Trouble de déficit de l`attention / hyperactivité (TDAH)

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Trouble de déficit de l`attention / hyperactivité (TDAH)
Trouble de déficit de l'attention / hyperactivité (TDAH)
Tiré du site web : www.passeportsante.net
http://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=trouble_deficit_attention_hyperactivite_pm
Recherche et rédaction : Marie-Michèle Mantha, M.Sc.
Fiche mise à jour le : août 2007
Table des matières
Description médicale .......................................................................................................................................................... 2
Prévalence ........................................................................................................................................................................... 3
Diagnostic............................................................................................................................................................................ 3
Causes ................................................................................................................................................................................. 3
Troubles associés ................................................................................................................................................................ 4
Symptômes ......................................................................................................................................................................... 5
Prévention ........................................................................................................................................................................... 7
Traitements médicaux ........................................................................................................................................................ 7
Médication .......................................................................................................................................................................... 8
La prescription de Ritalin® .................................................................................................................................................. 9
Mise en garde de Santé Canada........................................................................................................................................ 10
Approche psychosociale ................................................................................................................................................... 10
Voici quelques conseils pratiques ..................................................................................................................................... 11
L'opinion de notre médecin .............................................................................................................................................. 13
Sites d’intérêt .................................................................................................................................................................... 14
Références ........................................................................................................................................................................ 16
Trouble de déficit de l'attention / hyperactivité (TDAH)
Le trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) a été décrit cliniquement dès le début du
XXe siècle. Mais ce trouble a probablement toujours existé, d’après les experts. Depuis, il a connu plusieurs
dénominations du syndrome de l'enfant hyperactif (première apparition dans le Diagnostic and Statistical
Manual of Mental Disorders en 1968), en passant par le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans
hyperactivité (1980) et le trouble d'hyperactivité avec déficit d'attention ou THADA (1987).
Aujourd’hui, on utilise les termes déficit de l'attention avec hyperactivité (DAAH), ou trouble de déficit de
l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), adopté en 2000 au Québec, que nous avons retenu pour cette
fiche.
Description médicale
Le TDAH est un syndrome neurocomportemental qui comporte deux ou trois caractéristiques principales :
inattention, hyperactivité et impulsivité. Ces comportements, que l’on peut retrouver chez tous les êtres
humains, doivent être présents de façon prononcée et prolongée chez un enfant pour que l’on soupçonne un
TDAH. Aussi, ils doivent se retrouver dans toutes les circonstances de la vie de l'enfant (pas uniquement à
l’école ou uniquement à la maison, par exemple).
L’hyperactivité et l’impulsivité sont en général plus accentuées chez les garçons que chez les filles.
Chez la vaste majorité des enfants, le TDAH a une origine neurologique. Les experts sont formels à ce sujet : il
n’est pas causé par des besoins affectifs non comblés ou des problèmes psychosociaux.
Il est généralement diagnostiqué vers l’âge de 4 ans à 6 ans. Les enfants qui souffrent de TDAH ont des
comportements difficiles avant leur rentrée à l'école, souvent dès l'âge de 2 ans.
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Prévalence
Il s’agit du trouble neurocomportemental le plus fréquent chez les enfants : de 5 % à 10 % d’entre eux en
seraient atteints. On a longtemps affirmé que sa prévalence était plus élevée chez les garçons. Cependant, les
études les plus récentes ne relèvent pas de distinction entre les sexes.
Le TDAH persiste à l’âge adulte chez la majorité des enfants qui en sont atteints. On estime qu’environ 4 % des
adultes souffrent du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité. Cela dit, il arrive que les symptômes
s’atténuent à l'adolescence. Parfois, le TDAH est diagnostiqué seulement à l'âge adulte.
Diagnostic
Il n’existe pas de test neurologique ou psychologique qui, pris isolément, permet de diagnostiquer la maladie.
Le médecin dresse donc un portrait d’ensemble, qui comprend les symptômes et les résultats à divers tests.
Selon les critères fournis par l’Association américaine de psychiatrie, on doit observer six symptômes ou plus
d’inattention ou six symptômes ou plus d’hyperactivité ou d’impulsivité (voir la section Symptômes). Lorsque
nécessaire, l’enseignant évalue lui aussi le comportement de l’enfant en répondant à un questionnaire, par
exemple, le questionnaire de Conners, qu’il transmet ensuite au médecin, ce qui aide ce dernier à poser un
diagnostic.
Il est important de savoir que :

certains symptômes doivent être présents avant l’âge de 7 ans;

les symptômes doivent se manifester autant à la maison qu’à la garderie (crèche) ou à l’école, bien que
leur intensité puisse varier d’un lieu à l’autre;

les symptômes doivent se manifester depuis au moins six mois.
Causes
Le TDAH est une maladie complexe. Il est rarement possible de découvrir une cause précise.
Les chercheurs ont observé que, chez les enfants ou les adultes atteints du TDAH, les zones cérébrales
responsables de l'attention, du sens de l'organisation et du contrôle des mouvements s’activent
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différemment. Ils ont aussi noté un déséquilibre dans les taux de certains neurotransmetteurs dans le cerveau,
comme la dopamine et la noradrénaline.
Des facteurs héréditaires contribueraient au TDAH chez plus de la moitié des personnes qui en sont atteintes.
En effet, on remarque que la plupart des enfants atteints du TDAH ont au moins un membre de leur famille
qui en souffre aussi. Un tiers des hommes ayant des antécédents de TDAH ont des enfants qui en sont atteints
à leur tour. Lors d’études menées sur de vrais jumeaux, des chercheurs ont découvert que lorsqu’un jumeau
est atteint du TDAH, dans 80 % des cas, l’autre l’est aussi.
D’autres facteurs ont été identifiés. Par exemple, l’exposition à certaines substances toxiques (alcool,
biphényles polychlorés ou BPC, plomb, etc.) durant la vie foetale expliquerait de 10 % à 15 % des cas. Un
manque d’oxygène à la naissance ou d’autres complications liées à la naissance expliqueraient de 3 % à 5 %
des cas. Voir les sections Personnes à risque et Facteurs de risque pour en savoir plus.
Attention. Certains facteurs peuvent occasionner des symptômes semblables à ceux du TDAH. Par exemple,
une situation familiale conflictuelle, une séparation, une incompatibilité de caractère avec un enseignant ou
des conflits avec des amis. Parfois, un problème de surdité peut expliquer un problème d’inattention. Enfin,
d’autres problèmes de santé peuvent provoquer ce type de symptômes ou les amplifier. En discuter avec son
médecin.
Troubles associés
Plusieurs enfants atteints du TDAH ont aussi l’un ou l’autre des troubles suivants.
Trouble oppositionnel avec provocation. Attitude hostile, méfiante et négative devant les figures d'autorité
qui tend à se manifester plus fréquemment chez les enfants impulsifs et hyperactifs.
Troubles de conduite. Comportement antisocial profond qui peut se traduire par le vol de biens, la recherche
du combat et un comportement généralement destructeur envers les humains et les animaux.
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Dépression. Souvent présente, la dépression résulte du rejet que l’enfant vit parce qu’il n’arrive pas à se
contrôler. Il souffre souvent d’une pauvre estime de lui-même. La dépression peut apparaître autant chez
l'enfant que chez l'adulte atteint du TDAH — surtout si d'autres membres de la famille en ont souffert.
Troubles anxieux. Anxiété et nervosité excessives qui s'accompagnent de divers symptômes physiques
(accélération du rythme cardiaque, transpiration, vertiges, etc.).
Troubles d'apprentissage. Environ 20 % des enfants atteints du TDAH ont des retards de développement du
langage et de la motricité fine (écriture) et ont besoin d'une éducation spécialisée.
Symptômes
Les trois principales caractéristiques du TDAH sont l'inattention, l'hyperactivité et l'impulsivité. Elles se
manifestent comme suit, avec une intensité variable.
Chez l’enfant
Inattention

Une difficulté à être attentif de façon soutenue à une tâche ou une activité particulière. L’enfant est
facilement distrait. Cependant, s’il porte un grand intérêt pour une activité, il contrôle mieux son
attention.

Des erreurs de distraction dans les devoirs scolaires, les travaux ou les autres activités.

Une difficulté à commencer et à terminer ses devoirs ou ses autres tâches.

Une tendance à éviter les activités qui nécessitent un effort mental soutenu.

Une impression que l’enfant ne nous écoute pas lorsqu’on s’adresse à lui.

Une difficulté à retenir les consignes, malgré qu’elles soient comprises.

Une difficulté à s’organiser.

La perte fréquente d’objets personnels (jouets, crayons, livres, etc.).
Hyperactivité

Une tendance à remuer souvent les mains ou les pieds, à se tortiller sur sa chaise.

Une difficulté à rester assis en classe ou ailleurs.
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
Une tendance à courir et à grimper partout.

Une tendance à parler beaucoup.
Impulsivité

Une tendance à interrompre les autres ou à répondre à des questions qui ne sont pas encore
terminées.

Une tendance à imposer sa présence, à faire irruption dans les conversations ou les jeux. Une difficulté
à attendre son tour.

Un caractère imprévisible et changeant.

Des sautes d'humeur fréquentes.
Autre symptôme

L’enfant peut être très bruyant, antisocial, voire agressif, ce qui peut générer de l’isolement.
Personnes à risque
Les enfants ayant des antécédents familiaux de TDAH.
Les enfants ayant eu un violent choc à la tête.
Les enfants ayant eu une méningite d’origine bactérienne.
Les enfants nés prématurément. Divers facteurs, dont le poids à la naissance, influenceraient le risque d’être
atteint du TDAH. Les enfants nés prématurément seraient aussi plus sujets aux troubles d’apprentissage.
Un manque d’oxygène au moment de la naissance.
Facteurs de risque
La consommation d’alcool ou de drogues durant la grossesse. Certaines études laissent entendre que l'abus
d’alcool et l’absorption de drogues par la mère durant la grossesse peuvent réduire la production de
dopamine chez l'enfant.
Le tabagisme de la mère durant la grossesse. Le lien n’est pas clairement établi, mais plusieurs études laissent
croire que les femmes enceintes qui fument courent plus de risque d'avoir un enfant atteint de TDAH.
L’exposition aux BPC (biphényles polychlorés), au plomb ou à d’autres substances toxiques durant la vie
foetale. Ces produits ont été abondamment utilisés dans le secteur industriel avant les années 1980. De nos
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jours, leur usage est beaucoup moins répandu en raison de leurs conséquences néfastes sur la santé. Ces
produits s’accumulent dans l’environnement.
Une intoxication au plomb durant l’enfance. Les enfants sont particulièrement sensibles aux effets
neurotoxiques du plomb. Ce type d’intoxication est cependant rare au Canada.
Prévention
Peut-on prévenir?
Il est encore impensable, de nos jours, de prévenir l'apparition du TDAH puisque ses causes sont méconnues.
Dans tous les cas, il est bon de prendre les moyens nécessaires afin de réduire les risques de chocs à la tête, de
méningite et d'empoisonnement aux métaux lourds (notamment le plomb).
Par ailleurs, il est raisonnable de penser que les femmes enceintes donneront toutes les chances à leur futur
enfant en prenant les précautions suivantes : ne pas fumer; ne pas prendre d'alcool et de drogue; éviter
autant que possible l'exposition aux polluants environnementaux.
Mesures pour prévenir les conséquences
Le TDAH se répercute sur la famille, les apprentissages et l’intégration sociale. Rassembler toutes les
ressources pour venir en aide à l’enfant et à sa famille est important. Cela fait en sorte qu’on met toutes les
chances de son côté afin que les conséquences ne s’aggravent pas à l’adolescence et à l’âge adulte (pauvre
estime de soi, dépression, décrochage scolaire, etc.).
Traitements médicaux
Il n’existe pas de traitement curatif. L’objectif de l’intervention est d’atténuer les conséquences du TDAH chez
l’enfant ou l’adulte, c’est-à-dire ses difficultés scolaires ou professionnelles, ses souffrances liées au rejet qu’il
subit souvent, sa faible estime de soi, etc.
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Créer un contexte qui permettra à la personne atteinte du TDAH de vivre des expériences positives fait donc
partie de l’approche préconisée par les médecins, les psychoéducateurs et les orthopédagogues. Les parents
jouent un rôle crucial. En effet, bien que de nombreux professionnels accompagnent l’enfant et la famille, «
les parents demeurent les "thérapeutes" les plus importants pour ces enfants », affirme le Dr François
Raymond, pédiatre.
Il n'est pas facile d'établir un diagnostic de TDAH, car les mêmes symptômes peuvent résulter de troubles
divers en rapport plus ou moins étroit avec le TDAH. Par conséquent, le diagnostic de TDAH reposera sur une
évaluation approfondie de l'enfant et de son milieu de vie.
Le médecin s'intéresse d'abord à son développement psychomoteur. La consultation se fait en présence des
parents qui seront invités à dresser un historique du développement de l'enfant. Des tests psychologiques et
neuropsychologiques peuvent aussi être utiles afin d'évaluer le quotient intellectuel et le potentiel
d'apprentissage scolaire de l'enfant. Ce dernier est finalement interrogé sur ses difficultés actuelles.
Les parents, aidés du médecin et d’autres professionnels, doivent aussi se pencher sur ces questions :

En classe, l’enfant vit-il un problème d’attention ou d’intérêt?

S’agit-il d’un manque de motivation qui se manifeste uniquement durant certaines activités?

S’agit-il d’un enfant agité ou hyperactif?
Médication
Voici les types de médicaments utilisés. Ils ne sont pas toujours nécessaires. En discuter avec son médecin.
Le méthylphénidate (Biphentin®, Concerta®, PMS-Méthylphénidate®, Ritalin®, Rilatine®) est le médicament de
loin le plus employé en cas de TDAH. Il ne traite pas le trouble et n’en prévient pas la persistance à l’âge
adulte, mais il en réduit les symptômes tant que la personne est en traitement.
Paradoxalement, ce stimulant léger du système nerveux central apaise l'enfant, améliore sa concentration
mentale et lui permet de vivre davantage d’expériences positives. On observe souvent une amélioration des
résultats scolaires. Les relations sont aussi plus harmonieuses avec les parents et les amis. Chez certains
enfants, les effets sont spectaculaires.
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En général, on ne prescrit pas de méthylphénidate avant l'âge scolaire. Il arrive néanmoins qu’on l’envisage
chez des enfants plus jeunes.
La dose varie d’un enfant à l’autre. Le médecin l’ajuste en fonction des améliorations observées et des effets
indésirables (des problèmes de sommeil, une perte d’appétit, des maux de ventre ou des maux de tête, des
tics, etc.). Les effets indésirables ont tendance à s’atténuer avec le temps. Si la dose est trop forte, l’enfant
deviendra très calme et il fonctionnera au ralenti. Un réajustement de la dose est alors nécessaire.
Dans la majorité des cas, le médicament est pris deux ou trois fois par jour : une dose le matin, une autre le
midi, et au besoin, une dernière en après-midi. Le méthylphénidate est également offert sous forme de
comprimés à longue durée d’action, à prendre une seule fois par jour, au matin. Il faut savoir que le
méthylphénidate ne crée aucune accoutumance physiologique ou psychologique.
La prescription de Ritalin®
Les médecins prescrivent plus de Ritalin® qu’avant, selon une enquête de Santé Canada. En effet, la
consommation de Ritalin® a augmenté de 500 % de 1990 à 1997, et de 45 % de 1999 à 2004. Un rapport des
Nations unies fait état de tendances similaires à l'échelle mondiale.
D’autres médicaments peuvent être employés, au besoin, comme des dérivés de l’amphétamine (Adderall®,
Dexedrine®). Les effets de l’amphétamine, autant thérapeutiques qu’indésirables, ressemblent à ceux du
méthylphénidate. Certains enfants réagissent mieux à une classe de médicament qu’à une autre.
Un médicament non stimulant, l'atomoxétine (Strattera®), réduirait aussi les principaux symptômes
d'hyperactivité et d’inattention causés par le TDAH. L’un de ses intérêts est qu’il n’influencerait pas la qualité
du sommeil. Il permettrait aux enfants de s’endormir plus rapidement et d’être moins irritables,
comparativement aux enfants qui prennent du méthylphénidate. Il réduirait aussi l’anxiété chez les enfants
qui en souffrent. Enfin, l’atomoxétine peut être une solution de rechange pour les enfants chez qui le
méthyphénidate provoque des tics.
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L'enfant doit être revu de deux à quatre semaines après le début du traitement puis à intervalles réguliers de
quelques mois.
Mise en garde de Santé Canada
Dans un avis émis en mai 2006, Santé Canada affirme que les médicaments pour traiter le trouble de déficit de
l’attention avec hyperactivité (TDAH) ne devraient pas être administrés à des personnes souffrant de troubles
cardiaques, d’hypertension artérielle (même modérée), d’athérosclérose, d’hyperthyroïdie ou de
malformation cardiaque structurelle. Cet avertissement s’adresse également aux personnes qui s’adonnent à
des activités ou à des exercices cardiovasculaires intenses. Les médicaments pour traiter le TDAH ont un effet
stimulant sur le coeur et les vaisseaux sanguins. Le médecin peut cependant décider de les prescrire avec
l’accord du patient, après avoir procédé à un examen médical approfondi et à une évaluation des risques et
des bénéfices.
Approche psychosociale
Diverses interventions aident l’enfant, l’adolescent ou l’adulte à contrôler leurs symptômes. Il existe une foule
de trucs qui aident, par exemple, à améliorer l’attention et à réduire l’anxiété que le TDAH peut engendrer.
Ces interventions incluent :

des consultations avec un psychoéducateur, un orthopédagogue, un psychologue;

une thérapie familiale;

un groupe de soutien;

une formation pour aider les parents à s'occuper de leur enfant hyperactif.
On obtient les meilleurs résultats quand les parents, les enseignants, les médecins et les psychothérapeutes
travaillent de concert.
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Voici quelques conseils pratiques
1. Étant donné que l'enfant hyperactif a des problèmes d'attention, il lui faut des structures claires pour favoriser
ses apprentissages. On doit s'assurer qu'il exécute adéquatement ses tâches. Comme son attention se disperse
facilement, mieux vaut lui confier une seule tâche à la fois. Si la tâche — ou le jeu — est complexe, il est
préférable de la décomposer en étapes faciles à comprendre et à réaliser.
2. L'enfant hyperactif est particulièrement sensible aux stimuli extérieurs. Le fait d'être en groupe ou en présence
d'une personne agitée ou impatiente peut, par exemple, agir comme élément déclencheur.
3. Pour l'exécution des devoirs scolaires et autres tâches diverses, il est recommandé de s'installer dans un endroit
calme où il n'y aura pas de stimuli susceptibles de détourner son attention.
4. Pour les enfants qui ont de la difficulté à s’endormir, certains trucs peuvent aider : inciter les enfants à se
dépenser physiquement durant la journée et, avant le coucher, s’adonner à des activités calmantes, comme de
la lecture. On peut aussi créer une ambiance de détente (lumière tamisée, musique douce, huiles essentielles
aux propriétés apaisantes, etc.). Il peut être bon d’éviter la télévision et les jeux vidéo dans l’heure ou les deux
heures qui précèdent le coucher. Il est souhaitable d’adopter une routine de sommeil.
5. La prise de Ritalin® modifie souvent les habitudes alimentaires de l'enfant. En général, celui-ci a moins d'appétit
au repas du midi et davantage au repas du soir. S’il prend un médicament à longue durée d’action (une dose
unique le matin), il se peut que la faim survienne en soirée. Si c’est le cas, donner le repas principal à l’enfant
lorsque celui-ci a faim. Pour le lunch du midi, privilégier de petites portions d’aliments variés. Au besoin, des
collations nutritives peuvent être proposées.
6. Comme l'enfant hyperactif exige passablement de patience de la part de ses éducateurs, il est important que
ceux-ci reconnaissent leurs limites et qu'ils demandent de l'aide au besoin.
7. L'enfant hyperactif n'a pas la notion du danger. C'est pourquoi il exige généralement plus de surveillance qu'un
enfant normal. Lorsque l'on doit faire garder un tel enfant, il est important de choisir une personne fiable et
expérimentée afin d'éviter les accidents.
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8. La force, les cris et les châtiments corporels ne sont généralement d'aucune utilité. Lorsque l'enfant « dépasse
les limites », mieux vaut lui demander de se retirer dans sa chambre pendant quelques minutes. Cette solution
permet à chacun de retrouver un peu de calme.
9. À force de subir des réprimandes attribuables à leurs troubles de comportement et à leurs gaffes, les enfants
hyperactifs risquent de souffrir d’un manque de confiance en eux. Ce qui ne ferait qu'amplifier le problème. Il
importe de leur montrer à devenir plus efficaces, mais en évitant de souligner leurs erreurs. La motivation et les
encouragements donnent de meilleurs résultats.
10. Une importante étude financée par le National Institute of Mental Health des États-Unis, ayant porté sur 579
enfants, souligne l’utilité d’une approche globale. Les chercheurs ont comparé quatre types d’approches,
employées durant 14 mois : des médicaments; une approche comportementale auprès des parents, de l’enfant
et de l’école; une association de médicaments et d’approche comportementale; ou encore aucune intervention
particulière (c’est-à-dire que les parents trouvent eux-mêmes l’aide médicale, comme ils le font normalement).
11. Le traitement combiné est celui qui a offert la meilleure efficacité globale (habiletés sociales, performances
scolaires, relations avec les parents). Cependant, dix mois après l’arrêt des traitements, le groupe d’enfants qui
avaient reçu les médicaments est celui qui affichait le moins de symptômes.
Pour d’autres renseignements et ressources, consultez le site de l’Institut universitaire en santé mentale Douglas (voir
Sites d’intérêt).
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L'opinion de notre médecin
Dre Ann Graillon, pédiatre
Y a-t-il plus d’enfants atteints qu’avant?
Nous n’avons pas d’études en ce sens. Je crois tout simplement que la maladie est mieux cernée qu’avant.
Cela dit, le style de vie actuel peut faire en sorte que ce trouble dérange plus qu’auparavant. Les familles étant
plus petites, la pression de la réussite augmente sur chaque enfant. Aussi, la société nous demande d’être plus
productifs. On observe donc un peu plus de pression sur les familles pour traiter ces enfants.
Pour un parent, comment différencier un enfant agité d’un enfant hyperactif?
En regardant les symptômes du TDAH, bien des parents vont reconnaître leur enfant. C’est tout à fait normal!
En fait, c’est une question d’intensité. Les symptômes deviennent problématiques à partir du moment où
l’effet sur la qualité de vie de l’enfant est majeur. Aussi, si la moindre petite attente avec l’enfant devient
angoissante pour le parent, à la caisse du supermarché ou au restaurant par exemple, ça peut être un signe.
Chez l’enfant hyperactif, c’est plus fort que lui, il manque de contrôle sur son attention.
Conclut-on trop vite au TDAH?
Il ne faudrait pas. Oui, on prescrit plus de Ritalin® qu’avant, mais je crois que c’est parce que le TDAH est
mieux diagnostiqué et mieux traité qu’il ne l’a été. En fait, le taux de prescription demeure en deçà de la
prévalence de la maladie.
Quelles étapes devraient précéder la prescription d’un médicament pour traiter le TDAH?
Certainement une bonne évaluation médicale. L’usage de questionnaires d’évaluation par les parents et les
professeurs s’avère aussi très utile. Avant de prescrire, il est important de donner tous les renseignements
pertinents sur la médication et d’inviter les parents à s’informer davantage, que ce soit par des lectures ou
encore des groupes de parents, comme l’association PANDA.
Est-ce une médication à vie?
Je dirais que l’enfant devrait en prendre tant qu’il en aura besoin. À mon avis, les années scolaires exigent
énormément d’attention. Il n’est pas rare que les parents et le médecin choisissent de poursuivre la
médication tant que l’enfant fréquente l’école. Par la suite, ce sera très variable d’une personne à l’autre. De
plus en plus d’adolescents me disent que la médication les aide à accomplir leur travail, que ce soit les fins de
semaine ou l’été.
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Sites d’intérêt
Canada
Institut universitaire en santé mentale Douglas
Des renseignements, des trucs pratiques et des conseils, tant pour les parents d’enfants souffrant du TDAH
que pour les adultes qui en sont atteints.
www.douglas.qc.ca
Association québécoise des troubles d’apprentissage
www.aqeta.qc.ca
Attentix à la maison
Ce site Internet, conçu par un psychologue, est destiné aux parents d’enfants de 4 ans à 9 ans ayant un trouble
déficitaire de l’attention avec hyperactivité, ainsi qu’à leurs enseignants. On y trouve une foule de ressources
intéressantes, et un programme visant à favoriser l’attention.
www.attentix.ca
CADDRA
Le Canadian Attention Deficit Hyperactivity Disorder Resource Alliance (CADDRA) est une initiative de
médecins désirant offrir plus de soutien aux parents et encourager la recherche de traitements.
www.caddra.ca
Gouvernement du Québec - Guide à l’intention des parents
Le ministère de la Famille, des Aînés et de la Condition féminine du Québec publie le Guide pour résoudre les
problèmes comportementaux des enfants d’âge préscolaire. Le guide propose des solutions concrètes aux
parents. Par exemple, que faire lorsque votre enfant est agressif, crie, détruit le travail des autres, etc.
www.mfacf.gouv.qc.ca
Les difficultés de l’attention
Le pédopsychiatre québécois Claude Jolicoeur a créé un site très bien documenté intitulé Au-delà des
difficultés de l'attention.
www.deficitattention.info
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Naître et grandir.net
Pour trouver de l'information fiable sur le trouble du déficit de l'attention avec hyperactivité et sur les
traitements appropriés pour les enfants, le site Naître et grandir.net est tout indiqué. C'est un site consacré au
développement et à la santé des enfants. Les fiches sur les maladies sont révisées par des médecins de
l'Hôpital Sainte-Justine de Montréal et du Centre hospitalier universitaire de Québec. Naître et grandir.net,
tout comme PasseportSanté.net, fait partie de la grande famille de la Fondation Lucie et André Chagnon.
www.naitreetgrandir.net
Regroupement des associations de parents PANDA du Québec
Panda est un organisme d'entraide pour les parents d'enfants ayant des troubles de l'attention avec ou sans
hyperactivité. Il a plusieurs bureaux en région. Ce site contient beaucoup de renseignements.
www.associationpanda.qc.ca
Suisse
Association Hyperactif, Autiste
Dans ce site, vous trouverez le questionnaire de Conners
www.hyperactif.org
Association Suisse romande de Parents d’enfants avec Déficit d’Attention et/ou Hyperactivité
www.aspedah.ch
France
Association HyperSupers-TDAH France
http://membres.lycos.fr
Groupes de soutien
Consulter la liste des groupes de soutien Trouble de déficit de l'attention/hyperactivité.
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Références
Collège des médecins de famille du Québec et Ordre des psychologues du Québec. Le trouble déficit de l’attention avec ou sans
hyperactivité : traitements pharmacologiques (mise à jour), juin 2006. Texte accessible : www.cmq.org. [Consulté le 16 mai 2007].
Collège des médecins de famille du Québec et Ordre des psychologues du Québec. Le trouble déficit de l’attention/hyperactivité et
l’usage de stimulants du système nerveux central, septembre 2001. Texte accessible : www.cmq.org. [Consulté le 16 mai 2007].
Enfants Québec (Ed). Le déficit de l’attention et l’hyperactivité en 32 questions, Collection Parent Guide, no 6, 2004.
InteliHealth (Ed). Diseases and Conditions - Attention-Deficit Hyperactivity Disorder (ADHD), Aetna Intelihealth. [Consulté le 13
février 2007]. www.intelihealth.com
Mayo Foundation for Medical Education and Research (Ed). Diseases & Conditions - Attention -deficit/hyperactivity disorder (ADHD),
MayoClinic.com. [Consulté le 13 février 2007]. www.mayoclinic.com
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Quality Standards. [Consulté le 14 février 2007]. www.naturalstandard.com
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Rojas NL, Chan E. Old and new controversies in the alternative treatment of attention-deficit hyperactivity disorder. Ment Retard
Dev Disabil Res Rev. 2005;11(2):116-30. Review.
Dr Raymond F. Qu’est-ce que le déficit de l’attention et l’hyperactivité? Collection Parent Guide, no 6, 2004, p. 6.
Sauriol D et Davy T. Concentrons-nous sur le TDAH, Action clinique (L’actualité médicale), 17 mars 2004.
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16
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enfants atteints de trouble de l’attention avec hyperactivité, Soins de nos enfants. [Consulté le 13 février 2007].
www.soinsdenosenfants.cps.ca
Société canadienne de pédiatrie. Comportement et développement - Le traitement médical du trouble de l’attention avec
hyperactivité, Soins de nos enfants. [Consulté le 13 février 2007]. www.soinsdenosenfants.cps.ca
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Dre Vincent A. Mon cerveau a ENCORE besoin de lunettes, Éditions Académie Impact, Canada, 2005.
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