Maroc - espagne - E

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Maroc - espagne - E
- 15 janv. - 15 fév. 2009
magazine
Mensuel gratuit à distributi
on nationale - Volume 2.01
Société
Les Touaregs
Peuple
millénaire
élections 2009
Ou comment mettre
un terme à l’exclusion
des femmes
Les enfants
de la rue au
Maroc...
Quel avenir?
Le Parkour
évasion
Parcours de ce sport
urbain au Maroc
Tifoultoute
Sur la route
des mille
kasbahs
ial
Dossier spéc
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n
g
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p
s
E
c
o
r
a
M
édito
magazine
Zoom
Mensuel gratuit, indépendant,
d’informations générales
Distribué à 20.000 exemplaires
à Rabat-Salé, Casablanca, Fès,
Meknès, Marrakech et Agadir.
édité par:
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Mostafa El Adraoui
Directeur de la publication & rédacteur en chef
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Maroc-Espagne:
On a le malheur de ne pouvoir
choisir ses voisins!
Directeur de publication
& rédacteur en chef:
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numéro:
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Zahra Ennda, M. Bennani,
Dr Hicham Bouzid, Mohamed
Jaâbouk, Oumarou Sali Bouba,
Jamal Baguni, Driss El Adraoui,
Mohamed Koufaz.
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Dépôt légal: 08/721
ISSN: En cours
Dossier de presse: En cours
R
ien que dans un passé très récent, tout
- ou presque - a été fait pour éloigner
davantage les belligérants des deux
rives du détroit de Gibraltar, et la liste
est longue de maladresses ou de dossiers non
réglés, toujours remis aux calendes grecques,
qui finissent par contaminer, politiquement
et économiquement, les relations hispanomarocaines:
22 La crise de l’îlot de Leila en juillet 2002.
22 La visite de deux jours du chef du
gouvernement
espagnol,
José
Luis
Rodriguez Zapatero, dans les enclaves de
Ceuta et Melilla, en novembre 2006. Un déplacement vivement critiqué
par la presse marocaine, qui y voit une provocation.
22 La violation flagrante et répétée des eaux territoriales marocaines par la
marine marchande et militaire et par l’aviation espagnoles, principalement
depuis le non-renouvellement par le Maroc de l’accord de pêche avec
l’Union européenne, décision mal perçue par l’Espagne, qui a réagi en
multipliant les provocations.
Ces violations continuelles de la souveraineté marocaine en dépit d’un
«traité d’amitié», signé en 1991, reflètent l’ampleur des différends entre les
deux pays. Entre autres:
22 Les enclaves de Ceuta et Melilla ainsi que les neuf îles au large de la
côte méditerranéenne marocaine.
22 Les accords de pêche et la délimitation unilatérale par l’Espagne
d’espaces maritimes autour de l’archipel des Canaries et les prospections
pétrolières offshore dans la région comprise entre les Îles Canaries et le
littoral marocain.
22 L’immigration clandestine, la contrebande et le trafic de drogue.
22 Les divergences politiques sur la question du Sahara.
Que de dossiers suspendus donc, qui empoisonnant les relations marocoespagnoles, au gré des marées et des courants politiques, malgré le fait que
l’Espagne soit devenue, au fil du temps, le deuxième partenaire du Maroc
juste après la France.
Zoom Mag vous présente ce mois-ci un mini-dossier sur les relations
maroco-espagnoles. C’est le premier d’une série d’articles sur ces deux
pays voisins, à la fois si proches et si éloignés l’un de l’autre!
Sommaire
Politique
6
Volume 2.01
15 janvier au
15 février 2009
Dossier Maroc - Espagne
Élections communiales 2009
Ou comment mettre un terme à
l’exclusion des femmes
30
Les Marocains fortement
touchés
Société
8
12
Les Touaregs
Peuple millénaire
Vie urbaine
Points de discorde
34
Tunnel sous Gibraltar
Ceuta et Melilla: une
occupation qui n’a que trop
duré
Si la géologie le veut bien!
Le Parkour
Parcours de ce sport urbain au
Maroc
économie
18
Vision Tourisme 2010
19
e-Commerce
28
Comment choisir la bonne
entreprise ?
8
12
Restons optimistes!
Le commerce en ligne est gagné
par la déprime aux États-Unis
Les neuf commandements de
Bayt.com
46
Essai
20
32
Les enfants des rues du
Maroc…
Quel avenir?
14
Crise économique en
Espagne
14
De la tyrannie
et de la démocratie
Méli-Mélo
36
La carotte
38
La vie en couleur
40
Santé-beauté:
42
évasion
De l’entrée au dessert!
Êtes-vous un original?
Cheveux: Attention à la chute!
Tifoultoute: Sur la route des mille
kasbahs
43
Cinéma
44
Auto News
46
Informatique
50
Insolite
Rétrospective sur la 10e édition
du Festival national du film
Zoom sur les 4x4
Microsoft lance Windows 7
La «Chouette d’or» libérée par
la justice
44
élections communales 2009
Élections de 2009, ou comment mettre
un terme à l’exclusion des femmes
Quelle place pour les femmes lors des élections communales du 12 juin 2009? Se
frayer un bout de chemin dans un monde réputé exclusivement masculin et dans
lequel le poids de la tradition est encore déterminant à l’heure des grands choix
politiques, rend l’assaut du Mouvement du Tiers aux conseils municipaux une
mission difficile.
Par Mohamed Jaâbouk
A
ctuellement, elles ne sont que 137 femmes qui
siègent dans les conseils municipaux sur un total de
24.000 élus. Soit 0,54%. Une bien infime minorité. Le
Mouvement du Tiers, un collectif d’ONG, tente comme
il peut de secouer la chape de plomb sans pour le moment
enregistrer de réelles avancées. À l’exception de quelques coups
médiatiques dans les grandes
villes du pays, Rabat et
Casablanca en l’occurrence, et
des cérémonies de signatures
de manifestes appelant à
plus de représentativité pour
la gent féminine, le chemin
pour le Mouvement du Tiers
semble être largement semé
d’embûches, à commencer
inexorablement par convaincre
les séniles directions des
partis politiques, composées
exclusivement d’hommes, de
donner aux femmes candidates
lors du prochain scrutin du
12 juin 2009 des places
leur
permettant
d’arracher
facilement le sésame donnant
accès à un siège dans les
conseils municipaux.
Le Mouvement
des Tiers face à
la résistance des
mentalités sclérosées
La tâche est en effet loin
d’être une sinécure. Pour
mémoire, lors des élections
législatives du 7 septembre
2007, le Mouvement du Tiers
avait entrepris l’âpre mission
d’amener les dirigeants des
partis politiques à laisser plus
de 20% des circonscriptions
6
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
aux femmes et ce, en les plaçant en tête de liste. L’initiative avait
le mérite d’être louable et avait recueilli dès son lancement les
soutiens de la presse, des associations nationales des droits de
l’homme et des organismes internationaux, mais elle s’est vite
heurtée à des mentalités sclérosées entichées de ses privilèges.
Résultat: seules deux députées
ont pu arracher leur sièges
en dehors du quota de la liste
nationale octroyant, et ce
depuis les élections législatives
de septembre 2002, aux
femmes 10% des sièges au
Parlement. Avant cette date, le
nombre de femmes députées
oscillait entre deux et quatre
dans une marée d’hommes.
Apparemment, cette année, les
choses semblent bouger. Le
roi Mohammed VI s’est investi
en personne en faveur des
revendications du Mouvement
du Tiers. Pour donner un coup
de pouce à la mobilisation
des femmes, le monarque, à
l’occasion de l’ouverture de
la nouvelle année législative,
a
appelé
les
formations
politiques à plus d’ouverture
aux demandes des femmes. Le
souverain a clairement affirmé
devant les députés que «notre
dessein ultime est de garantir
une représentation équitable
des femmes au niveau des
collectivités locales et, surtout,
de permettre aux conseillers
locaux de se prévaloir de
l’apport de la femme marocaine
connue pour son intégrité, son
réalisme et sa fibre sociale».
Cet
appel
royal
sera-t-il
entendu par les apparatchiks
des formations politiques lors
de la distribution des fameuses
tazkiates? Réponse fin mai à
l’occasion du lancement de la
campagne électorale pour les
Communales du 12 juin.
La Charte communale
exclut d’accorder un
tiers des sièges aux
femmes
Le
gouvernement
tente
également d’occuper ce terrain
à sa façon: médiatiquement.
Un
communiqué
de
la
Primature
publié
début
octobre, à l’issue d’une réunion
du premier ministre Abbas
El Fassi avec un collectif
d’ONG soutenant l’action du
Mouvement du Tiers, assure
que «le gouvernement œuvre
à améliorer la représentativité
des femmes dans les conseils
communaux et locaux et
explore les moyens à même
de réaliser cette aspiration.»
De son côté, le porte-parole du
gouvernement, Khalid Naciri,
a souligné lors d’un point de
presse que «le faible taux des
femmes élues est une réalité
qui n’honore pas le Maroc et
qui ne fait pas harmonie avec
la percée politique et sociale du
nouveau règne.»
Par
ailleurs,
le
ministre
de
l’Intérieur,
Chakib
Benmoussa, à l’issue d’une
réunion le 9 octobre avec les
représentantes du Mouvement
du Tiers, a annoncé que le
gouvernement étudierait la
proposition d’octroyer des aides
financières
supplémentaires
aux partis qui oseront franchir
le rubicond de la sclérose en
représentant le plus de femmes
au prochain scrutin municipal.
M. Benmoussa n’a pas dévoilé
pour autant le montant de ces
aides.
De belles déclarations qui
tranchent
totalement
avec
la réalité des faits. Ainsi,
le prochain projet de la
nouvelle Charte communale
ne sera guère plus réceptif
aux
revendications
des
associations féminines. Le
gouvernement vient en effet de
rejeter une proposition du Parti
du Progrès et du Socialisme
(PPS), pourtant membre de la
coalition conduite par Abbas
El Fassi, allant dans le sens
d’accorder exclusivement à
la gent féminine le tiers des
sièges lors des prochaines
élections communales du 12
juin, coupant ainsi un moyen
adéquat à même de relever la
représentativité des femmes
et de dépasser ainsi le
chiffre actuel de 137 femmes
conseillères
municipales.
L’expérience
du
quota
parlementaire de 2002 n’aura
pas lieu.
Exclues au Maroc, honorées aux États-Unis
Paradoxe. Alors qu’au Maroc, les femmes font quasiment du
porte-à-porte pour convaincre des hommes aux mentalités
sclérosées de les laisser glaner quelques sièges de plus
lors des Communales de juin 2009, les États-Unis leur ont
grandement ouvert la porte, non pas dans le cadre d’une
opération de tourisme, mais en tant qu’observatrices lors
des élections du 4 novembre.
En effet, sur une invitation de l’ambassade américaine à
Rabat, neuf femmes politiques ont fait le déplacement
au pays de l’oncle Sam. Elles faisaient partie d’un groupe
de 44 femmes choisies par les soins du département de
Kondoleezza Rice, représentant neuf pays arabes (Bahreïn,
Jordanie, Liban, Qatar, Arabie Saoudite, Émirats Arabes Unis,
Yémen, Algérie et Maroc).
La délégation marocaine se composait de Najima
Thaythay Rhozali, ancienne secrétaire d’État chargée de
l’Alphabétisation et de l’Éducation non formelle et députée
du RNI, de Latifa Jbabdi, députée USFP, de Laila Amili et
Fatiha Saddas, respectivement députée et membres de
l’USFP, Zahra Chagaf, députée PPS, Hakima El Haite, membre
du comité central du Mouvement populaire, de Fatima
Rabbouz et Ghizlane Mamouri, membres du comité central
du PPS, et d’Asmaa Debbagh Boutarbouch, du parti de la
Justice et du Développement (PJD).
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
7
société
Les Touaregs
peuple
millénaire
Des hommes libres,
sillonnant le désert,
énigmatiques,
emblème de fierté.
Les seigneurs
incontestés du désert,
des siècles durant, les
chameliers de l’infini,
voyageurs d’honneur
et de valeurs, avides
de liberté et d’espace.
Une civilisation
millénaire, qui a
résisté aux aléas du
temps, et une culture
encrée dans l’histoire,
aux «villages»
rudimentaires et
hors du temps. En
mal d’identité et
de reconnaissance,
sauront-ils surmonter
les enjeux actuels
auxquels ils sont
confrontés?
Par Driss El Adraoui
8
Un peu d’histoire
C
e sont des peuples berbères qui
constituent une des branches du
vaste ensemble berbérophone.
Ils peuplent une large partie de
l’Afrique du Nord-Ouest (Maghreb, Sahara
et Sahel) depuis la préhistoire. D’après les
historiens, ils sont les descendants des
tribus Zénète et Lemta, de la confédération
berbère Senhaja. On les nomme les
«hommes bleus» en raison de la couleur
de leurs vêtements, et plus précisément
de leurs chèches (ou «taguelmoust» en
berbère) et boubous (ou bazin) teints
à l’indigo, qui décolorent sur leur peau
avec le temps. Les Arabes, dès leur
arrivée en Afrique, les surnommèrent «Al
Molâthemîn», les voilés, ou encore «Ahl
El-lithâm», les gens du voile. À l’époque
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
des explorateurs, avant la colonisation
par la France au début du 19ème siècle,
on les surnommait aussi les «seigneurs
du désert» parce qu’ils contrôlaient sans
conteste le trafic caravanier qui traversait
le désert depuis des centaines d’années.
Les Touaregs parlent le tamasheq, ou
tamahaq, un des dialectes importants
de la langue berbère. Aussi prononcé
«tamajaq» ou encore «tamachaq», qui
sont tous des déformations de «tamazight»
dues à des altérations par les accents
du sud. C’est pour ça qu’ils se nomment
eux même parfois les «kel-Tamasheq»,
ou ceux qui parlent le tamashek, et c’est
ainsi qu’ils se définissent. C’est grâce à
eux que s’est conservé vivant l’usage de
l’alphabet traditionnel, le tifinagh, dont la
transmission a été assurée essentiellement
‘‘ Ce qui
embellit le
désert, dit le
Petit Prince,
c’est qu’il
cache un
puits quelque
part ,,
-- Antoine de SaintExupéry
par les femmes. D’où l’importance de la
femme dans la société touarègue, qu’une
islamisation assez «superficielle» n’a pu
estomper.
L’origine du nom
L’origine du nom «touareg» est incertaine.
Plusieurs suggestions ont été avancées,
dont celle d’Henri Duveyrier dans Les
Touareg du Nord. Selon lui, les Arabes
auraient donné à ces tribus le nom de
Touaregs du participe arabe târek, au
pluriel touârek, qui signifie les «abandonnés
de Dieu», parce qu’ils auraient refusé
pendant longtemps d’adopter la religion
que les Arabes leurs apportaient…
Selon Hélène Claudot-Hawad, ce terme
viendrait du mot berbère «Targa» (rigole,
canal ou creux de la vallée). C’est la
région d’Oubari, dans le Fezzan, en
Libye. La dénomination d’origine Awtarga (fils de Targa), en berbère Atargui,
qui serait vraisemblablement l’origine du
nom administré à la population par les
voyageurs arabophones.
L’encyclopédie
Wikipédia
cite
qu’à
l’époque coloniale, les Français auraient
repris, utilisé et popularisé le mot Touareg
comme le pluriel de Targui en français
(féminin: Targuia; pluriel: Twareg). Cette
désignation aurait été vite abandonnée
pour adopter Touareg, des Touareg(s) pour
l’adjectif, avec quelques fois Touarègue(s)
au féminin.
Henri Duveyrier poursuit dans son livre
(cité plus haut): «…nous sommes Imûhagh,
disent les Azdjer (Ajjer); Imocharh,
disent les Ahaggar et les Aouélimmiden;
Imâjirhen, disent les Touareg du Aïr.
La langue que nous parlons s’appelle
temâhaq ou temâcheq, selon les dialectes.
Ces mots, qui sont les noms de notre race
et de notre langue, dérivent de la même
racine, le verbe iohagh, qui signifie: il est
libre, il est franc…»
Où vivent-ils?
Leur nombre est estimé entre 1 et 1,5
million. Ils occupent un territoire immense,
d’environ 2,5 millions de km2, au centre
du désert nord-africain, dans le Sahara
central et les confins sahéliens adjacents.
Leur territoire est étendu sur cinq pays:
l’Algérie, la Libye, le Mali, le Niger et le
Burkina Faso, essentiellement les massifs
sahariens Ahaggar, Aïr, et Adrar des Iforas.
Leur espace constitue un pont entre le
domaine méditerranéen au nord et le
subsaharien au sud. La population est
inégalement repartie entre ces cinq pays:
30,000 en Libye, plus de 50,000 en Algérie,
plus de 500,000 au Mali et plus de 700,000
au Niger, avec une communauté ancienne
dans le nord du Burkina Faso (20 000).
Les quatre cinquièmes des Touaregs
se concentrent donc dans les parties
septentrionales du Niger et du Mali,
mais représentant moins du dixième des
populations respectives. Le territoire
touareg est appelé «tinariwen» (les déserts
parsemé d’oasis), dont les occupants ont
une nette tendance vers le sédentarisme
et vivent de l’agriculture et du pastorat. Les
principales villes touarègues sont:
Le tifinagh
Le tifinagh, ou libyco berbère, est l’alphabet
utilisé par les Berbères, les Touaregs en
particulier, avant que cette langue ne
connaisse un engouement parmi le reste
des Berbères.
Durant son évolution et depuis ses origines
jusqu’à nos jours, cette forme d’écriture a
connu plusieurs modifications: du libyque
jusqu’au tifinagh, en passant par le tifinagh
saharien et le tifinagh touareg. Pour
comprendre cette évolution, il faut tracer
les aspects les plus marquants de chaque
étape.
Selon le site MondeBerbere.com, «tifinagh»
serait un mot composé de «tifi», qui signifie
«trouvaille», et l’adjectif possessif «nnagh»,
qui signifie «notre».
Libyque
™™ Il y a deux formes du libyque, l’orientale
et l’occidentale. La forme occidentale
a été utilisée le long de la côte
méditerranéenne de la Kabylie jusqu’au
Maroc et aux Îles Canaries. La forme
orientale a été utilisée dans la région
constantinoise, dans les Aurès et en
Tunisie.
™™ Seule la forme orientale a été déchiffrée,
grâce notamment à l’existence
d’importantes inscriptions bilingues
punico libyques. Ce déchiffrement a
permis de reconnaître 22 signes sur 24.
™™ L’alphabet libyque est strictement
consonantique.
™™ La forme occidentale comporte 13 lettres
supplémentaires.
™™ Le sens de l’écriture n’est pas fixé, mais
c’est le plus souvent verticalement, de
bas en haut, où chaque ligne constitue
un mot phonétique ou un sens complet.
™™ Les inscriptions sont souvent des
dédicaces ou épitaphes
Tifinagh saharien
C’est un alphabet touareg ancien qui
contient des signes supplémentaires,
comme le trait vertical pour désigner la
voyelle finale «a». Les inscriptions qui en
ont permis le décodage sont plus récentes.
La transition entre le libyque et le tifinagh
est mal déterminée dans le temps et dans
ses modalités. La période d’utilisation de
cet alphabet, bien que non établie avec
précision, est bien antérieure aux conquêtes
musulmanes.
Tifinagh touareg
Les variations dialectales touarègues
ont généré plusieurs divergences de la
signification des signes au sein du tifinagh
touareg d’une région à une autre. Les
textes restent toutefois intelligibles car la
plupart des différences graphiques se font
selon la logique des variations phonétiques
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
9
société
dialectales. Même les lettres sont épelées
de différentes façons du Ghât, le Ajjer ou
chez les Iwelmaden. Un «b», par exemple,
est prononcé «yab», «ebba» ou même
«abba».
Parmi les tribus maraboutiques de la région
de Tombouctou, on a relevé l’emploi des
diacritiques arabes pour noter les voyelles
brèves.
Néo-tifinagh (tifinagh moderne)
C’est une forme d’écriture tifinagh créée
plus récemment (fin des années 1960)
par une association culturelle, l’Académie
Berbère, pour établir un alphabet standard
sur la base des tifinaghs diffusés et déjà
connus au Maroc et en Algérie, dans le but
de le promouvoir, de le faire revivre et d’en
faciliter l’apprentissage et la transcription de
l’ensemble des dialectes berbères.
Notons également le travail colossal et le
processus de standardisation de la langue
amazighe, qui a été initié et entrepris, avec
une démarche progressive, par l’Institut
Royal de la Culture Amazighe (IRCAM) (voir
encadré). Cet institut a établi les bases
de la nouvelle grammaire amazighe et
en a fait une action majeure relevant de
ses diverses prérogatives. Dans la même
foulée, et depuis 2003, la langue amazighe a
intégré le système éducatif marocain et est
enseignée dans les classes du primaire des
différentes écoles du territoire marocain, en
perspective d’une généralisation graduelle
aux niveaux scolaires et de l’extension à de
nouvelles écoles.
Pour en savoir plus:
Mode de vie et activités
économiques
Les Touaregs vivent essentiellement de
l’élevage (bovin, ovin, caprin et camelin),
donc nomades pour la plupart, contraints
à se déplacer pour assurer la subsistance
de leurs troupeaux, ce qui entraîne une
grande dispersion des tribus, toujours
à la recherche de meilleurs pâturages.
Les déplacements sont réguliers et les
itinéraires répétitifs à l’intérieur d’une
région définie. La vie des Touaregs est
donc étroitement liée aux conditions
climatiques et surtout aux pluies, l’eau
étant une denrée rare. C’est elle qui
guide tous leurs déplacements. Les
sécheresses successives ont décimé une
grande partie du bétail. Ce qui pousse les
Touaregs à se sédentariser de plus en
plus, cherchant à développer des activités
économiques moins dépendantes des
caprices climatiques: agriculture, jardinage,
artisanat, tourisme, etc. Leur nourriture est
à base de mil ou de lait selon les saisons.
Alphabet standardisé par
l’IRCAM
™™ ircam.ma: Institut Royal de la Culture Amazighe. Une
encyclopédie pour l’apprentissage du tifinagh
™™ MondeBerbere.com: Tifinagh: l’alphabet de A à Yaz,
et l’origine de cet alphabet
™™ Tamazight.biz: Apprendre le tifinagh et tamazight
™™ Au Niger: Abalagh, Agadez, TchinTabaraden ou In-Tabaraden (vallée des
jeunes filles, en Tamasheq).
™™ Au Mali: Aguel’hoc ou adiel’hoc, Essouk,
Gao ou Gawa, Keita, Kidal, Tessalit,
Tombouctou (Timbuktu ou Tim-buktu, en
tamasheq).
™™ En Algérie: Djanet ou Ganat, Illizi
ou Alesi, qui portait le nom de FortPlignac pendant la présence française,
Tamanrasset ou Fort Laperrine lors de
la colonisation.
™™ En Libye: La ville de Ghât.
10
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
La société touarègue est très hiérarchisée,
avec des strates de haut en bas autour
d’un chef, dit «Amenokal», choisi
par consensus, au terme de longues
tractations, et aux pouvoirs limités et non
héréditaires. Puis vient une aristocratie
guerrière («Imajeghen»), ensuite le
monde des serviteurs, ou «Iklan», en
passant par les religieux («Ineslemen»)
et les guerriers vassaux («Imghad»). Les
ères
Quelques polices de caract er
arg
éch
tél
à
tes
tui
gra
tifinaghs
fontes.html
™™http://amawal.free.fr/
Police créée par Abdelîlah
BAGHLI
e.com
™™http://fonttifinagh.ifrancBoussai
Police créée par Abdelhadi
‘‘ Le désert est
mon berceau,
j’y suis né.
Le désert est
ma route,
j’y voyage.
Le désert est
mon tombeau,
j’y mourrai ,,
-- Poème touareg
artisans («Inadan») forment une catégorie
à part. L’élément de base reste la tribu, qui
renferme des membres se reconnaissant
une même origine ou un ancêtre
commun. C’est une société qui demeure
conservatrice bien que bon nombre
de coutumes et pratiques ancestrales
aient tendance à s’effriter à cause d’une
modernité lente et progressive.
La femme jouit d’un statut privilégié,
elle bénéficie d’une certaine notoriété et
écoute. La tente et meubles, fournis par sa
famille lors du mariage, lui appartiennent
en cas de divorce. Les hommes sont
monogames, les Touaregs ayant gardé
leurs coutumes malgré leur confession
musulmane pour la plupart
Les Touaregs sont très attachés à leurs
coutumes, nombreuses, ancestrales et
très respectées. Le patrimoine oral est
très riche et traduit les pratiques sociales,
le milieu et les faits marquants. Il est
véhiculé par les contes, les proverbes
et les poèmes. Ce patrimoine a su se
conserver et contenir – surtout la poésie –
les transformations de la société.
Place à la politique
La vraie répression des Touaregs
commence avec les mouvements de
résistance contre les occupants, les
Français essentiellement, avec une série
d’insurrections dès 1916. Les massacres
essuyés par les Touaregs remettent
en question leur façon d’agir et les font
choisir entre soumission, résistance,
synonyme d’extinction, et exil. Les
redditions se succèdent, l’extermination
raciale est sans répit et dure quelques
décennies. Hélène Claudot-Hawad décrit
cette époque: «…Ainsi débutent les
années de soumissions, époque morose
caractérisée par l’implantation généralisée
de l’administration coloniale à laquelle
correspond l’effritement politique du monde
touareg…»
Avec la décolonisation commence un
autre type de problèmes pour la population
touarègue. Les pays colonisateurs,
en découpant les anciennes colonies,
n’ont pas pris en considération les
particularités humaines, sociales ou
politico-géographiques des Touaregs, les
nouvelles frontières leur empêchant le
libre mouvement qu’ils ont pratiqué depuis
des millénaires. Ces nouvelles restrictions
ont nui à leur culture et en ont menacé
même l’existence. Ils se sont rendus au
banditisme et à la contrebande, et donc
à l’exclusion et à la marginalisation, qui
constituent encore un moteur de rébellion
et de résistance pour réclamer davantage
de justice sociale et une meilleure équité
des chances et des opportunités.
Mais d’autres complications viennent
compliquer
davantage
le
question
touarègue. C’est que des tiers viennent
utiliser le territoire touareg à des fins
politiques,
notamment
les
groupes
intégristes et terroristes, encouragés par
la longueur démesurée et la porosité
des frontières, la nature géographique
hostile et difficilement contrôlable, etc.
Ces instrumentalisations, selon Jean
Pierre Béjot, directeur de La Dépêche
Diplomatique, conduisent à l’éclatement
des mouvements touaregs, à la remise
en question de leur unité et par la suite
à la perte de la notoriété, tant nationale
qu’internationale, qu’il avait gagnée durant
les années 1990 grâce à son unification au
Mali comme au Niger. Un enchevêtrement
d’intérêts se met en place, d’ordre local,
sous-régional ou international. Intérêts
de nature économique ou politique. Ce
qui fait de toute cette zone – des confins
de la Mauritanie aux confins du Mali,
du Niger, du Tchad et du Soudan – une
zone de tous les dangers, de tous les
risques. Et les années à venir nous
révéleront peut-être que ces dangers sont
encore plus grands que nous le pensons
actuellement. Les origines préhistoriques des Touaregs
L’étude des anciens Touaregs et paléo-Berbères fait appel à deux grandes catégories
de sources: l’archéologie et l’histoire antique. Les sources archéologiques sont la
paléoanthropologie (étude des restes osseux), les monuments funéraires et l’art rupestre.
Les sources historiques disposent de l’iconographie égyptienne et des témoignages des
auteurs gréco-latins.
Leur patrimoine, bien qu’abondant, n’a pas livré tout son potentiel de connaissances. Les
sources paléoanthropologiques ne sont certainement pas négligeables au Maghreb où
des centaines de squelettes entiers ont été trouvés de Mechtoïdes (des sites éponymes
de Mechta-Afalou en Algérie) et de Proto méditerranéens Capsiens (des sites éponymes
de Gafsa, en Tunisie). Mais au Sahara, où les collections sont plus réduites, éparses et pas
encore amplement analysées, il est donc difficile d’avoir une vision claire des ancêtres
possibles des Berbères.
L’archéologie est très utile pour étudier les peuplements touaregs au Sahara central (Adrar
des Ifoghas, Ahaggar, Tassili des Ajjer, Tadrart Acacus et Tadrart méridionale, Aïr). Elle
permet la reconstitution de ce long cheminement historique et l’approche des lointains
ancêtres des Touaregs, notamment l’art rupestre. Ce dernier nous a livré d’importantes
données sur les premiers Berbères, leur apparence physique et leur mode de vie, leurs
sociétés et leurs cultures matérielles. On s’est aussi basé dans cette étude sur l’Antiquité
et les témoignages écrits des auteurs gréco-latins (Hérodote, Strabon, Pline, Procope,
Corippe…), ainsi que des éléments historiques émanant du Proche-Orient.
Au Sahara central, les premiers Berbères apparaissent au Néolithique, la plus grande
civilisation du Sahara. C’était les Proto berbères bovidiens (élevant bœufs, chèvres et
moutons) dont les premières traces se manifestent vers 7000 ans environ. Et qui vont
évoluer en Paléo berbères. Cette période correspond au début de l’Antiquité. D’autres
vagues de migrations berbères se succéderont durant la période médiévale et moderne,
notamment les grandes tribus chamelières Sanhadja fuyant les conquêtes musulmanes pour
s’établir au Sahara.
La paléoclimatologie, les sites archéologiques et la faune reproduite par l’art rupestre –
peintures et gravures dans des grottes essentiellement – montrent que le Sahara des paléo
Berbères se partageait entre la savane et la brousse, un paysage sur lequel régnait un
climat subtropical, qui va rapidement s’assécher. L’art rupestre et les ossements découverts
permettent de reconstituer toute une faune sauvage: éléphants, girafes, autruches,
antilopes oryx et gazelles.
Il s’agissait d’un peuple civilisé, comme le manifeste le soin apporté à la coiffure, au
vêtement et à la parure, l’élégance du geste et de la pose et la qualité des relations
humaines, dominées par un haut niveau de convivialité. Le statut privilégié de la femme
dans cette société touarègue est très manifeste. La manière de se coiffer, de s’habiller
et de se peindre le corps différenciait plusieurs groupes dans cette société. Mais les
caractéristiques communes à dénoter sont: une inclinaison à la valeur guerrière et à la
noblesse, étroitement liées au prestige social, autrement dit, le code de l’honneur.
Les Touaregs sont considérés comme les héritiers de ce prodigieux progrès humain que
fut la civilisation néolithique du Sahara, une des plus anciennes du monde, aussi ancienne
et innovatrice que celle du fameux croissant fertile au Moyen-Orient. Quand il y a 7,000
ans, les aristocrates proto et paléo berbères, habillés de leurs beaux atours, occupaient le
Sahara, le nord de l’Europe découvrait à peine la poterie et l’Égypte n’était ni le territoire
unifié ni le pôle fondateur qu’elle deviendra 2,000 ans plus tard.
(Extraits: Malika Chahid, préhistorienne, article paru dans le forum de discussion du site Afrique-du-nord.com le 2/7/2007)
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
11
société
Les enfants des rues du Maroc…
Quel avenir?
«Chemkara» au Maroc, «FacMan» au Sénégal, «Nanga» au Cameroun… Tels sont
quelques noms empreints de mépris et d’odeur de délinquance, utilisés pour
désigner le phénomène social que l’on nomme par «enfants des rues».
Ces noms inscrits dans la conscience populaire ne sont pas nés ex nihilo. Ils
essayent de réunir l’ensemble des étiquettes attribuées à cette catégorie sociale:
délinquance, prostitution, voyous, drogués, etc.
Toutes les rues des grandes métropoles de notre pays sont un refuge pour ces
enfants, qui n’ont pourtant pas pour géniteurs la rue, et dont la question de
l’avenir reste posée.
Par Oumarou Sali Bouba
La socialisation par
la rue
G
are routière, gare
ferroviaire, marché
et
alentours
de
supermarché
sont
autant de lieux où l’on est
susceptible de rencontrer les
«enfants de la rue» dans la
journée. La nuit tombée, il faut
se diriger vers des milieux
éloignés des regards, tels des
maisons abandonnées, des
parkings à ciel ouvert ou même
des égouts pour voir comment
vivent ces enfants.
Dans la seule ville de
Casablanca, on estime à près
de 5,000 le nombre d’enfants
livrés à eux-mêmes. Ils sont
tout simplement l’alfa et
l’oméga de leur vie, vivant un
perpétuel combat.
La socialisation par la rue
est leur ultime recours. Ces
enfants, pourtant nés d’un père
et d’une mère, sont contraints
d’intérioriser des valeurs et des
normes dictées par la vie de
la rue. Valeurs et normes qui
modulent leurs comportements
dans la société.
Il n’est nul besoin de rappeler
12
que l’environnement urbain
auquel sont exposés les
enfants de la rue participe
à
la
transformation
des
comportements et des réactions
de ces enfants, qui par la force
des choses deviennent des
adultes précocement.
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
La loi de la rue: se
débrouiller pour
survivre
Comment les enfants de la rue
font ils pour vivre? Plus encore,
comment font-ils pour survivre?
Pour avoir une réponse à cette
interrogation, il suffit d’être un
peu attentif et d’observer avec
minutie ces derniers dans la
rue. Dans la journée, la majorité
des enfants de la rue sont de
véritables agents économiques
d’un autre genre. Ils sont des
vendeurs de sacs plastiques,
des cireurs, des chargés de
nettoyage des autobus dans les
gares routières, des vendeurs
de cigarettes, etc. Pour les plus
«paresseux», il reste l’option de
la mendicité. Ils se contenteront
de devenir de véritables
mendiants
professionnels,
mettant au point des techniques
de mendicité égalant celles
du marketing moderne. Ils
ne le font pas par envie ou
plaisir mais par nécessité et
obligation. La nécessite de
survivre dans la jungle urbaine.
Les fruits de ces efforts sont
généralement engloutis dans
la drogue, l’alcool ou des
excitants qui permettent aux
enfants de la rue d’oublier leurs
misères et leurs souffrances le
temps d’un instant. Mais très
vite, ces drogues poussent les
enfants de la rue à devenir à
la nuit tombée, une menace
sociétale.
Sous
l’emprise
des drogues et excitants en
tout genre, ils commettent
facilement des vols, des viols,
ou pire encore, des meurtres.
Bref, ils entravent les lois de la
société dans laquelle ils ne se
reconnaissent plus.
La nuit, l’instant de
tous les dangers
À la nuit tombée, les enfants de
la rue font face à deux grands
types de danger. Un danger
interne, venant de la «tribu»
des enfants de la rue, et l’autre,
venant principalement des
institutions sociétales chargées
de la sûreté des biens et des
personnes.
En effet, ce qu’on pourrait
appeler «tribu» des enfants
ne recouvre pas un caractère
homogène, mais plutôt une
pluralité caractérisée par des
luttes intestines entre forts et
faibles.
Les plus âgés et les plus
forts d’entre ces enfants se
permettent
d’imposer
leur
loi aux plus petits, qui dans
bien des cas, sont contraints
d’accepter cette domination
en recevant en contrepartie
une protection contre d’autres
enfants de la rue. Les différents
rapports produits par l’Unicef
dans notre pays concernant le
thème des enfants de la rue
dévoilent de manière explicite
les différentes formes de ces
luttes intestines: Racket, viols,
meurtres; tous les «moyens»
sont bons pour imposer sa loi
et se faire entendre.
D’un autre coté, les enfants de
la rue font face à la menace
policière qui voit en ces enfants
des délinquants en puissance.
Cette situation d’insécurité
les pousse, du moins les plus
faibles d’entre eux, à se cacher
dans des lieux, comme dans
des égouts ou des maisons
abandonnées, à l’abri des
regards, de la police et du
danger que constituent d’autres
malfrats.
Ils dorment à plusieurs, les uns
blottis contre les autres pour
se protéger du froid. Ils portent
sur eux des vêtements qui
n’ont pas vu la couleur de l’eau
depuis fort longtemps. Pour ces
enfants, l’hygiène n’existe pas.
C’est pourquoi leur espérance
de vie est faible.
Aucun
n’est né
«enfant de
la rue»…
Il l’est
devenu!
Enfants avant d’être
enfants de la rue
Il va sans dire qu’aucun enfant
sur Terre n’est né enfant de
la rue, mais il l’est devenu.
Dans notre pays, les causes
principales répertoriées par
le gouvernement et le tissu
associatif travaillant dans le
domaine renvoient à l’essentiel
aux différents maux qui minent
la structure familiale marocaine:
la pauvreté, les familles
nombreuses, le divorce et de
la maltraitance des enfants en
passant par leur exploitation
économique.
Mejatti Alami, dans son rapport
Le travail des enfants, réalisé
pour le compte du Bureau
Le jour, la majorité des
enfants de la rue sont
de véritables agents
économiques d’un autre
genre.
international du travail (BITMaroc), retient comme cause
principale de cette mobilisation
économique
des
enfants
le caractère complexe de
l’enchevêtrement
entre
le
traditionnel et le moderne au
Maroc, qui entraine dans son
sillage une confusion entre
domaines
économique
et
familial.
Par ailleurs, les caractéristiques
sociodémographiques
des
enfants
mobilisés
dans
le
secteur
économique
au Maroc sont dominées
par
l’analphabétisme
de
cette catégorie de pseudotravailleurs,
une
situation
familiale précaire qui conduit
inéluctablement à la confusion
entre la sphère domestique et
la sphère du travail.
Dès lors, l’enfant finit par
acquérir la culture de la
rue, qu’il finira par rejoindre
définitivement un jour.
Les
divorces
et
les
maltraitances sont aussi des
causes non négligeables de
la prolifération du phénomène
des enfants de la rue au Maroc.
Dans ces situations d’instabilité
familière, l’enfant se retrouve
désormais sans repères. Si les
proches parents ne viennent
pas au secours de ce dernier, il
se voit contraint de trouver luimême des repères pour donner
un sens à son existence. Et la
rue, toute généreuse, lui en
offre.
Quel avenir pour les
enfants de la rue?
Potentiels SDF de demain?
Mendiants
professionnels?
L’avenir des enfants reste posé.
Si certains d’entre eux ont des
rêves bien tracés, à l’instar de
ceux de Tanger, par exemple,
dont le rêve commun est de
partir en Europe via l’Espagne,
pour les enfants de la rue des
autres villes du Royaume,
l’avenir se vit au jour le jour.
Les enfants des rues de Tanger
se mirent tous les jours sur
les eaux de la Méditerrané
qu’il espère traverser un jour
clandestinement pour rejoindre
l’Europe et réaliser leurs
rêves au péril de leur vie. Ils
font fi des nombreux efforts
que deploit le tissu associatif
pour les mettre en garde
des dangers que représente
cette entreprise. Les enfants
de la rue à Tanger ne savent
qu’une
chose:
L’Espagne.
Des associations bénévoles
essaient tous les jours de leur
faire comprendre les multiples
dangers qu’ils courent. Elles les
accueillent et leurs offrent des
repas et des lieux où dormir.
Mais ils mangent et ils dorment
en pensant à l’Espagne…
Le mal s’avère être profond.
Dès
lors,
une
réponse
sociétale globale serait de
mise. Loin de penser que
ce problème concerne les
seuls acteurs institutionnels
gouvernementaux
et
non
gouvernementaux, la question
des enfants de la rue dans
notre pays pose un véritable
problème de fond lié à la
sécurité sociétale et prend
des allures d’un impératif de
développement humain.
Enfants de la rue hier, enfants
tout simplement demain, tel doit
être le credo qui devrait animer
l’action en faveur de cette
catégorie sociale. Sans enfants,
il est impossible d’imaginer un
futur meilleur car «le monde
ne nous a pas été légué par
nos parents, mais il nous a été
prêté par nos enfants.»
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
13
vie urbaine
Si la scène artistique urbaine au Maroc ne cesse de progresser et de
faire sa place, le sport urbain commence également à gagner du terrain. Après
l’avènement du skate, c’est un nouveau sport urbain qui fait son entrée dans
notre pays. Il s’agit du Parkour (sport de déplacement), qui consiste pour son
adepte de franchir des obstacles qu’il peut rencontrer sur son chemin. Cette
pratique sportive qui a vu le jour en France a été intégrée pour la première fois
par des jeunes Casablancais en 2004. Ils ont formé leur groupe «Accrochestoi» et ont fait des bâtiments délaissés leurs endroits d’entrainement. Une
année plus tard, Le parkour fera son entrée à Salé par le jeune groupe XParkour.
Depuis, divers groupes ont été créés dans d’autres villes du Royaume. Zoom sur
cette discipline qui ne cesse de faire de plus en plus d’adeptes.
Par Fatima Zahra Ennda
14
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
Qu’est ce que le Parkour?
Un peu d’histoire
C
ette discipline
a vu le jour
en
France,
plus précisément
dans les communes de Lisses
et d’Évry par deux sportifs,
David Belle et Sébastien
Foucan, ainsi que les membres
fondateurs
des
Yamakasi.
David Belle était un sauveteur
expérimenté qui travaillait dans
le service du feu de l’armée
française. Il était connu par
son goût pour l’action et
le déplacement rapide. Il
excellait dans les épreuves
d’athlétisme,
d’escalade,
de gymnastique et d’arts
martiaux. L’autre co-fondateur,
Sébastien Foucan, était un
pionnier du free running.
Le Parkour est inspiré de la
«méthode naturelle d’éducation
physique» de Georges Hébert.
Il s’est répandu à travers le
monde par la filmographie
qui lui a été consacrée,
principalement
via
des
reportages télévisuels et des
vidéos amateurs sur Internet.
Il est apparu également sur
le grand écran à travers les
films d’action. Yamakasi a été
l’un des premiers films traitant
ce sujet. Il représentait une
bande de traceurs effectuant
des sauts sur les toits de
Paris. Il a été également utilisé
dans une scène de poursuite
à pied dans Casino Royale.
James Bond poursuit un
terroriste (joué par Sébastien
Foucan) qui multiplie les sauts
et les techniques propres à
cette discipline. Banlieue 13
(avec David Belle en acteur),
Les rivières pourpres 2, Les
anges de l’apocalypse et Le
fils du vent, Babylon sont
autant de films représentant
le Parkour dans des scènes
d’action, chose qui a contribué
à l’internationalisation de ce
sport.
Pratiqué en milieu urbain ou naturel, le Parkour consiste à franchir des obstacles
par de différents sauts, ou escalades. Un traceur, pratiquant de ce sport, doit
se déplacer du point de départ à celui d’arrivée en alliant finesse, rapidité, et
surtout prudence. Ce sport fait appel également à l’art puisque chaque traceur doit
être créatif dans la façon avec laquelle il va se déplacer. Il utilise également son
imagination pour tracer le chemin qu’il va suivre. Il est toujours à la recherche
d’endroits que personnes n’emprunterait normalement.
Accroches-toi, pionnier du
Parkour à Casablanca
«On a fait un programme d’entraînement
selon la disponibilité de chaque membre pour
En 2004, Adil Chadli, un jeune basketteur que tout le monde puisse pratiquer le sport
casablancais, découvre le Parkour à la régulièrement», explique Adil. Ils ont fait de
télévision. Après avoir regardé une émission la Place de la préfecture, de la cité déserte,
sur ce sport, il décide de s’y donner à fond. du jardin de Belvédère et de la médina leurs
endroits d’entrainement de
prédilection. Cependant, ils
n’arrêtent pas de chercher
de nouveaux espaces et
d’obstacles de plus en
plus difficiles à franchir. «Il
est temps de tracer des
parcours que personne n’a
empruntés», nous confie
Anass. Ils travaillent depuis
longtemps sur les murs de
la Cité blanche. Ils exercent
- Anass, du groupe Accroches-toi
des sauts de plus de 5 m
de hauteur. L’entrainement
permanent
et
le
souci
«Je me suis dit: Pourquoi ne serais-je pas de la perfection a rendu le groupe plus
le premier à pratiquer ce sport au Maroc?», professionnel, leur méritant ainsi le passage
explique Adil avec fierté. Une fois sa décision dans des spots publicitaires et des films.
prise, il a commencé par se documenter sur Le succès du groupe a également suscité
cette pratique, sur ses règles de base et sur l’intérêt des médias qui ont multiplié articles et
ses mouvements. Le passage de la théorie reportages consacrés au groupe et au sport.
à la pratique n’était pas pour lui une chose
aisée, surtout qu’il était seul au
début. «J’ai présenté
casablancais Accroches-Toi
ce sport à mon ami
Quelques membres du groupe
Anass
Yahia, qui l’a apprécié
Haidar
di
Adil
Meh r
et qui a accepté
abi
Chadli
S
qu’on
commence
tous les deux les
Aziz
entraînements», nous
Chadli
raconte Adil. Un peu
plus
tard,
d’autres
jeunes vont les rejoindre,
il s’agit de Samir, Anas,
Mehdi et Aziz. C’est
Yahya
ainsi qu’Accroches-toi,
Bezzat
le premier groupe de
traceurs marocains fut
Samir
Chafik
crée.
‘‘ Il est temps de
tracer des parcours
que personne n’a déjà
empruntés ,,
Depuis, ils pratiquent le
Parkour avec beaucoup
de sérieux et de rigueur.
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
15
vie urbaine
Après «Accrochestoi» à Casablanca,
XParkour à Salé
C’est sur les murs de Tabriquet,
une des communes de Salé,
que va se pratiquer pour la
première fois le Parkour dans
cette ville. Après avoir regardé
le fameux film Yamakazi,
Said, un jeune lycéen, a
été impressionné par les
mouvements
des
traceurs
dans le film. Tout comme Adil,
fondateur de groupe de Parkour
casablancais, Il a commencé
lui aussi par la documentation
sur Internet. La seule différence
entre les deux, c’est que Said a
eu le courage de commencer
les
premières
séances
d’entrainement tout seul. «Je
faisais des sauts au lycée, au
quartier et parfois j’allais à la
Kasbah des Oudayas ou à la
plage de Rabat», nous raconte
Said. En le voyant sauter
partout, Moncif, Taha et Amine,
des amis à lui au lycée, ne vont
pas tarder à lui demander des
informations sur ce sport et à
le rejoindre par la suite. Ainsi,
ils ont formé un groupe qu’ils
ont nommé XParkourX. Celuici ne va pas durer longtemps.
La démotivation de ses amis et
leurs fréquentes absences aux
séances d’entraînement ont
mis fin au groupe. Néanmoins,
Said n’a pas perdu espoir. «J’ai
continué à m’entrainer seul car
j’ai une grande passion pour ce
sport», explique Said.
Un
jour,
durant
son
entrainement à la plage de
Rabat, Said va remarquer qu’il
n’est pas le seul à pratiquer
ce sport. Il rencontre Youssef,
un jeune de Rabat, en train de
faire les mêmes mouvements
que lui. Le hasard a réuni
ces deux jeunes pour former,
plus tard, le groupe XParkour.
D’autres
jeunes
sportifs
des deux villes sœurs vont
alimenter plus tard le groupe.
Celui-ci compte actuellement
une vingtaine de traceurs, qui
s’entrainent au centre ville de
16
Rabat, à la plage ou à la
Kasbah des Oudayas.
Pour said et Youssef,
ces
endroits
restent
insuffisants
pour
les
entrainements. Chose qui
les à poussé à chercher
de nouveaux espaces.
«On est allés demander
aux dirigeants des clubs
sportifs pour s’entrainer
dans leurs salles de
gymnastique, mais en
vain!», se désolent les
deux jeunes traceurs.
Malgré cela, ils continuent
à s’entrainer dans l’espoir
d’atteindre le niveau des
professionnels.
Les traceurs se
mobilisent
Malgré les problèmes que
rencontrent ces deux groupes,
ils continuent non seulement
à s’entraîner, mais également
à initier des actions pour
la promotion de ce sport.
Par
exemple,
le
groupe
casablancais Accroches-toi a
créé une association dans ce
sens. Depuis se création en
Mars 2007, les membres de
l’association ont multiplié les
activités pour faire connaitre
ce
sport.
Leur
première
et principale activité était
l’organisation à Casablanca
d’un Parkour Day, une journée
d’entrainement, le 30 Mars
2008, à laquelle 20 groupes
pratiquant le Parkour ont pris
part. L’association dispense
également
des
formations
sur ce sport et organise des
spectacles au profit des jeunes
écoliers. À Rabat, un autre
Parkour Day a été organisé
par le groupe Bouges-Toi, de
Rabat, le 12 Octobre 2008.
D’autres actions sont initiées
par les groupes du Parkour
des autres villes du Royaume,
notamment à Agadir, Oujda,
Settat, etc. Des initiatives que
ces jeunes traceurs espèrent
aboutir à la reconnaissance de
leur sport.
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
Quelques membres du groupe slaoui XParcour
‘‘ On est allés
demander aux
dirigeants des
clubs sportifs pour
s’entrainer dans leurs
salles de gymnastique,
mais en vain! ,,
- Membres du groupe XParkour
Quelques liens utiles:
www.metacafe.com/tags/parkour
Vidéos du Parkour sur MetaCafé
www.parkourfrance.com
Association française du Parkour
Quelques autres groupes
de traceurs en devenir au
Maroc
™™Agadir: Parkour T-299
™™Settat: Tracers Boys
™™El Jadida: Parkour Tizla / Groupe 666
™™Ain Reggada (près de Berkane):
Parkour Reggada
™™Casablanca: Casa Group / Parkour HM
Traceur / traceuse
Un pratiquant de Parkour.
Parkour Day
Des conseils à suivre à la lettre
Pour garantir la réussite de ses sauts, le traceur doit avoir une bonne
condition physique afin que son corps puisse mieux résister aux chocs.
Son physique lui donne également une confiance en soi, qui lui permet de
franchir plus d’obstacles. Les professionnels de ce sport recommandent
des entrainements quotidiens et des assouplissements pour éviter les
blessures. Ces exercices doivent être faits tout en calculant le risque
de chaque saut. Pour les débutants, les exercices doivent se limiter aux
obstacles du sol avant de passer aux toits.
Jargon du Parkour
Passe-muraille
Un saut renversé
Un rassemblement de
traceurs.
Saut de bras
Saut sur un mur, ou
autre prise, conclu par
une réception avec les
bras (et amortie par les
jambes).
Technique de
franchissement d’un
mur d’une hauteur assez
importante. Consiste
à prendre appui sur le
mur avec un pied pour
atteindre une plus grande
hauteur.
Roulade
Saut réalisé avec ou sans élan pour franchir une distance.
Consiste à amortir sa
chute après un saut en
retombant sur le devant
du pied et en roulant
immédiatement sur
l’épaule.
Saut de précision
Demi-tour (saut de
Saut de détente
Décomposition du
saut de précision
nt
eme
Un pass
haie)
Consiste à passer au-dessus d’une barrière ou d’un mur et
de se raccrocher de l’autre côté, pour ensuite enchainer un
mouvement
Réception
Techniques de flexion des jambes pour un atterrissage amorti
(la réception se fait toujours sur l’avant du pied, les talons ne
doivent pas toucher le sol).
Saut de détente
Saut technique, à pieds joints, dont la réception se fait sur
une petite surface, muret par exemple.
Saut de fond
Saut effectué d’une hauteur importante suivi généralement
(très néfaste pour les articulations) par une roulade.
Tic-tac
Appui sur un objet ou un mur avec le pied pour passer par
dessus un obstacle ou exécuter un saut de bras.
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
17
économie
Vision Tourisme 2010:
Restons optimistes!
L
’année 2008 s’est clôturée
sur un grand événement,
qui n’est rien d’autre
que la crise économique
mondiale déclenchée aux ÉtatsUnis à la mi-septembre. Cette
crise qui a touché le monde
entier ne va certainement
pas nous épargner, les pays
émetteurs de touristes non
plus. Ce qui veut dire qu’il y
aura de moins en moins de
gens qui envisageraient de
quitter leurs pays pour aller se
relaxer ailleurs pour la toute
simple raison qu’ils n’auront
plus assez d’argent à dépenser.
Ce fléau fait entrer les petites
économies comme les grandes
dans une délicate spirale à
18
laquelle on n’a pas encore
trouvé de solution miracle. La
question qui se pose fortement
est la suivante: Que doit-on
faire pour préserver le secteur
touristique du Royaume d’une
telle crise?
La
responsabilité
revient
évidement au ministère du
Tourisme qui doit sauver les
activités touristiques placées
sous sa tutelle, sachant fort
bien que pendant les périodes
de crise, les touristes préfèrent
rester chez eux. Si on prend
l’exemple des Anglais, ils ont
étés les premiers à choisir de
rester at home au lieu de venir
se réchauffer sous le soleil
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
marocain. Ce est déjà visible:
les nuitées ont chuté dans les
établissements d’hébergement
classés. Pour les visiteurs
venant de la Grande-Bretagne,
leur nombre a diminué de 21 %,
et ce n’est pas une exception
car le nombre des Belges, lui
aussi, a connu une régression
de 13 %. Les Français ne
seront pas à l’abri non plus et
leur nombre reculera de 8 %.
Enfin, le taux de régression des
touristes italiens est légèrement
inférieur à 7 %. À l’inverse,
mentionnons que le nombre
de touristes arabes ne cesse
de progresser. Sa croissance
est de +18 % si on le compare
avec la même période de
Par Mohamed Koufaz
l’année 2007.
Ce qui reste à souligner, c’est
que ces chiffres concernent
seulement les établissements
classés. En général, l’année
2008 s’est achevée sur une
hausse de 7 % et on s’attendait
à recevoir le touriste qui
complétera les 8 millions
de visiteurs que notre pays
recevrait. Cet événement a
été fêté le 6 janvier 2009 à
l’aéroport
international
de
Marrakech.
Tout cela ne peut avoir qu’une
seule explication: l’émergence
d’autres types de logements
qui concurrencent les hôtels.
À titre d’exemple, les riads,
les résidences touristiques et
les maisons d’hôtes sont de
plus en plus populaires. Alors,
pour garder la viscosité de
ses visiteurs, il est fortement
recommandé d’épargner nos
touristes en réduisant les
prix, en offrant des produits
accompagnés de différents
services à forte valeur ajoutée.
On peut alors bel et bien rester
optimiste pour notre Vision
2010 sachant très bien qu’il n’y
reste plus que 11 mois. Certes,
le taux de construction des
grands chantiers va diminuer;
la situation l’oblige, mais c’est
là que le ministère du Tourisme
doit réagir en veillant à ce que
toutes les grands œuvres seront
terminées, que les cahiers de
charge seront respectés et les
investisseurs encouragés, voir
même avantagés, si on veut
bien sauver et garder ce qui
a été réalisé dans ce secteur,
si important à notre économie
nationale. Le commerce en ligne est gagné
par la déprime aux États-Unis
Le commerce en ligne est à son tour gagné par la déprime des consommateurs,
et les volumes de ventes ont pratiquement cessé de croître en octobre aux ÉtatsUnis, selon une étude publiée récemment par le cabinet spécialisé ComScore.
Zoom Mag / AFP
L
es ventes sur Internet ont progressé de tout juste 1 % en
octobre par rapport à octobre 2007, soit «la croissance
la plus faible jamais enregistrée d’une année à l’autre»,
souligne ComScore dans un communiqué.
Sur la période août-octobre, les ventes ont progressé de 4 %,
mais les achats réalisés par les foyers modestes (moins de
50.000 dollars de revenus annuels) ont reflué de 3 %, la hausse
étant surtout due aux ménages les plus aisés (14 % pour ceux
gagnant plus de 100 000 dollars par an).
ComScore souligne que cela fait six mois consécutifs que le
commerce en ligne connaît un ralentissement aux États-Unis.
«Les prix sont restés le plus gros souci des consommateurs en
octobre, mais il est clair que l’augmentation du taux de chômage
et le choc de l’effondrement du marché financier ont eu un impact
négatif sur la psychologie du consommateur américain. L’effet
s’est clairement fait sentir dans le secteur du commerce de détail
en ligne», a commenté Gian Fulgoni, le président de ComScore.
«Le seul rayon d’espoir pour la saison des
achats de Noël est que la baisse marquée
des prix du pétrole fera fléchir l’inflation et
donnera un coup de pouce très nécessaire
au pouvoir d’achat des consommateurs», a
ajouté M. Fulgoni.
La morosité du commerce en ligne coïncide
avec la médiocrité des résultats du
commerce en général. Sur l’ensemble du
mois d’octobre, les ventes des chaînes de
magasins aux États-Unis se sont contractées
de 0,9 %, au terme d’un mois jugé «affreux»
par le Conseil international des centres commerciaux
(ICSC).
L’analyse de ComScore a poussé des analystes de la banque
Barclays à rabaisser leurs prévisions de résultat pour le
géant du commerce en ligne Amazon.com. «Jusqu’à présent,
Amazon a mené une politique de prix agressive pour le
quatrième trimestre, et nous pensons
que la philosophie (de la société)
sera de sacrifier des marges à
court terme pour obtenir la
loyauté à long terme de ses
clients», ont expliqué les
analystes de Barclays.
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
19
Essai
De la tyrannie
et de la démocratie
Les despotismes supposés éclairés et les totalitarismes les plus haïssables investissent
impunément, et ce depuis au moins la fin des colonialismes et l’avènement des
indépendances, l’aire arabo-musulmane sans que des alternatives démocratiques viables ne
puissent s’y épanouir ou sans que les peuples n’osent pleinement s’élever contre l’autorité
établie. Le constat malheureux de cette apparemment coupable inaction, doublée d’une
pusillanimité plus ou moins avérée de la masse (qu’on se devra d’interpréter), semble
de prime abord évident. La base cautionnerait de fait une légitimation pour le moins
dangereuse et hasardeuse des systèmes tyranniques, se rendant pour ainsi dire complice
malgré elle de ses propres tortionnaires. De cette surprenante collusion se nourrit le régime
totalitaire pour asseoir son pouvoir. Un tyran ne pouvant à lui seul avoir un ascendant quel
qu’il soit sur toute une population, aussi atonique soit-elle, il est aisé d’imaginer que le
despote, assisté de ses supplétifs, peut renier à tout individu la liberté de faire valoir ses
droits les plus élémentaires ou plus prosaïquement le droit à la liberté.
Par Dr Hicham Bouzid
Pas d’ordre social sans
violence?
I
mmanquablement, des rapports de force
asymétriques finissent par s’instaurer
dès qu’un système pyramidal centralisé
se crée. Se pose dès lors le problème de
l’acceptation ou du refus par la société de la
violence engendrée par le pouvoir à l’endroit
d’individus, par exemple, n’adhérant pas au
discours officiel et refusant l’autorité d’un
Etat jugé tyrannique et injuste. Des esprits
clairvoyants avancent à juste titre que… «il y a
des moments où la violence est la seule façon
dont on puisse assurer l’ordre social…»
Malheureusement, ceci se traduit au sein
des dictatures par un recours régulier et
systématique à la violence au nom de nobles
et hauts desseins, par une banalisation
des rapports de force coercitive et par la
multiplication de dérives et abus souvent
iniques et rarement dénoncés. Cette violence,
apparente ou non, ainsi justifiée et élevée
au rang d’institution, devient un moyen quasi
légal de sauvegarde d’abord et avant tout du
système oppressif. Les libertés individuelles
fondamentales s’en trouvent tout naturellement
limitées car il est manifeste que toute liberté est
une entrave au pouvoir despotique.
20
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
L’esprit du peuple
D
’où l’intérêt de considérer le degré des libertés, souvent très
réduit, qu’un peuple asservi est prétendu devoir revendiquer.
Il est naturel de croire que c’est le degré d’inertie du peuple
(tombé selon certains dans un état «d’émasculation totale»)
qui déterminera son degré de liberté, et inversement. Le degré
d’inertie peut, dans certains cas, se justifier par un anéantissement
progressif de toute volonté de singularisation du peuple étouffé au
cours des siècles par des successions de dynasties bien ancrées
aux pouvoirs toujours plus élargis. La masse s’accomoderait alors
fatalement des dirigeants qui la dominent. Ainsi, une certaine
condescendance, voire une dévotion exacerbée à la limite de
l’idolatrie vis-à-vis des trop nombreuses générations de dirigeants,
semblent acquises. L’approbation d’une telle relation d’allégeance
serait en quelque sorte inscrite dans l’esprit dégénérescent du
peuple ou dans une espèce de patrimoine génétique commun. D’une
aliénation collective ou d’une mutation positive se seraient alors
raisonnablement amorcées les révolutions. Mais avant d’espérer
toute transformation et autre évolution salvatrices, c’est avant tout
l’inaction, il est vrai, forcée et contrainte, du peuple qui fixe sa
condition de peuple libre ou soumis.
On pourrait dès lors affirmer que l’apathie finalement
contreproductive de la base (certains qualifient ces peuples de
«sociétés de spectacles») ne faisant que conforter le sommet dans
ses retranchements et certitudes, le pouvoir absolu semblerait de
facto, sinon plus excusable, au moins plus acceptable.
L’État-providence est un État fort
D
ans une société aussi passive, seul un État fort
- et brutal dans le cas précis d’une dictature - a
la capacité effective, d’une part de faire régner
l’ordre social en appliquant les lois, toujours
impopulaires, en assurant sa sécurité et accessoirement
celle du citoyen, et d’autre part, de garantir la pérennité du
système. Il serait toutefois judicieux de remarquer que de
toutes ces observations, on ne doit pas s’empresser d’en
conclure que le système démocratique est incompatible
avec la notion d’État fort, bien au contraire, on le rappellera
ultérieurement.
Les actions entreprises par un pouvoir central tyrannique,
qui paraissent légitimes a priori puisque s’élevant contre
toute forme d’anarchie et de chaos, synonymes de faillite
et du régime et de la collectivité, le sont malheureusement
au détriment du bien-être de la communauté, qui
reste à certains égards responsable de sa position
désavantageuse et humiliante. Le peuple, s’il se trouve
ainsi marginalisé et même infantilisé, souvent à juste titre,
ne peut que se rendre compte de l’évidence des suites
calamiteuses d’une politique volontaire de décérébration
méthodique dictée à son encontre par un pouvoir peu
enclin à dépasser ses appréhensions et à abandonner ses
privilèges et autres prérogatives autoproclamés.
Pas de révolution sans
instruction
I
l semblerait donc - du point de vue d’un régime de
servitude - inopportun et surtout aberrant à ce qu’un
peuple tyrannisé et dépossédé de toute substance
cognitive se rapproche de cette élite qui monopolise
tout accès au savoir.
Cette frilosité du pouvoir se traduit par un refus
systématique d’une quelconque amélioration du niveau
d’éducation de la masse, éducation qui reste le moteur
qui initie toutes velléités de résistance. Or, le niveau des
libertés également tributaire du degré d’instruction. Le
dirigeant prend alors toute la mesure de ce raisonnement
puis considère les fluctuations de trois variables
interdépendantes, à savoir le degré de liberté, le degré
d’immobilisme et le degré d’instruction du peuple.
Sachant alors machiavéliquement qu’«il ne peut y avoir
révolution que là où il y a conscience», le dirigeant
règnera conséquemment citant pour se justifier Voltaire
qui rappelait qu’«il est à propos que le peuple soit guidé et
non pas qu’il soit instruit». On comprendra ainsi aisément
qu’un défaut d’instruction reste manifestement le détour le
plus à même pour exclure le peuple de toute dynamique
salutaire. Afin de réduire tout ostracisme, l’instruction
devient au sein des démocraties un devoir pour tout
citoyen.
Le contrat social
D
e plus, un véritable contrat social lie le citoyen à
l’État qui assure ainsi non seulement la sécurité des
personnes et des biens, mais aussi un haut degré de
civilités favorisant nécessairement le renforcement
des institutions démocratiques.
Cette configuration de réciprocité où le peuple acquiert des
droits tout en étant astreint à des devoirs envers l’État, qui
de son coté se doit de garantir un réel bien-être, ne peut
être maintenue sans qu’une certaine forme de violence
ne soit légitimée. Ainsi, la violence, «limitée et contrôlée»
en démocratie, est un instrument tacitement licite et
universellement reconnu au service du pouvoir immunisant la
société contre toute dérive malsaine. Une violence non distillée
n’aurait aucune chance de s’imposer éternellement: il faut
toujours une complicité entre l’État et ses composantes.
La violence en démocratie: un garde-fou contre la
ruine du système
I
l apparaît ici clairement que la violence n’est donc plus
l’apanage des totalitarismes. Gandhi disait: «…le vrai
démocrate est celui qui grâce à des moyens purement non
violents défend sa liberté». Donc, la violence utilisée à bon
escient, que l’on oppose à la violence irrationnelle, permet à la
démocratie de se prémunir contre toute menace subversive.
Elle protège ainsi aussi bien le système démocratique que les
régimes arbitraires. La différence réside dans le fait qu’elle
soit implicitement consentie par le peuple libre et qu’elle
soit imposée au peuple opprimé. Observons en outre que
la violence n’est pas toujours l’ultime moyen pour agir en
démocratie, contrairement à ce qui se développe sous des
cieux moins cléments, les nôtres en l’occurrence, où elle est
systématisée.
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
21
Essai
Pas de démocratie sans
dictature
M
ais paradoxalement, comme
déjà noté, la violence utilisée
comme unique et non comme
ultime ressort chez les despotes
peut être non seulement acceptée par
un esprit épris de justice et de liberté
pour tous, mais aussi ressentie comme
obligatoire et nécessaire vu qu’un peuple
non initié aux vertus de la démocratie se
doit d’être encadré par tous les moyens,
aussi brutaux soient-ils. C’est pour dépasser
cet état de fait et pour mettre fin à ce
paradoxe qu’une éducation de qualité est
requise pour tous. Loin de nous de faire
ici l’apologie des totalitarismes, qui se
révèlent pourtant être un mal nécessaire;
toutefois, il serait malhonnête de ne pas
reconnaître que du fait même de leur nature
excessive, les systèmes criminels préparent
inéluctablement le peuple à plus de réactivité
puis à plus de maturité et, finalement à plus
de liberté. Tout est finalement une question
de temps pour le despote et de patience pour
le peuple…
Un État fort: la garantie du progrès
S
i un fossé semble se creuser dans certains pays entre la
base et le sommet, le véritable État démocratique apparaît,
lui, intimement lié au peuple conscient pour sa part de ses
obligations mais aussi de ses acquis. Tout l’appareil du pouvoir,
de ses commis à son armée en passant par son administration et sa
police, reflète une implication généreuse de l’État à tous les niveaux
approuvée et désirée par le peuple. Ceci peut s’agencer dans un
environnement sain et serein sans pour autant être en contradiction
avec la notion d’État fort (et non brutal théoriquement), car l’ordre social,
fondement même de la stabilité et du progrès, est là aussi basé sur une
présence ostensible de l’État.
Ainsi, un anthropologue se posait justement la question suivante: «Si
l’État-Nation disparaît, quel mécanisme assurera la protection des
minorités et la répartition minimale des droits démocratiques?»
Il reste que si cet aspect des choses est communément accepté en
démocratie, c’est que celle-ci, à part de scandaleuses exceptions,
donne au citoyen malgré tout plus de dignité qu’il n’en a jamais eue!
En somme, nous prévient Tocqueville, «…la démocratie, c’est le moins
mauvais des systèmes.» La dynamique productive qui se crée entre un
pouvoir légitime, démocratiquement élu, et le peuple donne l’opportunité
à la Nation démocrate d’affermir son développement social, politique et
économique dans les conditions les plus optimales, et de consolider son
rayonnement parmi les autres puissances.
Quand le peuple se désolidarise
C’est le degré
d’inertie du peuple
(tombé selon
certains dans un
état «d’émasculation
totale») qui
déterminera son
degré de liberté, et
inversement.
22
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
N
otons toutefois, que du fait de l’intelligence même de
certains despotes et/ou de conjonctures favorables,
plusieurs Nations ont également marqué l’histoire
de leurs empreintes, même si aux dépends de la
prospérité de la majorité. Mais lorsque règne un despote, aussi
pragmatique soit-il, il est clair qu’il ne saurait être question de
ce contrat, ou pacte, tant envié aux démocraties.
L’osmose caractérisant les rapports qui prévalent entre un
État démocratique et le peuple laisse place à des relations
d’arrogance et de soumission qui révèlent de manière
outrecuidante la dissymétrie de l’engagement de chaque
partie. «Le tout à l’État, rien au peuple» (ou «L’État c’est moi»,
disait Louis XIV) se développe alors sans peine, du moins
jusqu’à certaines limites prévisibles.
Les déséquilibres de la relation qui lie un peuple opprimé au
dirigeant ne peuvent à terme qu’entraîner une désolidarisation
de la base par rapport au tyran, puis à une dislocation du
système de servitude.
Dans quelles conditions les peuples de ces pays peuvent-il
alors prétendre à un bouleversement du régime mis en place
et quand doivent-il réagir?
L’histoire: un éternel
recommencement?
La démocratie et l’histoire
L
es démocraties, telles qu’on les conçoit aujourd’hui, sont
ainsi nées dans la douleur. L’histoire nous enseigne
également à ce sujet que les authentiques démocraties
n’ont commencé à s’épanouir que depuis quelques
décennies. En effet, vu que la démocratie exclut le pouvoir
d’une autorité qui ne procède pas de toutes les composantes
du peuple, on est en droit d’émettre de sérieux soupçons quant
à une fidèle application des principes universellement reconnus
de la démocratie, notamment chez les anciens Grecs ou même
dans les systèmes démocratiques modernes. Ainsi, nul besoin
de s’attarder sur certains régimes antiques pionniers en matière
de démocratie ou contemporains pour relever l’archaïsme des
uns ou les imperfections et les insuffisances des autres. Si la
Grèce antique avait le goût de la vie politique et où le citoyen
discourait sur l’agora de l’avenir de son environnement, cette
réalité ne doit toutefois pas occulter le fait que la majeure partie
des résidents de la cité, bien que régie par un gouvernement
supposé démocratique, est exclue de toute réalité civique et de
tout exercice de la politique.
De ce fait, par exemple, la France du milieu du 20e siècle, à mon
sens, ne pouvait se targuer d’être une démocratie comme on
peut l’entendre actuellement. D’autre part, est-il nécessaire de
s’étaler sur la totale mise en quarantaine de la population afroaméricaine (pour ne citer que celle-ci) jusqu’à relativement très
récemment, et donc sur le scepticisme justifié dont tout esprit
lucide peut faire preuve lorsque les Nord-Américains estiment
pompeusement qu’ils reflétaient dans les années après-guerre la
plus parfaite ou du moins la plus irréprochable des démocraties?
Malgré des évolutions tangibles et indéniables, la notion de
démocratie aux États-Unis mérite encore de nos jours, plus que
jamais, d’être recadrée. Les faits, en ce début de 21e siècle, sont
malheureusement là pour nous donner raison!
E
n définitive, de la conscience naissante des
peuples, à l’enracinement d’une véritable
démocratie stable et durable, en passant
par une démocratie toujours perfectible
et l’expérimentation de systèmes plus ou moins
oppressifs, il semblerait, au vu de ce que nous
apprend l’histoire, que le chemin que parcourt un
peuple à travers le temps réponde à une certaine
cohérence.
Ainsi, une possible rationalité triomphante qui ferait
écho à un anthropocentrisme arrogant, «obéissant
dès lors non plus à la créativité des hommes et à
leur imagination, mais à des lois aussi rigoureuses
que celles de la Nature, aiguillonnerait l’histoire au
point que celle-ci puisse être comme pressentie» (Ibn
Batouta se posait la question de savoir si l’histoire est
un éternel recommencement.)
Les peuples émancipés ont tous côtoyé de près la
tyrannie, qui n’aura été, bien que déplorable à bien
des égards, qu’un épisode nécessaire et logique de
leur histoire.
Ceci dit, cette soi-disant cohérence qui prévaudrait
concernant le déroulement de l’histoire, nous
concerne-t-elle, nous les peuples arabo-musulmans
qui ne cessons de crouler sous le joug des
totalitarismes, des plus obscurs aux plus éclairés? En
d’autres termes, le monde arabo-musulman sortira-t-il
de sa torpeur actuelle?
Sommes-nous alors en droit à présent d’augurer et
la chute des tyrans qui gouvernent et l’établissement
futur d’une authentique aire démocratique du
Maghreb au Machrek ?
Un peuple non initié aux vertus de la démocratie
se doit d’être encadré par tous les moyens, aussi
brutaux soient-ils.
La démocratie et le monde arabomusulman
C
ertains esprits obtus persistent à croire que la civilisation arabo-musulmane est génétiquement et biologiquement et
donc viscéralement incapable d’adapter ses structures politiques à un quelconque système démocratique pur. Il est
notoire qu’aujourd’hui, les gouvernements arabes se distinguent plus par leur large monopolisation du pouvoir que par
leur altruisme. Toutefois, nous ne pouvons cautionner toute idéologie occidentale ostracisante fondée sur une prétendue
aptitude à concevoir l’État démocratique que ne posséderait qu’une frange élue de l’humanité (l’Occident)! Les Arabes, dont la
plupart des constitutions s’inspirent directement de la religion, de par leur interprétation, il est vrai le plus souvent pour le moins
rigoriste des enseignements de l’islam, sont de facto relégués parmi les Nations les plus définitivement rétrogrades. Cependant,
ceux qui osent, au nom d’une prétendue suprématie de leur civilisation, nous exclure irrévocablement de toute évolution
avantageuse se leurrent lourdement.
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
23
Essai
Si les peuples arabes semblent actuellement être en étroite accointance avec leurs tortionnaires, de par notamment leur
refus énergique de toute immixtion des démocrates occidentaux dans leur politique anachronique, ils n’en vantent pas moins
ouvertement les vertus de la démocratie à «l’occidentale»!
Ce comportement pour le moins schizophrénique, où le rejet du mode de vie libertin des sociétés occidentales et dans un même
temps la fascination d’un modèle politique progressiste qui a fait ses preuves, s’interpénètrent, ne peut à terme aboutir qu’à
davantage de réactions.
Seulement, toute velléité d’action est étouffée, il faut le souligner, par le caractère théocratique des régimes qui tyrannisent une
grande partie des Arabes. Affirmer alors que l’islam tel qu’il est imposé actuellement par les régimes arabes est une entrave au
développement d’abord social de nos peuples pourrait être dénoncé comme étant une apostasie. Pourtant, comment nier que la
quasi-ingérence de la religion dans la politique est un frein indéniable à l’émergence puis à l’épanouissement de la démocratie?
On ne peut ainsi concilier l’image épicurienne que colportent les démocraties avec les cotés sacrés, inviolables et obscurs de
l’islam dont s’inspirent largement les constitutions arabes.
Dans une société aussi passive, seul un État
fort - et brutal dans le cas d’une dictature - a la
capacité effective, de faire régner l’ordre social
et de garantir la pérennité du système.
La laïcisation du monde arabo-musulman:
une menace pour les tyrans?
D
e fait, les dictateurs arabes ont bien saisi le bénéfice qu’ils pourraient
tirer en intégrant la religion à leurs politiques. Mais ils ont également
compris que l’affranchissement graduel des musulmans par rapport
à une certaine idée de la religion serait une étape essentielle dans
leur quête de la liberté. Ainsi, la laïcisation du monde arabo-musulman, bien
qu’actuellement improbable, ne doit pas être impensable; l’intuition et l’histoire
nous commandent même de penser le contraire!
Seulement, les dirigeants arabes, en s’appropriant outrageusement des
titres religieux confortent leur légitimité aux yeux de populations toujours plus
superstitieuses et crédules. La masse ainsi imprégnée de préceptes religieux
immuables, le pouvoir ne peut souffrir aucune opposition digne de ce nom
puisque garant justement de la pensée unique et sacrée.
À cela se greffe le stade d’immaturité dans lequel baignent présentement
certains peuples arabes légalisant leur situation de «servitude volontaire»
et d’immobilisme contraint. Bien que des voix s’élèvent çà et là contre ces
dirigeants absolus et autres présidents soi-disant plébiscités, la masse arabe
dans son écrasante majorité, fatalement, accepte son état de vassalité.
Cet état de fait est d’autant plus conséquent que l’accès au savoir, aux
technologies et à une éducation conforme aux critères des démocraties
n’est l’apanage que de la classe dirigeante, s’assurant ainsi la pérennité du
pouvoir!
Les politiques arabes en matière d’éducation plongent nos contrées dans
l’obscurantisme et l’intégrisme les plus absolus, étalant par là le cynisme des
dirigeants préoccupés davantage à sécuriser leurs trônes qu’à assurer ne
serait-ce que la dignité de leurs peuples.
24
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
Quid de l’avenir?
N
ous ne sommes pourtant
pas condamnés à subir
éternellement les caprices
des dictateurs bien que
certains sceptiques se distinguent en
prophétisant le contraire. Existe-il alors
vraiment une incompatibilité absolue
des Arabes, ou plus précisément
des musulmans, par rapport aux
modèles démocratiques? Ou, au
contraire, allons-nous faire mentir ces
prédicateurs de mauvaise augure
en reproduisant et en calquant les
schémas des civilisations affranchies
qui ont réussi, dans la douleur en
général, elles, à se libérer de l’emprise
de la tyrannie?
Nous ne sommes finalement
pas
foncièrement différents de nos voisins
du Nord ou d’outre-Atlantique; quand
nos peuples plus matures agiront et
réagiront, des évolutions entraînant des
révolutions, devraient en toute logique,
si on s’en réfère à l’histoire, sonner le
glas des régimes d’oppression…
55 morts et 266 blessés. L’attentat a été
revendiqué par un groupe inconnu appelé les
Fedayins de l’islam
Février
«Les Pharaons, cham
pions d’Afrique»
L’ég
O
ctobre
La crise
financièr «Crise financiè
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re»
l’économ
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le, comm
s pôles:
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les état
a
r
s-Unis,
l’Union
européen
ne et le
Japon.
ypte dominie le footba
ll africain en
remportant son 6e titre
de la CAN, le 2e
consécutif après celu
i de 2006, à domicile.
«Attentat à l’hôtel Marriott d’Islamabad»
Septembre
La 61e édition du Festival de Cannes. Le président du jury était
l’acteur et réalisateur américain Sean Penn. Le film français «Entre
les murs», du réalisateur Laurent Cantet, a reçu la palme d’Or.
«Cannes 2008»
Mai
Mama Sa
bama, recevant les
président Barak O
n de
ssue de l’électio
félicitations à l’i
son petit-fils.
t des étas-Unis»
«Obama, présiden
ère du
ra Obama, grand-m
Novembre
,
Manifestations à Lhassa
moines
réclamant la libération des
2007.
emprisonnés en octobre
«Troubles au Tibet»
Mars
2008 en images
de Karadzic»
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t serbe de Bosn
an
ge
ri
di
n
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L’a
ic, a été arrêté
Radovan Karadz
,
secrets serbes
par les services
la
passées dans
après 13 années
clandestinité.
«Arrestation
Juillet
Mwai Kibaki est déclaré président aux
élections de décembre 2007. Les
,
partisans de Raila Odinga, son opposant
contestent cette réélection en raison de
fraudes massives. Cette contestation
dégénère en violences dans plusieurs
villes du pays.
«Violences au Kenya»
Janvier
Août
Neuf détenus islamistes condamnés
à de lourdes
peines de prison, pour des affaire
s liées aux
attentas de 2003 à Casablanca, pren
nent la fuite
de la prison centrale de Kénitra.
«La grande évasion»
Avril
Décembre
«Le baiser d’adieu»
15 janvier - 15 février 2009
Zoom
del
président cubain Fi
Premières images du
bi
su
r
oi
mois, après av
Castro depuis cinq
al
ion intestin e.
une délicate opérat
«Castro is back!»
Juin
Des manifestations da
ns différents pays,
soutenant le journalis
te irakien Muntadhar
al-Zaidi, qui a jeté se
s deux chaussures
sur le président améri
cain George W. Bush.
La Chine organise les JO 2008. Jacques Rogge a déclaré que
ces Jeux avait été «vraiment exceptionnels» et que le CIO
n’avait aucun regret d’avoir attribué l’organisation à Pékin.
«Jeux olympiques de Pékin»
magazine
Ressources humaines
Comment choisir la bonne
entreprise ?
Les neuf
commandements
de Bayt.com
Économie cyclique, restructuration d’entreprise,
dynamisme des secteurs d’activité, et préférences
et priorités personnelles, sont autant de facteurs
qui contribuent au turnover (rotation) du personnel.
Résultat: les parcours professionnels comptent de plus
en plus d’étapes et ceux qui sont totalement linéaires se
font rares.
Dans ce cadre, un récent sondage de Bayt.com a révélé
que 65 % des employés marocains interrogés ont déjà
changé leur secteur d’activité actuel ou comptent le
faire bientôt.
La question de la rupture se pose avec récurrence. Pour
être à l’aise pour mieux appréhender la situation, ce site
leader du recrutement en ligne en Afrique du Nord et
au Moyen-Orient explore les dimensions qu’il faudrait
considérer avant de décider «pour quelle entreprise
veut-on travailler?». À ses usagers, demandeurs
d’emploi, Bayt.com livre ses neuf commandements.
28
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
1.Le dynamisme du
secteur d’activité de
l’entreprise
I
l s’agit d’effectuer les recherches
nécessaires sur le secteur
qui vous intéresse, puis de
déterminer s’il est optimal par
rapport à ce qu’on cherche. Les
points à prendre en considération
comprennent la taille du secteur,
le taux de croissance antérieur et
ultérieur, les barrières à l’entrée,
la concurrence, la profitabilité
de l’industrie, la vulnérabilité par
rapport aux cycles économiques
et saisonniers et par rapport au
changement des régulations et à
l’avancement de la technologie.
2.La taille de
l’entreprise
C
e critère est mesurable
selon votre niveau de
carrière, vos préférences,
vos priorités, vos objectifs
et votre profil personnel.
ÊÊ Les grandes structures ont
des départements de ressources
humaines et des procédures bien
en place, qui protègent l’employé
et se focalisent sur la productivité,
l’engagement et la satisfaction.
Elles ont tendance à mieux payer
grâce au profit qu’elles génèrent,
à payer en temps et en heures
leurs employés et à offrir plus
d’avantages (y compris des
formations et des programmes
de développement). Les grandes
entreprises sont aussi plus stables
financièrement, ce qui fait qu’il
est plus facile d’envisager vos
plans de carrière à long terme.
Les inconvénients de ce type
d’entreprise peuvent être la rigidité,
la bureaucratie et le manque de
flexibilité, l’impersonnalité et le
manque de visibilité par rapport au
processus de décision (plusieurs
niveaux). Mais aussi, les postes
ont tendance à être bien définis
et plus spécialisés, ce qui fait que
vous aurez moins de possibilités de
prendre part à divers projets.
ÊÊ Dansles petites structures, vos
efforts pourront être remarqués
plus rapidement (plus de visibilité
par le top management, vous serez
amené à participer et à être exposé
à plusieurs projets, et par la même
occasion, d’apprendre de nouvelles
compétences). La tendance est à la
flexibilité dans les petites structures
et il est plus facile d’initier un
changement. Les opportunités de
développement sont perceptibles
si votre performance est bonne
et si vous êtes confiant de vos
capacités, puisque il est plus facile
d’être remarqué. Cependant,
si votre performance n’est pas
à la hauteur, ou si la culture
d’entreprise ne vous correspond
pas trop, cela sera également
remarqué très vite. Aussi, si c’est
une affaire familiale, les postes
seniors (à grande responsabilité)
seront probablement occupés par
les membres de la famille, ce qui
limite votre avancement. Souvent,
les salaires sont moindres que
dans les grandes structures vu le
niveau de profit. Les opportunités
de formation peuvent être limitées
et les procédures et politiques de
ressources humaines sont souvent
basiques.
3.Part de marché de
4.Une proposition de
7.La réputation de
O
L
valeur unique
ptez pour une entreprise
qui s’est clairement
et intelligemment
différenciée de ses
concurrents et qui articule ses
propositions de valeurs uniques
en toute confiance. Le manque de
proposition claire de valeurs signifie
une absence de munitions pour
faire face aux concurrents actuels
ainsi qu’aux imitateurs qui sautent
sur l’occasion quand les barrières à
l’entrée sont faibles.
I
a réputation d’une entreprise
est importante. Faites vos
recherches pour vous
assurer de la réputation de
la structure. Comprenez le passé
de l’entreprise et son image sur le
marché. Idéalement, vous devez
sélectionner une entreprise qui a
une grande notoriété, une image
de marque positive et une bonne
réputation.
8.L’équipe des
5.Les produits et
services offerts par
l’entreprise
A
ssurez-vous que vous
serez à l’aise et que
vous apprécieriez de
travailler avec les variétés
de produits et services de votre
entreprise. Il n’est pas très sage
d’accepter un travail où vous ne
serez pas fier ou dans lequel vous
n’aurez pas le sens de propriété
des produits que vous représentez.
Aussi, assurez-vous que la ligne
de produits/services a un réel
futur et n’est pas en danger de
devenir obsolète par de nouvelles
technologies et des tendances ou
préférences du marché.
l’entreprise
déalement, il faudrait choisir
une entreprise qui soit robuste
et dont la part de marché est
croissante, autrement dit une
entreprise leader qui mène le
secteur. Une entreprise qui perd
ses clients et qui voit son business
se réduire, n’a pas de place pour
vous à long terme. Recherchez
des entreprises leader dans leur
secteur, qui ont réalisé de bonnes
performances, qui acquièrent des
nouveaux clients et qui retiennent le
business et la satisfaction avec les
anciens clients.
l’entreprise
6.La culture et
les valeurs de
l’entreprise
T
outes les cultures de
grandes entreprises
ne correspondront pas
forcément à vous ou à
vos attentes. Informez-vous de la
culture et de l’équipe et assurezvous que l’éthique, les valeurs, le
dynamisme de l’équipe, le style de
management et l’atmosphère vous
conviennent.
dirigeants
(management)
L
es styles de management
variant, il est important
que vous vous sentiez à
l’aise et que vous pouviez
atteindre vos objectifs, exceller et
évoluer dans cet environnement.
Recherchez un management qui
est très respecté et admiré dans
son secteur et qui vous permettra
d’apprendre beaucoup de choses.
9.Turnover du
personnel
C
ertaines entreprises ont un
important turnover de leur
personnel par rapport à
d’autres. Celles-ci doivent
être abordées prudemment si vous
êtes à la recherche d’un emploi
à long terme, de la sécurité de
l’emploi et de la stabilité de carrière.
Comprenez pourquoi certains
postes sont ouverts, ce qui s’est
passé avec le prédécesseur et
l’attitude du management à l’égard
du développement et de la rétention
des employés avant de risquer de
devenir une autre victime de la
chaîne du turnover.
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
29
Dossier: Maroc - Espagne
Avant-propos
T
el un grand fleuve, les relations maroco-espagnoles
sont jalonnées par des phases d’eaux troubles,
d’eaux calmes et parfois même tumultueuses.
Actuellement, les deux pays traversent des eaux
calmes. Pour combien de temps? Difficile de faire
un pronostic adéquat. La nature de la réponse est fortement
tributaire de l’étiquette politique du locataire du palais de la
Moncloa, à Madrid.
Il est un fait indéniable qu’avec l’avènement des socialistes,
le 14 mars 2004, les relations entre les deux pays ont
nettement pris de l’altitude. L’épisode de la crise de l’îlot
Leila, en juin 2003, semble pour le moment oublié… mais pas
ses séquelles.
Depuis 2004, Rabat et Madrid ont initié un ambitieux
programme de coopération touchant différents secteurs:
terrorisme, immigration illégale et trafic de drogue.
L’économie a également bénéficié de cette embellie. Le
tableau est loin d’être rose, des traits noirs le lézardent.
Il faut bien dire que les bruits des attentas terroristes de
Madrid ont fortement mis en sourdine certaines réserves que
nourrissent certains milieux dans les sphères du pouvoir en
Espagne à l’égard du Maroc. Parfois, le malheur est porteur
de quelques grains de bonheur. Et tant mieux!
Avant le 11 mars 2004, Rabat a, à maintes reprises, formulé
des demandes d’extradition de Marocains résidant en
Espagne impliqués dans les attentas de Casablanca. En
vain. Puis Madrid est devenue la cible d’actes terroristes, et la
coopération s’est s’installée.
Afin de la pérenniser des aléas de la politique, des
informations relayées récemment par la presse espagnole
avancent que le pouvoir marocain
est sur la bonne voie de renouer
le fil du dialogue avec la
direction du parti Popular (PP:
opposition de droite). D’autant
plus que l’actuel président du
PP, Mariano Rajoy, depuis
sa défaite aux élections
législatives de mars 2008, a
décidément pris de la distance
avec les disciples de José
Maria Aznar, l’ex-premier ministre,
de 1998 à 2004.
Il est sage de ne pas mettre
tous ses œufs dans le même
panier. L’objectif de la
manœuvre est manifestement
d’éviter toute désagréable
surprise en 2012.
L’année où les
Espagnols seront
appelés aux
urnes.
30
Dossier élaboré par
Mohamed Jaâbouk
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
Crise écon
Les Maroc
Les 650,000 Marocains
légalement installés
en Espagne pâtissent
fortement des effets de
la crise économique. Et
pourtant, le plan de retour
concocté par l’équipe de
M. Zapatero ne les emballe
pas.
L’ampleur de la crise
L
es immigrés marocains en Espagne subissent
de plein fouet les répercussions de la crise
économique qui sévit dans ce pays. Dans
un rapport rendu public fin 2008, élaboré
par un chercheur de l’Observatoire Permanent de
l’Immigration, le nombre d’immigrés marocains en
situation de chômage en Espagne durant l’année
2007 aurait atteint 82,262 personnes, contre 62,085
une année auparavant, soit 20,177 nouveaux sans
emploi recensés, la plus importante hausse parmi la
population étrangère établie dans ce pays.
Selon ce rapport, intitulé L’immigration et le marché
de travail, les Marocains sont les plus touchés par la
crise économique qui frappe actuellement l’Espagne,
devant notamment les immigrés d’origine roumaine
(19,653 sans-emploi), cubaine (7,370) et péruvienne
(3,735).
Par ailleurs, le taux de chômage de la population
étrangère a été ainsi de l’ordre de 12,4% à fin 2007.
Le secteur qui a le plus pâti de cette conjoncture est
celui de la construction où 27,200 immigrants actifs
se sont retrouvés au chômage, suivi de l’agriculture
(20,000), des services (7,600) et de l’industrie (700).
L’immobilier était le fer de lance de la croissance
économique en Espagne depuis son adhésion au
marché européen (en 1986). Les faillites des grandes
omique en Espagne
ains fortement touchés
entreprises de la construction,
telle Fadesa-Martinsa à l’été
2008, a précipité dans un
effet domino toute l’économie
locale
dans
le
gouffre.
Évidemment, les étrangers,
et notamment les Marocains,
sont les premiers perdants de
cette situation. Et comme un
malheur n’arrive jamais seul,
les autres débouchés de travail
se ferment peu à peu devant
les immigrés. L’agriculture,
principale opportunité d’emploi
pour les étrangers, leur a
tourné le dos et crise oblige, la
priorité est maintenant donnée
aux Espagnols en chômage.
Dans ce contexte morose,
le gouvernement espagnol a
décidé de réduire drastiquement
de 35 % le nombre de postes
de travail qu’on offre à des
immigrés recrutés dans leurs
pays d’origine. La plupart des
emplois pour lesquels Madrid a
décidé de ne plus faire appel à
la main-d’œuvre étrangère sont
concentrés dans le secteur
de la construction, fortement
chahuté depuis le début de
l’année, et celui des services.
Le plan de retour
du gouvernement
espagnol n’emballe
pas les Marocains
d’Espagne
En septembre 2008, l’équipe de
M. Zapatero a adopté le plan
de retour, dédié exclusivement
aux immigrés. En ligne de
mire des promoteurs de ce
projet, convaincre quelques
100,000 immigrés des bienfaits
de retourner dans leurs pays
d’origine via le paiement d’une
prestation financière: 40 %
du total lors de l’inscription
et 60% payés dans le pays
d’origine, un mois plus tard. Ce
projet rappelle étrangement le
plan baptisé communément
«Prendre 10.000 francs et
dégager», concocté au début
des années 1980 par le
gouvernement de Mitterrand
à l’adresse des étrangers en
France.
Seulement,
les
Marocains
d’Espagne font la sourde oreille
aux sirènes du gouvernement
louant les bienfaits de ce plan
de retour. Pour eux, l’option
d’un retour au Maroc, qui ne
soit pas dans le cadre des
vacances, est foncièrement
exclue.
Apparemment,
la
crise
rampante à grande vitesse
ne semble guerre altérer la
détermination des immigrés à
vouloir rester en Espagne en
attendant des jours meilleurs.
Dans des déclarations au
quotidien
espagnol
Diario
de Leon, Said Ezzakari, le
président de l’Association Ibn
Khaldoun, est catégorique:
«Les gens ne veulent pas
partir, ils préfèrent mourir ici (en
Espagne), parce qu’il y a plus
de liberté d’expression et plus
d’espoir qu’au Maroc.»
Même son cloche pour Maria
Tbabaa, la présidente de
l’Association
des
femmes
marocaines. Pour elle, «La
majorité nourrit l’espoir que la
situation changera.»
Les Marocains, à l’instar
des
autres
communautés
étrangères, ont les yeux rivés
sur le plan de relance d’un
montant de 11 milliards d’euros
annoncé, fin novembre, par
M. Zapatero. Le plan prévoit
par ailleurs la création de
300,000 emplois en 2009 et
ce, via le lancement de grands
projets de travaux publics, un
soutien à l’immobilier et une
aide substantielle au secteur
de l’automobile (800 millions
d’euros).
Le nombre de chômeurs
en Espagne a nettement
augmenté de 30,1 % au cours
des 12 derniers mois, soit
de 608,005 personnes, en
particulier dans le secteur de la
construction, qui emploie une
forte main-d’œuvre immigrée.
Le taux de chômage est de
9,34 % pour les Espagnols,
mais il atteint 16,46 % pour les
étrangers vivant en Espagne
au
deuxième
trimestre,
selon l’Institut national de la
statistique (INE).
Une tendance qui pourrait se
confirmer en 2009. En dépit des
déclarations du gouvernement
versant
dans
l’optimisme,
les
prévisions
conjointes
des experts du FMI et de la
Banque mondiale concernant
l’économie espagnole ne sont
guère aussi roses.
650,000 Marocains légalement installés en
Espagne
™™Selon l’Institut national espagnol des statistiques, le
nombre de Marocains résidant en Espagne a atteint
644,688 au 1er janvier 2008.
™™Les ressortissants marocains représentent 12,3 % du total
de la population étrangère, en 2ème position derrière les
Roumains, dont le nombre a atteint 728,967, soit 14 %.
™™En une année, le nombre des Marocains en Espagne a
augmenté de 10,6 % pour passer de 582,923 au 1er janvier
2007 à 644,688 au 1er janvier 2008.
™™Lors du recensement de 2006, le nombre de Marocains
installés légalement en Espagne était de 563,012, dont
32,9% sont des femmes.
™™En 1999, la communauté marocaine ne dépassait
guerre les 89,000 personnes. Une nette croissance due
notamment au miracle économique espagnol et aux deux
vagues de régularisation des sans-papiers initiées par le
gouvernement de M. Zapatero en 2004 et 2005, au cours
desquelles plus de 60,000 Marocains ont pu rompre les
sombres tentacules de la clandestinité.
™™Selon toujours le recensement de 2006, La communauté
marocaine en Espagne est majoritairement répartie dans
les régions suivantes:
ŠŠ Catalogne: 171,202, soit 21,4 %
ŠŠ Andalousie: 74,743, soit 17,8 %
ŠŠ Madrid: 69,532, soit 8,9%
ŠŠ Valence: 45,111, soit 7,8%
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
31
dossier: Maroc - Espagne
Points de discorde
Ceuta et Melilla: une occupation qui
n’a que trop duré
L’embellie
des relations
marocoespagnoles
peine à
s’installer
dans la durée
tant que la
rétrocession
de Ceuta et
Melilla à la
souveraineté
marocaine
n’est pas
encore
effective. Tant
que cette
question n’est
pas encore
résolue, des
tensions sont
à prévoir
entre les deux
pays.
32
L
a visite du roi
Juan Carlos
les 5 et 6
novembre
2007
aux
deux
villes
occupées
avait suscité de la
part des Marocains
de vifs rejets et
réprobations
au
point que le roi
Mohammed
VI
décidait de rappeler
son ambassadeur
de Madrid pendant
plusieurs semaines.
Une crise de plus
dont les deux pays
tentent d’en limiter
les conséquences
sur la bonne marche
de leurs relations.
Vue du port de Ceuta
À l’abri, les grands
rendez-vous sont
maintenus
Ainsi, quelques jours après la
visite de Juan Carlos aux deux
présides occupés, militaires
espagnols
et
marocains
ont effectué ensemble des
manœuvres marines dans
le
cadre
de
l’ppération
Medatex-07, le rendez-vous
annuel obligé des forces
navales des deux pays. Les
aviations des deux pays ont
également leur propre agenda
qui remonte à 1989 et dont
la dernière édition (opération
Atlas-08) s’est déroulée du 26
au 30 mai 2008.
À l’abri des coups de froid
qui caractérise les relations
maroco-espagnoles, l’agenda
des manœuvres militaires,
sur mer ou dans les airs, est
scrupuleusement respecté par
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
ne
Vue aérien
Rabat et Madrid.
En attendant une solution
acceptable pour les deux
parties,
des
responsables
marocains
sont
confiants
que l’enjeu de maintenir de
bonnes relations entre Rabat
et Madrid finira par régler cette
question. Ainsi, à l’occasion
d’un déplacement en Espagne,
à l’été 2008, le ministre de
l’Économie et des Finances,
Salaheddine Mezouar, déclarait
à la presse que «le temps
va gérer cette question». Et
de Ceuta
d’ajouter
avec
un
brin
d’optimisme: «…Je crois que le
bon sens va finir par gagner».
Souveraineté
partagée, une issue
possible à la crise
Au printemps 2008, certains
organes
de
la
presse
espagnole annonçaient que
Rabat et Madrid négocient
une issue de secours à la
question de Ceuta et Melilla: la
proposition d’une souveraineté
partagée. Des informations
faisaient état que le dossier
Vue
aérienne
de Melilla
serait, et ce depuis 2004, entre
les mains de Maximo Cajal,
un diplomate expérimenté qui
jouit de la confiance de M.
Zapatero. M. Cajal est un des
rares responsables espagnols
à s’être prononcé ouvertement
dans un livre paru en 2003
(voir encadré) pour une
rétrocession de Ceuta et Melilla
au Maroc.
Côté marocain, toute solution
à même de mettre un terme à
une occupation de six siècles
est évidemment la bienvenue.
Dans un entretien accordé en
décembre 2007 à l’agence AFP,
Abbas El Fassi proposait une
large autonomie pour les deux
enclaves Ceuta et Melilla à
travers des négociations entre
l’Espagne et le Maroc. «Nous
espérons qu’il y aura un jour
des négociations sur Ceuta et
Melilla. Nous allons respecter
tous les droits économiques de
l’Espagne, les droits sociaux
et les activités des Espagnols
sans aucun changement, mais
la souveraineté (du Maroc)
sur les deux villes n’est pas
négociable», avait-il déclaré.
Pour rappel, la souveraineté
partagée a été proposée par
le gouvernement de José
Maria Aznar à son homologue
mérite
de d ’ o r i g i n e
reléguer aux musulmane.
oubliettes
c e r t a i n e s De quoi manifestement donner
« v é r i t é s » de la voix aux revendications
maintes fois marocaines. Seulement, le
ressassées facteur religion est-il aussi
par la presse décisif que laissent présager
espagnole, les prévisions d’Elcano. Pas
Vue du fort et de la marina de Melilla
i n s i s t a n t si sûr que ça. Comme pour
sur le fait les habitants de Gibraltar,
britannique, Tony Blair, en 2002, que Ceuta et Melilla comptent le moment venu, le facteur
sur un autre dossier similaire chacune
quelque
70,000 économie
pourrait
mettre
à celui de Ceuta et Melilla, habitants, dont 85 % sont en sourdine les appels de la
celui de Gibraltar. Seulement, d’origine espagnole et 10 % religion. devant le refus catégorique,
par voie référendaire, des
Organisation politique des habitants d’origine
habitants du Rocher, le projet
a fini par passer à la trappe.
marocaine de Ceuta et Melilla
Que dire alors de la réaction
Politiquement, les représentants de la population d’origine
des habitants des deux villes
marocaine occupent les bancs de l’opposition aux deux
occupées face à une telle
parlements locaux. À Ceuta, Mohamed Ali, de UDCE-IU
proposition? La question mérite
(une
fusion entre l’Union démocratique locale et le parti
d’être posée.
Dans sa dernière livraison, en
décembre dernier, les experts
de l’Institut royal espagnol des
études et enquêtes (Elcano)
ont alerté les pouvoirs publics
sur les répercussions politiques
de la nette croissance de
la
population
musulmane
d’origine
marocaine
dans
les deux villes occupées.
Catégorique,
les
experts
affirment qu’à moyen terme,
les musulmans dépasseront
en nombre les Espagnols de
confession chrétienne. Selon
des estimations (et non des
statistiques) qui remontent à
1986, la population musulmane
à Melilla représente 32 % sur
un total de 17,000 habitants,
alors qu’à Ceuta, elle est
de l’ordre de 18 % sur une
population de 12,000.
L’alerte de cet institut a le
d’Izquierda Unida) est la figure de proue de l’opposition.
À Melilla, le poids politique des habitants d’origine
marocaine est plus conséquent. Ils ont leur propre parti
politique: Coalition pour Melilla (CpM), dirigé par Mustapha
Aberchane. Ce dernier a même pu arracher la présidence de
la ville en 1999 à l’issue d’élections municipales. Le miracle
a duré à peine quelques mois, le temps que les deux grands
partis espagnols (PSOE de gauche et PP de droite) s’allient
pour faire tomber M. Aberchane. Depuis lors, le CpM joue
l’opposition.
Reste un point à signaler: Que ce soit à Ceuta ou à Melilla,
les jeunes d’origine marocaine sont victimes de chômage, 52
% dans la première et 42 % pour la seconde.
Les déclaration de Maximo Cajal
En 2003, Maximo Cajal avait publié un livre, Ceuta y Melilla,
Olivenza y Gibraltar. ¿Dónde acaba España? (Ceuta et
Melilla, Olivenza et Gibraltar. Où se termine l’Espagne?) dans
lequel il s’est prononcé ouvertement pour le retour de Ceuta
et Melilla à la souveraineté marocaine. Le prélude, selon
lui, pour la récupération de Gibraltar. Depuis, c’est la guerre
entre l’homme et les gardes chiourmes du conservatisme
pur et dur en Espagne.
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
33
dossier: Maroc - Espagne
Tunnel sous Gibraltar
Si la géologie le veut bien!
L’idée d’une liaison
fixe entre le Maroc
et l’Espagne est
née il y a plus de
28 ans. Évidement,
le projet n’a pas
échappé aux aléas
des relations
politiques entre
les deux pays,
accusant du
coup des années
de retard dans
sa réalisation.
Actuellement,
si les volontés
politique et
économique des
deux partenaires
sont acquises,
des difficultés
géologiques
jettent un pan
d’ombre sur la
genèse même du
projet.
34
Pression
aquatique et
zone sismique
L
e tunnel sous
la Manche est
un jeu d’enfant
par
rapport
à celui sous le
détroit de Gibraltar.
L’affirmation émane
de l’architecte suisse
Giovani
Lombardi,
chargé par le Maroc
et
l’Espagne
de
mener les études
de
faisabilité
de
ce
titanesque
projet. Il faut dire
que la réalisation
de ce 13e travail
d’Hercule présente
une succession de
grands défis pour les
donneurs
d’ordre.
À commencer par
une nature guère
clémente.
Outre
la forte pression
de l’eau, estimée
à 500 tonnes par
mètre carré, il faut
bien
prendre
en
considération que la
zone de construction
du projet (du sud de
Tarifa, en Espagne, à Cap Malabata, près
de Tanger) est fortement sismique. Un
simple détour par l’histoire nous renseigne
que la région a été victime d’un terrible
tremblement de terre en 1755.
Le projet face au facteur
argile
Le dernier hic qui a jeté un véritable pan
d’ombre sur l’avenir même du projet est
lié aux conclusions d’une étude menée
par le bureau d’architectes du Suisse
Giovani Lombardi, rendues publiques en
septembre dernier. Cette étude relate
que «…Le fond du détroit de Gibraltar est
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
traversé par deux paléo-canaux remplis,
pour l’essentiel, d’argile dont on n’est pas
sûr qu’ils puissent être traversés par un
tunnel ferroviaire».
Au lendemain de la publication de ces
conclusions, il y’eût un vent de pessimisme
en Espagne. Par exemple, le directeur
de la société espagnole SECEG (société
espagnole d’études pour le lien fixe à
travers le détroit de Gibraltar) montait au
créneau et assurait à la presse de son
pays qu’«il n’est pas du tout clair que le
projet puisse se faire.»
En dépit de ces conclusions, Rabat
et Madrid continuent d’y croire et ont
‘‘ Le tunnel sous la Manche est un jeu
d’enfant par rapport à celui sous le
détroit de Gibraltar ,,
- Giovani Lombardi, architecte suisse
présenté conjointement, le
13 octobre 2008, le projet à
l’Union européenne, sollicitant
sa participation financière à
la construction du tunnel de
Gibraltar.
Le projet est un
gouffre financier
En 2003, le gouvernement
du premier ministre espagnol
José Maria Aznar (droite,
PP) estimait le coût de la
construction d’un tunnel sous
le détroit de Gibraltar à 3
milliards d’euros. Actuellement,
l’ardoise, avec les récentes
difficultés
géologiques,
ne
pourrait qu’être salée. Des
estimations avancent le chiffre
de 8 milliards d’euros. Un
coût exorbitant pour les deux
partenaires du projet dont les
conséquences se sont vite fait
sentir: la réalisation initialement
prévue fin 2008 a été tout
simplement renvoyée à une
date ultérieure. Rabat, Madrid
et l’Union européenne attendent
de connaître avec exactitude
l’addition finale avant de
s’engager financièrement dans
la construction de ce tunnel. En
ces temps de vaches maigres,
il est fort à parier que le projet
pourrait accuser du retard dans
sa réalisation.
Par ailleurs, la déclaration
finale sanctionnant les travaux
de 9e Commission marocoespagnole, réunie à Madrid
le
16
décembre
dernier
et présidée par José Luis
Rodriguez Zapatero et Abas
El Fassi, s’est juste contentée
d’évoquer
ce
sujet,
très
brièvement. «Les deux parties
se sont félicitées, en outre,
de la parfaite coopération
au sujet de la liaison fixe à
travers le détroit de Gibraltar,
renouvelant leur engagement
dans ce sens». C’est tout!
Aucune date n’a été citée, ni un
agenda futur du cheminement
du projet établi. Un signe qui
Caractéristiques du tunnel ferroviaire
Tracé en plan
Profil en long du tunnel
ne trompe pas. Une frilosité qui
tranche avec la véhémence et
l’enthousiasme avec lesquels
Miguel Moratinos, le chef de la
diplomatie espagnole, défendait
en septembre 2008, à Tanger,
la construction du tunnel
de Gibraltar, la qualifiant au
passage de «projet de grande
ambition qui va permettre
de lier l’Afrique à l’Europe à
travers deux maillons solides
des deux continents: le Maroc
et l’Espagne.»
Normalement, le bureau de
l’architecte Giovani Lombardi
aurait dû finaliser les études
de faisabilité en 2008. Un
préalable pour le début des
travaux. Seulement, l’année
s’est achevée sans que ne
résonne un bruit des géantes
pelleteuses de l’autre côté de
la Méditerranée. Chronologie du projet
La réflexion sur un tunnel reliant le Maroc et l’Espagne
remonte à plus de 28 ans. C’est en 1980 que la
Commission mixte de la liaison fixe maroco-espagnole
avait été chargée de ce dossier. La même année, deux
sociétés ont vu le jour, chargées de veiller à la réalisation
de ce projet. La SECEG (société espagnole d’études pour le
lien fixe à travers le détroit de Gibraltar), côté espagnol, au
capital de 300,000 euros, et la marocaine SNED (société
nationale d’études du détroit de Gibraltar), avec un capital
de 2,75 millions de dirhams, totalement détenu par l’État.
Les deux entreprises agissent conjointement en vertu
des accords bilatéraux entre l’Espagne et le Maroc, du 24
octobre 1980 et du 27 septembre 1989, pour l’étude en
commun de la liaison fixe du détroit de Gibraltar.
Le 27 Septembre 1989 à Madrid, les deux parties
mettent en place une commission mixte coprésidée
par un Marocain et un Espagnol. Le projet entrait dans
une longue hibernation qui a pris fin en 1996 avec sa
formulation technique. La réalisation d’un pont a été
délaissée au profit d’un tunnel, succès de la construction
du tunnel sous la Manche oblige.
En 2003, à l’issue d’une réunion de haut niveau marocoespagnole, tenue les 8 et 9 décembre à Marrakech, le
projet est une nouvelle fois remis en selle. Une enveloppe
financière de l’ordre de 27 millions d’euros couvrant la
période 2004-2006 est allouée pour la réalisation des
études de faisabilité.
Le 13 octobre 2008, le Maroc et l’Espagne présentaient
conjointement à l’Union européenne les détails du projet,
sollicitant au passage une aide financière des Vingt-Sept.
2020 est la date prévue pour la fin des travaux de la
construction.
Pour en savoir plus:
www.secegsa.com
Site Internet de la SNED (Maroc) et de la SeCEGSA (Espagne)
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
35
Découvertes culinaires
La carotte
De l’entrée au
dessert!
Un légume-racine, et un fruit
pratiquement tellement elle peut être
sucrée. Qu’elle soit crue ou cuite, salée
ou sucrée, la carotte est l’ingrédient
principal de nos premières purées
d’enfant, puis de nos gâteaux et… de
nos régimes alimentaires!
Par Meriem Bennani
R
acine de couleur orange (pour la variété la plus populaire),
la carotte est l’un des légumes les plus consommés du
monde. Naturellement sucrée, elle séduit les enfants et
s’utilise aussi bien dans les recettes sucrées que salées.
Tendre, savoureuse et à prix abordables, elle regorge de qualités
bienfaisantes pour l’organisme.
Bienfaits
Plus la carotte est colorée, plus elle est riche en carotène! Cet
antioxydant miracle prévient l’apparition de certains cancers
(poumons et sein), les maladies cardiovasculaires et celles liées
au vieillissement, comme les cataractes.
Que vaut une «portion» de carottes?
Poids/volume
Calories
Protéines
Glucides
Lipides
Fibres
alimentaires
Carotte crue
Carotte
bouillie
18 à 22 cm
(72 g)
30
0,7 g
6,9 g
0,2 g
125 ml
(82 g)
29
0,6 g
6,8 g
0,2 g
1,8 g
2,2 g
Jus de carotte
en conserve
125 ml
50
1,2 g
11,6 g
0,2 g
1,0 g
Source: Santé Canada. Fichier canadien sur les éléments nutritifs, 2005
De plus, sa richesse en fibres permet de réguler le transit
intestinal et de lutter contre la constipation. Véritable concentré
de vitamines en tout genre, la carotte est le légume le plus
bienfaisant de tous pour l’organisme. Au menu: vitamine A (qui
36
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
favorise la croissance), vitamine B6 et fer (favorisant, entre autres,
la formation de globules rouges et la circulation de l’oxygène dans
le sang), vitamine K (qui joue un rôle dans la formation des os),
phosphore (indispensable pour le maintien de la bonne santé
des dents et des gencives), potassium (qui favorise la digestion),
vitamines B1 et C (nécessaires à la production d’énergie).
Apparemment, la consommation quotidienne de 200 g de carottes
crues peut faire chuter de 11 % le taux du cholestérol. On attribue
aux fibres de la carotte (et en particulier aux pectines, qui ont une
action «séquestrante» sur les sels biliaires et les acides gras), cet
effet bénéfique.
Conseils d’achat et d’utilisation
Choisissez les carottes fraîches: d’une couleur intense, avec des
feuilles vigoureuses et vertes quand elles sont vendues en botte
avec leurs fanes.
Préparez les carottes en les grattant plutôt qu’en les épluchant,
car leurs vitamines se trouvent sous la peau, et en les lavant
bien sous un jet d’eau sans les laisser tremper. Les carottes se
détaillent de diverses façons selon leur mode de préparation:
rondelles, julienne (bâtonnets), en brunoise (dés), et, bien sûr,
râpées. Dans ce dernier cas, assaisonnez-les au dernier moment
ou mettez du jus de citron pour éviter qu’elles ne noircissent.
Conservez les carottes primeurs (plus fragiles) deux jours
maximum dans le bac à légumes du réfrigérateur, dans un sac
de plastique perforé. Coupez les feuillages au besoin. Les jeunes
carottes peuvent être maintenues facilement une semaine au
même endroit. Les carottes légèrement grattées et blanchies trois
minutes dans l’eau bouillante supportent très bien la congélation.
À chaque couleur,
sa caractéristique
Il existe plusieurs
variétés de carottes, de
différentes couleurs, et
elles contiennent différents
nutriments et composés
phytochimiques. Par
exemple, les carottes
mauves (ou marron)
contiendraient deux fois
plus de bêta-carotène
que les carottes orange,
tandis que les jaunes en
contiendraient très peu et
les blanches, pas du tout.
Quant à leur contenu en
vitamine C, les carottes
blanches en seraient
les moins bien nanties,
contrairement aux carottes
orange ou marron, qui en
contiendraient le plus. La
quantité de glucides totaux
dans ces carottes ne diffère
pas de façon significative
d’une variété de carotte à
l’autre. Toutefois, la carotte
marron donne l’impression
d’être plus sucrée que la
carotte orange puisque
cette dernière contient
davantage de composés
volatils qui ont pour effet de
masquer le goût sucré.
Saviez-vous que…
™™La belle couleur orangée des carottes n’est apparue qu’au 19e siècle alors que les
marchands pressaient les agronomes de rendre la carotte plus séduisante sur leurs étals.
Ainsi, partant d’une couleur beige qui rappelait davantage celle du panais, la carotte s’est
vue habillée d’orange.
™™Attention! Si vous tombez sur une recette suisse mentionnant la carotte rouge, c’est
qu’elle désigne la betterave et non une carotte de cette couleur!
Remèdes de grands-mères
™™En cas d’aphte (petite ulcération douloureuse siégeant sur la muqueuse de la bouche
ou du pharynx), faites des bains de bouche avec une décoction de fanes de carottes (1
poignée pour 2 verres d’eau).
™™En cas de constipation ou de diarrhées, la purée de carottes se révèle très efficace pour
réguler les intestins.
™™Pour aider à la sortie des dents des bébés, jadis, on leur offrait une carotte crue en guise
de hochet.
™™Pour les mamans allaitant leur bébé, on dit que l’infusion de semences de carottes
favorise la sécrétion du lait.
Soupe de carottes
Ingrédients:
•400 g de pommes de terre
•600 g de carottes
•1 à 1,5 L d’eau selon la
consistance voulue
•le jus d’un citron
•sel, poivre, muscade, ail
•3 portions de fromage crémeux
Quiche aux
Carottes
Poulet aux
petits pois et aux
carottes
Ingrédients:
•1 gros poulet
•2 oignons
•3 gousses d’ail
•3 tomates
•500 g de petits pois
•500 g de carottes
Éplucher et couper en bouts
grossiers les pommes de terre et
les carottes. Les mettre dans l’eau
avec le citron, le sel, le poivre,
la muscade et l’ail. Laisser cuire
environ 30 mn à couvert, à feu
doux (légère ébullition). Quand
c’est cuit, ajouter les portions de
fromage crémeux. Mixer le tout.
C’est prêt!
•150 g de gruyère râpé
•persil
Préparation:
Ingrédients:
•1 kg de jeunes carottes
•300 g de pâte brisée ou
feuilletée
•75 g de crème
•3 œufs
•sel, poivre, muscade
Préparation:
Pour 6 personnes
Préparation: 20 minutes
Cuisson: 30 minutes
•persil, thym, sel, poivre, huile
Préparation:
Couper le poulet en gros
morceaux, hacher finement les
oignons, piler l’ail, le sel et le
poivre.
Couper les tomates en petits
morceaux, écosser les petits
pois. Laver, égoutter, éplucher
les carottes et les couper en
bâtonnets.
Faire cuire les carottes à l’eau
bouillante salée. Les faire
égoutter.
Foncer un moule à quiche avec
la pâte, en piquer le fond avec
une fourchette pour qu’il ne
boursoufle pas.
Faire dorer le poulet dans un
peu d’huile, ajouter une branche
de thym, l’ail pilé et les oignons.
Laisser roussir. Mettre les
tomates. Mélanger et laisser cuire
10 minutes. Ajouter les petits pois
et les carottes, mélanger. Mouiller
avec un peu d’eau. Couvrir. Laisser
mijoter 30 minutes à feu doux.
Contrôler de temps en temps la
cuisson des légumes. Servir en
parsemant de persil haché.
s
Pour 4 personne inutes
m
15
n:
io
at
ar
ép
Pr
utes
Cuisson: 30 min
Battre la crème avec les œufs et
assaisonner de sel, de poivre et de
muscade.
Incorporer les carottes égouttées
et coupées en rondelles. Ajouter
à cette préparation le gruyère
râpé et verser dans le fond de
pâte. Saupoudrer de persil et faire
cuire à four chaud. La quiche aux
carottes se déguste chaude.
Pour 4 personnes
Préparation: 10 minutes
Cuisson: 30 minutes
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
37
La vie en couleur
Êtes-vous un original?
Êtes-vous un
original ou une
reproduction en
noir et blanc de
ce que vous êtes
vraiment? Ce moisci, je vous invite
à faire comme le
paon et à déployer
sans retenue
votre magnifique
plumage. Oui,
affichez ces
vibrantes couleurs
qui sont les vôtres!
Le beige, le gris et le
brun sont OUT, en
2009…
Une «ressource
naturelle»…
Q
uels aspects de
votre
personnalité
avez-vous étouffés,
au fil des ans, pour
vous fondre dans la masse?
Est-ce votre belle folie?
Votre intériorité? Ou peutêtre êtes-vous simplement
devenu un peu moins pétillant
et spontané, à trop vous
préoccuper de ce que les
autres peuvent bien penser?
Nous gaspillons beaucoup de
38
ressources naturelles sur cette
planète, mais la plus précieuse
des richesses que nous nous
permettons de dilapider, à
mon avis, c’est nous-même…
Notre véritable nature. À force
d’essayer de ressembler aux
autres, de vouloir plaire à tout
prix et de nous modeler sur
l’image de ce que nous croyons
devoir être, il reste de moins
en moins de place pour NOUS
dans notre vie. Nous perdons
notre éclat.
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
‘‘ Deviens
ce que tu
es. Fais
ce que toi
seul peux
faire ,,
- Nietzsche
Accepter nos
différences…
Nous n’avons pas tous un
tempérament
extraverti
et
exubérant. Cependant, nous
possédons tous un petit côté
excentrique, unique, qui ne
cherche qu’à germer et à
fleurir. Je vous invite à refaire
connaissance avec le vôtre
et à vous demander ce qui
changerait dans votre façon
de vivre si vous étiez assuré
d’être aimé et admiré en
toutes circonstances – si vous
Montrer ses vraies couleurs
est un choix courageux. Ainsi,
nous acceptons la possibilité
de déplaire, de ne pas être
compris, d’être jugé. D’être
jugé par les autres, mais par
nous-même,
surtout!
Pas
facile de se mettre à nu et
de s’accepter telle que nous
sommes vraiment. Pas facile
de faire le deuil de cet idéal
qui ne nous ressemble pas.
Non, ce n’est pas facile, mais
c’est merveilleux… Un peu
comme un accouchement,
finalement!
Par Marie-Pier
Charron,
coach de vie
cessiez de souhaiter
être quelqu’un d’autre que
vous-même. Qu’elles soient
estimées ou non par la société
et par votre entourage, vos
différences sont des trésors;
célébrez-les! Aucun voyage,
aucun succès ni aucun prince
charmant (ou femme de vos
rêves) ne pourraient vous
procurer un contentement et
une exaltation aussi durables
que la simple liberté d’être
la personne que vous êtes.
Spontanée, naturelle.
Prêt à renaître? Voici ma
suggestion: cessez une
fois pour toutes de vous
comparer aux autres et de
vouloir vous changer; n’aspirez
qu’à devenir la meilleure
version
de vous-même. La version
originale, colorée, éclatante… LA QUESTION DE LA SEMAINE
POUR RESTER MOTIVÉ…
Q.: Je voudrais être au meilleur de ma forme pour
passer un examen très important (que plusieurs
échouent). Auriez-vous des conseils à me donner
à cet égard?
Lorsque vous adoptez de nouvelles habitudes (comme
faire de l’exercice ou mieux vous alimenter), assurezvous de prendre conscience de la portée des bienfaits
que vous en retirez. Après votre jogging, par exemple,
savourez pleinement votre bien-être physique. Lorsque
vous vous levez de table après un repas santé, remarquez
à quel point vous êtes léger et plein d’énergie. Soyez
également attentif à l’impact que vos méditations ont
sur votre quotidien, grâce à la sérénité qu’elles vous
procurent.
R.: À part le fait d’étudier avec assiduité, je vous suggère
de faire comme les athlètes de haut niveau et d’installer
en vous la certitude inébranlable que vous relèverez ce
défi haut la main. Oui, DÉCIDEZ que vous réussirez, et
conditionnez-vous à y croire en ayant une vision claire et
précise de votre succès. Visualisez-vous régulièrement en
train de voir votre note et d’être ravi; faites en sorte de
ressentir maintenant la joie qui vous habitera à ce moment.
Cette belle énergie pavera la voie qui vous mènera à votre
objectif…
La clé ici est d’avoir pleinement conscience du résultat
concret de vos actions! C’est ainsi que vous resterez motivé
et naturellement discipliné.
LE DICTIONNAIRE DE MARIE-PIER
LE CHIFFRE MAGIQUE
Se dit d’une personne qui se
connaît, qui s’accepte et qui
voit des forces même dans ses
faiblesses. Nous sommes naturellement attirés par ces gens qui ont
choisi la voie de l’authenticité et de l’amour de soi, car il émane d’eux
une harmonie magnétique et puissante. Ce qu’ils sont parle encore
plus fort que ce qu’ils disent.
MAGNÉTIQUE adj.
tifs (pour les bonnes
Bien choisir nos objec
s
résistances intérieure
raisons!), déceler les
is adapter notre
qui nous entravent, pu
re celles-ci dans
ud
stratégie afin de disso
notre enthousiasme…
In
Le principe de Pareto stipule
que 80 % de ce qu’on récolte
provient de seulement 20 %
de ce qu’on sème. On gagne
donc à bien diriger nos efforts et à investir
notre énergie (ainsi que notre temps) dans ce
qui nous rapporte le plus…
80-20
ment contre
Nous battre constam
er d’atteindre
nt
te
ur
nous-même po
motiver à coup
nos objectifs, et nous
qui ne durent
de belles résolutions
s…
jamais très longtemp
t
ou
Auteure prolifique, journaliste et chroniqueuse dans plusieurs médias nord-américains, Marie-Pier inspire ses nombreux lecteurs et clients à mordre
dans la vie à pleines dents. Amoureuse du Maroc et des Marocains, elle signe gracieusement une chronique mensuelle à Zoom Mag, une collaboration
dont nous sommes des plus ravis.
Nous vous invitons à visiter ses sites Web à succès: www.implosions.net et www.MatinMagique.com, et à vous abonner sans attendre à ses deux
infolettres gratuites.
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
39
santé-beauté
Cheveux:
Attention à la chute!
Vous perdez vos cheveux et cela vous inquiète ou vous contrarie? Votre réaction
est à la fois normale et compréhensible. Bien que la chute des cheveux ne soit
pas une maladie, la calvitie reste souvent difficile à vivre tant le cheveu est un
symbole de beauté, de séduction et de jeunesse.
P
as évident de voir
s’envoler
ce
que
beaucoup considèrent
comme
un
atout
séduction: les cheveux. Perdre
ses cheveux est parfois
une épreuve douloureuse à
surmonter avant d’accepter le
changement que cela entraîne
pour
notre
physionomie.
Les cheveux chutent (45
à 60 cheveux par
jour,
en
moyenne)
et
se
renouvellent
en permanence. La
chute
de
cheveux
normale
prédomine
à la fin de l’été et au
printemps. Une perte
de cheveux supérieure
à 60 cheveux par jour
est considérée comme
excessive.
Par Meriem Bennani
la chute plus rapide. D’autres
causes peuvent entrer en ligne
de compte. Ainsi, le stress
permanent ou une angoisse
prolongée
peut
favoriser
la chute. Une alimentation
déséquilibrée,
carencée
en certaines vitamines H
et B6, peut également être
responsable.
Attention
également aux shampooings
Les causes de
la chute de
cheveux
Les
causes
sont
très
nombreuses.
La principale source
de la calvitie est un
excès
d’hormones
mâles
(alopécie
androgénique).
Cet
excès est héréditaire:
si votre père est
dégarni, vous aurez
de grandes chances
de l’être. En fait, les
hormones mâles vont
accélérer le cycle de
vie du cheveu, rendant
40
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
trop agressifs pour le cuir
chevelu et aux teintures
fréquentes!
Certains médicaments peuvent
également entraîner une chute
importante
des
cheveux.
C’est le cas notamment
des amphétamines et des
anticoagulants. Prenez soin
de toujours consulter et de lire
attentivement la liste des effets
indésirables des médicaments.
Conseils pour
prolonger la vie de
vos cheveux
Quelques
gestes
simples
permettent de prévenir les
chutes de cheveux.
Une bonne hygiène
Lavez-les
fréquemment
s’ils
sont gras, car l’excès de sébum asphyxie
le cuir chevelu, et donc en accélère la
chute. Choisissez un shampooing au pH
neutre, à usage fréquent, et pratiquez
un léger lavage suivi d’un long rinçage.
Les shampooings traitants contiennent
des agents décapants qui sensibilisent le
cheveu et le rendent plus fragile.
Évitez le sèche-cheveux
À une certaine chaleur, l’eau contenue
dans la fibre capillaire se met à bouillir,
créant de petites bulles sur la tige du
cheveu qui le rendent très cassant.
Séchez-les plutôt à l’aide d’une serviette
sans trop frotter. Les brushings et les
défrisages doivent être évités.
Une nourriture équilibrée
Les cheveux se nourrissent grâce aux
multiples vaisseaux sanguins présents
sur le cuir chevelu. Parmi les aliments
indispensables, les viandes rouges, qui
contiennent des acides aminés soufrés,
principaux constituants de la kératine, la
levure, qui contient de la vitamine B, l’huile
de pépins de raisins, riche en vitamine
E, les céréales complètes, le poisson et
les légumes verts, qui contiennent des
minéraux (fer, magnésium, calcium) et
des oligo-éléments (zinc, sélénium et
soufre) essentiels à l’élaboration des
tissus capillaires…
Protégez-vous des rayons UV
L’exposition excessive aux ultraviolets
les abîme, les rend cassants et
fourchus. Mieux vaut éviter le plus
possible les séances d’UV et protéger
vos cheveux d’un corps gras ou tout
simplement d’un couvre-chef pendant
une exposition solaire prolongée.
Chez le coiffeur
Même si on est très attaché à sa coupe
de cheveux, un petit passage chez
le coiffeur aide parfois à camoufler
la chute qui s’est engagée. Pour ces
hommes et ces femmes qui perdent
leur cheveux, aller chez le coiffeur,
se faire une petite coupe alors
qu’ils perdent déjà leurs cheveux
peut apparaître comme une idée
saugrenue. Mais en y réfléchissant
bien, pas tant que ça. Car un
changement de coupe peut apporter
un nouvel élan à une chevelure,
mais aussi atténuer les zones les
plus clairsemées. Voici quelques
astuces pour se sentir mieux dans…
ses cheveux.
Une coupe courte
Quelle que soit la coiffu
re que vous souhaitez ad
opter, sachez que les
coupes courtes sont les
plus à même d’atténuer
les zones dégarnies.
Si vous aviez l’habitude
d’avoir les cheveux longs,
allez-y par étape et
adressez-vous à un coiffe
ur visagiste qui vous pro
posera une coiffure
en harmonie parfaite ave
c la forme de votre visag
e. Pourquoi adopter
une coupe courte? Parce
que les cheveux courts
sont plus faciles à
entretenir. Et comme ils
ne fourchent pas, ils pa
raissent tout de suite
en meilleure santé.
Jouez sur le volume
Si votre cuir chevelu co
mmence à se clarifier, vo
us pouvez toujours
jouer la carte du volum
e. Une chevelure dense
masquera plus
facilement des zones cla
irsemées que des cheveu
x tout fins. Sachez
aussi, que les coupes au
-dessus des épaules ap
portent cet effet
«volumateur». Petit ast
uce pour donner un eff
et «masse»: séchez vos
cheveux la tête en bas
et faites-vous des bouc
les que vous ferez tenir
avec de la mousse ou de
s sprays.
Un petit geste pour un
effet maxi
Si le volume n’est pas suffi
sant pour masquer votre
chute de cheveux,
vous pouvez essayer de
changer votre raie de cô
té. Un geste simple,
mais qui permet de cam
oufler les zones dégarni
es, tout en donnant
du volume, sans passer
par la case ciseaux.
Imiter les stars
Bonne nouvelle: la mode
n’est plus aux longues ch
evelures épaisses!
Tout le monde s’accorde
à dire qu’il s’agit d’une
réussite, que ces
changements leur donn
ent un look différent, plu
s moderne et qu’elles
demeurent toujours au
ssi sexy.
Du coté des dames, voici
quelque stars qui ont mi
sé sur des coupes
courtes.
Du coté des messieurs,
la boule à zéro n’est pa
s rare: André Agassi,
Wentworth Miller, le be
l évadé de Prison Break
, Bruce Willis, Harry
Roselmack, tous ces be
aux gosses, ont fait tom
ber les cheveux.
Eva longoria
Rihanna
Bruce Willis
Wentworth Miller
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
41
évasion
et de l’oasis
Vue de la kasbah
Tifoultoute
Sur la route des
mille kasbahs
Par Jamal Baguni
L’état de décrép
itude est bien vis
ible!
Un autre portail
menant à la kasbah
Un vue splendide nous accueille à l’ent
rée
42
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
L
a vallée de Dades n’est plus à présenter. Dorénavant,
sa notoriété dépasse nos frontières. Région mythique
du grand Sud marocain, ses nombreux ksours et
kasbahs, éphémères citadelles de terre rouge, veillent
sur des paysages grandeur nature: plaines désertiques, vastes
palmeraies, gorges et oueds.
Parmi ses mille kasbahs, une seule se dresse, encore
majestueuse, mais nostalgique, la kasbah de Tifoultoute (à 7 km
de Ouarzazate). Véritable témoin d’une cité jadis prospère et
d’une architecture originale, qui compile sobriété et magie pour
donner à la contemplation la juste profondeur de sa véritable
dimension méditative. Ce cadre convivial vous invite à vivre
l’exotisme par excellence avec un amour partagé de l’espace et
du temps.
Bâtie au 19e siècle,
cette kasbah est passée
sous les auspices
d’une femme puissante
et charismatique
dénommée
caïda Aïcha, qui
la transforma
diligemment en
un caravansérail
incontournable
dans le commerce
transsaharien.
Une des
entrées d
la kasbahe
Cependant, un
véritable travail de
mise à niveau et de
restauration sera
d’une première
nécessité pour
désenclaver
cette région et pour
réhabiliter ce patrimoine de l’architecture
universelle. Cinéma
Zoom rétrospectif sur la 10e édition
du Festival national du film
28 films en lice
Le rideau est
tombé le 20
décembre
dernier sur la
10e édition du
Festival national
du film, qui s’est
déroulé dans la
ville de Tanger.
Cette fête du
cinéma national,
placée sous le
haut patronage
de sa Majesté le
Roi Mohammed
VI, a connu la
participation des
grands ténors
du cinéma
marocain, mais
aussi la présence
de prestigieux
invités et une
pléiade de
curieux qui
sont venus
déguster les plats
qu’offrent notre
7e art.
Par Oumarou Sali Bouba
L
a 10e édition du Festival national
du cinéma, qui a coïncidé avec le
cinquantenaire du cinéma marocain, a été
l’occasion pour la grande famille du cinéma
de notre pays de montrer à la face du monde
entier qu’il faudra désormais compter
avec notre 7e art. Pour la ministre
de la Culture, Touria Jabrane, qui a
pris part à cet événement, «Le long
métrage marocain est puissant et
il est en mesure de concurrencer
les longs métrages arabes et
européens.»
naissance au cinéma marocain, en 1958, avec
son film Le fils maudit.
Pour le directeur du Centre cinématographique
Marocain, Nour-Eddine Saïl, «Mohamed Ousfour
était parti de rien, avec un esprit artisanal décidé.
Il eut la volonté de confectionner des films naïfs
et presque puérils.»
Pas moins de 14 longs métrages
et 14 courts métrages étaient en
lice pour remporter le grand prix
du festival. Au finish, ce fut le
film de Nabil Ayouch, Whatever
Lola wants, qui remporta le
prestigieux prix. Alors que le prix
du cinquantenaire est revenu à
Leila Kilami pour son film Les
lieux interdits.
Le jury chargé d’attribuer
les prix était, comme aux
précédentes
éditions,
composé de professionnels du
cinéma et de professionnels
des medias. Le premier
jury de la catégorie long
métrage était présidé par
le critique égyptien Samir
Farid. Quant au deuxième
jury, chargé de la catégorie
court métrage, était présidé
par l’écrivaine marocaine
Rajae Benchemsi.
Aujourd’hui, avec une
production de 15 films par
an et près de 90 écrans,
le Maroc peut être fier
d’entrer dans le cercle très fermé des pays
africains présents dans le monde du cinéma.
Pour en savoir plus:
Hommage à Mohamed Ousfour
www.ccm.ma
La 10e édition de ce happening a été aussi
l’occasion de rendre hommage Mohamed
Ousfour, décédé en 2005, l’homme qui a donné
Site Internet du Centre
cinématographique marocain (CCM)
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
43
Auto news
Zoom
sur les
4x4
Volvo XC60
Un mélange de style pour
un look unique
Que vous partiez à la pêche, chercher des amis ou votre
famille en ville ou que vous rouliez sur autoroute, le XC60
vous assurera toujours un comportement à la fois stable
et dynamique. Il a été conçu pour répondre aux exigences
d’un style de vie
varié. La répartition
des masses entre
l’avant et l’arrière est
presque identique,
ce qui garantit une
tenue de route
stable et sûre sur
les routes étroites
et irrégulières
tout comme sur
les grands axes.
Différents systèmes contribuent à augmenter le plaisir
de conduire, comme le châssis Four-C qui permet au
conducteur de modifier les réglages du châssis.
Avec son design unique, associé à des systèmes de sécurité
de premier plan, ce modèle offre au conducteur une
confiance absolue en ville comme sur la route.
Hyundai TUCSON
Une aventure civilisée
Échappant la rigidité, caractéristique des VUS (Véhicules
utilitaires sport), le Tucson mélange tout naturellement
les styles des VUS et des voitures de tourisme, avec des
caractéristiques masculines, comme ses pare-chocs
robustes et ses lignes imposantes. Ajoutez à cela des
touches sophistiquées qu’aucun autre véhicule utilitaire
sport n’offre et vous obtenez un VUS plus raffiné que
tous ses concurrents. Le Tucson propose, de série, des
caractéristiques de sécurité, comme deux coussins
gonflables à l’avant, un système de freinage antiblocage
(ABS) et un système antidérapage (ESP) avec traction
asservie. Dans l’habitacle, les caractéristiques de série
englobent un poste AM-FM-CD-MP3 avec 6 haut-parleurs
et des sièges avant et arrière repliables polyvalents. Offrant
des subtilités d’inspiration européenne comme la microantenne de toit jusqu’à l’abondance de caractéristiques de
série pour la sécurité, le confort et la commodité, le Tucson
représente le mélange parfait de la sophistication et de
l’aventure.
Renault KOLEOS
4x4 à l’extérieur, Renault à l’intérieur!
Fait pour l’évasion, Renault Koleos est facile d’utilisation, confortable et bénéficie de réelles capacités de franchissement. Ce
nouveau modèle combine l’efficacité d’un châssis à transmission intégrale, la ligne dynamique d’une berline et l’habitabilité d’un
monospace.
Efficace sur tous les terrains, Koleos bénéficie de vraies capacités 4x4. Son importante
garde au sol, ses angles d’approche et de sortie et la gestion électronique intelligente
de son système de transmission lui permettent d’évoluer en toute sécurité
sur les revêtements les plus difficiles: terre, neige, verglas, boue…
Couplé à l’ESP (système antidérapage), le système «All Mode 4x4-i»
garantit une adhérence toujours optimale grâce à une répartition
de couple sur les quatre roues. Sur les terrains les plus extrêmes, le
conducteur gardera toujours le contrôle en sélectionnant la position
«4WD Lock». Ce mode répartit le couple à parts égales entre les
trains avant et arrière pour un maximum d’adhérence et de sécurité.
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Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
BMW X6
Tout simplement
impressionnante!
La nouvelle BMW X6 est le premier Sports Activity Coupe
(coupé de loisirs polyvalent) du monde. Elle allie l’agilité,
les performances et le design athlétique d’un grand coupé
BMW à la polyvalence et à la position assise surélevée d’un
SAV (véhicule de loisirs polyvalent). BMW définit ainsi une
nouvelle fois un concept automobile entièrement inédit.
La X6 inaugure par ailleurs deux premières mondiales: le
Dynamic Performance Control (de série) et le tout nouveau
V8 essence Twin Turbo doté de l’injection directe haute précision (HPI), le moteur le plus efficace de sa catégorie.
Les caractéristiques routières de la BMW X6 sont à l’image du concept de cette automobile: uniques. En combinant des systèmes
de gestion novateurs tels le Dynamic Performance Control aux puissants moteurs BMW, la X6 offre à son conducteur une agilité
et des performances dignes d’une authentique voiture de sport. Des sensations de conduite inédites à ce jour dans un véhicule
offrant une position de conduite surélevée.
Land rover
FREELANDER 2
Le plus compact
et agile de la famille!
Nissan PATHFINDER
Un familial passe-partout
Le Nissan Pathfinder est le 4x4 des familles qui partent
à l’aventure. Il offre un design innovant au service du
confort de toute la famille. Robuste, capable d’affronter
sans difficulté les pires conditions, le Pathfinder abrite
un habitacle au confort digne d’une vraie berline. Ce gros
4x4, qui est aussi à l’aise sur route que dans les ornières
boueuses, remplace petit à petit son grand frère qui peine
à satisfaire une clientèle à la recherche d’un véhicule plus
confortable, plus modulable et surtout plus moderne.
Des performances étonnantes! Grâce aux 171 chevaux de
son moteur, le Pathfinder atteint la vitesse de 175 km/h
et passe de 0 à 100 km/h en 11 secondes 9/100 (1/100 de
moins pour la boîte automatique). Ce qui ne l’empêche
pas d’afficher les consommations les plus basses de sa
catégorie.
Le Freelander 2 est un 4x4 compact extrêmement agile,
réactif et confortable sur route (mais impressionnant
en tout-terrain), avec deux motorisations au choix:
i6 essence 3.2 L ou TD4 Diesel 2.2 L, alliant tous deux
performance, raffinement et économie de carburant.
Un système unique Land Rover d´adaptation au terrain
(Terrain Response, de série à partir de la version S), pour
une conduite tout-terrain facile, pave la voie à une longue
liste de technologies de pointe. Grâce à son design sportif
et massif, allié à ses lignes ciselées qui renforcent son
dynamisme, le Freelander 2 reflète les dernières réflexions
de Land Rover. Le confort et l´espace figuraient en bonne
place sur la liste des priorités pour les concepteurs de
cette deuxième génération de Freelander. Par exemple, les
sièges assurent un maintien excellent tout en garantissant
un maximum de sécurité et de longévité.
15 janvier - 15 février 2009 Zoom Mag
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informatique
Microsoft lance Windows 7
et semble vouloir faire oublier Vista
Le géant des logiciels Microsoft lance la version expérimentale de son nouveau
système d’exploitation Windows 7, à peine deux ans après la sortie de Vista, qui
avait tourné au fiasco d’image pour le produit et pour l’entreprise.
AFP / Zoom Mag
Il y a quelques mois,
le
président
de
Microsoft
France,
Eric Boustouller, avait
admis
«quelques
déceptions» liées à
Vista, qui s’est tout
de même vendu à
plus de 180 millions
d’exemplaires
dans
le monde depuis son
lancement, en janvier
2007.
L
e PDG Steve Ballmer a
appelé quelques milliers
de
professionnels,
d’analystes
et
de
journalistes, réunis à Las
Vegas pour le gigantesque
salon de l’électronique CES,
à télécharger le nouveau
système.
Windows 7 «va rendre la vie
plus facile et plus rapide», a
ajouté M. Ballmer, qui a résumé
les principales qualités du
système: «simplicité, fiabilité,
et vitesse». Les partenaires de
Microsoft et les développeurs
ont eu officiellement accès à la
version bêta dès début janvier.
Sans jamais évoquer les
difficultés
rencontrées
par
Vista, marqué par de nombreux
«bugs» lorsqu’il était installé
en remplacement d’un autre
système
d’exploitation,
M.
Ballmer a assuré que Microsoft
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«On aurait pu faire
un peu mieux en
France et au niveau
«Steve Ballmer présente Windows 7» – AFP
mondial», a-t-il estimé,
était «parti pour livrer la
regrettant «quelques
meilleure version de Windows problèmes de performance et
qui ait jamais existé».
une compatibilité qui n’était
pas parfaite» dans les premiers
Un responsable de Microsoft a temps.
souligné que la version finale
de Windows 7 était prévue au Vista ne s’est que très
plus tard en janvier 2010, mais progressivement imposé pour
certains spécialistes spéculent remplacer son prédécesseur,
sur une sortie anticipée: Windows XP, retiré de la vente
un journaliste français, très en juin dernier seulement.
impressionné par le système
qu’il expérimente déjà depuis À
Las
Vegas,
une
quelques jours, estime la démonstration a permis à
version
actuelle
proche Microsoft de vanter la facilité
du niveau requis pour une avec laquelle Windows 7
exploitation commerciale.
permet de naviguer entre
différents programmes.
Habituellement,
Microsoft
attend trois ans avant de Particulièrement
appréciée
sortir un nouveau système par le public de M. Ballmer,
d’exploitation.
Toute la possibilité de mettre en
commercialisation anticipée de réseau ordinateurs et autres
Windows 7 pourrait donc se lire équipements électroniques de
comme un désaveu implicite de la maison, des appareils photo
Vista.
aux consoles de jeu et aux
chaînes hi-fi. En quelques clics
Zoom Mag 15 janvier - 15 février 2009
sur un ordinateur portable, on
peut accéder à un catalogue
musical stocké dans un
ordinateur de bureau pour
faire retentir un album dans les
enceintes du salon.
«Ça va vraiment commencer
à démocratiser la maison
numérique»,
assure
Grégory Olivier, directeur de
communication de la division
grand public et Internet de
Microsoft France.
Et au-delà de ces innovations,
le
système
promet
un
fonctionnement
de
base
amélioré, avec une vitesse de
mise en route accélérée et une
batterie moins sollicitée.
Enfin une directrice de produit
de Microsoft a affirmé que le
groupe de Redmond préparait
l’avenir en inscrivant la fonction
d’interface tactile «dans l’ADN»
de Windows 7, en prévision de
la multiplication des ordinateurs
à commande tactile, plutôt que
par clavier ou souris.
Ne prétendant guère à la
fausse modestie, M. Ballmer a
prédit que «Windows resterait
au centre du système solaire
technologique des gens».
C’est la première fois que M.
Ballmer, 52 ans, donnait le
coup d’envoi du salon CES, à
la suite du retrait du fondateur
de Microsoft, Bill Gates, qui
se consacre désormais à ses
activité philanthropiques. AmuZOOM-nous
Par Driss El Adraoui
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Mot
Chaque lettre dans la grille est remplacée par le même nombre,
à vous de découvrir la lettre qui se cache derrière son nombre
correspondant. Reconstituez la grille et remplissez l’échelle de
décodage. Pour vous aider, quelques lettres vous sont proposées.
Le mot-clé, défini, est à inscrire dans les cases colorées de la grille.
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Définition du mot-clé:
UNE COUTUME GRATUITE QUI COMMENCE AUJOURD’HUI
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Ordinateur
Adjoint de
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Arbres
Amasse
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Une exp res sio n...
une ori gin e
...à la
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Riz ou orge
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surprise
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Sans angle
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Pourquoi dit-on...
Coutumes
Cache main
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bernés
Coups de
boxeur
Note
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Crochets
Coupa court
Gagné!
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M o t s Fl e c h e s
Enrobée de
sucrerie
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Insolite
La «Chouette d’or»
libérée par la justice
Depuis 15 ans,
les chasseurs
tentent de
découvrir la
statue, d’une
valeur de
150,000 euros.
Le trophée de
la plus célèbre
chasse au trésor
de France, qui
était aux mains
d’un liquidateur
judiciaire, vient
d’être rendu
aux inventeurs
du jeu. De quoi
remettre en
selle 200,000
passionnés.
consultant en marketing et
auteur français, décide de
lancer une chasse au trésor.
Sous le nom de Max Valentin,
il publie un ouvrage qui
compte 11 énigmes
menant à un trésor: une
chouette en or et en
diamants d’une valeur
de 150,000 euros. C’est
l’artiste Michel Becker
qui a accepté de mettre
en jeu son œuvre d’art.
Une sculpture qui a
immédiatement aiguisé
la curiosité de nombreux
amateurs d’énigmes.
C
’est un bien curieux
procès qui s’est ouvert
récemment
devant
la cour d’appel de
Versailles, en France: celui
de la «Chouette d’or», un jeu
d’énigmes qui tient en haleine
près de 200,000 joueurs en
France depuis 15 ans, et dont
le prix - une chouette en or et
en diamants - était jusqu’ici
entre les mains d’un liquidateur
judiciaire.
Tout commence au début des
années 1990: Régis Hauser,
Mots codés
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Depuis plus de quatre ans,
maintenant, la chouette la plus
recherchée de France était
donc sous séquestre, au grand
dam des deux hommes, qui
estimaient que le bien n’aurait
jamais dû être saisi car il
n’appartenait pas à l’éditeur en
faillite. Et les chasseurs, eux,
étaient démotivés: à quoi bon
continuer à chercher un trésor
auquel ils ne peuvent avoir
accès? La justice vient de leur
donner raison en ordonnant
la restitution de la Chouette
d’or aux organisateurs. «Le
jeu va pouvoir continuer
normalement», s’est félicité
l’avocat de Max Valentin à sa
sortie du procès.
Solution des jeux
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Mot-clé: ZOOMMAG
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Dans la pratique, pourtant,
les choses se compliquent en
2004, lorsque le trésor est saisi
Mots fléchés
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Le créateur du jeu ne l’a
jamais caché: ce n’est pas la
Chouette d’or elle-même qui a
été enterrée il y a 15 ans mais
une copie grandeur nature,
en bronze, afin que l’œuvre
originale ne soit pas marquée
par le temps. Et si un chasseur
trouve la contremarque, il peut
aussitôt l’échanger contre la
véritable chouette, placée en
attendant dans le coffre-fort
d’une société de location.
par un liquidateur judiciaire. À
l’origine de l’affaire, la faillite
de l’éditeur In Folio, chargé
en 2003 de la 3e édition du
fameux livre d’énigmes. La
justice décide alors de saisir
la Chouette d’or comme actif
de la société. À l’époque, Max
Valentin et Michel Becker propriétaire de son œuvre réagissent trop tard et laissent
passer les délais d’opposition à
la saisie.
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Pourquoi dit-on «à la
queue leu leu»?
Vient de l’ancien français «leu» désignant
loup, du latin «lupus», qui donna au 19ème
siècle «leu» ou «lou». Un «p» y sera ajouté
quelques décennies plus tard pour donner
la forme actuelle du mot. Cette forme
ancienne était encore d’usage jusqu’au
16ème siècle, mais a subsisté plus tard
dans les dialectes. Les loups marchant
l’un derrière l’autre, le museau de chaque
loup touchant presque la queue de
celui qui le précède. L’expression, donc,
signifie «marcher» en file. La première
orthographe était «À la queue le leu». Si
on prend en considération la possibilité
de l’impasse sur l’article dans l’ancien
français et la préposition «de» dans
certains contextes comme dans Bourgla-Reine, qui signifie le bourg de la reine,
plusieurs formulations peuvent être
entrevues, dont «À la queue (du) leu (le)
leu». Ou tout simplement l’article qui se
serait transformé en leu par assimilation
au son voisin. Une autre hypothèse qui a
été formulée, c’est que, à la queue le leu
(loup) était un jeu où les enfants criaient
«à la queue!» pour donner le signal de
se mettre en ligne, puis criaient «le leu!»
pour alerter de l’attaque du joueur ayant le
rôle du loup.

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