La Bologne rouge et l`horizon bleu - VCS Verkehrs

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La Bologne rouge et l`horizon bleu - VCS Verkehrs
Edition spéciale voyages
mAGAZINE
LA MOBILITÉ NOUVELLE
Partir
La Bologne rouge
et l’horizon bleu
Europe
Randonnée
Les meilleures liaisons ferroviaires
Nouvelle perspective sur le Tessin
Page 25
Page 42
3 / juin 2011
Passez avec toute votre famille des moments inoubliables à
Europa-Park et découvrez des attractions palpitantes ainsi que
des spectacles fascinants. Réservez votre excursion d’une
journée ou votre séjour à Europa-Park avec ou sans voyage en
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Nouveau en 2011:
forêt enchantée et
attraction «Volo da Vinci»
RailAway
Moments palpitants à Europa-Park.
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© Peter Krebs
© CFF
25
© Urs Geiser
L’Europe en train La nouvelle carte de l’ATE donne de précieux détails
42
34
Alta Via Maggia Un nouvel itinéraire à découvrir
ACTUEL
4
29
Instantanés
FRANCE
6
Hambourg La froide hanséatique frappe par sa diversité
SERVICE
FRANCE
30
La Corse à vélo
L’horizon bleu
ALLEMAGNE
12
PORTRAIT
34
I TA L IE
14
La diva tombée en disgrâce
20
PORTRAIT
SUI SSE-I TA L IE
22
À Venise par la voie des eaux
Hambourg la bien aimée
SUISSE
38
Autour du Lac Léman
SUISSE
42
Nouvelle perspective sur le Tessin
48
PORTRAIT
50
CONCOURS
EUROPE
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Les meilleures liaisons par train
Page de couverture Les temps sont durs pour Bologne la rouge, mais sa beauté reste intacte. Photo: Peter Krebs.
ATE Magazine la mobilité nouvelle Le magazine de l’ATE Association transports et environnement.
Paraît 6 fois par an. Adresse de la rédaction: ATE, case postale 8676, 3001 Berne (tél. 0848 611 613; e-mail: [email protected]). Rédaction: Peter Krebs (pk).
Pages régionales: Urs Geiser, Noëlle Petitdemange. Annonces: Katharina Rutishauser (tél. 058 611 62 54, fax 058 611 62 01; e-mail: [email protected]).
Graphisme: www.muellerluetolf.ch, Susanne Troxler. Impression, distribution: Ziegler Druck, Winterthour. Papier: Charaktersilk, 100% recyclé.
Tirage: 88000 (français 17000, allemand 71000). Prochaine édition: 28 juin 2010. Remise des annonces: 31 mai 2010. Renseignements: tél. 0848 611 613
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
3
ACTUEL
Instantanés
Editorial
Bonnes salutations de l’Europe
Les voyages à l’étranger font souvent la
part belle à l’avion. Ce moyen semble
plus rapide et meilleur marché que le
rail. Ceux qui ont beaucoup de bagages
misent sur la voiture. Par contre, le chemin de fer, respectueux de l’environnement, n’a pas la cote auprès des voyageurs.
Sous certains points de vue, il ne peut que s’en prendre
à lui-même. Les voyages transfrontaliers sont trop compliqués. Des liaisons directes et des trains de nuit ont été
rayés, le chemin de fer fait le gros dos au transport de vélos,
Des services de bus ont dans un
premier temps été instaurés et
testés dans quatre régions pilote. Les excursionnistes ont accueilli l’offre avec engouement.
Au cours des deux premières années d’essai, le bus alpin a transporté au total environ 23 000
passagers. Depuis 2009, le bus alpin est financièrement indépendant de la Confédération ce qui
ne compromet aucunement son
succès. Entre-temps, il transporte près de 30 000 voyageurs
par an dans les sept régions desservies. Distingué par plusieurs
prix, le bus alpin s’est imposé
comme exemple parfait pour le
développement d’offres de transports publics en montagne adap-
Le bus alpin dessert
sept régions
Le bus alpin soutenu par l’ATE
s’impose. Il dessert entre-temps
pendant l’été sept régions de
montagne.
Aussi étoffée qu’elle soit, l’offre
des transports publics en Suisse
présente certaines lacunes. Bon
nombre de destinations touristiques en montagne sont mal
desservies, voire pas du tout.
Etant peuplés par moins de cent
habitants, ces lieux d’excursion
passent à travers les mailles du financement du trafic régional. Le
bus alpin a été introduit en 2005
pour remédier à cette carence.
il manque une information unitaire et fiable. Récemment,
à la gare de Bologne, souhaitant me renseigner quant aux
j’ai d’abord été envoyé de gauche à droite, jusqu’à ce qu’un
employé pense à l’Internet: le site de la Deutsche Bahn.
Cependant, le chemin de fer a beaucoup d’avantages.
Contrairement à l’avion, il arrive au centre ville. Les temps
de parcours et les tickets sont plus avantageux que l’on croit.
Le magazine de l’ATE permet de combler les lacunes d’information. Au milieu de ce numéro (pages bleues), vous trouverez une carte indiquant les villes aisément atteignables, ainsi
que des suggestions utiles, dans un format condensé.
Notre (quatrième) numéro spécial sur le voyage sert, comme
de coutume, de foire aux idées pour des voyages dans notre
pays et dans les pays voisins. Pour des randonnées, des
tours à vélo, des visites de villes et un parcours d’aventure
en canoë, de Locarno à Venise (retour en train!). Il y a des
trains directs qui relient la Serenissima à la Suisse. Le canot
pliant peut être transporté comme bagage. Même le retour
de Bologne s’est bien terminé. Depuis cette belle ville, il y a
plusieurs liaisons journalières pour la Suisse qui admettent
les vélos, chargés par les voyageurs ou transportés dans la
housse. Il faut juste savoir lesquelles : les compagnies de
chemins de fer ont encore du travail, pour que leurs voyageurs en aient moins.
Peter Krebs, rédacteur en chef
4
Vacances écologiques en Suisse
De nombreuses offres et possibilités ainsi que les partenaires
respectifs facilitent l’organisation de vacances en Suisse respectueuses de l’environnement.
Il suffit de les connaître. Le
Magazine ATE montre la voie.
Mobilité douce: L’organisation
Suisse Mobile se définit comme
réseau national destiné à la mobilité douce. Surtout efficace
dans les domaines des loisirs et
du tourisme, elle coordonne un
réseau d’itinéraires officiel et balisé de manière uniforme pour
la randonnée, le vélo, le VTT, le
roller et le canoë. Le réseau est
constitué des meilleurs itinéraires nationaux et régionaux.
Grâce à des étapes découpées
en fonction des transports publics, ces itinéraires conviennent
aussi pour des excursions d’une
journée. Des guides ainsi qu’un
site Internet informent largement sur les itinéraires et l’off re
de prestations de service (www.
suissemobile.ch). Rent-a-bike
(www.rentabike.ch, tél. 041 925
11 70) est la bonne adresse pour
louer des vélos dans de nombreuses gares ainsi que dans cer-
taines auberges de la jeunesse.
Réservations et transport
des bagages: La société Swisstrails rend les offres accessibles
sur tous les 22 itinéraires nationaux du projet Suisse Mobile.
En plus des offres forfaitaires, le
nouveau service «Swisstrails à la
carte» permet de composer des
programmes de voyages individuels d’une durée indéfinie tout
en profitant du confort d’hébergements réservés à l’avance et
© SuisseMobile
trains qui permettent le transport de vélos vers la Suisse,
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
© DR
ACTUEL
Instantanés
Plus de passagers dans les transports publics
Les trois principales entreprises des transports publics ont enregistré l’an dernier une forte croissance du nombre de voyageurs.
Le bus alpin facilite en été l’accès sans voiture au haut plateau de Greina.
du transport des bagages (www.
swisstrails.ch, tél. 044 450 24 34).
Transports publics (TP): Les
sites Internet des entreprises
TP fournissent souvent aussi des tuyaux de voyages aussi bien pour les particuliers que
pour des groupes. Voici quelques
adresses utiles : www.cff.ch, tél.
0900 300 300 (CHF 1.19/min. à
partir d’un poste fixe); www.railaway.ch ; www.bls.ch (Berne/Valais) ; www.carpostal.ch. Lorsque
l’offre du bus alpin (entre parenthèses le début de la saison):
Chasseral BE (30 avril 2011),
Thal SO (1er mai 2011), Moosalp
VS (18 juin 2011), Binntal VS
(18 juin 2011), Greina et vallée
de Blenio GR/TI (24 juin 2011),
Gantrisch BE (25 juin 2011, Alp
Flix GR (2 juillet 2011). (com)
Horaires sur www.busalpin.ch
les transports publics ne peuvent plus répondre à la demande,
il reste toujours le taxi des Alpes
(www.alpentaxi.ch).
Hébergements particuliers:
De nombreux prestataires de
Suisse proposent des hébergements dans des décors de rêve.
En font notamment partie la plupart des cabanes CAS en montagne (www.sac.ch, tél. 031 370
18 18), les maisons des Amis de
la Nature, principalement dans
(com)
les Préalpes et dans le Jura (www.
amisdelanature.ch, tél. 031 306
67 67) et les auberges de la jeunesse situées le plus souvent en
plaine et dans les villes (www.
youthhostel.ch, tél. 044 360 14
14). Les membres de ces organisations bénéficient de réductions
sur leurs nuitées. Quant à Patrimoine suisse, l’organisation gère
un service d’information et de
réservation pour des vacances
chic dans des demeures classées
(www.magnificasa.ch, tél. 044
252 28 72). C’est plus facile pour
dormir sur la paille (www.schlafim-stroh.ch, tél. 041 678 12 86)
et les vacances à la ferme (www.
reka.ch, service de réservation).
Actions en faveur de l’environnement/enfants : Différentes
possibilités s’offrent également
à celles et à ceux qui ont envie
d’entreprendre quelque chose
d’utile pendants leurs vacances.
La Fondation Actions en Faveur
de l’Environnement (FAFE) organise, propose et gère des chantiers de volontaires à travers
Le canoë fait également partie de
l’offre d’itinéraires de SuisseMobile
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
© Patrimoine Suisse
tées à la demande. La fondation
en avril 2011 d’une association
constitue la base pour étendre le
service à d’autres régions. L’association est financée par les cotisations des régions respectives
ainsi que des organisations nationales responsables dont fait
également partie l’ATE. Les sept
régions suivantes profitent de
L’année dernière, les CFF ont transporté 951 000 personnes en moyenne
par jour: plus que jamais auparavant. Le nombre de passagers a augmenté de six pour cent par rapport à 2009. Le trafic voyageurs international a quant à lui progressé au-dessus de la moyenne. Les CFF ont
réussi à augmenter leur part de marché par rapport aux autres moyens
de locomotion pour la porter à 25,2 pour cent (2009: 24,6). Cette part de
marché est particulièrement élevée parmi les navetteurs: aujourd’hui,
un salarié sur trois se rend à son lieu de travail en train.
La deuxième plus importante compagnie ferroviaire de Suisse, le
BLS, a elle aussi enregistré une forte croissance. Le nombre des voyageurs a en effet progressé de 3,8 pour cent pour atteindre presque 50
millions. Quant au car postal, il a pour la première fois franchi en
2010 la barre des 100 millions de kilomètres parcourus. La demande a
elle aussi atteint un nouveau record avec 121,2 millions de voyageurs.
La maison « Unteres Turrahus », vallée de Safien,
accueille désormais les vacanciers.
toute la Suisse. Ils travaillent en
groupes, pour la protection de
la nature et l’entretien du patrimoine paysager. L’accent est mis
sur la construction de murs de
pierres sèches (www.umwelteinsatz.ch, tél. 033 438 10 24).
Une dernière chose : Il est
également possible de passer des
vacances écologiques à l’étranger. Le voyagiste partenaire de
l’ATE voyages via verde est spécialisé dans ce domaine (www.
voyages-via-verde.ch, tél. 0848
823 824). Renseignements supplémentaires sur les suggestions
d’excursions du Magazine ATE
sur www.ate.ch/excursions).
5
ACTUEL
Dossier
Horizon bleu
Texte et photos: Daniel Anker
6
« L’année prochaine, j’irai à la mer », disent les Français quand ils en ont assez de
la montagne. Sur la Côte d’Azur et dans les calanques marseillaises, on a les deux :
les Alpes et une vue dégagée sur la Méditerranée. Grande randonnée le long des
plus belles côtes d’Europe.
FRANKREICH
Wandern
La randonnée à travers les Calanques offre de très beaux coups d’œil sur la côte blanche et sur la mer: les falaises de la Grande Candelle.
«M
on aspiration précoce pour
le ciel méridional »: cette formulation poétique constitue le premier
titre du premier tome d’une œuvre en
quatre volumes parue en 1818/19. L’auteur attiré par le Sud était un pasteur de
Karlsruhe du nom de Christian Mylius.
Le récit de voyage presque interminable
porte comme titre « Pittoresque périple
pédestre à travers le Midi de la France et
une partie de Haute-Italie».
Il nous faudrait avoir autant de temps
que le pasteur infatigable. Pas seulement
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
pour voyager, mais aussi pour écrire. Les
quatre tomes épais peuvent être achetés
en ligne sur www.zvab.com ou consultés
à la bibliothèque nationale à Berne. Mais
ils sont trop précieux et bien trop lourds
pour être emportés. Dans le quatrième
livre, en début du chapitre 60, Mylius
a noté: «Le chemin est large et grimpe
par degrés durant deux heures, longeant
souvent des précipices vertigineux. Ici,
sur les hauteurs, nous avons pu savourer
une fois encore la vue splendide sur Fréjus et la ravissante vallée fertile, le cours
d’eau, le port, la mer, Saint-Raphaël et
les montagnes de Saint-Tropez.» Et c’est
précisément Saint-Tropez que nous avons
choisi comme point de départ de notre
randonnée direction ouest le long de la
Côte d’Azur.
«Toutes les côtes françaises sont hospitalières et libres. Le sable n’est pas compartimenté, exploité et cloisonné en parcelles à l’italienne, chacun profite du libre
accès à la mer. » Publié il y a cinquante
ans, l’ouvrage «Voyages en France » de
Wolfgang Koeppen n’a rien perdu de
son actualité et de la joie que procure la
lecture. Certes, sur la Plage de Pampe-
7
FRANCE
Randonnée
Près du Cap Camarat, les vagues encerlent les rochers plantés dans la mer.
lonne, les carrés VIP s’alignent côte à côte
et comptent une ribambelle de boîtes de
nuit fréquentées par la faune tropézienne.
Mais ces zones ne vont pas jusqu’au bord
de mer et l’on peut toujours flâner le long
de la plage.
C’est précisément ce qui donne tout
son charme à ces promenades sur la Côte
varoise qui relie Le Trayas dans l’Estérel
à Les Lecques près de Saint-Cyr-sur-Mer.
Le Sentier du littoral suit en grande partie les 432 kilomètres de la Côte varoise.
Nous en parcourons 128 kilomètres auxquels s’ajoutent les 42 kilomètres jusqu’au
Cap Canaille à Cassis et sa falaise maritime culminant à près de 400 mètres,
la plus haute de France. Sans oublier les
dix heures de marche à travers la mer de
roche des calanques de Marseille – un final à couper le souffle d’une randonnée
sur la Côte d’Azur en neuf étapes avec
une durée de marche totale de 56 heures.
Le Sentier littoral permet de décou-
8
vrir une Côte d’Azur plus ou moins restée intacte depuis tout ce temps: une côte
scintillant en tons rougeâtres et jaunâtres
avec des arbres verts et les embruns
blancs, une eau merveilleusement bleue
et un ciel azuréen. En plus, le sentier pédestre donne aux promeneurs l’agréable
sensation de pouvoir jouer un tour aux
propriétaires privés. Il a en effet été aménagé le plus souvent entre les terrains immobiliers et la mer. On a ainsi dépensé
des fortunes dans les villas autour du Cap
de Saint-Tropez qui n’accèdent cependant
pas à la plage où passe le Sentier littoral
discrètement balisé en jaune.
Puis nous poursuivons notre chemin
et voyons s’envoler la supposée magie des
propriétés privées. Le changement social
et végétal est particulièrement stupéfiant
sur la Côte varoise. Cela a été rendu possible grâce au sauvetage de tronçons côtiers devant les projets de construction,
mais aussi grâce à la confirmation du
concept du Sentier du littoral en 1986 par
la Loi Littoral. Le Cap Taillat n’est relié à
la terre ferme que par une étroite langue
de sable: en 1970, le Club Méditerranée
avait acquis ce coin charmant de la Côte
d’Azur pour y construire un village de
vacances. Le projet de construction a
pris du retard, le permis de construire a
été retiré et le Conservatoire du Littoral
a été en mesure de racheter l’îlot en 1987.
Aujourd’hui, les promeneurs peuvent à
nouveau emprunter librement les 38 kilomètres de chemin autour de la presqu’île
de Saint-Tropez.
Nous décidons de passer le premier
jour sur la Plage de Pampelonne. Tantôt, ce sont les vacanciers en maillot de
bain qui se font remarquer, tantôt ceux
qui n’en portent pas. Les randonneurs
avisés enlèvent leurs bottes pour se promener une heure pieds nus sur le sable.
A droite l’odeur de crèmes solaires et
d’amour, à gauche la mer et les bateaux à
moteur. Ceux qui se fixent pour but d’en-
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
FRANCE
Randonnée
trer dans chaque restaurant et bar situé
entre la Plage de Tahiti et la Bonne Terrasse n’arriveront jamais au bout de leur
programme. En revanche, qui sait résister
à toute tentation, tel Ulysse ignorant au
large les chants des sirènes, aura en fin de
compte des jambes aussi lourdes que les
bras des plagistes en fin de saison.
Les jambes et les bras sont mis à rude
épreuve pendant la quatrième étape entre
Le Lavandou et Les Salins-d’Hyères, autour du Cap Bénat. Le Sentier littoral
s’arrête alors brusquement, nous laissant
face aux rochers sur lesquels vont venir
s’échouer les vagues si possible en douceur. A partir de là, pour avancer, nous
avons besoin en plus de nos pieds aussi
de nos mains. Quelques flèches jaunes
indiquent l’itinéraire approximatif. Mais
c’est à nous de décider où nous voulons
poser un pied ou trouver une prise pour
les mains. Jamais difficile, ce n’est pourtant pas non plus facile ; les Français appellent ce type de randonnée «sportif » :
une sorte de randonnée d’escalade. Des
roches d’ardoise totalement lisses puis
tranchantes, jaunes et gris, avant que ne
ressurgisse soudain une anse de rêve à
laquelle on n’accède qu’ainsi – ou en bateau. Quant au président français, il n’y
viendra sans doute qu’en limousine ou en
hélicoptère. Sa résidence d’été, le Fort de
Brégançon, ne se trouve en effet qu’à une
encablure de là. Nous faisons le salut militaire et poursuivons notre route.
Quel bonheur de marcher et de s’accorder un verre en fin de journée ! Une
petite mousse bien fraîche et méritée
après le parcours exigeant qui nous
conduit du Cap de Carqueiranne jusqu’à
la plage du Mourillon, avec vue sur l’entrée du port de Toulon. Plus tard, nous
nous régalons dans un restaurant de
poisson de la capitale du département du
Var. Le lendemain matin, nous prenons
le bus pour rejoindre le point de départ
de l’étape suivante, le tour du Cap Sicié
qui s’enfonce dans la mer comme la proue
d’un bateau immobile: encore un passage
côtier de rêve traversant une végétation
luxuriante. En contraste saisissant se présentent à nous les escaliers partiellement
rouillés entre Sanary-sur-Mer et Bandol:
sensations fortes pour nous autres piétons.
beauté m’a réconcilié avec le monde. Toujours. C’est vrai qu’elles sont belles, les
calanques. Il ne suffit pas de le dire, il faut
s’y rendre. Mais on n’y arrive qu’à pied ou
en bateau.» C’est ainsi que l’auteur marseillais Jean-Claude Izzo décrit les excursions de son héros Fabio Montale du polar
politique «Chourmo» dans les paysages
calcaires situés entre la deuxième plus
grande ville de France et la Méditerranée.
Les calanques: une réserve naturelle longue de 20 et large de 4 kilomètres. C’est
en juin 2011 que naîtra officiellement le
Parc national des Calanques. Une idée judicieuse car ce paysage aux fjords profondément encastrés est absolument unique,
pas seulement en Europe. Précisons toutefois que les calanques – traduction:
pentes raides, criques) n’appartiennent
plus à la Côte d’Azur (qui commence près
de Bandol) mais à la Provence.
« Parfois je partais me promener
dans les calanques, Sormiou, Morgiou,
Sugiton, En-Vau… Des heures de marche
avec mon sac à dos. Je transpirais et perdais mon souffle. Je restais cependant
d’attaque. Mes doutes et mes craintes se
sont estompés. Mes angoisses aussi. Leur
Le sentier pédestre entre le Cap Bénat et le fort de Fort Brégançon (en bas).
Coteau fleuri près du Cap Sicié (à droite).
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
9
Marseille, avec son vieux port, constitue le point de départ ou d’arrivée des randonnées le long de la Côte d’Azur.
Dans le port de pêcheurs de Cassis,
localité aussi ravissante que pittoresque
entre le Cap Canaille et les calanques, des
embarcations attendent les touristes pour
les conduire dans les criques et anses de
ce paysage calcaire sauvage. En traversant
la jetée avec notre sac à dos, nous voyons
un canotier nous faire signe de la main.
Non merci, nous préférons poursuivre
notre chemin à pied. «C’est bon pour les
jambes », nous lance-t-il dans son inimitable accent provençal.
Qui a de bonnes jambes réussit à
parcourir le trajet en une journée. Et s’il
lui reste quelques réserves, il peut même
aligner un crochet d’environ une heure
dans l’un des autres endroits magiques
de ces montagnes maritimes blanches:
le Cap Morgiou. Lorsqu’on est assis tout
devant, quelques mètres plus loin encore
que le dernier bouquet de fleurs jaunes,
on a définitivement laissé le monde derrière soi. Immobilité et mouvement. Il ne
reste que les vagues qui déferlent contre
la falaise vingt mètres en contrebas. Des
mouettes crient, un bateau passe en faisant teuf-teuf. Le regard vers l’est va
jusqu’au Bec de l’Aigle, près de La Ciotat,
et vers l’ouest jusqu’à l’Ile Maire, devant
Les Goudes: toute la splendeur rocheuse
des calanques.
«L’année prochaine, j’irai à la mer!»
Cette phrase très prisée des Français est
surtout prononcée quand les vacances en
montagne sont littéralement tombées à
l’eau tandis que le soleil a illuminé le ciel
méridional. La montagne et la mer – ça
paraît incompatible. Mais pas dans les calanques et plus généralement sur la Côte
d’Azur qui n’est en principe rien d’autre
que la côte des Alpes.
L’année prochaine, j’irai à la mer.
Pourquoi attendre ? En route, les amis!
Informations pratiques
Caractère : Le trajet Saint-Tropez-Marseille à pied convient
aux randonneurs chevronnés et
aux bons marcheurs. Ceux qui ne
peuvent pas marcher des heures
pour accéder aux criques de rêve
auront du mal à s’en sortir. Et ceux
qui perdent la vue d’ensemble
rien qu’en voyant deux rangées
de chaises longues ne trouveront
pas leur route sur les chemins le
10
plus souvent balisés. Les étapes
4 et 5 comportent également des
tronçons sans chemin qu’il s’agit
d’escalader – sauf quand les vagues trop hautes empêchent le
passage.
Saison : Mai, juin, septembre;
beaucoup d’hôtels sont fermés en
avril et en octobre et en plein été,
il y a trop de monde.
Y aller: En train via Marseille
jusqu’à Toulon (www.cff.ch), puis
en bus à Saint-Tropez (www.varlib.fr).
Itinéraire en 9 étapes : www.ate.
ch/excursions
Equipement : Bonnes chaussures
de randonnées, maillot de bain.
Cartes : IGN Top 25, feuilles 3545
OT St-Tropez, 3446 ET Le Lavandou, 3446 OT Hyères, 3346 OT
Toulon, 3245 ET Aubagne-La Ciotat, 3145 ET Marseille.
Guides : Pierre Garcin, Nicolas Lacroix : Sentiers du littoral
méditerranéen, Randonnées de
Marseille à Saint-Tropez, Editions
Glénat 2008 (guide illustré avec
descriptif de pratiquement toutes
les étapes).
Daniel Anker : Côte d’Azur, Rother
Wanderführer 2011.
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
© A. Murillo/iStockphoto
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Plus l’ATE comptera de membres, plus son poids politique sera important.
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forêt enchantée et
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RailAway
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EN ROUTE
Portrait
Mario Muntwyler, 14 ans, est le «fils du milieu» de la famille de cirque Monti.
Il a été en tournée avec le cirque depuis sa naissance.
«La caravane est mon chez-moi»
Propos recueillis par Stefanie Stäuble
«F
in janvier, nous étions
avec l’école dans un
camp de ski sur le Splügen. Nous
ne partons qu’une semaine par
an en vacances avec la famille,
toujours à la fin de la saison, en
octobre. Le plus souvent, c’est la
mer qui nous attire, l’an dernier,
nous avons séjourné à Chypre. Le
temps manque pour des voyages
dans les pays d’outremer.
Croyez-moi, je mène une vie
tout à fait normale. J’ai ma propre
chambre même si, en ce qui me
concerne, il s’agit d’une caravane.
J’adore le hip hop, genre 50 Cent.
J’aime aussi parfois regarder un
DVD. Ma série TV favorite est
«Two and a half men», connue
sous le titre «Mon oncle Charlie». Jouer sur une Playstation
me plaît également, mais je n’ai
pas eu trop le temps de le faire
récemment. La lecture n’est pas
mon truc. Parfois, je jette un œil
sur le « Sonntagsblick ». J’écoute
aussi peu la radio. Cela ne m’empêche pas d’être au courant sur
ce qui se passe dans le monde.
On ne peut pas ignorer ce qui arrive au Japon ou en Libye. Mon
passe-temps favori? Jongler. J’ai
mon propre numéro de jonglage
avec des quilles au Circus Monti.
Les plus beaux sites
Les emplacements du chapiteau
en bord de lac sont les meilleurs:
Sempach, Lucerne ou encore Unterägeri. Sauter dans l’eau en été
par une chaleur torride est un
plaisir irrésistible. Pendant la saison, qui dure pour notre cirque
de mars à octobre, je jongle environ trois quarts d’heure chaque
après-midi pour m’échauffer et
réviser des exercices qui n’étaient
pas au point la veille. Berne a le
12
public le plus enthousiaste. Au- la même classe d’école du discune idée pourquoi il en est ain- trict de Wohlen où j’ai quelques
si mais c’est bien à Berne que ça bons amis. Nous avons deux camarche le mieux. Nous restons ravanes scolaires, l’une pour l’enen général de deux à quatre se- seignement et l’autre pour les
maines dans les villes d’une cer- examens et le travail en groupe.
taine importance et seulement Défense de copier, évidemment,
d’un à deux jours dans les petites même si on est seul! Mes points
localités. J’ai l’habitude d’être forts sont le français et l’antout le temps en voyage. Ce se- glais, surtout l’oral. Je ne peux
rait à mon avis ennuyeux de tou- pas m’entretenir avec les artistes
jours rester au même endroit. sans ces deux langues. Cette anDepuis que j’ai appris à penser, née, les artistes viennent de huit
je suis souvent entouré d’adultes. nations : Etats-Unis, Canada, ItaCe qui ne m’empêche pas d’être lie, France, Maroc, Pologne, Alaussi en contact avec des jeunes lemagne et Suisse.
de mon âge. J’ai presque partout
Le cirque dans le sang
des copains car on retrouve souvent au même endroit les mêmes Je pense avoir du sang de cirque.
personnes rencontrées l’année Artiste est mon métier de rêve
précédente. Quand il fait beau, et je peux tout à fait m’imaginer
nous jouons au foot ou au basket. de m’inscrire un jour à l’école
Cinq enfants accompagnent cette d’artistes de Stockholm, une
année le Circus Monti en tour- très bonne adresse pour les jonnée. Un enseignant et une maî- gleurs. Mon frère aîné suit une
tresse à temps
partiel assurent
Un enseignant et une maîtresse
notre éducation.
Pendant la saià temps partiel assurent notre
son, j’ai l’école
le matin tandis
éducation.
que l’après-midi
et le soir sont généralement consacrés aux repré- formation commerciale, ce serait
sentations. Je n’assiste pas à la se- également une possibilité pour
conde partie du spectacle, je dois moi. Mais j’adore me produire
être au lit à dix heures, à cause de au cirque. Je n’ai pas vraiment le
l’école. J’ai du mal à commencer trac, sauf quand quelqu’un dans
m’impressionne,
ma journée, en revanche, il m’ar- l’assistance
rive d’être encore en pleine forme comme Jonny Fischer de « Dià minuit. Je me couche souvent vertimento » ou le jongleur Kris
tard le week-end. Après la repré- Kremo. Comment j’en suis arrisentation, on me trouve normale- vé au jonglage ? En 2003, quand
ment autour du buffet à discuter j’avais six ans, mon père prépaun peu avec les autres. Parfois, rait un numéro de diabolo avec
des enfants viennent me voir à mon frère aîné. J’ai traîné aula fin du programme. En hiver, tour d’eux jusqu’à ce qu’on m’asje suis pendant quatre mois dans socie au numéro. Auparavant, le
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
EN ROUTE
Portrait
© Circus Monti
réglées. Il ne faut pas croire non
plus que nous faisons plus de
barbecues que d’autres, et nous
ne sommes pas continuellement
en train de chanter autour d’un
feu de camp … On retrouve souvent les mêmes petits groupes.
Nous prenons le repas de midi
et le souper en deux services à
vingt personnes. Il faut donc être
ponctuel. Cette année, la nourriture est super. J’aime beaucoup
les pâtes et la viande – de temps
à autre un tartare de bœuf par
exemple. A midi, je mange le plus
souvent en famille. Parfois, c’est
ma grand-mère qui cuisine, elle
aussi accompagne la tournée.
Mon grand-père, qui a fondé le
Circus Monti, n’est plus en vie.
Je visite beaucoup d’endroits de
Suisse. Pendant huit mois de l’année, nous voyageons de lieu en
lieu. Je n’arrête pas de remettre
ma caravane en état pour repartir – avant de la réarranger à mon
goût une fois arrivé à destination.
Le plus souvent, je roule en camion à côté de mon père et nous
écoutons un peu de musique. Je
suis ouvert, mais pas vis-à-vis de
tout. Nous sommes à peu près
soixante et j’aime bien la compagnie. Quand nous avons installé
notre chapiteau à un endroit, je
me déplace comme d’autres adolescents à pied ou à vélo. Certains
de mes camarades de classe à
Wohlen ont aujourd’hui une mobylette, mais cela nous poserait
un problème de transport. Si je
me sens différent de mes copains
du même âge? Non. Comme je
l’ai dit, je mène une vie tout à fait
normale. »
Dans son numéro de cirque, Mario Muntwyler (14 ans) jongle avec des quilles, mais il le fait aussi avec tout
ce qui lui tombe sous la main.
Circus Monti avait eu des chevaux, chèvres, ânes, poules et
oies dans son programme, cette
saison, nous voyageons sans animaux, ce qui me convient tout
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
à fait. Ce que je ne peux en aucun cas m’imaginer? Un numéro de fauves. Ça ne m’excite pas
du tout.
La vie de cirque me corres-
pond. Mais c’est une vie absolument normale. Une famille
de cirque est certes une grande
communauté mais là aussi, tout
se déroule selon des voies bien
Le Circus Monti est en tournée
jusqu’à fin octobre en Suisse alémanique (jusqu’à Bienne) avec son 27e
programme, «Monti 2011 – en bloc ! ».
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Circus Monti, tél. 056 622 11 22.
13
© Peter Krebs
La diva tombée en disgrâce
14
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
BOLOGNE
Destination villes
Bologne connaît des temps difficiles.
Un ancien maire croupit derrière les
barreaux, un autre est poursuivi pour
corruption. Il vaut pourtant la peine
de visiter celle que Pier Paolo Pasolini
qualifiait de deuxième plus belle ville
d’Italie.
S
ur la Piazza Ravegnana, l’institutrice demande à
ses élèves de 12 ans à quoi servaient autrefois les
deux tours élancées qui en ce point central de la ville
semblent s’élever jusqu’au ciel? Pour pouvoir tirer
d’en haut des flèches sur les assaillants, pour y mettre
une horloge, parce que c’est beau, pour y enfermer
les bandits, telles sont les réponses. Celle de la beauté
et celle des flèches sont justes, dit l’institutrice. Les
deux tours, la Garisenda et la Torre dell’Asinello, ont
été édifiées au début de XIIe siècle par de riches familles qui y ont trouvé refuge en des temps peu sûrs.
Mais les Bolonais n’ont pas été attaqués de l’extérieur.
Les ennemis vivaient dans la ville même. La querelle
séculaire entre les Guelfes fidèles au pape et les Gibelins acquis à l’empereur avait partagé la population
en deux camps. Les édifices étaient en outre un signe
de pouvoir. Plus les tours étaient hautes et belles, plus
riches et estimés étaient leurs propriétaires.
C’est ainsi que Bologne, comme d’autres villes
d’Italie, a grandi en hauteur bien avant l’ère des
gratte-ciel. Au-dessus des toits moyenâgeux s’élevait une forêt de plus de 100 de ces simples tours de
briques rouges. Une vingtaine d’entre elles ont survécu à l’épreuve du temps et des tremblements de terre.
Beaucoup n’ont succombé que face au plan directeur
de 1889, quand on a rasé des quartiers entiers, ainsi
que les remparts, pour répondre aux besoins de l’ère
industrielle: pour des rues plus larges, des trams (aujourd’hui disparus) et des banques (toujours là, elles).
Les deux tours de la Piazza Ravegnana sont si
penchées qu’on se demande comment elles font pour
tenir encore debout. La Garisenda, la plus penchée
des deux, a failli s’effondrer pour de bon. C’est pour
cela qu’au XIVe siècle on l’a raccourcie de moitié.
Maintenant, elle a l’air d’être l’enfant mal élevé de la
mère Asinello, haute de près de 100 mètres, qui donne
de la bande de son côté. Ce couple titubant forme un
contraste anarchique avec la ville sévère et clairement
articulée. Presque comme si deux joyeux soûlons se
moquaient de la capitale de l’Emilie-Romagne. Mais
La Piazza Maggiore avec le Palazzo del Podestà
(à gauche) est, à la belle saison, le lieu de rencontre
principal dans le centre historique de Bologne.
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
15
BOLOGNE
Destination villes
Vie de tous les jours dans une vieille rue, sur
la Piazza Santo Stefano et dans la Salaborsa
avec sa bibliothèque publique très utilisée.
mière page des articles brillants d’intellectuels de renom. Pier Paolo Pasolini a
étudié à l’Université de Bologne et passé
ici sept années heureuses. Cela crée des
liens.
cela, l’institutrice ne le dit pas. Entretemps, la classe a disparu entre les arcades de la Rocchetta, la base crénelée de
la Torre dell’Asinello, pour gravir les 498
marches menant à son sommet. De làhaut, ils ont la plus belle vue sur Bologne,
située au bord sud de la plaine du Pô, au
pied des Apennins.
Ces données de base, il faut les fournir
dans le cas de Bologne. Les gens du Nord
en font bien moins cas que de Florence,
Venise, Milan ou Sienne. Les spaghettis
bolognaise sont plus connus de ce côté
des Alpes que les Bolonais. C’est surprenant. « Bologne est la plus belle ville d’Italie après Venise, j’espère que c’est clair»,
écrivait en 1969 l’écrivain et cinéaste Pier
Paolo Pasolini dans le quotidien conservateur romain Il Tempo: à une époque
où la moitié de la presse italienne n’était
pas encore entre les mains du premier
ministre en exercice et de son clan et où
les grands journaux imprimaient en pre-
16
Nous voici ainsi arrivés au second
symbole de cette ville, qui se nomme volontiers «la docte». L’université, fondée
en 1088, serait la plus ancienne d’Europe.
Ses aulas, ses facultés et ses instituts se
trouvent dans de vieux palais de la Via
Zamboni. Les quelque 70 000 étudiants
inscrits marquent de leur empreinte la vie
de la cité. Depuis la réforme de Bologne, ils
étudient assidûment, mais il reste encore
parfois du temps pour une manifestation
ou un petit happening, qui apportent un
peu de couleur dans les rues rouges. Dans
le quartier de l’université se dresse le Teatro comunale. L’opéra, comme beaucoup
d’autres scènes italiennes, souffre des réductions massives du budget culturel. Sur
la façade qui donne sur la Piazza Verdi,
une banderole proclame : Un popolo
senza teatro è un popolo morto. A l’intérieur, on joue l’opéra Risorgimento : pour
le 150e anniversaire de l’unité italienne,
dans l’avènement de laquelle l’Emilie-Romagne a joué un rôle majeur.
On peut admirer à Bologne non seulement des opéras, des drames et des
comédies, mais aussi beaucoup de magnifiques églises et musées. La Pinaco-
teca Nazionale, installée dans un ancien
couvent, abrite l’une des plus importantes collections de peintures du pays.
Elle a été fondée pendant l’occupation
française, pour y sauver des griffes de
Napoléon les œuvres des églises et des
couvents du nord de l’Italie. Au Santuario di San Luca, dont la coupole brille sur
un contrefort des Apennins, les visiteurs
accèdent par un passage couvert orné
d’arcades long de 3,5 kilomètres. Les rues
de la vieille ville ont souvent aussi de part
et d’autre des arcades, appelées Portici. Il
y en aurait 38 kilomètres en tout. Les plus
belles sont peut-être celles de la basilique
Santa Maria dei Servi. Le toit voûté aux
proportions harmonieuses qui forme un
cloître devant l’église est soutenu par des
piliers élancés, richement décorés.
Un des lieux de formation les plus
originaux de Bologne a nom Salaborsa. Il
se trouve au centre, à côté de la Fontaine
de Neptune. Le bâtiment a servi successivement de Bourse du commerce, de salle
de basket-ball, de bureau de poste et de
siège de l’administration communale.
Depuis dix ans, la jolie salle et ses galeries
sont une bibliothèque publique. Jeunes et
vieux y viennent pour lire gratuitement
livres et journaux, pour travailler et pour
apprendre. L’institution est si appréciée
que les places à ses tables sont comptées.
Un secteur important est réservé aux ouvrages sur Bologne. Ils présentent la peinture locale, les monnaies, les anciennes
familles et la courageuse résistance des
partisans aux occupants allemands durant la Deuxième Guerre mondiale.
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
BOLOGNE
Destination villes
Ils racontent aussi bien la vie du chansonnier Carlo Musi, qui émouvait il y a
cent ans les cœurs des Bolonais avec ses
nostalgiques chansons en dialecte, que
la carrière du footballeur Giaccomo Bulgarelli, qui faisait jubiler les fans du FC
Bologna dans les années 60. On peut tout
apprendre à la Salaborsa de ce qui a fait
bouger les Bolonais. Mais après une visite
on sait surtout une chose : c’est que l’on ne
sait rien de l’antique cité et de ses 370 000
habitants.
Hâtons-nous donc de sortir, pour apprendre quand même quelque chose,
et répondre à l’appel de la Piazza Maggiore toute proche, l’une des places les
plus vastes, les plus belles et les plus sans
voitures d’Italie. Elle constitue le centre
de la vieille ville, qui déroule comme un
oignon ses anneaux concentriques. L’es-
presso y est aussi bon et aussi cher que sur quartier du marché et elle est un régal
tous les grands champs de bataille touris- pour les yeux. Les vendeuses de fruits et
tiques d’Italie. Une alternative s’offre avec légumes y offrent leurs marchandises cola Piazza Santo Stefano, moins mondaine, lorées, aubergines et artichauts côtoient
devant la plus ancienne église de
la ville, qui fait partie d’un monasAprès une visite à la Salaborsa
tère encore en activité. Un étudiant
gratte de sa guitare. Avec l’apéritif,
on sait surtout une chose: on ne
on vous sert sous les arcades une
sait rien de l’antique cité.
demi-douzaine de sandwiches. Il
faut veiller à garder de l’appétit pour
le repas du soir, car à Bologne on mange pommes et courgettes. Des poissons de
bien et les vins sont fort bons.
toutes sortes reposent sur la glace et partent comme des petits pains. Mais le plus
Et nous voilà déjà au prochain cliché: impressionnant, ce sont les salsamenterie
Bologna la grassa. Une balade le long de avec leurs lourdes grappes de jambons
la Via Pescherie Vecchie, qui part de la accrochées au plafond, leurs tours de saPiazza Maggiore, montre qu’il y a là du lamis et de mortadelles (Bologne en est
vrai. La rue étroite sans arcades forme la patrie), leur profusion de parmesan du
avec la Via Drapperie qui la prolonge le plus jeune au plus vieux, et leurs rayons
Bologne possède de très nombreuses arcades le long de ses rues. De fort beaux portici
entourent l’église Santa Maria dei Servi.
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
17
Un très beau choix de fruits et de légumes attend preneur dans la Via Pescherie Vecchie.
pleins de champignons, d’huile d’olive et
de vinaigre balsamique.
Mais assez festoyé. Il est temps de passer aux choses sérieuses. A la politique.
«La rouge» est le troisième et dernier
pseudonyme dont s’orne la ville. Elle le
doit à la couleur dominante de ses bâtiments, mais aussi au fait que les communistes ont gouverné avec succès cette
Informations utiles
Aller/retour: En train jusqu’à Milan (trains
directs depuis Genève, Lausanne, Bâle,
Berne, Zurich, etc.). Depuis Milan, liaisons
directes, en partie par des trains à grande
vitesse (voir p. 26 / 27).
Logement: Nombreux hôtels de toutes
catégories. Liste sur le site www.provincia.
bologna.it/turismo
Hôtel de prix moyen recommandé: Albergo
Rossini, Via dei Bibiena 9/11, tél. 0039 051
237716
Marchés: Via Pescherie Vecchie /Via
Drapperie et Piazza Aldrovandi. Spécialités
biologiques: Bottega bio, Vicolo Alemagna
2/c. Spécialités émiliennes: Tamburini, via
Caprarie 1.
Informations sur la commune:
www.comune.bologna.it
18
ville aisée pendant des décennies après la
Deuxième Guerre mondiale. En Suisse,
un pavé intitulé Das rote Bologna a vanté
en 1976 les mérites du modèle de buon governo de gauche. Celui-ci a duré jusqu’en
1999, quand Giorgio Guazzaloca, du Pôle
de la Liberté berlusconien, a été élu maire.
En 2004, la gauche a repris la barre. Mais
seulement jusqu’au départ peu glorieux
de son maire éphémère le professeur Flavio Delbono en février 2010. Il s’est avéré
que lorsqu’il était vice-président de la
région Emilie-Romagne, il avait subventionné sa secrétaire et maîtresse avec des
fonds publics. Delbono a été condamné
entre-temps à 19 mois de prison.
Depuis, Bologne est sans capitaine.
Jusqu’aux élections du 16 mai 2011, la
commune est administrée par une commissaire. Des projets importants restent
bloqués. Et la ville en avait d’envergure.
Elle s’appelle «Città che cambia», ville en
mutation. Dans une exposition de l’«Urban Center» à la Salaborsa, des prospectus optimistes parlent de la construction
d’un métro et d’un « People mover », qui
doit relier la future gare de trafic à grande
vitesse à l’aéroport. Ces projets ont été gelés, informe laconiquement le concierge.
Ils sont controversés, l’argent manque.
On ne réalisera que le Civis, un hybride
de bus et de tram à guidage optique. La
merveille d’un nouveau genre devrait
rouler de manière presque entièrement
automatique, dans les rues revalorisées.
Mais elle ne fonctionne pas encore et produit surtout, pour l’instant, de bruyants
parasites. Il y a quelques semaines, il est
apparu que Guazzaloca se serait procuré
des avantages personnels en confiant le
mandat à une filiale de Fiat. Maintenant,
cet ancien maire est à son tour poursuivi
pour corruption. Comme disait l’institutrice: les ennemis vivent dans la ville
même.
Bologne sans chef a perdu la face, écrivent les commentateurs. Au fond, elle se
débat contre les problèmes que rencontrent de nombreuses villes moyennes du
Bel Paese. Mais la chute dans la moyenne
frappe durement l’ancienne diva fortunée: «Elle repense à l’époque du modèle
émilien et se voit elle-même comme une
aristocrate tombée en disgrâce », analyse
Il Post. Espérons seulement que Bologne
reprendra le dessus et se rappellera ses
qualités. Car elle n’est pas seulement la
deuxième plus belle ville du pays, mais
aussi l’une des plus futées. Peut-être prendra-t-elle exemple sur ses deux fameuses
tours. Qui donnent sérieusement de la
bande, mais ne tombent pas.
Texte et Photos: Peter Krebs
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
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ATE MAGAZINE / JUIN 2011
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19
EN ROUTE
Portrait
© Peter Krebs
Franz Vogel et son vélo de course sur lequel il parcourt chaque
année environ 8000 kilomètres: plus qu’en voiture.
Depuis 1990, Franz Vogel a entrepris chaque été un tour cycliste exigeant en
compagnie de quatre à cinq autres coureurs. L’année dernière, le groupe est
parti pour son vingtième et dernier tour. Il en reste des souvenirs inoubliables.
« C’était vachement chouette »
Propos recueillis par Peter Krebs
20
«J
’ai commencé le vélo de
course très tard, à 45 ans.
Un jour, j’ai donné rendez-vous
à quelques amis d’Aesch pour
faire un tour. Nous avons alors
décidé de franchir le Stilfserjoch,
l’un des cols alpins les plus exigeants. A notre arrivée à Bormio,
l’un de nous a dit qu’au fond, le
Gavia était lui aussi à notre portée. Nous nous sentions tellement
bien que nous avons aligné ce col
du Tyrol du Sud. Le lendemain,
nous avons rejoint le val Müstair
via le col de l’Umbrail.
D’abord la «Grande Route»
Puis nous nous sommes dit que
nous pourrions nous attaquer à
plus gros. Il y avait notamment la
célèbre Grande Route des Alpes
qui relie Martigny à Nice. Un trajet légendaire. Des livres lui ont
été consacrés. Nous l’avons par-
couru pour la première fois en
1990. La route franchit les plus
hauts cols des Alpes, dont le Galibier, l’Iseran et le col de la Bonnette. Culminant à 2802 mètres,
ce dernier est le passage routier le
plus élevé d’Europe. Pour que la
route passe plus haut encore, les
Français ont construit une bretelle supplémentaire depuis le col
de la Bonnette. Cette expérience
a plus ou moins été le déclic pour
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
EN ROUTE
Portrait
Beaucoup de préparation
Nous avons consacré plusieurs
séances aux préparations d’un
tour. Nous nous sommes réunis
pour discuter des routes possibles
avant de tomber d’accord sur une
proposition. Il est mieux de choisir son itinéraire avant le départ.
Sinon, on risque de se chamailler
en cours de route. « Oh, ce serait chouette de faire aussi ça »,
entendrait-on. La règle était que
le tour cycliste ne dépasse pas
cinq à sept jours, sans compter
le voyage aller et retour. L’un des
participants dessinait les profils
de déclivité, un autre inscrivait la
route à suivre sur les cartes. Une
fois sur place, ça marchait généralement bien. A quelques exceptions près. En Sardaigne, près de
Cagliari, nous avons roulé dix
kilomètres sur l’autoroute. Per-
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
sonne n’a bronché. Une autre
fois, en République tchèque, une
femme à qui nous demandions
notre route a dessiné les directions à la craie sur la route. Inutile de préciser qu’aucun de nous
ne comprenait le tchèque.
Moi-même j’étais chargé des
albums de souvenir. Au début
je les ai réalisés à la main, collant une photo après l’autre. A
partir de 2004, la photographie
numérique a simplifié bien des
choses mais a parallèlement aussi
augmenté le nombre de pages.
Les albums présentent les tours
à travers des photos, des textes
et des statistiques. Nous savons
ainsi l’itinéraire de chaque étape,
nous connaissons son profil, la
longueur et la vitesse moyenne.
Nous avons parcouru pendant
les vingt tours plus de 16 000 kilomètres en franchissant au total
à peu près 240 000 mètres de dénivellation.
Longues étapes
Nous avons presque toujours entrepris nos périples en été, sauf
en 1997 quand nous sommes allés en septembre dans la Sierra Nevada, dans le sud de l’Espagne. En 1998, nous avons
choisi de faire un tour de Suisse.
Nous sommes partis d’Aesch et y
sommes revenus – tout de même
1150 kilomètres. C’était notre
plus long tour et également l’un
des plus beaux. Lors de notre périple en Corse, il y a quatre ans,
nous avons été particulièrement
impressionnés par le paysage. On
y a à la fois la mer et la montagne.
C’est formidable.
Les étapes de 200 kilomètres
voire plus n’étaient pas rares. Le
tour le plus extrême a été celui
de 1996 reliant Genève à Turin
à travers les Alpes françaises au
cours duquel nous avons franchi
19 cols en six jours. Compte tenu
de notre âge, les étapes ont été
raccourcies lors des trois derniers
tours et nous avons choisi des
tracés plus plats. Pendant toutes
ces années, nous n’avons été que
deux fois victimes d’accidents
sérieux. Pendant notre tour de cette heure-là. Plus tard, à l’hôSuisse, l’un des participants a fait tel, nous avons rempli notre therune chute dès la première étape. mos d’eau chaude pour boire du
Il a dû faire soigner ses blessures café lyophilisé en cours de route.
à la tête à l’hôpital de Moutier. En Tout ça s’est peu à peu développé.
Italie, un membre du gruppetto Au début, nous ne réservions pas
s’est fracturé six côtes et a dû être l’hôtel. Il nous est arrivé de passer la nuit quelque part dans une
rapatrié en Suisse par la Rega.
Je dois avouer que nous étions buanderie ou dans des lits mitoujours suivis par un véhicule teux. Sur le coup, c’était assez déconduit par un et plus tard deux sagréable. Mais aujourd’hui, ça
chauffeurs. Au début, nous avi- fait partie des souvenirs.
Je suis tout sauf un grand
ons gratuitement à notre disposition une fourgonnette VW d’un voyageur. Je n’ai jamais mis les
vigneron d’Aesch. En contre- pieds hors de l’Europe. Mes
partie, nous l’aidions deux fois ces tours cyclistes me tiennent
par an dans son vignoble. Plus tard,
nous avons loué une Nous savons l’itinéraire de
voiture
utilitaire
chaque étape, nous connaissons
appropriée.
Nous
emmenions relati- son profil et la vitesse moyenne.
vement beaucoup de
bagages. Pour éviter
de laver le soir les tenues de cy- à cœur. Qu’est-ce qu’on a vécu
clistes trempées de sueur, nous comme surprises ! J’ai découen avons porté chaque jour une vert des régions que je n’aurais
nouvelle – tous les cyclistes évi- jamais vues autrement dans ma
vie. Lorsque le Tour de France est
demment la même, ça va de soi.
dans les Pyrénées, nous sommes
Départ aux aurores nombreux à allumer la télé et à
Sur nos premiers tours, nous par- plonger en parallèle dans l’album
tions très tôt le matin, vers cinq de souvenirs. Nous repensons
heures et demie. Sans exception. alors à notre propre tour des PySelon les pays, on ne peut pas en- rénées en nous disant: C’était vacore prendre le petit-déjeuner à chement chouette. »
© mad
les 20 tours qui ont suivi année
après année. Contrairement au
premier tour, nous avons par la
suite toujours composé les trajets
nous-mêmes. Jusqu’à notre dernier voyage de Salzbourg via la
Carinthie jusqu’en Styrie. Nous
avons voulu nous arrêter tant que
tout fonctionnait encore et que
chacun était en mesure d’y participer. Il est important que tous
les participants roulent à peu
près à la même vitesse.
Nous formions un groupe de
cinq, parfois six hommes. L’un
est maçon, un autre agent commercial. Il y avait aussi un employé de la poste et un acheteur
de fruits et légumes pour la Migros. Quant à moi, je suis imprimeur. J’ai travaillé 30 ans comme
acheteur de produits imprimés
pour Coop. Depuis quatre ans, je
suis à la retraite, mais je continue
à rouler chaque année quelque
huit mille kilomètres sur mon
vélo de course: plus qu’en voiture. J’ai d’ailleurs rendez-vous
cet après-midi avec un ami pour
faire un tour. Comment résister
par ce temps splendide ! Nous
avons l’intention de pédaler
jusque dans la région proche du
Sundgau, pauvre en trafic.
Vingt périples en vélo en commun et beaucoup de souvenirs, cela crée un lien. Le
groupe cycliste d’Aesch en pleine course.
21
SUISSE–ITALIE
Canoë
Texte et photos: Michael Rytz
Pagayer sur le Pô ? Sur des flots troubles par une plaine sans fin ?
L’aventure, malgré ces réserves, était tentante. Et le « roi des fleuves »
a emporté tranquillement tous les préjugés. Journal de bord.
À Venise par la voie des eaux
1er jour : Locarno – Cannero
Dimanche 9 mai 2010 : Lourdement chargé, je prends le train
à la rencontre de mon aventure
sportivo-culturelle de pèlerinage
nature en canoë. J’avais prévu
une trentaine de kilos, mais j’ai
l’impression d’en trimballer une
bonne quarantaine. « Vous allez dans les airs ? », me demande
une voyageuse. D’autres sourient amusés à la vue de la bête
de somme avec son sac à bateau.
Lungolago Locarno. En 30
minutes, le sac informe se métamorphose en un kayak racé. Départ au sec, mais ensuite, comme
si le Lac Majeur n’était pas déjà
suffisamment près de déborder,
de la pluie, de la pluie et encore de
la pluie. Je passe la frontière, pas
un douanier sur la rive pour me
faire signe. Brève éclaircie, belle
ambiance de soir de pluie à Cannobio. Je m’offre une pause café.
Pluie à Cannero où je monte
ma tente, pluie la nuit et le matin. Un tiers de mes habits sont
déjà mouillés. Un poignet me fait
mal. Au restaurant, je suis le seul
client ; le chef vient de Venise.
Service attentionné et avertissement : « Faites attention ! »
2: Cannero – Sesto Calende
Je passe devant de jolies maisons
avec bateaux et piscine. Presque
tous les volets sont clos. Avec la
maison de luxe il faudrait aussi le luxe du temps. Beaucoup
d’arbres ont les pieds dans l’eau ;
attention aux clôtures inondées
avec leurs arêtes vives. Même au
restaurant les pieds restent froids
et mouillés. Abandonner ? Non,
22
mais pourquoi pas embarquer ?
Après avoir demandé au capitaine si un bateau pliable peut
monter à bord non plié, je poursuis en passager d’Intra à Stresa
et Arona. Un tiers des 60 km du
lac en cadeau. Caffè e dolce devant moi, j’admire le lac sous les
nuages. L’équipage prend un soin
touchant de son unique passager,
aide à placer le kayak à la proue
du bateau de ligne. Il me signale
aussi un pont inondé près de Piacenza. Vigoureuse poignée de
main du capitaine : « Buon viaggio ! » A Arona je me glisse dans
mon esquif et suis à nouveau
mon propre capitaine. Un indigène m’accompagne un moment
sur son kayak de course.
Devant moi s’étend Sesto Calende. Le lac devient peu à peu
cours d’eau et m’apporte un soutien de 2 km/h. Le camping Italia
Lido est situé sur la rive, et le ciel
a enfin refermé ses écluses.
3: Sesto Calende – Vigevano
Pluie tempétueuse toute la nuit.
La tente a tenu bon. Mal dormi,
déjà en pensée avec ce qui m’attend : une étape avec sept barrages
– à inspecter avec soin avant de se
risquer – et un portage.
A six heures la pluie cesse.
Vite plié bagages, couverture
refermée à sept heures pile. Le
courant rapide du Tessin m’emporte, quelques coups de pagaïe
et déjà Sesto est derrière moi. Le
premier barrage de Miorina, qui
règle le niveau du lac, est complètement ouvert et bien navigable.
Près du gigantesque barrage de
Porto Torre suit une courte étape
sur terre : en tirant mon bateau
à travers la forêt tropicale et les
sentiers plein de flaques. Encore
faut-il trouver l’accès à l’eau : partout bosquets, épines, clôtures –
« Privato » ! Enfin je découvre un
accès possible au-dessous du barrage oblique de Somma Lombardo, haut de dix mètres : Pane perduto. Mamma mia : des masses
d’eau mugissantes (1000 m3/sec
d’après les indications) se déversent, la vitesse du courant atteint
20–30 km/h. Le Tessin sera-t-il
ainsi tout du long ?
Une bonne partie des bancs
de cailloux sont inondés. Un peu
partout des buissons se balancent
comme des skieurs nautiques
sur la rivière en crue. De temps
en temps le Tessin se partage en
deux ou trois bras. De puissants
tourbillons refluant et des coupures exigent une navigation
prudente, mais il y a de la place
pour la ligne idéale. Je me fraie
un passage à coups de pagaïe et
atteins Vigevano à trois heures et
demie. Le camping n’existe plus.
4: Vigevano – Pavie
Ambiance de déluge. La réceptionniste me demande en plaisantant si je ne veux pas embarquer déjà sur le parking inondé.
Le pont près de Vigevano est tout
à fait navigable. Au milieu s’est
formé un puissant rouleau, pour
la grande joie des canoéistes de
rodéo locaux. Le Tessin s’élargit,
réfrène son tempérament. Son
courant tranquille traverse une
magnifique réserve naturelle où
vivent maints oiseaux aquatiques.
Autre curiosité au fil de l’eau,
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
SCHWEIZ–ITALIEN
Kanu
Après avoir pagayé douze jours, arrivée au but: avec un canoë pliable sur le Canale Grande.
le vieux pont de bateaux. Peu
avant le but de l’étape, le soleil
se montre pour la première fois.
La ville médiévale : très italienne,
avec tout ce que cela comporte,
dans une ambiance conviviale,
peu touristique. Ce n’est qu’à la
gare que je trouve des cartes postales. Les ruines de l’écluse multiple témoignent de l’importance
historique de Pavie comme nœud
du trafic fluvial : une liaison navigable entre Venise et Milan passait par ici via le Naviglio Pavese.
Avec ma famille venue par le rail,
je passe trois jours au camping.
Peu après Pavie, le Tessin se
jette dans le Pô, dont le bassin
est presque deux fois plus grand
que la Suisse. En crue, son courant atteint des vitesses élevées ;
les bâtiments, les câbles inondés
peuvent être dangereux. Changement de programme : retour en
train avec armes et bagages. Mais
ce n’est que partie remise.
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
5: Pavie – Monticelli Pavese
Deuxième essai. Il fait maintenant beau et chaud. Le niveau de
l’eau sur les piliers du pont couvert de Pavie a baissé d’environ
1,5 mètre. Peu après, le Tessin
coule encore plus tranquillement.
Sans pagayer, on n’avance plus
vraiment. Vitesse de tourisme,
plus ou moins 6 km/h, « coup de
pouce du courant », 2–4 km/h.
Il reste beaucoup de temps pour
admirer le paysage qui défile. Le
lit de la rivière d’élargit de façon
encore plus impressionnante.
Il faut beaucoup de temps pour
passer d’une rive à l’autre. Dernier rafraîchissement du chapeau
sur les derniers mètres du Tessin.
Le résultat du mélange entre les
eaux claires du Tessin et celles,
brunâtres, du Pô, évoque malheureusement plutôt le pot de
chambre.
Nuit passée sur une île dans
une grande boucle du fleuve.
Sous tente, j’écoute des chants
d’oiseaux que je n’avais encore
jamais entendus. Petite musique
de nuit toute la nuit.
6: Monticelli – Crémone
Le Pô est si généreux dans ses
méandres que l’on perd facilement le sens de l’orientation. Il
y a une demi-heure, j’avais le soleil en face, maintenant il me réchauffe soudain le dos. On peut
s’y retrouver grâce aux ponts,
sous plusieurs desquels on passe
à chaque étape.
Oui, l’agriculture est souvent
fortement industrialisée. Oui,
la qualité de l’eau laisse à désirer. Mais, vu du canoë, le paysage
reste des plus charmants. Même
endigué contre les crues, le Pô est
bâtisseur d’îles et de larges bancs
de cailloux, de sable et de glaise
à la riche végétation. Je rencontre
quelques castors. Des poissons
exécutent des cabrioles en l’air,
un spécimen de taille respectable saute par-dessus la pointe
de mon esquif.
Pause à Piacenza. Quand le
fleuve était en crue, je n’aurais
pas pu éviter les câbles en acier
du pont de secours.
Au terme de près de neuf
heures, j’atteins la ville des luthiers, Crémone. Sur la place du
Dôme, une grande assiette de
risotto accompagnée d’un bon
rouge lombard redonne une
énergie nouvelle. 21 heures, chaleur agréable, Crémone en habits
d’été est assise aux terrasses ou
flâne dans les rues.
7: Crémone – Boretto
Silence matinal sur l’eau, brisé
seulement par les coups de pagaïe en rythme. Le gilet de sauvetage siffle doucement à chaque
torsion du torse. Son de cloches
dans le lointain.
Le camping de Casalmaggiore
23
SUISSE–ITALIE
Canoë
n’existe plus non plus. C’est égal,
cela me tente de poursuivre dans
l’air du soir jusqu’à Boretto. Et
un « Amico del Po », quand je lui
ai nommé le but de mon étape, a
aussitôt saisi son mobile et appelé
Emilio à Boretto.
Emilio, président de l’association locale de canoë, est là.
Il me montre le beau clubhouse
au milieu du Museo del Po avec
ses vieux bateaux et ses anciens
moteurs. Il me confie la clé et me
laisse passer la nuit parmi eux.
8: Boretto – Pellestrina plage
Presque inimaginable de pagayer
si longtemps sans avoir mal aux
fesses. Mais le siège de mon Wisper, avec coussin pneumatique,
ne laisse rien à désirer. Je m’embarque à cinq heures et, douze
heures plus tard, je manque le
débarcadère de Sermide et dresse
mon camp sauvage sur une plage
peu avant Pellestrina. Celui qui
traverse la plaine du Pô en bateau doit s’attendre à quitter de
temps en temps la zone confortable.
9: Pellestrina – Polesella
Un jour de « vacances » est de
mise aujourd’hui. Un restaurant
flottant invite à s’attarder. Le patron m’offre un guide du Pô avec
des règles de navigation et des
numéros de téléphone pratiques
pour le service des écluses.
Après-midi : en rafraîchissant
constamment mon long T-shirt
dans l’eau, la chaleur reste supportable. J’arrive à Polesella par
38° C à l’ombre.
Fait la connaissance de Giovanni, maçon, 22 ans, femme et
enfant en Roumanie. Tous les
trois mois, il prend l’avion pour
passer une semaine à la maison.
Il me sert un repas, m’offre le
gîte, souhaite faire un essai de pagayage. Qui échoue lamentablement. Dans sa fougue juvénile, il
chavire. Ce qui était encore tassé
dans le bateau est trempé. Au bar,
je demande où trouver un albergo – et on me transporte en auto
jusqu’à l’hôtel, à 2 km.
24
10: Polesella – Can. Brondolo
A pied tôt le matin jusqu’au pont
près du bar où mon canoë est
stationné. Pause café à Polesella, puis un joli tronçon avec plus
de courant que prévu. Mes coups
de pagaïe sont bientôt comptés.
Avant que le Pô ne s’évase en delta jusqu’à la mer, je le quitte vers
l’imposante Volta Grimana. Des
deux côtés, une haute muraille
recouverte d’épines. Pas de chemin en vue pour porter le bateau,
mais sur le mur un numéro de téléphone est peint. Un appel suffit et Sésame s’ouvre en grinçant.
Parois hautes de vingt mètres
dans l’écluse sous vidéosurveillance. L’eau monte, puis la seconde porte libère le regard sur le
fleuve Adige. 25 km de pagayage
dans le canal de Chioggia me séparent encore de la mer.
Au bord du Canale Brondolo
je fais halte au Bed&Breakfast recommandé. Une oasis avec parc,
âne, véranda, four à pizza, jardin de légumes bio et des hôtes
cordiaux. Le fils compare le système berlusconien à une sorte de
Truman-Show : quand on en fait
partie, on ne s’en rend quasiment
pas compte.
11: Canale Brondolo – Chioggia
Soleil, vent arrière, pas d’autre
âme qui vive sur le canal. Sui-
vent trois écluses qui compensent les différences de niveau
jusqu’à Chioggia. L’idée de faire
un tour en canoë dans les canaux
de la petite sœur de Venise tombe
à l’eau, des travaux sont en cours.
Je pagaïe jusqu’au camping
tout proche avec bar sur la plage.
La mer ! Dans le vent du soir qui
se lève, les skatesurfers affluent.
Je surfe moi aussi sur les vagues.
12: Chioggia – Venise
Je longe l’île de Pellestrina qui sépare la lagune de la mer et la protège. La marée basse m’oblige à
trouver un nouveau point d’accès. Un fort vent de mer freine la
course. Entre Chioggia et Venise,
on traverse deux passages vers la
mer : attention aux immenses péniches et aux courants des marées. Les bateaux rapides sont attentifs, réduisent leur vitesse.
Puis ce moment de rêve, dans
la brume là-bas la silhouette de
Venise avec San Marco. La voie
navigable Locarno–Venise existe.
Des pilotis indiquent une route
directe, avec une vitesse maximale autorisée de 14 nœuds. Ensuite, encore indemne sur la voie
navigable de la Giudecca, sur laquelle voguent aussi les grands
ferries qui relient la Grèce à l’Italie. Me voici bientôt en plein dedans. Final grandiose, parmi mes
semblables : tout le monde prend
le bateau. Taxis, voirie, transports publics (vaporetti), transport de légumes, ambulances. En
cinq minutes, je vois davantage
de bateaux que sur les 600 kilométres parcourus depuis Locarno. Des règles de navigation
pour les canoës visitant Venise ?
Il n’y en a manifestement pas
de particulières, il ne faut juste
pas déranger. Sur l’eau aussi, on
a vite perdu le sens de l’orientation. Il est d’autant plus beau de
déboucher soudain sur le Canal
Grande et le pont du Rialto.
Le bateau est plié. A la gare de
Santa Lucia, directement accessible par l’eau, le train pour Berne
attend. Six heures de voyage pour
rêver, et pour me plonger dans
le guide du chemin de randonnée cycliste du Pô. Il parle de la
chance de découvrir un itinéraire
encore épargné par le tourisme
de masse. On peut en dire autant
de la descente du Pô en canoë.
Il n’y a pas d’« infrastructure de
vacances », et le côté aventure en
est d’autant plus marqué, comme
la joie de tomber par surprise
sur un restaurant au bord de
l’eau.
Plus amples informations sur
le parcours et l’équipement:
www.ate.ch/excursions
Embarquement pour l’aventure à Lungolago près de Locarno.
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
EUROPE
Carte ferroviaire ATE
Heidelberg, le Vieux Château
Kopenhagen, la Petite Sirène
© Peter Krebs
Berlin, la coupole du Reichstag
Prochain arrêt: l’Europe
Pour son édition voyages, le magazine ATE a tout spécialement conçu une carte de l’Europe avec des villes
facilement atteignables en train depuis la Suisse. Avec cette nouvelle prestation, l’ATE donne des idées de
séjour et simplifie la préparation des vacances dans les pays voisins.
L
e voyage en train, c’est déjà un
peu les vacances. Et si le trajet
vers Madrid, Vienne ou Londres
est jugé trop long pour un weekend prolongé, d’autres villes tout
aussi captivantes et plus proches
de la Suisse ne demandent qu’à
être découvertes. Avignon n’est
qu’à trois petites heures de Genève, Munich à quatre heures
de Zurich et il ne faut que cinq
heures depuis Lausanne pour rejoindre Bologne « la rouge» (découvrez notre reportage en page
14).
Nous avons indiqué le temps
de trajet en train vers les capitales
et les grandes villes européennes,
et le nombre de changements nécessaires. Afin de ne pas surcharger la lecture, seuls Bâle, Berne,
Genève, Lausanne et Zurich ont
été choisis comme lieux de départ.
Les deux sites Internet les plus
performants pour rechercher
un horaire de train vers l’Europe sont ceux des CFF et de la
Deutsche Bahn.
Le site d’Interrail donne des
informations utiles sur les pays
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
et leur réseau ferroviaire, ainsi
que des liens vers les sites web
des chemins de fer nationaux. Le
Global Pass – une sorte d’abonnement général – représente la
meilleure option si vous comptez
prendre beaucoup le train dans
toute l’Europe. Il est valable dans
30 pays pour une période consécutive ou des jours flexibles. Le
prix pour un adulte est de 340
francs pour cinq jours et 811
francs pour un mois complet. Les
jeunes de moins de 26 ans bénéficient d’un tarif préférentiel. Une
réduction de 50 % s’applique
aux enfants âgés de 4 à 11 ans,
tandis que les enfants de moins
de quatre ans voyagent gratuitement. Le Senior Pass donne droit
à une réduction de 10 % sur les
tarifs adultes. Il existe aussi des
abonnements pour un seul pays.
De manière générale, il est
vrai qu’envoyer ou emporter
son vélo dans le train n’est pas
toujours aisé. Il est préférable
de bien se renseigner avant, car
il n’est pas autorisé de voyager
avec un deux-roues dans tous les
trains et ce n’est pas toujours gra-
tuit non plus. Les trains de nuit
City Night Line représentent la
meilleure option pour le Nord et
l’Est de l’Europe. Le sac à vélo de
type «tranzbag » donne accès à
nombre de trains qui n’autorisent
pas le chargement libre-service
(par ex. ICE allemands et trains
rapides italiens), ce qui implique
de démonter la roue avant.
Un billet international pour
vélos, ainsi qu’une réservation
obligatoire, sont normalement
exigés pour le chargement des vélos par les voyageurs à l’étranger.
Dans les TGV tout comme dans
les trains de nuit français, la réservation obligatoire coûte 10 euros. Dans les autres trains grande
ligne et les TER, le chargement
des vélos est gratuit et se fait sans
réservation.
Il est possible de réserver depuis la Suisse des places dans les
trains allemands grande ligne
où le chargement des vélos par
les voyageurs est autorisé. La
Deutsche Bahn fournit des précisions via sa hotline vélo. Elle
donne aussi des informations
sur le Danemark, la Hollande, la
Hongrie, le Luxembourg et la République Tchèque.
Noëlle Petitdemange
Liens utiles
Horaires en ligne dans toute l’Europe :
www.cff.ch, www.bahn.de
Horaires des ferrys au départ de la
France ou de l’Italie vers la Corse et la
Sardaigne: www.sncm.fr, www.corsicaferries.fr , www.aferry.fr
Infos sur les réseaux ferroviaires :
www.cff.ch/interrail, www.bueker.
net/trainspotting/maps.php, www.
railteam.fr
Liste des compagnies ferroviaires :
www.railpassenger.info > Adresses
utiles
www.cff.ch/velo. On y trouve notamment une liste des meilleures
correspondances internationales
pour le chargement des vélos par les
voyageurs.
www.bahn.de et sa hotline vélo 0049
1805 15 14 15 (EUR 0.12/min)
www.velo.sncf.com
www.oebb.at/de/Reiseplanung/index.
jsp
25
VOYAGE S
Montagnes citadines
Légende
Lieux de départ
BE = Berne
BS = Bâle
GE = Genève
Lsne = Lausanne
ZH = Zurich
GE: 5h45/1 Durée approximative depuis
le lieu de départ / nombre de
changements (minimum)
ZH: d
9h/0 durée approximative depuis le
lieu de départ, de nuit / nombre
de changements
train de jour
train de nuit
$PVWHUGDP
BS: 6h45/0
ä d 10h50/0
/RQGUHV
BS: 7h30/1
GE: 6h45/2
ä
&RORJQH
äBS: 4h/0–1
ä%UX[HOOHV
BS: 5h45/1
GE: 5h45/1
Idée reçue
L’avion, c’est plus rapide
On reproche au train d’être chronophage, mais on
oublie souvent de compter le temps de trajet pour
se rendre à l’aéroport, l’attente à l’embarquement
et le trajet vers le centre ville. Le train, lui, nous
prend et nous amène directement au cœur de la
cité. Certains vols décollent très tôt le matin ou
tard dans la soirée, ce qui ne permet pas toujours
de rejoindre l’aéroport. Les trains de nuit représentent une alternative intéressante.
L’avion, c’est moins cher
Il est vrai que les tarifs de certaines compagnies
aériennes sont alléchants pour les voyageurs
qui réservent tôt, mais ces offres sont limitées
et n’incluent souvent pas les multiples taxes qui
viennent s’ajouter au prix du billet (bagages, taxe
d’aéroport, taxe sur les carburants, assurances,
etc). Le rail propose aussi des tarifs avantageux
si on s’y prend à l’avance. Par exemple pour Budapest (dès 65.– aller), Prague (dès 70.– aller),
Barcelone (dès 70.– aller) ou Copenhague (dès
70.– aller).
3DULV
BS: 2h45–3h30/0–1
ä
1DQF\
BS: 3h30–45/1 ä
ä
6WUDVERXUJ
BS: 1h/0
'LMRQ
1DQWHVä
ä%¤OH
Lsne: 2h/0
BS: 6h30–45/1
Lsne: 7h30/1
GE: 6h30/1
ä
ä%HUQH
/D5RFKHOOHä
Lsne: 8h30/1
*HQªYHä
/\RQä
%RUGHDX[ä
BS: 7h45/1
GE: 7h45/1
ä
/DXVDQQH
7XULQ
GE: 1h45–2h/0
BE: 5h15/1
Lsne: 5h30–45/1
ZH: 5h30–45/1
ä
6DYRQH
BE: 5h45/1
Lsne: 6h45/2
ZH: 6h15/1
1°PHV
$YLJQRQ
ä GE: 3h/0
1LFH
ä
äGE: 6h3
ä
0RQWSHOOLHU ä$L[HQ3URYHQFH
GE: 4h/1
ä
GE: 3h45/1
0DUVHLOOH
GE: 3h15/0
7RXORXVHä
GE: 6h30–45/1–2
© Carte: WoGi/fotolia.de; Graphique: ATE/müllerlütolf.ch
0HW]
BS: 3h30/0
Lsne: 4h/0
GE: 3h/0ä
ä3HUSLJQDQ
GE: 5h45/1
GE: 3h30/0
OH
Nice: d 1
$M
ä
%DUFHORQH
0DGULGä
BS: 19h/1 (d depuis Paris)
GE: 19h30/1 (d depuis Paris)
14h/2 (d jusqu’à Girona)
26
17h30/1 (d depuis Paris)
d 13h45/1 (d depuis Genève)
GE: 8h/2
d 10h/0
Ma
Ni
BS:
3RUWR7RUUH
Gênes: d 1
Marseille: d 1
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
EUROPE
Carte ferroviaire ATE
ä&RSHQKDJXH
BS: d 16h30/0
ä2VWVHHEDG%LQ]
BS: 14h45/2 (d jusqu’à Berlin)
BS: d 14h15/0 (juillet/août, 1 par semaine)
ä+DPERXUJ
BS: 6h45/0
d
10h30/0
/HLS]LJ
BS: 6h45/1
d 9h30/0
BS: 7h50/1
ä d
11h/0
ä3UDJXH
ä)UDQFIRUW
BS: 2h45–3h/0–1
+HLGHOEHUJ
äBS: 2h30/1
.DUOVUXKH
äBS: 1h45/0
ä
6WXWWJDUW
ä1XUHPEHUJ
BS: 5h/1
ZH: 5h–5h30/1–2
ˇ
ä&%XGHMRYLFH
ZH: 9h/1
9LHQQH
ZH: 8h/0
d 9h/0
ä
/LQ]
ä
ä0XQLFK
ZH: 6h30/0
ZH: 4h15/0
ä
6DO]ERXUJ
,QQVEUXFN
ä
0LODQ
ä
MDFFLR
ä
ä5DYHQQH
BE: 4h45/1
Lsne: 5h/1
ZH: 5h15/1
BE: 7h/2
Lsne: 6h45/2
ä)ORUHQFH
BE: 5h30/1
Lsne: 5h45/1
ZH: 5h45/1
ä%DVWLD
Gênes:
4h15/0
Savone: d 10h45/0
Marseille:d 11h30/0
arseille: d 11h/0
ce:
6h45/0
10h/0
14h/0
Lsne: 8h/1
ZH: 8h15/1
BE: 6h30/1
Lsne: 6h15–30/1
ZH: 6h30–7h/1
0–45/0–1
10h30/0
ä
%RORJQH
Lsne: 5h30/1
ZH: 5h30–45/1
ä
H5RXVVH
ZH: d 11h45/0
ä
9HQLVH
ä
*¬QHV
ä BE: 5h/1
ä%XGDSHVW
ZH: d 12h/0
ä5RPH
Pour les amies et amis du rail, l’éditeur Kümmerly
+ Frey a publié une carte grand format de l’Europe, de l’Afrique du Nord et du Moyen-Orient au
1:5’000’000. Les lignes ferroviaires sont réparties en différentes catégories telles que l’écartement des voies, les tronçons à grande vitesse, la
traction électrique, les tronçons marchandises,
ou encore les lignes en construction ou planifiées. On y trouve les chemins de fer de 48 pays,
avec vue en perspective.
/MXEOMDQD
7ULHVWH
ä BE: 7h45/1
BE: 3h/0
Lsne: 3h15/0
ZH: 3h45/0
ä
ä%UDWLVODYD
ZH: 11h/1 (d jusqu’à Vienne)
ZH: 5h15/0
ZH: 3h30/0
=XULFK
ä
ä%RO]DQR%R]HQ
ZH: 6h45/1
HVä
Deux cartes ferroviaires pour
l’Europe
BS: d 13h/0
ZH: 12h/1
BS: 2h45/1
H
BS: d 16h/0
'UHVGH
ä
1
ä9DUVRYLH
ä
%HUOLQ
BS: 7h–7h15/0–1
d
10h15/0
BE: 7h15/1
Lsne: 7h30/1
ZH: 7h30/1–2
ä=DJUHE
ZH: d 14h/0
Thomas Cook en est déjà à la 18e édition de sa
carte Rail Map Europe. Au recto, un plan au
1:4’000’000 donne un aperçu du réseau ferroviaire, de Lisbonne à Moscou. Au verso figure
toutes les lignes de chemin de fer d’Europe centrale, au 1 :1’500’000. Les tronçons pittoresques
sont surlignés en vert. Une sélection de parcours
en bus et en bateau complète la carte.
Carte des chemins de fer d’Europe :
Kümmerly + Frey, ISBN 978-3-033-01398-82.
Prix : 19,90 francs.
Disponible en librairie ou sur
www.swisstravelcenter.ch
Rail Map Europe :
Thomas Cook, ISBN 978-1-84848-356-9.
Prix : 9,99 livres sterling (15 fr. env.)
Disponible en librairie ou sur
www.thomascookpublishing.com
ä2OELD
Gênes: d 9h30/0
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
27
EUROPE
Carte ferroviaire ATE
Turin, café San Carlo
Budapest, Basilique St-Étienne
© Peter Krebs
Vienne, Cathédrale St-Étienne
Billet en ligne, rabais, informations
Vente de billets via internet et réductions de prix : les chemins de fer sont à la page. Mais il leur
manque encore une plate-forme unifiée.
L
es compagnies de chemin
de fer se sont inspirées des
prestataires à bas prix (low cost) :
acheter des billets de train via
l’internet est devenu plus facile.
On trouve aussi de plus en plus
d’offres à prix réduit. Parmi les
lacunes qui subsistent, on relèvera en particulier qu’aucune
plate-forme en ligne unifiée ne
vend des billets pour toute l’Europe. Le site web de Railteam,
l’alliance européenne d’opérateurs à grande vitesse, propose
de nombreuses informations,
mais il n’est pas possible d’y passer commande de billets (www.
railteam.ch).
De gros écarts de prix
L’ATE a comparé les sites web de
pays voisins avec celui des CFF.
Un achat-test sur www.oebb.at
pour le trajet Aarau – Salzbourg
et retour, avec réservation un
mois à l’avance, était possible
au prix de 88 euros (112 francs
suisses env.) moyennant le choix
d’un train spécifique (billet valable seulement dans le train indiqué) ou pour 122 euros (156 fr.
env.) au tarif normal. Sur www.
bahn.de, des billets pour un aller simple Winterthour – Nuremberg étaient proposés deux
28
semaines à l’avance dans une
fourchette de 39 (prix réduit) à
99 euros (50 à 126 fr. env.). Les
deux compagnies accordent 25%
de rabais sur les voyages transfrontaliers aux titulaires d’un
abonnement suisse demi-tarif
ou général. Cette réduction n’est
toutefois pas disponible lors d’une
réservation en ligne sur le site web
des chemins de fer allemands DB.
La compagnie française SNCF
a créé le site web www.tgv-europe.ch pour la clientèle helvétique. En fonction de l’itinéraire
et du moment de la commande,
on dispose du tarif normal sans
réservation, d’offres ferroviaires
à bas prix ainsi que de réductions
pour les personnes âgées.
La convivialité et la diversité
de l’offre du site www.trenitalia.it
pourraient être grandement améliorées. Si l’on ne parle pas italien,
la seule alternative est l’anglais.
Et quand on clique sur les propositions de l’horaire, la réponse
est souvent «We are sorry, but the
chosen solution is not purchable»
(«Désolé, mais l’option choisie
n’est pas disponible»).
Sur www.cff.ch, un clic sur
«Voyages / Ticket Shop / Voyages
en Europe», permet d’acheter
en ligne des billets au départ
de gares en Suisse vers des pays
voisins ou plus lointains. Les réductions liées à l’AG, au demitarif et aux cartes Rail Plus sont
accessibles lors de la réservation,
de même que les rabais proposés
par les compagnies étrangères.
Dans les régions voisines
Pour visiter les régions frontalières de la Suisse, mieux vaut
acheter un billet CFF jusqu’à la
frontière, puis prendre un forfait
ferroviaire régional à un automate ou un guichet des chemins
de fer étrangers. Depuis quelque
temps, on trouve aussi des automates à billets ÖBB aux gares de
Buchs et Sankt Margrethen (canton de Saint-Gall), DB à Bâle et
Schaffhouse, SNCF à Bâle (mais
pas à Genève). À la gare badoise
(Badischer Bahnhof) de Bâle, les
guichets de la DB sont ouverts
tous les jours.
Il existe une offre forfaitaire
avantageuse pour les trajets en
train et en bus dans tout le Vorarlberg et le Liechtenstein : la
carte Maximo, à 12,20 euros par
jour ou seulement 26,10 euros
pour une semaine entière (www.
vmobil.at). Dans les deux lands
allemands contigus à la Suisse – la
Bavière et le Bade-Wurtemberg –,
le «Bayern-Ticket» et le «BadenWürttemberg-Ticket» ont beaucoup de succès. Ces cartes journalières coûtent 21 euros (27 fr.
env.) pour une personne ou 29
euros (37 fr. env.) pour un groupe
jusqu’à cinq personnes voyageant
ensemble (www.bahnland-bayern.
de et www.3-loewen-takt.de).
Les forfaits pour le train et,
parfois, aussi pour le bus s’appellent «Alsa + groupe journée »
en Alsace et « pass visiter» en
Franche-Comté (valable seulement le week-end et pendant
les vacances scolaires). Pour les
offres régionales des transports
publics français, le site www.tersncf.com constitue une précieuse
source d’informations.
Le Tyrol du Sud est accessible
en train via Innsbruck – col du
Brenner – Bolzano. Pour qui ne
craint pas les correspondances, il
est possible d’atteindre Merano à
la cadence horaire avec le Chemin
de fer rhétique entre Landquart
à Zernez, puis de franchir le col
de l’Ofen (Ofenpass) en car postal et de continuer avec le train
du Vinschgau (Vinschgaubahn,
www.mobilcard.info).
Jürg Tschopp
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
© RhB
SERVICES
Offres spéciales
Un plus pour les membres de l’ATE :
Fr. 20.– de rabais sur l’offre Railaway «Bernina Express» (valable
jusqu’au 30.09.2011). Le bon figurant sur le rabat de ce magazine
peut être échangé auprès de n’importe quel guichet CFF. Pour plus
de détails, consulter le site www.bonus-ate.ch.
Minotel:
hôtels tout confort
Voyage panoramique à bord du
Bernina Express :
En vacances avec la
Camping Card
Le camping a le vent en poupe. L’ATE
propose donc la Camping Card International (CCI) à ses membres.
Les titulaires d’une CCI bénéficient
de rabais pouvant aller jusqu’à 25 %
et ce, dans plus de 1100 campings
dans 26 pays d’Europe. La Camping
Card comprend une assurance RC
valable dans le monde entier, sauf
aux USA et au Canada. Sa validité
couvre l’année civile indiquée sur la
carte et expire en mars de l’année
suivante. Déjà exigée par certains
campings, elle garantit aux exploitants une certaine sécurité, par
exemple en cas de sinistre. Plus besoin de présenter son passeport ou
sa carte d’identité : la CCI est acceptée dans les campings comme pièce
de légitimation (sauf en Suède).
Pourquoi ne pas s’offrir un petit
séjour à Cannes, en flânant sur
la promenade, comme une star?
L’hôtel des Orangers jouit d’une
situation privilégiée au cœur de
la vieille ville, à cinq minutes
des plages, de la Croisette et du
Palais des Festivals. En été, la
piscine s’offre pour un bain rafraîchissant, sise au milieu d’un jardin parfumé aux odeurs d’oliviers
et de lavande. Le séjour devient
encore plus agréable pour les
Un plus pour les membres de
l’ATE: réduction de 10%, à partir de
deux nuits. Valable pour l’Eco-Hôtel
de Montézillon (tél. 032 732 22 11)
ainsi que pour le Café-Hôtel à Neuchâtel (tél. 032 710 18 58). Détails
sur www.bonus-ate.ch.
membres de l’ATE, grâce aux prix
avantageux sur toute la collection
Minotel. Outre l’hôtel des Orangers, Minotel compte des établissements de charme dans 33 pays,
dont une cinquantaine en Suisse.
Le réseau privilégie les petits patrons : la plupart des hôtels appartiennent à la famille exploitante.
Un plus pour les membres
de l’ATE: 10% de réduction sur les
nuitées en réservant via internet. Sur
www.bonus-ate.ch vous trouverez le
code ATE pour votre réservation sur
le site minotel.com.
© Minotel
Vue du Bernina Express, la Suisse se présente sous son meilleur
jour. Après un voyage en train jusqu’à Lugano, un bus longera le lac
de Côme et les vignobles de la Valteline jusqu’à Tirano. Le retour
dans les wagons panoramiques du Bernina Express vous fera découvrir toute l’étendue de cette ligne inscrite au patrimoine mondial de
l’Unesco. La plus haute voie de chemin de fer sans crémaillère à
travers les Alpes grimpe jusqu’aux glaciers, au sommet du col de la
Bernina, se frayant un passage le long de côtes escarpées. La ligne
de l’Albula et de la Bernina du Chemin de fer rhétique relie l’Europe
du nord et du sud des Alpes, de Tirano (Italie) à Coire.
L’Eco-Hôtel l’Aubier à Montézillon,
établi en pleine nature, avec une
vue splendide sur le lac et les Alpes,
est un endroit propice à la randonnée. La maison de caractère conviviale et écologique propose des
saveurs régionales, des produits
bio et une ferme biodynamique
avec fromagerie et boucherie.
Au centre de la vieille ville de
Neuchâtel se trouve le Café-Hôtel l’Aubier (photo) qui propose
du café bio-dynamique artisanal
fraîchement torréfié, des tartines,
des potages et salades. La plupart des ingrédients proviennent
de la maison mère à Montezillon.
Dans les étages, neuf chambres
lumineuses attendent les hôtes.
Les deux maisons sont certifiées
Goût Mieux, Bourgeon et Demeter.
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Un plus pour les membres de
l’ATE : La Camping Card à Fr. 25.–.
Pour l’obtenir, vous devrez disposer
de votre numéro de membre ATE
ainsi que de votre carte d’identité ou
passeport. Formulaire de commande
en ligne sur www.bonus-ate.ch,
tél. 0848 611 613.
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
29
VOYAGE S
© Keystone
Montagnes citadines
Texte: Christophe Siegenthaler
Découvrir l’Ile de Beauté en automne permet de prolonger l’été et d’éviter
les nombreux touristes. Voyage à vélo d’Ajaccio à Bastia en longeant les côtes
corses et en profitant de se rafraîchir dans les criques nombreuses.
La Corse à vélo par les côtes
30
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
CORSE
Vélo
L
e périple conquérant commence à Ajaccio, ville natale
de Napoléon Bonaparte. Après
être passé devant le port par lequel nous avons débarqué le matin précédent, notre voyage à vélo
débute en quittant Ajaccio noyé
dans son trafic routier matinal.
La grève des ports de Marseille
fait menacer la Corse d’une pénurie de carburants, le sujet est
répété en boucle dans les médias.
Toutefois, en quittant la ville, il
faut bien avouer que, à nos yeux,
les conséquences ne sont pas perceptibles, malgré le rationnement
des stations essence.
Les formes bizarres des falaises des Calanche di
Piana sont l’un des nombreux paysages que l’on peut
vivre intensément à vélo.
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
des blocs posés en équilibre miraculeux au-dessus de profondes
ravines tapissées de vert. Selon la
tradition populaire, le diable serait intervenu pour concevoir un
tel chaos de rochers erratiques
de granit rouge. Après un long
moment de contemplation, Porto
nous attend plus bas pour la soirée et une nuit de repos méritée.
Une route magnifique
Galéria est la destination suivante. Une série de virages attendent notre passage. La route est
magnifique avec ses points de vue
sur la côte et la mer. Cela n’est pas
un hasard qu’en sens inverse nous
croisons de vieilles voitures participant à un rallye touristique. Le
rythme du cycliste semble pourtant plus approprié pour apprécier le paysage. Parvenus au but de
l’étape, un saut dans la mer permet de se rafraîchir, la température de l’eau étant encore agréable
au début du mois d’octobre.
Des lacets à franchir
Quelques kilomètres plus loin,
notre première étape emprunte
une route avec moins de trafic
et la montée du premier col, celui de San Bastiano culminant à
464 mètres, débute. En venant de
Suisse, le dénivelé peut sembler
relativement faible mais quand le
point de départ
se trouve au niveau de la mer, Parvenus au but de l’étape, un saut
cela fait quand
dans la mer permet de se rafraîchir.
même quelques
lacets à franLe lendemain, la route suivant
chir. Arrivé au sommet sans difficulté, la descente nous entraine la côte et dont le revêtement est
à Cargèse, la Grecque. La locali- délabré, mène à Calvi avec des
té s’étendant sur un promontoire vues splendides sur le littoral, sur
de granit au-dessus de la mer a la côte sauvage creusée d’anses.
la particularité de posséder une En plus, les voitures semblent
église grecque, car elle a été fon- avoir disparu: nous pédalons dudée par des colons venus du Pé- rant près de 20 kilomètres avant
que la première voiture nous
loponnèse.
Quelques calories avalées et dépasse. Arrivés à Calvi, nous
une petite sieste, une nouvelle rencontrons un couple de cycloascension commence vers le col touristes néo-zélandais, nous
de Lava, qui conduira vers l’un conseillant de passer par le Capdes paysages naturels les plus Corse. Pour pique-niquer, nous
étonnants de Corse : les Calanche grimpons à l’intérieur de l’im(prononcer Calanque) de Piana. posante Citadelle ayant connu de
La récompense du paysage dé- nombreux sièges au cours de son
passe largement les efforts four- histoire. Alors qu’une centaine
nis, encore plus avec les couleurs de résidents l’occupent actueldu début d’un coucher de soleil. lement, ils ont été jusqu’à 6000
Le site, inscrit au patrimoine par le passé. Au cours de notre
mondial de l’Unesco, est un laby- balade, quelques pans de murs
rinthe de rochers sculptés par le informes se présentent à nous :
vent et la pluie, avec des aiguilles selon une thèse, que certains
tranchantes tendues vers le ciel, habitants soutiennent mordicus,
31
© Christophe Siegenthaler
Le petit port de Centuri est réputé pour ses langoustes.
il s’agit des derniers vestiges de
la maison natale de Christophe
Colomb. Un café avalé au port, le
voyage se poursuit vers la destination du jour : l’Ile-Rousse qui
doit son nom à ses îlots de granit
rouge, dominé par un phare.
Vers le col de Vezzo
Cap-Corse ? Le soir, la question se pose, dans un restaurant
à recommander en dégustant
une spécialité avec du brocciu,
fromage corse à base de lait de
chèvre. Le nord de l’île n’était
pas prévu au programme, mais,
après avoir examiné la carte,
nous passerons par le nord de la
Corse. Après une journée sans
pédaler et à profiter du bord de
mer, nous remontons sur notre
vélo et attaquons la montée vers
le col de Vezzo. A notre droite les
Agriates : une zone hostile et mystérieuse, une région quasi inhabitée et un maquis dense qui cède
la place à l’aridité de la roche. Un
groupe de trois cyclistes sportifs
nous dépassent peu avant le sommet, en signalant de tenir bon car
il est proche. La descente conduit
vers St-Florent, un des plus beaux
32
mouillages de Corse. En début
d’après-midi, notre périple se dirige vers le Cap-Corse. La route
traverse tout d’abord quelques
vignobles : Patrimonio est réputé pour ses vins AOC, dégustés et
appréciés le soir d’avant.
Passé Nonza, le chemin de
la côte alterne entre descentes
et montées, la pente au-dessus
de la mer étant parfois vertigineuse. L’activité humaine n’a pas
laissé la nature intacte, même
dans ces lieux. Une friche industrielle balafre le flanc de la
colline, il s’agit des vestiges de
la mine d’amiante, exploitée durant 20 ans et fermée en 1965.
Nous poursuivons en traversant
des localités, où les habitants bavardant au bord de la route nous
saluent. L’objectif de la journée
atteint, nous découvrons une
bien mauvaise surprise : un panneau indique que le camping est
fermé. L’aimable gérante du petit
magasin de Morsiglia se charge
de trouver une solution. Un coup
de fi l à l’un de ses amis et nous
voilà logés : un bed & breakfast
nous attend à Centuri, quelques
kilomètres plus bas. La petite localité du bord de mer est réputée
pour sa langouste, mais comme
pour le camping, nous arrivons
trop tard, la saison est terminée.
Une ascension nous attend
sans échauffement le jour suivant.
Arrivés à 365 mètres, le Moulin
de Mattei nous fait signe : frappé
par la foudre, en 1834, il fut restauré et transformé en panneau
publicitaire par l’inventeur de
l’apéritif du Cap-Corse, un siècle
plus tard. Nous profitons de la
vue sur la pointe de l’île. Ensuite,
descente sur la côte est du CapCorse, moins spectaculaire, et
direction Bastia. Le lendemain
au soir, un ferry nous amène sur
le continent où l’automne semble
déjà bien avancé.
Informations utiles
Aller/retour: Prendre le TGV à Genève pour Marseille. A
Marseille prendre le ferry pour Ajaccio (avec la compagnie SNCM).
De Bastia, prendre le ferry pour Savone (avec la compagnie
Corsica Ferries), puis prendre le train à Savone pour Milan
où un changement est nécessaire pour rentrer en Suisse.
Autre possibilité: prendre le ferry pour Marseille (compagnie SNCM), puis prendre le TGV de Marseille à Genève.
Parcours: Il n’y pas de piste cyclable. Les routes aux alen-
tours d’Ajaccio et de Bastia, ainsi que la route Calvi – L’Ile
Rousse ont (parfois) passablement de trafic, le reste des
routes empruntées ont peu de circulation.
Saison idéale: Septembre – mi-octobre, il y a peu de touristes et le temps est encore très agréable. Attention, certains campings sont déjà fermés à cette période.
Informations détaillées et tuyaux:
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ATE MAGAZINE / JUIN 2011
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Texte: Christine Zeiner
Photos: Peter Krebs
Hambourg est en pleine mutation. Autour du vieux port, un énorme quartier
neuf voit le jour avec, pour figure emblématique, «l’Elbphilharmonie». Ses
vieux quartiers apparaissent, bien plus encore, colorés et effrontés.
«Tous te convoitent, et
34
VISITES DE VILLES
Hambourg
C
rountch! Le bateau racle le fond de
l’eau. «Vous avez vu? Ici, il n’y a pas
d’eau! » L’embarcation fait demi-tour : la
ville-entrepôt nous refuse la visite. La
marée remontera dans une à deux heures.
«Ici, le courant descend sept heures durant, puis remonte pendant cinq heures»,
nous explique le capitaine. Nous nous
sentons un peu à l’étroit, comme dans
les canaux de Venise. En haut des immeubles néogothiques de briques en terre
cuite, on aperçoit les crochets des poulies
qui, autrefois, servaient à hisser les sacs
de café et d’épices dans les entrepôts. Aujourd’hui, on y stocke principalement des
tapis d’Orient.
Le voyage avec le bateau régulier sur l’Elbe offre
une possibilité très agréable de visiter Hambourg:
le débarcadère de St-Pauli.
tu le sais»
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
bourgeois, des touristes, des ivrognes,
des prostituées, des chauds lapins, des artistes et autres pseudo-artistes. L’endroit
est teinté de bohème, d’extravagance et
d’excès en tout genre. Ca sent la saucisse à
rôtir, la bière et l’urine.
Le calme règne dans le nouveau
quartier Hafencity. Le vieux port est
parsemé d’immeubles de bureaux et
d’appartements modernes, froids et
mondains, jusqu’au chantier du futur
centre de concerts Elbphilarmonie. Il a
pour vocation de devenir la nouvelle figure emblématique de la ville. Une superstructure élancée de verre s’élève sur
d’anciens entrepôts de cacao. L’édifice est
l’œuvre des architectes bâlois Herzog &
de Meuron. L’Elbphilharmonie est aux
antipodes de la réputation de retenue de
la ville hanséatique. Son financement devait être assuré par des dons et la vente
d’appartements de luxe – dans l’intervalle, les coûts à la charge du contribuable
ont passé à 350 millions d’euros. La date
d’inauguration n’a cessé d’être repoussée. On table actuellement sur novembre
2013. Le raccordement au métro entraîne
de lourdes dépenses, alors que l’argent
manque pour l’extension du RER dans les
autres districts.
Notre esquif repart en direction du
nord, laissant derrière lui les vieilles façades à tourelles et encorbellements du
port marchand. Nous croisons un vapeur
du Mississippi. En arrière-plan on travaille à la construction du futur centre de
concerts «Elbphilharmonie». Plusieurs
grues entourent sa structure vitrée. Le
bateau tangue fortement. De l’eau nous
éclabousse. Les mouettes s’en rient. Nous
passons devant les docks no 1. Notre embarcation paraît minuscule à côté des
cargos. Plus loin, nous découvrons le
centre de nettoyage et de maintenance
des conteneurs. Nous poursuivons
à travers une écluse pour nous reL’Elbphilharmonie est aux
trouver au débarcadère du quartier
de St-Pauli et son célèbre clocher des
antipodes de la réputation de
marées, ses halles d’enregistrement
centenaires et sa station de métro.
retenue de la ville hanséatique.
La vie économique et culturelle
de la ville est rythmée par son port.
Son développement détermine celui de
On peut visiter le chantier pour la moHambourg. Aussi son maire socialiste, dique somme de cinq euros et se faire
Olaf Scholz, envisage-t-il d’abaisser le lit présenter les salles de concert inachevées,
de l’Elbe pour en garantir l’accès aux gros l’espace réservé au public, l’acoustique.
porte-conteneurs. Les Verts ne sont, eux, On atteint le septième étage à pied. La
guère emballés par le projet.
plate-forme à 37 m au-dessus de l’Elbe
Le débarcadère est à une encablure devrait être un jour publique. Le vent mude la Reeperbahn, le quartier « chaud » git. De là, on voit des églises, beaucoup de
de Hambourg. De chaque côté, de mas- bateaux, l’Hôtel de ville, les docks et les
sives enseignes lumineuses proposent de Deichtorhallen, halles marchandes devel’érotisme en veux-tu en voilà. Ce sont nues centre d’expositions.
les marins qui ont donné au lieu son caChristine Ebeling n’est pas enthouractère d’origine : c’est là, naguère, qu’ils siaste. En 2009, cette sculptrice a particiy tressaient les cordes et les câbles. Au- pé avec deux cents autres artistes au squat
jourd’hui, c’est devenu le quartier bran- des bâtiments historiques du quartier
ché de la ville: on y rencontre des Ham- «Gängeviertel», au centre de Hambourg.
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VISITES DE VILLES
Hambourg
Aujourd’hui, elle y boit un café dans le
bistrot déglingué remis en exploitation.
La maison est entourée d’échafaudages et
le petit quartier cerné par des immeubles
de verre. L’établissement propose des
concerts, des soirées de lecture et des
projections de films. On y a restauré les
tapisseries et réinstallé de vieux meubles.
En échange d’un don, les hôtes se font
servir du thé, du café et des pâtisseries. « J’aime son architecture, même
si je préfère le sobre », confie Ebeling
à propos de l’Elbphilharmonie. Ce
n’est pas l’apparence qui pose problème, mais le fait que la population
de la ville – qui pourtant le finance –
n’en profitera pas vraiment.
Pendant des années, le Gängeviertel a
été laissé à l’abandon. Un promoteur voulait racheter les vieilles maisons ouvrières
et en détruire la plupart. Les artistes voulaient, eux, conserver ce quartier historique. Il doit être «ouvert à tous». «Dans
la ville, trop d’ateliers d’artistes ont été
transformés ou vendus», explique Ebeling. Ici, des talents créateurs peuvent y
travailler. Même si ce n’est pas leur but, ils
redorent l’image culturelle de Hambourg.
Les subventions aux théâtres, musées et bibliothèques publiques ont été supprimées.
Nombre d’entre eux craignent de devoir
fermer. Ebeling ne veut pas entendre
parler de politique de marketing. Il s’agit
avant tout d’échange et de partage. Pour
Anna Bergschmidt, la paix sociale est
aussi menacée dans le district d’Altona:
les prix grimpent et beaucoup de gens ne
peuvent plus les payer. L’endroit est tendance. Bergschmidt est membre de «l’initiative anti-IKEA». Le géant du meuble
envisage l’ouverture d’une succursale à
Même si ce n’est pas leur but,
les artistes redorent l’image
culturelle de Hambourg.
la Grosse Bergstrasse, la toute première
zone piétonne d’Allemagne. Bergschmidt
craint que ce centre Ikea n’attire davantage de voitures. A ses yeux, il n’est pas
une plus-value pour la ville, mais une
atteinte à la diversité culturelle d’Altona.
Les opposants au centre IKEA estiment
que la surface libérée par la démolition de
l’ancien centre d’achat pourrait être plus
avantageusement mise à la disposition des
Hambourgeois.
Non loin de là, l’artère commerçante
du quartier d’Ottensen est une succession de boutiques de mode, d’échopes de
luxe et de restaurants chics. On y trouve
un café «Schweizweit», où l’on sert röstis,
fromage et Rivella et un magasin «El Ro-
jito» où l’on vend du café issu d’un commerce équitable. Le centre culturel « Fabrik », fondé en 1971 dans une ancienne
usine de machines, propose des lectures,
des débats, des concerts et des représentations théâtrales. Naguère, Ottensen
était un quartier industriel et ouvrier. On
l’appelait le «bourg des mites»: on disait
alors des tuberculeux qu’ils avaient les
poumons mités.
Hambourg reste prolétaire et terre à
terre, ici et là déchirée et élimée, ailleurs
chic et élégante. La ville se montre créative et progressiste: la culture «alternative » prospère à l’ombre de la mutation
des quartiers pauvres en quartiers riches.
Ici la riche bourgeoisie protestante et
hanséatique côtoie encore et toujours les
émigrants venus des quatre coins d’Allemagne et du monde.
« Hambourg, tous te convoitent. Tu
le sais et ça te plaît. » chantais le groupe
berlinois des années 90 Lassie-Singers. La
constatation reste valable.
Infos utiles
Aller/retour : plusieurs liaisons ICE depuis Bâle
et Zurich (www.cff.ch), ainsi qu’un train de nuit
depuis Zurich (www.citynightline.ch voir aussi
en pages 31/32).
Hébergement/informations touristiques :
www.hamburg-tourism.de
Offres forfaitaires: www.voyages-via-verde.ch,
tél. 0848 823 823
A gauche, le quartier d’ Ottensen et, à droite, l’ancienne et la nouvelle architecture dans le quartier des entrepôts.
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
37
© Pro Velo
SUISSE
Voyages en train
38
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
SUISSE
Vélo
Claude Marthaler aime parcourir le monde à vélo. Avec Delphine Klopfenstein,
il a rédigé un guide de 25 itinéraires cyclables autour du lac Léman. Le
Magazine ATE en a testé trois.
L’Arc lémanique à vélo
Séparées de la route du col
du Marchairuz par des murs
en pierres sèches, les vaches
contemplent les cyclistes.
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
S
i nous connaissons le Salève,
la montagne de Genève, nous
sommes moins familiers du massif des Voirons, au sud-est de la
ville. Une lacune géographique
qu’il s’agit de combler: c’est pourquoi nous choisissons cet itinéraire. Le chapitre 10 du guide
précise que le voyage commence
à Chêne-Bourg, près du terminus
du tram 16. À la gare Cornavin,
au centre de Genève, nous interrogeons donc des passants pour
trouver cette ligne 16 et nous la
suivons à vélo. Cela s’avère une
entreprise plutôt audacieuse. Les
rues de Genève sont parsemées
de nids de poule, et nous nous retrouvons coincés entre les rails et
le trottoir, otages d’un trafic motorisé infernal. Pas étonnant que
nous n’ayons croisé que quatre
autres cyclistes en tout, sur les six
kilomètres séparant la gare principale du début de l’excursion des
Voirons. Nous leur tirons notre
chapeau et prenons acte: les cyclistes raisonnables montent dans
le tram 16 avec leur vélo.
Après Chêne-Bourg, le monde
redevient vivable. Nous sortons
de la ville et roulons dans l’agglomération. Les voitures et motos
s’écoulent lentement dans les cités-dortoirs. Nous arrivons dans
des vignobles avec des châteaux
en miniature et au milieu de
champs où ça sent le printemps.
La randonnée commence vraiment. Par chance, la montée est
progressive, sur une petite route
qui semble désormais n’appartenir qu’à nous. Ici, en direction
du col de Saxel, on croise soudain
davantage de gens à vélo qu’en
voiture. On se salue et se souhaite
bon courage.
Du courage, il en faut un soupçon pour atteindre le petit col, et
aussi un peu de détermination.
À gauche, un bistrot accueillant.
Onze heures a sonné. Il ne reste
rien de la spécialité maison – les
croissants du Mont-Blanc – et il
est trop tôt pour dîner. Quelques
indigènes prennent l’apéro. Nous
attaquons donc la variante que le
guide recommande aux cyclistes
téméraires et gravissons la route
vers le monastère de Bethléem.
Notre témérité se voit récompensée. Un lacet après l’autre, nous
gagnons de la hauteur dans une
forêt sauvage et faisons une halte
au modeste cloître du monastère.
Nous ne sommes pas encore
tout en haut des Voirons, mais
ce relief montagneux nous a
enchantés. Nous enlevons facilement les quelques mètres de
dénivelé qui nous séparent de la
fin de la route, puis marchons dix
minutes jusqu’au belvédère. Sous
© Pro Velo
Texte: Dres Balmer
Vue sur le paysage dans la région frontalière entre la Suisse et la France sur la
rive gauche du Léman.
39
SUISSE
Vélo
la pointe de nos chaussures, nous
distinguons la ville de Genève
et sa banlieue à travers le couvercle de smog et, à l’arrièreplan, des avions en phase d’atterrissage. À l’horizon, le Crêt
de la Neige et le Reculet, les plus
hautes montagnes du Jura. À
notre gauche, se dresse le Salève.
Encore un chouïa de courage
pour la jolie descente sur une
bonne route vers Boëge, mais
surtout pour le dernier morceau,
d’Annemasse à Genève dans la
circulation dense du soir. Notre
journée de travail s’achève avec
le retour, cette fois dans le tram
numéro 16.
Informations sur l’itinéraire n° 10 :
tour des Voirons
L’itinéraire : Genève – Chêne-Bourg
(410 m) – Jussy – Monniaz – Langin
– Col de Saxel (943 m) – Boëge –
Fillinges – Annemasse – Chêne-Bourg
– Genève. 45 km, 510 mètres de
dénivellation. Avec la variante du col
de Saxel jusqu’au signal des Voirons
(1480 m) et le retour, compter 57 km,
1047 m de montée.
Description : route de montagne.
Niveau : difficile.
Avec onze confitures sur la Riviera
L’
sons un crochet par la France
et mesurons concrètement les
disparités économiques: pour
l’équivalent de 85 francs suisses
par personne, nous mangeons,
buvons et dormons comme des
rois dans un petit hôtel sympathique à Bret, au bord du lac,
à deux kilomètres de la Suisse.
Au petit déjeuner, nous avons le
choix entre onze confitures différentes, toutes faites maison.
© Pro Velo
itinéraire 24 suit les rives
du lac Léman de l’est de
Lausanne jusqu’au village de
Saint-Gingolph, que traverse la
frontière avec la France. Nous
choisissons de l’emprunter dans
le sens inverse de celui qu’indique le guide et partons de
Saint-Gingolph au lieu d’y arriver. L’après-midi touche à sa fin,
le soleil plonge derrière Genève.
Avant qu’il disparaisse, nous fai-
Le château de Chillon, tant de fois photographié, est incontournable sur l’itinéraire de la partie supérieure du lac Léman.
40
Le lendemain matin, nous
retournons en Suisse sans le
moindre nuage au-dessus de la
tête. Il est plus agréable de pédaler avec onze confitures dans
l’estomac. Passé Saint-Gingolph,
nous voilà au Bouveret un instant
plus tard. Nous nous retrouvons
là dans une sorte de Venise art
moderne, un village de vacances
dans lequel estivantes et estivants naviguent sur les canaux
à bas régime jusqu’à leur domicile. Étonnés, nous nous promenons sur les passerelles entre des
centaines d’appartements de vacances dont presque tous les volets sont fermés. En dix minutes,
nous apercevons en tout et pour
tout trois personnes. Cet endroit
que Suisse Tourisme dépeint
comme une «charmante station
balnéaire» évoque plutôt, à nos
yeux, les sinistres coulisses de
l’abondance.
Il est bien différent, le monde
qui nous attend plus à l’est, aux
Grangettes, dans le delta du
Rhône. C’est maintenant, au
printemps, que la nature est
la plus opulente. La vie jaillit
comme d’un volcan en une centaine de couleurs. Les oiseaux
chantent dans les roseaux, les
grenouilles coassent dans les
eaux croupissantes, l’herbe
pousse au point qu’il nous semble
l’entendre. L’or paraît tomber en
pluie et les feuilles jouent dans le
vent. Comme hébétés, nous décidons de faire une pause avant
de continuer vers Villeneuve, qui
nous ramènera à la civilisation.
Sa rue principale pourrait être
belle; hélas, elle est couverte de
voitures. Plus tard, nous trouvons l’embranchement vers la
rive et le Château de Chillon.
La route est joliment aménagée,
mais étroite. Le trafic motorisé
repousse les cyclistes sur le chemin du bord du lac, où ils exaspèrent les piétons. De Villeneuve
à Vevey, la rive du Léman est
appelée la « Riviera ». Cela sonne
aussi chic qu’Acapulco et St-Moritz, mais ici, le règne du moteur
atteint apparemment les limites
du supportable.
Celles et ceux qui souhaitent
parcourir la dernière partie de
l’itinéraire jusqu’à Lausanne
grimperont dans Lavaux, par
exemple en direction de Grandvaux. Les routes sont parfois si
raides que même les voitures s’essoufflent. À Grandvaux, un café
offre une terrasse panoramique.
Nous pouvons y admirer d’en
haut l’entier de notre excursion
du jour, ainsi que les vignobles.
Le café s’appelle Restaurant du
Monde. Nous nous demandons
duquel il s’agit.
Informations sur l’itinéraire n° 24 :
tour du Haut Lac
L’itinéraire: Lausanne – Ouchy –
Vevey – Montreux – Villeneuve –
Le Bouveret – St-Gingolph. 43 km,
10 m de dénivelé.
Description : itinéraire au bord
de l’eau.
Niveau : moyen.
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
©Dres Balmer
La montée de Nyon en direction du col du Marchairuz n’est pas particulièrement raide, mais elle ouvre bien l’appétit.
Croûtes au fromage au Marchairuz
L
a ville de Nyon, sur la rive
nord du lac Léman, est élégante. On y entend parler anglais et russe. Des yachts de luxe
se dandinent dans le port. L’endroit deviendra peut-être un
deuxième Montreux. Côté sud
du lac, on voit la chaîne des Voirons, que nous avons récemment
parcourue. Nous sommes au pied
du Jura et c’est ce massif qui nous
attire aujourd’hui, pour admirer
la rive opposée à hauteur égale.
Nous suivons donc l’itinéraire n°
11, baptisé « Le Marchairuz».
Pendant un bref moment,
nous quittons la ville en direction du nord, puis l’itinéraire
bifurque sur une petite route qui
monte entre les arbres et pardessus des ruisseaux. Changins,
Coinsins, Begnins et Bassins :
nous passons par une série de villages dont les noms finissent tous
par « ins » – que les gens du coin
prononcent « eiiiin» avec le nez.
Cette symphonie nasale prend
fin à Bassins. La petite route
monte résolument, et le paysage
gagne chaque minute en largeur.
Alors que des champs cultivés
nous entourent encore, plus haut,
ce ne sont plus que pâturages
séparés par des murs en pierres
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
sèches, plus quelques rares
étables en bois. La région est si
enchanteresse que nous aurions
été à peine surpris si quelque
lutin avait traversé notre route.
Celle-ci monte, monte et monte
encore. Nous croisons des gens
qui poussent leur vélo, papotent
joyeusement et profitent de la vie.
Un des pousseurs fume même
une cigarette. Voilà comment
franchir les dénivelés d’élégante
manière. D’une telle compagnie,
nous ne pouvons qu’apprendre
que le vélo est parfois trop rapide
même quand il s’agit de gravir
des montagnes.
De l’autre côté, nous nous laissons glisser sur une pente douce,
que nous suivons par une bonne
petite route. On avance en général horizontalement, comme en
apesanteur. Dans le groupe des
pousseurs, quelqu’un qui semblait bien connaître les lieux a déclaré: «Ah oui, je suis déjà venu
ici à ski de fond.» Tout juste: nous
voyons les piquets qui jalonnent
la piste et sont restés là depuis
l’hiver. La route étroite disparaît
dans un bosquet. À fin mars, une
solide couche de neige recouvre
encore l’asphalte. Elle forme
même une carapace de glace à
l’ombre. Çà et là, notre excursion
a des allures de patinage artistique.
Nous nous remettons à danser
sur la selle du vélo et atteignons
la route grimpant vers le Marchairuz. Avec ses 1449 mètres
d’altitude, c’est le plus haut col
routier du Jura, mais la montée
depuis le nord offre davantage de
facilité que n’importe quel autre
col plus élevé. Pourtant, le dénivelé et l’intermède glacé ont été
si exigeants qu’à l’auberge, nous
dévorons une croûte au fromage
typique avec jambon et œuf.
Au moment du café, nous faisons le bilan des trois excursions.
Le guide de Delphine Klopfens-
tein et Claude Marthaler s’adresse
aux braves ainsi qu’à celles et
ceux que les dénivelés n’eff raient
pas. Il n’y a pratiquement que sur
les hauteurs que l’on échappe au
trafic motorisé, qui asphyxie le
Léman et les agglomérations qui
l’entourent.
Informations sur l’itinéraire n° 11:
le Marchairuz
L’itinéraire : Nyon (406 m) – Genolier
– Arzier – Bassins – La Chaumette
– La Bassine – col du Marchairuz
(1449) – Saint-Georges – Longirod –
Bassins – Nyon. 56 km, 1050 m
de dénivelé.
Description : route de montagne.
Niveau : difficile.
Le guide cycliste du lac Léman
Delphine Klopfenstein, Claude Marthaler, L’Arc lémanique à vélo. 25 belles balades. Édité par Pro Vélo Suisse, Pro Vélo Genève et le Velojournal, éditions
Werd Verlag Zurich (en français uniquement), 34,90 fr.
Les itinéraires illustrés par des photos et des cartes couvrent la région lémanique et ses environs, en Suisse et en France. Ils suivent en partie le réseau
balisé de La Suisse à vélo, ou alors orientent les cyclistes au moyen d’une
bonne description de la route à suivre. Les paysages vont de la randonnée
urbaine au voyage au bord de l’eau, en passant par des excursions exigeantes
d’un point de vue topographique. Ce guide est idéal pour découvrir les nombreuses richesses naturelles et culturelles de cette région.
41
ACTUEL
© Roberto Buzzini
Dossier
Texte: Urs Geiser
Un nouveau sentier d’altitude relie désormais en continu la montagneemblême de Locarno, le Cardada, à Fusio, dans la vallée de Lavizzara : la Via
Alta della Vallemaggia VAVM. Nouvel atout pour le tourisme de randonnée.
Nouveaux itinéraires au Tessin
42
RANDONNÉE
Suisse
L
Un parmi les nombreux coups d’œil sur la chaîne
du val Verzasca qu’offre le parcours: à gauche,
l’arête du Poncione d’Alnasca.
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
e feu de cheminée crépite dans le sé- contact avec la pente herbeuse escarpée,
jour de la cabane rénovée qui allie notre appréhension s’envole aussitôt. On
élégamment ancien et nouveau. Autour trouve en effet à chaque pas une trace à
des tables entièrement occupées, les vi- suivre ou du moins des marches stables
sages révèlent une certaine impatience et les lacets se trouvent à bonne distance
joviale. Les odeurs émanant de la cuisine du précipice. Les quelques petites parois
éveillent l’appétit. Et voilà qu’on nous rocheuses sont faciles à escalader grâce à
apporte déjà une minestrone bouillante. des chaînes en fer. Le point culminant de
Noris Mignami, cette semaine-là gardienne de la
On trouve en effet à chaque pas
cabane de Soveltra, dit ne
pas avoir eu recours à une
une trace à suivre et les lacets sont
recette spéciale: «Surtout
beaucoup de légumes, un
à bonne distance du précipice.
peu de beurre et laisser mijoter tout doucement», c’est
tout ce qu’elle nous en dit. En plus de No- la Via Alta se situe à environ 2500 mètres
ris, on trouve à la cuisine également An- d’altitude, la couronne est à portée de
gela et Lucia tandis que Filippo, le neveu main. Avec le Triangolino et le Monte
de 11 ans de Noris, assume le service en vi- Zucchero, au sud du col de Redorta, la
revoltant. Bondissant comme une balle de Corona di Redorta offre un exceptionnel
ping-pong, il remonte l’escalier vers la cui- décor de hautes Alpes.
sine quatre à quatre non sans y ajouter de
La suite n’est pas moins agréable. Ce
temps en temps une pirouette. Très adroit, qui sur la carte se présente comme une
il pose à présent le risotto alla nonna sur la affaire pour le moins ardue (« I Rocc ») se
table. En troisième plat, il sert du fromage révèle en réalité comme une mer de ped’alpage qui ne pourrait pas être plus racé. tites bosses rocheuses totalement lisses
au milieu d’une vaste surface herbeuse
Nous avons amplement mérité notre où scintillent des nuées de gentianes d’un
repas. La veille, nous étions partis de bleu intense. Nous descendons d’abord
Broglio pour traverser la vallée féerique allègrement avant que le chemin ne rede Tomè avant de monter jusqu’à l’alpe devienne plus difficile. Passant devant
éponyme et de bifurquer dans la Via les témoins respectables d’une culture
Alta. Nous n’avons pas raté l’occasion de alpestre révolue, nous faisons une halte
nous baigner le soir dans le lac qui nous à Pianconi. Un petit lac avec des îlots
a charmé par son magnifique jeu de cou- de linaigrette réfléchit l’univers montaleurs. L’hébergement spartiate à la cabane gneux de la partie supérieure de la vallée
Tomè, avec seulement quatre places pour de la Maggia.
dormir et un âtre ouvert, appartient au
passé. Il a fait place à un écrin d’architecLa descente vers Soveltra est le desture alpine équipé d’une cuisinière à gaz sert. Des dolci nous sont évidemment
et d’une réserve de boissons. Les huit ou aussi servis par Noris qui a autrefois ofneuf matelas sous les combles sont peu ficié à la cuisine du restaurant familial
comparés à la capacité des autres cabanes « Lavizzara» à Sornico, en bas de la valsituées le long de la Via Alta qui en comp- lée. Un autre dessert nous est offert detent quinze ou plus. Dès que le finance- vant la cabane sous forme d’une splenment du projet sera assuré, le Patriziato dide lumière du soir éclairant les flancs
di Broglio rendra également habitable du Campo Tencia qui ferme de manière
l’écurie derrière la cabane.
imposante la vallée encaissée de Soveltra.
Départ aux aurores de Tomè. A l’heure Ce plus haut sommet entièrement situé
du goûter, au passage sans nom près du sur territoire tessinois est plus facile à
point 2156, nous jetons un regard crain- gravir à partir d’ici que de la cabane de
tif vers le versant sud-ouest de la Corona Campo Tencia. Comment résister à la
di Redorta. C’est par là que nous sommes tentation de prolo nger la balade sur la
censés passer? Dès que nous sommes en VAVM d’une journée ?
43
RANDONNÉE
Suisse
L’idée du sentier de grande randonnée
le long de la ligne de partage des eaux de
la Maggia et de la Verzasca est née il y
a un peu plus de sept ans au sein d’une
poignée d’amis de la montagne du club
alpin régional. Directeur technique de
l’association touristique de la vallée de
la Maggia, Matteo Zanoli a sensiblement
contribué à ce que ce rêve devienne peu
à peu réalité. Avec une demi-douzaine
d’ouvriers saisonniers, de dix à quinze
participants aux programmes d’activités
et de deux à trois personnes effectuant
leur service civil, il assure l’entretien du
réseau de sentiers pédestres de plus de
700 kilomètres et dégage les chemins envahis par la végétation ou en construit de
nouveaux. Zanoli ajoute cependant que le
travail ne pourrait pas être accompli sans
une bonne collaboration avec les communes et les particuliers. L’aménagement
de la Via Alta a coûté environ 120 000
francs – hors construction des cabanes
© Urs Geiser
– et les frais d’entretien sont estimés à
5000–6000 francs par an.
Les initiateurs du projet n’ont cependant pas tout dû reprendre à zéro. Si
le tracé existait en effet déjà en grande
partie, il a fallu l’améliorer, notamment
à l’extrême sud, autour de la Cima della
Trosa et le Madone. Mais l’une des innovations apparaît en plein jour dès la Bocchetta di Orgnana. Au lieu de rejoindre
l’Alpe Nimi par le bas, il est aujourd’hui
possible d’y accéder par le haut, ce qui est
nettement plus spectaculaire.
La Capanna Nimi n’est pas équipée de
douches comme la cabane de Soveltra.
En revanche, il y a une baignoire à l’eau
de source offrant une vue unique sur le
lac Majeur. Juste à côté, des cochons de
laine se vautrent dans la boue. Roccia est
le nom du berger de Maremme blanc et
à long poil qui surveille son troupeau en
aboyant depuis qu’un loup a égorgé plusieurs chevreaux. Le regard de Roccia et
sa nature brisent le cœur des personnes
les plus hostiles aux chiens. Pietro, le berger des chèvres, produit ici son propre fromage de brebis. Lui aussi s’appelle Zanoli
– c’est le frère de Matteo. Au lieu de continuer en tant que banquier à accumuler de
l’argent, Pietro s’occupe aujourd’hui de la
plus-value de l’économie alpestre. Il descend donc pour ainsi dire du tertiaire au
primaire. Il poursuit l’œuvre de son oncle
Gioachino qui a réveillé Nimi il y a 30-40
ans de sa léthargie.
Après une soirée d’octobre douce
comme en été, nous sommes accueillis
derrière Nimi dans une lumière automnale éblouissante par l’un des tronçons de
la Via Alta qui offre les plus belles vues:
la crête entre Cima di Nimi et Madom
da Sgióf. Les puristes regretteront sans
doute que les marquages blanc-bleublanc nous évitent de chercher notre chemin à travers le dédale de blocs rocheux
et que des marches en fer nous aident à
franchir les obstacles. Mais le pragmatique en moi me dit que l’intervention est
bien modeste comparée à une via ferrata
et que l’avantage touristique potentiel est
d’autant plus grand.
L’étape de Nimi à Masnèe est heureusement courte. Heureusement, parce
que des lacs idylliques, comme celui de
Starlaresc da Sgiof, bordent le sentier et
invitent à s’y prélasser. Il y a deux ans,
nous avons constaté que de nouvelles
traces conduisaient de Masnèe direction
© Matteo Zanoli
L’entretien des sentiers par des professionnels et vue idyllique
photographiée au dessus de Tomè.
44
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
ACTUEL
© Karen Cordes
Dossier
Découverte rafraîchissante en-dessous du chemin entre Prato-Sornico et la cabane Soveltra.
Laghetto Pianca. Ces traces se sont entretemps transformées en sentier ce qui
off re l’occasion à Masnèe de se positionner comme centre de vacances au bord de
lacs alpins.
Après Masnèe, le marquage alpin
blanc-bleu-blanc domine par rapport au
balisage blanc-rouge-blanc moins exigeant. Mais les incessantes montées et
descentes qui nous font perdre le souffle
valent indéniablement les efforts consentis. Il y a là le sommet arrondi du Pianciasca qui, avant l’ère de la VAVM, n’était
accessible qu’au prix d’un grand détour.
Au pied du Pizzo Coca s’étendent deux
lacs dont le plus petit a des allures de piscine dont la température atteint, grâce à
la faible profondeur, souvent 20 degrés
même à la fin de l’été. Entre les deux lacs
se situe la ligne de partage des eaux du
Coglio et du Giumaglio dont les vallées
se rejoignent plus bas. Elle se trouvent directement en contrebas de celle que suit la
Via Alta: un endroit géomorphologique
remarquable.
L’étape suivante, l’Alpe Spluga, a
connu une véritable renaissance. Il y a 100
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
ans, on y dénombrait encore 27 vaches, 6
bœufs, 5 veaux, 151 chèvres et 8 cochons.
Des animaux y ont passé l’été pour la dernière fois en 1957. Puis est venu le lent déclin. En 2004/05, le Patriziato di Giumaglio a complètement rénové l’ensemble
d’immeubles avec l’aide d’artisans professionnels et d’une centaine d’assistants
qui ont fourni des milliers d’heures de
travail bénévole. Les toits parfaits en
pierre sont un régal pour les yeux et l’infrastructure de la cabane off re un confort
à la hauteur des espérances.
Rien que géographiquement, Spluga
est prédestiné à devenir une sorte de
charnière de la Via Alta. Les environs
sont d’une beauté inouïe. Pascolo dei
Laghi, pâturage des lacs, est le nom de
cette vaste cuvette. Des ruisseaux sillonnent en méandres à travers la plaine gorgée d’eau et luxuriante. Ils se déversent
dans de petits lacs marécageux et dans
des bassins où l’on peut se baigner. On
tombe sur des exclusivités de la faune et
de la flore, comme les orchidées ou la libellule arctique d’émeraude. Lors de ma
première visite, à tout de même près de
2000 mètres d’altitude, j’ai vu un superbe
exemplaire de couleuvre à collier glisser à
travers les rhododendrons des Alpes.
Spluga démontre aussi une chose :
l’infrastructure de la VAVM ne sert pas
seulement à ceux qui sont en forme et suffisamment expérimentés pour parcourir
l’ensemble du sentier d’altitude. On peut
également la savourer en ne l’empruntant que ponctuellement. Un sentier de
randonnée de montagne complètement
réaménagé adapté aux familles conduit
désormais de la Bocchetta Canòva,
au-dessus de Spluga, jusqu’aux vallées
Un livre et une exposition sur la Via Alta
A peine inaugurée, la VAVM se retrouve déjà sous forme
d’un livre («di tracce e orizzonti») et au musée. A travers
plus de cent photos en couleurs, Roberto Buzzini a réussi
à capter la magie de ce voyage dans le temps. Texte d’accompagnement en trois langues (i, d, f), 176 pages, Fr. 45.–.
A commander sur [email protected] ou chez Edizioni
A2, CP 48, 6670 Avegno.
Le Museo di Valmaggia à Cevio, dont le détour vaut la
peine, consacre son exposition thématique annuelle au
livre, respectivement à la Via Alta. (jusqu’au 30 octobre).
45
Papa prévoit tout!
Même le pire...
Si l’un de mes
parents venait à
disparaître ou
devenait invalide,
avec la rente FSMO
je poursuivrais mes
projets d’avenir.
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auprès de la Fondation FSMO.
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FONDATION DE SECOURS MUTUELS AUX ORPHELINS
46
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
© Urs Geiser
Des échelons métalliques diminuent les difficultés de l’étape de Nimi à Masnèe.
d’Osura et de Verzasca. Depuis Giumaglio, Spluga est maintenant facilement accessible en quatre heures de marche.
A propos de Giumaglio: lorsque Filippo, le turbulent jeune serveur de la cabane de Soveltra, m’a révélé qu’il habite
là-bas, je lui ai demandé s’il connaissait
la cabane de Spluga. « Bien sûr, j’y vais
souvent. » J’ai cru déceler un ton un peu
vexé. Sa grand-mère m’a dit qu’il aide
pendant les vacances d’été deux semaines sur une alpe. Filippo, un vrai
espoir pour le renouveau de la vallée de
la Maggia. La Nonna Noris de 72 ans et
au tempérament fougueux ne comprend
que difficilement ma question sur sa motivation. «La cabane de Soveltra n’est pas
encore entièrement remboursée, et nous
ne pourrions jamais nous en sortir financièrement sans les bénévoles.» Ici, on ne
parle pas de solidarité, on la vit.
L’étape de la VAVM entre Spluga et
Tomè n’est pas tout à fait sans problème,
même par de bonnes conditions. Ceux
qui partent direction sud voient depuis
la Val Cocco deux barrières rocheuses en
face d’eux qui semblent infranchissables.
Les constructeurs du sentier ont résolu le
problème en creusant une percée pentue
à travers la jungle de rochers et de broussailles; les randonneurs gravissent cette
voie en escaladant des marches hautes
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
– mais ils oublient ces efforts épuisants
dès qu’ils aperçoivent la splendide vue
qui s’offre à eux depuis la crête. Un couloir effrayant conduit hors de la vallée de
Serenello où les dépenses d’énergie se
retrouvent démultipliées: deux pas, une
glissade, encore deux pas. En plus, il y a
de nombreuses pierres détachées qui risquent d’avoir des incidences fâcheuses
pour la dynamique du groupe. Notons
cependant que le degré de difficulté technique ne dépasse pas la limite officielle
(T4). Il n’y a pas de passages extrêmement
exposés, comme sur la Via Alta della Verzasca voisine.
Selon Matteo Zanoli, ils étaient déjà
des centaines l’année dernière à venir assouvir leur curiosité sur la Via Alta naissante. La motivation se retrouve boostée
par l’autre ligne de partage des eaux sur
le flanc ouest de la vallée. Tôt ou tard,
la VAVM devrait faire le tour de toute
la vallée de la Maggia. Pour Zanoli, qui
s’engage par ailleurs en tant que municipal de Avegno-Gordevio en faveur du développement durable, la route à suivre est
claire: «Cela ne nous apporte absolument
rien d’installer une piscine olympique à
Cevio. Il nous faut jouer nos atouts: l’univers montagneux intact et un paysage soigneusement entretenu.» L’héritage socioculturel est exemplairement présenté par
les sentiers thématiques, les «Sentieri di
pietra», qui ont sensiblement gagné une
grande popularité en très peu de temps.
Et qu’en est-il de la sixième – ou première – très belle étape de la Via Alta de
Soveltra à Fusio? Nous nous retrouvons
ici dans un domaine blanc-rouge-blanc,
même si la descente du col de Fornale paraît au début plutôt casse-cou. Sur le chemin vers le lac de Mognòla, on aperçoit
de loin l’église en marbre de Mogno avec
laquelle Mario Botta a conçu un lien aussi
tranquille que mystique entre la terre et le
ciel qui ne laisse personne insensible. Les
architectes de la Via Alta ont eux aussi
réussi une œuvre d’art similaire.
Principales adresses Internet:
www.vialtavallemaggia.ch (avec PDF du dépliant informatif) ; www.vallemaggia.ch;
www.pietraviva.ch; www.museovalmaggia.ch ;
www.sav-vallemaggia.ch
Caractéristique de la randonnée/cartes:
Le degré de difficulté varie entre T2 et T4.
Pour la plupart des étapes (en tout quelque 60
kilomètres), il faut compter entre 7 et 9 heures
de marche. Carte topographique : 1:25’000,
feuilles 1312 Locarno, 1292 Maggia et 1272
Campo Tencia.
Informations supplémentaires :
www.ate.ch/excursions
47
EN ROUTE
Portrait
© Peter Mosimann
Franziska Abbühl exerce le métier masculin de pilote de locomotive auprès des
chemins de fer de la Jungfrau.
Parfois, elle passe la nuit aux abords du glacier de l’Eiger et commence
sa journée en déblayant la neige. Franziska Abbühl (41 ans) est la première
pilote de locomotive des chemins de fer de la Jungfrau.
«Il faut savoir aimer la montagne»
Propos recueillis par Regula Tanner
48
«J
’ai voulu aller tout en haut.
Ce que je préfère, c’est
de conduire le train de la Petite
Scheidegg jusqu’au Jungfraujoch
culminant à 3454 mètres. Certes,
la majeure partie se passe dans
le tunnel. Mais ça aussi, c’est intéressant : traverser cet ouvrage
d’art presque centenaire, sentir l’inclinaison et être au plus
proche de la montagne.
J’ai toujours voulu travailler
dans le rail. Mon père était mécanicien de locomotive de la
Wengernalpbahn WAB. Le soir,
quand personne ne nous voyait,
il emmenait parfois ses enfants
avec lui. Des moments mer-
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
EN ROUTE
Portrait
Un emploi à plein temps
Tout le monde n’a pas la chance
de travailler dans les montagnes.
Après m’être occupée de mes enfants, je repris contact avec les
chemins de fer de la Jungfrau qui
m’ont proposé un emploi à plein
temps. En été, j’assure le service
sur le trajet alors qu’on me retrouve le plus souvent dans l’atelier en hiver. J’y contrôle les installations électriques des cabines
de conduite. Si nécessaire je remplace les câbles défectueux. Ma
formation m’est également utile
en cas de pannes.
Heureusement, il n’y en a pas
trop. Mais une panne de courant
survient parfois en plein tunnel.
Les wagons sont alors plongés
dans le noir. Dans de telles situations, ce sont les passagers qui
constituent le principal problème.
Certains sont pris de panique et
crient au secours. «Qu’est-ce qui
se passe?» Je transmets alors des
informations par haut-parleur en
allemand, anglais et français – ça
rassure. Le plus souvent, la panne
est rapidement réparée. Mais il
arrive que les voyageurs soient
obligés de changer de train, doucement, l’un après l’autre, en
empruntant l’escalier de la motrice. En effet, il est impossible de
descendre sur les côtés, le tunnel
étant trop étroit.
Des messages préenregistrés
sont diffusés en huit langues: allemand, anglais, français, italien,
espagnol, japonais, coréen et
chinois. Il faut dire que les tou-
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
ristes sont nos principaux clients. part peu après cinq heures. Nous
En général, ils se pressent le ma- nous installons dans la locomotin pour monter sur le Jungfrau- tive centenaire He 2/2 et dégajoch avant de repartir peu après geons la voie de la neige. Tout
vers Genève ou
Lucerne. Ce serait trop de stress De temps à autre, nous sommes
pour moi. Je préobligés de nous arrêter pour défère infiniment la
tranquillité des crocher au piolet de gros glaçons.
montagnes. Pendant mon temps
libre, je gravis volontiers des fonctionne alors encore entièresommets. Rien de bien extrava- ment de manière mécanique. Ni
gant cependant, plutôt des tours dispositif d’homme-mort ni afcontemplatifs, Mönch et Jung- fichage numérique. Quelle sensation de conduite! De temps à
frau par exemple.
Il faut savoir aimer la mon- autre, nous sommes obligés de
tagne quand on travaille en alti- nous arrêter pour décrocher au
tude. Et pas seulement par beau piolet de gros glaçons suspendus
temps, mais aussi en cas de pluie, au plafond. Nous nous aidons
neige et vent. En revanche, à l’an- les uns les autres et formons une
nonce d’une tempête, le service équipe soudée. A huit heures,
quand la première rame transest interrompu.
porte les passagers vers le haut,
Dégager la neige tout doit être en ordre.
En hiver, je préfère partir très tôt.
Les journées de pointe, nous
Les trois employés qui assurent le emmenons plus de 5000 voyaservice du matin passent la nuit geurs jusqu’au Jungfraujoch.
dans la maison du personnel à Quand il n’y a pas suffisamment
la station Eigergletscher. Dé- de places assises, j’invite deux
passagers à s’asseoir dans la cabine de conduite. Ce qui les ravit le plus souvent. A l’arrière du
train, on ne voit rien tandis qu’à
l’avant, on distingue le trajet,
les signaux et l’inclinaison qui
atteint en partie 25 pour mille.
C’est surtout impressionnant
lors de la descente. Certains, en
général des passionnés du rail et
des enfants, me demandent s’ils
peuvent s’installer dans la cabine
de conduite. « Comment freinezvous ? », demandent-ils parfois.
Je leur explique alors les différentes méthodes de freinage.
Des vaches et des touristes
Et c’est vrai que nous devons souvent freiner! En été, des vaches
bloquent parfois les voies, en hiver, ce sont les skieurs. Et à la Petite Scheidegg presque toujours
des touristes. On a beau crier et
klaxonner, rien n’y fait. Ils pensent que nos trains sont sans
danger parce qu’ils circulent à
vitesse réduite. Or les rames pèsent 60 tonnes et il faut un sacré
bout de temps pour les immobiliser. »
© Peter Mosimann
veilleux. A la fin de ma scolarité,
j’ai fait un apprentissage de monteuse en électronique. Je ne suis
pas faite pour travailler dans un
bureau et préfère me servir de
mes mains. Trois ans plus tard,
en 1990, j’ai abordé deux compagnies pour me faire engager
comme pilote de locomotive. Le
BLS m’a fait comprendre qu’on ne
désirait pas de femmes à ce poste.
Les chemins de fer de la Jungfrau
m’ont embauchée – comme première pilote de locomotive de son
histoire.
Le voyage de la Petite Scheidegg au Jungfraujoch a lieu en majeure partie en tunnel.
49
SERVICES
Divertissement
Sur et autour de
la montagne-légume,
la nature se prépare
de mille couleurs
au printemps.
CONCOURS
Une montagne comme un légume
L a montagne dont nous recherchons le nom a adopté en allemand celui d’un légume d’hiver.
Ou l’inverse. Car la montagne
est certainement plus vieille que
le légume qui était autrefois une
denrée alimentaire fort répandue. Aujourd’hui, il faut plus ou
moins la ranger parmi les spécialités culinaires. L’aliment se
mange cru ou cuit. Mais bon, ce
n’est pas le légume qui nous intéresse mais la montagne située
à l’extrême nord de la Suisse.
Pour être précis, elle constitue la
pointe la plus septentrionale du
pays alpin sans toutefois appar-
tenir aux Alpes mais au Jura tabulaire.
Un peu comme le légume, la
montagne mène une vie marginale. Elle est à ce point en marge
qu’elle franchit même la frontière
du pays. C’est hélas aussi le cas
pour son point culminant, à 924
mètres au-dessus du niveau de la
mer, dans le land de Bade-Wurtemberg. Dans le cas présent, on
ne peut guère parler de sommet.
En haut, la montagne est plutôt
espacée et plate ce qui en fait un
terrain idéal pour des promenades estivales et du ski de fond
en hiver. Beaucoup s’adonnent à
PROCHAIN NUMÉRO
Sudoku
Les agglomérations
dédaignées
© Peter Krebs
50
La majeure partie de la population suisse vit dans des agglomérations. Paradoxalement, ces
zones sont les moins choyées du
pays. On se préoccupe des
centres-villes,
on soigne affectueusement
nos montagnes,
mais on occulte
nos fades banlieues. Que fautil faire pour
les remettre en
valeur?
ces moyens de locomotion et
viennent surtout de la capitale
cantonale dont c’est la montagne
maison. Il faut bien l’admettre, la
petite capitale cantonale a une
montagne maison tellement ravissante que bon nombre d’habitants d’autres capitales cantonales plus grandes risquent d’en
être jaloux.
Posté sur l’une des tours panoramiques, balayant l’horizon
du regard, on reconnaît deux des
principaux fleuves européens, ou
du moins leurs vallées. Le jeune
Danube entame son long périple
vers l’est, et au sud, le Rhin coule
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3
en sens inverse. Nul besoin cependant de toujours voir plus
loin, il y a aussi des choses intéressantes à découvrir à proximité. Le dos de la montagne a
des allures de parc géant. Au
printemps, les prairies maigres se
transforment en vastes champs
floraux multicolores. Sur les
champs et les chemins, on tombe
presque à chaque pas sur des fossiles. Il s’agit de coquillages fossilisés déposés dans les couches
calcaires il y a très très longtemps
par la mer du Jura et qui sont
pour ainsi dire recrachés aujourPeter Krebs
d’hui.
Comment s’appelle la montagnelégume ?
Veuillez adresser votre réponse d’ici au
27 mai 2011 à: Magazine ATE, Concours,
case postale 8676, 3001 Berne, [email protected]
ou www.ate.ch/concours
Prix: Bon pour deux personnes y compris dîner
(valeur max. Fr. 150.–),
nuitée et petit-déjeuner
sur la montagne-légume
cherchée.
© mad
Solution du concours précédent: Orbe.
Gagnant: Ueli Salzmann, Wabern.
Un vélo d’une valeur de Fr. 1500.– offert par
Tour de Suisse Rad AG.
4
ATE MAGAZINE / JUIN 2011
Le Cap Corse et ses tours à vélo
Ce circuit vous fera découvrir le littoral du Cap Corse, fluide et calme
sur la côte est, sauvage et abrupte sur la façade ouest, ainsi que
l‘intérieur du cap et sa nature bien spécifique et toujours changeante.
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Paolines ou Génoises, toutes différentes et magnifiques, elles dominent
la mer et sont les gardiennes des côtes.
Le Cap Corse et ses tours à vélo
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tél. 0848 823 824, info @ voyages-via-verde.ch
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En route vers la nature
Vous trouverez les descriptions détaillées de cette offre, d’autres suggestions
ainsi que les prix dans le catalogue « Chamina voyages – liberté 2011 »
auprès de voyages via verde, à commander par la carte de commande dans le rabat
de la couverture, par courriel ou via internet.
Le partenaire voyages de l’ATE
VÉLOS ÉLECTRIQUES
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E-FALCON BionX PL250HT SL
Vitesse
27-Speed
Batterie
LiMn / 48.1V / 8.8Ah
Fourche
SUNTOUR, SF11-Raidon, LOD Lock Out, 120mm
Autonomie
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Couple
9/40Nm
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MAGURA Julie, Hydraulic Disc Brake
Niveau d‘assistance
35, 75, 150, 300%
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Poids
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intercycle . Pfrundmatte 3 . CH-6210 Sursee
Tél: +41 41 926 65 11 . Fax: +41 41 926 63 55 . [email protected] . www.wheeler.ch