Lexique JDL`O

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Lexique JDL`O
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0-9
2-STEP
A
A CAPPELLA
ABSTRACT HIP HOP
ACID HOUSE
ACID JAZZ
ACID TECHNO
AFROBEAT
AFROPOP
AMBIENT
AMBIENT TECHNO
AMERICANA
ANADOLU POP / ANADOLU ROCK
ANTI-FOLK
ARRANGEMENT
B
BAILE FUNK
BALEARIC HOUSE
BALTIMORE CLUB / BMORE
BANDA
BASS MUSIC
BASSLINE
BASTARD POP
BEAT MUSIC
BEATBOXING
BE-BOP
BÈLÈ
BIG BEAT
BLACK METAL
BLEND
BLUEGRASS
BLUES
BOLLYWOOD
BOOGALOO
BOOGIE-WOOGIE
BOOTLEG
BOOTY BASS
BOSSA NOVA
BOUNCE MUSIC
B.P.M.
BREAKBEAT
BREAKCORE
BRITPOP
BROKEN BEAT
BULLERENGUE
C
CAJUN / CADIEN
CALYPSO
CANDOMBLE
CAPOEIRA
CHA-CHA-CHA
CHAÂBI
CHAMPETA
CHANSON
CHANT LYRIQUE
CHILL-OUT
CHILLWAVE
CHIP MUSIC
CHIRIMIA
CLUBBER
COLDWAVE
COUNTRY
COWPUNK
CROONING
CROSSFADER
CROSSOVER
CRUNK
CUMBIA
CUMBIA DIGITALE
CUMBIA RAP
CUMBIA VILLERA
CURRULAO
CUT-UP
D
DANCEFLOOR
DANCEHALL
DARKWAVE
DEEP
DELTA BLUES
DIGITAL HARDCORE
DISCO
DJ
DOO-WOP
DOOM METAL
DOWNTEMPO
DREAM POP
DRILL ’N’ BASS
DRONE
DRUM AND BASS
DUB
DUBSTEP
DUTCH HOUSE
E
ÉLECTRO
ÉLECTRO-INDUS
ÉLECTROCLASH
ÉLECTRONICA
ETHEREAL WAVE
EURODANCE
EXOTICA
E.B.M
F
FIDGET HOUSE
FLAMENCO
FLOW
FOLK
FOLKTRONICA
FREAKBEAT
FREE FUNK
FREE JAZZ
FREESTYLE
FUNK
G
GAMELAN
GARAGE (HOUSE)
GARAGE (ROCK)
GHETTO HOUSE
GHETTOTECH
GLAM ROCK
GLITCH
GLITCH HOP
GLOBAL BASS
GNAWA
GOSPEL
GRIME
GROOVE
GRUNGE
GUMBE
H
HARDCORE
HARD ROCK
HARD-TECH
HIGHLIFE
HIP HOP
HIP HOP INDUSTRIEL
HIP HOUSE
HOUSE
HOUSE MINIMALE
HUMAN BEATBOX
I
I.D.M.
INDE
INDUS
ITALO-DISCO
ITALO HOUSE
J
JAZZ
JAZZ-FUNK
JUG BAND
JUKE HOUSE
JUMP BLUES
JUNGLE
K
KALINDULA
KAN HA DISKAN
KLEZMER
KRAUTROCK
KUDURO
KWAITO
L
LABEL
LATIN JAZZ
LIQUID FUNK
LIVE
LIVE MACHINES
LO-FI
LOVERS ROCK
M
MACHINES
MADCHESTER
MAINSTREAM
MAJOR
MALOYA
MAMBO
M.A.O.
MARIACHI
MASHUP
MATH ROCK
MBALAX
MBAQANGA
MC
MERENGUE
METAL
MIAMI BASS
MICROHOUSE
MIX
MIXAGE
MIXER
MIXETTE
MUSIC-HALL
MUSIQUE BAROQUE
MUSIQUE CLASSIQUE
MUSIQUE CONCRÈTE
MUSIQUE CONTEMPORAINE
MUSIQUE EXPÉRIMENTALE
MUSIQUE IMPROVISÉE
MUSIQUE INDUSTRIELLE / INDUS
MUSIQUE MINIMALISTE
MUSIQUE MODERNE
MUSIQUE POST-INDUSTRIELLE
MUSIQUES DU MONDE
MUSIQUES ÉLECTRONIQUES
N
NEGRO SPIRITUALS
NEOFOLK
NEW BEAT
NEW ORLEANS JAZZ
NEW WAVE
NOISE
NORTEC
NORTEÑO
NORTHERN SOUL
NOUVEAUX ROMANTIQUES
NO WAVE
NU DISCO
NU JAZZ
NU SKOOL BREAKS
NU SOUL
O
OLD SCHOOL
P
P-FUNK
PERFORMER
POP
POP BAROQUE / POP DE CHAMBRE
PORRO
POST-HARDCORE
POST-PUNK
POST-ROCK
POWER POP
PRODUCTEUR
PROG ROCK
PROGRESSIVE HOUSE
PROGRESSIVE TRANCE
PROTEST SONG
PSYCHÉDÉLIQUE
PSYCHOBILLY
PUNK
PUNK-FUNK
R
R&B
RAP
RAP CONSCIENT
REGGAE
REGGAETON
REMIX
REPENTE
REVIVAL
RHYTHM AND BLUES
ROCK
ROCK AND ROLL
ROCKABILLY
ROCKSTEADY
ROCK GOTHIQUE
ROCK SUDISTE
RUMBA
RUMBA CONGOLAISE
S
SALSA
SAMBA
SAMPLE
SAMPLEUR
SARDANE
SCRATCH
SCREAMO
SÉLECTOR
SET
SHELLELE
SHOEGAZING
SINGLE
SKA
SKIFFLE
SNAP MUSIC
SOCA
SOUL
SOUND SYSTEM
SOUTHERN RAP
SOUTHERN SOUL
SPACE ROCK
SPOKEN WORD
STONER ROCK
SURF MUSIC
SWAMP BLUES
SYNTH-POP
SYNTHPUNK
T
TECH HOUSE
TECHNO
TEMPO
TOASTING
TRANCE
TRANCESTEP
TRAP
TRIP HOP
TROPICALISME
TURBO-FOLK
TURNTABLISME
U
UK BASS
UK FUNKY
UK GARAGE
UNDERGROUND
URSARI
V
VJ
W
WORK SONGS
Z
ZAM-ROCK
ZOUK
ZYDECO
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2-STEP
Voir UK garage*.
A CAPPELLA
Désigne le fait de chanter sans accompagnement instrumental.
ABSTRACT HIP HOP
Expression utilisée presque exclusivement par des francophones. Elle désigne généralement
une forme instrumentale de hip hop* laissant une large place aux mélodies ou à des
expérimentations qui l'éloignent du concept originel de la musique hip hop (un sample calé sur
un motif rythmique qui tourne en boucle). La musique de DJ Shadow, DJ Krush, DJ Vadim et
Prefuse 73 a souvent été qualifiée de a sorte. Certains l'envisagent comme une version
instrumentale du trip hop. D'autres considèrent que l'abstract hip hop n'est pas forcément
instrumental et que des morceaux de rap avec des textes abstraits ou surréalistes peuvent
être également qualifiés "d'abstract hip hop".
ACID HOUSE
Sous-genre de la house* apparu dans la deuxième moitié des années 1980. Ce qui l'a
d'emblée caractérisé est l'utilisation d'une machine* (la TB-303 de la marque Roland)
produisant des basses synthétiques pouvant être modifiées pour être plus stridentes, d'où le
qualificatif "acid" (qui n'a ici aucun rapport avec le LSD – la drogue surnommée "acide"). Si le
premier groupe à avoir sorti un morceau d'acid house semble être Phuture (de Chicago), le
mouvement s'est essentiellement développé en Grande-Bretagne et est intimement lié à la
culture rave. De nombreux artistes ont ponctuellement évolué dans l'acid house (808 State, Lil
Louis ou LFO) et l'utilisation de ces sonorités s'est finalement diffusée dans de nombreux
courants, notamment le rock* (Happy Mondays) ou le big beat* (Fatboy Slim).
ACID JAZZ
Style musical qui trouve ses racines dans les années 1970 mais qui s'est principalement
développé durant les deux décennies suivantes. Issu de la culture jazz*, c'est l'ajout
d'influences pop, funk, soul et disco qui donne à l'acid jazz* le groove* nécessaire à sa
vocation de musique dansante. Le DJ* Gilles Peterson semble avoir la paternité de l'expression
"acid jazz" et c'est également lui qui crée un label* de ce nom à la fin des années 1980. Il y
produit ensuite des artistes majeurs de ce style tels que Galliano, The Brand New Heavies,
Mother Earth et James Taylor Quartet. Le groupe le plus connu du grand public est néanmoins
Jamiroquai, que l'on peut qualifier d'acid jazz sur ses deux premiers albums.
ACID TECHNO
Sous-courant de la techno* qui emprunte à l'acid house* ses sonorités stridentes, tout en
conservant la sobriété et le minimalisme propre à la techno.
AFROBEAT
Genre créé et baptisé par le batteur nigérian Fela Kuti à la fin des années 1960. C'est le
produit de la rencontre des chants et percussions africaines avec les rythmes funk fraîchement
débarqués des Etats-Unis.
AFROPOP
Terme générique désignant l'ensemble des musiques populaires africaines actuelles. Par
exemple : l'afrobeat* (Nigéria), le kuduro* (Angola), le kwaito* (Afrique du Sud), le mbaqanga*
(Afrique du Sud) ou encore le raï (Algérie).
AMBIENT
L'ambient n'est pas un style musical comparable aux autres dans le sens où l'on peut qualifier
d'ambient des morceaux de jazz*, de rock*, de techno*, de musique classique contemporaine,
d'électronica* et d'à peu près n'importe quel courant musical. S'il n'est pas le premier artiste à
faire de l'ambient, Brian Eno est néanmoins celui qui définit ce que représente ce terme : une
musique pouvant, comme les autres, être écoutée de façon active, mais également capable de
toucher l'auditeur sans que celui-ci y fasse vraiment attention. Basée sur l'élaboration
d'atmosphères, l'ambient privilégie les textures sonores aux rythmes et aux mélodies. Les
sons utilisés peuvent être de nature électronique, électrique, acoustique ou même concrète. Si
les Français Erik Satie et Edgard Varèse (au début du 20ème siècle) sont considérés comme
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les précurseurs du genre, l'ambient électronique ne devient un style musical à part entière que
dans les années 1970. Tangerine Dream, Brian Eno et Vangelis y participent et fournissent
ainsi une esthétique musicale aux mouvements New Age et ésotériques. Plus tard, au début
des années 1990, la génération techno* donnera un second souffle à l'ambient : notamment
The Orb, Aphex Twin, Autechre ainsi que le label* Warp et ses compilations "Artificial
Intelligence" qui auront ensuite une influence déterminante sur l'émergence de l'I.D.M.* et de
l'électronica*.
AMBIENT TECHNO
Style de musique électronique* né au début des années 1990, conceptualisé comme un
courant de la techno* destiné à l’écoute plus qu’à la danse. On y retrouve l’influence des
pionniers de la techno*, mais aussi de Brian Eno, de certains groupes allemands des années
1970 (notamment Tangerine Dream), ainsi que du dub*, voire de certaines musiques
ethniques. Alors que le genre évolue et qu’il commence à être rebaptisé I.D.M.*, quelques
précurseurs se retrouvent réunis par le label* Warp sur les compilations "Artificial
Intelligence" (volume I et II, en 1992 et 1994). En se complexifiant notamment grâce aux
évolutions technologiques, le mouvement permettra ensuite l’émergence d’une famille plus
large appelée "électronica"*.
AMERICANA
Terme désignant la musique d'artistes ou de groupes qui mélangent dans des proportions
variables des genres musicaux constituant les racines de la culture musicale des États-Unis, et
notamment la folk*, la country*, le rhythm and blues* et le rock and roll*. Cette appellation
désigne un spectre si large qu'on peut y rattacher des morceaux de nombreux artistes
pourtant assez différents. Notamment Leadbelly, Elvis Presley, Johnny Cash, Gram Parsons,
The Band, Neil Young, Ry Cooder, Victoria Williams, Vic Chesnutt, Calexico ou encore Wilco.
ANADOLU POP / ANADOLU ROCK
Littéralement : "pop anatolienne" et "rock anatolien", ou "pop turque" et "rock turque".
Mouvement musical né au milieu des années 1960, au moment où la pop* et le rock* anglais
et américains remportent un vif succès en Turquie. Des groupes se forment alors et
commencent à développer une musique psychédéliquex mêlant pop et rock anglophones et
musiques traditionnelles turques. Le compositeur Murat Ses est souvent considéré comme le
créateur de ce mouvement.
ANTI-FOLK
Né à New-York vers le milieu des années 1980, le mouvement anti-folk se nourrit autant du
songwriting folk traditionnel que de l'esprit frondeur et anti-establishment du punk. Les
premiers activistes avaient pour but d'attirer l'attention sur une nouvelle scène alternative
alors largement ignorée au profit des stars des décennies précédentes. Certains des artistes
anti-folk les plus célèbres aujourd'hui sont Ani DiFranco, Michelle Shocked, The Moldy Peaches
(le groupe de Adam Green et Kimya Dawson) et Regina Spektor. A ses débuts, Beck a
également été considéré comme un artiste anti-folk.
ARRANGEMENT
Étape dans l'élaboration d'une musique où le compositeur (ou son arrangeur) enrichit le thème
principal de phrases mélodiques à la fois différentes et complémentaires, permettant ainsi de
préciser la couleur musicale du morceau. Un arrangement peut confirmer ou contredire
l'orientation prise par la mélodie principale. Le choix des instruments qui joueront ces
arrangements est généralement déterminant dans la perception que l'auditeur aura du
morceau final. Pour une même musique, plusieurs arrangements peuvent être faits, générant
ainsi autant de versions différentes du morceau. On peut faire une analogie entre la notion
d'arrangement et celle de "remix*", la première étant plus utilisée pour les musiques écrites
sur partitions, la seconde pour celles réalisées avec des machines* et des moyens de
production modernes.
BAILE FUNK
Genre musical brésilien parfois appelé "carioca funk" ou "favela funk". Issu de la Miami bass*,
ce style mêle hip hop* et électro*, mais inclut également des rythmes traditionnels afrobrésiliens. Les textes, généralement rappés, sont inspirés de la vie quotidienne dans les
favelas de Rio de Janeiro où le baile funk est né dans la deuxième moitié des années 1980. Ce
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genre ne s'est exporté que très récemment, notamment grâce à des DJ’s américains tels que
Diplo qui s'en sont fait les ambassadeurs. Le premier tube international de baile funk fut sans
doute "Popozuda rock n'roll", enregistré en 2000 par le groupe De Falla.
BALEARIC HOUSE
Décrit par certains comme un style musical à part entière, la Balearic house (ou "Balearic
Beat") se définit selon les puristes comme une couleur musicale sans limite stricte, propre aux
mixes réalisés par certains DJ's d'Ibiza dans la deuxième moitié des années 1980. Si l'italo
house et la deep house était souvent des éléments incontournables de ces mixes, ces DJ's
pouvaient y intégrer un grand nombre de styles musicaux tout en respectant l'ambiance
hypnotique recherchée : soul, funk, dub, pop, musiques traditionnelles d'Afrique ou d'Amérique
latine… Dans le prolongement de cette atmosphère, mais en se concentrant sur les morceaux
les plus lents et les plus doux, certains de ces DJ's ont même créé la bande-son typique dédiée
au chill-out*. José Padilla en est l'un des exemples les plus célèbres.
BALTIMORE CLUB / BMORE
Appelée à l’origine "Baltimore house", puis "Baltimore club", "Bmore club" et plus couramment
"Bmore", c’est une évolution de la hip-house* apparue à Baltimore au début des années 1990.
Elle emprunte à la ghetto house* l'utilisation de samples de voix très courts et un tempo assez
soutenu (autour de 130 B.P.M.*).
BANDA
Formation musicale réunissant une quinzaine de musiciens (cuivres, percussions et voix)
jouant la musique du même nom. Apparue dans les années 1930, dans le nord du Mexique, la
banda est née de la rencontre de musiques traditionnelles mexicaines et de la polka importée
par les immigrés venus d'Allemagne et d'Europe Centrale et installés dans le sud du Texas, de
l'Arizona et de la Californie.
BASS MUSIC
Terme générique englobant un grand nombre de musiques électroniques dansantes puisant
autant leurs racines dans le hip hop* que dans la house* ou l’électro*. Si l’expression pouvait
à l’origine être synonyme de "Miami bass*", elle est aujourd’hui davantage employée pour
désigner l’ensemble des genres musicaux caractérisés par des basses puissantes et des
rythmiques tout en ruptures (électro*, booty music*, drum and bass*, dubstep*, breakbeat*
et, bien entendu, tous les styles issus d’une ou plusieurs de ces familles musicales).
BASSLINE
Parfois aussi appelée "bassline house", c’est une musique électronique dansante apparue dans
le nord de l’Angleterre au début des années 2000. Issue du UK garage*, la bassline a des
caractéristiques communes avec le dubstep*, le grime* et le 2-step*, mais s’en distingue par
la place centrale occupée par la basse, son rythme plus linéaire et son tempo plutôt élevé
(autour de 140 B.P.M.*).
BASTARD POP
Au-delà d'un style, ce terme décrit un mix* essentiellement basé sur des blends*, collages de
plusieurs morceaux de familles musicales souvent différentes. Le mot "pop*" étant ici utilisé
dans un sens large, il peut inclure toutes les formes de musiques actuelles et populaires :
rock*, hip hop*, disco*, funk*, reggae*, musiques électroniques*…
BEAT MUSIC
Forme de pop-rock née en Angleterre au début des années 1960. Également appelé "British
beat" ou "Mersey beat" (du nom de la rivière qui traverse Liverpool), ce style est le produit de
l’influence conjointe du rock and roll*, du rhythm and blues*, du doo-wop*, de la soul et du
skiffle*. Il est devenu extrêmement populaire avec l’avènement des Beatles, notamment à
partir de 1962.
BEATBOXING
Dans la culture hip hop*, c'est une technique permettant de reproduire vocalement un rythme
pour pouvoir faire du rap* sans instruments de musique (boîte à rythmes, platines ou
batterie). Si cette technique d'imitation a sans doute été inventée pour des raisons
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économiques et pratiques, elle s'est ensuite développée comme une discipline à part entière où
l'instrument est le beatboxeur lui-même. Le rappeur Biz Markie est souvent considéré comme
celui qui a fait du beatboxing un genre musical en soit, dans la deuxième moitié des années
1980. Au milieu des années 1990, Rahzel (membre de The Roots entre 1995 et 1999) amène
la beatboxing à un autre niveau : il développe une technique permettant de reproduire
plusieurs sons simultanément, donnant ainsi l'impression d'entendre un groupe entier (par
exemple de la basse, de la batterie, de la trompette et du scratch). Certains parlent alors de
"vocal turntablism" et non plus de "human beatbox".
BE-BOP
Sous-genre du jazz* apparu au début des années 1940. Le bebop (ou be-bop) est basé sur
des tempos* rapides et sur l'improvisation dans le cadre de structures harmoniques, bien plus
que sur des mélodies. Une formation standard inclut généralement un piano, une basse, une
batterie et deux cuivres (trompette, trombone ou saxophone). Charlie Parker et Dizzy Gillespie
ont tous les deux participé à ce courant.
BÈLÈ
Musique et danse traditionnelles martiniquaises apparues au 17ème siècle dans le contexte de
la traite des Noirs. La partie musicale est généralement constituée par une voix principale, des
choeurs qui lui répondent ainsi que des tambours (le tambour bèlè et le ti-bwa). Enfin, dans la
tradition du bèlè, la musique est totalement indissociable de la danse.
BIG BEAT
Genre musical né en Angleterre, au milieu des années 1990. Ce style hybride est issu de la
rencontre de sonorités acid house*, de breakbeats* funk*, de techno*, de hip hop* et de
rock*. Contrairement à de nombreux autres styles, les fondateurs du genre sont ceux qui ont
remporté le plus grand succès public (Fatboy Slim, The Chemical Brothers et The Prodigy).
Après avoir été très en vogue, le terme est aujourd'hui boycotté par la plupart des artistes et
labels* qui font du big beat, pour des raisons sans doute plus liées à la mode et à la
communication qu'à la musique en elle-même. On lui préfère désormais le terme générique
"breakbeat", jugé moins démodable.
BLACK METAL
Sous-genre du metal dont les prémices apparaissent au milieu des années 1980 avec une
poignée de groupes européens (notamment les Anglais Venom et les Suédois Bathory).
Néanmoins, cette mouvance ancrée dans une imagerie anti-chrétienne, voire sataniste,
n’atteint sa maturité musicale et son identité propre qu’avec la seconde vague des années
1990, dont les groupes norvégiens sont devenus les principaux représentants (par exemple
Thorns ou Darkthrone).
BLEND
Littéralement, "mélange". C'est un morceau issu de l'assemblage et du mixage* d'au moins
deux morceaux, généralement un a cappella* et un morceau instrumental. Si cette démarche
est l'héritière des techniques de la musique concrète* et de trente années de travaux de
manipulateurs de samples* en tous genres (Frank Zappa, John Oswald, The KLF, Double Dee
and Steinski, Evolution Control Committee, Rubin Steiner & Placido…), c'est en 2001 que les 2
Many DJ's popularisent cet exercice et en font un genre à part entière : la bastard pop*. Les
blends étant souvent réalisés sans l'autorisation des détenteurs des droits d'auteur, ils sont
essentiellement diffusés via Internet. Leur caractère illégal explique qu'ils soient généralement
appelés bootlegs*, plutôt que blends.
BLUEGRASS
Ce style de country* est un descendant direct des traditions musicales irlandaises et
écossaises, ainsi que de la folk de la région américaine des Appalaches. Les instruments de
prédilection sont le violon, le banjo, la mandoline et la guitare acoustique. Sur un tempo*
assez élevé, chaque instrument joue son solo, puis laisse la place à des parties vocales où les
choeurs sont particulièrement mis en avant. Créé vers le début des années 1940, le bluegrass
est l'un des rares genres musicaux dont la paternité peut être attribuée à un musicien en
particulier : Bill Monroe, dans le cadre de son groupe The Blue Grass Boys.
BLUES
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Le blues est sans doute le genre musical le plus influent en Occident depuis le début du XXème
siècle, puisque la plupart des styles apparus depuis en sont les descendants directs (country*,
jazz*, rhythm and blues*, rock* et tous leurs dérivés). Il apparaît dans le sud des Etats-Unis
dans la deuxième moitié du XIXème siècle. Ses origines proviennent des negro spirituals* et des
chants de travailleurs issus des traditions musicales des esclaves originaires d'Afrique de
l'Ouest. Le blues a mis plusieurs décennies à prendre forme et à intégrer des structures
harmoniques européennes à l'héritage rythmique et vocal des Afro-américains. Ce sont les
années 1920 qui voient se développer le country-blues du Delta du Mississippi, avec
notamment les chanteurs/guitaristes Son House, Blind Lemon Jefferson, Lonnie Johnson et,
enfin, Robert Johnson qui popularisera une forme de blues considérée ensuite comme un
standard (ses chansons sont construites sur des cycles de douze mesures). C'est également
dans les années 1920 que l'industrie du disque se développe et participe à diffuser et à
populariser le blues au travers des radios. Malgré le caractère discriminatoire de la société
américaine de l'époque, tous les publics découvrent ce genre musical qui subira ensuite de
nombreuses mutations et génèrera des styles aussi divers que le rhythm and blues*, le rock
and roll*, la soul*, le funk*, le hip hop*…
BOLLYWOOD
Désigne l'industrie du cinéma populaire indien (en référence à Hollywood), et notamment la
tradition des comédies musicales basées sur des mélodrames légers et stéréotypés. Par
extension, la Bollywood music (composée à l'origine spécialement pour des films) est l'une des
musiques les plus populaires en Inde. Toujours dansante, elle constitue une sorte de rencontre
entre les chansons populaires occidentales et une orchestration issue des musiques classiques
ou traditionnelles indiennes.
BOOGALOO
Ce style musical est une fusion multiculturelle née à New York dans les années 1960, dont les
principales composantes sont le rhythm and blues, la soul et les musiques cubaines telles que
le mambo et le son. C’est donc une musique qui a permis de réunir les danseurs des
communautés afro-américaines et latino-américaines sur les mêmes pistes de danse. Les
artistes ayant participé à l’émergence ou au succès du boogaloo pouvaient donc aussi bien
venir des scènes latin jazz, soul ou mambo. Joe Cuba, Johnny Colón ou encore Pete Rodriguez
font partie des artistes dont le nom est resté associé durablement au boogaloo. On peut enfin
noter que le style est très vite tombé en désuétude à la fin des années 1960 avec l’arrivée de
la salsa.
BOOGIE-WOOGIE
Apparu vers la fin des années 1930 à New-York, le boogie-woogie est l'une des évolutions du
blues* et de la country* constituant une étape vers l'avènement du rock and roll*. Joué à
l'origine sur un seul piano, puis dans une formation de trois pianos et enfin à la guitare, il est
musicalement fondé sur des basses qui suivent un schéma rythmique répétitif (selon un cycle
de huit notes). Pete Johnson et Big Joe Turner sont deux des musiciens ayant contribué à la
popularité de ce style. Dans les années 1960, certains groupes de blues-rock dont la musique
s'inspirait du jeu de guitare de John Lee Hooker reprirent le terme "boogie" pour qualifier leur
musique. Canned Heat est l'un des plus célèbres représentants de cette nouvelle vague du
boogie qui influence encore aujourd'hui de nombreux groupes de rock*.
BOOTLEG
Se dit d'un enregistrement illégal. A l'origine, ce terme concernait surtout les enregistrements
de concerts, mais il est aujourd'hui souvent utilisé pour parler de remixes* ou de blends* nonautorisés.
BOOTY BASS
Terme se référant aux rythmes bruts et chargés de basse que l'on trouve dans la Miami bass*
ainsi que dans ses dérivés tels que la ghettotech* et le baile funk*.
BOSSA NOVA
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Musique née au Brésil vers 1957, sous l'impulsion de jeunes artistes (dont Antônio Carlos
Jobim et João Gilberto) désireux de rompre avec les traditions des musiques populaires de leur
pays. L'histoire raconte que c'est en entendant un morceau d'Henri Salvador (« Dans mon île
») que Jobim eut l'idée de développer une nouvelle forme de chanson empruntant des
éléments musicaux à la samba et au jazz* afro-américain.
BOUNCE MUSIC
Forme spécifique de Southern rap* apparue à la Nouvelle-Orléans au début des années 1990.
En anglais, "to bounce" signifie "rebondir", et on devine que le terme a ici été choisi pour
qualifier aussi bien le rythme de cette musique que les mouvements sexuellement
provocateurs exécutés par les danseurs et danseuses. Ces mouvements de danse illustrent
d’ailleurs des textes aux connotations sexuelles très explicites. S’il n’en est pas l’instigateur, le
producteur Mannie Fresh est cependant considéré comme un acteur majeur de l’histoire de ce
style. Lil Wayne et Juvenile sont de leur côté deux exemples de rappeurs de la NouvelleOrléans qui ont participé à la reconnaissance internationale de ce style aux origines très
localisées.
B.P.M.
Battements Par Minute (Beats Per Minute). Unité de mesure des battements de coeur mais
également du tempo* en musique. Très utile aux DJ's* pour identifier le tempo d'un morceau,
son utilisation s'est popularisée avec la disco*, puis s'est généralisée avec le développement
de toutes les formes de musiques dansantes mixées par des DJ's. Voici une échelle indicative
et approximative des tempos* généralement observés dans certains genres :
Hip hop 60 à 120 B.P.M.
House / techno 110 à 140 B.P.M.
Drum and bass / jungle 140 à 190 B.P.M.
Gabber 200 B.P.M. et plus…
BREAKBEAT
Ce terme signifiant "casse-rythme" est employé de différentes façons. Dans certaines
musiques africaines ainsi que dans le jazz* et le funk*, il désigne une rythmique syncopée qui
s'oppose à la linéarité des rythmes du blues*, du rock* et de la techno*. Les rythmes du trip
hop*, du hip hop*, de l'électro*, du big beat*, du nu-skool breaks* et de la jungle*/drum and
bass* sont également basés sur des breakbeats. Par extension, le mot est devenu le terme
générique pour désigner cette famille des musiques électroniques* basées sur des breakbeats.
BREAKCORE
Style de musique électronique apparu en Europe (notamment à Berlin et Londres) vers le
milieu des années 1990. Le breakcore a hérité du breakbeat frénétique de la drum and bass*,
mais s’avère plus radical par les choix opérés dans la production : ruptures de rythmes
systématiques, sonorités agressives empruntées à d’autres musiques dites “hardcore”* (rock
hardcore, techno hardcore, métal hardcore), recherche sonore inspirée par l’electronica*… Le
breakcore est également parfois considéré comme un dérivé du digital hardcore*, dont le plus
fameux représentant, Alec Empire, est d’ailleurs crédité du premier album de breakcore (“The
Destroyer”, 1996). Parmi les pionniers du genre, on peut également citer The Panacea et DJ
Scud. À la fin des années 1990 et au début des années 2000, Kid606 et DJ /rupture sont deux
artistes ayant réussi à avoir un certain écho au-delà de la scène breakcore underground.
BRITPOP
Renouveau de la scène pop-rock britannique initié au débuts des années 1990. Comme une
sorte de réaction à la vague grunge venue des Etats-Unis, de nombreux jeunes groupes
britanniques développent alors une pop très ancrée dans la culture musicale de leur pays en se
référant notamment à l'âge d'or des années 1960 et 1970, mais aussi et surtout à deux
groupes des années 1980 : The Smiths et The Stone Roses. Cette démarche est également
présente dans leurs textes qui parlent essentiellement de ce que pouvaient vivre de jeunes
britanniques à cette époque. Portés par les influents médias rock anglais, un grand nombre
d'artistes Britpop ont rencontré un succès international (Blur, Suede, Oasis, Supergrass, The
Boo Radleys, Pulp, The Divine Comedy, Elastica…).
BROKEN BEAT
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C'est un style de musique électronique dansante basé sur des rythmes aux syncopes multiples
(d'où le qualificatif "broken" signifiant "cassé" en français) et des sonorités empruntées au
jazz*, à la soul* et au funk. Apparu à la fin des années 1990 sous l'impulsion d'artistes comme
IG Culture ou 4 Heroes, ce style a donc été modelé par des musiciens venant généralement de
la drum and bass*, de la house*, du hip hop*, de l'acid jazz*,du nu-jazz*, voire du UK
garage*. Par conséquent, les morceaux de broken beat intègrent généralement des éléments
de l'un ou de plusieurs de ces styles.
BULLERENGUE
Sous-genre de la cumbia* moderne joué généralement par des ensembles de flûtes et de
percussions.
CAJUN / CADIEN
"Cajun" est un terme anglais issu de l'adaptation phonétique du mot français "Cadien" qui
désigne les descendants des Acadiens déportés en Louisiane à partir du milieu du XVIIIème. Les
Acadiens sont majoritairement des habitants francophones originaires d'Acadie, une région de
l'Est du Canada. Bien que le mot original (cadien) soit français, la presse musicale française a
plutôt tendance à utiliser son équivalent anglais. A titre d'exemple, on trouve plus souvent
imprimée l'expression "blues cajun" que "blues cadien". La musique cadienne à proprement
parler prend forme au XIXème siècle. Elle est le fruit de l'évolution des chansons et ballades
acadiennes sous l'influence d'éléments musicaux propres à la Louisiane et à la culture créole
louisianaise. Les instruments que l'on retrouve généralement dans cette musique sont le
violon, l'accordéon, la guitare, le washboard (ou "planche à laver", également appelée "
frottoir"), l'harmonica et le triangle. La musique cadienne peut prendre la forme de ballades,
mais également de musiques rapides, dansantes et festives. Aujourd'hui, on considère parfois
la musique cadienne comme un parent éloigné et précurseur de la country*, qui l'aurait par la
suite influencée à son tour. Enfin, un sous-genre de musique cadienne appelé "zarico" (ou
"zydeco" en anglais) apparaît dans les années 1930, suite à l'intégration d'éléments blues et
rhythm and blues dans la musique cadienne. Ce sont des musiciens créoles noirs de Louisiane
qui auraient développé ce style qui se différencie également de la musique cadienne
traditionnelle par la place encore plus prépondérante occupée par l'accordéon. Durant le XXème
siècle, la musique cadienne et le zydeco ont intégré de nombreux éléments d'autres musiques
comme la folk*, le jazz*, la country*, le bluegrass*, le rock and roll*, la soul* ou le reggae*
(et d'autres influences afro-caribéennes), réussissant ainsi à se renouveler sans jamais renier
ses racines.
CALYPSO
C'est une musique afro-caribéenne dont les origines remontent aux carnavals de Trinidad et
Tobago à la fin du dix-neuvième siècle. Produit de la colonisation et de l'esclavage, le calypso
est le fruit de la rencontre de musiques traditionnelles d'Afrique de l'Ouest et de France
(notamment la musique de troubadours et de carnaval). Après avoir été adapté aux standards
commerciaux américains, le genre atteint un grand succès populaire dans les années 1950
avec notamment Harry Belafonte.
CANDOMBLE
Religion brésilienne fruit du syncrétisme culturel entre colons catholiques européens, esclaves
africains et population indigènes amérindiennes. Sa pratique s'est propagée pendant trois
siècles pour se développer plus largement au dix-neuvième siècle, après l'abolition de
l'esclavage. La pratique rituelle du candomblé laisse une place très importante à la musique,
caractérisée par l'usage de percussions d'origines africaines ou brésiliennes. Cette musique
rituelle a par la suite influencé un grand nombre de musiques brésiliennes populaires nonreligieuses.
CAPOEIRA
Forme artistique afro-brésilienne englobant art martial, danse, chant et musique. La musique
de capoeira est généralement jouée par 3 berimbaus (instruments à 1 corde, en forme d'arc)
et un groupe de percussions brésiliennes (pandeiros, atabaque, reco-reco et agogô). Elle peut
être jouée à des tempos lents ou rapides, et peut aussi bien être instrumentale
qu'accompagnée par des chants.
CHA-CHA-CHA
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C’est le nom d’une danse mais également celui d’un style musical créé dans la première moitié
des années 1950 par le compositeur et chef d’orchestre cubain Enrique Jorrín. Il explique luimême qu’il a simplifié un autre style (le danzón-mambo) en supprimant une syncope
rythmique qui constituait une difficulté pour la plupart des danseurs. Si peu d’artistes ont
depuis développé un répertoire exclusivement cha-cha-cha, le style s’est facilement intégré
dans l’ensemble des musiques de danse cubaines si populaires en Amérique Latine et dans le
monde entier (salsa*, mambo*, rumba...).
CHAÂBI
Le chaâbi est un style de musique populaire apparu en Algérie au début de XXe siècle, mais
dont le nom n’a été vraiment fixé qu’en 1964. Il est à la fois héritier de chants religieux, du
Melhoun (poésie populaire écrite en arabe maghrébin), d’éléments mélodiques issues des
traditions musicales arabo-andalouses, voire parfois de rythmes gnawa ou berbères. En France
et dans le monde entier, le grand public a découvert le chaâbi dans les années 1990 grâce à
Rachid Taha et à sa reprise du titre « Ya Rayah » de Dahmane El Harrachi qui rencontra un très
grand succès.
CHAMPETA
"Champeta" est le nom d'un phénomène culturel afro-colombien dont l'expression musicale du
même nom est l'une des composantes. C'est une musique dansante née sur la côte caraïbe de
Colombie au début des années 1980. Elle se définit comme une adaptation de styles musicaux
africains (soukous, highlife, mbquanga, juju…) à la culture musicale moderne des Caraïbes
(avec notamment l'influence du calypso*, du kompa, de la soca*, du zouk*, mais aussi du hip
hop*, du ragga*, du reggae* et du reggaeton*). La champeta est depuis des années
extrêmement populaire dans un grand nombre d'États et d'îles de la mer des Caraïbes.
CHANSON
Initialement, ce terme désigne une forme musicale (et non un style) où la voix se mêle aux
instruments et dit des textes en suivant une ligne mélodique en harmonie avec la musique.
Populaire par excellence, cette forme est donc utilisable dans quasiment n'importe quel style
de musique. La richesse et la popularité du répertoire français en matière de chanson ont fait
émerger l'expression "chanson française" en tant que style de musique qu'on a longtemps
opposé au rock*, à cause de l'attention particulière portée à l'écriture des textes ainsi qu'à leur
bonne compréhension. Cependant, avec le temps, les frontières du genre sont devenues
extrêmement floues, notamment à cause du mélange permanent entre les styles de musique.
Les seules formes que l'on peut aujourd'hui opposer à la chanson sont les musiques
instrumentales, le spoken word* (qui est parlé) et le rap* (qui en théorie ne suit pas de ligne
mélodique, bien que certains rappeurs réussissent à le faire).
CHANT LYRIQUE
Terme générique désignant la technique de chant propre aux musiques classiques vocales. Si
le terme est généralement utilisé pour des artistes d’opéra, ces derniers sont généralement
capables d’interpréter d’autres types de chants classiques (oratorio, lied…).
CHILL-OUT
Du verbe "to chill", "se rafraîchir". Dans une soirée, lieu dédié au calme où sont diffusées des
musiques relaxantes et non dansantes. Par extension, musiques sans violence ni agressivité,
aux rythmes lents et aux sonorités douces : ambient*, downtempo*, trip hop*, dub*,
certaines formes d'électronica* ainsi que certaines musiques ethniques (notamment indiennes
et africaines) propices au repos ou à la méditation.
CHILLWAVE
Style musical identifié en 2009 que l’on peut décrire comme un sous-genre de l’indie pop
intégrant des éléments de psychédélisme et des sonorités électroniques issues notamment de
l’ambient et de l’électronica. Comme cela arrive parfois lorsqu’on traite de styles musicaux
récents, il n’existe pas vraiment de consensus concernant ce que désigne exactement ce style
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dont le nom évoque un mélange de "chill-out" et de "new wave". Si cette définition presque
étymologique que l’on peut aussi reformuler en "synth-pop ambient" peut effectivement être
vérifiée sur certains morceaux, elle s’avère cependant restrictive puisqu’au travers des œuvres
qualifiées de chillwave, on retrouve également des éléments de dream pop, de shoegaze, de
psychédélisme, de folk, d’électronica voire même des rythmiques funky ou hip hop, cette liste
n’étant pas exhaustive. Panda Bear, Toro Y Moi, Neon Indian, Memory Tapes ou encore Washed
Out font partie des artistes ayant souvent été associés à ce mouvement.
CHIP MUSIC
Musique électronique composée à partir des sons basse-résolution (8bit) typiques des puces
informatiques les moins avancées du point de vue technologique (celles des ordinateurs et
consoles de jeux vidéo du milieu des années 1980). Cette tendance basée sur une forme de
nostalgie (à mi-chemin entre Kraftwerk, les débuts de la synthpop et Mario Bros) a depuis
généré un véritable courant musical qui ne cesse de se développer depuis le milieu des années
1990, intégrant même d'autres styles de musique que la pop, notamment le hip hop.
Bodenständig 2000, Nullsleep et Teamtendo sont quelques artistes reconnus de cette scène.
CHIRIMÍA
Ce nom désigne différents types d’instruments à vent proches du hautbois utilisés dans
certains ensembles traditionnels en Espagne ou en Amérique du Sud. Mais c’est également le
nom d’une musique folklorique colombienne originaire du département de Chocó, dans le nordouest du pays. Enfin, c’est aussi le nom de l’ensemble musical associé à ce genre, qui
comprend généralement des percussions et des chirimías.
CHORINHO
À l'origine appelée "choro", cette musique populaire brésilienne date du dix-neuvième siècle.
Avant de voir sa forme et son identité musicale se fixer, le choro était l'adaptation par des
musiciens brésiliens de certaines musiques européennes propres aux danses de bal (polka,
valse, scottish…).
CLUBBER
Personne qui fréquente assidûment des clubs, boîtes de nuit ou salles de concerts
programmant des musiques dansantes.
COLDWAVE
Appellation typiquement française réunissant la frange la plus froide et sombre de la new
wave* et du post-punk* de la fin des années 1970 et du début des années 1980. Certains
groupes gothiques ou indus de l'époque pouvaient également recevoir cette appellation.
Marquis de Sade, Joy Division, The Cure, Bauhaus, Dead Can Dance et Cabaret Voltaire ont
tous, à un moment ou à un autre, été considérés par les français comme "coldwave", même si
dans le reste du monde le terme "darkwave*" était plus généralement employé. En dehors de
la France, le terme "coldwave" désignait exclusivement des groupes français de
"darkwave" (Marquis de Sade, Kas Product, Clair Obscur…).
COUNTRY
La country est un genre apparu au milieu des années 1920 dans le sud des Etats-Unis. Née de
la fusion du blues* et de la folk* des Appalaches, elle semble avoir émergé avec les musiques
de Jimmie Rodgers et de The Carter Family. Le premier a ouvert la voix au country blues (Hank
Williams) alors que les seconds inspireront plutôt le bluegrass*, les ballades folk ainsi qu'une
grande lignée de chanteuses country (de Kitty Wells à Dolly Parton). Chacune de ces deux
écoles engendreront ensuite une multitude de sous-genres se distinguant par leurs origines
géographiques et leur position vis-à-vis du rapport tradition/modernité. L'un de ces styles les
plus populaires a sans doute été le Nashville sound, né dans les années 1960 sous l'impulsion
de Chet Atkins. Enfin, la country a également eu une influence déterminante sur d'autres
genres comme le rock'n'roll* ou la pop*.
COWPUNK
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Quasi-contraction de "country-punk". Ce genre apparu dans le sud de la Californie vers le
début des années 1980 est le fruit de la rencontre entre country*, folk-rock* et punk*. Green
On Red, The Gun Club et Lone Justice en sont quelques exemples.
CROONING
Technique vocale autant que style musical, le crooning désigne une forme de pop plutôt lisse et
destinée au grand public, souvent basée sur des accompagnements musicaux de jazz et
parfois liée aux comédies musicales de Hollywood ou de Broadway. Même s'ils ont récusé ce
terme à cause de son côté péjoratif, Franck Sinatra, Bing Cosby ou encore Dean Martin sont
généralement considérés comme des crooners. Après avoir connu leur heure de gloire entre
1940 et 1955, le crooners sont par la suite supplantés par les rockers dans le cœur de la
nouvelle jeunesse américaine.
CROSSFADER
Sur une mixette, élément monté sur glissière permettant en un seul geste de baisser le
volume d'une platine et d'augmenter celui d'une autre. Les turntablists* et autres DJ's*
spécialisés dans la technique du scratch* l'utilisent à chaque instant pour donner de rapides
variations de rythmes à leurs performances.
CROSSOVER
Littéralement, "croisement". Rencontre de deux genres musicaux a priori distincts générant
parfois un nouveau genre à part entière. L'histoire de la musique s'est largement construite sur
des crossovers, et la démarche a un caractère exponentiel : plus il y a de genres musicaux,
plus il y a de combinaisons possibles. Ce qui explique l'augmentation très rapide du nombre de
crossovers depuis 25 ans. Et donc, d'autant de nouveaux styles hybrides. Le terme "crossover"
est également utilisé pour décrire le phénomène selon lequel un artiste évoluant dans un style
très précis (s'adressant donc à l'origine à un public bien défini), réussit à avoir du succès
auprès du grand public, ou tout du moins d'un public élargi.
CRUNK
Sous-genre le plus extrême du dirty South*. Cette forme de musique hip hop se caractérise
par une production beaucoup plus électronique, des rythmiques plus percutantes, un usage
systématique de sons synthétiques et des textes généralement relégués au second plan. C'est
une des formes de rap les plus adaptées à la diffusion en clubs.
CUMBIA
Style musical et danse traditionnelle originaire de Colombie. Sans doute apparue au XVIIème
siècle, la cumbia est le fruit d'un métissage culturel où se sont croisées les traditions musicales
des esclaves africains, celles des Amérindiens et celles des colons espagnols. Durant le XXème
siècle, la cumbia s'est exportée dans la plupart des pays d'Amérique du Sud, subissant ainsi
des adaptations liées aux traditions musicales et aux spécificités culturelles de chaque pays.
CUMBIA DIGITALE
Forme récente de musique électronique ayant pour base le rythme de la cumbia. Dans une
certaine mesure, on peut dire que la cumbia digitale est à la cumbia* ce que le dancehall*, le
ragga* ou le reggaeton* sont au reggae* : une mise à jour moderne, urbaine, électronique et
dansante correspondant davantage aux aspirations de jeunes générations désirant s'approprier
une musique tout en conservant des éléments de leur traditions culturelles et musicales.
CUMBIA RAP
Forme musicale apparue à la fin des années 1980 dans une zone englobant le nord du Mexique
et le sud du Texas et de la Californie. Elle est fondée sur le rythme de la cumbia* et sur l'ajout
d'éléments issus du hip hop* (notamment le rap*) et du reggae*.
CUMBIA VILLERA
Évolution moderne et urbaine de la cumbia* ayant émergée en Argentine à partir des années
1990. Alors que la cumbia tropicale des deux décennies précédentes prenait la forme de
chansons d'amour de variétés parfois sirupeuses, la cumbia villera est quant à elle née dans
les bidonvilles de Buenos Aires en pleine crise économique. Elle se caractérise donc à l'origine
par des textes engagés abordant des thèmes largement censurés par les médias de masse (la
violence, la drogue, le sexe). Les groupes de cumbia villera ont ajouté des synthétiseurs bon
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marché aux instruments habituels (guitare, batterie, percussions…). Enfin, d'un point de vue
musical, la cumbia villera n'a pas de définition stricte dans la mesure où elle peut intégrer des
éléments de rock*, de reggae*, de hip hop* ou d'autres styles. Les deux points communs de
la plupart de ces groupes restent l'engagement des textes et l'utilisation du rythme originel de
la cumbia.
CURRULAO
Rythme folklorique afro-colombien issue de la région située sur la côte Pacifique de la
Colombie. En plus des flûtes et percussions typiques des musiques folkloriques du pays, le
currulao intègre souvent aussi un marimba.
CUT-UP
En littérature, technique devenu un genre basé sur le fait de découper un texte de façon
aléatoire puis de le ré-assembler afin de créer une nouvelle oeuvre et, selon William
Burroughs, de découvrir le véritable sens d'un texte. Découverte dans les années 1920 par
Tristan Tzara (du mouvement Dada), la technique du cut-up est réinventée et formalisée trente
ans plus tard par le peintre et écrivain Brion Gysin. Il transmet ensuite sa découverte à William
Burroughs qui l'approfondit et lui donne ses lettres de noblesse. Au delà de son usage poétique
et littéraire, Burroughs transpose le cut-up dans le domaine de l'enregistrement sonore et
transmet à son tour son savoir à Genesis P-Orridge au début des années 1970. Le
développement du sampleur* et des techniques d'enregistrement fait ensuite entrer le cut-up
dans un grand nombre de genres musicaux de la sphère électronique (notamment l'ambient*
et l'électronica* qui s'inspirent par ailleurs de techniques complémentaires issues des
musiques concrètes*).
DANCEFLOOR
Littéralement, "piste de danse". Par extension, c'est l'ensemble des danseurs assistant au set*
d'un DJ* dans un club, mais également un adjectif qualifiant toute musique faite pour danser
en club.
DANCEHALL
Nom donné à une variante du reggae* née en Jamaïque à la fin des années 1970, ainsi qu'aux
lieux où elle était alors diffusée. Lors de ces soirées, les DJ's diffusaient des versions
instrumentales de morceaux reggae où la basse et la batterie étaient particulièrement mises
en avant, puis ils chantaient, toastaient* ou rappaient* par dessus. Rompant avec la
spiritualité du reggae et de la religion rastafari, les textes de dancehall sont souvent plus rudes
et peuvent même exprimer une certaine agressivité envers la religion, la politique ou certaines
catégories de la population. Également appelé raggamuffin* à partir du début des années
1990, on considère aujourd'hui le dancehall comme le versant électronique et rude du ragga.
Si Yellow Man et Super Cat sont considérés comme des pionniers du dancehall, les stars du
mouvement sont aujourd'hui Beenie Man, Buju Banton, Bounty Killer, Elephant Man, Shaggy et
Sean Paul.
DARKWAVE
Genre issu de la mouvance post-punk*/new wave* de la fin des années 1970, caractérisé par
une musique et des textes particulièrement sombres. En plus des instruments habituels des
groupes de rock (guitare, basse, batterie), les formations darkwave intégraient souvent des
synthétiseurs et batteries électroniques leur permettant d'accentuer le côté sombre et froid
qu'ils recherchaient. Si certains artistes ajoutaient également des éléments de rock industriel*
(Killing Jokes) ou de synth-pop* (Depeche Mode), la darkwave a surtout fourni l'esthétique
musicale sur laquelle s'est développé le mouvement gothique au même moment. Bauhaus,
Cocteau Twins, The Cure, Dead Can Dance, Joy Division ou encore Siouxsie & The Banshees
ont tous porté à un moment cette double étiquette. Enfin, le public et les médias français ont
pris l'habitude à la même époque d'employer le terme "coldwave*" comme un synonyme de
"darkwave".
DEEP
Littéralement, "profond". Qualificatif précédant certains styles de musique pour mettre en
évidence un sous-courant où sont favorisés des basses profondes et chaleureuses ainsi que
des effets et filtres divers, et où les sons de batterie et de percussions sont en retrait pour ne
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pas agresser l'auditeur. L'exemple le plus connu et le plus ancien est la deep house, expression
apparue à la fin des années 1980 pour décrire la musique de Larry Heard.
DELTA BLUES
Également appelé "Mississippi Delta blues" (en français "blues du Delta du Mississippi") et sans
doute né vers la fin du XIXème siècle, le Delta blues est l’une des plus anciennes formes de
blues*. À ce titre, on considère parfois qu’il en représente la forme la plus traditionnelle, joué à
la guitare ou à l’harmonica. Charlie Patton, Son House et Robert Johnson sont parmi les plus
célèbres artistes de Delta blues. Enfin, on utilise l’expression "country-blues" pour désigner
l’ensemble des styles traditionnels et acoustiques de blues, quelle que soit leur origine
géographique.
DIGITAL HARDCORE
Style musical qui tire son nom du label créé par le musicien allemand Alec Empire (Digital
Hardcore Recordings, 1994). A l'origine, il avait utilisé ce terme pour décrire la musique de son
groupe Atari Teenage Riot né deux ans plus tôt. On décrit le digital hardcore comme un
mélange de musique électronique rapide et agressive et de punk* hardcore. Le genre a
néanmoins toujours été suffisamment ouvert pour intégrer d'autres éléments comme le hip
hop*, la jungle*, l'électronica*, le métal* ou le rock industriel*. Les textes sont généralement
très politisés (entre anarchie et extrême-gauche radicale) et sont scandés et criés plus qu'ils
ne sont chantés.
DIRTY SOUTH
Sous-courant du Southern rap* apparu dans la deuxième moitié des années 1990, orienté
comme son nom l'indique vers des textes crus (voire salaces) où il est question de sexe, de
bijoux et de drogue. Influencés par le 2 Live Crew et Dr. Dre, les principaux artistes de Dirty
South sont Master P., Goodie Mop, Lil' Flip, Ludacris ainsi que les représentants du "crunk", sa
tendance plus extrême : Lil'Jon, Ying Yang Twins ou encore David Banner.
DISCO
Musique née vers le début des années 1970 et presque exclusivement faite pour la danse (le
tempo* variant entre 110 et 135 B.P.M.*). Influencé par le funk* et la soul*, le disco intègre
des voix empruntées à la pop* et des arrangements d'orchestres symphoniques. Son succès
s'est fait par l'accumulation de tubes plus que d'albums, rendant presque impossible toute
tentative de lister les artistes essentiels de ce style. On peut néanmoins citer Donna Summer
et son producteur Giorgio Moroder comme les artistes ayant amené le disco vers le grand
public en 1975 avec le morceau "Love to love you baby". Avec les progrès technologiques, les
sonorités électroniques se développent et génèrent alors une forme de disco beaucoup plus
synthétique qui sera à l'origine de la house*.
DISCO-PUNK
Voir punk-funk*.
DJ
Disc Jockey. Personne chargée de choisir et de passer les disques dans une soirée ou à la
radio. Les DJ's existent depuis que la production discographique est suffisamment importante
pour qu'il y ait une démarche de sélection. Néanmoins, à la fin des années 1970, les DJ's hip
hop ont inventé de nouvelles façons d'exploiter les platines vinyle et ont ainsi créé des
techniques (comme le scratch*) qui ont transformé ce simple outil de lecture en un véritable
instrument de musique. On peut préciser que dans les cultures reggae, dub et ragga
dancehall, le DJ est celui qui a le micro alors que celui qui passe les disques est appelé
"sélector*".
DOO-WOP
Né au début des années 1950, ce style vocal de la famille du rhythm and blues* s'est
largement inspiré du gospel* et notamment de groupes tels que The Golden Gate Quartet. Les
formations de doo-wop les plus célèbres sont The Platters (« Only You », « The Great
Pretender ») ainsi que The Drifters.
DOOM METAL
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Le doom metal est un courant du heavy metal sombre, dont les tonalités graves et les rythmes
aux tempos modérés renforcent d’autant plus son côté "heavy" (c’est-à-dire lourd). Si le nom
et les codes de cette mouvance se sont fixés vers la moitié des années 1980 avec des groupes
comme Saint Vitus, Trouble et Candlemass, elle puise ses racines dans les premiers albums du
groupe anglais Black Sabbath parus en 1970 et 1971. Parmi les autres précurseurs du doom
metal ayant sévi dans les années 1970, on peut également citer Blue Cheer et Pentagram.
Enfin, les caractéristiques du doom (un rock sombre, grave et lourd) étant déjà présentes dans
l’A.D.N. du heavy metal originel, il était logique que ce style engendre un grand nombre de
sous-courants en fusionnant avec d’autres tendances du metal à partir de la fin des années
1980 : death/doom, sludge doom, stoner doom, funeral doom, drone metal…
DOWNTEMPO
Littéralement, "tempo bas". Désigne une musique électronique* lente et relaxante aux confins
du trip hop*, du dub* et du hip hop* instrumental, pouvant également inclure des éléments
d'ambient*, d'électronica*, de funk*, de soul*, de pop*, voire de drum and bass*. Elle émerge
dans la deuxième moitié des années 1990 sous le nom de "lounge music". Sans doute trop
exploitée par le marketing et la publicité, ses acteurs la rebaptisent ensuite pour se distinguer
de cette image consumériste. Ses artistes de référence sont les Autrichiens Kruder &
Dorfmeister ainsi que le duo américain Thievery Corporation.
DREAM POP
Mouvance née au milieu des années 1980 à partir du moment où l'esthétique ethereal* a été
appliquée à des morceaux de pop plus qu'à des paysage sonores ambient*. Cocteau Twins,
Spacemen 3, The Cure, Galaxie 500 ou encore Mazzy Star sont quelques exemples de groupes
ayant participé à l'histoire de ce courant.
DRILL ’N’ BASS
Croisement de drum and bass* et d'électronica*, au tempo très rapide et aux rythmiques
extrêmement complexes. Ce courant musical a émergé en 1995 sous l'impulsion de
Squarepusher, Luke Vibert et Aphex Twin.
DRONE
Équivalent anglais du terme français "bourdon". En musique, le bourdon est le son d’une note
ou d’un accord que l’on entend en continu, alors que d’autres parties rythmiques ou
mélodiques peuvent se succéder dans le même temps. Le bourdon apporte un effet répétitif,
voire étourdissant. On retrouve ce principe dans différentes cultures traditionnelles du monde
entier, par exemple dans les musiques celtiques (avec la cornemuse) et indiennes (sitar et
autres instruments à cordes). À la fin des années 1950, certains musiciens expérimentaux
sensibles aux musiques ethniques à vocation spirituelle réutilisent ce concept de "drone" pour
des compositions minimalistes contemporaines, ce qui sera à l’origine du développement de la
"drone music", c’est-à-dire le drone en tant que style musical à part entière. La Monte Young
est sans doute le plus célèbre de ces artistes, mais c’est son jeune collaborateur John Cale qui
importera le concept dans le rock dès la création du Velvet Underground.
DRUM AND BASS
Littéralement, "batterie et basse". Initialement appelée "jungle*" (terme qui deviendra par la
suite le nom de l'un de ses sous-genres), cette musique est la rencontre du breakbeat*, du hip
hop* et du funk* dont le tempo* a été accéléré (en général multiplié par deux), des lignes de
basse du reggae* et du dub*, ainsi que des techniques de production de la techno*. Née dans
les sound systems* de la banlieue sud de Londres dans la première moitié des années 1990, la
jungle originelle intégrait presque systématiquement les toasters* issus du ragga* dancehall*.
Néanmoins, de nombreuses évolutions ont ensuite fait émerger autant de dérivés ayant des
spécificités de rythmes, de mélodies ou de sons, faisant de la jungle l'un des courants de la
drum and bass. A Guy Called Gerald, 4Hero et Goldie ont été parmi les premières "stars" du
genre.
DUB
Technique et genre musical apparus en Jamaïque au début des années 1970. Avant d'être
considéré comme un style musical, un "dub" était une version remixée* d'un morceau de
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reggae* préexistant. Le producteur ou ingénieur du son qui réalisait un dub supprimait
généralement la partie vocale au profit de la section basse/batterie, et complétait son mix* par
une utilisation massive d'effets divers (et notamment ceux créant des échos). Ces versions
plus expérimentales constituaient généralement la face B d'un single et étaient ensuite
utilisées dans les sound systems* afin que des toasters* viennent poser leurs textes. Certains
producteurs ont ensuite tellement poussé leur travail que leurs nouveaux morceaux ont
finalement constitué les bases d'un nouveau genre musical. King Tubby et Lee Perry sont les
deux figures emblématiques des débuts du dub. À la fin des années 1970, The Clash est
infuencé par cette musique, et quelques années plus tard, l'Angleterre devient l'autre pays du
dub, avec notamment Mad Professor et Adrian Sherwood. Le style s'infiltre ensuite dans de
nombreux courants tels que la techno*, la jungle*, la house*, le trip hop*, l'ambient* et le hip
hop*.
DUBSTEP
Évolution du UK garage* intégrant des éléments de dub* et de drum 'n' bass*.
DUTCH HOUSE
La Dutch house (parfois appelée dirty Dutch) est un sous-courant de l’électro-house né aux
Pays-Bas et identifié dans la deuxième moitié des années 2000 comme une sorte de variante
minimaliste de la fidget house. Elle se caractérise notamment par des sonorités de
synthétiseurs aigues qui prennent le pas sur les basses. Influencée à la fois par différents
courants de la bass music et par la hard house, la Dutch house est également ouverte à des
rythmes d’Amérique du Sud et des Caraïbes tels que le "dem bow" que l’on retrouve dans le
dancehall ou le reggaeton.
E.B.M.
L’E.B.M. (acronyme de "Electronic Body Music") est une musique électronique dansante issue
de la musique industrielle*, de la cold wave* et de la synthpop*. Si Kraftwerk peut être
considéré comme un pionnier du genre avec certains morceaux de l’album "The Man Machine"
en 1978, le groupe belge Front 242 est généralement décrit comme le premier groupe d’E.B.M.
Cependant, d’autres groupes tels que Nitzer Ebb et Die Krupps ont également marqué l’histoire
de ce style. L’E.B.M. a aussi généré des dérivés tels que l’électro-indus ou encore le New
Beat*.
ÉLECTRO
Voici un terme à l'origine de nombreuses confusions : avant que ce mot soit utilisé comme un
simple diminutif de "musiques électroniques*", il est le nom d'un style basé sur une version
électronique du hip hop*. L'électro est parfois appelé "électro-funk" pour la simple raison qu'il
provient d'un mélange des sons électroniques de Kraftwerk et de l'énergie rythmique du funk*.
Afrika Bambaataa est souvent reconnu comme le pionnier du genre avec son disque "Planet
Rock" en 1982. La techno* et la Miami bass* sont les descendants directs de l'électro.
ÉLECTRO-INDUS
L’électro-indus (ou musique électro-industrielle) est l’un des courants de la famille des
musiques post-industrielles. Ce style apparaît vers le milieu des années 1980 et il intègre alors
des éléments de genres qui l’ont précédé tels que la musique industrielle, l’ambient
électronique, l’électro, le post-punk, la darkwave, la synth-pop ou encore l’E.B.M. Les
canadiens de Skinny Puppy et Front Line Assembly font partie des groupes les plus souvent
associés à ce genre et ils ont par la suite influencé des groupes de rock ou de metal industriel
ayant rencontré un grand succès, parmi lesquels Nine Inch Nails.
ÉLECTROCLASH
Etiquette musicale empruntée au festival du même nom, organisé par Larry Tee à la fin des
années 1990. Le nom fut alors utilisé pour décrire la musique des groupes programmés dans
ce festival : Adult, Chicks On Speed, DJ Hell, Fisherspooner, Miss Kittin, Peaches, The Hacker…
Outre le fait que ces artistes incorporaient dans leur musique des éléments de pop
électronique, de new wave*, d'italo disco, de punk* et de techno*, on pouvait également les
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rapprocher de par leurs choix esthétiques concernant leurs textes, leur image et leurs
pochettes de disque : sombres, sexuellement connotées et généralement trash.
ÉLECTRONICA
Ce terme recouvre un grand nombre de musiques composées principalement avec des
sonorités électroniques et réalisées dans une optique de recherche poussée en matière de
textures sonores et de structures rythmiques. Souvent moins dansante que la techno*, la
house*, l'électro* et la drum and bass*, plus électronique que le dub*, le downtempo*, le big
beat* ou le trip hop*, et privilégiant la programmation et la création de sons à l'utilisation de
samples, l'électronica peut prendre différentes apparences en se nourrissant de toutes ces
musiques mais en s'avérant finalement plus aventureuse et complexe. Si on reconnaît
certaines productions d'Aphex Twin, Autechre, Squarepusher, Boards Of Canada ou Plaid
comme de l'électronica, le terme peut également être associé à une musique identifiée dans
un autre style mais où le travail de production s'avère plus recherché, voire expérimental (par
exemple l'ambient* électronica, le hip hop* électronica…). Créé au début des années 1990 sur
les bases de l'ambient-techno, ce genre s'est d'abord fait appeler I.D.M.* puis braindance,
l'idée étant que sans être de
l'ambient, elle était plus faite pour être écoutée que pour danser. Au-delà d'un style aux
contours restreints, et maintenant que la plupart des genres (y compris la pop*) ont puisé
dans ses sonorités pour évoluer, l'électronica s'avère être aujourd'hui une approche du travail
de production avec l’arsenal d'effets et de traitements de sons qui font sa marque de fabrique
(notamment le glitch*). Dans les pays anglo-saxons, les plus grosses chaînes de magasins de
disques ont pris l'habitude d'utiliser ce terme pour englober toutes les musiques partiellement
électroniques qui méritent à leurs yeux une meilleure exposition commerciale que la techno.
Leurs rayons "électronica" rassemblent donc parfois sans grande logique des artistes tels que
Björk, The Chemical Brothers, Moby, Massive Attack ou Daft Punk…
ETHEREAL WAVE
Également appelé "ethereal", ce sous-courant de la darkwave* est apparu au Royaume-Uni
dans la première moitié des années 1980. On le considère parfois comme une version
ambient* du rock gothique* où les voix et les guitares sont noyées dans des effets tels que
l'écho ou le delay (qui apportent aux voix le côté "éthéré"). Le genre est associé à des groupes
comme Cocteau Twins, This Mortal Coil ou encore aux débuts de Dead Can Dance et il est le
parent direct des courants dream pop* et shoegaze*.
EURO DISCO
Dénomination d'un genre musical dansant et grand public, pratiqué essentiellement par des
artistes d'Europe continentale. Si certains titres d'ABBA des années 1970 ont fait partie des
premiers succès Euro disco, c'est dans les années 1980, avec la déferlante Italo disco* (un
dérivé de l'Euro disco), que le genre multiplie les tubes.
EURODANCE
Rencontre de l'Italo disco* (et donc de l'Euro disco*) avec la house* et la Hi-NRG américaine
au début des années 1990. En France, l'appellation commune était tout simplement "dance".
Par rapport à l'Euro disco, l'Eurodance a un tempo plus rapide est une production encore plus
électronique, ce qui en faisait une musique dédiée à la frange la plus jeune du grand public. 2
Unlimited, Capella, Corona, Culture Beat, Dr. Alban et Indra sont quelques exemples d'artistes
qui ont rencontré le succès avec un ou plusieurs morceaux Eurodance. Enfin, certains artistes
comme Snap! ou Technotronic se sont distingués en intégrant des parties de rap dans leurs
couplets alors que le hip hop n'avait pas encore rencontré le succès auprès du grand public
européen.
EXOTICA
Terme apparu dans la deuxième moitié des années 1950, notamment pour décrire la musique
de Martin Denny (son premier album de 1957 porte d'ailleurs ce nom). L'artiste décrit luimême l'exotica comme un fantasme : la représentation musicale que l'on peut avoir des îles
du Pacifique et de l'Océanie du point de vue occidental. L'approche n'a en effet rien d'éthnomusicologique puisque l'exotica est une forme d'easy-listening ou de lounge music teintée de
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jazz et de pop intégrant des instruments à percussions aux sonorités exotiques (vibraphones,
marimbas, congas, bongos…).
FIDGET HOUSE
Nom inventé par Switch et Jesse Rose pour décrire leur propre musique, ainsi que celles de
Trevor Loveys et d’Hervé (alias The Count). Leur point commun est le mix de house, de
techno, de breakbeat, de UK garage et de booty music, le tout rythmé par de nombreuses
ruptures de rythmes et une utilisation régulière de glitch.
FLAMENCO
Ce mot désigne à la fois une famille musicale et une danse originaire d’Andalousie, au sud de
l’Espagne. Ses origines culturelles sont donc reliées aux traditions musicales de cette région, et
donc en grande partie aux cultures gitanes et arabes qui ont nourri son histoire. Musicalement,
le flamenco traditionnel peut prendre la forme d’un chant a capella, d’une musique
instrumentale jouée à la guitare ou d’un chant accompagné par la guitare. Il existe aujourd’hui
des dizaines de formes différentes de musique flamenca, qui se distinguent soit par le sens des
textes, le type de rythme utilisé ou la région d’origine (qu’elles viennent d’Espagne ou
d’Amérique Latine). Le flamenco s’étant construit sur un mélange culturel, il s’est facilement
intégré aux évolutions des musiques et des instruments apparus au XXème siècle (jazz, rock,
musiques électroniques…).
FLOW
Littéralement, "débit". Le flow d'un rappeur représente sa façon de rapper. Il donne des
informations sur sa vitesse, mais aussi sur d'autres caractéristiques de son phrasé telles que la
fluidité, l'énergie, la musicalité…
FOLK
Littéralement, "folk music" signifie "la musique des gens", sous-entendu "par des gens qui ne
sont pas musiciens professionnels". Comme l'indique la racine du mot "folklore", c'est une
musique traditionnelle, souvent transmise oralement. Si tous les pays du monde ont leur
folklore, la musique folk est souvent identifiée comme la musique traditionnelle des Etats-Unis
héritée des cultures musicales de Grande- Bretagne. Les Etats-Unis ayant été le lieu d'un
formidable bouillonnement musical au début du 20ème siècle (avec le blues*,le jazz* et la
country*), le folk américain s'est retrouvé dans une position hautement stratégique pour
influer sur les évolutions musicales qui étaient alors en jeu, et qui ont généré le rock*, puis la
pop*. Le folk américain a donc fini par se faire appeler "folk" de par l'importance qu'il a prise,
notamment lors de revivals* qui lui ont permis d'évoluer et d'être intégré aux musiques
populaires modernes. Bob Dylan et The Byrds ont largement participé à cette redéfinition de la
musique folk américaine.
FOLKTRONICA
Terme utilisé depuis la fin des années 1990 pour décrire la musique d'artistes d'électronica
utilisant des samples de guitares folk dans leurs compositions (par exemple Four Tet). Depuis,
le terme est également utilisé pour parler d'artistes folk qui intègrent des sons et des
traitements électroniques (comme le groupe Tunng).
FREAKBEAT
Plus qu’un style musical, le terme "freakbeat" désigne une scène (c’est-à-dire un ensemble de
groupes), apparue en Angleterre au milieu des années 1960, qui a fait évoluer la beat music*
vers un son moins lisse, à la fois plus sauvage et plus sophistiqué, notamment grâce à l’usage
de nombreux effets annonçant la révolution psychédélique.
FREE FUNK
Forme de funk jouée selon l'approche du free-jazz.
FREE JAZZ
Développé aux États-Unis au milieu des années 1950, le free jazz est né de la volonté de
certains artistes (notamment Ornette Coleman et Cecil Taylor) de se libérer des contraintes
rythmiques, mélodiques ou harmoniques imposées par tous les styles de jazz développés
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jusque là. Il en résulte une musique générant chez l'auditeur une perte de repères
permanente, évoquant une grande "improvisation collective", pour paraphraser le titre d'un
album de Ornette Coleman sortit en 1960 : "Free Jazz: A Collective Improvisation".
FREESTYLE
Littéralement, "style libre" ou "figure libre". Dans un concert de rap* : texte plus ou moins
improvisé et déclamé par un rappeur a cappella*, à la manière d'un musicien exécutant une
improvisation en solo. Pour un DJ : qualifie un set* éclectique, profitant de chaque nouveau
morceau pour aborder un autre style musical.
FUNK
Le funk est une évolution de la soul* qui a eu lieu au milieu des années 1960, avec des
influences complémentaires du rock and roll*, du rhythm and blues* et des musiques
psychédéliques*. C'est une musique dansante dont les éléments centraux sont le breakbeat*,
des lignes de basses proéminentes et syncopées ainsi que des rythmiques de guitares
tranchantes. Des cuivres, des percussions et des touches de jazz* viennent également
compléter ce genre à la forte personnalité. Popularisé à ses débuts par James Brown et le
groupe The Meters, le genre a ensuite évolué grâce à des artistes comme George Clinton &
Funkadelic-Parliament, Earth, Wind & Fire et enfin Prince. En plus d'avoir donné un second
souffle au rock*, le funk a eu une influence directe sur la naissance de courants tels que
l'afrobeat*, le disco*, le hip hop*, l'électro*, la house*, la techno*, l'acid jazz* ainsi que
toutes les musiques basées sur des breakbeats*.
GAMELAN
Nom désignant des ensembles musicaux traditionnels en Indonésie (principalement des
groupes de percussions, mais pas uniquement), et par extension la musique jouée par ces
ensembles. Si la mythologie rapporte que cette musique date du IIIème siècle, il semble que
les formes modernes de gamelan datent environ du XVIIème siècle. Il existe différentes sortes
de gamelan selon les zones géographiques (Bali, l’Est et l’Ouest de Java). Bien que peu connu
du grand public en Occident, le gamelan a eu une forte influence – directe ou indirecte – sur
les musiques classiques et contemporaines occidentales, comme l’ont reconnu de nombreux
compositeurs tels que Debussy, Steve Reich ou Philip Glass.
GARAGE (HOUSE)
Cette musique d'origine américaine est décrite comme un courant de la house* teinté de
disco* et généralement accompagné de voix féminines soul*, voire gospel. A ne pas confondre
avec le garage rock* ou le UK garage*.
GARAGE (ROCK)
C'est une forme simple et brute de rock and roll* qui est apparue au milieu des années 1960
aux Etats-Unis. Il est rapporté que la plupart des groupes de garage rock étaient des
adolescents jouant de la musique en amateur dans le garage familial. Une chose est sûre, c'est
que cette scène s'est développée suite au succès du rock anglais sur le sol américain
(notamment avec The Kinks, The Beatles, The Who et The Rolling Stones). Si peu de ces
groupes garage ont laissé leur nom dans l'histoire, leur démarche dictée par une énergie brute
influencera de nombreux revivals* comme le punk*, le grunge*, ou des groupes plus récents
tels que The Strokes ou The White Stripes.
GHETTO HOUSE
Sous-courant de la house* de Chicago apparu dans la première moitié des années 1990.
Influencée par la Miami bass*, elle inclut généralement des bribes de textes rappés au contenu
sexuel explicite.
GHETTOTECH
Originaire de Detroit, c'est une musique électronique* dansante et brute issue de la Miami
Bass*, mais qui intègre également des éléments de la techno*, de l'électro* et du hip hop*.
Les textes sont toujours orientés vers le sexe dans sa version la plus crue. Les DJ's et
producteurs de référence dans ce style sont, entre autres, Disco D, DJ Assault, DJ Godfather,
Aux 88 et The Detroit Grand Pubahs.
GLAM ROCK
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Ce mouvement s'est développé dans le rock* anglais durant les années 1970. Essentiellement
basé sur un style et une attitude, le glam rock permettait à ses artistes de jouer sur une
ambiguïté sexuelle au moyen de déguisements et de maquillages outranciers mais également
en poussant la "star attitude" dans ses extrémités les plus absurdes. Tous ces excès étaient en
partie motivés par un rejet de l'intellectualisme austère de la scène prog-rock* de l'époque.
David Bowie, Roxy Music, Alice Cooper et Freddy Mercury ont tous participé à ce mouvement
sans véritable caractéristique musicale distinctive. Pourtant la musique de Marc Bolan et de
son groupe T-Rex sera a posteriori considérée comme la véritable bande originale de ce
phénomène à la fois culturel et social.
GLITCH
Procédé réalisé avec des logiciels de musique modernes et par lequel on extrait une toute
petite fraction d'un son afin de l'utiliser comme percussion dans une autre composition. Très
utilisée en électronica*, cette technique a même généré un sous-courant qui lui est
entièrement dédié. Cependant, le glitch est maintenant utilisé en dehors de contextes
expérimentaux, et notamment dans la house*, le hip hop* et la pop*.
GLITCH HOP
Forme de hip hop électronique utilisant la technique de glitch de façon récurrente. Si ce nom
n'est utilisé que depuis peu, cette musique est en fait apparue au milieu des années 1990
(souvent désignée comme un mélange hip hop/électronica), avec notamment les duos
Autechre et Funkstörung.
GLOBAL BASS
Expression utilisée pour désigner les différentes formes de bass music intégrant des éléments
de musiques traditionnelles ou folkloriques de pays extérieurs à l’Amérique du Nord et à
l’Europe Occidentale. Ce concept intègre donc aussi bien des musiques culturellement ancrées
dans un pays (par exemple le baile funk du Brésil ou la cumbia digitale de Colombie), que des
collages transculturels réunissant électro occidentale et samples de musiques de différents
continents, sans logique ethno-musicologique particulière, comme c’est notamment le cas dans
les productions de Diplo, M.I.A. ou encore Skip&Die.
GNAWA
Ce sont des groupes de musiciens marocains descendant d'esclaves originaires d'Afrique subsaharienne. Leur tradition musicale est basée sur une transe hypnotique jouée avec un sintir
(ou gembri – l'ancêtre de la basse) et des qarqabus (ou krakebs – sortes de castagnettes
métalliques) et accompagnée de chants rituels. Depuis quelques années, la tradition musicale
Gnawa se mêle aux musiques occidentales telles que le jazz*, le blues*, le reggae* et le hip
hop*, lui assurant de futures évolutions hors d'un cadre purement folklorique.
GOSPEL
Chant religieux chrétien qui s'est développé en tant que genre musical tel que nous le
connaissons aujourd'hui à partir de la deuxième moitié du XIXème siècle, dans la continuité des
negro spirituals*. The Golden Gate Quartet est l'un des ensembles vocaux de gospel les plus
célèbres.
GRIME
Évolution du UK garage*, le grime est né dans l'est londonien au début des années 2000. Plus
froid, sombre et agressif que le style qui l'a engendré, le grime se caractérise par une musique
syncopée, dépouillée et minimale se résumant souvent à une ligne de basse synthétique, une
grosse caisse et une caisse claire. Son tempo, avoisinant les 70 B.P.M., est souvent renforcé
par le flow* de rappeurs* qui se calent quant à eux sur un tempo deux fois plus rapide (c'est
ce qu'on appelle le "double-time"). Dizzee Rascal et Wiley (du Roll Deep Crew) sont considérés
comme les fondateurs du genre.
GROOVE
Au-delà d'un style musical précis, c'est ce que l'on peut ressentir à l'écoute d'un morceau au
rythme chaloupé qui nous pousse à danser. La ligne de basse en est souvent à l'origine. Le
groove étant basé sur l'interprétation que le corps peut avoir d'une musique, il contient une
part non négligeable de subjectivité liée à la sensibilité et au sens du rythme de l'auditeur.
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GRUNGE
Littéralement, "sale". Ce mot qualifiait-il les sons des groupes grunge ou l'état dans lequel ils
étaient…? Cristallisé par l'émergence de la foisonnante scène rock* de la région de Seattle au
début des années 1990, le grunge n'est pas vraiment un style de musique homogène, mais
plutôt une rencontre d'influences garage rock*, pop*, punk* et métal* réalisée par des jeunes
en pleine rébellion contre la société américaine. Nirvana est évidemment le représentant le
plus célèbre de cette mouvance, mais Pearl Jam, Soundgarden et Alice In Chains constituent
également des références qui ont marqué leur époque.
GUMBE
Egalement : goombay, gumbay ou gumbia. Genre musical originaire des Caraïbes, né du
mélange de musiques traditionnelles locales et d'influences européennes et africaines. Vers
1800, des esclaves libérés sont envoyés par bateaux en Afrique sur la terre de leurs ancêtres.
Ils s'installent en Sierra Leone et apportent avec eux le gumbe, qui sera ensuite adopté par le
pays et aura une influence majeure sur les cultures locales, de même qu'au Ghana, au Nigéria
et dans toute la partie sud de l'Afrique de l'Ouest.
HARDCORE
Ce terme générique, que l'on retrouve dans les expressions punk* hardcore, techno* hardcore
ou hip hop* hardcore, désigne généralement la tendance la plus extrême d'un style de
musique.
HARD ROCK
Littéralement : "rock dur". Style de rock* basé sur un son de guitare saturé et dont les
origines remontent aux années 1960 (rock 'n' roll*, blues-rock, rock garage* et rock
psychédélique*) sous l'influence d'artistes tels que The Kinks, The Who et Jimi Hendrix. Mais
MC5, Led Zeppelin et Deep Purple sont sans doute les premiers groupes dont certains
morceaux peuvent être qualifiés de "hard rock" dès la fin des années 1960. Des sous-courants
apparaîtront par la suite (heavy metal, punk*…) et de nombreux groupes rencontreront un
énorme succès dans le monde entier (AC/DC, Queen, Aerosmith, Kiss, Van Halen, Metallica,
Guns n'Roses…).
HARD-TECH
Ou techno* hardcore. Dérivé de la techno apparu dans la première moitié de années 1990,
dont le tempo a été accéléré et les sons retravaillés pour qu'ils soient plus agressifs.
HIGHLIFE
Fruit d’un mélange culturel issu de la colonisation, le highlife est un style musical apparu au
début du XXe siècle à Accra (la capitale du Ghana actuel) qui s’est ensuite largement
développé dans toute l’Afrique de l’Ouest. Il se base à l’origine sur des rythmes traditionnels
de l’ethnie Yoruba auxquels se sont ajoutés des cuivres issus du jazz ainsi que de nombreux
arpèges de guitares. Après plusieurs décennies d’existence et une période de remise en
question suite à la décolonisation, le highlife moderne a finalement montré qu’il était capable
d’évoluer : c’est en effet à partir de ce style que Fela Kuti développa l’afrobeat à la fin des
années 1960, puis les années 1990 ont vu émerger le hiplife, mélange de highlife, de hip hop
et de dancehall.
HIP HOP
Ce terme désigne un mouvement culturel initié au début des années 1970 dans le Bronx (à
New York) par des populations afro-américaines, hispaniques (notamment portoricaines) et
jamaïcaines. Les quatre formes d'expression du hip hop sont le rap*, le DJing, le breakdance
et le graffiti. La musique hip hop désigne donc à l'origine un DJ* qui passe des disques soul*,
funk*, voire rock* ou disco*, sur lesquels un MC*, dans la tradition jamaïcaine des toasters,
parle et harangue la foule. Avec le temps, les MC's finissent par rapper des textes en rimes
qu'ils ont écrits et qui les rapprochent d'artistes afro-américains tels que The Last Poets. De
leur côté, les DJ's comprennent que le public apprécie particulièrement les breakbeats*. Ils
inventent alors des techniques de mix* leur permettant de dynamiser ces fêtes de quartier
appelées "block parties". Plus tard, quand seront disponibles les premières machines* à un
prix abordable, ils finiront par composer leurs propres musiques. DJ Kool Herc est l'un des
fondateurs du genre dès 1973, mais le hip hop ne devient une musique enregistrée et
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commercialisée qu'à partir de 1979. Le genre sort de l'underground* pendant les années 1980
(avec Grandmaster Flash, Run DMC et Public Enemy) et rencontre ses premiers gros succès
commerciaux au début des années 1990.
HIP HOP INDUSTRIEL
Forme de hip hop empruntant des atmosphères et des techniques de traitement du son issues
de la musique industrielle et des musiques électroniques expérimentales. Mark Stewart (ancien
chanteur de The Pop Group), Bill Laswell, Tackhead et Adrian Sherwood ont fait partie des
pionniers de cette mouvance au milieu des années 1980. Actuellement, les Américains de
Dälek en sont peut-être les plus célèbres représentants.
HIP HOUSE
Sous-courant de la house* ayant intégré des éléments rythmique du hip hop*. Le morceau
"Rock Da House", par The Beatmasters (en 1987), est parfois considéré comme le premier
titre de hip house. Mais Todd Terry et The Jungle Brothers sont ses représentants les plus
célèbres.
HOUSE
La house est une musique électronique* dansante créée dans la première moitié des années
1980 à Chicago. Son nom vient du Warehouse club où le DJ* Frankie Knuckles a pris l'habitude
de mixer des classiques du disco* avec de la pop* synthétique européenne. Historiquement,
on considère que c'est l'arrivée des boîtes à rythmes qui a transformé la disco* en house*.
Une fois que ces bases ont été posées, la house s'est enrichie d'éléments électro*, funk*,
jazz* et rhythm and blues*. Elle a ensuite généré une multitude de sous-genres définissant
des ambiances différentes (acid house*, deep* house, garage*, ghetto house, tech house,
microhouse…).
HOUSE MINIMALE
Nom parfois utilisé pour désigner une musique à mi-chemin entre microhouse* et techno
minimale*. La limite entre ces sous-genres est généralement identifiée à l'usage plus ou moins
important de glitch ainsi qu'au type de sons utilisés.
HUMAN BEATBOX
Littéralement : "boîte à rythmes humaine". Voir beatboxeur*, un synonyme aujourd'hui
beaucoup plus utilisé.
I.D.M.
Intelligent Dance Music. Premier nom de l'électronica* désignant une forme d'ambient techno
très élaborée. Le nom est tombé en désuétude pour la simple raison qu'il était très mal choisi,
insinuant que les autres musiques n'étaient pas "intelligentes".
INDÉ (OU INDIE)
Diminutif de l'adjectif "indépendant". Depuis 25 ans, des petits labels* et des artistes
méconnus aiment associer ce terme à certains noms (label* indé, indie pop*, rock* indé, indie
dance*…) afin de se distinguer des Majors* du disque et des artistes rencontrant un succès
commercial. Si, à l'origine, la scène indé se basait sur des revendications très louables
(opposition à une uniformisation, droit à la différence, recherche musicale…), le terme est
aujourd'hui galvaudé, voire parfois vide de sens. En effet, même sans argent, les labels
indépendants se sont inspirés du mode de fonctionnement des Majors alors que, dans le même
temps, les Majors ont signé des artistes issus des milieux "indé". D'où la fin de l'éternelle
opposition mainstream*/underground*. Enfin, la facilité et le faible coût avec lesquels on peut
réaliser un album aujourd'hui (et ainsi décréter la création d'un label) font que la production
indé est aujourd'hui pléthorique et peu sélective. Alors que dans les années 1980, les termes
indie pop, rock indé ou indie dance étaient des gages de qualité, le mot "indé" sonne
aujourd'hui comme une sorte d'idéologie basée sur un sentiment d'injustice. Il n'empêche que
chaque année, les plus belles découvertes nous viennent pour la plupart de labels
indépendants, et la programmation des Trans Musicales est toujours là pour en témoigner…
INDUS
Voir Musique industrielle*.
ITALO-DISCO
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Genre musical emblématique des années 1980 dérivé de l'Euro disco*, ayant emprunté autant
à la disco* qu'à la new wave* et à la synth-pop*. Produit à l'origine en Italie, mais aussi en
Allemagne, en France et en Espagne, cette forme de chanson dansante et grand public se
caractérisait par un usage presque exclusif de sons synthétiques. Formatée pour avoir un large
succès à la radio, à la télévision mais aussi dans les boîtes de nuit et les clubs de vacances,
l'italo disco a surtout marqué les mémoires avec des 45 tours isolés plus que des albums. On
se souvient notamment des titres "Happy Children" et "Dream" (P. Lion, 1983 et 1984), "Self
Control" (RAF, 1984), "Tarzan Boy" (Baltimora, 1985), "Tonight" (Ken Laszlo, 1985), "Around
my Dream" (Silver Pozzoli, 1985)…
ITALO HOUSE
Musique électronique dansante ayant émergé vers la fin des années 1980. C'est une évolution
de l'italo disco* incorporant des éléments de production (notamment rythmiques) typiques de
la house*.
JAZZ
Le jazz est une musique développée par les Afro-américains au début du 20ème siècle. Si ses
racines sont ancrées dans le blues*, le ragtime, les musiques d'Afrique de l'Ouest, les
traditions afro-américaines et les marches militaires européennes, c'est néanmoins la toute
première musique vraiment nouvelle créée au Etats-Unis, ce qui lui confère parfois le statut de
"musique classique américaine". Bien qu'il existe des dizaines de sous-courants, le jazz se
caractérise généralement par le swing, l'improvisation, la polyrythmie et les rythmes syncopés.
La première forme de jazz apparaît au début des années 1910 à la Nouvelle-Orléans (le New
Orleans jazz*) et mettra une dizaine d'années à conquérir l'ensemble du pays. Le
développement du phonographe sera également déterminant dans son expansion
internationale. King Oliver et Sydney Bechet sont, au début des années 1920, les premières
figures emblématiques du genre. Suivront très vite : Louis Armstrong, Paul Whiteman, Fletcher
Henderson et Duke Ellington. L'improvisation, les big bands, le scat, le swing, le bebop*, le
hard bop, le latin jazz, le free jazz, et la fusion jazz-rock sont parmi les étapes importantes
dans l'évolution du mouvement. L'impact qu'il a eu sur le rock*, la soul*, le funk*, le hip hop*
et sur de nombreuses musiques électroniques* fait du jazz l'une des musiques les plus
influentes du vingtième siècle.
JAZZ-FUNK
Le jazz-funk est un style musical basé sur la rencontre entre les harmonies, structures et
improvisations du jazz moderne et l’approche rythmique syncopée et dansante du funk,
auxquelles s’ajoute une instrumentation électrique (basse et piano électrique notamment),
ainsi que les synthétiseurs analogiques. Cette fusion, entamée dès l’avènement du funk dans
les années 1960, ne prendra réellement forme qu’au début des années 1970 avec des artistes
tels que Herbie Hancock, Miles Davies ou encore Roy Ayers. Enfin, le jazz-funk est souvent
considéré comme le précurseur direct de l’acid jazz des années 1980.
JUG BAND
Les jug bands étaient des groupes de musiciens utilisant à la fois des instruments traditionnels
(guitares, banjos, harmonicas, violons…), des instruments fait-maison et des objets du
quotidien détournés de leur usage habituel (cuillères, planches à laver, scies ou encore cruches
– qui se dit "jug" en anglais). On estime que les premiers jug bands afro-américain sont
apparus au début du XXème siècle dans différents états, dont le Kentucky et le Tenessee. Les
jug bands avaient l'habitude de jouer une musique dansante qui était un mélange de blue de
Memphis, de jazz* et de ragtime. On considère parfois que ces artistes de rue favorisant
l'énergie à la technique ont eu une réelle influence sur le développement du blues* et
l'avènement du rock and roll*.
JUKE HOUSE
Également appelée "Chicago juke" ou tout simplement "juke", la juke house est le fruit de
l’accélération du tempo de la ghetto house* qui a eu lieu dans les années 2000. Elle s’est
popularisée à Chicago et au-delà en tant que bande-son officielle du "footwork", une forme
moderne de danse de rue apparue au même moment. Il est d’ailleurs de plus en plus courant
RETOUR A L’INDEX
d’utiliser le terme "footwork" pour parler à la fois de cette danse et de la musique qui
l’accompagne.
JUMP BLUES
Le jump blues est un dérivé du blues au rythme sautillant (d’où son nom, puisque "to jump"
signifie "sauter" en anglais). Ce courant a émergé au début des années 1940 sous l’influence
du jazz, et en particulier du swing et de la musique de big bands, mais aussi du boogie-woogie
auquel il emprunte des éléments rythmiques. Si le leader de big bands Lionel Hampton a sans
doute été précurseur de ce style, Louis Jordan est reconnu comme la star de ce genre
populaire dédié aux pistes de dance, et dont l’héritage direct inclut rien de moins que le
rhythm and blues et le rock and roll…
JUNGLE
Voir drum and bass*.
KALINDULA
Style musical dansant devenu populaire dans les années 1980 dans la partie centrale du sud
de l’Afrique, en particulier en Zambie, au Malawi et au Zimbabwe. Il est le résultat d’une
électrification de musiques rurales, ainsi que d’une modernisation de ces musiques par l’ajout
d’influences extérieures, qu’elles soient africaines ou pas (rumba congolaise, kwela, musiques
swahili, pop, rythmes sud-américains). A noter que le kalindula tire son nom d’un instrument
local proche de la guitare basse.
KAN HA DISKAN
Forme de chant traditionnel breton pratiqué a cappella* et à une ou plusieurs voix. C'est un
chant à réponse (chant et contre-chant) dont la rythmique est rapide et dansante. Denez
Prigent est l'un des représentants modernes du kan ha diskan.
KLEZMER
Musique traditionnelle des Juifs du centre et de l'est de l'Europe. Elle semble s'être développée
à partir du XVème siècle comme un assemblage de traditions musicales moyen-orientales,
turques, slaves et tziganes.
KRAUTROCK
Cette appellation générique regroupe une large variété de groupes allemands du début des
années 1970 dont le point commun est leur caractère expérimental ou novateur. Ce
mouvement est né de l'envie de jeunes artistes de mettre fin au vide culturel ayant suivi la
Deuxième Guerre Mondiale en Allemagne et de lutter contre l'influence de la culture pop angloaméricaine. Ce courant, basé sur la rencontre du rock psychédélique*, d'instruments
électroniques avant-gardistes et d'un certain goût pour l'ambient*, a notamment fait connaître
Tangerine Dream, Can, Neu!, Faust ainsi que les très singuliers et influents Kraftwerk.
KUDURO
Style musical dansant apparu en Angola entre la fin des années 1980 et le milieu des années
1990. Il est le produit d'un mélange entre des rythmes africains, des musiques afrocaribéennes (zouk*, soca*…), du hip hop* et de musiques électroniques dansantes (techno*,
house*…). Le genre est populaire depuis ses débuts dans la plupart des pays lusophones
(Angola, Portugal, Brésil, Mozambique, Cap-Vert…), mais il se répand petit à petit dans le
monde entier depuis le milieu des années 2000.
KWAITO
Musique festive née en Afrique du Sud au début des années 1990, au moment où la house de
Chicago a commencé à être diffusée dans le pays. Le kwaito est généralement considéré
comme une forme légèrement ralentie de cette house, à laquelle ont été ajoutés des samples
rythmiques ou mélodiques de musique africaine. Avec le temps, le kwaito a également intégré
des éléments de hip hop, voire même du rap. Sa reconnaissance en dehors du continent
africain ne date que des années 2000.
LABEL
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Littéralement, "étiquette", en référence au macaron apposé sur un disque vinyle, et sur lequel
le nom du producteur apparaissait en gros. Un label est une organisation dédiée à la
production, à la promotion et à la commercialisation d'enregistrements musicaux. C'est un
synonyme de "maison de disques", même si l'on a parfois tendance à associer "label" à "indé*"
et "maison de disques" à "Major*".
LATIN JAZZ
C'est une famille du jazz caractérisée par l'utilisation de rythmes latino-américain,
principalement d'origine afro-cubaine (cha-cha-cha, mambo, merengue, salsa, son, songo…)
ou brésilienne (bossa nova, samba). Les premières formes de latin jazz apparaissent au début
des années 1940, et cette scène restera très dynamique jusqu'aux années 1970 où elle
influencera même la disco*.
LIQUID FUNK
C’est un courant de la drum and bass popularisé par le DJ anglais Fabio au début des années
2000. Il se distingue des précédents sous-genres de cette famille par une plus grande
ouverture sur d’autres styles puisqu’on peut y trouver des éléments de pop, de jazz, de funk,
de soul, de rock, voire de disco ou de synth-pop.
LIVE
Littéralement, "en direct". En musique, ce mot désigne un concert ou toute performance
réalisée majoritairement en direct. Le terme est parfois employé de façon abusive, par des
promoteurs manquant de scrupules ou de culture musicale, pour qualifier la performance d'un
DJ*. Par définition, un DJ joue des disques préenregistrés, donc même s'il fait preuve de talent
et de créativité dans sa façon de mixer*, ce n'est pas du live. L'association des termes "DJ" et
"live" peut aussi être analysée comme un pléonasme visant à préciser que le DJ sera vraiment
présent et qu'il mixera des disques en direct. Précision complètement inutile, étant donné que
c'est le propre du DJ (on imagine mal un DJ enregistrer chez lui un mix* et le diffuser ensuite
en soirée en faisant semblant de le faire en direct…mais tout est possible, alors pourquoi pas
un DJ en playback ?). Enfin, ajoutons cependant que certains DJ's utilisent plusieurs platines
comme des instruments en ne jouant qu'un type de son sur chacune d'elles, construisant ainsi
en direct les structures des morceaux, comme le fait un groupe de rock. C'est notamment ce
que réalisent en live les 4 DJ's français de Birdy Nam Nam.
LIVE MACHINES
Réalisé uniquement avec des machines*, ce type de concert est parfois confondu avec un set*
DJ*, notamment parce qu'il n'y a que peu de choses à voir. En réalité, l'artiste qui réalise un
live machines est plus une sorte de chef d'orchestre dirigeant un groupe de robots-musiciens
qu'on ne voit pas mais sur lesquels il peut intervenir à chaque instant. Cependant, tous les live
machines ne donnent pas une importance égale au côté "live*" et ce pour des raisons diverses
telles que les limites techniques des machines* utilisées ou tout simplement l'incapacité de
l'artiste à faire évoluer sa musique du studio à la scène.
LIVE-SAMPLING
Pour un musicien ou un chanteur en concert, technique consistant à enregistrer des phrases
musicales plus au moins courtes au moyen d'un sampleur*, puis à les faire jouer en boucle,
tout en continuant à jouer ou à chanter de nouvelles phrases en direct. Généralement, le livesampling est utilisé afin de superposer un certain nombre de motifs rythmiques ou mélodiques,
permettant par exemple à un musicien seul sur scène de faire "l'homme-orchestre" en
construisant seul et en direct un morceau où l'on entend l'équivalent d'un groupe entier. Si Erik
Satie, Terry Riley, Steve Reich et Brian Eno ont tous contribué au développement des musiques
basées sur des boucles, Joseph Arthur fut sans doute l'un des premiers artistes de pop à
utiliser cette technique sur scène (vers 1996).
LO-FI
Contraction de "low fidelity", littéralement "basse fidelité", c'est-à-dire le contraire de "hi-fi".
Caractérise un enregistrement sonore incluant des défauts liés à un matériel de basse qualité
ou à un manque de compétence dans la façon de l'utiliser. À la fin des années 1980, aux EtatsUnis, une scène pop* et rock* indépendante s'est développée sous l'étendard du "lo-fi",
comme une réaction au développement des grosses productions aseptisées destinées aux
mass-médias. Guided By Voices, Sebadoh et Pavement figuraient alors parmi les têtes de
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proue de ce mouvement qui s'inspirait autant du garage des années 1960, du punk* des
années 1970, que de groupes noise* des années 1980 tels que Sonic Youth.
LOVERS ROCK
Style de reggae* centré sur les chansons d’amour (s’éloignant donc des thématiques
religieuses et politiques) et dont l’Âge d’Or se situe dans les années 1970. Si le genre est
mixte, on remarque néanmoins que les chanteuses sont largement plus représentées dans ce
style que dans les autres formes de reggae.
MACHINES
Nom générique que l'on donne aux outils et instruments électroniques de toutes natures.Il
regroupe les claviers synthétiseurs, les sampleurs, les contrôleurs divers, les ordinateurs et de
nombreux autres outils. Contrairement à l'idée reçue, ces instruments ne servent pas qu'à
produire des musiques électroniques. Ils permettent également d'enregistrer des sons
acoustiques ou électriques et de réaliser des morceaux uniquement avec ces sonorités.
MADCHESTER
Contraction des mots "mad" ("fou" en anglais) et Manchester. Plus qu'un style de musique, ce
terme désigne la scène ayant émergée à Manchester à la fin des années 1980. Le phénomène
s'est basé sur une culture rock* locale (The Fall, New Order et The Smiths), sur le
développement des clubs diffusant des musiques électroniques dansantes (The Haçienda étant
considéré comme le berceau du mouvement), sur l'avènement de l'acid house* ainsi que sur
l'arrivée de l'ecstasy dans les clubs de la ville. Fin 1988, la conjonction de ces différents
éléments, ainsi que plusieurs sorties de disques d'artistes de la ville lancent le mouvement
d'un point de vue médiatique. Les fers de lance étaient The Stone Roses, Happy Mondays,
Inspiral Carpets, James, 808 State et A Guy Called Gerald. Qu'ils jouent de la pop, du rock ou
de l'acid house, ces artistes avaient surtout en commun un goût pour une nouvelle forme de
psychédélisme.
MAINSTREAM
Littéralement, "courant principal". Qualifie les musiques qui remportent un important succès
populaire. On oppose souvent ce mot à "underground*".
MAJOR
Terme désignant les plus grosses maisons de disques de l'industrie. Malgré leur taille, elles
appartiennent toutes à de plus gros groupes multimédias pour lesquels elles ne sont que des
centres de profits parmi d'autres. Sous le coup des fusions et acquisitions, leur nombre a
tendance à diminuer. En 2009, il n'en reste que 4 (Universal, Sony/BMG, Warner et EMI) qui
représentent ensemble plus de 80% du marché mondial. Chaque Major intègre plusieurs
labels* qui constituent finalement à leur tour des centres de profits pour l'entreprise.
MALOYA
Genre musical originaire de l'île de la Réunion. C'est un chant de complainte accompagné de
percussions traditionnelles, inventé par des esclaves pour exprimer leur souffrance
quotidienne.
MAMBO
Style musical né à Cuba dans les années 1930 (la danse du même nom n’apparaîtra que dans
la décennie suivante). Musicalement, le mambo est caractérisé par un rythme syncopé
directement hérité du danzón. C’est ensuite la suppression de cette syncope qui sera à l’origine
du cha-cha-cha*.
M.A.O.
Musique Assistée par Ordinateur. Fait de travailler sur de la musique au moyen de l'outil
informatique, que ce soit pour composer, mixer* ou étudier.
MARIACHI
Ce terme désigne aussi bien un style musical que l'ensemble des musiciens qui jouent cette
musique. La musique mariachi semble être née en Jalisco (un état du centre-ouest du
Mexique) vers le XIXème siècle. C'est principalement une musique de danse issue de la
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rencontre de musiques traditionnelles locales, espagnoles et africaines. Un ensemble de
mariachis est souvent formé par deux trompettes, deux violons, une guitare, un guitarrón
(grande guitare mexicaine datant du XVIème siècle) et une vihuela (instrument à cinq cordes du
XVIème siècle, d'origine espagnole et relativement proche du luth renaissance), même si
d'autres instruments peuvent également s'y ajouter (cordes, cuivres ou percussions). Le chant
prend également une large place dans la musique mariachi.
MASHUP
Voir bastard pop*.
MATH ROCK
Forme de rock* né aux Etats-Unis à la fin des années 1980 et caractérisé par des rythmiques
complexes aux variations fréquentes. Le jeu de batterie, pivot du math rock, est aussi bien
influencé par le jazz* que le métal*. Si Don Caballero est sans doute l'un des groupes de math
rock les plus célèbres, on associe également parfois ce terme à des artistes post-rock* ou
noise* (Slint, Shellac, June Of 44…).
MBALAX
Style musical apparu au Sénégal dans les années 1970, devenu par la suite très populaire
dans toute l’Afrique de l’Ouest. Le mbalax est le fruit de la rencontre des rythmes traditionnels
sénégalais et de musiques populaires d’origine étrangère (blues, jazz, rhythm and blues, soul,
rock, variété française, rhumba congolaise, salsa et autres musiques d’origines caribéennes et
sud-américaines).
MBAQANGA
Style musical né dans les années 1960 en Afrique du Sud, et plus précisément issu de la
culture zouloue. Parfois considéré comme une sorte de jazz* des ghettos sud-africains (ou
"township jazz"), le mbaqanga est la rencontre d'une instrumentation occidentale moderne et
d'une façon de chanter typique de musiques folkloriques sud-africaines. A cause de cette
notion de mélange, le mbaqanga a même été interdit pendant la période la plus extrême de
l'apartheid. Bien qu'originaire du Zimbabwe, The Cool Crooners est actuellement l'un des
groupes les plus célèbres jouant, entre autres, du mbaqanga. Enfin, c'est l'un styles de
musique qui a le plus influencé Paul Simon dans l'élaboration de son album "Graceland".
MC (OU "EMCEE")
Maître de Cérémonie (Master of Ceremony). Au début du mouvement hip hop*, les MC's
étaient ceux qui prenaient le micro pour animer une soirée, chauffer le public, faire applaudir
les DJ's* et improviser quelques phrases sur le rythme de la musique. Lorsque certains ont fini
par structurer et écrire leurs textes, le rap* est véritablement apparu. Aujourd'hui, on ne
trouve plus vraiment de MC's, mais surtout des rappeurs. Le fait que certains aient choisi un
pseudonyme incluant la "particule" MC (MC Solaar, MC Jean Gab'1…) a tendance à ajouter un
peu de confusion à cette terminologie. L'utilisation de ces deux lettres s'est également
propagée dans la drum'n'bass* (par exemple Dynamite MC).
MERENGUE
Danse et style musical apparus vers le milieu du XIXème siècle en République Dominicaine. Il
y a beaucoup d’hypothèses et peu de certitudes concernant ses origines stylistiques. Après
avoir eu un grand succès dans les Caraïbes, puis à travers l’Amérique Latine, le merengue
atteint une reconnaissance internationale à partir des années 1970, suite à de grandes vagues
de migrations de Dominicains vers le reste du monde.
METAL
A l'origine, à la fin des années 1960 et dans les années 1970, le terme "heavy metal" était
utilisé comme un synonyme de hard rock*. Au fur et à mesure que de nouveaux groupes ont
développé un son moins influencé par le blues-rock, plus percutant, plus saturé et plus violent,
le terme a fini par qualifier la frange la plus dure du hard rock. Les années 1980 ont ensuite vu
naître des courants encore plus pointus et extrêmes comme le thrash métal, le black métal ou
le death métal, et la décennie suivante, marquée par le mouvement grunge et l'explosion du
hip hop, a vu l'avènement du nu metal.
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MIAMI BASS
Également appelée "booty bass", ce style est un dérivé de l'électro* qui se caractérise par des
basses vrombissantes, des rythmes dansants ainsi que des paroles au contenu sexuel assumé.
Né en Floride au milieu des années 1980, le style se développe également dans tout le sud des
Etats-Unis (notamment en Alabama et à Atlanta). Amos Larkin, 2 Live Crew et DJ Magic Mike
sont parmi ses plus éminents représentants.
MICROHOUSE
Genre qui constitue une passerelle entre techno* minimale, tech-house* et glitch*. Si la
microhouse s'est développée surtout à partir de 2001, on considère généralement que le
premier morceau du genre est "Beau Mot Plage" (1999), du producteur allemand Isolée.
MIX
À l'origine, désigne le résultat du travail d'un ingénieur du son (ou mixeur), que ce soit en
studio pour un disque, ou dans le cadre d'un concert. C'est le fait de choisir la manière avec
laquelle les différents sons et instruments d'un morceau vont être mélangés (volumes plus
faibles ou plus forts, équalisation, traitement des sons avec des effets…). Par extension,
désigne également la prestation d'un DJ*. En effet, celle-ci est basée sur le mélange de
plusieurs sources sonores (généralement deux, mais parfois plus) ainsi que sur l'ajout d'effets.
MIXAGE
Synonyme de "mix*", dans le sens original qui correspond au travail d'un ingénieur du son
lorsqu'il règle les volumes et les fréquences des différents sons présents sur un morceau.
MIXER
Réaliser un mix*. Le terme est aussi bien utilisé pour un ingénieur du son que pour un DJ*.
MIXETTE
Petite table de mixage comportant entre deux et quatre entrées destinées généralement à des
platines. Cet outil est spécifiquement adapté au travail de mix réalisé en direct par les DJ's.
MUSIC-HALL
Ce terme désigne à la fois un certain type de spectacles de divertissement, le lieu où ces
spectacles se jouaient et enfin l'ambiance musicale de ces spectacles. Le music-hall trouve ses
racines à Paris juste après la révolution française : des artistes ambulants interprètent des
chansons et des sketches dans des cafés, posant ainsi les bases du café-concert. Très vite, des
pubs londoniens font de même. Mais alors qu'une réglementation drastique ralentit fortement
le développement des café-concerts parisiens dans la première moitié du XIXème siècle, leurs
homologues anglais structurent quant à eux l'accueil de spectacles : dans les pubs, une salle
appelée "salloon" reçoit les spectateurs qui consomment attablés, contre un prix d'entrée
(contrairement aux café-concerts où le public paye le spectacle à travers ses consommations).
L'engouement pour les salloons dans les années 1830, ainsi que la formalisation du "spectacle
de variétés" composé de numéros de différents artistes, provoque la construction de lieux
dédiés à ces spectacles à partir des années 1850 : les "music halls". Bien que proches des
théâtres, ils s'en distinguent néanmoins par le fait que les spectateurs peuvent boire et fumer
à leur table, tout en assistant au spectacle, alors que dans les théâtres, un bar est dédié à
toutes les activités extérieures au spectacle. En France, les années 1860 voient à la fois le
renouveau des café-concerts (grâce à une réglementation assouplie) et le développement des
music-halls. Qu'ils soient anglais ou français, les spectacles de music-hall proposent une
succession de numéros de natures différentes, alternant chant, danse et sketches, le tout lié
par une ambiance musicale représentative de la culture populaire du pays concerné. Après
l'âge d'or de la fin du XIXème siècle, le music-hall entame une période progressive de déclin qui
s'accélère dans les années 1920 à cause de la concurrence croissante de la radio, du
gramophone et du cinéma sonore. Finalement, la plupart des derniers grands music-halls
ferment leur portes ou sont transformés en cinéma ou en salles de concert entre 1950 et
1960, alors même que de nouveaux moyens de divertissements se développent à grande
échelle : la télévision et le rock and roll*.
MUSIQUE BAROQUE
Dans l’histoire de la musique classique européenne, la période baroque s’étend du début du
XVIIe au milieu du XVIIIe siècle, et se situe donc entre les périodes Renaissance et
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classique. Ce siècle et demi a vu émerger un certain nombre de formes musicales et de genres
nouveaux, notamment la cantate, le concerto, l’opéra, l’oratorio, la suite ou encore la tragédie
lyrique. Au niveau de l’instrumentation, les clavecins, les violes de gambe, le luth ou l’orgue
font partie des instruments de musique caractéristiques de cette période. Enfin, un grand
nombre de compositeurs de cette période ont marqué l’histoire de la musique, notamment
Lully, Purcell, Couperin, Vivaldi, Telemann, Rameau, Händel et bien-sûr Bach, considéré
aujourd’hui comme l’un des plus grands compositeurs de l’histoire.
MUSIQUE CLASSIQUE
Dans le langage courant, l'expression "musique classique" se réfère à la musique savante, par
opposition à la musique populaire. Souvent appliquée à la musique européenne, cette
expression générique couvre la période allant de la Renaissance à nos jours et symbolise,
comme d'autres mouvements artistiques qui se sont développés à partir du XVème siècle, la
prise de conscience d'une identité culturelle européenne. Cependant, on utilise également
l'adjectif "classique" comme synonyme de "savante" pour désigner des musiques issues
d'autres régions du monde (par exemple la musique classique indienne, par opposition à la
musique populaire indienne).
De façon plus spécifique, dans l'histoire de la musique classique occidentale, on appelle
également "musique classique" la musique de "la période classique", qui s'étend de 1750 à
1820 (c'est-à-dire chronologiquement entre la musique baroque et la musique romantique).
Joseph Haydn, Wolfgang Amadeus Mozart et Ludwig van Beethoven (dans sa première période,
avant qu'il n'entame lui-même l'évolution vers le romantisme) sont aujourd'hui considérés
comme les plus fameux représentants de cette période.
MUSIQUE CONCRÈTE
L'expression "musique concrète" rassemble des oeuvres sonores ou musicales composées au
moyen de sons "concrets", c'est-à-dire issus de la nature, de l'industrie ou de la vie
quotidienne. Le principe est donc d'enregistrer des sons sans instrument de musique (le bruit
d'une voiture qui passe, des bris de verre, les sons de mécaniques diverses…) et de les
réorganiser dans une certaine harmonie rythmique et mélodique, en y ajoutant des effets si
nécessaire. Fruit des expérimentations du Français Pierre Schaeffer à partir de la fin des
années 1940, la musique concrète s'est naturellement développée avec les progrès techniques
liés aux microphones et aux magnétophones. D'autres chercheurs / compositeurs ont marqué
l'histoire de ce courant : Pierre Henry, Edgard Varèse, Iannis Xenakis… La musique concrète
s'est également insinuée par touches dans les musiques populaires, notamment via le
psychédélisme*. Enfin, de nombreux artistes d'électronica* ont souvent utilisé des sons
concrets comme matière première pour leurs compositions, notamment Aphex Twin,
Squarepusher et Autechre.
MUSIQUE CONTEMPORAINE
Cette expression désigne l'ensemble des musiques savantes nées après la Seconde Guerre
Mondiale et recherchant de nouveaux modes de composition au-delà du système tonal mis en
place au XVIIème siècle.
MUSIQUE EXPÉRIMENTALE
Dans son sens le plus général, les musiques expérimentales sont l'ensemble des musiques
construites sur le désir d'explorer de nouveaux moyens techniques et artistiques,
généralement hors des normes et des conventions propres aux traditions musicales
occidentales. L'expression "musique expérimentale" est également parfois utilisée comme un
synonyme de "musique contemporaine". Enfin, de façon plus spécifique, la musique
expérimentale est un courant américain des musiques contemporaines totalement distinct de
l'avant-gardisme européen (Karlheinz Stockhausen, Pierre Boulez, Iannis Xenakis).
Représentée entre autres par des compositeurs tels que John Cage, Morton Feldman ou La
Monte Young, cette musique expérimentale se caractérise par des partitions ayant des formes
ouvertes, où la volonté de ne pas contrôler le résultat de l'interprétation mène généralement à
quelque chose d'imprévisible et de très variable selon les interprètes.
MUSIQUE IMPROVISÉE
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Pratique musicale née dans les années 1960 poursuivant les recherches de la musique
contemporaine, du free jazz et des musiques électro-acoustiques. Contrairement à
l'improvisation codifiée que l'on retrouve dans le blues, le jazz ou le flamenco, la musique
improvisée cherche avant tout à se libérer de tout code et notion de hiérarchie. En cela, elle
est une véritable extension des musiques contemporaines et expérimentales.
MUSIQUE INDUSTRIELLE / INDUS
Courant développé à partir du milieu des années 1970 sur la base de sonorités froides et
métalliques évoquant l’atmosphère sonore des usines de l’industrie lourde. Les musiques
expérimentales, la musique concrète, Kraftwerk, les morceaux bruitistes du Velvet
Underground ou encore certaines musiques ethniques répétitives capables de produire l’état de
transe ont tous influencé les premiers artistes de musique industrielle. Enfin, Cabaret Voltaire,
Throbbing Gristle, Einstürzeinde Neubauten et D.A.F. font partie des artistes indus de
référence.
MUSIQUE MINIMALISTE
Également appelée "musique répétitive" en France, c'est un courant de la musique
contemporaine né aux Etats-Unis dans les années 1960. Comme ces deux appellations
l'indiquent, elle est à la fois basée sur la répétition de motifs joués par un ou très peu
d'instruments (d'où le caractère minimaliste). Terry Riley, La Monte Young, Steve Reich et
Philip Glass sont parmi les représentants les plus connus de ce mouvement.
MUSIQUE MODERNE
Cette expression désigne l’ensemble des musiques savantes occidentales créées dans la
première moitié du XXe siècle. Elle arrive donc après la période romantique et avant la
musique contemporaine. L’une de ses caractéristiques principales est de ne pas avoir d’unité
esthétique, puisque l’époque voit cohabiter nouvelles approches (impressionnisme, atonalité,
sérialisme…) et d’anciennes pratiques réhabilitées (modalité, polyrythmie…). De façon
analogue, c’est à la fois l’époque où se développent les techniques d’enregistrement et les
premiers instruments électroniques (thereminvox en 1919 et ondes Martenot en 1928) et où
l’on commence à s’ouvrir à d’autres approches rythmiques et harmoniques issues d’autres
cultures et d’autres continents. La musique moderne représente donc une période riche en
découvertes et constitue une transition déterminante expliquant le passage de la rigueur
technique et stylistique de la musique des siècles précédents à la démarche éclatée et
insaisissable des musiques postmodernes.
MUSIQUE POST-INDUSTRIELLE
Terme générique englobant l’ensemble des styles qui mêlent la musique industrielle à d’autres
genres. L’E.B.M., l’électro-indus, le rock industriel ou le hip hop industriel en sont quelques
exemples.
MUSIQUES DU MONDE
Traduction de l'expression "world music". Terme apparu dans les années 1980 pour désigner
l'ensemble des musiques actuelles issues des musiques traditionnelles d'Afrique, d'Amérique
du Sud, d'Asie, d'Europe de l'Est ou d'Océanie. Ce terme n'est évidemment pas un genre
musical à part entière tant il représente des réalités musicologiques différentes. C'est
davantage une notion issue du marketing visant à organiser la vente de musiques ne venant
pas des Etats-Unis ni d'Europe de l'Ouest aux consommateurs de ces territoires. Cette
expression post-colonialiste et politiquement correcte symbolise le fait que les pays riches ont
un jour décidé de s'intéresser aux musiques des pays pauvres (leurs anciennes colonies)
autrement que dans le cadre de représentations traditionnelles ou folkloriques. Dans les
années 1980, après le succès des grands concerts à caractère humanitaire ou caritatif, des
artistes occidentaux tels que Peter Gabriel se sont lancés dans la production de disques de
musique du monde. Son label Real World illustre d'ailleurs parfaitement le mélange de tradition
et de modernité cher à de nombreux artistes issus de pays non occidentaux. En tant
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qu'ancienne grande puissance coloniale, la France s'est naturellement imposée comme l'un des
premiers pays producteurs de musiques du monde. Il n'est d'ailleurs pas rare de voir chez les
disquaires anglais des rayons appelés "French World", dans lesquels on trouve aussi bien les
disques de Faudel, d'Amadou & Mariam que de Youssou N'Dour. Cette appellation est bien
davantage basée sur une réalité économique centrée sur l'Occident que sur le caractère
singulier d'une esthétique musicale bien précise et identifiée.
MUSIQUES ÉLECTRONIQUES
Cette expression, si elle est pratique lorsqu'on parle de musique, est néanmoins source de
nombreuses confusions. Selon les personnes qui l'emploient, elle peut désigner tour à tour :
les musiques produites avec des sons électroniques, celles produites avec des instruments
électroniques (mais pas forcément des sons électroniques), ou même celles utilisant seulement
en partie des sons ou des instruments électroniques ! Tout comme l'expression "musiques du
monde*", ces mots ne désignent finalement aucune esthétique musicale précise et constituent
plus une facilité de langage pour le marketing et la communication. En effet, sous la bannière
des musiques électroniques, on trouve des genres aussi divers que la house* et la jungle*. Or
la house est finalement beaucoup plus proche de la soul*, de la disco* et du funk* dont elle
descend que de la jungle qui, elle, est issue du dub*, du hip hop* et du ragga*.
L'instrumentation utilisée par un groupe remet également en question l'utilisation de
l'expression
"musiques électroniques". Quand un groupe joue de la house avec une formation n'incluant
aucune
machine* (par exemple saxophone / piano / basse / batterie), sa house est-elle toujours de la
musique électronique ? De même pour un musicien qui compose seul avec ses machines : si,
pour faire du rock*, il n'utilise que des sons acoustiques et électriques de guitare, de basse et
de batterie, doit-on pour autant qualifier sa musique d'électronique, et ainsi l'associer à des
genres comme la techno alors que sa musique est tout simplement du rock ? Bien que cette
expression signifie tout et son contraire, elle a été adoptée par de nombreux acteurs et
spécialistes du milieu car elle constitue un moindre mal face à l'ancienne appellation générique
"techno*", source d’encore plus de confusions.
NEGRO SPIRITUALS
A l'origine, "spiritual songs" est une expression désignant les chants religieux pour les
chrétiens anglophones. Les negro spirituals (ou spirituals) sont des chants réalisés a capella*
créés à partir du XVIIème par les communautés d'esclaves afro-américains, dans lesquels sont
mélangées les mélodies de la liturgie chrétienne venue d'Europe et la forme des work songs*
(chant de travail) développées par ces esclaves. Elles sont donc la rencontre de certains
éléments musicaux et religieux d'origines africaines et d'autres composantes musicales et
religieuses en provenance d'Europe. Cependant, les negro spirituals sont intimement liés à la
manière selon laquelle cette rencontre s'est opérée sur le continent nord-américain, et ils n'ont
pas d'équivalent dans d'autres pays ayant joué un rôle dans le commerce triangulaire
d'esclaves. Les negro spirituals constituent les bases sur lesquelles se développeront le
gospel* et le blues* à la fin du XIXème siècle.
NEOFOLK
Mouvement européen des années 1980 ayant développé un croisement entre musique
industrielle et folk. Les groupes Current 93 et Death In June en sont deux des principaux
représentants.
NEW BEAT
Style de musique électronique dansante née en Belgique dans la deuxième moitié des années
1980. C'est un croisement d'acid house*, de techno* et d'EBM (Electronic Body Music).
Confetti's est sans doute l'un des groupes les plus connus de cette tendance assez éphémère
qui évoluera assez vite vers un son techno* plus dur.
NEW ORLEANS JAZZ
Egalement appelé "jazz de la Nouvelle-Orléans", "Hot jazz", "Dixieland", voire "Dixie", le New
Orleans jazz est le premier courant historique du jazz* puisqu'on estime sa naissance dans les
années 1910. Il trouve ses racines dans le ragtime, les marches de brass bands (orchestres de
cuivres héritiers des fanfares militaires) et le blues. Après avoir acquis une grande popularité
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dans les années 1910 et 1920, le New Orleans jazz est supplanté par le swing dans la décennie
suivante. Mais l'arrivée controversée du bebop dans les années 1940 donnera l'occasion à ce
courant de vivre une revival jusqu'aux années 1950. Louis Armstrong et Sidney Bechett sont
deux représentants du New Orleans jazz originel, de même que l'Original Dixieland Jass Band,
un groupe de musiciens blancs connu pour avoir été le premier à enregistrer un disque de jazz
("Livery Stable Blues" en 1917).
NEW WAVE
Ce terme est apparu à la fin des années 1970 pour rassembler sous un même nom des
groupes très variés, originellement considérés comme punk*. On a donc qualifié de "new
wave" les groupes qui, dans le sillage des Talking Heads, de Television et de Blondie, se sont
engouffrés dans une certaine recherche de nouveauté artistique. Mais la terminologie s'est
rapidement affinée, distinguant le post-punk (la tendance la plus brute, sombre et rock* – à
l'image de Gang Of Four) de la new wave (plus pop*, légère et électronique – avec The
Buggles, Human League, U2 ou encore Depeche Mode). La new wave perdurera pendant toute
la décennie 1980 avec des groupes comme Tears For Fears, puis elle aura une forte influence
sur les différents courants mêlant pop et électronique dans les années 2000.
NOISE
Littéralement, "bruit". Ce mot, ainsi que l'adjectif associé "noisy" (qui signifie "bruyant", voire
"bruitiste"), est parfois adossé à un style de musique pour signifier l'existence d'un souscourant basé sur des sons plus saturés ou distordus. C'est le cas avec le rock* noise de Sonic
Youth et la noisy pop* de The Jesus And Mary Chain, tous deux inspirés par certains morceaux
bruitistes du Velvet Underground.
NORTEC
Genre initié vers 1999, à Tijuana, par le Mexicain Pepe Mogt, fondateur de Nortec Collective.
Son principe est de mélanger le norteño* et les musiques électroniques telles que la techno*,
la house*, le dub*, le big beat* ou encore le hip hop*.
NORTEÑO
Cousin de la banda*, le norteño est également un style musical originaire de la zone
frontalière à cheval sur le Mexique et le sud du Texas. Né au début du 20ème siècle, le norteño
est issu de la rencontre des mariachis traditionnels et de la polka, introduite par les immigrés
venus d’Europe centrale. Cette dernière a apporté au norteño son rythme ainsi que l'accordéon
qui y joue un rôle prépondérant.
NORTHERN SOUL
Mouvement musical né dans le nord de l'Angleterre à la fin des années 1960 et largement
inspiré d'une soul* américaine dansante typique de certaines villes du nord telles que Detroit
ou Chicago. Avec le temps, l'expression est devenue synonyme de "Motown sound", du nom du
label américain.
NOUVEAUX ROMANTIQUES
Sous-genre de la new wave, cousins des artistes de synthpop, les nouveaux romantiques ont
développé une pop synthétique influencée par certains groupes krautrock, post-punk, tout en y
ajoutant le décorum du glam rock (maquillage et look androgyne). Visage et Spandau Ballet
sont deux noms qui sont restés fermement associés à cette esthétique caractéristique de la
première moitié des années 1980, et qui a ensuite eu une influence sur l'émergence de
l'électroclash dans les années 1990.
NO WAVE
Réponse de l'underground new-yorkais à la new wave au moment où elle rencontre un succès
médiatique à la fin des années 1970. Puisant dans le rock américain le plus bruyant de la fin
des années 1960 (The Velvet Underground, MC5), dans le funk, dans le free jazz ainsi que
dans les premiers groupes post-punk anglais, le mouvement no wave a cultivé un côté élitiste
qui l'a protégé de toute récupération commerciale. Néanmoins, si James Chance, DNA ou Lydia
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Lunch n'ont jamais explosé aux yeux du grand public, le mouvement a eu une influence
déterminante sur d'autres groupes, le plus célèbre étant sans doute Sonic Youth.
NU DISCO
Mouvance musicale apparue dans les années 2000, comme une conjonction de plusieurs
revivals* simultanés liés au disco : le disco* originel des années 1970, l'Euro disco* et l'italo
disco*. Les artistes de nu disco produisent une musique électronique qui peut être considérée
comme une synthèse de ces tendances, mais également comme une mise à jour de celles-ci
au moyen des technologies disponibles dans les années 2000.
NU JAZZ
Terme générique utilisé à partir de la deuxième moitié des années 1990 pour décrire des
musiques mêlant jazz et musiques électroniques. Les groupes qualifiés de "nu jazz" peuvent
aussi bien être des formations de jazz intégrant des élément rythmiques ou sonores issus de
musiques électroniques modernes (Erik Truffaz, Bugge Wesseltoft, Nils Petter Molvaer) que des
artistes de musique électronique composant avec des samples issus du jazz (Fila Brazillia,
Jazzanova, St Germain), ou jouant eux-mêmes d'un instrument (Squarepusher). L'expression
"nu jazz" désigne donc un large panel musical et constitue donc bien une appellation générique
plus qu'un genre musical clairement défini.
NU SKOOL BREAKS
Ce style originaire d'Angleterre est une forme de breakbeat* apparue à la fin des années 1990.
Avec un tempo* se situant généralement entre 130 et 140 B.P.M.*, le nu skool breaks comble
le vide rythmique qui existait depuis plusieurs années entre le big beat* et la drum and bass*.
Influencé par l'optique futuriste de celle-ci, il inclut également des sonorités de la techno*, la
basse du dub* et des rythmiques syncopées hip hop* ou électro* issues tantôt de samples de
batteries acoustiques, tantôt de boîtes à rythmes électroniques. Adam Freeland et les Plump
DJ's en sont les plus célèbres ambassadeurs.
NU SOUL
La nu soul est un derivé du R&B* contemporain laissant une large place à l'influence de la
soul* des années 1970, en favorisant des voix féminines et chaleureuses. Le terme est apparu
à la fin des années 1990 et désigne aujourd'hui la musique d'artistes tels que Erykah Badu,
Macy Gray, Angie Stone et Alicia Keys. Dans une certaine mesure, Lauryn Hill, seule ou avec
les Fugees, représentait à elle seule la nu soul avant que le mot soit inventé.
OLD SCHOOL
Littéralement, "vieille école". Terme apparu dans le hip hop* et le rap* au moment où une
nouvelle génération s'est développée (début des années 1990). Le terme visait à distinguer les
productions de l'époque de celles de la fin des années 1970 et du début des années 1980. Le
terme est aujourd'hui régulièrement utilisé hors de ce contexte original lorsqu'on veut opposer
une ancienne et une nouvelle école ("old school" et "new school") dans n'importe quel
mouvement musical ou artistique.
P-FUNK
Sous-courant du funk* généralement associé à la musique de Georges Clinton et de ses
groupes Parliament et Funkadelic dans les années 1970. Musicalement, le P-funk laisse une
large part aux guitares rock*, aux cuivres jazz* et surtout à une basse proéminente qui
constitue la base du groove* de cette musique. Très influencé par le psychédélisme*, le P-funk
a directement hérité de Jimi Hendrix et Sly & The Family Stone, puis a influencé de nombreux
artistes tels que Prince ou les Red Hot Chili Peppers.
PERFORMER
Artiste réalisant des "performances artistiques" (ou tout simplement "performances"), c'est-àdire des représentations de spectacles interdisciplinaires souvent considérés comme avantgardistes, dans la mesure où ils radicalisent ou transgressent les codes généralement suivis
dans les domaines artistiques traditionnels (théâtre, peinture, sculpture, danse, poésie,
musique…). Par définition, la performance est un art éphémère, qui ne produit donc que très
rarement des œuvres dans le sens matériel du terme.
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POP
Par définition, ce terme est censé regrouper l'ensemble des musiques populaires. Néanmoins,
avec la multiplication des styles de musiques "populaires" (dont certains n'ont jamais été très
faciles d'accès), le mot "pop" a fini par désigner un sous-genre de la pop (dans son sens
premier). Ses caractéristiques sont des mélodies entêtantes, des refrains accrocheurs et des
structures rythmiques simples mais marquantes. Mais alors qu'en France on considère la pop
comme la descendance principale de groupes tels que The Beatles ou The Beach Boys, sans
qu'on lui associe forcément une notion de succès commercial, les Anglo-Saxons, fidèles à la
signification originale, lui donnent une valeur de "musique populaire à succès" qui dépasse un
style musical précis. Ainsi, Michael Jackson (surnommé "The King of Pop"), Madonna, Prince et
Britney Spears sont tous considérés comme des stars de la pop. Pour simplifier, disons qu'en
France le rayon de disques intitulé "variétés internationales" correspond à ce que les Anglais et
Américains appellent la pop.
POP BAROQUE / POP DE CHAMBRE
Cette expression qualifie des morceaux de pop auxquels ont été ajoutés des orchestrations et
arrangements issus de la musique classique (au sens large et quelle que soit la période). Burt
Bacharach, The Beach Boys, The Zombies et The Beatles sont parmi les premiers à avoir
rencontré le succès avec cette formule dans la première moitié des années 1960. On peut
considérer que cette démarche inspirera par la suite un certain nombre de groupes qui
participeront à l’émergence du rock progressif*.
PORRO
Musique traditionnelle colombienne au rythme rapide et dansant, dont les racines pourraient
remonter jusqu’à la période précolombienne. Après des siècles d’évolutions et d’influences
culturelles extérieures (hispanique, africaines, américaines), le porro accède à sa forme
actuelle durant la première moitié du XXe siècle. Il est joué par des groupes semblables à des
fanfares de cuivres et de percussions et s’avère finalement assez proche de la cumbia.
POST-HARDCORE
Évolution du punk hardcore apparue aux Etat-Unis dans la deuxième moitié des années 1980.
Tout en conservant l'énergie du punk hardcore, les artistes de post-hardcore ont développé
une approche rythmique plus complexe et précise, un goût pour davantage de dynamisme (en
alternant les parties vocales claires et criées) ainsi qu'un jeu permanent sur la mélodie et la
dissonance. SST Records (Big Black) et Dischord Records (Fugazi) sont deux des plus fameux
labels ayant participé à l'histoire de cette mouvance qui a elle-même engendré des évolutions
telles que le math rock* ou l'emocore.
POST-PUNK
Mouvement né dans la deuxième moitié des années 1970, héritant du punk* la volonté de
bousculer un paysage musical trop conformiste au goût de certains jeunes artistes, mais s'en
distinguant dans sa musique, dans ses textes et dans son esthétique par une démarche plus
élaborée et moins caricaturale. Basé sur une forme d'ouverture musicale, le post-punk a vu
certains de ses représentants intégrer des éléments de krautrock*, de rock psychédélique*, de
dub*, de funk*, de disco*, de musiques éthniques, de musique industrielle* ou encore de
musique expérimentale. Plus qu'un style musical aux contours bien définis, le post-punk peut
donc être considéré comme une famille musicale dans la mesure où l'on a pris l'habitude de
rassembler différents styles sous cette appellation (punk-funk*, no wave*, darkwave*,
coldwave*, rock gothique, rock industriel*). L'influence du post-punk a été majeure puisqu'il
représente les origines de ce que l'on appelle le "rock indépendant" depuis les années 1980.
De plus, le revival* post-punk observé depuis 1998 (avec des artistes comme Interpol, !!! ou
The Rapture, et un peu plus tard Franz Ferdinand, Bloc Party, The Rakes…) prouve que ce
mouvement est toujours bien vivant. Enfin, notons la confusion entraînée par les étiquettes
"post-punk" et "new wave*". Ces deux mouvances ont beau parfois se superposer (notamment
avec des artistes comme Talking Heads ou New Order), on les distingue néanmoins par le fait
que la première est plus sombre et moins pop que la seconde. En ce sens, Joy Division, The
Fall ou Gang of Four sont des artistes post-punk et non pas new wave, contrairement à The
Human League et Depeche Mode qui, eux, sont rattachés à cette deuxième famille.
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POST-ROCK
Le terme a été inventé au milieu des années 1990 afin de décrire la musique de groupes
utilisant les instruments propres au rock* (guitare, basse et batterie), mais jouant une
musique qui s'en différenciait par une approche instrumentale, atmosphérique, progressive et
parfois symphonique ou expérimentale. Tout comme l'électronica* qui l'a également influencé,
le post-rock couvre un spectre musical si large et flou qu'il représente finalement plus une
approche esthétique qu'un style de musique précis. Si le terme a été à l'origine utilisé pour
parler de groupes tels que Pram ou Stereolab, il désigne également les musiques très diverses
de Mogwaï, Godspeed You! Black Emperor ou encore Tortoise, groupe de Chicago réputé
comme l'un des chefs de file de ce mouvement.
POWER POP
Expression utilisée à partir de 1967 pour décrire des morceaux mêlant un chant pop à une
musique plus nerveuse et agressive, aussi bien dans ses rythmes que dans ses mélodies.
Certains titres des Beatles sortis entre 1963 et 1966 ont été a posteriori qualifiés de "power
pop" (She Loves You, Can’t Buy Me Love…). Sous cette bannière, on retrouve également
certains titres des Beach Boys, des Kinks, des Small Faces ou des Who. Cependant, les notions
de pop et d’agressivité sonore étant très relatives selon les époques, les titres de power pop
plus récents s’avèrent parfois assez éloignés de leurs ancêtres. Dans les années 1990, le terme
est utilisé pour décrire des groupes tels que Weezer ou Teenage Fanclub. Aujourd’hui, cette
expression est assez peu utilisée et les médias lui préfèrent souvent le terme générique et
assez large de "pop rock".
PRODUCTEUR
Ce mot est souvent source de confusions car il recouvre différentes significations. Dans son
sens économique, c'est la personne ou la société (label* ou maison de disque) qui a financé un
enregistrement et qui en est donc le propriétaire. Mais, dans le domaine des techniques du
son, c'est celui qui participe au mixage ou à la réalisation artistique d'un disque. Dans ce cas,
c'est une sorte d'ingénieur du son à qui l'on confie des attributions artistiques allant au-delà de
son travail purement technique sur le traitement du son. Enfin, dans le hip hop* et les
musiques électroniques*, on appelle parfois "producteur" l'artiste utilisant des machines* pour
réaliser des rythmes et manipuler des samples*, qu'il soit ou non le compositeur des mélodies
principales du morceau. Dans ce cas-là, il prend le même sens que le terme "producer" dans le
hip hop américain.
PROG ROCK
Rock progressif. Tendance ambitieuse et parfois grandiloquente qui s'est popularisée en Europe
au début des années 1970. Issu de la rencontre du psychédélisme*, du jazz* fusion, de la
musique classique et des nouvelles technologies électroniques, cet équivalent franco-anglais
du krautrock* allemand est parfois considéré comme l'ancêtre du post-rock*. Le genre s'est
développé avec l'émergence de groupes tels que King Crimson, Genesis, Pink Floyd, Yes et
Magma. Dans des styles différents, Tool et Radiohead peuvent être écoutés comme des
héritiers du prog rock.
PROGRESSIVE HOUSE
Courant de la house* apparu en Angleterre au début des années 1990, construit sur des
structures plus progressives et empruntant au dub ses basses hypnotiques et profondes.
PROGRESSIVE TRANCE
Courant de la trance caractérisée par une construction mélodique progressive récurrente, un
tempo légèrement ralenti, et des durées moyennes de morceaux plus importantes. Sasha a,
entre autres, produit des morceaux de trance progressive.
PROTEST SONG
Chanson contestataire, parfois appelée chanson "engagée" en français. Son histoire est
intimement liée à la tradition folk* américaine, mais la plupart des esthétiques musicales et
des cultures dans le monde ont développé leur versant contestataire.
PSYCHÉDÉLIQUE
Diminutif : "psyché". Adjectif se rapportant au psychédélisme qui désigne un mouvement
culturel du milieu des années 1960 dédié à l'élargissement du champ des perceptions
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sensorielles au moyen de drogues (telles que le LSD). Les effets hallucinatoires de ces produits
ont notamment favorisé l'émergence de nouveaux courants artistiques basés sur des
esthétiques exubérantes ou oniriques. La musique psychédélique n'est pas un genre à
proprement parler, mais plutôt une autre façon de faire toutes sortes de musiques sous
l'influence du psychédélisme. The Byrds, The Beatles, The Beach Boys, Pink Floyd, Jimi
Hendrix, Love, Jefferson Airplane sont autant de groupes très distincts dont la musique a été
ponctuellement ou totalement influencée par le psychédélisme originel. Par nature, le
psychédélisme peut être associé à n'importe quel genre musical, créant ainsi un nouveau
courant à cette famille, comme cela a été le cas avec le rock*, le jazz*, la soul*, le funk*…
Aujourd'hui encore, les styles musicaux peuvent être influencés par le psychédélisme, même si
cela se manifeste plus par l'utilisation d'effets sonores caractéristiques et stéréotypés que par
une adhésion au mouvement psychédélique ou à la prise de drogues spécifiques.
PSYCHOBILLY
Style musical né de la rencontre du punk* garage* anglais des années 1970 et du rockabilly
américain des années 1950. La contrebasse remplace généralement la basse et constitue le
ciment de la rythmique endiablée propre au psychobilly. Avec une image politiquement
incorrecte basée sur le sexe, la violence et les films d'horreur, des groupes tels que The
Meteors semblaient chercher à choquer l'Angleterre bien-pensante du début des années 1980.
Néanmoins, la principale caractéristique du genre est son aspect festif et dansant, même s'il
n'a jamais rencontré un grand succès, se cantonnant à un public de fans voués corps et âme à
sa cause.
PUNK
Le punk-rock est un genre musical basé sur une radicalisation de l'aspect simple, brut et direct
du rock and roll. Il est apparu au milieu des années 1970 et ses groupes phares ont été les
Sex Pistols, The Ramones et The Clash. On sait aujourd'hui que ce style est l'héritier des
groupes de rock garage* américains des années 1960 ainsi que de deux formations
essentielles ayant précédé le mouvement de quelques années : The Stooges et MC5. A
l'origine révélateur d'un engagement politique et social contre les institutions, le punk a depuis
été récupéré par les industries du disque et de la communication. Aujourd'hui, c'est un mot
utilisé pour qualifier la musique de groupes évoluant dans différents styles (pas forcément du
rock), signifiant une démarche basée sur une énergie brute et directe.
PUNK-FUNK
Egalement appelé disco-punk, dance-rock ou encore dance-punk, ce courant a émergé à la fin
des années 1970 en Angleterre et à New York, en pleine phase post-punk. Les voix et l'énergie
punk* se trouvent alors associées à une rythmique dansante et rapide, une basse groovy
venant du disco* et des guitares tranchantes. Ses groupes les plus emblématiques sont Gang
Of Four et Liquid Liquid, mais on retrouve aussi cette esthétique chez Devo, Wire, PIL, Talking
Heads, Joy Division ainsi que dans les premiers titres de The Cure. Au tournant des années
1980, les artistes et le public se détournent quelque peu du genre au profit des nouvelles
musiques électroniques dansantes (hip hop*, house* et techno*). Malgré l'influence qu'a eu le
punk-funk sur toute la scène indie dance de Manchester à la fin des années 1980 et au début
de la décennie suivante, le véritable revival* commence en 2001 avec le succès de Radio 4 et
de son titre "Dance to the underground". The Rapture, !!! et LCD Soundsystem font également
partie de cette nouvelle vague discopunk qui récolte les fruits de ce qu'ont semé leurs aînés 25
ans plus tôt.
R&B
Si ce terme était auparavant une autre appellation du rhythm and blues*, une nouvelle forme
de R&B apparaît au début des années 1980 aux Etats-Unis. Mélange de funk*, de soul* et de
pop*, le R&B contemporain obtient ses premiers grands succès avec Prince, Michael Jackson,
Luther Vandross, Janet Jackson et Whitney Houston. Au milieu des années 1980, le hip hop*
fournit de nouveaux sons au R&B, donnant ainsi naissance au New Jack Swing. L'influence du
hip hop se fera progressivement de plus en plus ressentir, générant le hip hop-soul, puis le
R&B que nous connaissons aujourd'hui avec Missy Elliott, Timbaland ou encore Kelis. Les
sonorités électroniques prenant de plus en plus d'importance, le genre reste aujourd'hui en
pleine mutation. En étant associé à certains gimmicks de la jungle*, il a par exemple enfanté
le 2step* et donc indirectement le UK Garage* et le grime*.
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RAGGA
Appelé à l'origine "raggamuffin", ce mélange de reggae* et de rap* aux sons très
électroniques est né au milieu des années 1980. Sans révolutionner le dancehall* déjà existant
depuis quelques années, le raggamuffin s'apparente finalement à l'arrivée à maturité de ce
style jamaïcain et à sa formalisation réalisée par l'industrie du disque pour faciliter sa
commercialisation.
RAP
Le rap est l'un des principaux éléments de la culture hip hop*, et c'est plus précisément la
forme vocale de la musique hip hop. Utilisant comme matière première des textes en rimes, le
rap originel traite avec rudesse ou poésie du quotidien de son auteur, mais peut également
délivrer des messages signifiant un engagement politique ou social. Néanmoins, le rap désigne
avant tout une façon de scander ces textes, qui se différencie dans sa forme du chant ou du
spoken word* par une prédominance de l'impact rythmique. Influencés par les toasters*
jamaïcains, le talking blues (ou "blues parlé") de Woody Guthrie et le phrasé de James Brown,
les premiers rappeurs ont néanmoins comme pères fondateurs The Last Poets et Gil ScottHeron qui officiaient à la fin des années 1960 et au début des années 1970. Souvent rejeté à
ses débuts sous prétexte qu'il ne se basait pas sur une ligne de chant mélodique (la vraie
raison étant sans doute le caractère subversif des textes de certains groupes tels que Public
Enemy), le rap a depuis franchi de nombreuses barrières culturelles et musicales, et a été
complètement intégré par un public et des artistes bien au-delà des communautés afroaméricaines et hispaniques qui en sont à l'origine.
RAP CONSCIENT
Expression désignant une forme de rap dont les textes se focalisent essentiellement sur des
sujets sociaux ou politiques, sous la forme de témoignages, de réflexion, d'analyses ou de
commentaires. Le terme "conscient" se rapporte directement aux textes, et non pas à la
musique qui n'a pas de caractéristiques musicologiques propres qui la distinguerait d'autres
formes de hip hop*. Cependant, on constate que la sobriété est souvent de mise dans ce
genre, sans doute dans le but de mieux mettre en valeur les textes, et donc les messages
qu'ils véhiculent.
REGGAE
Le reggae est un style de musique apparu en Jamaïque au milieu des années 1960. Malgré des
racines remontant au mento, au calypso, au jazz* et au rhythm and blues*, le reggae est un
descendant direct du ska incluant des éléments de rocksteady. Pour simplifier, le reggae est
issu d'un ralentissement du tempo* du ska. S'il n'en est pas l'inventeur, Bob Marley est
néanmoins l'artiste qui a popularisé le genre au niveau international. Dès le début des années
1970, le reggae engendre d'autres styles comme le dub*, puis le dancehall*, le ragga* et enfin
la jungle* et la drum and bass* dans les années 1990. Le mot "reggae" est également utilisé
comme un terme générique englobant le ska, le rocksteady, le dancehall et le ragga. Souvent
associé à la religion rastafari, il développe cependant aussi dans ces textes les thèmes
universels de l'amour et de la lutte contre l'oppression.
REGGAETON
Ce genre musical prend ses racines au Panama vers la fin des années 1970, alors que des
amateurs de reggae* et de dancehall* décident d'adapter ces styles jamaïcains à leur culture
hispanique. Dans les années 1980, des producteurs porto-ricains amateurs de ce ragga
hispanique décident d'y ajouter des éléments de hip hop*, ainsi qu'un schéma rythmique
emprunté à un morceau composé par le producteur jamaïcain Bobby Digital pour le toaster*
Shabba Ranks. Son titre ("Dem Bow") donnera son nom à cette rythmique aujourd'hui
caractéristique du reggaeton. Le genre devient très populaire à Porto Rico et en Amérique
Latine pendant les années 1990, mais n'explose au niveau international qu'à partir de 2004.
Les premiers grands succès commerciaux aux Etats-Unis sont des morceaux de N.O.R.E. et
Daddy Yankee, mais Ivy Queen et Tego Calderon sont également des artistes importants de
cette mouvance.
REMIX
Version alternative d'un morceau déjà existant. A l'origine, le remix était simplement une
nouvelle façon de mixer* un enregistrement en modifiant le volume et les effets associés à
chaque son du morceau. Avec le temps, les remixes sont de plus en plus devenus des
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nouveaux arrangements*, modifiant la couleur musicale des morceaux originaux en incluant
d'autres mélodies ainsi que d'importantes variations rythmiques.
REPENTE
Forme d’expression orale et poétique traditionnelle originaire du Nordeste brésilien.
L’accompagnement musical est généralement constitué par une ou plusieurs violas (des sortes
de guitares à 7 ou 10 cordes) ainsi que des tambourins appelés pandeiros. Le repente est
parfois considéré comme un ancêtre du rap*, et ce pour différentes raisons : l’utilisation de
vers et de strophes, son caractère improvisé (comme dans les freestyles hip hop*) ainsi que le
fait qu’on l’entende lors de joutes publiques, ce qui le rapproche des battles où l’on peut voir
deux rappeurs s’affronter avec comme seule arme leur habileté verbale. Enfin, on considère
que les origines du repente remontent aux troubadours européens (et en particulier occitans)
du Moyen Age.
REVIVAL
Terme désignant le fait qu'un style musical (et plus généralement une mode), oublié par le
grand public, retrouve ses faveurs de nombreuses années plus tard. La folk, le blues et le rock
ont tous été victimes à un moment de genres plus novateurs, mais ils ont également tous vécu
plusieurs revivals les plaçant à nouveau sous les feux de la rampe.
RHYTHM AND BLUES
Issue du blues* et du jazz*, cette musique populaire afro-américaine est apparue dans les
années 1940. Elle est directement à l'origine de la création du rock and roll*, de la soul* et du
funk*, et donc indirectement de la plupart des nouveaux styles musicaux apparus en Occident
dans la deuxième moitié du 20ème siècle. Dans les années 1970, l'expression "rhythm and
blues" (ou R&B) désignait parfois les musiques mêlant la soul et le funk. Dans les années
1980, un genre appelé R&B* s'est également affirmé comme une version pop* du mélange de
soul et de funk, intégrant plus récemment des éléments hip hop* et électroniques*. Fats
Domino, The Neville Brothers et The Rolling Stones ont tous été à un moment des
représentants du rhythm and blues originel.
ROCK
C'est le terme générique qui englobe le rock and roll* et l'ensemble des styles musicaux qui en
sont issus. S'il est difficile de tous les énumérer (aujourd'hui encore, de nouvelles formes de
rock apparaissent), on peut néanmoins citer les sous-genres les plus influents : le rockabilly, le
surf* rock, le rock pop* (ou pop-rock), le rock psychédélique*, le prog* rock, le garage* rock,
le folk-rock, le punk-rock*, le hard rock… On peut enfin mentionner l'influence que le rock a
également eu sur des genres tels que le funk* ou la techno*.
ROCK AND ROLL
Le rock and roll est un genre musical né aux Etats-Unis au début des années 1950, dont les
racines proviennent essentiellement du rhythm and blues*. Il inclut cependant différents
éléments issus du blues*, du jazz*, du gospel*, de la country*, du boogie-woogie* et de la
folk* des Appalaches. C'est donc en quelque sorte la première grande synthèse des musiques
nées aux Etats-Unis dans la première moitié du 20ème siècle. Avec cette fusion de rythmes
issus de cultures africaines et de mélodies aux origines européennes, le rock and roll est une
musique de danse considérée alors comme subversive et basée sur une énergie brute (ce qui
est l'une de ses principales caractéristiques). Les premiers artistes du genre à avoir connu le
succès sont Fats Domino, Chuck Berry, Bo Diddley, Bill Haley et enfin Elvis Presley qui à
l'époque, et encore aujourd'hui, représente l'archétype de l'icône rock and roll. Le genre, qui
fut emblématique des (r)évolutions sociales et culturelles de la deuxième moitié du 20ème
siècle, a tellement évolué qu'il a généré des dizaines de sous-genres réunis aujourd'hui sous
l'appellation "rock".
ROCKABILLY
C'est l'une des formes primales du rock and roll. Le rockabilly apparaît au début des années
1950 et mélange boogie-woogie, country, blues et folk. Elvis Presley, Carl Perkins et Johnny
Cash ont été parmi les premiers artistes de rockabilly à rencontrer le succès.
ROCKSTEADY
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Style musical né en Jamaïque au milieu des années 1960, dont la nom viendrait d'une danse
pratiquée à l'époque. Le rocksteady est considéré comme une évolution du ska* intégrant
également des éléments de rhythm and blues* et de soul*. Il se distingue du ska* par un
tempo plus lent, une rythmique syncopée, une basse plus présente et une moindre place
accordée aux cuivres. Pour toutes ces raisons, on considère que le rocksteady a été une étape
intermédiaire entre le ska* et le reggae*, et qui a donc permis l'émergence de ce dernier à
peine deux ans plus tard.
ROCK GOTHIQUE
Si l’utilisation de ce terme s’est généralisée au début des années 1980 pour décrire la musique
de groupes tels que Bauhaus ou Sisters Of Mercy, on considère que ce sous-genre du postpunk est né au Royaume-Uni à la fin des années 1970 avec des artistes tels que Siouxsie And
The Banshees, Joy Division ou The Cure. Cependant, certains groupes plus anciens sont
souvent considérés comme des précurseurs ayant influencé l’émergence de cette esthétique,
notamment The Doors, Nico, The Velvet Underground ou encore David Bowie. En tant que
style musical, le rock gothique se caractérise par des sonorités froides et des textes sombres
nourris de poésie romantique. Si l’on considère l’esthétique gothique au sens large telle qu’elle
s’est développée par la suite au début des années 1980, on constate que le symbolisme
religieux, le mysticisme, l’imagerie surnaturelle, voire la morbidité sont des thèmes ou des
symboles qui ont fini par être étroitement associés à cette mouvance.
ROCK SUDISTE
Forme de rock américain développée vers la fin des années 1960 et dans les années 1970 par
des groupes désirant remonter aux racines du rock en ajoutant à leur blues-rock des éléments
de country-rock et de folk, tout en revendiquant dans leur image leurs origines du sud des
États- Unis. Lynyrd Skynyrd est l'un des groupes les plus célèbres de cette mouvance.
RUMBA
La rumba est à la fois une danse et un style musical de culture afro-cubaine. Née à Cuba
durant le XIXe siècle, la rumba a ensuite vécu un développement important après l’abolition de
l’esclavage de 1886. Traditionnellement, la rumba intègre les chants, les percussions (claves,
tambours) et la danse, dans un cadre d’improvisation rythmique. De plus, elle est davantage
dédiée à des fêtes spontanées dans la rue ou dans des cours d’immeuble qu’à des
représentations avec des spectateurs passifs. Avec les années, de nombreuses variantes ont
émergé, certaines ont disparu, d’autres ont perduré jusqu’à aujourd’hui. Son nom viendrait
peut-être d’une danse importée par les esclaves africains appelée "nkoumba", puis aurait été
modifié sous l’influence espagnole.
RUMBA CONGOLAISE
Après être passé par Cuba, les rythmes d’Afrique centrale qui constituent la base de la rumba
cubaine finissent par revenir dans les années 1930 aux oreilles d’une nouvelle génération de
musiciens congolais, adeptes de jazz, de guitares et de cuivres. Une partie de l’Afrique se
réapproprie alors cette rumba à laquelle ont été ajoutés des éléments de jazz mais aussi de
musiques africaines, antillaises et latino-américaines. Avec notamment Wendo Kolosoy
(considéré comme l’un des créateurs de ce style), le succès rencontré par la rumba congolaise
dans les années 1940 ouvrira ensuite la porte à de nouvelles générations qui innoveront à leur
tour en faisant émerger d’autres musiques comme le soukouss ou le makossa.
SALSA
Style développé à New York vers la fin des années 1960 par des musiciens originaires de Cuba
et de Porto Rico. C'est principalement une musique dansante, dont le nom désigne également
la danse qui y est associée. Si elle puise ses racines dans les rythmes traditionnels cubains, la
salsa est le fruit d'un mélange de traditions musicales de différents pays d'Amérique latine,
auquel s'ajoute une forte influence du jazz*. Jusqu'aux années 1970, les termes "salsa" et
"latin jazz" étaient souvent interchangeables. Ils désignent aujourd'hui deux musiques
distinctes, partageant néanmoins de nombreux points communs. Au delà du style
précédemment décrit, le mot "salsa" est également utilisé pour désigner l'ensemble des
musiques dansantes ayant des liens avec la culture musicale cubaine (cha-cha-cha, guaracha,
mambo, rumba, son, timba…).
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SAMBA
Cette musique brésilienne née au début du vingtième siècle trouve ses racines dans différents
pays d'Afrique Centrale, mais aussi dans certaines musiques afro-brésiliennes apparues les
siècles précédents (notamment le choro* et la musique de capoeira*). Après avoir été adoptée
en tant que musique de carnaval dans les années 1930, cette musique de danse très rythmée
aux lignes mélodiques syncopées est aujourd'hui devenue l'un des grands symboles de la
culture populaire brésilienne.
SAMPLE
Littéralement, "échantillon". Extrait d'un morceau, d'une séquence ou d'un son qui, une fois
enregistré et éventuellement modifié au moyen d'effets, peut être réutilisé dans un nouveau
morceau.
SAMPLEUR
Littéralement, "échantillonneur". Machine* ou logiciel servant à extraire un sample*d'un
morceau pour l'utiliser différemment dans un autre morceau.
SARDANE
Terme désignant à la fois une danse et une musique traditionnelle catalane jouée par des
orchestres appelés "Cobla". Ces derniers sont essentiellement composés d'instruments à vent
et de percussions (flaviol, tible, ténora, tambori…).
SCRATCH
Littéralement, "griffer" ou "rayer". Pour certains DJ's, action qui génère des sons par le
frottement d'un disque vinyle (au moyen de courts va-et-vient) contre le diamant qui le lit.
Conjointement, les variations de vitesse et de durée des sons produits sont réalisées par les
mouvements que le DJ donne avec son autre main au crossfader* de sa mixette*. D'un point
de vue technologique, et contrairement à l'idée reçue selon laquelle le scratch a quelque chose
d'électronique, le phénomène qui produit le son est un frottement mécanique générant un son
acoustique qui est ensuite électriquement amplifié. Enfin, s'il est apparu et s'est développé
dans le hip hop et qu'il a ensuite été adopté par de nombreux DJ's de drum and bass, le
scratch ne se limite pourtant à aucun genre musical. Pratiqué à un niveau technique élevé, le
scratch a fait passer la platine vinyle du statut de simple lecteur de disques à celui
d'instrument de musique dont le registre des sons est infini : en effet, il se nourrit de
l'ensemble des sons disponibles de toutes les musiques enregistrées.
SCREAMO
C'est une évolution du punk hardcore et de l'emocore née à San Diego (Californie) au début
des années 1990. Il est caractérisé par l'alternance calme/bruit et par des voix et des cris
abrasifs. Le groupe Heroin fut l'un des précurseurs du genre.
SÉLECTOR
Utilisé à l'origine dans le cadre des sound systems* reggae* et dancehall* jamaïcains, le terme
"sélector" désigne la personne qui choisit et qui joue les disques. L'équivalent de ce que l'on
appelle communément un DJ* dans les autres familles musicales nées au XXème siècle.
Cependant, depuis la fin des années 1990 et l'explosion du nombre de DJ's, le mot "sélector"
est de plus en plus utilisé pour parler d'un DJ qui se concentre sur le choix de sa sélection et
qui enchaîne les morceaux sans se soucier des techniques de mixage (calage des disques sur
un même tempo, utilisation d'effets, boucles réalisées en direct…). Une typologie des DJ's
distinguerait donc ceux qui réalisent des sélections (les sélectors), ceux qui mixent les
morceaux (les DJ's) et ceux qui poussent au maximum les techniques d'utilisation des disques
et du matériel, notamment le scratch* (les turntablistes*).
SET
Version raccourcie de l'expression "DJ-set", qui nomme le type de performance que réalise un
DJ*. Le DJ-set est aux DJ's ce que le concert est aux groupes jouant en live*.
SHELLELE
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Genre créé, baptisé et joué par le saxophoniste éthiopien Getatchew Mekuria. Ce style serait
une sorte de transposition sur un saxophone jazz* d'un chant guerrier traditionnel d'Afrique de
l'Est. Mekuria l'aurait élaboré à la fin des années 1940, créant ainsi une sorte de free jazz
avant l'heure.
SHOEGAZING
C'est une forme de pop* née en Angleterre à la fin des années 1980. Le shoegazing (ou
shoegaze) est caractérisé par des sons de guitare ultrasaturés créant un mur de son dans
lequel le chant se retrouve généralement perdu, voire inaudible. Si The Velvet Underground
sont souvent considérés comme des "shoegazers" avant l'heure, on peut affirmer que des
groupes tels que The Jesus and Mary Chain, The Cocteau Twins et Spacemen 3 sont
directement à l'origine de ce courant musical de la pop. Enfin, l'album "Loveless" (1991) de My
Bloody Valentine est généralement reconnu comme le chef d'oeuvre du genre.
SINGLE
Terme désignant à l'origine un disque vinyle 45 tours. Avec l'arrivée du CD, et notamment du
"CD single", le mot a ensuite pris le sens de "titre accrocheur extrait de l'album", ou encore
"tube potentiel".
SKA
Le ska est une musique d'origine jamaïcaine né vers les années 1950, de la rencontre du
mento, du calypso, du jazz* et du rhythm and blues*. Il engendra ensuite le rocksteady et le
reggae*, mais a également subi des évolutions importantes au cours des décennies,
notamment en Angleterre dans les années 1970 : en se mélangeant au punk*, de nouvelles
formes de ska sont apparues, avec pour représentants des groupes aussi divers que Madness
ou The Clash.
SKIFFLE
Style de musique folk* né au début du 20ème siècle au Sud des Etats-Unis. Il intègre des
élément de blues*, de country* et de jazz*. Une de ses particularités est d'être joué, entre
autres, avec des instruments faits à la main ou issus de la récupération, tels que la washboard
("planche à laver le linge").
SNAP MUSIC
Sous-genre du southern rap*, destiné aux clubs malgré un tempo très lent (entre 70 et 80
B.P.M.). Ce genre très minimaliste a été nommé d'après les bruits de claquements de doigts
("fingersnapping") généralement utilisés dans ses rythmiques. D4L et Ying Yang Twins sont
connus pour avoir produit, entre autres, des morceaux de snap music.
SOCA
Contraction de "soul-calypso", la soca est un style musical né au début des années 1970 à
Trinidad dans le cadre de son carnaval. C'est une variante accélérée du calypso intégrant des
éléments de soul et de musique indienne. Lord Shorty est souvent crédité comme étant l'un
des ses inventeurs.
SOUL
Née vers la fin des années 1950, la soul est une forme de rhythm and blues* qui s'est
singularisée par l'influence déterminante du gospel, autant du point de vue de la prédominance
vocale que des thèmes abordés dans les textes des chansons (notamment le rapport de la
religion et des souffrances humaines). On trouve des prémices de la soul dans les
enregistrements des années 1950 de Sam Cooke, Ray Charles et James Brown, mais elle
arrive à maturité et se révèle en tant que genre musical dans les années 1960 avec des
artistes comme Solomon Burke, Wilson Pickett, Otis Redding, Percy Sledge et Aretha Franklin.
Si certains de ses sous-genres ont pour nom "Northern soul*" ou "nu soul*", ce genre est
également à l'origine du funk*, de la disco* et du R&B* moderne. Enfin, son rayonnement
s'est étendu jusque dans de nombreuses autres familles musicales comme le rock*, la house
garage* ou encore le trip hop*.
SOUND SYSTEM
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Originaires de Jamaïque durant les années 1970, les sound systems représentent la réunion de
DJ's*, de toasters* et de producteurs* travaillant ensemble pour proposer un type de musique
spécifique. Après avoir été exportée en Angleterre en même temps que la culture reggae*/
ragga*/dancehall*, cette notion a ensuite été appliquée à la house* et à la techno* au début
des années 1990 dans le cadre des free parties, puis dans la scène dub*/hip hop* de Bristol
qui a engendré le trip hop* (les membres de Massive Attack faisaient alors tous partie d'un
sound system appelé "The Wild Bunch"). Ce qui distingue un sound system de n'importe quel
autre collectif de création musicale, c'est sa capacité matérielle d'organiser lui-même ses fêtes
en tout indépendance, grâce au matériel de sonorisation dans lequel il a investit.
SOUTHERN RAP
Famille du hip hop* originaire du Sud et du Sud-Est des Etats-Unis. Cette alternative au hip
hop "East Coast" et "West Coast" n'a pas vraiment de caractéristique musicologique propre,
mais englobe un certain nombre de sous-courants du rap apparus dans cette région : crunk,
snap music, chopped & screwed, Miami bass*…
SOUTHERN SOUL
La "soul du Sud" est sans doute le courant de la soul* le plus fidèle à ses racines gospel* et
rhythm and blues*, tout en intégrant des éléments de rock and roll*. Elle apparaît dans la
deuxième moitié des années 1950 dans le sud-est des Etats-Unis (Tenessee, Alabama,
Géorgie…). Si Ray Charles et James Brown sont considérés comme des pionniers du genre, le
studio du label Stax Records de Memphis est l'un des haut-lieux du développement de la
Southern soul puisqu'à partir de 1957, Rufus et Carla Thomas, Eddie Floyd, Otis Redding, Sam
& Dave et Wilson Pickett y ont tous enregistré des classiques du genre.
SPACE ROCK
Au croisement du rock psychédélique et du prog rock, le space rock anglais de la fin des
années 1960 et du début des années 1970 se caractérise par le développement de morceaux
longs aux tempos lents et par l'usage important de sons de synthétiseurs, pour un résultat
souvent qualifié de "planant". Certains Français utilisent d'ailleurs l'expression "rock planant"
comme traduction de "space rock". On retrouve ce caractère hypnotique dans la musique de
Hawkwind, ainsi que dans certains albums de Pink Floyd, et de nombreuses connexions
existent avec certains groupes allemands de "cosmic music" comme Ash Ra Temple.
SPOKEN WORD
Littéralement, "mot parlé". Désigne une forme d'expression orale basée le plus souvent sur
une écriture littéraire poétique, pouvant également prendre les traits de manifestes
socialement ou politiquement engagés. Le spoken word peut être réalisé a cappella* ou avec
un accompagnement musical en fond sonore. De nombreux auteurs et artistes ont réalisé ou
enregistré des spoken words, qu'ils aient été des poètes de la Beat Generation (Jack Kerouak,
William S. Burroughs, Allen Ginsberg), des précurseurs du rap* (Gil Scott-Heron, The Last
Poets), des descendants du punk* (Lydia Lunch, Henry Rollins, Jello Biafra) ou des rappeurs
plus modernes (Disposable Heroes of Hiphoprisy, Saul Williams).
STONER ROCK
Style de heavy metal*, nourri de blues* psychédélique, apparu aux États-Unis au début des
années 1990. On retrouve d’ailleurs ce type de son chez certains groupes de la scène grunge*
de l’époque, en particulier Soundgarden. Considéré comme un prolongement du blues rock*,
de l’acid rock, du rock psychédélique* et du heavy metal de la fin des années 1960, le style a
donc été fortement influencé par des groupes tels que Black Sabbath, Blue Cheer ou
Hawkwind. Parmi les artistes ayant permis l’émergence de ce style dans les années 1990,
Kyuss, Monster Magnet et Sleep se sont notamment illustrés. Enfin, la reconnaissance d’un
public plus large est arrivée suite au succès de Queens of the Stone Age au début des années
2000. Le terme "stoner metal" est également utilisé, soit comme un synonyme, soit comme
une nuance indiquant une forme plus dure de stoner rock.
SURF MUSIC
C'est une forme de rock* au tempo assez élevé pour être dansant et caractérisée par un son
dépourvu de distorsion, les guitaristes de surf music lui préférant des effets tels que la
réverbération (ou "réverb") et le vibrato (en plus d'utiliser le tremolo jusqu'à en abuser). Deux
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principales tendances se sont développées au sein de la surf music : le surf rock instrumental
(avec notamment The Shadows) et la surf pop dont les représentants les plus fameux sont The
Beach Boys.
SWAMP BLUES
Forme de blues* apparue en Louisiane dans les années 1950. Elle se caractérise par un
tempo* assez lent ainsi que l’intégration d’influences variées (musique cadienne*, zydeco*,
rhythm and blues*, soul…). Slim Harpo et Lightnin' Slim sont deux des plus célèbres musiciens
de swamp blues.
SYNTH-POP
Forme de pop* aux sonorités très synthétiques, apparue en Angleterre à la fin des années
1970, notamment sous l'influence d'artistes tels que Kraftwerk, Vangelis ou Jean-Michel Jarre.
Depeche Mode et Gary Numan en étaient à l'époque les principaux représentants, mais Soft
Cell et The Pet Shop Boys ont aussi été emblématiques de cette mouvance dans les années
1980.
SYNTHPUNK
Terme apparu à la fin des années 1990 pour décrire de façon rétroactive la musique de
groupes punk ou post-punk qui jouaient avec des synthétiseurs ou des boîtes à rythmes
primitives (ou les deux) à la place des guitares et batteries. A l’instar du punk-rock, le
synthpunk est décrit comme énergique, voire agressif, et se joue généralement sur des tempos
soutenus ou rapides. Le duo Suicide, formé à New-York en 1971, est généralement reconnu
comme le groupe pionnier du synthpunk.
TECH HOUSE
C'est une variante de la house* qui emprunte les sonorités plus froides et synthétiques de la
techno*.
TECHNO
Si les médias ont hélas souvent fait un amalgame en utilisant ce terme pour désigner
l'ensemble des musiques électroniques*, la techno est cependant un style de musique précis
né à Detroit au milieu des années 1980. Les trois lycéens qui en sont à l'origine (Juan Atkins,
Kevin Saunderson et Derrick May) sont à l'époque marqués par une émission de radio où le
DJ* – The Electrifying Mojo – passe aussi bien George Clinton, Kraftwerk que Tangerine
Dream. Egalement influencés par l'électro* et la house* créées peu de temps auparavant, ils
en conservent certaines composantes du funk*, de la disco* et de la pop synthétique
européenne mais les assimilent différemment, via un parti pris high tech qui sera la marque de
fabrique de la techno. Si le genre ne commence à être vraiment identifié au niveau
international qu'à partir de 1988, on qualifiera a posteriori de "techno" certains morceaux de
Kraftwerk, Giorgio Moroder et Cybotron sortis entre 1977 et 1981. Musique basée sur
l'accumulation de percussions électroniques sur un tempo* avoisinant généralement les 130 ou
140 B.P.M.*, la techno s'est affirmée comme l'une des principales musiques de danse de la
jeunesse des années 1990. Elle s'est déclinée sous de nombreuses formes aussi variées que la
tech-house, la trance*, la techno hardcore, le gabber ou l'ambient-techno, et a indirectement
influencé la création d'autres genres tels que la jungle*. Elle a aujourd'hui toujours plus
d'influence et s'est même insinuée dans des productions mainstream* d'artistes comme
Madonna.
TECHNO MINIMALE
Forme minimaliste de la techno, développée en Allemagne dans les années 1990. Ses
représentants les plus célèbres sont Basic Channel, Steve Bug, ainsi que les artistes des labels
Kompakt ou encore Perlon. Néanmoins, on considère aujourd'hui que la tendance minimale
n'est rien d'autre que l'évolution de la techno originelle de Detroit telle que Jeff Mills, Daniel
Bell ou encore Robert Hood l'avaient envisagée quelques années auparavant.
TEMPO
Vitesse d'exécution d'un morceau. Voir B.P.M.*
TOASTING
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Le toasting désigne une pratique orale afro-américaine et urbaine issue de la tradition des
griots africains. Utilisés à l'origine pour raconter des mythes et légendes dans des lieux
publics, le toasting et son phrasé sont récupérés ensuite par certains chanteurs de blues*, et
surtout dans les premiers sound systems* jamaïcains où les DJ's* prennent le micro pour
annoncer leurs morceaux et renforcer leur impact sur les danseurs. Le développement des
toasters (MC's* utilisant le toasting) a eu une influence évidente sur l'émergence du
dancehall*, du raggamuffin* et du rap*.
TRANCE
En tant que genre musical, la trance est née en Allemagne, et plus précisément à Francfort, au
tout début des années 1990. Elle adopte le tempo* et les structures de la techno*, les
sonorités de la house* européenne de l'époque, mais puise également dans la répétitivité
rythmique des musiques industrielles de la fin des années 1980. A cette même période, le
groupe KLF pose les fondements des sonorités utilisées plus tard dans la trance. Dans les
années 1990, elle deviendra très populaire et sera décrite comme une musique hypnotique et
dansante. L'acid trance, la Goa trance et la trance progressive sont quelques-uns des
nombreux sous-courants qu'elle engendrera ensuite.
TRANCESTEP
Évolution récente du dubstep* intégrant des mélodies aux sonorités rappelant la trance*. "I
Need Air" de Magnetic Man est l'un des premiers morceaux du genre à avoir été largement
diffusé.
TRAP
Le trap rap émerge dans la première moitié des années 2000 comme un sous-courant du
Southern rap et du dirty South. Les rappeurs T.I., Young Jeezy et Gucci Mane livrent alors des
albums qui font connaître cette mouvance à une large audience. Sous l’influence du crunk, le
trap rap évolue ensuite vers un son plus minimal, agressif et électronique. A partir de 2010,
les nombreuses productions de Lex Luger pour des rappeurs de premier plan popularisent sa
marque de fabrique : un rythme lent et lourd qui devient très vite l’une des caractéristiques
principales d’un nouveau genre instrumental appelé "trap music", dérivé direct du trap rap. A
ce point de son évolution, la trap music trouve un écho assez logique chez des producteurs de
dutch house et de bass music (notamment de dubstep) qui l’enrichissent de leurs propres
sonorités. La trap music adopte d’ailleurs les mélodies aigües et les sons acides de la dutch
house, en les adaptant à son tempo beaucoup plus lent. Enfin, il est courant d’entendre parler
de "trap", sans préciser si l’on parle de trap rap ou de trap music, ce qui peut donc porter à
confusion si le contexte ne permet pas d’éclaircir l’ambigüité.
TRIP HOP
Le mot aurait été inventé vers 1991 pour décrire certains morceaux du premier album de
Nightmare on Wax jugés plus mélodiques, atmosphériques, voire psychédéliques* que le hip
hop* traditionnel. En revanche, le trip hop en tant que genre semble n'avoir pris forme qu'un
peu après sous l'impulsion d'artistes de Bristol tels que Massive Attack, Tricky et Portishead.
Musique vocale ou instrumentale composée à l'origine sur des machines* nourries de samples*
d'instruments organiques, le trip hop est issu des cultures hip hop*, dub*, pop* et folk* mais
il intègre aussi souvent des éléments du jazz*, du rhythm and blues* ou de la soul*. Les avis
divergent largement en ce qui concerne une définition précise du trip hop, certains le voyant
comme une version psychédélique et relaxante du hip hop, d'autres comme un croisement de
la musique hip hop et des mélodies vocales chères à la pop britannique.
TROPICALISME
Le tropicalisme (ou "tropicalia") est un mouvement culturel brésilien né dans la deuxième
moitié des années 1960. Il ne se limite pas à l'expression musicale puisqu'il intègre également
le théâtre et la poésie. Mélange de rock and roll, de bossa nova, de musiques traditionnelles
afro-brésiliennes et portugaises, le tropicalisme envisage de produire une nouvelle musique
populaire en s'ouvrant à l'expérimentation. Gilberto Gil, Caetano Veloso et le groupe Os
Mutantes ont été parmi les principaux activistes de ce mouvement.
TURBO-FOLK
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Genre développé à partir du début des années 1990 dans les Balkans, défini à l’origine comme
une actualisation des musiques traditionnelles et folkloriques de ces pays par l’ajout
d’éléments modernes issus de la pop et de la dance music. Aujourd’hui, le terme est de plus
en plus utilisé pour décrire de façon générique toute fusion liant une tradition musicale des
Balkans avec n’importe quel style de musique actuelle (pop, rock, hip hop, ska, house…), dès
lors que le résultat est festif et dansant.
TURNTABLISME
Le turntablisme est une pratique de DJ* ayant poussé à son paroxysme sa technique dans
l'exploitation de ses instruments, c'est-à-dire ses platines ("turntables" en anglais) et sa
mixette. Les turntablistes peuvent choisir l'optique la plus technique – plus proche de la
démonstration – ou la plus musicale, qu'on appelle parfois scratch music*. Dans cette
catégorie, Kid Koala ou les Français de Birdy Nam Nam sont des références reconnues.
UK BASS
Cette expression utilisée de plus en plus souvent depuis 2007 semble avoir différentes
significations selon les gens qui l’emploient. Littéralement, elle peut désigner un sousensemble de la bass music réunissant les styles de cette famille originaires du Royaume-Uni
(drum and bass, dubstep, UK funky, UK garage, 2-step, bassline…). Dans ce cas, l’expression
"UK bass" correspond plus à un outil servant à organiser et à classer les styles musicaux qu’à
un véritable style musical. Certains observateurs ou acteurs utilisent quant à eux cette
expression pour désigner une esthétique musicale apparue au Royaume-Uni qui serait basée
sur une fusion totale des nombreux styles composant la bass music, d’où qu’ils viennent (ce
qui inclut donc le dancehall, la Bmore, la Miami bass ou encore le baile funk). Quelle définition
choisir ? Comme souvent dans ces cas-là, seul l’usage qu’en feront les amateurs de bass music
décidera de ce que désignera demain l’expression "UK bass".
UK FUNKY
Ce style de musique électronique dansante est apparu à Londres dans la deuxième moitié des
années 2000. C’est une évolution du UK garage* qui intègre des rythmes provenant d’Afrique,
des Caraïbes ou d’Amérique Latine. Le UK funky peut-être instrumental ou accompagné d’un
chant typique du R&B*.
UK GARAGE
C'est le nom d'une famille musicale née en Angleterre dans les années 1990. Comme son nom
l'indique, c'est à l'origine la version britannique de la house garage* américaine, et plus
précisément de son rejeton le speed garage. L'Américain Todd Edwards en est sans doute
l'inspirateur, mais The Artful Dodger et MJ Cole en sont les représentants les plus célèbres. Le
UK garage inclut souvent des parties vocales hip hop*, soul* ou R&B* (notamment avec Craig
David). Sa tendance 2-step se caractérise par l'intégration d'éléments rythmiques de la
jungle* apportant une tension soutenue par des MC's* dont les flows évoluent à mi-chemin
entre le rap* et le ragga*. L'autre tendance, le 4x4 garage, est quant à elle beaucoup plus
proche des rythmes linéaires du garage américain. En radicalisant l'usage de basses
synthétiques et de rythmes syncopés dans une optique minimaliste, le 2-step a enfanté le
grime* (avec Dizzee Rascal, Wiley ou Kano), une musique plus sombre et rude, encore
davantage inscrite dans une mouvance hip hop*. Tous ces courants étant encore en pleine
mutation, le dynamisme de ces scènes pourrait très prochainement engendrer d'autres
évolutions.
UNDERGROUND
Littéralement, "souterrain". Qualifie les musiques issues de contre cultures et qui ne
remportent pas de succès auprès du grand public. On oppose souvent ce mot à
"mainstream*". Certaines musiques réussissent néanmoins à passer du statut d'underground à
celui de mainstream, comme par exemple le hip hop*.
URSARI
Musique traditionnelle du peuple rom et de ses ancêtres ayant migré du nord de l'Inde à la
Roumanie en traversant l'Asie Centrale. L'ursari est donc le produit des cultures musicales des
régions traversées durant ces huit siècles d'exode. Il est joué avec des instruments fabriqués à
partir d'objets de la vie quotidienne.
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VJ
Un VeeJay ou "Video Jockey" est, par analogie avec un DJ*, celui qui passe et qui mixe* des
vidéos. Dans les années 1990, le travail du VJ se résumait la plupart du temps à la simple
diffusion d'extraits vidéos de films ou d'images d'archive, créant ainsi une sorte de décor
animé sur les murs des clubs où mixaient des DJ's. On utilisait à l'époque les VJ's pour faire
oublier au public rock* qui commençait à s'intéresser à la dance music qu'il n'y avait pas grand
chose à voir lors de la prestation d'un DJ. Mais des artistes comme Coldcut ont travaillé avec
des VJ afin de mettre au point des logiciels leur permettant de synchroniser des images
choisies avec des sons bien précis, donnant ainsi l'envie à de nombreux DJ de faire évoluer
leurs performances vers de vrais lives*.
WORK SONGS
Les work songs (ou "chants de travail"), sont des chansons entonnées par des travailleurs
pendant leur labeur pour se donner du courage, mais peuvent aussi être des chansons à
propos du travail, chantées dans un autre cadre. Si leurs textes ont généralement pour but de
motiver les travailleurs qui exécutent leur tâche, ils ont également parfois la valeur de textes
engagés d'un point de vue social ou politique. Lors de tâches répétitives (notamment dans
l'agriculture), les work songs ont clairement servi à maintenir un certain niveau de productivité
tout en évitant le sentiment d'ennui généré par la répétition. On peut considérer que les work
songs sont apparues il y a plusieurs siècles sur différents continents, et pour différents usages
(chants agricoles, chant de marins, chants d'ouvriers, chants de prisonniers…). Cependant, les
works songs les plus célèbres sont celles des esclaves afro-américains, de par l'influence
qu'elles ont eu sur la fondations des musiques populaires occidentales depuis la fin du XIXème
siècle, notamment via les negro spirituals*, le gospel* et le blues*.
ZAM-ROCK
Plus qu’un style musical à proprement parler, le zam-rock (ou rock zambien) désigne une
scène, un ensemble de groupes actifs pendant les années 1970 en Zambie. Leur point commun
a été de s’approprier des styles musicaux américains de l’époque (blues-rock psychédélique,
funk, soul, pop-rock psychédélique) et d’en restituer des versions soit totalement fidèles, soit
plus singulières en y intégrant avec parcimonie des éléments de musiques traditionnelles
locales. Si ces artistes n’avaient pas fait parler d’eux dans le monde entier à l’époque, les
rééditions des années 2010 ont permis de faire connaître les chefs de file du mouvement que
furent Rikki Ililonga & Musi-O-Tunya ainsi que le groupe W.I.T.C.H.
ZOUK
Musique festive développée dans les années 1980 dans les Antilles françaises. Elle résulte
d'une fusion de nombreux styles afro-caribéens comme le compas d'Haïti, la biguine, le
calypso, le bèlè… Kassav' est le groupe de zouk ayant eu le plus grand succès et on considère
même qu'ils en sont quasiment les inventeurs puisqu'ils en ont fixé les principaux codes.
ZYDECO
Voir Cajun*.
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