LE TOURISME EN ESPAGNE

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LE TOURISME EN ESPAGNE
LE TOURISME EN ESPAGNE
( Cours et annexes )
Par Philippe KEROURIO
LE TOURISME EN ESPAGNE
COURS
"J'aime l'espagnol parce qu'il est type. Il n'est copie de personne. Ce sera le dernier type
existant en Europe" (Stendhal, Mémoires d'un touriste, 1837)
"Avant les années 1980, en général, l'Espagne c'était les corridas, le flamenco et
l'Inquisition. Aujourd'hui ce sont les corridas, le flamenco et les films d'Almodovar"
(Antonio Munoz Molina)
L'Espagne occupe le troisième rang mondial pour le nombre de touristes derrière la France,
les Etats-Unis et devant la Chine avec 60,6 millions de touristes en 2013. L’année 2013 aura
été la meilleure année de l'histoire pour le tourisme en Espagne. Miné par la crise
économique, le secteur touristique, qui représentait 11,2% du PIB du pays en 2012, avait
connu trois années de baisse avant de se reprendre en 2010, avec une progression des
arrivées de touristes étrangers de 1%. L'association patronale du secteur, Exceltur a affirmé
que le tourisme devrait être encore en 2014 "la locomotive de la croissance de l'économie
espagnole. Exceltur a pronostiqué pour 2014 une hausse du PIB touristique de 1,8%, bien
supérieure à la prévision du gouvernement pour l'ensemble de l'économie (+0,7%).
SITUATION, RELIEF ET CLIMAT
Situation
Baignée par l’océan Atlantique à l’ouest, par la Méditerranée à l’est , la péninsule ibérique est
située à l’extrémité de l’Europe et rattachée à cette dernière par un isthme de 415 kilomètres
( Les Pyrénées ) . La situation de cet ensemble géographique est à la fois très méridionale et
très occidentale par rapport au reste du continent ce qui lui confère une forte originalité .
Le pays s’étend sur 750 kilomètres entre 43°7 ( Galicie ) et 36° de latitude nord .La position
est plus méridionale que celle de l’Italie : Madrid se trouve sur le même parallèle que Naples ,
Malaga sur le même que celui d’Alger et tarifa est situé plus au sud que Constantine .
Une telle situation a des conséquences importantes sur le climat car une bonne partie de la
péninsule a un climat qui évoque celui des rivages les plus méridionaux de la méditerranée et
caractérisée surtout par la chaleur et l’aridité des étés. L’originalité de la situation du pays a
aussi des incidences historiques.Le détroit de Gibraltar, large de 14 kilomètres , n’a jamais été
un obstacle géographique et la péninsule a surtout joué le rôle d’un pont entre l’Afrique et
l’Europe .L’invasion arabe du VIIIe siècle a marqué le début d’une présence musulmane qui
se maintient jusqu’à l’expulsion du XVIIe siècle.
La situation de la péninsule ibérique est aussi très occidentale.Fermant la Méditerranée, elle
est projetée vers le cœur de l’Atlantique. Valladolid en Castille est situé plus à l’ouest que
Brest et le cap Finisterre s’avance aussi loin que l’extrémité occidentale de l’Irlande.
Le Mulhacén (3482 mètres) dans la cordillère Bétique, point culminant de
l’Espagne continentale
Les grands ensembles de relief
La péninsule ibérique se caractérise avant tout par sa massivité.L’altitude moyenne y est de
600 mètres, soit deux fois plus élevée qu’en France (342 mètres) , mais les hautes montagnes
y sont absentes ( Le point culminant de l’Espagne est le Mulhacén dans la Cordillère bétique
(3482 mètres). Mais sur de grandes étendues se développent des plateaux et des plaines
surélevées, ce sont les hautes terres de la Meseta qui occupent toute la partie centrale de la
péninsule. Les chaînes les plus élevés sont rejetées vers la périphérie (Pyrénées, Chaîne
cantabrique au nord et Cordillère bétique au sud ) . Les grandes plaines sont rares .Elles
n’occupent que 11% de la superficie totale du pays .
Un paysage de Castille
La Meseta et ses bordures
La Meseta est divisée en deux parties par une cordillère centrale : la Sierra de Gredos ( point
culminant : 2592 mètres ) qui se prolonge Au Portugal par la sierra de Estrela. A l’ouest
(province de Salamanque et de Zamora) la Meseta comprend des hauts plateaux formés de
roches siliceuses (granite ) que le Duero et ses affluents traversent en gorges profondes et
encaissées (200 à 300 mètres de profondeur). Au ventre le socle est recouvert de sédiments.
Les plaines au sous-sol formé d’argile tendre ( les campos) y alternent avec de grands talus
(cuestas) .
Picos de Europa (2648 mètres), point culminant des Monts asturiens
A l’est et au nord-est la Meseta, la Meseta est bordée par un grand ensemble montagneux la
Cordillère Ibérique (ou monts celtibériques). Au nord la meseta est séparée de la côte
atlantique par la cordillère cantabrique et les monts asturiens qui forment une barrière quasicontinue culminant à 2648 mètres ( Picos de Europa ), mais qui s’abaisse à l’est vers le Pays
basque.
Les montagnes jeunes de la périphérie trouvent leur origine dans les mouvements
tectoniques qui affectent cette partie du bassin méditerranéen au début du Tertiaire : Les
Pyrénées ( point culminant: Pic d’Aneto: 3404 mètres )) flanqués au sud par une série de
sierras calcaires – les pré-Pyrénées) et la Cordillère bétique ( point culminant 3482 mètres
dans la Sierra Nevada )
Des plaines basses
Le bassin de l’Ebre est une vaste dépression encastré entre les Pyrénées , les Monts
Celtibériques et la cordillère catalane. Elle est remplie de sédiments lacustres et son altitude
avoisine 200-500 mètres.La dépression du Guadalquivir ( ou plaine Bétique ) , entre la Sierra
Morena et les sierras subétiques ) s’ouvre largement vers la mer par une zone marécageuse :
les Marismas. Les plaines littorales méditerranéennes sont plus discontinues : plaine de
Valence, de Murcie et d’Andalousie .Au nord la montagne borde le littoral donnant naissance
à une côte rocheuse échancrée par de profondes rias .
Les îles Canaries ont un relief original .Elles sont formées de 7 îles volcaniques dont
certaines comptant des volcans actifs ( La Palma, Lanzarote ) .Le point culminant de
l’archipel est le Teide à Ténériffe ( 3710 mètres ) .
Le climat
Il est déterminé par la situation en latitude du pays et par sa position à l’entrée de la
Méditerranée. La péninsule se trouve soumise à des masses d’air d’origines très diverses .Il
en résulte une grande variété de climats et une relative brutalité des phénomènes
climatiques. La massivité de l’Espagne détermine l’apparition de traits continentaux dans les
régions centrales du pays .
On distingue cinq grandes régions climatiques :
Paysage de Galice
Le nord-ouest atlantique
C’est l’Ibérie humide qui possède un climat plus océanique que méditerranéen.On observe
1000 mm de pluies sur la côte des Asturies et au nord de la Galice .Les précipitations sont
deux fois plus importantes que dans les montagnes. Le maximum de pluies survient à la fin
de l(automne et durant l’hiver tandis que l’été se caractérise par une tendance marquée à la
sécheresse.Le caractère maritime du climat est souligné par une amplitude thermique faible
(+ 10°c) .Les étés sont modérément chauds (18°C à la Corogne) , des hivers doux (9°C ) et
des gelées rares .La montagne est fort enneigée durant la période hivernale.
Le sud-ouest
Paysages de l’Andalousie
La plaine bétique s’y caractérise par un climat méditerranéen marqué en dépit de sa situation
en bordure de l’Atlantique.La sécheresse estivale y est absolue ( Séville reçoit seulement 2
mm de pluies en juillet - août ). Les pluies sont surtout abondantes en novembre ainsi qu’en
février-mars et liées au passage de perturbations à trajectoire méridionale.La plaine du
Guadalquivir reçoit alors plus de 600 mm d’eau.Les températures hivernales sont très douces
(10,1°C à Séville).Durant l’été les plaines d’Andalousie doivent affronter des chaleurs
exceptionnelles (+ 45°C sous abri ) .La moyenne des températures de juillet à Séville est de
28,4°C.Vers l’intérieur la Meseta s’élève et la continentalité devient plus marquée.les hivers y
sot plus frais (6,8°C à Caceres en janvier) et les étés très chauds ( 25,9°C en août ) .
Plaine du Guadalquivir
Le désert de Tabernas
Le désert de Tabernas est un désert situé en Espagne dans la province d'Almería environ 30
kilomètres au nord de la capitale Almería, dans la municipalité de Tabernas. Il est protégé
comme une région sauvage (Parc naturel du désert de Tabernas) depuis 1989, et s'étend sur
280 kilomètres carrés, 11.625 hectares.Le désert de Tabernas est situé entre la Sierra de los
Filabres au nord, la Sierra Alhamilla au sud-sud-est, et de la Sierra Nevada (ouest).
Le Centre
L’encadrement montagneux y accentue les tendances continentales.Les caractères
climatiques y sont encore très méditerranéens mis modifiés par l’éloignement de la mer et la
présence de reliefs. La continentalité s’y caractérise par des très fortes amplitudes thermiques
( 17,9°C à Madrid ) .Les hivers sont nettement froids ( la moyenne de janvier est de 2°C à
Léon et de 3,4°C à Valladolid. les températures hivernales sont un peu plus élevées au sud de
la Meseta ( 4,8°C à Madrid ) ;l’installation de l’ anticyclone peut entraîner des gelées
redoutables ( - 5°C / -10°C sur les hauts plateaux du nord de la Meseta .Le pôle du froid
pour la péninsule ibérique se trouve à Teruel, capitale de province la plus froide du pays où
les températures hivernales peuvent descendre jusqu’à -20°C. Les étés sont chauds (18°C à
Léon , 23,5°C à Madrid , 23,7°C à Saragosse ) .Les températures maximales relevées dans ce
secteur peuvent avoisiner 40°C . Un autre trait climatique spécifique de la zone centrale
réside dans la médiocrité des précipitations, sauf dans les montagnes.La tendance à l’aridité
est particulièrement marquée dans les bassins (400 mm à Valladolid, 300 mm à Zamora )
La façade orientale
Le climat y est typiquement méditerranéen et caractérisé par des étés chauds et secs,des
pluies d’automne abondantes , des hivers alternant averses et beau temps et des printemps
changeants .Les températures hivernales y sont douces ( la moyenne de janvier est de 9,4 °C à
Barcelone , 10°C à Valence et 12,6°C à Almeria ), mais les étés sont chauds avec des
moyennes estivales de 24,2°C à Barcelone , 25,8°C à Almeria ) .Les précipitations diminuent
du nord vers le sud : Barcelone, 587mm de pluies, Valence 400 mm et Almeria 219 mm
.Dans la région de Aguilas / Cap Gata les précipitations n’excèdent pas 150 mm et le climat
devient sub-désertique. L’archipel des Baléares possède aussi un climat méditerranéen
typique caractérisé par des précipitations faibles avec maxima d’automne (418 mm à Palma),
des températures douces (10°C en janvier ) et des étés chauds ( 25,1°C ).
Les îles canaries, proches du tropique du Cancer, n’ont pas d’hiver. A Santa Cruz de tenerife
la moyenne du mois le plus frais est de 17,1°C .Les étés sont excessivement chauds ( 23,7°C à
Las Palmas au mois d’août ) .Les précipitations sont abondantes sur les côtes exposés aux
vents du nord-ouest ( 600-800 mm ) .Sur les côtes abritées (sud et est) et dans les îles
orientales (proches de l’Afrique ) les précipitations n’excèdent pas 150mm et le climat y est
de type sub-désertique .
LE POIDS DU PASSE
Bison peint sur une paroi de la grotte d’Altamira (Paléolithique supérieur, 15000 avant notre ère)
La grotte espagnole d’Altamira, située à Santillana del Mar, près de Santander (Cantabrie),
renferme l'un des ensembles picturaux les plus importants de la Préhistoire. Il date de la fin
du Paléolithique supérieur, du Magdalénien. Son style artistique relève de ce que l’on appelle
l'art préhistorique franco-cantabrique, caractérisé notamment par le réalisme des
représentations et par ses thèmes animaliers. Les peintures d'Altamira ont été découvertes en
1879, lors de fouilles conduites par Marcelino Sanz de Sautuola. La grotte était connue depuis
1868 et Sanz de Sautuola y effectuait des visites depuis 1876. Il avait observé la présence de
dessins géométriques sur les parois sans y accorder d'importance. Sanz de Sautuola publia
dès 1880 « Brèves notes sur quelques objets préhistoriques de la province de Santander
».Historiquement, Altamira est donc le premier ensemble pictural préhistorique important
qui ait été découvert et publié.
La Préhistoire et l’Antiquité
La Préhistoire ibérique est riche comme l’attestent les fresques d’Altamira ( - 15000 avant
notre ère). Aux environs de -1000 les phéniciens fondent un comptoir à Cadiz pour
commercer avec les tartessiens .Ils sont relayés par les carthaginois qui fondent Ibiza en 645
av.J.C, puis la Nouvelle-Carthage (Carthagène ) en 288 av J.C . Les grecs fondèrent des
colonies à Ampurias ( côte de Gérone ) et Dénia (Alicante). Ils introduisent dans la péninsule
ibérique la culture de la vigne et de l’olivier .
La Dame d’Elche (Dama d’Elx en valencien ; Dama de Elche en espagnol) est une sculpture
de buste en pierre calcaire de femme, datée du Ve siècle ou du IVe siècle avant Jésus-Christ,
découverte le 4 août 1897 sur un site romain antique, l'Alcudia, à 2 km au sud d'Elche, près
d'Alicante, en Espagne. Cette sculpture mesure 56 cm de haut et a dans son dos une cavité
presque sphérique de 18 cm de diamètre et 16 cm de profondeur, qui servait peut-être à y
introduire des reliques, des objets sacrés ou des cendres comme offrandes au défunt.
Aqueduc romain de Ségovie
L’aqueduc de Ségovie a été édifié dans la deuxième moitié du Ier siècle ou au début du
IIe siècle, du règne de Claude à celui de Trajan, selon les avis. Long de 1200 mètres, l’aqueduc
de Ségovie a une hauteur maximale de 35,10 mètres. L'eau qu'il transportait, sur une pente de
1 %, prenait sa source dans la rivière Acebeda à 18 km de Ségovie. Il compte en tout 300 arcs.
Les 20 400 blocs de granite ne sont liés que par leur propre poids, sans aucun mortier, grâce
au parfait équilibre des forces.
L’amphithéâtre de Tarragone
Tarragone est une ville et une municipalité du sud de la Catalogne, en Espagne, capitale de
la province de Tarragone et de la région du Tarragonès. On pense qu'elle fut fondée à la fin du
IIe millénaire av. J.-C. par un peuple égéen. Elle fut conquise par les Ibères, puis par Publius
Cornelius Scipio en –218.Les Romains la nommaient Tarraco et en firent la Capitale de la
province de Tarraconaise (recouvrant la péninsule ibérique). Elle fut la résidence d'AugusteCésar, de Galba et d'Hadrien. L'ensemble archéologique de Tarragone est classé au
patrimoine mondial de l'UNESCO : murailles romaines, amphithéâtre antique, cirque
antique, aqueduc, arc de triomphe, etc.
Les romains entreprirent une conquête systématique de la péninsule ibérique entre 133 av.
J.C (conquête de Numance près de Soria ) et 19 ap. J.C (défaite des Cantabres) . La
romanisation de la péninsule est à l’origine de la création de nombreuses cités (Tarragone,
Mérida, Saragosse, Léon, Ségovie, etc…) et d’une exploitation intensive des mines ( plomb de
Carthagène, argent et cuivre de la Sierra Morena, or du nord-ouest, … ) et le développement
d’une agriculture intensive (culture de la vigne, du blé et de l’olivier ). La domination
romaine prend fin au IIIe siècle de notre ère avec le déferlement des grandes vagues
d’invasions venues de l’Europe centrale et orientale: germains ( sac de Tarragone en 262),
Suèves, Vandales et Wisigoths (ces derniers établissent leur capitale à Tolède ) .
Salle de prière de la mosquée de Cordoue
La cathédrale de Cordoue (en espagnol : Santa Iglesia Catedral de Córdoba), également
connue sous son ancien nom de grande mosquée de Cordoue (Mezquita de Córdoba), est un
ancien temple romain qui devint église puis mosquée, avant de devenir cathédrale. C'est un
des monuments majeurs de l'architecture islamique, témoin de la présence musulmane en
Espagne du VIIIe au XVe siècle.Lorsque les musulmans s'établirent à Cordoue, ils
exproprièrent les chrétiens du terrain de l'église Saint-Vincent, non loin du Guadalquivir,
construit en 5841 par les Wisigoths sur le site d'un temple romain dédié à Janus. L'émir AbdAl-Rahman Ier ordonna d'y faire construire à la place une mosquée. Elle fut agrandie trois
fois de suite par ses successeurs, pour finir par couvrir 23 000 m2 et devenir ainsi la plus
grande mosquée du monde après celle de La Mecque. Cette mosquée n'est pas orientée par
rapport à la Mecque. Elle se présente aujourd'hui sous la forme d'un vaste quadrilatère
d'environ 180 m de long sur 130 m de large, comptant dix-neuf nefs et plus de 850 colonnes
surmontées par des chapiteaux de style différents.
Moyen-Age
La période médiévale est caractérisée par deux évènements majeurs : la conquête musulmane
et la reconquête par les chrétiens .
Après la mort de Mahomet (632) les arabes conquiert l’Afrique du nord .En 711 les armées
arabes franchissent le détroit de Gibraltar et provoquent l’effondrement du royaume wisigoth
(732) .L’expansion arabe est arrêtée à Poitiers en 732. Les Arabes organisent dès le VIIIe
siècle un état hispano-musulman.Les arabes en constituent l’aristocratie dirigeante, les
berbères les éleveurs et les cultivateurs et beaucoup d’hispano- romains et de wisigothes se
convertissent à l’islam. Une civilisation hispano-arabe très brillante se développa dans la
moitié sud (al-Andalus) .Cordoue était la capitale du califat.La ville comptait plus de 200 000
habitants au Xe siècle.Les conquérants arabes furent aussi à l’origine de la création de villes
entièrement nouvelles comme Badajoz et Murcie . Le califat se disloqua au XIe siècle sous
l’effet de l’intervention des africains ( almoravides au XIe siècle et almohades au XIIe siècle) .
Avila
Ávila est une ville espagnole, en Castille-et-León, capitale de la province d'Ávila. Située à 1
182 mètres d'altitude, dans une enclave rocheuse sur la rive droite de l'Adaja, affluent du
Douro (en espagnol Duero). La ville est considérée "monument historique et artistique
national" depuis 1884; elle est aussi inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO
depuis 1985. Son principal monument est la grandiose Muraille d'Ávila (XIe-XIVe siècle), de
plus de 2 500 m de long, 9 portes d'entrée et 88 tours.
Les étapes de la Reconquista
La Reconquête s’effectua à partir de la Navarre, de l’Aragon et de la Catalogne .Au centre de
la péninsule , la reconquête fut l’oeuvre des asturiens et des castillans et se traduisit par
l’établissement d’une ligne de châteaux sur le Duero et la reprise de Léon ainsi que la
fondation de Burgos . Les rois de castille et de Léon progressèrent rapidement vers le sud et
Tolède fut reprise dès 1085. La reconquête des plaines du Guadalquivir s’achève au XIIIe
siècle.
La Reconquista est placée pour l’essentiel sous l’autorité des rois de Castille. A la fin du XIIIe
siècle ce royaume contrôle la plus grande partie de la population de la péninsule .A l’ouest la
Reconquista débouche sur la création du comté du Portugal ( Pays de Porto ) en 1095. Le
comte Alphonse Henri en deviendra le roi en 1143.A l’est la reconquête s’effectue à partir des
Pyrénées , plus précisément à partir des marches franques de Catalogne et de Barcelone
.Barcelone est englobé dans le royaume d’Aragon en 1197 et les souverains sont catalans
jusqu’en 1412.La Reconquista s’achève en 1492 par la prise de Grenade.
Philippe II d'Espagne, né le 21 mai 1527 à Valladolid et mort le 13 septembre 1598 au
palais de l'Escurial, est roi d’Espagne de 1556 à sa mort, et roi du Portugal à partir de 1580 ;
c’est un prince espagnol de la maison de Habsbourg. Son règne représente alors le sommet de
la puissance de l'Espagne, pour laquelle il est le Siècle d’or. Les richesses affluent d'Amérique.
En 1571, la flotte espagnole, avec ses alliés vénitiens, écrase la flotte turque à Lépante mettant
fin à la domination turque en Méditerranée. En Espagne, Philippe défend très fermement le
catholicisme, empêchant l'apparition de protestants, forçant la conversion des maures (celle
des juifs avait déjà été imposée en 1492). L'Inquisition reste puissante dans la société
espagnole et le fut encore après lui.
Le Site royal de Saint-Laurent-de-l'Escurial (en castillan : Real Sitio de San Lorenzo de
El Escorial) est un grand complexe (monastère, musée, collège bibliothèque, et palais, ) qui
se trouve sur le territoire de la commune de San Lorenzo de El Escorial, située à 45
kilomètres au nord-ouest de Madrid, dans la Communauté autonome de Madrid (Espagne).
Le Site royal de Saint-Laurent-de-l'Escurial a été inscrit sur la liste du patrimoine mondial de
l'Unesco en 1984.
LE SIECLE D’OR DE L’ESPAGNE
Il est contemporain des règnes de Charles Quint ( 1516-1556 ) et de Philippe II ( 1556-1598
).Charles Quint est aussi empereur d’Allemagne , quant à Philippe II il devient roi du
Portugal en 1580 , unifiant ainsi sous son autorité toute la péninsule . Cette époque est celle
du commerce avec l’Amérique par les ports d’Andalousie .Séville obtient le monopole du
commerce transocéanique en 1594 et devient la première ville de la péninsule avec 94000
habitants . L’effondrement de la puissance espagnole survient aux XVIe/XVIIe siècles.
L’Espagne perd les Pays-Bas en 1597, le Portugal en 1640. L’Artois, la Franche-Comté, la
Flandre , le Roussillon et la Cerdagne sont pris par Louis XIV. Cette période est marquée par
une chute de la population qui passe de 8 à 6 millions d’habitants sous les effets conjugués
des famines, des épidémies, des guerres et de l’expulsion des morisques en 1610.
Francisco Paulino Hermenegildo Teódulo Franco y Bahamonde était un militaire et chef
de l'État espagnol, né le 4 décembre 1892 à El Ferrol (Galice) et mort le 20 novembre 1975 à
Madrid. De 1939 à 1975 il présida un gouvernement autoritaire et dictatorial avec le titre de
Caudillo (guide) : « Generalísimo Francisco Franco, Caudillo de España por la Gracia de
Dios ». Il voulait un État et un gouvernement en accord avec les anciens principes de l'Église
catholique. L'anticommunisme constitue l'autre grand pilier de sa politique. Franco considère
insensée la guerre mondiale qui oppose les peuples de l'Europe au seul profit de l'Union
soviétique. Il lui paraît qu'il y a deux guerres: une, légitime, celle de l'Europe contre le
communisme (ce qui explique l'envoi de la Division bleue en réponse aux Brigades
internationales), l'autre, illégitime, entre les Alliés et l'Axe. Selon l'historien américain Robert
Paxton, Franco était « d'une hostilité maladive à la démocratie, au libéralisme, au
sécularisme, au marxisme et tout spécialement à la franc-maçonnerie »
Guernica, est une municipalité et une ville de la province de Biscaye, située dans la
Communauté autonome du Pays basque, en Espagne. Capitale historique et spirituelle du
Pays basque, elle est particulièrement célèbre pour sa destruction, le 26 avril 1937, par les
aviateurs de la légion Condor, envoyée par Hitler afin de soutenir le général Franco. Ce
bombardement a choqué et inspiré de nombreux artistes .Guernica est également le nom
d'un des plus célèbres tableaux de Pablo Picasso.
Le roi Juan Carlos Ier (de son nom complet en espagnol : Juan Carlos Alfonso Víctor
Maria de Borbón y Borbón), né le 5 janvier 1938 à Rome (Italie), est l'actuel roi d'Espagne. Il
est le fils de Juan de Borbón, comte de Barcelone, et de son épouse, María de las Mercedes de
Borbón-Dos Sicilias. Descendant direct de Louis XIV de France, il a accédé au trône le
22 novembre 1975. Durant les périodes de maladie de Franco en 1974 et 1975, Juan Carlos est
nommé chef de l'État par intérim. Proche de la mort, Franco avoua le 30 octobre 1975 qu'il
était trop malade pour gouverner, mais ce ne sera que deux jours après la mort du dictateur,
survenue le 20 novembre 1975, que Juan Carlos sera proclamé roi d'Espagne. Or, Juan Carlos
promulgue rapidement des réformes démocratiques, au grand dam des éléments
conservateurs, notamment les forces armées, qui s'attendaient à ce qu'il maintînt l'État
franquiste. Juan Carlos nomme Adolfo Suárez, ancien chef du Mouvement national au poste
du président du gouvernement. La pièce maîtresse des réformes démocratiques est la Loi
pour la réforme politique (Ley para la Reforma Política) présentée par le gouvernement
Suárez, adoptée par le Parlement le 18 novembre 1976 et par le peuple espagnol lors du
référendum du 15 décembre 1976 (94,2% de oui). Cette loi, de rang constitutionnel (« loi
fondamentale », selon la terminologie franquiste), crée les bases juridiques nécessaires à la
réforme des institutions franquistes depuis l'intérieur et permet que se déroulent le
15 juin 1977 les premières élections démocratiques depuis l'instauration de la dictature.
Felipe VI, en français Philippe VI3, né le 30 janvier 1968 à Madrid, est le roi d’Espagne depuis le 19
juin 20144. Il est le troisième enfant et seul fils du roi Juan Carlos Ier d'Espagne (1938) et de la reine
Sophie de Grèce (1938). Il est le descendant direct en ligne agnatique du roi de France Louis XIV. Le
18 juin 2014, son père abdique en sa faveur.
L'Espagne est divisée en 17 communautés autonomes (Comunidades Autónomas en
castillan), qui disposent toutes d'un régime plus ou moins large d'autonomie par rapport à
l'État central. La plupart de ces communautés sont elles-mêmes divisées en plusieurs
provinces. La principale différence entre la notion de communautés autonomes (à
l'espagnole) et l'État fédéré, réside dans le fait que les communautés autonomes espagnoles
ne disposent pas de l'indépendance judiciaire. En effet, alors qu'aux États-Unis, par exemple,
les États disposent d'un ordre judiciaire chapeauté par leur propre cour suprême, l'Espagne
possède une organisation judiciaire commune pour les communautés et l'État central, ainsi
les tribunaux de justice sont compétents aussi bien pour les délits relevant d'une loi
autonome que pour les lois dites "d'agencement général" (c'est-à-dire les bases juridiques
communes que toutes les communautés doivent respecter et qui sont imposées par l'État
central).
L’EPOQUE CONTEMPORAINE
Le XIXe siècle est une période de troubles et de désastres .L’Espagne est occupée par
Napoléon en 1808 .il s’ensuite une longue guerre d’indépendance qui prend fin en 1814. Par
ailleurs l’Espagne perd peu à peu son empire et en 1830 il ne lui reste que Cuba, Porto Rico
et les Philippines (qui seront abandonnés sous la pression américaine). Mais,
paradoxalement, le pays connaît une grande vitalité démographique et sa population passe
de 15,5 millions d’habitants en 1857 à 18,6 millions d’habitants en 1900.
Au XXe siècle l’Espagne connaît successivement quatre régimes politiques: - du début du
siècle à 1923: le règne d’Alphonse XIII , de 1923 à 1930 : la dictature du général Primo de
Rivera, - de 1931 à 1936 (déclenchement de la Guerre civile ): la République, - de 1939 (
victoire de Franco ) à 1975 : la dictature.
L’Espagne ne sort de son isolement que dans les années 1950.En septembre 1953 le pays
signe un accord d’assistance mutuelle avec les Etats-Unis qui lui permet d’obtenir des prêts
importants.L’Espagne entre à l’O.N.U en 1955 , ainsi qu’au F.M.I et à l’O.C.D.E. Le
gouvernement franquiste rompt alors l’autarcie et le pays connaît un afflux de capitaux ,
d’investissements étrangers tandis que croissent les dépenses des touristes sans cesse plus
nombreux .L’Espagne comble alors une partie de son retard et le niveau de vie s’élève de
manière notable .En 1975 à la mort de Franco, Juan Carlos ( désigné par Franco en 1969 ) est
proclamé roi d’Espagne .En 1975 une nouvelle constitution est élaborée .
LE TOURISME
Le tourisme joue un rôle considérable dans le développement économique de l’Espagne .Il a
donné une forte impulsion à de nombreuses activités ( transport, bâtiments, …) ;les rentrées
de devises ont permis au pays d’acheter des biens d’équipements , mais le Tourisme a aussi
accentué les déséquilibres régionaux et entraîné une notable dégradation de paysages
littoraux .
L’essor spectaculaire du Tourisme international
L’Espagne a attiré des visiteurs dès le XIXe siècle parmi lesquels Georges Sand, Théophile
Gautier, Gustave Doré, …Un tourisme de villégiature de caractère aristocratique s’est
développé précocement en diverses régions du littoral. Dès le XIXe siècle un établissement
de bais est attesté à Cadiz.En Catalogne quelques familles fortunées séjournent à Sitges .A la
fin du XIXe siècle de nombreuses colonies de touristes étrangers existent en différents points
du pays: anglais à Malaga, français à San Sébastian, étrangers de diverses origines à Alicante,
…
Le Tourisme international connaît une nouvelle et brève impulsion avant la Guerre Civile lié
au développement du transport ferroviaire et l’utilisation des premières automobiles. Des
touristes gagnent les ports de la Costa Brava en Catalogne.Un Tourisme intérieur se
développe à la même époque vers les côtes de Cadiz et San Lucar . En 1931- 1937 L’Espagne
recevait 2,7 millions de touristes étrangers/an .
La reprise de l’activité touristique au lendemain de la Guerre civile et de la seconde guerre
mondiale fut particulièrement lente .En 1948 l’Espagne n’enregistrait que 409000 entrées .la
grande impulsion survint dans les années 1950-1960.En 1963 le gouvernement créa le Plan
national de Tourisme et en 1964 une Commission inter - ministérielle de Tourisme et
encouragea l’installation d’un réseau hôtelier confortable (paradores). Un ministère fut
institué en charge de gérer le développement touristique du pays (Ministerio de Informacion
y de Turismo ).Des plans d’aménagement des secteurs littoraux furent lancés ( ainsi le Plan
Costa Brava en 1960 ) . La demande touristique forte se traduisit par un développement
anarchique des constructions particulièrement flagrant sur les zones littorales.Le nombre de
visiteurs s’accrut dans des proportions notables passant de 1 million en 1950 à 7 millions en
1960 , 21 millions en 1970 , 34,5 millions en 1973.Un décret en date du 9 août 1974 tenta ,
pour la première fois , de mettre de l’ordre dans le développement du Tourisme. En 1981 les
effectifs de visiteurs s’élevaient à 40 millions, 54,1 millions en 1988 .Un arrêt de la croissance
survint à la fin des années 1980 ( 1989: 54 millions de visiteurs, 1990: 52 millions), puis la
croissance reprit: 57 millions de visiteurs en 1996, 67 millions en 1998, 74 millions en 2000.
Durant l'année 2001 l'Espagne avait reçu 75,7 millions de visiteurs, soit une croissance sur
l'année précédente de 1,7%. Parmi eux 65% étaient des touristes et 35% des excursionnistes,
pratiquement la même distribution que durant les 5 dernières années. Le nombre total de
touristes reçu durant l'année 2001 atteint le chiffre record de 49, 5 millions, soit 3,4% de plus
que durant l'année 2000 (soit 1,7 millions de touristes en plus).
En 2006 l'Espagne avait reçu 96,1 millions de visiteurs dont 60,8% (58,4 millions) étaient
des touristes. Les excursionnistes étaient 37,6 millions. Les arrivées de touristes en Espagne
ont augmenté de 4,5% en 2006, soit 2,5 millions de touristes de plus qu'en 2005. En 2007
L'Espagne avait reçu 59,2 millions de touristes, soit 1 million de touristes de plus qu'en 2006,
soit une croissance interannuelle de 1,7%. La même année l'Espagne avait reçu 40 millions
d'excursionnistes, soit une croissance de 5,6% par rapport à 2006 (2 millions
d'excursionnistes en plus ).
Secoué d'abord par l'explosion de sa bulle immobilière puis par la crise financière et
économique mondiale, l'Espagne est entrée brutalement en récession au deuxième semestre
2008. Le FMI qui a abaissé récemment ses prévisions pour l'économie mondiale, estime
désormais que l'Espagne connaîtra deux années de récession, avec une baisse de 3% de son
PIB en 2009, puis de 0,6% en 2010 et un taux de chômage à 19,3% en 2010, record parmi les
pays développés où la moyenne est estimée à 9,2%.
En 2008 l'Espagne a enregistré sur l'ensemble de l'année une chute de 2,6 % sur un an du
nombre de visiteurs étrangers, avec un total de 57,41 millions de touristes. Une chute de 8% a
été enregistrée en juillet 2008 (à 7,13 millions) par rapport au même mois de 2007. Cette
baisse, la plus marquée jamais enregistrée pour ce mois clef de la saison touristique
espagnole, a été accentuée par le très net recul du nombre de touristes français (-21,6 % à 1,2
million), au 3e rang des visiteurs après les Anglais et les Allemands.
Selon les estimations du ministère de l'Industrie, l'Espagne a reçu en 2009 52,2 millions de
touristes étrangers, en baisse de 8,7% par rapport à 2008. Ce recul est toutefois inférieur à
celui qui était attendu (10%) par les pouvoirs publics. De plus la tendance négative s’est
progressivement tassée au cours de l’année : en décembre 2009, la baisse du tourisme n’a
atteint que 3,6%. Les nuitées dans les hôtels ont atteint le nombre de 251,9 millions en 2009,
soit une baisse de 6,6% par rapport à l'année précédente. Les nuitées de résidents ont baissé
de 3,2%, à environ 109,8 millions, tandis que celles des non résidents ont baissé de 9,1%, à
environ 142 millions. «Les difficultés rencontrées par les économies françaises, allemandes
et anglaises expliquent directement cette baisse du tourisme, l’Espagne étant la première
destination de vacances au monde »( Joan Mesquida, secrétaire d’Etat espagnol au
tourisme). Les dépenses des touristes se sont élevées à 48248 millions d’euros ( soit un recul
de 6,7% ), soit un niveau proche de celui atteint en 2006. Durant la même période l’Espagne
a reçu 39,8 millions d’excursionnistes ( -1,6% par rapport à l’année 2008).Ces derniers
étaient à 60% originaires de France et à 28% originaires du Portugal. Les destinations les
plus visitées par les excursionnistes ont été la Catalogne ( 26,3%) et le Pays basque (17,4%).
Les problèmes rencontrés par le tourisme espagnol dépasse largement le cadre de la crise
financière et économique. En 2009 la baisse du PIB touristique a excédé, pour la neuvième
année consécutive, celle du PIB global espagnol. « l’Espagne doit trouver un nouveau modèle
de tourisme, remettre en question ses littoraux trop construits et essayer de redynamiser le
tourisme national »( José Luis Zoreda ). Le gouvernement espagnol a décidé vendredi
d’accorder 1,03 milliard d’euros au secteur du tourisme pour lui permettre de relancer ses
activités en difficulté actuellement. Parmi les principales mesures décidées par le
gouvernement figure l’ouverture d’une ligne de crédit de 500 millions d’euros destinés aux
entreprises pour financer des investissements en vue d’améliorer l’efficacité énergétique des
infrastructures touristiques et économiser l’énergie et l’eau, entre autres. Sur cette enveloppe
budgétaire de plus d’un milliard d’euros, le gouvernement a alloué 170 millions d’euros à la
modernisation et la construction de Paradores de tourisme, infrastructures hôtelières de luxe
qui existent partout en Espagne. Le gouvernement espagnol a aussi décidé d'étendre le
programme pilote « Tourisme Senior », lancé aux Baléares et en Andalousie et doté de 11
millions d'euros, qui visait à attirer les touristes retraités en basse saison. Ce plan avait déjà
permis de générer 50 000 réservations. Le reste du fonds est destiné à plusieurs opérations
de promotion du tourisme gastronomique (9 millions d’euros), des campagnes publicitaires
(7,4 millions d’euros) et l’amélioration des parcs nationaux (10 millions d’euros). Par ailleurs
un accord a été signé entre le gouvernement et les régions d'Andalousie, les îles Canaries, les
îles Baléares et la Communauté de Valence qui engage ces acteurs à investir 72 millions
d’euros pour la promotion à l'étranger de ces différentes destinations jusqu'en 2012.
En juillet 2010 Conseil des ministres espagnol a approuvé une nouvelle série de mesures
destinées à développer le tourisme. Une enveloppe de 250 millions d’euros a été débloquée
pour améliorer les infrastructures d’accueil et de loisirs, et mieux promouvoir la destination
espagnole en s’appuyant notamment sur son récent titre de championne du monde de
football. La majeure partie de cette enveloppe sera allouée au Fonds de modernisation des
infrastructures touristiques (FOMIT). Un fonds visant à fournir aux régions des aides
remboursables et à faible taux d’intérêt pour l’élaboration de projets touristiques. Ces aides
sont plafonnées à six millions d’euros par an ou 25 millions d’euros dans le cas de
consortiums. 40,5 millions d’euros seront enfin consacrés à un plan de communication
international à promouvoir l’Espagne en tant que destination touristique.
En 2010, l'Espagne a comptabilisé 52,6 millions de touristes, soit 1 % de plus qu'en 2009. Si
le secteur a été pénalisé en début d'année par des événements ponctuels, comme la fermeture
d'espaces aériens au printemps à cause des cendres du volcan islandais Eyjafjöll, l'activité
s'est ensuite reprise, avec des arrivées en hausse pendant sept mois, de mai à novembre.
Sur l'ensemble de l'année 2010, plusieurs pays européens ont joué un rôle important dans
cette reprise, dont la France (+2,3% par rapport à 2009), les pays nordiques (+7,2%) et
l'Italie (+9,4%). Mais le principal marché émetteur est resté la Grande-Bretagne, avec 12,5
millions de touristes, malgré une baisse de 6,5% par rapport à 2009. Le montant dépensé par
ces touristes a lui aussi progressé de 8,1%, à 52,9 milliards d'euros.
Les arrivées de touristes étrangers en Espagne ont augmenté en 2011, de 8,1%, soit 56,9
millions de visiteurs. Le montant dépensé par ces touristes a lui aussi progressé de 8,1%, à
52,9 milliards d'euros. Miné par la crise économique, le secteur touristique, qui représente
10,2% du PIB du pays, avait connu trois années de baisse avant de se reprendre en 2010, avec
une progression des arrivées de touristes étrangers de 1%. Les révoltes dans le monde arabe
ont contribué à maintenir à flot le tourisme espagnol. Une aubaine pour l'Espagne, passée en
2010 de la troisième à la quatrième place des destinations touristiques dans le monde et
devancée par la Chine. Les régions traditionnellement les plus visitées en Espagne restent la
Catalogne (nord-est) et l'archipel méditerranéen des Baléares, mais en 2010 les îles Canaries
ont profité des projets de vacances contrariés par les soulèvements populaires en Egypte et en
Tunisie. En 2011, les Britanniques et les Allemands ont été les plus nombreux à visiter
l'Espagne, avec une hausse de touristes de ces pays de 9,3% et 3%, respectivement. Mais les
autres nationalités ont aussi été bien représentées, que ce soit les Italiens (+8,5%), les
Scandinaves (+8,4%) ou les Français (+4,6%).
En 2012 l'Espagne prévoit de recevoir davantage de touristes internationaux, mais les
dépenses moyennes risquent d'être à la baisse. Une étude de l'Université Autonome de
Barcelone (UAB ) estime que le nombre de touristes étrangers en Espagne frôlera les 60
millions en 2012 (soit + 2,8% par rapport à l'an dernier), mais que leurs dépenses
diminueront globalement de 0,2%.
En 2012 il semble que la crise économique et financière se répercute sur le secteur touristique
qui représente 11% du PIB de l'Espagne. Avec un chômage toujours record de 24,4% de la
population active, il n'est pas étonnant de constater la baisse de la demande intérieure, qui
représente 50% de l'activité touristique espagnole. A la fin du mois de juin 2012 un Espagnol
sur deux n'avait toujours pas réservé de séjour ni de prestation pour cet été. Plus que jamais,
les professionnels du tourisme en Espagne comptent sur l’afflux de clientèle étrangère, dont
le volume a augmenté de 2,4% depuis le début de l'année 2012. En partie grâce à la
compétitivité tarifaire de l'offre espagnole.
La crise économique incitent les hôteliers espagnols à tirer les prix vers le bas. Dans une ville
comme Bilbao, le RevPar (revenu par chambre) a baissé cette année jusqu'à 46,80 € ; il chute
même jusqu’à 46,30 € à Séville et 42,80 € à Valencia . Dans ces trois villes, le prix moyen
d'une chambre d'hôtel s'établit respectivement à 72,10 €, 76,50 € et 72 €, alors même que
l'offre est majoritairement composée d'hôtels de trois à cinq étoiles . En moyenne, les prix de
l'hôtellerie en Espagne ont diminué de 2,2% en un an, selon l'Institut National de la
Statistique (INE ).
De fait si l'Espagne prévoit de recevoir encore davantage de touristes internationaux, les
dépenses moyennes risquent d'être à la baisse. Une étude de l'Université Autonome de
Barcelone (UAB ) estime que le nombre de touristes étrangers en Espagne frôlera les 60
millions en 2012 (soit + 2,8% par rapport à l'an dernier), mais que leurs dépenses
diminueront globalement de 0,2%.
Pour prévenir les difficultés, le gouvernement de Mariano Rajoy a adopté un plan d'aide à
l’industrie touristique espagnole, pouvant atteindre 1,8 mrd € de subventions en quatre ans.
Mais l’État pourrait bien reprendre d'une main ce qu'il donne de l'autre, avec une hausse
annoncée de la TVA par l'exécutif espagnol. Actuellement, les professionnels espagnols du
tourisme profitent d'une TVA réduite de 8%, qui pourrait augmenter de quatre points, ou
plus dans les mois à venir.
Le secteur représentait 10,3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2009, il est remonté à 10,8
% en 2011 et 11,1 % en 2012. Le tourisme pourvoit 11,4 % de l'emploi national et la baisse du
chômage observée en 2013 est essentiellement due à ce secteur gourmand en main-d'oeuvre,
mais pourvoyeur d'emplois saisonniers et de plus en plus à temps partiel. Avec près de 45
milliards d'euros de revenus dégagés en 2012, le tourisme est le premier secteur
d'exportation et la meilleure garantie, pour les investisseurs.
Le nombre de touristes entrés en Espagne en 2013 a atteint un nouveau record à 60,6
millions, replaçant ce pays, prisé pour ses plages, au troisième rang mondial devant la Chine,
a annoncé mardi. Ce sont "les meilleurs chiffres touristiques de l'histoire" du pays, a affirmé
le chef du gouvernement Mariano Rajoy à la veille de l'ouverture du salon international du
tourisme de Madrid (Fitur). "Nous avons pour la première fois dépassé la barrière des 60
millions de touristes. Concrètement, il s'agit de 60,6 millions de personnes qui ont choisi
l'Espagne, soit 5,6% de visiteurs de plus qu'en 2012".Ce record permet à l'Espagne de
récupérer la troisième place mondiale en matière d'arrivées de touristes devant la Chine et
derrière la France qui compte 83 millions de touristes en 2013 et les Etats-Unis, 67 millions.
L'association patronale Exceltur avait affirmé que le tourisme devrait être encore en 2014 "la
locomotive de la croissance de l'économie espagnole", qui sort d’une grave récession .
Exceltur a pronostiqué pour 2014 une hausse du PIB touristique de 1,8%, bien supérieure à la
prévision du gouvernement pour l'ensemble de l'économie (+0,7%).
Le tourisme a confirmé en 2014 son statut de moteur de la croissance espagnole. C'est « sans
doute un des secteurs clefs pour la reprise de l'économie », a d'ailleurs reconnu le ministre
espagnol de l'Industrie, de l'Energie et du Tourisme, José Manuel Soria.Pour la deuxième
année d'affilée, l'Espagne a ainsi battu son record, avec 65 millions de touristes
internationaux (+7,1 %), consolidant ainsi sa place de troisième destination touristique
mondiale. 2014 a été «la meilleure année de l'histoire touristique de notre pays", proclamait
le ministre espagnol de l'Industrie et du tourisme Jose Manuel Soria. Le secteur, qui apporte
directement et indirectement plus de 15 % du PIB espagnol, d'après le Conseil mondial du
voyage et du tourisme (WTTC), a crû de 2,9 % en 2014, selon Exceltur. L'organisation
patronale précise que le tourisme a généré 49 milliards d'euros en devises. Les Français ont
été parmi les plus nombreux à venir dans le pays, avec environ 10 millions de touristes qui
ont fait le déplacement. Seuls devant les Français, ce sont les Britanniques qui sont les plus
nombreux à visiter l’Espagne, avec 14,39 millions de visiteurs. Le nombre de touristes russes
qui avait fortement progressé en Espagne ces dernières années a diminué de 10,3% en un an,
suite à l'effondrement du rouble. Les régions les plus attrayantes restent la Catalogne, avec la
Costa Brava et Barcelone, qui ont enregistré 25 millions de voyageurs en 2014. Le mois d'août
a par ailleurs été le mois de tous les records : 9,1 millions de touristes sont venus visiter le
territoire, c’est 8,8% de plus qu’en 2013 à la même période, et cela marque une tendance
historique. 2014 a été aussi marqué la reprise du tourisme national. Alors qu'en 2013, le
nombre de visiteurs nationaux était redescendu au niveau de 2004, le taux de départ des
espagnols s'est sensiblement accru, favorisant ainsi des secteurs très pénalisés par la crise,
comme les agences de voyages ou encore les centres de loisirs. Cette reprise a été aussi visible
dans les transports et notamment dans l'Ave, le train à grande vitesse espagnol, dont le
nombre de passagers a augmenté de plus de 14 %. La politique de prix agressive de la Renfe,
l'opérateur ferroviaire public, n'y est néanmoins pas étrangère.
Alors que la croissance espagnole a dépassé les 2 % en 2014, le secteur du tourisme s'attend à
un bon millésime 2015, favorisé notamment par la dépréciation de l'euro, qui rend l'Espagne
plus compétitive. Il bénéficiera aussi de la baisse des impôts sur le revenu en vigueur cette
année, et de celle du cours du pétrole, qui vont stimuler la demande interne. Néanmoins,
certains risques demeurent. Le marché russe pourrait continuer à chuter (-10 % en 2014)
compte tenu des difficultés économiques dans ce pays et de la dépréciation du rouble.
Surtout, une stabilisation de la situation au Maghreb pénaliserait les destinations côtières
espagnoles. De fait, le retour des flux touristiques vers l'Egypte depuis le mois de juillet 2014
s'est ressenti en Espagne, d'après Exceltur. Le secteur est conscient que s'il veut fidéliser les
flux déviés à cause de l'instabilité politique dans le Nord de l'Afrique, il devra renforcer le
mouvement déjà engagé d'amélioration de la qualité des prestations de soleil et plage,
puisqu'il ne peut rivaliser en termes de prix, et promouvoir le tourisme culturel.
Dès 2010 l’Espagne avait dévoilé une nouvelle campagne à l’étranger pour dynamiser son
secteur touristique, avec un nouveau slogan («I need Spain») et le célèbre chef Ferran Adria
en chef de file. Le slogan «I need Spain» (J’ai besoin de l’Espagne), qui remplace le «Smile,
you’re in Spain» (Souriez, vous êtes en Espagne), est destiné à être vu par 400 millions de
personnes dans 40 pays selon un communiqué le ministère espagnol de l’Industrie, du
Tourisme et du Commerce, contre 100 millions lors de la précédente campagne “Smile,
You’re in Spain” présente depuis 2005.
L’objectif est de conforter la position de l’Espagne dans le monde, une des principales
destinations touristiques, en mettant en avant son patrimoine culturel et la diversité de son
offre. L’Espagne veut ainsi convaincre que les touristes qu’on peut s’y rendre tout au long de
l’année, chacune de ses régions offrant des activités intéressantes quelque soit la saison et
pour toutes les tranches d’âges.
Plage de Torremolinos
Torremolinos est une commune d’Espagne, dans la province de Málaga, communauté
autonome d’Andalousie, à 12 kilomètres à l'est de Málaga.
Marbella
Marbella est une commune d’Espagne, dans la province de Málaga, communauté autonome
d’Andalousie. C'est une station balnéaire située sur la côte méditerranéenne de l'Andalousie,
à 57 kilomètres à l'ouest de la ville de Málaga.Marbella est connue pour son Port de Plaisance,
Puerto Banus, souvent comparé à Saint Tropez.
Les causes du développement touristique
Les facteurs externes et internes
Ils sont d’abord d’ordre général :L’élévation du niveau de vie et l’allongement de la durée des
congés payés, la relative proximité de l’Espagne renforcée par la multiplication des voitures
individuelles et l’accessibilité croissante des transports aériens.Il faut y ajouter des avantages
spécifiques en Espagne : le climat (été chaud et ensoleillé), les milliers de kilomètres de
littoral expliquent la fréquentation estivale dominante sauf aux Canaries où les mois les plus
chargés sont décembre , janvier et février. Plus de 45 % des touristes viennent en Espagne en
juin/ juillet /août (contre 22% seulement durant le second trimestre, 18 % durant le
quatrième trimestre et 15% durant le premier trimestre.Plus de 10 millions de touristes
séjournent ne Espagne durant le seul mois d’août .Le pittoresque du pas, la beauté des
paysages et la vivacité des traditions, constituent un autre spécifique. Enfin l’Espagne reste
une destination relativement bon marché.le décollage touristique des années 1950-1970
s’explique aussi par les salaires moins élevés que dans le reste de la Communauté
européenne. Les hôtels étaient alors 2 à 3 fois moins chers qu’en France ou en Allemagne.
Cette différence s’est depuis sensiblement réduite mais elle perdure.A confort égal l’hôtellerie
reste avantageuse. En 1995 23% des nuitées des touristes étrangers avaient pour cadre des
hôtels de luxe (quatre ou cinq étoiles).Un autre avantage spécifique à l’Espagne réside dans la
liberté complète consentie aux touristes pour se déplacer avec un maximum de sécurité, une
législation souple permettant l’acquisition d’appartement ou de villas par des étrangers et la
création par le gouvernement de la deuxième période franquiste de nombreux équipements
(hôtels, résidences secondaires ).Seul le jeu demeura interdit jusqu’en 1977.
Benidorm est une ville touristique de la communauté valencienne, située dans la province
d'Alicante. Réputée pour ses plages et pour sa vie nocturne animée, la ville est une des
destinations les plus prisées en Méditerranée. Symbole d'un certain type de tourisme de
masse, caractérisée par un urbanisme échevelé (le tout béton).
Origines, destinations et comportements des touristes
Les touristes sont essentiellement européens. Les français étaient en tête en 1989 avec 11, 9
millions de visiteurs (16 millions en 2000) .Les statistiques sont gonflées par les entrées
massives d’excursionnistes venues des départements français limitrophes de l’Espagne .La
situation est analogue concernant les portugais (10 millions de visiteurs en 1990) .En fait le
premier marché émetteur est constitué par les anglais (7,3 millions en 1989, 14millions en
2000 et 14,8 millions en 2001, soit 28 % du total des touristes étrangers ).Ils se caractérisent
par leur préférence pour l’hébergement en hôtels (72%) avec une durée moyenne de séjour
de 8,5 jours .La deuxième place est occupée par les allemands ( 6,7 millions en 1989, 10,5
millions en 2000 et 10,5 millions en 2001, soit 21,3% des entrées de visiteurs étrangers ).Les
flux en provenance d’Allemagne ont enregistré un léger tassement en 2000 (-5% par rapport
à 1999). Le séjour moyen de cette catégorie est de 10,1 jours et 72% des séjours se déroulent
en hôtels .Les français forment la troisième clientèle du tourisme espagnol avec 11,9 millions
de visiteurs en 1989, 16 millions en 2000, 22,7 millions en 2001, dont 16 millions
d’excursionnistes.70% des flux de visiteurs français en moyenne sont représentés par des
visiteurs d’un jour.Les visiteurs en provenance des Pays-Bas étaient 2,2 millions en 2000,
soit 4,4 % du total, parvenus à égalité avec les italiens (2,2 millions en 2000).Les visiteurs
en provenance d’autres continents sont faiblement représentés. Les flux de visiteurs en
provenance du continent américain (tous pays confondus ) s’élevaient à 2,8 millions en 1998.
En 2009 un total de 13,2 millions de Britanniques ont visité l'Espagne, en baisse de 15,5%,
sur un nombre total de touristes de 52,2 millions accueillis (en baisse de 8,7%), soit 25,5%.
Comme en 2008, les Allemands et les Français ont complété le podium 2009, avec
respectivement 8,9 millions (-11,3%) et 7,9 millions (-2,9%). Concernant la France la baisse
du nombre de touristes par rapport à 2008 est demeurée relativement minime (-2,8%). Les
touristes français accèdent à l’Espagne majoritairement par la route (67,2%). A la différence
des autres contingents de touristes l’avion reste un mode de déplacement secondaire (27,5%).
La destination favorite des touristes français est la Catalogne ( 3,8 millions de touristes ). Les
touristes étrangers ont dépensé au total 48 milliards d'euros en 2009 en Espagne, soit 6,8%
de moins que l'année précédente. La dépense moyenne d'un touriste a été de 920 euros au
cours de l'année
Durant l'année 2001 96% des touristes étaient localisés dans 6 Communautés autonomes qui
étaient, par ordre d'importance: Canaries, Baléares et Catalogne, avec plus de 10 millions de
touristes chacune ( soit 63 % des arrivées ), l'Andalousie (plus de 7 millions de touristes, 14,4
% des arrivées), la Communauté de Valence (9, 3% des arrivées ) et Madrid (6%) . En 2009 le
classement des Communautés autonomes s’est sensiblement modifié. En 2009 la Catalogne a
reçu 12,8 millions de touristes (24% du total des arrivées dans le pays), soit une baisse de
11% par rapport à 2008. La seconde destination, par ordre d’importance, est l’archipel des
Baléares qui a reçu 9 millions de touristes ( 17,3% des flux et une baisse de 9,8% par rapport
à 2008). Les Canaries constituent la troisième destination avec 8,2 millions de touristes
(15,7% des flux et un recul de 12,3%).L’Andalousie est la quatrième destination avec 7,4
millions de touristes en 2009 (-7,7% par rapport à 2008). Viennent ensuite la Communauté
valencienne ( 5,1 millions de touristes (-10,6%) ) et la communauté madrilène ( 4,9 millions
de touristes ( 6,1% de plus qu’en 2008)).
En 2006 la majorité des arrivées de touristes internationaux se concentrait dans les six
mêmes régions autonomes: 90,1% des touristes étrangers s’étaient rendus en Catalogne, aux
Baléares, aux Canaries, en Andalousie, dans la Communauté valencienne et à Madrid.
La Catalogne était la première destination touristique en 2007 avec 15,2 millions de touristes
(25,7% du total) et une croissance de 1,6% par rapport à 2006 (soit 240000 touristes en
plus). Les Baléares arrivaient en seconde position avec 10,2 millions de touristes (soit une
croissance interannuelle de 0,7%). Elles étaient suivies par les Canaries 9,5 millions de
touristes (soit une décroissance de 1,6%). L’Andalousie occupait la quatrième place avec 8,6
millions de touristes (14, 6% du total et une croissance de 3,3%). La communauté
valencienne et Madrid occupaient les cinquième et sixième positions avec 5,6 et 4,4 millions
de touristes respectivement avec des taux de croissance de 2,7 et 11,9%. En 2007 les autres
communautés autonomes avaient reçu 9,5% des flux touristiques internationaux, soit une
légère décroissance de 0,9% par rapport à l'année précédente.
En 2009 parmi les destinations privilégiées par les visiteurs internationaux, la Catalogne
continue d’occuper la première place en attirant 25% du total, soit 12,8 millions de touristes
étrangers mais enregistre un recul de 11% sur l’année 2009. Les îles Baléares avec plus de 9
millions de visiteurs, soit -9,8%, occupent la deuxième place. L’Andalousie, malgré une
évolution positive en novembre-décembre 2009, a enregistré un recul total de -7,8% en 2009.
En 1989 61% des visiteurs entraient par la route (la frontière française jouait alors un rôle
essentiel). Depuis les entrées par ail ont progressé ( 183000 en 1951, 1,9 million en 1972, 2,5
millions en 1989.Une régression des déplacement car ce mode de transport s’est amorcé à
partir de 1995 (411000 en 1995, 422000 en 1998).Corrélativement les transports aériens ont
connu une progression spectaculaire assurant le transport de 17 millions de visiteurs en 1989,
23 millions en 1994 , 34 millions en 1998 (les ¾ des scandinaves, les 2/3 des anglais, 50 %
des allemands ).Un phénomène essentiellement lié à l’essor du trafic charter. En 2000 71%
des visiteurs arrivaient en Espagne par avion, 22% par la route, 1% par le train et 5% par la
mer .
Les mois d'été concentrent un pourcentage important des flux touristiques internationaux.
En 2007 36,2% des touristes internationaux ayant visité l'Espagne sont venus durant la
période estivale, soit 21,5 millions de touristes, soit une croissance de 1,4% par rapport à
l'année 2006.
En 2007 la majorité des touristes internationaux ( 75%) sont arrivés par avion. La route a été
choisie par 22% des touristes, soit un recul de 5,3% par rapport à 2006. Quant à l'accès
maritime il a concerné 2,6% des touristes.
La clientèle touristique internationale est fidèle.85% des touristes accueillis en Espagne en
2007 avaient déjà visité le pays antérieurement.71,9% d'entre eux avaient déjà effectué trois
voyages ou plus dans les années précédentes. La communauté autonome des Baléares est la
destination où la fidélité des touristes est la plus évidente. En 2007 92% des touristes reçus
aux Baléares étaient déjà venus dans l'archipel une ou plusieurs fois antérieurement. En 2007
87,4% des touristes européens étaient déjà venus en Espagne.
L’équipement touristique
Le nombre des hôtels et des pensions s’est accru dans des proportions notables passant de
1318 en 1951 à 9 883 en 1990. En 1998 L’Espagne comptait 918 649 places dont 707 964 en
hôtels et 210 675 en pensions, 585 606 chambres et 1 121 217 lits. Une grande partie des
touristes étrangers séjourne dans des logements touristiques ( appartements et villas
achetés ou loués) et il est difficile de connaître la capacité réelle de ces logements.Mis à part
les grandes métropoles, les villes d’art et les capitales de province, l’équipement touristique
se concentre surtout sur le littoral.
GEOGRAPHIE TOURISTIQUE REGIONALE
LES ILES
Elles se caractérisent par de nombreux points communs : - des cadres naturels exceptionnels,
des archipels complexes, parfois volcaniques (Canaries), - des superficies réduites et une
population autochtone souvent limitée, - un éloignement parfois important, - des climats
assez diversifiés selon leur position .
Leur spécialisation touristique a été assez tardive . Elle joue aujourd’hui un rôle majeur. Les
flux touristiques, souvent considérables ont suscité une stimulation économique et une
hausse substantielle du niveau de vie . Dans la desserte des îles l’avion est de loi le moyen de
transport prédominant (aux Baléares le transport aérien draine 97,3% des flux ) avec des
aéroports sans cesse modernisés (un gros porteur /minute atterrit sur l’aéroport de La Palma
durant la saison touristique).
Les pouvoirs locaux et régionaux bénéficient d’une autonomie considérable en termes de
budget , de fiscalité , de législation, de stratégies et d’octroi d’aides nationales et européennes.
Ils peuvent aussi conclure des accords partenariat avec de puissants T.O allemands et anglosaxons ( ( Baléares ): Thomson, Neckermann, TUI, ITS, FRAM qui investissent dans les
unités hôtelières et affrètent des charters.
Mais les îles espagnoles ont en matière de tourisme des stratégies différenciées.
Les Baléares
Elles constituent un des plus puissants foyers touristiques du Monde dont le développement
est étroitement lié à celui de l’aviation civile.
Le Tourisme est cependant précocement attesté aux Baléares. Quelques voyageurs
fréquentent l’archipel dès le XIXe siècle. Le premier hôtel ouvre ses portes en 1903.Des
croisières maritimes y font escale dès 1925-1930 . En 1935 l’archipel est fréquenté
annuellement par 40 000 touristes, en 1950 98 000 touristes y séjournent annuellement
dont 6600 espagnols. L’impulsion décisive vient de l’aménagement de l’aéroport de San
Juan près de La Palma dont la construction intensifie les flux (850 000 touristes en 1964
).D’autres aéroports internationaux sont construits à Ibiza et à Minorque suscitant une
augmentation considérable des flux: 3,5 millions de touristes en 1986 (10,2 millions en
2001).
Le développement touristique des îles a été considérable : en 1964 on dénombrait 1 habitant
pour 8 lits touristiques .Cette proportion est passée à 1 habitant pour 2 lits touristiques
aujourd’hui. Ce développement rapide de l’activité touristique a surtout intéressé le littoral,
mais les dernières années ont vu le début d’une progression des implantations touristiques
vers les zones intérieures de l’île.
Les arrivées de touristes aux Baléares (en milliers), 1959-2003
Le Tourisme a profondément transformé le territoire majorquin sur le plan démographique
notamment . La population a enregistré une forte croissance passant de 270 000 personnes
en 1920 à plus de 600 000 en 1995. A cette date 34% de la population insulaire était née en
dehors de l’archipel et comprenait un contingent notable d’européens incluant d’anciens
touristes (7 500 européens en 1964, 225 000 en 1995 , soit 4% de la population totale ).
La croissance du Tourisme aux Baléares a connu une croissance régulière entre 1959 et 1988
passant de 298 628 touristes en 1959 à 2,7 millions en 1970 , 4,1 millions en 1975 et 7,1
millions en 1988. A partir de cette date une tendance à la baisse de la fréquentation de
l’archipel s’est dessinée : 6,4 millions de touristes en 1990, obligeant le gouvernement des îles
à instituer une législation spécifique au Tourisme afin de freiner la croissance sauvage des
implantations touristiques et les dégradations concomitantes affectant l’environnement
insulaire.
Plusieurs mesures législatives furent adoptées.La plus connue est le décret Cladera (1987 )
imposant une superficie minimum au sol pour pouvoir construire, imposant l’existence d’une
ou plusieurs piscines (0,75 m2 par lit pour les établissements jusqu’à 400 lits), n’accordant
de nouvelles autorisations de construire que pour les hôtels 4-5 étoiles, les villages de
vacances 3 étoiles et les appartements 3-4 étoiles et encourageant à la réhabilitation des
anciens hôtels. Cette politique vit ses effets renforcés par la convention de 1992 signée entre
la région autonome et le ministère du Tourisme espagnol relatives à aides des
administrations pour la rénovation de l’offre hôtelière.
L’adoption de la loi littoral (29 juillet 1988) paracheva l’entreprise. Toutes les constructions
situées à moins de 200 mètres de la mer étaient concernées.La provenance de l’eau utilisée
pour les arrosages devait être justifiée, interdiction était faite de construire dans les zones
protégées. La loi du 30 mai 1990 relative à l’amélioration et à la modernisation des logements
touristiques imposait une inspection de tous les logements touristiques antérieurs à 1984 et
récompensait par un label ceux qui satisfaisaient au normes préalablement édictées.Un délai
de trois ans était accordé aux propriétaires des établissements vétustes ou non-conformes à
la réglementation au terme duquel la fermeture survenait dans l’année qui suivait .Par
ailleurs un volume annuel était précisé tous les ans de travaux d’infrastructures et
d’embellissement des zones touristiques par le biais de conventions signées avec les
communes;
La loi du 30 janvier 1991 concernant les espaces naturels et le régime urbanistique pour les
zones de protection spéciales des îles Baléares servi aussi à renouveler l’image de l’île de
Majorque .34,8% de la superficie totale des îles étaient protégés : 47% à Minorque, 44% à
Ibiza, 44% à Formentera, 30% à Majorque soit 55% du littoral à Majorque, 70% à Minorque,
61% à Ibiza et 83% à Formentera. Les espaces protégés étaient classés en trois catégories : les zones naturelles d’intérêt spécial, les zones rurales d’intérêt paysager et les zones d’intérêt
paysager .Les îles furent dotées de l’unique parc national espagnol maritimo-terrestre :
l’archipel de Cabrera et Minorque fut classé réserve de la biosphère. Les conséquences de ces
diverses mesures législatives sur le Tourisme furent décisives: les Baléares bénéficièrent
d’une image rénovée et les premiers résultats tangibles se manifestèrent dès 1992 par une
remontée sensible de la fréquentation touristique des îles .
Développement de formules alternatives au Tourisme balnéaire
Le Tourisme de congrès
Depuis 1979 le Mallorca Convention Bureau regroupant des hôteliers, des agences de
voyages, des entreprises de services s’est fixé comme objectif de promouvoir Majorque
comme destination de congrès .
Le Tourisme de nature (ou écologique (écotourisme))
C’est celui qui connaît à l’heure actuelle le plus grand essor. Il présente un double avantage : il se développe à la basse saison (d’octobre à mai), - il contraste avec l’image traditionnelle de
l’ île .L’archipel présente deux points d’attraits : - la Serra de Tramuntana , une chaîne
montagneuse traversant l’île d’est en ouest et caractérisée par ses vastes pinèdes et ses
paysages karstiques . Elle comprend une dizaine de massifs avoisinant les 1000 mètres (le
point culminant en est le Puig Major : 1445 mètres ) , - les parcs naturels : parc national de la
Cabrera (1er parc maritimo-terrestre ( 1991 ) .
Le Tourisme culturel
L’offre est surtout fondée sur le vieux quartier de Palma et la chartreuse de Villahermosa
ainsi que sur quelques festivals de musique (le plus important est le festival de Pollenca (
lancé en 1961 ) .Il faut aussi y rajouter les vestiges phéniciens d’Es-Puig à Ibiza, la ville de
Ciutadella à Minorque .
Le Tourisme sportif
Il est représenté par trois activités: le golf (en 1995 l’archipel était fréquenté par 250000
pratiquants ) .Mais la pratique de cette activité pose le problème de l’eau, le nautisme et le
V.T.T .
Le Teide de Tenerife ( 3710 mètres )
Le Teide ou pic du Teide, en espagnol Pico del Teide, est un volcan d'Espagne situé dans
les îles Canaries, sur l'île de Ténérife. Avec 3 715 ou 3 718 mètres d'altitude, il constitue le
point culminant de cet archipel mais aussi de l'Espagne, dépassant d'environ 300 mètres
l'Aneto, plus haut sommet des Pyrénées espagnoles.
Les îles Canaries
Elles ont connu un essor touristique très spectaculaire à partir de 1963, leur fréquentation
passant de 100 000 à plus de 3 millions de visiteurs ;c’est actuellement la première
destination touristique espagnole avec 21,7% des arrivées de touristes étrangers , soit 10,7
millions de touristes étrangers en 201 ( 1,1% de plus qu’en 2000 (soit plus de 113000
touristes) totalisant 87 millions de nuitées . Les principales clientèles sont anglaises et
allemandes .
Les Canaries forment un archipel atlantique d’une superficie de 75000 km2 ( soit une
superficie équivalente à celle du département français de l’Isère ou aux 9/10 de la Corse ) .Les
îles s’inscrivent dans un rectangle de 500 kilomètres d’est en ouest et de 200 kilomètres du
nord au sud. Les îles orientales sont très proches de l’Afrique . Furteventura est à une
centaine de kilomètres de côtes africaines et à plus de 1400 kilomètres de l’Espagne
continentale. Toutes les îles de l’archipel sont montagneuses à l’exception de Lanzarote et de
Furteventura. Le point culminant est le Teide de Tenerrife (3710 mètres) qui est, de ce fait, le
point culminant de l’Espagne.
Les Canaries comprennent 7 îles: La Palma (708 km2), la Gomera, Tenerife, Lanzarote,
Furteventura; Grande canarie et Hierro. Les versants sont largement prépondérants sur les
zones planes et l’aménagement des pentes a donné lieu à une multiplication des cultures en
terrasses.
Ces îles se caractérisent par de multiples contrastes bioclimatiques. La position en latitude et
la proximité de l’Océan sont à l’origine des températures très douces.La moyenne hivernale
n’est jamais inférieure à 17°C et la moyenne estivale généralement comprise entre 23 et 25°C.
Les îles orientales sont soumises à l’influence saharienne. De manière globale les
précipitations sot faibles dans l’archipel sauf sur les versants orientés au nord. L’archipel est
balayé par l’alizé du nord/nord-est qui souffle toute l’année et apporte un air humide et frais .
Le Tourisme se développe aux Canaries dès la fin du XIXe siècle à Puerto de la Cruz
(Tenerife ) et à la Palma ( Grande Canarie) sous la forme de grands hôtels destinés à l’accueil
des hivernants anglais .La notoriété des îles est surtout basée sur les récits de nombreux
voyageurs , dont le plus célèbre est Humboldt . Au début du XXe siècle s’y développe aussi un
tourisme médical ( traitement des maladies pulmonaires ) venu de Scandinavie .Ce premier
tourisme est interrompu par les deux guerres mondiales et la guerre civile espagnole.
L’activité touristique redémarre en 1956 mais le nombre de touristes est limité à
25 000/40 000 personnes .Un essor durable ne se dessine qu’à partir de 1960. Entre 1960 et
1996 le nombre de touristes est multiplié par 36.En 1960-1963 1,5% des touristes étaient
espagnols , ils représentent aujourd’hui 11% des effectifs.
La saison d’hiver (octobre à mars) est toujours prépondérante et draine 55% des visiteurs.
Les hivers sont peu marqués et durant le mois le plus froid (février) la température moyenne
avoisine 17°C .De plus les pluies sont rares durant la saison hivernale (150/300 mm) . Les
séjours sur la plage et les bains de mer sont rendus possibles à Noël car la température de
l’eau avoisine les 22°C .Cette particularité climatique explique largement l’essor des plages de
las Palmas et des Canteras .
La clientèle est quasi exclusivement européenne.Dans les années 1960 elle était
essentiellement composée d’espagnols ( 24 % des flux ) et de scandinaves ( 24 % ) .Ces
derniers ont amorcé la transformation du tourisme canarien en tourisme de masse .En 2001
les principales clientèles sont anglaises et allemandes.Ces deux contingents représentent 1
touriste sur 2.Ce sont souvent des vacanciers peu fortunés et des retraités .Les français sont
relativement peu nombreux car ils portent souvent leurs choix sur les destinations antillaises
. La quasi-totalité des touristes vient en avion ( 1% seulement vient par voie maritime ) .Par
contre le Tourisme de croisière est important drainant 300 000 à 400 000 personnes/an .
L’archipel dispose d’une capacité d’hébergement de 330 000 places (1998) (76000 en 1967)
partagés entre des hôtels (1/3), des appartements en immeubles et des bungalows
.L’hôtellerie est de qualité (l’archipel regroupe 18 % des hôtels «4 étoiles» d’Espagne .
Lanzarote
Les types d’implantation touristique
Les implantations touristiques en milieu urbain
Elles sont surtout concentrées à Las Palmas et Puerto de la Cruz. Mais ce tourisme ne fait
plus recette .En 1981 ces deux villes disposaient de 36% du potentiel canarien d’hébergement,
aujourd’hui elles n’en disposent plus que de 10% .
Les stations balnéaires « ex nihilo» ou accrochées à un hameau existant
Elles sont localisées dans les îles orientales ainsi que sur la côte sud de Ténérife et de Grande
Canarie. Elles regroupent des dizaines de milliers de places surtout dans les principales
stations: Playa de Ingles, Maspalomas, Las Americas, Los Cristianos, …
Les « urbanizaciones »
Ce sont des complexes résidentiels touristique isolés les uns des autres et répartis le long du
rivage. Chacun constitue une station touristique en miniature capable d’évoluer en semiautarcie .Les plus connues sont : Los Gigantes, Patalavaca et Chayofa à Ténérife .
Les deux grandes îles rassemblent l’essentiel des hébergements ( les ¾ ) .La grande Canarie
l’emporte avec 40% des places. Tenerife venue plus tardivement au Tourisme et ne dispose
pas de plage à Puerto de la Cruz a multiplié les piscines et les plages artificielles ( dont
celle de Santa Cruz à Ténérife ) . Au total les sud des deux grandes îles regroupent
plus de 60% des places touristiques .
Ensuite seules Lanzarote et Fuerteventura sont vraiment ouvertes au Tourisme depuis
1980.Elles connaissent depuis cette date un essor rapide. Les paysages sahariens
(précipitations avoisinant 140mm/an, massifs dunaires, oasis et vastes plages de sable)
constituent l’attrait principal de ces îles mais l’établissement d’infrastructures touristiques
s’y révèle particulièrement coûteux en particulièrement concernant le dessalement de l’eau
de mer et la production d’électricité .La clientèle y reste essentiellement aisée.
LA CATALOGNE
Cette région couvre 30 000 km2 et regroupe plus de 6 millions d’habitants .Elle est située au
nord-est de la péninsule et s’inscrit dans un triangle limité au nord par les Pyrénées, à l’est
par la mer et à l’ouest par l’Aragon .Une petite partie de la Catalogne se prolonge en France :
le Roussillon . Le meilleur atout touristique de cette région est le voisinage mer/montagne
.Au nord se trouvent les sommets les plus élevés (6 sommets culminant à plus de 3000
mètres) . Les contreforts méridionaux des massifs (Cadi, San Gervasi , … ) descendent vers la
Mer .La densité de population y est deux fois supérieure à celle de l’Espagne et plus de 50%
de la population est concentrée dans la « Comarca » de Barcelone ( ville+ agglomération) .
Depuis 1980 la Catalogne, devenue une «Generalitat » a bénéficié d’importants transferts de
compétences dans les domaines de l’éducation , de la culture , des affaires sociales et du
Tourisme .La catalogne est une des 10 régions les plus industrialisées d’Europe .
La Catalogne est la destination la plus dynamique du territoire national . Elle avait reçu en
2001 10 millions de visiteurs , soit une croissance de 10 % sur 2000 ( 1 million de touristes en
plus et une augmentation de 2,7 millions de touristes depuis 1997. Elle totalisait 20,4% des
arrivées en Espagne et 85 millions de nuitées (20% du total national) ; le séjour moyen des
touristes en catalogne était de 8 jours. 58% des touristes logeaient en hôtel .Le premier
marché émetteur est la France suivi par l’Allemagne . En 2009 la Catalogne continue
d’occuper la première place en attirant 25% du total, soit 12,8 millions de touristes étrangers
mais enregistre un recul de 11% sur l’année 2009.
Le Tourisme est surtout concentré sur la Costa Brava au nord, la Costa Dorada au sud et
Barcelone .
La Costa Brava correspond à la province de Gérone . Elle s’étend de Port Bou à Blanes ( 70
kilomètres au nord de Barcelone). C’est une côte rocheuse formée d’une succession de caps et
de criques (calas ou cales) avec des stations isolées nées autour d’un petit qu’elles ont
submergé . Son développement touristique s’est amorcé durant les années 1930 et a repris
dans les années 1950 par suite de sa proximité avec le marché français. Hôtels et lotissement
sont souvent défigurés un littoral jadis réputé pour le pittoresque de ses paysages .La zone
littorale (moins Barcelone) regroupe les 2/3 des chambres (71,3%). 40% des visiteurs
étrangers sont français , 18% allemands . Les contingents venus des autres pays ne dépassent
le seuil des 10% . Barcelone joue souvent le rôle de base pour le visiteur étranger par ses
nombreuses activités incluant des excursions vers les zones côtières.La partie nord du littoral
reste encore ase sauvage.La ville de Cadaquès (1500 habitants) fut le lieu de séjour d’artistes
et d’intellectuels ( Picasso, Derain, Duchamp, Man Ray, Bunuel , … ) .Non loin Rosas est
réputé pour ses vastes plages de sable. De nombreuses marinas ont été aménagées dans ce
secteur du littoral dont Ampuriabrava créé en 1973 et parcouru par 25 kilomètres de canaux
de navigation.
Parmi les stations touristiques de la Costa Brava S’Agaro est un modèle du genre .La localité
possède deux des plus belles plages de la côte . En 1923 un industriel catalan Joseph Ensesa,
enrichi dans la fabrication de la farine, y acheta un grand terrain .Il y fit construire un petit
hôtel de style néogothique (architecte : Rafael Maso) .Les environs s’urbanisèrent rapidement
et Ensesa baptisa la station S’Agaro , du nom de l’agaro, un courant marin passant au large
du littoral catalan. La réputation de S’Agaro grandit dans les années 1930 et la station de vint
le lieu de villégiature des acteurs et des artistes en vogue : Madeleine Caroll (actrice du film
de Hitchcock « Les trente neuf marches » et son mari Bob Heiskell, directeur du magazine
« Life » y achetèrent une maison .Durant la Guerre civile Ensesa fut contraint de s’exiler en
France .A son retour il agrandit son hôtel, l’hôtel Gavrini («mouette»). Ce dernier reçut dans
les années 1950 Ava Gardner et le matador Luis Miguel Dominguin, Frank Sinatra, Orson
Welles en 1954 , Elizabeth Taylor , etc…A la même époque un médecin connu , le Dr. Joseph
Trueta séjourna à S’Agaro et il y amena Churchill, le duc de Windsor, Aristote Onasis .La «
Gavina » appartient toujours à la famille Ensesa.
Barcelone est une ville très ancienne (origine phocéenne) dont la prospérité se développe
surtout à partir du XIIIe siècle par le commerce méditerranéen . Elle devient dès cette
époque une des premières places bancaires d’Europe .La découverte de l’Amérique, en
favorisant les ports atlantiques et andalous entraîna son déclin.
La Familia Sagrada à Barcelone, œuvre de Antonio Gaudi (1883-1926)
L’un des édifices les plus connus de la ville est la Sagrada Familia en construction depuis
1882.Les travaux en furent d’abord confiés à Francisco de Vilar puis , à partit du 3 novembre
1883 à Antonio Gaudi qui dirigea le chantier jusqu’à sa mort survenu en 1926. L’édifice se
caractérise par des formes inspirées de la nature où la courbe prédomine
Barcelone est une métropole majeure (plus de 2 millions d’habitants) qui abrite un
patrimoine culturel important ainsi qu’un système de transports publics moderne et efficace.
L’image de la métropole catalane a été largement amplifiée par les J.O de 1992 qui y ont
attiré plus de 600 000 visiteurs dont 380 000 venus de pays étrangers. Le coût de
préparation des Jeux s’est élevé pour la ville à près de 6 milliards de dollars. Cette
manifestation a profondément parqué le paysage urbain: Palais des sports d’Arana Isozaki
(17000 places), le Palais San Jordi, la Tour olympique de Frank Gehry’s, la tour de
communications de Norman Foster sur les collines de Collserola … Les autorités ont aussi
manifesté très tôt le désir de transformer Barcelone en une ville de congrès. La métropole
occupe aujourd’hui, dans ce domaine , le 18e rang mondial .
Casa Batlo ( Barcelone)
La Casa Batlló (« Maison Batlló » en catalan) est l'une des réalisations de l'architecte
Antoni Gaudí à Barcelone. Sa réalisation (plus précisément transformation d'un immeuble
existant) s'est étalée de 1904 à 1906. Elle est située au 43, Passeig de Gràcia (« avenue de
Gràcia » en catalan), au cœur du quartier de l'Eixample.
A 42 kilomètres de Barcelone se trouve le monastère de Montserrat .Refuge d’anachorètes au
VIIIe siècle , il devint une abbaye bénédictine aux environs de 1030 ainsi qu’un centre
théologique très actif et un lieu de pèlerinage et de dévotion marial.
De Barcelone à Tarragone s’étend la Costa Dorada. Le littoral, parfois rocheux, est
essentiellement sablonneux. Il comprend de nombreux anciens villages de pêcheurs devenus
des stations balnéaires. Tarragone est, avec Mérida, la ville la plus intéressante de la
péninsule pour son patrimoine archéologique. La ville fut fondée par les Ibères et conquise
par les romains en 218 avant notre ère .Elle devint alors la capitale de la Tarraconaise
(Espagne Citérieure).Elle possède une majestueuse cathédrale fondée en 1450 sur
l’emplacement d’une mosquée.Mais la ville est surtout réputée pour son musée archéologique
(inauguré en 1960) ainsi que par ses nombreux vestiges d’époque romaine: le prétoire
(«Palais d’Auguste»), le cirque (350 mètres sur 110 ), le forum partiellement dégagé, … ). Le
littoral de la catalogne méridional est un milieu différent de la côte septentrionale.La
barrière montagneuse disparaît et cède la place à une plaine largement ouverte sur la mer. Le
Tourisme s’y est implanté plus tardivement et les constructions se sont développées sur les
cordons sableux et des marais remblayés.D’anciens villages médiévaux situés à quelque
distance du littoral avaient projeté un petit port de pêche sur la côte, aujourd’hui souvent
transformé en marina et qui fut le point de départ de proliférations touristiques largement
étalées de part et d’autre sur la bande côtière, puis en profondeur.Le tissu touristique y est de
ce fait souvent plus lâche: Cambrils, Ametlla, l’Hospitalet, Salou, …
L’ANDALOUSIE
En 2001 L’Andalousie a reçu 7,1 millions de visiteurs (soit 61,1 millions de nuitées) soit 14,4%
du total national et une croissance de 4,9% par rapport à 2000 (plus de 330 000 touristes).Le
séjour moyen des touristes en Andalousie est de 9 jours et s’effectue dans une proportion de
66 % en hôtel. En 2007 l’Andalousie occupait la quatrième place avec 8,6 millions de
touristes (14, 6% du total et une croissance de 3,3%). En 2009, malgré une évolution positive
en novembre-décembre, l’Andalousie a enregistré un recul total de -7,8%.
La Costa del Sol
Cette région fut fréquentée par des voyageurs dès la fin du XVIIIe siècle ( Gibraltar, Malaga).
Au XIXe siècle Malaga était aussi une station de santé pour une clientèle venue
essentiellement d’Europe du nord tandis que les villages littoraux de l’ouest (Torremolinos )
devenaient des lieux de courts séjours . L’ouverture du chemin de fer Algésiras/Ronda
entraîna le décollage de l’activité touristique. De luxueux hôtels ouvrirent leurs portes à
Algésiras dès 1873. En 1928 une publication évoquait la «Costa Bella» ou «Riviera
espagnole » entre Malaga et Algésiras, et en particulier Marbella. Une nouvelle phase de
croissance s’amorça dans les années 1940-1950 quand Torremolinos fut « découvert » par
des peintres, des écrivains et des artistes anglais et américains: Anthony Quinn, Ava Gardner,
Rita Hayworth, Ernest Hemingway , etc…Mais Torremolinos et Marbella restaient encore de
petites stations dont les économies n’étaient pas encore totalement dominées par le tourisme.
Aujourd’hui la Costa del Sol, entre Malaga au nord et Estepona au sud , est devenu un foyer
touristique majeur qui a donné lieu à un phénomène d’ «urbanizacion» à partir de Malaga,
Torremolinos, Estepona avec une prédominance des résidences non hôtelières . C’est une
région touristique à structure linéaire (comme sur la Côte d’Azur) et la «marbellisation» y est
devenu un phénomène quasi-généralisé. La typologie d’espaces y est cependant moins
diversifié que sur la Côte d’Azur: les marinas y sont rares, l’arrière-pays est quasi-désert et
jour le rôle de réservoir de main d’œuvre .
Marbella a un passé touristique ancien. Un tourisme élitiste y fut lancé par le marquis de
Ivanrey Ricardo Soriano qui, passionné de pêche, délaissa Biarritz pour Marbella .Son neveu
le prince Alfonso Hohenlo ouvrit le «Marbella Club » en 1954. Ce tourisme élitiste a survécu
au Tourisme de masse et la station reçut de nombreux hôtes illustres comme le duc et la
duchesse de Windsor ou les filles de Franco. A partir des années 1980 les investissements
étrangers dans la propriété ont connu une croissance raide (50% des investissements
étrangers de la province de Malaga en 1986 et pas moins de 43% des investissements
étrangers dans la propriété immobilière de l’ Espagne à la même date) .L’ère du tourisme de
masse débuta avec la construction des grands hôtels ( hôtel «Los nidos » de Torremolinos
(1955), hôtel « ez-Espada »(1959), … ).En 1959 on dénombrait 51000 touristes étrangers
dans les hôtels de la province de Malaga , ils étaient 924732 en 1968 et 2,5 millions en 1975.
L’aristocratie européenne a été remplacée par la nouvelle aristocratie du « show-biz » ,
sportifs et riches arabes du Golfe .L’image de la Costa del Sol fut terni dans les années 1980
par de nombreuses affaires criminelles qui valurent à la région le surnom de « Costa del
Crime » ; Une campagne de réhabilitation lancée dès 1991 parle maire de Marbella Jesus Gil (
ex-président de l’ «Athletico de Madrid» ). Mais fléchissement récession marquèrent les
années 1980-1990 (10 millions de nuitées en 1989, 8,1 millions en 1990 , 804 en 1991) . Un
phénomène qui s’explique surtout par la compétition amorcée dès cette époque avec d’autres
destinations plus attractives ou moins couteuses .
La Costa de la Luz
La Costa de la Luz correspond à la côte atlantique de l’Andalousie .Le développement
touristique a été pendant longtemps limité à la seule plage de Cadiz et à quelques petites
stations pour les habitants des villes intérieures (Séville surtout ).Peu de routes longent
immédiatement la mer ce qui est la garantie d’une fréquentation touristique maîtrisée .Le
séjour y est agréable l’été .L’ Atlantique limite les chaleurs , l’eau avoisine 22°C, seule la
violence des vents d’est (région de Cadiz ) constitue un handicap. Le littoral compte deux
stations importantes: Punta Umbria et Matalascana (cette dernière est ce qui reste d’un
projet d’aménagement du littoral envisagée dans les années 1970 à l’ouest de Huelva et qui ne
vit jamais le jour ).
Les parcs naturels de l’Andalousie
L’intérieur de l’Andalousie compte de nombreuses réserves et parcs naturels .17% du
territoire de l’Andalousie (soit une superficie de près de 17 000 km2 ) a fait l’objet d’une
politique volontariste de protection de la nature. L’Andalousie compte un parc national , 29
parcs naturels régionaux et de nombreuses réserves .
Le parc national de Donana occupe la plaine alluvial (ou «marisma») du bas-Guadalquivir
qui s’étend sur plus de 2 000 km2.Son altitude n’est jamais supérieure à 4 mètres .Le
territoire du parc comporte de nombreux bras morts du Guadalquivir («brazos») , des
affluents du fleuve (« canos») aboutissant fréquemment dans des étangs. A partir du XVIIIe
siècle l’agriculture se développa dans les zones peuplées des «marismas » entraînant une
réduction de la superficie de cet écosystème original (en 100 ans la superficie des
«marismas » passa de 300 000 ha à 30 000 ha ).Le parc est un ancien territoire de chasses
royales en usage dès 1262 (Alphonse X) et utilisé par Philippe IV, Philippe V, Alphonse
XIII.Il devint ensuite la propriété du baron William Garvey (1897). En 1962 le «World
Wildlife Fund » (W.W.F ) acheta 679 hectares et une station biologique y fut créée en 1964.
Dès 1996 la zone accueillait plus de 80 000 oiseaux appartenant à plus de 50 espèces. 80%
des oiseaux migrateurs européens hivernent à Donana. Un parc national institué en 1964
sur une superficie de 39 000 ha englobant le site acquis par W.W.F .Ce dernier ne fut doté
d’un statut définitif qu’en 1981 tandis que sa superficie était portée annulaire («pré-parc »)
d’une superficie de 54 250hectares qui fait office de « zone- tampon».Le territoire du parc
régional est articulé autour de «villes-portes » ( El Rocio, Matalascanas, …), de centres
d’accueil ( las Rocinas, El Acebuche, … ) offrant des points d’information, des bibliothèques
et des librairies ainsi que des circuits de randonnée pédestre (parcours restreint permettant
d’observer les écosystèmes typiques).Les touristes sont toujours à distance de la limite de
dérangement des animaux . En 1994 le parc national de Donana a été inscrit sur la liste du
patrimoine Mondial établie par l’UNESCO .Le parc naturel régional de Entorno Donana (54
250 hectares) bénéficie de règles de fonctionnement moins strictes.Il englobe plusieurs
écosystèmes : la zone des marais ( «marismas» ) qui couvre 27 000 ha, mais aussi des zones
dunaires ( avec une végétation de conifères se développant dans les creux (« corales »)), les
«cotos », zones de dunes naturellement fixées par des pins ou des maquis. Un centre
d’accueil a été établi à Alcebuche.
L’Andalousie compte d’autres parcs naturels : le parc de la Sierra Nevada ( 46 kilomètres de
Grenade) qui couvre 136880 ha situés essentiellement en zone de haute montagne, le parc
naturel régional de la sierra de Grazulema ( 51 600 ha ) dans la partie occidentale du massif
de la Serrania de Ronda, classé réserve de la biosphère par l’UNESCO, le parc naturel
régional de las Sierras de Gazorla , Segura y las Villas qui est le plus vaste des parcs naturels
régionaux espagnols avec une superficie de 214 000ha et qui est situé à l’extrémité nord-est
de l’Andalousie .
Les villes de l’Andalousie
Cordoue (310 000habitants) fut fondé par les carthaginois et conquise par les romains en
152 avant J.C (Claudius Marcellus ).La ville devint la capitale de l’Espagne ultérieure. Elle fut
prise par les arabes en 711, mais elle ne devint une capitale qu’en 756 quand , chassé de Syrie ,
l’émir Abd El Rahman vint s’y installer et se fit proclamer émir d’Andalousie .Cette date
ouvre pour Cordoue une ère de grandeur qui atteint son apogée sous les règnes de Abd El
Rahman III (912-961) , Al Hakam II (961-976) et Hisham II et son vizir Al Mansour ( 9761009 ) .La cité comptait alors près de 300 mosquées, 600 écoles et 70 bibliothèques. L’émir
Abd El Rahman III fit commencer la grande mosquée Le déclin de Cordoue s’amorça avec
l’abolition du califat et le déferlement des berbères Almoravides et almohades.La ville fut
reconquise en 1236 par les chrétiens sous le règne du roi de castille Ferdinand le Saint.Elle
connut une nouvelle phase d’essor avec les grandes découvertes.
La mosquée de Cordoue
Le monument le plus connu de Cordoue est la mosquée- cathédrale construite sur un site
occupé successivement par un ancien temple romain dédié à Janus , une basilique wisigothe
.Sa construction remonte à 785-788 sous le règne de Abd El Rahman Ier et Hisham Ier .Elle
fut ensuite agrandie par Abd El Rahman II , Abd El Rahman III et Al Hakkam II. Elle fut
consacrée au culte chrétien sous le règne de Alphonse X le sage («capilla mayor »).A la fin du
XVe siècle une cathédrale y fut construite (1523 ).La salle de prières est immense et ne
compte pas moins de 19 vaisseaux, 36 travées et 850 colonnes.
Le flamenco (cante flamenco) est un genre musical et une danse créé par le peuple gitan et
andalou , sur la base d'un folklore populaire issu des diverses cultures qui s'épanouirent au
long des siècles en Espagne.À l'origine, le flamenco consistait en un simple chant (cante) a
cappella dont le premier genre fut la toná, établie dans le triangle formé par Triana, Jerez et
Cadix. Puis, sont apparus les claquements des mains (palmas), la danse (el baile) et la guitare
flamenca (toque). La danse et la guitare s'expriment désormais souvent seules, bien que le
chant soit toujours considéré comme le cœur de la tradition. Plus récemment, des
instruments comme le cajón (un instrument de percussion provenant du Pérou), les palillos
(castagnettes), et la guitare basse, ont été introduits dans le milieu.
Grenade
La cité fut fondé en 1010 par Zawi Ben Ziri , chef berbère ,émigré en Espagne et qui reçu la
« vega » du haut-Genil. Il choisit un lieu de résidence à Gharnata ( Grenade ).Un émirat
indépendant y subsista après la prise de Cordoue en 1236. La dynastie nasride y résida
jusqu’en 1492. L’émirat couvrait alors un territoire de 30 000 km2 et englobait une
population de près de 350000 habitants , dont 200 000 à Grenade.
L’Alhambra est le monument le plus connu de la cité. Le terme « Alhambra » apparaît à la fin
du Xe siècle et il désigne une forteresse où les partisans de l’émir Abdallah se réfugièrent
pour échapper aux paysans révoltés de la «vega» de Grenade. La forteresse fut détruite et
reconstruite en 1052-1056 par le vizir Samuel Ben Nigrello sous le règne de l’émir ziride
Bahis ( 1038-1073 ).L’Alhambra comprend aujourd’hui plusieurs édifices: - l’Alcazaba –
partie la plus ancienne) qui correspond à la forteresse du XIIIe siècle, - le palais de Charles
Quint inachevé et construit vers 1526 par Pedro Machoca, - Les palais nasrides (XIIIe–XVIe
siècles) construits sous les règnes de Muhammad II (1273-1302) et Yusuf Ier (1333-1354), - le
« géneralife »(«Djennan al Ahrif » ) ( jardin de l’architecte )) résidence de campagne des
émirs de Grenade et construit sous le règne de Ismail Ier (1319-1325 ).
L’Alhambra de Grenade
Les deux joyaux de l'Alhambra de Grenade sont : La Cour des Myrtes (Patio de los
Arrayanes), au pied de la Tour de Comares et du Salon des Ambassadeurs et La Cour des
Lions (Patio de los Leones) ( ci-dessus)
La Giralda
Séville ( 700 000 habitants, situé à 550 kilomètres de Madrid) .L’ancienne Hispalis romaine
devint en 332 la capitale de la province de Bétique, puis au Ve –VIe siècles capitale wisigothe
, avant d’être prise par les arabes en 712.La ville devint, à partir de cette époque, un foyer
artistique intense surtout sous la domination des almohades à partir de 1147.Elle fut
reconquise 1243 par les chrétiens en 1243 par les chrétiens sous e règne du roi de castille
Fernando III. La cité devint la tête de pont des Amériques et reçut le monopole du commerce
avec les Indes ( qu’elle partagea avec Cadiz) .Ce monopole était exercé par la « Casa de
Contratacion ». Par le fleuve Séville ( situé à 90 kilomètres de la mer) est orienté vers le
commerce atlantique. Depuis 1982 Séville est la capitale de la communauté autonome
d’Andalousie. Elle fut en 1992 le siège de l’exposition Universelle.
Le monument emblématique de la ville est la Giralda, minaret de la grande mosquée
aujourd’hui disparue. Le minaret fut édifié à la fin du XIIe siècle par l’émir almohade Abou
Youssef Yacoub Al Mansour. Sa hauteur est de 97 mètres .Au sommet se trouve une statue
figurant le triomphe de la Foi de Bartolomé Maurel ( 1564 ) .
La cathédrale et les Archives des Indes
La cathédrale occupe l’emplacement de l’ancienne mosquée transformée en cathédrale au
XIIe siècle et détruite ensuite par un séisme .La cathédrale actuelle date de 1420.Son style est
gothique et Renaissance. Au XVIe siècle elle était une des plus grandes cathédrales du Monde
avec 130 mètres de longueur et plus de 40 mètres de hauteur.
A côté se trouve le « patio de los naranjos » appartenant à l’ancienne mosquée et la
Bibliothèque colombine fondée en 1551 sur le legs de Fernand Colomb, fils de Christophe
Colomb. La construction de l’Alcazar débuta en 844 sous le règne d’Abd El Rahman II. Après
le démembrement du califat des bâtiments succédèrent aux édifices musulmans.La partie la
plus spectaculaire est le palais du roi Pierre Le Cruel (XVe siècle) d’architecture « mudejar »
.Le terme désigne des musulmans devenus sujets des chrétiens après la reconquête. C’est le
contraire de l’art mozarabe dont les auteurs sont des chrétiens vivant dans l’Espagne
musulmane. La spécialité de l’architecture « mudejar » consiste en l’aménagement de
plafonds en marqueterie de bois précieux ou de plâtre ciselé.
Séville abrite aussi le Musée des Beaux Arts ( fondé en 1839 ), rénové en 1992 qui est le
deuxième musée d’Espagne par la richesse de ses collections après le Prado .La notoriété de
la ville a été considérablement renforcé par la tenue de l’exposition universelle de 1992 qui a
attiré près de 17 millions de visiteurs .Par contre la candidature de Séville aux J.O de 2004 a
été rejetée .
LE LEVANT
Cette région couvre 2300 km2 et regroupe plus de 4 millions d’habitants essentiellement
concentrés dans la « Communidad valenciana » .En 001 le Levant a accueilli 4,6 millions de
visiteurs (9% du total des flux entrant), soit 52,3 millions de nuitées; La durée moyenne de
séjour dans cette région est de 12 jours. Les principales clientèles ont originaires du
Royaume-Uni, d’Allemagne et de France.
La Cité des arts et des sciences (Ciutat de les Arts i les Ciències en valencien, Ciudad de
las Artes y las Ciencias en castillan) est un complexe culturel basé à Valence (Espagne).Le
complexe, dessiné par l'architecte et ingénieur Santiago Calatrava, ainsi que Félix Candela,
fut inauguré le 16 avril 1998 avec l'ouverture de L'Hemisfèric.
Valence (351 kilomètres de Madrid) est une ancienne cité grecque, carthaginoise puis
romaine. De 413 à 714 la ville fut occupée par les wisigothes avant de passer aux mains des
arabes et de devenir la capitale d’un des émirats des taifas. Elle connut son apogée sous le
règne de Abd el Aziz (1021-1061 ) .Le Cid s’en empara en 1094.La ville redevient par la suite
un émirat indépendant jusqu’à sa conquête par Jacques Ier d’Aragon. Valence fut le siège du
gouvernement républicain en 1936-1937.La ville abrite deux édifices importants: la
cathédrale construite en 1095 et rebâtie postérieurement dans le style gothique. Elle fut
terminée au XIVe siècle;- le Palais de la Generalitat, vaste édifice gothique (1481-1510 ) qui
devient en 1983 le siège de la communauté autonome Valencienne.
Valence comporte des espaces naturels comme le Parc Naturel de la Albufera et la Dehesa del
Saler (pâturage des salines), ainsi que de nombreux parcs, parmi lesquels le Jardín Botánico
(qui a plus de 200 ans d'ancienneté), les Jardins de Viveros (que incluent les Jardins de
Montroy) ou les Jardins du Turia, ancien lit du fleuve Turia que l'on appelle "El Río", qui fut
dévié du centre-ville dans les années 60 après la dernière crue de 1957, et dans lequel on
trouve aujourd'hui de nombreuses infrastructures, comme la Cité des arts et des sciences
réalisée par Santiago Calatrava (Ciutat de les Arts i les Ciències en valencien), l'IVAM
(Institut de Valence d'art moderne), des installations sportives ou zones de jeux comme le
parc Gulliver
Les Falles (nom original, en valencien; Fallas en castillan), du latin fáculas (torches) est une
fête populaire dont l'apogée se situe entre le 16 et le 19 mars, jour de la saint Joseph, patron
des charpentiers. Les festivités se déroulent dans les rues et places de Valence (Espagne) et
dans plus de soixante autres villes de la province de Valence. À chaque coin de rue est
implantée une Falla. Elles sont érigées par les 380 "Casal falleros" de chaque quartier.
Chaque Casal expose une Falla Mayor (pour les adultes) et une Falla Infantil (pour les
enfants), soit en tout plus de 700 Fallas dispersées dans Valencia. Elles sont fabriquées dans
de grands ateliers appelés ateliers "Falleros" et doivent être montées le 15 mars (jour appelé
"la Plantà"). Un jury passe voir toutes les Fallas de Valence le lendemain et choisit les
meilleures. Elles seront toutes brulées le 19 mars là où elles étaient plantées. Seuls se
sauveront les "ninots indultats": figurines que chaque Fallera Major décide de conserver de sa
Falla, comme souvenir.Les Casals sont des associations de quartiers rassemblant des
bénévoles qui tout au long de l'année organisent et récoltent les fonds pour cette fête. Les
Casals ont chacun leur Fallera Mayor (Reine de la falla). L'une d'elle sera élue, à l'année
suivante, Fallera Mayor pour toute la ville de Valencia.
La Costa Blanca
La Costa Blanca est le nom donné à plus de 200 km de côte dans la province d'Alicante, en
Espagne. L'industrie touristique y est fortement développée. La côte s'étend de la commune
de Denia au nord, à l'arrière de laquelle se trouve la Costa de Valencia, jusqu'à Torrevieja au
sud, avec la Costa Cálida. La principale station de ce littoral est Bénidorm (300 hab.)
.D’autres stations se sont développées sur le littoral: Campoamor, San Antonio Cabo de la
Nao, Denia, … Ce sont pour la plupart des «urbanizaciones » comptant une population
importante de retraités allemands et anglais .Alicante est la principale ville de la Costa Blanca
.Située au centre d’une grande baie entre les caps d’ Huerta et de Santaz Pola, elle bénéficie
d’un climat privilégié (hivers doux et étés chauds ) et reçoit une clientèle composée pour
l’essentiel d’allemands, de scandinaves et de hollandais. Les constructions y sont
nombreuses, la région a connu un taux d'urbanisation important avec plus de 20 000
bâtiments. En 2005, elle compte 13 parcours de golf et 52 autres projets de ce type sont
prévus. Plus de 70 000 constructions sont encore planifiées mais le boom immobilier a rendu
les terrains et les bâtiments plutôt onéreux. Les acheteurs prêts à investir dans une villa se
font ainsi plus rares. La Costa Blanca est la section de côte la plus urbanisée d'Espagne avec
près de 96 % de son linéaire bétonné.
La Costa del Azahar
La Costa del Azahar est le nom touristique donné à la côte espagnole sur la Méditerranée,
située dans la Province de Castellón; elle est constituée par quelques 120 km de plages et
criques. Le nom vient de Azahar : la fleur d'oranger. Ce littoral abrite des stations de taille
moyenne: Peniscola, Benicassim, …
LE NORD-OUEST ATLANTIQUE
Cette région est moins favorisée par les conditions climatiques, mais le tourisme y est ancien.
Il est attesté dès la fin du XIXe siècle par la construction de grands hôtels: le « Sardinero » à
Santander et la «Concha» à San Sebastian . Grâce à sa proximité avec la frontière française
San Sebastian est devenue précocement une grande station internationale. C'est une
importante station balnéaire au bord de la mer Cantabrique (nom d'une partie de l'océan
Atlantique), surnommée « la perle du Cantabrique » en raison de sa beauté, en particulier
celle de sa baie, la fameuse Concha. C'est une des plages urbaines des plus célèbres
d'Espagne. Elle a une longueur de 1 350 m et une largeur moyenne de 40 m. De même que les
autres deux plages, son sable est fin. Plus récemment, dans les années 1950-1970, de petits
ports de la côte basque et cantabriques ont acquis le statut de stations balnéaires (Laredo
ou en Galice la presque île de la Toja ) .
Vue aérienne de Saint-Sébastien. On observe la ligne de cote de près de 10 km, et la baie de la
Concha et la plage de Zurriola
La Galicie possède un littoral déchiqueté (rias) bénéficiant d’un climat doux et humide - la
température moyenne hivernale avoisine 8°C. En été les moyennes s’établissent aux environs
de 28°C .La région a été profondément marquée par les grands pèlerinages du XIIe–XIIIe
siècles.
Le pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle sur le tombeau supposé de saint Jacques est,
avec Jérusalem et Rome, un des plus importants pèlerinages de la Chrétienté au Moyen Âge.
Pratiquement disparu au XIXe siècle, il connaît un regain de ferveur depuis la dernière
décennie du XXe siècle.
Saint-Jacques-de-Compostelle (Santiago de Compostela en galicien et castillan) est une ville
d'Espagne située dans la province de La Corogne. C'est la capitale de la communauté
autonome de Galice, et à ce titre siège de la Xunta de Galicia (gouvernement régional
autonome) et du Parlement de la communauté.
Près de 100 000 pèlerins ont demandé à recevoir la compostela pour l'année 1999 et près de
200 000 en 2004. Ils se rendent à Saint-Jacques-de-Compostelle à pied ou à vélo, parfois à
cheval.
Par ailleurs, s'il est parcouru depuis le IXe siècle par des chrétiens faisant étape dans des
monastères, le pèlerinage de Saint-Jacques est également devenu une randonnée célèbre, où
les marcheurs croisent les amateurs d'art roman.
Un chemin de Compostelle est bien identifié en Espagne, le Camino francés qui a été la voie
de communication du Nord de l'Espagne très fréquentée après la Reconquista pour favoriser
le repeuplement des royaumes du Nord. Cette voie conduisait à Compostelle mais tous ceux
qui l'ont empruntée ne sont sans doute pas allés jusqu'en Galice. Des chemins de SaintJacques ont été tracés par la Fédération française de randonnée pédestre à partir du début
des années 1970. Le premier exemplaire ronéoté du topo-guide du GR 65 pour le tronçon Le
Puy - Aubrac date de 1972. Ce chemin de Saint-Jacques est devenu le GR 65 sentiers de
grande randonnée.
En 1998, la France a demandé à l'UNESCO l'inscription sur la liste du Patrimoine mondial de
71 monuments jugés représentatifs des chemins de Compostelle. Ces monuments et 7
tronçons de GR ont été retenus par l'UNESCO et inscrits comme "Un Bien unique" dénommé
« Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle en France ».
Le pèlerinage est né de la découverte miraculeuse d'un tombeau faite en Galice vers l'an 800.
Ce tombeau a été retrouvé par l'ermite Pelagius qui avait eu une révélation dans son sommeil.
Il aurait été guidé par une étoile dans le ciel, d'où une des étymologies avancées pour
Compostelle : Campus Stellae ou champ de l'étoile. Suite à cette révélation mystérieuse et
après concertation, l'Église locale déclara qu'il s'agissait du tombeau de l'apôtre Jacques,
frère de Jean l'Évangéliste et premier apôtre martyr de la chrétienté. Les premiers écrits
mentionnant la prédication de Jacques en Espagne remontent au VIIe siècle. Ils ont été repris
au XIIe siècle et incorporés au Codex Calixtinus.
Après la victoire de Clavijo, saint Jacques de Compostelle devint le protecteur des chrétiens et
de la Reconquista .En 1175 l’ordre militaire de Santiago fut officiellement reconnu par le pape
Alexandre III. Il faudra toutefois attendre l'année 1884 pour que le pape Léon XIII confirme
de son autorité, dans la lettre apostolique Deus Omnipotens, la reconnaissance des reliques
de saint Jacques faite par l'archevêque de Compostelle. La cathédrale de Compostelle est une
des plus anciennes d’Espagne. Commencée en 1074, elle fut achevée en 1211. De cette époque
subsiste le « portique de Gloire» sculpté en 1188 par maître Matthieu.
Cantabres et Asturies bordent le golfe de Gasgogne (Mar Cantabrico). Les monts
cantabriques séparent le littoral des vallées de la Meseta .C’est une des plus régions
d’Espagne.La Cantabria compte 72 plages et les Asturies bénéficient de plus de 290
kilomètres de côtes.
Altamira se trouve à 35 kilomètres de Santander. Découverte en 1869, la grotte ne fut
explorée qu’en 1875 par Sanz de Santuola et les gravures ne furent révélées qu’en 1879. La
réalisation de ces dernières remonte à une période comprise entre 14000 et 9500 avant notre
ère.
Le pays basque espagnol (Euzkadi) regroupent trois provinces qui forment la communauté
basque autonome: Guipuzcoa, Biscayet et Alava. L’euskara, encore largement pratiqué, est la
seule langue non indo-européenne encore attestée en Europe.
Le musée Guggenheim de Bilbao constitue un des poles touristiques majeurs du pays basque
espagnol. C’est un musée d'art moderne et contemporain situé à Bilbao qui a ouvert au public
en 1997. C'est l'un des quatre musées de la fondation Solomon R. Guggenheim. La
construction du musée a été décidée par le gouvernement nationaliste basque pour
redynamiser la région et la ville, alors plongées dans un marasme économique dû à la
reconversion de l'industrie lourde. Le coût du musée, financé entièrement par la province de
Biscaye, a été de 150 millions d'euros, les collections et leur gestion étant de la responsabilité
de la fondation Guggenheim. L'ouverture du musée s'est faite le 17 octobre 1997. Le
précédent maire et membre du parti libéral-catholique espagnol Juan Alphonso Caussar a
suscité de nombreuses critiques lors de l'ouverture du musée en le décrivant comme
« ressemblant encore plus à une boite de mouchoirs que l'opéra de Sydney ». Cette phrase a
lancé une vive polémique sur les inspirations de l'architecture post-moderne, souvent
stigmatisée pour son utilisation de références à des objets du quotidien jugés vulgaires par
ses opposants. Cependant le succès public a été immédiat. Le musée par lui-même crée un
très important afflux de touristes parfois plus intéressés par le bâtiment que par les
collections. Douze ans après son ouverture, il est admis que le musée, qui accueille un million
de visiteurs par an, contribue à la hauteur de 1,57 milliards d'euros à l'économie du Pays
basque espagnol et a généré 45 000 emplois directs ou indirects sur la période. Parmi les
œuvres importantes du Guggenheim Bilbao, on peut citer les sculptures gigantesques de
Richard Serra, les installations de Jenny Holzer, une Araignée de Louise Bourgeois, ou bien
encore le chien géant habillé de fleurs de Jeff Koons situé à l'entrée, que les Basques
nomment affectivement « Puppy ». Les peintures et les sculptures traditionnelles sont en
minorité par rapport aux arts plus académiques.
Philippe KEROURIO, Aix-en-Provence, le 2 juillet 2015
ANNEXES
Le tourisme international en Espagne, 2004-2007 (Source : OMT, 2010)
Les parcs naturels en Andalousie
L’aménagement touristique du littoral catalan
L’Espagne musulmane au Moyen-âge
DOSSIER DE PRESSE
L'Express du 03/07/2003
La movida du tourisme
par Cécile Thibaud
Après avoir tout misé sur les vacances populaires, l'Espagne réalise que le modèle sol y playa
l'a défigurée et rendue dépendante des tour-opérateurs. Mais comment passer à autre chose
quand on ne sait bâtir que des HLM sur mer?
Ils avancent en bande, fraîchement douchés. Affichant encore les coups de soleil du jour dans
un flux d'aftershave et de crème solaire. Il est 20 heures sur le front de mer d'El Arenal, la
grande plage de Palma de Majorque. L'heure de la bière du soir pour les touristes venus à
prix imbattables en séjour tout compris. Ils sont allemands pour la plupart. Ainsi en ont
décidé tour-opérateurs et chaînes hôtelières à l'heure de la répartition des arrivages de
charters quotidiens. Mieux vaut ne pas mélanger trop les nationalités: El Arenal, c'est
Düsseldorf-les-bains et Francfort-sur-méditerranée réunis.
Au pied des complexes hôteliers collés les uns contre les autres, il n'y a que l'embarras du
choix. Les Biergarten succèdent aux friteries et aux discothèques en plein air. Les rabatteurs
sont à l'œuvre. Ils se jettent sur l'indécis. Ici le Megapark, ses go go girls, ses cascades. Là,
Dino et son minigolf. Ailleurs le Coco's, où la bière se boit à la paille, à même le seau. Les
sonos crachent un détonant mélange de Daddy cool, Asereje et de folklore bavarois. Les
premiers attablés frappent des pieds, tapent des mains et dodelinent en cadence. La nuit
commence.
Un choc au paradis
A quelques mètres de là, Andreu sourit dans son taxi: tout ne va pas si mal. «On les aime
bien, nous, les Allemands. Ils boivent toute la journée, mais ils ne cassent rien. Pas comme
les Anglais, qui veulent se battre tout le temps... Des hooligans, dit-il en marquant le «h»
aspiré. Les allemands, eux, paient rubis sur l'ongle et en plus ils passent leur temps à
s'excuser.» On les aime d'autant plus, les Allemands, à Majorque, qu'on a bien peur qu'ils ne
disparaissent.
Un vrai drame pour les îles Baléares en général et pour Majorque en particulier, qui vit au
jour le jour la récession allemande et se shoote aux prévisions des tour-opérateurs: - 25% en
avril, - 16% en mai... Les réservations de dernière minute sauveront-elles la saison?
Pas le moment de faire la fine bouche en taxant le visiteur
Après l'euphorie des années 1990, 2002 a été une année noire pour le tourisme espagnol: les
Baléares, qui étaient la locomotive du secteur, ont particulièrement accusé le coup: - 7% de
visiteurs l'an dernier, soit «seulement» 9,5 millions, quand ils étaient 11,3 en 2000.
Un choc au paradis. «Ici nous vivons tous du tourisme. Sans exception. L'hôtelier comme le
boulanger, le garagiste ou le menuisier, rumine Andreu. Avant, on était pauvres.»
Coupables: l'après-11 septembre, avec la peur de l'avion qui a particulièrement pénalisé les
îles, les revers de l'économie allemande et, surtout, désignée d'office, l'écotaxe, nouvel impôt
payé par les visiteurs, de 1 € par nuitée en hôtel, location ou camping, destiné à la protection
de l'environnement des îles, menacé par la surcharge touristique. Mal tombé et impopulaire,
cet impôt, lancé en mai 2002, a servi de bouc émissaire: il vient de faire chuter le
gouvernement régional, conduit par les socialistes, qui l'avaient instauré. Pas le moment de
faire la fine bouche en taxant le visiteur.
Il n'empêche, c'est toute l'Espagne qui s'interroge: la machine est-elle enrayée? Le tourisme
est la première industrie du pays, et il emploie directement 1,5 million de personnes. Quelque
52 millions de visiteurs étrangers se rendent sur la péninsule chaque année, générant 12% du
PIB d'un pays qui compte 41 millions d'habitants. Que va-t-il se passer cette année? Après un
hiver morose, les hôteliers semblent relever la tête: les attentats de Bali, Djerba et de
Casablanca, la crainte de la pneumonie asiatique indiquent l'Espagne comme destination
refuge.
Chaos urbain à même la plage
En 2002, le nombre de visiteurs s'est maintenu, mais la facturation a chuté de 5,5% par
rapport à l'année précédente: l'été avait été sauvé par... les Français, plus nombreux que
d'habitude, même s'ils sont venus en voiture et s'ils ont dépensé moins que les Allemands.
Cette année, le début de saison a été correct grâce au tourisme national, en belle croissance...
Bref, on a limité les dégâts. Oui mais... et ensuite?
Au-delà des raisons conjoncturelles, c'est tout l'avenir du secteur qui semble remis en
question: après quarante ans de bonheur sans nuage et de croissance constante, le modèle sol
y playa, soleil et plage, sur lequel s'appuie le tourisme espagnol, est-il à bout de souffle?
L'arrivée sur le marché des voyagistes de destinations moins chères en Méditerranée a semé
la panique. Comment concurrencer la Bulgarie ou la Croatie, qui cassent les prix? Et combien
de temps les Canaries pourront-elles lutter pour le soleil en hiver face aux tarifs de SaintDomingue?
«La question est de savoir si nous devons réellement essayer de les concurrencer», avance
José Luis Zoreda, vice-président d'Exceltur, association pour l'excellence touristique, un
lobby constitué par quelque 25 grands du secteur, «pour se faire entendre, dans un domaine
traditionnellement peu influent et très individualiste», explique-t-il en pointant les
problèmes: «Nous faisons 70% de nos ventes en sol y playa, un terme peu différencié qui
nous fait du tort. Nous devons au contraire renforcer les particularités de la «marque
Espagne» et arrêter de nous positionner comme un bout de plage lambda pour poser sa
serviette... parce qu'à ce jeu-là on peut perdre.»
A l'attrait des hôtels clubs aux bungalows tapis au milieu des cocotiers des Caraïbes ou bien
nichés en pleine nature dans les îles croates répondent l'entassement et le vieillissement des
infrastructures sur la côte espagnole, qui frôle la saturation. Au hasard, Torrevieja, près
d'Alicante. Un chaos urbain à même la plage, comme tant d'autres qui désespèrent les
écologistes. Un embouteillage permanent l'été, dans des rues étouffantes qui ne mènent nulle
part. Rien n'a été planifié ni contrôlé. De l'aveu général, chacun s'est débrouillé pour exploiter
au maximum le terrain disponible, sans limitation de hauteur ni contrainte urbanistique ou
stylistique d'aucun genre.
Les HLM sur mer du tourisme dit «vertical» ont poussé comme des herbes folles sur toute la
côte méditerranéenne, de Cadaquès à Malaga. Vestiges des années 1970, déphasés face aux
nouvelles aspirations du vacancier. «On ne demande plus ''où tu vas?'', mais ''qu'est-ce que tu
fais cet été?'', explique Bruno Hallé, associé chez Mazars Consulting à Barcelone, spécialisé
en économie touristique. Le profil du consommateur a changé. Il cherche des expériences et
des sensations, pas une routine. Il veut faire du cheval, de la voile, du vélo, de la randonnée
ou du thermalisme. Il sait naviguer sur Internet, chercher les offres, attendre la dernière
minute. Cette année, le début de saison n'a pas été la catastrophe annoncée. Officiellement,
les taux d'occupation ont été bons depuis Pâques, mais il y a une raison simple: plus de 20%
des hôtels ont préféré retarder leur ouverture plutôt que de tourner à vide.»
Face à ce constat, Ramon Estalella, secrétaire général de Zontur, représentant les hôteliers
des régions touristiques, affiche son optimisme et refuse de parler de crise: «Evidemment,
reconnaît-il, on est loin du temps où les Britanniques faisaient leurs réservations d'une année
sur l'autre.» Et il martèle: «Nous offrons soleil, plage et sécurité», avant d'afficher les chiffres
du bonheur: la rénovation de 75% de l'infrastructure hôtelière, les 6 000 kilomètres de route
nouvellement construits et les aéroports optimisés...
A l'idée d'un changement de cap du secteur, il répond avec prudence «travailler la «valeur
ajoutée'', d'accord», mais, aussi, il avertit: «Soyons réalistes, nous manœuvrons un paquebot.
Les changements ne se font pas en claquant des doigts: sur la seule île de Majorque, on
compte plus de lits que dans toute la Caraïbe. Nous ne pouvons pas nous permettre de tabler
uniquement sur un tourisme haut de gamme. Ne nous leurrons pas, notre parc hôtelier
compte 1,5 million de lits. Il est constitué à 60% d'établissements de trois étoiles et moins.
Ces hôtels, il faut les remplir. C'est le tourisme populaire qui a fait notre richesse! C'est à
celui-ci qu'il faut offrir un nouveau produit. En Europe, il y a 22 têtes couronnées et 7
millions de chauffeurs de taxi. Nous, nous voulons satisfaire tout le monde.»
Argument massue: «Se convertir en destination chère, c'est fermer des hôtels, licencier et
fragiliser l'économie espagnole.» Car, rappelle-t-il, n'en déplaise aux snobs, l'Espagne est une
destination populaire et il n'y a pas de mal à cela. «Il ne faut pas confondre qualité et luxe. La
qualité, c'est répondre aux attentes de celui qui paie. Connaître les besoins de celui qui fait le
chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle à pied comme ceux d'une famille avec enfants en
bas âge.»
10 janvier 2002. Zahara de los Atunes, un petit village de pêcheurs de thon à la madrague,
près de Tarifa, face à Tanger et aux côtes africaines. Jaume Matas, ministre espagnol de
l'environnement, actionne le détonateur: le grand hôtel Atlanterra, avec ses gros hublots
ronds, s'effondre comme un château de cartes. L'immense édifice jamais terminé, édifié à
même la dune sans aucun permis d'aucune sorte, était tout un symbole de l'urbanisme
sauvage des années 1970. L'opération, spectaculaire, marque la volonté du gouvernement de
préserver et de réaménager les côtes. «La croissance du secteur touristique a subi les critères
de l'époque. A nous d'essayer de réparer les erreurs du passé», explique German Porras,
secrétaire d'Etat au tourisme, qui multiplie les plans d'aide à la rénovation des hôtels et au
réaménagement des stations balnéaires, affirmant la volonté du gouvernement de travailler
en faveur d'un tourisme respectueux de l'environnement, où chacun puisse trouver son
rythme: celui qui aime la foule des discothèques de Benidorm comme celui qui savoure la
tranquillité des paradors.
Une exclusivité de fait
Les paradors, c'est la grande fierté espagnole: une chaîne de 90 hôtels de financement
étatique, installés le plus souvent dans des monuments du patrimoine national, qui
permettent par exemple de passer une nuit au cœur de l'Alhambra de Grenade, dans un
ancien monastère des Asturies ou dans un château médiéval en Navarre... La belle exception
qui confirme la règle de ces quarante années de dévotion massive, enthousiaste et
désordonnée au tourisme qui ont laissé leurs traces indélébiles sur la côte. Pas toutes aussi
effaçables que l'hôtel de Zahara.
Après avoir été un grand atout, l'énorme capacité hôtelière espagnole se transforme en
handicap. Car, pour s'assurer un bon taux d'occupation, les hôteliers se sont livrés pieds et
poings liés aux tour-opérateurs, qui, aujourd'hui, imposent leur politique de prix. «Ils ont
joué l'autruche, raconte Bruno Hallé. Ils se sont mis entre les mains des voyagistes pour
garantir un taux d'occupation maximal sans aucun effort. Progressivement, ceux-ci finissent
par obtenir une exclusivité de fait. Tout le monde est content jusqu'au jour où le touropérateur prévient: ou l'hôtelier accepte de baisser ses prix ou il tourne à vide l'année
suivante.»
La menace s'est encore précisée avec les opérations de fusion et de concentration verticale qui
ont traversé le secteur: tout le réseau de distribution est dans les mêmes mains, depuis les
agences de voyages et les catalogues jusqu'aux lignes aériennes et aux minibus de transfert à
l'arrivée. On imagine aisément le pouvoir des voyagistes quand on sait que 50% des
vacanciers passent par eux et que 90% d'entre eux ont fait affaire avec les quelques géants du
secteur, comme TUI ou Thomas Cook...
Les îles Canaries ou Baléares, qui dépendent du transfert aérien, sont particulièrement
vulnérables. Aussi, quand une responsable du voyagiste allemand TUI affirme en public que
«Majorque n'est plus la reine de la Méditerranée», c'est l'affolement: jusqu'ici, toute la
croissance de l'île a été dopée par ses relations privilégiées avec le marché allemand, qui
constitue d'habitude plus de 50% de ses visiteurs l'été. Et voici que le principal touropérateur germanique distille les critiques: les Baléares manquent d'espace, elles sont
passées de mode, trop chères... A quoi bon brader les «paquets» touristiques si, sur place, la
bière se vend à prix d'or? «Qui veut payer 10 € la location d'un transat sur la plage quand
l'hôtel revient à 20 € par jour en demi-pension? souligne un professionnel du secteur. Cela ne
peut pas continuer ainsi longtemps.» De fait, à Palma, les patrons de bars et de discothèques
de la zone d'El Arenal sont aux aguets en ce début d'été: les chiffres d'affaires jusqu'au 15 juin
ont chuté de 40% par rapport à l'an dernier, affirment-ils. Les Allemands sont là, oui, mais
les poches vides.
«L'euro fort et nos 4% d'inflation annuelle nous handicapent, souligne Luis Huete, professeur
de marketing à l'école de commerce Iese, à Barcelone. Nous ne pouvons pas jouer sur une
dévaluation pour améliorer notre compétitivité. Mais le plus dangereux, c'est que le voyagiste
ne vend pas les Baléares ou la Costa del Sol, il vend sa marque, un produit à lui.
Interchangeable si le prix ou les dates ne conviennent pas au client.» D'ailleurs, chez TUI
encore, on n'a pas hésité à faire savoir que d'autres nouveautés du catalogue pourraient avoir
la priorité.
Alors, que faire? «Miser sur les réservations directes par internet et les lignes aériennes à bas
prix, préconise Luis Huete. Même si personne ne veut ouvertement déclarer la guerre aux
tour-opérateurs par peur de représailles, c'est ce que tout le monde espère. Et puis, à terme, il
faudra lâcher le marché deux étoiles ou plutôt accepter le fait qu'il soit en train de nous
lâcher. Et soigner nos points faibles: en nettoyant les paysages, en gagnant en organisation
urbaine. Le mouvement est en marche, mais il n'est peut-être pas assez rapide.»
«Il y a un effet Floride»
Opter pour la décongestion, parler protection de l'écosystème et gestion rationnelle des
ressources naturelles, c'était l'ambition du gouvernement régional des îles Baléares - une
coalition socialiste. Il vient d'être balayé aux récentes élections de mai. La première mesure
annoncée par les nouveaux élus a été la suppression immédiate de l'écotaxe, à la grande joie
des hôteliers: «Le nouveau gouvernement mise clairement sur le tourisme comme élément
structurant de l'économie locale», affirme Ferran Porto, ex-président de la fédération des
hôteliers de Majorque, particulièrement opposé à l'écotaxe, qui aime rappeler que le visiteur
est la source de richesse de l'île, et non pas un intrus malodorant: «Que le pollueur paie selon
son degré de pollution! dit-il. Pourquoi taxer celui qui vient passer cinq jours à l'hôtel, et non
pas celui qui jouit d'une piscine privée dans sa villa?»
De l'avis des observateurs, l'écotaxe avait été une mesure maladroite et précipitée.
L'interminable polémique, largement suivie par la presse allemande, avait suscité le malaise
outre-Rhin: les vacanciers ne sont-ils donc plus les bienvenus? Mais elle a fait partie de la
première tentative réelle, en Espagne, de faire face au problème de la surcharge touristique
de façon globale et concertée. Son échec semble maintenant barrer la voie aux initiatives de
changement de cap de politique touristique: «C'est la solution à court terme qui est choisie,
déplore Rosa Maria Yagüe, professeur d'économie appliquée à l'université de Valence. Il est
plus facile de construire toujours plus, sans imposer le contrepoids des pouvoirs publics sur
la puissance du secteur hôtelier.»
Valence. La nouvelle star de la côte espagnole, dont le dynamisme donne des sueurs froides à
Barcelone. Ici, le gouvernement régional a fait du développement touristique son arme de
guerre et mise sur un tourisme de congrès, combiné avec la visite du spectaculaire nouveau
musée des sciences, du parc océanographique ou du parc thématique Terra Mitica. Une
frénésie de grues a saisi la ville. Autour du musée des sciences se multiplient les chantiers
d'hôtels. Des projets pharaoniques, disent les sceptiques.
Ici, pas d'états d'âme, pas de débat. «Le tourisme, c'est sacré, explique Rosa Maria Yagüe.
L'idée que cette croissance lancée il y a quarante ans a des limites naturelles n'effleure pas les
esprits.» La région de valence, comme toute la côte sud-méditerranéenne jusqu'à Malaga, a
découvert son nouveau joker: le tourisme résidentiel, en plein boom. La spéculation
immobilière fait flamber les prix. Les orangeraies voient leurs jours comptés. 3 000
promoteurs sont déjà à l'œuvre et quelque 140 000 résidences secondaires se sont vendues
au cours de la seule année 2002, dont 90 000 à des étrangers. «Il y a un effet Floride,
explique Bruno Hallé. Ils ont 65 ans et ils sont en pleine forme. Ils vendent tout chez eux
dans le nord de l'Europe et, pour 500 000 €, achètent près de la côte, à proximité d'un golf,
de thermes ou d'un centre hippique. Ou, mieux, dans une résidence adaptée aux nécessités
médicales qui pourront survenir par la suite. Et ils ont devant eux vingt ou vingt-cinq ans à
vivre au soleil. Comme il reste peu de zones à exploiter sur le littoral, les nouveaux projets
sont à 10 kilomètres dans l'intérieur. Où se développe un urbanisme horizontal, plus adapté à
la demande actuelle que les immeubles de la côte.»
Assise sur un banc de pierre devant sa maison, Titina Sanchez-Ocaña savoure sa cigarette du
soir. Urbanisme vertical ou horizontal, elle ne connaît pas. Elle, elle s'est lancée dans le
tourisme rural pour «faire quelque chose» de Los Torrejones, la finca, la propriété familiale,
en Estrémadure, aux portes de Trujillo, la ville natale du conquistador Pizarro. Loin des
côtes, en plein cœur de la péninsule, elle a monté son projet, présenté son dossier, décroché
40% de subventions de l'union européenne. Sept chambres avec vue sur les moutons, des
chevaux pour qui veut les monter, une piscine pour se rafraîchir le soir en rentrant de la visite
du splendide centre historique de Caceres, à une demi-heure de là. Le tourisme rural est en
pleine explosion, même s'il ne constitue qu'une miette de l'économie du secteur. «Et vous
savez qui sont mes clients, au mois d'août? Des gens qui vivent toute l'année sur la côte
méditerranéenne et préfèrent abandonner la foule!»
Modestement, le tourisme rural et de l'intérieur de l'Espagne avance sur un terrain vierge, ou
presque: «L'Espagne représente 32% du tourisme soleil et plage d'Europe et seulement 8%
du tourisme culturel. C'est là que nous devons donner l'impulsion, affirme German Porras.
Nous avons de l'espace et un climat favorable presque toute l'année, ce dont rêvent les
Européens du Nord. Alors, pourquoi notre tourisme serait-il cantonné sur la bande côtière
pendant les trois mois d'été?»
C'est l'un des axes de réflexion de José Luis Zoreda, qui tente de rassembler le secteur autour
d'un «développement viable du point de vue à la fois de l'environnement et de l'entreprise»,
dit-il. Il parle coordination, responsabilité sociale et croissance rationalisée dans une
profession où l'individualisme et la débrouille sont la norme. Et puis il avertit: «Le nouveau
boom de la construction fait illusion pour l'instant. Mais, à terme, une résidence secondaire
est bien moins rentable qu'une résidence hôtelière. Il est grand temps de faire le point: que
pouvons-nous apporter de nouveau? Notre force, c'est que nous sommes bons en gestion de
produits standards, mais le temps ne joue pas en notre faveur. Nous nous sommes crus les
rois du mambo, mais qu'avons-nous inventé? Rien depuis les paradors.» C'était en 1928.
Depuis, quelques bétonnières sont passées par là.
CARNET DE ROUTE
Teruel, patrimoine de l'humanité, attend désespérément le
TGV
Le Monde 6 septembre 2002, page 32
DECAMPS MARIE CLAUDE
TERUEL (Aragon) de notre envoyée spéciale
Teruel se mérite. Tout au bout de la chaotique route poussiéreuse qui mène vers le bas
Aragon, après des heures de doutes exacerbés par un soleil féroce, lorsque la ville apparaît
enfin, retranchée derrière ses tours mudéjares éclatantes de céramique, c'est soudain comme
une vision céleste, en plein désespoir esthétique.
L'histoire, il est vrai, n'a pas lésiné avec Teruel : sur quelques kilomètres s'alignent pêle- mêle
fossiles de dinosaures, châteaux templiers, remparts arabes, collégiales gothiques ou sierras
d'une rare sauvagerie. Quant à la petite ville, elle a été le théâtre de passions qui la dépassent.
A commencer par celle, romantique, des amants Juan Diego et Isabel, morts d'un amour
contrarié au XIIIe siècle et qui reposent enfin côte à côte dans leur mausolée de marbre. Et
que dire de la bataille de Teruel, une des plus terribles de la guerre civile, à laquelle
participèrent Allemands, Italiens et Brigades internationales ? Entre 1937 et 1938, la ville fut
prise et reprise dans des combats acharnés avant de rester aux mains des franquistes. Et le
froid polaire de l'hiver aragonais acheva nombre de ceux que la mitraille avait épargnés.
Et ensuite ? Ensuite rien. Comme si un excès d'histoire avait rendu invisible la petite cité.
Aujourd'hui, place del Torico, coeur névralgique d'une Teruel qui a mis très longtemps à
panser ses plaies, règne une ambiance au charme suranné : au mieux, l'Espagne des années
1970. A l'évidence, Teruel rendue à ses 37 000 habitants et à ses monuments consacrés "
patrimoine de l'humanité " est devenue son propre musée. On l'a totalement oubliée.
Du moins jusqu'à il y a trois ans. Le 1er décembre 1999, l'Espagne découvrait avec stupeur 20
000 manifestants, rassemblés en silence dans leur ville, pour montrer que " Teruel existe ! ".
Et ce cri silencieux, donnera son nom à une plate-forme citoyenne à laquelle participent 200
groupes d'appui qui se réunissent chaque semaine, pour améliorer la situation. Il y a de quoi
faire.
Devant une assiette de jambon du cru - preuve la plus goûteuse de l'existence de Teruel -,
Miguel Angel Fortea, le jeune professeur porte-parole de " Teruel existe ! " et ses amis, Pepe
le gastronome et Paco l'immigré catalan, nous ont dressé, en quelques chiffres, le lourd bilan.
Avec une superficie égale à la moitié de la Belgique, la province de Teruel qui n'a que 9,3
habitants au kilomètre carré, a perdu 40 % de sa population en un siècle. De ceux qui restent,
30 % ont dépassé 60 ans. Des natalités, des populations, pas de grosses industries : la "
touche " finale a été l'oubli et l'enclavement permanent. Teruel, qui ne dispose actuellement
que de 37 kilomètres d'autoroute, à peine inaugurée, est la seule province sans liaison
ferroviaire directe avec Madrid. Il faut, comme le dit Pepe, " prendre un train de Far-West qui
se traîne à 60 kilomètres à l'heure, pour revenir en arrière jusqu'à Saragosse et, de là,
rejoindre la grande ligne de Madrid : on perd trois heures ". Le reste des infrastructures est
au diapason : offre universitaire réduite et gros problèmes pour la santé. Il n'y a que deux
grands hôpitaux distants de 150 kilomètres, et, jusqu'à très récemment, l'accouchement sans
douleur n'était pas pratiqué et la province n'avait pas d'unité mobile du SAMU. " Si nous
continuons ainsi, conclut Miguel Angel, Teruel va mourir. " Et de parier sur un hypothétique
arrêt du futur TGV Madrid-Valence et d'autres tronçons d'autoroute qui permettraient aux
touristes d'arriver, aux habitants de ne plus être isolés.
Aussi, en trois ans, " Teruel existe ! " s'est démené : grève générale ; soirée où chacun tenait
une bougie à sa fenêtre " pour qu'on nous voie du reste de l'Europe ", et, enfin, voyage à
Bruxelles. Car même là Teruel est victime de sa situation : " Plus elle se dépeuple, explique
Paco, plus son revenu per capita augmente, et les aides européennes vont ailleurs. Nous
naviguons dans l'absurde. " Les résultats de pareilles mobilisations ? Trente-sept kilomètres
d'autoroute acquis et trois unités de SAMU toutes neuves. Sans compter le principal : " faire
savoir, même au-delà des frontières, que Teruel veut encore exister ". Message reçu : Madrid
s'est vaguement ému, le roi et la reine sont venus. Promesses, fonds spéciaux, et puis rien à
nouveau.
A la mairie, tenue par le Parti populaire, qui gouverne à Madrid, on est forcément plus
discret. Loyauté politique oblige. " Dommage que l'activisme de "Teruel existe !" se déclenche
si tard lorsque des projets sont déjà en chantier ", lance même un adjoint au maire, qui
affecte de croire aux promesses madrilènes sur papier, discute polygone industriel et palais
des congrès, mais rêve comme tout le monde du mirifique TGV, la nouvelle bataille de Teruel.
Pour l'aéroport et l'épidurale, on verra après.
MARIE-CLAUDE DECAMPS
AUJOURD'HUI - VOYAGES
Barcelone via Gaudi
Entre l'architecte et la capitale catalane, ce fut affaire de
visions et de promenades.
DECAMPS MARIE CLAUDE
Le Monde 11 avril 2002, page 30
BARCELONE de notre envoyée spéciale
Est-ce l'effet des écailles vernissées du toit de la Casa Batllo qui ont l'air de frissonner de
plaisir sous le soleil d'avril ? Ou bien celui des volutes compliquées des cheminées de la Casa
Mila, toute proche, qui émergent au-dessus de la façade déferlante du bâtiment ? Avec
Antonio Gaudi, le surréalisme n'est jamais loin et, par un étrange mimétisme, les longues
files de visiteurs semblent onduler à leur tour sur le dallage irisé du paseo de Gracia, cette
artère vitale de la Barcelone moderniste, entre deux chefs-d'oeuvre de l'architecte catalan.
Et ces vagues successives et colorées de touristes qui se recomposent sans fin dans Barcelone,
depuis le parc Güell et son invraisemblable banc de mosaïque serpentine, jusqu'aux tours
mystiques du temple expiatoire inachevé de la Sagrada Familia, en passant par l'élégance
organique du mobilier de la Casa Calvet, sont un hommage involontaire au génie de ce
visionnaire qui sut trouver aux sources de la nature de mouvantes harmonies entre l'art et la
matière.
Aussi, pourquoi ne pas profiter, en cette Année Gaudi, de ce guide d'exception pour
redécouvrir la Barcelone bourgeoise et curieuse de la Renaixença urbaine et intellectuelle de
la fin du XIXe, si friande de ce modernisme dont Dali disait qu'il était " un mauvais goût
suprêmement créateur " ? Une ville qui, après s'être délestée de son corset de murailles
médiévales en 1859, n'a eu de cesse de s'aérer, gagnant sur les collines, pour créer ce nouveau
quartier de l'Eixample (l'extension), né du plan original d'Ildefons Cerda, entre le paseo de
Gracia, la Diagonale et cette Gran Via où justement Gaudi trouvera la mort. Au total " 1 200
blocs carrés, percés chacun d'un patio jardin ", prévoyait le plan, qui allaient devenir la
vitrine du nouvel art naissant. Comme cette " Pomme de la discorde ", qu'est le paseo de
Gracia, cet étonnant pâté de maisons où se poursuit un duel esthétique jamais tranché entre
les édifices modernistes les plus emblématiques : la Casa Batllo de Gaudi, la Casa Lleo
Morera de Domenech i Montaner et la Casa Amatller de Puig i Cadafalch.
Une visite qui s'étend aussi, dans cette Barcelone matrice infatigable d'elle-même, aux
nouveaux quartiers à la mode : paradoxalement, ces vieux quartiers près du port qui furent
un havre de paix et de couvents avant de céder à la fièvre constructrice des fortunes venues
de Cuba et d'outre-mer, clientes de Gaudi, et de devenir les lieux de plaisir puis les bas-fonds
d'une capitale catalane tournée dos à la mer.
Passé la plaza de Catalunya, il n'y a pas à s'y tromper. Une première mouette, encore timide,
viendra en éclaireur parmi les marchands de fleurs, les oiseleurs et les joueurs de bonneteau
de la promenade de la Rambla : le port est tout proche. Et puis à droite, après la Boqueria, le
vieux marché dont les fumets appétissants font une concurrence déloyale aux effluves de
chocolat et de brioche anisée d'Escriba, la plus fameuse pâtisserie de la ville, installée dans
une ancienne pharmacie moderniste, il n'y aura plus qu'à piquer sur la carrer Sant Pau et
s'immerger dans le labyrinthe du quartier du Raval.
De ce passé si dense qui drainait les élégants venus s'encanailler au sortir du spectacle du
Liceu, le grand théâtre aujourd'hui restauré sur la Rambla, dans des fumées de havane et des
crissement de pneus sur les mauvais pavés devant la Criolla ou l'Eden Concert, les cabarets à
la mode, il reste peu de choses, en vérité. Et pourtant. Pour qui veut se donner la peine de
chercher, les longs comptoirs de bois intacts depuis 1860 du marchand de tissu El Indio, calle
Carmen, avec ses cuivres et ses dallages sont les témoins surannés de la richesse textile d'un
port, où les gamins démunis chipaient du coton dans les ballots à peine débarqués pour
subsister. Une richesse qu'incarne à merveille, calle Nou de la Rambla, le Palacio Güell, avec
ses coupoles célestes et son gothique splendidement revisité par Gaudi pour son ami et
mécène Eusebi Güell.
Opération de nettoyage
Dans le Raval, l'ex-Barrio Chino, décor de nombreux romans, avec ses cours sans lumière, ses
hôtels sordides pleins de salpêtre et son romantisme de la misère et des mauvais garçons, les
pelleteuses ont troué des places, inventé des squares. La mode et la spéculation n'ont pas
tardé. Aujourd'hui il n'y a plus de marins qui tanguent dans les ruelles étroites, mais des
oenothèques et des épiciers pakistanais. Et si l'on voit encore des prostituées à l'ancienne, en
pantoufles ou talons hauts, grignoter une portion de lapin à 2 euros au Pollo Rico, temple de
la restauration interlope de la rue Sant Pau, le bordel distingué de Madame Petit dont la
fortune se fit avec l'exposition universelle de 1898, avec ses modernes bidets et ses affiches
indiquant aux clients : " Soyez brefs, s'il vous plaît ! " n'est plus qu'une légende. Les tatoueurs
remplacent les cliniques hygiéniques et là où El Nelo et El Chiquillo, souteneurs célèbres, se
battaient au couteau, fleurissent librairies et galeries branchées autour du futuriste Musée
d'art contemporain ouvert en 1995. Enfin, si le bar Le Pastis et ses chansons d'Edith Piaf
survit depuis les années 1940, à l'absinthe autrefois dispensée par Le Marseille, une faune "
tendance " préfère les tapas minimalistes de Salsitas, la boîte-restaurant culte de la rue Nou
de la Rambla ou le capuccino de chez d'Annunzio, plaza Martorell.
Une mode à laquelle le Born, l'autre quartier en devenir, de l'autre côté de la Rambla, n'a pas
échappé, dans l'opération de nettoyage contre la drogue qui a précédé les JO de 1992. Parmi
les maisons moyenâgeuses, les murets pleins d'herbes folles et les anciens palais, Barcelone
s'est tissé un Soho new-yorkais. Pour s'en convaincre il suffit de prendre un verre (de vin
dûment sélectionné) à la terrasse étudiée du Vinya del Senyor face à la basilique gothique de
Santa Maria del Mar, ou encore de traîner dans les innombrables boutiques de vêtements
postalternatifs. L'antique café Xampanyet, à côté du Musée Picasso, n'est plus ce qu'il était,
avec ses touristes appliqués venus siroter le mythique mousseux de rigueur parmi les vieux
azulejos ? Qu'importe. Pour guérir la nostalgie, carrera de la Merce il y a toujours Emilio,
avec sa serviette au côté. Chez lui, au minuscule bar Pescaitos on déguste encore, les pieds
dans la sciure, d'incomparables sardines grillées, et des clients réfractaires à la fièvre hightech galopante boivent le vin à la régalade au " porron " de verre, comme il se doit.
Et puis Emilio est à deux pas des arcades de la plaza Reial. Et lorsque les lampadaires
dessinés par Gaudi s'allument, c'est comme un clin d'oeil canaille à l'aristocratique Casa Mila,
là-bas dans l'Eixample : les deux Barcelone n'ont plus qu'à se réconcilier pour écouter une
fois encore Gaudi : " Les angles disparaîtront, prophétisait-il, et la matière se manifestera
dans son abondance et dans ses rondeurs astrales : le soleil pénétrera par quatre côtés et ce
sera comme l'image du paradis. "
MARIE-CLAUDE DECAMPS
Les professionnels du tourisme tentent de rassurer
leurs clients
LE MONDE | 16.03.04
Malheureusement désormais bien rodés aux attentats et à leurs conséquences, les acteurs des
métiers du tourisme et du transport tentent, une fois de plus, de faire le "dos rond" en
attendant des jours meilleurs. Les attentats de Madrid sont un nouvel élément qui vient
s'ajouter à une conjoncture déjà médiocre, dont la tendance générale s'est esquissée après les
événements du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis.
Depuis les attentats de jeudi 11 mars, les différents responsables du tourisme s'efforcent de
paraître sereins. Samedi 13 mars, au Salon international du tourisme de Berlin, Francesco
Frangialli, secrétaire général de l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), s'est déclaré
"raisonnablement optimiste en dépit de ce qui s'est passé à Madrid". Selon lui, "il y a
maintenant une atmosphère d'insécurité en Amérique du Nord et en Europe. Il semble que
ce qui s'est passé à Madrid fasse partie de ce climat général, que les voyageurs ont appris à
prendre en compte".
Interrogé par Le Monde, Salvador Pernas, directeur de l'office du tourisme espagnol à Paris,
préfère ne pas faire de pronostic sur l'évolution de la fréquentation touristique. Tout juste
admet-il que "le tourisme espagnol est suffisamment fort pour traverser cette crise et-quel'office a reçu énormément de témoignages de sympathie".
L'enjeu est d'importance : deuxième destination touristique mondiale, derrière la France,
l'Espagne a accueilli, en 2003, 52,4 millions de visiteurs. L'activité touristique représente
environ 12 % du produit intérieur brut du pays et emploie 1,5 million de personnes (10 % de
la population active). Ces sont les Britanniques et les Allemands qui sont les plus friands de la
destination, avec respectivement 14 millions et 12 millions de visiteurs. Les Français arrivent
en troisième position, avec 7,7 millions de touristes.
S'il est un peu tôt pour tirer des conclusions sur les conséquences des attentats madrilènes,
les voyagistes français estiment que les vacances de Pâques seront un bon indicateur sur la
future fréquentation de l'Espagne. René-Marc Chikli, président du Ceto, organisation qui
regroupe 80 % des voyagistes français, veut également rassurer : "Ce n'est pas le tourisme qui
a été visé dans cet attentat. En Egypte, par exemple, les attentats visaient clairement les
sites touristiques et les cars de touristes", déclare-t-il.
En outre, tout dépendra de la façon dont communiqueront les autorités espagnoles, estime
M. Chikli, faisant référence aux attentats qui ont touché le Maroc en mai 2003 et la Tunisie
en avril 2002. "Malgré l'attentat de Casablanca, le Maroc a vu le nombre de ses visiteurs
augmenter de 12 % en 2003, alors qu'après l'attentat de Djerba et la communication floue et
contradictoire des autorités de Tunis la Tunisie a vu sa fréquentation chuter de 16 %",
rappelle-t-il.
Si les voyagistes, déjà échaudés par les précédentes crises, ne devraient pas trop avoir à subir
les conséquences des attentats, les agences de voyages, en revanche, dont la santé est déjà
mise à mal par la baisse des commissions versées et les ventes par Internet, devraient plus
souffrir.
Le transport aérien devrait également subir les conséquences des attaques terroristes de
Madrid, augmentant un peu plus la défiance des voyageurs vis-à-vis de l'avion. Si les acteurs
reconnaissent ne pas avoir constaté de vague d'annulations, les opérateurs boursiers ont
préventivement sanctionné à la fois les actions du tourisme et du transport : Euro Disney, la
société d'exploitation de Disneyland Resort Paris, a abandonné lundi 10 %, à 0,45 euro, la
société de services aéroportuaires Penauille Polyservices 6,98 %, à 10,40 euros, et le groupe
de village vacances Club Méditerranée 6,25 %, à 33,74 euros. Enfin Air France, à une semaine
du lancement de son offre publique d'échange sur KLM, a reculé de 3,96 %, à 14,07 euros.
François Bostnavaron
Marbella, la Costa del béton
Par Julie Joly
L'Express du 17/08/200
Découverte dans les années 30 par un aristocrate allemand, la station espagnole est
devenue la résidence secondaire de l'Europe. Premiers bénéficiaires, les promoteurs.
Et cela se voit
Plage dite idyllique. Cette année, Marbella verra passer 8 millions de touristes...
Le comte Rudolf von Schönburg reçoit chez lui, en longue chemise blanche et pantalon de toile.
Portraits de famille accrochés aux murs du salon de réception du Marbella Club. Le prince Alfonso
von Hohenlohe, un cousin germain, pose fièrement devant les paysages andalous. C'est lui, le
«découvreur» de Marbella, celui que tous considèrent ici comme le père du tourisme sur la Costa
del Sol. Le comte reçoit chez lui... Ou presque, car le Marbella Club est un hôtel de famille, le tout
premier à avoir ouvert ses portes sur la côte andalouse, en 1954, et le comte «Rudi» - comme il
aime à se faire appeler par ses invités - ne l'a jamais vraiment quitté. «Marbella, c'est toute ma vie!
s'enflamme-t-il. J'y suis arrivé à 23 ans, et je n'en suis jamais reparti...» A l'époque, les allées de
l'hôtel embaumaient le jasmin. Aujourd'hui, ses effluves se vendent au rayon parfumerie des
magasins de souvenirs. Ainsi va la Marbella des temps modernes.
Il y a à peine un demi-siècle, le tourisme n'en était pourtant qu'à ses balbutiements. Séduite par
Franco, la noblesse conservatrice d'Europe avait choisi l'Espagne comme terre d'exil dès son arrivée
au pouvoir, en 1939. Parmi ces aristocrates, le jeune prince Alfonso von Hohenlohe, mi-allemand,
mi-autrichien, se passionne pour l'Andalousie. Marbella n'est alors qu'un village, peuplé d'une
poignée de pêcheurs et d'agriculteurs. Surpris, dit-on, par la beauté des paysages et la douceur du
climat, Alfonso décide de s'y installer en villégiature, convaincu d'avoir découvert le «paradis sur
terre». Il ne viendra pas seul.
Paysage typique. L'un des 11 terrains de golf de la ville, bordé d'immeubles en construction. C'est
tout Marbella.
«La princesse Bismarck est une voisine», confie dans un souffle le comte Rudi, pas malheureux de
son effet. Comme elle, beaucoup d'aristocrates pur jus, tous amis d'amis évidemment, ont suivi la
famille Hohenlohe dans leurs parties champêtres. «Il faut imaginer l'ambiance, s'émeut le
septuagénaire. Tout le monde se connaissait, partageait les mêmes valeurs.» Depuis, la ville est
passée aux mains d'autres fortunes. Celles de la jet-set européenne, en partie. Celles des
investisseurs, surtout. Cannes et Saint-Tropez ont trouvé un concurrent de taille.
C'est que le petit cercle des débuts s'est nettement élargi. Pour ne pas dire totalement dissous dans
le flot des vacanciers. Reprise économique aidant, ils étaient 7 millions, en 1999, à avoir goûté au
sable de ses plages, dont 700 000 pour le seul mois d'août. Cette année, Marbella en attend 8
millions au total. Une véritable explosion! Bien loin de s'en plaindre, la ville fait tout pour
entretenir le phénomène. Depuis dix ans, elle inaugure chaque année de nouvelles infrastructures:
promenade maritime, ronds-points flambant neufs, trottoirs élargis, parkings en sous-sol et même
une autoroute. Voté en mai dernier, avec deux ans de retard, le budget municipal de 1999 a atteint
un record de 911 millions de francs. Dont, et c'est révélateur, 50 millions réservés aux seules
infrastructures urbaines (aménagement et construction), 16 millions à l'éclairage et 62... à la
propreté. Jour et nuit, 500 balayeurs remettent la ville à neuf. Côté sécurité, Marbella n'y va pas, là
non plus, de main morte. En plus des 197 agents de la police nationale et des 87 gendarmes, 368
policiers municipaux veillent sans relâche sur les vacanciers. Excès de zèle? Sans doute, mais les
touristes en redemandent: le nombre de sociétés de sécurité privées est en plein essor. Ancien para
et grand admirateur du général Franco, José Perna Calderon dirige l'une d'elles, Franjus Security.
Lancée il y a douze ans avec 7 agents, elle en compte aujourd'hui 374. Ici, on ne plaisante pas avec
l'argent du tourisme.
Deux agents de l'une des nombreuses sociétés de sécurité privées, qui s'ajoutent à la police
nationale, à la gendarmerie et à la police municipale...
Apparemment sensibles à toutes ces précautions, les visiteurs se bousculent. Marbella affiche
complet sept mois sur douze. D'avril à octobre, son taux d'occupation est supérieur à 75%, avec un
pic à plus de 90% en août, 100% même en 1998. Le reste de l'année, les établissements tournent
encore à plus de 50%. Et tout cela avec une offre pléthorique: 9 700 chambres d'hôtel, 4 000 places
de camping et plus de 5 000 appartements en location. Sans compter le time-sharing, ces
appartements vendus en multipropriété. D'après l'Observatoire du tourisme de la Costa del Sol, ils
ont rapporté, en 1999, plus de 1 milliard de francs aux investisseurs de la côte. Dont plus de la
moitié pour la seule ville de Marbella. Autre estimation de l'observatoire, les retombées de l'activité
des golfs pour l'ensemble de la Costa del Sol: 2,1 milliards. Championne dans sa catégorie, la
commune de Marbella recense 11 terrains, dont un praticable jour et nuit. Trois autres sont déjà en
construction. «Le pic touristique de 1989 a été dépassé l'année dernière», se félicite Ricardo Arranz
de Miguel, président de l'Association nationale des promoteurs immobiliers et du tourisme
résidentiel. Marbella profite évidemment de la bonne santé économique du continent: 90% de ses
touristes sont européens. Toutes classes sociales confondues.
Reine de la nuit. Olivia Valère. Son club, le Babylonia, attire chaque soir la jet-set de Marbella.
Dernier vestige du «paradis» - très élitiste - d'antan, le Marbella Club est, finalement, un hôtel
comme les autres. Princes et princesses ont beau peupler la légende de Marbella, la ville ne leur
appartient plus. Le parfum du jasmin a fait place à d'autres odeurs, moins subtiles, mêlées d'huile
solaire, d'essence et d'argent sale. Ses nouveaux princes roulent en coupé Mercedes. «La ville est
toujours un paradis, mais d'abord celui des investisseurs!» ironise José A. Nieto, président de
l'association des professionnels du tourisme de Marbella. A quelques mètres de son bureau, en
plein centre, grues et pelleteuses remuent la poussière. C'est bien simple, en deux ans, 30 000
nouveaux logements ont été construits. L'équivalent du programme immobilier de toute l'Ile-deFrance. A l'échelle du nombre d'habitants permanents de la ville, entre 100 000 et 120 000 selon
les statistiques, le chantier est pharaonique. Impossible d'y échapper, d'ailleurs: chaque rue, chaque
carrefour, le bord de mer et la colline environnante sont en travaux.
Vieille aristocratie. Le comte Rudolf von Schönburg, cousin du "découvreur" de Marbella.
La ville garde cependant un atout incontestable, et inégalé en Europe: son climat. «Méditerranéen
sec», selon les experts, «unique», «parfait», «idéal», résument les touristes, unanimes. Et, parmi
eux, beaucoup rêvent de pouvoir en profiter toute l'année. Alors, ils achètent. Au prix fort. Les
promoteurs immobiliers étrangers se bousculent. En 1999, ils ont investi plus de 20 milliards de
francs sur la Costa del Sol, essentiellement à Marbella. Un chiffre en progression de 35% par
rapport à l'année précédente! Dernière-née de cette fièvre spéculatrice, Nueva Andalucia s'étend sur
4 millions de mètres carrés à l'ouest du centre-ville et ses infrastructures sont à la mesure du
gigantisme ambiant: 12 000 villas particulières, cinq hôtels de luxe, deux centres commerciaux,
quatre terrains de golf.
Port de plaisance. Puerto Banus est réputé l'un des plus luxueux d'Europe. Les badauds y guettent
le milliardaire en goguette.
Kristina Szekely est la star de ce monde de l'immobilier. Hongroise d'origine, elle a conquis la ville
dès le début des années 60, quand Marbella ne comptait encore dans ses habitués que quelques
rares privilégiés. De cocktails en soirées mondaines, la jeune femme d'alors n'a qu'un objectif,
s'imposer sur le marché - en explosion - des villas de luxe. Pari gagné: elle gère aujourd'hui cinq
agences à Marbella, une à Madrid, et possède quatre bureaux de représentation, en Suède, en
Norvège, en Allemagne et en Grande-Bretagne. «Avec la reprise, nous avons dépassé cette année les
records de 1988», s'enthousiasme-t-elle. En quinze ans, les prix de l'immobilier ont ainsi été
multipliés par 12. Ceux des terrains, par 30! Autant dire que l'avenir ne l'inquiète guère. La valeur
de ses ventes progresse chaque année de 15 à 20%. Et la demande ne faiblit pas.
Reine de l'immobilier. Kristina Szekely a fait fortune ici en vendant des villas de luxe.
Ses concurrents peuvent en témoigner. Michael Müller, arrivé sur le marché il y a à peine six ans, a
en stock plus de 2 000 produits, essentiellement haut et très haut de gamme. Et au moins autant
d'acheteurs potentiels. La visite de l'une de ses résidences standards donne rapidement une idée de
l'état du marché. Cachée au cœur de la Sierra Blanca, une colline truffée de villas de luxe, la bâtisse
s'étale sur 3 000 mètres carrés de marbre blanc et 3 500 de jardin. Piscine comprise, le tout
s'affiche à 8 millions de francs. L'agence ne doute pas de trouver un acquéreur. «Les grandes
propriétés de luxe se vendent très facilement», assure Kristina Szekely. A 8 millions, on est encore
loin de ses records personnels. Pour elle, une villa classique peut se vendre jusqu'à 120 millions de
francs. Histoire de savoir-faire, sans doute. «Très souvent, raconte-t-elle, les futurs propriétaires ne
prennent même pas la peine de se déplacer. Les trois quarts des résidences en construction se
vendent sur plan.» Les dépenses ne font, alors, que commencer. Viennent ensuite, et dans l'ordre,
le prix de la décoration intérieure - facturée au minimum 1 million de francs pour une décoration
complète - le coût d'un ou plusieurs jardiniers à temps plein - entre 90 000 et 3 millions de francs
l'année - les frais de garage, d'entretien de la piscine, de ménage, de garde des enfants... «Les
étrangers ne se rendent pas compte des prix locaux, avoue Yasmine Riyad Garceran, directeur
marketing d'Ibermaison, une entreprise de décoration d'intérieur. Leurs factures sont de deux à
trois fois plus élevées que celles des Espagnols.» De quoi faire vivre dignement les professionnels
du tourisme de la ville. A commencer par son maire.
Or au mètre. Ce stand, sur le port, vend des chaînes en or au mètre. Pas une attraction, mais une
affaire qui marche.
Car ce paradis des investisseurs a un dieu, tout-puissant, adoré: Jesus Gil. Elu à la tête de Marbella
en 1991, réélu trois fois à la majorité absolue depuis, il s'est taillé une réputation à la mesure de sa
mégalomanie. Son parti, déjà, baptisé de son propre nom, GIL (Grupo independente liberal), ne
cache pas ses préférences pour la droite extrême. Mais il ne s'agit pas du seul signe distinctif du
personnage, plus connu dans le pays pour ses frasques judiciaires que pour ses vues politiques.
Propriétaire de l'Atletico de Madrid, l'une des équipes de foot mythiques d'Espagne, Gil est ainsi
accusé d'avoir offert à son club plus de 18 millions de francs, puisés dans les caisses de la
municipalité. L'affaire est en cours d'instruction, mais d'autres pourraient bien émerger avant la fin
de l'année. Parmi elles, le cas des permis de construire distribués, apparemment sans aucune
retenue, par sa municipalité.
Nouveaux venus. Cette famille de Néerlandais goûte toute l'année au soleil de Marbella.
Une conseillère municipale dénonce ces pratiques: «Les abus de la spéculation immobilière sont
estimés à plusieurs milliards de pesetas!» affirme-t-elle. Depuis plus de vingt ans, Maria Caracuel
Garcia est membre du Parti populaire (PP), le parti au pouvoir en Espagne aujourd'hui. Autant dire
qu'elle ne porte pas Gil dans son cœur. Ses violentes critiques à l'égard du maire sont pourtant un
fait rare dans la ville. Personne, ici, n'ose en faire autant. Pis encore, Gil, lui-même ancien
promoteur immobilier, a le soutien de toutes les fortunes de la ville. Et pour cause, leurs intérêts
sont absolument identiques: rentabiliser leurs investissements.
Habitués. La Costa del Sol n'est pas réservée aux riches. 4 000 places de camping en témoignent.
«Gil est un homme extraordinaire!» lance Olivia Valère. Reine incontestée des nuits parisiennes,
cette Française ne pouvait rêver maire plus compréhensif. Elle s'est fait bâtir à Marbella, avec la
bénédiction de la ville, un temple à son image: le Babylonia. Construit en soixante-dix jours, pour
un budget total de 50 millions de francs, le night-club brasse chaque soir entre 1 500 et 2 000
membres de la jet-set. Ambiance psychédélique, déluge d'arabesques et de fontaines façon palais
des Mille et Une Nuits, tout ce que Marbella rassemble de VIP et de starlettes en puissance se
presse sur la piste de danse. Depuis quinze ans qu'elle sévit dans la région, Olivia Valère a accueilli
l'arrivée de Gil comme une libération. «Avant lui, Marbella était une ville sympathique, bien sûr,
mais elle a été très touchée par la crise économique, explique-t-elle. Gil l'a sortie du trou noir. La
sécurité rassure les riches et la propreté est indispensable pour les faire rester.» Elle sait de quoi
elle parle: séduire les riches, c'est le cœur de son business. Les promoteurs immobiliers ne la
contredisent pas. «Pour nous, l'arrivée de Gil a été fantastique, confirme, sans détour, Kristina
Szekely. Grâce à lui, tous les grands noms de la mode et des affaires s'installent ici.» Ils ne sont pas
les seuls. La réputation de monsieur le Maire a aussi séduit d'autres types de fortunes. Moins
recommandables. Commandant en chef du service d'investigation fiscale et antidrogue de la
Guardia Civil à Malaga, Vicente Perez Perez en sait quelque chose. «Marbella est très attractive
pour la Mafia, avoue-t-il. Nous savons que beaucoup de ses chefs y habitent, l'endroit est idéal pour
blanchir leur argent.» En particulier dans l'immobilier. D'après Vicente Perez Perez, plus de la
moitié de l'économie de la ville est souterraine.
Villa à vendre. 3000 mètres carrés de marbre blanc, 3 500 de jardin: 8 millions de francs. A
Marbella, une bagatelle.
Cet urbanisme exubérant a aussi un autre prix. Celui de la laideur. La plupart des vacanciers s'en
accommodent, certes, trop occupés à peaufiner leur bronzage. Mais, déjà, certains s'impatientent de
voir durer le temps des aménagements de voiries et autres constructions titanesques. Surtout
quand ils réalisent la dégradation de leur environnement. Olivia Valère elle-même n'échappe pas à
la règle. Cernée d'immeubles en construction, sa luxueuse villa semble bien isolée. Mais, pour elle,
le calcul est vite fait: elle a d'ores et déjà prévu de déménager et de vendre ses 10 000 mètres carrés
de terrain pour y faire construire un immeuble de 120 appartements! Sans plan d'occupation des
sols avalisé par le conseil régional, la municipalité aurait délivré des permis de construire sur des
zones protégées. D'après Isabel Garcia Marcos, porte-parole des socialistes à Marbella (citée dans
El Pais du 30 mai 2000), elle aurait ainsi engrangé au total, en 1998, plus de 150 millions de francs
grâce à la seule vente du patrimoine municipal. Soit cinq fois plus que ce que prévoyait son budget
annuel.
Ce développement anarchique a d'autres conséquences qu'esthétiques. Il favorise l'afflux des
touristes, certes, mais cadre mal avec les exigences des plus fortunés. Déjà, certains éminents
représentants de la jet-set commencent à quitter les lieux. Pour n'en citer qu'un, l'acteur Sean
Connery vient de vendre sa villa au profit d'un endroit plus tranquille. Heureusement qu'il y a le roi
Fahd d'Arabie Saoudite, sa maison construite sur le modèle de la Maison-Blanche, ses 9 avions et
ses 42 camions d'effets personnels. Seul petit inconvénient: pendant le temps de sa visite annuelle,
le réseau des téléphones portables est saturé. Qu'importe! Le spectacle de la richesse fascine
toujours. A Puerto Banus, décrit comme l'un des ports de plaisance les plus luxueux d'Europe, les
badauds vissés à leur caméra chassent les émirs. Mais les premiers font plus d'ombre que les
seconds. Et l'on voit plus de Ferrari en location que de yacht de quatre étages. D'ailleurs, les
commerçants ne sont pas dupes et s'adaptent aux exigences du plus grand nombre. Sur le port, le
stand de chaîne en or au mètre n'est pas une attraction, mais une activité qui fonctionne bien.
«Cela va faire dix ans, enfin je crois, non, douze... Enfin, en tout cas, on peut dire qu'on la connaît,
la Costa del Sol!» Gerhard Schmieger est allemand. Lui aussi adepte de Marbella, mais sans rapport
aucun avec la dynastie Hohenlohe, cette fois. Le Marbella Club, il connaît, mais de nom seulement.
Lui, son hôtel, c'est sa tente, qu'il plante, avec sa femme, depuis six ans sur le terrain du même
camping, le Marbella Playa. L'emplacement leur coûte 2 000 F pour le mois. Le prix d'une nuit au
Marbella Club! Quant aux bateaux de luxe - à plus de 100 millions de francs pièce - il ne fait que les
admirer. Et c'est déjà pas mal. Un peu plus loin, sur le même terrain de camping, la famille Villena
s'est installée une télévision grand écran en plein air. «On profite du beau temps, du calme»,
explique la mère, Maria Carmen. Demain, toute la famille débarque de Malaga: cousins, parents,
oncles et tantes, une vingtaine de personnes au total. Comme chaque année depuis maintenant huit
ans, les Villena s'offrent deux jours de farniente sous le soleil de la Costa del Sol. Sans quitter leur
poste de télé. A quoi bon?
Retour au Marbella Club pour une dernière photo souvenir. Ses premiers visiteurs auraient sans
doute du mal à le reconnaître. Depuis son ouverture, en 1954, l'hôtel est passé de 18 à 80 chambres
et il est toujours en travaux. Marbella tout entière est devenue méconnaissable: même le comte
Rudi, qui en est encore à pleurer la mort de Franco, le reconnaît! Et ses amis avec lui. En fait, les
amateurs de soirées privées entre gens du beau monde s'accommodent mal de la démocratisation
de leur lieu de villégiature. Principaux bénéficiaires de l'explosion de la ville, les professionnels du
tourisme commencent, eux-mêmes, à s'en plaindre. «Avec tous ces mélanges, soupire Olivia Valère,
on ne sait vraiment pas de quoi l'avenir sera fait...» Même sous le soleil de Marbella, la vie n'est
décidément pas toujours facile!
Saint-Sébastien, la ville aux cinq festivals
LE MONDE | 27.08.04
Musique classique et lyrique, jazz, cinéma : les trois grandes manifestations qui
ont lieu dans le Kursaal complètent les fêtes de rue traditionnelles, la Grande
semaine et l'Euskal Jaiak.
Saint-Sébastien (Espagne) de notre envoyée spéciale
Saint-Sébastien a cherché dès la fin du XIXe siècle à se démarquer d'autres stations
balnéaires, d'abord par des initiatives privées des commerçants, restaurateurs et hôteliers,
puis de façon plus institutionnelle. Elle pouvait parier sur une offre culturelle destinée à sa
clientèle aisée, disposant de trois mois de vacances et qu'il fallait occuper afin de prolonger
l'été le plus longtemps possible.
On organise des régates sur la plage de la Concha dès 1879, plus tard on construit un golf, un
circuit automobile, des courts de tennis, un casino, mais on fait venir aussi les Ballets russes
et des artistes lyriques. Au fil du temps, les propositions se sont multipliées pour faire face à
une concurrence de plus en plus dure et pour s'adresser à une clientèle de plus en plus vaste.
La semaine du 15 août est traditionnellement le point culminant de l'été, la "Grande
Semaine" qui s'appelait déjà ainsi en 1876. C'est la fête sous toutes ses formes - musique,
folklore, courses cyclistes et de chevaux, pelote basque, fêtes taurines, bals, concours
international de feux d'artifice, toro de fuego... Elle coïncide en partie avec la Quinzaine
musicale, créée en 1939, le festival de musique classique le plus ancien d'Espagne. Restée
longtemps le seul festival espagnol, elle subit dans les années 1960 la concurrence du Festival
de Grenade, qui amène la ville à prendre une orientation touristique plus sol y playa et plus
populaire, ce qui entraîne le déclin.
Mais la Quinzaine revient en force pour son 50e anniversaire et, en 1991, s'intègre à
l'assemblée européenne des festivals de musique. Son prestige s'étend avec la construction du
Palais des congrès du Kursaal, qui dispose d'un auditorium de 1 800 places, d'une salle de
musique de chambre, de terrasses qui cumulent 5 000 m2. En 2003, le festival, qui, en dépit
de son nom, s'étale sur un mois, a connu 97 % d'occupation.
"Notre obligation est que toute la société puisse participer, or ce sont souvent les espaces qui
créent l'élitisme, affirme son directeur, José Antonio Echenique. Nous voulons qu'il y ait des
concerts, des ballets, de l'opéra... Nous avons la chance de pouvoir donner de la musique
contemporaine au Chilida Leku, le musée à l'air libre du grand sculpteur, mais aussi d'allier
musique et gastronomie. Nous sortons de la ville pour une route du vin et de la musique ou
pour accompagner le chemin côtier de Saint-Jacques-de-Compostelle. Nous avons cette
année 79 concerts dans 20 lieux différents."
"ALLER OÙ SONT LES GENS"
Musique encore, le Festival de jazz, qui se tient à la fin juillet, fêtera en 2005 sa quarantième
édition. C'est l'un des seuls festivals européens, avec Antibes, Berlin et Pori (Finlande), à
n'avoir connu aucune interruption depuis sa création. Il est né en 1966 d'un concours
d'amateurs, en pleine dictature franquiste, quand il était difficile d'écouter de la musique
d'inspiration anglo-saxonne. Parti de la place de la Trinidad, il se déplace vers le vélodrome,
le seul endroit alors capable d'accueillir 15 000 personnes et qui fait le plein pendant
plusieurs années.
Mais l'audience baisse avec la liberté retrouvée ; chacun peut dorénavant écouter ce qu'il
veut, et ne restent que les fans. A la fin des années 1980, le festival est en crise. En 1992, les
organisateurs décident de repartir de zéro et de retourner à la place de la Trinidad. "Il fallait
aller là où sont les gens, trouver un contenu ludique pour qu'ils passent un bon moment, de
faire la fête, déclare Miguel Martin, le directeur du festival. A présent, nous disposons de huit
endroits différents, la place de la Trinidad bien sûr, mais aussi les salles du Kursaal, dont
on utilise les terrasses pour des concerts gratuits en plein air qui démontrent qu'il y a un
chemin vers le jazz à partir d'acoustique jazz, de chill out ou de musique latino."
Le 31 août, une manifestation plus solennelle et plus grave a lieu dans la rue qui porte ce
nom, en mémoire du pillage et des massacres commis le 31 août 1813 par les troupes angloportugaises venues "libérer" la ville de l'occupation française ; un incendie avait rasé la ville,
ne laissant que quelques maisons, à cet endroit.
Le 4 septembre commencent les fêtes basques traditionnelles, Euskal Jaiak, avec dégustation
de cidre, concerts, dégustation de produits locaux et régates de chalutiers. Puis, entre le 10 et
le 12 septembre, le Nixon Surf Challenge, compétition internationale de surf libre !
Tout cela permet d'attendre le très emblématique Festival de cinéma, qui fête cette année sa
52e édition. Conçu lui aussi en pleine dictature comme un moyen de prolonger la saison
touristique, il démarre en 1953 et connaît une époque dorée dans les années 1960-1970,
quand les stars et les plus grands réalisateurs y viennent. Là encore la concurrence est féroce.
"Dans les années 1980, le festival cherche non seulement à montrer des films commerciaux
ou à faire la promotion des vedettes, explique son directeur, Mikel Olacigueri, mais aussi à
devenir une plate-forme pour des films qui sont absents des écrans le reste de l'année ; ce
qui a créé l'envie de voir un cinéma différent et d'horizons différents. Notre objectif, c'est que
le festival ne soit pas réservé aux professionnels ; tout le monde peut se procurer des places
sur Internet."
190 films de 36 pays seront projetés sur 20 écrans, dont un hommage à Anthony Mann,
l'avant-première de Melinda et Melinda, de Woody Allen (en sa présence), ainsi qu'un cycle
de "cinéma incorrect", des frères Marx à Michael Moore et, pour célébrer l'année Dali (né en
1904), la projection des courts métrages que Salvador Dali avait réalisés pour Walt Disney.
Martine Silber
L'Express du 11/05/2006
Espagne
Les beautés oubliées de Majorque
par Nathalie Chahine
De criques désertes en sommets peuplés d'oiseaux, la grande île des
Baléares est un bonheur pour les amoureux de nature. A savourer hors
saison
ubliez ce que vous savez de Majorque. Son tourisme bas de gamme. Ses côtes
bétonnées. La plus vaste des Baléares a su miraculeusement préserver des coins de nature
enchanteurs, des sites sauvages et presque déserts. «Je me trouve à Palma, sous des palmes,
des cèdres, des aloès, des orangers, des citronniers, des figuiers et des grenadiers. Le ciel est
turquoise, la mer lapis-lazuli, les montagnes émeraude. Je suis près de ce qu'il y a de plus
beau au monde.» Ce bonheur que décrivait Frédéric Chopin en arrivant à Majorque existe,
nous l'avons rencontré. Il suffit pour cela de rendre visite à l'île au moment où le tourisme
l'oublie - c'est-à-dire à peu près toute l'année sauf les mois de juillet et d'août.
On déjeune adossé au verger, dont les orangers embaument
En quelques kilomètres, vous voilà hors des faubourgs de Palma, la capitale. La route prend
vite des allures de chemin de campagne: sur l'herbe vert tendre, les moutons paissent entre
les amandiers. Plus loin, ce sont des oliviers noueux, plantés devant de belles fermes de
pierres sèches; bon nombre d'entre elles se reconvertissent en fincas, des auberges
accueillant des voyageurs épris de calme, de luxe et de nature. Partout, on aperçoit les crêtes
de la serra de Tramuntana, ses pentes grises et austères. Qu'elle est belle, la petite route qui
serpente de Soller à Biniaraix! Derrière les murets ensoleillés, les orangers et les citronniers
croulent sous les fruits. Mais c'est surtout leur parfum, frais et tiède à la fois, qui envoûte
aussi. On pense aussi, inévitablement, à Chopin. Majorque invite à la nostalgie. A Biniaraix,
on continue le chemin à pied vers la montagne. Prenez celui qui mène au col de l'Ofre, l'un
des plus élevés de la serra - 1 091 mètres que l'on grimpe presque sans souffrir. Le sentier
muletier traverse les oliveraies, puis un hameau hors du temps où des vergers en terrasses
défient la pesanteur. Un vieil homme en descend, son bâton à la main - aujourd'hui, c'est jour
de marché à Biniaraix. Plus haut, derrière les pins qui s'accrochent au canyon, une incroyable
vallée. Là, une prairie toute verte et son pommier en fleur, deux moutons qui courent en
faisant tinter leur clochette. Une ferme. On s'assied, avec l'envie de ne pas repartir. Un oiseau
se pose à côté, trottine, chapeauté d'une jolie crête bleue. Comme ce pinson, ils sont des
milliers à connaître le doux hiver majorquin. L'île est d'ailleurs un haut lieu d'observation de
la gent ailée, qui y fait halte sur les routes migratoires au printemps et à l'automne. Les
oiseaux sont partout, et surtout dans le parc de S'Albufera: sur 1 600 hectares de marais
hérissés de joncs à balais - leurs touffes blanches font deux fois la taille d'un homme - plus de
230 espèces ont été répertoriées, soit 80% de l'avifaune des Baléares. Les allées du parc sont
un lieu prisé des familles espagnoles, qui y déambulent bruyamment, mais au fin fond du
domaine vous trouverez un sentier silencieux qui conduit à un étang. Un affût, cabane de bois
fendue d'une longue fenêtre, accueille les observateurs. On s'assied sur le banc, jumelles en
main, pour découvrir tout un tapage de canards, d'échasses et de poules d'eau. Un cormoran
perché sur un vieux tronc observe, de loin. Ils ont presque tous traversé des milliers de
kilomètres d'océan pour venir là.
Direction Arta, vers l'est. La route qui mène à la mer bascule dans un paysage lunaire de
garrigue déserte. Personne. Soudain, une piste défoncée. Et c'est aussi bien de continuer à
pied; il est juste de dire que les secrets de Majorque se méritent un peu. Tout au bout, la plage
de sable blond de Cala Torta, sa buvette (fermée), quelques enfants qui se baignent. Deux
tentes se sont posées dans la pinède alentour. Poussant plus loin vers le sud, le même
miracle, en mieux: là aussi, il faut marcher (vous êtes dans le parc naturel de Mondrago) pour
rejoindre trois criques très lagon bleu de carte postale. Personne. Sur la plus grande plage,
Cala Mondrago, quelques tables vous attendent. Dans la guitoune, Julio Iglesias susurre My
Way en espagnol aux quelques promeneurs alanguis.
Une halte, ensuite, à Cala Figuera - le genre de port réputé où il faudrait craindre la foule. En
été, dit-on, les vacanciers s'y pressent autant qu'à Saint-Tropez. Là, quelques terrasses
accueillantes ne gâchent pas le tableau d'une crique taillée comme un mille-feuille. On
déjeune adossé au verger de la toute petite église, la senteur des orangers plein les papilles.
Plus loin, dans la rue piétonne, des résidences de vacances fermées, leurs parasols bien
rangés avant l'été. Deux amoureux partagent une glace en écoutant le ressac. Majorque
paresse, incognito.
Aux Baléares, une éco-taxe pour touristes, selon les moyens de
chacun
DECAMPS MARIE CLAUDE
Le Monde 13 avril 2001, page 1
Pas de panique. D'abord, les enfants de moins de douze ans, les retraités et les handicapés
n'auront rien à payer. Ensuite, la somme, calculée dans un louable intérêt de justice sociale,
ne sera pas la même selon que l'on descend dans un établissement cinq étoiles ou un
logement rural. Enfin, les voyages organisés à caractère social en seront exemptés. En
revanche, tout touriste moyen normalement constitué, dans la force de l'âge et en pleine
possession de ses facultés financières, devra obligatoirement s'acquitter de l' " éco-taxe " en
visitant les Baléares.
De quoi s'agit-il ? D'un impôt spécial que vient de décider le gouvernement autonome
socialiste de l'archipel et qui frappera les touristes pour chaque nuit passée dans les îles. La
somme, 1 euro en moyenne, avec des pointes à 2,5 euros pour les hôtels de luxe et un
minimum de 0,25 euro pour un simple gîte ou un camping, sera affectée à des projets
destinés à protéger l'environnement.
L'idée sous-jacente étant, à l'évidence, la vieille formule " les pollueurs seront les payeurs ",
même si le ministre régional du tourisme, Celesti Alomar, explique plus élégamment qu'il
s'agit plutôt, en exerçant " notre souveraineté, devant la nécessité de trouver de nouvelles
ressources pour maintenir l'état du pays ", d'établir une " véritable solidarité entre touristes
et résidants ". Et il ajoute, pour faire bonne mesure, que cela permettra même " une
redistribution de la richesse, grâce aux emplois que ces nouveaux projets environnementaux
permettront de mettre sur pied ".
Etant donné que les Baléares reçoivent chaque année dix millions de visiteurs, ce qui fait
tourner à plus de 80 % l'économie locale, le nouvel impôt devrait rapporter, estiment ses
promoteurs, environ 60 millions d'euros. Une " solidarité " non négligeable.
Pourtant, le gouvernement autonome a beau expliquer l'urgence et le bien-fondé de cette
mesure, utilisée, dit-il, sous d'autres formes, sans problème, dans d'autres pays, les réactions
sont loin d'avoir été unanimes. La plus rapide a été celle du Parti populaire, la formation de
centre droit de José Maria Aznar, qui a perdu le pouvoir aux Baléares il y a deux ans. Pour le
Parti populaire, peu tendre envers les initiatives socialistes, cet impôt est " mal venu, mal
pensé et discriminatoire envers le secteur touristique, que l'on satanise pour obtenir un profit
électoral en maniant démagogie et populisme ".
Quant aux hôteliers eux-mêmes, qui, il y a quelques jours, ont déjà très modérément apprécié
les annonces " touristiques " de l'ETA - l'organisation séparatiste basque armée conseillait
vivement aux voyageurs européens de ne pas aller passer leurs vacances en territoire
espagnol -, ils ont poussé des hauts cris devant ce nouvel impôt dissuasif, à leurs yeux, pour
le client. Au point d'être réduits à en appeler au gouvernement central de Madrid, pour que
celui-ci dépose un recours devant le Tribunal constitutionnel. Car, s'il ne se passe rien dans
les six mois qui viennent, l'éco-taxe entrera bien en vigueur.
MARIE-CLAUDE DECAMPS
Une cité qui mise sur la culture scientifique
LE MONDE | 27.08.04
Valence (Espagne) de notre envoyée spéciale
Troisième grande ville d'Espagne, Valence n'a pas la réputation de Madrid ou de Barcelone.
Néanmoins, depuis les années 1980, ses transformations successives l'on transformée en un
centre d'attraction important tant au plan économique ainsi que du point de vue du tourisme
culturel et scientifique, et même sportif puisqu'elle devrait accueillir l'America Cup, en 2007.
Le Palais des congrès conçu par l'architecte américain Norman Foster et la Cité des arts et des
sciences dessinée par l'architecte valençais Santiago Calatrava sur 350 000 m2 - à qui l'on
doit aussi la coupole des JO d'Athènes, la gare de Satolas à Lyon et qui signera la nouvelle
gare de "Ground Zero" à Manhattan - complètent la vision moderne d'une ville qui garde
aussi les vestiges d'un passé millénaire. Et l'offre ne fait que grandir, les travaux de
construction d'un zoo et d'un parc d'attractions de 10 hectares viennent de commencer.
Tout cela ne va pas sans anicroches et la politique se mêle parfois à l'économie. En effet, ces
projets, souvent qualifiés de pharaoniques, reviennent très cher. La Cité des arts et des
sciences (Cacsa), entreprise publique, a vu pratiquement quintupler les investissements
initialement prévus, l'Oceanografic a coûté 108 millions d'euros et le Palais des arts, qui n'est
pas encore terminé, est passé d'un budget initial de 83 millions d'euros à quelque 170
millions d'euros.
Bâtiment de 100 m de long en forme d'immense œil de la sagesse, l'Hemispheric comporte un
planétarium, un auditorium et un cinéma Imax, comme posé au milieu d'un lac de 24 000
m2. A côté, on découvre le grand jardin suspendu de l'Umbracle au-dessus du parking, le
Musée des sciences Prince-Felipe et ses 30 000 m2 d'expositions, et enfin l'immense
Oceanografic, l'un des plus grands parcs maritimes d'Europe qui s'étend sur 110 000 m2.
TOUT TOUCHER
"Notre objectif, explique José Manuel Aguilar, le directeur de la Cité, est de faire de la
divulgation dans trois domaines, les sciences, les arts et la nature. Et pour procéder à cette
vulgarisation permanente, nous devons nous adapter à l'environnement social. L'année
dernière, nous avons consacré un étage entier du Musée des sciences à la génétique et à la
biologie car c'est un thème très présent dans les interrogations de la société, avec, par
exemple, la recherche sur les cellules mères."
Il est fondamental pour la Cacsa d'être très présente auprès du public scolaire, mais ses
dirigeants cherchent aussi à "attirer un public universel", les Valençais viennent
fréquemment en famille et cet ensemble culturel reçoit plus de visiteurs que bien des lieux
destinés uniquement aux loisirs.
Le Musée des sciences applique la philosophie du "tout toucher" pour que chaque visiteur
puisse faire ses expérimentations. "Nous ne formons pas des biologistes ou des physiciens,
ajoute José Manuel Aguilar; pour intéresser une personne qui n'a pas de connaissances
particulières, il faut qu'elle puisse non seulement voir, mais toucher, manipuler, ressentir
quelque chose. Nous avons fait un atelier en direct sur le cœur, en pratiquant des dissections
et chacun pouvait le toucher. Personne ne va devenir cardiologue pour autant, mais c'est
plus important qu'un panneau explicatif avec des photos."
Pas de parcours indiqué, chacun va où il veut. Rien que sur le génome, il existe 250 modules
interactifs, mais on peut aussi effectuer un (petit) voyage en ballon, participer à un atelier
d'équilibre en montant sur d'étranges bicyclettes, observer le pendule de Foucault ou admirer
une sculpture de 15 mètres de haut qui représente une molécule d'ADN.
Mais le musée doit savoir constamment se renouveler pour convaincre ses visiteurs de
revenir. José Manuel Aguilar en est bien conscient. "Nous sommes amenés, déclare-t-il, à
changer chaque année, et même en cours d'année, certains aspects des expositions
permanentes aussi bien que les activités, les conférences ou les ateliers, avec l'offre la plus
abondante possible."
Martine Silber
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 28.08.04
L'Express du 08/05/2003
Cadaquès
La douceur du cubisme
par Marie-Laure Colson
avec les Guides Gallimard
coordination Françoise de Maulde
Dans ce pittoresque petit port de pêche catalan blanchi à la chaux, des
architectes, inspirés par la géométrie naturelle du paysage, ont bâti des maisons
qui jouent subtilement avec l'ombre, la lumière et la transparence
uand on lui demandait ce qu'il faisait de ses journées à Cadaquès, Marcel Duchamp
répondait: «Rien». Effectivement, lorsqu'il ne disputait pas une partie d'échecs avec Man Ray
à une table du café Meliton, le peintre qui dessina des moustaches à la Joconde s'adonnait
avec délice à l'oisiveté sur la terrasse de sa maison. Elle lui avait inspiré une œuvre: «J'ai
fabriqué un store. Je l'ai fait en bois parce qu'il y a du vent là-bas (1).» Duchamp, qui eut ses
habitudes à Cadaquès jusqu'à sa mort, en 1968, savait qu'un store en toile n'aurait pas résisté
à la tramontane. Les lamelles en bois avaient de surcroît l'avantage de laisser passer le regard
en protégeant de celui des autres.
Aujourd'hui encore, Rosa, la sociologue barcelonaise, ou Guillermo, l'architecte argentin de
Paris, ne disent pas autre chose. Ici, l'activité principale est la contemplation. De la mer, des
oliviers et de la garrigue. Des terrasses de café et de leurs rites. Des corps allongés sur les
roches noires qui protègent la baie. Un exercice qui exige confort et intimité, et auquel
répond parfaitement l'architecture des années 1960 qui a modelé l'une des dernières oasis
d'une Costa Brava fébrile et bétonnée.
Repérer aujourd'hui les maisons d'architectes relève d'un véritable jeu de piste à travers le
Cadaquès touristique et ses boutiques de souvenirs, où règne jusqu'à l'écœurement l'art
sérigraphié de Salvador Dali, qui rendit célèbre le village catalan en le qualifiant de «plus
beau du monde». Il faut tourner le dos à ce qui saute aux yeux, le fort Baluard, l'église du
XVIe siècle et son retable baroque, les barques colorées échouées sur la plage, et s'enfoncer
dans le village. Il n'y a pas de parcours à proprement parler: les architectes qui ont donné à
Cadaquès ce style cubiste ont dessiné une dizaine de maisons qui ont été largement copiées,
et certaines de ces copies sont tout aussi intéressantes. On ira donc au hasard des lacis de
ruelles, à la recherche d'une loggia au carré inhabituellement rigoureux ou des fameux stores
à lamelles. On marchera de la place Marcel-Duchamp, à l'est du café Meliton, à la platja de les
Oliveres pour admirer la casa Apeztegu'ia, édifiée en 1971, prolongation géométrique de la
côte rocheuse. Puis retour au passeig, la place principale, d'où l'on explorera l'autre bout du
village, de la carrer Dr Callis pour voir la casa Staempfli, jusqu'à la carrer Solitari où se trouve
la casa Bombelli. Juste au-dessous, du côté de la Punta d'en Pampa, apparaît la maison
dessinée par Jose Antonio Coderch, austère et élégante bâtisse de pierre sombre qui tranche
sur le blanc des autres façades et le bleu de la mer.
© JSI
Situé à l'extrémité nord de la Catalogne, entre Pyrénées et Méditerranée, Cadaquès, ancien
village de pêcheurs, compte un peu plus de 1 500 habitants. Il a connu la consécration dans
les années 1960 grâce à Salvador Dali.
Lorsque Coderch construit sa villa, dans les années 1960, d'autres architectes catalans ont
déjà rénové quelques maisons du village pour leur propre compte ou pour le compte de
particuliers. Depuis les années 1920, en effet, une dizaine de familles aisées, dont celle de
Dali, originaire de Figueras, prennent leurs quartiers d'été à Cadaquès, dans le luxe du
dépouillement.
On y accédait alors par la mer - la route goudronnée date du milieu des années 1950 - et les
maisons basses et sombres des pêcheurs étaient en partie abandonnées. La ruine de la culture
de la vigne et de l'olivier, qui faisait autrefois sa prospérité, avait condamné une partie de la
population à l'émigration. Ceux qui revinrent plus riches des colonies, Cuba, Porto Rico ou
les Philippines, bâtirent quelques demeures kitsch. Les maisons des «Indianos»,
reconnaissables à leurs couleurs pastel et à leur haute silhouette, sont au bord de la mer,
rénovées à l'identique.
Salvador Dali et son ami le poète Federico Garcia Lorca étaient des habitués de Cadaquès, et
ils aimaient la compagnie. Attirés par l'aura «transcendantale» du maître et la transparence
de la lumière, des artistes et des mécènes investissent progressivement cette enclave de la
pointe orientale de l'Espagne. Ils appartiennent à une communauté de bons vivants, fuyant le
matérialisme de l'après-guerre et l'ordre réactionnaire de l'Espagne franquiste. Ils n'ont
aucune envie de vivre comme des pêcheurs, encore moins sous leurs yeux. Ils veulent le soleil
et l'ombre en sus, pour la fraîcheur et pour abriter des fêtes assez peu catalanes. C'est ainsi
qu'avec la complicité d'architectes inspirés par la géométrie naturelle du paysage ils
conçoivent et font construire des maisons qui correspondent à leur mode de vie et aux
contraintes du lieu. Coderch fait connaître Cadaquès à deux de ses confrères: l'Américain
Peter Harnden, arrivé en Europe dans les valises du plan Marshall, et l'Italien Lanfranco
Bombelli, amateur de peinture abstraite (2).
«La lumière pénètre dans les pièces par de larges baies vitrées, protégées par
des claustras blancs»
Harnden et Bombelli ont en commun le goût de l'économie du trait. En 1959, ils achètent leur
première maison, la villa Gloria, au 5/7 carrer Sant Pere, et la transforment en utilisant des
matériaux trouvés sur place, ardoise, tuiles, chaux, bois et cannisses. L'idée, à la fois simple et
peu onéreuse, a été largement reprise. L'intelligence des habitants de Cadaquès, qui surent
s'inspirer de leur style dépouillé, donne au village une séduisante cohérence, que quelques
excès architecturaux liés à la pression immobilière ne déparent pas.
Mieux vaudrait d'ailleurs parler d'attitude plutôt que de style. Harnden et Bombelli
privilégient l'usage et l'hédonisme. Pour avoir la vue, ils creusent géométriquement les
façades aveugles des maisons de village: tout le monde n'a pas la chance, comme Marcel
Duchamp, de posséder une terrasse... La lumière pénètre dans les pièces par de larges baies
vitrées, protégées par des claustras blancs. Exemplaires, les appartements Pianc, sur la route
de la corniche, ne sont qu'une façade aux lignes abstraites qui escamotent totalement fenêtres
et terrasses. Les maisons et les immeubles dessinés par Harnden et Bombelli, ainsi que les
bâtiments qu'ils ont inspirés, ont en commun la recherche d'une transparence entre
l'extérieur et l'intérieur qui leur donne quelque chose de californien, sans nuire à l'image de
village méditerranéen typique qui a fait la fortune de Cadaquès.
Dans le monde en réduction qu'est ce petit port catalan, les «étrangers», volontiers acceptés,
se devaient de respecter les règles locales. Harnden, Bombelli et leurs émules ont pratiqué
une architecture qui se vit, sans s'exhiber. Les maisons de Cadaquès ne sont pas ouvertes au
public mais ponctuent une promenade ou participent de la contemplation. Toutefois, les
portes s'ouvrent assez facilement à qui sait prendre le temps de se mêler à une population
hétéroclite de Catalans et d'étrangers, d'héritiers et d'exilés, d'artistes et de dilettantes. Voir
ce Cadaquès-là, c'est souvent y rester. Harnden y a habité jusqu'à la fin de sa vie. Bombelli y
vit toujours, discrètement.
(1)Entretien avec le critique d'art Pierre Cabanne, publié en 1967 par Belfond, réédité en
1995 par Somogy.
(2) Leur travail a été salué par une exposition dont il a été tiré un beau catalogue,
malheureusement difficile à trouver: El Cadaqués, de Peter Harnden et Lanfranco Bombelli,
dirigé par Manuel Martin et Anna Noguerra. Edita Collegi d'arquitectes de Catalunya. Girona.
2002.
Archives — Décembre 2007
La Catalogne en mouvement
Les mutations de l’industrie du tourisme
Mer et montagne, nature et culture, soleil et neige, grandes villes et tourisme rural,
gastronomie et hôtellerie de qualité, tout cela concentré dans un périmètre doté de réseaux
de services et de communications que l’on parcourt aisément en deux heures de voiture... Ces
critères ont fait de la Catalogne l’une des régions les plus touristiques d’Europe. L’enjeu,
aujourd’hui, est d’amorcer le tournant qui lui permettra de conserver sa position en
continuant à répondre aux attentes des touristes et des voyagistes.
Avec 15,7 millions d’arrivées internationales, pour reprendre la terminologie de
l’Organisation mondiale du tourisme (OMT), la Catalogne était en 2006 la première
destination espagnole (l’Espagne étant la deuxième puissance touristique du monde tant en
nombre de visiteurs qu’en termes de revenus). Pour mesurer l’ampleur du phénomène, il
suffit d’une simple transposition : si la Catalogne entrait dans ce classement en tant que pays
indépendant, elle arriverait au onzième rang des destinations touristiques européennes,
directement derrière la Grèce (16 millions) et juste devant la Pologne (15,6 millions).
Ajoutons à cela le tourisme intérieur espagnol, et l’on avoisine les 24 millions de visiteurs.
Les résultats de 2007 suivent la même courbe ascendante, avec une légère augmentation de
1,5 % relevée au mois de septembre.
Cela étant posé, il n’échappera à personne que le tourisme est l’une des principales ressources
du pays. La Généralité (le gouvernement autonome catalan) évalue à 11 % la part du tourisme
dans le produit intérieur brut de la Catalogne. La restauration et l’agroalimentaire, qui
représentent à eux seuls 35 %, se placent largement en tête, devant les activités
traditionnellement considérées comme touristiques que sont l’hôtellerie et les agences de
voyages. Celles-ci, associées à la restauration directement liée au tourisme, fournissent à la
région 180 000 emplois directs.
La nouvelle donne internationale, la diversification de l’offre et de la demande sur le marché
des « destinations soleil », l’évolution des mentalités sont autant d’éléments qui ont conduit
le secteur à s’engager dans un processus de changement. Une mutation que certains facteurs
viennent accélérer.
Campagnes
de promotion
internationales
Si, dans les années 1970, la majeure partie des touristes étrangers venait en Catalogne par le
biais de tour-opérateurs, la tendance actuelle est au voyage à la carte que l’on choisit et
organise soi-même en contactant directement les hôtels via Internet. Les séjours de longue
durée, les réservations prises des mois à l’avance, tout cela a fait long feu. Aujourd’hui, pour
attirer et fidéliser une nouvelle clientèle, il est plus que jamais nécessaire d’innover et de
multiplier les formules. C’est dans cet esprit que les autorités locales catalanes, le
gouvernement autonome et le secteur privé ont entrepris de travailler de manière concertée.
Ils ont ainsi lancé plusieurs campagnes promotionnelles internationales dans le cadre d’une
coopération mixte.
En la matière, l’exemple à suivre est sans nul doute celui de la capitale catalane. Avant les
Jeux olympiques de 1992, Barcelone était principalement connue comme une ville
industrielle et commerciale, ou encore pour son club de football. Au début des années 1990,
les mois de juillet et d’août, ainsi que la plupart des week-ends, étaient pour les hôteliers
synonymes de saison creuse. Les jeux ont donné à Barcelone un formidable coup de
projecteur, et Turisme de Barcelona a fait le reste. Grâce à la promotion internationale
orchestrée par ce partenariat public-privé, Barcelone est entrée dans les circuits touristiques
pour devenir l’une des villes les plus à la mode du monde. Cette tendance ne s’est pas
démentie depuis. Au lieu de 10 000 chambres d’hôtel dans les années 1990, la ville en compte
aujourd’hui près de 27 000 avec une capacité d’hébergement de 48 000 places, et le secteur
ne donne aucun signe de repli. Ce succès est même devenu un réel problème pour une partie
de la population locale et donne lieu à de vifs débats d’opinion sur les limites de l’expansion
et les orientations futures.
Quoi qu’il en soit, Barcelone, urbaine et culturelle, draine à elle seule plus d’un tiers des
visiteurs et est bel et bien devenue la première destination touristique de Catalogne. Elle est
suivie de près par la Costa Brava (qui dispose de 12 000 chambres d’hôtel de plus que la
capitale) ; vient ensuite la Costa Dorada (au sud), avec 15 % de visiteurs, tandis que les côtes
de Maresme et de Garraf, l’arrière-pays et les Pyrénées se partagent les 18 % restants. Ces
chiffres mettent en perspective certains des autres défis à relever. Si la région souhaite à
l’avenir être moins dépendante du tourisme balnéaire, qui demeure saisonnier, une
diversification territoriale est nécessaire. Elle doit par ailleurs s’attacher à offrir des services
de qualité internationale à des prix concurrentiels. L’université autonome de Catalogne, qui a
élaboré un indice de l’activité touristique, a publié une étude s’appuyant sur l’observation de
situations analogues dans d’autres hauts lieux touristiques qui met en garde contre la
concentration et les pertes économiques engendrées par les effets de la congestion.
A l’heure actuelle, les principaux concurrents sur le marché des « destinations soleil » sont
les pays émergents d’Afrique du Nord, comme le Maroc et la Tunisie, la Croatie, qui connaît
une ascension fulgurante, la Turquie et enfin les Caraïbes ; autant de marchés qu’exploitent
de nombreuses entreprises espagnoles et pour lesquels elles proposent des séjours, vols
compris, à des prix très compétitifs.
Jusqu’à présent, la progression constante des arrivées internationales est parvenue à
compenser la réduction du temps de séjour. Plus nombreux, les touristes dépensent moins
mais génèrent de plus grosses recettes. Les analystes, l’industrie hôtelière et l’administration
s’accordent à penser que ce mode de fonctionnement n’est pas viable sur le long terme, entre
autres raisons parce que les capacités d’accueil durant la haute saison (juillet-août) ont
atteint leur plafond.
Des visiteurs plus
nombreux pendant
moins longtemps
En faisant de la Catalogne l’une de leurs destinations phares, les compagnies aériennes à bas
prix ont largement contribué à ce développement. Ces nouvelles compagnies, qui
représentaient dans un premier temps une alternative aux vols charters affrétés par les touropérateurs, ont très vite constitué leur propre clientèle (en majorité des nouveaux passagers
aux revenus modestes) et offrent aujourd’hui une option supplémentaire à tous les publics
désireux de visiter le pays. De fait, si l’on additionne le nombre d’usagers qui transitent par
les aéroports d’El Prat (Barcelone), Gérone ou Reus, la Catalogne aura comptabilisé la moitié
de tous les déplacements sur les vols à bas prix enregistrés en Espagne entre janvier et
septembre de cette année, soit 4,5 millions de passagers.
Là encore, le phénomène ne fait pas l’unanimité. Au départ, le boom des vols à bas prix a
même soulevé des critiques virulentes. Une partie du secteur considérait en effet que cela
n’amènerait qu’un tourisme bas de gamme, seulement attiré par le prix des alcools et du
tabac. Amplifiés par les médias, les problèmes ponctuels qui ont affecté certaines zones de la
Costa Brava – liés à ce que l’on a appelé turismo de borrachera (« tourisme de beuveries ») –
ont apporté de l’eau au moulin des critiques.
Force est pourtant de constater que les changements d’habitudes des touristes, plus enclins
désormais à voyager plusieurs fois par an et à séjourner moins longtemps dans le même lieu,
ont clairement retourné l’opinion en faveur des compagnies à bas prix. Tant et si bien
qu’Iberia, la principale compagnie aérienne espagnole, a créé à Barcelone sa propre filiale à
bas prix. Baptisée Clickair, cette société a récupéré la majorité des vols court-courriers et
moyen-courriers d’Iberia et, pour l’heure, l’opération semble des plus fructueuses.
Les croisières maritimes participent également du développement touristique catalan. Là
encore, Barcelone est apparue comme le fer de lance d’une nouvelle tendance. Son port fut en
effet l’un des premiers à se moderniser pour accueillir les bateaux de croisière qui sillonnent
la Méditerranée.
A noter également une forte croissance du tourisme rural. Fin 2006, on recensait
1 723 établissements consacrés à ce secteur (avec une capacité d’hébergement de
11 000 places). Les associations locales évaluent à 270 000 les personnes ayant opté pour ce
type de séjour durant la même période. Ce qui avait débuté il y a une vingtaine d’années
comme une activité secondaire, et représentait une source de revenus d’appoint pour les
agriculteurs, s’est mué en un réel secteur d’activité. A telle enseigne que le gouvernement
autonome a dû renforcer la législation afin d’éviter toute concurrence déloyale et veiller à ne
pas léser l’industrie hôtelière et les locations saisonnières traditionnelles soumises à des
charges fiscales plus lourdes, ainsi qu’à des règles de fonctionnement plus strictes.
Un mot enfin sur la principale fréquentation touristique de la Catalogne, qui n’est autre que
la clientèle française. En 2006, 15,6 millions de Français sont passés par la Catalogne et,
parmi ceux-ci, 4 millions y ont séjourné au moins une nuit (1 touriste étranger sur 4 était en
2006 un Français). Se déplaçant habituellement en voiture, ils concentrent leurs visites entre
les mois de mai et d’août (pour près de 50 %), et leurs séjours ne dépassent habituellement
pas trois jours.
Si les prix de l’hôtellerie sont équivalents à ceux pratiqués en France, en particulier dans les
villes moyennes, ceux de la restauration et des services ont en revanche flambé au point de
provoquer la colère des hôteliers, qui craignent de voir « tuer la poule aux œufs d’or ».
« Vendre l’image
d’un pays
intégral »
D’évidence, la situation de l’emploi en Catalogne est intimement liée à l’industrie du
tourisme. L’été dernier, les hôtels et les restaurants ont à nouveau souffert d’une pénurie de
main-d’œuvre ou du manque de qualification du personnel qu’ils parvenaient à recruter. Les
syndicats imputent ce problème à des conditions de travail qu’ils qualifient de quasi
esclavagistes. Mis à part quelques rares exceptions, les salaires sont très faibles et les horaires
plus contraignants que dans n’importe quel autre secteur d’activité.
Les responsables de la politique touristique, compétence exclusive du gouvernement
autonome, ont dessiné un plan stratégique qui prévoit, à l’horizon de 2010, de mettre l’accent
sur la nécessité de préserver l’identité du pays catalan. M. Josep Huguet, le conseiller au
tourisme, est l’un des dirigeants du parti indépendantiste Esquerra Republicana de Catalunya
(ERC). Il pense que, dans un monde globalisé, les particularismes deviennent plus attractifs
et que pour promouvoir la Catalogne à l’étranger il faut « vendre l’image d’un pays
intégral ».
SALVADOR SABRIA.
A Malaga, le musée de famille de Picasso
LE MONDE | 06.11.03 • MIS A JOUR LE 06.11.03 | 15h03
Un nouveau lieu consacré au peintre ouvre ses portes dans sa ville natale. Un
ancien palais du XVIe siècle, aménagé, expose les tableaux cédés par Christine
Ruiz Picasso et par son fils.
Malaga (Espagne) de notre envoyée spéciale
C'est à Malaga, le 25 octobre 1881, que Picasso est né. L'aurait-on oublié ? Des étendards
accrochés aux lampadaires de la vieille ville rappelaient en tout cas l'événement lors des
festivités flamboyantes qui ont accompagné fin octobre l'inauguration, en présence du roi et
de la reine d'Espagne, du dernier-né des musées consacrés à l'artiste.
Le quatrième. Après celui d'Antibes (1947), né du vivant de l'artiste, à la suite d'un séjour
idyllique du peintre au château Grimaldi où il avait été invité à venir travailler par le
conservateur du musée, Romuald Dor de la Souchère. Après celui de Barcelone (1963), ouvert
grâce à la donation de Jaime Sabartes, ami et secrétaire de l'artiste. Après le musée de l'hôtel
Salé à Paris (1985), qui renferme la considérable dation reçue par l'Etat français en paiement
des droits de successions.
Picasso, au fond, a fait aussi bien, sinon mieux, que Rodin, dont les trois ou quatre musées
dans le monde s'expliquent par la multiplication des bronzes post mortem autant que par
l'abondance de la production du sculpteur. Avec Picasso, c'est une autre histoire : celle d'une
œuvre pléthorique dont on ne sait sûrement pas tout, malgré la quantité des expositions qui
lui sont consacrées, malgré la circulation des œuvres partagées entre les héritiers après la
mort de l'artiste, en 1973. A preuve, ce nouveau musée de Malaga, né de la générosité de
Christine Ruiz Picasso, veuve de Paul, dit Paulo, (fils de Pablo et d'Olga Kokhlova), et de
Bernard Ruiz Picasso, son fils. De Christine, le musée andalou a reçu en donation 133 œuvres.
Bernard, petit-fils du peintre, en a donné 22 et prêté 49 pour une longue durée.
Le projet du Musée Picasso de Malaga remonte à une dizaine d'années. A beaucoup plus loin
en réalité si on se réfère au vœu d'intellectuels et de notables de la ville formulé dans une
lettre à Picasso en 1953, signée Juan Tamburi. L'idée d'un musée dans sa ville natale, où il
vécut dix ans avant de partir pour La Corogne, puis Barcelone et Paris, ne devait pas déplaire
à l'artiste, puisqu'il envoya Paulo à Malaga pour tâter le terrain. Mais les choses en restèrent
là : dans l'Espagne franquiste, le peintre de Guernica, qui plus est communiste, était
indésirable.
Christine Ruiz Picasso s'est souvenue de cet épisode après sa visite en 1992 de l'exposition
"Picasso Clasico" au palais épiscopal de Malaga. A cette occasion, toute la famille Picasso
avait bien voulu prêter des œuvres, à la demande de son commissaire, Carmen Gimenez.
Sans cette spécialiste de la sculpture au XXe siècle et des musées d'art moderne - elle est à
l'origine du Musée Reina Sofia de Madrid et du Musée Guggenheim de Bilbao -, le nouvel
établissement de Malaga ne serait sans doute pas ce qu'il est : une réussite.
Le succès de l'exposition de 1992 et son accueil chaleureux ont incité Christine Ruiz Picasso à
proposer au gouvernement autonome d'Andalousie la création d'une fondation à partir de la
donation de la plus grande partie de sa collection. Celle-ci était alors présentée (par Carmen
Gimenez, toujours elle) à Malaga et à Séville, puis à Nîmes (en 1995), sous le titre "Picasso,
premier regard".
Cette collection, accrochée comme il faut sur les cimaises parfaites du musée de Malaga, ne
manque ni de charme ni d'intérêt particulier. Elle donne en effet de l'artiste une image
sensiblement différente de celle qu'on a l'habitude de croiser : un Picasso au quotidien,
intime et familial, qui s'attendrit sur son premier rejeton joufflu, croque son monde
gentiment, multiplie les pochades, bricole des petites sculptures à ne pas manquer, s'adonne
à la céramique. On y trouve beaucoup de dessins. Parmi les tableaux figurent le très
traditionnel portrait d'Olga à la mantille de 1919, un Buste de femme, les bras croisés
derrière la tête, et nez au vent, de la période de Royan (1939), l'insolent Nu couché et chat de
1964, ou encore la Baigneuse dans les vagues de 1971 et ce terrible Homme, femme et enfant
dégoulinant de noir de 1972. De bonnes choses, certes, mais un peu minces pour bâtir un
musée.
C'est là que le petit-fils de Picasso, Bernard Ruiz Picasso, vient en renfort par des dons et des
prêts à long terme (dix ans renouvelables) ou à court terme (un an) d'œuvres de sa propre
collection, dont on ne sait sûrement pas tout. Elle est en tout cas forte en dessins cubistes, en
figures géométriques et organiques des années 1920 et 1930 ; elle comprend un étonnant
tableau de 1962, Coq sur une chaise sous la lampe, et de grandes toiles fascinantes de la
dernière période, portraits en pied ou cul par terre de figures héroïques ou légendaires,
dramatiquement brossées à l'emporte-pièce.
Ainsi, toutes les époques de l'œuvre sont représentées dans le nouveau musée, dont la
conception et l'adaptation à une architecture ancienne sont très réussies. Il faut le verser à
l'actif de Carmen Gimenez, nommée directrice du projet, et maintenant du musée, et à celui
de Richard Gluckman, l'architecte qui dessina la Dia Foundation à New York. L'intervention
de ce dernier est sobre et efficace, respectueuse de l'ancien palais du XVIe siècle, de ses vieux
murs, de son patio, de ses salles aux plafonds de bois ouvragé. Elle a doté le musée
d'équipements modernes : grandes salles d'expositions temporaires avec lumière zénithale,
réserves, auditorium, librairie, cafétéria donnant sur une cour intérieure, avec une ligne d'eau
et des arbres.
L'ensemble est pris dans un tissu serré de maisons dont trois ont été annexées et reliées au
palais. Cette extension n'était pas prévue initialement. En creusant le sous-sol pour y installer
les locaux techniques et les réserves, des vestiges phéniciens et romains ont été découverts :
le chantier du musée a dû être arrêté presque deux ans, le temps d'effectuer les fouilles et de
trouver d'autres solutions pour les réserves. C'est ainsi que le musée a pris de l'ampleur, en
faisant plus que doubler sa surface, qui est aujourd'hui de 8 300 m2.
La partie ancienne du musée accueille la collection permanente, la partie neuve est vouée aux
expositions temporaires. Personne, ni les donateurs ni Carmen Gimenez, ne veut d'un musée
mausolée. Ils entendent le faire vivre en y amenant des expositions consacrées à Picasso,
mais aussi à des artistes qui étaient proches de lui et à l'art contemporain.
La région suit. Le Musée Picasso de Malaga est en effet le seul d'Andalousie consacré à l'art
du XXe siècle. Mais pour ce faire, il faudra de l'argent. Pour l'instant, c'est le gouvernement
autonome, la Junta, qui paye, pas la municipalité de Malaga, qui peut se réjouir : elle vient de
trouver une raison de retenir les millions de touristes qui passent par la ville. Le
gouvernement autonome a acheté le palais et les maisons voisines, financé les travaux
d'aménagements pour 66 millions d'euros. Il assure aussi le fonctionnement de l'institution
pour cinq ans. Mais après ?
Les arguments de qualité présentés aujourd'hui suffiront-ils à convaincre qu'un musée qui se
respecte ne peut être uniquement un dépôt d'œuvres, même s'il s'agit de celles du plus
considérable des peintres du XXe siècle ? Le fonds, qui est fragile, ne risque pas de se
développer par des achats. Son avenir dépend beaucoup de la générosité de Bernard Ruiz
Picasso, qui est marié à la galeriste Almine Rech - c'est d'ailleurs au nom de la Fondation
Almine et Bernard Ruiz Picasso que les prêts de courte durée ont été consentis - et qui a des
enfants.
L'avenir de la collection est peut-être également lié aux autres héritiers : tous, à l'exception de
Marina, ont prêté des œuvres pour l'exposition temporaire inaugurale : "Le Picasso des
Picasso". Celle-ci a été conçue à partir de ce qui restait dans les ateliers à la mort de l'artiste,
et qui est passé dans les partages entre les héritiers, lesquels ne se sont pas forcément privés
de vendre. Judicieusement fédératrice, elle donne une belle idée du potentiel du musée, qui
pourrait devenir celui de la famille, et gagner ainsi une identité.
Geneviève Breerette
Museo Picasso Malaga ; Palacio de Buonavista, San Augustin 8, Malaga. Tél. : + 34-902-4433-77.
• ARTICLE PARU DANS L'EDITION DU 07.11.03
Comment le Guggenheim a transformé Bilbao
De notre correspondante DIANE CAMBON
22/10/2007.
IL Y A tout juste dix ans, un vaisseau de titane atterrissait sur les berges de la métropole
basque Bilbao. Le Musée Guggenheim, dessiné par l'Américain Frank Gehry, venait de voir le
jour. Majestueux, cet édifice aux formes ondulées trônait à l'époque au milieu d'une immense
friche industrielle. Une décennie plus tard, il brille au coeur d'un paysage urbain d'avantgarde et soigné, devenu le lieu de promenade favori des Bilbotarrak, les habitants de Bilbao.
Avec l'inauguration du Guggenheim le 17 octobre 1997, Bilbao sonnait le glas de son passé
industriel pour devenir une ville attrayante et dynamique. Cette mutation porte désormais un
nom dans les écoles d'architecture : l'effet Guggenheim.
Ancienne cité industrielle, marquée par la sidérurgie et la chimie, la capitale de la région
Biscaye était plongée dans une grisaille sinistre avant l'arrivée de ce nouveau temple de
l'architecture. Encastrée entre sept collines et parcourue par le fleuve Nervion, aux eaux
polluées et nauséabondes, Bilbao faisait fuir les visiteurs. Les touristes se cantonnaient à la
chic et romantique cité balnéaire de Saint-Sébastien et délaissaient la « déprimante Bilbao ».
Sur les berges, où l'architecte américain décide de poser la première pierre du futur Musée
d'art contemporain, s'étendait une zone délaissée. Une sorte de terrain vague, où cohabitaient
des entrepôts en ruine, des hauts fourneaux en panne et des usines vétustes. Dans cette
immense friche industrielle vivaient des squatters et des drogués. Cette image d'une ville,
transformée en pôle industriel à l'abandon, illustrait les états d'âme de l'économie du Pays
basque. La région était plongée dans une profonde crise sociale, touchée de plein fouet par la
reconversion de l'industrie lourde.
Un million de visiteurs par an
Pour faire face à ce marasme, le gouvernement nationaliste basque (PNV) au pouvoir voulut
parier sur un projet phare afin de relancer la région. Même si l'idée de contacter la Fondation
Guggenheim ne faisait pas l'unanimité, celle d'utiliser la culture comme moteur économique
a en revanche séduit toutes les autorités. Passées les critiques du monde de la culture
espagnole contre « l'invasion du modèle culturel américain », le projet fut accepté et financé
à 100 % par les caisses publiques basques. Le gouvernement régional et la province de
Biscaye déboursèrent au total 150 millions d'euros, les oeuvres d'art restant à la charge de la
fondation américaine.
En six ans, l'investissement de départ a été remboursé. Mieux encore, selon la région basque,
le musée contribue à hauteur de 1,57 milliard d'euros au PIB régional. En outre, 45 000
emplois ont vu le jour grâce cette construction futuriste. Le musée connaît, en effet, un succès
croissant. Depuis trois saisons, le cap du million de visiteurs annuel est franchi. Rien
d'étonnant à ce que l'apport du Guggenheim à l'économie locale fasse l'objet d'étude dans les
universités. À l'école de design de Harvard, on parle même désormais de l'« effet
Guggenheim ».
Car le Guggenheim a servi de locomotive urbaine pour remodeler le paysage industriel de la
ville. Dès l'inauguration du musée, les autorités lancent l'« opération Bilbao ». Il s'agit de
reconstruire 345 000 m² de terrain autour du musée. L'effort financier est une nouvelle fois à
la hauteur des ambitions : 735 millions d'euros. La note supplémentaire sera de contacter des
architectes prestigieux : Norman Foster se chargera du métro, le Valencien Santiago
Calatrava du pont qui unira les rives du Nervion, les tours bureaux seront dessinées par le
Japonais Arata Isozaki... Certains parleront d'architecture-marketing pour évoquer les
projets. Or, depuis dix ans, Bilbao accumule les prix d'urbanisme. En 2004, la ville a ainsi été
désignée, lors de la Biennale de Venise, meilleur projet urbain au monde.
Depuis, d'autres villes espagnoles et européennes cherchent à reproduire l'effet Guggenheim.
La ville de Léon en Castille a inauguré son Musée d'art contemporain (Musac) en
septembre 2005. Construit par le cabinet d'architecture madrilène Mansilla et Tuñon, cet
édifice étonne par sa dimension et surtout sa façade polychrome, composée de vitraux de 42
teintes différentes. L'objectif non caché est de redynamiser cette ville endormie de la plaine
castillane. On retrouve les mêmes intentions à Lens, portée par le projet d'un futur Louvre.
L'an dernier, une équipe de 120 élus de la région Nord-Pas-de-Calais s'est rendue dans la
métropole basque pour y découvrir les clefs du « miracle Bilbao ». En attendant l'ouverture
du Louvre de Lens prévue en 2010.
SÉCHERESSE - L'Espagne et le Portugal victimes des touristes
d'Europe du Nord
Courrier international 5 juillet 2005
Les réserves d'eau de la péninsule Ibérique sont dans une situation critique. En Espagne
comme au Portugal, la sécheresse a atteint un niveau record depuis un demi-siècle, note The
Independent. Mais "le réchauffement de la planète n'en est que partiellement responsable",
selon le quotidien londonien, qui attire l'attention sur un facteur spécifique et aggravant : la
pression touristique exercée par les pays d'Europe du Nord.
A cet égard, les Britanniques forment le gros du contingent des touristes qui "accroissent la
demande en terrains de golf, piscines et maisons de luxe". En effet, "près de 2 millions
d'étrangers, essentiellement des Anglais, possèdent des maisons de vacances sur la côte
espagnole, et près de 350 000 nouvelles maisons étaient en construction l'an dernier sur la
côte méridionale".
Autre indice : "L'Espagne a construit 160 parcours de golf depuis 2000, très majoritairement
dans le Sud, et 150 autres sont en projet", souligne The Independent. "Le business du golf a
rapporté en 1997 plus de 2 milliards d'euros, un chiffre qui a quasiment triplé depuis."
Les scientifiques craignent qu'un tiers de l'Espagne ne devienne "un désert d'ici cinquante
ans". La région de Murcie est l'une des plus touchées. En outre, "la situation est pire au
Portugal, où une grave sécheresse affecte 70 % du pays, notamment la région méridionale de
l'Alentejo, également devenue une destination prisée par les touristes à haut standing".
L'Express du 10/04/2003
Vallée de Tabernas
Pour quelques westerns de plus
par Arnaud Malherbe
Il était une fois, dans l'Ouest andalou, la vallée de Tabernas, assoupie en plein désert. Jusqu'à
ce que les tournages et le tourisme réveillent ce haut lieu du «western-paella»
Extrême sud de l'Espagne. Il n'y a pas de raison de quitter l'autoroute à la hauteur du petit
village perché de Tabernas, près d'Almeria, en Andalousie. Entre les échangeurs, une stationservice et une décharge, l'horizon découpé par les sierras ne fait pas dans l'hyperbole. Il y a
bien ces failles, ces rios à sec, cette étendue rêche au parfum d'Arizona. Mais de vide absolu,
de monde perdu, point. On cherche l'immensité d'un désert, et c'est un mirage qui apparaît.
Au loin, balayées par un vent à décorner le bétail, les herbes folles du canyon galopent dans
une rue déserte, jusqu'aux portes d'un saloon. Une ville en bois, avec son general store, son
bureau du shérif, son fort de tuniques bleues, son village mexicain aux murs blancs et sales.
Texas Hollywood, l'un des trois poblados (villages) de western encore debout. Le mythe de
l'Ouest américain en un regard, un pincement au cœur.
© T. Dudoit/L'Express
Les studios de cinéma de Mini Hollywood ont
désormais des allures de parc d'attractions à la
Disney.
Ces poblados sont des reliques. Le vernis d'une époque glorieuse et mystificatrice, d'un
magnifique mensonge orchestré par et pour le cinéma. Au début des années 1940, on y
tournait déjà des aventures de cow-boys et d'Indiens, en espagnol. Repéré dès le milieu des
années 1950 par les firmes hollywoodiennes, Tabernas servit de décor à quelques
superproductions - Cléopâtre, Lawrence d'Arabie - avant de se vouer au western européen.
Un beau matin de 1965 vint l'ami Leone. Sergio l'Italien. Le jeune réalisateur, pote avec un
producteur espagnol, écrit en trois semaines et tourne en sept un western ultrastylisé
révolutionnaire, Pour une poignée de dollars. Un inconnu, Clint Eastwood, énigmatique et
hiératique poncho ambulant, ne dit rien, tire sur son cigarillo et flingue des méchants
grimaçants.
Un genre est né: le «western-spaghetti». Ou plutôt «paella». Car, dans la vallée de Tabernas,
c'est la révolution. On tourne plusieurs centaines de films en quelques années. Le désert se
couvre de décors. A la fin des années 1960, on ne compte pas moins de 14 poblados en dur.
Les équipes de tournage débarquent du monde entier. D'Italie, bien sûr, mais aussi
d'Allemagne, de France, des Etats-Unis. Outre les opus de Leone (Et pour quelques dollars de
plus, Le Bon, la brute et le truand… et, ultime clin d'œil, Il était une fois dans l'Ouest), le
gratin des cow-boys vient ici jouer du colt - Les Sept Mercenaires, Django, Shalako (Sean
Connery). Même Winnetou, l'Indien «allemand» de l'écrivain Karl May. La région entière se
met à l'heure de l'Ouest: «Tout le monde avait un figurant, un cascadeur ou un technicien
dans sa famille. Le balai des camions et des stars était incessant», note l'historien local José
Enrique Martinez Moya dans son livre, Almeria, un monde de cinéma. C'était une ruche, une
folie au quotidien, sur quelques kilomètres carrés.»
Jusqu'au milieu des années 1970. Car, après, c'est la crise. Les shérifs pointent au chômage.
Le Far West n'intéresse plus personne. Et un décret de Franco complique les accords de
coproduction. La vallée s'enfonce dans la déprime. Les fortins, les missions et les relais de
Pony Express sont abandonnés aux instincts vandales des gamins du coin. L'histoire aurait
pu se terminer ainsi. Comme s'il ne s'était rien passé ici, dans le Grand Ouest de l'Espagne.
Mais, contre toute attente, depuis trois ou quatre ans, le désert semble renaître. Le tourisme,
les tournages de pubs, de clips... De vrais films, parfois. Une communauté étrange et rêveuse
semble n'avoir jamais quitté les lieux. Texas Hollywood, le plus actif des poblados, le seul qui
accueille encore d'authentiques tournages, n'est plus une ville fantôme. Ses cow-boys, qui
cachetonnent en se bastonnant devant des touristes moqueurs ou dans les (rares) cavalcades
cinématographiques, vivent ici toute l'année.
A l'entrée (payante), derrière sa guérite de bois, de bric et de broc, l'homme à la bouille ovale,
cuite par le soleil, fronce les sourcils. Il toise l'étranger, avec ces yeux en fente, ce long nez,
une moue incertaine à la Dustin Hoffman, dans Little Big Man (Arthur Penn). Lui se nomme
Diego. Il est «cow-boy» depuis vingt ans. Comme Jésus, qui s'approche d'un pas chaloupé,
imper sale, chapeau bas, clope au bec et colt fiché entre le ventre et la ceinture. C'est «El
Rubio» (le Blond). On les connaît en ville, lui et son Stetson. Il habite une petite pension à
Tabernas, paie ses repas et sa gnôle en se cassant le corps - une fois la clavicule, trois fois le
poignet, deux clous dans le genou… - pour les touristes, sur la table du saloon. L'Ouest, c'est
sa vie.
«Je suis comme les toreros, assure El Rubio. Ce costume est ma vraie peau, mon cœur, ma
raison d'être.» Il a vu tous les films. Comme ses compadres, il rêve de western nuit et jour.
Autrefois, il a galopé au côté de Kris Kristofferson, dans Le Chemin de la vengeance.
Récemment, il a joué aux cartes dans Blueberry, du Français Jan Kounen (sortie française
prévue à l'automne 2003), dont certaines séquences ont été tournées là. De quoi s'accrocher.
«Les gars y croient un peu fort, note Rafael Molina, chef cascadeur, patron et sauveur des
lieux. D'une certaine manière, ils sont les héritiers des années de gloire. Certains - très peu ont connu les derniers grands tournages. Ils fantasment sur tout ça. Alors, quand les
réalisateurs débarquent, qu'ils voient le décor et ses habitants, plus vrais que nature, ils sont
sous le charme. Ils prennent le tout.»
Alex de la Iglesia, jeune cinéaste espagnol dans le vent (Le Jour de la bête), a fait mieux. Venu
en touriste avec un vague projet de western, il a décidé de raconter l'histoire des cascadeurs
de Tabernas. Dans 800 Ballas (bientôt sur les écrans français), des cow-boys oubliés du
monde doivent se défendre, armes à la main, contre des promoteurs véreux. Juan, la
soixantaine, une bosse sur le dos et presque plus de dents, se souvient, tout fier, de l'arrivée
du réalisateur: «"Je suis Alex de la Iglesia", il a dit. "Je suis Juan, le guichetier, c'est 4 €! ", j'ai
répondu.» Dans le film, Juan joue son propre rôle.
Quand, en 1975, Molina rachète cette ville fantôme, hérissée de quatre ou cinq bâtiments
délabrés, pour une bouchée de pain, il fait le pari de la survie du western comme genre
cinématographique. Il ne l'a pas perdu. Chaque tournage apporte un nouveau bâtiment,
restaure l'hôtel, l'échoppe du croque-mort, la prison. «C'est la seule ville de l'Ouest en
Europe, et peut-être dans le monde», assure Molina.
Mais on n'a pas tourné que des westerns à Texas Hollywood. Derrière les façades de la
Grand-Rue, des trésors inattendus en témoignent. A côté des fiacres des Pétroleuses,
Cardinale et Bardot, reposent quelques véhicules dingos de Mad Max III, un squelette de
cheval, des totems de dragons, vus dans Conan le Barbare, dernière grande superproduction avec Indiana Jones et la dernière croisade - filmée dans le coin. Rafael a combattu Arnold
Schwarzenegger à cheval, «le guerrier en noir, qui se prend un coup de hache vers la fin du
film». Mieux: «Le chameau blanc assommé par Conan, vous vous souvenez? glisse-t-il. Son
petit-fils est là-bas.» Dans l'enclos, avec les chevaux et les bisons.
«Personne ne nous aide, déplore néanmoins Molina. Les politiques se pointent dans la
région uniquement quand les stars sont là. L'équilibre financier reste précaire.» Le barman
au petit bouc, qui astique sa pétoire à longueur de journée, joue dans les spectacles. Les cowboys tiennent le guichet de l'entrée. Avec une moyenne de trois ou quatre tournages par an, la
ville de Molina tient le coup, vaille que vaille. Elle attend Les Daltons, une production
française emmenée par les humoristes Eric & Ramzy, qui débarque dans quelques semaines.
Chacun sa façon de tordre le cou à la fatalité. Peu de gens, en dehors de Molina, continuent
de croire au cinéma pur et dur. Le poblado Mini Hollywood a viré en parc d'attractions genre
Disney. Une grande chaîne d'hôtels a opté pour une ville toc et chic, aux couleurs criardes,
avec un vivarium et des perroquets qui font du vélo. Plus de 200 000 visiteurs s'y pressent,
contre moins de 15 000 en 1984. Ils passent devant la First City Bank, transformée en musée,
sans savoir que Gian Maria Volonte la dévalisa un jour (Et pour quelques dollars de plus).
«Le patrimoine est sauvé, nous faisons travailler 140 personnes en haute saison», se défend
Placido Martinez, le directeur, ancien chef décorateur de plateau, qui a trouvé les lieux à
l'abandon, il y a vingt-six ans. Les décors fantaisistes, artificiels? «Le sont-ils moins que les
films?»
Mieux vaut cela, sans doute, que le sort réservé à cet autre poblado, Rancho Leone, construit
lui aussi, à l'origine, par le célèbre réalisateur italien. Glauque. Repris par des Madrilènes,
l'endroit est géré par une famille du coin mal embouchée. Le papa, un petit gros, poissonnier
dans le civil, fait glisser son index sur son pouce. Il demande 1 200 € pour autoriser les
photos de presse. «Y'a que les clips et les pubs qui gagnent. Dix jours par an, ça suffit.» Pas
de photo, donc.
Derrière une fenêtre, un rideau en plastique bouge: l'abuela (grand-mère) en noir surveille
son monde. Le petit-fils, pas bien dégourdi, avec ses deux chemises enfilées par-dessus son
pull, agite ses clefs pour demander s'il doit ouvrir la boutique de souvenirs. Le saloon abrite
un flipper et des posters jaunis. Dans cette maison, aujourd'hui posée sur du béton, collée à
des bâtiments récents, fut tournée la légendaire séquence d'ouverture d'Il était une fois dans
l'Ouest, le massacre de la famille de Claudia Cardinale, par Henry Fonda et ses longs
manteaux. Ce n'est certes pas une église classée par l'Unesco, mais si la famille de
poissonniers décide de la raser, personne ne l'en empêchera. Et c'est triste.
A 300 mètres de là, accroché à la colline, le superbe fort du Condor (avec Charles Bronson)
part en miettes. «La mémoire de Tabernas s'enfonce dans le sable du désert, écrit encore
l'historien Martinez Moya. Les gens se trompent, même dans les dépliants publicitaires,
quand ils assurent que tel film fut tourné là, alors que l'endroit n'existait pas encore. Un peu
partout dans la sierra, des pans de murs, des pans d'histoire s'écroulent, pour toujours.»
Il restera les films. Il restera les rêveurs, aussi. Comme El Rubio, qui avoue un petit secret en
caressant timidement sa moustache: le soir, dans sa chambre de célibataire, quand l'alcool
veut bien le laisser tranquille, il écrit. Des scénarios. «Des histoires de coups de feu, de
courage et d'amour.» Des westerns. Son préféré, Une balle pour un mendiant, raconte
l'histoire d'un brave homme qui parcourt le désert en mendiant une balle de colt, une seule,
pour venger son honneur, et repartir avec la jeune fille qu'il aime dans le soleil couchant. A
Tabernas, extrême sud de l'Espagne. L'Ouest, le vrai.
L'Express du 14/06/2004
Espagne
Pueblos blancs d'Andalousie
par Pierre Veilletet
avec les Guides Gallimard
Entre Jerez la cavalière et Ronda la montagnarde, brillent Arcos, Gaucin,
Zahara ou Grazalema... les derniers villages confettis du royaume araboandalou
rudence! Pareil à l'oeil noir de Carmen, le stéréotype nous toise. En Andalousie,
l'Espagne de Hollywood et celle des opérettes est portée à son point d'incandescence.
Médailles de la Macarena, castagnettes, mantilles, peignes d'écaille, éventails «peints à la
main»: vous n'avez que l'embarras du choix. Avec, toutefois, d'intéressantes gradations de la
couleur locale. L'authentique pacotille qui encombre la calle de Las Sierpes, à Séville (les
Champs-Elysées locaux), ou ses pareilles à Grenade et à Cordoue tend à se raréfier à mesure
que l'on s'éloigne des métropoles touristiques comme des plages de la Costa del Sol. Dans la
sierra, l'air se fait plus vif et le pittoresque, tout à l'heure accablant, retrouve sa fraîcheur et
ses grâces d'origine.
Alors, cap sur la montagne odorante et ces fameux «villages blancs» ourlés de chênes-lièges
et d'oliviers - encore que cette appellation de «blancs», imagée mais univoque, ne rende
guère justice à leur variété non plus qu'à leur dispersion. En ces terres, pas besoin de s'armer
de moult guides détaillés ni de planifier un programme de visites stakhanoviste: on n'ira pas
dans un pueblo en particulier pour visiter tel palacio ou telle cathédrale. On manquerait
l'essentiel. Ici, il faut s'immerger dans la grâce, errer de plazas en calles, où chaque pierre
murmure mille et une histoires d'une époque où l'Eden - du moins politique et esthétique existait sur cette terre.
© JSI
Car il s'agit non seulement de partir à l'assaut de quelques pittoresques bourgades piquées au
nord et, surtout, au sud d'un axe Jerez de la Frontera-Malaga, mais aussi de rencontrer les
vestiges émouvants, parce que vivants, d'une civilisation triplement mythique. N'est-ce point
la seule où les trois grandes religions coexistèrent, jetant les fondements de ce qu'allaient être
la philosophie, les mathématiques, la médecine et la musique des siècles à venir; la seule où
les maîtres de la culture méditerranéenne (Maimonide, Averroès, Ibn Arabi, etc.) furent
musulmans, juifs et chrétiens? Al-Andalus (du VIIIe au XVe siècle): empire évanoui sur
lequel flottait l'étendard vert du Prophète, puis agrégat de fières principautés, plus ou moins
rivales, arc-boutées aux confins des territoires «reconquis» par les «Rois Catho-liques» (voilà
pourquoi on les dit souvent «de la frontera»).
Au sud-ouest de la sierra Nevada, les confettis du califat sont essaimées entre deux
cordillères, deux continents (l'Europe et l'Afrique), deux mers (l'Atlantique et la
Méditerranée). A Gaucin, du château maure de l'Aigle, on distingue Gibraltar, toujours
britannique, la Méditerranée, Ceuta et les montagnes embrumées du Maroc. Une autre
frontière, invisible, partage la lumière. Sous celle du levant, certaines villes, telle Ronda,
semblent grecques. Sous celle du couchant, mousseuse, l'ambiance est plus celte, comme à
Arcos de la Frontera.
Vous avez deviné que le meilleur de la découverte tient à leur approche et aux éclairages. Il
convient donc de ne pas se ruer aveuglément au centre-ville, mais de varier les points de vue.
On comprend alors que les «villages blancs», en dépit de leur toilette annuelle à la chaux, ne
sont pas blancs-blancs. A contre-jour, ils peuvent même se confondre avec les escarpements,
dont ils figurent alors une excroissance naturelle. Dans la lumière sépia du crépuscule, on
dirait des lavis de Goya ou des châteaux forts rhénans. Au contraire, quand le soleil les frappe
frontalement, une clarté corrosive les rend semblables à des concrétions de sel. Quant aux
plus hauts, perchés sur leurs pitons, on pourrait croire des névés.
Là réside d'ailleurs l'inusable enchantement: vous ne reverrez jamais Zahara la berbère au
bord de son lac turquoise, ni Vejer la bavarde, déjà tangerine, ni Medina Sidonia,
aristocratique et taurine, ni Grazalema, où l'air est si mordant qu'on s'est fait une spécialité
d'y tisser de chaudes couvertures de laine, vous ne reverrez donc jamais aucun de ces pueblos
du même oeil. Il suffit d'une soudaine accélération des nuages, prenant de vitesse les aigles
royaux et les faucons, pour que les ombres métamorphosent ce qui semblait pétrifié.
En même temps, vous voyez ce qu'ont vu les Romains et les Maures, les troupes de Napoléon,
les voyageurs romantiques, Doré, Dumas et toute leur joyeuse bande qu'on régalait
d'histoires de contrebandiers et d'oeillades assassines. La permanence aussi gît là, sans âge,
sous ces mêmes cieux nocturnes où l'on dénombre plus d'étoiles que nulle part ailleurs.
Sur les premières fondations tartessiennes, grecques et phéniciennes se sont empilées les
constructions romaines, wisigothiques et arabes, jusqu'au préfabriqué postmoderne, tels des
mille-feuilles saupoudrés de sucre glace. Les Andalous raffolent de gâteaux. La permanence
est dans le dédale des anciennes medinas, percées de patios ombreux où murmure le filet
d'eau d'une fontaine. Elle est dans le parfum entêtant des orangers qui monte vers les
terrasses jusqu'à embaumer les minarets où nichent les cigognes. Elle est dans le rythme de
chaque journée, coupée en deux par l'inamovible sieste. Elle est dans les détails, dont on
prétend ici que Dieu les aime au point d'y habiter.
A toute solution simple on préférera donc celle qui prête à discussion. Et aux routes droites
les voies multiples et emberlificotées. Tenons-nous en à l'alternative élémentaire: d'ouest en
est ou l'inverse, selon que vous partez de Jerez de la Frontera ou de Malaga. Dans les deux
cas, les chemins de traverse (ceux-là mêmes qu'empruntent les bus de la compagnie Los
Amarillos) sont vivement conseillés, à condition de ne pas manquer les deux joyaux du
répertoire: Arcos de la Frontera et Ronda. Moins villages, au demeurant, que petites capitales
déjà bien approvisionnées en touristes. Là encore, Dieu merci, on peut ergoter. Certains ne
jurent que par Arcos, juchée de façon si acrobatique sur sa falaise et dont le caractère
farouche est contrebalancé intra-muros par une atmosphère charmante. D'autres préfèrent
Ronda, au site tout aussi renversant. Imaginez une cité deux fois millénaire, agrippée en haut
d'un ravin au fond duquel court un torrent. La gigantesque entaille du Tajo sépare la ciudad
mauresque, ruelles solitaires et nobles palais, de la ville nouvelle bâtie par les chrétiens. Entre
elles, deux ponts enjambent le précipice aux parois luisantes, où, pareils à des nids de
rapaces, pendent encore 14 moulins. Un escalier de 365 marches descend au centre de la
terre.
C'est aussi une ville monumentale, certes un peu «mont-saint-michélisée». Qu'importe,
voyez le Puente Nuevo, peut-être le monument le plus photographié d'Espagne (achevé en
1793), visitez les bains arabes et ses ombres silencieuses, ainsi que, de préférence en fin
d'après-midi, la plus belle plaza de toros de la planète. Pedro Romero y codifia la
tauromachie. Dans le palace anglais proche des arènes séjournèrent Rilke, avant la boucherie
non codifiée de 14-18, puis Hemingway et Orson Welles, qui en vidèrent la cave.
Ultime et délicieux dilemme: les puristes, autrement dit les Andalous, prétendent qu'en
commençant par Jerez et Arcos on risque à la fin de tomber de Ronda en Marbella. D'autres,
moins sourcilleux, insinuent qu'élire Jerez comme point de départ expose à n'en point
décoller, car la ville sainte de l'art équestre, du chant profond et du fino ne se quitte pas de
gaieté de cœur. Les derniers experts, plutôt gitans, concluent pour leur part que de toute
façon on ne choisit jamais. Bienheureux quand on est choisi.
Reportage
Espagne : 17 milliards de dollars pour un projet de Las
Vegas en Aragon
LE MONDE | 14.12.07 | 15h33 • MADRID CORRESPONDANTE
Une image de synthèse de l'un des projets de casinos prévus dans le désert de Los Monegros
près de Saragosse (Aragon), le 27 novembre 2007
Le désert de Los Monegros, non loin de Saragosse, en Espagne, pourrait bientôt devenir à la
fois le Las Vegas et le Orlando de l'Europe. Un complexe de 32 casinos, 5 parcs à thème, 70
hôtels, 232 restaurants, un terrain de golf, un hippodrome, des arènes, un centre de
conférence : c'est le projet démesuré - pas moins de 17 milliards de dollars d'investissement auquel le gouvernement régional d'Aragon vient de donner son accord, mercredi 12
décembre.
Baptisé Gran Scala, il est proposé par un consortium d'une douzaine d'entreprises
spécialisées dans les jeux et les loisirs. International Leisure Development (ILD) recherchait
pour son projet 2 000 hectares à la fois bon marché, biens desservis et situés de façon à
pouvoir drainer un flux suffisant de clients - 25 millions de personnes par an sont attendus à
l'horizon 2015.
"PYRAMIDES ÉGYPTIENNES"
Le gouvernement aragonais cherchait, lui, des investisseurs capables de dynamiser une
région en voie de dépeuplement. Les étendues sauvages de Los Monegros présentent
l'avantage d'être proches de la ligne de train à grande vitesse qui met Saragosse à 1 h 30 de
Madrid et, bientôt, de Barcelone, et donc des touristes de la Costa Brava et de la Costa
Daurada.
Ne manqueront à cette "ville de loisirs intégrée" ni la reproduction de "pyramides
égyptiennes", ni celle d'un cirque romain. Elle sera articulée autour de seize périodes
historiques - de Cro-Magnon au futur en passant par le Moyen Age et les Mayas - chacune
d'entre elles étant illustrée par un hôtel, un casino et... un "musée". Une première tranche du
projet devrait être ouverte au public au deuxième trimestre 2010, la seconde en 2015 et la
dernière en 2023.
Le financement de l'ensemble est assuré par le consortium. Mais le gouvernement régional
devra pourvoir aux infrastructures, acheminer l'électricité et surtout l'eau. Bien que l'Aragon
soit traversé par l'Ebre, l'eau y a toujours été rare et problématique. La région s'est battue, ces
dernières années, contre un projet visant à acheminer une partie de l'eau de l'Ebre à d'autres
régions arides, dont la Murcie.
Cécile Chambraud
Article paru dans l'édition du 15.12.07.
ETA s'en prend au tourisme estival
A Madrid, Diane Cambon
21/07/2008
Bien qu'affaiblie par la pression des polices française et espagnole,
l'organisation indépendantiste basque a lancé, comme chaque été depuis 1979,
sa «campagne» d'actions terroristes.
Avec l'explosion, dimanche, de quatre bombes de faible intensité sur le littoral de
Cantabrique (nord), l'organisation séparatiste basque ETA a donné le coup d'envoi de sa
«campagne estivale». Comme presque chaque été depuis 1979, les terroristes sèment
l'épouvante sur les plages de la péninsule ibérique avec des voitures piégées ou des bombes
placées dans les hôtels ou lieux de restauration. L'objectif des indépendantistes radicaux est
de s'attaquer aux intérêts touristiques espagnols, important moteur de l'économie du pays, le
deuxième le plus visité au monde après la France. Les autorités, qui redoutent de nouvelles
frappes, notamment sur les zones hautement fréquentées du pourtour méditerranéen comme
la Costa del Sol ou la Costa Brava, ont renforcé les mesures de surveillance.
Par ces attaques, ETA cherche à faire parler d'elle et essaie toujours d'accentuer son impact
sur la société espagnole. Depuis la rupture de la trêve en juin 2007, l'organisation a tué
quatre personnes. Mais sa capacité d'action a été considérablement réduite par la pression
policière hispano-française. Les forces de sécurité ont affaibli ses bases, en démantelant
plusieurs caches d'armes, en arrêtant des commandos logistiques et en faisant pression sur
les représentants politiques proches de l'organisation. Surtout, la police française a frappé à
sa tête en mettant la main, en mai dernier, sur le supposé numéro un, Javier Lopez Peña, dit
«Thierry». Ce vétéran pro-indépendantiste basque serait à l'origine de la rupture du
processus de paix, engagé en 2006 entre ETA et l'exécutif socialiste.
«Nouvelles vocations»
Toutefois, bien qu'affaiblie, sa force de frappe peut encore sévir. La police espagnole compare
régulièrement ETA à un phénix, qui dispose d'une forte capacité à se renouveler. En outre, le
mouvement s'appuie sur le tissu social basque, dont une partie soutient la lutte pour
l'indépendance. Environ 10 % de la population défend encore la violence comme mode
d'action pour obtenir l'autonomie totale du Pays Basque. «Les manifestations d'appui aux
membres d'ETA emprisonnés ou la violence des rues orchestrée par des jeunes activistes,
encouragent les nouvelles vocations pour entrer dans ETA», assure Florencio Dominguez,
auteur de nombreux ouvrages sur la question basque. Cependant, la pression judiciaire rend
plus difficile l'émergence de nouveaux partis ou d'associations qui refusent de condamner
l'activité terroriste. Plusieurs dirigeants politiques appartenant à l'Action nationaliste basque
(ANV), un parti considéré comme la vitrine politique d'ETA, sont actuellement dans la ligne
de mire de la justice espagnole. L'interdiction d'exercer leur mandat électoral dans les
mairies pourrait être effective dès le mois d'août. Cette mesure risque d'entraîner de
nouvelles représailles de l'organisation indépendantiste.
L'ETA frappe le nord de l'Espagne
La plage de Laredo, en Cantabrie, dans le nord de l'Espagne (REUTERS)
Quatre bombes attribuées à l'organisation indépendantiste basque ont explosé dimanche à la
mi-journée près de plages de Cantabrie. Pour l'instant, on ne dénombre aucun blessé.
AFP
LIBERATION.FR : dimanche 20 juillet 2008
L'ETA semble avoir lancé dimanche une nouvelle offensive contre des intérêts touristiques
espagnols avec l'explosion de plusieurs bombes de faible intensité près de plages de Cantabrie
(nord).
Quatre petites bombes attribuées à l'organisation indépendantiste basque armée ETA ont
explosé dimanche à la mi-journée et en début d'après-midi près des plages de Laredo et Noja.
Elle n'ont pas fait de blessé, a indiqué à l'AFP un porte-parole de la préfecture de Cantabrie.
La première bombe a explosé vers 12 heures sur la promenade de la plage de Laredo, abîmant
légèrement la rambarde, puis la deuxième, dans une dune de la plage de Noja. La troisième a
également explosé sur la promenade longeant la plage de Laredo, à environ 300 mètres de la
première, endommageant cette-fois la cabane des secouristes. La quatrième a explosé en
début d'après-midi sur le terrain de golf de Noja, causant de "très légers dégâts", selon la
préfecture.
Ces deux plages, situées presque à mi-chemin entre Santander et Bilbao (Pays Basque), sont
très fréquentées en été par beau temps, principalement par des vacanciers espagnols, mais
étaient presque désertes dimanche matin à cause d'un temps gris et pluvieux, a précisé la
préfecture. Les zones avaient de toutes façons été évacuées à temps. Un appel passé dans la
matinée au nom de l'ETA avait prévenu les pompiers de la prochaine explosion de ces
bombes et d'une quatrième, près d'un terrain de golf de Laredo.
Le Parti socialiste (PSOE), au pouvoir en Espagne, a immédiatement condamné dimanche
dans un communiqué cette "série d'attentats commis sur la côte de Cantabrie"."Nous
souhaitons faire part de notre solidarité aux habitants et aux visiteurs de cette région. Une
fois de plus, l'ETA attaque tous les citoyens", a affirmé le PSOE.
L'ETA, tenue pour responsable de la mort de 823 personnes en 40 ans de violence pour
l'indépendance du Pays Basque, a habitué l'Espagne depuis 30 ans à des "campagnes d'été"
visant le tourisme, important moteur de l'économie du pays, le deuxième le plus visité au
monde après la France
En Espagne, les excès d'urbanisation repoussent les touristes
Les grandes régions touristiques espagnoles ne répondent plus à la demande, estime
l'association Exceltur, qui regroupe les grands groupes espagnols du secteur. Ces derniers
accusent les autorités locales de certaines destinations de privilégier la spéculation
immobilière à court terme.
Le tourisme espagnol est actuellement "en perte de compétitivité" et il doit évoluer en
garantissant notamment "un minimum de 10 à 20 et 30 m2 de plage par personne", estime
un rapport d'Exceltur, a-t-on appris mercredi auprès de cette entité.
"Selon des données de 2003, seulement 31% des villes du littoral méditerranéen dépassent le
niveau minimum recommandé par l'Union Européenne de 6 m2 d'espace de plage par
personne", indique Exceltur, qui regroupe plusieurs groupes touristiques, dont la compagnie
aérienne Iberia et les chaînes hôtelières NH Hoteles et Sol Melia.
Ces professionnels accusent les autorités locales de certaines destinations de privilégier la
spéculation immobilière à court terme. "La promotion du sol et le développement immobilier
sont (dans certains cas) perçus comme la principale source de revenus de la municipalité,
(qui) oublie d'assurer la continuité des revenus issus des activités touristiques", affirme ce
rapport.
"La situation ne devrait pas changer à court terme" car la surface de terrain encore
constructible permettrait "de multiplier au moins par trois le nombre de places de logement
actuellement disponibles", prédit le rapport sur l'"Impact sur l'environnement, l'économie et
l'emploi des différents modèles de développement touristique du littoral méditerranéen
espagnol, des Baléares et des Canaries".
L'association espagnole Exceltur demande "un changement dans le modèle de
développement" pour que le tourisme, première industrie espagnole, cesse de "perdre sa
capacité à générer des richesses et à créer des emplois".
"Après 40 ans de développement touristique, la croissance urbanistique a des limites",
imposées notamment par la capacité territoriale et la "détérioration de l'expérience du
touriste à cause de la massification", juge ce rapport.
L'Espagne "a perdu des parts de marchés sur ses produits de Soleil et Plage face à ces
principaux concurrents de la Méditerranée orientale" ce que "la France et l'Italie ont déjà
vécu dans les années 60 et 70 par rapport à l'Espagne", note Exceltur.
(Le Moniteur , 05/01/2006)
L'Espagne veut protéger
ses 10 000 km de côtes
De notre envoyée spéciale à Valence, Diane Cambon
09/05/2008 | Mise à jour : 20:54 |
Le gouvernement ressort une loi de protection du littoral de 1988 qui provoque
l'ire des propriétaires.
La plage du Saler, à une dizaine de kilomètres au sud de Valence, est quasiment vierge.
Déclarée parc naturel en 1980, cette zone de l'Albufera est l'un des rares tronçons de la côte
espagnole à avoir échappé à l'urbanisation sauvage. Et pourtant, entre les dunes et les marais
salants, quatre tours d'immeuble, une résidence avec des villas et un hôtel cinq étoiles
s'imposent dans le paysage. Ces édifices, construits dans le pur style architectural des années
1970, ont été érigés avec la bénédiction de la mairie de Valence, qui voulait faire de cette côte
une station balnéaire du tourisme de masse.
Mais, près de trois décennies plus tard, ces édifices aux couleurs pastel dérangent le coup
l'œil. Ils font tache avec le projet de récupération du littoral lancé par le gouvernement de
José Luis Rodriguez Zapatero, lequel veut procéder à un grand nettoyage de ses côtes
abîmées par le béton. Construits et achetés légalement par de nombreux étrangers désirant se
faire une place au doux soleil ibérique, ces logements ont aujourd'hui leurs jours comptés.
En vertu d'une loi du littoral datant de 1988 et jusqu'alors oubliée dans les cartons du
ministère de l'Environnement, l'exécutif socialiste veut redéfinir l'ensemble des zones
côtières appartenant au domaine public.
Si le gouvernement souhaite éviter de nouveaux massacres à la bétonneuse le long de ses dix
mille kilomètres de côtes, il veut aussi faire le ménage avec les constructions anarchiques déjà
existantes. Pour y parvenir, l'État entend récupérer tous les terrains urbanisés de la zone
protégée. À savoir : tous les édifices construits à moins de 100 mètres de la zone sableuse
(dune) ou rocheuse (falaise).
Selon José Ortega, porte-parole du collectif de défense des résidents du littoral, près de
500 000 personnes, de la Galice (Nord) aux îles Canaries en passant par la Costa del Sol ou
du Levant, seraient propriétaires d'une maison, d'un commerce ou d'un hôtel édifiés dans la
dite zone des 100 mètres protégés. Pour ces propriétaires, l'initiative du gouvernement est un
véritable coup de massue. «La plus grande offensive contre la propriété privée de l'histoire
démocratique espagnole, s'insurge Martine Lavergne, professeur de français à Valence et
propriétaire d'une villa sur la plage El Saler depuis près de 30 ans. «Après trois décennies
d'investissements, on vous assure que votre patrimoine ne vaut rien et qu'il appartient au
final à l'État.»
Dédommagement symbolique
Les pouvoirs publics offrent aux propriétaires dont les villas sont du mauvais côté de la ligne
de protection du littoral un dédommagement symbolique. L'État propose de racheter leur
bien au prix du sol de l'époque où ils l'ont acheté. Une proposition jugée scandaleuse par la
majorité des propriétaires alors que les prix du logement ont augmenté de 150 % en une
décennie. L'autre option envisagée est d'offrir une concession de trente ans. Pendant cette
période, les particuliers pourront profiter de leurs biens jusqu'à ce que l'État en devienne le
propriétaire et décide de sa démolition.
«Cette solution est injuste car, durant cette période, je ne peux ni revendre mon bien ni
demander des crédits pour faire des travaux et encore moins le céder à mes enfants»,
s'indigne Roger Zimmermann, directeur général de l'hôtel 5 étoiles Sidi. Mais, pour ce Suisse
allemand, le pire de cette loi est son effet rétroactif. «Mon hôtel a été construit en 1974 et
aujourd'hui il est victime d'une lo, qui date de 1988 et qui entre en vigueur 20 ans après !»,
fulmine-t-il. Au sein du ministère de l'Environnement et de l'Agriculture, on tente de rassurer
les résidents affectés en promettant qu'il n'y aura aucune destruction massive ni
d'expropriations immédiates.
Toutefois, José Fernandez, directeur du Département du littoral, assure que le nettoyage des
côtes est l'une des priorités du nouveau gouvernement. L'État disposerait d'un budget de cinq
milliards d'euros pour rendre vierge quelque 220 millions de mètres carrés de côte. Pour
l'instant, seule une centaine d'édifices ont été démolis par les pelleteuses publiques. La
plupart de ces logements avaient été bâtis sans permis de construire.
De leurs côtés, les résidents affectés par la loi ont pris les devants pour ne pas voir «spolier»
leurs biens. Le collectif a déposé une plainte au Parlement européen pour atteinte à la
propriété privée et dénoncer l'effet rétroactif de la loi. Leur requête est pour l'instant restée lettre morte.
Le miraculeux succès de Saint-Jacques
SOPHIE DE RAVINEL
22/10/2007 |
CES CHEMINS ont été creusés par des milliers et des milliers de pas. Dans la foulée de
l'évêque Gothescalc, premier pèlerin français venu du Puy-en-Velay autour de 950, ils se sont
dirigés grâce aux étoiles vers la mer et le soleil couchant. Depuis les confins de l'Europe et
durant des siècles, les pèlerins ont marché en procession vers le tombeau de l'apôtre Jacques,
fils de Zébédée, mort martyr à Jérusalem en 44, et dont le corps aurait été porté sur la côte
galicienne puis enterré dans un lieu appelé Campus stellae, le champ de l'étoile, avant d'être
présenté à la dévotion des fidèles à partir du IXe siècle. On raconte qu'au Xe siècle, selon
l'envoyé du calife de Cordoue, « il y avait tant de monde sur ce chemin que l'on voyait noir
jusqu'à l'horizon ».
Exit aujourd'hui, et depuis des siècles, l'esprit de Reconquista qui animait les pèlerins,
comme pouvait les inspirer aussi l'idée d'expier leurs fautes sur la route du sanctuaire.
Pourtant, les « Jacquets », ceux qui empruntent ces chemins, sont toujours au rendez-vous,
surtout depuis le renouveau, qui date en France du début des années 1970. Leur nombre ne
cesse de croître. Depuis 2007, l'accueil Saint-Jacques de Saint-Jean-Pied-de-Port a enregistré
24 860 pèlerins, soit 23 % de plus que pour la même période de 2006. Le père Emmanuel
Gobilliard, recteur de la cathédrale du Puy-en-Velay (Haute-Loire), note aussi une
augmentation sensible de ceux qui viennent assister à la messe des pèlerins de 7 heures,
instaurée depuis 1998.
Mais comme les topo-guides de la Fédération française de la randonnée pédestre (FFRP) ont
remplacé le Codex calixtinus, premier guide des quatre voies historiques françaises - au
départ de Paris, Vézelay, Le Puy et Arles -, rédigé au XIIe siècle, les motivations ont elles aussi
évolué.
Brassage des cultures et des origines
« La dimension spirituelle et religieuse reste la nature première de ces chemins », affirme
José Maria Ballester, ancien directeur de la culture et du patrimoine culturel et naturel au
Conseil de l'Europe et responsable en 1987 du premier des Itinéraires culturels, celui de
Compostelle. « Mais ils sont aussi devenus des chemins de civilisation, des espaces de
rencontre et de partage, de brassage des cultures et des origines. » Et, selon lui, le succès
s'explique justement par les différentes « lectures » possibles qui souvent s'entrecroisent :
« Une lecture spirituelle, pas forcément confessionnelle ; une autre d'ordre culturel porté
par la littérature, l'art roman... Une lecture sportive aussi, le tout lié à la beauté de
l'environnement. » Le cadre du GR65, qui allait du Puy aux Pyrénées jusqu'à ce qu'une
nouvelle section soit ouverte au départ de Genève en 2004, est en effet exceptionnel sur bien
des tronçons, puis laisse la place, en Espagne, à un camino francès non moins intéressant.
« Malgré le succès, ces chemins n'ont rien d'un boulevard pour touristes ! », précise
cependant le président du comité de randonnée pédestre pour la Haute-Loire. « La
fréquentation est échelonnée, et puis tout le monde marche dans la même direction... »
Quant aux profils, Christian Bertholet note que les premiers départs « autour de Pâques »
concernent surtout « les pèlerins qui ont un ou deux mois devant eux pour effectuer tout ou
moitié de la route et dont l'âge tourne souvent autour de celui de la retraite. » L'été, ils sont
relayés « par des randonneurs plus jeunes, qui viennent effectuer de petits parcours ».
Septembre voit le retour des « grands » marcheurs, jusqu'aux premières neiges...
La planification touristique: l’exemple de l’Espagne et du
Maroc
Analyse rédigée par Michèle Laliberté
(…)
Espagne - Plan Horizon 2020
Le tourisme espagnol en chiffres:

2e pays récepteur de visiteurs internationaux après la France (58,4 millions en 2006);

2e pays pour les recettes internationales derrière les États-Unis (51 milliards USD en
2006);

industrie touristique représentant 11% du produit national brut (en stagnation);

2,3 millions d’emplois directs;

balance de paiements positive de 26 milliards d’euros en 2005 (tendance à la baisse).
Les autorités espagnoles se sont engagées dans un exercice innovateur de planification et de
prospective fondé sur la démocratie participative (donner la parole aux intervenants afin de
susciter l’adhésion), le tout sur fond de Web 2.0.
Phase 1 présentée au printemps 2007

Processus visant à obtenir une analyse de la situation actuelle et un diagnostic sans a
priori.

Étalé sur une période de plus de six mois.

Participation de sept groupes d’experts présidés par un économiste de renom.

Avec, pour toile de fond, deux enjeux cruciaux pour l’Europe: les changements
climatiques et démographiques (arrivée massive d’immigrants).
Malgré son statut de destination vedette, la croissance de ses visiteurs et les grands progrès
réalisés au cours des dernières années, l’Espagne voit sa valeur ajoutée s’amenuiser. La vive
compétition et les nuages qui s’accumulent sur les destinations traditionnelles
méditerranéennes lui imposent la nécessité d’agir. L’industrie touristique, à maturité,
souhaite se démarquer de la concurrence, améliorer sa compétitivité et relever les défis
technologiques, environnementaux et sociaux qui prévalent, le tout dans une perspective de
développement durable.
Phase 2 en cours pour se terminer à la fin de 2007

Processus servant à susciter la réflexion, à bénéficier de l’intelligence collective et à
définir des objectifs partagés par le plus grand nombre.

Tribune d’expression pour la communauté touristique de même que pour les
organisations, les institutions et les collectivités non touristiques (organismes à but
non lucratif, universités, syndicats, citoyens, etc.).

Sous le signe de l’interactivité, plate-forme Internet www.turismo2020.es comportant
enquêtes auprès des professionnels et des administrations locales, provinciales et
régionales; forum de débats avec blogues; possibilité d’ajouter des cas et des bonnes
pratiques; fonctionnalité de clavardage (chat).

Visite des grandes villes et tenue d’une conférence sectorielle du tourisme à la fin de
2007.
Phase 3

Présentation du Plan du tourisme espagnol Horizon 2020.

Plan opérationnel pour la période 2008-2012.
Ce plan de prospective stratégique reprend cinq tendances lourdes observées depuis une
dizaine d’années:

les technologies de l’information et de la communication;

les transports de moins en moins coûteux;

le déplacement de la demande vers des besoins d’apprentissage, de culture, de santé
et de bien-être;

le développement durable;

la sécurité et la réduction des risques de tous ordres (terroristes, climatiques,
sanitaires, etc.).
(…)
Autonomias
Ces régions qui font bouger l'Espagne
Par de notre correspondante Cécile Thibaud, publié le 19/12/2002
Les 17 autonomias du pays sont devenues de véritables laboratoires d'expérimentation
sociale. Mais les progrès des unes pointent souvent le retard des autres
Pendant deux jours, les habitants des bords de la ria de Arosa, tout au bout de la Galice, ont
lutté à mains nues contre la marée noire. Les bateaux de pêche ont formé une barrière de
fortune à l'embouchure. Chacun, à bord, a ratissé les flots pour repêcher les plaques de fioul à
la dérive et empêcher la mélasse noire du Prestige d'entrer dans la ria. Sans attendre les
consignes des autorités de la région ou du gouvernement central. Et ils ont eu raison. Ils ont
gagné tout seuls leur première bataille contre cette marée noire qui a englué le système
politique espagnol. Le naufrage du pétrolier Prestige, le 19 novembre dernier, a pris les
autorités de court: impossible, pendant des jours, de savoir qui, de la région, des provinces ou
du gouvernement central, était aux commandes. Sur les bords de la ria de Arosa comme dans
toute la Galice, les habitants se sont sentis abandonnés à leur désastre, sans consigne, ni
moyens, ni information. Les couacs de la crise du Prestige donnent une piètre image de la
décentralisation espagnole. Au moment même où, pourtant, l'extraordinaire dynamisme des
régions est en train de transformer l'Espagne. Grâce à leur droit à l'expérimentation, les 17
autonomias du pays sont en effet devenues un véritable laboratoire social.
«Les régions sont plus proches du citoyen, plus réceptives à ses demandes», explique Enrique
Gil Calvo, professeur de sociologie à l'université Complutense de Madrid. Plusieurs régions
ont pris des initiatives pour améliorer la condition féminine. Ainsi, la Castille-La Manche
vient de décider, dans un texte contre la violence conjugale, de rendre publiques les listes
d'agresseurs condamnés, tandis que La Rioja met en place un système de détection par GPS
pour protéger les femmes battues et que le Pays basque veut soumettre les maris violents à
un traitement psychologique. Les droits des homosexuels progressent aussi plus vite dans
certaines régions. Plusieurs d'entre elles ont instauré des formes légales d'union. La Navarre
et bientôt le Pays basque autorisent les couples homosexuels à adopter des enfants. Dans les
Asturies, qui n'ont pas le pouvoir de légiférer sur l'adoption, ils bénéficient d'un droit
d'accueil. Dans un autre domaine, la Catalogne a été la première des autonomias à créer le
testament de vie, qui permet d'exprimer par avance ses souhaits en cas de maladie mortelle.
Pendant que les Baléares installent une écotaxe sur le tourisme pour protéger le littoral et
instaurent la parité sur les listes électorales. Tout comme la Castille-La Manche, qui a, par
ailleurs, mis en place un système de couverture maladie des travailleurs indépendants sans
équivalent dans le pays. Même si la Catalogne est assurément la région pionnière en de
nombreux domaines, nul ne doute que la Navarre soit celle qui propose la politique d'aide à
la famille la plus complète...
Inscrit dans la Constitution de 1978, le processus de décentralisation a découpé l'Espagne en
17 régions qui ont bénéficié, progressivement, et chacune à son rythme, de transferts de
compétences dans toute une série de domaines: éducation, santé, formation, aide sociale,
justice, équipement, etc. Aujourd'hui, 45% des dépenses publiques sont assurées par les
régions, et 15% par les communes. Ce qui ne laisse à l'Etat central que 40% du total,
essentiellement pour la défense, la politique étrangère, la sécurité sociale et les retraites.
«La Constitution donne une réelle autonomie politique, et non pas seulement administrative,
aux régions, explique Marc Carrillo, professeur de droit constitutionnel à l'université Pompeu
Fabra de Barcelone. Chacune peut établir ses lois, votées par son propre Parlement. C'est un
jeu complexe où entrent en ligne de compte à la fois les nécessités directes de la population et
les options politiques de ceux qui sont aux commandes.» Les régions aux mains des
socialistes ou des nationalistes ont pris le contre-pied de la politique gouvernementale,
caractérisée depuis l'arrivée au pouvoir de la droite par un immobilisme social. Elles
multiplient donc depuis cinq ans les actions en faveur de l'éducation, des femmes, des
chômeurs ou des personnes âgées. Leurs initiatives, parfois, font des émules. Après avoir
essaimé dans plusieurs régions, le système de tutorat du revenu actif d'insertion instauré en
Catalogne a été adopté à l'échelle nationale. Tout comme le testament de vie, voté il y a
quelques mois à Madrid. Dans d'autres domaines, les progrès des unes mettraient plutôt en
évidence les retards des autres et de l'Etat central. C'est le cas en ce qui concerne les droits
des homosexuels. «Si vous vivez à Madrid, vous n'avez droit à rien, à Pampelune vous pouvez
adopter des enfants, à Barcelone vous pouvez hériter, en Andalousie, la sécurité sociale prend
en charge les opérations de changement de sexe, explique Beatriz Gimeno, secrétaire
générale de la Fédération espagnole des gays et lesbiennes. Je ne sais pas si c'est un bien ou
un mal. Mais c'est la seule manière de faire avancer les choses. Pour nous, cela a au moins
l'avantage de maintenir ouvert le débat social: chaque fois qu'une région modifie sa loi, on en
parle à nouveau dans la presse.» L'association de juristes féministes Themis, qui défend la
cause des femmes battues, est plus critique: «Les actions exemplaires de certaines régions ne
dispensent pas l'Etat de ses devoirs, explique Angela Alemany, sa présidente. C'est à lui que
revient de modifier la loi, de débloquer un minimum de fonds pour l'accueil et la
réinsertion.»
Elle n'est pas la seule à s'inquiéter. «On ne peut pas avoir 17 politiques de la famille dans le
même pays, alerte José Ramon Losano, président de la Fédération des familles nombreuses.
Ne nous cachons pas derrière notre petit doigt: dire que l'Espagne consacre 2,1% de son PIB à
l'aide aux familles contre 8,5%, en moyenne, dans l'Union européenne est déjà trop dire.
Toute cette politique est menée dans deux régions seulement. Le reste du pays n'a rien ou
presque.» Débroussailler les détails d'une politique familiale en perpétuelle évolution sur
17 fronts relève de l'exploit: la Catalogne, qui joue depuis longtemps les poissons pilotes en
matière d'aides et de subventions, est de plus en plus concurrencée par la Navarre. Mais alors
que, dans ces deux régions, la plupart des mesures concernent les enfants jusqu'à 3 ans, la
Castille-La Manche vient de mettre en place une allocation mensuelle qui sera octroyée
jusqu'à 18 ans... «Comment peut-on accepter qu'une famille reçoive 156 euros de l'Etat par
enfant à Madrid et 2 100 à Barcelone?» s'indigne Losano.
Les régions sont-elles coupables d'avoir transformé l'Espagne en un gruyère législatif?
«Sûrement pas. Ce qui manque, ce sont des organismes de coordination par secteur, estime
le sociologue Enrique Gil Calvo, qui mise sur l'effet d'émulation: «L'égalité ne signifie pas
l'homogénéité. Ce processus réactive la capacité d'initiative des administrations locales face à
un gouvernement qui a clairement abandonné le terrain social. Elles répondent à la diversité
territoriale, empruntent les bonnes idées des voisines et rivalisent entre elles, à la manière
des entreprises privées, pour être attrayantes grâce à la qualité de leurs services.» En
attendant, à chacun de «faire son marché». Et de savoir où il fait bon vivre, en Espagne,
quand on est une famille nombreuse, un chômeur longue durée, un homosexuel désirant
adopter un enfant, une femme battue ou une personne âgée dépendante.
La crise touche le secteur touristique espagnol, mais
crée aussi des opportunités d’investissement
Alors que le tourisme en Espagne est durement frappé par la crise économique,
l'hôtellerie continue d’attirer certains grands investisseurs internationaux qui
misent sur une reprise du secteur à long terme.
La société de gestion Axa REIM a racheté l'hôtel Pullman Barcelona Skipper (photo
Pullman Barcelona Skipper)
12 points, c’est la chute enregistrée par les flux touristiques vers l'Espagne au premier
semestre 2009, selon les chiffres dévoilés la semaine dernière par l’Organisation Mondiale du
Tourisme (OMT).
En cause notamment, le tarissement des flux provenant de l’étranger. Le nombre total de
touristes internationaux est ainsi en recul de 8% de janvier à début avril, selon le rapport
publié par la Confédération espagnole des hôtels et logements touristiques (CEHAT) et
PricewaterhouseCoopers le 19 juin 2009.
Et cette situation devrait perdurer dans les prochains mois. Les hôtels de la péninsule
s’attendent à 82% à un recul de réservations de la part de touristes étrangers, d’après
l’enquête menée par la CEHAT.
Si le manque à gagner devrait être compensé en partie cet été par la recrudescence du
tourisme national, la CEHAT ne cache pas sa préoccupation pour la fin de l’année 2009.
Des investisseurs partagés
La plupart des groupes hôteliers ont donc revu à la baisse leurs ambitions. C’est le cas du
groupe Barcelo, qui table désormais sur une baisse de 75% de la demande en 2009 et prévoit
de limiter ses investissements à 100 M€ cette même année.
A l’inverse, d’autres grands investisseurs affichent, eux, un regain d’intérêt pour ce secteur
dont la valeur a été mécaniquement revue à la baisse ces derniers mois. Tout récemment, la
société de gestion Axa REIM a, par exemple, acquis l’hôtel AB Skipper à Barcelone, dont la
gestion a été confiée au groupe Accor.
Un investissement qui est justifié non seulement par le dynamisme de la ville, mais
également par d’autres éléments tel que l’effet de la conversion de l’hôtel sous une enseigne
d’un groupe hôtelier international, dans ce cas la marque Pullman développée par Accor.
« Ces différents atouts doivent permettre à notre actif de moins souffrir de la crise actuelle
et de fortement bénéficier d’un retour à la croissance », indique Gael Le Lay, responsable des
investissements hôteliers chez Axa REIM.
L'Espagne reste une destination touristique de premier choix
Certes touchée par la crise, l’Espagne est la troisième destination touristique du monde en
2009 et « s’accroche solidement à la deuxième place mondiale et au premier rang en Europe
» en termes de recettes touristiques, selon le dernier rapport de l’OMT.
En ce sens, le secteur touristique dans la péninsule devrait être l'un des premiers
bénéficiaires d'un retour à la croissance à long terme, au-delà de 2009. De quoi éveiller
l'appétit des investisseurs.
Vendredi 10 Juillet 2009
Espagne : la crise a vidé
les hotels de la Costa del Sol
Diane Cambon
28/08/2008
Deuxième destination touristique d'Europe, l'Espagne a subi une chute de
fréquentation de 8 % en juillet. Les Espagnols ont réduit leurs dépenses.
Tout l'été, les plages espagnoles ont offert le même visage de désolation : chaises longues et
parasols en grande partie inutilisés, bars à tapas désertés. La grave crise qui sévit en Espagne
depuis l'éclatement de la bulle immobilière n'a pas épargné le concept sol y playa.
Pilier de l'économie espagnole il représente 10 % du produit intérieur brut , le tourisme
semblait l'un des rares secteurs ménagés par le marasme économique. Le bilan de la saison
touristique qui s'achève ces jours-ci prouve le contraire. Selon Domenec Biosca, président de
l'Association des experts du tourisme, le vacancier espagnol a dépensé 30 % de moins dans
les commerces et restaurants, cet été. D'après les premières estimations du ministère de
l'Industrie, du Commerce et du Tourisme, les étrangers ont boudé la Péninsule. La
fréquentation serait en baisse de 8 % en juillet sur un an. Français, Suisses et Italiens ont
délaissé l'Espagne au profit des États-Unis. La Catalogne, une des régions favorites des
touristes, a enregistré la plus forte baisse de visiteurs ( 12,1 %) suivie par l'Andalousie ( 11 %).
Mais ce sont les vacanciers ibériques qui ont été les plus regardants sur la dépense. «La
majorité d'entre eux ont opté pour la location d'appartements au lieu du séjour à l'hôtel,
explique Domenec Biosca. Les séjours ont été plus courts, et lorsqu'ils le pouvaient, les
Espagnols se sont réfugiés dans leur famille ou chez des amis.» Fini le temps des trois
semaines de vacances passées à siroter de la sangria les doigts de pied en éventail ! Frappés
au portefeuille par la hausse des prix, la flambée des crédits immobiliers, et inquiets pour
leurs emplois, les Espagnols ont réduit leur temps de congé à une dizaine de jours en
moyenne.
Réductions de prix à Ibiza
Dans les zones réputées pour le tourisme de masse comme Malaga, Tarragone ou la côte du
Levant, l'occupation des hôtels n'a jamais dépassé les 70 %, selon Exceltur, la centrale qui
regroupe les 24 plus importants groupes touristiques du pays. Ce n'est pourtant pas faute
d'avoir proposé des offres alléchantes pour attirer les clients. Les hôtels ont rivalisé de
propositions sur le thème «gratuit pour les enfants, boissons à volonté au bar de l'hôtel ou
encore sixième nuit gratuite pour une semaine de réservation». L'une des offres les plus
courantes des tables de la Costa del Sol était «Un menu offert pour deux achetés». Même les
célèbres boîtes de nuit d'Ibiza ont revu à la baisse leurs prétentions : l'île branchée propose
aux clients une entrée pour trois discothèques au prix de 60 euros, le verre inclus.
Seul le tourisme des «hôtels croisières» est parvenu à s'en sortir plus ou moins, selon
Exceltur. Ce sont ces hôtels qui proposent des packs de vacances prépayés, avec pension
complète, discothèque, piscine et bar à discrétion. «Cette formule présente des inconvénients
pour l'économie des régions, car ces vacanciers ne sortent jamais de leur hôtel et ne
dépensent donc rien dans les commerces des alentours» , assure Domenec Biosca. Et de
conclure : «Outre le problème de la crise économique, c'est aussi notre modèle de tourisme
de masse qu'il faut changer pour attirer un autre type de vacanciers de plus haut de gamme.»
L’Espagne jette une bouée de 400 M€ à son tourisme
Le plan "Renove" doit permettre au tourisme ibérique de moins souffrir de la
décrue des séjours qui affecte l'économie espagnole. 400 M€ vont être injectés
dans le secteur touristique, pour soutenir d'abord les PME.
ESPAGNE. Le Ministre de l’industrie, du tourisme et du commerce , Miguel Sebastian, et
l’Institut de Crédit Officiel (ICO) ont signé un chèque de 400 M€ en faveur du tourisme
espagnol en sérieuse chute.
Cette aide entre dans le cadre du plan « Renove » généré par la crise financière pour appuyer
une profession représentant 11% du PIB en Espagne.
Annoncée depuis deux mois, cette enveloppe de 400 M€ sera principalement destinée aux
Pme du secteur touristique.
Avec 57,41 millions de touristes étrangers accueillis en Espagne en 2008, le pays connaît une
baisse de 2,6% par rapport à 2007. Si les Britanniques conservent leur premier rang avec 15,7
millions de visiteurs, ils accusent un recul de 3% sur 2008 et de 14,9% sur le seul mois de
décembre 2008.
La clientèle française se trouve également en repli de 8,5 % sur l’année avec 8,15 millions de
personnes. Cette chute impacte directement la Catalogne frontalière. La région de Barcelone
conserve sa première place (14,19 millions de touristes étrangers accueillis), devant les
Baléares (10,2 millions), mais voit sa fréquentation reculer de 6,7%, la plus forte baisse de
toutes les régions espagnoles.
Le tourisme peut-il sortir l'Espagne de la crise ?
Par Gaël Nevoux
Une étude de Mondial Assistance portant sur le nombre de contrats d'assurance souscrits
jusqu'au 5 décembre 2008 pour des vols achetés sur internet allant du 15 décembre 2008 au
15 mars 2009 montre que l'Espagne occupe, avec l'Angleterre, la première destination
touristique des Européens.
Aussi, parmi les 7 pays européens passés au crible, l'Espagne apparaît comme la première
destination en nombre de vols prévus pour les Hollandais avec 24% et les Allemands avec
18%.
19% des Britanniques et 16% des Italiens ont aussi choisi le soleil espagnol pour leurs
vacances d'hiver, même si la Péninsule ibérique ne représente pas la première destination.
Autre phénomène intéressant, celui des Espagnols dont la crise qui affecte fortement le pays
et sa population oblige à des destinations moins lointaines. Ainsi, 43% des vols sont prévus
pour l'intérieur du pays.
Ces chiffres semblent encourageants pour une éventuelle reprise de l'économie espagnole
fortement touchée par la crise qui affecte principalement le secteur bancaire, de la
construction et de l'immobilier. L'arrivée de touristes étrangers va ainsi peut-être permettre,
par le système de la location, d'amortir la crise de l'immobilier et de relancer l'économie en
Espagne.
D'ailleurs, si on en juge par les résultats de VacancesEspagne.fr, site internet qui propose des
locations de vacances en villas, maisons et appartements à louer directement auprès du
propriétaire dans toute l'Espagne, il y a des raisons d'être optimiste. En effet, la fréquentation
du site du 01 janvier au 05 mars 2009 a augmenté de 89,04% par rapport à la même période
de l'année précédente et le nombre de demandes de renseignements envoyées par les
potentiels locataires aux propriétaires a lui augmenté de 48 points Quant au nombre de
maisons proposées à la location, il a connu une hausse de 28% entre 2008 et 2009, passant à
plus de 3200 locations en Espagne au choix des futurs vacanciers.
Reste à savoir si les Européens choisiront aussi l'Espagne pour leurs vacances d'été.
L'ETA défie le gouvernement espagnol avec de
nouveaux attentats à Majorque
LE MONDE | 10.08.09
AFP/RAFA RIVAS
L'ETA, inscrite sur la liste des organisations terroristes de l'Union européenne et des EtatsUnis, est tenue pour responsable de la mort de 824 personnes en quarante ans de violences
pour l'indépendance du Pays basque.
Madrid Correspondance
Le procureur du tribunal de justice des îles Baléares, Bartomeu Barcelo, a tiré la conclusion
de la journée du dimanche 9 août, après l'explosion de trois bombes de faible puissance dans
deux restaurants et un parking sous-terrain, tout près de Palma de Majorque : "Tout indique
qu'il existe un commando de l'ETA à Majorque."
L'ETA avait averti, en fin de matinée, par un appel téléphonique à une société de taxis du
pays basque, de l'existence d'une ou de plusieurs bombes sur l'île de Majorque. La première,
placée dans le faux plafond des toilettes des femmes d'un restaurant de plage, a explosé vers
14 h 20, près de la ville, alors que le commerce était plein. Personne n'a été blessé.
Selon quelques témoins, une petite explosion sèche a été entendue, comme celle d'un gros
pétard. Immédiatement, le restaurant et ses environs ont été évacués. Les démineurs ont
ensuite contrôlé l'explosion de la seconde bombe, elle aussi de faible puissance, peu après 16
heures, dans un restaurant proche. Les forces de l'ordre ont recherché enfin une troisième
bombe dans un hôtel, mais celle-ci était placée dans une galerie commerciale souterraine.
Elle n'a fait que peu de dégâts matériels.
L'ETA a choisi de se manifester le jour même où elle revendiquait, dans un communiqué, les
attentats contre la caserne de la Garde civile de Burgos, le 29 juillet (64 blessés), et contre
deux gardes civils tués dans l'explosion de leur voiture piégée le 30 juillet, à Palma de
Majorque. Ce double assassinat avait provoqué un déploiement important de policiers ces
derniers jours dans l'île. L'organisation revendique aussi l'assassinat d'un policier au moins
de juin à Bilbao.
L'ETA affirme, dans le texte transmis au quotidien indépendantiste basque Gara, "ne
chercher à imposer aucun projet, contrairement à ce que répètent les dirigeants espagnols. Ce
que l'ETA cherche depuis de longues décennies est une solution politique et un dialogue".
ISOLEMENT POLITIQUE
L'ETA, à l'origine de la mort de 828 personnes en cinquante ans d'existence, défie ainsi à
nouveau le gouvernement au moment où sa vitrine politique, Batasuna, a été privée de toute
perspective politique par la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) qui, le 30 juin, a
reconnu le bien-fondé de son interdiction par le gouvernement espagnol, en 2003.
Isolée politiquement comme jamais, harcelée avec succès par les polices espagnole et
française (une dizaine de ses dirigeants ont été arrêtés ces derniers mois), l'ETA est affaiblie.
Mais elle a voulu démontrer ces derniers jours qu'elle conserve sa capacité de tuer, comme
souvent lorsqu'elle a l'intention de proposer une négociation.
Pour l'instant, le gouvernement espagnol semble bien décidé à ne pas laisser une once
d'espoir à l'ETA. Depuis la fin de la trêve, à la mi-2007, après quinze mois de cessez-le-feu,
Madrid s'est concentré sur l'arrestation des activités de l'organisation. Le gouvernement
socialiste de José Luis Rodriguez Zapatero a déclaré à plusieurs reprises qu'il n'y aurait pas
de négociations avec l'ETA, et que l'organisation serait défaite par l'action de la police et de la
justice. Le ministre de l'intérieur, Alfredo Perez Rubalcaba, a répété ces dernières semaines
que l'ETA n'aura aucune porte de sortie. Probablement dans l'attente d'une initiative
politique de Batasuna, il a déjà annoncé qu'il rejetterait comme une "nouvelle farce" tout ce
qui ne serait pas le renoncement à l'action violente.
M. Rubalcaba a même été plus loin que ce qui était jusqu'à présent la position du
gouvernement espagnol, et qui consistait à dire que Batasuna pourrait à nouveau exercer ses
activités si elle condamnait les attentats de l'ETA. Anticipant une déclaration de Batasuna
"qui condamne la violence" assortie d'une demande de levée de son interdiction, le ministre
de l'intérieur a assuré : "La réponse de notre part sera radicalement non." "Les tribunaux ont
déjà montré qu'ETA et Batasuna sont la même chose. Il faut leur dire avec fermeté que jamais
ils ne reviendront dans les institutions tant que l'ETA existera", a ajouté le ministre. (Intérim.)
Article paru dans l'édition du 11.08.09
L'Espagne était déjà le pays européen le plus touché
par la crise...
Au lendemain des deux attentats, probablement d'ETA, perpétrés en Espagne, les
professionnels du tourisme s'inquiètent des conséquences économiques. Déjà très touchée
par la crise, l'Espagne craint une baisse de l'activité dans le secteur. Pourtant le pays est une
destination très appréciée des vacanciers étrangers.
Depuis les quatre plages et les nombreux hôtels de Palmanova (30.000 chambres), les
vacanciers, principalement britanniques, ont assisté stupéfaits à la mise en place d'un grand
périmètre de sécurité. Nombre d'entre eux ont été confinés pendant plusieurs heures dans
leur chambre d'hôtel.
Les Baléares: la destination espagnole préférée des touristes étrangers
Au moment de l'attentat, quelque 400.000 vacanciers se trouvaient sur l'île qui a été
provisoirement bouclée, aéroport et ports inclus. L'ensemble des îles Baléares (Majorque,
Minorque, Ibiza, Formentera) dégagent 80% de leur Produit intérieur brut de l'activité
touristique, directement ou indirectement.
L'archipel a été en juin la destination espagnole préférée des touristes étrangers, selon les
dernières données officielles disponibles. En 2008, ils ont été 10 millions à y séjourner, dont
4 millions d'Allemands et 3,4 millions de Britanniques qui plébiscitent l'archipel depuis des
années.
La presse espagnole parlait vendredi de «coup porté à l'épicentre touristique des Baléares»,
d'autant que le secteur est déjà touché par la crise économique. Depuis le début de l'année, le
nombre de touristes a reculé de 12,5% par rapport à 2008, selon les données du ministère de
l'Industrie et du Tourisme.
Espagne : mer, soleil et béton
par Clotilde de Gastines - 16 Juillet 2009
¡Sol y playa! Ce modèle de vacances a fait de l'Espagne la seconde destination
touristique au monde. Des provinces se mobilisent pour restreindre l'avancée
du béton sur le littoral et en milieu rural.
A Torremolinos, où le béton tutoie la plage et à Ibiza, où s'agglutinent les touristes, le modèle
héliotrope espagnol a atteint ses limites. Première source de richesse du pays, le tourisme
représente 12% du PIB et 10% de l'emploi national espagnol. Mais cette industrie touristique
s'est développée dans un cadre juridique flou.
Les infrastructures espagnoles sont adaptées au tourisme de masse. Cinquante millions de
vacanciers s'y pressent tous les ans. En 50 ans, le taux de croissance urbaine a explosé. Les
formes d'occupation du sol sont toujours plus denses suite à la demande croissante, nationale
et d'Europe occidentale, sur les espaces littoraux. Dans les années 70, des édifices en hauteur
sont venus border les grandes plages de sable. Puis la construction « horizontale » est
devenue générale, occupant des espaces sans cesse plus vastes et grignotant sur les
communes rurales d'une large frange pré-littorale et intérieure. En Andalousie, destination
d'un touriste sur deux, la population locale a doublé, mais la surface bâtie a sextuplé.
L'impact écologique du tourisme sur les 6000 km de côtes espagnoles (îles comprises) fait
l'objet d'une condamnation sans appel dans le dernier rapport de Greenpeace « Costas » :
90% du littoral souffre de problème de regénération estime l'expertise. Depuis mai 2002, le
gouvernement prélève un impôt d'1€ par nuitée dans un logement touristique. Un
prélèvement bien faible au regard des dégâts écologiques. Un touriste consomme 7 fois plus
d'eau qu'un usager local. Un golf épuise l'équivalent de la consommation de 9000 habitants !
Sans foi ni loi ?
La Loi de protection des Côtes de 1988 (Loi 22/1988, BOE 29-6-1988) est restée lettre morte.
Selon une étude parue dans la revue Rives. Cette loi annonçait « les garanties nécessaires
pour la défense du littoral par la protection et la conservation de ses valeurs naturelles et
culturelles, l'utilisation rationnelle de ses ressources, l'adoption de mesures appropriées
pour leur restauration, l'usage public, et l'élargissement et la consolidation du domaine
public maritime et terrestre ».
Mais la démarcation du domaine maritime et terrestre n'a pas été aussi efficace que prévu ;
aujourd'hui encore, « il existe des zones qui ne sont pas bornées, la délimitation des aires de
services et de protection est en retard, et ce qui empêche l'Etat d'accroître son patrimoine
avec des terrains qui relèvent actuellement de la propriété privée ».
En Andalousie, un tiers du littoral seulement est protégé. L'urbanisation touristique occupe
certes une bonne partie des 200 km de littoral de la province d'Alicante, ce qui a permis
depuis les années 1960 de diversifier l'économie, conviennent les auteurs de l'article. Elle a
cependant provoqué un déséquilibre dans l'usage des sols et une dégradation des paysages
naturels. « La détérioration des zones humides, le modèle touristique de Benidorm
(constructions en hauteur au centre, pavillonnaire dans les alentours, énorme parc
thématique de loisirs Terra Mitica) et les politiques d'urbanisme de Santa Pola et de Elche
sont autant d'exemples négatifs alimentés par la pression spéculative sur le foncier et la
permissivité des autorités locales face à la demande nationale et étrangère. »
Les zones humides ont été associées à des zones insalubres et improductives ce qui a
largement bénéficié à certains intérêts spéculatifs actuels. D'autant plus que ni
l'Administration ni l'Université n'ont défendu ni les valeurs ni les fonctions intrinsèques de
ces écosystèmes, et ont opté au contraire pour la solution de facilité consistant à s'aligner sur
les critères économiques et à encourager la réalisation de projets urbanistiques
« pharaoniques » ou encore la transformation de zones humides en parcs et jardins.
Les terrains bon marché sont un objectif très intéressant pour les spéculateurs fonciers, et la
loi ne les protége pas suffisamment (Loi du Sol de 1956, BOE 15-5-1956 ; Loi pour la
protection des côtes 1969, BOE 28-4-1969) ou autorise à leur transformation (Loi sur les
Centres et Zones d'Intérêt Touristique National, BOE 31-12-1963). La loi du littoral autorise
la construction d'hôtel en zone protégée, à condition qu'elle ait lieu à 100 m du littoral. Le
béton menace donc directement les réserves naturelles. Les sanctions sont rares. Dans la
province d'Almería un promoteur a réussi à faire construire à 14m de la plage sur le parc
naturel Cabo de Gata-Níjar ! Il n'a pas obtenu sa licence d'ouverture. Cet été commence aussi
le plus grand procès anti-corruption à Málaga avec 103 inculpations et 86 procès en
perspective.
Sauver le rural !
Afin d'épargner le milieu rural, l'Espagne bénéficie de l'impulsion de l'Union européenne. Les
programmes PRODER, FEDER et LEADER misent sur le développement durable et la
protection de l'environnement. Exemple probant, la Catalogne s'est adaptée aux exigences
européennes en développant un Droit du Tourisme restrictif. La loi sur le Tourisme 13/2002
définit des zones « saturées », menacées de surpopulation. Elle interdit la construction de
complexes touristiques, restreint les hôtels à une capacité de 60 lits. La construction de
« maisons rurales » est également limitée à 20 couchages et à 3 étages. L'architecture des
bâtiments doit être conforme à la tradition de la région et leur propriétaire avoir des revenus
agricoles. Un strict moyen pour préserver les équilibres naturels et sociaux.
L’Espagne change d’image pour doper son tourisme
L’Espagne a dévoilé vendredi une nouvelle campagne à l’étranger pour dynamiser son secteur
touristique, avec un nouveau slogan («I need Spain») et le célèbre chef Ferran Adria en chef
de file.
Le slogan «I need Spain» (J’ai besoin de l’Espagne), qui remplace le «Smile, you’re in Spain»
(Souriez, vous êtes en Espagne), est destiné à être vu par 400 millions de personnes dans 40
pays, a indiqué dans un communiqué le ministère espagnol de l’Industrie, du Tourisme et du
Commerce. «L’esprit de la campagne se base sur le style de vie espagnol, qui attire chaque
année plus de 50 millions de touristes», a ajouté le ministère. Son objectif est de faire de
l’Espagne «une destination culturelle de premier ordre», selon le communiqué.
Le «pape» de la cuisine d’avant-garde, le chef catalan Ferran Adria, se retrouve propulsé
«ambassadeur de la marque Espagne», au côté notamment de l’équipe nationale de basketball, championne du monde en 2006 et vice-championne olympique en 2008.
Adria a récemment annoncé que son restaurant elBulli, situé au nord de Barcelone et classé à
plusieurs reprises «meilleur restaurant du monde» par la revue britannique «Restaurant»,
deviendrait une fondation privée gastronomique à partir de 2014, après deux ans de
fermeture.
Le tourisme représente environ 10% du PIB de l’Espagne, troisième destination touristique
mondiale après la France et les Etats-Unis, selon l’Organisation mondiale du tourisme
(OMT).
Le nombre de touristes étrangers arrivés en Espagne a légèrement augmenté en janvier sur
un an, pour la première fois après 18 mois de baisses consécutives.
En 2009, 52,2 millions de touristes étrangers sont venus en Espagne, soit 8,7% de moins
qu’en 2008.
L’Espagne est en récession depuis fin 2008, frappée par la crise financière et l’éclatement de
sa bulle immobilière.
Publié le Lundi, 15 mars 2010
Espagne : les Britanniques restent les visiteurs
étrangers les plus nombreux
22/01/10 - AFP
Les touristes britanniques ont été une fois de plus, en 2009 les visiteurs étrangers les plus
nombreux en Espagne, selon des chiffres sur le tourisme publiés vendredi par le ministère de
l'Industrie.
Un total de 13,2 millions de Britanniques ont visité l'Espagne en 2009, en baisse de 15,5%,
sur un nombre total de touristes de 52,2 millions accueillis (en baisse de 8,7%), soit 25,5%.
Comme en 2008, les Allemands et les Français ont complété le podium 2009, avec
respectivement 8,9 millions (-11,3%) et 7,9 millions (-2,9%).
2009 fut une mauvaise année pour l'activité touristique espagnole, qui représente environ
10% du PIB et de l'emploi. Mais le repli enregistré de 8,7% est inférieur à celui qui avait été
anticipé par le gouvernement (-10%).
L'Espagne est la troisième destination touristique mondiale, selon l'Organisation mondiale
du tourisme (OMT). Elle s'est fait ravir la deuxième place par les Etats-Unis, a annoncé en
2009 l'OMT, tandis que la France occupe la première place.
Les touristes étrangers ont dépensé au total 48 milliards d'euros en 2009 en Espagne, soit
6,8% de moins que l'année précédente.
La dépense moyenne d'un touriste a été de 920 euros au cours de l'année, selon le ministère.
ESPAGNE : nouvelle ligne de crédits dédiés au secteur
touristique
26/01/2010
Dans le cadre du nouveau plan FuturE, le Gouvernement espagnol a approuvé en dernier
Conseil des ministres de nouvelles mesures destinées à dynamiser le secteur touristique. Ce
plan s'inscrit dans la continuité du Plan Renove de 2009 et fait l'objet d'une dotation de 400
millions d'euros qui financera jusqu'à 100% des projets d'investissements de la part des
opérateurs touristiques entreprenant des travaux de rénovation dans leurs établissements.
Plusieurs accords sont aussi intervenus entre le Gouvernement et 4 communautés autonomes
(Andalousie, Baléares, Canaries et Valence) pour la promotion de la marque « Espagne » à
l'étranger avec un investissement de 72 millions d'euros sur une période de 3 ans.
L’Espagne a accueilli presque 13 millions de touristes
au premier quadrimestre 2010
ESPAGNE | 22 mai 2010
Madrid - La fermeture de l’espace aérien durant une semaine, en avril, s’est
traduite par une baisse de 13,3 % des arrivées de touristes internationaux
en Espagne durant le mois, et entrainé une baisse globale de 4,3 % sur les quatre
premiers mois de 2010.
Particulièrement affectées, les arrivées depuis l’Allemagne et le Royaume-Uni, pays les plus
exposés aux vicissitudes du nuage volcanique islandais. En revanche, les touristes en
provenance des Etats-Unis, non affectés par les cendres volcaniques, ont crû de 4,8% en avril.
Au total, 3,9 millions de touristes internationaux sont arrivés en Espagne en
avril, en retrait de 13,3% par rapport à avril 2009, selon les estimations de la
FRONTUR (Movimientos Turísticos en Fronteras ) qui élabore les statistiques du Ministère
espagnol de l’Industrie, du Tourisme et du Commerce.
Sur l’ensemble du premier quadrimestre 2010, le nombre de touristes internationaux arrivés
en Espagne a baissé de 4,3 % par rapport à 2009, pour un total de 12,7 millions.
Marchés émetteurs et principales destinations
Le Royaume-Uni, premier marché émetteur à destination de l’Espagne, a enregistré la
plus forte chute en avril, avec - 27,7 % et l’Irlande - 42%. La France, second marché, a
enregistré une moindre baisse, car moins dépendante de la voie aérienne mais l’Allemagne a
enregistré un recul de 20 %, soit 172 000 touristes en moins qu’en avril 2009. La
Catalogne, principale destination des touristes internationaux, est la région qui a connu
la moindre récession. En revanche, l’archipel des Baléares et celui de Canaries, plus
dépendantes du transport aérien, ont perdu respectivement 122 000 et 89 000 visiteurs.
L’Andalousie et la Communauté de Valencia, destinations prIsées par les Britanniques, ont
pour leur part régressé de 12,3 % et 19,2 %.
Au total, les aéroports internationaux espagnols ont enregistré l’arrivée de quelque 586 000
touristes de moins qu’en avril 2009.
Source : La Moncloa, 21 mai 2010
Tourisme : l'Espagne investit 250 M€
Avec AFP
23/07/2010
Le Conseil des ministres espagnol a approuvé vendredi une série de mesures en faveur du
tourisme, dont une enveloppe de 250 millions d'euros pour améliorer les infrastructures et
mieux promouvoir l'Espagne, en misant notamment sur sa récente victoire à la Coupe du
monde de football.
Une grande partie de cette enveloppe - 200 millions - sera allouée au Fonds de
modernisation des infrastructures touristiques (Fomit).
Ce fonds vise à fournir des aides remboursables et à faible taux d'intérêt aux régions pour des
projets touristiques, dans la limite de six millions d'euros par an ou 25 millions dans le cas de
consortiums.
Avec ce nouvel apport de l'Etat espagnol, ce dernier aura mis à disposition des collectivités
locales 620 millions d'euros depuis 2005 pour moderniser leurs infrastructures touristiques.
Le gouvernement a également accordé 40,5 millions d'euros pour un plan de communication
international destiné à promouvoir l'Espagne en tant que destination touristique.
Barcelone envisage de taxer les séjours touristiques
6 juillet 2010
Barcelone envisage de taxer les touristes, à hauteur de un euro par personne et par séjour,
pour compenser la baisse de subventions publiques destinées à la promotion de la ville. La
ville s'inspirerait ainsi d'autres grandes villes touristiques, comme Paris, qui applique une
«taxe de séjour forfaitaire», versée par les touristes aux établissements d'hébergement.
Quelque 6,5millions de touristes ont visité Barcelone en 2009.
Benoit XVI en pèlerin de Compostelle
6 Novembre 2010
Préoccupé par la sécularisation accélérée de l'Espagne, le pape est
attendu samedi devant 200.000 personnes à Saint-Jacques-deCompostelle.
La cohue promet d’être historique. Car un pape à Saint-Jacques-de-Compostelle n’est pas
chose courante. Avant Benoît XVI, qui s’y rend samedi pour la première fois, seul Jean-Paul
II avait visité ce haut lieu du pèlerinage, en 1982 et 1989. Ce sont 200.000 personnes qui se
pressent samedi matin sur les places et dans les ruelles de la vieille ville. A moins de payer
(jusqu’à 4.000 euros) la location d’un balcon avec vue sur la cathédrale, elles patienteront
debout plusieurs heures, le pape visitant l’édifice à 13 heures avant de célébrer la messe, trois
heures plus tard. Avant cela, Benoît XVI aura débuté son voyage de deux jours en Espagne
(Saint-Jacques samedi, Barcelone dimanche) par un rendez-vous avec le prince Felipe,
héritier de la Couronne d’Espagne, et son épouse Letizia Ortiz.
La cité de Galice, deuxième lieu de pèlerinage en Europe
L’Espagne intéresse et préoccupe à la fois le souverain pontife. Après s’être rendu à Valence
en 2006, il s’envolera en août prochain pour Madrid, où se tiendront les JMJ 2011. Le pape
veut y tenir un discours de fermeté alors que le royaume vit une sécularisation accélérée. Si
73% des Espagnols se disent toujours catholiques, ils ne sont plus que 13% à pratiquer. Et
l’Espagne de José Luis Rodriguez Zapatero, en permettant aux femmes d’avorter plus
facilement, en autorisant le mariage homosexuel ainsi que l’adoption d’enfants par les
couples gays, s’est attirée les foudres de l’Eglise. En cette année sainte compostellane (la
Saint-Jacques, le 25 juillet, est tombée un dimanche), Benoît XVI se devait donc de visiter le
"champ d’étoiles" (Campus stellae, qui a donné Compostelle) où, dit-on, une barque partie de
Jérusalem s’échoua vers l’an 44 avec à son bord le corps de saint Jacques, gardé par ses
compagnons.
"Visiter Saint-Jacques? Jean-Paul II a lancé l’idée et Benoît XVI la reprend à son compte",
analyse Denise Péricard-Méa, professeur d’histoire médiévale à la Sorbonne (Paris-I),
spécialiste des pèlerinages à Compostelle (*). "Il a raison, vu l’ampleur que prend le
phénomène des pèlerinages ici. Rome aurait tort de ne pas s’y intéresser, d’autant que
depuis le XIIe siècle Compostelle a toujours voulu montrer son indépendance vis-à-vis
d’elle." Après Lourdes (et ses 6 millions de visiteurs annuels), la cité de Galice est devenue le
deuxième lieu de pèlerinage en Europe. Les autorités locales parlent de 4 millions de
personnes dont, selon Denise Péricard-Méa, 260.000 personnes venues à pied ou à vélo
(dont 11% de Français) depuis janvier 2010, contre 180.000 il y a six ans. "Les églises se
vident tandis que les chemins de Compostelle se remplissent", résume l’historienne.
Les vrais pèlerins se reconnaissent à leurs souliers, chaussures de marche ou sandales pour
soulager les ampoules. Ils progressent avec difficulté dans les rues qui débouchent sur la
cathédrale. Ionut Becheru a marché "seulement 200 km" à travers la Galice, dont 45
aujourd’hui. Ce Roumain orthodoxe de 22 ans, à bout de forces et de nerfs, tourne en rond
sans réussir à localiser le bureau des pèlerins où il pourra faire valider la "Compostella", le
document attestant que le pèlerin a parcouru au moins 100 km à pied ou 200 à vélo.
"J’ai quitté mon travail, j’avais besoin de réfléchir"
Felix Krull, fringant Allemand de 68 ans, a pédalé 450 km en compagnie de son fils Frank. Le
père montre ses cuisses endolories: "Mon fils et moi ne nous étions jamais autant parlé que
durant cette semaine de pèlerinage." Il raconte avoir échangé avec des dizaines de personnes
sur le chemin. "On en a croisé deux ou trois un peu fous, sourit-il. Notamment une
compatriote partie de Berlin à pied et qui s’est donné une année pour arriver!"
Qu’ils soient croyants ou pas, Denise Péricard-Méa, venue une fois à cheval depuis Bourges,
une autre à pied depuis Lectoure (Gers), considère ces pèlerins d’un œil attendri. "Ils ne font
pas ça comme s’ils parcouraient le GR20 en Corse ou le tour du Mont-Blanc. Il y a quelque
chose de magique sur ces chemins." Une magie qu’a ressentie Seung Ik Lee, un Coréen de 30
ans qui a marché depuis la frontière française, à 800 km de là. "J’ai quitté mon travail il y a
quelques mois et j’avais besoin de réfléchir. Au bout de ce chemin, j’ai beaucoup appris sur
moi." Un seul regret à l’arrivée: "J’ai adoré ces rencontres, cette communion entre nous, au
point que je pensais qu’une fois ici, cette chaleur allait rester, que nous allions passer du
temps ensemble. En fait, non." La vie moderne l’a rattrapé à Saint-Jacques.
Des milliers de pèlerins acclament le pape à SaintJacques de Compostelle
Publié le 06/11/2010 AFP
Aux cris de "Vive le pape", épuisés par une longue nuit de veille, jetant des poignées de
confettis jaunes et blancs, des dizaines de milliers de pèlerins ont acclamé Benoît XVI samedi
dans la ville médiévale espagnole de Saint-Jacques de Compostelle.
Sitôt descendu sur le tarmac de l'aéroport, Benoît XVI a fait fi du protocole qui interdit à
quiconque de s'approcher de la "papamobile", en prenant dans ses bras, tour à tour, trois
bébés enveloppés de couvertures rose, bleue et blanche.
Sur les 11 kilomètres qui séparent l'aéroport de la cathédrale, le pape, vêtu d'une soutane
blanche, recouverte d'une pèlerine rouge, n'a eu de cesse de saluer les centaines de fidèles
rassemblés le long de la route.
Parmi eux, Lucia déplorait la vitesse avec laquelle le véhicule est passé devant elle. "Il n'allait
pas à 15 kilomètres heure", a-t-elle regretté.
"Je suis postée depuis 9 heures du matin", a-t-elle assuré à l'AFP, en compagnie de son amie
Lola avec qui elle a décidé de ne pas se rendre sur l'immense place Obradoiro, au coeur de la
ville médiévale, où le pape devait célébrer une messe dans l'après-midi devant 7.000
personnes.
"Il y a trop de monde là-bas, nous suivrons la messe depuis les écrans" qui ont été installés
par la mairie en divers endroits de la ville.
Maria José Escobar, 37 ans, a elle aussi vu Benoît XVI passer, mais admet avoir été "plus
émue par Jean Paul II", qui a visité l'Espagne en 1982 et 1989. "Il nous attirait plus, était plus
proche de nous, plus affectueux".
Un peu plus loin, un couple d'hommes s'embrassait sur le passage du pape. Comme peut-être
dimanche à Barcelone, où des militants homosexuels ont appelé à s'embrasser, pour une
manifestation éclair de deux minutes, lorsque Benoît XVI prendra le chemin de la Sagrada
Familia.
De gigantesques ballons bleus et jaunes flottant dans le ciel brumeux de Saint-Jacques de
Compostelle et d'innombrables petits drapeaux de Galice et du Vatican, ont accompagné
Benoît XVI jusqu'à la cathédrale, dont le parvis était orné d'un tapis de fleurs.
Le pape a alors revêtu pendant quelques instants un second camail de couleur marron,
portant la croix et la coquille de Saint-Jacques, symboles du célèbre chemin de pèlerinage.
Benoît XVI, qui avait souhaité faire ce voyage à Compostelle "en tant que pèlerin", s'est rendu
dans la crypte de l'apôtre Saint-Jacques. Il s'est ensuite agenouillé pour prier quelques
minutes devant le reliquaire argenté de l'apôtre, avant d'embrasser sa statue comme le veut la
tradition.
Sur la place d'Obradoiro, à l'extérieur de la cathédrale du 12ème siècle, les pèlerins qui
avaient veillé toute la nuit pour avoir une bonne place l'ont acclamé aux cris de "Vive le
Pape".
Parmi eux José Antonio, un moine du monastère bénédictin de Samos, en Galice, a été le
premier à pouvoir pénétrer dès 8 heures du matin sur la place.
"Nous sommes ici depuis vendredi après-midi", a-t-il raconté. "Je ne suis pas du tout fatigué.
C'est l'émotion".
La présence de Benoît XVI à Compostelle marque le point fort de l'année sainte jacquaire, qui
est célébrée chaque fois que la fête de Saint-Jacques, le 25 juillet, tombe un dimanche. Un
évènement qui ne se reproduira pas avant onze ans.
AFP - 05/11/2010
La "Sagrada Familia", l'interminable chantier de
Barcelone
La "Sagrada Familia" de Barcelone, le faramineux projet de Gaudi que le pape
transformera dimanche en basilique, est en chantier depuis 128 ans. Un
ouvrage colossal au financement aléatoire, qui pourrait néanmoins prendre fin
dans une quinzaine d'années.
"Au rythme actuel des entrées et des dons, nous pensons qu'il est possible qu'à une date
emblématique, 2026, 100 ans après la mort de Gaudi, toute la structure d'ensemble soit
terminée", explique Jordi Fauli, l'un des architectes actuels de la "Sainte Famille".
Le programme des années à venir s'annonce chargé: sitôt achevée la visite du pape
commencera la construction de la sacristie et d'une salle qui servira de base au clocher
central, puis le clocher lui-même, dédié à Jésus-Christ et surmonté d'une croix, qui culminera
à près de 180 mètres.
Il sera alors temps de s'attaquer à la façade principale, la "façade de la Gloire", dernière pièce
du puzzle. La cathédrale sera à terme surmontée de 18 clochers, dont huit, ornés à leur
sommet de mosaïques vénitiennes, s'élèvent déjà au-dessus de Barcelone.
A l'intérieur, la nef centrale de 60 mètres de haut, achevée cette année, est bordée
d'étonnants alignements de colonnes divisées à leur sommet en ramifications qui figurent des
branches d'arbre.
La lumière, l'une des obsessions de Gaudi, envahit l'église à travers des vitres transparentes
et des ouvertures en forme de sablier qui ont fait la renommée de l'architecte dans le monde
entier.
Dimanche, l'orgue de 1.492 tuyaux, trois choeurs et 800 voix accompagneront la messe
célébrée devant 6.500 invités.
La future basilique, où pourra être célébrée l'Eucharistie après sa consécration par Benoît
XVI, n'a pas toujours été l'objet de la même attention qu'aujourd'hui. Pas moins de 200
personnes s'activent sur les plans et sur les pierres, à l'intérieur comme à l'extérieur.
"Pendant la première guerre mondiale, Gaudi a dû passer des après-midi à aller voir les gens
fortunés de Barcelone pour leur demander de l'argent pour pouvoir payer les ouvriers",
raconte Jordi Fauli en souriant.
Les travaux seront ensuite freinés par la mort brutale de l'architecte, renversé par un
tramway en 1926, puis par la guerre civile, entre 1936 et 1939. Des plans, des dessins et des
maquettes seront alors perdus dans un incendie.
Le rythme irrégulier du chantier s'explique aussi par son financement, basé uniquement sur
les dons et les billets d'entrée (12 euros aujourd'hui).
Comme l'ensemble des monuments de Barcelone, la Sagrada Familia, visitée chaque année
par 2,5 millions de personnes, a profité de l'afflux massif de touristes avant, pendant et après
les jeux Olympiques de 1992. Depuis environ 20 ans, les travaux avancent à bon rythme.
Les architectes travaillent à partir des plans laissés par Antoni Gaudi, mais aussi à partir de
modèles en plâtre dont se servait le génie catalan.
Gaudi "nous a dit d'être fidèles à ses pensées mais d'avoir la liberté d'interpréter", souligne
l'architecte Jordi Bonet, cerné de plans et de maquettes dans son petit bureau.
Mais pour certains, l'extension des travaux n'a que peu à voir avec le projet lancé en 1882.
"Je crois que ce qui attire les touristes du monde entier, et ce qui retient l'attention, c'est
l'oeuvre de Gaudi. Et ce qui se fait actuellement, ce n'est pas l'oeuvre de Gaudi. C'est une
oeuvre de disciples et d'architectes qui interprètent l'oeuvre de Gaudi", assure Ramon GarciaBragado, adjoint au maire de Barcelone chargé des Infrastructures.
"Il y a un débat intense pour savoir si l'extension de la Sagrada Familia doit se poursuivre ou
non", ajoute M. Garcia-Bragado.
"S'il y a des gens qui sont critiques, eh bien, ce sera à l'histoire de juger", répond humblement
Jordi Bonet.
Catalogne : Un nouvel aéroport pour rebooster la
destination
À Lleida, au cœur de la province espagnole
La Catalogne a accusé un très fort ralentissement de sa fréquentation en 2009.
Pour la rebooster, un nouvel aéroport a été inauguré à Lleida, au cœur de la
province, desservi par Vueling au départ de Paris.
La Catalogne est la destination préférée des Français qui séjournent en Espagne.
52% d’entre eux y passent leurs vacances ou leurs week-ends.
Dans les années fastes, la province accueille 5 millions de visiteurs français, un chiffre qui
s’est effondré en 2009, à 3,5 millions.
Le manque à gagner est considérable pour l’économie régionale dont le tourisme est un
puissant moteur.
La Costa Brava, Port Aventura, Barcelone n’auraient-elles plus la cote ?
N’allons pas jusque-là. Mais la Catalogne doit adapter son offre touristique aux nouvelles
aspirations de la clientèle en faveur du tourisme vert, sportif, culturel et gastronomique.
Vueling : Deux vols hebdomadaires au départ de Paris
La province mise sur un nouvel aéroport implanté à l’intérieur des terres, à proximité de la
ville de Lleida, pour rebooster la destination au départ de Paris.
« La construction de cet aéroport est un pari économique », confirme Monsieur CarodRovira, représentant en France du gouvernement de la Catalogne.
Située à 130 kilomètres à l’ouest de Barcelone, Lleida est donc depuis janvier 2010 une
nouvelle porte d’entrée qui permet d’accéder à une région encore épargnée par le tourisme de
masse, au pied des Pyrénées, de ses parcs naturels, de ses stations de ski, de ses terroirs et
ambiances typiques.
La compagnie Vueling y croit. Deux vols hebdomadaires relient Paris CDG à Lleida, les
vendredis et dimanches : Départ à 12h05 pour une arrivée à 13h35. Retour à 9h50 pour une
arrivée à Paris à 11h25.
Yves BARRAUD
Mardi 4 Mai 2010
L’Espagne mise sur la culture pour sa promotion
Dans le cadre de son Plan de Promotion Internationale 2010-2012, l'Espagne
investira 27 millions d’euros dans la promotion de son image culturelle.
L’Espagne investira 27 millions d’euros dans la promotion de son image culturelle, ont
annoncé à Madrid les ministères du Tourisme et de la Culture. Cette opération sera lancée
dans le cadre du Plan de Promotion Internationale 2010-2012.
Le patrimoine culturel est l’un des "principaux atouts touristiques" de la
destination, "deuxième pays au monde par nombre de monuments classés Patrimoine de
l’Humanité par l’UNESCO."
"En 2009, 59 millions de touristes ont visité l’Espagne, dont 31,5 millions ont déclaré avoir
eu des motivations culturelles, et 7,5 millions ont affirmé avoir voyagé pour des raisons
culturelles exclusivement", indique un communiqué de presse.
Le nouveau Plan inclut aussi la gastronomie. Les actions de promotion se dérouleront
notamment autour du théâtre, de la dance, de la musique espagnoles, ainsi que de ses
musées. Le Plan donnera aussi élan aux tournages de films dans le territoire espagnol.
La Rédaction
Vendredi 4 Juin 2010
2011, l’année de la reprise du tourisme en Espagne
le 11/5/11
Le Printemps arabe a largement expliqué la hausse du nombre d’arrivées de touristes étrangers au
premier trimestre tandis que le tourisme intérieur souffre de l’essoufflement économique des familles
espagnoles.
Neuf millions de visiteurs étrangers se sont rendus en Espagne au premier Trimestre 2011, soit 3% de
plus qu’il y a un an : l’Espagne n’en attendait pas tant ! En mars, les nuits à l’hôtel ont augmenté de
4,9% par rapport à l’an dernier. Après deux ans de crise, il semble que le secteur du tourisme ait repris
des couleurs en ce début d’année. Un signe positif dans un pays dont 10% du Produit Intérieur Brut
(PIB) dépend du tourisme.
Toutefois, la forte reprise du tourisme en Espagne n’a pas été harmonieuse. Exceltur, l’organisation
patronale du secteur touristique, constate ainsi que « les destinations de vacances de la péninsule et
des Baléares ont à peine noté l’amélioration de la demande étrangère ». On note là l’effet dudit «
Printemps arabe ». En effet, cette demande « s’est concentrée vers les îles Canaries », les touristes
étrangers à l’origine intéressés par des séjours dans le Maghreb ayant été redirigés vers l’archipel
compte tenu de la situation géopolitique du Nord de l’Afrique. On constate d’ailleurs que certaines des
principales augmentations de touristes étrangers, procèdent de pays d’habitude grands émetteurs de
touristes vers les pays du Nord de l’Afrique, comme la France et l’Italie, dans une moindre mesure. Le
choix des Canaries est logique, ses conditions climatiques étant similaires à celles du Maroc. Les
Anglais demeurent toutefois le premier contingent (20,2%) de touristes étrangers.
Le Secrétaire général du Tourisme et du Commerce Intérieur, et président de l’Institut du Tourisme
d’Espagne, Turespaña (Tourspain), Joan Mesquida, estime néanmoins que « dire que toute la
récupération touristique se nourrit de ces incidents n’a pas de raison d’être. La réalité est que nos
prévisions avant les révoltes dans les pays arabes étaient déjà très positives ». Il n’en demeure pas
moins que l’effet de la crise dans cette région est indéniable. La récupération du secteur est donc
fortement liée à la conjoncture sociopolitique troublée des concurrents de l’Espagne en matière de
tourisme de « sol y playa ».
Quoi qu’il en soit, les perspectives pour 2011 sont bonnes. Exceltur prévoit ainsi une hausse du PIB du
secteur de 2,4% sur l’année, boostée, entre autres, par la crise dans les pays arabes et par la reprise
économique dans les autres pays d’Europe.
De plus, l’Espagne jouit d’atouts qui continuent d’attirer les visiteurs, comme les nombreux terrains de
golf, parcs de loisirs, entre autres. Ces services et infrastructures touristiques font d’ailleurs partie des
principaux bénéficiaires de la conjoncture favorable du premier trimestre, avec les hôtels du littoral
(en particulier aux Canaries), les musées et autres monuments, ainsi que les principales agences de
voyages, selon Exceltur. Le bilan du tourisme rural ou de montagne est moins positif, mais reste plein
de promesses, en tant que flambeaux d’une offre touristique renouvelée en Espagne : « On a continué à
travailler sur de nouveaux produits (nouveaux parcours à l’intérieur, gastronomiques, culturels,
lingüistiques, sportifs, de nature, d’expériences…), de nombreux progrès ont été réalisés dans les
produits et destinations déjà existants, et la promotion extérieure a été améliorée avec des campagnes
plus segmentées et mieux ciblées… Et la réponse du touriste étranger est très positive. Ceci ne veut pas
dire que l’on abandonne les produits touristiques traditionnels, comme le « sol y playa », au niveau
desquels nous sommes leaders mondiaux », estime Antonio López de Avila, directeur de l’Executive
Master in Tourism Management à l’IE Business School.
Au-delà des infrastructures et des services, l’Espagne dispose en outre de capitaux inaltérables comme
le soleil et les plages…
Toutefois, la pluie justement a une nouvelle fois fait des siennes pendant la Semaine Sainte, pourtant
plus tardive cette année que l’an passé. Certes, mais touristes ne semblent pas avoir précipité leur
retour chez eux pour autant. Joan Mesquida Ferrando affirme que l’occupation hôtelière a été de plus
de 85% pendant la Semaine Sainte, dans la lignée des attentes du Gouvernement. Il en déduit que « les
conditions climatologiques n’ont pas été déterminantes ».
Le tourisme de la semaine sainte se nourrit majoritairement de visiteurs espagnols. Et c’est là que le
bât blesse. Le rapport d’Exceltur note une baisse du nombre de touristes nationaux au premier
trimestre. Ces derniers restent en outre regardants sur les dépenses, compte tenu de l’état de leur
porte-monnaie et de leur faible confiance quant à une récupération économique du pays. Rien de grave
toutefois selon M. Mesquida, qui affirme que « le tourisme national est en phase de lente récupération
». Quoi qu’il en soit, il est permis de s’interroger : une récupération durable du tourisme est-elle
envisageable sans une reprise de l’économie espagnole et sans un gain substantiel du pouvoir d’achat
des habitants de ce pays ? D’autant que, comme le rappelle Antonio López de Ávila, « le marché
interne en Espagne est très important et a réussi à être le sauveteur du secteur touristique en de
nombreuses occasions ». Dans ce contexte, le salut viendra des touristes étrangers. Là-dessus, pas
d’inquiétude : ces derniers « recherchent une destination d’excellent rapport qualité-prix, avcec de
bonnes infrastructures et dans lequel ils se sentent bien traités. Le touriste exige de plus en plus à sa
destination et l’Espagne est parée pour le lui donner », conclut-il.
Gaëlle Lucas
Espagne: le tourisme repart à la hausse
AFP
24/01/2011
Les arrivées de touristes étrangers en Espagne ont augmenté en 2010 pour la première fois depuis
trois ans, avec une hausse de 1% par rapport à 2009, ce qui confirme la reprise d'un secteur
représentant 10% du PIB du pays, a annoncé lundi le ministère du Tourisme.
L'Espagne a reçu en 2010 52,6 millions de touristes étrangers, selon un communiqué de ce ministère.
Le tourisme mondial a lui-même connu une forte reprise en 2010, avec une hausse de 6,7% des
arrivées de touristes internationaux, avait annoncé la semaine dernière l'Organisation mondiale du
tourisme (OMT).
Avec cette première hausse depuis 2007, le tourisme espagnol "a démontré sa force, malgré un
contexte de crise" économique, a souligné le ministère.
Si le secteur a été pénalisé en début d'année par des événements ponctuels, comme la fermeture
d'espaces aériens au printemps à cause des cendres du volcan islandais Eyjafjöll, l'activité s'est ensuite
reprise, avec des arrivées en hausse pendant sept mois, de mai à novembre.
Sur l'ensemble de l'année 2010, plusieurs pays européens ont joué un "rôle important" dans cette
reprise, dont la France (+2,3% par rapport à 2009), les pays nordiques (+7,2%) et l'Italie (+9,4%).
Mais le principal marché émetteur est resté la Grande-Bretagne, avec 12,5 millions de touristes, malgré
une baisse de 6,5% par rapport à 2009.
Selon Madrid, pour la première fois depuis dix ans, le tourisme "a gagné du poids dans le PIB"
espagnol, dont la croissance a été nulle au troisième trimestre.
Mais le pays, qui avait déjà perdu sa 2e place en 2008, pourrait perdre en 2010 sa 3e place mondiale
comme destination touristique, talonné par la Chine, 4e en 2009, a prévenu récemment l'OMT.
En 2010, les régions espagnoles les plus visitées ont été la Catalogne (nord-est) et l'archipel
méditerranéen des Baléares.
Destinations de l’été 2011 : Espagne, Italie et Grèce
Selon une enquête de CCM-Benchmark, les français choisiront de passer leurs vacances d’été
en Espagne, en Italie et en Grèce, délaissant l’Afrique du nord.
Mais ces destinations ne concernent qu’un tiers des français puisque les deux autres tiers ont
l’intention de passer leurs vacances en France, une grande majorité (64%) à la plage.
L’Espagne arrive en tête des destinations étrangères avec 19,6% de ceux qui passeront leurs
vacances hors de France. L’Espagne continue de séduire les français avec ses nombreuses
plages sur la Costa Brava, la Costa Dorada, la Costa Blanca ou la Costa del Sol, toutes
facilement accessibles que ce soit par l’autoroute, le train ou en avion grâce aux compagnies
low cost qui desservent de nombreuses villes espagnoles.
Si l’Espagne était déjà en tête des destinations préférées des français en 2010, elle gagne
cependant 5 points en recueillant les visites de ceux qui renoncent à se rendre au Maghreb.
L’Espagne est suivie par l’Italie dans les intentions de voyages des français qui sont 13,2% a
envisager d’y passer leurs vacances cet été. Si la Riviera, les plages de Sardaigne et de Sicile
ont la cote, les touristes qui choisiront l’Italie n’excluent pas d’y passer des vacances
culturelles en visitant Rome, Florence ou Venise.
La Grèce occupe la troisième place des destinations préférées des français avec 7% de
touristes qui pensent y passer leurs vacances en été 2011. Le chiffre pourrait être plus élevé
grâce aux prix assez bas proposés en Grèce, mais certains voyageurs craignent encore que les
grèves à répétitions qu’a connu la Grève viennent gâcher leurs vacances.
Les États-Unis se classent en quatrième position de ce top 10 des destinations préférées en
2011, avec un point de mieux qu’en 2010. La solidité de l’Euro permet en effet aux français
d’envisager des vacances à un prix correct aux USA.
Le Maroc reste à la sixième place du classement mais perd un point par rapport à 2010. Les
français sont devenus méfiants vis-à-vis des destinations nord-africaine, craignant que ce qui
est arrivé en Tunisie et en Egypte se produise au Maroc.
La Tunisie, 10ème cette année alors qu’elle était en troisième position en 2010, est la
destination qui perd le plus de visiteurs avec seulement 2,1% des intentions contre 6,2%
l’année antérieure.
Toujours d’après cette enquête, 24% auraient déjà réservés leurs vacances d’été 2011 tandis
que 16% des français comptent le faire deux mois à l’avance et 6% à la dernière minute.
Vu l’engouement des Français pour l’Espagne, l’Italie et la Grèce, nous conseillons aux 76%
des français qui n’auraient pas encore réservé leurs vacances de ne pas tarder car les places
risquent d’être de plus en plus chère en laissant le temps passer.
Tourisme : l'Espagne a de nouveau la cote
53 millions de visiteurs ont fait escale en Espagne l'an dernier. Ce regain de vitalité tombe à pic au
moment où le taux de chômage du pays dépasse les 20 %.
Après trois mauvaises années (2007, 2008, 2009), l'industrie du tourisme espagnol retrouve un brin
de santé. Le dernier Fitur de Madrid, extraordinaire vitrine colorée du tourisme mondial, a tenu ses
promesses dans un contexte plus favorable que la plupart des professionnels eux-mêmes ne l'avaient
espéré. 150 000 m2, 11 000 exposants et 166 pays et régions - dont quelques nouveaux comme la
Zambie, le Congo Brazzaville et le Pakistan - représentés dans un décor où la démesure des années
fastes n'était plus de mise.
Les dépenses somptuaires (buffets ouverts non-stop, cadeaux-gadgets à gogo et soirées VIP à tout-va)
ont cédé le pas au « juste ce qu'il faut » pour séduire et convaincre, quitte à reproduire (à l'instar de
nombreuses régions espagnoles) un stand identique à celui de l'année précédente. Au final, en quatre
jours, 210 000 visiteurs ont afflué au salon du tourisme.
Selon sa directrice, Ana Larrañaga, « sauf événement imprévu, 2011 sera une année de croissance ».
Elle pourrait atteindre les 3 % dans un contexte mondial porteur. Bonne nouvelle dans un pays où le
taux de chômage a dépassé les 20 %.
Le retour des Français
En 2010, l'Espagne a comptabilisé 53 millions de touristes, soit 1 % de plus qu'en 2009. Parmi les
étrangers, Anglais et Allemands restent majoritaires, bien que leur nombre ait notablement régressé.
Moins 6 % d'Anglais, moins 2 % d'Allemands en 2010. Un manque compensé par un gain de clientèle
française (plus 10 % en novembre dernier par exemple) et de visiteurs provenant de l'Europe du Nord.
L'occupation hôtelière affiche un mieux de 6 %, grâce à l'afflux des étrangers et au regain du tourisme
intérieur espagnol.
Selon le ministre Miguel Sebastian, c'est la première fois en dix ans que la part du tourisme augmente
dans le PIB espagnol. « L'Espagne, a-t-il assuré, s'est un peu dégagée de sa dépendance à l'égard du
Royaume-Uni et de l'Allemagne, preuve qu'elle a des possibilités d'évolution. »
Le « sol y playa » qui a hissé la Péninsule parmi les trois premiers pays touristiques de la planète n'en
reste pas moins en difficulté. Mais l'Andalousie et Valence, dont les côtes ont atteint un degré
d'urbanisation insoutenable, ajoutées à la Catalogne, aux Baléares et aux Canaries, se taillent toujours
la part du lion, tout en continuant d'afficher d'énormes taux de chômage.
Le dernier cri
Sur la Costa Blanca (Valence), la station de Denia a tenu le choc. L'adjointe au maire chargée du
tourisme explique : « Nous avons mieux fonctionné que prévu. Bien sûr, nous avons perdu beaucoup
d'Anglais et d'Allemands, mais les Français sont revenus. Beaucoup d'appartements et de villas sont en
vente dans la commune - la plupart appartiennent à des gens qui avaient investi dans la pierre -, mais
contrairement à d'autres, nous n'abritons pas de programmes immobiliers inachevés, restés en plan
lorsque la bulle immobilière a éclaté. »
Loin des côtes méditerranéennes, la situation est moins complexe, même si certaines régions comme
Madrid, Castilla-la Mancha ou la Cantabrie ne pavoisent pas.
À l'opposé, Euskadi a battu son record d'affluence avec plus de 2,2 millions de visiteurs, soit 12 % de
croissance. Les régions jouent désormais la carte du patrimoine culturel et historique. Toutes celles qui
peuvent tabler sur l'œnotourisme et la gastronomie le font. C'est le dernier cri.
Espagne : Plus de 7 millions de croisiéristes en 2010
20/04/2011
Le nombre de touristes de croisière, en augmentation de 17,6% en 2010, a atteint 7,1 millions de
visiteurs dans les ports espagnols.
La Méditerranée reste la destination préférée avec 70% du nombre total de croisiéristes, soit 5 millions
de passagers. Barcelone et les Baléares concentrent 77% du tourisme de croisière des ports espagnols
du pourtour méditerranéen et 54% de la totalité des côtes espagnoles.
Avec le port de Barcelone en leader européen, l’Espagne se positionne à la troisième place de ce type de
tourisme, derrière l’Italie (7,6 millions de passagers) et la Grèce (plus de 6 millions).
Chemins de foi
[ 08/10/10]
En 2010, le voyage serait spirituel ou ne serait pas ? De Saint-Jacques-de-Compostelle à
l'Assekrem, nombre de touristes empruntent désormais les voies divines. Sans
forcément y croire. Prière de ne pas déranger. Croix de bois, croix de fer...
Un vrai retour en grâce. Fini le temps où l'on partait en pèlerinage, sac à dos chargé d'idées reçues et
foi chevillée aux Pataugas, pour découvrir nos destinations de catéchèse préférées. Le voyage spirituel,
déringardisé, est dans le vent. En Inde, le Ardh Kumbh Mela, célébré au printemps dernier, reste la
plus nombreuse masse humaine jamais rassemblée. Longue marche de quarante-cinq jours entreprise
une fois tous les douze ans par des millions de fidèles dans le silence de l'effort vers les eaux sacrées du
Gange. Du voyage grand format. Plus proche, direction Saint-Jacques-de-Compostelle où l'on célèbre
une année jubilaire, la saint Jacques tombant un dimanche. Occasion rare d'obtenir l'indulgence
plénière, absolution de tous ses péchés. Et de décrocher une Compostela (le diplôme du pèlerin) de
luxe. Mieux que la multiplication des pains, un déluge de pèlerins ont ainsi convergé en août vers
Saint-Jacques par différents chemins, certains passant par le monastère San Marcos de León en
Espagne. Un miracle qui ne doit rien à l'au-delà. La journaliste Alix de Saint André, une repeater, le dit
si bien dans En avant, Route !, jubilatoire récit d'expériences vécues : « Nous ne voyageons pas avec
Dieu ; Dieu habite dans le coin ; on va le voir ou pas, si l'on veut, si l'on y croit et mieux encore : si l'on
n'y croit pas. » Donner du sens à nos vagabondages, avoir soif de paysages voués au cheminement
intérieur, c'est l'époque qui veut ça. Suivez le guide.
Dans cette quête intérieure d'un supplément de je-ne-sais-quoi, le voyage est bon allié. À pratiquer
dans les règles de l'art, comme chez Terre Entière (ex-La Procure), l'agence du pèlerinage qui quadrille
toute la géographie chrétienne, du col de Roncevaux au Kurdistan irakien. « Si le spirituel est
intangible, le voyage est par excellence le moment du voir et du toucher. Le voyageur recherche ce qui
est vrai », résume Hubert Desbbach, son président. Dans ses groupes guidés par des prêtres, l'agence
mélange des croyants et de simples touristes qui n'ont pas forcément les yeux de la foi. Sans acte de
prosélytisme, ni signature préalable d'engagement, mais avec une bonne dose de respect envers l'autre.
Vivement recommandée tout de même dans la besace : la Bible de poche en complément du guide
touristique, Dieu étant dans le détail. Un classique du genre est de partir de Tamanrasset vers
l'ermitage de l'Assekrem où vécut en ermite, entre les deux immensités que sont le ciel et le Hoggar, le
Frère Charles de Foucauld béatifié en 2005. Quatre heures de piste dans un 4x4 qui avale littéralement
les étendues minérales, cinq jours si l'on préfère voyager by fair means, c'est-à-dire à pied, question
d'élégance.
L'expérience du néant désertique oblige à parcourir les rayonnages de nos bibliothèques intérieures.
Réfléchir au monde et rêver peut-être. Quand l'heure des souvenirs est passée, l'ennui mortel nous
gagnerait s'il n'y avait cette richesse minérale tout autour. On avance, de plateaux basaltiques en
massifs de granit rose, sur un horizon crénelé de doigts de lave. À chaque halte et bivouac, le rituel
répété du thé servi par des mains expertes dans des verres étroits rassemble les solitudes de la marche.
Le premier thé est dit « amer comme la vie », le second « doux comme l'amour » et le « troisième
suave comme la mort ». Les Touareg ne redoutent pas la mort et respectent leur environnement.
Charles de Foucauld, aristocrate, fêtard agnostique, ascète qui retrouva la foi à l'âge de 28 ans, fut le
grand spécialiste de leur langue et de leur culture. Plus que trente minutes d'ascension, l'ermitage
mythique, petite maison bâtie en pierres sèches, aussi minuscule qu'inusable, se montre enfin au
sommet d'un piton rocheux balayé par les vents.
À presque 3 000 mètres d'altitude, le spectacle grandiose sur le Tassili du Hoggar et ses aiguilles se
grave à jamais. Deux Petits Frères de Jésus continuent d'assurer là, depuis plus de trente ans, en plein
pays touareg, la présence liturgique. Occupant leur temps à relire les manuscrits laissés par Charles.
Regard posé sur l'horizon, frère Alain raconte sa vie, ses nuits de prières, l'Algérie du Nord, la venue de
l'abbé Pierre à l'Assekrem, la pluie trop rare, le tourisme qui s'en est allé dans les années 90. Puis,
quand la discussion se fait trop précise sur l'actualité algérienne, il s'efface et disparaît, laissant les
djins, « les esprits », faire la suite... Et lui-même s'en est allé.
Au-delà du grand voyage « sur les traces de », le spirituel peut vite devenir comme une résidence
secondaire. De monastères en ermitages, de « camino » en itinéraires sacrés, certains voyageurs
prennent goût au « pélé », s'accommodant de gîtes monacaux et de couverts modestes. Pour se retirer
du tourbillon quotidien, l'abbaye cistercienne de la Trappe plonge le visiteur dans un monde de
silence. Ecarts... tolérés dans le grand parc qui borde le monastère en pleine forêt du Perche. « Un tel
calme ne nous pèse pas parce que nous n'arrêtons pas de parler entre nous », avouent deux jeunes
filles croisées là-bas. L'une d'elle ajoutant : « Et vous, votre portable passe ? » Autres idées d'évasion :
le mont Athos en Grèce (for men only), le Koyasan au Japon non loin de Kyoto, l'ashram d'Amma dans
les backwaters du Kerala.
Découvrir des endroits confidentiels fait aussi partie du trip : la retraite de trois jours sur l'île
vénitienne de San Francesco del Deserto donne accès à l'un des plus beaux sites de la lagune, la
Sérénissime en toile de fond. Et Dieu dans tout ça ?
LILY GREGGORY
Les révoltes dans le monde arabe dopent le tourisme
espagnol
Publié le 27 février 2011
2,66 millions de touristes ont visité l'Espagne en janvier, soit une augmentation
de 4,7% par rapport à janvier 2010...
Alors que certains déplorent la fuite des touristes, d'autres les accueillent les bras ouverts.
Réputées pour leur douceur en plein hiver, les plages espagnoles des Canaries ou des
Baléares ont vu affluer des foules inattendues de touristes aux projets de vacances contrariés
par les soulèvements populaires en Egypte et en Tunisie.
Une aubaine pour l'Espagne, passée en 2010 de la troisième à la quatrième place des
destinations touristiques dans le monde et devancée par la Chine. L'Espagne subit en
particulier la rude concurrence des stations balnéaires égyptiennes de la Mer rouge et des
plages méditerranéennes de Tunisie, moins chères et situées à une distance en avion
comparable depuis l'Allemagne ou la Grande-Bretagne.
Une augmentation de 4,7% par rapport à janvier 2010
Mais la révolte qui a éclaté en Tunisie début janvier, puis celle qui a secoué l'Egypte, ont
bouleversé les projets de nombreux touristes qui ont pris le chemin de l'Espagne, en
particulier de l'archipel des Canaries au large du Maroc. 2,66 millions de touristes étrangers
ont visité l'Espagne en janvier, soit une augmentation de 4,7% par rapport à janvier 2010 et la
première depuis 18 mois, selon le ministère du Tourisme. Les Canaries ont été la première
destination avec 866.476 touristes, 8,8% de plus qu'en janvier 2010. Et la région de Valence,
sur la Méditerranée, a connu un bond de 20%.
«Nous avons bénéficié d'une certaine manière de la crise en Egypte et en Tunisie parce
qu'elle a détourné les touristes de ces pays», a commenté le ministre du Tourisme Miguel
Sebastian. «Mais cela ne doit pas être notre but. Notre politique est de renforcer notre
compétitivité, en particulier sur les marchés touristiques d'avenir que constituent la Russie,
la Chine et l'Inde», a-t-il ajouté. Les agents de voyage attendent 300.000 touristes
supplémentaires aux Canaries durant la saison d'hiver qui s'achève fin avril, selon le
gouvernement régional.
La Grèce aussi
Les Baléares, en Méditerranée, profitent elles aussi de la situation, avec des stations
balnéaires offrant des prestations équivalentes à celles des côtes égyptiennes ou tunisiennes.
«Les pays à avoir le plus bénéficié de la situation en Egypte sont l'Espagne, avec des
réservations aux Baléares en hausse de 30% par rapport à l'an dernier, et la Grèce, avec une
augmentation de 20%», souligne le directeur de Thomas Cook, le deuxième tour opérateur
européen, Manny Fontenla-Novoa.
Le moteur de recherches WhichBudget.com signale une «augmentation significative» des
recherches de vols vers l'Espagne tandis que les demandes pour la Tunisie ont plongé de 50%
et pour l'Egypte de 30%. La plus forte augmentation, 22%, a concerné en janvier les vols vers
Barcelone, devant l'île de Tenerife aux Canaries avec une hausse de 12%.
Des touristes «prêtés» par l'Egypte et la Tunisie
Le directeur général de Turespana, l'organisme chargé de la promotion du tourisme espagnol
à l'étranger, Alvaro Blanco, souligne néanmoins que ces touristes ont été «prêtés» par
l'Egypte et la Tunisie à l'Espagne, mais qu'il reste encore à les fidéliser. «Ce sont des touristes
qui n'auraient pas choisi l'Espagne» dans d'autres circonstances. «Nous devons leur montrer
que l'Espagne est une destination proche et sûre», remarque-t-il.
Et en dépit de ces bons résultats, certains hôteliers s'inquiètent de l'instabilité et des
violences dans plusieurs pays arabes et redoutent une hausse des prix des billets d'avions liée
à la flambée des cours du pétrole. «Dans une économie mondiale interconnectée, l'instabilité
dans le bassin méditerranéen risque d'avoir des conséquences économiques négatives avec
des répercussions sur le tourisme en Espagne», souligne Juan Antonio Fuster, le porte-parole
de la Fédération hôtelière de Majorque aux Baléares.
© 2011 AFP
L'Espagne dépensera moins pour son tourisme en 2012
Bien que l’Espagne soit venue en force au salon ITB de Berlin la semaine dernière, la
destination n’en restera pas moins près de ses sous cette année. Forcé de mettre en place un
plan d’austérité, le gouvernement a invité les différents ministères à revoir leurs dépenses et
le tourisme n’y échappe pas.
D’après José Manuel Soria, ministre espagnol du tourisme le budget consacré à la promotion
du tourisme va être réduit de 150M d’euros environ. D’après notre confrère allemand FVW,
"l’Etat ne disposerait plus que de 450 millions d’euros, soit 25% de moins que l’année
dernière". Les autorités compétentes ont prévu de se concentrer sur des dossiers prioritaires
comme, la rénovation du parc hôtelier sur la Costa del Sol. L’industrie du tourisme
représente 11% du PIB espagnol.
Sarah Douag, mardi 13 mars 2012
Espagne : la crise pèse sur le tourisme
Par Mathieu de Taillac Publié le 04/06/2012
Le chômage baisse en mai en raison du début de la saison touristique. Mais le nombre
d'emplois créés, 30.000, est deux fois moins élevé qu'en mai 2011. En avril, le nombre de
touristes a baissé de 1,7 % sur un an.
En mai 2012, l'Espagne comptait 30.000 chômeurs de moins qu'en avril, selon les services
publics de l'emploi. Soit, tout de même, un total de 4.714.000 sans emploi. Le chômage
baisse, mais gare au mirage. Cette deuxième diminution mensuelle successive obéit à un effet
saisonnier: au mois de mai, l'industrie du tourisme prépare la saison et sort de son
hibernation. La baisse est quasi systématique. En mai 2011, le nombre de sans-emploi avait
baissé de 80.000 personnes. La diminution est cette année 2,7 fois inférieure à celle de l'an
passé.
Les effets collatéraux du printemps arabe
Les chiffres du tourisme sont d'une importance cruciale pour l'Espagne. Le secteur
représente 10,2 % du PIB. Avec l'explosion de la bulle immobilière et l'effondrement de la
construction, il constitue le dernier grand moteur d'activité encore en état de marche.
L'Espagne demeure la troisième destination mondiale, derrière la France et les États-Unis.
Mieux, le pays est numéro deux mondial, devant la France, lorsque l'on observe les dépenses
des vacanciers. 996 dollars en moyenne par touriste en 2010, contre 606 dollars en France.
Car la péninsule ibérique est principalement un lieu de séjour. En France, en revanche, les
voyageurs qui se contentent de traverser l'Hexagone pour rejoindre le sud de l'Europe
gonflent les chiffres des arrivées… mais dépensent peu sur le territoire.
En 2011, l'Espagne avait bénéficié des effets collatéraux du printemps arabe: l'instabilité
politique au Maghreb avait conduit des milliers de touristes à se replier sur les Canaries, les
Baléares ou la Costa del Sol. À l'époque, le nombre de vacanciers étrangers avait augmenté de
7,6 %. «Aux Canaries, nous avons enregistré des chiffres records l'hiver dernier: 12 millions
de touristes et des taux d'occupation de l'ordre de 90 ou 95 %», rappelle Juan Manuel Benitez
del Rosario, doyen de la faculté d'économie, d'entreprise et de tourisme de l'université de Las
Palmas de Gran Canaria.
Moins de Britanniques
Cette année, au contraire, la crise européenne pourrait porter préjudice au secteur. Au cours
des quatre premiers mois, la croissance interannuelle du nombre de touristes est tombée à 1,1
% ; elle a même été négative, - 1,7 %, au mois d'avril. «Dans une situation difficile, les
premières économies se font sur les vacances. Les gens restent chez eux ou partent en congés
dans leur pays», explique Benitez.
Les Européens sont les premiers à apprécier les paysages espagnols. En avril, les principaux
visiteurs ont été les Britanniques (1 million de personnes, 12,9 % de moins qu'en 2011), suivis
des Français (773.000, + 2,2 %) et des Allemands (760.000, + 5,6 %). Même s'il résiste, le
tourisme ne suffira pas à prendre le relais du BTP. «On ne peut pas transformer tous les
maçons en garçons de café», résume le professeur.
L'Espagne s'enfonce dans la récession début 2012
Par Mathieu de Taillac Mis à jour le 27/03/2012
Seul le tourisme apporte un ballon d'oxygène à l'économie, indique la Banque d'Espagne.
La situation empire. Dans son rapport trimestriel, la Banque d'Espagne a confirmé ce mardi
«la prolongation de la dynamique de contraction de la production au cours du premier
trimestre 2012». Autrement dit, le produit intérieur brut (PIB) a diminué pour la deuxième
fois consécutive -après une baisse de 0,3% au dernier trimestre 2011- et l'Espagne entre
officiellement en récession. Pis, la destruction d'emploi s'accélère, note l'institution: le
chômage a augmenté de 9,6% en un an, un pourcentage supérieur de 0,9 point à celui
observé lors du trimestre antérieur.
La quasi-totalité des indicateurs relevés par la Banque d'Espagne -immatriculation de
véhicules, ventes au détail, croissance des exportations- sont également dans le rouge. Ces
données semblent en outre avoir été pleinement intégrées par les consommateurs, dont
l'indice de confiance, qui s'améliorait encore fin 2011, est brusquement retombé en ce début
d'année aux niveaux de 2010. Seule exception au tableau: le tourisme. Le secteur «maintient
sa vitalité» grâce à des arrivées plus nombreuses de vacanciers et à une dépense moyenne
supérieure.
Les marchés, pour leur part, n'ont pas attendu la Banque d'Espagne. Dès lundi, alors que
Paris, Francfort, Milan et Londres clôturaient en hausse, l'Ibex 35 enchaînait sa cinquième
journée de baisse consécutive, à - 0,69%. Mardi, le Trésor a dû augmenter la rémunération de
sa dette à six mois et n'a placé que 2,5 milliards pour un objectif maximum de 3 milliards.
La faute, dit-on à Madrid, à la Commission européenne qui promet d'envoyer une mission en
Espagne, et à Mario Monti qui a affirmé que l'Espagne était «une source d'inquiétude pour
toute l'Europe».
Le signe, également, de l'impatience qui prévaut sur les places financières. Le gouvernement
doit présenter vendredi son budget en Conseil des ministres. Jusque-là, le chef de l'exécutif,
Mariano Rajoy, avait retardé l'échéance pour préserver les chances de la droite aux élections
régionales d'Andalousie.
Pour redresser ses comptes, le gouvernement exclut déjà une hausse de la TVA. «Nous
n'augmenterons aucun impôt qui porte atteinte à la consommation», a déclaré le premier
ministre.
Rajoy a annoncé que chaque ministère verrait son budget amputé de 15% en moyenne, au
lieu des 12% annoncés jusqu'alors. Après avoir échoué à respecter son objectif de déficit en
2011 (8,5% au lieu des 6% prévus), l'Espagne a renégocié le chiffre de 2012; elle devra
désormais faire passer son déficit sous la barre des 5,3%.
Logroño, Capitale Espagnole de la Gastronomie 2012
L’Espagne mise fortement sur la gastronomie pour attirer un plus grand nombre de touristes.
Madrid-Fusion, sommet mondial de la gastronomie, vient de célébrer son dixième
anniversaire en présence des Troisgros et de Robuchon, entre autres, avec la Corée comme
invitée d'honneur. Simultanément se tenaient pour la seconde fois EnoFusion ainsi que la
troisième édition de GastroFestival, avec la participation de 300 établissements de Madrid.
Les attentes du nouveau consommateur touristique connu sous le nom de "gastronomenomade" passe par la connaissance de la culture, de l'histoire d'un pays par l'intermédiaire
du travail de ses cuisiniers, de ses produits gastronomiques, de ses vins et de ses traditions.
Allant dans cette ligne, le Comité technique de la Capitale espagnole de Gastronomie,
composé de professionnels prestigieux du monde de l’Hôtellerie et du journalisme, vient de
choisir (parmi onze villes candidates) Logroño-La Rioja comme Capitale Espagnole de la
Gastronomie 2012. L'excellence de ses vins de renommée internationale, l'extraordinaire
qualité de ses produits agroalimentaires, sa tradition culinaire centenaire, la créativité,
l'imagination et le talent de ses chefs ont remporté un grand succès. Les 510 restaurants de la
province, depuis les établissements hauts de gammes jusqu'aux établissements familiaux et
les 2.180 bars témoignent de son engagement dans ce projet ambitieux.
Monique AUXENFANS (www.lepetitjournal.com - Espagne) Jeudi 9 février 2012
L’Espagne, destination préférée des européens en 2012
L’Espagne fut la destination préférée des touristes européens en 2011 et le sera également en
2012 selon l’Eurobaromètre publié par la commission européenne.
L’enquête a été réalisée par téléphone par la Commission Européenne entre le 10 et la 14
janvier 2012 auprès des ressortissants des 27 membres de l’Union Européenne et de 7 pays
comme la Croatie, la Turquie, la Macédoine, la Norvège, l’Islande, la Serbie et Israël.
Cette enquête a été réalisée pour connaître l’impact de la crise économique sur le tourisme
dans les pays de l’Union Européenne.
Les européens n’ont pas renoncé à leurs vacances malgré la crise économique en 2011 et la
majorité, 72%, a fait au moins un voyage choisissant principalement son propre pays comme
destination comme ce fut le cas en Grèce pour 80% des vacanciers, Italie (74%) ou la Croatie
(73%).
En ce qui concerne le choix du pays pour passer leurs vacances, les Européens ont choisi
principalement l’Espagne (11%), leur destination préférée devant l’Italie (9%), la France (8%),
l’Allemagne (5%), l’Autriche (5%) et la Grèce (4%).
En excluant les réponses de ceux qui restent dans leur propre pays pour les vacances,
l’Espagne et l’Italie arrivent en tête avec 17% des visites pour chacun des deux pays, suivis de
près par la France avec 16%, l’Allemagne (13%) et le Royaume-Uni (10%).
78% des vacanciers Européens ont utilisé au moins une fois leur propre véhicule pour aller en
vacances en 2011, 46% ont pris au moins une fois l’avion, 29% le train, 20% le bus, 14% le
bateau.
Avec ces résultats, Bruxelles fait remarquer que malgré la crise économique le secteur
touristique s’est maintenu et à même progressé dans certains endroits.
La bonne nouvelle c’est que le tourisme en Europe devrait encore progresser en 2012. Pour
Bruxelles, le tourisme est un puissant moteur pour la récupération économique de l’Union
Européenne.
Selon l’Eurobaromètre qui a également interrogé les personnes des 37 pays mentionnés sur
leurs intentions de voyage en 2012, l’Espagne reste la première destination de vacances avec
10%, suivie de l’Italie (7%), la France (6%) et la Grèce (4%).
En 2012, 73% des Européens affirment qu’ils ne renonceront pas à leurs vacances malgré la
crise, mais 33% admettent qu’ils devront certainement modifier leurs projets.
L’État espagnol prépare la privatisation des
«Paradores »
25 janvier 2012
Le gouvernement espagnol de Mariano Rajoy étudie la possibilité de privatiser les 93 «
Paradores » du pays. Ou pour le moins une grande partie de ces établissements si
caractéristiques du paysage hôtelier espagnol, aménagée dans des bâtiments historiques.
Ce sont d'abord les « Paradores » les moins rentables qui seront proposés aux investisseurs
privés. L'opération devrait rapporter 2 mrds€ à l’État.
La société publique qui gère ces établissements, Paradores del Estado, a enregistré 17 M€ de
pertes en 2010 (24 M€ en 2009).
En 2011, les Français ont cassé leur tirelire en Espagne
En 2011, les touristes français ont dépensé en Espagne 5,397 millions d’euros, ce qui
représente 10,1% d’augmentation par rapport à l’année dernière, selon les chiffres publiés par
le Ministère de l’Industrie, de l’Energie et du Tourisme.
La France confirme ainsi sa troisième place parmi les marchés émetteurs internationaux vers
l’Espagne en termes de recettes, ainsi que par le nombre de touristes (8,4 millions et une
hausse de 4,6% par rapport à 2010).
La dépense moyenne par touriste français a augmenté de 4,9% (638 euros), de même que la
dépense moyenne par jour (+8,1% pour 83 euros). Ces hausses du marché français sont en
phase avec l’augmentation de recettes touristiques de l’Espagne en 2011, qui ont atteint les
52.800 millions d’euros (+7,9% par rapport à 2010). La dépense moyenne par touriste a été
de 934 euros (+0,2% par rapport à 2010) et la dépense moyenne par jour a atteint les 102
euros (+4,6% par rapport à l’année dernière). La Catalogne a été la région "leader", avec
11.273 millions d’euros et une hausse de 7,4% par rapport à 2010. En ce qui concerne
l’hébergement hôtelier, 33.551 millions d’euros ont été enregistrés, pour une augmentation
de 8,7% par rapport à 2010.
mardi 31 janvier 2012
L’Espagne en tête du tourisme européen
L’Espagne est la première destination touristique européenne avec 268 millions de nuitées en
2010, soit une hausse de 6,4% par rapport à 2009.
Cette conclusion pourra surprendre beaucoup de monde, surtout après avoir entendu les
médias répéter sans cesse que la France était la première destination touristique du monde.
Mais le rapport d’Eurostat qui se base sur le nombre total de nuits d’hôtels et non le nombre
de visiteurs étrangers nous présente une toute autre hiérarchie avec ce classement où la
France n’arrive qu’en quatrième position de l’Union Européenne.
Dans ce rapport d’Eurostat on apprend que l’occupation hôtelière en 2010 s’est légèrement
améliorée par rapport à 2009 avec 1,558 600 milliard de nuitées dans tous les pays de
l’Union Européenne, soit 2,8% de mieux que l’année antérieure.
Le nombre de nuitées passées par les visiteurs étrangers est en hausse significative avec 5,1%
de plus qu’en 2009, ce qui prouve que c’est l’ensemble du tourisme qui redécolle, pas
seulement le tourisme interne.
L’Italie est la deuxième destination touristique Européenne avec 244,7 millions de nuitées
mais le pays enregistre une baisse de 0,8% par rapport à 2009. Cette baisse s’explique par
une diminution de 3,2% du nombre de nuitées des italiens dans leur propre pays, alors que ce
chiffre est en hausse de 2,4% pour les visiteurs étrangers.
L’Allemagne occupe la troisième place du classement avec 228,8 millions de nuitées, soit une
hausse de 5,8%. Si ce sont les allemands qui occupent surtout les hôtels de ce pays avec 180,1
millions de nuitées, le nombre de visiteurs étrangers en Allemagne est en forte progression
avec une hausse de 11,9% par rapport à 2009.
Au pied du podium, la France a enregistré en 2010 196,4 millions de nuitées dont 130,4
millions par ses résidents, soit une hausse globale de 2,4% par rapport à 2009.
En cinquième position, le Royaume-Uni enregistre 166,2 millions de nuitées dont 107
millions réservées par les britanniques, soit une baisse globale de 2,1% par rapport à 2009,
une baisse qui se fait ressentir surtout au sein de la population britannique puisque les
réservations de nuitées des résidents sont en baisse de 3,4%.
Si l’augmentation du nombre de nuitées a augmenté dans la plupart des pays de l’Union
Européenne certains comme la Roumanie (-8,7%), la Grèce (-2,3%), le Royaume-Uni (-2,1%),
la Slovénie (-1,0%) et l’Italie (-0,8%) sont en baisse.
A l’opposé l’Estonie est le pays qui enregistre la hausse la plus importante avec +14,1%, suivie
de la Lettonie (+11,6%) et la Lituanie (+11,1%), démontrant que les pays baltes sont devenus
des destinations touristiques à la mode.
Malte est également en forte progression avec 11% de nuitées supplémentaires, une
destination de plus en plus proposée dans les catalogues des agences de voyages.
Grâce à cette étude on peut se rendre compte de l’apport des visiteurs étrangers dans le pays
en fonction de la part qu’ils représentent pour le nombre de nuitées.
Malte (95%) et Chypre (90%) dominent ce classement en raison de leur insularité, suivies par
l’Estonie et la Lettonie avec 75% de visiteurs étrangers, la Grèce (74%), l’Autriche (72%) et la
Bulgarie (70%).
Dans le sens opposé, la Roumanie n’enregistre que 18% de nuitées réservées par les
étrangers, l’Allemagne 21% et la Suède 23%.
Classement des pays de l’UE par millions de nuitées
Pays
Nuitées Visiteurs Résidents Evolution Visiteurs Résidents
1558,6
705,7
853,1
2,8%
5,1%
1,1%
268
244,7
228,8
196,4
154,8
109,4
48,6
66
113,3
135,3
180,1
130,4
6,4%
-0,8%
5,8%
2,4%
8,9%
2,4%
11,9%
3%
3,1%
-3,2%
4,3%
2,1%
166,2
59,2
107
-2,1%
0,1%
-3,4%
81,8
58,7
23,1
2,2%
1,5%
3,9%
Grèce
Portugal
62,7
38,3
46,3
24,3
16,4
14
-2,3%
4,8%
0,8%
3,8%
-10,8%
6,7%
Pays-bas
Suède
34,2
27,3
16,4
6,4
17,8
20,8
8,7%
5,1%
13,4%
6%
4,6%
4,8%
UE 27
Espagne
Italie
Allemagne
France
RoyaumeUni
Autriche
Pologne
27,1
8
19
10,4%
7,5%
11,8%
R. Tchèque
Belgique
26,4
17
16,9
10,9
9,5
6,2
4,3%
6,9%
5,7%
5%
2,1%
10,4%
Finlande
Hongrie
15,7
15,5
4,3
8,2
11,4
7,3
3,9%
3,3%
2,1%
5,7%
4,6%
0,7%
Roumanie
Bulgarie
15,1
14,9
2,7
10,4
12,4
4,5
-8,7%
6,6%
3,2%
10,9%
-10,9%
-3,6%
Chypre
Danemark
13,2
10,9
11,9
4,9
1,3
6,1
3,1%
9,7%
3,9%
14,9%
-3,7%
5,8%
Malte
Slovaquie
7,5
6,6
7,1
3,1
0,3
3,6
11%
4,8%
11,6%
5,1%
-0,5%
4,6%
Slovénie
Estonie
5,8
4
3,7
3
2,1
1
-1%
14,1%
1,3%
16,9%
-4,9%
6,3%
Lettonie
Lituanie
2,4
2,3
1,8
1,5
0,7
0,8
11,6%
11,1%
11,5%
11,4%
11,7%
10,5%
20,5
17
4,8
0,1
15,7
2,3
13,6
0
1,9%
4%
4,2%
-5,8%
1,9%
5,8%
8,8%
-5,7%
1,9%
-7,6%
2,6%
-9,3%
Irlande
NC
Luxembourg NC
Suisse
Croatie
Norvège
Liechtenstein
36,3
19,3
18,4
0,1
El turismo consolida su recuperación en 2011 de la
mano de los extranjeros
Casi 57 millones de turistas visitaron España, lo que supone un aumento del
7,6%, aunque la cifra quedó algo por debajo del récord registrado en 2007 (59,2
millones)
Vida| 23/01/2012
Madrid. (EFECOM).- El sector turístico consolidó en 2011 su recuperación de la mano del los
visitantes extranjeros, que, por segundo año consecutivo, aumentaron sus visitas a España,
hasta rozar los 57 millones, el 7,6% más, aunque se mantuvieron por debajo del récord
registrado en 2007 (59,2 millones).
Las pernoctaciones en establecimientos hoteleros aumentaron el 6,4%, hasta los 286,6
millones, gracias a que el aumento de las efectuadas por los turistas internacionales (12,7 %)
compensaron la caída de las de residentes en España (2,2 %), según datos del Instituto
Nacional del Estadística (INE).
En 2011, según la encuesta de movimientos turísticos en fronteras, Frontur, España recibió
un total de 56,7 millones de turistas, el 7,6% más que en el ejercicio anterior, cuando este
indicador repuntó el 1% después de caer en 2009 (8,7%) y en 2008 (2,6%).
Estos datos se sitúan ligeramente por debajo de los avanzados a principios de mes por el
ministro de Industria, Energía y Comercio, José Manuel Soria, quien dijo que el año pasado
llegaron a España 56,9 millones de visitantes y cifró el crecimiento en el 8,1%.
El año pasado destacó el buen comportamiento de los principales mercados emisores,
especialmente Reino Unido, que aportó 13,61 millones de viajeros (el 9,4 % más) y se
mantuvo como el principal país de origen de turistas hacia España.
Por detrás se situaron Alemania, con más de 9 millones de turistas y un crecimiento
interanual del 2,5%; y Francia, con 8,5 millones de viajeros y un repunte del 4,6%.
En 2011, Catalunya, con 13,7 millones de turistas y un crecimiento del 4,7%, fue el destino
preferido por los turistas que visitaron España. Las islas Canarias, con 10,18 millones de
turistas (el 18,3% más); y Baleares, con 10,09 millones (el 9,8% más), ocuparon el segundo y
tercer puesto, respectivamente, beneficiadas por los conflictos en el norte de África.
En Madrid, la llegada de turistas cayó un 0,6%, hasta los 4,6 millones, a pesar de la gran
afluencia de peregrinos durante la visita del Papa Benedicto XVI en agosto, mes en el que la
comunidad madrileña recibió 550.000 turistas, el 42,6% más.
En el conjunto del año, también registraron descensos interanuales en la llegada de turistas
internacionales: La Rioja (13,4%), Aragón (5,9%), Murcia (4,6% ) y Galicia (0,5%).
La mayor parte de los visitantes, 44,6 millones, entró al país en avión, cuyo uso aumentó un
10,1% respecto a 2010. El acceso por carretera bajó un 0,2%, hasta los 10,48 millones.
Según Frontur, 36,17 millones de personas, el 9,5% más que en 2010, optaron por
establecimientos hoteleros, mientras que 20,4 millones de visitantes, el 5,4% más, eligieron
alojamientos no hoteleros. De estos últimos, 11,6 millones de personas se alojaron en
viviendas propias, de familiares o amigos, con un crecimiento del 1,4%, mientras que 5,4
millones optaron por viviendas de alquiler, cuyo uso creció un 15,9%.
El Índice de Precios Hoteleros (IPH) repuntó en 2011 el 0,2% y la facturación por habitación
ocupada se situó en 70,3 euros, mientras que el ingreso por habitación disponible fue de 40,3
euros de media, según el INE.
Del total de pernoctaciones, los viajeros nacionales concentraron el 38,8% y el 49,7% se
efectuó en los meses comprendidos entre los meses de junio y septiembre.
Los viajeros procedentes de Alemania alojados en hoteles aumentaron un 10,4% y sumaron el
26,9% del total de pernoctaciones de extranjeros, seguidos de los británicos, que acapararon
el 24,1% del total tras subir un 7,8%. Por detrás se situaron Francia, Italia y Países Bajos, con
aumentos interanuales de las pernoctaciones del 14,2, 14,3 y 15,8%, respectivamente.
Los destinos más visitados por el conjunto de viajeros fueron Canarias (+12,3 %), Islas
Baleares (+11,7 %), Catalunya (+5,9 %) y Andalucía (3,1 %), autonomías que acumularon el
70,7 % del total de pernoctaciones.
Espagne: le tourisme en hausse en 2011
AFP Mis à jour le 10/01/2012
Les arrivées de touristes étrangers en Espagne ont encore augmenté en 2011, de 8,1%, soit
56,9 millions de visiteurs, une bonne nouvelle pour ce pays au bord de la récession, selon les
chiffres provisoires dévoilés mardi par le ministère de l'Industrie.
Le montant dépensé par ces touristes a lui aussi progressé de 8,1%, à 52,9 milliards d'euros,
selon ces mêmes données.
Si ces chiffres se confirment, 2011 aura été la quatrième meilleure année de l'histoire pour le
tourisme en Espagne, a indiqué le ministère. Miné par la crise économique, le secteur
touristique, qui représente 10,2% du PIB du pays, avait connu trois années de baisse avant de
se reprendre en 2010, avec une progression des arrivées de touristes étrangers de 1%.
En 2011, les Britanniques et les Allemands ont encore une fois été les plus nombreux à visiter
l'Espagne, avec une hausse de touristes de ces pays de 9,3% et 3%, respectivement. Mais les
autres nationalités ont elles aussi été bien représentées, que ce soit les Italiens (+8,5%), les
Scandinaves (+8,4%) ou les Français (+4,6%). "De manière générale, les principales régions
de destination des touristes étrangers ont reçu plus de touristes qu'en 2010", a indiqué le
ministère dans un communiqué.
Les régions traditionnellement les plus visitées en Espagne sont la Catalogne (nord-est) et
l'archipel méditerranéen des Baléares, mais cette année les îles Canaries ont profité des
projets de vacances contrariés par les soulèvements populaires en Egypte et en Tunisie.
L'Espagne, quatrième destination touristique au monde, avait déjà indiqué en octobre avoir
vécu "un de ses meilleurs étés de l'histoire en matière de tourisme". Une bonne nouvelle alors
que le pays est menacé de récession: selon la Banque d'Espagne, face à une consommation
des ménages en berne et un chômage record (21,52%), seules les exportations et l'activité
touristique permettent à l'économie espagnole de se maintenir à flot.
La tendance se double d'une reprise du tourisme mondial, qui devrait, selon l'Organisation
mondiale du tourisme (OMT), progresser de 4 à 5% en 2011. L'OMT publiera lundi son bilan
annuel.
La crise contamine l'activité touristique en Espagne
Econostrum, 5 juillet 2012
La crise financière en Espagne se répercute sur le marché touristique au niveau de l'hôtellerie
(avec une tendance à la baisse des prix), comme au niveau de l'aérien, très perturbé ces
dernières semaines. D'autant que le secteur s'attend à une hausse de la TVA qui pourrait
concerner les services touristiques.
Sur les plages de Barcelone (DR)
Les grandes vacances sont arrivées en avance sur les plages d'Espagne, à la faveur de la
chaleur caniculaire qui a inondé la pays.
Mais l'afflux des baigneurs ne masque pas les inquiétudes des professionnels du tourisme
espagnols, qui attendent de leur côté avec une certaine appréhension le démarrage de la
saison estivale. Car, il semble que la crise économique et financière se répercute aujourd'hui
sur un secteur qui représente 11% du PIB de l'Espagne.
Avec un chômage toujours record de 24,4% de la population active, il n'est pas étonnant de
constater la baisse de la demande intérieure, qui représente 50% de l'activité touristique
espagnole. À ce jour, un Espagnol sur deux n'a toujours pas réservé de séjour ni de prestation
pour cet été. Quelle sera la proportion de ceux qui sacrifieront purement et simplement leur
traditionnel déplacement estival? Pour toute réponse, la Confédération Espagnole des Hôtels
et logements Touristiques (Cehat ) ne peut que constater la baisse de fréquentation de 40 %
de la clientèle nationale.
Baisse des prix dans l'hôtellerie
Plus que jamais, les professionnels du tourisme en Espagne comptent sur l’afflux de clientèle
étrangère, dont le volume a augmenté de 2,4% depuis le début de l'année 2012. En partie
grâce à la compétitivité tarifaire de l'offre espagnole.
Puisque la crise économique, et dans certaines villes la surcapacité, incitent les hôteliers
espagnols à tirer les prix vers le bas. Jusqu'à rogner parfois leurs marges de manière sensible.
Dans une ville comme Bilbao, le RevPar (revenu par chambre) a baissé cette année jusqu'à
46,80 € ; il chute même jusqu’à 46,30 € à Séville et 42,80 € à Valencia ! Dans ces trois villes,
le prix moyen d'une chambre d'hôtel s'établit respectivement à 72,10 €, 76,50 € et 72 €, alors
même que l'offre est majoritairement composée d'hôtels de trois à cinq étoiles ! En moyenne,
les prix de l'hôtellerie en Espagne ont diminué de 2,2% en un an, selon l'Institut National de
la Statistique (INE ).
De fait, même si l'Espagne prévoit de recevoir encore davantage de touristes internationaux,
les dépenses moyennes risquent d'être à la baisse. Une étude de l'Université Autonome de
Barcelone (UAB ) estime que le nombre de touristes étrangers en Espagne frôlera les 60
millions en 2012 (soit + 2,8% par rapport à l'an dernier), mais que leurs dépenses
diminueront globalement de 0,2%.
Hausse annoncée de la TVA
La hausse de la TVA pourrait avoir des conséquences sensibles (DR)
Pour prévenir les difficultés, le gouvernement de Mariano Rajoy a adopté un plan d'aide à
l’industrie touristique espagnole, pouvant atteindre 1,8 mrd € de subventions en quatre ans.
Mais l’État pourrait bien reprendre d'une main ce qu'il donne de l'autre, avec une hausse
annoncée à demi-mot par l'exécutif espagnol, conformément aux « recommandations » de
l'Union européenne et du Fonds Monétaire international.
Les pressions de ces organismes sont encore plus fortes depuis que l'Espagne a obtenu le
soutien financier de l'Eurogroupe pour recapitaliser ses banques. Actuellement, les
professionnels espagnols du tourisme profitent d'une TVA réduite de 8%, qui pourrait
augmenter de quatre points, ou plus... Un coup dur pour le secteur, à qui le nouveau
président du gouvernement avait pourtant promis un taux de TVA « superréduit » de 4%,
quand il n'était encore que le candidat du Partido Popular aux élections générales ! Autre
temps, autre discours.
Désormais, il s'agit surtout de savoir quelle sera l'augmentation de cette taxe, et quand elle
sera effective (probablement en 2013). Ce qui rend par ailleurs particulièrement délicates les
négociations entre les hôteliers et les tours opérateurs dans les négociations concernant les
allotements. Autre inconnue en cas d'augmentation de la TVA : comment les hôteliers
pourront-ils répercuter la hausse dans la logique de baisse des prix généralisée ?
Tensions dans l'aérien
Les compagnies aériennes réduisent la voilure (photo : FM)
Dans ce tableau en totale opposition avec le ciel azur et dégagé de la péninsule ibérique en ce
début d'été, les perturbations des compagnies aériennes rajoutent encore davantage
d'incertitude.
Le conflit larvé entre direction et syndicats de pilotes d'Iberia (au sujet de la création de la
filiale low cost Iberia Express) pourrait dégénérer à nouveau au cours des prochaines
semaines. Entre les mois de janvier et avril, les pilotes s'étaient mobilisés pendant dix huit
jours de grève, et pourraient mettre à exécution leur menace d'arrêter le travail tous les
lundis et vendredis jusqu'au 20 juillet 2012.
Plus généralement, l'ensemble des compagnes aériennes présentes en Espagne s’inquiète
surtout de la baisse du nombre de passagers. Paradoxalement, la faillite de Spanair en janvier
2012 avait donné un peu de souffle à l'ensemble des opérateurs, qui s'étaient partagé les «
slots » laissés vacants par la compagnie catalane.
Vueling, Ryanair et Easyjet ont notamment récupéré une grande part des passagers de
Spanair, qui opérait depuis l'aéroport de Barcelone El Prat. Les compagnies low cost se sont
ainsi jetées sur ces parts de marché... avant de réduire sensiblement la voilure sous le coup de
la conjoncture économique : Easyjet a ainsi annoncé qu'elle abandonnait son unique base
espagnole, à Madrid.
La politique de réduction de lignes des compagnies low cost en Espagne n'est pas étrangère
non plus à l'augmentation des taxes aéroportuaires à partir de mi-juillet, en hausse de 18,9%
en moyenne. Un facteur qui pourrait également avoir des conséquences délétères sur
l'activité touristique en Espagne.
Espagne : l’austérité handicape le développement du
tourisme
Le 13 juillet 2012
Le gouvernement espagnol a annoncé une hausse de la TVA de deux points.
La hausse prévue de la TVA inquiète les organisations réprésentatives du secteur qui
craignent une chute des arrivées touristiques en Espagne.
La rigueur qui s’installe en Espagne -et dans le reste de l’Europe- n’épargne pas le tourisme.
Dans le cadre d’un plan d’économie de 65 milliards d’euros, le gouvernement espagnol a
annoncé une augmentation de la TVA, qui passera de 18% à 21%. Le taux réduit, qui
s’applique au tourisme, progresserait lui de 8% à 10%. Cette mesure préconisée par Bruxelles,
inquiète. Elle entrainerait une perte de revenus pour le secteur estimée à 4 milliards d'euros
par la Confédération espagnole des hôtels et logements touristiques (CEHAT) et une baisse
du pouvoir d'achat de plus de 500 euros pour les familles.
Une perte de compétitivité
Dans un communiqué commun, plusieurs organisations représentatives du secteur ont fait
part de leur refus absolu de toute hausse de la TVA réduite, qui entrainerait une perte de
compétitivité de l’Espagne en tant que destination touristique, rapporte notre confrère
Nexotur. Cette hausse de deux points provoqueraie une augmentation "importante des prix"
et une chute des arrivées touristiques en Espagne.
Augmentation des taxes aéroportuaires jusqu'à 100%
Depuis le 1er juillet, le gouvernement espagnol a également décidé d’augmenter les taxes
aéroportuaires, de façon rétroactive, c’est-à-dire quelle que soit la date d’achat ou d’émission
du billet. L’augmentation moyenne est de 18,9% mais de 100% sur Madrid ou Barcelone. Alex
Cruz, le PDG de Vueling, a jugé cette initiative "de courte vue, funeste et presque suicidaire"
alors que des organisations comme l’Ectaa ont fait part de leur opposition, expliquant que
l’application de la mesure ne permettait pas de respecter la réglementation européenne.
Celle-ci exige un délai de deux mois afin d'informer publiquement les passagers de toute
révision éventuelle des tarifs.
Certaines compagnies ont décidé de prendre en charge ces nouveaux frais, mais d’autres
répercutent déjà cette hausse. Vueling a ainsi annoncé qu’elle allait récupérer auprès des
clients le supplément, même si les billets sont déjà émis. Les tour-opérateurs doivent
respecter un délai minimum de 20 jours pour appliquer une modification de leurs tarifs sur
les forfaits. Certains ont conseillé à leurs agences de ne pas appliquer les consignes des
compagnies aériennes, qui demandent de récupérer cette taxe pour les billets déjà émis et
réglés.
Creusement de la récession de l'Espagne
Le gouvernement espagnol a annoncé d’autres mesures comme la réduction des prestations
chômage, dans un pays qui compte près de 25% de chômeurs. "L'impact, c'est un creusement
de la récession de l'Espagne cette année" a expliqué Edward Hugh, économiste basé à
Barcelone, et probablement un nouveau recul du PIB en 2013.
Le trafic dans les aéroports espagnols a baissé de 4,6% lors des six premiers mois de l’année,
en particulier à cause de la baisse des liaisons internes, qui a atteint près de 10% sur certains
mois. La semaine dernière, la CEHAT a annoncé que les réservations de touristes espagnols
pour la saison estivale étaient en chute de 30% par rapport à l'an dernier.
Espagne : près de 8 millions de touristes étrangers en
juillet 2012
Tourmag, le Mercredi 22 Août 2012
fréquentation record selon les autorités
Selon des statistiques publiées mercredi 21 août 2012, l'Espagne a connu un record de
fréquentation touristique en juillet 2012. 7,7 millions de visiteurs étrangers sont venus dans
la destination au cours du mois. Un indicateur qui enregistre une progression de 4,4%.
En juillet 2012, l’Espagne a accueilli 7,7 millions de visiteurs étrangers, selon des statistiques
publiées ce mercredi 22 août 2012.
Une fréquentation record en hausse de 4,4% par rapport à juillet 2011, précise le ministère
espagnol de l'Industrie, de l’Énergie et du Tourisme.
Parmi les touristes venus se ressourcer ou se cultiver dans le pays, 80% proviennent de
l'Union Européenne, principalement des Français (16,5%), des Britanniques (22,9%) et des
Allemands (15,2%).
L'Espagne a fait le plein de touristes étrangers en
juillet
23 août 2012
7,7 millions de touristes étrangers ont passé un séjour en Espagne en juillet, soit une
fréquentation en hausse de 4,4% par rapport à l'année dernière, selon les chiffres publiés
mercredi par le ministère de l'Industrie.
Comme un rayon de soleil dans la crise. Les arrivées de touristes étrangers en Espagne ont
battu en juillet un record depuis 1995, avec 7,7 millions de visiteurs, selon les chiffres publiés
mercredi par le ministère de l'Industrie. Un soulagement alors que la confédération de
professionnels du secteur avait averti, début juillet, que les réservations des Espagnols dans
leur pays étaient en chute pour la saison estivale de 30% sur un an. Le tourisme est en effet
un secteur-clé de l'économie espagnole et représente plus de 10% du PIB et environ 2,5
millions d'emplois.
Les Britanniques représentent 22,9% des touristes étrangers
En juillet, le nombre de visiteurs étrangers a donc enregistré une hausse de 4,4% sur un an,
avec un bond des touristes américains (+27%) mais aussi une progression des Allemands
(+9,7%) et des Français (+7,7%). "Cette augmentation consolide la tendance positive suivie
tout au long de l'année, sauf en avril", se réjouit le ministère dans un communiqué. Les
Britanniques ont été encore une fois les plus nombreux à se rendre en Espagne en juillet,
représentant 22,9% du total, mais leur nombre a stagné (+0,5%). Célèbre pour ses plages
mais aussi sa capitale, Barcelone, la Catalogne a été la région la plus visitée, suivie de près par
les îles Baléares puis l'Andalousie et les Canaries. Entre janvier et juillet, le nombre de
visiteurs étrangers a également augmenté, de 3,3%, jusqu'à 33 millions.
Le pays, dont la croissance a longtemps été portée par la bulle immobilière, est plongé dans
sa deuxième récession en trois ans, tandis que son taux de chômage est le plus élevé du
monde industrialisé (24,63%). Quatrième destination touristique au monde, l'Espagne espère
profiter de cette activité pour soutenir son économie chancelante. En juin, les premiers effets
de la saison touristique s'étaient déjà fait ressentir avec une baisse record du nombre de
chômeurs. Toutefois, les postes créés sont de faible productivité et souvent temporaires et la
légère accalmie sur le front de l'emploi devrait donc s'achever avec la fin de l'été.
En Espagne, le dynamisme du tourisme limite un peu
la récession
LE MONDE | 30.07.2013 ,Sandrine Morel
A Marbella, la jet-set internationale se presse sur la plage du Nikki Beach. Sur l'île d'Ibiza, les
nuits folles des clubs, animés par les meilleurs DJ's, attirent la jeunesse dorée européenne. A
Benidorm, les retraités britanniques et scandinaves se déchaînent dans les bars de cette ville
entièrement destinés aux touristes à bas coût, où les gratte-ciel bordent la Méditerranée.
Aux Canaries, les offres "todo incluido" (tout inclus) attirent la classe moyenne. A Barcelone,
les croisiéristes font une escale culturelle… Le "sol y playa" (soleil et plage) est le pétrole de
l'Espagne, un cocktail gagnant qui a permis au tourisme de retrouver des couleurs grâce à un
afflux massif de touristes étrangers cette année. Par la même occasion, il aide le pays à sortir
du marasme.
11,4 % DE L'EMPLOI
Grâce à la manne économique que le secteur représente, la chute de l'économie espagnole
s'est modérée entre avril et juin 2013. Après sept trimestres de récession sévère, le PIB n'a
reculé que de 0,1 % au deuxième trimestre, selon les chiffres publiés mardi 30 juillet par
l'Institut national de statistiques (INE). Au premier trimestre, la croissance avait été de – 0,5
%. Signe que la récupération ou au moins la stabilisation de l'économie est peut-être proche.
Moteur de l'économie espagnole, les exportations sont au beau fixe. Et le tourisme, alors que
les autres secteurs de l'économie font grise mine, tire son épingle du jeu. Le secteur
représentait 10,3 % du produit intérieur brut (PIB) en 2009, il est remonté à 10,8 % en 2011
et 11,1 % en 2012, assure l'économiste Manuel Figuerola, directeur du centre de recherche sur
le tourisme de l'université de Nebrija, même si la raison est que "le reste de l'économie a
reculé davantage que le tourisme". Le tourisme pourvoit 11,4 % de l'emploi national et la
baisse du chômage observée récemment est essentiellement due à ce secteur gourmand en
main-d'oeuvre, mais pourvoyeur d'emplois saisonniers et de plus en plus à temps partiel.
"Avec près de 45 milliards d'euros de revenus dégagés en 2012, le tourisme est le premier
secteur d'exportation et la meilleure garantie, pour les investisseurs, que l'Espagne paiera ses
dettes", assure le vice-président de l'association patronale Exceltur, José Luis Zoreda.
A défaut des chiffres de cet été, qui devraient être excellents selon le secteur, avec un total de
58 millions de touristes attendus sur l'année 2013, les données fournies par l'INE pour le
mois de juin sont d'ores et déjà très positives. L'Espagne a reçu 6,3 millions de visiteurs
étrangers, principalement britanniques, russes et scandinaves, soit 5,3 % de plus qu'en 2012.
Le nombre de nuitées dans des établissements hôteliers a augmenté de 1,7 %, grâce à celles
des étrangers, qui ont bondi de 4,2 %, alors que celles des Espagnols ont baissé de 3,5 %. Sur
les six premiers mois de l'année cependant, l'augmentation du tourisme international n'a pas
été capable de compenser la baisse du tourisme national : le nombre de nuitées enregistrées a
baissé de 0,4 %.
CONQUÊTE DE NOUVEAUX MARCHÉS
Mais pour la première fois depuis 2008, la Confédération espagnole des hôtels et logements
touristiques (Cehat) est convaincue que le PIB touristique est sur le point de sortir de la
récession et qu'à la fin de l'année, les dépenses des visiteurs non résidents compenseront
entièrement la chute de la demande interne.
Pour se remettre en selle, le secteur a dû conquérir de nouveaux marchés, en particulier celui
des Russes, dont les visites ont augmenté de 31 % durant les cinq premiers mois de l'année.
Le gouvernement le soutient, en menant en Russie des campagnes de promotion, tout comme
en Chine ou dans les Emirats arabes. Les hôteliers ont aussi modéré leurs prix, afin de
modérer la baisse de la demande interne, paralysée par un taux de chômage de 26 %.
Des facteurs externes expliquent aussi pourquoi l'Espagne espère s'approcher cette année du
record de 2007, quand le pays avait accueilli 58,6 millions de visiteurs étrangers. "Nous
tirons profit des tensions en Egypte et dans une moindre mesure en Turquie", reconnaît M.
Zoreda. Mais il nous fait encore récupérer de la rentabilité : nous avons contenu nos prix
alors que nos coûts ont bondi, du fait de la hausse de la TVA ou de l'électricité."
De fait, tout n'est pas rose dans le secteur. Plusieurs grandes compagnies ont fait faillite ces
dernières années, comme Viajes Marsans ou plus récemment Orizonia, et d'autres sont
engagées dans des plans sociaux pour éviter la faillite, comme NH Hoteles, qui entend
licencier 410 personnes.
Les économistes spécialisés avertissent que le modèle "sol y playa" doit évoluer car sa
croissance est limitée. "Nous devons miser sur la qualité, assure M. Figuerola. Avec 30 % de
nuitées en moins, la France engrange presque autant de revenus que l'Espagne…"
Certaines chaînes hôtelières cherchent à innover, comme Room Mate qui offre à ses clients
une connexion à Internet gratuite non seulement dans l'hôtel mais dans toute la ville, grâce
au prêt d'une clé Wi-Fi. Une façon d'attirer la clientèle internationale. Car les Espagnols, de
leur côté, retournent au "pueblo", le "village", sous-entendus celui des grands-parents, là où
ils passaient majoritairement leurs vacances dans les années 1980, pour économiser…
Espagne: chiffres record pour le tourisme en 2013, au
3ème rang mondial
Publié le 21.01.2014
Le nombre de touristes entrés en Espagne en 2013 a atteint un nouveau record à 60,6
millions, replaçant ce pays, prisé pour ses plages, au troisième rang mondial devant la Chine,
a annoncé mardi le chef du gouvernement Mariano Rajoy. Ce sont "les meilleurs chiffres
touristiques de l'histoire" du pays, a-t-il affirmé à la veille de l'ouverture du salon
international du tourisme de Madrid (Fitur).
"Nous avons pour la première fois dépassé la barrière des 60 millions de touristes.
Concrètement, il s'agit de 60,6 millions de personnes qui ont choisi l'Espagne, soit 5,6% de
visiteurs de plus qu'en 2012", s'est félicité Mariano Rajoy.Ce chiffre "nous porte bien audessus du précédent record de 58,7 millions établi en 2007", a-t-il précisé.Ce record permet à
l'Espagne de récupérer la troisième place mondiale en matière d'arrivées de touristes devant
la Chine et derrière "la France qui compte 83 millions de touristes en 2013 et les Etats-Unis,
67 millions", a souligné le chef du gouvernement.Les plus prisées sont les régions balnéaires
de Catalogne (15,5 millions d'entrées de touristes), des Baléares (11,1 millions), des Canaries
(10,6 millions), a précisé le ministère du Tourisme dans un communiqué. Si les touristes en
Espagne proviennent toujours principalement du Royaume-Uni (23,6% du total),
d'Allemagne (16,2%) et de France (15,7%), les touristes russes sont ceux qui ont le plus
augmenté avec une progression de 31,6% en 2013.Les dépenses liées aux entrées de touristes
en 2013 sont également record. Sur les 11 premiers mois, 55,896 milliards d'euros ont été
dépensés, soit 8,7% de plus que sur la même période de 2012, selon le ministère. Mariano
Rajoy a souligné "les répercussions de ces chiffres" sur l'économie espagnole, rappelant que,
"déjà en 2012, l'apport du tourisme a atteint 10,9% du PIB et le secteur a représenté 11,9% du
total des emplois" du pays. L'association patronale du secteur, Exceltur, qui avait publié des
chiffres similaires le 15 janvier, avait affirmé que le tourisme devrait être encore en 2014 "la
locomotive de la croissance de l'économie espagnole", qui sort de deux ans de
récession.Exceltur a pronostiqué pour 2014 une hausse du PIB touristique de 1,8%, bien
supérieure à la prévision du gouvernement pour l'ensemble de l'économie (+0,7%).
En Espagne, le retour des touristes s’accompagne
d’une baisse du chômage
LE MONDE | 25.07.2014| Par Sandrine Morel (Madrid, correspondance)
Majorque. AFP/JAIME REINA
C'est une tradition, le début des vacances est, pour beaucoup d'Espagnols, le retour de
l'emploi… Cette réalité se confirme plus que jamais en 2014. Entre avril et juin, l'Espagne a
enregistré 310 400 chômeurs de moins et 402 400 emplois de plus, selon les chiffres publiés
par l'Institut national de statistiques espagnol, jeudi 24 juillet.
Un record qui s'ajoute à une autre bonne nouvelle : jeudi, le FMI a revu à la hausse ses
prévisions pour 2014. L'institution prévoit désormais une croissance de 1,2 % cette année,
contre 0,9 % jusque-là.
Le deuxième trimestre a l'habitude d'être bon en termes d'emplois, grâce au démarrage de la
saison touristique. Mais il l'est encore davantage cette année, marquée par le retour de la
croissance. En un an, le pays a créé 192 400 emplois et réduit de 424 500 le nombre de
chômeurs (– 7 %).
Le taux de chômage reste dramatiquement élevé, à 24,5 % de la population active, et une part
de plus en plus grande de l'emploi est à temps partiel et durée déterminée. Mais, pour la
première fois en six ans, on observe une création nette d'emplois en variation annuelle. «
Depuis que je suis arrivé au gouvernement, j'attendais le moment de pouvoir donner une
nouvelle comme celle-ci », a déclaré le chef de l'exécutif conservateur, Mariano Rajoy.
LE TOURISME REPRÉSENTE 11 % DU PIB NATIONAL
Les bons chiffres trimestriels du chômage correspondent largement au boom du secteur
touristique. Des 402 400 emplois créés entre avril et juin, 378 700 proviennent des services,
dont plus de 150 000 de l'hôtellerie et de la restauration.
Le tourisme, qui représente directement 11 % du PIB national et 12 % de l'emploi, s'affirme
comme le principal moteur économique de l'Espagne, troisième puissance mondiale en
nombre d'entrées derrière les Etats-Unis et la France et seconde en revenus derrière les
Etats-Unis, selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT).
En 2013, alors que le PIB du pays reculait de 1,2 %, le secteur touristique renouait avec la
croissance (0,9 %). Et, selon l'association Exceltur, qui regroupe les professionnels du
secteur, les revenus du tourisme devraient augmenter de 2,4 % cette année, « du fait de la
hausse de la consommation des familles espagnoles et de la consolidation de la reprise » en
Europe.
RETOUR DES VACANCIERS ESPAGNOLS
Face à l'instabilité politique dans les pays du sud de la Méditerranée, en particulier l'Egypte,
les touristes se sont reportés ces dernières années sur l'Espagne.
Au premier semestre 2014, le pays a ainsi reçu 28 millions de touristes étrangers, soit 7,3 %
de plus que sur la même période en 2013. Un autre record. Anglais, Allemands et Français
arrivent en tête des visiteurs étrangers, qui privilégient la Catalogne, les Canaries et les
Baléares.
Mais la nouveauté, c'est le retour des vacanciers espagnols. Les réservations touristiques des
résidents ont augmenté de 11 % au premier semestre en glissement annuel, selon la
Confédération espagnole des hôtels et logements touristiques. Pour les hôteliers, cette reprise
est essentielle. Les visiteurs espagnols représentaient, avant la crise, près de la moitié des
recettes du secteur…
Sandrine Morel (Madrid, correspondance)
L'Espagne a enregistré un nombre record de touristes
étrangers en 2014
Correspondante à Madrid Gaëlle Lucas - Les Echos | Le 26/01/2015
Le nombre de visiteurs étrangers a atteint l'an dernier son plus haut historique, à 65
millions . L'Espagne consolide sa place de troisième destination mondiale, derrière la France
et les Etats-Unis.
Le tourisme a confirmé en 2014 son statut de moteur de la croissance espagnole. C'est « sans
doute un des secteurs clefs pour la reprise de l'économie », a d'ailleurs reconnu la semaine
dernière le ministre espagnol de l'Industrie, de l'Energie et du Tourisme, José Manuel Soria.
Le secteur, qui apporte directement et indirectement plus de 15 % du PIB espagnol, d'après le
Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC), a crû de 2,9 % l'an dernier, selon
Exceltur. L'organisation patronale
Le tourisme a confirmé en 2014 son statut de moteur de la croissance espagnole. C'est « sans
doute un des secteurs clefs pour la reprise de l'économie », a d'ailleurs reconnu la semaine
dernière le ministre espagnol de l'Industrie, de l'Energie et du Tourisme, José Manuel Soria.
Le secteur, qui apporte directement et indirectement plus de 15 % du PIB espagnol, d'après le
Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC), a crû de 2,9 % l'an dernier, selon
Exceltur. L'organisation patronale précise que le tourisme a généré 49 milliards d'euros en
devises.
Les visiteurs étrangers ont du reste afflué. Pour la deuxième année d'affilée, l'Espagne a ainsi
battu son record, avec 65 millions de touristes internationaux (+7,1 %), consolidant ainsi sa
place de troisième destination touristique mondiale, après la France et les Etats-Unis, et
devant la Chine, d'après le gouvernement de Mariano Rajoy. La France qui est devenue l'an
dernier le deuxième pourvoyeur de touristes en Espagne, à 10,6 millions de visiteurs. Au vu
de l'instabilité politique en Tunisie et en Egypte, les touristes se sont encore rabattus sur
l'Espagne, elle aussi généreuse en soleil et en plages. Les destinations préférées des étrangers
dans la péninsule sont de fait clairement situées sur les côtes méditerranéennes, de la
Catalogne à l'Andalousie, et dans les îles, les Canaries et les Baléares.
Le secteur hôtelier en profite
Mais la « meilleure nouvelle en matière de demande touristique en 2014 est la reprise du
tourisme national », s'est réjoui Exceltur dans un communiqué. Alors qu'en 2013, le nombre
de visiteurs locaux était redescendu au niveau de 2004, les Espagnols ont repris l'an dernier
leur valise, favorisant ainsi des secteurs très pénalisés par la crise, comme les agences de
voyages ou encore les centres de loisirs. Cette reprise a été visible dans les transports et
notamment dans l'Ave, le train à grande vitesse espagnol, dont le nombre de passagers a
augmenté de plus de 14 %. La politique de prix agressive de la Renfe, l'opérateur ferroviaire
public, n'y est néanmoins pas étrangère.
Le secteur hôtelier a lui aussi bénéficié du dynamisme de la demande nationale et étrangère.
Il a augmenté le nombre de nuits d'hôtel vendues (+2,9 %) et le taux d'occupation (+3,3 %),
d'après l'institut national de statistique.
Vers un bon millésime 2015
Alors que la croissance espagnole devrait dépasser les 2 % cette année, le secteur s'attend à
un bon millésime 2015, favorisé notamment par la dépréciation de l'euro, qui rend l'Espagne
plus compétitive. Il bénéficiera aussi de la baisse des impôts sur le revenu en vigueur cette
année, et de celle du cours du pétrole, qui vont stimuler la demande interne.
Néanmoins, certains risques demeurent. Le marché russe pourrait continuer à chuter (-10 %
en 2014) compte tenu des difficultés économiques dans ce pays et de la dépréciation du
rouble. Surtout, une stabilisation de la situation au Maghreb pénaliserait les destinations
côtières espagnoles. De fait, le retour des flux touristiques vers l'Egypte depuis le mois de
juillet s'est ressenti en Espagne, d'après Exceltur. Le secteur est conscient que s'il veut
fidéliser les flux déviés à cause de l'instabilité politique dans le Nord de l'Afrique, il devra
renforcer le mouvement déjà engagé d'amélioration de la qualité des prestations de soleil et
plage, puisqu'il ne peut rivaliser en termes de prix, et promouvoir le tourisme culturel.
Correspondante à Madrid Gaëlle Lucas
Le tourisme espagnol rebondit... en partie grâce aux
Français
Tiphaine Honoré | 23/06/2014
L'Espagne s'accroche à sa quatrième place mondiale des destinations touristiques, derrière la
France, les Etats-Unis et la Chine. Avec 21,4 millions de visiteurs entre janvier et mai 2014, le
pays bat des records de fréquentation. Le nombre de touristes français y a augmenté de 11,5%
sur cette période.
visiteurs étrangers participent au redressement de l'Espagne. Dans ce pays durement touché
par la crise, le tourisme est un des (seuls) moteurs qui tirent encore l'économie vers le haut.
Après avoir connu des soubresauts depuis 2008, le pays enregistre 8,2% d'augmentation
entre mai 2013 et 2014 avec 6,1 millions d'étrangers accueillis rien que pour le mois de mai.
Une étude de l'agence espagnole Frontur sur les mouvements touristiques le confirme, les
Français sont non seulement parmi les trois nationalités les plus présentes, mais sont aussi
de plus en plus nombreux à passer leurs vacances dans le royaume.
Les Français préfèrent les Îles Canaries
Parmi les 21,4 millions de personnes à avoir foulé le sol ibérique en cinq mois, les Français
occupent une bonne part (3,4 millions), avec les Allemands (3,5 millions) et les Anglais en
tête (4,8 millions). Pour le mois de mai 2014 par exemple 27,6% des 6,1 millions de touristes
étaient Britanniques, 16,6% Germaniques et 15% Français. Ces derniers étaient 11,5% de plus
que l'an passé, avec pour destination favorite les Canaries.
Mais les petites îles ne raflent pas la couronne à la communauté catalane. La Catalogne a
concentré 25% des touristes en mai, soit une augmentation de 2,3% par rapport à 2013. Sa
Costa Brava, Barcelone et ses autres richesses ont attiré en particulier des Hollandais, des
Allemands, des Italiens et des Asiatiques.
Les Canaries arrivent en deuxième position avec 12,7% de visiteurs, puis vient l'Andalousie et
ses 2,9 millions de visiteurs, soit presque moitié moins. Les Baléares récoltent 2,5 millions de
touristes, devant Madrid (1,8 millions).
Un secteur économique clé pour l'Espagne
Ces bonnes statistiques ne sont pas anodines lorsqu'on sait que le tourisme représentait
10,8% du PIB en 2011 et 11,1% en 2012 selon l'économiste Manuel Figuerola, directeur d'un
centre de recherche sur le secteur à l'université de Nebrija. Cette activité pourvoirait même
jusqu'à 11,4% de l'emploi national, soit un remède non négligeable contre le chômage.
Interrogé par Le Monde, le vice-président de l'association patronale Exceltur, José Luis
Zoreda expliquait fin 2013: "Avec près de 45 milliards d'euros de revenus dégagés en 2012, le
tourisme est le premier secteur d'exportation et la meilleure garantie, pour les investisseurs,
que l'Espagne paiera ses dettes". Reste à faire une bonne saison estivale 2014.
Record en 2014, avec 65 millions de visiteurs en
Espagne
Mardi dernier Exceltur, l'alliance pour l'Excellence Touristique, a publié les chiffres clés du
tourisme espagnol pour l’année 2014. Le bilan est positif puisqu’on constate une
augmentation de 7,1% de touristes par rapport à l’année précédente.
Attirant pas moins de 65 millions de voyageurs en 2014, l’Espagne fait preuve d’une
attractivité croissante. Les Français sont parmi les plus nombreux à venir dans le pays, avec
environ 10 millions de touristes qui ont fait le déplacement. Seuls devant les Français, ce sont
les Britanniques qui sont les plus nombreux à visiter l’Espagne, avec 14,39 millions de
visiteurs.
Basés sur des données de l’INE, du Ministère de l’Industrie, du Commerce et du Tourisme,
ainsi que sur un questionnaire auquel environ 1.800 entreprises du secteur touristique ont
répondu, les chiffres parlent d’eux-mêmes et témoignent d’une augmentation de 3,9% de
recettes liées à cette activité.
2015 sera une année clé
À noter également que les régions les plus attrayantes restent la Catalogne, avec sa Costa
Brava et Barcelone, enregistrant 25 millions de voyageurs sur l’ensemble de l’année.
Août a par ailleurs été le mois de tous les records : 9,1 millions de touristes sont venus visiter
le territoire, c’est 8,8% de plus qu’en 2013 à la même période, et cela marque une tendance
historique.
Le vice-président exécutif d’Exceltur, José Luis Zoreda, affirme de son côté que “2015 sera
une année clé” concernant ce domaine, les expectatives étant “prometteuses, bien que
complexes”.
Juliette BRIAND (www.lepetitjournal.com - Espagne) Jeudi 22 janvier 2015
Record explosif : 7,5 millions de touristes en 2013 à
Barcelone
Vendredi 7.3.2014
L'image de Barcelone dans le monde est en pleine évolution, avec pour conséquence un afflux
touristique inédit en 2013. Les chiffres communiqués le 7 mars par l'agence Barcelona Activa
signalent un record absolu de fréquentation, à hauteur de 7,5 millions de personnes,
accompagné de 16,5 millions de nuitées. Nouveau monstre touristique, la capitale catalane a
accueilli 80% d'étrangers, proportion en hausse, et 20% d'Espagnols, proportion en baisse.
Le tourisme a explosé en 2013 à Barcelone, où tous les records de fréquentations ont été
dépassés. A la faveur d'une hausse de 3,47% par rapport à 2012, un total de 16,5 millions de
nuitées a été commercialisé par les hôtels de la capitale catalane, par laquelle sont passés 7,5
millions de visiteurs, du jamais vu. Première destination ibérique, la ville de Gaudí, de mieux
en mieux connectée au monde par son aéroport, a profité d'une hausse générale de 1,77%.
Parmi ces visiteurs, 80% étaient étrangers, catégorie en progression de 4,1%, tandis que la
présence espagnole, à 20%, était en repli de 6,4%. Ces chiffres ont été livrés le 7 mars par le
consortium public-privé "Tourisme de Barcelone", selon lequel l'offre de congrès et la mise en
valeur des atouts culturels ont transformé la ville, simple destination à la mode auparavant,
devenue grande destination internationale.
Les étrangers sont français, britanniques et américains
Le principal pays émetteur de touristes à Barcelone est la France, à hauteur de 636.900
personnes, pour une progression de 11,3%. Le Royaume-Uni est le second, avec 630.000
visiteurs, suivi de 627.000 nord-Américains, souvent arrivés dans la ville par navires de
croisière. Parmi les pays à remarquer, la Russie, dont à peine 50.000 ressortissants ont visité
Barcelone en 2007, s'affiche désormais à concurrence de 233.800 touristes.
+ 5,8% à l'aéroport de Barcelone depuis le 1er janvier 2014
Parmi les premiers indicateurs concernant 2014, l'aéroport barcelonais a communiqué ce
même jour son résultat cumulé depuis le 1er janvier. Selon une dynamique de croissance
ininterrompue depuis 2012, une hausse générale de 5,8% est observée par rapport à la
période janvier-février 2012. Cette hausse est due aux vols intercontinentaux à hauteur de
16,5%, tandis que le nombre global de passagers atteint 4,2 millions.
Le port de Barcelone investit pour les croisières
3 mars 2015
On pourrait appeler cela : « L'effet Allure of the Seas ». Car, l'arrivée au port de Barcelone du
navire amiral de la compagnie de croisières Royal Caribbean a donné un coup de fouet à
l'activité du port catalan. Ce bateau pouvant transporter d'un coup jusqu'à 8 700 personnes
amènera cette année quelques 158 000 passagers jusqu'à Barcelone, son nouveau port
d'attache en Méditerranée.
Vingt cinq départs de croisières sont prévus depuis la Catalogne à bord de ce géant des mers,
ce qui devrait générer environ 17 M€ de retombées économiques à Barcelone, selon les
calculs de la compagnie maritime américaine.
Une activité qui justifie à elle seule les 4 M€ d'investissements consentis en 2015 pour
améliorer l'accueil des passagers. À commencer par les aménagements prévus sur les
terminaux B et C du quai Adossat, dédiés notamment à l'embarquement et débarquement des
passagers de l'Allure of the Seas. Une enveloppe de 1,1 M€ a déjà été prévue en 2014 pour la
réalisation, au cours des prochaines semaines, d'une passerelle qui reliera les deux
terminaux.
Des travaux d'amélioration des systèmes d'amarrage sont également prévus pour faciliter
l'accostage des très grands navires, ce qui suppose notamment l'installation d'ici l'été 2015 de
nouveaux bollards sur ce même quai Adossat. 3,5 M€ seront consacrés à ces aménagements
par l'autorité portuaire de Barcelone.
Autant d'efforts financiers qui doivent permettre à la capitale catalane de conforter sa
position dominante dans le secteur des croisières. Avec 2,6 millions de passagers en transit
enregistrés en 2014, Barcelone reste en effet le premier port d'escales de croisières en
Méditerranée, et le quatrième au rang mondial derrière les trois grands ports américains de
Floride (Everglades, Miami et Port Canaveral).
Aux Baléares, le tourisme a de la cuite dans les idées
François MUSSEAU 28 août 2014
Adolescents allongés sur l’asphalte des rues en coma éthylique, jeunes filles à demiconscientes sous l’effet de drogues hallucinogènes, sexe effréné pratiqué au beau milieu des
pistes de discothèque, concours pour uriner ou vomir sur les murs de la ville, plages
couvertes de capotes usagées et de matières organiques…
A Magaluf, bourgade côtière de Majorque à l’ouest de Palma, ce spectacle est monnaie
courante lors des mois d’été. Et notamment sur la plage Punta Ballena, où se concentrent
bars, restaurants, centres de loisirs et discothèques. Le plus souvent, c’est le fait de jeunes
Britanniques qui, rompant avec tout type d’interdits et de tabous, s’en donnent à cœur joie,
épris d’une ivresse dionysiaque aux conséquences calamiteuses. Les week-ends en particulier,
les services sanitaires sont saturés, beaucoup de touristes souffrant de malaises, de vertiges,
voire de pertes de conscience.
Ce genre de scènes inonde les télé-réalités britanniques et les réseaux sociaux, ce qui donne à
Magaluf une publicité supplémentaire. Depuis début juillet, on parle d’environ 10 000 à 12
000 jeunes se livrant à ces excès chaque fin de semaine. La presse espagnole se fait, elle,
l’écho de pratiques sans limite ni contrôle : par exemple l’usage massif de MDPV, une drogue
aux effets hallucinogènes connue en anglais comme le ivory wave, en espagnol comme la
droga canibal, car elle augmenterait l’appétit ; ou le mamading, une pratique via laquelle une
fille accepte de faire des fellations en échange d’un cocktail offert par un groupe de jeunes ;
ou encore le balconing, cet exercice à hauts risques consistant, dans les hôtels, à sauter de
balcon en balcon ou bien de sauter directement dans la piscine du haut des étages.
«Les limites de la décence ont été dépassées. Il nous faut agir et mettre un terme à cette
folie», a déclaré le gouvernement régional des Baléares, alors que la municipalité ne pipe
mot. Vœu pieux ? Peut-être : depuis des années, ce qui scandalise toute l’Espagne n’a
toujours pas été freiné. Ni à Magaluf, ni à San Antonio (Ibiza), ni le long des Ramblas
barcelonaises, où la colère des habitants va crescendo. A Magaluf, les autorités font le dos
rond. «Ici, c’est une machine à faire de l’argent, il y a beaucoup d’intérêts en jeu, et on se
tait», témoigne Michel, un photographe local qui s’est fait tabasser, mi-juillet dans une
discothèque, par un groupe de jeunes Britanniques ultra-agressifs. A en croire la presse
anglaise, 1 million de Britanniques passent par cette bourgade chaque année et y laissent 800
millions d’euros. Même si la grogne contre le «tourisme de cuites» augmente, les pouvoirs
publics n’osent se prononcer contre un secteur en pleine hausse (8,2 millions de touristes en
juillet, un record), jusqu’ici le meilleur antidote à la crise économique.
François MUSSEAU
Barcelone : les habitants ulcérés par les excès des
jeunes touristes
Home ACTUALITE International , Par Thomas Eustache
le 26/08/2014
Les déambulations de trois vacanciers italiens nus dans les rues du quartier de La
Barceloneta ont été la goutte d'eau qui a fait déborder le vase : les habitants ont manifesté
pour que les autorités municipales ferment les locations touristiques illégales.
Débordés par les excès des touristes, les habitants de La Barceloneta, au centre de Barcelone,
ont décidé de faire entendre leur mécontentement en manifestant à plusieurs reprises la
semaine dernière.
Les déambulations de trois jeunes italiens nus dans les rues de ce quartier de la ville catalane,
vendredi 15 août, a été l'élément déclencheur du mouvement de protestation. Le trio de
touristes, rapporte le quotidien national El Pais , s'est promené dans le plus simple appareil
durant trois heures au bord de la mer et a même pénétré dans un magasin, sans être inquiété
par la police.
Dimanche 17 et lundi 18 août, les habitants du quartier sont descendus spontanément dans la
rue, espérant attirer l'attention de la municipalité sur les attitudes déplacées de certains
touristes, qui se renouvellent chaque été depuis quelques années. Le nœud du problème,
selon les Barcelonais, réside dans la multiplication des locations estivales sans autorisation.
En effet, alors que le nombre des locations légales à La Barceloneta s'élève à 72, un site de
locations comme Airbnb propose aux touristes plus de 800 logements à louer dans les
environs…
«Ici, les touristes font ce qu'ils veulent»
Devant l'un des appartements loués à des vacanciers, des manifestants n'ont pas hésité à
scander: «dehors les touristes ivres!», affirme le Times britannique. Face aux exubérances de
fêtards étrangers toujours plus nombreux, la population locale se sent délaissée par les
autorités. «Ici, les touristes font ce qu'ils veulent» explique au Pais Vicens Forner, un
habitant ayant pris en photo les trois Italiens. Un autre résident du quartier témoigne: «
Imaginez-vous dans un quart de la maison, avec trois enfants, sans emploi, pas d'argent pour
les vacances et d'avoir à supporter les cris et le groupe de touristes».
Porte-parole de cette exaspération, le président de l'Association des résidents de Barceloneta,
Oriol Casabella, a demandé au conseil municipal de Barcelone de se mettre «immédiatement
au travail» afin d'empêcher les touristes de « marcher nu, d'uriner et de vomir dans la rue»,
selon des informations rapportées par Huelva Información .
Mercredi, la conseillère municipale du quartier, Mercè Homs, a expliqué à la presse que la
localité allait adopter une politique de «tolérance zéro» à l'égard de ces comportements
délétères. Elle a également promis une réunion avec les résidents de La Barceloneta en
septembre et a assuré que la présence policière sur place avait déjà été renforcée au cours des
derniers jours.
Une destination prisée des consommateurs de cannabis
En l'espace de seulement deux décennies, Barcelone est devenu une destination touristique
de premier plan. De 1990 à 2012, la capitale de la Catalogne a vu son nombre de touristes
annuels passer de 1,7 millions à 7,4 millions, sous l'impulsion notamment des Jeux
olympiques d'été de 1992. Avec cet accroissement considérable des flux touristiques,
impliquant notamment des populations jeunes, des débordements de toute sorte se sont
développés.
Le 14 août, la mairie de Barcelone a ordonné la fermeture de près de 50 clubs de cannabis,
dont le succès est en partie imputable à la venue des vacanciers. D'après le Telegraph, la cité
espagnole est déjà classée, selon certains sites de conseils de voyages pour amateurs de
stupéfiants, comme la ville idéale pour la consommation de cannabis - devant Amsterdam.
Les indicateurs du tourisme espagnol
Evolution de la fréquentation touristique des principales régions autonomes
espagnoles ( 2009-2013 )
Philippe KEROURIO , Aix-en-Provence , le 2 juillet 2015

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