Section 1 : Asie - N°1-32

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Section 1 : Asie - N°1-32
Asie
1. ALCOCK (THOMAS). -TRAVELS IN RUSSIA, PERSIA, TURKEY AND GREECE, IN 1828-9 BY THOMAS ALCOCK,
ESQ. NOT PUBLISHED. London: Printed by E. Clarke and son, Well Street, 1831. 1 vol. in-8° (227 x 180 mm.) de :
v pp., [1] f., 227 pp. 1 planche à l'aquateinte dépliante en frontispice, 1 carte dépliante lithographiée aux contours
aquarellées. Toile éditeur rose, dos lisse, pièce de titre de maroquin noir.
Première édition de cette rare relation de Thomas Alcock.
Les pages 2 à 55 sont consacrées à la Russie, 56 à 118 à la Perse, 119 à 172 à la Turquie, et la fin de l'ouvrage à la Grèce.
Le passage traitant de la Grèce traite essentiellement de leur guerre d'indépendance contre les Turcs, des figures
politiques. L'auteur note également les destructions dans les campagnes qui suivirent les batailles. La belle planche gravée,
placée en frontispice, représente le Mont Ararat, le sommet le plus élevé de Turquie. Bel exemplaire en reliure originale.
1 vol. 8vo. 1 aquatint folding plate in frontispiece. Publisher cloth. First edition of this rare account by Thomas Alcock.
The beginning of the book deals with Russia, then Persia, Turkey, and Greece at the end. The account on Greece is
mainly dedicated to the Indepance War against the Turks. The beautiful plate depicts Mount Ararat. Fine copy in
contemporary binding.
Ghani, p.9 ; Drouilia, 1957 ; Schwab, 18 ; manque à Blackmer.
6 000 €
2. [ARTISANAT CHINOIS. AQUARELLES]. [CHINESE ARTCRAFT. W ATERCOLORS]. -TYPES CHINOIS
PEINTS SUR PULPE DE MÛRIER. [CHINESE TYPES ON PITH PAPER]. [Chine, ca. 1850]. Trois boîtes (1 de 132 x 88 mm.,
2 de 111 x 75 mm.) contenant 9, 7 et 6 aquarelles sur pulpe de mûrier. Soit 22 aquarelles. Boîte et étui cartonnés
renfermant les 3 boîtes présentées avec un petit outil en bois pour détacher les feuillets.
Ravissant ensemble composé de 22 aquarelles représentant des types chinois. Particulièrement bien préservé, le fragile
ensemble est présenté dans des boîtes de cartonnage ancien, bordées de tissu avec un couvercle de verre. Une sorte de
petite fourchette pour extraire les peintures complète l'ensemble. Chaque carte comporte un portrait en pied, avec un
grand nombre de soldats, portant lance, sabre ou étendard, mais également des femmes élégantes, différents artisans et
vendeurs de rue, des enfants jouant. Travail délicat aux coloris particulièrement vifs, élégamment présenté.
Three boxes (1: 132 x 88 mm., 2: 111 x 75 mm.) with 9, 7 and 6 watercolors on pith paper. (Total: 22 watercolors).
Cardboard box and slipcase, containing the three boxes with a wood stick to separate the leaves. Lovely set with 22
watercolours featuring Chinese types. In very fine condition, the fragile watercolors are presented in ancient cardboard
boxes with a glass top. Each painting features a full lenght portrait: soldiers, elegant ladies, craftsmen, kids, etc. Delicate
item.
2 500 €
3. [ART ORIENTAL. CACHEMIRE]. [ORIENTAL ART. KASHMIR]. -[PORTE DOCUMENT ET TOURNE
PAGE ORNÉS]. [ORNAMENTED PORTFOLIO AND PAGE-TURNER]. [Cachemire, 19ème siècle]. 1 vol. in-folio (319 x
249 mm.), 1 tourne-page. Demi-maroquin d'époque, plats recouverts d'un riche décor laqué dans le style cachemire,
tourne-page en bois assorti.
Très élégant nécessaire d'écriture indien, composé d'un porte document et d'un tourne-page, ornés d'un décor typique du
style cachemire. Le décor polychrome se compose, sur des plats complètement dorés, d'une très riche frise
d'encadrement, et d'arabesques s'enroulant autour d'un losange. Le motif sur le tourne-page reproduit l'ornementation du
centre des plats. Les contreplats sont bleus, ornés de médaillons et de bordures dorées. Provenance : famille Forrest
(Ecosse. Petite pièce de maroquin avec leurs armes au centre du premier plat et sur le tourne-page).
Ensemble très raffiné et décoratif.
1 vol. folio. 1 page-turner. Contemporary half morocco, boards covered with a rich varnished decoration in Kashmir style,
matching page-turner. Very elegant Indian writting kit, composed with a portfolio and a page-turner, ornamented in a
typical Kashmir way. The polychrom ornaments, on completely golden boards, consist in a rich framing frieze, and
arabasques. Provenance: Forrest family from Scotland. Very refined and decorative item.
3 500 €
4. BRETON DE LA MARTINIERE (JEAN-BAPTISTE JOSEPH). -LA RUSSIE, OU MOEURS, USAGES ET
COSTUMES DES HABITANS DE TOUTES PROVINCES DE CET EMPIRE. A Paris, Nepveu, Passage des Panoramas,
n°26, 1813. 6 vol. in-16° (146 x 93 mm.) de : I. xxxii, 163, 2 pp., 16 planches ; II. [4], 186, [2] pp., 14 planches ; III. [4],
190, [2] pp., 23 planches ; IV. [4], 196, [2] pp., 15 planches ; V. [4], 192, [2] pp., 23 planches ; VI. [4], 198, 2, 10 pp., 20
planches. Total de 111 planches, toutes en coloris d’époque, sauf 5 en noir, et dont 4 dépliantes. (Le cahier 12 du tome V
est mal relié : pp. 133-144 placées à la suite des pp. 145-168, sans manque.) Cartonnage rose d’époque à la bradel, dos
lisses avec étiquette de titre. Exemplaire non rogné.
Edition originale de l’un des plus remarquables ouvrages de la
collection « Nepveu », consacré à la Russie et illustré de 111 ravissantes
planches. Cette collection fut inaugurée par La Chine en miniature qui
remporta un franc succès et incita l’auteur à continuer dans cette
direction : petits ouvrages aux informations riches sans être arides, et
très abondamment illustrés. Breton de la Martinière (1777-1852),
important acteur de la sténographie judiciaire en France, est aussi
l’auteur de différents ouvrages sur divers pays, publiés par Nepveu,
dans ses fameuses petites collections. Connaissant presque toutes les
langues d’Europe, Breton était interprète traducteur officiel en langues
étrangères auprès des tribunaux. Cet ouvrage est illustré de très belles
planches tirées : « d’une grande quantité de dessins originaux et
absolument inédits, qui ont été faits sur les lieux et d’après nature, par
M. Damame, peintre français ». (Préface). Etant donné le peu
d’information dont on disposait alors en Europe sur la Russie, cet
ouvrage constitue l’une des meilleures sources de l’époque. Il est le
résultat de la compilation raisonnée et réfléchie des travaux de Ker
Porter (Travelling Sketches), Clarke, Pallas, Hempel & Geissler, Heim,
Soltau. De Ker Porter (qui était peintre officiel tant que la Russie et la
Grande Bretagne furent en bons termes diplomatiquement), Breton tire
notamment de nombreux commentaires sur l’aristocratie russe, et une
description du palais où mourut Paul 1er, interdit aux Russes euxmêmes. De la relation de Clarke : « J’ai pris (...), outre diverses
anecdotes et plusieurs traits relatifs à Pétersbourg et Moscou, la
description entière de la petite Russie, du gouvernement de Woronetz,
des pays habités par les Cosaques du Don et de la mer Noire, de
quelques contrées de la Circassie, en enfin de la Crimée » (Préface). Le
reste de ses sources est essentiellement allemand : Pallas, Hempel &
Geissler, Heim, Soltau (ce dernier rapportant des détails très
intéressants sur St Pétersbourg, ainsi que sur les jeux, fêtes et
cérémonies religieuses des Russes).Il faut noter que cet ouvrage parut peu après les campagnes napoléoniennes et
l’incendie de Moscou de 1812, mais était « prêt à être mis sous presses longtemps avant » et garde la trace de nombreux
détails et éléments architecturaux qui furent détruits alors. L’illustration, d’après nature, est particulièrement variée, et
donne un aperçu du très vaste empire des plus beaux palais et jardins de Pétersbourg, jusqu’aux confins du Kamtchatka
ou des rives du Don, pour ce qui est de l’architecture, des costumes, des rites et des mœurs (plusieurs scènes de vie), des
moyens de transport, etc. (Liste complète des planches sur demande). Les exemplaires en couleurs complets sont rares.
Exemplaire non rogné, très plaisant.
6 vols. 16mo. 111 plates, all in contemporary colours but 5. Contemporary pink boards. Untrimmed copy. First edition of
one of the most remarkable works of the Nepveu collection, dedicated to Russia and illustrated with 111 plates. This little
book is a learned compilation by Breton of the better contemporary sources on Russia. It is illustrated with plates from
original and unpublished drawings. Given the few informations on Russia available in Europe, this work was one of the
best source of the period. It was published short after, but prepared before the great fire of Moscow in 1812, and so it
gives numerous details which disappeared during this event. Very pleasant untrimmed copy.
Brunet, I, 1226 ; Colas, 436 ; Lipperheide, 1350.
6 500 €
5. BRETON DE LA MARTINIÈRE (JEAN BAPTISTE JOSEPH) -LA CHINE EN MINIATURE, OU CHOIX DE
COSTUMES, ARTS ET MÉTIERS DE CET EMPIRE, REPRÉSENTÉS PAR 74 GRAVURES. Paris, Nepveu, 1811. 4 vol. in-16°
(135 x 86 mm.) de I. xxxvi, 144 pp. ; II. 172 pp. ; III. 188 pp. ; IV. [2] ff., 220 pp. 4 frontispices et 76 planches finement
gravées sur métal : vues, scènes de mœurs. Pleine basane racinée d'époque, dos lisses ornés, pièces de titre et de
maroquin brique, filet et frise dorés en encadrement des plats, roulette dorée sur les coupes, frise intérieure dorée,
tranches dorées, gardes de papier violet.
Edition originale de ce célèbre ouvrage de la collection Nepveu consacré à
la société et aux mœurs des Chinois. L'auteur a utilisé la correspondance
des missionnaires de Pékin, ainsi son travail est particulièrement réaliste et
documenté et illustré de soixante quinze planches initiales complétées lors
de l’impression par six gravures supplémentaires. Elles constituent une
remarquable iconographie des us et coutumes ainsi qu’un panorama des
arts et métiers de l’ « Empire du Milieu ». Qu’il s’agisse de l’art
vestimentaire, de la fabrication de la soie ou de la porcelaine, de l’art de la
calligraphie ou du commerce du thé, mandarins, artistes, artisans et
commerçants, sont dépeints avec un souci du détail qui fait de cet ensemble
un témoignage recherché. Ce recueil sera publié pour la première fois en
langue anglaise à Londres en 1813. Provenance : "Weishaus" cachet sur les
pages de titre. Bel exemplaire, joliment relié.
4 vols. 16mo. 4 frontispieces, 76 engraved plates. Contemporary full sheep.
First Edition. The present volumes contains eighty plates (including the
frontispieces). The images cover the whole range of Chinese society,
especially tradesmen. Particularly interesting are the numerous depictions of
itinerant salesmen and craftsmen with ingenious methods of transporting
their inventories and machinery. The industrious author produced similar
tours of Russia, Egypt & Syria, Spain & Portugal, and Japan. Fine copy of
this remarkably illustrated work.
Brunet, I, 1225. Colas 443. Cordier 65.
1 800 €
6. BROUGHTON (THOMAS DUER). -LES MARATTES. Paris, Nepveu, 1817. 2 vol in-16° de : I. [2], XV, 202 pp. ;
II. [2], 238 pp. 10 planches gravées et aquarellées, dont 6 dépliantes. Demi-maroquin rouge d'époque, dos lisses ornés.
Première édition française. Broughton arriva en Inde en 1795, comme Cadet de l’Etablissement du Bengale. En 1799,
après le siège de Seringapatam, dans lequel il s’était investi activement, il fut nommé commandant du Corps des Cadets. Il
écrivit le présent ouvrage alors qu’il était résident militaire chez les Marathes et le dédicaça au marquis de Wellesley. Des
gravures finement aquarellées, huit sont reproduites d’après les dessins originaux d’un artiste indien. Bel exemplaire,
intérieur très frais.
2 vols. 16mo. 10 engraved plates, 6 folding. Original card-board bindings. First French edition. Broughton first arrived in
India in 1795 as a cadet on the Bengal establishment. Following the siege of Seringapatam in 1799, in which he was
actively engaged, he was appointed commandant of the cadet corps. At the time he wrote the present work he was military
resident with the Mahrattas. His book is dedicated to the Marquis of Wellesley, "the acute detector of Mahratta wiles, the
firm repeller of their insolent pretensions, and the formidable barrier to their ambitious projects; their vigorous opponent
in time of war, and their generous pacificator in the hour of victory. " Eight of the ten finely watercolored plates are after
original drawings by a native artist. Fine copy.
Abbey, Travel, 433; Tooley, 114; Colas, 454.
1 800 €
7. [CLAUSTRE (A. DE) - CERCEAU (JEAN-ANTOINE DU)]. -THE COMPLEAT HISTORY OF THAMAS KOULI
KAN, (ASTERWARDS SCHAH NADIR). LATE SOVEREIGN OF PERSIA. IN TWO PARTS. WRITTEN IN FRENCH, AND
RENDERED INTO ENGLISH, WITH IMPROVEMENTS. London: Printed for J. Brindley, James Hodges, and sold also
by M. Cooper, J. Robinson ; C. Corbett ; and J. Wood. [1750]. 2 parties en 1 vol. in-12° (166 x 102 mm.) de : I. [1]
f., 163 pp. ; II. 146, [16] pp. Portrait frontispice, 1 carte dépliante. Plein veau d'époque, dos à nerfs muet orné de filets
doré, double filet doré d'encadrement du plat supérieur.
Rare troisième édition anglaise de cette biographie de Thamas Kouli-Kan, inconnu de naissance qui s'éleva jusqu'au trône
de Perse. De son vrai nom Nadir Chah (1688-1747), il entra au service de Tahmasp, le fils du Shah Husayn et prit le nom
de « Tahmasp Kuli Khan » (ce qui signifie « l'esclave de Tahmasp »). Il lutta contre les Turcs avec succès, et quand, en
1732, le Shah transforma sa victoire en désastre par une paix conciliante, Nadir le renversa. Le fils de Tahmasp, Abbas III
fut alors placé sur le trône avec Nadir comme régent. En 1736, il renversa Abbas et se proclama Shah, mettant ainsi fin au
règne de la dynastie des Safavid. En 1747, lors d’une campagne contre les rebelles Kurdes, Nadir Shah fut assassiné par
les officiers de sa propre garde. Bien que la dynastie qu'il fonda - la dynastie d'Afshar (1736-49) - fût de courte durée,
Nadir est généralement considéré comme l’un des plus grands dirigeants de la Perse. L'auteur décrit préalablement la
géographie, les richesses, les mœurs et l'histoire du royaume iranien avec la plus grande précision. "A. Barbier, in his
Dictionaire des ouvrages anonymes et pseudonymes ... Paris, 1806-9, vol. IV, page 133, wrongly attributes this work to ...
J.A. du Cerceau. This attribution is clearly incorrect, because the book deals with events up to 1739, while du Cerceau
died on the 4th of July, 1730" (Lockhart, L. Nadir Shah, London, 1938, p. 315). L'édition anglaise compte une appendice
du traducteur, traitant de l'histoire du "Schah Nadir", jusqu'à sa mort, ainsi qu'un index, une carte et un portrait. Bel
exemplaire.
2 parts in 1 vol. 12mo with 1 frontispiece, 1 folding map. Contemporary calf. Rare third English edition of this history of
the Persian King Thamas Kouli-Kan or Nader Chah, published anonymously. Nadir Chah (1688-1747) was a member of
the Afshar tribe and is generally considered as one of the greatest of all rulers of Persia. Engraved frontispiece of Thamas
Kouli-Kan by Boitard and engraved folding "Map of Persia and the bordering countries suitable to the history of KouliKan". Fine copy.
Barbier, IV, 133 ; Cox, I, 255.
350 €
8. [COLEBROOKE (HENRI THOMAS).] -SUR LES ÎLES ANDAMANS. Sans lieu ni nom, ca. 1805. 1 cahier in-folio
(309 x 199 mm.) de [1] f., 14 pp. manuscrites sur papier bleu. Non relié.
Document de travail pour une étude sur les Îles Andamans, certainement destinée aux Recherches asiatiques, édition
française de la revue traduite par A. Labaume (2 tomes, Imprimerie Impériale, 1805). Il s'agit de la traduction française
d'un article publié à Calcutta dans les Asiatic Researches or Transactions of the Society in Bengal, par Henri Thomas
Colebrooke (1765-1837). (t. IV, 1795, pp. 385-395. Cet indianiste et botaniste britannique, exerça comme magistrat en
Inde de 1783 à 1815. Spécialiste du sanskrit, il fournit les noms orientaux à William Roxburgh (1759-1815) pour sa Flora
Indica (1820 à 1832, parties xi à xiv). Il récolta des spécimens à Sylhet et envoie des plantes et des dessins à William
Jackson Hooker (1785-1865) et à Aylmer Bourke Lambert (1761-1842). Directeur de la Royal Asiatic Society, il devient
également membre de la Royal Society et de la Linnean Society of London en 1836. Dans ce mémoire, dédié aux îles
Andaman, sont abordées les aspects topographiques, géologiques, ornithologiques, anthropologiques et linguistiques de
ces îles de l'Océan Indien.
1 vol. folio. 16 manuscript pp. Preparatory work for a study on Andamans Islands, probably intended to the Recherches
asiatique, French edition of the translation of the paper by Labaume. It is based on the work of Henri Thomas
Colebrooke (1765-1837). In this work, he treates topography, geology, ornithology, anthropology and linguistic aspects of
these islands of Indian Ocean. Fine copy.
600 €
9. [DAULIER DESLANDES (ANDRÉ)]. -LES BEAUTEZ DE LA PERSE OU LA DESCRIPTION DE CE QU'IL Y A DE
PLUS CURIEUX DANS CE ROYAUME, ENRICHIE DE LA CARTE DU PAÏS, & DE PLUSIEURS ESTAMPES DESSIGNÉES SUR
LES LIEUX. A Paris, Chez Gervais Clouzier, au Palais, sur les degrez en montant pour aller à la Sainte Chapelle,
à l'Enseigne du Voyageur. M. DC. LXXIII. 1673. 1 vol. petit in-4° (227 x 161 mm.) de : [6] ff., 133, [2] pp.
Frontispice gravé, 1 carte dépliante, 7 planches (dont 2 dépliantes). Veau d'époque, dos à nerfs orné et titré en lettres
dorées, tranches jaspées.
Première et seule édition de cette rare relation
richement illustrée sur la Perse. André DaulierDeslandes (1621-1715) est issu d'une famille de
Moutoire en Vendomois. Il accompagna dans son
sixième voyage, le célèbre Jean-Baptiste Tavernier
(1605-1689) à Téhéran. Il est alors âgé de 20 ans, et
il est amené à côtoyer la cour du chah Abbas II de
Perse. Il rencontre également Thévenot avec qui il
voyage pendant quelques temps. A son retour, il
séjourne deux ans à Bordeaux où il est à la tête de la
Compagnie des Indes, avant de s'installer à Paris où
il publie son voyage en 1673. Il confie la gravure des
planches et carte (d'après ses propres croquis) à
Israël Sylvestre et Antoine Paillet qui réalisent un
travail remarquable d'exécution et de précision. La
même année, il se verra attribuer des terres de la
Nouvelle France par la Compagnie, qu'il appellera
Terrebonne. Il est considéré aujourd'hui comme le
fondateur de cette province du Québec. Le présent
ouvrage est illustré de planches dessinées par
Daulier : "Habillementz des Perses", "Veüe de la
Ville d'Ispahan", "Le Maidan, ou la place
d'Hispahan", "Le Pont qui conduit de Spahan à
Julpha", "Tchelminar ou les ruines de l'ancienne
Persépolis", "Kademgha", "Veüe de la ville de Schiras
en venant d'Hispahan". La seconde partie est
consacrée aux aventures de Louis Marot, Pilote
Réal des Galères de France : L.M.P.R.D.G.D.F.
(Un exemplaire du manuscrit original de cet
ouvrage, couplé avec un autre manuscrit et une
édition originale, s'est vendu en vente publique pour
plus de 100,000 €).
Bel exemplaire en reliure d'époque.
1 vol. 4to. Engraved frontispiece, 1 folding map, 7 plates (2 folding). Contemporary calf. First and only edition of this rare
account richly illustrated on Persia. André Daulier Deslandes (1621-1689) accompanied Tavernier in his sixth travel in
Teheran. He is twenty years old and frequents the court of Abbas II of Persia. He also met Thévenot with whom he
traveled for some time. For the present work, the engravings were made by Israël Sylvestre and Antoine Paillet from the
author’s drawings. A copy of the original manuscript of this work was sold in auction for more than 100.000 €). Fine copy
of this nicely illustrated work.
Weber II, 349 ; Wilson p. 54.
5 000 €
10. DU HALDE (JEAN-BAPTISTE). -DESCRIPTION GEOGRAPHIQUE, HISTORIQUE, CHRONOLOGIQUE, POLITIQUE,
ET PHYSIQUE DE L'EMPIRE DE LA CHINE ET DE LA TARTARIE CHINOISE, ENRICHIE DES CARTES GENERALES ET
PARTICULIERES DE CES PAYS. La Haye, Henri Schueurleer, 1736. 4 vol. in-4° (252 x 204 mm.) de : I. LXXX- 488[35] pp., 21 planches (2 dépliantes) ; II. [4]- 834 pp., 3 illustrations in-texte, 24 planches (10 dépliantes) + 1 plan dépliant ;
[6]- 652 pp., 5 planches (4 dépliantes) + 2 plans dépliants, 5 illustrations in-texte ; [4]- 606- [127] pp., 1 illustration in-texte.
Bien complet des 53 planches. Demi-veau à coins d'époque, dos à nerfs ornés, pièces de titre et de tomaison de
maroquins rouge et vert, tranches rouges.
Seconde édition de cet ouvrage considérable pour la connaissance par l’Occident de la civilisation chinoise (EO: 1735),
dû à l’historien jésuite français Jean-Baptiste Du Halde (1674 -1743), dont Voltaire a dit: « Quoiqu'il ne soit point sorti de
Paris, et qu'il n'ait point su le chinois, [il] a donné, sur les Mémoires de ses confrères, la plus ample et la meilleure
description de l'empire de la Chine qu'on ait dans le monde ».Véritable encyclopédie, ce travail apportait pour la
première fois aux occidentaux des informations sur l’histoire, la géographie, les mœurs et la culture chinoises, à la fois
fiables et exhaustives qui permettaient de dresser un tableau réaliste de cet empire qui depuis Marco Polo suscitaient des
récits où le rêve prenait le pas sur la dimension informative. Les précédents témoignages, dus à des missionnaires, étaient
concentrés essentiellement sur les progrès de la religion et ne décrivaient que très succinctement le pays. Jean-Baptiste
Du Halde (1647-1743), comme le rappelle Voltaire, ne s’est jamais rendu lui-même en Chine, mais ce jésuite qui fut
d’abord Professeur au Collège de Paris, publia de 1711 à 1743 les « Lettres édifiantes et curieuses, écrites des Missions
étrangères par quelques Missionnaires de la Compagnie de Jésus » (34 vol. de 1703 à 1776) dont il rédige les préfaces des
volumes 9 à 26. L’ensemble de ces lettres, qui comportent des traductions de textes chinois, lui permet de comparer les
témoignages et sa « Description » s’appuie sur la relation de 27 pères dont il donne la liste à la fin de la préface. L’œuvre
marqua les grands esprits du 18ème siècle et eut une influence importante sur les philosophes des Lumières qui
trouvèrent dans l’étude des mœurs, de la religion et des sciences chinoises une source d’émerveillement et d’inspiration.
Voltaire, impressionné par le confucianisme et la rationalité des Chinois s’en inspire pour poser les bases d’une « religion
rationnelle ». L’influence de l’œuvre est également perceptible dans le domaine de l’artisanat et pour les fabricants de
porcelaine de France, d’Angleterre et d’Allemagne, il s’agit quasiment de la seule source imprimée sur le sujet. Dans le
dernier volume de la relation se trouve la relation des voyages de Béring, contenant la première description de l’Alaska.
L’expédition de Béring avait été commanditée par Pierre le Grand, qui était décédé depuis cinq ans au retour de
l’expédition en 1730. La relation, ainsi que la carte qui l’accompagne furent envoyées en présent au Roi de Pologne, qui
les confia à Du Halde, considérant qu’il était le mieux placé pour l’exploiter au mieux.
Très agréable exemplaire de cet ouvrage incontournable.
4 vols. 4to, 53 plates (I. 21 maps and plans - 2 folding ; II. 24 plates - 11 folding - 1 folding plan ; III. 5 plates - 4 folding 2 folding plans). Contemporary half calf. Second edition of this work, compiled by the Jesuit J.-B. Du Halde, from
published and unpublished reports and letters of Jesuit missionaries in the Orient, which influenced all of Europe. Some
of the engravings by J. C. Philips after A. Humblot, others by Humblot after J. van de Spyk, one by Philippe van Gunst,
most unsigned. Woodcut and type ornament head- and tailpieces and woodcut initials throughout. Fine copy.
Howes, U.S.iana, no. D.546 ; Brunet, II, col. 870 ; Lust, J. Western books on China, 12 ; Lada-Mocarski, V. Alaska, 2
13 500 €
11. [ECOLE ANGLAISE / ENGLISH SCHOOL]. -[CAMPAGNE INDIENNE, CARNET
D'AQUARELLES ET DE DESSINS ORIGINAUX. / INDIAN LANDSCAPES AND
SCENES, ALBUM OF WATERCOLOURS AND ORIGINAL SKETCHES.] Inde, 18711879. 1 vol. in-folio (358 x 265 mm.) de : 102 oeuvres originales sur 81 feuillets.
84 aquarelles et lavis, 16 dessins à l'encre, 2 photographies. Demi-chagrin à coins
noir d’époque.
Magnifique album composé d'une centaine d'aquarelles et dessins originaux,
oeuvre d'un Anglais qui vécut en Inde de 1871 à 1879. Le recueil compte 84
aquarelles et 16 dessins, ainsi que 2 photographies. Presque tous sont légendés (en
anglais) et datés, certains sont signés du monogramme. Quelques uns portent des
mentions indiquant quand ils ont été réalisés, et mis en couleurs. L'auteur
représente différents aspects de sa vie en Inde. Une large série est consacrée à des
voyages ou excursions qu'ils firent dans la campagne indienne : on voit apparaître
dans les paysages des attelages menés par des Indiens par des boeufs (parfois
représentés dételés), leurs campements dressés sous des arbres, agrémentés de
commentaires sur les lieux où ils s'étaient arrêtés. Il peint également des scènes de
vie : comme une séance de justice en plein air, un charpentier, la culture du riz ;
des paysages très variés de la riche campagne indienne ; mais aussi ses familiers et
ses proches (amis ou serviteurs, européens ou indiens). Quelques dessins sont
consacrés à l'histoire naturelle. Se trouvent également des représentations de
paysages et de marines prises pendant leur voyage : Alexandrie (1871,
certainement à l'aller) et Suez et la Galite (1879, certainement au retour).
Très beau recueil et témoignage sur l'Inde de la seconde moitié du 19ème siècle.
1 vol. folio. 84 watercolours, 16 ink drawings, 2 original photographs. Contemporary half shagreen. Beautiful album
composed with a hundred of original watercolours and drawings and 2 photographs, by a British (who signed E.C.R.) who
lived in India from 1871 until 1879. He represents various aspects of his life in India: travels in Indian countryside
(various beautiful landscapes), natural history, daily life, but also his relations (family and friends, Indian servants, etc.).
Also some views taken during the voyage to India (Alexandria: 1871; Suez and Galite Islands: 1879). Remarkable work.
7 800 €
12. GUIGNES (CHRÉTIEN-LOUIS). -DICTIONNAIRE CHINOIS, FRANÇAIS ET LATIN, PUBLIÉ D'APRÈS L'ORDRE DE SA
MAJESTÉ L'EMPEREUR ET ROI NAPOLÉON LE GRAND ; PAR M. DE GUIGNES, RÉSIDENT DE FRANCE À LA CHINE,
ATTACHÉ AU MINISTÈRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES, CORRESPONDANT DE LA PREMIÈRE ET DE LA TROISIÈME
CLASSE DE L'INSTITUT. A Paris, de l'Imprimerie impériale, 1813. 1 vol. fort in-folio (460 x 308 mm.) de : [3] ff. , lvi,
1112 pp., [1] f. Demi-vélin à coins ancien, dos lisse, pièce de titre de maroquin rouge, plats recouverts de papier marbré,
tranches marbrées.
Première édition de cet ouvrage majeur, le premier dictionnaire de ce type
publié en France, qui marque une grande avancée dans les progrès des
connaissances occidentales de la Chine. L’ouvrage, chef d’œuvre de
typographie, est impressionnant, et sa publication le fait de différents
acteurs. Finalement publié en 1813 sous le patronage de Napoléon Ier, sa
création avait été entreprise dès 1715. Bien que la page de titre ne le
mentionne pas, le présent ouvrage s’appuie essentiellement sur le travail de
Basile de Glemona Brollo (1648-1704) qui écrivit le premier dictionnaire
chinois/latin lisible. Son ouvrage, composé à Nan King entre 1694 et 1699
décrivait quelques 7 000 idéogrammes et en traduisait environ 9 000.
Circulant sous sa forme manuscrite, il fut longtemps un outil indispensable
pour les premiers sinologues européens, mais malgré quelques tentatives,
aucune publication n’aboutit au 17ème siècle, les éditeurs étant découragés
par le coût d’une telle entreprise. Au 18ème siècle, à la demande de Louis
XIV, Arcade Hoange, Chinois, assisté par Etienne Fourmont, entreprit de
réaliser une grammaire et un dictionnaire chinois. Fourmont présenta en
1719 la première étape de leur travail : la table des 214 clefs, au régent qui
l’autorisa à faire graver tous les caractères nécessaires. A sa mort en 1745,
les quelques 110 000 caractères qu’il a fait graver reviennent à la
Bibliothèque du Roi. En 1802, ils sont versés à la Bibliothèque impériale
mais le projet n’a pas encore pris de forme définitive. En 1808, cette
publication est remise à l’ordre du jour. On pense la confier à Antonio
Montucci de Sienne, mais pour que l’officialisation de cette œuvre,
commanditée par Louis XIV fut française, on s’adressa à Guignes qui reçut
par décret l’ordre de rédigé et de suivre la publication du Dictionnaire
français-latin-chinois. Chrétien-Louis-Joseph de Guignes (1758-1845), fils
d’un autre sinologue de premier rang, vécut, travailla et voyagea en Chine
pendant 17 ans. Il fut le traducteur d’Isaac Titsingh, l’ambassadeur
hollandais à la cour de l’Empereur Quianlong de 1794 à 1795. Les
membres de la mission de Titsingh étaient les seuls occidentaux acceptés en
Chine à la fin de la dynastie Quianlong. Il est également l’auteur d’un guide
de voyage intitulé « Voyages à Peking, Manille et l'île de France, faits dans
l'intervalle des années 1784 à 1801 ». Pour la rédaction du présent ouvrage,
il était convenu qu’il utiliserait les caractères gravés par Fourmont. Pour
l’aider dans son travail, on lui confia un exemplaire manuscrit du
Vocabulaire Chinois-Latin de Basilio de Gemona, ce texte, le Han-Tsé-sinYih (Interprétation occidentale des caractères chinois) étant considéré
comme le meilleur lexique composé par des Missionnaires en Chine. De
Guignes se contenta de donner les traductions françaises, et supervisa
l’édition du texte de Gemona avec les caractères de Fourmont qu’il fit paraître sous le titre de Dictionnaire chinois,
français et latin, en passant sous silence le nom du véritable auteur. En 1814, Abel-Remusat et Klaproth reconnurent le
travail de Gemona et permirent qu’on rendît justice à son travail. Malgré la controverse, De Guignes fut élu membre de
l’Institut de France, de l’Académie des Sciences (Géographie et Navigation) et de l’Académie des Inscriptions et des
Belles Lettres. Provenance : Admiralty Library (cachet annulé sur la page de titre et au dernier feuillet).
Très bel exemplaire de cet ouvrage de référence, chef d’œuvre de typographie du 19ème siècle.
1 vol. folio. Ancient half vellum. First edition of this important work, the first dictionary of this kind published in France
and an important work in the development of Western scholarship on China. Although given no credit in the book, the
dictionary is actually a re-edit of work compiled by the Franciscan friar, Basilio de Glemona Brollo (1648-1704) during his
thirty years of missionary work in China in the seventeenth-century. His work was considered among the finest of the
Missionary lexicons. Chretien-Louis-Joseph de Guignes (1759-1845), listed on the title-page as the sole author, was in fact
only responsible for the editing and the French translations of the ideograms. The dictionary is an impressive piece of
typography containing over 13,000 woodcut Chinese characters. Fine copy.
Cordier, BS 1589 ; Zaunmüller 42 ; Lust 1037 (Basilio de Glemona).
9 000 €
13. HORSBURGH (JAMES). -INSTRUCTIONS NAUTIQUES SUR LA MER DE CHINE, PAR JAMES HORSBURGH,
TRADUITES DE L’ANGLAIS EN 1824, PAR M. LE PRÉDOUR, LIEUTENANT DE VAISSEAU, 3E ÉDITION, REVUE SUR LA
CINQUIÈME ÉDITION ANGLAISE DE 1843 ET AUGMENTÉE DE DOCUMENTS RÉCENTS EMPRUNTÉS À DIVERSES
PUBLICATIONS FRANÇAISES ET ÉTRANGÈRES, PAR M. B. DARONDEAU, INGÉNIEUR HYDROGRAPHE DE PREMIÈRE
CLASSE, ET M. G. REILLE, LIEUTENANT DE VAISSEAU. Paris, Imprimerie Administrative de Paul Dupont, 1851.
1 vol. in-4° (297 x 234 mm.) de : iv, 264, 120 pp. Demi-percaline noire d'époque, dos lisse titré en lettres dorées, plats
recouverts de papier marbré, gardes de papier dominoté. (Page de titre roussie, sinon, exemplaire très frais, à grandes
marges, non rogné et partiellement non coupé).
Rare édition française de ce célèbre routier pour les Mers de Chine
par James Horsburgh (EO : 1801; première édition française : 1824,
in-8°). Hydrographe écossais, James Horsburgh (1762-1836) travailla
pour la Compagnie des Indes britannique et sa cartographie des
mers de l’Inde et de Chine, qu’il réalisa d’après une expérience de
plus de vingt ans de navigation dans cette zone, resta longtemps une
référence.
Ce volume donne aux navigateurs les routes pour Canton et Macao.
S’y trouvent également : les îles situées dans la partie sud-ouest de la
mer de Chine, la côte orientale de la Malaisie, les golfes de Siam et
de la côte du Cambodge, la côte de la Cochinchine, le golfe de
Tonkin, toutes les côtes chinoises (nord et les Paracels, sud et
Canton, est depuis Amoy jusqu’à Shan-Tung). On trouve également
les instructions pour naviguer entre Canton et Manille, et se rendre à
Pulo Aor, etc. En appendice, quelques remarques : sur la mousson
dans la mer de Chine, instructions pour entrer à Hong-Kong, pour
l’entrée du Yangtsé, etc. Cette édition est enrichie de documents
plus récents, par Darondeau et Reille notamment. Bel exemplaire.
1 vol. 4to. Contemporary half buckram. Scarce French edition of
this rare pilot for the China Seas by James Horsburgh (first edition:
1801, first French edition: 1824, 8vo). Scottish hydrographer, James
Horsburgh (1762-1836) workes for the British East India Company.
His work as a cartographer, realised after 20 years of navigation in
this area was a reference for long. This edition is enhanced with
more recent documents by Darondeau and Reille. Fine copy.
Polak, 4507 (pour la 1er édition française).
1 100 €
14. [HU SHI. NAUCK (ERNST GEORGE)]. [PHOTO ALBUM] -[TRAVEL IN FAR EAST AND CHINA: VIEWS,
ETHNOGRAPHICAL & PERSONAL PICTURES FROM NANKING, SHANGHAI, NAPO, HONG-KONG, CANTON, MACAU,
VIETNAM, ETC. / VOYAGE EN EXTRÊME-ORIENT ET EN CHINE : VUES, IMAGES ETHNOGRAPHIQUES ET
PERSONNELLES DE NANKING, SHANGHAÏ, NAPO, HONG-KONG, CANTON, MACAU.]. Ca. 1924-1927. 1 vol. in-folio
oblong. 269 images sur 26 ff. (photographies originales pour la plupart, quelques cartes postales, de 100 x 150 mm. à 80 x
110 mm.). 2 pochettes de papier brun des ateliers de photographie “Kai Chong & Co” (Macao) et “Mei Young”
(Shanghai). Demi-toile noire à coins. (Reliure première moitié 20ème siècle).
Très bel ensemble formant une riche iconographie de la Chine de la première moitié du 20ème siècle, et comportant des
photographies du célèbre philosophe chinois Hu Shi. Il est composé de trois types de documents : 215 photographies
originales ramenées par un médecin allemand lors d'un voyage professionnel en Asie, principalement en Chine ; 58
photographies originales légendées au dos en chinois et en anglais ; et 48 cartes postales.
Les 215 premières images (mesurant généralement entre 8 x 11 cm. et 9 x 12 cm.) ont été rapportées par un scientifique
allemand que l'on voit régulièrement apparaître sur les clichés, où figurent également d’importants scientifiques et
penseurs, dont Hu Shi. Les légendes qu’il a rédigées ne nous permettent pas de l’identifier, mais de supposer qu’il venait
du Tropen Institut de Hambourg, actuellement Bernhard Nocht Institut for Tropical Medicine, fondé en 1900 et
considéré aujourd’hui comme le plus important d’Europe pour la recherche sur les maladies tropicales. En effet, sur l’un
des clichés, il nomme trois scientifiques allemands : le docteur Eidmann, zoologiste de Münich, le Docteur Kessler,
pharmacologue, et le Docteur Nauck, pathologiste. Ces deux derniers venaient du Tropen Institut de Hamburg, et
enseignaient à l’Université Tongchi de Shanghai. Le Docteur Ernst Georg Nauck (1897-1967) entra en 1923 au Tropen
Institut, il réalisa de nombreux voyages pour ses recherches, et notamment en Chine de 1924 à 1927 (ce qui nous permet
de dater plus précisément le présent ensemble de
photographies). Après la guerre, il prend la tête du
Tropen Institut, il sera élu Doyen (1953) puis Recteur
(1958) de la Faculté de médecine de Hambourg. Il fut
également professeur honoraire des Universités de
Lima et de Dakar, membre de l’Académie des
Sciences allemande de Léopoldine, et Chevalier de la
Légion d’Honneur en France. Une note manuscrite
nous apprend qu’il était sur point de quitter son poste
à Tongchi pour le collège américain de médecine
proche de Pékin, où il sera mieux payé ! Sur de
nombreuses photographies, on reconnaît le fameux
Hu Shi (1891-1962), philosophe et écrivain chinois de
premier plan. Il commence sa formation à Jixi et
Shanghai, avant de partir pour les Etats-Unis où il suit
les cours des universités de Cornell et de Colombia. Il
y suit les cours de John Dewey (1859-1952), l’un des
principaux penseurs du pragmatisme. Hu Shi traduira les œuvres de Dewey et sera un tenant de sa philosophie. Docteur
en 1917, il obtient un poste à l’Université de Pékin, où il écrit dans le journal Nouvelle Jeunesse, y publiant notamment
un important pamphlet « Suggestion pour une réforme de la littérature ». Dans ce texte, et l’on peut y voir l’influence de
Dewey, lui-même très concerné par les questions d’éducation et de pédagogie, Hu Shi défend l’idée d’une littérature
populaire plus accessible, en privilégiant l’emploi à l’écrit du chinois parlé (baihua) en préférence au chinois classique. Ce
texte sera très largement suivi par les écrivains chinois. Hu Shi est également une des figures intellectuelles importantes à
manifester lors du Mouvement du 4 mai 1919 (contre les prétentions de l’Empire du Japon sur la Chine). En 1932, il est
élu correspondant de l’Académie Royale des Sciences de Prusse. De 1938 à 1941 il est ambassadeur de la République de
Chine aux Etats-Unis, puis président de l’Université de Pékin de 1946 à 1948, et enfin de l’Academia Sinica de Taiwan,
de 1958 jusqu’à sa mort. L’auteur du présent recueil, en plus de ces visites à ses confrères, voyagea à Nankin, Macao,
Hong Kong, Pékin. Aux photographies de paysages et de bâtiments célèbres, se mêlent des portraits de lui avec les
habitants de la campagne chinoise. De nombreux clichés représentent des groupes de paysans de différentes parties de la
Chine, ainsi que des scènes de rues (notamment de Hong Kong) et sont d'un important intérêt ethnographique.
Les 58 photographies légendées en chinois et en anglais (10 x 15 mm.) donnent à voir différentes vues de la campagne
chinoise, mais surtout des artisans au travail ainsi que des instruments et divers outils. Le lot compte en outre 45 cartes
postales représentant des vues de Péking, Macao, Canton et Hong Kong, ainsi que des scènes de la vie quotidienne dans
ces villes. (Les légendes manuscrites d'origine qui figurent au dos des images, ont été reportées en dessous au crayon gris.)
Très bel album.
1 vol. oblong folio. 26 ll. with 269 images (mostly original photographs, a few
postcards, 100 x 150 mm. to 80 x 110 mm.). 2 original brown jackets from
“Kai Chong & Co” (Macao) and “Mei Young” (Shanghai) photography studio.
Quarter black cloth (beginning of 20th century). Exceptional set giving a very
rich iconography of China and Far East for the first half of 20th century,
featuring some portraits of Hu Shih. 58 photographs are captioned in Chinese
and English (10 x 15 cm.) and depict various sites in Chinese countryside and
some portraits with craftsmen working which are very interesting. The rest of
the pictures were taken and collected by a German scientist who regularly
appears on the photographs. His trip took him to Shanghai, Nanking, Macao,
Hong Kong, and Peking. To the pictures of landscapes, famous buildings, and
touristic sites, are added several nice portraits of him with scientist fellows both
European (German) and Asiatic. Among them, are German scientists from the
Hamburg Tropen Institute (BNI for tropical medicine) who worked at the
Tongshi University and at Peking Union Medical College (including Dr
Nauck, and Kessler). Several pictures are portraits of Hu Shih, famous
Chinese philosopher, essayist and diplomat. Hu is widely recognized today as a
key contributor to Chinese liberalism and language reform in his advocacy for
the use of written vernacular Chinese. He was influential in the May Fourth
Movement, one of the leaders of China's New Culture Movement, was a
president of Peking University. The photographer of the present set also
appears on pictures with strangers, mostly Chinese countrymen, and children.
We find also numerous portraits of groups of people from the remote China
with ethnic minorities, as well as street scenes (from Hong Kong) that are of
important ethnographic interest. The original manuscript captions on the back
of the pictures have been copied below the images. Fine album.
11 000 €
15. [INDE]. -[ENSEMBLE DE GOUACHES ORIGINALES SUR PAPIER ET SUR
MICA]. [Inde, circa 1840-50]. 1 vol. in-8 oblong (110 x 180 mm) de : 12 gouaches
originales (11 légendées, 6 rehaussées à l'or), et 65 peintures sur mica. Demi-chagrin
noir d'époque, dos lisse orné.
Exceptionnel ensemble constitué d’une première partie de douze peinture
originales, détourées et contrecollées sur papier cartonné et légendée (sauf une) :
Bayadère musulmane, Roi malabar, Dame musulmane, Guerrier malabar,
Bayadère malabar, Brame, Brahmine, Oiseleur indien, Telinga, Tailleur indien et
Carvä. La seconde partie, composée de soixante-cinq peintures sur mica, représente
différents métiers et des scènes de la vie indienne. Toutes les illustrations sont
richement colorées, et l'ensemble offre une représentation vivante, pittoresque et
poétique de l'Inde du 19ème siècle.
Magnifique exemple de deux techniques traditionnelles indiennes.
1 vol. 8vo. 12 gouaches (6 with gold), 65 coloured paintings on mica mounted in
frames. Contemporary shagreen. Rare album gathering entitled gouaches and
Indian sketches on mica. All illustrations are richly coloured and the book offers a
vivid and poetic representation of 19th century India. Remarkable example of these
traditional Indian works.
6 800 €
16. [INDE / ALBUM DE PHOTOGRAPHIES]. -INDIAN TOUR. [Inde, 1888-9]. 1 vol. in-folio oblong (344 x
409 mm.) de : 54 photographies contrecollées sur papier fort. Demi-maroquin vert à coins d'époque, dos à trois nerfs
orné, titré en lettres dorées sur le premier plat, tranches dorées.
Très bel album, comprenant 54 tirages argentiques de grand format illustrant les paysages, types et grands monuments de
l'Inde, légendées en anglais. Le voyage commence par Gibraltar, puis Malte, et Port Said où les voyageurs empruntent le
Canal de Suez (photos 1 à 14), avant de se rendre en Inde. Liste des auteurs : Laurent (Madrid), Agius (Malte), Arnoux,
Zangaki (port Said), Cowen, Bourne, D. Dayal, (Inde). [Liste complète des planches sur demande].
Très riche ensemble.
1 vol. oblong folio. 54 original photographs. Contemporary half morocco. Beatiful album with 54 large size photographs
depecting landscapes, people and buildings of India, captionned in English. The travel starts with Gibraltar, then Malta,
Port Said, where the travelers took the Suez Canal (pictures 1 to 14), before going to India. Rich set.
7 500 €
SIÈCLE]. -ALBUM DE DESSINS ORIGNAUX, PAYSAGES ET PETITES SCÈNES. Japon, ca. 1850. 1
vol. in-4° oblong (196 x 280 mm.) : 42 dessins à l'encre noire, 6 dessins à l'encre et ajouts de couleurs sur papier de
mûrier. Feuillets cousus. (Petites salissures et marques de plis).
17. [JAPON. 19ÈME
Charmant album composé de 48 dessins originaux à l’encre noire, certains
aquarellés, sur papier de mûrier. Une première série se compose de vues de
paysages qui sont parfois animés de personnages. Ce sont des montagnes
hautes, sur lesquels s’accrochent des maisons et des arbres, sillonnées de
chemins escarpés sur lesquels grimpent des portefaix, de torrents tumultueux,
nimbés de nuages. Les montagnes sont également présentes dans les paysages
côtiers, car la mer est très présente dans ce recueil, les côtes sont déchirées, et
l’on y voit de nombreux îlots, de petits villages, de nombreuses embarcations,
des volées d'oiseaux, etc. Ces paysages typiquement japonais sont réalisés à
l’encre noire, et le plus souvent légendés. Une seconde série se compose de six
petites scènes mettant en avant des personnages, et où l’auteur a ajouté
quelques touches d’aquarelles, et qui sont accompagnées de longs textes. Sont
représentés : un homme en sous-vêtements, accroupi près d’une mare,
regardant une carpe qui sort la tête de l’eau ; une dame noble en kimono rouge
allaite une vieille femme tandis qu’une petite vient présenter des citrons ; un
homme lourdement chargé sur une route ; un homme portant une hache
descendant d’un arbre ; un tigre surplombant une scène de bataille ; et enfin un
garçon menant deux éléphants.
1 vol. oblong 4to. 42 drawings in black ink, 6 drawings in black ink and
watercolours. Lovely album with 48 original drawings: Japanese landscapes and
six scenes with characters with long captions.
800 €
18. KYOKUTO TSU SHINSHA. -BIRD’S EYE VIEW OF THE FAR EAST. KYOKUTO¯ TAIKAN.
[PHOTOGRAPHIES IMPRIMEES / PRINTED PHOTOS]. Tokyo : Kyokutô Tsû shinsha, Taishô 9 [ca.
1920]. 1 vol. in-folio oblong (270 x 368 mm.) de : [2] ff., 149 planches phototypiques, chacune accompagnée d’une
serpente légendée (9 doubles, montées sur onglets, dont 5 dépliantes) ; [32] ff. 2 étiquettes rédigées en japonais
contrecollée sur une page de garde et sur le contreplat. Reliure japonaise, sens de lecture inversé, plats recouverts de soie
amande, pièces de titre de soie perle en japonais et en anglais contrecollée sur le plat inférieur, tranches dorées.
Seule édition connue de ce magnifique ouvrage japonais rassemblant des photographies de la Chine, de la Manchourie et
de l’Asie du Sud-est. Les photographies sont protégées par des serpentes numérotées, titrées et légendées, qui
rassemblent les principales informations sur les lieux représentés. On trouve des images de Shanghai, de Nanking, de
Kiukang, de Nankang et de la Province de Kiangsi, de Hankow, de la Province du Hunan, du Yang Tsé, de Pékin, du
Port de Dairen, etc. On compte en général une planche par page, excepté à la fin de l’ouvrage (5 pp. avec 2 images, 5 avec
3, 16 avec 4). Les auteurs ont consacré des vues panoramiques à « Hsihu, or West Lake, Hangchow, Chekiang Province
», « Mt Lushan », « Wuchang, Hankow and Hanyang », « The Bund of Changsa, Capital of Hunan Province », « Mt Yolu,
Changsa, Hunan Province », « Sasi », « The Tzu Chin ching » (La Cité interdite), etc. Toutes les facettes de la Chine se
retrouvent dans ces images : la grandeur de son histoire et de sa civilisation avec des photographies de calligraphies, des
grands monuments comme « Huanghaolou, Acme of Chinese Architecture », le « Kinshansu temple at Chinkiang », «
Nanking, mausoleum of the Ming dynasty » (3 pp.), de ses paysages « Autumn Scenery on Lake Lienhuatung at the foot of
Mt. Lu-shan near Kiukiang », qui sont souvent mis en relation avec la culture chinoise. La Chine contemporaine n’en est
pas moins présente, avec la trace de l’activité industrielle : « View of Shake-ko, and iron Foundry and Erecting shop of
locomotives of the S.M.R. co. » ou « Hanyang Iron Works », des chemins de fer avec quelques vues de la ligne PékinSuiyan, et bien sûr de ses ports (Shanghai, Dairen, etc.) et aussi de la présence étrangère : avec le « Bund of the British
Concession in the Neighbourhood of the Customs Office, Shanghai », « Japanese Consulat, Shanghai », « Barracks of
Japanese garnison in Hankow ». Les impressionnant paysages du Yang Tsé et de petites villes sont assorties de quelques
photographies de scènes (106-109) : « Scene in a Slum in the Yangtse », Cowboys and their heirds », « Chinese one
wheeled cart », représentant les habitants dans leurs activités quotidiennes. La partie iconographique de l’ouvrage se
conclut sur des photographies de la Manchourie (avec plusieurs images par pages contrairement au reste de l’ouvrage) de
Java, et d’autres îles du Pacifique.
Bel exemplaire de ce très rare ouvrage offrant une très riche iconographie de la Chine au début du 20ème siècle.
1 vol. oblong folio. 149 collotype plates, 9 double-pages panoramas (5 folding). Original Japanese silk binding, labels in
English and Japanese on upper cover. Only edition of this remarkable collection of photographic views, depicting China,
Manchuria and islands of the South Sea. The pictures depict antique buildings and classical Chinese architecture, with
references to painters and poets, landscapes, cities (Shanghai, Suzhou, Nanking, Yueyang, Yichang, Hsiaokushan, Tayeh,
Zhenjiang, Jiuiang, Hanyang, Guizhou, Beijing), railways and harbours, etc. Fine copy of this scarce work that offers very
rich iconography of China at the beginning of the 20th century.
12 000 €
19. LAYARD (F. P.). -SKETCHES IN BENGAL. TO IDA G. LAYARD FROM HER AFFECTIONATE HUSBAND. Inde,
1850-1851. 1 vol. in-folio (432 x 339 mm.) de : 36 dessins originaux à l'encre et au lavis noir, dont 1 aquarellé. Demimaroquin à coins d’époque, pièce de titre de maroquin titré en lettres dorées contrecollée sur le plat supérieur, plats
recouverts de papier marbré, gardes de papier marbré, dédicace gravée en lettres dorées sur une pièce de maroquin
encadrée de filets et frises dorées, contrecollée sur le contreplat.
Très bel album composé de 36 dessins originaux par F.P. Layard :
grandes et impressionnantes compositions représentant les payages de
l'Inde.
L'artiste y accorde une place importante à la végétation qui joue souvent
dans la construction de ses dessins une place prépondérante, jusqu'à
devenir un élément presque personnifié : banians, figuiers des pagodes,
cotonniers, broussins, sont au centre des villages, envahissent les sites
religieux, dont les bâtiments laissés à l'abandon semblent émerger de la
forêt. Sont également représentés des scènes de scènes de chasse et de
pêche (européennes ou indiennes), des scènes de vie : acheminement
du riz ou du coton par voie fluviale, un troupeau traversant un fleuve
pour rentrer à l'étable, ainsi que des lieux de vie des colons. Une seule
des images est en couleurs : représentation d'une statue d'un dieu du
panthéon hindoue, acquise par Layard "Purchased for 4 annas, about
six pence! Made of clay." Le trait à l'encre de Chine est précis et l'auteur
peaufine les détails (les personnages qui animent les paysages, les volées
d'oiseaux, autres animaux, embarcations, jeux d'ombre et mouvement
de l'eau), sans jamais perdre de vue l'importance de la composition qui
ne manque pas d'un certain dramatisme. Les images sont toutes
légendées et datées.
Impressionnant ensemble.
1 vol. folio. 36 original ink drawings enhanced with black wash tint (1
watercoloured). Beautiful album composed with 36 original drawings by
F. P. Layard, impressive compositions depicting Indian landscapes.
The artist let the vegetation play an important role in it: banian, peepul
tree, cotton tree, burr tree becoming are at the center of the villages,
invade the Ancient sites and are almost charcters. Also scenes of fishing, hunting, daily life. The author takes care of the
details, while thinking of the importance of the composition which don't lack of dramatism. Remarkable work.
7 500 €
19. Layard. Sketches in Bengal.
20. LAYARD (F. P.). -[SUR LA ROUTE DE L'INDE. CARNET DE DESSINS ORIGINAUX. “FROM F. P. LAYARD, TO HIS
AFFECTIONATE MOTHER”.] Inde, 1847-1850. 1 vol. in-folio oblong (270 x 365 mm.) : 22 dessins à la mine de plomb
certains rehaussés au lavis noir et au pastel blanc, suivis d’une dizaine de feuillets blancs. Demi-maroquin à grains longs
pourpre à coins d’époque, dos lisse muet, orné de filets dorés, plats recouverts de papier marbré.
Très bel album composé de 22 dessins originaux à la mine de plomb, souvent rehaussé de pastel blanc ou de noir, pris
sur le vif par F. P. Layard sur la route qui le mène en Inde. Il le dédicace à sa mère, ("from F.P. Layard, to his affectionate
mother", à l'encre en page de garde), puis à une certaine Mrs. Hastings, (au crayon: “To the memory of Mrs. Mary
Hastings, & her infant daughter Elizabeth, she died the 11th of July 1854 in the second year of her age. This monument
was erected by her husband, Warren Hastings Esq. in due regard to her memory.”). Le voyage pour l'Inde commence à
Gibraltar le 27 septembre 1846 (2 dessins), puis Alger (29 septembre), Alexandrie (7 octobre), Le Caire, Suez (11
octobre), Aden (19 octobre), et enfin Ceylan le 30 octobre. Cette partie du voyage se compose de 10 dessins. Suivent 12
autres dessins avec des sujets indiens : Madras (phare et Fort St Georges), Calcutta, Bihrampore, Rungamutta, types
indiens, etc. (datés du 11 octobre 1846 au 6 février 1850). Sur ces quatre années, le style de Layard évolue, et devient
moins académique et plus personnel. A la pratique du dessin s'ajoute certainement l'influence exercée par les paysages
indiens, les compositions deviennent plus audacieuses pour rendre l'originalité des grandioses spectacles qu'offrent le
pays. Séduisant ensemble. [cf. N°19].
1 vol. oblong folio. 22 pencil enhanced with black lavish or white pastel. Beautiful album composed with 22 original
drawings by F. P. Layard during his trip to India. The first part of the album counts 10 views of the travel (from 27th
September to 30th October): Gibraltar, Algier, Alexandria, Cairo, Suez, Aden, and then Ceylon. The second part (12
drawings, from October 1846 to February 1850) is dedicated to India: Madras, Calcutta, portraits, etc. Attractive set.
2 800 €
21. [LIVRE DE PHOTOGRAPHIES]. -ALBUM CHINOIS. Sans lieu, ni nom, avant 1857. 1 vol. in-4° (291 x 223
mm.) de : [1] f. (lithographié, Introduction), 41 tirages sur papier albuminé, montés sur papier fort. Pleine percaline noire
éditeur, dos lisse muet, plats ornés à froid et titré doré au plat supérieur, tranches dorées.
Très rare ouvrage, simplement intitulé « Album chinois », constituant l’un des premiers exemples d’un ouvrage publié en
Europe illustré de photographies représentant des sujets chinois, et formant un témoignage important pour le renouveau
des missions jésuites en Chine au début de la seconde moitié du 19ème siècle.
L’ouvrage est extrêmement rare et n’apparaît qu’au catalogue de deux bibliothèques, le Getty et la BnF (selon World Cat),
la notice de la BnF datant l’impression de l’ouvrage entre les années 1850 à 1870. Grâce à un exemplaire passé en vente
publique en 2013, on sait que l’ouvrage a dû être publié avant 1857, car l’ex-libris indiquait que le possesseur de l’ouvrage
était décédé en 1857. Etant donné que le Père Borgniet fut évêque de Shanghai de 1856 à 1862 et qu’il est ici désigné
sous son titre épiscopal : « Monseigneur Borgniet », on peut supposer que l’ouvrage a été publié entre 1856 et 1857. Ces
photographies constituent donc un témoignage particulièrement précoce, parmi les premières photographies originales
prises en Chine et publiées en Europe (Par comparaison, la publication des ouvrages de Thomson sur la Chine date des
années 1870). Il est également contemporain des débuts de l’âge d’or du tirage sur papier albuminé : première méthode
commercialement exploitable pour imprimer des photographies, inventée en 1850.
Comme l’indique le petit texte placé en incipit, le but de l’ouvrage est de donner au lecteur occidental un aperçu des «
véritables costumes des habitants du Céleste Empire. On a tâché de choisir un spécimen dans toutes les classes de la
Société, depuis l’Empereur jusqu’aux
simples ouvriers ». Les quarante et un
tirages sur papier albuminé qui
composent l’ouvrage sont soit des
reproductions d’œuvres (gravures ou
peintures, occidentales ou chinoises) soit
des photographies prises par les Pères
Jésuites en mission en Chine à cette
époque.
Les
classes
supérieures
chinoises sont principalement illustrées
par des reproductions de peintures ou
gravures, et parmi elles figurent un
portrait de l’Empereur Cam-hy, de
Mandarins, d’un Lettré, et d’un jongleur.
Pour représenter les classes plus
modestes, des photographies prises par
les Missionnaires qui sont intitulées :
Voleurs, Ouvriers et Musiciens, ainsi que
Thé et Riz.
On notera que la photographie intitulée « Musiciens » représente un des premiers « Brass Band » : Harmony à Curua. Le
prêtre qui se trouve dans le fond de l'image est certainement François Ravary. La formation de cet ensemble, années
1855-56, est antérieure de plusieurs années à celle de Robert Hart. (cf. David Urrows).
L’histoire chinoise est également représentée, avec une série de peintures représentant la Révolte des Eleuthes, ainsi que «
l’Entrée des Français à Shang-haï ».
Une grande partie de l’album est liée aux missions Jésuites. Les cinq
portraits des grandes figures de cet ordre permettent de retracer leur
histoire, à partir de la fin du 16ème, jusqu’au milieu du 18ème siècle,
avec les portraits des Révérends Pères Couplet (1623-1693,
compagnon de Verbiest, et auteur du célèbre : « Confucius Sinarum
philosophus »), Sémédo (première moitié du 17ème siècle), Matteo
Ricci (1552-1610, dont l’œuvre, publiée par Trigault, est l’une des
premières relations fiables sur l’Empire du Milieu), Schall (15911666, Compagnon de Trigault, grand astronome). Le portrait placé
en première position est celui de Joseph-Marie Amyot (1718-1793),
qui arriva à Pékin en 1651, alors que les persécutions contre les
Chrétiens avaient commencé. Admis à la Cour comme homme de
sciences, il participa à la formation des scientifiques chinois, leur
enseignant les sciences occidentales, et devenant lui-même un
spécialiste de la culture chinoise, tout en tentant d’obtenir de
l’Empereur que la liberté de religion soit rétablie. Quand l’ordre
Jésuite (qui avait été supprimé par Rome en 1773, et rétabli en 1814)
réinstalla des missions en Chine en 1842 (à Shanghai et Nankin), il
s’attacha à créer des séminaires, qui étaient également des centres de
formation à la culture et aux sciences occidentales. Ainsi, à la suite de
huit portraits de Pères jésuites de cette époque (dont quelques-uns
sont chinois) se trouvent des portraits de Catéchumènes, d’un
professeur, d’un élève de Zi-Ka-Vé (l’une des missions), et d’un élève
de philosophie.
Bel exemplaire de cet ouvrage de toute rareté.
1 vol. 4to. [1] l., 41 albumen prints. Contemporary black buckram.
Very rare work, plainly entitled: “Album chinois”, one of the first examples of a work illustrated with photographs
depicting Chinese subjects, published in Europe. That is also an important document for the resurgence of the Jesuit
Missions in China in 19th century. It is composed of 41 albumen prints, 17 of which are from original photographic
portraits, taken by the Missionaries: 8 portraits of Jesuits, 8 striking portraits of Chinese types; the others being
reproductions of engravings or paintings, illustrating the Chinese history. Only two copies are referenced by World Cat
(BnF and Getty). The BnF dates the copy between 1850 and 1870, but a copy was discovered with a bookplate belonging
to a man who died in 1857. Furthermore, one of the portraits, Father Borgniet, who was bishop of Shanghai between
1856 and 1862, and who appears here as a bishop, allows to be more precise and dates the publication between 1856 and
1857. Fine copy of this rare work, containing very early photographs of China.
6 500 €
22. MALPIERE (D. BAZIN DE). -LA CHINE. MŒURS, USAGES, COSTUMES, ARTS ET MÉTIERS, PEINES CIVILES
ET MILITAIRES, CÉRÉMONIES RELIGIEUSES, MONUMENTS ET PAYSAGES. Paris, Goujon et Melle Formentin,
Firmin Didot, 1825-1827. 2 vol. in-folio (355 x 271 mm.) de : I. [1] f. (Titre), 85 planches lithographiées et aquarellées
accompagnées d’un feuillet d’explication (dont le frontispice) ; II. [1] f. (Titre), 66 planches lithographiées et aquarellées
accompagnées d’un feuillet d’explication (dont le frontispice) et [4] ff. de musique (reliés entre la 16ème et la 17ème
planche). (Exemplaire relié sans l’introduction ni les 5 dernières livraisons de 6 planches. Pas de trace de manque). Demichagrin d’époque, dos à cinq nerfs orné (titre et tomaison en lettres dorées), plats ornés de différents filets d’encadrement
estampés à froid, et d’un décor dans le style orientalisant (représentant une femme s’abritant sous une ombrelle), doré sur
le plat supérieur, à froid sur le second, gardes de papier marbré.
Première édition de ce bel ouvrage rassemblant une importante iconographie en couleurs sur la Chine. Il est
extrêmement rare de le trouver complet. (L’exemplaire Löwendahl est par exemple incomplet de presque toutes les
parties de texte (notamment les pages de musique qui figurent bien dans le présent exemplaire), ainsi que de 58 planches
et comporte 6 fac-simile). Formant une impressionnante galerie, les planches de l’ouvrage donnent des scènes de la vie
chinoise du milieu de la période Ch’ing. L’œuvre est rare, elle fut publiée en 30 livraisons de 6 planches chacune, et
s’inspire pour partie de certains ouvrages déjà publiés : celui de Alexandre : « Picturesque representations of the dress and
manners of the Chinese » (London, 1815), et celui de Mason : « The costume of China – The punishments of China »
(Londres, 1800-1801) auxquels Bazin de Malpière ajouta des légendes inspirées de ses lectures des textes des
missionnaires. « On prend dans ces petits tableaux une idée très exacte des ameublements, des objets d’utilité et du goût
des ornements. C’est là surtout ce que l’éditeur avait en vue ; et l’on peut dire qu’il a entrepris de faire en Chine, avec
l’aide des naturels, une sorte de voyage pittoresque dont les résultats ne sont guère moins instructifs qu’agréables à
parcourir. Kes figures groupées qui font voir des princes, des magistrats, des militaires, des marchands, des artisans, des
laboureurs, des femmes, des religieux, etc. donnent une idée plus complète de l’habillement des Chinois des deux sexes
et de toutes les conditions que les descriptions des voyageurs. » (J.P. Abel Rémusat, in Journal des Savants, Janvier 1827).
2 vols. folio. I. [1] l. (Title), 85 lithographed and watercolored plates, with an explanatory leaf (including frontispiece) ; II.
[1] l. (Title), 66 lithographed and watercolored plates, with an explanatory leaf (including frontispiece) and [4] ll. of music.
(Copy bound without the introduction, or the 5 latest parts of 6 plates. No sign of missing). Contemporary half shagreen,
blind and gold patterns on boards. First edition of this beautiful book which offers a rich and colored iconography on
China. It is very rare to find it complete (for example, Lowendahl's copy is incomplete with all the text parts, including the
music scores, that are in the present copy, misses 58 plates, and has 6 fac-simile). It forms a very impressive gallery,
featuring scenes of Chinese life at the Ch'ing period. The work is scarce, it was published in 30 parts of 6 plates each. The
iconographic sources are the works by Alexander : « Picturesque representations of the dress and manners of the Chinese
» (London, 1815), and by Mason : « The costume of China – The punishments of China » (Londres, 1800-1801), to
which Bazin de Malpière added some captions from his readings of missionary accounts. Fine copy, nicely bound.
Cordier, BS, 1, col. 69. Lust 60. Colas 1957 ; Dindinger (1958), 229 ; Löwendahl, II, 845.
8 500 €
23. [MANUSCRIT] BUSSY (MONSIEUR DE). -CAYER DE LETTRES D'AFFAIRES APPARTENANT
BUSSY. L'AN 1748. PONDICHÉRY, 1746-49. 1 VOL. IN-4° (373 X 246 MM.) DE : [41] FF. MANUSCRITS
À
MONSIEUR
DE
À L’ENCRE BRUNE.
PLEIN VÉLIN D'ÉPOQUE, PREMIER PLAT TITRÉ À L'ENCRE BRUNE.
Collection manuscrite de 57 lettres rédigées par Charles-Joseph Patissier, Marquis de Bussy-Castelnau (1718-1785), le
dernier gouverneur français de Pondichéry dans le Golfe du Bengale. La première lettre, datée du 24 octobre 1746, suit
de très près la prise de Madras par Mahé de la Bourdonnais (7-9 septembre 1746), et la dernière, datée du 15 octobre
1749, est écrite un an après la signature du Traité d’Aix la Chapelle qui met fin à la guerre de Succession d’Autriche et
oblige Dupleix à rendre Madras aux Anglais.
Ces lettres d’affaires sont donc contemporaines d’événements de la
première importance pour la présence occidentale en Inde et elles sont
rédigées par un homme qui en fut un acteur de premier plan. Il s’agit d’une
mine d’information extrêmement riche, reflétant différentes facettes d’une
époque : le contexte diplomatique et les faits d’armes (dont certains sont
retracés dans tous leurs détails), et leur incidence sur l’économie, que l’on
voit se dérouler de manière concrète (les différents intervenants, le type de
marchandises, etc.). Elles dressent surtout en filigrane le portrait de Patissier
de Bussy (1718-1785) au tout début de sa carrière : homme de guerre
audacieux, favori de Dupleix, et homme d’affaires entreprenant. Il s’agit de
copies des lettres certainement rédigées par un secrétaire, mais c’est un
document capital : garder une trace et un suivi des courriers était
indispensable étant donné qu’ils ne transitaient que par bateaux soumis aux
intempéries et aux flottes ennemies. M. de Bussy, suite à la mort de son
père en 1736, s’engage après une brève carrière militaire dans la
Compagnie des Indes Orientales. Il part la même année pour les Îles de
France et de Bourbon où il reste dix ans, participant à la défense des Isles
et entreprenant des activités commerciales. En 1746, il se joint à l’escadre
de Mahé de La Bourdonnais, alors gouverneur de l’Isle de France, chargée
de reprendre Madras aux Anglais. Arrivé à Pondichéry, il rencontre le
gouverneur : Dupleix qui ne veut rapidement plus le laisser partir et lui
confie de plus en plus de responsabilité dans la guerre contre les Anglais
qui suit la prise de Madras. Ce qui devait n’être qu’un séjour de quelques
mois en Inde, se transforme en mission dont on ne voit pas la fin et Bussy
reporte toujours son retour aux Isles. Il y a cependant des fonds importants
et divers intérêts, qu’il est forcé de confier à ses amis restés aux Isles, ce qui
explique que ces principaux destinataires sont Messieurs de Ballade (qui
deviendra gouverneur de la Réunion en 1748), de Molerre et Le Clair à
l’Isle de France. Le cahier comporte également des courriers d’affaires
échangés avec la France, notamment avec le frère de Dupleix, M.
Baquencourt, tout au long de la période. Après la signature du Traité d’Aix
la Chapelle qui correspond à la levée du blocus anglais, l’activité
commerciale reprend en Inde, comme en témoigne une dizaine de lettres
du cahier, envoyées à Karikal ou à Goa. En raison des difficultés de communication, encore amplifiées en temps de
guerre, ce n’est pas une tâche aisée de commercer et de mener des affaires, mais Bussy ne perd pas une occasion. Cette
activité ne l’empêche pas d’être ruiné à lors du traité de paix de 1748, et les affaires ne semblent reprendre qu’avec la paix
officielle (fin du blocus). Bussy, alors au tout début de sa carrière, est à la fois un homme de guerre et de commerce, se
battant férocement aux côtés de Dupleix pour chasser les Anglais, mais prenant soin de ménager les Directeurs de la
Compagnie des Indes qui voient d’un mauvais œil tous ces conflits armés. A la fin du présent recueil, toutes les victoires
sont qualifiées de la manière suivante : « bonne pour la nation et favorables aux intérêts de la Compagnie », montrant bien
la dichotomie qui existe entre ces deux intérêts. Après que Dupleix fut destitué de son poste, il continue à occuper un rôle
important pour la présence française en Inde, et ce sont ses interventions et sa connaissance des mœurs et de la politique
indienne qui permettent d’assurer pendant longtemps, la suprématie française dans le Dekkan. Il termine sa carrière en
Inde, dans une deuxième campagne aux côtés de Suffren, comme Gouverneur français des Etablissements de l’Inde.
1 vol. 4to. [41] manuscript ll. Contemporary vellum. Collection of 57 manuscript letters by Charles Joseph Patissier de
Bussy Castelnau (1718-1785), last French Governor of Pondicherry. The first letter (24th of October 1746), followed the
Battle of Madras (7-9 September 1746), and the last (15th of October 1749) is written a year after the Treaty of Aix-LaChappelle, that ends the War of the Austrian Succession and forces Dupleix to give Madras to the English. Those letters
are contemporaries of crucial events in the History of the Franco-British rivalry in the oriental Indies, written by a man
who played an important role in it. It gives a lot of information, the diplomatic context and the military events (very
detailed narratives of the attempts to take Gondelour for example), as well as their implications on economy. Fine copy.
8 000 €
24. MENDEZ PINTO (FERDINAND). -LES VOYAGES ADVENTUREUX DE FERNAND MENDEZ PINTO, FIDÈLEMENT
TRADUICTS DU PORTUGAIS EN FRANÇAIS PAR LE SIEUR
BERNARD FIGUIER GENTILHOMME PORTUGAIS ET
DÉDIEZ À MONSEIGNEUR LE CARDINAL DE RICHELIEU.
Paris, Arnould Cotinet et Jean Roger, 1645. 1 vol. in-4°
(255 x 180 mm.) de : [4] ff., 1020 pp., [6] ff. (Certains
feuillets roussis). Plein veau marbré d'époque, dos à nerfs
orné, double filet doré encadrant les plats, tranches
mouchetées.
Deuxième édition française de cette relation rare et
recherchée. Estimée, elle fut réimprimée en 1830 aux frais
du gouvernement français pour donner du travail aux
ouvriers typographes. La première édition française parut en
1628. Mendez Pinto (1509-1583) s'embarqua pour les Indes
orientales en 1537 et voyagea en Asie et en Extrême-Orient
jusqu’en 1558 : il fut d’abord chargé de combattre les Turcs à
l'entrée de la Mer Rouge, puis tomba entre leurs mains et
devint leur esclave. Il parvint ensuite à retourner à Goa et
entra au service de Pedro de Faria, capitaine général de
Malacca, lequel le chargea de plusieurs missions dans les pays
voisins des possessions portugaises. Pinto poursuivra ensuite
cette vie d’aventurier et de commerçant, se battant contre les
corsaires chinois, avant de devenir lui-même pirate dans les
mers de Chine et du Japon. Bel exemplaire.
1 vol. 4to. Contemporary marbled calf. Second French
edition of this scarce narrative of Mendez Pinto (1509-1583),
true adventurer who set sail for the Indies in 1537 and
travelled through Asia and the Far East.
Boucher de La Richarderie, IV, 371-372.
2 800 €
25. MONFORT (RODOLPHE). [MANUSCRIT]. -[RÉCIT D’UN VOYAGE EN INDE ET EN MALAISIE. TRAVEL
ACCOUNT: INDIA AND MALAYSIA]. Sans lieu, ca. 1848-49. 1 vol in-4° (300 x 208 mm.) de : [31] pp. manuscrites à
l'encre brune, suivis de [25] ff. blancs. Cartonnage 19ème siècle.
Relation manuscrite par un narrateur enthousiaste et attentif d’un voyage en Inde (et principalement Calcutta) et en
Malaisie (Penang), Rodolphe Monfort, négociant de sel (« seul article que les navires de Marseille puissent se permettre
d’importer à Calcutta avec quelque chance de profit »). La narration est fluide et enjouée, Monfort sachant alterner les
épisodes cocasses, les descriptions de paysages émerveillées, des descriptions plus factuelles et précises. La relation
commence alors que le bateau quitte Fez (certainement en provenance de Marseille). Ils font une première escale à
Ténériffe qui impressionne grandement Monfort. Ils arrivent le 25 janvier en Inde, et Monfort reconnait un pilote anglais
dont il emploie encore une fois les services, et avant d’arriver à Calcutta, il s’arrête à Fultah (village peuplé exclusivement
de femmes bengali rejetées de la société pour avoir manqué à leurs devoirs conjugaux), puis à Oulabariah (grand bazar).
Dès ces premiers jours en Inde, il donne diverses indications pratiques, et décrit les différentes sortes de gens auxquels les
occidentaux sont confrontés : les circas (sorte d’interprètes et de coursiers), les bazardiers, et les dinghys (bateliers), etc.
contre lesquels il met en garde avec assez d'humour. Arrivé à Calcutta, il prend rapidement un bateau pour rejoindre
Chandernagor, et donne une description de cette ville, ainsi que d’autres de la « banlieue » de Calcutta. Il décrit Calcutta
de manière plus précise à leur retour : quartiers anglais, français, chinois, maisons de plaisir, aménagements intérieurs,
puis les quartiers indiens : leur misère, le choléra, etc. Comme il n’a pas vendu tout son sel, il repart pour la Malaisie et
Penang le 27 février. Après une traversée assez périlleuse du fait des orages, il arrive chez un M. Padday avec les fils
duquel il fait de belles excursions donnant lieu à des descriptions de paysages fabuleux. Ils se rendent également dans une
école cochinchinoise tenue par des missionnaires. Monfort sera intrigué par leurs jeux (arcs à billes, etc.) dont il fait la
liste. Le récit manque certainement d’objectivité, mais il offre un point de vue tout à fait intéressant sur l’Inde, et la
manière dont les Anglais ont pu la coloniser. Il fourmille de détails sur les modes de transports employés, les écoles, les
modes d’irrigations et les autres emplois de l’eau, l’état des églises, les jardins, l’histoire naturelle, les industries
(notamment une fabrique d’indigo près de Chandernagor), les mœurs (et entre autres cette pratique de brûler les morts et
de les jeter dans le fleuve).
Captivante relation.
1 vol. 4to. 31 manuscript pp. Fine manuscript account of a travel in India (mainly Calcutta) and Malaysia (Penang) by a
salt trader: Rodolphe Monfort. The author came back in India after 4 years in France, and his purpose in writting this
account was to record the curious details, the amusing anecdotes and the beatiful landscapes. The narration is flowing and
lively. The author spent 1 month in Calcutta and Chandernagor, before going to Penang in Malaysia. There are full of
interesting details on the life in India, of the Europeans and the Indians. Gripping text.
1 800 €
26. NIEUHOF (JOAN). -HET GEZANTSCHAP DER NEÊRLANDTSCHE OOST-INDISCHE COMPAGNIE, AAN DEN
GROOTEN TARTARISCHEN CHAM, DEN TEGENWORDIGEN KEIZER VAN CHINA : Amsterdam, Jacob Van Meurs,
1670. 1 vol in-folio (328 x 213 mm.) de : [3] ff., 208, 258, [9] pp. Frontispice gravé, 1 portrait, 1 carte dépliante de la
Chine, 34 planches doubles montées sur onglets, 110 scènes gravées à mi-page. (Belle qualité d’impression). (Le blason
de Spiegel et Witsen n’apparaît pas, comme c’est le cas dans la plupart des exemplaires français et latin.) Plein vélin
d’époque, dos à six nerfs, pièce de titre de maroquin rouge, titrée en lettres dorées, plats ornés d’un décor estampé à
froid, avec quatre fleurs de lys en angle, tranches jaspées. (Déchirure restaurée à la carte).
Seconde édition de la fameuse relation de Nieuhof, décrivant la première ambassade hollandaise de la Compagnie des
Indes Orientales à la cour de l’Empereur de Chine dans les années 1655-57, répondant à la commande de Pieter de
Goyer et de Jakob de Keyser. C’est l’ouvrage le plus richement illustré sur la Chine de la période, avec des
représentations de villes chinoises, de scènes de vie, et des planches d’histoire naturelle. La première édition fut publiée à
la même adresse, en 1665. Très populaire, l’œuvre fut non seulement réimprimée en 1670 (la présente édition) et en
1693, avec un grand nombre de planches spécialement re-gravées, mais aussi traduite et publiée en français (1668),
allemand (1666), latin (1668) et anglais (1669 et 1673, traduction due à John Ogilby). Joan Nieuhof (1618-1672) entra au
service de la Compagnie des Indes Orientales hollandaise après avoir voyagé dans les Indes Orientales et au Brésil de
1640 à 1649. Après deux ans de voyages en Orient, il fut chargé d’accompagner l’ambassade hollandaise à la Cour
impériale de Chine, et la reconnaissance dont il jouissait pour ses talents de dessinateur n’y est certainement pas
étrangère. L’ambassade hollandaise, fut reçue à Pékin, en même temps que des envoyés des Mogols, des Tibétains et des
Tartares, après un voyage de cinq mois depuis Canton. Son objet était d’obtenir la liberté de commercer sur l’ensemble
du territoire chinois. En autorisant ces délégations, l’Empereur rompait avec la politique menée par ses prédécesseurs qui
consistait à tenir les étrangers en dehors des frontières de la Chine. Comme c’était l’usage, l’ambassade faisait aussi
fonction de mission d’exploration et un grand nombre de scientifiques y participaient. La présente relation, rédigée dans
un style très vivant, présente une riche iconographie comprenant des vues de tous les ports et places visités, du départ de
Batavia où l’expédition commença, avec plus de cent gravures in-texte illustrant de manière détaillée la vie et les coutumes
chinoises du 17ème siècle. Le présent exemplaire est bien complet de toutes les planches, bien que la liste des planches
mentionne une double-page « Paolinx Pagode », qui n’apparaît que dans les éditions latines, et qui est par conséquent
toujours manquante. Provenance : Bibliothèque de la Société d'Etudes coloniales (cachet humide violet, p. 73).
Très bel exemplaire, particulièrement frais, de cet ouvrage de référence superbement illustré.
1 vol. folio. 1 engraved frontispiece, 1 portrait, 1 folding map, 34 double-plates, 110 half-page engraved illustrations.
Contemporary full vellum. Second edition of Nieuhof's famous account describing the first embassy of the Dutch East
India Company to the court of the Emperor of China in the years 1655-57. It is the most profusely illustrated work on
China of the period, with plates showing Chinese towns, Chinese life and animal- and plant life. Fine copy.
Corbett, “The Dutch Mission to Peking in 1655”, in : Quaerendo 16 (1986), pp. 131-36 ; Landwehr & V.d. Krogt, VOC 539 ; Lust 539 & 541 ; Tiele,
Bibl. 800.
6 500 €
27. -[PEKIN, MUKDEN. 97 PHOTOGRAPHIES. / SET OF 97 PHOTOGRAPHS. PEKING, MUKDEN]. [Ca.
1901]. 53 photographies (101 x 125 mm.) ; 4 photographies (ca. 170 x 100 mm.) ; 5 photographies (138 x 80 mm.)
légendées dans l'image ; 18 photographies (100 x 150 mm.) ; 4 (80 x 130 mm.) ; 13 photographies sur papier strié (107 x
160 mm.).
Très bel ensemble de photographies de Chine, rapportées au début du 20ème ou à la fin du 19ème siècle.
On distingue un premier lot de 53 images (101 x 125
mm.) qui sont certainement des photographies originales.
Peut-être certaines ont été achetées sur place, mais cela
semble peu probable, parce qu’elles sont toutes du même
format, et qu’on peut y voir des occidentaux participant
au voyage. Se trouvent des photographies de grands sites
touristiques, principalement dans la ville de Mukden
(nord de la Chine) et ses environs, puis à Pékin, et
notamment son observatoire et le tombeau des Ming. La
ville de Mukden (ou Shenyang, qui est actuellement la
ville la plus importante du nord de la Chine), acquit son
importance avec l’installation des Mandchous et de
Nurhaci au 17ème siècle. Ce dernier, avant la chute des
Ming, en fit sa capitale. Il lui donna son nom en 1634, et
y fit ériger de magnifiques palais et jardins. Quand il prit
le pouvoir, il s’installa à Beijing, mais Mukden resta le
berceau spirituel de la dynastie des Ming qui dirigea la
Chine jusqu’au 19ème siècle. Pendant la révolte des
Boxers (1899-1901), la ville est occupée par les Russes, et
les photographies du présent recueil, ont été prises ou
recueillies peu après. (Pendant la guerre Russo-japonaise
(1904-1905) Mukden devint le théâtre de la plus grande
bataille de l’ère moderne sur le sol asiatique : 600.000
hommes qui se battirent du 19 février au 10 mars).
On distingue ensuite, un autre ensemble de quatre
images, contrecollées sur carton et dont l’une est datée du
26 novembre 1901, ce qui correspond à la fin de la
Révolte des Boxers et attestant de la présence des occidentaux : « American soldiers Peking » (150 x 104 mm.); « General
view of the north front of British legation. Peking, Taken from the Noth Imperial Bridge, 26 november 1901. G.J.
Browsne colonel ». (La photo est entièrement annotée à l’encre.). Les deux autres ne sont pas titrées. Cinq photographies
(138 x 80 mm.), sont légendées dans l’image en blanc : et représentent notamment : N°69. North of Nan Kow Pass, N°79.
Chü Jung Kwin, Nan Kow ; Wu Kwü son tunnel, Peking Kagan railway. N°6. Le lot est complété par trois ensembles de
documents non reliés : 18 photographies sur papier lisse, annotées d’une même main en anglais, à la mine de plomb ou à
l’encre (Ca. 100 x 150 mm.), consacrées à Pékin. 4 plus petites sur papier plus brillant, non légendées. (80 x 130 mm.) :
vue des rues de Pékin, marché, caravane, monument. Les 13 dernières sont imprimées sur papier strié, légendées par la
même main que la première série. (107 x 160 mm.), et sont principalement consacrées à Pékin.
Très bel ensemble.
97 original photographs. Portfolio. Very interesting set of photographs featuring Peking and Mukden, taken and gathered
by English tourist or officer. We can distinguish a set of 53 images (101 x 125 mm.), on one of this images appear a group
of English people, and the whole set is captioned in English. They depict the great sites in North China (Peking and
Mukden): Ming tombs, Mausoleum of Mukden, Peking Observatory, Temple of Heaven, of Confucius, Forbidden City,
but also the Trans-siberian railway, South Manchuria railway, etc. The rest of the pictures are mostly dedicated to Peking.
Impressive set of early photographs.
7 000 €
28. -[REGLES DE CALLIGRAPHIE CHINOISE. RULERS FOR CHINESE CALLIGRAPHY.] [Chine, ca. 1890]. 1
boîte en laiton argenté (232 x 32 mm.) 5 règles en argent massif portant un poinçon (quatre mesurant 230 x 25 mm. et
une 207 x 13 mm.).
Très bel ensemble de règles de fabrication chinoise servant aux calligraphes à tenir les papiers si fins sur lesquels ils
écrivaient. Il est composé d'une boîte en laiton argenté (232 x 32 mm.) avec un petit fermoir et ornée de diverses figures,
et de cinq règles en argent massif portant un poinçon (quatre mesurant 230 x 25 mm. et une 207 x 13 mm.). Deux motifs
reviennent sur la boîte : le Fenghuang et le Dragon. Le Fenghuang, que l'on peut rapporcher du phénix, représente dans
la mythologie chinoise le roi de tous les oiseaux. C'est cependant généralement une entité féminine, souvent associée au
dragon dont elle est parfois la mère. Le Fenghuang est associé à l'impératrice, tandis que le dragon est associé à
l'Empereur, et cette union est représentée sur cette boîte : les deux figures sont unies dans un médaillon au centre du
couvercle, et figurent séparément des deux côtés du fermoir (le dragon à gauche, le Fenghuang à droite). L'ornementation
est complétée sur le couvercle par deux Fenghuang de part et d'autre du médaillon et par un encadrement au pointillé,
conclu dans la largeur par deux papillons.
Toutes les règles (présentant un poinçon) sont ornées de décors propres : 1. Un temple entouré de nuages au centre,
deux grands dragons dont le corps est également perdu dans les nuages, convergent vers ce centre. Le temple semble
supporté par deux poissons qui émergent d'une mer stylisée. / 2. Deux dragons à la gueule ouverte convergent vers le
centre de la règle, orné d'un lampion. Ces figures se détachent d'un fond travaillé formant un ensemble de petits points
parsemés de nuages. / 3. Dans la hauteur de la règle : quatre figures féminines en pied, chacune légendée en chinois. Du
bas en haut : la main à son chignon, portant un panier ; les mains jointes devant la poitrine ; en manteau à capuchon
portant dans ses bras un luth ; élégamment coiffée et partiellement dévêtue, sa robe ne cachant qu'une épaule et une
jambe. / 4. Dans la hauteur de la règle : un dragon s'enroule autour d'un pilier. Le fond est travaillé pour former un
quadrillage. L'ornement est complété par une frise géométrique en encadrement. / 5. [La plus petite] Divers motifs se
détachent d'un fond quadrillé. Aux extrémités, le symbole du Yin et du Yang, et diverses formes, d'inspiration végétale.
Ensemble raffiné.
1 silvered brass box (232 x 32 mm.), 5 solid silver rulers with hallmark (4: 230 x 25 mm.; 1: 207 x 13 mm.). Attractive set
of Chinese rulers to help calligraphers to hold the rolls of paper. The box is ornamented with Dragon and Fenghuang
(mythic Chinese bird). The five hall marked rulers had specific ornamentation: dragons, temples, women, etc. Very
refined item.
4 500 €
29. SOLVYNS (FRANÇOIS BALTAZAR). -COSTUMES DE L'INDOSTAN, DESSINÉS DANS L'INDE EN 1798 ET 1799, ET
REPRÉSENTÉS EN SOIXANTE PLANCHES ENLUMINÉES, AVEC LES EXPLICATIONS EN ANGLAIS ET EN FRANÇAIS. A
Londres : publié par Edward Orme, Marchand d'Estampes de sa Majesté et de la Famille Royale, 59 New
Found Street, Imprimé par W. Bulmer et Co. Cleveland-Row. 1804. 1 vol. in-folio (342 x 260 mm.) de : [66] ff.
(titre, dédicace et préface en français et en anglais), 60 planches gravées et aquarellées sur papier Whatman (4 eaux-fortes,
56 gravures sur acier). Demi-veau à coins d'époque, plats recouverts de papier marbré, tranches mouchetées.
Première édition pirate de cette grande galerie de portraits de types indiens par Orme, d’après l’ouvrage de Solvyns,
réputé pour être l’un des précurseurs de la peinture ethnographique de l’Inde.
Franz Baltazar Solvyns (1760-1824), peintre flamand, commença sa carrière en tant que peintre de Marine. Après une
formation à l’Académie des Beaux-Arts d’Anvers, puis à l’Académie Royale de Peinture et de Sculpture de Paris, il
commence une carrière de peintre saluée dans les cours d’Europe. En 1791, il décide de s’installer à Calcutta. Il travailla
dans un premier temps comme artisan : réalisant des décors pour les colons britanniques, restaurant des tableaux,
décorant des attelages, etc. Il fit de nombreux voyages en Inde, et sur les conseils et les encouragements de Sir William
Jones (linguiste et spécialiste du sanskrit), il conçut le projet de réaliser une série de gravures qui serait le tableau de la vie
quotidienne des habitants de l’Inde. Cette
collection est publiée une première fois en
1796 à Calcutta, sous le titre de : « A
Collection of two hundred and Fifty coloured
Etchings : Descriptive of the Manners,
Customs and Dresses of the Hindoos ». Cette
publication est un échec commercial (ce qui
tient certainement aux teintes trop sombres
employées par l’artiste), mais le sujet attire, et
c’est de cette publication que l’éditeur
londonien Edward Orne, tire la présente
publication, sans le consentement de son
auteur. Les planches firent l’objet d’une
nouvelle gravure en respectant le dessin initial,
la différence essentielle avec l’original étant la
couleur : Orne ayant choisi des teintes plus
vives pour complaire au public occidental. Elle
forme une grande galerie de portraits de types
indiens parmi lesquels figurent des pêcheurs,
marins, danseuses, gardiens de chiens,
attrapeurs
d'oiseaux,
astronomes,
etc.
Longtemps mésestimé, Solvyns et son œuvre
furent remis en lumière grâce aux travaux de
Robert L. Hardgrave. Son œuvre, caractérisée
par une approche encyclopédique et
systématique fait de lui l’un des précurseurs de
l’iconographie ethnographique de l’Inde, et
son travail influença de manière sensible les
artistes du 19ème siècle. Il est par ailleurs
considéré comme l’un des pionniers, avec
Thomas Daniell de l’imprimerie en Inde. Les
textes, en français et en anglais, ainsi que la
précision des gravures du présent ouvrage
montrent
bien
cette
dimension
ethnographique, l’importance accordée à
l’exactitude, plutôt qu’à une couleur
orientalisante. Provenance : John Collier, exlibris armorié gravé portant la devise : « Virtus
Libertatis Custos », peintre préraphaélite ?
Bel exemplaire de prestigieuse provenance, de cette belle galerie de portraits donnant une image fidèle de l'Inde de la fin
du 18ème siècle.
1 vol. folio. 66 ll., 60 engraved and watercolored plates on Whatman paper (4 etchings, 56 engravings). Contemporary
half calf. First edition as a book of this serie of 60 plates with explanations in French and in English. It forms a nice gallery
of portraits of Indian types: fishermen, sailors, dancers, astronomers, etc. Fine copy in contemporary binding.
Abbey Travel 429; Colas 2765; Tooley 461
3 800 €
30. THUNBERG (CARL-PETER). [LANGUES (L.), LAMARCK (J. B.)]. -VOYAGES DE C. P. THUNBERG, AU
JAPON, PAR LE CAP DE BONNE-ESPÉRANCE, LES ÎLES DE LA SONDE, &C. A Paris, chez Benoît Dandré, Garnery,
Obré, An IV [1796]. 4 vol. in-8° (202 x 134 mm.) de : I. [2] ff., lxiv pp., 417 pp., [1] p., 1 portrait en frontispice, 1
planche in-fine, 1 vignette gravée ; II. viii pp., [1] f., 430 pp., 4 planches in-fine ; III. viii pp., 445 pp., 4 planches in-fine ;
IV. xii pp., 462 pp. 19 planches, dont 5 dépliantes. (Total de 28 planches gravées, 1 portrait en frontispice). Demi-basane
d’époque à coins de parchemin, dos lisses ornés, pièces de tomaison de maroquin vert, plats recouverts de papier marbré
rose, tranches jaspées bleues.
Exceptionnel ouvrage, l’une des premières sources sur le Japon. Carl-Peter Thunberg (1743-1828) est un naturaliste,
botaniste et explorateur suédois, l’un des plus connus des étudiants de Linneaus. Cet ouvrage est le résultat de son séjour
de quinze mois au Japon et des observations qu’il y réalisa. Il résidait au comptoir hollandais de Deshima, dans le port de
Nagasaki en qualité de chirurgien attaché à la Compagnie des Indes Orientales. A son retour en Suède, grâce au succès de
cet ouvrage il succède à Linneaus au poste de professeur de l’Université d’Uppsala, charge qu’il exerça de 1784 jusqu’à sa
mort. Il était un observateur précis à la méthodologie rigoureuse. La présente édition est augmentée de la partie de
l’ouvrage de Thunberg consacrée au Japon : Resauti Europa, Africa, Asia, Forattad Aeren 1770-79.
Thunberg quitte la Suède en 1771, s’engageant comme
médecin à bord d’un navire de la Compagnie
hollandaise des Indes orientales. Il fait une escale de
trois ans au Cap dans la colonie hollandaise pour se
familiariser suffisamment avec la langue pour se faire
passer pour un Hollandais au Japon, puisqu’ils étaient
les seuls étrangers à pouvoir y entrer. Durant ce séjour
africain, il fait plusieurs expéditions à l'intérieur des
terres, afin de collecter des spécimens de plantes et
d'animaux. Le premier volume est consacré à cette
étape du voyage et comprend les observations
botaniques et zoologiques sur les Hottentots. Le
deuxième volume contient la suite du voyage le long de
la côte Est de l’Afrique, et les étapes à Java, Batavia,
l’arrivée au Japon et à Nagasaki. En août 1775,
Thunberg arrive à la manufacture hollandaise de la
Compagnie hollandaise des Indes orientales sur la
minuscule île artificielle de Dejima (120 sur 75 m.) dans
la baie de Nagasaki, relié à la terre par un terre-plein. Il
y travailla comme chirurgien (1775-1776). Les
possibilités de quitter l’île étaient rares, mais il parvint
néanmoins à conduire quelques recherches botaniques.
Le troisième volume contient la relation d'une visite au
shogun et est consacré au commerce entre la Chine et le
Japon, s'y trouvent des descriptions de Nagasaki et
Deshima.et des observations sur les coutumes
japonaises : les noms, le gouvernement, la religion, le
christianisme au Japon, le langage, la police,
l’administration, les courtisans, des observations
zoologiques et sur les minéraux. Cette étude se poursuit
dans le quatrième volume, où Thunberg aborde les
festivals, les armes, l’agriculture, les arts et sciences, les
manufactures, la fabrication du papier, l’architecture,
l’astronomie, la chimie, la législation, les mœurs,
l’histoire, l’art militaire, les illustrations, la géométrie, la
géographie, la musique, la médecine, la navigation. En
février 1778, Thunberg quitte Ceylan pour Amsterdam,
qu’il atteint en octobre de la même année, après un séjour au Cap.
Cette œuvre fascinante est une source d’information de première importance, sur la vie au Japon à la fin du 18ème siècle.
Bel exemplaire.
4 vols. 8vo. 28 engraved plates, 1 engraved portrait. Contemporary half sheep. Exceptionnal work, one of the first source
on Japan. Carl-Peter Thunberg (1743-1828) is a naturalist, botanist, and Swedish explorer, one of the famoust student of
Linneaus. This book is the result of the 15 months in spent in Japan. Fine copy.
BMC NH, p. 2108 ; Cordier, col. 445 ; Stafleu & Cowan 14357 ; cf. Mendelssohn II, pp. 499-500; DSB XIII, pp. 391-393 ; Stafleu, "Linnaeus and the
Linnaeans", pp. 153-155.
4 500 €
31. TRIGAULT (NICOLAS). -HISTOIRE DE L'EXPEDITION CHRESTIENNE EN LA CHINE, ENTREPRISE PAR LES
PÈRES DE LA COMPAGNIE DE JESUS. TIRÉE DES COMMENTAIRES DU PÈRE MATHIEU RICCIUS DE LA MESME
COMPAGNIE. Paris, P. Le Mur, 1618. 1 vol. in-8° (179 x 120 mm.) de [12] ff. (Titre; Epistre, Au Lecteur, Table des
chapitres), 994 pp. 1 planche dépliante. Plein vélin d'époque, dos lisse titré à l'encre brune.
Rare première édition parisienne de la traduction française
donnée par le neveu de l’auteur, D. F. de RiquebourgTrigault (EO, latine : Augsbourg, 1615, 1ère française : Lyon,
1616) de cet ouvrage fondateur pour la découverte par les
Européens de la civilisation chinoise. Son auteur, le jésuite
Nicolas Trigault (1577-1628), obtint de ses supérieurs la
permission d’aller en qualité de missionnaire en Chine où il
arriva en 1610, date de la mort de son prédécesseur Matteo
Ricci, auteur de la majeure partie du texte. A son arrivée en
1582, le Père Ricci avait compris que la seule façon
d’évangéliser les Chinois était d’adopter au maximum leur
mode de vie. Il avait donc appris le mandarin, pris un nom
chinois, s’était rapproché de l’école confucianiste et avait
étudié les sciences et la littérature chinoise. Ainsi avait-il
obtenu l’autorisation de s’installer près de Canton, puis à
Nanchang en 1595, à Nanjing en 1599 pour enfin obtenir la
permission impériale de s’établir à Pékin en 1601 où il résida
jusqu'à sa mort. Pendant cette décennie, il gagna la confiance
de l’empereur Ming qui apprécia autant les efforts que le
jésuite avait fait pour s’imprégner de la culture chinoise, que
sa patience pour lui enseigner les sciences occidentales et le
christianisme. C’est pendant cette période qu’il rédigea en
italien son histoire de l’introduction du christianisme en
Chine, manuscrit que le Père Trigault traduisit en latin, ainsi
qu’une partie de son journal à partir desquels il établit le
présent ouvrage, qui parut pour la première fois en 1515 à
Rome et à Augsbourg sous le titre « De Christiana
expeditione ». Trigault a enrichi le travail de Ricci de divers
écrits dont le rapport du séjour en Chine des jésuites
portugais Longobardo, Vagnone et Cattaneo ainsi que
d’extraits des « lettres annuelles » de 1610 et 1611 du père
Sabatino de Ursis… mais aussi de ses propres commentaires
et observations. Sa publication fut un véritable choc en Europe : aucun ouvrage aussi pertinent et documenté sur la Chine
n’avait été édité auparavant et il fut rapidement traduit en français, en allemand, en espagnol et en italien. Il ouvrait une
porte sur cet empire qui était resté fermé depuis Marco Polo et alors que le Père Ricci avait introduit Euclide en Chine,
son journal apportait la philosophie de Confucius à l’Europe. Ainsi, le travail de ces deux pères jésuites eut une influence
incontestable sur la vie culturelle et la philosophie occidentale, l’ouvrant sur un monde encore inconnu : les Européens
réalisèrent alors qu’il existait une autre grande civilisation sur la planète. L’ouvrage comprend une planche repliée gravée
sur bois avec le “ Plan du palais des faux-bourgs donné à la Compagnie de Iesus à Pequin par le Roy de la Chine l’an
1610 ”.
Bel exemplaire de ce texte fondamental.
1 vol. 8vo. 1 folding plate. Contemporary vellum. Rare first Parisian edition (Latin OE: 1615) of one of the most
important and earliest works on China ever published in Europe. It contains the diary of the pioneer Jesuit missionary in
China, Matteo Ricci (1552-1610), edited and brought up-to-date by Ricci's successor to the Chinese Mission, the Flemish
Jesuit Nicolas Trigault (1577-1628). Trigault translated Ricci's manuscript into Latin, and enlarged it with information
from other sources, such as the reports by the Portugese Jesuits Longobardo, Vagnone and Cattaneo of their own stays in
China, with extracts from the usual annual letters for the years 1610 and 1611 by Father Sabatino de Ursis, etc., as well as
by his own comments and observations. When Trigault's book was published it shook Europe. Never before had such
well organized and accurate information about China been available. It opened the door to China which had been closed
since Marco Polo, and just like Ricci had introduced Euclid to China, so his journal introduced Confucius to Europe.
Ricci and Trigault's account of China was undoubtedly most influencial on cultural life and philosophical thought in
Europe, opening up a new, mysterious and until then virtually unknown world. Suddenly Europe became aware for the
first time of the existence of another highly civilized vast part of the globe. The French translation was made by Trigault's
nephew, Riquebourg-Trigault, physician to Philippe Guillaume of Orange. Fine copy.
Cordier, Sinica, 810 - Morrison II, 258- Feller, XII p 192. (Conforme à la collation de l'exemplaire de la BSG).
9 500 €
32. [VILLOTTE (R.P. JACQUES)]. -VOYAGES D'UN MISSIONNAIRE DE LA COMPAGNIE DE JÉSUS EN TURIQUIE,
EN PERSE, EN ARMÉNIE, EN ARABIE, & EN BARBARIE. A Paris, Chez Jacques Vincent, rue & vis-à-vis l'Eglise de
S. Severin, à l'Ange. M.DCC.XXX. 1730. 1 vol. in-12° (159 x 100 mm.) de : [4] ff., 647, [1] pp. Plein veau d'époque,
dos à nerfs orné et titré en lettres dorées, tranches rouges. (Traces de mouillures, salissures et défauts d’usage, un trou de
vers courant dans la marge inférieure sans atteinte au texte.)
Rare première édition de cette relation des quinze voyages du Père Jacques Villotte de 1688 à 1712 dans tout le MoyenOrient. Ses missions le conduisirent en Turquie, en Arménie, en Perse et en Arabie, et allant et venant sans souci de sa
sécurité ou de son confort, le père Villotte rapporte un témoignage précieux sur les voyages en caravane dans le désert.
L’ouvrage fut rédigé par le Père Nicolas Frizon qui condensa le manuscrit de son confrère dans un style tout à fait fluide
et d’une lecture agréable. (Il est également l’auteur d’une Vie de la Mère Elisabeth de Ramfaing, institutrice du refuge de
Nancy, Avignon, 1735. cf. Dictionnaire universel, historique, critique, et bibliographique, tome VII). La tonalité générale
de l’ouvrage, à l’image du voyageur, est douce, le missionnaire ne porte pas de jugements sur les peuples des pays visités,
mais en donne un tableau à la fois exact et haut en couleurs, sans que le pittoresque tombe dans le cliché, grâce à la
précision des informations, obtenues par près de quinze ans de voyages au Moyen Orient.
Le premier voyage de Villotte le mène de Marseille à Constantinople en 1688, et à partir de cette date, et jusqu’en 1696, il
ne cesse d’aller et venir au Moyen-Orient, jusqu’à s’établir du 3 juillet 1696 au 28 octobre 1708 à Ispahan. Hormis ce long
moment en Perse, il séjourna principalement à Constantinople et Trébizonde, et surtout Erzeroum, Chamaki, Erivan en
Arménie où les missions remportaient le plus de succès.
De Constantinople, il rapporte de belles descriptions des mosquées, du Sérail, du port qu’il juge : « un des plus beaux, des
plus capables et des tranquilles qu’on connaisse », mais aussi du bagne de Galata. Il rédige également quelques réflexions
intéressantes sur la langue turque, les mœurs (« A cette hauteur près, ils sont doux, fidèles & secourables ; & l’expérience
qu’en ont nos Missionnaires, leur fait préférer la protection d’un Aga turc à celle d’un Chrétien grec ou Arménien
schismatique. »), et aussi sur les ravages que fait la peste à Constantinople. D’Alep, Villotte dit : « C’est aujourd’hui la
capitale de toute la Syrie ; & après Constantinople & le grand Caire, c’est, sans contredit, la ville la plus grande, la plus
peuplée, & la plus riche de tout l’Empire Ottoman. (…) Comme Alep, par sa situation est le centre de l’Asie, de l’Europe
& de l’Afrique, le commerce y est presque infini par le concours des Marchands de toutes les Nations de ces trois parties
monde, qui y transportent par terre & par mer ce qu’il y a de plus précieux dans leur pays. ». (p. 351-352). La relation
compte pour toutes ces zones des informations intéressantes touchant à l’histoire naturelle (notamment concernant les
Mers Noire et Caspienne), les différents trafics (on trouve notamment une partie assez importante sur les esclaves venant
de Géorgie pour remplir les sérails des cours de Perse, ainsi que les moyens employées par leurs proches pour éviter à
leurs femmes, sœurs ou filles d’être emmenées captives).
Les parties du texte consacrées aux voyages eux-mêmes : par mer mais surtout par caravane, sont d’un grand intérêt.
L’auteur détaille très vite les « incommodités » liées au voyage en caravane : les voleurs, les montures (la différence entre
les chameaux et les chevaux ou les ânes), la nourriture, les gîtes (désignant surtout l’absence de gîte). Des voleurs, l’auteur
dit : « il faut dire à leur louange (...) que dans leurs brigandages même, ils ont moins d’inhumanité que les brigands en
Europe, ils n’en veulent qu’à la bourse & au butin des voyageurs, & nullement à leur vie ; ils ne les maltraitent ni de
coups , ni de paroles ; et après les avoir dépouillés, ils les laissent aller, & leur présentent même le café, s’ils en ont. ».
Durant la traversée du désert d’Arabie, il se trouva que Villotte fut dépouillé, mais : « De tout ce que les Arabes lui
enlevèrent, il ne regrettait rien tant que son bréviaire & un dictionnaire arménien, auquel il travaillait depuis longtemps &
qui a été dans la suite imprimé à Rome aux frais de la Congrégation de la Propagande. Il réclama l’un & l’autre de la
manière la plus pressante, en disant à ces voleurs : Ce sont mes livres de prières, qui ne vous sont de nul usage, si vous ne
me les rendez pas, & si par-là vous m’empêcher de prier Dieu, vous en serez responsables devant lui, ils parurent frappés
de ce qu’il leur dit & enfin, ils lui rendirent ces deux livres, dont ils n’auraient eu guère d’argent s’ils les avaient vendus. »
Le dictionnaire arménien de Villotte, l’un des premiers du genre, fut en effet publié à Rome en 1714.
Ouvrage passionnant.
1 vol. 12mo. Contemporary full calf. Rare first edition of the account of the 15 travels by Jacques Villotte from 1688 to
1712, in all Middle-East. His missions took him in Turkey, Armenia, Persia, Arabia, and coming and going with no
regard for his safety or confort, Father Villotte brought back a precious testimony on caravans travels in the desert. He was
deeply attached to Armenia and his Armenian dictionary, one of the first of its kind, was published in Roma in 1714.
Gripping book.
Sommervogel, VIII, 787-789
2 500 €

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