La France abritait l`esturgeon atlantique jusqu`alors inconnu sur son

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La France abritait l`esturgeon atlantique jusqu`alors inconnu sur son
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COMMUNIQUÉ DE PRESSE NATIONAL I PARIS I 15 DECEMBRE 2009
La France abritait l’esturgeon atlantique jusqu’alors
inconnu sur son territoire
Jusqu’à présent, une seule espèce d’esturgeon était connue en France : l'esturgeon
européen. Nathalie Desse-Berset, archéozoologue au CNRS1, vient de démontrer, pour la
première fois, qu’une autre espèce, auparavant inconnue sur le territoire national, avait
peuplé les eaux françaises : l'esturgeon atlantique. Cette espèce se trouvait dans la zone
atlantique française à la fin du Néolithique, il y a 5 000 ans, et y prospérait encore 3 000 ans
plus tard. De plus, une cohabitation entre esturgeons européen et atlantique existait à cette
époque sur certains sites. Cette découverte s’avère d’une importance capitale pour les
programmes de réintroduction des esturgeons dans les fleuves européens. Publiés midécembre dans les Comptes-rendus de l’Académie des sciences, ces résultats initient de
nouvelles recherches en archéozoologie mais également en paléoécologie et
paléogénétique, afin d’obtenir des informations complémentaires sur ces populations en
voie d’extinction dans toute l’Europe.
En France, l’esturgeon est le plus grand poisson qui migre en rivière pour se reproduire, tout en effectuant
l’essentiel de sa croissance en mer. C’est aussi l’un des poissons les plus menacés en Europe : il n’en
resterait que quelques dizaines à quelques centaines d’individus. Du fait de la surpêche, des barrages, de
la pollution et d’autres facteurs préjudiciables à l’espèce, il a connu une forte régression depuis le début du
XXe siècle. Aujourd’hui au bord de l'extinction, il a disparu de la plupart des fleuves européens. En France,
il est encore observé au niveau de l’estuaire de la Gironde, près de Bordeaux. Sa pêche y est interdite
depuis 1982. Des actions de recherche ont été initiées dès la fin des années 1970, et un plan de
restauration est en cours en France. Afin de le développer correctement, il est primordial de connaître les
espèces originelles (autochtones).
Seul l'esturgeon d'Europe (Acipenser sturio) est à ce jour recensé en France. Toutefois, d’autres espèces
pourraient avoir été présentes par le passé et avoir disparu aujourd’hui. Pour les identifier, les scientifiques
s’appuient notamment sur les inventaires, les textes historiques et les collections des muséums. Mais ces
sources d’information ne sont pas toujours très fiables. Dans le cas d’espèces disparues, les ossements
issus de fouilles archéologiques représentent les témoins les plus sûrs. C’est pourquoi Nathalie
Desse-Berset, archéozoologue au CNRS, s’est spécialisée dans l’étude morphologique des restes
d’esturgeons. Elle a ainsi étudié des vestiges provenant de plusieurs sites archéologiques, notamment de
la façade atlantique (île d’Oléron, estuaire de la Gironde, Vendée). Elle les a comparés aux squelettes de
sa collection de référence, qui comporte des esturgeons européens provenant de la Gironde mais aussi
des esturgeons atlantiques pêchés au Canada.
1
Elle travaille au Centre d’études Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge (CEPAM, Université de Nice / CNRS).
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Sa conclusion est sans équivoque : une seconde espèce d’esturgeon, l’esturgeon atlantique (Acipenser
oxyrinchus), a été attestée sur la façade atlantique française à plusieurs périodes, de la Préhistoire au 2e
siècle après J.-C.. Plus précisément, l’île d’Oléron et l’estuaire de la Gironde hébergeaient deux espèces
d’esturgeon à la fin du Néolithique, il y a 5 000 ans : l’esturgeon atlantique et l’esturgeon européen. Ces
espèces ont cohabité en France durant au moins 3 000 ans. La présence d’une autre espèce
d’esturgeon est ainsi, pour la première fois, avérée en France. Aujourd’hui disparue sur le territoire
français, cette espèce fréquente de nos jours les côtes atlantiques nord-américaines.
Cette découverte livre des informations capitales pour les programmes de réintroduction des esturgeons
en France. Elle soulève également de nombreuses questions sur l’histoire du peuplement des esturgeons.
Grâce à ces nouveaux résultats, des recherches archéozoologiques sont initiées par Nathalie DesseBerset sur l’ensemble du territoire national. De plus, des études en paléoécologie et paléogénétique (ADN
mitochondrial et nucléaire) vont être menées, afin d’apporter des précisions sur la diversité génétique de
ces populations récemment éteintes.
Esturgeon atlantique dans le fleuve Saint Jean (Nouveau Brunswick,
Canada); taille : 220 cm.
© Nathalie Desse-Berset / CNRS 2009
a. Écusson dorsal d’un esturgeon atlantique moderne provenant
du Canada.
b. Écusson dorsal d’un esturgeon atlantique provenant de
Ponthezières (île d’Oléron) et datant du Néolithique final
© Nathalie Desse-Berset / CNRS 2009
Bibliographie
First archaeozoological identification of Atlantic sturgeon (Acipenser oxyrinchus Mitchill 1815) in France. Nathalie Desse-Berset. Comptesrendus de l’Académie des sciences. C.R. Palevol. tome 8, 8 (décembre 2009), 717-724 (doi:10.1016/j.crpv.2009.06.001)
Contacts
Chercheur l Nathalie Desse-Berset l T 04 93 95 42 82 l [email protected]
Presse l Priscilla Dacher l T 01 44 96 46 06 l [email protected]