Untitled - Opéra de Lyon

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Untitled - Opéra de Lyon
danse
Ballet de l’Opéra de Lyon
L'Opéra national de Lyon remercie pour leur généreux soutien, les entreprises mécènes
et partenaires
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2008-20011
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de la Journée Portes Ouverte
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Portes Ouvertes
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Kazushi Ono
Partenaire de la
politique audiovisuelle
le Club Entreprises de l’Opéra de lyon
Membres associés
Membres amis
Partenaires
Partenaires d’échange
Partenaires médias
4(%
3(/7
-534
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Conception, mise en scène
Jérôme Bel
Musique
Leonard Bernstein,
David Bowie,
Nick Cave,
Norman Gimbel and Charles Fox,
J. Horner,
W. Jennings,
Mark Knopfler,
John Lennon and Paul Mac Cartney,
Louiguy,
Galt Mac Dermott,
George Michael,
Erick “More“,
Morillo and M. Quashie,
Edith Piaf,
The Police et Hugh Padgham,
Queen,
Lionel Richie,
A. Romero,
Monge and R. Ruiz,
Paul Simon
Entrée au répertoire du Ballet de l’Opéra de Lyon
le 18 septembre 2007.
Pour 22 danseurs / Durée : 1h30
Dans le cadre de la Biennale de la danse
septembre 2008
di 14 à 20h30
se renseigner - réserver
0826 305 325 (0,15e/mn)
opéra de lyon : Directeur général Serge Dorny Directeur de la danse yorgos Loukos
distribution
Cédric Andrieux
Coralie Bernard
Eneka Bordato
Alexis Bourbeau
Benoît Caussé
Maïté Cebrian Abad
Dorothée Delabie
Marie-Laetitia Diederichs
Amandine François
Yang Jiang
Caelyn Knight
Misha Kostrzewski
Sora Lee
Coralie Levieux
Francesca Mattavelli
Ruth Miro Salvador
Jean-Claude Nelson
Jérôme Piatka
Kevin Quinaou
Jaime Roque De la Cruz
Denis Terrasse
Pavel Trush
Bernard : Tiens, il marche maintenant ton poste. Je suis content que tu t’intéresses aux nouvelles, de savoir ce qui se passe dans le monde.
Mathilde : Non, j’écoute uniquement les chansons parce qu’elles disent la vérité. Plus elles sont bêtes plus elles disent la vérité, d’ailleurs elles ne sont
pas bêtes. Qu’est-ce qu’elles disent, elles disent, ne me quitte pas ou ton absence a brisé ma vie ou je suis une maison vide sans toi ou laisse moi devenir l’ombre de ton ombre ou bien sans amour on est rien du tout.
Bernard : Bon, Mathilde, il faut que j’y aille maintenant. Je reviendrai.
Extrait du dialogue de La femme d’à côté de François Truffaut, entre Fanny Ardant (Mathilde) et Gérard Depardieu (Bernard)
Singulière personnalité que Jérôme Bel... Après dix années passées à “faire l’interprète“,
voilà qu’au tournant des années 90, il renonce à l’euphorisant narcissique de la virtuosité
et répudie le décorum scénographique. Depuis qu’il s’est introduit sur la scène chorégraphique, il a tranquillement démonté, pièce après pièce, les fondamentaux de la danse et gratté
les attendus de la représentation, jusqu’à découvrir le “degré zéro“ de l’acteur-danseur, pour
reprendre une expression de Roland Barthes qu’il lit assidûment. Danseur affiné selon les
cotes de la “nouvelle danse française“ de la décennie 80, il infuse en effet la philosophie
de Barthes, Deleuze, Foucault... pour mieux attaquer à l’acide ironique tous les codes en
vigueur, artistiques, économiques ou sociaux. Amateur de concepts et d’humour, passionné
par la sémiotique, il tire ses fils de l’histoire de l’art et tricote la trame d’une œuvre aussi ludique que laconique qui se dépouille de toute ornementation mise en scène pour épingler les
procédés d’écriture et les conventions scéniques. Sans rien effacer, Jérôme Bel repart pourtant
du début, c’est-à-dire du corps, de l’espace et du temps, qu’il traite dans leur pure littéralité,
comme un manifeste minimaliste appliqué à la danse. Abhorrant tout point de vue doctement
érigé sur le piédestal de l’art ou les étendards de l’idéologie, il harponne le spectateur par
la surprise d’un non-lieu spectaculaire et le tire de l’ombreuse tranquillité de son fauteuil pour
le mettre au travail. Son premier sabotage, Nom donné par l’auteur en 1994, s’amuse avec
dix objets du quotidien ménager, déplacés pour composer des natures mortes décalées.
“Je réactive du sens à partir du banal“ dit-il. Viendront ensuite Jérôme Bel, Shirtologie et
Le Dernier spectacle... autant de chorégraphies sans “danse” qui interrogent les notions
d’auteur et d’interprétation, l’identité, la valeur de la performance, la relation entre l’art et
la vie, la rupture entre “Beaux-arts” et divertissement... Soit des questions majeures qui ont
travaillé le 20e siècle.
The Show must go on... Ce titre aux intonations volontaires sonne-t-il la victoire revancharde
du spectaculaire ? Est-ce un défi jeté aux leurres pailletés de la représentation ? Une invitation lancée au public ? Un détournement de hit commercial planté dans le pré carré de la
culture ? Une provocation ? Peut-être tout à la fois...
Avec ce “show“ créé en 2001, Jérôme Bel invite enfin la danse sur le plateau. Enfin presque. Disons qu’il dissèque les mécanismes du spectacle de masse et tend jusqu’au point
limite l’un de ses composants : la musique. Sur le plateau, une vingtaine d’interprètes donc,
aussi ordinairement uniques et différents que les spectateurs assis en face, se trémoussent sur
les rythmes usés des “dance floor“. Tubes pêchus, chansons rabâchées ou bluettes sentimentales, le DJ enchaîne les rengaines des trente dernières années qui soudain se répandent en
effluves de souvenirs et picotent au coin du cœur. Loin de contredire les paroles, les danseurs
suivent au contraire le mouvement de l’illustration élémentaire, le geste obéissant littéralement
aux mots. Des mots qu’on entend presque plus d’ailleurs, ou par inadvertance, tellement ils
sont fondus dans la mélopée de la mémoire. Prétexte à injecter dans les rouages quelques
réjouissantes trouvailles et autres piques d’humour pour les faire grincer un peu.
Sérieusement frondeur, un rien blagueur même, The Show must go on traque le ressort de
l’émotion et de l’écoute. Il n’en passe pas moins le spectacle à la question, jouant des
attendus de la représentation et des effets miroirs entre danseurs et spectateurs, décontenancés par la scène qu’ils regardent et qui les regarde. Plutôt que de proposer du “prêtà-regarder“, Jérôme Bel sollicite l’imaginaire du public et met sa réflexion en mouvement.
Avec lui, la critique radicale des artifices de l’art chorégraphique fait œuvre à part entière.
Comme les “ready-made“ de Duchamp, en somme.
jérôme bel
Jérôme Bel, né en 1964, vit à Paris et à Rio de Janeiro, il travaille internationalement.
Il a été élève du Centre National de Danse Contemporaine d’Angers de 1984 à
1985. De 1985 à 1991, il a dansé pour plusieurs chorégraphes en France et en Italie.
En 1992, il a été assistant à la mise en scène de Philippe Découflé pour les cérémonies
des XVIe Jeux Olympiques d’hiver d’Albertville et de la Savoie. Sa première pièce, une
chorégraphie d’objets, s’intitule nom donné par l’auteur (1994). La seconde, Jérôme Bel
(1995), est basée sur l’identité et la totale nudité des quatre interprètes. La troisième,
Shirtologie (1997), a été faîte à la demande du Centro Cultural de Belem (Lisbonne)
et de Victoria (Gand). En 2000, une version japonaise de la pièce a été produite à
Kyoto et à Tokyo. Shirtologie met en scène un acteur portant plusieurs dizaines de
T-shirts trouvés dans le commerce. Puis c’est Le dernier spectacle (1998), qui en citant
plusieurs fois un solo de la chorégraphe allemande Susanne Linke, mais aussi Hamlet
ou André Agassi, essaie de définir une ontologie du spectacle vivant. La pièce Xavier
Le Roy (1999) sera signée par Jérôme Bel mais entièrement réalisée par le chorégraphe
français vivant à Berlin, Xavier Le Roy. La même année Jérôme Bel demande à Myriam
Gourfink de lui chorégraphier un solo : Glossolalie (1999). The Show must go on
(2001) réunit vingt interprètes, dix-neuf chansons pop et un DJ. La pièce est au répertoire du Deutsches Schauspielhaus à Hambourg de 2000 à 2005. En 2003 Jérôme
Bel prend une année sabbatique. En octobre, il est co-curateur, avec Alain Platel, du
festival Klapstuk à Louvain en Belgique. En 2004 il est invité à faire une pièce pour
le Ballet de l’Opéra de Paris, ce sera Véronique Doisneau (2004), un documentaire
théâtral sur le travail de la danseuse de corps de ballet (en l’occurence, ici, Véronique
Doisneau). Cette même année, il produit The Show must go on 2 (2004), pièce qui
se révèlera pour lui un échec et qu’il retirera du répertoire de la compagnie après les
représentations de Bruxelles, Paris, Berlin et Singapour. L’année suivante, invité par le
curator Tang Fu Kuen à venir travailler à Bangkok, il produira Pichet Klunchun & myself
(2005) avec le danseur traditionnel thaïlandais Pichet Klunchun. Cette production met
en scène Pichet Klunchun et Jérôme Bel dialoguant sur leurs pratiques artistiques respectives, malgré le “gouffre culturel“ qui les sépare. Isabel Torres (2005) pour le Ballet
du Teatro Municipal de Rio de Janeiro est la version brésilienne de la production de
l’Opéra de Paris. Jérôme Bel a reçu un Bessie Award pour les représentations de The
Show must go on à New York en 2005.
1994
nom donné par l’auteur
2001
the show must go on
1995
jérôme bel
2004
the show must go on 2
le dernier spectacle
Conférence
véronique doisneau
pour le Ballet de l’Opéra national de Paris
1997
shirtologie
1998
le dernier spectacle
1999
xavier le roy
2005
Pichet Klunchun and myself
L’Opéra national de Lyon est conventionné par le ministère de la Culture et de la Communication, la Ville de Lyon,
le conseil régional Rhône-Alpes et le conseil général du Rhône.
Textes : © Gxénola David