Panneau expo Petites et grandes histoires de la discrimination

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Panneau expo Petites et grandes histoires de la discrimination
GRANDES ET PETITES HISTOIRES DE LA DISCRIMINATION
Quand je suis arrivée à l’E2c, on m’a prise pour une bourgeoise parce
que je vis dans une maison. On m’a prise pour une bourgeoise. Ca m’a
gonflée!
J’ai rigolé.
Je me suis sentie obligée de m’expliquer. J’analyse beaucoup donc
j’explique beaucoup.
Moi, je ne fais pas attention à ce qu’on peut penser de moi.
Moi, je m’en fous.
Dorine : « Elle a une tête de bourge. Sa façon de s’exprimer. Sa façon
de s’habiller... »
Marine : « L’air bourgeois ? Je me tiens droite. J’ai la mâchoire carrée.
J’ai les yeux bleus. J’articule correctement. C’est ça une tête de
bourge ».
Marine
Les gens me prennent pour une fille facile alors que je ne le suis pas. Ca me fait rire.
Comme en été, tu t’habilles sexy, j’aime bien, c’est pour moi. C’est pas pour les autres.
Un mec vient te parler et te propose des trucs bizarres.
La nuit, ça me fait peur.
Au début, ça me fait rire et après ça m’énerve.
Quand la personne me parle, je ne
réponds pas, je mets mes écouteurs.
Après, elle m’incite : « Tu te
prends pour Beyoncé ?
Pour qui tu te prends ?
Des fois je me mets en colère :
« Dégage ! »
Gracia
Campagne Stop au Déni
2014-2015
Quand j’étais plus jeune, je suis partie vivre chez mon daron en
Bretagne. J’ai été scolarisée dans une école. Et quand je suis arrivée là-bas, j’ai remarqué que j’étais la seule noire.
Personne ne voulait s’assoir à côté de moi.
Je suis noire. Personne ne veut parler avec moi.
Quand j’étais en Guyane, comme mon oncle il est riche, il a lancé
J’étais mal au fond de moi. Je ne voulais plus aller à l’école pendant 3 mois.
Après mon père m’a dit : « il faut affronter tes peurs! Ce n’est
pas parce que tu es noire ».
En cours de maths, le prof a posé une question. Je me suis trompée et ils se sont tous retournés.
J’ai dit : « Quoi ? C’est parce que je suis noire ? ou bête ? ou
quoi ?
Noémie a dit : « C’est pas que je t’aime pas mais je ne te connais
pas. J’aime pas les noirs ».
J’ai pleuré.
Par la suite, toutes les copines de Noémie ont appris à me connaître.
Elles m’ont parlé.
Elles m’ont présenté à leurs parents
Dorine
sa boîte de maçonnerie et mon père a travaillé avec lui ; moi, du
coup, ça marchait grave pour moi.
Quand j’achetais un truc, on me disait « Pourquoi tu me passes pas
tel truc ? Pourquoi tu veux pas nous faire partager ? »
Moi, je suis pas mon père.
En prenant du recul, je me suis dit : pourquoi j’ai toujours voulu
l’esquiver ? Il y avait un lien d’énervement.
Je suis resté souvent enfermé.
Quand on vous renvoie une image qui n’est pas ça, c’est énervant.
C’était au quotidien.
Je ne savais pas au collège si j’avais des amis.
Je voulais pas que les gens viennent chez moi.
Patrice
« En 2014, pendant les élections municipales, il faisait beau, j’étais habillée à
l’africaine. Une mère avec ses 2 deux enfants, deux garçons de 5 et 8 ans me
disent : « Rentrez chez vous ». Au début, « je croyais qu’ils parlaient à quelqu’un d’autre. J’ai regardé autour de moi et il n’y avait que moi, j’étais toute
seule, donc j’ai compris que c’était à moi qu’ils parlaient. J’ai répondu par un
sourire. Et je suis partie et eux ? Ils ont continué à hurler : « Rentrez chez
vous ! » »
Fatoumata
« Tu es de quelle origine ? Je réponds quand il n’y a pas de mauvaise pensée.
Sinon, quand on me ressort tous les clichés de l’Afrique (les arbres, les chimpanzés) à partir du moment où j’ai dit Cameroun, je me tais. Quand l’autre la
ramène et me parle du Cameroun alors qu’il n’y est même pas allé. C’est fini.
Je me tais. Pas la peine d’essayer de me parler ».
Christine
« Il y avait une vieille, une femme comme vous, je sais pas vous avez quel âge ?
– 48 !
– Ben oui, c’est ça à peu près...
Elle ferme la porte de son bâtiment à toute vitesse dès qu’elle nous voit avec
mes amis. Pas même bonjour, rien. On fait rien. On est juste là. Elle nous prend
en photo. Elle envoie la photo aux flics. Elle a peur. Elle nous fait peur. »
Toufik