Objectif Doctrine 37 - CDEF

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Objectif Doctrine 37 - CDEF
COMMANDEMENT DE LA DOCTRINE ET DE L’ENSEIGNEMENT
MILITAIRE SUPERIEUR DE L’ARMEE DE TERRE
OBJECTIF DOCTRINE
LES OPÉRATIONS AÉROPORTÉES
AIRBORNE OPERATIONS
N°37
Edition bilingue
Bilingual edition
C•D•E•S
C OMMANDEMENT DE LA D OCTRINE
ET DE L’ E NSEIGNEMENT MILITAIRE S UPÉRIEUR
DE L’ARMÉE DE TERRE
Sommaire/Summary
EditoriaL
Doctrine / Doctrine
p. 4/5
Le concept national des opérations aéroportées
Lexique/Lexicon
L’Armée de l’air et les opérations aéroportées
Les opérations aéroportées
L’action du 1er Régiment du Train Parachutiste : un apport incontournable dans les opérations aéroportées
L’équipement des troupes aéroportées
p. 8
p. 12
p. 14
p. 22
p. 28
p. 32
The national concept for airborne operations
The Air Force in airborne operations
Airborne operations
The action of the 1st airborne transport battalion:
an essential contribution to airborne operations
The airborne units equipment
p. 9
p. 15
p. 23
p. 29
p. 33
Libres Réflexions / Freedom of speech
KOSOVO 1999 - Le renouveau du rôle stratégique des TAP
p. 34
KOSOVO 1999 - The strategic role revival of Airborne Troops
p. 35
Etranger / Foreign Studies
Les opérations aéroportées dans l’armée allemande
Les opérations aéroportées - La doctrine britannique
p. 42
p. 50
The airborne operations in the German armed forces
Airborne operations - British doctrine
p. 43
p. 51
Cahiers du RETEX n° 12
• Quelques enseignements des principales opérations aéroportées françaises pendant la guerre d’Indochine (1945-1954)
• Some lessons learned from major French airborne (ABN) during the Indo-China war (1945-1954)
• L’opération aéroportée « LEA »
• The « LEA » airborne operation
• Les enseignements de Kolwezi - Mai 1978
• Lessons learned from Kolwezi - May 1978
• L’opération MARKET GARDEN, le plus grand engagement aéroporté de tous les temps
• The « MARKET GARDEN » operation, the largest airborne engagement ever
DIRECTEUR DE LA PUBLICATION :
GÉNÉRAL JEAN-MARIE VEYRAT
Rédacteur en chef : lieutenant Stéphane Carmès Traductions : colonel (CR) Pierre-Yves Lemerle,
colonel (CR) Robert Travaillot, lieutenant-colonel
(CR) Jacques de Vasselot, lieutenant-colonel (CR)
Daniel Sillon, lieutenant-colonel (CR) Jean-Claude
Laloire - Relecture des traductions : général (2s)
Pierre Dejean - Maquette : Christine Villey Schémas : Geneviève Yahiouche - Photos : ECPAD
(p. 13, 41), lieutenant-colonel Justine - collection
personnelle (p. 24, 25), DEP/EAT (p. 30, 31),
colonel (D) Belde - collection personnelle (p.44,
45) - Photogravure : Saint-Gilles (Paris) - Gestion
du fichier des abonnés : lieutenant Stéphane
Carmès - Diffusion : bureau courrier du CDES Impression : Section Conception Impression du
CDES - Tirage : 1 900 exemplaires - Dépôt légal :
à parution - ISSN : 1293-2671 - Tous droits de
reproduction réservés. Conformément à la loi
«informatique et libertés» n° 78-17 du 6 janvier
1978, le fichier des abonnés à OBJECTIF
DOCTRINE a fait l’objet d’une déclaration auprès
de la CNIL, enregistrée sous le n° 732939. Le droit
d’accès et de rectification s’effectue auprès du
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l’Enseignement militaire Supérieur de l’Armée de
terre) - Cellule communication - BP 53 - 00445
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OBJECTIF DOCTRINE
N° 37
LES OPÉRATIONS AÉROPORTÉES
Les articles publiés dans la rubrique « Libres Réflexions »
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OBJECTIF DOCTRINE
est en ligne sur le site INTERNET du CDES
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is consultable on the CDES INTERNET web site
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E
ditorial
A
près le 36e numéro d’Objectif Doctrine entièrement consacré
aux opérations amphibies, voici le numéro 37, avec les
Cahiers du RETEX qui l’accompagnent, totalement consacré
aux opérations aéroportées, deuxième domaine rattaché,
dans la classification doctrinale des forces terrestres, aux " opérations
dans la profondeur du théâtre ". De nombreux officiers, français et
alliés, se sont exprimés dans ses colonnes et le CDES remercie tout
particulièrement le directeur du Centre d’enseignement supérieur
aérien qui a bien voulu apporter sa contribution à ce point fait sur les
opérations aéroportées actuelles.
Le concept national des opérations aéroportées, approuvé le 26 avril
2002 par le chef d’état-major des armées, est, comme le concept
national et la doctrine nationale des opérations amphibies, le fruit des
travaux d’une commission interarmées, la commission interarmées des
études aéroportées (CIEAP), prenant bien sûr en compte le retour
d’expérience des opérations du passé et des exercices.
L’armée française possède depuis la 2e guerre mondiale et surtout la
guerre d’Indochine (1945-1954) une longue expérience des opérations
aéroportées de tout type. En effet, les unités françaises formées par les
alliés ont participé à la plupart des grandes opérations alliées, de la
Normandie à la Hollande. Ensuite, au cours du conflit indochinois, les
troupes aéroportées et l’Armée de l’air ont conduit ensemble près de 250 opérations dont
beaucoup ont été des succès complets, tant au plan opérationnel (atteinte des objectifs)
qu’au plan purement technique, si important dans de telles opérations, qui sont par
nature complexes et toujours risquées.
Plusieurs opérations françaises en Indochine restent des modèles du genre1 et pourraient
être à nouveau menées telles quelles dans le cadre du concept national actuel. En effet,
le CNOAP de 2002, qui donne aux opérations aéroportées trois objectifs majeurs
(préparation du déploiement d’une force plus importante, couverture, appui ou soutien
de la manœuvre générale et opération ponctuelle de durée et d’ampleur variables telle
qu’un coup de main, une évacuation de ressortissants 2), envisage l’engagement d’un
échelon principal pouvant aller jusqu’à 1 500 hommes environ, toujours précédé par un
échelon avancé formé d’un groupement de commandos parachutistes.
On trouve là beaucoup de similitudes avec les principales OAP d’Indochine menées au
niveau du groupement aéroporté à 2 ou 3 bataillons. En revanche, le concept actuel
donne aux OAP " une place majeure dans le cadre de la projection de puissance sur
l’ensemble d’un théâtre d’opération (…) " et considère qu’elles concourent surtout " à la
réalisation d’un effet stratégique ou opératif majeur "3, ce qui a été rarement le cas en
Indochine.
1 voir l’article sur les principales OAP françaises en Indochine dans les Cahiers du RETEX.
2 voir CNOAP p. 4.
3 dito.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.4
Since the Second Word War, and more particularly since the war in Indochina
(1945-1954), the French Army has acquired a wide experience of airborne
operations of all kinds. As a matter of fact the French units, trained by allied
forces, have taken part in most large-scale Allied operations, from Normandy to
the Netherlands. Later on, during the Indochina conflict, the airborne troops and
the Air Force together carried out some 250 operations; many of which have been
totally successful, both from an operational point of view(reaching objectives) and
from a purely technical one, so important in such operations, complex and always
risky by nature.
E
The French national concept of airborne operations, approved April 26, 2002 by
the Armed Forces Chief of Staff is, like the national concept and the amphibious
operations doctrine, the result of the work of a joint committee, the Joint
Committee for Airborne Studies (Fr abbr.: CIEAP), of course considering the
lessons learnt from past experiences and from exercises.
ditorial
A
fter Objectif Doctrine nr 36 fully dedicated to amphibious operations,
this 37th issue, along with its RETEX pullout, is entirely on airborne
operations, the second operational field related to " theater deep
operations " within the Land doctrine classification. Many French and
Allied officers have expressed their views on the topic throughout these columns
and the CDES1 extends its special thanks to the Higher Air Training Center
Director for contributing to this update on current airborne operations.
Several French operations in Indochina are still considered models of their kind2 and could again
be carried out unchanged within the framework of the current national concept (Fr. abbr.
CNOAP). The 2002 CNOAP, sets three major objectives for airborne operations (preparing for
the deployment of more significant forces, covering, supporting or sustaining the overall
maneuver, and carrying out some limited operations variable in length and scope such as a hit
and run action, or an evacuation of nationals3) and indeed envisages the commitment of a main
echelon up to 1500 men strong, always preceded by a forward echelon made up of an airborne
commando task force.
A lot of similarities can be found between the present concept and the main Airborne Operations
in Indochina that have been carried out at the level of an ABN Task Force with two to three
battalions. The current concept however gives Airborne Operations " a key place in the
framework of power projection throughout a TOA (…) " and considers that they contribute
mostly to " achieving a major strategic or operational effect "4, which has rarely been the case
in Indochina.
1
2
3
4
Translator's note: Army Doctrine and Higher Military Education Command.
see the RETEX pullout issue about the main French AOs in Indochina.
see CNOAP p. 4.
ditto.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.5
L’OAP reste une opération interarmées complexe dont le succès découle de plusieurs
facteurs qui doivent être impérativement réunis. Deux d’entre eux (coordination air et
air–terre, interopérabilité interarmées et multinationale) incluent l’organisation du
commandement, fonction opérationnelle fondamentale et point crucial pour la réussite
d’une OAP, qui est, à ce titre, largement développée dans le concept4.
La future doctrine des opérations aéroportées, qui va maintenant être déclinée par la
CIEA à partir du CNOAP, devra proposer aux futures autorités préparant et conduisant
de telles opérations des règles claires, fixant plusieurs types possibles d’organisation
du commandement, et surtout parfaitement compatibles avec les dispositions prévues
dans les documents de l’OTAN, interarmées comme l’AJP 1, l’AJP 3, ou de composantes
comme l’AJP 3-2 et l’AJP 3-35. Ces deux derniers documents donnent surtout des
principes d’organisation, mais précisent bien que l’unité de commandement est
essentielle pour la réussite de l’opération.
Unité de commandement et coopération permanente sont en effet essentielles à tous
les niveaux, chaque chef, interarmées, terrien ou aviateur, devant détenir aux moments
et aux endroits nécessaires, l’autorité voulue (OPCOM, OPCON, TACOM ou TACON)
pour préparer et conduire son action au sol ou dans les airs, surtout si elle se place
dans un cadre multinational.
Les articles présentant les concepts ou doctrines de nos alliés montrent combien nos
conceptions des OAP sont proches, même si certaines sont plus globales, en associant
de manière plus étroite les OAP, les opérations héliportées et les opérations
aéromobiles.
Dans les années qui viennent, avec l’arrivée d’avions et d’hélicoptères de transport plus
performants, le concept français des OAP devrait lui aussi évoluer vers un concept plus
global des opérations dans la profondeur du théâtre, déjà bien pris en compte dans la
doctrine des forces terrestres françaises.
La rédaction
4 4 pages sur les 15 que compte le document.
5 AJP 1 - doctrine alliée interarmées - AJP 3 - doctrine des opérations interalliées - AJP 3-2 - doctrine des opérations terrestres - AJP 3-3 doctrine des opérations interarmées dans l’air et l’espace.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.6
An Airborne Operation remains a complex joint operation, the success of which depends on
various factors that must be met imperatively. Two of them (air coordination and air to ground
joint and combined interoperability) include the command and control organization which is an
essential operational function and crucial to the success of an Airborne Operation, and therefore
addressed at length in the concept5.
The future airborne operations doctrine, that is now to be worked out by the joint committee for
airborne studies (CIEA) from the joint national concept for airborne operations (CNOAP), will
have to put forward clear rules to the authorities that will be in charge of preparing and
conducting such operations, by establishing several possible types of C2 organizations, and
above all perfectly compatible with the measures planned in the NATO documents, either joint as
in AJP1, AJP3, or separate as in AJP 3-2 and AJP 3-36. These last two documents are essentially
on organization principles, but they do specify that unity of command is essential to the success
of the operation.
Unity of command and permanent cooperation are essential at every level, each Commanderjoint, land, or air - must, at the right time and in the right place, detain the necessary authority
(OPCOM, OPCON, TACOM, or TACON) to prepare and conduct his ground or air action,
especially if it takes place within a multinational framework.
The articles presenting the allied concepts or doctrines clearly demonstrate how close they are
to our conceptions of Airborne Operations, even when some are more global, by combining more
closely Airborne Operations with heliborne operations and airmobile operations.
In the years to come, with the arrival of more efficient transport aircraft and helicopters, the
French concept of Airborne Operations should also evolve to a more global concept for theater
deep operations, already well taken into account in the doctrine of the French land forces.
The Editorial Staff
5 4 pages out of 15.
6 AJP1 - Allied Joint Operations Doctrine - AJP3 - Combined Operations Doctrine - AJP 3-2 - Land Operations Doctrine - AJP 3-3 - Air and
Space Operations Doctrine.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.7
Doctrine
Le concept national des opérations aéroportées
par le lieutenant-colonel AURIAULT,
du CREDAT/B3
ujourd’hui, la nouvelle typologie des conflits et les engagements récents (…) donnent
une place particulière à la manœuvre dans la profondeur et aux actions de débordement ;
ces opérations peuvent et doivent être valorisées par les armées occidentales, dont les
capacités leur permettent de tirer tout le profit possible de leur supériorité technologique, en
particulier dans le domaine aérien. Dans ce cadre, une opération aéroportée (OAP)1 tient une place
majeure dans la projection de puissance sur l’ensemble d’un théâtre d’opération, le cas échéant, à
partir de la métropole " 2.
"A
Cette phrase extraite du concept national des opérations aéroportées (CNOAP) rappelle la nécessité
qu’avait l’armée française en 1998 de définir un nouveau concept des OAP avec l’évolution du cadre
géostratégique et des conditions d’engagement. La commission interarmées des études aéroportées
(CIEAP 3), qui relève du chef d’état-major des armées, avait reçu pour mandat de rédiger ce
document qui vient d’être approuvé en avril 2002. Ce concept des opérations aéroportées, document
national, s’inscrit cependant dans un cadre global, interarmées et multinational.
" Outil permettant (…) au décideur politique ou militaire de marquer, sans délai, sa volonté par
une action, dont la dimension médiatique et psychologique est particulièrement significative "4,
l’OAP, excellente illustration de l’application des principes de la guerre et qui vise " à la réalisation
d’un effet stratégique ou opératif majeur " 5, s’inscrit parfaitement dans le cadre d’emploi des forces
actuel. Spécifique par son environnement et complexe dans son déroulement, elle nécessite une
organisation du commandement unique pendant tout la durée de la préparation et de la conduite de
l’action.
Excellente illustration des principes
classiques de la guerre6 , l’OAP s’inscrit
parfaitement dans le cadre d’emploi des
forces actuel.
De fait, l’opération aéroportée
confère au commandement une liberté
d’action accrue : elle lui permet
d’agir sur l’ensemble du théâtre et elle
accroît la mobilité des forces qui
prend ainsi une dimension stratégique. En outre, bénéficiant de l’effet
de surprise, ce type d’opération
renforce la capacité de déception des
forces et permet, si nécessaire, au
commandant de la force
(COMANFOR) de concentrer rapidement ses efforts. L’OAP participe
enfin à l’économie des moyens en
offrant la capacité d’aller frapper
directement les centres de gravité de
l’adversaire, concourant ainsi à la
réalisation d’un effet stratégique ou
opératif majeur.
D’autre part, l’OAP s’intègre
parfaitement dans le cadre actuel
d’emploi des forces. Adaptées aux cas
d’urgence, aux situations pour
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.8
lesquelles la discrétion est impérative
ou lorsque les conditions d’accessibilité du lieu d’intervention sont
difficiles voire impossibles par des
voies classiques, les OAP visent
principalement à :
•préparer le déploiement d’une force
plus importante,
•assurer la couverture ou le soutien
de la manœuvre générale,
•mener une action ponctuelle de
durée et d’ampleur variables, parmi
lesquelles une mission humanitaire
ou une évacuation de ressortissants.
E l l e s d e m e u re n t u n e c a p a c i t é
opérationnelle à affichage politique
certain à privilégier face à une
situation d’urgence imprévue.
Ce type d’opération peut intervenir
dans un cadre national - elle peut
alors constituer une opération à part
entière - ou multinational, en
particulier européen, ce qui explique
que le CNOAP soit interopérable avec
les concepts et doctrines alliés. Dans
ce cas, l’OAP s’inscrit généralement
dans une opération plus vaste. La
France veut pouvoir y exercer les
responsabilités de nation-cadre, quels
que soient la nature et le cadre de
l’engagement aéroporté.
1 L’OAP est un terme générique qui désigne un
ensemble de modes d’actions concourant à la
réussite d’une action aéroportée.
2 Concept national des opérations aéroportées,
contexte général p.4.
3 CIEAP, coprésidée par le général commandant la
doctrine et l’enseignement militaire supérieur de
l’Armée de terre et par le sous-chef " opérationslogistique " de l’état-major de l’Armée de l’air.
4 CNOAP p 4.
5 Dito.
6 Rappel : Liberté d’action, concentration des efforts
et économie des moyens (Dans le sens : bonne
utilisation des moyens).
Doctrine
The national concept for airborne operations
by lieutenant-colonel AURIAULT,
CREDAT/B3
owadays, the recent conflicts and engagements new typology (...) gives a specific
role to the in-depth maneuver as well as to outflanking actions. Western forces
may and must take advantage of these operations because their capabilities enable
them to benefit as much as possible of their technological superiority, especially in the aerial
domain. In that context, an airborne operation (OAP1) plays a major role within power
projection over a whole theater of operations, albeit from continental France.2 ”
“N
That sentence, a quotation of the “ National Concept for Airborne Operations ” (CNOAP)
reminds the requirement that existed in 1998 for the French Armed Forces to define a new
concept for airborne operations as a result of the evolution of the geostrategic environment
and of the engagement conditions. The joint commission for airborne studies (CIEAP3) that
reports directly to the Armed Forces Chief of staff had been tasked with drafting this
document,which has just been approved in April 2002. This concept for airborne operations
is a national document, but it is falling within a more global joint and multinational
framework.
The Airborne operation - “ A tool that enables the political or military decision-maker to
demonstrate immediately his will by taking actions that will have a very significant media or
psychological impact ”4 - constitutes an excellent demonstration of the principles of war
enforcement and is also aiming at “ achieving a major strategic or operative effect ” thus
perfectly in line with the current force employment framework. Being very specific because of
its environment and complex in its development, the OAP requires unity of command during
the entire duration of the action preparation and conduct.
An excellent demonstration of
the classical principles of war 5;
the OAP is perfectly coming
w i t h i n t h e c u r r e n t fo r c e
employment framework.
As a matter of fact, an airborne operation
provides the Commander with an
increased freedom of action. It enables
him to conduct actions all over the theater
and it improves the mobility of forces,
which thus get a strategic dimension. In
addition, by taking advantage of the
surprise factor, this type of operations
improves the deception capabilities of the
Forces and, if required, enable the Force
Commander (COMANFOR) to
concentrate quickly his efforts.The OAP
participates in the economy of the means
by providing the force with the capability
to strike directly the opponent’s centers of
gravity, thus participating in the
achievement of a strategic or operative
major effect.
Moreover, the OAP is in perfect keeping
with the current force employment
framework. Well adapted to emergency
situations for which discretion is
paramount or when practicability
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.9
conditions for reaching the intervention
area are difficult or even impossible by
classical ways, the ABN Operations are
mainly aiming at:
• preparing
the deployment of a more
important Force,
• providing the overall maneuver with
covering or supporting operations,
• conducting a selective action, the
duration and the extent of which being
variable, among them humanitarian
mission or NEO, ...
OAPs constitute operational capabilities
that have a true political dimension, they
must be favored when confronted to an
unforeseen emergency.
That type of operations may occur within
a national framework - it is then a full
operation - or within a multinational,
especially European, framework, which
explains that the CNOAP is interoperable
with the allied concepts and doctrines. In
that case, the OAP is generally part of a
wider operation within which, France
wants to assume the lead- nation’s
responsibilities whatever might be the
nature or the context of the airborne
commitment.
1 OAP (Abn Ops) is a generic terminology that designates a
set of courses of actions that concur to the success of an
airborne operation.
2 National concept for airborne operations, general framework,
page 4.
3 CIEAP, co-chaired by the general chief of Army Doctrine
and Higher Studies and by the Deputy " operationslogistics " of the Air Force HQ.
4 CNOAP p.4.
5 reminder: Freedom of action, concentration of the efforts
and economy of the means (i.e. sound use of the means)..
Doctrine
L’OAP se caractérise par la spécificité de
son environnement et la complexité de son
déroulement.
Une OAP obéit à des principes
spécifiques dont le respect est
impératif pour obtenir le succès. En
particulier, la menace doit être
connue avec précision, grâce à une
action de renseignement permanente,
et rester acceptable au regard de
l’enjeu, avec une prise de risques
calculée au plus juste. La surprise doit
être obtenue par la rapidité d’exécution et le secret dans la préparation
et le déclenchement de l’opération.
La planification de l’opération,
menée au niveau stratégique, et
l’engagement, au niveau stratégique
ou opératif, imposent une interopérabilité interarmées et multinationale
poussée. La conduite au niveau
tactique doit faire largement appel au
sens de l’initiative des échelons
élémentaires.
Dans l’exécution, deux procédés, le
plus souvent combinés, prédominent
d a n s l e c a d r e d ’ u n e OA P :
l’aérolargage7 et le poser d’assaut8.
Ils sont souvent complétés par un
aérotransport 9 ou une action
aéromobile10, bénéficient des appuis
et des soutiens adaptés et s’effectuent
e n s û r e t é , ave c u n e p a r f a i t e
coordination air-terre.
Une telle opération reste soumise à de
nombreuses contraintes d’ordre
opérationnel, environnemental et
météorologique. Précédée le plus
souvent par des actions en amont, elle
intègre en général des actions
conduites par des forces avancées, une
action principale et des actions
d’appui tactique et de soutien
logistique.
Elle ne doit être déclenchée qu’après
une analyse et une planification
exhaustives afin de garantir les
meilleures chances de succès. Dans ce
but, lorsque le principe d’une OAP a
été ar rêté, le commandant de
l’opération (COPER) rédige une
" directive initiale ". Elle précise
notamment les objectifs assignés, les
limites de l’engagement, l’organisation et la composition de la force
ainsi que la structure de commandement de l’OAP. Il appartient ensuite
au COMANFOR de la décliner en une
" instruction complémentaire ".
Une organisation du commandement
unique et valable pour toute la préparation
et la conduite de l’opération.
S’appuyant sur l’instruction 2000 de
l’EMA, l’organisation du commandement mérite une attention toute
particulière. Elle doit ainsi respecter
certaines modalités comme l’unicité
du commandement ou la nécessité de
veiller au maintien de la même structure de commandement pendant toute
la durée de l’opération. Le contrôle
opérationnel (OPCON) est conservé
par le COMANFOR tandis que les
commandants de composante conservent le commandement tactique
(TACOM) de leurs unités.
Ainsi, si l’OAP s’intègre dans une
opération de plus grande ampleur, le
COMANFOR commande au travers
des structures existantes soit en
mettant sur pied une cellule de
coordination11 de l’OAP, soit en
s’appuyant directement sur elles.
De même, si l’OAP est une opération
autonome, donc plutôt conduite dans
un cadre national, la chaîne de
commandement s’articule sur deux
niveaux : celui du CEMA et celui du
COMANFOR. Ce dernier conserve le
contrôle opérationnel et s’appuie sur
ses adjoints d’armée pour la planification et la conduite de l’opération.
Outre les capacités spécifiques
inhérentes à ce type d’opération, le
soutien logistique doit être pris en
compte dès le début de la phase de
planification afin de le rationaliser au
plus tôt par son " interarmisation ".
Celle-ci doit permettre de pallier en
partie tant les contraintes de capacité
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.10
d’emport des vecteurs aériens que
celles des appuis et de la force
logistique terrestre dans ce domaine
spécifique.
Les troupes aéroportées constituent
des unités de grande valeur capables
de donner au chef interarmées la
souplesse et l’ubiquité dont il a besoin
pour faire face à des situations de plus
en plus instables. Leur action doit
aujourd’hui s’inscrire dans un
environnement complexe et utiliser les
techniques les plus avancées pour
pouvoir agir efficacement sur des
théâtres où la mise en œuvre des
principes de la guerre nécessitera
d’excellentes facultés de réaction.
C’est pourquoi, dans le prolongement
du concept national des opérations
aéroportées, afin de définir les
organisations et les modes d’action
possibles d’une force aéroportée, le
c h e f d ’ é t at - m a j o r d e s a r m é e s
demande maintenant à l’Armée de
terre et à l’Armée de l’air, en liaison
avec tous les organismes qui ont
participé à l’élaboration du CNOAP,
de constituer un groupe de travail en
vue de rédiger la doctrine des
opérations aéroportées ◗
7 Aérolargage : Transport de troupes spécialisées ou
de matériels dont la mise à terre se fait par un
largage sur des zones généralement situées en
territoire hostile.
8 Poser d’assaut : Phase finale d'un aéroportage
(Dans le cadre de la manœuvre tactique, transport
par voie aérienne du personnel ou du matériel
dans un environnement hostile) d'assaut,
comportant des dispositions techniques propres
aux troupes aéroportées, destinées à accélérer les
opérations de débarquement et de déchargement.
9 Aérotransport : Transport par voie aérienne sans
caractère tactique.
10 Action aéromobile : soit sous forme d’appui
aéromobile indirect qui correspond à une action
autonome des moyens aéromobiles ; soit sous
forme d’appui aéromobile direct qui correspond à
une action conjuguée avec celle des forces au sol
(ALAT 100).
11 Abn.CC : Airborne Co-ordination Cell. Le chef de cette
cellule représente en permanence le COMANFOR. A ce
titre, il est l’autorité de coordination de l’OAP et, le cas
échéant, l’OPCON peut lui être délégué.
Doctrine
The OAP is characterized by the
specificity of its environment
and by the complexity of its
development.
An OAP follows specific principles which
must be respected imperatively to achieve
success. In particular, the threat must be
known accurately thanks to a permanent
intelligence process; and remain
acceptable when compared to what is at
stake, with a minimum risk taking.
Surprise must be achieved through speedy
execution and by keeping the preparation
and the launching of the operation secret.
The operation planning conducted at
strategic level, and the engagement at
strategic or operative level, imply a broad
joint and multinational interoperability.
The conduct of operations at tactical level
must extensively call for initiative taking
by subordinate echelons.
As far as execution is concerned, two types
of processes, most often combined one
with the other, are mainly used for OAPs:
air dropping6 and assault landing7. They
are often complemented by an airlift8 or an
airmobile action 9 and benefit from
adapted CS (combat support) and CSS
(combat service support).They are carried
out in safely and with a total air-ground
co-ordination.
Such an operation remains bound to
several operational, environmental and
meteorological constraints. Most often
preceded by prior actions, it generally
combines actions conducted by forward
forces, one main action and tactical
support or logistical support actions.
It can only be launched after a complete
analysis and planning in order to
guarantee the best chances for success.
With that goal in mind, when an OAP is
decided, the operation Commander
(COPER) issues an initial directive,
which states specifically the assigned
objectives, the limits of the engagement,
the OAP task organization and command
relationship. It is then the FC’s
responsibility to develop it into a
“ complementary directive ”.
One command and control
organization valid for the entire
duration of the operation’s
planning and conduct.
Based on the 2000 joint directive, the
command and control organization must
be very carefully designed. It must pay a
particular attention to specific characteristics such as unity of command or to
the requirement for keeping the same
command structure during the entire
operation. The Force Commander
(COMANFOR) is keeping operational
control (OPCON) while the Component
Commanders keep tactical command
(TACOM) of their units.
Airborne units constitute high value forces
providing the joint Commander with the
flexibility and ubiquity he needs to face
situations each time more and more
volatile. Today their actions must come
within a complex environment and use
the most advanced techniques in order to
be able to act efficiently on TOAs where
enforcing the principles of war will require
a high degree of reactivity.
That is the reason why, as a consequence
of the national concept for airborne
operations, and in order to define the
possible organizations and courses of
actions for an ABN TF, the Armed Forces
Chief of staff is now requesting the Army
and the Air Force, in liaison with all the
organizations that took part in the
development of the CNOAP, to set up a
working group intended to draft the
airborne operations doctrine ◗
So, if the OAP is part of a wider operation,
the FC (COMANFOR) should exercise
his command through existing structures
either by setting up an OAP coordination
cell10 or by using directly the existing
ones.
If the OAP is an autonomous operation,
rather conducted within a national
framework, the Chain of Command is
organized with two levels: the one of the
Armed Forces COS and the FC one. The
latter keeps the OPCON and relies on his
component deputies for planning and
conducting the operation.
In addition to the specific capabilities
inherent to that type of operation, the
logistical service support must be taken
into account at the very beginning of the
planning process in order to rationalize it
in a “ joint ” way as early as possible .This
helps to partly compensate for the
transportation loading limitations of the
air assets as well as for the ones of the
combat support assets and of the Land
Logistic Force in that very specific
domain.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.11
6 air dropping: transportation of specialized forces or
equipment, which landing is performed by dropping over
zones generally located in an hostile territory.
7 Assault landing: final phase of an assault air transportation
(within the framework of a tactical maneuver, transportation by air of personnel and equipment in an hostile
environment), including technical processes specific to the
airborne units, and intended to speed up the landing and
disembarking operations.
8 Airlift: Air transportation with no tactical characteristics.
9 Airmobile action: either as an indirect airmobile support that
corresponds to an autonomous action of the airmobile
means or as a direct airmobile support that corresponds to
an action which is combined with the ground forces one
(ALAT 100).
10 Abn.CC: airborne coordination cell. This cell’s chief
represents permanently COMANFOR. On his behalf, he is
the OAP coordinating authority and, if necessary, OPCON
could be delegated to him/
Doctrine
PETIT LEXIQUE DES OPÉRATIONS AÉROPORTÉES
LEXICON
DANS LA PROFONDEUR
AIRBORNE
AIRLANDING
AIRLIFT
AIRDROPPABLE
AIR ASSAULT
DEEP OPERATIONS
AIR EQUIPMENT SUPPORT BATTALION
ALLOWABLE LOAD
PACKAGING
FORWARD AIR CONTROLLER (FAC)
JUMPMASTER
HIGH ALTITUDE LOW OPENING PARACHUTIST
LONG RANGE OBSERVATION TEAM
LONG RANGE RECONNAISANCE PATROL
(LRRP)
FAIRE LA JONCTION AVEC
GROUPEMENT AÉROPORTÉ
LARGAGE
LARGAGE LOURD
LARGAGE PAR GRAVITÉ
LIVRAISON PAR AIR
MESSAGE D’ALLOCATION DE MOYENS AÉRIENS
OPÉRATION AÉRIENNE DE SOUTIEN LOGISTIQUE
OPÉRATIONS SPÉCIALES
ORIENTEUR MARQUEUR BALISEUR
PLATE-FORME DE LARGAGE
PLANEUR
PC VOLANT
PALETTE D’AÉRONEF
PARACHUTE EXTRACTEUR
POINT DE RÉCUPÉRATION
ROTATION
SUPÉRIORITÉ AÉRIENNE
TRANSPORT AÉRIEN TACTIQUE
VOILURE
ZONE DE DÉFENSE AÉRIENNE
ZONE DE SAUT
TO LINK UP WITH
AIRBORNE TASK FORCE
AIRDROP
PLATFORM DROP
GRAVITY EXTRACTION
AIR DELIVERY
AIR ALLOC
AIR LOGISTIC OPERATION
SPECIAL OPERATIONS
PATHFINDER
AIRDROP PLATFORM
GLIDER
AIRBORNE COMMAND POST
AIRCRAFT FLAT PALLET
EXTRACTION CHUTE
RECOVERING POINT
TURN-ROUND
AIR SUPREMACY
TACTICAL AIR TRANSPORT
CANOPY
AIR DEFENSE AREA
DROPPING ZONE (DZ)
AÉROPORTÉ
AÉROPORTAGE
AÉROTRANSPORT
AÉROLARGABLE
ASSAUT VERTICAL
ACTIONS DANS LA PROFONDEUR
BASE OPÉRATIONNELLE AÉROPORTÉE (BOMAP)
CHARGE OFFERTE
CONDITIONNEMENT
CONTRÔLEUR AIR AVANCE
CHEF LARGUEUR
CHUTEUR OPÉRATIONNEL
EQUIPE D’OBSERVATION DANS LA PROFONDEUR
EQUIPE DE RENSEIGNEMENT ET D’ACTION
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.12
Doctrine
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.13
Doctrine
L’Armée de l’air et les opérations aéroportées
par le général TISSERAND,
directeur du CESA (centre d’enseignement supérieur aérien)
" 5 000 ballons pouvant transporter
chacun deux hommes ne coûteraient
pas plus de cinq cargos. Aucun
souverain ne serait en mesure de
répartir les troupes de son pays de
telle sorte qu’il ne puisse empêcher
10 000 soldats ennemis tombant
subitement des nues, de causer de
graves dommages en de multiples
endroits du pays, avant même qu’on
puisse rassembler des forces pour les
en chasser. " Si les troupes
aéroportées furent utilisées pour
la première fois lors de la seconde
guerre mondiale, l’idée même de
" tomber du ciel " pour attaquer
l’ennemi est bien plus ancienne
puisque, dès 1784, Benjamin
Franklin imaginait la supériorité
de cette stratégie. Combinant
stratégie terrestre et stratégie
aérienne, les opérations
aéroportées se placent d’emblée
dans un cadre interarmées.
Toutefois, la gestion des conflits
récents a montré l’intérêt de
privilégier avant toute chose
l’action aérienne, action dans
laquelle s’intègre l’OAP. Par
conséquent, même si les objectifs
de l’OAP sont au sol, cette
dernière est une manœuvre avant
tout aérienne, partie d’une
manœuvre d’ensemble dans la
troisième dimension plus générale,
devenue particulièrement
complexe, qui ne peut obéir qu’à
une logique de milieu air dans un
cadre élargi à l’interallié.
Les objectifs de l’OAP sont
au sol…
C’
est grâce au
développement de
l’aéroplane que
l’idée vient de
" larguer " via la troisième
dimension des soldats en territoire
ennemi. Ces opérations sont donc
d’emblée interarmées. Au départ,
la conception d’emploi de troupes
aéroportées fut strictement limitée à
d e s o p é ra t i o n s tactiques qui
pouvaient être exécutées par des
petits groupes d’hommes1. C’est
seulement avec l’évolution de la
technique et des capacités d’emport
que ce concept sera amplifié. En
effet, lors du débarquement de
Normandie en juin 1944, les Alliés
firent un emploi massif et
audacieux des forces aéroportées :
à l’ouest, les 82e et 101e divisions
aéroportées américaines et, à l’est,
la 6 e division aéroportée britannique. Ces divisions avaient pour
mission essentielle de s’emparer
des passages sur l’Orne et sur le
canal de Caen et de bloquer la
région immédiatement. L’assaut
aéroporté, ajouté aux cinq divisions
qui arrivaient par mer, avait donc
pour objectif de favoriser la percée
du cordon des défenses côtières et
de créer une tête de pont, dotée de
la puissance nécessaire, pour
repousser toutes les contreattaque s immédiates, et assez
profonde pour que les troupes
puissent s’y déployer. La mission
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.14
avait été remplie avec succès malgré
le handicap du saut de nuit et de la
grande dispersion à l’arrivée au sol.
Ainsi, la définition de l’OAP, telle
qu’elle est transcrite dans le
Concept national des opérations
aéroportées, du 26 avril 2002 : " Une
opération aéroportée est une opération
aéroterrestre, spécifique et complexe,
comportant un changement de milieu.
Conduite en général dans un contexte
non sécurisé, elle implique la mise à
terre de forces et/ou de ravitaillement, principalement par des
aéronefs à voilure fixe ", aurait pu
être celle des premières opérations
aéroportées qui eurent lieu durant
la seconde guerre mondiale.
Les aérolargages de personnel lors
du débarquement en Normandie
sont l’archétype même de la
m i s s i o n t ra d i t i o n n e l l e d ’ u n e
opération aéroportée, à savoir la
préparation et le déploiement d’une
force plus importante.
1 Adopté, dès 1925, par l’Armée de l’air
russe, le parachute est utilisé dans
l’exécution de nombreuses missions. Les
armées françaises, de leur côté, tardent
bien plus à employer cet outil. En effet,
une difficulté persiste alors, en France,
pour définir précisément le rôle de l’Armée
de l’air et celui de l’Armée de terre à
l’égard de ce nouveau matériel. C’est
seulement au premier trimestre 1936 que
le ministre de la Guerre donne son accord
à la création d’une première compagnie de
parachutistes qui appartiennent à l’Armée
de terre mais qui sont, pour l’exécution de
leurs missions, dans un environnement
Armée de l’air.
Doctrine
The Air Force in airborne operations
by general TISSERAND,
CESA director (Higher Military Air Training Center)
" 5,000 balloons able to lift two
men each would not cost more than
five cargo ships. No monarch will
be able to deploy the troops of his
country in a way to prevent 10,000
enemy soldiers suddenly falling from
the sky from inflicting severe
damages in many places throughout
the country, before it will be
possible to gather forces to drive
them out. " If airborne troops
have been used for the first time
during the Second World War,
the very idea of " falling from the
sky " to attack an enemy is
rather much older since, as soon
as 1784, Benjamin Franklin
envisioned the superiority of
such a strategy. Combining
ground and air strategies,
airborne operations take place in
a joint framework from the
outset. However, the
management of recent conflicts
has pointed out the interest of
favoring Air operations into
which airborne operations fit.
Therefore, even if the objectives
of an airborne operation are on
the ground, this is first of all an
air maneuver, a part of an
overall maneuver in the more
general third dimension, that
turned out exceptionally
complex, and that can be
governed only by an air logic
within a framework enlarged to a
combined environment.
The objectives of an
airborne operation are on
the ground …
immediate counterattack, and
deep enough for troops to
deploy. The mission had been
successfully carried out
despite the handicap of a night
drop and of a wide scattering
when arriving on the ground.
I
The definition of an Airborne
Operation, as laid down in the
national concept for airborne
operations, dated April 26
2002: " An airborne operation
is an airland, specific, and
complex operation, that includes
a change of environment.
Usually carried out in a nonsecured context, it implies the
landing of forces and/or supplies,
mainly by using fixed wing
aircraft," could have been that
of the first airborne operations
which took place during World
War II.
t is because of the
development of the
airplane that the idea came
to “ drop ” soldiers from
the third dimension on the
enemy territory. Therefore those
operations are straightaway
joint ones. At the outset, the
employment concept of
airborne troops has been
strictly limited to tactical
operations that could be
carried out by small groups of
men1. It is only with the
development of techniques and
of airlift capacity that this
concept will get a wider scope.
As a matter of fact, during the
Normandy landings in June
1944, the Allies massively
and boldly used airborne
forces: West - the 82nd and 101st
US Airborne divisions; East the 6th British Airborne division.
The primary mission of these
divisions was to seize the
bridges over the Orne River and
over the canal of Caen and to
immediately lock the area. The
o b j e c t i ve o f t h e a i r b o r n e
assault, added to the five
divisions arriving from sea,
was to further a breakthrough
in the string of coastal defenses
and to create a bridgehead
strong enough to repel all
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.15
Airdropping of personnel
during the Normandy landings
are the very archetype of an
airborne operation’s traditional
mission, that is to say the
preparation and the deployment
of a more important force.
1 Adopted from 1925 by the Russian Air
Force, the parachute is used for carrying
out many missions. As for the French
Armed Forces they have been much longer
to use that tool. Actually, one difficult
point is remaining at that time, in France,
to accurately define the role of the Air
Force and that of the Army concerning this
new asset. It is only during the first term of
1936 that the War Minister gives an
agreement to the creation of a first
company of paratroopers who are Army
men but are placed in an Air Force
environment to carry out their missions.
Doctrine
Mais l’OAP peut servir aussi à la
couverture, à l’appui ou au soutien
d’une manœuvre générale. Ainsi,
dans l’opération Market Garden2, une
triple mission avait été confiée aux
troupes aéroportées : s’emparer des
ponts, établir une tête de pont
suffisante pour permettre aux unités
du XXXe corps de se déployer au
nord du Rhin inférieur, enfin, au
c o u rs d e s o p é ra t i o n s q u i s e
déroulent immédiatement à l’atterrissage du premier convoi, de faire
en sorte que tout soit mis en œuvre
pour assurer le passage des convois
suivants en détruisant les positions
allemandes au voisinage des zones
de largage et de débarquement.
Enfin, l’OAP peut être ponctuelle
avec une durée et avec une ampleur
variables dans le cadre d’opérations
spéciales, de missions humanitaires
ou de missions d’évacuation de
ressortissants... En 1997, l’opération Pélican a permis la mise en
place d’un dispositif de protection à
Brazzaville et l’évacuation de 5 800
ressortissants dont 1 830 Français.
Le tout s’est effectué en onze jours
et en 209 rotations.
Ces exemples montrent bien tout
l’intérêt que peut avoir la manœuvre
aéroterrestre pour la réussite de la
mission au sol. Comme l’affirme le
lieutenant-colonel Miksche, officier
de l’armée tchécoslovaque, dans son
ouvrage Paratroupes 3 , “ l’arme
aérienne a ajouté à la bataille une
troisième dimension. Elle ne se livre plus
sur un plan mais dans tout un espace.
Le talent des chefs militaires se mesure à
leur capacité de " penser " cet espace et
d’agir dans les trois dimensions ”. En
conséquence, parce qu’elle évolue
dans la troisième dimension jusqu’à
la mise à terre, l’opération aéroportée est avant tout une opération
aérienne.
… la manœuvre est avant tout
aérienne,
Le 16 janvier 1991, dans le Golfe, le
premier jour des hostilités, ce sont
des B-52 partis de Louisiane qui
lancèrent les missiles de croisière
ALCM. Cette capacité d’allonge et de
déplacement rapide, seule l’arme
aérienne la détient. De plus, grâce à
l’autonomie développée par l’utilisation du ravitaillement en vol, il est
dorénavant possible de parcourir de
longues distances et d’effectuer des
manœuvres interthéâtres, partant de
transporter rapidement les troupes
d’un point à un autre. Les théâtres
d’opération, du fait de leur éloignement de plus en plus grand (Afrique
centrale, Asie centrale), imposent
l’existence de moyens techniques
plus performants. L’Armée de l’air a
d’ores et déjà pris conscience de ces
impératifs avec l’arrivée prochaine
de l’A400M, nouveau gros porteur
qui répondra aux nouvelles exigences (Rayons d’action de l’A400M :
3 700 km avec une charge de 31,5
tonnes, 5 500 km avec une charge de
22 tonnes, 8 900 km à vide). Par
ailleurs, le milieu aérien est le seul à
être doté d’une continuité. Quelles
auraient été les difficultés s’il avait
fallu traverser l’Europe entière, contourner la mer Noire, puis la mer
Caspienne pour accéder à
l’Afghanistan par voie terrestre !
Au commencement de la guerre du
Golfe, le premier jour de l’attaque,
2 430 avions ont été massés au
pourtour du théâtre d’opération.
C’est la preuve même que l’arme
aérienne peut concentrer rapidement ses forces pour jouer de l’effet
de surprise et pour jouer de la
déception des forces de l’ennemi,
autrement dit : intervenir vite et loin.
Car “ le mouvement est inhérent à sa
nature "4. " La décision de la guerre
peut alors résulter seulement d’un
déséquilibre dans la puissance de
l’attaque, déséquilibre qu’il s’agira,
pour chacun des adversaires, de
produire le premier, à son avantage. ”5
Napoléon lui-même affirmait que
dans une bataille, l’avantage va à
celui des belligérants qui bouge le
plus vite et qui fixe le tempo à son
adversaire.
Cette capacité d’allonge peut en
outre être utilisée dans le cadre
d’une intervention en arrière et au
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.16
cœur de l’ennemi. Très tôt, les chefs
ont pris conscience de la souplesse
apportée par ces deux tactiques :
l’aéroportage et l’aérolargage. Dans
la revue Forces aériennes françaises de
mars 1949, le colonel Ailleret
s’exprime ainsi : " Que ce soit celle de
ces commandos légers de quelques
dizaines d’hommes, lancés au petit jour
sur les arrières de l’ennemi avec une
mission précise de destruction ou une
mission générale de harcèlement et qui,
leur travail terminé, s’efforcent de
regagner leurs lignes ; que ce soit enfin
celle des agents des services spéciaux
envoyés en territoire ennemi ou occupé
par l’ennemi, qui sautent en pleine nuit
sur des terrains inconnus où clignotent
quelques lampes de poche discrètes
maniées par un comité de réception
clandestin lorsque ce n’est par la police
et ou la gendarmerie ennemie. "6
Aujourd’hui, les moyens modernes
de leurrage, l’utilisation de l’imagerie, les brouillards radar permettent d’accomplir ces différentes
missions avec un niveau de sécurité
et avec une précision7 bien plus
grands. En outre, l’Armée de l’air a
aujourd’hui développé une compétence reconnue sur la scène internationale dans la récupération de ses
hommes en territoire ennemi pour
éviter qu’ils ne tombent aux mains
" de la police ou de la gendarmerie
ennemie " (mission RESCO sous
l’égide de l’Armée de l’air depuis
1994).
2 L’opération Market-Garden consista à s’emparer des
ponts menant au Rhin avec des troupes aéroportées.
Les alliés échouèrent à Arnhem, le 17 septembre
1944, où des divisions SS sous le commandement de
Model étaient au repos. Les paras n’avaient que des
armes légères à opposer aux blindés. Les renforts qui
devaient les atteindre furent retardés et ce fut le
massacre. Moins du quart des effectifs en réchappa.
3 Lieutenant-colonel F.O. Miksche, Paratroupes :
l’histoire, l’organisation et l’emploi tactique des
forces aéroportées, Payot, 1946, p. 148. Édition
française établie par le lieutenant-colonel Combaux
avec une préface du capitaine Liddell Hart.
4 Lieutenant-colonel F.O. Miksche, op.cit. p. 148.
5 Général Douhet, La Guerre de l’air, Le journal " Les
Ailes ", Paris, 1932, p. 103.
6 Colonel Ailleret, “Aéroportés”, Forces aériennes
françaises, mars 1949, p.789.
7 " C’est la précision sans précédent de la campagne
aérienne plutôt que le volume d’explosifs largués qui
explique ses résultats spectaculaires [issue des
guerres du Golfe et du Kosovo]. ", E.N. Luttwak, Le
grand livre de la stratégie, Odile Jacob, septembre
2002.
Doctrine
However an airborne operation can
also be used to cover, to support or to
sustain an overall maneuver. Thus, in
the Market Garden2 operation, the
airborne troops were tasked with a
threefold mission: to seize the bridges,
to establish a bridgehead large
enough for the XXX Corps' units to
deploy North of the lower Rhine, and,
finally, during the operations carried
out immediately as the first convoy
was landing, to do everything possible
in order to ensure the crossing of the
following convoys by destroying the
German positions in the vicinity of the
air or sea landing areas.
Finally an airborne operation could be
a selective one with variable duration
and extent within the framework of
special operations, of humanitarian
or NEO s’ missions… In 1997, the
Pélican operation allows the
positioning of a protective disposition
in Brazzaville and the evacuation of
5,800 various nationals among which
1,830 French. The whole operation
has been achieved within eleven days
and 209 turn-rounds.
Those examples demonstrate the
great interest of the air-land
maneuver for the success of the
mission on the ground. As it is put by
lieutenant-colonel Miksche, an officer
of the Czechoslovak Army, in his book
entitled " Paratroopers "3, « air forces
have added a third dimension to
the battle. The latter is no more
played in a single dimension but
within the whole space. The talent of
military Commanders is now
measured against their ability to
" think " that space and to act in all
three dimensions ». As a result,
because it is operating through the
third dimension until landing, an
airborne operation is first of all an air
operation.
… it is predominantly an
air maneuver
On January 16 1991, in the Gulf, on
the first day of hostilities, the B-52s
that took off from Louisiana did
deliver the ALCM cruise missiles. This
range and swiftness capability is
detained by air forces only. Moreover,
thanks to an operating range
increased by the use of in-flight
refueling, it is now possible to cover
long distances and to carry out intertheater maneuvers, and therefore to
rapidly transport troops from one
place to another. TOAs, located more
and more far away (Central Africa,
Central Asia), require more and more
performing technical assets. The Air
Force already has become aware of
those imperatives with the future
fielding of the A400M, a new jumbo
aircraft that will meet these new
requirements (A400M operating
ranges: 3,700 km with a 31,5 tons
payload; 5,500 km with a 22 tons
load; 8,900 km empty). On an other
hand, the air environment is the only
continuous one. What should have
been the difficulties if we had to cross
the entire Europe, to get round the
Black Sea, and then round the
Caspian Sea to reach Afghanistan by
land!
At the beginning of the Gulf War, on
the first day of the attack, 2,430
aircraft were gathered in the areas
surrounding the TOA. That is the very
proof that air forces are able to
quickly concentrate in order to
surprise and to deceive enemy forces,
in other words: to operate rapidly and
far away. Because " movement is
inherent to their nature."4 " the
outcome of the war may result only
from an imbalance in the strength of
the attack; each opponent will try to
trigger it first, for its advantage. "5
Napoleon himself declared that,
during a battle, the advantage goes to
the warring party that moves quicker
and that sets the tempo onto his
opponent.
What is more, this operating range
capability can also be used in the
framework of an intervention in the
rear and at the heart of the enemy
disposition. Quite soon Commanders
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.17
have understood the flexibility
introduced by those two tactical
operating modes: air transport and
airdrop. In the March 1949 issue of
the Forces aériennes françaises
magazine, colonel Ailleret made this
statement: " That flexibility exists
whether when operating with light
commandos about some dozens of
men, dropped at sunrise on the
e n e my r e a r s w i t h a p r e c i s e
destruction mission or a general
mission of harassment, and trying
to get back to friendly positions
once the job is done; or when
Special Operation Forces’ agents
sent on enemy or enemy-occupied
territory, jump in the middle of the
night on unknown places where
some discreet flashlights are
handled by some underground
reception committee when not by the
enemy police or gendarmerie. " 6
Today, the modern deception means,
the use of imaging, the radarjamming make possible to carry out
those various missions with a much
higher security and accuracy level7.
In addition the Air Force has now
developed a worldwide recognized
ability to rescue its men on enemy
territory in order to prevent them
from being captured " by the enemy
police or gendarmerie " (CSAR
mission, under the aegis of the Air
Force since 1994).
2 The Market Garden operation consisted in seizing
bridges on the way to the Rhine River with airborne
troops. The Allies failed in Arnhem, on September 14
1944, where the SS divisions under command of
Model were on rest. The paratroopers only had light
weapons to oppose tanks. The reinforcements
that were planned to reach them have been delayed
and it was a massacre. One out of four only went
through it alive.
3 Lieutenant-colonel F.O. Miksche, Paratroopers:
history, organization, and tactical employment of
airborne forces, Payot, 1946, p. 148. French edition
set by lieutenant-colonel Combaux, preface by
captain Lidell Hart.
4 Lieutenant-colonel F.O. Miksche, op. cit. p. 148.
5 General Douhet, La Guerre de l'air, (Air Warfare),
" Les Ailes " newspaper, Paris, 1932, p. 103.
6 Colonel Ailleret, " Aéroportés ", Forces Aériennes
françaises, March 1949, p.789.
7 " It is the unprecedented accuracy of the air campaign
rather than the quantity of dropped explosives that
explains its spectacular results [outcome of the wars
in the Gulf and in Kosovo] ", E.N. Luttwak, Le grand
livre de la stratégie, Odile Jacob, September 2002.
Doctrine
Les conflits récents ont prouvé
qu’une OAP se menait dans ce
contexte plus large où la supériorité
aérienne est nécessaire et primordiale ; de manière générale, le
combat aérien précède les missions
aéroportées et n’est plus simultané
comme lors du débarquement de
juin 1944. Il est donc toujours
indispensable, pour assurer la sécurité des troupes terrestres, d’acquérir
la maîtrise de l’environnement,
notamment par la destruction des
moyens de défense adverses air-air
et sol-air. Pour ce faire, l’Armée de
l’air participe pleinement à la chaîne
de renseignement grâce aux moyens
qu’elle met en œuvre. Ses avions de
reconnaissance remplissent toujours
des missions d’observation qui
permettent de placer avec précision
les troupes aux endroits stratégiquement définis. Ces missions
étaient celles qu’assumaient les
aéroplanes lors de la première
guerre mondiale avec un succès très
inégal. Dorénavant, l’utilisation
simultanée de l’avion, de l’UAV et du
satellite permet de préserver
l’homme et de l’aéroporter en lui
donnant toutes les chances de
remplir sa mission au sol. Comme le
souligne le colonel Ailleret, " l’opération aéroportée se compose de deux
phases distinctes et même successives,
mais implique impérieusement une unité
totale de conception "8. Par conséquent, les décisions pour la conduite
du combat terrestre dépendent en
grande partie des données relatives
à la bataille aérienne grâce,
notamment, à l’exploitation du
renseignement air, qui permet à tout
moment de retarder voire d’annuler
sans délai une mission jugée alors
trop dangereuse et qui donne à
l’ensemble une grande souplesse
d’emploi.
l’AWACS9 qui peut annoncer les
menaces et les Combat Air Patrol
(CAP) qui assurent la suprématie
aérienne dans un secteur, des
patrouilles Close air support (CAS)
peuvent assurer l’appui feu et des
patrouilles SWEEP10 la protection
rapprochée des avions tactiques.
Ces différentes manœuvres réclament
un entraînement particulier. Aussi,
désormais, les escadrons de transport tactique manœuvrent-ils avec
les escadrons de chasse pour
parfaire leurs techniques de parade
face aux menaces et pour s’intégrer
dans la bataille aérienne. C’est donc
avec un maximum d’acteurs (unités
aéroportées, AWACS, avions de
combat…) qu’est assurée la
formation tactique des leaders de
dispositifs qui dirigent les missions
aéroportées. Ces exercices correspondent à l’un des objectifs du
programme du système de commandement et de conduite des opérations aériennes (SCCOA) : permettre
un emploi optimal, en temps de
paix, de crise et de guerre, des forces
aériennes défensives, offensives et
de soutien (détection aéroportée,
transport, ravitaillement en vol,
guerre électronique, SAR…). Aussi la
démarche incrémentielle du SCCOA
se poursuit-elle avec le niveau de
capacité " aérotransportable " qui
permet de disposer d’un système de
théâtre et de gérer les PC base et les
escadrons mobiles, le centre de
commandement des opérations
aériennes de théâtre (CCOAT). Lors
de l’exercice ODAX 2001, cet
élément mobile du SCCOA a permis
de planifier, de programmer, de
gérer et de contrôler jusqu’à 600
sorties par jour d’appareils
appartenant à une vingtaine de
forces aériennes différentes.
Cela permet de mener une opération
aéroportée avec un niveau de
dangerosité acceptable. Cette
maîtrise de l’espace aéroterrestre ne
peut être effectuée que par l’arme
aérienne car elle seule, de par sa
nature, a la compétence à la fois
t e c h n i q u e e t h u m a i n e. O u t re
… très complexe, elle obéit à une
logique de milieu air dans un
cadre élargi interallié.
L’OAP n’est qu’un mode d’action
possible dans cet ensemble devenu
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.18
très complexe qu’est le théâtre
d’opération. Ce théâtre se développe
dans les trois dimensions, voire dans
l e s q u a t re. S o n vo l u m e p e u t
englober un continent, plusieurs
pays ; les moyens en matériel et en
personnel qui l’occupent sont
considérables ; les mutualiser est
devenu une nécessité. Les opérations sont donc aujourd’hui
interalliées.
Dans cette sphère, aucune opération
de mise à terre d’envergure à partir
d’aéronefs n’est possible sans la
maîtrise du ciel et de l’espace, d’où
l’extrême importance d’un entraînement régulier dans le cadre des
opérations aériennes générales
nécessairement menées en interalliés. C’est la raison de ces
exercices multilatéraux (Red Flag au
Nevada, Cope Thunder en Alaska,
Maple Flag au Canada…).
Dans ce cadre, la logique de milieu
air entre alliés prédomine et c’est
précisément ce qu’ont démontré
toutes les opérations récentes. Lors
de l’opération Courlis en mars 1993,
la France, grâce au C-160 Transall,
fut le premier pays à s’allier à la
mission américaine Provide Promise.
Cette formation interalliée composée
de 8 aéronefs (C-130 Hercules et C160 Transall) permit de réaliser des
missions d’aérolargage de fret
humanitaire au profit des populations de Bosnie, à la demande de
l’ONU. De la même façon, dans le
cadre de l’opération Héraclès en
Afghanistan, les aéroportages se
sont déroulés du 2 au 26 février
2002 sous l’impulsion du Centre
d’opérations interarmées (COIA)
pour transporter tout le matériel
nécessaire au déploiement français
à Ganci Air Base au Kirghizistan,
base internationale de la coalition.
8 Op. Cit. p. 802.
9 Airborne Warning And Control System.
10 Mission antiaérienne offensive en territoire ennemi
destinée à détruire ou à détourner les défenses airair ou sol-air de l’adversaire avant le passage de
vols strike (destruction de grosses infrastructures)
ou de reconnaissance, ou bien avant une offensive
terrestre dans la zone.
Doctrine
Recent conflicts proved that an
airborne operation is to be carried out
in a wider context where air superiority is necessary and essential; in a
general way, air operations come
before airborne operations and are no
more simultaneous as they were
during the June 1944 landings. In
order to ensure the security of ground
forces it is still essential to acquire
the environment mastering, notably
through the destruction of the air to
air or ground to air enemy air defense
assets. To do so, the Air Force fully
participates in the intelligence
gathering with its own assets. Its
reconnaissance aircraft still carry out
observation missions that make
possible to deploy troops into strategic
positions with accuracy. During WW
I these missions were performed as
well by airplanes with very different
and uncertain results. By now, the
simultaneous use of aircraft, UAVs,
and satellites allows to save human
resources and to airborne soldiers
with all chances of success to achieve
their mission on the ground. As
stressed by colonel Ailleret "an
airborne operation is composed of
two distinct and even successive
phases, but it imperiously implies a
complete unity of concept"8. As a
result, the decisions made to conduct
the ground battle largely depend on
data related to the air battle and
particularly on air information
processing, which permits to immediately delay or even cancel a mission
when assessed as too dangerous
and that gives the whole process a
great employment flexibility.
It gives the possibility to carry out an
airborne operation with an acceptable
risk level. This air-ground space
mastering can only be performed by
air forces because they are the only
ones, by nature, to get the required
human and technical expertise. In
addition to the AWACS9 that is able
to give early warning about threats
and the Combat Air Patrols (CAP)
that achieve air supremacy in a sector,
Close Air Support (CAS) patrols can
ensure fire support missions and
S W E E P 10 p a t r o l s t h e c l o s e
protection of tactical aircraft. Those
various operating modes require
s p e c i f i c t r a i n i n g s. N o w a d a ys,
tactical transport squadrons use to
train with the fighter squadrons to
perfect their parry techniques
answering the threats and to become
integrated into the air battle. So, the
tactical training of formation leaders
in charge with airborne operations is
carried out with a maximum number
of players (airborne units, AWACS,
combat aircraft,…). Those exercises
match one of the objectives included
in the program of the Air
Operations Command and Control
System: i.e. to allow an optimal
employment, in peace, crisis, and war
of defensive, offensive, and combat
support Air forces (airborne
detection, transport, air refueling,
electronic warfare, SAR…). The
incremental process of the SCCOA is
conducted with the " air transportable capability " that provides a
T h e a t e r S ys t e m , t h e T h e a t e r
Combined Air Operation Center
(CCOAT)11, able to manage airbase
CPs and mobile squadrons12. During
the ODAX 2001 exercise, this mobile
element of the SCCOA has been able
to plan, schedule, manage and
control up to 600 sorties per day for
aircraft coming from about twenty
different Air forces.
… very complex, it obeys an
air environment logic within
an enlarged combined
framework.
An airborne operation is only but one
possible COA (course of action) in
that almost more complex ensemble
that is now a TOA. This theater is
extending over the three dimensions,
if not four. Its volume could
encompass one continent, several
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.19
countries; the materiel and personnel
deployed there are very significant; so
sharing them has become a necessity.
Therefore today's operations are
combined.
In that domain, no large-scale air
landing operation is possible without
air and space supremacy, that is why
it is so important to regularly train
within the framework of general air
operations that have to be jointly
exercised. That is the reason for
multilateral exercises (Red Flag in
Nevada, Cope Thunder in Alaska,
Maple Flag in Canada…).
Within this framework, the air
environment logic is prevailing among
the Allies, that is precisely what all
recent operations have proved. During
the Courlis operation in March 1993,
Fr a n c e, t h a n k s t o t h e C - 1 6 0
Transall, has been the first country to
take part to the Provide Promise
American mission. This combined
formation composed of eight aircraft
( C - 1 30 H e r c u l e s a n d C - 1 6 0
Transall) allowed to carry out, on
UN request, airdrop missions of
humanitarian loads to help populations in Bosnia. In the same way,
within the framework of the
" Héraclès " operation in Afghanistan,
air drops have been organized from
the 2nd to the 26th of February 2002
at the instigation of the Joint Operations
Center to lift all the equipments
necessary to the French deployment in
Ganci Air Base, Kirghizstan, the
coalition international base.
8 Op. Cit. p.802.
9 Airborne Warning And Control System.
10 Offensive counter air mission over enemy territory,
aiming to destroy or to divert the opponent's airto-air or ground to air defense assets before the
strike (destruction of large infrastructures) or
reconnaissance flights, or before a land offensive
action in the area.
11 Translator’s note: In a NATO environment France
wuld deploy one CCOAT only if entrusted with the
responsibility of an air sector. Il would then be
equivalent to the NATO Combined Air Operation
Center (CAOC). Ref. TTA 106 approved June
2002.
Doctrine
Mais déjà, le 6 janvier, dans la
matinée, le premier avion d’aide
humanitaire, un Hercules C-130,
s’était posé sur la piste de l’aéroport
de Mazar-e-Charif avec à son bord
13 tonnes de fret. Le même jour
dans la soirée, 119 soldats français
avaient quitté par avion la base
aérienne d’Istres dans les Bouchesdu-Rhône et avaient rejoint Kaboul
dès le lendemain afin d’intégrer la
Force internationale d’assistance
pour la sécurité (FIAS) en
Afghanistan. C’est à bord d’un avion
de la Force aérienne de projection
(FAP) de l’Armée de l’air que le
contingent français a gagné tout
d’abord Douchanbé au Tadjikistan.
La liaison Douchanbé-Bagram a
également été assurée par les avions
de la FAP (C-160 Transall et C-130
Hercules). Ainsi, en mars 2002, la
force aérienne de projection avait
déjà effectué plus de 350 mouvements d’avion de transport vers, au
départ et au-dessus du théâtre
afghan (Manas, Douchanbé, Mazare-Charif, Kaboul, Bagram) au profit,
entre autres, de la force internationale d’assistance et de sécurité
(FIAS). Ces différentes missions
étaient placées sous le commandement de structures interalliées,
le CAOC (Combined Air Operations
Center) situé à Al-Kharj en Arabie
saoudite.
L’Europe de la défense se fixe pour
objectif de mettre sur pied un
véritable corps de projection autonome, constitué initialement d’une
force de réaction immédiate (FRI).
Ce corps doit comprendre 1 500
hommes et 2 000 tonnes de matériel
pouvant être déployés à plus de
5 500 km du territoire dans un délai
de 72 heures. Cette FRI peut être,
par la suite, renforcée par une force
de réaction rapide (FRR) qui
porterait le déploiement sur le
théâtre à 5 000 hommes et 8 000
tonnes de matériel en dix jours. Ce
déploiement de force serait assuré
par une projection interthéâtres
constituée entre autres de gros
porteurs de l’Armée de l’air ou de
ceux affrétés auprès de compagnies
étrangères, qui seront naturellement
intégrés dans la bataille aérienne.
Dans un cadre élargi à d’autres
forces alliées, la manœuvre serait
encore plus spécifiquement aérienne.
Conclusion
Comme l’exprime le Lieutenantcolonel Miksche, " c’est dans la
première phase de combat que l’action
aérienne, et particulièrement celle du
soutien à distance, prend le plus
d’importance. Avant que les forces
aéroportées puissent prendre pied,
occuper le terrain et s’y mouvoir, il faut
absolument qu’au-dessus de la zone
d’opération l’espace aérien ait été
conquis. La suprématie aérienne est la
clef de la bataille moderne. "11 Cela
montre bien que toute l’opération
aérienne, dans le cadre d’une
opération aéroportée, tend vers un
même but : retarder, aussi longtemps que possible, le moment où
les forces aéroportées seront prises
à partie, dans l’air et sur terre, par
les forces du défenseur, et permettre
ainsi aux " paratroupes " d’atterrir et
de se déployer avec un minimum de
risques. Cet impératif de sécurité fait
que, depuis 1978, pas une seule
grande opération de parachutage
n’eut lieu. Le pouvoir politique, à
l’écoute de l’opinion publique,
n’accepte plus une mise en danger
déraisonnable et massive de ses
forces vives (comme ce fut le cas
lors du débarquement de
Normandie : 450 000 hommes dont
200 000 tués)12. A noter que pour
la seule journée du 6 juin 1944,
3 881 soldats alliés ont été tués,
blessés ou ont disparu. Les missions
de parachutage se limitent donc à
des opérations spéciales ponctuelles, très définies et souvent
nocturnes. Mais l’opération aéroportée ne se limite pas à l’aéro-
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.20
largage de troupes, elle demeure un
mode d’action possible, si et
seulement si on a la maîtrise du ciel,
pour mettre à terre, en un point
précis, dans des délais brefs, des
hommes et des matériels. En
conséquence, l’opération aéroportée
se compose de deux phases
distinctes et même successives, et
exige de ce fait une unité totale de
conception avec le demandeur. Le
tout s’effectue dorénavant, et le plus
souvent, dans un cadre interallié où
prévaut la logique de milieu, comme
l’affirmait déjà le général Bouscat :
" Le commandement des armées de
surface sent, de plus en plus, qu’il ne
peut engager ses forces sans la garantie
de la supériorité aérienne préalable. Et
la doctrine des opérations combinées,
avec prééminence de l’aviation, est née
de cet impératif "13◗
11 Op. cit. p.154.
12 NDLR : Il s’agit du coût humain de la bataille de
Normandie pour les forces allemandes et non pour
les Alliés.
13 R. Bouscat, L’Aviation et la guerre de demain,
manuscrit SHAA Z 11617, 1948.
Doctrine
However, on January 6 in the
morning, the first one humanitarian
aid aircraft, one C-130 Hercules
landed on the Mazar-e-Charif airport
strip, with onboard 13 tons of freight.
On the same day, by night, 119
French soldiers had taken off from the
Istres air base (Southern France) and
landed in Kabul on the following day
in order to join the International
Assistance and Security Force in
Afghanistan. On board an aircraft of
the French Air Projection Force (Fr.
abbr.: FAP), the French contingent
first reach Duchambe, Tajikistan. The
liaison Duchambe-Bagram too was
carried out by FAP aircraft (C-160
Transall and C-130 Hercules). So, in
March 2002, the Air Projection Force
had already performed more than
350 transport aircraft movements to,
from, and over the Afghan theater
(Manas, Duchambe, Mazar-e-Charif,
Kabul, Bagram) for, among others,
the International Assistance and
Security Force. These various
missions were placed under command
of combined structures, the CAOC
(Combined Air Operation Center)
located in Al-Kharj, Saudi Arabia.
Europe common defense has set as an
objective to establish a really selfsufficient and independent projection
Corps, initially made of an Immediate
Reaction Force (IRF). That Corps
should comprise 1,500 men and
2,000 tons of equipments that could
be deployed more than 5,500 km
away from the territory within a 72
hours time frame. That IRF could
be reinforced, later on, by a Rapid
Reaction Force (RRF), that would, in
ten days increase the theater
deployment strength to 5,000 men
and 8,000 tons of equipments. This
force deployment would be achieved
through an inter-theater projection
constituted, among others, of Air
Force jumbo aircraft or of charters
from foreign companies that, would be
naturally integrated into the air battle.
Within a framework open to other
allied forces, the maneuver would be
even more specifically an Air one.
Conclusion
As stated by lieutenant-colonel
Miksche, " It is during the first phase
of the battle that the Air action, and
especially long range support
operations, are becoming essential.
Before airborne troops can land,
occupy the terrain, and move in, it
is absolutely necessary to conquer
the airspace over the area of
operations. Air supremacy is the key
to a modern battle. "13 This shows
well that the whole air operation,
within the framework of an airborne
operation, is aiming at the same
goals: to delay, as long as possible,
the moment when airborne troops will
be engaged by enemy forces, in the air
and on the ground, and so to enable
the " Airborne Troops ” to land and to
deploy with minimum risks. This
security imperative makes that, since
1978, no major dropping operation
has occurred. The political power,
sensitive to public opinion, does not
accept any more an unreasonable
and massive endangering of the
country lifeblood (as it had been the
case during the Normandy landings:
450,000 men among which 200,000
killed14). It is worth noting that
during the only day of June 6 1944,
3,881 allied soldiers were killed,
wounded or missing. Dropping
missions are thus limited to selective
and precise special operations, often
by night. However an airborne
operation is not limited to dropping
troops, it remains a possible course of
action, when and only when air
supremacy is gained, to land men and
equipments in a precise location,
within a very short time frame. As a
result, an airborne operation is made
of two distinct and even successive
phases, and therefore requires a
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.21
complete unity of concept with the
requesting party. Today, all of this is
most often performed within a
combined framework where the air
environment logic is prevailing, as
already stated by general Bouscat:
" The command of surface armed
forces is increasingly feeling that it
cannot commit its forces without a
guarantee of a prior air superiority.
And the combined operations’
doctrine, with a preeminence of air
forces, arose from this imperative " 15 ◗
13 Op. cit. p.154.
14 Editor's note: That is the human cost of the
Normandy Battle to the German forces and not to
the Allies.
15 R. Bouscat, L'aviation et la guerre de demain, (The
air forces and the war in the future) manuscript
SHAA Z 11617, 1948.
Doctrine
Les opérations aéroportées
par le lieutenant-colonel JUSTINE,
chef d’état-major de la 11e brigade parachutiste par suppléance
- une opération de durée et d’ampleur variable : coup de
main, mission humanitaire, évacuation de ressortissants,
opérations spéciales, etc…
GENERALITES (cf CNOAP1)
Définition
Une opération aéroportée (OAP2) est une opération terrestre
spécifique et complexe, comportant un changement de milieu.
Elle implique la mise à terre sur une plate-forme non sécurisée,
de forces et de leur soutien spécifique, principalement à partir
d’aéronefs à voilure fixe.
Contexte général
Conformément au Concept d’emploi des forces, l’engagement
des forces conventionnelles est destiné à prévenir, contenir et
contrôler étroitement l’escalade de la violence et, si
nécessaire, imposer par la force, la volonté des autorités
politiques nationales ou celle de la communauté internationale,
en vue d’amener l’adversaire à renoncer à ses objectifs.
Elle demeure une capacité opérationnelle à affichage
politique fort qui en fait un outil privilégié face à une
situation d’urgence imprévue.
Cadre d’emploi
Deux hypothèses sont envisageables :
H1 : dans un cadre multinational, participation en tant que
nation contributrice ou nation cadre à une opération
aéroportée inter alliée.
H2 : dans un cadre national, face à un adversaire disposant
de capacités militaires plus limitées, réalisation d’une
OAP de façon autonome, éventuellement dans
l’urgence.
Aujourd’hui, la nouvelle typologie des conflits et le retour
d’expérience des engagements récents rendent de plus en plus
improbable la notion de confrontation linéaire ou frontale ;
cette perspective donne ainsi une place particulière à la
manœuvre dans la profondeur et aux actions de débordement.
Compte tenu de ses capacités et notamment de sa volonté
d’inscrire résolument son action dans un contexte
européen, la France veut pouvoir exercer les responsabilités de nation cadre, quels que soit la nature et le
cadre de l’engagement aéroporté.
Dans ce cadre, une opération aéroportée tient une place
majeure dans le cadre de la projection de puissance sur
l’ensemble d’un théâtre d’opération, le cas échéant, à partir de
la métropole. Elle permet, en outre au décideur politique ou
militaire de marquer, sans délais, sa volonté par une action à la
portée médiatique et psychologique particulièrement
significative. Enfin, elle concourt surtout à la réalisation d’un
effet stratégique ou opératif majeur.
Les contraintes
La menace tant aérienne que terrestre doit rester à un
niveau acceptable au regard de l’enjeu ; en conséquence la
supériorité aérienne locale doit être acquise impérativement pendant les phases aériennes de l’OAP. En ce qui
concerne la menace terrestre il sera décisif de privilégier
l’effet de surprise, de sécuriser, au minimum, la zone de
mise à terre et d’utiliser l’appui aérien rapproché pour
compenser la vulnérabilité initiale du dispositif.
L’OAP vise trois objectifs majeurs :
Dans le cas particulier d’un aérolargage il faut souligner le
caractère difficilement réversible de l’opération, une fois
que la mise à terre est engagée.
- la préparation du déploiement d’une force plus
importante : saisie et protection d’une tête de pont,
d’une zone aéroportuaire, etc…
Enfin, le choix chronologique du déclenchement de
l’opération devra toujours intégrer le facteur météorologique qui conditionnera le succès de l’OAP.
- la couverture, l’appui ou le soutien de la manœuvre
générale : conquête d’un point de passage essentiel,
mise en place d’une force de couverture, etc…
1 Concept National des opérations aéroportées.
2 L'OAP est un terme générique qui désigne un ensemble de modes d’actions
concourant à la réussite d’une action aéroportée.
Finalités
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.22
Doctrine
Airborne operations
by lieutenant-colonel JUSTINE,
temporary chief of staff, 11th Abn Brigade
- An operation with unsettled duration and scope: raid,
humanitarian mission, NEOs, Special Operations,...
GENERAL REMARKS (ref CNOAP1)
Définition
An airborne operation (OAP2) is a complex and specific land
operation which includes a changing of environment. It
entails the landing of forces with their specific support on a
non-secured platform, mainly by means of fixed wings
aircraft.
General framework
In accordance with the Forces Employment Concept, the
commitment of conventional forces is intended to prevent,
contain and keep strictly under control the violence
escalation and, if required, to coercively impose the will of
the national political authorities or the one of the
international community in order to lead the opponent to
give up its goals.
Nowadays, the current conflict typology and the experience
feedback drawn from the recent commitments make the
notion of linear or frontal confrontation more and more
unlikely; this perspective is thus providing a specific place to
deep maneuver and outflanking actions.
Within this framework, an airborne operation holds a key
position in power projection over all a theater of operations,
and if need be, from home territory. In addition, it enables
the political or military decision-makers to immediately
mark their will through a very significant action as far as
media and psychological effects are concerned. And last, it
participates to the realization of a major strategic or
operative effect.
Objectives
The airborne operations aim at three major objectives:
It remains an operational capability with a strong political
impact that makes it one of the best tools when confronted to an
emergency and unforeseen situation.
Employment framework
Two assumptions can be envisioned:
1- within a multinational framework as contributing nation or
as framework nation for a combined airborne operation.
2- within a national framework, confronted to an enemy with
more limited military capabilities: carrying out an airborne
operation autonomously, possibly in emergency.
Taking into account its capabilities, and especially its will to act
resolutely within an European context, France wants to be able
to carry out the lead nation responsibilities, whatever might be
the nature and the framework of the airborne commitment.
Constraints
The air and ground threats must remain at an acceptable level
with respect to the stakes; as a consequence it is mandatory that
local air superiority must be acquired during the air phases of
the airborne operation. As far as the ground threat is concerned,
it will be essential to favor the surprise factor, to secure, at least,
the dropping zone and to use Close Air Support in order to
compensate for the deployment’s initial vulnerability.
Concerning the specific case of an air dropping, we must stress
the almost irreversible nature of the operation once the dropping
has started.
And last, choosing the right time to start the operation will
always have to take into account the weather factor that will be
a decisive condition for the success of the airborne operation.
- Preparing the deployment of a larger force: seizing and
protecting a bridgehead, an airport area,...
- Covering or supporting the overall maneuver: conquest of a key
critical point, delivery of a covering force,...
1 = National Concept for Airborne Operations.
2 OAP (Airborne Operations) is a generic term that designates a set of courses of
actions that concur to the success of an airborne action.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.23
Doctrine
Les formes de l’OAP
En fonction de la mission, de l’effet à obtenir, de l’urgence,
des moyens consentis, deux modes opératoires permettent
de réaliser une OAP :
- l’aérolargage ou assaut vertical par parachutage
d’hommes et de matériels qui autorise la mise en place
d’une force en s’affranchissant de toute plate-forme
aéroportuaire ; la vulnérabilité pendant cette phase
restera toujours très sensible.
- Le poser d’assaut, nécessitant des savoir-faire spécifiques
- l’unicité du commandement se traduisant par un contrôle
opérationnel et tactique fort, notamment si cette
opération est conduite de manière indépendante (poste de
commandement au plus près, liaisons de données
tactiques),
- une réactivité élevée au regard de la situation (décision de
variantement en cours d’action pouvant aller jusqu’à
l’annulation au dernier moment de la mise à terre,
simplicité, boucle décisionnelle courte, etc...),
- une structure de commandement identique pendant toute
l’opération,
- une planification parfaitement intégrée pour limiter les
risques de décalage voire de rupture entre la planification
et la conduite,
- une coordination air-terre maximale, surtout dans les
actions clés de mise à terre et d’appui (besoin en expertise
interarmées, en détachements de liaison).
LA 11e BRIGADE PARACHUTISTE
Echelon stratégique d’urgence
complexes de coordination avec l’Armée de l’air ; c’est
une mise à terre plus rapide et plus sûre mais qui impose
une infrastructure aéroportuaire, même sommaire.
Ces deux modes opératoires sont, dans la plupart des cas,
combinés.
Capacités
Les moyens aéroportés s’articulent généralement autour
de :
- un échelon avancé, composé d’un groupement de
commandos parachutistes (GCP)3 de 50 à 100 hommes,
indispensable pour préparer et faciliter l’engagement de
l’échelon principal et pour donner les dernières
informations sur la situation locale ;
- un échelon principal pouvant compter jusqu’à 1 500
hommes environ ; ce groupement, principalement à base
de forces terrestres, est engagé avec ses matériels et une
autonomie initiale de 2 à 3 jours ;
- éventuellement, un échelon de renforcement, portant la
force à un effectif d’environ 5 000 hommes4, indispensable pour renforcer l’échelon principal, si l’opération
à terre est appelée à durer.
Organisation du commandement
Compte tenu des spécificités de ce type d’opération, et quel
que soit le contexte d’emploi, l’organisation du commandement de l’opération aéroportée doit garantir :
En raison de ses aptitudes, la brigade parachutiste a
vocation à constituer l’échelon stratégique de première
urgence dans le cadre de la prévention comme de l’action,
soit en autonome, soit en élément de projection initiale
d’une force adaptée.
La souplesse des structures, la diversité des équipements et
la maîtrise de nombreux savoir-faire lui permettent de
s’adapter à l’évolution stratégique d’une crise et facilitent la
transition entre la prévention et l’action.
Ainsi, l’emploi en échelon d’urgence de la composante
aéroportée est conforme à sa vocation spécifique. Il
participe à la conservation de la liberté d’action stratégique
du gouvernement et du commandement.
Le PC aérolargable de la 11e BP
Apte à s’engager de manière conventionnelle avec
l’ensemble de ses moyens comme les autres brigades, la 11e
brigade parachutiste est la seule grande unité capable de
réaliser des opérations aéroportées et la seule à disposer à
cet effet d’un PC aérolargable apte à assurer d’emblée le
commandement de l’échelon principal projeté, soit en
autonome pour une action limitée, soit en harpon d’une
force plus importante. Elle est aussi apte à assurer le
commandement de l’ensemble de la force projetée dès
l’arrivée de ses moyens " lourds " avec l’échelon de
renforcement.
3 GCP : groupement de commandos parachutistes.
4 Cf IM 8 000.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.24
Doctrine
The airborne operation’s types
THE 11TH AIRBORNE (ABN) BRIGADE
Depending upon the mission, the effect to be achieved, the
emergency, the means available, two operating modes exist:
- The airdropping or vertical assault through parachuting men
and equipment, which will allow the deployment of a force free
from any APOD; during that phase the vulnerability will always
remain very sensitive.
- The assault landing that requires very specific and complex
know-how regarding the co-ordination with the Air Force; it
constitutes a faster and more secure landing but it requires some
kind of airport facility, even a very basic one.
Emergency strategic echelon
Due to its capabilities, the parachute brigade is dedicated to
become the first emergency strategic echelon, either for
prevention or for action, either autonomously or as an initial
projection element of a tailored force.
Its structures’ flexibility, the diversity of its equipment and the
mastering of many know-how allow it to adapt to the strategic
evolution of a crisis and facilitate the transition between
prevention and action.
So, using the airborne component as an emergency echelon is
perfectly consistent with its specific vocation. It participates in
preserving the strategic freedom of action for the government and
the military authorities.
Capabilities
The airborne means are generally organized around:
- An advanced echelon, composed of an airborne commando
group (GCP3), 50 to 100 soldiers strong, essential to prepare
and facilitate the commitment of the main echelon and to
provide updated intelligence about the local situation,
- A main echelon that can total up to 1500 soldiers, this task
force, mainly composed with land forces, is committed with its
equipment and an initial operating range of 2 to 3 days.
- And, possibly a reinforcement echelon, which will bring the
force to a strength of about 50004 soldiers, essential to
reinforce the main echelon, if the land operation is due to last.
The 11th Abn Brigade’s air droppable CP
Able to be committed in conventional operations with all its
assets as the other brigades, the 11th Abn Brigade is the only
major unit able to perform airborne operations and the only one
to be equipped with an air droppable CP able to ensure
immediately the deployed main echelon’s C2, either
autonomously for a limited action, or as a harpoon for a larger
force. It is also able to assume command of the entire projected
force from the arrival of its “heavy” assets with the reinforcing
echelon.
Command and Control (C2) organization
Due to the specificities linked to that type of operation and
whatever might be its framework of employment, the C2’s
organization must guarantee:
- The unity of command through a strong operational and
tactical control, especially if the operation is conducted
autonomously (Command Post as close as possible of the
action, tactical data links),
- A high level of reactivity regarding the situation (decision to
change the COA during action which could even include
canceling the landing at the very last moment, simplicity, short
decision-making cycle,…),
- A C2 structure that will not change during the entire operation,
- A completely integrated planning process in order to reduce the
risks for discrepancies or even a break between planning and
execution,
- An utmost air-ground co-ordination, especially during the key
actions: landing and combat support (need for joint expertise
and liaison detachments).
3 GCP : parachute commandos group.
4 reference/Ministerial Instruction 8 000.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.25
Doctrine
La phase préliminaire de l’OAP consiste en la projection des
forces avancées dont la mission est la préparation de la
mise à terre de l’échelon principal. Pendant cette phase
pouvant durer 4 à 5 jours, le GCP est placé sous OPCON du
CDT de l’OAP qu’il renseigne directement. Le PC
aérolargable G0085 de la brigade, mis en place en BOA6,
poursuit ses travaux de planification en bénéficiant des
renseignements actualisés du GCP via le CDT OAP.
Pendant la phase de vol précédant la mise à terre du PC
G008, le Général commandant la Brigade, " commandant
des TAP ", reste en liaison avec le commandant de l’OAP par
le biais des moyens radios air des ATT7. Dès la mise à terre,
le G008 établit les liaisons selon la configuration de
l’engagement (cadre national ou multinational) avec le CDT
d’OAP ainsi qu’avec les unités larguées. Il reprend
également, en règle générale, sous OPCOM le GCP.
Conclusion
Depuis la deuxième guerre mondiale les exemples
d’opérations aéroportées de tous types, ayant conditionné
la réussite d’opérations limitées ou de grande envergure
sont nombreux et variés. La maîtrise de ce mode opératoire
reste l’apanage de quelques pays occidentaux, dont la
France, qui entend tenir son rang en Europe, dans un
domaine d’action et d’expertise reconnus. La mise en
service de l’A 400 M devrait encore renforcer cette capacité
opérationnelle grâce à une allonge stratégique permettant
des projections interthéâtres ◗
L’état-major de la 11e BP et son unité de commandement et
de transmissions sont donc capables de mettre sur pied :
- Initialement un détachement de commandement du GCP
avec les moyens de transmissions associés (liaisons
organiques et de commandement/renseignement vers le
haut) et un PC de type G 008 à 60 personnels (état-major,
transmissions, quartier général et poste de secours)
capable de se projeter par OAP et de commander sans
renforcement pendant 3 jours une force de 1000 à 1500
hommes (soit un à trois GTIA) et un GAM.
- Dès la mise à terre de l’échelon de renforcement, un PC
principal assurant la totalité des liaisons (VHF, HF, UHF)
et disposant d’un système d’information capable de
commander une force dans la durée, sous deux
configurations possibles (sur roues ou sous blindage),
pouvant dériver en permanence un PC tactique pour
assurer la conduite d’une action particulière.
5 G008 : PC aérolargable.
6 BOA : Base Opérationnelle Avancée.
7 ATT : avion de transport tactique.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.26
Doctrine
The preliminary phase of an Airborne operation consists in
deploying the advanced forces, the mission of which being to
prepare the main echelon’s landing. During that phase that may
last 4 to 5 days, the GCP is placed under OPCON of the airborne
operation Commander and directly provide intelligence to him.
The air droppable CP, delivered on the Operational Advanced
Base continues to plan while taking advantage of the GCP’s intel
through the Airborne Operation Commander.
During the in-flight phase preceding the landing of the air
droppable CP, the General commanding the brigade, “ airborne
troops commander ”, remains in contact with the Airborne
Operation Commander through the Tactical Transport Aircraft’s5
radio assets. From the landing, the air-droppable CP establishes
the liaisons with the Airborne Operation Commander, as well as
with the other air dropped units, in accordance with the type of
commitment (national or multinational framework). It usually
also regains the GCP under its OPCOM.
Conclusion
Since the end of WW2, the very different examples of airborne
operations being the decisive condition for the success of
operations, either limited in scope or very large ones, are
numerous and varied. Mastering that operating mode remains the
pride of some Western countries, including France, which intends
to keep its position in Europe within that well recognized field of
action and expertise. The A 400 M (tactical transport aircraft)
fielding should even reinforce this operational capability thanks
to its strategic range that will allow inter-theater deployments ◗
The 11th Abn Bde’s staff and its HQ and signals unit are thus able
to set up:
- Initially, a GCP C2 detachment, equipped with communication
assets (organic C2 and Intel liaisons toward highest echelons)
and an air - droppable CP consisting of 60 people (staff,
communications, HHQ and advanced medical station) able to
be dropped and to command without any reinforcement during
3 days a force comprising 1000 to 1500 men (i.e. from one to
three combined arms task forces) plus an airmobile group.
- As soon as the reinforcement echelon has landed; a main CP
providing the entire scope of liaisons (VHF, HF, UHF) and
equipped with a data system able to command and control a
force in the long term, with two possible organizations (wheeled
or armored), and able to set up at any time a tactical CP to
conduct a specific action.
5 TTA : Tactical Transport Aircraft.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.27
Doctrine
L’action du 1er Régiment du Train Parachutiste :
un apport incontournable dans les opérations aéroportées
par la Direction études et prospective « Mouvements-Ravitaillements » de l’école d’application du train
L’histoire des opérations aéroportées quoique encore récente est déjà fort riche
des succès qui lui ont donné ses lettres de noblesse. Que ce soit pour la
conquête d’un point clé comme le village de Sainte-Mère-l’Eglise en amont du
débarquement en Normandie, pour la saisie d’une zone aéroportuaire comme en
1956 lors de la crise de Suez ou encore pour l’évacuation de ressortissants
menacés comme en 1978 à Kolwezi, les opérations aéroportées sont un mode
d’action à maîtriser par les armées modernes ayant vocation à agir dans un
cadre multinational ou exclusivement national au-delà de leurs frontières.
R
égiment regroupant les professionnels de la
3e dimension, experts pour la mise à terre des
personnels et des matériels et pour le
soutien aux ravitaillements des unités
aéroportées, le 1er RTP participe à toutes les
étapes d’une opération menée par voie
aérienne. Présent dès la phase de conception de l’opération, son
détachement d’appui, véritable centre de mise en œuvre (CMO),
est chargé de la rédaction de " l’ordre à la livraison par air ".
Cependant, une opération aéroportée (OAP) ne se limite pas au seul largage de
parachutistes. C’est une opération interarmées complexe qui implique la mise
à terre, par différentes techniques, sur une plate-forme non sécurisée, de
forces et de leur soutien spécifique, principalement par des aéronefs à voilure
fixe. Elle se traduit alors par une combinaison de plusieurs modes d’action
comme l’aérolargage et l’aéroportage ou le poser d’assaut, en vue de la mise à
terre des parachutistes ou de la livraison par air pour fournir aux unités sur le
terrain les ravitaillements dont elles ont besoin pour mener leur action.
En amont, le régiment de livraison par air est chargé des
opérations de conditionnement des matériels à larguer, de la
préparation (mise en condition personnel ou matériel) et du
chargement des avions. La diversité des aéronefs pouvant être
utilisés, Transall, Antonov ou encore Iliouchine…, exige du
personnel des compétences variées et sans cesse actualisées.
Experts confirmés et reconnus, ils doivent pouvoir conseiller et
renseigner le commandement sur les conditions techniques
optimales de leur emploi.
" Par le ciel, partout, pour tous ! " : la devise du
1er Régiment du Train Parachutiste résume
parfaitement le caractère universel de ce
régiment, unique dans l’Armée de terre, dont la
vocation est de participer à l’engagement des
forces dans l’urgence par la 3e dimension en
assurant la continuité des acheminements.
Les chefs-largueurs personnel et matériels avec leurs équipes
livraison par air (LPA) présents pendant toute la phase de
transport participent ensuite aux opérations de mise à terre. Les
troupes sont en général d’abord aérolarguées avec leurs
matériels d’appuis comme par exemple les mortiers et les
moyens du génie.
Apte à travailler sur tous les terrains et sur
toutes les infrastructures aéroportuaires, le 1er
RTP concourt donc à la liberté d’action d’une
force opérationnelle terrestre sur le théâtre des
Insigne du 1er RTP
opérations. Au cœur de l’exécution de l’OAP, il
agit dans un cadre interarmées et interallié avec une vocation affirmée
d’interface entre les organismes de transport aérien (civils et militaires,
nationaux et étrangers) et les unités bénéficiaires. C’est un acteur
incontournable pour la maîtrise des flux dans son métier d’appui à la projection
et du soutien aux ravitaillements par voie aérienne.
Puis dès que possible, au cours de la phase de consolidation, le
groupement parachutiste est renforcé par l’échelon motorisé. Là
encore les équipages LPA participent aux opérations de poser
d’assaut puis ensuite à l’aérotransport pour assurer la
livraison des matériels et des ressources indispensables.
Enfin, pour assurer le soutien au combat des troupes engagées
dans la profondeur, le 1er RTP peut prendre part aux largages
des munitions, des vivres, des médicaments, etc. Ce sont les
missions classiques de ravitaillement par voie aérienne (RVA)
pouvant être complétées par des missions de largage
humanitaire.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.28
Doctrine
The action of the 1st airborne transport battalion:
an essential contribution to airborne operations
by the Policy Directorate for «Movement & Supply» of the Transportation Branch School
The history of airborne operations, although it is a recent one, is already full
of successes that established its credibility. Be it to conquer a key point such
as the village of Sainte-Mère-l'Eglise in the initial stages of the Normandy
landings, to seize an airport area as it was in 1956 at the time of the Suez
crisis or as in 1978 in Kolwezi to evacuate nationals, airborne operations are
courses of action to be mastered by modern armed forces intended to operate
abroad within an international or exclusively national framework.
However, an airborne operation is not the mere dropping of paratroopers. It is
a complex joint operation that implies the landing on a non-secured platform,
through various techniques, of forces along with their specific support
elements, using mainly fixed-wing aircraft. Then it is a combination of various
courses of action such as airdrop and air-landing or assault landing, in order
to land airborne troops or to provide by air delivery the involved units on the
ground with the supplies they need to carry out their mission.
" From the air, everywhere, for everybody! ": the motto of the 1st airborne
transport battalion (1st RTP) perfectly summarizes the all-purpose nature of
this battalion, the only such one within the Army, which vocation is to take
part in hasty commitment of forces from the
third dimension by ensuring a continuous routing
flow .
Able to work on all existing airfields and all
ground installations, the 1 st RTP then
participates in the freedom of action of a
committed operational land force over the TOA.
At the heart of the execution of an airborne
operation, it works within a joint and combined
framework with a resolute interface vocation
between the air transport organizations (civilian
1st RTP Badge
and military; national and foreign) and the
concerned units. In its expertise for projection and air logistic support it is
an unavoidable player in mastering air supply.
A
s a battalion gathering professionals about
the 3rd dimension, experts on landing of
personnel and equipments and on supplying
airborne units,the 1st RTP participates in every
stage of operations carried out by air. Actively
involved from the concept development, its
combat support detachment,a real implementation center,is in
charge of drafting the " air delivery order ".
During the initial stages, the airdrop delivery battalion is
responsible for packaging equipments, for preparing
specifically for it personnel or materiel, and for loading
aircraft. The variety of aircraft that could be used, Transall,
Antonov, or else Iliouchin…, requires personnel with
varied and continuously updated skills. Confirmed and
recognized experts, they must be able to advise and to inform
the command level about the optimum technical conditions of
employment.
Jumpmasters for personnel and equipment,along with their air
delivery teams, who are present all along the transportation
phase, then participate to the landing operations. Troops
usually are air dropped first with their combat support
equipments such as mortars and engineer assets.
Then, as soon as possible, during the strengthening phase, the
airborne taskforce is reinforced with the motorized echelon.At
that time again air delivery teams participate in the assault
landing operations and later on in the air transport to deliver
the essential equipments and resources.
Finally, to support the troops committed in the depth, the 1st
RTP may take part in dropping ammunition, food, medicines,
etc. Those are usual air delivery missions that could be
supplemented by air-drop humanitarian ones.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.29
Doctrine
Selon le type de mission, le régiment articulé en 3 escadrons de Commandée par un état-major tactique du RTP, elle regroupe au sein
livraison par air, a une capacité instantanée opérationnelle de différents secteurs fonctionnels, commandement, livraison par air
et soutien, tous les moyens en personnel et en matériel nécessaires à
importante :
l’entretien d’une OAP. Elle réceptionne les ressources venant par voie
- pour ce qui concerne l’aérolargage, il peut préparer 24 avions de aérienne, en assure la répartition aux différents régiments en vue de
transport tactique (ATT) en largage de matériel et 16 ATT pour le leur distribution et de leur livraison.
parachutage de personnel,
Mise en œuvre chacune par un escadron de livraison par air (ELA),
elle dispose donc de l’ensemble des moyens de gestion des flux, de
- 40 ATT par jour pour l’aéroportage,
participation au transit, de conditionnement des charges, de leur
manutention et de leur transport par voie terrestre, ainsi que pour
- 36 avions de transport stratégique (ATS) par jour en version l’entretien de l’ensemble des matériels de parachutage et de largage.
passager et 12 ATS par jour en version cargo pour les opérations de
transit,
Exemplaire unique
dans l’Armée de
- et 270 tonnes le premier jour, puis 50 tonnes en continu les jours terre et partenaire
suivants, pour le ravitaillement par voie aérienne.
privilégié de la
force aérienne de
La mission du régiment du train parachutiste qui consiste à appuyer projection, agissant
la projection des forces et à assurer le soutien aux ravitaillements par sous les ordres du
voie aérienne des unités déployées dans la totalité de la zone CFAT au sein de la
d’opérations ne se limite pas uniquement à la participation aux 11e BP et sous les
opérations de largage.
ordres du CFLT
A 400 M : largage matériel
pour les opérations
En fonction des scénarios d’engagement, une à trois bases d’opération de soutien aux ravitaillements ou encore sous TACON du COTIA dans
aéroportée (BOAP) peuvent être déployées sur ou à proximité de le cadre du SINTROPS1 pour le renforcement de districts ou de
plates-formes aéroportuaires, préétablies ou de circonstance. Héritière détachements de transit aériens (DITIA ou DETIA), le 1er Régiment
des bases aéroportées (BAP) pour le soutien des opérations du Train Parachutiste est le régiment chargé de l’appui à la projection
aéroportées en Indochine ou en Algérie, modulaire et de composition et du soutien aux ravitaillements par voie aérienne.
variable en fonction de l’effet à obtenir, la BOAP assure l’appui Acteur majeur de la maîtrise des flux et du transit de personnels, de
technique de la mise à terre de la force pour l’ensemble de l’OAP.
matériels et de ressources dans l’engagement, il entretient en
permanence ses savoir-faire en
participant au quotidien aux
missions de transit aérien sur
DITIA
DEPLOIEMENT BOAP
tous les théâtres (Tadjikistan,
Afghanistan, Kirghizstan) et
lors des grands exercices
interalliés (Exercice Tanzanite
2002, Exercice EBE Ukraine
DETIA
2002,…). Son action et son
BOAP1
Aérotranspor t
DETIA
efficacité en tant qu’interface
terre-air pourraient encore être
BOAP2
optimisées dans le cadre d’un
Aérolargage
commandement unique des
Po s e r d ' a s s a u t
transits interarmées ◗
VO I E A E R I E N N E S T R AT E G I Q U E
(interthéâtres)
VO I E A E R I E N N E TA C T I Q U E
(intrathéâtre)
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.30
1 SINTROPS : Système Interarmées des
Transits Opérationnels.
Doctrine
Controlled by a tactical HQ from the 1st RTP, its regroups within
various operational functions, command and control, air delivery
and support, all necessary means either in personnel or materiel, to
sustain an airborne operation. It receives resources delivered by air,
carries out their allotment for the various battalions with a view to
distributing and delivering them.
Depending on the type of mission, the battalion that is task
organized with 3 air delivery companies, shows a significant instant
operational capability:
- as far as air drops are concerned, it can prepare 24 tactical
transport aircraft (Fr. abbr.:ATT) for materiel air delivery and 16
ones for personnel air- drop,
- 40 ATT per day for airlift,
- 36 strategic transport aircraft (Fr. abbr.: ATS) in a passenger
version and 12 a day in a cargo version for transit operations,
- and 270 metric tons on the first day, and then a continuous flow
of 50 tons during the following days, for air supply.
The mission of the airborne transport battalion that is to support
force projection and air supply of units deployed on the whole area
of operations is not limited to the only participation in air-drop
operations.
Each Base is operated by one air delivery company, thus it has
available all the necessary means to manage the flow of supplies, to
participate in transit operations, to take care of load packaging,
handling, and land transportation, as well as the maintenance of all
parachute and drop equipments.
The only such one unit within the Army, privileged partner of the
Air Projection Force (FAP), operating under the authority of the
Land Force Command (CFAT) within the 11th ABN BDE and
under the responsibility of the Land Logistic Command (CFLT)
for supply operations support, or even under TACON of the COTIA
(Joint Transit Operation Center) within the SINTROPS 1
framework to reinforce air transit districts or detachments (DITIA
or DETIA), the 1st airborne transport battalion is the one in charge
to support force projection and air supply.
Main actor in mastering logistic flows and transit of personnel,
equipments, and supplies during the action, it permanently keeps
up its know-how expertise by participating in air transit missions in
all theaters (Tajikistan, Afghanistan, Kirghizstan) and in major
combined exercises (Tanzanite 2002, EBE Ukraine 2002, …). Its
action and effectiveness as Land to Air interface could be further
optimized within the framework of a unified joint transit command
structure ◗
Depending on the commitment scenario, one to three Airborne
Operation Bases could be deployed on or next to pre-established or
1 Joint system of operational transit
contingency airport
facilities. Heir to
D I T I A ( J o i n t A i r Tr a n s i t D i s t r i c t )
the airborne bases
Airborne Operation Base
used to support
(BOA)
airborne operations
Deployment
in Indochina or in
Algeria, modular
( J o i n t A i r Tr a n s i t D e t a c h m e n t )
DETIA
and tailored
BOAP1
according to the
Air transpor t
DETIA
intended effect, the
BOAP2
Airborne Operation
Air drop
Base ensures the
Assault landing
technical support of
the force landing
throughout the
wh o l e a i r b o r n e
S T R STRATEGIC
A T E G I CAIRA I R
T A CSTRATEGIC
T I C A L AIR
AIR
theater)
( i n (inter-theater)
ter-theater
( i n(int h
eater)
operation.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.31
Doctrine
L’équipement des troupes
aéroportées
par le lieutenant-colonel MACE,
STAT/TAP
La période actuelle est riche en changements pour l’équipement des
troupes aéroportées : une petite révolution dans le mode de pliage des
parachutes hémisphériques, le remplacement de trois types de
parachutes, de l'ouvreur de sécurité, la réalisation d’un nouveau
chantier de conditionnement et de transit projetable précèdent l’arrivée
de l’A400M.
Les opérations d’armement qui concourent à ce renouvellement doivent
obéir aux exigences suivantes :
- augmentation de la discrétion et de la sécurité ;
- augmentation des masses mises à terre ;
- économie.
- l’argent : la centralisation et la rapidité de traitement
dans la CMAP permettra d’acheter moins de parachutes
hémisphériques. L’étude en commun des besoins des
trois armées et de la gendarmerie réduit les études et la
diversité des matériels.
La simulation est prévue dans deux domaines : à l’ETAP, un
simulateur de dérive sous voile entraînera les équipes de
chuteurs opérationnels à cette technique difficile à
pratiquer dans l’espace aérien encombré de l'Europe. La
formation au largage lourd de l’A400M et l’entraînement
correspondant bénéficieront des simulateurs de soute
prévus au programme de l'avion.
Le futur chantier de conditionnement remplace du matériel
de la génération Nord 2501 : avoir fait l’économie de celle
du C160 ne dispense pas de se préparer à l’A400M.
Les TAP ont depuis peu un concept d’emploi. Développé en
doctrine, il permettra de définir les équipements futurs des
unités parachutistes. Cette réflexion aura un caractère
interarmées affirmé, des premières études à la maintenance
des équipements ◗
SANS AVIONS, PAS DE PARACHUTISTES …
LES APPAREILS ACTUELS DE LA FAP *
Une brève description de ces opérations le fait apparaître.
POIDS TOTAL
CHARGE UTILE
NB PARACHUTISTES
(tonnes)
(tonnes)
(saut opérationnel avec gaine)
TRANSALL C160
51
14
57
HERCULES C130H
70,2
20
60
HERCULES C130H30
70,2
18
82
AVIONS
L’
EPC (ensemble de parachutage du combattant)
remplacera le parachute hémisphérique actuel. La
hauteur de largage opérationnel s’abaissera de 125 m
à 100 ou 80 m. Ce gain concourt à la sécurité de l’avion tout
en réduisant la vulnérabilité du parachutiste et la
dispersion de la mise à terre. La masse totale du parachutiste équipé (MTE) passera de 130 à 160 kg.
Le parachutage de néophytes ou de grosses charges fragiles
est permis par le parachute biplace. L’actuelle BT80 ne
répond pas aux besoins spéciaux. Le parachute biplace
opérationnel qui la remplacera à partir de 2004 permettra
le saut opérationnel à très grande hauteur (sous oxygène
au dessus de 3 600 m et jusqu'à 9 000 m) à une MTE de
250 kg. Ces performances préfigurent celles du système de
mise à terre des chuteurs opérationnels qui remplacera le
G9 vers 2010.
* Force Aérienne de Projection.
A TITRE DE COMPARAISON …
Les économies sont cherchées sur le temps, le personnel et
l’argent :
- le personnel : la centralisation du traitement des
parachutes des trois armées dans la CMAP (cellule de
maintenance automatisée des parachutes) qui sera mise
en service en 2004 à Montauban permettra de réduire le
personnel affecté à cette fonction tout en augmentant le
taux d’entraînement des unités. Ce concept novateur
combine l’application de techniques de stockage
existantes, le pliage semi-automatisé des voilures et le
transport dans des conteneurs - magasins où la validité
du pliage est conservée.
LES APPAREILS DE LA GUERRE D’INDOCHINE
POIDS TOTAL
CHARGE UTILE
NB PARACHUTISTES
(tonnes)
(tonnes)
(saut opérationnel avec gaine)
JUNKERS 52
10,5
1,5 à 1000 km
16
DAKOTA C47
13,6
3 à 1000 km
25
AVIONS
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.32
Doctrine
The airborne units equipment
♦ Money: the CMAP centralization and handling speed will
allow a reduction of the number of hemispheric parachutes to
be bought. The joint research for the three services plus
gendarmerie’s requirements reduces the studies as well as the
equipment diversity.
by lieutenant-colonel MACE,
STAT/TAP
Simulation is envisioned in two domains: at the ETAP2, a canopy
drift simulator will train the HALO teams to that technique
difficult to practice in the pretty overcrowded European airspace.
The A400M heavy airdrop training will take advantage of the
cargo compartment simulators included in the aircraft program.
The upcoming packaging equipment replaces equipment that still
belongs to the Nord 2501 generation: forgetting the C160
generation does not prevent from getting ready to the A400M
one.
Nowadays, the airborne units equipment is changing dramatically, it goes
through a small revolution in the following domains: the hemispheric
parachutes packaging process, the replacement of three types of
parachutes, the automatic opening device, the fielding of a new
deployable packaging and transit equipment that foreruns the A400M’s
arrival.
The equipment programs that are part of this renewal must meet the
following requirements :
- increase in concealment and security ;
- increase of the landed weights ;
- saving.
The airborne troops recently got an employment concept.
Developed into a doctrine, it will permit to identify the airborne
units’ future equipment. This process will have definitely to be a
joint one from the earliest stages of the studies to the equipment
maintenance ones ◗
1 High Altitude Low Opening.
2 Airborne school.
A short description of these operations shows that.
NO AIRCRAFT, NO AIRBORNE …
T
he combatant parachute kit (EPC) will replace the current
hemispheric parachute. The operational dropping altitude
will then come down from 125 m to 100 or 80 m. That
improvement participated to the aircraft security while reducing
the airborne soldier’s vulnerability as well as the dispersion of the
landing. The fully equipped airborne soldier’s weigh (MTE) will
go from 130 to 160 kg.
The air dropping of neophytes or the one of heavy and fragile
cargo is permitted thanks to the two-seater parachute. The
current BT80 does not meet these special requirements. The
operational two-seater parachute that will replace it starting in
2004 will permit very high altitude operational jumps (with
oxygen assistance above 3600 m and up to 9000 m) with a
250 kg MTE. These figures forerun those of the HALO1 jumper’s
landing system that will replace the G9 by 2010.
THE AIR FORCE PROTECTION AIRCRAFT
TOTAL WEIGHT
PAYLOD
« PARATROOPER S»
(tons)
(tons)
(operational jump with leg-bag)
TRANSALL C160
51
14
57
HERCULES C130H
70,2
20
60
HERCULES C130H30
70,2
18
82
AIRCRAFT
Savings are looked for in the domains of time, personnel and
money :
♦ Personnel: the centralization of the parachute maintenance
for the three services in the CMAP (parachutes automated
maintenance cell) that will start functioning in 2004 in
Montauban, will permit the reduction of the number of
personnel dedicated to that task while increasing the units’
training rate. That innovating concept combines the
implementation of the current storage techniques, the canopy
semi automatic folding and the parachute transportation in
specific storage containers where the folding stability is
guaranteed.
JUST TO COMPARE …
INDOCHINA WAR AIRCRAFT
TOTAL WEIGHT
PAYLOD
« PARATROOPER S»
(tons)
(tons)
(operational jump with leg-bag)
JUNKERS 52
10,5
1,5 at 1000 km
16
DAKOTA C47
13,6
3 at 1000 km
25
AIRCRAFT
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.33
Libres Réflexions
KOSOVO 1999
Le renouveau du rôle stratégique des TAP1
par le lieutenant-colonel DELION,
professeur de groupe au CSEM
rois ans après l’entrée au Kosovo, le temps de
l’analyse historique est désormais venu. Cette
crise, nouvel avatar du long soubresaut
balkanique, a vu les différentes puissances
mondiales, en ou hors des organisations
internationales, s’affronter à fleurets mouchetés,
tout en affichant une détermination commune face
au pouvoir serbe, soit pour affermir leur leadership
au sein d’une coalition, soit pour effectuer un retour
stratégique sur la scène internationale. Parmi la
palette des possibilités d’action militaire alors
offertes aux décideurs politiques, les troupes
aéroportées ont tenu un rôle majeur, les forces
blindées mécanisées restant toutefois chargées de
l’effort principal. A l’heure où les différents PC de
niveau 1 (HRF2) développent des capacités " d’entrée
en premier " sur un théâtre et où l’avenir des GFIM
pourrait évoluer rapidement suite à la Functionnal
Review de l’OTAN ainsi qu’au Sommet de Prague, la
réactivité des TAP, leur symbolique mythique, ainsi
que leur réelle aptitude à la projection d’urgence
sont plus que jamais un atout majeur pour une
Armée de terre.
T
Rappel historique
Les prémices de la crise avaient vu globalement les
puissances occidentales se ranger du coté de la
minorité kosovare albanaise, les puissances slaves
s’en tenant à leur rôle séculaire de protecteurs de
la communauté orthodoxe. Une mission de vérification au Kosovo (KVM3) appuyée par une force
d’extraction à vocation aéromobile stationnée en
Macédoine se déploya fin 1998.
Après plusieurs mois de tergiversations politiques,
l’ultimatum posé par les alliés conduisit aux
bombardements aériens de mars 1999, précurseurs d’une offensive terrestre de grande ampleur.
Les différentes puissances massèrent donc des
troupes en Macédoine, chaque nation en profitant
pour déployer ses moyens de combats les plus
puissants et les plus modernes. Le char français
LECLERC connut d’ailleurs à cette occasion son
premier engagement opérationnel.
Le blocage de la "solution
terrestre"
Penchés sur les cartes d’état-major de ce théâtre de
moyenne montagne, propice à la guerre d’embuscade et peu généreux en axes de progression, les
différents planificateurs faisaient preuve d’une
relative réserve quant au bon déroulement de
l’offensive terrestre.
Suite aux accords passés à Kumanovo, la probabilité
de combats contre les forces serbes devint
relativement faible. L’attaque se transformant alors
en une curieuse et inhabituelle opération de relève, il
devenait donc d’une importance capitale pour
chaque pays contributeur de " montrer son
drapeau 4 " en participant, si possible en première
ligne, à l’offensive. Le goulet d’étranglement de la
passe de Kakcanik ne permettant qu’un débit
relativement faible, les troupes des différentes
nations risquaient de se succéder avec un cadencement inadmissible pour les responsables
politiques.
1 Les troupes aéroportées seront clairement distinguées des forces spéciales dans la
suite de cet article.
2 High Readiness Force = force de réaction rapide.
3 Kosovo Verification Mission = mission de vérification au Kosovo.
4 To show the flag = littéralement " montrer le drapeau " (expression OTAN).
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.34
Freedom of Speech
KOSOVO 1999
The strategic role revival of Airborne Troops1
by lieutenant-colonel DELION,
group instructor at the CSEM (French General Staff Course)
hree years after entering Kosovo, time has
come for an historical analysis. This crisis, an
other one episode during the lengthy Balkan
turmoil, has made the various World Powers, within or
outside the international organizations, confronting
each other through discussions full of barbed remarks
while showing a common determination regarding the
Serb authority, either to strengthen their leadership
inside a coalition, or to make a strategic comeback on
the international scene. Within the range of military
options proposed to the political decision makers, the
airborne troops had a predominant part, while
mechanized armored forces were still in charge with
the main effort .At the time when the various first
level HQs (HRF2) are building up theater " first
entering " capabilities, and when the future of the
CJTF could quickly evolve as a consequence of the
NATO Functional Review and of the Prague Summit,
the responsiveness of the airborne troops, their
mythical symbolism, as well as their real ability to
emergency projection are, now more than ever, a major
asset to an Army.
T
After several months of political indecision, the
ultimatum set by the Allies lead to the March 1999
air bombings, first step to a large-scale ground
offensive. Then the various Powers went on building
up forces in Macedonia, each nation using this
opportunity to deploy its most powerful and up to
date combat equipments. The LECLERC, French
main battle tank, has been committed first on this
occasion.
The blocking of the "land
solution"
When considering the survey maps of this medium
altitude theater, favorable to ambushes and quite
poor in matter of ways of approach, the various
planners showed some reservations about a smooth
running of a ground offensive.
Historical reminder
As a result of the Kumanovo agreements, the
probability of fighting the Serb forces became
relatively low. As the offensive action was turning
into a strange and unusual relief operation, it
became most important to each contributing nation
to " show the flag " by taking part in the offensive,
as much as possible in the first echelon. As the
Kakcanick pass bottleneck only let a rather low
traffic flow, the different military contingents could
be compelled to move forward one after the other at
a rate not acceptable to the political authorities.
At the beginnings of the crisis the Western Powers
went along with the Kosovo Albanian minority, when
the Slav Powers were sticking to their age-old role of
protecting the Orthodox community. A Kosovo
Verification Mission (KVM) was deployed by the end
of 1998 supported by an airmobile Extraction Force
positioned in Macedonia.
1 In this article the airborne troops will be clearly distinguished from the Special
Forces.
2 High Readiness Force
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.35
Libres Réflexions
La solution française de dernière minute, héritière des
valeureux combats menés par le Corps Expéditionnaire Français en Italie lors de la 2e Guerre mondiale,
permit d’offrir un second axe de progression à la
brigade LECLERC, en pleine montagne. Toutefois, dès
la progression commencée, le risque de minage sur
l’itinéraire paralysa la colonne.
L'emploi des TAP
Héritières des unités de la KVM, unités essentiellement aéromobiles, les troupes stationnées à la
frontière serbe comprenaient presque toutes des
unités à vocation aéroportée et/ou aéromobile. Les
parachutistes français et américains sont les seuls à
avoir été mis en place par la 3e dimension en
hélicoptères de manœuvre, les distances ne nécessitant pas de retenir l’option d’un largage.
Les TAP françaises
Devant le risque de minage, et au vu de la baisse du
rythme de progression créée par le nécessaire
déminage, l’EMA décida la projection d’urgence d’un
groupement d’hélicoptères de combat à dominante
hélicoptères de manœuvre ainsi que d’un état-major
tactique à deux compagnies fourni par le 3e RPIMa.
Plusieurs solutions d’héliportage furent alors étudiées
pour relancer le rythme de la progression, soit initialement sur demande des Britanniques en s’emparant
des hauteurs de la passe de Kakcanik, soit ultérieurement pour devancer les Russes sur l’aérodrome de
Pristina.
La manœuvre retenue fut une manœuvre aéromobile
" en précurseur " des troupes amies qui conduisit le
3e RPIMa jusqu’à Leposavic et le fameux Gate One5,
zone la plus au nord du déploiement des forces de
l’OTAN.
C e t t e m a n œ u v re a é ro m o b i l e ex t r ê m e m e n t
dynamique, parfaitement cohérente avec la doctrine
d’emploi et d’entraînement en synergie entre les
brigades parachutiste et aéromobile permit de
relancer l’action terrestre, un temps engluée. Cette
action fut à l’époque abondamment médiatisée.
Kakcanik puis à prendre le contrôle de la ville de
Pristina, capitale régionale de la province du Kosovo.
La 4 UK ARMD BDE était quant à elle chargée de
s’emparer de la région de Podujevo, région frontalière
avec le reste de la république serbe au nord-est du
Kosovo.
Il est intéressant de noter que les premières images
des patrouilles des soldats de Sa Gracieuse Majesté
dans les rues de Pristina montraient obligeamment
les bérets amarantes des soldats du 3e Para.
Là encore, la très forte symbolique du béret amarante
semble avoir été sciemment recherchée par les
communicateurs britanniques.
Les TAP américaines
La manœuvre américaine, prévue en deuxième vague
à J + 2 était caractérisée par la faible distance à
parcourir, la future zone d’implantation se situant au
sud du dispositif de la KFOR.
Au sein de la Task Force FALCON, une classique
manœuvre aéromobile d’enveloppement vertical avait
été donc planifiée par un détachement de parachutistes de la 82e division aéroportée.
Un héliportage massif des parachutistes US a eu lieu
sur les arrières des parachutistes français 36h après
l’entrée au Kosovo. Leur zone de déploiement se
situait à cet instant entre la première ligne française
et la frontière avec la Macédoine, soit en deuxième
échelon de la force internationale. Là encore les
troupes aéroportées américaines ont été utilisées en
précurseur des unités blindées mécanisées.
Les TAP russes
Passés maîtres dans l’art de la " maskirovsk6 ", les
Russes ont réussi un retour en scène magistral sur la
scène internationale. En appui de leur pression
diplomatique, la mise en alerte de leurs troupes aéroportées ainsi que le raid mené par leur bataillon
parachutiste issu de la SFOR, ont pris de vitesse les
puissances occidentales.
Les TAP britanniques
La 5 UK AB BDE, brigade parachutiste britannique fut
employée en complément de la 4 UK ARMD BDE,
brigade blindée chargée de l’effort principal. Sa
mission consistait à sécuriser la région de la passe de
5 Gate One = littéralement " Porte Un ", l’un des points de passage à la limite
administrative entre le Kosovo et le reste de la Serbie.
6 Art de la dissimulation.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.36
Freedom of Speech
The last minute French solution, heir to the valorous
battles carried out by the French Expeditionary Corps
in Italy during the Second World War, permitted to
open a second one way of approach to the LECLERC
Brigade, right through the mountain. However, from
the beginning of the advance, the danger of mines
along the route bound the column.
The employment of airborne
troops
Heir to the KVM units, mostly airmobile ones, nearly
all the troops positioned on the Serb border included
airborne and/or airmobile units. The French and US
paratroopers were the only ones brought to positions
through the 3rd dimension by utility helicopters (UH),
as the distance to cover was not such as to consider
an airdrop.
The French Airborne troops
Because of the risk of mines, and considering the
reduced rate of advance due to the necessary mine
clearing, the General Joint Staff made the decision to
urgently project an helicopter Combat Task Force,
UH heavy, and one tactical HQ with two companies
from the 3rd RPIMa (Marine Airborne Infantry
battalion). Then various lift options were considered
to boost the advance tempo, either initially, at a
British request, by seizing the Kakcanik pass high
grounds, or later on to get to the Pristina airport
ahead of the Russians.
An airmobile operation was selected acting as an
“ advance party ” to friendly troops, that took the 3rd
RPIMa to Leposavic and to the famous “ Gate One 3”,
in the most northern part of the NATO forces
deployment.
This very dynamic airmobile maneuver, fully
consistent with the employment and training doctrine
and in synergy with the airborne and airmobile
brigades allowed to revive the ground action, bogged
down for some time. At that time this action has been
much covered by the media.
Its mission was to take control of Pristina, the Kosovo
district capital city. As for the 4th ARMD BDE (UK),
it had been tasked with seizing the Podujevo area, a
border zone to main Serbia in the northeastern part
of Kosovo.
It is worth noting that the first videos of patrolling
soldiers of Her Gracious Majesty in the streets of
Pristina were very kindly showing the 3rd RPIMa
paratroopers’ red berets.
Here again it seems that the very high symbolism of
the red beret has been deliberately sought by the
British communicators.
The US airborne troops
The short distance to move characterized the
American maneuver, planned during D+2 with the
second wave, their future deployment area being
located in the South of the KFOR disposition.
Inside the FALCON Task Force, a conventional
airmobile maneuver of vertical envelopment had been
planned by a team from the 82nd ABN DIV.
A massive helicopter lift of US airborne troops took
place on the rear area of the French paratroopers 36
hours after entering Kosovo. At that time their
deployment area was located in between the French
front line and the Macedonian border, that is to say
as a second echelon of the international force. On this
occasion again the US airborne troops have been
used as an advance party to the mechanized and
armored troops.
The Russian airborne troops
Masters in the art of "maskirovska4 ", i.e. the art of
concealment, the Russians achieved a brilliant come
back in the light of the international scene. Backing
their diplomatic pressure, the activation of their
airborne troops as well as the raid carried out by their
airborne Battalion coming from the SFOR,
outstripped the Western Powers.
The British airborne troops
The 5th ABN BDE (UK) has been used to supplement
the 4th ARMD BDE (UK) tasked with the main effort.
3 One of the crossing points on the border between Kosovo and main Serbia.
4 Art of concealment .
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.37
Libres Réflexions
Au terme d’un raid motorisé mené avec l’accord plus
que tacite des autorités serbes, la prise de
l’aérodrome de Pristina, l’un des points clés du
théâtre kosovar permit aux autorités russes de peser
de tout leur poids dans les négociations internationales. La signature des accords d’Helsinki le 18
juin fut la conséquence de ce coup de force et permit
une participation russe dans chaque secteur de la
KFOR.
La chronologie de l’opération fut la suivante : le 11
juin à 09h30 démarrage de l’élément de tête, trajet
autoroutier en Serbie via Belgade et Nis, franchissement de la limite administrative du Kosovo à 21h30,
puis arrivée et prise de contrôle de l’aérodrome de
Pristina le 12 juin à 03h30 (soit environ 500 km en 17
heures). Pendant ce temps une force de 300 parachutistes et de 6 IL 76 restait en alerte permanente.
Cette manœuvre, la plus symbolique de toutes,
associa en permanence l’action au sol menée par le
bataillon issu de la SFOR avec la menace d’une action
aéroportée de renforcement. La médiatisation des
parachutistes " au pied des avions " montra clairement la détermination du pouvoir russe dans cette
crise.
Il est également intéressant de noter que le bataillon
parachutiste, initialement stationné à Ugljevik était
fortement " surencadré " (29/6/135 pour l’élément de
tête !) et effectua son opération directement sous les
ordres du général Victor Zavarine.
Conclusion
Le Général LEWAL, dans son Introduction à la partie
positive de la stratégie publiée en 18927, écrivait déjà :
" On est bien obligé de le reconnaître, avec les anciens
philosophes, de Maistre, Spinoza, etc., la guerre est un des
actes inhérents à l’existence des êtres. Tant qu’il y aura des
hommes ils se battront. Les moyens se modifieront, la lutte
subsistera, c’est bien évident. "
Créées juste avant le second conflit mondial, les
troupes aéroportées se sont depuis distinguées sur
tous les champs de bataille. Si Arnhem et la Crête
laissent le souvenir de deux désastres sanglants, à la
démesure des combats de la deuxième guerre
mondiale, les troupes aéroportées ont apporté depuis
des solutions novatrices aux combats menés tant en
Indochine qu’en Algérie, trouvant alors leur pleine
mesure dans les actions à caractère d’urgence dans
des zones d’accès très difficiles et situées à grande
distance. L’archétype de ce genre d’action fut celle
menée en 1978 à Kolwezi par le 2e Régiment étranger
de parachutistes.
Aujourd’hui où la maîtrise de la violence semble avoir
(temporairement ?) estompé l’action de coercition de
forces, le retour à une stratégie d’action impose de
disposer du plus grand éventail de capacités
possibles. Si demain de véritables actions de
coercition devaient avoir lieu, les troupes aéroportées
fourniraient une précieuse capacité d’action indirecte
en complément de l’action majeure menée par une
force blindée mécanisée. Les troupes aéroportées
pourront être employées suivant les principes de
l’amiral Labouérie que sont l’incertitude et la
foudroyance.
Dans les conflits d’aujourd’hui sans combats que
sont les opérations de maintien voire d’imposition de
la paix, toutes les ruses, pressions et intimidations
sur les belligérants, les opinions et décideurs
adverses sont de mise. Cette dimension psychologique de la guerre admirablement développée par
Clausewitz semble d’ailleurs souvent mésestimée
devant le progrès technologique. Dans ce contexte
d’une société plus médiatique que jamais, les troupes
aéroportées offrent alors une opportunité d’action
complémentaire tant au chef militaire qu’au décideur
politique. Le premier y trouvera une palette d’options
plus grande pour répondre à l’incertitude de l’engagement tactique et préservera ainsi sa liberté
d’action, le second pourra à la fois graduer sa
réponse et afficher clairement sa résolution en utilisant une troupe à la symbolique forte.
L’inexpliqué largage des Rangers américains audessus de l’Afghanistan lors de l’éphémère
" Opération Liberté " ne fait que confirmer cette
tendance ◗ …
7 Edition annotée et commentée par le Col A. BERNEDE, Economica.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.38
Freedom of Speech
On completion of a motorized raid carried out with a
more than tacit agreement from the Serb authorities,
the seizure of the Pristina airfield, one of the key
points of the Kosovo theater enabled the Russian
authorities to weigh heavily on the international
negotiations. The signing of the Helsinki agreements
on June18 was the consequence of this coup and
allowed a Russian participation in every KFOR area.
all WW II battles, later on the airborne troops have
brought in innovative solutions to combat operations
carried out in Indochina as well as in Algeria, and
showed the full extent of their talent in emergency
operations carried out in rough terrain and within far
range . The archetype of this kind of operation being
the one carried out by the 2nd REP (foreign legion
parachute infantry battalion) in Kolwezi in 1978.
The chronology of the operation was as follows: on
June 11, 0930, the leading element started its
highway movement in Serbia via Belgrade and Nis,
crossed the Kosovo administrative border at 2130
hours, then arrived and took control over the Pristina
airfield on June 12, 0330 (That is about 500 km
within 17 hours). Meanwhile one task force, 300
paratroopers strong along with 6 IL 76 aircraft, was
standing combat ready.
Today when violence mastering looks shading out
(temporarily ?) force coercion, coming back to an
action strategy requires the availability of the widest
range of possible capabilities. If tomorrow coercive
actions showed necessary, the airborne troops would
provide a valuable capability of indirect action to
supplement the main effort carried out by a
mechanized and armored force. The airborne troops
could then be used according to Admiral Labouérie's
principles that are uncertainty and suddenness .
This maneuver, the most symbolic, consistently
combined the ground action carried out by the
battalion coming from the SFOR to the threatening of
a reinforcing airborne operation. The use of the
media showing paratroopers ready for boarding
clearly demonstrated how determined the Russian
Power was when facing this crisis.
It is also interesting to note that the airborne
battalion, initially located in Ugljevik was heavily
" overstaffed " (29-6-135 for the leading element !)
and carried out the operation under direct command
of a general officer: Victor Zavarine.
Conclusion
General LEWAL, in his introduction to the positive
part of the strategy published in 18925, could
already write: "We are compelled to recognize it,
together with the old philosophers, de Maistre,
Espinoza, etc., war is inherent to the human being.
As long as men will live, they will fight each other.
The means will evolve, the struggle will remain,
that is quite obvious."
Designed just before the second world conflict, the
airborne troops became famous on all battlefields . If
Arnhem and Crete remain in the minds as two bloody
disasters, in the line of the excessiveness noted during
In the nowadays conflicts without combat operations
such as peace keeping or peace enforcement, every
trick, pressure and intimidation of the warring
parties, public opinions, and adverse decision makers
are appropriate. Nevertheless this psychological
dimension of war, brilliantly discussed by Clausewitz,
seems to be underestimated in comparison with the
technological advances. In the context of a society
more subject than ever to the medias, the airborne
troops offer an additional option to the military
commander as well as to the political decision maker.
The first one will find there a larger range of options
to meet the uncertainty of a tactical commitment and
so will preserve his freedom of action, the second will
be able to adjust a flexible response and to clearly
show his resolve by using highly symbolic troops.
The unexplained US Rangers airdrop over
Afghanistan at the time of the short-lived
" Liberty Operation " does nothing but to confirm
this trend ◗ …
Summary map issued by HQ KFOR/Geo
September 19, 1999.
5 Edition with notes and comments from Col. A BERNEDE, Economica.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.39
Libres Réflexions
Carte récapitulative publiée par le HQ KFOR/Géo
19 septembre 1999
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.40
Freedom of Speech
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.41
Etranger
LES
OPÉRATIONS AÉROPORTÉES
DANS L’ARMÉE ALLEMANDE
par le colonel BELDE,
officier de liaison allemand auprès du CDES
Le concept national des opérations aéroportées
(les fondements)
Les fondements des engagements pour des opérations
aéromobiles (Luftbewegliche), qui comprennent à la fois les
opérations aéromécanisées (Luftmechanisierte) et les
opérations aéroportées (Luftlande), sont définis au chapitre 35
du HDv 100/100. Ils sont approuvés par les nations alliées et
par les autres forces armées allemandes.
Les principes généraux
L’aéromobilité permet l’emploi de l'espace aérien pour :
- le commandement/l’appui au commandement,
généralement pas emporter leurs équipements principaux,
ce qui réduit leur efficacité au combat.
Les forces aériennes et, le cas échéant, la marine et
l’aéronavale soutiennent les opérations aéromobiles de plus
grande ampleur de l’Armée de terre par la prise en charge
des tâches de transport et d’appui au combat. La
supériorité aérienne dans la zone de l'engagement, limitée
dans le temps, est en général la condition indispensable
pour le succès des opérations aéromobiles.
L’Armée de terre peut soutenir des opérations des forces
aériennes, navales et aéronavales au moyen d'opérations
aéromobiles. Les forces aéromécanisées et les forces
spéciales peuvent participer à la neutralisation de la
défense antiaérienne ennemie, ainsi qu’à l’interdiction dans
la profondeur.
Le parfait usage de l’aéromobilité représente une forte
contrainte pour le commandement comme pour les hommes.
Il s’agit constamment de synchroniser les opérations
aéromobiles et les opérations au sol.
- la reconnaissance,
- le combat,
- l’appui au combat,
- le soutien aux opérations.
Dans les opérations aéromobiles, le feu, les forces, les
équipements et les ravitaillements sont rapidement portés
sur l’ennemi ou sur un lieu prévu, même sur de grandes
distances. Ceci permet une mise en place et un déplacement
rapide des centres de gravité, de surmonter des crises et de
profiter des succès.
Comme les forces aériennes, les alliés et l’aviation civile,
l’Armée de terre utilise l’espace aérien avec ses propres
hélicoptères ou vecteurs aériens.
Les forces aéromobiles de l’Armée de terre sont
composées :
- des unités aéromécanisées et des unités de transport de
l'aviation légère de l’Armée de terre,
- des troupes aéroportées,
- des unités aérotransportables provenant des bataillons
de chasseurs et chasseurs alpins.
Lorsque des unités appartenant à d’autres armes doivent
être transportées par voie aérienne, elles ne peuvent
Afin de réduire au maximum les dangers, les mouvements
des troupes aéromobiles se font en coordination avec la
défense antiaérienne, l’artillerie et les mortiers. Il en va de
même pour l’engagement de l’Armée de l’air, à coordonner en
particulier avec la défense antiaérienne.
Il est difficile de mettre en place un soutien au combat qui
soit à la fois durable et efficace pour les forces aéromobiles.
Ce soutien doit se faire au moyen d’hélicoptères, et il
implique beaucoup de moyens de transport aérien lorsque
les opérations sont de plus grande ampleur.
Le temps passé par les hélicoptères dans la zone des
engagements se réduit avec l’augmentation de la portée de
l’opération aéromobile. Elle peut être prolongée par l’apport,
en temps opportun, de soutien au combat apporté par voie
terrestre.
La parfaite coordination de l’engagement de toutes les
forces doit être assurée par une organisation de
commandement adaptable et par la liaison des systèmes
d’information et de commandement. Les opérations
aéromobiles de plus grande ampleur doivent être approuvées
en même temps que les plans de l’Armée de l’air, à un niveau
plus élevé.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.42
Foreign Studies
THE
AIRBORNE OPERATIONS
IN THE GERMAN ARMED FORCES
by colonel BELDE,
German liaison officer to the CDES1
The national concept for airborne operations
(fundamentals)
The fundamentals for the commitment of airmobile operations
(Luftbewegliche), that include both air- mechanized
(Luftmechanisierte) and airborne (Luftlande) operations, are
defined in the HDv document 100/100, chapter 35. They have
been approved by the allied nations and by the other German
Services.
General principles
Air mobility makes possible to use the air space for:
The Air Force and, if need be, the Navy and the Naval
Aviation support the Army larger airmobile operations by
handling transportation and combat support tasks. Air
superiority in the engagement zone, limited within time,
is usually a necessary condition to the success of
airmobile operations.
The Army can support Air Force, Navy, and Naval
Aviation operations with airmobile operations. The aeromechanized forces and the Special Forces can take part
in suppressing the enemy air defenses, and in deep denial
operations.
The perfect use of air mobility sets heavy constraints on
the command structure as on the men. It is necessary to
permanently synchronize airmobile and ground
operations.
- command/command support,
- reconnaissance,
- combat,
In order to minimize the risks, moving airmobile troops is
coordinated with Air Defense, Field Artillery, and
mortars. It is the same for Air Force commitment that is
to be coordinated with Air Defense in particular.
- combat support,
- combat service support in operations.
In airmobile operations, fires, forces, equipments, and
supplies are quickly delivered over the enemy or in a
planned location, even with large distances. It makes
possible to swiftly position and move the gravity centers,
to overcome crises, and to take advantage of successes.
Similarly to the Air Forces, the Allies, and the Aviation,
the Army makes use of the air space with its own
helicopters or its air vectors.
The airmobile forces of the Army are made up of:
- the Army Aviation aero-mechanized and trans-
portation units,
- the airborne troops,
- the air transportable units from mechanized Infantry
and Mountain Infantry " jäger " battalions.
When units from other army branches have to be airlifted, generally they cannot keep their main pieces of
equipment thus limiting their combat efficiency.
It is difficult to position a lasting and efficient combat
service support to the airmobile forces. Helicopters must
achieve this support; it implies a lot of air transportation
assets when dealing with large-scale operations.
The time spent by helicopters in the area of operations
is reduced when the range of the airmobile operation is
increased. It can be extended by bringing in by land some
combat support means in due time.
A total coordination of the commitment of all forces
should be ensured by an adjustable command and
control organization and through linking the information
and command systems. Large-scale airmobile operations
should be approved at the same time as the Air Force
plans, at a higher level.
1 French Army Doctrine and Higher Military Education Command (Translator's
note)..
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.43
Etranger
Les opérations aéromécanisées
Les forces aéromécanisées (hélicoptères de combat) se
battent dans les airs et à partir des airs soit dans le cadre
d’opérations aéromobiles autonomes et se déroulant sur de
grandes distances, soit en appui des forces au sol ou des
forces aéroportées et de l’infanterie aérotransportable
pendant et après une opération aéroportée.
Les opérations aéroportées
Dans les opérations aéroportées, on engage
• des unités aéroportées ou d’infanterie, en les déposant
au sol, si possible dans leur organisation de combat
prévue, dans leur zone d'engagement ou à proximité de
cette dernière au moyen d’hélicoptères ou d’avions de
transport
Les opérations aéroportées peuvent s’adapter à tous les
types de combat, jusqu’au niveau de la grande unité. Elles
sont particulièrement adaptées à la production d’un effet
de surprise sur l’ennemi, et à l’obtention de la victoire malgré
une infériorité numérique.
A l’exception des compagnies de parachutistes légères
mécanisées, les unités aéroportées sont peu mobiles une
fois au sol. Elles sont vulnérables et n’ont qu’une force de
frappe limitée. Une fois qu’elles sont en place, il est difficile
de les retirer. En s’appuyant sur des hélicoptères
immédiatement disponibles, il est possible d’améliorer leur
mobilité.
C’est la raison pour laquelle le commandant de l’opération
doit décider de la mise en œuvre d’une opération
aéromobile uniquement lorsque :
ou
• des parachutistes en les larguant.
- les objectifs ne peuvent pas être atteints par d’autres
forces, ou qu’ils ne le seraient pas en temps utile,
- les faiblesses des troupes aéroportées sont compensées
par l’effet de surprise sur l’ennemi ou les caractéristiques
du terrain,
L’objectif des opérations aéroportées peut être :
- les unités aéroportées peuvent être renforcées, retirées,
remplacées ou relevées par d’autres unités,
- les moyens d'appui au combat nécessaires sont garantis,
- de se porter sur des zones importantes du terrain, de s’en
emparer et de les tenir, afin de créer les conditions
favorables à la poursuite du combat par d'autres forces,
notamment des forces blindées,
- de mener des coups de main et des opérations
spécialisées,
- d’évacuer ou de mettre en sécurité du personnel ou du
matériel menacés,
- de mener des opérations de déception.
- il y a suffisamment de temps pour la planification et la
préparation de l’opération.
Les résultats de la reconnaissance, provenant des
échanges d’informations doivent le plus souvent être
complétés par les renseignements de situation recueillis par
les troupes aéroportées. Cette reconnaissance s’étend aux
voies d’approche, aux zones d’atterrissage et aux zones
d’atterrissage de dégagement, ainsi qu’à la capacité à
engager le combat immédiatement après le poser.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.44
Foreign Studies
- to achieve hit and run as well as specialized operations,
Air-mechanized operations
- to evacuate or to secure at risk personnel or
Air-mechanized forces (attack helicopters) fight in and
from the air either in the framework of long-range
autonomous airmobile operations, or in support of
ground or airborne forces and of the air-transportable
infantry during and after an airborne operation.
equipment,
- to carry out deceptive operations.
The airborne operations can fit any kind of
combat, up to a major formation level. They
are particularly suited to surprise the
enemy, and to win despite a strength
inferiority.
With the exception of the light mechanized
parachute companies, airborne units are
not so mobile once landed. They are
vulnerable and get a limited strike
capability only. Once positioned, it is
difficult to withdraw them. With the
support of the immediately available
helicopters their mobility can be enhanced.
That is the reason why the operation
Commander must make the decision of
carrying out an airmobile operation only if:
- the objectives cannot be reached by other
forces, or not in due time,
- the weaknesses of the airborne troops are compen-
Airborne operations
sated for by a surprise effect on the enemy or by the
terrain features,
Are committed in airborne operations:
• Airborne or Infantry units, by landing them, as far as
possible in their normal combat task organization, in
their engagement area or next to it by means of
transport helicopters or aircraft.
- the airborne units can be reinforced, withdrawn,
replaced, or relieved by other units,
- the necessary combat support assets are guaranteed,
- there is sufficient time for planning and mounting the
or
operation.
• dropped paratroopers
The aim of airborne operations could be:
- to go to important key areas, to seize and to hold them,
with the purpose of creating favorable conditions to
the continuation of combat by other follow-on forces,
notably armored.
The reconnaissance results, coming from information
exchange most often have to be supplemented by current
local intelligence collected by the airborne troops. That
reconnaissance is extended to the axes of approach, to
the main and alternate landing areas, as well as to the
capability to get into combat action immediately after
landing.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.45
Etranger
La liaison avec les autres forces déjà engagées à proximité
de la zone d’atterrissage est particulièrement importante.
La reconnaissance et l’information ne doivent en aucun cas
mettre en danger l’effet de surprise sur l'ennemi.
Les opérations aéroportées doivent, en règle générale, être
soutenues par l’Armée de l'air. Ses tâches peuvent
comprendre :
- le transport aérien,
- la création de la supériorité aérienne pendant le vol et au
moment de l'atterrissage,
- la neutralisation de la défense antiaérienne ennemie,
- l’appui aérien rapproché pendant l’atterrissage et le
combat qui s’ensuit,
spécialisées ". Avec le nouveau commandement des forces
spéciales, elles forment la division des opérations
spécialisées. Dans cette division se trouvent donc
concentrées les capacités de commandement des
opérations aéroportées. La division a adapté sa
planification pour les engagements aux fondements
conceptuels, aux conditions des missions et aux forces
disponibles, et elle en a déduit des procédures et des
hypothèses d’engagements.
La division des opérations spécialisées (DSO) est la grande
unité de l’Armée de terre allemande dont les forces doivent
assumer les quatre missions opératives suivantes
(opérations spécialisées), comprenant les missions des
forces spéciales :
- l’isolement des forces ennemies dans la profondeur.
• la conduite d’opérations d’évacuation ;
Dans le cas des opérations aéromobiles se déroulant à
proximité des côtes, les forces navales peuvent également
apporter un appui direct au moyen de tirs à partir des
bâtiments.
• la conduite d’opérations de protection et de combat
contre des forces non-régulières ;
En plus de l’appui au combat propre aux unités aéromobiles,
les unités aéroportées comptent le plus souvent sur l’appui
des autres armes de l’Armée de terre. Les unités
aéromécanisées sont particulièrement adaptées à cette
mission. L’appui des troupes aéroportées doit être réglé
avec et dans l’espace de transport aérien pour le transport
des blessés et le repli d’urgence. Les véhicules et matériels
lourds doivent être acheminés le plus rapidement possible.
Afin de planifier et de préparer une opération aéroportée, et
plus particulièrement afin de régler l’interaction de toutes
les forces, le commandant de l’opération met généralement
sur pied un état-major d’engagement aéromobile, dans
lequel tous les états-majors impliqués sont représentés.
Cet état-major met au point le plan d’opération, qui servira
de fondement aux ordres du commandant. Pour des
opérations aéroportées de plus grande ampleur, avec des
avions de transport appartenant à l’Armée de l’air, on verra
le plus souvent la création d'un groupement interarmées,
généralement placé en soutien du commandant des troupes
aéroportées. Si aucune disposition contraire n’a été prise,
ce dernier est responsable de la planification et de la
conduite de l’opération, ainsi que de la préparation du
chargement, du déchargement et de la conduite des troupes
après leur arrivée au sol.
Les missions, l’organisation et l’emploi de la
division des opérations spécialisées
• la conduite d’opérations préliminaires et de désengagement rapides ;
• dans le cadre de la protection de l’Alliance, la participation
aux opérations dans la profondeur.
La division des opérations spécialisées doit être en mesure
d’assurer :
• deux opérations géographiquement indépendantes se
déroulant simultanément dans la zone de crise
recouvrant le bassin méditerranéen, le Proche-Orient, le
Moyen-Orient et la mer caspienne, dans le cadre de la
prévention ou de la résolution de crises,
• une opération d’évacuation, n’importe où dans le monde.
La division des opérations spéciales doit être une grande
unité intégralement aéroportée, c’est-à-dire que tout ce qui
peut être engagé doit pouvoir être transporté par voie
aérienne grâce aux moyens de transport aériens disponibles.
La norme employée est toujours l’avion de transport C160.
Un certain nombre d’éléments doivent pouvoir être
transportés en CH-53, et les unités à engager doivent
pouvoir être parachutées.
Après l’atterrissage, les unités engagées doivent être
motorisées, afin :
• d’être mobiles lors de la conduite des opérations,
Les missions
• d’être efficaces,
L’Armée de terre allemande a réorganisé les anciennes 31e et
26e brigades aéroportées, pour en faire des " forces
• d’être capables de durer.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.46
Foreign Studies
The liaison with other forces already committed next to
the landing zone is very important.
Reconnaissance and information collection never might
jeopardize the surprise effect on the enemy.
As a general rule, the airborne operations have to be
supported by the Air Force. Its tasks can include:
- air transportation,
- build up of air superiority during the flight and for
landing,
- suppression of the enemy air defenses,
-close air support for the landing and for the combat to
follow,
from them. Along with the new Special Forces command,
they constitute the specialized operations division. In
that division are then concentrated all command
capabilities for airborne operations. The division has
adapted its commitment planning method to the
conceptual bases, to the conditions of the missions, and
to the available forces, and it has deduced from there
commitment procedures and possible courses of action.
The specialized operations division (SOD) is the German
Army major formation, which forces have to take on the
following four operational tasks (specialized operations)
that include the Special Forces’ missions:
• controlling evacuation operations;
- isolation of enemy forces in the depth.
• controlling protection and combat operations against
In case of airmobile operations carried out next to the
coasts, the naval forces also can provide direct support
with fires from the ships.
In addition to the combat support specific to airmobile
units, the airborne units most often rely on support from
the other Army branches. The air-mechanized units are
especially well fitted to this mission. Supporting airborne
troops should be regulated with and in the space
dedicated to the air transportation of casualties and to
emergency withdrawal. Vehicles and heavy equipments
should be forwarded as soon as possible.
To plan and prepare for an airborne operation, and more
specifically to set the interaction rules for all the
committed forces, the operation Commander usually
establishes a contingency HQ for the airmobile
commitment, in which all concerned staffs are involved.
This HQ works out the operation plan that will be used as
a basis for the commander's orders. For larger scale
airborne operations, with Air Force transport aircraft;
most often a joint task force will be set up, usually acting
in support of the airborne troops’ commander. If no
contrary step has been taken, this one is responsible for
planning and conducting the operation, as well as for the
preparation of the loading and unloading, and for
commanding the ground forces after landing.
non-regular forces;
• controlling quick preliminary and withdrawal operations;
• within the framework of NATO Alliance protection ,
participating in deep operations.
The specialized operations division must be up to carry
out
• two geographically independent missions taking place
at the same time in the crisis area that covers the
Mediterranean Basin, the Near-East, the Middle-East,
and the Caspian Sea, in the framework of crisis
prevention or resolution.
• one evacuation operation wherever in the world.
The specialized operations division has to be a fully
airborne major formation, i.e. all that is likely to be
committed must be able to be air-lifted with the air
transportation assets available. The current standard is
still the C 160 cargo aircraft.
A number of elements have to fit a CH-53 lift, and the
units to be committed must be droppable.
The missions, the organization, and the After landing, the committed units have to be motorized
employment of the specialized operations in order:
division
• to be mobile during the conduct of the operations,
The missions
• to be efficient,
The German Army has reorganized the former 31st and
26th airborne brigades, to make " specialized forces "
• and to be able to last.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.47
Etranger
L’efficacité opérationnelle dans le cadre des opérations
spécialisées ne peut être obtenue que par l’intégration dans
l’Armée de terre, avec les forces spéciales et avec les autres
armées.
Les unités de la division des opérations spécialisées doivent
être équipées pour des engagements de jour comme de nuit,
sous tous les climats, même sans installations fixes.
Les engagements de la division des opérations spécialisées
se déroulent principalement en temps de paix, et les règles
d’engagement et le respect du droit humanitaire sont donc
décisifs pour l’engagement. Ceci a des conséquences sur
l’équipement et l’armement aussi bien que sur
l’entraînement.
• la 310e compagnie de reconnaissance aéroportée,
• la 270e compagnie du génie aéroporté,
• la 4e compagnie de transmissions,
• l’unité de quartier général de la division des opérations
spécialisées,
• la 200e compagnie de reconnaissance lointaine et la 310e
compagnie de reconnaissance aéroportée qui ne sont
subordonnées à la division que pour les engagements.
L’emploi de la division
L’organisation de la division
Afin de mener ses missions à bien, la division des opérations
spécialisées dispose d’environ 8 000 hommes.
Pour les opérations spécialisées, il est généralement
nécessaire de faire appel à d’autres compétences
spécifiques, dont ne disposent pas les unités organiques de
la division des opérations spécialisées. Le concept d’emploi
de la division des opérations spécialisées prévoit à cet effet
la création de " modules pour les
opérations spécialisées ". Le noyau de ces
modules est mis sur pied à partir d’un
dispositif défini par la division des
opérations spécialisées, dépendant de la
situation et de la mission, mais il doit être
renforcé par des capacités spécifiques
détenues par des unités appartenant à
d’autres domaines d’organisation.
On voit ici un exemple de module pour les
opérations spécialisées. Ce sont les unités
spécialisées de la division des opérations
spécialisées qui en forment le noyau.
Pour les soutenir, des unités d’appui au
commandement, des forces spéciales et
du service de santé sont mises en place.
Sont subordonnés à la division :
• les 26e et 31e brigades aéroportées, comprenant chacune
2 régiments parachutistes et un régiment d’appui
aéroporté,
Si on les compare aux opérations
aéroportées classiques (Normandie,
Arnhem), les procédures au sol demeurent
inchangées, mais les hélicoptères et la
qualité des parachutes ont pris une
dimension toute particulière. Avec les
forces aérotransportables que l’on peut
engager à l’avant, seules les opérations aéroportées dans le
cadre de l'Alliance, conduites dans le cadre de grandes
unités, peuvent être efficaces et prometteuses. Au vu de la
réduction des effectifs de l’infanterie, notable dans toutes
les armées, les forces à haute réactivité, pouvant être
rapidement engagées, surtout sur de grandes distances,
sont d’une importance prépondérante, et même accrue ◗
• le commandement des opérations spéciales et, en tant
qu’élément organique divisionnaire, la 200e compagnie de
reconnaissance lointaine,
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.48
Foreign Studies
Operational efficiency in the context of
specialized operations can only be
gained through integration within the
Army, with the Special Forces and with
the other Services.
The units of the specialized operations
division have to be equipped for combat
by day and night, under any climate,
and even without hard facilities.
The commitments of the specialized
operations division mainly occur in
peacetime, the ROE and respect for
human rights law are decisive factors
for the engagement. It has some
consequences for armaments and
training.
The division organization
To successfully carry out its missions,
the specialized operations division is
about 8,000 men strong.
Subordinate to the division are:
• the 26th and 31st airborne brigades, each one including
2 airborne battalions and one airborne support
battalion,
• the special operations command, and as a division base
element, the 200 th long range reconnaissance
company,
The core of those modules is established from a system
defined by the specialized operations division, depending
on the situation and on the mission, however it has to be
reinforced by specific skills proper to units pertaining to
other organization fields.
Here is an example of a module for specialized operations.
The core of it being SOD specialized units.
To support them, command support units, Special
Forces, and medical units are deployed.
• the 310 airborne reconnaissance company
• the 270 airborne engineer company,
• the 4th Signal company,
• the specialized operations division HHC,
• the 200th long range reconnaissance company and the
310th airborne reconnaissance company are subordinated to the division only for commitment .
The division employment
If compared to the conventional airborne operations
(Normandy, Arnhem), ground procedures are unchanged,
but helicopters and the performance of parachutes are
now more significant. With the air transportable forces
that can be committed forward, only airborne operations
within NATO, carried out in a major formation framework,
can be efficient and promising. In view of the Infantry
reduction in strength, notable within all armed forces,
high reactivity Forces, with high readiness alert status,
and moreover with a long-range capacity, are
predominantly and even increasingly important ◗
For specialized operations, it is generally necessary to
call in other specific abilities, which the division base
units of the SOD (specialized operations division) do not
get. In this regard, the SOD forces commitment concept
plans for creating " specialized operations modules "
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.49
Etranger
Les opérations aéroportées - La doctrine britannique
par le lieutenant-colonel ATD LERWILL (infanterie légère)
Officier de liaison britannique auprès du CDES
Depuis leur création lors de la 2e Guerre Mondiale, les
forces aéroportées ont apporté au Commandement plus de
souplesse d’emploi grâce à leur allonge et à leur capacité de
réaction rapide. La seule menace de leur engagement peut
forcer l’ennemi à hypothéquer des troupes pour contrer cette
menace. Les troupes aéroportées ont une organisation
spécifique et sont spécialement entraînées pour remplir leur
mission, mais elles sont dotées d’équipements légers et ne
disposent que d ’appuis feu limités et d’une mobilité réduite.
Leur capacité à poursuivre les opérations après l’assaut
initial dépend du rythme des ravitaillements par voie
aérienne, de leur capacité à s’emparer d’un point d’entrée ou
d’effectuer une jonction avec une force terrestre. Les
Allemands avaient identifié ces restrictions lors de leur
assaut sur la Crète (1941), amenant par la suite le Haut
Commandement allemand à employer les unités parachutistes
dans un rôle purement terrestre. De la même façon,
l’opération MARKET GARDEN (1944) avait battu de l’aile
en raison de l’incapacité d’assurer avec précision des
ravitaillements par voie aérienne à l’intérieur de périmètres
de plus en plus petits, condamnant ainsi fatalement toute
jonction avec les forces terrestres. Les opérations
aéroportées conduites lors de la crise de Suez (1956) ont
souligné les difficultés de manœuvre une fois à terre et les
difficultés d’ extraction de la Force pour des opérations
ultérieures. En conséquence, les forces aéroportées ont été
perçues comme un outil à employer au niveau opérationnel et,
pour cette raison, conservées au niveau du corps d’armée.
endant la Guerre Froide, les forces
aéroportées n’ont pas été employées dans leur
rôle principal. Elles se sont retrouvées le plus
souvent déployées comme de l’infanterie
conventionnelle – en Irlande du Nord et aux Malouines
–et progressivement les hélicoptères ont commencé à
offrir au Commandement des capacités d’allonge et de
réaction rapide. A présent, les unités d’hélicoptères
donnent au Commandement une plus grande souplesse
d’emploi aux niveaux tactique et opératif tout en étant
P
plus viables en raison de leur puissance de feu et de leur
polyvalence. L’arrivée de l’hélicoptère d’attaque, Apache,
a permis de développer cette capacité grâce à la force
de manœuvre aérienne créée à partir de la fusion des
brigades aéromobile et aéroportée. La nouvelle
formation, la 16e brigade d’assaut, sera capable de
remplir les fonctions essentielles, à savoir trouver, fixer
et frapper, dans le cadre opérationnel des opérations
dans la profondeur, au contact ou sur les arrières ; elle
aura une part essentielle dans la poursuite des
opérations dans la profondeur. Elle deviendra aussi un
moyen de plus en plus important pour saper la volonté
et la cohésion de l’ennemi par l’attaque de ses moyens
d’action de précision dans la profondeur, par sa
capacité à poursuivre les opérations et par des
systèmes clefs de C2ISR (Commandement, Contrôle,
Renseignement, Surveillance et Reconnaissance). La
doctrine émergente traitant de la manœuvre aérienne
donnera au commandant de la composante terrestre
(LCC) la capacité d’accroître sa zone d’Influence et par
là-même sa zone d’opérations. Pour cette raison, la
manœuvre aérienne est élaborée en tant que capacité
d’effort principal concentrée sur les actions de combat
et taillée pour porter l’effet décisif exactement comme
l’était auparavant l’emploi des unités aéroportées.
Bien que les hélicoptères d’attaque soient au cœur de
la manœuvre aérienne, un potentiel de combat encore
plus important est offert par l’intégration de l’infanterie
d’assaut par air, des éléments d’appui et de soutien
ainsi que des moyens interarmées indispensables. Parmi
les autres missions possibles, les forces de manœuvre
aérienne seront bien adaptées pour agir en tant
qu’élément précurseur d’une formation plus importante
en prenant le contrôle de points d’entrée, d’itinéraires et
de zones de regroupement. Ces tâches nécessiteront de
l’infanterie et l’ensemble du concept de manœuvre
aérienne recouvreune gamme d’opérations faisant
actuellement référence aux opérations de livraison par
air, aéroportée, aéromobile, aéromécanisée et
d’assaut vertical. Les unités aéroportées restent
indispensables pour conduire avec succès ces
opérations.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.50
Foreign Studies
Airborne operations - British doctrine
by lieutenant-colonel ATD Lerwill (Light Infantry)
British Liaison Officer to the Doctrine and Higher Military Education Command (CDES)
Since their conception during World War 2, Airborne
Forces (AB) have given Commanders flexibility by
virtue of their reach and responsiveness. The very
threat of their use may cause the enemy to earmark
forces to counter the threat. They are uniquely
organised and specially trained for the role, but are
lightly equipped and have limited Fire Support and
ground mobility. Their capability to sustain operations
after the initial assault is governed by the rate of air
resupply, their ability to seize a port of entry or to
effect a link-up with a Ground Force. The Germans
identified these limitations during their assault on
Crete (1941) causing the German High Command,
thereafter, to use Parachute Units in a purely ground
role. Similarly, Operation MARKET GARDEN (1944)
floundered on the inability to ensure air resupply
accurately within diminishing perimeters and fatally to
effect Ground Force link up. The Airborne Operations
conducted during the Suez Crisis (1956) underlined
the difficulties of manoeuvre once on the ground and
Force extraction for subsequent operations. Airborne
Forces, therefore, came to be seen as a tool at the
Operational level of warfare and, accordingly, retained
at the Corps level.
D
uring the Cold War, AB forces were not
used in their primary role. They found
themselves more often deployed as
conventional infantry – in Northern
Ireland and the Falklands - and gradually the
Helicopter Arm started delivering Reach and
Responsiveness to the Commander. Helicopter forces
now increased the Commander’s flexibility at both
tactical and operational levels as well as being more
sustainable, having greater firepower and being multi
task capable. The arrival of the Attack Helicopter
(AH), Apache, has seen this capability developed into
an Air Manoeuvre Force granted the resources by
merging the Air Mobile and Airborne Brigades. The
new formation, 16 Air Assault Brigade, will be
capable of conducting the core functions of finding,
fixing and striking, throughout the operational
framework of Deep, Close and Rear operations; it will
be especially significant in the prosecution of deep
operations. It will also become an increasingly
important means of attacking the enemy’s will and
cohesion through attack of long-range precision
attack assets, the ability to sustain operations and
key C2ISR (Command, Control, Intelligence,
Surveillance & Reconnaissance) systems. The
emerging Air Manoeuvre doctrine will provide the
Land Component Commander (LCC) with an ability
to increase his Area of Influence and hence his Area
of Operations. Accordingly, Air Manoeuvre is being
developed as a Main Effort Capability focused on
warfighting and shaped to deliver decisive effect just
as previously the use of airborne units were designed
to do.
Although AH is key to Air Manoeuvre, greater
potential arrives from integration with Air-Assault
infantry, Combat Support (CS) and Combat Service
Support (CSS) elements and essential joint assets.
Amongst other missions, Air Manoeuvre forces will
be well suited to act as an advance party for a larger
formation such as securing ports of entry, routes and
concentration areas. These tasks would require
infantry and the overall Air Manoeuvre concept
embraces a range of operations currently referred to
as Air-Delivered, Airborne, Airmobile, Air-Assault
and Air-Mechanised. Airborne units remain
essential to successfully conduct these operations.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.51
Etranger
Pour cette raison, les troupes aéroportées ont
l’obligation de maintenir une capacité opérationnelle
pour la totalité du spectre des opérations possibles.
Cette obligation impose à son tour une doctrine. Bien
que peu de choses aient évolué depuis la révision limitée
effectuée en 1981, la doctrine britannique actuelle définit
les opérations aéroportées comme étant " une
opération impliquant le mouvement par air de forces
de combat et de moyens de soutien logistique à
l’intérieur d’ une zone d’objectifs " (AAP-6).
Lors de la phase d’assaut d’une opération, les forces
aéroportées peuvent être introduites dans la zone par
parachutage, au cours d’une opération aéroterrestre ou
par une combinaison des deux (Air et Terre), soit sur
l’objectif lui-même ou sur des zones adjacentes de
largage, de poser ou de terrains d’aviation. La force de
combat peut être autonome pour des opérations de
courte durée ou nécessiter des appuis et des soutiens.
Il est à noter que le succès des opérations aéroportées
dépend d’une planification interarmées et d’une
protection du secret absolue pour obtenir l’effet de
surprise. Elles peuvent être engagées de manière
indépendante ou en liaison avec les forces opérant sur le
terrain afin de préparer, accélérer, compléter ou étendre
leur action. Une limitation d’emploi est parfaitement
reconnue : elles ne sont réalisables que si l’on dispose de
la supériorité aérienne.
Capacités
Les forces aéroportées sont utilisées pour les
opérations dans la profondeur et sont capables de
frapper les centres de gravité ennemis. Pour atteindre
cet objectif, elles doivent être capables d’utiliser la voie
aérienne pour se déployer rapidement sur des distances
importantes afin de s’affranchir des obstacles et, ce qui
est plus important, pour aller au-delà de la ligne des
contacts (FLOT). Leur mérite est d’obtenir la " surprise
opérationnelle " en masquant l’intention véritable de
l’opération. La menace même de leur emploi entraîne un
effet psychologique important contraignant le
Commandement ennemi à garder suffisamment de
forces en réserve pour contrer leur déploiement. Enfin,
elles doivent être capables de se déployer comme de
l’infanterie conventionnelle.
Les opérations aéroportées seront montées par le
bataillon parachutiste désigné, dénommé groupement
tactique parachutiste (Air Borne Task Force - ABTF).
Cette force se compose du bataillon lui-même appuyé
par une batterie d’artillerie et une unité du génie, et
renforcé par deux équipes chirurgicales de l’avant et une
section logistique. Pour transporter le groupement
tactique parachutiste, la Royal Air Force fournit 15
avions de transport Hercules C-130 dont un est dévolu
au groupe d’orienteurs-marqueurs et cinq ou six
réservés pour les largages des charges lourdes. Le reste
des appareils transportera le gros de la Force vers la
zone d’objectifs. Ces appareils seront chargés avec leurs
armements d’appui (antichars, mortiers et défense solair) arrimés sur la rampe d’accès pour sortir en premier
et arriver sur la zone de largage en même temps que
chaque " stick ", assurant ainsi une capacité opérationnelle totale dans les plus courts délais. Le
groupement tactique parachutiste est en permanence
prêt à faire mouvement sur préavis de 5 jours.
Le groupe d’orienteurs-marqueurs sera au préalable
discrètement inséré dans la zone (éventuellement par
dérive sous voile) pour marquer la zone de largage ou de
poser et recueillir les renseignements sur la situation
locale essentiels pour la planification de l’opération. La
taille de l’appui feu disponible sera fonction de la
capacité d’emport aérien, bien qu’en fonction du
scénario, de l’artillerie LRM ou des feux de la Marine
puissent être prévus. Si l’appui de l’artillerie reste limité,
un besoin d’appui spécifique en hélicoptères d’attaque et
en appui aérien offensif (OAS) sera nécessaire. Les
moyens de défense antiaériens, vitaux pour la protection
des points clefs et pour la sécurité des opérations de
recomplètement par voie aérienne, seront inclus dans
l’articulation des forces. Des équipes de guerre
électronique devront être également déployées pour
participer au plan de déception, annihiler les défenses
antiaériennes ennemies et dégrader la capacité de
réaction adverse. Une unité du génie sera nécessaire
pour aider à la construction de terrains d’atterrissage
et pour en réparer les dommages. Le renforcement en
moyens Santé avec deux équipes chirurgicales de l’avant
est justifié par les difficultés d’évacuation des blessés.
Le groupement tactique parachutiste se déploiera avec
72 heures de consommation journalière en munitions : le
soutien logistique ultérieur sera soit planifié, soit à la
demande.
Opérant aux niveaux tactique, opératif ou stratégique
avec pour caractéristique l’audace de leur manoeuvre et
de son exécution, les forces aéroportées peuvent
recevoir pour mission d’exécuter des raids aéroportés
sur les PC, positions d’artillerie, lignes de communications et installations logistiques ennemies dans la
zone des arrières ; elles devront alors saisir et tenir des
points de débarquement et des centres stratégiques
tels que des points-clés ou des zones clefs sur le
terrain jusqu’à ce que la jonction soit opérée;
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.52
Foreign Studies
Therefore, a requirement for Parachute troops to
maintain a capability across the full spectrum of
warfare remains. This in turn requires a doctrine.
Though little has evolved since a limited review
carried out in 1981, current British Doctrine defines
Airborne Operations as “ an operation involving the
movement of combat forces and logistic support
into an objective area by air ” (AAP-6).
During the assault phase of an operation, Airborne
forces may be inserted by parachute, in an Air-Land
operation or by a combination of both, either directly
onto the objective or onto adjacent DZ/LZ or
airfields. The combat force may be self-supporting for
short-term operations or it may require CS/CSS
support. It is noted that success of AB operations
depends on joint planning and strict security to
achieve surprise. They may be initiated independently or in conjunction with forces operating on the
ground in order to prepare, expedite, supplement or
extend their action. A limitation is recognised that
they are normally only feasible under air superiority.
Capabilities
AB forces are a tool of the Deep Operations Battle
and able to strike at an enemy’s Centre of Gravity. To
achieve this they must be capable of movement by air
to deploy quickly over considerable distances in order
to cross obstacles and, more importantly, the Forward
Line of Own Troops (FLOT). Their value, through
masking the true intention of the operation, is to
achieve “ operational ” surprise. The mere threat of
their use provides a strong psychological effect by
forcing the enemy Commander to retain sufficient
forces in reserve to counter their deployment. Finally
they must be capable of conventional infantry
deployment.
AB operations will be mounted by the in-role
Parachute Battalion, known as the Airborne Task
Force (ABTF). This force consists of the Battalion
itself, supported by an artillery battery, and engineer
troop, reinforced (2) Forward Surgical Teams and a
logistic platoon. To deliver the ABTF, the Royal Air
Force commits 15 x C-130 Hercules transports with
one dedicated to the Pathfinder Group and 5 or 6
committed to the heavy drop requirement. The
remainder will transport the Main Body to the
objective area. These aircraft will be “ wedge ”
loaded; that is with Support Weapons (Antitank,
Mortars and Air Defence) loaded on the ramp, will
exit first and be on the DZ simultaneously with each
“ stick ” thereby allowing full operational capability
in the shortest time possible. The ABTF is held at a
constant 5 days Notice To Move.
The Pathfinder Group will be inserted covertly early
on to mark DZ/LZ and to gather local information
that is essential for planning the operation. The airlift
capability will determine the size of fire support
available though, depending on the scenario, Long
Range Rocket Artillery (LRRA) or Naval Gunfire
(NGF) may be available. If artillery support remains
limited, there will be a requirement for dedicated OAS
and AH support. AD assets, vital for the protection of
Key Points and security for air resupply will be
included in the Task Organisation. Electronic
Warfare (EW) troops should also be deployed to aid
the deception plan, suppress the enemy AD and to
degrade the enemy’s capability to react. The engineer
troop will be required to assist in the construction of
airfields and damage repair. The augmentation of
medical services to 2 x FST is in recognition of the
difficulty of casualty evacuation. The ABTF will
d e p l oy w i t h 7 2 h o u r s D a i l y A m mu n i t i o n
Consumption Rates (DACR): follow up logistic
support will either be pre-planned or on-call.
AB operations will be mounted by the in-role
Parachute Battalion, known as the Airborne Task
Force (ABTF). This force consists of the Battalion
itself, supported by an artillery battery, and engineer
troop, reinforced (2) Forward Surgical Teams and a
logistic platoon. To deliver the ABTF, the Royal Air
Force commits 15 x C-130 Hercules transports with
one dedicated to the Pathfinder Group and 5 or 6
committed to the heavy drop requirement. The
remainder will transport the Main Body to the
objective area. These aircraft will be “ wedge ”
loaded; that is with Support Weapons (Antitank,
Mortars and Air Defence) loaded on the ramp, will
exit first and be on the DZ simultaneously with each
“ stick ” thereby allowing full operational capability
in the shortest time possible. The ABTF is held at a
constant 5 days Notice To Move.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.53
Etranger
elles pourront aussi recueillir du renseignement et des
informations, renforcer des troupes encerclées, assurer
une flanc-garde et constituer une réserve de théâtre
pour contrer les opérations ennemies dans la profondeur.
Elles pourront également conduire des opérations
d’interdiction aérienne conçues pour entraver ou
empêcher des opérations ennemies dans des zones
particulières de terrain difficile. Le groupement tactique
parachutiste sera vraisemblablement utilisé comme
unité de réaction immédiate pour une opération
d’extraction de ressortissants nationaux sur court
préavis. A cet égard, le succès de l’action récente de
sauvetage des otages en Sierra Leone constitue un bon
exemple.
Une autre méthode utilisée par les troupes aéroportées
pour s’emparer d’un point de débarquement consiste en
une opération de poser tactique (TALO : Tactical AirLanded Operation). Deux Hercules C-130, chacun chargé
d’un véhicule blindé léger Scimitar CVR(T), d’une Land
Rover équipée radio et d’une section renforcée se
poseront sur une piste d’atterrissage rampe ouverte ;
les véhicules et les troupes débarquent et l’avion redécolle sans arrêter ses moteurs ; immédiatement la
force mise à terre prend le contrôle de points défensifs
afin de permettre aux gros de débarquer. Les moyens
utilisés par cette tactique peuvent être doublés (jusqu’à
quatre C-130) si la piste d’atterrissage le permet.
Toutefois les limites reconnues pour toute opération
aéroportée – dépendance vis-à-vis de la RAF pour le
transport, suppression impérative des capacités de
défense antiaérienne ennemies, conditions météo,
manque d’appuis feu intégrés, viabilité limitée,
renforcements indispensables, mais surtout son
extraction et son redéploiement – laissent à penser que
les futures opérations aéroportées seront conduites
dans des environnements de faible intensité,
relativement bénins, dans lesquels il sera possible de
soutenir, de récupérer, et de réemployer les troupes
engagées. Il est vraisemblable aussi que, au fur et à
mesure que la gamme des conflits évoluera vers un
environnement de haute intensité, les forces
aéroportées seront alors intégrées dans la bataille de
la manœuvre aérienne.
lieu en 1981 constituant la base de la doctrine décrite cidessus. Aujourd’hui, l’Armée de terre britannique a
identifié le besoin de conserver une capacité aéroportée.
A cet effet, et pour rester cohérent avec la pensée
actuelle, les principes régissant l’emploi des forces
aéroportées vont faire l’objet d’une mise à jour dans les
deux années à venir. Les buts poursuivis seront les
suivants :
• Identifier les capacités d’emport aériennes futures
(cellules des aéronefs) ; un exercice de validation sera
conduit en Afrique du Sud plus tard cette année.
• Redéfinir la chaîne de commandement ; placer aux
ordres du commandant des opérations aériennes le
groupe de reconnaissance et les moyens de
destruction des défenses antiaériennes ennemies ;
préciser à partir de quel endroit sera exercé le
Commandement : depuis un PC traditionnel basé à
terre ou d’un PC volant aéroporté ?
• Développer le concept et la doctrine d’emploi des
forces aéroportées ◗
Documents de référence :
A.Manuel de l’Armée de terre, les opérations
combinées 1ère partie, chapitre 8 – Les Opérations
Aéroportées.
B.Bureau Para, Ministère de la Défense, Londres.
C.Poste de Commandement régimentaire du
" Parachute Régiment ".
Conclusions
Bien que la doctrine concernant les opérations
aéroportées n’ait pas évolué en profondeur depuis celle
utilisée lors de la crise de Suez, une révision limitée a eu
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.54
Foreign Studies
The Pathfinder Group will be inserted covertly early
on to mark DZ/LZ and to gather local information
that is essential for planning the operation. The airlift
capability will determine the size of fire support
available though, depending on the scenario, Long
Range Rocket Artillery (LRRA) or Naval Gunfire
(NGF) may be available. If artillery support remains
limited, there will be a requirement for dedicated OAS
and AH support. AD assets, vital for the protection of
Key Points and security for air resupply will be
included in the Task Organisation. Electronic
Warfare (EW) troops should also be deployed to aid
the deception plan, suppress the enemy AD and to
degrade the enemy’s capability to react. The engineer
troop will be required to assist in the construction of
airfields and damage repair. The augmentation of
medical services to 2 x FST is in recognition of the
difficulty of casualty evacuation. The ABTF will
deploy with 72 hours Daily Ammunition
Consumption Rates (DACR): follow up logistic
support will either be pre-planned or on-call.
Operating at the tactical, operational or strategic
levels and characterised by boldness of concept and
execution, AB forces may be tasked to conduct AB
raids on enemy HQs, fire support positions, LoCs and
CSS installations in the rear areas; to seize and hold
ports of entry and strategic centres such as Key Points
and key terrain until link up occurs; collect
intelligence and information, reinforce encircled
forces, provide flank protection and theatre reserve to
counter enemy deep operations. They may also be
tasked to conduct Air Interdiction operations
designed to hinder or prevent enemy operations in
specific areas of difficult terrain. The ABTF is likely to
be used as the immediate response for a National
Extraction Operation (NEO) with a short lead-time.
A good example of this was the recent successful
hostage rescue action in Sierra Leone.
Another AB method of seizing a port of entry is by
TALO (Tactical Air-Landed Operation). 2 x C-130,
each with a CVR(T) Scimitar and FFR Land Rover
and a reinforced platoon embarked will land on an
airstrip with its ramp down; the vehicles and troops
disembark and the aircraft takes off without stopping;
the ground force now secures defensive points in
order to allow the Main Body to land. This tactic can
be doubled up (to 4 x C-130) if the airstrip permits
it.
However, the recognised limitations imposed on any
AB operation - RAF dependant for transport, need to
suppress enemy AD capability, weather, the lack of
sufficient integral fire support, sustainability,
reinforcement and, more importantly, extraction and
redeployment - suggests that future AB operations
are likely to be conducted in relatively benign
environments where troops can be supported, are
recoverable and reusable. It is more likely that, as the
spectrum of conflict moves towards the High Intensity
environment, AB forces will be incorporated in the Air
Manoeuvre battle.
Conclusions
Though Airborne Operations Doctrine has not
profoundly evolved from that used in the Suez Crisis,
a limited review was conducted in 1981 and
underpins the doctrine outlined above. Today the
British Army recognises the need to retain the AB
capability and for this to be coherent with current
thinking, AB policy is to be updated over the next two
years. Its aim will be to:
• Identify the future delivery capability (airframe); a
validation exercise will be conducted in South
Africa later this year.
• Refine the chain of command; under command of
the Air Operations Commander, the Reconnaissance Group, SEAD; will it be commanded from a
traditional ground based CP or an AB CP?
• Develop the concept and doctrine of employment of
AB forces ◗
Reference Documents:
A. Army Field Manual, Combined Operations Part 1
Chapter 8 – Airborne Operations.
B. AB Branch, Ministry of Defence, London.
C. Regimental Headquarters of the Parachute
Regiment.
Objectif Doctrine N° 37 ▼ p.55
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