ANPCEN - iasef

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ANPCEN - iasef
le bulletin de l’a n p c e n
‘ Save Our Sky - Sauver notre ciel ‘
www.anpcen.fr/
Photo Christophe Martin-Brisset, prise à Bracieux (41)
No. 53 Hiver 2013-14
t
Alerte de
l’ANPCEN
sur les LED
s
voir p.4 &
5
Association Nationale pour la Protection du Ciel
et de l’Environnement Nocturnes
parrainée par Hubert Reeves, Claudie Haigneré et Jean Jouzel
ANPCEN c/o SAF - 3 rue Beethoven - 75016 Paris
2 Editorial
« Marabout, bout de
ficelle, selle de cheval,
cheval
de
course,
course à pied…» nous
connaissons
tous
cette série de mots,
comptine ou « kyrielle »
… qui pourrait parfois
ressembler à la kyrielle
de l’ANPCEN, une série
d’obstacles successifs et
quotidiens. Chaque jour,
nous devons traverser
une échéance, puis une
autre et la suivante, finir
un travail puis un autre,
suivre un texte, un rendezvous, puis un autre, etc. Une année de dossiers, en
kyrielle, nous conduit….imperceptiblement, dans la
ribambelle du temps, de janvier à décembre, au mois
des vœux.
Vœux vers les pouvoirs publics
et les élus locaux
Que notre alerte à la prudence sur les dossiers des
LEDs soit écoutée. Il s’agit d’un dossier important que
nous suivons depuis de nombreux mois et sur lequel
nous avons pris, comme nous vous l’avions annoncé,
dans le précédent magazine, une position pesée.
Une position de prudence et d’alerte, en l’absence
d’expertise indépendante et de recul suffisant sur ces
nouveaux éclairages qui envahissent pourtant l’espace
public et domestique, sans cadre institutionnel propre
à leurs spécificités. Si tout le monde semble les louer
en public, nombre d’acteurs s’interrogent en réalité…
de manière beaucoup moins publique sur leurs
performances réelles et leurs effets cumulés ou de
long terme.
L’ANPCEN n’a pas d’intérêts lucratifs à défendre. Elle
ne mène pas non plus son action par des a priori,
ni envers les technologies, ni envers des acteurs
économiques. Elle a cependant bien conscience de
demander un renouvellement complet de l’approche
des dossiers, trop sectorielle, et de bousculer
des intérêts qui misent sur cette technologie pour
renouveler leurs ventes, sur un marché mature qui
n’offrait donc plus qu’une croissance limitée.
L’enjeu des LEDs confirme d’ailleurs tout l’intérêt et
l’originalité de l’approche transversale de l’ANPCEN
des dossiers. En effet, une approche purement
énergétique et sectorielle, peut conduire à des
conclusions hâtives ou partielles, qui demandent à
être vérifiées et étayées dès lors qu’on regarde les
enjeux plus globalement et dans le temps, en tenant
compte des interactions, en suivant également les
effets sur le vivant, biodiversité et humains compris,
ou en s’attachant à la gouvernance des questions de
l’éclairage extérieur.
La seule expertise indépendante partielle, réalisée
en 2010 par l’ANSES, indiquait : « À l’heure actuelle,
l’impact environnemental des LEDs est nettement
moins bon que les autres types d’éclairage. »
Kyrielle
En trois ans, bien des choses ont évolué, à la fois
dans l’extension des usages de LEDs et dans leurs
technologies, il est donc temps de renouveler cette
expertise avant leur généralisation sur tout le territoire.
Geneviève Gaillard, députée des Deux Sèvres et qui
vient de voir la ville de Niort récompensée comme
capitale de la biodiversité, a d’ailleurs adressé une
question parlementaire au Ministre de l’Ecologie,
demandant, comme nous, une étude indépendante.
Vœux vers les pouvoirs publics
Que la vigilance de l’ANPCEN sur des projets de
certificats d’économies d’énergies (CEE), dispositif
public de soutien à certaines mesures, soit suivie
d’effets.
Il faut noter que l’ANPCEN est intervenue en 2013
dans l’élaboration de plusieurs CEE d’éclairage
extérieur. Dans le certificat relatif au « Système de
variation de puissance en éclairage extérieur » figurait
en termes prescriptifs une référence à la norme EN
13201 contribuant, une fois de plus, à l’ériger en
seule référence, voire à la faire confondre en une
prescription obligatoire. Après la demande de retrait,
par l’ANPCEN, de cette mention, elle ne figure plus
dans l’arrêté sur les CEE publié en novembre 2013.
(voir page 5).
1% seulement des normes, en réalité, est d’application
obligatoire, mais régulièrement il est mentionné aux
élus la nécessité « d’être aux normes »… laissant à
penser qu’il n’y aurait qu’une façon d’être « en règle, »
et que ce serait à la condition d’appliquer ces normes.
Pour l’éclairage public, il a été largement dit, depuis
plus de 7 ans, aux installateurs et acheteurs que la
« référence » était la norme EN 13201. L’ANPCEN
l’analyse comme une des sources de suréquipement
et suréclairage. D’ailleurs des syndicats d’énergie
ou d’électrification désormais rejoignent l’analyse
de l’ANPCEN et la relativisent fortement, comme le
syndicat intercommunal d’énergies du Maine et Loire,
par exemple, qui a signé la charte de l’ANPCEN, en
2013.
Les normes sont régulièrement présentées comme
liées « à l’intérêt général » mais un examen attentif
de leur gouvernance montre que certaines sont parfois
utilisées, voire commanditées, comme un outil de
prescriptions pour un marché, au niveau international,
européen ou français. Elles sont également le point de
départ d’une kyrielle de guides d’applications, éditions,
formations, certifications, vendues aux différents
acteurs.
Dans le contexte actuel dit de « simplification des
normes » (entendre par là, la réglementation publique)
l’ANPCEN souhaite que ces normes élaborées hors
du champ réglementaire ne restent pas un champ
aveugle de la simplification, du toilettage ou des
abrogations, et de l’examen de leurs coûts pour la
collectivité.
Les normes sont majoritairement élaborées par des
acteurs technico-économiques qui doivent payer leur
participation à leur élaboration. Elles n’avaient jusque
là aucune approche environnementale. Comme les
CEE, elles sur-segmentent et sectorialisent l’approche
des enjeux. Elles ne sont pas toujours que des
méthodes ou outils, et font glisser subtilement de la
standardisation ou comparabilité des réponses… à
la prescription unique. Au moment même où l’on a
besoin d’une approche fine de terrain pour adapter la
réponse à chaque situation.
Aucun ouvrier de la 25e heure sur la pollution
lumineuse ne suit ces questions. L’ANPCEN est la
seule association environnementale à avoir franchi
le pas pour entrer, bénévolement, dans un dispositif
d’une grande austérité pour y faire un travail difficile,
exclusivement pour la mission qu’elle s’est donnée.
L’ANPCEN est pour ses adhérents, ce grain de sable
dans les rouages qu’ils soutiennent. On a vu les
réactions suscitées par la « simple » demande de
révision d’une norme expérimentale par l’ANPCEN,
toujours inachevée et pour laquelle aucun cahier des
charges de la commande n’a jamais pu lui être produit.
De même, donc dans le CEE pour « système de
variation de puissance en éclairage extérieur »,
une condition notamment était fixée au maître
d’ouvrage, supprimée à notre demande : « les niveaux
d’éclairement ou de luminance obtenus après variation
sont compatibles avec les exigences de visibilité
prescrites dans la norme EN13201-2, précisées sous
forme de performances photométriques par période,
par classe et usage de voirie ». Remarquez le choix
des mots liés à la mention de la norme non obligatoire :
« compatibles », « exigences », « prescrites »… Ce
simple exemple, sur une seule phrase, illustre pour
nos adhérents le travail invisible, de fourmi, effectué
par l’ANPCEN : entrer dans le groupe de travail,
recevoir et lire les documents, analyser, préparer des
réunions, se libérer pour pouvoir suivre les réunions et
chaque phrase ; dans ce cas : acter une demande en
mars et la motiver, relire le compte-rendu, réintégrer
les remarques non prises en compte, le cas échéant
et veiller sans faille aux suites données… d’avril à
novembre, soit jusqu’à la parution par arrêté des CEE
et leurs modalités.
L’ADEME a confirmé ensuite le sens de notre
demande.
Vous pourrez suivre de même notre travail en cours
sur le CEE relatif aux LEDs en page 5. L’ANPCEN
est la seule organisation à s’y être opposée, à ce jour,
pour les raisons expliquées dans notre dossier de
presse avec 10 recommandations. (Extrait à découvrir
page 4 et complet sur notre site)
Vœux aux parlementaires
Qu’en 2014 les lois biodiversité et transition
énergétique incluent des éléments favorables à
l’environnement nocturne, pour que la « transition
écologique » recherchée soit bien le passage d’une
situation imparfaite à une situation meilleure.
Vœux vers nos adhérents et donateurs
Que vous soyez toujours nombreux à soutenir notre
action collective, action précieuse de terrain au plus
près des élus et des citoyens, et notre action nationale
suite page suivante
SOS 53 - Hiver 2013-14
3 Que 2014 nous apporte des lumières plus adaptées
aux besoins de notre cadre de vie, de notre sécurité ;
adaptées aux enjeux du XXIe siècle et non à ceux
du XXème; adaptées aux besoins plus invisibles de
l’environnement et de la biodiversité, régulièrement
regardés comme… secondaires.
Que 2014 nous offre enfin kyrielle de ciels étoilés de
lumières naturelles.
A tous, en vous disant mille mercis pour votre fidélité,
tous nos vœux les plus chaleureux, pour 2014.
Anne-Marie Ducroux
Présidente
A propos de la couverture
Forte lumière bleue des LEDs
Sous la très forte puissance lumineuse blanche des LEDs
et suite à la diffraction de la lumière dans l’optique de
l’objectif photo, est nettement visible sur cette image
la partie bleue du spectre pour les 20 LEDs équipant ce
matériel. La lumière blanche/bleue a un impact avéré
sur la biodiversité nocturne et inhibe également la
production de la mélatonine, l’hormone du sommeil
– voir p.4/5, ainsi que le dossier de presse ANPCEN et
l’expertise de l’ANSES sur les LEDs.
Plus loin, est visible l’un des 50 lampadaires boules SHP
70W qui doivent être remplacés à terme par ce type de
lampadaire LEDs en test. Dans le cas présent, les mâts
sont conservés et les têtes changées. La colorimétrie ici
autour de 4500°K est prévue d’être revue pour passer à
3000°K et la puissance lumineuse fortement diminuée
(ici 76 lux sous mât !) via la gestion électronique du
lampadaire. Ceci est à l’étude avec cette municipalité
du Loir et Cher implantée juste au sud de Chambord.
— Voir notre position sur les LEDs en page 4 —
Pour nous soutenir
Rédaction
Adhérez pour que nous soyons plus nombreux donc plus influents !
Notre première force doit venir de nos adhérents…
Adhésion / ré-adhésion à l’ANPCEN
coût réel après déduction fiscale :
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£ Etudiant «««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««««« : 10 €
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£
£
£
6,80€
3,40€
10,20€
Nom, prénom deuxième personne ___________________________________
Association «««««««««««««««««««««««««««««««««««««««« : 35 €
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Je recevrai le bulletin "SOS" 4 fois par an : par voie électronique
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par voie postale
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Code postal _________________ Ville _________________________________________
Tél.________________Mobile________________ Courriel__________________________
Rédacteur en chef :
Christophe Martin-Brisset
Merci à tous nos contributeurs qui ont
permis la réalisation de ce numéro 53 de
SOS, le bulletin de l’ANPCEN :
Anne Marie Ducroux • Christophe
Martin-Brisset • Dernières Nouvelles
d’Alsace • Henri Longdot • Michel
Deromme • Alain Fleury • Monique
Graveleau • Élisabeth Schulthess •
Nicolas Karleskind • Gérard Gaule •
Tribune Tours • Hugo Flotat-Talon •
Camille Allain • Cerié.fr • Françoise
Lahuec • Frank Tyrlik • Mathieu Charrier
Impression :
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25, chemin de Chapitre
31000 Toulouse
www.indika.fr
Certification ISO 14001
et membre du réseau Imprim’Vert
SOS est édité par l’ANPCEN, l’Association
Nationale pour la Protection du Ciel et
de l’Environnement Nocturnes, membre
de FNE, collaboration IDA. Parrainée par
Hubert Reeves, Claudie Haigneré et Jean
Jouzel.
Bulletin à renvoyer avec votre règlement libellé à l’ordre de l’ANPCEN à :
ANPCEN / SAF 3 rue Beethoven 75016 PARIS
Sommaire
Alerte sur les LEDs
Charte ANPCEN
Actions des correspondants Actions des communes
Jour de la Nuit
Directeur de la publication :
Anne-Marie Ducroux
Maquette :
Sergio Ilovaisky
Pour la protection du ciel étoilé et de l’environnement nocturne, je soutiens l’ANPCEN :
£
Photo Christophe Martin-Brisset anpcen 41
sur les cadres et vers les acteurs, en 2014. L’alliance
des deux dimensions fait notre expertise. Tous les
bénévoles de l’association auront besoin de percevoir
votre fidélité et votre soutien pour continuer à porter
tous ces dossiers de manière entièrement bénévole.
Seuls vos soutiens adhésions et dons nous donnent
notre indépendance. Plus que jamais, notre nombre
est décisif pour nous permettre de peser.
ANPCEN c/o SAF
3, rue Beethoven
75016 Paris
www.anpcen.fr
4-5
6-7
7-9
9-11
11
Contacts :
Anne-Marie Ducroux
Présidente
Christophe Martin-Brisset
Rédacteur en chef
[email protected]
SOS 53 - Hiver 2013-14
4 ANPCEN : notre alerte à la prudence sur les LEDs
Alerte sur les LEDs ou diodes électroluminescentes
Communiqué de Presse
Paris – 18 septembre 2013 : l’Association nationale pour la protection du ciel
et de l’environnement nocturnes lance une alerte à tous les décideurs publics,
de l’Etat, des collectivités, du Parlement quant au développement de l’usage
des LEDs, notamment pour l’éclairage extérieur.
L’ANPCEN demande au minimum une expertise indépendante à jour, sur
cette technologie parée de toutes les promesses… par leurs fabricants. Et
L
es LEDs constituent une nouvelle offre de lumière
entrainant le renouvellement des catalogues de
fabricants. Le marché mondial d’environ 4 milliards
de dollars en 2005 était passé au double en 2010(1),
et il atteindrait(2) 16,6 milliards en 2016 avec un taux
de croissance annuel prévu de 18% par an. Comme
dans l’usage domestique, les LEDs sont en voie de
massification dans l’éclairage extérieur : décorations
de Noël, mises en lumière, et désormais éclairage
d’ambiance et fonctionnel…. Cependant, aucune
information expertisée de manière indépendante
n’est mise à disposition des élus qui veulent faire
des choix pertinents d’éclairage extérieur. Seules
circulent les informations fournies par les fabricants,
quand elles existent. Les auto-allégations d’éclairage
écologique attribuées par leurs producteurs aux LEDs
fleurissent…
Les impacts sur le vivant –humains et biodiversité– de
leurs lumières spécifiques sont encore mal connus.
De manière générale, les LEDs qui ont une luminance
au moins 1000 fois plus élevée(3) que celle d’une
source d’éclairage traditionnelle rendent plus difficile
la maîtrise des éblouissements, avec des impacts
possibles sur la rétine après exposition prolongée.
Les luminaires équipés de LEDs blanches avec une
température de couleur supérieure à 2200°K (ce
qui est actuellement toujours le cas), exposent à un
spectre de lumière blanche avec une forte proportion
de lumière bleue. Les LEDs utilisent des terres rares(4)
et la filière du recyclage pour extraire ces terres rares
doit devenir mature pour traiter efficacement les LEDs
en fin de vie. L’installation extérieure des LEDs est
l’ANPCEN s’oppose fermement à un dispositif public de soutien des LEDs
par un Certificat d’Economie d’Energie, dans le contexte d’un manque
d’informations objectivées, et d’incertitude quant aux performances réelles et
aux effets à terme sur l’environnement et sur la santé.
Elle demande ainsi un minimum de prudence aux élus dans leurs
investissements actuels de long terme et un cadre institutionnel adapté.
généralement assortie de promesses d’une durée de
vie d’au moins 15 ans(5) et d’un intérêt économique,
principalement lié à leur durée de vie supposée.
De plus, force est de constater que l’approche
segmentée des politiques publiques et des réponses
pour leur mise en oeuvre, conduit de plus en plus
souvent à répondre aux objectifs « d’efficacité
énergétique » sans que ceux-ci ne soient mis en
perspective avec les nécessités de « sobriété
énergétique et lumineuse » et avec les objectifs
légaux de « réduction des nuisances lumineuses » :
il en résulte la promotion d’un nombre croissant
d’acteurs d’une moindre consommation…
permettant souvent dans les faits d’équiper et
d’éclairer « plus » !
Position de l’ANPCEN
L’ANPCEN suit avec grand intérêt l’évolution des
technologies de l’éclairage, auxquelles elle se
déclare pleinement favorable, dans la mesure
où ne sont pas effacées simultanément les
interrogations nécessaires sur les finalités de
points d’éclairage nocturne par rapport aux besoins
notamment, les évolutions de leurs usages et si ces
technologies constituent un progrès tant du point
de vue lumineux, économique et énergétique, que
de leurs effets pour la santé et la biodiversité.
Depuis de nombreux mois, l’ANPCEN observe
l’apparition des LEDs en différentes situations de
terrain, analyse l’argumentation de leurs fabricants et
promoteurs, ainsi que leur cadre institutionnel.
(1) Ademe 2010
(2) LED Luminaires: Market Analysis and Forecast 2013, Strategies Unlimited
(3) La luminance est réduite lorsque les LEDs sont équipées de lentilles adaptées pour diffuser la
lumière sur une plus grande surface
En l’absence de connaissances suffisantes,
d’informations indépendantes et sans cadre
institutionnel adapté, l’Association nationale pour la
protection du ciel et de l’environnement nocturnes est
désormais en mesure de lancer une alerte à tous les
décideurs publics, de l’Etat, des collectivités, du
Parlement quant au développement de l’usage des
LEDs notamment pour l’éclairage extérieur.
Cette alerte est assortie de recommandations en
10 points, parmi lesquels figurent :
• la demande au minimum d’une expertise
indépendante à jour, sur cette technologie parée de
toutes les promesses…par leurs fabricants
• la recommandation de prudence aux élus dans
leurs investissements actuels de long terme en LEDs
avec un retour sur investissement loin d’être acquis
• l’opposition ferme à un projet de soutien public
des LEDs par un Certificat d’Economie d’Energie,
dans le contexte d’un manque d’informations
objectivées, et d’incertitude quant aux performances
réelles et aux effets à terme sur l’environnement et
sur la santé
• une recherche scientifique approfondie sur les
conséquences sur les humains et le vivant de cette
lumière aux caractéristiques spécifiques
• une transparence des données relatives à
l’éclairage public.
Dossier de presse complet de l’ANPCEN sur www.anpcen.fr
(4) métaux stratégiques
(5) en moyenne, une durée de 60 000 heures est annoncée par les fabricants, soit 15 ans avec un
fonctionnement en continu toutes les nuits
Expertise des LEDs par l’Agence nationale de sécurité sanitaire
de l’alimentation, de l’environnement et du travail (ANSES) ?
L
’ANPCEN demande quelles ont été les suites
données à l’expertise collective de l’ANSES
depuis trois ans ? (1)
L’ANPCEN a réclamé par ailleurs, à de nombreuses
occasions, aux ministres successifs, l’extension et la
mise à jour du 1er rapport d’expertise collective sur
les effets sanitaires des systèmes d’éclairage utilisant
des LEDs, réalisé à bon escient par l’ANSES en
2010, qui avait estimé la « thématique suffisamment
préoccupante » pour s’autosaisir. L’étude doit, pour
l’ANPCEN, être étendue aux situations de l’éclairage
extérieur ou en milieu fermé comme, par exemple, les
gares de métro et RER et aux conséquences sur la
biodiversité, au regard du développement constaté
depuis de cette technologie dans l’éclairage public et
des nouveaux produits apparus sur le marché.
SOS 53 - Hiver 2013-14
L’ANSES indiquait notamment :
« Les risques identifiés comme les plus préoccupants,
tant par la gravité des dangers associés, que par
la probabilité d’occurrence dans le cadre d’une
généralisation de l’emploi des LED, sont liés aux
effets photochimiques de la lumière bleue et à
l’éblouissement». L’Agence soulignait déjà il y a 3
ans la nécessité de « prévenir l’éblouissement », de
« limiter les luminances perçues directes ou réfléchies
» et mettait en évidence que les éblouissements ou
la nature de la lumière des LEDs peuvent avoir des
conséquences pour les populations à vision fragile :
enfants et certaines personnes en raison de la nature
du cristallin de leurs yeux, populations sensibles à la
lumière, populations particulièrement exposées aux
Leds, notamment dans le cadre professionnel.
L’ANSES en 2010 recommandait de « mieux
documenter l’exposition de la population à la lumière
artificielle tant en milieu professionnel que dans
l’environnement général », de « développer des
recherches cliniques » pour notamment « étudier
les effets cumulatifs à moyen et long terme d’une
exposition à la lumière bleue », de « mener des
recherches afin de mieux caractériser les effets de la
lumière artificielle et en particulier de la lumière issue
de systèmes à LED sur les rythmes biologiques ».
...aucune suite donnée, à ce jour !
_______________
(1) effets sanitaires des systèmes d’éclairages utilisant des
diodes électroluminescentes (LED) Avis de l’ANSES, rapport
d’expertise collective, octobre 2010
ANPCEN : LEDs
Une étude indépendante, pour quand ?
Notre dossier LEDs a suscité une question parlementaire au ministre, le 29 octobre 2013, par Madame Geneviève Gaillard
élue des Deux Sèvres, membre de la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire.
M
me Geneviève Gaillard attire l’attention de M. le
ministre de l’écologie, du développement durable
et de l’énergie sur la généralisation croissante de
l’utilisation des LED par les décideurs publics. En
effet, le marché mondial des LED représentait en
2010 environ 8 milliards de dollars, et est en passe
de représenter 16,6 milliards de dollars en en 2016.
On retrouve ce type d’ampoule partout, décoration
de Noël, éclairage d’ambiance, public... Le caractère
écologique de ces ampoules comme argument de
vente est de plus en plus prégnant, et véhiculé par
les fabricants eux-mêmes. Or les LED nécessitent
pour leur fabrication l’extraction de terres et matériaux
rares, et les circuits de recyclage ne sont pas encore
très matures. De plus, elles exposent les êtres vivants,
humains et animaux à une puissance lumineuse 1 000
fois plus élevée qu’un éclairage traditionnel, pouvant
entraîner des lésions de la rétine... Nous sommes
entrés dans une phase de sobriété énergétique,
concept selon lequel les économies d’énergie doivent
guider nos comportements d’achat, avec un objectif de
réduction des nuisances lumineuses y compris la nuit.
Le paradoxe actuel est que le développement lumineux
n’a jamais été aussi important que depuis l’avènement
des LED sur le marché mondial. Pourtant à l’heure
actuelle aucune expertise indépendante et donc fiable
n’est venue étayer ces allégations de bienfait de
ces ampoules, les seules expertises provenant des
industriels eux-mêmes. Ainsi elle souhaite connaître
sa position sur ce sujet, et savoir s’il envisage de
financer une étude indépendante et à la hauteur
des enjeux pour connaître les impacts écologiques
de la fabrication et l’utilisation massive des LED sur
l’homme, les espèces vivants et l’environnement.
10 recommandations ANPCEN à découvrir :
Lisez les 10 recommandations de l’ANPCEN, le communiqué et le dossier de presse complets : www.anpcen.fr/?id_rub=&id_ss_rub=127&id_actudetail=53
Merci de nous aider à diffuser notre dossier de presse largement autour de vous.
Faites-nous part des informations recueillies en écrivant à partir de notre site : www.anpcen.fr/?id_rub=122&id_ss_rub=142
Qu’est ce que les Certificats d’Economie d’Energie (CEE) ?
C’est nouveau : l’ANPCEN s’efforce de suivre depuis 2013 les demandes de révision ou de création de CEE
relatifs à l’éclairage extérieur.
L
e dispositif des CEE, créé par la loi n° 2005-781 du 13 juillet 2005 de programme
fixant les orientations de la politique énergétique (loi POPE), est décrit par le
Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’énergie comme « l’un des
instruments phare de la politique de maîtrise de la demande énergétique. »
Seules les actions allant au-delà de la réglementation peuvent donner lieu à
délivrance de CEE.
Compte tenu de l’objectif qu’ils supportent, de critiques exprimées et du manque
de transparence et d’une vision globale possible, le Conseil Économique, Social et
Environnemental (CESE) dans son avis relatif à la transition énergétique, en janvier
2013 a recommandé une évaluation par la Cour des comptes du dispositif des CEE.
Le Gouvernement a lancé la commande de cette évaluation, parue en octobre 2013.
La Cour des comptes indique « qu’il est très difficile de mesurer avec précision
les effets des CEE, comme pour la plupart des outils de soutien à l’efficacité
énergétique, à la fois parce qu’on sait mal distinguer leur impact propre (par rapport
à d’autres outils) et parce qu’il est impossible de mesurer l’effet d’aubaine faute de
savoir ce qui se serait passé en l’absence de ces outils.»
La Cour recommande notamment :
− La révision des fiches d’opérations standardisées en 2014
− L’encouragement des diagnostics énergétiques
En terme de gouvernance, elle recommande :
− Engager immédiatement et par sondage les contrôles a posteriori
prévus par les textes qui n’ont jamais été mis en oeuvre
− Mettre en place des conditions pour un marché plus transparent (prix,
quantités, effectivité des transactions). Elle indique « Les transactions effectuées
sur le registre sont marquées par une absence de transparence sur les prix et par
des transactions suspectes qui devraient provoquer une réaction des services
concernés et une redéfinition des règles de fonctionnement. »
− Créer un comité de pilotage ouvert à tous les acteurs et pas
seulement aux spécialistes de l’énergie, qui pourrait assurer plus de dialogue et de
transparence dans le fonctionnement du dispositif
− Créer une instance de concertation réunissant tous les acteurs
(administrations, représentants des obligés et des éligibles, associations technique,
énergie, environnement, autres associations) afin d’assurer un dialogue permanent
entre les intervenants
Vigilance sur la demande en cours d’un CEE pour les rénovations en LEDs
• La promesse faite par les promoteurs du certificat d’économie d’énergie lié à la rénovation d’éclairage extérieur par LEDs : une durée de vie de 30 ans !
L’ANPCEN indique : les modules LEDs sont garantis le plus souvent à 60 000 heures soit au maximum 15 ans !
• La demande : un pourcentage de flux lumineux sortant du luminaire directement dirigé vers l’hémisphère supérieur du luminaire (ULR), inférieur ou égal à :
− 3 % en éclairage fonctionnel ;
− 20 % en éclairage d’ambiance ou privé.
L’ANPCEN indique que ces valeurs d’ULR sont inconcevables pour des luminaires dont le principal avantage devrait être de permettre une meilleure concentration
du flux lumineux, donc un meilleur contrôle des émissions au-dessus de l’horizontale.
Suites données par l’ANPCEN à cette demande :
− L’ANPCEN fut la seule organisation à s’opposer à ce certificat qui n’a (pour l’instant…) pas été publié dans l’arrêté de novembre 2013. Mais les décisions prises
manquant singulièrement de transparence, ceci n’est pas acquis.
− L’ANPCEN a demandé au Ministère de l’Ecologie, du Développement durable et de l’Energie, ainsi qu’à l’Ademe, de prendre une position claire à l’égard des LEDs.
− Sans réponse de leur part… un dossier de plus à suivre en 2014…
Merci de soutenir nos actions de fourmi…avec vos dons et cotisations à l’association.
SOS 53 - Hiver 2013-14
5 6 Charte ANPCEN
Reipertswiller (Bas-Rhin) : La pollution lumineuse maîtrisée
Lazou. Comme l’a expliqué le représentant de
l’ANPCEN, si l’éclairage extérieur est indispensable à
la vie sociale des agglomérations, l’augmentation des
éclairages artificiels nocturnes a des impacts néfastes
sur les rythmes biologiques des humains et sur la
biodiversité.
Une meilleure qualité de
l’éclairage pour un coût moindre
La charte a été signée par le maire Jean-Louis Scheer, et par
Jean-Michel Lazou de l’ANPCEN, en présence de Nicole Brunet
du Sycoparc, de Jacqui Hoff, Arthur Wolff, et de Samuel
Leichtweiss. PHOTO DNA
D
epuis quelques années, la municipalité a entrepris
de réduire le coût de l’éclairage public et sa
pollution lumineuse tout en offrant un confort lumineux
accru. Pour cadrer ces réalisations, le maire JeanLouis Scheer a signé la charte pour la protection du
ciel et de l’environnement nocturnes avec l’Association
nationale ANPCEN représentée par Jean-Michel
Selon les termes de la charte, pour assurer un
éclairage public de meilleure qualité, la commune
s’engage à limiter la quantité de lumière émise, son
orientation et le choix des températures de couleur.
Il faudra être prudent dans le choix des luminaires
de nouvelle technologie car il n’existe pas encore
d’évaluation sérieuse a conseillé Jean-Michel Lazou.
L’an dernier, Jacqui Hoff, adjoint au maire chargé de
l’éclairage public, a présenté un dossier à l’ANPCEN
en vue de participer au concours national « Village
étoilé ». Le jury a attribué une étoile (sur cinq) à la
commune pour les travaux entrepris. C’est pour cette
raison que depuis le début de l’année, la municipalité
est fière d’arborer un panonceau « Village étoilé ∗»
sous ses panneaux d’agglomération, à l’instar de
Haguenau et de Villé dans le Bas-Rhin.
Pour une deuxième étoile
Suite à ceci, l’adjoint au maire a expliqué que d’autresanciens foyers lumineux seront progressivement
remplacés par des ampoules au sodium ou par des
luminàires à LED. Pour optimiser la durée d’éclairage
et donc la consommation électrique, les horloges sont
maintenant à programmation astronomique et des
mesures d’énergie consommée ont été réalisées par
le fournisseur en vue d’alléger la facture énergétique.
Pour ce second concours, un dossier actualisé a
été transmis à l’association pour l’obtention de la
deuxième étoile, qui au vu des résultats précédents
et des dernières réalisations pourrait bièntôt orner
les panonceaux. Nicole Brunet, responsable
communication du parc naturel régional des Vosges
du Nord a précisé qu’une convention de collaboration
allant dans ce sens avait déjà été signée le 29 février
2012 par la Fédération des parcs naturels régionaux
de France et l’ANPCEN.
http://www.dna.fr/edition-de-saverne/2013/10/23/la-pollution-lumineuse-maitrisee
Lugagnac et Fontanes-du-Causse (Lot)
D
eux communes ont effectué la signature
publique de la charte «Protection du ciel et de
l’environnement nocturnes» de l’ANPCEN le 13
octobre 2013, il s’agit de Lugagnac et Fontanes-duCausse. De plus nous avons pu noter la participation
de 47 communes à l’édition 2013 du Jour de la Nuit
sur le territoire des Causses du Quercy, avec des
extinctions totale ou partielle de l’éclairage public.
A Cahors et Gramat, conférence sur la pollution
lumineuse du ciel nocturne, suivie d’observations avec
télescopes organisés par le club de Gigouzac.
L’ANPCEN a adressé ses remerciements pour son
action à la Présidente du Parc naturel régional des
Causses du Quercy Catherine Marla avec le concours
d’Agahte Kühnel chargée de mission environnement.
Henri Longdot (Correspondant du Lot)
Sur la photo prise à Lugagnac, au centre Mme Marla, a sa droite le maire Mr. Carnajac, et votre serviteur.
Trois signatures en région Limousin
Le 19 octobre signature de la 1ère
charte dans le PNR Millevaches, avec
Millevaches, la plus haute commune du
Limousin, une autre commune proche
va sans doute signer début novembre.
Signature à Cussac
S
ignature d’une charte à Aixe sur
Vienne le 4 septembre 2013 (ville
de 5500 habitants, 3ème de la Haute
Vienne en termes d’habitants), qui
s’est aussi inscrite à Villes et villages
étoilés 2013 et qui souhaite faire des
SOS 53 - Hiver 2013-14
émules dans le département, avec ma
commune Séreilhac.
Exposé sur la pollution lumineuse
dans le PNR Périgord Limousin le 12
septembre (avec le syndicat SEHV avec
lequel nous avons quelques positions
Signature à Séreilhac
communes), à l’issue de cette réunion 2
communes de Dordogne, à moins de 30
km de chez moi à vol d’oiseau, dans le
périmètre du PNR sont depuis inscrites
à VVE 2013 avec des chances d’être
labellisées et d’en entrainer d’autres.
Le jeudi 24 octobre signature de la 1ère
charte dans le PNR Périgord Limousin
à Cussac, avec un maire dithyrambique
quand à l’action de l’ANPCEN, était
aussi présent son 1er adjoint président
de la Communauté de Communes
locale qui souhaite aussi répandre
la démarche et impulser l’inscription
d’autres communes à VVE en 2014.
Enfin ce 26 octobre 2013, signature
d’une charte avec le maire de ma
commune, Séreilhac
Michel Deromme
Actions des correspondants
Charte ANPCEN
Le syndicat d’énergie de l’Allier, partenaire de l’ANPCEN
Partenaires dans l’Allier pour la protection
de l’environnement nocturne : une association, un conseil général, un syndicat d’énergie
pour 316 communes
M
oulins, le 27 novembre 2013 – Trois acteurs
œuvrent désormais ensemble pour un
meilleur environnement nocturne. Le Conseil
Général de l’Allier, le Syndicat Départemental
d’Energie de l’Allier (SDE 03) signent la Charte
de l’Association nationale pour la Protection du
Ciel et de l’Environnement Nocturnes (ANPCEN)
afin d’améliorer la qualité de la nuit et limiter les
nuisances lumineuses dans le département de
l’Allier.
« Les lois Grenelle disent clairement qu’il faut prévenir,
supprimer, limiter les nuisances lumineuses. Nous
souhaitons établir des relations de coopération avec
les syndicats d’énergie ou d’électrification et les
collectivités qui incluent dans leur mission des actions
envers la pollution lumineuse.» indique Anne-Marie
Ducroux, Présidente de l’ANPCEN. « Le Syndicat de
l’Allier, nous semble ouvrir des voies, qui pourraient
inspirer d’autres syndicats : plus de 90 % d’extinctions
nocturnes, partielles ou totales, en milieu de nuit,
améliorations vers un ULOR zéro des nouvelles
installations, et souhait d’utiliser les 4 étiquettes de
qualification de l’éclairage élaborées par l’ANPCEN. »
Ainsi, d’ores et déjà, en signant la charte de l’ANPCEN,
le Conseil Général de l’Allier et le SDE 03 s’engagent
par une démarche volontaire à sensibiliser les
habitants et les acteurs du département en expliquant
les enjeux pour tous.
Le Conseil Général de l’Allier s’est investi, depuis 2007,
dans une démarche volontaire de développement
durable nommée Agenda21. Le Conseil Général se
situe dans une logique d’engagement en faveur du
développement durable et de la préservation des
ressources naturelles.
Le SDE 03, quant à lui, assure la mîtrise d’ouvrage
des travaux de mise en place de l’éclairage,
l’installation de nouveaux équipements, l’entretien et la
maintenance des installations d’éclairage public pour
316 communes de l’Allier, soit un parc composé de
56 403 foyers lumineux. Il encourage ses communes
adhérentes à éteindre leur éclairage public une partie
de la nuit, dans le but de faire des économies d’énergie
et de réduire les nuisances lumineuses.
et Loire l’ont déjà fait. Les préconisations de cette
charte incitent à travailler à l’orientation de la lumière,
à rechercher les éco-performances notamment par
le choix des lampes adaptées, à agir par les usages
comme la gestion de la lumière dans les parcs et
jardins, pour les bâtiments, la durée d’éclairement, en
pratiquant par exemple l’extinction en milieu de nuit
lorsqu’elle s’avère possible.
L’ANPCEN accompagne la démarche avec son
correspondant local, Christophe Verhaege, notamment
grâce à un processus indicatif d’amélioration continue
et à des étiquettes environnementales originales
permettant de situer l’éclairage et les choix effectués.
Nouveau : trois syndicats d’énergie
nous ont rejoints en signant la charte
de l’ANPCEN, en 2012 et 2013 :
L’ANPCEN qui regroupe 105 associations membres et
ainsi près de 6 000 personnes mobilisées, est depuis
plus de 15 ans la seule association nationale dont
l’objet social est entièrement dédié aux enjeux pluriels
de la qualité de la nuit et de l’environnement nocturnes.
En avril 2013, le gouvernement et l’ANPCEN ont été
lauréats du trophée International Dark sky Association
pour leurs actions en faveur de la réduction des
nuisances lumineuses.
Maine et Loire : assure la maitrise d’ouvrage de
l’éclairage public pour 362 communes et gère
plus de 90 000 points lumineux en maintenance.
Le 27 novembre, le Conseil Général de l’Allier et le
SDE 03 ont signé la charte de l’ANPCEN et s’engagent
à appliquer ses préconisations, comme les conseils
généraux et les syndicats de Vendée et de Maine
Allier : assure l’entretien et la maintenance pour
316 communes, avec 56 403 points lumineux.
Vendée : assure la gestion de l’éclairage de 282
communes avec 120 000 points lumineux en
maintenance.
Communiqué de Presse : www.anpcen.fr/docs/20131203213349_a5ym8s_doc102.pdf
Alain Fleury (Seine-et-Marne)
Châtenoy : Étoilé pour son engagement écologique
D
imanche matin Denis Céladon maire de Chatenoy,
recevait pour ses administres le label «Villes
et villages Etoilés» en raison des aménagements
réalises dans la commune relatifs aux éclairages
nocturnes.
19 septembre 2013
Car l’influence est désormais démontrée de l’éclairage
nocturne sur l’environnement depuis la santé humaine
jusqu’à la préservation de la biodiversité, en passant
par les consommations d’énergie.
Alain Fleury correspondant de Seine et Marne et
administrateur de l’Association nationale pour la
protection du ciel et de l’environnement nocturnes
(ANPCEN) a remis au maire les trois panneaux qui
orneront désormais les entrées du village.
C’est ainsi sur le chemin d’un développement durable
que s’est engagé la commune alliant économies
budgétaires, économies d’énergie, limitation des gaz
à effet de serre et de déchets mais aussi protection de
la biodiversité et legs aux générations futures d’une
capacité d’observation du ciel étoilé.
Châtenoy a ainsi reçu trois étoiles (sur les cinq que
compte le label) pour les progrès réalises en faveur
d’un éclairage extérieur soucieux de la préservation
des beautés du paysage nocturne de la protection de
la biodiversité et des économies d’énergie.
Alain Fleury a finalement conclu que le village
distingué était au même titre que celui de Nanteau
sur Essonne, également décoré, un des exemples
vertueux qui permettaient de se poser des questions
sur l’avenir de notre planète.
« Nous avons rénove en totalité notre éclairage public
grâce à un soutien du Syndicat d’électrification sud
ouest Seine-et-Marnais a explique Denis Céladon.
Et à en juger les retours le pari est assez réussi ! »
Le maire a également souligné que la maitrise des
nuisances lumineuses était un des objectifs publics
inscrits dans les lois Grenelle I et II.
Il a également rappelé que dès le mois de janvier,
allait entrer en vigueur un décret d’extinction des
vitrines la nuit et que le non respect de ce décret serait
sanctionné dès juillet 2014.
Le maire Denis Céladon a reçu des mains d’Alain Fleury trois
pancartes de la distinction « Village étoilé » pour les efforts
réalises sur l’éclairage public de sa commune.
C’est donc un exemple vertueux qui annonce un
mouvement national en train de prendre corps qui a
été célébré a Chatenoy ce dimanche.
SOS 53 - Hiver 2013-14
7 8 Actions des correspondants
Monique Graveleau (Maine-et-Loire)
Artisans de Mayotte qui nous a bien autorisé notre
petite installation près des leurs. Avec l’appareil
pour observer le soleil, nous avons attiré beaucoup
de monde.
Grâce à la loquacité de Francis auprès de son
appareil et moi, nous avons pu donner des
explications, sensibiliser, s’adapter à chaque
interlocuteur, touristes/habitants, des découvertes
pour certains.
Monique Graveleau et des membres ANPCEN de Mayotte
A
vec le président du club astro de Mayotte
Francis Vincent adhérent de l’ANPCEN,
nous avons improvisé un stand du Jour de la
nuit le 12 octobre près de l’office du tourisme de
Mamoudzou, la matinée grâce à une rencontre
opportune du vice-président de l’association des
Donc très bonne matinée pour nous et pour moi
avec cette rencontre de Francis qui ne ménage
pas sa peine pour promouvoir le ciel nocturne :
promotion de Villes et Villages Etoilés dans les
villages autour de son lieu de résidence depuis
plusieurs années, réactions auprès d’élus sur des
installations/réalisations aberrantes, pédagogie.
Sinon en ce qui concerne la pollution lumineuse
à Mayotte, je dirai qu’elle n’est pas énorme par
rapport à ce que l’on voit en métropole puisque
l’éclairage public est nettement inférieur (pas mal
de lampes de lampadaires qui ne fonctionnent pas
ou détériorées), beaucoup de rues ne sont pas
éclairées, mais pas d’extinction en cours de nuit.
Globalement pas d’édifice/patrimoine éclairé.
Ce qui est plus préoccupant c’est le type de
matériel utilisé des entreprises, stades avec des
projecteurs ou des lampes posées sur les murs
des bâtiments. Certaines plages où les tortues
viennent pondre sont protégées des lumières par
contre pour une, Francis indiquait qu’une terrasse
d’hôtel bien éclairée a été construite en empiétant
la plage de la baie des Tortues. Et attention au
développement de structure, sans réelle prise en
compte de l’environnement. Arrêté sur l’éclairage
des batiments non résidentiels non respecté par
contre pas de lumière pour les vitrines de magasins
car elles sont toutes fermées par un volet roulant.
Donc encore et encore de la sensibilisation.
Jean-Michel Lazou (Alsace)
12 octobre 2013
Le Jour de la Nuit, pour ne plus avoir peur du noir
le confort, les déplacements. Mais il faut aller vers
l’efficacité et la sobriété énergétiques. »
Face à la peur du noir qui s’exprime dès qu’il
est question de réduire l’éclairage extérieur, il
s’appuie sur les chiffres de la gendarmerie et de la
police : « Dans les communes où l’on a éteint les
lampadaires après minuit, la délinquance n’a pas
augmenté, elle a même régressé. »
Le centre-ville de Colmar, rue des Clefs, dans la nuit de lundi à
mardi dernier : certains commerçants éteignent les lumières
de leurs vitrines et façades, d’autres pas.
Son association a participé à la rédaction des
arrêtés qui interdisent de laisser allumés toute la
nuit les enseignes lumineuses, vitrines et bureaux.
« Nous allons tirer un premier bilan d’ici la fin de
l’année. A priori, la réglementation semble assez
bien respectée. »
Les constatations des noctambules alsaciens sont
diverses. La nuit noire règne sur la plupart des
grandes zones d’activités commerciales : seules
des stations-service restent éclairées. Dans les
rues commerçantes des centres-villes, les lumières
de la majorité des vitrines, bâtiments publics et
monuments sont éteintes.
L’autoroute A35 à Mulhouse n’est plus éclairée. À l’arrière, la
gare de marchandises.
É
clairer moins, mais mieux, pour réduire
la consommation d’énergie, protéger la
biodiversité, respecter les rythmes biologiques et
retrouver le ciel étoilé : c’est le message de la 5e
édition du Jour de la Nuit.
« Pas question d’éteindre toutes les lumières, rassure
Jean-Michel Lazou, de l’Association nationale
pour la protection du ciel et de l’environnement
nocturnes (ANPCEN), coorganisateur du Jour de la
Nuit. La lumière, c’est important pour la sécurité,
SOS 53 - Hiver 2013-14
« Nous n’illuminons les bâtiments patrimoniaux
jusqu’à 1 h du matin que le week-end, assure
Yves Hemedinger, adjoint au maire de Colmar.
L’éclairage des rues fait l’objet d’un plan
d’investissement de 500 000 € par an pendant
trois ans pour n’avoir plus que des ampoules très
faible consommation. Le public ne constate pas de
différence. » Selon l’association des commerçants
de Colmar, « la plupart des vitrines sont éteintes.
C’est une économie pour les commerçants. »
Pleins feux sur la pub
En périphérie urbaine, les lampadaires le long
des autoroutes et grands axes sont éteints. Les
automobilistes ont leurs phares pour s’éclairer, les
piétons ne sont pas censés emprunter ces voies.
Restent les panneaux publicitaires de tous formats.
L’arrêté de 2012 n’impose l’extinction que pour
les nouvelles enseignes et publicités lumineuses.
« Samedi à 2 h du matin, tous les panneaux du
centre de Mulhouse étaient allumés, les plus
grands comme les sucettes ou les abris des bus »,
déplore Gilles Barthe. Ce militant antinucléaire a
participé à des actions d’extinction des enseignes
publicitaires et des vitrines, sur le modèle des
« Clans du Néon » et des groupes « Zéro Watt » qui
partout en France tentent ainsi de sensibiliser au
gaspillage d’électricité. « J’ai relevé des compteurs
électriques : un grand panneau de quatre mètres
par trois consomme en moyenne 22 à 32 kWh
durant 24 heures », annonce-t-il.
Effets sur la santé
« L’alternance du jour et de la nuit règle l’équilibre du
vivant. Les pollutions lumineuses peuvent s’avérer
très négatives pour la biodiversité, la faune, la flore
et la santé humaine », rappelle Jean-Michel Lazou.
Des études montrent des troubles du sommeil chez
les personnes victimes des intrusions lumineuses.
Des chercheurs suspectent des effets de l’éclairage
nocturne sur la régénération des cellules, sur
certains cancers. Les naturalistes constatent des
désordres et des désorientations de la faune.
« Il faut se poser la question de quelle lumière à
quel endroit et pour qui », souligne Jean-Michel
Lazou qui plaide pour des zones non éclairées dans
la trame verte et bleue. Il encourage les collectivités
à signer des chartes de protection nocturne. Et pas
seulement pour le plaisir d’admirer la voie lactée.
Textes : Élisabeth Schulthess
Photos : Thierry Gachon
Actions des communes
Actions des correspondants
Trois questions à Nicolas Bessolaz (Savoie)
Comment avez vous été sensibilisé aux questions
de pollution lumineuse et de qualité de la nuit ?
J’ai toujours aimé sortir dans la nature la nuit pour
profiter du ciel étoilé, mais aussi de l’ambiance
sonore de la nuit souvent dans des endroits perdus,
aussi bien en montagne qu’en plein désert. J’ai pris
conscience de la pollution lumineuse vers l’âge de 16
ans en observant depuis le col du Galibier où le halo
de Grenoble montait déjà jusqu’à 30° au-dessus de
l’horizon.
Pourquoi avoir rejoint l’ANPCEN ?
Au début des années 2000, j’ai découvert la
cartographie de la pollution lumineuse réalisée par
l’équipe italienne autour de Cinzano à partir des
données satellites de 1997. A partir de là et en utilisant
ma formation de physicien, je me suis mis à étudier
la physique de la formation des halos lumineux, tout
en découvrant en parallèle l’ANPCEN et les multiples
enjeux de la préservation de la qualité de la nuit
(biodiversité, santé humaine, économies d’énergie et
financière).
Quels sont les sujets auxquels vous contribuez
dans l’association ?
Je suis adhérent à l’ANPCEN depuis 2005 et
correspondant local pour la Savoie depuis 2009. En
plus de ma mission de correspondant que j’exerce
ponctuellement au cours de conférences pour
sensibiliser, je m’occupe de la cartographie ANPCEN
en utilisant les données de terrain récoltées par
l’association, je participe au développement de Villes
et Villages Etoilés ou tente encore de faire évoluer
positivement les normes en éclairage extérieur.
Gérard Gaule (Loire)
La Loire est plutôt un département en avance
Près d’un tiers des communes de la Loire sont engagées dans une démarche
d’extinction de l’éclairage en cours de nuit. Mais le phénomène est récent.
Effectivement, la majorité des communes se sont engagées en 2011, en suivant le
mouvement. Toutefois, la Loire est plutôt un département en avance 8 000 à 10 000
communes de France éteignent déjà leurs rues la nuit.
Les communes qui s’engagent dans ce processus sont essentiellement des
communes rurales. Oui car c’est plus compliqué à mettre en place en ville. Les
investissements sont conséquents et il peut être délicat d’éteindre certaines rues.
Ainsi, la plus grosse commune participante est Sorbiers avec 7600 habitants. Maîs
Saint-Etienne travaille le sujet et on peut aujourd’hui installer des dispositifs qui, par
exemple, s’allument lorsqut’il y a du passage.
29 juillet 2013
Faut-il imposer ce dispositif par une loi ? Je ne pense pas. Il faut laisser le choix
aux maires. Aujourd’hui, on stagne un peu, certains hésitent. Il faudra certainement
attendre la fin des municipales pour relancer le mouvement, même s’il y aura
toujours des communes réticentes.
Plonger une commune dans le noir ne pose pas des problèmes de sécurité ?
Non, c’est davantage un sentiment d’insécurité que des problèmes réels. Je fais un
point chaque année avec les services de gendarmerie et les communes concernées
et je n’ai encore pas eu connaissance d’un problème en particulier.
Propos recueillis par H.F.-T.
Tours (Indre-et-Loire)
Zones commerciales : et la lumière fut... réduite !
E
xtension de la plage horaire d’extinction,
régulation électronique, nouvelles enseignes
à LED... Dans le prolongement du Grenelle
de l’environnement qui impose d’éteindre les
enseignes de 1h à 6h du matin, les grandes
surfaces de l’agglo en ont profité pour réaliser
des économies d’énergies. Tandis que la ville de
Tours va entamer en novembre la révision de son
règlement local de publicité (RLP) qui encadre
l’affichage...
Chez Auchan, sur la zone commerciale du Grand
Sud à Chambray-lès-Tours, la plus importante de la
région centre, on a profité du décret de janvier 2012
imposant l’extinction des enseignes lumineuses de 1h
à 6h du matin pour aller plus loin. «Nous éteignons les
enseignes dès 22h30 pour ne les rallumer qu’à 7h30,
peu avant l’ouverture du magasin, explique Lionel
Zarabski, le responsable technique de l’hypermarché.
Le parking est éteint également sauf pour la partie
semi-couverte qui doit restée allumée pour des
raisons de sécurité». Cela s’accompagne aussi
d’une réduction de 50% de l’intensité de l’éclairage
du magasin quand il est fermé au public, le matin
principalement quand les employés procèdent à la
mise en rayon. Résultat : une réduction de la facture
d’électricité de 4% depuis un an.
A quelques kilomètres de là, en bordure de
l’autoroute A 10, à Saint-Pierre-des-Corps, le centre
commercial des Atlantes est aussi passé à l’heure
du Grenelle. L’hypermarché Carrefour a entamé sa
mue en s’équipant des vitrines réfrigérantes fermées
qui permettent d’économiser l’énergie. Mais dans
la galerie commerciale et à l’extérieur du centre
commercial que les changements sont les plus
spectaculaires. Les cinq enseignes à néons ont été
remplacées par des LED et sont reliées au système
de GTC (Gestion technique centralisée) qui gère
électroniquement allumage, extinction et modulation
de l’éclairage en fonction de la luminosité extérieur.
«Nous avons investi 100 000 euros dans cette GTC
qui régule aussi la climatisation, totalement rénovée
également, explique Gisèle Sesboüé, directrice
de la galerie commerciale. L’ensemble de ces
investissements a permis de réaliser une économie
de 25% sur la consommation d’électricité du centre ».
Dans les zones commerciales de l’agglo, de
nombreuses autres grandes enseignes comme le
magasin Decathlon de Chambray, rénové il y a deux
ans, se sont aussi dotées de la GTS afin de réguler
leur éclairage, intérieur et extérieur, le parking
s’allumant, non plus à heure fixe, mais uniquement
quand la baisse de l’intensité lumineuse l’impose.
Les enseignes l’ont bien compris : une utilisation
réduite de l’éclairage entraîne la rédcution immédiate
de la facture !
A Tours, ce changement dans l’éclairage nocturne
est aussi visible : la plupart des enseignes de la rue
Nationale sont éteintes jusqu’au petit matin. Mais
c’est un autre «chantier» qui va débuter d’ici quelques
semaines avec la révision du règlement local de
publicité (RLP) également imposé par le Grenelle de
l’environnement. «Nous avons jusqu’à 2018 pour nous
mettre en conformité, nous avons donc le temps, mais
La modernisation des enseignes et de la gestion de l’éclairage
permet au centre commercial des Atlantes de réaliser des
économies sur la facture d’électricité. Photo : DR
nous préférons anticiper, explique Alain Devineau,
adjoint à l’urbanisme. Aujourd’hui, nous avons deux
règlements qui cohabitent, l’un pour le secteur
sauvegardé qui date de 1995 et un autre pour tout le
reste de la ville, datant de 2004».
Le nouveau RLP redéfinira les tailles et les technologies
des enseignes. «C’est la même procédure que le
PLU, explique Vincent Maillard, l’ingénieur de la ville
de Tours en charge du dossier. Il y a des réunions
préalables avec toutes les instances concernées, puis
avec les personnes qualifiées, une enquête publique
menée par un commissaire enquêteur, des réunions
publiques, etc... avant l’adoption par le conseil
municipal». La procédure de révision débutera en
novembre et devrait aboutir fin 2015 – début 2016 au
nouveau RLP.
http://www.tribune-tours.fr/news/zones-commerciales-et-la-lumiere-fut-reduite
SOS 53 - Hiver 2013-14
9 10 Actions des communes
Vougy (Loire) : « On a diminué notre facture de 63 % »
C’est un phénomène récent et en plein développement, un tiers des communes de la Loire, soit 95,
éteignent leur éclairage public la nuit. Ce geste écologique permet d’importantes économies sur
les factures d’électricité. Reportage à Vougy, près de Roanne.
Les résultats sont significatifs. Après un an de fonctionnement de ce nouveau
système, la commune a fait ses comptes. « 74 % d’électricité consommée en moins,
soit 163 400 kilowatt-heure », calcule le maire. L’équivalent de la consommation
annuelle d’électricité d’une vingtaine de personnes. « On économise plus de
15 000 € par an et on évite d’éclairer les étoiles », se félicite l’élu. Les économies
ainsi réalisées permettent un retour rapide sur investissement : un peu plus de six
années.
Une mesure qui ravie le maire et qui a reçu un accueil plutôt favorable des habitants.
« Il faut vivre avec son temps, c’est vrai qu’on aimerait parfois voir où on marche en
rentrant chez soi mais c’est rare, alors je suis totalement d’accord avec l’extinction »,
explique Odette, une retraitée du village. « Les gens sont parfois un peu embêtés
le week-end mais je n’ai vu personne en colère contre ce système », raconte
Alicia Charton depuis l’arrière de son café, placé au milieu du bourg. La mairie a
néanmoins reçu de nombreux courriers après la mise en place de l’extinction. « Il
y avait des gens inquiets pour la sécurité ou d’autres qui se plaignaient de ne plus
retrouver leur interrupteur de chambre lorsqu’il allait aux toilettes la nuit, qu’il voyait
auparavant grâce à l’éclairage public », sourit Bernard Moulin.
Photo : Le Progrès
Eglise et éclairage public déjà en fonctionnement alors que la nuit n’est pas encore arrivée...
un axe d’amélioration à prévoir pour la commune.
O
n ne reviendrait jamais en arrière. Bernard Moulin, le maire de la petite
commune de Vougy est catégorique et ne regrette en rien la mesure prise par
son conseil municipal peu avant Noël 2011.
Depuis cette période, le village qui compte près de 1 500 habitants n’est plus éclairé
entre 23 heures et 7 heures du matin. « Nous avions 382 lampadaires, dont 207
étaient des lampes au mercure, très consommatrices d’électricité », explique le
maire. L’équipe municipale décide donc de procéder au remplacement de tous ces
points lumineux, en échelonnant les travaux sur deux ans, entre 2011 et 2012. « On
a aussi supprimé une quinzaine de lampadaires. Vers le cimetière par exemple »,
ajoute Bernard Moulin.
Des travaux pour près de 170 000 €
Une opération coûteuse, financée en partie par la commune. « Nous avons dépensé
près de 95 000 €, les 71 000 € restant ont été payés par le Syndicat intercommunal
d’énergie de la Loire (SIEL) », annonce le maire. Ainsi, les nouvelles lampes
éclairant les rues consomment moins d’électricité. « Au final, on joue sur deux
tableaux : on fait des économies en éteignant la nuit. Et lorsque c’est allumé nos
lampes consomment moins qu’auparavant ».
P
Et plus surprenant, l’élu a aussi reçu des courriers de félicitations : des habitants
appréciant de regarder les étoiles sans perturbations lumineuses. « Et puis, il faut
souligner que nous avons aussi fait des aménagements », ajoute Jean-Claude
Meleton, premier adjoint. « Par exemple, le parking de la salle des fêtes est équipé
d’un interrupteur avec minuterie. Lors d’une réunion ou d’une soirée, le parking
est éclairé six minutes après le départ des gens et chacun peut donc retrouver sa
voiture sans soucis ». Autre agencement mis en place, deux fois par an : le maintien
de l’éclairage pour des fêtes de village. « C’est simple, il y a six armoires électriques
dans la commune qui gèrent l’éclairage, il stuffit de modifier le programmateur »,
explique Jean-Claude Meleton.
À l’heure où les subventions publiques sont restreintes et où la commune doit trouver
de l’argent pour assurer la mise en place de la réforme des rythmes scolaires, les
économies réalisées grâce à l’extinction de l’éclairage publique sont une réelle
bouffée d’oxygène pour cette commune.
Hugo Flotat-Talon
http://www.leprogres.fr/economie/2013/07/29/on-a-diminue-notre-facture-de-63
74 % d'électricité consommée en moins
La commune de Vougy n'est pas éclairée entre 23 heures et 7 heures. « On
fait des économies en éteignant la nuit, et lorsque c'est allumé, nos lampes
consomment moins qu'auparavant »
voir sur notre site :
www.anpcen.fr/?id_rub=1&id_ss_rub=127&id_actudetail=57
Des dispositifs variés à disposition des communes
our réduire leur consommation d’électricité et leurs
factures, les communes peuvent agir de différentes
façons. « On peut évidemment agir en éteignant. Mais,
même sans cela, on peut déjà faire de gros efforts en
remplaçant les vieilles lampes énergivores et ainsi
diminuer par deux sa consommation d’électricité »,
explique Claude Perron, responsable de la cellule
éclairage public au Syndicat intercommunal d’énergies
du département de la Loire (Siel). Cette mesure va
d’ailleurs être obligatoire.»
Les lampes ballons qui contiennent du mercure seront
interdites dès 2015 ». Celles-ci peuvent, par exemple,
être remplacées par de nouvelles lampes qui peuvent
varier de puissance selon les heures. « Avec ces
nouveaux systèmes, au cours de la nuit, une commune
SOS 53 - Hiver 2013-14
peut baisser de 50 % sa consommation, sans pour
autant plonger ses rues dans le noir, simplement en
variant la puissance des lampes », explique Claude
Perron. Et, ce, grâce à l’installation d’armoires à
commande, qui, selon les spécialistes, sont en moyenne
amorties en moins de trois ans.
Il est également possible de mettre en place des
détecteurs de présence. Dès lors, une rue peut s’allumer
pendant quèlques minutes lorsqu’un piéton la traverse.
« Les LED peuvent s’allumer et s’éteindre sans risque,
ce qui n’est pas le cas atvec les anciennes ampoules qui
s’usaient facilement ».
Autre mesure, plus radicale : supprimer certains
lampadaires. « Sur 100 nous n’en avons gardé que
75 », explique Jérôme Peyer, élu à Boisset-Samt-Priest.
« Les dispositifs d’éclairage installés il y a plusieurs
dizaines d’années sont dépassées et on se rend
compte aujourd’hui qu’il ne sert à rien d’éclairer certains
endroits », explique l’adjoint au maire « Quand on sait
qu’un lampadaire nous coûte 65 € par an, en supprimer
25, ce n’est pas rien ». Reste à trouver le budget pour
réaliser ces investissements, parfois conséquents.» Les
291 communes adhérentes au Siel peuvent bénéficier
d’aides. Nos techniciens sont capables de réaliser
des bilans chiffres et peuvent exactement dire aux
communes combien elles devront investir, ainsi que les
temps de retour sur ces investissements », explique
Bernard Fournier, président du SieL.
Hugo Flotat-Talon
Actions des communes / Jour de la Nuit
Rennes (Ille-et-Vilaine) : La tentation du côté obscur
La ville éteindra l’éclairage public la nuit à Atalante-Champeaux
C
e ne sera d’abord qu’une « zone-test », mais
l’initiative pourrait faire école. A partir du lundi 16
septembre, le parc d’activités Atalante-Champeaux
sera entièrement plongé dans le noir de 23 h à 6 h du
matin. Une première à Rennes en terme d’éclairage
public. « L’objectif est double car nous voulons d’un
côté réduire notre consommation inutile et d’un autre
limiter la pollution lumineuse en créant des zones
sombres qui préservent la biodiversité », justifie
Jean-Luc Daubaire, adjoint à l’énergie et à l’écologie
urbaine. L’initiative pourrait permettre d’économiser
5000 € par an rien que pour les 76 points lumineux de
la zone d’activité.
Le million pour Cesson
La ville planche donc déjà sur d’autres secteurs comme
la ZI Sud-Est, les campus étudiants ou certains parcs.
« A quoi bon éclairer toute la nuit s’il n’y a personne
? », s’interroge l’élu. A Cesson, cela fait plus de trois
ans que l’éclairage public est interrompu entre 1 h et
5 h du matin. « Nous avons baissé notre facture de
32 000 € sur une enveloppe annuelle de 250 000 €.
C’est une baisse de plus d’un million de kilowattheures
chaque année », affirme Claude Gérard, adjoint au
développement durable à Cesson. Dans la commune,
l’extinction des lumières n’a pas engendré de hausse
des incivilités, au contraire. « C’est souvent une
inquiétude, notamment pour les cambriolages. Mais
avec le temps, on constate souvent une baisse du
vandalisme. Quelqu’un qui cherche à pénétrer dans
une maison dans le noir aura besoin de lumière. Il se
repère plus facilement », avance Jean-Luc Daubaire.
Archives C. Allain / Apei / 20 Minutes
http://www.20minutes.fr/rennes/1221261-tentation-cote-obscur
Camille Allain
Cercié en Beaujolais (Rhône) : Éclairage public
P
our respecter une loi nous imposant l’extinction de l’éclairage de l’église à 1h
à partir du 1er juillet 2013, il nous aurait fallu engager de gros travaux sur le
réseau. Après plusieurs discussions, le conseil municipal a donc décidé d’éteindre
l’éclairage public de 1h à 5h. L’éclairage du bourg étant déjà piloté par une horloge
astronomique, il était très facile (quelques minutes de programmation) de le mettre
en oeuvre sur ce secteur. Cela a donc été fait le 28 août. Les autres secteurs
devront probablement être équipés d’une horloge. L’entreprise fera l’inventaire lors
de sont prochain passage pour maintenance.
Pour le bourg, l’économie attendue est de plus de 25 000 kWh par an et, au tarif
actuel de l’électricité, 2 300 € par an. Pour l’ensemble de la commune, l’économie
est de 39 000 kWh par an et 3 500 €. Nos charges SYDER étant fiscalisées, ces
économies seront répercutées directement sur la facture d’électricité des habitants.
http://www.cercie.fr/fr/actualite/77074/eclairage-public
Dompierre-sur-Yon (Vendée)
Pour une autre gestion de l’éclairage public : Eteindre la lumière pour allumer le ciel
S
oirée réussie pour la première édition locale
du Jour de la Nuit. Objectif: échanger sur la
pollution lumineuse et la nécessité d’éclairer «juste»
et «économique». Rencontre avec François Mortier
revenu sensibiliser à la fois les Dompierrois et la
collectivité pour gérer autrement l’éclairage public
Journal du pays yonnais: Membre actif du Centre
astronomique vendéen et de l’Association nationale
pour la protection du ciel et de l’environnement
nocturnes (ANPCEN), vous êtes aussi membre de la
commission municipale «environnement» et à l’origine
de la manifestation Le Jour de la Nuit qui, samedi 12
octobre, a mobilisé plus d’une centaine de personnes.
Un vrai succès ...
François Mortier: Oui, destinée à sensibiliser le
grand public à la protection de la biodiversité nocturne
et du ciel étoilé, cette manifestation, 5ème du genre au
plan national était la 1ère édition à Dompierre. Et tout
le monde a pu profiter des télescopes et des lunettes
astronomiques pour observer la lune comme prévu.
Quant au pointage laser des constellations, il a été un
peu écourté à cause de nuages passagers. Mais le
temps a été intéressant pour cette soirée d’automne,
froide certes mais, la chance était avec nous sans
pluie.
JPY: Vous êtes intervenu avec l’ANPCEN sur un
thème qui vous est cher: la pollution lumineuse.
FM: On le sait, en moins de 50 ans, l’homme a
bouleversé l’alternance vitale du jour et de la nuit par
une utilisation exponentielle et disproportionnée des
sources lumineuses artificielles. C’est une pollution
lumineuse qui touche 20 % de la planète qui se voit
17 octobre 2013
la nuit et qui est produite par les éclairages des villes
et des villages. Il faut savoir que dans les grandes
villes, la voie lactée n’est plus visible tout comme 90 %
des étoiles ! Et au moment où l’intérêt de l’astronomie
n’a jamais connu une telle popularité, il n’a jamais
été aussi diffidle de contempler le ciel étoilé... Quel
paradoxe !
JPY: Vous avez insisté sur les autres conséquences?
FM: Oui et elles sont nombreuses tant sur le plan de
la santé que du confort: la pollution lumineuse gène
le sommeil et le repos humain. L’impact se fait aussi
sentir sur la faune et la flore car la mise en lumière
de la nuit engendre des dérèglements des rythmes
biologiques chez certaines espèces. Toute la chaîne
alimentaire s’en trouve ainsi modifiée et par voie de
conséquence la biodiversité.
Un gage de sécurité ?
JPY: Qu’en est-il de l’argument sécuritaire 
?
L’éclairage public est-il un gage de sécurité ?
FM: Non, contrairement aux idées reçues ! On
entend dire que cela empêche les cambriolages et
les agressions. Mais il y a des vols aussi quand il y
a des lampadaires ! ll faut savoir —et les statistiques
de la police le prouvent— que la majorité d’entre eux
a lieu de jour. L’éclairage public nous donne un faux
sentiment de sécurité. Pour exemple, la commune du
Poiré-sur-Vie où depuis 3 ans, la lumière est éteinte
dès 23 heures tant dans les lotissements qu’au centreville : d’après les témoignages des élus, il n’y a pas
eu davantage de vols ! D’autres communes du Pays
yonnais pourraient aussi en parler !
JPY: De quoi rêvez-vous pour Dompierre ?
FM: De faire avancer les pratiques locales en
matière d’éclairage public pour aller plus loin dans la
cohérence de son utilisation et dans les économies
d’énergie en apportant «la bonne quantité de lumière
au bon endroit et au bon moment». Il ne sert à rien
d’éclairer les trottoirs, les arbres, les façades des
maisons quand il n’y a pas un chat à circuler ! Pourquoi
ne pas éteindre les lumières dans toute la voirie
secondaire ? Cela ferait de belles économies. Selon
l’ADEME, il est possible de faire une économie de 30 à
40 % sur la consommation d’énergie des communes.
Actuellement, ce n’est pas rien ! Cela serait un moyen
de limiter la hausse des impôts ou de réinvestir les
sommes économisées dans d’autres projets ...
Françoise Lahuec
(Correspondante locale)
SOS 53 - Hiver 2013-14
11 Éclairer
pour rien
la
nuit
Cathédrale de Chartres (Eure et Loir)
à 1h10 et le reste de la nuit du 3.12.2013
À partir du 1er juillet 2013,
les bureaux, façades et bâtiments
économisent leur électricité.
developpement-durable.gouv.fr
©Novapix/NASA
Photo : Christophe Martin-Brisset ANPCEN (Loir-et-Cher)
Participez avec l’ANPCEN au suivi
de l’arrêté ministériel de janvier 2013
V
ous pouvez demander à l’ANPCEN l’envoi de 2 affichettes imprimées au format A3 de la
campagne du Ministère de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie «ECLAIRER
POUR RIEN (LA) NUIT» afin d’en faire la publicité autour de vous.
Vous pouvez aussi nous envoyer deux ou trois photos prises près de chez vous, illustrant le suivi
ou non-suivi de l’arrêté de janvier 2013, en vigueur depuis juillet, à l’adresse [email protected]
anpcen.fr en précisant simplement le type de bâtiment, le lieu et l’heure de prise de vue.
Vous pouvez enfin utiliser le courrier type préparé par l’association (à adapter aux circonstances
locales) afin d’écrire à votre mairie pour demander l’application de l’arrêté d’extinction des façades
et vitrines au plus tard à une heure du matin, et des bureaux non occupés une heure après la fin
d’activité, en contactant [email protected]

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