Les Innocents/ JP Nataf Jean-Philippe Nataf, alias Jipé, naît en 1962

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Les Innocents/ JP Nataf Jean-Philippe Nataf, alias Jipé, naît en 1962
Les Innocents/ JP Nataf
Jean-Philippe Nataf, alias Jipé, naît en 1962 à Boulogne-Billancourt. Son père est
médecin. Il se souvient que dès l’âge de trois ans, il découvre les Beatles avec
« Drive my car ». A cinq ans, il apprend le piano classique, mais cette expérience
tourne court. Entre 12 et 15 ans, il essaye de monter des groupes, avant même de
savoir jouer d’un instrument. Ce n’est véritablement qu’à partir de 15-16 ans, avec la
découverte du punk qui lui donne le courage de faire de la musique, que Jipé se
lance dans l’aventure. Avec son ami Quelu, il fonde Les Privés. Avec eux, il donne
son premier concert dans le foyer du lycée, quelques jours avant de passer son bac.
Le groupe change de nom, s’appelle un temps Cœurs Braqués, puis Polit Bureau
avant de devenir en 1982, Les Innocents, en hommage aux Clash, qui quelques
temps auparavant s’étaient produits sous ce pseudonyme (The Innocents). Il est
constitué de Jipé (chant/guitare), Tramber (guitare), Rico (basse) et Pierre (batterie).
Les Innocents jouent pour la première fois en concert au squat des Cascades dans
le 20e arrondissement de Paris, le 15 mars 1982, avec des groupes punk,
notamment Lucrate Milk. Après cette première expérience, le groupe passe
régulièrement au Gibus en 1983. Jipé continue d’écrire et de composer. Les premiers
morceaux du groupe sonnent très pop/rock et Les Innocents les interprètent avec
énergie sur scène. Jipé à l’époque a comme influences les Clash, les Buzzcoks,
Elvis Costello, les Undertones, mais également bon nombre de chanteurs et de
formations soul. Par contre, il décide de chanter et d’écrire en français.
En 1985, Les Innocents sortent un premier 45 tours auto-produit, « Pamela ». De
1985 à 1987, Jipé accompagne en tant que guitariste Christophe J. Il rencontre à
cette occasion Jay Alanski, deuxième guitariste du chanteur, mais également
producteur (« Banana Split » de Lio, entre autres). Jay Alanski écoute les maquettes
des Innocents. Il apprécie tout particulièrement « Jodie », qu’il décide de produire. Le
groupe l’enregistre au studio Garage dans le 20e arrondissement de Paris. Virgin sort
ce morceau pop/rock en 45 tours, en janvier 1987. En quelques semaines, il passe
sur toutes les radios, et entre au Top 50. Il s’en vendra en tout plus de 150 000
exemplaires. Un an plus tard le groupe sort « Et le temps n’attend pas », qui ne
rencontre pas le même succès. Les Innocents retrouvent la scène, notamment au
Palace à Paris. A cette occasion, ils recrutent Jean-Christophe Urbain (Jean-Chri)
pour tenir les claviers, comme musicien additionnel. Avec le départ de Tramber, il
intègre définitivement le groupe en tant que guitariste et clavier. Il devient avec Jipé,
l’auteur-compositeur du groupe. Pierre Morin, le batteur quitte la formation pour se
lancer dans une carrière solo.
Les Innocents réduits à trois (Jipé, Jean-Chri et Rico), enregistrent à Bruxelles leur
premier album Cent mètres au paradis, entre décembre 1988 et mars 1989. Paru en
mai suivant, ce premier opus propose dix morceaux, pop (« Cent mètres au
paradis », « Saint-Sylvestre », « Miss monde pleure », « Un chien en hiver »…), voire
pop/rock (« En attendant mieux »). Sans batteur, le groupe joue en trio acoustique
pour en assurer la promotion, ainsi que pour une tournée des lycées. En décembre
1989, Les Innocents renouent avec la tradition très anglaise des disques de
chansons de Noël, et sortent un six titres (Saint Sylvestre). Le groupe recrute en
1990, Michael Rushton, batteur anglais établi en France depuis longtemps, ayant
joué notamment avec Baroque Bordello. Après le succès mitigé (16 000 exemplaires)
du premier album, Les Innocents entrent en studio en 1991. Fous à lier paraît en
mars 1992. Ces onze morceaux pop, beaucoup plus acoustiques que ceux du
précédent, bénéficient d’arrangements mêlant cordes et cuivres (« Fous à lier », « un
homme extraordinaire »…). Le premier single, « Mon dernier soldat », reçoit un
accueil mitigé. Les Innocents jouent quitte ou double en se produisant en novembre
1992 au Bataclan, avec un ensemble de cordes et de cuivres. Ils font salle comble. A
partir de janvier 1993, « L’Autre Finistère » envahit les ondes. L’album se vend
finalement à plus de 500 000 exemplaires et reste le plus gros succès du groupe.
Grâce à lui, Les Innocents reçoivent Le Bus d’Acier 1992 du meilleur groupe
pop/rock, le prix de la SACEM et une Victoire de la musique en 1994 en tant que
groupe de l’année. De mars 1994 à juillet 1995, ils enregistrent de nouvelles
chansons. Réalisé par Dominique Blanc-Francard, producteur en 1993 de Mobilis in
Mobile de L’Affaire Louis’ Trio, Post-partum, véritable exemple d’une pop à la
française aux mélodies ciselées, sort en décembre 1995. « Un monde parfait »,
premier single pop néo-psychédélique, proche de certaines compositions du groupe
anglais XTC, reçoit un bel accueil. Pour la première fois Jean-Chri chante sur trois
morceaux, dont « Colore » qui devient un succès. Les Innocents recrutent deux
nouveaux musiciens suite au départ du bassiste Rico, Bernard Viguié à la basse et
Christopher Board aux claviers. Ils se produisent en mai 1996, à La Cigale à Paris,
puis partent en tournée. Ils reçoivent une nouvelle Victoire de la musique au
printemps 1996, dans la catégorie meilleur groupe français.
Après une année de pause, Les Innocents partent en 1999 enregistrer dans les
studios Real World de Peter Gabriel, à Bath en Angleterre. Leur quatrième album,
sobrement intitulé Les Innocents, sort en octobre 1999. Ces treize nouveaux
morceaux pop n’ont cette fois pas été composé en commun. Jipé en signe six (« Une
vie moins ordinaire », « Le cygne », « Petite flamme », « D’Hendaye à Collioure »…)
et Jean-Chri sept (« Sur la terre arrosée », « Les cailloux », « Danny Wilde »…), et
chacun chante ses propres compositions. Ce dernier opus ne recueille pas le succès
escompté. En 2000, Jean-Chri quitte le groupe. Déjà pendant l’écriture de l’album, il
ne se sentait plus en phase, et éprouvait moins de plaisir à ce travail de groupe. De
plus musicalement, il s’était éloigné de Jipé. La tournée prévue le mois d’octobre est
annulée. Jipé ne voit pas l’intérêt de continuer sans Jean-Chri. En mars 2003 paraît
Meilleurs souvenirs, compilation des singles du groupe, et prétexte à l’annonce
officielle de sa dissolution. Entre temps, Jipé a réalisé et composé Toute crue,
l’album de son amie Jil Caplan, sorti au printemps 2001. En juin 2003, il prépare un
premier album solo, tout comme Jean-Chri.
A la fin des Innos, Jipé reste seul pendant un an avec sa guitare, à digérer la
séparation du groupe. Puis il revoit son ami Dominique Ledudal du studio Garage.
Celui-ci lui propose quand il en a envie de venir enregistrer des chansons.
Ponctuellement, quand le studio est disponible, Jipé s'y rend entouré par des amis
musiciens simplement pour faire de la musique. Un projet d'album de reprises est
entamé (non fini à ce jour). Ses amis lui demandent en effet d'écrire des chansons.
Participent à ces sessions selon leur disponibilité : Albin de la Simone (claviers),
Pascal Colomb (guitare, orgue hammond, avec lequel il a fait Toute Crue pour Jill
Caplan), Bertrand Bonnello (claviers, réalisateur entre autres du film Le
Pornographe, de Tiresia...), deux anciens Innocents (Christopher Board : basse et
claviers, Bernard Viguié : basse, ukulele), Philippe Entressangle (batteur des
Valentins, de Silvain Vanot...), Kim Fahy (guitares)... Ils travaillent chaque jour de
14h à 4h du matin, avec comme dogme de faire une chanson dans ce laps de temps.
Jipé termine souvent les textes sur place. Si elle est bonne, ils la gardent, sinon elle
est écartée. Les invités défilent : Fabrice Moreau (batteur de Matthieu Boogaerts...),
Christophe J, Michael Rushton... En juillet 2002, sur la foi de six morceaux terminés,
Vincent Frèrebeau ouvre les portes de son label Tôt ou Tard à Jipé. Plus de sucre,
titre de la dernière chanson enregistrée, sort le 27 avril 2004. Les douze morceaux
mélangent pop (" Tout doux ", " Jean-Philippe ", " Je mange mal ", " Le consentement
" et sa fin très Beatles...) et folk avec guitares jouées en picking (" Mon ami d'en haut
", " Plus de sucre ", " Enveloppe "...). Jipé présente son album sur la scène de la
Maroquinerie les 13 et 14 avril 2004, avec la plupart des musiciens qui y ont
participé. En octobre, il entame une tournée française d'une quinzaine de dates
jusqu'en décembre, avec un passage au Café de la danse à Paris le 25 octobre.
Au printemps 2005, JP Nataf participe à On dirait Nino, hommage à Nino Ferrer et
reprend "Oh ! Hé ! Hein ! Bon !". Il est également présent sur les duos de sa maison
de disques Tôt ou Tard en juin suivant. Il chante et joue de l'orpheum sur "Demain
demain" de Claude Sicre, en compagnie de Mathieu Boogaerts et de Bombes 2 Bal.
Il interprète "Escobar" un de ses titres inédits avec Thomas Fersen et "Luna" des
Têtes Raides, avec Jeanne Cherhal et Bastien Lallemant. Il joue de la guitare sur
"L'échelle de Richter", morceau de Vincent Delerm interprété par Lhasa et ce dernier.
Il chante "Floricanto" en duo avec Agnès Jaoui et "Dithyrambos" avec Dick Annegarn
et Franck Monnet. JP Nataf se produit avec Albin de La Simone aux Francofolies de
Spa le 21 juillet et aux Francofolies de Montréal, début août.
© Le Hall de la Chanson

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