Protocoles de l`Académy of Breastfeeding Medicine

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Protocoles de l`Académy of Breastfeeding Medicine
Protocoles de l’Academy of Breastfeeding Medicine
Protocole clinique numéro 18
Utilisation des antidépresseurs chez les mères allaitantes
Clinical Protocol Number 18 – Use of antidepressants in nursing mothers.
Comité des Protocoles de l’Academy of Breastfeeding Medicine. Breastfeed Med 2008; 3(1); 44-52.
L’un des principaux objectifs de l’Academy of Breastfeeding Medicine est le développement de protocoles
cliniques portant sur le suivi de problèmes médicaux courants pouvant avoir un impact sur le succès de
l’allaitement. Ces protocoles sont destinés uniquement à servir de recommandations pour le suivi des mères
allaitantes et de leurs enfants, et ne constituent pas un mode exclusif de traitement ou un standard pour les soins
médicaux. Des variations dans le traitement pourront être appropriées en fonction des besoins individuels du
patient.
Contexte
Dans la mesure où on estime que 5 à 25% des femmes expérimenteront une dépression pendant la première année
post-partum (1, 3), il est essentiel que les professionnels de santé considèrent toutes les options du traitement, y
compris les risques et les avantages pour les mères allaitantes. De nombreux professionnels de santé connaissent les
effets à court et à long terme que peut avoir la dépression du post-partum sur les mères et les enfants (4-6). En dépit
de cela, la dépression du post-partum est souvent non diagnostiquée et non traitée (2). La dépression du postpartum est une maladie que l’on peut traiter. Les diverses options incluent la psychothérapie (cognitivecomportementale, psychothérapie interpersonnelle – 7-9), les antidépresseurs (8, 10, 11) ou une combinaison de
médicaments et de thérapie (8). Le choix de l’approche thérapeutique pourra être influencé par de nombreux
facteurs, y compris le souhait d’allaiter de la mère. Des femmes pourront ne pas recevoir de traitement médical, ou
en recevoir un à des posologies inadéquates parce qu’elles allaitent, ou pourront décider de ne pas allaiter parce
qu’elles se posent des questions sur l’utilisation des médicaments pendant l’allaitement. Il est absolument
nécessaire de prendre en compte les risques liés à une dépression non traitée, les risques du traitement pour l’enfant
et sa mère, et les bénéfices du traitement. Ce protocole discute de l’importance de rechercher activement la
dépression du post-partum, de la diagnostiquer lorsqu’elle est présente, de la détermination du traitement, et elle
fait spécifiquement le point sur les traitements médicaux pour lesquels il existe suffisamment de données pour faire
des recommandations (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine, antidépresseurs tricycliques et hétérocycliques).
Nous reconnaissons que le problème est complexe, et qu’il y a de nombreux autres facteurs qui ont un impact sur
les soins aux femmes souffrant de dépression du post-partum, mais les aborder dépasse le cadre de ce protocole.
Approche clinique d’identification de la dépression du post-partum
La dépression du post-partum est souvent non reconnue par les mères et les professionnels de santé (2, 12-14). Les
symptômes de dépression – humeur dépressive, troubles du sommeil, perte de poids, fatigue, difficultés de
concentration, anxiété, perte d’intérêt pour les activités habituelles – peuvent être difficile à distinguer de ce que vit
normalement une nouvelle mère. Il est également important de différencier les mères qui souffrent de dépression du
post-partum de celles qui présentent un baby-blues, dans la mesure où un diagnostic faussement positif sera à
l’origine d’un traitement inutile. Afin de distinguer la dépression du baby-blues, la durée (> 2 semaines, toute la
journée presque tous les jours) et la sévérité (handicap fonctionnel) doivent être évaluées (15).
Pour de nombreuses femmes, le fait de reconnaître qu’elles ressentent autre chose que du bonheur après la
naissance de leur enfant peut être dévastateur ou embarrassant. Si une mère ressent l’envie de se faire du mal ou
d’en faire à son bébé, elles a souvent peur d’en faire part à son obstétricien, à son médecin de famille, au pédiatre, à
la sage-femme, à la puéricultrice, ou à tout autre professionnel de santé, de crainte d’être cataloguée comme
« folle », ou qu’on lui retire son bébé. En conséquence, de nombreuses femmes ne feront pas part de leurs
difficultés, voire même de les identifieront pas comme étant un problème, tant qu’un professionnel de santé ne leur
1
posera pas des questions spécifiques ou n’utilisera pas un outil de dépistage (voir table 1). Suivant les régions et les
pays, il est fréquent pour les femmes d’être suivies en post-partum par des professionnels de santé autres que des
médecins. En pareil cas, la communication entre ces autres professionnels de santé et les médecins pourrait être
cruciale pour faire un diagnostic correct et démarrer à temps un traitement.
Table 1. Recommandations pour identifier les femmes souffrant de dépression du post-partum
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La méthode préférée pour identifier les femmes souffrant de dépression du post-partum est l’utilisation
systématique d’un outil de dépistage validé, tel que l’Echelle de dépression post-natale d’Edinburgh (16), ou
l’Echelle d’évaluation de la dépression du post-partum (17-19) à la visite obstétricale du post-partum et à toutes
les visites de suivi de l’enfant pendant la première année post-partum.
Demander à la mère si elle se sent « vidée » ou anxieuse. De nombreuses femmes souffrant de dépression
du post-partum rapportent l’anxiété comme premier symptôme, plutôt qu’une humeur dépressive ou
l’impossibilité de se sentir heureuse. Des inquiétudes excessives de la mère sur sa santé ou celle de son bébé
devraient induire des questions.
Demander à la mère si elle a des difficultés à dormir même quand elle est épuisée et que son enfant dort
(20) ou si au contraire elle dort tout le temps et a du mal à sortir du lit.
Demander à la mère si elle a perdu ou pris du poids. De nombreuses femmes souffrant de dépression du
post-partum font état d’une perte de l’appétit, mais elles mangent parce qu’elles ont besoin de garder des forces
pour s’occuper de leur enfant. Certaines mères prennent du poids.
Demander franchement à la mère, mais d’une façon non culpabilisante, si elle éprouve l’envie ou la peur de
faire du mal à son bébé. Par exemple, « De nombreuses nouvelles mères se sentent anxieuses au sujet de leur
nouveau bébé. Elles peuvent avoir des pensées inhabituelles ou effrayantes, elles peuvent craindre de faire du
mal à leur bébé. Est-ce que cela vous arrive ? » (21). Les mères qui ont des pensées intrusives ne veulent pas
faire de mal à leur bébé, et évitent les situation qui leur font peur (par exemple, une mère qui a peur que son
bébé se noie ne baignera pas son bébé, et le fera baigner par son compagnon). Il est important de distinguer la
femme souffrant de dépression du post-partum dont les pensées intrusives ou la peur de faire du mal à son bébé
sont juste déplacées, la mère souhaitant que son bébé soit en sécurité, de la mère qui souffre de psychose du
post-partum, qui est délirante, et qui pourra avoir l’idée de faire du mal à son bébé pour « le sauver du diable ou
lui éviter une vie de tourments ». Les mères délirantes ont un risque élevé de faire du mal à leur enfant ou à
elles-mêmes, et elles doivent être immédiatement évaluées par un psychiatre (22).
Demander à la mère si elle a des problèmes ou des questions sur l’adaptation à un nouveau bébé.
Observer les interactions entre la mère et son enfant, y compris la capacité de réponse de la mère à l’enfant
et de l’enfant à sa mère.
Des difficultés d’allaitement, ou le fait de ne pas éprouver de plaisir à allaiter, peuvent être un signal
d’alarme à évaluer plus en détail.
Approche clinique du traitement de la dépression du post-partum
Quand une dépression du post-partum est diagnostiquée chez une femme, le choix du traitement doit être considéré.
Si l’absence de traitement est une option, ce n’est pas l’approche à préférer. La dépression du post-partum peut
durer pendant des mois ou des années, et avoir un impact à long terme sur la santé et le bien-être des mères et des
enfants (4, 5, 9, 23). Chez les mères allaitantes souffrant de dépression légère à modérée, le traitement de première
intention est la psychothérapie si cette option est disponible. La psychothérapie peut être un traitement efficace
chez les femmes souffrant de dépression du post-partum, et elle ne présente aucun risque pour l’enfant. La
psychothérapie peut également avoir l’avantage d’induire des changements durables dans les mécanisme de gestion
et d’adaptation au nouveau rôle de mère.
Si une psychothérapie n’est pas faisable en pratique, si elle est inacceptable pour la mère, ou si les symptômes sont
sévères, les antidépresseurs sont une option efficace. La méthode de choix d’un antidépresseur se fonde sur divers
facteurs. Aucun antidépresseur n’a été démontré comme étant plus sûr ou plus efficace qu’un autre en post-partum
ou pendant la lactation. La majorité des médicaments sont excrétés dans le lait, y compris tous les antidépresseurs.
Les données utilisées pour prendre une décision clinique proviennent essentiellement de présentation de cas ou de
séries de cas. En conséquence, le choix du traitement initial devrait être fondé sur une approche clinique informée
2
qui prend en compte les précédents traitements pour dépression de la patiente, les symptômes visés, les antécédents
familiaux de dépression et leur réponse aux antidépresseurs, les problèmes médicaux passés et présents, les autres
traitements médicaux suivis, les allergies, les effets secondaires des traitements, et les souhaits de la mère. Une
analyse individualisée risques/bénéfices du traitement doit être effectuée (voir table 2 – 28).
Table 2. Risques et bénéfices d’un traitement antidépresseur chez une femme allaitante
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Les risques liés à l’absence de traitement d’une dépression du post-partum sont :
o
La persistance des symptômes
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L’éventuelle augmentation de la sévérité des symptômes, y compris la détérioration du
fonctionnement et les pensées (voire les actes) violents dirigés contre soi ou contre les autres
o
Les disputes dans les relations
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Un parentage détérioré
o
La négligence de l’enfant
o
L’impact sur le développement de l’enfant (comportemental, social et cognitif)
Les risques liés au traitement antidépresseurs sont :
o
Maternels : effets secondaires des médicaments, interactions médicamenteuses potentielles
o
Infantiles : exposition via le passage dans le lait maternel, données limitées sur l’impact à long
terme sur le développement de l’enfant
Les bénéfices du traitement sont la disparition des symptômes de dépression, ce qui est susceptible
d’augmenter l’estime de soi chez la mère, d’améliorer le parentage, les interactions mère-enfant, et le
développement de l’enfant (24).
Les bénéfices médicaux et psychologiques de l’allaitement pour les enfants et les mères sont bien
documentés (25-27). Cela pourrait être particulièrement important pour les mères déprimées en raison du
sentiment d’accomplissement que donne l’allaitement, et de la participation active et positive de la mère aux
soins et au développement de l’enfant.
Les risques de l’allaitement pour une mère déprimées doivent être pris en compte et peuvent inclure :
o
La privation de sommeil due à la totale dépendance de l’enfant, qui peut exacerber ou précipiter les
symptômes de dépression.
o
Les sentiments de culpabilité et d’anxiété que pourra ressentir la mère allaitante qui prend des
médicaments à l’idée qu’elle expose son bébé aux médicaments peut exacerber les symptômes de
dépression.
Facteurs cliniques affectant le choix de l’antidépresseur
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Il n’existe pas d’algorithme pour le choix d’un antidépresseur en post-partum ou pendant l’allaitement.
Toutefois, des articles écrits par des experts en la matière donnent des recommandations cliniques (28-29).
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Obtenir un historique des précédents traitements antidépresseurs. En général, si un traitement a été efficace
et bien toléré dans le passé, et s’il n’y a pas de contre-indications actuelles, il est probablement le traitement de
première intention.
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Obtenir un historique familial des antécédents de dépression. L’historique d’un membre de la famille
proche peut être une indication de la réponse de la mère au traitement.
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Prendre en compte les principaux symptômes que le produit devra cibler, et les effets secondaires potentiel
de l’antidépresseur. Par exemple, si une mère est particulièrement anxieuse, un produit qui peut aggraver
l’anxiété ne sera pas le premier choix. Si la mère souffre d’hypersomnie, un produit qui a un impact sédatif
comme effet secondaire ne sera pas le premier choix. Si une mère a des troubles somatiques tels que des nausées
ou une diarrhée, un produit dont les effets secondaires incluent la diarrhée ne sera pas le traitement de première
intention.
Choisir un antidépresseur pendant l’allaitement
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Lorsqu’on envisage un traitement médical quel qu’il soit pendant l’allaitement, le prescripteur doit prendre en
compte les facteurs qui influenceront le taux sérique de l’enfant, marqueur le plus fiable de l’exposition de l’enfant.
Les facteurs qui influencent le passage du produit dans le lait doivent être considérés (mode d’administration, taux
d’absorption, demi-vie, pic plasmatique, rapidité de métabolisation, volume de distribution, poids moléculaire,
degré d’ionisation, pH plasmatique (7,4) et lacté (6,8), hydro ou liposolubilité, fixation plus importante aux
protéines plasmatiques qu’aux protéines lactées), ainsi que les facteurs qui influencent la quantité de produit
absorbée par l’enfant (production lactée, colostrum versus lait mature, taux lacté du produit, façon dont le sein avait
été vidé à la précédente tétée), et la capacité du bébé à absorber, métaboliser et excréter le produit. Des
informations de bonne qualité sur l’utilisation de médicaments chez la femme allaitante sont disponibles dans la
section TOXNET de Lactmed, à l’adresse suivante : http://toxnet.nlm.nih.gov.
La plupart des études sur les antidépresseurs donnent des taux lactés, ou un rapport lait/plasma, qui ne sont pas
constants et dépendent de facteurs tels que la posologie, la fréquence, la durée de la prise, les variations maternelles
dans les prises, les interactions médicamenteuses, et les caractéristiques génétiques maternelles. Peu d’études
recherchent le taux plasmatique chez l’enfant, en dépit du fait que c’est le meilleur marqueur de son exposition. La
plupart des études estiment que la quantité quotidienne absorbée par l’enfant (calculée à partir de la dose maternelle
et du taux lacté) est sans danger si elle ne dépasse pas 10% de la dose thérapeutique infantile (ou de la dose adulte
ajustée pour le poids).
Antidépresseurs spécifiques
D’après les données d’une méta-analyse récente, tous les antidépresseurs étaient détectables dans le lait maternel,
mais tous n’étaient pas détectables dans le sérum des enfants (30). Les taux sériques infantiles de nortriptyline, de
paroxétine et de sertraline étaient indétectable dans la plupart des cas. Les taux sériques de citalopram et de
fluoxétine excédaient les 10% estimés comme sans danger dans respectivement 17% et 22% des cas. Peu d’effets
secondaires ont été rapportés avec les antidépresseurs quels qu’ils soient. Il n’y a cependant pas suffisamment de
cas pour tous les autres antidépresseurs pour conclure.
Les IRS
Les IRS sont les antidépresseurs les plus prescrits. Cette classe comprend le citalopram (20-60 mg), l’escitalopram
(10-20 mg), la fluoxétine (20-80 mg), la fluvoxamine (50-300 mg), la paroxétine (20-60 mg) et la sertraline (50200 mg). Les IRS améliorent la dépression et l’anxiété en bloquant les transporteurs de la sérotonine, et en
augmentant la disponibilité de la sérotonine au niveau des synapses. Ces produits sont habituellement prescrits pour
les troubles dépressifs ou anxieux, mais il peuvent également l’être pour la fibromyalgie, les douleurs
neuropathiques, et les troubles prémenstruels. Les effets secondaires courants sont des troubles gastro-intestinaux,
des céphalées, un dysfonctionnement sexuel, de la nervosité ou de la sédation. Sauf la fluoxétine qui a une demi-vie
de 4 à 6 jours, la plupart des IRS ont une demi-vie de 24 à 48 heures. Les inhibiteurs de la recapture de la
sérotonine-noradrénaline (IRSNA) sont une nouvelle classe structurellement proche d’antidépresseurs, qui sont de
plus en plus utilisés parce qu’ils semblent être plus efficaces avec moins d’effets secondaires, en particulier pour les
douleurs neuropathiques. Dans la mesure où les IRS sont utilisés depuis plus longtemps et qu’il existe davantage de
données concernant leur utilisation pendant l’allaitement, cet article portera sur les IRS.
Tous les IRS ont été retrouvés dans le lait maternel, bien que la paroxétine (31-33) et la sertraline (33-38)
n’induisent pas de taux sérique détectable chez le bébé (30). Aucun de ces produits n’était excrété dans le lait à un
taux excédant le taux recommandé de 10% de la posologie maternelle. En revanche, la fluoxétine (39-44) dans 22%
des cas, et le citalopram (33, 45, 46) dans 17% des cas étaient excrétés dans le lait à des taux excédant 10% de la
posologie maternelle (30). Il n’y a pour ainsi dire aucun cas rapporté concernant l’escitalopram, et peu de cas
concernant la fluvoxamine (47-52) chez des mères allaitantes, probablement parce que l’escitalopram est un produit
récent, et que la principale indication de la fluvoxamine est le traitement des troubles obsessionnels compulsifs et
non la dépression, et qu’elle est donc moins souvent utilisée. Dans la plupart des études, aucun effet secondaire n’a
été rapporté chez les bébés suite à l’utilisation de ces produits. Les quelques effets secondaires rapportés étaient des
difficultés d’endormissement, des coliques, une irritabilité, une tétée peu efficace, et une somnolence (53-55). Dans
un cas, un bébé a présenté des convulsion alors que sa mère était traitée par fluoxétine (56). Toutefois, il était
impossible de dire que la fluoxétine était à l’origine de ces convulsions, dans la mesure où la mère prenait d’autres
médicaments, et où le taux sérique de l’enfant n’a pas été mesuré.
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Bien que l’association entre la fluoxétine et les effets observés est incertaine, l’impact à long terme de ce puissant
inhibiteur de la recapture de la sérotonine sur le développement et le neurocomportement pendant une période où le
système nerveux central se développe rapidement n’a été correctement étudié, ni celui d’aucun des autres IRS (57).
De plus, la prise de poids plus faible constatée par une étude pourrait avoir une importance clinique dans certains
cas, et cela devrait donc être suivi soigneusement chez tous les bébés allaités dont la mère prend de la fluoxétine
(58). La Food and Drug Administration américaine a recommandé au fabricant de réviser la notice de la fluoxétine
pour y inclure une mise en garde contre son utilisation par les mères allaitantes (59). La notice actuelle inclut cette
mise en garde.
En gardant toutes ces informations en tête, la sertraline et la paroxétine sont souvent les plus susceptibles d’être
prescrites, en raison de leur taux proche de zéro dans le lait maternel, en se fondant sur la présomption que l’impact
sur le système nerveux de l’enfant sera plus bas que celui d’autres IRS dont le taux lacté est plus élevé.
Tricycliques imipraminiques et hétéroxycliques
Les tricycliques (amitriptyline, amoxapine, clomipramine, desipramine, doxépine, maprotiline, nortriptyline,
protriptyline et trimipramine) sont l’une des classes d’antidépresseurs les plus anciennes. Ils sont efficaces pour
traiter les troubles dépressifs et anxieux, et ils sont souvent utilisés à faibles doses comme sédatifs ou contre les
douleurs chroniques. Leur mode d’action est probablement en rapport avec le blocage du transporteur de la
noradrénaline, ce qui augmente sa disponibilité au niveau des synapses. Ces produits bloquent également les
pompes à recapture dopaminergiques et sérotoninergiques, ce qui peut contribuer à leur action thérapeutique.
Malheureusement, ils bloquent également les récepteurs muscariniques cholinergiques, les récepteurs histaminiques
H1, et les récepteurs alpha-1-adrénergiques, ce qui est très probablement la raison de leurs nombreux et
désagréables effets secondaires. En dépit de leur efficacité et de leur faible coût, ils sont utilisés moins souvent que
les IRS en raison de leurs effets secondaires ; ils peuvent induire une hypotension, une sédation, une sensation de
bouche sèche, une rétention urinaire, une prise de poids, des troubles sexuels et de la constipation. De plus, en cas
d’overdose, ces produits peuvent provoquer une arythmie cardiaque et le décès. Dans cette classe de produits, seule
la nortriptyline a donné lieu à suffisamment de rapports de cas sur son utilisation pendant la lactation. Dans la
plupart des cas, la nortriptyline est indétectable dans le sérum des bébés. Son métabolite a été détecté, mais aucun
effet secondaire n’a été rapporté (60-62). Il n’existe pas suffisamment de rapports de cas sur les autres produits.
Toutefois, l’utilisation de la doxépine est souvent déconseillée en raison d’un cas d’hyptonie, de succion faible, de
vomissements et de sédation rapporté chez un enfant allaité, les symptômes ayant disparu après l’arrêt de
l’allaitement 63).
Autres antidépresseurs
D’autres antidépresseurs courants sont la mirtazapine, un antidépresseur qui agit en bloquant les récepteurs
présynaptiques noradrénergiques qui contrôlent la sécrétion d’adrénaline et de sérotonine, la venlafaxine (33, 64) et
la duloxétine, qui sont des IRSNA, et le bupropion, qui est un inhibiteur de la recapture de la noradrénaline et de la
dopamine. Il existe quelques rapports de cas pour ces produits (65-66), et il n’en existe pas suffisamment pour
permettre de détecter un effet secondaire significatif chez le bébé allaité. Un cas de convulsions chez un bébé
exposé au bupropion via le lait maternel a été rapporté, mais le rapport de cause à effet n’est pas assuré (67).
Phytothérapie et produits naturels
Le millepertuis, une plante, est utilisé depuis des années pour le traitement de la dépression légère à modérée, en
particulier en Europe. Son utilisation comme antidépresseur est controversée aux Etats Unis. Il n’existe qu’une
étude portant sur un nombre suffisant de cas (68). Dans cette étude, la prévalence des coliques, de la somnolence et
de la léthargie était plus élevée dans le groupe millepertuis que dans le groupe témoin, mais un biais confondant
était la prise concomitante d’autres antidépresseurs dans le groupe étudié. Aucun effet à long terme n’a été constaté,
ni aucun effet sur la production lactée.
Les acides gras en oméga-3 sont actuellement étudié pour le traitement de la dépression pendant la grossesse et le
post-partum (69). Les acides gras en oméga-3 semblent présenter peu de risques pour les mères et les enfants, dans
la mesure où ils sont des éléments naturels essentiels de l’alimentation, et qu’il y a souvent des carences pendant la
grossesse et l’allaitement. Le principal effet secondaire est de donner une odeur de poisson, et le manque de
données permettant d’assurer avec certitude qu’ils constituent un traitement de la dépression.
5
Il n’existe pas de données ou peu de données permettant de penser que les traitements ethniques ou régionaux sont
sans danger ou efficaces. En conséquence, leur prescription par des professionnels de santé est fortement
déconseillée.
Recommandations pour le traitement antidépresseurs de mères allaitantes
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Les données actuelles permettent de penser que la dépression maternelle non traitée peut avoir un impact
sérieux et à long terme chez les mères et les enfants, et que le traitement pourra améliorer les choses pour les
mères et les enfants. En conséquence, il est fortement recommander de la traiter.
Toutefois, il est important de ne pas porter le diagnostic de « dépression » chez des mères qui ne présentent
qu’un « baby blues » modéré. Nous devons faire la distinction. Si les symptômes sont modérés, il n’y a pas de
raison de démarrer un traitement antidépresseur pendant les 2 premières semaines post-partum.
Chaque fois que possible et lorsque les symptômes sont légers à modérés, la psychothérapie est le
traitement de première intention chez les mères allaitantes, dans la mesure où elle ne présente aucun risque pour
l’enfant. Les mères doivent être suivies, et la situation sera régulièrement réévaluée. En l’absence
d’amélioration, ou en cas d’aggravation des symptômes, un traitement médicamenteux antidépresseur doit être
envisagé.
La psychothérapie en plus d’un produit antidépresseur est recommandée chez les femmes présentant des
symptômes graves.
Les femmes souffrant de symptômes modérés à sévères pourront demander à recevoir uniquement un
médicament antidépresseur, et cela doit être pris en compte dans la mesure où les bénéfices du traitement sont
probablement supérieurs aux risques du traitement pour la mère et l’enfant.
Il n’existe pas d’algorithme largement accepté pour la prise d’un antidépresseur pour le traitement de la
dépression chez la mère allaitante. Une analyse individualisée des risques et des bénéfices sera effectuée dans
chaque cas, qui prendra en compte les antécédents cliniques de la mère et la réponse au traitement, les risques
d’une dépression non traitée, les risques et bénéfices de l’allaitement, les bénéfices du traitement, les risques
connus et inconnus du traitement pour l’enfant, et les souhaits de la mère.
Si la mère n’a pas d’antécédents de traitement antidépresseur, un antidépresseur tel que la sertraline ou la
paroxétine, pour qui on a constaté un faible taux dans le lait maternel et dans le sérum de l’enfant, et qui ont peu
d’effets secondaires, est un premier choix approprié.
Si la mère a déjà été traitée avec succès avec un IRS, un tricyclique ou un IRSNA dans le passé, les
données concernant cet antidépresseur particulier seront passées en revue dans la mesure où il devrait être
considéré comme le traitement de première intention en l’absence de contre-indication.
Les mères devraient recevoir des informations sur les risques connus et inconnus du traitement et sur ses
bénéfices, afin de pouvoir prendre une décision informée.
Les mères devraient être suivies étroitement pendant le début du traitement afin d’évaluer les modifications
des symptômes, y compris leur aggravation. En particulier, les femmes qui souffrent de trouble bipolaire non
diagnostiqué ont un risque plus élevé de présenter un épisode de dépression, de manie ou de psychose pendant
le post-partum. Bien que ce soit rare, les mères et leurs compagnons devraient être avertis des symptômes à
surveiller, comme une augmentation de l’insomnie, un délire, des hallucinations, une fuite des idées, un discours
volubile, une hyperactivité, afin de contacter immédiatement un spécialiste des troubles mentaux.
Les bébés devraient être évalués avant le démarrage d’un nouveau traitement pendant l’allaitement, puis
suivis soigneusement par le pédiatre, avec suivi régulier de la croissance. La recherche d’un taux sérique sur une
base régulière n’est pas indiquée en l’absence d’indication clinique ou de problème.
Il existe des stratégies pour abaisser l’exposition de l’enfant, sur lesquelles il existe peu de données fiables,
telles que prendre le produit immédiatement après une tétée, et tirer et jeter le lait pendant la période du pic
sérique.
Conclusions et suggestions pour les futures recherches
En dépit des nombreuses publications sur les antidépresseurs et l’allaitement, la littérature scientifique manque à la
fois de largeur et de profondeur sur le plan des données qui permettraient aux cliniciens et aux mères de prendre
des décisions en toute confiance sur un produit donné. De multiples analyses de la littérature suggèrent que les
tricycliques et les IRS sont relativement sans danger, et toutes recommandent d’évaluer au cas par cas le rapport
risques / bénéfices.
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La littérature souffre de l’absence d’études randomisées sur n’importe quelle classe d’antidépresseur chez des
femmes allaitantes. La majorité des études sont des rapports de cas ou des séries de cas, et la plupart portent sur des
cohortes de petite taille. Les études qui portent sur des groupes plus importants (n > 25) portent essentiellement sur
divers produits. Seulement 6 études contrôlées (une étude rétrospective – 70 – et cinq études prospectives – 42, 45,
46, 43, 71) comportaient un groupe témoin, dans certains cas un groupe non déprimé, ce qui n’était pas le cas des
autres études. Aucune étude ne contrôlait de façon suffisante le niveau de dépression. De plus, la fiabilité des
rapports de cas est limitée par des variables confondantes telles que l’exposition in utero, les âges variables des
bébés, les temps variables entre la prise du médicament et le recueil des échantillons, l’absence d’information sur le
taux du produit dans le lait de début de tétée versus le lait de fin de tétée, et l’absence d’informations sur la quantité
de lait consommée en moyenne par l’enfant. La majorité des études donne des informations sur la quantité de
produit détecté dans le lait et le sérum maternels. Certaines études donnent également des informations sur le taux
sérique infantile du produit. Peu d’études donnent des informations sur le suivi comportemental de l’enfant.
Remerciements
Ce travail a été financé en partie par un don du Bureau de la Santé Maternelle et Infantile, Département de la Santé
et des Services Humains.
Références
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Les protocoles de l’ABM expirent cinq ans après leur date de publication. Des révisions
fondées sur des données scientifiques sont faites au bout de cinq ans, ou plus rapidement
s’il y a des modifications significatives des connaissances.
Auteurs
*Linda H. Chaudron, M.D., M.S.
*Stephanie A.M. Giannandrea, B.A.
Comité des protocoles
Caroline J. Chantry, M.D., FABM, Co-Chairperson
Cynthia R. Howard, M.D., MPH, FABM,Co-Chairperson
Ruth A. Lawrence, M.D., FABM
Kathleen A. Marinelli, M.D., FABM,Co-Chairperson
Nancy G. Powers, M.D., FABM
* Auteur principal
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