States (Part 3), investor-owned insurers and medical facilities control

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States (Part 3), investor-owned insurers and medical facilities control a much
larger market share than in France or Japan, affecting physician behavior to a
particularly high degree. Part 4, on Japan, shows that collective industry funding makes it more difficult for individual firms to influence physicians. This
system, however, allows the industry to decide what to fund. Japan’s reform
points toward the ultimate solution to this problem: severing the link between
drug firms and physicians entirely and replacing it with alternative funding
through a tax on medical suppliers and insurers. In Part 5, Rodwin examines six
strategies to reduce physicians’ conflicts of interests.
Rodwin argues that the doctor-patient relationship lies at the heart of medicine. Patients rely on physicians to advise them about their medical needs, to
supply medical treatment and services, and to act in patients’ best interests.
But because physicians earn their living through their medical work they may
practice in self-interested ways. The conflicts of interest that Rodwin identifies
threaten this balance: the financing mechanisms are at times too robust and at
other times wholly inadequate. Many medical professionals receive income not
only from their salaries but directly from drug and medical equipment manufacturers; even those who do not receive money directly from such companies have financial incentives to make medical decisions that may not benefit
patients but instead their own bottom lines. Decision-making is not always
based on sound science. Even when excellent facilities and logistics are available, patients have unequal access to medicines and technologies. Rodwin offers
suggestions that have the potential for major improvements to health care systems, but because of current financial incentives, both corporations and medical
professionals may be unlikely to accept the changes.
Students from all health professions, students of health systems management, medical doctors, lawyers, researchers in ethics and ethics policy, medical
historians, and even the general public will enjoy this comparison of economic
conflicts in medical practice in France, the U.S., and Japan. The book offers
fascinating historical details, and the images in the book highlight, sometimes
humorously, the flaws in the relationship between doctors and patients.
NAVA BLUM Max Stern Academic College of Yezrael Valley, Israel
ANGÈLE FAUCHIER University of Colorado
Institutionalizing the Insane in Nineteenth-Century England
Anna Shepherd
London: Pickering & Chatto, Studies for the Society for the Social History of
Medicine, Number 20, 2014, 240 p., $116
Le Brookwood Asylum et le Holloway Sanatorium ouvrirent leurs portes, respectivement, en 1867 et 1885, dans la région du Surrey, au sud-ouest de Londres.
Situés à moins de dix miles (15 km) l’un de l’autre, leurs raisons d’être étaient
cependant bien distinctes. Le premier était destiné à recevoir les personnes
atteintes de troubles de l’esprit issues des classes moyennes (« middle classes »),
le second des patients plus défavorisés (« pauper patients »). Cette différence,
mentionnée par l’auteure, Anna Shepherd, dès le début de son livre est au
cœur de l’étude qu’elle nous propose. En effet, le point nodal de cet ouvrage,
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comptes rendus
qui présente les conclusions de sa thèse de doctorat, consiste en l’idée que les
institutions asilaires du XIXème siècle n’ont pas toutes été ces lieux de tourments
et de peines qu’on nous décrit habituellement, mais qu’au contraire, la condition
des patients était susceptible de varier du tout au tout, en fonction du contexte
de leur internement. Ce contexte inclut, bien évidemment, leur situation économique, mais aussi le type de relations que leur famille entretenait avec les
professionnels du soin, ainsi que le mode de fonctionnement de l’institution à
laquelle ils étaient confiés.
Pour illustrer et approfondir cette thèse, Anna Shepherd porte son attention
sur tous les aspects des deux institutions qu’elle étudie – de leur construction
jusqu’à la vie quotidienne de ceux qui y sont admis, sans oublier de mentionner
la sélection des employés ou le travail des soignants. La force de ce livre consiste
donc à adopter une approche multidimensionnelle : décrire plusieurs dimensions de l’institution de soin, mais aussi le parcours qui conduit une personne
à y être accueillie, sans omettre, enfin, de se pencher sur son devenir, après sa
sortie. Mener ce projet à bien a notamment impliqué, pour l’auteure, de consulter les archives du Surrey History Center, les fonds du Wellcome Institute, et les
Royal Holloway Archives de l’Université de Londres.
Après une introduction qui présente les principaux enjeux de l’ouvrage, le
premier chapitre est consacré au contexte de création du Brookwood Asylum
et du Holloway Sanatorium. Il s’agit de souligner que la naissance de ces deux
institutions répondait à des besoins et demandes divergents : d’un côté, les
autorités du Metropolitan Asylum Board durent s’organiser pour offrir des soins
peu onéreux à la population de plus en plus nombreuse de la région du Grand
Londres (Greater London). De l’autre, les classes moyennes décidèrent de financer, par voie de dons privés, l’ouverture d’une institution destinée à accueillir
dans de bonnes conditions les membres de leur famille affectés de troubles psychiques. Il en résulte que les projets de construction, plans architecturaux, mais
aussi, après la mise en service, le mode d’admission des patients et leur origine
sociale, varièrent considérablement.
Le second chapitre est consacré aux personnels de soin, médecins, infirmiers,
et surveillants, avec une attention particulière portée aux questions de genre,
ce qui permet à l’auteure de mettre en évidence la division des tâches entre
hommes et femmes. Il s’agit aussi d’évoquer le rôle des hiérarchies dans les
rapports entre employés et intendants pour souligner que le recrutement et
le maintien en fonction du personnel obéissaient à des critères disciplinaires
stricts.
Les troisième et quatrième chapitres sont consacrés aux patients : leur condition, physique comme morale, leurs origines sociales, leur mode d’admission,
et leur séjour dans l’institution de soin. L’inclusion, dans l’ouvrage, de lettres
provenant de proches parents des patients montre le rôle de premier plan joué
par les familles dans le processus d’hospitalisation. C’est également dans ces
chapitres que l’usage de statistiques se révèle le plus intéressant, puisqu’elles
illustrent les différences profondes entre les pensionnaires de Brookwood et
ceux de Holloway : les statistiques en termes de genre (ratio hommes/femmes
admis) sont à première vue étonnamment semblables dans l’une et l’autre
institution, mais parmi les femmes admises à Brookwood, seuls 16% avaient
les moyens de subvenir à leurs moyens de manière correcte (contre 39% des
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hommes). Quant aux femmes de Holloway, plus aisées, elles étaient en règle
générale plus jeunes, et internées pour des raisons qui touchaient souvent,
semble-t-il, à des écarts de conduite vis-à-vis de leurs conjoints. Nous apprenons
enfin que plus d’hommes mariés étaient accueillis à Brookwood qu’à Holloway,
ce qui témoigne de l’importance accordée à la santé mentale du chef de famille
(breadwinner), dans les milieux les plus démunis.
Le cinquième chapitre porte sur les diagnostics posés et le traitement de la
folie (« insanity »). Il s’agit de rappeler que les thérapies proposées en GrandeBretagne, au XIXème siècle, n’étaient pas monolithiques, mais composites : traitement moral, mais aussi traitement physique, médical, et chimique (« chemical »)
étaient employés aussi bien en alternance que simultanément, avec des résultats
variables. L’auteure a raison de souligner que ces méthodes étaient aussi loin
d’être infaillibles que de se révéler systématiquement inefficaces.
Le sixième et dernier chapitre introduit, enfin, la question des risques de
suicide et d’auto-agression à Holloway et Brookwood. En tenant compte du
contexte plus large qui implique la multiplication des études sociologiques et
psychiatriques portant sur le suicide, au XIXème siècle, l’auteure montre comment les personnels de soin faisaient face à ces risques, et quels égards particuliers étaient réservés aux patients suicidaires (« suicidal patients »), sans que les
« accidents » puissent être tous évités.
Chacun de ces points est abordé de manière simple mais convaincante, dans
un style d’écriture sans fioritures mais élégant. Un dernier élément mérite d’être
souligné : c’est que grâce à ce livre, Anna Shepherd parvient à démontrer qu’est
erronée l’idée voulant que les femmes, plus que les hommes, aient été internées en masse tout au long du XIXème siècle. Statistiques à l’appui, l’auteure
déconstruit là un préjugé tenace, et ce faisant, elle prouve que la consultation
minutieuse d’archives permet de réfuter bien des idées reçues sur la place et le
statut de la folie au cours des siècles.
BENJAMIN LEVY Université Paris V et Paris VII
Bridging Two Peoples: Chief Peter E. Jones, 1843–1909
Allan Sherwin
Waterloo, ON: Wilfrid Laurier University Press, 2012, xix + 244 p. + 2 maps,
1 table, 16 illustrations, $29.95
This book on the earliest known “status Indian” to graduate from a Canadian
medical school, Chief Peter E. Jones, M.D. (1843–1909)—also referred to as “Kahkewaquonaby” (The Waving Plume) in his native Ojibwe language—has been
written by Allan Sherwin, Emeritus Professor of Neurology at McGill University. Owing to many decades of his own career spent in biomedical research,
Sherwin has a long-held interest in the neurochemical effects of modern anticonvulsant drugs and their uses in clinical neurology—a field which led him
also to investigate some of the historical origins of these drugs. He has also
compared the pharmacological drug repertoires available in modern neurology
with traditional, pre-existing forms of medications used by North American First
Nations healers in the 19th century. Sherwin’s research on the pharmacological
properties of neurochemical, as well as his own medical practice at a health care