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Projectibles "Zaïna, cavalière de l’Atlas"
de Bourlem Guerdjou
Par : Mick Miel
Le : mardi 09 février 2006
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Synopsis :
Pour échapper au puissant Omar, Zaïna
décide de suivre son père qui mène les pursang de sa tribu à la grande course de
l’Agdal. Durant ce long et périlleux voyage
au coeur des montagnes de l’Atlas, père et
fille vont apprendre à se connaître, à
s’aimer.
Casting complet
Réalisation
Réalisateur : Bourlem Guerdjou
Acteur(s)
Zaïna : Aziza Nadir
Mustapha : Sami Bouajila
Omar : Simon Abkarian
Abdelatif : Michel Favory
Kadour : Assaad Bouab
Barak : Lounès Tazairt
Djilhali : Hassam Ghancy
Moncef : Taïeb Ajedig
Hassan : Mohamed Bouhriri
Imam : Mohamed Majd
Scénariste
Bourlem Guerdjou
Juliette Sales
Production
Rezo Films, France
Agora Films, France
Canal + (France), France
TPS Star, France
France 3 Cinéma, France
Prokino Filmproduktion, Allemagne
Equipe Technique
Dialoguiste
Bourlem Guerdjou
Juliette Sales
Directeur de la photographie
Bruno De Keyzer
Costumier
Anaïs Romand
Monteur
Joelle Hache
Chef décorateur
Laurent Allaire
Producteur délégué
Philippe Liégeois
Jean-Michel Rey
Producteur exécutif
Bénédicte Bellocq
Souad Lamriki
Coproducteur
Ira Gienanth
Ira Gienanth
Emma Klopf
Producteur associé
Maurice Bernart
Exportation/Distribution internationale
Rezo Films, France
Distribution
Distribution
Rezo Films, France
Secrets de tournage
De Nanterre au Maroc
Zaïna, cavalière de l’Atlas est le deuxième long métrage de Bourlem
Guerdjou après le très remarqué Vivre au paradis (1999), qui portait sur
la condition des immigrés algériens dans le bidonville de Nanterre pendant
la Guerre d’Algérie.
"Un western couscous"
La scénariste Juliette Sales évoque la genèse du projet : "L’idée de Zaïna
est née du désir d’un conte, avec, comme éléments de base : un homme,
un enfant et l’Orient. On s’est inspiré des Mille et une nuits, ainsi que de
récits anciens, tels que l’histoire de la dernière reine Berbère, nommée
Kahena. Mais on s’est très vite heurté à un principe de réalité. Notre
rencontre avec le producteur Philippe Liégeois a été assez décisive, le
projet se devait d’être ambitieux, mais ses volontés nous ont permis de
bien resserrer le propos. Philippe a eu l’idée du choix d’une petite fille
pour l’enfant. Ensuite, on a souhaité donner une forte présence à la nature
à la fois accueillante et dangereuse, aux grands espaces, aux chevaux, au
voyage... Ce dispositif narratif correspondait assez à celui d’un western,
d’ailleurs en riant avec Bourlem, on se disait qu’on écrivait un "western
couscous" ! En gardant la forme du conte comme objectif, on a développé
une histoire qui se voulait simple et directe mais emblématique, tout en
conservant une profondeur et une subtilité des sentiments et des
personnages."
Le grand voyage
Fils d’immigrés tunisiens, Sami Bouajila a retrouvé dans Zaïna, cavalière
de l’Atlas un imaginaire qui lui est familier : "Cela me ramenait à ma
culture d’origine, un peu oubliée avec le déracinement, mais toujours bien
ancrée en moi. Mes parents viennent de cette tradition-là. Je pouvais
symboliquement remonter un peu sur les traces de mon père qui est
berbère lui aussi, il a vécu dans le désert, parfois sous des tentes. Ce film
me donnait l’occasion de faire le voyage inverse." L’acteur, qui, tout
comme Simon Abkarian, a suivi un entraînement intensif de 6 mois, avant
le tournage, pour les scènes à cheval, s’est lié d’amitié avec plusieurs
personnes sur le tournage : "Ces palefreniers par exemple avec qui je
passais le plus clair de mon temps, ils m’ont énormément apporté. Ils ont
une telle richesse culturelle, et une telle sagesse malgré les difficultés
d’une vie difficile."
Deux en un
Au départ, Bourlem Guerdjou et sa coscénariste Juliette Sales travaillaient
sur deux projets distincts, l’un abordant le thème de la filiation, l’autre
étant un film d’aventures dans des paysages de montagne. Vieux complice
du réalisateur, Philippe Liégeois leur a suggéré de fusionné les deux
projets.
Zem et Melki pressentis
Roschdy Zem et Gilbert Melki avaient été pressentis pour tenir les deux
rôles principaux, finalement interprétés par Sami Bouajila et Simon
Abkarian. En 2000, déjà, pour La Faute à Voltaire de Abdellatif Kechiche,
Roschdy Zem avait dû se désister, avant de proposer à Bouajila de
prendre sa place.
Un travail de longue haleine
Trois années d’écriture et de recherche, à la fois à Paris (notamment à
l’Institut du Monde Arabe) et au Maroc, et plus d’un an de repérages ont
été nécessaires avant de pouvoir entamer le tournage du film, qui s’est
étendu sur 13 semaines dans l’Atlas.
La grosse cavalerie
Ce tournage hors-normes a mobilisé des moyens exceptionnels, comme le
rappellent les producteurs : "Un cheval boit à peu près 40 litres d’eau par
jour. Chaque cavalier et chaque cheval avaient leur doublure. Il y avait
donc une longue caravane de camions, avec des palefreniers, de l’avoine
et de la paille qui a traversé le Maroc de Fez à Meknès, des montagnes de
l’Atlas aux régions de Ouarzazate et de l’Oukaimeden. Il y avait pour
certaines scènes jusqu’à 70 chevaux à l’écran. Des cavaliers de fantasias
en grand apparat sont venus nous rejoindre pour se prêter au jeu avec
leurs chevaux parés de dorures", se souvient Philippe Liégeois, qui
ajoute : "Pour avoir le plaisir de voir des images spectaculaires à l’écran,
nous avons choisi de trouver des endroits inédits comme la forêt de
cèdres d’Ifrane, par exemple, un lieu absolument sublime", souligne pour
sa part Jean-Michel Rey. "On a même dû filmer à 3600 mètres d’altitude
pour avoir de la haute montagne et de la neige (...) Le tournage de la
course finale avec trois caméras a duré trois semaines. Tous les matins,
dès l’aube, 500 figurants arrivaient en bus de Ouarzazate sur le
campement. Nous avions installé une multitude de tentes en plein désert."
Kingdom of horses
Pour le travail avec les chevaux, l’équipe du film a fait appel à Joël Proust,
éleveur à Ouarzazate, et qui a déjà travaillé sur les superproductions
américaines Gladiator, Alexandre et Kingdom of Heaven.
Un film féministe
Bourlem Guerdjou note, à propos du personnage de Zaïna : "Malgré ce
que lui coûte le deuil de sa mère, Zaïna va mener à bien son propre
destin, et acquérir sa liberté. Elle est toujours prête à se rebeller. Elle a
une grande force intérieure. Son parcours, c’est aussi l’image de
l’émancipation d’une femme. Elle symbolise ces femmes arabes qui ont
l’audace de se révolter pour faire changer l’état des choses." Juliette Sales
ajoute : "(...) en lui confiant son herbier, Selma [a] donné à sa fille une
vraie qualification. C’est un détail féministe important : grâce à sa mère,
Zaïna sait lire, pas Mustapha [le père]. Dans cette notion d’héritage, il y a
aussi l’idée que les enfants profitent des erreurs, des douleurs et des
combats de leurs parents. Selma était une femme trop forte, trop
passionnée et trop brillante pour le lieu et l’époque où elle vivait. Mais en
osant concourir avec des hommes, au prix d’être répudiée, elle a ouvert
une brèche."
Le cheval, meilleur ami de l’homme
La scénariste revient sur l’importance du cheval dans la culture arabe : "A
la fin du XVIIIe siècle, les écoles française et anglaise d’équitation allaient
parfaire leur style de monte au Maroc où les chevaux avaient une
endurance exceptionnelle. Pour les cavaliers arabes, le cheval est un
trésor. Un compagnon qui peut leur sauver la vie. Ils préfèrent donner
leurs dernières dattes à leur cheval plutôt que de les garder pour eux,
parce que c’est toujours sur leur cheval qu’ils sortiront du désert, jamais
le contraire ! Ils parlent de leurs chevaux comme de leur meilleur ami. Les
scènes d’initiation du film sont directement tirées des manuels de
dressage que nous avons consultés. Nous avons également sillonné le
Maroc afin de visualiser tous les paysages."
Critiques Presse
Zurban - Yasmine Youssi
Paysages d’une beauté à couper le souffle, comédiens habités par leur
rôle... sans effets spéciaux, ni décors ostentatoires, Guerdjou nous plonge
au coeur d’un Maroc intemporel, renouvellant ainsi le film de cape et
d’épée.
L’Humanité - Vincent Ostria
Un film d’aventures comme le cinéma arabe en a rarement montré.
Certes, on tente un peu artificiellement de transposer l’univers du western
au Maghreb - l’importance accordée aux chevaux en témoigne. Pourtant la
greffe prend au-delà de toute espérance (...).
Studio Magazine - Patrick Fabre
(...) il s’agit d’un film palpitant, parfois émouvant, au propos intelligent.
Car en plus d’être distryant, il délivre un message de tolérance. Mais c’est
surtout une histoire d’amour universelle (...)
Les Inrockuptibles - Vincent Ostria
Féminisme de bon aloi dans ce western arabe qui a du souffle. (...) Mais
rien n’est forcé, appuyé. Ce n’est pas une parodie, c’est un conte naturel
et réaliste, au premier degré. L’abus [d’effets] est largement compensé
par une belle idée.
Elle - Florence Ben Sadoun
[Zaïna] est-il film ethnologique, un western sans indiens, une tragédie
antique ou encore une conte oriental ? Tout à la fois avec des images très
stylisées (...)
Paris Match - Alain Spira
Si le film pèche par un manque de rythme, des dialogues minimalistes et
une trame bien mince, l’implication des comédiens et la beauté des grands
espaces incitent le spectateur à se laisser porter (...).
Le Figaroscope - Brigitte Baudin
Si les personnages sont un peu trop convenus, on se laisse néanmoins
emporter par l’aventure, la beauté des paysages, les magnifiques images,
les lumières du directeur de la photo, Bruno de Keyzer.
Ouest France - La rédaction
(...) [le scénario] passe par quelques raccourcis narratifs qui sont la loi du
genre. Une même simplicité se dégage de la peinture, assez sommaire
dans ses gros traits, des personnages (...) C’est donc la nature,
grandiose, sauvage et mystérieuse, qui a le beau rôle dans ce voyage
dépaysant où tout finit bien.
Le Parisien - Renard Baronian
Le réalisateur prend son temps pour raconter cette belle histoire, et le film
comporte des longueurs. Côté acteurs, si on a connu Sami Bouajila et
Simon Abkarian plus inspirés, on est impressionné par la formidable
prestation de la petite Aziza Nadir, émouvante Zaïna. Quant aux images
de l’Atlas et des chevaux, elles sont sublimes...
Première - Gaël Golhen
"Zaïna..." est un western couscous qui laisse un peu sur sa faim côté
scénario mais ravit côté pupilles.
Ciné Live - Grégory Alexandre
Une épopée à la fureur un peu assourdie par son formatage. "Ciné Live"
en ligne
MCinéma.com - Aurélien Allin
Conte à l’ancienne, cette aventure dans les montagnes de l’Atlas a le
mérite d’allier beauté visuelle et gentille morale.(...) Cela n’est toutefois
pas suffisant pour cacher les faiblesses du film (...) Reste un agréable
spectacle pour enfants.
Score - William Audureau
Conte oriental facile, scolaire et touriste, "Zaïna" joue l’exotisme à peu de
frais : vastes plateaux couleurs d’épices et belles gueules marocaines
monopolisent l’écran. Le reste lénifie.
Cahiers du Cinéma - Elisabeth Lequeret
Zaïna avance la promesse d’un western arabe, mais c’est un fumet 100 %
CNC qui s’en dégage.
Africultures.com - Olivier Barlet
Tout cela est ainsi prévisible, formaté, superficiel, bien pensant et fait
pour plaire (et ça marche : prix du public à Locarno). Les moyens mis
dans le film ne parviennent pas à faire de cette jeune héroïne le
personnage positif que le scénario voudrait bâtir.
Chronic’art.com - Guillaume Loison
Le picaresque (...) cogne contre la trouille de la mise en scène à se frotter
d’aussi près à l’aventure. (... ) Impression de non-film sacrément tenace
qui entraîne dans le même temps l’indigestion, puisque le même échec se
répète 1h40 durant.

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