Pratiques et organisation des services

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Pratiques et organisation des services
Un autre regard sur les bonnes pratiques
entourant la naissance :
la perspective des femmes
(An alternative look at best practices in childbirth : Women’s perspectives )
25 novembre 2010
Présentatrices
Lourdes Rodrigez del Barrio
Hélène Vadeboncoeur
Lorraine Fontaine
Un autre regard
sur les bonnes pratiques entourant la naissance : la perspective des femmes
Atelier basé sur l’étude exploratoire « L’accouchement en établissement est‐il susceptible de donner lieu à de la maltraitance, de la négligence ou de la violence? »
financée par le CRI‐VIFF* de l’Université de Montréal, dans le cadre de l’ARUC Femmes, violences et contextes de vulnérabilité.
Équipe de recherche:
Lourdes Rodrigez del Barrio, Professeure agrégée, École de service social, Université de Montréal
Hélène Vadeboncoeur, Ph.D, chercheuse indépendante en périnatalité
Stéphanie St‐Amant, candidate au doctorat en sémiologie, Département d'Études littéraires, UQAM
Lorraine Fontaine, Coordonnatrice, Regroupement Naissance‐Renaissance
Myriam Hivon, Ph.D, Professionnelle de recherche, Institut de recherche en santé publique de l’Université de Montréal
*Centre de recherche interdisciplinaire sur la violence familiale et la violence faite aux femmes
Déroulement de l’atelier
1.
Présentation de la recherche
–
–
2.
Ouvrir le dialogue: pistes d’interprétation et le changement des pratiques
–
–
3.
Contexte historique et enjeux actuels qui ont menés à la recherche
Résultats de la recherche: analyse des récits des femmes
Droits et violence
Vers la transformation de la culture entourant la naissance: proposition pour la construction d’outils de formation Discussion
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Origines de la recherche
30 ans après le colloque Accoucher ou se faire accoucher où en sommes‐nous?
En cette année du 30e anniversaire du Regroupement Naissance Renaissance où en sont les luttes, les enjeux, les gains?
En Amérique du Nord au 21e siècle, des milliers de femmes témoignent chaque année de souffrances et d’effets de violence vécues lors d’accouchements.
Pouvons‐nous mieux comprendre leurs besoins et les raisons pour lesquelles ils sont si peu entendus et respectés?
Pouvons‐nous analyser leurs expériences et en dégager des pistes pour transformer nos pratiques afin qu’elles soient plus respectueuses?
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Politique de périnatalité
2008‐2018
• Au Québec, la récente Politique de périnatalité affirme que « Donner naissance est une expérience naturelle, un processus normal » et souligne l’importance non seulement de protéger le processus physiologique naturel de la naissance, mais de mettre en place des environnements permettant de le faire et de respecter la personnalité de chaque femme, ses particularités, son rythme, son intimité. (Politique de périnatalité
2008‐2018, un projet porteur de vie. Gouvernement du Québec, 2008 p.9).
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Mise en dialogue et débat de trois
perspectives
Cadre théorique
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Passages
• Description ou écoute phénoménologique: l’importance des mots choisis. • Analyse structurelle, socioculturelle et critique
– Contexte limité aux récits
• Conflit des interprétations
– Contexte hors texte: les cadres théoriques
différents et des contextes des acteurs
– Interprétations
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Élargir les
espaces de
dialogue
TRANSFERT DES
CONNAISSANCES
ÉCOUTER
MÉTHODE: récits
des femmes
PASSAGE
PHÉNOMÉNOLOGIQUE:
À L’ÉCOUTE DES RÉCITS
D’ACCOUCHEMENTS
EXPLIQUER
Questionnement du
Regroupement
NaissanceRenaissance
SPIRALE HEURISTIQUE
POUR LA RECHERCHE
ET L’ACTION *
L. RODRIGUEZ (2010)
COMPRENDRE
PASSAGE
HERMÉNÉUTIQUE
POSITIONNEMENTS ET
MISE EN DIALOGUE
ANALYSE SOCIOCULTUREL ET CRITIQUE: LE CHANGEMENT DES PRATIQUES AU COEUR DE LA PENSÉE
Ouvrir le
dialogue
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
MÉTHODE: focus
groupe
Cadre théorique
Le concept de souffrance sociale • Permet d’analyser le fonctionnement des systèmes de soins en santé contemporains et leurs effets paradoxaux, négatifs et imprévus
• Introduit l’expérience subjective dans l’évaluation des soins
• Fait le lien avec une analyse socioculturelle et macro‐sociale des institutions, particulièrement de la santé
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Cadre théorique
• Les approches d’évaluation des services de santé et particulièrement ceux qui intègrent les perspectives des personnes utilisatrices des services pour l’élaboration des critères d’évaluation et l’orientation des services Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Cadre théorique
• Les concepts du domaine de la violence envers les femmes, de la sociologie contemporaine, particulier la violence institutionnelle, systémique et symbolique
• Les droits de la personne
• Une réflexion sur l’utilisation du concept de violence: significations multiples selon les contextes de leur emploi et les acteurs, actrices qui l’utilisent
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Cadre théorique
Le concept de souffrance sociale • Permet d’analyser le fonctionnement des systèmes de soins en santé contemporains et leurs effets paradoxaux, négatifs et imprévus
• Introduit l’expérience subjective dans l’évaluation des soins
• Fait le lien avec une analyse socioculturelle et macro‐sociale des institutions, particulièrement de la santé
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Partir des récits des femmes
Méthode
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Méthode (1)
• Analyse qualitative et sources :
– Livre Au cœur de la naissance, 2004
– Livre Naissances, 2004
– Entrevues de l’étude Perception de la naissance – naissance d’une perception (Hivon M & Jimenez V, 2007)
– Entrevues et observations d’accouchements – données de l’étude doctorale La naissance au Québec à l’aube du 3e
millénaire : de quelle humanisation parle‐t‐on ? (Vadeboncoeur, 2004)
• Période des récits retenus : 1991 à 2004
• Critères de sélection: Identification des récits: naissances normales, expériences négatives et positives, en différents types des services (maison de naissance, hôpital)
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Méthode (2): analyse
1. Analyse ouverte: identification des thèmes abordés
2. Élaboration d’une typologie d’actes, gestes ou paroles à partir d’une analyse inductive du corpus de données. 3. Grille d’analyse en fonction des aspects positifs et négatifs de l’accouchement émanant des récits. 4.
3 grandes catégories: •
Organisation des soins et services
•
Pratiques
•
Attitudes Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
L’importance des mots
Donner naissance: Joies et souffrances
Passages: Écouter
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Les mots pour le dire: contrastes
Positifs
•
Négatifs
Et puis il est sorti, il a crié deux fois, (…). Je •
me rappelle, il bougeait comme ça, (…) il bouge tout le temps! (rire) Il était tout petit, tout rose! Il avait une belle couleur aussi. (…) Et après •
«Mon chum témoin de la scène est très énervé et ne comprend pas quelques minutes, il est allé sur papa.
• Elles ne disaient pas nécessairement •
des mots différents, mais dans la manière, (..) À un moment donné, elles vont te prendre la main, t'encourager ou, discuter. Elles vont •
rester un peu plus longtemps. T’as pas l'impression de les déranger à
•
chaque fois que tu demandes quelque chose, là(...) , ça a fait du bien, puis après, t'es plus calme,» MH2: p. 10
«le milieu hospitalier, j’ai trouvé ça atroce, vraiment atroce.»
•
trop ce qui se passe» N26: p. 112
«...ligotée au moniteur fœtal aux pulsations inquiétantes, isolée dans la peur et le froid et laissée à moi‐même par un personnel occupé, pressé et stressé. »
«Je me sentais impuissante. »
«Je trouvais cela tellement injuste..»
«.
J'étais éberluée. »
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Les mots pour le dire: contrastes Positifs
 « (…) je voulais cohabiter avec mon bébé, je voulais vraiment là m’en occuper, là. (...) C’est pour ça que j’étais contente parce que dans le fond, c’était son père qui l’a pris en charge au départ. On a cohabité. »
HV25‐E : p. 3‐4
 « Vite, vite, on m'a transférée dans la salle d'accouchement. Une belle salle, bien accueillante, chaude et sans trop de lumière ; j'aimais bien. (...) Je me souviens aussi qu'il y avait de la musique douce et calme. »
N65.
Négatifs
• Me sentant très, très seule, j'ai prié pour que mes contractions s'arrêtent. Une seule chose était claire: je ne voulais plus jamais remettre les pieds dans cet hôpital. •
Eh bien, il aurait fallu filmer ce qui est arrivé
! Devrais‐je en rire franchement ou rire jaune, je ne sais pas, mais je fus accueillie d'une manière tellement froide, inhumaine et irrespectueuse que cela devenait caricatural ! J'aurais aimé avoir une caméra... Je me suis retrouvée, totalement vulnérable et penchée en deux, ne sachant où m'asseoir devant le comptoir, follement inquiète d'un accouchement prématuré, 
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Les mots pour le dire: contrastes Négatifs
Positifs
 «Y avait des bains • «La pression tourbillons. J'ai pris montait dans la 3, 4 bains tourbillons chambre et c’était durant mon rendu l’enfer. accouchement. Ça aussi ça l'a J’avais juste beaucoup aidé. Puis envie de sauter j'avais demandé
au visage de l'intimité et le l’infirmière »
calme (...) Puis ça a été respecté.» MH6: N34
p. 3‐4 Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Chercher les causes, situer dans
son contexte
Donner naissance: Joies et souffrances
Passages: Expliquer
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Situer les mots dans leur contexte
Sources des difficultés et des souffrances
• Les pratiques?
– Protocoles incomplets ou inadéquats? (Routines, habitudes des intervenants dans les établissements, modes) fondés (ou non) sur les données probantes ou sur les bonnes pratiques, mais qui oublient (ou non) des éléments
clés de la qualité des services
• Les attitudes des intervenants? – La bonne ou la mauvaise application des protocoles (qui seraient adéquats ou non) à
cause des attitudes des intervenants?
– L’attitude relationnelle des intervenants ?
• L’organisation des services?
– Qui met en place les conditions pour appliquer les protocoles – Qui met de la pression sur les intervenants de manière à ne pas pouvoir appliquer les éléments clés de la qualité dans la perspectives des personnes, de leur dignité et de leurs
droits?
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Analyse
Pratiques et organisation des services
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
«Il fallait ce qu’il fallait...»
Pratiques et organisation des services
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Pratiques et organisation des services (1)
Négatif : application rigide
Application rigide, contraintes« Je revois mon premier accouchement, celui de Gilberto. Pendant toute la durée de l'accouchement, on m'a interdit de marcher, boire et manger. J'étais clouée au lit, le bras piqué d'aiguilles (ocytocine et glucose), ligotée au moniteur fœtal aux pulsations inquiétantes, isolée dans la peur et le froid et laissée à moi‐
même par un personnel occupé, pressé et stressé. » ACN17‐2; p. 192
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Pratiques et organisation des services (1)
Négatif : application rigide
Application rigide, contraintes
«.. à toutes les heures, ils te demandent de rester couchée, ils te mettent les moniteurs, puis ils enregistrent. Ils te demandent de rester couchée 20 minutes. Moi là, rester couchée, ça faisait tellement mal! je ne voulais pas rester couchée, c'était le pire. J'étais mieux debout ou encore sur mon ballon. Ça fait que, mon infirmière venait (...) elle disait il faut pas que vous bougiez, parce que, ça déplace les moniteurs, bon.(...) (...) c'était 5 contractions, 4 contractions, ça fait que c'était long! Ça fait que là, je regardais ma montre (...) au bout de 45 minutes, elle est revenue. La deuxième fois au bout d'une demi‐
heure, au bout de 3/4 d'heure, elle revenait pas.(...). Là, là, la quatrième fois, j'ai dit à mon chum, au bout de 20 minutes, je me détache. Là il disait, bien non (...) ». MH : OSS2‐MH3
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Pratiques et organisation des services (1)
Négatif : application rigide rigide et multiplication des interventions
Examens vaginaux fréquents «J'aimais pas ça, c'est sûr, là. Je me disais: "Ils peuvent pas comme alterner, au lieu de le faire, à chaque fois, les deux?”, l'une après l'autre. C'était juste ça qui m'embêtait parce que au rythme où ça allait mes affaires, là, est‐ce que ça aurait fait une différence qu'ils attendent, chacun leur tour (pour m'examiner) ? ¨Ça m'achalait, c'était pas évident, là surtout quand ils sont pas certaines, ils vont rentrer assez loin puis ils touchent mais c'est pas agréable, mais quand même je me disais “ça fait partie de la game” sinon j'aurais refusé. On est un peu patients.»
Étude HV : OSS17‐HV12‐I & O
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Pratiques et organisation des services (1)
Positif: flexibilité
Interventions – bonnes pratiques: Mobilité durant le travail
« J’aimais ça pouvoir aller me promener, aller marcher. J’étais pas habituée parce que les trois autres (autre CH)… Je marchais souvent dans le passage, quasiment tout le temps… ça change les idées… d’être couchée dans le lit, je trouve ça effrayant… t’as juste le temps de penser à ta douleur » HV25
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Pratiques et organisation des services (1)
Positif: flexibilité
Offrir des options, des alternatives
« Une chose que l’accompagnante a fait, par exemple, j’ai aimé ça, elle a dit « où t’as mal ? », moi, vraiment, dans les cuisses et les hanches… Puis là, elle prenait comme un espèce d’instrument avec une boule, ici, puis elle me faisait des pressions. Ca m’aidait beaucoup, parce que la douleur s’en allait ailleurs, on dirait » MH7
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Pratiques et organisation des services (2)
Négatif : Séparation mère‐enfant «Puis à un moment donné, j'ai entendu c'est fait, c'est fini puis j'ai entendu un bébé
pleurer, puis c'était (nom de l’enfant). Puis ils l'ont mis, je veux dire, là j'attendais, puis je l'entendais pleurer, puis pendant ce temps‐là elle était sur une table, (nom du conjoint) a coupé le cordon, mais je veux dire elle était loin là, puis je faisais juste attendre, il n'y a personne qui venait me parler, me dire ton bébé est né, tout ça. Puis c'est un peu plus tard, le cordon était déjà coupé, ç'a dû se passer en quelques secondes tout ça, mais le cordon était déjà coupé tout ça, puis ils viennent me la montrer comme ça, 2 secondes, ça c'est ton bébé puis ils s'en vont avec » (…)
« J'étais, je trouvais ça tellement injuste, j'étais, tu vois même aujourd'hui j'en parle, j'ai encore les larmes aux yeux, c'était, moi je m'imaginais n'importe quoi pour mon accouchement, mais de vivre ça comme ça, où ni (nom du conjoint) ni (nom de l'enfant) étaient avec moi, là, ah! tu vois ça fait 3 mois puis j'en pleure encore »(…) « Après avoir vécu tout ça à l'hôpital, là, puis ils me coupent en deux, ils me sortent mon bébé, ils me le montrent 2 secondes, je ne peux même pas y toucher, puis ils m'emmènent ailleurs »
« Un manque d’humanisme total, total, total, total. J’ai trouvé ça rough. Ça été le pire moment de ma vie, je pense » MH : OSS15‐MH5
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Pratiques et organisation des services (2)
Négatif : Séparation mère‐enfant MH1 :«Je me sentais impuissante. Assister au premier changement de couche, la première... au premier tout là, t'sais? Puis je n'étais même pas là pour assister, là. (...) ça se faisait dans la pouponnière qui est annexée à la chambre, mais je ne voyais pas... Je ne voyais pas du lit ce qu'ils faisaient.
Ça fait que ça été comme la deuxième journée où là il y a eu le premier bain. Mais comme la première... toutes ces premières affaires‐là... J'avais le cœur gros (…), de pas pouvoir faire ça, puis de pas être capable de me lever toute seule de mon lit, de passer de position couchée à me lever, là.» MH1 : p.15
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Pratiques et organisation des services (2)
Positif: contact avec le bébé après accouchement
« Il est sorti... j'ai toujours cette image que je garde dans ma tête. Il est sorti et puis on me l'a mis sur ma poitrine et je l'ai serré. Il était tout propre. Vraiment, c’est vrai que... je croyais toujours que les bébés allaient être avec le sang et tout, mais il était vraiment tout propre. Et puis il est sorti, il a crié deux fois, (…). Je me rappelle, il bougeait comme ça, (…) il bouge tout le temps! (rire) Il était tout petit, tout rose! Il avait une belle couleur aussi. (…) Et après quelques minutes, il est allé sur papa. Et après, ils l'ont pris pour le faire... dans le petit truc, le lit à côté.» MH4 : p. 7 Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Pratiques et organisation des services (3)
Négatif : manque de disponibilité, de collaboration, d’information
• «Je crois qu'en additionnant les minutes de présence des infirmières, le total ne dépasse pas quinze pour la journée.»… «La panique s'installe, j'ai de la difficulté à respirer. Cette épreuve ne finira jamais. Je ne sais même plus pourquoi je suis là. La femme de l'autre côté du rideau a la chance d'être accompagnée. J'essaie de suivre leur rythme. Ce que je me sens seule!» ACN 26‐1.1.4.1.2.1‐1.1.4.1.2.2
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Pratiques et organisation des services (3)
Négatif : manque de disponibilité, de collaboration, d’information
9h20. Le médecin entre dans la chambre.
Infirmière : C'est juste parce qu'il décélérait.
Médecin : Tu m'as fait venir pour des petites décélérations, là? (Elle n'a pas l'air de trouver ça drôle)
Infirmière : Le message était de te faire appeler.
Médecin : Ah, dis‐moi qu'elle est complète et qu'elle pousse.
Le médecin ressort.
L’infirmière à la mère tout de suite après : Tu te concentres pour passer de 8 à complète. Quand le médecin va revenir ici, c'est parce qu'on voit les cheveux. (…) Je vais aller pendant ce temps arranger le bain. (…) Je veux que tu sois complète au sortir du bain tourbillon. Mon shift
finit à 3h30. Je ne veux pas mettre de pression… (Observation d’accouchement : HV26A‐O)
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Pratiques et organisation des services (3)
Négatif : manque de disponibilité, de collaboration, d’information
•
« Ils te rentrent dans la salle, ils te gèlent, ils te mettent un drap, ils ne t’expliquent rien… Ma sage‐femme expliquait à mon conjoint mais moi, il n’y a personne qui me le disait… j’avais de la misère à respirer puis j’étais vraiment en panique. Mais il n’y a personne qui s’est assis à côté de moi pour me rassurer ou me parler. Personne ». MH 6‐
3.1.1.3.3.4 Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Pratiques et organisation des services (3)
Positif : disponibilité des intervenants
«Probablement, l’infirmière que j’ai eue avant elle et celle que j'ai eu après elle étaient beaucoup plus présentes. Elles ne disaient pas nécessairement des mots différents, mais dans la manière, (..) À un moment donné, elles vont te prendre la main, t'encourager ou, discuter. Elles vont rester un peu plus longtemps. T’as pas l'impression de les déranger à chaque fois que tu demandes quelque chose, là. Juste le fait qu‘elles soient présentes, ça te rassure, ça te calme un peu ou elles disent bien c'est normal aussi (…) Il y en a une qui est venue, elle a pris le temps de respirer une ou deux contractions avec moi, ça a fait du bien, puis après, t'es plus calme, (…) c'est parce qu'à un moment donné, tu viens énervée, puis plus tu t'énerves, pire c'est. Ça fait que le temps qu'elle me calme, bien après ça été plus facile de prendre les autres.» MH2: p. 10
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Pratiques et organisation des services (4)
Négatif : Environnements perturbants
« Mais la minute ne se présentait jamais. L'intercom au‐dessus de ma tête bourdonnait toute la journée, appelant les infirmières d'une chambre à l'autre. Je sursautais à
chaque fois. Quand finalement une infirmière venait, je commençais ma question, pour me faire interrompre par l'intercom, qui faisait ressortir l'infirmière aussitôt. C'était réellement caricatural, mais je ne trouvais pas ça drôle du tout.» ACN17‐1; p. 189
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Expériences négatives et impacts – Pratiques et organisation des services
Synthèse
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Pratiques et organisation des services
•
Protocoles de soins et routines
– L’application rigide des protocoles de soins à toutes heures du jour et de la nuit
– La multiplicité des interventions et des interdictions
– La discontinuité des soins
• Impact sur les femmes : Protocoles de soins
– Insécurité
– Stress
– Sentiment d‘abandon
• Impact sur les femmes :
• Les soins mère‐enfant
Les soins mère‐enfant
– La séparation du bébé et de – Sentiment d’impuissance
la mère dans les minutes qui suivent l’accouchement
– Sentiment d’injustice
– La cohabitation mère‐
– Anxiété
enfant pendant le séjour en milieu hospitalier
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Pratiques et organisation des services (suite) • Gestion des effectifs
–
–
–
–
• Impact sur les femmes: Gestion des effectifs
– Accepte interventions au Manque de disponibilité des mauvais moment
intervenants
– Angoisse, stress, panique
Collaboration sub‐optimale entre les intervenants
– Confusion, solitude
Débordement du personnel
– Manque de soutien, de réconfort, d’encouragement Manque d’information
et d’information
• Environnements bruyants et fébriles, exigus
• Impact sur les femmes: Environnement bruyant
– Stress
– Inconfort
– Solitude et sentiment d’abandon
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Analyse
Attitudes
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
«Ce n’est pas l’hôpital, c’est la personne...»
Attitudes
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Attitudes (1)
Négatif: Manque de communication
• « Enfin, deux heures plus tard, le pédiatre S. (qui remplaçait (qq
d’autre) est venu me dire quelques phrases très brèves. J'aurais voulu qu'une personne (n'importe qui !) s'approche de moi pour me parler avec douceur ou sympathie, mais il est demeuré loin du lit, bref et laconique. Il a dit : « Votre bébé va bien, tout est normal. [...]» Mais il était parti trop vite, je n'avais pas eu le temps de rassembler mes idées pour lui poser la seule question qui me tenait à cœur... Si le bébé avait manqué d'oxygène au cerveau, se pouvait‐il qu'on préfère d'abord me rassurer pour me permettre de récupérer de ce laborieux accouchement, puis qu'on attende le lendemain pour m'annoncer la triste nouvelle ? Le doute persistait donc » ACN 14‐1.1.2.1.2.7
• « Le médecin, quand elle est rentrée, elle m’a même pas dit bonjour ou quoi que ce soit, elle n’est même pas venue me voir…
elle ne m’a pas regardé le visage une fois, je pense » MH 6‐
3.1.1.3.3.3 Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Attitudes (2)
Négatif: absence d’empathie
« Quand l’infirmière m’a enlevé le moniteur, les contractions… me sciaient en deux et je n’arrivais plus à faire autre chose que rester pliée. Et l’infirmière… a eu le toupet d’ironiser et de me dire « Ouais, pour une fille qui voulait absolument marcher, tu marches pas fort » N52, p. 202
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Attitudes (2)
Négatif: manque d’empathie
• À 34 semaines de grossesse, j'ai commencé à avoir des contractions douloureuses, ce qui n'est pas étonnant compte tenu de l'anxiété que je vivais face à la décision que je ne prenais toujours pas. Rapidement, il a fallu que j'aille, toute seule, à l'hôpital. Ce fameux hôpital que j'appelais mon filet de sécurité... • .. il aurait fallu filmer ce qui est arrivé ! Devrais‐je en rire franchement ou rire jaune, je ne sais pas, mais je fus accueillie d'une manière tellement froide, inhumaine et irrespectueuse que cela devenait caricatural ! J'aurais aimé avoir une caméra... Je me suis retrouvée, totalement vulnérable et penchée en deux, ne sachant où m'asseoir devant le comptoir, follement inquiète d'un accouchement prématuré, devant cette infirmière insensible à ma situation et sans aucune compassion, apparemment interrompue dans sa paperasserie et ennuyée par ma présence dérangeante (pourtant il n'y avait aucune affluence) et elle m'a reléguée sans ménagement vers un petit salon pour attendre qu'on s'occupe de moi... J'étais éberluée.
• Me sentant très, très seule, j'ai prié pour que mes contractions s'arrêtent. Une seule chose était claire: je ne voulais plus jamais remettre les pieds dans cet hôpital. Et grâce à Dieu, ce fut effectivement la dernière fois ! La suite des événements ne se fit pas attendre. En une heure, deux autres infirmières se sont succédé, moins glaciales que la première, mais tellement plus préoccupées par leurs machines que par ma présence que je sentais comme un mauvais rêve se répéter. », ACN 17‐3, p. 201‐202
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Attitudes (3)
Négatif: jugement, infantilisation
«Quand j'ai insisté davantage, il m'a répondu que, si je continuais, il me ferait voir par un psy pour qu'il me remette les idées en place sur ce qui est vraiment important dans la vie et ce qui ne l'est pas... Il m'a aussi dit que je réagissais comme une enfant, que je devrais me conduire comme une adulte puisque j'aurai à m'occuper d'un enfant bientôt... Je n'ai vraiment pas apprécié.», p. 125 (ACN, 4, 1.1.1.2.2.1
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Attitudes (4)
Négatif: mauvais traitement
« ... il avait des maux de ventres , à l'hôpital… Il y a une infirmière qui est venue et elle, elle disait que c'était parce qu'il avait faim. Et là, elle est venue à
côté de moi et elle me pesait le sein pour que le colostrum sorte. Et moi, ça me faisait très mal. (...) ça faisait tellement longtemps que j'avais pas eu d'enfant que je me disais: "Dans le fond, peut‐être qu'elle a raison." Mais je l'ai trouvée bien bête, bien pas fine. Elle me faisait littéralement mal et elle disait: "Il a faim cet enfant‐là. (..) Puis quand elle est revenue le lendemain, j'ai pas voulu qu'elle y touche.»
C'est comme si elle me faisait sentir, c'est comme si je n'étais pas capable de l'allaiter. J'avais allaité les trois (autres) avant. Même si ça faisait longtemps, ça a toujours été une réussite pour les trois. Je savais que j'avais pas de problème de lait.
p. 4 2.1.15.2.3 HV25‐E
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Attitudes (4)
Négatif: mauvais traitement
C'est pas l'hôpital, c'est la personne, là, qui était . C'est comme j'ai eu le feeling qu'elle disait: "Moi je connais ça, toi tu connais rien, pis laisse‐moi m'occuper de tout ça." Là c'était comme si je perdais possession mon propre corps. Elle me pesait sur le mamelon et ça faisait mal et elle voulait que le colostrum sorte. Parce que moi je le sais quand je suis nerveuse y a rien qui sort de toute façon.»,
Cette infirmière‐là, j'ai eu comme des doutes après. Même la nuit, c'est la première nuit de post‐partum, que tu pleures et puis tout ça. Ce blues là
je l'ai eu et c'était pas à cause de lui, c'était pas à cause de l'accouchement. Là j'avais des doutes et je me disais: "Tout d'un coup je suis trop vieille pour avoir du lait." Tu sais, je me suis dit, j'ai eu les autres dans la vingtaine, je suis plus dans la vingtaine, peut‐être que je suis trop vieille, peut‐être que j'en ai pas de lait". J'avais perdu confiance dans mes capacité d'allaiter et là, j'étais vraiment, là... Et à part de ça, c'était la seule période que j'ai eu une déprime post‐partum, j'ai rien eu d'autre après.», p. 4 2.1.15.2.3 HV25‐E
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Attitudes (4)
Négatif: mauvais traitement
« le milieu hospitalier, j’ai trouvé ça atroce, vraiment atroce. Il y a une infirmière qui me disait de me tourner de bord parce qu’elle voulait placer la sonde pour écouter le cœur du bébé mais j’avais une contraction qui s’en venait… fort. J’ai dit (...) « attends une minute »… j’étais pas prête à tourner de bord puis à bouger, je voulais que la contraction passe… Puis elle m’a dit « tourne de bord ». Puis elle me poussait » MH 10‐3.1.2.3.4
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Attitudes (4)
Négatif: mauvais traitement
« J’étais installée, j’étais assise pour qu’il me pique, ça fait que là elle me dit « ben coudonc, ben coudonc, tu fais‐tu exprès pour être flanc‐mou de même ! t’es pas capable de te tenir ? » J’étais tellement faible que j’étais pas capable d’y répondre. Parce que, sinon, je l’aurais envoyée chier ! » MH‐3
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Attitudes (4)
Négatif: mauvais traitement
•« L’infirmière m’a dit de me retenir et d’attendre l’arrivée du médecin… je n’arrêtais pas de dire que ça faisait super mal mais personne me demandait où; l’infirmière ne cessait de dire que si rien ne bougeait, elle appellerait le médecin et que je n’aurais plus le choix de pousser comme on me l’ordonnerait…La pression montait dans la chambre et c’était rendu l’enfer. J’avais juste envie de sauter au visage de l’infirmière »
N34
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Attitudes
Positif : humanisme
• « Ben parce qu'ils ne s'occupent pas juste de toi en temps que patiente. Ils vont de poser des questions sur ta vie, sur ben comment ça que le papa était pas là. Je leur ai expliqué
pis ils m'ont dit « ben c'est pas grave tu vas t'arranger ». Non,non, sont vraiment gentilles. C'est vraiment des êtres humains avant. Ils te traitent comme une personne pas comme un client qui faut qu'on se débarasse pis on y donne les pilules pis qu'on s'en aille t'sais. Non c'est vraiment des bonnes personnes.», p. 7‐8 2.2.14.1 HV27‐E
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Attitudes
Positif : soutien, enthousiasme
«Mon médecin a été extraordinaire. Puis je sais que les médecins arrivent à la dernière minute, puis ça a été le cas aussi, mais y a quand même passé une heure, là, de poussée, avec moi. Puis il m'a donné toutes sortes de trucs, puis on a essayé toutes sortes de positions jusqu'à ce qu'on arrive à celle qui était le plus efficace. Puis euh... il était très, très doux. En tout cas, je l'ai aimé beaucoup, beaucoup, beaucoup. Lui aussi a contribué grandement à
ce que ça se fasse bien. Puis je le sentais complètement, là, pas paniqué... tsé, vraiment, un médecin pas paniqué, pas euh... « on va essayer ça. Si ça marche pas, on va essayer ça. C'est beau. » Tsé, il m'encourageait ».
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Attitudes
Positif : soutien
« l'infirmière était un bon guide… elle me secondait, t'sé. Elle essayait de me supporter là‐dedans, de façon euh tout à fait euh tsé rationnelle. Pis elle voyait ce que je faisais c'est ça, j'trouvais qu'elle voyait ce que je faisais pis elle m'amenait comme des 'cues’ (indices) pour que ça aille mieux là, des éléments que j'avais peut‐être oubliés ou que tsé
qui m'aidaient vraiment là.», 2.2.6.1 HV 16‐E, p. 4
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Expériences et impacts ‐
Attitudes
Synthèse
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Attitudes: communication
Expériences négatives
Expériences positives
• Silence des intervenants
• Manque de partage
d’information
• Se sentir ignorée
• Se sentir manipulée
•
•
•
•
Respect
Communication
Écoute
Se sentir perçue
comme une partenaire
• Explication claires
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Attitudes: accompagnement
Expériences négatives
Expériences positives
• Froideur
• Isolement
• Se sentir abandonée
• Se sentir non‐
protégée et vulnérable
•
•
•
•
Chaleur
Attention
Soutien
Protection de l’intimité
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Attitudes: envers la personne
Expériences négatives
• Absence
d’empathie
• Jugeante
• Autoritaire
• Hostile
• Agressivité
• Dépossédée
Expériences positives
• Humaine
• Enthousiaste
• Reconnaissance de l’autonomie
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
OUVRIR LE DIALOGUE
Un autre regard sur les pratiques
Récits de femmes
Un accouchement ordinaire et pourtant....
«Par la suite, une drôle d'impression m'habite lorsque je songe à mon accouchement. Pourtant, il peut être qualifié d'habituel, voire d'ordinaire. J'ai pourtant l'impression que cela aurait pu être différent. Pourquoi ai‐je ce sentiment de m'être fait avoir ? Avais‐je trop confiance ? J'ai souvenir d'infirmières souriantes et gentilles mais par‐dessus tout débordées. Les quelques instants qu'elles pouvaient me consacrer m'ont semblé trop courts, dépourvus de conseils ou de support. ACN23‐1: p. 278
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Récits de femmes
Les récits laissent entrevoir :
• Un décalage très grand entre l’importance humaine et expérientielle de la naissance pour les femmes et la rigidité des protocoles que le système hospitalier impose, et qui ne se justifie pas toujours d’un point de vue médical. • Une tendance à exclure la possibilité de faire participer la femme et la famille en fonction de leurs valeurs, leurs racines culturelles, leurs histoires singulières et d’utiliser ainsi leurs ressources pour donner tout son sens à la naissance. • Certaines situations de grande souffrance provoqué par des attitudes et des pratiques
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Droits et violence
Le corps maternel performé
Vers la transformation des pratiques
PISTES D’INTERPRÉTATION
PISTES D’INTERPRÉTATION DES RÉSULTATS
DOUBLE PERSPECTIVE et cadre théorique :
VIOLATION DES DROITS DE LA PERSONNE
– Déclaration sur la bioéthique et les droits de l’homme,UNESCO 2005
– Charte des droits sexuels et reproducteurs, Fédération internationale pour la planification des naissances
VIOLENCE OBSTÉTRICALE
Loi vénézuélienne sur la violence envers les femmes entrée en vigueur en septembre 2007
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Peut‐on parler de violence symbolique et institutionnelle, ou encore de violation des droits de la personne, dans les situations où le système tend – à ne pas prendre en considération l’expérience subjective des femmes, – à ne pas accueillir les difficultés, les questions, les angoisses de ces dernières Dans ce moment essentiel à la vie où elles se sentent en même temps très vulnérables?
Quels sont les défis pour l’amélioration des services de natalité en milieu hospitalier? Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Une première interprétation possible des résultats de notre étude: viole‐t‐on les droits de la personne durant des accouchements ? Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
I – Une charte des droits sexuels et reproducteurs –
Fédération international du planning des naissances
www.ippf.org (trad. HV)
•
2: Le droit à la liberté et à la sécurité de sa personne (The Right to Liberty and Security of the Person)
Toute personne a le droit de ne pas subir d’intervention médicale en lien avec sa santé sexuelle et reproductive, à moins qu’elle n’y consente de manière libre, pleine et éclairée. Toute personne a le droit de ne pas se voir imposer de l’extérieur crainte, honte, culpabilité, croyances fondées sur des mythes et autres facteurs psychologiques…
•
5: Le droit à la liberté de pensée (The Right to Freedom of Thought)
Toute personne a droit à la liberté de pensée et d’expression en lien avec sa vie sexuelle et reproductive. •
6: Le droit à l’information et à l’éducation (The Right to Information and Education)
Toute personne a le droit à l’éducation et à recevoir l’information correcte en lien avec sa vie sexuelle et reproductive, droits et responsabilités tenant compte des questions de genre, libres de stéréotypes et présentés de manière objective, critique et plurielle. •
9: Le droit aux soins de santé et à la protection de sa santé (The Right to Health Care and Health
Protection
Toute personne a droit aux soins de santé de la plus haute qualité possible, incluant tous les soins liés à
leur santé sexuelle et reproductive. •
10: Le droit à bénéficier des avancées scientifiques (The Right to the Benefits of Scientific Progress)
10.2 Toute personne a le droit d’être protégée de et renseignée sur tous les effets nocifs de la technologie utilisée dans le domaine de la santé reproductive, relativement à leur santé et bien‐être. Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Article 9. Le droit aux soins de santé
et à la protection de sa santé
(The Right to Health Care and Health Protection, www.ippf.org)
•
Chaque personne a le droit (quelques exemples) : D’être renseigné
être renseignée sur les bé
e sur les bénéfices et la disponibilité
fices et la disponibilité de services en santé
de services en santé sexuelle et reproductive, et de connaî
de connaître ses droits dans ce domaine
D’avoir accè
avoir accès aux services…
s aux services…
De choisir librement …
De choisir librement …
De se proté
De se protéger, pour sa propre sé
ger, pour sa propre sécurité
curité, de…
, de…
À un lieu favorisant la confidentialité
et l’intimité
intimité, durant les consultations et pendant qu’
, durant les consultations et pendant qu’elle a un lieu favorisant la confidentialité et l’
recours à
recours à des services de santé
des services de santé ou reproductifs
D’être traité
e avec respect, empathie, courtoisie, considération et de maniè
ration et de manière qui lui permette de être traitée avec respect, empathie, courtoisie, considé
conserver sa dignité
conserver sa dignité
De se sentir confortable lorsqu’
De se sentir confortable lorsqu’elle reç
elle reçoit des services
D’exprimer librement son opinion sur les services reç
exprimer librement son opinion sur les services reçus
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
II ‐ Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l’homme
UNESCO, 2005
•
Article 3 ‐ Dignité humaine et droits de l’homme
1. La dignité humaine, les droits de l’homme et les libertés fondamentales doivent être pleinement respectés. 2. Les intérêts et le bien‐être de l’individu devraient l’emporter sur le seul intérêt de la science ou de la société. Article 4 ‐ Effets bénéfiques et effets nocifs
Dans l’application et l’avancement des connaissances scientifiques, de la pratique médicale et des technologies qui leur sont associées, les effets bénéfiques directs et indirects pour les patients, les participants à des recherches et les autres individus concernés, devraient être maximisés et tout effet nocif susceptible d’affecter ces individus devrait être réduit au minimum. Article 5 ‐ Autonomie et responsabilité individuelle
L’autonomie des personnes pour ce qui est de prendre des décisions, tout en en assumant la responsabilité et en respectant l’autonomie d’autrui, doit être respectée. Pour les personnes incapables d’exercer leur autonomie, des mesures particulières doivent être prises pour protéger leurs droits et intérêts. Article 6 – Consentement
1. Toute intervention médicale de caractère préventif, diagnostique ou thérapeutique ne doit être mise en œuvre qu’avec le consentement préalable, libre et éclairé de la personne concernée, fondé sur des informations suffisantes. Le cas échéant, le consentement devrait être exprès et la personne concernée peut le retirer à tout moment et pour toute raison sans qu’il en résulte pour elle aucun désavantage ni préjudice. Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Déclaration universelle sur la bioéthique et les droits de l’homme
UNESCO, 2005
Article 8 ‐ Respect de la vulnérabilité humaine et de l’intégrité personnelle
Dans l’application et l’avancement des connaissances scientifiques, de la pratique médicale et des technologies qui leur sont associées, la vulnérabilité humaine devrait être prise en compte. Les individus et les groupes particulièrement vulnérables devraient être protégés et l’intégrité personnelle des individus concernés devrait être respectée. Article 10 ‐ Égalité, justice et équité
L’égalité fondamentale de tous les êtres humains en dignité et en droit doit être respectée de manière à ce qu’ils soient traités de façon juste et équitable. Article 11 ‐ Non‐discrimination et non‐stigmatisation
Aucun individu ou groupe ne devrait être soumis, en violation de la dignité humaine, des droits de l’homme et des libertés fondamentales, à une discrimination ou à une stigmatisation pour quelque motif que ce soit. Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Une seconde interprétation possible : les résultats de notre étude peuvent‐ils être analysés selon une définition de la ‘violence obstétricale’ ?
L’accouchement en établissement est‐il susceptible de donner lieu à de la maltraitance. de la négligence ou de la violence ? (Titre original de l’étude)
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Définition de la violence obstétricale, un nouveau terme dans une loi vénézuélienne sur la violence envers les femmes récemment entrée en vigueur
Article 13 de la loi : « L’appropriation du corps et du processus reproducteur des femmes par les personnes qui travaillent dans le domaine de la santé, appropriation qui se manifeste sous les formes suivantes : traitement déshumanisé, abus d’administration de médicaments, et la conversion de processus naturels en processus pathologiques. Ceci entraîne pour les femmes une perte d’autonomie et la capacité à décider en toute liberté de ce qui concerne leur propre corps et sexualité, affectant négativement leur qualité de vie. « The appropriation of the body and reproductive processes of women by health personnel, which is expressed as dehumanized treatment, an abuse of medication, and to convert the natural processes into pathological ones, bringing with it loss of autonomy and the ability to decide freely
about their bodies and sexuality, negatively impacting the quality of life of women »
Traduction en anglais par le président de la Société des obstétriciens et gynécologues du Vénézuela, le docteur Gregorio RP, dans l’éditorial suivant, publié
online en novembre 2010 : Obstetric violence : A new legal term introduced in Venezuela – Special editorial, International Journal of Gynecology and Obstetrics, 111: 201‐202.
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Exemples d’offenses dans la loi – violence obstétricale
Ley Orgánica sobre el derecho de las mujeres a una vida libre de violencia. http://www.fiscalia.gov.ve/leyes/10‐LEYDERECHOMUJER.pdf
•
Loi au Vénézuéla sur la violence envers les femmes, Article 51 sur la violence obstétricale : « Sont considérés comme étant des actes de violence obstétricale commis par le personnel de la santé :
1.
Délais et attention déficiente accordée aux urgences obstétricales (Untimely and ineffective attention to obstetric emergencies)
2.
Force une femme à
Force une femme à donner naissance en position couché
donner naissance en position couchée sur le dos, les jambes suré
surélevé
levées, lorsque les conditions existent pour qu’
es, lorsque les conditions existent pour qu’elle puisse accoucher à
elle puisse accoucher à la verticale (Forcing the woman to give
legs raised, verticale (Forcing the woman
to give birth in a supine
in a supine position, with
position
when the necessary means to perform a vertical delivery are available)
3.
Faire obstacle à
Faire obstacle à l’attachement pré
attachement précoce entre la mè
coce entre la mère et son bé
re et son bébé sans raison médicale (
dicale (Impeding the early
the early attachment of the child
of the child with his/
his/her mother without a medical cause et nuisant à l’allaitement…)
4.
Alté
Altérer le processus naturel de l’
rer le processus naturel de l’accouchement à
accouchement à risques peu é
risques peu élevé
levés en ayant recours à
recours à des techniques d’
des techniques d’augmentation du travail, sans avoir obtenu le consentement volontaire, express et é
consentement volontaire, express et éclairé
clairé de la femme en travail (
de la femme en travail (Altering the natural process of low
without
of low‐‐risk delivery by using acceleration techniques, without
obtaining voluntary, expressed and informed
voluntary, expressed
and informed consent of the woman)
5.
Effectuer une cé
Effectuer une césarienne lorsqu’
sarienne lorsqu’un accouchement naturel est possible, sans avoir obtenu un consentement volontaire, express et é
obtenu un consentement volontaire, express et éclairé
clairé de la femme en travail. (Performing delivery via cesarean
via cesarean section, when
section, when natural childbirth is possible, without obtaining voluntary, exressed, and , and informed
informed consent from the woman)
voluntary, exressed
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
EXEMPLES PENDANT LE TRAVAIL
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Exemples 1 : se faire insulter, ou être victime de moquerie en particulier lorsqu’on est en douleur
• « J’étais installée, j’étais assise pour qu’il me pique, ça fait que là elle me dit « ben coudonc, ben coudonc, tu fais‐tu exprès pour être flanc‐mou de même ! t’es pas capable de te tenir ? » J’étais tellement faible que j’étais pas capable d’y répondre. Parce que, sinon, je l’aurais envoyée chier ! » MH‐
3
• « Quand l’infirmière m’a enlevé le moniteur, les contractions… me sciaient en deux et je n’arrivais plus à faire autre chose que rester pliée. Et l’infirmière… a eu le toupet d’ironiser et de me dire « Ouais, pour une fille qui voulait absolument marcher, tu marches pas fort » »
N52 p. 202.
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Analyse exemples 1
Propos agressifs, hostiles ou moqueurs
Indicateurs, comportements
Engueuler une femme en situation de vulnérabilité et de souffrance (au lieu de l’aider à se placer adéquatement pour recevoir la péridurale) ou se moquer d’elle au lieu de lieu offrir du soutien
Comment on pourrait qualifier les comportements décrits
Insulte, absence d’empathie, absence de soutien
Infliger souffrance psychologique
Abus de pouvoir
Effet / impact sur la femme
Les met en colère; leur fait vivre de l’impuissance car trop faible ou trop aux prises avec la douleur pour répliquer
Violence obstétricale
Traitement déshumanisé
Droits de l’UNESCO ou autres droits impliqués
Dignité
Dignité humaine et droits de la personne Art. 3
Respect pour la vulné
Respect pour la vulnérabilité
rabilité d’un être humain Art. 8
Violation des droits à
Violation des droits à être traité
être traitée avec respect, empathie, courtoisie, considé
considération et de maniè
ration et de manière qui lui permette de conserver sa dignité
re qui lui permette de conserver sa dignité
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Exemples 2 – plus ou moins imposition du Syntocinon
Observation d’une femme en travail, Jasmine.
L’infirmière dit que Jasmine est dilatée de 5 cm. Jasmine est heureuse : « en autant que ça progresse ». Elle demande si le Synto sera nécessaire. L’infirmière lui dit qu’elle ne peut le dire : cela dépendra de la force des contractions : « quand on t’examinera, bientôt, cela nous dira si tes contractions fonctionnent ou pas. » L’infirmière me dit, dans le corridor, que Jasmine gère bien la douleur des contractions, que le bébé est encore haut et n’exerce pas beaucoup de pression sur le col. « Ce qui arrive souvent dans cette situation est que ça ‘stall’ à 6‐7 cm et que cela prend du Synto pour ‘repartir’ les contractions. Peu de temps après : «Jasmine: “ça peut être pas mal plus long ?... peut‐être marcher ?”. L’infirmière Patricia répond: “rendu à cette heure‐ci c'est plus marcher”. “C’est‐tu le médicament que t'aimes pas ou l'injection ?” La dose est progressive, je l'augmente au besoin. “Quand les contractions sont aux 3 minutes et d'une bonne durée on garde cet ajustement”.”J'ai l'impression que tes contractions ne sont pas assez fortes; t'es pas encore en travail actif et tu risques de demeurer comme cela bien longtemps”]. Jasmine réplique qu'elles étaient superfortes tantôt et pas là. Patricia lui suggère de changer de position. Jasmine se lève. Une contraction arrive. Patricia lui fait un examen vaginal pendant la contraction, en s'excusant: “ton col à l'extérieur est à 5 et à l'intérieur à 4. Pas beaucoup de pression. T'es pas en travail encore. Tu risques d'accoucher demain. Je vais aller chercher ce qu'il faut (je n'entends pas les parents accepter). Ça prend au moins une bonne demi‐
heure pour faire effet. Jasmine est déçue. Patricia lui suggère de 'penser positif': “ton bébé
s'en vient; il faut voir cela comme ça”.», p. 8.
L’infirmière dira à sa remplaçante, à propos de cette situation « col légèrement postérieur; est encore à 3cm; ne voulait pas de Synto; je pense qu’elle a peur de l’aiguille – des peurs non fondées – on a rupturé des membranes à 8h46. Liquide amniotique beau. Contractions chaque 5 minutes, durant environ 45 secondes : elle n’est pas en travail »’
HVO18
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Exemples 2, suite
L’accouchement provoqué
– «LOUISE : J'aurais aimé mieux pas être provoquée… Quand je suis arrivée et qu'elle m'a dit que j'étais pour être provoquée à telle date si j'avais pas accouché avant, j'espérais que ça parte avant, c'est certain. Puis même elle, elle pensait que ça partirait avant, et finalement je me suis rendue jusque là. Sur le coup, ça me tentait plus tellement d'y aller. J'aurais eu le goût que ça. Dans le fond, ce que je rêvais, c'était un accouchement... tu es à la maison et ça part, pis là tu t'en vas à l'hôpital, tout se fait naturel…
– LOUISE ‐ Bien là, ce qu'elle m'a dit c'est que j'étais déjà une semaine en retard et qu'elle aimait mieux me provoquer si j'avais pas accouché à telle date.
H.V. ‐ Est‐ce que ça t'a fait dit pourquoi? LOUISE ‐ Parce que je dépassais ma date
– (accouchement provoqué – AVAC ‐ à 40 semaines et 4 jours, RAM, Synto, décélérations du cœur du bébé avant 5 cm, césarienne – Entrevue avec une infirmière « Souvent (le souhait des parents que l’accouchement débute spontanément) n’est pas respecté parce que le médecin, lorsque c’est sa garde, il aime bien pouvoir accoucher ses patientes »
Analyse exemple 2
Indicateurs, comportements
Déclenchement et/ou accélération du travail , alors que ce n’est pas vraiment cela qu’elles souhaitaient; Comment on pourrait qualifier les comportements décrits
Interventions invasives non nécessairement justifiées médicalement ni ‘evidence‐based’. Non justifiées par l’état de santé de la mère ou du bébé. Plus ou moins imposées. Le consentement ne semble pas explicite. Informations changées sur la dilatation du col, dans un cas.
Effet/impact sur la femme
Ne voulaient pas vraiment ces interventions.
Ont eu l’impression qu’elle n’avait pas le choix. Déçues. Violence obstétricale
Pathologisation de processus naturels et du corps féminin, entraînant une perte d’autonomie et de la capacité de décider librement de leur corps
Droits de l’UNESCO ou autres droits impliqués
Effets bénéfiques et effets nocifs – Article 4
Autonomie et responsabilité individuelle – Article 5
Consentement ‐ Article 6 IFFP : Droit à consentement éclairé sur intervention médicale; droit à
la liberté et sécurité de la personne (ne pas avoir d’intervention sans leur consentement libre, complet et éclairé); droit de jouir des normes les plus élevées en santé sexuelle et reproductive (de bénéficier de pratiques fondées sur des preuves) Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
EXEMPLES APRÈS L’ACCOUCHEMENT
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Exemple 3 : absence de communication pendant la césarienne et de contact réel avec son bébé ensuite
•
«Puis à un moment donné, j'ai entendu c'est fait, c'est fini puis j'ai entendu un bébé pleurer, puis c'était (nom de l'enfant). Puis ils l'ont mis, je veux dire, là j'attendais, puis je l'entendais pleurer, puis pendant ce temps‐là elle était sur une table, (nom du conjoint) a coupé le cordon, mais je veux dire elle était loin là, puis je faisais juste attendre, il n'y a personne qui venait me parler, me dire ton bébé est né, tout ça. Puis c'est un peu plus tard, le cordon était déjà coupé, ç'a dû se passer en quelques secondes tout ça, mais le cordon était déjà
coupé tout ça, puis ils viennent me la montrer comme ça, 2 secondes, ça c'est ton bébé puis ils s'en vont avec » (…)
•
« J'étais, je trouvais ça tellement injuste, j'étais, tu vois même aujourd'hui j'en parle, j'ai encore les larmes aux yeux, c'était, moi je m'imaginais n'importe quoi pour mon accouchement, mais de vivre ça comme ça, où ni (nom du conjoint) ni (nom de l'enfant) étaient avec moi, là, ah! tu vois ça fait 3 mois puis j'en pleure encore »(…) « Après avoir vécu tout ça à l'hôpital, là, puis ils me coupent en deux, ils me sortent mon bébé, ils me le montrent 2 secondes, je ne peux même pas y toucher, puis ils m'emmènent ailleurs »
•
« Un manque d’humanisme total, total, total, total. J’ai trouvé ça rough. C’a été le pire moment de ma vie, je pense » MH : OSS15‐MH5
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Analyse de l’exemple 3
Indicateurs, comportements
On ignore la femme pendant qu’elle subit une césarienne, on ne la renseigne pas, on ne lui dit pas que son bébé est né; elle ne peut le toucher, le tenir ou l’allaiter et se retrouve seule après l’opération
Comment on pourrait qualifier les comportements décrits
Négligence émotionnelle
Contrainte physique
Effet / impact sur la femme
Cela lui a infligé une profonde souffrance. Elle pleure durant l’entrevue quand elle raconte cela. Elle est très déçue et trouve cela très injuste. Violence obstétricale
Traitement déshumanisé – Article 13
Faire obstacle à l’attachement précoce entre la mère et son bébé – Article 51
Droits de l’UNESCO ou autres droits impliqués
Respect de la vulnérabilité humaine – Article 8
Effets bénéfiques et effets nocifs – Article 4
Dans l’application et l’avancement des connaissances scientifiques, de la pratique médicale et des technologies qui leur sont associées, les effets bénéfiques directs et indirects pour les patients, les participants à des recherches et les autres individus concernés, devraient être maximisés et tout effet nocif susceptible d’affecter ces individus devrait être réduit au minimum.
Dignité humaine – Article 3 : « Les intérêts et le bien‐être de l’individu devraient l’emporter sur le seul intérêt de la science ou de la société »
Responsabilité sociale et santé Art. 14.a : «(a) l’accès à des soins de santé de qualité et aux médicaments essentiels, notamment dans l’intérêt de la santé des femmes et des enfants, car la santé est essentielle à la vie même et doit être considérée comme un bien social et humain
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Exemple 4
Brusquerie (et brutalité ?) inutile
« ... il avait des maux de ventres , à l'hôpital… Il y a une infirmière qui est venue et elle, elle disait que c'était parce qu'il avait faim. Et là, elle est venue à côté de moi et elle me pesait le sein pour que le colostrum sorte. Et moi, ça me faisait très mal. (...) ça faisait tellement longtemps que j'avais pas eu d'enfant que je me disais: "Dans le fond, peut‐être qu'elle a raison." Mais je l'ai trouvée bien bête, bien pas fine. Elle me faisait littéralement mal et elle disait: "Il a faim cet enfant‐là. (..) Puis quand elle est revenue le lendemain, j'ai pas voulu qu'elle y touche.»
C'est comme si elle me faisait sentir, c'est comme si je n'étais pas capable de l'allaiter. J'avais allaité les trois (autres) avant. Même si ça faisait longtemps, ça a toujours été une réussite pour les trois. Je savais que j'avais pas de problème de lait.
p. 4 2.1.15.2.3 HV25‐E
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Exemple 4, suite C'est pas l'hôpital, c'est la personne, là, qui était . C'est comme j'ai eu le feeling qu'elle disait: "Moi je connais ça, toi tu connais rien, pis laisse‐moi m'occuper de tout ça." Là c'était comme si je perdais possession mon propre corps. Elle me pesait sur le mamelon et ça faisait mal et elle voulait que le colostrum sorte. Parce que moi je le sais quand je suis nerveuse y a rien qui sort de toute façon.»,
Cette infirmière‐là, j'ai eu comme des doutes après. Même la nuit, c'est la première nuit de post‐partum, que tu pleures et puis tout ça. Ce blues là je l'ai eu et c'était pas à cause de lui, c'était pas à cause de l'accouchement. Là
j'avais des doutes et je me disais: "Tout d'un coup je suis trop vieille pour avoir du lait." Tu sais, je me suis dit, j'ai eu les autres dans la vingtaine, je suis plus dans la vingtaine, peut‐être que je suis trop vieille, peut‐être que j'en ai pas de lait". J'avais perdu confiance dans mes capacité d'allaiter et là, j'étais vraiment, là... Et à part de ça, c'était la seule période que j'ai eu une déprime post‐partum, j'ai rien eu d'autre après.», p. 4 2.1.15.2.3 HV25‐E
Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010
Stratégies pour améliorer les pratiques et tenir compte de la perspective des femmes
• Initative internationale pour la naissance MèrEnfant (IMBCI)
• Coalition for Improving Maternity Services (CIMS)
• AMPRO (Programme de la SOGC)
• QUARISMA (Essai clinique sur la baisse des taux de césariennes)
• Loi vénézuelienne sur la violence envers les femmes (article sur la violence obstétricale)
Perspective des femmes - 25 novembre 2010
Un projet porteur d’espoir
À l’écoute des femmes : Réfléchir ensemble pour transformer les pratiques d’accouchement
Trousse clé en main de formation sur la perspective des femmes de leur expérience d’accouchement en milieu hospitalier, afin de sensibiliser : les femmes mêmes, les groupes communautaires œuvrant auprès des femmes et les professionnels de la santé.
Perspective des femmes - 25 novembre 2010
Un projet porteur d’espoir
La trousse de formation clef en s’articulera autour de l’étude. Il s’agit d’une invitation à réfléchir avec les professionnels de la santé sur les bonnes pratiques entourant la naissance et leur effets sur les femmes.
• Identifier des éléments dans l’organisation des soins, dans les pratiques obstétricales et dans les attitudes du personnel nommés par les femmes comme étant source de souffrance;
• Comprendre pourquoi ces éléments ont contribué à de tels impacts sur les mères; • Construire des propositions pour la transformation des pratiques: Identifier les pistes de solutions pour intégrer la perspective des femmes dans l’organisation des soins, des pratiques obstétricales et des attitudes du personnel.
Perspective des femmes - 25 novembre 2010
Un projet porteur d’espoir
De par son langage et sa forme accessibles la trousse clef en main pourra donc être transmise par les agentes multiplicatrices qui seront formées lors d’une tournée pan québécoise aux personnes cibles :
• Les jeunes femmes en âge de procréation
• Les femmes enceintes,
• Les travailleuses communautaires œuvrant en périnatalité ou desservant les femmes de la diversité,
• Les intervenantes et intervenants du réseau de la santé dans les équipes de première ligne ou d’obstétrique,
• Les étudiantes et étudiants
Perspective des femmes - 25 novembre 2010
Un projet porteur d’espoir
La transformation sociale durable qu’apportera la formation clé en main s’illustrera de façon diverse. En voici quelques exemples concrets : • Empowerment des femmes et amélioration de leur capacité à
identifier les sources de leurs souffrances et d’exprimer leurs besoins en lien avec l’accouchement;
• Amélioration de la capacité des intervenants du réseau de la santé
à intégrer des réflexions au sujet des besoins des usagères;
• Élaboration et diffusion de stratégies pour améliorer la qualité des soins et les rendre plus respectueux des femmes;
• Instauration de changements dans les pratiques obstétricales en centre hospitalier et amélioration des soins qualitatifs en lien avec les besoins exprimés par les femmes.
Le temps de l’accouchement est la rencontre de deux temps différents, celui de la femme à pouvoir lâcher ce bébé et celui de l’enfant à venir au monde. C’est un autre temps que celui de l’horloge, un temps mesuré par l’inconscient, par le corps et par les circonstances de la naissance, un temps nécessaire. Les soignants sont là pour répondre à des problèmes qui perturbent sa marche mais pas pour maîtriser le temps. (Szejer & Dauphin, 2001, Les femmes et les bébés d’abord, Paris : Albin Michel, p. 133).
Mais à partir de tels constats, que faire ? Comment impliquer les milieux de pratique dans un dialogue constructif sur les meilleures façons de faire ? Quelles leçons tirer sur ce qui serait à modifier lors des accouchements, à partir de ce que nous disent les femmes? Un autre regard sur les pratiques - 25 novembre 2010

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