3 - Club des Supporters

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3 - Club des Supporters
1,60 € DU 22 AU 24 AOUT 2014
Midi Olympique N° 448 - Espagne 1,70€ - Polynésie - 600 XPF - Suisse 3,10 CHF - Canada 3,99 CAD
Saga amateurs
Albi féminines,
Hagondange, Hérouville, Launaguet, Lunel, Rennes,
Roanne, Servette de Genève, Strasbourg, Verdun
19 à 22
Toulon
Delmas et Mignoni
jusqu’en 2016
23
Week-end
Top 14 - Bayonne
Une mêlée
en sursis
6
Saison de Pro D2
Perpignan,
le favori des
entraîneurs
LE BRIVE DE SISA
KOYAMAIBOLE, SEUL
LEADER DU TOP 14,
REÇOIT CLERMONT
SAMEDI POUR UN
DERBY QUI PROMET !
REPORTAGE AU CŒUR
DU CLUB CORRÉZIEN,
QUI POURRAIT
DEVENIR L’UNE
DES SURPRISES
DE LA SAISON.
2 et 3
Four-Nations
McCaw,
coquin
démasqué ?
M 00158 - 448 - F: 1,60 E
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VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Une semaine avec...
... Brive
Éditorial
Emmanuel MASSICARD
[email protected]
L’art de vivre
à contre-courant
Il est une tradition dont le rugby ne parvient
pas à se défaire : jouer les madames Irma dès
l’été pour dessiner l’issue finale d’un championnat est un sport à risques. Les entraîneurs et les joueurs le savent, qui font toujours attention à ne jamais trop se dévoiler.
À ne surtout pas trop en dire, en « on », à propos de leurs ambitions et des rivalités annoncées. L’ouvrir revient souvent à se prendre,
en retour, la porte en pleine figure. Parce que
chez nous, Monsieur, rien ne se perd : les écrits
restent et les articles punaisés dans les vestiaires sont sources de motivation. Les mots ont
toujours un sens.
Brive, leader du Top 14, ne s’est pas pris les
pieds dans le tapis cette semaine. Pas de dérapage au pays des Coujous, tous prudents avant
de recevoir l’ASMCA dans un derby plus qu’incertain aux sommets de l’affiche. Rien de surprenant, direz-vous et vous aurez évidemment
raison. Mais ce n’est pas non plus une surprise
de voir le CABCL compter un premier succès
après avoir reçu un promu - La Rochelle - en
phase d’acclimatation au Top 14. Ultime vérité : le plus dur commence pour les Noir et Blanc
qui ont cette fois la charge de confirmer leurs
exploits de l’an passé. L’effet de… surprise ne
jouera plus en leur faveur et chacun de leur
adversaire sait déjà à quoi s’en tenir. Pas sûr
qu’ils commettent tous les mêmes erreurs à
l’instant de revenir en Corrèze. Oui, le plus dur
commence pour les Brivistes, désormais contraints de se réinventer sportivement et
humainement.
Les revanchards fédérés par Arnaud Mela,
portés par l’instinct grégaire, tous mobilisés autour du soutien à leur pote Alex Barozzi, doivent élargir leur horizon sans perdre la formule
magique de leurs succès passés. Tel est le défi qui s’offre à eux, qui nous dira très vite si les
performances signées l’an dernier avaient valeur d’exploits isolés ou si elles étaient simplement les prémices d’une aventure qui n’a
pas livré son dernier mot. Pour savoir, Arnaud
Mela prévient ici tout son monde : « Il faut
avoir peur de ce championnat… Se voir plus
beaux que nous le sommes, c’est notre plus
grosse crainte. »
Alors, Brive, favori face à Clermont ? Ne rêvez pas, les Coujous ne tomberont pas dans le
piège et personne ne prendra le risque de le
crier sur tous les toits. S’ils ont gagné le droit
au respect, il leur faut désormais le garder.
En évoluant à contre-courant pour cultiver
encore longtemps l’art du contre-pied. ■
Sommaire
SURPRISES DU DERNIER EXERCICE ET LEADERS PROVISOIRES DU TOP 14, LES CORRÉZIENS ABORDENT
LE DERBY FACE À CLERMONT AVEC CONFIANCE ET SÉRÉNITÉ. DÉBARRASSÉ DE TOUT COMPLEXE,
LE CABCL, QUI A FAIT TOMBER TOUS LES GROS DEPUIS UN AN, ENTEND POURSUIVRE SA PROGRESSION.
LES COUPEURS
DE TÊTES
I
Par Jérémy FADAT, envoyé spécial
[email protected]
mprobables leaders après leur succès bonifié contre La Rochelle, les Brivistes n’en ont pas perdu
le sourire. « J’ai reçu pas mal de captures d’écran et
dit aux joueurs d’en faire car ça n’arrivera pas chaque week-end, se marrait Nicolas Godignon mardi. Avant de rappeler que l’an passé, c’était pareil
pour Bayonne. Ceci n’a pas empêché des déconvenues en
suivant. Cette première place est un concours de circonstances. La vérité est qu’il reste vingt-cinq journées sur
vingt-six. Si nous sommes encore premiers ou premiers à
égalité samedi soir, tout se sera bien déroulé face à Clermont. »
Meilleur ennemi des Corréziens. Ce derby du « passif
central » ne pouvait trouver meilleur contexte. « Plus on
passe de temps ici, plus on comprend l’importance du
match. Pour Péjoine, c’est le énième derby. Pour Masilevu
ou Marais, cela n’a pas encore la même saveur mais ils
ont conscience qu’il se passe quelque chose. » Avec fauteuil doré à bichonner. Dès lundi matin - et avant la combinaison habituelle de récupération, toucher et foot de
l’après-midi, le staff a donc effacé « l’objectif lune » pour
lancer l’opération « retour sur terre. » Ambition : prévenir toute forme de décompression coupable et déplacée.
Le plateau vidéo sur la performance face à La Rochelle,
pour inaugurer la semaine, fut plus salé qu’attendu. « On
ne s’est pas frotté le ventre car si le score est là, il est flatteur, place le manager. Il y a beaucoup à gommer, trop
d’impatience ou ces trois fautes d’affilée qui coûtent un
jaune. Nous ne devons pas avoir ce relâchement. Contre
Clermont, ça ne passera pas. On l’a montré aux joueurs et
on a pu se dire les choses franchement. C’est l’avantage
dans un climat de confiance. » Car s’il est une vertu grandissante au cœur de cette « jobards team » briviste, c’est
la quête assumée d’assurance. Mérite d’un retour réussi parmi les ténors ces derniers mois, après une saison de
purgatoire en Pro D2. De groupe délité à troupe de l’élite.
GODIGNON : « DE PLEIN DROIT EN TOP 14 »
Jean-Baptiste Péjoine, trente-quatre printemps et quatorzième exercice noir et blanc, symbole de la bande décomplexée quand il confiait cet été : « On sait notre chance
d’être là, d’affronter des joueurs emblématiques chaque
samedi. Dans ce groupe, je me sens complètement libéré
et me pose moins de questions qu’avant. Après ce que l’on
a connu ensemble, qu’est-ce qu’il peut nous arriver ? » État
d’esprit qui rejaillit directement sur les séances de mise
en place, renforcé par les succès passés ou les enchaînements du week-end dernier. Arnaud Mignardi avoue :
« On se lâche et, sans faire n’importe quoi, nous essayons
des passes que nous n’aurions jamais tentées il y a deux ou
trois ans. J’arrive avec la banane à l’entraînement car on
fait des exercices ludiques. Je m’éclate. » Fruit d’une légitimité retrouvée. C’était le credo de Godignon : « On ne
se sent plus comme un promu car on ne l’est plus. On se sent
de plein droit en Top 14. Ce n’est pas un dû, nous l’avons
gagné en nous maintenant. La légitimité s’est traduite dès
la reprise avec des mecs au poids et à l’état de forme demandés. Puis dans l’approche du travail. Les joueurs connaissent mieux leurs adversaires, les points forts. Avoir
l’impression que l’on peut se rapprocher d’eux, c’est se savoir un peu plus à sa place. » Ce qui permet une évolution constante et globale. Gain de temps dans la préparation et approche plus sereine.
ÉVOLUTION, DANS L’IMAGE ET LA PRODUCTION
C’est la trouille au ventre que ce CABCL avait rejoint la
cour des grands, voilà un an. Entre besoin de marquer le
territoire et réflexes de survie, il s’est vu coller l’étiquette
d’armée de destruction massive, de grognards parfois à
la limite des règles de conduite à respecter… Exagéré ?
Peut-être, si l’on en croit le chef de troupes : « On s’en
moque. C’est bien d’avoir l’image d’une équipe qui « casse
la tête. » Ça ne me dérange pas car nous sommes costauds
devant mais ce n’est pas uniquement notre jeu. Le meilleur
compliment, c’est quand on me dit que notre formation est
bien organisée. » Mais avec « le droit à rêver », vient celui à faire rêver. D’où la nécessité d’évoluer, aussi bien dans
l’image que la production. Si Brive prend devant, c’est
pour surprendre derrière. Les quatre essais de troisquarts face à La Rochelle comme alibi. « Nous sommes plus
attendus et la stabilité de notre statut passe par plus d’ambitions de jeu que l’an dernier », pointait récemment le
vice-président Max Mamers. Son manager sur la même
longueur d’ondes : « On a demandé aux garçons d’être
plus audacieux, de tenter davantage quand on est dans les
conditions de le faire. »
Illustration dès mardi, journée la plus intensive de la semaine, dans les ateliers séparés du matin ou l’opposition de l’après-midi. Avec une obsession : le scalp de
Clermont. Et sans complexes après avoir fait tomber tous
les cadors du Top 14 la saison passée. « Nous les avons battus avec nos moyens, rappelle Nicolas Godignon. Avant,
on voyait comment cela pourrait se passer face aux gros,
maintenant on sait car nous les avons affrontés. Sur la dureté des chocs notamment puisque nous avions laissé du
monde sur le carreau au retour. » Le leader éphémère
veut conserver sa réputation de coupeurs de têtes… Mais
de têtes d’affiche. ■
● P. 2 et 3 Une semaine avec… … Brive.
● P. 4 à 11 Top 14 2e journée, le point. Page 4. Toulouse Castres. Page 5. Bayonne - Oyonnax. Page 6. BordeauxBègles - Racing-Metro. Page 7. Stade français - Lyon. Page 8.
Brive - Clermont. Page 9. Toulon - La Rochelle. Page 10.
Montpellier - Grenoble. Page 11.
● P. 12 à 17 Pro D2 1re journée, le point. Page 12.
Perpignan - Colomiers et Biarritz - Aurillac. Page 13.
Montauban - Carcassonne et Bourgoin - Albi. Page 14. Tarbes Dax et Béziers - Agen. Page 15. Massy - Pau et Narbonne Mont-de-Marsan. Page 16. Les pronostics. Page 17.
● P. 18 International Four-Nations, la 2e journée. Page 24.
● P. 19 à 22 Ovalie Saga amateurs avec Strasbourg,
Roanne. Page 19. Hérouville-Saint-Clair, Launaguet,
Hagondange. Page 20. Lunel, Servette Genève. Page 21.
Rennes, Albi féminin, Verdun. Page 22.
● P. 23 Cris et chuchotements Actualité. Page 23.
● P. 24 Horizons Grand côté, Bernard Goutta. Page 24.
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MALGRÉ LE PLUS PETIT BUDGET DE L’ÉLITE, BRIVE SE VEUT AUJOURD’HUI EN MESURE DE PÉRENNISER SA PLACE EN TOP 14. FRUIT
D’UNE POLITIQUE MESURÉE ET PRÉCISE, QUI FAIT ACTUELLEMENT DES ÉMULES DU CÔTÉ DE BAYONNE OU LA ROCHELLE.
LE MODÈLE BRIVISTE,
EXEMPLE OU EXCEPTION ?
L
e paradoxe ne tiendra peut-être
qu’une semaine : dernier budget du
Top 14 (13,63 millions d’euros, devant Oyonnax et ses 14,28 millions) et
première place au classement.
Toujours est-il que la situation, bien
que réductrice et éphémère, a le mérite de porter un éclairage sur l’actuelle réussite corrézienne. Plutôt depuis le passage par la case Pro
D2 lors de l’exercice 2012-2013. Avec des caisses
enfin purifiées sur le strict aspect financier et un
groupe construit autour de cadres charismatiques comme Mela, Ribes ou Mignardi, renforcé
de joueurs méconnus ou revanchards, souvent
en manque de temps de jeu dans leur précédente
équipe, Brive assume sa modestie, basée sur la stabilité de son effectif et de son staff. En fait même
son credo et son axe de développement pour les
années à venir. Avec le succès que l’on sait pour
l’heure. « C’est une réussite qui n’est pas uniquement sportive mais bien celle d’un ensemble sain
à chaque étage, note Nicolas Godignon. Brive a
aujourd’hui l’image d’un club familial, ce qui nous
va bien car c’est ce que nous sommes. Il nous est impossible de copier le modèle économique des plus
gros budgets que sont le Racing, Toulon ou Toulouse.
Je suis admiratif d’eux mais pas envieux car on ne
pourrait pas le faire ici. »
RECRUTEMENT PAYANT
Avec les contraintes qu’il entraîne, ce contexte
oblige à soigner l’environnement proche du
club pour optimiser chacune de ses couches comme l’équipe de préparation physique ou
celle médicale pour ne pas se retrouver plombé par les méformes ou les blessures, ce qui a
parfaitement fonctionné l’an passé - autant
qu’à effectuer un recrutement à moindre coût,
malin et parfois audacieux. Celui-ci s’est avéré payant ces dernières saisons, avec les Germain,
Sanchou, Asieshvili ou Mafi. Le dernier « mercato » fut du même acabit : Jourdain, débarqué
de Bourg-en-Bresse, ou Boukerou d’Auch, tous
deux relégués en Fédérale 1 ; Marais, inconnu
en Afrique du Sud, ou encore Luafutu et Bezy,
respectivement en échec à Bordeaux-Bègles et
Grenoble.
En tout cas, le modèle briviste fait désormais des
émules ailleurs, comme à La Rochelle ou Bayonne,
dont les dirigeants ne cachaient pas récemment
prendre exemple sur le CABCL. « Pouvoir inspirer ces clubs, c’est flatteur pour nous car les sommes du rugby n’atteindront jamais celles du football et pour certains, il faudra s’accrocher à d’autres
leviers pour continuer à exister, plaide Arnaud
Mela. Si Brive peut faire un peu réagir là-dessus,
alors tant mieux. » J. Fa. ■
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
LA RÉGION LIMOUSIN, PARRAIN DU DERBY !
C’est assez cocasse pour un derby face au rival auvergnat : la région Limousin,
qui fait gagner des places pour assister à ce match sur sa page Facebook, a
choisi ce rendez-vous pour parrainer la rencontre. Jean-Paul Denanot, président
de la région et député européen, donnera donc le coup d’envoi ce samedi.
L’interview
22
Une semaine avec... 3
CARTONS REÇUS PAR LES ADVERSAIRES DE BRIVE À AMÉDÉE-DOMENECH DEPUIS UN AN
Depuis son retour dans l’élite il y a un an, Brive possède une statistique étonnante : celle d’avoir « fait prendre » au
moins un carton jaune à tous ses adversaires à domicile. Vingt-deux au total. Ainsi, les treize équipes qui se sont
déplacées à Amédée-Domenech la saison passée ont été sanctionnées, avec mention pour Perpignan et ses trois
exclusions temporaires. Et pour la première journée de ce Top 14, La Rochelle a pris deux jaunes samedi dernier.
ARNAUD MELA - DEUXIÈME LIGNE ET CAPITAINE DE BRIVE
« Venir à Brive
n’est pas un guet-apens »
Propos recueillis par Jérémy FADAT, envoyé spécial
tion, on fera tout pour demeurer dans le haut du tableau le plus
longtemps possible.
Quel était le sentiment général lundi, à l’entraînement,
après votre premier succès face à La Rochelle ?
Celui de ne pas être tombé dans le piège. Nous étions prévenus car beaucoup d’équipes se sont fait avoir par le passé. Une
première journée est toujours particulière, difficile à gérer. Même
les Bordelais, par exemple, avaient, je le pense, anticipé un
grand match face à Lyon et ont eu du mal à le sortir. Du coup, nous
sommes revenus lundi très satisfaits mais tout aussi mesurés. Car
derrière, on reçoit les Clermontois qui, armés comme ils le sont,
nous ont vite remis les pieds sur terre. Surtout, ils ne nous ont
jamais fait de cadeaux dans un derby et je ne vois pas pourquoi
ça commencerait aujourd’hui.
Aviez-vous pressentie cette belle entame de saison
dès la préparation ?
On peut toujours l’anticiper un peu car à Brive, nous n’avons pas
eu beaucoup de mouvements sur le XV de départ par rapport à l’an
passé. Les joueurs se connaissent parfaitement et cela facilite la
mise en place du jeu. Ainsi, les nouveaux sont intégrés petit à
petit et naturellement. C’est forcément différent des clubs qui
changent quatre, cinq ou six joueurs dans leur équipe type. Du coup,
on savait pertinemment que l’on serait en mesure de réaliser un
bon match dans l’organisation, samedi dernier. Nous avions remporté nos trois rencontres amicales, ce qui était important à nos
yeux. Ceci a permis d’emmagasiner de la confiance. Mais il n’en
faut pas trop non plus car on devra être beaucoup plus précis
contre Clermont que face à La Rochelle. Si on réalise la même première mi-temps, on n’aura pas la possibilité de revenir, cette fois.
[email protected]
Est-ce si spécial de recevoir le voisin auvergnat ?
Il y a deux ans, en Pro D2, on avait vécu les derbys contre Aurillac
avec énormément de pression. Clermont, c’est pareil... C’est dans
les gênes du club et ce combat programmé est attendu de pied
ferme ici. Quand le calendrier est sorti, la première chose que
m’a dite mon voisin est : « Oh là, Clermont, c’est le deuxième
match. » J’étais déjà dans l’ambiance. Toute la ville attend ça. À
nous de faire le boulot.
Des joueurs comme Chouly ou Fofana sont dans la liste
des internationaux limités à trente matchs et en comptent déjà quatre. Serait-ce une bonne nouvelle qu’ils
soient ménagés ?
Le staff de l’ASM peut mettre le maximum de joueurs au repos,
cela ne nous dérangera pas. Eux deux mais aussi d’autres qui
vont être fatigués car faire trop de matchs, ce n’est pas bon pour
eux (rires). Plus sérieusement, Damien ou Wesley sont de très
grands joueurs mais il y a également de grands joueurs remplaçants ou hors groupe. Donc cela ne changera rien.
Que pensez-vous de votre première place provisoire ?
Franchement, on n’en parle même pas entre nous. Cela aurait
été mieux si elle était arrivée au 15 janvier plutôt qu’au 15 août
(sourires). Mais c’est toujours bien car les gens parlent de nous,
ce qui est bénéfique pour les sponsors, la ville et le public.
Après, nous savons évidemment que nous ne sommes pas à
notre place mais, même si notre objectif est la dixième posi-
On sent votre équipe de plus en plus décomplexée.
Déjà, on mérite autant notre place que les autres et on mérite
donc d’être estimé par les autres autant que les grandes équipes. Pour cela, on travaille dur et les mecs sont sérieux. Alors je
ne vois pas pourquoi on n’aurait pas le droit de rêver un peu nous
aussi et d’espérer bien vivre dans ce Top 14. Nous sommes
d’ailleurs conscients de la tâche qui nous attend et si on ne peut
pas tirer de conclusion après une seule rencontre, Brive est serein pour le reste de la saison. Sachant que pour assurer le maintien, il faut d’abord gagner les matchs à domicile.
Justement, à Amédée-Domenech, vous avez la réputation d’une équipe ultra-agressive, qui « casse la tête » à
tout le monde…
Le rugby est un sport de combat et, à la maison, il faut marquer
son territoire et imposer sa loi. Voilà, c’est ce que l’on fait. Ici, on
n’est pas dans l’hémisphère Sud. C’est différent. Ici, on est chez
nous et on le montre. On ne peut pas passer à côté de ça. Le rugby, c’est du combat et si, devant, on fait le boulot pendant que derrière, ils nous plantent des essais comme le week-end dernier, il
n’y a pas photo, c’est parfait pour nous.
Souhaitez-vous cultiver cette image ?
Il faut l’entretenir car c’est essentiel dans le rugby et se faire res-
pecter chez soi se perd de plus en plus. Après, beaucoup de
gens exagèrent aussi. Venir à Brive n’est pas un guet-apens.
Ce n’est quand même pas le Toulon d’il y a vingt ans, où c’était
une guerre de tranchée.
Comment expliquez-vous votre réussite
depuis deux ans ?
Par le fait d’avoir connu les galères ensemble pour certains et par
le recrutement ciblé depuis deux ou trois ans avec des joueurs
qui s’adaptent très bien à notre groupe tout de même particulier.
C’est notre force, la clé de notre réussite. Ce groupe est aussi soudé sur le terrain qu’en dehors. Les gens doivent prendre conscience qu’il est difficile d’avoir des budgets à 30 millions d’euros partout. Il faut s’adapter, faire des choix très intelligents. À
Brive, on a besoin de gars qui ont les crocs pour former un groupe
soudé. Bien sûr, tu peux toujours t’en sortir en empilant vingt
internationaux sur la feuille de match. Mais ici, à Brive, on n’en
a pas les moyens.
Ce groupe peut-il encore évoluer ?
On peut toujours, notamment à l’extérieur. L’an passé, nous nous
sommes réduits à aller chercher des bonus défensifs. Brive s’est
confiné dans cette logique. Il y a bien quatre ou cinq matchs où
nous étions à quatre ou cinq points de notre adversaire et où
nous aurions pu faire le temps de jeu supplémentaire pour tenter de gagner. Au lieu de quoi, nous nous sommes contentés de
mettre le frein à main pour assurer le point de bonus. Notre évolution passe par plus d’audace à l’extérieur.
Ce groupe a connu une relégation, le Pro D2
et la remontée un peu dans l’inconnu.
Que peut-il craindre, aujourd’hui ?
Il faut avoir peur de ce championnat, c’est tout. Quand on liste
les formations de Top 14, on se dit qu’il y a treize énormes équipes et on doit en avoir peur. La confiance, c’est bien mais quand
on se retrouve « en surconfiance », c’est là qu’on se prend pour
d’autres et qu’arrivent les grandes désillusions. L’an passé, nous
n’avons pas eu peur une seule fois dans la saison. C’était à domicile face à Biarritz et nous avons perdu. Cela s’était senti dès
le lundi à l’entraînement et moi le premier, je n’avais pas su
faire réagir le groupe dans la semaine. Se voir plus beaux que
nous ne le sommes, c’est notre plus grosse crainte. Il est hors
de question que cela se reproduise. ■
Derby du Massif central : il s’en passe toujours de belles...
d’octobre 2013, les Corréziens, habitués à repartir d’Auvergne les valises lourdes de points,
livrent une partie exemplaire. Entreprenants, joueurs et audacieux, ils font mieux que rivaliser
et marquent deux beaux essais, dont un mémorable de Radikedike, qui dépose magistralement Rougerie sur un cadrage débordement d’école. Poussés dans leurs derniers retranchements, les Clermontois finissent tout de même par s’imposer (36-29), notamment grâce à une
inspiration magique de James pour Nalaga. Le match retour, fin mars, est tout autant passionné et passionnant. Décrit comme « la finale de leur fin de saison », les Cabistes résistent
contre vents et marées, ou plutôt contre graves blessures (Da Ros, Barnard, Buys et
Swanepoel) et épreuves (ils ont résisté de longues minutes à onze contre quinze) pour signer
leur dixième victoire de la saison (26-24), synonyme de maintien dans l’élite. La solidarité des
Corréziens reste encore en mémoire, tout comme cet essai de Germain inscrit juste avant le
repos après une action de près de quatre-vingts mètres. C’est un fait, il se passe toujours
quelque chose lors d’un Brive - Clermont. Samedi encore ? N. W. ■
À l’intersaison, peu de choses ont
bougé à Brive. Tout est fait pour conserver l’état d’esprit de la maison noire
et blanche, le seul à même de faire
perdurer les Corréziens d’Arnaud Mela
dans l’élite. Photos CABCL
L’affrontement entre Brive et Clermont est communément appelé « derby du Massif central ».
Mais, outre l’aspect folklorique qu’elles peuvent revêtir, ces rencontres entre Coujous et
Jaunards donnent très souvent lieu à des rebondissements inoubliables. En Corrèze, les aficionados du CABCL savourent encore cette mêlée conquérante mettant au supplice son
homologue auvergnate sur plusieurs mètres pour un succès (18-16) en novembre 2008, saison
au bout de laquelle Brive gagnait le droit de revenir en H Cup. Plus récemment, le Stadium fut
également le théâtre d’un succès plein de courage des Noir et Blanc en janvier 2011 (29-22),
mettant fin à quatre mois sans victoire et qui les lançait vers le maintien dans l’élite, ou
encore d’une des rares sorties médiatiques du président Jean-Jacques Bertrand à la suite du
revers étriqué (6-9) en décembre de cette même année. La saison dernière, pour le retour des
Brivistes en Top 14, les matchs n’ont pas non plus manqué de piquant. Dans leur quête de
« gagner le respect » de leurs adversaires, les troupes de Nicolas Godignon se rendent au
Michelin sans complexe et avec une équipe-type, fait rare ces dernières saisons. En ce soir
4
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Top 14 2e journée
Programme
& classement
Au programme
TOULOUSE - CASTRES
vendredi 20 h 30 - Canal + Sport - M. Gaüzère (CBL)
BRIVE - CLERMONT
BAYONNE - OYONNAX
samedi 14 h 45 - Canal + - M. Ruiz (LD)
samedi 18 h 30 - Rugby + (255) - M. Cardona (PR)
Classement
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À TOULOUSE
Ciel couvert
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À BRIVE
Ensoleillé
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À BAYONNE
Très nuageux
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À BÈGLES
Pluie faible
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À MONTPELLIER Ensoleillé
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À TOULON
Ensoleillé
20°
À PARIS
Peu nuageux
17°
● LE POINT
Si la plupart des rencontres ont accouché de scores serrés lors de la 1re journée, on
n’en a pas moins recensé trois victoires à l’extérieur. Une petite révolution par rapport à la saison dernière, en espérant que la tendance se confirme. Ainsi dès vendredi, le vice-champion de France castrais souhaitera récupérer à Toulouse les
points perdus à Béziers contre Paris. À Bordeaux, le Racing-Metro voudra quant à
lui rééditer sa belle performance de Montpellier, tandis que Clermont et Oyonnax
se présenteront avec de réelles ambitions à Brive et Bayonne. Grosse tension à
perspective à Jean-Dauger… Enfin, alors que Paris et Toulon chercheront à récupérer la première place après les réceptions des promus rochelais et lyonnais, les
Montpelliérains chercheront quant à eux à se rassurer devant Grenoble. N. Z. ■
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À DOMICILE
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BORDEAUX-BÈGLES - RACING-METRO
samedi 18 h 30 - Rugby + (256) - M. Garcès (BE)
MONTPELLIER - GRENOBLE
TOULON - LA ROCHELLE
samedi 18 h 30 - Rugby + (257) - M. Minery (PA)
samedi 18 h 30 - Rugby + (258) - M. Chalon (LM)
STADE FRANÇAIS - LYON
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À L'EXTÉRIEUR
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samedi 20 h 45 - Canal + sport - M. Marchat (MPY)
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Toulouse
Castres
Brive
Clermont
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Oyonnax
● Une semaine après avoir connu toutes les peines du
monde pour s’imposer face à Oyonnax (20-19), le Stade toulousain enchaîne avec une deuxième réception face au voisin castais, piqué par son revers face au Stade français, à
Béziers. Ces deux prétendants aux phases finales se présentent avec l’intention de se rassurer et devraient se livrer une âpre bataille.
● Après une victoire inaugurale à domicile face à
La Rochelle, Brive entend confirmer face au voisin auvergnat et conserver ainsi sa place honorifique de leader au
classement. Mais pour sa première sortie de la saison à
l’extérieur, le Clermont de Franck Azéma aimerait frapper un grand coup et affirmer sa position en haut de
tableau.
● L’Aviron bayonnais est déjà sous pression dès cette
deuxième journée de Top 14 après leur revers inaugural contre le RCT (29-15). Les Basques n’ont pas le droit à un
deuxième revers consécutif sur leurs terres. Mais Oyonnax
a démontré la semaine dernière à Toulouse qu’il serait un adversaire redoutable cette saison, aussi bien à domicile qu’à
l’extérieur.
À TOULOUSE - Stade Ernest-Wallon
Vendredi 20 h 30 - Canal + Sport
Arbitres : M. Gaüzère (CBL) assisté de MM. Trainini (CAZ) et
De Lemos (AB). Vidéo : M. Gonthier (PCH)
À BRIVE-LA-GAILLARDE- Stade Amédée-Domenech
Samedi 14 h 45 - Canal +
Arbitres : M. Ruiz (LD) assisté de MM. Boyer (MPY) et
Malterre (CA). Vidéo : M. Dubès (CA)
À BAYONNE - Stade Jean-Dauger
Samedi 18 h 30 - Rugby + (255)
Arbitres : M. Cardona (PR) assisté de MM. Berdos (AB) et
Soulan (MPY). Vidéo : M. Piraveau (CA)
TOULOUSE 15. Poitrenaud ; 14. Huget, 13. Fritz, 12. Fickou,
11. Médard ; 10. Flood, 9. Doussain ; 7. Harinordoquy,
8. Galan, 6. Nyanga ; 5. Millo-Chluski, 4. Albacete (cap.) ;
3. Johnston, 2. Flynn, 1. Kakovin.
Remplaçants : 16. Tolofua, 17. Pulu, 18. Tekori, 19. Lamboley,
20. S. Bezy, 21. Y. David, 22. Ramos, 23. Tialata
Infirmerie : victime d’une entorse à une cheville contre
Oyonnax, Yacouba Camara manquera entre deux et trois semaines. Plus de peur que de mal en revanche pour Yann David
(cervicales) qui sera sur le banc. À noter le retour à la compétition de Florian Firitz (rupture ligament pouce) et de Gillian
Galan (maladie).
BRIVE 15. Germain ; 14. Mafi, 13. Mignardi, 12. Sanchou,
11. Radikedike ou Masilevu ; 10. Laranjeira, 9. Péjoine ;
7. Waqaniburotu, 8. Koyamaibole, 6. Hauman ; 5. Mela
(cap.), 4. Marais ; 3. Buys, 2. Ribes ou Acosta, 1. Shvelidze.
Remplaçants : 16. Acosta ou Acquier, 17. J. Coetzee ou
Lavergne, 18. Lebas ou Briatte, 19. Luafutu, 20. Neveu,
21. Ma’ilei, 22. Masilevu ou Galala, 23. Jourdain.
Infirmerie : Da Ros (genou), N. Bezy (cuisse), Sola (main) et
Namy (cuisse) sont de nouveau indisponibles pour ce derby.
Ribes (biceps) et Swanepoel (segment jambier) sont incertains, au même titre que les ailiers Radikedike (cuisse) et
Masilevu (cheville). Si aucun des deux n’était apte, Galala ferait son entrée dans le XV de départ.
BAYONNE 15. Spedding ; 14. Fuster, 13. Ugalde,
12. Fernandez, 11. O’Connor ; 10. Stewart, 9. Rouet ; 7. Haare,
8. Ollivon, 6. Marmouyet ou Chisholm ; 5. Fa’aoso,
4. Chisholm (cap.) ou Senekal ; 3. Jgenti ou Muller,
2. Arganèse, 1. Van Rensburg.
Remplaçants : 16. Etrillard ou Labouyrie, 17. Iguiniz, 18. Senekal
ou Taele, 19. Chouzenoux ou Marmouyet, 20. Loustalot,
21. Larrart, 22. Elissalde, 23. Muller ou Jgenti.
Infirmerie : Etrillard sera testé au dernier moment mais ses
prestations aux entraînements ont été encourageantes. En revanche, Rokocoko et Monribot (côtes) sont forfait. Lovobalavu
a été opéré avec succès ce lundi à Bayonne et sera absent
trois mois. Bustos Moyano (genou) est out pour un mois.
CLERMONT 15. Abendanon ; 14. Guildford, 13. Rougerie,
12. J. Davies, 11. Nalaga ; 10. Lopez, 9. Parra ; 7. Lee ou
Lapandry, 8. Chouly (cap.), 6. Bonnaire ; 5. Jacquet,
4. Cudmore ; 3. Kotze, 2. Paulo, 1. Domingo.
Remplaçants : 16. Kayser ou Ulugia, 17. Chaume ou Debaty,
18. Vahaamahina, 19. Lapandry ou Lee, 20. Radosavljevic,
21. James, 22. Stanley, 23. Zirakashvili ou Debaty.
Infirmerie : touchés à une cheville face au FCG, Nakaitaci
et Ric sont forfait pour cette rencontre. Idem pour Malzieu,
victime d’une commotion cérébrale. Incertitude autour du retour de Kayzer (cervicales) et Pierre devra encore patienter.
OYONNAX 15. Denos (cap.) ; 14. Codjo, 13. Boussès,
12. Hansell-Pune, 11. Donguy ; 10. Urdapilleta, 9. Figuerola ;
7. Fa’asavalu, 8. Ma’afu, 6. Wannenburg ; 5. Brown,
4. Lassalle ; 3. Du Preez, 2. Jenneker, 1. Tonga’uiha.
Remplaçants : 16. Jullien, 17. Clerc, 18. Nemecek, 19. Bernad,
20. Cibray, 21. Smit, 22. Aguillon, 23. Tichit
Infirmerie : à la liste des blessés (Ursache, Tian, Clark, Paea)
est venu s’ajouter Lagrange (épaule) qui sera opéré prochainement et indisponible quatre mois. Nemeck le remplacera dans
le groupe, pour le voyage à Bayonne en attendant l’arrivée de
Power en début de semaine prochaine.
CASTRES 15. Palis ; 14. Martial, 13. Cabannes, 12. Lamerat,
11. Evans ; 10. Tales (cap.), 9. Kockott ; 7. Caballero,
8. Beattie, 6. Diarra ou Faasalele ; 5. Gray ou Faasalele,
4. Samson ; 3. Fa’anunu, 2. Mach, 1. Taumoepeau.
Remplaçants : 16. Rallier, 17. Lazar, 18. Faasalele ou Gray,
19. Bornman, 20. Garcia, 21. Kirkpatrick, 22. Dumora,
23. Montès.
Infirmerie : les piliers Karena Wihongi et Yannick Forestier
ainsi que le deuxième ligne Benjamin Desroche sont en phase
de reprise. L’ailier Sitiveni Sivivatu, blessé à une épaule et indisponible trois mois, a été opéré ce mardi. Rodrigo Capo
Ortega est forfait en raison d’un hématome à un biceps.
Bordeaux-Bègles
Racing-Metro
Montpellier
Grenoble
Toulon
La Rochelle
Stade français
Lyon
● Premier rendez-vous de la saison pour les Girondins à Chaban-Delmas.
Après leur succès laborieux face au Lou, ils auront donc la possibilité de
démarrer la saison par deux victoires, ce qui serait une première depuis leur retour dans l’élite. Le Racing-Metro, vainqueur à Montpellier,
aura l’occasion de gagner un deuxième match à l’extérieur. Ce serait
un vrai départ de champion. L’an passé à Bègles, l’UBB avait battu le RacingMetro (25-9).
● Dos au mur après leur défaite à domicile face au Racing-Metro,
les Montpelliérains auront une deuxième chance et doivent impérativement battre Grenoble demain pour lancer leur saison et s’éviter
ainsi une grosse crise de confiance. Convaincants à Clermont-Ferrand,
d’où ils ont ramené le bonus défensif, les Isérois se déplacent eux
dans l’Hérault sans pression, avec l’espoir affiché de réaliser un
coup.
● Pour leur première rencontre officielle à la maison, l’objectif des
champions de France et d’Europe sera clairement la victoire bonifiée. Bernard Laporte a choisi de faire confiance au groupe vainqueur
à Bayonne. Halfpenny et Michalak, un temps pressenti pour débuter devront encore patienter ; ils sont tous les deux toujours ennuyés
par quelques pépins musculaires. Pour les Rochelais, lourdement
battus à Brive en ouverture, la tâche sera des plus ardues.
● Vainqueurs de Castres le week-end dernier, les Parisiens veulent
désormais valider leur très bon début de saison par un premier succès à domicile. Pour ce faire, il leur faudra néanmoins triompher du
Lou, un club leur ayant posé de gros problèmes lors du match amical
disputé début août (24-14). Afin de conserver une bonne dynamique
de groupe, le manager parisien Gonzalo Quesada ne devrait pas révolutionner son effectif.
À BORDEAUX - Stade Chaban-Delmas
Samedi 18 h 30 - Rugby + (256)
Arbitres : M. Garcès (BÉ) assisté de MM. Clave (AB) et Rebollal (MPY).
Vidéo : M. Cogne (PCH)
À MONTPELLIER - Altrad Stadium
Samedi 18 h 30 - Rugby + (257)
Arbitres : M. Minéry (PA) assisté de MM. Zitouni (PCA) et Guilloton
(BG). Vidéo : M. Dal Maso (MPY)
À TOULON - Stade Mayol
Samedi 18 h 30 - Rugby + (258)
Arbitres : M. Chalon (LM) assisté de MM. Lafon (LY) et Hebert
(AP). Vidéo : M. Gauzins (IDF)
À PARIS - Stade Jean-Bouin
Samedi 20 h 45 - Canal + Sport
Arbitres : M. Marchat (MPY) assisté de MM. Charabas (CBL) et
Amic (PR). Vidéo : M. Azoulay (CBL)
BORDEAUX-BÈGLES 15. Domvo ; 14. Guitoune, 13. Rey, 12. Lacroix,
11. Connor ; 10. P. Bernard, 9. Adams ; 7. Chalmers, 8. Clarkin
(cap.), 6. Madaule ; 5. Marais, 4. Ledevedec ; 3. Toetu, 2. Avei,
1. Poux.
Remplaçants : 16. Auzqui, 17. Poirot, 18. Jaulhac ou B. Botha, 19. Tuifua
ou Guiry, 20. Serin, 21. Beauxis, 22. Brousse, 23. Navrozashvili.
Infirmerie : Francisco Gomez Kodela est forfait à cause d’une fracture
à une main. Metuisela Talebula a repris l’entraînement collectif mais il
devrait être trop juste pour jouer demain. En revanche, Ole Avei est remis de sa blessure à un tendon. Il devrait retrouver le groupe au détriment de Maynadier. Benjamin Sa (épaule) ne reviendra pas avant septembre, tout comme Félix Le Bourhis qui souffre des adducteurs.
MONTPELLIER 15. Bérard ; 14. Nagusa, 13. Tuitavake, 12. Ebersohn,
11. Ranger ; 10. Trinh-Duc, 9. Paillaugue ; 7. Bias, 8. Tulou,
6. Ouedraogo (cap.) ; 5. Privat, 4. Timani ; 3. Mas, 2. Ivaldi,
1. Nariashvili.
Remplaçants : 16. Bianchin, 17. Leleimalefaga, 18. Tchale-Watchou,
19. Donnelly ou Olivier, 20. Battut, 21. Pélissié, 22. Fall, 23. King.
Infirmerie : touché face au Racing-Metro, Attoub a été opéré jeudi
d’une rupture d’un biceps et sera indisponible durant quatre mois. Géli
(contusions visage) est suspendu au moins jusqu’au 3 septembre. Floch
(rotule), Artru, Lobo (lésions intercostales), Sicart (contusion talon) et
Iribaren (fracture plancher orbitaire, reprise lundi) sont forfaits. Donnelly
(malade) est incertain et Nagusa (contusion épaule) tiendra lui sa place.
TOULON 15. D. Armitage, 14. Mitchell, 13. Bastareaud,
12. Mermoz, 11 D. Smith, 10. Giteau, 9. Claassens ; 7. Bruni,
8. S. Armitage, 6. Vosloo ; 5. R. Taofifenua, 4. Suta ; 3. Hayman
(cap.), 2. Orioli, 1. Chiocci
Remplaçants : 16. Burden, 17. Menini, 18. Masoe, 19. Mikautadze,
20. Wulf, 21. O’Connor, 22. Escande, 23. Chilachava.
Infirmerie : pas de gros blessés à signaler, si ce n’est le deuxième
ligne Ali Williams qui souffre toujours du dos. En début de semaine,
les piliers gauche Chiocci et Menini étaient incertains pour cette rencontre mais dès jeudi, ils avaient repris l’entraînement avec le reste
du groupe.
STADE FRANÇAIS 15. D. Camara ; 14. Arias, 13. Danty,
12. Sinzelle, 11. Ioane ; 10. Plisson, 9. Dupuy ; 7. S. Nicolas,
8. Parisse (cap.), 6. Lakafia ; 5. Mostert, 4. Papé ; 3. Slimani,
2. Bonfils, 1. H. Van der Merwe
Remplaçants : 16. Sempéré, 17. Taulafo, 18. LaValla, 19. Ugena,
20. Fillol, 21. Bosman, 22. Inu, 23. Oléon
Infirmerie : Pierre Rabadan, touché au dos, est en phase de reprise.
Tout comme Antoine Burban et Aled De Malmanche. Gerhard Mostert
fait son retour en deuxième ligne et Raphaël Lakafia célèbrera sa
première titularisation, mais probablement au poste de flanker. Enfin,
le joker médical de Hugo Bonneval, Krisnan Inu, devrait figurer sur le
banc de touche.
RACING-METRO 15. Dulin ; 14. Planté, 13. Dumoulin, 12. Laulala,
11. Tomas ; 10. Sexton, 9. Machenaud ; 7. Lydiate ou Gérondeau,
8. Claassen, 6. Lauret ; 5. F. Van der Merwe, 4. Kruger ; 3. Ducalcon,
2. Szarzewski (cap.), 1. Brugnaut.
Remplaçants : 16. Lacombe, 17. Khinchagishvili, 18. Dubarry, 19. Gérondeau
ou Lydiate, 20. Phillips, 21. Roberts ou Goosen, 22. Planté, 23. Mujati.
Infirmerie : Dimitri Szarzewski, longtemps blessé à une cheville, devrait
connaître sa première titularisation. Tout comme Juandré Kruger et Dan
Lydiate, handicapés par une douleur à une épaule pour le premier, une
déchirure aux ischio-jambiers pour le second. Casey Laulala et Teddy Tomas,
recrutés à l’intersaison, devraient aussi démarrer.
GRENOBLE 15. Thiéry ; 14. Ratini, 13. Willison, 12. Hunt ou Mignot,
11. Aplon ; 10. Wisniewski, 9. McLeod ; 7. Vanderglas, 8. Grice,
6. Alexandre ; 5. Hand, 4. Roodt ; 3. Choirat, 2. Héguy, 1. Dardet.
Remplaçants : 16. Hégarty, 17. Buckle, 18. Skeate, 19. Faure, 20. Henry,
21. Gengenbacher ou Mignot, 22. Caminati, 23. Edwards.
Infirmerie : auteurs de grosses prestations à Clermont, le centre Hunt
(cheville) et l’arrière Gengenbacher (sternum) sont incertains. Ce dernier, également capitaine, fera cependant le voyage, c’est pourquoi les
Grenoblois se déplaceront à vingt-quatre voire vingt-cinq. Mignot et
Diaby pourraient être les joueurs surnuméraires. Owen, Bouchet, Beukes,
Best, Kimlin, Hart, James, Messina et Courrent sont blessés.
LA ROCHELLE 15. Cestaro ; 14. Bobo ou Alofa, 13. Barraque,
12. Botia ou Vulivuli, 11. Cler ; 10. Grant, 9. Audy ; 7. Gourdon,
8. Qovu, 6. Guyot ; 5. Cedaro, 4. Eaton ; 3. Atonio, 2. Van Vuuren,
1. Pelo.
Remplaçants : 16. Forbes, 17. Synaghael, 18. Kaulashvili, 19. Sazy,
20. Goujon, 21. Gard, 22. Vulivuli, 23. Berger.
Infirmerie : l’infirmerie se vide progressivement. Aux côtés d’Arnaud
Dorier se trouvent néanmoins toujours Romana Graham (mollet),
Albain Méron (épaule) et Fabien Fortassin qui vient, après sa pubalgie, de reprendre l’entraînement collectif. Touché à Brive, comme
Sireli Bobo (mollet) et Levani Botia (genou) incertains, Charles Lagarde
(épaule) est quant à lui forfait.
LYON 15. Porical ; 14. Arnold, 13. Bonnefond, 12. Sukanaveita,
11. Ratuvou ; 10. Munro, 9. Januarie ; 7. G. Smith, 8. Matadigo,
6. Puricelli ; 5. Nallet (cap.), 4. Basson ; 3. Roux, 2. Colliat,
1. Balan.
Remplaçants : 16. Fourie, 17. Felsina, 18. Njewel, 19. Viljoen ou
N’Zi, 20. Lynn ou Romanet, 21. Loursac, 22. Brett, 23. Castex.
Infirmerie : blessés en première mi-temps à Bordeaux, le pilier Wian
Du Preez (rupture tendon d’Achille) et le troisième ligne Pierrick
Gunther (rupture ligament croisé) ont été opérés lundi après-midi à
Lyon. Ils seront indisponibles au minimum six mois. Deux gros coups
durs pour le promu à l’heure de défier des Parisiens confiants.
Top 14 2e journée 5
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Toulouse - Castres
La clé du match
Mêlée : deux tirs à corriger
Ce sont deux équipes en souffrance sur
leurs bases le week-end précédent qui
se retrouveront ce soir à Ernest-Wallon.
Il est en effet patent que le manque
d’assise stadiste face à Oyonnax a largement contribué à fragiliser le mental
d’une équipe trop rapidement prompte
à douter. En effet, l’entame de match
très correcte des coéquipiers de Patricio
Albacete s’est vue gâchée par des difficultés à en mêlée fermée, les liaisons
entre Cyril Baille (fraîchement reconverti au talonnage) et Neemia Tialata (la
recrue bayonnaise déjà à la peine lors
des matchs amicaux) tardant à trouver
leur efficacité. Et si les entrées précoces de Census Johnston et Christopher
Tolofua ont contribué à un coup de
mieux en seconde période, celui-ci n’a
pas franchement duré, le Stade toulousain pouvant même s’estimer heureux
de ne pas voir M. Chalon siffler à son
encontre pénalité sur la dernière mêlée
du match, à trois minutes de la fin…
Autant dire que les Stadistes s’avance-
ront revanchards, qui ont procédé à
deux changements en première ligne.
Le plus marquant consistant évidemment en la titularisation de Corey Flynn
aux côtés de Census Johnston pour sa
grande première. Suffisant pour prendre le dessus ? Il faut l’espérer, d’autant
que de leur côté, également, les
Castrais ne sont pas au mieux. Toujours
privés de leurs droitiers de référence
(Wihongi toujours à l’infirmerie, Herrera
avec l’Argentine), les Tarnais ont été
mis à l’agonie par le Stade français, et
contraints de bricoler durant quatrevingts minutes, alternant au poste de
pilier droit entre Fa’anunu, Montès et
Lazar. Un partage du temps de jeu toutefois insuffisant puisque le premier a
écopé d’un carton sur l’ultime série de
mêlées à cinq mètres, qui déboucha sur
l’essai de la gagne du Stade français.
Et si ce dernier devrait se voir accorder
une nouvelle chance, son approche du
rendez-vous devra être revue. Alors, qui
corrigera le mieux le tir ? N. Z. ■
L’interview
Auteur contre Oyonnax d’une entrée en jeu convaincante à l’image de celle qu’il avait effectuée une semaine plus tôt en match amical contre
l’UBB, le centre toulousain Gaël Fickou sera titularisé contre Castres avec pour mission d’apporter son sens de la finition. Photo Icon Sport
TOULOUSE INCAPABLES DE SE RENDRE LE MATCH FACILE LA SEMAINE DERNIÈRE EN CONCLUANT LEURS OCCASIONS
D’ESSAI, LES TROIS-QUARTS STADISTES SERONT ATTENDUS AU TOURNANT FACE À CASTRES.
EN QUÊTE
DE CONCLUSION
Par Nicolas ZANARDI
[email protected]
C
’était prévisible et cela n’a pas manqué. Après avoir
subi une première fois les foudres de leur manager
à chaud, les joueurs toulousains ont entendu causer
du pays durant toute la - courte - semaine, certaines
attitudes nonchalantes devant Oyonnax n’ayant pas
été du goût de l’homme aux douze Brennus. « Il ne
s’agit plus simplement se promener sur le terrain comme de bons
élèves. Tout au long de la partie, il y a eu au moins deux ou trois joueurs
qui n’ont pas fait leur job. On dit que c’est beaucoup plus facile
d’être brillant à côté des meilleurs car ils font leur boulot et il ne vous
reste plus que le vôtre à faire. En revanche, quand vous devez en permanence rattraper le boulot des autres, vous devenez évidemment
moyen voire mauvais. Je ne l’ai toujours pas digéré. Si nous affichons
contre Castres le même état de léthargie que le week-end dernier,
c’est trente points que nous allons prendre. »
SIX CHANGEMENTS DERRIÈRE
Discours catastrophiste ? Évidemment. Mais au moins de nature à faire prendre aux joueurs leurs responsabilités. Car il faut
bien convenir que les Stadistes n’auraient pas eu besoin de plusieurs fautes d’arbitrage pour l’emporter s’ils avaient effectué le
nécessaire en début de match… « Bien sûr que si nous avions
marqué d’entrée, cela aurait été plus intéressant, admet Novès. Si
Toby Flood ne s’était pas mis la pression sur ses deux premiers coups
de pied, si Alexis Palisson avait marqué, peut-être que le match
aurait été plus ouvert. Nous avons entretenu l’espoir d’Oyonnax. »
Un défaut qui ne pardonnera évidemment pas face à un adver-
POINTS PRIS PAR LE CO
SUR LES DIX DERNIERS
MATCHS À TOULOUSE
Le court déplacement dans la Ville
rose ne réussit historiquement pas
aux Tarnais même si la tendance
s’inverse progressivement. Sur leurs
dix derniers déplacements en HauteGaronne, les Castrais ont empoché
seulement trois points avec des bonus
défensifs décrochés en mars (34-27)
et août 2012 (23-22) et en janvier
2011 (23-16). La saison dernière, en
septembre, le CO avait concédé une
victoire bonifiée, 26 à 9.
FICKOU, LE GRAND RETOUR
Anecdotique, pour celui qui a effectué une entrée en jeu plus
que convaincante la semaine dernière ? Et non, figurez-vous…
Car si Fickou a toujours fait partie du groupe stadiste la saison
dernière, ce dernier honorera sa première titularisation en championnat depuis… le 22 mars, et le match nul décroché à Paris. « Cela
va me faire bizarre de retrouver un numéro de titulaire », souriait
mercredi l’ancien Toulonnais. En effet, même pour son match
de préparation à Mayol, Fickou portait le numéro 22, en raison
du forfait de dernière minute de Yann David. C’est donc non
sans pression que le prodige effectuera son retour par la grande
porte dans le XV de départ face au vice-champion de France,
avec l’objectif de faire oublier le match précédent. « Tout n’est pas
à jeter puisque la victoire a été au rendez-vous. Mais il y a évidemment des choses à rectifier, notamment au sujet de la précision, au moment de terminer nos actions. Si nous voulons l’emporter contre Castres, il faudra faire preuve de plus d’agressivité
et de conviction dans tous les duels. C’est surtout à ce sujet que
nous avons péché contre Oyonnax. À nous de mettre beaucoup
d’application dans ce que nous entreprendrons. » Le staff et le
public n’en attendent pas moins. ■
M. Gaüzère en répétition
avant les Four-Nations
à suivre ☛
2
saire du calibre du CO… C’est ainsi que, dans la logique d’un
turnover « normal », le staff a souhaité procéder à six changements dans sa ligne de trois-quarts, seul Toby Flood conservant
sa place. C’est ainsi que Doussain retrouvera son numéro 9, que
Poitrenaud reculera d’un cran pour récupérer le numéro 15 laissé vacant par Palisson, que le duo Médard-Huget effectuera son
retour sur les ailes et que le milieu de terrain Fritz-Fickou se
trouvera reconstitué.
Si M. Chalon, l’arbitre de Toulouse - Oyonnax, dirigeait sa première rencontre de Top 14 le week-end précédent et a probablement subi une certaine pression au point de ne pas accorder la
pénalité de la gagne à l’USO, les Toulousains ne pourront pas
compter sur la mansuétude du corps arbitral ce soir. D’abord parce que
Pascal Gaüzère, lors des deux dernières rencontres qui l’ont vu diriger
Toulouse la saison dernière, n’a pas hésité à sortir des cartons (contre
Fritz à Montpellier, puis Dusautoir à Brive). Mais surtout, tout simplement, parce que le Landais est l’un des tout meilleurs Français en activité. Ce n’est d’ailleurs pas pour rien qu’après avoir dirigé son premier
match du Tournoi des 6 Nations cette année, il effectuera dans deux
semaines ses grands débuts dans les Four-Nations. C’est en effet le
6 septembre, au McLean Park de Napier, qu’il débutera dans la
meilleure compétition du monde comme arbitre de champ lors de
Nouvelle-Zélande - Argentine, avant d’enchaîner par deux rencontres à
la touche lors des affiches opposant la Nouvelle-Zélande et l’Afrique
du Sud, le 13 septembre à Wellington puis le 4 octobre à
Johannesburg. Où la pression sera toute autre… N. Z. ■
Les stats
Moyennes/match
TOULOUSE
20
Points inscrits
19
Points encaissés
1
1
Essai inscrit
Essai encaissé
5
Pénalités inscrites
4
Pénalités encaissées
CASTRES
22
25
Points inscrits
Points encaissés
1
Essai inscrit
3
5
Essais encaissés
Pénalités inscrites
2
Pénalités encaissées
RÉMI TALES
OUVREUR ET CAPITAINE DE CASTRES
« Les bretelles
ont été remontées »
Propos recueillis par Vincent BISSONNET
[email protected]
Vous aviez été mis au repos pour la première journée. Vous sentezvous enfin à 100 % ?
Oui, je me sens en bonne forme. Si j’avais repris la semaine dernière, cela ne
m’aurait fait que quinze jours de préparation. Comme Dan (Kirkpatrick, N.D.L.R.)
était apte, nous avons décidé avec le staff de repousser ma date de retour. Ce
n’était pas de trop… J’ai bien travaillé physiquement. Il me manquera peut-être
un peu de compétition mais il me tarde de reprendre.
Comment le groupe a-t-il digéré le revers face au Stade français ?
Le staff a commencé la préparation par une remontée de bretelles et la séance
vidéo de lundi a été rude. Nous l’avions bien mérité, il faut dire. Le problème était
dans la tête, pas dans le contenu. Quand l’engagement n’y est pas… Cette semaine, l’ambiance était moins à la rigolade que d’habitude. Tout le monde était
concentré et déterminé. Ce premier match nous met déjà dans le dur. Il présage
d’un championnat délicat si l’équipe ne relève pas la tête rapidement. Nous nous
sommes dit que nous allions aborder le premier match de championnat et qu’il en
restait vingt-quatre à jouer après. Il faut grappiller des points. Reste que Toulouse
n’est pas le meilleur endroit pour retrouver de la confiance et se relancer…
La saison dernière, Castres présentait le deuxième plus mauvais bilan
à l’extérieur mais a tout de même été réalisé l’exploit de s’imposer à
Clermont. Le problème était-il mental ou stratégique ?
Je pense qu’il était avant tout mental. L’équipe ne faisait pas à l’extérieur les efforts consentis à domicile où elle a réalisé de beaux matchs. Et comme tout le
monde recevait le champion avec l’intention de le faire tomber, nous l’avons payé
cher. Nous sommes même parfois complètement passés au travers. Cette saison, il faudra au moins être irréprochable dans l’engagement et la concentration
pour montrer le vrai visage du Castres olympique. Il n’est pas permis de s’égarer
sur les bases du rugby.
Considérez-vous la saison qui s’ouvre à vous comme la plus importante de votre carrière ?
Disons qu’il y a un très bel objectif au loin (rires). Pour l’heure, je ne suis concentré que sur Castres et sur mon travail au quotidien pour être compétitif. Il ne faut
pas considérer l’équipe de France comme un acquis. C’est un challenge de chaque saison. Si on l’oublie, ça ne pardonne pas. ■
En bref...
TOULOUSE : FLYNN ET PULU,
PREMIÈRES
Présentes ce lundi à l’entraînement,
les recrues Corey Flynn (arrivé des
Canterbury Crusaders) et Kisi Pulu
(joker médical de Schalk Ferreira)
seront immédiatement mis dans le
bain à l’occasion de cette réception
du Castres olympique. L’occasion
pour Cyril Baille, susceptible d’évoluer aussi bien au talonnage qu’au
poste de pilier gauche, de souffler
un peu après un début de saison très
chargé.
MCALISTER, DUSAUTOIR
ET MAESTRI À LA ROCHELLE ?
Absents depuis le début du Top 14,
l’ouvreur ou centre Luke McAlister
(déchirure du grand oblique), le troisième ligne et capitaine Thierry
Dusautoir (déchirure à une cuisse)
ainsi que le deuxième ligne Yoann
Maestri (arthroscopie à un genou)
devraient effectuer leur grand retour
à la compétition dès le week-end
prochain à La Rochelle, à l’occasion
du premier déplacement de la
saison.
CASTRES : « LA SCOTTISH
CONNECTION » RASSEMBLÉE
Le Castres olympique compte, cette
saison, trois internationaux écossais
au sein de son effectif : le troisième
ligne centre Johnnie Beattie, l’ailier
Max Evans et le deuxième ligne
Richie Gray. Les trois représentants
du XV du Chardon devraient être
réunis sur la pelouse du stade
Ernest-Wallon. La seule petite incertitude concerne l’état de santé de
Richie Gray, amené à débuter aux
côtés de Christophe Samson.
6 Top 14 2e journée
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Bayonne - Oyonnax
La clé du match
Tout dans la tête
À en croire les pronostiqueurs,
Bayonne et Oyonnax, rivaux du bas
de tableau la saison passée, pourraient se retrouver dans la même
situation cette saison. L’importance
de leur duel s’en trouve accrue et
ses enjeux relèvent de l’évidence.
Plusieurs points devraient être déterminants à commencer par la capacité
à relever un défi physique qui apparaît incontournable ou encore la solidité en mêlée. Dans ce secteur les
Basques se sont retrouvés en souffrance face à Toulon pendant que les
joueurs du Haut-Bugey parvenaient à
bousculer les Toulousains. La confrontation en tête de mêlée sera
importante mais la clé pourrait se
trouver ailleurs, dans les têtes justement. Les deux équipes restent sur
une déception, voire un sentiment de
frustration dont il faudra à la fois se
défaire et se servir. Compliqué !
Bayonne, battue sur ses terres par
Toulon, sera forcément en quête de
revanche. « Les Bayonnais vont se
servir de cette défaite pour ajouter à
leur motivation », avance Christophe
Urios qui ne cache pas que son
équipe est quant à elle déterminée à
chasser le goût d’inachevé laissé par
le déplacement à Toulouse. L’état
d’esprit sera déterminant. Il faudra
miser sur un subtil mélange pour à la
fois canaliser la motivation et gérer
la pression. L’équipe qui saura établir
le juste équilibre disposera d’un
avantage. Dans ce contexte, l’une
des clés du duel pourrait se trouver
dans les vestiaires où il faudra trouver les bons mots et user du bon discours. J.-P. D. ■
OYONNAX LES BUGISTES IRONT À BAYONNE ANIMÉS
DES INTENTIONS QUI ÉTAIENT DÉJÀ LES LEURS À
TOULOUSE.
Le pack bayonnais aura pour objectif de relever la tête après une prestation en demi-teinte face à Toulon en ouverture du championnat. Le
salut des hommes de Patricio Noriega passe par une reconquête de sa mêlée. Photo Midi Olympique - Bernard Garcia
BAYONNE PÉNALISÉE À SEPT REPRISES FACE À TOULON, LA MÊLÉE BAYONNAISE ET NOTAMMENT L’AXE DROIT
DOIVENT RÉAGIR DÈS SAMEDI FACE À OYONNAX, UN SÉRIEUX CLIENT DANS CE SECTEUR.
UNE MÊLÉE EN SURSIS
A
Par Nicolas AUGOT
[email protected]
u-delà du simple résultat face à Toulon, la prestation de la mêlée bayonnaise a été inquiétante en ouverture du Top 14. Pénalisé à sept reprises dans ce
secteur, certes face à la meilleure équipe européenne,
l’Aviron a fait preuve d’une grande faiblesse, notamment sur son flanc droit. Plutôt surprenant car le
club s’est attaché les services du droitier Giorgi Jgenti pour stabiliser l’édifice. Seule recrue titulaire face à Toulon, l’ancien Perpignanais
a déçu, remplacé dès la 43e minute alors que la mêlée basque était
sanctionnée pour la quatrième fois consécutive.
Christophe Urios, manager d’Oyonnax, prochain adversaire des
Basques mais surtout ancien entraîneur et proche de Giorgi Jgenti
a bien sûr visionné les images : « Il ne m’appartient pas de juger le
jeu des Bayonnais. Il est vrai que je n’ai pas reconnu Giorgi face à Toulon.
En revanche, je connais ses qualités, son potentiel. C’est un joueur
très solide. » Conscient que cette défaillance en prime time n’était
pas de bon augure pour la suite, le talonneur de l’Aviron, Grégory
Arganèse, avouait qu’il fallait vite présenter un autre visage : « Tous
les joueurs du Top 14 étaient devant leurs télévisions et vont se dire
qu’il y a la possibilté de faire quelque chose devant la mêlée de
Bayonne… » A commencer par les Oyonnaxiens, redoutables dans
l’épreuve de force face à Toulouse.
DÉPART POUSSIF AVEC PERPIGNAN
Sauf si les Bayonnais démontrent dès samedi que leur première
sortie face à Toulon relève de l’accident. Reste à savoir si Giorgi Jgenti
est l’homme de la situation. Impossible d’avoir une réponse auprès
de l’ancien staff technique de Perpignan. Ni Marc Delpoux, dans
l’impossibilité d’évoquer l’Usap pour des raisons contractuelles, ni
l’entraîneur des avants Ciccio De Carli, pour des raisons personnelles, n’ont voulu ou pu dévoiler les dessous de la saison de Giorgi
Jgenti en Catalogne. Mais le Géorgien, après trois saisons à
LE NOMBRE DE POINTS
INSCRITS PAR UGALDE
LA SAISON DERNIÈRE
En raison de la blessure de Martin
Bustos Moyano, l’Aviron bayonnais est
contraint de changer de buteur. En fin
de saison dernière, Mathieu Ugalde
avait pris la charge du tir au but pour
faire grimper son total de points à 32
points (3 essais, 2 pénalités, 4 transformations, 1 drop). Nnéanmoins,
Santiago Fernandez s’entraîne au tir au
but avec assiduité. Enfin, Christophe
Loustalot était le buteur de l’équipe
Espoir la saison dernière. N.A. ■
PRIVILÉGIER L’EFFORT COLLECTIF
Pour la défense du Géorgien, il ne faut pas oublier non plus que
la mêlée est aussi un effort collectif. Il a été associé à Mark Chisholm
face à Toulon. L’Australien, joueur complet et doté d’une technique
individuelle exceptionnelle, avait été utilisé essentiellement en
troisième ligne la saison dernière (seulement trois titularisations
en deuxième ligne). Et il y a fort à parier que sa titularisation en
numéro cinq devait beaucoup à l’incertitude quant à la participation de Lisiate Fa’aoso en raison d’une forte fièvre. Et les 130 kg de
Pelu Taele, recrue de dernier moment, pourraient aussi être précieux pour stabiliser l’axe droit. Des réglages à trouver pour Patricio
Noriega qui n’est pas inquiet après la prestation de Jgenti face à
Toulon : « Il a perdu une bataille et n’a pas trouvé de solution stratégique face à Chiocci et Menini. Il n’a pas eu l’opportunité d’entrer
en dessous de son adversaire. À partir de là, il a cherché une solution
individuelle et non pas collective. Mais il est difficile de se battre tout
seul en mêlée fermée. » Des repères collectifs qui ont été travaillés
à deux reprises cette semaine. Maintenant, qu’il soit titulaire ou
remplaçant, Giorgi Jgenti a une revanche à prendre. Et face à
Soane Tonga’uiha, impressionnant à Toulouse, le challenge sera
de taille. ■
Bayonne change
de charnière
à suivre ☛
32
Montpellier, avait aussi connu des débuts chaotiques, avec un
temps de jeu restreint et des difficultés d’adaptation au collectif catalan. Néanmoins, ses prestations étaient allées crescendo. Un
simple retard à l’allumage ? C’est ce qui s’est passé à Perpignan au
regard de ce commentaire de Marc Delpoux dans nos colonnes le
3 janvier dernier après un mois de décembre où la mêlée des Sang
et Or avait été particulièrement pénalisée : « Il nous manque Giorgi
Jgenti, qui est très important. Je crois que nous sommes dépendants
de lui… c’est même une certitude. » Preuve que le Géorgien, en deçà de son niveau lors des premières journées du Top 14, avait su
redresser la barre, démontrant que les soucis physiques à une
épaule (il n’avait pu disputer que neuf matchs de Top 14 lors de sa
dernière saison à Montpellier) étaient derrière lui.
Les blessures devraient avoir raison de la première charnière
aligné par Patricio Noriega et son staff. Touché aux côtes
avant la rencontre face à Toulon et contraint de sortir avant
l’heure de jeu, le trois-quarts centre Joe Rokocoko ne devrait
pas être aligné ce samedi face à Oyonnax. Ce forfait provoque le
replacement de Santiago Fernandez au poste de premier centre,
Mathieu Ugalde glissant en numéro 13. Blair Stewart, entré en cours
de jeu lors de la première journée, sera titulaire pour la première
fois avec ses nouvelles couuleurs. Il devrait être associé à Guillaume
Rouet, lui aussi remplaçant face à Toulon. En effet, Christophe
Loustalot, touché à un genou, devrait être ménagé. C’est donc une
toute nouvelle charnière qui guidera le jeu bayonnais face à
Oyonnax. Si Guillaume Rouet est bien connu de Jean-Dauger puisqu’il avait terminé titulaire en fin de saison dernière, le public basque va découvrir le Néo-Zélandais Blair Stewart. Agé de 30 ans, il
est une valeur sûre du championnat depuis son arrivée en France en
2008. La saison dernière, il a été titularisé à vingt-une reprise avec
le FC Grenoble. N. A. ■
Les stats
Moyennes/match
BAYONNE
15
Points inscrits
29
Points encaissés
0
2
Essai inscrit
Essais encaissés
5
Pénalités inscrites
5
Pénalités encaissées
OYONNAX
19
20
Points inscrits
Points encaissés
1
Essai inscrit
1
4
Essai encaissé
Pénalités inscrites
5
Pénalités encaissées
LE PACTE
D’EFFICACITÉ
Par Jean-Pierre DUNAND
E
n u ne s a i s o n,
Oyonnax a grandi. Il
y a u n a n, c ’e s t à
Bayonne que l’équipe
du Haut-Bugey avait
fait ses débuts en Top
14… en concédant une lourde défaite. Cette année, elle aurait du
rapporter la victoire de Toulouse.
Ce n’est pourtant ni dans le souvenir du match de la saison dernière, ni dans la déception laissée par celui de la semaine passée,
que les Oyomen iront chercher
leur motivation.
Axée autour du désir de jouer
tous les matchs avec la volonté
de prendre des points, celle-ci a
été fixée une fois pour toute, avant
le coup d’envoi de la saison, un
peu comme un fil rouge. Sa légitimité a d’ailleurs été validée dès
le premier rendez-vous en terre
toulousaine.
« Le groupe a livré le match que
j’attendais, en termes d’état d’esprit,
d’engagement, d’intensité », assure
Christophe Urios en mettant toutefois un bémol à ce satisfecit :
« À Toulouse, nous avons compris
que nous devions être encore plus
efficaces. Nous avons été capables
de faire un grand match, mais pour
gagner on n’a pas le droit de faire
autant de fautes. Nous en avons
commis 14, c’est encore trop. »
Ce n’est pas le seul grief que le
manager du Haut-Bugey adresse
à son groupe : « À l’avenir nous
devrons être plus efficaces. Le constat s’applique aussi bien à notre
gestion du jeu au pied qu’à nos
choix qui parfois ont nuit à la continuité de notre jeu au pied. »
Les Oyonnaxiens, même s’ils sont
convaincus de n’avoir pas touché
la récompense méritée lors de
leur déplacement à Toulouse, retiennent le point de bonus décroché comme un point de départ.
« Nous devons désormais entretenir cet état d’esprit qui a été le nôtre », confirme Christophe Urios
en formulant d’autres attentes :
« Il faudra imposer le même tempo, continuer à être sans cesse dans
l’initiative… et être plus efficaces. »
UN MATCH SOUS PRESSION
Les joueurs sont résolus à souscrire à ce pacte tacite. Pour eux, le
déplacement à Bayonne se rapproche de celui effectué à Toulouse
car inscrit dans la même approche. « Ce sera un match sous haute
pression. Nous tenterons de la faire
peser encore plus sur Bayonne,
c o m m e n o u s l ’avo n s f a i t à
Toulouse », résume le manager
du Haut-Bugey. Pour son équipe,
les deux déplacements consécutifs se ressemblent… à une nuance
près. Cette fois, les Oyonnaxiens
ont choisi d’effectuer le déplacement dans la journée, sur un vol
privé. Et si derrière le motif « d’éviter la fatigue du voyage » se cachait d’autres intentions aisément
déchiffrables ? ■
En bref...
HOMMAGE POUR L’AUTEUR
DE LA PENA BAIONA
Moment d’émotion avant le match
samedi. Dominique Herlax, auteur des
paroles devenues célèbres de l’hymne
de l’Aviron bayonnais est décédé vendredi 15 août. Le club lui rendra hommage à l’occasion de la venue
d’Oyonnax au stade Jean-Dauger.
C’est Charles Ferré, ténor de l’Opéra
du Capitole de Toulouse et originaire
de Saint-Pierre-d’Irube et ancien
joueur de l’Aviron, qui viendra interpréter le chant basque « Agur
Jaunak », Par ailleurs, Gorka Roblès et
Marc Lartigau, qui avaient mis en
musique les paroles de Dominique
Herlax, viendront interpréter le « Vino
Griego » avant le coup d’envoi.
L’Aviron bayonnais associera à cet
hommage René Cornu, président de la
section Pelote de l’Aviron, décédé le
12 août dernier.
TAELE A DÉBUTÉ
L’ENTRAÎNEMENT COLLECTIF
Recruté le 23 juillet dernier pour les
deux prochaines saisons, l’ancien
deuxième ligne de Biarritz Pelu Taele
avait eu droit à un entraînement individualisé depuis son arrivée à Bayonne.
L’objectif était de rapidement rattraper
son retard dans la préparation physique par rapport à ses coéquipiers qui
avaient repris l’entraînement mis juin.
Après trois semaines d’efforts solitaires, Pelu Taele a commencé à participer aux séances collectives ce lundi.
Des premiers entraînements prometteurs qui lui permettent de postuler à
une place dans le groupe pour affronter Oyonnax ce samedi.
Top 14 2e journée 7
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Bordeaux-Bègles - Racing-Metro
BORDEAUX-BÈGLES NÉ EN NOUVELLE-ZÉLANDE, FORMÉ EN AUSTRALIE, ENDURCI À TARBES, IL EST UN PILIER HORS
NORME. ET SI SA SILHOUETTE N’EST PAS CELLE D’UN ATHLÈTE, ÇA NE L’EMPÊCHE PAS D’ÊTRE UN TAULIER DU CLUB.
La clé du match
CET ÉTRANGE
L’opportunisme des finisseurs
MONSIEUR TOETU
Par Jérôme PRÉVÔT
[email protected]
C
eux qui le découvrent esquissent toujours un sourire car sa silhouette n’est pas vraiment celle d’un
athlète. Il navigue à plus de 130 kilos pour un mètre 80 à peine et sa démarche curieuse n’inspire
pas forcément la crainte. Patrick Toetu en a l’habitude. Il est un joueur atypique avec une carrière
étrange. « En Nouvelle-Zélande, j’étais éducateur pour enfants en
difficulté, un boulot très dur. Mais je n’ai vraiment commencé à
jouer que quand j’ai déménagé en Australie sur la Gold Cost à
l’âge de 21 ans tout en travaillant dans une usine. Mon entraîneur
était l’ancien deuxième ligne des Wallabies Garrick Morgan. C’est
lui qui m’a permis de venir à Tarbes où il connaissait du
monde. L’entraîneur Frédéric Torossian a été surpris
quand il m’a vu. Il a appelé Morgan qui l’a rassuré. » Quatre ans plus tard, en 2011, Laurent
Marti flairait le bon coup et faisait le pari
que ce « cube » tiendrait la route en Top 14.
Bien vu. Si l’UBB s’est maintenu en 2012,
c’est grâce à sa performance énorme en
mêlée sur la pelouse de Brive. Nanti de
son sourire angélique, Patrick Toetu n’a pas
grand-chose à envier à bien des « clients »
du Top 14, déjà parce que son corps si
particulier sait absorber tous les traumatismes et repousser la menace des blessures. Régis Sonnes va plus loin : « Vous
avez vu tout ce qu’il fait, son activité en défense, ses courses. On croit toujours qu’il ne
va pas pouvoir tout jouer… Mais il répond
toujours présent. Je me souviens qu’il
y a deux ans, il s’est retrouvé
seul à son poste pendant
deux mois et qu’il
a tenu bon. »
Hugh
Chalmers
est souvent
aux premières loges pour détailler le phénomène : « Après le rugby, il devrait devenir comédien tellement il est marrant mais ce qu’il
fait sur le terrain, c’est hors-norme par rapport à son physique. Il
a toujours été sous-estimé. Un jour que je revoyais un match, j’ai entendu un commentateur s’exclamer à son entrée en jeu : « On mange
bien à Bordeaux ! », avant de la mettre en veilleuse devant ses performances. »
DUO AVEC LOUSTAU
On se doute bien que Patrick Toetu a l’habitude d’en baver aux
entraînements. « Actuellement, je suis à 136 kilos mais je fais ma
deuxième semaine de régime. Si je cours autant sur le terrain, c’est
pour éviter de me retrouver trop souvent en tête à tête avec Ludovic
Loustau », plaisante-t-il. Eh oui, Ludovic Loustau, préparateur
physique réputé pour sa rigueur, forme un fameux duo avec son
pilier. « Il faut savoir qu’il doit travailler bien plus que les autres en volume. Il a quelques péchés mignons et il a tendance à prendre du poids. Il sait que je suis son ange gardien. Nous avons une relation privilégiée. Et de temps
en temps, je lui demande de faire des régimes, même
si ça ne dure jamais très longtemps. J’ai tout le suivi de
ses performances donc, je sais tout de suite où il en
est et s’il doit travailler beaucoup ou normalement.
Mais je le répète, normalement, pour lui, c’est trois
fois plus que les autres. Je considère que se stabiliser
à 130 kilos ce serait super. Il doit comprendre que se
surveiller, c’est aussi une façon de limiter les risques
de blessure. Mais nous avons trouvé une façon de
beaucoup travailler en cardio en décharge pour lui
éviter les pépins. » Patrick Toetu vit désormais en
France depuis sept ans : « Enfant, je rêvais d’être un
All Black. Mais pour moi jouer ici en Top 14, c’est une
façon de réaliser ce rêve. Il y a deux ans, j’ai pris
un carton rouge contre le Racing, justement.
J’ai mal réagi avec un coup de pied
après un coup que j’avais reçu.
J’ai eu peur que tout s’arrête.
Laurent Marti est venu avec
moi à Paris pour me défendre et je n’ai pris que
trente
jours.
Heureusement. » ■
Les Girondins ont été poussifs sur le plan offensif face aux Lyonnais. On
attend d’eux qu’ils soient capables d’emballer davantage le match face au
Racing car l’UBB n’aura sûrement pas face à elle une mêlée défaillante
comme le fut celle du Lou. La ligne de trois-quarts bordelo-béglaise doit
absolument retrouver son embellie passée en termes d’inspiration individuelle mais aussi collective. Elle ne doit pas s’offrir au grattage des défenseurs adverses comme elle le fit samedi dernier à Musard pour le plus grand
plaisir d’un George Smith par exemple. Dans ce contexte, on attend beaucoup
de Sofiane Guitoune même si le jeune international relève d’une lourde blessure (rupture des ligaments croisés) qui lui a valu sept mois d’absence.
Samedi, contre Lyon, il a montré une partie de son potentiel avec une percée
sur une déviation en touche et surtout, un contre au pied qui aurait pu être
assassin, mais qui fut mal conclu. On attend de le voir faire son premier
match riche d’interventions décisives sous les couleurs bordelaises, en digne
substitut d’un Talebula encore un peu juste après sa blessure à un genou (il a
néanmoins repris l’entraînement collectif). Quant à l’alter ego de Guitoune,
Blair Connor, il a semblé très en forme physique et mentale mais lui aussi a
un peu en manque de lucidité après une percée terrible. On se dit que l’addition de ces deux talents à leur meilleur régime sera une condition nécessaire
à une deuxième victoire à domicile de l’UBB. Elle serait alors lancée vers une
saison prometteuse. J. P. ■
RACING-METRO ÉCHAUDÉS PAR LEUR DÉFAITE EN DEMIFINALE DU TOP 14, LES CIEL ET BLANC ONT DÉCIDÉ DE
CHANGER LEUR FUSIL D’ÉPAULE… ET DE LE CHARGER !
LA FIN
DES POLITESSES
P
Par Marc DUZAN
[email protected]
arce que le sobriquet de « galactiques » avait tendance
à les agacer, les Racingmen ont décidé d’appréhender l’an II du mandat Travers-Labit lestés d’un champ
lexical un tantinet différent : agressifs et mordants,
vous dites ? Laurent Labit acquiesce : « Nos adversaires nous voyaient l’an passé comme une équipe physique et organisée. Mais ils ne nous redoutaient pas tant que ça.
Nous avons donc souhaité apporter une dimension d’agressivité
nouvelle à notre jeu, sans tomber pour autant dans l’indiscipline ou
la brutalité. » La première victime de la récente impolitesse des
banlieusards ? Charles Géli et les Montpelliérains, pour le moins
surpris par la transformation ciel et blanc, le week-end dernier
dans l’Hérault. De fait, les deux Laurent ont ressassé tout l’été
les commentaires acerbes de leurs joueurs, proférés au terme
d’une défaite en demi-finale des plus logiques, si l’on considère
la mainmise qu’avaient eue ce jour-là les Toulonnais sur les débats (16 à 6). Labit poursuit : « Après la rencontre, les joueurs
s’étaient plaint du vice des Varois, mais sans y avoir vraiment réagi sur le terrain. Notre mentalité devait donc évoluer. »
La seconde victime du lifting francilien pourrait être Jamie
Roberts, remplaçant dans l’Hérault et probablement logé à la
même enseigne samedi soir, à Chaban… Laurent Labit, sur une
tout autre thématique : « Nous abordons cette rencontre avec
beaucoup de prudence. La semaine dernière, les Girondins avaient
pour ainsi dire délocalisé à Moga et n’ont pas été satisfaits de leur
prestation contre le Lou. Jouer à Chaban-Delmas, leur stade fétiche, les transcende. »
LAULALA PREMIÈRE !
Afin de valider un début de championnat encourageant, les
Racingmen comptent aujourd’hui sur les premières titularisations
de Teddy Thomas et de Casey Laulala, censés donner à la ligne
francilienne un peu plus de punch et de vitesse. « J’attends de Casey
qu’il apporte de la variété à nos attaques par la qualité de sa passe
et de ses appuis, conclut Labit. Mais il nous faudra surtout être très
attentifs en défense, car je tiens leur triange du fond en très haute
estime. C’est même à mon sens l’un des meilleurs du championnat… » ■
GÉRONDEAU CISAILLE
Entré en jeu après un quart d’heure,
le troisième ligne francilien Camille
Gérondeau, né à Bordeaux, a probablement signé l’un de ses meilleurs
matchs sous les couleurs du RacingMetro. Auteur de quatorze plaquages
après avoir remplacé Bernard Le Roux
à Montpellier, l’ancien Biterrois
(2010-2012) fut pour beaucoup dans la
bonne performance des Ciel et Blanc
dans l’Hérault. Dan Lydiate, qui
devrait faire son retour à la compétition ce week-end, sera donc soumis à
rude concurrence.
à suivre ☛
14
Dimitri Szarzewski
est de retour !
Après quatre longs mois d’attente, les
Franciliens récupéreront à Bordeaux
leur capitaine Dimitri Szarzewski.
Opéré d’une cheville en mai dernier
puis contraint au repos forcé par le staff médical du Racing-Metro, le talonneur du XV de
France pourrait même être titularisé face à
l’Union Bordeaux-Bègles. La dernière fois où
Dimitri Szarzewski a démarré un match à la
tête de la formation francilienne remonte au
29 mars, à l’occasion du derby parisien remporté par le Racing-Metro à Jean-Bouin
(32 à 22). Pour l’anecdote, l’ancien joueur du
Stade français n’est pas le seul à faire son
grand retour dans le XV de départ ciel et blanc, puisque le Springbok
Juandré Kruger, remis d’une opération à une épaule, et le flanker gallois Dan Lydiate (longtemps blessé aux ischio-jambiers), devraient également être titularisés en Gironde. M. D. ■
Les stats
Moyennes/match
BORDEAUX-BÈGLES
18
Points inscrits
9
Points encaissés
0
0
Essai inscrit
Essai encaissé
6
Pénalités inscrites
3
Pénalités encaissées
RACING-METRO
19
16
Points inscrits
Points encaissés
1
Essai inscrit
1
3
Essai encaissé
Pénalités inscrites
3
Pénalités encaissées
En bref...
LE ROUX APTE POUR TOULON
Évacué du terrain la semaine dernière, le
flanker international Bernard Le Roux
souffrait d’une légère commotion cérébrale et devrait être apte pour la réception du RCT, samedi prochain.
TROIS SEMAINES D’ABSENCE
POUR GOMEZ KODELA
Le pilier droit international argentin
Francisco Gomez Kodela souffre de traits
de fracture à une main. Il sera absent
trois à quatre semaines. Ce forfait
s’ajoute au cas de Benjamin Sa qui se
remet d’une blessure à une épaule et qui
ne devrait pas revenir avant septembre.
Voilà les Girondins privés de deux piliers
droits très expérimentés. Régis Sonnes
évoquait une sorte de fatalité propre au
club. Mais il ajoutait que derrière Patrick
Toetu, pointaient quelques talents prometteurs : le Géorgien Zaza Navrozashvili
et le jeune Xerom Civil, sans compter les
options du « gaucher » Jean-Baptiste
Poux ou du talonneur Benat Auzqui : « Il a
joué toute sa dernière saison à Tyrosse
comme pilier droit. »
CHARTERIS, QUELLE TUILE !
Touché au pied gauche contre
Montpellier, l’international gallois Luke
Charteris devrait être absent entre six et
huit semaines. Aucune opération n’est
néanmoins prévue.
SOS CHAUFFEURS
Le centre de formation du Racing recherche actuellement des chauffeurs afin de
réaliser des navettes (mercredi, jeudi et
vendredi) entre la Porte de Champerret,
le Pont de Sèvres et le Plessis-Robinson.
Si certains des lecteurs parisiens de Midi
Olympique possèdent un permis B depuis
plus de cinq ans, la voie est libre !
8 Top 14 2e journée
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Stade français - Lyon
STADE FRANÇAIS DÉCISIF FACE À CASTRES LA SEMAINE DERNIÈRE, LE SURDOUÉ DJIBRIL CAMARA SERA
UNE NOUVELLE FOIS TITULAIRE CONTRE LE LOU. SA CHANCE, ENFIN ?
LYON DOMINÉ DANS CE SECTEUR EN DEUXIÈME MI-TEMPS
À BORDEAUX, LE LOU A IDENTIFIÉ SES ERREURS ET ATTEND
UNE RÉACTION CONTRE LES PARISIENS SAMEDI.
SPIDER
SE RELEVER
EN MÊLÉE
CAMARA
Par Marc DUZAN
[email protected]
I
l fait partie de la génération « Marcoussis 89 ». Des Maestri,
Fall, Lauret ou Parra, il en était même à l’époque le plus
doué, le plus prometteur, le plus… « Oh merde, pas ça ! »
Quoi ? « Tu vas me demander pourquoi j’ai pas pris le train en
marche ? » Grosso modo, c’était l’idée. « Ben j’en sais rien
moi ! J’ai eu des pépins physiques, y’a aussi eu le truc du dopage… Et puis l’équipe de France, ça passe d’abord par les performances en club ! » Au fil de sa carrière, Djibril Camara en a connu,
des galères. « Certaines, je les ai cherchées, je dis pas. Mais je n’ai pas
été vernis, non plus. » Il avoue volontiers avoir été « jeune et con ».
Certaines de ses relations avec la litanie de coachs passée par le
Stade français ces dernières années (« Attends, je te fais la liste : Galthié,
McKenzie, Dominici, Cheïka, Faugeron, Delmas, Ledesma, Laussucq,
Pool-Jones… ») n’ont pas toujours été radieuses. Un peu parce que
Djibril avait à l’époque quelques difficultés avec l’autorité. Beaucoup
parce qu’il se sentait alors victime d’injustice. « Je pense avoir évolué, dit-il. Je fais partie des anciens, désormais. J’ai quand même disputé mon premier match avec le Stade français à 18 ans. Ce jour-là
(le 16 mars 2008, N.D.L.R.), Fabien Galthié m’avait titularisé à l’arrière contre Clermont. On en avait pris cinquante… »
De fait, Djibril Camara sait mieux que quiconque ce qu’ont ressenti Matthieu Ugena et Paul Gabrillagues, lancés dans le grand bain
à Castres, la semaine dernière. « Quand j’ai vu Matthieu se faire
éjecter le ballon des mains par Romain Cabannes dans l’en-but de
Castres, j’ai d’abord eu envie de le tuer. » Passée l’émotion, l’arrière du Stade français s’est revu sept ans
en arrière, à la place de son troisième ligne,
avant de revoir son jugement originel : « Un
jeune, si tu l’engueules, tu l’enfonces. Alors,
j’ai juste dit à Matthieu de plonger, la
prochaine fois. »
fou, sur un terrain. Il gagne tous ses duels et lit très bien le jeu.
Beaucoup mieux que les gens ne le croient, en fait… »
Face à Lyon, Camara s’attend d’ailleurs à ce que son ancien
coéquipier au Stade français Jérome Porical utilise « son pied
droit puissant pour [le] balader sur le terrain. Je sais aussi qu’il
me reste encore un million de choses à travailler au poste d’arrière, notamment mon jeu au pied. C’est une chose que je n’aime
pas faire. J’ai toujours préféré prendre la balle et chercher les
espaces. » Assagi, affamé et provisoirement installé à son poste
de prédilection, l’ancien protégé de
Christophe Dominici (« mon parrain,
il m’envoie encore des sms pour me
féliciter ou m’assassiner, selon le
cas… ») semble et bien décidé
à ne plus laisser passer le
train… ■
Par Sébastien FIATTE
I
ncapable de concrétiser ses occasions au tableau d’affichage
en première mi-temps - défaut déjà entrevu en préparation - le Lou a finalement perdu à Bordeaux sur sa défaillance dans une des bases du jeu, la mêlée. Avant de se
déplacer au Stade français, dominateur dans ce domaine
contre Castres, les Lyonnais ont démêlé les multiples raisons de leur échec, sans se cacher mais sans dramatiser. « Beaucoup
de mêlées ont été disputées alors qu’on jouait à sept et c’est toujours
plus dur, rappelle d’abord avec indulgence l’entraîneur des avants,
Olivier Azam. Ensuite, Jean-Baptiste Poux a fait une bonne rentrée.
De notre côté, nous avons fatigué. Collectivement, on a perdu petit à petit le fil de ce qu’on voulait faire. On s’est focalisés sur les
lancements de l’UBB au lieu de se concentrer sur la conquête, notamment au niveau de la troisième ligne. On s’est logiquement fait
sanctionner à deux reprises, dont un carton jaune, pour un troisième
ligne qui s’est détaché. »
HUIT ABSENTS DEVANT
Des événements contraires ont également déshabillé le pack.
La blessure d’entrée de jeu du pilier gauche, Wian Du Preez,
puis celle de Pierrick Gunther avant la mi-temps, ont également
empêché le staff de procéder à du coaching. Sauf scénario catastrophe à répétition, ce ne sera pas toujours le cas. Mais le mal est
fait avec l’absence de neuf joueurs devant : Bonrepaux, Fitzpatrick,
Tui, Du Preez, De Marco, Ghezal, Malet, Gunther. L’ancien talonneur met la pression sur ses avants et espère voir son pack
corriger ses erreurs, en attendant l’arrivée de jokers.
« On va faire confiance aux joueurs présents. Ceux qui auront leur
chance ce week-end devront montrer qu’on peut compter sur eux.
Le Stade français possédait une des meilleures mêlées du Top 14
la saison passée. Je pense qu’il sera encore performant dans ce
secteur de jeu même en l’absence de Noriega. À nous de bien bosser cette semaine et aux joueurs d’améliorer notre performance
du week-end dernier. Trente bonnes minutes dans ce secteur ne
suffisent pas. » Sinon les mêmes erreurs risquent de produire les mêmes effets demain. ■
QUESADA : « DJIBRIL
EST UN RELANCEUR,
PAS UN KAMIKAZE »
Jérome Porical parti à
Lyon, Hugo Bonneval
anéanti par une blessure
au genou, Richard Kingi
terrassé par un virus tenace et Krisnan Inu trop
peu familier des lancements de jeu parisiens,
c’est un boulevard qui s’est
présenté à Djibril Camara,
en début de saison. Auteur
d’une superbe performance
et d’un essai déterminant
face au vice-champion de
France, le gamin de Juvisy a
incontestablement su prendre
sa chance. « Il ne faut pas prendre le melon, non plus. L’an passé, nous avions réalisé un super
début de saison avant d’être le flop
de l’après Tournoi des 6 Nations.
Tout va si vite… » En ce début de
saison, Camara apporte à la ligne
parisienne une percussion nouvelle, une soif de jeu qui plait à
ses partenaires et à son coach,
Gonzalo Quesada : « Je ne dirais
pas que j’aime les arrières kamikazes, mais j’ai un affect particulier
pour les relanceurs. Djibril n’est pas
La clé du match
Paris cible
le milieu lyonnais
Le Stade français a-t-il entraperçu des failles au milieu du terrain lyonnais ? C’est plus que probable, tant les Parisiens ont insisté cette
semaine sur la prise du centre, à l’entraînement. Digby Ioane, Jonathan
Danty et consorts auront ainsi pour mission de faire sauter le verrou du
Lou, lequel devrait être composé samedi soir par Paul Bonnefond et Waisale
Sukanaveita. De fait, les Parisiens comptent à la fois sur la puissance de
Danty et le punch de Ioane pour créer un premier point de fixation au centre
du terrain, avant de rapidement faire rebondir le jeu dans le même sens, où
Sergio Parisse et Sylvain Nicolas auront alors la charge de faire reculer un
peu plus le rideau défensif de l’équipe de Tim Lane et Olivier Azam. Pour les
hommes de Gonzalo Quesada, Jeff Dubois et Simon Raiwalui et Adrien
Buononato, il semble également primordial d’obliger Jérôme Porical à intervenir dans le premier rideau défensif, un secteur où l’ancien joueur de l’Usap
peut parfois connaître des défaillances. Doit-on s’attendre, dès lors, à voir
Djibril Camara s’intercaler plus que de raison ? C’est ce qu’il semble, en
effet… Mis sur orbite par les passes précises de son demi d’ouverture Jules
Plisson, l’arrière des soldats roses pourrait ainsi créer bien des déséquilibres
dans la défense adverse. Jeu de quilles au centre du terrain, continuité du
mouvement sur la largeur et interventions réitérées de Camara dans la ligne,
tel pourrait donc être le credo des Parisiens, samedi soir à Jean Bouin.
M. D. ■
Photo Icon Sport
PARIS TRANCHANT
Face à Castres, le week-end dernier,
le Stade français a fait parler la poudre. Auteurs de six franchissements
contre les vice-champions de France,
les Soldats roses ont posé beaucoup
de problèmes aux coéquipiers de
Rory Kockott, notamment par la
variété de leurs lancements de jeu.
La défense lyonnaise est prévenue :
les Parisiens osent tout et surtout
l’impossible !
à suivre ☛
6
Porical à la relance
Samedi soir, Jérôme Porical portera le numéro 15 au
stade Jean-Bouin. Ce sera sa première titularisation avec
le promu lyonnais en match officiel. Lors de la première
journée, il n’était pas du déplacement à Bordeaux. Ironie
du sort, ses premiers pas avec sa nouvelle équipe auront
lieu contre le Stade français, club que l’ancien
Perpignanais a quitté pour trouver plus de temps de jeu.
La saison passée, il avait débuté six rencontres pour treize
feuilles de match au total. À Lyon, il espère prendre un nouveau
départ. « Il me restait un an de contrat mais les coachs ne me
faisaient pas confiance, explique-t-il. Je ne voulais pas passer
encore une saison sur le banc. J’ai eu l’opportunité de venir à
Lyon. Tim Lane m’a fait comprendre son envie de me voir participer au projet du Lou. » Si quitter la capitale ne fut pas si simple
sur le plan humain, il ne regrette pas son choix. « Il a été sportif.
Mon passage fut mitigé sur le terrain mais très sympa humainement. » Sera-t-il gagnant samedi ? Rien n’est moins sûr. « Le
Stade français a réussi un gros coup en gagnant contre Castres.
Il a peu perdu à Jean-Bouin la saison dernière. Évidemment ce
sera compliqué. De notre côté, on va essayer de faire un
meilleur match qu’à Bordeaux. » S. F. ■
Les stats
Moyennes/match
STADE FRANÇAIS
25
Points inscrits
22
3
Points encaissés
Essais inscrits
1
Essai encaissé
2
5
Pénalités inscrites
Pénalités encaissées
LYON
9
Points inscrits
18
Points encaissés
0
0
Essai inscrit
Essai encaissé
3
Pénalités inscrites
6
Pénalités encaissées
En bref...
HUGH PYLE EST ARRIVÉ
Après avoir été confronté à de nombreux
problèmes de visa, l’Australien Hugh Pyle
est arrivé dimanche à Paris. Le deuxième
ligne des Melbourne Rebels a donc participé
à son premier entraînement dès lundi. Il
devrait néanmoins être ménagé pour la
réception du Lou, samedi soir, à Jean Bouin.
d’un changement de direction. Elle est maintenant gérée par l’ancien pilier gauche,
Xavier Fiard, retraité depuis le printemps
après douze saisons passées sous le maillot
du Lou. Le nouveau gérant a reçu le soutien
de ses anciens coéquipiers, Sébastien
Chabal et Lionel Nallet, et de trois autres
associés, investis dans l’affaire.
PAPÉ, CET ACTEUR EN HERBE
Numericable, le nouveau sponsor maillot du
Stade français, a fait tourner les internationaux parisiens Jules Plisson, Rabah Slimani
et Pascal Papé dans son nouveau clip. Très
drôle, celui-ci révèle d’ailleurs un Pascal
Papé particulièrement surprenant !
EN QUÊTE DE JOKERS
Le Lou s’est mis à la recherche de jokers
pour combler les longues absences du
pilier Wian du Preez (rupture du tendon
d’Achille) et de Pierrick Gunther (rupture
des ligaments à un genou). Juan Manuel
Leguizamon, dont le retour ne faisait guère
de doute, devrait être le joker médical de
l’ancien Toulonnais à la fin des FourNations. Le Lou espérait convaincre le
pilier droit gallois, Adam Jones, mais il
s’est engagé mardi avec Cardiff. Les
recherches continuent.
BRASSERIE ROUVERTE
En travaux depuis plusieurs semaines, la
brasserie du Lou, située au Matmut
Stadium, a rouvert ses portes lundi dernier.
Les divers travaux ont été accompagnés
Top 14 2e journée 9
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Brive - Clermont
La clé du match
Du plomb dans la tête
Pas de grande révolution en perspective. Ni du point de vue du rugby, où
l’engagement reste le socle. Ni du
point de vue de cette opposition, traditionnellement électrique.
Début de saison oblige, les équipes
axent leurs matchs sur l’engagement
physique pour s’assurer la victoire,
en essayant d’y greffer quelques
notes de bon goût collectif, au terme
de longues séquences que les équipes ont déjà réussi à trouver lors de
leurs premières rencontres respectives. Samedi, si la lumière ne viendra
pas exclusivement du combat, elle
s’en nourrira grandement.
Dans l’exercice, Brive est tout sauf
un faire-valoir. Réputé pour la férocité et l’abnégation de son paquet
d’avants, le CABCL commence par
faire plier son adversaire, physiquement, avant de s’envoler au score.
Les Clermontois se sont lancés le
défi de faire au moins jeu égal avec
ceux qui font aujourd’hui référence
en la matière.
S’ils y parviennent, un autre match
Les Auvergnats d’Aurélien Rougerie espèrent dès la deuxième journée marquer les esprits en s’imposant à l’extérieur. Photo Icon Sport
CLERMONT SI LE JEU AUVERGNAT SE MET DOUCEMENT EN PLACE, APRÈS UNE REPRISE TARDIVE DE
L’ENTRAÎNEMENT, LE DÉPLACEMENT À BRIVE DOIT LIVRER DES ENSEIGNEMENTS SUR LEUR ÉTAT D’ESPRIT.
VOYAGE
S
ans penser à Brive, Franck Azéma donnait le « la ».
« C’est à l’extérieur que l’on voit le caractère d’une
équipe et son état de forme. Ce sont ces matchs qui sont
les révélateurs ». Le nouvel homme fort clermontois posait alors un jugement sur la fin de saison 2014 de
son équipe. « C’est une réalité » appuie aujourd’hui
Loïc Jacquet. « Gagner dans votre stade, c’est bien beau, mais cela ne suffit pas si vous n’êtes pas capable de faire des coups à l’extérieur. Ces matchs, ce sont des jauges ».
L’ASMCA ne s’est plus imposé loin de ses bases depuis le 11 janvier, en H Cup sur la pelouse des Harlequins. En championnat ?
C’était à Perpignan, le 29 novembre 2013 (30-23). Une éternité.
Une anomalie à vite gommer.
PREMIÈRES RÉPONSES
Deux mois plus tard, le discours n’a donc pas bougé d’un iota :
l’exigence d’un bon comportement à l’extérieur reste la même.
« Parce ce qu’en rugby, l’enthousiasme et l’envie sont le moteur de
tout le reste » poursuit Azéma. « Cela n’enlève rien à la qualité de
jeu qu’il faut pratiquer. Mais l’envie est le socle. C’était d’ailleurs
un des axes de travail majeur de notre été. Le vivre ensemble, le comportement et la cohésion du groupe, sur comme en dehors du terrain. Il faut que cela se retrouve sur le terrain. »
Problème : pour rectifier le tir, c’est le challenge du voisin briviste qui est proposé aux Auvergnats. Tout sauf une galéjade.
En Corrèze, il faut bien jouer. Bien défendre, gérer les temps
forts et faibles, conserver ses structures de jeu sous la pression,
assurer la conquête et prendre les points qui se présentent. La
litanie habituelle des poncifs qui déterminent la qualité d’un
DES DERBYS SUR LE FIL
DU RASOIR
Si les déplacements de Brive en
Auvergne, exception faite de la saison,
ont régulièrement tourné à la démonstration ces dernières saisons, les derbys joués à Amédée-Domenech sont
en revanche très serrés. Depuis dix ans
et la création du Top 14, l’écart moyen
des Brive-Clermont (8 rencontres) est
de 4.6 points ! Les Corréziens se sont
imposés à cinq reprises, pour deux
défaites et un nul. Mieux, une seule
fois le match s’est terminé sur un écart
supérieur à 7 points (2005-2006, 2914). Vous avez dit serré ? Lé.F. ■
GESTION
match. Mais à Brive plus qu’ailleurs, pour se donner droit à quelque ambition, il faut d’abord combattre. Le rugby, en mieux. Se
surpasser sur chaque ruck, sur chaque mêlée. Sur chaque impact.
« L’avantage, c’est qu’il n’y a plus de surprise ! » prolonge Jacquet.
« On l’a vu toute la saison dernière et encore la semaine dernière.
Chez eux, ils ne font pas de cadeau. Si nous arrivons les mains en
haut du guidon à Amédée-Domenech, on va prendre trente points. »
Une perspective qui, si on retourne le problème, peut aussi
être une aubaine pour les Clermontois. L’occasion de tester la
cohésion de groupe qu’ils revendiquent depuis un mois et de
juger de leur répondant, dans un contexte hostile. Bien plus
que d’automatismes, il sera d’abord question d’état d’esprit et
de répondant. De tripes. De quoi trouver les premières réponses après le changement de cycle enclenché cet été.
JACQUET : « PAS À BRIVE POUR LES REGARDER CHANTER »
Le challenge est excitant. À son arrivée en Auvergne, Jono Gibbes
réclamait des compétiteurs. Pas seulement pour gagner le match,
mais pour gagner chaque duel. « Des joueurs qui se battent sur
chaque action pour gagner leur un-contre-un, se faire de la place
dans les rucks et prendre le dessus sur un vis-à-vis en mêlée ».
Dans cette optique, la composition d’équipe donne des indications des revanchards ou des joueurs qui doivent vite s’imposer. À Brive, les Clermontois aligneront un Thomas Domingo
revanchard, après une saison 2013-2014 en deçà de son niveau intrinsèque. Un Loïc Jacquet qui retrouve de la considération et donc de l’enthousiasme, après deux années dans le quasi-anonymat. Un Jonathan Davies qui, pour son baptême du
feu, découvrira la chaleur épicée d’un derby chargé d’anecdotes. De quoi être impatient. « On sait que ce sera dur, mais on ne
va pas à Brive pour les regarder chanter à la fin du match »,
conclut Jacquet. ■
F
ranck Azéma est là
pour conduire son
équipe vers des victoires. Pas pour tenir une
comptabilité. En tout
cas, les priorités semblent clairement établies. Quand
on l’invitait à s’expliquer sur les
raisons de l’entrée en jeu précoce (49e) de Morgan Parra, la semaine dernière face à Grenoble,
alors qu’il semblait écrit que les
internationaux seraient abonnés
à la 61e minute (moins de 20 minutes de temps de jeu permettant de ne pas valider la rencontre), le big boss clermontois sortait
de son habituelle réserve. « On
me demande si je n’aurais pas dû
attendre la 61e minute pour le faire
rentrer… Franchement, ça, c’est
du cirque ! Le joueur est sur le banc
parce qu’il doit nous apporter quand
il rentre. Et il rentre quand on a
besoin de lui sur le terrain. Là, je
souhaitais apporter de la fraîcheur
sur cette zone du terrain. Je ne le fais
pas en regardant la montre ! ».
Voilà qui a le mérite d’être clair.
L’urgence du résultat a des raisons que la raison ignore. Et tant
pis si, pour l’occasion, le demi de
mêlée de l’équipe de France a
grillé une deuxième cartouche,
parmi les trente qu’il compte dans
son chargeur.
Cette philosophie, dégainée à
chaud, Azéma l’assume également dans la froideur du milieu
de semaine. Il devrait d’ailleurs
en être de même ce samedi, à
Brive où Morgan Parra, Thomas
D o m i ng o, Vi nc e nt D e b a t y,
Sébastien Vahaamahina ou le capitaine Damien Chouly sont attendus sur le pont (incertitude
sur un retour de Benjamin
Kayser). Objectif : maintenir une
certaine stabilité pour permettre
au collectif de trouver ses automatismes.
CHOULY, LE PLUS IMPACTÉ
L’analyse chiffrée de la situation
pousse aussi à l’apaisement. Dans
une gestion classique des états
de forme, la saison dernière donc
sans obligation réglementaire,
seul Damien Chouly dépasse les
trente rencontres (31 matchs avec
au moins vingt minutes de temps
de jeu). Dans son cas, le capitanat nouveau pousse pour l’instant à sa présence sur le terrain,
avant d’entamer les rotations.
Po u r D e b a t y ( 2 4 m a t c hs ) ,
Vahaamahina (29), titulaires la
semaine dernière, l’urgence de
gestion est moindre. Enfin
Domingo (29 matchs), Kayser (30
matchs), Parra (23 matchs) et
Fofana (27 matchs), en dessous
des 30 rencontres la saison dernière mais qui ont tous connu au
moins deux mois d’absence sur
blessure, la gestion de leurs cas
devrait amener à des panachages. Pasa d’urgence, donc. Lé. F. ■
Les stats
Jonathan Davies,
homme à tout faire
à suivre ☛
4.6
INTERNATIONAUX CLUB LE PLUS TOUCHÉ PAR LA
LIMITATION DES JOUEURS DU «GROUPE FRANCE» À 30
MATCHS, CLERMONT S’ADAPTE. SANS EN FAIRE UNE
URGENCE.
INDIVIDUELLE
DANS LES ENTRAILLES
Par Léo FAURE
[email protected]
débutera. Celui, plus cérébrale, de
l’animation collective. « Le courage
ne suffira pas » résume Loïc Jacquet.
Là aussi, le challenge vaut le détour.
Trop souvent réduit aux performances
hormonales des Ribes, Méla et
autres Waqaniburotu, Brive prouve
depuis six mois qu’il n’est pas qu’un
équarrisseur. Clermont, qui avait
explosé la saison dernière sous le
rythme imposé par les Corréziens, a
payé cher pour le savoir.
Pour jouer leur carte, les Clermontois
pourront s’appuyer sur un milieu de
terrain massif (Rougerie-Davies,
210 kg à eux deux !), un triangle
arrière dynamique et la volonté pas
démentie de mettre beaucoup de
volume dans leurs mouvements collectifs. Une confrontation qui
s’annonce équilibrée, donc. Et qui
pourrait choisir son vainqueur à la
faveur de la lucidité dans les
moments décisifs, que ce soit les
choix de jeu ou la réussite des
buteurs. À un poil de barbe d’Arnaud
Méla. Lé.F. ■
Le centre gallois était la tête de gondole d’un recrutement
clermontois ambitieux. Il en épousait, en tout cas, tous les
critères sélectifs : jeune (26 ans), joueur majeur de la scène
continental (41 sélections avec le pays de Galles et 3 avec les
Lions britanniques et irlandais) et dans un profil polyvalent. Ce dernier point attire d’ailleurs l’attention. Avec le pays de Galles, Davies
passerait presque pour pour un joueur fin techniquement et élégant,
laissant le travail de destruction aux 113 kg de Jamie Roberts qui lui
sont presque systématiquement associés. Pourtant, surprise :
l’ancien de Llanelli affiche un étonnant 104 kg sur la balance, pour
1,84 m seulement. Autant dire qu’à l’impact, l’enfant de Solihull a du
répondant. Une facette de ce joueur complet qui promet des étincelles, en face-à-face avec un Arnaud Mignardi friand de ce genre de
rendez-vous. Pour sa grande première sous le maillot de l’ASMCA,
Davies sera servi. Lé.F. ■
Moyennes/match
BRIVE
37
Points inscrits
15
Points encaissés
4
0
Essais inscrits
Essai encaissé
3
Pénalités inscrites
5
Pénalités encaissées
CLERMONT
30
26
Points inscrits
Points encaissés
3
Essais inscrits
2
3
Essais encaissés
Pénalités inscrites
4
Pénalités encaissées
En bref...
MALZIEU PROTÉGÉ
Victime d’une commotion cérébrale la
semaine dernière, face à Grenoble,
l’ailier international Julien Malzieu
(31ans, 20 sélections) a consulté un
neurologue lundi. Un visite rassurante
pour le Clermontois, ne débouchant pas
sur une indisponibilité ferme. Malzieu
devrait toutefois rester à l’écart des terrains ce week-end, le club lui réservant
un retour progressif aux affaires.
À GUICHETS FERMÉS
Premier choc majeur de la saison à
Amédé-Domenech, le derby du centre
devrait aussi être l’occasion d’un premier guichet fermé. En effet, plus
aucune place n’est à vendre en tribune
depuis le début de la semaine. Selon
les prévisions, l’ensemble des places
en pesage devrait trouver acquéreur
avant le coup d’envoi.
JULIEN PIERRE POSTULE
POUR MONTPELLIER
De retour aux entraînements à plein
temps, après son indisponibilité faisant
suite à l’épisode de Millau (déchirure
profonde du muscle fessier) le seconde
ligne international Julien Pierre (33 ans,
27 sélections) devrait toutefois être
encore à court de rythme pour pouvoir
postuler dès ce week-end. Il devrait
toutefois être à 100 % et postuler à un
retour sur les terrains dès la semaine
prochaine, pour la réception de
Montpellier.
10 Top 14 2e journée
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Toulon - La Rochelle
La clé du match
Du combat, en veux-tu…
Face au champion toulonnais, les promus maritimes savent qu’il leur faudra
de nouveau répondre présent dans
l’engagement physique. La recette de
l’ogre toulonnais est connue. « La conquête, la défense et la discipline forment le triptyque qui fait la force des
grandes équipes, illustre Patrice
Collazo. Ce sont les secteurs à hausser tous les week-ends. » Destinée à
ses joueurs, l’exigence de l’entraîneur
en chef de l’Atlantique Stade rochelais monte d’un cran à l’heure
d’affronter Toulon, où il sait à quel
combat sa formation doit s’attendre.
Avec une attention toute particulière
portée à la discipline, les Maritimes
devront, sur la pelouse du champion
en titre, mettre la même implication
qu’à Brive dans ce secteur qui sera
décisif. Un point plutôt positif de leur
match en terres corréziennes. « Si le
résultat se joue sur quelques détails,
nous n’avons pas été ridicules dans le
contenu, retient Romain Sazy. Dans le
défi physique, on sait qu’on a été présent. » Le coach avalise : « Le CABCL
Le troisième ligne Virgile Bruni a marqué les esprits le week-end dernier à Bayonne et devrait se retrouver titulaire pour la receptions des
Rochelais. En l’absence de Juanne Smith et Juan Martin Fernandez Lobbe, il fait plus qu’assurer l’intérim. Photo M. O. - B. G.
TOULON SANS SES MENEURS SUDISTES BOTHA, WILLIAMS, SMITH ET FERNANDEZ LOBBE, LE RCT PARAÎT TOUJOURS
AUSSI ARMÉ POUR ASSOUVIR SA SOIF DE SUCCÈS. L’AN PASSÉ, À LA MÊME ÉPOQUE, C’ÉTAIT LOIN D’ÊTRE LE CAS.
ON DIRAIT (QUAND
LA ROCHELLE MALGRÉ LES 37 POINTS ENCAISSÉS
À BRIVE, LES MARITIMES DISENT POSSÉDER CERTAINES
CERTITUDES EN DÉFENSE. QU’ILS VEULENT CONFIRMER.
LE MUR
DE L’ATLANTIQUE ?
MÊME) LE SUD Q
Q
Par Vincent BISSONNET
[email protected]
uatre fantastiques vous manquent… mais tout ne
paraît pas dépeuplé. Sans son carré d’as sudiste,
composé de l’emblématique chef de meute Bakkies
Botha, du cerveau Juan Martin Fernandez Lobbe, du
miraculé Juan Smith, sélectionnés pour les FourNations, et du capitaine de touche Ali Williams, retenu à l’infirmerie, le RCT s’annonce encore et toujours comme une intraitable machine à gagner.
L’impression de toute-puissance et d’aisance dégagée à Bayonne,
vendredi dernier, a marqué les esprits et raffûté la perspective,
envisageable, d’un faux départ.
Du doublé du printemps aux doublons de l’été, l’ouverture de la saison présentait au moins deux écueils majeurs. Dans une configuration similaire, le RCT avait connu une première partie de saison
2013-2014 instable. Jacques Delmas se souvient de l’été dernier
et des premiers pas hésitants : « On ressentait davantage une volonté de souffler de la part des joueurs et le recrutement avait peut-être
moins permis de régénérer le groupe. Personnellement, je n’avais
pas de légitimité, j’arrivais tout juste avec l’étiquette d’ami de Bernard
Laporte… Mais surtout, il manquait Bakkies Botha, Juan Martin
Fernandez Lobbe, Juan Smith n’était pas encore redevenu le joueur
qu’il est, Ali Williams n’était pas arrivé… » Tout le monde connaît
la suite : une touche privée de tour de contrôle, une mêlée instable, une inefficacité criarde en déplacement, une défaite des plus
fâcheuses face à Grenoble… La quête de trophée et encore plus de
doublé s’apparentaient alors à un doux et lointain rêve : « Il y a
eu des moments périlleux, de la remise en question, du doute dans les
têtes. L’équipe avait l’impression de ne pas avancer et se cherchait.
BLESSÉS
Ce week-end, trois blessés de longue durée de
l’effectif rochelais retrouveront le chemin des
terrains. Opéré des ligaments croisés du genou
droit au tout début de l’année, l’arrière Kini
Murimurivalu va ainsi faire son retour en espoirs,
tout comme les centres Gonzalo Canale (victime
d’une fracture d’un tibia et opéré en novembre 2013) et Jean-Philippe Grandclaude (opéré
d’une épaule en janvier) qui avait rechuté lors de
sa reprise contre Colomiers en amical.
Respectivement touchés à une cuisse et à un
pied, le pilier Mike Corbel et le troisième ligne
Zeno Kieft reprendront aussi contre Cognac en
amical avec les espoirs.
DELMAS : « LES NOUVEAUX SECOUENT LE COCOTIER »
Un an après, le RCT est revenu à cette même case départ. Mais
avec une approche opposée, dans l’état d’esprit et dans la gestion
du doublon imposé par les Four-Nations. « Le groupe est revenu
avec de la fraîcheur et une envie intacte. Surtout, les nouveaux joueurs
sont venus secouer le cocotier et génèrent une forte émulation. » Les
Menini, Taofifenua, Vosloo - Barcella prochainement - amènent
un souffle nouveau et des munitions supplémentaires à un paquet d’avants trop fréquemment démuni dans un passé récent.
« Il y a aussi un renouvellement en interne avec le retour de Chris
Masoe et tous les jeunes qui n’arrêtent pas de progresser en s’inspirant de leurs aînés. Ils sont constamment tirés vers le haut. » Le
constat vaut pour Chiocci, Orioli, Bruni et Mikautadze. Et, dans un
contexte différent, pour Jocelino Suta, cadre en pleine ascension.
Dans sa diversité et son cosmopolitisme, le RCT a trouvé, au fil du
temps, son propre équilibre. Au sein du groupe. Et vis-à-vis du
technicien audois. « Nous sommes parvenus à un fonctionnement propre, dans le partage, la communication, l’échange… »
Au-delà du talent, inégalé voire inégalable, cette cohésion et cette
homogénéité confèrent au collectif une maîtrise et une assurance
croissantes. « Je ne dis pas qu’il n’y aura pas de trou d’air ou de petite crise cette année, tempère Jacques Delmas. Mais je sens ce
groupe serein, mature, capable de tout surmonter. Je ne sens pas
d’inquiétude ni de panique. L’équipe peut se tromper mais l’important est que, dans la difficulté, elle soit en mesure de trouver les solutions. » En la matière, parvenir à compenser l’absence des quatre fantastiques du Sud jusqu’au cœur de l’automne constituera un
exploit en soi. ■
Mayol va découvrir
le grand « Tao »
à suivre ☛
3
Il y a eu de la houle mais notre patience nous a donné raison et la crise
a été bien gérée. » Tout le monde connaît la fin…
Douze kilos de moins, un ventre plat, et une prestation si ce n’est aboutie au moins réussie.
Romain Taofifenua, l’un des deux recrues alignées par Bernard Laporte à Bayonne avec Gehrard
Vosloo, n’a pas manqué ses grands débuts avec le RCT.
Tant et si bien qu’il y a une certaine impatience, cette
semaine, sur les bords de la rade, à le suivre en « live ».
Taofifenua en une grosse heure de jeu, a fait l’étalage
de ses progrès et de sa grosse préparation physique
effectuée cet été. À Jean-Dauger, on a vu qu’il n’avait
rien perdu de ses qualités intrinsèques, mais on a aperçu qu’affiné, il tient dorénavant la distance. On comprend mieux, pourquoi le RCT a renoncé à chercher un
joker médical pour Ali Williams. Il semble bien qu’avec
le grand « Tao », et aussi Suta et l’étonnant Mikautadze,
Toulon est armé en attendant le retour du Four Nations
du taulier, Bakkies Botha. P.-L. G. ■
Les stats
Moyennes/match
TOULON
29
Points inscrits
15
2
Points encaissés
Essais inscrits
0
Essai encaissé
5
5
Pénalités inscrites
Pénalités encaissées
LA ROCHELLE
15
Points inscrits
37
Points encaissés
0
4
Essai inscrit
Essais encaissés
5
Pénalités inscrites
3
Pénalités encaissées
en a mis beaucoup à l’amende dans
l’agressivité. Là, j’ai senti qu’on a plutôt rivalisé dans l’engagement. »
Le Varois d’origine veut maintenant
que les siens haussent leur niveau,
dans l’intensité physique comme partout. « On a conscience que la tâche
va être compliquée, le danger ne vient
pas d’un seul joueur chez eux, mais de
partout », affirme Collazo. Dans le
combat au sol, où ils vont de nouveau
avoir pour consigne de ne pas se consommer dans les rucks, comme en
conquête, où ils ont effectué une prestation correcte pour leur entrée dans
le Top 14 malgré quelques cafouillages sur des sorties de balles, et à
l’aide d’une rush défense la plus efficace possible, les Rochelais vont
batailler pour empêcher les hommes
de Bernard Laporte de déployer leur
jeu. « Il ne faut surtout pas y aller en
victime, demande le troisième ligne.
On veut les respecter, et pour cela, il
faut leur montrer qu’on a notre place
en Top 14 ! » Dans l’engagement physique d’abord. B. P. ■
Par Bruno POUSSARD
uatre essais, trentesept points, neuf
franchissements
concédés. Avec des
chiffres, la défense
pourrait être facilement pointée du
doigt après la défaite à Brive (37-15). Dans les faits,
les Maritimes ont pourtant réalisé une intéressante partie dans
ce secteur, à l’image de leurs
116 plaquages et d’une paire de
centres performante. Entre organisation dans la largeur et montées agressives annihilant les envolées brivistes, les Rochelais
parlent d’une défense « en place
», avec les 39 premières minutes
du match en exemple, jusqu’aux
trois essais encaissés à 13 contre
15. « On ne fait pas une mauvaise
partie, mais on est parfois un peu
novices. Leur victoire est méritée,
mais le score est lourd », résume
Romain Sazy qui évoque « quelques conneries » avec, en tête, le
placage manqué sur le premier
essai, ou le rebond défavorable
sur le deuxième. Patrice Collazo
détaille : « Sur l’organisation, on a
rarement été pris sur les extérieurs,
performants en un contre un, mais
en difficulté sur d’autres aspects,
comme des retours intérieurs. » Il
clarifie : « Tout n’est pas rose ! Si
on a pris 37, c’est qu’on a fait des
choses pour en prendre 37. Il y a
beaucoup de choses à travailler. »
« À TOULON, LA CLÉ,
LE UN CONTRE UN »
Sans tout remettre en question
pour la meilleure défense du Pro
D2 l’an passé. Surtout à l’heure
d’aller à Toulon. « On garde notre système, celui qu’on travaille
depuis deux mois, et déjà l’an dernier », valide le troisième ligne.
Mardi matin, les Charentais ont
notamment axé une séance collective sur la défense. Dans son
discours, c’est sur le un contre
un, « la clé » dans le Var selon lui,
que l’entraîneur a insisté. « Si on
commence à se mettre à trois pour
aller plaquer un mec, il y aura des
espaces de partout. » Face au poison Armitage dans le jeu au sol,
à l’activité des attaquants du RCT
autour de leur ouvreur ou leur
puissance à chaque impact,
Romain Sazy sait que les siens
auront besoin de « beaucoup de
solutions » en défense pour ne
pas en prendre 40. En espérant
plutôt revenir de Mayol avec des
certitudes supplémentaires. « À
Brive on a répondu présents dans
le combat, à Toulon il faudra voir
ça plus autre chose : de la discipline, de la concentration, plus de
la concrétisation. » Pour Patrice
Collazo, l’apprentissage doit maintenant s’accélérer. Avec rigueur.
En bref...
DÉPLACEMENT EN AVION
Compte tenu des 885 kilomètres qui
séparent La Rochelle de Toulon par la
route, c’est logiquement en avion que le
staff maritime a décidé d’effectuer ce
déplacement. Un aller-retour que les
Charentais effectueront dans la journée,
samedi, afin de « ne pas y laisser
d’énergie inutile », dixit Patrice Collazo.
BIGARD REJOINT L’ASR
Vous avez peut-être remarqué le logo
de l’industriel de la viande sur le short
des Maritimes samedi dernier à Brive.
C’est que Bigard, déjà partenaire de
Castres et d’Agen, a décidé de devenir
celui du Stade rochelais pour cette saison. Un dossier « qui avançait vite à
l’intersaison », selon le directeur général du club, et qui s’est donc concrétisé
la semaine passée, juste avant la
reprise du championnat. « Nous som-
mes contents d’associer notre image à
celle d’un grand groupe français, dont
un des centres se trouve en Vendée,
pas loin de La Rochelle », félicite Pierre
Venayre.
PHOTO OFFICIELLE
Devant la caravelle tout neuve figurant
sur la dernière partie de la tribune
SMAM, les Rochelais ont posé lundi
après-midi pour la photo officielle (et
les clichés individuels). Un jeu auquel
ils se sont d’abord prêtés avec sérieux,
avant un détournement amusant.
MAYOL ACCUEILLERA
LES BARBARIANS
La FFR a indiqué que c’est l’enceinte
toulonnaise qui a été choisie pour
accueillir la rencontre entre les
Barbarians français et la Namibie le
14 novembre à 20 h 45.
Top 14 2e journée 11
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Montpellier - Grenoble
La clé du match
MHR : la gestion de la pression
Fébriles face au Racing-Metro, les
Héraultais n’ont pas réussi à retrouver
le fil de leur rugby sur le premier acte.
Pour quelles raisons ? « Je ne sais pas
pourquoi. Mais c’est vrai qu’il y a eu
pas mal de nervosité avec plusieurs
accrochages. On avait l’envie de bien
faire car nous savions que nous étions
attendus, surtout chez nous face à une
grosse équipe. Peut-être que cette
fébrilité est liée à l’évènement et au
fait que nous démarrons la saison avec
deux matchs à domicile », explique
Benoît Paillaugue. Alors, si comme le
précise le demi de mêlée, Montpellier
« a su se retrouver par la suite pour
montrer de très belles choses en
seconde mi-temps », une question
reste en suspens : les Cistes seront-ils
capables de supporter la forte pression
liée à l’opposition face à Grenoble, qui
est déjà pour les Héraultais, le match
de la peur ? « C’est vrai que commencer le championnat avec deux défaites
Monstre de puissance et d’engagement, Sitaleki Timani revient au meilleur de sa forme. Il ne sera pas de trop pour porter les Montpelliérains,
battus en ouverture, et qui n’ont plus le temps de perdre des points. Photo Icon Sport
SITALEKI TIMANI - DEUXIÈME LIGNE DE MONTPELLIER VAINCUS PAR LE RACING-METRO, LES HÉRAULTAIS
ET LEUR GÉANT TONGUIEN SONT OBLIGÉS DE BATTRE GRENOBLE. UN DÉFI TAILLÉ SUR MESURE POUR L’ILIEN.
À PAS
Par Julien LOUIS
F
ermez les yeux. Sa voix fluette et son ton hésitant
vous donnent l’impression de parler à un « gringalet » ! Ouvrez-les, regardez vers le ciel et vous apercevrez Sitaleki Timani vous observer (2,02 m, 125 kg) :
« Je ne suis pas quelqu’un de très expansif. Je suis timide
et je garde beaucoup pour moi. » Les apparences sont
souvent trompeuses. En voyant ce géant débarquer en décembre dernier, on visualisait déjà ses charges dévastatrices : « Je
sais qu’on attend de moi que j’apporte de la puissance à l’impact.
Si je ne le faisais pas, je ne serais qu’un gâchis d’espace », souffle-t-il. Bien parlé… Et pourtant, en douze apparitions, l’international australien (18 sélections) ne parvint jamais à faire des
ravages. L’envie de crier au flop était alors grande. Mais en réalité, Timani avait plus que des circonstances atténuantes liées à
son adaptation : « À mon arrivée, je n’avais pas pu faire de pause
durant une année avec le Super Rugby. J’étais fatigué. Mais je crois
que c’était une bonne chose pour moi de partir du bas, du banc, et
de travailler pour progresser. J’ai désormais pu profiter de cinq semaines de repos. Je suis frais pour reprendre cette nouvelle saison
et heureux d’être ici. »
MÉTAMORPHOSE PHYSIQUE…
Timani devra donc être jugé cette année : « Ma période d’apprentissage est terminée, je n’ai donc plus d’excuses. » Alors, l’intéressé profita de sa préparation estivale pour redevenir le
joueur qu’il était : « J’ai beaucoup bossé sur ma vitesse et perdu
les quelques kilos en trop. C’est très différent de ce à quoi j’étais
habitué, puisque l’intersaison en Super Rugby dure trois ou quatre mois. » Travailleur acharné qui ne se plaint jamais, il s’est construit une condition athlétique à la hauteur de ses capacités naturelles hors-norme. Dominique Schenck, préparateur physique
du MHR, décrypte son évolution : « Le déplacement n’était pas
sa qualité première et aujourd’hui, il est au-dessus des mecs du cinq
LE NOMBRE
DE DÉFENSEURS BATTUS
PAR RENE RANGER FACE
AU RACING-METRO
Le Néo-Zélandais a également été
l’auteur de deux franchissements et
de six passes après contacts, exécutées avec une facilité technique
déconcertante. Sans oublier ses 116
mètres parcourus ballon en mains.
L’ailier fut à l’origine de tous les mouvements dangereux de Montpellier. Et
il sera face à Grenoble, l’arme offensive numéro une des Cistes. Un adversaire de taille pour le troisième ligne
isérois, Henry Vanderglas, qui a lui
terminé meilleur plaqueur de son
équipe face à Clermont, avec douze
plaquages réussis.
à suivre ☛
10
de devant. Grâce à un gros boulot en musculation et surtout, sur
le cardio-vasculaire, sous forme de courses et de circuit - training. Sa charge de travail a été beaucoup plus importante que
celle des autres et au final, cela a porté ses fruits, puisqu’il a été
impressionnant par son activité face au Racing. » Excepté Alex
Tulou, le Tonguien d’origine fut l’avant héraultais qui toucha
le plus de ballons (huit).
… ET VRAI VISAGE RUGBYSTIQUE
« Je suis aujourd’hui très satisfait de son niveau. Face au Racing, il
a pesé à chaque fois qu’il a porté le ballon et s’est montré très adroit
en jouant dans la défense. Il peut beaucoup nous apporter, car il aime
marquer physiquement l’adversaire en attaque comme au plaquage.
Il doit devenir une solution en touche, même s’il reste avant tout un
redoutable lifteur », explique Mario Ledesma. Poutre en mêlée,
Timani capta tout de même deux munitions dans les airs samedi,
sur les lancers du talonneur de fortune Jonathan Pélissié (auteur
d’un 100 % !). Un secteur dans lequel son équipe a souffert face aux
redoutés sauteurs ciel et blancs, affichant un faible 67 % de réussite (5 ballons conservés sur 15 lancers ; 2 munitions volées).
Inquiétant avant Grenoble ? « Je ne pense pas, car on s’entraîne
énormément sur la conquête et nous devons attaquer les matchs avec
plus de confiance, en s’en tenant à ce que nous savons faire », précise le deuxième ligne. D’ailleurs, sera-t-il présent demain malgré le choc reçu mardi ? « Le genou va bien. J’ai juste pris un coup
et ça va aller pour samedi. »
Le colosse semble au sommet de sa forme, et intégré dans les
systèmes héraultais, où il est le complément parfait des Privat
ou Donnelly. Un impact-player retrouvé, qui se méfie des Isérois, :
« Nous avons vu leur match contre Clermont, c’est un très bel adversaire qui ne lâche jamais le morceau. L’équipe est enthousiaste
et veut prouver qu’elle est meilleure que ça (face au Racing,
N.D.L.R.). Il lui suffit de retrouver de l’efficacité. » Sitaleki Timani
voudra lui démontrer, qu’il a en plus d’un physique de géant, un
grand talent. ■
Le combat en mêlée
Responsable de la dernière pénalité qui a donné la victoire au Racing-Metro
samedi dernier à l’Altrad Stadium (19-16), la mêlée de Montpellier aura
sûrement à cœur de se racheter face à Grenoble. En effet, elle doit avoir
encore en travers de la gorge cette défaite que certains lui imputèrent.
C’est oublié un peu vite que si elle céda sur la dernière poussée du Racing-Metro, c’est qu’elle évoluait alors en infériorité numérique depuis le carton
rouge du talonneur Géli. Jusque-là, elle avait fait plutôt bonne figure dans
le sillage d’un Nicolas Mas en très grande forme. Quel sera son comportement
face à la mêlée de Grenoble qui elle fit jeu égal avec les Auvergnats. Une mêlée
iséroise, et cela est nouveau, qui afficha la même qualité quand les roulements en
première ligne furent effectués. Pour résumer, la paire des piliers « remplaçants »
Choirat-Buckle, eut un rendement équivalent à la paire des titulaires EdwardsDardet. Le problème de la mêlée héraultaise est différent. Si au poste de pilier
gauche, les postulants sont légion, il n’en va pas de même à droite. Avec l’indisponibilité de Maximiliano Bustos (blessure aux cervicales classé G2, N.D.L.R.), avec
celle de David Attoub (rupture d’un biceps contre le Racing-Metro) qui l’éloignera
pendant au moins quatre mois des terrains de rugby, le MHR, ne peut plus miser
que sur le Néo-Zélandais, Chris King des Highlanders. Le seul problème c’est qu’il
est arrivé le 14 août. L’autre problème c’est que Nicolas Mas est en train d’épuiser
son quota « international » de trente matchs. Et cela, dès le début de saison. Ceci
n’était sûrement pas prévu par le staff héraultais. F. L. ■
GIO APLON - AILIER DE GRENOBLE L’EX-SPRINGBOK
SERA TITULARISÉ À L’AILE À MONTPELLIER. SON DUEL
CONTRE NAGUSA S’ANNONCE HAUT EN COULEURS.
UN GIO
D’APLOMB
Par Francis LARRIBE
[email protected]
DE GÉANT
Les stats
Moyennes/match
MONTPELLIER
16
Points inscrits
19
Points encaissés
1
1
Essai inscrit
Essai encaissé
3
Pénalités inscrites
3
Pénalités encaissées
GRENOBLE
26
30
Points inscrits
Points encaissés
2
Essais inscrits
3
4
Essais encaissés
Pénalités inscrites
3
Pénalités encaissées
à domicile serait très compliqué ! On
n’envisage pas ce scénario. Ce sera un
match difficile, avec une obligation de
résultat. Après, il ne faut pas tomber
dans un trou et y rester. On doit se concentrer sur ce qui a bien marché et rectifier nos petits passages à vide en
défense, comme sur le premier essai
qu’on prend », précise-t-il. Pour
Benjamin Fall, la clé de la gestion du
stress serait « la lucidité ». « Face au
Racing, nous étions stressés et nous
avons aussi été pris de court. L’équipe
a été chahutée sur certaines phases et
ils nous ont bien provoqués là où il fallait ! Nous avons riposté et nous, on
s’est fait prendre. Demain, je pense
qu’on fera le nécessaire pour garder
notre sang froid et gagner, car la victoire est impérative ! C’est un objectif
et une obligation. Et je pense qu’il faut
garder la volonté de jouer en permanence, rester conquérant en imposant
du rythme. » J. L. ■
À
l’entraînement du
mardi 19 août,
Gio Aplon, était
heureux.
Heureux parce
que la veille l’exailier des Springboks avait reçu ses bagages. Enfin. Quinze
jours après avoir atterri en
France ! « Je suis content de pouvoir m’entraîner avec des effets
qui m’appartiennent », dit-il. Et
ces trois points de suture sur
la pommette gauche, à quoi les
doit-il ? À son installation dans
ses pénates grenobloises ?
« Non, c’est le cadeau de bienvenue en France fait par les
Clermontois », rigole-t-il.
L’ailier international arrivé du
Cap apparaît bien dans sa peau
de néo-Grenoblois. Un Gio…
d’Aplon, quoi ! « Tout a été fait
pour faciliter mon intégration ici,
dit-il. Et puis je ne suis pas arrivé en pays inconnu. J’ai étudié
dans la même université que Charl
(McLeod, le demi de mêlée en
p r ove n a n c e d e s S h a r k s d e
Durban, N.D.L.R.), j’ai joué avec
lui. Je connaissais de nom tous
les autres joueurs sud-africains
qui évoluent à Grenoble. » Et ils
sont pas moins de quatre :
Beukes, Buckle, Roodt et Skeate.
Gio Aplon n’a pas eu le temps de
s’ennuyer. « Mes deux premières semaines ici ont été très chargées. J’ai fait des séances intensives d’apprentissage du français
et aussi des séances intensives
avec les coachs, Bernard
(Jackman) et Mike (Prendergast)
pour me familiariser avec les
schémas de jeu de Grenoble. »
Bref, depuis son débarquement
en Isère voici trois semaines,
Gio Aplon n’a pas chômé. Après
avoir joué tout le match amical
contre les Harlequins, le 9 août,
trois jours après son atterrissage en France, tout le match
contre Clermont le 16, l’ex-ailier ou arrière des Stormers de
la Western Povince, sera encore
titulaire à Montpellier ce samedi 23.
Sa première impression du Top
14 ? « Je sais que Clermont et
Montpellier font partie des très
bonnes équipes de l’élite, dit-il.
C’est encore un match très dur qui
nous attend à Montpellier, surtout
que l’équipe a perdu à domicile.
Elle est dans l’obligation de réagir. »
Et lui comment envisage-t-il son
f a c e à f a c e ave c N a g u s a ?
« Nagusa, qui ? », interroge-t-il. S’il
a entendu parler de Viriviri, le
nom de Timoci Nagusa lui est totalement inconnu. On peut penser que d’ici samedi 18 h 30, heure
de son entrée sur la pelouse de
l’Altrad Stadium, les techniciens
grenoblois lui auront expliqué à
quelle « montagne » de muscle
et de talent, il aura à faire. Après
le Néo-Zélandais Guilford à
Clermont, Gio Aplon va affront e r l e Fi d j i e n N a g u s a à
Montpellier. Après ces deux tests,
Gio Aplon, le Sud-Africain, pourra estimer sa naturalisation en
Top 14 effectuée. ■
En bref...
HEGARTY ENDEUILLÉ
Antony Hegarty, le talonneur australien
du FCG, n’a pas participé à l’entraînement du mardi 19 août. La raison ? Le
décès de sa grand-mère. Libéré de
cette séance par Fabrice Landreau, il
passa la matinée en contacts téléphoniques avec sa famille en Australie.
DES ITALIENS À LESDIGUIÈRES
Depuis plusieurs semaines, lors des
entraînements du FC Grenoble on
entend parler italien dans les tribunes
du stade Lesdiguières par des personnes qui prennent en permanence des
notes. Dernièrement on y a vu un cadre
technique du club de Rhô dans la proche banlieue de Milan. Cette semaine,
il s’agissait de deux techniciens de la
province de Lombardie. Des espions ?
Non. Renseignements pris, il s’agit
d’amis de Philippe Doussy, le nouveau
coach du FC Grenoble qui a la charge
de la technique individuelle et qui,
numériquement, remplace Franck
Corrihons, l’ancien responsable des
trois-quarts. Des connaissances transalpines héritées du temps où il exerçait
en Italie.
CLÔTURE DES ABONNEMENTS
Pour les supporters héraultais qui souhaitent s’abonner à l’Altrad Stadium
pour la saison 2014-2015 et qui ne l’ont
pas encore fait, il ne vous reste plus
qu’une quinzaine de jours. En effet, la
clôture des abonnements est prévue le
12 septembre. Si vous êtes un particulier, vous pouvez acheter votre précieux
sésame et même choisir votre place sur
Internet, via la billetterie en ligne du
club (http://billetterie.montpellierrugby.com) ou directement à la boutique du stade.
12
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Pro D2 1 journée
re
Au programme
Programme
& point
BÉZIERS - AGEN
samedi 18 h 30 - M. Rosich (MPY)
BOURGOIN - ALBI
samedi 18 h 30 - M. Descottes (DA)
MASSY - PAU
samedi 18 h 30 - M. Clancy (IRL)
MONTAUBAN - CARCASSONNE
samedi 18 h 30 - M. Casteignède (CA)
NARBONNE - MONT-DE-MARSAN
samedi 18 h 30 - M. Gasnier (PCA)
TARBES - DAX
samedi 18 h 30 - M. Mallet (B)
PERPIGNAN - COLOMIERS
BIARRITZ - AURILLAC
dimanche 15 h 05 - M. Noirot (LAN) - Sport +, Fr 3
dimanche 18 h 30 - M. Hourquet (MPY)
OUVERT ET EXCITANT
Par Pierre-Laurent GOU
[email protected]
maines donnent un aperçu des forces en
présence. Et elles sont nombreuses.
es prétendants ne
manquent pas ! Il n’y
aura pas de place pour
tout le monde, mais le
Pro D2 qui débute ce
week-end n’a jamais
paru aussi ouvert. Clairement cette
année, il n’y a pas un gros favori qui se dégage et les matchs
amicaux de ces dernières se-
Biarritz et Perpignan, descendus du Top 14
font offices de grosses écuries mais pas
d’épouvantails tant, Agen et Pau paraissent
être armés pour rivaliser avec eux. Derrière
Béziers et Mont-de-Marsan chercheront à
imiter le parcours des Narbonnais de l’an
dernier et à jouer les trouble-fête. Qu’attendre des surprenants Audois ? Surferont-ils
sur leur excellente saison ou rentreront-ils
L
MONTAUBAN DE RETOUR
dans le rang ? On devrait le savoir un peu
plus tard dans la saison, car comme l’an passé, le Racing ne semble pas encore tout à
fait prêt. On surveillera aussi avec intérêt le
cheminement de Montauban et de ses formidables supporters. Que Sapiac retrouve le
rugby professionnel est une excellente nouvelle. Tarbes, l’un des symboles de ce Pro D2,
espère enfin cette année se qualifier pour
les phases finales. Tout en bas, Massy,
Carcassonne essaieront d’éviter l’un des
deux dernières places, synonymes d’expulsion du monde professionnel. ■
Béziers
Agen
Bourgoin
Albi
Massy
Pau
Montauban
Carcassonne
● C’est à Béziers que la saison du finaliste commencera. L’objectif annoncé est le top 5 et cela passera par une bonne entame
dans l’Hérault. Mais en face, se dresse une équipe bitteroise forte
de son succès en préparation face au promu montalbanais.
● Le marathon de Bourgoin commence ce week-end. L’opposition
promet d’être féroce entre Berjalliens et Albigeois. Solide à domicile l’an passé, le CSBJ accueille une équipe d’Albi qui a terminé sa préparation sur une belle victoire face à Aurillac.
● Massy n’a pas préparé au mieux la reprise. Deux défaites contre Albi et Nevers, et peu de certitudes alors que se présente la
Section paloise, demi-finaliste l’an passé et candidat déclaré à
la montée.
● Pour son grand retour en Pro D2 Montauban reçoit dans sa cuvette de Sapiac une équipe de Carcassonne qui n’a pas fait le plein
de confiance pendant sa préparation, concédant deux défaites
face à Tarbes et Mont-de-Marsan.
À BÉZIERS - Stade de la Méditerrannée
Samedi 18 h 30
Arbitres : M. Rosich (AB) assisté de MM. Lavit (PR) et Perrin (PR).
À BOURGOIN - Stade Pierre-Rajon
Samedi 18 h 30
Arbitres : M. Descottes (DA) assisté de MM. Mallet (DA) et
Chartrain (AP)
À MASSY - Stade Maurice-Lamarre
Samedi 18 h 30
Arbitres : M. Clancy (IRL) assisté de MM. Dutreuilh (PL) et Rataj
(AU).
À MONTAUBAN - Stade Sapiac
Samedi 18 h 30
Arbitres : M. Castaignède (CA) assisté de MM. Cayre (PA) et
Devais (CBL)
BOURGOIN (le groupe) Moinot, Bosviel, Tomamichel, Eymond,
Price, Gondrand, Alçacèbe, Bouillot, Kaméa, Puyo, Gabriel,
T. Cotte, L. Cotte, Pelepele, Recordier, Guillot, Nolan, Louchard
(cap.), Kribache, Janaudy ou Montagnat, Garcia, Holtzinger,
Spachuk, Resseguier.
Infirmerie : aux blessés de la fin de saison dernière, Vincent Barrière
(rupture du tendon d’Achille), Pierre Gicollet, (hernie discale), la préparation de l’intersaison a ajouté Gambo Adamou et Henari Veratu
(pubalgie), Da Silva (dos) et Perrin (entorse d’une cheville). Ces deux
derniers en reprise d’activité devront attendre encore quelques jours
pour retrouver la compétition. Cela pourrait se faire lors de la troisième journée à Dax, soit lors de la quatrième à domicile contre
Aurillac.
MASSY (l’équipe probable) 15. Hickey ; 14. Vailea, 13. Tidjini,
12. Lilomaiava, 11. Rodrigues ; 10. Latorre, 9. Coudol ;
7. Macovei, 8. Chaplain, 6. Meïté ; 5. Molitika, 4. Huete ;
3. Dadunashvili, 2. Tadjer, 1. Kuparadze. Remplaçants : 16. Algisi,
17. Ashvetia, 18. Macalou, 19. Desassis, 20. Prier, 21. Ratinaud,
22. Diemer, 23.I apteff.
Infirmerie : les Massicois attendaient l’avis définitif du corps médical sur la participation du pilier gauche Dadunashvili. Victime
d’une contracture, il n’avait pas participé au dernier match de préparation contre Chambéry. A priori, il sera apte. C’est la seule incertitude pour cet effectif diminué. Il manque quatorze joueurs dés
l’entame, dont trois deuxième ligne - Purdy, Chauveau, et Guedourri
- et l’ailier Many Vakaola.
ALBI (le groupe) Peluchon, Lacroix, Rokoduru, Naqiri,
Devetawalu, Hecker, Taumoepeau, Hough, Barthélémy, Rick,
Châteauraynaud, Cailleau, Calas, Farré, Faleafa, Tavalea,
Maisuradze, Tonga, André, Damiani, Sheklashvili, Hamadache,
Gau, Ponnau, Djebablah, Lafoy, Dedieu, El Jaï.
Infirmerie : le capitaine Julien Raynaud absent suite à un choc
aux côtes subi contre Aurillac (fracture déplacée du cartilage),
c’est le deuxième ligne Mathieu André qui portera le brassard de
capitaine. Baptiste Bonnet, qui a fini de purger ses matchs de
suspension hérités d’un carton rouge reçu en fin de saison dernière
durant les matchs amicaux, ne devrait pas être appelé. Florent
Fourcade et Maxime Payen, quant à eux, garnissent toujours les
bancs de l’infirmerie mais sont proches d’un retour.
PAU (le groupe) Mazonnetto, Acébès, Niko, Bonnet, Fumat,
Traille, Hiriart, Lescalmel, Fajardo, Moa, Marquès, Coughlan,
Monzéglio, Bernad, Domolaïlaï, Barrère, Boutaty, Dry, Ramsay,
Natsarashvili, Decamps, Hurou, Jacquot, Fakalelu, Boundjéma,
Bourgeois.
Infirmerie : des incertitudes demeurent concernant les déplacements en région parisienne de Vincent Campo, Sylvain Charlet et
Damien Fèvre. Tous trois, légèrement touchés, feront un point avec
le staff médical en fin de semaine avant qu’une décision définitive ne soit prise à leur égard. Quant à Jean Bouilhou, souffrant d’une
lombalgie, et Marion Solofuti, opéré d’une rupture du tendon
d’Achille gauche en fin de saison dernière, ils resteront à l’infirmerie. Le retour du Samoan n’est prévu qu’en fin d’année 2014.
MONTAUBAN (le groupe) Cazeaux, Ascarat, Ruel-Gallay,
Tupuola, Tufia, F. Domenech, Malié, Urruty, Byrnes, Chaput,
Vaotoa, Vaingalo, A. Domenech, Barthère, Delarue, Esclauze,
Sergueev, Penalva, Tekassala, Agnesi, Philippart, Tussac,
Rayssac, Tekassala, Ladhuie, Rochier.
Infirmerie : blessé en rencontre amicale face à Béziers, le troisième ligne Thabo Mamojele va rejoindre le groupe. Notons également le retour du deuxième ligne César Delarue qui a été mis
au repos face à Béziers. Gravement blessé à une cheville lors de
la finale du Jean-Prat face à Massy, le talonneur et capitaine,
Romain Lauga, a repris l’entraînement. En revanche, l’encadrement préfère différer sa rentrée. C’est Mickael Ladhuie qui sera
titulaire au talonnage. Normalement, il portera aussi les galons
de capitaine.
Narbonne
Mont-de-Marsan
Tarbes
Dax
Perpignan
Colomiers
Biarritz
Aurillac
● Après la raclée concédée à Perpignan la semaine dernière,
Narbonne, demi-finaliste surprise l’an passé, entame la saison
face à des Montois quasi au complet qui viendront en terres audoises avec de l’ambition.
● Avec deux succès et une courte défaite, le TPR entame la saison dans de bonnes dispositions. Proche de la zone rouge l’an passé, Dax s’est rassuré en fin de préparation avec une confortable victoire face à Mont-de-Marsan.
● Fort d’une large victoire face à Narbonne le week-end dernier,
l’Usap entamera sa première saison en Pro D2 par la réception de
Colomiers. Les regards seront notamment tournés vers le régional de l’étape, Bernard Goutta.
● À coup sûr, la grosse affiche de cette première journée de
Pro D2. Le BOPB accueille en ouverture Aurillac, prétendant à une
place dans les cinq premiers. Un vrai test pour se mettre de suite
dans le bain.
À NARBONNE - Stade Cassayet
Samedi 18 h 30
Arbitres : M. Gasnier (PCA) assisté de MM. Bigaran (MPY) et Hand
(AP).
À TARBES - Stade Maurice-Trélut
Samedi 18 h 30
Arbitres : M. Mallet (B) assisté de MM. Brousset (MPY) et Clavère
(LA)
À PERPIGNAN - Stade Aimé-Giral
Dimanche 15 h 15 - Sport + et France 3
Arbitres : M. Noirot (LA) assisté de MM. Ramos (LA) et Monteux
(DA)
À BIARRITZ - Stade Aguilera
Dimanche 18 h 30 - Eurosport
Arbitres : M. Hourquet (MPY) assisté de MM. Chastrusse (CA) et
Escoubet (CA)
NARBONNE (le groupe) Foley, McCallum, Fekitoa, Navakadretia,
Rattez, Hegarty, Jasmin, Eadie, Ruiz, Rouet, Nova, Erasito,
Herjean, Jenkins, Kafotamaki, Manchia, Tomiki, Strauss,
Fichten, Wright, Zanon, Edmons, Vuli.
Infirmerie : les Narbonnais commencent la saison presque au complet avec une infirmerie pratiquement vide. Les deux matchs amicaux disputés par les hommes de Justin Harrison et de Chris Whithaker
n’ont pas occasionné de blessures particulières mis à part le nouveau demi de mêlée Breet Sheenan qui souffre d’une grosse entorse
à une cheville contractée lors du match de préparation face à l’Usap.
Le joueur australien a passé des examens médicaux et le staff s’est
donné le temps de la réflexion jusqu’à aujourd’hui (vendredi) pour
décider de la participation ou du forfait de Breet Sheehan. En cas de
défection, il pourrait être remplacé par Rouet ou le jeune Nova.
TARBES (le groupe) Domec, Lilo, Siale, Lamotte, Poï, Thuriès,
Rubio, Moeke, Laharrague, Chevtchenko, Vergallo, Manu,
Haddon, Bézian, Collet, Cazac, Basauri, Timani, Nemsadze,
Antonescu, Tourreau, Koberidze, Grobler, Casals, Schuster,
Costa-Repetto.
Infirmerie : en attente de comparution devant la commission de
discipline, le deuxième ligne et capitaine Isoa Domolaïlaï fera défaut. Ce sera aussi le cas du centre Maxime Veau qui n’a pas disputé le moindre match de préparation, en raison de douleurs à un
genou. Ce seront les deux grands absents de cette reprise, eux
qui avaient été de tous les combats de la saison passée, ou pas loin.
On peut compter une demi-douzaine de joueurs à la découverte
du Pro D2.
PERPIGNAN (le groupe) Chéron, Taumalolo, Mchledishvili,
Ion, Bécasseau, Terrain, Genevois, Koulemine, Chalureau,
Bothma, Charlon, Basilaia, Château, Pérez, Rabat, Descons,
Duvenage, Ecochard, Allan, Belie, Benvenuti, Mafi, Marty,
Piukala, Bousquet, Votu, Farnoux, Michel.
Infirmerie : l’équipe de l’Usap aborde ce début du championnat
de Pro D2 sans son ailier sud-africain Wandile Mjekevu, qui souffre
d’une fracture d’un pied et qui est en convalescence, et son troisième ligne aile écossais Alasdair Strokosch, qui a été opéré des
cervicales. Notons qu’une incertitude plane autour de la participation du troisième ligne Benjamin Beaux, qui souffre d’une béquille,
et du nouveau capitaine et deuxième ligne Guillaume Vilaceca (contusion à une épaule).
BIARRITZ (le groupe) Hamdaoui, Boussuge, Davies, Gimenez,
Haget, Sella, Baby, Le Bourhis, Boulogne, Lucu, Roussarie,
I.Fono, U.Fono, Molcard, Soqeta, Placines, Hitching, Ecans,
Hewitt, Marie, Lockley, Cabarry, Clément, Lourdelet, Van
Staden, Levi, Noirot.
Infirmerie : pour sa grande première, Eddie O’Sullivan déplore de
nombreux absents. En première ligne, Benedict Broster (genou) et
Franck Montanella (talon) sont absents, alors que dans le pack
manquen aussi Éric Dos Santos (commotion), Philip Van der Walt
(dos) et Erik Lund (talon). Les lignes arrière ne sont pas non plus épargnées avec les blessés de longue date Waenga (épaule) Burotu
(genou) De Luca (cheville), Couet-Lannes (cheville) et Marienval
(main).
MONT-DE-MARSAN (le groupe) Claverie, Dubié, Lucu, Vunisa,
Salawa, Mirande, Chedal, Leota, Dut, James, A. Ormaechea,
Saubusse, Briscadieu, Taulanga, Taelaga, Tastet, Bost, Brethous,
Beal, Liebenberg, Flanagan, Tutaia, Dargier, S. Ormaechea,
Giudiccelli, Caudullo, Blanchard, Bordes, Fiorini, Mailau,
Rameau
Infirmerie : pour ce match d’ouverture, le Stade montois pourra compter sur la quasi intégralité de son effectif. Trois joueurs ne sont pas
encore en état de postuler à une place dans le groupe : Julien Cabannes
(lésion musculaire), Adriu Delaï (virus) et Carlos Muzzio (ménisque).
Autant dire que les coachs montois devront faire des choix cornéliens
au sein d’un groupe étoffé et très impatient de débuter.
DAX (le groupe) Justes, Alcalde, Laousse-Azpiazu, Bourret,
Ragamate, S. Ternisien, Bureitakiyaca, Delport, Devade,
Mathy, Ravuetaki, Klemenczak, Lesparre, Pic, Salle-Canne,
Perraux, Peyrelongue, Adrillon, August, Chollon, Coletta,
Garcia, C. Ternisien, Bernard, Bert, Dumont, Caezaux, Singer,
Arias, Boyoud, Scholz, Chies, Choinard, Lafon, Maignien,
Delaonca, Lespaiucq.
Infirmerie : les blessés de la saison dernière qui ne reprennent pas
encore sont Romain David, opéré des croisés d’un genou, Fabien
Magnan, tendon d’Achille, Jacques Naude, opéré des épaules.
Boris Béthery, ménisque, Pieter Van Lill, cuisse, Ockert Cornelius
Kriger, élongation, Charlie Arraté, opéré du ménisque, sont les autres absents.
COLOMIERS (le groupe) Lagain, Czekaj, Piron, Belzunce,
Maurino, Nicot, Vasuinubu, Bolakoro, Skrela, Lafforgue,
Culinat, Inigo, Amosa, Puech, Beco, Berneau, Bortolaso,
Lewarawu, Memain, Vivalda, Brits, Weber, Rioux, Falatea,
Castellina, Van der Westhuizen.
Infirmerie : opéré d’un kyste aux lombaires le 29 juillet dernier,
le pilier Thomas Dubois attendra le courant de l’automne pour redevenir opérationnel et pour pouvoir revenir dans le groupe hautgaronnais. Une indisponibilité qui a précipité la venue de Gaëtan
Guyon, le transfuge auscitain prêté par La Rochelle. Le deuxième
ligne Antoine Bourdin, dont le problème aux cervicales n’est toujours pas résolu, est l’autre absent de marque de l’effectif
columérin.
AURILLAC (le groupe) McPhee, Aubanel, Valentin, Jeudy,
Gaston, Sharikadze, Cassan, Kemp, Ratu, Petitjean, Nanette,
Renaud, Boisset, Adriaanse, Roussel, Lescure, Maïtuku,
Nouhaillaguet, Maninoa, Roulin, Datunashvili, Hézard,
Maréchal, Granouillet, Tokotuu, Taukeiaho, Pélissié, Leiataua,
Fournier, Escur.
Infirmerie : pour se rendre à Biarritz, les Aurillacois seront privés
du talonneur Nicolas Catanzano (genou) et du deuxième ligne irlandais Brian Hayes (épaule). Incertitudes concernant le trois-quarts
centre Savenaca Tokula, le droitier Patrick McAllistair ainsi que le
talonneur Adrien Pélissié. Pour le reste de la formation appelée à
en découdre au Pays basque, le groupe sera composé parmi la
trentaine de joueurs battus par Albi le week-end dernier.
BÉZIERS (le groupe) Peyras-Loustalet, Gerber, Gmir, Puletua,
Chevtchenko, Vakacegu, Fournil, Suchier, Bisman, Billou ;
Zouhair (cap), Lomidze, Baget, Caillet, Battye, Moore, Toevalu,
Boughanmi, Brison, Manukula, Fernandes, Pinto Ferrer,
Fualau.
Infirmerie : touchés face à Montauban lors du match de la feria,
Valentine (cuisse), attendu pour la réception de Tarbes, et Aho (déchirure mollet) sont forfaits pour Agen. À l’instar de Martin, qui
devrait prochainement retrouver la compétition, d’Alary (fracture
du nez), de Massot (opéré d’une épaule) et de Poux (opéré d’une hernie cervicales). Ramoneda est suspendu. Baget et Fualau tiendront, quant à eux, leur place.
AGEN (le groupe) Lamoulie, Toua ; Paris, Tagotago,
Caucaunibuca, Roux, Pelesasa ; Francis, Lagarde, Balès,
Ferrarry ; Vaquin, Hamilton, Tau, Giraud, Erbani ; Ratunyarawa,
Roidot, Jooste ; Tetrashvili, Afatia, Joly, Telefoni, N’Nomo ;
Narjissi, Fogarty.
Infirmerie : la semaine dernière, les pensionnaires de l’infirmerie agenaise étaient classés en trois catégories. Ceux de longue
durée : Ratianidze, Valdès et Darbo ; celui dont on espérait un
retour à brève échéance : le capitaine Mazars ; ceux enfin pour lesquels l’heure de la reprise avait sonné : Lamoulie, Waqaseduadua,
Demotte et Saurs. C’est sur la base des trente éléments ayant participé au dernier match de préparation à Biarritz que l’encadrement à convoqué son collectif pour le voyage en terres biterroises.
L’occasion de noter la présence de Caucaunibuca et le retour de
Lamoulie.
CARCASSONNE (le groupe) Grammatico, Gros, Lima,
Lazzarotto, Tatupu, Bancroft, Caminati, Bosch, Seron, Raynaud,
Etien, Gimeno, Durbesson, Koffi, Guironnet, Maurens, Tisseau,
Saby, Bissuel, Laval, Kouider, Badiu, Etcheverry.
Infirmerie : ils sont encore nombreux à remplir l’infirmerie. Il manque à l’appel pour cette première journée de championnat de
Pro D2 : le pilier Andreï Ursache (entorse d’une cheville), le pilier
Mohamed Ben Bouhout (tibia), le deuxième ligne Alin Coste (acromio), l’arrière Bastien Vilaret (genou), le deuxième ligne Andries Kruger
(genou), le troisième ligne Sanale Vavae Tuilagi (adducteurs), le
troisième ligne Franck Teyssier (cheville) et le troisième ligne Scott
Newlands (acromio).
Pro D2 1re journée 13
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Biarritz - Aurillac
Perpignan - Colomiers
BIARRITZ COMMENT L’ÉQUIPE BASQUE,
TOTALEMENT RENOUVELÉE, VA-T-ELLE RÉAGIR
FACE À UNE FORMATION DE PRO D2 BIEN RODÉE ?
PRENDRE
SES MARQUES
B
PERPIGNAN L’USAP VA DÉCOUVRIR LE PRO D2 CE DIMANCHE FACE AU DANGEREUX RIVAL COLUMÉRIN. UN TEST
GRANDEUR NATURE POUR DES CATALANS EN MANQUE DE REPÈRE MAIS REMOBILISÉS PAR L’INTERSAISON.
RECONQUÊTE,
JOUR 1
L
Par Vincent BISSONNET
[email protected]
« CONQUÊTE ET DÉFENSE, L’ADN DU CLUB »
L’Usap n’a pu, faute de temps, réviser ses gammes et sa partition.
Elle n’en reste pas moins soumise à des obligations de tout premier
ordre pour éviter un faux départ. « La priorité sera de répondre
présent en conquête et en défense, dans le un contre un, dans l’agressivité du rideau… Ces secteurs font partie de l’ADN du club et de
région. Il faut les respecter. » La fibre catalane, ressort cassé dans
un passé récent, est réanimée. Un moteur pour l’équipe et une
main tendue au public : « Il y a une vraie volonté de réconquérir les
spectateurs et l’on sent un engouement fort de leur part. Tout le monde
l’avait senti lors de notre rallye organisé à travers le département, ça
s’est confirmé en amical face à Narbonne avec 7 000 spectateurs. »
Dans les travées surchauffées de l’arène Aimé-Giral, dimanche,
Alain Hyardet tentera de trouver les mots pour sublimer ses protégés, quelques instants avant le premier impact : « Nous ne serons pas quinze ou vingt-trois. Toute une région sera avec nous quatre-vingts minutes durant. » Puisse l’union faire la force… ■
En bref...
à suivre ☛
Joris Cazenave,
l’assurance relève !
Le 12 janvier, à l’occasion de la rencontre opposant les espoirs du Stade toulousain à leurs
homologues clermontois futurs champions de
France de la catégorie, un demi de mêlée à la
« bouille » tout ce qu’il y a de plus juvénile crevait
l’écran aussi bien en tant que courroie de distribution
que derrière le mortier propre aux tireurs d’élite : Joris
Cazenave. De quoi amener les plus nostalgiques des
aficionados à établir une comparaison pour le moins
élogieuse avec Marc Pradier, figure marquante de la
campagne 1993-1994. À ceci près que le premier
nommé, natif d’Avignon et ancien sociétaire du Pays
d’Aix tout comme son ami Ludovic Radosavljevic, expédie ses missiles du pied droit. Et si d’aucuns prétendent
qu’aux âmes bien nées la valeur n’attend point le nombre des années, Joris Cazenave a déjà les pieds sur
terre et la tête bien sûr les épaules. Du temps de jeu
suffirait ainsi amplement au bonheur de celui se positionne en toute modestie dans le sillage des chefs de file du poste que sont Fabrice Culinat et « Seb’» Inigo. 1,70 m
pour 75 kg « seulement » certes, mais un mental en acier trempé. Et comme l’intégration auprès des glorieux
« anciens » (Rioux, Bortolaso) s’effectue sous d’excellents auspices, nul doute que l’image de la bonne pioche ira
comme un gant au transfuge auvergnat. La preuve, voilà notre jeune homme déjà bien installé du côté de
Colomiers… Ph. A. ■
Décla…
Philippe FILIATRE
Grégory PATAT
Responsable des trois-quarts de Colomiers
Responsable des avants de Perpignan
Démarrer chez une équipe qui part dans l’inconnu mais
qui dispose bien évidemment des arguments nécessaires pour faire face est forcément excitant. Deux déplacements consécutifs pour commencer, ce n’est pas un
avantage, à nous de préparer ce match comme le suivant ou n’importe quel autre, sachant que, d’un étage à
l’autre, la planification est sensiblement différente.
Nous avons été rassurés sur certains secteurs de jeu
face à Narbonne. La conquête avait notamment été
positive. Mais rien n’est acquis et ce sera une tout autre
histoire dimanche. Il faut aborder ce match avec beaucoup d’humilité. Il y a beaucoup de boulots devant avec
tous les changements de joueurs. Ce n’est pas mal mais
il reste du travail à ce niveau.
USAP : LE GROUPE MAURIN
SPONSOR MAILLOT
L’Usap a présenté, la semaine dernière, ses nouveaux maillots pour
la saison 2014-2015, à l’occasion
de la signature de la convention
triennale entre l’association et la
SASP. Le groupe Maurin y figurera
en bonne place, sur la poitrine des
joueurs.
DEUX NOUVELLES PENYES
À AIMÉ-GIRAL
Témoignages de l’engouement
populaire suscité par l’opération
reconquête, l’Usap comptera,
cette saison, plus de 5 000 abonnés - soit un chiffre similaire à la
saison dernière - et a vu le nombre de ses penyes (clubs de supporters) passer de treize à quinze,
pour un total de près de 1 500 fervents adhérents.
COLOMIERS : RENDEZ-VOUS
LE SAMEDI 6 SEPTEMBRE
Alors que l’hypothèse d’un décalage au dimanche de la première
échéance à domicile face à
Carcassonne avait été formulée,
Alain Carré a rappelé que, du fait
de l’inauguration du nouvel espace
réceptif, la réception des Audois
se fera bel et bien le premier
samedi de septembre comme
prévu. En revanche, le derby au
sommet face au champion de
France montalbanais pourrait fort
bien, lui, se dérouler le dimanche
12 octobre.
« PAS LE DROIT À L’ERREUR »
Et le BO se sait aussi attendu. La rançon de la gloire. Qui ne voudra pas réaliser l’exploit face à la formation la plus titrée de Pro D2
de ces dernières années. « C’est logique, confirme Benoît August.
Mais on en a déjà vécu des moments comme ceux qui nous attendent. Pour nous, le plus dur sera de s’adapter aux nouvelles conditions qu’exige ce championnat, des équipes rompues à cet exercice,
un nouvel arbitrage… On n’aura pas le droit à l’erreur. »
Si l’ancien talonneur ne prend pas ce match comme un test, il en
tirera toujours des indications. Comme celles qu’il a recueillies
avant l’ouverture du championnat, au vu des rencontres de préparation. « Elles ont mis en lumière les secteurs à améliorer. On a quelques absences aux postes clés. À la charnière notamment. Quelques
corrections à amener dans le jeu au pied. Certes, on n’est pas craintif mais ces manques sont importants. » Heureusement, les Biarrots
ont acquis quelques certitudes. Les bases, bien utiles en Pro D2, sont
solides. Touche et mêlée sont rassurantes. Biarritz pourra disposer
de ses ballons. C’est ensuite au niveau de l’utilisation que le travail doit être accentué. Le plus difficile quand une équipe repart
de zéro. Mais Benoît August aura constaté, au fil des matchs de
préparation, la montée en puissance de ses hommes. Avec une intensité croissante dans l’agressivité, l’engagement et l’organisation. À reconduire face à Aurillac. Pour lancer une saison. ■
à suivre ☛
e jour du débarquement est arrivé. L’Usap va découvrir, ce dimanche, un nouveau monde. Sa nouvelle réalité. « Il y a un peu d’excitation et surtout beaucoup de lucidité et de concentration, sent Alain Hyardet. C’est un
premier test grandeur nature. Peu de joueurs ont évolué en Pro D2. C’est une inconnue que l’on ne peut maîtriser. Mais tout le monde est prévenu de ce qui nous attend. » Pour
lancer concrètement son opération reconquête, amorcée au cours
de l’été au travers d’un plan de communication soigné, l’Usap doit
marquer son territoire d’entrée. Une question d’honneur, de devoir.
Cette tâche initiame ne s’annonce pas des plus aisées pour un collectif déterminé mais en construction. « Nous sommes un peu en retard, reconnaît le directeur du rugby. Avoir deux ou trois semaines
en plus n’aurait pas été de trop. Les priorités ont été de constituer un
effectif, de créer une vie de groupe et un début d’histoire commune.
Nous avons du coup un peu moins travaillé le rugby cet été. Le groupe
n’avait pas d’homogénéité à l’origine, entre les recrues, les espoirs et
les anciens de la maison, et l’intersaison a permis de créer du liant.
Ce qui va finir de le souder, ce sont les résultats. »
iarritz va savoir. Avec la réception d’Aurillac arrive
l’heure de vérité. Car les matchs de préparation, si
précieux soient-ils, n’amènent pas toute la lumière
sur l’adaptation à cette nouvelle vie. En tout cas, loin
des Biarrots l’idée d’écraser tout le monde et de retrouver au plus vite le Top 14. Serge Blanco, après la descente, l’avait déjà affirmé. Pas d’annonce intempestive. Les Basques
connaissent trop le monde du rugby pour se lancer dans des défis inconsidérés, même si leur désir est de jouer le haut du tableau.
Dans le staff, même prudence. « Franchement, précise Benoît August,
on n’a pas prévu de plan. On n’a pas parlé d’objectifs précis aux
joueurs. On est simplement attentif à la réaction qu’ils vont avoir dimanche. L’appétit viendra en mangeant. »
Il sera d’entrée proposé aux Biarrots une équipe classique de la division. L’une de celles qui se comportent toujours bien et qui flirtent toujours avec la qualification quand elle ne l’atteint pas. « On
a déjà joué Tarbes et Agen en matches de préparation, continue l’entraîneur des avants. Des équipes bien acclimatées à ce championnat.
Avec un fond de jeu sûr. À nous de trouver les solutions face à Aurillac.
On sait à quoi s’attendre. »
Mathieu Lescure :
Aurillacois cœur fidèle !
Quand on voit le gabarit du bonhomme,
on se demande comment « La Lesc » a
pu traverser, sans véritable encombre,
douze saisons consécutives de haut niveau.
Membre de la première génération estampillée « centre de formation », tout comme
Maxime Petitjean d’ailleurs, on en oublierait
presque que l’ancien trois-quarts centre des
Reichel stadistes, a débuté en équipe fanion
aux fesses des Olivier Merle, de Fabrice
Ribeyrolles, de Bob Heyer, de David Courteix,
de David Gabin, de Fabien Domingo, de
Roméo Gontineac et compagnie. De quoi vous
permettre d’amasser expérience et souvenirs à
la pelle. Car Mathieu Lescure, c’est d’abord un
pote ! Un mec qui sait fédérer pendant quatrevingts minutes puis rassembler autour d’une
bonne bière ensuite. Et ce n’est pas tous ceux
qui ont terminé leurs nuits dans sa cave aménagée façon « bar clandestin » qui
diront le contraire. Mais ça, c’était avant. Car aujourd’hui, il est devenu à la fois
l’oreille mais aussi la voix de ses partenaires. Admirable sur le pré, il devient
naturellement respecté en dehors. C’est le leader de vie et le capitaine de soirée d’un groupe au sein duquel il a vu défiler moult nationalités et personnalités. Des têtes sont passées mais lui est toujours resté. Au point d’être l’un des
rares polyactifs du circuit pro. Reconversion oblige ! Alors au moment d’entamer
un nouveau tour de piste, ce collectif aurillacois rajeuni aura bien besoin des
ficelles emmagasinées par l’un de ses historiques. À commencer par le prochain
voyage à Biarritz où la présence de son troisième ligne pourrait s’avérer déterminante en cas de gros temps. Th. J. ■
Décla…
Thierry PEUCHLESTRADE
Coentraîneur d’Aurillac
Nous sortons d’un match amical contre Albi qui nous a remis les pieds sur terre
après deux bonnes sorties contre Agen puis Perpignan. Pourtant, nous avions
prévenu les joueurs de la qualité d’un adversaire toujours agressif et très bon
dans les contests. Si au cours du premier acte nous avons fait jeu égal, par la
suite, on a perdu notre rugby. Nous avons accumulé les ballons perdus au contact, les passes hasardeuses et les plaquages manqués. Bref, un véritable cauchemar ! C’est une grosse claque qui, j’ose l’espérer, est arrivée au bon
moment. Faute de quoi, notre déplacement à Biarritz pourrait s’annoncer très
délicat.
Photo Icon Sport
Top départ pour l’Usap qui doit très rapidement trouver des automatismes pour rejoindre l’élite au plus vite. Photo Olivier Got
Par Edmond LATAILLADE
14 Pro D2 1re journée
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Montauban - Carcassonne
à suivre ☛
Les débuts des ex-Auscitains
Bissuel et Caminati
Relégués la saison dernière
avec le FC Auch-Gers, le talonneur Luc Bissuel (capitaine de
la formation gersoise l’an passé) et le
demi d’ouverture Benjamin Caminati
sont venus renforcer les rangs de
Carcassonne. L’occasion de rebondir
après une saison marquée par une
descente. Tous les deux figurent dans
le premier groupe donné par Christian
Gajan pour le déplacement à
Montauban. Néanmoins, ils devraient
débuter sur le banc des remplaçants
pour leur premier match officiel sous
leurs nouvelles couleurs, laissant aux
anciens de la maison Pierre Saby et
Gilles Bosch de commencer cette première rencontre de championnat. Les
qualités de ces deux nouveaux
joueurs sont reconnues par tous les
acteurs du Pro D2. Ils apporteront une
profondeur de banc qui a souvent fait
défaut aux Audois la saison dernière.
N. A. ■
L’interview
CHRISTIAN GAJAN
MANAGER SPORTIF DE CARCASSONNE
« Pas faire
les malins »
Les Montalbanais ont travaillé la touche cette semaine à l’entraînement. Outre l’importance de disposer de bonnes munitions pour mener à bien
leur propre jeu, les Tarn-et-Garonnais ont cherché à acquérir des automatismes pour ne pas manquer leur retour. Photo La Dépêche du Midi
Propos recueillis par Nicolas AUGOT
[email protected]
MONTAUBAN APRÈS QUATRE SAISONS CHEZ LES AMATEURS, L’USM RETROUVE LE MONDE PROFESSIONNEL.
POUR LEUR PREMIER MATCH OFFICIEL À DOMICILE, LES MONTALBANNAIS N’ONT PAS INTENTION DE PASSER À CÔTÉ.
ENTAME CAPITALE
Par Didier NAVARRE
Q
uestion : à quand remonte la dernière prestation
des Montalbanais dans leur antre fétiche de Sapiac
au sein du second niveau professionnel ? Très exactement, au 14 mai 2006, et l’adversaire était l’US
dacquoise. Ce jour-là, les Tarn-et-Garonnais s’étaient
largement imposés (33-14) et avaient été officiellement sacrés champions de France. La suite, ce
fut quatre saisons au plus haut niveau, ponctuées
par une qualification en H Cup. Moins flatteurs furent le dépôt
de bilan et quatre années passées chez les meilleurs amateurs.
Après cette période de disette sportive, la glorieuse USM a retrouvé l’univers des professionnels. Samedi, elle va y effectuer son grand
retour face à Carcassonne, une formation qui n’a plus foulé la
pelouse de Sapiac depuis la saison 1984-1985.
LE CAILLOU DANS LA CHAUSSURE
Un premier rendez-vous que toutes les forces vives du rugby montalbanais attendent avec impatience, ce que confirme l’emblématique Xavier Péméja : « Nous sentons une effervescence à quelques
jours de ce match. Les joueurs ont vraiment hâte d’en découdre, les
supporters sont également impatients. Cependant, cette ambiance
festive de kermesse ne doit pas nous faire oublier les réalités du ter-
rain. Rappelons que nous sommes le promu. Samedi, nous rencontrons une équipe qui a largement fait ses preuves dans ce championnat de Pro D2. Nous allons avoir du pain sur la planche, d’autant
que pendant notre préparation et nos derniers matchs amicaux face
à Dax et Béziers, nous nous rendons compte que nous avons encore
des réglages à effectuer. Tout n’est pas encore parfait. »
L’adversaire audois va se présenter dans la cuvette avec un bilan
guère flatteur. En deux matchs de préparation, les Carcassonnais
ont un passif de 77 points encaissés face à Mont-de-Marsan et
Tarbes. « Ces résultats m’incitent à être encore plus méfiants, confie Pierre-Philippe Lafond, le responsable de la conquête. Je vais
rappeler à mes joueurs que Carcassonne a réussi à se maintenir l’an
dernier alors que sa situation sportive était catastrophique à la trêve.
Il faut toujours se méfier du contenu d’un match amical. » Un point
de vue que partage également Xavier Péméja : « Le résultat d’un match
amical, c’est toujours aléatoire. Perpignan a été largement battu à
Aurillac et a ensuite passé quarante points à Narbonne. Carcassonne
va nous poser des problèmes, j’en suis convaincu. Notre ambition
première est de remporter ce match, même sur le plus petit des écarts.
Nous ne pouvons pas commencer ce marathon avec un caillou dans
la chaussure. »
Après cette réception, l’USM s’exportera successivement à Dax
et Aurillac. Par la force des choses, cette entame est capitale sous
peine d’être (déjà) à la recherche d’oxygène. ■
Vous avez concédé deux défaites
lors des matchs amicaux.
Comment évaluez-vous votre
préparation ?
Notre préparation a été perturbée par
de nombreuses blessures. Notamment
en raison de joueurs blessés depuis la
saison dernière et qui ont eu du mal à
reprendre. Nous avons aussi perdu
sept joueurs lors de la préparation. Nous
avons donc dû en préserver certains.
Maintenant, nous allons voir si nous
sommes prêts.
Comment jugez-vous
votre nouvel effectif ?
Nous avons conservé 80 % de notre
effectif de la saison dernière. Les nouveaux nous amènent une plus-value et
nous permettent d’augmenter en qualité mais aussi en quantité. L’an passé, nous n’avions que vingt-sept contrats
donc c’était important. Nous avons aussi recruté des jeunes en devenir qui
sont lâchés par les grands clubs au profit des joueurs étrangers. Nous avons
profité de cette situation ridicule.
Vous affrontez un club promu lors
de cette 1re journée. Que savezvous de cette équipe
de Montauban ?
Je connais très bien les entraîneurs
et je sais qu’ils sont très compétents.
Montauban est un club très structuré
qui vient de réaliser une belle saison.
Surtout, je crois que les meilleures
équipes de Fédérale ne sont pas très
loin d’avoir le niveau du Pro D2.
D’ailleurs, cette année, nous devons
nous attendre à un championnat très
serré.
Montauban est descendu en 2010
et attend avec impatience son retour dans le giron professionnel.
Est-ce une pression supplémentaire de se rendre à Sapiac en
premier ?
Les Montalbanais sont très contents
de revenir en Pro D2 et ils l’ont mérité.
Je sais qu’il y a toujours eu un gros public à Sapiac et une grande attente derrière cette équipe. Il est certain que les
Montalbanais seront surmotivés.
Pour obtenir le maintien, est-ce
capital de battre Montauban ?
Ce n’est que le premier match. Nous
en avons trente à jouer. Pour l’instant, nous avons envie de bien faire
avec pour objectif de faire venir des
gens au stade. Pour cela, il faut produire un minimum de spectacle et gagner des matchs. Maintenant, nous
sortons d’une saison difficile donc
nous n’allons pas faire les malins. Le
but est de réussir un premier bloc de
matchs correct. ■
Bourgoin - Albi
Décla…
BOURGOIN EN ATTENTE DE LA DÉCISION DÉFINITIVE QUI POURRAIT LUI ÔTER DIX POINTS AU CLASSEMENT,
LE CSBJ VEUT FRAPPER UN GRAND COUP POUR L’OUVERTURE DE LA SAISON À DOMICILE CONTRE ALBI.
Matthieu André Deuxième ligne et capitaine d’Albi
OUVERTURE
A
Par Francis LARRIBE
[email protected]
vant que de faire appel de
la décision de la DNACG
qui infligeait à Bourgoin un
retrait de dix points au classement, Martial Manier, le
président de la SAS CSBJ,
s’interrogeait ainsi sur l’attitude à adopter face à ce qui, dans le Nord-Isère et
dans toute la Berjallie, est vécu comme
une injustice : « On va répondre sur le terrain, disait le président. Nous allons faire
un début de championnat tonitruant, en
gagnant les cinq premiers matchs, en jouant
sur la rage que cette décision a insufflé
chez tous les joueurs. Ils sont remontés
comme des avions. »
Depuis, de l’eau a coulé sous les ponts de
la Bourbre, depuis Martial Manier a suivi son conseil d’administration. Il a fait
appel, ce qui a un effet suspensif et fait que
le CSBJ démarre sur la même ligne que
ses quinze autres adversaires. Mais on a
cru déceler aux entraînements, chez les
joueurs et chez l’encadrement, cet énervement, cette colère qui était les leurs il
y a presque un mois au moment où la
France du rugby apprenait la sanction
contre Bourgoin. Mais avant de penser
aux quatre prochains autres matchs du
premier bloc (Agen, Dax, Aurillac et Massy),
le CSBJ ne veut pas se projeter plus loin
que sur celui de l’ouverture de la saison
à Pierre-Rajon. La priorité des priorités,
l’exigence absolue, c’est la victoire sur
Albi.
PAS LE DROIT À L’ERREUR
Dans la situation actuelle du CSBJ, les
enjeux de ce match d’ouverture sont immenses. À Bourgoin personne ne les
ignore. « Albi a gagné tous ses matchs amicaux de préparation, dit Camille Levast,
le nouveau directeur sportif du CSBJ. C’est
une équipe qui commence un nouveau projet de jeu avec l’arrivée d’Ugo Mola. Nous
n’avons pas oublié que la saison dernière,
en venant s’imposer à Rajon à la mi-décembre (victoire 12-9, N.D.L.R.), Albi avait
cassé notre dynamique. Au-delà de cet aspect des choses, nous devons lancer notre
saison par une victoire. On sait l’importance d’un début de saison réussi. Nous
connaissons les conséquences d’une défaite à domicile sur les joueurs. C’est encore pire quand la défaite intervient lors
de la première journée. C’est simple, nous
n’avons pas droit à l’erreur. »
Exact, le CSBJ ne peut pas ajouter au
handicap « administratif » de dix points
qui plane au-dessus de sa tête, celui d’une
défaite sur le pré de Rajon. Auquel cas,
cela ferait un boulet de treize voire de
quatorze points à traîner tout au long de
la saison. Et là, le défi du CSBJ ne serait
plus de viser la qualification mais de sauver sa peau en Pro D2. ■
à suivre ☛
EN SOL MAJEUR
Les matchs amicaux nous ont permis de gagner en confiance. Mais par expérience, nous
savons bien que ces rencontres-là n’ont pas grand-chose à voir avec la compétition qui
commence samedi. Notre adversaire Bourgoin est susceptible de perdre dix points. Nul
doute qu’ils seront encore plus motivés pour ne pas perdre de points d’entrée sur leur terre.
Nous sommes rassurés sur notre capacité à avancer et à gagner nos duels. Désormais,
nous devons progresser sur la discipline : contre Aurillac en amical, nous avons été pénalisés seize fois contre six fois à nos adversaires. Face à Bourgoin, cela ne passera pas.
Daniel Faleafa,
le rouleau compresseur
Selon toute vraisemblance, en l’absence de Julien Raynaud et de Florent Fourcade,
tous deux absents pour cause de blessure, c’est la recrue néo-zélandaise Daniel
Faleafa qui tiendra le poste de numéro 8 samedi soir. Au vrai, au vu des copies rendues par le joueur arrivé en provenance d’Australie lors des
matchs amicaux, sa titularisation apparaît logique.
Extrêmement puissant, Daniel Faleafa est toujours dans
l’avancée. Monstre de densité physique, il est aussi très
intelligent sur le terrain et lit le jeu à la perfection. Sa technique de plaquage associée à ses capacités athlétiques
(1,93 m, 115 kg) font de lui un redoutable défenseur, lui
permettant de récupérer énormément de ballons. Rémy
Ladauge, le spécialiste de la défense au SCA ne tarit pas
d’éloges sur la pépite albigeoise : « Pour moi, Daniel a le
potentiel pour être un joueur de très haut niveau, il devrait
exploser cette saison sous les feux des projecteurs en
France. » Son profil s’adapte très bien au morphotype de
l’équipe berjallienne qui est déjà obligée de gagner vu sa
situation comptable qui risque de se compliquer si la perte
des dix points venait à se confirmer. D. B. ■
Pro D2 1re journée 15
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Béziers - Agen
Tarbes - Dax
BÉZIERS LES HÉRAULTAIS ACCUEILLENT AGEN, FINALISTE
DU PRO D2 L’AN DERNIER. UN CHOC À BIEN NÉGOCIER
POUR SE LANCER À L’ASSAUT D’UN BLOC RELEVÉ.
À L’ÉPREUVE
DU FEU
U
Les Tarbais de Vungakoto Lilo attaquent la saison par une réception déjà capitale. Vont-ils confirmer leur bonne campagne de matchs amicaux ? Ou est-ce que les remaniements intervenus cet été auront-ils eu plus d’impact que prévu ? Photo La Dépêche du Midi
TARBES MÊME SI LES RENCONTRES PREPARATOIRES ONT DONNE SATISFACTION, PAS MAL D’INCERTITUDES
DEMEURENT, ENTRE DEPARTS ET ABSENCES, AU MOMENT DE SE LANCER DANS LA COMPETITION
L’OUVERTURE
DE TOUS LES DANGERS
n ne saurait parler de véritable saut dans l’inconnu pour un club qui aborde sa quinzième saison à
ce niveau de la compétition, pour une équipe qui
vient de la boucler deux fois de suite à la sixième
place. Mais il est vrai que l’on se pose pas mal de
questions à son propos, au moment où elle va s’affronter aux réalités d’un championnat sans cesse plus armé,
alors qu’elle a été passablement bouleversée à l’intersaison,
surtout sa mêlée. Bien sûr, elle est apparue plutôt rassurante
dans sa campagne de préparation, mais quel crédit doit-on lui
accorder pour des prestations sans autre enjeu que celui de la
recherche, de la mise au point, au cours de rencontres le plus souvent perturbées par des roulements d’effectifs en nombre inhabituel ? On arguera que sa rivale du jour ne sera pas mieux
lotie dans le domaine des certitudes en dépit d’une large victoire sur sa voisine montoise que l’on peut compter sûrement parmi les favorites pour un classement dans le haut du tableau.
Mais on ne peut ignorer que Tarbes va devoir jouer cette ouverture sans deux de ses chefs de jeu, deux piliers de la saison
passée : le deuxième ligne et capitaine, Isoa Domolaïlaï est sus-
Nicolas NADAU
Entraîneur des avants de Tarbes
De notre côté, on a pu observer à la faveur des
trois rencontres de préparation les prémices d’une
bonne organisation, d’une articulation du jeu. Il
faut apprécier maintenant la façon dont les arbitres appliqueront les recommandations du new
deal, voir le temps qu’ils accorderont à l’attaque
pour s’organiser. L’observation de Dax nous a confortés dans la certitude d’une équipe qui a beaucoup et bien recruté, devenue plus puissante en
général, plus rapide en ligne arrière. Est-ce que la
nôtre sera capable d’appliquer la stratégie définie
et de la tenir ? L’issue du match peut en dépendre.
Un gros regret enfin, l’absence de notre capitaine ;
Isoa pèse sur la conquête, sur notre jeu… et sur
le regard des adversaires.
Richard DOURTHE
Manager de Dax
Il ne faut pas se louper d’entrée. C’est un peu
comme dans le Top 14. Cette équipe de Tarbes, à
l’image du Stade Français, peut basculer vers le
haut du tableau, soit de l’autre côté. Ce n’est pas
encore notre championnat. Mais nous irons avec
beaucoup d’intentions, pas des prétentions. Ce
match nous servira à nous étalonner. Il nous donnera des indications comme des contre-indications. On verra comme on se comportera au
niveau du jeu. Certes on progresse de match en
match, c’est de mieux en mieux mais c’est le
championnat qui détient la vérité.
« UN SUPPLÉMENT D’ÂME », DIXIT BAGET
« Certes, mais nous souhaitons désormais appréhender les réceptions
comme les déplacements avec la même rigueur. Car nous devons acquérir plus de constance dans nos comportements, afin de trouver cette
régularité dans nos performances qui nous faisait défaut », note Marc
Baget. Ambitieux, les Rouge et Bleu n’en perdent pas pour autant
leur lucidité.
Agen n’évolue pas dans la même dimension et ils devront donc trouver des clés mentales, comme le précise le numéro 8 : « Le dernier stage
à Camares nous a permis de trouver le liant entre les avants et les troisquarts. Nos repères collectifs ne seront pas encore en place à 100 %
samedi, mais la rencontre ne se jouera pas là-dessus… Le SUA est de
toute façon plus fort et mieux rodé que nous. Il nous faudra donc un
supplément d’âme, d’agressivité et de physique si on veut rivaliser. »
Des caractéristiques chères aux Biterrois, qui miseront également
sur leurs points forts rugbystiques et tenteront de montrer les préceptes de leur nouvelle philosophie de jeu : « Comme d’habitude, nous
devrons être performants en défense comme en conquête. Et aussi, suffisamment en place offensivement pour gagner, car c’est le gros chantier de la saison », conclut Hamacek. En quête de certitudes, l’ASBH
veut s’étalonner face à l’ogre agenais pour avancer. ■
LES FAVEURS DU NEW DEAL ?
Au vrai, tous les paramètres d’un danger imminent seraient réunis si cette équipe forcément renouvelée n’avait pas jusqu’ici
donné des assurances fortes sur son état d’esprit. Frédéric Garcia
qui découvre le club l’a vite ressenti : « L’élément majeur à retirer de ces trois dernières semaines de préparation, c’est l’envie d’avancer, de bien faire, dans lune solidarité forte. On est
conscient qu’il manque du travail pour obtenir les automatismes de jeu, notamment sur les nouveautés, mais il y a cela de rassurant, cet état d’esprit collectif. » Il y a aussi, les effets supposés du new deal, ces nouvelles règles ou autres recommandations
instaurées pour favoriser l’expression des équipes tournées vers
le jeu, et là le TPR pourrait bien avoir un peu d’avance sur d’autres, lui qui le joue, le jeu, depuis une bonne paire de saisons. Mais
qui saurait dire, là, que ça se passera comme ci ou comme ça ?
ll reste tant d’incertitudes à faire tomber ! ■
Peyrelongue, précieux
dans le vestiaire !
à suivre ☛
Décla…
pendu), le centre Maxime Veau traîne les séquelles d’une intervention à un genou. Deux défections forcées à ajouter au départ de quatre piliers de mêlée, deux de chaque côté, et à l’indisponibilité du droitier restant, Irakli Mirtskhulava dont l’emprise
sur l’édifice s’affirmait.
ne entame herculéenne. Lors des quatre premières
journées de championnat, l’ASBH se frottera… À trois
des derniers demi-finalistes ! Agen puis Pau à la maison et Narbonne à l’extérieur pour un derby (troisième
journée). Et recevra Tarbes le week-end prochain, qui
est tout sauf une victime expiatrice : « Ce bloc est énorme
et important. Paraît-il que c’est à l’épreuve du feu qu’on forme un bon
acier. Il nous tarde donc de débuter face à Agen, car nous avons confiance
en nos joueurs et au travail réalisé. Nous sommes prêts à démarrer »,
explique Christophe Hamacek. Impatients les Biterrois, mais ne sontils pas aussi apeurés par ces montagnes à franchir ? Et cette opposition face au SUA, qui, si elle venait à se conclure par une défaite,
pourrait faire douter d’entrée un groupe fonctionnant à la confiance.
Le coach des avants « ne souhaite même pas envisager ce cas de figure,
même si on débute face à une des meilleures formations du Pro D2. Ce
n’est qu’un trentième du championnat qui se jouera samedi, mais le
groupe se doit de bien commencer. » Afin de faire de la Méditerranée
une forteresse (quasi) imprenable, à l’image de la deuxième partie de
saison l’an dernier ? Une donnée essentielle pour une équipe incapable de s’imposer à l’extérieur par le passé…
La transmission ! Voilà la mission dévolue à Julien
Peyrelongue. L’ancien biarrot, contacté très tôt, dès le
mois de janvier, par les Dacquois, se voit très bien
dans ce rôle de guide. À 33 ans, fort d’une expérience de 14
ans au plus haut niveau, avec des titres, des aventures européennes et internationales, il sera là pour guider ses jeunes
troupes dans un championnat, certes nouveau pour lui, mais
qui lui plaît au plus haut point. « C’est un challenge très excitant pour moi, précise l’intéressé. J’ai très envie d’aider le
club qui est venu me chercher, qui a cru en moi. J’ai bien ressenti les choses dans le discours de Richard Dourthe. Ça a
été déterminant. Et puis, depuis la reprise, je ne suis pas
déçu. Le groupe est très sain. Je prends énormément de plaisir, ce qui n’était pas le cas la saison dernière. » Le Landais
de Peyrehorade sait que ce championnat sera bien différent
de celui qu’il a connu. Mais le défi est à la hauteur de
l’investissement. « En fait, tempère-t-il, le Pro D2 aujourd’hui,
me rappelle le Top 16 d’il y a dix ans. C’est un championnat
exigeant. Il ne faut pas perdre de temps et y entrer très fort,
en étant performant dès le début. » Le demi d’ouverture ne se
fait pas trop de souci à ce niveau-là. Les matchs de préparation attestent d’une confiance qui se renforce au fil du temps.
« On est allé crescendo. Après une bonne préparation physique et des débuts délicats face à Montauban, on a vu une
première ébauche contre Albi puis le dernier match face à
Mont de Marsan a permis de valider les quinze derniers jours
de travail. On est bien dans nos têtes. » Julien Peyrelongue
n’est pas homme à changer. Dax jouira de sa loyauté affichée
tout au long de sa carrière. Suivez le guide. E. L. ■
En bref...
LA POUSSÉE
DES FEMMES
Elles viennent de plus en plus
nombreuses au stade, c’est un
constat fait par les dirigeants
tarbais et il s’appuie sur la fréquentation des soirées festives
d’après-match. « Sur les six
cents convives reçus désormais, en moyenne, sous le chapiteau, elles se comptent deux
cent cinquante, quand elles
n’étaient qu’une cinquantaine
auparavant », observe Antoine
Nunès. Pour le président du
TPR, le constat s’explique facilement : « Nous avons veillé à
soigner les conditions de
réception, en assainissant le
sol avec un enrobé et en plaçant, après dépose des façades
périphériques, des panneaux
isolants qui maintiennent une
température agréable tout en
générant des économies de
chauffage. » Sur le terrain,
l’équipe de compétition féminine est devenue plus discrète
après avoir accédé au
deuxième niveau national. Du
mieux avec l’effet « Coupe du
monde » ?
à suivre ☛
O
Par Georges DUTHU
Par Julien LOUIS
Alexi Balès capitaine,
première !
Ce n’est pas le genre de décision qui peut troubler la stabilité affichée
par le SUALG, mais nous devons cependant noter qu’aux postes de commandement du groupe, le staff a placé un nouveau capitaine : Lionel
Mazars, et un vice-capitaine : Alexi Balès. Tous les deux seront épaulés par deux
capitaines adjoints : Jalil Narjissi et Junior Pelesasa. Lionel Mazars absent pour
cause de blessure, c’est donc Alexi Balès qui conduira les Agenais à l’assaut de
l’AS Béziers. Cette promotion, le demi de mêlée à l’énergie électrique l’a obtenue la saison dernière en se révélant dans la peau d’un leader. « Ma seule expérience du capitanat remonte aux juniors Crabos d’Agen champions de France, se
souvient Alexi. Je n’ai jamais été capitaine en équipe de France, mais j’ai toujours été un leader. J’aime bien commander, c’est naturel chez moi. Je ne vais
pas gamberger avec ça, je suis épaulé par des anciens comme Jalil Narjissi,
Marc Giraud ou Junior Pelesasa qui vont m’aider. » Au sommet de la hiérarchie
interne, Alexi Balès ne devrait pas être différent de l’acteur qu’il est d’ordinaire
auprès de ses coéquipiers. Il n’a pas une conception révolutionnaire du poste à
responsabilité, mais ses convictions sont fortes : « Le meilleur moyen de réussir
dans sa mission c’est de donner l’exemple et d’être bon sur le terrain. J’aime
bien parler avant le match dans le vestiaire, surtout aux avants pour les préparer
mentalement au rendez-vous. Je parle aussi sur le terrain car la charnière est un
axe primordial. Mais je ne suis pas non plus un grand bavard. Je n’ai que 24 ans
et il y a des années d’expériences autour de moi alors j’essaie de ne pas trop en
dire. On a toujours un peu de retenue quand on est jeune. » En revanche, samedi, sur le pré, le jeune capitaine du SALG ne s’imposera aucune réserve. Tel est
son tempérament. G. P. ■
Décla…
Jean-Jacques CRENCA
Entraîneur des avants d’Agen
Il y a encore beaucoup de choses à travailler
mais nous bossons pour être le plus performants possible, et nous devons faire des
choses simples mais efficaces. La stabilité
du groupe nous a permis de passer plus vite
sur le rugby, et notamment la défense. Nous
montons en puissance et le match de préparation face au BOPB a révélé du mieux en
termes d’agressivité. Je suis assez satisfait
des recrues de l’avant, les joueurs se sont bien intégrés. Nous cherchons un
joker pour compenser l’absence du pilier droit Ratianidze mais il faut que nous
tombions sur la bonne opportunité. Il n’y a pas d’affolement. Nous savons que
l’ASB va mettre dans son match beaucoup de combat et d’engagement, et nous
devons laisser maintenant nos matchs amicaux de côté. Mais les joueurs paraissent concentrés sur cette entame de championnat.
16 Pro D2 1re journée
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Massy - Pau
à suivre ☛
Boutaty, véritable guerrier
Travailleur de l’ombre, doté
d’une solide réputation de
guerrier sur un terrain,
Abdellatif Boutaty a rejoint la
Section à l’intersaison. Ce
grand gaillard d’1,95 mètre
pour 114 kg prêtera main-forte en
deuxième ligne à Claude Dry,
Damien Fèvre et Daniel Ramsay. Une
recrue de choix d’autant que l’international marocain évoluait ces dernières saisons à Bayonne où il était
considéré comme l’un des leaders du
pack. Désormais, il mettra son expérience au service du collectif palois.
« Je vais faire en sorte que ma présence soit un plus pour le collectif,
témoigne-t-il. La Section paloise a
de l’ambition et possède un groupe
qui affiche une grosse solidarité.
Aussi, je pense qu’on peut s’appuyer
sur cette valeur pour réaliser une
grande saison. »
En rejoignant le club du président
Pontneau, Abdellatif Boutaty n’a pas
atterri en terre inconnue puisqu’il a
déjà porté le maillot vert et blanc de
2005 à 2007. À l’époque le garçon
était plus jeune et beaucoup moins
expérimenté. Après six années passées dans l’élite du rugby, retrouver
les joutes de Pro D2 ne lui pose pas
de problème, même s’il est conscient
que le jeu y est plus rugueux. « Il ne
faut pas avoir peur de prendre des
coups et de mettre la tête », rajoutet-il.
À Massy, où les Palois avaient enregistré une sévère correction il y a
deux ans, le nouveau venu montrera
sans nul doute la voie de la sagesse
à ses partenaires. M. B. ■
L’interview
Marquer les esprits dès la reprise est l’objectif affiché des Franciliens de Mehabyi Tidjini qui accueillent des Palois ambitieux. Photo Icon Sport
SIMON MANNIX - MANAGER DE PAU
MASSY LES FRANCILIENS VEULENT IMPOSER LEUR JEU DANS CE CHAMPIONNAT POUR SE MAINTENIR.
MAIS ILS LE DÉMARRENT ASSEZ DIMINUÉS. ILS POURRAIENT RÉDUIRE LEURS INTENTIONS CONTRE PAU.
« Respectons
INTENTIONS
tout le monde ! »
CONTRARIÉES ?
D
Par Guillaume CYPRIEN
ans le calme de leur retraite
savoyarde où ils ont achevé
leur préparation, la semaine
dernière à Val Morel et
Albertville, le tour de table
que les joueurs de Massy
ont organisés entre eux à la fin du repas
juste avant de se jeter dans leur dernière
rencontre amicale face à Chambéry, a donné la nature de leur optimisme : le maintien se jouera plutôt sur leur qualités d’attaquants. Sur la foi de tous les paramètres
enregistrés depuis dix ans en Pro D2, les
classements des équipes, le budget des
clubs, la trajectoire des promus avant eux,
ou la dynamique actuelle de leurs concurrents, qu’ils ont superposés à leur propres qualités, à l’opinion qu’ils se font
d’eux-mêmes, les Massicois ont pensé
qu’ils achèveraient le championnat entre
la 9e place et la 12e au classement de l’offensive. En défense, entre la 10e et la 13e.
Si la différence n’est pas énorme, elle dit
les intentions de cette équipe, qui ne compte pas se laisser manœuvrer sur la durée
du championnat. « On n’est le Petit Poucet
de personne », le synthétise le capitaine
Meïté. La question qui se pose, à l’heure de
démarrer la compétition contre une équipe
intrinsèquement plus forte, plus riche, et
beaucoup plus expérimentée, est de savoir si elle pourra affirmer cette intention
dans l’action contre Pau immédiatement.
IL MANQUE UNE DEUXIÈME LIGNE
La physionomie des trois rencontres amicales organisées contre Albi, Nevers et
Chambéry, a laissé les Massicois sur leur
faim. Aucun de ces matchs n’a été correctement disputé. Une embellie devait éclairer la dernière sortie contre Chambéry,
les liens entre les joueurs devenaient plus
évidents, mais leur faiblesse momentanée les en a empêchés : leur effectif est
amoindri de quatorze absences. Si bien
que ce match contre Chambéry, eux qui
UNE VICTOIRE
POUR LANCER LA SAISON
DANS L’EXCITATION
Deux rencontres qui se sont soldées
par une courte victoire (14-10 face à
Aix-en-Provence) et une lourde défaite
(44-10 contre Perpignan). Un bilan en
demi-teinte qui ne semble pas inquiéter un staff à la fois serein et confiant.
Même sentiment du côté des joueurs.
Le demi d’ouverture Christopher Ruiz
piaffe d’impatience de retrouver la compétition : « On est dans l’excitation. Depuis
deux mois, on a bien bossé. On a travaillé
dur. Mont-de-Marsan est une équipe complète. Les Landais sont costauds et on
Précisément, comment s’an-
La Section doit-elle redoubler
de vigilance dans l’Essonne
pour ne pas tomber dans un
piège face à un ancien pensionnaire de Fédérale 1 ?
Respectons tout le monde ! Aussi, je
me fous que l’équipe vienne de
Fédérale 1 ou du Top 14. L’adversaire
qu’on va jouer samedi va évoluer devant son public et sera difficile à manœuvrer. Pour ma part, j’ai passé beaucoup de temps en région parisienne
pour savoir que ce club a une profonde
histoire avec le rugby et de belles capacités de jeu. J’en veux pour preuve
que certains joueurs du Racing ont fait
leurs classes à Massy. Soyons extrêmement vigilants ! ■
s’attend à un match compliqué. » Le jeune
ailier Benoît Jasmin reconnaît que ce
ne sera pas facile mais précise : « On a
beaucoup travaillé pendant la phase de
préparation. Nous allons mettre tous les
ingrédients pour gagner ce match. Justin
nous a demandé d’envoyer du jeu. » Pour
le pilier gauche Grégory Fichten, « le
groupe est désormais bien physiquement » et d’ajouter : « On n’appréhende
pas particulièrement ce premier match
de la saison mais on se méfie tout d’un
même d’un adversaire qui a bien recruté à l’inter saison. Certes, on n’est pas à
l’abri d’un faux pas, mais on est raisonnablement optimiste. »
Ces deux matchs amicaux ont tout de
même mis en exergue quelques petites faiblesses comme en mêlée fermée
et en touche où l’arrivée d’une « poutre »,
avec l’annonce de la venue du jeune
australien Greg Peterson, ne s’est pas
concrétisée. Au dernier moment, le recrutement a capoté. La saison dernière,
les Audois s’étaient imposés 19-13 face
aux Landais. ■
David AURADOU Entraîneur des avants de Mont-de-Marsan
Nous sommes tous impatients de débuter. Pour les joueurs, c’est comme une rentrée des
classes, il y a de l’excitation. Pour nous, entraîneurs, le besoin de s’étalonner véritablement après deux mois de travail. En ce sens, ce déplacement à Narbonne est un vrai révélateur face à un adversaire qui vient de réussir une excellente mi-temps face à Perpignan.
Nous allons savoir tout de suite où nous en sommes dans le jeu que nous souhaitons mettre en place. Il y aura forcément du déchet, mais le premier objectif sera d’être réguliers
pendant quatre-vingts minutes, de ne pas avoir de creux. Pour cela, il y aura le coaching
bien sûr, c’est notre travail, mais il faudra surtout être appliqués et rigoureux. Nous
n’aurons pas la pression négative d’un premier match à domicile, j’espère que cela nous
aidera à jouer libérés.
à suivre ☛
L
e RCNM, emmené par son
nouveau capitaine Terterani
Erasito (Ted Postal), entame
la compétition avec l’ambition
de faire au moins aussi bien
sinon mieux que la saison
dernière où il avait disputé les demi-finales d’accession. Une « première » depuis sa relégation en Pro D2. Mais réitérer pareille bonne performance, avec un
budget en légère baisse, ne sera pas facile compte tenu de la qualité des équipes en lice, parmi lesquelles Perpignan
et Biarritz qui arrivent du Top 14 et qui
visent un retour dans l’élite, sans oublier Agen, Pau, Tarbes, Aurillac… qui
s o n t t o u j o u r s l à . Pa r a i l l e u r s, l e s
Narbonnais vont devoir également prendre en considération un effectif amputé de plusieurs cadres partis jouer sous
d’autres cieux. Certes, de nouveaux
joueurs sont arrivés mais le groupe n’est
plus le même. Depuis la reprise de l’entraînement, le staff s’emploie à recréer
Avec une défaite contre Tarbes
et un match nul face aux
Harlequins, quels enseignements tirez-vous des matchs
amicaux ?
La défaite contre Tarbes ne veut rien
dire car, à cette période, nous n’étions
pas prêts à manier le ballon. Je considère donc cette rencontre comme
un entraînement avec contact. En revanche, samedi dernier, à Londres, j’ai
vu une véritable confrontation avec
des joueurs concernés. C’était une
bonne préparation en vue de l’ouverture du championnat à Massy.
nonce la reprise du championnat à Massy ?
Les joueurs sont désormais en mode
compétition. C’est plus agréable pour
tous de préparer tel ou tel match avec
un objectif précis. On aborde les contraintes liées à l’adversaire, ce qu’il
faut mettre en place techniquement
et tactiquement pour contrecarrer ses
plans. C’est bien d’entrer concrètement dans cette phase.
Décla…
NARBONNE C’EST L’OBJECTIF QUE SE SONT FIXÉ LES AUDOIS QUI SOUHAITENT CONTINUER
DANS LES PAS DE LEURS BONS RÉSULTATS PASSÉS EN MONTRANT DÈS LE DÉBUT ENVIE ET DÉTERMINATION.
une cohésion basée sur la solidarité entre tous les membres de ce nouveau collectif. Pour compenser la différence entre un nombre de départs supérieur à
celui des arrivées, les entraîneurs Justin
Harisson et Chris Wthitaker ont fait appel à de jeunes joueurs du centre de formation, à l’avenir prometteur et qui ont
déjà pu montrer tout le bien qu’on pensait deux lors des deux seuls matches
amicaux disputés par les Orange et Noir.
Comment la préparation s’est-elle
déroulée ?
Cette période fastidieuse pour les
joueurs s’est bien passée. Ensuite, en
collaboration avec les entraîneurs,
Joël Rey et David Aucagne, nous avons
attaqué la mise en place de notre jeu.
L’investissement de chacun des acteurs m’a donné entière satisfaction.
avaient imposé à tous leurs adversaires
de Fédérale 1 des séances terribles de jeu
d’avants, ils l’ont terminé sur les fesses
acculés sur leur ligne. Purdy, Chauveau,
et le jeune Guedourri, font défaut en
deuxième ligne. L’équilibre est instable.
La mêlée a tangué. La défense sur maul a
été compliquée.
Il est sans doute probable qu’Olivier Nier
et Victor Didebulidze densifient leur paquet demain pour résoudre ce problème.
Le capitaine Bakkary Meïté est susceptible de glisser sur l’aile de la troisième
ligne pour former avec Chaplain et
Macovei un bloc très compact. Mais dans
ce moment de dénuement, l’idée de jouer
ces Palois comme de simples adversaires,
d’imaginer bousculer ce demi-finaliste
régulier par une appétence à ce jour assez contrariée, sera peut-être hors de
propos. Si bien que la défense, choisie
comme deuxième arme par les Massicois,
pourrait bien devenir la première ce
week-end. ■
Narbonne - Mont-de-Marsan
Par Robert FAGES
Propos recueillis
par Marc BRUNO
Emmanuel Saubusse : « Aller
à Narbonne sans complexe »
Le poste de demi de mêlée sera particulièrement bien pourvu cette année au
Stade montois. Aux côtés d’Agustin Ormaechea, révélation de la saison passée, et
de Clément Briscadieu, qui a beaucoup appris de son passage à Auch, Emmanuel
Saubusse compte bien tirer vers le haut son nouveau club, après plusieurs années
passées à l’UBB. Le garçon a hâte d’endosser le maillot jaune et noir, espérant trouver
dans les Landes un peu plus de temps de jeu et confirmer ainsi les belles qualités dont il
a fait étalage à chacune de ses sorties sous le maillot girondin. « C’est bon de savoir que
nous allons enfin entrer dans le vif du sujet. Après une préparation très sérieuse, il est
temps de nous évaluer. Nous attaquons un championnat difficile, mais derrière les quatre
équipes qui ont de gros moyens, cela promet une belle bagarre. » Dès samedi face à
Narbonne qui sort d’une magnifique saison. « J’espère que nous allons nous mettre tout
de suite au niveau. Il faut partir sans complexe pour jouer notre jeu, celui que nous ambitionnons de produire. Si je suis venu à Mont-de-Marsan, c’est parce que le projet du staff
m’a plu. Il correspond au rugby que j’aime, basé sur la vitesse et le mouvement. »
Dans cette optique, Manu Saubusse sait qu’il aura, comme ses camarades affublés du
numéro 9, un rôle prépondérant. De lui, Christophe Laussucq dit que malgré son jeune
âge, il a déjà beaucoup d’expérience, acquise au niveau supérieur. Elle sera bien utile aux
Montois dès demain pour tenir tête aux redoutables Narbonnais. P. B. ■
Pro D2 Pronostics des entraîneurs 17
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
SONDAGE NOTRE TRADITIONNEL SONDAGE DES ENTRAÎNEURS EST RICHE D’ENSEIGNEMENTS. AGEN ET PERPIGNAN SE DÉGAGENT LÉGÈREMENT DE LA MEUTE DES PRÉTENDANTS
QUI N’A JAMAIS PARU AUSSI IMPORTANTE CETTE SAISON.
AGEN ET PERPIGNAN
EN BALLOTTAGE FAVORABLE
Quel club accèdera-t-il
au Top 14 après la finale ?
Quel club
sera-t-il champion ?
Perpignan
7
Agen
NSP
Ils ont voté
1
Olivier Nier (Massy), Richard
Dourthe (Dax), Camille Levast
(Bourgoin), Frédéric Garcia
(Tarbes), Xavier Péméja
(Montauban), Christian Gajan
(Carcassonne), Alain Hyardet
(Perpignan), Thierry
Peuchlestrade (Aurillac), Philippe
Filiatre (Colomiers), JeanJacques Crenca (Agen), David
Auradou (Mont-de-Marsan),
Rémy Ladauge (Albi), Ted Postal
(Narbonne), Christophe Hamacek
(Béziers), Simon Mannix (Pau).
1
Quels clubs
seront-ils relégués ?
Massy
10
Montauban
Dax
Bourgoin
Biarritz n’a pas répondu à nos
sollicitations.
5
Que voyaient-ils
en 2013 ?
3
3
1
Colomiers
1
Béziers
1
Sans opinion
6
4
Biarritz
3
Carcassonne
5
Agen
4
Pau
Biarritz
Perpignan
NSP
2
Perpignan
Retour immédiat
Voir Perpignan relégué en fin de saison dernière, dans les ultimes minutes d’une
dernière journée à la dramaturgie exacerbée, fut une énorme surprise… Rien
d’étonnant à le retrouver comme favori de ce championnat de Pro D2. Si l’onde
de choc a été immense, et malgré la vague de départs engendrée par la descente ou l’arrivée d’un nouveau staff, les futurs adversaires de l’Usap semblent
admiratifs de l’effectif concocté par Alain Hyardet, de retour aux affaires et nouveau patron du sportif perpignanais. Les Hook, Guitoune, Lopez, Guiry,
Taofifenua ou Guirado ont quitté le navire mais le technicien est parvenu à garder des cadres du groupe. À commencer par Vilaceca, promu capitaine, Marty et
Perez, tauliers et garants de la fameuse catalanité. Sans compter une ligne de
trois-quarts particulièrement impressionnante avec les Allan, Duvenage,
Ecochard, Belie, Mafi, Piukala, Benvenuti, Mjekevu, Votu ou Michel. Il n’en fallait pas plus pour placer ce Perpignan candidat légitime à une remontée directe.
Narbonne
Motion de défiance
Bien que demi-finalistes la saison dernière, Narbonne a été peu cité lors de
notre sondage. Une réelle surprise puisque le club audois a démontré qu’il était
dans une dynamique positive et a pratiqué un rugby souvent cité en exemple
(deuxième meilleure attaque en 2013-2014). Est-ce une motion de défiance
envers une équipe qui doit encore gagner en régularité ? On peut aussi considérer que Narbonne est la victime collatérale des descentes de Perpignan et
Biarritz.
L’an passé, le sondage de
début de saison avait fait la
part belle à La Rochelle et
Lyon, les deux clubs promus en
Top 14 en mai dernier.
Seulement, les techniciens
pensaient que le titre reviendrait aux Rochelais pendant
que les Lyonnais arracheraient
leur billet d’accesssion au
terme de la phase finale. Ce
fut le contraire mais les deux
favoris du sondage n’ont pas
déçu. En revanche, les sondés
n’avaient trouvés que deux des
quatre clubs qualifiés. Pau et
La Rochelle étaient sortis du
chapeau mais Agen et
Narbonne oubliés. Seulement
50 % de réussite. Même ratio
au niveau des clubs relégués.
Bourg-en-Bresse avait fait le
plein de voix (treize sur quatorze possibles) mais Bourgoin,
alors promu, était aussi promis
à l’ascenseur avec sept suffrages. Le CSBJ avait déjoué avec
brio ce pronostic (huitième à
l’issue de la saison). Et c’est
finalement Auch qui est monté
dans le mauvais wagon.
Néanmoins, le club gersois
avait été cité à six reprises par
ses concurrents. N.A. ■
Massy
Déjà condamné
C’est une demi-surprise. Notre sondage est souvent cruel pour les
clubs promus. Pourtant cette année, seul le club de Massy paraît
condamné à la descente pour nos sondés. Montauban est mieux loti
et laisse le second strapontin à la descente à Carcassonne, déjà en
grand danger la saison passée. L’histoire du club montalbanais, pensionnaire du Top 14 avant d’être relégué dans le monde amateur
pour des problèmes de nature extra-sportive, a certainement pesé
dans ce vote.
3
Pau
2
Mont-de-Marsan
1
NSP
1
Quels clubs seront-ils
demi-finalistes ?
Biarritz
12
Pau
12
Agen
11
Perpignan
8
Mont-de-Marsan
5
Narbonne
4
Colomiers
2
Tarbes
Béziers
Aurillac
3
2
NSP
1
4
Agen, Pau, Biarritz
Dans le coup
Selon notre sondage, trois équipes peuvent priver Perpignan d’un retour
immédiat en Top 14. Il n’est pas surprenant de constater qu’Agen et Pau
sont souvent cités par les sondés. Ces deux équipes ont été les principales
concurrentes de Lyon et La Rochelle la saison dernière. La Section paloise
est devenue une habituée des phases finales et a déjà participé à deux finales. Simon Mannix est arrivé à la tête de l’équipe pour lui permettre de franchir la dernière marche. Agen a misé sur le même staff technique mais s’est
offert les services de joueurs capables de faire basculer n’importe quelle
rencontre sur une simple action avec Caucaunibuca et Toua. Derrière ce duo
attendu, Biarritz vient se mêler à la fête. Néanmoins, le club basque, tout
juste relégué en Pro D2, laisse les autres concurrents dans le doute puisque
seulement quatre sondés voit le BOPB remonter à l’issue de la saison.
Tarbes, Aurillac, Colomiers,
Mont-de-Marsan
Les grosses cotes
À Aurillac, les braises sont encore chaudes. S’il a terminé le dernier
exercice en milieu de tableau, le club cantalien a connu les joies d’une
demi-finale d’accession. C’était en 2013, à Brive. Cette saison, Aurillac
a effectué un recrutement axé sur la jeunesse et s’est offert le scalp de
Perpignan et Agen en amical. De quoi espérer se mêler à la course à la
cinquième place en compagnie de Tarbes et Mont-de-Marsan, habituels trouble-fête et respectivement sixième et septième la saison dernière. Colomiers poursuit sa montée en puissance et s’impose comme
un prétendant légitime aux phases finales.
Le cas Bourgoin ...
Même si la DNACG a décidé de retirer dix points à Bourgoin, les
votants, qui ont été interrogés avant que l’appel du club ne soit examiné
par la commission d’appel de la FFR, ont maintenu leur confiance au
CSBJ. Malgré cet handicap, les Isérois n’ont été cité qu’une seule fois
dans les clubs relégués en fin de saison. Preuve que les prestations berjalliennes de la saison dernière sont encore dans toutes les mémoires.
Le club avait réussi à se hisser à la huitième place pour son retour en
Pro D2. N. A. ■
18
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
International
Top
14 XXe journée
Actualité
Programme et résultats
CLASSEMENT 1. Afrique du Sud, 4pts (+7) ; 2. Australie, 2pts (0) ; 3. NouvelleZélande, 2pts (0) ; 4. Argentine, 1pt (-7).
DÉJÀ JOUÉS > 1re journée (16 août) Australie - Nouvelle-Zélande : 12-12 ;
Afrique du Sud - Argentine : 13-6.
Nouvelle-Zélande - Australie
À AUCKLAND - Eden Park - Samedi 9 h 25 (Canal + Sport)
Arbitres : M. Poite (France) assisté de MM. Peyper et Berry (Afrique du Sud)
NOUVELLE-ZELANDE (l’équipe probable)15. B. Smith ; 14. Jane, 13. C. Smith, 12. Crotty,
11. Savea ; 10. Cruden, 9. A. Smith ; 7. McCaw (cap.), 8. Read, 6. Messam ; 5. S. Whitelock,
4. Retallick ; 3. O. Franks, 2. Coles, 1. Crockett. Remplaçants : 16. Mealamu, 17. B. Franks,
18. Faumuina, 19. Luatua, 20. Cane, 21. Kerr-Barlow, 22. Barrett, 23. Feikitoa.
AUSTRALIE (l’équipe probable) 15. Folau ; 14. McCabe, 13. Ashley-Cooper, 12. Toomua, 11. Horne ;
10. Beale, 9. White ; 7. Hooper (cap.), 8. Palu, 6. Fardy ; 5. Simmons, 4. S. Carter ; 3. Kepu, 2. Charles,
1. Slipper. Remplaçants : 16. Hanson, 17. P. Cowan, 18. Alexander, 19. Skelton, 20. Higginbotham,
21. Phipps, 22. Foley, 23. Kuridrani.
Argentine - Afrique du Sud
À SALTA - Stade Padre Ernesto Martearena - Samedi 0 h 25 (Canal + Sport)
Arbitres : M. Walsh (Australie) assisté de MM. Lacey (Irlande) et Mitrea (Italie)
Le troisième ligne aile Richie McCaw semble avoir perdu de sa superbe… ou être plus surveillé par les arbitres. Photo Icon Sport
RICHIE MCCAW - CAPITAINE DE LA NOUVELLE-ZÉLANDE ÉNORMÉMENT PÉNALISÉ LORS DE SES DEUX DERNIÈRES
SORTIES, LE TROISIÈME LIGNE AILE A ÉTÉ LE FOSSOYEUR DES RÊVES DE GRANDEUR DES CRUSADERS ET DES BLACKS.
COQUIN
DÉMASQUÉ ?
E
Par Jérôme FREDON
[email protected]
st-ce la fin du mythe Richie McCaw ? Le temps où il
semblait quelque peu épargné par les arbitres seraitil révolu ? Les questions méritent en effet d’être posées. Lors de ses deux dernières rencontres, le flanker
des All Blacks s’est en effet, à chaque fois, attiré les
foudres des directeurs de jeu. Son intervention sur
l’ultime ruck de la finale du Super 15 a coûté la victoire à son
équipe des Crusaders. Le pistolero des Waratahs Bernard Foley a
profité de la belle aubaine pour crucifier les Cantabrians. Craig Joubert
a jugé que le capitaine des champions du monde était intervenu
sur le côté du regroupement.
McCaw aurait-il été rattrapé par sa réputation de flirter en permanence avec la règle ? Le doute est effectivement permis. Dans
la semaine précédant la rencontre, les médias australiens n’avaient
pas manqué de rappeler l’épisode de la finale du Mondial 2011
où Joubert s’était montré d’une grande complaisance envers
McCaw dans ce secteur de jeu. Gagné par la nervosité et la pression dans le money time, l’arbitre sud-africain aurait fini par
craquer le 4 août dernier à Sydney. Les images au ralenti du
grand raout du Super 15 ne montrent en effet aucune intervention illicite de sa part. Sur l’action, on voit Sekope Kepu ramasser le ballon à la base du regroupement. Le pilier droit des
Waratahs tente à ce moment-là de partir en percussion. Mais il
trébuche et tombe au sol tout seul. McCaw aurait donc dû avoir
le droit d’intervenir pour gratter le ballon car il n’était pas plaqueur sur cette action. Un sentiment partagé par l’ancien arbitre international sud-africain Jonathan Kaplan. Sur son site
Internet consacré à l’arbitrage, ce dernier a donné tort à son ancien collègue, Craig Joubert. « Il n’aurait jamais dû sanctionner les
Crusaders pour une entrée sur le côté car à aucun moment McCaw
n’est plaqueur sur cette action. Ce secteur des regroupements a
toujours été sujet à embrouilles. À moins que la pénalité soit claire
et évidente, j’ai toujours pensé que l’arbitre devait s’abstenir de
siffler. C’est aux joueurs et non au directeur de jeu de décider de
l’issue d’une partie. »
Quinze jours plus tard, rebelote. Pour le premier opus de la
Bledisloe Cup à Sydney, Richie McCaw n’est pas parvenu à passer entre les gouttes. Son désir de jouer constamment avec la ligne de hors-jeu lui a valu d’être le All Black le plus pénalisé face
aux Wallabies. Sa prodigieuse activité défensive (il a tout de même
réalisé vingt plaquages et les a tous réussis !) n’a pas permis d’effacer sa coûteuse indiscipline. Ses trois pénalités concédées dans
la zone des regroupements n’ont eu certes aucune incidence directe au niveau du tableau d’affichage. Mais elle a une incidence
sur ses partenaires dans leur quête de record absolu de victoires. Les All Blacks ont été sanctionné à quinze reprises. Ces punitions montrent aussi que McCaw ne bénéficie plus de la même
liberté d’action. Dans un passé récent, le capitaine des All Blacks
était souvent pointé du doigt pour ses interventions permissives
dans les rucks. Ses adversaires considéraient qu’il jouissait d’une
impunité absolue en matière d’arbitrage.
À LA RESCOUSSE DE DAVID MCHUGH
Comment leur donner tort quand McCaw en personne reconnaissait tout faire avant un match pour s’attirer les faveurs des hommes au sifflet ? Depuis qu’il s’est porté à la rescousse de l’arbitre
irlandais David McHugh, agressé par un hooligan à Durban en
2002, Richie McCaw a toujours bénéficié d’une certaine cote de
sympathie auprès des directeurs de jeu. Il a toujours privilégié ces
échanges d’avant-match dans leur vestiaire pour mener à bien
son opération de séduction. « Le premier point que j’aborde avec
eux avant chaque partie, c’est les rucks. Je leur dis : « Je vais essayer
tout mon possible pour respecter vos directives. Jusqu’à ce que
vous me disiez que je ne peux pas intervenir, je tenterai ma chance.
À ce moment-là, je ferai un effort pour me dégager. »
Le charme ne semble plus vraiment opérer. À 33 ans, il commence
à être lentement rattrapé par le poids des années. Steve Hansen
ne peut plus dire que les positions de McCaw dans les regroupements relèvent d’une « simple illusion optique ». Moins vif, il
ne parvient plus à se dégager aussi rapidement de la zone de plaquage. Du coup, il a aussi plus de mal à faire croire aux arbitres
qu’il est passé par la porte. McCaw se fait plus souvent prendre
par la patrouille. Au grand dam des Blacks. ■
LONDON WASPS HASKELL REMPILE…
Promu capitaine des Wasps à l’orée de cette nou-
ARGENTINE ILS ONT FRÔLÉ L’EXPLOIT À PRETORIA.
ET S’ILS POUVAIENT DÉCROCHER, ENFIN, UN SUCCÈS ?
DES PUMAS
RAGAILLARDIS
Par Jérôme PRÉVÔT
[email protected]
O
n annonçait les Argentins très affaiblis pour ce tournoi 2014. Ils ont failli s’imposer à Pretoria (6-13) sous
des trombes d’eau. On les sent tout ragaillardis pour
le match retour de samedi à Salta dans l’extrême nord
du pays.
LA FORCE DES STATISTIQUES
C’est inéluctable, on se rapproche chaque jour du premier succès
des Pumas en Four-Nations. Mais ils ont déjà accroché une fois le
nul face aux Springboks (16-16 en 2012 à Mendoza). L’an passé, ils
n’avaient perdu que 22 à 17, toujours à Mendoza. Après le bon match
de Pretoria, on se dit qu’après tout, c’est peut-être le bon moment pour
terrasser les Springboks qui seront toujours privés de Matfield et
d’Alberts. À Salta, la quatorzième levée sera-t-elle la bonne ?
LE CAS SANCHEZ
Le demi d’ouverture
Nicolas Sanchez est
un cas. Son passage à
l’UBB pendant deux
ans n’a pas été très
impressionnant. Il
donnait l’impression
de manquer de mental. Mais en équipe
nationale, il semble
transfiguré. La presse
sud-africaine en fait
des tonnes sur lui
après le match de
Pretoria. La façon
dont il a échappé à
quatre défenseurs
Nicolas Sanchez a surpris bon nombre
pour offrir un ballon
d’observateurs. Photo Icon Sport
d’essai à Montero fut
l’une des images phares de la rencontre. Sera-t-il capable d’en faire autant à domicile,
avec la pression sur ses épaules.
LE PLUS HERNANDEZ
En bref...
ANGLETERRE JON CALLARD, NOUVEAU
MANAGER DE LA PERFORMANCE
DE L’ACADÉMIE NATIONALE
L’ancien entraîneur de l’Angleterre A, John Callard
vient d’être nommé par la RFU aux postes nouvellement créés de manager de la performance de
l’Académie nationale et d’entraîneur en charge de
la performance internationale. Callard sera surtout
chargé de faire le pont entre la sélection des moins
de 20 ans et les Saxons (Angleterre A). International
à cinq reprises, Callard avait inscrit la totalité des
points de Bath lors de son succès en finale de H
Cup contre Brive à Bordeaux en 1998 (19-18).
L’ancien arrière du XV de la Rose prendra ses nouvelles fonctions à compter du 1er septembre.
ARGENTINE (l’équipe probable) 15. Tuculet ; 14. González Amorosino, 13. M. Bosch,
12. Hernández, 11. Montero ; 10. Sanchez, 9. Landajo ; 7 Fernandez Lobbe, 8. Leguizamon,
6. Matera ; 5. Lavanini, 4. Galarza; 3. Herrera, 2. Creevy (cap.), 1. Ayerza. Remplaçants :
16. Cortese, 17. Postiglioni, 18. Tetaz, 19. Alemanno, 20. Senatore, 21. Cubelli, 22. De la Fuente,
23. H. Agulla.
AFRIQUE DU SUD (l’équipe probable) 15. Le Roux ; 14. Hendricks, 13. De Allende, 12. De Villiers
(cap.), 11. Habana ; 10. Pollard, 9. Pienaar ; 7. J. Smith, 8. Vermeulen, 6. Louw ; 5. De Jager, 4. Etzebeth ;
3. J. Du Plessis, 2. B. Du Plessis, 1. Steenkamp. Remplaçants : 16. Strauss, 17. Mtawarira,
18. Malherbe, 19. Botha, 20. M. Coetzee, 21. Hougaard, 22. M. Steyn, 23. Mvovo.
velle saison, James Haskell a également décidé de
prolonger son bail avec le club londonien. Âgé de
29 ans, le flanker international (51 capes) était
revenu à Londres il y a deux ans après avoir porté
les couleurs du Stade français (2009-2011), du club
japonais des Ricoh Black Rams (2011-2012) et de la
formation néo-zélandaise des Otago Highlanders en
Super 15 (2012). Il a effectué ses débuts pros pour
les Wasps à l’âge de 18 ans. « J’ai passé neuf saisons ici. Les Wasps font partie intégrante de ma
vie. J’ai grandi en supportant ce club, ce que beaucoup de gens ne savent pas. Je suis un fan des
Wasps depuis l’âge de 12 ans. J’ai eu l’honneur
d’apprendre le métier aux côtés d’icônes de ce
sport comme Lawrence Dallaglio, Joe Worsley et
Paul Volley. J’ai ce privilège, désormais, de mener
à mon tour cette équipe. Mon avenir est ici. Je
remercie particulièrement les entraîneurs et les
membres du staff de m’avoir aidé la saison dernière à faire mon retour en équipe d’Angleterre. »
…ET TAGIKACIBAU ARRIVE
À 31 ans, l’ailier international samoan Sailosi
Tagicakibau (21 capes) s’est donné un nouveau
challenge en rejoignant les Wasps. En 158 matchs
pour les London Irish, il avait inscrit cinquantehuit essais.
GLOUCESTER BILLY TWELVETREES
NOMMÉ CAPITAINE
Le centre international Billy Twelvetrees (25 ans,
14 sélections) a été nommé nouveau capitaine de
Gloucester par le manager irlandais David
Humpreys. Débarqué à l’été 2012, Billy
Twelvetrees a disputé trente-deux rencontres pour
les Cherry and White.
Juan Martin Hernandez n’a pas pu jouer samedi à Pretoria. Mais il
devrait revenir à Salta. Daniel Hourcade pense que l’ancien joueur
du Stade français et du Racing-Metro est désormais plus utile au
poste de premier centre. Son talent pur fera peut-être basculer la
rencontre ?
LES VIEILLES RECETTES
Heyneke Meyer en a peut-être trop fait en déclarant que les Boks
voulaient attaquer à tout prix. Sous la pluie diluvienne de Pretoria,
la situation s’est retournée contre lui. Les Sud-Africains, sidérés, ont
découvert que leur pack souffrait face à la conquête argentine. Trois
avants sud-américains ont clairement gagné leurs duels. En premier
lieu, les deux piliers : le jeune Ramiro Herrera (Castres), face à
Mtawarira, et l’expérimenté Marcos Ayerza (Leicester), face à Jannie
Du Plessis. Un autre avant a infligé un camouflet aux Springboks,
le deuxième ligne méconnu Mariano Galarza. Il a piqué deux lancers adverses et a tout capté pour les Pumas en premier sauteur. Faire
oublier Patricio Albacete, il fallait le faire. Et comme Juan Martin
Fernandez Lobbe s’est montré un leader exemplaire, les Pumas
ont peut-être pris un avantage psychologique dans le combat. ■
19
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Ovalie Saga amateurs
Le nouveau président de Roanne, Patrick Seguin (avec le bandeau), a
joué les figurants début août, dans un film coproduit par Julie Gayet. Au
club, il compte bien être le metteur en scène du renouveau. Photo DR
Roanne
Nicolas Kaiser et ses coéquipiers ont pour objectif de retrouver la Fédérale 1 la saison prochaine. Photo Rugby Club Strasbourg
Strasbourg
FÉDÉRALE 2 LES BLEU ET BLANC N’ONT MANQUÉ QUE D’UN SEUL POINT LA MONTÉE LA SAISON DERNIÈRE.
UN ÉCHEC QUI N’EN EST PAS UN, CAR IL PERMETTRA AUX ALSACIENS DE MIEUX PRÉPARER CETTE ACCESSION.
RECULER
POUR MIEUX GAGNER
U
Par Valentin DOHIN
n rien aurait suffi, un seul point aurait permis à
Strasbourg d’accéder à la Fédérale 1 cette année.
Après une phase régulière exemplaire, ne concédant que trois défaites cette saison, les Strasbourgeois
arrivaient en championnat de France avec l’envie
de retrouver la Fédérale 1 qu’ils avaient quittée
un an plus tôt. Pour cela, ils devaient arriver en quart de finale,
mais le Stade niortais en a décidé autrement. En huitième, au terme
des matchs aller et retour, Niort cumulait 35 points contre 34
pour Strasbourg. L’entraîneur Julien Chastanet confirme : « On
était très décu, notre objectif numéro un était la montée, on l’a loupée d’un point. » Une défaite que l’entraîneur explique par la
jeunesse de son effectif « qui manque de lucidité pour ce style
d’événement ». Mais Julien Chastanet ne voit pas en cette défaite une raison pour se morfondre et explique : « C’est un mal
pour un bien. Grâce à ce match, on voit que l’on n’était peut-être
pas prêt pour assurer en Fédérale 1. Une saison de plus en Fédérale 2
ne peut qu’être bénéfique, ça nous laisse le temps de nous préparer et construire quelque chose de véritablement solide. »
Cette solidité, Strasbourg espère la construire en s’enracinant sur
son territoire : « Aujourd’hui, on met l’accent sur la formation, on
a quinze joueurs qui sont alsaciens. » Preuve de cette volonté de
voir un rugby alsacien émerger, plusieurs joueurs originaires
de la région partis joué en pro se sont rapatriés. Ainsi reviennent
défendre les couleurs bleu et blanc du RC Strasbourg, Nicolas
Kaiser d’Albi, Jérémy Helmbacher de Brive et Hugo Rapp de
Bourg-en-Bresse. L’Alsace où, contre toute attente, on trouve
un certain engouement pour ce sport. « Face à Niort, il y avait 1 300
personnes qui étaient venues nous encourager », rappelle Julien
Chastanet. Strasbourg œuvre donc pour le rugby, au point de
construire une nouvelle tribune couverte pour accueillir ses
partisans. Le but est de rendre le club populaire. Pour cela, l’entraîneur mise sur un jeu « basé sur l‘offensive, avec du spectacle,
pour qu’on puisse fidéliser nos supporters ».
DE NOUVEAUX OBJECTIFS
Julien Chastanet ne cache pas les ambitions nouvelles pour son
club cette année. « On a choisi tous ensemble quels seront les objectifs cette année. On vise évidemment la montée mais on est décidé à aller chercher le titre de champion de France. Même si ça va
être compliqué, il va falloir se mesurer contre Nevers, Saint-Jeand’Angély et d’autres, mais on a parlé avec le président, Christian
Loth, s’il en avait été différemment contre Niort, cette année, on
n’en aurait pas été loin. » Les joueurs, quant à eux, ont repris
l’entraînement le 28 juillet, par un stage avec le GIPN. Pour patienter jusqu’à la reprise le 14 septembre, les Alsaciens se sont
trouvés des sparring-partners outre-Rhin, des adversaires de
choix puisqu’il s’agit du quintuple champion d’Allemagne,
Heidelberg RK. La rencontre a eu lieu le 17 août et s’est soldée
par une nette victoire des Allemands (53-26). Nicolas Kaiser, le
nouveau trois-quarts centre de l’équipe, explique cette défaite :
« Nous sortons grillés de notre préparation physique. » Le match
amical qui suivra opposera le RCS à la Mannschaft, le XV allemand. ■
Rugby Club Strasbourg Alsace
Date de création : 1974
Nombre de licenciés : 393
Plus haut niveau atteint : Fédérale 1
Palmarès : champion de France de Nationale 3
Budget : 1 100 000 €
En 2013-2014 : Fédérale 2, 1er de la poule 1, éliminé en huitième de finale
par Niort
L’interview
NICOLAS KAISER - TROIS-QUARTS CENTRE L’ALSACIEN A QUITTÉ ALBI POUR RETROUVER SON CLUB
DE CŒUR DONT IL ÉTAIT PARTI IL Y A CINQ ANS.
« Une réelle chance »
Pourquoi quittez-vous le rugby pro et
revenez-vous à Strasbourg ?
Le projet ambitieux pour le club de remonter en
Fédérale 1 m’a séduit. Pour un joueur comme moi,
faire partie de ce projet avec mon club de cœur
est une réelle chance. Je pense que mon expérience et celle de mes coéquipiers en pro peutêtre déterminante pour mener à bien ce projet.
On voit que le club est de mieux en mieux structuré et de plus en plus préparé pour le haut niveau, c’est un nouveau défi excitant qui s’offre à
moi. Même si j’aurais encore pu intéresser des
équipes dans le Sud de la France, ça comptait
beaucoup pour moi de défendre les couleurs de
Strasbourg.
Retrouvez-vous à Strasbourg le niveau
d’infrastructures que vous avez quitté ?
Ce n’est pas encore comparable avec les équipements qui existent en Pro D2, mais j’ai été surpris de
retrouver le club si structuré. Il se construit une nouvelle tribune avec de nouveaux vestiaires et une nou-
velle salle de musculation, c’est impressionnant pour
un club de ce niveau.
Qu’attendez-vous de la saison à venir ?
La montée ne va pas être facile, il va falloir que
notre équipe, qui a connu beaucoup de transferts
de joueurs, retrouve le sens du collectif. On est aussi bien plus attendu cette fois-ci que la saison
précédente, alors que Strasbourg venait à peine
de descendre de Fédérale. Propos recueillis
par V. D. ■
PROMOTION HONNEUR L’ASR, RELÉGUÉE EN PROMOTION
HONNEUR, A VU L’ARRIVÉE DE NOUVEAUX DIRIGEANTS
ET D’UN NOUVEL ENTRAÎNEUR.
SILENCE,
ON TOURNE
Par Sébastien FIATTE
D
ébut
août,
l’AS Roanne a accueilli du beau
monde sur la pelouse du stade
Henri-Malleval.
Pour le tournage de « La Fille du
patron », comédie sociale sur
fond de rugby, réalisée par
Olivier Loustau et coproduite
pas Julie Gayet, le club roannais a rameuté quelques anciennes belles gueules du rugby lyonnais pour faire de la
figuration sur le terrain, aux
côtés des acteurs professionnels et de l’équipe d’Amplepuis.
Le nouveau président, Patrick
Seguin, a vu débouler notamm e n t A l i Fa k a t é , H e r v é
Chaffardon, Greg Maire mais
aussi Sébastien Chabal, venu
assisté au tournage en ami.
« Des montagnes se sont rencontrées, sourit l’ancien
deuxième ligne du Lou. Chabal
a remis le trophée du film à
l’équipe vainqueur. »
Et à 45 ans, il a cru retrouver
une seconde jeunesse devant
les caméras, avant de terminer
avec des côtes cassées. « Lors
du dernier jour de tournage, je
commençais à être chaud, explique-t-il. Je suis parti comme
un vieux frelon. Je pensais avoir
20 ans mais je suis moins gainé ! » Sa chute fut rude et laissa des séquelles. La chute de
Roanne a aussi laissé quelques
marques. Promu au printemps
2013 en Honneur, le club n’a
pas fait long feu et est redescendu aussitôt. Pour la saison
prochaine, le casting a été revu.
Président par intérim depuis
le mois de février et le retrait
de François Piétri, qui avait repris le club dans une mauvaise
passe, Germinal Brosed-Ponce
a l a i s s é s a p l a c e à Pa t r i c k
Seguin, pressenti pour prendre la tête du club depuis l’hi-
ver. Il sera accompagné de l’ancien président de Tarare, Gabriel
Socolovert vice-président en
charge du sportif. Sur le banc,
Yves Bassissé, passé par SaintÉtienne et Nevers, prend la succession de Georges Pacareau.
Cela suffira-t-il pour redonner
un élan à un club et faire taire
les divisions internes ? Les nouveaux dirigeants l’espèrent.
« J’ai l’impression de me retrouver à Tarare il y a onze ans, souligne Gabriel Socolovert. Chaque
collectif est isolé, l’équipe première vit un peu en autarcie. Il y
a beaucoup de non-dits, des oppositions entre les anciens, les
moins anciens, les plus jeunes…
On veut essayer de gommer ces
particularismes pour que tout
le monde collabore. »
« ALLER DE L’AVANT »
L’objectif est de retrouver la
Fédérale 3 le plus rapidement
possible, sans commettre les erreurs du passé. La dette liée à
la fièvre des sommets contractée il y a plusieurs saisons a été
résorbée au début de l’année.
Le club dispose d’un siège tout
neuf, fonctionnel et accueillant,
et l’exil au stade Général-Giraud,
prévu pendant deux saisons, ne
doit pas entraver la remontée,
si les hommes parviennent à
s’entendre. « Je ne viens pas pour
végéter en Promotion Honneur,
prévient Patrick Seguin. Dans
le sport, comme dans le travail, il
faut aller de l’avant. J’ai demandé aux hommes présents s’ils
voulaient un club de rugby ou se
battre pour les morts. Déjà, il faut
être fier sur le terrain ! Ensuite,
il faut être ambitieux, viser les
étoiles, pour atteindre une belle
planète. »
Le scénario est séduisant, il reste
maintenant aux producteurs, au
metteur en scène et à tous les
acteurs, à se mettre au travail
pour réussir à décrocher le gros
lot au box-office… ■
Association sportive de Roanne
Date de création : 1902
Nombre de licenciés : 332
Plus haut niveau atteint : Groupe B
Palmarès : champion de France Promotion Honneur (1928), champion de
France Honneur (1929), Champion Honneur du Lyonnais (2007)
Budget : 160 000 €
En 2013-2014 : 11e du championnat Honneur du Lyonnais, relégué en
Promotion Honneur
20 Ovalie Saga amateurs
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
En neuf ans, les Haut-Garonnais ont décroché cinq titres régionaux dont
deux successifs. Une belle aventure qu’ils espèrent prolonger. Photo DR
Launaguet
PROMOTION HONNEUR APRÈS MOINS DE DIX ANS
D’EXISTENCE, LE RCL EST PROMU. DOUBLE CHAMPION
MIDI-PYRÉNÉES, LE CLUB SOUHAITE SE MAINTENIR.
DÉJÀ GRAND
De la Quatrième Série à la troisième division fédérale, les Normands s’épanouissent. Avec un staff en place depuis quatre ans, le club compte
s’installer durablement dans le championnat. Photo RCH
Hérouville-Saint-Clair
FÉDÉRALE 3 EN PROGRESSION CONSTANTE DEPUIS PLUSIEURS ANNÉES, LE RCH AVAIT CONNU LA RELÉGATION
L’AN PASSÉ. REMOBILISÉS, LES NORMANDS ONT RÉUSSI LA SAISON QUASI-PARFAITE.
LE PARI
DE LA STABILITÉ
I
Par Romain GRAS
ls sont venus, ils ont vu… puis sont remontés. Un an après
la descente de Fédérale 3, Hérouville a évité le piège du
relâchement. « Notre pire ennemi, c’était nous-mêmes »,
résume le président Fabrice Royer. Les risques d’une saison dans la peau d’un relégué, et la promesse d’une année à double tranchant où l’ennemi serait la suffisance
face à une opposition supposée plus faible. Une rétrogradation
comme un petit écart dans un parcours quasi sans faute depuis
six ans. « Depuis 2007, l’ascension est constante. Parti de Quatrième
Série, on a quasiment gravi un échelon par an », explique Fabrice
Royer. Surpris par le niveau proposé pour leur première année
en Fédérale 3, les Hérouvillais ont souffert d’un manque d’expérience dans la gestion des matchs. Malgré une seconde partie de championnat encourageante, ils ne peuvent échapper à la
relégation sportive. Une leçon dont ils se sont servis cette année
et espèrent tirer les fruits la saison prochaine. Désormais le club
souhaite travailler sur le long terme. Point de fanfaronnades
mais une bonne dose de réalisme. Le président explique :
« Aujourd’hui, avec notre budget, on est très loin de la Fédérale 2.
La priorité va être donnée au pôle jeune, on va essayer de se maintenir déjà en Fédérale 3 et pourquoi pas, dans les années à venir
jouer des play-offs. »
en battant Dieppe, ils accèdent aux phases finales du championnat de France. Ils se hisseront même jusqu’en huitième un
sommet pour le RCH qui cèdent sa place en quart pour trois
points à Thouars (26-23). Une récompense pour un club qui
mise sa réussite sur la stabilité, avec un staff en place depuis
quatre ans, et sur un gros investissement réalisé autour du pôle
jeune. Depuis plusieurs années, le club partage ses cadets et juniors avec la petite structure de Bayeux. Ce qui a démarré comme
une simple association va prendre une nouvelle dimension l’an
prochain avec un partenariat renforcé. « Pour la première fois,
on va voir des joueurs issus du pôle jeune intégrer le groupe senior.
À eux de se faire une place mais le fait que l’on accède à la Fédérale 3
représente un bon objectif et permet de les maintenir au club à un
âge où beaucoup de club souffre de la fuite de leurs talents », se félicite Fabrice Royer. L’investissement va plus loin. Tous les ans,
le club organise son tournoi national des écoles de rugby. Une
grande fête qui soufflera l’an prochain sa 35e bougie dans la
belle enceinte du château de Beauregard. Plus de mille enfants
de France et d’ailleurs, réunis pour une grande promotion du
rugby et de la région normande. ■
Rugby Club hérouvillais
Date de création : 1971
Nombre de licenciés : 300
« LA SAISON IDÉALE »
Plus
haut niveau atteint : Fédérale 3
Cette saison, les Normands n’ont pas flanché. C’est avec une
certaine fierté que le président revient sur les phases de poule. Palmarès : champion de Normandie Honneur (2014)
« On réalise la saison idéale, hormis deux petites défaites, on en- Budget : 200 000 €
er
e
chaîne les victoires bonifiées. » Sacrés champions de Normandie En 2013-2014 : Honneur, 1 de poule (unique), champion de Normandie, 8
Hagondange
e Nord ovale de la
ceinture toulousaine
est un terrain particulièrement fertile.
Chaque cité possède
son clocher et son
équipe de rugby. Il fut une époque où les clubs poussaient
comme des champignons. Le
Rugby Club Launaguet est le
dernier à avoir paraphé son nom
au sein du comité Midi-Pyrénées.
La saison prochaine, il va fêter ses
dix ans d’existence. C’est une
structure jeune mais particulièrement talentueuse. En l’espace
de neuf saisons, le club a réalisé un bel exploit en décrochant
cinq titres régionaux, dont deux
sacres successifs ces deux dernières saisons avec l’équipe fanion en Deuxième et Première
Série.
C’est une bien belle aventure humaine et sportive pour un club
qui ne possède pas un budget extensible, ni un contingent de
joueurs chevronnés. Mais tout
simplement un encadrement de
qualité, des joueurs et dirigeants
qui poussent tous dans le même
sens, ainsi qu’une école de rugby
particulièrement talentueuse, fière
de la performance de ses moins
d e 1 5 a ns va i nq u e u r s d u
Groupama 2014.
À l’origine, la pratique ovale à
Launaguet est l’œuvre de Gilles
Hourquet, ancien élu au comité
Midi-Pyrénées et ancien président de l’Union. « À la fin de la
saison 2005, j’ai été contraint de
quitter le bureau de l’Union. J’avais
la confiance d’un groupe de joueurs
qui m’ont sollicité pour monter un
club. Il y avait l’opportunité à
Launaguet. J’ai exposé mon projet
au responsable des Sports, celui
de créer une équipe de copains et
de monter une école de rugby. Les
élus nous ont fait confiance. Nous
avons eu la chance d’avoir eu très
tôt des résultats. »
DES BASES SOLIDES
La chance, aussi, de posséder des
joueurs jeunes enthousiastes et
deux représentants du corps arbitral national : Flavien Hourquet
et Maxime Rouquié, particulièrement talentueux. Ils ont apporté leur pierre à l’édifice pour
que le club puisse s’asseoir sur
des bases solides. Désormais,
Gilles Hourquet a passé le témoin à deux jeunes coprésidents :
Mathias Carrière et Christophe
Vinazza. Ils souhaitent pérenniser la structure. D’ailleurs, pour
la saison à venir, ils ont inscrit
une équipe de moins de 16 ans
(cadets) et fait du maintien en
Promotion Honneur leur objectif principal. Le RCL est aux portes de l’élite régionale, il n’en demeure pas moins que tous les
acteurs gardent les pieds sur
terre. ■
Rugby Club Launaguet
Date de création : 2005
Nombre de licenciés : 294
Plus haut niveau atteint : Promotion Honneur
Palmarès : champion Midi-Pyrénées Première Série (2014), Deuxième Série
(2013), finaliste Quatrième Série (2006) ; réserve Quatrième Série (2006),
Troisième Série (2007), Deuxième Série (2011)
Budget : 65 000 €
En 2013-2014 : Première Série, 4e de la poule 2, champion Midi-Pyrénées, éliminé en 32e de finale du championnat de France, promu. L’équipe réserve fut
quart de finaliste du championnat Midi-Pyrénées
Après il faut relativiser, sur l’ensemble, le parcours est honnête, on
finit second et ce n’est déjà pas mal. »
HONNEUR LE CLUB MOSELLAN A LOUPÉ LA MONTÉE D’UN POINT CETTE SAISON. UN ÉCHEC, QUI SERA PEUT-ÊTRE UN
MAL POUR UN BIEN. CAR IL ESPÈRE MAINTENANT REBONDIR TRÈS RAPIDEMENT.
UN SENTIMENT
D’INACHEVÉ
H
L
Par Didier NAVARRE
Par Damien CHABBERT
agondange, leader du championnat Alsace-Lorraine
Honneur jusqu’à l’avant-dernière journée, n’a pas
su conserver cette première place qui lui aurait
permis d’accéder directement à la Fédérale 3. « On
s’y est vu trop tôt », dit Bertrand Kimmel. Le président de l’ESH avoue que son équipe, reléguée en
2012-2013, « est peut-être tombée dans la facilité, les joueurs ont
parfois pensé que la remontée était acquise », ce qui leur a coûté
cher en fin de saison. L’objectif n’étant pas atteint, il restait encore une chance aux Hagondangeois de passer à l’étage supérieur
via le championnat de France Honneur. Malheureusement pour
les Lorrains, ce fut une défaite au premier tour face au club de
la Tour-du-Pin (13-26). Le président raconte : « C’était une sale
journée, on était favori, on a fait un mauvais match. Les conditions météo n’étaient pas bonnes, en plus nous avons eu deux blessés importants. On n’a vraiment pas eu de chance cette saison.
« UN GROUPE QUI ARRIVE À MATURITÉ »
L’expérience et la cohésion devraient être les grandes forces de
l’ESH pour le prochain exercice. L’équipe n’a pratiquement pas
changé et vise toujours l’accession à la Fédérale 3. Bertrand
Kimmel : « C’est un groupe assez jeune qui arrive à maturité, on
a gardé la plupart des joueurs. C’est pour cela qu’on conserve le même
objectif, finir premiers. On avait peur que certains partent du fait
qu’on ait raté la montée mais ils ont décidé de rester, j’espère que
ça leur sera bénéfique. » Hagondange est donc fort de cet échec
et se présente maintenant avec une expérience suffisante pour
ne pas reproduire la même erreur. La saison 2014-2015 s’annonce donc très intéressante pour les Hagondangeois. ■
Entente sportive Hagondange Rugby
Date de création : 1971
Nombre de licenciés : 250
Plus haut niveau atteint : Fédérale 3
Palmarès : champion Alsace-Lorraine Honneur (2007, 2011)
Budget : 170 000 €
En 2013-2014 : Honneur, 2e de la poule unique, éliminé en 32e de finale du
championnat de France
Ovalie Saga amateurs 21
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Encore en pleine préparation physique, les Lunellois du demi de mêlée Jean-Marc Ferret, ballon en mains, visent cette saison la qualification. Photo Corinne Compan
Lunel
FÉDÉRALE 3 APRÈS UNE SAISON RÉUSSIE SUR LE PLAN SPORTIF, MAIS ENTACHÉE DE PROBLÈMES FINANCIERS,
LE ROL PREND UN VIRAGE IMPORTANT CETTE ANNÉE. UN NOUVEL ÉLAN INCARNÉ PAR UN RETOUR AUX SOURCES.
LE « ROL »
DE LEUR VIE
A
«
Par Julien LOUIS
ujourd’hui, le club va bien et pourra donc assurer sa saison. Une problématique à laquelle je
ne suis pas certain qu’on savait répondre il y a
deux mois », souffle le manager Yann Marchais.
L’été aurait donc pu être meurtrier à Lunel :
« L’urgence était de pouvoir s’inscrire dans les différents championnats. Nous avons donc mené plusieurs actions bénévoles qui nous ont rapporté un peu d’argent, tout en allant solliciter en parallèle nos sponsors. » La nouvelle équipe de onze
dirigeants a donc réussi son premier pari, même si elle ne connaît
pas encore l’ampleur de la tâche qui l’attend, pour effacer les difficultés financières dont elle a hérité : « Ces problèmes découlent
d’une gestion approximative menée ces dernières années. Notre bureau directeur a lancé récemment un audit comptable pour savoir à
quelle hauteur s’élève notre dette. Avant de prendre toutes les mesures nécessaires pour la combler et pérenniser ensuite le club financièrement. » Cette volonté sera le leitmotiv affiché d’un Rol
bouleversé dans son organigramme, avec l’arrivée de Jérôme
Boisson à la présidence (à la place de Lionel Marbouty) et le retour de visages connus au « bercail ». L’essence même de ce projet selon le coentraîneur Bertrand Delrieu est de « se rapprocher
au maximum du sportif. Nos deux vice-présidents (Kévin Milla et
Arnaud Moynier, N.D.L.R.) sont d’anciens joueurs de Lunel, le secrétaire comme le trésorier adjoint sont des joueurs actuels et je
suis moi-même trésorier… Nous souhaitons miser sur cette expérience accumulée pour apporter un nouvel élan au Rol ».
un effectif inchangé à hauteur de 80 %. Les cadres sont restés fidèles à leurs couleurs et la moyenne d’âge du groupe, flirtant avec
les 24 ans en 2013-2014, sera encore plus basse cette saison. La
jeunesse lunelloise, qui a aidé à qualifier les deux équipes l’an
passé, sera renforcée par la montée de juniors et l’arrivée de transfuges issus du cru, désireux de revenir au club après un passage
en reichel ou en espoirs à Montpellier. Une politique de recrutement dictée par les finances, qui reste avant tout une philosophie
de développement. « Nous souhaitons offrir la chance à nos jeunes
talents de s’exprimer, pour en récolter les fruits rapidement », note
Yann Marchais. Un vœu déjà exprimé ces deux dernières années,
accentué aujourd’hui par un changement d’état d’esprit comme
l’explique Bertrand Delrieu : « À mes yeux, les primes de match
n’étaient pas une bonne solution car les mecs ne venaient pas s’entraîner et prenaient leur argent le dimanche. Cette saison, nous allons
donc partir sur des primes d’assiduité à l’entraînement, pour les responsabiliser et les faire progresser chaque semaine. »
Et les orienter ainsi, vers une stratégie de jeu tournée vers le mouvement, adaptée aux caractéristiques d’un pack allégé. « L’an dernier lors du derby face à Jacou, nos adversaires faisaient des groupés pénétrants et Lunel envoyait du jeu. C’était marrant de voir les
identités rugbystiques inversées. Nous voulons poursuivre dans cette
voie cette saison », conclut-il. La mutation du Rol est amorcée. ■
Rugby olympique lunellois
Date de création : 1973
Nombre de licenciés : 416
Plus haut niveau atteint : Fédérale 1
FORMATION RENFORCÉE
Un nouvel élan incarné par ces Pescalunes pur-sang, dont la visée Palmarès : champion du Languedoc, quatrième division (1999)
finale « est d’ici trois ou quatre ans de construire un groupe et un bud- Budget : 330 000 €
get pour monter en Fédérale 2. Mais pour l’instant, l’objectif est de se En 2013-2014 : Fédérale 3, 4e de la poule 11, éliminé en 32e de finale
qualifier en prenant du plaisir », ajoute-t-il. Une mission confiée à par Balma (à Lunel : 10-12 ; à Balma : 12-32). Maintenu
L’interview
JEAN-MARC FERRET - DEMI DE MÊLÉE CADRE DU GROUPE, IL ATTAQUE SA QUATRIÈME ANNÉE AU ROL
ET FAIT PART DE SES AMBITIONS.
« Une émulation renforcée »
Quel regard portez-vous sur les
nombreux changements apportés au club ?
J’ai l’impression que le redressement du club est bien engagé, après
une saison un peu difficile, où les
joueurs n’étaient pas trop au courant de ce qu’il se passait en interne.
Nous sommes restés concentrés uniquement sur le sportif et avons réussi à nous qualifier. Mais le fait de
savoir que le club repart sur des bases saines va sûrement nous per-
mettre d’être plus performants sur
le pré. J’espère que le nouveau cycle amorcé par le Rol sera bénéfique à Lunel et aux jeunes qui arriveront derrière nous.
Justement, votre groupe sera
encore rajeuni cette saison.
N’avez-vous pas peur que ce
manque d’expérience soit un
handicap ?
Non, car la majorité des joueurs de
l’an passé sont restés et connais-
sent donc notre projet sportif. Les
quelques jeunes qui arrivent vont
eux apporter de la fraîcheur et sont
eux aussi au courant du fonctionnement du groupe seniors, car ils ont,
pour la plupart, déjà évolué avec la
réserve. L’émulation au sein du groupe
sera elle aussi renforcée.
L’objectif fixé par les dirigeants est la qualification.
L’équipe est-elle plus ambitieuse ?
En tant que compétiteurs, nous avons
toujours l’envie d’aller le plus loin
possible. Mais on se donne un premier but à atteindre, la qualification
et on verra par la suite. La saison
est très longue en Fédérale 3 et Lunel
ne peut pas se projeter trop loin.
Nous avons repris l’entraînement début août et nous sommes encore en
pleine préparation physique. Et pour
l’instant, j’ai le sentiment que le
groupe est sur la bonne voie. Propos
recueillis par J. L. ■
Alain Studer et le Servette ont reçu le soutien de Sébastien Chabal et
du Lou. Photo DR
Genève
QUATRIÈME SÉRIE LE NOUVEAU CLUB GENEVOIS
ÉVOLUERA DANS LE CHAMPIONNAT FRANÇAIS,
AVEC UN BUDGET HORS NORME.
L’EXCEPTION
SUISSE
Par Jean-Pierre DUNAND
O
n dit le Suisse lent.
C’est faux ! Moins
de deux ans se sont
écoulés entre la
première évocation, par Alain
Studer et Denis Fischer, de la
création à Genève d’un club évoluant dans le championnat français et leur nomination à la viceprésidence du tout nouveau
Servette Rugby Club de Genève.
Ces quelques mois leur ont permis de jeter les bases de leur projet, de convaincre de sa pertinence Hugh Quennec, un homme
d’affaires franco-canadien déjà
président du Servette Football
Club et du Servette Hockey Club
et d’obtenir l’accord de la
Fédération française de rugby
pour être rattaché au comité du
Lyonnais, de l’autre côté de la
frontière. Durant cette période,
un appel à candidatures a également été lancé en direction des
joueurs. Près de soixante ont répondu. Pour débuter le championnat de Quatrième Série, Didier
Cavoret, l’ancien troisième ligne
de Rumilly promu entraîneur,
n’en retiendra que la moitié.
Lancée comme un défi « autour
d’une bière » explique Alain Studer,
l’idée a fait son chemin pour
aboutir le 8 août à un premier
match amical, remporté par le
Servette aux dépens du champion de Suisse en titre, les
Grasshopers de Zurich (15-12).
UNE POLITIQUE DE FORMATION
Le 21 septembre, le Servette
Rugby Club de Genève disputera son premier match de championnat de Quatrième Série, face
à Roche-la-Molière… dans un
stade de 30 000 places. Celui de
La Praille qui accueille régulièrement des rencontres interna-
tionales de football. Le chiffre
n’est pas le seul à rompre avec
les standards des divisions territoriales. Le budget dont disposera le Servette pour sa première
saison fait rêver : 500 000 €. Plus
que de nombreux clubs de
Fédérale 2. « Seulement le quart de
cette somme sera consacré à
l’équipe première, le reste nous
permettra d’engager une véritable politique de formation », précise toutefois Alain Studer.
Le Suisse est patient ! Le projet
porté par le Servette en témoigne. Son premier volet tient à une
progression programmée de
l’équipe première dans la hiérarchie du rugby français. « Pour
a t t e i n d re a u p l u s v i t e l a
Fédérale 1 », cible son vice-président. Mais dans une perspective
d’avenir, l’accent sera également
mis sur le développement de la
pratique du rugby, la formation,
des joueurs, des arbitres, des éducateurs avec là aussi des objectifs
clairement définis : « Nous voulons contribuer à l’élévation du niveau du rugby en Suisse. »
Dès cette saison, outre l’équipe
de Quatrième Série, trois formations de jeunes (moins de 14,
moins de 16 et moins de 18 ans)
seront engagées dans les compétitions de la FFR. Dans son
ambitieux projet, le Servette
Rugby Club Genève a reçu le soutien du Lou et de Sébastien
Chabal aux côtés duquel, Alain
Studer a porté le maillot du CSBJ.
En quelques mois, le Servette
Rugby Club de Genève s’est mis
en ordre de marche. Il est prêt à
se lancer dans le championnat
français, avec des objectifs ciblés… mais pas verrouillés car
si, pour l’heure, le monde du rugby professionnel semble loin du
Servette, personne dans le club
grenat n’écarte la possibilité d’en
pousser un jour les portes. ■
Servette Rugby Club Genève
Date de création : 2014
Nombre de licenciés : 110
Budget : 500 000 €
22 Ovalie Saga amateurs
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Les filles du SCAF basculent sur le jeu à XV après trois saisons à XII. À
elles de se former rapidement à ce nouveau rugby ! Photo SCAF
Albi féminines
FÉDÉRALE TOUCHÉ PAR LA RÉFORME FÉDÉRALE,
LE JEUNE CLUB TARNAIS DOIT FAIRE FACE À DE
NOMBREUX CHANGEMENTS EN TRÈS PEU DE TEMPS.
Les Rennais de Yannig Escoffier veulent relever la tête le plus vite possible, effacer la déception de la saison dernière, et retrouver très rapidement le niveau supérieur. Photo DR
Rennes
FÉDÉRALE 3 FAIRE DE LA RELÉGATION UN BREF PURGATOIRE, TEL EST L’OBJECTIF DE L’ÉQUIPE DIRIGEANTE
EMMENÉE PAR RAPHAËL FAVIER SUR LES CHEMINS DE LA RECONQUÊTE.
LE SENS DE LA
REC…TITUDE
«
U
Par Philippe ALARY
n mal pour un bien », diront les uns. « Un réel gâchis sur fond de regrets »,
avanceront les autres.
Toujours est-il que les
faits sont là, incontestables. La principale tête de pont du département de l’Ille-et-Vilaine recule d’un cran,
laissant à sa voisine vannetaise le leadership
absolu sur un échiquier breton qui plus est
structurellement moins garni que la plupart de ses homologues de l’Hexagone.
Rennes, où le paradoxe d’une métropole
de taille respectable qui voit les féminines
de Philippe Morant occuper le devant de
la scène ovale. « Vous savez, qui dit vivier
estudiantin qui, bien souvent, joueurs de passage », soupire le bon président Favier qui
connaît le contexte local comme sa poche :
« La culture des classes moyennes privilégie
le ballon rond et le cyclisme, fédérer le partenariat autour d’une discipline associée à
une élite libérale n’est pas une tâche des plus
aisées. » Et c’est vrai, autant le stade de la
route de Lorient fait partie intégrante du
décor, autant le Vélodrome situé à portée
de drop-goal de la gare peine à exhaler le
doux parfum des légendes celtiques. Un
peu comme les Tucistes de la Ville rose, les
Rennais pâtissent de cette image de club
gentil car fortement connoté du point de
vue de la mission sociale. Voilà pourquoi,
en cette période de reprise, le nouveau staff
composé de Jean-François Jammes et de
Thierry Aussillous va s’efforcer de faire des
vaincus du précédent exercice des compétiteurs de haut vol, sur le modèle des cousins irlandais et gallois. « Nous n’avançons
aucune prétention », tempère pourtant le
premier nommé et ancien sociétaire, ceci
explique peut-être cela, de Mandelieu-laNapoule. « Si ambition il y a, elle est tournée
vers l’état d’esprit et le contenu, pour ce qui
est des résultats, il faudra laisser le temps
au temps. »
DEUX AMICAUX AU PROGRAMME
Il faut dire que, sans noircir le tableau et
sans en ajouter outre mesure sur le départ
de Gabriel Laval en cours de saison, l’image
de marque, dans son ensemble, était susceptible d’être quelque peu écornée. Pourtant,
à quelques journées de la fin, même le concurrent direct vierzonnais n’en menait pas
large à l’idée de disputer un quitte ou double pour la survie face aux puissants protégés de Guillaume Comméat et de Xavier
Perron. Mais, par manque de cohésion sans
doute, les Rennais, en dépit d’un magnifique
sursaut d’orgueil sonnant le glas des espoirs de qualification des coalisés yvelinois
du MLSGP, baissèrent pavillon. Toutefois,
certains indices attestent d’une possible
embellie. Si certaines figures marquantes
se sont enrôlées sous une autre bannière
(Namir Azaram, Benoît Herbert) et si Julien
Guillaudeaux a mis fin à sa carrière, la majeure partie de l’ossature en place a tenu à
poursuivre l’aventure à l’étage inférieur.
Les Caillet, Guerroult et autres Escoffier
auront à cœur de se faire respecter à domicile. Un peu comme on le dirait d’un
échantillon à la fois représentatif et piqué
au vif. « Priorité aux bases dans ce qu’elles ont
de plus strict, à commencer par l’investissement de tous, nous nous devons de pratiquer
un jeu adapté à nos moyens », confirme JeanFrançois Jammes.
Pour peaufiner les derniers réglages avant
le derby face à Quimper, l’encadrement a
programmé, outre un stage in situ, deux
matchs amicaux. L’un face à Tours, l’autre face
à Trignac. Symboliquement, la première
échéance focalisera les regards de ceux qui
souhaitent voir le REC retrouver les
Tourangeaux le plus rapidement possible.
En Fédérale 2, cela va de soi ! ■
V
D
epuis 2007, Albi a rattrapé son retard en termes de rugby féminin. Avant cette date, la préfecture tarnaise
n’avait pas de structures à même d’accueillir les jeunes
filles désireuses de s’essayer au rugby, contrairement
à Gaillac ou Castres, des villes de moindre importance
géographique. Après quelques saisons à VII puis trois
à 12, le club s’apprête à prendre un nouveau virage à l’aube de la
saison 2013-2014 : touché de plein fouet par la réforme fédérale qui
supprime le jeu à 12, le voilà obligé de faire un choix, jouer à XV ou
à VII. Comme l’immense majorité des clubs, le Scaf a choisi de partir sur du jeu à XV. Malgré les contraintes que cela impose en termes
d’effectif. Et voilà le club embarqué dans une nouvelle aventure, un
voyage vers l’inconnu puisqu’au moment où nous écrivons ces lignes, à un petit mois de la reprise prévue le 21 septembre, la Fédération
n’a toujours pas communiqué sur la composition de la poule unique
de « Fédérale féminine à XV », ni sur les règlements qui la régiront.
POUSSER LES MÊLÉES
Face à ce flou, Sandrine Sauvaire, la dynamique présidente du club,
a du mal à se projeter : « Nous subissons un peu les réformes de la
pratique du rugby féminin. Nous avons été prévenues au mois de mai
que la division à 12 allait disparaître. Heureusement, on avait un peu
anticipé et les filles avaient participé à quelques matchs amicaux à XV.
Nous espérons pouvoir jouer le milieu de tableau la saison prochaine
mais c’est difficile de tirer des plans sur la comète quand on ne connaît pas la composition exacte de la poule. Ce sera sûrement une saison de transition. »
Car les filles d’Albi vont avoir beaucoup de choses à apprendre.
Outre le jeu à XV, elles vont devoir pousser les mêlées, action jusqu’alors simulée. « Les joueuses susceptibles d’évoluer en première
ligne devront passer un passeport auprès d’un cadre technique de la
Fédération afin de s’assurer qu’elles sont prêtes à jouer », précise la
présidente. Sandrine Sauvaire, qui espère un effet « Coupe du
monde », aimerait voir ses effectifs grossir quelque peu, surtout
chez les jeunes : « À terme, nous aimerions puiser chez les jeunes le
gros de notre recrutement pour l’équipe seniors. J’espère que la Coupe
du monde aura sensibilisé les parents et fait tomber les barrières. »
Pour cela, sachez, jeunes filles, que vous pouvez rejoindre le club
dès vos 11 ans révolus… ■
Date de création : 1961
Nombre de licenciés : 400
Plus haut niveau atteint : Fédérale 2
Budget : 200 000 €
En 2013-2014 : Fédérale 2, 9e de la poule 2,
relégué
Date de création : 2007
Nombre de licenciés : 60
Plus haut niveau atteint : Fédérale 3 (2014)
Palmarès : challenge de l’Avenir Fédérale 3 Grand Sud (2012)
Budget : 20 000 €
En 2013-2014 : Fédérale 3 Grand Sud, 9e de la poule unique
EN CHANTIER
erdun, ville de garnison. Depuis plus
d e c e n t a n s, l a
bourgade lorraine
voit défiler des
unités aux devises
toutes plus inspirées les unes
que les autres. « Je suis de Verdun,
tenir ou mourir » pour le 166e ré-
Par David BOURNIQUEL
Sporting Club albigeois féminines
HONNEUR EN FÉDÉRALE 1 IL Y A ENCORE PEU DE TEMPS, LE CLUB A CONNU DES MUTATIONS IMPORTANTES.
IL CHERCHE AUJOURD’HUI À SE RECONSTRUIRE.
giment d’infanterie, ou encore
les derniers arrivés du régiment
de chasseurs à cheval : « Craint
en tout lieu ». Mais en parallèle
de l’activité militaire, c’est crampons aux pieds que les recrues
militaires se sont montrées utiles et ont écrit les grandes pages du club. À l’âge d’or du rugby lorrain, les années 1950, le
SA Verdun compte même dans
DE TRANSITION
Rennes Étudiants Club
Verdun
Par Romain GRAS
UNE ANNÉE
ses rangs l’international Michel
Vannier (43 sélections). Mais aujourd’hui « les temps changent,
le rugby exige plus d’investissement », explique le président
Patrice Prioux. Alors, sans parler de désertion, il a fallu enclencher la formation et renouveler l’effectif. Un processus
délicat avec l’instabilité que comporte ce genre de manœuvre,
dans une « région sinistrée »,
comme le précise le président. Le
SA Verdun n’échappe pas à la
règle, et fait l’ascenseur de la
Fédérale 3 à l’Honneur entre 2008 et 2011 avant de se stabiliser en Honneur.
RENOUVEAU PAR LA FORMATION
« Aujourd’hui, l’essentiel de l’effectif a entre 22 et 28 ans, et, à
l’exception de deux joueurs, est
exclusivement formé au club. »
Une réussite pour un club qui
n’a que peu de marge de manœuvre. Avec en prime une belle
concrétisation sportive. Qualifié
pour le championnat de France,
Verdun fait chuter le RCP 15 en
trente-deuxièmes (22-18).
L’aventure des Lorrains s’arrête
en seizième de finale face à
Meximieux par une défaite de
huit points (20-12). Un exploit
dans la mesure où leur bourreau atteindra les demies. Mais
le président reste réaliste. « Jouer
deux tours de championnat de
France, c’est que du bonheur, mais
nous sommes dans une région
sinistrée. » Il est vrai qu’avec
20 000 habitants et pas d’université proche, le club a du mal
à garder les jeunes après 18 ans.
L’objectif numéro 1 sera donc
de favoriser une filière jeune,
continuer à former les joueurs
et pérenniser le club en
Honneur. « Entre les déplacements, l’effectif et le budget on a
besoin de temps pour se construire et trouver de la stabilité. »
Et être à nouveau craint. ■
Verdun Rugby
Date de création : 1921
Nombre de licenciés : 300
Plus haut niveau atteint : Fédérale 1
Palmarès : vice-champion de France Honneur (1957)
Budget : 100 000 €
En 2013-2014 : 1er de poule, 16e de finale
23
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
Cris & chuchotements
Top 14 - Entraîneurs
HUIT CLUBS, AU MOINS, VONT ÊTRE CONCERNÉS, CETTE SAISON, PAR LE DEVENIR D’UN OU DE PLUSIEURS
DE LEURS ENTRAÎNEURS. À TOULON ET PARIS, ÇA AVANCE DÉJÀ. AILLEURS, LA PATIENCE EST LE PLUS SOUVENT DE MISE.
DES DOSSIERS
EN PAGAILLE
Par Vincent BISSONNET (avec la rédaction)
[email protected]
P
lus de la moitié des équipes de
l’élite va se retrouver confrontée,
cette saison, à la fin de contrat
d’une partie ou de l’intégralité de
son staff. Des échéances de première importance pour les dirigeants et décisives pour le secteur sportif.
Dans la mesure du possible et si le contexte
le permet, les présidents préfèrent anticiper la gestion de ces dossiers. Ainsi, à Toulon,
Mourad Boudjellal, fort des certitudes nées
du doublé, a pris les devants et va prochainement soumettre à Jacques Delmas et à
Pierre Mignoni des prolongations de contrat d’une saison. Les assistants de Bernard
Laporte, déjà engagé de son côté jusqu’en
juin 2016, sont pour l’heure liés au RCT jusqu’au printemps prochain. Au Stade français, sauf avis contraire ou retournement de
situation d’ici fin décembre, le trio QuesadaRaiwalui-Dubois, en fin de contrat en 2015,
verra sa collaboration reconduite pour une
saison supplémentaire.
QUEL AVENIR POUR SERVAT ?
Dans la majorité des clubs impactés par les
dates butoir d’engagement, les discussions
n’ont pas encore été entamées à ce jour.
À Clermont et à Lyon, le sujet ne préoccupe
pas encore les dirigeants. Les entraîneurs
en chef respectifs Franck Azéma et Tim Lane
disposent d’une année en option pour la
saison 2015-2016. Si aucune des deux parties ne se manifeste avant une date fixée
par l’actuel contrat, la reconduction deviendra tacite. À Grenoble et à Oyonnax, le dossier devrait arriver relativement rapidement
sur la table des négociations. Dans ces deux
clubs, le staff se retrouve, en grande partie,
en fin d’engagement. Le développement et
les résultats du club conditionneront en
grande partie le déroulement des discussions. À La Rochelle, les cas de Fabrice
Ribeyrolles et de Xavier Garbajosa devront
être traités. Sont-ils liés ? Enfin, à Toulouse,
le cas Servat va se présenter d’ici le printemps. À cet égard, le parcours du Stade
toulousain, privé de titres depuis deux saisons, ne pourra pas ne pas avoir d’impact
sur la teneur des discussions… ■
Où en sont-ils ?
Bayonne. Noriega (2016). Bordeaux-Bègles.
Ibanez-Sonnes-Etcheto-Worsley (2016). Brive.
Godignon-Casadéi-Carbonneau (2016+1). Castres.
Rolland-Milhas-Darricarrère (2016). Clermont.
Azema (2015 + 1 année en option), Gibbes (2016 + 1).
Grenoble. Landreau, Jackman et Prendergast (2015),
Bégon (2016). La Rochelle. Collazo (2017),
Ribeyrolles (2015), Garbajosa (2015+1) Lyon. Lane
(2015 + 1), Azam (2016). Montpellier. Galthié et
Ledesma (2017), Glas (2016). Oyonnax. UriosCharrier (2015). Racing-Metro. Travers-Labit (2017).
Stade français. Quesada-Raiwalui-Dubois (2015).
Toulon. Laporte (2016), Delmas et Mignoni (2015).
Toulouse. Servat (2015), Elissalde (2016).
Coupe d’Europe
Infos
La chimère O’Driscoll
TOULOUSE PULU EN RENFORT
Le Stade toulousain enregistre le renfort de Kisi Pulu (35 ans, 32 sélections, 1,75 m, 112 kg), pour les quatre
ou cinq prochains mois. Le Tonguien
vient compenser l’indisponibilité de
Schalk Ferreira, écarté des terrains
pour une rupture du tendon d’un
biceps. L’ancien pilier d’Albi et de
Perpignan était suivi par Narbonne et
Lyon.
Jusqu’en juin 2015, l’ancien directeur
général de l’ASMCA Jacques Pineau
sera le chef exécutif de l’EPRC, l’institution présidant désormais aux destinées de la Coupe d’Europe de rugby.
Par qui sera-t-il remplacé, à l’issue
de cette date ? À l’heure actuelle, le
comité exécutif de la nouvelle
agence fait passer des entretiens à
une poignée de candidats triés sur le
volet et, d’ici octobre, présentera
l’heureux élu à l’International Rugby
Board, qui validera ou pas le choix
des dirigeants européens. Mercredi
matin, nos confrères de l’Irish Times
évoquaient, quant à eux, la possibilité pour Brian O’Driscoll, tête de gondole du rugby irlandais, d’occuper ces
fonctions à la tête de l’EPRC. Mais
l’information vient de nous être
démentie par l’EPRC, laquelle portera
son choix sur un businessman en lien
étroit avec le monde du rugby.
O’Driscoll comme président d’honneur, alors ? Difficile à croire…
Concernant les droits télés de la compétition en France, les responsables
de la compétition européenne ont rencontré Daniel Billalian (patron des
sports de France Télévisions) la
semaine dernière et devraient livrer
leur verdict la semaine prochaine, par
l’intermédiaire d’un communiqué de
presse. La coupe d’Europe sera-t-elle
toujours accessible en clair ? Cela
reste à prouver, puisque la chaîne
payante BeIn Sports semble de plus
en plus intéressée par le projet de
coupe d’Europe des clubs. Affaire à
suivre.
Racing-Metro
Sexton entre en « négos »
Le demi d’ouverture du Racing-Metro Jonathan Sexton n’a pas encore activé la
troisième année (optionnelle) du contrat le liant avec le club des Hauts-de-Seine.
Rentrera-t-il en Irlande à la fin de la saison en cours ? La province du Leinster et la
Fédération irlandaise ont, en tout cas, débuté leur forcing concernant le numéro 10 international. Selon nos informations, le Racing-Metro est toutefois plutôt
confiant quant au cas de son demi d’ouverture irlandais, lequel avouait cette
semaine à ses dirigeants se plaire en Ile-de-France. Dès lors, le Racing-Metro
s’est donné jusqu’au 15 septembre pour finaliser le dossier Jonathan Sexton.
Moins de 18 ans tricolores
Médaille d’or au JO de la jeunesse
L’équipe de France des moins de 18 ans à VII a remporté ce mercredi à Nanjing
(Chine), la médaille d’or des jeux Olympiques de la jeunesse. En finale les Tricolores
ont battu l’Argentine par 45 à 22. À noter que dans leurs rangs, les Français comptaient quelques fils de joueurs ou entraîneurs célèbres comme le jeune Arthur
Retière, Alexandre Roumat et Mathieu Voisin.
on...
Montauban : Tuifua,
recrue de dernière
minute
La récente volte-face du centre néo-zélandais Parataïso
Silafai-Lea’ana a contraint
Montauban à dépêcher une
recrue en urgence au poste de
centre : le champion de France
de Fédérale 1 a trouvé son
bonheur à Cardiff en la personne de Isaia Tuifua, renseigne La Dépêche du Midi. Le
puissant centre samoan des
Blues (26 ans, 1,78 m, 99 kg,
2 sélections) est le frère du
troisième ligne de l’UBB,
Taisina Tuifua.
off...
Il avait rencontré
le staff briviste il y a
quelques mois
Sur les tablettes de plusieurs
formations françaises et européennes, Tuifua a failli rejoindre le Top 14 avant de s’engager à Montauban. Surveillé
par Brive, alors en quête d’un
centre pénétrant, le joueur
avait même rencontré le staff
corrézien il y a plusieurs mois.
Mais ce dernier avait finalement préféré prolonger le contrat d’Andrew Ma’ilei, plutôt
que de parier sur le Samoan.
MONTPELLIER UN JOKER
POUR ATTOUB
Blessé face au Racing-Metro, David
Attoub s’est fait opérer d’une rupture
d’un biceps jeudi et sera éloigné des
terrains durant quatre mois. Un coup
dur pour le MHR, déjà privé de
Maximiliano Bustos (hernie cervicale,
blessure classée « G2 ») et qui devra
attendre jusqu’en octobre pour compter sur sa recrue, Patric Cilliers, retenu
par sa province des Stormers jusqu’à
la fin de la Currie Cup. Montpellier ne
dispose donc plus que de deux droitiers, Nicolas Mas et Chris King, arrivé
la semaine passée. Une situation qui,
comme l’an passé (Leleimalefaga à
gauche et Figallo à droite), pousse
donc le club a cherché un joker médical, selon un Fabien Galthié dépité :
« On cherche un joker. C’est super,
c’est un régal ! Ce n’est vraiment pas
ce que l’on souhaite… »
DISCIPLINE GÉLI SUSPENDU AU
MOINS JUSQU’AU 3 SEPTEMBRE
Exclu lors de Montpellier - RacingMetro, le talonneur héraultais Charles
Géli comparaîtra devant la commission de discipline de la LNR le mercredi 3 septembre et est suspendu dans
l’attente de son jugement. Les deux
clubs sont convoqués en raison de
deux bagarres collectives. En Pro D2,
le Tarbais Isoa Domolaïlaï est aussi
suspendu et convoqué.
CASTRES MARICH REBONDIT
À LANNEMEZAN
Récemment passé par Narbonne et
Castres, l’espoir sud-africain George
Marich évoluera en Fédérale 1 la saison prochaine. Le pilier de 22 ans
(1,83 m, 120 kg) s’est engagé avec
Lannemezan (Hautes-Pyrénées).
NARBONNE TERTERANI ERASITO,
NOUVEAU CAPITAINE
Le jeune troisième ligne franco-australien Terterani Erasito (alias Ted
Postal), 23 ans, a été désigné par le
staff comme capitaine du RCNM
pour la prochaine saison. Il succède
au pilier gauche Sébastien Petit. Le
flanker narbonnais, qui a joué à la
De haut en bas, William Servat et Jean-Baptiste Elissalde, Pierre
Mignoni et Jacques Delmas. Photos Icon Sport
Western Force, est passé par le centre de formation du RCNM. La saison
dernière, il a disputé vingt-six
matchs avec Narbonne dont dix
comme titulaire.
PRO D2 ATTENDU À L’USAP,
GUYON S’ENGAGE À COLOMIERS
Attendu du côté de Perpignan,
Gaëtan Guyon (25 ans, 1,84 m,
115 kg) s’est finalement engagé avec
Colomiers. Le pilier, prêté à Auch la
saison dernière, avait résilié son contrat avec La Rochelle. Par ailleurs,
Henry Tuilagi, revenu en pleine possession de ses moyens physiques,
continue de s’entraîner avec le
groupe sang et or, dans l’attente de
voir son engagement se concrétiser.
GALLES ADAM JONES PRÉFÈRE
CARDIFF AU TOP 14
Après avoir tenu en haleine l’Europe
entière, le feuilleton Adam Jones a
pris fin cette semaine. Le pilier inter-
national gallois (33 ans, 100 capes
dont 5 avec les Lions britanniques et
irlandais) a donné son accord pour
rejoindre les Cardiff Blues. Son nom
avait un temps été évoqué du côté de
Toulon et de Lyon. Mais Jones n’avait
pas donné suite aux approches des
clubs français. Le pilier droit n’a pas
réussi à trouver un accord avec son
ancien club des Ospreys à cause du
conflit ouvert entre la Fédération et
les régions. En fin de contrat avec la
franchise de Neath-Swansea, il n’était
plus payé depuis deux mois. Après
onze saisons chez les Ospreys, il a
donc choisi de se lancer un nouveau
défi.
COLOMIERS BOURDIN DIT STOP
Gravement blessé aux cervicales la
saison passée, le Columérin Antoine
Bourdin ne chaussera plus les crampons. Le deuxième ligne de 33 ans
s’est vu signifier par la Sécurité
sociale la fin de sa prise en charge à
la fin du mois. Il devrait intégrer le
staff du club dans un rôle de consultant auprès du paquet d’avants.
ITALIE CAZENAVE DÉMARRE
L’ENTRAÎNEMENT LUNDI
Interdit de pratique du rugby en
France par les instances fédérales,
Florian Cazenave va entamer son
aventure italienne à compter de lundi
prochain. Le demi de mêlée de 24 ans,
victime d’un accident à un œil l’été
dernier et libéré de son contrat par
l’Usap, portera, cette saison, les couleurs de la formation de Reggio
Emilia, en deuxième division italienne.
COUPE D’EUROPE HEINEKEN
REDEVIENT PARTENAIRE
Partenaire principal de la précédente
Coupe d‘Europe à laquelle il avait
donné son nom, le brasseur hollandais a paraphé cette semaine un
contrat le liant à ECPR comme l’un
des quatre partenaires majeurs.
En revanche, aucun naming n’est à
attendre pour cette future
compétition.
ANGLETERRE BRAD THORN
REJOINT LEICESTER
Le deuxième ligne champion du
monde avec les All Blacks, Brad
Thorn évoluera cette saison sous les
couleurs du club anglais de Leicester.
Le directeur du rugby des Tigres,
Richard Cockerill, a déclaré que
l’ancien international néo-zélandais
(59 capes) débarquerait dans les
Midlands en septembre. Âgé de 39
ans, Thorn évoluait cette saison aux
Highlanders en Super 15. Il avait
auparavant joué pour les Crusaders
et le Leinster. Il a la particularité
d’être le seul joueur de l’histoire à
avoir remporté le Mondial, le Super
Rugby, la NRL et la Coupe d’Europe.
« Brad veut gagner la Premiership, a
déclaré Cockerill. Il fêtera ses 40 ans
cette saison. Mais avant de critiquer
son âge, il faudra le voir à l’œuvre. »
FÉMININES TROIS CANDIDATS
POUR LE MONDIAL 2017
Le succès du Mondial féminin en
France a suscité des émules. Trois
pays viennent de se déclarer candidats pour l’organisation de la prochaine édition, programmée en 2017 :
l’Angleterre, l’Afrique du Sud et
l’Irlande, considérée comme la piste
la plus vraisemblable.
24 Horizons Grand Côté
VENDREDI 22 AOÛT 2014 - MIDI OLYMPIQUE
PERPIGNAN-COLOMIERS, DIMANCHE 15H05 NON-PROLONGÉ EN 2012 PAR L’USAP, SON CLUB DE
TOUJOURS, C’EST AVEC LA COLOMBE COLUMÉRINE SUR LE CŒUR QUE BERNARD GOUTTA RETROUVERA LA
PELOUSE D’AIMÉ-GIRAL, CE WEEK-END. EMOTIONS GARANTIES.
GOUTTA
Aimé-Giral :
une tribune
à son nom
LE CATALAN
Bernard Goutta entame sa troisième
saison à la tête de Colomiers. Alain
Carré, le président de l’USC, se souvient comment il était parvenu à convaincre l’ancien troisième ligne de
Perpignan de rejoindre le club de la
banlieue toulousaine : « Je cherchais
un entraîneur et j’ai parlé pour la première fois de Bernard Goutta à mon
neveu Nicolas Mas. J’ai beaucoup
d’estime pour Nicolas. Il est de la
famille et sait être franc sur tous les
sujets. Ce n’est pas pareil que de
demander conseil à un agent. Le personnage me plaisait tout autant que
l’image d’entraîneur qu’il dégagait.
Les premiers contacts ont été difficiles car Bernard est quelqu’un de
méfiant. Je l’ai appelé deux fois puis
nous nous sommes rencontré à deux
reprises. La deuxième fois, il est venu
sur Toulouse et j’ai senti que nous
allions faire affaire. Et finalement,
cela s’est fait assez simplement. Il
avait dû se renseigner sur Colomiers
pour savoir s’il n’y avait pas de lézard
dans nos tiroirs. Et même si nous ne
savions pas encore si Colomiers parviendrait à se maintenir en Pro D2, il
s’est de suite engagé à venir même si
le club descendait en Fédérale 1. Le
fait que nous soyons tous les deux
catalans a peut-être facilité les choses. » Depuis, l’histoire entre
Colomiers et Bernard Goutta semble
s’inscrire sur le long terme. « Ça peut
être le cas », convient Alain Carré.
« L’an dernier, il a été titillé par
Clermont et il a décidé de rester à
Colomiers. » Un contrat prolongé
jusqu’en 2018 qui ravit le président
columérin : « Bernard Goutta à
Colomiers, c’est une réelle satisfaction. Je crois qu’il aime le club et qu’il
s’y sent bien. Il est en famille et pour
me voir, il n’y a pas besoin de mettre
sur pied une réunion. On discute,
même dans les moments moins évidents inhérents à une saison, mais
rien ne transpire dans les coursives. »
Un mode de fonctionement qui convient aux deux hommes. N. A. ■
Le 3 mai 2008, le stade Aimé-Giral
inaugurait sa nouvelle tribune au nom
de Bernard Goutta alors que l’Usap disputait un match décisif pour la qualification face à... Biarritz. Quelques mois
seulement après sa retraite sportive,
l’ancien troisième ligne aile vivait sa
première année en tant qu’entraîneur.
«C’est un grand honneur que m’a fait le
maire de Perpignan, Jean-Paul Alduy,
déclarait-il après la victoire de son
équipe, J’ai longuement hésité parce
que cela me gênait un peu par rapport
aux anciens. Je me demandais pourquoi moi. Mais cela ne se refuse pas.
C’est vrai que c’est un grand privilège
mais c’est aussi lourd à porter en étant
toujours au club. C’est une pression
supplémentaire. » Le pilier Perry
Freshwater, ancien partenaire de
Goutta et encore présent à la pointe du
combat ce jour-là, avait évoqué l’émotion autour de cette rencontre : «Ce
match nous l’avions gagné pour
Bernard. Cette tribune à son nom, c’est
un grand honneur pour lui.» Pourtant, ce
choix avait fait polémique puisque toutes les autres tribunes du stade rendaient hommage à des joueurs champions de France 1955. D’ailleurs,
Bernard Goutta n’avait caché sa surprise mais avait fini par accèder à la
demande de Jean-Paul Alduy qui voyait
en lui un parfait symbole d’intégration
et de cohésion sociale alors que la ville
de Perpignan était le théâtre d’affrontements entre les communautés gitane et
maghrébine. N. A. ■
Quand Hyardet
entraînait
« Bernardo »
Arrivé en 1994 à l’Usap, à 21 ans,
Bernard Goutta a dû attendre le début
des années 2000 pour commencer à
véritablement écrire sa légende. Ses
premiers pas se sont en effet avérés
timides. De 1996 à 1999, Alain
Hyardet a entraîné le troisième ligne
alors surnommé « Bernardo » pour son
mutisme et son extrême discrétion :
« Bernard en était à ses débuts. Ce
n’était pas une période évidente pour
lui. Il avait à faire à une forte concurrence avec Marc Lièvremont et Gérard
Majoral. Il a connu des moments durs
mais c’était un cap enrichissant qui lui
a permis de faire ses armes et
d’apprendre. Il est ensuite monté en
puissance et s’est imposé comme un
joueur indiscutable. » Non retenu pour
la finale du championnat 1998, perdue
contre le Stade français, Bernard
Goutta a changé son destin la saison
suivante lors d’une explication de
texte musclée avec Alain Teixidor. « Un
jour, il s’est fait prendre à part et a
craqué : « Pourquoi tu ne m’aimes
pas ? » a demandé Bernard, raconte
son biographe, Vincent Couture. Ce
jour-là, il a décidé d’arrêter de subir sa
vie. Le changement s’est ensuite concrétisé grâce à Olivier Saïsset qui lui a
confié le capitanat en 2001. À partir du
moment où il s’est occupé des autres,
il s’est révélé à lui-même. » Pour
devenir une figure incontournable de
la Catalogne. V. B. ■
Colomiers :
Mas en
intermédiaire
Le match Perpignan -— Colomiers sera l’occasion pour l’entraîneur columérin, Bernard Goutta, de retrouver « son » stade Aimé-Giral, où il a
connu ses heures de gloire en tant que joueur puis entraîneur. Photos Midi Olympique
Par Léo FAURE
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C
’est la rançon de la gloire, même lorsqu’elle est locale. Jusque-là, Bernard Goutta n’avait jamais
remis les pieds à Aimé-Giral. « Son » Aimé-Giral.
Alors, quand le calendrier des oppositions de la
saison 2014-2015 a été officialisé, la perspective
de voir l’icône perpignanaise présenter ses
Columérins au défi usapiste a secoué le landerneau catalan.
« Jusqu’à l’obliger à changer de numéro de téléphone portable
et à fermer son compte Facebook, il y a une dizaine de jours,
face à l’afflux des sollicitations » raconte Vincent Couture, qui
signe une biographie de Goutta sortie ce mercredi (« Le cri »,
éditions Talaia).
AZÉMA : « IL NE CHERCHAIT PAS CETTE RECONNAISSANCE »
L’engouement autour du « come-back » de l’enfant chéri est
immense. Paradoxal, aussi, parce qu’expansif dans les mêmes proportions que le personnage est discret. Sa réputation,
Goutta se l’est forgée sur les valeurs que revendique la
Catalogne. « Il en était même le porte-drapeau. Bernard, en
Catalogne, c’est un mythe. Vous ne trouverez personne pour dire
du mal de lui » encense Franck Azéma, ami de toujours.
Un dur au mal, taiseux et combattant terrible, qui perpétuait
en la matière une longue tradition usapiste. Devenant très tôt
l’enfant chéri d’Aimé-Giral. « Je crois pourtant qu’il ne cherchait pas cette reconnaissance. C’est sa façon de vivre, sa façon d’être à l’écoute des autres, sur comme en dehors du ter-
rain, qui a fait de lui une telle icône » poursuit Azéma.
Pour quelqu’un qui fuit la popularité et ses alentours, Goutta
va être servi. Dimanche, la dotation de Colomiers collée au
torse, c’est sur une tribune qui porte son nom que les socios de la Bronca lanceront les premiers « Usap » de la saison. Pas banal.
ODE À LA CATALANITÉ
La perspective pourrait faire vaciller plus d’un homme, embrumé dans les émotions de souvenirs poignants. Olibeau,
qui fut le coéquipier de Goutta avant de sévir sous ses ordres, jure qu’il n’en sera rien. « Bernard restera à son image pendant ce match, c’est-à-dire humble et discret. Il aime bien se
couper de ce qui peut parasiter et perturber son environnement.
L’adage « pour vivre heureux vivons cachés » lui correspond.
Il ne veut pas faire de bruit et pouvoir préparer sereinement
cette rencontre. J’imagine qu’il a aussi été affecté et peiné par la
descente de son club de cœur. En partant, il n’aurait jamais imaginé revenir à Aimé-Giral pour le Pro D2. »
L’Usap qui, balancé en Pro D2 par un professionnalisme
dans lequel il s’est perdu, a décidé de repartir ce qui a toujours fait sa force : ses racines catalanes, profondes et ancestrales. « Les dernières saisons, l’Usap s’était écarté de cette
catalanité. Et il l’a payé cher » regrette Franck Azéma. Guillaume
Vilaceca est devenu capitaine. David Marty et Jean-Pierre
Pérez seront en première ligne et l’Usap axe sa communication autour de la reconquête. « Une thématique qui va bien
à ce peuple » assure Azéma. Catalan ou pas, le cœur attendra. À Aimé-Giral, Goutta vient pour gagner. Une énième
fois. ■
« Le cri »,
sa biographie
Mercredi, date de la saint-Bernard,
quatre jours avant le grand retour de
Goutta à Aimé-Giral, « Le Cri » a fait
son apparition dans les librairies (éditions Talaia, 16 €). Cette œuvre du
journaliste Vincent Couture retrace « la
vie et la carrière de Bernard et quinze
ans de professionnalisme à l’Usap »,
explique l’auteur. La génèse de
l’ouvrage remonte à une explication de
texte entre les deux hommes et à cet
élan lyrique de notre confrère : « Je lui
ai dit : « Ta vie est un roman. » Il a pris
la phrase au pied de la lettre. » Un
roman épique, passionné, chargé en
émotions : « Plusieurs quêtes de
reconnaissance absolue se rejoignent :
celle de Bernard, fils de harki avec un
lourd héritage à porter et qui a su
montrer une capacité de résilience
hors du commun ; celle de l’Usap, club
qui courait après un titre depuis cinquante ans ; celle de la Catalogne,
enfin, une région pauvre qui voulait
faire parler d’elle en bien. » V. B. ■