaire tire mieux son épingle du
jeu malgré les coups de boutoir
répétés de la grande distribution.
Sa force est d’être très diversifiée.
Il y a très peu de mono–offres et
donc une meilleure capacité de
réaction. L’industrie agroalimentaire est celle qui va le moins
mal. Mais ce n’est pour autant
qu’elle va bien.
Une économie
en « grande
souffrance »
– L’actualité immédiate, c’est
le projet de loi de Finances pour
2015. Répond il à vos attentes ?
– Je n’ai pas vu de grandes
perspectives dans ce budget. Il y
a une mesure d’ambition pour
les Dom : le passage de 30 à 50 %
du crédit d’impôt recherche qui
va donner du souffle aux industriels. Pour le reste, il s’agit surtout de mesures de compensation. Le CICE (crédit d’impôt
compétitivité emploi, NDLR), futil surmajoré à 12%, ne viendra
que compenser en partie le recentrage des exonérations de
charges sociales sur les bas salaires. Nous serons néanmoins
vigilants sur ce point. Si l’Etat
n’est pas capable de convaincre
les autorités compétentes (l’Union européenne, NDLR), il faudra qu’il revoit le plafond des
exonérations de charges qui a été
raboté l’an passé pour ne pas
renier ses ambitions. Nous souhaitons par ailleurs que le BTP
respectueux de l’environnement
et adapté au climat tropical intègre les secteurs prioritaires de
la Lodeom.
« L’emploi
flingué »
– Lundi dernier dans nos colonnes, évoquant un changement de plafond de défiscalisation du Duflot Dom (logement
intermédiaire), le président de
la Fedom, Jean-Pierre Philibert,
indiquait que « le non respect
de la parole du président serait
un casus belli » Etes vous en
phase avec ce discours de fermeté ?
– Nous soutenons le passage
de 10 000 à 18 000 euros du
plafond de défiscalisation dans le
logement intermédiaire qui permettra de construire des T3 et
des T4 répondant aux besoins
des familles et non des T1 ou des
T2. Il faut booster ce secteur et
pour cela remanier le Duflot
Dom (rebaptisé Pinel), qui a
gommé les avantages différen-
« L’Etat doit participer
au bouclier qualité-prix »
– Les négociations autour du
troisième bouclier qualité-prix
vont démarrer à la fin de l’année. Les industriels locaux joueront-ils le jeu comme les deux
fois précédentes ?
– Nos adhérents ont été convaincus de l’obligation morale de
répondre présent dans une île où
le coût de la vie est plus élevé
qu’en métropole. Les producteurs locaux ont démontré leur
responsabilité de citoyens. Ils ont
joué le jeu au détriment de leurs
intérêts économiques alors qu’ils
subissent la pression des grandes
surfaces. Cette implication des
producteurs locaux va continuer
mais il faut que l’Etat apporte sa
pierre à l’édifice en augmentant
ses commandes. A ce moment là,
nous pourrons commencer à raisonner en terme de volumesprix. Nous ne sommes pas dans
une position dogmatique. Nous
participerons au troisième bou-
L’Adir dénonce le « déréférencement » de certains produits locaux par les distributeurs. (Photo Emmanuel Grondin)
clier qualité-prix mais nous demandons à l’Etat de participer
également via la commande publique.
– Les grandes surfaces se livrent depuis quelques mois à
une guerre des prix. Certains
industriels estiment que cela
risque de « tuer » la production
locale. Quelle est la position de
l’Adir sur le sujet ?
– La situation est plus prégnante que jamais. Il est plus
facile pour un distributeur souhaitant récupérer de la marge et
des parts de marché de pressurer
un micro-industriel local qu’un
géant national. Quelque chose de
nouveau est néanmoins apparu à
La Réunion : le déréférencement
de produits, qui s’apparente à
une sorte de fin du monde pour
l’entreprise en question. L’industrie repose sur un équilibre très
précaire fait d’une gamme large
et de petits volumes. Si un produit représentant 15 % de son
chiffre d’affaires est déréférencé,
c’est l’ensemble de la mécanique
qui s’écroule. La solution serait
une présence minimale en linéaires avec un pourcentage minimum de produits locaux.
ciateurs des Dom. En 2007, 1,2
milliard d’euros étaient investis à
La Réunion dans le BTP privé.
Cette part est tombée à 220 millions en 2013. Il y a eu une
désertion qui a flingué l’emploi.
Un changement de plafond de
défiscalisation apportera une
modeste amélioration mais ne
permettra pas de retrouver l’ampleur des programmes des lois
précédentes.
– Depuis votre arrivée à la
présidence de l’Adir en 2011,
vous militez en faveur d’une
place plus importante pour les
produits locaux dans les appels
d’offres. Ce combat porte-t-il ses
fruits?
– Notre bataille est plus globale. Elle vise en premier lieu à
renforcer la place des produits
locaux auprès du grand public.
Notre marque Nou la fé obtient à
cet égard de très bons résultats.
Il y a une prise de conscience de
la population réunionnaise de
l’importance de ces produits locaux, qui sont créateurs d’emplois. En ce qui concerne les
marchés publics, il y a là aussi
une prise de conscience mais elle
n’est pas encore suffisamment
transformée en bons de commande. Il faut que le gouvernement donne instruction à ses
préfets de prendre à bras le corps
cette question des marchés publics afin d’y faire entrer davantage de produits locaux. On pourrait imaginer un pourcentage minimum de produits locaux dans
Jérôme Isautier : « La Réunion est une terre volcanique et fertile.
Un peu de pluie et elle reverdit ». (Photo Patrick Georget)
les appels d’offre ou une règle
imposant de s’approvisionner
dans un rayon de 200 kilomètres
sachant que Maurice est à 220
kilomètres.
– On va vous accuser de protectionnisme...
– Et alors ? Le résultat ce que
qui a été mis en place, c’est que
nous avons 30 % de chômeurs et
des débuts d’émeutes. Au-
jourd’hui, nous sommes obligés
de sortir du cadre si nous voulons avancer.
La ministre des Outre-mer et le
préfet ont une responsabilité individuelle forte. C’est à eux de
faire bouger les choses sans attendre que des députés s’occupent de nos problèmes.
Entretien :
Cédric BOULLAND
Octroi de mer :
ce à quoi La Réunion a échappé
– La Commission européenne est sur le point de
prolonger jusqu’en 2020 les différentiels d’octroi de mer entre
les produits locaux et importés
(lire notre édition de samedi).
Comment accueillez vous cette
nouvelle ?
– Ce point d’étape est une
victoire d’étape pour l’Adir qui a
su mobiliser ses adhérents pour
obtenir dans des délais souvent
déraisonnables l’ensemble des
éléments nécessaires. Nous avons ensuite fourni à la Région,
pour relais vers l’Etat puis l’Europe, toutes les explications et
argumentations attendues par
l’instructeur européen. Ce dernier a compris que la concurrence était libre et même parfois
farouche à la Réunion et que
l’exonération totale ou partielle
d’octroi de mer ne permettait à
aucune de ces entreprises de
s’endormir sur ses lauriers.
– Que se serait-il passé si ces
différentiels d’octroi de mer
avaient été diminués?
– Si l’Europe avait réduit la
compensation des handicaps de
secteurs emblématiques de la
Réunion, ces derniers auraient
vu leurs ventes s’effondrer. Par
les temps de crise mondiale que
nous connaissons, les grandes
entreprises internationales sont
toujours prêtes à saisir la
moindre opportunité pour augmenter leur chiffre d’affaires
sans la moindre considération
pour la déstructuration du tissu
industriel réunionnais. Des secteurs aussi emblématiques que
les eaux en bouteille, les boissons aux fruits, la bière, l’huile
entre autres auraient vu leurs
ventes largement compromises
et les entreprises concernées auraient été menacées dans leur
survie avec des milliers d’emploi
en jeu.
Côté consommateur, il est désormais compris que l’industrie
locale est un modérateur de
prix. Les produits locaux ne sont
pas en permanence les moins
chers du fait des exportations
« spot » des géants européens et
mondiaux, parfois en dessous de
leurs prix de revient. Mais ce qui
est sûr, c’est que dès que la
production locale a disparu, les
prix s’envolent comme le dénoncent régulièrement les associations de consommateurs.
Terrains stratégiques « gelés »
au Port : « pas imaginable »
– Que manque-t-il aujourd’hui à La Réunion pour
créer davantage d’emplois industriels ?
– L’import-substitution, modèle sur lequel nous avons bâti
notre développement, n’est
pas mort et il faut l’amplifier.
L’idée est néanmoins de changer la donne en contribuant à
faire émerger des niches à l’export. Il y a des possibilités, il
faut les explorer. Nous avons
un gros volume d’importa-
tions qui fait que les compagnies maritimes nous regardent avec intérêt. A nous d’utiliser cela dans l’autre sens en
ajoutant notre petite valeur
dans chaque bateau. Le fait
que CMA-CGM ait choisi La
Réunion comme hub est un
bon signal : il y a une prise de
conscience des grands opérateurs mondiaux de la centralité maritime de La Réunion.
Pour aller plus loin, il faudra
que des entreprises indus-
trielles s’installent à proximité
des quais. Nous avons la
chance d’avoir 80 hectares disponibles qui sont la propriété
du conseil général. Il n’est pas
imaginable que des terrains
aussi stratégiques soient gelés.
Il faut que l’Etat, la Région, le
Département et la CCIR se
mettent autour d’une table afin de travailler sur ce sujet.
Nous plaidons en faveur d’un
projet de territoire et pas seulement portuaire.