La traduction de certains traits de français familier en patois

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La traduction de certains traits de français familier en patois
LA TRADUCTION – PARCOURS ET/OU PARTAGE(S) HERMÉNEUTIQUES
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La traduction de certains traits de français familier
en patois du Banat chez Paul Miclău
Tamara CEBAN
Université « Spiru Haret », Bucarest, Roumanie
Résumé
Généralement, la traduction dans une autre langue peut être considérée comme une
nouvelle création de sens, une nouvelle interrétation. C’est justement le cas de la traduction
du volume Roumains déracinés du français en roumain, faite par P.Miclau. L’auteurtraducteur a beuacoup réfléchi sur la problématique de la traduction en roumain de certains
traits de français familier parce que ces termes n’ont pas d’équivalent en roumain. C’est
pourquoi, il lui est venu le réflexe de recourir au patois du Banat, qui d’ailleurs, il lui était
très connu. On peut donc cataloguer les mots banatois comme des mots de couleur locale,
mais qui pour l’auteur-traducteur sont des termes qui lui rappelle un retour à son être.
Roumains déracinés est un roman dont on décrit une histoire effrayante d’une famille de
paysans roumains de Banat qui a été disloquée d’une province à l’autre dans des conditions
féroces pendant la période communiste. D’autre part, c’est une sorte de roman
autobiographique où l’auteur voulait décrire le cadre de son existence.
Notre analyse portera sur la traduction des termes banatois utilisés dans Dislocații que nous
allons illustrés par zones d’intérêt, c’est-à-dire, occupations, manifestations humaines,
plantes, objets, etc.
Mots-clés : traduction, français familier, patois banatois, zones d’intérêt, sens, possibilités
de traduction.
Abstract
Usually, the translation from one language into another can be regarded as the creation of a
new meaning, of a new interpretation. Such is the case of the Romanian translation of P.
Miclau’s Roumains déracinés, done by the author-translator himself. P. Miclau was deeply
committed to the study of the issues related to translating some aspects of the French
colloquial speech into Romanian, given the fact that French colloquialisms have no
Romanian equivalents. In this respect, P. Miclău had the brilliant idea of transposing them
into the Banat dialect, which he knew extremely well. The words in the Banat dialect can
be envisaged as words with a “local flavour”; nevertheless, to P.Miclau, they are symbolic
reminders of the return to his place of birth, to his place of origins. Roumains déracinés is a
novel in which the author describes the excruciating story of a Romanian peasant family
from Banat, dislocated from their home region to another region, enduring fierce hardships,
during the communist regime. Our paper will focus on examining the Banat dialect
equivalents used in the Romanian version of Roumains déracinés, entitled Dislocații. To
illustrate these Romanian equivalents, we will divide them on interest areas, namely: trades
and occupations, human manifestations, plants, objects, etc.
Keywords: translation, colloquial speech, Banat dialect, interest areas, meaning,
translation possibilities.
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La traduction dans une autre langue peut être considérée comme une
nouvelle création de sens, une nouvelle interprétation. D’habitude, on fait des
traductions de la langue maternelle vers la langue étrangère, mais il existe aussi et
le contraire: de la langue étrangère vers la langue maternelle. C’est justement le cas
de la traduction du volume Roumains déracinés du français en roumain, faite par
Paul Miclau, qui était un très bon connaisseur de la langue française, parfaitement
bilingue. « Drôle de boulot que de se traduire soi-même», disait l’auteur (P.
Miclau, 2004:18). L’auteur-traducteur « a décidé d’être fidèle à l’original, même si
celui-ci avait une vision parfois ethnologique de la chose, significative pour un
lecteur français, mais assez redondante pour un Roumain » (ibidem). P.Miclau a
beuacoup réfléchi sur la problématique de la traduction en roumain de certains
traits de français familier parce que ces termes n’ont pas d’équivalents en roumain,
le roumain ne disposait pas du même registre. C’est pourquoi, il lui est venu le
réflexe de recourir au patois du Banat, qui d’ailleurs, il lui était très connu. Dans la
traduction, il a introduit « des trucs paysans que les Banatais savouraient, mais qui
étaient un handicap pour les snobs de Bucarest » (ibidem). Selon Jadwiga Cook,
« le traducteur est donc souvent obligé de sortir des sentiers battus et de chercher
ailleurs des solutions pour rendre dans la langue cible le caractère familier des
propos des personnages ».
On peut donc cataloguer les mots banatois comme des mots de couleur
locale, mais qui pour l’auteur-traducteur sont des termes qui lui rappelle un retour à
son être.
Roumains déracinés est un roman dont on décrit une histoire effrayante
d’une famille de paysans roumains de Banat qui a été disloquée d’une province à
l’autre dans des conditions féroces pendant la période communiste. D’autre part,
c’est une sorte de roman autobiographique où l’auteur voulait décrire le cadre de
son existence.
Il faut préciser que Roumains déracinés est le premier volume en français,
écrit en 1985, il a été publié d’abord en traduction roumaine sous le titre Comoara
(Le trésor, 1989), fortement censuré, puis intégralement en deux volumes, avec le
titre Dislocatii.
Paul Miclau a publié en France le volume Roumains déracinés en 1995
pour lequel il a obtenu le prix de l’Association des Écrivains de Langue Française.
Dans une interview, l’écrivain Paul Miclau a soutenu que le volume
Roumains déracinés est l’une des œuvres la plus proche de son âme, volume qui
n’a pas pu être publié en français en Roumanie, parce qu’il aurait été censuré d’une
manière stalinienne. C’est plutôt un roman poétique (voir M.Gyurcsik, 1999),
quoiqu’on rencontre des voix qui disent qu’il s’agit d’un texte postmoderne, car il
contient peu de fiction par rapport au réel quotidien. Ce roman a eu un grand
succès en France étant lancé quatre fois y compris au Conseil de l’Europe.Toutes
les traductions faites par Paul Miclau ont été comme une „aventure” assez
compliquée, qui se sont déroulées sur trois directions:
1.
La traduction professionnelle – la propre traduction de la thèse de
doctorat Le signe linguistique, publiée en 1970 à Paris, aux éditions
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Klincksieck, dans laquelle le signe était interprété au niveau saussurien.
La variante en roumain Semiotica lingvistică (1978) a été publiée à la
maison d’éditions Facla, à Timisoara, qui est devenue un titre de référence
dans le domaine. Le texte original repose sur les structures françaises, en
reste, pas beaucoup d’aménagement.
2.
La traduction en prose – le paradoxe de l’autotraduction. L’auteur
ne sait pas le point d’arrivée de sa traduction. C’est le cas de Roumains
déracinés.
3.
La traduction poétique. La question primordiale pour cette
direction était comment traduire en français un texte poétique? Chez
P.Miclau on traduit par les moyens d’alexandrins. C’est le cas de ses
sonnets au nombre de presque 2300, parmi lesquels une moitié a été
traduite en français et en roumain. En ce qui concerne les sonnets
roumains, l’auteur a adapté le vers roumain à l’alexandrin français ; il a
constamment utilisé le vers de 12-13 syllabes avec césures masculines et
rythmes de fond iambique. Cela représente une importante innovation
dans l’évolution du sonnet roumain, marquée par le recours quasisystématique à l’hendécasyllabe.
La version française du roman Roumains déracinés nous offre la clé pour
transcoder la version en roumain. Le discours familier du texte français n’a pas
été forcé par l’auteur parce qu’il a eu ce sentiment, étant donné ses connaissances
en français et la pratique de ce discours avec ses étudiants à Montpellier.
Le problème que nous proposons dans notre recherche est la traduction de
certains traits de français familier en patois du Banat que nous allons les illustrés
par zones d’intérêt, c’est-à-dire, degré de parenté, manifestations humaines, objets,
nourriture, plantes et autres intérêts. Zone 1:
Degré de parenté
Mais dans ce sens il devrait passer la
parole à son oncle (9).
Ton grand-père Simion est descendant de
la famille d’un prêtre, mais du village
voisin (11).
Tu te rappelles? dit tante Anne à sa bellesoeur (20).
Non, tonton, c’est au taureau qu’il faut
(36).
Pentru asta ar trebui să dea cuvântul lui uică-su,
vestit geolog amator (11).
Taica este și el coborâtor dintr-o familie preoțească,
dar din satu vecin (14).
Îți aduci aminte? spune ceica (28).
Nu, uico Paule, trebă musai un bic (51).
Paul Miclau qui écrit pour un public francophone, emploie des termes
spécifiques du discours familier pour „impressionner” un lecteur plus proche au
niveau de la communication. En français l’auteur recourt souvent au synonyme
familier tonton pour oncle et le patois du Banat, à la place de unchi, le traducteur
choisi le terme uica; pour tante - ceica; pour grand-papa - taica. Du point de vue
des procédés de traduction, on remarque une traduction fidèle. Zone 2:
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Manifestations humaines
Il faut travailler dur et surtout „faire gaffe” (9).
Trebuie să lucri țapăn și mai ales să fii cu băgare
de seamă (12).
Dans la lumière sacrée du dimanche on cause (25).
Givănim în lumina sfântă de duminică (35).
Grand-mère apportait le baquet pour que le sang ne Maica aducea lăvoru pentru ca sângele să nu
salisse pas l’endroit (29).
ime locul cu pricina (40).
Je vais me coucher sur le foin dans la grange; Am să mă culc pe fânul din șofru; altfel îmi vine
autrement, je suffoque (16).
iar greomântu (22).
Le traducteur Paul Miclau fait appelle en roumain aux termes qui
appartiennent au trésor du Banat pour faire le lecteur roumain « choisir judicieux»
certaines valeurs significatives. Ainsi pour le verbe causer, le traducteur propose le
verbe a givăni propre au patois banatois, synonyme du verbe a discuta; de même
pour le verbe salir, on propose son équvalent banatois - a imi, synonyme du verbe
a murdări, a păta. Quant au verbe suffoquer, le traducteur emploie le nom
greomântu, synonyme avec sufocare, astmă. Cette couleur locale que le traducteur
offre est une grande satisfaction pour les lecteurs du Banat, mais pour le reste, c’est
assez difficile de comprendre leur sens sans faire appelle au dictionnaire argotique.
Zone 3:
Objets
Et puis on rentrait tous, dans la charettte (13).
Les gosses s’amusent dehors sur la terre battue,
en jouant à une sorte de golf primitif (15)
Tu noues le sac, le passes sur le manche de la
faux, arranges un peu ta chemise blanche et tes
larges caleçons (16).
Il y a une assiette pleine de „bontés”: oeufs,
saussissons,fromage (21).
Grand-mère apportait le baquet pour que le sang
ne salisse pas l’endroit (29).
Il n’y a pas longtemps, grand-père t’a
aaccompagné en ville, muni d’une corbeille de
raisins (30).
Papa, m’as tu acheté un canif? (65).
On met une couverture sur la bête, qui recouvre
tout, y compris le baquet (37).
Les objets sont accumulés en tas aveec le souci
que rien ne manque: outils agricoles,
instruments, vêtements, bouffé (137).
La charette est pourvue de ridelles en planches
étanches (202).
On met la nappe par terre, on s’assoit tous autour
et on mange avec une discrétion telle que si l’on
fait bien attention, on entend les ailes du SaintEsprit passer au-dessus (186).
Și hai spre casă, cu toții-n cocie (17)
Puștii se joacă de-a poarca pe socac, un fel de golf
primitif (19).
Înnozi straița la gură, o pui pe dârjala de la coasă, îți
chitești cămașa albă și izmenele largi (21).
Fiecare ia cineriul plin de bunătăți: ouă, cârnați,
brânză (28).
Maica aducea lăvoru pentru ca sângele să nu ime locul
cu pricina (40).
Nu cu multă vreme înainte, taica te-a dus la oraș, luând
cu el o cotăriță de struguuri (40).
Tati, mi-ai cumpărat o briptă? (93).
Se pune o poneavă deasupra vitei, care acoperă totul,
inclusiv butoiul (52).
Lucrurile sunt adunate în grămezi bine aranjate pentru
ca nimic să nu lipsească:unelte agricole, țăujîni,
haine, hrană (222).
Bocul are loitre dă scânduri bine-ncheiate (93).
Punem mesărița jos, ne așezăm roată și mâncăm cu
atâta cucernicie încât, dacă luăm aminte,auzim aripile
sfântului duh trecând peste noi (64).
Dans cette multidude d’occurences que nous venons de présenter qui
contiennent des objets, nous a fait curieux de pouvoir élucider d’une certaine
manière le sens de ces termes en feuillettant un glossaire des mots banatois de
P.Miclau dans son livre de vers Comorîștea (2009), dans lequel on trouve en
quelque sorte l’explication donnée par l’auteur: « Ma langue du Banat se sent bien
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pour ceux qui peuvent la lire, je ne l’ai pas transcrite du point de vue de la
phonétique comme l’ont fait quelques-uns, compliquant ainsi la lecture pour les
natifs et pour les nobles ayant la langue aigue de Valachie. Je présente à la fin de ce
livre quelques règles de prononciations pour ces derniers dans l’heureuse
hypothèse qu’ils voudraient se pencher sur mon trésor de Comorîștea et choisir
certaines « valeurs » […] et un glossaire pour ceux qui ne connaissent pas ces
termes banatois » (Miclau, 2009: 7). Nous nous sommes penché sur ce trésor et
nous avons élucidé le sens. Ainsi, pour le terme cocie on trouve le sens de căruță;
pour socac - uliță; pour dârjală (d’origine slave) - mânerul la coasă; ciner
(d’origine française) - platou; lăvor (d’origine française) - lighean; cotărițe - coș
din nuiele; briptă - briceag; poneavă - scoarță; țăujîni - unelte, instrumente; boc căruță cu ladă; mesăriță - față de masă. P.Miclau a utilisé ces termes banatois du
désir de garder le vrai trésor de sa contré natale, de ses ancêtres qui lui ont laissé
comme trésor cette douce langue. Zone 4:
Nourriture
Le 9 mars , c’est les „Martyrs”; toute la matinée on
mange des crêpes, préparées sur un grand plateau en
fonte, à même le feu (15).
En ville, on les retire à l’avance et on met du sucre à
leur place (35).
Le premier sillon c’est pour y mettre les grains de
maïs et de haricot, mélangés dans une proportion
précise, pour que le haricot n’étouffe pas le maïs
(42).
Tu laisses couler tes larmes dans la spirale de ses
feuilles et, diluées par la pluie , elles descendent
aux racines pour revenir après dans la „mamaliga”
que tu mangeras pendant l’hiver (87).
C’est comme ça. Fille, prends le baquet, il est déjà
plein du lard (183).
La 9 martie sunt Mucenicii; toată dimineața ne îndopăm
cu scoverzi, gătite pe plita de fontă uriașă, așezată pe
pirostrii (19).
La oraș se scoate osul înainte, iar în locul lui se pune
țucăr (49).
Prima brazdă este pentru a pune boabele de cucuruz și de
păsule amestecate într-o proporție exactă, pentru ca
păsulea să nu sufoce cucuruzul (59).
Lași lacrimile sa-ți curgă în spirala frunzelor lui și, diluate
de ploaie , ele coboară la rădăcini pentru a se-ntoarce apoi
în coleșă pe care ai s-o mânci la iarnă (131).
Gata. Fiică ia lăvoru, îi plin dă clisă (59).
Pour cette zone de nourriture, le traducteur nous a offert une variété de
termes, auxquels ont trouve avec difficulté les explications si on n’étudie pas le
glossaire, proposé par l’auteur. Pour le terme scoverzi il lui correspond son
synonyme roumain clătite; pour țucăr d’origine slave, on a zahăr; pour păsule fasole; pour coleșă - mămăligă, d’ailleurs le traducteur emploie et en français le
terme mamaliga; pour clisă - slănină. On considère que le recours du traducteur à
ces termes prouve le retour à son être. Zone 5:
Plantes
Le plus pénible c’était entre les champs de maïs,
qui attiraient les bêtes (33).
Mais avant, il faut fait faire la toilette des ceps: les
logoter avec des fils de raphia, ou, comme ça
devient rare, avec des fils tirés des lanières de
tilleul (46).
Les „croix” ont bien résisté à l’orage (186).
Cel mai nasol era printre lanurile de cucuruz, care
atrăgeau vitele (46).
Dar mai înainte trebuie făcută toaleta ciocoților, legatul
cu fire de rafie, sau, cum aceasta e din ce în ce mai rară,
cu fire dezlipite de pe scoarța de tei (65).
Crâstașii n-au fost doborâți de furtună (63).
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Nous assistons ici à une série de lexèmes qui sont employés par le
traducteur juste pour laisser le lecteur s’imaginer le beau village banatois , qui se
trouve tout près de la frontière serbe, au milieu de la distance entre Moravița et
Oravița: cucuruz d’origine slave - porumb; ciocoți - butuci de vie; crâstași - 14
snopi în cruce. Zone 6:
Autres intérêts
Le troupeau s’établit quelque part dans un verger
de pruniers; mais certains agneaux, plus chétifs
restent à la maison (15).
„Poudre et poussière”, comme dit l’Écriture: on
l’enterra au cimetière des „bêtes” (14).
Je vais me coucher sur le foin dans la grange;
autrement, je suffoque (16).
Quand arrive le sexe , je trébuche, on tombe tous
les deux dans la meule de foin et on se suicide
dans l’étreinte (18).
Autre épreuve:tu tiens l’oeuf à la main et un autre y
jette une pièce de monnaie, à un minimum de
distance (20).
Ce fut une honte, car le blé on le ramasse à
l’„aire”, où l’on construit des meules fantastiques
(22).
-Eh, Fleur, t’as pas l’impression qu’il y a six
jambes au pieu (30).
Cioporul se adună undeva într-o livadă cu pruni;dar unii
miei,mai firavi,rămân acasă (20).
Moi, tu sais, c’est pas pour le fric, ça m’intéresse
de guérir, de soigner les
autres (79)
Mă, e o chestie, nu mă interesează biștarii, eu vreau să
vindec, să tratez bolnavii (117).
Praf și pulbere, cum zice Scriptura:am îngropat-o în
mormînțu de marvă (18).
Am să mă culc pe fânul din șofru; altfel îmi vine iar
greomântu (22).
Când se dezlănțuie carnea, mă clatin, cădem amândoi în
poșorul de fân și ne sinucidem în îmbrățișare (24).
Altă încercare:ții oul în mână și un altul aruncă o
monedă, la distanță de un șuc (26).
A fost o rușine, căci grâul e adunat la arie , unde se
clădesc niște jirăzi fantastice (30).
Bărbatul ei, la un moment dat:măi Floareo, nu crezi că
sunt șase picioare pe strujac? (42).
Cette zone contient des mots qui sont utilisés en français et en roumain
pour le discours familier: fric (argent) en français et, biștari - bani, gologani en
roumain, mais aussi pieu (lit) en français et strujac - saltea din foi de porumb en
roumain. Pour le reste des occurences on rencontre: ciopor pour turmă; șofru pour
hambar, șopron; poșor pour căpiță de fân; jiradă pour claie et șuc de l’allemand
schuh. Pour le lecteur avisé ces termes sont assez connus, pour les autres leur sens
est assez difficile de le deviner, ce que fait que le folklore de Banat n’est pas
compris étant donné l’ancrage du discours familier.
Pour conclure nous devons mentionner quelques problèmes pratiques et
théoriques:
- Le texte français a été écrit sous la pression de la conscience pour le
publique francophone.
- La surprise de la traduction en roumain: l’auteur a constaté que le publique
roumain a changé.
- Une traduction très fidèle.
- L’un des paradoxes était que le texte était trop abstrait.
- La version roumaine s’approche davantage de la nature du texte.
- De savoir le registre dans lequel l’auteur a rédigé le texte en français.
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-
La version française a été écrit en français familier qui se rapproche au
français estudiantin.
- Comment traduire en roumain les nuances argotiques? Il est impossible de
les traduire.
- C’est la spontanéité: en roumain l’auteur a respecté le langage de ses
paysans.
- Pour l’intelligence, c’était un problème, car on devait étudier le
dictionnaire pour pouvoir comprendre les mots banatois.
- En matière de la théorie de la traduction prédomine l’équivalence.
Les paradoxes du traducteur en autotraduction: être à cheval sur les deux
langues. On peut dire que l’auteur de l’autotraduction et celui qui écrit est un
trilingue. En France le roman Roumains déracinés a eu un grand succès. La version
française en Roumanie est quasi inconnu, mais la version roumaine est assez
connu. Le panorama de la traduction de la prose c’est tout à fait un drame pour
l’auteur Paul Miclău. Il a évité le piège de l’adaptation, mais il a utilisé la
paraphrase. La tonalité impersonnelle est la spontanéité et la sincérité de l’auteur.
Notes
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1
Jadwiga, Cook. « Les marques lexicales du français familier dans la traduction polonaise
des dialogues
romanesques », Traduire [En ligne], 226 | 2012, mis en ligne le 03 février 2014, consulté le
05 mars 2015. URL :
(source : http://www.traduire.revue.org/162;doi:10,4000/traduire.162 )
Références bibliographiques
Cook, Jadwiga. Les marques lexicales du français familier dans la traduction polonaise
des dialogues romanesques, Traduire. 226 | 2012, mis en ligne le 03 février 2014, consulté
le 05.03.2015. (http://www.traduire.revue.org/162;doi:10,4000/traduire.162 )
Gyurcsik, Margareta. « Roumains déracinés – un roman politique/poétique », Dialogues
francophones, n° 4/1999. Timişoara : Editura Mirton.
Miclau, Paul. Comorîștea. Timișoara: Editura Mirton, 2009.
--- . Universités. București: Editura Universității din București, 2004.
--- . Roumains déracinés. Paris : Éditions Publisud, 1995.
--- . Dislocații. București: Editura Prieteni Cărții, 1994.
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