Un marché bloqué selon les agents immobiliers. Source Ouest France

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Un marché bloqué selon les agents immobiliers. Source Ouest France
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Un marché bloqué selon les agents immobiliers. Source Ouest France
11-03-2008
Pour les agents immobiliers, les années fastes se terminent. Pourtant, leurs clients sont encore loin d'être à la fête.
« J'ai vu l'autre jour cinq panneaux « à louer » et un panneau « à vendre » sur le même immeuble. » Pour Éric Robiolle,
directeur de l'agence des Lices, l'Âge d'or qu'ont connu les agents immobiliers ces dernières années est bien terminé.
Aujourd'hui, la vente ou la location d'un appartement ne vont plus de soi.
Pour Philippe Le Men, négociateur à l'agence Sovic, « le délai pour réaliser une vente s'est allongée à environ six mois
depuis la rentrée 2007, alors qu'il n'était que de trois mois auparavant ». Car l'offre est aujourd'hui devenu pléthorique.
En face, toutefois, la demande ne suit pas.
« Entre 2000 et 2007, les prix ont été multipliés par deux, explique Philippe Le Men. Mais ça n'a pas été le cas des
salaires. » Ce constat fait l'unanimité chez les agents immobiliers : les clients ne peuvent plus suivre le rythme de
hausse des prix. « Pourtant, dès qu'on baisse un peu les prix, les transactions sont conclues assez facilement. »
Manque de réactivité
Peut-on alors s'attendre à une forte baisse des prix pour les acheteurs et les locataires? Pas si sûr, du moins dans
l'immédiat. Sur un an, les prix des loyers ont encore augmenté de 0,5% (Ouest-France du 8 mars 2008). C'est certes un
ralentissement, mais on est encore loin d'une chute vertigineuse. « Selon moi, Rennes est une ville qui est trop chère de
20%, explique Éric Robiolle. Mais je ne pense pas que les prix baissent en réalité de plus de 5 à 10%. »
Face à ce manque de réactivité du marché, les agents immobiliers avancent deux explications. La première ne fait pas
vraiment débat au sein de la profession : « Nous ne sommes pas toujours entendus par les propriétaires lorsque nous
leur suggérons de baisser leurs prix », raconte Philippe Le Men. N'ayant pas conscience que la période de hausse de
l'immobilier est terminée, les propriétaires continuent à exiger des prix trop élevés. Quitte à expliquer qu'ils ne sont « pas
pressés » pour conclure l'affaire.
La seconde explication est logiquement plus sujet à débat pour les agents immobiliers. En effet, pour Stéphane Rovire,
négociateur pour Lelièvre Immobilier, « il y a beaucoup d'incompétents dans ce secteur ».
Avec la création de nombreuses agences pendant les années fastes, de nombreux jeunes ont intégré la profession. Ils
auraient tendance, par leur inexpérience, à favoriser la hausse des prix.
« Il y a un problème de formation, acquiesce Éric Robiolle. Un jeune aura forcément plus de mal à expliquer à un
propriétaire que son bien ne vaut pas autant qu'il le voudrait. » Ce tassement du marché immobilier ne sera sans doute
pas sans conséquence pour les 188 agences immobilières de Rennes. Le mouvement serait d'ailleurs déjà lancé, avec
des rachats par des groupes ou des banques.
Parmi les plus fragiles, on peut citer les agences qui ne pratiquent pas la gestion de biens. « Lorsque vous avez un
matelas de loyers à gérer lorsque le marché se retourne, explique Éric Robiolle, vous pouvez affronter la crise. Quand vos
revenus ne dépendent que des transactions, vous vous effondrez. »
Jérôme PARBAILE.
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