biographie en français

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biographie en français
Diam’s
Enfants du désert
Diam’s était dans sa bulle, mais les envieux l’ont crue enfermée dans une tour
d’ivoire.
Tristement logique dans ce pays où la popularité suscite au mieux la jalousie, au
pire la haine. Alors, après un album devenu phénomène de société, après une
triomphale tournée, après le venin craché sur elle par une certaine presse, Mélanie a
pris le temps de regarder l’Afrique et de contempler la lune. Mais comment
exprimer son mal-être quand on n’a que le droit de faire semblant d’être heureuse ?
Mélanie a une seule réponse à cette interrogation : la thérapie musicale. De
nombreuses clés étaient déjà données dans « I Am Somebody », single hors format
racontant les blessures intimes de cette artiste à fleur de peau.
« Enfants du désert », premier single officiel du futur album S. O. S., remet les
pendules à l’heure tout en conservant quelques fondamentaux : d’abord une
réalisation impeccable signée Tefa & Masta (on ne change pas une équipe qui
gagne), mais aussi une mélodie tenace comme le virus H1N1 et des lyrics à la
hauteur de sa réputation.
Une autocritique ? Oui, clairement, comme lorsque Diam’s ose lâcher « Moi
comme une tache j’ai couru après le commerce et les dollars/Au point d’avoir au
poignet la même Rolex que Nicolas ».
L’écriture est dense, les rimes font mouche et les couplets s’enchaînent comme par
magie, révélant une artiste débarrassée des conventions rapologiques, osant s’ouvrir
à d’autres rythmes, à d’autres horizons musicaux.
Et tant pis si sa sincérité à fleur de peau passe pour de la démagogie aux yeux des
cyniques, Diam’s compte bien continuer à l’ouvrir, à dire ce qu’elle pense, à
utiliser sa musique comme une arme, à se servir de ses mots pour soulager d’autres
maux, notamment ceux du continent premier qu’elle a parcouru pendant son année
sabbatique.
Un proverbe asiatique bien connu dit que quand le sage contemple la lune, les sots
regardent son doigt. Celui de Diam’s est un majeur tendu à tous ceux qui l’ont crue
au bout du rouleau et à court d’inspiration : avec « Enfants du désert », la lyriciste à
la plume la plus affûtée à l’ouest de l’Essonne sort le grand jeu.
Diam’s est sortie de sa bulle, et elle nous livre sa vision du monde. L’enfant terrible
du rap français est enfin revenue, et ceux qui avaient laissé une jeune rebelle
talentueuse vont la redécouvrir en femme révoltée à la plume trempée dans
l’humanisme.
Un dernier avertissement : « Enfants du désert » n’est pas qu’un cri. C’est aussi un
hit, et le prélude à un quatrième album d’une impressionnante intensité.
La boulette est de retour, et c’est la meilleure nouvelle de la rentrée.
Olivier Cachin