Valorisation Agroalimentaire des noix de karité (Vitellaria paradoxa

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Valorisation Agroalimentaire des noix de karité (Vitellaria paradoxa
PROJET D’APPUI A LA PROMOTION ET LA VALORISATION DES PRODUITS FORESTIERS NON LIGNEUX AU BENIN (PA‐PFNL/BEN) FICHE TECHNIQUE
Valorisation Agroalimentaire des noix de karité
(Vitellaria paradoxa Gaertx.F.) au Bénin
Dr Ir. S. Gaston AKOUEHOU,
Maître de recherche (CAMES)
Point Focal National de la Convention sur la Diversité Biologique
Directeur du Centre d’Etudes, de recherches et de Formations Forestières (CERF)
Enseignant FSA/UAC
Dr Ir. Paulin AZOKPOTA,
Enseignant-Chercheur,
Maître de Conférences des Universités au CAMES,
en Technologie et Microbiologie Alimentaires, FSA/UAC
Dr Ir. Achille ASSOGBADJO,
Maître de Conférences des Universités au CAMES
Dépôt légal N° 8222 du 30/10/2015
16 1 Azokpota, P. (2012). Technologie de transformation de six espèces forestières
prioritaires non ligneuses : Néré, Karité, Rônier, Baobab, Pommier sauvage et
Arbre à Pain. Deuxième rapport de consultation. Rapport FAO. Projet d’Appui
à la promotion et à la valorisation des Produits Forestiers Non Ligneux» (PAPFNL) au Bénin : (PCT/BEN/3303, Bénin, 82p.
FAO (1990). The major significance of « minor » forest products. The local use
and value of forest in west African humid forest zone ; Rome ; Italy, FAO.
Community foresty Note N° 6, 106p.
FAO et CFC (2004). Atelier international sur le traitement, la valorisation et le
commerce du karité n Afrique. Actes de l’atelier organisé par l’Organisation des
Nations Unies pour l’Alimentation e l’Agriculture, le Fonds Commun pour les
Produits de Base et le Centre de Suivi Ecologique. Centre de Suivi Ecologique
Dakar, Sénégal du 4 au 6 mars 2002.232p.
Dépôt légal N° 8222 du 30/10/2015
Bibliothèque Nationale du Bénin, 4ème Trimestre
ISBN 978 – 99919 – 0 – 811 - 3
2 15 sans garantie. C’est pourquoi les regroupements constituent une solution de
garantie. Mais, les intérêts des IMF et les garanties demandées sont souvent
importants et constituent un frein pour les entreprises de PFNL ; ii) le
bénéficiaire est une entreprise paysanne constituée de regroupement des
productrices transformatrices. Dans ce cas les IMF sont moins méfiants.
Conclusion
Le beurre de karité de bonne qualité offre toujours de très bons débouchés. Des
décortiqueuses, des concasseurs, des barattes, des malaxeurs, des cuiseurs, des
moulins sont les principaux équipements indispensables à la modernisation des
opérations contraignantes. Les fûts en plastiques constituent des matériels de
conditionnement et de stockage bien adaptés au beurre de karité. La
construction des aires de séchage est aussi indispensable dans le cas du
stockage, de la conservation des amandes de karité ou de leur transformation.
Les groupements des femmes transformatrices doivent être formés de manière
que le beurre de karité produit respecte les prescriptions normatives en matière
de qualité du produit destiné à l’exportation. Le contrôle de qualité est assuré
par la Direction de la Promotion de la Qualité et du Conditionnement des
Produits Agricoles (DPQC) ou la Direction de l’Alimentation et de la Nutrition
Appliquées (DANA) qui sont deux structures publiques sous la tutelle du
Ministère de l’Agriculture, de la Pêche et de l’Élevage ou encore la Direction de
la Métrologie et du Contrôle de Qualité en République du Bénin.
Introduction
Le karité (Vitallera paradoxa Gaextx.F)) est un arbre des savanes guinéennes et
soudaniennes pouvant atteindre 15 m de haut et 0,50 m de diamètre. Le karité
est très disponible dans la partie septentrionale du Bénin. Il est connu sous
diverses appellations locales au Bénin : limutin en Fon, akumolapa en Nago,
Tagan en Goun et sombu en Bariba (Akouêhou, 2012 ; Assogbadjo, 2007).
Le beurre de karité est utilisé depuis des siècles pour les soins de la peau en
Afrique, en particulier pour les bébés (FAO, 2004). De nombreuses populations,
principalement au Nord du Bénin consomment le beurre de karité dans
l’alimentation humaine où il est utilisé comme une huile végétale (Akouêhou,
2008 ; Azokpota, 2012).
La présente fiche technique vise principalement à contribuer à l’amélioration
des activités des différents acteurs de la filière karité. Il s’agit spécifiquement de
mettre à disposition des producteurs, transformateurs et commerçants des
produits de karité des informations sur l’état des parcs à karité (structure,
composition, productivité), les usages des produits de karité, les procédés de
fabrication du beurre, les maillons de la commercialisation et les contraintes de
la promotion, la description des technologies utilisées pour la transformation des
principaux produits dérivés du karité et les contraintes associées. Pour atteindre
cet objectif des enquêtes et des interview ont été réalisées dans le Borgou.
1. Différentes utilisations
Références bibliographiques
Akouêhou G. S. (2012). Evaluation et analyse socio économique des marchés
des produits forestiers non ligneux, cas du Néré, du Karité, du Rônier, du
Baobab, du Pommier sauvage et de l’Arbre à Pain : les chaines de
commercialisation, les différents maillons, les caractéristiques, les différents
acteurs directs et indirects, les interrelations et les différents flux dans les zones
d’intervention du projet. Rapport FAO. Cotonou. 118p.
Akouêhou G. S. (2008). Agrosystèmes forestiers et gestion du karité (Vitellaria
paradoxa) et du néré (Parkia biglobosa) dans les terroirs villageois de Partago
au Nord-Bénin », in BRAB, N° 62, 16p.
Le beurre de karité de bonne qualité est toujours recherché au plan international
d’où l’importance économique de l’activité de production du beurre de karité
qui constitue une véritable source de revenus des groupements de femmes qui
s’y adonnent.
Les utilisations locales du karité sont multiples. La pulpe des fruits est
comestible et représente un apport nutritif non négligeable en période de
soudure. Le karité a des feuilles mellifères particulièrement recherchées par les
abeilles. Il représente un lieu d’implantation privilégié des ruches pour les
apiculteurs traditionnels. Le beurre de Karité est utilisé en massage à chaud,
pour traiter les foulures, entorses, luxations, courbatures, rhumatismes bien
qu'aucun composé anti-inflammatoire n'y ait été découvert. Le beurre est utilisé
également pour accélérer la cicatrisation du cordon ombilical.
Assogbadjo A.E., Deguenonvou N., Hessou A.E. 2012. Borassus aethiopum.
CTA (2007). Fiche technique : Fruits indigènes.
14 3 2. Disponibilité de la ressource
2.1. Richesse floristique des parcs à karité
Les formations végétales du bassin d’approvisionnement de la Donga au Bénin
comportent trois grands types de parc : les champs et jachères ; les savanes
arborées et arbustives et les savanes boisées et forêts claires. Environ 75 espèces
ont été identifiées dans ces formations végétales. Les familles dominantes sont
les Sapotaceae, Papilionoideae, Mimosoideae, Meliaceae, Combretaceae,
Cesalpinoideae.
Les savanes arbustives et arborées sont plus riches en espèces ligneuses (43
espèces) que les savanes boisées et forêts claires (24 espèces) et les champs et
jachères (8 espèces). Les espèces les plus dominantes sont : Vitellaria paradoxa,
Parinari curatellifolia et pterocarpus eurinaceus, Monotes kerstingii et
Isoberlinia spp, et enfin Vitellaria paradoxa et Parkia biglobosa.
Le deuxième niveau de commercialisation des amandes de karité est aussi défini
par le niveau local où les petits commerçants vendent leurs stocks aux
opérateurs économiques. A ce niveau, la campagne est déjà ouverte et la vente
des amandes se fait au kilogramme.
Le troisième niveau de commercialisation des amandes de karité est défini par
le niveau national où les opérateurs économiques vendent leurs produits aux
industriels et ou aux exportateurs.
Le système de commercialisation des amandes de karité est inorganisé au Bénin
mais l’Etat essaie de coordonner en fixant seulement à chaque campagne un
prix planché alors que sur le terrain la réalité est tout autre. Pendant la récolte
des noix de karité, la campagne de karité est déjà lancée avant l’ouverture
proprement dite par l’Etat. Ainsi, la vente et l’achat des amandes de karité
impliquent des acteurs distincts (Figure 2).
Achat d’amandes de karité dans les villages par
les acheteurs et les petits commerçants
Vente d’amandes des détaillants aux grossistes
ou aux opérateurs économiques
2.2. Caractérisation Structurale des différents parcs à karité
Les données dendrométriques des parcs ont permis de calculer les paramètres
consignés dans le tableau 2.
Tableau 2. Paramètres dendrométriques de Vitellaria paradoxa dans les
formations végétales
Formations végétales
Savanes
Forêts et
Paramètres
Champsarborées et
savanes
jachères
arbustives
boisées
Densité (N, arbres/ha) du
171,1
± 200 ± 92,07
245,7 ± 72,53
peuplement
56,98
Densité du V. paradoxa (N,
131,1
± 55,6 ± 31,20
75,3 ± 76,73
arbres/ha)
9,29
Fréquence d’apparition du V. 81,78
33,97
30
paradoxa (%)
Surface terrière (G, m2/ha)
9,94 ± 5,3
7,94 ± 3,70
10,20 ± 5,89
Hauteur moyenne (Hm, m)
8,72 ± 1,32 8,65 ± 1,59
9,77 ± 2,10
Vente d’amandes aux industriels
KNAR (Parakou)
Vente d’amandes aux exportateurs (exportateurs) Cotonou
FLUDOR (Bohicon)
Lomé
Figure 2. Circuit de commercialisation des amandes de karité au Bénin
Source : Akouêhou (2012)
Les paramètres dendrométriques des ligneux dans les formations végétales des
parcs à karité, savanes boisées et forêts claires ont une densité moyenne plus
élevée (245,7 pieds/ha) que des savanes arborées et arbustives (200 pieds/ha) et
les champs et jachères (171,1pieds/ha). Cependant, l’écart type de variation de
densité au sein des échantillons de chaque formation végétale est plus élevé
4.2.2. Acteurs indirects, possibilités de crédits et demandes de crédit
Dans les institutions de micro-finances rencontrées, l’analyse technique des
demandes de crédit qui prend souvent du temps et met le client dans une
situation d’attente est une étape de la gestion préventive du risque de crédit. En
effet, il s’agit pour les IMF (Institutions de Micro Finances) de mettre en œuvre
des méthodes et analyses pour évaluer le risque que représente le prêt sollicité
dans le but de prendre position sur l’attitude à adopter vis-à-vis de la demande
de prêt. Cette prise de position est l’objectif même de tout le travail et constitue
la difficulté essentielle du métier de banquier.
En effet, quel que soit le statut de l’entreprise rurale (groupement ou
individuels, transformateurs ou commerçantes collectrices de noix ou graines
des différentes spéculations des PFNL), on distingue deux cas : i) le bénéficiaire
est un particulier. Les IMF sont très méfiants des individuels transformatrices
4 13 4.1.5.Opérateurs économiques
Les opérateurs économiques sont de grands commerçants nationaux investis
dans le commerce des produits tropicaux (amandes de karité et noix d’anacarde)
disposant de moyens financiers importants ou qui ont la capacité de faire des
emprunts importants dans des banques ou encore qui prennent directement de
l’argent chez les exportateurs. Ils commandent l’achat des amandes de karité sur
le terrain en distribuant de l’argent aux commissionnaires qui en achètent auprès
des ramasseuses ou des petits commerçants (Akouêhou, 2008).
4.1.6. Industriels
Les industriels sont des propriétaires ou gérants d’usine de transformation des
amandes de karité en huile végétale. Ils achètent des amandes de karité, les
transforment en huile végétale puis la commercialisent. Aujourd’hui Fludor
Bénin SA, une des entreprises de transformation de la place, a une capacité de
transformation d’environ 8000 tonnes par an. Mais, la dispersion des
producteurs et leur non organisation ne permettent pas à l’usine d’atteindre sa
capacité (Akouèhou, 2012).
dans les savanes arborées et arbustives (92 pieds/ha) que dans les forêts claires
et savanes boisées (72,53 pieds/ha) et les champs et jachères (56,98 pieds/ha).
Par contre, la densité du V. paradoxa est plus élevée dans les champs et jachères
et dans les forêts claires et savanes boisées. Elle est respectivement de 131,29 et
75,3 pieds/ha dans les savanes arborées et savanes arbustives. Les écart-types
sont respectivement de 9,29 dans les champs et jachères ; de 76,73 pieds/ha
dans les forêts claires et savanes boisées et de 31,20 pieds/ha dans les savanes
arborées et arbustives (Akouêhou, 2008).
La fréquence d’apparition de V. paradoxa est très forte dans les champs et
jachères (97% 131,1 pieds/ha) et faible dans les forêts claires et savanes boisées
(55,6 arbres/ha) et dans les savanes arborées et arbustives où elle est un peu plus
élevée (73,3 arbres/ha). La moyenne de la hauteur totale Ht des pieds de V.
paradoxa est de 9,77 m dans les forêts claires et savanes boisées ; cette hauteur
est plus élevée que celles obtenues dans les champs et jachères (8,72 m) et dans
les savanes arborées et arbustives (8,65 m) (Akouêhou, 2012).
4.1.7. Exportateurs
3. Voies de valorisation agroalimentaire du karité
Les exportateurs arrivent au bout de cette chaine traditionnelle. Ce sont, soit des
filiales, soit des agents de grands groupes agroalimentaires et cosmétiques
internationaux situés en Europe, en Asie ou en Amérique. Ils développent de
grandes capacités logistiques et financières pour atteindre leurs objectifs. Le
plus gros d’entre eux, Knar-Bénin traite des quantités de l’ordre de 10 à 15.000
tonnes de noix par an.
3. 1. Procédés de fabrication du beurre de karité
4.2. L’Etat
L’Etat est peu présent au cours d’une campagne annuelle de karité. Dans ce
secteur, son rôle se limitait généralement à fixer la date d’ouverture de la
période de commercialisation.
4.2.1 Niveaux de commercialisation des amandes de karité
Trois niveaux de commercialisation des amandes de karité ont été identifiés. Le
premier niveau de commercialisation des amandes de karité est défini par le
milieu local où les ramasseuses vendent leurs amandes aux acheteurs et petits
commerçants qui constituent un des acteurs principaux de la chaine. Le mode
d’achat et vente est traditionnel ; les amandes sont vendues par “agoué”, une
cuvette de mesure correspondante à trois kilogrammes et se vend entre 100 f et
250 FCFA ; soit entre 33,33FCFA et 83,33 FCFA/kg (FAO, 2004)
• Critères de qualité des amandes
Le principal produit dérivé du karité est le beurre obtenu à partir des amandes.
Ces dernières doivent respecter des critères de qualité bien définis. La qualité du
beurre obtenu dépend de plusieurs facteurs que sont : la nature des noix
collectées, le degré de cuisson des noix, les conditions de conditionnement. Des
noix non mûres tombées sous l’effet du vent ou par les singes, identifiées par
leurs pédoncules encore attachés à la base ne sont pas requises pour la
transformation. Ces noix ont un impact sur le rendement de la transformation.
Les noix ne doivent pas être stockées ensemble dans une même chambre ou au
champ avec d’autres spéculations similaires. Les noix doivent être bien cuites.
En outre, les amandes doivent être bien sèches, non pourries, stockées à l’abri
de toute humidité et non calcinées après torréfaction. Tous ces critères bien
respectés, associés aux rinçages ou lavages répétés lors de la transformation
devraient conduire à un beurre sans mauvaise odeur ni goût amer avec une
couleur blanchâtre bien éclatante et une texture ferme (Azokpota, 2012).
12 5 • Opérations unitaires
Les opérations unitaires effectuées au cours de la production du beurre de karité
sont mentionnées à la planche 1. La production du beurre de karité comprend
les opérations unitaires suivantes : Séchage des noix, cuisson, concassage,
torréfaction, mouture, barattage, séparation du beurre, obtention du beurre.
4. Maillons de la commercialisation des amandes de karité
4.1. Acteurs directs
4.1.1. Collectrices
Les collectrices sont les femmes (vieilles et jeunes, parfois accompagnés de
leurs enfants) qui vont dans les différentes formations végétales ramasser les
noix de karité et qui en font la pré-transformation : opérations qui conduisent à
l’obtention des amandes sèches prêtes à être transformées en beurre ou à être
vendues. La majorité de ces collectrices vendent les amandes de karité.
Photo 2 : Cuisson
Photo 4 :
Concassage
Photo 3 :
Séchage
Photo 5 :
Torréfaction
4.1.2. Acheteurs
Les acheteurs sont des individus qui jouent le rôle d’intermédiaire entre les
collectrices et les grossistes ou les opérateurs économiques et qui vont dans des
villages, des fermes et des hameaux à la recherche des amandes de karité.
Parmi eux, il y a certains qui achètent contre une rémunération : ce sont des
commissionnaires. Ces derniers assurent aussi le rapprochement de leurs
produits achetés avant la réception par l’opérateur économique. D’autres, les
petits commerçants en achètent pour leur propre compte.
Photo 6 :
Mouture
Photo 8 :
Séparation
Photo 9 :
Beurre de
Karité
Planche 1. Etapes de production artisanale du beurre de karité
Photo 7 :
Barattage
Source : Azokpota (2012)
Les étapes de production prenant en compte les opérations unitaires en aval et
en amont sont mentionnées sur la figure 1.
4.1.3. Petits commerçants
Les petits commerçants sont des personnes qui ont peu de moyens financiers et
qui s’investissent dans l’achat des amandes de karité. Ils font pour la plupart du
temps des emprunts dans des institutions de micro finances. Ils interviennent au
premier et au deuxième niveau de la chaîne de commercialisation des amandes
de karité. Ils jouent aussi le rôle d’intermédiaires entre les grossistes et les
ramasseuses. De ce fait, ils ne vendent pas directement leurs produits aux
industriels ou aux exportateurs. Ils les confient ou les vendent aux opérateurs
économiques qui vont les vendre, à leur tour, aux industriels ou aux
exportateurs. Les acheteurs et les petits commerçants sont indispensables dans
la chaine de commercialisation. Plus le milieu est enclavé et d’accès difficile,
plus ils sont indispensables aux acteurs qu’ils relient (Akouêhou, 2008).
4.1.4. Transporteurs
Les transporteurs sont des conducteurs de camionnettes et de camions qui
assurent la manutention et le transport des amandes de karité des lieux d’achat
accessibles aux lieux de vente ou de transformation. Les autres transporteurs à
deux roues sont des taxis-moto qui relient les fermes et campagnes aux marchés
accessibles.
6 11 3. 3. Caractéristiques des équipements actuels utilisés par les groupements
pour la production du beurre de karité
1
Ramassage du
fruit de karité (1)
Dépulpage
du fruit
2
Cuisson
des noix
Dans environ 95% des groupements de productrices enquêtées, les équipements
utilisés pour la production du beurre de karité sont d’ordre culinaire (Marmites,
mortier, casseroles, bassines, moulin de quartier). Il s’agit de bassines de
différentes tailles utilisées comme matériel de lavage, de stockage, de
prélèvement, d’entreposage d’eau ou de matières premières. On compte aussi
des mortiers ou marteaux pour concasser les graines de karité.
3
Séchage des
noix cuites
4
Décorticage des
noix de karité
Par ailleurs, il existe quelques rares groupements de productrices (environ 4%)
qui utilisent d’équipements plus ou moins améliorés pour certaines
transformations. Il s’agit très souvent des groupements de productrices qui ont
bénéficié des appuis financiers et techniques de certaines institutions
internationales ou locales comme c’est le cas des groupements de production de
beurre de karité à Korobourou (Parakou), de Banté qui sont équipés en
Concasseurs de noix, en Malaxeurs, en Moulins et en matériel de
conditionnement et de stockage (Azokpota, 2012).
5
Séchage des amandes
décortiquées
Commercialisation des
amandes sèches
6
Torréfaction des amandes
Concassage ou pilage des
amandes torréfiées
7
8
Broyage ou moulage de la
farine concassée
3. 4. Contraintes technologiques
Les opérations de décorticage, de concassage, de malaxage, de barattage sont
très contraignantes. Il y a lieu de mécaniser ces opérations afin de rendre la
production du beurre plus aisée et plus rentable. Par ailleurs, il se pose un
problème de maîtrise de la qualité qui fait qu’une importante quantité de beurre
produite par certaines productrices ne soit pas arrivée à être vendue, faute de
preneurs, car les collecteurs de beurre vendent le produit au plan international et
sont donc soumis aux exigences normatives de l’Union Européenne qui ne sont
pas toujours prises en compte par les productrices pour la plupart ignorantes de
ces dispositions. Mais, une autre contrainte importante rencontrée est l’attaque
des parasites de l’espèce constatée sur 1/3 des arbres. Le problème
d’amélioration génétique reste et demeure un véritable frein qui limite la
vulgarisation de l’espèce (Azokpota, 2012).
9
Préparation de la
10a
farine des amandes de
karité par pétrissage
10
Barattage de
la pâte de
beurre
Barattage amélioré
10
10
Rinçage de
la graisse
10c
Lissage de
la graisse 10
Purification du beurre
10a
Récupération
du beurre
11
12
Figure 1. Diagramme Technologique de transformation des noix de karité en beurre
Source : Azokpota (2012)
10 7 • Rendement de la production
Le rendement de la transformation dépend de plusieurs facteurs: la nature des
noix collectées, la cuisson, la technique de transformation et les outils utilisés.
Dans toutes les localités parcourues, le rendement de la production du beurre de
karité est de l’ordre de 20 à 25% de son poids. Ainsi, avec les équipements
culinaires, une tonne d’amande produit environ 200 à 250 kg de beurre. Ce
rendement est multiplié par 3 avec un matériel semi-industriel ou artisanal. La
production en beurre d’un (1) hectare de parc à karité est de 30 -60kg
(Azokpota, 2012).
Tableau 4. Critères relatifs aux caractéristiques chimiques du beurre de
karité
Indices caractéristiques
Acidité Oléique
Insaponifiables
Indice de Peroxyde (non garanti)
Indice d'iode
Alcalinité (soap content)
Indice de saponification
Valeurs
<1%
environ 10 %
<03 meq
63 à 70
<0
160-200
• Mode de conservation ou de conditionnement du beurre de karité
Une fois le beurre obtenu, il faut le conserver en attendant sa vente. Chez les
détaillantes, le beurre est gardé à l’ombre dans un panier et couvert des feuilles
d’Isoberlinia spp, le tout recouvert de sac de jute mouillé avec un arrosage
régulier (2 à 3 fois par jour). Au cours de la nuit, il est déposé dans la cour
jusqu’au matin où les basses températures de la nuit renforcent sa solidité. Chez
les grossistes par contre, le beurre est conditionné dans des bidons de 25 kg ou
dans des fûts en plastiques.
3.2. Critères de qualité d’un beurre de karité
Les tableaux 3, 4 et 5 présentent les critères essentiels pour l’exportation du
beurre de karité sur le marché européen. Ces critères sont relatifs aux
caractéristiques, physiques, chimiques et à la composition des esters
méthyliques du beurre de karité.
Tableau 3. Critères relatifs aux caractéristiques physiques du beurre de
karité
Paramètres
Eau et matières volatiles
Couleur
Densité
Impuretés insolubles dans l'hexane
Point de fusion
Matières grasses solides à 20°
Indications
< 0,05 %
Jaune clair
0,92 à 40° Celsius
< 0.2 %
14 à 16° Celsius
0%
Tableau 5. Critères relatifs à la composition des esters méthyliques du
beurre de karité
Esters
Acide Palmitique
Acide Stéarique
Acide Oléique
Acide Linoléique
Acide Linolénique
Acide Arachidique
Autres
Quantité (%)
6,0
29,0
54,0
9,0
0,3
1,0
0,7
Source : Azokpota (2012)
Par ailleurs, les indices d’acidité et de peroxydes constituent des critères
supplémentaires pour confirmer la qualité du beurre. Ainsi, pour 1kg de beure,
les normes actuelles prévoient, moins de 1% d'acidité pour l’indice d’acidité et
moins de 3 meq O2/ pour l’indice de peroxyde qui est le nombre de
milliéquivalents d'oxygène contenus dans un kilogramme de beurre et oxydant
l'iodure de potassium avec libération d'iode. Enfin, les conditions de
conditionnement et de stockage du beurre de karité sont définies, de la façon
suivante :
8 Position des carbones
C 16:0
C 18.0
C 18:1
C 18:2
C 18:3
C 20:0
•
Beurre coulé en seaux plastique de 15 kg net ou en fûts métalliques de 200
kg net ;
•
Bien refermer après chaque utilisation si le produit n'est pas utilisé
complètement ;
•
Stockage dans des locaux secs et frais. Températures 10 à 12 ° C
maximum.
9 

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