le tourisme - Syndicat Intercommunautaire Ouest Cornouaille

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le tourisme - Syndicat Intercommunautaire Ouest Cornouaille
« LE TOURISME »
- « L’ouest Cornouaille face aux nouvelles demandes touristiques » :
Chantal KERRIOU, directrice adjointe du Comité Départemental du tourisme du Finistère.
- « Tourisme et développement local : un bilan contrasté » :
Lionel PRIGENT, Institut de Géoarchitecture, Université de Bretagne Occidentale.
« Paroles de professionnels » :
- Guy DIQUELOU, hôtelier à Combrit - Sainte - Marine (Hôtel-restaurant Sainte - Marine) ;
- Jacky DUQUENNE, gérant de camping à Douarnenez (Le Croas Men).
- Animateur : Jean-Marc BIRRER, Directeur de la Fédération Régionale des Pays Touristiques.
- Rapporteur : Annick LE LOCH, 1ère Vice-présidente du Conseil général du Finistère, Présidente du Comité
départemental du tourisme (CDT).
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 155
« L’OUEST CORNOUAILLE
FACE AUX NOUVELLES DEMANDES TOURISTIQUES »
Chantal KERRIOU, directrice adjointe du Comité départemental du tourisme du Finistère.
La fréquentation touristique en Bretagne génère 5 milliards d’euros de consommation touristique annuelle et le
tourisme représente près de 8 % du Produit Intérieur Brut de la région.
En termes d’emplois, ce secteur d’activité regroupe en Bretagne environ 27 000 emplois directs, salariés et non
salariés, et peut occuper jusqu’à 64 000 à 65 000 personnes salariées et non salariées en haute saison. Pour le
territoire de l’Ouest Cornouaille, les chiffres de l’emploi touristique pourraient se situer autour de 1 200 à 1300
emplois à l’année et jusqu’à 3 600 en haute saison.16
I - LE PORTRAIT DU TOURISME DANS L’OUEST CORNOUAILLE
1-1 L’offre touristique : quelques points de repères
Les 426 000 lits touristiques du Finistère17 sont principalement concentrés sur le littoral et notamment sur le
littoral sud avec des communes comme Fouesnant (22 000 lits touristiques) ou Bénodet (15 000 lits touristiques).
Répartition de l’hébergement touristique en Finistère.
Nombre de lits touristiques
19 999
10 000
5 000
1 000
500
0
- 25 000
- 19 999
- 9 999
- 4 999
999
499
Source : Base communale - CDT Finistère - 2005
Source : Base communale - CDT Finistère, 2005.
21 % des hébergements touristiques du Finistère son situés sur le territoire de l’Ouest Cornouaille (pour 10,6 %
de sa population). L’Ouest Cornouaille compte au total 89 700 lits touristiques classés auxquels s’ajoutent
environ 5 000 lits ni classés ni labellisés (il s’agit essentiellement de locations).
16
Il s’agit d’un ordre de grandeur. Cette estimation se base sur un travail de l’Insee évaluant le nombre
d’emplois salariés dans le tourisme en 2001. On estime que les emplois salariés représentent 80% de l’emploi
total et les non salariés environ 20 %.
17
Le lit touristique est une unité de mesure. Il permet d’évaluer la capacité d’accueil d’un territoire.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 156
L’hébergement touristique dans l’Ouest Cornouaille.
●
BEUZEC-CAP-SIZUN
●
●
●
CONFORT-MEILARS
●
●
KERLAZ
●
DOUARNENEZ
POULLAN-SUR-MER
GOULIEN
●
CLEDEN-CAP-SIZUN
●
ILE-DE-SEIN
●
PONT-CROIX
PLOGOFF
ESQUIBIEN
●
LE ●
JUCH
●
●
PRIMELIN
POULDERGAT
●
AUDIERNE
MAHALON
●
●
GOURLIZON
●
●
GUILER-SUR-GOYEN
PLOUHINEC
●
LANDUDEC
●
PLOZEVET
●
PLOGASTEL-SAINT-GERMAIN
●
POULDREUZIC
PEUMERIT
●
●
PLOVAN
Nombre de lits touristiques
●
TREMEOC
TREOGAT
●
●
11 000
●
PLONEOUR-LANVERN
●
●
COMBRIT
TREGUENNEC
●
5 500
●
1 100
SAINT-JEAN-TROLIMON
●
●
PONT-L'ABBE
●
ILE-TUDY
●
PLOMEUR
●
Source : Base communale - CDT Finistère - 2005
●●
LOCTUDY
PLOBANNALEC-LESCONIL
PENMARCH
●●
TREFFIAGAT
LE GUILVINEC
Source : Base communale - CDT Finistère, 2005.
Loctudy est la commune de l’ouest Cornouaille qui possède le plus de lits touristiques (environ 10 000), soit
l’équivalent de Concarneau. Viennent ensuite les communes de Douarnenez (9 000 lits) et Penmarc’h. On trouve
également un nombre intéressant de lits touristiques en baie d’Audierne, notamment dans les communes de
Plouhinec, Plozévet, Audierne…, de même que dans la plupart des autres communes, notamment rurales.
Le taux de fonction touristique des communes de l’Ouest Cornouaille.
KERLAZ
BEUZEC-CAP-SIZUN
POULLAN-SUR-MER
DOUARNENEZ
GOULIEN
CLEDEN-CAP-SIZUN
ILE-DE-SEIN
CONFORT-MEILARS
PONT-CROIX
PLOGOFF
ESQUIBIEN
LE JUCH
PRIMELIN
POULDERGAT
AUDIERNE
MAHALON
PLOUHINEC
GOURLIZON
GUILER-SUR-GOYEN
LANDUDEC
PLOZEVET
PLOGASTEL-SAINT-GERMAIN
POULDREUZIC
PEUMERIT
PLOVAN
Nombre de lits pour 100 habitants
TREMEOC
TREOGAT
PLONEOUR-LANVERN
0 à 50
50 à 100
100 à 150
150 à 250
250 à 500
plus de 500
TREGUENNEC
COMBRIT
SAINT-JEAN-TROLIMON
PONT-L'ABBE
ILE-TUDY
Source : Base communale - CDT Finistère - 2005
PLOMEUR
LOCTUDY
PENMARCH
PLOBANNALEC-LESCONIL
LE GUILVINEC
TREFFIAGAT
Source : Base communale - CDT Finistère, 2005.
Le taux de fonction touristique représente le rapport entre la population permanente et les touristes
accueillis chaque année. C’est un taux théorique mais qui permet de savoir si une commune double (voire
triple) sa population. En Bretagne, ce taux est en moyenne de 47 %. Pour le Finistère et l’Ouest Cornouaille,
il est respectivement de 50% et 100 %. Cela signifie que, théoriquement, l’Ouest Cornouaille peut accueillir
une population touristique égale à sa population permanente en période de très haute saison (notamment lors du
pic de fréquentation du mois d’août).
A titre de comparaison, la population de la commune de Bénodet peut, théoriquement, être multipliée par 5 en
haute saison avec un taux de fonction touristique de 555 %. A Fouesnant, ce taux est de 279 %. Enfin, le taux de
l’Ile Tudy dépasse les 1 000 %, ce qui signifie que la population touristique de cette commune peut être 10 fois
plus importante que sa population permanente.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 157
1-2 - L’offre d’hébergements non marchands
68 % des hébergements sont non marchands (c'est-à-dire en résidences secondaires) et 32% sont marchands
(terrains de campings, hôtels, locations, chambres d’hôtes, résidences de tourisme, villages vacances, ….).
L’Ouest Cornouaille, comme la plupart des régions touristiques littorales, se caractérise désormais par une forte
proportion de résidences secondaires. Dans certains départements du sud de la France, comme celui de l’Hérault,
les résidences secondaires représentent 75 % de l’offre touristique.
Répartition de l’hébergement touristique non marchand par pays touristique du Finistère.
Pays touristique
des Abers-Côte des Légendes
8%
6%
Pays touristique
du Léon
9%
Pays touristique
de Morlaix
8%
Pays touristique
Océane
Pays touristique de Brest Métropole
CUB
d'Iroise
3%
2%
Pays touristique
de Landerneau-Daoulas
Pays touristique
du Centre Finistère
Yeun Elez
Pays touristique
du Menez Hom Atlantique
7%
10%
Pays touristique
de l'Ouest Cornouaille
11%
Pays touristique
des Portes de Cornouaille
Pays touristique
de Quim per
22%
14%
Source : Base communlae
CDT Finistère - 2005
Source : Base communale - CDT Finistère, 2005.
L’Ouest Cornouaille se situe au premier rang des pays touristiques du Finistère en nombre de lits non
marchands. Le territoire de l’Ouest Cornouaille concentre 22 % des résidences secondaires du Finistère, le Pays
de Quimper (comprenant Fouesnant et Bénodet) 11 % et le Pays des Portes de Cornouaille 14 %. Cela signifie
qu’en Cornouaille, on trouve 50 % des résidences secondaires du Finistère, c’est dire si ce phénomène est
caractéristique du territoire.
1-3 - L’offre d’hébergements marchands
Répartition de l’hébergement touristique marchand par pays touristique du Finistère.
Pays touristique
des Abers-Côte des Légendes
7%
6%
5%
Pays touristique
du Léon
Pays touristique
de Morlaix
5%
Pays touristique
Océane
CUB
Pays touristique de Brest Métropole
d'Iroise
3%
1%
Pays touristique
de Landerneau-Daoulas
Pays touristique
du Centre Finistère
Yeun Elez
2%
Pays touristique
du Menez Hom Atlantique
14%
Pays touristique
de l'Ouest Cornouaille
20%
Quimper
Communauté
19%
Pays touristique
des Portes de Cornouaille
Pays touristique
de Quim per
18%
Source : Base communlae
CDT Finistère - 2005
Source : Base communale - CDT Finistère, 2005
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 158
Le territoire de l’Ouest Cornouaille se situe au deuxième rang des pays touristiques du Finistère en
nombre de lits marchands.
On constate une forte concentration dans le sud du département et en Cornouaille. Cette dernière regroupe 63%
de l’hébergement marchand du Finistère. A l’inverse de l’hébergement non marchand où l’Ouest Cornouaille
arrivait en tête, c’est le secteur de Quimper (Bénodet et Fouesnant) qui connaît le taux le plus fort en termes
d’hébergements marchands avec 20 %. L’Ouest Cornouaille est cependant très proche avec 19 %.
Répartition de l’offre d’hébergement marchand dans l’Ouest Cornouaille
20 000
62%
16 000
12 000
8 000
12%
4 000
10%
6%
6%
4%
0
H ôtellerie de
plein air
Centres de
vacances
Locatif
H ôtellerie
classée
Villages
vacances
Résidences
de Tourism e
Source : Base communale - CDT Finistère, 2005.
Autre caractéristique des hébergements marchands : le poids de l’hôtellerie de plein air qui à elle seule
regroupe 62 % des lits marchands de l’Ouest Cornouaille. Viennent ensuite les centres de vacances et le
locatif avec respectivement 12 % et 10 % des lits marchands. A noter que le locatif est probablement ici sous
évalué, car il existe une part importante de maisons ou appartements non classés non labellisés, qui sont proposés
à la location par des particuliers. Ce taux, même s’il est sous estimé, reste néanmoins révélateur. L’hôtellerie
classée et les villages vacances représentent 6 % de l’hébergement marchand, les résidences de tourisme, 4 %.
Cette distribution par modes d’hébergement est assez proche de celle observée au niveau du Finistère.
1-4 - L’hôtellerie classée dans l’ouest Cornouaille
L’hôtellerie classée de l’Ouest Cornouaille compte 44 hôtels, soit 1 772 lits. On notera le poids de l’hôtellerie
classée à Douarnenez, Audierne et l’Ile Tudy. Ce poids est également significatif dans les communes du Pays
Bigouden sud, en général, et dans une commune littorale du Haut Pays Bigouden : Pouldreuzic.
L’hôtellerie classée de l’Ouest Cornouaille.
●
BEUZEC-CAP-SIZUN
●
●
●
GOULIEN
CONFORT-MEILARS
●
●
●
●
KERLAZ
DOUARNENEZ
POULLAN-SUR-MER
●
●
CLEDEN-CAP-SIZUN
ILE-DE-SEIN
●
●
●
LANDREVARZEC
PONT-CROIX
PLOGOFF
PRIMELIN
●
LE JUCH
ESQUIBIEN
●
●
AUDIERNE
POULDERGAT
●
●
●
●
●
●
MAHALON
●
●
GOURLIZON
GUILER-SUR-GOYEN
PLOUHINEC
LANDUDEC
●
●
●
PLOZEVET
●
●
PLOGASTEL-SAINT-GERMAIN
POULDREUZIC
PEUMERIT
PLOVAN
Nombre de lits
●
TREOGAT
●
●
PLONEOUR-LANVERN
360
TREMEOC
●
●
COMBRIT
TREGUENNEC
●
180
●
●
36
SAINT-JEAN-TROLIMON
●
●
PONT-L'ABBE
●
ILE-TUDY
●
●
PLOMEUR
Source : Base communale - CDT Finistère - 2005
●
●
●
LOCTUDY
●
●
●
●
●
●
PLOBANNALEC-LESCONIL
PENMARCH
TREFFIAGAT
●
●
●
LE GUILVINEC
Source : Base communale - CDT Finistère, 2005.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 159
Le nombre moyen de chambres par hôtel est cependant de 20 alors qu’il est de 26 dans le Finistère. Cela signifie,
qu’en moyenne, dans l’Ouest Cornouaille, les petits établissements sont plus nombreux qu’ailleurs. Le
nombre moyen de chambres par hôtel est un peu en dessous de la moyenne départementale ou régionale, ce qui
induit des politiques commerciales différentes par rapport à d’autres établissements qui auraient une capacité
plus grande.
Les hôtels 2 étoiles sont majoritaires et représentent 77 % de la capacité hôtelière. Toutefois, on a pu
observer ces dernières années une augmentation du nombre d’hôtels 3 étoiles (7 dans le territoire) et une forte
diminution, voire disparition, d’hôtels non classés, 0 ou 1 étoile.
Les traits majeurs de l’évolution de ce secteur depuis 10 ans sont les suivants :
- le caractère saisonnier de certains établissements ;
- la diminution de la clientèle d’affaire qui peut s’expliquer par la situation géographique du
territoire ;
- la diminution de la clientèle étrangère plus attachée aux 3 étoiles qu’aux 2 étoiles
majoritaires dans l’Ouest Cornouaille.
Les principaux enjeux sont aujourd’hui :
- la transmission des établissements. Beaucoup d’entre eux ont déjà disparu ces dernières
années et ont été transformés en appartements dans le cadre d’opérations de promotion
immobilière. Cela pose un véritable problème en matière de développement touristique sur le
littoral ;
- le développement des prestations et produits hôteliers de demain. A titre d’illustration, en
Espagne, ou sur d’autres littoraux, une nouvelle hôtellerie balnéaire émerge. Cette hôtellerie se
caractérise par l’attention particulière portée à la décoration, au design des équipements, aux
surfaces proposées aux touristes (chambres plus grandes avec éventuellement un coin salon,
une grande salle de bain ou une chambre familiale)…
1-5 - L’hôtellerie de plein air dans l’ouest Cornouaille
L’hôtellerie de plein air dans l’Ouest Cornouaille
●
●
BEUZEC-CAP-SIZUN
CLEDEN-CAP-SIZUN
●
●
●
●
●
●
ILE-DE-SEIN
●
●
●
POULLAN-SUR-MER
GOULIEN
●
●
●
●
●
●
●
●
●
●
●
●
KERLAZ
DOUARNENEZ
CONFORT-MEILARS
●
●
●
●
PONT-CROIX
PLOGOFF
●
●
●
●
●
●
●
●
LE JUCH
ESQUIBIEN
●
●
●
●
PRIMELIN
POULDERGAT
AUDIERNE
●
●
●
●
●
●
●
●
●
●
●
●
MAHALON
●
●
●
●
●
●
●
●
GOURLIZON
GUILER-SUR-GOYEN
PLOUHINEC
●
●
LANDUDEC
●
●
PLOZEVET
PLOGASTEL-SAINT-GERMAIN
●
●
●
●
●
●
●
●
●
●
POULDREUZIC
PEUMERIT
●
●
●
●
●
●
●
●
PLOVAN
Nombre de lits
●
TREOGAT
3 300
●
●
●
PLONEOUR-LANVERN
●
●
TREMEOC
●
●
●
●
●
●
●
●
●
●
●
●
TREGUENNEC
1 650
COMBRIT
SAINT-JEAN-TROLIMON
330
Source : Base communale - CDT Finistère - 2005
●
●
PONT-L'ABBE
●
ILE-TUDY
●
●
PLOMEUR
●
PENMARCH
●●
PLOBANNALEC-LESCONIL
●
●
LOCTUDY
TREFFIAGAT
●
●
●
●
LE GUILVINEC
Source : Base communale - CDT Finistère, 2005.
Les campings dans l’Ouest Cornouaille, ce sont 70 terrains pour 18 000 lits. La situation géographique des
campings est essentiellement littorale mais pas uniquement. Le nombre d’emplacements par terrain est de 88,
soit en dessous de la moyenne départementale (113).
En termes d’évolution, le parc est resté relativement stable en nombre de structures et de lits (il existe des
petites variations mais minimes).
On constate cependant, ces 10 dernières années, une importante modernisation, avec de l’hébergement locatif
(mobil home, chalets…). L’Ouest Cornouaille possède aujourd’hui une diversité de terrains de camping : aires
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 160
naturelles dans les communes situées dans la zone rétro littorale ou en zone rurale, et une gamme de produits
camping plus variée que l’hôtellerie, centrée sur le 2 étoiles.
Les enjeux pour l’hôtellerie de plein air sont les suivants :
- maintenir l’attractivité de ces terrains auprès de la clientèle étrangère, de plus en plus
difficile à capter ;
- investir en matière de gestion, d’équipements voire de marketing car il faut une capacité à
réagir très vite ;
- proposer des alternatives face à des conditions climatiques changeantes (pluie...) ;
- concilier préservation des paysages des espaces littoraux, qui fait notre attractivité et notre
richesse, avec le développement du locatif et l’installation de mobil homes, chalets ou autres
équipements ;
- et peut être à terme la transmission des entreprises, qui comme pour l’hôtellerie, va peutêtre devenir un problème. Avec l’augmentation du prix du foncier, la pression sur le littoral et
les investissements considérables qui ont été réalisés ces 10 dernières années, ces terrains de
camping ont désormais une valeur très importante. Comment se fera la transmission
d’entreprise, quels seront, à l’avenir, les investisseurs qui pourront poursuivre l’activité ou
racheter ces entreprises ?
1 - 6 - Le locatif dans l’Ouest Cornouaille
Le locatif dans l’Ouest Cornouaille
●
BEUZEC-CAP-SIZUN
●
●
GOULIEN
CLEDEN-CAP-SIZUN
ILE-DE-SEIN
●
●
PONT-CROIX
PLOGOFF
●
PRIMELIN
●●
●
KERLAZ
DOUARNENEZ
●
LE JUCH
ESQUIBIEN
AUDIERNE
●
●
●
POULLAN-SUR-MER
●
CONFORT-MEILARS
●
●
POULDERGAT
MAHALON
PLOUHINEC
●
GOURLIZON
●
GUILER-SUR-GOYEN
●
LANDUDEC
●●
PLOZEVET
●
PLOGASTEL-SAINT-GERMAIN
POULDREUZIC
●
PEUMERIT
●
PLOVAN
Nombre de lits
230
●
115
●
●
●
TREOGAT
●
PLONEOUR-LANVERN
TREMEOC
●
●
COMBRIT
TREGUENNEC
●
SAINT-JEAN-TROLIMON
23
●
PONT-L'ABBE
●
●
ILE-TUDY
PLOMEUR
Source : Base communale - CDT Finistère - 2005
●
PENMARCH
●●
●●
LOCTUDY
PLOBANNALEC-LESCONIL
TREFFIAGAT
LE GUILVINEC
Source : Base communale - CDT Finistère, 2005.
Le locatif (locations labellisées Gîtes de France, Clévacances et locations classées) présente une distribution
géographique assez équilibrée sur l’ensemble du territoire de l’Ouest Cornouaille. A noter également la présence
de plusieurs agences professionnelles spécialisées dans la commercialisation de locations saisonnières.
Malgré cela, le point faible de ce secteur reste le poids des locations non classées et non labellisées. Il s’agit
d’une offre qui existe depuis longtemps, souvent le fait de particuliers qui louent à des particuliers, sans
intermédiaire. Cette forme de location trouve cependant ses limites, dans un contexte où d’une part le client
recherche des garanties et se tourne de plus en plus vers des produits classés, normés, certifiés, et d’autre part, le
client se décidant parfois à la dernière minute ou souhaitant une réponse immédiate sur les disponibilités, va
privilégier des hébergements facilement accessibles, proposant le cas échéant des possibilités de réservation en
ligne, via Internet.
L’adaptation à ces nouveaux comportements des consommateurs va requérir, de la part des loueurs, plus de
flexibilité, de disponibilité.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 161
1-7 - Les résidences de tourisme
Les résidences de tourisme dans l’Ouest Cornouaille
BEUZEC-CAP-SIZUN
CLEDEN-CAP-SIZUN
●
POULLAN-SUR-MER
KERLAZ
DOUARNENEZ
GOULIEN
ILE-DE-SEIN
CONFORT-MEILARS
PONT-CROIX
PLOGOFF
LE JUCH
ESQUIBIEN
PRIMELIN
POULDERGAT
AUDIERNE
MAHALON
GOURLIZON
GUILER-SUR-GOYEN
PLOUHINEC
LANDUDEC
PLOZEVET
●
PLOGASTEL-SAINT-GERMAIN
POULDREUZIC
PEUMERIT
PLOVAN
Nombre de lits
●
TREOGAT
PLONEOUR-LANVERN
500
●
TREMEOC
TREGUENNEC
COMBRIT
250
SAINT-JEAN-TROLIMON
PONT-L'ABBE
●
●
50
ILE-TUDY
PLOMEUR
PLOBANNALEC-LESCONIL
Source : Base communale - CDT Finistère - 2005
PENMARCH
TREFFIAGAT
LOCTUDY
●
LE GUILVINEC
Source : Base communale - CDT Finistère, 2005.
Les résidences de tourisme de Douarnenez, Plogastel-Saint-Germain et du Guilvinec atteignent une capacité
totale de 1 145 lits touristiques. Cette forme d’hébergement, assez peu représentée jusqu’à il y a quelques années
dans le Finistère, propose une réponse adaptée à la demande des clients qui recherchent un produit de qualité et
facilement accessible.
Cette offre étant commercialisée par de solides réseaux de distribution, elle obtient des taux d’occupation très
intéressants, ce qui dynamise les territoires en particulier en bord de saison. Elle est aussi un moyen de
diversifier la clientèle : nouveaux clients pour la destination et clients étrangers.
1-8 Les sites et équipements de loisirs et de découverte
Les équipements culturels et de loisirs offrent une immense diversité et connaissent une fréquentation
extrêmement variée. La Pointe du Raz/Pointe du Van attire quelque 850 000 visiteurs, l’Aquashow à Audierne
110 000, le Port-Musée à Douarnenez 47 000 et Haliotika au Guilvinec 30 000. L’atout du territoire repose sur
cette offre diversifiée et complémentaire à la fois.
Les sites et équipements dans l’Ouest Cornouaille
Port-Musée
Le Marquisat
La Maison du Vent
Jardin Botanique
●
●
●●
●
BEUZEC-CAP-SIZUN
CLEDEN-CAP-SIZUN
ILE-DE-SEIN
●
KERLAZ
DOUARNENEZ
DOUARNENEZ
DOUARNENEZ
DOUARNENEZ
DOUARNENEZ
DOUARNENEZ
DOUARNENEZ
DOUARNENEZ
DOUARNENEZ
DOUARNENEZ
DOUARNENEZ
DOUARNENEZ
POULLAN-SUR-MER
GOULIEN
GOULIEN
GOULIEN
GOULIEN
GOULIEN
GOULIEN
GOULIEN
GOULIEN
GOULIEN
GOULIEN
GOULIEN
GOULIEN
CONFORT-MEILARS
PONT-CROIX
PONT-CROIX
PONT-CROIX
PONT-CROIX
PONT-CROIX
PONT-CROIX
PONT-CROIX
PONT-CROIX
PONT-CROIX
PONT-CROIX
PONT-CROIX
PONT-CROIX
PLOGOFF
PLOGOFF
PLOGOFF
PLOGOFF
PLOGOFF
PLOGOFF
PLOGOFF
PLOGOFF
PLOGOFF
PLOGOFF
PLOGOFF
PLOGOFF
PRIMELIN
Pointe du Raz
Grand Site de France
LE JUCH
ESQUIBIEN
ESQUIBIEN
ESQUIBIEN
ESQUIBIEN
ESQUIBIEN
ESQUIBIEN
ESQUIBIEN
ESQUIBIEN
ESQUIBIEN
ESQUIBIEN
ESQUIBIEN
ESQUIBIEN
AUDIERNE
AUDIERNE
AUDIERNE
AUDIERNE
AUDIERNE
AUDIERNE
AUDIERNE
AUDIERNE
POULDERGAT
MAHALON
- Aquashow
- Musée maritime du Cap Sizun
●
PLOZEVET
PLOZEVET
PLOZEVET
PLOZEVET
PLOZEVET
PLOZEVET
PLOZEVET
PLOZEVET
PLOZEVET
PLOZEVET
PLOZEVET
PLOZEVET
Musée des Petits Meubles Bretons
GOURLIZON
GUILER-SUR-GOYEN
PLOUHINEC
●
●
●
LANDUDEC
LANDUDEC
LANDUDEC
LANDUDEC
LANDUDEC
LANDUDEC
LANDUDEC
LANDUDEC
LANDUDEC
LANDUDEC
LANDUDEC
LANDUDEC
PLOGASTEL-SAINT-GERMAIN
POULDREUZIC
POULDREUZIC
POULDREUZIC
POULDREUZIC
POULDREUZIC
POULDREUZIC
POULDREUZIC
POULDREUZIC
POULDREUZIC
POULDREUZIC
POULDREUZIC
POULDREUZIC
Parc de loisirs
de Bel Air Land
PEUMERIT
PEUMERIT
PEUMERIT
PEUMERIT
PEUMERIT
PEUMERIT
PEUMERIT
PEUMERIT
PEUMERIT
PLOVAN
La Maison de l'Amiral
TREOGAT
PLONEOUR-LANVERN
Parc animalier La Pommeraie
TREMEOC
●
TREGUENNEC
COMBRIT
COMBRIT
COMBRIT
COMBRIT
COMBRIT
COMBRIT
COMBRIT
COMBRIT
COMBRIT
COMBRIT
COMBRIT
SAINT-JEAN-TROLIMON
●
PONT-L'ABBE
PONT-L'ABBE
PONT-L'ABBE
PONT-L'ABBE
PONT-L'ABBE
PONT-L'ABBE
PONT-L'ABBE
PONT-L'ABBE
ILE-TUDY
PLOMEUR
●
●
PENMARCH
PENMARCH
PENMARCH
PENMARCH
PENMARCH
PENMARCH
PENMARCH
PENMARCH
PENMARCH
PENMARCH
PENMARCH
PENMARCH
- Centre de découverte maritime
- Musée de la Préhistoire
Parc botanique
de Cornouaille
LOCTUDY
LOCTUDY
LOCTUDY
LOCTUDY
LOCTUDY
LOCTUDY
LOCTUDY
LOCTUDY
●
GUILVINEC
GUILVINEC
GUILVINEC
GUILVINEC
GUILVINEC
GUILVINEC
GUILVINEC
GUILVINEC
GUILVINEC
GUILVINEC
GUILVINEC
GUILVINEC
Haliotika
Source : CDT Finistère
PLOBANNALEC-LESCONIL
TREFFIAGAT
Manoir de Kérazan
- Musée bigouden
- Ecomusée Maison du Pays bigouden
Source : Base communale - CDT Finistère, 2005.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 162
Un autre atout est le poids de la culture et de l’expression artistique. Cela se traduit par une multitude de
fêtes et d’évènements. Ces animations, dans leur globalité, attirent les visiteurs et ont donc des retombées très
intéressantes notamment au niveau de l’hébergement marchand.
II - LA DEMANDE TOURISTIQUE DANS L’OUEST CORNOUAILLE
En Bretagne, comme dans le Finistère, le volume total annuel de nuitées est en dessous de ce que l’on observait
dans les années 90.
Ce constat n’exclut cependant pas, dans certains sites, une augmentation de la pression « touristique » due à des
comportements différents y compris ceux générés par les touristes, les excursionnistes (déplacement à la journée)
et par les habitants eux-mêmes.
Dans l’évolution des flux touristiques en Finistère de 1997 à 2005 (cf. histogramme), on voit que l’année 2000 a
été marquée par une forte chute de la fréquentation (Erika) et qu’il a fallu attendre 3 ans pour retrouver le niveau
de 1999.
Evolution des flux touristiques en Finistère de 1997 à 2004.
33 000 000
32 000 000
31 000 000
?
30 000 000
29 000 000
28 000 000
27 000 000
26 000 000
25 000 000
année année année année année année année année année
1997 1998 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005
Source : BET F. Marchand - CG29/CDT29/CCI29/DDE29.
Il existe cependant des hausses de fréquentation, en week-ends, toute l’année, et hors saison (vacances
scolaires de Noël, de la Toussaint, de février…). Cependant, cet attrait pour le hors saison ne compense pas la
diminution de la hauteur des pics de fréquentation de l’été.
Ainsi, le cœur de saison, même s’il reste stable en volume, se situe en dessous du niveau de celui de l’année
1997. Les mois de mai, juin, septembre… (les bords de saison) sont également en dessous de ce seuil.
Evolution des flux touristiques par périodes de 1997 à 2004 en Finistère (1997 : base 100).
160
140
120
100
80
60
40
20
0
1997
1998
1999
cœ urde saison
2000
2001
bord de saison
2002
2003
2004
hors saison
Source : BET F. Marchand - CG29/CDT29/CCI29/DDE29.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 163
La fréquentation est marquée par la saisonnalité (juillet/août). Elle se traduit aussi par des pics de
fréquentation lors d’évènements (rassemblements maritimes Brest/Douarnenez 2004, festival des Vieilles
Charrues…). A noter également des pics d’avant saison durant le week-end. Ces pics sont dus aux déplacements
qui ont lieu chaque week-end vers le Finistère : c’est un phénomène nouveau qui s’accentue.
Les flux touristiques dans le Finistère en 2004 (en nuitées).
450000
07 août
Festivaldes Vieilles Charrues
à Carhaix
400000
Rassem blem ents m aritim es
Brest-D ouarnenez 2004
350000
300000
250000
W eek-end
de Pâques
200000
Ascension
100000
W eek-end
de la Toussaint
Pentecôte
150000
Vacances
de N oël
M oyenne journalière
83 123
Vacances d'hiver
50000
0
janvier
février
m ars
avril
m ai
juin
juillet
août
sept.
oct.
nov.
déc.
Source : BET F. Marchand - CG29/CDT29/CCI29/DDE29.
Le nombre de demandes d’information au guichet des offices de tourisme de l’Ouest Cornouaille illustre
également cette saisonnalité.
Les demandes au guichet dans les Offices de tourisme de l’Ouest Cornouaille en 2004.
30 000
25 000
20 000
15 000
10 000
5 000
0
janv.
fév.
m ars
avril
m ai
juin
juil.
août sept.
oct.
nov.
Source : Enquête auprès des OTSI du Finistère - FDOTSI29 - CDT29.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 164
déc.
III - LE DIAGNOSTIC TOURISTIQUE DANS L’OUEST CORNOUAILLE
3-1- Les atouts
Le principal atout de l’Ouest Cornouaille réside dans son espace naturel préservé de tout habitat et de toute
activité (la Pointe du Raz/Pointe du Van, le Cap Sizun, la baie d’Audierne, Combrit, etc, …). La Pointe du Raz,
Grand site de France, est le site finistérien qui, sur le plan national, bénéficie de la plus forte notoriété.
Autre atout majeur de l’Ouest Cornouaille : les liens étroits entre le tourisme et les autres secteurs,
notamment celui de la pêche, qui crée sans aucun doute une motivation supplémentaire à la venue des visiteurs.
L’association pêche/tourisme, (véhiculée notamment au travers d’Haliotika) suscite l’intérêt des visiteurs.
Les autres domaines qui composent l’identité du territoire, largement associés aux secteurs touristiques, sont
d’ordre patrimonial, culturel, événementiel, voire nautique (notamment les sports de glisse). La
thalassothérapie est aussi un facteur attractif du territoire.
3-2 Les faiblesses du territoire
Le premier handicap du territoire est commun à l’ouest breton : il s’agit de la « périphéricité » du territoire. Le
transport est donc un enjeu majeur.
La saisonnalité marquée pose le problème de la gestion des flux en direction des sites touristiques. On observe,
alternativement, une sous et une hyper fréquentation des sites.
La pluie, sujet tabou par excellence, a aussi des répercussions que l’on ne peut nier. Ce facteur arrive souvent en
premier comme motif de non-satisfaction des clients. Il s’agit d’un problème qu’il faut « traiter » de manière plus
forte dans les années à venir en proposant, par exemple, des équipements adaptés et en essayant de tirer
davantage profit de cette « faiblesse ». En Espagne, les Asturies, la Galice, présentent sur certains supports de
promotion des touristes par temps gris. Cet aspect climatique est un élément à prendre en compte à l’avenir car
les clients aspirent également de manière générale à de la sincérité dans les communications touristiques
institutionnelles.
De ce dernier point découle parfois une différence entre l’image perçue et l’image vécue de la destination, ce
qui engendre de l’insatisfaction, au risque de ne pas fidéliser les clientèles. Le risque est présent avec le
développement des séjours hors saison. Certains touristes repartent insatisfaits considérant qu’on leur a proposé
au printemps un produit non complet, un « sous-produit » de l’été. Ils n’ont pas eu accès à tous les services et
équipements attendus.
Par ailleurs, le rapport qualité/prix pour les hébergements et prestations est aujourd’hui pointé du doigt par les
visiteurs dans un contexte où le prix est de plus en plus une variable stratégique.
3-3 - Les opportunités du territoire
Le territoire de l’Ouest Cornouaille, grâce à ses sites et éléments patrimoniaux, répond assez bien à la
demande de ressourcement du visiteur.
De plus, la complémentarité des offres touristiques permet aux visiteurs d’y trouver une palette de possibilités
d’activités et d’équipements, à quelques kilomètres de leurs lieux d’hébergement.
Il existe aussi probablement moins d’inégalités, moins de « ségrégation touristique » dans l’Ouest Cornouaille
que dans d’autres territoires, puisque qu’il y a une mixité entre les hébergements (haut de gamme, moyenne ou
entrée de gamme, …).
Restructuration, reprise, transformation, innovation, créativité : la capacité des entreprises de l’Ouest
Cornouaille à s’adapter est aussi une opportunité du territoire.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 165
3-4 - Les menaces qui pèsent sur l’économie touristique
L’Ouest Cornouaille, comme d’autres destinations de vacances, doit faire face à des évolutions récentes, dont
certaines, si elles n’étaient pas traitées, pourraient obérer la capacité de développement du territoire.
A ce titre, on peut considérer la spéculation foncière comme une menace. La pression foncière impacte sur la
transmission des entreprises et les conflits d’intérêts ou d’usage peuvent à terme provoquer des tensions.
Des déséquilibres commencent aussi à poindre entre hébergements marchands et non marchands : les
résidences secondaires connaissent un taux de croissance positif, alors que le nombre d’hébergements marchands
stagne ou diminue.
Les problèmes environnementaux, enjeux majeurs, font aussi partie des menaces pouvant influer sur le
développement du territoire. Parmi ceux-ci, citons entre autres, les pollutions visuelles, physiques, mais aussi les
problèmes d’eau (quantité et qualité des eaux)…
Un autre point à inscrire dans les menaces : le vieillissement de certaines offres marchandes et un non
renouvellement de la clientèle actuelle. A court terme, le taux de fidélisation est assez bon mais, à plus long
terme, il faudra renouveler cette clientèle. Or, on observe par exemple que les seniors sont particulièrement
représentés dans les touristes en vacances en Finistère (plus que dans d’autres régions touristiques), alors que
dans le même temps, on constate une sous représentation de la tranche d’âge 15-25 ans.
Autre risque : la banalisation des paysages et la perte d’authenticité du territoire. C’est probablement le
risque majeur sur lequel il est nécessaire de travailler car il est déterminant au regard des visiteurs.
IV - L’OUEST CORNOUAILLE FACE AUX NOUVELLES DEMANDES TOURISTIQUES
4-1 - Les modes de transport
Le transport a un impact sur le développement touristique, en particulier sur les courts séjours. Le
développement des courts séjours devient très difficile au-delà de 2 ou 3 heures de trajet. A cet égard, les
moyens de transport sont déterminants. Des stations du littoral atlantique comme les Sables d’Olonne, La Baule,
Arcachon, grâce à leur accès TGV, ont vu leur développement touristique, hors saison notamment, s’accélérer.
Les compagnies aériennes « low cost » ont par ailleurs un impact sur les flux de visiteurs étrangers vers les
destinations. Leur développement a dans certains cas modifié ces dernières années la géographie des flux
touristiques. Cela est notamment le cas de la clientèle Britannique, en baisse en Bretagne et dans le nord de
la France depuis 2 ans. Comme le rappelait Maison de la France, on recense actuellement 26 aéroports français
desservis par des compagnies « low cost ». Mais sur ces 26, seuls 4 d’entre eux sont situés dans la partie nord de
la France, ce qui explique en partie les reports de clientèles vers d’autres régions plus méridionales que la
Bretagne.
4-2 - Les évolutions démographiques
La démographie, qui va se caractériser par un vieillissement de la population aura des incidences sur la
fréquentation touristique, sur les besoins, les attentes. Un travail doit être mené sur nos offres touristiques :
apportent-elles les services attendus, adaptés aux besoins de ces populations ?
De même, avec le développement des familles monoparentales ou des familles recomposées, il faut dès à
présent faire face à une attente nouvelle et spécifique.
4-3 - Internet
Internet a révolutionné la commercialisation touristique et prend de plus en plus de parts de marché sur
les autres canaux de distribution. Il apparaît surtout, pour l’instant, comme un mode d’information des séjours
touristiques mais tend à devenir de plus en plus un mode de réservation à part entière.
Il y a là un enjeu très important puisque les prestataires bénéficiant du haut débit, d’un site Internet ou référencés
sur des portails, ont plus de chance d’être accessibles et d’entrer en contact avec des clients potentiels, que ceux
qui n’en seraient pas dotés.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 166
4-4 - Des comportements qui s’individualisent
Au-delà de ces 3 facteurs (transport, démographie et Internet), il faut souligner que les comportements
individuels ont changé ces dernières années. Les touristes possèdent des personnalités plus autonomes,
s’éloignant parfois des modèles anciens de consommation et recherchant l’originalité. Cela se traduit, pour
certains d’entre eux, par un rejet des produits touristiques standardisés de type forfait.
Les touristes, avec l’habitude des voyages, sont aussi plus informés et éduqués. Ils savent faire la différence et
sont plus exigeants et n’hésitent plus à négocier les tarifs.
Autre changement majeur : les attitudes changeantes du consommateur, (« le touriste zappeur »). Il n’est pas rare
de voir le même client choisir un week-end dans un hébergement haut de gamme et ensuite opter pour des
vacances en famille dans un hébergement plus simple, ou encore de constater qu’un même individu consomme
alternativement restauration rapide et cuisine traditionnelle.
4-5 - Les nouvelles mobilités : impact sur le tourisme
Une enquête de 1976 auprès des touristes en Finistère indiquait que la durée moyenne de séjour était de 24
jours durant l’été. Aujourd’hui, elle est de 7 à 8 jours. Cette évolution est liée à la fragmentation et au
raccourcissement des séjours.
On assiste aussi à l’émergence d’un nouveau phénomène : la bi - résidentialité. Cette dernière est largement
plus développée dans l’est de la Bretagne (golfe du Morbihan, alentours de Saint-Malo…) que dans le territoire
de l’Ouest Cornouaille. Il s’agit de personnes, actifs ou retraités, propriétaires dans plusieurs villes, qui
choisissent de partager leur temps entre leurs propriétés (3/6 mois ici et 3/6 mois par là-bas). S’agit-il encore de
touristes en résidence secondaire ? S’agit-il de vacances ou de migrations alternantes prolongées ? Ce sont des
phénomènes totalement nouveaux dont il est difficile de mesurer l’impact en termes de comportement ou de
consommation.
Conclusion : les enjeux du développement touristique
Dans les années 80-90, le développement touristique s’appuyait souvent sur le seul binôme : aménagement et
communication. Durant la période 1990-2000, le client a été replacé au cœur de la démarche, induisant la mise
en place de stratégies marketing plus structurées.
Cette approche client n’est pas aujourd’hui remise en cause, mais elle doit désormais se doubler d’une approche
plus transversale. En effet, tous les éléments de la chaîne touristique peuvent être d’excellente qualité, sans pour
autant permettre à une destination de fidéliser sa clientèle ni d’en conquérir de nouvelles, ni encore d’apporter
une rentabilité suffisante par rapport aux investissements réalisés.
C’est la raison pour laquelle les processus de développement et de gestion du tourisme s’inscrivent de plus en
plus dans des stratégies de développement durable, tenant à la fois compte des aspirations des clients touristes
mais aussi des autres acteurs du territoire. L’habitant notamment doit devenir un acteur central des politiques de
développement touristique.
L’Ouest Cornouaille possède une carte à jouer et sa chance, ou plutôt sa force, réside dans le fait que son
tourisme n’y soit pas une mono activité. Réussir ce développement touristique suppose notamment :
-
-
-
-
d’éviter la banalisation du paysage. C’est un point très important pour une destination : le territoire
doit garder ses spécificités pour rester attractif ;
de répartir les rôles respectifs de chacun (entreprises, collectivités, associations, habitants). Sachant
qu’il est nécessaire d’être cohérent et compétitif, il est important que l’ensemble des acteurs qui
valorisent une destination touristique travaille en synergie ;
d’organiser et d’arbitrer les conflits d’usage et d’intérêt (on a beaucoup évoqué ces derniers mois la
question des camping-cars) ;
d’aménager, valoriser, donner les clés d’interprétation du patrimoine. Même dans des territoires à
forte identité, certains touristes repartent insatisfaits, parfois en raison d’un décalage entre l’image
perçue de la destination et leur vécu une fois sur place ;
de conserver une qualité d’accueil. La différence entre les destinations va se situer dans leur capacité
à proposer des aménagements, dont certains d’entre eux devront rester gratuits. Il ne faut probablement
pas tout « marchandiser » ;
enfin, une destination doit d’abord conserver, et cultiver, sa capacité de séduction et faire rêver le
visiteur …
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 167
« TOURISME ET DEVELOPPEMENT LOCAL :
UN BILAN CONTRASTE ».
Lionel PRIGENT, Institut de Géoarchitecture Université de Bretagne Occidentale (UBO).
Introduction :
Du jeune homme anglais qui partait parfaire son éducation dans un tour d’Europe aux XVIIIe et XIXe
siècles, au consommateur actuel d’un service de loisirs organisé et produit à destination du plus grand nombre, il
n’est pas seulement question d’époque différente. La perception de l’autre, l’usage du territoire et du patrimoine,
la médiation de la culture enfin ont pris des sens bien différents. Si les « mémoires d’un touriste » publié par
Stendhal en 1838 ont marqué la première apparition du mot « touriste » en France, la définition actuelle a bien
précisé l’acception qu’il est commun de retenir : « toute personne ayant passé au moins une nuit dans un lieu
différent de son lieu de résidence ». Reconnue par l’INSEE, retenue par la plupart des offices du tourisme, et
présentée même dans certains dictionnaires, cette présentation n’en garde pas moins un caractère lacunaire tant
les situations correspondantes sont disparates. L’adepte du court séjour de découverte est placé au même rang
que le voyageur itinérant qui traverse au gré de ses étapes successives des régions voire des pays entiers.
L’hébergement hôtelier compte autant que la chambre d’amis. Enfin le vacancier qui prise ses quelques jours de
repos loin de son cadre de vie ordinaire est confondu avec l’homme d’affaire sur le point de signer un contrat. Si
tout est affaire de définition, alors la notion de « tourisme » paraît singulièrement vague pour constituer une
catégorie économique cohérente.
La visite d’un site patrimonialisé, une des nombreuses activités touristiques. Ici, Locronan.
La raison vient de ce que l’on confond l’objet et le client : la structure et les acteurs qui produisent le service
touristique d’une part ; les publics aux motivations parfois disparates et à la diversité infinie, d’autre part.
L’offre touristique porte ainsi sur des hébergements, de la restauration, des lieux d’accueil pour des activités
professionnelles, des animations et organisation d’activité et de visite, à destination des vacanciers. Le
recensement ne pourrait être exhaustif tant abondent les situations à envisager. Pour résumer, le tourisme se
trouve considéré comme ce qui en fait le seul dénominateur commun, l’accueil des personnes qui ne rejoignent
pas leur domicile dans la journée.
À ce titre, on peut considérer que le tourisme est une économie d’exportation à l’échelle d’un territoire.
Au niveau national, il s’agit d’une source de revenu importante : 75 millions d’entrées touristiques en 2003. Les
dernières informations données par l’INSEE pour l’année 2005 confortent encore le phénomène. D’après le
compte « voyage », mesuré par la comptabilité nationale, il apparaît que la capacité de financement est
excédentaire pour l’activité touristique 13,5 milliards en 2002 et 10 milliards en 2004.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 168
Du petit train de promenade aux visites de sites et aux réservations d’hôtel et de restaurant, les activités
touristiques génèrent des ressources financières importantes. Ici, le petit train à Florimer. La Torche. Plomeur.
Mais le touriste vit aussi, ordinairement, à l’intérieur de nos frontières. En effet, 70 % de Français qui partent en
vacances restent en France. Les sources abondent à ce point de vue. L’INSEE en fait écho dans plusieurs de ses
récentes publications. Les services ministériels en charge du tourisme reprennent aussi cette information. La
venue de touristes est donc une réalité qui prend parfois l’allure d’une forte présence concentrée en quelques
sites, quelques semaines voire quelques mois dans l’année. Un tel afflux de population est synonyme d’une
présence de consommateurs bienvenus dans les commerces, les restaurants et les musées notamment.
À ce titre, le tourisme est l’espoir d’un vrai dynamisme économique, que l’on pourrait qualifier d’eldorado. Un
certain nombre d’indicateurs nous montrent combien ce secteur est devenu important. La croissance pour l’année
2004, après une année 2003 chahutée par les événements internationaux, marquent une reprise. La croissance est
de 10 % dans le monde, 4 % en Europe, 2 % en Europe occidentale. Les destinations traditionnelles, en
particulier la Bretagne, connaissent plutôt une stabilité de cette activité touristique.
Devant une telle ambiance économique, les tentations sont grandes pour le territoire dont les perspectives de
développement apparaissent minces. Dans un contexte difficile, nombreux sont les acteurs qui comptent sur le
tourisme pour mener une forme de restauration douce qui aurait la propriété de rassembler la population et les
porteurs des activités économiques dans leur histoire et leur territoire. Lorsque l’industrie est en crise ou lorsqu’il
s’agit de retrouver une dynamique économique, le tourisme figure assez rapidement parmi les solutions qui
peuvent être préconisées. Cela permet de forger une nouvelle forme d’activité, tout en s’appuyant sur les atouts
locaux.
La maison du Tourisme à Pont L’Abbé (AOCP) : un instrument de promotion et la reconnaissance du poids de
l’activité.
Cependant, la tentation est facile de penser que la situation est acquise, la considérer que, fatalement, le touriste
vient et ne bouge pas du territoire, que les emplois touristiques sont des emplois pérennes : rien n’est moins sûr
surtout lorsqu’il devient aussi onéreux de passer 10 jours dans les gorges du Vernon que 10 jours à Cuba. Penser
que les emplois touristiques sont des emplois inamovibles sur un territoire et qu’il n’y a pas de concurrence, est
une vision souvent partagée mais dangereusement étroite et impossible à soutenir.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 169
1ère PARTIE : LE TOURISME DANS LE TERRITOIRE
1- Quelques caractéristiques sur les destinations.
Sur 100 Français, la destination la plus prisée est celle qui mène à la mer. Viennent ensuite la campagne, la ville
et enfin la montagne. Le touriste est attaché aux territoires mais pas nécessairement à un territoire.
La mer est la principale destination des touristes. Ici, l’Ile Tudy.
Aujourd’hui, le territoire de l’ouest Cornouaille est en concurrence, non seulement, avec les autres territoires
alentour mais aussi avec des territoires plus distants. Pour qu’un territoire devienne une destination touristique, il
faut qu’il ait un certain nombre d’atouts tels des sites prestigieux, des animations, des attractions, un cadre de vie
ou des moyens d’accès qui permettent la venue dans ce territoire. Dans l’ouest Cornouaille, le patrimoine est
important : préhistorique, maritime, rural, religieux, urbain, fortifié… ainsi que des sites naturels prestigieux. Un
rapide inventaire retient au total 1500 lieux et monuments répartis sur une quarantaine de communes.
Ce patrimoine peut donner lieu à tout un ensemble d’animations et d’activités : interprétation, création de circuit
mais aussi les labellisations qui permettent d’avoir une reconnaissance (Grand site pour la Pointe du Raz, Cité de
caractère, Ville et Pays d’art et histoire…). L’ensemble de ces labellisations fournit une reconnaissance et
identifie un certain nombre de qualités que l’on suppose, reconnues par les touristes.
Une opération Grand Site a amélioré la gestion touristique de la Pointe du Raz.
2 - Comment mesurer concrètement cette activité touristique ?
Du principe d’organiser un développement par le tourisme à la capacité d’en vérifier la réalité, il y a loin. La
chose est assez compliquée. Il existe bien des statistiques disponibles mais trop et trop peu à la fois.
L’occupation de l’hôtellerie (y compris de plein air) est une information disponible ; la fréquentation des sites
payants et une partie de l’activité commerciale peuvent également être identifiées. Cependant, ces données ne
sont pas suffisantes pour mesurer toute l’activité touristique. Les recettes touristiques tirées du secteur non
marchand par exemple, passent peu ou prou à côté des mesures statistiques standards.
Dans le Finistère, les taux d’occupation pour les hôtels sont aux alentours de 60 à 65 % pour 2003 et 2004 et la
durée du séjour est légèrement inférieure à 2 jours. Pour les campings, on note un taux d’occupation avoisinant
les 30 % et une durée de séjour qui oscille autour d’une semaine pour la saison 2004.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 170
Séjour plus court, hébergement chez la famille ou les amis…
L’ouest Cornouaille n’échappe pas aux tendances générales. Ici : Audierne.
Dans l’ouest Cornouaille, le total des hébergements disponibles est de 95 000 lits environ (secteur non
classé inclus). Ce résultat provient d’une étude de plusieurs mois sur le territoire et en réalité, il existe très peu
d’informations disponibles pour pouvoir tirer des conclusions correctes.
Concernant les sites visités, les données peuvent être extrêmement variables. En 2004, dans le Finistère,
les sites les plus visités sont : « La récré des 3 curés » (parc d’attraction à proximité de Brest), le musée de la
Marine de Brest, Océanopolis, l’Abbaye de Daoulas, le Port Musée de Douarnenez…. Ce constat reflète
davantage l’importance de ces sites sans toutefois se soucier de la nature de la clientèle : les visiteurs qui s’y
rendent ne sont pas forcément tous des touristes. De plus, les sites les plus importants ont une attraction
extrêmement ciblée et leur rayonnement est, finalement, extrêmement faible. Par exemple, les retombées du
Mont - Saint - Michel sont peu ressenties par les hôteliers de la ville voisine de Pontorson. Au final, excepté un
laps de temps relativement court durant l’année, cette commune se retrouve dans une situation comparable à
toutes les autres collectivités qui n’ont pas d’activité touristique particulière.
De façon plus précise, il existe dans le territoire de l’ouest Cornouaille, un certain nombre d’événements
importants comme la fête des Brodeuses, Mouezh Ar Gelted à Pont-Croix, le festival du cinéma ou encore les
fêtes maritimes de Douarnenez. Ces rassemblements permettent de drainer un large public sur une période
courte. Cela fait aussi partie de l’activité touristique mais reste un ensemble d’événements ponctuels qui
n’entraîne pas de regain d’activité sur une durée longue.
Douarnenez : les fêtes maritimes : un moment fort dans l’activité touristique.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 171
2ème PARTIE : BONHEUR ET MALHEUR DES POLITIQUES TOURISTIQUES
1- Un investissement indispensable
Le tourisme représente 7 % du Produit Intérieur Brut en France mais, en réalité, il est également possible
d’évaluer son importance en termes d’investissement.
L’investissement est de 8,5 milliards pour l’année 2000 (les statistiques sont disponibles avec un peu de
retard), ce qui représente tout de même, à l’échelle nationale, 3,1 % de la formation brute de capital fixe. Cela
correspond à l’investissement matériel réalisé durant l’année 2000. C’est un élément loin d’être négligeable.
Le tourisme implique des structures d’accueil susceptibles d’animer les séjours. Ici, l’Aquashow à Audierne.
Cependant, lorsque l’on décompose cet investissement, on s’aperçoit qu’il provient, pour 40 %, des
particuliers pour la construction de résidences secondaires et, pour 48 %, des entreprises privées. Ces données
pourraient nous faire penser que la part de l’investissement au tourisme des administrations publiques est
relativement faible. Il faut néanmoins relativiser cette impression car l’action publique trouve sa meilleure
expression en dehors de l’investissement direct : les subventions, la maîtrise d’ouvrage sur les infrastructures ou
encore les investissements, la réalisation et l’entretien des infrastructures nécessaires à l’accueil touristique. En
effet, installer une station d’épuration n’est pas, à proprement parler, un investissement touristique. C’est
toutefois un élément indispensable pour pouvoir accueillir correctement un public important (qui peut doubler la
population d’une commune sur une période de 1 à 3 mois dans l’année). Dans le territoire géré par la
communauté de communes de Plabennec et des Abers, le relèvement des ordures ménagères, pendant les deux
mois de la saison estivale, représente une dépense supplémentaire annuelle de 20 %.
Cet afflux de touristes a également un impact sur la région en termes d’emplois. Emplois directs mais
aussi indirects, liés, notamment, à l’animation et l’infrastructure dans l’hôtellerie. On s’aperçoit que l’activité
économique est fortement liée au tourisme.
2 - … au retour incertain
Mais le tourisme entraîne aussi de cinglantes désillusions.
Citons le Pont du Gard : ce site grandiose, patrimoine mondial, symbole d’une région et qui draîne chaque
année plusieurs millions de visiteurs, se devait d’être soumis à un projet de réaménagement. Dix ans de
polémique et trois projets successifs ont été présentés avant la réalisation du programme final sur de nouveaux
aménagements (installation d’équipements d’accueil pour une surface totale de 10 000 m2, de stationnements et
d’un centre d’interprétation à l’entrée payante) proposés pour un budget total de 32 millions d’euros. Un seul
objectif déclaré : devenir le cœur économique de la région.
Cependant, trois ans plus tard, le bilan est plus contrasté : 1,2 millions de visiteurs chaque année mais
seulement 75 000 pour le centre d’interprétation (300 000 attendus) et surtout une gestion lourdement déficitaire.
L’un des administrateurs de la structure publique mise en place avoue que celle-ci n’a pas été construite
correctement. L’objectif, plus modeste aujourd’hui, est de tenter d’équilibrer les recettes et les dépenses
courantes, c'est-à-dire 5 millions d’euros chaque année.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 172
Le Pont du Gard, patrimoine mondial, il n’offre pourtant pas la réussite commerciale attendue.
Les leçons à tirer de cette douloureuse expérience sont nombreuses parce qu’elles éclairent sur les difficultés à
transformer un patrimoine, dont les dispositions sont a priori favorables, en une source assurée de revenue. Ce
n’est pas un manque de réflexion, ni une défaillance du produit finalement proposé aux touristes qui ont conduit
à une manifeste erreur de gestion. Plus prosaïquement, le comportement des touristes potentiels a été mal
anticipé. Dans le même temps, la capacité des nouvelles infrastructures à attirer les visiteurs s’en est trouvée
largement surestimée. Cependant, il ne suffit pas toujours de parvenir à l’équilibre comptable pour qu’une
opération touristique mérite d’être perçue comme un succès. Un bilan comptable à court terme, s’il rassure les
investisseurs et le maître d’ouvrage, ne rassemble qu’une part des avantages et des coûts relatifs à l’action
menée. Seul un bilan économique, complété par les coûts et les avantages supportés par tous les acteurs
concernés, est susceptible de fournir une réponse un peu argumentée quant à l’efficacité obtenue.
Le bilan économique correspond aux recettes directes, hébergements marchands, animations marchandes et
commerce. Il y a aussi les recettes indirectes, les emplois indirects, l’amélioration des revenus et de la
dynamique économique du territoire. Enfin et surtout, il y a toutes les recettes non mesurables : l’hébergement
non marchand et la valorisation de l’image (exemple des fêtes maritimes de Brest). Le bilan économique total
d’une activité touristique ne peut pas se mesurer qu’avec les seules recettes directes, issues, à court terme, d’une
programmation.
-3ème PARTIE : CONFORTER LES POLITIQUES TOURISTIQUES
Prendre acte du poids de l’activité touristique, c’est observer le développement d’une manne mais ne pas
s’en contenter. Le tourisme sert à maintenir l’activité économique mais elle ne peut pas la constituer tout entière.
Prendre en compte les risques, c’est aussi veiller au surdimensionnement (modes et travaux). La lassitude du
public ainsi que le non renouvellement doivent être largement pris en compte. Il faut également veiller à ne pas
oublier l’implication de la population et des élus dans toute politique touristique, de façon à préserver le territoire
dans une forme d’authenticité.
Pont L’Abbé : présent ou passé, authentique ou réinventé, le patrimoine est un élément moteur pour le tourisme.
Attention cependant de ne pas le transformer en un folklore aseptisé.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 173
Les attentes sont fortes, les engagements importants mais avec quelqu’expérience, il est possible
d’envisager quelques recettes qui ont pu fonctionner, ou tout au moins éviter les désillusions.
La première recommandation, la plus incontournable, repose sur le respect de la diversité. Chaque territoire est
unique et a tout intérêt à appuyer son effort à destination des touristes dans la perspective idéale de leur révéler
les véritables caractéristiques du territoire.
Mais cette inclination doit éviter le repli identitaire du territoire (dans tous les domaines). Dans tous les
domaines du tourisme (commerce, patrimoine, identité), il ne faut jamais perdre de vue qu’il est nécessaire de
façonner une dynamique et d’éviter l’immobilisme. Il faut innover pour adapter, pour mieux communiquer et
mieux informer et surtout, ne pas grimer pour réussir, conserver un minimum d’authenticité, maintenir une
activité économique autour du commerce, autour des services touristiques de cette économie de loisirs.
Les infrastructures, les routes, les stations d’épuration, les conditions d’hébergement sont des éléments
déterminants dont la qualité doit être assurée. L’aménagement du territoire correspond à la protection et à la mise
en valeur du patrimoine mais aussi, plus concrètement, de son identité.
Enfin, le jeu des acteurs ne peut se présenter comme anodin sur un tel sujet. Seule une bonne coordination autour
de l’ensemble des acteurs conduit à mieux cerner la totalité du dispositif touristique à mettre en œuvre. Le
développement durable a pour rôle le soutien dans le temps de l’activité économique et de l’animation d’un
territoire.
Au bilan, le tourisme entraîne un développement économique qui apporte une source de revenu, des activités,
des animations. Il faut toutefois rester vigilant car il s’agit d’une activité complémentaire, qui repose sur une
saisonnalité forte. C’est une économie exportatrice basée essentiellement sur de la main-d’œuvre et, à ce titre,
extrêmement fragile.
Bien entendu, lorsque l’on parle de main-d’œuvre, on pense immédiatement à la précarité des emplois, à la
difficulté de renouvellement et de stabilisation des emplois. Mais la précarité s’adresse également aux activités
liées à l’évolution du temps et des modes, à l’évolution de l’attente du public.
Enfin, il convient d’apprécier la capacité d’anticipation des agents économiques. Les adaptations requises
réclament non seulement la réunion des informations incertaines, difficiles à vérifier, pour réaliser des
modifications, mais aussi les moyens nécessaires à une réussite.
- La diversité des publics.
Dans un territoire donné, il n’est pas aisé de pouvoir répondre à la demande des touristes, de plus en plus
variés. Il faut satisfaire à la fois :
- le « nomade » avec son camping car (phénomène qui se développe amplement).
- le « découvreur », qui essaie aujourd’hui le Pays Bigouden avant de tenter, demain, le Népal.
- le « familier » qui passe ses vacances là où sont installés ses amis, sa famille et qui y revient régulièrement.
- le vacancier traditionnel qui cherche le bon endroit où il a l’intention de séjourner ;
- le «cultivé» qui cherche davantage des animations et des activités capables de le satisfaire.
Tous ces exemples de touristes sont des archétypes mais il n’est sûrement pas improbable que, aujourd’hui, le
touriste modèle soit un mélange de tous ces genres.
Ainsi, d’un territoire à l’autre, le public observé diffère. L’activité promenade est la plus recherchée sur le
plan national. Pour le Finistère, le créneau « pas d’activités particulières » est très largement supérieur à la
moyenne française. Enfin, pour l’ouest Cornouaille, le calme, la tranquillité, les plages et les sites naturels sont
les thèmes qui dominent assez largement les motivations de visites et de vacances.
Un impératif : organiser les politiques touristiques.
-
prévoir et organiser, c'est-à-dire mieux connaître le public et ses attentes.
anticiper les nouvelles demandes (tâche difficile).
assurer l’impact sur le territoire.
accueillir et informer, ce qui est sans doute aujourd’hui le cœur de métier.
développer les services d’accueil et d’information.
encourager les professionnels à développer l’accueil et notamment les nouvelles formes d’accueil (site
Internet …).
- informer les professionnels sur l’état du territoire dans sa dynamique touristique.
coordonner et animer, le rôle des « Pays touristiques » aujourd’hui. Il s’agit de développer la cohérence
entre les projets, encourager les initiatives lisibles et réduire la concurrence et les risques entre territoire.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 174
CONCLUSION
Les professionnels imaginent les actions et les réponses, sans qu’il n’y ait de recette unique pour atteindre un
équilibre entre tourisme et développement local. Cependant, il apparaît difficile de savoir exactement quel est
l’impact de leurs actions au quotidien. Le tourisme est une alchimie improbable entre des acteurs, un territoire et
un patrimoine.
Le bilan de l’activité touristique est doublement contrasté. Le tourisme est un secteur économique important.
Mais il n’est pas aussi protégé que ne l’imaginent ses promoteurs. La concurrence et l’évolution de la demande
fragilisent assez largement le bilan.
C’est également un secteur mal déterminé statistiquement et dont le diagnostic, à toutes les échelles du
territoire, mériterait d’être affiné.
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« PAROLES DE PROFESSIONNELS »
Guy DIQUELOU, hôtelier à Combrit - Sainte - Marine (Hôtel- restaurant « Sainte - Marine»).
Je suis propriétaire d’un petit hôtel restaurant, à l’entrée du Pays Bigouden, dans la commune de Combrit Sainte Marine. L’établissement possède 11 chambres et a une capacité de 45 places assises dans le restaurant,
augmentée de 45 autres en terrasse. Cet établissement est classé 2 étoiles.
L’hôtel, autrefois saisonnier, est aujourd’hui ouvert à l’année. Un choix audacieux qui s’est avéré judicieux sur
le long terme…
- L’ACQUISITION DE L’ETABLISSEMENT
Il est difficile de parler de ce choix d’être ouvert à l’année sans évoquer le contexte dans lequel l’acquisition
s’est faite.
L’acquisition a eu lieu en 1985. A cette date, le Pays Bigouden et Sainte Marine n’avaient pas le succès qu’ils
rencontrent aujourd’hui. Financièrement parlant, les moyens n’étaient pas non plus les mêmes. La solution de se
regrouper en associés paraissait alors la meilleure. En tout, 7 personnes ont investi dans cette affaire.
Mes associés n’ont jamais travaillé dans cette affaire, j’étais le seul à le faire. Cette répartition des tâches, ce
mode de gestion du travail est une aubaine pour moi. Ce fut d’ailleurs ma première réclamation : gérer seul. Il est
toujours délicat d’avoir des associés dans l’hôtellerie ou la restauration car il est difficile de mesurer la capacité
de travail des uns et des autres.
- De l’ouverture de l’établissement de manière saisonnière…
Dès le début de l’opération, je me suis rapidement rendu compte qu’il s’agissait d’une bonne affaire. Pour
permettre à cette dernière de prendre de l’ampleur, il s’est dégagé un salaire modeste. A noter également le fait
que je n’ai jamais distribué de dividendes à mes associés. Il a fallu réinvestir tous les ans dans l’affaire et ce,
grâce aux petits bénéfices engendrés. Il a fallu également positiver les faiblesses de l’établissement (taille
réduite de l’entreprise, classement hôtelier inexistant, utilisation du moindre mètre carré) et écouter les gens de
l’extérieur (rencontres avec des cuisiniers, des maîtres d’hôtel, des décorateurs, des personnes liées à la presse,
des gens du Comité Départemental du Tourisme, de l’Association Ouest Cornouaille Promotion). Cela a créé une
véritable dynamique au sein de notre entreprise. Il faut savoir rester humble et tendre l’oreille aux autres est
toujours bénéfique.
L’affaire a été exploitée de manière saisonnière dans un premier temps, de 1985 à 1989. Le manque de moyens
financiers empêchait le recrutement de personnel. Cependant, le bilan a été rapide : une affaire ne peut pas
vivre sur 3 ou 4 mois de saison et se contenter d’une activité réduite sur le reste de l’année. C’est sur ce
constat que le choix d’être ouvert s’est imposé.
… à une ouverture annuelle.
Plusieurs éléments aujourd’hui permettent la démocratisation du voyage. Le coût du transport, de l’hébergement
et de la restauration par rapport à la qualité offerte.
On peut faire le constat suivant : le gommage des distances s’est largement étendu grâce au développement des
compagnies aériennes à bas prix, au train, au réseau routier… Internet aussi a tendance à rapprocher les gens.
Toutefois, étant éloigné géographiquement, on peut avancer l’idée que le territoire se mérite et que les
touristes doivent faire l’effort d’y venir.
Un établissement de qualité, c’est aussi un établissement qui propose une adéquation entre le prix proposé
et la qualité offerte. Cette qualité de service donne un avantage important : c’est la liberté des prix.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 176
Le constat que l’on peut faire de cette expérience du passage d’une ouverture saisonnière à une ouverture
annuelle, est qu’il peut s’appliquer à l’hôtellerie petite et moyenne en général. Tout le monde n’a peut-être pas
l’opportunité de posséder un petit hôtel sur le port de Sainte Marine mais peut bénéficier, en faisant de
petits efforts sur de telles structures, de retombées similaires.
Et si, en plus, la chance vous sourit…Il y a 4 ou 5 ans, au moment où une décoratrice commençait à travailler
dans l’établissement et que celui-ci était toujours non classé, un article de 4 pages sur la structure est paru dans
Le Figaro. La portée de ce rédactionnel dans la presse nationale a été surprenante et bénéfique. Cet épisode
coïncide véritablement avec le démarrage de l’activité.
- L’ouverture à l’année : les clefs de la réussite.
Ouvert à l’année, la gestion d’un hôtel est souvent plus aisée lorsqu’elle est assurée par un couple plutôt que par
une personne seule.
Certains atouts ont motivé l’acquisition de cette affaire et ont encouragé à l’ouverture à l’année :
- la situation géographique ;
- la volonté de travailler pour l’établissement avec un personnel « formé ».
Le fait de s’installer dans un endroit particulièrement attractif est un facteur déterminant dans le choix de
l’implantation. Il faut juste espérer que le cadre ne perde pas sa beauté originelle par quelques aménagements
superflus. C’est pourtant ce qui s’est passé un an après l’acquisition : un port de plaisance était construit.
Cependant, même si la crainte était permise, il a fallu avouer que ce port ne fut pas néfaste et n’a nullement
entaché le projet.
Il faut également communiquer une certaine envie de travailler dans une affaire telle que celle-ci. L’idée de
base est de mettre en avant l’hôtel, bien avant le gérant ou le personnel. C’est l’hôtel, en lui-même, qui doit
dicter la façon d’agir.
Dans cette histoire, la « maison » a toujours été au dessus de tout. En bâtissant un esprit d’équipe, le personnel
travaillait (et travaille) pour la structure dans le but de la faire prospérer.
Il a fallu mettre en place certains accords tacites avec le personnel. Assimiler le contrat d’embauche (contrat
saisonnier) à un investissement : si les affaires marchent bien sur une durée de 18 mois, à savoir une année
entière et la saison suivante, le contrat est reconduit, sinon, on procède à un licenciement économique. Le
principe a été imposé au personnel de l’hôtel dans un premier temps puis mis en place avec un cuisinier.
Pour éviter le turn-over du personnel et établir un climat de confiance réciproque, il a fallu fidéliser les
employés à l’année. A l’exception d’un cuisinier et d’un personnel de service qui possède un contrat de 5 mois,
le personnel saisonnier n’est plus employé. Quant au personnel étudiant, il n’est recruté que sur une période
précise de l’année, à savoir du 1er week end de juillet jusqu’au 31 août (voire début septembre pour permettre au
personnel « annualisé » de récupérer avec la baisse d’activité).
Les gens désirent principalement des établissements de qualité dans lesquels ils se sentent bien, quasiment
chez eux. Le personnel, également, joue un rôle prépondérant à la venue des touristes. Ces derniers désirent
retrouver leurs marques d’une année sur l’autre, pouvoir être identifiés. Le rôle du personnel a évolué dans ce
sens : il est devenu le lien de parenté entre le territoire d’accueil et l’établissement d’un côté et le touriste
de l’autre côté. C’est pourquoi, la fidélisation du personnel (et donc la limitation du turn-over) est en quelque
sorte un gage de confiance et de reconnaissance envers la clientèle. Il est donc important de payer le personnel à
sa juste valeur, de lui donner des conditions de travail excellentes pour lui donner l’envie de rester dans
l’établissement.
- Concurrence et clientèle.
Il est difficile de lutter contre la concurrence du séjour. La promotion y est forte. Sans toutefois négliger celle qui
est mise en place par les organismes locaux vers l’hôtellerie indépendante, les gens sont largement tentés par ce
mode d’hébergement type « séjour ». Cependant, les modifications du temps de travail jouent en faveur des
établissements indépendants, ce qui permet de capter une partie de la clientèle touristique.
Il existe une clientèle susceptible d’être intéressée et vers laquelle il est important de se pencher. En effet,
beaucoup de retraités actifs, résidants ou non d’ailleurs, viennent pour le cadre de vie du Pays Bigouden et de
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 177
l’Ouest Cornouaille. Ces personnes promeuvent le territoire à leur entourage et souvent reçoivent eux-mêmes
beaucoup de gens. Il est possible de capter cette clientèle, du moins s’agissant de la restauration.
- Ecoute et promotion
L’hôtellerie doit être à l’écoute des autres et notamment des organismes de promotion. Etant donné la taille de
l’établissement, il est difficile de se rendre sur les salons et la commercialisation coûte très cher. Les retours que
peuvent fournir de telles structures sont primordiaux.
Il faut également écouter la demande des clients. Le mode de fonctionnement, en matière touristique, a
totalement évolué (la pension complète n’est plus proposée dans l’établissement de Monsieur Diquélou) : les
gens se lassent du séjour mais désirent quasiment des produits, être informés de ce qu’il est possible de faire, que
le personnel hôtelier soit disponible.
- Le bilan
Ces investissements se sont révélés judicieux puisque aujourd’hui, on note une variation du chiffre
d’affaire sur la période estivale allant de – 10 à + 10 %. Ces variations sont dues essentiellement aux aléas
météorologiques.
Le reste du temps, l’augmentation du chiffre d’affaire se fait toujours hors saison. De janvier à juin 2003,
période englobant « l’année canicule », le chiffre d’affaire a évolué de + 27 %. Une autre augmentation de 11 %
a eu lieu de janvier à juin 2004, alors que le chiffre d’affaire diminuait sur les mois de juin, juillet, août et
septembre.
En 2005, le taux de croissance est de + 4 % par rapport à 2004 et sur la même période.
Il apparaît donc évident que les augmentations ont lieu en période de hors saison et cela permet de maintenir le
chiffre d’affaire.
Il semble que l’ouverture à l’année ne soit pas un si mauvais calcul pour une structure située à l’intérieur
du Pays Bigouden en Cornouaille, zone touristique du Finistère et une des toutes premières destinations
bretonnes. Si en plus en ajoute que le littoral est le facteur essentiel pour ce type d’activité, l’ouverture à l’année
apparaît même comme un atout indéniable. Aujourd’hui, mon établissement compte 10 employés à l’année.
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 178
« PAROLES DE PROFESSIONNELS »
Jacky DUQUENNE, gérant de camping à Douarnenez (le Croas Men).
Je suis gérant du camping Croas Men à Douarnenez. Ce camping possède 73 emplacements, 25 locations de
chalets et mobil homes et 11 personnes y résident à l’année, bien que le camping ne soit ouvert que de début
avril à fin septembre.
L’établissement bénéficie nettement en terme de fréquentation, des manifestations organisées dans le
domaine culturel ou nautique à Douarnenez. Cela se vérifie pour les autres hébergeurs, preuve de
l’interaction forte qui existe entre les investissements publics et le dynamisme du secteur touristique privé.
Les atouts touristiques de Douarnenez sont nombreux de par son patrimoine, sa culture ou son environnement
naturel… mais se sont surtout les manifestations nautiques et culturelles qui dynamisent la fréquentation
de l’établissement.
Ainsi, en 2005, à chaque pic de fréquentation correspond un évènement nautique.
En mars 2005, une régate a été organisée dans le cadre du championnat de voile des jeunes. Cette compétition
a eu deux répercussions : une bonne fréquentation et l’ouverture anticipée du camping, le 26 mars (vacances de
Pâques).
Le fonctionnement du camping en avant saison est assuré par la location des chalets et mobil- homes. Cela a été
particulièrement net lors de la compétition. En effet, 22 des 25 réservations de chalets et mobil-home, pour la
nuit du 26 mars, ont été faites par des personnes participant à la compétition de Douarnenez.
Dans le calendrier des activités nautiques, on trouve ensuite une course : le grand prix petit navire. Ce grand
prix, pour les responsables de structures d’hébergement, a l’avantage certain de se dérouler sur pratiquement 2
semaines, ce qui requiert de travailler sur ce laps de temps. Il faut savoir qu’en période « normale », sans
compétition, le travail hors saison se déroule essentiellement durant les week-ends. Le camping accueille
généralement une clientèle familiale, principalement française et plus particulièrement du grand Ouest. Pour
cette course, il y a eu énormément de demandes, notamment de personnes participantes. Ces dernières venaient
d’horizons et de nationalités divers (Allemands, Anglais, Belges, Turcs…). La compétition a apporté un gain
de travail et une clientèle plus diversifiée.
C’est à Douarnenez, le 19 juin, qu’a eu lieu le départ de la « Mini fast net ». Cela signifie que la compétition ne
se déroule que sur une journée à Douarnenez et l’on pourrait croire qu’elle n’offre que peu d’avantage à la ville
et au camping. La réalité est tout autre et les retombées sont effectivement bien concrètes. En effet, certains
compétiteurs, dans le but de préparer la course, de reconnaître le terrain et surtout d’amener leur bateau, sont
arrivés sur le site 2 semaines avant le coup d’envoi de la compétition et ont donc loué chalets et mobil- homes.
L’hébergement a fonctionné sur 2 semaines et non pas sur une seule nuitée.
L’open de France de dragons se déroule du 24 au 27 août. Ce genre de compétition permet de prolonger la
haute saison. C’est un réel bouleversement du calendrier de travail. Il faut savoir qu’il y a 3 ou 4 ans, la haute
saison était comprise entre la 2ème semaine de juillet et le 20/21 août. Cette compétition attire une clientèle
jusqu’à fin août.
Au cours d’une année, certains mois paraissent plus « capricieux » que d’autres. Pour la haute saison, c’est le cas
du mois de juillet par rapport au mois d’août. Durant le mois de juillet, le remplissage du camping est souvent
plus problématique. Par exemple, pour cette année, le camping possède encore des disponibilités pour les 2
premières semaines de juillet. La fête des bateaux à Douarnenez, qui se déroule tous les 2 ans, est un remède à
cette carence. Durant cette période, l’affluence à Douarnenez est maximale et les demandes concernant le
camping, nombreuses… Tellement nombreuses d’ailleurs que les refus le sont également. Pour une année « fête
des bateaux », les réservations pour le camping sont complètes depuis mars/avril.
L’année dernière, la fête se déroulait du 16 juillet au 20 juillet, à cheval sur 2 semaines et les visiteurs n’ont pas
hésité à prendre 2 semaines pour assister à cette manifestation (les locations du camping vont du samedi au
samedi).
AOCP - « Les rencontres de l’ouest Cornouaille » - 179
Ces éléments montrent l’enthousiasme que provoquent les fêtes maritimes chez les gens. Ils permettent de
mieux mesurer l’impact touristique du nautisme sur une ville ou des structures d’hébergement.
Tout comme le nautisme, les manifestations culturelles renforcent l’attractivité de Douarnenez.
Ainsi, la fête des mouettes attire énormément de visiteurs. Elle permet également de préserver l’aspect
folklorique et de faire découvrir aux gens la culture propre de Douarnenez. La fréquentation du camping est
meilleure lors de cette période.
Un autre festival, celui du cinéma, capte une clientèle de passionnés. En règle générale, il faut savoir que la
majorité des personnes qui viennent pour les festivals louent des emplacements de camping pour une tente ou
une caravane. L’ambiance est autre, à savoir plus conviviale. Cela permet de diversifier l’offre du camping.
Aujourd’hui, pour ce type d’hébergement de plein air, il y a beaucoup de passages et beaucoup moins de
réservations.
Ainsi, comme le montrent avec évidence les chiffres de fréquentation, ce sont les manifestations, nautiques ou
culturelles, qui assurent l’attractivité touristique hors saison de Douarnenez. L’investissement réalisé par
les collectivités et les associations, dans ces domaines, engendre une retombée économique marquée sur
l’ensemble de l’économie locale.
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