Note d`information sur Oaxaca n° 28bis, avril 2008

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Note d`information sur Oaxaca n° 28bis, avril 2008
AMERIKENLUTTE
Note d'information sur Oaxaca n° 28bis, avril 2008
24-04-2008
8 bis- Oaxaca, 22-04-08
numéro spécial :
FLAVIO SOSA LIBÉRÉ !
Flavio Sosa Villavicencio, membre du Conseil de l’APPO dont il a été l’un
des porte-parole les plus connus — c’était déjà une figure politique
locale avant le déclenchement de la Commune d’Oaxaca —, a enfin été libéré
à 16 heures (locales) le samedi 19 avril dernier.
Cela faisait près d’un an et demi qu’il était emprisonné, d’abord au
pénitencier de haute sécurité de l’Altiplano (Almoloya de Juárez, État de
Mexico), puis, grâce à un amparo (« protection ») de la justice fédérale,
à la prison de San Juan Bautista Cuicatlán, dans l’État d’Oaxaca.
Rappelons que Flavio Sosa avait été arrêté le 4 décembre 2006 à Mexico en
compagnie de son frère Horacio, et de Marcelino Coache et Ignacio Vera,
également membres du Conseil de l’APPO. Cette arrestation représentait un
chef d’œuvre de traîtrise, puisque les délégués populaires se trouvaient
dans la capitale fédérale… pour des discussions avec le ministre de
l’Intérieur ! Le gouvernement de FeCal (Felipe Calderón), installé depuis
quatre jours, commençait bien son mandat…
Comme David Venegas, récemment libéré lui aussi, Flavio Sosa a été l’objet
des accusations les plus fantaisistes : vol avec violence, séquestration,
dommages aux routes et pistes aériennes, et on en passe. Ces chefs
d’inculpations sont tombés les uns après les autres devant l’impossibilité
de trouver ne fût-ce que l’ombre d’un début de preuve, mais on a quand
même volé à Flavio, comme à d’autres avant lui, dix-sept mois de sa vie.
On se souvient que David avait rendu public le chantage vainement exercé
sur lui par Ulises Ruiz Ortiz, le satrape d’Oaxaca, en menaçant sa
famille. Flavio a révélé une manœuvre à son encontre un peu différente,
mais dans le même esprit (si on peut parler d’esprit dans ce cas) : à deux
reprises, des envoyés d’URO sont venus le trouver, d’abord à l’Altiplano,
ensuite à San Juan, et lui ont proposé en échange de sa libération 10 000
dollars par mois pendant trois ans et l’exil. Comme David, Flavio a refusé
le « marché ». Il a déclaré à sa sortie de prison qu’il continuait la
lutte, et qu’il « devait poursuivre sa route au côté du peuple » (voir La
Jornada des 22 et 23 avril).
Souhaitons la bienvenue à la maison à Flavio Sosa. Qu’il profite
pleinement de la joie des retrouvailles, avec sa famille et ses camarades.
N’oublions pas cependant les autres prisonniers politiques d’Ulises Ruiz :
Pedro Castillo Aragón, Adán Mejía López, Miguel Ángel García, Miguel Juan
Hilaria, Víctor Hugo Martínez Toledo, Roberto Cárdenas Rosas, Reynaldo
Martínez Álvarez, Juliantino Martínez García, Homero Castro López,
Constantino Castro López et Abraham Ramírez Vásquez. Ils sont toujours
incarcérés, parfois depuis longtemps (1996 pour ceux de la Loxicha,
paysans indiens accusés d’appartenir à l’Armée Populaire Révolutionnaire,
EPR), et ils ont le malheur de n’être pas aussi connus. Eux aussi doivent
etre libérés au plus vite.
22 avril [email protected]
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