Réunion du 06 octobre 2011

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Réunion du 06 octobre 2011
CONTINUUM TED ENFANCE-ADULTE
COMPTE RENDU GROUPE DE TRAVAIL DU 06/10/2011
Personnes présentes :
Justine Delmarquette – Psychologue IME Adafei Calais
Joelle Vermet - Educatrice Spécialisée CRA
Ana Pellereau – Chargée de mission CRA
Estelle Cardon - Chef de service IME Hénin Beaumont
Evelyne Bourhis – Intervenante sociale Centre du parc Barbieux
Emilie Storme – Psychologue FAM Genech
Claire Mouvier – Directrice Centre du parc Barbieux
Frédéric Pilon – Directeur FAM Genech
Jean-Luc Deleplace – Psychologue FAM Linselles
Marie-Angèle Baffin – Chef de service IME St Jans Cappel
Jean-Marie Beirnaert – Directeur adjoint FAM-Foyer de vie St Jans Cappel
Lydie Obin-Leclercq – Chef de service Centre du parc Barbieux
Elodie Lemoine-Bocquet – Psychologue Centre du parc Barbieux
Nathalie Bauduin – Directrice Service pédagogique et éducatif IMPro Le Saulchoir
Wuillot Martine – Psychologue IMPro Le Saulchoir
Moreau Sophie – Responsable internat IMPro Le saulchoir
Houttemane Corinne – Responsable internat IMPro Le Saulchoir
Nous remercions l’équipe du centre du parc Barbieux pour son accueil pour ce groupe de
travail.
Première partie : Présentation d’un outil pour le développement de l’autodétermination
Nous commençons avec la présentation par Justine Delmarquette d’un outil intitulé « C’est la
vie de qui après tout ? ». Cet outil a été conçu par Marie Claire Haelewick et son équipe du
service d’orthopédagogie clinique de l’université de Mons. Basé sur les théories de
l’autodétermination que nous présenterons brièvement, cet outil a pour but de favoriser le
développement ces compétences chez les personnes déficientes intellectuelles. Ce résumé est
à compléter du diaporama proposé par Justine.
Support théorique
Sur la constatation que les jeunes avec déficience intellectuelle ne participent globalement peu
ou pas à l’élaboration des buts et objectifs de leur accompagnement, l’équipe d’Haelewick
émet l’hypothèse que ce déficit d’implication serait le reflet d’un problème
d’autodétermination. L’autodétermination peut être perçue globalement comme le fait de
choisir, décider, se fixer des buts, connaitre ses possibilités et les ressources qui sont à sa
disposition, être à l’origine des événements qui nous arrivent… En fait, ce concept renvoie à 4
compétences :
Autonomie : je décide, j’agis, je me fixe des objectifs…
Autorégulation : Je m’adapte en fonction de mes réussites, mes échecs
Autoréalisation : Je connais mes compétences et je peux les mettre en œuvre pour atteindre
mes objectifs
Empowerment psychologique : Savoir que ce qui m’arrive est lié à ce que j’ai fait ou provient
d’un élément extérieur
Ce concept est en lien avec le modèle fonctionnel de l’autodétermination de Wehmeyer, à
savoir que les personnes en situation de handicap mental ont peu d’occasions à la fois
d’acquérir ces compétences mais également peu d’occasions de les mettre en place si elles les
ont acquises.
L’outil en lui même
A l’origine, « C’est la vie de qui après tout » a été créé pour servir de support dans le cadre
d’un travail en groupes avec plusieurs jeunes déficients intellectuels, de 12 à 21 ans. Un
travail est en cours pour l’adapter à un public plus large, en âge et en problématique. L’équipe
d’Haelewick se base sur 2 séances collectives de 50 min par semaine. Deux livrets sont
proposés, un pour les participants, un pour les accompagnants.
La notion d’avenir est par exemple travaillée à partir de diverses questions de préparation :
Définir l’avenir, sous forme de propositions « d’accord-pas d’accord ».
Quels exemples au quotidien de ce que je fais pour préparer l’avenir ?
Ce que je sais faire, ce que je ne sais pas encore faire. Se fixer des objectifs, sont-ils
atteignables ?
Quel délai je peux prévoir avant d’atteindre tel objectif ?
Tout ce travail a bien sûr pour objectif d’accompagner les personnes à être davantage actrices
de leur vie et de leur accompagnement, dans le but d’améliorer la qualité de vie et réduire
l’importance de l’intervenant dans la prise de décision au quotidien au profit de l’importance
de la personne elle-même.
Deuxième partie : Echanges autour de l’outil et ouverture à d’autres réflexions
Diverses remarques ont été émises suite à cette présentation :
-
âge, état d’esprit de l’accompagnement, travail de groupe
L’âge des personnes participantes à l’origine, peut être un peu tardif. Il serait intéressant
d’incruster ce concept plus tôt dans l’accompagnement.
De la même manière, il semble fondamental que ces idées puissent être intégrées dans la
globalité de la pédagogie, dans l’état d’esprit général de l’accompagnement, quelle est
fondamentalement la mission de l’accompagnant ? A l’instar de ce qui se fait déjà concernant
des moments spécifiques de la journée (choix du repas, choix des activités par exemple),
parvenir à généraliser cette notion à la posture professionnelle en général. Cela peut demander
par exemple de pouvoir changer d’objectif en cours de travail : si par exemple au cours d’un
travail spécifique, la personne s’oriente d’elle-même vers une situation autre mais qui peut
être une opportunité d’un apprentissage pertinent, saisir alors cette opportunité même si elle
ne faisait pas à l’origine l’objet de la séance ou du moment.
Mais cela questionne alors également la formation des équipes éducatives et plus largement la
perception de ce que doit être l’action médico-sociale. Comment ne pas choisir à la place,
faire à la place.
Cela nous renvoie donc à l’aide que l’on apporte : cette aide doit être évaluée à la fois dans le
temps (progression d’un apprentissage par exemple), mais également en fonction du
contexte : par exemple cette aide peut être différente entre le contexte de l’établissement et le
contexte familial.
Dans cette idée, l’équipe du centre du parc Barbieux présente un outil permettant une
meilleure lecture de ces différences de contexte. Cet outil se présente sous la forme de deux
cahiers : un cahier d’expertise professionnelle et un cahier d’expertise parentale. Les intérêts
sont multiples : à l’interne, se rendre compte à la fois pour les équipes et pour les familles des
différences et points communs qu’il peut y avoir dans les pratiques et les comportements de la
personne chez elle et en établissement. Dans le lien avec l’extérieur, cet outil peut également
constituer une bonne base de connaissances du public pour le partage d’informations dans le
cadre d’un séjour, d’une hospitalisation, d’un changement d’établissement, de l’arrivée d’un
stagiaire ou d’un remplaçant…
Néanmoins, la lourdeur de la passation empêche sa mise en place dans certains
établissements, l’intérêt de l’outil ne se situe donc pas dans son application dans d’autres
établissements mais bien dans le partage de l’information.
Dans le même ordre d’idée, le CEAA de Niort propose un outil de type fiche de suivi qui
permet une lecture sur une échelle vie entière des comportements, traitements… différents
aspects de la vie. Cet outil sera présenté à la prochaine séance.
Revenant à l’outil d’Haelewick, le fait de travailler en groupes de participants n’est pas
toujours faisable. L’outil peut alors servir de support à la réflexion, constituer un étayage à un
travail plus individuel dans le domaine du choix de manière ciblée à une situation et à un
questionnement plus général du choix (habitat, handicap…). En effet, un avantage de ce type
d’outil construit à partir d’un aspect théorique élaboré, est qu’il nous permet d’avoir une ligne
de travail pour aborder un thème général comme le travail du choix par exemple, pour lequel
nous pouvons être en difficulté pour opérationnaliser notre objectif.
-
Lien avec les outils de communication et plus généralement les approches théoriques
et leurs modes d’application
Nous généralisons ces réflexions à d’autres outils que nous utilisons et notamment les outils
de communication adaptée par exemple. Souvent, ces outils fonctionnent correctement pour
ce qui est des apprentissages, mais le plus compliqué est de les intégrer comme mode de
fonctionnement au quotidien. En effet, pour être fonctionnels, ils doivent être impliqués dans
la communication de l’ensemble de la vie quotidienne y compris pour les actions les plus
anodines.
Cela nous renvoie à une réflexion plus globale, au delà des outils, sur les approches qui soustendent nos pratiques, plus exactement sur la manière dont on applique ces approches au
quotidien (TEACH, ABA, plus récemment floor time). Finalement, sur le fond le groupe de
travail semble assez homogène sur l’orientation générale de l’accompagnement, mais c’est
davantage sur la manière de l’appliquer que nous échangeons. Nous avons tous dans nos
établissements tenté diverses manières d’adapter ces approches au quotidien, avec plus ou
moins de réussite selon les situations, ce qui nous a permis de percevoir les avantages et les
limites d’adapter de telle ou telle manière ces approches et ainsi de faire évoluer nos
pratiques. Il pourrait donc être intéressant d’envisager un temps d’échange, de réflexion ou de
production sur ce thème, pour communiquer ces réflexions à l’extérieur du groupe. De même,
des échanges entre professionnels de différents établissements nous semblent toujours
pertinents de manière à s’apercevoir des modes d’application d’un outil ou d’une approche
dans des établissements plus ou moins expérimentés dans ces domaines.
PROCHAIN GROUPE DE TRAVAIL :
Jeudi 19 janvier 2012, 9h30
à
l’IME Georges Meilliez
rue Védrines
62 257 Hénin-Beaumont
03 21 08 10 90
Ordre du jour :
-
Présentation du guide du CEAA de Niort
Point sur l’enquête du CRA
Travail sur les outils d’admission, notamment les aspects pédagogiques

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