éditorial - bulletins smbrc

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ÉDITORIAL
Voici (enfin !) le treizième numéro du bulletin annuel de notre association. En totale
adéquation avec les objectifs fixés par le conseil d'administration dès la genèse du premier numéro,
cette publication relate d'abord et avant tout nos activités de l'année écoulée. Elle constitue ainsi, au
fil des ans, une véritable mémoire de notre vie associative. Rappelons ici, que les anciens bulletins
sont disponibles sur notre site Internet : http://perso.wanadoo.fr/smbrc.
Cette mémoire est très ciblée sur les comptes-rendus de nos balades botaniques et mycologiques.
La diffusion des listes, les plus complètes possibles, des plantes et champignons reconnus au cours
de ces sorties est un élément essentiel de cette mémoire. Ces listes constituent autant de points de
repères pour suivre sur le long terme l'évolution de la flore et de la fonge de notre région.
Dans cette édition, nous trouvons également l'évocation de deux temps forts de l'année 2007 : d'une
part notre première exposition botanique dans l'espace animation du centre commercial Chamnord
et d'autre part, l'animation mycologique à la Motte-Servolex. Ces deux évènements témoignent de
notre capacité à évoluer, pour partager avec un public, chaque jour davantage sollicité et parfois
difficile à capter par une association modeste comme la notre, l'intérêt qui nous anime pour les
plantes, les champignons et la préservation de leurs milieux de vie. Le fait de proposer à une
municipalité, comme La Motte-Servolex en 2007, une animation complète, incluant sur la durée d'un
week-end, une conférence débat, des sorties sur le terrain, une initiation à la détermination des
champignons pour les habitants de la commune et même une dégustation de quelques champignons
comestibles, constitue très certainement un modèle, toujours perfectible et adaptable, à reproduire
dans les communes du bassin chambérien et au-delà.
Notre bulletin a également pour objectif de faire connaître et reconnaître au plus grand nombre notre
association et ses activités. Parallèlement, en 2007, l'édition et la large diffusion de la plaquette
"Liste rouge des plantes vasculaires de Savoie", prolongement de l'inventaire publié en 2006, est
venu compléter notre communication vers le grand public mais aussi les élus, les administrations et
toutes les structures impliquées dans la préservation de notre environnement.
Nombreux sont les petites mains, les neurones et les plumes ayant participé de près ou de loin à la
réalisation de ce bulletin. Que chaque propriétaire de ces "accessoires" trouvent ici l'expression
chaleureuse de mes remerciements pour leur contribution. Vivement le bulletin n° 14 !
Thierry Delahaye
Plaquette disponible gratuitement auprès de l'association.
-1Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
DE YENNE À TRAIZE,
DE SEDUM RUBENS EN CAREX BREVICOLLIS
COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU 24 MARS 2007
Par Thierry Delahaye
Chaque année, la première sortie botanique de la saison est un moment
privilégié de la vie de notre association. Elle signe le retour de l'activité première des
naturalistes : l'observation sur le terrain des plantes, des champignons et autres
mousses et bestioles en tout genre. C'est aussi souvent l'occasion d'accompagner
in situ de nouveaux adhérents qui nous ont rejoints au cours de l'automne ou de
l'hiver. Bref, un rendez-vous à ne pas manquer.
Alors, malgré la neige qui la veille a blanchi les campagnes savoyardes jusqu'à
basse altitude et le ciel gris et bas de ce samedi 24 mars, peu engageant pour les
herborisations printanières, nous partons avec au moins l'idée d'effectuer une jolie
randonnée… Pour les plantes, nous verrons bien.
Nous démarrons du hameau des Couleurs sur les hauteurs de Yenne et si nous
sortons les parapluies, c'est seulement pour faire fuir quelques gouttes. Gérard
Mouton nous met en garde, l'itinéraire qu'il a soigneusement repéré est un peu
longuet. Mais après avoir parcouru à peine quelques centaines de mètres, les
premières dalles calcaires en bordure du chemin nous stoppent dans notre élan :
Draba muralis et Sedum cepaea, deux classiques de nos herborisations dans
l'Avant-Pays, accompagnent Sedum rubens, méconnu en Savoie et Lathyrus
aphaca, une messicole très raréfiée qui occupe peut-être là un biotope primaire.
Dans la lisière de la chênaie pubescente à buis, qui représente le stade final de la
dynamique de la végétation sur ces coteaux calcaires, nous repérons de jeunes
pousses de Campanula persicifolia. L'occasion de rappeler que c'est une des dix
espèces dont nous essayons, dans notre association, de réaliser l'inventaire en
Savoie… Tout comme Asplenium ceterach que nous rencontrons un peu plus loin
sur des rochers. Dans une pelouse à Bromus erectus, un secteur écorché par le
piétinement des animaux domestiques voit s'épanouir un joli cortège de plantes
annuelles. Cet arrêt nous permet notamment de déterminer Aphanes arvensis et
Sherardia arvensis. Ces secteurs, de surface souvent très réduite, participent
grandement à la biodiversité et à l'intérêt des pelouses sèches dans lesquelles ils
s'insèrent en mosaïque. Un autre secteur nous permet de compléter notre liste de
thérophytes avec en particulier Bombycilaena erecta, protégé en région RhôneAlpes. Nous continuons à grimper vers le sommet des falaises qui surplombent le
Rhône. Dans le sous-bois, la flore vernale est représentée par Corydalis solida,
Daphne laureola, Viola reichenbachiana, etc. Les inflorescences ne sont pas encore
apparues, mais nous reconnaissons Doronicum pardalianches aux tapis, parfois de
plusieurs dizaines de mètres carrés, de feuilles profondément découpées en cœur à
la base. L'heure tourne et Gérard nous fait remarquer que nous n'avons pas encore
effectué la moitié de l'itinéraire prévu, ni vu les plantes que nous sommes venus
chercher ! Mais voilà qu'à la faveur de placages glaciaires, l'observation de plantes
acidophiles avec par exemple Calluna vulgaris et Genista germanica ralentit une
nouvelle fois notre allure. Nous arrivons enfin sur le dessus des falaises et ils sont
là ! Qui çà ? Les rares, les grands, les beaux, les poilus : Carex brevicollis. Tout le
monde ne manifeste pas immédiatement le même enthousiasme que nos guides et
il faut insister à nouveau sur la rareté et la protection réglementaire dont bénéficie la
laîche à bec court pour que tous regardent d'un autre œil ces touffes d'herbes. Les
lecteurs qui souhaiteraient en savoir un peu plus sur ce Carex retourneront
consulter le compte rendu de notre sortie du 18 mars 2000 (Delahaye & Lequay,
2001). Rappelons seulement ici que Carex brevicollis n'est connu en Savoie qu'à
Yenne, Traize et Saint-Alban-de-Montbel. Toutefois, des biotopes favorables sur les
chaînes du mont Tournier, du mont de la Charvaz, du mont du Chat et de la
montagne de l'Épine nous laissent espérer la découverte de nouvelles stations.
Carex brevicollis –
Dessin extrait de "Cypéracées" – Husnot T.
-2Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
La curiosité des participants est davantage excitée par l'étonnante Lathraea squamaria. Une "belle"
qui a perdu l'atour qui caractérise le monde végétal : la chlorophylle. Elle subvient à ses besoins en
matières carbonées en parasitant divers arbres dont le noisetier, les ormes et même le lierre
(Boullard, 1990). Est-ce réellement l'heure officielle du goûter ? Peu importe, c'est le moment de
déguster quelques préparations maisons qui rivalisent de bons goûts. Ces petits délices nous
ravigotent pour finir notre périple. Des boisements frais nous offrent d'autres vernales dont Anemone
nemorosa, Scilla bifolia et Leucojum vernum, une de plus inscrite à l'inventaire systématique pour les
membres de la SMBRC. En traversant presque nuitamment le hameau de Charosse, nous pouvons
encore apercevoir sur quelques vieux murs Sedum rubens… Le jour finit de décliner et nous
contraint à ranger au fond du sac flores et carnets pour regagner Les Couleurs : la boucle est
bouclée ! Une dernière tasse de thé partagée conclut cette balade et scelle son souvenir.
LISTE DES PLANTES OBSERVÉES
(d'après les notes de Thierry Delahaye).
Commune : Yenne
Lieu-dit : Les Couleurs
Altitude : 380 m
Coordonnées : longitude 3,7834 gr – latitude 50,7647 gr
Communauté dominée par les plantes annuelles vernales en bordure de la piste :
Arabis hirsuta (L.) Scop. (arabette hérissée)
Arenaria serpyllifolia L. subsp. serpyllifolia
(sabline à feuilles de serpolet)
Bellis perennis L. subsp. perennis (pâquerette)
Capsella bursa-pastoris (L.) Medik. subsp. bursa-pastoris
(bourse à pasteur)
Dactylis glomerata L. subsp. glomerata (dactyle aggloméré)
Draba muralis L. (drave des murailles)
Euphorbia cyparissias L. (euphorbe faux cyprès)
Geranium robertianum L. subsp. robertianum (herbe à Robert)
Geranium rotundifolium L. (géranium à feuilles rondes)
Glechoma hederacea L. (lierre terrestre)
Hypericum perforatum L. subsp. perforatum
(millepertuis perforé)
Lamium purpureum L. (lamier rouge)
Lathyrus aphaca L. (gesse sans feuilles)
Plantago media L. subsp. media (plantain moyen)
Poa annua L. (pâturin annuel)
Potentilla sterilis (L.) Garcke (potentille faux fraisier)
Ranunculus bulbosus L. subsp. bulbosus
(renoncule bulbeuse)
Rubia peregrina L. subsp. peregrina (garance voyageuse)
Saponaria ocymoides L. subsp. ocymoides (saponaire rose)
Sedum cepaea L. (orpin pourpier)
Sedum rubens L. subsp. rubens (orpin rougeâtre)
Sedum sexangulare L. (orpin à six angles)
Veronica persica Poir. (véronique de Perse)
Vicia hirsuta (L.) Gray (vesce hérissée)
Commune : Yenne
Lieu-dit : Bramafan
Altitude : 390 à 400 m
Coordonnées : longitude 3,7834 gr – latitude 50,7638 gr
Piste forestière dans la chênaie pubescente :
Acer campestre K. Maly (érable champêtre)
Achillea millefolium L. subsp. millefolium (achillée millefeuille)
Aquilegia vulgaris L. subsp. vulgaris (ancolie vulgaire)
Asplenium trichomanes L. subsp. trichomanes
(capillaire des murailles)
Buxus sempervirens L. (buis)
Campanula persicifolia L. subsp. persicifolia
(campanule à feuilles de pêcher)
Carex digitata L. (laîche digitée)
Carex sylvatica Huds. subsp. sylvatica (laîche des forêts)
Euphorbia amygdaloides L. subsp. amygdaloides
(euphorbe à feuilles d’amandier)
Hippocrepis emerus (L.) Lassen subsp. emerus
(coronille émérus)
Lamium galeobdolon (L.) L. subsp. montanum (Pers.) Hayek
(lamier des montagnes)
Lathyrus vernus (L.) Bernh. subsp. vernus (gesse printanière)
Luzula pilosa (L.) Willd. (luzule poilue)
Medicago lupulina L. subsp. lupulina (minette)
Plantago media L. subsp. media (plantain moyen)
Polypodium interjectum Shivas (polypode intermédiaire)
Primula veris L. subsp. veris (primevère officinale)
Primula vulgaris Huds. subsp. vulgaris (primevère acaule)
Pulmonaria montana Lej. subsp. montana
(pulmonaire des montagnes)
Quercus humilis Mill. subsp. humilis (chêne pubescent)
Ribes alpinum L. (groseillier des Alpes)
Sanguisorba minor Scop. subsp. minor (petite sanguisorbe)
Sorbus aria (L.) Crantz subsp. aria (alouchier)
Teucrium botrys L. (germandrée botryde)
Urtica dioica L. subsp. dioica (ortie dioïque)
Viburnum lantana L. (viorne lantane)
Vicia sepium L. (vesce des haies)
Viola alba Besser subsp. scotophylla (Jord.) Nyman
(violette à feuilles sombres)
Commune : Yenne
Lieu-dit : Les Côtes
Altitude : 410 m
Coordonnées : longitude 3,7809 gr – latitude 50,7595 gr
Pelouse sèche avec dalles et microfalaises calcaires :
Amelanchier ovalis Medik. (amélanchier à feuilles ovales)
Asplenium ceterach L. subsp. ceterach (doradille)
Asplenium ruta-muraria L. subsp. ruta-muraria
(asplénium rue de muraille)
Bothriochloa ischaemum (L.) Keng (chiendent à balais)
Bromus erectus Huds. subsp. erectus (brome dressé)
Buxus sempervirens L. (buis)
-3Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Carex halleriana Asso subsp. halleriana (laîche de Haller)
Euphorbia cyparissias L. (euphorbe faux cyprès)
Geranium columbinum L. (géranium colombin)
Globularia bisnagarica L. (globulaire allongée)
Juniperus communis L. subsp. communis (genévrier commun)
Ligustrum vulgare L. (troène)
Luzula campestris (L.) DC. (luzule des champs)
Luzula pilosa (L.) Willd. (luzule poilue)
Muscari comosum (L.) Mill. (muscari à toupet)
Potentilla neumanniana Rchb. (potentille du printemps)
Prunus mahaleb L. (bois de Sainte-Lucie)
Prunus spinosa L. (prunellier)
Quercus humilis Mill. subsp. humilis (chêne pubescent)
Rubia peregrina L. subsp. peregrina (garance voyageuse)
Ruscus aculeatus L. (fragon piquant)
Sanguisorba minor Scop. subsp. minor (petite sanguisorbe)
Saponaria ocymoides L. subsp. ocymoides (saponaire rose)
Saxifraga tridactylites L. (saxifrage à trois doigts)
Sedum album L. subsp. album (orpin blanc)
Sedum sexangulare L. (orpin à six angles)
Teucrium botrys L. (germandrée botryde)
Teucrium chamaedrys L. (germandrée petit chêne)
Teucrium montanum L. (germandrée des montagnes)
Commune : Yenne
Lieu-dit : Les Côtes
Altitude : 440 m
Coordonnées : longitude 3,77829 gr – latitude 50,75673 gr
Pelouse sèche pâturée avec secteur écorché par le piétinement :
Anthyllis vulneraria L. s.l. (anthyllide vulnéraire)
Aphanes arvensis L. (aphanès des champs)
Arabidopsis thaliana (L.) Heynh. (arabidopsis de Thal)
Arenaria serpyllifolia L. subsp. serpyllifolia
(sabline à feuilles de serpolet)
Bombycilaena erecta (L.) Smoljan. (micrope dressé)
Bromus erectus Huds. subsp. erectus (brome dressé)
Capsella bursa-pastoris (L.) Medik. subsp. bursa-pastoris
(bourse à pasteur)
Carex caryophyllea Latourr. (laîche du printemps)
Cerastium brachypetalum Desp. ex Pers.
subsp. brachypetalum (céraiste à pétales courts)
Cerastium glomeratum Thuill. (céraiste aggloméré)
Crepis sancta (L.) Bornm. (crépide sainte)
Dianthus sylvestris Wulfen subsp. sylvestris
(œillet des rochers)
Echium vulgare L. subsp. vulgare (vipérine vulgaire)
Erodium cicutarium (L.) L'Hér. subsp. cicutarium
(érodium à feuilles de ciguë)
Erophila praecox (Steven) DC. (drave précoce)
Erophila verna (L.) Chevall. (drave du printemps)
Euphorbia helioscopa L. (euphorbe réveille matin)
Helianthemum nummularium (L.) Mill.
(hélianthème nummulaire)
Hieracium pilosella L. (épervière piloselle)
Hippocrepis comosa L. (hippocrépide à toupet)
Hypochaeris radicata L. subsp. radicata (porcelle enracinée)
Lamium purpureum L. (lamier rouge)
Muscari neglectum Guss. ex Ten. (muscari à grappe)
Plantago lanceolata L. subsp. lanceolata (plantain lancéolé)
Plantago media L. subsp. media (plantain moyen)
Ranunculus bulbosus L. subsp. bulbosus
(renoncule bulbeuse)
Salvia pratensis L. subsp. pratensis (sauge des prés)
Bombycilaena erecta – Photo Thierry Delahaye
Sedum rubens L. subsp. rubens (orpin rougeâtre)
Sherardia arvensis L. (rubéole des champs)
Taraxacum laevigatum (Willd.) DC. (pissenlit lisse)
Commune : Yenne
Lieu-dit : La Carterie
Altitude : 440 à 470 m
Coordonnées : longitude 3,7730 gr – latitude 50,7615 gr
Bois feuillus acidiclines à calcicoles, relativement frais :
Acer pseudoplatanus L. (érable sycomore)
Anthriscus sylvestris (L.) Hoffm. subsp. sylvestris
(cerfeuil des prés)
Arabis turrita L. (arabette tourette)
Asplenium adiantum-nigrum L. subsp. adiantum-nigrum
(asplénium noir)
Asplenium fontanum (L.) Bernh. subsp. fontanum
(asplénium des fontaines)
Asplenium scolopendrium L. subsp. scolopendrium
(asplénium scolopendre)
Asplenium trichomanes L. subsp. trichomanes
(capillaire rouge)
Berberis vulgaris L. (épine vinette)
Calluna vulgaris (L.) Hull (callune vulgaire)
Cardamine flexuosa With. (cardamine flexueuse)
Carex flacca Schreb. subsp. flacca (laîche glauque)
Carex pilosa Scop. (laîche poilue)
Carpinus betulus L. (charme)
Castanea sativa Mill. (châtaignier)
Colchicum autumnale L. (colchique d’automne)
Corydalis solida (L.) Clairv. subsp. solida
(corydale à tubercule plein)
Daphne laureola L. subsp. laureola (daphné lauréole)
Digitalis grandiflora Mill. (digitale à grandes fleurs)
Doronicum pardalianches L. (doronic à feuilles cordées)
Dryopteris filix-mas (L.) Schott (fougère mâle)
-4Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Moehringia muscosa L. (sabline des mousses)
Oxalis acetosella L. (oxalis petite oseille)
Phyteuma spicatum L. (raiponce en épi)
Pteridium aquilinum (L.) Kuhn subsp. aquilinum
(fougère aigle)
Ribes alpinum L. (groseillier des Alpes)
Teucrium scorodonia L. subsp. scorodonia
(germandrée des bois)
Vinca minor L. (petite pervenche)
Viola reichenbachiana Jord. ex Boreau
(violette de Reichenbach)
Genista germanica L. (genêt d'Allemagne)
Geranium lucidum L. (géranium luisant)
Hedera helix L. subsp. helix (lierre)
Ilex aquifolium L. (houx)
Laburnum anagyroides Medik. subsp. anagyroides
(cytise à grappes)
Lamium maculatum (L.) L. (lamier tacheté)
Lonicera periclymenum L. subsp. periclymenum
(chèvrefeuille des bois)
Lonicera xylosteum L. (chèvrefeuille des haies)
Mercurialis perennis L. (mercuriale vivace)
Commune : Traize
Lieu-dit : Queboutanne
Altitude : 510 m
Coordonnées : longitude 3,7685 gr – latitude 50,7615 gr
Petite zone écorchée avec dalles calcaires :
Allium lusitanicum Lam. (ail du Portugal)
Aphanes arvensis L. (aphanès des champs)
Bombycilaena erecta (L.) Smoljan. (micrope dressé)
Scleranthus perennis L. subsp. perennis (gnavelle vivace)
Sedum rubens L. subsp. rubens (orpin rougeâtre)
Sedum sexangulare L. (orpin à six angles)
Sesleria caerulea (L.) Ard. subsp. caerulea (seslérie bleuâtre)
Commune : Traize
Lieu-dit : L'Emburchet
Altitude : 620 à 630 m
Coordonnées : longitude 3,7582 gr – latitude 50,7518 gr
Bois feuillus thermophiles :
Arabis turrita L. (arabette tourette)
Arum maculatum L. (gouet)
Asplenium fontanum (L.) Bernh. subsp. fontanum
(asplénium des fontaines)
Brachypodium sylvaticum (Huds.) P. Beauv.
subsp. sylvaticum (brachypode des forêts)
Buxus sempervirens L. (buis)
Campanula persicifolia L. subsp. persicifolia
(campanule à feuilles de pêcher)
Carex brevicollis DC. (laîche à bec court)
Carex flacca Schreb. subsp. flacca (laîche glauque)
Castanea sativa Mill. (châtaignier)
Cornus mas L. (cornouiller mâle)
Euphorbia amygdaloides L. subsp. amygdaloides
(euphorbe à feuilles d’amandier)
Lathraea squamaria – Photo Thierry Delahaye
Helleborus foetidus L. (ellébore fétide)
Inula conyza DC. (inule conyze)
Lilium martagon L. (lis martagon)
Mycelis muralis (L.) Dumort. (laitue des murs)
Prunus avium (L.) L. (merisier)
Quercus humilis Mill. subsp. humilis (chêne pubescent)
Sesleria caerulea (L.) Ard. subsp. caerulea
(seslérie bleuâtre)
Sorbus aria (L.) Crantz subsp. aria (alouchier)
Tanacetum corymbosum (L.) Sch. Bip. subsp. corymbosum
(tanaisie en corymbes)
Viola alba Besser subsp. alba (violette blanche)
Viola alba Besser subsp. scotophylla (Jord.) Nyman
(violette à feuilles sombres)
Commune : Traize
Lieu-dit : Panisset
Altitude : 560 m
Coordonnées : longitude 3,7600 gr – latitude 50,7480 gr
Communauté des sous-bois méso-hygrophiles, basophiles :
Aegopodium podagraria L. (herbe aux goutteux)
Allium ursinum L. subsp. ursinum (ail des ours)
Anemone nemorosa L. (anémone des bois)
Asplenium scolopendrium L. subsp. scolopendrium
(asplénium scolopendre)
Cardamine heptaphylla (Vill.) O. E. Schulz
(dentaire à sept folioles)
Doronicum pardalianches L. (doronic pardalianches)
Hedera helix L. subsp. helix (lierre)
Lathraea squamaria L. (lathrée écailleuse)
Lathyrus vernus (L.) Bernh. subsp. vernus (gesse printanière)
Leucojum vernum L. (nivéole du printemps)
Melica uniflora Retz. (mélique uniflore)
Mercurialis perennis L. (mercuriale vivace)
Ranunculus ficaria L. (ficaire)
Scilla bifolia L. (scille à deux feuilles)
BIBLIOGRAPHIE
BOULLARD B., 1990 - Guerre et paix dans le règne végétal - Éditions Marketing, Paris - 336 p.
DELAHAYE T. & LEQUAY A., 2001 – Excursion vernale dans l'Avant-Pays savoyard : sur les traces de Mandrin
à la découverte de Carex brevicollis DC. et de la flore des balmes. Compte rendu de la sortie du 18 mars
2000 – Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne, n° 6 – pp. 2-7.
-5Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
LA TOILETTE DE VÉNUS
Texte et dessin par Anne-Marie Prieur
Des balades dans la nature tout en herborisant et de curieuses découvertes : les cheveux de
Vénus, son peigne, son miroir, son nombril, son sabot : il y a vraiment de quoi se poser des
questions. Vénus a-t-elle fait sa toilette dans la nature en nous laissant quelques beaux souvenirs ?
Voir un monde dans un grain de sable
Et un paradis dans une fleur sauvage
Tenir l’Infini dans la paume de sa main
Et l’Éternité dans une heure.
William Blake
Les fleurs sont dotées d’une forte symbolique et ont joué un rôle important dans les mythes et les
légendes. Même les scientifiques, soucieux de descriptions minutieuses de la structure anatomique
du monde végétal et d’un classement très rigoureux, ont laissé parler leur imagination dans
l’appellation de certaines plantes. Si bien qu’encore aujourd’hui, ces mêmes appellations continuent
de faire rêver.
Déesse de l’amour et de la beauté, Aphrodite chez les Grecs, Vénus chez les Romains, n’a laissé
personne indifférent. Poètes, peintres et sculpteurs ont laissé parler leur imagination pour nous
léguer de magnifiques œuvres (Botticelli et Milo pour ne citer que les plus célèbres).
Mais aussi astrologues, médecins et botanistes lui ont rendu hommage en perpétuant son nom. Et
c’est en déterminant les plantes que l’on peut découvrir que mythologie et botanique ne sont pas
deux mondes totalement différents. Sensibles aux charmes de Vénus, Dioscoride, médecin grec du
1er siècle et Pline, naturaliste romain de la même époque, attribuèrent à certaines plantes des
propriétés en relation avec la beauté de la déesse.
Commençons donc par les cheveux de Vénus, Adiantum capillus-veneris (appelé aussi capillaire
de Montpellier). C’est une petite fougère de la famille des adiantacées, aux frondes longuement
pétiolées (pétiole noirâtre et limbe d’un beau vert tendre), à l’allure fine et légère. Elle pousse dans
les grottes ou sur les rochers humides, surtout calcaires. Elle aime les coins abrités, chauds où l’eau
ruisselle. On peut même dire que c’est une plante tropicale.
Pourtant, sa présence a été remarquée dans notre département dans plusieurs endroits comme à
Brison-Saint-Innocent, à Saint-Jean-d’Arvey… Elle est classée rare et vulnérable en Savoie.
Du grec adiantos qui signifiait "non mouillé" : la plante, arrosée d’eau, demeure sèche et les gouttes
de pluie glissent tout simplement. Utilisée comme plante médicinale, elle a la propriété de stopper la
chute des cheveux. D’ailleurs, elle fut nommée capillus-veneris par les latins, montrant ainsi le lien
entre la déesse et la chevelure. La théorie des signatures semble être passée par là. L’attribution de
cette délicate fougère à Vénus coulait de source.
Pour coiffer sa belle chevelure, il fallait un peigne et ce fut fait avec une apiacée (ex ombellifère) au
nom de Scandix pecten-veneris, peigne de Vénus. Ses fruits très longs remplaçaient
avantageusement les dents d’un peigne. C’est une petite plante annuelle, affectionnant les champs
cultivés et les friches, une messicole qui croît en terrain calcaire. Elle se rencontre dans toute la
France mais elle reste rare en Savoie et en danger de nos jours, comme la plupart des messicoles.
Pour vérifier sa coiffure Vénus se devait d’utiliser un miroir. Il fut encore trouvé parmi les messicoles
chez le genre Legousia. Le miroir de Vénus se nomma donc Legousia speculum-veneris. C’est
une campanulacée aux fleurs d’une couleur violet intense contrastant avec la teinte jaune d’or des
champs de blé. La corolle des fleurs est entièrement plane et c’est ce qu’il fallait pour un miroir. Plus
sérieusement, la corolle est divisée en cinq lobes obtus terminés en pointe courte avec une gorge
blanc verdâtre.
Poursuivant sa toilette, Vénus se mit à quitter une chaussure ou plus exactement un sabot. Mais
quel sabot : élégant, léger, d’une belle teinte jaune presque transparente, agrémenté de magnifiques
rubans pourpres. Une seule fleur pouvait être à la hauteur des précieux souliers de Vénus, une
orchidée, Cypripedium calceolus, le sabot de Vénus. En dire plus serait inutile au regard de la
quantité d’articles parus, et même dans notre bulletin n°8 : Cypripedium calceolus L. en Savoie.
Quittant alors ses vêtements, on vit apparaître son nombril. Ce sont deux étranges crassulacées qui
furent désignées pour lui faire honneur Umbilicus horizontalis, nombril de Vénus et Umbilicus
rupestris, ombilic de Vénus. Ces plantes qui poussent sur les rochers et les vieux murs possèdent
-6Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
des feuilles à l’aspect particulier. De forme quasiment ronde et peltée (le pétiole se rattache au limbe
par le centre inférieur), épaisses et ondulées sur le bord, les feuilles partent presque toutes de la
base. La feuille se trouve ainsi déprimée en son centre. Sa ressemblance avec un ombilic ne pouvait
être qu’évidente. Ses fleurs pendantes forment une grappe allongée couvrant au moins la moitié de
la hauteur de la pousse pour Umbilicus horizontalis et plus de la moitié de la pousse pour
Umbilicus rupestris. Les feuilles de cette dernière furent employées en médecine comme
diurétique. À l’heure actuelle, elle ne serait employée qu’en usage externe pour soigner les plaies.
Nous ne les trouvons pas en Savoie.
Ces quelques très belles plantes perpétuent le mythe de Vénus qui ne semble pas près de s’éteindre
et feront encore longtemps courir les botanistes.
BIBLIOGRAPHIE
BAYER E., BUTTLER K.P., FINKENZELLER X. & GRAU J. ,1998 – Guide de la Flore Méditerranéenne –
Éditions Delachaux & Niestlé – 287 p.
DELAHAYE T., 2003 – Cypripedium calceolus L. en Savoie – Bull. Soc. Mycol. Bot. Région chambérienne, n° 8
– pp. 34-36.
DELAHAYE T. & PRUNIER P., 2006 – Inventaire commenté et liste rouge des plantes vasculaires de Savoie –
Bull. Spécial Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne, n° 2 – 106 p.
DUCOURTHIAL G., 2003 – Flore magique et astrologique de l’Antiquité – Belin – 655 p.
LAUBER K. & WAGNER G., 2000 – Flora Helvetica – Éditions Haupt, Berne – 1616 p.
1. Adiantum capillus-veneris
2. Scandix pecten-veneris
3. Legousia speculum-veneris
4. Cypripedium calceolus
5. Umbilicus horizontalis
-7Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
EXCURSION BOTANIQUE PRINTANIÈRE
DE SAINT-BLAISE AU PLAN DU SALÈVE
COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU 21 AVRIL 2007
Par Patrice Prunier
L’itinéraire de cette excursion débute au parking de St-Blaise, il chemine pendant 400 m le
long de la RD 223, puis emprunte ensuite le sentier de Grande Randonnée des balcons du Léman
pour atteindre le Plan du Salève, en passant par l’alpage des Convers. Il parcourt trois grands types
de milieux : les abords des habitations et les accotements routiers avec leur flore rudérale, les
hêtraies avec leur flore vernale et les pâturages de montagne.
La flore rudérale
Le début de l’excursion, jusqu’au départ du GR qui conduit aux
Convers, a été consacré à l’observation des espèces rudérales et
agrestes le long de la RD 223. Le cortège recensé est relativement
banal. Il vaut toutefois pour l’observation comparée de sept
espèces du genre Veronica et de Barbarea intermedia, vicariante
de Barbarea vulgaris en altitude. Souvent peu inventoriée en
raison de sa floraison précoce, cette espèce est relativement
répandue dans la partie sud du Salève, même si en tant
qu’opportuniste elle est assez fugace dans ses stations. En effet,
outre les localités observées ce 21 avril 2007, nous l’avons
également recensée sur ce secteur :
- au Sappey, Plan du Salève, à l'Est du point coté 1315, 1305 m,
893,23 - 2127,19 ; le 28/5/2006 ;
- à Saint-Blaise, au mont Sion, bord de la RN 201, 785 m, 889,99 2126,35 ; le 5/6/2006 ;
- à Andilly, les Resses Courbes, 840 m, 889,64 - 2126,76 ; le
20/6/2006 ;
- à Cruseilles, au Château des Avenières, parking, 1050 m,
891,05 - 2124,45 ; le 3/5/2007 ;
- à Cruseilles, L’Iselet, coupe forestière, 1085 m, 891,94 2124,69 ; le18/7/2007.
La flore vernale forestière
La montée forestière en direction des Convers a été l’occasion
d’effectuer un inventaire des espèces forestières vernales de
hêtraie-sapinière et de sa lisière.
La première partie du trajet s’effectue dans une hêtraie mésophile
à orge d’Europe (Hordelymo-Fagetum), tandis que la seconde se
déroule au sein d’une hêtraie à érables (Aceri-Fagetum). Cette
seconde formation se démarque de la première par la richesse en
hautes herbes dont la présence est due sur ces pentes marneuses
(marnes de Hauterive) exposées au nord-ouest, au développement
d’un sol riche en particules fines, retenant bien l’eau.
Le cortège spécifique est très caractéristique. Il compte Aconitum
lycoctonum, Adenostyles alliariae, Primula elatior, Saxifraga
rotundifolia ou encore Anthriscus nitida et Ranunculus lanuginosus
qui ne semblent pas avoir été observées sur le Salève depuis plus
d’un siècle (Charpin & Jordan, 1990-1992). Nous notons
également Pulmonaria obscura en pleine floraison et présente ici,
à l’altitude assez exceptionnelle de 1100 m (Prunier, 2007).
Quelques ravins présentent une strate arborée riche en érable
sycomore typique de l’Ulmo-Aceretum mais le cortège herbacé
associé est mal exprimé en sommet de versant.
Barbarea intermedia –
Vovray-en-Bornes, 21 avril 2007
-8Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les pâturages montagnards
Ils sont dominés par les graminées à feuilles relativement fines (Festuca rubra et dans une moindre
mesure Cynosurus cristatus) et les plantes à rosettes qui, plaquées contre le sol, échappent à la
dent de l’herbivore. Toutefois, dans les situations les plus contrastées, d’autres communautés
herbacées les relayent. Les cortèges des pentes les plus sèches sont à rattacher à une variante
montagnarde du Mesobromion (Gentiano-Brometum), tandis que ceux des replats sont typiques des
reposoirs jurassiens (Chenopodietum subalpinum). Dans les ravins, des écoulements temporaires
consécutifs à la fonte de la neige permettent l’épanouissement de deux renonculacées
caractéristiques du Calthion (Ranunculus aconitifolius, Caltha palustris) : prairie humide
principalement développée dans les étages montagnards et subalpins.
LISTE DES PLANTES OBSERVÉES
(D'après les observations de Patrice Prunier).
Inventaire 1 : du parking de Saint-Blaise au départ du GR des Balcons du Léman
Commune : Saint-Blaise
Altitude : 860 à 910 m
Coordonnées : longitude 890,51 - latitude 2125,45 Lambert II étendu
Achillea millefolium L. subsp. millefolium (achillée millefeuille) Picris echioides L. (picride fausse vipérine)
Picris hieracioides L. subsp. hieracioides
Alliaria petiolata (M. Bieb.) Cavara & Grande
(picride fausse épervière)
(alliaire officinale)
Plantago lanceolata L. subsp. lanceolata (plantain lancéolé)
Arabidopsis thaliana (L.) Heynh. (arabidopsis de Thal)
Plantago major L. subsp. major (grand plantain)
Arctium lappa L. (bardanne commune)
Poa annua L. (pâturin annuel)
Barbarea intermedia Boreau (barbarée intermédiaire)
Poa trivialis L. subsp. trivialis (pâturin commun)
Bellis perennis L. subsp. perennis (pâquerette)
Ranunculus acris L. subsp. friesianus (Jord.) Syme
Bromus erectus Huds. subsp. erectus (brome dressé)
(renoncule de Fries)
Bromus hordeaceus L. subsp. hordeaceus (brome mou)
Ranunculus auricomus aggr. (renoncule tête-d'or)
Bromus sterilis L. (brome stérile)
Ranunculus bulbosus L. subsp. bulbosus
Cardamine hirsuta L. (cardamine à tiges nombreuses)
(renoncule bulbeuse)
Cerastium fontanum Baumg. subsp. vulgare
Ranunculus ficaria L. (ficaire)
(Hartm.) Greuter & Burdet (céraiste vulgaire)
Ranunculus repens L. (renoncule rampante)
Cerastium glomeratum Thuill. (céraiste aggloméré)
Rubus idaeus L. (framboisier)
Chenopodium album L. subsp. album (chénopode blanc)
Senecio vulgaris L. subsp. vulgaris (séneçon vulgaire)
Chenopodium bonus-henricus L. (chénopode bon Henri)
Sinapis arvensis L. subsp. arvensis (moutarde des champs)
Cirsium vulgare (Savi) Ten. subsp. vulgare (cirse commun)
Stellaria graminea L. (stellaire graminée)
Dactylis glomerata L. subsp. glomerata (dactyle aggloméré)
Stellaria media (L.) Vill. subsp. media (mouron des oiseaux)
Erophila verna (L.) Chevall. (drave du printemps)
Taraxacum officinale F. H. Wigg. (pissenlit officinal)
Festuca arundinacea Schreb. subsp. arundinacea
Thlaspi arvense L. (thlaspi des champs)
(fétuque faux roseau)
Trifolium pratense L. subsp. pratense (trèfle des prés)
Fraxinus excelsior L. subsp. excelsior (frêne)
Trifolium repens L. subsp. repens (trèfle rampant)
Geranium dissectum L. (géranium découpé)
Urtica dioica L. subsp. dioica (ortie dioïque)
Geranium pyrenaicum Burm. f. subsp. pyrenaicum
Valerianella carinata Loisel. (valérianelle carénée)
(géranium des Pyrénées)
Veronica arvensis L. (véronique des champs)
Geranium sylvaticum L. (géranium des forêts)
Veronica beccabunga L. subsp. beccabunga
Hordeum murinum L. subsp. murinum (orge des rats)
(véronique beccabonga)
Kandis perfoliata (L.) Kerguélen subsp. perfoliata
Veronica chamaedrys L. subsp. chamaedrys
(tabouret perfolié)
(véronique petit chêne)
Lamium maculatum (L.) L. (lamier tacheté)
Veronica hederifolia L. subsp. hederifolia
Lamium purpureum L. (lamier rouge)
(véronique à feuilles de lierre)
Lapsana communis L. subsp. communis (lapsane commune)
Veronica persica Poir. (véronique de Perse)
Mercurialis annua L. subsp. annua (mercuriale annuelle)
Veronica polita Fr. (véronique luisante)
Myosotis decumbens Host (myosotis retombant)
Veronica serpyllifolia L. subsp. serpyllifolia
Papaver dubium L. subsp. lecoqii (Lamotte) Syme
(véronique à feuilles de serpolet)
(pavot de Lecoq)
Vicia sativa L. subsp. nigra (L.) Ehrh. (vesce noire)
Papaver rhoeas L. subsp. rhoeas (coquelicot)
Inventaire 2 : le long du GR des Balcons du Léman
Commune : Saint-Blaise (Les Brulins)
Altitude : 920 à 1020 m
Coordonnées : longitude 890,79 - latitude 2125,49 Lambert II étendu
Abies alba Mill. subsp. alba (sapin blanc)
Acer campestre K. Maly (érable champêtre)
Acer pseudoplatanus L. (érable sycomore)
Adoxa moschatellina L. (muscatelle)
Allium ursinum L. subsp. ursinum (ail des ours)
Anthriscus sylvestris (L.) Hoffm. subsp. sylvestris
(cerfeuil des prés)
Aruncus dioicus (Walter) Fernald (barbe de bouc)
Cardamine pentaphyllos (L.) Crantz
(cardamine à cinq folioles)
Carex digitata L. (laîche digitée)
Carex flacca Schreb. subsp. flacca (laîche glauque)
Carex sylvatica Huds. subsp. sylvatica (laîche des forêts)
Carum carvi L. (cumin des prés)
Clematis vitalba L. (clématite blanche)
Cornus sanguinea L. subsp. sanguinea (cornouiller sanguin)
-9Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Poa nemoralis L. subsp. nemoralis (pâturin des bois)
Polygonatum odoratum (Mill.) Druce
(sceau de Salomon officinal)
Polystichum aculeatum (L.) Roth (polystic à aiguillons)
Prenanthes purpurea L. (prénanthe pourpre)
Primula elatior (L.) Hill subsp. elatior (primevère élevée)
Primula veris L. subsp. veris (primevère officinale)
Primula vulgaris Huds. subsp. vulgaris (primevère acaule)
Pulmonaria montana Lej. subsp. montana
(pulmonaire des montagnes)
Rubus caesius L. (ronce bleuâtre)
Sambucus nigra L. (sureau noir)
Sambucus racemosa L. subsp. racemosa (sureau à grappes)
Scilla bifolia L. (scille à deux feuilles)
Silene dioica (L.) Clairv. (silène dioïque)
Valeriana officinalis L. subsp. officinalis (valériane officinale)
Vicia sepium L. (vesce des haies)
Vicia sylvatica L. (vesce des bois)
Viola reichenbachiana Jord. ex Boreau
(violette de Reichenbach)
Corylus avellana L. (noisetier)
Daphne laureola L. subsp. laureola (daphné lauréole)
Euphorbia amygdaloides L. subsp. amygdaloides
(euphorbe à feuilles d’amandier)
Fagus sylvatica L. subsp. sylvatica (hêtre)
Festuca altissima All. (fétuque élevée)
Fragaria vesca L. (fraisier des bois)
Glechoma hederacea L. (lierre terrestre)
Heracleum sphondylium L. subsp. sphondylium
(berce des prés)
Hordelymus europaeus (L.) Harz (orge d’Europe)
Lamium galeobdolon (L.) L. subsp. montanum
(Pers.) Hayek (lamier des montagnes)
Lonicera xylosteum L. (chèvrefeuille des haies)
Luzula pilosa (L.) Willd. (luzule poilue)
Luzula sieberi Tausch (luzule de Sieber)
Mercurialis perennis L. (mercuriale vivace)
Milium effusum L. (millet étalé)
Oxalis acetosella L. (oxalis petite oseille)
Paris quadrifolia L. (parisette à quatre feuilles)
Picea abies (L.) H. Karst. subsp. abies (épicéa)
Inventaire 3 : le long du GR des Balcons du Léman
Commune : Présilly (La Sauge)
Altitude : 1080 à 1100 m
Coordonnées : longitude 891,44 - latitude 2125,77 Lambert II étendu
Aconitum lycoctonum L. (aconit tue-loup)
Adenostyles alliariae (Gouan) A. Kern. subsp. alliariae
(adénostyle à feuilles d’alliaire)
Anthriscus nitida (Wahlenb.) Hazsl. (cerfeuil lustré)
Astrantia major L. subsp. major (grande astrance)
Cardamine pratensis L. subsp. pratensis (cardamine des prés)
Chrysosplenium alternifolium L. (dorine à feuilles alternes)
Dryopteris dilatata (Hoffm.) A. Gray (dryopteris dilaté)
Dryopteris filix-mas (L.) Schott (fougère mâle)
Festuca altissima All. (fétuque élevée)
Glechoma hederacea L. (lierre terrestre)
Hordelymus europaeus (L.) Harz (orge d'Europe)
Hypericum hirsutum L. (millepertuis hérissé)
Knautia dipsacifolia Kreutzer subsp. dipsacifolia
(knautie à feuilles de cardère)
Lonicera alpigena L. subsp. alpigena (chèvrefeuille des Alpes)
Lonicera nigra L. (chèvrefeuille noir)
Prunus avium (L.) L. (merisier)
Pulmonaria obscura Dumort. (pulmonaire sombre)
Ranunculus lanuginosus L. (renoncule laineuse)
Rumex obtusifolius L. subsp. obtusifolius
(rumex à feuilles obtuses)
Salix caprea L. (saule des chèvres)
Saxifraga rotundifolia L. subsp. rotundifolia
(saxifrage à feuilles rondes)
Senecio ovatus (G. Gaertner, B. Mey. & Scherb.) Willd.
subsp. ovatus (séneçon ovale)
Inventaire 4 : alpage des Convers
Commune : Présilly (Les Convers)
Altitude : 1160 à 1210 m
Coordonnées : longitude 892,37 - latitude 2126,74 Lambert II étendu
Agrostis capillaris L. subsp. capillaris (agrostide capillaire)
Anthoxanthum odoratum L. subsp. odoratum
(flouve odorante)
Arabidopsis thaliana (L.) Heynh. (arabidopsis de Thal)
Arenaria serpyllifolia L. subsp. serpyllifolia
(sabline à feuilles de serpolet)
Barbarea intermedia Boreau (barbarée intermédiaire)
Bromus erectus Huds. subsp. erectus (brome dressé)
Caltha palustris L. subsp. palustris (populage)
Capsella bursa-pastoris (L.) Medik. subsp. bursa-pastoris
(bourse à pasteur)
Cardamine hirsuta L. (cardamine à tiges nombreuses)
Carex caryophyllea Latourr. (laîche du printemps)
Carex montana L. (laîche des montagnes)
Chenopodium bonus-henricus L. (chénopode bon Henri)
Cirsium acaule Scop. subsp. acaule (cirse sans tige)
Crocus vernus (L.) Hill (crocus à fleurs blanches)
Cynosurus cristatus L. (crételle des prés)
Dactylis glomerata L. subsp. glomerata (dactyle aggloméré)
Erophila verna (L.) Chevall. (drave du printemps)
Festuca rubra (L.) (fétuque rouge)
Galium aparine L. subsp. aparine (gaillet gratteron)
Genista sagittalis L. subsp. sagittalis (genêt sagitté)
Gentiana lutea L. subsp. lutea (gentiane jaune)
Gentiana verna L. subsp. verna (gentiane printanière)
Hippocrepis comosa L. (hippocrépide à toupet)
Hypericum tetrapterum Fr. (millepertuis à quatre ailes)
Hypochaeris radicata L. subsp. radicata (porcelle enracinée)
Knautia arvensis (L.) Coult. subsp. arvensis
(knautie des champs)
Lamium purpureum L. (lamier rouge)
Lathyrus linifolius (Reichard) Bässler subsp. montanus
(Bernh.) Bässler (gesse à feuilles de lin)
Leontodon autumnalis L. subsp. autumnalis
(liondent d’automne)
Lolium perenne L. (ivraie vivace)
Lotus corniculatus L. subsp. corniculatus (lotier corniculé)
Luzula campestris (L.) DC. (luzule des champs)
Omalotheca sylvatica (L.) Sch. Bip. & F. W. Schultz
(gnaphale des forêts)
Plantago atrata Hoppe subsp. atrata (plantain noirâtre)
Plantago media L. subsp. media (plantain moyen)
Poa annua L. (pâturin annuel)
Poa supina Schrad. (pâturin couché)
Polygala vulgaris L. subsp. vulgaris (polygale vulgaire)
Potentilla neumanniana Rchb. (potentille du printemps)
Potentilla sterilis (L.) Garcke (potentille faux fraisier)
Primula elatior (L.) Hill subsp. elatior (primevère élevée)
Primula veris L. subsp. veris (primevère officinale)
Prunella vulgaris L. subsp. vulgaris (brunelle vulgaire)
Ranunculus aconitifolius L. (renoncule à feuilles d’aconit)
- 10 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Ranunculus acris L. subsp. friesianus (Jord.) Syme
(renoncule de Fries)
Ranunculus bulbosus L. subsp. bulbosus
(renoncule bulbeuse)
Ranunculus ficaria L. (ficaire)
Rumex obtusifolius L. subsp. obtusifolius
(rumex à feuilles obtuses)
Salix caprea L. (saule des chèvres)
Sanguisorba minor Scop. subsp. minor (petite sanguisorbe)
Stellaria media (L.) Vill. subsp. media (mouron des oiseaux)
Trifolium montanum L. subsp. montanum
(trèfle des montagnes)
Trifolium pratense L. subsp. pratense (trèfle des prés)
Trifolium repens L. subsp. repens (trèfle rampant)
Veronica hederifolia L. subsp. hederifolia
(véronique à feuilles de lierre)
Viola riviniana Rchb. subsp. riviniana (violette de Rivinus)
BIBLIOGRAPHIE
CHARPIN A., JORDAN D., 1990-1992 - Catalogue floristique de la Haute-Savoie - Tome 1 & 2 - Mém. Soc. Bot.
de Genève - 565 p.
PRUNIER P., 2007 - Contribution à la connaissance de la flore de la Haute-Savoie (I) - Saussurea, 37 - pp. 8991.
Ranunculus auricomus –
Culoz, 5 avril 2008
- 11 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
EXPOSITION BOTANIQUE DANS L'ESPACE ANIMATION
DU CENTRE COMMERCIAL CHAMNORD
Par Régine Revel
DIMANCHE 6 MAI 2007 – PARKING DE CHAMNORD – 7h00
Potron-minet. L’heure où les chats rentrent de leurs équipées nocturnes. Aux aurores pour
un dimanche…
Un petit groupe d’individus pénètre tranquillement dans la galerie marchande et se dirige vers un lieu
précis, sous l’escalier qui dessert la galerie supérieure. Ils ont l’air de savoir où ils vont, se saluent,
s’embrassent, se congratulent.
Mais rapidement l’un d’entre eux, le chef de la troupe, semble-t-il, donne des ordres et tout ce petit
monde quelque peu endormi s’anime. Quelle est donc cette étrange effervescence dominicale ?
… Seulement la mise en place de l’exposition botanique "Les plantes sauvages de Savoie et leurs
usages" pour une longue semaine de présence.
En moins de temps qu’il n'en faut pour le dire, les tables sont dressées, placées d’après les souhaits
des "ministres de l’exposition" et sur les plans très précis d’André Dudoret, au centimètre près. Les
visiteurs doivent pouvoir se promener de table en table, au guidon de leur caddie… Habillées de pied
en cap selon les couleurs choisies pour refléter au mieux chaque usage, ces tables devront attendre
le lendemain matin pour être totalement garnies, le temps que les cueilleurs terminent leurs récoltes.
Fiches, panneaux, grilles, posters, "bois d’Arthur", jeux électriques qui attireront les enfants sont mis
en place par des mains rapides et expertes.
Si les mycologues ont déjà eu les honneurs de ces lieux à deux reprises, à l’automne 2004 et 2005,
c’est une grande première pour les botanistes qui jusqu’alors n’avaient connu qu’une journée, voire
une journée et demie d’exposition. Beaucoup de travail et d’énergie pour si peu de temps, une
frustration, somme toute ; à peine le temps d’installer, de mettre en place les plantes et la décoration
qu’il est l’heure de démonter.
Six journées d’exposition, dans un lieu très passager, c’est plus gratifiant, mais cela a d’autres
inconvénients. En premier celui du renouvellement des végétaux ; certaines plantes, l’ortie, le frêne
et le pissenlit pour ne pas les nommer sont comme la rose de Ronsard : elles ne durent qu’un matin,
ou peu s’en faut. Et c’est justement ces trois-là qui ont été choisies pour servir de pôle d’attraction,
des "simples" connus de tout un chacun dont les usages sont multiples et bien souvent méconnus !
La dernière plante du quatuor de ce "point d’orgue" est certes moins courante, mais tout aussi
célèbre car elle a donné ce bleu à nul autre pareil qui durant des siècles a coloré les vêtements,
Isatis tinctoria, appelé communément le pastel. Et puis il n’est pas question de laisser l’endroit
solitaire. Le "tour de garde" de l’exposition est indispensable dans ce lieu public et les visiteurs ou les
simples curieux sont demandeurs d’explications.
SAMEDI 12 MAI – 20h00
Film à l’envers. La même effervescence que le dimanche précédent. L’heure du démontage de
l’exposition et celui du premier bilan.
Durant ces six jours, la surprise et l’intérêt des passants ont été manifestes et les échanges
fructueux, parfois inédits, d’aucuns racontant une anecdote de leur propre histoire à partir d’une
plante familière.
Recevoir une classe est toujours un plaisir pour une ex-institutrice et Anne-Marie Prieur aura
retrouvé, le temps d’une visite, celle de la classe de CM2 de l’école du Château de Cognin, le
bonheur de donner des explications en faisant partager aux enfants sa passion pour les plantes.
Peut-être aura-t-elle suscité une vocation ?
L’attraction provoquée par les décorations florales de Dany Maerten ne se dément jamais : elles sont
le clin d’œil artistique, la note inédite qui en attirant irrésistiblement le regard, le fait se poser sur les
plantes voisines.
Le groupe d’individus qui démonte l’exposition éprouve, en jetant les plantes et en vidant les pots un
pétale de nostalgie, un grain de pollen de mélancolie et un stipule de regret. Cette exposition aura
été prenante, quelque peu fatigante, mais tellement stimulante !
- 12 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
HERBORISATION DANS LE VALLON D’ARCLUSAZ
COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU 19 MAI 2007
Par Lucienne Guilland
Une dizaine de membres de la Société Mycologique et Botanique de la Région
Chambérienne sont au rendez-vous, le samedi 19 mai, à 13h30 au parking de Bellevaux, le long du
Chéran. Mais (est-ce par manque de coordination ?), ce n’est pas le lieu fixé par les autres sociétés
co-organisatrices, aussi est-ce sans leurs accompagnateurs que nous démarrons, sous la houlette
d’Arthur. Direction les chalets d’alpage de l’Arclusaz en voiture. "Dans ce synclinal perché, nous
devons trouver des choses intéressantes", nous dit le chef. Stop aux Prés Rausset, près du lieu-dit
les Grands Bassins.
Premier émerveillement : la quantité de Geranium phaeum s’épanouissant dans les pâturages
fertilisés par les troupeaux. Quittant rapidement le chemin principal, nous nous dirigeons vers le
chalet du Lauzarin. Dans ces prés, l’abondance des vératres toxiques, mêlés à quelques gentianes
jaunes surprend. Ne les confondons pas : vératre à feuilles alternes, gentiane à feuilles opposées.
Joie de découvrir ici Myrrhis odorata, que je croyais, dans mon ignorance, réservé à la Maurienne.
En sortant du bois, au loin, sous les pentes de la montagne de la Lanche, un troupeau paît :
mouflons ou chamois ? Sans lunettes d’approche, difficile de les identifier, d’autant plus qu’ils
déguerpissent.
Au sommet d’une bonne grimpette, des touffes de Daphne mezereum parfumées, mais aussi
quelques Prunus padus subsp. borealis en pleine floraison nous émerveillent. Halte ici avec le
réconfort d’un délicieux goûter.
Puis, c’est la descente en direction du chalet du Praz, notant au passage les plantes rencontrées.
Nous longeons maintenant une clôture très curieuse, faite de blocs de rochers plats, dressés et qui
coupe en travers tout le vallon. Arthur nous explique : "Les abbesses de l’abbaye de Betton-Bettonet
furent en procès avec les chartreux de Bellevaux, pendant de longues années, pour la possession
de ces pâturages. Ce mur fut érigé après décision du tribunal." Ce vestige figure d’ailleurs sur la
carte de l’IGN aux 1/25000.
Quel plaisir pour nous tous de vagabonder dans ce haut vallon à cette date printanière. Les
troupeaux y sont déjà présents et leur traite sur le replat du chemin retardera un peu notre retour
vers École. Mais qu’importe, la journée fut tellement agréable et si riche de découvertes botaniques.
LISTE DES PLANTES OBSERVÉES
(d’après les notes de Lucienne Guilland et Sylvie Serve)
Commune : École-en-Bauges
Lieu-dit : Les Prés Rausset
Altitude : 1279 à 1500 m
Coordonnées : longitude 4,275 gr – latitude 50,675 gr
Abies alba Mill. subsp. alba (sapin blanc)
Acer pseudoplatanus L. (érable sycomore)
Ajuga reptans L. (bugle rampante)
Alchemilla xanthochlora Rothm (alchémille jaune-vert)
Alnus alnobetula (Ehrh.) C. Koch subsp. alnobetula
(aulne vert)
Anthriscus sylvestris (L.) Hoffm. subsp. sylvestris
(cerfeuil des prés)
Anthyllis vulneraria L. subsp. alpestris (Kit.) Asch. & Graebn.
(anthyllide alpestre)
Aposeris foetida (L.) Less. (aposéris fétide)
Arabis alpina L. subsp. alpina (arabette des Alpes)
Arabis ciliata Clairv. subsp. ciliata (arabette ciliée)
Arabis collina Ten. (arabette des collines)
Arabis hirsuta (L.) Scop. (arabette hérissée)
Asplenium ruta-muraria L. subsp. ruta-muraria
(asplénium rue de muraille)
Asplenium ramosum Lovis & Reichst.
(asplénium à pétiole vert)
Bartsia alpina L. (bartsie des Alpes)
Bellis perennis L. subsp. perennis (pâquerette)
Cardamine pentaphyllos (L.) Crantz
(cardamine à cinq folioles)
Carex ornithopoda Willd. subsp. ornithopoda
(laîche pied d’oiseau)
Carlina acaulis L. subsp. caulescens (Lam.) Schübler & G.
Martens (carline élevée)
Carum carvi L. (cumin des prés)
Centaurea montana L. subsp. montana
(centaurée des montagnes)
Cerastium arvense L. subsp. strictum (Koch) Gremli
(céraiste raide)
Chenopodium bonus-henricus L. (chénopode bon Henri)
Chrysosplenium alternifolium L. (dorine à feuilles alternes)
Chrysosplenium oppositifolium L. (dorine à feuilles opposées)
Corydalis solida (L.) Clairv. subsp. solida
(corydale à tubercule plein)
Crepis aurea (L.) Tausch. subsp. aurea (crépide orangée)
Cruciata laevipes Opiz (croisette commune)
Cystopteris alpina (Lam.) Desv. (cystoptéris des Alpes)
Dactylorhiza latifolia (L.) Baumann & Künkele subsp. latifolia
(orchis sureau)
- 13 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Daphne mezereum L. (bois gentil)
Euphorbia cyparissias L. (euphorbe faux cyprès)
Fragaria vesca L. (fraisier des bois)
Gentiana acaulis L. subsp. acaulis (gentiane acaule)
Gentiana lutea L. subsp. lutea (gentiane jaune)
Gentiana verna L. subsp. verna (gentiane printanière)
Geranium phaeum L. (géranium brun)
Geranium sylvaticum L. (géranium des forêts)
Geum montanum L. (benoîte des montagnes)
Gymnocarpium robertianum (Hoffm.) Newman
(gymnocarpium herbe à Robert)
Heracleum sphondylium L. subsp. sphondylium
(berce des prés)
Hippocrepis comosa L. (hippocrépide à toupet)
Homogyne alpina (L.) Cass. (homogyne des Alpes)
Lilium martagon L. (lis martagon)
Lonicera alpigena L. subsp. alpigena (chèvrefeuille des Alpes)
Myrrhis odorata (L.) Scop. (myrrhis odorant)
Noccaea brachypetala (Jord.) F. K. Mey.
(thlaspi à pétales courts)
Orchis mascula (L.) L. subsp. mascula (orchis mâle)
Petasites albus (L.) Gaertn. (pétasite blanc)
Phyteuma spicatum L. (raiponce en épi)
Picea abies (L.) H. Karst. subsp. abies (épicéa)
Pimpinella major (L.) Huds. subsp. major (grand boucage)
Plantago maritima L. subsp. serpentina (All.) Arcang.
(plantain serpentant)
Polygala alpestris Rchb. subsp. alpestris (polygale alpestre)
Polygala alpina (Poir.) Steud. subsp. alpina
(polygale des Alpes)
Polystichum aculeatum (L.) Roth (polystic à aiguillons)
Polystichum lonchitis (L.) Roth (polystic en lance)
Prunus padus L. subsp. borealis Nyman (cerisier boréal)
Ribes alpinum L. (groseillier des Alpes)
Rubus fruticosus L. (ronce)
Rubus saxatilis L. (ronce des rochers)
Rumex pseudalpinus Höfft (rhubarbe des moines)
Salix caprea L. (saule des chèvres)
Sambucus racemosa L. subsp. racemosa (sureau à grappes)
Scrophularia nodosa L. (scrophulaire noueuse)
Sedum dasyphyllum L. subsp. dasyphyllum
(orpin à feuilles épaisses)
Silene dioica (L.) Clairv. (silène dioïque)
Sorbus aria (L.) Crantz subsp. aria (alouchier)
Sorbus aucuparia L. subsp. aucuparia (sorbier des oiseleurs)
Trollius europaeus L. subsp. europaeus (trolle d’Europe)
Tussilago farfara L. (tussilage)
Valeriana montana L. subsp. montana
(valériane des montagnes)
Valeriana tripteris L. (valériane triséquée)
Veratrum lobelianum Bernh. (vératre de Lobel)
Veronica chamaedrys L. subsp. chamaedrys
(véronique petit chêne)
Veronica serpyllifolia L. subsp. humifusa (Dicks.) Syme
(véronique couchée)
Vicia sylvatica L. (vesce des bois)
Viola biflora L. (pensée à deux fleurs)
Viola calcarata L. subsp. calcarata (pensée éperonnée)
Viola reichenbachiana Jord. ex Boreau
(violette de Reichenbach)
Myrrhis odorata (L.) Scop.
Dessin extrait de "Stirpium historiae pemptades sex-"
DODOENS R., 1583
- 14 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
POUR UNE SUITE À UNE INITIATION AU LATIN
BOTANIQUE ET MYCOLOGIQUE…
Par Sylvie Serve
Nous avions évoqué, dans le bulletin précédent, les mots latins utilisés dans les
dénominations d’espèces évoquant leur couleur ou habitat.
Nous vous proposons cette fois une approche plus botanique de cette langue morte (pas pour les
adhérents de la SMBRC !) en listant, selon les parties de plantes, les qualificatifs qui peuvent lui être
attribués.
Nomenclature relative à la racine (selon sa durée, son aspect) :
annua
biennis
bulbosa
dentata
fasciculata
fibrosa
fusiformis
globosa
annuelle
bisannuelle
bulbeuse, attachée à un oignon
dentée, composée d’articulations
en dents (Moscatella)
fasciculée, en griffe
fibreuse
fusiforme, effilée
sphérique
granulata
granuleuse, couverte de parties
charnues (Saxifraga)
palmata
palmée, charnue et lobée (Orchis)
perennis
vivace
praemorsa mordue, tronquée irrégulièrement
repens
rampante, noueuse et stolonifère
tuberosa
composée de tubercules suspendus par des radicules (Filipendula)
Nomenclature relative au tronc, aux rameaux ou à la tige (selon leurs durée, aspect, port,
couverture, surface, composition) :
aculeatus
à aiguillons qui tiennent à
l’écorce (Rosa)
alatus
ailée
anceps
à deux tranchants (épée plate)
angulatus
anguleuse
aphylus
dépourvue de feuilles
arboreus
ligneuse (arbre)
articulatus
entrecoupée de nœuds
ascendens ascendante, arquée de haut en
bas
brachiatus
croisée, rameaux opposés et à
angles droits
clavatus
claviforme, en massue (pétiole)
compressus comprimée, aplatie des deux
côtés
conferti
entassés, rameaux si nombreux
qu’ils couvrent la branche
declinatus
recourbée dans le bas
deflexi
rameaux courbés
dichotomus fourchue, dont les rameaux se
divisent en deux parties égales
diffusus
rameaux épars et ouverts
distichi
distiques, rameaux rangés sur
deux côtés de la tige
divaricati
divariqués, écartés
enodis
sans nœud
erectus
élevé, vertical
fastigiatus
en bouquet
fistulosus
en tuyau, centre creux (poacées)
flexuosus
foliatus
fruticosus
geniculatus
glaber
herbaceus
imbricatus
inanis
incurvatus
integer
laxus
levis
muricatus
nudus
nutans,
cernuus
obliquus
paniculatus
patentes,
patens
pendulus
procumbens
prolifer
pliée d’un bourgeon ou d’un
nœud à l’autre
garnie de feuilles
ligneuse (arbrisseau)
noueuse
glabre, lisse
herbacée
imbriquée, tuilée, toute couverte
spongieux, centre rempli de
moelle
incurvée, pliée
entière
faible, plie facilement
lisse
tuberculeuse
nue, sans poils, écailles etc.
courbée, la pointe pliée en
dehors
o bliqu e, s’éca rte de la
perpendiculaire
en panicule, à rameaux divisés
à l’infini
ouverts, rameaux placés à angle
aigu par rapport à la tige
lâche
couchée, faible, appuyée contre
le sol
dont les rameaux naissent
toujours aux extrémités (Pinus)
- 15 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
radicans
ramosus
reflexi
repens
rigidus
rimosus
sarmentosus
scaber
scandens
simplex
solidus
sparsi
spinosus
squamosus
stipulatus
s’attache fortement par de
grosses racines radicales
rameuse, garnie de branches
r a m e a u x
p e n d a n t
perpendiculairement
rampante
rigide, ne plie pas facilement
écorce fendillée
donnant des racines à chaque
nœud
scabre, rude, raboteuse
grimpante
sans interruption jusqu’au
sommet
dont le centre est plein, dur
rameaux épars, sans ordre
épineuse
avec des écailles (rachis des
fougères)
à stipules (Rosa)
stoloniferus
striatus
traçante avec des rejets
striée, ra yée, légèrement
sillonnée
strictus
très droit, très vertical sans
flexuosité
suberosus
écorce molle
suffruticosus vivace, ligneuse (arbuste)
sulcatus
teres
trigonus
triqueter
tunicatus
urens
vaginatus
virgatus
volubilis
sillonnée, profondément rayée
arrondie, sans angles
trois
angles
saillants
longitudinaux
trois côtés très plats
couverte de membranes
stimulant (poils piquants)
couverte par la gaine des feuilles
(poacées)
à rameaux longs, inégaux
(Solidago)
volubile, entortillée en spirale
Nomenclature relative aux feuilles (selon leurs situation, direction, insertion, structure, sinus, marge,
pointe, surface, substance, composition) :
(NB : nous n’avons pas toujours repris les termes déjà traduits pour les rameaux ou tiges.)
acerosum
acuminatum
linéaire et persistante (Pinus)
acuminée, pointue, à extrémité
effilée
acutum
aiguë, terminée en angle aigu
adnatum
adnée, face sup. collée par le
bas
amplexicaule embrasse la tige
approximata
assurgens
axillaria
voisines, rapprochées entre elles
à pointe relevée
axillaire, placée sous la base des
rameaux
barbatum
barbue à poils parallèles
bigeminum
redoublée, pétiole dichotome
portant plusieurs folioles
bina,
tria, accouplées par deux, trois, cinq
quina
bi-tri jugum
Deux-trois paires de folioles
accouplées
bullatum
enflée (Salvia)
caducum
caduque, qui tombe avant l’été
ou dure peu
carinatum
carénée, en arc inférieur à la
base et pointe remontée en
carène
carnosum
pleine de matière solide
caulina
caulinaire, attachée à la tige
ciliatum
ciliée, à bords garnis de poils
parallèles
cirrhosum
vrillée, portant une vrille
complanatus aplati
confluentia
attachées
base
ensemble
par
leur
connatum
cohérente, feuilles opposées
unies par leur base
convolutus
se dit d’une vrille tordue en
spirale
cordatum
ovoïde et échancrée à la base
crenatum
crénelée, à dentelures latérales
crispum
frisée
cucullatum
capuchonnée
cuneiforme
rétrécie en coin vers le pétiole,
élargie au milieu
cuspidatum cuspidée, en brochette, à pointe
très longue et étroite
deciduum
qui tombe après l’été
decurrens
décurrente, la base descend sur
la tige et forme une aile
dentatum
à dentelures inégales, écartées
depressum
plus aplatie au limbe qu’aux
bords
discolor
de deux couleurs
ellipticum
elliptique, lancéolée et large
emarg inatu échancrée, terminée par deux
m
pointes
emersum
émergée, hors de l’eau
enerve
sans nervure
erosum
rongée, à découpures inégales
et petits sinus
fasciculata
fasciculée, partant plusieurs du
même point
fissum
fendue, divisée en sinus
linéaires
gibbum
bossue, à surfaces convexes,
remplies de pulpe
hastatum
en pique dont les crochets
s’écartent
- 16 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
h i s p i d u m , hérissée de poils (Borago)
hirtum
integerrimum à marge très entière
integrum
lacerum
laciniatum
lacunosum
lanatum
lanceolatum
lineare
lineatum
lingulatum
lobatum
lunatum
lyratum
mucronatum
natans
nitidum
obtusum
ovatum
papillosum
papulosum
pedatum
perenne
perfoliatum
persistens
pilosum
pinnatifidum
pinnatum
plicatum
pulposum
punctatum
radicalia
reflexum
remota
repandum
entière, sans échancrure
à franges irrégulières
laciniée, déchiquetée en
découpures inégales
limbe enfoncé entre les nervures
drapée, garnie comme une
étoffe de laine
lancéolée, rétrécie par les deux
bouts
linéaire, d’une égale largeur,
plate et étroite
c r a yo n n é e , m a r q u é e d e
nervures aplaties
en languette, linéaire
lobée, divisée jusqu‘au milieu en
parties arrondies éloignées
lunulée, en croissant
à découpures transversales dont
les inf. décroissent
mucronée, terminée par un
piquant
flottante, couchée sur l’eau
luisante, comme vernissée
obtuse, à pointe arrondie
arrondie et plus large à la base
mamelonnée, avec des points
charnus
pustulée de points vésiculaires
pédée, pétiole à 2 branches qui
portent plusieurs folioles dont un
au milieu (Helleborus)
qui tient quelques années
perfoliée, enfilée dans son limbe
par la tige (Bupleurum)
persistant, qui tient après l’été
chevelue à poils longs
pennatifide, à découpures
transversales horizontales
ailée, folioles rangés des 2 côtés
plissée
pleine de matière humide
(Sempervivum)
marquée de points creux
attachées à la racine
rabattue, inclinée
éloignées les unes des autres
à bords arrondis, festonnés,
plats
resupinatum renversée, la face sup. regarde
le sol
retusum
émoussée, à échancrure obtuse
revolutum
roulée, papillotée
rhombeum
angles latéraux arrondis et
rapprochés du sommet
rugosum
rugueuse, ridée
runcinatum
à découpures transversales dont
le bord sup. est convexe, l’inf.
transversal (Taraxacum)
sagittatum
sagittée, en fer de flèche
scabrum
scabre, à points relevés, rudes
scariosum
scarieuse, craquante, sèche
semperviren qui garde sa couleur toute
s
l’année
sericeum
soyeuse à duvet argenté
serratum
en scie, à dentelures tournées
vers la pointe
sinuatum
ayant des sinus larges
spatulatum
spatulée, arrondie avec une
longue base rétrécie
spinosum
épineuse, à bords garnis de
piquants (chardons)
striatum
burinée, à lignes creuses et
parallèles
strigosum
hérissonée à longs piquants
submersum entre deux eaux
subrotundu arrondie, un peu plus large que
m
longue
subulatum
en forme d’alêne, linéaire et
effilée
sulcatum
sillonnée, à cannelures
profondes
ternatum
à trois folioles
tomentosum à duvet doux
triplinerve
à nervures latérales naissant
plus haut que la base de la
nervure du milieu
truncatum
tronquée, le bout coupé net
transversalement
tubulosum
creuse, en tuyau
vaginans
villosum
viscidum
en gaine qui entoure la tige
velue à poils mous
gluante, visqueuse
Nomenclature relative aux fleurs, inflorescences ou fruits :
Nous ne la développerons pas ici car on retrouve soit des termes déjà cités soit, le plus souvent, les
mots latins sont très faciles à transcrire en leurs homologues français et font partie du vocabulaire de
base du botaniste (corymbus = corymbe, thyrsus = thyrse, bacca = baie, etc.).
- 17 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
SORTIE BOTANIQUE À SAINT-JEAN-DE-MAURIENNE
COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU 26 MAI 2007
Par Arthur Lequay
Il était programmé pour ce samedi 26 mai : "Les pelouses sèches autour de Saint-Jean-deMaurienne" et c’est sur les raides pentes à l’adret au-dessus de la ville que nous allons diriger nos
pas. Une mauvaise surprise nous attend : le sentier que nous empruntons vient d’être "proprement"
fauché les jours précédents et nous nous retrouvons chargés d’identifier les morts après la bataille. Il
faudra toute la sagacité de Thierry pour identifier Calepina irregularis. Je suis furieux : Camelina
microcarpa et certaines plantes intéressantes, abondantes il y a une semaine, ne seront pas
retrouvées. Le pastel des teinturiers - Isatis tinctoria - dresse encore quelques tiges dans les murs
bordant d’anciennes vignes car, dans cette partie, le sentier sinue entre des terrains cultivés jadis :
jardins, vignes, vergers. Tout cela a disparu et est envahi par une végétation arbustive. La plupart
des espèces de fruitiers est encore présente mais souvent retournée à l’état sauvage. Pruniers et
cognassiers forment de véritables buissons.
Nous traversons une partie boisée où le merisier - Prunus avium - est abondant et débouchons sur
une plateforme. Là se dresse la chapelle Bonne Nouvelle. Nous dominons cette pente qui fut
vergers, vignes et sans doute pâturages à moutons dans les parties raides. Le griottier - Prunus
cerasus - est là en compagnie de touffes de baguenaudier - Colutea arborescens. Des envahisseurs
indésirables sont là aussi, le févier d’Amérique - Gleditsia triacanthos - et l’ailante - Ailanthus
altissima.
Nous retrouvons enfin les pelouses sèches programmées. Le sentier monte raide, avec les
découvertes d’espèces typiques de ces secteurs de Maurienne chauds et surtout secs car très
ventés. Entre les graminées poussent la borraginacée à grandes fleurs jaunes Onosma
pseudoarenaria, la rare astéracée Crupina vulgaris, la labiée Hyssopus officinalis et, dans les
rochers, la brassicacée aux curieuses siliques ovales Alyssoides utriculata.
Finie la raide montée, le sentier vire à droite. Le terrain sur lequel nous évoluons depuis le départ est
formé de schistes. Étant donnée la forte inclinaison de la pente, il est sujet à glissements : voilà la
raison de la plantation de pin noir d’Autriche. Aujourd’hui où chacun se rend compte qu’il faut
essayer de sauver la biodiversité, cette manière de faire n’est pas très logique. L’érable de
Montpellier et l’argousier joueraient le même rôle sans en avoir les inconvénients : au bout de
quelques années, le sous-bois de pins sera un désert botanique.
Nous longeons les ruines d’une exploitation agricole : la vie ne devait pas y être facile !
Le sentier entre dans un bois où chêne pubescent et charme voisinent avec de nombreux cornouiller
mâle. Il se termine à la grotte Sainte-Thècle. Issue d’une riche famille, cette dernière rapporta des
croisades deux doigts de saint Jean-Baptiste et la ville devint Saint-Jean-de-Maurienne.
Au retour, nous ne passons pas par la chapelle Bonne Nouvelle et sur le talus du sentier, chemin
raccourci, nous trouvons une rareté : le nerprun alaterne.
Excellente promenade botanique qui donne un aperçu de la richesse de la Maurienne dont la flore
s’apparente à celle du Valais.
LISTE DES PLANTES OBSERVÉES
(d'après les notes de Thierry Delahaye, tous les relevés sont localisés sur la commune de SaintJean-de-Maurienne).
Lieu-dit : chapelle Bonne Nouvelle
Altitude : 600 à 700 m
Coordonnées : longitude 4,4480 gr – latitude 50,3115 gr
Entre l'hôpital et la chapelle Bonne Nouvelle : haies, manteaux et ourlets thermophiles et végétations
plus ou moins nitrophiles des bordures du chemin :
Acer campestre K. Maly (érable champêtre)
Acer monspessulanum L. (érable de Montpellier)
Aceras anthropophorum (L.) R. Br. (acéras homme pendu)
Agrimonia procera Wallr. (aigremoine élevée)
Ailanthus altissima (Mill.) Swingle (ailante)
Alliaria petiolata (M. Bieb.) Cavara & Grande
(alliaire officinale)
Arrhenatherum elatius (L) P. Beauv. ex J. & C. Presl
subsp. elatius (fromental élevé)
Artemisia campestris L. subsp. campestris
(armoise des champs)
Bromus erectus Huds. subsp. erectus (brome dressé)
Bromus squarrosus L. (brome raboteux)
Bromus sterilis L. (brome stérile)
- 18 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Bryonia dioica Jacq. (bryone dioïque)
Bupleurum rotundifolium L. (buplèvre à feuilles rondes)
Calepina irregularis (Asso) Thell. (calépine irrégulière)
Capsella bursa-pastoris (L.) Medik.
subsp. bursa-pastoris (bourse à pasteur)
Clematis vitalba L. (clématite blanche)
Cornus sanguinea L. subsp. sanguinea (cornouiller sanguin)
Corylus avellana L. (noisetier)
Cydonia oblongua Mill. (cognassier)
Dactylis glomerata L. subsp. glomerata (dactyle aggloméré)
Daucus carota L. subsp. carota (carotte)
Diplotaxis tenuifolia (L.) DC. (diplotaxis à feuilles ténues)
Elytrigia repens (L.) Desv. ex Nevski subsp. repens
(chiendent rampant)
Fragaria vesca L. (fraisier des bois)
Galium lucidum All. (gaillet luisant)
Geranium rotundifolium L. (géranium à feuilles rondes)
Hedera helix L. subsp. helix (lierre)
Heliotropium europaeum L. (héliotrope d'Europe)
Hieracium peleterianum Mérat (épervière de Lepèletier)
Hypericum perforatum L. subsp. perforatum
(millepertuis perforé)
Inula conyza DC. (inule conyze)
Iris germanica L. (iris d'Allemagne)
Isatis tinctoria L. subsp. tinctoria (pastel)
Juglans regia L. (noyer)
Lactuca serriola L. (laitue serriole)
Ligustrum vulgare L. (troène)
Lonicera xylosteum L. (chèvrefeuille des haies)
Medicago sativa L. subsp. sativa (luzerne cultivée)
Melilotus neapolitanus Ten. (mélilot de Naples)
Muscari comosum (L.) Mill. (muscari à toupet)
Ononis spinosa L. subsp. spinosa (bugrane épineuse)
Papaver dubium L. subsp. dubium (pavot douteux)
Petrorhagia saxifraga (L.) Link subsp. saxifraga
(petrorhagie saxifrage)
Plantago lanceolata L. subsp. lanceolata (plantain lancéolé)
Plantago major L. subsp. major (grand plantain)
Populus alba L. subsp. alba (peuplier blanc)
Populus tremula L. (tremble)
Prunus avium (L.) L. (merisier)
Prunus cerasus L. (griottier)
Prunus dulcis (Mill.) D. A. Webb (amandier)
Prunus mahaleb L. (bois de Sainte-Lucie)
Reseda lutea L. subsp. lutea (réséda jaune)
Rhamnus alaternus L. subsp. alaternus (nerprun alaterne)
Robinia pseudoacacia L. (robinier faux acacia)
Roegneria canina (L.) Nevski subsp. canina
(chiendent des chiens)
Sambucus nigra L. (sureau noir)
Sanguisorba minor Scop. subsp. minor (petite sanguisorbe)
Sempervivum montanum L. subsp. montanum
(joubarbe des montagnes)
Silene latifolia Poiret subsp. alba (Mill.) Greuter & Burdet
(compagnon blanc)
Sisymbrium officinale (L.) Scop. (sisymbre officinal)
Sonchus oleraceus L. (laiteron maraîcher)
Stachys recta L. subsp. recta (épiaire droite)
Stellaria media (L.) Vill. subsp. media (mouron des oiseaux)
Syringa vulgaris L. (lilas vulgaire)
Tamus communis L. (herbe aux femmes battues)
Tilia cordata Mill. (tilleul à petites feuilles)
Torilis japonica (Houtt.) DC. (torilis du Japon)
Trifolium campestre Schreb. subsp. campestre (trèfle jaune)
Verbascum lychnitis L. subsp. lychnitis (molène lychnite)
Verbena officinalis L. (verveine officinale)
Vicia sativa L. subsp. nigra (L.) Ehrh. (vesce noire)
Vicia tenuifolia Roth subsp. tenuifolia (vesce à feuilles grêles)
Lieu-dit : La Frédière
Altitude : 650 à 800 m
Coordonnées : longitude 4,4465 gr – latitude 50,3129 gr
Pelouses sèches calcicoles avec communautés végétales ouest-alpines des vallées internes à climat
continental :
Achillea setacea auct. gall. & helv. (achillée sétacée)
Aethionema saxatile (L.) R. Br. subsp. saxatile
(aethionéma des rochers)
Ailanthus altissima (Mill.) Swingle (ailante)
Alyssoides utriculata (L.) Medik. (faux alysson renflé)
Alyssum alyssoides (L.) L. (alysson faux alysson)
Anthericum liliago L. (anthéricum à fleurs de lis)
Anthyllis vulneraria L. subsp. valesiaca (Beck) Guyot
(anthyllide du Valais)
Arenaria serpyllifolia L. subsp. serpyllifolia
(sabline à feuilles de serpolet)
Artemisia absinthium L. (absinthe)
Astragalus monspessulanus L. subsp. monspessulanus
(astragale de Montpellier)
Astragalus onobrychis L. (astragale esparcette)
Berberis vulgaris L. (épine vinette)
Bromus erectus Huds. subsp. erectus (brome dressé)
Bromus squarrosus L. (brome raboteux)
Carex halleriana Asso subsp. halleriana (laîche de Haller)
Centaurea vallesiaca (DC.) Jord. (centaurée du Valais)
Colutea arborescens L. subsp. gallica Browicz (baguenaudier)
Crupina vulgaris Cass. (crupine vulgaire)
Dianthus sylvestris Wulfen subsp. sylvestris
(œillet des rochers)
Erodium cicutarium (L.) L'Hér. subsp. cicutarium
(érodium à feuilles de ciguë)
Eryngium campestre L. (panicaut champêtre)
Festuca valesiaca Schleich. ex Gaudin (fétuque du Valais)
Fumana procumbens (Dunal) Gren. (fumana couché)
Galium lucidum All. (gaillet luisant)
Gleditsia triacanthos L. (févier d'Amérique)
Globularia bisnagarica L. (globulaire allongée)
Helianthemum nummularium (L.) Mill. subsp. nummularium
(hélianthème nummulaire)
Hieracium peleterianum Mérat (épervière de Lepèletier)
Hippocrepis comosa L. (hippocrépide à toupet)
Hyssopus officinalis L. (hysope officinal)
Juniperus communis L. subsp. communis (genévrier commun)
Kengia serotina (L.) Packer subsp. serotina (molinie tardive)
Koeleria vallesiana (Honck.) Gaudin subsp. vallesiana
(koelérie du Valais)
Lactuca perennis L. subsp. perennis (laitue vivace)
Laserpitium siler L. subsp. siler (laser siler)
Linum tenuifolium L. (lin à feuilles menues)
Medicago lupulina L. subsp. lupulina (minette)
Medicago minima (L.) L. (luzerne naine)
Melilotus neapolitanus Ten. (mélilot de Naples)
Odontites luteus (L.) Clairv. subsp. luteus (odontitès jaune)
Onobrychis viciifolia Scop. (esparcette à feuilles de vesce)
Ononis natrix L. subsp. natrix (bugrane jaune)
Ononis spinosa L. subsp. maritima Gren. & Godr.
(bugrane maritime)
Onosma pseudoarenaria Schur subsp. delphinensis
(Braun-Blanq.) P. Fourn. (orcanette du Dauphiné)
Origanum vulgare L. subsp. vulgare (marjolaine sauvage)
Petrorhagia saxifraga (L.) Link subsp. saxifraga
(petrorhagie saxifrage)
Pimpinella saxifraga L. subsp. saxifraga (boucage saxifrage)
Poa bulbosa L. subsp. bulbosa (pâturin bulbeux)
Polygala comosa Schkuhr subsp. comosa (polygale à toupet)
Potentilla argentea L. (potentille argentée)
Salvia pratensis L. subsp. pratensis (sauge des prés)
Sanguisorba minor Scop. subsp. minor (petite sanguisorbe)
Securigera varia (L.) Lassen subsp. varia (coronille bigarrée)
- 19 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Sedum album L. subsp. album (orpin blanc)
Sedum sediforme (Jacq.) Pau (orpin de Nice)
Sedum sexangulare L. (orpin à six angles)
Sempervivum tectorum L. subsp. tectorum (joubarbe des toits)
Stachys recta L. subsp. recta (épiaire droite)
Stipa capillata L. (stipe chevelue)
Stipa eriocaulis Borbás subsp. eriocaulis
(stipe à tige laineuse)
Teucrium chamaedrys L. (germandrée petit chêne)
Thymus pulegioides L. (thym faux pouliot)
Veronica arvensis L. (véronique des champs)
Cf. Centaurea vallesiaca – photo Thierry Delahaye
Lieu-dit : grotte Sainte Thècle
Altitude : 800 à 850 m
Coordonnées : longitude 4,4499 gr – latitude 50,3152 gr
Boisements thermophiles :
Acer monspessulanum L. (érable de Montpellier)
Arabis hirsuta (L.) Scop. (arabette hérissée)
Arabis turrita L. (arabette tourette)
Asplenium adiantum-nigrum L. subsp. adiantum-nigrum
(asplénium noir)
Asplenium trichomanes L. subsp. trichomanes
(capillaire rouge)
Astragalus glycyphyllos L. (astragale à feuilles de réglisse)
Brachypodium sylvaticum (Huds.) P. Beauv.
subsp. sylvaticum (brachypode des forêts)
Campanula persicifolia L. subsp. persicifolia
(campanule à feuilles de pêcher)
Campanula rotundifolia L. subsp. rotundifolia
(campanule à feuilles rondes)
Campanula trachelium L. subsp. trachelium
(campanule gantelée)
Carex montana L. (laîche des montagnes)
Carpinus betulus L. (charme)
Centaurea scabiosa L. subsp. scabiosa
(centaurée scabieuse)
Cephalanthera damasonium (Mill.) Druce
(céphalanthère de Damas)
Cephalanthera rubra (L.) Rich. (céphalanthère rouge)
Clematis vitalba L. (clématite blanche)
Cornus mas L. (cornouiller mâle)
Cornus sanguinea L. subsp. sanguinea (cornouiller sanguin)
Digitalis lutea L. subsp. lutea (digitale jaune)
Festuca heterophylla Lam. (fétuque à feuilles de deux sortes)
Hedera helix L. subsp. helix (lierre)
Helleborus foetidus L. (ellébore fétide)
Hippocrepis emerus (L.) Lassen subsp. emerus
(coronille émérus)
Lactuca virosa L. (laitue vireuse)
Lathyrus niger (L.) Bernh. subsp. niger (gesse noire)
Ligustrum vulgare L. (troène)
Limodorum abortivum (L.) Sw. (limodore à feuilles avortées)
Medicago falcata L. subsp. falcata (luzerne en faux)
Orchis mascula (L.) L. subsp. mascula (orchis mâle)
Pimpinella saxifraga L. subsp. saxifraga (boucage saxifrage)
Pinus sylvestris L. (pin sylvestre)
Platanthera chlorantha (Custer) Rchb. subsp. chlorantha
(platanthère à fleurs verdâtres)
Poa annua L. (pâturin annuel)
Poa nemoralis L. subsp. nemoralis (pâturin des bois)
Quercus humilis Mill. subsp. humilis (chêne pubescent)
Rhamnus alpina L. subsp. alpina (nerprun des Alpes)
Saponaria officinalis L. (saponaire officinale)
Scrophularia canina L. subsp. canina
(scrophulaire des chiens)
Sedum dasyphyllum L. subsp. dasyphyllum
(orpin à feuilles épaisses)
Sorbus aria (L.) Crantz subsp. aria (alouchier)
Veronica hederifolia L. subsp. hederifolia
(véronique à feuilles de lierre)
Vicia hirsuta (L.) Gray (vesce hérissée)
- 20 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
NOTES DE LECTURE : ÊTRE OU NE PAS ÊTRE
CENTAUREA VALLESIACA EN MAURIENNE,
TELLE N'EST PEUT-ÊTRE PAS LA QUESTION ?
Par Thierry Delahaye
Lors de l'élaboration de l'"Inventaire commenté et liste rouge des plantes vasculaires de
Savoie" (Delahaye & Prunier, 2006), nous avons été confrontés à la difficulté de nommer les
centaurées des pelouses écorchées de Maurienne ; des plantes monocarpiques à tiges ramifiées et
feuilles bipennatiséquées, toutes deux tomenteuses, et à capitules composés de fleurs roses !
- Centaurea vallesiaca ? C'est le nom inscrit sur l'arrêté interministériel du 4 décembre 1990 relatif à
la liste des espèces végétales protégées en région Rhône-Alpes complétant la liste nationale et sur
le "Livre rouge de la flore menacée de France – tome I : espèces prioritaires" (Olivier & al., 1995).
- Centaurea stoebe ? C'est le parti pris dans notre "bible", la "Flore de la Suisse" (Aeschimann &
Burdet, 1994).
Ces deux taxons cohabitent-ils réellement en Maurienne ? C'est l'option que nous avons prise en
nous appuyant notamment sur Ochsmann (2000), sans prétendre être totalement au point sur la
distinction de ces deux taxons.
Une récente thèse de doctorat soutenue par Coralie Beltrame (2007) à l'Université Pierre et Marie
Curie de Paris apporte de nouveaux éléments sur ces plantes.
Cet article est totalement inspiré par la lecture de cette thèse. L'objectif de ces travaux de recherche
n'était bien évidemment pas de nous aider à nommer les centaurées de Maurienne. Ils s'inscrivent
dans une thématique beaucoup plus globale sur les : "Problèmes posés par le concept d'espèce en
biologie de la conservation". Cette thèse nourrit une réflexion sur les priorités à mettre en œuvre
pour préserver la capacité du vivant à évoluer et à s'adapter face aux changements de plus en plus
rapides et drastiques que l'espèce humaine impose aux écosystèmes ? Cette recherche appliquée
rejoint nos interrogations locales sur les centaurées de Maurienne grâce au choix du modèle
expérimental retenu : les centaurées de la section Maculosae. Précisons que la conception des
différentes espèces, selon les chercheurs, engendre un certain flou dans la synonymie. Aussi pour
relier les travaux de C. Beltrame à notre problématique mauriennaise, il faut admettre que Centaurea
stoebe est synonyme de Centaurea maculosa subsp. maculosa. Cette équivalence est parfois, mais
pas toujours, retenue dans les flores et dans les référentiels taxinomiques.
Le genre Centaurea comprend, selon les auteurs et les conceptions, entre quatre cents et sept cents
espèces. La section Maculosae, exclusivement européenne, regroupe treize espèces dont des
taxons méditerranéens et alpins sur lesquels se sont concentrées les études dans le cadre de cette
thèse :
- Centaurea maculosa subsp. maculosa, la sous-espèce la plus commune à vaste aire de distribution
européenne ;
- Centaurea maculosa subsp. albida et subsp. subalbida, deux sous-espèces françaises chacune
connue d’une unique population ;
- Centaurea corymbosa, endémique du massif de la Clappe près de Narbonne ;
- Centaurea filiformis, endémique de Sardaigne ;
- Centaurea subtilis, endémique du sud-est de l’Italie (les Pouilles et le Basilicate) ;
- Centaurea exarata, endémique du sud du Portugal et de l’Andalousie ;
- Centaurea vallesiaca, endémique de quelques vallées intra-alpines d’Italie, de Suisse et de France.
Trente huit populations de ces différentes plantes ont été échantillonnées et étudiées, dont six de
Centaurea vallesiaca : trois du Val d’Aoste, deux du Valais et une de Saint-Jean-de-Maurienne.
Nous renvoyons le lecteur intéressé à la publication de la thèse pour tous les aspects
méthodologiques pour ne présenter ici que les principaux résultats.
L’analyse de la variabilité génétique (ADN chloroplastique et marqueurs nucléaires) met en évidence
l’existence de deux lignées évolutives, l’une italienne et l’autre plus occidentale, probablement due à
la séparation des populations de Centaurea maculosa subsp. maculosa dans deux refuges distincts
lors des glaciations du quartenaire. Certains taxons endémiques se sont vraisemblablement
diversifiés à partir de la sous-espèce commune après ces glaciations ; Centaurea subtilis ayant elle
probablement une origine plus ancienne, sa spéciation aurait eu lieu avant les glaciations. Au regard
des marqueurs étudiés, les sous-espèces albida et subalbida ne sont pas différenciables sur le plan
génétique de la sous-espèce commune Centaurea maculosa subsp. maculosa. À noter que les
espèces endémiques ont toutes, à l’exception de Centaurea vallesiaca, des marqueurs génétiques
propres qu’elles ne partagent pas avec Centaurea maculosa.
- 21 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
La réalisation de cultures ex situ à partir de graines récoltées au sein des différentes populations a
permis également des comparaisons morphologiques et biologiques entre ces différentes
centaurées. Il ressort des différentes mesures analysées que les trois endémiques corymbosa,
exarata et subtilis (filiformis n’ayant pu être cultivé) et les deux sous-espèces albida et subalbida sont
nettement différenciées entre elles et par rapport à Centaurea maculosa subsp. maculosa. Par
contre les populations françaises et italiennes de cette sous-espèce commune, bien que divergentes
sur le plan génétique sont morphologiquement semblables. Quant à Centaurea vallesiaca et
Centaurea maculosa subsp maculosa, ils forment un continuum : les caractères morphologiques des
populations de la sous-espèce des vallées internes des Alpes sont, en général, intermédiaires entre
les populations françaises et italiennes de la sous-espèce à vaste aire de distribution.
Par ailleurs, les croisements sont possibles en laboratoire entre Centaurea maculosa subsp.
maculosa et les différentes endémiques sauf exarata et subtilis qui semblent donc isolées sur le plan
reproductif de la sous-espèce commune.
Les conclusions de cette thèse indiquent que la plupart des plantes étudiées sont bien identifiables
sur les plans génétique, morphologique et écologique… Sauf "notre" centaurée de Maurienne,
Centaurea vallesiaca non distinguable de Centaurea maculosa subsp. maculosa. Une grande part de
la diversité des traits étudiés se retrouve au sein de la sous-espèce commune. Ainsi, sans doute estil tout aussi important de préserver cette diversité potentiellement adaptative contenue dans les
lignées de Centaurea maculosa subsp. maculosa que de s’assurer de la persistance des espèces
endémiques. Préserver d’importantes populations de Centaurea maculosa subsp. maculosa
reviendrait en quelque sorte à préserver la matière brute à partir de laquelle se construit l’évolution.
À notre niveau local, l’interprétation de ces recherches pourrait être que peu importe le nom attribué
aux centaurées de Maurienne, mais il est important que leur statut de plantes protégées soit
effectivement respecté sur le terrain. S’il s’agit d’une espèce distincte comme nous l’imaginions,
nous contribuerons à préserver une part hautement différenciée de la biodiversité ; si, au contraire,
ces plantes s’intègrent dans le complexe Centaurea maculosa, nous contribuerons à préserver une
partie de la diversité adaptative, très certainement essentielle face aux des changements climatiques
en cours.
BIBLIOGRAPHIE
BELTRAME C., 2007 – Problèmes posés par le concept d'espèce en biologie de la conservation. Exemple des
centaurées de la section Maculosae dans les régions méditerranéenne et alpine de l'Europe occidentale
– Thèse de doctorat, Université Pierre et Marie Curie de Paris – 100 p. + annexes.
DELAHAYE T. & PRUNIER P., 2006 – Inventaire commenté et liste rouge des plantes vasculaires de Savoie –
Bull. Spécial Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne, n° 2 – 106 p.
OCHSMANN J., 2000 – Morphologische und molekularsystematische Untersuchungen an der Centaurea stoebe
L. Gruppe (Asteraceae-Cardueae) in Europa – Diss. Bot., n° 324 – 242 p.
OLIVIER L., GALLAND J.-P., MAURIN H. & ROUX J.-P., 1995 – Livre rouge de la flore menacée de France.
Tome I : espèces prioritaires – Muséum National d’Histoire Naturelle, Conservatoire Botanique National
de Porquerolles, Ministère de l’Environnement, Paris – 486 p. + annexes.
- 22 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
HERBORISATION À ESSERTS-BLAY
COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU 16 JUIN 2007
Par Sylvie Serve
Autant vous l’avouer, c’est en décembre que je me lance dans le récit de cette excursion du
printemps, il va falloir aller chercher loin dans la mémoire !
Je me souviens : notre guide Thierry Delahaye a distribué (par crainte de nous perdre ?) aux
chauffeurs une belle photocopie couleur du lieu de la balade avec une superbe croix rouge à l’endroit
où nous devons nous garer ; oui mais quand on conduit, la croix, on ne la voit pas, et certains ont eu
quelque mal à nous rejoindre…
Combien étions-nous ? Il me semble quatre voitures soit une douzaine de participants.
Quel temps faisait-il ? “Il ne pleuvait pas, il ne faisait pas trop chaud”, à part cela…
Quel but à cette balade ? C’est facile, c’est écrit sur le programme : les boisements acidophiles. En
effet, l’observation d’une carte géologique du lieu nous apprend que nous sommes sur le rameau
externe du socle cristallin de la chaîne de Belledonne, essentiellement formé de micaschistes,
désignés globalement du nom de "série satinée". Il s'agit d'anciens sédiments métamorphisés à
dominante argilo-gréseuse. Des sorties sur le terrain pour l’observation de la végétation des forêts
d’une part et en milieu non calcaire d’autre part sont assez rares et celle-ci promettait donc de nous
procurer un inventaire original.
Où étions-nous exactement ? En basse Tarentaise, sur la rive gauche de l’Isère, à 9 km en amont
d’Albertville sur la commune d’Esserts-Blay aux alentours du hameau de La Fouettaz, entre 660 et
900 m d’altitude, sur une pente exposée plein est.
Bon, ce préambule approximatif fait, c’est parti pour la balade :
Pour l’anecdote, j’ai remarqué ce jour-là : pour la première fois depuis la dizaine d’années que je suis
membre de cette association, nous n’avons jamais quitté le sentier pour herboriser à travers bois ou
prés. Pourquoi ? J’ai peut-être une explication, vous l’aurez si vous avez le courage de lire jusqu’au
bout !
Nous sommes donc dans une chênaie-châtaigneraie sur un terrain siliceux. À peine trois mètres
franchis nous nous arrêtons déjà : cinq trèfles différents à comparer ! Plus loin, nous remarquons
deux poacées des forêts, fréquentes et faciles à reconnaître : la mélique uniflore munie d’une ligule
opposée au limbe et le pâturin des bois qui présente des feuilles étalées à l’horizontale. Puis d’autres
plantes de ce milieu peu souvent prospecté, telles que Lathyrus linifolius subsp. montanus,
Phyteuma betonicifolium, Moehringia trinervia, et surtout Hypericum humifusum. Le millepertuis
couché s'observe dans la région chambérienne uniquement dans les moissons acidophiles mais en
basse Tarentaise, comme dans le Beaufortain, il pousse dans les anfractuosités de roches
siliceuses.
Nous abordons ensuite une prairie pâturée avec trois espèces
caractéristiques et très fréquentes : Arrhenatherum elatius subsp.
elatius, Poa trivialis et Trisetum flavescens. Nous passons devant
quelques maisons où un chien nous rejoint. Il nous suivra toute la
balade, se contentant de lever la patte sur les plantes que nous
examinons à la loupe ; les relations faune-flore sont infiniment
variées et complexes !
Revenons aux abords des habitations, milieu plus ensoleillé où
nous apprenons à reconnaître Matricaria discoidea sans fleurs
ligulées et Malva neglecta qui se distingue d'autres mauves
sauvages par ses pétales plus courts et sa tige couchée-rameuse.
Nous remontons ensuite à travers bois croisant ici et là d’autres
espèces sciaphiles (liées à des ambiances ombragées) : Salvia
glutinosa, Gymnocarpium dryopteris (fougère préférant les sols
siliceux), Lysimachia nemorum et quelques Juncus et Carex pour
Hypericum humifusum – dessin extrait
satisfaire les moins débutants.
de "Flore de la France" – Coste H.
Pour aller chercher une haute plante qui nous intriguait, je suis
montée sur le talus ; je ne sais plus quelle était cette espèce mais c’est le seul moment où j’ai quitté
le sentier pour aller dans les hautes herbes et c’est là que j’ai été rejointe par une tique dont j’ai
repéré la présence sur mon mollet le soir, sale bête ! (excusez-moi les arachnologistes !), incident de
parcours que les autres ont sagement évité ?
- 23 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
En redescendant pour “boucler la boucle” nous observons, toujours sur le talus au bord du chemin
une plante rare en Savoie, la jasione des montagnes : "Actuellement connue d'Albertville à la
Léchère et observée à St-Rémy-de-Maurienne dès le 23/8/1979 par D. Jordan ; à retrouver sur le
versant est de la montagne de l'Épine au Bourget-du-Lac (entre le Bourget et Barbizet), à St-Sulpice
(entre St-Sulpice et Pierre Rouge) et à Vimines (J. Briquet, G)." (Delahaye & Prunier, 2006). Il faut
encore rajouter à cette énumération les observations à Montsapey (le Chanet) le 3/12/2006 d'Arthur
Lequay. Sa distribution en France s'étend du Nord aux Pyrénées avec d'importantes lacunes dans
les Vosges, la Bourgogne, le massif Central, etc. C’est une campanulacée, avec une inflorescence
en boule bleu ciel plus proche en apparence d’une globulaire que d’une campanule, une tige
rameuse et des feuilles linéaires à bords ondulés. Elle ne s’élève guère en altitude (<1700 m),
préfère les prés secs, les affleurements rocheux, plutôt siliceux. On pourrait aussi la confondre avec
la succise des prés mais cette dipsacacée est inféodée aux prairies et boisements humides. Le petit
nombre de stations répertoriées justifie son inscription sur la liste rouge des plantes de Savoie dans
la catégorie vulnérable. C'est une plante à rechercher lors de vos randonnées comme nous le
proposaient déjà Arthur et Thierry en 2002 (Delahaye & Lequay, 2002).
LISTE DES PLANTES OBSERVÉES
(d'après les notes de Thierry Delahaye, tous les relevés sont localisés sur la commune d'EssertsBlay).
Lieu-dit : Plan du Chouet
Altitude : 660 à 670 m
Coordonnées : longitude 4,5454 gr – latitude 50,7035 gr
Chênaie acidophile et thermophile :
Alliaria petiolata (M. Bieb.) Cavara & Grande
(alliaire officinale)
Anthriscus sylvestris (L.) Hoffm. subsp. sylvestris
(cerfeuil des prés)
Asplenium adiantum-nigrum L. subsp. adiantum-nigrum
(asplénium noir)
Asplenium septentrionale (L.) Hoffm. subsp. septentrionale
(asplénium septentrional)
Castanea sativa Mill. (châtaignier)
Cephalanthera longifolia (L.) Fritsch
(céphalanthère à longues feuilles)
Dactylis glomerata L. subsp. glomerata (dactyle aggloméré)
Deschampsia flexuosa (L.) Trin. subsp. flexuosa
(canche flexueuse)
Dryopteris filix-mas (L.) Schott (fougère mâle)
Erigeron annuus (L.) Desf. (vergerette annuelle)
Euphorbia cyparissias L. (euphorbe faux cyprès)
Fragaria vesca L. (fraisier des bois)
Fraxinus excelsior L. subsp. excelsior (frêne)
Geranium robertianum L. subsp. robertianum (herbe à Robert)
Geum urbanum L. (benoîte commune)
Hedera helix L. subsp. helix (lierre)
Hypericum humifusum L. (millepertuis couché)
Lapsana communis L. subsp. communis (lapsane commune)
Lathyrus linifolius (Reichard) Bässler subsp. montanus
(Bernh.) Bässler (gesse à feuilles de lin)
Leucanthemum vulgare Lam. subsp. vulgare (marguerite)
Lotus corniculatus L. subsp. corniculatus (lotier corniculé)
Luzula multiflora (Retz.) Lej. subsp. multiflora
(luzule à fleurs nombreuses)
Luzula nivea (L.) DC. (luzule blanc de neige)
Melica uniflora Retz. (mélique uniflore)
Mycelis muralis (L.) Dumort. (laitue des murs)
Phyteuma betonicifolium Vill. in Chaix
(raiponce à feuilles de bétoine)
Plantago lanceolata L. subsp. lanceolata (plantain lancéolé)
Plantago major L. subsp. major (grand plantain)
Poa nemoralis L. subsp. nemoralis (pâturin des bois)
Prenanthes purpurea L. (prénanthe pourpre)
Prunella vulgaris L. subsp. vulgaris (brunelle vulgaire)
Quercus petraea Liebl. subsp. petraea (chêne sessile)
Silene latifolia Poiret subsp. alba (Mill.) Greuter & Burdet
(compagnon blanc)
Silene nutans L. subsp. nutans (silène penché)
Silene rupestris L. (silène des rochers)
Solidago virgaurea L. subsp. virgaurea (verge d'or)
Stachys officinalis (L.) Trévis. subsp. officinalis
(épiaire officinale)
Teucrium scorodonia L. subsp. scorodonia
(germandrée des bois)
Trifolium alpestre L. (trèfle alpestre)
Trifolium arvense L. subsp. arvense (trèfle des champs)
Trifolium aureum Pollich (trèfle doré)
Trifolium pratense L. subsp. pratense (trèfle des prés)
Trifolium repens L. subsp. repens (trèfle rampant)
Vaccinium myrtillus L. (myrtille)
Veronica officinalis L. (véronique officinale)
Lieu-dit : Plan du Chouet
Altitude : 670 à 680 m
Coordonnées : longitude 4,5447 gr – latitude 50,7043 gr
Hêtraie :
Ajuga reptans L. (bugle rampante)
Athyrium filix-femina (L.) Roth (fougère femelle)
Campanula persicifolia L. subsp. persicifolia
(campanule à feuilles de pêcher)
Campanula rapunculoides L. subsp. rapunculoides
(campanule fausse raiponce)
Campanula rotundifolia L. subsp. rotundifolia
(campanule à feuilles rondes)
Carex digitata L. (laîche digitée)
Circaea lutetiana L. subsp. lutetiana (circée de Paris)
Cruciata laevipes Opiz (croisette commune)
Dryopteris filix-mas (L.) Schott (fougère mâle)
Epilobium montanum L. (épilobe des montagnes)
Fagus sylvatica L. subsp. sylvatica (hêtre)
Festuca heterophylla Lam. (fétuque à feuilles de deux sortes)
Galium mollugo L. subsp. erectum Syme (gaillet dressé)
Geranium robertianum L. subsp. robertianum (herbe à Robert)
Lathyrus linifolius (Reichard) Bässler subsp. montanus
(Bernh.) Bässler (gesse à feuilles de lin)
Luzula campestris (L.) DC. (luzule des champs)
- 24 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Maianthemum bifolium (L.) F. W. Schmidt
(maïanthème à deux feuilles)
Moehringia trinervia (L.) Clairv. (moehringie à trois nervures)
Picea abies (L.) H. Karst. subsp. abies (épicéa)
Platanthera bifolia (L.) Rich. subsp. bifolia
(platanthère à deux feuilles)
Polystichum aculeatum (L.) Roth (polystic à aiguillons)
Prenanthes purpurea L. (prénanthe pourpre)
Ranunculus repens L. (renoncule rampante)
Ranunculus tuberosus Lapeyr. (renoncule tubéreuse)
Rumex acetosa L. subsp. acetosa (rumex oseille)
Rumex obtusifolius L. subsp. obtusifolius
(rumex à feuilles obtuses)
Stellaria graminea L. (stellaire graminée)
Veronica chamaedrys L. subsp. chamaedrys
(véronique petit chêne)
Veronica urticifolia Jacq. (véronique à feuilles d'ortie)
Vicia sepium L. (vesce des haies)
Lieu-dit : le Replain
Altitude : 670 à 680 m
Coordonnées : longitude 4,5422 gr – latitude 50,7053 gr
Prairie de fauche :
Acer campestre K. Maly (érable champêtre)
Anthoxanthum odoratum L. subsp. odoratum
(flouve odorante)
Arrhenatherum elatius (L.) P. Beauv. ex J. & C. Presl
subsp. elatius (fromental élevé)
Carex spicata Huds. (laîche en épi)
Carex sylvatica Huds. subsp. sylvatica (laîche des forêts)
Circaea lutetiana L. subsp. lutetiana (circée de Paris)
Crepis biennis L. (crépide bisannuelle)
Dactylis glomerata L. subsp. glomerata (dactyle aggloméré)
Daucus carota L. subsp. carota (carotte)
Equisetum arvense L. (prêle des champs)
Holcus lanatus L. (houque laineuse)
Knautia arvensis (L.) Coult. subsp. arvensis
(knautie des champs)
Lamium galeobdolon (L.) L. subsp. montanum (Pers.) Hayek
(lamier des montagnes)
Anthoxanthum odoratum
Leontodon hispidus L. subsp. hispidus (liondent hispide)
Malva moschata L. (mauve musquée)
Poa trivialis L. subsp. trivialis (pâturin commun)
Polygala comosa Schkuhr subsp. comosa (polygale à toupet)
Polygonum mite Schrank (renouée douce)
Ranunculus acris L. subsp. friesianus (Jord.) Syme
(renoncule de Fries)
Scrophularia nodosa L. (scrophulaire noueuse)
Sonchus asper (L.) Hill subsp. asper (laiteron rude)
Thymus pulegioides L. subsp. pulegioides (thym faux pouliot)
Trifolium aureum Pollich (trèfle doré)
Trifolium pratense L. subsp. pratense (trèfle des prés)
Trisetum flavescens (L.) P. Beauv. subsp. flavescens
(trisète jaunâtre)
Urtica dioica L. subsp. dioica (ortie dioïque)
Valeriana officinalis L. subsp. officinalis (valériane officinale)
Arrhenatherum elatius
Trisetum flavescens
dessins extraits de "Flore de la France" – Coste H.
Lieu-dit : le Replain
Altitude : 680 m
Coordonnées : longitude 4,5421 gr – latitude 50,7067 gr
Végétation rudérale aux abords du village :
Aegopodium podagraria L. (herbe aux goutteux)
Agrimonia eupatoria L. (aigremoine eupatoire)
Bromus hordeaceus L. subsp. hordeaceus (brome mou)
Campanula persicifolia L. subsp. persicifolia
(campanule à feuilles de pêcher)
Chelidonium majus L. (herbe aux verrues)
Crepis capillaris (L.) Wallr. (crépide capillaire)
Epilobium hirsutum L. (épilobe hérissé)
Genista tinctoria L. subsp. tinctoria (genêt des teinturiers)
Geranium molle L. subsp. molle (géranium mou)
Geranium pusillum L. (géranium fluet)
Geranium pyrenaicum Burm. f. subsp. pyrenaicum
(géranium des Pyrénées)
Hypericum perforatum L. subsp. perforatum
(millepertuis perforé)
Hypochaeris radicata L. subsp. radicata (porcelle enracinée)
Lactuca serriola L. (laitue serriole)
Lathyrus pratensis L. subsp. pratensis (gesse des prés)
Malva neglecta Wallr. (mauve négligée)
Matricaria discoidea DC. (matricaire sans ligules)
Poa annua L. (pâturin annuel)
Potentilla reptans L. (quintefeuille)
Sonchus asper (L.) Hill subsp. asper (laiteron rude)
Verbena officinalis L. (verveine officinale)
Viola riviniana Rchb. subsp. riviniana (violette de Rivinus)
- 25 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Lieu-dit : le Replain
Altitude : 700 à 750 m
Coordonnées : longitude 4,5400 gr – latitude 50,7080 gr
Hêtraie-sapinière :
Abies alba Mill. subsp. alba (sapin blanc)
Athyrium filix-femina (L.) Roth (fougère femelle)
Calamintha grandiflora (L.) Moench
(sarriette à grandes fleurs)
Carex pallescens L. (laîche pâle)
Carex sylvatica Huds. subsp. sylvatica (laîche des forêts)
Cephalanthera longifolia (L.) Fritsch
(céphalanthère à longues feuilles)
Dactylorhiza fuchsii (Druce) Soó (orchis de Fuchs)
Fagus sylvatica L. subsp. sylvatica (hêtre)
Galeopsis tetrahit L. subsp. tetrahit (ortie royale)
Geranium robertianum L. subsp. robertianum (herbe à Robert)
Gymnocarpium dryopteris (L.) Newman
(gymnocarpium dryoptéris)
Helleborus foetidus L. (ellébore fétide)
Hypericum montanum L. (millepertuis des montagnes)
Juncus effusus L. (jonc épars)
Lathyrus linifolius (Reichard) Bässler subsp. montanus
(Bernh.) Bässler (gesse à feuilles de lin)
Luzula nivea (L.) DC. (luzule blanc de neige)
Mycelis muralis (L.) Dumort. (laitue des murs)
Orthilia secunda (L.) House subsp. Secunda
(pyrole unilatérale)
Petasites albus (L.) Gaertn. (pétasite blanc)
Platanthera bifolia (L.) Rich. subsp. bifolia
(platanthère à deux feuilles)
Poa nemoralis L. subsp. nemoralis (pâturin des bois)
Populus tremula L. (tremble)
Prunella vulgaris L. subsp. vulgaris (brunelle vulgaire)
Salix caprea L. (saule des chèvres)
Salvia glutinosa L. (sauge glutineuse)
Sorbus aucuparia L. subsp. aucuparia (sorbier des oiseleurs)
Stachys sylvatica L. (épiaire des forêts)
Teucrium scorodonia L. subsp. scorodonia
(germandrée des bois)
Tilia cordata Mill. (tilleul à petites feuilles)
Verbena officinalis L. (verveine officinale)
Veronica officinalis L. (véronique officinale)
Lieu-dit : sous le Mont de la Ville
Altitude : 850 m
Coordonnées : longitude 4,5365 gr – latitude 50,7067 gr
Talus et ornières de la piste forestière :
Calluna vulgaris (L.) Hull (callune vulgaire)
Cardamine impatiens L. subsp. impatiens
(cardamine impatiente)
Carex remota L. (laîche à épis espacés)
Cephalanthera longifolia (L.) Fritsch
(céphalanthère à longues feuilles)
Digitalis grandiflora Mill. (digitale à grandes fleurs)
Digitalis lutea L. subsp. lutea (digitale jaune)
Euphorbia cyparissias L. (euphorbe faux cyprès)
Juncus effusus L. (jonc épars)
Juncus tenuis Willd. (jonc grêle)
Lotus corniculatus L. subsp. corniculatus (lotier corniculé)
Lysimachia nemorum L. subsp. nemorum
(lysimaque des bois)
Molinia caerulea (L.) Moench subsp. arundinacea
(Schrank) K. Richt. (molinie faux roseau)
Oxalis acetosella L. (oxalis petite oseille)
Polypodium vulgare L. (polypode vulgaire)
Pteridium aquilinum (L.) Kuhn subsp. aquilinum
(fougère aigle)
Saponaria ocymoides L. subsp. ocymoides (saponaire rose)
Silene rupestris L. (silène des rochers)
Veronica urticifolia Jacq. (véronique à feuilles d'ortie)
Lieu-dit : au-dessus de La Fouettaz
Altitude : 800 à 850 m
Coordonnées : longitude 4,5390 gr – latitude 50,6975 gr
Talus de la route :
Acer campestre K. Maly (érable champêtre)
Acer pseudoplatanus L. (érable sycomore)
Ajuga genevensis L. (bugle de Genève)
Aquilegia vulgaris L. subsp. vulgaris (ancolie vulgaire)
Blechnum spicant (L.) Roth (bléchnum en épi)
Campanula persicifolia L. subsp. persicifolia
(campanule à feuilles de pêcher)
Castanea sativa Mill. (châtaignier)
Centaurium erythraea Rafn subsp. erythraea
(petite centaurée rouge)
Daucus carota L. subsp. carota (carotte)
Erigeron annuus (L.) Desf. (vergerette annuelle)
Eupatorium cannabinum L. subsp. cannabinum
(eupatoire chanvrine)
Heracleum sphondylium L. subsp. sphondylium
(berce des prés)
BIBLIOGRAPHIE
Hypochaeris radicata L. subsp. radicata (porcelle enracinée)
Jasione montana L. subsp. montana (jasione des montagnes)
Leontodon hispidus L. subsp. hispidus (liondent hispide)
Maianthemum bifolium (L.) F. W. Schmidt
(maïanthème à deux feuilles)
Mentha longifolia (L.) Huds. subsp. longifolia
(menthe à longues feuilles)
Orobanche minor Sm. subsp. minor (orobanche du trèfle)
Phegopteris connectilis (Michx.) Watt (phégoptéris vulgaire)
Rumex acetosella L. subsp. acetosella (rumex petite oseille)
Sambucus racemosa L. subsp. racemosa (sureau à grappes)
Sorbus mougeotii Soy.-Will. & Godr. (sorbier de Mougeot)
Trifolium medium L. subsp. medium (trèfle intermédiaire)
Trifolium ochroleucon Huds. (trèfle jaunâtre)
Trifolium repens L. subsp. repens (trèfle rampant)
Vaccinium myrtillus L. (myrtille)
Vicia sepium L. (vesce des haies)
Vicia tenuifolia Roth subsp. tenuifolia (vesce à feuilles grêles)
Viola riviniana Rchb. subsp. riviniana (violette de Rivinus)
DELAHAYE T. & LEQUAY A., 2002 – Herborisation sur les coteaux de Conflans. Sur les pas du botaniste Eugène Perrier de la Bâthie. Compte rendu de la sortie du 21 avril 2001 – Bull. Soc. Mycol. Bot. Région
Chambérienne, n° 7 – pp. 8-11.
DELAHAYE T. & PRUNIER P., 2006 – Inventaire commenté et liste rouge des plantes vasculaires de Savoie –
Bull. Spécial Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne, n° 2 – 106 p.
- 26 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
AVIS DE RECHERCHE :
CAREX ELONGATA
Par Thierry Delahaye
Bon nombre de participants à la session botanique 2007 de notre fédération, organisée
conjointement par la Société des Naturalistes et Archéologues de l'Ain et la Société des Naturalistes
et Mycologues de Lagnieu, à Montrevel-en-Bresse ont eu la possibilité d'observer Carex elongata
dans la tourbière des Oignons sur la commune de Boz. Ce Carex qui n'a pas été revu en Savoie
depuis le XIXe siècle, est à rechercher activement dans notre département.
SIGNES PARTICULIERS
Ÿ
Plante cespiteuse, haute de 30 à 60 cm,
aux feuilles assez larges (3 à 6 mm)
presque aussi longues que la tige.
Ÿ
Inflorescence longue de 4 à 10 cm,
composée de six à douze épillets, oblongs,
brun roussâtre, dressés.
Ÿ
Épillets avec des fleurs mâles à la base et
femelles au sommet, ces dernières à deux
stigmates. Utricules étalés à maturité,
nervés et atténué en bec, dépassant
l'écaille scarieuse au bord.
ÉCOLOGIE
C'est une plante hygrophile, qui affectionne les
aulnaies marécageuses bordant les rivières ou
les étangs, parfois en milieux plus ouverts dans
les prairies humides en compagnie d'autres
grands Carex.
DERNIERS
SIGNALEMENTS
EN
Carex elongata – photo Thierry Delahaye
SAVOIE
La présence de Carex elongata en Savoie est
attestée par plusieurs récoltes du XIXe siècle : de E. Perrier de la Bâthie, à Albertville au bord d'un
petit étang dans la forêt du Haut du Pré et à Hauteluce au-dessus du lac de la Girotte ainsi que de A.
Huguenin à Chambéry.
PRÉSENCE DANS LES CONTRÉES VOISINES
Carex elongata est recensé dans les deux tiers des départements français en particulier dans le
nord-est du pays. Il est connu dans les départements limitrophes de la Savoie : l'Ain, l'Isère et la
Haute-Savoie où sont répertoriées pas moins d'une quarantaine de stations principalement dans le
nord et l'ouest de ce département. Il est également présent dans les cantons suisses et les provinces
italiennes voisines de nos frontières.
Tout porte donc à croire que Carex elongata a échappé jusqu'à présent aux regards des botanistes
qui herborisent en Savoie. Alors, à vos bottes ! Et rendez-vous dans les aulnaies de l'Albanais, de
Chautagne, de la Combe de Savoie et d'ailleurs à la recherche de la laîche allongée.
- 27 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
ENFIN LE WEEK-END BOTANIQUE
TANT ATTENDU DANS LE MASSIF DES BAUGES !
COMPTE RENDU DES SORTIES DU 30 JUIN ET DU 1er JUILLET 2007
Par Catherine Garraud
Nous nous retrouvons à 8h30 au pied du Trélod, dans la bonne humeur et quelques
inquiétudes au sujet des 1000 m de dénivelé. Une fois que tout le monde est prêt nous commençons
la montée avec Arthur Lequay en tête qui donne le rythme, bien constant, un peu trop rapide pour
certains.
Nous n'avons pas le droit de regarder les plantes et encore moins de poser des questions avant
d'être sortis de la forêt ! Il faut avancer pour avoir une chance d'arriver au sommet. Les plantes se
succèdent, plus belles les unes que les autres : c'est la frustration !!! Arthur tente un arrêt dans un
couloir d'avalanche qui comporte des plantes intéressantes mais le chef reste intransigeant : il faut
encore monter !!! Arrêt consultation de l'altimètre : nous aurions progressé de 400 m en quarante
minutes, record pour certains, mais nous ne sommes pas convaincus de la fiabilité de l'appareil, vu
son ancienneté... Rappelons qu'un randonneur "moyen" s'élève habituellement d'environ 350 m par
heure.
À la sortie de la forêt, Arthur ne tient plus, nous commençons enfin à "botaniser". La campanule en
thyrse attire plus l'attention des débutants que d'autres fleurs plus intéressantes du point de vue
botanique mais plus petites et moins spectaculaires ! La beauté pour les yeux prime au départ sur le
côté scientifique. Après la recherche de nombreuses plantes à droite, à gauche et de plus en plus
loin du sentier dont le rare œillet de Grenoble (il faut pouvoir suivre Arthur dans la pente !), nous voici
déjà à l'heure du repas ; le temps passe vite pendant que nous herborisons… Pique-nique dans
l'alpage ; le site est choisi en pensant à l'emplacement pour la sieste, le plus dur a été fait.
Courte pause, certains repartent bien vite pour aller jusqu'au sommet, d'autres traînent un peu en
profitant du beau temps, avant de repartir, d'autres encore choisissent de rester pour la sieste ou
encore contraint et forcé à cause d'un genou récalcitrant.
La dernière montée est bien agréable, avec pour objectif, la recherche de Draba tomentosa, petite
brassicacée inconnue de la troupe et récemment observée au mont Trélod par des botanistes
suisses ; il y aurait aussi une station d'un pavot à confirmer… La recherche débute dès les premiers
blocs rocheux ; une première rosette de feuilles de quelques centimètres, très poilues, est observée
mais sans les fruits la confirmation est délicate : les recherches continuent ! C'est la découverte
d'une deuxième rosette… Et enfin Gérard Mouton rapporte bien précieusement dans sa main fermée
une surprise, le suspens est à son maximum : un fruit, très petit, va permettre de confirmer
l'identification – Attention au vent, il ne faut pas perdre ce trésor !!! – C'est bien la fameuse drave
tomenteuse…, qui est minuscule ! Nous nous rendons sur le lieu de la découverte et là, dans une
anfractuosité de rocher, la plante est bien visible. Séance photos qui dure… Pour une telle merveille,
il ne faut pas rater les clichés !
Draba tomentosa –
Photo Thierry Delahaye
- 28 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les éboulis favorables au Papaver occidentale sont un peu trop éloignés… Mais la satisfaction
d'avoir observé Draba tomentosa et quelques autres vedettes du mont Trélod : Androsace
pubescens, Carex ornithopoda subsp. ornithopodioides demeure.
La descente est tranquille avec la vérification en chemin d'une station de Leontodon montanus,
semble-t-il peu fréquent dans les Bauges. Le groupe se reconstitue progressivement et prend la
direction du gîte à École, au creux de la vallée du Chéran d'où nous admirons les différents sommets
des Bauges. Solange Régnaud nous accueille avec un délicieux jus de pomme, prélude à l'excellent
et original repas du soir préparé à base de plantes sauvages et du jardin : régal des yeux et des
papilles ! La nuit sera calme.
Après un petit déjeuner agréable, c'est un nouveau regroupement à 8h30 pour une montée vers le
col de Chérel, guidée par Solange. Nous commençons par une piste bien large et cette fois nous
herborisons dès les premiers mètres de la balade pour la grande joie de tous. Une déviation un peu
boueuse, un retour en arrière et nous montons par un petit chemin à l'écart des itinéraires
fréquentés. En forêt, un arrêt est provoqué par une plante d'environ un mètre de haut mais qui n'est
pas en fleurs et suscite quelques interrogations. Après discussions et consultations de nos flores, il
s'agirait de Campanula latifolia. Une jolie cascade perdue dans les bois et ô merveille ! Nous
débouchons au cœur d'une magnifique mégaphorbiaie où s'épanouissent de splendides Campanula
latifolia cette fois en pleine floraison, des aconit tue loup, des chardon bardane et autres cirses
maraîcher, sans oublier les lis martagon… Des plantes de toute beauté et de grande taille ! De quoi
ravir les débutants comme les botanistes confirmés.
Après l'émerveillement et les nombreuses photos, il faut repartir pour atteindre le col avant le repas
de midi, ou plutôt de treize heures, malgré les estomacs qui crient famine. Encore un repas avec les
délices apportés par Sylvie Serve et les essais de digestifs "désinfectants" de Dany Maerten très
appréciés…
Nous repartons pour herboriser encore sur quelques rochers et effectuer les révisions bien
nécessaires étant donné le nombre de plantes observées depuis la veille.
Sur le trajet du retour, nous observons des prêles, plusieurs orobanches, quelques orchidées
(Epipactis, Neottia) mais aussi le monotrope sucepin et même une petite population de
céphalanthère de Damas dépourvue de chlorophylle, ce qui n'est pas banal !
La pluie commence à tomber juste quand nous arrivons aux voitures, même la météo a été
favorable. C'est déjà la fin de ce week-end bien agréable ; nous espérons pouvoir reconnaître lors
des prochaines balades quelques-unes des plantes rencontrées lors de ces sorties.
LISTE DES PLANTES OBSERVÉES LE 30 JUIN 2007
(d'après les notes de Thierry Delahaye, tous les relevés sont localisés sur la commune de Doucy-enBauges).
Lieu-dit : sous la Dent des Portes
Altitude : 1700 m
Coordonnées : longitude 4,2791 gr – latitude 50,7910 gr
Pelouse calcaire subalpine avec quelques éléments rocheux :
Acinos alpinus (L.) Moench subsp. alpinus
(sarriette des Alpes)
Anthyllis vulneraria L. (anthyllide vulnéraire)
Arabis ciliata Clairv. subsp. ciliata (arabette ciliée)
Botrychium lunaria (L.) Sw. (botryche lunaire)
Bupleurum longifolium L. subsp. longifolium
(buplèvre à longues feuilles)
Campanula thyrsoides L. subsp. thyrsoides
(campanule en thyrse)
Carduus defloratus L. subsp. defloratus (chardon décapité)
Carex sempervirens Vill. subsp. sempervirens
(laîche toujours verte)
Centaurea montana L. subsp. montana
(centaurée des montagnes)
Chaerophyllum villarsii Koch (chérophylle de Villars)
Dactylis glomerata L. subsp. glomerata (dactyle aggloméré)
Euphorbia cyparissias L. (euphorbe faux cyprès)
Galium anisophyllon Vill. (gaillet à feuilles inégales)
Gentiana verna L. subsp. verna (gentiane printanière)
Globularia cordifolia L. (globulaire à feuilles en cœur)
Globularia nudicaulis L. (globulaire à tige nue)
Gymnadenia conopsea (L.) R. Br. subsp. conopsea
(orchis moucheron)
Campanula thryrsoides – dessin extrait
de "Flore de la France" – Coste H.
- 29 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Helianthemum nummularium (L.) Mill.
(hélianthème nummulaire)
Hieracium villosum Jacq. (épervière velue)
Hypericum richeri Vill. subsp. richeri (millepertuis de Richer)
Kernera saxatilis (L.) Sweet subsp. saxatilis
(kernéra des rochers)
Laserpitium latifolium L. (laser à larges feuilles)
Laserpitium siler L. subsp. siler (laser siler)
Lilium martagon L. (lis martagon)
Listera ovata (L.) R. Br. (listère ovale)
Lonicera alpigena L. subsp. alpigena (chèvrefeuille des Alpes)
Lotus corniculatus L. subsp. corniculatus (lotier corniculé)
Paradisea liliastrum (L.) Bertol. (lis de Saint Bruno)
Pedicularis ascendens Schleich. ex Gaudin
(pédiculaire ascendante)
Phyteuma orbiculare L. subsp. orbiculare
(raiponce orbiculaire)
Picea abies (L.) H. Karst. subsp. abies (épicéa)
Pimpinella major (L.) Huds. subsp. major (grand boucage)
Polystichum lonchitis (L.) Roth (polystic en lance)
Pulsatilla alpina (L.) Delarbre subsp. alpina
(pulsatille des Alpes)
Ranunculus thora L. (renoncule thora)
Rhamnus alpina L. subsp. alpina (nerprun des Alpes)
Rosa pendulina L. (rosier des Alpes)
Rubus saxatilis L. (ronce des rochers)
Rumex scutatus L. subsp. scutatus (rumex à écussons)
Salix appendiculata Vill. (saule à grandes feuilles)
Saxifraga exarata Vill. subsp. moschata (Wulfen) Cavill.
(saxifrage musquée)
Senecio doronicum (L.) L. subsp. doronicum
(séneçon doronic)
Sesleria caerulea (L.) Ard. subsp. caerulea (seslérie bleuâtre)
Silene vulgaris (Moench) Garcke subsp. vulgaris (silène enflé)
Solidago virgaurea L. subsp. virgaurea (verge d'or)
Traunsteineria globosa (L.) Rchb. (orchis globuleux)
Valeriana montana L. subsp. montana
(valériane des montagnes)
Veronica urticifolia Jacq. (véronique à feuilles d'ortie)
Lieu-dit : sous la Dent des Portes
Altitude : 1725 m
Coordonnées : longitude 4,2797 gr – latitude 50,7902 gr
Pied de falaise calcaire ensoleillée :
Aconitum lycoctonum L. subsp. lycoctonum (aconit tue loup)
Alchemilla conjuncta Bab. (alchémille à folioles soudées)
Arctostaphylos uva-ursi (L.) Spreng. subsp. crassifolius
(Braun-Blanq.) L. Villar (raisin d’ours commun)
Asplenium ruta-muraria L. subsp. ruta-muraria
(asplénium rue de muraille)
Aster alpinus L. subsp. alpinus (aster des Alpes)
Athamanta cretensis L. (athamante de Crète)
Bupleurum ranunculoides L. subsp. ranunculoides
(buplèvre fausse renoncule)
Cerastium arvense L. subsp. strictum (Koch) Gremli
(céraiste raide)
Dryas octopetala L. (dryade à huit pétales)
Gypsophila repens L. (gypsophile rampante)
Helianthemum oelandicum (L.) Dum. Cours. subsp. alpestre
(Jacq.) Ces. (hélianthème alpestre)
Hieracium prenanthoides Vill. (épervière faux prénanthe)
Juniperus sibirica Lodd. ex Burgsd. (genévrier nain)
Linum catharticum L. (lin purgatif)
Potentilla caulescens L. (potentille caulescente)
Primula auricula L. (primevère auricule)
Ranunculus aconitifolius L. (renoncule à feuilles d’aconit)
Ranunculus tuberosus Lapeyr. (renoncule tubéreuse)
Rhamnus pumila Turra subsp. pumila (nerprun nain)
Saxifraga paniculata Mill. subsp. paniculata
(saxifrage paniculée)
Silene nutans L. subsp. nutans (silène penché)
Silene vulgaris (Moench) Garcke subsp. vulgaris (silène enflé)
Sorbus aria (L.) Crantz subsp. aria (alouchier)
Valeriana officinalis L. subsp. officinalis (valériane officinale)
Lieu-dit : sous la Dent des Portes
Altitude : 1775 m
Coordonnées : longitude 4,2804 gr – latitude 50,7900 gr
Pied de falaise calcaire ombragée, avec des suintements :
Allium victorialis L. (ail victoriale)
Arabis alpina L. subsp. alpina (arabette des Alpes)
Asplenium trichomanes L. subsp. trichomanes
(capillaire rouge)
Astrantia major L. subsp. major (grande astrance)
Bartsia alpina L. (bartsie des Alpes)
Campanula rotundifolia L. subsp. rotundifolia
(campanule à feuilles rondes)
Carex brachystachys Schrank (laîche à épis courts)
Centaurea scabiosa L. subsp. scabiosa
(centaurée scabieuse)
Chaerophyllum villarsii Koch (chérophylle de Villars)
Chenopodium bonus-henricus L. (chénopode bon Henri)
Crepis bocconi P. D. Sell (crépide de Boccone)
Cystopteris fragilis (L.) Bernh. subsp. fragilis
(cystoptéris fragile)
Daphne laureola L. subsp. laureola (daphné lauréole)
Geranium robertianum L. subsp. robertianum (herbe à Robert)
Geranium sylvaticum L. (géranium des forêts)
Heracleum sphondylium L. subsp. sphondylium
(berce des prés)
Leontopodium alpinum Cass. subsp. alpinum (edelweiss)
Leucanthemum adustum (Koch) Gremli (leucanthème brûlé)
Poa nemoralis L. subsp. nemoralis (pâturin des bois)
Campanula rotundifolia – dessin extrait de
"Flore de la France" – Coste H.
Polygonatum odoratum (Mill.) Druce
(sceau de Salomon officinal)
Polygonatum verticillatum (L.) All.
(sceau de Salomon verticillé)
Saxifraga rotundifolia L. subsp. rotundifolia
(saxifrage à feuilles rondes)
Silene pusilla Waldst. & Kit. subsp. pusilla (silène miniature)
Tragopogon pratensis L. subsp. orientalis (L.) Celak.
(salsifis d’Orient)
- 30 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Lieu-dit : sous la Dent des Portes
Altitude : 1800 m
Coordonnées : longitude 4,2809 gr – latitude 50,7887 gr
Pelouse calcaire fraîche :
Adenostyles alliariae (Gouan) A. Kern. subsp. alliariae
(adénostyle à feuilles d’alliaire)
Arabis hirsuta (L.) Scop. (arabette hérissée)
Avenula pubescens (Huds.) Dumort. subsp. pubescens
(avoine pubescente)
Bupleurum longifolium L. subsp. longifolium
(buplèvre à longues feuilles)
Carex sempervirens Vill. subsp. sempervirens
(laîche toujours verte)
Carum carvi L. (cumin des prés)
Centaurea uniflora Turra subsp. nervosa (Willd.)
Bonnier & Layens (centaurée nervée)
Crepis aurea (L.) Tausch. subsp. aurea (crépide orangée)
Dactylis glomerata L. subsp. glomerata (dactyle aggloméré)
Erigeron glabratus Hoppe & Hornsch. ex Bluff & Fingerh.
(vergerette glabre)
Geranium sylvaticum L. (géranium des forêts)
Oxytropis jacquini Bunge (oxytropis de Jacquin)
Pedicularis foliosa L. (pédiculaire feuillée)
Pedicularis verticillata L. (pédiculaire verticillée)
Phyteuma spicatum L. (raiponce en épi)
Polygonum viviparum L. (renouée vivipare)
Rumex arifolius All. subsp. arifolius (rumex à feuilles d'arum)
Trifolium badium Schreb. subsp. badium (trèfle brun)
Trifolium pratense L. subsp. pratense (trèfle des prés)
Trollius europaeus L. subsp. europaeus (trolle d’Europe)
Veronica chamaedrys L. subsp. chamaedrys
(véronique petit chêne)
Lieu-dit : Passage du Charbonnet
Altitude : 1800 à 1900 m
Coordonnées : longitude 4,2812 gr – latitude 50,7785 gr
Prairies à hautes herbes, bordures du chemin, pelouses décalcifiées :
Arnica montana L. subsp. montana (arnica des montagnes)
Campanula thyrsoides L. subsp. thyrsoides
(campanule en thyrse)
Chaerophyllum aureum L. (chérophylle doré)
Coeloglossum viride (L.) Hartm. (orchis grenouille)
Cruciata laevipes Opiz (croisette commune)
Deschampsia cespitosa (L.) P. Beauv. subsp. cespitosa
(canche gazonnante)
Galium boreale L. (gaillet boréal)
Hypericum maculatum Crantz subsp. maculatum
(millepertuis maculé)
Lotus corniculatus L. subsp. corniculatus (lotier corniculé)
Poa alpina L. subsp. alpina (pâturin des Alpes)
Rhinanthus alectorolophus (Scop.) Pollich
subsp. alectorolophus (rhinanthe velu)
Serratula tinctoria L. subsp. monticola (Boreau) Berher
(serratule à gros capitules)
Silene dioica (L.) Clairv. (silène dioïque)
Trifolium montanum L. subsp. montanum
(trèfle des montagnes)
Trifolium thalii Vill. (trèfle de Thal)
Trollius europaeus L. subsp. europaeus (trolle d’Europe)
Vicia sepium L. (vesce des haies)
Lieu-dit : Passage du Charbonnet
Altitude : 1820 à 1830 m
Coordonnées : longitude 4,2817 gr – latitude 50,7759 gr
Suintements, replat humide :
Adenostyles alliariae (Gouan) A. Kern. subsp. alliariae
(adénostyle à feuilles d’alliaire)
Aster bellidiastrum (L.) Scop. (fausse pâquerette)
Bartsia alpina L. (bartsie des Alpes)
Caltha palustris L. subsp. palustris (populage)
Carex ferruginea Scop. subsp. ferruginea
(laîche ferrugineuse)
Carex flacca Schreb. subsp. flacca (laîche glauque)
Carex paniculata L. subsp. paniculata (laîche paniculée)
Chaerophyllum hirsutum L. subsp. hirsutum
(chérophylle hérissé)
Dactylorhiza fistulosa (Moench) Baumann & Künkele
subsp. fistulosa (orchis à larges feuilles)
Deschampsia cespitosa (L.) P. Beauv. subsp. cespitosa
(canche gazonnante)
Gymnadenia conopsea (L.) R. Br. subsp. conopsea
(orchis moucheron)
Heracleum sphondylium L. subsp. sphondylium
(berce des prés)
Juncus alpinoarticulatus Chaix subsp. alpinoarticulatus
(jonc des Alpes)
Knautia dipsacifolia Kreutzer subsp. dipsacifolia
(knautie à feuilles de cardère)
Ranunculus aconitifolius L. (renoncule à feuilles d’aconit)
Serratula tinctoria L. subsp. monticola (Boreau) Berher
(serratule à gros capitules)
Lieu-dit : Passage du Charbonnet
Altitude : 1930 m
Coordonnées : longitude 4,2823 gr – latitude 50,7731 gr
Pelouse rocailleuse calcaire :
Alchemilla conjuncta Bab. (alchémille à folioles soudées)
Allium lusitanicum Lam. (ail du Portugal)
Anthyllis montana L. subsp. montana
(anthyllide des montagnes)
Anthyllis vulneraria L. (anthyllide vulnéraire)
Campanula glomerata L. subsp. glomerata
(campanule agglomérée)
Cotoneaster integerrimus Medik.
(cotonéaster à feuilles entières)
Dianthus gratianopolitanus Vill. (œillet de Grenoble)
- 31 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Draba dubia Suter subsp. dubia (drave douteuse)
Dryas octopetala L. (dryade à huit pétales)
Galium anisophyllon Vill. (gaillet à feuilles inégales)
Gypsophila repens L. (gypsophile rampante)
Helianthemum oelandicum (L.) Dum. Cours.
subsp. alpestre (Jacq.) Ces. (hélianthème alpestre)
Linum alpinum Jacq. subsp. alpinum (lin des Alpes)
Myosotis alpestris F. W. Schmidt (myosotis alpestre)
Nigritella rhellicani Teppner & Klein subsp. rhellicani
(nigritelle de Rhellicanus)
Plantago atrata Hoppe subsp. atrata (plantain noirâtre)
Polygala alpestris Rchb. subsp. alpestris (polygale alpestre)
Primula auricula L. (primevère auricule)
Saxifraga oppositifolia L. (saxifrage à feuilles opposées)
Sempervivum tectorum L. subsp. tectorum (joubarbe des toits)
Sesleria caerulea (L.) Ard. subsp. caerulea (seslérie bleuâtre)
Thesium alpinum L. subsp. alpinum (thésium des Alpes)
Campanula glomerata – dessin extrait
de "Flore de la France" – Coste H.
Lieu-dit : Passage du Charbonnet
Altitude : 1900 m
Coordonnées : longitude 4,2829 gr – latitude 50,7734 gr
Éboulis :
Leontodon montanus Lam. subsp. montanus (liondent des montagnes)
Linaria alpina (L.) Mill. subsp. alpina (linaire des Alpes)
Lieu-dit : sous le mont Trélod
Altitude : 1900 à 1950 m
Coordonnées : longitude 4,2839 gr – latitude 50,7716 gr
Pelouse subalpine à alpine sur calcaire avec quelques passages lessivés :
Allium victorialis L. (ail victoriale)
Anemone narcissifolia L. subsp. narcissifolia
(anémone à fleurs de narcisse)
Anthoxanthum odoratum L. subsp. nipponicum
(Honda) Tzvelev (flouve des Alpes)
Aster bellidiastrum (L.) Scop. (fausse pâquerette)
Bartsia alpina L. (bartsie des Alpes)
Bupleurum longifolium L. subsp. longifolium
(buplèvre à longues feuilles)
Carduus defloratus L. subsp. defloratus (chardon décapité)
Carex ferruginea Scop. subsp. ferruginea
(laîche ferrugineuse)
Carex sempervirens Vill. subsp. sempervirens
(laîche toujours verte)
Carum carvi L. (cumin des prés)
Centaurea montana L. subsp. montana
(centaurée des montagnes)
Chaerophyllum villarsii Koch (chérophylle de Villars)
Cirsium eriophorum (L.) Scop. subsp. eriophorum
(cirse laineux)
Crepis bocconi P. D. Sell (crépide de Boccone)
Daphne mezereum L. (bois gentil)
Dianthus gratianopolitanus Vill. (œillet de Grenoble)
Euphorbia cyparissias L. (euphorbe faux cyprès)
Gentiana lutea L. subsp. lutea (gentiane jaune)
Gentiana verna L. subsp. verna (gentiane printanière)
Geranium sylvaticum L. (géranium des forêts)
Gypsophila repens L. (gypsophile rampante)
Homogyne alpina (L.) Cass. (homogyne des Alpes)
Hypericum maculatum Crantz subsp. maculatum
(millepertuis maculé)
Imperatoria ostruthium L. (impératoire)
Lotus alpinus (DC.) Schleich. ex Ramond (lotier des Alpes)
Luzula sieberi Tausch (luzule de Sieber)
Oxytropis jacquini Bunge (oxytropis de Jacquin)
Pedicularis ascendens Schleich. ex Gaudin
(pédiculaire ascendante)
Phyteuma orbiculare L. subsp. orbiculare
(raiponce orbiculaire)
Picea abies (L.) H. Karst. subsp. abies (épicéa)
Polygonum viviparum L. (renouée vivipare)
Potentilla aurea L. subsp. aurea (potentille dorée)
Pseudorchis albida (L.) A. & D. Löve (orchis miel)
Rhododendron ferrugineum L. subsp. ferrugineum
(rhododendron ferrugineux)
Salix retusa L. (saule à feuilles émoussées)
Saxifraga oppositifolia L. (saxifrage à feuilles opposées)
Soldanella alpina L. subsp. alpina (soldanelle des Alpes)
Vaccinium myrtillus L. (myrtille)
Vaccinium vitis-idaea L. subsp. vitis-idaea (airelle rouge)
Veronica aphylla L. (véronique à tige nue)
Veronica fruticans Jacq. (véronique buissonnante)
Lieu-dit : mont Trélod
Altitude : 2170 à 2180 m
Coordonnées : longitude 4,2885 gr – latitude 50,7697 gr
Rochers calcaires :
Alchemilla alpigena Buser (alchémille plissée)
Androsace pubescens DC. (androsace pubescente)
Antennaria carpatica (Wahlenb.) Bluff & Fingerh.
(pied de chat des Carpates)
Arabis bellidifolia Crantz subsp. stellulata (Bertol.)
Greuter & Burdet (arabette étoilée)
Arctostaphylos uva-ursi (L.) Spreng. subsp. crassifolius
(Braun-Blanq.) L. Villar (raisin d’ours commun)
- 32 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Gentiana clusii Perrier & Songeon subsp. clusii
(gentiane de Clusius)
Globularia cordifolia L. (globulaire à feuilles en cœur)
Minuartia verna (L.) Hiern (minuartie du printemps)
Myosotis alpestris F. W. Schmidt (myosotis alpestre)
Nigritella rhellicani Teppner & Klein subsp. rhellicani
(nigritelle de Rhellicanus)
Phyteuma orbiculare L. subsp. orbiculare
(raiponce orbiculaire)
Poa alpina L. subsp. alpina (pâturin des Alpes)
Potentilla caulescens L. (potentille caulescente)
Primula auricula L. (primevère auricule)
Rhamnus alpina L. subsp. alpina (nerprun des Alpes)
Salix retusa L. (saule à feuilles émoussées)
Saxifraga exarata Vill. subsp. moschata (Wulfen) Cavill.
(saxifrage musquée)
Saxifraga paniculata Mill. subsp. paniculata
(saxifrage paniculée)
Sedum alpestre Vill. (orpin des Alpes)
Silene acaulis (L.) Jacq. (silène acaule)
Silene nutans L. subsp. nutans (silène penché)
Valeriana montana L. subsp. Montana
(valériane des montagnes)
Veronica chamaedrys L. subsp. chamaedrys
(véronique petit chêne)
Viola biflora L. (pensée à deux fleurs)
Arenaria ciliata L. (sabline ciliée)
Asplenium ramosum Lovis & Reichst.
(asplénium à pétiole vert)
Asplenium ruta-muraria L. subsp. ruta-muraria
(asplénium rue de muraille)
Astrantia minor L. (petite astrance)
Athamanta cretensis L. (athamante de Crète)
Bartsia alpina L. (bartsie des Alpes)
Botrychium lunaria (L.) Sw. (botryche lunaire)
Carex ornithopoda Willd. subsp. ornithopodioides
(Hausm.) Nyman (laîche faux pied d’oiseau)
Carex sempervirens Vill. subsp. sempervirens
(laîche toujours verte)
Cerastium arvense L. subsp. strictum (Koch) Gremli
(céraiste raide)
Coeloglossum viride (L.) Hartm. (orchis grenouille)
Cystopteris alpina (Lam.) Desv. (cystoptéris des Alpes)
Draba aizoides L. subsp. aizoides (drave faux aïzoon)
Draba tomentosa Clairv. subsp. tomentosa
(drave tomenteuse)
Dryopteris villarii (Bellardi) Woyn. ex Schinz & Thell.
(dryoptéris de Villars)
Epilobium angustifolium L. subsp. angustifolium
(épilobe à feuilles étroites)
Erinus alpinus L. (érine des Alpes)
Euphrasia salisburgensis Funck (euphraise de Salzbourg)
Festuca quadriflora Honck. (fétuque à quatre fleurs)
LISTE DES PLANTES OBSERVÉES LE 1er JUILLET 2007
(d'après les notes de Thierry Delahaye, tous les relevés sont localisés sur la commune de Jarsy).
Lieu-dit : Précherel
Altitude : 930 à 940 m
Coordonnées : longitude 4,2846 gr – latitude 50,7401 gr
Ourlets plus ou moins nitrophiles le long de la piste :
Achillea millefolium L. subsp. millefolium (achillée millefeuille)
Ailanthus altissima (Mill.) Swingle (ailante)
Arrhenatherum elatius (L) P. Beauv. ex J. & C. Presl
subsp. elatius (fromental élevé)
Campanula rhomboidalis L.
(campanule à feuilles rhomboïdales)
Corylus avellana L. (noisetier)
Deschampsia cespitosa (L.) P. Beauv. subsp. cespitosa
(canche gazonnante)
Echium vulgare L. subsp. vulgare (vipérine vulgaire)
Epilobium montanum L. (épilobe des montagnes)
Equisetum arvense L. (prêle des champs)
Festuca arundinacea Schreb. subsp. arundinacea
(fétuque faux roseau)
Fraxinus excelsior L. subsp. excelsior (frêne)
Galium aparine L. subsp. aparine (gaillet gratteron)
Geranium pyrenaicum Burm. f. subsp. pyrenaicum
(géranium des Pyrénées)
Geranium robertianum L. subsp. robertianum (herbe à Robert)
Geum urbanum L. (benoîte commune)
Impatiens glandulifera Royle (impatiente glanduleuse)
Laserpitium latifolium L. (laser à larges feuilles)
Lathyrus vernus (L.) Bernh. subsp. vernus (gesse printanière)
Lolium perenne L. (ivraie vivace)
Campanula rhomboidalis – dessin extrait
de "Flore de la France" – Coste H.
Origanum vulgare L. subsp. vulgare (marjolaine sauvage)
Sedum album L. subsp. album (orpin blanc)
Solidago gigantea Aiton subsp. serotina (Kuntze) McNeill
(solidage géant)
Stachys sylvatica L. (épiaire des forêts)
Trifolium pratense L. subsp. pratense (trèfle des prés)
Trifolium repens L. subsp. repens (trèfle rampant)
Trisetum flavescens (L.) P. Beauv. subsp. flavescens
(trisète jaunâtre)
Urtica dioica L. subsp. dioica (ortie dioïque)
Lieu-dit : de Précherel au pont de Leyat
Altitude : 1000 à 1050 m
Coordonnées : longitude 4,2901 gr – latitude 50,7453 gr
Source, fossés et talus humides à molinies :
Calamagrostis varia (Schrad.) Host subsp. varia
(calamagrostide bigarrée)
Campanula trachelium L. subsp. trachelium
(campanule gantelée)
Carex flacca Schreb. subsp. flacca (laîche glauque)
Carex hirta L. subsp. hirta (laîche hérissée)
Carex lepidocarpa Tausch (laîche à utricules gracieux)
Cephalanthera rubra (L.) Rich. (céphalanthère rouge)
Cirsium palustre (L.) Scop. (cirse des marais)
Crepis biennis L. (crépide bisannuelle)
- 33 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Crepis paludosa (L.) Moench (crépide des marais)
Crepis pyrenaica (L.) Greuter (crépide des Pyrénées)
Dactylorhiza fuchsii (Druce) Soó (orchis de Fuchs)
Daucus carota L. subsp. carota (carotte)
Epilobium hirsutum L. (épilobe hérissé)
Equisetum palustre L. (prêle des marais)
Equisetum telmateia Ehrh. (prêle géante)
Galium mollugo L. subsp. erectum Syme (gaillet dressé)
Glyceria notata Chevall. (glycérie plissée)
Gymnadenia conopsea (L.) R. Br. subsp. conopsea
(orchis moucheron)
Heracleum sphondylium L. subsp. sphondylium
(berce des prés)
Hypericum hirsutum L. (millepertuis hérissé)
Hypericum montanum L. (millepertuis des montagnes)
Hypericum perforatum L. subsp. perforatum
(millepertuis perforé)
Hypericum tetrapterum Fr. (millepertuis à quatre ailes)
Juncus articulatus L. subsp. articulatus (jonc articulé)
Juncus effusus L. (jonc épars)
Juncus inflexus L. (jonc courbé)
Leontodon hispidus L. subsp. hispidus (liondent hispide)
Linum catharticum L. (lin purgatif)
Listera ovata (L.) R. Br. (listère ovale)
Lotus maritimus L. (lotier maritime)
Mentha longifolia (L.) Huds. subsp. longifolia
(menthe à longues feuilles)
Molinia caerulea (L.) Moench subsp. arundinacea
(Schrank) K. Richt. (molinie faux roseau)
Orobanche gracilis Sm. (orobanche grêle)
Pinguicula vulgaris L. (grassette vulgaire)
Plantago media L. subsp. media (plantain moyen)
Poa trivialis L. subsp. trivialis (pâturin commun)
Prunella grandiflora (L.) Schöller subsp. grandiflora
(brunelle à grandes fleurs)
Prunella vulgaris L. subsp. vulgaris (brunelle vulgaire)
Salix appendiculata Vill. (saule à grandes feuilles)
Salix eleagnos Scop. subsp. eleagnos (saule drapé)
Salix purpurea L. (saule poupre)
Scabiosa columbaria L. subsp. columbaria
(scabieuse colombaire)
Scrophularia nodosa L. (scrophulaire noueuse)
Stachys alpina L. subsp. alpina (épiaire des Alpes)
Tofieldia calyculata (L.) Wahlenb. (tofieldie à calicule)
Tolpis staticifolia (All.) Sch. Bip.
(épervière à feuilles de statice)
Tragopogon pratensis L. subsp. orientalis (L.) Celak.
(salsifis d’Orient)
Tussilago farfara L. (tussilage)
Valeriana officinalis L. subsp. officinalis (valériane officinale)
Verbascum nigrum L. subsp. nigrum (molène noire)
Veronica beccabunga L. subsp. Beccabunga
(véronique beccabonga)
Vicia sepium L. (vesce des haies)
Vincetoxicum hirundinaria Medik. (dompte venin)
Lieu-dit : bois de Leyat
Altitude : 1240 à 1260 m
Coordonnées : longitude 4,3022 gr – latitude 50,7489 gr
Hêtraie-sapinière :
Abies alba Mill. subsp. alba (sapin blanc)
Acer platanoides L. subsp. platanoides (érable plane)
Acer pseudoplatanus L. (érable sycomore)
Anthriscus nitida (Wahlenb.) Hazsl. (cerfeuil lustré)
Aruncus dioicus (Walter) Fernald (barbe de bouc)
Asplenium trichomanes L. subsp. trichomanes
(capillaire rouge)
Bromus benekenii (Lange) Trimen (brome de Beneken)
Calamintha grandiflora (L.) Moench
(sarriette à grandes fleurs)
Campanula latifolia L. (campanule à larges feuilles)
Campanula trachelium L. subsp. trachelium
(campanule gantelée)
Campanula trachelium – dessin extrait de
"Flore de la France" – Coste H.
Cardamine heptaphylla (Vill.) O.E. Schulz
(dentaire à sept folioles)
Cardamine impatiens L. subsp. impatiens
(cardamine impatiente)
Carex sylvatica Huds. subsp. sylvatica (laîche des forêts)
Circaea lutetiana L. subsp. lutetiana (circée de Paris)
Cirsium oleraceum (L.) Scop. (cirse maraîcher)
Corylus avellana L. (noisetier)
Dryopteris filix-mas (L.) Schott (fougère mâle)
Evonymus europaeus L. (fusain d'Europe)
Fagus sylvatica L. subsp. sylvatica (hêtre)
Fragaria vesca L. (fraisier des bois)
Geranium robertianum L. subsp. robertianum (herbe à Robert)
Hieracium murorum L. (épervière des murs)
Hypericum hirsutum L. (millepertuis hérissé)
Lathyrus vernus (L.) Bernh. subsp. vernus (gesse printanière)
Lonicera nigra L. (chèvrefeuille noir)
Lonicera xylosteum L. (chèvrefeuille des haies)
Lysimachia nemorum L. subsp. nemorum
(lysimaque des bois)
Melica uniflora Retz. (mélique uniflore)
Mercurialis perennis L. (mercuriale vivace)
Milium effusum L. (millet étalé)
Moehringia muscosa L. (moehringie mousse)
Mycelis muralis (L.) Dumort. (laitue des murs)
Myosotis decumbens Host (myosotis retombant)
Phyteuma spicatum L. (raiponce en épi)
Picea abies (L.) H. Karst. subsp. abies (épicéa)
Pimpinella major (L.) Huds. subsp. major (grand boucage)
Poa nemoralis L. subsp. nemoralis (pâturin des bois)
Polystichum aculeatum (L.) Roth (polystic à aiguillons)
Prenanthes purpurea L. (prénanthe pourpre)
Ranunculus tuberosus Lapeyr. (renoncule tubéreuse)
Saxifraga rotundifolia L. subsp. rotundifolia
(saxifrage à feuilles rondes)
Scrophularia nodosa L. (scrophulaire noueuse)
Senecio ovatus (G. Gaertner, B. Mey. & Scherb.) Willd.
subsp. ovatus (séneçon ovale)
Silene dioica (L.) Clairv. (silène dioïque)
Stachys sylvatica L. (épiaire des forêts)
Veronica urticifolia Jacq. (véronique à feuilles d'ortie)
Vicia sylvatica L. (vesce des bois)
- 34 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Lieu-dit : bois de Leyat
Altitude : 1270 à 1280 m
Coordonnées : longitude 4,3036 gr – latitude 50,7490 gr
Ravin frais avec mégaphorbiaie :
Aconitum lycoctonum L. subsp. lycoctonum (aconit tue loup)
Angelica sylvestris L. subsp. sylvestris (angélique sauvage)
Anthriscus nitida (Wahlenb.) Hazsl. (cerfeuil lustré)
Aruncus dioicus (Walter) Fernald (barbe de bouc)
Astrantia major L. subsp. major (grande astrance)
Calamagrostis varia (Schrad.) Host subsp. varia
(calamagrostide bigarrée)
Campanula latifolia L. (campanule à larges feuilles)
Campanula rhomboidalis L.
(campanule à feuilles rhomboïdales)
Carduus personata (L.) Jacq. subsp. personata
(chardon bardane)
Centaurea montana L. subsp. montana
(centaurée des montagnes)
Chaerophyllum hirsutum L. subsp. hirsutum
(chérophylle hérissé)
Chenopodium bonus-henricus L. (chénopode bon Henri)
Cirsium oleraceum (L.) Scop. (cirse maraîcher)
Dactylis glomerata L. subsp. glomerata (dactyle aggloméré)
Heracleum sphondylium L. subsp. sphondylium
(berce des prés)
Lamium maculatum (L.) L. (lamier tacheté)
Lathyrus heterophyllus L. (gesse à feuilles de deux formes)
Campanula latifolia – dessin extrait de
"Flore de la France" – Coste H.
Lilium martagon L. (lis martagon)
Lunaria rediviva L. (lunaire vivace)
Phalaris arundinacea L. (alpiste roseau)
Phyteuma spicatum L. (raiponce en épi)
Polygonatum verticillatum (L.) All.
(sceau de Salomon verticillé)
Urtica dioica L. subsp. dioica (ortie dioïque)
Veratrum lobelianum Bernh. (vératre de Lobel)
Lieu-dit : granges de sur les Plans
Altitude : 1300 à 1320 m
Coordonnées : longitude 4,3026 gr – latitude 50,7502 gr
Pelouse mésophile pâturée :
Acinos alpinus (L.) Moench subsp. alpinus
(sarriette des Alpes)
Allium sphaerocephalon L. subsp. sphaerocephalon
(ail à tête ronde)
Bromus erectus Huds. subsp. erectus (brome dressé)
Campanula glomerata L. subsp. glomerata
(campanule agglomérée)
Cirsium eriophorum (L.) Scop. subsp. eriophorum
(cirse laineux)
Cruciata laevipes Opiz (croisette commune)
Digitalis grandiflora Mill. (digitale à grandes fleurs)
Euphorbia cyparissias L. (euphorbe faux cyprès)
Fagus sylvatica L. subsp. sylvatica (hêtre)
Gentiana lutea L. subsp. lutea (gentiane jaune)
Helianthemum nummularium (L.) Mill. subsp. nummularium
(hélianthème nummulaire)
Knautia dipsacifolia Kreutzer subsp. dipsacifolia
(knautie à feuilles de cardère)
Laserpitium latifolium L. (laser à larges feuilles)
Laserpitium siler L. subsp. siler (laser siler)
Lathyrus occidentalis (Fisch. & C. A. Mey.) Fritsch
subsp. occidentalis (gesse de l'Occident)
Lathyrus pratensis L. subsp. pratensis (gesse des prés)
Orobanche gracilis Sm. (orobanche grêle)
Pulsatilla alpina (L.) Delarbre subsp. alpina
(pulsatille des Alpes)
Rhinanthus alectorolophus (Scop.) Pollich
subsp. alectorolophus (rhinanthe velu)
Roegneria canina (L.) Nevski subsp. canina
(chiendent des chiens)
Rosa pendulina L. (rosier des Alpes)
Trifolium rubens L. (trèfle pourpre)
Veronica officinalis L. (véronique officinale)
Lieu-dit : col de Chérel
Altitude : 1500 m
Coordonnées : longitude 4,3067 gr – latitude 50,7645 gr
Pelouse calcicole rocailleuse :
Acinos alpinus (L.) Moench subsp. alpinus
(sarriette des Alpes)
Aconitum anthora L. (aconit anthora)
Alchemilla conjuncta Bab. (alchémille à folioles soudées)
Allium lusitanicum Lam. (ail du Portugal)
Amelanchier ovalis Medik. (amélanchier à feuilles ovales)
Anthoxanthum odoratum L. subsp. odoratum
(flouve odorante)
Arabis alpina L. subsp. alpina (arabette des Alpes)
Aster alpinus L. subsp. alpinus (aster des Alpes)
Bupleurum longifolium L. subsp. longifolium
(buplèvre à longues feuilles)
Carduus defloratus L. subsp. defloratus (chardon décapité)
Carex sempervirens Vill. subsp. sempervirens
(laîche toujours verte)
Cerastium arvense L. subsp. strictum (Koch) Gremli
(céraiste raide)
Coeloglossum viride (L.) Hartm. (orchis grenouille)
Cystopteris alpina (Lam.) Desv. (cystoptéris des Alpes)
Cystopteris fragilis (L.) Bernh. subsp. fragilis
(cystoptéris fragile)
Daphne mezereum L. (bois gentil)
Digitalis grandiflora Mill. (digitale à grandes fleurs)
Erinus alpinus L. (érine des Alpes)
- 35 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Euphorbia cyparissias L. (euphorbe faux cyprès)
Euphorbia dulcis L. (euphorbe douce)
Globularia cordifolia L. (globulaire à feuilles en cœur)
Globularia nudicaulis L. (globulaire à tige nue)
Gymnadenia conopsea (L.) R. Br. subsp. conopsea
(orchis moucheron)
Gymnocarpium robertianum (Hoffm.) Newman
(gymnocarpium herbe à Robert)
Helianthemum nummularium (L.) Mill. subsp.
nummularium (hélianthème nummulaire)
Leucanthemum adustum (Koch) Gremli (leucanthème brûlé)
Lilium martagon L. (lis martagon)
Linum alpinum Jacq. subsp. alpinum (lin des Alpes)
Linum catharticum L. (lin purgatif)
Lotus corniculatus L. subsp. corniculatus (lotier corniculé)
Luzula sieberi Tausch (luzule de Sieber)
Paris quadrifolia L. (parisette à quatre feuilles)
Phleum alpinum L. subsp. alpinum (fléole des Alpes)
Phyteuma orbiculare L. subsp. orbiculare
(raiponce orbiculaire)
Polystichum aculeatum (L.) Roth (polystic à aiguillons)
Polystichum lonchitis (L.) Roth (polystic en lance)
Primula auricula L. (primevère auricule)
Saxifraga paniculata Mill. subsp. paniculata
(saxifrage paniculée)
Scabiosa columbaria L. subsp. columbaria
(scabieuse colombaire)
Sedum album L. subsp. album (orpin blanc)
Sedum dasyphyllum L. subsp. dasyphyllum
(orpin à feuilles épaisses)
Sedum montanum Perrier & Songeon subsp. montanum
(orpin des montagnes)
Senecio viscosus L. (séneçon visqueux)
Sesleria caerulea (L.) Ard. subsp. caerulea (seslérie bleuâtre)
Silene nutans L. subsp. nutans (silène penché)
Silene vulgaris (Moench) Garcke subsp. vulgaris (silène enflé)
Trifolium badium Schreb. subsp. badium (trèfle brun)
Urtica dioica L. subsp. dioica (ortie dioïque)
Veronica chamaedrys L. subsp. chamaedrys
(véronique petit chêne)
- 36 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
UN DERNIER HOMMAGE
AUX LIGUSTICUM ET PEUCEDANUM DE SAVOIE…
Par Sylvie Serve
Les espèces des genres Ligusticum et Peucedanum ont disparu en Savoie ! Rassurez-vous,
ce n’est pas à cause de leur disparition effective mais parce que cette appellation a évolué.
Que les ombellifères, nom très évocateur pour le grand public qui pense ainsi, aussitôt et justement,
à une inflorescence en parapluie, deviennent les apiacées en référence au genre Apium, ce qui
n’inspire que les botanistes, on s’y était adapté assez facilement. Mais le bouleversement des noms
de genres à l’intérieur de cette famille est quelque peu déroutant !
Lorsque l’on regarde la synonymie de certaines espèces, l’instabilité des genres est souvent
impressionnante… Cela provient des choix des critères de classification (fleur, fruit, constitution
chimique, génétique), des fréquentes convergences et évolutions morphologiques, des lacunes des
premiers descripteurs des espèces, du débat entre délimitation naturelle ou artificielle pour le
classement des végétaux (Reduron, 2007).
La dénomination retenue en 2007, fruit des progrès de la recherche en phylogénie moléculaire et
des études plus classiques est consultable sur les sites Internet suivants :
www.umbelliferae.cs.msu.su : Umbelliferae Information Server avec notamment une liste des genres
d’Apiaceae.
www.tela-botanica.org : Bases de Données nomenclaturale de la Flore de France (BDNFF).
Nous passerons en revue dans cet article les "nouveaux" genres issus des "anciens" Ligusticum et
Peucedanum, histoire de se retrouver dans : l’"inventaire commenté et liste rouge des plantes
vasculaires de Savoie" (Delahaye & Prunier, 2006).
Les ex ligustiques de Savoie.
Le genre Ligusticum a éclaté et les trois espèces représentées dans notre département ont
changé d’appellation. Ne cherchez pas leurs nouveaux noms dans l’index de votre "Flore de la
Suisse" habituelle ni même dans une ancienne telle que celle de Coste, vous ne les trouverez pas.
Ligusticum : ligustique provient étymologiquement de ligusticus, la Ligurie, province italienne de la
région de Gêne, où plusieurs espèces seraient communes.
Ligusticum ferulaceum = Coristospermum ferulaceum.
La ligustique fausse férule n’est ni un Ligusticum ni un
Ferula mais désormais un Coristospermum.
Plante glabre, bisannuelle, de (20) 30-60 cm.
Tige pleine, plutôt dressée, nettement ramifiée et
feuillée. Souche entourée de fibres.
Feuilles oblongues dans leur pourtour, trois à quatre fois
divisées en segments courts, très nombreux, linéaires,
mucronés.
Involucre présent à plus de cinq bractées laciniées,
largement scarieuses au bord.
Involucelle présent à bractéoles laciniées scarieuses au
bord.
Ombelles de 5-12 cm de diamètre, de quinze à quarante
rayons presque égaux. Fleurs blanches, non
rayonnantes, stylopode blanc. Pétales cordiformes
échancrés. Sépales triangulaires très courts et peu
visibles.
Ovaire glabre. Fruit glabre, ovoïde, 3-7 mm à côtes
nettement saillantes, trois à six bandelettes par
vallécule.
Plante de montagne (1500-2100m). Rocailles, éboulis,
plutôt calcaires.
Observée dans le passé en Savoie au mont Cenis et à
Modane en Maurienne, à Villaroger en Tarentaise, à
rechercher…
Coristospermum ferulaceum
dessin extrait de “Flore de la France” – Coste H.
- 37 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Ligusticum mutellina = Mutellina adonidifolia.
La mutelline, après avoir "voyagé" dans les genres
Ligusticum, Aethusa, Meum, Oenanthe,
Phellandrium,
Selinum,
s’est
"arrêtée" (momentanément ?) dans le genre
Mutellina : Mutellina adonidifolia.
Plante de 10-20 (50) cm.
Tige pleine, non ou peu ramifiée, nue ou peu
feuillée. Souche chevelue.
Feuilles deux à quatre fois divisées-pennées en
derniers segments étroitement linéaires-lancéolés,
généralement larges de 0,5 à 1,5 mm, longs de 3 à
10 mm. Limbe atteignant 10 cm de long.
Involucre nul ou à une à deux bractées linéaires.
Involucelle à trois à huit bractées lancéolées
acuminées.
Ombelles à huit à quinze rayons presque égaux,
de 2 à 4 cm de diamètre. Fleurs blanches, roses ou
pourpres. Anthères crème ou pourpre foncé.
Ovaire glabre. Fruit de 4 à 6 mm de long, ovoïde
oblong, ailes peu développées, deux à cinq
bandelettes par vallécule.
Plante de montagne (1500-2800 m) :
mégaphorbiaies, pâturages, commune en Savoie.
Mutellina adonidifolia
dessin extrait de “Flore de la France” – Coste H.
La racine de la mutelline figurait autrefois dans la pharmacopée pour son utilité dans les affections
utérines, les pathologies digestives. Conrad Gesner (1555) écrivait que les laiteries alpestres
aromatisaient les fromages avec la racine de cette plante galactogène recherchée par les vaches
autant que par les chamois ou marmottes ! Enfin, d’après Alfred Chabert, médecin-botaniste
chambérien (1836-1916), l’astra était semé dans les pâturages alpins de Beaufort afin de transmettre
son arôme au lait et au fromage.
Ligusticum mutellinoides = Pachypleurum
mutellinoides
La ligustique fausse mutelline, synonyme de Meum
mutellina dans la flore de Coste, est devenue un
Pachypleurum du grec pachys : épais et pleura :
côte ; allusion au relief des graines ?
Plante de 5 à 20 cm.
Tige pleine, généralement non ramifiée et peu
feuillée.
Feuilles basales divisées en de nombreux
segments foliaires linéaires-lancéolés, parfois
filiformes. Limbe ne dépassant pas 5 cm de long.
Involucre à plus de cinq bractées entières, ou bitrifides, membraneuses au bord.
Involucelle à nombreuses bractéoles.
Ombelles de petite taille (diamètre 2 à 4 cm),
formées de dix à quinze rayons courts,
pubescents. Fleurs généralement blanc verdâtre
ou rougeâtre avant la floraison, non ou peu
rayonnantes, anthères pourpres. Sépales très
courts.
Pachypleurum mutellinoides
dessin extrait de “Flore de la France” – Coste H.
Ovaire glabre. Fruit de 3 à 5 mm de long, ellipsoïde, à ailes très développées, deux à trois
bandelettes par vallécule.
Plante de montagne (1900-3000 m) : pelouses rocailleuses, arêtes déneigées, préférence pour la
silice, commune en Savoie.
- 38 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Désertion chez les peucédans…
Seuls les "ex-Peucedanum" connus en Savoie sont présentés ici.
L’étymologie de Peucedanum, peucédan, vient du grec peucé : pin et danos : combustible ; allusion
aux lobes linéaires des feuilles (notamment le peucédan officinal) et au suc résineux de plusieurs
espèces.
Peucedanum cervaria se change en Cervaria rivini.
L’herbe aux cerfs (sans doute appréciée par eux)
est devenue l’unique représentante en France du
genre Cervaria défini par Gaertner en hommage au
botaniste Rivinius.
Plante glabre de 30-150 cm.
Tige robuste striée, pleine, entourée de fibres.
Feuilles fermes, vert-grisâtre dessous, découpées
en segments irrégulièrement dentés, effilés, à
mucron brun jaunâtre. Pétiolules dirigés en avant.
Involucre à bractées réfléchies, linéaires, à bord
blanchâtre.
Involucelles
de
b ractéoles
réf l échies
membraneuses au bord.
Ombelles à quinze à trente rayons hérissés. Fleurs
blanches.
Fruit ovale-elliptique, long de 4-9 mm, à côtes
marginales étroitement ailées, une bandelette par
vallécule.
Plante de l’étage collinéen à montagnard (1800
m) : coteaux secs, chênaies, pinèdes, plutôt
xérophile (sols plutôt calcaires), commune en
Savoie.
Peucedanum oreoselinum devient Oreoselinum
nigrum.
Selinum désigne le persil en grec, nous voilà donc
avec une plante ressemblant à un persil noir des
montagnes (oreo).
Plante glabre de 30 à 100 cm.
Tige pleine, striée.
Feuilles vertes sur les deux faces, les inférieures
découpées en segments étroits, à pétiolules étalés
à angle droit. Segments généralement longs de
moins de 3 cm, oblongs en coin, irrégulièrement
dentés, celui de l’extrémité trifide.
Involucre à bractées réfléchies.
Involucelle à bractéoles réfléchies.
Ombelles de dix à vingt-cinq rayons. Corolle blanche à rosée.
Fruit long de 5-8 mm, comprimé, largement ovale,
côtes marginales à aile large, épaisse, blanchâtre.
Une bandelette par vallécule.
Plante des étages collinéen, montagnard à subalpin (1700 m) : prairies sèches, chênaies, pinèdes,
xérothermophile, (terrains plutôt siliceux). Plante
potentiellement menacée, assez mal connue en
Savoie, à rechercher.
Cervaria rivini
dessin extrait de “Flore de la France” – Coste H.
Oreoselinum nigrum
dessin extrait de “Flore de la France” – Coste H.
Ces deux espèces aromatiques étaient qualifiées autrefois de “toute-bonne” (Fournier, 1948), ce qui
témoigne des vertus qu’on leur attribuait : diurétiques, stomachiques, emménagogues, des graines
mais surtout des racines. Elles remplaçaient l’impératoire en dehors des zones de montagne.
- 39 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Peucedanum ostruthium prend le nom
d’Imperatoria ostruthium.
L’otruche (déformation d’astrance, Cf. Fritsch,
2001) ou impératoire benjoin ou bien agrua.
Plante de 40 à 80 cm. Odeur aromatique rappelant
la carotte et le céleri.
Tige creuse, striée.
Feuilles à trois grands segments trilobés, parfois
triséqués, dentés en scie. Feuilles supérieures à
pétiole élargi en gaine.
Involucre souvent nul.
Involucelle à une à trois bractéoles caduques.
Ombelles grandes à trente à quarante rayons
grêles, très inégaux. Corolle blanche ou rose.
Fruit comprimé, presque aussi large que long,
diamètre 4 à 5 mm, échancré aux deux extrémités,
largement ailé, une bandelette par vallécule.
Plante des montagnes (1400-2700 m) : prairies
humides, mégaphorbaies, bord des ruisseaux,
commune en Savoie.
Imperatoria ostruthium
dessin extrait de “Flore de la France” – Coste H.
On utilisait la racine très aromatique à saveur
piquante comme tonique, stomachique, diurétique,
sudorifique, carminative, elle s’employait contre
toute sortes de maux et notamment comme
décontractant des spasmes utérins, pour faciliter
les accouchements. On aromatisait les fromages
avec la poudre de racine.
Peucedanum palustre s’appelle désormais
Thysselinum palustre.
Le persil des marais.
Plante de 50 à 150 cm de haut. Forte odeur de
térébenthine.
Tige creuse, glabre.
Feuilles molles, divisées en segments étroits,
linéaires, lancéolés acuminés à bords et pointes
rudes.
Involucre à bractées rabattues, à bord
membraneux.
Involucelle à bractéoles rabattues, à bord
membraneux.
Ombelles à quinze à trente rayons hérissés.
Corolle blanche ou rosée.
Fruit comprimé, elliptique, long de 4 à 5 mm, côtes
marginales largement ailées, ailes étroites, une
bandelette par vallécule.
Plante de l’étage collinéen montagnard (900 m) :
prairies marécageuses, rives, aulnaies. Connue en
Savoie autour des principaux lacs de plaine et
quelques marais (Challes-les-Eaux, Cruet, la
Biolle), plantes vulnérables de par leur milieu de
vie.
Thysselinum palustre
dessin extrait de “Flore de la France” – Coste H.
On l’employait jadis contre l’épilepsie et pour
remplacer le gingembre.
- 40 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Tableau récapitulatif des changements de dénomination chez les Ligusticum et Peucedanum
de Savoie.
Ligusticum ferulaceum All.
Coristospermum ferulaceum (All.) Reduron, Charpin & Pimenov
Ligusticum mutellina (L.) Crantz
Mutellina adonidifolia (J. Gay) Gutern.
Ligusticum mutellinoides (Crantz) Villars
Pachypleurum mutellinoides (Crantz) Holub
Peucedanum cervaria (L.) Lapeyr.
Cervaria rivini Gaertn.
Peucedanum oreoselinum (L.) Moench
Oreoselinum nigrum Delarbre
Peucedanum ostruthium (L.) Koch
Imperatoria ostruthium L.
Peucedanum palustre (L.) Moench
Thysselinum palustre (L.) Hoffm.
BIBLIOGRAPHIE
DELAHAYE T., 2006 – Les pelouses sèches de Meyrieux-Trouet et quelques repères dans la taxinomie des
orchidées, compte rendu de la sortie du 21 mai 2005 – Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne – n°
11 – pp. 15-19.
DELAHAYE T. & PRUNIER P. – 2006 – Inventaire commenté et liste rouge des plantes vasculaires de Savoie –
Bull. spécial Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne, n° 2 – 106 p.
FOURNIER P., 1948 – Le livre des plantes médicinales et vénéneuses de France, tome III – 636 p.
FRITSCH R., 2001 – Une plante savoyarde à intérêt gynécologique : l’Otruche ou Impératoire benjoin
(Peucedanum ostruthium (L.) Koch) – Bull. Soc. Hist. Nat. de la Savoie, n° 330 – pp. 5-22.
FRITSCH R., 2002 – La ligustique mutelline, Ligusticum mutellina (L.) Crantz - Bull. Soc. Hist. Nat. de la Savoie,
n° 336 – pp. 5-12.
JEANMONOD D., 2000 – Faut-il brûler votre "Binz" et votre "Flora Helvetica" ou Que change la systématique
moléculaire dans notre flore ? – Saussurea n° 31 – pp. 65-72.
REDURON J.-P., CHARPIN A., PIMENOV M. – 1997 - Contribution à la nomenclature générique des Apiaceae
(Ombellifères) – J. Bot. Soc. bot. Fr. n° 1 – pp. 91-104.
REDURON J.-P., 2007 – Ombellifères de France, tomes 1,2 & 3 – Bull. de la Société Botanique du CentreOuest, Nouvelle série – Numéro spécial 26, 27, 28 – 1726 p.
- 41 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
UN PETIT TOUR AILLEURS :
HERBORISATION À SAINT-JEAN-DE-BELLEVILLE
COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU 15 JUILLET 2007
Par Thierry Delahaye
Nous avions programmé cette balade en commun avec nos collègues de Nature en
Tarentaise dans le but d'aller explorer le vallon du Clou à Sainte-Foy-Tarentaise. L'intérêt paysager
et botanique de ce site n'est plus à démontrer. Pour autant, son intégrité reste menacée. Si les
projets de barrage hydro-électrique et de recouvrement par les eaux sont à ce jour endormis, la
dégradation par moult équipements et terrassements nouveaux liés aux sports d'hiver est presque
déjà en route... Ce 15 juillet 2007, nous ne prendrons pas le risque de ne jamais atteindre ce
magnifique vallon, pour cause de passage du Tour de France cycliste en Tarentaise.
Le choix est donc fait de se replier sur une vallée épargnée par la caravane publicitaire et les hordes
de spectateurs : la vallée de Saint-Jean-de-Belleville. Sur la route vers le hameau des Deux Nants,
Philippe Pellicier, chronométreur officiel de Nature en Tarentaise, s'arrête 18 secondes 3 dixièmes
pour nous montrer là-haut dans la pente, de l'autre côté du vallon sous la pointe de Daillait un
peuplement extraordinaire de Salix glaucosericea éclairé par le soleil matinal. C'est sans doute une
des stations les plus étendues de Savoie. Mais sa visite n'est pas inscrite sur le profil de l'étape du
jour.
Le départ est donné du hameau de la Sauce à 1600 m d'altitude et l'arrivée sera jugée au col
frontalier entre Tarentaise et Maurienne perché à 2400 m, le col de Valbuche, classé hors catégorie.
L'étape est longue et pour arriver à son terme, il n'est pas souhaitable de musarder sur la première
partie du parcours, d'autant que la faible déclivité permet d'utiliser un grand braquet. Une première
côte sérieuse pour grimper au chalet du Fût étire le peloton tandis que les candidats au maillot à
"Pisum rubrum" font la course en tête. C'est le premier ravitaillement et chacun sort de sa musette
quelques remontants. Nous repartons groupés et les choses sérieuses commencent enfin... Nous
atteignons le Paradis en traversant une aulnaie verte installée sur de gros blocs rocheux. D'un bloc à
l'autre, nous passons d'une flore silicicole (Bupleurum stellatum, Campanula barbata) à calcicole
(Kernera saxatilis, Globularia cordifolia). Mais ces considérations écologiques s'effacent devant les
élégantes clématites et ancolies des Alpes. Un petit replat permet de reposer les mollets mais le
groupe perd de sa cohésion, chacun virevoltant dans une belle zone humide. Celui-ci circule entre
les feuilles collantes de la grassette des Alpes ; celui-là pose le pied à terre devant le rare et protégé
trichophore des Alpes ; un autre fait du sur-place devant la jolie gentiane de Bavière, représentée ici
par la sous-espèce type qui développe une tige avec trois ou quatre paires de feuilles opposées ;
d'autres encore se grattent la tête devant quelques Dactylorhiza sp. Plusieurs participants déjà en
surchauffe viennent se rafraîchir à la source qui s'écoule entre les touffes de Saxifraga aizoides et
Arabis soyeri subsp. subcoriacea. Un petit tronçon en faux plat et le franchissement du ruisseau de
Valbuche nous permettent d'atteindre le chalet du même nom. Là encore, l'apport de roches
charriées par le ruisseau favorise la cohabitation sur quelques mètres de plantes classiquement
observées en secteur calcaire : Dryas octopetala, Veronica aphylla, etc. et d'autres caractéristiques
des zones siliceuses : Leucanthemopsis alpina, Silene rupestris... La fringale commence à se faire
sentir chez certains, mais pas question de s'arrêter en pleine pente ; nous nous accrochons dans le
sillage de Christian Marck en essayant de ne pas nous faire rattraper par la voiture-balai. Une pause
est accordée avant l'ascension finale. L'occasion de reprendre quelques forces et d'explorer la flore
chasmophytique : Draba fladnizensis, Primula hirsuta et un petit échantillonnage de saxifrages : faux
bryum, sillonnée, à feuilles opposées et paniculée. Ça y est ! Nous passons sous la flamme rouge du
dernier kilomètre. Les plus fringants coupent droit dans la pente à travers les éboulis tandis que les
autres zigzaguent de rochers en rochers, d'androsace helvétique en genépi jaune, d'aster des Alpes
en saxifrage rude. La ligne de crête, ligne d'arrivée, est en vue. Un dernier sprint groupé dans une
combe à neige permet de voir défiler Alchemilla pentaphyllea, Cerastium cerastoides, Omalotheca
supina, Salix herbacea, etc. Même sur la photo-finish il ne sera pas possible de départager un
vainqueur, tout le monde a gagné ! Nous furetons sur la crête où un vent fou tourbillonne. C'est le
domaine de l'oxytropis champêtre et de l'élyna fausse queue de souris. La gentiane de Bavière se
montre ici dans une sous-espèce compacte : la gentiane à tiges courtes, mais qui conserve bien les
feuilles obtuses caractéristiques de l'espèce. Elle côtoie ici Gentiana orbicularis avec laquelle il
convient de ne pas la confondre. Un dernier coup d'œil sur la vallée de la Maurienne et la descente
s'engage à tombeau ouvert... À peine le temps de discuter des sous-espèces de l'avoine dorée et de
refaire quelques clichés de swertie vivace. Même s'il faut attendre un peu les derniers, personne
n'arrive hors délais et tout le monde pourra repartir pour la prochaine étape.
- 42 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
LISTE DES PLANTES OBSERVÉES
(d'après les notes de Thierry Delahaye, tous les relevés sont localisés sur la commune de SaintJean-de-Belleville).
Lieu-dit : Le Paradis
Altitude : 1950 à 1960 m
Coordonnées : longitude 4,5401 gr – latitude 50,4122 gr
Aulnaie verte sur gros blocs :
Acinos alpinus (L.) Moench subsp. alpinus
(sarriette des Alpes)
Aconitum anthora L. (aconit anthora)
Actaea spicata L. (actée en épi)
Alnus alnobetula (Ehrh.) C. Koch subsp. alnobetula
(aulne vert)
Aquilegia alpina L. (ancolie des Alpes)
Arnica montana L. subsp. montana (arnica des montagnes)
Artemisia umbelliformis Lam. subsp. umbelliformis
(genépi jaune)
Asplenium ramosum Lovis & Reichst.
(asplénium à pétiole vert)
Asplenium ruta-muraria L. subsp. ruta-muraria
(asplénium rue de muraille)
Astrantia minor L. (petite astrance)
Berberis vulgaris L. (épine vinette)
Briza media L. subsp. media (amourette)
Bupleurum stellatum L. (buplèvre étoilé)
Campanula barbata L. (campanule barbue)
Carduus defloratus L. subsp. defloratus (chardon décapité)
Carex ornithopoda Willd. subsp. ornithopoda
(laîche pied d’oiseau)
Carex pallescens L. (laîche pâle)
Centaurea uniflora Turra subsp. nervosa
(Willd.) Bonnier & Layens (centaurée nervée)
Cerastium arvense L. subsp. strictum (Koch) Gremli
(céraiste raide)
Clematis alpina (L.) Mill. subsp. alpina (clématite des Alpes)
Cotoneaster integerrimus Medik.
(cotonéaster à feuilles entières)
Cystopteris fragilis (L.) Bernh. subsp. fragilis
(cystoptéris fragile)
Dactylis glomerata L. subsp. glomerata (dactyle aggloméré)
Digitalis grandiflora Mill. (digitale à grandes fleurs)
Dryopteris filix-mas (L.) Schott (fougère mâle)
Euphorbia cyparissias L. (euphorbe faux cyprès)
Festuca laevigata Gaudin subsp. laevigata (fétuque lisse)
Festuca paniculata (L.) Schinz & Thell. subsp. paniculata
(fétuque paniculée)
Galium mollugo L. subsp. erectum Syme (gaillet dressé)
Galium pumilum Murray subsp. pumilum (gaillet nain)
Geranium sylvaticum L. (géranium des forêts)
Globularia cordifolia L. (globulaire à feuilles en cœur)
Hieracium lactucella Wallr. (épervière petite laitue)
Hypericum maculatum Crantz subsp. maculatum
(millepertuis maculé)
Imperatoria ostruthium L. (impératoire)
Juniperus sibirica Lodd. ex Burgsd. (genévrier nain)
Kernera saxatilis (L.) Sweet subsp. saxatilis
(kernéra des rochers)
Lathyrus occidentalis (Fisch. & C. A. Mey.) Fritsch subsp.
occidentalis (gesse de l'Occident)
Linum catharticum L. (lin purgatif)
Lonicera caerulea L. subsp. caerulea (chèvrefeuille bleu)
Phleum alpinum L. (fléole des Alpes)
Pimpinella major (L.) Huds. subsp. major (grand boucage)
Poa nemoralis L. subsp. nemoralis (pâturin des bois)
Polystichum lonchitis (L.) Roth (polystic en lance)
Potentilla crantzii (Crantz) Beck ex Fritsch subsp. crantzii
(potentille de Crantz)
Potentilla grandiflora L. subsp. grandiflora
(potentille à grandes fleurs)
Primula hirsuta All. (primevère hérissée)
Rhamnus pumila Turra subsp. pumila (nerprun nain)
Rhododendron ferrugineum L. subsp. ferrugineum
(rhododendron ferrugineux)
Rosa pendulina L. (rosier des Alpes)
Rubus saxatilis L. (ronce des rochers)
Rumex arifolius All. subsp. arifolius (rumex à feuilles d'arum)
Saxifraga paniculata Mill. subsp. paniculata
(saxifrage paniculée)
Sedum dasyphyllum L. subsp. dasyphyllum
(orpin à feuilles épaisses)
Sempervivum arachnoideum L. subsp. arachnoideum
(joubarbe aranéeuse)
Sempervivum montanum L. subsp. montanum
(joubarbe des montagnes)
Senecio doronicum (L.) L. subsp. doronicum
(séneçon doronic)
Silene nutans L. subsp. nutans (silène penché)
Silene vulgaris (Moench) Garcke subsp. vulgaris (silène enflé)
Stachys pradica (Zanted.) Greuter & Pignatti
(épiaire du mont Prada)
Tragopogon pratensis L. subsp. orientalis (L.) Celak.
(salsifis d’Orient)
Trifolium pratense L. subsp. pratense (trèfle des prés)
Valeriana tripteris L. (valériane triséquée)
Veratrum lobelianum Bernh. (vératre de Lobel)
Veronica fruticans Jacq. (véronique buissonnante)
Lieu-dit : Le Paradis
Altitude : 1960 m
Coordonnées : longitude 4,5414 gr – latitude 50,4086 gr
Bas-marais :
Allium schoenoprasum L. (ciboulette)
Arabis soyeri Reut. & A. L. P. Huet subsp. subcoriacea
(Gren.) Breistr. (arabette subcoriace)
Bartsia alpina L. (bartsie des Alpes)
Blysmus compressus (L.) Panz. ex Link (blysmus comprimé)
Caltha palustris L. subsp. palustris (populage)
Carex davalliana Sm. (laîche de Davall)
Carex flacca Schreb. subsp. flacca (laîche glauque)
Carex frigida All. (laîche des régions froides)
Carex nigra (L.) Reichard subsp. nigra (laîche brune)
Carex panicea L. (laîche faux panic)
Carex viridula Michx. subsp. oedocarpa
(Andersson) B. Schmid (laîche à tiges basses)
Coeloglossum viride (L.) Hartm. (orchis grenouille)
Crepis aurea (L.) Tausch. subsp. aurea (crépide orangée)
Deschampsia cespitosa (L.) P. Beauv. subsp. cespitosa
(canche gazonnante)
Eleocharis quinqueflora (Hartmann) O. Schwarz
(héléocharis à cinq fleurs)
Equisetum palustre L. (prêle des marais)
Equisetum variegatum Schleich. (prêle panachée)
Eriophorum latifolium Hoppe (linaigrette à larges feuilles)
Gentiana bavarica L. subsp. bavarica (gentiane de Bavière)
Gymnadenia conopsea (L.) R. Br. subsp. conopsea
(orchis moucheron)
Huperzia selago (L.) Bernh. ex Schrank & Mart. subsp. selago
(lycopode sélagine)
- 43 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Selaginella selaginoides (L.) P. Beauv. ex Schrank & Mart.
(sélaginelle fausse sélagine)
Soldanella alpina L. subsp. alpina (soldanelle des Alpes)
Swertia perennis L. (swertie vivace)
Tofieldia calyculata (L.) Wahlenb. (tofieldie à calicule)
Trichophorum alpinum (L.) Pers. (trichophore des Alpes)
Trichophorum cespitosum (L.) Hartm. subsp. cespitosum
(trichophore gazonnant)
Triglochin palustre L. (troscart des marais)
Trollius europaeus L. subsp. europaeus (trolle d’Europe)
Veratrum lobelianum Bernh. (vératre de Lobel)
Juncus alpinoarticulatus Chaix subsp. alpinoarticulatus
(jonc des Alpes)
Listera ovata (L.) R. Br. (listère ovale)
Molinia caerulea (L.) Moench subsp. arundinacea
(Schrank) K. Richt. (molinie faux roseau)
Pinguicula alpina L. (grassette des Alpes)
Polygonum viviparum L. (renouée vivipare)
Potentilla erecta (L.) Räusch. (tormentille)
Primula farinosa L. subsp. alpigena O. Schwarz
(primevère farineuse)
Salix foetida Schleich. ex DC. (saule fétide)
Saxifraga aizoides L. (saxifrage faux aïzoon)
Lieu-dit : chalet de Valbuche
Altitude : 2120 à 2130 m
Coordonnées : longitude 4,5287 gr – latitude 50,3979 gr
Pelouses rocailleuses en bordure du ruisseau de
Valbuche :
Alchemilla alpina L. subsp. alpina (alchémille des Alpes)
Antennaria dioica (L.) Gaertn. (pied de chat dioïque)
Aster bellidiastrum (L.) Scop. (fausse pâquerette)
Astragalus alpinus L. subsp. alpinus (astragale des Alpes)
Athyrium distentifolium Tausch ex Opiz (athyrium alpestre)
Avenula versicolor (Vill.) Lainz subsp. versicolor
(avoine bigarrée)
Bartsia alpina L. (bartsie des Alpes)
Campanula barbata L. (campanule barbue)
Carduus defloratus L. subsp. defloratus (chardon décapité)
Carex sempervirens Vill. subsp. sempervirens
(laîche toujours verte)
Cerastium arvense L. subsp. strictum (Koch) Gremli
(céraiste raide)
Cirsium spinosissimum (L.) Scop. subsp. spinosissimum
(cirse épineux)
Daphne mezereum L. (bois gentil)
Doronicum grandiflorum Lam. (doronic à grandes fleurs)
Dryas octopetala L. (dryade à huit pétales)
Galium anisophyllon Vill. (gaillet à feuilles inégales)
Homogyne alpina (L.) Cass. (homogyne des Alpes)
Leucanthemopsis alpina (L.) Heywood subsp. alpina
(leucanthémopsis des Alpes)
Lotus alpinus (DC.) Schleich. ex Ramond (lotier des Alpes)
Luzula lutea (All.) DC. subsp. lutea (luzule jaune)
Myosotis alpestris F. W. Schmidt (myosotis alpestre)
Oxytropis lapponica (Wahlenb.) J. Gay (oxytropis de Laponie)
Plantago alpina L. subsp. alpina (plantain des Alpes)
Gentiana bavarica subsp. bavarica –
Dessin extrait de "Flora der Schweiz" –
Hess H., Landolt E. & Hirzel R.
Pulsatilla vernalis (L.) Mill. subsp. vernalis
(pulsatille du printemps)
Rhododendron ferrugineum L. subsp. ferrugineum
(rhododendron ferrugineux)
Salix foetida Schleich. ex DC. (saule fétide)
Sesleria caerulea (L.) Ard. subsp. caerulea (seslérie bleuâtre)
Silene rupestris L. (silène des rochers)
Trifolium pratense L. subsp. nivale Ces. (trèfle des neiges)
Trifolium thalii Vill. (trèfle de Thal)
Urtica dioica L. subsp. dioica (ortie dioïque)
Vaccinium myrtillus L. (myrtille)
Vaccinium uliginosum L. subsp. microphyllum (Lange) Tolm.
(airelle à petites feuilles)
Veronica aphylla L. (véronique à tige nue)
Viola biflora L. (pensée à deux fleurs)
Lieu-dit : Valbuche
Altitude : 2210 m
Coordonnées : longitude 4,5250 gr – latitude 50,3968 gr
Rochers acidiphiles frais :
Agrostis rupestris All. (agrostide des rochers)
Antennaria dioica (L.) Gaertn. (pied de chat dioïque)
Aster bellidiastrum (L.) Scop. (fausse pâquerette)
Campanula scheuchzeri Vill. subsp. scheuchzeri
(campanule de Scheuchzer)
Cardamine resedifolia L. (cardamine à feuilles de réséda)
Carex parviflora Host (laîche à petites fleurs)
Carex sempervirens Vill. subsp. sempervirens
(laîche toujours verte)
Draba aizoides L. subsp. aizoides (drave faux aïzoon)
Draba fladnizensis Wulfen (drave de Fladniz)
Erigeron uniflorus L. subsp. uniflorus (vergerette à une tête)
Galium anisophyllon Vill. (gaillet à feuilles inégales)
Leontodon pyrenaicus Gouan subsp. helveticus
Mérat (Finch) & P. D. Sell (liondent de Suisse)
Lloydia serotina (L.) Rchb. (loïdie tardive)
Mutellina purpurea (Poir.) Reduron, Charpin & Pimenov
subsp. purpurea (ligustique mutelline)
Pachypleurum mutellinoides (Crantz) Holub
(ligustique fausse mutelline)
Poa alpina L. subsp. alpina (pâturin des Alpes)
Primula hirsuta All. (primevère hérissée)
Pritzelago alpina (L.) Kuntze subsp. alpina
(cresson des chamois)
Sagina glabra (Willd.) Fenzl (sagine glabre)
Salix herbacea L. (saule herbacé)
Salix retusa L. (saule à feuilles émoussées)
Saxifraga bryoides L. (saxifrage faux bryum)
Saxifraga exarata Vill. subsp. exarata (saxifrage sillonnée)
Saxifraga oppositifolia L. (saxifrage à feuilles opposées)
Saxifraga paniculata Mill. subsp. paniculata
(saxifrage paniculée)
Sedum alpestre Vill. (orpin des Alpes)
Selaginella selaginoides (L.) P. Beauv. ex Schrank & Mart.
(sélaginelle fausse sélagine)
Sempervivum arachnoideum L. subsp. arachnoideum
(joubarbe aranéeuse)
Sesleria caerulea (L.) Ard. subsp. caerulea (seslérie bleuâtre)
Silene acaulis (L.) Jacq. (silène acaule)
Silene rupestris L. (silène des rochers)
Veratrum lobelianum Bernh. (vératre de Lobel)
- 44 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Lieu-dit : sous le col de Valbuche
Altitude : 2300 m
Coordonnées : longitude 4,5193 gr – latitude 50,3982 gr
Éboulis :
Acinos alpinus (L.) Moench subsp. alpinus
(sarriette des Alpes)
Artemisia umbelliformis Lam. subsp. umbelliformis
(genépi jaune)
Chaerophyllum villarsii Koch (chérophylle de Villars)
Chenopodium bonus-henricus L. (chénopode bon Henri)
Daphne mezereum L. (bois gentil)
Doronicum grandiflorum Lam. (doronic à grandes fleurs)
Epilobium collinum C. C. Gmel. (épilobe des coteaux)
Euphorbia cyparissias L. (euphorbe faux cyprès)
Geum montanum L. (benoîte des montagnes)
Linaria alpina (L.) Mill. subsp. alpina (linaire des Alpes)
Lotus alpinus (DC.) Schleich. ex Ramond (lotier des Alpes)
Phleum alpinum L. (fléole des Alpes)
Rumex scutatus L. subsp. scutatus (rumex à écussons)
Scutellaria alpina L. subsp. alpina (scutellaire des Alpes)
Sedum anacampseros L. (orpin anacampséros)
Sempervivum tectorum L. subsp. tectorum (joubarbe des toits)
Gentiana verna subsp. verna –
Dessin extrait de "Flora der Schweiz" –
Hess H., Landolt E. & Hirzel R.
Lieu-dit : col de Valbuche
Altitude : 2400 m
Coordonnées : longitude 4,5159 gr – latitude 50,4013 gr
Luzula spicata (L.) DC. subsp. mutabilis Chrtek & Krisa
(luzule changeante)
Pedicularis cenisia Gaudin (pédiculaire du mont Cenis)
Poa nemoralis L. subsp. nemoralis (pâturin des bois)
Polygala alpestris Rchb. subsp. alpestris (polygale alpestre)
Polystichum lonchitis (L.) Roth (polystic en lance)
Primula hirsuta All. (primevère hérissée)
Saxifraga aspera L. (saxifrage rude)
Saxifraga paniculata Mill. subsp. paniculata
(saxifrage paniculée)
Sedum anacampseros L. (orpin anacampséros)
Silene acaulis (L.) Jacq. (silène acaule)
Trifolium alpinum L. (trèfle des Alpes)
Trifolium thalii Vill. (trèfle de Thal)
Veronica aphylla L. (véronique à tige nue)
Veronica fruticans Jacq. (véronique buissonnante)
Viola biflora L. (pensée à deux fleurs)
Pelouse alpine avec blocs rocheux :
Agrostis alpina Scop. (agrostide des Alpes)
Androsace helvetica (L.) All. (androsace de Suisse)
Artemisia umbelliformis Lam. subsp. umbelliformis
(genépi jaune)
Asplenium ramosum Lovis & Reichst.
(asplénium à pétiole vert)
Aster alpinus L. subsp. alpinus (aster des Alpes)
Athyrium distentifolium Tausch ex Opiz (athyrium alpestre)
Bupleurum stellatum L. (buplèvre étoilé)
Draba dubia Suter subsp. dubia (drave douteuse)
Festuca quadriflora Honck. (fétuque à quatre fleurs)
Galium anisophyllon Vill. (gaillet à feuilles inégales)
Globularia cordifolia L. (globulaire à feuilles en cœur)
Hieracium piliferum Hoppe (épervière poilue)
Leucanthemopsis alpina (L.) Heywood subsp. alpina
(leucanthémopsis des Alpes)
Lieu-dit : col de Valbuche
Altitude : 2395 à 2400 m
Coordonnées : longitude 4,5148 gr – latitude 50,4016 gr
Combes à neige et dépressions marécageuses :
Alchemilla pentaphyllea L. (alchémille à cinq folioles)
Androsace obtusifolia All. (androsace à feuilles obtuses)
Caltha palustris L. subsp. palustris (populage)
Carex foetida All. (laîche fétide)
Cerastium cerastoides (L.) Britton (céraiste faux céraiste)
Deschampsia cespitosa (L.) P. Beauv. subsp. cespitosa
(canche gazonnante)
Epilobium alsinifolium Vill. (épilobe à feuilles d'alsine)
Eriophorum polystachion L. (linaigrette à feuilles étroites)
Eriophorum scheuchzeri Hoppe (linaigrette de Scheuchzer)
Festuca halleri All. subsp. halleri (fétuque de Haller)
Galium anisophyllon Vill. (gaillet à feuilles inégales)
Geum montanum L. (benoîte des montagnes)
Leontodon pyrenaicus Gouan subsp. helveticus
(Mérat) Finch & P. D. Sell (liondent de Suisse)
Nardus stricta L. (nard raide)
Omalotheca supina (L.) DC. (gnaphale couché)
Pachypleurum mutellinoides (Crantz) Holub
(ligustique fausse mutelline)
Pedicularis cenisia Gaudin (pédiculaire du mont Cenis)
Plantago alpina L. subsp. alpina (plantain des Alpes)
Poa alpina L. subsp. alpina (pâturin des Alpes)
Salix herbacea L. (saule herbacé)
Saxifraga androsacea L. (saxifrage androsace)
Saxifraga bryoides L. (saxifrage faux bryum)
Trifolium alpinum L. (trèfle des Alpes)
Viola calcarata L. subsp. calcarata (pensée éperonnée)
- 45 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Lieu-dit : col de Valbuche
Altitude : 2410 à 2420 m
Coordonnées : longitude 4,5143 gr – latitude 50,4004 gr
Pelouses alpines et crêtes ventées :
Androsace helvetica (L.) All. (androsace de Suisse)
Antennaria dioica (L.) Gaertn. (pied de chat dioïque)
Anthyllis vulneraria L. subsp. valesiaca (Beck) Guyot
(anthyllide du Valais)
Astragalus alpinus L. subsp. alpinus (astragale des Alpes)
Avenula versicolor (Vill.) Lainz subsp. versicolor
(avoine bigarrée)
Carex sempervirens Vill. subsp. sempervirens
(laîche toujours verte)
Dryas octopetala L. (dryade à huit pétales)
Festuca quadriflora Honck. (fétuque à quatre fleurs)
Gentiana bavarica L. subsp. subacaulis (Schleich. ex Gaudin)
G. Müll. (gentiane à tiges courtes)
Gentiana orbicularis Schur (gentiane à feuilles orbiculaires)
Gentiana verna L. subsp. verna (gentiane printanière)
Gypsophila repens L. (gypsophile rampante)
Kobresia myosuroides (Vill.) Fiori
(élyna fausse queue de souris)
Lotus alpinus (DC.) Schleich. ex Ramond (lotier des Alpes)
Myosotis alpestris F. W. Schmidt (myosotis alpestre)
Oxytropis campestris (L.) DC. subsp. campestris
(oxytropis champêtre)
Oxytropis lapponica (Wahlenb.) J. Gay (oxytropis de Laponie)
Pachypleurum mutellinoides (Crantz) Holub
(ligustique fausse mutelline)
Pedicularis verticillata L. (pédiculaire verticillée)
Polygonum viviparum L. (renouée vivipare)
Salix reticulata L. (saule à réseau)
Salix retusa L. (saule à feuilles émoussées)
Saxifraga biflora All. subsp. biflora (saxifrage à deux fleurs)
Saxifraga oppositifolia L. (saxifrage à feuilles opposées)
Sibbaldia procumbens L. (sibbaldie couchée)
Veronica alpina L. (véronique des Alpes)
Gentiana orbicularis –
Dessin extrait de "Flora der Schweiz" –
Hess H., Landolt E. & Hirzel R.
- 46 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
ORCHIDÉES ET ORCHIDOPHILES EN HAUTE MAURIENNE
COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU 21 JUILLET 2007
Par Thierry Delahaye
Pour cette première sortie commune entre la Société Française d'Orchidophilie Rhône-Alpes
(S.F.O.R.A.) et la S.M.B.R.C., nous choisissons de parcourir la Haute Maurienne pour observer
quelques-unes des orchidées typiques des milieux montagnards. À croire que le sujet est attractif
puisque ce n'est pas moins d'une trentaine de participants, rejoints par quelques autochtones de la
Société Mycologique et Botanique de Haute-Maurienne qui se retrouvent à Bramans pour cette
balade. Trois stations botaniques préalablement repérées par une équipe de la S.F.O.R.A. pilotée
par Gérard Reynaud, et l'inventaire d'une zone humide sont au programme.
Nos herborisations débutent le long de la route du col de l'Iseran au
niveau du pont de la Neige à Bonneval-sur-Arc. Deux espèces
d'orchidées sont au rendez-vous : Nigritella rhellicani, et celle que
tout le monde est venu voir et qui retient toute l'attention des
photographes : Chamorchis alpina. Dans le cas présent, la taille et la
discrétion de la plante sont inversement proportionnelles à l'intérêt
que lui portent les orchidophiles. Par voie de conséquence, les
autres plantes remarquables présentes sur cette première station
n'arrivent pas à ravir la vedette à l'orchis nain des Alpes. Nous
notons quand même quatre autres espèces protégées en rayonnant
quelques dizaines de mètres autour des petites orchidées : Carex
bicolor, Carex maritima, Juncus arcticus, et Oxytropis fetida. Ces
quelques plantes illustrent l'intérêt exceptionnel de la flore de la
Haute Maurienne, en particulier pour son cortège de plantes à aire
de distribution arctico-alpine.
Chamorchis alpina – dessin extrait de Nous redescendons la vallée pour un deuxième arrêt à Bessans. Sur
"Flore de la France – Coste H.
la rive droite de l'Arc, en pied de versant, des arrivées d'eau
permettent localement l'installation d'une végétation palustre. Le site prospecté est le marais de La
Coëlle. Il s'agit d'une tourbière basse alcaline dont une bonne partie est occupée par une végétation
dense de Schoenus ferrugineus, une cypéracée protégée, connue en Savoie uniquement en HauteMaurienne. L'objectif principal de cette herborisation est d'essayer d'identifier les incontournables
Dactylorhiza des zones humides. Les plantes sont examinées une par une ! Quelques exemplaires
typiques sont attribués à Dactylorhiza fistulosa et Dactylorhiza incarnata. Mais la plupart des plantes
présentent des caractères morphologiques intermédiaires dans lesquels nous décelons une nette
influence de Dactylorhiza traunsteineri… Et pourquoi pas de Dactylorhiza lapponica ? Au final, nous
décidons de ne pas faire figurer ces espèces dans notre inventaire : "dans le doute, abstiens-toi" !
Nous ne gagnons donc pas beaucoup de certitude sur la détermination de ce groupe d'orchidées... À
noter que le marais de La Coëlle est une des zones humides les plus intéressantes du fond de la
vallée de la Maurienne. Swertia perennis et Thalictrum simplex complètent la liste des plantes
protégées. Pour cette dernière, la sous-espèce a pu être précisée grâce à Ralf Hand (com. pers.),
spécialiste allemand des pigamons, il s'agit de Thalictrum simplex subsp. galioides. Par ailleurs, en
plus des espèces notées ce 21 juillet, deux autres plantes protégées ont été observées récemment à
La Coëlle : Eriophorum gracile et Ophioglossum vulgatum. Des démarches sont en cours auprès des
propriétaires pour préserver ce marais dont la pérennité est menacée par un drainage agricole et la
colonisation pas les ligneux.
Après un repas convivial et riche en partages sur une terrasse alluviale de l'Arc à Bessans, nous
repartons en direction de Termignon pour deux nouveaux arrêts. Le premier se situe au nord du
village au lieu-dit Les Fontaignous. Cette ouverture dans la forêt correspond à une ancienne piste de
ski alpin abandonnée. La présence de suintements a permis l'installation d'une végétation
hygrocline. Le site est célèbre chez les orchidophiles, puisque c'est sur cette pente qu'a été signalé
pour la première fois en France Dactylorhiza lapponica (Amardeilh, 1997), synonymisé depuis avec
Dactylorhiza pseudocordigera. Mais le site est peut-être plus remarquable encore par la population
d'Herminium monorchis qu'il abrite… Ou du moins abritait. En effet, voici ce qu'écrivait Jean-Pierre
Amardeilh en 1997 (op. cit.) et ce que nous avons pu également constater sur le terrain à propos de
cette petite orchidée : "… espèce rare dans toute son aire de répartition, mais bénéficiant d'une
protection légale dans la région Rhône-Alpes et c'est probablement une des plus belles stations de
- 47 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
France avec des plantes pouvant se compter par milliers." Nous
n'avons pas cherché au cours de cette journée à effectuer un
dénombrement exhaustif, mais en 2007, la population d'Herminium
monorchis des Fontaignous s'estime davantage en dizaines qu'en
milliers de pieds. Cette régression sévère a comme principale origine
les plantations de conifères effectuées sur cette pente suite à l'arrêt
du ski. Ces arbres qui atteignent quelques mètres de hauteur
modifient chaque année un peu plus l'éclairement des plantes au sol
ainsi que la composition chimique et l'humidité du substrat. À
l'initiative des agents locaux du Parc national de la Vanoise, des
contacts ont été pris avec la commune de Termignon, propriétaire du
terrain, et l'Office National des Forêts, responsable des plantations,
afin de trouver une solution pour essayer d'enrayer la dégradation du
milieu de vie de ces plantes remarquables. Une première coupe
d'épicéas a été effectuée à l'automne 2006. Malheureusement les
rémanents laissés sur place ne permettent pas encore d'évoquer Herminium monorchis – dessin extrait
de "Flore de la France – Coste H.
une restauration du milieu. La reprise et la poursuite d'interventions
sur les ligneux et surtout la mise en place d'une gestion pérenne comme un pâturage en fin d'été
restent à concrétiser. Au cours de la balade entre le village de Termignon et Les Fontaignous nous
observons une douzaine d'espèces d'orchidées dont Epipactis atrorubens, Epipactis distans,
Epipactis helleborine et sur les pentes humides Epipactis palustris ; dans les boisements Goodyera
repens, etc.
Nous reprenons nos véhicules pour une ultime montée sur la route qui mène au parking de
Bellecombe au cœur du Parc national de la Vanoise. Nous nous arrêtons vers 2270 m à proximité du
hameau de Chavière pour explorer des pelouses alpines à la recherche de Nigritella cenisia (=
Gymnadenia cenisia). Cette espèce a été décrite en 1998 à partir de populations du mont Cenis
(Foelsche & Gerbaud, 1998). En France, sa distribution se limite pour l'instant aux seuls
départements de l'Isère, des Hautes-Alpes et de la Savoie (Bournerias, Prat & al., 2005). Cette
nigritelle se singularise par son inflorescence particulièrement dense et fournie et ses bractées
nettement denticulées ; ces nuances ne sont pas toujours évidentes à saisir sur le terrain par rapport
à la classique Nigritella rhellicani. Dans ce même groupe, la distinction également de Nigritella
austriaca fait qu'il est de moins en moins facile d'attribuer un nom scientifique aux orchis vanille
rencontrés dans la nature. Une autre "vedette savoyarde" observée sur ces pelouses est la gentiane
utriculeuse, aisément reconnaissable par la tige ramifiée et le calice largement ailé. Cette plante
protégée, considérée comme disparue en Alsace (ODONAT, 2003), ne subsiste en France qu'en
Savoie.
Des zones humides, des boisements thermophiles, des pelouses alpines, une vingtaine d'espèces
d'orchidées, quelques plantes parmi les plus rares de la flore française, de nouvelles rencontres
entre passionnés… Au final, un bien joli bilan pour cette journée estivale !
LISTE DES PLANTES OBSERVÉES
(d'après les notes de Thierry Delahaye).
Commune : Bonneval-sur-Arc
Lieu-dit : pont de la Neige
Altitude : 2530 à 2540 m
Coordonnées : longitude 5,2125 gr – latitude 50,4516 gr
Achillea nana L. (achillée naine)
Agrostis alpina Scop. (agrostide des Alpes)
Antennaria carpatica (Wahlenb.) Bluff & Fingerh.
(pied de chat des Carpates)
Artemisia genipi Weber subsp. genipi (genépi noir)
Artemisia glacialis L. (genépi des glaciers)
Astragalus alpinus L. subsp. alpinus (astragale des Alpes)
Bartsia alpina L. (bartsie des Alpes)
Botrychium lunaria (L.) Sw. (botryche lunaire)
Campanula cenisia L. (campanule du mont Cenis)
Campanula cochleariifolia Lam.
(campanule à feuilles de cranson)
Campanula scheuchzeri Vill. subsp. scheuchzeri
(campanule de Scheuchzer)
Carex bicolor All. (laîche à deux couleurs)
Carex capillaris L. subsp. capillaris (laîche capillaire)
Carex curvula All. subsp. rosae Gilomen (laîche de Rosa)
Carex frigida All. (laîche des régions froides)
Carex maritima Gunnerus (laîche maritime)
Carex parviflora Host (laîche à petites fleurs)
Carex rupestris All. (laîche des rochers)
Carex sempervirens Vill. subsp. sempervirens
(laîche toujours verte)
Cerastium arvense L. subsp. strictum (Koch) Gremli
(céraiste raide)
Chamorchis alpina (L.) Rich. (chamorchis des Alpes)
Cirsium spinosissimum (L.) Scop. subsp. spinosissimum
(cirse épineux)
Deschampsia cespitosa (L.) P. Beauv.
subsp. cespitosa (canche gazonnante)
Dryas octopetala L. (dryade à huit pétales)
Erigeron uniflorus L. subsp. uniflorus (vergerette à une tête)
- 48 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Euphrasia salisburgensis Funck (euphraise de Salzbourg)
Festuca quadriflora Honck. (fétuque à quatre fleurs)
Gentiana bavarica L. subsp. bavarica (gentiane de Bavière)
Gentiana schleicheri (Vacc.) Kunz (gentiane de Schleicher)
Gentiana verna L. subsp. verna (gentiane printanière)
Gentianella tenella (Rottb.) Börner (gentiane délicate)
Herniaria alpina Chaix (herniaire des Alpes)
Juncus arcticus Willd. (jonc arctique)
Juncus triglumis L. (jonc à trois glumes)
Kobresia myosuroides (Vill.) Fiori
(élyna fausse queue de souris)
Lotus alpinus (DC.) Schleich. ex Ramond (lotier des Alpes)
Minuartia verna (L.) Hiern (minuartie du printemps)
Myosotis alpestris F. W. Schmidt (myosotis alpestre)
Nigritella rhellicani Teppner & Klein subsp. rhellicani
(nigritelle de Rhellicanus)
Oxytropis campestris (L.) DC. subsp. campestris
(oxytropis champêtre)
Oxytropis fetida (Vill.) DC. subsp. fetida (oxytropis fétide)
Oxytropis helvetica Scheele (oxytropis de Suisse)
Oxytropis lapponica (Wahlenb.) J. Gay (oxytropis de Laponie)
Parnassia palustris L. (parnassie des marais)
Pedicularis cenisia Gaudin (pédiculaire du mont Cenis)
Pedicularis rosea Wulfen subsp. allionii (Rchb. f.) Arcang.
(pédiculaire d'Allioni)
Petrocallis pyrenaica (L.) R. Br. (pétrocallis des Pyrénées)
Pinguicula alpina L. (grassette des Alpes)
Poa alpina L. subsp. alpina (pâturin des Alpes)
Polygonum viviparum L. (renouée vivipare)
Primula farinosa L. subsp. alpigena O. Schwarz
(primevère farineuse)
Ranunculus glacialis L. (renoncule des glaciers)
Salix herbacea L. (saule herbacé)
Salix reticulata L. (saule à réseau)
Salix serpyllifolia Scop. (saule à feuilles de serpolet)
Saxifraga aizoides L. (saxifrage faux aïzoon)
Saxifraga oppositifolia L. (saxifrage à feuilles opposées)
Selaginella selaginoides (L.) P. Beauv. ex Schrank & Mart.
(sélaginelle fausse sélagine)
Sesleria caerulea (L.) Ard. subsp. caerulea (seslérie bleuâtre)
Trifolium badium Schreb. subsp. badium (trèfle brun)
Trifolium pratense L. subsp. nivale Ces. (trèfle des neiges)
Veronica alpina L. (véronique des Alpes)
Veronica aphylla L. (véronique à tige nue)
Veronica fruticans Jacq. (véronique buissonnante)
Commune : Bessans
Lieu-dit : La Coëlle
Altitude : 1700 m
Coordonnées : longitude 5,1509 gr – latitude 50,3479 gr
Alnus alnobetula (Ehrh.) C. Koch subsp. alnobetula
(aulne vert)
Angelica sylvestris L. subsp. sylvestris (angélique sauvage)
Aster bellidiastrum (L.) Scop. (fausse pâquerette)
Bartsia alpina L. (bartsie des Alpes)
Blysmus compressus (L.) Panz. ex Link (blysmus comprimé)
Caltha palustris L. subsp. palustris (populage)
Carex davalliana Sm. (laîche de Davall)
Carex ferruginea Scop. subsp. ferruginea
(laîche ferrugineuse)
Carex flacca Schreb. subsp. flacca (laîche glauque)
Carex hostiana DC. (laîche de Host)
Carex lepidocarpa Tausch (laîche à utricules gracieux)
Carex nigra (L.) Reichard subsp. nigra (laîche brune)
Carex panicea L. (laîche faux panic)
Carex paniculata L. subsp. paniculata (laîche paniculée)
Carex rostrata Stokes (laîche à utricules contractés en bec)
Crepis paludosa (L.) Moench (crépide des marais)
Dactylorhiza fistulosa (Moench) Baumann & Künkele
subsp. fistulosa (orchis à larges feuilles)
Dactylorhiza incarnata (L.) Soó subsp. incarnata
(orchis incarnat)
Deschampsia cespitosa (L.) P. Beauv. subsp. cespitosa
(canche gazonnante)
Eleocharis quinqueflora (Hartmann) O. Schwarz
(héléocharis à cinq fleurs)
Equisetum palustre L. (prêle des marais)
Eriophorum latifolium Hoppe (linaigrette à larges feuilles)
Filipendula ulmaria (L.) Maxim. subsp. ulmaria
(reine des prés)
Gentiana asclepiadea L. (gentiane à feuilles d'asclépiade)
Geum rivale L. (benoîte des ruisseaux)
Gymnadenia conopsea (L.) R. Br. subsp. conopsea
(orchis moucheron)
Listera ovata (L.) R. Br. (listère ovale)
Lotus maritimus L. (lotier maritime)
Menyanthes trifoliata L. (trèfle d’eau)
Molinia caerulea (L.) Moench subsp. Arundinacea
(Schrank) K. Richt. (molinie faux roseau)
Parnassia palustris L. (parnassie des marais)
Phragmites australis (Cav.) Steud. (roseau commun)
Pinguicula alpina L. (grassette des Alpes)
Pinguicula vulgaris L. (grassette vulgaire)
Polygala amarella Crantz (polygale amer)
Polygonum viviparum L. (renouée vivipare)
Potentilla erecta (L.) Räusch. (tormentille)
Primula farinosa L. subsp. alpigena O. Schwarz
(primevère farineuse)
Pyrola rotundifolia L. subsp. rotundifolia
(pyrole à feuilles rondes)
Salix daphnoides Vill. (saule faux daphné)
Salix foetida Schleich. ex DC. (saule fétide)
Salix myrsinifolia Salisb. (saule noircissant)
Salix pentandra L. (saule à cinq étamines)
Salix purpurea L. (saule poupre)
Saxifraga aizoides L. (saxifrage faux aïzoon)
Schoenus ferrugineus L. (choin ferrugineux)
Selaginella selaginoides (L.) P. Beauv. ex Schrank & Mart.
(sélaginelle fausse sélagine)
Succisa pratensis Moench (succise des prés)
Swertia perennis L. (swertie vivace)
Thalictrum simplex L. subsp. tenuifolium (Hartm.) Stener
(pigamon à feuilles étroites)
Tofieldia calyculata (L.) Wahlenb. (tofieldie à calicule)
Trichophorum cespitosum (L.) Hartm. subsp. cespitosum
(trichophore gazonnant)
Triglochin palustre L. (troscart des marais)
Valeriana dioica L. subsp. dioica (valériane dioïque)
Vicia tenuifolia Roth subsp. tenuifolia (vesce à feuilles grêles)
Commune : Termignon
Lieu-dit : Les Fontaignous
Altitude : 1480 à 1500 m
Coordonnées : longitude 4,9821 gr – latitude 50,3198 gr
Asperula cynanchica L. subsp. cynanchica
(aspérule à l'esquinancie)
Blysmus compressus (L.) Panz. ex Link (blysmus comprimé)
Carex davalliana Sm. (laîche de Davall)
Carex flacca Schreb. subsp. flacca (laîche glauque)
Carex lepidocarpa Tausch (laîche à utricules gracieux)
Carex panicea L. (laîche faux panic)
Corallorhiza trifida Châtel. (racine de corail)
- 49 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Dactylorhiza fuchsii (Druce) Soó (orchis de Fuchs)
Dactylorhiza pseudocordigera (Neumann) Soó
(orchis de Laponie)
Epipactis atrorubens (Hoffm.) Besser
(épipactis pourpre noirâtre)
Epipactis distans Arv.-Touv. (épipactis à feuilles distantes)
Epipactis helleborine (L.) Crantz subsp. helleborine
(épipactis à larges feuilles)
Epipactis palustris (L.) Crantz (épipactis des marais)
Gentiana cruciata L. subsp. cruciata (gentiane croisette)
Goodyera repens (L.) R. Br. (goodyère rampante)
Gymnadenia conopsea (L.) R. Br. subsp. conopsea
(orchis moucheron)
Herminium monorchis (L.) R. Br. (herminium à un tubercule)
Hieracium amplexicaule L. (épervière embrassante)
Larix decidua Mill. subsp. decidua (mélèze)
Listera ovata (L.) R. Br. (listère ovale)
Lotus maritimus L. (lotier maritime)
Molinia caerulea (L.) Moench subsp. arundinacea
(Schrank) K. Richt. (molinie faux roseau)
Neottia nidus-avis (L.) Rich. (néottie nid d'oiseau)
Ononis cristata Mill. (bugrane à crête)
Orchis ustulata L. (orchis brûlé)
Parnassia palustris L. (parnassie des marais)
Picea abies (L.) H. Karst. subsp. abies (épicéa)
Pinguicula vulgaris L. (grassette vulgaire)
Pinus sylvestris L. (pin sylvestre)
Platanthera chlorantha (Custer) Rchb.
subsp. chlorantha (platanthère à fleurs verdâtres)
Potentilla erecta (L.) Räusch. (tormentille)
Selaginella selaginoides (L.) P. Beauv. ex Schrank & Mart.
(sélaginelle fausse sélagine)
Tofieldia calyculata (L.) Wahlenb. (tofieldie à calicule)
Triglochin palustre L. (troscart des marais)
Commune : Termignon
Lieu-dit : La Chavière
Altitude : 2270 m
Coordonnées : longitude 4,9923 gr – latitude 50,3602 gr
Acinos alpinus (L.) Moench subsp. alpinus
(sarriette des Alpes)
Agrostis rupestris All. (agrostide des rochers)
Alchemilla saxatilis Buser (alchémille des rochers)
Anthyllis vulneraria L. subsp. valesiaca (Beck) Guyot
(anthyllide du Valais)
Asplenium septentrionale (L.) Hoffm. subsp. septentrionale
(asplénium septentrional)
Biscutella laevigata L. subsp. laevigata (lunetière lisse)
Botrychium lunaria (L.) Sw. (botryche lunaire)
Bupleurum ranunculoides L. subsp. ranunculoides
(buplèvre fausse renoncule)
Campanula barbata L. (campanule barbue)
Campanula rhomboidalis L.
(campanule à feuilles rhomboïdales)
Campanula scheuchzeri Vill. subsp. scheuchzeri
(campanule de Scheuchzer)
Cardamine resedifolia L. (cardamine à feuilles de réséda)
Centaurea uniflora Turra subsp. uniflora
(centaurée à une tête)
Chaerophyllum villarsii Koch (chérophylle de Villars)
Chenopodium bonus-henricus L. (chénopode bon Henri)
Coeloglossum viride (L.) Hartm. (orchis grenouille)
Crepis conyzifolia (Gouan) A. Kern.
(crépide à feuilles de conyze)
Dactylis glomerata L. subsp. glomerata (dactyle aggloméré)
Dactylorhiza alpestris (Pugsley) Aver. (orchis alpestre)
Daphne mezereum L. (bois gentil)
Draba aizoides L. subsp. aizoides (drave faux aïzoon)
Erigeron alpinus L. subsp. alpinus (vergerette des Alpes)
Erysimum rhaeticum (Hornem.) DC. (vélar rhétique)
Festuca paniculata (L.) Schinz & Thell. subsp. paniculata
(fétuque paniculée)
Gentiana acaulis L. subsp. acaulis (gentiane acaule)
Gentiana nivalis L. (gentiane des neiges)
Gentiana utriculosa L. (gentiane à calice renflé)
Gentianella campestris (L.) Börner subsp. campestris
(gentiane champêtre)
Geum montanum L. (benoîte des montagnes)
Hieracium villosum Jacq. (épervière velue)
Juncus trifidus L. subsp. trifidus (jonc trifide)
Juniperus sibirica Lodd. ex Burgsd. (genévrier nain)
Laserpitium halleri Crantz subsp. halleri (laser de Haller)
Lotus alpinus (DC.) Schleich. ex Ramond (lotier des Alpes)
Nardus stricta L. (nard raide)
Nigritella cenisia Foelsche & Gerbaud
(nigritelle du mont Cenis)
Parnassia palustris L. (parnassie des marais)
Pedicularis cenisia Gaudin (pédiculaire du mont Cenis)
Phyteuma betonicifolium Vill. in Chaix
(raiponce à feuilles de bétoine)
Phyteuma globulariifolium Sternb. & Hoppe subsp. pedemontanum (R. Schulz) Bech. (raiponce du Piémont)
Potentilla grandiflora L. subsp. grandiflora
(potentille à grandes fleurs)
Rumex pseudalpinus Höfft (rhubarbe des moines)
Scleranthus perennis L. subsp. perennis (gnavelle vivace)
Selaginella selaginoides (L.) P. Beauv. ex Schrank & Mart.
(sélaginelle fausse sélagine)
Sempervivum arachnoideum L. subsp. arachnoideum
(joubarbe aranéeuse)
Senecio doronicum (L.) L. subsp. doronicum
(séneçon doronic)
Silene nutans L. subsp. nutans (silène penché)
Silene rupestris L. (silène des rochers)
Silene vulgaris (Moench) Garcke subsp. vulgaris (silène enflé)
Trifolium alpinum L. (trèfle des Alpes)
Trifolium badium Schreb. subsp. badium (trèfle brun)
Trifolium montanum L. subsp. montanum
(trèfle des montagnes)
Trifolium pratense L. subsp. nivale Ces. (trèfle des neiges)
Trisetum flavescens (L.) P. Beauv. subsp. purpurascens
(DC.) Arcang. (trisète rougissant)
Veronica allionii Vill. (véronique d'Allioni)
Veronica fruticans Jacq. (véronique buissonnante)
BIBLIOGRAPHIE
AMARDEILH J.-P., 1997 – Orchidée nouvelle pour la France Dactylorhiza lapponica (Laestad) Soó en Savoie –
L'Orchidophile, n° 126 – pp. 55-58.
BOURNÉRIAS M., PRAT D. & al. (collectif de la Société Française d'Orchidophilie), 2005 – Les orchidées de
France, Belgique et Luxembourg, deuxième édition – Biotope, Mèze (collection Parthénope) – 504 p.
FOELSCHE G. & W. & GERBAUD M. & O., 1998 – Nigritella cenisia Foelsche & Gerbaud, species nova,
nouvelle espèce de France et d'Italie – L’Orchidophile, n° 134 – pp. 248-248.
ODONAT (Coord.), 2003 – Les listes rouges de la nature menacée en Alsace – Collection conservation,
Strasbourg – 479 p.
- 50 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
HERBORISATIONS
DANS LA RÉGION CHAMBÉRIENNE EN 2007
À la satisfaction générale des participants, nous avons reconduit en 2007 nos petites
excursions dans la proche banlieue de Chambéry cinq lundis soirs. Ces séances, hors des murs de
la Maison des associations, viennent compléter in situ nos ateliers de détermination en salle.
BOIS ET PRAIRIES DE VOGLANS
COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU LUNDI 2 AVRIL 2007
Par Arthur Lequay
En ce lundi 2 avril, nous nous retrouvons au parking de Voglans et dès 18h05, nous partons,
délaissant les bords de route, sans doute très intéressants botaniquement à cette époque : le but de
notre sortie n’est pas là. Il s’agit d’étudier la végétation de ces zones aujourd’hui boisées qui, il y a un
siècle étaient en grande partie cultures et pâturages. Nous nous arrêtons à la base du raide chemin
que nous allons prendre. Dans le bois à notre gauche, pourquoi la principale essence observée estelle Robinia pseudoacacia ? Ce coteau assez pentu, exposé S-SO a dû être un vignoble. Il y a un
peu plus d’un siècle, le phyloxera fit disparaître les vignes et le robinier faux acacia, plante pionnière
d’origine américaine en profita largement pour occuper le terrain. Dans l’inventaire des plantes de la
lisière, Corydalis solida est la plante la plus intéressante : ses bractées sont digitées et elle porte sur
la tige une écaille en dessous de la première feuille. Dans le bois, de très nombreuses feuilles
lancéolées en capuchon au sommet nous interpellent : s’agit-il de scille ou de gagée ? La présence
des capsules nous donne la réponse : c’est Scilla bifolia. La muscatelle – Adoxa moschatellina est
là ; elle n’a pas de fleurs spectaculaires mais celles-ci méritent examen. Cinq fleurs sont regroupées
en glomérule terminal de forme cubique, les sépales et les pétales sont soudés. La fleur terminale, à
plat, présente quatre lobes, les quatre fleurs latérales ont cinq lobes.
Nous montons dans l’ancien chemin où la présence de nombreux galets roulés ne laisse aucun
doute sur l’origine fluvioglaciaire du terrain. La forêt s’éclaircit. De grandes plantes de l’année
dernière, à tiges creuses sont couchées là ; la présence de restes de larges ombelles nous prouve
qu’il s’agit du sureau yèble. L’ombrage du bois se renforce. Sur le bord du chemin, l’abondance des
rosettes de l’orpin pourpier – Sedum cepaea, surprend. Nous arrivons à un replat où le chemin
s’élargit et là, à droite, un grand abreuvoir est alimenté par une source captée certainement depuis
bien longtemps. L’eau fraîche coule abondamment alors qu’à l’heure actuelle, nous craignons la
sécheresse. Comment cela se fait-il, alors que nous ne sommes qu’à quelques mètres en dessous
du sommet de cet anticlinal (pli en bosse) déversé vers l’ouest ? L’explication est que cette eau vient
des profondeurs : il y a ici une faille orientée NO-SE qui coupe le pli. Tout de suite après, la
végétation change brusquement car nous avons franchi la faille et nous nous trouvons sur le calcaire
compact de l’Urgonien dans la buxaie – chênaie pubescente. Nous quittons le sentier pour noter ce
qui pousse dans la pente : chêne pubescent, pin sylvestre, cerisier de Sainte-Lucie, amélanchier,
genêt d’Allemagne et genêt à balais. Puis, nous observons au bord de la falaise un groupement de
plantes saxicoles et thermophiles : Erophila verna, Saxifraga tridactylites, Teucrium chamaedrys,
Sedum acre.
Comme nous nous sommes un peu attardés, nous reprenons le sentier rapidement. Ce secteur, peu
pentu mais rocheux a dû, après épierrement, être occupé par des pâturages, comme en atteste la
présence de quelques colchiques. Chênes pubescents, frênes communs, merisiers voisinent avec le
robinier bien moins abondant que dans la première partie. Si la graine du robinier germe facilement
dans un terrain travaillé comme l’était celui des vignes, il n’en est pas de même dans une prairie où
l’abondance d’herbacées pérennes est un obstacle à sa germination.
Nous arrivons à des ruines de ce qui dut être une exploitation agricole où cognassiers et pruniers ont
résisté à l’envahissement de la forêt qui s’est installée après l’abandon du site. De beaux
châtaigniers prouvent la présence de placage glaciaire car ces plantes sont calcifuges.
Il ne fait plus très clair. Par où faut-il rentrer ? Nous avons le choix entre faire demi-tour ou rentrer
par le plateau supérieur. La deuxième solution est choisie : grands prés et vastes champs de
céréales nous changent de la zone précédente où des générations de modestes paysans ont
survécu. La guerre de 1914-1918 a profondément modifié les structures de l’agriculture. Les zones
les moins rentables ont été abandonnées.
Le chemin que nous prenons au retour est, sur quelques centaines de mètres, parallèle à l’autoroute
- 51 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
qui, en tranchée, franchit cet anticlinal dont nous avons parlé. Il ne fait plus très clair quand nous
retrouvons les voitures, mais qu’importe, nous avons passé une intéressante soirée.
L’importance de cet abreuvoir abandonné de nos jours m’a incité à reproduire une petite poésie
écrite il y a bien des années.
ABREUVOIR
L’homme a capté la source car elle était la vie
L’abreuvoir se souvient des mufles ruisselants
Des troupeaux étanchant une soif certaine,
De tous les cris joyeux que poussaient les enfants
Quand les chalets vivaient autour de la fontaine.
Les chalets sont tombés car l’homme en est parti,
Mais l’eau pure coule encore, elle est toujours la vie.
LISTE DES PLANTES OBSERVÉES
(d'après les notes de Thierry Delahaye).
Tous les relevés sont localisés sur la commune de Voglans.
Lieu-dit : la Roche
Altitude : 300 à 350 m
Coordonnées : longitude 3,9589 gr – latitude 50,7013 gr
Forêt caducifoliée fraîche de l'étage collinéen avec manteaux et ourlets, haies, bords de chemins :
Acer campestre K. Maly (érable champêtre)
Adoxa moschatellina L. (muscatelle)
Alliaria petiolata (M. Bieb.) Cavara & Grande
(alliaire officinale)
Allium ursinum L. subsp. ursinum (ail des ours)
Anthriscus sylvestris (L.) Hoffm. subsp. sylvestris
(cerfeuil des prés)
Aquilegia vulgaris L. subsp. vulgaris (ancolie vulgaire)
Arabis turrita L. (arabette tourette)
Arum maculatum L. (gouet)
Asplenium adiantum-nigrum L. subsp. adiantum-nigrum
(asplénium noir)
Asplenium trichomanes L. (capillaire rouge)
Bromus sterilis L. (brome stérile)
Buddleja davidii Franch. (buddléa de David)
Buxus sempervirens L. (buis)
Capsella bursa-pastoris (L.) Medik. subsp. bursa-pastoris
(bourse à pasteur)
Cardamine hirsuta L. (cardamine à tiges nombreuses)
Carex flacca Schreb. subsp. flacca (laîche glauque)
Carex sylvatica Huds. subsp. sylvatica (laîche des forêts)
Carpinus betulus L. (charme)
Castanea sativa Mill. (châtaignier)
Chaerophyllum temulum L. (chérophylle enivrant)
Clematis vitalba L. (clématite blanche)
Corydalis solida (L.) Clairv. subsp. solida
(corydale à tubercule plein)
Corylus avellana L. (noisetier)
Crataegus laevigata (Poir.) DC. subsp. laevigata
(aubépine lisse)
Crataegus monogyna Jacq. subsp. monogyna
(aubépine à un style)
Dactylis glomerata L. subsp. glomerata (dactyle aggloméré)
Daphne laureola L. subsp. laureola (daphné lauréole)
Euphorbia amygdaloides L. subsp. amygdaloides
(euphorbe à feuilles d’amandier)
Euphorbia cyparissias L. (euphorbe faux cyprès)
Euphorbia flavicoma DC. subsp. verrucosa (Fiori) Pignatti
(euphorbe verruqueuse)
Euphorbia lathyris L. (euphorbe épurge)
Evonymus europaeus L. (fusain d'Europe)
Fragaria vesca L. (fraisier des bois)
Fraxinus excelsior L. subsp. excelsior (frêne)
Galium aparine L. subsp. aparine (gaillet gratteron)
Geranium robertianum L. subsp. robertianum (herbe à Robert)
Geranium sanguineum L. (géranium sanguin)
Geum urbanum L. (benoîte commune)
Glechoma hederacea L. (lierre terrestre)
Hedera helix L. subsp. helix (lierre)
Helleborus foetidus L. (ellébore fétide)
Hippocrepis emerus (L.) Lassen subsp. emerus
(coronille émérus)
Humulus lupulus L. (houblon grimpant)
Lamium galeobdolon (L.) L. subsp. montanum (Pers.) Hayek
(lamier des montagnes)
Lamium maculatum (L.) L. (lamier tacheté)
Lamium purpureum L. (lamier rouge)
Lapsana communis L. subsp. communis (lapsane commune)
Ligustrum vulgare L. (troène)
Lonicera xylosteum L. (chèvrefeuille des haies)
Luzula pilosa (L.) Willd. (luzule poilue)
Medicago lupulina L. subsp. lupulina (minette)
Melittis melissophyllum L. subsp. melissophyllum
(mélitte à feuilles de mélisse)
Mercurialis perennis L. (mercuriale vivace)
Muscari comosum (L.) Mill. (muscari à toupet)
Origanum vulgare L. subsp. vulgare (marjolaine sauvage)
Phyteuma spicatum L. (raiponce en épi)
Polygonatum multiflorum (L.) All.
(sceau de Salomon multiflore)
Potentilla reptans L. (quintefeuille)
Potentilla sterilis (L.) Garcke (potentille faux fraisier)
Primula vulgaris Huds. subsp. vulgaris (primevère acaule)
Ranunculus acris L. subsp. friesianus (Jord.) Syme
(renoncule de Fries)
Ranunculus ficaria L. (ficaire)
Robinia pseudoacacia L. (robinier faux acacia)
Rosa canina L. subsp. canina (rosier des chiens)
Rumex acetosa L. subsp. acetosa (rumex oseille)
Rumex obtusifolius L. subsp. obtusifolius
(rumex à feuilles obtuses)
Ruscus aculeatus L. (fragon piquant)
Salvia glutinosa L. (sauge glutineuse)
Sambucus ebulus L. (sureau yèble)
Sambucus nigra L. (sureau noir)
Scilla bifolia L. (scille à deux feuilles)
Sedum cepaea L. (orpin pourpier)
Sinapis arvensis L. subsp. arvensis (moutarde des champs)
Solanum dulcamara L. (morelle douce amère)
Stachys sylvatica L. (épiaire des forêts)
- 52 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Stellaria media (L.) Vill. subsp. media (mouron des oiseaux)
Syringa vulgaris L. (lilas vulgaire)
Tamus communis L. (herbe aux femmes battues)
Tilia cordata Mill. (tilleul à petites feuilles)
Trifolium repens L. subsp. repens (trèfle rampant)
Ulmus glabra Huds. subsp. glabra (orme montagnard)
Urtica dioica L. subsp. dioica (ortie dioïque)
Veronica hederifolia L. subsp. hederifolia
(véronique à feuilles de lierre)
Veronica persica Poir. (véronique de Perse)
Vicia sativa L. subsp. nigra (L.) Ehrh. (vesce noire)
Vicia sepium L. (vesce des haies)
Vinca minor L. (petite pervenche)
Viola alba Besser subsp. scotophylla (Jord.) Nyman
(violette à feuilles sombres)
Viola riviniana Rchb. subsp. riviniana (violette de Rivinus)
Lieu-dit : la Roche
Altitude : 350 m
Coordonnées : longitude 3,9587 gr – latitude 50,7037 gr
Promontoire rocheux calcaire avec lambeaux de pelouse sèche :
Amelanchier ovalis Medikus (amélanchier à feuilles ovales)
Anthericum liliago L. (anthéricum à fleurs de lis)
Arabis collina Ten. (arabette des collines)
Arabis hirsuta (L.) Scop. (arabette hérissée)
Bromus erectus Huds. subsp. erectus (brome dressé)
Calluna vulgaris (L.) Hull (callune vulgaire)
Carex caryophyllea Latourr. (laîche du printemps)
Cytisus scoparius (L.) Link subsp. scoparius (genêt à balais)
Erophila verna (L.) Chevall. (drave du printemps)
Fraxinus ornus L. subsp. ornus (frêne à fleurs)
Fumana procumbens (Dunal) Gren. (fumana couché)
Genista germanica L. (genêt d'Allemagne)
Globularia bisnagarica L. (globulaire allongée)
Helianthemum nummularium (L.) Mill.
(hélianthème nummulaire)
Hippocrepis comosa L. (hippocrépide à toupet)
Hippocrepis emerus (L.) Lassen subsp. emerus
(coronille émérus)
Juniperus communis L. subsp. communis (genévrier commun)
Luzula campestris (L.) DC. (luzule des champs)
Petrorhagia saxifraga (L.) Link subsp. saxifraga
(petrorhagie saxifrage)
Pinus sylvestris L. (pin sylvestre)
Potentilla neumanniana Rchb. (potentille du printemps)
Prunus avium (L.) L. (merisier)
Prunus mahaleb L. (bois de Sainte-Lucie)
Quercus humilis Mill. subsp. humilis (chêne pubescent)
Rubia peregrina L. subsp. peregrina (garance voyageuse)
Saponaria ocymoides L. subsp. ocymoides (saponaire rose)
Saxifraga tridactylites L. (saxifrage à trois doigts)
Scrophularia canina L. subsp. canina
(scrophulaire des chiens)
Sedum acre L. (orpin âcre)
Sedum album L. subsp. album (orpin blanc)
Sesleria caerulea (L.) Ard. subsp. caerulea (seslérie bleuâtre)
Teucrium chamaedrys L. (germandrée petit chêne)
Viburnum lantana L. (viorne lantane)
Lieu-dit : la Roche
Altitude : 380 m
Coordonnées : longitude 3,9607 gr – latitude 50,7051 gr
Sur le chemin du retour... :
Asplenium adiantum-nigrum L. subsp. adiantum-nigrum
(asplénium noir)
Asplenium ceterach L. subsp. ceterach (doradille)
Asplenium trichomanes L. subsp. trichomanes
(capillaire rouge)
Carex pilosa Scop. (laîche poilue)
Colchicum autumnale L. (colchique d’automne)
Cruciata laevipes Opiz (croisette commune)
Cydonia oblongua Mill. (cognassier)
Lonicera periclymenum L. subsp. periclymenum
(chèvrefeuille des bois)
Poa trivialis L. subsp. trivialis (pâturin commun)
Primula veris L. subsp. veris (primevère officinale)
Pteridium aquilinum (L.) Kuhn subsp. aquilinum
(fougère aigle)
Sanguisorba minor Scop. subsp. minor (petite sanguisorbe)
Sedum telephium L. subsp. maximum
(L.) Rouy & E. G. Camus (grand orpin)
UN FESTIVAL DE CÉRAISTES AU PASSAGE DE LA COCHE
COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU LUNDI 16 AVRIL 2007
Par Thierry Delahaye
Les premières pentes du massif de la Chartreuse immédiatement au sud de Chambéry sont le
théâtre de notre balade botanique de ce lundi 16 avril. Après un regroupement pour covoiturage sur
le parking de l'église de Saint-Baldoph, nous nous rendons au départ de l'itinéraire préalablement et
parfaitement repéré par Gérard Mouton. Un premier arrêt en bordure d'une pelouse sèche nous offre
la possibilité de revoir quelques plantes caractéristiques des Mesobromion erecti et des cortèges de
thérophytes associés en mosaïque : Myosotis ramosissima, Saxifraga tridactylites et déjà deux
céraistes, Cerastium glomeratum et semidecandrum. Un peu plus loin une ancienne culture à gibiers
complète notre inventaire des annuelles et nous permet de distinguer Cerastium brachypetalum.
Après une progression au milieu des buis et dans une plantation de pin noir, bien peu diversifiée sur
le plan botanique, nous atteignons une croupe décalcifiée. Le genêt d'Allemagne côtoie le genêt à
balais et parmi les autres fabacées à fleurs jaunes, nous observons le rare Chamaecytisus supinus
dont la distribution en Savoie se limite au piémont de la Chartreuse et à un tout petit secteur sur le
massif des Bauges. Un petit sentier en crête nous offre une jolie vue sur le bassin chambérien
- 53 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
jusqu'au lac du Bourget. Nous continuons notre étude des céraistes annuels avec Cerastium
pumilum, le quatrième du jour ! De passionnantes discussions suivent sur les caractères distinctifs
entre Arabis scabra et Arabis collina. Comme nous l'avons déjà observé à Challes-les-Eaux sur les
pentes du mont Saint-Michel nous remarquons qu'Arabis collina présente parfois des fleurs rose
pâle, variabilité non signalée dans les flores usuelles. Ajoutons le recensement sur la crête d'une
population de Bombycilaena erecta, petite astéracée protégée en région Rhône-Alpes. Seule la nuit
saura mettre un terme à nos herborisations !
LISTE DES PLANTES OBSERVÉES
(d'après les notes de Thierry Delahaye).
Commune : Barberaz
Lieu-dit : la Chambotte
Altitude : 430 à 440 m
Coordonnées : longitude 4,0090 gr – latitude 50,6081 gr
Pelouse sèche sur calcaire :
Anthoxanthum odoratum L. subsp. odoratum
(flouve odorante)
Arabis hirsuta (L.) Scop. (arabette hérissée)
Arenaria serpyllifolia L. subsp. serpyllifolia
(sabline à feuilles de serpolet)
Bellis perennis L. subsp. perennis (pâquerette)
Bromus erectus Huds. subsp. erectus (brome dressé)
Buxus sempervirens L. (buis)
Carex caryophyllea Latourr. (laîche du printemps)
Cerastium glomeratum Thuill. (céraiste aggloméré)
Cerastium semidecandrum L. subsp. semidecandrum
(céraiste à cinq étamines)
Colchicum autumnale L. (colchique d’automne)
Dactylis glomerata L. subsp. glomerata (dactyle aggloméré)
Draba muralis L. (drave des murailles)
Erophila verna (L.) Chevall. (drave du printemps)
Euphorbia cyparissias L. (euphorbe faux cyprès)
Fraxinus excelsior L. subsp. excelsior (frêne)
Galium mollugo L. subsp. erectum Syme (gaillet dressé)
Lotus corniculatus L. subsp. corniculatus (lotier corniculé)
Luzula campestris (L.) DC. (luzule des champs)
Myosotis ramosissima Rochel subsp. ramosissima
(myosotis rameux)
Plantago lanceolata L. subsp. lanceolata (plantain lancéolé)
Potentilla neumanniana Rchb. (potentille du printemps)
Primula veris L. subsp. veris (primevère officinale)
Prunus mahaleb L. (bois de Sainte-Lucie)
Ranunculus bulbosus L. subsp. bulbosus
(renoncule bulbeuse)
Rumex acetosa L. subsp. acetosa (rumex oseille)
Sanguisorba minor Scop. subsp. minor (petite sanguisorbe)
Saponaria ocymoides L. subsp. ocymoides (saponaire rose)
Saxifraga granulata L. subsp. granulata (saxifrage granulée)
Saxifraga tridactylites L. (saxifrage à trois doigts)
Sedum sexangulare L. (orpin à six angles)
Teucrium chamaedrys L. (germandrée petit chêne)
Tragopogon pratensis L. subsp. orientalis (L.) Celak.
(salsifis d’Orient)
Vicia hirsuta (L.) Gray (vesce hérissée)
Vicia sativa L. subsp. nigra (L.) Ehrh. (vesce noire)
Viola suavis M. Bieb. (violette suave)
Commune : Barberaz
Lieu-dit : la Chambotte
Altitude : 460 m
Coordonnées : longitude 4,0085 gr – latitude 50,6059 gr
Ancienne culture à gibiers :
Arabidopsis thaliana (L.) Heynh. (arabidopsis de Thal)
Cardamine hirsuta L. (cardamine à tiges nombreuses)
Cerastium brachypetalum Desp. ex Pers.
subsp. brachypetalum (céraiste à pétales courts)
Cerastium glomeratum Thuill. (céraiste aggloméré)
Fumaria officinalis L. subsp. officinalis (fumeterre officinale)
Kandis perfoliata (L.) Kerguélen subsp. perfoliata
(tabouret perfolié)
Myosotis ramosissima Rochel subsp. ramosissima
(myosotis rameux)
Poa trivialis L. subsp. trivialis (pâturin commun)
Sinapis arvensis L. subsp. arvensis (moutarde des champs)
Valerianella carinata Loisel. (valérianelle carénée)
Veronica persica Poir. (véronique de Perse)
Commune : Barberaz
Lieu-dit : la Chambotte
Altitude : 510 à 520 m
Coordonnées : longitude 4,0053 gr – latitude 50,6051 gr
Butte argileuse, partiellement décalcifiée :
Arabis turrita L. (arabette tourette)
Brachypodium rupestre (Host) Roem. & Schult.
(brachypode des rochers)
Carex flacca Schreb. subsp. flacca (laîche glauque)
Carex halleriana Asso subsp. halleriana (laîche de Haller)
Carex humilis Leyss. (laîche humble)
Carex montana L. (laîche des montagnes)
Chamaecytisus supinus (L.) Link (petit cytise couché)
Clematis vitalba L. (clématite blanche)
Crataegus monogyna Jacq. subsp. monogyna
(aubépine à un style)
Cytisus scoparius (L.) Link subsp. scoparius (genêt à balais)
Fragaria vesca L. (fraisier des bois)
Genista germanica L. (genêt d'Allemagne)
Helleborus foetidus L. (ellébore fétide)
Hippocrepis comosa L. (hippocrépide à toupet)
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Hippocrepis emerus (L.) Lassen subsp. emerus
(coronille émérus)
Lathyrus linifolius (Reichard) Bässler subsp. montanus
(Bernh.) Bässler (gesse à feuilles de lin)
Ligustrum vulgare L. (troène)
Polygonatum multiflorum (L.) All.
(sceau de Salomon multiflore)
Rubia peregrina L. subsp. peregrina (garance voyageuse)
Scrophularia canina L. subsp. canina
(scrophulaire des chiens)
Sesleria caerulea (L.) Ard. subsp. caerulea (seslérie bleuâtre)
Sorbus aria (L.) Crantz subsp. aria (alouchier)
Teucrium montanum L. (germandrée des montagnes)
Tilia cordata Mill. (tilleul à petites feuilles)
Tussilago farfara L. (tussilage)
Veronica officinalis L. (véronique officinale)
Commune : Saint-Baldoph
Lieu-dit : passage de la Coche
Altitude : 630 m
Coordonnées : longitude 4,0024 gr – latitude 50,6006 gr
Rocailles calcaires :
Amelanchier ovalis Medik. (amélanchier à feuilles ovales)
Arabis collina Ten. (arabette des collines)
Arabis scabra All. (arabette scabre)
Bombycilaena erecta (L.) Smoljan. (micrope dressé)
Calluna vulgaris (L.) Hull (callune vulgaire)
Cerastium pumilum Curtis subsp. pumilum (céraiste nain)
Coronilla minima L. subsp. minima (petite coronille)
Cotoneaster integerrimus Medik.
(cotonéaster à feuilles entières)
Draba muralis L. (drave des murailles)
Euphorbia dulcis L. (euphorbe douce)
Globularia bisnagarica L. (globulaire allongée)
Globularia cordifolia L. (globulaire à feuilles en cœur)
Helianthemum nummularium (L.) Mill.
(hélianthème nummulaire)
Hornungia petraea (L.) Rchb. (hornungie des pierres)
Laserpitium siler L. subsp. siler (laser siler)
Linum tenuifolium L. (lin à feuilles menues)
Listera ovata (L.) R. Br. (listère ovale)
Orchis morio L. subsp. morio (orchis bouffon)
Sedum sexangulare L. (orpin à six angles)
Stachys recta L. subsp. recta (épiaire droite)
Teucrium chamaedrys L. (germandrée petit chêne)
Teucrium montanum L. (germandrée des montagnes)
Trinia glauca (L.) Dumort. subsp. glauca (trinie glauque)
CHAMPS ET MARAIS À SAINT-SULPICE,
PAS BESOIN DE PLUS POUR COMBLER LES BOTANISTES
COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU LUNDI 30 AVRIL 2007
Par Gérard Mouton
Programmée initialement pour prospecter quelques champs à la recherche de plantes
messicoles, la date choisie s'est révélée trop précoce. Nous avons donc cherché à proximité du lieu
de rendez-vous d'autres sites propices à une herborisation de fin de journée.
Nous choisissons les environs de Bégon, petit hameau de la commune de Saint-Sulpice, déjà
prospectés en 2006 par Gérard Mouton. Après s'être un peu attardés pour regarder les plantes le
long de la piste où nous avons garé nos voitures, nous nous arrêtons dans une parcelle en jachère
qui nous offre un joli lot de consolation en matière de messicoles. L'anthémis des champs retient
d'abord notre attention et nous permet de réviser les particularités morphologiques des différentes
"marguerites". Le genre Anthemis se singularise notamment par la présence de petites paillettes
scarieuses insérées sur le réceptacle entre les fleurs tubulées. Elles sont lancéolées et brusquement
terminées en pointe chez Anthemis arvensis. L'autre belle découverte du jour est une petite vesce :
Vicia tetrasperma, dont les gousses glabres renferment effectivement quatre graines. Ces plantes
sont rares en Savoie, répertoriées seulement dans quelques communes de l'ouest du département.
Nous changeons totalement d'ambiance pour étudier les plantes présentes dans une petite zone
marécageuse. Là aussi, deux espèces méritent d'être mises en avant. Tout d'abord Achillea ptarmica
à feuilles indivises ; elle est connue dans moins d'une dizaine de sites dans le département. Ensuite,
Thalictrum flavum, qui dresse ses élégantes inflorescences jaunes dans les marais de plaine.
Quel peut être l'avenir d'une telle zone humide ? S'assécher progressivement sous une plantation de
peupliers ? Disparaître sous un remblais ? Ou être préservée pour la biodiversité qu'elle abrite ?
Rêvons que cette troisième hypothèse soit la bonne.
LISTE DES PLANTES OBSERVÉES
(d'après les notes de Gérard Mouton).
Tous les relevés sont localisés sur la commune de Saint-Sulpice.
Lieu-dit : Bégon
Altitude : 420 m
Coordonnées : longitude 3,9256 gr – latitude 50,6343 gr
- 55 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Culture en jachère :
Achillea millefolium L. subsp. millefolium (achillée millefeuille)
Anthemis arvensis L. (anthémis des champs)
Arrhenatherum elatius (L) P. Beauv. ex J. & C. Presl
subsp. elatius (fromental élevé)
Artemisia vulgaris L. (armoise vulgaire)
Avenula pubescens (Huds.) Dumort. subsp. pubescens
(avoine pubescente)
Cardamine hirsuta L. (cardamine à tiges nombreuses)
Cerastium glomeratum Thuill. (céraiste aggloméré)
Cirsium arvense (L.) Scop. (cirse des champs)
Dactylis glomerata L. subsp. glomerata (dactyle aggloméré)
Epilobium hirsutum L. (épilobe hérissé)
Erigeron annuus (L.) Desf. (vergerette annuelle)
Euphorbia cyparissias L. (euphorbe faux cyprès)
Euphorbia helioscopa L. (euphorbe réveille matin)
Galium aparine L. subsp. aparine (gaillet gratteron)
Holcus lanatus L. (houque laineuse)
Hypericum perforatum L. subsp. perforatum
(millepertuis perforé)
Hypochaeris radicata L. subsp. radicata (porcelle enracinée)
Juncus bufonius L. subsp. bufonius (jonc des crapauds)
Lapsana communis L. subsp. communis (lapsane commune)
Linaria vulgaris Mill. subsp. vulgaris (linaire vulgaire)
Lotus corniculatus L. subsp. corniculatus (lotier corniculé)
Myosotis arvensis Hill subsp. arvensis (myosotis des champs)
Myosotis ramosissima Rochel subsp. ramosissima
(myosotis rameux)
Poa trivialis L. subsp. trivialis (pâturin commun)
Ranunculus repens L. (renoncule rampante)
Robinia pseudoacacia L. (robinier faux acacia)
Rumex acetosella L. subsp. acetosella (rumex petite oseille)
Rumex obtusifolius L. subsp. obtusifolius
(rumex à feuilles obtuses)
Scrophularia nodosa L. (scrophulaire noueuse)
Silene flos-cuculi (L.) Clairv. subsp. flos-cuculi
(silène fleur de coucou)
Solidago gigantea Aiton subsp. serotina (Kuntze) McNeill
(solidage géant)
Stellaria graminea L. (stellaire graminée)
Taraxacum officinale F. H. Wigg. (pissenlit officinal)
Trifolium repens L. subsp. repens (trèfle rampant)
Urtica dioica L. subsp. dioica (ortie dioïque)
Veronica arvensis L. (véronique des champs)
Veronica hederifolia L. subsp. hederifolia
(véronique à feuilles de lierre)
Vicia hirsuta (L.) Gray (vesce hérissée)
Vicia sativa L. subsp. nigra (L.) Ehrh. (vesce noire)
Vicia tetrasperma (L.) Schreb. (vesce à quatre graines)
Viola arvensis Murray subsp. arvensis (pensée des champs)
Lieu-dit : Bégon
Altitude : 420 m
Coordonnées : longitude 3,9247 gr – latitude 50,6315 gr
Prairies humides en cours de boisement :
Achillea ptarmica L. subsp. ptarmica (achillée ptarmique)
Anthoxanthum odoratum L. subsp. odoratum
(flouve odorante)
Cardamine impatiens L. subsp. impatiens
(cardamine impatiente)
Carex acutiformis Ehrh. (laîche fausse laîche aiguë)
Carex elata All. subsp. elata (laîche élevée)
Carex hirta L. subsp. hirta (laîche hérissée)
Carex pallescens L. (laîche pâle)
Carex panicea L. (laîche faux panic)
Carex spicata Huds. (laîche en épi)
Carex tomentosa L. (laîche à utricules tomenteux)
Cirsium palustre (L.) Scop. (cirse des marais)
Colchicum autumnale L. (colchique d’automne)
Cytisus scoparius (L.) Link subsp. scoparius (genêt à balais)
Dryopteris filix-mas (L.) Schott (fougère mâle)
Epilobium hirsutum L. (épilobe hérissé)
Eupatorium cannabinum L. subsp. cannabinum
(eupatoire chanvrine)
Filipendula ulmaria (L.) Maxim. subsp. ulmaria
(reine des prés)
Galium palustre L. subsp. palustre (gaillet des marais)
Geum urbanum L. (benoîte commune)
Heracleum sphondylium L. subsp. sphondylium
(berce des prés)
Hypericum tetrapterum Fr. (millepertuis à quatre ailes)
Lathyrus pratensis L. subsp. pratensis (gesse des prés)
Leucanthemum vulgare Lam. subsp. vulgare (marguerite)
Lonicera periclymenum L. subsp. periclymenum
(chèvrefeuille des bois)
Mentha suaveolens Ehrh. subsp. suaveolens (menthe suave)
Myosotis scorpioides L. (myosotis des marais)
Ornithogalum umbellatum L. (dame d'onze heures)
Phragmites australis (Cav.) Steud. (roseau commun)
Polygonatum multiflorum (L.) All.
(sceau de Salomon multiflore)
Populus alba L. subsp. alba (peuplier blanc)
Populus tremula L. (tremble)
Potentilla erecta (L.) Räusch. (tormentille)
Pteridium aquilinum (L.) Kuhn subsp. aquilinum
(fougère aigle)
Rumex acetosa L. subsp. acetosa (rumex oseille)
Salix cinerea L. (saule cendré)
Sanguisorba minor Scop. subsp. minor (petite sanguisorbe)
Scrophularia auriculata Loelf. ex L. (scrophulaire auriculée)
Silene flos-cuculi (L.) Clairv. subsp. flos-cuculi
(silène fleur de coucou)
Thalictrum flavum L. subsp. flavum (pigamon jaune)
Tragopogon pratensis L. subsp. orientalis (L.) Celak.
(salsifis d’Orient)
Typha latifolia L. (massette à larges feuilles)
Valeriana dioica L. subsp. dioica (valériane dioïque)
MARAIS DE LA PETITE FORÊT À CHALLES-LES-EAUX
COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU LUNDI 4 JUIN 2007
Par Arthur Lequay
18h00 : nous sommes huit, prêts au départ. Avec Gérard Mouton, nous avons fait une
reconnaissance préalable les jours précédents. Véronique Le Bris, qui habite Challes-les-Eaux en
haut de cette bosse morainique quinze mètres plus haut que "La Petite Forêt", nous explique
l’origine de cette appellation qui ne figure sur aucun document. Des amoureux de la nature, il y a une
dizaine d’années, ont baptisé ainsi ce marais en grande partie arboré. Ils y ont balisé un itinéraire en
bien mauvais état aujourd’hui. L’intérêt de ce site n’a pas échappé aux promoteurs immobiliers. Le
versant de la moraine en pente douce vers le marais portait, il y a vingt ans, de belles cultures ; il y a
- 56 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
cinq ans, de verts pâturages qui se sont transformés depuis en riches lotissements !
En partant, nous faisons un inventaire rapide des bords du sentier avant de pénétrer dans le marais.
De très beaux Quercus robur poussent en bordure de talus. Après avoir descendu quelques mètres,
nous sommes à pied d’œuvre, dans la ripisylve au sens général où l’essence principale, comme il se
doit, est l’aulne glutineux. Sous les arbres, la végétation est assez pauvre : lamier des montagnes,
aux longs stolons, et lierre terrestre tapissent le sol. La circée de Paris est abondante, quelques
feuilles défraîchies d’anémone des bois ainsi que les fruits du gouet sont les restes de la flore
vernale.
Un solide pont en maçonnerie franchit un ruisseau : vestige étonnant puisqu’aucun chemin ne
traverse le marais. Fin XIXe, début du XXe siècle, de grands travaux furent effectués pour assécher
les marais. Ici, un fossé creusé abaisse la surface des eaux d’environ 1,50 m, comme en témoigne le
départ des racines des arbres. Restent de petites mares bordées de grands Carex. Quelques
fougères sont identifiées. La présence du groseillier rouge, ancêtre de nos groseilliers cultivés,
étonne par son abondance.
Nous ne nous attardons pas dans cette zone assez pauvre du fait du peu de lumière sous les arbres.
Nous arrivons à un endroit où ceux-ci ont été abattus. La lumière revenue, de nombreuses plantes
sont réapparues. Dans de petits plans d’eau et sur leurs bords, nous allons découvrir quelques
espèces intéressantes : le cresson de fontaine forme de grands tapis à côté de la véronique des
ruisseaux. Un véritable fourré garnissant un fossé pose problème : qu’est-ce ? Apium nodiflorum ou
Berula erecta ? Les feuilles de ces deux espèces se ressemblent étrangement. Non fleuri, un détail
peut nous donner la réponse : Berula erecta porte, sur son long pétiole, une bosse en anneau très
nette au toucher. Nous n’avons pas besoin de recourir à cette astuce, l’ache nodiflore est fleurie et
présente une ombelle de fleurs d’un blanc verdâtre pratiquement sessile. À quelques mètres se
trouve un pied de bérule dressée dont l’ombelle est pédonculée et nous pouvons vérifier la présence
du nœud sur le pétiole.
Un haut pied d’une brassicacée à petites fleurs jaunes attire notre attention. Les petites siliques
étalées à angle droit nous donnent la réponse : Rorippa amphibia, plante très rare en Savoie
signalée seulement sur les bords du lac du Bourget.
Massettes, roseaux et Carex pendula, Carex acutiformis bordent les mares. Le saule blanc, par sa
luxuriance, fait craindre la disparition rapide de cette flore sous son grand ombrage.
Une vaste zone plate, tourbière asséchée, fait suite. Elle est en grande partie envahie par le solidage
géant. La molinie faux roseau est bien à sa place, comme Lysimachia vulgaris, Mentha aquatica,
Sanguisorba officinalis et le très coupant Cladium mariscus. Si la présence du petit Rumex
acetosella montre, s’il le fallait, l’acidité du sol, la présence, assez abondante de Turritis glabra est
étonnante en ces lieux.
L’heure tourne, il nous faut rentrer. Nous avons échappé à l’orage qui grondait au loin.
Nous reprenons le sentier d’arrivée, délaissant une partie que nous avons explorée avec Gérard
quelques jours auparavant car le niveau d’eau rend la progression hasardeuse sur des troncs
immergés glissants. La présence de Alisma plantago-aquatica, Ranunculus flammula, Ranunculus
sceleratus, Veronica anagalis-aquatica, etc. aurait sans doute fait pardonner un bain de pieds ou
plus…
Les moustiques ayant échappé aux claques sonores à eux destinées, se souviendront du repas
pantagruélique offert en ce 4 juin par les adhérents de la SMBRC !
LISTE DES PLANTES OBSERVÉES
(d'après les notes d'Arthur Lequay et Gérard Mouton).
Tous les relevés sont localisés sur la commune de Challes-les-Eaux.
Lieu-dit : le Vivier
Altitude : 300 m
Coordonnées : longitude 4,0436 gr – latitude 50,6107 gr
Aulnaie glutineuse :
Acer campestre K. Maly (érable champêtre)
Acer pseudoplatanus L. (érable sycomore)
Alliaria petiolata (M. Bieb.) Cavara & Grande
(alliaire officinale)
Alnus glutinosa (L.) Gaertn. (aulne glutineux)
Anemone nemorosa L. (anémone des bois)
Arum maculatum L. (gouet)
Athyrium filix-femina (L.) Roth (fougère femelle)
Berula erecta (Huds.) Coville (bérule dressée)
Betula pendula Roth (bouleau blanc)
Brachypodium sylvaticum (Huds.) P. Beauv.
subsp. sylvaticum (brachypode des forêts)
Cardamine amara L. subsp. amara (cardamine amère)
Cardamine flexuosa With. (cardamine flexueuse)
Cardamine impatiens L. subsp. impatiens
(cardamine impatiente)
Carex acutiformis Ehrh. (laîche fausse laîche aiguë)
Carex pendula Hudson (laîche à épis pendants)
- 57 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Carex sylvatica Huds. subsp. sylvatica (laîche des forêts)
Carpinus betulus L. (charme)
Chelidonium majus L. (herbe aux verrues)
Circaea lutetiana L. subsp. lutetiana (circée de Paris)
Cornus sanguinea L. subsp. sanguinea (cornouiller sanguin)
Corylus avellana L. (noisetier)
Crepis paludosa (L.) Moench (crépide des marais)
Dryopteris carthusiana (Vill.) H. P. Fuchs
(dryoptéris de Chartreuse)
Dryopteris dilatata (Hoffm.) A. Gray (dryoptéris dilaté)
Dryopteris filix-mas (L.) Schott (fougère mâle)
Duchesnea indica (Andrews) Focke (fraisier des Indes)
Equisetum arvense L. (prêle des champs)
Equisetum telmateia Ehrh. (prêle géante)
Evonymus europaeus L. (fusain d'Europe)
Fraxinus excelsior L. subsp. excelsior (frêne)
Galeopsis tetrahit L. subsp. tetrahit (ortie royale)
Geranium rotundifolium L. (géranium à feuilles rondes)
Geum urbanum L. (benoîte commune)
Glechoma hederacea L. (lierre terrestre)
Hedera helix L. subsp. helix (lierre)
Humulus lupulus L. (houblon grimpant)
Juglans regia L. (noyer)
Lamium galeobdolon (L.) L. subsp. montanum (Pers.) Hayek
(lamier des montagnes)
Lamium maculatum (L.) L. (lamier tacheté)
Lapsana communis L. subsp. communis (lapsane commune)
Ligustrum vulgare L. (troène)
Lonicera periclymenum L. subsp. periclymenum
(chèvrefeuille des bois)
Lythrum salicaria L. (lythrum salicaire)
Oxalis fontana Bunge (oxalis des fontaines)
Parthenocissus inserta (A. Kern.) Fritsch (vigne vierge)
Polygonatum multiflorum (L.) All.
(sceau de Salomon multiflore)
Populus tremula L. (tremble)
Prunus avium (L.) L. (merisier)
Prunus padus L. subsp. padus (merisier à grappes)
Quercus robur L. subsp. robur (chêne pédonculé)
Rhamnus cathartica L. (nerprun purgatif)
Ribes rubrum L. subsp. rubrum (groseillier rouge)
Rubus caesius L. (ronce bleuâtre)
Rumex obtusifolius L. subsp. obtusifolius
(rumex à feuilles obtuses)
Salix caprea L. (saule des chèvres)
Sambucus nigra L. (sureau noir)
Stachys sylvatica L. (épiaire des forêts)
Ulmus minor Mill. subsp. minor (orme champêtre)
Viburnum opulus L. (viorne obier)
Vicia sepium L. (vesce des haies)
Lieu-dit : Le Vivier
Altitude : 300 m
Coordonnées : longitude 4,0422 gr – latitude 50,6121 gr
Bordure d'un petit plan d'eau en rive gauche du ruisseau :
Apium nodiflorum (L.) Lag. subsp. nodiflorum (ache nodiflore)
Berula erecta (Huds.) Coville (bérule dressée)
Cardamine amara L. subsp. amara (cardamine amère)
Carex acutiformis Ehrh. (laîche fausse laîche aiguë)
Carex elata All. subsp. elata (laîche élevée)
Cirsium arvense (L.) Scop. (cirse des champs)
Dactylis glomerata L. subsp. glomerata (dactyle aggloméré)
Epilobium hirsutum L. (épilobe hérissé)
Equisetum palustre L. (prêle des marais)
Erigeron annuus (L.) Desf. (vergerette annuelle)
Frangula dodonei Ard. subsp. dodonei (bourdaine)
Glyceria notata Chevall. (glycérie plissée)
Juncus articulatus L. subsp. articulatus (jonc articulé)
Juncus effusus L. (jonc épars)
Lysimachia vulgaris L. subsp. vulgaris (lysimaque vulgaire)
Lythrum salicaria L. (lythrum salicaire)
Molinia caerulea (L.) Moench subsp. arundinacea
(Schrank) K. Richt. (molinie faux roseau)
Nasturtium officinale R. Br. subsp. officinale
(cresson de fontaine)
Phragmites australis (Cav.) Steud. (roseau commun)
Plantago major L. subsp. major (grand plantain)
Potentilla erecta (L.) Räusch. (tormentille)
Rorippa amphibia (L.) Besser (cresson amphibie)
Rumex obtusifolius L. subsp. obtusifolius
(rumex à feuilles obtuses)
Salix alba L. subsp. alba (saule blanc)
Salix caprea L. (saule des chèvres)
Salix cinerea L. (saule cendré)
Solanum dulcamara L. (morelle douce amère)
Typha latifolia L. (massette à larges feuilles)
Veronica beccabunga L. subsp. beccabunga
(véronique des ruisseaux)
Lieu-dit : le Vivier
Altitude : 300 m
Coordonnées : longitude 4,0402 gr – latitude 50,6150 gr
Prairie hygrophile :
Ajuga reptans L. (bugle rampante)
Arabis hirsuta (L.) Scop. (arabette hérissée)
Brachypodium rupestre (Host) Roem. & Schult.
(brachypode des rochers)
Calystegia sepium (L.) R. Br. subsp. sepium
(liseron des haies)
Carex lepidocarpa Tausch (laîche à utricules gracieux)
Carex pallescens L. (laîche pâle)
Chelidonium majus L. (herbe aux verrues)
Cirsium arvense (L.) Scop. (cirse des champs)
Cirsium palustre (L.) Scop. (cirse des marais)
Cladium mariscus (L.) Pohl (marisque)
Daucus carota L. subsp. carota (carotte)
Eupatorium cannabinum L. subsp. cannabinum
(eupatoire chanvrine)
Filipendula ulmaria (L.) Maxim. subsp. ulmaria
(reine des prés)
Galium aparine L. subsp. aparine (gaillet gratteron)
Galium mollugo L. subsp. mollugo (gaillet mollugine)
Galium uliginosum L. (gaillet aquatique)
Genista tinctoria L. subsp. tinctoria (genêt des teinturiers)
Geranium dissectum L. (géranium découpé)
Holcus lanatus L. (houque laineuse)
Hypericum maculatum Crantz subsp. maculatum
(millepertuis maculé)
Juncus articulatus L. subsp. articulatus (jonc articulé)
Lactuca serriola L. (laitue serriole)
Lathyrus pratensis L. subsp. pratensis (gesse des prés)
Lotus pedunculatus Cav. (lotier pédonculé)
Luzula campestris (L.) DC. (luzule des champs)
Lysimachia vulgaris L. subsp. vulgaris (lysimaque vulgaire)
Mentha aquatica L. subsp. aquatica (menthe aquatique)
Phragmites australis (Cav.) Steud. (roseau commun)
Potentilla erecta (L.) Räusch. (tormentille)
Potentilla reptans L. (quintefeuille)
Pteridium aquilinum (L.) Kuhn subsp. aquilinum
(fougère aigle)
- 58 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Ranunculus acris L. subsp. friesianus (Jord.) Syme
(renoncule de Fries)
Rubus caesius L. (ronce bleuâtre)
Rumex acetosella L. subsp. acetosella (rumex petite oseille)
Sanguisorba officinalis L. (pimprenelle officinale)
Scrophularia nodosa L. (scrophulaire noueuse)
Sinapis arvensis L. subsp. arvensis (moutarde des champs)
Solidago gigantea Aiton subsp. serotina (Kuntze) McNeill
(solidage géant)
Sonchus asper (L.) Hill subsp. asper (laiteron rude)
Stachys officinalis (L.) Trévis. subsp. officinalis
(épiaire officinale)
Stellaria graminea L. (stellaire graminée)
Succisa pratensis Moench (succise des prés)
Turritis glabra L. (tourette glabre)
Urtica dioica L. subsp. dioica (ortie dioïque)
Verbascum thapsus L. subsp. montanum (Schrad.)
Bonnier & Layens (molène à feuilles épaisses)
Lieu-dit : le Vivier
Altitude : 300 m
Coordonnées : longitude 4,0427 gr – latitude 50,6135 gr
Zone marécageuse dénudée suite à des dessouchages de bouleaux :
Alisma plantago-aquatica L. (plantain d'eau)
Betula pendula Roth (bouleau blanc)
Carex flava L. subsp. flava (laîche jaune)
Cyperus fuscus L. (souchet brun)
Eleocharis palustris (L.) Roem. & Schult.
(héléocharis des marais)
Juncus effusus L. (jonc épars)
Pycreus flavescens (L.) P. Beauv. ex Rchb. (souchet jaunâtre)
Ranunculus flammula L. subsp. flammula (petite douve)
Ranunculus sceleratus L. subsp. sceleratus
(renoncule scélérate)
Schoenoplectus sp.
Scrophularia auriculata Loelf. ex L. (scrophulaire auriculée)
Thalictrum flavum L. subsp. flavum (pigamon jaune)
Typha latifolia L. (massette à larges feuilles)
Veronica anagallis-aquatica L. (véronique mouron d'eau)
HERBORISATIONS DANS UNE ZONE NATURELLE : LE MARAIS DE
VILLAROUX ET DANS UNE ZONE D'ACTIVITÉS : ALPESPACE
COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU LUNDI 18 JUIN 2007
Par Thierry Delahaye
Le marais de Villaroux sis sur la commune des Mollettes a déjà fait l'objet de prospections
botaniques par notre association, notamment à l'occasion de la session botanique de notre
fédération en 2000 (SMBRC-collectif, 2000). Ces prairies humides figurent parmi les heureuses
rescapées des très nombreuses destructions qui ont affecté les marais de la combe de Savoie… et
d'ailleurs. Il y a une vingtaine d'années, des tentatives de mise en culture avec labours et drainages
ont été réalisées sur ce marais. Ces pratiques n'ont pas eu de suites et les parcelles ont été
acquises dans un premier temps par le Conservatoire Régional des Espaces Naturels puis à partir
de 1991, par le Conservatoire du patrimoine naturel de la Savoie. Depuis, ce dernier a réalisé
différents travaux de restauration (obturation des drains, création de mares, re-profilage des berges
du Coisetan, etc.) et met en place avec l'aide d'agriculteurs une fauche annuelle avec la préservation
de bandes refuges tournantes. Le résultat en 2007 est tel que le marais de Villaroux est aujourd'hui,
tant par sa superficie que par sa flore et sa faune, un des sites les plus importants pour la
préservation de notre patrimoine naturel savoyard. Au cours de cette sortie nous nous sommes
particulièrement attachés à la détermination des joncs, des gaillets, sans oublier les incontournables
Carex des zones humides. Le marais abrite notamment l'unique population connue de Savoie de
Carex punctata.
Suite à ce petit tour dans les marais, Gérard Mouton nous emmène dans un site à priori peu
engageant pour les découvertes botaniques : la zone d'activités Alpespace à Francin. Et pourtant, la
veille, au cours de la journée botanique inter-sociétés, notre collègue de Nature en Tarentaise,
Philippe Pellicier a découvert sur une grève d'un plan d'eau Galium parisiense, un petit gaillet annuel
non encore signalé en Savoie (Cf. Complément (II) à l'inventaire commenté et liste rouge des plantes
de Savoie – pp. 99). C'est sur l'observation de ce gaillet et de quelques toutes petites plantes comme
Arenaria leptoclados et Herniaria hirsuta qui poussent entre les galets et les graviers que se termine
cette balade.
LISTE DES PLANTES OBSERVÉES
(d'après les notes de Thierry Delahaye).
Commune : Les Mollettes
Lieu-dit : marais de Villaroux
Altitude : 257 m
Coordonnées : longitude 4,1395 gr – latitude 50,5224 gr
- 59 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Achillea roseoalba Ehrend. (achillée rose pâle)
Agrostis gigantea Roth (agrostide géante)
Alisma plantago-aquatica L. (plantain d'eau)
Alnus glutinosa (L.) Gaertn. (aulne glutineux)
Anthoxanthum odoratum L. subsp. odoratum
(flouve odorante)
Briza media L. subsp. media (amourette)
Bromus commutatus Schrad. subsp. commutatus
(brome confondu)
Calystegia sepium (L.) R. Br. subsp. sepium
(liseron des haies)
Carex acutiformis Ehrh. (laîche fausse laîche aiguë)
Carex distans L. (laîche distante)
Carex elata All. subsp. elata (laîche élevée)
Carex hirta L. subsp. hirta (laîche hérissée)
Carex lepidocarpa Tausch [*] (laîche à utricules gracieux)
Carex panicea L. (laîche faux panic)
Carex punctata Gaudin (laîche ponctuée)
Centaurea jacea L. (centaurée jacée)
Cirsium monspessulanum (L.) Hill (cirse de Montpellier)
Cirsium palustre (L.) Scop. (cirse des marais)
Cirsium vulgare (Savi) Ten. subsp. vulgare (cirse commun)
Cladium mariscus (L.) Pohl (marisque)
Convolvulus arvensis L. subsp. arvensis (liseron des champs)
Daucus carota L. subsp. carota (carotte)
Deschampsia cespitosa (L.) P. Beauv. subsp. cespitosa
(canche gazonnante)
Dianthus armeria L. subsp. armeria (œillet arméria)
Erigeron annuus (L.) Desf. (vergerette annuelle)
Euphorbia stricta L. (euphorbe raide)
Filipendula ulmaria (L.) Maxim. subsp. ulmaria
(reine des prés)
Fraxinus excelsior L. subsp. excelsior (frêne)
Galium boreale L. (gaillet boréal)
Galium mollugo L. subsp. mollugo (gaillet mollugine)
Galium palustre L. subsp. palustre (gaillet des marais)
Holcus lanatus L. (houque laineuse)
Hypericum tetrapterum Fr. (millepertuis à quatre ailes)
Inula salicina L. subsp. salicina (inule à feuille de saule)
Juncus alpinoarticulatus Chaix subsp. Fuscoater
(Schreb.) O. Schwarz
Juncus articulatus L. subsp. articulatus (jonc articulé)
Juncus effusus L. (jonc épars)
Juncus subnodulosus Schrank (jonc noueux)
Lotus glaber Mill. (lotier glabre)
Lycopus europaeus L. subsp. europaeus (lycope d'Europe)
Lysimachia vulgaris L. subsp. vulgaris (lysimaque vulgaire)
Lythrum salicaria L. (lythrum salicaire)
Mentha aquatica L. subsp. aquatica (menthe aquatique)
Molinia caerulea (L.) Moench subsp. arundinacea (Schrank)
K. Richt. (molinie faux roseau)
Phleum pratense L. subsp. pratense (fléole des prés)
Plantago lanceolata L. subsp. lanceolata (plantain lancéolé)
Populus tremula L. (tremble)
Potentilla erecta (L.) Räusch. (tormentille)
Prunella vulgaris L. subsp. vulgaris (brunelle vulgaire)
Ranunculus flammula L. subsp. flammula (petite douve)
Rhinanthus alectorolophus (Scop.) Pollich subsp.
alectorolophus (rhinanthe velu)
Rumex conglomeratus Murray (rumex aggloméré)
Salix alba L. subsp. alba (saule blanc)
Salix cinerea L. (saule cendré)
Schoenoplectus tabernaemontani (C. C. Gmel.) Palla
(schoenoplectus de Tabernaemontanus)
Selinum carvifolia (L.) L. (sélin à feuilles de cumin des prés)
Serratula tinctoria L. subsp. tinctoria (serratule des teinturiers)
Silene latifolia Poiret subsp. alba (Mill.) Greuter & Burdet
(compagnon blanc)
Solidago gigantea Aiton subsp. serotina (Kuntze) McNeill
(solidage géant)
Stachys officinalis (L.) Trévis. subsp. officinalis
(épiaire officinale)
Stellaria graminea L. (stellaire graminée)
Thysselinum palustre (L.) Hoffm. (peucédan des marais)
Trifolium hybridum L. subsp. hybridum (trèfle hybride)
Trifolium pratense L. subsp. pratense (trèfle des prés)
Valeriana officinalis L. subsp. officinalis (valériane officinale)
Viscum album L. subsp. album (gui)
Commune : Francin
Lieu-dit : parc d'activités de la Grande Île (Alpespace)
Altitude : 260 m
Coordonnées : longitude 4,1087 gr – latitude 50,5331 gr
Bordure du plan d'eau :
Alisma plantago-aquatica L. (plantain d'eau)
Blackstonia perfoliata (L.) Huds. subsp. perfoliata
(blackstonie perfoliée)
Carex flacca Schreb. subsp. flacca (laîche glauque)
Centaurium erythraea Rafn subsp. erythraea
(petite centaurée rouge)
Centaurium pulchellum (Sw.) Druce subsp. pulchellum
(petite centaurée élégante)
Cirsium arvense (L.) Scop. (cirse des champs)
Crepis setosa Haller f. (crépide hérissée)
Epilobium hirsutum L. (épilobe hérissé)
Equisetum arvense L. (prêle des champs)
Erigeron annuus (L.) Desf. (vergerette annuelle)
Euphorbia cyparissias L. (euphorbe faux cyprès)
Juncus inflexus L. (jonc courbé)
Lotus maritimus L. (lotier maritime)
Lysimachia nummularia L. (lysimaque nummulaire)
Lysimachia vulgaris L. subsp. vulgaris (lysimaque vulgaire)
Lythrum salicaria L. (lythrum salicaire)
Phalaris arundinacea L. (alpiste roseau)
Potamogeton pectinatus L. (potamot pectiné)
Potentilla reptans L. (quintefeuille)
Rumex conglomeratus Murray (rumex aggloméré)
Salix alba L. subsp. alba (saule blanc)
Salix purpurea L. (saule poupre)
Samolus valerandi L. (samole de Valerand)
Schoenoplectus tabernaemontani (C. C. Gmel.) Palla
(schoenoplectus de Tabernaemontanus)
Senecio erucifolius L. (séneçon à feuilles de roquette)
Typha latifolia L. (massette à larges feuilles)
Verbena officinalis L. (verveine officinale)
Commune : Francin
Lieu-dit : parc d'Activités de la Grande Île (Alpespace)
Altitude : 260 m
Coordonnées : longitude 4,1078 gr – latitude 50,5324 gr
Grêve caillouteuse du plan d'eau :
Acinos arvensis (Lam.) Dandy (sarriette acinos)
Aphanes arvensis L. (aphanès des champs)
Arenaria leptoclados (Rchb.) Guss. (sabline grêle)
Galium parisiense L. subsp. parisiense (gaillet de Paris)
- 60 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Herniaria hirsuta L. (herniaire hirsute)
Kickxia elatine (L.) Dumort. subsp. elatine (kickxia élatine)
Reseda lutea L. subsp. lutea (réséda jaune)
Verbena officinalis L. (verveine officinale)
Galium parisiense –
Francin, 18 juin 2007
BIBLIOGRAPHIE
SMBRC-collectif, 2000b – Session botanique F.M.D.S., 25-28 mai 2000 : synthèse des observations – Soc.
Mycol. Bot. Région Chambérienne – 33 p.
- 61 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Du 15 au 17 mai 2006 s'est tenu au Bourget-du-Lac à l'Université de Savoie, un colloque
intitulé "Autour du lac du Bourget". Ces trois jours de conférences et de débats ont permis à des
scientifiques, des gestionnaires, des utilisateurs et des élus de se rencontrer et d'échanger leurs
connaissances sur le plus grand lac naturel français. Dans ce contexte, notre association a présenté
une communication orale sur le thème : "La flore du lac du Bourget : patrimoine et enjeux".
Malheureusement, au moment où nous préparons notre bulletin annuel, deux ans après ce colloque,
les actes n'ont pas encore été publiés. Il nous a donc semblé utile de transmettre ici d'une part le
texte de notre communication et d'autre part un fragment de la matière brute utilisée pour cette
présentation sous la forme de fiches descriptives des plantes protégées recensées autour du lac du
Bourget.
LA FLORE DU LAC DU BOURGET :
PATRIMOINES ET ENJEUX
Par Thierry Delahaye
Résumé : le lac du Bourget et les marais attenants abritent 20% de la flore de Savoie et
sensiblement la même proportion de plantes protégées. La première liste rouge des plantes de
Savoie parue en 2006 met en évidence toute l'originalité mais aussi la grande vulnérabilité des
plantes qui poussent dans et autour du lac. La préservation sur le long terme de ce patrimoine
nécessite une meilleure régulation du niveau du lac, un renforcement des mesures réglementaires et
une valorisation de ce patrimoine avec la création d’une Zone d’Importance pour les Plantes.
Mots-clés : Savoie, lac du Bourget, flore, liste rouge.
INTRODUCTION
L'objet de cette communication est de présenter la flore du lac du Bourget en insistant sur les
éléments les plus remarquables de cette flore et les enjeux qu'ils représentent pour la préservation
de notre patrimoine naturel.
Dans un premier temps, nous délimiterons le sujet et la méthode pour ensuite analyser sur les plans
quantitatif et surtout qualitatif l'importance de la flore du lac du Bourget à l'échelle du département de
la Savoie, en illustrant nos propos par quelques exemples. Nous terminerons par trois propositions
pour assurer la préservation de cette flore.
I. DÉLIMITATION DU SUJET
I.1. QUEL TERRITOIRE PRENDRE EN COMPTE ?
Le territoire pris en compte dans les analyses et les évaluations qui suivent concerne le lac du
Bourget proprement dit avec ses herbiers aquatiques, ses roselières et les bordures marécageuses
immédiatement attenantes : en particulier les grands marais situés au sud du lac et au nord, les
marais de Chautagne. Sont exclues de cette présentation les autres zones humides encore
présentes dans le bassin versant du lac et les côtes rocheuses qui bordent les rives ouest et est.
Ces dernières abritent néanmoins une flore thermophile particulièrement intéressante dans le
contexte des Alpes du Nord françaises. Dans les espaces de marais, toute la flore est prise en
compte, de la flore aquatique à la flore forestière, celle des haies, des bords de chemins, etc.
I.2. QUELS GROUPES ÉTUDIER ?
Les plantes comptabilisées dans ce travail appartiennent d'une part au vaste ensemble des
ptéridophytes (lycophytes, sphénophytes et filicophytes des classifications modernes (Lecointe & Le
Guyader, 2001)), d'autre part aux pinophytes et enfin aux angiospermes. Par méconnaissance, sont
donc exclues de nos évaluations sur le patrimoine floristique du lac du Bourget les charophytes et
autres algues, malgré l'important développement des herbiers à Chara ssp. et Nitella ssp., ainsi que
les bryophytes. Ces groupes, charophytes, bryophytes, méritent sans aucun doute des études et des
inventaires complémentaires autour du lac du Bourget.
- 62 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
I.3. COMMENT CONNAÎTRE LA FLORE DU LAC DU BOURGET ?
L'état des lieux que nous pouvons réaliser en 2006 de la flore du lac du Bourget résulte des
trois sources classiques à l'origine de la connaissance floristique : le dépouillement de la
bibliographie, le recensement des collections déposées dans les herbiers et les inventaires réalisés
sur le terrain.
De nombreuses publications ont été dépouillées : synthèses sur la flore savoyarde (Perrier de la
Bâthie, 1917 & 1928), monographies sur le lac du Bourget (Magnin, 1904), articles dispersés dans
des revues de sociétés savantes (Fritsch, 1977 ; Fritsch, 1986 ; SMBRC-collectif, 2000), des
rapports d'études (ÉCOTEC, 2000), etc.
Pour les plantes les plus rares et celles d'identification délicate, des recherches systématiques ont
été effectuées dans les collections des Conservatoire et Jardin Botaniques de la ville de Genève.
Cette institution abrite en effet de très importantes collections historiques concernant la flore de
Savoie. Avec notre collègue Patrice Prunier, nous avons examiné plusieurs milliers d'échantillons de
plantes de ces collections.
Enfin, depuis une quinzaine d'années nous effectuons régulièrement des herborisations sur les rives
du lac du Bourget à titre professionnel, associatif et privé.
Toutes ces recherches sur la flore dépassent largement le seul cadre du lac du Bourget et nous ont
conduits à publier en 2006 un "Inventaire commenté et liste rouge des plantes vasculaires de
Savoie" (Delahaye & Prunier, 2006). Près d'un siècle après la dernière synthèse sur la flore
savoyarde (Perrier de la Bâthie, op. cit.), cette nouvelle référence fournit d'une part une liste
actualisée de toutes les espèces végétales vasculaires indigènes, adventices, subspontanées et
naturalisées connues en Savoie et d'autre part une évaluation du risque d'extinction dans le
département, selon les critères de l'Union Internationale pour la Conservation de la Nature (U.I.C.N.,
2003). Toutes les données chiffrées qui suivent sont extraites de cet inventaire.
II. QUE REPRÉSENTE LA FLORE DU LAC DU BOURGET À L'ÉCHELLE DE LA
SAVOIE ?
II.1. SUR LE PLAN QUANTITATIF
En 2006, la flore vasculaire de Savoie se compose de 2651 espèces et sous-espèces. Le rang
variétal et les hybrides ne sont pas comptabilisés ici. Un tel nombre place la Savoie dans le peloton
de tête des départements français pour sa diversité végétale.
Sur ces 2651 espèces, 522 sont recensées autour du lac tel que défini ci-dessus. D'un point de vue
quantitatif, le lac et ses rives abritent donc près de 20% de la flore départementale. Si nous trouvons
au sein de ces 20% quelques espèces plus ou moins ubiquistes comme Euphorbia cyparissias L. ou
Poa annua L., il est certain que la diversité de la flore du lac est liée principalement aux cortèges
floristiques recensés dans les grands marais au nord et au sud. La flore lacustre proprement dite,
malgré sa grande originalité, ne contribue que modestement à la diversité spécifique avec
"seulement" 27 taxons inventoriés en 1999 (ÉCOTEC, op. cit.).
La seule analyse quantitative ne permet donc pas de rendre compte ni de toute l'originalité ni de
toute la vulnérabilité de la flore du lac.
II.2 SUR LE PLAN QUALITATIF
Pour évaluer l'intérêt de la flore d'un territoire, un indicateur communément utilisé consiste à
recenser le nombre d'espèces protégées. Deux textes réglementaires définissent la liste des
espèces végétales protégées en Savoie :
- l'arrêté de 1982, modifié en 1995 qui s'applique sur le territoire national métropolitain,
- l'arrêté de 1990 qui s'applique dans la région Rhône-Alpes.
Il n'existe en 2006 aucune réglementation particulière à la Savoie.
Au total, ce ne sont pas moins de 190 espèces végétales protégées qui sont connues dans le
département ; parmi celles-ci, 34 sont recensées autour du lac du Bourget, soit 18 %. Le
pourcentage concernant la flore protégée est donc sensiblement le même que celui calculé pour la
totalité de la flore. À noter que parmi ces 34 espèces, certaines ne sont connues en Savoie qu'autour
du lac du Bourget. C'est le cas par exemple de :
- Allium angulosum L., jolie alliacée qui fleurit en juin dans les prairies inondables ;
- Viola elatior Fr., étonnante violette pouvant atteindre 50 cm de hauteur qui s'épanouit dans les
mêmes milieux que la précédente dès le mois de mai ;
- Euphorbia palustris L., robuste plante des cariçaies formant encore des populations de plusieurs
centaines d'individus au nord comme au sud du lac.
- 63 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Ces trois exemples illustrent l'intérêt des communautés végétales herbacées dépendantes d'une
gestion adaptée. Mais la seule connaissance des plantes protégées ne permet pas de rendre
compte complètement de l'intérêt de la flore d'un territoire et a fortiori pas de définir les stratégies
qu'il convient de développer pour préserver l'ensemble de la flore.
Il existe un outil pour évaluer les menaces qui pèsent sur les êtres vivants et plus précisément pour
évaluer les risques d'extinction des espèces : c'est la "Liste rouge". Les catégories et les critères de
ces listes rouges ont été normalisés par l'U.I.C.N. dans un premier temps pour classer les espèces
présentant un risque d'extinction à l'échelle mondiale. Puis, les besoins sans cesse croissants
d'évaluations locales pour définir les priorités d'actions et évaluer l'efficacité des mesures de
protection existantes ont amené l'U.I.C.N. à décliner ces critères et ces catégories au niveau régional
(U.I.C.N., op. cit.).
Nous avons donc passé au crible des critères de l'U.I.C.N. les 2651 plantes recensées en Savoie
pour aboutir à onze catégories de menace récapitulées dans le schéma ci-dessous.
Non évaluée (NE)
Non applicable (NA)
Données insuffisantes (DD)
Évaluée
Préoccupation mineure (LC)
Quasi menacée (NT)
Menacée
Vulnérable (VU)
En danger (EN)
En danger critique d'extinction (CR)
Éteinte au niveau régional (RE)
Éteinte à l'état sauvage (EW)
Éteinte (EX)
Figure 1 : Catégories de menace de la liste rouge des plantes vasculaires de Savoie.
Les espèces dont la présence en Savoie demeure sujette à interrogation ou indiquée manifestement
par erreur entrent dans la catégorie non évaluée (NE). Par exemple, nous considérons que
l'indication historique de Fritillaria meleagris L. en Chautagne (Cariot & St-Lager, 1889) est
vraisemblablement liée à une imprécision dans la localisation et que cette espèce, bien
présente dans l'Ain sur la rive droite du Rhône, n'appartient pas à la flore savoyarde.
Les espèces subspontanées et adventices entrent dans la catégorie non applicable (NA). Par
exemple, évaluer le risque d'extinction de Cornus stolonifera Michx., un cornouiller utilisé pour
les plantations sur les bords de route et repéré récemment (2003) dans le marais de
Chautagne, n'a pas de sens ; c'est par contre potentiellement une plante invasive à surveiller.
Les espèces indigènes et naturalisées de longue date, pour lesquelles malheureusement les
données à notre disposition sont encore trop fragmentaires sont regroupées dans la catégorie
données insuffisantes (DD). Ainsi, devant l'impossibilité que nous avons actuellement à
évaluer l'importance des populations de Galium palustre L. subsp. elongatum (C. Presl) Lange,
compte tenu des difficultés d'identification de cette sous-espèce par rapport à l'espèce type,
nous avons renoncé pour l'instant à attribuer une catégorie de menace à ces plantes.
Les espèces dont les populations sont stables ou en expansion et dont le risque d'extinction en
Savoie n'est pas d'actualité (Bellis perennis L., Plantago lanceolata L., etc.) sont dans la
catégorie préoccupation mineure (LC).
Les espèces dont la régression des populations semble encore faible mais dont le milieu de vie est
quand même menacé entrent dans la catégorie quasi menacée (NT). Cyperus fuscus L. se
développe sur les vases des bords de plans d'eau s'asséchant en été. Cet habitat ne concerne
jamais de grandes superficies. Toutefois, les populations de cette espèce arrivent à se
maintenir dans des biotopes de substitution, ornières, labours en terrain humide et ne
présentent pas (encore ?) un risque d'extinction à l'échelle du département.
- 64 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les espèces dont la régression des populations est moyenne et qui même historiquement ne sont
connues que d'un nombre restreint de localités sont vulnérables (VU). Plusieurs espèces
aquatiques, présentes dans le lac du Bourget, correspondent à ces critères : Ceratophyllum
demersum L., Groenlandia densa (L.) Fourr., Lemna trisulca L., Myriophyllum verticillatum L.,
Nuphar lutea (L.) Sm., Nymphea alba L., Potamogeton lucens L., Potamogeton perfoliatus L.,
Schoenoplectus lacustris (L.) Palla, etc. !
Les espèces pour lesquelles il est possible d'attester que la régression des populations est forte,
connues d'un petit nombre de localités et dont le milieu de vie est menacé sont en danger (EN)
d'extinction en Savoie. D'autres plantes aquatiques sont recensées ainsi : Hippuris vulgaris L.,
observé sur les rives du lac à Chindrieux et Conjux et connu seulement en 2006 dans deux
autres localités en Savoie ; Polygonum amphibium L., dont les populations savoyardes
recensées en 2006 sont confinées au nord et au sud du lac ainsi qu'à un plan d'eau en basse
Maurienne.
Les espèces dont la régression des populations est très forte, connues d'un très petit nombre de
localités et dont les effectifs sont très faibles, quelques dizaines à quelques centaines de
pieds, sont en danger critique d'extinction (CR) en Savoie. Le lac du Bourget et plus
précisément les marais au sud du lac constituent le dernier refuge de Eleocharis acicularis (L.)
Roem. & Schult., minuscule plante des grèves qui semble avoir disparu des autres localités
répertoriées dans la littérature et les herbiers. Il en va de même pour Rumex hydrolapathum
Huds. dont les populations en Savoie se limitent à quelques dizaines d'individus au sein des
roselières au sud du lac.
Enfin, il existe malheureusement des espèces qui ont disparu du département de la Savoie. Elles
entrent dans la catégorie éteinte au niveau régional (RE) si elles sont encore connues hors de
Savoie. Les transformations subies par les milieux naturels autour du lac depuis le XIXe siècle
se sont accompagnées par exemple de la disparition de la petite fougère aquatique Marsilea
quadrifolia L. récoltée au bord du lac en août 1850 par A. Huguenin et de Sagittaria sagittifolia
L. récoltée au bord du grand canal du Bourget le 21 mai 1852 par A. Songeon et en
Chautagne entre Chindrieux et Châtillon par E. Perrier (sans date).
Les deux dernières catégories : éteinte à l'état sauvage (EW) et éteinte (EX) ne sont fort
heureusement pas à illustrer avec des espèces du lac du Bourget.
Catégories de menace
Non évaluée (NE)
Non applicable (NA)
Données insuffisantes (DD)
Préoccupation mineure (LC)
Quasi menacée (NT)
Vulnérable (VU)
En danger (EN)
En danger critique d'extinction (CR)
Éteinte au niveau régional (RE)
Éteinte à l'état sauvage (EW)
Éteinte (EX)
En Savoie
(2651 espèces)
206 (7,8%)
141 (5,3%)
306 (11,5%)
1396 (52,7%)
145 (5,6%)
186 (7,0%)
136 (5,1%)
95 (3,6%)
36 (1,3%)
4 (0,1%)
0
Autour du lac du Bourget
(522 espèces)
6 (1,1%)
20 (3,8%)
14 (2,7%)
389 (74,5%)
19 (3,7%)
29 (5,6%)
25 (4,8%)
13 (2,5%)
7 (1,3%)
0
0
Figure 2 : Répartition des espèces selon les catégories de menace.
Le patrimoine floristique du lac du Bourget peut être qualifié d'exceptionnel à l'échelle de la Savoie.
Mais ce patrimoine est fragile. Autour du lac comme ailleurs, les milieux aquatiques et palustres ont
considérablement régressé. Rappelons que plus de la moitié de la surface des roselières du lac ont
disparu depuis un siècle. Ces milieux continuent de se dégrader (pollutions chimiques, abaissement
de la nappe phréatique, etc.) et d'attirer les convoitises d'une société toujours plus consommatrice
d'espaces.
Nous privilégions trois axes pour ne pas voir s'accroître inexorablement dans les années à venir le
nombre des espèces en danger, en danger critique d'extinction ou éteintes :
- 65 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
III. COMMENT CONTRIBUER À LA PRÉSERVATION DE LA FLORE DU LAC DU
BOURGET ?
III.1. EN RÉTABLISSANT LES VARIATIONS SAISONNIÈRES DU NIVEAU DU LAC
Depuis 1982, le niveau du lac est stabilisé par les aménagements hydro-électriques sur le Rhône.
Cette régulation s'est traduite par une stabilisation du niveau, en particulier entre juillet et septembre
où il est maintenu à un niveau quasi constant, et par un abaissement de 30 à 40 cm du niveau
moyen (Miquet, 1997). Il n'est certes plus envisageable de redonner au lac toute sa "respiration
naturelle" entre crues et étiages. Il n'en demeure pas moins indispensable pour préserver les marais
de retrouver une variation qui mime, même de façon atténuée, le rythme des variations saisonnières,
inondant les prairies au printemps, exondant les grèves à la fin de l'été.
III.2. EN RENFORÇANT LA PROTECTION RÉGLEMENTAIRE
En 2006, seuls les marais au sud du lac bénéficient d'une protection réglementaire par arrêté
préfectoral de protection de biotope. Cette protection s'accompagne d'un balisage explicite sur le
terrain. Par contre, ni les marais de Chautagne, ni les herbiers, ni les roselières aquatiques ne sont
protégés efficacement. Même si certaines parcelles ont été acquises par le Conservatoire du littoral
ou le Conservatoire du patrimoine naturel de la Savoie, même si ces milieux font partie intégrante du
réseau Natura 2000 au titre de la mise en œuvre de la "Directive Habitats", il n'existe pas de mesure
de protection cohérente qui s'applique à l'ensemble des milieux naturels autour du lac. Aussi, nous
proposons que la totalité de ces milieux soit intégrée dans une réserve naturelle régionale ou
nationale garantissant leur préservation sur le long terme.
III.3. EN VALORISANT LA RICHESSE DE LA FLORE EN CRÉANT UNE Z.I.P. !
Le grand public apprécie sans nul doute le cadre de vie offert par le lac ; de même les décideurs ont
parfaitement intégré le potentiel touristique et économique que représente le plus grand lac naturel
français. Ont-ils pris la pleine mesure de l'intérêt et de la vulnérabilité des milieux naturels qui
bordent leur décor récréatif ?
Pour valoriser l'image de la flore liée aux zones humides et faire prendre conscience au plus grand
nombre de la richesse des milieux naturels autour du lac, nous proposons que complémentairement
au renforcement des mesures de protection réglementaire, soit étudiée la faisabilité de désigner le
lac du Bourget comme Zone d'Importance pour les Plantes. Une présentation succincte des Z.I.P.
peut se résumer en trois points :
R Le programme Z.I.P. est une contribution à la stratégie mondiale pour la conservation des
plantes adoptée lors de la 6ème réunion de la conférence des parties à la convention sur la diversité
biologique (La Haye, avril 2002).
R L'objectif est de constituer un réseau de sites essentiels pour la conservation des plantes et d'en
assurer la sauvegarde dans toute l'Europe.
R Les Z.I.P. sont des sites d'importance botanique du point de vue des espèces menacées, des
types d'habitats ou de la diversité végétale dans son ensemble et qui peuvent faire l'objet de
mesures de protection et de gestion appropriées.
CONCLUSION
La comparaison entre la flore savoyarde et celle du lac du Bourget démontre la responsabilité
toute particulière de cet espace pour la préservation de la diversité biologique. Le lac et les marais
attenants n'abritent pas moins d'une quinzaine d'espèces qui n'existent pas, ou plus, ailleurs dans le
département. Pour préciser cette responsabilité, il serait très certainement intéressant de poursuivre
l'analyse en comparant la flore du lac du Bourget à celle des autres grands lacs alpins. Mais pour le
Bourget, dans le cadre de ce développement que l'on nous propose durable, un des défis à résoudre
aujourd'hui est l'adéquation entre le développement de la population et les multiples pressions
(touristiques, nautiques, etc.) qu'elle exerce sur les milieux et la possibilité pour ces milieux et les
êtres vivants qu'ils hébergent, plantes, animaux, champignons, de poursuivre leur vie et leur
évolution.
- 66 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Allium angulosum L.
Sp. Pl. : 300 (1753)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Allium acutangulum Schrad.
- Ail à tige anguleuse
- Alliaceae
- Géophyte
- Eurasiatique
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Liste rouge départementale : en danger
Éléments descriptifs : la tige aux angles aigus bien marqués justifie le nom spécifique attribué à cet
ail. Haute de 30 à 70 cm, cette tige porte au sommet une ombelle multiflore de petites fleurs roses,
dressées sur des pédicelles deux à trois fois plus longs que la fleur. Autre trait discriminant : les
feuilles planes, nettement carénées à la face inférieure au niveau de la nervure centrale. Les risques
de confusions avec d'autres ails sont limités : Allium lusitanicum, proche morphologiquement, se
distingue par ses étamines saillantes et surtout par son écologie radicalement différente : rochers et
pelouses rocailleuses subalpines sur calcaire. Poussant également dans les marais, Allium
schoenoprasum présente des feuilles fistuleuses, des pédicelles plus courts que les fleurs et ne se
rencontre en Savoie qu'exceptionnellement en dessous de 1000 m d'altitude.
Écologie et habitats : l'ail à tige anguleuse est une plante des prairies humides à l'étage collinéen. Il
est classiquement indiqué au sein des prairies à molinie (Delarze & al., 1998, Aeschimann & al.,
2004) et a même été choisi pour dénommer un syntaxon : sous-alliance de l'Allio angulosiMolinienion caeruleae (Bardat & al., 2004). Si l'ail à tige anguleuse s'observe effectivement en
Chautagne dans ce type de formation végétale (souvent en mosaïque avec des cladiaies), les
populations savoyardes semblent préférer des végétations encore plus hygrophiles relevant de la
classe des Phragmiti australis-Magnocaricetea elatae. Les prairies avec Allium angulosum voient
aussi fleurir Lathyrus palustris, Senecio paludosus, Thysselinum palustre, etc.
Distribution : l'ail à tige anguleuse appartient au vaste contingent de plantes savoyardes ayant une
aire de distribution eurosibérienne. Il est recensé en France dans une quinzaine de départements de
la moitié est du pays. En Savoie, cet ail est connu uniquement dans les marais de Chautagne et au
sud du lac du Bourget où il a été récolté dès le 25/7/1845 (Herbier Huguenin – SHNS). De belles
floraisons peuvent s'observer dès le début du mois de juin à Terre Nue au Viviers-du-Lac ou au Cul
du Bois à Chindrieux.
Menaces et préservation : en Savoie, l'ail à tige anguleuse n'est présent que dans des prairies
détrempées une grande partie de l'année ; l'assèchement des marais est donc la principale menace
pour ces plantes. Une fois le niveau d'eau préservé, un entretien périodique des prairies pour éviter
leur boisement permet de pérenniser des milieux de vie adéquats.
- 67 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Carex appropinquata Schumach.
Enum. Pl., 1 : 266 (1801)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Carex paradoxa Willd.
- Laîche à épis rapprochés
- Cyperaceae
- Hémicryptophyte
- Eurosibérien
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Liste rouge départementale : vulnérable
Éléments descriptifs : la laîche à épis rapprochés se présente sous la forme de petits touradons de
40 à 80 cm de hauteur. Ces touffes sont composées de nombreuses feuilles étroites (2 à 3 mm de
large) dont la décomposition donne des fibres brun-noirâtre qui persistent à la base des plantes. Les
épis, nombreux, sont regroupés en une panicule étroite, longue de 2 à 6 cm. Les utricules, mats,
sont typiquement nervés sur les deux faces. Cette espèce pourrait se confondre avec Carex
paniculata, plus massif, aux feuilles nettement plus larges ne se décomposant pas à la base et dont
les utricules luisants sont indistinctement nervés.
Écologie et habitats : Carex appropinquata est une espèce basiphile à neutrophile, classiquement
associée aux marais tourbeux de l'étage collinéen. Ces plantes s'observent dans les prairies à
grands Carex où la nappe phréatique affleure la majeure partie de l'année. Elles peuvent
occasionnellement se rencontrer dans les petites clairières des aulnaies glutineuses.
Distribution : l'aire de distribution de Carex appropinquata s'étend de l'Europe de l'Ouest à la
Sibérie en excluant les contrées arctiques et la région méditerranéenne. Il est recensé en France
dans le Nord, le Centre et l'Est. Sa présence en Savoie est établie depuis le XIXe siècle, notamment
par une récolte à Attignat-Oncin le 12/6/1881 par Alfred Chabert. Il est par ailleurs cité autour du lac
du Bourget dès le début du XXe siècle (Husnot, 1905-1906). Indiqué seulement dans quatre localités
en Savoie par E. Perrier (1928), il est actuellement recensé dans une vingtaine de communes de
l'ouest du département, avec de belles populations sur les rives du lac du Bourget comme à Terre
Nue à Viviers-du-Lac.
Menaces et préservation : la dégradation et la destruction des zones humides sont les principales
menaces qui affectent les populations de la laîche à épis rapprochés. La préservation de prairies
humides et autres espaces ouverts au sein des zones marécageuses sont nécessaires pour ce
Carex. Une fauche annuelle n'est sans doute pas le mode de gestion le plus adapté pour ces plantes
qui se développent en touradons. Des interventions réparties sur plusieurs années sont préférables
pour permettre leur total développement.
- 68 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Carex lasiocarpa Ehrh.
Hannover. Mag., 9 : 132 (1784)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Carex filiformis Good.
- Laîche à utricules velus
- Cyperaceae
- Hélophyte, géophyte
- Eurosibérien, nord américain
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Liste rouge départementale : en danger
Éléments descriptifs : il est possible d'identifier certains Carex même à l'état végétatif et Carex
lasiocarpa en fait heureusement partie ; heureusement car le nombre d'individus fleuris dans une
population est toujours faible. La laîche à utricules velus se reconnaît assez facilement à ses longues
feuilles glabres très fines canaliculées. Les populations s'étendent souvent sur plusieurs mètres
carrés grâce à des stolons souterrains. Les rares inflorescences présentent des épis femelles
espacés, subsessiles, dressés regroupant des utricules densément velus avec un bec nettement
bidenté.
Écologie et habitats : Carex lasiocarpa a été choisi pour nommer une alliance phytosociologique
correspondant aux : "communautés des tourbières alcalines et de transition, souvent sur radeaux et
tremblants" (Bardat & al., 2004) : le Caricion lasiocarpae. Les stations connues en Savoie sont
effectivement localisées soit dans les parties les plus détrempées des bas-marais alcalins comme en
Chautagne, soit dans une tourbière acide comme à Saint-François-de-Sales, le long d'écoulements
dont l'eau a un pH proche de la neutralité.
Distribution : cette espèce est inventoriée dans les régions tempérées et froides de l'hémisphère
Nord. En France, elle est présente dans une grande moitié nord du pays avec d'importantes lacunes
et des territoires privilégiés comme le Jura, les Alpes du Nord et le nord du massif Central. Indiqué
vraisemblablement par erreur au mont Cenis (Husnot, 1905-1906) mais non citée par Perrier (1928),
ce Carex a pourtant été récolté près de Chambéry dès juin 1822 par A. Huguenin (Herbier SHNS). Il
n'est actuellement connu que sur cinq sites : Conjux, La Bridoire, Saint-François-de-Sales, SaintOffenge-Dessous et dans les marais de Chautagne à Chindrieux.
Menaces et préservation : des cinq populations connues en Savoie, celle de la tourbière des
Creusates à Saint-François-de-Sales, qui se développe le long de chenaux, semble la moins
menacée. L'avenir des quatre autres paraît plus compromis : risque d'élimination par Cladium
mariscus, monopoliste, à Conjux et dégradation de l'hydromorphie par abaissement des nappes
phréatiques dans les autres sites, en particulier en Chautagne. Souhaitons que les expériences en
cours, de réhydratation du plus grand marais de Savoie puissent contribuer à la préservation de la
population de Carex lasiocarpa.
- 69 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Euphorbia palustris L.
Sp. Pl. : 462 (1753)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Euphorbe des marais
- Euphorbiaceae
- Géophyte (hémicryptophyte)
- Eurasiatique
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Liste rouge départementale : vulnérable
Éléments descriptifs : lorsqu'elle est correctement développée, l'euphorbe des marais se reconnaît
sans difficulté : c'est une grande et robuste plante (dépassant parfois 1 m de haut) entièrement
glabre. Les tiges dressées portent des feuilles alternes ; elles se terminent par des inflorescences
jaunes à nombreux rayons où se distingueront d'une part les glandes entières de l'involucre et
d'autre part les capsules couvertes de tubercules.
Écologie et habitats : l'essentiel des populations savoyardes d'Euphorbia palustris se développe
dans des prairies humides à grands Carex (Magnocaricion elatae) en compagnie d'autres espèces
remarquables comme Senecio paludosus ou Thysselinum palustre. En marge de ces prairies
humides, cette euphorbe peut s'observer aussi dans les végétations dominées par Phalaris
arundinacea ou Phragmites australis ainsi que dans des lisières s'apparentant aux mégaphorbiaies
collinéennes (Thalictro flavi-Filipendulion ulmariae) où elle est classiquement mentionnée.
Distribution : comme environ 22% de la flore savoyarde, l'aire de distribution d'Euphorbia palustris
s'étend sur une vaste partie de l'Europe et de l'Asie. Disséminée sur le territoire national, elle
manque notamment en Bretagne, dans le Centre et le Massif central. Toutefois, sa présence dans
une région ou un département ne rend pas compte de sa rareté ; ainsi, en Savoie, elle n'est
actuellement connue que dans les marais qui bordent le nord et le sud le lac du Bourget ainsi qu'à
Yenne. A-t-elle été plus répandue dans notre département par le passé ? C'est peu probable, même
si une récolte ancienne à Champagneux (s.d.) de F. Berthet (1813-1873) est présente dans l'herbier
général des Conservatoire et Jardin Botaniques de la ville de Genève. Les quelques pieds
inventoriés dans la vallée de l'Isère à Laissaud proviennent vraisemblablement d'individus
transplantés, dans le cadre de la réhabilitation d'une gravière.
Menaces et préservation : les actions de préservation engagées sur les marais de Chautagne et du
sud du lac du Bourget depuis le début des années 1990 par le Conservatoire du patrimoine naturel
de la Savoie ont permis de restaurer et d'entretenir des biotopes favorables à Euphorbia palustris. La
gestion triennale – fauche, pâturage, repos – pratiquée sur certaines parcelles semble par exemple
tout à fait convenir au maintien des populations. La principale menace qui continue de peser sur
cette plante est relative à l'assèchement des marais. Il est flagrant de constater la raréfaction
progressive puis la disparition de l'euphorbe des marais dans les prairies de Chautagne au fur et à
mesure de l'enfoncement de la nappe phréatique.
- 70 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Gratiola officinalis L.
Sp. Pl. : 17 (1753)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Gratiole officinale
- Scrophulariaceae
- Hémicryptophyte
- Eurasiatique
- Protection nationale : annexe II
- Livre rouge national : tome II
- Liste rouge départementale : vulnérable
Éléments descriptifs : en fleur, la gratiole officinale ne peut se confondre : les fleurs solitaires
s'épanouissent à l'extrémité de grêles pédicelles naissant à l'aisselle des feuilles supérieures à peine
plus allongées. Le tube de la corolle, jaune, barbu à l'intérieur, s'ouvre en deux lèvres blanc rosé ;
l'ensemble mesure 12 à 18 mm de long. À l'état végétatif, seule l'expérience du botaniste permettra
de repérer et distinguer cette plante d'autres scrofulariacées qui se développent dans les mêmes
biotopes, d'autant que certains pieds de Gratiola officinalis, plus ou moins immergés, peuvent
présenter des morphologies variables.
Écologie et habitats : la gratiole officinale est une plante des milieux humides qui s'observe
uniquement à l'étage collinéen en Savoie. Elle s'installe systématiquement dans des végétations
(cariçaies, moliniaies, phragmitaies) dont la structure ménage des espaces dénudés. Les semis,
comme les plantes développées, supportent mal la concurrence d'autres végétaux affirmant ainsi le
caractère pionnier de cette plante. Elle tolère par contre les fluctuations saisonnières d'humidité du
substrat. Les cycles d'inondations et d'assèchements constituent des perturbations qui maintiennent
des milieux favorables aux populations de gratioles.
Distribution : cette espèce appartient au cortège floristique dont l'aire de distribution s'étend sur le
vaste continent eurasiatique. Ses territoires de prédilection recouvrent les grandes plaines alluviales.
Ainsi en France, elle est principalement disséminée dans les bassins versants du Rhin, du Rhône,
de la Loire et de la Garonne. En Savoie, elle se cantonne aux abords des principaux lacs de basse
altitude : le Bourget, Aiguebelette et Saint-Jean-de-Chevelu et à quelques marais de l'Albanais et de
la combe de Savoie.
Menaces et préservation : en plus des atteintes habituelles subies par les zones humides
(comblement, drainage, mise en culture, eutrophisation, etc.), les populations de Gratiola officinalis
qui persistent dans notre département sont directement menacées par la densification du couvert
végétal. L'abandon des pratiques agricoles extensives de fauche ou de pâturage, l'artificialisation et
la régulation des niveaux d'eaux des lacs, l'abaissement des nappes phréatiques sont autant de
paramètres qui s'accumulent et font disparaître dans la végétation les espaces ouverts favorables à
la gratiole. Aussi toutes les initiatives des propriétaires, des gestionnaires et des pouvoirs publics
pour préserver les zones humides, pour élever le niveau d'eau tout en maintenant les fluctuations
saisonnières et pour entretenir ou recréer des places ouvertes sont à encourager pour sauvegarder
les populations de cette gracieuse plante symbolique des marais.
- 71 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Hydrocharis morsus-ranae L.
Sp. Pl. : 1036 (1753)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Hydrocharis des grenouilles
- Hydrocharitaceae
- Hydrophyte
- Eurasiatique
Éléments descriptifs : l'hydrocharis des grenouilles est une plante aquatique, flottant à la surface
de l'eau. Les feuilles sont en forme de cœur, larges de 2 à 5 cm et pourvues de stipules. Les fleurs,
dressées quelques centimètres au-dessus de l'onde, sont d'un blanc pur avec à la base des trois
pétales une macule jaune. Les autres plantes qui étalent des feuilles cordiformes sur l'eau (Nuphar,
Nymphea, Nymphoides) sont toutes fixées au fond et sont dépourvues de stipules.
Écologie et habitats : Hydrocharis morsus-ranae fréquente les eaux stagnantes ou très faiblement
courantes, peu profondes, assez riches en éléments nutritifs (eutrophes). Il est à rechercher dans les
fossés, canaux, mares ou en bordure de plans d'eau plus étendus, à l'abri d'une roselière ou d'un
écran de végétation. Il est souvent accompagné par d'autres plantes flottantes, en particulier
diverses Lemna : Lemna minor, Lemna trisulca, etc.
Distribution : cette espèce eurasiatique est assez rare en France. Seules les régions de l'ouest et
du nord abritent régulièrement l'hydrocharis des grenouilles. À notre connaissance, il n'existe aucune
donnée historique sur la présence de cette espèce en Savoie. Elle a été repérée au sud du lac du
Bourget en 2001 suite au creusement de petits plans d'eau par le Conservatoire du patrimoine
naturel de la Savoie. Introduction accidentelle, volontaire ou apparition spontanée, il sera sans doute
difficile de savoir comment ces plantes sont arrivées là… Mais elles semblent s'y plaire !
Menaces et préservation : si d'une manière générale, l'hydrocharis des grenouilles est menacé par
le comblement des points d'eau, l'unique station savoyarde connue, sise dans un site protégé et géré
ne devrait subir ce type d'atteinte. Il sera intéressant de suivre le devenir de cette population dans les
prochaines années.
- 72 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Hydrocotyle vulgaris L.
Sp. Pl. : 234 (1753)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Écuelle d'eau
- Apiaceae
- Hélophyte, géophyte
- Européen
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Liste rouge départementale : vulnérable
Éléments descriptifs : d'une tige grêle, rampante et radicante, s'élèvent de petites feuilles rondes,
peltées formant une sorte de petite écuelle et des inflorescences dont les fleurs minuscules
blanchâtres ou rosâtres sont groupées en glomérules. De ce portrait rapide, nous retiendrons que
cette ombellifère ne ressemble en rien aux ombellifères classiques. De fait son classement au sein
d'une famille distincte, les Hydrocotylaceae, est la voie préconisée par de nombreux spécialistes
(Reduron, 2007).
Écologie et habitats : l'écuelle d'eau se rencontre dans les marais tourbeux de l'étage collinéen.
Elle affectionne les petites dépressions toujours humides en bordure des lacs et des mares dans les
cariçaies et les roselières. Elle s'accommode du couvert végétal d'autres plantes mais prospère
particulièrement sur des substrats (humus, tourbe) nus, neutres ou faiblement acides.
Distribution : l'aire de distribution de l'écuelle d'eau recouvre le continent européen. Elle s'étend de
la Scandinavie et l'Islande jusqu'au Caucase ; dans le bassin méditerranéen, elle déborde même très
légèrement sur la marge nord du continent africain. En France, l'écuelle d'eau est présente sur une
grande partie du territoire métropolitain, Corse comprise. Hydrocotyle vulgaris est connue au sud du
lac du Bourget depuis le XIXe siècle où elle fut récoltée dès juillet 1838 par A. Huguenin (Herbier
SHNS). Il n'est actuellement connu que dans l'Avant-Pays, les environs du lac du Bourget et
l'Albanais.
Menaces et préservation : la distribution relativement vaste de l'écuelle d'eau en Europe et en
France ne doit pas minimiser l'intérêt de la présence de cette espèce dans notre département. Elle
témoigne du maintien de zones humides de bonne qualité, indispensables à la préservation de la
biodiversité. Si une partie des stations connues bénéficie d'une protection réglementaire (Arrêtés
préfectoraux de protection de biotopes des rives sud du lac du Bourget, du lac d'Aiguebelette, des
marais des Villards et du Parc à La Biolle), les autres sites, localisés à Belmont-Tramonet, Conjux,
Drumettaz-Clarafond et en Chautagne, demeurent vulnérables et tous sont menacés par
l'assèchement des zones humides que le réchauffement climatique global ne fera qu'amplifier.
Souhaitons donc qu'un maximum de marais puisse continuer à bénéficier d'une gestion
conservatoire limitant la dégradation plus ou moins inéluctable de ces milieux.
- 73 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Lathyrus palustris L. subsp. palustris
Sp. Pl. : 733 (1753)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Lathyrus paluster L.
- Gesse des marais
- Fabaceae
- Hémicryptophyte
- Eurosibérien, nord américain
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Liste rouge départementale : vulnérable
Éléments descriptifs : la gesse des marais est une plante grimpante vivace. Sa tige grêle et ailée
peut atteindre 80 cm. Elle porte des feuilles composées de deux à quatre paires de folioles
lancéolées et terminées par une petite vrille ramifiée qui s'enroule et s'accroche sur les plantes
voisines. Les fleurs pourpres virant au bleu à maturité sont groupées sur des grappes longuement
pédicellées. Elles donneront des gousses aplaties contenant six à douze graines.
Écologie et habitats : Lathyrus palustris ne se rencontre que dans les prairies marécageuses assez
riches en nutriments. Au nord comme au sud du lac du Bourget, elle est présente au plus près du lac
aussi bien dans les roselières inondables que dans les prairies à grands Carex en touradons ou
stolonifères (Magnocaricion elatae) ainsi que dans les formations à joncs, Juncus subnodulosus en
particulier. Dès que la nappe phréatique s'enfonce de quelques dizaines de centimètres sous la
surface du sol, la gesse des marais disparaît.
Distribution : les zones tempérées et froides d'Europe, d'Asie et d'Amérique du Nord sont les
territoires de vie de la gesse des marais. Elle est disséminée sur le territoire français dans seulement
une petite trentaine de départements. Ainsi en région Rhône-Alpes, elle n'est connue que dans l'Ain,
l'Isère et la Savoie. Dans notre département, sa présence est attestée depuis le XIXe siècle par une
récolte au Bourget-du-Lac en juin 1844 de A. Huguenin (herbier SHNS). Les autres récoltes
anciennes à Albertville, Yenne (G) et les mentions bibliographiques historiques comme à SainteHélène-du-Lac (Cariot & Saint-Lager, 1889) n'ont pu être confirmées par des observations récentes.
Actuellement seuls les marais de Chautagne et du sud du lac du Bourget abritent de belles
populations de Lathyrus palustris. Observée dans les années 1990 à Challes-les-Eaux, elle a
vraisemblablement disparu de ce marais périurbain qui s'assèche chaque année un peu plus ; enfin,
son statut dans le marais des Saveux à Drumettaz-Clarafond reste à préciser.
Menaces et préservation : la raréfaction de la gesse des marais est sensible dans toute la France ;
elle est en lien direct avec les atteintes passées et présentes dont sont victimes les zones humides.
Les marais aux deux extrémités du lac du Bourget constituent l'ultime bastion de ces plantes
protégées. Leur bonne vitalité doit être un indicateur pour le Conservatoire du patrimoine naturel de
la Savoie, responsable de la gestion de ces espaces, pour évaluer la pertinence de ses
interventions. Chaque parcelle qui abrite Lathyrus palustris devrait bénéficier d'une protection et d'un
traitement approprié.
- 74 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Leucojum aestivum L. subsp. aestivum
Syst. Nat., ed. 10 : 975 (1759)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Nivéole d'été
- Amaryllidaceae
- Géophyte
- Sud européen, ouest asiatique
- Protection nationale : annexe I
- Livre rouge national : tome II
- Liste rouge départementale : au bord de
l'extinction
Éléments descriptifs : puisque la nivéole du printemps (Leucojum vernum) épanouit ses corolles en
hiver, dès le mois de février, faut-il s'étonner que la nivéole d'été fleurisse au cœur du printemps en
avril ou mai ? À priori impossible à confondre avec une autre espèce, la nivéole d'été se singularise
par sa haute tige (30 à 60 cm), comprimée, qui présente à son sommet trois à sept clochettes
blanches, décorées d'une tache vert clair à l'extrémité des tépales. Ces fleurs portées par des
pédicelles de longueur inégale, penchent toutes du même côté.
Écologie et habitats : les indications bibliographiques localisent la nivéole d'été notamment dans les
roselières, les prairies à grands Carex et autres prairies inondables. Les milieux de vie de ces
nivéoles sont donc incontestablement liés aux biotopes humides. Aux vues des rares stations que
nous connaissons en Savoie et à proximité, la nivéole d'été s'accommode aussi de boisements
humides : à savoir les saulaies blanches et les aulnaies-frênaies dont elle colonise parfois les lisières
et les clairières.
Distribution : l'aire de distribution de Leucojum aestivum s'étend sur l'Europe centrale et méridionale
jusqu'en Asie occidentale, avec quelques extensions en Europe de l'Ouest, notamment en France.
Elle est dispersée sur le territoire national et notablement absente dans le centre du pays. En
Savoie, où son indigénat est peut-être discutable, elle a été découverte au milieu des années 1990 à
l'embouchure de la Leysse dans le lac du Bourget (Delahaye & Pellicier, 1996). Deux observations
au printemps 2008 actualisent sa présence dans notre département : la première toujours le long de
la Leysse sur la commune de Voglans et la seconde, aux Marches, dans Les Délaissés de l'Isère, à
proximité de la station connue de longue date sur la commune iséroise de Chapareillan (P. Freydier
et G. Mouton, com. pers.)
Menaces et préservation : l'artificialisation et la destruction des ripysylves semblent être les
principales menaces susceptibles d'affecter les toutes petites populations savoyardes de la nivéole
d'été. À ce titre, il serait souhaitable d'étendre la protection des forêts alluviales le long de l'Isère en
continuité avec l'Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope de la forêt alluviale de Chapareillan.
D'autre part, la prise en compte de la présence de la nivéole d'été sur les rives de la Leysse renforce
encore la nécessité de préserver cette rivière, par ailleurs essentielle pour protéger l'agglomération
chambérienne des risques liés aux crues.
- 75 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Liparis loeselii (L.) Rich.
Orchid. Eur. Annot. : 38 (1817)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Liparis de Loesel
- Orchidaceae
- Géophyte
- Eurosibérien, nord-américain
- Protection nationale : annexe I
- Livre rouge national : tome I
- Liste rouge départementale : en danger
Éléments descriptifs : cette orchidée est l'une des plus discrètes de notre flore mais aussi l'une des
plus symboliques de la protection des zones humides. Haute d'à peine une quinzaine de
centimètres, elle présente à la base deux (rarement trois) feuilles largement lancéolées. Une fine tige
anguleuse porte trois à quinze fleurs vert-jaunâtre mesurant moins de 1 cm de long ; celles-ci
s'épanouissent au cours du mois de juin. La plante est presque plus facile à repérer à la fin de l'été
lorsque les fleurs se sont transformées en capsules ovoïdes.
Écologie et habitats : en Savoie, le liparis de Loesel se rencontre dans les bas-marais alcalins au
sein des prairies basses à Carex davalliana, Juncus subnodulosus, Schoenus nigricans, etc. Il se
rencontre le plus souvent sur des petites buttes de bryophytes, dans des secteurs détrempés une
grande partie de l'année. Ces orchidées préfèrent une végétation clairsemée, potentiellement
favorisée par une gestion adaptée. Elles montrent aussi d'étonnantes capacités à se maintenir de
nombreuses années, même en effectifs très limités, dans des marais non exploités, sous réserve
qu'arbustes et arbres n'envahissent pas le site.
Distribution : le liparis de Loesel est dispersé dans une grande partie de l'hémisphère Nord. Encore
présent dans une petite vingtaine de de départements français, il est considéré comme disparu dans
un nombre équivalent de départements. À notre connaissance, il n'est pas indiqué en Savoie par les
botanistes du XIXe et du début du XXe siècle. La première observation connue remonte aux années
1970 par A. Maire et H. Tournier dans les marais autour des lacs de Saint-Jean-de-Chevelu. Depuis
cette période, il a été observé dans sept autres communes savoyardes : Chindrieux, Étable, La
Table, Le Bourget-en-Huile, Le Pontet, Saint-Maurice-de-Rotherens et Villard-d'Héry. Dans la plupart
des cas, les populations sont très faibles : quelques individus à quelques dizaines d'individus.
Menaces et préservation : cette espèce cumule divers statuts réglementaires tant au niveau
national qu'au niveau européen. Mais ces différents outils, s'ils limitent maintenant la destruction
directe des sites où le liparis de Loesel est inventorié, n'empêchent pas les transformations de son
milieu de vie (densification du couvert végétal, embroussaillement, boisement). Seuls la préservation
de la quantité et de la qualité de l'eau qui alimente les marais et l'utilisation raisonnée de ceux-ci par
fauche et/ou pâturage, peuvent garantir le maintien des populations de cette orchidée. À noter que
sur les sites régulièrement suivis, comme à La Table, les effectifs peuvent varier d'un facteur
d'environ dix d'une année sur l'autre.
- 76 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Ludwigia palustris (L.) Elliot.
Sketch Bot. South Carol. Georgia, 1 : 211 (1817)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Ludwigia apetala Walter
- Ludwigie des marais
- Onagraceae
- Thérophyte (hémicryptophyte)
- Européen, africain, américain
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Liste rouge départementale : en danger
Éléments descriptifs : la ludwigie des marais est une petite plante annuelle. Elle se singularise par
sa tige rampante et radicante sur certains noeuds. Ses feuilles opposées, entières, lancéolées sont
progressivement atténuées en pétiole. Les fleurs discrètes sont solitaires et sessiles, insérées à
l'aisselle des feuilles. Le périanthe est réduit à quatre sépales pétaloïdes vert clair.
Elle pourrait être confondue avec Lythrum portula dont l'allure générale est tout à fait similaire mais
qui présente des feuilles obtuses et un calice à douze dents dressées ou étalées et, en ce qui nous
concerne, n'est pas connue en Savoie.
Écologie et habitats : cette plante pionnière colonise les fossés et les bords des étangs et des lacs
uniquement à l'étage collinéen. Elle pousse sur des substrats (vases, sols argileux) plus ou moins
dénudés qui au fil des saisons sont noyés et temporairement exondés. En Savoie, elle accompagne
souvent Cyperus fuscus, Juncus bufonius, Samolus valerandi, dans des groupements végétaux à
rattacher à l'alliance du Nanocyperion flavescentis. Elle peut aussi s'observer entre les touffes de
grands Carex au sein des magnocariçaies périodiquement inondées.
Distribution : présente sur les continents européen, africain et américain, l'aire de distribution de
Ludwigia palustris est qualifiée de subcosmopolite, avec une préférence pour les régions tempérées.
En France, elle est connue sur une grande partie du territoire métropolitain avec d'importantes
lacunes parmi les départements méditerranéens. D'après la compilation détaillée réalisée par Robert
Fritsch (2001) Ludwigia palustris a été signalée historiquement dans une demi-douzaine de stations
savoyardes. En ce début du XXIe siècle, elle n'est présente que sur les rives des lacs d'Aiguebelette
et du Bourget ainsi que dans les dépressions du marais des Blaches à Billième (SMBRC-collectif,
2001). Elle semble avoir disparu des vallées de l'Isère, du Gelon et de l'Albanais.
Menaces et préservation : la régulation artificielle du niveau d'eau des lacs d'Aiguebelette et du
Bourget et l'artificialisation de leur berge ont considérablement réduit les milieux de vie favorables à
la ludwigie des marais. Les assèchements, les comblements, l'emploi irraisonné d'herbicides ont
entraîné la disparition de plusieurs stations dans les vallées savoyardes. La pérennité des
populations actuelles, fort heureusement toutes localisées sur des sites protégés, est totalement
dépendante des interventions de gestion diligentées par le Conservatoire du patrimoine naturel de la
Savoie : fauche, pâturage extensif, création et entretien de petits milieux aquatiques.
- 77 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Najas marina L.
Sp. Pl. : 1015 (1753)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Najas intermedia Wolfg. ex Gorski
- Naïade marine
- Hydrocharitaceae
- Thérophyte
- Cosmopolite
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Liste rouge départementale : vulnérable
Éléments descriptifs : la naïade marine est une plante aquatique fixée sur le fond. La tige dressée
mesure le plus souvent entre 10 et 50 cm. Les feuilles groupées par trois sont verticillées. Elles sont
raides et rectilignes, relativement larges (0,3 à 0,6 cm) pour une longueur de 3 à 4 cm. Le bord est
fortement denté, presque épineux. C'est une plante annuelle dont les individus portent soit des fleurs
femelles, soit des fleurs mâles. Dépourvues de corolle et de calice, elles sont réduites à leur plus
simple expression : une étamine pour les mâles et un carpelle verdâtre chez les femelles. Le pollen
est véhiculé par les courants aquatiques. Les naïades forment de véritables prairies submergées où
vivent et se reproduisent de nombreux poissons. À noter qu'il existe des sous-espèces de Najas
marina encore imparfaitement connues en Savoie.
Écologie et habitats : les graines de naïade marine germent et s'enracinent dans des sols basiques
ou neutres, sur des substrats à faible granulométrie (sables et limons). Ces plantes prospèrent entre
0,5 et 3 m de profondeur dans des eaux pauvres ou moyennement riches en nutriments et bien
oxygénées des lacs naturels et des plans d'eau artificiels. Elles se cantonnent à basse altitude.
Distribution : Najas marina est une espèce cosmopolite. Elle est inventoriée sur une grande partie
du territoire français métropolitain avec d'importantes lacunes dans le Massif central, les Pyrénées et
les Alpes. Elle est présente dans tous les départements de Rhône-Alpes, à l'exception de l'Ardèche,
et certains secteurs comme la Dombes hébergent d'abondantes populations. En Savoie, la naïade
marine est connue de longue date dans les deux grands lacs naturels du Bourget et d'Aiguebelette.
Au cours de la dernière décennie, elle a été observée également dans les plans d'eau sur l'île de
Chautagne-Malourdie, ainsi qu'à Attignat-Oncin, La Bridoire et Vions.
Menaces et préservation : l'enjeu global pour notre environnement que représente la qualité des
eaux est l'élément essentiel pour la préservation des stations de naïade marine. Localement, des
aménagements comme les fascines implantées au sud du lac du Bourget favorisent le
développement des herbiers à Najas en réduisant l'action mécanique destructrice des vagues.
- 78 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Najas minor All.
Auct. Syn. Stirp. Taurin. : 3 (1773)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Petite naïade
- Hydrocharitaceae
- Thérophyte
- Cosmopolite
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Liste rouge départementale : en danger
Éléments descriptifs : l'allure de la petite naïade est similaire à celle de la naïade marine (Cf. cette
espèce). Toutefois, dans le détail, les différences sont nombreuses : la tige est plus courte (5 à 30
cm) et plus fine (1 mm). Elle porte des feuilles plus petites, plus étroites, arquées, pourvues d'une
gaine finement ciliée. Enfin, il s'agit d'une espèce monoïque.
Écologie et habitats : la petite naïade fréquente comme la naïade marine les eaux stagnantes ou à
cours lent de l'étage collinéen. Elle semble préférer des substrats plus fins, y compris vaseux. Elle
s'accommode aussi d'eaux plus riches en nutriments et plus chaudes que la naïade marine. Elle
semble également se cantonner à des profondeurs moindres, rarement au-delà de 1,5 m. Ces
paramètres écologiques sont difficiles à cerner tant il est rare de voir la petite naïade en place ; sa
présence est le plus souvent détectée par la découverte de fragments échoués sur les rives des
plans d'eau.
Distribution : cosmopolite, la petite naïade est disséminée en France, notamment en Bretagne,
dans le Centre, le Nord-Est, la vallée du Rhône, en Languedoc-Roussillon et en Corse. Pour autant,
elle demeure rare dans toutes ces régions. Ainsi, sa présence en Savoie se limite aux seuls lacs
d'Aiguebelette et du Bourget, où elle est connue depuis le XIXe siècle (12/9/1872 – Herbier Songeon
– SHNS). Et dans ce dernier, la cartographie exhaustive de la végétation lacustre effectuée en 1999
n'a révélé l'existence de Najas minor que dans trois herbiers subaquatiques sur les rives sud et
ouest du lac (ÉCOTEC, 2000).
Menaces et préservation : la protection réglementaire dont bénéficie la petite naïade n'est pas
facile à faire respecter pour ces plantes à la fois méconnues, peu visibles et peu spectaculaires ! Sa
préservation à moyen terme dans les deux grands lacs savoyards ne devrait pas poser de problème
compte tenu des efforts entrepris par la collectivité pour améliorer la qualité physico-chimique des
eaux. Une prospection systématique de tous les plans d'eau, y compris artificiels (gravières,etc.)
devrait permettre de localiser Najas minor dans d'autres sites en Savoie.
- 79 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Ophioglossum vulgatum L.
Sp. Pl. : 1062 (1753)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Ophioglosse commun
- Ophioglossaceae
- Géophyte
- Eurasiatique, nord américain
Éléments descriptifs : les autres espèces d'ophioglosses étant absentes de notre région,
l'ophioglosse commun ne peut se confondre avec une autre plante. Un pied d'Ophioglossum
vulgatum produit habituellement une seule fronde par an. Cette petite plante affiliée aux fougères se
compose d'une partie stérile qui prend la forme d'un limbe ovale lancéolé haut de 5 à 10 cm, entier,
d'un vert jaunâtre luisant. Ce limbe, embrassant, est porté par un pétiole commun avec la partie
fertile réduite à un épi étroit et allongé de sporanges disposés sur deux rangs et dressé au sommet
d'un "pédoncule" pouvant atteindre une dizaine de cm. Les plantes apparaissent dès le début du
printemps et disparaissent totalement après la dispersion des spores en été.
Écologie et habitats : l'étage collinéen est l'étage de prédilection de cet ophioglosse qui s'aventure
rarement dans le montagnard et exceptionnellement dans le subalpin inférieur. Classiquement
indiqué dans les milieux humides, il peut s'observer dans les prairies à Carex ou encore à Molinia,
dans les roselières ainsi que dans les boisements rivulaires à Salix alba ou Alnus glutinosa. À noter
qu'environ un tiers des stations savoyardes connues est répertorié sur des pelouses moyennement
sèches à Bromus erectus (Mesobromion), toujours sur des substrats marneux avec un couvert
végétal peu dense.
Distribution : l'aire de distribution de l'ophioglosse commun couvre une grande partie de
l'hémisphère Nord sur les continents eurasiatique et américain. Il est recensé dans la totalité des
départements français métropolitains (Prélli, 2001). En Savoie, il est connu historiquement dans les
marais de l'ouest du département, en particulier dans le bassin versant du lac du Bourget, mais aussi
l'Avant-Pays, la Combe de Savoie, etc. Les prospections systématiques réalisées sur les zones
humides ces dernières années ont permis de recenser d'assez nombreuses nouvelles localités : en
particulier quelques stations ponctuelles et inédites en Maurienne à Montaimont (Delahaye, 2001) et
à Lanslevillard à l'altitude record de 1680 m (P. Freydier, com. pers.).
Menaces et préservation : même si nous connaissons un nombre plus élevé de stations
d'ophioglosse commun que par le passé, ce fait ne doit pas masquer le régression des populations
de cette espèce corrélée à la destruction et à la dégradation de ses biotopes tant humides que secs.
À titre d'exemple, environ deux mille pieds d'Ophioglossum vulgatum ont été ensevelis sous une
zone d'activité à Épersy-Mognard en 2007. Même s'il ne s'agit que d'une destruction partielle d'une
station exceptionnelle estimée à sept mille pieds, chaque nouvelle destruction contribue à affaiblir et
à isoler les populations qui doivent survivre dans des milieux de plus en plus artificialisés.
- 80 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Orchis laxiflora Lam. subsp. laxiflora
Fl. Fr., 3 : 504 (1779)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Anacamptis laxiflora (Lam.) Bateman Pridgeon & Chase
- Orchis à fleurs lâches
- Orchidaceae
- Géophyte
- Méditerranéen
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Liste rouge départementale : vulnérable
Éléments descriptifs : cette orchidée est sans nul doute une parmi les plus élégantes des prairies
humides. Les grandes fleurs, étagées le long d'une inflorescence atteignant 25 cm de hauteur, sont
pourpre violacé. Elles sont bien caractérisées par un labelle plié longitudinalement, dont le lobe
central est plus court que les latéraux, et pourvu au centre d'une macule d'un blanc pur. Les travaux
de biologie moléculaire conduisent à inclure désormais cette espèce dans le genre Anacamptis sous
le binôme : Anacamptis laxiflora (Lam.) Bateman, Pridgeon & Chase.
Écologie et habitats : l'orchis à fleurs lâches n'est connu en Savoie qu'à l'étage collinéen. Il
s'observe dans des prairies fauchées, souvent détrempées au printemps, mais praticables à pieds
secs l'été. Il est classiquement indiqué dans les prairies à molinie (Guinochet & De Vilmorin, 1978 ;
Delarze & al., 1998). Les stations savoyardes semblent davantage relever des communautés mésohygrophiles des végétations prairiales (Agrostietea stoloniferae, Arrhenatheretea elatioris).
Distribution : cet orchis se singularise des autres orchidées des zones humides par son aire de
distribution centrée sur la région méditerranéenne. Pour autant, il remonte vers le nord de la France
jusqu'en Picardie et était connu historiquement en Belgique. Il est d'ailleurs recensé dans presque
tous les départements français, sauf ceux du nord-est, même si sa présence se limite parfois à
seulement quelques sites. Récolté sur le bord du lac de Sainte-Hélène dès le 8/6/1866 (herbier Jouty
– SHNS), il est également indiqué sur les rives du lac du Bourget au XIXe siècle (Songeon &
Chabert, 1896). Il n'a pas été revu ces dernières années ni en Chautagne, ni au sud du lac, mais
existe toujours dans des prairies humides au Bourget-du-Lac, Drumettaz-Clarafond, etc. Au total, il
est actuellement recensé dans une douzaine de communes de l'ouest du département.
Menaces et préservation : dans les sites où il a été préservé des drainages et de l'urbanisation,
l'orchis à fleurs lâches est menacé tant par l'intensification des pratiques agricoles (engrais, fumure),
que par l'arrêt de ces mêmes pratiques et la fermeture progressive des milieux qui l'accompagnent.
La fauche estivale des prairies humides, avec exportation du fourrage, semble pouvoir maintenir des
prairies propices à cette belle orchidée, pour autant que leur caractère hygrophile soit préservé.
- 81 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Orchis palustris Jacq. subsp. palustris
Collect. Bot., 1 : 75 (1787)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Anacamptis palustris (Jacq.) Bateman, Pridgeon & Chase.
- Orchis des marais
- Orchidaeae
- Géophyte
- Eurasiatique
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Liste rouge départementale : vulnérable
Éléments descriptifs : cette orchidée offre la même silhouette que l'espèce précédente : une tige
élancée, haute de quelques dizaines de cm, garnie de longues feuilles étroitement lancéolées, porte
à son sommet un épi allongé de grandes fleurs. La couleur de celles-ci varie du rose au pourpre
pâle. Elles présentent un labelle presque plan, dont le centre plus clair est ponctué de petites
macules plus foncées ; le lobe médian est plus long que les latéraux. Les classifications récentes
regroupent également cette orchidée dans le genre Anacamptis : Anacamptis palustris (Jacq.)
Bateman, Pridgeon & Chase.
Écologie et habitats : les prairies humides sont le domaine de vie exclusif de l'orchis des marais.
Plus précisément, ce sont les communautés de bas marais à Schoenus nigricans qui constituent le
biotope de prédilection de cette orchidée. Dans ces prairies, il croît souvent en compagnie d'autres
orchidées rares et protégées comme Liparis loeselii et Spiranthes aestivalis.
Distribution : l'orchis des marais peut se rencontrer dans les biotopes qui lui sont favorables sur une
grande partie du continent eurasiatique. Il est actuellement recensé dans environ un tiers des
départements français (Bournérias, Prat & al., 2005), irrégulièrement répartis sur le territoire national.
Dans notre département, sa distribution est comparable à celle de l'orchis à fleurs lâches : AvantPays, lac du Bourget, Albanais, combe de Savoie. Pour autant, les sites où ces deux orchidées
cohabitent sont exceptionnels : c'est le cas par exemple du marais des Villards à La Biolle.
Menaces et préservation : Les nombreuses atteintes dont ont été et sont toujours victimes les
zones humides ont contribué à sa disparition dans une douzaine de départements. Récemment,
nous avons pu encore constater son extinction, en toute impunité, suite au labour d'une prairie
humide à Saint-Girod pour installer une culture de maïs. L'orchis des marais est officiellement
protégé dans dix des vingt-deux régions administratives françaises métropolitaines. Ce statut est
nécessaire mais pas suffisant pour garantir la préservation de ce magnifique et pertinent indicateur
du bon état de conservation des zones humides. À ce titre, la gestion spécifique ou en partenariat
avec des agriculteurs mise en place au sud du lac et en Chautagne maintient des prairies qui
conviennent parfaitement à l'orchis des marais. Souhaitons que tous les autres sites qui abritent
également ces plantes puissent bénéficier prochainement des mêmes attentions.
- 82 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Ranunculus lingua L.
Sp. Pl. : 549 (1753)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Grande douve
- Ranunculaceae
- Hélophyte, hémicryptophyte
- Eurasiatique
- Protection nationale : annexe I
- Liste rouge nationale : tome II
- Liste rouge départementale : en danger
Éléments descriptifs : imaginez un bouton d'or aux fleurs de 3 à 4 cm de diamètre, portées par une
tige robuste, creuse, de la grosseur d'un pouce, pouvant atteindre 1,5 m de haut ; les feuilles
étagées le long de la tige, qu'elles embrassent partiellement, sont très longuement lancéolées,
entières, parfois munies de quelques denticules espacés. Voici dressé le portrait de la plus grande
renoncule de notre flore, impossible à confondre avec une autre plante.
Écologie et habitats : la grande douve vit les racines dans l'eau en bordure des lacs et des étangs
au cœur des roselières inondables et des cariçaies, tout particulièrement celles constituées par les
touradons de Carex paniculata, Carex elata, Carex appropinquata... Quelques stations sont
également connues dans des fossés tourbeux.
Distribution : les espèces à aire de distribution eurasiatique représentent environ 22 % de la flore
savoyarde ; Ranunculus lingua appartient à cet ensemble. Il est disséminé sur l'ensemble du
territoire national dans les secteurs de basse altitude. Déjà récolté par A. Huguenin au lac du
Bourget, sans doute vers le milieu du XIXe siècle (Herbier SHNS), c'est à C. Pin (1894) que nous
devons la première indication bibliographique en Savoie : en Chautagne et dans l'Albanais, deux
secteurs qui hébergent toujours la grande douve. Elle est présente également autour des lacs
d'Aiguebelette et de Saint-Jean-de-Chevelu ainsi qu'à Châteauneuf, Gerbaix et Sonnaz. Elle fut
présente autrefois à Apremont (Fritsch, 1973) et Grésy-sur-Isère (G). Curieusement, elle n'a encore
jamais été observée au sud du lac du Bourget où existent pourtant des milieux qui lui sont
favorables.
Menaces et préservation : le nombre élevé de départements où est encore recensée la grande
douve ne doit pas masquer le fait que dans la plupart des cas ne sont connues que des stations très
ponctuelles avec de faibles effectifs. C'est le cas en Savoie, où le devenir de ces plantes est sans
doute à envisager différemment selon les situations : les populations localisées en bordure
immédiate des principaux lacs de l'ouest du département se maintiendront probablement à un niveau
satisfaisant à court et moyen terme. Ailleurs, par contre, la dégradation du fonctionnement hydrique
des zones humides et de la composition physico-chimique des sols fait peser de lourdes menaces
sur la grande douve et ses compagnes végétales et animales.
- 83 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Ranunculus sceleratus L. subsp. sceleratus
Sp. Pl. : 551 (1753)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Renoncule scélérate
- Ranunculaceae
- Thérophyte
- Eurasiatique
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Liste rouge départementale : vulnérable
Éléments descriptifs : la renoncule scélérate se distingue des autres "boutons d'or" tout d'abord par
la petitesse de ses fleurs qui n'excèdent guère 1 cm de diamètre. Elles donnent naissance à de
nombreux petits akènes (70 à 100) serrés sur un réceptacle cylindrique allongé. Au niveau de
l'appareil végétatif, elle se singularise par une tige creuse, ramifiée, qui porte des feuilles un peu
charnues, luisantes ; les basales sont pétiolées et largement lobées, les caulinaires sont sessiles et
à divisions étroitement lancéolées. Toute la plante est glabre.
Écologie et habitats : Ranunculus sceleratus est une plante annuelle qui se développe sur des
vases ou des tourbes où le recouvrement de la végétation est faible. Ces substrats pionniers,
souvent nitrophiles, se rencontrent, à l'étage collinéen, dans les fossés s'asséchant partiellement en
été et en bordure des mares et des petits étangs, comme au sud du lac du Bourget. Cette renoncule
croît souvent en compagnie d'autres espèces annuelles appartenant notamment aux genres Bidens
et Polygonum. D'une année sur l'autre, les stations de ces plantes annuelles se déplacent et les
effectifs des populations peuvent fortement varier.
Distribution : l'analyse des cartes de distribution de cette espèce montre qu'elle est assez
largement répandue, tant au niveau mondial (espèce eurasiatique) qu'au niveau national, où elle est
recensée dans la quasi-totalité des départements français. Cette relative abondance ne saurait en
aucun cas minimiser l'intérêt des populations savoyardes, très localisées autour des lacs du Bourget,
de Saint-Jean-de-Chevelu et de Sainte-Hélène ainsi qu'à Challes-les-Eaux et Drumettaz-Clarafond.
Elle a été récoltée anciennement dans la combe de Savoie (Delahaye & Prunier, 2006).
Menaces et préservation : compte tenu du caractère fluctuant, voire fugace, des stations de
Ranunculus sceleratus, la pérennité des populations sur un site donné est dépendante du
renouvellement de biotopes favorables. Dans un système qui n'est pas trop régulé, les crues
printanières et les étiages estivaux contribuent à créer, çà et là dans les plaines alluviales et au bord
des plans d'eau, des berges susceptibles d'être colonisées par cette renoncule. Dans un système
complètement régulé comme celui du lac du Bourget, seules des interventions humaines
(creusement de mares, décapage de platières, etc.) peuvent suppléer à la régression des milieux de
vie de cette plante protégée.
- 84 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Schoenoplectus mucronatus (L.) Palla
Bot. Jahrb. Syst., 10 : 299 (1889)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Scirpus mucronatus L.
- Scirpe mucroné
- Cyperaceae
- Hélophyte
- Subcosmopolite
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Liste rouge départementale : au bord de
l'extinction
Éléments descriptifs : cette cypéracée haute de quelques dizaines de centimètres se présente en
touffes, la souche étant dépourvue de stolons. La tige trigone porte au sommet un glomérule de
petits épis roussâtres, à l'aisselle d'une longue bractée très caractéristique : le plus souvent étalée à
l'horizontale. Les feuilles de ces plantes sont réduites aux gaines qui entourent la tige.
Écologie et habitats : Schoenoplectus mucronatus se plaît dans les formations herbacées,
périodiquement inondées, qui se développent en arrière de la roselière aquatique sur les rives des
lacs et des cours d'eau. Il a volontiers un comportement de pionnier, s'installant dans les petits
espaces de sol nu entre les roseaux, les alpistes ou les touffes de Carex.
Distribution : le scirpe mucroné est une espèce dite subcosmopolite, c'est-à-dire recensée sur tous
les continents mais avec localement des lacunes importantes. Cette situation est comparable en
France métropolitaine où il est présent dans une trentaine de départements, mais absent, par
exemple, d'une grande partie du nord du pays. Présence ne signifie pas forcément abondance ! Ainsi
en Savoie (comme en Haute-Savoie), il n'est connu que d'une seule localité : sur la rive sud du lac
du Bourget où il a été observé en 2000.
Menaces et préservation : l'artificialisation des berges et la régulation des niveaux d'eau sont des
facteurs qui limitent la pérennité des populations de cette espèce protégée. L'installation durable de
ce scirpe en Savoie reste très hypothétique même s'il existe au nord et au sud du lac du Bourget des
milieux propices. C'est une plante à rechercher en bordure de tous les plans d'eau, naturels et
artificiels.
- 85 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Senecio paludosus L.
Sp. Pl. : 870 (1753)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Séneçon des marais
- Asteraceae
- Hélophyte (hémicryptophyte)
- Eurosibérien
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Liste rouge départementale : vulnérable
Éléments descriptifs : si vous rencontrez dans un marais un séneçon dont les capitules s'étalent à
environ 1 m ou plus du sol ; si ces capitules de 3 à 4 cm de diamètre sont étalés en corymbe et
composés de fleurs jaune d'or dont dix à seize fleurs ligulées ; si la tige striée porte de longues
feuilles étroitement lancéolées, sessiles, dentées et aranéeuses à la face inférieure, alors pas de
doute possible, vous êtes en présence du séneçon des marais.
Écologie et habitats : cette plante s'observe dans les prairies marécageuses mésotrophes, où le sol
est gorgé d'eau pratiquement toute l'année, d'où sa prédilection pour les prairies en bordure
immédiate des lacs et rivières. Elle croît en compagnie des grandes laîches (Carex acutiformis,
Carex elata, Carex riparia, etc.) caractéristiques de ces milieux (Magnocaricion elatae). Elle ne quitte
guère l'étage collinéen en Savoie où les populations s'échelonnent de 235 à 690 m d'altitude.
Distribution : Senecio paludosus est une espèce à aire de distribution eurosibérienne, largement
répartie sur notre continent. Sur le territoire français métropolitain, elle est recensée dans la moitié
est, avec quelques lacunes dans la région méditerranéenne. En Savoie, elle est déjà récoltée à
Chindrieux dans le marais de Chautagne le 12/7/1873 (Herbier Jouty – SHNS). Perrier de la Bâthie
(1928) ne cite que quelques localités en Savoie, terminant sa courte énumération par un lapidaire :
"… etc. Commun" ! Nous connaissons en 2007 cette plante protégée dans seulement une petite
vingtaine de communes de l'ouest du département, où elle ne subsiste le plus souvent que dans un
seul site, sur une surface limitée avec de faibles effectifs.
Menaces et préservation : les populations de séneçon des marais ont fortement régressé en
Savoie au cours du XXe siècle. Même si environ 50 % des populations connues se situent
actuellement sur des sites protégés par Arrêté Préfectoral de Protection de Biotope, ces plantes
demeurent très vulnérables face à l'abaissement généralisé des nappes phréatiques. La restauration
de conditions hydriques satisfaisantes est un paramètre essentiel pour la préservation de cette
élégante astéracée de nos marais. La pérennité des populations dépendra aussi du maintien de
prairies périodiquement fauchées ou pâturées à partir du mois d'août après la fructification des
plantes.
- 86 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Spiranthes aestivalis (Poir.) Rich.
Orchid. Eur. Annot. : 36 (1817)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Spiranthe d'été
- Orchidaceae
- Géophyte
- Européen
- Protection nationale : annexe I
- Livre rouge national : tome II
- Liste rouge départementale : en danger
Éléments descriptifs : par sa taille modeste (20 à 30 cm de hauteur) et ses petites fleurs (0,5 à 0,7
cm de longueur), la spiranthe d'été est assez discrète au milieu de la végétation palustre où elle
s'épanouit au début du mois de juillet. Elle partage avec les autres espèces du genre,
essentiellement nord américain, une inflorescence hélicoïdale. Sur les fleurs, on remarquera la
bordure du labelle ornée de petites crêtes. Spiranthes aestivalis pourrait se confondre avec
Spiranthes spiralis mais cette dernière est une orchidée des pelouses sèches à floraison automnale.
Écologie et habitats : la spiranthe d'été est une plante de pleine lumière qui vit dans les prairies
humides installées sur substrat basique ou neutre à l'étage collinéen. Elle se développe en
compagnie de diverses petites laîches (Carex davalliana, Carex hostiana, Carex panicea, etc.)
formant les parvocariçaies. Les prairies qui abritent la spiranthe d'été sont généralement riches
d'autres espèces d'orchidées : Dactylorhiza incarnata, Orchis palustris...
Distribution : cette orchidée, essentiellement européenne, montre une nette préférence pour les
régions méditerranéennes et atlantiques. Elle est considérée comme rare et en régression sur
l'ensemble de son aire de distribution (Bournérias, Prat & al., 2005). Cette situation s'illustre
parfaitement en France et en Savoie. Ainsi dans notre département, les données historiques sont
plus nombreuses que les stations actuellement connues : anciennement récoltée à Cruet (herbier
SHNS) et à Aix-les-Bains ; indiquée encore à Chambéry, Esserts-Blay, Le Bourget-du-Lac, SaintJean-de-la-Porte et Sainte-Hélène-sur-Isère, la spiranthe d'été n'est connue en ce début du XXIe
siècle que dans trois marais : la Chautagne et les marais de la Biolle et Lucey (Delahaye & Prunier,
2006).
Menaces et préservation : la destruction et la dégradation des marais est à l'origine de la disparition
des stations de spiranthe d'été. Sur les trois sites savoyards où cette orchidée est encore présente,
les marais de La Biolle et Lucey bénéficient d'une protection réglementaire par Arrêté Préfectoral de
Protection de Biotope, accompagnée d'une gestion conservatoire. Le troisième, la Chautagne, est
malheureusement toujours dépourvu de la protection qu'il mérite. Pour autant, son inscription dans le
réseau Natura 2000 et la gestion commune mise en place par le CPNS et les agriculteurs, devrait
permettre de maintenir à moyen terme des prairies humides favorables notamment à cette orchidée.
- 87 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Thelypteris palustris Schott.
Gen. Fil. t. 10: 24 (1834)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Thélyptéris des marais
- Thelypteridaceae
- Géophyte
- Eurasiatique, nord américain
Éléments descriptifs : pour le néophyte, toutes les grandes fougères se ressemblent… Ou
presque ! Pour le spécialiste, le thélypteris des marais ne peut se confondre avec aucune autre
fougère. Le botaniste soucieux de bien identifier cette espèce, observera le développement le plus
souvent en populations étendues, lié à la présence de rhizomes traçants ; les frondes d'un vert
tendre et à texture fine, au pétiole aussi long que le limbe ; les pinnules à bords recourbés vers la
face inférieure portant les sores. Les parties aériennes disparaissent totalement l'hiver.
Écologie et habitats : en Savoie, Thelypteris palustris se rencontre en proportion équivalente sous
le couvert de boisements marécageux (aulnaie glutineuse, saulaies) et en situation plus ensoleillée
entre les tiges des roseaux et des grandes laîches. Plutôt basicline, il supporte aussi les substrats
faiblement acides. C'est une fougère de l'étage collinéen qui atteint exceptionnellement le
montagnard : 1040 m à Bonvillard et 1330 m à Montendry, un record !
Distribution : cette fougère est largement distribuée dans les régions tempérées et froides de
l'hémisphère nord. En France, elle n'est absente que dans quelques départements du Massif central,
du sud et des Alpes méridionales. Le Jura et les Alpes du Nord font partie des régions où elle est
encore bien représentée. Elle est répertoriée en Savoie depuis le XIXe siècle (Rey-Paillade, 1893).
Une cinquantaine de stations est actuellement recensée dans la moitié nord-ouest du département.
Ce nombre, significativement plus important que les données historiques, s'explique par une
prospection plus exhaustive des zones humides. À noter que l'indication à Pralognan-la-Vanoise à
2000 m d'altitude (Perrier, 1928) est vraisemblablement erronée.
Menaces et préservation : Thelypteris palustris est une fougère qui s'accommode de conditions
écologiques assez variables sauf pour le substrat et l'environnement atmosphérique proche qui se
doivent d'être en permanence humide. La principale menace qui pèse sur les populations est donc
l'assèchement des zones humides. Tous les sites qui abritent cette fougère mériteraient une
protection réglementaire impliquant à minima une préservation de l'alimentation en eau.
- 88 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Thysselinum palustre (L.) Hoffm.
Gen. Pl. Umb. : 179 (1814)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Peucedanum palustre (L.) Moench
- Peucédan des marais
- Apiaceae
- Hémicryptophyte
- Eurosibérien
- Protection régionale : Rhône-Alpes
- Liste rouge départementale : vulnérable
Éléments descriptifs : pleinement développé, le peucédan des marais se remarquera d'abord par
sa haute taille, dépassant fréquemment 1,5 m. Les principaux caractères distinctifs concernent la
tige : sillonnée, creuse, laissant s'écouler un peu de latex blanchâtre à la coupure ; les grandes
feuilles (30 à 60 cm de long) : molles, deux à quatre fois pennatiséquées, à divisions linéaires
lancéolées ; et la présence sous les ombelles et les ombellules de bractées et bractéoles linéaires
réfléchies. L'on prendra garde de ne pas confondre cette ombellifère avec Selinum carvifolium qui
pousse dans les mêmes milieux. Cette dernière a notamment une tige pleine, pourvue de côtes
translucides.
Écologie et habitats : les préférences écologiques de Thysselinum palustre situent cette espèce
dans les roselières aquatiques et les prairies humides à grands Carex. Nous l'avons observé à
plusieurs reprises, notamment autour du lac d'Aiguebelette, perché sur les imposants touradons
formés par Carex paniculata.
Distribution : les populations de Thysselinum palustre sont recensées de la Grande Bretagne à
l'Asie Centrale. Si ces plantes supportent les climats frais des pays scandinaves, elles évitent les
régions au climat méditerranéen. En France, c'est dans le Nord, le Centre et l'Est qu'elles sont les
plus présentes. Le peucédan des marais est cité en Savoie autour des deux grands lacs du Bourget
et d'Aiguebelette dès le XIXe siècle (Songeon & Chabert, 1896). Il est toujours présent en ces lieux
ainsi qu'autour des lacs de Saint-Jean-de-Chevelu et de Sainte-Hélène et dans quelques marais de
l'ouest du département : Belmont-Tramonet, Challes-les-Eaux, Cruet, La Biolle, Saint-Maurice-deRotherens ; cette distribution en Savoie reste sans aucun doute à compléter.
Menaces et préservation : comme les autres êtres vivants inféodés aux zones humides, le
peucédan des marais pâtit de la dégradation des zones humides. L'artificialisation des berges et la
limitation du marnage des lacs contribuent à limiter les biotopes qui lui sont favorables. La fauche
des roselières et des magnocariçaies peut permettre de maintenir des espaces favorables à cette
ombellifère. Il convient alors de prendre en compte la maturation tardive des graines et la fragilité
des plantules (Reduron, 2008). Un cycle de gestion où se succèdent d'une année sur l'autre : une
fauche, un pâturage, un repos, comme mis en place dans les marais au sud du lac du Bourget,
pourrait s'évaluer en suivant l'évolution des populations de Thysselinum palustre.
- 89 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Les plantes protégées du lac du Bourget
Viola elatior Fr.
Novit. Fl. Suec., ed. 2 : 277 (1828)
Ugine
Aix-les-Bains
Chambery
Albertville
Bourg-Saint-Maurice
Moutiers
Saint-Jean-de-Maurienne
Modane
- Violette élevée
- Violaceae
- Hémicryptophyte
- Eurosibérien
- Protection nationale : annexe I
- Livre rouge national : tome II
- Liste rouge départementale : en danger
Éléments descriptifs : la bien nommée violette élevée se dresse habituellement jusqu'à environ 50
cm de hauteur. La tige pubescente porte de longues feuilles lancéolées et de grandes fleurs
solitaires aux pétales bleu pâle soulignés de veines plus foncées. Les stipules sont plus longues que
les pétioles. En Savoie, tout risque de confusion avec une autre violette est improbable.
Écologie et habitats : en Europe de l'Ouest, cette plante est liée aux milieux humides des grandes
vallées fluviales. Elle se rencontre dans les prairies humides et inondables, notamment à molinies,
ainsi que dans les ourlets et les clairières des forêts alluviales (Salicion albae, Alnion incanae). En
Scandinavie et en Russie, la violette élevée pousse dans des biotopes nettement plus secs
(Rastetter, 1995).
Distribution : l'aire de distribution de Viola elatior s'étend sur l'ensemble du continent européen, à
l'exception des régions arctiques et méditerranéennes, jusqu'à l'ouest de la Sibérie. En France, où
elle atteint la limite occidentale de son aire, elle est localisée dans la moitié est du pays,
principalement dans les couloirs fluviaux du Rhin et du haut Rhône, ainsi qu'en Champagne en
bordure de la Seine, de l'Aube, de la Marne, etc. (Klein & al., 1993). Elle est indiquée dès le XIXe
siècle en Savoie : "Dans les prairies marécageuses qui s'étendent de Chambéry au
Bourget." (Songeon & Chabert, 1896). En ce début du XXIe siècle, ces prairies marécageuses se
limitent à une petite centaine d'hectares confinée à la rive sud du lac du Bourget où fort
heureusement cette violette a trouvé refuge. Ces dernières années elle a également été découverte
en quelques points du marais de Chautagne sur la commune de Chindrieux.
Menaces et préservation : l'assèchement des marais entraîne partout la régression de la violette
élevée. Le très faible nombre de stations répertorié et la petitesse des effectifs totaux (à peine
quelques centaines de pieds) justifie l'inscription de cette espèce sur la "Liste rouge des plantes
vasculaires de Savoie" dans la catégorie : en danger. Depuis le début des années 1990, les travaux
de réhabilitation des marais mis en œuvre par le Conservatoire du patrimoine naturel de la Savoie au
nord et au sud du lac du Bourget ont localement entraîné la destruction de pieds de violette élevée
(création de l'étang des aigrettes), mais globalement restauré des biotopes favorables à ces plantes.
La préservation de ses milieux de vie nécessite l'entretien régulier des prairies humides afin de
limiter leur envahissement par les arbustes (saules, bourdaines, etc.) et par des plantes comme
Solidago gigantea. L'exportation de la biomasse produite, par fauche périodique, empêche
l'accumulation de la litière sur le sol et l'eutrophisation du substrat défavorables aux violettes
élevées.
- 90 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
ANNEXE
Les vingt-quatre espèces protégées présentées dans les pages précédentes ont toutes été
observées ces dernières années dans les zones humides qui bordent le lac du Bourget. Il convient
de compléter cette liste par une dizaine d'espèces qui soit furent récoltées par le passé, soit sont
indiquées dans la bibliographie sur les rives du plus grand lac naturel de France.
Ainsi, nous avons pu observer dans l'herbier général des Conservatoire et Jardin Botanique de la
ville de Genève (G) des échantillons en provenance du lac du Bourget des espèces suivantes (le
collecteur et l'année de récolte figurent entre parenthèses) :
- Marsilea quadrifolia L. (A. Huguenin, 1850)
- Oenanthe fistulosa L. subsp. fistulosa (J. Briquet, 1922)
- Teucrium scordium L. subsp. scordium (E. Perrier, 1857)
- Utricularia vulgaris L. (H. Correvon, 1900)
De même, nous avons repéré dans la bibliographie des citations qui localisaient autour du lac du
Bourget six autres espèces aujourd'hui protégées (l'auteur et l'année de la publication sont indiqués
entre parenthèses) :
- Apium repens (Jacq.) Lag. (Pin, 1894)
- Drosera longifolia L. (Perrier, 1917)
- Littorella uniflora (L.) Asch. (Pin, 1894)
- Pilularia globulifera L. (Cariot, 1879)
- Potamogeton acutifolius Link (Cariot & Saint-Lager, 1889)
- Rhynchospora alba (L.) Vahl (Perrier, 1928)
La quasi-totalité des vingt-quatre espèces protégées actuellement recensées autour du lac était déjà
connue en ces lieux par les botanistes du XIXe et du début du XXe siècle. Le fait que dix espèces
n'aient pas été revues depuis cette période témoigne des changements qui ont affecté les rives du
lac. Plusieurs observations anciennes se situent par exemple à Aix-les-Bains où à l'exception de la
petite baie de Mémard, il ne reste plus beaucoup de végétation palustre… Mais cette liste de dix
espèces est aussi une invitation à poursuivre les inventaires botaniques à la recherche de ces
disparues, principalement sur les espaces qui ont échappé à l'urbanisation.
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Royaume-Uni. – ii + 26 p.
- 92 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
QUEL AVENIR POUR LE GRAND LAC ?
Dessins d'Emmanuelle Saunier
- 93 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
COMPLÉMENT (II) À L'INVENTAIRE COMMENTÉ ET LISTE
ROUGE DES PLANTES VASCULAIRES DE SAVOIE
Par Thierry Delahaye, Gérard Mouton et Patrice Prunier
Cette deuxième note recense les informations botaniques nouvelles par rapport à l'"Inventaire
commenté et liste rouge des plantes vasculaires de Savoie" (Delahaye & Prunier, 2006). Ces
informations sont principalement le fruit des observations réalisées par les adhérents de notre
association tant au cours des sorties collectives que lors de balades particulières. Sont consignées
également quelques observations que d'autres botanistes ont effectuées en Savoie au cours de
l'année 2007. Nous les remercions chaleureusement de nous avoir transmis leurs découvertes.
Comme dans le complément I (Delahaye & Prunier, 2007), la référence bibliographique à l'inventaire
de 2006 (op. cit.) n'est pas rappelée dans chaque paragraphe, par contre lorsque l'existence de parts
d'herbier est connue, elle est précisée dans le texte par la mention H suivie des initiales du détenteur
de l'échantillon, le tout placé entre parenthèses. La lettre G désigne les collections des herbiers des
Conservatoire et Jardin Botaniques de la ville de Genève.
Adiantum capillus-veneris L.
C'est à Saint-Jean-d'Arvey en descendant vers le Trou de l'Enfer qu'a été découverte une nouvelle
station de cette rare et délicate fougère le 15/3/2007 par G. Mouton et A.-M. Prieur. Cette
"population" se limite à deux touffes de quelques centimètres de haut, logées dans les anfractuosités
d'une cascade de tuf, abritée des rayons directs du soleil mais dans l'ambiance thermophile de cet
adret.
Allium carinatum L. subsp. pulchellum Bonnier & Layens
L'ail élégant est une espèce méditerranéenne, protégée en région Rhône-Alpes. Déjà observé à
Motz le 21/8/1999 par Arthur Lequay, ce dernier s'est appliqué, avec succès, à retrouver deux
localités historiques recensées par des échantillons d'herbier (G). Allium carinatum est toujours
présent sur la Montagne de Cessens (24/8/2007) et sur les rochers de Châtillon à Chindrieux
(29/8/2007). En raison de sa floraison tardive, l'ail élégant est vraisemblablement encore méconnu
en Savoie.
Androsace pubescens DC.
Notre observation de l'androsace pubescente au mont Trélod à Doucy-en-Bauges le 30 juin 2007
lors de la sortie collective de notre association ne révolutionne pas nos connaissances sur la
distribution de cette espèce en Savoie ; elle actualise seulement une donnée vieille de plus d'un
siècle ! Cette androsace avait été récoltée sur ce sommet "Baujus" le 29/6/1884 par C. L. Naville (G)
puis indiquée en ce même lieu par Cariot et Saint-Lager (1889) et Songeon (in Perrier, 1928).
Angelica sylvestris L. subsp. bernardae Reduron
L'angélique sauvage est une grande ombellifère bien connue qui s'observe dans différents types de
milieux plus ou moins humides : marais, mégaphorbiaies, boisements rivulaires, etc. de l'étage
collinéen à subalpin. Suite à la publication (en cours) extraordinaire sur les ombellifères de France
(Reduron, 2007), il convient désormais de distinguer deux sous-espèces au sein d'Angelica
sylvestris : la sous-espèce sylvestris et la sous-espèce bernardae. Cette dernière doit être ajoutée à
la liste des plantes de Savoie. Plus montagnarde que la sous-espèce sylvestris, elle pousse
préférentiellement dans des ambiances plus fraîches et se distingue principalement par le net
allongement des segments foliaires souvent décurrents. Sa distribution reste à préciser en Savoie.
Anthemis tinctoria L. subsp. tinctoria
Deuxième indication en Savoie de cette astéracée observée aux Marches sur un ancestral muret audessus du lac de Saint-André le 23 juin 2007 par G. Mouton. Cette plante attire l'œil par ses larges
capitules solitaires munis de fleurs ligulées et tubulées jaune d'or. Rappelons que le genre Anthemis
partage avec quelques autres la particularité de porter sur le réceptacle de petites écailles interflorales. Les akènes des anthémis sont dépourvus d'aigrette ; l'anthémis des teinturiers est une
plante grisâtre, pubescente, aux feuilles très découpées en lobes linéaires-lancéolés dentés. Sa
spontanéité est peu vraisemblable dans notre département.
- 94 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Anthyllis vulneraria L. subsp. guyoti (Chodat) Grenon
Reconnaître un anthyllide vulnéraire est facile ! Par contre, vouloir attribuer à la plante étudiée un
nom au niveau infra-spécifique est loin d'être toujours évident. En effet, Anthyllis vulneraria est un
complexe dans lequel Flora Europaea (Tutin & al., 1968) distingue pas moins de vingt-cinq sousespèces. D'après le référentiel de Tela Botanica (http://www.tela-botanica.org/page:eflore) une
douzaine de ces sous-espèces serait présente ou susceptible d'être présente en France. Si nous
rajoutons à cela quelques variétés reconnues comme valides, un dédale de synonymes et des
descriptions pas toujours très précises, nous commençons à percevoir l'imbroglio autour d'Anthyllis
vulneraria. Pour ne pas arranger la situation, nous avions récolté en quelques points de la vallée de
la Maurienne (Saint-Michel-de-Maurienne, Pas du Roc, août 1999 & 25/5/2003 – H PP ; Bessans,
refuge d'Avérole, 2200 m, 19/7/2006 ;
Avrieux, chalets de Pelouse, 2000 m,
20/7/2007 – H TD) des plantes que nous
ne pouvions rattacher de manière
satisfaisante à une des sous-espèces
indiquées dans nos flores usuelles
(Aeschiman & Burdet, 1994 ; Guinochet &
de Vilmorin, 1984, etc.). Pourtant ces
plantes montrent des caractères
morphologiques et des singularités
écologiques tranchés : comparativement
aux autres anthyllides connus en Savoie,
les fleurs sont nettement plus petites (8-9
mm), d'un rouge vineux ; elles sont
groupées dans des glomérules également
plus petits (10 à 20 mm d'après nos
échantillons) superposés dans la partie
supérieure de la tige. Les plantes poussent
sur des pelouses d'altitude, très
rocailleuses, thermophiles. Nous n'avons
pas observé d'individus présentant une
physionomie intermédiaire avec les autres
sous-espèces.
La comparaison de nos récoltes avec les
échantillons conservés dans l'herbier
général des Conservatoire et Jardin
Botaniques (CJB) de la ville de Genève
nous a permis dans un premier temps de
repérer des plantes similaires aux nôtres,
en provenance du Valais, dénommées de
manière variable.
Dans un second temps, la consultation de
publications spécialisées (Couderc, 1975 &
Cullen, 1976) ne nous a pas davantage
permis d'aboutir à une identification en
suivant les clefs de détermination
proposées par ces auteurs. Toutefois, une
petite note dans le texte de Cullen dans le
paragraphe relatif à Anthyllis vulneraria
subsp. alpestris nous invitait à poursuivre
nos recherches : "A curious form of the
race occurs in the area around Zermatt in
Switzerland ; here the plants are very
dwarf, and the corolla appears to be
reddish. This variant has been called A.
vallesiaca Beck (Ann. Nat. Hofmus. Wien
II : 65, 1896), but does not appear, from
the evidence available to me, to be worth
recognition ; this is perhaps a problem that
Anthyllis vulneraria L. Cf. subsp. guyoti (Chodat) Grenon –
could be resolved by population studies."
Avrieux, 20 juillet 2007
- 95 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Enfin, la correspondance avec d'autres botanistes, en particulier Jean-Marc Tison, nous a mis sur la
piste d'un anthyllide, décrit en 1925 par Robert Chodat : Anthyllis guyoti. Ce taxon, tombé dans
l'oubli vient d'être réhabilité par Michel Grenon : Anthyllis vulneraria subsp. guyoti (Grenon, 2006).
D'après les descriptions historiques reprises dans la publication de M. Grenon et les photographies
réalisées par l'auteur à partir de ses récoltes dans le Valais, ce taxon est jusqu'à présent celui qui
correspond le mieux aux plantes des pelouses et rocailles sèches d'altitude de Maurienne. Il ne s'agit
donc pas d'un taxon endémique du Valais, mais plus vraisemblablement des vallées internes des
Alpes. Il représente la septième entité répertoriée en Savoie gravitant dans le complexe Anthyllis
vulneraria. Rappelons que coexistent dans notre département les sous-espèces : alpestris,
carpatica, polyphylla, valesiaca, vulneraria, vulnerarioides et donc guyoti. Cette dernière est
désormais à ajouter aux sous-espèces recensées en France.
L'histoire d'Anthyllis vulneraria et Cie est sans doute loin d'être terminée. Pour preuve, la découverte
en ce début d'année 2008 par Denis Jordan dans un herbier privé, ayant appartenu à Gilles Bugnon,
et confié aux CJB de la ville de Genève pour expertise, non seulement d'un échantillon d'Anthyllis
guyoti récolté dans le Valais en 1921 par Chodat, mais également d'une récolte déjà effectuée au
refuge d'Avérole à Bessans le 2/8/1957 par G. Bugnon.
Anthyllis vulneraria L. subsp. vulnerarioides (All.) Arcang.
Avant 2007, nous n'avions pas observé en Savoie cette sous-espèce. Elle est pourtant
classiquement citée dans notre département, notamment au mont Cenis (Rouy & Foucaud, 1897 ;
Perrier, 1917) mais curieusement omise de la "Flore de la Suisse" (Aeschiman & Burdet, 1994) dont
la dition couvre entièrement la Savoie. Après une journée de recherches infructueuses sur les traces
d'une récolte effectuée au mont Cenis "aux sommités entre la poste et Ronce" le 7/7/1863 par G. F.
Reuter et J.-L. Bonjean, nous avons eu la chance de découvrir sur l'autre rive de l'actuel lac du mont
Cenis vers la Petite Turra à 2500 m le 18/7/2007 (H TD) cet anthyllide fausse vulnéraire. Cette
observation actualise donc la présence de cette sous-espèce en Savoie. Par la suite, nous avons
repéré cette même sous-espèce à Avrieux dans le vallon de Pelouse entre 2450 et 2480 m le 20/7
(H TD) et à Tignes dans la réserve naturelle de la Grande Sassière à 2430 m le 24/7/2007. À noter
que le cliché publié dans Flora alpina (Aeschiman & al., 2004) ne correspond pas à cette sousespèce bien caractérisée par sa petite taille, ses petites folioles de taille subégale et sa dense
pilosité étalée bien visible sur les tiges. D'après nos premières observations, c'est un taxon à
rattacher aux pelouses et landines exposées, en situation de crêtes.
Anthyllis vulneraria L. subsp. vulnerarioides (All.) Arcang. –
Lanslebourg, 18 juillet 2007
Artemisia atrata Lam.
Cette armoise inodore est aisément reconnaissable même à l'état végétatif par ses feuilles
pubescentes bipennatiséquées à divisions courtes et étroitement linéaires. C'est d'ailleurs
uniquement des plantes feuillées qui ont pu être repérées sur la crête de la Ponsonnière à Valloire le
24/8/2007 par T. Delahaye. Elles constituent la troisième population répertoriée en Savoie. Sa
présence dans le Briançonnais (Chas, 1994) invite à poursuivre nos recherches sur la limite entre la
Savoie et les Hautes-Alpes.
- 96 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Artemisia eriantha Ten.
Au milieu de ces ajouts et compléments, il est tout aussi important d'enregistrer l'indication erronée
relative à la présence d'Artemisia eriantha en Savoie. Un examen plus précis de nos récoltes et de
celles stockées dans l'herbier général des Conservatoire et Jardin Botaniques de la ville de Genève
(G), comparées à des échantillons dûment déterminés nous permet d'avancer l'hypothèse que le
genépi laineux ne pousse pas en Savoie… Jusqu'à la preuve du contraire ! D'autant que des récoltes
authentiques existent en provenance des Hautes-Alpes et de l'Isère (G). Le nombre de fleurs par
capitule, dix à quinze pour Artemisia genepi et au moins vingt-cinq pour Artemisia eriantha, semble
un bon critère pour distinguer ces espèces. Les corolles d'Artemisia eriantha sont également plus
nettement velues.
Asclepias syriaca L.
Une trentaine de pieds de l'asclépiade de Syrie a été découverte à La Biolle le long de la voie ferrée
en septembre 2007 par G. Mouton. Il s'agit de la deuxième observation de cette asclepiadacée
originaire d'Amérique du Nord et subspontanée en Savoie. Cette "herbe à la ouate", encore appelée
"herbe aux perruches" en raison de la forme des follicules, est une grande plante tomenteuse munie
d'un latex, assez décorative par ses fleurs groupées en ombelles multiflores.
Asplenium trichomanes L. subsp. hastatum (H. Christ) S. Jess.
Le capillaire des murailles se subdivise désormais en
cinq sous-espèces sur le territoire français métropolitain
suite à la description en 1995 de cette sous-espèce
hastatum (Prélli, 2001). Sa présence en Savoie a été
authentifiée par R. Prélli à partir d'une récolte (H TD)
effectuée à Villarodin-Bourget (Chatalamia, 1510 m) le
22 mai 2007 par T. Delahaye. Cette donnée invite à
revoir avec un "œil neuf" les stations de la sous-espèce
pachyrachis avec laquelle elle a peut-être été
confondue par le passé.
Asplenium trichomanes L. subsp. hastatum (H. Christ) S. Jess. –
Villarodin-Bourget, 22 mai 2007
Bituminaria bituminosa (L.) C. H. Stirt.
2006, 2007, chaque année apporte désormais sa nouvelle observation de psoralée à odeur de
bitume en Savoie (Delahaye & Prunier, 2007). Elle a été observée le long de la route qui monte à La
Chambotte à Chindrieux le 1/7/2007 par Anne-Marie Prieur (H TD) et quelques jours plus tard par
Adrien Messéan (com. pers.). Difficile d'imaginer que ces plantes peu discrètes aient échappé par le
passé aux botanistes. Nous pouvons donc émettre l'hypothèse que l'implantation de cette
méditerranéenne en Savoie soit liée au réchauffement climatique.
Bunias erucago L.
Le bunias fausse roquette est une brassicacée de distribution méditerranéenne. Comme souvent
dans cette famille, les fruits sont très caractéristiques : ils forment dans le cas présent des silicules
renflées d'environ 1 cm de long, ornées de quatre lignes de crêtes. C'est une plante devenue rare en
Savoie ; en régression car plus ou moins inféodée aux rotations culturales extensives. Bien souvent
les populations découvertes ne sont pas stables dans le temps suite aux changements d'affectation
des parcelles dans lesquelles elles se développent. À signaler une petite population observée à
Jacob-Bellecombette le 29/6/2007 par T. Delahaye, G. Mouton et A.-M. Prieur. Une récolte effectuée
dans cette même commune le 4/5/1865 figure dans l'herbier Jouty stocké à la Société d'Histoire
Naturelle de la Savoie (S.H.N.S).
Bupleurum praealtum L.
La dernière observation de Bupleurum praealtum en Savoie a été effectuée en Maurienne à
Pontamafrey-Montpascal. Une seconde population a été trouvée en rive gauche de l'Arc un peu en
aval sur la commune de Saint-Étienne-de-Cuines sur les affleurements rocheux qui bordent la RD 74
(6/7/2007, Marc Philippe). Cette ombellifère pousse notamment en compagnie d'une autre apiacée
peu commune dans notre département : Orlaya grandiflora.
- 97 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Coristospermum ferulaceum (All.) Reduron, Charpin & Pimenov
Un avis de recherche mérite
d'être lancé pour tenter de
retrouver cette apiacée en
Savoie. Plusieurs indications
bibliographiques anciennes et
même une observation datant
seulement d'une dizaine
d'années
localisent
Coristospermum ferulaceum dans
notre département. Mais
jusqu'alors aucun échantillon
n'avait pu venir attester ces
données. La preuve existe bel et
bien : elle a été retrouvée dans
l'herbier de Robert Fritsch à la
S.H.N.S. La récolte correspond à
l'indication à Villaroger (Fritsch,
1984). Malgré une localisation
assez précise sur l'étiquette de la
part d'herbier : "sentier entre les
Arcs 2000 et le glacier du col du
mont Pourri, sur le plan des
Violettes 2000 à 2300 mètres", il
n'a pas été possible de retrouver
une seule plante en 2007. Il est
vrai que le site est passablement
perturbé par des pistes de ski et
autres remontées mécaniques.
Coristospermum ferulaceum n'est
plus à classer dans la catégorie
"présence incertaine" en Savoie.
Souhaitons seulement que la
prochaine rencontre avec cette
plante s'effectue sur le terrain.
Coronopus didymus (L.) Sm.
Cette petite brassicacée,
originaire d'Amérique du Sud est
en passe de devenir cosmopolite.
Elle n'était pas connue en Savoie
à l'époque de Perrier de la
Bâthie. C'est Arthur Lequay qui a
attiré notre attention sur cette
espèce suite à la découverte
d'une petite population à Aix-lesBains à Mémard le 15/5/2007. C'est à cette occasion que G. Mouton nous a fait part de deux
observations inédites, à Chambéry, la Cassine en 06/2004 et déjà à Aix-les-Bains en milieu rudéral
en 09/2005. Coronopus didymus (= Lepidium didymum L.) est donc à ajouter à la liste des plantes de
Savoie ; il était déjà connu dans les départements voisins, à l'exception des Hautes-Alpes (http://
www.tela-botanica.org/page:eflore).
Dipsacus pilosus L.
La cardère poilue est une imposante dipsacacée pouvant atteindre 2 à 3 m de haut. Les tiges
ramifiées sont garnies de petits aiguillons et portent à leur extrémité des capitules sphériques de
fleurs blanchâtres. Dans l'inventaire de 2006 elle est indiquée en Savoie uniquement par des
récoltes et indications bibliographiques anciennes. Et pourtant, elle avait été observée à Méry aux
Jacquiers dès 9/2002 par G. Mouton. Non revue les années suivantes pour cause de coupes
répétitives, quelques tiges "réapparurent" au même endroit où G. Mouton les observa le 13/9/2007…
- 98 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Puis tout s'emballa avec les découvertes successives toujours par le même observateur à
Chindrieux au sud de Prés Crottis le long de la D 914 le 17/9/2007 ; à Saint-Paul-sur-Yenne vers
Santagneux et à La Chapelle-Saint-Martin vers le Blanchard le 9/10/2007, ces deux stations
comportant chacune quelques dizaines de pieds. Le développement assez tardif et surtout les
milieux de vie peu attractifs (boisements frais, bords des cours d'eau, haies, etc.) sont sans doute à
l'origine de la méconnaissance de la distribution de la cardère poilue en Savoie.
Echinops sphaerocephalus L. subsp. sphaerocephalus
Echinops sphaerocephalus est une plante qui pousse dans les friches thermophiles (Onopordion
acanthii) en compagnie d'autres belles épineuses (Carduus, Cirsium, Onopordum, etc.). Cette
alliance phytosociologique trouve des terrains et des expositions favorables pour s'exprimer sur les
adrets de Maurienne. À la faveur de sites privilégiés, les plantes de cette alliance peuvent se
rencontrer aussi dans l'ouest du département sur des coteaux bien exposés. Ainsi Echinops
sphaerocephalus, déjà connu à Lucey a été trouvé à Saint-Jean-de-Chevelu (Monthoux) où plus
d'une centaine de pieds fleurissaient en 2007 (15/6/2007, G. Mouton).
Epipactis placentina Bongiorni & Grunanger
Perrier (1928) ne distinguait que quatre ou cinq Epipactis en Savoie. D'après les travaux des
orchidophiles, c'est aujourd'hui au moins onze taxons différents qu'il conviendrait de distinguer dans
notre département. Le dernier en date est Epipactis placentina, décrit seulement en 1993. Sa
présence en Savoie a pu être confirmée par l'observation d'une dizaine de pieds à Détrier vers
l'Ermitage le 1/7/2007 par Olivier Gerbaud, spécialiste des orchidées (Scappaticci, 2007).
Eranthis hyemalis (L.) Salisb.
Cette espèce a été oubliée de l'inventaire des plantes vasculaires de Savoie où elle n'est pas
spontanée. Mais cette éclatante renonculacée qui s'épanouit dès le mois de février est cultivée et
parfois subspontanée. C'est ainsi que Robert Mermet suit depuis plusieurs années une petite
population établie dans un boisement près de Chalou, petit hameau de l'ouest de Chambéry.
Euphorbia esula L.
Déjà indiquée au XIXe siècle en Savoie sans plus de précision (Pin, 1894), il aura fallu attendre le
XXIe siècle pour confirmer la présence de l'euphorbe ésule en Savoie. Elle a été observée dans les
pelouses sèches sur les terrasses alluviales de l'Arc à la limite entre Saint-Rémy-de-Maurienne et
Saint-Étienne-de-Cuines le 6/7/2007 par Marc Philippe (com. pers.). Nous avons pu observer cette
euphorbe dans le Val de Saône lors de la session botanique 2007 de la Fédération Mycologique et
Botanique Dauphiné-Savoie, où non consommée par le bétail, elle se montre localement
envahissante : à surveiller donc en Maurienne !
Fagopyrum esculentum Moench
Le sarrasin ou blé noir n'est plus cultivé en Savoie et ne s'observe qu'exceptionnellement à l'état
subspontané. C'est une plante annuelle, haute de 50 à 70 cm, aux feuilles typiquement sagittées à
petites fleurs blanches groupées en épis. Une dizaine de pieds de cette polygonacée a été observée
aux Marches en bordure d'une piste aux Corniols le 22/9/2006 par G. Mouton.
Galium parisiense L.
Le gaillet de Paris était connu dans presque tous les départements français sauf la Savoie ! Cette
incongruité appartient au passé. Cette petite rubiacée a en effet été identifiée à Francin sur la grève
du plan d'eau au centre du Parc d'activités de la Grande Île le 17/6/2007 par Philippe Pellicier à
l'occasion de la journée botanique inter-sociétés organisée chaque année par une association
savoyarde membre de la Fédération Mycologique et Botanique Dauphiné-Savoie. Galium parisiense
pousse sur la berge graveleuse d'un étang en compagnie d'autres thérophytes peu fréquentes en
Savoie comme Arenaria leptoclados et surtout Herniaria hirsuta. Profitant d'une balade programmée
aux Mollettes le lendemain, nous sommes retournés voir ces plantes avec d'autres membres de
notre association le 18/6/2007 (Cf. compte rendu p. 59).
Glebionis segetum (L.) Fourr.
Cette astéracée glabre, au feuillage glauque et à fleurs tubulées et radiées jaune d'or a été oubliée
dans l'inventaire publié en 2006. Elle est pourtant connue en Savoie depuis au moins 2002 par G.
Mouton. Elle a été observée toujours en faible effectif et dans des milieux plus ou moins anthropisés,
successivement à Grésy-sur-Aix aux abords du péage de l'autoroute (9/2002) ; à Viviers-du-Lac sur
- 99 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
un talus au nord des Essarts (9/2004) et à Mognard dans une jachère à Maclin le 3/9/2006. Le
chrysanthème des moissons est donc une espèce à ajouter au cortège des méditerranéennes et
adventices présentes en Savoie.
Helianthus tuberosus L.
Le topinambour a été oublié sur l'inventaire de 2006. Il est répandu par exemple (plusieurs milliers de
pieds) sur les Îles de la Malourdie en Chautagne où il fleurit tardivement durant les mois de
septembre et d’octobre principalement (24/8/2007 & 25/9/2007, PP). Il est également présent dans la
combe de Savoie, l'Avant-Pays, etc.
Inula hirta L.
C'est un peu par hasard en cherchant à vérifier une récolte d'une plante d'origine hybride entre Inula
helvetica et Inula salicina que nous avons découvert dans l'herbier général des Conservatoire et
Jardin Botaniques de la ville de Genève une part d'herbier de l'inule hérissée. D'après l'étiquette
(Plantae Sabaudiae), la plante a été récoltée sur les coteaux de Saint-Innocent près d'Aix-les-Bains
le 24/6/1901 par H. G. Kohler. C'est à notre connaissance la seule indication de cette espèce en
Savoie, connue par ailleurs dans les départements voisins de l'Ain (Bolomier & Cattin, 1999) et de
l'Isère (www.gentiana.org).
Jasione montana L. subsp. montana
Dans l'inventaire de 2006, la jasione des montagnes est estimée rare et vulnérable en Savoie. Suite
aux observations effectuées en fin d'année 2006 et en 2007, il apparaît que nous avons un peu
sous-estimé sa fréquence et corrélativement surestimé sa catégorie de menace. Déjà indiquée à
Montsapey (Delahaye & Prunier, 2007), la distribution de cette espèce en Maurienne a été
activement complétée. En cherchant à actualiser le souvenir d'une observation effectuée pendant
l'été 2000 à Saint-Alban-des-Hurtières, trois stations ont été découvertes sur cette commune et une
autre sur Saint-Georges-d'Hurtières en 07/2006 par G. Mouton ainsi qu'à Saint-Rémy-de-Maurienne
(Saint-Sulpice) le 6/7/2007 par Marc Philippe. La jasione des montagnes semble donc bien installée
en Maurienne comme en Tarentaise. Reste à retrouver les stations sur le versant est de la chaîne de
l'Épine… Sans doute en prospectant les affleurements de molasse.
Lathyrus nissolia L.
La gesse sans vrille ou gesse de Nissole se singularise dans le genre Lathyrus par des feuilles
simples, linéaires-lancéolées, atteignant une dizaine de centimètres de long ; elles sont munies à la
base de toutes petites stipules subulées. Les fleurs purpurines, solitaires ou par deux sont portées
sur de longs pédoncules grêles.
Deux pieds seulement ont été repérés dans une ancienne culture extensive (à gibiers ?) de maïs
située à La Chapelle-du-Mont-Chat à La Sauge en contrebas de la route D 914 le 10/10/2007 par G.
Mouton. Cette découverte confirme l'intérêt de prospecter ce type de milieu, souvent riche en plantes
annuelles même en plein automne. La sous-espèce de cette gesse n'a pas pu être précisée lors de
son observation sur le terrain.
Melampyrum arvense L.
Cette spectaculaire scrophulariacée, facilement reconnaissable par ses bractées purpurines aux
dents longuement aristées et ses corolles bicolores, purpurines à gorge jaune, s'est
considérablement raréfiée en Savoie. Observée ces dernières années dans seulement quatre
communes, il convient d'y ajouter Apremont où une trentaine de pieds a été vue au Crozet le
29/5/2007 et Lucey où un unique pied a pu être découvert à Vraisin le 7/6/2007 par G. Mouton.
Ophrys gresivaudanica O. Gerbaud
Le genre Ophrys a subi et continue de subir (en pire ?) la même inflation dans la description de
nouvelles "espèces" que le genre Epipactis (Cf. Epipactis placentina ci-dessus). Le nouvel ophrys du
Grésivaudan, où il a été décrit en 2002 par O. Gerbaud, est en caricaturant à l'extrême, un petit
Ophrys fuciflora fleurissant de mi-juin à mi-juillet (Bournerias, Prat & al., 2005). Reconnu jusqu'à
présent dans l'Isère et la Drôme, il convient désormais d'ajouter la Savoie à la liste des départements
où ces plantes sont recensées, suite à son signalement aux Mollettes (Sonnaz) le 6/7/2007 par Marc
Philippe (Scappaticci, 2007).
- 100 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Potamogeton natans L.
La distinction de Potamogeton natans et Potamogeton nodosus n'est pas toujours évidente. Un
critère fiable et facile à appréhender sur le terrain est la présence chez Potamogeton natans d'une
petite zone décolorée de 1 à 1,5 cm sur le pétiole à la jonction avec le limbe (Preston, 1995). Une
observation dans les marais de Chautagne à Chindrieux dans le canal qui longe la RD 914 le
20/9/2007 par G. Mouton actualise une donnée vieille d'un siècle pour cette hydrophyte qui demeure
rare en Savoie.
Potamogeton polygonifolius Pourr.
Potamogeton polygonifolius est le moins aquatique de nos potamots. Il s'observe ainsi sur la bordure
même des plans d'eau, dans le fond des fossés où ne subsiste parfois que quelques centimètres
d'eau ou encore dans de petites dépressions toujours détrempées au sein des marais. Il a volontiers
un comportement pionnier, apparaissant sur des substrats dénudés après une perturbation. C'est
ainsi que plusieurs centaines de pieds sont apparus au Bourget-du-Lac le long du canal "écréteur"
de crues nouvellement creusé entre la Leysse et le lac (10/10/2007, T. Delahaye & P. Prunier) ; une
autre station inédite est à signaler à Saint-Jean-de-la-Porte sur la rive gauche de l'Isère au niveau du
fossé d'écoulement des plans d'eau des îles du Villaret (23/9/2007, G. Mouton). Encore quelques
belles découvertes et le potamot à feuilles de renouée passera du statut de plante très rare à plante
"seulement" rare en Savoie.
Ranunculus circinatus Sibth.
C'est avec l'aide d'un grappin qu'a pu être récoltée cette renoncule aquatique dans une lône du
Rhône à Champagneux (Leschaux) le 12/9/2007 par G. Mouton et T. Delahaye. De la rive, les
plantes ne montrent que les petites fleurs blanches qui s'épanouissent à la surface. Elles sont
portées par une tige pouvant mesurer jusqu'à un mètre de long. Les feuilles sont toutes submergées
et découpées en fines lanières raides, restant étalées hors de l'eau sans former un pinceau. Nous
manquons d'informations récentes sur la répartition en Savoie de cette espèce qui, jusqu'à cette
observation, n'était connue que par quelques récoltes et indications anciennes.
Rorippa amphibia (L.) Besser
Des différentes espèces du genre Rorippa connues en Savoie, le cresson amphibie se singularise
principalement par ses feuilles indivises. Localisé uniquement sur le pourtour du lac du Bourget dans
l'inventaire de 2006, quelques plantes ont été observées dans le marais de la Petite Forêt à Challesles-Eaux le 4/6/2007 au cours de la sortie collective de notre association (Cf. page 56). Il convient
également de signaler sa présence sur la rive de l'étang de Crosagny à Albens (29/7/1985, Denis
Jordan, com. pers.).
Ruta graveolens L.
La rue fétide est la seule représentante de ce genre, plutôt méditerranéen, en Savoie. Plusieurs
récoltes et indications anciennes (Chambéry, Chanaz, Chindrieux, Montmélian) n'ont pas été
confirmées récemment. Pour autant l'inventaire de Ruta graveolens dans notre département
s'enrichit de deux nouvelles localités, l'une à Montagnole (Maisolée) et l'autre à Saint-Jean-deChevelu (au sud de Monthoux), repérées respectivement les 29/6/2007 et 27/8/2007 par G. Mouton.
Rumex acetosa L. subsp. nebroides (Campd.) Maire & Petitm.
Ce Rumex avait jusqu'à présent échappé à notre attention. Il est possible de caricaturer Rumex
acetosa subsp. nebroides en le décrivant comme un Rumex acetosa d'altitude, pourvu de feuilles
caulinaires longues et étroites (huit à vingt fois plus longues que larges) et à inflorescence composée
de rameaux courts. Récolté jadis à Termignon et Lanslebourg (G), nous avons retrouvé une station à
l'est du col du Petit Mont Cenis le 2/7/2007 (H TD). À posteriori, une observation réalisée à Vald'Isère au-dessus du Fornet le 20/6/2007 pourrait également correspondre à cette sous-espèce – à
vérifier en 2008 ! Il est probable que Rumex acetosa subsp. nebroides ne soit pas très rare en
Savoie, mais sa distribution est totalement méconnue à ce jour.
Saxifraga retusa Gouan subsp. retusa
L'espèce Saxifraga retusa est classiquement divisée en deux sous-espèces : la sous-espèce
nominale, glabre, sud européenne montagnarde et la sous-espèce augustana (Vacc.) P. Fourn.,
poilue glanduleuse exclusivement ouest-alpine. Jusqu'à présent seule cette dernière était connue en
Savoie en Haute-Maurienne. La sous-espèce retusa a été trouvée à Sainte-Foy-Tarentaise sous le
col du Mont le 22/7/2007 à l'occasion d'une journée botanique organisée par la FMBDS où participait
G. Mouton.
- 101 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Schoenoplectus triqueter (L.) Palla
Le scirpe à tiges trigones est une plante très rare en Savoie. Il semble se confirmer que les berges
du Rhône constituent son unique refuge dans notre département. Observé ces dernières années
seulement dans la partie sud du cours savoyard du fleuve à Champagneux et à l'extrémite nord à
Motz (Delahaye & Prunier, 2007), une station intermédiaire a été découverte à Yenne à la hauteur de
Pré Bochard en 2007 par G. Mouton.
Scirpoides holoschoenus (L.) Soják subsp. holoschoenus
Le scirpe jonc est une espèce que nous considérons comme adventice en Savoie. Des plantes se
"promènent" notamment sur la rive est du lac du Bourget. Déjà observée à Brison-Saint-Innocent,
elle vient d'être notée un peu plus au nord sur la commune de Chindrieux à Champfleury le
1/10/2007 par G. Mouton.
Scrophularia auriculata Loefl. ex L.
Avec un peu de recul, nous pouvons considérer que cette espèce est probablement sous-observée
en Savoie puisqu’elle a été récemment vue à quatre reprises à Drumettaz-Clarafond (Les Potis, le
17/6/2006 – H PP, le Corbat, 8/2007), à Serrières-en-Chautagne aux Îles de la Malourdie
(24/8/2007) et au Bourget-du-Lac le long du canal d’écrêtement des crues de la Leysse (10/10/2007)
par P. Prunier.
Senecio erraticus Bertol.
Nos connaissances sur la présence en Savoie de ce grand séneçon, qui se repérera notamment à
sa tige ramifiée dans la partie supérieure dont les rameaux dépassent souvent l'extrémité de la tige
principale, continuent d'évoluer : suite aux observations réalisées à Saint-Sulpice en 2006 par G.
Mouton (Delahaye & Prunier, 2007), ce dernier a également trouvé Senecio erraticus à La Bridoire
(les Moines) le 26/9/2007.
Senecio jacobae L. subsp. nudus (Weston) Soják
Curieusement, lors de nos recherches dans l'herbier général des Conservatoire et Jardin Botaniques
de la ville de Genève, qui inclut l'herbier de Perrier de la Bâthie, nous n'avons pas trouvé de récolte
de ce séneçon de Jacob dépourvu de fleurs ligulées alors que l'auteur du "Catalogue raisonné des
plantes vasculaires de Savoie" (Perrier, 1917) l'indique d'une demi-douzaine de localités de l'ouest
du département. Nous avons observé le séneçon nu à Champagneux au Râfour le 15/4/2007,
actualisant ainsi la présence de telles plantes en Savoie (H TD). Le rang variétal serait-il suffisant
pour décrire cette variation du Senecio jacobae ?
Silybum marianum (L.) Gaertn.
Cette astéracée épineuse, aux imposants capitules de fleurs rose pourpre porte des feuilles
typiquement marbrées de blanc à la face supérieure. Elle possède une aire de distribution centrée
sur le bassin méditerranéen mais remonte jusque dans le nord de la France. Déjà observée comme
adventice en Savoie, une nouvelle observation est à enregistrer à Brison-Saint-Innocent où elle a
été photographiée sur le talus routier de la D 991 bordant la baie de Grésine en 5/2007 par les
membres de l'association locale "Equilibre Nature Espace".
Sparganium emersum Rehmann
Sparganium emersum était connu en Savoie jusqu'à présent par une mention bibliographique à
Albens (Pin, 1894) et une récolte remontant à juillet 1865 à Saint-Baldoph (herbier Jouty – S.H.N.S.).
Grâce à Marc Philippe qui a bien voulu nous communiquer ses observations réalisées lors d'une
balade en Savoie au cours de l'été 2007, nous pouvons maintenant affirmer que cette espèce
protégée en région Rhône-Alpes est bien présente dans notre département. Quelques pieds
colonisent la rive d'un plan d'eau situé à Saint-Rémy-de-Maurienne dans la plaine de l'Arc au lieu-dit
le Canada (6/7/2007, M. Philippe). En première approche, Sparganium emersum se distingue de
Sparganium erectum par sa tige non rameuse même dans la partie supérieure.
Sparganium erectum L. subsp. erectum
Nettement moins fréquente que la sous-espèce neglectum, le type a été observé pour la seconde
fois en Savoie, au Bourget-du-Lac en bordure du canal d’écrêtement des crues de la Leysse par T.
Delahaye & P. Prunier (10/10/2007 – H PP).
- 102 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Symphytum tuberosum L. subsp. tuberosum
Cette boraginacée à floraison printanière est connue depuis le XIXe siècle dans les gorges du Sierroz
au-dessus d'Aix-les-Bains (Pin, 1894). Ce secteur constituait l'unique territoire où elle était recensée
en Savoie. T. Delahaye, G. Mouton et S. Serve ont eu le plaisir de trouver la consoude tubéreuse à
Yenne dans la vallée du Flon le 15/4/2007. Cette découverte invite à la rechercher sur l'ensemble du
cours du Flon et dans les nombreux petits ravins qui sillonnent l'Avant-Pays.
Teucrium scordium L. subsp. scordium
Le nombre de stations actuellement connu en Savoie de la germandrée d'eau est largement inférieur
au nombre de stations répertorié dans les herbiers et la bibliographie. Cette situation est bien
évidemment à relier à la disparition de nombreuses zones humides au cours du XXe siècle…
Disparitions qui malheureusement ne sont toujours pas enrayées. Réjouissons-nous d'autant plus de
la découverte de cette rare lamiacée à Saint-Pierre-de-Curtille dans un étang asséché (Cf. Veronica
scutellata) le 23/9/2007 par G. Mouton.
Thalictrum simplex L. subsp. tenuifolium (Hartm.) Sterner
Suite à quelques déconvenues dans nos tentatives d'identification des différentes sous-espèces de
Thalictrum simplex, nous avons envoyé nos échantillons à Ralf Hand, spécialiste du genre
Thalictrum à Berlin et auteur d'une thèse sur ce genre de renonculacée. La population connue à
Bessans est à rattacher à la subsp. tenuifolium (H TD). Les sous-espèces galioides et simplex ont
également été reconnues par cet auteur en Savoie. Nous tenterons dans les prochaines années de
poursuivre l'étude de leur distribution dans notre département.
Typha angustifolia L.
La massette à feuilles étroites est inventoriée dans la quasi-totalité des départements français. Cette
apparente abondance masque, au moins pour la Savoie, une relative rareté et une régression des
populations. La combe de Savoie est historiquement et actuellement le secteur privilégié pour
observer et rechercher cette "quenouille". Quelques pieds ont été observés sur la rive nord du lac de
Sainte-Hélène le 17/6/2007 par les participants à la journée botanique inter-sociétés des
associations savoyardes de la FMBDS.
Valerianella rimosa Bastard
Le fait de faire tomber quelques fruits de doucette dans le creux de sa main pour observation à la
loupe, indispensable à l'identification des différentes espèces, est un plaisir chaque année renouvelé.
C'est ainsi qu'a été repérée une petite population de la doucette auriculée dans une parcelle de
céréales à Jacob-Bellecombette (le Terray) le 29/6/2007 par T. Delahaye, G. Mouton et A.-M. Prieur.
Rappelons que cette petite plante annuelle est considérée comme en danger de disparition en
Savoie.
Veronica peregrina L.
La véronique voyageuse a déjà beaucoup voyagé : originaire du continent américain, elle est
considérée de nos jours comme subcosmopolite. Elle aurait été introduite en Europe au début du
XVIIIe siècle (Fournier, 1947). Encore peu signalée en Savoie, elle a été trouvée dans les platesbandes du hameau de Montgrepont à Aiton le 11/4/2007 par A. Lequay, G. Mouton.
Veronica scutellata L.
Dans sa recherche systématique des hydrophytes en Savoie, G. Mouton avait projeté une séance
d'herborisation au grappin dans l'étang figurant sur les cartes IGN à l'ouest du Saut du Chien à SaintPierre-de-Curtille. Ce 23/9/2007, l'étang n'existe plus que sur la carte mais une végétation palustre
est en place dans la petite dépression : à défaut d'hydrophytes, la découverte d'une population de
Veronica scutellata (et de Teucrium scordium – Cf. cette espèce) récompensera le déplacement. Les
grappes alternes de petites fleurs pâles et les feuilles linéaires sont les principaux caractères de
cette véronique connue ailleurs en Savoie dans les marais de la vallée des Huiles.
Zannichelia palustris L.
La zannichellie des marais est certainement moins rare en Savoie que nous le supposions en 2006,
même si son habitat aquatique limite forcément son extension. Une prospection systématique des
rivières, lacs, étangs et autres plans d'eau artificiels permettra de trouver de nouvelles populations
comme ce fut le cas en 2007 : tout d'abord à Ruffieux sur le bord du Rhône au sud du pont de la Loi
le 10/9/2007 par G. Mouton, ensuite à La Balme, toujours sur la rive du fleuve à la hauteur des
- 103 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Bessons, le 12/9/2007 par T. Delahaye et G. Mouton et enfin le long du canal d'écrêtement des
crues de la Leysse au Bourget-du-Lac le 10/10/2007 par T. Delahaye et P. Prunier. La multiplication
des observations et des récoltes permettra aussi d'étudier les sous-espèces de Zannichelia palustris
potentiellement présentes en Savoie.
BIBLIOGRAPHIE
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press – 454 p.
- 104 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
SORTIES MYCOLOGIQUES ESTIVALES
Par Christophe Chillet
Changement de vie. Nouveau travail. Nouvelle ville. Afin de pousser la nouveauté plus loin,
et plutôt que de rester dans mon coin pour étudier la nature, je me suis mis à la recherche d'une
association naturaliste. J'ai ainsi trouvé la SMBRC par l'intermédiaire de son site Internet, sur lequel
j'ai relevé des informations intéressantes, notamment le programme 2007 (le site Internet peut être
une bonne vitrine, c'est ce qui a été établi lors du conseil d'administration du 12/02/2008). N'ayant
pas eu de réponse au mail (courriel pour Thierry Delahaye !) que j'ai envoyé pour avoir des
informations sur l'association, je me suis présenté mi-juillet sur le parking de Kéria à Chamnord pour
savoir si on m'accepterait à une sortie mycologique sans être adhérent. Là j'ai été accueilli
chaleureusement par Daniel Jacquin et André Anselme-Martin qui ont quand même dû se dire :
"Mais qui est cet olibrius qui vient s'incruster ?". Tout de suite dans le bain, ils se sont mis à me
parler avec un débit assez élevé dans une drôle de langue, faite de latin et de termes que seule une
poignée de terriens connait dans le monde. Je me suis dit : "Mon petit gars, mais dans quoi tu t'es
embarqué ?". Mais finalement, de sortie en sortie, j'ai appréhendé et je me suis habitué à la langue
des mycologues, aidé par des passionnés qui n'ont pas hésité à partager leur savoir avec un
amateur débutant. On m'a dit : "Bientôt tu deviendras un mycologue averti." On m'a aussi prédit que
ce ne serait pas facile! Moi qui venais au départ pour progresser en botanique, je me suis fait happer
par les mycologues qui ne voulaient plus lâcher leur nouvelle proie (je me suis bien laissé faire !), en
prétextant sur le ton de l'humour que de toutes façons la botanique ne servait à rien et que c'était
facile ! Mais je ne désespère pas cette année d'étudier les petites fleurs. Je vais essayer de concilier
les deux. Pas facile, mais l'essentiel est de se faire plaisir.
Bon j'arrête de parler de moi. On m'a demandé d'écrire un petit article retraçant en quelques lignes
les sorties mycologiques du lundi soir. Comme vous l'avez compris je suis débutant, donc ne vous
attendez pas à un état précis des lieux mycologiques. Je laisse le soin à André de faire un exposé
plus systématique. J'apporte plutôt un ressenti avec un œil neuf pour donner envie à d'autres de
venir aux sorties mycologiques.
Liste des sorties :
Lundi 09/07/07 : Saint-Sulpice
Lundi 16/07/07 : Saint-Pierre-d'Alvey
Lundi 23/07/07 : Saint-Sulpice (Le Frêney)
Lundi 30/07/07 : Montagnole (Le Penet)
Lundi 06/08/07 : Col de Couz – mont Grelle
Lundi 13/08/07 : Col de l'Épine
Lundi 20/08/07 : Ontex – (Le Mont)
Ces sorties outre l'aspect purement mycologique sont l'occasion de découvrir de sympathiques
paysages. Par exemple, la montée vers Ontex (sortie lundi 20/08/07) avec une superbe vue sur le
lac du Bourget ou au-dessus de Montagnole (sortie lundi 30/07/07) avec en panorama sur la combe
de Savoie et en arrière plan à nouveau le lac du Bourget. On peut aussi découvrir au détour d'une
lisière, une clairière embrasée par les rayons du soleil de fin d'été et garnie de colchiques qui
côtoient des espèces de champignons assez rares. Ces sorties permettent d'aérer les esprits et d'y
rafraîchir les corps après le travail en se baladant un peu en altitude par des soirées douces et
silencieuses.
Ces sorties sont aussi l'occasion pour les amoureux et curieux de nature de découvrir des endroits
inédits caractéristiques des milieux tourmentés des Alpes (sortie lundi 06/08/07 au col de Couz).
Ces sorties sont l'occasion de se découvrir de nouvelles passions. Par exemple Nicole Hantschootte
s'est fait envoûter par les formes et les couleurs des ascomycètes et autres myxomycètes qui ne se
dévoilent qu'à ceux qui ont envie de les découvrir.
Ces sorties sont surtout l'occasion de rencontrer des personnes qui ont des affinités communes
permettant de débattre, de discuter sur des sujets divers et en particulier sur la nature.
Mais aussi ces sorties, et c'est peut-être le plus important, sont l'occasion d'apprendre à connaître la
nature afin de mieux la respecter.
Ce n'est pas pour rien que les rendez-vous sur le terrain de 2008 ont été avancés d'une demi-heure
pour en profiter au maximum.
Voilà, ma petite prose est terminée. À bientôt pour de nouvelles aventures.
- 105 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
VACANCES MYCOLOGIQUES 2007
Par André Anselme-Martin
Un premier article relatait les sorties mycologiques estivales du lundi soir, organisées pour la
première fois en 20021. Celles-ci ont continué, avec des hauts et des bas ; les bas dus tantôt à la
canicule en 2003, tantôt à des orages parfois violents. Cette année, trois à sept sociétaires ont
participé aux sorties, le départ étant à 18 heures du parking de Chamnord (près de Keria).
Les listes de champignons sont issues de nos notes, avec l’aide de Maurice Durand lorsqu’il était
présent.
9 JUILLET 2007
Saint-Sulpice (Bégon)
Cette sortie, proposée par Robert Mermet, avait bien commencé. Le temps de trouver un magnifique
groupe d’Omphalotus illudens autour d’un châtaignier, une petite chanterelle appelée finalement
Cantharellus ferruginascens (chapeau jaune, plus ou moins sali d’ocracé au centre, hyménium jaune
clair, chair brunissante dans le bas) et quelques bolets ; et la pluie nous obligeait à nous mettre à
l’abri chez Robert.
Boletus sp.
Cantharellus ferruginascens P.D. Orton
Helvella crispa (Scop.:Fr.) Fr.
Marasmiellus ramealis (Bull.:Fr.) Sing.
Omphalotus illudens (Schwartz) Sacc.
Ramaria formosa (Pers.:Fr.) Quél.
Stereum hirsutum (Willd.:Fr.) S.F. Gray
Xerocomus armeniacus (Quélet) Quélet
Xerocomus subtomentosus (L.:Fr.) Quél.
16 JUILLET 2007
Saint-Pierre-d’Alvey (bois avant les Revels – 600 m environ)
L’endroit, plusieurs fois prospecté, nous réservait encore quelques surprises : trois Clathrus archeri,
jamais trouvés ici ; amanites, lactaires et russules surtout étant les genres les mieux représentés.
Amanita citrina (Sch.) Pers.
Amanita fulva (J.C.Schaeff.:Fr.) Big. & Guil.
Amanita junquillea Quél.
Amanita rubescens Pers.:Fr.
Boletus aestivalis (Paul.) Fr.
Cantharellus subpruinosus Eyssartier & Buyck
Clathrus archeri (Berk.ap.Hook.) Dring.
Collybia fusipes (Bull.:Fr.) Quélet
Collybia peronata (Bolt.:Fr.) Kumm.
Cortinarius bolaris (Pers.:Fr.) Fr.
Hydnum repandum L.:Fr.
Laccaria amethystea (Bull.) Murr.
Lactarius camphoratus (Bull.:Fr.) Fr.
Lactarius deterrimus Gröger
Lactarius piperatus (Scop.:Fr.) S.F.Gray
Lactarius quietus (Fr.:Fr.) Fr.
1
Lactarius volemus (Fr.:Fr.) Fr.
Leccinum scabrum (Bull.:Fr.) S.F. Gray
Pluteus cervinus (Schafr) Kumm.
Rozites caperata (Pers.:Fr.) Karst.
Russula acetolens S. Rauschert
Russula cyanoxantha (J.C.Schaeff.) Fr.
Russula densifolia Gillet
Russula gr.emetica
Russula emetica var. silvestris Sing.
Russula lepida (Fr.:Fr.) Fr.
Russula ochracea Fr.
Russula virescens (J.C.Schaeff.) Fr.
Xerocomus subtomentosus (L.:Fr.) Quél.
ANSELME-MARTIN A., 2003 - Vacances mycologiques – Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne, n°8 – pp. 92-95.
- 106 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
23 JUILLET 2007
Saint-Sulpice (à hauteur du Frêney)
À noter l’arrivée d’un "nouveau" : Christophe Chillet qui a trouvé sur Internet les coordonnées de la
SMBRC. Nous décidons, Daniel Jacquin et moi, d’"assurer", malgré l’orage qui menace ; et nous
rattrapera très rapidement.
Entoloma nidorosum (Fr.) Quélet
Ganoderma lucidum (Leyss.:Fr.) Karst.
Lactarius camphoratus (Bull.:Fr.) Fr.
Lactarius piperatus (Scop.:Fr.) S.F.Gray
Lactarius volemus (Fr.:Fr.) Fr.
Ramaria flavescens (Schaeff.) Petersen
Russula cyanoxantha (J.C.Schaeff.) Fr.
Russula subfoetens W.H.Smith.
Stereum hirsutum (Willd.:Fr.) S.F. Gray
Trametes versicolor (L.:Fr.) Lloyd
30 JUILLET 2007
Montagnole (direction du Penet)
Sortie proposée par André Dudoret. Beau temps.
Le terrain, assez varié, nous permet de trouver de nombreux lactaires et russules, toujours présents
à cette époque. Les lactaires étant particulièrement intéressants à étudier sur le terrain (lait
changeant souvent de couleur) ; les russules plutôt à la maison pour observer la sporée et les
réactions chimiques (sulfate de fer, formol, potasse, ammoniaque…)
Au retour, magnifique vue sur le lac du Bourget.
Amanita cf. battarrae
Amanita rubescens Pers.:Fr.
Cantharellus cibarius (Fr.:Fr.) Fr.
Cantharellus tubaeformis (Bull.:Fr.) Fr.
Collybia peronata (Bolt.:Fr.) Kumm.
Cortinarius bolaris (Pers.:Fr.) Fr.
Cortinarius variecolor (Pers.:Fr.) Fr.
Gloeophyllum odoratum (Wulf.ap.Jacq.:Fr.) Imaz.
Hypholoma fasciculare (Huds.:Fr.) Kumm.
Laccaria amethystea (Bull.) Murr.
Lactarius acris (Bolt.:Fr.) S.F. Gray
Lactarius blennius (Fr.:Fr.) Fr.
Lactarius fuliginosus (Fr.:Fr.) Fr.
Lactarius pallidus (Pers.:Fr.) Fr.
Lactarius piperatus (Scop.:Fr.) S.F.Gray
Lactarius salmonicolor Heim & Leclair
Lactarius scrobiculatus (Scop.:Fr.) Fr.
Leccinum scabrum (Bull.:Fr.) S.F. Gray
Lycoperdon perlatum Pers.:Pers.
Oligoporus tephroleucus (Fr.:Fr.) Gilb. & Ryvarden
Polyporus varius var. nummularius Bull : Fr.
Russula aurora Krombh.
Russula cyanoxantha (J.C.Schaeff.) Fr.
Russula faginea Romagn.
Russula fragilis (Pers.:Fr.) Fr.
Russula integra (L.) Fr.
Russula laurocerasi Mlz.
Russula lepida (Fr.:Fr.) Fr.
Russula nauseosa (Pers.) Fr.
Russula olivacea (Sch.) Pers.
Russula subfoetens W.H.Smith.
Scleroderma verrucosum (Bull.:Pers.) Pers.
Stereum hirsutum (Willd.:Fr.)S.F. Gray
Thelephora anthocephala (Bull.:Fr.) Pers.
6 AOÛT 2007
Saint-Thibaud-de-Couz (col de Couz, route forestière sous les Balmes ; en direction du mont
Grelle, 650-690 m)
"Coin" déjà prospecté, proposé par Daniel Jacquin. Temps un peu lourd ; quelques gouttes de pluie,
le soir, en rentrant. Surtout des russules.
Boletus calopus Pers.:Fr.
Collybia confluens (Pers.:Fr.) Kumm.
Daedaleopsis confragosa (Bolt.:Fr.) Schroet.
Fomitopsis pinicola (Swartz.:Fr.) Kickx
Heterobasidion annosum (Fr.:Fr.) Bref.
Hydnum repandum L.:Fr.
Inocybe rimosa (Bull.:Fr.) Kumm.
Laccaria amethystea (Bull.) Murr.
Laccaria laccata (Scop.:Fr.) Berk.& Br.
Lactarius fuliginosus (Fr.:Fr.) Fr.
Lactarius piperatus (Scop.:Fr.) S.F.Gray
Lactarius volemus (Fr.:Fr.) Fr.
Lepiota cristata (Bolt.:Fr.) Kumm.
Marasmius androsaceus (L.:Fr.) Fr.
Marasmiellus ramealis (Bull.:Fr.) Sing.
Peziza badia Pers.:Fr.
Pholiota astragalina (Fr.:Fr.) Sing.
Pholiota flammans (Batsch:Fr.) Kumm.
Polyporus tuberaster (Jacp.:Fr.) Fr.
Russula adulterina (Fr.) ss. Melzer et Zvara
Russula cavipes Britz.
Russula cyanoxantha (J.C. Schaeff.) Fr.
Russula gr. emetica
Russula fellea (Fr.:Fr.) Fr.
Russula gr. foetens
Russula lepida (Fr.:Fr.) Fr.
Russula ochracea (Pers.:Fr.) Fr.
Russula risigallina (Batsch) Sacc.
Russula turci Bres.
Russula vesca Fr.
Stereum hirsutum (Willd.:Fr.)S.F. Gray
Trametes versicolor (L.:Fr.) Lloyd
Tremiscus helvelloides (D.C.:Fr.) Donk
Tricholoma bufonium (Pers.:Fr.) Gill.
- 107 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
13 AOÛT 2007
La Motte-Servolex et Saint-Sulpice (avant le col de l’Épine, chemin du Cerisier, 980 m environ)
Assez beau temps ; terrain assez humide et poussée de champignons, surtout russules et lactaires,
toujours. Nombreux pieds de moutons pour les mycophages, c’est-à-dire tout le monde !
Agaricus semotus Fr.
Amanita vaginata (Bull.:Fr.) Vitt.
Boletus calopus Pers.:Fr.
Calocera viscosa (Pers.:Fr.) Fr.
Cantharellus lutescens (Pers.:Fr.) Fr.
Collybia confluens (Pers.:Fr.) Kumm.
Cortinarius gr. hinnuleus
Cortinarius versicolor Hry
Cystoderma amianthinum (Scop.) Fayod
Heterobasidion annosum (Fr.:Fr.) Bref.
Hydnum repandum L.:Fr.
Hypholoma fasciculare (Huds.:Fr.) Kumm.
Inocybe cervicolor (Pers.) Quél.
Inocybe fraudans (Britz.) Sacc.
Laccaria laccata (Scop.:Fr.) Berk.& Br.
Lactarius deterrimus Gröger
Lactarius fuliginosus (Fr.:Fr.) Fr.
Lactarius piperatus (Scop.:Fr.) S.F. Gray
Lactarius pyrogalus (Bull.:Fr.) Fr.
Lactarius volemus (Fr.:Fr.) Fr.
Leucoagaricus badhamii (Berk.) Sing.
Lycoperdon perlatum Pers.:Pers.
Lyophyllum connatum (Schum.:Fr.) Sing.
Marasmius rotula (Scop.:Fr.) Fr.
Megacollybia platyphylla (Pers.:Fr.) Kotl. & Pouzar
Mycena haematopus (Pers.:Fr.) Kumm.
Mycena pura (Pers.:Fr.) Kummer
Oligoporus caesius (Schrad.:Fr.) Gilb. & Ryv.
Oudemansiella radicata (Rhel.:Fr.) Singer
Panellus stypticus (Bull.:Fr.) Karst.
Phallus impudicus L.:Pers.
Pholiota astragalina (Fr.:Fr.) Sing.
Ramaria flaccida (Fr.:Fr.) Boud.
Ramaria formosa (Pers.:Fr.) Quél.
Ramaria largentii Marr.& Stuntz
Rickenella fibula (Bull.:Fr.) Raith
Russula cyanoxantha var. pelteraui Maire
Russula claroflava Grove
Russula fellea (Fr.:Fr.) Fr.
Russula gr. foetens
Russula nigricans Fr.
Russula ochroleuca Pers.
Russula queletii Fr.
Russula raoultii Quélet
Russula turci Bres.
Russula vesca Fr.
Sarcodon imbricatus (L.:Fr.) Karst.
Stereum hirsutum (Willd.:Fr.) S.F. Gray
Tubifera ferruginosa (Batsch) Gmel.
Xerocomus gr. chrysenteron
20 AOÛT 2007
Ontex (hameau du Mont. Départ de l’Arcolet, 732 m)
"Coin" proposé par Maurice Durand.
En montant par la route, beau panorama sur le lac du Bourget. Bois de conifères ; mais aussi bois de
feuillus. Bord d’un grand pré intéressant. Découverte d’Agaricus augustus, assez rare ; et de
Leccinum pulchrum (formol : rapide, saumoné – fer : gris-vert – chair rosissante – pas de bleu ou
vert à la base du stipe), proche de Leccinum scabrum.
Agaricus augustus Fr.
Agaricus semotus Fr.
Amanita battarrae (Boud.) Bon
Amanita pachyvolvata (Bon) Krieglst.
Amanita vaginata (Bull.:Fr.) Vitt.
Boletus aestivalis (Paul.) Fr.
Cantharellus subpruinosus Essartier & Buyck
Clitocybe phaeophtalma (Pers.) Kuyp.
Clitopilus prunulus (Scop.:Fr.) Kumm.
Collybia fusipes (Bull.:Fr.) Quélet
Cortinarius variecolor (Pers.:Fr.) Fr.
Cyathus striatus (Huds.:Pers.) Willd.
Geastrum sessile (Sow.) Pouz.
Hemimycena lactea (Pers.:Fr.) Sing.
Heterobasidion annosum (Fr.:Fr.) Bref.
Hypholoma radicosum Lange
Inocybe sp.
Laccaria amethystea (Bull.) Murr.
Lactarius piperatus (Scop.:Fr.) S.F.Gray
Lactarius salmonicolor Heim & Leclair
Lactarius scrobiculatus (Scop.:Fr.) Fr.
Lactarius volemus (Fr.:Fr.) Fr.
Leccinum pulchrum Lannoy & Estades
Megacollybia platyphylla (Pers.:Fr.) Kotl. & Pouzar
Micromphale foetidum (Sow.:Fr.) S.F.Gray
Mycena pura (Pers.:Fr.) Kummer
Oligoporus caesius (Schrad.:Fr.) Gilb. & Ryv.
Oudemansiella radicata (Rhel.:Fr.) Singer
Phallus impudicus L.:Pers.
Psathyrella sp.
Russula aurea Pers.
Russula cavipes Britz.
Russula cyanoxantha var. pelteraui Maire
Russula gr. foetens
Russula gr. grisea
Scleroderma sp.
Tricholoma orirubens Quél.
- 108 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
RENTRÉE MYCOLOGIQUE DANS LES BAUGES
COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU SAMEDI 25 AOÛT 2007
Par André Anselme-Martin
Comme il y a deux ans, les mycologues de la SMBRC avaient choisi les Bauges, et plus
particulièrement Aillon-le-Jeune, comme sortie de rentrée (si l’on peut dire !)1
Par un beau temps chaud, neuf sociétaires répondaient présents. Ils ne devaient pas le regretter.
Phaeolepiota aurea et Tricholoma pardinum ne manquaient pas le rendez-vous. Sparassis laminosa
aussi, et non Sparassis crispa comme écrit par erreur pour 2005. Quelques espèces plus rares
étaient déterminées par Maurice Durand : Tricholoma fucatum, à odeur farineuse, Tricholoma
sciodes forme virgatoides (pas T. virgatum !), Hydropus marginellus et Omphalina epichysium, sur
bois pourri de conifères. Si les mycènes étaient moins nombreux qu’en 2005, les inocybes, les
tricholomes, les cortinaires et surtout les ramaires étaient abondants.
LISTE DES CHAMPIGNONS OBSERVÉS
(D’après les notes de Maurice Durand et André Anselme-Martin)
Commune : Aillon-le-Jeune
Lieu-dit : au-dessus de la maison forestière
Altitude : 1150 à 1300 m
Coordonnées : longitude : 4,21 gr – latitude : 50,70 gr
Agaricus semotus Fr.
Amanita ceciliae (Berk.-Br.) Bas
Amanita muscaria (L.:Fr.) Hook
Amanita pantherina (De Cand.:Fr.) Krombh.
Amanita rubescens Pers.:Fr.
Amanita vaginata (Bull.:Fr.) Vitt.
Bisporella citrina (Batsch:Fr.) Korf & Carpenter
Calocera viscosa (Pers.:Fr.) Fr.
Cantharellus cibarius (Fr.:Fr.) Fr.
Cantharellus lutescens (Pers.:Fr.)Fr.
Cantharellus tubaeformis (Bull.:Fr.) Fr.
Clavariadelphus truncatus (Quélet) Donk
Clavulina cinerea (Bull.:Fr.) Schroet.
Clitocybe gibba (Pers.:Fr.) Kumm.
Collybia butyracea (Bull.:Fr.) Kumm.
Collybia confluens (Pers.:Fr.) Kumm.
Coprinus gr. micaceus
Cortinarius azureus Fr.
Cortinarius balteatocumatilis Hry ex P.D. Ort.
Cortinarius bulliardi (Pers.:Fr.) Fr.
Cortinarius cinnamomeoluteus Orton
Cortinarius fervidus Orton
Cortinarius gr. hinnuleus
Cortinarius humicola (Quélet) Maire
Cortinarius percomis Fr.
Cortinarius sanguineus (Wulf.:Fr.) Fr.
Cortinarius gr. sordescens
Cortinarius varius (J.C.Schaeff.:Fr.) Fr.
Cortinarius venetus (Fr.) Fr.
Cortinarius venetus v. montanus Moser
Cortinarius cf. vibratilis
Entoloma nidorosum (Fr.) Quélet
Ganoderma lucidum (Leyss.:Fr.) Karst.
Gomphus clavatus (Pers.:Fr.) S.F. Gray
Gymnopilus penetrans (Fr.:Fr.) Murr.
Hemimycena lactea (Pers.:Fr.) Sing.
Heterobasidion annosum (Fr.:Fr.) Bref.
Hydropus marginellus (Pers.:Fr.) Singer
Hygrocybe cinereifolia Courtec. & Priou
Hygrophorus eburneus (Bull.:Fr.) Fr.
Hypholoma fasciculare (Huds.:Fr.) Kumm.
Inocybe abietis Kühn.
Inocybe cervicolor (Pers.) Quél.
Inocybe corydalina Quél.
Inocybe gausapata Kühner
Inocybe geophylla (Bull.:Fr.) Kumm.
Inocybe geophylla var. lilacina (Peck) Gill.
Inocybe lanuginosa (Bull.:Fr.) Kumm.
Inocybe phaeodisca Kühner
Inocybe pudica Kühner
Kuehneromyces mutabilis (Scop.:Fr.) Singer & Smith
Laccaria amethystea (Bull.) Murr.
Laccaria laccata var. moelleri Singer
Lactarius albocarneus Britz.
Lactarius blennius var. viridis (Schrad.) Quél.
Lactarius deterrimus Gröger
Lactarius fuliginosus (Fr.:Fr.) Fr.
Lactarius pallidus (Pers.:Fr.) Fr.
Lactarius piperatus (Scop.:Fr.) S.F.Gray
Lactarius pterosporus Romagn.
Lactarius rufus (Scop.:Fr.) Fr.
Lactarius scrobiculatus (Scop.:Fr.) Fr.
Lactarius subruginosus Blum
Lactarius trivialis (Fr.:Fr.) Fr.
Lactarius uvidus (Fr.:Fr.) Fr.
Lactarius volemus (Fr.:Fr.) Fr.
Lycoperdon molle Pers.:Pers.
Lycoperdon perlatum Pers.:Pers.
Lycoperdon piriforme J.C. Schaeff.:Pers.
Lycoperdon umbrinum Pers.:Pers.
Lyophyllum connatum (Schum.:Fr.) Sing.
Marasmius alliaceus (Jacq.:Fr.) Fr.
Megacollybia platyphylla (Pers.:Fr.) Kotl. & Pouzar
Mycena leptocephala (Pers.:Fr.) Gill.
Mycena pelianthina (Fr.:Fr.) Quél.
Mycena pura (Pers.:Fr.) Kummer
Mycena speirea (Fr.:Fr.) Gillet
Omphalina epichysium (Pers.:Fr.) Quél.
1
ANSELME-MARTIN A., 2006 – Rentrée mycologique dans les Bauges. Compte rendu de la sortie du dimanche28 août 2005
– Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne, n°11 – pp. 56-57.
- 109 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
Otidea onotica (Pers.:Fr.) Fuck.
Oudemansiella radicata (Rhel.:Fr.) Singer
Peziza succosa Berk.
Phaeolepiota aurea (Matt.:Fr.) Maire
Phellodon tomentosus (L.:Fr.) Bank.
Pluteus sp.
Pseudoclitocybe cyathiformis (Bull.:Fr.) Sing.
Ramaria aurea (J.C. Schaeff.) Quél.
Ramaria bataillei (Maire) Corn.
Ramaria formosa (Pers.:Fr.) Quél.
Ramaria largentii Marr.& Stuntz
Ramaria pallida (Sch.) Ricken
Ramaria stricta (Pers.:Fr.) Quél.
Rhodocybe nitellina (Fr.) Singer
Russula anthracina Romagn.
Russula cavipes Britz.
Russula emetica var. silvestris Sing.
Russula fellea (Fr.:Fr.) Fr.
Russula fuscorubroides Bon
Russula hydrophila Horn.
Russula queletii Fr.
Russula terenopus Romagn.
Russula versatilis Romagn.
Sarcodon imbricatus (L.:Fr.) Karst.
Schizophyllum commune Fr.:Fr.
Scutellinia sp.
Sparassis laminose Fr.
Spathularia flavida Pers.:Fr.
Thelephora anthocephala (Bull.:Fr.) Pers.
Tremella mesenterica Retz.:Fr.
Tremiscus helvelloides (D.C.:Fr.) Donk
Tricholoma bufonium (Pers.:Fr.) Gill.
Tricholoma fucatum (Fr.) Kumm.
Tricholoma fulvum (Bull.:Fr.) Sacc.
Tricholoma pardinum Quél.
Tricholoma pseudonictitans Bon
Tricholoma sciodes var. virgatoides Bon
Tricholoma sejunctum (Sow.:Fr.) Quél.
Xerocomus chrysenteron (Bull.Fr.) Quél.
- 110 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
SESSION MYCOLOGIQUE
F.M.B.D.S. & F.A.M.M. : LAMOURA 2007
Par Daniel Jacquin
Lundi 17 septembre 2007 en début d’après-midi, je pars pour Lamoura participer à la session
mycologique organisée par la Société Linnéenne de Lyon qui, exceptionnellement, se déroulera sur
cinq jours au lieu des trois habituels.
Depuis Bellegarde, la route suit la vallée de la Valserine que l’on remonte jusqu’à Mijoux pour
rejoindre Lamoura en passant par Lajoux. Le soleil est de la partie, j’arrive au V.V.L. (Village
Vacances Lamoura), camp de base de la session et me présente à l’accueil pour confirmer mon
arrivée.
- Bonjour, vous êtes tout seul de Chambéry ?
- Oui, Annie Crosnier et André Dudoret arriveront mercredi après-midi.
- Bien, tenez voilà pour vous.
Je reçois une sacoche contenant divers documents concernant le déroulement de la session et les
diverses facettes du Haut-Jura et de son parc naturel. Sécurité oblige il y a également un gilet jaune
fluo et une casquette orange afin de signaler notre présence à nos guides et inviter d’éventuels
chasseurs à faire la différence entre un sanglier et un mycologue à quatre pattes devant une petite
mycène.
- N’oubliez pas de vous inscrire pour une des sorties de demain matin car les groupes ne doivent
pas dépasser vingt personnes. Elles sont affichées sur les tableaux derrière vous. Ensuite passez à
la réception du V.V.L. pour retirer la clef de votre chambre et votre bracelet d’identification. À tout à
l’heure.
Je me dirige vers les tableaux pour choisir ma sortie, j’ai le choix entre huit lieux. Je choisis la sortie
numéro un avec Laurent Deparis et Jacques Paget pour prospecter une tourbière.
Je récupère ma clef, mon bracelet qui me permettra de me déplacer et prendre mes repas en toute
quiétude parmi les six cents et des broutilles résidents du village. Je suis logé dans le bâtiment le
plus à l’est du site. A l’entrée du bâtiment une liste m’apprend qu’Annie et André y seront logés
aussi. Le parking n’est pas trop loin, je transfère mes affaires et pars à la recherche de la salle de
travail. Renseignements pris, il y a deux salles ; la numéro un étant complète, je n’ai pas le choix.
Heureux hasard : la salle deux se trouve proche de la salle de détermination et d’exposition. Par
manque d’expérience, je transfère à pied en plusieurs voyages mon matériel et mes livres. Le site
est en forme d’Y et comme je loge au bout de la branche est, je dois aller au bout de la branche nord
en passant par le point central, cela ne me prend pas loin d’une demi-heure. Ouf ! Me voilà installé.
Je fais un tour de salle pour savoir qui sont les mycologues travaillant ici et j’entends alors une
personne donner le chemin à suivre pour venir déposer notre matériel avec nos véhicules (j’ai bien
écrit la liste complète du vocabulaire qui a transité dans ma tête l’espace d’une nano-seconde pour
vous faire part de mon état d’âme, mais la gomme de l'autocensure est passée par là).
Après le dîner, je visite les diverses salles mises à notre disposition. Tiens, un flash ! Serais-je
photogénique à ce point ? Que nenni ! il s’agit tout simplement d’un orage. Bref, rejoignons Morphée,
nous verrons le temps demain matin.
Réveil humide, l’heure du départ pour la tourbière des Moussières approche, la pluie est de plus en
plus éparse, tout le monde étant présent, nous partons. Arrêt sur un parking dans un petit vallon, pas
de tourbière en vue. Notre guide nous rassure : nous irons à la tourbière plus tard car une surprise
nous y attend. Pour l’instant, nous visiterons les pâtures et bois de ce vallon avec la pluie pour
compagne. Les pâtures ne nous étant pas favorables, nous nous dirigeons vers les pessières et là,
sous les arbres, nous trouvons quelques espèces. J’en rapporte une douzaine pour la détermination
de l’après-midi. Direction la tourbière et là, toujours accompagnés par des averses, nous nous
trouvons face à un petit lac. Les irréductibles trouveront bien quelques espèces tout en faisant le tour
de celui-ci.
Mercredi matin nous réveille avec le soleil et une petite gelée en prime. Les vitres des voitures
subissent un décapage en règle. J’ai choisi pour cette sortie le chalet de la Frasse et la Combe de la
Chèvre sur la commune de Lajoux avec Jean-Louis Cheype. Qu’allons nous trouver avec ce gel ?
Les endroits abrités nous réservent une vingtaine d’espèces. Notre guide attire notre attention sur les
touffes de fougères que nous rencontrons :
- 111 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
- Voilà, en fouillant dans les fougères, vous devez trouver une petite merveille posée sur les vieux
rachis.
Sur ce, il se penche sur la touffe la plus proche et s’écrie : - Ça y est, les voilà !
Je jette un œil par dessus son épaule pour apercevoir une tache rose composée d’un tas de petits
points roses, voilà le trésor : Mycena pterigena. Nous devons sortir nos loupes pour admirer cette
minuscule merveille qu’est la mycène des fougères.
En fin d’après-midi Annie et André me rejoignent et fort de mon expérience, je les guide un peu pour
leur installation.
Jeudi matin, les chauffeurs grattent à nouveau les vitres des voitures et nous partons pour le lieu de
Tré la Gire, sur la commune de Longchaumois, avec messieurs Laurent Francini et Bernard Rivoire.
Nous nous enfonçons dans un bois mêlé de Picea et Fagus ; André, à la recherche d’espèces à
sporée rose pour sa collection pédagogique, sera déçu car il n’y a pas grand chose à récolter. L’un
d’entre nous nous montre un polypore ayant une fructification très importante. J’ose lancer le nom
d’Heterobasidion annosum. Sur ma droite une voix s’élève pour me contredire c’est B. Rivoire,
spécialiste en la matière, armé de son piolet et de sa scie d’élagage :
- Il s’agit bien d’un Heterobasidion mais pas annosum.
- Ah bon ! Pourquoi ?
- Regardez la face infère et comptez les pores au millimètre carré. Ils sont serrés, environ 5 à 7 au
millimètre carré donc il s’agit de : Heterobasidion parviporum, contre 2 à 4 pores pour annosum.
Leçon : la prochaine fois, je dirai :
- À moins de dire une bêtise je pense qu’il s’agit de…
Sur le chemin du retour j’écoute deux participants qui, de façon très simple, parlent de molécules
plus ou moins toxiques, de dépendance, de cannabis génétiquement modifié etc., etc. Conversation
un peu trop spécialisée pour moi : qu’à cela ne tienne, j’écoute. C’est seulement arrivé aux voitures
que je découvre le nom d’une de ces personnes : le Dr. Lucien Giacomoni, toxicologue.
Vendredi matin dernière sortie, miracle, il n’y a pas de glace sur les voitures. Annie et André partent
pour la Combe Noire sur la commune de Ravilloles avec messieurs Guillaume Eyssartier et Nicolas
Van Vooren. Quant à moi, je pars avec messieurs Roger Fillion et Lopez vers la forêt des
Chapuzieux sur la commune de La Pesse, en remplacement de la sortie prévue à la croix de Puthod
dont l’altitude est trop élevée et la température trop basse. Sortie plutôt de type photographique afin
de permettre à plusieurs d’entre nous de prendre quelques clichés. Une belle touffe d’Armillaria
ostoyae et une magnifique Amanita vaginata que nous emportons pour vérification par Pierre Neville
ont particulièrement attiré notre attention.
Comme il est prévu que chaque participant reçoive un compte rendu détaillé des sorties de cette
session, je ne vous ai pas noyés sous des listes de noms des espèces rencontrées. Mon projet est
de transmettre ces informations à la S.M.B.R.C. afin que vous en profitiez tous, soit sur le site, soit
par copies.
En conclusion, malgré une météo peu favorable, j’ai passé une semaine très instructive. J’ai vu une
grande quantité d’espèces dans la salle d’exposition et entendu de nombreuses informations
données toujours avec beaucoup de patience. La réunion hétéroclite de corses, méridionaux,
pyrénéens, helvètes et rhône-alpins avait une certaine saveur du fait de la sonorité des discussions
et des explications. Un petit conseil pour les nouveaux sociétaires : si vous le pouvez, n’ayez pas
peur de vous inscrire aux prochaines sessions.
- Participez, participez, il en restera toujours quelque chose.
- 112 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
RENCONTRES MYCOLOGIQUES AVEC LES MOTTERAINS
LES 13 ET 14 OCTOBRE 2007
Par Maurice Durand
Depuis plusieurs années les expositions mycologiques suivent une évolution conjoncturelle.
Les visiteurs désertent de plus en plus nos tables aux alignements soignées mais rébarbatives pour
le non-initié. L’exposition de la SMBRC c’est aussi un temps fort où tous les sociétaires œuvrent
pour communiquer leur passion aux visiteurs, sensibiliser le public à la protection de la biodiversité.
C’est un temps de rencontre avec les membres des associations voisines et c’est bien sûr aussi la
convivialité richement concoctée par nos cuisiniers. Mais au fil des années la désaffection du public
laisse un peu de "lourdeur" sur le cœur des acteurs bénévoles.
Depuis déjà quelques années nous avons souhaité modifier nos pratiques, et l’exposition au centre
commercial de Chamnord fait partie de cette évolution.
En 2007, en partenariat avec la municipalité de La Motte-Servolex, nous avons proposé à une
soixantaine de personnes une initiation à la mycologie.
L'animation a commençé le samedi soir 13 octobre 2007 par la projection d’un film exposant
différents aspects du règne fongique, sa vie en dessous du sol, ses formes et couleurs, les
précautions pour la consommation, les recherches sur le plan médical mais aussi et surtout son rôle
dans l’écosystème naturel. Maintes questions furent posées par un public intéressé – il fallait l’être
un soir où la France disputait la demi-finale de la coupe du monde de rugby – et finalement nous
avons assuré collégialement un fructueux débat.
Le dimanche matin, sous un ciel bleu, tous les inscrits à la sortie sur le terrain étaient présents. La
poussée fongique n’était pas luxuriante. Cependant, le secteur que nous avions prospecté la
semaine précédente se montrait suffisamment riche pour nous permettre de présenter diverses
espèces à la cinquantaine de participants répartis en quatre groupes tous accompagnés d'un ou
deux botanistes et d'un ou de deux mycologues. Nous avons ainsi pu montrer différents
phénomènes comme la mycorhize et le processus de la décomposition des bois morts et des vieilles
feuilles permettant l'assimilation de nutriments par les plantes. Les nombreux enfants présents
n'étaient pas les moins attentifs.
À midi, les repas étaient tirés des sacs et des échanges s’établissaient entre les cinquante
participants et les quinze accompagnateurs de la SMBRC.
- 113 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
À 14 heures, sous la conduite des déterminateurs, les quatre groupes se retrouvaient à la hall
Decroux pour essayer de classer la cueillette du matin par grandes familles. Suivant la sensibilité de
chacun, le travail s’est effectué soit avec des clefs de détermination, soit par une approche plus
intuitive en se servant des connaissances et des conseils des spécialistes.
En fin d’après-midi, un tour de table d'une exposition préparée grâce à la récolte effectuée le samedi
par quelques adhérents, a permis de montrer les principaux comestibles et toxiques, d’expliquer les
bases de la classification des basidiomycètes (structure de la chair, forme de l’hyménium et couleur
de la sporée), et surtout d’attirer l’attention sur les risques de confusions possibles.
Pour clôturer le week-end, les cuisiniers André Dudoret et Philippe Perrotin avaient préparé pour
tous les participants des dégustations originales et délicieuses à base de champignons.
Cette expérience, en partenariat avec la municipalité de La Motte-Servolex, que nous remercions
chaleureusement, aura été très enrichissante et sera à renouveler !
- 114 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
"SECOND TOUR" MYCOLOGIQUE À ONTEX
COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU SAMEDI 20 OCTOBRE 2007
Par André Anselme-Martin
La découverte du Mont, cet été, nous ayant laissé de bons souvenirs, Maurice Durand nous
propose d’y retourner en pleine saison mycologique.
Malgré un vent froid, c’est un groupe important (combien ? Je ne l’ai pas noté !) qui s’élance autour
du grand pré rond si caractéristique. À six exceptions près, les deux listes de champignons n’auront
rien en commun. Les photographes s’en donnent à cœur joie, et particulièrement une néophyte,
Nicole Hantschootte, qui apprécie ascomycètes minuscules et aphyllophorales curieux, souvent
délaissés. Il faut dire que les petites coupes turquoise de Chlorociboria aeruginascens, ou jaunes de
Bisporella citrina ne peuvent pas nous laisser indifférents ; pas plus que le tronc couché couvert de
pholiotes changeantes (Kuehneromyces mutabilis) que plusieurs mycophages essaieront (attention à
Galerina marginata !) ; ou les guirlandes violacées de Trichaptum abietinum. La découverte de
Lenzites betulina, rarement vu, au chapeau zoné et hirsute, ressemblant à Trametes hirsuta (ne pas
oublier de retourner le champignon pour voir les lames radiées, assez espacées !) a clos cette
après-midi bien remplie.
LISTE DES CHAMPIGNONS OBSERVÉS
(D’après les notes de Maurice Durand et André Anselme-Martin)
Commune : Ontex
Lieu-dit : hameau du Mont, départ de l’Arcolet
Altitude : 730 à 780 m
Coordonnées : longitude : 3,8775 gr – latitude : 50,8250 gr
Agaricus essettei Bon
Agaricus semotus Fr.
Aleuria aurantia (Fr.) Fuck.
Amanita battarrae (Boud.) Bon
Amanita muscaria (L.:Fr.) Hook
Amanita rubescens Pers.:Fr.
Armillaria mellea (Vahl:Fr.) Kummer
Bisporella citrina (Batsch:Fr.) Korf & Carpenter
Cantharellus cibarius (Fr.:Fr.) Fr.
Chalciporus piperatus (Bull.:Fr.) Bataille
Chlorociboria aeruginascens (Nyl.) Kan.
Clitocybe gr. candicans
Clitocybe nebularis (Batsch:Fr.) Kummer
Collybia butyracea (Bull.:Fr.) Kumm.
Cortinarius acutus (Pers.:Fr.) Fr.
Cortinarius caninus (Fr.) Fr.
Cortinarius cinnamomeoluteus Orton
Cortinarius gr. multiformis
Cortinarius purpurascens (Fr.) Fr.
Craterellus cornucopioides (L.:Fr.) Pers.
Cuphophyllus virgineus (Wulf.:Fr.) Bon
Cuphophyllus virgineus f. roseipes Mass.
Entoloma nidorosum (Fr.) Quélet
Fomitopsis pinicola (Swartz.:Fr.) Kickx
Ganoderma lipsiense (Batsch) Atk.
Gymnopilus sp.
Helvella elastica Bull.:Fr.
Heterobasidion annosum (Fr.:Fr.) Bref.
Hydnum repandum L.:Fr.
Hydropus marginellus (Pers.:Fr.) Singer
Hygrocybe coccinea (J.C. Schaeff.:Fr.) Kumm.
Hygrophorus agathosmus (Fr.) Fr.
Hypholoma capnoides (Fr.:Fr.) Kumm.
Hypholoma fasciculare (Huds.:Fr.) Kumm.
Inocybe eutheles (Berk. & Br.) Quél.
Kuehneromyces mutabilis (Scop.:Fr.) Singer & Smith
Laccaria amethystea (Bull.) Murr.
Laccaria laccata (Scop.:Fr.) Berk. & Br.
Lactarius aurantiofulvus Blum ex Bon
Lactarius fuliginosus (Fr.:Fr.) Fr.
Leccinum versipelle (Fr. & Hök.) Snell.
Lenzites betulina (L.:Fr.) Fr.
Lepiota clypeolaria (Bull.:Fr.) Kumm.
Lepista glaucocana (Bres.) Sing.
Lepista inversa (Scop.) Pat.
Lepista nuda (Bull.:Fr.) Cooke
Lycoperdon mammiforme Pers.:Pers.
Lycoperdon piriforme J.C. Schaeff.:Pers.
Lycoperdon umbrinum Pers.:Pers.
Macrocystidia cucumis (Pers.:Fr.) Joss.
Mycena epipterygia (Pears) Kühn
Mycena pura (Pers.:Fr.) Kummer
Mycena rosea (Bull.) Gill.
Oligoporus caesius (Schrad.:Fr.) Gilb. & Ryv.
Piptoporus betulinus (Bull.:Fr.) Karst.
Pluteus cervinus (Schafr) Kumm.
Psathyrella sp.
Pseudoclitocybe cyathiformis (Bull.:Fr.) Sing.
Russula cyanoxantha (J.C.Schaeff.) Fr.
Russula laurocerasi Mlz.
Russula violacea Quelet
Schizophyllum commune Fr.:Fr.
Stereum hirsutum (Willd.:Fr.)S.F. Gray
Stropharia caerulea Kreis.
Trichaptum abietinum (Pers.:Fr.) Ryv.
Trichia sp.
Tricholoma inocybeoides A. Pearson
Tricholoma portentosum (Fr.:Fr.) Quél.
Tricholoma saponaceum (Fr.:Fr.) Kumm.
Tricholoma vaccinum (Sch.:Fr.) Kummer
Tricholomopsis rutilans (Sch.:Fr.) Sing.
- 115 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
FIN DE SAISON MYCOLOGIQUE À CORSUET
COMPTE RENDU DE LA SORTIE DU SAMEDI 3 NOVEMBRE 2007
Par André Anselme-Martin
Déjà prospectée de nombreuses fois (la dernière en 2004), la forêt de Corsuet réserve
toujours de bonnes surprises aux mycologues, particulièrement en fin de saison. D’abord sous les
buis, mêlés aux chênes et aux charmes ; puis sur un terrain différent, avec châtaigniers et fougère
aigle ; enfin dans un lieu planté de feuillus divers (noyers d’Amérique) et conifères (pins, mélèzes) ;
les dix participants finiront par atteindre un pré, en fin de journée.
Parmi les bonnes surprises, il convient de noter entre autres : Lepista densifolia (d’abord pris pour un
Clitocybe geotropa !), Clitocybe inornata rarement vu, Delicatula integrella, plusieurs inocybes
intéressants, ainsi que de nombreux hygrophores. Sans oublier un ascomycète : Dasyscyphus
virgineus et une cyphellacée : Henningsomyces candidus, jamais trouvés par nos adhérents et
identifiés par Maurice Durand.
LISTE DES CHAMPIGNONS OBSERVÉS
(D’après les notes de Maurice Durand et André Anselme-Martin)
Commune : Aix-les-Bains
Lieu-dit : forêt de Corsuet
Altitude : 360 à 430 m
Coordonnées : longitude : 3,9675 à 3,9725 gr – latitude : 50,7925 à 50,7950 gr
Amanita rubescens Pers.:Fr.
Bjerkandera adusta (Fr.) Karst.
Clitocybe inornata (Sow.:Fr.) Gill.
Clitocybe nebularis (Batsch:Fr.) Kummer
Clitopilus prunulus (Scop.:Fr.) Kumm.
Collybia butyracea (Bull.:Fr.) Kumm.
Cortinarius cf. arcuatus
Cortinarius cf. brunneus
Cortinarius largus Fr.
Cuphophyllus berkeleyi (Ort. & Watl.) Bon
Cuphophyllus pratensis (Pers.:Fr.) Bon
Cuphophyllus virgineus (Wulf.:Fr.) Bon
Cuphophyllus virgineus f.roseipes Mass.
Dasyscyphus virgineus S. F. Gray
Delicatula integrella (Pers.:Fr.) Fayod
Entoloma bloxamii (Berk.-Br.) Sacc.
Entoloma rhodopolium (Fr.:Fr.) Kummer
Hebeloma pumilum Lange
Henningsomyces candidus (Pers.) Kuntze
Heterobasidion annosum (Fr.:Fr.) Bref.
Hydnum repandum L.:Fr.
Hygrocybe calciphila Arnold
Hygrocybe ceracea (Wulf.:Fr.) Kumm.
Hygrocybe psittacina (Sch.:Fr.) Kumm.
Hygrocybe quieta (Kühn.) Singer
Hygrocybe reidii Kühn.
Hygrocybe unguinosa (Fr.:Fr.) Karst.
Hygrophorus cossus (Sow.) Fr.
Hygrophorus nemoreus (Pers.:Fr.) Fr.
Hygrophorus russula (J.C. Schaeff.:Fr.) Quél.
Hypholoma fasciculare (Huds.:Fr.) Kumm.
Hypholoma sublateritium (Fr.) Quél.
Inocybe napipes Lange
Inocybe personata Kühner
Inocybe petiginosa (Fr.:Fr.) Gill.
Lactarius chrysorrheus Fr.
Lactarius quietus (Fr.:Fr.) Fr.
Lactarius volemus (Fr.:Fr.) Fr.
Lepista densifolia (Favre) Sing. & Clémç.
Lepista irina (Fr.) Bigelow
Lepista nuda (Bull.:Fr.) Cooke
Lycoperdon piriforme J.C. Schaeff.:Pers.
Marasmiellus ramealis (Bull.:Fr.) Sing.
Megacollybia platyphylla (Pers.:Fr.) Kotl. & Pouzar
Mollisia cinerea (Batsch:Fr.) Karst.
Mycena acicula (J.C. Schaeff.) Kummer
Mycena adscendans (Lasch) M. Geest
Mycena polygramma (Bull.:Fr.) S.F. Gray
Mycena rosea (Bull.) Gill.
Mycena vitilis (Fr.) Quélet
Piptoporus betulinus (Bull.:Fr.) Karst.
Psathyrella piluliformis (Bull.:Fr.) Ort.
Russula krombholzii Schaffer
Russula lepida (Fr.:Fr.) Fr.
Steccherinum ochraceum (Pers.:Fr.) S.F. Gray
Stereum hirsutum (Willd.:Fr.)S.F. Gray
Trametes versicolor (L.:Fr.) Lloyd
Trichia sp.
Tricholoma saponaceum (Fr.:Fr.) Kumm.
Xylaria hypoxylon (L.:Fr.) Greville
- 116 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
DANS NOTRE BIBLIOTHÈQUE
Par Véronique Le Bris
Voici quelques-unes des dernières acquisitions de notre association pour sa bibliothèque, que
chacun pourra trouver dans notre local à la Maison des Associations.
OMBELLIFÈRES DE FRANCE – TOMES 1, 2 & 3
Jean-Pierre REDURON
Bulletin de la Société Botanique du Centre-Ouest, nouvelle série,
numéro spécial 26 – 2007, 1726 pages.
Pas facile d’identifier une ombellifère : c’est rarement par cette famille
que l’on commence quand on aborde la botanique ! Impossible
pourtant d’y échapper tant elles sont présentes dans tous les milieux.
Peu de synthèses existaient sur le sujet et les botanistes attendaient
avec impatience la publication de cet ouvrage de Jean-Pierre Reduron
qui a repris toutes les données existantes et n’a pu échapper à
l’important travail de taxonomie et de nomenclature qui s’imposait pour
cette famille. Nous voici donc avec un ouvrage de référence où nous
trouvons non seulement les éléments indispensables à la
détermination des apiacées, mais aussi des renseignements variés
concernant chaque espèce et de précieuses indications générales
notamment à propos de la nomenclature. Nous attendons maintenant
les tomes suivants… à paraître.
GUIDE DES PLANTES SAUVAGES COMESTIBLES ET TOXIQUES
François COUPLAN & Eva STYNER
LES GUIDES DU NATURALISTE, DELACHAUX ET NIESTLÉ –
1994 (réimpression 2007) – 415 pages.
Les raisons qui nous amènent à nous intéresser aux plantes peuvent
être très variées et nombre d’entre nous sont attirés d’emblée, ou se
penchent de manière annexe sur leur intérêt alimentaire. Ce guide
grand public trouve donc sa place dans notre bibliothèque afin de
répondre à bien des interrogations qui n’ont pas de réponses dans
les flores. Très pratique et illustré, il passe en revue deux cents
plantes comestibles en précisant la manière de les utiliser et décrit
également quatre vingts végétaux toxiques, pour éviter les
confusions…
LE MONDE DES TEINTURES NATURELLES
Dominique CARDON
BELIN – 2003 – 586 pages.
Il y a une dizaine d’années, le "guide des teintures naturelles", du
même auteur, faisait la synthèse sur les teintures naturelles, sujet que
nous avions abordé pour mettre en place notre exposition "les plantes
sauvages de Savoie et leurs usages". Cette publication, plus récente,
très documentée et illustrée, fait le point sur la place des produits et
des méthodes utilisés en teinture dans notre monde actuel. Un très
beau livre qui nous embarque à la découverte de plantes, mais aussi
de champignons et d’animaux utilisés par l’homme depuis les temps
reculés pour le plaisir des yeux.
- 117 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.
FORÊTS ALLUVIALES D’EUROPE.
Écologie, biogéographie, valeurs intrinsèques
Annick SCHNITZLER-LENOBLE
Ed. Tec & Doc – LAVOISIER – 2007 – 384 pages.
Nous disposons dans notre bibliothèque d’assez peu d’ouvrages traitant
d’écosystèmes. Ces synthèses thématiques sont indispensables pour
connaître et comprendre le fonctionnement des milieux naturels qui
abritent ces plantes et champignons qui nous intéressent tant. Dans ce
livre, tous les aspects concernant les "forêts alluviales d’Europe", au sens
large, sont abordés : descriptions, explications et exemples, de manière
très claire et précise. Même si ces zones occupent une très faible surface,
elles représentent un enjeu considérable par leur richesse écologique. Un
des objectifs de cet ouvrage est la prise en compte de ces écosystèmes
fragiles et originaux par l’ensemble des acteurs susceptibles d’agir sur
leur évolution. Il s’adresse bien sûr à tous les naturalistes désireux de
connaître et comprendre ces zones humides si intéressantes.
THE GENUS HEBELOMA
Jan VESTERHOLT
FUNGI OF NORTHERN EUROPE – vol 3 – NARAYANA PRESS,
GYLLING, DENMARK – 2005 – 146 pages.
S’il est relativement aisé, lors de son identification, de ranger un
champignon dans le genre Hebeloma, grâce notamment à la couleur de
ses spores, il est bien souvent très difficile de différencier entre elles les
espèces d’hébélomes. Cet ouvrage devrait nous y aider, en décrivant les
45 espèces d’Hébéloma présentes dans le nord de l’Europe, comprenant
une aire située au nord de Paris, les Alpes, les Carpathes et l’ouest des
montagnes de l’Oural. Une clé de détermination est proposée, chaque
espèce est décrite en détail macroscopiquement et microscopiquement et
illustrée de très belles photos. Ce livre (en anglais) devrait permettre de ne
plus conclure une détermination de champignon par "c’est un hébélome".
FUNGHI RARI E POCO NOTI DELLE SINISTRA PIAVE IN VALBELLUNA
Licia ALPAGO NOVELLO
CHEZ L’AUTEUR – 2006 – 271 pages.
Si certains auteurs choisissent, dans leur ouvrage, de présenter un genre,
voire une famille de champignons dans une zone géographique relativement
étendue, Licia Alpago Novello nous emmène ici découvrir une vallée du
Nord de l’Italie et en particulier les champignons rares qu’elle y a rencontrés.
L’intérêt pour nous, Savoyards, est que bon nombre de ces champignons
sont également présents dans notre département. Ce livre illustré de photos
est particulièrement agréable à feuilleter, il aide à mémoriser ces espèces
peu fréquemment rencontrées et apporte pour certaines des détails très
précis macro ou microscopiques permettant de les identifier avec plus de
certitude.
FUNGHI FIMICOLI E RARI O INTERESSANTE DEL LITORALE TOSCANO
G. CACCIALI, V. CAROTI & F.DOVERI
SCHEDE DI MICOLOGIA VOL 1 – A.M.B. FONDAZIONE – CENTRO
STUDI MICOLOGICI – 1995 – 615 pages.
Encore une autre approche, dans cet ouvrage, de présentation des
champignons : cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un genre ou d’une famille, ni
d’une zone géographique, mais d’un biotope. Ne seront présentés dans ce
livre que des champignons fimicoles. Chaque espèce, illustrée de photos, est
minutieusement décrite (en italien) macroscopiquement et
microscopiquement. Des commentaires sont fréquemment fournis et une très
riche bibliographie est citée pour chaque espèce.
- 118 Bull. Soc. Mycol. Bot. Région Chambérienne - n° 13 - 2008.