Developpment - Caritasdev Cd

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Developpment - Caritasdev Cd
Numéro double
n° 015-016
Mai – Octobre 2009
www.caritasdev.cd
Magazine trimestriel d’informations générales du réseau national
de Caritas-Développement Congo
Caritas récolte
les premiers diplômes
d’Etat des enfants
ex-soldats
RDC : « une forte fragilité perdure », constate une
mission de Secours Catholique
Alan Doss au Conseil de
Sécurité: « Les FARDC
ont fait des progrès dans
les opérations contre les
groupes armés étrangers »
L’Angola et la RDC s’engagent à arrêter
les expulsions de leurs citoyens respectifs
* Concertations préalables, respect des droits
humains, ..prônés
Caritas Internationalis mobilise 12,5 millions USD
pour une aide d’urgence en RDC: des résultats
déjà palpables à Dingila, Kurukwata, Bunyakiri, ...
2
Sommaire
Editorial 3
Prendre en considération les besoins des autres!
Actualités 4-6
• Le Procureur Général de la République rappelle aux ma
gistrats l’obligation de poursuivre les « détourneurs » des deniers publics
• Le Budget 2010 jugé recevable et la motion contre Muzito rejetée
• Alan Doss au Conseil de Sécurité: « Les FARDC ont fait des progrès dans les opérations contre les groupes armés étrangers
A la une 7-8
Caritas récolte les premiers Diplômes d’Etat des
enfants ex-soldats
Dossier 9-14
• Crise Angola—RDC: le dialogue prévaut sur la confrontation
• Des témoignages déchirants sur les refoulements des Congolais de l’Angola
• Les Evêques dénoncent le comportement qui viole les droits
fondamentaux de la personne
Développement 14-25
• La « contribution de Caritas Congo au Droit à l’alimentation
en RDC » expliquée aux journalistes
• Rutshuru: un marché moderne pour les retournés
• Mgr Kataka en visite de solidarité dans les Caritas-Développement de Kinshasa, Kalemie-Kirungu, Kongolo et Kilwa-Kasenga
• Caritas travaille à la redynamisation de l’économie locale à Kasongo
• Résultas satisfaisants atteints par Caritas Rwanda dans le développement social
• RDC-RWANDA: 200 mégawatts d’électricité bientôt produits
grâce à l’exploitation commune du gaz méthane du Lac Kivu
• L’atelier de revue satisfait du bon déroulement du Programme de
réinsertion socioéconomique des ex-combattants démobilisés
Urgences 26-32
• Un partenariat en évaluation: un tiers des 91.000 tonnes des
vivres du PAM distribué par la Caritas
• Une journée dans un camp des déplacés de Goma
• Des ménages déplacés asssités par Caritas à Kalehe, KasikaMwenga, Dingila...
Santé 33-37
• L’Eglise Catholique contre le VIH/SIDA en RDC
• Des microscopistes formés par Caritas Congo et le PLNP
Zoom sur le synode 38-39
Interventions des Evêques de la RDC
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
Editeur-Responsable
Caritas-Développement Congo
Rédacteur en Chef
Guy-Marin Kamandji
Comité de rédaction
Dr Bruno Miteyo, Abbés Claude
Mbu et Paul Babikire, Boniface
Nakwagelewi, Albert Mashika,
Dr Aimé Tibamwenda,
Dr Emmanuel Mbuna, JdD Kayala,
C. Nzengu, Thadée Barega, GMK
Rédaction centrale
Guy-Marin Kamandji, DieudonnéDoudou Kabeya, José Kiala, Taylor
Toeka.
Correspondants occasionnels
Délphine Bilowa, Bénoit Katubadi,
Aurélie Bokeme, Gratien Mundia,
Emery Ngalamulume, Dr Elias
Kyubwa, Jean-paul Ruteye
Maquette
Bijou Lomboto Itofo
Mise en page
GM Kamandji
Photographie
Caritas-Développement Congo
Site web: www.caritasdev.cd
Impression: Médiaspaul
Adresse:
Avenue Basoko n° 26,
Commune de Gombe, Kinshasa
B.P.: 3258 Kinshasa I - République
Démocratique du Congo
Courriel:
[email protected]
Tél.: +243 998 45 60 39
c/ Les textes et les photos de ce bulletin peuvent être reproduits, à condition d’en citer la source:caritasdev.cd
Photo de couverture:
Des enfants associés aux Forces et Groupes
Armés au cours d’une séance de formation
par la Caritas Goma.
Dépôt Légal: ST 3.0809-57159
Editorial
Prendre en considération
les besoins des autres !
Synode pour l’Afrique:
Message du Président de
Caritas Africa
« Jésus-Christ ne nous enseigne pas
une spiritualité ‘des yeux fermés’
mais de ‘vigilance,’ ce qui nécessite
une obligation absolue de prendre en
considération les besoins des autres
et les situations impliquant ceux que
l’Evangile appelle nos prochains….
Le regard de Jésus, ce que nous enseigne ’ses yeux,’ mène à la proximité humaine, à la solidarité, à donner
de son temps, à partager nos dons
et même nos biens matérielles. » (Le
Pape Benoît XVI, faisant la promotion du bénévolat, Vienne, Autriche,
10 septembre 2007).
Caritas Africa est très heureuse
de vous offrir, au moyen de ce�e
publication, les informations sur
les 45 organisations nationales
de Caritas, au sud du Sahara, qui
font partie de la région Afrique
de Caritas Internationalis, une
Confédération de 164 membres
dans le monde.
Afin d’accomplir la vision de
Caritas Africa, qui est d’avoir
la vie en plénitude (Jean 10:10),
nous considérons que notre
mission est de témoigner de
l’amour de Dieu (Actes 1:8) en
travaillant pour le développement intégral de l’être humain
avec une a�ention prioritaire
aux pauvres et aux marginalisés. L’Afrique est quotidiennement confrontée à d’énormes
défis et la grande majorité de
la population de plusieurs pays
en Afrique souffre de conflits,
d’agitation sociale, des guerres
aussi bien que des catastrophes
naturelles et des calamités telles
que la sécheresse, les inonda-
tions et les cyclones. Les maladies, y compris le VIH/SIDA,
la malaria et d’autres qui sont
moins médiatisées, sont également causes de nombreuses
difficultés aux personnes et aux
familles.
Dans chaque pays, Caritas est
présente pour faire face à ces défis et soutenir les personnes les
plus vulnérables de la société.
Cependant, le rôle de Caritas
n’est pas seulement d’intervenir
dans les situations d’urgence et
de fournir de l’aide. Son rôle va
bien au-delà. Elle contribue au
développement intégral des êtres
humains. Ce�e double mission
de Caritas est souvent mal comprise mais est bien mise en pratique en Afrique.
Un regard rapide sur le travail
effectué par les Caritas en Afrique montre clairement la grande
diversité des activités dans chaque pays. L’autonomisation des
communautés, l’éducation et la
formation pour le développement dans les secteurs ruraux,
les soins de santé, l’intendance
environnementale, le renforcement des capacités pour soutenir
le développement, la formation à
la gestion de la qualité de la vie,
la formation à la gouvernance, la
formation à l’assistance psychosociale sont certaines des activités
qui sont communes à plusieurs
Caritas en Afrique. Ainsi, elles
contribuent largement à la construction de la paix, à la réconciliation et au perfectionnement de
la justice sociale dans leurs pays
respectifs.
Le travail de nombreuses Caritas
nationales en Afrique est soutenu
par des partenaires Caritas des
pays développés d’autres régions
du monde. Ce partenariat très
efficace est fortement louable.
En tant que Confédération, nous
partageons des valeurs communes et les mêmes principes. Nous
respectons la dignité des êtres
humains, nous croyons en la solidarité et au partage, nous avons
pour but de rendre service, et
nous sommes convaincus que la
subsidiarité est la clef à une coopération harmonieuse entre les
partenaires.
Que le travail combiné des organisations Caritas dans le monde
et en Afrique en particulier contribue le plus efficacement possible à la réconciliation, la paix
et la justice afin que chaque être
humain puisse avoir la vie en
plénitude.
Président de Caritas Africa,
Mgr Cyprian Kizito Lwanga,
Archevêque de Kampala,
Ouganda
3ème Forum National de Caritas-Développement Congo
du 06 au 09 juin 2010 à Kinshasa
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
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Actualités
Actualités
Rentrée judiciaire
Le Procureur Général de la République rappelle
aux magistrats l’obligation de poursuivre les
« détourneurs » des deniers publics
« L’infraction de détournement
des deniers publics et privés en
droit positif congolais », c’est le
thème de la mercuriale du Procureur général de la République,
Flory Kabange Numbi, à la rentrée judiciaire samedi 3 octobre
2009. Solennité oblige, la cérémonie a eu lieu au siège de la Cour
Suprême de Justice et en présence du Président de la République,
Joseph Kabila. L’orateur a rappelé aux magistrats du Parquet
et leurs auxiliaires l’obligation
d’user de toutes les voies légales
pour rechercher les infractions de
détournement et pour en poursuivre les auteurs.
Pour le Procureur Général de la
République, le détournement
des deniers publics est l’une des
causes de la basse conjoncture
que traverse le pays. Il a déploré
ainsi «des accroissements illicites
et spectaculaires des richesses,
alors que nos dirigeants courent
jour après jour à la quête des rece�es nécessaires au paiement de
nos de�es, de nos salaires et au
financement de nos chantiers».
D’où, son regret face à la banalisation de ces actes de détournement. « Il règne une loi de silence
sur nos services et nos cités au
point qu’il est permis de se demander si ce silence coupable ne
constitue pas un acte de participation criminelle collective et/ou
l’expression de la tolérance d’une
génération qui a�ribue la réus-
Le détournement des deniers publics ne permet pas au Gouvernements
central et provinciaux d’allouer plus de ressources à la construction des
infrastructures publics. Ici, une vue de la ville de Lubumbashi
site sociale aux miracles ou tout
simplement une léthargie d’un
peuple sans foi en sa justice et
convaincu qu’il n’existe aucune
sanction contre les plus forts »,
a-t-il déploré. Voilà pourquoi, le
Procureur Général de la République a recommandé à la population de dénoncer systématiquement les auteurs de ces derniers
publics. Il lui a pour cela garanti
l’anonymat.
Ce�e lu�e contre l’impunité rejoint l’Opération « Tolérance
zéro », lancée par le Chef de l’Etat.
Mais, pour que toutes ces bonnes
intentions ne restent pas que des
slogans, Flory Kabange Numbi
a�end également du Législateur
la réadaptation des textes relatifs
au régime des immunités et des
privilèges dont bénéficient certaines hautes personnalités du
pays.
Sur le terrain, le Chef de l’Etat
est passé aux actes avec des Ordonnances qui ont révoqué plusieurs fonctionnaires de l’Etat
haut placés, notamment des Ministères des Affaires Foncières,
de l’Education Primaire, Secondaire et Professionnel, ainsi que
de la Santé Publique. L’opinion
nationale espère alors les cours et
tribunaux à l’œuvre pour me�re
hors d’état de nuire les auteurs
des détournements publics et
autres corrupteurs et corrompus.
Guy-Marin Kamandji
Visitez notre site web sur
www.caritasdev.cd
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
Actualités
La majorité AMP sauve deux fois le Premier Ministre à l’Assemblée Nationale
Le Budget 2010 déclaré recevable et la
motion de défiance contre Muzito rejetée
Après avoir déposé le projet de budget 2010 à l’Assemblée nationale
jeudi 1er octobre 2009, le Premier
ministre Adolphe Muzito a dû faire
face à une opposition montée sur
tous ses chevaux pour lui exiger
des explications préalables sur l’état
d’exécution du budget 2009. Elle
claquera même la porte, criant au
trucage des résultats du vote sur sa
motion, avant de rentrer participer
au débat vendredi 16 octobre 2009.
Entre tempos, une motion de défiance du Député Kanku pesait sur lui
comme une épée de Damoclès. Mais,
fort du soutien de la majorité à ce�e
chambre basse du parlement, Adolphe Muzito est sorti indemne de cet
exercice démocratique. Son budget
2010 est a été envoyé à la Commission économique et financière, après
être déclarée « recevable », vendredi
16 octobre, moyennant des amendements.
Un jour plus tard, la motion de
défaince contre lui a été rejetée,
grâce au vote remporté par la
majorité parlementaire, soutenant ainsi une motion incienielle
du dputé Puis Mabuilu. «Citant
l’article 196 du règlement intérieur de
l’assmblée nationale, il a soutenu que
« l’Assemblé nationale met en cause
la respnsabilité du
Gouvenement par le
vote d’une motion
de censure et celle
d’un membre du
Gouvenement par le
vte d’une motion de
Adolphe Muzito et son Gouvernement à l’Asdéfiance ». En plus,
semblée Nationale (Ph. Radio Okapi)
il faudra pour le premier cas, la signature d’au moins ques. Des faiblesses relevées lors
un quart des membres, à savoir du débat général par les députés,
125 députés ; ce qui n’a pas été l’on peut retenir, pour les déle cas avec la motion de défiance penses, l’insuffisance des fonds
déposée par l’honorable Kanku, . alloués aux provinces, à la rubriLa motion de défiance nécessite que des investissements comme
au moins 50 signatures des Dé- l’agriculture, à la recherche scienputés. Ainsi, la motion Kanku a tifique et l’éducation ; tandis que
été réjetée par le vote favorable ce budget ne capitalise pas certaide la motion incidentielle avec nes rece�es réelles, notamment
327 voix pour, 69 voix contre et celles issues de l’exploitation pétrolière ou de la communication.
44 abstentions.
Bien que jugé recevable, le Bugdt
2010 n’a pas échappé aux criti-
Guy-Marin Kamandji
Budget 2010:
déséquilibre criant dans la répartition des ressources
Sans distinction de tendances politiques, plusieurs
élus du peuple ont dénoncé un «déséquilibre criant»
dans la répartition des ressources de l’Etat entre les
provinces.
Le débat général sur l’examen du Projet de Budget
de l’Etat pour l’exercice 2010 s’est poursuivi mercredi, le 14 octobre, dans la salle du Congrès du Palais
du peuple. Les députés ont examiné, en séance plénière, les grandes articulations du projet de Budget
2010 présenté le samedi 10 octobre par le Premier
ministre Adolphe Muzito.
« La répartition budgétaire du Premier ministre crée
des frustrations (…) il y a un déséquilibre flagrant
entre l’Est bien servi et l’Ouest quasiment ignoré »,
a déclaré le député Lumeya du groupe parlementaire Chrétiens démocrates. Cet avis a été partagé
par plusieurs autres intervenants qui ont conseillé
une répartition « équitable » entre les provinces. Il
y a aussi le social. Ici encore des députés ont formulé des remarques à Muzito et toute son équipe
gouvernementale qui, selon eux, ne fait aucun effort
pour améliorer les conditions de vie des Congolais
de la base. « L’ensemble des secteurs sociaux ne représentent que 5% du budget », a déploré Ndombe
Sita, député de l’opposition, qui s’est appesantie sur
la situation des enfants où aucun décret n’a été pris
par le gouvernement Muzito.
(suite à la page 6)
Lève-toi et marche
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Actualités
Alan Doss au Conseil de sécurité:
« Les Forces armées de la RDC ont fait des
progrès dans les opérations contre les groupes
armés étrangers... »
Les quinze pays membres
permanents du Conseil de sécurité de l’Onu ont examiné
vendredi, à New York, le rapport du secrétaire général sur
la République Démocratique
du Congo et les activités de la
Monuc. Alan Doss, représentant spécial de Ban-Ki-Moon
en RDC était présent et a fait
le point, au cours de ce�e réunion, sur les avancées dans la
pacification de l’Est du pays et
les principaux problèmes qui
subsistent, rapporte radiookapi.net
« Les Forces armées de la RDC,
FARDC, ont fait des progrès dans
les opérations contre les groupes
armés étrangers, et en particulier,
contre les FDLR qui ont été repoussées dans la plupart des zones
habitées et qui se retrouvent dis-
persées et affaiblies », a déclaré,
notamment M. Alan Doss, en
évoquant aussi le retour dans
leurs milieux des personnes déplacées et des réfugiés. Toutefois, le représentant spécial du
secrétaire général de l’Onu en
RDC a indiqué que malgré ces
avancées, des risques de menaces sérieux persistent et que «
nous devrions éviter toute complaisance ». Il a aussi fait savoir
au Conseil de sécurité que dans
la province Orientale, « des éléments résiduels de la LRA montent des raids sporadiques.»
De son côté, l’ambassadeur Ileka Atoki, le représentant permanent de la RDC auprès des
Nations Unies, a salué les mérites et les réalisations de la
Monuc. Il a cependant souhaité
que ce�e mission réussisse im-
pérativement sa sortie de la
RDC. « Le peuple congolais ne
souhaite pas un retrait précipité
de la Monuc, de même, le peuple congolais ne souhaite pas
que celle-ci s’y éternise. Il nous
revient, donc, de prendre avec
vous, les décisions stratégiques
multidimensionnelles, visant,
entre autres, de perme�re au
gouvernement congolais, d’assurer et d’assumer pleinement
la sécurité, l’autorité de l’Etat
sur l’ensemble du territoire national, et le développement économique du pays », a conclu le
diplomate congolais.
(Radio Okapi, article mis en ligne Samedi 17 Octobre 2009 à
10:14:25; titre original: « Situation dans l’Est de la RDC: Alan
Doss fait le point au Conseil de
sécurité »).
(suite de la page 5)
Budget 2010:
déséquilibre criant dans la répartition des ressources
Au nom du groupe parlementaire des indépendants, Bahati Lukwebo s’est interrogé sur comment
un pays qui veut se développer peut négliger l’agriculture. « Ces chiffres nous présentés par le Premier
ministre, c’est un maquillage et une caresse… », at-il déclaré. Pour lui, le gouvernement n’a que deux
prétextes pour justifié son immobilisme : la guerre à
l’Est et la crise financière internationale.
Sans surprise, le groupe parlementaire Mouvement
de libération du Congo (MLC) n’a pas fait de cadeaux au Premier ministre. Pour François Muamba,
« ce document n’est qu’une pure copie collée du
budget précédent (…) un chapelet de bonnes intentions ». Il l’a démontré par illustrations pertinentes.
Commençant par le cadrage macroéconomique, le
député Muamba s’est demandé par quel miracle le
gouvernement compte changer en 2010 contraire-
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ment à ses promesses non tenues ? Il a aussi voulu
connaître la stratégie du gouvernement par rapport
au taux d’inflation. Quelles sont les mesures prises
par les régies pour améliorer les rece�es courantes ?
Le député MLC s’est également intéressé à la question du contrat chinois. Il sera rejoint par son collègue Delly Sessanga.
Pour le MLC, le Premier ministre devra apporter
des éclaircissements sur la rémunération de nouvelles unités et la prise en charge des agents et fonctionnaires de l’Etat présentement en grève. De toute
évidence, ce projet de Budget devra, s’il est adopté,
être envoyé à la Commission Economie et finances
de l’Assemblée nationale pour y subir une chirurgie
afin de recadrer le grille de répartition entre les rece�es et les dépenses.
LE POTENTIEL
A la une
Actualités
Caritas récolte les premiers diplômes d’Etat
des enfants ex-soldats
De 1996 à 2003, la République Démocratique du Congo (RDC) a connu la guerre, dont le cycle se poursuit
aujourd’hui avec notamment la traque des rebelles rwandais des Forces Démocratiques pour la Libération du
Rwanda dans le Kivu et ceux de la LRA en Province Orientale. Que d’enfants, transformés en meurtries et violeurs, ont été recrutés de force! La Cour Pénale Internationale détient encore des Congolais contre qui pèse la
proscription des mineurs.
F
idèle à sa mission de promotion intégrale de l’homme, particulièrement par
l’édification de la paix, la Caritas
Congo et plusieurs de ses Structures diocésaines se sont engagées
dans la réinsertion des Enfants
Associés aux Forces et Groupes
Armés (EAFGA), anciennement
appelés enfants ex-soldats.
Cet engagement paye aujourd’hui, notamment à la CaritasDéveloppement Goma, diocèse
particulièrement frappé par ce
cycle de guerre qui a fait plus de
5 millions de morts en RDC.
Iradukunda, 22 ans, est le premier ex-enfant soldat scolarisé
par le programme de réinsertion
sociale de la Caritas Goma à obtenir son diplôme d’Etat édition
2008-2009, marquant ainsi le terme de ses études secondaires. Ce
titulaire du baccalauréat congolais est venu présenter ses remerciements à l’Abbé directeur de la
Caritas Goma vendredi 25 septembre 2009 pour l’oeuvre que
l’organisation a ba�ue pour lui.
Après lui, quatre autres enfants
associés aux Groupes et Forces
Armés (EAFGA) ont aussi décroché leur diplôme d’Etat pour
l’année scolaire 2008-2009. Cinq
autres lauréats sont a�endus
pour l’édition 2009-2010.
Utilisé comme comba�ant dans
les rangs de la rébellion du RCD
entre 2002 et 2004, Jules Iradukunda a été démobilisé en 2004
au centre de transit et d’orienta-
De g. à dr., Juvénal (Chargé de Programme DDR), Abbé Oswald
Musoni—Directeur de Caritas Goma et Iradukunda (Ph. T.Toeka)
tion de Mweso (100 km au Nordouest de Goma) et ramené à la
vie civile avant de connaître une
réorientation morale.
A la même année, il a entrepris
des études à l’institut II Humule
de la localité de MWESO de 3ème
jusqu’en 5ème année, avec le concours de la Caritas Goma.
En septembre 2007, il a été obligé
de fuir Mweso pour le camp de
Mugunga (à la périphérie Ouest
de Goma) suite aux affrontements
entre les miliciens Maï-Maï et la
rébellion du CNDP, précise un
communiqué de presse de Caritas Goma.
Après avoir perdu une année,
Iradukunda a été inscrit en 6ème
année à l’Institut Nyabyunyu de
Goma où il a obtenu son diplôme
d’Etat avec mention satisfaction.
Il vient d’être engagé comme Enseignant à l’Ecole catholique de
Mweso.
Pour rappel, la Caritas Goma bénéficie d’un appui financier de la
Caritas Allemagne depuis 2004
pour la réinsertion sociale des exenfants soldats. Jules Idarukunda
fait partie des bénéficiaires de la
première promotion issue du
centre de transit et d’orientation
de Mweso. Comme lui, quelques
enfants ont repris avec les études
et d’autres ont appris un métier.
Taylor TOEKA
et Guy-Marin Kamandji
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A la une
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De février 2004 au 31 décembre 2008
3.010 enfants sortis des Forces et Groupes
Armés encadrés par Caritas Goma
D
epuis 1993, la République
Démocratique du Congo
a connu une succession
de guerres. Au départ, c’était les
guerres interethniques que se
sont livrées les différentes communautés tribales de la Province
du Nord- Kivu principalement
dans le territoire de Masisi. Chaque tribu devait se défendre et
les enfants furent massivement
utilisés comme comba�ants.
En 1994, ce fut l’arrivée massive
des réfugiés rwandais. Parmi ces
réfugiés, nombreux étaient des
anciens soldats et miliciens entrés
dans notre province avec armes
et munitions. Ce�e prolifération
d’armes accentuait l’insécurité.
En 1996, l’AFDL lance la guerre
contre le régime de Mobutu. A
ce�e période l’enrôlement des
enfants dans les forces et groupes armés fut comme officialisé.
La guerre du RCD en 1998 a continué les mêmes stratégies que
l’AFDL dont il est issu et par conséquent l’enrôlement des enfants
dans l’armée s’est poursuivi à un
rythme inquiétant.
Devant ce�e violation flagrante
des droits de l’homme et particulièrement des droits de l’enfant,
la Caritas ainsi que d’autres acteurs chargés de la protection des
droits des enfants ont dénoncé à
plusieurs reprises ces abus commis par des adultes sur des enfants.
C’est à la faveur de l’Accord global et inclusif signé le 17 décembre 2002 à Pretoria et consacrant
la fin de la guerre et la réunification de notre pays que les autorités ont signé des lois interdisant
l’enrôlement des enfants dans
les forces et groupes armés et la
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
démobilisation de ceux qui s’y
trouvaient encore. Cependant un
recensement systématique des
enfants se trouvant dans les forces et groupes armés n’a jamais
été effectué.
La Caritas Goma exécute depuis
février 2004 un programme de
DDR
(Désarmement-Démobilisation-Réintégration) enfants
grâce au financement de la CARITAS ALLEMAGNE (Deutscher Caritasverband). Le Fonds
des Nations Unies pour l’enfance
(UNICEF) pour sa part, a soutenu financièrement ce programme
de mars au 31 août 2009.
Ces activités couvrent deux territoires du Nord-Kivu, à savoir
Masisi et Rutshuru où la Caritas
a ouvert des Centres de transit et
d’Orientation (CTO). Les enfants
séparés de forces et groupes armés y sont accueillis et encadrés
pour un séjour de trois mois
maximum avant leur réunification familiale.
La Caritas Goma assure actuellement le fonctionnement de 4
CTO, à Masisi, Mweso, Nyanzale
et Kanyabayonga.
Chaque CTO fonctionne localement grâce à une équipe composée des Encadreurs sociaux,
des cuisinières et gardiens. Deux
animateurs sociaux supervisent
les CTO sous l’encadrement du
Coordinateur de la Commission
Justice et Paix.
De février 2004 jusqu’au 31 décembre 2008, la Caritas Goma a
réussi à encadrer 3.010 Enfants
Sortis des Forces et Groupes Armés (ESFGA), dont 58 filles.
Le tableau des réalisations du
Programme DDR de la Caritas
Goma, indique que durant les
cinq dernières années, 3.235 enfants sont sortis des FGA, 2.636
ont été réunifiés avec leurs familles et 1.002 ont été scolarisés.
«De 3.235 enfants sortis de forces
et groupes armés depuis 2004,
nous avons enregistré 58 filles,
soit 4,8% . Ce faible taux s’explique par la réticence de nombre
d’officiers militaires qui refusent encore de libérer les filles
des rangs de leurs forces et
groupes armés qu’elles utilisent
comme esclaves sexuelles. Les
acteurs impliqués dans les activités de DDR enfants au Nord
Kivu réfléchissent actuellement
sur la problématique de la sortie
des filles de FGA . Rappelons que
l’enrôlement et l’utilisation d’enfants dans les forces et groupes
armés est un crime de guerre et
l’esclavage sexuel commis par les
éléments armés un crime contre
l’humanité, tous imprescriptibles.
Parmi les 1.002 enfants scolarisées, 530 sont au niveau primaire et 476 au niveau secondaire. Cinq de ces enfants vient
d’obtenir son diplôme d’études
secondaires.
Pour rappel, le Programme DDR
est exécuté par la Caritas Goma
sous 3 volets que sont la prévention (séminaires de sensibilisation sur les droits des enfants et le
processus DDR, émissions radio,
contacts de plaidoyer et de lobbying), la démobilisation (fonctionnement des CTO, accueil,
vérification, documentation, recherche et réunification familiale
des Ex EAFGA) et la réinsertion
(appui à la scolarisation).
Caritas-Dévelopepement Goma
Dossier
dossier
L’Angola et la RDC s’engagent à arrêter
les expulsions de leurs citoyens respectifs
* Concertations préalables, respect des droits humains et des accords existants prônés
Offiiels angolais et congolais
I
(Ph. Radio Okapi)
l a vraiment fallu que la République Démocratique du Congo
(RDC) applique le principe diplomatique de la réciprocité, et encore à petite dose soutiennent des
analystes, pour que l’Angola comprenne la nécessité d’humaniser les
expulsions des immigrés illégaux.
Ainsi, une délégation gouvernementale multisectorielle de la République d’Angola, conduite par le ViceMinistre des Relations Extérieures,
Georges Rebelo Pinto Chikoti, a effectué une visite de travail du 12 au
13 octobre 2009 à Kinshasa. C’était
à l’initiative de deux Chefs d’Etat
et « dans le cadre de bonnes relations existant entre les deux pays et
leurs peuples respectifs », souligne
le communiqué conjoint ayant sanctionné ce�e rencontre.
Préoccupé par la situation créée par
les expulsions, le Président Kabila
a invité la délégation angolaise à
rencontrer sans délai un groupe de
travail ad hoc de la RDC. Les deux
délégations se sont alors réunies
mardi 13 octobre au Ministère des
Affaires Etrangères. Elles ont regretté les récents incidents migratoires
survenus entre les deux pays. Dans
ce contexte, les questions d’intérêt
commun ont été abordées, avec une
particulière a�ention sur les problèmes liés aux expulsions, poursuit le
communiqué.
« Ainsi, les délégations de la
RDC et de la République de
l’Angola ont pris l’engagement
d’arrêter immédiatement les expulsions des citoyens de leurs
Etats respectifs », indique le document. « Le processus d’expulsion des immigrés illégaux devra désormais se faire sur base
des concertations préalables,
du respect des droits humains
et conformément aux accords
qui existent être les deux pays et
autres instruments relatifs aux
questions migratoires », précise
le communiqué.
Les deux parties s’engagent également à apporter aux refoulés protection et sécurité, y compris celles de
leurs biens. En guise d’évaluation,
elles ont fixé à la deuxième quinzaine de novembre 2009 la réunion de
la Grande Commission Mixte Bilatérale qui se tiendra à Luanda.
D’aucuns espèrent que la RDC saisira ce�e occasion pour aborder et
trouver des solutions durables aux
problèmes d’incursions répétées des
forces angolaises, et de l’exploitation
des Zones d’intérêt commun.
Appel au calme lancé aux populations
Après avoir loué l’esprit élevé de
deux Chefs d’Etat de voir leurs peuples vivre en éternelle fraternité, les
deux délégations ont lancé un appel
pressant à leurs populations respectives pour maintenir le calme et
l’esprit de fraternité qui a toujours
caractérisé les relations entre la RDC
et l’Angola.
Crise latente ?
Ce�e rencontre de Kinshasa s’est tenue dans un contexte de crise latente
entre les deux pays. Des observateurs
avisés soutiennent l’existence des
faits inamicaux dont se rend souvent
coupable la partie angolaise. Jusque-
là, la partie congolaise s’est contentée soit de démentir difficilement
des évidences choquantes, soit de
ne rien faire, jusqu’à ce�e opération
d’expulsion des citoyens angolais en
situation irrégulière en RDC.
Et même là, l’opinion considère que
c’est la réaction de la population du
Bas-Congo qui aurait poussé le Gouvernement à réagir.
Parmi les griefs contre l’Angola, l’on
cite des incursions répétées de ses
forces, fussent-elles des policiers,
dans les localités frontalières du BasCongo et du Bandundu; les refoulements des Congolais, même ceux
porteurs des cartes de résident, et
cela, dans des conditions inhumaines, et l’exploitation par l’Angola
des Zones d’Intérêt Commun sur la
côte Atlantique.
A ce propos, l’Angola n’aurait pas
bien apprécié la «Loi portant délimitation des espaces maritimes
de la République démocratique du
Congo », par laquelle le Législateur congolais entend récupérer 200
milles marins sur l’espace maritime
partagé avec le pays de Dos Santos.
«Le gouvernement de la République
d’Angola reje�e cet acte visant la délimitation unilatérale de toutes les
zones maritimes, y compris le plateau continental… », a écrit l’ambassadeur d’Angola aux Nations Unies
dans une le�re datée 31 juillet 2009,
cité par Le Potentiel.
Pour rappel, c’est en août 2007 que
les deux pays ont signé à Luanda,
trois accords de coopération en présence des Présidents Joseph Kabila
et José Eduardo Dos Santos. Ils ont
porté sur le pétrole, les mines et la
culture. L’accord sur le pétrole concerne l’exploration-production de la
Zone d’Intérêt Commun (ZIC) pour
l’exploitation du pétrole sur la plateforme pétrolière entre Cabinda et
Soyo de l’espace côtier du départ de
l’embouchure du fleuve Congo.
(suite à la page 11)
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
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Dossier
Expulsion massive et répétée des Congolais de l’Angola
Les Evêques dénoncent le comportement
qui viole les droits fondamentaux
de la personne humaine
« (…) Ce que vous avez fait à l’un
de ses plus petits, c’est à moi que
vous l’avez fait » (Mt 25, 40)
Déclaration des Evêques membres de l’Assemblée Episcopale
Provinciale de Kananga
(ASSEPKA) en faveur des Congolais refoulés de l’Angola
1. Faisant nôtre ce�e interpellation du Christ, Nous, Archevêque et Evêques membres de l’Assemblée Episcopale Provinciale
de Kananga, réunis à Kinshasa,
en marge de la session ordinaire
de l’Assemblée plénière des Evêques de la Conférence Episcopale Nationale du Congo (CENCO), saisissons ce�e opportunité
pour lancer un cri de détresse et
d’alarme en faveur de nos frères
et sœurs congolais refoulés de la
République d’Angola, de manière indigne et dans des conditions
déplorables.
2. En effet, des informations que
nous tenons de nos services de
Caritas diocésaines, notamment
ceux des diocèses de Luebo et de
Lwiza, des milliers de nos compatriotes congolais et congolaises
ont été obligés de qui�er le territoire angolais. Plusieurs d’entre
eux, s’étant établis régulièrement
en Angola depuis plusieurs années, se retrouvent brusquement
désemparés et incapables de recommencer la vie.
3. Ces compatriotes de retrouvent entassés dans le territoire
de Tshikapa et Kamako (diocèse
de Luebo) et dans le territoire
de Luilu et Luiza, à Wikong et
Luambo (diocèse de Luiza). Ces
opérations de refoulement s’ajou-
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
tent à celles que nous avions, par
le passé, dénoncées à cause de
leur caractère humiliant et de
leur atrocité. Elles font, encore
une fois, fi du respect des droits
élémentaires de la personne et
des dispositions internationales
d’usage en la matière.
4. Face à la persistance de ce�e
situation, notre charge de pasteur et notre mission prophétique nous obligent à dénoncer
tout comportement qui viole les
droits fondamentaux de la personne humaine et dans le cas
échéant, ce qui porte a�einte à la
dignité et aux droits des refoulés
amassés actuellement, sans une
assistance appropriée, dans les
territoires de nos deux diocèses
précités.
5. Notre cri d’alarme se veut également un appel pressant à tous
les fidèles catholiques, aux hommes et aux femmes de bonne volonté ainsi qu’aux organisations
humanitaires pour venir en aide
à ces frères et sœurs refoulés de
manière violente et démunis du
minimum vital. Les confiant à la
protection maternelle de la Très
Sainte Vierge Marie, Notre Dame
du Kasayi, nous leur exprimons
notre solidarité et les assurons de
nos ferventes prières.
Fait à Kinshasa, le 10 juillet 2009
+S.E Mgr Marcel MADILA,
Archevêque de Kananga
+S.E Mgr Gérard MULUMBA,
Evêque de Mweka
+S.E Mgr Valentin MASENGO,
Evêque de Kabinda
+S.E Mgr Léonard KASANDA,
Evêque de Lwiza
+S.E Mgr Nicolas DJOMO,
Evêque de Tshumbe
+S.E Mgr Pierre TSHITOKO,
Evêque de Luebo
+S.E Mgr Fridolin AMBONGO,
Evêque de Bokungu-Ikela et
Administrateur Apostolique de
Kole
+S.E Mgr Bernard KASANDA,
Evêque auxiliaire de Mbuj-Mayi
Dossier
Actualités
Des témoignages déchirants sur le
refoulement des Congolais de l’Angola
Luebo, le 20 février 2007 (caritasdev.cd): La province du Kasaï Occidental accueille des milliers des
Congolais refoulés de l’Angola
dans des conditions inhumaines.
La Mission des Nations Unies au
Congo (MONUC) vient de conduire une mission humanitaire sur
place en vue d’évaluer l’ampleur de
ce drame et préparer une intervention d’urgence. Mais, en attendant,
les deux diocèses affectés par ce refoulement ne restent pas les mains
croisées. En fait, la Caritas-Développement Luebo et la Caritas-Développement Luiza se mobilisent
chacune avec des moyens de bord
pour atténuer tant soit peu la souffrance de ces compatriotes, tout en
plaidant pour une assistance d’envergure de la Communauté humanitaire.
«Nous les (Ndlr : les refoulés)
rencontrons dans les brousses à
la frontière du pays. De là, nous
les emmenons au village. Ils arrivent très fatigués, habillés en lambeau, manquant presque tout»,
a témoigné Mme Alice Kafuta,
chargée des urgences à la Caritas
Développement Luiza, à radiookapi.net. D’après cette dernière,
certaines femmes ont été violées
et d’autres sont enceintes. «Il y
a des enfants sans parents. Nous
les emmenons dans des paroisses
d’abord, et après, nous négocions
avec des familles congolaises pour
les héberger. », a-t-elle ajouté.
Du côté de Luebo, c’est le même
travail. Interrogé mardi 20 février
2007 par caritasdev.cd, l’Abbé
Léon Kalambayi, Directeur de la
Caritas Luebo, a indiqué que c’est
le 1er Janvier 2007 qu’ont commencé ces refoulements des Congolais de l’Angola par la sortie de
KAMAKO à 150 Km de la ville de
Tshikapa. Beaucoup de ces refoulés
ne voulant pas se faire enregistrer,
l’effectif actuel de 800 personnes
signalé à Kamako ne reflète pas la
réalité. Il y en a qui prétextent une
poursuite éventuelle contre eux de
la part des Autorités congolaises;
d’autres trouvent inutile cet enregistrement parce qu’on ne leur vient
pas en aide. La Caritas Luebo les
encourage et les aide tout de même
à trouver des abris dans des églises
et auprès des familles d’accueil.
Selon les témoignages recueillis par
la Caritas Luebo, ces refoulements
s’accompagnent de beaucoup de
violences et se font dans des conditions inhumaines. «Les refoulés
ont été battus, parmi eux certains
sont très affaiblis parce que gardés en prison plusieurs jours sans
bonne restauration ; d’autres encore arrivent avec des blessures
et des fractures. Plus graves les
cas de femmes violées: une (Ndlr :
dont nous taisons le nom) déclare
avoir été violée par 12 militaires
angolais pendant une semaine;
une autre a été violée pendant
trois jours. Les gens arrivent pieds
nus, d’autres en culotte, et tous
sans bagages », indique le rapport
préliminaire de la Caritas Luebo,
daté du 05 février dernier. Toutes
ces personnes sortent avec un billet
de refoulement de l’Angola. Il n’y a
pas d’accueil organisé, donc pas de
logement, pas de restauration, pas
de transport pour aller ailleurs, pas
de soins de santé, conclut le document.
Intervenant dimanche 18 février
2007 sur Radio Okapi, le ministre
de l’Intérieur a abordé « ce problème sous un autre angle ». Tout en
annonçant la descente sur les lieux
de l’Autorité provinciale, il a relevé
la nécessité d’avoir un Consulat Général par lequel les Congolais désirant d’aller en Angola recevraient
des cartes consulaires qui les éviteront ce genre d’expulsion. Le ministre Kalume a aussi souligné la
présence de beaucoup d’étrangers,
et des Congolais qui profitent des
frontières nationales pour entrer
clandestinement en Angola pour y
exploiter le diamant.
(Document d’archives)
(suite de la page 9)
L’Angola et la RDC s’engagent à arrêter
les expulsions de leurs citoyens respectifs
Le second vise la géologie et les mines pour l’exploitation frontalière commune de gisements diamantifères et le dernier est axé sur la protection des
œuvres de l’esprit dans le domaine de la culture. La
RDC avait à l’époque obtenu « à l’arraché » la revisitassions de l’accord d’exploration-production
commune de la Zone d’Intérêt Commun délimité
en 2003 conclu entre le gouvernement de transition et le gouvernement angolais, relèvent certains
analystes. Plus de deux ans après, l’opinion congolaise voudrait bien voir l’exploitation par la RDC de
ces Zones d’intérêt commun être une réalité, tant
et si bien que les conférenciers de Kinshasa viennent de réaffirmer les « bonnes relations existant
entre les deux pays et leurs peuples respectifs ».
Guy-Marin KAMANDJI
Lève-toi et marche
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Actualité
Dossier
Le Bas-Congo généralise l’opération
de refoulement des Angolais de la RDC
L’opération de refoulement des
ressortissants de l’Angola en situation irrégulière en République
Démocratique du Congo s’est généralisée, mardi 06 octobre 2009 à
travers les grandes villes de la province du Bas Congo, ont indiqué
plusieurs sources. Les autorités
provinciales appellent cependant
la population locale à ne pas s’a�aquer aux citoyens angolais.
66 ressortissants angolais en situation irrégulière vivant à Matadi ont
été reconduits à la frontière de Noqui, mardi 06 octobre 2009 dans la
soirée, par la Direction générale de
migration (DGM). Parmi ces refoulés, 35 femmes et 31 hommes. Selon
une source proche de la DGM, 17
candidats volontaires ont été enregistrés. Le maire de la ville de Matadi a indiqué que ce�e opération
de routine va se poursuivre. Le
ministre provincial de l’Intérieur
du Bas Congo, Kuku di Mayeye, a
demandé à la population de ne pas
s’a�aquer aux ressortissants angolais vivant dans ce�e province,
mais plutôt de laisser la direction
générale des migrations faire son
travail.
A Boma, un groupe d’Angolais
ont qui�é ce�e ville depuis lundi.
Dans le territoire de Songololo,
près de 2 000 Angolais ont été rapatriés lundi. Des opérations similaires sont signalées à Kimvula,
Lève-toi et marche
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Kwuilu-Ngongo et Kimpese.
Dans le territoire de Muanda plus de 500
ressortissants
angolais
seront également
acheminés aux
postes
frontaliers.
Des
coups de feu
ont été tirés
en l’air, lundi
matin, par des
soldats angolais dans ce�e
cité située à environ 200 kilomètres
à l’ouest de Matadi. Les militaires
angolais, venus de la base de Kitona pour s’approvisionner en vivres
à Muanda, ont réagi aux insultes
et au jet des pierres dont ils étaient
victimes de la part d’une foule
amassée lundi devant le bureau
du territoire de Muanda, selon
des sources concordantes. Aucun
bilan n’est signalé, a indiqué l’administrateur assistant intérimaire,
Guillaume Ngongo Ngongo.
primer son mécontentement au sujet des conditions d’expulsion des
ressortissants congolais vivant en
Angola. Les soldats angolais ont
réagi par des coups de feu tirés en
l’air, selon les mêmes sources. La
police congolaise est intervenue
pour rétablir l’ordre public. Toujours dans ce�e cité côtière, plusieurs sources signalent que plus
d’une vingtaine des maisons appartenant aux ressortissants de la
tribu Assolongo ont été saccagées
aux quartiers Kinsaku et «Refugiés». Les Assolongo avaient fui la
guerre d’Angola entre les troupes
du Mpla de José Edouardo dos
Santos et l’Unita de Jonas Savimbi.
Ils s’étaient alors installés à Muanda, principalement au quartier
«Réfugiés» dans les années 80.
Plusieurs sources de Muanda ont
par ailleurs signalé l’arrivée, mardi
dans ce�e cité, des ressortissants
congolais en provenance des villes
angolaises de Soyo et de Cabinda.
Radio Okapi, article mis en ligne
mardi 06 octobre 2009 à 19:15:57
sur www.radiookapi.net
D’après des témoins, la foule a attaqué les soldats angolais pour ex-
Ambiance le long de la Nationale N°1, au niveau de la Cité de Kimpese
au Bas-Congo (Ph. Guy-Marin KAMANDJI)
Dossier
Dossier
KASAÏ OCCIENTAL
1.200 ménages refoulés de l’Angola assistés
par Caritas Congo à Luiza et Kamako
Commission Justice et Paix du Diocèse de Luiza. Il a ajouté que « avant
leur expulsion, nos compatriotes ont
été fouillés jusque dans leurs parties intimes, tabassés, dépouillés de
tout par les militaires angolais avant
d’être entassés dans des camions et
conduits jusqu’à une certaine rivière
sur une île entourée des crocodiles
et reconduits ensuite à quelques kilomètres des frontières ».
Distribution de l’aide de Caritas à Luiza
Les équipes des Caritas Luiza et
Luebo appuyées par la Caritas-Développement Congo ont achevé le
24 août 2009 la distribution des biens
non alimentaires à 1.200 ménages
des Congolais refoulés de l’Angola,
soit 7.200 personnes. Les opérations
de distribution se sont déroulées
dans la Cité de Kamako (à enviraon
400 Km de Kananga et 150 Km de
Tshikapa) et dans la Cité de Luiza,
(200 Km de Kananga) Chef-lieu du
Territoire qui porte le même nom
dans la Province du Kasai-Occidental. Chaque famille refoulée a reçu
trois couvertures, un pagne, huit friperies pour enfants, quatre friperies
pour adultes, deux casseroles, un
bidon vide d’une capacité de vingt
litre, six gobelets, six assie�es, six
cuillères et quatre savons, rapporte
caritasdev.cd.
Ce�e assistance en non-vivres a été
financée par la Caritas Allemagne
(ou DCV). Les familles des Congolais refoulés de l’Angola ayant bénéficié de l’aide de la Caritas-Développement Congo constituent le groupe
le plus vulnérable des refoulés dont
plusieurs demeurent encore sans as-
sistance, faute des moyens.
Une récente évaluation des équipes
de la Caritas à Luiza et Kamako a
signalé que plus de 2.800 familles
des Congolais refoulés de l’Angola
avaient encore besoin d’assistance
dans ces deux Cités. La majorité de
ces refoulés vivent dans des familles
d’accueil toutes aussi démunies que
leurs hôtes. En conséquence, ces
ménages vivent dans une situation
d’extrême précarité marquée par
la
sous-alimentation, la
malnutrition,
l’appauvrissement, etc.
« Depuis plus
de 10 mois,
de nombreux
congolais sont
à nouveau refoulés de l’Angola » a déclaré à caritasdev.
cd Monsieur
l’Abbé Freddy
MUMPELE,
Directeur de la
Par ailleurs, plusieurs cas de violences sexuelles sont signalés. Les
équipes de la Caritas ont recensé
sur place 264 cas des femmes violées
enregistrés, mais ces chiffres sont
encore inférieurs à la réalité ; car la
plupart des femmes violées refusent de le déclarer. 62 d’entre-elles
ont été prises en charge à l’Hôpital
Général de Luiza grâce à l’appui du
Bureau Diocésain des Œuvres Médicales (BDOM) Luiza. Cependant,
les moyens restent très limités pour
perme�re de soigner toutes les victimes.
C’est pour la seconde fois que la Caritas-Développement Congo assiste
ces refoulés. La première intervention de la Caritas-Congo dans ce�e
région remonte à 2007.●
Ce vieux camion de Caritas a été une fois de plus utile
pour l’acheminement de l’aide aux refoulés à Luiza
(Ph. Christian Nsangamina -Caritas Congo)
Lève-toi et marche
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Developpment
Développement
La « contribution de Caritas Congo
au Droit à l’alimentation en RDC »
expliquée aux journalistes
Caritas-Développement Congo a été
l’invitée mercredi 10 juin dernier de
Journalistes pour les Droits Humains
(JDH). Organisme spécialisé dans la
formation des journalistes en matière des droits humains et de la démocratie, JDH a chois pour ce mois
de juin de traiter le thème « Droit à
l’alimentation ». C’est dans ce cadre
que s’est inscrite l’intervention de
Caritas Congo. Au nom de la Direction Nationale de son Institution,
Guy-Marin KAMANDJI, son Chargé
de Communication, a entretenu une
vingtaine des journalistes sur la
« Contribution de Caritas Congo au
Droit à l’alimentation en RDC ».
D’entrée de jeu, l’orateur a indiqué
que « le droit à l’alimentation est le
droit d’avoir un accès régulier, permanent et libre, soit directement,
soit au moyen d’achats monétaires,
à une nourriture quantitativement
et qualitativement adéquate et suffisante, correspondant aux traditions
culturelles du peuple dont est issu le
consommateur, et qui assure une vie
psychique et physique, individuelle
et collective, libre d’angoisse, satisfaisante et digne».
Il a ensuite démontré, avec preuves à
l’appui, que Caritas-Développement
Congo, contribue de manière substantielle à l’objectif de réalisation de
ce droit dans un pays qui souffre
d’une récurrente insécurité alimentaire. En fait, conformément à sa mission de travailler pour la promotion
intégrale de l’homme, la Caritas-Développement Congo réalise au quotidien des activités qui concourent aux
efforts pour la sécurité alimentaire
en République Démocratique du
Congo (RDC). Cet immense travail
est aba�u dans l’ensemble du pays
par les Structures Diocésaines du réseau national de la Caritas-Développement Congo.
La Caritas-Développement Congo
participe depuis bientôt cinq ans
aux efforts pour l’appui à la sécurité
alimentaire en RDC au travers des
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
programmes
et/ou des projets exécutés
dans certains
diocèses. Ces
programmes
sont
réalisés
sur le terrain
avec le concours de certains bailleurs
de fonds du réseau Caritas Internationalis,
des ONG du
Nord et des Agences du Système de
Nations Unies. Un programme quinquennal 2004 – 2008 du renforcement
de l’auto-promotion pour la sécurité
alimentaire durable des ménages est
en cours d’exécution, avec l’appui de
la Direction Générale de la Coopération au Développement (DGCD) et
de la Caritas International Belgique
à Kananga dans le Kasaï Occidental,
à Kinshasa au Plateau des Batéké et
à Basankusu à l’Equateur. Il sied de
signaler qu’un an après son démarrage à Kananga, ce projet a continué
à être appuyé par le Fonds Belge de
Survie pour les années allant de 2005
à 2009. Ainsi, depuis janvier 2004, un
programme quinquennal de sécurité
alimentaire est exécuté dans trois régions de la RDC. Le thème principal
de ce programme est la sécurité alimentaire dans un contexte de vulnérabilité mitigé. Chaque région est
prise en compte par une action qui
intègre les quatre composantes de la
sécurité alimentaire : la disponibilité
des denrées alimentaires, leur stabilité, leur accessibilité et leur utilisation
à des degrés divers.
En gros, ce�e contribution du réseau
national de la Caritas-Développement Congo avec ses multiples partenaires touche aussi bien l’accroissement de la production agropastorale,
l’évacuation, la commercialisation et
la transformation des produits de
l’agriculture, de la pêche et de l’éle-
vage, que la relance des échanges
économiques. Même la lu�e contre
les maladies qui a�aquent le manioc
et le bananier n’est pas oubliée. La
prise en charge des enfants malnutris doublée de la relance agricole
pour leurs parents n’est pas non plus
du reste.
Pour mémoire, la crise alimentaire et
la flambée des prix des denrées alimentaires à l’échelle mondiale sont
autant de facteurs qui empêchent cet
accès régulier, permanent et libre à
une alimentation qualitativement et
quantitativement adéquate et suffisante, a souligné Guy-Marin KAMANDJI. Il a rappelé qu’entre 2000
et 2008, la faim n’a pas reculé. Elle a
même massivement augmenté, soutiennent les experts. Selon la FAO,
il y avait 854 millions de personnes
gravement et en permanence sousalimentées en 2007. Sans compter les
6 millions d’enfants morts de faim.
L’explosion des prix due à la crise
alimentaire devrait pousser 100 millions de personnes de plus à tomber
dans la sous-alimentation grave et
permanente. Alors que des mesures
correctives ont été prises à l’échelle
internationale, particulièrement par
le Sommet de la FAO (Organisation
de l’ONU pour l’Alimentation et
l’Agriculture) en juin 2008 à Rome, la
crise financière mondiale est venue
rajouter sa dose de malheur.
(suite à la page 16)
Developpment
Développement
NORD-KIVU:
Rutshuru : un marché moderne en
construction pour les retournés
La construction d’un marché
moderne à Rutshuru, 65 km au
Nord de Goma, fait partie de
trois volets d’un vaste projet que
la Caritas Goma exécute dans
ce�e partie du Nord-Kivu, avec
l’appui financier de Secours Catholique (Caritas France). Ce projet de sécurité alimentaire vise à
prendre les populations retournées comme main-d’oeuvre non
qualifiée en exécutant simultanément les trois volets. Une façon
de les aider à se réinstaller dans
leur milieu.
Ainsi, le volet marché du projet
fait travailler 2.250 personnes,
sous la direction de deux ingénieurs en construction. «Je travaille dans ce chantier pour gagner un peu d’argent et renforcer
mon petit commerce», a indiqué
Aimée Kanyere, âgée de 20 ans
et mère de deux enfants. «Ce qui
me plait, ce sont les conditions
dans lesquelles nous allons ven-
Ces hangars qui poussent de la terre seront dotés des étalages
aux normes recommandées [Photo Taylor Toeka]
dre nos produits au marché : plus
de saleté, plus de soleil», a renchérit Roger Byamungu. A la fin
des travaux, le marché sera doté
d’une boucherie aux normes recommandées et d’une coopérative d’épargne pour les petits
commerçants.
La route est le deuxième volet du
projet. Quelque 15.500 retournés
y travaillent pour réduire de 40
km la distance entre Goma et le
grand marché de Bunagana, à
la frontière avec l’Ouganda. Le
tronçon Rumangabo-Chenerero
– à mi-chemin entre Goma et
Rutshuru – va ainsi faciliter la tâche aux commerçants sans passer
par Burai, près de Rutshuru.
Caritas-Développement Goma
Les victimes de violences
sexuelles encouragées par la Caritas France
«En te regardant, Jésus te dit : ‘Je t’aime, lève-toi
et marche’». C’est en ces mots que l’Aumônier national de Secours Catholique (Caritas France) s’est
adressé le 15 octobre aux femmes victimes de violences sexuelles à la paroisse Notre Dame d’Afrique
à Goma. Père Joseph, accompagné du responsable du Département Afrique et d’un volontaire de
la Caritas France, ont pris langue avec ces femmes
bénéficiaires d’un appui financier de cette Caritas
pour la réinsertion socioéconomique.
En effet, le programme de lutte contre les violences sexuelles de la Caritas Goma, appuyé par le Secours catholique, est réparti en trois volets. Plus de
70 femmes à Goma et ses environs ont bénéficié,
chacune, d’un montant de 100 $us, pour le volet
microcrédit. L’échéance est fixée à 6 mois pendant
laquelle les bénéficiaires remboursent 10 $us par
mois. Les 40% restant servent à la composition du
capital propre de chaque victime. Cette auto-prise
en charge socio-économique permet à celles qui ont
été répudiées par leurs maris ou rejetées par la société de scolariser leurs enfants.
Pour le volet sécurité alimentaire, 80 victimes à
Goma et à Lushebere (Masisi) ont bénéficié de la
formation sur les techniques culturales et chacune
a reçu une machette et une houe. La formation a été
suivie par la distribution de semences : 650 kg de
maïs, 800 kg de pommes de terre et 100 de haricot.
Ce qui leur a permis de cultiver un champ d’1 ha à
Goma et un autre de 2 ha à Lushebere. A noter que
seules les filles de 19 ans sont sélectionnées pour le
volet sécurité alimentaire de ce projet.
Enfin, le volet nutrition du projet assure le supplément alimentaire pour 60 enfants issus du viol qui
sont malnutris. Ils sont répertoriés à Goma et dans
les localités de Masisi.
Caritas-Développement Goma
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Développement
(suite de la page 14)
La « contribution de Caritas Congo au Droit à l’alimentation
en RDC » expliquée aux journalistes
Kinshasa : un taux de la malnutrition globale Aigue (modérée
et sévère) de 11 % chez les enfants de moins de 18 mois.
A défaut de disposer des statistiques à l’échelle nationale, l’orateur
s’est cependant servi des résultats
d’une enquête réalisée à Kinshasa
pour illustrer l’insécurité alimentaire ambiante au pays. Elle a été
menée en mars et avril 2007 par
le Bureau Diocésain des Oeuvres
médicales (BDOM) Kinshasa,
avec l’appui de ses partenaires,
notamment ECHO et UNICEF.
Ce�e évaluation a révélé un taux
de la malnutrition globale Aigue
(modérée et sévère) de 11 %.
En effet, la prévalence de la malnutrition aiguë globale est élevée
chez les enfants de moins de 18
mois, c’est-à-dire à l’âge de l’introduction des aliments de compléments et de l’arrêt de l’allaitement
pour la plupart des mères kinoises. L’ensemble de la ville est touché par ce�e malnutrition et tous
les districts présentent des taux de
malnutrition de plus de 10 % sauf
le district de LUKUNGA à l’Ouest
de la ville qui a�eint néanmoins
le taux de 9,3 %. Dans la tranche
d’âge de 6 mois à 18 mois, il atteint un taux de 14 %.
Selon des données de 2008, le
BDOM Kinshasa prend en charge
par mois plus de 4.033 enfants
avec malnutrition aiguë modérée
dans 65 Centres Nutritionnels de
Supplémentation (CNS) et 600
enfants avec malnutrition aiguë
sévère dans 19 Centres Nutritionnels Thérapeutiques (CNT).
Plusieurs projets de Caritas au
profit de l’alimentation
Guy-Marin KAMANDJI a alors
passé en revue les trois domaines
d’activités de la Caritas Congo :
promotion de la solidarité et du
partage (réponse aux urgences
majeures), promotion de la santé
et promotion du développement.
Plusieurs projets que le réseau national de Caritas exécute en RDCongo concourent à la réalisation
Lève-toi et marche
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du droit à l’alimentation. L’orateur
les a parcourus, en s’a�ardant essentiellement sur ceux exécutés
par le réseau Caritas dans le secteur du développement.
Il s’agit notamment de : Programme quinquennal d’appui à la sécurité alimentaire dans plusieurs
provinces de la RDC, financé
par le Fonds Belge de Survie et
DGCD (Direction Générale pour
la Coopération et le Développement) à travers Caritas International Belgique ; Projet d’appui à
la production, à l’évacuation et à
la commercialisation des denrées
agricoles en Ituri (février 2009
– décembre 2011), avec l’Union
Européenne comme bailleur des
fonds ; projet de réhabilitation du
secteur agricole et rural PRESAR/
Kasaï Oriental, etc. A ce jour donc,
un programme triennal 2009 2011 de sécurité alimentaire est en
préparation pour huit diocèses.
Kinshasa au Plateau de Bateke
et Basankusu entrent dans leur
deuxième phase des extensions
et consolidation des actions. Par
contre, les nouveaux entrants
dans ce large programme sont:
Mbandaka-Bikoro
(Equateur),
Bokungu-Ikela (Equateur), Kole
(Kasaï Occidental), Popokabaka
(Bandundu), Tshumbe (Kasaï
Oriental) et Kisantu (Bas-Congo).
Ce programme vise à diminuer
la vulnérabilité et l’insécurité alimentaire de la population dans
un contexte sociopolitique instable. A titre illustratif, pour le PRESAR, la Caritas Congo, Agence
Locale d’Exécution pour le Kasaï
Oriental, s’occupe de la réhabilitation de 248 Km des pistes rurales, aménagement de 150 sources
d’eau potable, construction des 6
marchés et entrepôts, construction de 15 couloirs de contention
et paddocks et formation de 60
CLER, 150 CGPE, 6 CGME, 15
CGIP, 50 opérateurs locaux, 200
chefs d’équipe et 100 chefs de
chantier. Ce projet est d’une durée de 4 ans et est financé par la
Banque Africaine de Développement (BAD).
Mener un plaidoyer pour le droit
à l’alimentation
Comme il s’adressait aux journalistes, l’orateur les a exhortés à mener le plaidoyer pour la
réalisation du droit à l’alimentation dans notre pays. Des efforts
doivent être menés à tous les niveaux. Le pourcentage réservé
à l’agriculture dans les budgets
national et provinciaux devraient
être sensiblement augmentés et
bien réellement exécutés ; le peuple congolais devrait s’approprier la lu�e contre l’insécurité
alimentaire sans croiser les bras,
la terre étant généralement riche
et exempte des caprices climatiques.
Sur le plan mondial, les Instances
compétentes devraient a�énuer
les effets néfastes de certains facteurs aggravant la faim pour des
millions d’êtres humains comme,
l’abandon à grande échelle des
cultures vivrières, la mainmise
des multinationales de l’agroalimentaire sur les semences et la
production, les échanges commerciaux au bénéfice des pays du
Nord en surproduction.
Durant deux heures, l’orateur a
su satisfaire les besoins d’information des participants, dont
certains n’ont pas hésité, au vu
de la présentation leur faite, de
confondre la mission de la Caritas
au rôle dévolu au Gouvernement
congolais ou aux Instances chargées des statistiques, dans ce secteur, avant de se faire reme�re sur
les rails par leurs collègues. Plusieurs autres questions ont porté
sur l’immense travail aba�u par la
Caritas Congo, avec l’appui de ses
divers partenaires, particulièrement son omniprésence pour des
réponses humanitaires d’urgence
et sa couverture de près de 45 %
des besoins en santé du pays. Cellule de Communication de la Caritas-Développement Congo
Developpment
Développement
Président de la Commission Episcopale Caritas-Développement
Mgr Janvier KATAKA en visite de solidarité
à Kinshasa, Kalemie-Kirungu,
Kongolo et Kilwa-Kasenga
Après les structures diocésaines
Caritas-Développement de Kisantu, Matadi, Boma, Lubumbashi,
Sakania-Kipushi et Kolwezi, le
Président de la Commission Episcopale
Caritas-Développement
(CECD), Mgr Janvier Kataka, Evêque de Wamba et sa délégation,
ont poursuivi leur visite de solidarité à l’Archidiocèse de Kinshasa
ainsi que dans les diocèses de Kalemie - Kirungu, Kongolo et Kilwa
– Kasenga au Katanga. Ce�e mission s’inscrivait dans le cadre de
la planification des activés de ladite commission, prévues pour la
période 2008 – 2011.
Il s’agit d’une réponse à l’exhortation du Comité permanent et de
l’Assemblée plénière des Evêques
faite à chaque commission de promouvoir le travail de ses Structures
diocésaines et les sensibiliser à une
bonne pastorale dans le cadre de la
promotion intégrale de l’homme.
Ainsi, la mission conduite par Son
Excellence Monseigneur Janvier
Kataka avait pour objectifs de se
rendre compte des réalités dans
lesquelles évoluent les Caritas-Développement diocésaines ; prendre
contact physiquement avec leurs
responsables et agents en vue de
se connaître et d’échanger sur les
joies, les peines et les opportunités
; et communiquer les Orientations
pastorales de l’Episcopat en matière de Caritas-Développement.
Archidiocèse de Kinshasa: travail
varié couvrant plusieurs domaines d’intervention
En visite le 15 juillet 2009 à la Caritas-Développement Kinshasa, Mgr
Janvier Kataka a remercié ses collaborateurs diocésains pour l’accueil
réservé à sa délégation. Reconnaissant le travail aba�u au profit de
plus vulnérables, il a invité ses interlocuteurs à en faire davantage.
«Évidemment, nous sommes cons-
En avant plan, de g. à dr., Abbé Bruno / Directeur de Caritas-Développement Kinshasa, Mgr Monsengwo et Mgr Kataka (ph. GM Kamandji)
cients que vous n’avez pas tous les
moyens nécessaires pour prendre
en charge tous les vulnérables qui
viennent frapper à votre porte.
Mais, avec l’aide du Seigneur et la
solidarité des hommes et femmes
de bonne volonté, vous arrivez à
réaliser le travail que l’Eglise vous
demande », a-t-il déclaré à l’intention de la soixantaine des agents et
responsables présents.
L’occasion a été offerte à ces derniers de présenter les activités
qu’ils réalisent au quotidien en
faveur de la population kinoise.
Un travail riche et varié qui couvre plusieurs secteurs et domaines d‘intervention : santé (avec le
BDOM), Développement (avec un
Service de la Sécurité alimentaire
et un autre de Micro-projets), Caritas (avec un Service d’accompagnement des malades, celui des
Orphelins et Autres Enfants Vulnérables, et celui des Urgences).
La délégation de la CECD a été
composée de Dr Bruno Miteyo,
Abbé Claude Mbu, MM.Thadée
Barega et Guy-Marin KAMANDJI,
respectivement Directeur National, Directeur National Adjoint,
Chargée de revitalisation et Chargé de Communication de CaritasDéveloppement Congo. L’Archevêque de Kinshasa, Mgr Laurent
Monsengwo, a rehaussé de son
éminente personne ce�e visite,
partie du siège de la Caritas-Développement Kinshasa, sur la 13ème
Rue Industrielle dans la commune
de Limete.
Diocèse de Kalemie-Kirungu : de
la réinsertion socioéconomique
des ex-comba�ants à la lu�e contre le paludisme et la mosaïque
du manioc
La délégation de Mgr Janvier KATAKA est arrivée vendredi 11 septembre 2009 à Kalemie où elle a été
accueillie par Mgr KATELE, Vicaire Général du Diocèse de Kalemie,
en l’absence de Mgr Dominique
KIMPINDIE empêché pour raison
de maladie, et l’équipe locale de
Caritas-Développement.
(suite à la page 19)
Lève-toi et marche
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Développement
MANIEMA
Caritas travaille à la redynamisation
de l’économie locale à Kasongo
3.000 familles des ex-combattants, réfugiés et déplacés du Territoire de Kasongo dans la Province du Maniema bénéficient
des retombées positives du Projet
de redynamisation de l’économie
au Sud-Maniema. Ce projet vise
à contribuer à la paix durable
en République Démocratique du
Congo par l’appui à la réintégration des ex-comba�ants, réfugiés
et déplacés internes dans l’Est du
Congo. Il est financé par la Banque allemande Kfw et exécutée
par la Caritas-Développement
Congo à travers son agence locale d’exécution qu’est la CaritasDéveloppement Kasongo.
Sur le terrain, le projet consiste à
l’appui à la relance de la production agricole, la pêche et le petit
élevage, l’appui à la construction
des greniers communautaires
et marchés ruraux, la réhabilitation des routes de desserte agricole par le traitement des points
chauds et la réhabilitation des
petits ponts, l’appui aux petites et
moyennes entreprises et artisanat
sous forme d’activités génératrices des revenus, la sensibilisation
communautaire et la création des
organes de médiation de conflit.
Dans une interview accordée à
« Lève-toi et marche », Monsieur
Pont Keeche, réhabilité par la caritas à 18 Kms de Kampene (Ph.
Martin Dinkala)
Christophe TSHISHIKU, Chef de
ce projet à la Caritas-Développement Congo, a affirmé que « le
projet est déjà exécuté à plus de
60 %. Les actions réalisées par le
projet sont très appréciées par la
population qui se voit assister
pour la toute première fois après
plusieurs années de guerre dans
la région ».
Et d’ajouter: « Les gens se sentent
à présent consolés: l’introduction des semences améliorées a
été très bien reçue par la population tandis que l’aménagement
des routes et ponts à certains en-
Marché de Kimpaka
Lève-toi et marche
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droits ont permis de désenclaver
certains villages et communautés. Les bénéficiaires de ce projet
se réjouissent notamment de la
construction des marchés et greniers communautaires qui ont un
impact considérable sur l’union
des communautés et le libre
échange éloignant la discrimination; le règlement des conflits
grâce aux Barza communautaires
a aussi un impact très significatif.
Monsieur
Christophe
TSHISHIKU a également relevé
certains défis rencontrés dans la
mise en œuvre du projet sur le
terrain. Il s’agit des problèmes
d’approvisionnement en intrants
agricoles dus à l’enclavement du
Territoire de Kasongo, la rareté
de la main d’œuvre qualifiée, la
vaste étendue du territoire couvert par le projet, etc. Le Chef du
projet affirme faire face à ces défis « grâce à un bon management
et moyens de bord. *
Doudou-Dieudonné KABEYA
Developpment
Développement
(suite de la page 17)
Mgr Janvier KATAKA en visite de solidarité à
Kinshasa, Kalemie-Kirungu, Kongolo
et Kilwa-Kasenga
Etant donné que le Diocèse est très
vaste, il a été installé une antenne
dans chaque Doyenné, notamment
à Nyunzu et Moba. Chaque antenne est appuyée par un logisticien et
un caissier. Parmi les activités réalisées actuellement par la CaritasDéveloppement de ce diocèse, l’on
peut citer le projet de réinsertion
socio-économique des ex-combattants et celui des femmes ex-comba�antes tous les deux financés
par la Banque mondiale via la Caritas Développement Congo ; le
projet de lu�e contre la mosaïque
de manioc avec un financement
de CRS ; le projet d’identification
et vérification des enfants associés
aux groupes armés, financé par
l’UNICEF; le projet d’encadrement
des enfants en difficulté avec la loi
et les enfants vivant avec handicap (particulièrement les sourds
muets), financé par le PAM. Il s’agit
aussi de projets de cantine scolaire
et de nutrition. Et le projet de lu�e
contre le paludisme dans la zone
de santé avec un financement du
PNUD-Fonds mondial via la Caritas Développement.
Mgr Janvier KATAKA a rappelé
à l’assistance sa responsabilité de
rendre compte à l’Evêque ainsi que
l’obligation de respecter les termes
de contrat avec les bailleurs de
fonds. Il a aussi souligné le devoir
de participer au fond de solidarité
nationale mis en place par la Caritas-Développement Congo.
Durant son séjour, la Délégation a
rendu une visite de courtoisie au
Commissaire du District de Tanganyika, avant de se rendre compte
du travail réalisé au Centre de santé UNDUGU, à la dimension d’un
centre hospitalier. Elle a apprécié
le travail louable qui y est fait. Elle
a également visité et béni les malades.
Diocèse de Kongolo : Caritas-Développement engagée dans l’élevage, l’agriculture et la promotion
de la santé
Photo de famille avec le personnel
de la Caritas-Développement Kongolo
Mgr kataka et l’Abbé Claude ont
été âr la suite accueillis à Kongolo
lundi 14 septembre 2009 par l’Ordinaire du lieu, Mgr Oscar NGOY
accompagné d’une forte délégation d’agents pastoraux. Un échange portant sur l’organisation de la
Caritas-Développement Kongolo,
l’opérativité de ses activités et le
principe directeur du réseau Caritas-Développent au Congo s’est
ouvert entre la délégation et le personnel.
Durant son séjour, la Délégation a
visité le centre de santé Mama Maria, géré par les Sœurs du Diocèse
de Kongolo, le champ de multiplication secondaire des boutures saines de manioc au village Keba, un
projet de réinsertion des ex-comba�ants (filières menuiserie, coupe
et couture, maçonnerie) et une association des femmes-éleveurs des
chèvres, accompagnée par le BDD
(Bureau Diocésain de Développement).
Diocèse de Kilwa-Kasenga : adduction d’eau et plaidoyer pour
6.000 personnes déplacées de
Dubye
Samedi 19 septembre la Délégation arrive à Kasenga par route, en
compagnie de l’Evêque de Kilwa.
La veille, elle a été reue par Mgr
MUTEBA à Lubumbashi, renocntrant par la même occasion deux
volontaires français, M. Cyrille
LEDRU et Mme Elyse, venus travailler à Kilwa-Kasenga.
Après avoir écouté les visiteurs
lundi, le personnel, a exposé ses
problèmes, notamment le manque
de financement. Mgr le Président
de la CECD l’a exhorté au sens
d’initiative et à être disponible au
renforcement de leurs capacités
tout en évitant l’esprit a�entiste. La
Délégation a visité le dispositif de
distribution d’eau à 2 Km du siège
de la Caritas-Développement, projet d’adduction d’eau fort intéressant pour le territoire de Kilwa ; le
centre pour handicapés et l’Institut
technique Médical de Kilwa pour
lequel Mgr Kataka a rappelé la nécessité d’une autorisation d’ouverture préalable du ministère de tutelle pour éviter tout désagrément
futur.
Remerciant ses hôtes, Mgr Muteba
a recommandé la promotion des
comités de développement dans
chaque village et plaidé pour les
6.000 déplacés de Dubye.
Guy-Marin KAMANDJI
Lève-toi et marche
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Developpment
Développement
RWANDA
Résultats satisfaisants atteints par Caritas
Rwanda dans le développement social
Kigali, le 22 septembre 2009 (caritasaceac.org) : Le Secrétaire Général de la Caritas Rwanda s’est
prêté récemment aux questions
de caritasaceac.org pour dresser
le bilan du travail qu’abat cet organe technique chargé du social
de l’Eglise catholique dans la
promotion intégrale l’homme au
Rwanda. Malgré la modestie dont
s’est entouré l’Abbé Oreste Incimatata, il est indéniable que les
réalisations de la Caritas Rwanda
ont un impact très positif auprès
de la population rwandaise. Des
résultats très satisfaisants sont
d’ailleurs visibles grâce au travail
réalisé dans tous les 9 diocèses
du pays par ses trois départements : Développement, Oeuvres
Sociales et Caritatives ainsi que
Santé. Caritas Rwanda compte
ainsi parmi les partenaires du
Gouvernement, occupant même
des fonctions au sein des Joint
Actions Forum (forums pour éviter la dispersion d’efforts de différents partenaires, coordonnés
par les Districts). L’Abbé Oreste
Incimatata apprécie par ailleurs
à sa juste valeur la contribution
de la communauté locale, qui apprend à participer régulièrement
à la collecte des fonds au profit
des plus démunis. L’interview
suivante en dit plus.
Guy-Marin KAMANDJI : Nos
pays africains souffrent généralement de l’insécurité alimentaire. L’agriculture devrait alors
perme�re d’y faire face. Caritas
Rwanda s’y intéresse-t-elle ?
Abbé Oreste Incimatata : Nous
sommes bien engagés dans l’augmentation de la production des
produits vivriers ; et sommes
très contents des résultats obtenus, particulièrement au niveau
du Nord du pays dans le blé et la
pomme de terre. Et là nous avons
un bon partenaire, qui est très
Lève-toi et marche
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important pour nous, IFDC par
son projet CATALIST qui prône
l’augmentation de la production
agricole par utilisation des intrants externes et une agriculture
plus compétitive par le Développement des Chaînes des valeurs
autour des filières porteuses appropriées à chaque zone.
Il y a aussi à relever la collaboration avec le Ministère de l’Agriculture. Là, c’est au nord, dans
les districts de GICUMBI et RULINDO où nous sommes entrés
dans l’augmentation de la production avec du maïs aussi et le
terrassement radical dans le cadre de la lu�e contre les érosions
où l’action de la Caritas est très
visible. Beaucoup de gens vont
visiter le travail de terrassement
radial de la Caritas dans le diocèse de Byumba, une technique
très appréciée au Rwanda, étant
donné notre relief.
GMK : Peut-on espérer un impact positif pour la population
avec ce travail que vous décrivez ici?
A.O.I. : A titre illustratif, nous
sommes contents d’avoir stabili-
sé la sécurité alimentaire dans la
région de Bugesera, grâce à notre
Projet PASAB (Projet d’Appui à
la Sécurité Alimentaire au Bugesera), financé par le Fonds Belge
de Survie avec la Caritas International Belgique. Nous sommes
très contents que la population
ait eu une production assez améliorée et que maintenant, avec
les coopératives qu’on a créées,
soutenues et développées, les
gens commencent à se prendre
complètement en charge. Nous
avons aussi introduit le système
de warrantage ; et c’est très bien.
Par ailleurs, pratiquement, tous
les diocèses sont engagés dans
le développement rural. Et les
résultats sont très satisfaisants. Il
suffit de feuilleter notre rapport
annuel 2008.
GMK : Mr l’Abbé Secrétaire Général, le développement rural
est difficile à a�eindre avec une
bonne portion de la population
qui manque un minimum de
fonds pour démarrer une activité lucrative. Que fait la Caritas
Rwanda face à cet autre problème ?
Developpment
A.O.I.: Nous nous occupons aussi de cet aspect dans notre Département de développement. Et là,
il sied de parler de notre collaboration avec le RIM (Réseau Interdiocésain de Micro-finances),
Micro-finances), qui a donné des
crédits pour que les gens se prennent en charge financièrement.
Ca rentre dans notre programme
de réduction de la pauvreté, avec
deux volets : augmentation de la
production agricole et introduction de petits projets générateurs
de revenus, financés par le RIM.
Santé : lutter contre le VIH/Sida
chez les personnes avec handicap
GMK : Il faudra que l’homme
soit en bonne santé pour pouvoir se prendre en charge à travers toutes ces activités productrices. Mais, de quoi s’occupe
généralement le Département
de la Santé de Caritas Rwanda?
Abbé O.I. : En fait, nous sommes
très bien engagés dans le domaine de la santé, particulièrement
dans le domaine de lu�e contre
le VIH/Sida. C’est notre Département Santé qui a ces activités
dans ses a�ributions. Nous travaillons pour l’instant avec l’Organisme Handicap International
avec qui nous sommes déjà entrés
dans le domaine de lu�e contre
le Sida chez les personnes avec
handicap. C’est une catégorie
particulière de personnes sur qui
nous portons notre a�ention. Elles souffrent déjà d’un handicap
physique. Il ne faut pas en rajouter. Nous allons les accompagner,
les appuyer, avec un paquet minimum. Il ne s’agira pas seulement
de leur enseigner comment éviter
ce fléau, mais aussi les aider à se
prendre en charge, les accompagner, savoir qu’elles sont des
Développement
personnes d’une dignité à ne pas
nier. Ca rejoint la Doctrine Sociale de l’Eglise Catholique.
GMK : Il n’y pas que le VIH/
Sida comme maladie ?
Abbé O.I. : Certainement. Nous
avons plusieurs autres activités
dans ce domaine, dont la lu�e
contre le paludisme. Et là, nous
avons un bon partenariat ave
Global Fund. Nous avons soumissionné au Round 8. Ca nous
perme�ra une intensification de
la campagne de lu�e contre le
paludisme surtout au niveau de
nos centres de santé et nos formations sanitaires (FOSA) que
nous avons.
Une autre activité dont on ne
parle pas souvent, c’est notre
engagement pour la planification familiale. Notre partenaire
Georgetown University nous y
aide beaucoup. Et là nous prônons pratiquement le côté éducatif beaucoup plus qu’ailleurs en
collaboration avec les paroisses,
dans la synergie avec la Commission Episcopale de la Famille.
Département d’Actions Sociales,
particulièrement en faveur des
orphelins et autres enfants vulnérables. Il y a parmi eux des enfants
affectés par le VIH. Et nous avons
un projet CHAMP (Community
HIV AIds Mobilisation Program),
de l’USAID, que nous réalisons
en collaboration avec CHF (Cooperative Housing Foundation).
Caritas Rwanda est le partenaire
le mieux outillé pour ce projet, car
nous travaillons dans 20 Districts
sur 30 que compte le pays, avec
des communautés et les autorités civiles. Nous accompagnons
ces enfants, essentiellement pour
l’éducation. Nous leur donnons
des frais scolaires, les uniformes,
fournitures scolaires, etc.
GMK : De quoi s’occupe alors
votre Département des Actions
Sociales ?
Un autre programme s’exécute
dans les diocèses non couverts
par CHAMP, notamment Kibongo et Butare. Là, nous bénéficions
de l’appui de CRS qui nous permet d’offrir le même paquet minimum aux orphelins et autres enfants vulnérables de ces diocèses
via le projet OVC(Orphan Vulnerable Children). Nous avons
ainsi des maisons familiales ; une
création qui voudrait ressembler
le plus possible aux familles naturelles : cinq ou six enfants de
différents âges sont confiés à une
maman. Mais, nos avons fermé
petit à petit ces maisons parce
que nous voulons que ces enfants
aillent surtout dans des familles
normales d’accueil. Ainsi, nous
n’avons plus que 5 Maisons familiales ici à Kigali. Nous sommes
très contents que ces enfants étudient et de ce que nous les préparons pour un avenir meilleur,
sans qu’ils ne soient toujours à la
charge de la communauté. (…)
Abbé O.I. : Nous réalisons en fait
d’autres activités à travers notre
* L’intégralité de ce�e interview sur
www.caritasaceac.org
Nous avons aussi d’importantes
activités de coordination avec les
formations sanitaires (FOSA) de
l’Eglise Catholique. En fait, nous
avons un réseau assez étendu de
ces FOSA. Et là, nous avons le
travail habituel de coordination
et de supervision, avec un personnel très réduit au niveau du
siège.
Solidarité envers les orphelins et
autres enfants vulnérables
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
21
Developpment
Développement
22
RDC-RWANDA
200 mégawatts d’électricité bientôt
produits grâce à l’exploitation commune
du gaz méthane du Lac Kivu
Objectif poursuivi : produire 200
mégawa�s de courant électrique qui servira aux deux pays.
Annonce faite à la Presse par le
Président du Conseil d’administration de la Société Nationale
d’Electricité de la RDC (SNEL),
Monsieur Eugène SERUFULI
NGAYABASEKA, à l’issue d’une
rencontre de deux jours tenue
du 15 au 16 juin 2009 à Kigali
au Rwanda entre les autorités rwandaise et congolaise.
Eugène SERUFULI a précisé que
ce projet intervient après une exploitation pilote exécuté par le
Rwanda.
« Comme vous le savez, le Rwanda
a monté un projet pilote. C’est un
projet expérimental d’exploitation
du gaz méthane, en vue de produire
de l’énergie électrique. Les résultats
ont conclu que c’était satisfaisant,
qu’il y avait moyen de produire de
l’énergie sur le lac Kivu. Et ce projet nous a intéressé. Ce�e fois-ci, je
suis rentré pour le concrétiser », a
déclaré le Président du Conseil
d’administration de la SNEL à radiookapi.net.
Selon ce dernier, la gestion commune du projet par les deux Etats
devrait aussi encourager les relations de bon voisinage : « c est un
gisement qui appartient aux deux
Etats. Si on monte un projet com-
Une vue du Lac Kivu, au niveau de la berge du Centre d’Accueil
de Caritas Goma
mun, on peut avoir des facilités
pour obtenir des financements.
Et cela va aussi renforcer nos relations de bon voisinage. Comme
vous le savez, des bonnes relations se construisent autour des
intérêts. Le projet que nous allons
me�re sur pied sera celui de produire au moins 200 mégawa�s,
soit 100 pour le Congo, et 100
pour le Rwanda. Vous savez que
nous avons un sérieux problème
d’électricité. Nous avons donc intérêt que cela démarre le plus ra-
pidement possible », a-t-il précisé
à la Radio Okapi.
Monsieur SERUFULI a également
indiqué que ce gisement possède
une capacité de produire 700 mégawa�s pendant au moins 50 ans.
Mais, dans un premier temps, les
deux gouvernements vont exploiter communément une partie
pour produire 200 mégawa�s.
Doudou-Dieudonné KABEYA
KATANGA
Le BDD Lubumbashi pour le renforcement
des femmes leaders sur l’écoute
E
n vue de renforcer les capacités des mamans sur
l’écoute, un atelier de formation des leaders a été
organisé récemment dans la salle de formation du BDD
(Bureau Diocésain de Développement).
Ces assises, animées par le Professeur MULOMBO WA
MPUTU de la faculté de Psychologie de l’Université de
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
Lubumbashi (UNILU), devaient aussi permettre aux
femmes sans structure d’écoute de pouvoir mettre en
place des centres d’écoute dans leurs paroisses.
L’écoute consiste à un accompagnement psychosocial
des femmes surtout dans des cas de divorce, conflits de
succession, viols, suicide…
Developpment
Développement
Renforcement des capacités au sein du réseau national:
Caritas Congo appuie le processus de
revitalisation des Caritas Inongo et Luebo
Une délégation de la Caritas-Développement Congo a effectué deux
missions d’appui institutionnel aux
Caritas des Diocèses d’Inongo dans
la Province de Bandundu et Luebo
au Kasai-Occidental. Ces missions
se sont déroulées successivement
Programme d’actions 2009-2010.
Par contre au Diocèse de Luebo, la
Caritas-Développement Congo a répondu à l’invitation de l’Ordinaire
du lieu, Monseigneur Pierre-Célestin TSHITOKO, qui avait émis le
souhait de voir intégrer au sein de
Photo de famille à la caritas-Développement Inongo
du 20 au 24 avril 2009 au Diocèse
de Luebo et du 02 au 09 mai 2009 au
Diocèse d’Inongo. Elles ont été conduites par Monsieur Jean-Baptiste
MBILIZI, Chargé des projets à la
Cellule de Revitalisation de la Caritas-Congo. Il s’est principalement
agi de renforcer les capacités de ces
Caritas diocésaines et animer l’atelier de leur processus de restructuration et d’intégration. L’intégration
vise les trois bureaux traditionnels
d’une Caritas-Développement (Bureau Diocésain Caritas [BDC], Bureau Diocésain des Œuvres Médicales [BDOM] et Bureau Diocésain de
Développement [BDD]) mis au sein
d’une même Coordination avec tous
leurs services d’appoint.
Au Diocèse d’Inongo, il a été question d’évaluer le niveau d’intégration amorcé depuis le 25 février
2008, évaluer le plan stratégique en
cours et planifier les activités de son
la même Coordination les différents
bureaux de la Caritas-Développement Luebo. La délégation de la Caritas-Développement Congo a ainsi
animé un atelier d’intégration et facilité les travaux de la planification
des activités du Programme d’actions 2009-2010 de ce�e structure.
Actuellement, la Caritas diocésaine
de Luebo n’a�end plus que les nominations par l’Evêque de son Coordinateur diocésain et les responsables
de différents services intégrés en vue
de son opérationnalisation.
Durant sa mission au Diocèse
d’Inongo, la mission de la Caritas-Développement Congo s’est
principalement appesantie à faciliter l’atelier d’évaluation du niveau
d’intégration et d’exécution du plan
stratégique 2008-2012 de la Caritas
diocésaine locale ainsi qu’à procéder
à la planification de son Programme
d’actions 2009-2010 ; car le processus
d’intégration de ce�e structure est
en cours depuis février 2009. Actuellement, c’est le Révérend Abbé JeanMarie NTESA qui assure la Coordination de la Caritas-Développement
Inongo.
Par ailleurs, Monsieur Jean-Baptiste
MBILIZI, principal facilitateur de ce
processus, a déclaré à « Lève-toi et
marche » que « le suivi du plan de
finalisation du processus d’intégration dans ces deux structures par
les Evêques des Diocèses concernés,
les comités de Coordination de ces
bureaux sous l’accompagnement de
la Caritas-Développement Congo
constitue la prochaine étape de la
démarche. C’est ce qui va rassurer
l’effectivité de l’application des résolutions contenues dans le plan de
mise en route de ce processus». Il a
également ajouté qu’:« Il faudrait assurer l’évaluation du processus, six
mois à dater de sa mise en route ».
Il sied de signaler que le Diocèse
d’Inongo se trouve dans la Province
ecclésiastique de Kinshasa tandis
que celui de Luebo est localisé dans
la Province ecclésiastique de Kananga. Ces deux Diocèses présentent
une même particularité : c’est celle
d’être parmi les Diocèses les moins
appuyés ou plutôt pas du tout appuyés par les Caritas sœurs, membres de la confédération de Caritas
Internationalis. D’où cet appel pour
que les bonnes volontés tournent un
regard vers eux.
Par ailleurs, après Luebo et Inongo,
l’équipe de la revitalisation de la Caritas-Développement Congo envisage d’apporter l’appui institutionnel
de la Caritas nationale en juillet 2009
à la Caritas-Isiro et en Septembre
2009 aux Caritas de la Province ecclésiastique de Lubumbashi, principalement celles de Kipushi, Lubumbashi et Sakania-Kipushi.
Doudou-Dieudonné KABEYA
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
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Developpment
Développement
KINSHASA
Le Bureau Diocésain de Développement
parmi les bénéficiaires des tracteurs agricoles
du Gouvernement
les encadrés et
appuyés sur
le Plateau des
Bateke:
« Nous avons reçu un tracteur du
Ministère Provincial de l’Agriculture et du Développement
Rural de 55 Chevaux, avec tous
les accessoires (charrue à disque, charrue à herses et quelques
petits équipements – outillages
agricoles comme les mache�es,
les bêches, broue�es et un pulvérisateur de 5 litres). Ce tracteur
va nous servir pour accompagner
les paysans sur le Plateau de Batéké », a déclaré le Coordonnateur
du Projet « Sécurité Alimentaire
» au sein du Bureau Diocésain de
Développement (BDD) de l’Archidiocèse de Kinshasa, Robert
Mandiangu, mercredi 15 juillet à
« Lève-toi et marche », en marge
de la visite de solidarité du Président de la Commission Episcopale Caritas-Développement,
Mgr Janvier Kataka. Avant ce
don du Gouvernement, le BDD
Kinshasa fonctionnait avec un
tracteur propre, de 75 Chevaux,
qui travaillait dans le cadre de
l’accompagnement des paysans
sur le plateau de Bateke, dont le
premier site est à environ 70 Kms
du centre-ville de Kinshasa.
Résultats très encourageants :
Plus de 1.688 ménages agrico-
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
« Pour les quatre
années du projet,
nous avons pu encadrer 1.688 ménages agricoles »,
a précisé le Coordonnateur. Il a
indiqué qu’avec
une moyenne de
huit personnes
par ménage, le
BDD a donc pu
a�eindre plus de 15.000 personnes. Ces ménages sont regroupés
au sein des Organisations paysannes de base. « Ainsi, pour les
quatre années du projet, le BDD a
encadré 138 Organisations paysannes », a-t-il ajouté. De manière
concrète, l’encadrement du BDD
profite aux ménages à deux niveaux.
Le BDD appuie d’abord l’Organisation paysanne où se trouve
le ménage. L’Organisation reçoit
des intrants généraux (outillages
agricoles et semences). Et chaque ménage reçoit en définitive
2 houes, 2 mache�es, 1 lime et
les semences (boutures de manioc, semences d’arachides et de
niébé). Ce ménage bénéficie aussi
des formations sur les techniques
culturales. Il est également suivi
pour qu’il puisse bien planté.
« A la récolte, tout lui appartient.
Le ménage ne nous donne rien au
retour. Nous souhaitons seulement
qu’il profite de ce�e production pour
améliorer sa situation et satisfaire
les besoins fondamentaux de sa famille (soins de santé, éducation des
enfants, logement, etc.)», a précisé
Robert Mandiangu.
Parlant des critères de sélection,
le Coordonnateur du Projet de sécurité Alimentaire du BDD Kinshasa a souligné que le ménage
doit résider le Plateau de Bateke,
prouver qu’il travaille bel et bien
dans l’agriculture avec preuve de
production antérieure, disposer
d’un minimum de terrain de 50
ares, accepter l’esprit associatif et
accepter aussi qu’il y ait au moins
30% de femmes dans l’organisation. Pour bien juger l’impact de
ce projet de Sécurité Alimentaire,
le BDD avait procédé à une enquête avant et après les activités.
Robert Mandiangu résume les
témoignages élogieux des ménages bénéficiaires : «On a vu des
ménages partis de rien (20 ares),
mais qui ont maintenant 1 ou 2
hectare en propres. Il y a des ménages qui ont maintenant construit de belles maisons… », a-t-il
fait remarquer, citant au passage
les indicateurs de départ. Pour
rappel, ce projet est parti de 2005
à 2008. Prévu initialement pour
trois ans, il a bénéficié d’une
année de plus grâce à la bienveillance du bailleur. Le bailleur
est un organisme public belge, la
DGCD, viaCaritas Belgique.
Un autre programme triennal
« Présentement, nous démarrons
un autre programme triennal,
toujours avec le Gouvernement
belge et la Caritas International
Belgique. Ils ont trouvé qu’on
pouvait continuer à aider les paysans sur le Plateau des Bateke.
Par ailleurs, conscient des témoignages élogieux de la population, notre Gouvernement a aussi
accepté de nous soutenir dans ce
travail, ce qui justifie le tracteur
et les intrants reçus par le BDD »,
a conclu Robert Mandiangu.
Guy-Marin KAMANDJI
Developpment
Développement
Réinsertion socio-économique des 7.000 ex-combattants démobilisés:
L’atelier de revue satisfait du bon
déroulement du Programme
* Des recommandations formulées pour améliorer les activités
Un atelier de revue du Programme de réinsertion socio-économique des Ex combattants dans les milieux d’accueil s’est
tenu du 20 au 23 avril 2009 à Goma au Nord-Kivu. Ces travaux ont été organisés par la Caritas-Développement Congo à
travers son Service de Promotion de la Solidarité et du Partage (Urgences). L’atelier a dressé un état de lieu du niveau
de mise en œuvre de ce Programme, dégagé les défis et formulé de nouvelles stratégies et recommandations pour son
amélioration en vue de l’atteinte de ses objectifs. Le Programme de réinsertion socio-économique des ex-combattants
démobilisés dans leurs milieux d’accueil aux Nord-Kivu, Sud-Kivu, Katanga et Kasai-Occidental vise la réinsertion effective d’anciens combattants démobilisés par la pratique de l’agriculture, la menuiserie, la maçonnerie, la boulangerie et
la coupe-couture ainsi que par le vécu en harmonie au sein de ces communautés.
Ce Programme est financé par
la Banque Mondiale et mise en
œuvre par la Caritas-Développement Congo à travers ses agences locales d’exécution qui sont 8
Caritas diocésaines. L’atelier a regroupé 23 participants provenant
des Caritas Butembo-Beni, Goma,
Bukavu, Uvira, Kindu, Kongolo,
Kalemie, Kananga et Kole. Ce
Programme envisage la sensibilisation de ces ex-comba�ants et
des membres des communautés
d’accueil, les formations générale
et technique, l’accompagnement
des ex-comba�ants ainsi que le
suivi et l’évaluation des activités.
La cérémonie d’ouverture de
l’atelier a été présidée par le Directeur intérimaire de la CaritasDéveloppement Goma et Président de la Commission Justice
et Paix du Diocèse de Goma, Mr
Félicien NZITATIRA. Dans son
allocution, il s’est réjoui de l’organisation de ces assises qui,
selon lui, vont fournir les pistes
susceptibles de parfaire le travail en cours sur le terrain en vue
d’a�eindre les objectifs assignés
au Programme. Après le mot
d’ouverture, le Représentant de
l’UEPN-DDR, Monsieur Norbert
KASHINDY, a rappelé l’importance de ce programme et la nécessité de le réussir par l’agence
locale d’exécution. Voilà pourquoi il a invité les participants
à l’atelier à donner les meilleurs
d’eux-mêmes pour identifier tous
Des ex-combattants en formation à Butembo
les défis à ce programme et en
proposer des solutions.
Après la cérémonie d’ouverture
des travaux, l’assistance a suivi
trois communications relatives à
l’expérience de la Caritas Goma
dans le Programme de réinsertion
socio-économique des ex-comba�ants dans les milieux d’accueil, les caractéristiques d’une
équipe performante et théorie de
Belbin ainsi que les directives de
la Banque Mondiale sur la Passation de marché. D’autres communications ont été axées sur les
expériences de la Caritas-Développement Congo et la CaritasKindu dans la réinsertion socioéconomique des ex-comba�ants
démobilisés, la gestion de la base
des données et la gestion financière.
A l’issue de l’atelier, une déclaration finale des travaux a été rendue publique par les participants.
Dans ce document, les premiers
exécutants du Projet constatent le
bon déroulement du Programme
en dépit de quelques difficultés
et défis qui persistent, notamment l’insécurité dans la région,
l’insuffisance des moyens de
suivi des activités de terrain ainsi
que le non respect du calendrier
agricole.
Face à ce�e situation, ils se sont
notamment réengagés à améliorer leur exécution du Programme
sur le terrain et ont formulé plusieurs recommandations allant
dans le sens de sa réussite.
D.Dieudonné KABEYA
Lève-toi et marche
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Urgences
Urgences
Un partenariat en évaluation: un tiers
des 91.000 tonnes des vivres du PAM
distribué par la Caritas
Mgr Janvier Kataka, Evêque de
Wamba et Président de la Commission Episcopale Caritas-Développement (CECD), a ouvert jeudi 16
juillet les travaux de l’atelier de renforcement de partenariat entre le réseau Caritas-Développement Congo
et le Programme Alimentaire Mondial (PAM) en RDC. Ces assises se
tiennent au centre Catholique Theresianum de Kintambo à Kinshasa.
Sept délégués du PAM, huit de la
Caritas-Développement Congo et 17
représentants des Caritas diocésaines y prennent part.
Dans son allocution d’ouverture,
Mgr Janvier Kataka a souligné les
objectifs de cet atelier. De manière
spécifique, il vise à évaluer le partenariat entre le réseau Caritas-Développement Congo et le Programme
Alimentaire Mondial, analyser les
défis qui en résultent et définir les
perspectives d’avenir pour plus d’efficacité dans leurs interventions respectives. Le Président de la CECD
a souhaité un travail fructueux aux
participants, «en vue d’une collaboration entre Caritas Congo et le PAM
qui renforce davantage l’assistance
en biens alimentaires en faveur des
milliers des victimes de catastrophes
ainsi que celle dans le domaine lo-
gistique et dans plusieurs autres secteurs».
Il a précisé en outre que, du côté de
Caritas, les participants proviennent
des diocèses de Goma, Bukavu, Uvira, Butembo-Beni, Dungu-Doruma,
Mbandaka-Bikoro, Kisangani, Matadi, Kisantu, Mbuji-Mayi, Kananga,
Bunia, Molegbe, Kalemie et Kongolo, Basankusu. Mgr Kataka a saisi
l’opportunité pour présenter ses encouragements à la Coordination Nationale de Caritas-Développement
Congo pour son souci de promouvoir une collaboration tous azimuts
avec différents partenaires tant des
milieux étatiques qu’onusiens.
« Vous êtes les mieux outillés pour
aider le peuple congolais »
Ces félicitations sont aussi venues
du côté du PAM. « J’en profite pour
vous féliciter et vous dire toute la satisfaction du PAM pour ce que vous
faites pour le peuple congolais », a
souligné le Représentant du PAM
pour la RD Congo, Mr Abdou Dieng.
A titre illustratif, il a indiqué que «
en 2008, le PAM a distribué environ
91.000 tonnes de nourriture, par 20
ONG internationales et 60 ONG
nationales. Sur les 91.000 tonnes, laCaritas en a distribué 32.000 tonnes,
soit un peu plus du tiers».
S’adressant aux agents et cadres de
la Caritas, il a déclaré en outre que
« vous êtes un puissant réseau implanté un peu partout dans le pays.
Vous connaissez les problèmes de la
population, que ce soit dans les domaines de la santé, de l’insécurité
alimentaire, lu�e contre le VIH/Sida,
etc. Vous êtes les mieux placés et les
mieux outillés pour aider le peuple
congolais. »
Et d’ajouter : « Le PAM, son rôle,
c’est de mobiliser les ressources
et les me�re à votre disposition.
Et nous savons que, une fois ces
ressources entre vos mains, vous
les apportez aux gens qui en ont
besoin. Jamais, on ne nous a signalé de cas de détournements ».
Mr Abdou Dieng a précisé par
ailleurs que cet atelier se tient à un
moment particulier où « le PAM est
aussi en train de reformuler ses stratégies. Et il est bien que nous les discutions avec vous, car c’est vous qui
allez les me�re en œuvre » (…).
GM Kamandji
Crise humanitaire en RDC: Caritas Prague
apporte son appui à la Caritas Congo
La mise en œuvre du projet d’assistance humanitaire à 1.500 ménages
déplacés dans le diocèse de Butembo-Beni, lequel est financé par le Ministère Tchèque des Affaires Etrangères a été au centre de la visite de la
Caritas Prague en RDCongo. Sa délégation a séjourné depuis mardi 22
septembre à Kinshasa. Conduite par
Mme Petra MATULOVÁ, Directrice
du Département de Développement
Extérieur de Caritas Prague, elle a
eu deux jours plus tard sa première
séance de travail avec Caritas Congo,
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
à son siège de Gombe à Kinshasa.
Ce projet-pilote pourrait ouvrir la
voie à plusieurs interventions du Ministère tchèque des Affaires Etrangères, par le truchement de Caritas
Prague.
Par ailleurs, la mission s’est attelée
aussi à renforcer le partenariat avec
la Communauté Chemin Neuf. Celleci travaille depuis plusieurs années
avec Caritas Prague dans l’éducation des enfants. Elle bénéficie aussi
de l’appui des bailleurs personnels
dans ces projets pour l’éducation, la
santé des enfants. En RDC, plus de
200 enfants sont ainsi assistés ; tandis qu’en Ouganda, Caritas Prague,
via l’UCDT (Uganda CZECH DEVELOPMENT TRUST), appuie 4.000
enfants. Il sera question de voir
comment étendre ce projet là dans
d’autres parties de la République
Démocratique du Congo (RDC).
Mme Petra MATULOVÁ est accompagnée de Veronika FORMÁNKOVÁ, Représentante de Caritas Prague
en Ouganda.
GM Kamandji
Urgence
Urgences
KASAI OCCIDENTAL
Mgr Marcel Madila palpe les services rendus
par l’Eglise Catholiques aux détenus de la
prison centrale de Kananga
C
e�e visite s’inscrit dans
le cadre du jubilé d’or de
l’Archidiocèse de Kananga
(1959 – 2009), célébré le 23 août
2009. Plusieurs activités et manifestations sont organisées dans
cet Archidiocèse depuis le 23 août
2008. C’est ainsi que S.E. Mgr l’Archevêque Marcel Madila a entièrement consacré la journée du jeudi
23 juillet 2009 aux 317 pensionnaires de la prison centrale de Kananga.
Plusieurs activités étaient au programme de ce�e visite. Il s’agit
notamment de la messe d’action
de grâce avec tous les détenus, la
rencontre de S.E. Mgr l’Archevêque avec le personnel de la prison
centrale de Kananga ainsi qu’avec
différents services qui oeuvrent
en son sein (l’équipe de la section
« Etat de droit de la MONUC, le
personnel du dispensaire, etc), la
causerie individuelle avec une dizaine de détenus et la visite des
cellules, des dortoirs, ateliers et
pompe d’eau.
« Devenez des hommes
et des femmes nouveaux »
Dans son homélie, Mgr l’Archevêque, se basant sur l’Epître de Saint
Paul, a insisté sur la conversion de
cœur et de vie. Tout homme est
capable de changement, a-t-il fait
répéter en cœur à tous les détenus.
« Devenez des hommes et des femmes nouveaux pour construire notre Archidiocèse, notre province,
notre pays. On a besoin de l’apport
positif de chacun de vous », a martelé Mgr Marcel Madila à l’intention des pensionnaires.
Dans les entretiens qui ont suivi
la célébration Eucharistique , Mgr
l’Archevêque a écouté a�entivement les doléances et les besoins
des responsables carcéraux et des
services connexes . C’est notam-
ment l’insuffisance des surveillants
ainsi que de moyens matériels et
financiers pour le fonctionnement
des services et pour une prise en
charge correcte des détenus, la vétusté et la détérioration des infrastructures, l’insuffisance des locaux
pour loger les détenus, entraînant
une promiscuité préjudiciable à la
santé (plus de 200 détenus dans un
bâtiment prévu pour 70), l’absence
de moyens pour faire fonctionner
les ateliers d’apprentissage des
métiers et l’insuffisance de salaire
ainsi que l’absence des primes de
risque pour les agents de la prison.
Importants services rendus par
l’Eglise Catholique
Le Directeur de la prison centrale
de Kananga a remercié sincèrement
Mgr l’Archevêque pour les services
rendus par l’Eglise Catholique en
général, par l’Aumônerie de prison (SEPRIKA) et la Caritas-Développement. Il s’agit notamment de
de l’approvisionnement en eau potable grâce à un forage manuel et
de la restauration assurée chaque
dimanche et à tour de rôle par un
comité paroissial de Caritas et qui
reste le seul repas hebdomadaire
du détenu ; des soins médicaux et
la prise en charge des malades par
le dispensaire de l’Aumônerie avec
l’aide des personnes de bonne volonté ; de la réhabilitation d’un pavillon pour femmes détenues, etc.
Mais, les besoins sont encore innombrables. C’est pourquoi les
agents de la prison de Kananga
ont demandé à Mgr l’Archevêque
de mener un plaidoyer auprès des
Autorités politiques, Administratives et judiciaires pour une amélioration des conditions de vie et de
travail dans ce�e prison centrale.
En effet, la prison centrale de Kananga a besoin des moyens de
fonctionnement suffisants et réguliers. En outre, l’instruction rapide
des dossiers de chaque détenu
peut aider à la désencombrer.
MONUC : « La stabilité de la
prison centrale de Kananga est
l’œuvre de l’Eglise Catholique »
Les mêmes propos ont été tenus
par les agents de la section « Etat
de droit » de la MONUC qui reconnaissent que les besoins sont
immenses. La MONUC apporte
sa modeste contribution et collabore avec les services publics et
avec la Caritas-Développement
et le SEPRIKA. « La stabilité de
la prison centrale de Kananga est
l’œuvre de l’Eglise Catholique »
dont l’appui est substantiel, ont-ils
renchéri.
Après la causeries individuelle
avec une dizaine des détenus,
S.E Mgr l’Archevêque a pris une
photo de famille avant de prendre
congé des détenus. Il a promis que
l’aumônerie et la Caritas-Développement continueront à appuyer les
services de la prison dans la mesure de leurs moyens ; car c’est un
devoir pour l’amour de Dieu aux
prisonniers et aux autres groupes
vulnérables. Les contacts sont déjà
entamés à travers la Conférence
Episcopale Nationale du Congo
pour sensibiliser le Ministre de
la Justice et d’autres Autorités du
pays sur la situation de la justice et
des prisons dans notre pays, a-t-il
fait savoir. Par ailleurs, la Caritas
pourra, en collaboration avec la
MONUC, aider à la réhabilitation
d’un pavillon (dortoir) pour désencombrer les dortoirs existants.
Elle pourra aussi aider au renforcement des ateliers d’apprentissage des métiers.
Délphine Bilowa et Bénoit Katubadi,
Caritas-Dévelopement Kananga
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
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Urgences
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NORD-KIVU
Une journée dans un camp
des déplacés de Goma
I
l est 6 heures du matin en ce
samedi de mars au camp de
Bulengo, situé dans la banlieue
de Goma dans le Nord Kivu. Les
16. 467 déplacés de ce camp situé au
bord du lac Kivu vivent dans une
précarité extrême .Ils dépendent
totalement des humanitaires, dont
la Caritas Goma, pour l’accès aux
services sociaux de base et à la
nourriture. Ici, dès le matin, les
femmes et les enfants (filles et
garçons) se lancent à la recherche
de l’eau et du bois de chauffe,
tandis que les hommes vont offrir
leurs services en ville contre de
minables rémunérations.
Il y a deux semaines, la Caritas
Goma leur a distribué une ration
de nourriture pour 15 jours. A ces
6 heures du matin, Mado Ndoole
ramasse son bidon d’une capacité
de 20 litres pour se diriger au
robinet où un blader installé par
l’ONG Mercy Corps crache de
l’eau par ses 8 robinets. Elle trouve
la file d’a�ente déjà longue et
se met à la queue. En a�endant
d’a�eindre le robinet, elle se perd
dans les pensées et n’entend même
pas sa voisine qui lui dit bonjour
: elle a à peine fermé l’oeil la nuit,
son dernier-né, Joseph, a pleuré
jusqu’au matin. En allant au
robinet, elle l’a laissé sous la garde
de sa soeur aînée qui n’a que 10
ans.
Tout en échangeant quelques mots
avec sa voisine, Mado parvient
enfin au robinet .Le blader étant en
moitié vide, l’eau coule lentement.
Au bout de 10 minutes, le bidon de
Mado se remplit. Mais, il est déjà
7h30 et Mado pense à la foule de
besognes qui l’a�endent. Vite, elle
charge le bidon sur le dos et rentre
sous sa bâche aux écriteaux bleus
blancs de l’UNHCR.
Le bidon à peine déposé, la voilà qui
va allumer le feu pour réchauffer
la nourriture pour les plus petits et
l’eau de bain pour le petit Joseph
malade. Entre-temps, son mari
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
Paul, est déjà parti en ville où il Pendant
ce
temps
Femmes déplacées du camp de Bulengo puisant l’eau
à partir d’un blader [Photo Caritas Goma]
travaille à la Mairie de Goma sur
le chantier d’assainissement de la
voirie. Il reçoit 30 $ par mois pour
ce travail, soit environ 1 dollar par
jour.
Mado pétrit rapidement le foufou
(Ndlr: pâte de farine de maïs),
réchauffe le reste du haricot
préparé la veille et sert à manger à
ses 8 enfants. Leur prochain repas
est pour 20 heures.
Pendant que l’eau du bain de
Joseph chauffe, elle tente de lui
donner du foufou avec la sauce
de haricot. Mais, celui-ci refuse
d’avaler quoi que ce soit et ne fait
que pleurer.
Pendant ce temps, le chef du
bloc annonce la distribution de
la ration alimentaire de 15 jours
par la Caritas Goma. Ce�e ration
est fournie par le Programme
Alimentaire Mondial (PAM). Mado
pousse un ouf de soulagement. Sa
réserve de farine de maïs et de
haricot devrait s’épuiser le même
soir. Elle lave vite l’enfant malade
et l’emmène au dispensaire dans
l’espoir de rentrer s’aligner pour
recevoir les vivres. Il est 9 heures
passées.
Furaha,
l’aînée, reste s’occuper de la
maisonnée (toile�e des enfants,
vaisselle, assainissement de l’abri,
surveillance des petits frères,
etc.). Au dispensaire, l’infirmier
informe Mado que le petit Joseph
souffre de la malnutrition. Il a
aussi beaucoup de vers intestinaux
et fait la malaria. L’infirmier le
soigne contre la malaria et les vers
intestinaux. Quant à la malnutrition,
Mado doit le présenter au centre
nutritionnel de l’ONG COOPI qui
fonctionne dans le camp. Les soins
reçus calment Joseph qui s’endort
aussitôt dans les bras de sa mère.
En rentrant du dispensaire, Mado
s’arrête au petit marché du camp
pour acheter quelques fruits pour
Joseph, comme l’a recommandé
l’infirmier.
Sur ce marché, on trouve du tout
: poisson salé, farine de manioc,
légumes (amarante, feuille de
manioc, tomate, choux…) ; même
des produits de beauté. Mado est
bien tentée d’acheter une crème de
beauté dont beaucoup de publicité
est diffusée sur la Radio Kivu One.
Mais, elle n’a pas d’argent et doit
faire taire son désir.
(suite à la page 30)
Urgences
SUD-KIVU
6.075 ménages déplacés de Kasika-Mwenga
assistés par Caritas Uvira
lessive de 200 grammes, 2 pièces
de couvertures, 1 pagne pour les
femmes.
Pour rappel, Mwenga se situe
à 132 Kms de Bukavu, ville par
laquelle il faut passer en partant
d’Uvira. Le site le plus éloigné se
trouve à Kamituga, estimé à 170
Kms du Chef - lieu du Sud-Kivu.
Des femmes déplacées à Mwenga (Ph. Caritas Uvira)
Une aide humanitaire d’urgence,
en biens non alimentaires, a été
distribuée du 16 au 20 octobre
2009 par la Caritas Uvira à 6.075
familles déplacées de KasikaMwenga, dans le Sud-Kivu.
Ce�e aide est un don du
Gouvernement Allemand et de
la Caritas Allemagne (DCV).
Ces bénéficiaires ont reçu des
ustensiles de cuisine et en
non vivres. Le kit par famille
sera composée de 5 pièces de
gobelets, 5 pièces d’assie�es,
2 pièces bassins, 2 pièces de
casseroles, 5 cubes de savons de
Il sied de signaler que ces
milliers de familles ont dû qui�er
précipitamment leurs milieux
d’origine suite à la persistance
de l’insécurité, dans la région, où
l’armée, appuyée par la Mission
de l’ONU au Congo, s’efforce à
enrayer les exactions répétées
des rebelles rwandais des FDLR
contre des populations civiles
congolaises, dans le cadre de
l’opération Kimia II. Certains
déplacés ont ainsi fui leurs
villages depuis le mois de mars
dernier, d’autres en mai et juin
2009.
Jean-Paul Ruteye
SUD-KIVU
Des milliers déplacés de Kalehe ont bénéficié
des vivres distribués par Caritas Bukavu
I
ls étaient plus de 30.078
personnes déplacées dans
le Territoire de Kalehe dans
la Province du Sud-Kivu à
bénéficier des vivres distribués
par les équipes de la CaritasDéveloppement Bukavu.
rebelles rwandais FDLR à la
suite de l’opération KIMIA II
menée par les Forces Armées
de la République Démocratique
du Congo. Les opérations de
distribution se sont déroulées en
aôut dernier.
Ces déplacés en provenance de
Bunyakiri avaient trouvé refuge
dans des familles d’accueil et sites
publics sur l’axe Luzira-Nyabibwe
plus au Nord du même territoire
par crainte des représailles des
Chaque ménage déplacé a reçu une
ration de 60 Kg des vivres pour
trois mois composée de farine de
maïs, haricot, huile végétale et de
sel. L’opération de distribution
des vivres a été lancée le mois
dernier. Les déplacés proviennent
essentiellement les villages de
Mubugu et Ziralo à Bunyakiri. Ils
sont longtemps restés sans vivres
ni abris. Voilà pourquoi CaritasDéveloppement Bukavu à travers
la Caritas-Développement
Congo appelle à leur assistance
d’urgence.
Emery, Chargé de
Communication Caritas
Bukavu
Découvrez le site web de Caritas ACEAC (Burundi, RDC et Rwanda) sur
www.caritasaceac.org
Lève-toi et marche
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29
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Urgences
(suite de la page 28)
NORD-KIVU
Une journée dans un camp des déplacés de Goma
Une vue du camp de Bulengo, hébergeant 16.467 déplacés dans la banlieue de Goma (Ph. Caritas Goma)
Elle poursuit donc son chemin vers
la maison. Voilà que les camions
des vivres arrivent au camp. La
distribution doit commencer.
Eddy, chef des urgences de la
Caritas Goma, installe son équipe
de distribution pendant que le chef
du camp appelle les déplacés à
venir prendre leurs rations. Mado
remet Joseph à sa grande soeur,
prend un vieux sac de jute ainsi
qu’un bidon vide et va s’aligner au
stand de distribution des vivres.
Ses voisines l’aperçoivent de
loin et décident ensemble de lui
céder leur place pour qu’elle soit
vite servie et rentre s’occuper de
l’enfant malade. Mado est émue
jusqu’aux larmes par ce geste. Les
voisines s’enquièrent de nouvelles
de Joseph. « Comment va-t-il
le petit Jojo ? », demande Irène,
la voisine. « Il va mieux, je l’ai
laissé à la maison », répond Mado
quelque peu découragée quand
même. En effet, Mado avait perdu
son tout premier enfant suite aux
complications de la malnutrition.
Marie, Albertine, Cécile et d’autres
voisines l’encouragent. « Nous
allons prier pour Jojo et Dieu va lui
donner la guérison… », dit Irène.
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
Mado
avait
une
autre
préoccupation : depuis 2 ans,
elle était sans nouvelle de son fils
David, âgé de 12 ans. Il avait été
enrôlé de force par les Maï-Maï
lors de la prise de Kimoka. Comme
Mado savait que la Caritas Goma
récupérait les enfants associés aux
forces et groupes armés (EAFGA),
elle avait parlé du cas de son fils
à Eddy lors de l’enregistrement
pour la distribution des vivres.
Eddy avait promis de demander à
la Commission Justice et Paix de la
Caritas, qui gère avec l’appui de la
Caritas Allemagne, les centres de
Transit et d’Orientation (CTO) pour
les enfants soldats, de rechercher
David.
Ce�e fois – ci, Eddy a effectivement
apporté la bonne nouvelle. Mais
pour rassurer la famille, il a préféré
venir avec son collègue Juvenal
qui s’occupe du programme de
réinsertion des enfants soldats
et qui donne la bonne nouvelle
à Mado : « David s’est échappé
des rangs des Maï-Maï. Il se
trouve dans le centre de transit et
d’orientation de Masisi, géré par la
Caritas Goma . »
Il est environ 15 heures lorsque
Mado qui�e la file de distribution
avec sa ration de farine, haricot,
huile végétale et un peu de sel.
Elle remercie ses voisines qui lui
renouvellent leur soutien. Avant
de les qui�er, Mado leur annonce
la bonne nouvelle : « David n’est
plus Maï-Maï, il est maintenant
Caritas », lance-t-elle.
« Gloire à Dieu », s’écrient ses
voisines, avant de l’accabler des
questions : « comment va-t-il ?
», « où est –il ? », « est-il encore
aussi gentil? », « a-t-il grandi ? »,
« est-il devenu méchant ? », « a-til commis des viols, lui aussi? ». A
toutes ces questions, Mado répond
: « demandez à Juvénal qui l’a vu à
Masisi ». Puis, elle prend congé des
ses amies, les femmes de Kimoka
qui vivent également dans le camp
Bulengo. Elle se dirige vers son abri
d’un pas las, mais le coeur alerte
à cause des nouvelles de David
qu’elle venait de recevoir (…)
Taylor TOEKA
& Emmanuel Mbuna
(La suite de ce feuilleton dans le
prochain numéro de Lève-toi et marche)
Pour votre savoir
Urgences
Caritas Internationalis mobilise 12,5 millions
USD pour une aide d’urgence en RDC
* Des résultats déjà palpables à Dingila, Kurukwata, Bunyakiri, ...
Distribution de l’aide de Caritas à Dingila
(Ph. Patrick Tshibambe-Octobre 2009)
Une équipe de la Caritas Isiro- L’assistance apportée par la
Niangara, appuyée par celle Caritas est le fruit de premières
de Caritas Congo, a distribué contributions des membres de
dimanche 11 octobre 2009 une la confédération de la Caritas
aide humanitaire d’urgence à Internationalis dans le cadre de
4.500 déplacés, soit 750 ménages, l’Appel d’Urgence EA 16/2009,
ayant fui les a�aques des rebelles coulé en Programme humanitaire
de la LRA depuis 9 mois dans la de la Caritas-Développement
localité de Kurukwata, située à Congo pour les Provinces du
45 Kms du centre du Territoire Nord-Kivu, Sud-Kivu et Provincede Faradje dans le District du Orientale. Ce Programme de 7
Haut-Uélé, et à plus de 1.000 mois vise à venir en aide à plus
Kms au Nord-Est de Kisangani, de 417.177 personnes déplacées
en Province Orientale.
et retournées des diocèses de
A Kurukwata, les familles Bondo, Bukavu, Bunia, Buta,
déplacées, estimées à plus de Butembo-Beni, Dungu-Doruma,
1.000 ménages, sont restées Goma, Isiro-Niangara, Mahagisans aucune assistance durant Nioka et Uvira.
neuf mois, depuis qu’ils ont dû Voilà pourquoi, la Caritas Buta,
qui�er leurs villages suite aux appuyée par une autre équipe
a�aques des rebelles de la Lord’s de Caritas Congo, a apporté la
Resistance Army (LRA). Certains même assistance humanitaire
parmi eux n’ont pas pu être samedi 03 octobre 2009 à 750
servis par la Caritas. Par ailleurs, autres ménages déplacés à
à Faradje, l’intervention d’autres Dingila, localité du Territoire
Organismes humanitaires se de Bambesa, située à 217 Kms
présente sous forme d’appui au de Buta, dans le district du Bassecteur de la santé, de l’éducation Uélé, et à 324 Kms de Kisangani,
et de l’agriculture pour les le Chef-lieu de la Provincedéplacés. D’où, un appel pour Orientale.
plus d’assistance en faveur de ces Comme à Kurukwata, chaque
ménage déplacé a reçu 8 friperies
déplacés dans le Haut-Uélé.
pour enfants, 6 friperies pour
adultes, 3 couvertures, 2 seaux
en plastique, 2 casseroles, 1
pagne pour femme, 6 cuillères,
6 assie�es, 6 gobelets, 1 bidon
vide, des barres de savon et 1 kit
d’hygiène pour les femmes.
Par ailleurs, grâce toujours aux
premières contributions reçues,
Caritas Bukavu a distribué
mercredi 14 et jeudi 15 octobre
2009 des outils aratoires et des
semences à 750 autres ménages
déplacés. Ces derniers ont dû
qui�er leurs villages à Kalehe et
se sont déplacés à Bunyakiri (à 80
Kms de Bukavu) où ils louent des
champs. Chaque ménage recevra
un kit composé de 2 houes, 1
râteau, 1 arrosoir, 1 mache�e,
1 pelle, 1 hache et 2 limes ; y
compris 5 kgs de semences de
maïs, 5 kgs de semences de
haricot, 10 kgs de semences
d’arachides, 30 grammes de
semences maraîchères et 21
mètres-linéaires de boutures de
manioc.
Caritas Goma et Caritas Uvira
ont aussi lancé depuis la miseptembre des activités visant la
sécurité alimentaire dans leurs
diocèses respectifs.
Des
aides
humanitaires
d’urgence en non vivres sont
déjà programmées par les Caritas
diocésaines de Bondo, MahagiNioka, Bunia et Dungu-Doruma
pour ce mois d’octobre 2009,
au-delà d’autres interventions
qui se poursuivront au rythme
de l’évolution des contributions
des
membres
de
Caritas
Internationalis à cet Appel
d’urgence EA16/09, que Caritas
Congo continue à espérer en vue
de sa mise en œuvre optimale.
Son budget total s’élève à
12,544,103.95 dollars américains
(USD).
G.M. Kamandji
& D.D. kabeya
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
31
Pour votre savoir
Urgences
32
RDC:« une forte fragilité perdure», constate
une mission de Secours Catholique
L
a délégation de Secours
Catholique – Caritas France
a bouclé samedi 17 octobre
dernier sa mission en RDC par
une séance de travail avec la
Coordination Nationale de Caritas
Congo, à Kinshasa. Conduite par
Philippe Morié, Responsable du
Département Afrique, elle a visité
les projets appuyés par Secours
Catholique à Bukavu, Goma et
Kinshasa. «Je suis très heureux
de ce�e mission. Je crois qu’elle
était utile. Elle s’inscrit vraiment
dans le cadre du partenariat entre
le Secours Catholique et Caritas
Congo », a déclaré Philippe Morié.
Pour lui, ce�e mission est
complémentaire à celle réalisée
en juin dernier par Yves Lefort,
qui a pu rencontrer l’ensemble des
partenaires, et est même allé jusqu’à
Kikwit », a-t-il souligné d’entrée
de jeu. Ce�e délégation a compris
aussi Mr Bruno Thibaudeau et
Père Joseph, Aumônier général de
Secours Catholique.
En une semaine, la mission a
pu rencontrer les principaux
partenaires ; mais, au pas de charge.
Philippe Morié a loué au passage
la forte fraternité du réseau qui a
facilité ce�e mission, sur le plan
logistique. « C’est très satisfaisant.
Ca permet de poursuivre nos
engagements et réellement d’avoir
un dialogue franc, de vérité, et de
pouvoir avancer ensemble », a-t-il
souligné.
Partant de sa dernière visite en RDC
en 2006, et l’avis des partenaires
rencontrés, le Directeur du
département Afrique de Secours
catholique n’a pas caché son regret:
« Globalement, il y a quand même
à la fois une forte fragilité qui
perdure, et même dans un sens, un
certain recul, au niveau politique,
social et économique ; même si la
situation précédente n’était pas
bonne. Mais, en tout cas, il n’y a pas
d’amélioration ! » . En plus, il y a
même une « inquiétude sur l’avenir
proche et lointain », déplore-t-il.
Ce�e situation n’est pas porteuse
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
d’espoir, tant de la part de ceux qui
ont espéré l’installation de la paix
et le décollage du développement
grâce au Gouvernement issu
des élections ; que de la part des
pessimistes.
« Beaucoup ont affirmé que
le Gouvernement ne fait pas
vraiment son travail, surtout dans
les investissements sociaux (accès
à la santé, à l’éducation, mais
aussi dans la mise en place des
Instituions bien gérées, autour de
la bonne gouvernance ou dans le
développement économique», a-til poursuivi.
A cela s’ajoute un système où
la corruption est présente, où
l’impunité est forte ; une réalité qui
n’est ni récente, ni unique au Congo,
a déploré Morié. «Ca fragilise
l’unité nationale ! », a-t-il noté, citant
quelques cas récents d’insécurité à
l’Est du pays, notamment l’a�aque
contre les prêtres vers Bukavu, la
manifestation des jeunes qui ont
a�aqué un marché à Rutshuru,
la frontière encore fermée avec
le Burundi, la malnutrition à
Kinshasa, les a�aques de la LRA
en Province Orientale.
Forte présence de l’Eglise
catholique
Pour lui donc, la situation en RDC
« reste encore malheureusement
très préoccupante et l’avenir
incertain ». Mais, à côté de ce
tableau sombre, Philippe Morié a
noté positivement « une présence
forte de l’Eglise (Ndlr : catholique),
notamment dans le champ de la
pastorale social et l’ensemble des
domaines, particulièrement via
CARITAS (santé, développement,
urgences), mais aussi Justice et
Paix, y compris l’enseignement
catholique.
«Ce�e action auprès de la
population,
présente
dans
l’ensemble du territoire national,
avec une forte proximité, est un
atout et un peu une bénédiction
pour le peuple congolais ; parce
que, c’est vrai qu’autrement, on
serait dans des situations encore
plus dramatiques », a affirmé le
chef de la délégation.
Travail de Caritas Congo: « c’est
concret, pertinent, efficace et
durable …»
D’où a recommandation : «Il
faut valoriser ce travail que vous
réalisez, pour que les autorités
locales et les bailleurs des fonds
prennent conscience de l’effort
de l’Eglise Catholique ici au
Congo ». Se référant à la fois à
son observation et aux propos
des populations bénéficiaires et
partenaires, il a reconnu que «
dans l’ensemble, les actions de
Caritas sont bien conduites ». Il y
a certes des améliorations à porter
ça et là, mais, globalement, a relevé
Philippe Morié, avant de louer le
travail de Caritas : « Je trouve que
c’est concret, pertinent, efficace et
durable. Et je trouve que vous êtes
tout à fait dans les priorités de ce
pays : sécurité alimentaire, accès
à l’eau potable, santé, lu�e contre
le sida, question de la paix, de a
bonne gouvernance, travail auprès
des populations vulnérables, les
déplacés ».
Pour lui, « la mission qui vous a
été confiée, vous la garantissez et
la me�ez en œuvre ». Il a soutenu
que Caritas Congo fournit l’effort
de faire rayonner la charité dans
l’ensemble du territoire et auprès
des communautés ecclésiales
de base. Il a cité notamment des
cas de ses visites à Kinshasa.
Philippe Morié a encore inscrit
à l’actif de Caritas Congo la
capacité progressive de mobiliser
autour d’elle les partenaires du
réseau Caritas – CIDSE, une
bonne visibilité, même si elle est à
améliorer, sa réponse humanitaire
en cas d’urgences, même dans
des zones difficiles d’accès, et
l’accomplissement de son rôle
de
coordination/renforcement
des
capacités/plaidoyer/
communication « c’est ce qu’on
a�end d’une Caritas nationale »,
a-t-il déclaré.
GM Kamandji
Santé
Pour votre savoir
Lutte contre le Paludisme:
Des microscopistes formés par la Caritas
Congo et le PNLP
Seize techniciens de laboratoire,
essentiellement des microscopistes,
venus des Provinces du KasaiOccidental, du Bas-Congo et de
l’Equateur, ont bénéficié d’une
formation sur le diagnostic du
paludisme. Ce�e formation s’est
déroulée du mercredi 03 au lundi
08 juin 2009 au centre catholique
Lassalien de Kintambo à Kinshasa.
Elle a été organisée par la CaritasDéveloppement
Congo,
en
collaboration avec le Programme
National de Lu�e contre le Paludisme
(PNLP), dans le cadre du 3ème
Round du Fonds Mondial contre
ce�e maladie. L’objectif général
de cet atelier est de contribuer à
l’amélioration de la prise en charge
du paludisme par le renforcement
des capacités des microscopistes.
A l’issue de la session de formation,
les 16 microscopistes devraient
désormais capables de préparer
convenablement les matériels et
réactifs en rapport avec le diagnostic
du
paludisme,
de
prélever
correctement les échantillons de sang
et confectionner la gou�e épaisse
ainsi que le fro�is mince, de colorer
convenablement les échantillons,
de lire correctement les résultats du
diagnostic fait ainsi que d’entretenir
les microscopes (leur outil principal
de travail).
Uniformiser les techniques de
diagnostic du paludisme en RDC
L’intérêt de cet atelier se comprend
mieux au regard des ravages causés
par le paludisme. En effet, ce�e
maladie tue chaque année environ
1 à 2 millions des personnes dans le
monde. Des experts estiment qu’en
Afrique un enfant meurt toutes les 30
secondes à cause du paludisme. Le
paludisme est même plus meurtrier
que le VIH/Sida. Les enfants de
moins de cinq ans et les femmes
enceintes constituent la population
la plus exposée.
« C’est pour cela que nous cherchons
à uniformiser les techniques sur
le diagnostic du paludisme en
République Démocratique du Congo,
afin d’améliorer la prise en charge
de ce�e maladie», ont indiqué les
facilitateurs de l’atelier. Selon eux, la
Gou�e Epaisse n’est pas une analyse
simple comme d’aucuns le croient.
Le pré-test réalisé lors de l’atelier l’a
prouvé.
D’où, l’atelier a compris une
partie théorique (généralités sur le
paludisme, différentes techniques
pour
poser
correctement
le
diagnostic) et l’autre pratique.
Ainsi, l’évaluation pratique faite
avant la formation a révélé une
moyenne de 2,5 sur 10 pour tous
les participants. Mais, ce�e côte
médiocre a été améliorée après
la formation. Car, à la fin de la
formation, la moyenne est passée à
8 sur 10. « Donc, il y a gain réel de
connaissances », ont souligné les
deux facilitateurs.
Docteur Amédée YAMBI, Chargé des
projets au Service de Promotion de la
Santé de la Caritas-Développement
Congo, a remercié les facilitateurs et
tous les participants pour le travail
aba�u. Il a reconnu que le niveau
de départ était très bas pour ces
16 microscopistes, dont certains
n’avaient pas suivi une formation
appropriée.
Il sied de noter que ce projet prévoit
la remise des outils de travail aux
participants (microscopes par Zone
de Santé, modules de formation et
d’autres intrants). Par ailleurs, il est
prévu une supervision formative qui
perme�ra, si elle s’avère positive, aux
16 participants de former à leur tour
d’autres microscopistes. Mais, avant
ce�e supervision, les participants
vont faire la restitution dans leurs
milieux professionnels d’origine,
avec les modules de formation à
l’appui. Ils seront suivis trois mois
après pour voir s’ils respectent la
matière apprise.
Pour rappel, 4 microscopistes sont
venus de l’Equateur (dont 2 de la
Zone de Santé de Gbadolite et 2 de
Businga), 4 du Kasaï Occidental
(dont 2 de Demba et 2 de Lusambo),
8 du Bas-Congo (dont 4 de GombeMatadi et 4 de Mangembo). Ce choix
a été dicté par le souci de couverture
des 139 Zones de Santé (environ
40%), dans le cadre du 3ème
Round du Fonds Mondial contre
le paludisme. « Les participants
appartiennent donc aux Zones de
santé qui n’ont pas encore bénéficié
d’un appui sur le paludisme », a
indiqué Dr Amédée YAMBI.
Guy-Marin KAMANDJI
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
33
34
Santé
Caritas Congo perfectionne la gestion de
l’information sanitaire dans son réseau
Des outils de NTIC remis aux participants par les Représentants de
Caritas Congo, CORDAID et du Ministère de la Santé (Ph. GM Kamandji)
Caritas-Développement Congo
renforce les capacités de son réseau
dans la gestion de l’information
sanitaire (GESIS). Un atelier de
formation des formateurs sur
la base des données vient d’être
organisé au Centre Lasalien
dans la Commune de Kintambo
à Kinshasa. Ces travaux, qui se
sont tenus du 13 au 17 juillet 2009,
ont regroupé 23 participants en
provenance de la Caritas-Congo,
de CORDAID ainsi que des
Bureaux Diocésains des Œuvres
Médicales (BDOM) relais de six
Provinces ecclésiastiques que
compte l’Eglise Catholique en
RDC. Objectif poursuivi : doter le
réseau du Service de Promotion
de la Santé de la Caritas-Congo et
BDOM en ressources humaines
capable de former et de renforcer
les capacités de son personnel en
GESIS.
La formation des formateurs
en GESIS a été assurée par les
formateurs de la Division du
Système National d’Information
Sanitaire (SNIS) du ministère
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
congolais de la Santé. Ces
formateurs, ainsi formés avec
les formateurs provinciaux de
SNIS, assureront à leur tour
la formation au niveau des
Provinces Ecclésiastiques des
délégués des BDOM et des
membres des équipes cadres
des zones de santé. Après
le processus des formations
suivra alors l’équipement de 20
BDOM en outils informatiques
et autres équipements (groupes
électrogènes).
Dans son allocution prononcée
à l’occasion de la clôture de
l’atelier, Dr Salomon SALUMU
SIYANGOLI, Chef de Division
SNIS, s’est réjoui du bon
déroulement
des
travaux
notamment des scores de
performance réalisés par les
participants dont « le niveau
de connaissance s’est ne�ement
amélioré », a-t-il par ailleurs
souligné. Pour sa part, le
Représentant de CORDAID,
Dr Stéphane JD BIKORO, a
encouragé à vite se reme�re
à l’ouvrage pour renforcer les
capacités du réseau. Prononçant
le mot de clôture, le Directeur
National Adjoint de la CaritasDéveloppement Congo, Monsieur
l’Abbé Claude MBU MUBEL,
a souligné l’importance de la
bonne gestion de l’importance
sanitaire au sein du réseau
Caritas-Développement Congo
(CDC) en indiquant que « la CDC
ne pourra posséder une base des
informations sanitaires fiables
que dans la mesure où la base
des données est bien alimentée et
coordonnée, point qu constitue
un défi majeur pour la CDC ».
« Aujourd’hui, nous sommes fiers
d’avoir des ressources humaines
capables de renforcer les capacités
du personnel en GESIS », a-t-il
notamment affirmé.
Par ailleurs, les participants ont
reçu un kit informatique complet
pour leurs structures sanitaires
respectives. Ils se sont ainsi dits
satisfaits d’avoir amélioré leurs
connaissances du logiciel de la
gestion de l’Information sanitaire
en RDC. Selon Dr Amédée
YAMBI, Chargé de ce projet à la
CDC, l’atelier de formation des
formateurs dans la gestion de
l’information sanitaire s’inscrit
dans le cadre global de la mise
en œuvre de l’accord-cadre
de collaboration que l’Eglise
Catholique de la RDC a noué en
2007 avec le Gouvernement de la
RDC par le biais du ministère de
la Santé publique. A travers ce
partenariat, l’Eglise Catholique
s’est engagé à me�re en œuvre
la politique nationale en matière
de santé publique dont l’un des
piliers fondamentaux à ce jour
est la Stratégie de Renforcement
du Système de Santé (SRSS).
Ce�e dernière organise et définit
le système de l’information
sanitaire dans le pays.
Doudou-Dieudonné KABEYA
Santé
L’Eglise Catholique contre le VIH/SIDA en RDC:
L
Plus de 144 millions USD attendus pour
lancer un Programme d’actions national
e Gouvernement de la
République
Démocratique
du Congo, à travers le
Programme National Multisectoriel
de Lu�e contre le VIH/SIDA
(PNMLS), s’est engagé à apporter
son appui au Programme d’actions
national de l’Eglise Catholique dans
la lu�e contre le VIH/SIDA dans le
pays. C’est l’un des résultats de la
Table ronde de plaidoyer en faveur
de la mobilisation des fonds pour
la mise en œuvre du Programme
d’actions national de la Conférence
Episcopale Nationale du Congo
(CENCO). Ces travaux se sont
tenus mardi 12 mai 2009 au Salon
Congo du Grand Hôtel Kinshasa. La
cérémonie d’ouverture de ces assises
a été présidée par le ministre de la
santé, Monsieur Auguste MOPIPI
MUKULUMANYA.
C’était en présence de la délégation
du Gouvernement central conduite
par le Vice-premier ministre en
charge de la sécurité, Monsieur
Symphorien
MUTOMBO
BAKAFWASENDA. Plusieurs autres
invités de marque ont rehaussé leur
présence la Table ronde notamment
le Rapporteur du Sénat, Docteur
Jean-Pierre LOLA KISANGA, le
Nonce Apostolique, Monseigneur
GIOVANNI
D’ANIELLO,
des
Chefs des missions diplomatiques
accrédités en RDC, les Représentants
des agences du système des Nations
unies et des Services spécialisés de
l’Etat.
Trois temps forts ont caractérisé
la journée. Il s’agit de la cérémonie
d’ouverture marquée par plusieurs
communications, les travaux en
carrefours et la mise en commun des
engagements et résolutions. Durant
les travaux, différents partenaires
au développement ont exprimé leur
intention de discuter des modalités
pratiques de leur appui technique
et financier à ce�e planification. Ces
discussions devraient se poursuivre
avec les experts de la CaritasDéveloppement Congo.
De g. à dr., Mgr Kataka, le Ministre de la Santé Mopipi, Mgr le Nonce
Apostolique et Dr Bruno Miteyo,
lors de la table ronde au Grand Hotel Kinshasa
Dans son allocution de clôture
de la Table ronde de plaidoyer,
le Président de la Commission
Episcopale Caritas Développement
et Evêque de Wamba, Monseigneur
Janvier KATAKA, a souligné que
le Gouvernement et l’Eglise sont
déterminés à lu�er ensemble contre
la pandémie du VIH/SIDA car des
millions de congolais touchés par
la maladie bénéficieront du présent
Programme. De son côté, le ministre
de la Santé, Monsieur Auguste
MOPIPI
MUKULUMANYA,
a
salué les efforts de la Conférence
Episcopale Nationale du Congo
dans la lu�e contre le VIH/SIDA.
Il a ainsi affirmé que la Nation
congolaise a besoin de l’apport des
confessions religieuses en général, et
de l’Eglise Catholique en particulier,
pour vaincre ce�e maladie.
Pour sa part, le Directeur National
de
la
Caritas-Développement
Congo, Docteur Bruno MIETYO,
a présenté le Programme national
d’actions de l’Eglise Catholique
dont le budget est estimé à plus de
144 millions de dollars américains.
Il a particulièrement souligné
l’effort financier notable qui montre
l’engagement de l’Eglise pour aider
de manière concrète les victimes
d’une des plus graves maladies qui
touche le continent dans le silence et
l’indifférence de beaucoup.
Ce programme s’articule sur quatre
axes (l’éducation et la prévention ;
l’assistance médicale, spirituelle et
psychologique et socio-économique ;
les aspects éthiques et juridiques ainsi
que le volet communication) dont
la prévention et la sensibilisation
occupe 74 % de budget, a-t-il
notamment expliqué.
Monseigneur Robert J. VITILLO,
consultant spécialisé sur le SIDA de
Caritas Internationalis et responsable
de la délégation de la Caritas auprès
des bureaux des Nations unies de
Genève, a pour sa part rappelé
que l’Afrique sub-saharienne est la
partie du monde la plus touchée par
le SIDA : « 64% des personnes qui
vivent avec le SIDA se trouvent sur
le continent africain, de même que
c’est toujours l’Afrique qui a le plus
grand nombre d’enfants orphelins
à cause de ce�e maladie », a-t-il
notamment affirmé.
Doudou-Dieudonné KABEYA
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
35
Ils ont dit
Santé
36
KINSHASA
Le BDOM ajoute à son actif un Centre
Hospitalier pour les populations de la
périphérie de Kisenso
Mgr Dominique Bulamatari, Evêque
auxiliaire de Kinshasa et Président
du Conseil d’Administration du
Bureau Diocésain des Œuvres
Médicales (BDOM) de l’Archidiocèse
de Kinshasa a inauguré mardi
15 septembre 2009, au nom de
l’Archevêque de Kinshasa, les
nouveaux bâtiments de l’extension de
l’ex-Centre de santé Saint Ambroise
aujourd’hui transformé en Centre
Hospitalier Saint Ambroise. Ce�e
formation médicale a désormais
une capacité de 84 lits et dispose
de 4 départements traditionnels
d’un hôpital (Médecine interne,
Chirurgie, Gynécologie-obstétrique
et Pédiatrie), en plus de l’imagerie
médicale et d’un laboratoire moderne.
Il est situé dans la Commune de
Kisenso, dans la périphérie Est de la
Ville de Kinshasa.
La cérémonie de l’inauguration du
Centre Hospitalier Saint Ambroise
réhabilité s’est déroulée à la Paroisse
Saint Ambroise dans la zone de
santé de Kisenso. C’était en présence
de l’Ambassadeur de Belgique en
RDC, Monsieur Dominique STRUYE
DE SWIELANDE, du ministre
provincial de la Santé, Monsieur
Clément KOKOLO, ainsi que du
Bourgmestre de la commune de
Kisenso, Monsieur Jacques BILE.
Premier à prendre la parole, la
Directrice du BDOM/ Kinshasa,
Révérende Soeur Benedict CLAUS,
a expliqué les raisons qui ont poussé
le Bureau Diocésain des Œuvres
Médicales de Kinshasa à ériger
un deuxième hôpital moderne de
l’Eglise Catholique dans la commune
de Kisenso qui disposait d’un Centre
Hospitalier dénommé Saint Etienne.
« Beaucoup des cas de césariennes
en provenance de la Commune de
Kisenso sont enregistrés à l’Hôpital
Saint Joseph dans la commune de
Limeté, les populations des parties
basses de Kisenso et riveraines
de N’djili éprouvent d’énormes
difficultés à grimper les collines pour
suivre les soins médicaux au Centre
Hospitalier Saint Etienne à cause du
niveau de délabrement des routes
», a précisé la Directrice du BDOM/
Kinshasa avant d’ajouter que : «
Ce�e option du BDOM rentre dans
le cadre de la politique nationale de
la santé qui vise à rapprocher les
soins de santé de qualité et à un coût
abordable de la population et les
malades recevront les médicaments
de qualité à l’hôpital au lieu d’aller
circuler avec les ordonnances à la
Cité ».
D.Dieudonné Kabeya
KINSHASA
Des patients souffrant des fentes labiales
et du bec de lièvre retrouvent le sourire
Depuis le mois de février 2009, Caritas-Kinshasa, à
côté d’autres organismes tels que l’Unicef, Reejer,
International Woman’s club, le ministère de la santé
à travers son programme national de réhabilitation à
base communautaire, s’est lancée dans la préparation
de la chirurgie des fentes labiales et du bec de lièvre, à
Kinshasa, grâce à l’appui technique et médical de l’ONG
sud africaine Opération Smile « Opération Sourire
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
». Au lendemain de son arrivée à Kinshasa le 20 mai
2009, l’équipe s’est mise au travail, recensant ainsi six
cents quatre vingt-huit (688) cas dont deux cents et un
(201) comprenant des personnes de tous âges : enfants,
jeunes et vieux qui ont été aussitôt opérés. Caritas
Kinshasa a marqué sa participation par le déploiement
de son personnel médical et son réseau des volontaires
communautaires pour la réussite de l’activité.
Santé
KASAÏ ORIENTAL
Caritas Congo fait don des matériels cliniques
à la maternité Bakwa-Mulumba
/de Bakwa Mulumba
La maternité de Bakwa Mulumba
Tshilewo en Territoire de Ngandajika, située à près de 60 Km à l’Est
de la Ville de Mbuji-Mayi, au KasaiOriental vient de bénéficier d’un don
en matériels cliniques. Don offert
par le Directeur National de la Caritas-Développement Congo, Docteur
Bruno MITEYO, en séjour au KasaiOriental du 22 au 25 juillet dernier.
Docteur Bruno MITEYO était en
tournée dans les Territoires de Katanda, Miabi et Ngandajika pour
se rendre compte de l’évolution des
travaux de réhabilitation des infrastructures de base au Kasai-Oriental
exécutés par la Caritas dans le cadre
du PRESAR.
Le don offert par le Directeur National de la Caritas-Développement
Congo était composé de deux tables
d’accouchement, une table d’examen, cinq lits métalliques, cinq matelas avec toile ciré, cinq berceaux,
une balance pèse-bébé, une lampe
gynécologique, vingt thermomètres,
deux tensiomètres à mercure, une
marmite à pression, dix chaises en
plastique et des boîtes gynécologiques de césariennes, d’épisiotomie
ainsi qu’une armoire médicale vi-
trée. Ce matériel a été
reçu par le Médecin
Directeur de ce�e maternité en présence du
Représentant du Chef
de groupement ainsi
que de quelques agents
de la Caritas-Développement Congo et de la
Caritas-Développement
Mbuji Mayi.
Dr Bruno MITEYO a dit
sa joie de poser cet acte
et il a appelé la population à le soutenir dans
ce�e œuvre entreprise pour l’amélioration de ses conditions. Toutefois, il
a invité les bénéficiaires à éviter la
politique de la main tendue mais à
songer plutôt à élaborer des projets
de développement de leur terroir. Il
les a également exhorté à faire bon
usage des matériels mis à la disposition pour le bien-être de la communauté locale et des communautés
environnantes.
Fustigeant le retard connu par le
projet de transformation de la maternité de Bakwa Mulumba Tshilewo en Hôpital de Référence, Dr
Bruno MITEYO a annoncé la visite
en Août 2009 d’un partenaire européen chargé de faire une étude de
faisabilité pour l’agrandissement de
ce�e maternité, la réhabilitation des
infrastructures scolaires et le captage d’eau pour servir la population en
eau potable. Il a exhorté la population à lui réserver un bon accueil.
Pour sa part, le représentant du Directeur Général de la Caritas-Développement Mbuji-Mayi a, dans son
mot, remercié Docteur MITEYO
pour sa disponibilité à répondre à
l’appel de la population diocésaine.
Emery Ngalamulume
(suite de la page 36)
Des patients souffrant des fentes labiales
et du bec de lièvre retrouvent le sourire
En outre, grâce à sa contribution
financière, les patients et gardesmalades ont bénéficié, deux fois par
jour, d’un repas pendant toute la
durée de l’opération.
« Des personnes restées longtemps
marginalisées ont ainsi retrouvé
le sourire et leur place dans la
société grâce à ce�e intervention
aussi louable qu’encourageante »,
affirment les Responsables de la
Caritas Kinshasa.
« Opération Smile » revient
à Kinshasa à la fin de l’année
2009 pour l’évaluation et l’année
prochaine pour opérer les cas
restants. Cependant, il sied de noter
que Caritas Kinshasa, à travers son
service d’Accompagnement des
Malades(AMD), fait déjà ce travail
depuis plus de dix ans grâce à la
collaboration de l’hôpital Saint
Joseph , du Village Bondeko et de
l’appui financier de ses partenaires.
Aurélie Bokeme et Gratien Mundia
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
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Zoom sur le synode
Deuxième Assemblée Spéciale pour ‘Afrique du Synode des Evêques
Interventions des Evêques de la RDC
Grâce à ZENIT.org, relayé par le site web de la Conférence Episcopale Nationale du Congo, « Lève-toi et Marche » vous
présente ci-dessous quelques interventions des participants congolais à la deuxième Assemblée Spéciale pour l‘Afrique
du Synode des Evêques. Il s’est tenu du 04 au 25 octobre 2009 à Rome, sous le thème « L’Eglise en Arique au service
de la réconciliation, de la justice et de la paix ».
Mgr Laurent MONSENGWO
PASINYA, Archevêque de
Kinshasa:
La paix va de pair avec la
justice, et la justice avec le
droit, le droit avec la vérité.
Sans la justice, la paix sociale
est mise à mal. Il faut donc à
tout prix promouvoir des États
de droit, où règne le primat
de la loi, notamment la loi
constitutionnelle; États de droit
où l’arbitraire et la subjectivité ne
créent pas la loi de la jungle; des
États de droit où la souveraineté
nationale est reconnue et
respectée; des États de droit où est
rendu équitablement à chacun ce
qui lui est dû. Sans la vérité, il est
difficile d’assurer la justice et de
dire le droit. La conséquence en
est que droit et non droit auraient
égal droit de cité; ce qui rendrait
impossible un ordre harmonieux
des choses ou «tranquillitas
ordinis». «Dans la vérité, la paix»
(Benoît XVI). Voilà pourquoi
dans la recherche des solutions
de paix, toutes les démarches
notamment diplomatiques et
politiques viseront à rétablir la
vérité, la justice et le droit. Le
Christ est notre paix, Il a fait la
paix, Il a proclamé la paix, parce
que des juifs et des païens Il a
fait un seul peuple. Non pas en
laissant les uns et les autres dans
leurs privilèges et leurs droits,
mais en abolissant l’exclusion,
en aba�ant le mur de séparation
cultuelle et sociale, en détruisant
la haine qu’Il a crucifiée dans Son
Corps sur la croix. Juifs et gentils
ne sont plus des étrangers, des
lointains, mais des proches, des
concitoyens des saints, et les uns
et les autres ont un même héritage
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
(Ep 3, 6) appartenant jadis au
seul Israël. Il fit ainsi un homme
nouveau, pour les réconcilier
tous les deux à Dieu et leur
donner accès au Père par l’Esprit.
C’est en supprimant toutes les
barrières, l’exclusion, les lois
discriminatoires dans le culte et
la société, et surtout en tuant la
haine qu’on réconcilie les hommes
et qu’on fait la paix.(Intervention
lors de la douzième Congrégation
générale, lundi 12 octobre dans
l’après-midi )
Mgr Jean-Pierre TAFUNGA,
S.D.B., Archevêque Coadjuteur
de Lubumbashi Mgr JeanPierre TAFUNGA, S.D.B.,
Archevêque Coadjuteur de
Lubumbashi
Dans la plupart des cultures
africaines, le mal est conçu
comme
une
conséquence
d’une transgression de ce qui
est prescrit, qu’il s’agisse des
préceptes divins - qui appellent
inconditionnellement obéissance
et soumission - ou d’une loi
sociale dictée par les autorités
qui gouvernent ou encore des
interdits ou prescriptions rituelles.
Tout acte qui diminue ou détruit
la vie et tout acte ou a�itude et
comportement qui brise l’unité,
l’ordre ou l’harmonie des choses
est considéré comme étant un mal.
Suivant le genre de fautes
commises, la personne concernée
est appelée à avouer en toute
franchise le mal commis. Cet
aveu généralement se fait devant
le chef, garant de l’ordre social
ou devant un guérisseur. Dans
certains cas, l’aveu se fait devant
la communauté. L’incriminé
est appelé à manifester sa
ferme résolution de réparer
nécessairement le tort causé.
Est concerné dans la réparation
l’individu qui a commis le
forfait ou à défaut, sa famille. La
réparation se fait en payant les
frais prescrits, les dommages et
intérêts. Suivant les cultures, les
frais équivalent à une somme
d’argent prescrite par la tradition
selon la gravité de la faute. Les
dommages intérêts consistent
à offrir un animal vivant ou
un produit de la chasse. Les
personnes lésées peuvent alors
accorder le pardon à ceux qui
les ont offensées. La réparation
clôt le processus aussitôt que
la personne est pardonnée et la
réparation effectuée.
Le point culminant de la réparation
est le rite de réconciliation.
Par peur de châtiment (mort
subite, brutale, inopinée, etc) qui
proviendrait directement de Dieu
ou d’un féticheur, le transgresseur
devrait accomplir le rite de
réconciliation pour parfaire sa
démarche et obtenir le pardon.
Ce rite se déroulait en un endroit
sacré, devant la communauté
et l’officiant (mystagogue) qui
présidait la cérémonie. Les
formules d’aveu, les a�itudes du
pénitent, les sévices corporels, les
matières et objets utilisés et leur
symbolisme ainsi que les gestes et
formules que prononce l’officiant
pour purifier le pénitent diffèrent
suivant les tribus. L’aveu est
toujours suivi des conseils et
des admonitions sévères pour
aider à la conversion définitive.
Il s’accompagne des rites parmi
lesquels l’on doit signaler
notamment : la cérémonie
ritualisée de la bénédiction et
du grand pardon; le repas festif
et communautaire, symbole de
Zoom sur le synode
joie d’avoir recouvert la bonne
situation d’avant la faute et
d’avoir réconcilié les membres
d’une communauté ; le paiement
des honoraires à l’officiant; le
rite d’apaisement des fétiches
vengeurs ou des esprits lorsqu’on
est maudit par l’offensé.
Intervention lors de la Onzième
congrégation générale, le 12
octobre—matin)
Mgr Louis NZALA KIANZA,
Évêque de Popokabaka
Nous pensons qu’il est impérieux
que la solidarité ainsi envisagée
ne se limite pas à l’échange
d’expériences pastorales, mais
prenne en compte nécessairement
la question vitale du partage
du personnel et des biens. En
effet, les graves problèmes de
la pauvreté, de la misère, de la
tragédie de la faim, du manque
d’accès aux soins médicaux et à
d’autres besoins primordiaux que
connaissent la plupart des pays
africains, exigent de nos Églises
aujourd’hui un nouvel esprit
de solidarité, de communion
et de charité inventive. Les
Églises d’Afrique doivent être
plus audacieuses, inventives et
pro-actives pour développer les
structures susceptibles d’inscrire
dans leur praxis ecclésiale ce�e
solidarité organique.
Sans négliger la dimension
importante de solidarité au niveau
de l’Église universelle, il est
temps de développer davantage
les rapports de solidarité au
sein d’un même diocèse, entre
différents diocèses, au sein d’une
même conférence épiscopale et
entre les différentes conférences
épiscopales en Afrique.
Nous pensons qu’à l’heure où nous
parlons de justice et de paix, il est
urgent d’actualiser la constitution
des fonds de solidarité au niveau
diocésain, national, régional
et continental. Un tel fonds de
solidarité pourrait nous aider au
niveau africain d’intervenir dans
la mesure de nos moyens sans
a�endre tout de l’Occident. Les
Caritas diocésaines, nationales,
régionales
et
continentales
peuvent être les instruments
appropriés pour la constitution
de ce fonds. Nous estimons que
l’enjeu de la mise en oeuvre
effective de ce�e solidarité
pastorale dans les Églises
d’Afrique est une exigence à la
fois éthique et théologique. Elle
a un fondement christologique et
s’enracine au coeur de la foi. Elle
n’est donc pas un simple parti pris
social ou politique. Intervention
lors de la Onzième congrégation
générale, le 12 octobre—matin)
Mgr Nicolas DJOMO LOLA,
Évêque de Tshumbe, Président
de la Conférence Épiscopale
Nationale du Congo
En faisant un état des lieux
des retombées des guerres et
des violences imposées à la
République Démocratique du
Congo, l’on est obligé de fustiger
les mensonges et les subterfuges
utilisés par les prédateurs et
commanditaires de ces guerres
et violences. Le tribalisme sans
cesse évoqué pour rendre compte
de ces guerres en République
Démocratique du Congo n’est
qu’un paravent. La diversité
ethnique est instrumentalisée
pour se donner l’occasion de
piller les ressources naturelles.
Nous déplorons le fait que la
Communauté
internationale
ne fasse pas assez pour me�re
fin à ces guerres et violences,
en s’intéressant suffisamment
à leurs véritables causes: le
pillage des ressources naturelles.
Elle s’est limitée à soigner les
conséquences des guerres au lieu
de s’a�aquer avec détermination
et de manière persuasive à leurs
causes.
Sur la même lancée, nous
déplorons le fait que les
souffrances et les vies humaines
fauchées
en
République
Démocratique du Congo par
ces guerres n’ont pas suscité la
même indignation et la même
condamnation que lorsque cela
arrive sous d’autres cieux. Sinon,
comment expliquer la résurgence
et la virulence des violences que
l’on continue de condamner du
bout des lèvres sans envisager
d’actions efficaces de manière à
me�re fin une fois pour toutes
aux causes de ces violences.
Ne partageons-nous pas la même
humanité? Dans un monde où il
devient de plus en plus évident
que nous constituons un village
global, des actions concertées
et globales devraient être
menées pour venir à bout des
violences faites à l’Afrique par
la prédation de ses ressources,
afin de perme�re finalement
à ce continent, en ce début du
troisième millénaire, de vivre
également dans la paix et de se
développer dans la solidarité
avec les autres.
A cet effet, nous suggérons que
ce Synode convie d’abord tous les
chrétiens au nom de notre foi en
Jésus Christ, qui par son sacrifice
suprême sur la croix nous a donné
la vraie mesure de la dignité
de chaque personne humaine;
et ensuite, qu’il invite tous les
hommes et toutes les femmes de
bonne volonté, au nom de notre
humanité commune, à condamner
et à dénoncer publiquement les
commanditaires des guerres et
des violences en Afrique. Sinon
nous sommes complices du mal
fait à notre frère. (Intervention
lors de la 6ème congrégation
générale)
(Toutes les interventions
des participants de la RDC sur
www.cenco.cd)
Lève-toi et marche
n°015-016 Mai - Octobre 2009
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Caritas-Développement Congo
Délégation de Secours Catholique posant avec des
Responsables de Caritas Congo, à l’issue de sa
mission en RDC
Cérémonie de lancement du volet Infrastructures
du PRESAR, exécuté par Caritas Congo,
au Kasaï Oriental
Deux engins lourds acheminés par Caritas pour des travaux
de réhabilitation routière en Province Orientale,
avec l’appui du Pooled Fund
Le HB BAKANJA, 1ère unité de la flotte humanitaire de
CARITAS CONGO, financée par POOLED FUND, à l’assaut du fleuve et de
ses affluents pour désenclaver les paysans démunis de l’Equateur

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