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Mensuel d’information de Besançon et du Grand Besançon
www.presse-bisontine.fr
SEPTEMBRE 2014
N° 157
2,50€
Monture + 2 verres
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*
BESANÇON
6 place de la Révolution - C.C. Ile de France
67 rue des Cras www.opticiens-mutualistes-doubs.fr
IL ROULE… ET MAINTENANT ?
LE TRAMWAY DOIT
FAIRE SES PREUVES
LES QUESTIONS QUI RESTENT
EN SUSPENS
L’événement en p. 6 à 8
p. 18
L’ancien hôpital à vendre
p.5
Barbara Romagnan
La rebelle du P.S. ne
mâche pas ses mots
BESANÇON - PONTARLIER - CHATEAUFARINE
Pas d’acheteur
pour Saint-Jacques
POLITIQUE
Rédaction : “Publipresse Médias” - B.P. 83 143 - 1, rue de la Brasserie - 25503 MORTEAU CEDEX - Tél. 03 81 67 90 80 - www.presse-bisontine.fr - [email protected]
*Jusqu’au 20/09/2014 - sur le moins cher, hors promos et prix nets
PROJET
2
LA TWEETOSPHÈRE BISONTINE
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
Éditorial
À l’heure
Près de six ans de discussions, de débats,
de polémiques, de palabres, puis de
grogne, de mécontentements, de bruit,
de travaux, de déviations et de bouchons, et nous y sommes : le tram est
là, il circule et transportera ses premiers
voyageurs payants à partir du
1er septembre. L’ambitieux projet validé
par les élus le 18 décembre 2008 connaît
son aboutissement et son principal instigateur, le maire de Besançon, a de quoi
pour l’instant se réjouir : malgré l’épisode
tragi-comique de l’annulation de la déclaration d’utilité publique par le préfet et
le changement précipité de tracé, le tram
arrive à l’heure. Les six mois perdus à
cause de ce rebondissement ont été rattrapés durant la phase de travaux. Premier fait à souligner : le tram arrive à
l’heure annoncée. Dans une édition de
La Presse Bisontine parue fin 2008,
M. Fousseret annonçait la mise en service du transport en commun en 2014…
On ne peut en dire autant de tous les
grands chantiers publics lancés à Besançon (Passages Pasteur, contournement
de Besançon, Marnières…), le tram bisontin est livré à l’heure. Deuxième motif
de réjouissance : il a transformé - même
les plus grincheux ne peuvent le contester - la physionomie d’une bonne partie
de la ville et de quelques quartiers périphériques. Le tram a également (en ces
temps, c’est plutôt précieux) permis au
secteur des travaux publics de se maintenir à flot durant quelques années.
Enfin, ce nouveau moyen de transport
est censé redonner du souffle au centreville et le désengorger du trafic automobile, c’est d’ailleurs le sens premier
de sa réalisation. À l’heure de son inauguration, il reste cependant de grandes
questions en suspens dont les réponses
ne seront connues que dans quelques
mois : la fréquentation annoncée de
40 000 voyageurs par jour sera-t-elle
tenue, le déficit de fonctionnement du
tram sera-t-il supportable, le versement
transport versé par les entreprises pour
assurer le financement des travaux ne
risque-t-il pas de fondre à cause de la
crise, et une seule ligne transversale qui
“zappe” tant de quartiers suffira-t-elle à
assurer le succès au petit train bleu ?
Dès lors on ne pourra s’empêcher de se
poser rapidement la question : devra-ton lancer dans les prochains mois l’idée
d’une seconde ligne qui irriguera Besançon du Nord au Sud ? Passée
l’effervescence des premières semaines,
il faudra creuser ces questions en détail.
Bien qu’inauguré, le tram n’a fait que la
moitié de son chemin. I
Jean-François Hauser
LES TWEETS DU MOIS
MÉTÉO
L’été pourri, parlez-en à ces plaisanciers en mauvaise
posture !
Choulet Edouard @edouardchoulet
Un bateau échoué au Moulin Saint Paul à
#Besancon #doubs intervention pompiers en
cours OHBSVHSSDQBNLECȋKB U0ȊI
Régie Publicitaire :
François ROUYER au 06 70 10 90 04
Imprimé à I.P.S. - I.S.S.N. : 1623-7641
Dépôt légal : Septembre 2014
Commission paritaire : 0217I79291
Crédits photos : La Presse Bisontine,
C.G. 25, E. Chatelain et J.-C. Sexe - Ville de Besançon, Y. Petit, L.
Sauvonnet; F. Schwaab.
Qui a dit que le Comté n’était pas bon pour les sportifs ? Champion olympique de biathlon, Martin Fourcade s’entraîne à Prémanon avec des meules.
Les pluies ont souvent coïncidé avec de violents orages.
Clément @EasyScience
Photo prise au belvédère de Montfaucon
#Orage #Besançon pic.twitter.com/lERwysbyOb
NATURE
Le chantier du tram, désormais terminé, accueille un
drôle d’oiseau …
Jacquet Bernard @Balkan45
#besancon Hauts du Chazal, ce matin vers
ȌGȇȄCDRBHFNFMDRHMSQHFT¤[email protected]@[email protected]¤DCŗ[email protected] HBȊQAȊ
HUMOUR
Un blog humoristique est né un peu avant l’été à Besançon. À suivre sur www.lechodelaboucle.fr
l’Écho de la Boucle @EchodelaBoucle
([email protected]@[email protected][email protected]¢NM&DNQFD"KNNney et Daft Punk annulent leur participation.
ÉVÉNEMENT
est éditée par
“Publipresse Médias”- 1, rue de la Brasserie
B.P. 83 143 - 25503 MORTEAU CEDEX
Tél. : 03 81 67 90 80 - Fax : 03 81 67 90 81
E-mail : [email protected]
S.I.R.E.N. : 424 896 645
Directeur de la publication :
Éric TOURNOUX
Directeur de la rédaction :
Jean-François HAUSER
Directeur artistique : Olivier CHEVALIER
Rédaction :
Édouard Choulet,
Thomas Comte, Jean-François Hauser.
A collaboré à ce numéro : David Aubry.
SPORT
Besançon voit la vie en bleu. Pour l’inauguration du tramway, les remparts
de la Citadelle sont illuminés jusqu’au 31 août.
Besançon Tourisme @Besancontourism
[email protected]"[email protected]@TM¤[email protected]@[email protected]ŗ›Kŗ[email protected]@SHNMCT#tramKDȇȅ@N¶S
SCHMIDT Bertrand LPB157:Mise en page 1
22/08/14
10:58
Page 1
RETOUR SUR INFO - BESANÇON
4
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
L’actualité bouge, les dossiers évoluent. La Presse Bisontine
revient sur les sujets abordés dans ses précédents numéros,
ceux qui ont fait la une de l’actualité de Besançon.
Tous les mois, retrouvez la rubrique “Retour sur info”.
Tram : les rabat-joie
de l’inauguration
Selon
l’association
U3C, le coût
au kilomètre
dépasserait
les 20
millions si on
compte aussi
les travaux de
dévoiement
de réseaux.
Châteaufarine : Apple, Clavin Klein,
Hema parmi les petits nouveaux
L
a Presse Bisontine l’avait annoncé
au mois de mars : 15 nouvelles boutiques s’installeront début novembre
dans la galerie commerciale de Châteaufarine. Le groupe Mercialys qui gère
la commercialisation de cette zone devenue leader commercial régional n’avait
pas souhaité divulguer l’identité des futurs
arrivants, tous “exclusifs” à Besançon.
À quelques mois de l’ouverture, alors que
les travaux se font à l’abri des regards
des chalands, des noms de marques sont
désormais connus. Arrivent une boutique
Calvin Klein (habillement), Guess (habillement), Du bruit dans la cuisine, Hema
(moyenne surface de décoration pour la
maison), Adidas original et Apple (informatique).
Ces arrivées se font dans des mètres carrés jadis occupés par les réserves de
l’hypermarché Géant Casino. Cela portera à 85 le nombre de magasins implantés
ici. “La position de leader régional pour la
galerie commerciale est confortée, rappelle Jean-Marc Balanche, le directeur de
Mercialys. Dans cette extension, Hema
(déjà implantée à la Toison d’Or à Dijon)
sera l’une de nos locomotives.”
Ces créations nécessiteront l’embauche
d’environ 80 personnes. Pôle emploi Besançon devrait organiser des journées spécifiques afin que les enseignes puissent rencontrer du personnel.
À elle seule, Châteaufarine emploie 700
personnes et draine 5 millions de personnes
à l’année, soit environ 100 000 par semaine. “Une Z.A.C. forte fait un centre-ville
fort” image le responsable de la galerie.
Une étude visant à améliorer l’accessibilité,
notamment des parkings, est réalisée. I
Châteaufarine s’agrandit. 15 nouvelles boutiques arrivent en novembre
dont Apple, Calvin Klein, Héma…, renforçant la position de leader régional.
Les dernières
réalisations de
Découvrez
d’autres réalisations
sur notre site Internet :
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Thomas Laresche - Artisan chocolatier - MORTEAU
Identité visuelle - Packaging - Enseigne
Roger Territoire d’Homme - Prêt à porter masculin - BESANÇON
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Site internet - Plaquettes
JPR INVEST
JPR Invest, investisseur
et développeur de référence
L’ i m m o b i l i e r d ’e nt re p r i s e
La société JPR Invest basée à Besançon (Franche-Comté) a bâti sa
réputation sur les deux métiers qui en font aujourd’hui une référence nationale en
matière d’immobilier d’entreprise : l’investissement et le développement. En tant
qu’investisseur, la société JPR Invest rachète pour son compte ou pour celui du
groupe, des bâtiments existants ou en état futur d’achèvement à des promoteurs,
des enseignes ou des institutions partenaires. JPR Invest s’est également fait une
spécialité de réhabiliter les friches industrielles ou de reconstruire des centres de
ville et des zones industrielles ou commerciales existantes.
JPR INVEST
En tant que développeur, JPR Invest monte des opérations foncières à la demande
de ses clients. Après avoir défini avec eux un cahier des charges précis, JPR Invest
construit le projet, trouve le terrain disponible, choisit les architectes et définit le plan
de masse, avant de trouver les enseignes, présenter les dossiers en CDAC, superviser
la construction des bâtiments et les livrer à ses partenaires.
27, rue Clément Marot - 25000 Besançon
Tél. : 03 81 50 05 32 / Port. : 06 85 43 23 06 / Fax : 03 81 53 33 86
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Plusieurs principes guident le travail de la société JPR Invest : la rigueur, la créativité,
la solidarité avec ses partenaires. Quand JPR Invest implante un bâtiment, la société
valide systématiquement avec son partenaire toutes les étapes du projet, du planmasse au choix des matériaux de construction.
L’i m m o bi l ie r d ’e nt re p r i s e
“
w w w. j p r i nv e s t .f r
Nos Partenaires Financiers
Notre but est
d’apporter dans
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de la richesse
et de l’emploi mais
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commerciaux et
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qualité architecturale
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très supérieure
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passées.
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LES COMMERCIALISATEURS PARTENAIRES
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LES PARTENAIRES INSTITUTIONNELS ET FINANCIERS
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LES ENSEIGNES PARTENAIRES
Caisse d’Epargne | Leader Price | Général d’Optique | La Pataterie | Norma
La Halle aux vêtements | La Halle aux chaussures | LIDL | Vet’Affaires | NOZ | Jardiland
LES PARTENAIRES TECHNIQUES
Racle et Colin & associés notaires | Interface | J.M. Viala architecte | Socotec
&DELQHW /DPEROH\ $UFKLWHFWHV _ -RsO /DÀ\ $UFKLWHFWH _ $;$ DVVXUDQFH _ 0D]DUV _ )LGDO
LES VILLES PARTENAIRES
%HVDQoRQ _ '{OH _ 0RQWEpOLDUG _ 3RQWDUOLHU _ %RXORJQH%LOODQFRXUW _ 7UR\HV _ 6W 'L]LHU
Villefranche sur Saône | Pertuis
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amedi 30 août, c’est jour de
fête pour le Grand Besançon
qui inaugure son tramway (voir
en pages suivantes). Enfin, pas pour
tout le monde. Il y aura ceux qui
ne participeront pas aux festivités,
faute d’y avoir été conviés. C’est
notamment le cas de l’association
Union Civique des Contribuables
de Franche-Comté présidée par
Serge Grass. Selon lui, ces manifestations d’inauguration sont “un
exemple parmi d’autres des largesses que les élus offrent avec
l’argent des contribuables” estime
l’association. Il pense que le prix
des billets risque fort d’augmenter,
malgré les annonces officielles, prenant appui sur le rapport du service transport en 2012 : “Les recettes
de trafic sont en hausse du fait de
l’année pleine de la hausse de tarif
de 2011 et des hausses successives appliquées au 1er mars puis
au 1er septembre 2012” indique ce
document. L’association démonte
également l’argument selon lequel
S
ce tram serait le moins cher de
France à 17 millions d’euros le kilomètre. “Il coûtera en définitive environ 21 millions d’euros par kilomètre si on intègre le coût réel de
l’infrastructure et les coûts de dévoiement de réseaux qui ont été nécessaires. Il sera le moins rentable de
France, avance M. Grass, avec un
taux de rentabilité annoncé dans
l’enquête publique à 3,2 %. Il a déjà
fait tripler l’endettement par habitant de la C.A.G.B. Après le temps
des cigales viendra celui des fourmis contribuables.”
Même si comparaison n’est pas
raison, l’association U3C fait le
parallèle avec la L.G.V. Rhin-Rhône : “Ce projet devrait mettre la
Franche-Comté au cœur de
l’Europe. En fait, les passagers ne
sont pas au rendez-vous et le déficit d’exploitation est tel que la
S.N.C.F. envisage, parmi d’autres
idées, d’arrêter son exploitation”
termine l’association à contre-courant de l’enthousiasme actuel. I
Un outil pour diagnostiquer
la performance numérique
de votre logement
ilicon Comté a de la suite
dans les idées. Présentée
dans notre numéro d’avril,
cette “jeune” association basée
à Besançon avait promis de
développer l’économie numérique en Franche-Comté. Elle
tient son engagement. Grâce à
l’appui de bénévoles professionnels du numérique, elle lance l’outil gratuit “D.P.N.” permettant de réaliser “en une
minute chrono un diagnostic de
la performance numérique pour
une adresse et/ou numéro de
téléphone donné” explique Silicon Comté.
L’accès à Internet est devenu
au fil des ans une commodité,
“hélas, tous les territoires ne
sont pas égaux devant les technologies et débits disponibles”,
rappelle l’association. Créé en
partenariat avec la société bretonne Ariase, cet outil fonctionne
simplement en se rendant à
l’adresse dpn.siliconcomte.fr. Il
est mis à disposition du grand
public et des professionnels de
S
L’association bisontine Silicon Comté a créé
un outil pragmatique pour connaître la performance
numérique de son habitation.
l’immobilier désireux de valoriser des biens connectés. “Le
D.P.N. pourra également contribuer à identifier les zones du
territoire actuellement peu ou
mal desservies par les infrastructures numériques tout en
fournissant une meilleure information aux foyers pour qui la
connectivité Internet est essentielle, notamment lorsqu’il s’agit
de télétravailler” précise Christophe Boutet, président de Silicon Comté.
La structure mène en parallèle
une autre action : elle a écrit au
président de l’A.R.C.E.P. (gendarme français des télécoms)
pour l’alerter de la médiocre
qualité de service 3G ressentie
dans de nombreux territoires
ruraux de Franche-Comté. I
Pour diagnostiquer sa performance numérique : http://dpn.siliconcomte.fr
L’INTERVIEW DU MOIS
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
POLITIQUE
5
La députée bisontine
“Les choix actuels du gouvernement sont mauvais”
Barbara Romagnan a la
réputation d’une frondeuse.
Quitte à s’attirer les foudres au
sein même de son propre camp,
elle défend ses positions. Son
avis est d’autant plus fort depuis
la démission du premier gouvernement Valls le 25 août. Barbara
la rebelle assume ses positions.
a Presse Bisontine : Le 30 août, aux Universités d’été du P.S. à La Rochelle, le mouvement auquel vous appartenez “L’appel des
100” organise un rassemblement intitulé pour que
“Vive la gauche”. La gauche est vraiment en train
d’exploser en France ?
Barbara Romagnan :
Les députés qui ont signé ce fameux “appel
des 100” auquel j’adhère essaient juste de
créer un espoir qui s’appuie sur un horizon et des propositions qui soient de vraies
mesures de gauche en adéquation avec ce
pour quoi les électeurs ont voté en 2012.
Une politique qui soit plus efficace en termes
de justice sociale et de créations d’emplois.
La déception des électeurs de gauche est
très forte car les résultats attendus ne sont
pas là. On peut évoquer le manque de temps
ou le contexte international difficile, il n’en
reste pas moins qu’au regard de nos engagements, la politique menée actuellement
n’est pas la bonne.
L
L.P.B. :Avec la démission du gouvernement, Manuel
Valls vient pourtant de réaffirmer qu’il ne changerait pas de cap. Vous n’êtes donc pas du tout en
phase avec la ligne prônée par le Premier ministre ?
B.R. : J’estime que c’est une erreur de dire
qu’il n’y a qu’une seule politique possible
pour redresser le pays. En disant cela, on
entretient le désespoir car cette politique
ne marche pas. On entretient ainsi l’idée
que toutes les politiques sont les mêmes
et donc à quoi bon aller voter se disent nos
concitoyens. La politique actuelle ne permet pas l’amélioration des conditions de
vie des citoyens français, c’est politiquement dangereux. Je suis bien d’accord que
le Premier ministre ne va pas changer de
politique sans arrêt, mais je ne partage pas
le bien-fondé de la politique menée actuellement et qui en plus, a contribué au développement de l’extrême droite lors des derniers scrutins.
L.P.B. : Qu’est-ce qui vous chiffonne le plus dans
la politique du gouvernement ?
B.R. : Elle est très injuste sur le plan social
parce qu’on est en train de
faire financer la baisse des
cotisations des entreprises
“Pour
par le gel des prestations aux
l’instant,
ménages. Je fais bien la distinction entre les P.M.E. dont
c’est mal
certaines ont en effet besoin
engagé.”
d’aides et les grosses entreprises de l’agroalimentaire
ou les banques à qui on
s’apprête à faire des chèques
sans aucune condition, aucune contrepartie et aucun
contrôle. Et on parle de
sommes considérables :
41 milliards d’euros, c’est
l’ensemble des exonérations
aux entreprises. En comparaison, l’intégralité de notre
programme 2012-2017 avait
été estimée à 20 milliards
d’euros. Les choix actuels du
gouvernement sont mauvais.
L.P.B. : Le P.S. renvoie tout de même
une sacrée impression de cacophonie non ? N’avez-vous pas en
tant que députée P.S. une certaine
La députée
Barbara
Romagnan n’a
pas voté la
confiance au
gouvernement
Valls lors de la
présentation
du pacte de
responsabilité.
obligation morale de solidarité ?
B.R. : Si le P.S. ne va pas bien, je n’ai pas le
sentiment que ce soit à cause de mes positionnements… Les différences doivent
s’exprimer. S’il y a cacophonies, je pense
plutôt que c’est au sein du gouvernement.
La solidarité, en effet elle est indispensable. Mais à l’égard de qui et de quoi ?
J’ai été élue sur la base d’un certain nombre
de propositions. Ma solidarité doit donc
s’exercer, non pas envers le président ou
le Premier ministre, mais d’abord par rapport à nos engagements. On n’est pas dans
un régime présidentiel, la séparation des
pouvoirs est bien réelle et ce n’est pas illégitime que les parlementaires qui représentent le peuple discutent des politiques
menées.
L.P.B. : Faites-vous encore confiance à François
Hollande ?
B.R. : Je ne suis pas là pour dire du mal de
tel ou tel car ce genre de comportement
fragilise nos institutions. Je considère juste que c’est de ma responsabilité que
d’exprimer ce que je crois être juste ou pas
dans les propositions du gouvernement.
Sinon, on supprime les élections et on
devient des fonctionnaires qui appliquent
un programme. Ce n’est pas cela la démocratie.
L.P.B. :Allez-vous voter le budget 2015 à l’automne ?
B.R. : Je ne sais pas encore, ce sera le résultat d’une discussion et d’un travail collectif. Pour l’instant, c’est mal engagé. Si je
n’ai pas voté la loi de finances rectificative de la Sécurité sociale en juillet, c’est
parce que je ne suis pas d’accord avec le
contenu du pacte de responsabilité que je
conteste. C’est très difficile de devoir gérer
en même temps plusieurs types de solidarité, avec le groupe P.S., le gouvernement, les militants socialistes, les citoyens.
L.P.B. : Si on vous qualifie de frondeuse ou de rebelle, ça ne vous choque pas plus que cela ?
B.R. : Je n’ai pas l’impression de faire des
propositions spécialement originales dans
un parti de gauche. Ces qualificatifs ne me
dérangent pas. Je défends juste l’idée de
ne pas critiquer les personnes et de ne pas
avoir un ton trop donneur de leçons.
L.P.B. : Vos positionnements vous valent certaines
frictions, voire inimitiés au sein de votre camp. Le
Barbara Romagnan, née le chef des députés socialistes Bruno Le Roux a tenté de vous empêcher d’être rapporteuse de la com25 avril 1974 à Annecy,
mission d’enquête sur la réduction du temps de
est membre du Parti
travail. Comment réagissez-vous ?
socialiste depuis 1995.
Actuelle députée de la
B.R. : Je ne suis pas choquée que quand on
première circonscription
conteste, il y ait des conséquences. Il m’est
du Doubs depuis 2012,
arrivé d’être écartée en effet. En ce qui
elle a été entre autres
concerne cette commission-là, j’ai gagné
conseillère générale du
mon vote. Si Bruno Le Roux a tenté de
canton de Besançonm’empêcher, il n’a pas réussi parce que les
Planoise entre 2008
collègues députés ont voté pour moi.
et 2012 et secrétaire
nationale du P.S. à la
L.P.B. : Êtes-vous toujours à l’aise au sein du P.S. ?
“Rénovation du parti” de
2005 à 2008.
B.R. : Le parti dans lequel se trouvent le
Barbara Romagnan est
plus de militants qui partagent mes idées,
élue députée en
c’est bien le P.S. Ce que je dis, ce sont jusjuin 2012 avec 54,73 % te des choses que l’on prône depuis longdes voix, elle bat ainsi la
députée U.M.P. Françoise temps, en conformité avec nos engageBranget. Après sa prise de ments.
fonction, elle intègre la
L.P.B. : Pour aller au bout de vos convictions, vous
commission des affaires
n’avez pas envisagé de claquer la porte du P.S. ?
sociales de l’Assemblée
Nationale. Depuis le
B.R. : Et pour quelle raison ? Peut-être qu’un
printemps, elle est
jour on me démissionnera, mais au nom
membre de “l’appel des
de quoi ? Du fait que j’exprime des idées
100” députés qui
librement ?
réclament un changement
de cap au gouvernement.
L.P.B. : Cette commission sur la réduction du temps
de travail dont vous êtes donc la rapporteuse a
commencé son travail et il semble déjà qu’une de
ses préconisations sera d’engager une nouvelle
baisse de la durée légale du travail. N’y a-t-il pas
une sorte d’escroquerie intellectuelle dans votre
démarche en prônant une hausse des prestations
sociales, une baisse de la durée du travail, alors
que la France n’a plus un sou ?
B.R. : Je ne conteste pas qu’il y a des économies à faire. Mais pourquoi alors commencer par se priver de 41 milliards d’euros
de cotisations alors qu’on doit réduire les
déficits ? C’est cela que je conteste. C’est
ce subventionnement public qui aide les
entreprises de manière indifférenciée. On
s’était engagé sur une baisse des cotisations pour les petites entreprises et une
augmentation pour les grandes entreprises
et on ne l’a même pas appliqué !
Quant à la réduction du temps de travail,
oui, les 35 heures ont été un échec politique mais économiquement et socialement, personne ne conteste qu’elles ont
Bio express
permis de créer 350 000
emplois et qu’elles ont participé à équilibrer les
comptes sociaux. De toute
manière, le temps de travail est déjà partagé, il y a
les gens qui travaillent
moins d’heures et ceux qui
ont trop de travail. J’estime
que la baisse du temps de
travail est une des solutions
au problème. Il faut aussi
accompagner cela d’une
vraie réforme fiscale qui
doit amener à une meilleure répartition des revenus.
“La baisse D’ailleurs ce sont les syndicats allemands qui les
du temps
premiers ont mis en place
de travail
la réduction du temps de
est une des travail. Pour relancer
solutions.” l’économie, il faudrait aussi penser à ne pas geler les
prestations sociales des
familles modestes.
L.P.B. : Êtes-vous satisfaite du vote sur le noncumul ?
B.R. : Pas complètement. Il s’agit juste de
ne pas cumuler un mandat de parlementaire et un exécutif local. Cette mesure ne
sera appliquée qu’en 2017 et ça n’a pas
empêché 80 % des députés de se présenter aux municipales. Le vrai problème est
que le pouvoir est accaparé par quelquesuns, aussi compétents qu’ils soient. Cela
contribue sans doute aussi au fait que les
citoyens ne nous écoutent plus.
L.P.B. : Pourquoi à votre avis les citoyens n’écoutent
plus les politiques ?
B.R. : Simplement aussi parce qu’il y a un
vrai écart entre ce qui est annoncé et ce
qui est fait. Quand les résultats ne sont
pas là, les gens ont l’impression que les
mots n’ont aucun sens. Il y a aussi la montée en épingle de quelques gens qui trichent et qui font un mal fou à toute la classe politique. La France est un pays riche,
d’entrepreneurs, de militants, d’intellectuels.
Pour dépasser cela, on a besoin que le pouvoir soit partagé, vraiment. I
Propos recueillis par J.-F.H.
L’ÉVÉNEMENT
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
LE TRAM, ENFIN : ET APRÈS ?
Samedi 30 août, la première ligne de tram de Besançon est inaugurée, avec deux jours de gratuité pour les passagers. Restent les principales questions :
la fréquentation sera-t-elle à la hauteur des espérances, et cette première ligne en appellera-t-elle une autre si le succès est au rendez-vous ?
G Après l’inauguration
Objectif 50 000 voyageurs par jour
Le tram doit
réussir le pari
de la fréquentation
Alors qu’il entre en fonctionnement, le tram de Besançon doit
parvenir à convaincre les usagers et générer ainsi des recettes.
e tram est là, enfin ! Les travaux nécessaires à sa construction et la gêne qu’ils ont occasionnés pendant plus de deux
ans appartiennent désormais au passé. Les Bisontins redécouvrent leur
ville changée par l’apparition dans le
paysage urbain de ce nouveau moyen
de transport. Piqué par la curiosité,
on se retourne même sur le passage
de ces rames bleues, plutôt silencieuses,
qui circulent dans les rues de la capitale régionale. Le tram s’attire des
sympathies et profite de l’effet surprise des premiers temps.
Du côté des élus de la communauté de
l’agglomération, le satisfecit est total.
“Toucher au but dans un projet de cette envergure, oui, c’est agréable. C’est
une satisfaction d’arriver au terme de
ce chantier en sachant que sur un plan
financier, il a été maîtrisé” remarque
Gabriel Baulieu. Sur ce point, le premier vice-président de la communauté d’agglomération du Grand Besançon est encore régulièrement contesté
par des associations de contribuables
et des élus d’opposition qui affirment
que le coût de 228 millions d’euros
L
(valeur 2008) est erroné, et que l’opération est plutôt de 281 millions “si
l’on ajoute les 20 millions d’euros de
travaux supportés par la ville qui a
versé en plus 20 millions d’euros de
subventions” persiste et signe le
conseiller municipal Philippe Gonon.
Alors que chacun campe sur ses positions, persuadé de détenir la vérité
dans cette bataille de chiffres, un nouveau défi s’ouvre pour le tram.
Il doit réussir le pari de séduire les
usagers à long terme. L’ambition est
forte : transporter 50 000 passagers
par jour. Il bénéficiera,
c’est sûr, de l’effet décou“Le déficit verte, au moins les premiers temps, le même
de Ginko
que l’on a pu observer à
passe de 10 Dijon. Lorsque la capitale bourguignonne a
à 14 millions ouvert sa ligne de tram
d’euros.”
à l’automne 2012, elle
comptabilisait 39 000
passagers au quotidien.
À ce rythme, les élus estimaient que l’objectif des
42 000 voyageurs serait
rapidement atteint.
Les Bisontins doivent maintenant s’approprier ce nouveau moyen de transport.
Mais la gageure est maintenant de faire entrer le tram dans les habitudes
de transport. Une fréquentation en
hausse ou tout le moins qui tiendra
ses objectifs, va générer des recettes,
évitant ainsi de creuser un peu plus
déficit du budget transport. “Je rappelle que le déficit de Ginko pour l’exercice 2014 passe de 10 à 14 millions
d’euros annonce Philippe Gonon qui
attend de voir la suite. Que se passera-t-il si la fréquentation n’est pas de
50 000 mais 45 000 ou de 40 000 passagers ? Devra-t-on augmenter le prix
des abonnements et des tickets ?” interroge l’élu. L’avenir le dira. Monsieur
Gonon pointe du doigt une autre fragilité dans le mode de financement du
tram qui provient de la taxe versement
transport versée par les entreprises.
Or, “compte tenu de la crise, les recettes
de la taxe versement transport passent
de 31 millions d’euros à 28 millions
d’euros.” Selon lui, l’Agglo n’aura pas
d’autre choix que de recourir à l’impôt
pour combler le déficit du poste transport.
La C.A.G.B table en effet sur les recettes
supplémentaires générées par le tram
pour maintenir à flot le budget transport. Mais en cas de pépin sur la fréquentation, ce n’est pas la collectivité
qui supportera le déficit, mais le délégataire Transdev. “Il est prévu contractuellement des engagements de fréquentation et de recettes. Si nous
n’atteignons pas l’objectif, nous supporterons la différence. En revanche,
si nous sommes au-delà, le bénéfice des
recettes complémentaires nous profitera” rappelle la direction bisontine de
Transdev. I
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
G En images
7
Photos J.-C. Sexe - Ville de Besançon
Avant-après le tram : la métamorphose d’une ville
En attendant que le tram fasse ses preuves en termes de fréquentation, la premier mérite qu’il a eu est d’avoir transformé la physionomie de plusieurs quartiers de la ville. Retour en images après deux ans et demi de travaux, de Planoise à Fontaine-Argent. Moins de trois ans séparent les clichés.
Ici le carrefour des avenues de l’Helvétie
et Carnot. Ce secteur a beaucoup souffert
des travaux.
Planoise est un des quartiers qui a subi les plus
grandes transformations.
Le secteur de Chamars a changé d’apparence.
Le parking sera désormais entièrement payant.
Principale innovation sur le parcours : le
fameux encorbellement sur le quai Veil-Picard.
Au-dessus de la rue du Polygone, le pont a disparu au profit de la ligne de tram.
Le quartier Planoise est particulièrement bien
desservi par le tram qui vient du C.H.U.
8
L’ÉVÉNEMENT
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
G Réaction Jean-Louis Fousseret
“On devra se poser la question
d’une deuxième ligne”
Si le lancement d’une seconde ligne n’est pas encore à l’ordre du jour, le réseau
de transport en commun ne sera pas complet sans la création d’une voie de bus
dédiée, transversale à celle du tram… en attendant le tram-train.
a Presse Bisontine : Le tram n’a
pas encore démarré son exploitation commerciale qu’on vous
demande déjà “à quand la seconde ligne”. C’est envisageable ?
Jean-Louis Fousseret : Je ne suis pas
surpris que l’on me pose cette question. Les maires des villes qui ont
fait un tram récemment m’avaient
prévenu… Si on me pose cette question, c’est que le tram est déjà entré
dans la vie des Bisontins, c’est positif. Maintenant, les conditions économiques étant ce qu’elles sont, il
n’y a pas encore de projet de deuxième ligne. En revanche, dans un avenir que je ne saurais dater, et si
comme je le pense cette deuxième
ligne est un succès, on devra se
poser la question. Le cas échéant,
ce ne serait pas avant 2018.
L
fait partie intégrante du projet
tram. Une des difficultés techniques
à surmonter sera le doublement du
pont de Gibelotte. Et cette ligne (en
site propre entre la gare et Témis)
L.P.B. : Cette seule ligne suffira-t-elle à sera d’autant plus structurante
faire du tram un succès ?
qu’elle ira, dans l’autre sens, jusJ.-L.F. :
qu’à Rivotte. Cet axe futur sera
Pour que le succès soit complet, il donc transversal à la ligne du tram.
faudra aussi réaliser une ligne de
bus en site propre entre la gare L.P.B. : Le tram ne se suffira tout de même
Viotte et Témis qui desservira aus- pas à lui-même pour résoudre toutes les
si le quartier Vauban, le stade, le difficultés de trafic ?
Palais des sports, Témis et la Bou- J.-L.F. : Il faut raisonner plus loin
loie. Ces travaux seront faits pour en effet et la réflexion à mener à
2016 ou 2017. Cette ligne de T.C.S.P. terme est celle du tram-train. C’est
Selon le
maire de
Besançon,
cette
première
ligne n’est
qu’une
étape.
d’ailleurs la raison pour laquelle
nous avons choisi dès le départ pour
notre tram un écartement compatible avec les voies S.N.C.F. L’idée
à terme, est de pouvoir prendre un
tram-train place de la Révolution
et de pouvoir rejoindre Baume-lesDames ou Saint-Vit. Quand on a
choisi l’option tram-fer avec
l’écartement S.N.C.F., c’est bien
pour dire que nos successeurs pourront réaliser ce chantier qui achèvera le réseau de transport en commun de l’agglomération bisontine.
L’avenir réside dans le tram-train. I
Recueilli par J.-F.H.
Repères
Les chiffres clés du tramway
G Le tracé et le matériel
Une ligne de 14,5 km
19 rames dont 17 en circulation
24 m de long
30 à 50 ans de durée de vie
132 places
38 places assises par rame
G Exploitation commerciale
7 jours sur 7, de 5 heures à 1 heure du matin
1 tram toutes les 5 minutes en heure de pointe sur le tronçon commun
1 tram toutes les 6 minutes de 6 h 30 à 18 h 30
Vitesse moyenne : 20 km/h
Vitesse maximale 70 km/h
47 000 voyageurs attendus
120 000 voyageurs estimés dʼici 2016
G Budget
Coût du tramway : 228 millions dʼeuros (valeur juin 2008)
Subventions : 51 millions dʼeuros
G Le chantier
Plus de 100 marchés publics
30 000 m linéaires de voie ferrée
70 000 tonnes dʼenrobé
1 400 points dʼéclairage public
1 000 arbres replantés
G L’emploi
Plus dʼ1 million dʼheures de travail
910 mois de travail
Reprise dʼactivité de 182 personnes sans emploi
G C.I.A.T.
218 demandes dʼindemnisation déposées par 93 établissements
156 indemnisations concernant 56 commerces
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*L'abus d'alcool est dangereux pour la santé, à consommer avec modération.
10
BESANÇON
PALENTE
Viande, fromage, confiture…
La ruche, un circuit court local et connecté
Déjà “reine” d’une ruche près de Gray,
Delphine Bompy a décidé de tenter l’aventure
dans la capitale régionale où très vite son idée
a fait bourdonner dans les chaumières. Avec
aujourd’hui 700 inscrits, la ruche du quartier
Palente redonne vie chaque semaine aux
anciens locaux de Lip, tout un symbole.
n note un véritable
attachement aux
produits locaux”
note Delphine
Bompy à l’origine de la création
de cette ruche sur le modèle clé
en main fourni par une entreprise nationale qui compte déjà
plus de 500 implantations partout en France, plus de 50 000
adeptes et pas moins de 2 500
producteurs impliqués. “C’est
avant tout une belle aventure
humaine et aussi professionnelle” poursuit-elle. Car la créatrice est bel et bien une entrepreneuse qui met ses convictions
et ses réseaux au service d’un
nouveau mode de consommation et de distribution.
Après s’être entourée de producteurs contactés dans un
rayon géographique proche et
trouvé un local pour accueillir
tous ses inscrits, Delphine a pu
lancer concrètement le concept
à Besançon via un site Internet
qui permet aux intéressés de
“O
POLITIQUE
commander, s’ils le veulent seulement, et sans obligation d’un
montant minimal à respecter :
“Chaque semaine, je diffuse en
ligne une sélection de produits
fermiers aux membres de la
Ruche. Au préalable, chaque producteur fixe librement le prix
juste de ses produits et le minimum de commandes à atteindre
pour les livrer. Puis les consommateurs ont 6 jours pour passer commande sur le site.” Le
web au service des circuits courts
auxquels les créateurs de ruches
entendent donner des ailes.
Légumes, viande, fromages,
confitures, miel, vin… Au-delà
même des produits plébiscités
pour leur traçabilité et leur qualité, la ruche se veut aussi un
Le jour de distribution est l’occasion pour les consommateurs de rencontrer les producteurs.
point de rencontre, un lien près
de chez soi. Les arguments de
la créatrice ne manquent pas : curer une meilleure alimenta- teurs eux-mêmes, mais aussi la démarche. C’est une vraie commence tout juste à faire le
“La ruche est aussi un moyen de tion à un prix plus juste et donc avec les producteurs : “Les ren- confiance qui s’installe” conclut buzz. I
D.A.
soutenir les agriculteurs et les aussi de recréer du lien social.” contrer pour parler avec eux de Delphine Bompy dont l’initiative
artisans de la région, de per- Un lien qui se noue au fil des leur métier et de leurs produits
Pour en savoir plus : http://www.laruchequiditoui.fr/4654
mettre aux habitants de se pro- semaines entre les consomma- est un élément important dans
Jacques Grosperrin
“Notre objectif est de faire élire deux sénateurs”
Candidat aux sénatoriales, l’U.M.P. Jacques Grosperrin est en campagne. Il sillonne le département pour
rencontrer les grands électeurs. Il espère que sa liste d’union de la droite et des centres obtiendra assez
de suffrages pour que Christine Bouquin, en deuxième position, soit également élue.
P.B. : Dans le cadre de votre
campagne, vous sillonnez le
département pour rencontrer
les grands électeurs qui voteront aux sénatoriales le 28 septembre.
Que vous disent les maires que vous
rencontrez ?
J.G. : Les maires sont soucieux
de la baisse des dotations versées par l’État qui se désengage. En même temps, celui-ci leur
impose de mettre en place des
réformes complexes et coûteuses
comme celle des rythmes scolaires. Beaucoup de maires me
disent qu’ils ont le sentiment
que l’État charge la barque d’un
côté et de l’autre qu’il baisse les
dotations aux collectivités tout
en leur demandant de faire des
économies. Les élus locaux ont
véritablement l’impression que
les grandes décisions sont prises
à Paris, sans tenir compte des
enjeux de territoire. J’ai souvent
entendu : “Ce sont des trucs
d’énarque.” L’autre sujet qui préoccupe les maires est la réforme
territoriale. Ils craignent que
dans le cadre du rapprochement
entre la Bourgogne et la FrancheComté, tout se passe demain à
Dijon.
L
L.P.B. : Que répondez aux maires face
à leur désarroi ?
J.G. : Nous voulons être la parole et la voix de tous les élus de
base qui sont confrontés à des
difficultés financières, et qui ont
le sentiment qu’on leur retire
petit à petit des compétences.
Nous voulons agir pour réhabiliter cette fonction de maire en
aidant ces élus au quotidien. Si
nous sommes élus, nous irons
vers eux ! Avant qu’une loi soit
faite, nous les rencontrerons pour
recueillir leurs avis, et faire état
de leurs remarques à Paris.
L.P.B. : Que vous disent les élus locaux
à propos des “affaires” qui enveniment
l’U.M.P. depuis quelques mois ?
J.G. : Les maires de droite veulent de la transparence, de
l’honnêteté, et surtout que cessent les guerres d’ego. Beaucoup
souhaitent aussi que le président de l’U.M.P. soit issu d’une
nouvelle génération d’élus.
L.P.B. : Vous dites “si nous sommes
élus.” Faut-il comprendre qu’en plus
de vous, vous espérez obtenir l’élection
de Christine Bouquin qui est deuxième sur votre liste ?
Jacques Grosperrin est à la tête d’une liste composée
de Christine Bouquin, Didier Klein, Florence Rogeboz
et Christian Retornaz. Ils représentent chacun une
circonscription du Doubs.
J.G. : Notre objectif en effet est
de faire élire deux sénateurs. On
mobilise toute notre énergie dans
cette campagne afin que Christine Bouquin soit élue elle aussi. Dans le cadre de la défense
des territoires, elle représenterait le Doubs rural et moi le
Doubs urbain. C'est un enjeu
fort qui contribuera également
à faire basculer le Sénat à droite.
L.P.B. : Ne redoutez-vous pas que ce
plan soit contrecarré par une dispersion des voix à droite dans le Doubs
comme en 2008, avec la candidature
du maire d’Ornans Jean-François Longeot ?
J.G. : Tout d’abord, pour éviter
les problèmes de
2008, vous remarquerez que chacun
“Faire
des cinq candidats
de ma liste repré- basculer
sente une circons- le Sénat
cription du Doubs.
C’est une liste terri- à droite.”
toriale, une liste
d’union de la droite
républicaine et des
centres qui a été
investie, je le rappelle, par une commission nationale
présidée par Alain
Juppé. Les grands
électeurs et les
maires en particulier
sont légitimistes. Ils veulent
contribuer à la bascule du Sénat.
Ils seront dans une démarche
de vote légaliste en faveur de
cette liste officielle. Ils n’aiment
pas le désordre. J’ai pris acte de
la dissidence de Jean-François
Longeot, point.
L.P.B. : Si vous êtes élu, vous resterez
conseiller municipal d’opposition à
Besançon, en revanche vous démissionnerez au Conseil régional. Il semble
que l’opposition municipale ait décidé de boycotter l’inauguration du Tram.
Ce sera le cas ?
J.G. : Il n’y a pas de consigne.
Chaque élu d’opposition fera ce
que bon lui semble. Personnellement, je n’irai pas car je trouve scandaleux que dans le contexte actuel, on fasse une telle fête
avec un feu d’artifice pour la
mise en service du Tram. Que
va-t-on fêter, l’inaccessibilité de
Besançon ? La mort du commerce
de proximité ? Les emplois
détruits pendant les travaux ?
Jean-Louis Fousseret se prendrait-il pour Jules César en
offrant au peuple du pain et des
jeux ? Je trouve cela indécent.
J’aurais préféré que l’argent
dépensé dans l’inauguration soit
employé différemment et contribue à redonner du dynamisme
au commerce local qui en a
besoin. I
Propos recueillis par T.C.
BESANÇON
SÉCURITÉ
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
EN BREF
Présence policière
La synagogue de Besançon sous protection rapprochée
Les services de police
assurent la sécurité de la
synagogue pendant les
offices religieux du samedi.
Une vigilance accrue depuis
l’embrasement du conflit
israélo-palestinien.
ar mesure de sécurité, des policiers assurent une surveillance
régulière et discrète de la synagogue le samedi matin à l’heure
de l’office religieux. “Nous sommes présents quand les membres de la communauté juive entrent dans le lieu de culte, et quand ils en sortent” indique le
commissariat central de Besançon. Les
policiers interviennent s’ils constatent
par exemple “la présence d’un véhicule
suspect stationné de façon anarchique,
ou d’une voiture “ventouse” qui est là
depuis longtemps. Le cas échéant, on peut
appeler la fourrière.” La
probabilité d’un véhicule
“Il n’y a
piégé à Besançon est faible,
mais les directives donpas de
nées dans le cadre du plan
virulence
Vigipirate obligent la police à faire preuve d’une
à
accrue vis-à-vis
Besançon.” vigilance
de ces lieux de culte et de
leurs abords dans un
contexte sensible.
Depuis l’embrasement du
conflit israélo-palestinien
au Proche-Orient, les
mesures de sécurité se sont
P
La communauté
juive compte 200
personnes à
Besançon.
Elles une petite
trentaine à se
retrouver le
samedi matin à
la synagogue
pour prier.
renforcées en France où les autorités renforcée dans le cadre de consignes
redoutent des débordements comme ce nationales. Mais aujourd’hui, la porte
fut le cas en juillet à Paris lors de la de la synagogue est de nouveau ouvermanifestation pro-palestinienne.
te” note Marc Dahan, co-président de
Par mesure de précaution, les 2 et 9 août, l’association Amitié Judéo-Musulmane
à l’occasion d’autres manifestations de de France section Besançon. “Même si
soutien au peuple palestinien qui se sont nous savions qu’il n’y avait pas de tendéroulées dans plusieurs villes, y com- sion, nous avons assuré une présence”
pris à Besançon, la grande porte de la confirme le commissariat.
synagogue est donc restée fermée pen- Dans la capitale régionale, la manifesdant le culte. “Nous sommes rentrés par tation de soutien au peuple palestinien
un accès de côté, sous surveillance poli- du 2 août a réuni près de 500 personnes.
cière. Il n’y avait pas d’inquiétude pour Elle s’est déroulée dans le calme, ce qui
autant de notre part. La sécurité a été ne surprend pas Marc Dahan. “Il y a un
11
dialogue qui existe entre les communautés dans cette ville et un respect
mutuel. Nous étions présents lors des
vingt ans de la Mosquée Souna. Des gens
ont exprimé leur soutien au peuple palestinien, tant que ça ne dérape pas, cela
fait partie de la démocratie. Il n’y a pas
de virulence à Besançon, le drapeau israélien n’est pas brûlé. Ce qui pose problème lors de manifestations, ce sont les éléments incontrôlés dont on ne connaît ni
la confession d’ailleurs, ni la visée politique.” I
T.C.
Tourisme
Du 26 septembre au
3 novembre, la
compagnie Air Corsica
opérera la liaison DoleMarseille à raison de
deux vols
hebdomadaires : les
lundis et vendredis à un
tarif à partir de
99 euros T.T.C. l’aller
simple. L’ouverture de
cette liaison DoleMarseille permettra aux
voyageurs de découvrir
la cité phocéenne et
d’accéder à la Provence.
Des connexions seront
aussi possibles au
départ de Marseille vers
la Corse pour Ajaccio,
Bastia, Calvi et Figari.
Renseignements :
www.aircorsica.com ou
www.aeroportdolejura
.com
Distinction
Un Franc-Comtois
lauréat du Prix
d’histoire militaire
2014. Le docteur en
histoire et lieutenant de
réserve Christophe
Lafaye, du 19ème
régiment du génie de
Besançon a remporté le
Prix d’histoire militaire
2014, décerné par le
Conseil scientifique de
la recherche historique
de la Défense. Ce prix
récompense sa thèse
intitulée “Le génie en
Afghanistan.
Adaptation d’une arme
en situation de contreinsurrection (20012012)”.
12
BESANÇON
SPORTS
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
Du nouveau pour le rugby
L’O.B. prend ses nouveaux quartiers
Essai transformé pour le club de rugby de Besançon qui troque ses
vétustes installations de Montrapon pour un stade flambant neuf aux
Orchamps. La Ville a investi 4,25 millions euros dans l’équipement.
Visite avant le premier match, le 14 septembre.
uparavant, les repas de
troisième mi-temps
étaient préparés dans
des casseroles posées sur
des trépieds à même le sol. Les
tables, elles, reposaient sur des
tréteaux en bois. Les vestiaires,
trop exigus pour une équipe à
15, obligeaient les joueurs à se
contorsionner ou à jouer des
coudes pour trouver de la place avant d’enfiler leur maillot.
Quant aux spectateurs, leur
nombre était limité et la tribune presque dangereuse pour y
poser ses fesses.
D’un coup, d’un seul, l’Olympique
rugby grâce à son nouveau stade situé dans le quartier des
Orchamps à Besançon passe de
la simplicité, pour ne pas dire
le dénuement, au “luxe”. C’est
aussi la fin d’une histoire à Montrapon. Ce n’est pas pour déplaire au président Émile Viennet
qui a suivi avec Bernard Roland,
les travaux du nouveau stade :
“On passe du Moyen Âge à une
structure aux normes actuelles”
rappelle le représentant de
l’Olympique Besançon (500 licenciés) qui fut joueur en dans les
années soixante-dix, époque faste pour le club qui atteignit la
A
PATRIMOINE
Division 1 en 1972. “On vise cette année la montée en fédérale
2 (le club est en fédérale 3)” poursuit Émile Viennet.
Joueurs et entraîneurs auront
les moyens pour bien faire ! “Le
stade de Montrapon avait vécu,
explique Abdel Ghezali, adjoint
aux sports. Le nouveau complexe
sportif des Orchamps représente un investissement de 4,25 millions euros” dit ce dernier. Le
nouveau stade pourra accueillir
davantage de spectateurs : 800
places sont couvertes plus un
parking de 110 places. “Et nous
pourrons jouer en nocturne grâce aux projecteurs” dit un dirigeant.
Une
condition nécessaire pour atti“La tribune
rer encore plus
Belzung,
de supporters
c’était
mais aussi les
sentimental.” partenaires.
“Nous allons
bénéficier d’une
salle V.I.P. digne
de ce nom : nous
pourrons
accueillir
nos 200 partenaires,
au
chaud.” Les
rugbymen, qui savent très bien
accueillir, dégusteront toujours
les plats d’après-match préparés par le cuisinier bénévole
Jean-Pierre Le Cousturier grâce à une cuisine digne de ce nom.
Au-delà cela, le bâtiment neuf
créé par la Ville de Besançon
est idéal : 6 vestiaires, une salle de musculation, des espaces
pour les arbitres, la pharmacie,
un ascenseur. À l’étage, les
bureaux de l’O.B. et une grande salle de réception.
Si le club en a profité pour se
séparer de certaines vieilles
reliques qu’il a mises à la déchetterie, elle a démonté et remonté dans le nouveau stade la tribune Belzung, du nom d’un jeune
joueur décédé. “On souhaitait
qu’elle nous suive. C’était sentimental. La famille a même participé financièrement au montage” tient à rappeler le
président.
Fort de 500 licenciés, d’un budget raisonnable (350 000 euros
environ dont 60 000 euros de
subventions de la Ville),
l’Olympique écrit une nouvelle
page de son histoire. Le 14 septembre, le club sera attendu :
son premier match à domicile
devrait se dérouler dans cette
nouvelle enceinte. Les dirigeants
attendaient l’avis de la commission de sécurité de passage
le 9 septembre pour officialiser
le premier match ici. En cas de
retard, un repli pourrait être
assuré à Léo-Lagrange. Après
avoir attendu de longues années
ce nouveau stade, le XV bisontin n’en est plus à quelques
jours… I
E.Ch.
De gauche à droite : Jean-Pierre Le Cousturier (dirigeant),
Bernard Roland (dirigeant), Philippe Fresnay (secrétaire),
Titi Cabezas (dirigeant) et Émile Viennet (président) posent
devant le nouveau complexe.
Appelez le stade Maurice Jabry
Cʼest après un vote sur leur site Internet que les membres du
club de rugby ont choisi de baptiser leur nouveau stade du nom
de Maurice-Jabry, ancien joueur durant lʼaprès-guerre et fondateur de lʼO.B. G
Au centre de la Boucle
La Tour du Saint-Esprit, un édifice à sauvegarder
C’est la plus ancienne maison de Besançon.
Reconnaissable à sa base carrée et sa haute
toiture, la tour de l’ancien hôpital Saint-Esprit
a des fondations qui datent de 1220. Elle doit
faire l’objet d’un programme de rénovation.
L’escalier à vis en pierre, partiellement suspendu, est mal
en point. Soutenu par des étais, il a besoin d’être rénové.
lle est là depuis si longtemps qu’on finit par ne
plus y prêter attention.
La Tour du Saint-Esprit
fait partie du paysage bisontin.
Elle est pourtant la plus ancienne maison de la ville. Dominant
le quai Vauban, à deux pas du
marché, elle jouxte le Temple
Protestant. Cette tour carrée
de trois étages telle qu’on la
connaît aujourd’hui date de
1443, année de sa reconstruction. Mais ses fondations sont
beaucoup plus anciennes, puisqu’elles remontent à 1220 ! À
l’origine, ce bâtiment a été édifié pour l’Hôpital du Saint-Esprit
qui était à l’époque le plus grand
établissement de l’ordre hospitalier de l’Est de la France. “Les
déshérités de la vie” étaient
accueillis dans cet établissement.
Désormais, tant son histoire
que son architecture en font un
monument remarquable, proLa charpente de 14 m de hauteur est une des dernières datées de cette époque en Europe.
priété de l’association de l’Église
Réformée de Besançon et envi- sur cette maison du fait de ses tribue chaque année 43 tonnes ment, des fondations et la charrons. “Sa charpente exception- caractéristiques” rappelle le Pas- de denrées aux plus démunis. pente, restaurer l’escalier à vis,
nelle de 14 mètres de hauteur teur Panis. La tour est la mai- Mais ce bâtiment précieux par les planchers et les plafonds.
est une des plus grandes
son paroissiale ce qu’il livre comme témoigna- L’État, le Conseil général et la
d’Europe datée de ces annéesprotestante
ge du passé a besoin d’être réno- Ville de Besançon apporteront
là” précise le pasteur Pierre- “Il y a
depuis 1950. vé. L’escalier à vis, par exemple, leur concours à ce projet estiEmmanuel Panis qui s’intéresse beaucoup
Elle est un des est mal en point. L’association mé en 2008 à 1,3 million d’euros.
depuis longtemps cette maison
dix lieux de dis- de l’Église Réformée s’est enga- “Mais nous serons plutôt aux
d’études
(dite aussi “la tour carrée”).
tribution de gée à restaurer ce patrimoine alentours de 2 millions d’euros”
À l’intérieur, on découvre un scientil’aide alimen- commun. En septembre 2012, remarque Pierre-Emmanuel
escalier à vis, en pierre, sculptaire à Besan- elle a signé avec la Fondation Panis. L’association maître
fiques.”
té, daté de 1443 qui est un des
çon
via du Patrimoine une convention d’ouvrage de l’opération escompplus anciens de ce type-là. “Il y
l’Entraide Pro- de souscription afin de récolter te récolter 260 000 euros de
a beaucoup d’études scientifiques
testante qui dis- des fonds pour consolider, notam- dons par la souscription. I
E
BESANÇON
SPORT
L’ Humeur
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
Tour de France
Les coureurs du Tour ont
retrouvé le soleil à Besançon
Après une semaine dantesque sur les
routes du Tour, les cyclistes ont apprécié
la journée de repos puis le départ à
Besançon de la 11ème étape. Thibaut
Pinot n’était pas encore en blanc, mais
déjà le grand espoir des Francs-Comtois.
13
‘
‘
O
n pointe facilement du doigt la lenteur
de certains services administratifs, parfois
à tort, on en convient. D’autres fois, cette lourdeur confine à la caricature. Peut-être que certains fonctionnaires de certaines administrations d’État n’ont
toujours pas digéré les incompréhensibles fusions et
réorganisations de ce qu’on appelait avant l’Équipement,
puis la D.D.E., devenue après quelques réformes coûteuses et inutiles la D.R.E.A.L. Cette D.R.E.A.L. qui
s’occupe notamment des travaux sur nos routes, à ne
pas confondre avec la D.I.R.-Est qui gère le réseau national… Bref, il aura fallu presque deux mois à cette chère D.R.E.A.L. pour réagir à une simple sollicitation que
notre rédaction lui avait adressée au début de l’été au
sujet des travaux de mise à 2 X 2 voies de la R.N. 57
entre Miserey et Châtillon. Nous sommes à la fin de
l’été et après avoir été baladés de services en services,
entendu le téléphone sonner dans le vide, vu nos e-mails
tomber dans des impasses, nous nous sommes résolus
à ne pas mettre au sommaire de cette édition l’excellent
article que nous avions prévu d’écrire sur ces travaux
routiers. On aura passé beaucoup plus de temps à tenter de joindre des services absents et même pas
fichus de répondre – oui, c’est inadmissible qu’il en aurait fallu pour réaliser ce reportage. Avec la D.R.E.A.L., on est tombé dans
l’inefficacité administrative dans ce qu’elle
a de pire…G
Le Bisontin Arthur Vichot signe des autographes.
Diminué par une angine, l’ancien champion de France
abandonnera deux jours après l’étape de Besançon.
Avant d’être
une course
cycliste, le
Tour de France est un événement qui se
partage en
famille. Les
Bisontins
n’ont pas raté
le passage de
la caravane.
L’adjoint aux
sports Abdel
Ghezali serre
la main du
futur
vainqueur
Vincenzo
Nibali sur la
ligne de
départ.
ANALYSE
Après l’exploit du Franc-Comtois
Thibaut Pinot, ce grand cru
Troisième du Tour de France et maillot blanc du meilleur jeune, Thibaut Pinot a confirmé
son statut de pointure. Son entraîneur, le Bisontin Frédéric Grappe, revient sur la performance du grimpeur de la F.D.J. passé par l’Amicale cycliste bisontine et le C.C. Étupes.
hibaut Pinot n’a pas oublié d’où
il venait. Après être monté sur
la troisième marche du podium
du Tour de France derrière Vincenzo Nibali et Jean-Christophe Péraud,
moment immortalisé par le crépitement des flashs des photographes sur
les Champs-Élysées, le cycliste a pris
quelques jours de repos dans le Sud
de la France puis est rentré en FrancheComté… pour s’entraîner sur ses routes
familières de Melisey (Haute-Saône).
Il n’a pas fait de crochet à Besançon
où il a l’habitude de rouler… Il est
d’ailleurs l’un des plus rapides pour
grimper la montée de la Malate (7
minutes).
S’il est engagé au Tour d’Espagne jusqu’au 14 septembre et pense aux championnats du Monde (fin septembre),
personne n’a oublié son fabuleux parcours sur les routes du Tour de France fin juillet.Avec du panache, du talent,
il a conquis la 3ème place et le maillot
blanc de meilleur jeune en secouant
T
le “cocotier” dans la montagne et confirmant ses progrès grâce à un excellent
contre-la-montre. Un maillot qu’il a
dédicacé et remis à Jérôme Gannat,
un de ses anciens directeurs sportifs
au C.C. Étupes qui réside à Torpes.
Son entraîneur, le Bisontin Frédéric
Grappe, n’est pas surpris de “l’immense” performance de son protégé. Il est toutefois ému : “Thibaut travaille pour cela
depuis plusieurs années.
Oui, l’année dernière, il
“Thibaut a a été en retrait
su rebondir, (N.D.L.R. : Pinot avait
abandonné) mais c’est
en
normal
dans
la
champion.” construction d’un sportif qui a des phases de
retrait et des phases de
construction. Thibaut a
su rebondir, en champion.” Et même si
Contador et Froome
n’étaient pas là, cela
n’enlève rien à la per-
formance : “On sait que Thibaut a les
qualités pour être avec les meilleurs.
Mais auparavant, le meilleur ne gagnait
pas toujours (Frédéric Grappe fait référence au dopage). Aujourd’hui, on ne
voit plus un coureur surclasser les
autres. Thibaut a pu s’exprimer.”
L’émotion passée, l’entraîneur - qui est
aussi chercheur à l’Université de
Franche-Comté - prépare l’avenir. Un
futur qui “passe par de nouveaux points
à améliorer, dit-il. On a parlé du contrela-montre : il a énormément progressé. On va travailler sur le matériel mais
aussi sur le renforcement de l’équipe
et de l’encadrement” explique Frédéric Grappe.
Avec ce nouveau statut de potentiel
vainqueur d’un grand Tour, le cycliste franc-comtois va mesurer sa nouvelle cote de popularité. Il avait pu la
jauger mercredi 16 juillet à Besançon
au départ de la 11ème étape en signant
de nombreux autographes. Sûr que ce
Pinot est un grand cru. I
Thibaut Pinot, lors de la 11ème étape du Tour de France à Besançon.
Il n’avait pas encore le maillot blanc de meilleur jeune sur les
épaules mais le public n’avait d’yeux que pour lui…
14
Le chiffre
BESANÇON
RECHERCHE
‘ ‘
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
Hygiène hospitalière
Ces bactéries qui
résistent aux antibiotiques C
“Les antibiotiques, c’est pas automatique”. Voilà un slogan qui a marqué le grand public mais n’a pas
suffi à diminuer significativement la consommation d’antibiotiques et par voie de conséquence, la propagation de bactéries résistantes. Plus qu’une pratique, c’est la santé publique qui est en question.
Le professeur Xavier Bertrand est microbiologiste spécialiste en bactériologie au C.H.R.U. de Besançon.
ésultat de cette sur- dans les boues répandues sur
consommation trop les terres cultivables. Un vérisouvent inutile, on table problème de santé publique
retrouve aujourd’hui étudié par un scientifique bisonles bactéries résis- tin, microbiologiste spécialiste
tantes en nombre dans les eaux en bactériologie, le professeur
usées… puis dans le Doubs et Xavier Bertrand. Il exerce au
R
ENVIRONNEMENT
C.H.R.U. de Besançon où il est
responsable du service d’hygiène
hospitalière. “Le développement
des bactéries multi-résistantes
aux antibiotiques se traduit par
la présence croissante de ces bactéries dans les eaux usées” sou-
ligne-t-il. Les eaux usées sont
traitées dans des stations
d’épuration (S.T.E.P.) qui ont
pour objectif principal de réduire la densité bactérienne avant
rejet dans l’environnement. La
S.T.E.P. de Besançon remplit
+ 20 %
e chiffre correspond à l’augmentation du nombre
de radiations d’entreprises enregistré par la
Chambre de Métiers et de l’Artisanat du Doubs
entre juillet 2013 et juillet 2014. Sur la période, 580
entreprises ont cessé leur activité, preuve d’une dégradation de la conjoncture confirmée par le nombre de
créations qui est en berne. Entre juillet 2013 et
juillet 2014, il baisse de 12 % (566 entreprises ont été
enregistrées sur la période et 55 % sont des autoentrepreneurs). Au final, lorsqu’elle fait les
comptes, la C.M.A. annonce un solde négatif
puisque le nombre de radiations a dépassé
celui des créations, signe de la morosité économique ambiante. G
son rôle de réduction
de la charge bactérienne mais
n’élimine pas toutes les bactéries multi-résistantes dont une
proportion non négligeable est
rejetée dans l’environnement.
“Escherichia coli est une bactérie normalement présente en
grande quantité dans le tube
digestif de l’être humain. Certaines souches produisent des
enzymes qui inactivent divers
antibiotiques et sont donc multi-résistantes. Celles-ci représentent, à l’heure actuelle, un
problème majeur de
santé publique”
poursuit Xavier
Des
Bertrand. Pour
bactéries
comparer les eaux
usées d’origine hos- dans les
pitalière à celle
eaux
d’origine commuusées.
nautaire, des échantillons ont été collectés
chaque
semaine dans cinq
points différents du
réseau de la ville de
Besançon
Les eaux traitées
étant rejetées dans
le Doubs, cette riviè-
re a également été prélevée en
amont et en aval de la station
d’épuration. Les boues issues
des processus d’épuration ont
également été analysées.
“Nos résultats montrent que les
bactéries en question sont présentes en grande quantité dans
les eaux usées. Et beaucoup plus
fréquentes dans les eaux usées
hospitalières que dans les eaux
usées communautaires.” La mise
en place de systèmes permettant de contrôler le rejet de ces
bactéries multi-résistantes, qui
doivent être considérées comme des polluants, est donc à
envisager dans le futur.
“Si la résistance bactérienne
continue à augmenter, des infections bactériennes pour lesquelles
aucun antibiotique ne sera actif,
vont être plus fréquentes, rappelant la situation d’avant-guerre, quand on n’avait pas
d’antibiotiques” souligne le professeur Xavier Bertrand. Les
antibiotiques sont un trésor pour
l’homme et la préservation de
leur activité passe par un usage raisonné tant chez l’homme
que dans l’élevage. I
D.A.
Biodiversité
Les chauves-souris ont leur nid d’amour à Besançon
Alors qu’elles n’étaient plus qu’une vingtaine à hiberner dans la partie inférieure de la grotte
Saint-Léonard à Besançon au début des années quatre-vingt-dix, les chauves-souris de type
Grand rhinolophe sont aujourd’hui entre 80 et 100. Pour autant, leur habitat reste menacé.
est l’une des originalités bisontines. Pas
la plus connue, certes,
mais révélatrice du
cadre environnemental “préservé” de la capitale comtoise.
Après les castors auteurs d’un
retour sur les berges du Doubs
(La Presse Bisontine d’avril),
zoom sur les chauves-souris
bisontines, mises sur le devant
de la scène lors de la nuit européenne de la chauve-souris le
dernier week-end d’août. C’est
à la grotte Saint-Léonard - site
menant à la Chapelle-des-Buis
et surplombant la Citadelle de
Besançon - qu’une colonie de ces
mammifères se plaît, notamment l’hiver lorsqu’elle rentre
en période d’hibernation. Leur
destinée a pourtant été chaotique : “Au début des années
quatre-vingt-dix, on ne comptabilisait plus que 20 Grands
rhinolophes (une des 28 espèces
C’
de chauve-souris présente en
Franche-Comté). En 1993, il y
avait eu un massacre : 20
cadavres avaient été retrouvés”
rappelle Claire Delteil, chargée
de mission à la C.P.E.P.E.S.C.
(commission de protection des
eaux). Un ou des individus mal
intentionnés
avaient tué à coup
“Elles
de pierre les volatiles.
n’étaient
Depuis, la grotte
plus
est protégée par
que 20.”
un arrêté de biotope datant du
15
novembre
1995. Si l’on peut
encore accéder à
la salle supérieure, la grotte inférieure est fermée
par une grille de
protection. Une
protection nécessaire devenue sal-
vatrice. “Le nombre de chauvesouris de cette colonie a augmenté. Elles sont environ 90
aujourd’hui” explique la représentante de l’association. Pour
autant, l’espèce a besoin que
l’on s’occupe d’elle : “Si la chauve-souris n’est pas menacée en
tant qu’espèce, elle l’est au regard
de la destruction du nombre de
ses
gîtes”
annonce
la
C.P.E.P.E.S.C. Si en hiver les
animaux hibernent dans les
cavités, ils se reproduisent dans
les greniers, combles et caves
de Besançon et alentours avant
l’été. Beaucoup de ces espaces
sont aujourd’hui condamnés par
leur propriétaire. Les habitats
disparaissent nécessitant une
campagne de sensibilisation
menée auprès du grand public
par la commission : “Nous travaillons également avec des professionnels, les charpentiers par
exemple, pour leur expliquer qu’il
ne faut pas tout fermer” explique
la spécialiste.
Avec près de 200 insectes mangés chaque nuit, la chauve-souris demeure tributaire des pesticides ou des lumières
artificielles. Trop d’éclairage les
incite à sortir plus tard pour
chasser. Besançon est (re)devenu
leur terrain de chasse préféré.
L’équilibre reste néanmoins fragile. I
La chauve-souris se plaît
dans la grotte Saint-Léonard
à Besançon où elle se met
en léthargie durant l’hiver.
La colonie a progressé
en terme d’individus
après avoir été menacée de
disparition
(photo F. Schwaab).
BESANÇON
16 La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
TOURISME
Bilan
Été pourri : ceux qui
pleurent, ceux qui rient
Le bilan de la saison estivale dans le Grand Besançon est à l’image
du ciel : chaotique. La piscine plein air de Chalezeule a par exemple
accueilli 27 300 visiteurs de moins que l’an dernier sur 40 jours.
La Citadelle va, contre toute attente, dépasser ses objectifs d’août.
e 28 juillet, quand Besançon battait son record de
pluviométrie datant de
2007 avec 218 millimètres
tombés en 24 jours de pluie, la
préfecture de Besançon envoyait
dans le même temps un message levant les restrictions
d’usage de l’eau dans certaines
communes. Ça prête à sourire.
Car s’il y a bien un point sur
lequel on peut se réjouir de cet
été maussade, c’est le niveau des
nappes phréatiques, au top.
Sans surprise, les activités de
plein air ont bu la tasse cet été.
La Ville de Besançon qui gère
la piscine couverte de Chalezeule enregistre l’un de ses pires
étés. Du 28 juin au 17 août, la
structure a accueilli 15 454 visiteurs contre 42 848 l’année dernière sur la même période. Même
constat du côté de la baignade
L
COMMERCE
à la plage d’Osselle : “En juillet, tembre ses quatre comités
j’ai fermé durant 14 jours car (Doubs, Jura, Haute-Saône, Terpersonne ne venait, explique le ritoire-de-Belfort) pour mesudirecteur de la plage Frédéric rer le bilan des hôtels, gîtes et
Michel. Août a été meilleur campings.
notamment après le 15. Je suis Si la Citadelle de Besançon
encore confiant car si la météo affiche logiquement une baisse
est clémente, nous pourrons enco- de 5 % de ses visites avec 34 500
Malgré une baisse de 5 % de visiteurs en juillet, la Citadelle a réalisé un mois d’août
re accueillir des clients en quê- personnes en juillet, elle enrehonorable qui s’explique par les nombreuses animations proposées.
te de soleil, et ce jusqu’au 28 sep- gistre au premier semestre 2014
tembre.”
sa meilleure fréquentation depuis
Même constat du 4 ans avec 177 055 visiteurs posées. “L’offre en direction des tin note toutefois des change- la Citadelle que de vrais toucôté du tourisme contre 148 612 en 2013 (+ 19 %) jeunes enfants a très bien fonc- ments dans la typologie de sa ristes. Un simple constat qui
La Citadelle fluvial où les plai- et va dépasser chez chiffres du tionné et nous avons même inci- clientèle. Les visiteurs sont devrait se refléter dans les
sanciers ont été mois d’août. “Nous allons effec- té des visiteurs à revenir” dit-il. davantage des personnes qui chiffres mitigés des hôtels et
s’en sort
moins nombreux à tivement conforter notre avance Le haut lieu touristique bison- résident à moins d’une heure de campings du secteur. I
grâce à ses accoster, notam- avec 42 000 visiteurs contre
ment à la halte du 40 000 en moyenne, même si le
animations. Moulin Saint-Paul. mois d’août fut assez déprimant
Il faudra attendre sur le plan de la météo”, résume
les chiffres publiés le directeur de la Citadelle
par le comité régio- Patrick Porte qui explique cetnal du tourisme, te bonne tenue par les nouvelles
qui réunit le 4 sep- et nombreuses animations pro-
Le replay du conseil
Des bâtons dans les roues du halal
Besançon a-t-elle les moyens
de choisir ses enseignes ?
Dans deux quartiers bisontins, certaines cellules commerciales sont vides.
Une enseigne s’est positionnée, spécialisée sur le “halal”, elle a été éconduite. Le promoteur, qui emploie 15 personnes, ne comprend pas.
e bruit avait circulé dans le quartier Îlede-France à Planoise : le magasin “Supermarché Planoise” ex-Coccinelle devait faire ses valises et baisser rideau en 2014.
Pour l’heure, il est toujours en place. Au bonheur
des habitants qui peuvent y faire leurs courses
sans avoir besoin de prendre un moyen de transport. Puis, ce fut au tour d’un autre bruit de se
répandre : le local serait repris par un commerçant spécialisé dans l’épicerie halal. Une pétition
fut alors déposée par une habitante du quartier
pour son maintien et éviter l’arrivée d’un magasin halal. “Et si je faisais la pétition contraire,
c’est-à-dire “pour le marché halal”, je ramasserais
3 000 signatures. Mais je ne veux pas de bras de
fer. Cela fait deux ans que je suis en discussion
avec Coccinelle, mais je ne signerai pas de compromis puisque la Ville menace de préempter”
résume l’investisseur.
Déjà propriétaire d’un magasin qui ne vend ni
alcool ni porc dans le quartier des 408 à Besançon, employant 15 personnes, cet homme (qui préfère ne pas apparaître) ne com-
L
prend pas pourquoi on lui refuse une installation.
“Je ne demande pas que l’on me déroule le tapis
rouge et je ne demande aucune subvention pour
m’installer. Je ne l’ai pas fait aux 408” dit-il. Sa
vision économique est toutefois recevable : “Je
suis sur un marché de niche, ce n’est pas du prosélytisme. Et non, comme certains auraient pu le
dire, le halal n’est pas synonyme de ghetto mais
c’est seulement la loi de l’offre et de la demande.
Des enseignes nationales ont fait des études ici :
elles ne sont pas venues parce que la demande
n’est pas là. Qu’on veuille interpréter ce que je
vends, je ne peux pas l’empêcher mais je répète que
ce sont des produits venus du monde entier qui
sont mis en vente chez moi.” De son côté, l’adjoint
bisontin au commerce est clair : “Nous donnons
la priorité à une enseigne généraliste. Nous avons
reçu plusieurs propositions. Il n’y a pas d’urgence
pour se positionner” commente Thierry Morton.Pendant ce temps, des cellules commerciales
créées par la S.E.D.D. ans le cadre du programme de rénovation urbaine demeurent vides : c’est
le cas aux Clairs-Soleils. I
Les phrases-clés
des élus
Conseil municipal du 10 juillet 2014
Jacques Grosperrin, le leader de l’opposition, véhément et un brin
péremptoire à l’encontre du maire :
“Je vous enjoins de respecter les prises de parole des conseillers municipaux
de droite. En ce qui nous concerne, jamais nous ne ferons d’attaque
personnelle contre vous. Je vous demanderai donc de ne pas nous couper la
parole avec des paroles désobligeantes ou déplacées. Je vous demande de vous
montrer digne de la fonction que vous occupez.” Et juste après, d’ajouter : “À la
fin de ce mandat, vous serez élu depuis près de 40 ans !” Du respect avait-il
demandé…
Jean-Louis Fousseret du tac au tac : “Et voilà le petit numéro de
Grosperrin. Vous ne pourrez pas faire que ça durant le mandat ! En terme de
respect, vous n’avez aucun conseil à me donner ! La parole à M. Bonnet.” Et il
ajoute à l’intention de ce dernier : “Si c’est pour me faire la leçon, ce n’est pas
la peine !”
Pascal Bonnet, taquin : “Vous n’allez quand même pas me couper la parole
avant même que je la prenne !”
À Laurent Croizier (opposition) qui demande si la gratuité des activités
périscolaires sera ou non maintenue l’an prochain, le maire répond : “Notre
objectif est bien de maintenir la gratuité. Mais je ne lis pas dans le marc de
café…”
Michel Omouri à propos des travaux à l’école Dürer et de la présence ou
non d’une caméra de vidéo-protection : “Si dans votre majorité on estime qu’il
vaut mieux mettre de la vidéo-surveillance dans les déchetteries plutôt que de
sécuriser les écoles, alors il y a du souci à se faire !” Désapprobation générale
des élus de la majorité.
Pascal Bonnet au sujet de la contribution financière de la Ville à la
campagne de communication “Originale Franche-Comté” : “Il faudrait mettre
l’argent ailleurs que dans cette campagne de pub qui n’a rien rapporté à notre
région et qui ne rapportera rien.”
Réponse de M. Fousseret : “Certains disent que cette campagne est géniale,
d’autres disent qu’elle est nulle. La vérité est sûrement entre les deux…”
Philippe Gonon (U.D.I.) commente le projet de fusion entre la FrancheComté et la Bourgogne : “Marie-Guite Dufay a dit oui à une coquille vide de
sens, de fonctionnement et de financement. Les citoyens ne sont pas écoutés.
En ce moment, ce sont des personnes extérieures à notre région qui parlent de
son avenir.”
Sur le même sujet, Pascal Bonnet, pour une fois sur la même longueur
d’onde que le maire, presque flagorneur : “Si certains sont naïfs dans votre
parti, vous, vous êtes attentifs aux intérêts de Besançon, et nous vous
soutiendrons dans cette démarche.”
Le halal fait
débat… mais il
reste porteur
d’emplois à
Besançon.
Ludovic Fagaut (U.M.P.) au maire à propos des subventions aux clubs
sportifs de haut niveau : “La parité de subventions pour les clubs d’élite
n’était déjà pas respectée lors de la précédente majorité. Quel sport de haut
niveau voulez-vous à Besançon M. le maire ? Vous reléguez le sport de haut
niveau au second plan dans cette ville.”
BESANÇON
PATRIMOINE
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
17
Au 34, rue Ronchaux
L’atelier de moulage, un voyage hors du temps
Besançon est une des rares villes de France à posséder son propre atelier
de moulage. À l’image de celui du Louvre, c’est là que se fabriquent toutes
les reproductions des œuvres conservées dans les musées de Besançon.
e geste est précis, il est ensuite posée par-dessus. lui qui a intégré la maison à l’âge
s’apparente à celui d’un Puis vient le moment du coula- de 18 ans, il y a plus de quarante
artiste. Chaque étape de ge de la silicone dans une troi- ans, dans le sillage de son beaula fabrication d’un mou- sième étape, avant de passer au père Alfred Monterosso qui a été
le nécessite la plus grande atten- coulage du plâtre, additionné le premier à travailler à l’atelier
tion, de la conception du moule d’une résine acrylique, ou d’une de moulage dès sa création en
à l’ébavurage du moulage. pierre artificielle ou de résine 1959.
L’œuvre est couverte de plasti- polyuréthane. Les gestes sont Nous sommes au 34, rue Ronline, sorte de pâte à modeler précis, assurés. Il faut dire qu’Éric chaux, dans une vieille instituindustrielle. Une chape en plâtre Groslambert connaît le métier, tion bisontine, nichée au fond
d’une cour, qui fait pénétrer le
visiteur dans un autre monde
où la patine du temps est l’allié
naturel de ceux qui y travaillent.
L’institution a été créée en 1959
à l’initiative de Marie-Louise
Cornillot, conservateur du musée
des beaux-arts de l’époque. Au
départ, cet atelier était destiné
à la restauration des mosaïques.
Peu à peu, il s’est spécialisé dans
le moulage de plâtres. Rares sont
les villes françaises à posséder
leur propre atelier de moulage.
Cette exception bisontine est
d’autant plus précieuse.
Trois personnes travaillent ici.
Le responsable Éric Groslambert y aura passé quasiment toute sa carrière. Le “taulier” est
épaulé de deux adjoints,
Alexandre Rioton et Murielle
Dovillaire. Tous trois sont charAlexandre Rioton supervise le travail de finition effectué gés de reproduire et de conserpar deux stagiaires du lycée de la céramique de ver une partie du patrimoine de
la Ville dont ils font des mou-
L
Longchamp, vers Dijon.
Éric Groslambert est le
responsable
de l’atelier
moulage de
la rue
Ronchaux.
lages. Ces pièces sont ensuite
destinées à être vendues en tant
que souvenirs à l’office de tourisme et dans les musées, ou
offertes en cadeau par les autorités de la ville à leurs invités.
Parmi les best-sellers, le petit
buste de Victor Hugo dont plusieurs centaines d’exemplaires
sont fabriquées ici chaque année.
L’atelier de moulage de la Ville
dispose en stock de près de 150
moules dont la fabrication minutieuse est assurée sur place. “Ici,
nous faisons tout : de la fabrication du moule en silicone à la
finition des moulages” résume
Éric Groslambert. L’atelier de
moulage remplit trois missions
principales : la création de moulages au service des musées de
la Ville, la restauration de cadres
et la réalisation de moulages à
la demande d’autres collectivités publiques ou
d’autres villes
françaises.
840
Les talents des
moulages
agents
de
l’atelier de mousortent
lage sont muldes ateliers tiples. Ils se font
tous les ans. techniciens
quand ils créent
les moules et se
muent en véritables artistes
au moment de
(Pour l’achat d’une literie,
d un fauteuil, d’un salon)
Voir conditions en magasin - Photos non contractuelles
BESANÇON ESPACE VALENTIN Centre
03 81 53 42 12
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couler le plâtre et surtout de le
patiner ensuite, grâce à des vernis gomme-laque ou des tampons additionnés de pigments,
dans des tons imitant parfaitement le bronze, la terre cuite ou
encore le bois vieilli. L’effet est
saisissant.
Chaque année en moyenne,
quelque 840 moulages sortent
des ateliers de la rue Ronchaux.
Si ce ne sont que des reproductions d’œuvres originales, le soin
apporté à leur réalisation fait
entrer le petit atelier de la rue
Ronchaux parmi les endroits les
plus exotiques et attachants de
Besançon. I
J.-F.H.
18
BESANÇON
PROJET
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
Vente de Saint-Jacques
L’hôpital veut en tirer le meilleur prix
Le C.H.U. cédera l’ensemble immobilier de Saint-Jacques entre le deuxième
semestre 2015 et le premier semestre 2016. Pour l’instant, les modalités
de la vente sont à l’étude. L’établissement de soins veut en tirer le meilleur
prix quel que soit l’acquéreur, public ou privé. À ce jour, la ville de Besançon
n’a pas fait part à l’hôpital de sa volonté d’acheter.
a reconversion de l’ancien hôpital Saint-Jacques était un des
points clefs du programme de
la plupart des candidats aux
dernières élections municipales à Besançon. C’est la preuve de l’enjeu que représente l’avenir de cet ensemble immobilier à fort potentiel. Ce ne sont pas
les idées qui manquent pour faire vivre
autrement l’ancien centre de soins :
bibliothèque, établissement pour personnes âgées, commerce, logement,
quartier des industries créatives et du
net, bref, beaucoup de choses sembles
possibles sur ce site de 5 hectares (6
si l’on y ajoute l’Arsenal situé de l’autre
côté de la rue L’Orme-de-Chamars).
Cette emprise foncière unique au centreville contient 77 000 mètres carrés de
bâtiments qui abritaient les services
de l’hôpital avant qu’ils ne soient transférés à Minjoz au mois d’octobre 2012
pour la majorité d’entre eux. Actuellement, près de 50 % de ces locaux sont
vides.
L
Le C.H.U. vendra tout entre le deuxiè- une structure publique ou alors un prime semestre 2015 et le premier vé qui le cas échéant devra tenir compsemestre 2016. “Nous céderons le site te de la politique d’urbanisme de la vilau plus offrant car cela conditionne le le. Tout est possible. En France, les deux
financement de l’opération de moder- cas de figure se sont déjà présentés.” Il
nisation de l’hôpital Minjoz. Nous arrive que la transaction suscite la
devons vendre au mieux dans l’intérêt controverse comme à Clermont-Ferdu C.H.U.” annonce la direction du rand en 2013, quand la municipalité
Centre Hospitalier Universitaire, “sans a contesté l’acquisition pour 25 milêtre aveugle de ce qu’il y a autour” rec- lions d’euros par un groupement
tifie-t-elle dans la foulée. Sous-enten- d’investisseurs privés des cinq hecdu, l’hôpital vendra au tares de l’Hôtel-Dieu vendu par l’hôpital
meilleur prix mais pas de la préfecture du Puy-de-Dôme. On
“La ville n’a à n’importe qui pour y apprenait alors dans la presse locale
faire n’importe quoi que la municipalité auvergnate dénonpas exprimé sans tenir compte de çait un projet privé tourné vers la denl’environnement bison- sification, elle qui souhaitait privilésa volonté
tin. À partir de là, le gier les espaces et les équipements
d’acheter.” centre hospitalier est publics. Mais la collectivité n’a pas fait
ouvert à toutes les pro- le poids avec une offre inférieure de
positions. “Cette vente 5 millions d’euros à celle du groupeest un enjeu pour la vil- ment privé.
le et pour nous. La ques- Impossible qu’un tel scénario se protion est de savoir qui duise à Besançon direz-vous puisque
rachètera. Cela peut être depuis le temps que l’on parle de la
vente de Saint-Jacques, la ville a sûrement dû poser des jalons, d’autant
qu’elle a confié en 2012 à la “Fabrique
Urbaine” l’étude d’un schéma direc-
L’ancienne maternité n’a pas de valeur patrimoniale.
Le bâtiment peut-être détruit.
teur de la zone Saint-Jacques-Arsenal. La ville n’est-elle pas dans une
démarche d’acquisition ? N’a-t-elle n’a
pas déjà entamé les négociations avec
l’hôpital ? Et bien non. La direction du
C.H.U. est formelle : “La ville à ce jour
n’a pas exprimé sa volonté d’acheter le
site.” Les jeux sont donc ouverts. Tous
les acquéreurs sont les bienvenus.
À la décharge de la municipalité, si les
investisseurs, y compris les collectivités, peuvent montrer leur intérêt pour
le site, il leur est impossible de faire
une proposition d’achat en l’état car
l’hôpital n’a pas encore arrêté le principe de la vente. La cession de 6 hectares et de 77 000 mètres carrés de
bâtiments se prépare. À ce jour, le prix
de vente n’est pas établi. Mais par comparaison, Saint-Jacques se vendra sans
doute plus cher que l’hôpital Clermontois au regard de sa superficie et
de sa situation. “Nous travaillons
actuellement à l’optimisation de la valorisation de l’ensemble immobilier. Estce que nous le vendrons par lots ou
dans sa totalité ? Tout cela n’est pas
arrêté. En revanche, cette vente passera par un appel d’offres et une consultation avec un cahier des charges”
conclut la direction qui ne perd toutefois pas de vue de réaliser la meilleure opération financière lors de cette
vente aux enjeux politiques importants. T.C.
Présente
INSCRIPT
OUVERTESIOSNuS
r
w
ww.thejung
le
run.com
La cession de Saint-Jacques est un enjeu financier pour l’hôpital et un
enjeu stratégique pour la municipalité en place et la ville de Besançon.
Repères
L
Les locaux vides sont
sécurisés et entretenus
a plupart des services de Saint-Jacques ont déménagé à lʼhôpital Minjoz en octobre 2012. Il restait encore des unités comme la dermatologie qui a fait ses cartons en début dʼannée. La psychiatrie est toujours au centre-ville, mais elle partira elle aussi lorsque les travaux sur la
tour Minjoz seront achevés. En attendant, ce service qui est dispersé sera
regroupé. Ce remembrement est une des étapes préalables à lʼétude de
la cession du site.
Pour lʼinstant, près de 50 % des 77 000 mètres carrés de bâtiment sont vides.
“Certains le sont totalement comme le pavillon Bersot où se trouvait la pédiatrie, dʼautre pas” indique la direction du C.H.U. qui continue de
porter une attention particulière à cet ensemble immobilier quʼelle
“Les mettre
est amenée à vendre. Pour éviter quʼils se dégradent, les bâtiau moins ments sont entretenus “a minima. Ils sont chauffés pour les mettre
hors gel.” au moins hors gel. Toutes les parties qui ne sont pas utilisées
sont condamnées et sécurisées.” Pour éviter les squats et les
intrusions diverses dans les locaux vides, le C.H.U. a missionné
une société de sécurité qui effectue des rondes la nuit. “Il nʼy a
pas dʼendroit en déshérence. Il faut éviter que ces bâtiments se
dégradent de quelque manière que ce soit” insiste la direction
du C.H.U. qui réussit jusque-là dans cette opération. 2 CATÉGORIES
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besancon > DOUBS
DIMANCHE 5 OCTOBRE 2014
NOUVEAU
POUR LES
E N FA N T S
SAMEDI 4 octobre 2014
Départ : 14h30 - Rivotte 4 catégories :
- les balaises : 6 - 8 ans
- les costauds 11 - 12 ans
- les durs à cuire 9 - 10 ans
- les cracks - 13 ans
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Participation de 16 € catégorie cool 7km - 21 € catégorie crazy 14km, règlement* par CB sur www.thejunglerun.com ou par
chèque à l’ordre de the jungle run à The Jungle Run, 9 rue du Petit Montmarin - Espace de la Motte 70000 VESOUL.
*Joindre le règlement avec un bulletin d’inscription à télécharger sur www.thejunglerun.com
ATTENTION : à partir du 15 septembre 2014 inclus, le tarif sera de 21 € ( cat. cool ) et 26 € ( cat. crazy )
Contact Organisateur : Fabien Cholley 06 65 34 34 25
BESANÇON
VELOTTE
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
EN BREF
Polémiques autour de l’aire de jeu
Des riverains prêts à faire appel à la justice
Les nuisances qui proviennent de l’aire de jeu
de Velotte exaspèrent les habitants du quartier. Ils
sont prêts cette fois à engager une action judiciaire
si la municipalité n’intervient pas.
es riverains en ont assez des nuisances qui proviennent de l’aire
de jeu située chemin des Journaux, dans le quartier résidentiel de Velotte. “Ça hurle, ça hurle, ça
hurle” soupire une habitante dépitée.
Le bruit lui tape sur les nerfs au point
qu’elle n’ouvre plus les fenêtres de sa
maison. “C’est dur lorsqu’on a connu le
calme ici.” En journée, ce sont les enfants
et leurs familles qui jouent sur l’aire
spacieuse et bien équipée. Le soir, alors
que l’endroit est censé retrouver son calme, le vacarme continue “de 23 heures
à 4 heures du matin parfois” affirme un
habitant qui préfère garder l’anonymat
par peur de représailles. Car à la place
des cris des gamins, les gens du quartier ont droit aux éclats de voix de groupes
d’individus décrits comme agressifs, qui
se retrouvent là. Beaucoup de résidents
se plaignent de ne plus dormir, mais
aussi de ne pas être entendus par la
municipalité à laquelle ils ont fait part
du problème à plusieurs reprises depuis
des mois. Même la pétition signée par
une soixantaine de personnes début
juillet, envoyée au maire et au préfet,
est restée sans réponse.
“Nous avons deux exigences. On demande pour commencer que l’aire soit clôturée et fermée la nuit. Nous arrêterons
alors de déranger la police et nous nous
L
retrouverons le sommeil” annonce cet
habitant. Il ajoute : “La seconde revendication concerne le stationnement qui
est source de danger.” Sur ce point, les
récents aménagements réalisés par la
mairie pour éviter que les gens se garent
n’importe où autour de cette aire de forte affluence posent d’autres problèmes.
L’exaspération est telle que les riverains
se disent prêts à engager une action au
tribunal administratif si la municipalité n’intervient pas. “D’autant que JeanLouis Fousseret avait promis, entre les
deux tours des élections municipales,
qu’il s’occuperait personnellement de ce
dossier” affirme un habitant. La promesse tarderait donc à se concrétiser.
Mais elle n’est pas tombée aux oubliettes
selon Danielle Poissenot,
adjointe à la sécurité et à
“Le
la tranquillité publique. “Les
riverains sont ennuyés et la
dossier
ville l’est aussi. Je suis
suit son
d’accord pour trouver une
cours.”
solution. Le maire a dit que
la clôture de l’aire était envisagée. Cela permettrait en
effet de fermer le parc et de
le réglementer.” L’élue ne
s’engage pas sur un calendrier, mais “le dossier suit
son cours.” Elle laisse même
entendre que si a priori la
19
Pyramide
Samedi 20 septembre,
pour la
première fois à Besançon,
place de la Révolution,
de 10 heures à 19 heures,
Handicap
International célébrera
la 20ème édition des
Pyramides de
chaussures. Vingt ans de
mobilisation citoyenne
contre les mines
antipersonnel et les
bombes à sousmunitions. Cet
événement public de
protestation sensibilise le
s citoyens, pour qu’ils
s’indignent à leur tour et
demandent au
gouvernement
français d’agir pour
l’interdiction des mines.
Citoyens et citoyennes
sont appelés, en signe
d’indignation, à déposer
une paire de chaussures
sur la Pyramide
de chaussures érigée par
Handicap International.
Renseignements au
06 60 97 09 38.
Transports
L’aire de jeu est très prisée des familles. Les riverains
demandent qu’elle soit clôturée afin qu’elle ne soit plus fréquentée
la nuit. Cela coûterait 20 000 euros.
question du déménagement de l’aire de
jeu n’est pas à l’ordre du jour, elle pourrait être débattue avec les riverains.
En effet, si l’utilité de cet équipement
dédié aux enfants est indiscutable, on
peut s’interroger sur le choix de son
emplacement par la Ville qui a toutefois tenu compte des remarques du
Conseil de quartier de Velotte dans sa
décision. Sans doute aurait-il été préférable de l’envisager à côté de la maison de quartier, située à 300 mètres de
là, où il y a notamment toutes les commodités (parking et toilettes) pour
accueillir le public dans de bonnes conditions. Et si vous vous déplaciez
gratuitement durant une
semaine ? Du 22 au
28 septembre, le Grand
Besançon organise avec
l’A.D.E.M.E. une
expérimentation pour
mettre en place d’autres
manières de se déplacer.
Ils recherchent des
volontaires. Rens. :
03 81 65 06 80 ou
www.grandbesancon.fr/
sedeplacerautrement
20
LE DOSSIER
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
LES FRANCS-COMTOIS DANS LA GRANDE GUERRE
Il y a cent ans démarrait ce qui allait devenir en quatre ans le conflit le plus meurtrier de tous les temps pour les soldats français. La Presse Bisontine a
souhaité participer à sa façon au nécessaire devoir de mémoire. Ce dossier a été rendu possible grâce aux contributions de Jean-Claude Barbeaux,
Denis Greusard, Jean-Yves Monnin, Claude Hugel, Roger Chabod, Jeanne-Marie Taillard, Michel Renaud, les Amis de Louis Pergaud, Jean-Claude Vuez,
Dominique Carrier, Charles Muckensturm-Louvrier, musée Lucien Bersot, Archives départementales, Denis Vermot, Éric Bonvalot.
G Souvenir
Il y a tout juste 100 ans
Le livre de Jean-Claude Barbeaux
de la Grande Guerre A
La Franche-Comté à l’aube
L’histoire de la Franche-Comté et le destin de nombreux de ses habitants vont
basculer en quelques jours. La vie était pourtant prospère à l’époque. Mais les
rancœurs de la guerre de 1870 et l’espoir de voir le conflit naissant réglé
rapidement vont plonger la France dans une guerre meurtrière et interminable.
epuis le début de ce siècle qui
débute à peine, industrie et
agriculture sont prospères
dans la région. La race montbéliarde a été créée il y a peu, les fruitières sont bien en place et structurent
une filière en pleine croissance. Et si
le vin est en crise, l’absinthe, elle, connaît
une popularité et un développement
croissant qui inquiète d’ailleurs des
opposants bien déterminés à la faire
interdire. Du côté de Besançon,
l’horlogerie assure à la capitale régionale un rayonnement économique certain, tout comme l’industrialisation
partout ailleurs dans la région avec les
Peugeot, Japy et autres. Pour accompagner cette période économiquement
faste, le chemin de fer dessert beaucoup de villes avec des lignes principales souvent prolongées dans des
bourgs plus ruraux via le tacot. Évidemment, ce climat serein est aussi
favorable à l’apparition des loisirs et
manifestations festives comme le Tour
D
Développement de l’économie et des loisirs, la belle
époque va laisser place à quatre années de guerre.
La Franche-Comté pendant
la Grande Guerre
uteur de nombreux ouvrages et
articles sur la Région, Jean-Claude
Barbeaux revient dans ce livre aux
Éditions Sutton sur les événements marquants dans la région avant et pendant la
première guerre mondiale. Du caporal
Peugeot au sergent Sellier, il nous décrit
comment la Franche-Comté a traversé la
Grande Guerre. Au front ou à lʼarrière, à
travers des destins dʼhommes célèbres
ou dʼanonymes, entrant dans le quotidien Jean-Claude Barbeaux
des Francs-Comtois durant cette guerre présente son livre sorti
aux Éditions Sutton.
qui devait être la der des ders. I
de France. Politiquement, le pays comme la région sortent de plusieurs années
de tension après les inventaires des
biens de l’Église suite à la loi de 1905.
Bien que fortement imprégnée par le
catholicisme, la Franche-Comté accorde en 1914 en majorité ses suffrages
aux radicaux de Clemenceau. La République a en effet fait du chemin depuis
quelques décennies et s’est largement
imposée, y compris dans les campagnes.
L’attachement à ses principes fondateurs se retrouve d’ailleurs dans
l’engouement que l’on note chez les
jeunes conscrits qui donnent sans rechigner deux années (puis trois dès 1913)
à la nation lors du service militaire. Il
faut aussi se souvenir que la guerre de
1870 contre les Prussiens a laissé des
traces et a fait perdre au pays les régions
voisines d’Alsace et de Lorraine.
Alors que le tocsin retentit dans tous
les villages le 1er août 1914 et que tous
prennent connaissance de l’ordre de
mobilisation générale, la Franche-Comté va entrer brutalement dans la guerre dès le lendemain à Joncherey près
de Belfort, avec la mort du caporal Peugeot abattu par les Allemands qui ne
déclareront officiellement la guerre que
le jour suivant. Une guerre longue,
inhumaine, sanglante et meurtrière
qui prendra à la Franche-Comté plus
de 30 000 de ses hommes dont 11 000
pour le seul département du Doubs.
Une guerre qui ne sera même pas la
Der des Ders… I
D.A.
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
21
G Anciens combattants Jean-Yves Monnin
L’O.N.A.C.-V.G.,
vecteur du devoir
de mémoire
Le premier Office a été créé en 1916, au cœur de la Première
Guerre mondiale. Il s’appelait alors l’Office national des
mutilés et réformés, chargé de rendre hommage, de reconnaître l’engagement, le sacrifice, la souffrance de ces milliers
de soldats qui combattaient pour la liberté de la France. Mais
bientôt ce seul Office ne suffit plus. En 1917, l’État décide de
créer un second Office : l’Office des Pupilles de la Nation
chargé, celui-ci, de prendre en charge les milliers d’enfants
devenus orphelins au cours de ces années de guerre.
Aujourd’hui, l’Office national des anciens combattants et
victimes de guerre (O.N.A.C.-V.G.) est l’opérateur majeur de la
politique de mémoire combattante du ministère de la
défense. Il est chargé de la déclinaison locale des thématiques
liées au calendrier commémoratif. Dont évidemment
le centenaire de la Grand Guerre. Question au directeur
départemental, Jean-Yves Monnin.
Se souvenir et
transmettre,
ce sont les
missions
de l’office
national des
anciens
combattants
et victimes
de guerre.
de l’histoire reste au cœur des initia- tions pédagogiques et culturelles
tives mémorielles des services de empruntant tous les vecteurs possibles :
l’O.N.A.C.-V.G. Leur disparition impo- expositions pédagogiques, théâtre, sport,
re de l’O.N.A.C.-V.G., c’est avant tout se cependant de repenser sans cesse promotion des porte-drapeau, voyages
préserver et transmettre aux plus jeunes les vecteurs de transmission de leur sur les hauts lieux de mémoire, conféla mémoire et les valeurs républicaines mémoire. C’est pourquoi, nous imagi- rences, ateliers et concours scolaires… I
Recueilli par D.A.
des anciens combattants. L’idéal de paix nons et mettons en œuvre des opéraet les valeurs qui ont guidé leur engagement sont aujourd’hui encore au cœur
par Jacques Chirac pour voir les derde l’apprentissage civique des jeunes
niers poilus décorés de la Légion
générations. Connaître le passé et sauvegarder l’héritage de nos aînés, c’est
dʼHonneur. Une reconnaissance pour
aussi une manière d’apprendre à être
es deux derniers poilus francs- le moins tardive qui fera réagir le dercitoyen.
a Presse Bisontine : Quel est votre rôle
L
dans le département du Doubs ?
Jean-Yves Monnin : La mission mémoi-
L
Zoom
Les derniers poilus
Août 1914, la
mobilisation
générale est
déclarée.
L.P.B. : Quels sont vos objectifs ?
J.-Y.M. : On peut résumer en trois mots :
célébrer, partager et transmettre. Célébrer et commémorer les grandes dates
et les événements qui ont fait notre histoire récente, partager une mémoire
européenne et internationale des conflits
passés pour promouvoir la Paix, et transmettre enfin des valeurs de civisme, de
respect, de solidarité, d’engagement et
de courage aux jeunes générations.
L.P.B. : Mais les témoins de l’histoire ont disparu…
J.-Y.M. : La rencontre avec les témoins
comtois sont décédés en 2003.
Henri Cornu, né en 1899, avait été
appelé en mai 1918, faisant donc partie dʼun des derniers contingents mobilisés. Émile Porcherot, né en 1897, avait
lui été mobilisé en janvier 1916 et envoyé
dans la Somme où il sera blessé au
visage et au bras. Ces deux soldats
avaient été décorés de la Légion
dʼHonneur en 1963 pour le premier, en
1980 pour le second. Une distinction
qui nʼa pas été si “rapide” pour tous les
anciens poilus…
Il faudra attendre un décret pris en 1995
nier dʼentre eux, décédé en 2008, Lazare Ponticelli : “Je refuse des obsèques
nationales. Ce nʼest pas juste dʼattendre
le dernier poilu. Cʼest un affront fait à
tous les autres, morts sans avoir eu les
honneurs quʼils méritaient. On nʼa rien
fait pour eux. Ils se sont battus comme
moi. Ils avaient droit à un geste de leur
vivant… Même un petit geste aurait suffi.” Une cérémonie nationale simple,
dédiée aux morts de la Première Guerre mondiale, aura finalement lieu aux
Invalides avant que le dernier poilu soit
enterré dans le caveau familial. I
G Ornans Une terre de repli
L’hospitalité ornanaise
La Franche-Comté était loin du Front, épargnée donc par les
combats auxquels elle fournira néanmoins nombre de soldats.
La région sera par contre une terre d’exil ou de repli pour les
réfugiés. Exemple dans la vallée de la Loue à Ornans où s’établirent
également des Américains venus apporter leur savoir-faire.
n quatre ans, Ornans la vallée de la Loue tandis que lations. Des travailleurs humaaccueillera plus de 700 les ressortissants dont les idées nitaires avant l’heure. Ils se sont
Alsaciens et Lorrains, politiques étaient douteuses chargés dès 1917 et jusqu’après
des habitants de ces étaient gardés à dans la capita- la guerre de la fabrication des
régions annexées qui avaient le régionale. Les pro-allemands maisons en bois qui accueillaient
tout perdu. Des sites d’abord étaient quant à eux enfermés à dans un premier temps les réfuappelés camps de concentration la Butte.Autres habitants pro- giés. Puis vint le moment de
puis refuges étaient construits visoires venus compenser le construire en série pour réurpour les héberger. Mais tous départ au front des Ornanais, baniser la région anéantie de
n’arrivaient pas jusque-là, un tri les Quakers américains. Ces pro- Verdun. À la force des bras et
étant effectué du côté de la gare testants pacifistes, objecteurs de avec l’aide de celle de la Loue où
de Besançon. Les francophiles conscience étaient volontaires deux roues à aube étaient en
étaient libres et acheminés dans pour apporter leur aide aux popu- action.
E
Des centaines
de maisons en
bois ont été
construites à
Ornans durant
la guerre par
les Quakers.
Les témoignages retrouvés par
une poignée de passionnés ont
permis de retrouver traces de ce
passage dans une vallée qu’ils
ont beaucoup apprécié d’une cinquantaine de ces Américains.
Une petite histoire dans la grande que beaucoup avaient
oubliée. I
Exposition à l’occasion des Journées
Européennes du Patrimoine les samedi 20
et dimanche 21 septembre dans l’ancien cloître
du monastère de la Visitation,
actuelle cité Administrative d’Ornans.
Ouverture au public de 10 h à 18 h.
22
DOSSIER
DOSSIER
G Beure
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
Créé par Jean Cretin
Le musée Lucien Roy,
un hommage permanent aux poilus
Blessé au combat, Lucien Roy, un habitant de Beure, meurt en 1915.
Jean Cretin, son neveu et ancien maire du village, réunira des souvenirs
pour finalement ouvrir ce musée associatif il y a plus de trente ans.
I
Zoom
Marius Eme
çon un parchemin où figuraient
les noms de tous les Morts pour
la France. Il tenait également à
faire le voyage chaque année à
lʼArc de Triomphe pour rapporter la flamme de la tombe du soldat inconnu à Besançon pour
commémorer le 11 novembre. I
l avait été aviateur lors de la
Grande Guerre et blessé au
combat comme bon nombre
dʼautres “ailes brisées”. Vivant
mais défiguré, il avait à cœur
dʼentretenir la mémoire de ses Infos pratiques
camarades disparus. Par Musée Lucien Roy,
exemple en insérant dans le 70 rue de Besançon à Beure.
monument aux morts de Besan- Tél.: 03 81 52 60 30
ouze salles contiennent
près de deux cent cinquante mannequins en
uniforme, de l’armement et des
munitions, des documents rares,
des milliers d’insignes et de
médailles, un nombre impressionnant de drapeaux, l’hélice
du S.P.A.D 1916 de l’adjudant
Prêtre, coéquipier de Guynemer,
de nombreux journaux d’époque,
des maquettes de la Grande
Guerre, des douilles d’obus gravées dans les tranchées et bien
d’autres objets artisanaux réalisés par des soldats qui trouvaient là un moyen de tuer le
Des
centaines
d’objets
ont été
rassemblés
pour
honorer la
mémoire
des poilus.
D
temps. “Beaucoup étaient des
en uniforme perpaysans ou des travailleurs
mettent de se
manuels qui savaient faire
représenter les
quelque chose de leurs mains.” Une
acteurs des évéLe musée en conserve de belles
les
exposition nements,
preuves. “Ce qui rend la visite
témoignages, phoparticulièrement émouvante vient jusqu’en
tos, objets perdu fait que tous ces objets, authen- décembre. sonnels de toutes
tiques ont participé aux événesortes, lettres…
ments qu’ils évoquent” explique
aident surtout les
Anne-Marie Bedet, présidente plus jeunes à mieux appréhende l’association. Les mannequins der ces moments tragiques et les
P
souffrances endurées par les combattants et leurs familles.
Jusqu’en décembre 2014, le
musée Lucien Roy, en partenariat avec les Archives départementales, une exposition dans
les locaux des Archives à Planoise dont le thème “Tous mobilisés” met l’accent sur le vécu des
soldats et des civils notamment
bisontins durant la guerre 19141918. I
Zoom
Dans le paquetage des poilus
armi la remarquable collection du musée de Beure, on trouve la célèbre
lampe Monjardet, objet pliable
et équipé dʼune bougie, qui
équipait chaque poilu. Elle
avait la particularité dʼêtre fabriquée à Besançon. Plus loin,
les mouchoirs dʼinstruction,
une douzaine de morceaux de
tissus imprimées avec les
recommandations dʼusage
L’uniforme
avec
pantalon
rouge a
précédé le
moins
voyant
pour
l’ennemi
de couleur
bleu
horizon.
avec dessins à lʼappui pour
lʼhygiène, le nettoyage du fusil
ou encore la conduite à tenir
en cas de capture par
lʼennemi… Tous ces objets faisait partie du paquetage réglementaire. I
Le mouchoir
d’instruction, pratique pour toujours
l’avoir avec soi
G Hommage Né à Battant
Lucien Bersot, fusillé pour… un pantalon
Maréchal-ferrant à Besançon, Lucien Bersot est incorporé au 60ème R.I.,
régiment durement éprouvé lors des combats dans l’Aisne. En plein hiver, il
demande au fourrier un nouveau pantalon pour remplacer le sien hors
d’usage qui ne protège pas du froid. Le début d’un incroyable drame.
n propose alors au soldat Bersot un pantalon déchiré et souillé
de sang prélevé sur un
soldat mort. Il le refuse et écope
dans un premier temps de huit
jours de prison, puis le colonel décide de le faire traduire en conseil
de guerre pour refus d’obéissance
en présence de
l’ennemi ! Des
camarades tenHonneur
tent alors de
bafoué
puis
convaincre de
changer le motif
retrouvé.
de la punition
mais le 11 février
1915, le conseil
condamne à mort
le Bisontin Lucien
Bersot qui est exécuté. Un des compagnons
du
condamné, Élie
Cottet-Dumoulin,
qui est intervenu
auprès du lieutenant-colonel pour
tenter d’adoucir la
sentence,
est
condamné lui à dix
O
Lucien Bersot,
fusillé pour
avoir refusé de
porter le pantalon
d’un mort.
ans de travaux forcés. Le cas Bersot est exemplaire. On parle de
fusillés pour l’exemple, les autorités militaires pensant ainsi mettre
un terme à une indiscipline naissante chez les hommes de troupe.
Le cas semblait une évidence : la
peine infligée à Lucien Bersot ne
correspond pas au Code de justice militaire, car le délit a été constaté à l’arrière et non au contact de
l’ennemi. Une nuance qui va au fil
des années faire basculer la justice au prix d’une longue lutte menée
par la veuve du soldat qui a dû se
battre pour l’honneur d’un mari
qui n’était pas comme tant d’autres,
mort au champ d’honneur !
Le corps ne lui a été restitué
qu’en avril 1924, deux ans après
l’arrêt de la cour de cassation réhabilitant le soldat Bersot en ces
termes : “Attendu que tous les témoignages, recueillis au cours de
l’enquête, sont unanimes pour établir que Bersot était un brave soldat, courageux, aimé et estimé de
ses camarades… que le fait retenu
à la charge de Bersot n’a point présenté les caractères constitutifs de
ladite infraction… que, par suite,
c’est à tort qu’il a été déclaré coupable. Par ces motifs, réforme, dans
l’intérêt du condamné, le jugement
du conseil de guerre spécial du 60ème
régiment d’infanterie.” Lucien Bersot est réhabilité. Il n’aurait jamais
dû être fusillé. I
A
Un livre et un film
u début de la guerre, lʼarmée française ressemble
selon les historiens à une troupe dʼarlequins. Lʼuniforme
bleu horizon, fabriqué à grande échelle, nʼest toujours
pas distribué aux soldats. Ils sont donc vêtus de vêtements personnels, de pantalons de toile blancs perçus
lors de lʼincorporation et pour dʼautre du célèbre “pantalon rouge”. Un vêtement, qui, du fait de lʼhistoire de Lucien
Bersot va entrer dans lʼhistoire. Un livre raconte cette
incroyable histoire en 1982 avant que le cinéaste Yves
Boisset ne le porte à lʼécran en 1997 sortant cet épisode de lʼoubli et offrant ainsi au soldat bisontin une nouvelle réhabilitation, médiatique celle-là. I
Un film a été tiré de cette sombre histoire.
DOSSIER
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014 23
G Portrait Le corps jamais retrouvé
Louis Pergaud : de la Guerre des boutons à celle des tranchées
Natif de Belmont, Louis Pergaud, profondément attaché aux idées républicaines, exerce le
métier d’instituteur avant de devenir un écrivain à succès, récompensé par le Prix Goncourt.
Une célébrité qui ne l’empêchera pas d’être appelé lui aussi pour défendre la Nation.
n 1910, “De Goupil à Margot”
lui vaut le Prix Goncourt. Il
a 28 ans et reçoit la reconnaissance tant espérée. Dans
la foulée, un roman célèbre va venir
confirmer ce succès “La Guerre des
boutons”. Une confrontation enfantine
entre gamins de deux villages à la cam-
pagne. La guerre, la vraie, Louis va la
connaître en étant mobilisé dès
août 1914, lui le pacifiste,
l’antimilitariste qui écrit alors ironiquement être envoyé “en villégiature passagère” du côté de Verdun.
Le temps n’est pas aux combats
idéologiques, alors en bon citoyen, il
E
s’applique à lui-même le sacro-saint
principe de l’union sacrée et exprime
sa “foi et ce vieil amour de la terre de
France… Il faut faire son devoir tout
simplement et on le fera.” Les semaines
passent et bien entendu, Louis Pergaud continue à écrire. Des lettres à
son épouse et ses proches où il rassure
Pergaud en veste blanche au milieu de ses hommes, la veille de sa mort.
et minimise la réalité dans un optimisme de façade. Et dans ses carnets
où surgit une autre réalité, sans mensonge ou autocensure. Il écrit : “Si j’ai
le bonheur de revenir, ce sera je crois
plus antimilitariste encore qu’avant
mon départ.” Mais jamais Pergaud ne
reviendra, ni vivant ni mort.
Le 8 avril 1914, vers 2 heures du matin,
il conduit ses hommes à l’assaut à
Marchéville, dans la Meuse. “On sait
qu’il a reçu une balle au pied entre les
deuxième et troisième réseaux de barbelés”, révèle Bernard Piccoli, président de l’Association des amis de Pergaud. “Son sous-lieutenant lui propose
de le ramener, mais Pergaud lui ordonne
de terminer l’attaque. Celle-ci est un
échec, au petit matin, Pergaud est laissé sur le champ de bataille.” Une clause
de guerre stipule que les blessés français
se trouvant plus près des tranchées
allemandes que de leur propre camp
sont ramassés par l’ennemi. D’après
le témoignage de l’un d’eux, les Allemands s’occupent d’abord de leurs
hommes et laissent les Français sur
le rebord de leurs tranchées. Vers
14 heures, ce même jour, un tir nourri d’artillerie venu de nos lignes réduit
en bouillie les blessés. Pergaud, mort
pour la France, aura probablement été
achevé involontairement
par les siens. Sa
Pergaud,
dépouille ou plutôt ses
restes ne seront jamais l’instituteur.
identifiés. La terre de sa
Franche-Comté natale
ne sera donc jamais sa
dernière demeure. Il
avait 33 ans.
Avant d’être un écrivain
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reconnu, Louis Pergaud était avant
tout instituteur. Une profession qui va
payer un lourd tribut lors de cette
Grande Guerre. Car très vite, ces
enseignants vont être mobilisés et
amenés à occuper des fonctions de formation et d’encadrement des troupes.
Parmi eux, le premier mort pour la
France du conflit, tombé sous les balles
allemandes à Joncherey dans le Territoire-de-Belfort, le 2 août 1914., veille
de la déclaration. Ce caporal, Jules
Peugeot, issu d’un milieu modeste, fut
instituteur au “Pissoux” sur la commune de Villers-le-Lac. I
D.A.
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24
DOSSIER
DOSSIER
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
G Les Éparges
Un jumelage dans le Doubs
La solidarité avec les communes meurtries
Village meusien martyr de la première guerre mondiale, Les Éparges a
d’abord subi l’exil de toute sa population avant d’être rasé par l’ennemi.
Après le conflit, quelques-uns sont revenus et ont reconstruit. Grâce
notamment à la générosité de quelques communes françaises.
e geste des gens du Barboux longtemps resté discret méritait bien de sortir de l’oubli. Une belle histoire
d’après-guerre dans une France meurtrie et dévastée sur ses
territoires les plus à l’Est : “Tout
a commencé en 2009 lorsque
nous avons découvert, glissée
dans un registre des délibérations de la commune des
Éparges, une lettre manuscrite
datant du 12 décembre 1919”
explique Patricia Pierson, présidente de l’association
L’Esparge qui retrace l’histoire
de cette commune. Cette fameuse lettre est signée par Monsieur Maillot, maire d’un petit
village du Haut-Doubs, Le Barboux. Avec beaucoup de simplicité et de générosité, le conseil
municipal avait pris la délibération suivante : “Considérant
que la commune n’a pas eu à
souffrir de la guerre, que ses ressources lui permettent de venir
en aide à ces malheureux dont
les biens ont été sacrifiés et
anéantis, décide à l’unanimité
des membres de voter la somme de 10 000 francs à la com-
C
mune des Éparges, nom glorieux
et qui est gravé dans l’histoire.”
Pendant quatre ans en effet, le
petit village meusien a été le
théâtre de ce que l’histoire a
justement et sans pudeur nommé une boucherie. Revenus
d’exil, les habitants des Éparges
vont trouver là en 1919 des
cadavres, des ruines et des
mines, le tout dans une insalubrité rendant impossible une
nouvelle vie sur place.
Outre le noble élan de solidarité du Barboux envers les habitants d’une commune qu’elle ne
connaît pas, “l’importance du
don prélevé sur ses
fonds propres est
Des liens significative d’un bel
renoués esprit de générosité
qui, près d’un siècle
cent ans plus tard, nous a
plus tard. touchés et élus. Nous
ne pouvions en rester là” explique la
présidente
de
l’association. Elle a
donc aussitôt écrit
au
maire
de
l’époque, JeanMarie Richard, très
surpris lui aussi par cette révélation. Depuis, des liens se sont
noués et renforcés. L’actuel maire du Barboux Dominique Rondot le confirme : “Un siècle après,
c’est un beau retour de l’histoire.
Nous avons la volonté de lui
donner un aspect éducatif fort,
de mettre en avant cette solidarité entre les deux communes
pour faire réfléchir les générations futures”, commente-t-il,
fier aujourd’hui de mettre en
lumière cet acte civique et patriotique de leurs prédécesseurs. I
D.A.
G Exposition
Le village
a été
totalement
rasé
pendant la
guerre puis
reconstruit
grâce à la
solidarité
d’autres
communes
du pays.
Le tournant de la guerre
“De la poche au poignet”
Pour commémorer le centenaire de la Guerre de 1914-1918, la C.C.I. du Doubs
organise une exposition sur une activité qui a été et est encore emblématique de
l’économie du département du Doubs : l’horlogerie.
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C’est à l’occasion de la Guerre que les montres portées
au poignet se sont généralisées.
a Grande Guerre a marqué un tournant dans le monde horloger : le passage de la grosse montre dite de gousset (du nom de la petite poche du
gilet) que les hommes accrochaient avec une
chaîne, ou dans la poche du pantalon, et
qu'ils consultaient élégamment dans le creux
de leur main, à la montre qu’ils allaient
devoir s’habituer à porter à leur poignet.
Au cours de la première décennie de XXème
siècle, les dames portaient déjà fréquemment leur petite montre fine au poignet. Ces
petits goussets raffinés étaient dotés d’anses
en fil de fer soudées à la boîte, dans laquelle on passait des bracelets en soie, en tissu,
en métal, ou dans des systèmes de bracelets métalliques à griffes.
Aux balbutiements de cette mutation, exigée par des impératifs militaires, s’ajouta
la réticence des hommes. Au début, certains
hommes portaient leur montre au bras droit,
d’autres au bras gauche, la lecture de l’heure
était malaisée… Il fallut généraliser de gros
chiffres arabes, inventer des protections
contre les chocs et les éclats d’obus, inventer la lecture de nuit grâce à des aiguilles
de type ailes de mouches luminescentes,
adopter des couronnes de remontoir impo-
L
santes et très cannelées… “Mais alors, fini
les beaux décors variés à l’infini ou Art Nouveau qui étaient frappés sur les boîtes des
grosses montres de poche. Des activités vont
décliner, voir disparaître : graveurs, guillocheurs, outilleurs, nielleurs, étampeurs…
Certaines entreprises n’ont pu s’adapter à
la fabrication de ces nouveaux
mouvements et ont rencontré
de grandes difficultés” explique
Ces
Jean-Claude Vuez, un pasaspects
sionné à l’initiative de cette
exposition.
sont
Ces aspects sont retracés par
retracés
Charles Cupillard et Jean-Claupar Charles de Vuez en une sélection de 80
objets authentiques et des 40
Cupillard
publicités d’époque, allant de
et Jean1900 à 1920. Cette présentation sera visible de début sepClaude
tembre à début décembre dans
Vuez.
le grand hall d’entrée de la
Chambre de Commerce et
d’Industrie du Doubs, aux
heures d’ouverture habituelles,
du lundi au vendredi de 8 h 30
à 12 h 15 et de 13 h 30 à
17 heures. I
DOSSIER
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014 25
G Histoire
Besançon ville militaire
Depuis la défaite militaire face aux Prussiens en 1870, les
frontières du pays se sont resserrées et sont en l’occurrence
proches de Belfort depuis la perte de l’Alsace-Lorraine. La
Franche-Comté est donc sur ses gardes et a de fait renforcer
sa défense notamment autour de Besançon.
Les
manœuvres
se sont
multipliées
à
l’approche
du conflit.
il est d’usage de dire que Pontarlier, ville productrice d’absinthe,
saoule la France, il est plus répandu encore de dire que Besançon
donne l’heure au pays grâce à une industrie
horlogère en plein développement au début
du XXème siècle. La ville se porte donc bien,
les activités économiques et de loisirs y sont
nombreuses. La vie mondaine y est active.
En grande partie aussi grâce à une présence accrue des institutions militaires et des
administrations publiques. Ce qui n’est pas
un hasard.
Pas moins de 14 forts et quelques autres
enceintes de moindre importance sont
construits autour de la capitale régionale.
Dans les villes franc-comtoises,
les casernes se développent et
30 000
se renforcent de Dole à Lons
en
passant par Lure, Vesoul,
FrancsBelfort ou encore Pontarlier,
Comtois ne Valdahon et bien sûr Besanreviendront çon. Les effectifs croissent rapidement au début du siècle, alijamais.
mentés en partie par les
conscrits venus y effectuer leur
service militaire durant deux
années puis trois dès 1913. Ce
recrutement de proximité ne
fait d’ailleurs que consolider
l’attachement des Francs-Comtois pour leurs régiments où
se retrouvent les conscrits des
villages et des environs.
S’
Cet engouement et le rapprochement des
frontières ennemies depuis quelques décennies ne vont faire qu’amplifier l’esprit patriotique et faire de la région une zone de grandes
levées des troupes avec par exemple 80 %
de la classe 1915 (donc les hommes nés en
1895) mobilisés ici contre 70 % sur l’ensemble
du territoire national. Après quatre années
de cette Grande Guerre, 30 000 Francs-Comtois ne reviendront jamais et des milliers
seront marqués dans leur esprit et dans leur
chair. I
C
Zoom
Le camp du Valdahon
réé dès 1905 et inauguré deux ans
plus tard, ce vaste camp est destiné à accueillir les troupes pour les
entraînements et manœuvres. Avant le
déclenchement du conflit, beaucoup des
soldats francs-comtois notamment sont
passés par là et devant ce développement
dʼactivité, le camp va devoir sʼagrandir.
Dès 1913, les autorités envisagent
dʼexproprier purement et simplement le village voisin de La Villedieu. Mais la guerre va arriver trop vite et ce projet ne sera
finalement effectif que douze ans plus
tard. I
Les soldats francs-comtois étaient en majorité regroupés
à Besançon avant de partir au front.
26
RETOUR SUR INFO - LE GRAND BESANÇON
LPB n° 157 - Septembre 2014
L’actualité bouge, les dossiers évoluent.
La Presse Bisontine revient sur les sujets abordés
dans ses précédents numéros, ceux qui ont fait
la une de l’actualité du Grand Besançon.
Tous les mois, retrouvez la rubrique “Retour sur info”.
Musée Courbet : jusqu’à
1 000 visiteurs par jour
ecord pour l’exposition
temporaire “Autour de
L’Origine du monde” ! À
une semaine de la fin de
l’événement, le musée Courbet à Ornans comptabilisait
36 000 visiteurs. C’est plus
que “Cézanne et Courbet”.
Des files d’attente sur le parvis du musée sont même apparues. Une première : “Nous
avons comptabilisé jusqu’à 1 000
visiteurs par jour, soit environ
une heure d’attente” relate la
directrice adjointe. Un succès
qui a nécessité quelques ajustements : en raison des normes
de sécurité (pas plus de 300 visiteurs en même temps), les amoureux de Courbet ont dû patienter sous la pluie alors que le hall
d’entrée était vide. La récompense était toutefois à la hauteur de l’attente avec cette exposition articulée autour de
R
L’Origine du monde, l’une des
œuvres majeures de l’artiste. Le
succès du musée se ressent
dans la vallée : “Les hôtels, les
gîtes, les restaurants, ont très
souvent
été
complets.
L’augmentation de fréquentation est de 30 %. Je ne crois pas
que ce soit la météo qui ait joué
en notre faveur. La presse nationale et spécialisée parle beaucoup de nous. Nous sommes
reconnus” poursuit le musée.
Européens mais aussi Japonais
sont venus en nombre. L’Origine
du Monde va quant à elle quitter Ornans pour se rendre en
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Il conteste les chiffres
de l’aéroport de Dole
Les R.G. de Besançon
L
étendent leur territoire
ans le cadre d’un projet
de réorganisation, le service d’information générale (ex-renseignements
généraux) de Pontarlier serait
amené à disparaître. Leur mission serait désormais pilotée
depuis Besançon. “Une réflexion
est en cours pour organiser ce
service autrement. Le maintien
d’une personne dédiée à cette
mission à Pontarlier est en discussion” reconnaît le sous-préfet, Bruno Charlot. Officiellement,
la décision de supprimer l’antenne
locale des R.G. n’est pas prise,
mais il est probable qu’elle se
confirme dans les prochaines
semaines. “Cela ne veut pas dire
qu’il n’y aura plus de mission de
renseignement sur le Haut-Doubs.
Le cas échéant, elle sera assurée par Besançon” nuance le
sous-préfet.
Le S.I.G. n’est pas encore fermé, mais c’est tout comme. La
secrétaire du bureau a été mutée
il y a quelques mois. Il reste les
deux policiers qui assurent la
mission de renseignement sur
un territoire qui s’étend du Russey à Mouthe. Or, on apprend
que l’un d’eux, l’officier capitaine, chef du service, connu pourtant pour sa rigueur et son efficacité, est muté lui aussi et ne
L’Origine du monde, la star du musée Courbet pendant l’été.
e collectif “Dole, l’aéroport de trop” réagit à
l’article consacré à l’aéroport de Dole paru dans
notre numéro de juillet. Il faisait état de
l’augmentation de passagers depuis 2011. Les antiaéroport pointent du doigt les contradictions des
promoteurs de cet équipement, études de l’agence
régionale de développement (A.R.D.) à l’appui : les
6 000 passagers arrivant à Dole ne dépenseraient
pas 331 euros comme le dit le rapport. “Qui peut
prendre au sérieux le chiffre de 331 euros pour
Dole ? Les statistiques sur de petits nombres donnent parfois des choses surprenantes !” s’interroget-il. Concernant le nombre de visiteurs, “la page 19
de l’étude de l’A.R.D. indique que 42 % des passagers sont entrants, soit 3 800 personnes (2013)
et non 6 000.” Dans ce chiffre, 22 % vont dans le
Jura (2 000 personnes), 19 % dans le Doubs (1 700),
et une petite centaine en Haute-Saône.
Le collectif relativise le succès de certaines destinations : “Concernant la destination de Londres,
la compagnie aérienne a jeté l’éponge après avoir
transporté seulement 230 passagers en 2013 !” dit
Pascal Blain, le porte-parole (ce que ne réfute
d’ailleurs pas le président de l’aéroport que nous
avons interrogé).
Les “anti-aéroport” sont vent debout contre l’argent
D
public investi dans cette structure : “Le chiffre
d’affaires de la société d’exploitation de l’aéroport
est de 745 000 euros alors que les charges générées par ces mêmes activités se sont élevées à
2 951 218,56 euros le poste publicité, publication,
relations publiques représente 900 949 euros à lui
seul en 2012 selon le rapport d’activités S.E.A.D.J.
2012” annonce Pascal Blain qui remet en cause le
chiffre de 64 emplois générés par la plate-forme.
“Pourquoi ne pas dire que la S.E.A.D.J. n’emploie
que 18 personnes ? Et que bien souvent il s’agit
de contrats à durée déterminée et à temps partiel”
disent les membres du collectif.
L’aéroport dolois ressemblerait selon eux à un mirage économique. “Le rêve a un prix, aujourd’hui
financé par millions d’euros chaque année sur le
dos du contribuable. Cet équipement n’existe que
sous perfusion d’argent public ! Nos enfants qui
pourront légitiment nous reprocher de n’avoir pas
limité les activités génératrices de gaz à effet de
serre” conclut Pascal Blain.
En juillet dernier, les élus de la Région ont adopté
en assemblée plénière le soutien à cet équipement
en partenariat avec le département du Jura alors
que le collectif exhortait les élus “à se réveiller en
refusant cette subvention.” I
La mission de renseignements sur le Haut-Doubs
serait effectuée depuis Besançon.
sera pas remplacé. Il prendra de
nouvelles responsabilités en septembre à la Police aux Frontières
de Pontarlier. Quant au second,
il est occupé en partie par ses
fonctions de représentant syndical.
Même si à terme la mission du
S.I.G. de Pontarlier est assurée
par des fonctionnaires de Besançon, l’État se priverait, dans
l’immédiat, de l’expérience
d’agents de terrain qui connaissent le Haut-Doubs dans ses
diverses composantes, qu’il
s’agisse d’économie, des enjeux
frontaliers, des communautarismes, de l’islam radical, des
dérives urbaines ou des conflits
sociaux. Sur tous ces sujets, le
S.I.G. collecte des informations
au profit du corps préfectoral et
du renseignement territorial. I
Selon le
collectif “Dole,
l’aéroport
de trop”,
l’équipement
“n’existe
que sous
perfusion
d’argent
public”.
LE GRAND BESANÇON
SANTÉ
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
27
Prise en charge de l’autisme
Une maison pour adultes
autistes en projet à Amagney
Le conseil municipal a validé le principe. Porteur du
concept, l’A.D.M.R. va construire à l’entrée du village
une maison pouvant accueillir 15 adultes autistes à
l’horizon 2016. 10 emplois seront créés.
est un mal méconnu. Bien
que désigné “Grande cause
nationale en 2012”, l’autisme
accuse encore un retard
important
en
matière
d’accompagnement des personnes
atteintes de ce trouble affectant la
C’
L’implantation de la future maison pour autistes verra le jour en 2016 à l’entrée du village d’Amagney.
URBANISME
Le bâtiment
pourra
accueillir 15
personnes.
personne dans sa communication verbale, sa relation avec les autres et ses
centres d’intérêt. Autant dire que la
volonté de l’A.D.M.R.. du Doubs - réseau
associatif d’aide à la personne - de
créer une maison spécifique pour
accueillir des adultes de plus de 20
ans touchés par cette maladie est attendue de nombreux parents.
Après Frasne dans le Haut-Doubs ou
un même type de structure va être
implanté fin 2015, Amagney a été retenu par l’A.D.M.R. qui travaille sur ce
“lourd” dossier en collaboration avec
l’Agence régionale de Santé et le Conseil
général. Les pourparlers engagés pour
l’installer à Dannemarie-sur-Crête
n’ayant pas abouti, c’est donc dans
l’est bisontin que l’espace verra le jour.
“Lorsque nous avons été contactés par
le directeur de l’A.D.M.R., le conseil
municipal s’est réuni pour faire
connaître sa position. Il y a eu unanimité” se souvient Thomas Javaux, le
maire. La commune a mis dans la
balance un atout de choix : la disponibilité foncière. “Sachant que nous
avons une zone artisanale en entrée
de village qui ne se commercialise pas,
l’idée était de proposer ces terrains à
la vente, idéalement placés. Ils ne sont
ni trop près, ni trop loin des habitations. Ils sont dans une zone de verdure avec des possibilités de s’étendre.
Nous avons modifié notre P.O.S. (plan
d’occupation des sols) pour que le pro-
jet soit validé.”
Émise depuis près de deux ans, l’idée
d’accueillir ce type de structure est
bien accueillie par la population. Par
la municipalité également… qui espère avec la vente de ce terrain (environ 200 000 euros) financer un autre
projet : la création de 8 logements pour
seniors. “Amagney doit trouver une
vocation. Peut-être dans le médical ?,
émet le maire. Nous ne sommes pas
loin de Novillars (où il y a un hôpital). Une maison médicale, ce serait
bien.” Président de l’A.D.M.R., Philippe Alpy rappelle que les deux projets à mener furent un combat de tous
les instants et ce durant 7 ans. Les
voir sortir de terre sonnera comme un
aboutissement : “Je pense à ceux qui
vont l’utiliser, aux parents qui
l’attendent, et aux équipes qui ont travaillé”, dit le représentant de
l’association qui fait fi des mauvaises
langues. “Certains se sont demandés
pourquoi c’était l’A.D.M.R. qui portait
ce projet. Nous avons une vocation
d’aménagement du territoire, on a un
savoir-faire national. Si l’Agence de
santé et le Conseil général nous suivent, c’est que nous possédons des éléments assez forts pour avoir du crédit” conclut-il. Loin de ces discussions,
les adultes autistes bénéficieront de
deux lieux dignes de ce nom pour
s’épanouir. E.Ch.
L’Audab, pour quoi faire ?
“Que les maires osent nous consulter !”
L’agence d’urbanisme du Grand Besançon (Audab) change de président et agrandit
son périmètre d’action. Elle conseille désormais la future zone de la gare T.G.V.
d’Auxon et le Pôle métropolitain dans l’organisation de son territoire. C’est
davantage de compétences à l’heure de la réforme territoriale voulue par l’État.
a Presse Bisontine :Vous remplacez Jean-Paul Dillschneider à la présidence de l’Audab
depuis juillet dernier, association qui aide et réfléchit avec les
collectivités pour créer le territoire
demain. Faut-il attendre une rupture
ou une continuité sous votre mandat ?
Catherine Barthelet : Les élus sont
là pour participer à la gestion,
à la vision stratégique du territoire de demain, mais c’est le
travail fourni par les 18 experts
qui travaillent à l’Audab. Je suis
consciente du travail de mes
prédécesseurs, dont Paulette
Guinchard. Ces personnalités
importantes ont donné cet accent
particulier à l’Audab qui fait
que son travail est reconnu.
L
L.P.B. : Une femme qui gère l’urbanisme,
qui plus est maire d’une “petite” commune (lire l’encadré), est-ce une force ?
C.B. : J’ai accepté cette mission
car je faisais partie depuis 2008
du conseil d’administration de
l’Audab. Je mesurais les attentes.
J’avais aussi de quoi être rassurée grâce à l’équipe en place
et le collège d’élus. C’est important que des maires dits de
“petites communes” soient représentés car nous n’avons pas les
mêmes services et les mêmes
besoins en terme d’urbanisme. schéma de cohérence territoriale
voté le 14 décembre 2011. NéanL.P.B. : Quelle sera votre mission pre- moins, nous ne sommes pas un
bureau d’études. Ici, on ne pasmière ?
C.B. : L’idée est de construire un se pas commande et on repart :
maillage entre toutes ces per- nous sommes là pour faire de
sonnes que sont les élus, les l’expertise en donnant toutes les
experts…
pistes aux maires. C’est eux qui
choisissent. Nous avons par
L.P.B. : Mais finalement, à quoi sert exemple conseillé le village de
l’Audab, association créée en 2000 Nancray qui souhaitait créer
fonctionnant grâce aux subventions ? une maison de retraite.
C.B. : J’ai un exemple concret :
lors de mon premier mandat de L.P.B. :Votre périmètre d’action couvre
maire, j’ai sollicité la compé- désormais 372 communes. Qu’implique
tence de l’Audab lorsque nous l’intégration du Pôle Métropolitain et
avons révisé notre plan local de la gare Franche-Comté T.G.V. ?
d’urbanisme. J’ai mesuré C.B. :: Au début du mois de sepl’importance des services tech- tembre, une réunion se dérouniques qui nous ont aidés. Il faut lera pour évoquer le devenir de
que les maires osent cette gare et son territoire. Nous
consulter les services avons par exemple réfléchi avec
Entre 40 de l’État… tant École-Valentin à la création de
qu’on les a. L’Audab, la halte ferroviaire, des quaret 50
c’est observer pour tiers innovants d’Auxon-Desprojets
comprendre, com- sus et de Geneuille… Ce nouprendre pour agir. veau périmètre doit conforter
aidés
Besançon comme capitale régiopar an. L.P.B. : Combien de pro- nale sans oublier l’équilibre du
jet aidez-vous techni- territoire et le patrimoine culturel (l’Audab a en effet porté
quement par an ?
C.B. : Entre 40 et 50 la classification des remparts
sur notre territoire. de la Citadelle au patrimoine
Il y a eu une forte mondial de l’U.N.E.S.C.O.). Ce
augmentation liée à fut un de nos grands chantiers. Propos recueillis par E.Ch.
l’approbation du
Catherine Barthelet, maire de Pelousey, est élue
présidente de l’Audab, association qui réfléchit à
l’aménagement du territoire.
Qui est
Catherine
Barthelet ?
“P
roduit régional”, comme
elle le dit elle-même,
Catherine Barthelet est originaire du Haut-Doubs, de Frasne exactement. Maire de Pelousey depuis 2008 après que le
maire de lʼépoque Jacques Tervel décide de ne pas repartir, elle
a été réélue dans un fauteuil aux
dernières élections avec 77 %
des suffrages. En 2012, la commune de Pelousey est en pleine procédure de révision de son
P.L.U. Catherine Barthelet est
intégrée aux structures prospectivistes (S.M.SC.o.T. etAudab
qui travaillent à la création du
S.C.O.T. de lʼagglomération bisontine. Elle se passionne pour
lʼurbanisme. Élue à la présidence de lʼAudab, elle est aussi
conseillère communautaire déléguée au Grand Besançon, viceprésidente au Conseil
dʼadministration
de
lʼÉtablissement Public Foncier
(E.P.F.), membre du Comité de
pilotage de lʼAgenda 21 et du
Plan climat énergie territorial
(P.C.E.T.), membre du bureau
du Syndicat Mixte du S.C.O.T.
de lʼagglomération bisontine et
vice-présidente du Syndicat Intercommunal du Canton dʼAudeux
(S.I.C.A.). 28
LE GRAND BESANÇON
MAMIROLLE
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
Zone du Noret
La création d’un hôtel d’artisans est à l’étude
Pour l’instant, le projet est embryonnaire. Une
étude de marché dont les conclusions sont
attendues pour septembre diront à l’Agglo s’il
est opportun d’aller plus loin dans le projet de
construction d’un Hôtel d’Artisans à Mamirolle.
n partenariat avec la
Chambre de Métiers et
de l’artisanat du Doubs,
la
Communauté
d’agglomération du Grand
Besançon envisage d’implanter
un Hôtel d’Artisans sur la zone
économique d’intérêt communautaire du Noret à Mamirolle. Elle a engagé une étude de
marché dont les conclusions
attendues pour septembre diront
s’il est opportun
d’aller plus en
“On peut
avant dans ce projet qui, en l’état,
espérer
est
encore
que cela
embryonnaire. En
aboutisse.” attendant, pour
Bernard Barthod,
le président de la
C.M.A. du Doubs,
l’initiative est intéressante. “On peut
espérer que cela
aboutisse. Si on
pouvait réunir sur
ce site une douzaine d’artisans, ce
serait bien. Cette
zone est idéalement
E
située, et économiquement elle
a vocation à se développer” ditil.
L’Hôtel a pour but de favoriser
l’installation des entreprises
artisanales qui peinent parfois
à trouver des locaux, en particulier lorsqu’elles démarrent
leur activité. Un professionnel
pourrait donc occuper dans cette structure un atelier dont la
surface serait adaptée à ses
besoins, le tout pour un loyer
modéré. Ainsi, l’Hôtel d’Artisans
peut faciliter l’implantation des sans et petites industries, le parc
entreprises dans un contexte a déjà séduit 11 entrepreneurs
économiquement tendu. “C’est depuis sa création en 2006” rapidéal pour des petites sociétés pelle l’Agglo. La construction de
qui cherchent une structure adap- trois autres bâtiments doit
tée pour s’installer. Nous avons démarrer l’année prochaine. “Le
fait part à l’Agglo d’un certain brasseur artisanal Terra Comnombre de demandes que nous tix, le paysagiste S.C. Pro vont
avions en ce sens à la Chambre ainsi y transférer leur activité”
de métiers. En réponse, elle nous précise la C.A.G.B.
a fait part de son souhait de por- Il reste 2,5 hectares disponibles
ter un projet d’Hôtel d’Artisans” au Noret. L’Agglo étudie
détaille Bernard Barthod.
l’opportunité d’étendre encore
S’il se concrétise, cet équipe- de 7 hectares cette zone d’activité
ment viendra compléter la zone économique où l’on dénombre à
économique du Noret qui conti- ce jour 80 emplois. I
T.C.
nue de croître. “Ouvert aux arti-
Chefs d’entreprise,
Commerçants,
Nous avons des solutions
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L’Agglo
étudie la
possibilité
d’augmenter
de 7 hectares
la zone
d’activité
du Noret.
MONTFAUCON
Histoire
Explosion du 16 septembre :
le village soufflé
En septembre 1906, 95 tonnes de poudre explosaient au fort militaire de Montfaucon. 8 morts, de nombreux blessés et des vitres brisées. 108 ans après, le village n’a pas oublié…
6 septembre à 16 h 05.
À Montfaucon, les vitres
du village explosent sous
le coup d’une énorme
explosion. C’était il y a 108
ans. Les habitants virent même
quelques-uns de leurs meubles
s’effondrer… Était-ce la fin du
monde ? Une éruption ou un
choc sismique. Non, la déflagration venait du fort militaire victime d’une implosion suite à une erreur de
manipulation dans le magasin de poudre ! De cette histoire tragique mais originale,
le village a regroupé des images
illustrant ce fait divers qui
causa la mort de 8 personnes
dont des militaires et des passants ainsi que de nombreux
blessés. La commune a
d’ailleurs compilé dans un livre
des images célébrant le centenaire de ce fait divers (en
2006) grâce à l’appui de
l’historien du village René
Locatelli.
Pas moins de 95 000 kg
d’explosifs entreposés dans
l’enceinte ont donc explosé,
réduisant en miettes l’un des
plus importants forts construits
au XIXème siècle, servant à protéger la place forte de Besançon. “Sous la conduite de leurs
officiers, encouragés par la présence de leurs chefs, des braves
gens travaillèrent sans relâche
au milieu des débris” raconte
le Petit Journal illustré du
30 septembre 1906. Des funérailles militaires eurent lieu
après le drame à Besançon,
illustré par de nombreuses
cartes postales (notre photo).
L’armée ayant d’autres priorités, elle n’entreprit aucun
travail de restauration de ce
fort construit après 1874 est
aujourd’hui à l’abandon. Sa
1
réalisation (avec l’achat des
terrains) avait alors coûté
2 millions de francs.
Dominant la ville de Besançon, le plateau de
Bregille, la vallée du Doubs, la
Une
plaine du village
bombe de de Saône (villa95 tonnes. ge voisin de
Montfaucon), la
mission
de
l’édifice militaire
était
d’interdire tout
passage jusqu’à la plaine du
Doubs. Les casemates logements étaient prévues pour y
loger 21 officiers, 54 sous-officiers, et 762 hommes de
troupes, soit un total de 837
hommes.
De ce passé, il demeure des
vestiges. Les randonneurs peuvent apercevoir le bâtiment
défensif en empruntant la route justement nommé “le chemin des poudrières”. Le fort,
propriété de l’armée, est fermé. I
Dimanche 30 septembre 1906, “Le Petit Journal”
fait la une avec cet événement.
30
LE GRAND BESANÇON
SPORT
EN BREF
Découverte
Au Gratteris,
ils s’envoient en l’air
Alcyon
Le Théâtre Alcyon
reprend “L’Odyssée”
d’après Homère, une
création des ateliers
Alcyon, du 22 au
26 septembre au Fort de
Chaudanne à Besançon.
Par ailleurs, une réunion
d’information sur les
activités du Théâtre
Alcyon est programmée
au Fort de Chaudanne
le lundi 6 octobre à 20 h.
Renseignements : Hélène
Chamberland au
06 70 02 46 78.
Les pistes du Gratteris sont devenues une référence
pour les amateurs de V.T.T. de descente. Dans cet
espace situé au cœur de la forêt, des passionnés se
sont retroussé les manches pour créer des sauts et
autres virages en dévers. ça décoiffe.
enu réaliser en mars un
reportage sur ce spot de
V.T.T., le magazine spécialisé “BigBike” a défini cet espace situé au Gratteris comme un lieu de “gâteries”
pour pilotes. C’est ici, perdu
dans un coin de forêt sur la route départementale reliant
Mamirolle à Trépot qu’une bande de passionnés de V.T.T. de
descente a créé son bike park,
anglicisme pour désigner les
pistes de descente. “À la base,
j’ai créé illégalement deux pistes
au Gratteris : mes grands
parents habitent dans ce village et j’allais souvent rouler
dans ces bois étant petit” se
souvient Brice Cantenot, l’un
des créateurs et pilote émérite. C’est en 2010, après avoir
montré les réalisations à certains de ses amis bisontins que
Brice et d’autres “décident de
légaliser l’endroit pour éviter
les problèmes avec les propriétaires et les communes”,
explique le jeune homme. La
même année se crée l’association
“Besac collectif bike”, entité
nécessaire “pour bénéficier d’un
V
MAMIROLLE
certain “poids politique” lors
des discussions avec les communes.”
À flanc de coteau, armés de
pelles et de pioches, les pilotes
- pour la plupart chevronnés ont créé et dessiné quatre pistes
de difficultés différentes. De la
bleue pour les débutants à la
noire pour les experts, chacun
choisit. Lancés à pleine vitesse entre les arbres et les pierriers, les vététistes réalisent
des sauts de plus
de 8 mètres de
long. Une disciUne
pline physique et
convention technique qui fait
de nombreuses
signée
émules.
avec les
La bande a su
s’intégrer et se faipropriére accepter aussi
taires.
bien par les chasseurs (la piste est
située dans une
réserve) que par
les écologistes
(aucun engin à
moteur n’est toléré de mars à
juillet).
Aviron
Brice Cantenot en apesanteur dans les bois du Gratteris.
L’association a également trouvé la parade pour assurer la
sécurité : des conventions tripartites entre la fédération française de cyclisme, les propriétaires, et l’association, ont été
signées. Elles permettent aux
propriétaires de céder un droit
de passage sous certaines conditions tout en se déchargeant
des responsabilités en cas de
blessures ou accidents. Seul un
propriétaire n’a pas souhaité
s’engager.
En ce moment, les riders dévalent peu la pente : la faute à la
météo (la pluie et le terrain glissant sont leurs ennemis) et à
une coupe de bois effectuée ce
printemps les obligeant à
reconstruire certains passages.
Des travaux permettront de
répondre à nouvelles demandes :
la piste bleue va être facilitée,
une rouge intermédiaire verra
le jour en 2015 et la noire évo-
luera pour permettre à un peu
plus de jeunes de s’entraîner.
À noter que seuls les membres
de l’association sont couverts
en cas de problèmes sur le terrain. Les autres pratiquants
évoluent sur le site à leurs
risques et périls. En mai prochain,
l’équipe
prévoit
l’inauguration du site. Le Gratteris : un véritable lieu de gâteries pour “freerideurs”… I
E.Ch.
Journée Portes Ouvertes
de la section Aviron du
Sport Nautique
Bisontin, 2, avenue de
Chardonnet à Besançon
samedi 13 septembre de
10 heures à 18 heures
Cette journée est dédiée
tout particulièrement
aux jeunes de 10 à 16
ans pour essayer
gratuitement ce sport
qui permet un
développement
musculaire harmonieux
et renforce la résistance
corporelle et psychique.
Renseignements au
06 88 07 91 16.
Université
Après un terrain de
beach-volley, un court de
tennis et un espace
fitness, l’université s’est
équipée d’un terrain de
“hat-trick”, dédié à la
pratique du football et
du futsal. L’équipement
se situe à la Bouloie.
Création d’entreprise
Ty Frutti, des légumes près de chez vous
Lionel et Clémentine Bideaux cultivent depuis quelques mois une parcelle de terre
où ils font pousser différents légumes dans les conditions du bio et qu’ils vendent
en direct aux consommateurs. Rencontre avec un couple qui a la main verte.
été maussade ne restera pas dans les
annales des maraîchers.
Mais malgré le temps
capricieux et le manque de soleil,
Lionel et Clémentine Bideaux
sont plutôt satisfaits de leur
première récolte de fruits et
légumes. Concombres, courgettes, poivrons, piments, aubergines, betteraves, radis, carottes,
choux… Bref, tout ce qu’ils ont
planté a poussé, même les
melons et les pastèques qui
mûrissent tranquillement sous
L’
En créant leur
entreprise,
Lionel et
Clémentine
Bideaux ont
acquis une forme
d’indépendance.
Leur objectif est
d’obtenir à terme
le label bio.
la serre à deux pas des plants de terre d’environ 80 ares qu’ils tée, mais elle est suffisante pour
de tomates.
louent. “Nous avons cherché pen- démarrer de façon professionLe résultat est positif pour ce dant un an avant de trouver ce nelle une activité de jardinage
jeune couple (elle a 26 ans, il en terrain qu’il a fallu préparer. qu’ils pratiquaient avant cela
a 31 ans) qui s’est lancé depuis
Cela fait quatre pour eux-mêmes depuis pluquelques mois dans l’agriculture
mois que nous sieurs années.
maraîchère respectueuse de “Il n’y a
vendons nos Désormais chaque fin de semail’environnement et des saisons.
produits. Nous ne, sur place, ils vendent en
Ils ont créé leur petite entre- pas de
avons commen- direct leur production à une
prise, Ty Frutti.
traitements.” cé par la vente clientèle qui privilégie les cirLeur jardin se situe à la sortie
des plants qui a cuits courts dans ses habitudes
du village de Mamirolle, sur la
bien marché” de consommation.Ty Frutti comroute de Saône. En retrait de la
remarque Lio- mence à se faire connaître. Le
départementale 410, entourés
nel Bideaux. La “made in local” séduit de plus
de vergers, ils cultivent un lopin
surface est limi- en plus de particuliers qui apprécient de voir sur pied les fruits
Même les pastèques poussent en serre.
et légumes qui finiront dans leur
assiette et qui peuvent aussi vrir ses besoins. C’est pourquoi Le site qu’ils exploitent actuelvérifier les conditions dans les- Lionel et Clémentine ont conser- lement n’a pas livré tout son
quelles ils sont produits. Ceux vé chacun leur emploi à mi- potentiel. Dès l’année prochaiqui le souhaitent peuvent aus- temps, lui au complexe nautique ne, ils disposeront de nouvelles
si choisir la formule du panier Nautiloue à Ornans, elle dans surfaces cultivables qu’ils valode produits frais. “Dans notre l’Éducation nationale. Mais riseront. “Nous sommes entoucas, il n’y a pas de traitements” l’objectif à court terme de ces rés de vergers. Notre souhait est
précisent Lionel et Clémentine jeunes gens qui se sont formés de nous diversifier dans les
qui ont entrepris les démarches au maraîchage est de vivre à fruits.” I
T.C.
pour obtenir à terme le label cent pour cent de leurs cultures.
bio.
Et puis il y a le contact. Ce mode
Renseignements : Vente directe légumes et plants
de consommation est moins anoproduction locale saisonnière
nyme que dans la grande disvendredi 16 heures - 19 heures
tribution. La vente directe est
pour ces maraîchers l’occasion
samedi 9 heures - 12 heures
d’échanger.
mercredi 16 heures - 19 heures (Tarcenay)
Pour l’instant, la production ne
Tél. : 06 67 22 44 53 - [email protected]
permet pas au couple de cou-
09/2014 – B22032 – Crédit photo : SLOUBATON/CAPAPICTURES.
Je suis tête en
l’air mais mon
assurance a les
pieds sur terre.
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L’assurance qui vous assiste aussi quand vous perdez
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32
LE GRAND BESANÇON
MONTFAUCON
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
Un nouveau collectif
Les “passeurs
de bulles”,
une respiration
pour la rentrée
Plusieurs animateurs proposant des
activités liées aux produits de la nature
se sont regroupés dans un collectif qui
propose aux écoles et autres centres
de loisirs des séances de découverte.
Aurore Mariotte, maraîchère à Montfaucon, est à l’initiative
de ce nouveau collectif avec deux autres passionnés.
L
es problèmes de stationnement sont récurrents
rue de Belfort.
Des insectes aux plantes salvatrices, elle transmet son goût
pour ce petit bout de nature
organisé et incroyablement
Aurore, Sandy et Pierre. Ils sont vivant.
trois et seront bientôt rejoints Pierre, lui, cultive le goût dans
par une quatrième passionnée, sa ferme du Poussin de MéreyVanessa. Ce petit collectif créé sous-Montrond. Il propose des
au printemps est composé animations autour de la cuisine
d’animateurs, de paysans et de jardinière, de la pomme au vinaiproducteurs qui proposent un gre de cidre, des découvertes
panel d’animations spécifiques autour des petites bêtes, etc. La
et adaptées à chaque public. Ferme du Poussin est une strucChacun d’entre eux est instal- ture paysanne et pédagogique
lé dans le Grand Besançon et qui accueille et s’exporte. Elle
possède une petite structure. propose de découvrir le vivant
Leur point commun : la valori- à travers l’écosystème fermier,
sation de savoir-faire autour du des élevages aux insectes auxrapport à soi, à la nature, à iliaires, des cultures à l’assiette.
l’imaginaire et à la création.
Quant à Sandy, avec son “dôme
Ce petit collectif amené à s’étoffer à mômes” itinérants, elle proencore a été baptisé les “Passeurs pose des séances de temps calme
de bulles”, “parce qu’on te prend aux enfants, de la relaxation,
en charge, on te met dans une de l’automassage dans l’univers
bulle et on te fait vivre des aven- enchanté et silencieux de son
tures pour passer un moment dôme. Le dôme est l’outil pédaqui va sortir de l’ordinaire” gogique veillant au respect du
résume Aurore Mariotte, instal- rythme de l’enfant à travers des
lée à Montfaucon en tant que activités temps calme. C’est dans
maraîchère. Ce réseau des cette cabane en demi-sphère que
“Passeurs de bulles” a notam- Mira Luna, son “nom de scène”,
ment été créé pour permettre à ouvre les portes de son univers
ses adhérents, souvent anima- merveilleux et douillet. À l’abri
teurs indépendants, de mutu- d’un monde bruyant et agité,
aliser leurs connaissances et les enfants découvrent les bienleurs carnets d’adresse et faits d’une séance de détente.
d’étoffer leur panel d’animations Vanessa, accompagnatrice
à proposer aux écoles ou aux moyenne montagne, proposera
centres de loisirs de la région. bientôt des bivouacs en pleine
“On s’est rendu compte que cha- nature.
cun dans notre coin, on démar- Pour Aurore, le volet animation
chait les mêmes structures. On
ne
représente
a estimé que c’était beaucoup
qu’environ 20 % de
mieux de le faire à plusieurs. Ce Elle
son activité, le reste
collectif nous permet aussi
étant tourné vers
d’échanger sur nos expériences” guide ses le maraîchage et la
ajoute Aurore Mariotte qui recon- visiteurs à vente de plants. Les
naît avoir ressenti “une nécesautres membres du
travers
sité de transmettre mes concollectif sont à peu
un jardin près dans le même
naissances.”
La spécialité d’Aurore la coloré..”
cas de figure. Tous
maraîchère, c’est de faire découaffichent l’ambition
vrir son jardin et ses secrets :
dès cette rentrée de
jardin des sens, insectes et
mieux faire conplantes, plantes médicinales et
naître toutes les
aromatiques, land-art, etc. Sur
animations qui
son terrain de 20 ares niché au
peuvent exister
pied du stade de Montfaucon,
autour de leurs
on trouve une maraîchère qui
activités nature,
ne cesse de collectionner des
avec une philosovariétés de plantes et de légumes
phie bien à eux, en
farfelues et enchantées. Elle
harmonie avec leur
guide ses visiteurs à travers un
environnement. I
J.-F.H.
jardin coloré et tout en volume.
Pour en savoir plus :
http://lespasseursdebulles.wordpress.com/
LES NOUVEAUX VISAGES DE LA VIE PUBLIQUE
L’ÉLU DU MOIS
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
33
Délégué à la vie étudiante
Anthony Poulin,
le cadet du conseil municipal de Besançon
À 24 ans, Anthony Poulin a fait son entrée au
conseil municipal de Besançon aux côtés du
maire Jean-Louis Fousseret. Une étape dans
le parcours politique du jeune élu Vert, qui a
commencé à militer dans le Haut-Doubs.
e maire socialiste JeanLouis Fousseret le présente souvent comme le
plus jeune de son équipe.
“Le plus jeune peut-être, mais j’ai
d’autres qualités” rétorque avec
humour Anthony Poulin. À 24
ans, l’étudiant en Master 2 de
droit public à la faculté de Besançon a fait son entrée au conseil
municipal au mois de mars. Il est
conseiller délégué à la vie étudiante, à l’animation et au comité local d’aide aux projets
(C.L.A.P.). Une délégation sur
mesure pour ce garçon. “C’est une
thématique que je connais, car je
suis moi-même étudiant” estime
le jeune homme qui a pris à brasle-corps son rôle d’élu, décidé à
agir pour apporter une nouvelle
dynamique sur les campus de la
Bouloie et des Hauts-de-Chazal.
Il intègre progressivement le rythme de son nouvel agenda qu’il
partage entre la fac (il achève
actuellement un stage au Conseil
L
régional dans le service en charge de la commande publique) et
la municipalité. “L’emploi du temps
est plus chargé, les nuits sont plus
courtes, il y a toute une phase de
découverte des services et des dossiers. Oui, je le concède, c’est un
peu plus de fatigue.” Pas de répit
pendant l’été durant lequel il a
entrepris de rencontrer l’ensemble
des structures d’animation de la
ville de Besançon.
Depuis qu’il est
“J’ai
aux responsabilités,
Anthony
découvert le
Poulin a rareprogramme ment l’occasion
de retourner dans
de
son Haut-Doubs
Dominique natal. Il est originaire de FrasVoynet.”
ne, là où vivent
ses parents. Il a
grandi dans ce
village, entouré
d’un père et d’une
mère, “qui se sont
Samedi 13 septembre
au restaurant Le Grand Café dès 20h
buffet
dansant
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hors boissons
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annick
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Anthony Poulin a entrepris de rencontrer l’ensemble des structures d’animation de la ville de Besançon.
toujours engagés” pour la collectivité. D’ailleurs, son père a
été conseiller municipal à Frasne, et sa mère l’est actuellement.
À la maison, la politique a souvent fait irruption dans les discussions, suffisamment en tout
cas pour permettre à Anthony
de se forger un tempérament de
militant avec “un cœur à gauche.”
C’est sur cette terre, proche de
la frontière suisse qu’il s’est
construit politiquement. Son
parti ? Europe Écologie-Les Verts
(E.E.L.V.), la formation qui correspond à ses valeurs. Dans un
Haut-Doubs plutôt ancré à droite, il ne s’est jamais caché d’être
écolo par conviction. Quand il
le faut, il contredit avec aplomb
un interlocuteur qui juge un peu
vite que les Verts ne sont que
de doux rêveurs juste bon à
défendre les petites fleurs et à
jouer les poils à gratter des agriculteurs. “L’écologie politique,
c’est autre chose plaide Anthony Poulin. Nous défendons
l’homme et les générations futures
en agissant pour la protection
de la biodiversité à laquelle nous
appartenons. Les enjeux environnementaux et énergétiques
ne sont pas secondaires. De notre
point de vue, faire de l’écologie,
c’est faire du social, c’est repenser l’économie. Dans notre parti, l’écologie n’est pas à la marge d’un programme.” Ce
discours-là, il le portait déjà dans
le Haut-Doubs en 2008 lorsqu’il
militait pour François Mandil
alors candidat aux élections
municipales à Pontarlier. C’était
un an après la présidentielle,
période électorale durant laquelle il a senti qu’il cheminerait
désormais avec les Verts. Ce fut
comme une révélation. “À
l’époque, j’ai découvert le programme de Dominique Voynet. J’ai
été séduit pas la vision globale des
G Naissance le
Verts de la société. Je me souviens
18 avril 1990
avoir fait le mur pour aller assisG 2008, il entre chez
ter au meeting de la candidate.
les jeunes Verts
C’est le premier acte politique que
G 2011-2012, il est
j’ai fait” sourit-il. D’autres suitrésorier des jeunes
vront. De 2011 à 2012, il assuécologistes
mera la fonction de trésorier des
G 2014, Master 2
jeunes Verts, et jouera un rôle de
de droit public
militant actif dans le Haut-Doubs
à Besançon
puis à Besançon où il a désormais
G Mars 2014, élu au
sa vie.
conseil municipal de
Son entrée au conseil municipal
Besançon dans l’équipe est la suite logique de son parde Jean-Louis Fousseret
cours. “Je militais à fond depuis
cinq ans à E.E.L.V. Je voulais passer à autre chose, pour faire bouger les choses de l’intérieur” ditil, convaincu que la politique peut
encore contribuer à améliorer le
quotidien des gens. Pour cela, il
faut faire partie d’un exécutif.
Anthony Poulin a donc proposé
sa candidature lors de l’élaboration
de la liste d’union portée par le
candidat Fousseret dans laquelle les écologistes avaient des places
réservées au même titre que les
communistes.
Son élection à Besançon n’est pas
un aboutissement pour mais une
nouvelle étape dans laquelle
Anthony Poulin ne perd pas de
vue “que l’élu n’est pas là pour
exister lui-même, mais pour porter des politiques qui changent le
quotidien et améliorent la vie de
ses concitoyens.” Le conseiller municipal délégué veut être actif. Il
entend mettre à contribution les
six ans à venir pour œuvrer pour
les Bisontins et tenter de renouer,
par son action, les liens usés entre
la classe politique et les citoyens,
entre la classe politique et les
jeunes. I
T.C.
Bio express
34
ÉCONOMIE
BANQUE
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
Les prêts sur gage
“Le Crédit Municipal ne fait que
répondre à l’évolution de la société”
Le Crédit Municipal
organise quatre fois par
an des ventes aux
enchères. Mais ce
n’est qu’une partie des
activités de cette banque
- presque - comme les
autres. Le point avec
Françoise Henriot-Donier,
la responsable de
l’agence bisontine,
rue Charles-Nodier.
a Presse Bisontine : Le Crédit municipal, agence de Besançon, appartient
désormais au Crédit Municipal de Bordeaux. Expliquez-nous ce changement ?
Françoise Henriot-Donier : Avant de
dépendre de Bordeaux, nous dépendions de Dijon. François Rebsamen
était alors le président du Crédit Municipal car cette banque est un établissement public. Il y a un an, l’ancien
maire de Dijon a décidé de se séparer
de son activité de Crédit Municipal et
par chance, le Crédit Municipal de Bordeaux, présidé par Alain Juppé, a décidé de racheter toutes les agences dépendant de celle de Dijon. Le Crédit
Municipal de Bordeaux compte désormais 13 agences, c’est le plus gros
réseau national après Paris. Donc dans
ce qui aurait pu être notre malheur,
le fait d’être vendu, on a rejoint une
caisse très importante pour laquelle
son président Alain Juppé porte une
affection et une attention toutes particulières. En même temps que le Crédit Municipal de Bordeaux rachetait
l’agence de Besançon, nous avons eu
la garantie de la pérennité du site
bisontin.
L
de l’objet, en fonction
L.P.B. : Le Crédit Municipal est-elle une banque
également du cours de
comme les autres ?
l’or. En ce moment, on
F.H.-D. : Oui, dans le sens où elle a une
activité bancaire et de placements comprête à 11 euros le
me toutes les autres banques, avec les
gramme d’or, ça fluctue
mêmes produits et les mêmes services,
souvent. Au bout de six
accessibles à tous. L’avantage pour la
mois, le client revient,
clientèle, c’est avant tout la proximirembourse son prêt avec
té et un service personnalisé qu’ils ne
les intérêts et repart
trouvent pas ou plus ailleurs. Ici, que
avec l’objet qu’il avait
ce soit au téléphone ou sur place, on a
déposé.
tout de suite quelqu’un en face de soi.
Le conseil est là, et immédiat. Le CréL.P.B. : Il peut aussi ne pas
dit Municipal propose également un
pouvoir rembourser son
service de crédit à la consommation. “Prochaine prêt ?
À l’origine, ce service était réservé aux vente aux
F.H.-D. : Le client peut
prolonger ce délai de six
fonctionnaires avec des taux très avanenchères
le
mois supplémentaires.
tageux, puis il s’est élargi à tous les
publics. La troisième activité, qui est 2 octobre.” L’autre cas de figure est
en effet qu’il ne soit pas
la plus importante en volume pour
en mesure de remnous, et en nombre de clients, c’est le
bourser son prêt au bout de ces périodes
prêt sur gage.
de six mois. Dans ce cas, si le client ne
se manifeste pas, les biens font l’objet
L.P.B. : C’est l’activité historique ?
F.H.-D. : Oui, depuis la création du Cré- d’une vente aux enchères. Mais il faut
dit Municipal en France en 1822. C’est savoir que 85 % des clients récupèrent
ce qu’on appelle le “Mont-de-piété”, ou leurs objets après les avoir déposés.
plus familièrement “Ma tante”.
Seuls 15 % sont destinés aux ventes
aux enchères.
L.P.B. : En quoi consiste-t-il précisément ?
F.H.-D. : Les gens viennent nous confier L.P.B. : Comment se déroulent ces ventes ?
un objet de valeur en gage (bijou en or F.H.-D. : Il y en a quatre fois par an. La
18 carats, tableaux, œuvres d’art, pen- prochaine vente a lieu le 2 octobre. Ces
dules, etc.) et contre ces objets-là, on ventes ont lieu alternativement à l’étude
accorde aux déposants un prêt cor- de Maître Dufrêche aux Chaprais ou
respondant aux deux tiers de la valeur au Kursaal organisées par Maître
Françoise Henriot-Donier dirige l’agence bisontine du Crédit Municipal depuis trois ans.
Renoud-Grappin. Il y a aussi le cas où
les clients veulent vendre des objets,
s’en débarrasser. Ces ventes connaissent de plus en plus de succès avec
près de 300 lots mis en vente à chaque
fois.
L.P.B. : Le succès du système est symptomatique de la crise actuelle ?
F.H.-D. : C’est une conséquence indirecte
de la crise. Je dirais plus que ça correspond à un fonctionnement actuel
de la société. Quand on veut faire un
prêt sur gage, l’avantage est qu’ici on
vous donne de l’argent tout de suite,
après avoir présenté une pièce d’identité
et un justificatif de domicile. C’est un
peu de l’argent obtenu “facilement”
alors que pour obtenir un prêt dans
une autre banque, c’est souvent beaucoup plus long et compliqué. Il ne faut
surtout pas croire que le prêt sur gage
correspond forcément à un besoin
urgent d’argent. Ces besoins répondent la plupart du temps à un projet
bien précis.
L.P.B. : Quelle est donc la clientèle-type du
Crédit Municipal pour le prêt sur gage ?
F.H.-D. : Une grande partie de notre
clientèle fonctionne de façon culturelle. Pour un mariage, pour un proche
qui repart au pays, etc. Il y a dix ans,
nous avions moitié moins de clients.
Ces nouvelles habitudes ont redonné
un second souffle aux activités du Cré-
dit Municipal. À côté de cette activité
“sociale”, nous avons une clientèle très
fidèle.
L.P.B. : Avec le dépôt de bijoux, il n’y a pas de
risque de débordements ?
F.H.-D. : Nous n’avons jamais de souci
d’agressivité. Il faut dire que nous
sommes en relation permanente avec
les forces de police et de gendarmerie.
Par exemple, un homme ne peut pas
déposer de bijoux de femme et viceversa. Par ailleurs, nous
exigeons les factures, ou
les boîtes contenant les
“Nous
montres, ou les certifiavons
cats d’identité. Il y a un
beaucoup vrai contrôle au moment
du dépôt.
de
demandes
de microcrédits.”
L.P.B. : Le Crédit Municipal
suit donc les évolutions de
la société ?
F.H.-D. : Notre métier est
en perpétuelle évolution
en fonction des modes,
de la clientèle et de la
société. Le Crédit Municipal ne fait pas face à
la crise, il ne fait que
répondre à l’évolution
des modes de fonctionnement de la société. Il
y a un autre phénomène relativement récent :
beaucoup de clients vien-
nent déposer leurs bijoux avant l’été,
une manière d’avoir leurs bijoux en
sécurité et d’obtenir de l’argent pour
les vacances.
L.P.B. : Le phénomène des crédits à la consommation prend-il de l’ampleur ?
F.H.-D. : À Besançon, nous avons mis en
place un partenariat dans le cadre des
crédits à la consommation avec la caisse solidaire de Franche-Comté qui est
chargée de dispenser les micro-crédits.
Ce dispositif s’adresse à des clients
non éligibles au système bancaire classique. Ces crédits sont limités à
3 000 euros et tout est vérifié ici en
comité de crédit. Nous avons beaucoup
de demandes et tout cela est très bien
encadré. Mais il est très important de
pouvoir répondre à ce genre de
demandes de micro-crédits en constante évolution dans une ville comme
Besançon. Là on peut dire que c’est
une autre conséquence indirecte de la
crise.
L.P.B. : Les crédits à la consommation ne sontils pas parfois la première marche vers le surendettement ?
F.H.-D. : Nous ne constatons pas
d’augmentation flagrante du crédit à
la consommation. Par tradition ici,
nous avons conservé une clientèle qui
maîtrise bien et honore bien ses crédits. I
Propos recueillis par J.-F.H.
ÉCONOMIE
ARTISANAT
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
35
La loi évolue
Le régime des auto-entrepreneurs se durcit
Du côté de la Chambre de Métiers et de
l’Artisanat du Doubs, on se félicite de
l’évolution de la législation pour les auto-entrepreneurs. Ils doivent répondre désormais à un
certain nombre d’exigences avant de démarrer.
a loi du 18 juin 2014, relative à l’artisanat, au commerce et aux très petites
entreprises modifie le régime des auto-entrepreneurs. La
législation s’est renforcée pour
les personnes qui créent leur
activité sous ce statut. Une évolution saluée par les organisations professionnelles qui déplorent depuis longtemps la trop
grande souplesse avec laquelle
chacun pouvait créer son emploi
sans avoir à justifier d’une qualification à l’exception de
quelques métiers comme les coiffeurs.
Pour les détracteurs de ce statut, il en résultait des situations
de concurrence déloyale avec les
entreprises artisanales classiques, et surtout un manque
de garanties pour les clients faisant appel aux services d’un
auto-entrepreneur. La loi a nivelé en partie les disparités tout
en maintenant un régime fiscal
plus avantageux propre à l’autoentreprise. “Désormais, les qualifications professionnelles vont
être exigées par métier et le contrôle de cette qualification sera dévo-
L
lu aux chambres de métiers de
l’artisanat” précise la C.M.A. du
Doubs.
Les auto-entrepreneurs devront
donc suivre les stages préalables
à la création d’entreprise. “Un
maçon, par exemple, sera obligé de satisfaire au stage de préparation à l’installation comme
les autres artisans.” Autre nouveauté : ils sont soumis à
l’obligation d’affichage et doivent donc justifier d’une assurance facilement vérifiable et
des garanties
propres
à
“Obligation l’exercice de leur
métier.
de satisfaire Si les organisaau stage de tions professionnelles sont
préparation.” satisfaites de dans le temps de l’activité de représentent 20 % du répertoices avancées, l’auto-entrepreneur. Or, il n’y a re des métiers (1 858 auto-entreelles auraient pas de limitation de durée, sauf prises), alors qu’ils ne sont immasouhaité que les si la personne ne déclare pas de triculés que depuis 2010. Au
législateurs
chiffre d’affaires pendant 24 31 décembre 2013, la C.M.A. du
aillent encore mois” poursuit la Chambre de Doubs a enregistré 1 037 immaplus loin dans métiers et de l’artisanat du triculations dont 563 auto-entrela
réforme. Doubs.
prises ! “C’est tout sauf un épi“Nous atten- Actuellement, dans l’artisanat, phénomène” note la C.M.A. qui
dions également ce statut est prisé. Dans le identifie plusieurs profils d’autoune limitation Doubs, les auto-entrepreneurs entrepreneurs. “Il y a des retrai-
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06/10/14
22/05/15
13/10/14
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tés, des salariés, des étudiants et peu d’alimentaire.
qui font cela en activité com- Ils sont nombreux à considérer
plémentaire. Mais pour la majo- ce statut comme transitoire, un
rité d’entre eux, il s’agit de per- outil pour mettre le pied à l’étrier
sonnes qui ont entre 35 et 45 ans, dans un métier, sans prendre
qui ne trouvent pas de solution trop de risque. “Si ça marche,
d’emploi et qui créé finalement 10 % d’entre eux reviennent dans
leur auto-entreprise.” La moitié un régime de l’entreprise artides créations concerne les sanale classique.” À l’inverse,
métiers du bâtiment, et l’autre beaucoup abandonnent en cours
les services. Il y a peu d’industrie de route. I
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DÈS À PRÉSENT !
Le régime
des autoentrepreneurs a
évolué. Celui
des entreprises
artisanales
classiques doit
être également
revu pour tendre
vers
l’uniformisation.
36
ÉCONOMIE
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
MICROTECHNIQUES
Du 23 au 26 septembre
“Le secteur de la précision
reste un petit îlot de prospérité”
Plus de 600 exposants se retrouvent à Micropolis pour l’édition 2014
de Micronora. Toujours plus petit, toujours plus précis, toujours plus
intelligent. Le point avec la directrice générale du salon, Michèle Blondeau.
a Presse Bisontine : Comment se présente cette édition 2014 de Micronora ?
Michèle Blondeau : Plutôt très bien,
avec encore 3,5 % d’exposants en
plus par rapport en 2012, si bien
qu’on a dû utiliser le moindre recoin
de Micropolis pour pouvoir accueillir
tout le monde dans de bonnes conditions. Sept mois avant le salon, nous
étions déjà complets. Nous accueillerons 612 exposants et 300 autres
firmes seront représentées. Le succès de Micronora ne se dément pas.
Cette année, 20 % d’exposants nouveaux nous font confiance. La bonne santé de Micronora prouve aussi que le secteur des microtechniques
et de la précision reste un petit îlot
de prospérité au milieu d’une
conjoncture encore compliquée.
L
conjoncture difficile. Des exposants
vendent des machines sur le salon.
Je pense que rien ne remplacera
les contacts directs entre clients et
fournisseurs, je ne crois pas vraiment aux salons virtuels, même
s’ils peuvent être un complément,
mais les rapports directs sont irremplaçables, et heureusement. Micronora reste le seul salon transverse dédié à la précision, c’est un atout
fantastique parce
que les microtech“Le cœur
niques peuvent être
transférées d’un
artificiel
domaine d’activité
Carmat, une à l’autre.
merveille
technologique.”
L.P.B. : Qu’est-ce qui
explique la longévité de
Micronora dont la première édition a eu lieu
en 1970 ?
M.B. : C’est un salon
un peu hors norme
qui
dépasse
d’ailleurs le simple
cadre d’un salon professionnel. Nous
avons aussi un rôle
de “guide” dans le
sens où nous faisons
L.P.B. : Les exposants font-ils encore des
affaires sur ce genre de salon et Micronora a-t-il encore de l’avenir maintenant
que beaucoup d’affaires se traitent sur
Internet ?
M.B. : Je le crois. Nous avions réalisé une enquête en 2012 suite au
dernier Micronora : 81 % des exposants se sont dits satisfaits de leur
niveau d’activité au regard de la
beaucoup de veille technologique
que nous présentons à nos exposants au cours du salon. Notamment au travers du “zoom” qui cette année est dédié à la
micro-mécatronique ?
L.P.B. : Quels champs de compétences
couvre cette discipline ?
M.B. : Si les microtechniques ont
été un moteur d’innovation pour
les produits et les processus, la
mécatronique, qui allie les sciences
mécaniques, électroniques et informatiques, symbolise l’émergence
de produits dans lesquels
l’intelligence prend une place de
plus en plus importante. Les produits mécatroniques se miniaturisent et les microtechniques sont
une opportunité pour aller encore
plus loin.
L.P.B. : Quelles sont les plus récentes applications concrètes dans le domaine des
microtechniques ?
M.B. : Sur le salon, les visiteurs pourront notamment découvrir le cœur
artificiel Carmat, une merveille
technologique miniaturisée. On y
verra aussi des micro-robots chirurgicaux, ou encore des procédés
innovants de personnalisation des
objets comme les smartphones, un
robot de télé-présence, etc.
L.P.B. : Au fil des éditions, la miniaturisation se poursuit ?
M.B. : On continue en effet à aller
toujours dans le plus petit. Le
pavillon “nanotechnologies” a augmenté de 83 % par rapport à 2012,
avec la présence de start-up toujours plus nombreuses. Peut-être
que dans les prochaines éditions,
tout le hall C sera occupé par les
“nanos”.
L.P.B. : Un ministre viendra-t-il inaugurer
le salon ?
M.B. : Je ne le pense pas. Manuel
Valls a décliné, Arnaud Montebourg
a décliné, François Rebsamen a
décliné. Même chose pour Pierre
Gattaz. À croire qu’ils craignent de
se montrer, alors qu’à mon avis, ils
auraient tout intérêt à venir à la
rencontre des entrepreneurs… I
Propos recueillis
par J.-F.H.
Michèle
Blondeau a
fait le plein
d’exposants
pour ce
Micronora
2014 qui se
tient du 23 au
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ÉCONOMIE
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
NANOTECHNOLOGIES
37
Une start-up bisontine en vogue
Percipio Robotics
invente une troisième
main pour l’horloger
Créée par David Hériban, la société basée à Témis a conçu
une machine capable d’assister l’horloger dans des
manipulations de pièces infiniment petites. Présente à
Micronora, la start-up a vendu cet été son premier robot.
Elle embauche à la rentrée deux nouveaux salariés.
ls sont jeunes, inventifs, mais gardent les pieds sur terre. Installés dans la pépinière d’entreprises
de la Maison des microtechniques
de Besançon, les 8 salariés - dont
la moyenne d’âge ne dépasse pas 25
ans - de la start-up Percipio Robotics
ont vécu un été particulier. Ils ont livré
en Écosse leur premier robot. Le début
d’une histoire commerciale qu’ils espèrent la plus longue possible. “C’est une
I
université écossaise qui nous l’a acheté car ils ne possèdent pas les compétences en micromanipulation” explique
David Hériban, le P.D.G.
Diplômé de l’E.N.S.M.M., puis chercheur au laboratoire de recherche Femto-S.T., le jeune homme de 34 ans
semble viser juste avec son “Chronogrip”, nom donné à une machine entièrement pensée et conçue par son équipe de recherche. Ce robot, piloté par
Ce robot permet à un horloger d’assembler avec plus de vitesse,
de précision, de sécurité, des pièces sur une montre.
ÉLECTRONIQUE
David Hériban, P.D.G. de Percipio Robotics installée à la maison des Microtechniques de Besançon.
la main de l’homme via un joystick
identique à celui d’un jeu vidéo, est
capable avec sa pince de la taille d’une
mandibule de fourmi de manipuler des
pièces dont la grandeur ne dépasse
pas le millimètre, le tout avec précision, vitesse, rapidité et sécurité.
Tout est parti d’un projet de recherche
qui ne devait, a priori, pas sortir des
cartons : “Nous voulions repousser les
limites d’un robot. C’est en montrant
notre résultat en 2008 au salon Micronora que des entreprises se sont montrées intéressées N.D.L.R. : Femto-S.T.
recevra une récompense, le Micron d’Or,
pour cette innovation).” C’est alors le
déclic pour David Hériban qui choisit
de créer sa société (en 2011). Elle est
alors composée uniquement de deux
salariés mais vise très vite l’application
industrielle, principe qu’elle caresse
rapidement en mettant au point en
l’espace de six mois un démonstrateur.
Les futurs acheteurs comprennent
alors la rupture technologique que
vient de développer le Bisontin dont
l’objectif est de capter le milieu de
l’horlogerie pour ensuite le développer à d’autres domaines comme le biomédical, l’aéronautique… “Notre robot
aide l’opérateur et vice
versa dans l’assemblage
Assemblage de pièces de la taille du
de pièces de micron, détaille le concepteur resté à Besançon
la taille du pour son savoir-faire en
matière de microtechmicron.
nique. Il remplace par
exemple la pince brucelles utilisée par
l’horloger mais ne remplacera jamais son cerveau.”
Des sociétés, suisses
notamment, sont intéressées par cet
outil à l’origine d’un gain de temps et
de qualité. L’outil serait simple à manier
à en croire le développeur : de la taille
d’une imprimante, le robot est relié
par Wi-Fi à une tablette P.C. et l’horloger
le pilote au doigt et à l’œil, comme dans
un jeu vidéo.
Le gérant mise sur un chiffre d’affaires
en 2014 de 250 000 euros. Deux nouveaux salariés de formations B.T.S.
viendront à la rentrée renforcer l’effectif
composé de 7 ingénieurs et un technicien. “Percipio” collabore sur un projet conduit par la B.P.I. qui permettrait de créer une montre
essentiellement Made in France. Si
son carnet de commandes est déjà bien
rempli, la société ne manquera pas le
rendez-vous Micronora, un salon fétiche
pour elle… I
E.Ch.
De la suite dans les idées
Polycaptil : de la princesse
Middleton aux Jeux olympiques
nique. Cette réalisation est néanmoins anecdotique au regard
de la palette de compétences et
de réalisations imaginés dans
les ateliers bisontins. Sur un
autre mur de l’usine, une seconde photo attire l’œil : celle de la
la rentrée scolaire, les la cantine scolaire saisiront leur matisée. Un “engin” pensé et fleurettiste Laura Flessel. Rien
élèves du lycée Pergaud plateau-repas grâce à une nou- conçu à quelques mètres de là, à voir avec une éventuelle pasde Besançon adeptes de velle machine entièrement auto- dans la zone industrielle et arti- sion pour ce sport : “Notre client
Dirigée par Jean-François Vinchant,
sanale de Palente par Polycap- est labellisé par la fédération
Polycaptil sera présente à Micronora.
til.
d’escrime pour fournir les équiComposée de 14 salariés, cette pements d’affichage et de signasociété rachetée en 2008 après lisation. Nos produits étaient Jean-François Vinchant qui a cale en lien avec le C.H.R.U. de
le départ en retraite du fonda- par exemple aux Jeux olympiques quitté le groupe Alcatel pour Besançon. Ce projet médical
teur André Jeambrun par Del- de Londres ou aux Mondiaux, une firme “à taille humaine.”
consiste à mettre au point une
ta - firme strasbourgeoise - a relate le directeur, recruté en Si elle exporte assez peu (10 %), ventilation électronique et non
fait de l’innovation son cheval 2009. Lorsque l’on sait que cer- la firme espère se développer. manuelle. Les professionnels se
de bataille. Placardée sur le mur taines touches se jouent à Elle envisage de franchir la bar- sont aperçus que l’apport en
d’entrée de l’usine, une photo quelques fractions de secondes, re des 5 millions d’euros de oxygène via la main de l’homme
de la princesse Kate Middleton notre précision joue son rôle.”
chiffre d’affaires. Un souhait était souvent mal fait.
rappelle au visiteur que l’écrin La société est devenue maîtresse réalisable depuis le rachat de Présente à Micronora, Polycaptil
blanc porté par la “belle” le jour dans la détection opto-électro- la firme F.C.E. basée à Guyans- a procédé à l’embauche de deux
de son mariage (29 avril 2011) nique en concevant par exemple Vennes. “Cette société possède nouveaux salariés à Besançon
possède une touche bisontine. des détecteurs de présence et une ligne de production et une et trois à Guyans-Vennes. Dans
C’est en effet Polycaptil qui a des capteurs “que l’on retrouve compétence dans le domaine du une phase de “consolidation”,
numérisé la dentelle de Calais. dans les banques ou encore dans médical. Nous avons d’un côté elle tâche à inventer de nou“Cela nous a valu la une d’un le contrôle de verres creux com- l’étude et de l’autre un label de veaux procédés tout en dépoquotidien” rappelle Jean-Fran- me les bouteilles. Cela représente qualité avec F.C.E.” explique le sant de nouveaux brevets. La
Dans l’atelier bisontin, on conçoit
çois Vinchant, le directeur du 30 % de notre chiffre d’affaires directeur qui travaille avec ses diversité : sa force. I
des cartes électroniques.
E.Ch.
pôle électronique et mécatro- (2 millions d’euros)” rapporte équipes sur une avancée médi-
Installée zone de Palente à Besançon, Polycaptil est spécialisée dans
l’électronique, l’opto-électronique et la mécatronique. Cela ne vous dit
rien ? Les créations des 14 salariés ont pourtant des applications
concrètes dans la vie courante. Les inventions sont parfois étonnantes.
A
38
ÉCONOMIE
CONSOMMATION
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
EN BREF
Enquête
Marché paysan
Poids des pubs :
les pollueurs ne sont
pas les payeurs
U.F.C.-Que Choisir de Besançon a enquêté sur le poids
des publicités dans les boîtes aux lettres. La moyenne est
de 2,7 kg par mois, chiffre en nette augmentation. Thise
et École-Valentin ont reçu un poids supérieur. Au final, le
consommateur “passe à la caisse” dénonce l’association.
a grande distribution en fait
plus que jamais des tonnes !
Dix ans après le lancement du
Plan national sur la prévention
des déchets, à l’origine de la campagne
“Stop pub” de réduction de la pollution
publicitaire des boîtes aux lettres,
U.F.C.-Que Choisir rend public les catastrophiques résultats d’une enquête sur
la distribution des publicités non adressées qui souligne la forte croissance de
cette pression publicitaire aux “coûts
écologiques et économiques colossaux”
dit l’association de défense des consommateurs.
Au niveau national, 748 bénévoles,
dont 236 ayant préalablement posé un
autocollant “Stop pub” sur leurs boîtes,
ont comptabilisé le nombre de publicités non adressées reçues afin de quantifier le volume de pollution publicitaire induite et évaluer l’efficacité du
“Stop pub”.
L’antenne de Besançon a participé à
L
cette enquête avec 7 bénévoles dont un
qui a apposé l’autocollant “Stop pub”.
Résultat : 35 % d’augmentation du poids
des publicités reçues en 10 ans avec
une moyenne de 2,7 kg de pub reçues
en un mois. “À École-Valentin et Thise,
ce poids a été largement dépassé,
témoigne Éliane Laurent, bénévole.
Cela s’explique par le nombre de prospectus de jardinage collectés en avril.”
Contrairement aux idées reçues, le
développement de la publicité sur Internet ne coïnUn coût
cide pas avec une baisse
de pubs dans la boîte. Seul
de 200
le “Stop pub” semble être
euros
un frein à cette invasion :
par
“D’après notre enquête, l’apménage. poser sur sa boîte aux
lettres permet de diminuer
de 83 % le nombre de prospectus reçus.” Au niveau
national, ce sont 69 200
tonnes reçues par les
Le poids toujours plus important des pubs dans les boîtes du
Grand Besançon n’est pas sans conséquence sur l’écologie et le
porte-monnaie des consommateurs dit U.F.C.-Que Choisir.
ménages français !
Les principaux pollueurs sont le groupe Carrefour et Leclerc.Viennent ensuite les enseignes de bricolage et d’ameublement. Intermarché (4,3 prospectus
par boîte) et surtout Casino (3,7) sont
plus raisonnables.
Toujours selon l’U.F.C., “les imprimés
non adressés représentent un réel coût
pour les consommateurs. En amont, les
annonceurs français dépensent 2,9 milliards d’euros chaque année en prospectus, soit pas loin de 200 euros pour
une famille de 4 personnes, qui se répercutent évidemment dans les prix de
vente.” Outre la gabegie économique,
revient l’impact écologique : avec seulement 49 % du papier recyclé en France (contre 75 % en Allemagne), c’est
plus de la moitié des 69 200 tonnes
mensuelles distribuées qui sont gaspillées, représentant 19 % du total des
papiers émis.
L’Union demande un audit au ministère de l’Environnement sur le financement du recyclage du papier, aujourd’hui bien peu transparent, et
particulièrement sur la part réellement payée par les émetteurs de papier.
L’U.F.C.-Que Choisir a édité des autocollants “Stop pub” qu’elle met à disposition des consommateurs. I
Renseignements : U.F.C.-Que Choisir – 8, avenue de Montrapon,
25000 Besançon. Tél. : 03 81 81 23 46
Les Jeunes Agriculteurs du
Doubs organisent mercredi
17 septembre de 9 h à 20 h,
place de la Révolution à
Besançon leur traditionnel
Marché Paysan pour la 10ème
édition. Toute la journée, les
producteurs proposeront
dégustations et ventes de
productions locales : Comté,
Confitures et gelées de
plantes, Bières, Escargots,
Glaces de la Ferme… Une
multitude d’animations pour
les enfants comme pour les
plus grands : mini-ferme,
fabrication de Comté à
l’ancienne et de beurre à
l’ancienne, tracteurs à
pédales, structure
gonflable…
Rens. 06 26 17 52 44.
Orgue
Récital d’orgue de Jean
Mislin à la cathédrale
Saint-Jean de Besançon
mardi 23 septembre à
20 h 30, organisé par
l’association des Amis de
l’orgue. Œuvres de Guilan,
Bruhns, Bach, Mendelssohn,
Franck et Dupré.
Rens. 03 81 61 23 60.
Cyclo
Randonné cycliste organisée
par les Cyclos de la Dame
Blanche dimanche 31 août à
Tallenay. Un parcours en
trèfle permettra aux
cyclotouristes de découvrir
les communes du Grand
Besançon. 3 parcours : 45,
85 et 130 km. Et randonnée
pédestre de 8 ou 16 km.
Rens. 03 81 58 85 65.
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ÉCONOMIE
CRISE
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014 39
Situation de l’emploi
Besançon résiste grâce au tertiaire
L
Dans une récente étude, l’I.N.S.E.E. indique que l’aire urbaine de Besançon résiste mieux que
d’autres à la crise en Franche-Comté. Cela est lié au dynamisme de son secteur
tertiaire dont le poids est bien supérieur à celui de l’industrie qui est fragilisée.
Patrick Pétour, directeur régional de l'I.N.S.E.E. et Audrey Mirault, chef de projet.
RÉGION
es territoires francs-comtois ne
sont pas égaux face à la crise. Ils
résistent plus ou moins bien en
fonction de leur orientation économique. Les plus fragiles, - ce n’est pas
une surprise -, sont ceux où le secteur
industriel occupe une place prépondérante comme le fait remarquer l’I.N.S.E.E.
dans une récente étude qui détaille la
situation économique des petites,
moyennes et grandes aires urbaines de
la région.
Dans ce patchwork où les voyants sont
plus souvent au rouge qu’au vert, il apparaît que la santé de la grande aire urbai- “Administration
ne de Besançon est encore assez bonne.
publique,
De 2006 à 2011, sa population active des
25-54 ans progresse très légèrement enseignement,
(+ 0,2 %) et ainsi que le nombre d’emploi
santé.”
(+ 1,1 %). Des évolutions qui se situent
dans la moyenne des capitales régionales
qui offrent moins de 210 000 emplois. “L’aire de Besançon
résiste mieux car elle n’est pas très industrielle. Elle a au
contraire un caractère très tertiaire” observe Patrick Pétour,
directeur régional de l’I.N.S.E.E.
En 2011, on dénombrait 104 000 emplois sur ce territoire où la part de l’industrie dans l’environnement économique est de 14 %, alors que celle du tertiaire atteint
79,5 %. Ce sont les services, publics surtout, qui tirent
l’emploi à Besançon. C’est grâce à eux que la capitale régionale administrative limite la casse, comparé à d’autres
bassins plus industriels comme celui de Montbéliard. “Le
développement de l’emploi dans l’aire urbaine de Besançon se poursuit (+ 3,3 %) en particulier dans celui de l’administration publique, de l’enseignement, de la santé, et
de l’action sociale” précise l’I.N.S.E.E. Mais l’augmentation du nombre d’emplois ne se traduit par une baisse du
chômage qui augmente d’1,5 point sur cette zone chez les
16-25 ans entre 2006 et 2011. Un paradoxe qui s’explique
par le fait que les personnes qui travaillent sur l’aire urbaine de Besançon n’y résident pas forcément. I
Entre 2006 et 2011
La Franche-Comté perd 7 400 emplois
Le tissu industriel de la Franche-Comté rend la région particulièrement
vulnérable dans un contexte de crise. Les secteurs de Saint-Claude et de
Montbéliard très industriels sont particulièrement touchés.
n France métropolitaine, c’est
en Franche-Comté que le poids
de l’industrie est le plus élevé. Or, depuis 2008, ce secteur
subit la crise de plein fouet. Dans son
étude sur “l’inégale résistance des territoires francs-comtois à la crise”,
l’I.N.S.E.E. en a mesuré les conséquences en prenant le pouls de l’emploi. L’Institut de la Statistique constate qu’entre 2006 et 2011, le nombre de
personnes se déclarant en emploi recule de 1,6 % dans la région alors qu’il
augmente en France de 1,9 %. Sur cette période “nous avons perdu 7 400
emplois en Franche-Comté (elle en
compte 450 000 N.D.L.R.)” précise
Patrick Pétour, directeur régional de
l’I.N.S.E.E. Le chômage a augmenté
d’1,4 point pour s’établir en 2011 à
10,1 %, soit une hausse qui est deux
fois supérieure à celle observée à l’échel-
E
Les trois catégories
d’aires urbaines
G Grandes aires :
plus de 10 000 emplois
G Moyennes aires :
de 5 000 à 10 000 emplois
G Petites aires :
de 1 500 à 5 000 emplois
le nationale. “La croissance de l’emploi tertiaire dans les territoires de la
région n’a pas suffi à compenser l’ampleur des pertes dans d’emplois industriels” remarque l’I.N.S.E.E.
À l’exception de Besançon, Lons-leSaunier ou Belfort qui ont un profil
tertiaire, celui de la majorité des aires
urbaines en Franche-Comté est plutôt industriel, quelle que soit leur taille.
La composition de leur tissu économique les rend plus vulnérables dans
le contexte actuel. “Les trois aires
urbaines de Montbéliard, Dole et Vesoul
enregistrent un recul de leur emploi
total entre 2006 et 2011 indique
l’I.N.S.E.E. En raison d’un tissu industriel très spécialisé dans l’automobile,
particulièrement touché par la crise,
l’aire urbaine de Montbéliard subit la
plus forte diminution de l’emploi parmi les grandes aires urbaines de
Franche-Comté (- 6 %) malgré une progression de l’emploi tertiaire (+ 3,2 %).”
La dégringolade est aussi forte dans
beaucoup d’aires moyennes comme
Gray, Lure ou Luxueil-les-Bains. Mais
Saint-Claude est une des aires les plus
sinistrées. “En cinq ans, l’emploi industriel recule de 25,2 %. L’emploi du secteur “commerce, transports, services
divers” baisse quant à lui de 28,5 %.
Seul le secteur “administration publique,
enseignement, santé action social gagne
des emplois. Au total l’emploi chute de
14,2 % entre 2006 et 2011”, et la part
des actifs des 25-54 ans se déclarant
au chômage progresse de 5,4 points
sur la période pour s’établir à 15,1 %.
Dans ce contexte, la bonne santé des
aires urbaines de Valdahon et de Pontarlier fait office d’exception. La première tire son épingle du jeu grâce à
ses contingents militaires et maintenant grâce au développement de son
tissu industriel. La seconde tire profit de la proximité de la Suisse qui
génère une dynamique sur la bande
frontalière dans le domaine de la
construction en particulier. L’emploi
progresse dans l’aire urbaine de Pontarlier de 0,7 %. I
Parmi les secteurs les plus touchés, la construction.
Principale évolution dans les grandes aires urbaines régionales de 2006 à 2011
Source
I.N.S.E.E.
Besançon
Montbéliard
Belfort
Dole
Vesoul
Lons-le-Saunier
Pontarlier
Nom Évolution
nombre
dʼemplois
(%)
+ 1,1
- 6,0
0,0
- 0,6
- 1,2
+ 0,5
+ 0,8
Part de
lʼindustrie
en 2011
(%)
13,5
33,5
14,7
20,6
17,5
15,0
14,3
Part du
tertiaire
en 2011
(%)
79,5
59,5
78,9
69,5
74,7
73,9
76,2
Évolution de
la population
25-54 ans
(%)
- 0,9
- 4,6
- 2,0
- 1,1
- 3,3
- 3,3
- 1,9
Évolution de
la population
active
25-54 ans (%)
+ 0,2
- 3,9
- 1,5
+ 0,4
- 2,8
- 2,8
- 0,5
Évolution part
des chômeurs
parmi actifs
25-54 ans
(en point)
+ 1,5
+ 1,1
+ 1,8
+ 1,2
+ 1,4
+ 1,4
+ 1,1
40
Agenda
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
MUSIQUE - UNE PROGRAMMATION ÉTOFFÉE ET QUALITATIVE
“Ce festival sera la fête des
orchestres symphoniques”
Du 12 au 21 septembre se tiendra à Besançon et en Franche-Comté, le
Festival de Musique. Jean-Michel Mathé, son directeur, présente cette 67ème édition ponctuée de nouveautés mais recentrée sur la musique symphonique.
L.P.B. : Quelle est votre stratégie de communication ?
J.-M.M. : Au regard de ces observations, j’ai proposé une stratégie de communication à deux
vitesses qui a été validée. Pour
le Festival, nous avons fait le
choix d’une agence de presse régionale pour communiquer principalement en Franche-Comté où
trop de gens ne connaissent pas
encore ce Festival. La seconde
stratégie concerne le Concours
International des Jeunes Chefs
d’Orchestre qui est une stratégie d’image de marque en essayant
d’obtenir un maximum de retombées dans la presse internationale en rappelant que c’est ce
concours qui a révélé des artistes
comme Seiji Ozawa.
en France et dans le monde, et il
n’y a pas de salle hormis le
Théâtre Musical qui n’offre pas
plus de 900 places. C’est pourquoi le concert le plus important
cette année aura lieu à Belfort.
140 artistes sur scène qui interprètent la 9ème symphonie de
Beethoven, c’est impossible à
Besançon, sauf sur une scène
extérieure. Malgré ce manque de
structure, on parvient à proposer un événement dédié aux
grandes formations et ensemble
L.P.B. : Vous insistez beaucoup sur vocaux, et le public nous suit.
l’absence d’une salle de concert à Besançon. Est-ce véritablement un handicap L.P.B. : Et Micropolis ?
J.-M.M. : Micropolis n’est pas adappour le Festival ?
J.-M.M. : Paradoxalement, alors té à la musique symphonique qui
que le Festival est de belle tenue, en théorie n’est pas sonorisée.
il manque à Besançon une vraie Néanmoins, le Festival n’exclut
salle de concert adaptée aux pas de créer un jour une opéraorchestres symphoniques. Cet tion spéciale à Micropolis du genévénement souffre de l’absence re ciné-concert.
d’un tel équipement, l’orchestre
Victor Hugo Franche-Comté éga- L.P.B. : Pour autant, l’absence d’une sallement. La ville accueille pour- le ne dissuade pas les orchestres prestant le Concours International tigieux et des ensembles vocaux de
des Jeunes chefs d’Orchestre qui venir se produire en Franche-Comté ?
jouit d’une notoriété incroyable J.-M.M. : En effet, je pense que la
FRÉDÉRIC FRANÇOIS
ARY ABITTAN
BRIGITTE FONTAINE
DE PALMAS
L
les festivals en France drainent
d’abord un public local. Cela a été
confirmé par une étude du C.N.R.S.
qui contrecarre un certain nombre
d’idées reçues. En ce qui nous
concerne, 14 % du public est hors
Franche-Comté. Les institutions
croient beaucoup à cette image
d’un tourisme culturel de Festivals, mais les chiffres contredisent cette idée.
programmation 2014 est très qualitative, car il y a à la fois de belles
formations qui interpréteront des
œuvres variées et exceptionnelles
de Strauss ou de Chostakovitch
par exemple. Nous avons invité
en résidence le compositeur
Guillaume Connesson qui sera
là tout au long du Festival. Ses
œuvres seront interprétées lors
de trois concerts.
L.P.B. : Quel est le budget du Festival
de Musique de Besançon ?
J.-M.M. : Le Festival est porté par
une association. 60 % des financements sont publics, un taux qui
est légèrement supérieur à la
moyenne nationale. 12 % relèvent du mécénat. Le reste est la
part de la billetterie est qui assez
faible car nous privilégions des
tarifs peu élevés pour que le public
le plus large puisse assister au
Festival. Notre budget est
d’1,4 million d’euros. Nous sommes
donc plutôt dans la catégorie des
grands festivals par rapport à
une étude européenne. On est
dans les 20 % de festivals de
PATRICK TIMSIT
terme, en continuant dans cette
voie, était d’avoir deux festivals.
Nous nous sommes alors demandés si c’était notre rôle de proposer des musiques du monde
dans le cadre de ce festival. Personnellement, je ne le pense pas.
J’ai donc proposé au conseil
d’administration de les réduire,
il m’a suivi sur ce point, même si
à l’évidence, il y aura des nostalgiques du Magic Mirror. Les
musiques du monde restent donc
présentes. Elles seront resserrées autour de trois soirées au
Petit Kursaal et à la Rodia.
blèmes.
S’il
s’avère que nous
proposons un rendez-vous
de
musique symphonique fort, vu
de Metz, Lyon,
Bâle ou Dijon,
autant de villes
qui disposent de
“Nous ne
salles adaptées à
sommes pas la musique symun festival phonique, et qui
accueillent aussi
garage.”
de grandes formations, ce n’est
malheureusement pas un évéL.P.B. : En revanche, le public pourra nement. Ce festival qui concourt
profiter d’un piano-bar au Kursaal, c’est à donner une bonne image de
Besançon capte un public comla nouveauté ?
J.-M.M. : En effet, nous allons créer posé à 85 % de Francs-Comtois.
un piano-bar au rez-de-chaussée Il est donc illusoire de penser que
du Kursaal. Le lieu sera entiè- nous sommes en capacité de fairement transformé. Ce sera le re venir un public d’étrangers. Il
club de jazz du festival dans lequel ne faut cependant pas se dénise croiseront le public, mais éga- grer car la programmation est
lement les artistes et les équipes qualitative et nous sommes dans
techniques. Tous les jours, des une bonne dynamique. Nous ne
artistes régionaux assureront des sommes pas un Festival, “garaafter jazz. Quand les gens sorti- ge”, sans ligne artistique ! Mais
ront des concerts, ils pourront s’il contribue à asseoir une bonpasser un moment de convivia- ne image de la région, les retomlité dans ce piano-bar qui sera le bées économiques qu’il génère
L.P.B. : Est-ce que ce recentrage abou- centre névralgique du Festival. sont extrêmement limitées.
tit à l’abandon définitif du Magic Mirror dédié à la world music, qui était ins- L.P.B. : C’est la 67ème édition du Festival L.P.B. : Ce Festival n’atteindra donc
tallé à Granvelle ?
de Musique Besançon Franche-Comté. jamais la notoriété de celui des Nuits
J.-M.M. : Cette question est récur- Quelle est la place de cet événement de Fourvière à Lyon ou des Folles journées de Nantes ?
rente. Le Magic Mirror avait beau- dans le paysage culturel français ?
coup d’atouts en terme J.-M.M. : J’ai demandé un audit J.-M.M. : Nous n’avons pas, à Besand’ambiance, de chaleur, mais il afin de mesurer la portée de la çon, de lieu pour organiser un évéétait trop limité en terme de places communication du Festival. Nous nement de la dimension des Folles
puisqu’il n’en contenait que 180. avons réalisé également une Journées de Nantes. Ceci étant,
Le lieu n’était pas non plus adap- enquête auprès du public qui cet événement accueille aussi un
té pour accueillir des ensembles s’avère être plutôt âgé et aisé et public essentiellement de Nantes
de musique classique. On s’est satisfait de la programmation. et sa région. Ce qui fait la difféaperçu également que le public La première observation est que rence, c’est le battage médiatique
attaché à la musique classique la revue de presse du Festival est qui est fait autour de ce rendezne fréquentait pas le Magic Mir- fournie. C’est un bon point. Mais vous pour le promouvoir. Malgré
ror et inversement. Le risque, à on se heurte à plusieurs pro- les efforts de communication, tous
a Presse Bisontine : Après une
année de transition passée aux
côtés de David Olivera votre
prédécesseur, vous êtes désormais seul directeur du Festival de
Musique de Besançon. Quelles évolutions allez-vous apporter à cet événement sur la base de vos observations ?
Jean-Michel Mathé : Je suis arrivé
en 2012 en tant qu’observateur.
J’ai donc soumis aux partenaires
du Festival des évolutions qui
résultent de mes observations
avec cette idée d’aller à l’essentiel.
À mon sens, il fallait recentrer le
pilotage
artistique
qui
s’éparpillait, ce qui brouillait
l’image de l’événement. Il ne fallait qu’un seul pilote à la programmation. J’ai proposé que ce
festival revienne sur sa base qui
est la musique symphonique.
J’enfonce le clou dans cette direction pour l’édition 2014 en programmant chaque jour une grande formation musicale à Besançon
bien sûr mais aussi dans d’autres
lieux en Franche-Comté comme
à Belfort, à Arc-et-Senans ou à
Baume-les-Messieurs. Ce festival sera la fête des orchestres
symphoniques.
SAM. 8 NOV. 2014
MER. 12 NOV 2014
JEU. 13 NOV. 2014
SAM. 15 NOV. 2014
MER. 26 NOV. 2014
20h30 MICROPOLIS
20h30 KURSAAL
20h30 KURSAAL
20h30 MICROPOLIS
20h30 KURSAAL
BESANÇON
BESANÇON
BESANÇON
BESANÇON
BESANÇON
tarifs est une illusion. C’est en effet
le même public qui assiste à un
concert symphonique, qu’il soit gratuit ou payant. Le problème, c’est
la méconnaissance de ce genre musical qui génère le manque d’intérêt.
C’est une question d’éducation artistique, de sensibilisation de l’oreille.
C’est une des raisons pour lesquelles
dans le cadre du Festival nous organisons un certain nombre
d’opérations en direction des jeunes.
Je souhaite par ailleurs que la réforme des rythmes scolaires permette cet éveil musical. Il faudrait que
chaque enfant qui arrive en troisième ait pu assister au moins à un
concert symphonique et qu’il ait pu
découvrir un instrument. Si un individu a une expérience positive avec
la musique classique dans sa jeunesse, même s’il passe par d’autres
genres musicaux ensuite, il revient
toujours au classique vers 45 ans.
Pendant le Festival, 11 concerts
seront donnés gratuitement dans
la Boucle qui ont pour but d’éveiller
la curiosité du public et de lui donner l’envie d’aller plus loin.
Jean-Michel Mathé :
“Mes coups de cœur ?
Il y en a
beaucoup dans ce
Festival.” (photo Y. Petit)
L.P.B. : Vous n’êtes donc pas favorable à
la gratuité ?
J.-M.M. : Le tout gratuit est dévalorisant pour la musique classique.
Il faut que les gens sachent, par
exemple, que le grand concert
d’ouverture donné aux Prés-demusique classique qui ont plus de Vaux par l’Orchestre des Pays de
900 000 euros de budget. Le Festi- Savoie coûte 60 000 euros et qu’il
val de Besançon est considéré com- est offert par la Ville de Besançon,
me un événement qui propose beau- la Région, l’État et le Conseil génécoup de concerts, et qui draine ral. Je dis bien offert au public, mais
finalement beaucoup de specta- il n’est pas gratuit.
teurs, plus de 23 000, pour un prix
de place très attractif puisque le L.P.B. : Quels sont vos coups de cœur de
prix moyen est 20 euros contre la 67ème édition que vous avez concoc47 euros en moyenne dans les autres té ?
J.-M.M. : Mes coups de cœur ? Il y
festivals.
en a beaucoup. J’affectionne un
L.P.B. :Vous dites que beaucoup de Francs- grand nombre des artistes qui seront
Comtois ne connaissent pas encore le Fes- présents. Mais j’ai deux coups de
tival, que le public est un public de connais- cœur. Le premier est pour les “Vêpres
seurs. Mais comment amener le plus grand de Mozart” interprété le 19 sepnombre et en particulier les jeunes à tembre au Kursaal par l’ensemble
s’intéresser à cet événement ? Cela pas- Ghislieri Choir & Consort en résise-t-il par une politique tarifaire plus attrac- dence à Pavie (Italie). Le second est
tive encore ?
pour l’ensemble de cordes, Les
J.-M.M. : Le vrai obstacle d’accès à Solistes de Salzbourg qui offriront
la culture ce n’est pas le prix des sans doute un des moments les plus
places. D’ailleurs, prétendre démo- intense du festival. I
cratiser la culture en jouant sur les
Propos recueillis par T.C.
Rens. : 03 81 82 08 72
Festival de Musique de Besançon
67ème édition, du 12 au 21 septembre
www.festival-besancon.com - [email protected]
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La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
41
Solidarité
Soutenez la Ronde de l’espoir
La 24ème édition de la Ronde de l’espoir se déroulera les 5, 6 et 7 septembre. Comme tous les ans, à cette occasion,
25 cyclistes et leurs accompagnateurs bénévoles sillonneront sur 412 km une partie du département du Doubs et
traverseront une centaine de localités afin de collecter des fonds au profit de la Ligue contre le cancer. Le départ
sera donné à Besançon-Châteaufarine le 5 septembre vers 7 h 30. L’arrivée aura lieu à Montferrand-le-Château
après un périple de 412 km.
Depuis 1991, tous les ans à la même époque, la caravane de la Ronde de l’espoir s’élance sur les routes. En 2013,
un chèque de 12 280 euros avait été remis suite à la Ronde de l’espoir à laquelle s’associent traditionnellement les
professeurs Bosset et Pivot, respectivement président de la Ligue et chef du pôle de cancérologie du C.H.U. Minjoz.
Renseignements au 06 30 01 53 23
Livre
La Franche-Comté d’antan
C’est à un voyage dans le temps que nous invite l’auteur Jean-Claude Barbeaux à travers la carte postale
ancienne. 1900 : la Franche-Comté est en pleine mutation : elle s’industrialise et se développe, offrant à ses
habitants de nouvelles ressources ainsi que de nouveaux secteurs d’activité. Ainsi, la naissance de la race
montbéliarde et la modernisation des fromageries intensifient la production fromagère, tandis qu’apparaissent de
grands noms de l’industrie comme Peugeot et Japy. C’est aussi l’avènement du tourisme et des loisirs avec des
meetings aériens, des courses cyclistes ou automobiles. À travers 400 cartes postales, Jean-Claude Barbeaux nous
plonge au cœur de cette région frontalière en pleine expansion.
La Franche-Comté d’antan - 136 pages - 28,90 euros
Granvelle
Humm !, les Instants Gourmands
À une époque où la malbouffe fait la une des médias (trafic de
viandes et autres…), une manifestation comme les Instants
Gourmands prend tout son sens. Ici, pas d’intermédiaires, pas
de circuits de distribution, vous êtes en contact direct avec de
petits producteurs qui vous font déguster les produits qu’ils
ont conçus avec passion et peuvent répondre à toutes vos
questions. Dans le vin également, pas de négociants, vous
rencontrez de petits producteurs venus de toutes les grandes
régions viticoles françaises, qui vous parleront de vendanges à
la main et de désherbage sans produits chimiques.
Animations, restauration, marché gourmand, petits
producteurs de vins et de produits de terroir.
Les Instants Gourmands
Du 28 au 31 août de 10 h 30 à 20 heures
Promenade Granvelle à Besançon - Entrée libre
Communication
Des signes pour les bébés
Partez à la découverte de la communication augmentée de signes de Langue des Signes Françaises pour les
bébés qui ne parlent pas encore le 6 septembre. Chacun apportera son pique-nique. Après avoir déjeuné sur
l’herbe, les participants partiront en promenade dans le joli village d’Osse, à proximité de Nancray, pour
rencontrer les animaux de la ferme et apprendre les signes de Langue des Signes Française correspondants,
guidés par Bénédicte Mourot qui est à l’initiative de cette journée originale. Après 15 années d’animation en
périscolaire, son expérience d’auxiliaire de vie et d’accompagnante d’enfants handicapés, elle s’est spécialisée
dans les outils de communication à destination des bébés qui ne parlent pas encore ainsi qu’aux personnes dont
la parole est entravée. L’utilisation des signes en plus de la parole permet aux enfants, de se faire comprendre
autrement que par les cris et les pleurs. Bénédicte Mourot propose aussi des ateliers ludiques au domicile des
parents pour que toute la famille puisse partager ce mode de communication efficace et accessible.
Samedi 6 septembre à partir de 11 h 30 - Osse (vers Nancray) - Renseignements au 06 86 31 79 21
Exposition
La Citadelle commémore
les 70 ans de la Libération
À la Citadelle de Besançon (cour des Cadets), une exposition est présentée à l’occasion des 70 ans de la
Libération. Elle regroupe une quinzaine de photographies grand format prises aux quatre coins de la ville en
septembre 1944 lors de sa libération, ravivant de nombreux témoignages et souvenirs. On peut y voir l’arrivée des
troupes américaines, les manifestations de joie place Saint-Pierre, la venue du général De Gaulle dans la ville le
23 septembre 1944. Une table de lecture installée sous le porche du Musée de la Résistance et de la Déportation
invite les visiteurs à consulter des albums photos pour poursuivre leur visite, à laisser des commentaires ou à
apporter leur témoignage. Gratuit pour les détenteurs d’un billet ou d’un abonnement Citadelle.
Exposition “70 ans de la Libération de Besançon”,
du 1er septembre au 29 novembre à la Citadelle. Information : www.citadelle.fr
42
AGENDA
SALON DU LIVRE
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
Les rendez-vous à ne pas manquer :
Du 19 au 21 septembre
G Rencontre avec Amélie Nothomb : vendredi 19 septembre à
17 heures, salle des conférences
G Lecture par Catherine Allégret de Vie et mort dʼÉmile Ajar et La
vie devant soi (centenaire Romain Gary) : vendredi 19 septembre
à 20 heures, salon de la préfecture (sur réservation)
G Grand entretien avec Laurent Gaudé, samedi 20 septembre à
11 heures, salle des conférences
G Lʼécrivain aux prises avec le monde : rencontre avec Alaa El
Aswany, Laurent Gaudé et Lyonel Trouillot samedi 20 septembre
à 17 h 30, salle des conférences
G Soirée Haïti : lectures et rencontre avec Laurent Gaudé et Lyonel Trouillot, accompagnés par le comédien Jean-Marc Bourg,
samedi 20 septembre à 20 heures, salon de la préfecture (sur
réservation)
G Comment parler du monde ? : rencontre avec Laurent Gaudé,
le photographe Gaël Turine et la productrice Anne-Florence Garnier (Arte), dimanche 21 septembre à 15 heures, salle des conférences
G Lecture par Daniel Mesguich de la promesse de lʼaube (centenaire Romain Gary) : dimanche 21 septembre à 16 heures, salle
des conférences
G Création inédite de Laurent Gaudé, accompagnée par le comédien Jean-Marc Bourg et le musicien Franck Vigroux, dimanche
21 septembre à 18 heures au Centre Dramatique National
Les Mots Doubs
dressent leur chapiteau
Le salon littéraire ouvre sa treizième édition sous le grand chapiteau
de la Gare d’Eau, du 19 au 21 septembre. Plus de 150 écrivains
français et étrangers seront présents. Carte blanche à
Laurent Gaudé et hommage à Romain Gary.
C
ette cuvée 2014 des Mots Doubs
s’annonce foisonnante et internationale. L’invité d’honneur, Laurent
Gaudé (prix Goncourt 2014 avec “Le
soleil des Scorta”), proposera plusieurs rendez-vous autour d’un fil rouge : “Comment
parler du monde ?”, avec ses invités parmi
lesquels les écrivains Alaa El Aswany (Égypte) et Lyonel Trouillot (Haïti), le photographe
Gaël Turine, la productrice Anne-Florence
Garnier. À cette réflexion s’ajouteront des
rencontres avec de nombreux écrivains étrangers comme les Américains Joseph Boyden,
David Vann et Craig Davidson, les Turcs
Kakan Günday et Pinar Selek ou encore le
Cubain Léonardo Patura.
La rentrée littéraire française sera également de la fête. L’autre événement de cette
13ème édition des Mots Doubs sera en effet la
venue, pour la première fois, d’Amélie Nothomb
qui viendra présenter Pétronille (Albin Michel),
son tout nouveau roman et de Christian
Signol pour la sortie “d’Une si belle école,
nous l’avons tant aimée”, beau livre inspiré
de l’un de ses romans.
Une vingtaine d’auteurs jeunesse dont Sandrine Beau, Arthur Ténor, Pef, Barroux ravi-
Les Mots Doubs, un festival du livre à
visage humain, pour tous les publics.
Invité d’honneur de cette édition :
Laurent Gaudé, le prix Goncourt 2004
(photo M. Melki).
ront les plus jeunes tout au long du weekend et une trentaine d’auteurs régionaux
feront découvrir au public leur toute dernière nouveauté de la rentrée.
Enfin, le festival rendra hommage à Romain
Gary à l’occasion du centenaire de sa naissance avec de belles lectures à écouter sans
modération… I
Les Mots Doubs - 19, 20 et 21 septembre - Parc de la Gare d’Eau à Besançon
Programme complet du festival sur : lesmotsdoubs.doubs.fr
la playlist
POP ROCK ELECTRO
100.4 FM
Et pour les plus jeunes :
Lecture musicale de Muriel Bloch, en compagnie du musicien
Joao Mota, samedi 20 septembre à 14 heures, Hôtel du Département (sur réservation)
G Lecture musicale de “En toutes lettres”, abécédaire poétique de
Bernard Friot, accompagnée des photos du livre dʼartiste “Impressions colorées” de Jessica Scaranello et Valérie Decol, plasticiennes
G
Quelques auteurs présents cette année :
Laurent Gaudé, Amélie Nothomb, Aurélien Bellanger, David Foenkinos, Serge Joncour, Minh Tran Huy, Vladimir Fedorovski, François dʼÉpenoux, Franck Courtès, Clara Dupont-Monod, Jean-Paul
Didierlaurent, Michel Quint, Catherine Allégret…
LE PORTRAIT
LYDIE KOLMAYER
La Presse Bisontine n° 157 - Septembre 2014
43
Membre du groupe Wishmaster
Policière le jour, chanteuse lyrique la nuit
À quarante ans, Lydie Kolmayer a deux passions dans la
vie : la première pour son métier de policière municipale à
Besançon, la seconde pour le chant lyrique version metal.
L
a photo montre une femme
apprêtée, vêtue de noir, le contour
des yeux souligné d’un maquillage en volutes. La croix qu’elle
porte autour du cou tombe sur un corset de cuir. Elle a l’allure d’une mariée
aux attributs gothiques avec ce voile
sombre qui glisse sur ses avant-bras.
Mais le personnage peut se voir aussi comme une princesse guerrière d’un
autre âge, une nymphe mélancolique,
un être énigmatique mi-fée mi-sorcière, une sorte de mélange “entre Vampirella et “Ma Ingalls s’amuse Lydie
Kolmayer en montrant ses photos.
Quand je fais le show, j’endosse toujours un rôle” ajoute la chanteuse lyrique
de Wishmaster, un groupe bisontin de
metal symphonique. Petit rappel pour
les novices, ce genre musical est un
dérivé du metal dont il a gardé les distorsions amplifiées associées à des
arrangements orchestraux tirés du
classique. Dans ce domaine, le groupe
finlandais Nightwish est une référence.
Lydie Kolmayer adore. Elle a trouvé
son équilibre dans cette musique où
sa voix haut perchée s’envole sur des
mélodies très rock. Lorsqu’elle monte
sur scène, elle se travestit, cela fait
partie du spectacle. En concert, elle
peut changer jusqu’à sept fois de tenue
pour ne pas lasser son public et
l’entraîner dans une fresque épique.
Chanter est sa passion,
mais ce n’est pas son
métier.
“Je
Quand on la découvre
m’entraîne ainsi vêtue, on est sursur La flûte pris d’apprendre que
enchantée.” dans la vie, Lydie Kolmayer est policière municipale à Besançon au grade de brigadier-chef
principal. Autre visage,
autre uniforme. À 40 ans,
elle chapeaute la brigade V.T.T. qu’elle a contribué à mettre en place en
2004. Dans la journée,
elle sillonne à vélo les
rues de la capitale régionale pour assurer sa mission de service de public.
Mais qu’elle soit sous les
projecteurs, grimée, dans
une tenue gothique, ou
sur sa bicyclette dans ses
Bio express
1974 Naissance
à Delle
1995 Diplôme
d’éducateur sportif
à Besançon
2001 Elle entre
dans la police
municipale
2004 Création de
la brigade V.T.T.
qu’elle chapeaute
2004 Devient
chanteuse lyrique du
groupe Wishmaster
2004-2008 Suit
des cours de chant
lyrique
vêtements réglementaires, elle se sent
bien dans chacun de ces univers que
tout semble opposer. Pour elle, il n’y a
pas d’incompatibilité. Elle passe de
l’un à l’autre sans difficultés. “Personnellement, j’aime l’ordre, le respect et
l’aide à la personne. J’ai cloisonné
chaque partie de ma personnalité en
fonction de mon métier, de ma passion
pour le chant, et de ma vie de famille”
répond cette mère de trois enfants qui
se décrit comme “une maman gâteau”
à la maison.
Quel que soit le moment de la journée,
jamais l’envie de chanter ne la quitte.
D’autant que dans son registre, elle
doit effectuer quotidiennement des
vocalises pour conserver sa voix. Issue
d’une formation musicale classique,
elle s’impose des exercices vocaux tous
les jours. “Je m’entraîne sur La flûte
enchantée, Hamlet, les Contes
d’Hoffmann, l’Ave Maria que
j’affectionne particulièrement. Je fais
souvent toutes mes vocalises dans la
voiture quand je pars au travail, ça me
donne du punch ! Je chante du Nathalie Dessay qui est ma référence. Nous
sommes dans le même registre vocal :
soprano lyrique léger.”
Avec une telle voix, limpide, aux antipodes d’un timbre enfumé et rocailleux,
Lydie Kolmayer a compris très tôt
qu’elle n’était pas faite pour chanter
du rock. Elle ne se voyait pas non plus
évoluer dans le lyrique pur. Mais ce
dont elle était sûre depuis son plus jeune âge est qu’elle voulait faire de la
scène. C’est un ami qui l’a mise sur la
voix du métal symphonique. Immédiatement, elle a été séduite par ce
mélange d’un son puissant, électrique,
à du chant lyrique.
Il y a une dizaine d’années, Lydie Kolmayer a rejoint le groupe Wishmaster
qui a connu des configurations diverses.
La formation traverse actuellement
une période de transition puisqu’elle
cherche un batteur, un bassiste et un
claviériste, suite au départ de Patrick
Kassaï et d’Arnaud Frisetti, deux piliers
du groupe. Avec le guitariste Jean-Luc
Machuret, Lydie Kolmayer a encore
en projet l’enregistrement d’un premier album. Elle a l’envie de se remettre
en selle pour la scène au plus vite. T.C.
Renseignements : 06 87 23 26 09
Le mensuel qui
vous sort du quotidien
Lydie Kolmayer se déguise et se grime quand elle fait le show. Elle quitte son uniforme
de policière pour s’habiller dans un look plus gothique (photo L. Sauvonnet).
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