Directives sur la couverture médiatique des élections dans la région

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Directives sur la couverture médiatique des élections dans la région
Directives sur la couverture médiatique des élections dans la région de la SADC
Préambule
Nous, les participants – journalistes, sociétés de diffusion, professionnels des médias, organismes de
presse, conseils des médias, et représentants des organismes de gestion électorale à travers la région
de la SADC, nous sommes rassemblés à Johannesbourg, en Afrique du Sud, le 26 septembre 2012
pour la conférence MISA sur les Médias et les Élections.
Nous reconnaissons l’importance des élections démocratiques à tous niveaux ;
Nous notons le rôle important joué par des médias libres pour promouvoir la démocratie, y compris
la mise en œuvre d’élections libres et justes.
Nous insistons sur l'importance du principe fondamental de l’indépendance éditoriale et
l’importance des médias lors des élections ;
Nous sommes guidés par les protocoles, chartes, conventions et directives approuvés, signés et /ou
ratifiés par nos gouvernements de la région et leur volonté de garantir le succès des processus
démocratiques et en particulier :

La Charte africaine des droits de l'Homme et des Peuples (1981)

La Déclaration de Windhoek sur la Promotion d'une presse africaine indépendante et
pluraliste (1991)

La Charte africaine de radio-télédiffusion (2001)

La Déclaration de principes sur la liberté d'expression en Afrique, adoptée par résolution
formelle par la Commission africaine des droits de l’Homme et des Peuples (2002)

Les principes et directives de la SADC régissant les élections démocratiques (2004)

L'Association de radio-télédiffusion de l'Afrique australe : directives et principes pour la
couverture radio-télédiffusée des élections dans la région de la SADC (2005)

La Charte africaine sur la Démocratie, les Élections et la Gouvernance (2007),
Nous reconnaissons les défis permanents qu'engendre un accès limité aux informations lors du cycle
électoral, au cœur de conflits et de violences au moment des élections, lors de la tenue d'élections
dans un environnement hostile et sujet à l’intolérance, et notamment dans le cas des états dirigés
par un parti au pouvoir dominant, et des pays victimes de répression exercées par l’État ;
Nous sommes conscients du manque permanent de liberté d’expression et de liberté de la presse
dans certaines régions d’Afrique australe ;
Nous sommes soucieux du besoin de rendre compte des informations en respectant l'égalité des
sexes pendant les élections ;
Nous apprécions la diversité de l’électorat, notamment les différents besoins en informations des
communautés marginalisées et des personnes handicapées ;
Nous croyons fermement que la couverture des élections par les médias doit être juste, correcte et
équilibrée ;
Nous reconnaissons le besoin de prendre en compte les différences considérables entre les médias
publics, privés et communautaires de la région ainsi que les différences entre la presse écrite, la
presse en ligne et les nouveaux médias.
Nous prenons en compte le fait que les services de radio et télédiffusion publics ont un mandat
particulier : celui de garantir une couverture des élections juste et consciencieuse grâce à une
distribution de l’antenne équitable aux partis politiques et aux candidats.
Nous sommes déterminés à aider les électeurs à faire leurs choix en toute connaissance de cause :
Nous acceptons, adoptons et décidons, par la présente, de respecter ou soutenir la mise en place des
directives volontaires suivantes, et nous encourageons les professionnels des médias à les suivre tout
au long du processus électoral, qu’il s’agisse de la période pré-électorale, de l'élection ou de la
période post-électorale.
1. Le rôle des médias
Pendant toute la durée du processus électoral, les médias ont pour rôle d'aider les électeurs à faire
leur choix en toute connaissance de cause. La couverture médiatique des candidats, des partis et des
processus électoraux poursuit cet objectif central.
Les rôles principaux des médias lors des élections sont définis ainsi :
Les médias doivent fournir et analyser des informations pertinentes aux électeurs. Ils doivent les
analyser mais aussi proposer des opinions riches au public sans pour autant oublier leur rôle de
plate-forme de débat et de discussion. De plus, les médias doivent remplir leur rôle d’observateur en
promouvant la transparence et en empêchant ainsi toute fraude.
Les médias ont dès lors le devoir de couvrir les élections en fournissant aux électeurs des
informations fiables, précises et détaillées sur tous les aspects de l'élection. Ces informations
aideront les électeurs à connaître et comprendre leurs droits démocratiques afin d’en faire usage
sans peur, sans intimidation et sans contrainte.
En tant que quatrième pouvoir, les médias doivent :
a) faire en sorte que les journalistes connaissent le cadre législatif du pays qui régit le processus
électoral et maîtrisent tous les aspects de ce processus, y compris les institutions
électorales ;
b) connaître les références et les principes régionaux et africains liés à la couverture médiatique
c) fournir des plate-formes d’accès aux informations afin de générer des analyses et des
opinions avisées sur les élections.
Les médias ont pour rôle d’informer pendant toute la durée du processus électoral sur :
I.
La phase pré-électorale

Organismes de gestion électorale

Education civique

Système électoral

Démarcation des circonscriptions électorales

Inscriptions des électeurs
II.
III.

Listes électorales

Inscriptions des candidats ou des partis politiques

Processus de nomination

Période officielle de la campagne électorale
L’élection

Dates de l’élection

Procédures électorales

Lieux des bureaux de vote

Activités dans les bureaux de vote

Rôle des parties prenantes au sein du bureau de vote

Équipes de surveillance électorale

Observateurs électoraux et leurs observations

Dépouillement et résultats
La période post-électorale

Prise de fonction

Analyse des promesses faites par le gouvernement/le parti au pouvoir

Faire en sorte que les partis politiques prennent leurs responsabilités
2. Conditions nécessaires pour que les médias jouent un rôle efficace
La liberté d’expression, la liberté de la presse et l’accès aux informations sont des paramètres
essentiels pour que les médias jouent leurs rôles de manière efficace. Il est également important :
a) que les rédactions fournissent les ressources adéquates aux journalistes pour qu’ils puissent
couvrir les élections de manière optimale ;
b) que les médias jouissent d’une indépendance éditoriale et de programmation face aux
intérêts personnels des candidats, partis, patrons de presse et organisations alliés ou
soutenant des candidats et des partis politiques ;
c) que toutes les lois qui empêchent les médias de faire leur travail soient abrogées ;
d) que tous les médias puissent avoir accès à toutes les activités électorales, y compris les
meetings politiques, les conférences de presse, les candidats, les partis, les institutions de
gestion électorale et leurs employés ;
e) que les procédures électorales soient transparentes, que le dépouillement soit juste et que
les résultats soient transmis dans les délais impartis ;
f)
que les journalistes et les rédactions puissent travailler dans un environnement sans
violence, ni harcèlement ou intimidation ;
g) que les sources et les personnes interviewées ne soient pas menacées, intimidées ou
harcelées ;
h) que les auteurs d’attaques contre les journalistes ou leurs locaux soient jugés ;
i)
que les diffuseurs publics et de l’État soient transformés en vrai service public comme
évoqué dans la Charte africaine de radio et télédiffusion ;
j)
que les informateurs anonymes soient protégés ;
k) que des procédures existent pour que les professionnels de la presse mécontents puissent
porter plainte (par exemple, des mécanismes de plaintes au sein des organismes de gestion
électorale).
Les pouvoirs publics doivent prendre les mesures appropriées pour protéger efficacement les
journalistes et autres professionnels de la presse ainsi que leur locaux. Cette protection ne doit
cependant pas les empêcher d’exercer leur travail.
Les journalistes qui couvrent les élections ont le droit d’être protégés de toute pression
injustifiée et de toute interférence des pouvoirs publics ayant pour but d’influencer les élections.
3. Considérations déontologiques pour couvrir les élections
Les journalistes et chefs de rédaction doivent faire preuve d’intégrité dans leur travail et ne doivent
jamais demander ou accepter des pots-de-vin, qu’il s’agisse d’argent ou de faveurs envers certain(e)s
hommes/femmes politiques ou partis. Les journalistes ne doivent pas diffamer ou promouvoir
violence, haine ou corruption.
Il est essentiel que les médias couvrent les élections. Ils doivent donc, à tout moment, observer les
valeurs et principes fondamentaux du journalisme, c’est-à-dire :
a) Impartialité et exactitude
Lors des élections, les médias doivent reconnaître le fait que les membres du gouvernement sont en
position d’utiliser leur mandat pour améliorer leurs chances électorales. Ils doivent donc étudier avec
précaution toutes les déclarations et actions d’un membre du gouvernement en place. La presse doit
aussi faire en sorte de ne pas donner plus de légitimité aux politiques du gouvernement parce qu'il
est au pouvoir.
Les informations doivent être factuelles, exactes et basées sur des sources et des preuves fiables.
Elles doivent être également complètes, impartiales et équilibrées afin que tous les candidats, partis
et problématiques électorales reçoivent le même traitement équitable et que l'égalité des sexes soit
respectée.
b) Opinion et analyse
Les articles d’opinion et autres éditos doivent être clairement différenciés du reste des informations
d’actualité. La diversité des opinions doit représenter un éventail aussi large que possible des avis et
des idées, notamment celles des candidats de l’opposition. Ces opinions doivent être autorisées dans
toutes les plate-formes médiatiques.
Les médias qui décident de soutenir un candidat ou un parti doivent s’assurer que leur soutien est
clairement présenté dans leur rubrique Opinion et non au sein de leurs rubriques d’actualité.
Les analyses doivent être basées sur des recherches et des opinions d'experts variés afin que les
électeurs puissent mieux comprendre les processus, les problématiques et les candidats.
Les plate-formes de débat et de discussion (qui comprennent les représentants de tous les bords
politiques, les experts et les représentants de la société civile) doivent être organisées. Autant que
possible, et surtout dans le cas de la presse en ligne , les candidats (y compris le président et le
Premier ministre) doivent avoir l’opportunité de débattre les uns avec les autres lors de programmes
modérés.
c) Usage de la langue
Les médias doivent, sans censurer ni altérer la liberté d’expression de chacun, éviter et empêcher
l’usage d’un langage adoptant des propos haineux, incitant à la violence ou promouvant des
stéréotypes.
d) Droit de réponse
Les personnes ou organisations lésées doivent avoir l’opportunité de répondre aux erreurs et
allégations contenues dans un article publié ou un reportage diffusé. Le droit de réponse doit être
offert dans des délais raisonnables et dans un programme ou rubrique similaire à l’article ou
l'émission d’origine. Dans le cas de la presse écrite, le droit de réponse doit coïncider en terme
d’espace à l’article incriminé.
e) Diversité et confidentialité des sources
La couverture médiatique doit refléter la diversité et la pluralité des voix de la société notamment
celles des groupes marginalisés.
Les reportages doivent respecter l’égalité des sexes, et traiter les hommes et les femmes de manière
égale qu’ils soient des sources ou des sujets d’information.
La confidentialité des sources doit être protégée par les médias (le journaliste connaît l’identité de la
source même s’il ne la révèle pas). Si possible, les médias doivent s’abstenir d’utiliser des sources
anonymes ( le journaliste ne connaît pas l’identité de la source). Les journalistes doivent utiliser
plusieurs sources pour vérifier leurs informations.
Les médias doivent reconnaître leurs obligations auprès de l’électorat, notamment l'importance de
fournir un compte-rendu juste et complet des événements. Il est extrêmement important que les
médias cherchent les informations sur les partis politiques de manière pro-active. Ils ne doivent pas
attendre que les candidats communiquent leurs propres informations. Si les médias échouent dans
cette mission, les partis ayant les ressources les plus importantes bénéficieront d’une plus grande
couverture médiatique.
f)
Responsabilité des médias publics
En garantissant leur prise de responsabilité aux électeurs et en exerçant leur droit à la liberté
d’expression, les journalistes doivent respecter les droits, l’intégrité et la réputation des autres en
suivant ces directives et les codes de conduites établis par les organismes autonomes.
4. Réaliser des reportages sur les observateurs et les surveillants du processus électoral
Les journalistes doivent faire la différence entre :
L’observation du processus électoral qui rassemble des informations, fait des enquêtes et réalise des
compte-rendus sur la crédibilité, la légitimité et la transparence du processus électoral souvent mis
en place par un personnel extérieur qui ne n’a pas le droit d’intervenir dans la phase de scrutin et de
dépouillement ;
et
La surveillance du processus électorale qui rassemble des informations, fait des enquêtes et réalise
des compte-rendus sur la crédibilité, la légitimité et la transparence du processus électoral mis en
place par des agences (ou personnel) locales, qui ont la capacité d’attirer l’attention sur certaines
insuffisances observées pendant le scrutin et le dépouillement.
Les organismes de presse doivent examiner le travail et les rapports des observateurs et des
surveillants, y compris leur identité, par exemple, l’identité de l’organisation à laquelle ils sont
affiliés, leur expertise et leur expérience dans le domaine de l’observation et de la surveillance du
processus électoral. Ils doivent rendre compte des méthodes utilisées par les observateurs et les
surveillants et expliquer comment ils en sont arrivés à leurs conclusions.
5. Rôle des médias publics et privés dans les spots publicitaires électoraux
Les médias d’État, et plus particulièrement les diffuseurs du service public, ont un rôle singulier à
jouer pour garantir une couverture et un temps d’antenne équilibrés et équitables aux spots
publicitaires des partis politiques. Ils doivent donc travailler en étroite collaboration avec les
organismes électoraux indépendants, les organismes de régulation de la presse, les conseils des
médias et les médiateurs de la presse pour garantir un temps d’antenne équitable et impartial.
Tous les organismes de presse doivent adopter leurs propres politiques ou codes de
transparence sur les campagnes publicitaires et les partenariats. Ces politiques doivent garantir
un traitement équitable entre tous les candidats et partis politiques.
Les publicités et publireportages politiques doivent être clairement différenciés du contenu
éditorial. Avant et après chaque spot publicitaire d’un parti, il doit être fait mention de la nature
de ces publicités.
6. Convergence médiatique
Avec l’évolution rapide des nouvelles technologies de l’information et de la communication, les
médias traditionnels pénètrent la sphère nouvelle des réseaux sociaux et les organismes de presse
ont la responsabilité d’appliquer les principes du journalisme à ces différentes plate-formes.
L’utilisation des réseaux sociaux lors de la couverture des élections par les médias conventionnels
doit prendre en compte les choses suivantes :
a) Les normes et la déontologie journalistiques doivent être observées
b) Les journalistes qui utilisent les réseaux sociaux en leur qualité personnelle
et professionnelle doivent séparer les deux sphères car leur public risque
de ne pas les différencier
Ainsi, les journalistes ne doivent pas se laisser séduire par le caractère informel des médias sociaux et
compromettre leur intégrité et leur professionnalisme.
7. Les sondages
a) Les sondages d’opinion
Les sondages d’opinion sont un élément important lorsque les médias couvrent les élections car ils
permettent de déterminer le ressenti du public sur certaines problématiques et envers les candidats
et les partis politiques. Ils peuvent donc enrichir la couverture médiatique et permettre aux électeurs
d’avoir une meilleure compréhension de l'élection en cours.
Au moment de rendre compte d'un sondage, les médias doivent révéler quel parti, quel candidat ou
quelle organisation a commandé et payé les sondages. Ils doivent également révéler les objectifs du
sondage, l’identité de l’organisme de sondage et son expertise en la matière. Ils doivent également
exposer la nature des questions ou des problématiques abordées par le sondage, la zone
géographique et le profil démographique des personnes sondées, les méthodes de sondage utilisées
y compris les détails de l’échantillon choisi et la marge d’erreur qui permettront de mieux
contextualiser les résultats du sondage.
b) Sondages à la sortie des bureaux de vote
Les sondages réalisés à la sortie des bureaux de vote doivent être clairement identifiés en tant que
tels et non comme le reflet exact des votes ou des résultats à venir. Le reportage doit identifier
l'échantillon du sondage utilisé, le nom de l'organisation qui l'a conduit, ses méthodes et sa marge
d'erreur. Les résultats de ces sondages ne doivent pas être annoncés ou diffusés avant la fermeture
des derniers bureaux de vote.
8. Rendre compte des résultats
Les médias qui couvrent les élections doivent informer les électeurs des résultats du scrutin de
manière détaillée, au fur et à mesure de leur diffusion, qu’ils soient provisoires ou finaux, par
l’organisme de gestion électoral. Les journalistes doivent faire très attention lorsqu’ils prédisent des
résultats finaux basés sur les résultats partiels disponibles.
Lorsque les journalistes rendent compte d’un comptage parallèle des résultats, ils doivent être
conscients du fait que ce comptage est une estimation des résultats finaux d’une élection. Ces
résultats sont basés sur le rassemblement et l’accumulation des résultats de l’élection obtenus dans
les bureaux de vote. Ce rassemblement peut être complet (tous les bureaux de vote sont pris en
compte) ou basé sur un échantillon aléatoire (certains bureaux de vote sont sélectionnés). Si le
comptage parallèle des résultats fait preuve d’un niveau solide de validité statistique, les journalistes
doivent être prudents et responsables au moment de faire leur compte-rendu pour éviter la
confusion ou le mélange des scores officiels et des scores parallèles. Lorsque les médias rendent
compte de cette méthode, ils doivent révéler l’identité de l’individu ou de l’organisation qui l’a initiée
et payée et annoncer les objectifs du comptage parallèle et les méthodes utilisées.
9. Enquête SMS, appels d'auditeurs et talk shows
a) Enquête via envoi de SMS en direct à la radio et à la télévision
Avec la généralisation des téléphones portables, les chaînes de télévision et de radio conduisent ce
qu'ils appellent des sondages d'opinion pendant leur journal d'actualité, en utilisant des SMS (textos)
envoyés par les téléspectateurs ou les auditeurs, et en donnant les résultats immédiats du
« sondage » à la fin du programme. Cette pratique peut être trompeuse car elle va à l'encontre des
règles de base de la méthodologie et de l'analyse scientifiques.
Les résultats obtenus lors de « sondages » SMS ne doivent pas être considérés comme des résultats
scientifiques représentatifs. Si une chaîne les utilise, elle doit au minimum informer son audience du
manque de méthodologie scientifique et indiquer le nombre de participants. Ces résultats peuvent
refléter l'opinion de quelques personnes et donner un aperçu des sentiments éprouvés ou montrer
un changement d'opinions survenu au cours de l'élection. Les médias doivent être cependant
conscients et faire prendre conscience à leurs auditeurs que ces sondages peuvent être le fruit d'une
manipulation de personnalités politiques ou tout autre partie prenante ayant un intérêt particulier.
b) Directives pour les appels d'auditeurs et les talk shows
Les appels d'auditeurs et les talk shows permettent au public d'être entendu, de participer et parfois
de créer du contenu. Contrairement aux articles de journaux ou aux émissions pré-enregistrées, les
programmes en direct à la radio et à la télévision peuvent créer de réels défis.
Les présentateurs doivent devenir leur propre chef de rédaction, et doivent être conscients des
contenus qui ne devraient pas être diffusés. Cela comprend les propos haineux, l'incitation à la
discrimination ethnique, les mensonges et la propagande, les propos impolis et vulgaires, l'incitation
à la violence et les informations non-vérifiées.
i.
Les principes de déontologie du journalisme doivent s'appliquer dans ce genre de
programme.
ii. Le présentateur doit être sur le qui-vive et être prêt à répondre à un auditeur qui exprime
une opinion problématique par téléphone.
iii. Des mécanismes permettant de filtrer ou de retarder la diffusion pour éviter les propos
offensifs doivent être mis en place.
iv. Les téléspectateurs, auditeurs et les personnes qui appellent pour donner leur opinion
doivent être traités avec respect, honnêteté et équité.
v. La confidentialité des auditeurs qui appellent doit être respectée et leurs coordonnées
personnelles protégées (par exemple, leur numéro de téléphone ne doit pas être révélé à
une tierce partie).
10. Mise en place et gestion des directives sur les médias et les élections
Pour mettre en place ces directives de manière efficace, les organismes de presse doivent :
a) initier un processus de familiarisation au niveau national permettant l’amendement des
directives et ayant pour but de créer une appropriation et un engagement des médias.
b) Développer leurs propres politiques et codes éditoriaux basés sur ces directives
c) Publier ces directives et tout autre code interne qui ont été développés pour promouvoir une
prise de conscience et aider le public à surveiller la performance des médias.
d) Établir leurs propres mécanismes pour surveiller leur performance et lorsque les ressources
sont disponibles, payer les services d’organismes externes qui ont une expertise dans le
domaine de la surveillance médiatique.
e) Être prêts à prendre des mesures correctives pour résoudre les problèmes de performances
identifiés lors de la surveillance médiatique.
Bibliographie
1. Directives pour la couverture des élections, Conseil des Médias du Kenya
2. Principes sur la gestion, la surveillance et l’observation des élections dans la
région de la SADC, Forum des Commissions électorales et Institut électoral
d’Afrique australe
3. Recommandations du Comité des Ministres, Conseil de l’Europe
Les participants à la conférence proviennent de différents pays et organisations de la SADC :
Angola:
Journaliste indépendant
Botswana:
Conseil de la presse du Botswana
MISA Botswana
Commission électorale indépendante
République démocratique du Congo
Commission électorale
Lesotho
MISA Lesotho
Harvest FM (Radio)
Commission électorale
Madagascar
TV PLUS Madagascar
Journaliste indépendant
Commission électorale de Madagascar - CENIT
Malawi
Conseil des médias du Malawi
MISA Malawi
Commission électorale du Malawi
Île Maurice
Commission électorale de l’Île Maurice
Mozambique
Mediacoop
Commission électorale du Mozambique
Namibie
Forum des chefs de rédactions de la Namibie
Commission électorale de la Namibie
Seychelles
Commission électorale des Seychelles
Afrique du Sud
Forum national des chefs de rédaction d’Afrique du Sud
Swaziland
Forum des chefs de rédaction du Swaziland
Commission des plaintes liées au Médias - Swaziland
MISA Swaziland
Commission électorale et de délimitation des circonscriptions du Swaziland
Tanzanie
MISA Tanzanie
Commission électorale nationale de Tanzanie
Commission électorale de Zanzibar
Zambie
Conseil des médias de la Zambie (ZAMEC)
MISA Zambie
The Post, Comité de la liberté de la presse
Commission électorale de la Zambie
Zimbabwe
Conseil bénévole des médias du Zimbabwe
MISA Zimbabwe
Commission électorale du Zimbabwe
SADC-CNGO
SADC- Forum de la Commission électorale
Kenya
Conseil des médias du Kenya
La rencontre était organisée par le Secrétariat régional de l’Institut des Médias d’Afrique australe
(MISA) et le Forum de la Commission électorale de la SADC avec le partenariat de fesmedia Africa,
Friedrich-Ebert-Stiftung et l’Open Society Initiative d’Afrique australe (OSISA)