Square Enix Square Enix

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Square Enix Square Enix
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reflexion
Le voyageur imprudent
Square Enix
Endoctrinement
Endoctrinement vidéoludique
vidéoludique ou
ou simple
simple fruit
fruit du
du hasard
hasard ??
Quel amateur de grands RPG ne s’est jamais laissé tenter par un aller retour dans le temps aux
côtés de Chrono, Lucca et de leurs compagnons anachroniques mais tellement... corrosifs. Qui ne
s’est pas longuement interrogé après avoir terminé l’histoire fort complexe de Xenogears... Outre
les réminiscences de cette merveilleuse époque, quelles marques ont laissé ces jeux dans l’esprit
des joueurs, hormis de grands doutes et de nombreuses questions qui, à priori, ne trouveront
jamais de réponses... De Final Fantasy 7 en passant par Chrono Cross, nous avons vu passer en
l’espace de cinq ans les scénarii les plus dépouillés mais aussi les plus bizarres à lire et à vivre...
Une bien belle époque révolue, suite à la parution de Chrono Cross en 1999. Depuis, un doute subsiste. De nombreux points communs entre ces titres nous torturent l’esprit. Des parallèles loin
d’être anodins. Car, comme dans toute histoire, ces jeux laissent derrière eux des messages. Notre
enquête – car il s’agit bien d’un puzzle – , nous projette douze ans auparavant, en 1995, durant
l’âge d’or du RPG. Montons à bord d’Epoch et voyageons à travers chaque année de cette période
dorée afin d’en déceler les secrets les plus troubles.
Tonio
LA MACHINE À
EXPLORER LE TEMPS
Le saviez-vous ? Dans le
remake du film à gros
budget La machine à
explorer le temps, réalisé
par Simon Wells en 2002,
un personnage inattendu
fait son apparition en fin
de film. Reprenant
partiellement le best
seller de René Barjavel, Le
voyageur imprudent, ce
personnage manipule
toutes les castes car il est
le corps pensant des êtres
évolués. Physiquement et
psychologiquement, on
sent que Magus de
Chrono Trigger a
fortement inspiré le
réalisateur, ce qui n’est
pas pour nous déplaire.
Voilà pour la parenthèse
culturelle.
1995, une année riche en changements et en
rebondissements. La menace irakienne venait de
se dissiper, la France assistait au retour politique
de la droite, les terres bordelaises offraient leurs
plus belles récoltes vinicoles, mais pas leur
meilleur homme politique (Alain Juppé passa
premier ministre). 1995, c’est aussi l’arrivée d’un
jeu qui bouleversa à jamais l’univers du RPG,
Chrono Trigger. Il donna naissance par la suite à
des jeux dont la richesse de l’environnement
n’avait d’égal que la qualité des musiques. Mais
où ont-ils puisé une telle imagination ? Par quel
procédé miraculeux ces titres se ressemblent t-ils
et dans quel but ? Avant de nous immiscer plus
profondément dans ce rapport, je tiens à vous
préciser que mes propos sont fondés à partir
d’une longue recherche. Aux lecteurs avertis,
sachez que cette analyse est fondée sur des jeux
terminés de nombreuses fois, aussi les spoilers
en tout genre seront nombreux. Vous êtes
prévenus, il est temps de passer à la seconde
vitesse.
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Suite aux dix années de succès qu’avait rencontré
Squaresoft – aujourd’hui Square Enix –, il était
temps pour cette marque d’offrir à ses fans un
cadeau d’anniversaire exceptionnel signé par la
meilleur équipe que l’on puisse constituer pour
l’élaboration d’un RPG. Ainsi, le grand Akira
Toriyama illustra les personnages de l’aventure –
dessinateur de Dragon Ball et chara design de
Dragon Quest –, Nobuo Uematsu – compositeur
exclusif des neuf premiers FF –, assisté par le
brillant Yasunori Mitsuda et enfin un duo
inimaginable pour l’époque, Hironobu Sakaguchi,
réalisateur des premiers FF, et son homologue Yuji
Horii, réalisateur de Dragon Quest. Nous
exclurons pour le moment les hommes de
l’ombre. Telle fut l’équipe en charge de Chrono
Trigger. Je vous passe les présentations pour
m’aventurer dans la ligne directrice du soft. Outre
un gameplay dynamique et une bande son
exceptionnelle, Chrono Trigger nous plongeait
dans une aventure déterminant l’avenir de
l’humanité. Après moult mésaventures, le groupe
de héros découvre qu’un extra-terrestre s’est
écrasé sur terre il y a 65 millions d’années. Ce qui
engendra l’éradication des dinosaures, donc la
survie des hommes à travers les millénaires. Bien
plus tard, la vérité sur leur existence leur est
révélée : l’humanité entière avait évolué comme
du bétail dans le seul but d’assouvir l’évolution de
cette créature. Pour résumer, Lavos – notre extraterrestre – est en quelque sorte dieu, attendant la
date prophétique de l’an 1999 pour se réveiller de
son long sommeil et engendrer son apocalypse
avec la terre comme unique témoin. Son but est
simple : coloniser une planète, en extraire tout
son ADN, puis envoyer sa progéniture parasiter
un nouvel astre. Toutefois, une mort inévitable et
son contrôle sur le temps – il est en quelque sorte
dieu – poussèrent Lavos à tenter la création d’un
paradoxe. Seulement, malgré tous les destins
envisagés par les nombreuses fins du jeu, un
paradoxe reste un paradoxe c'est-à-dire
impossible. Notre voyageur imprudent mourra
inévitablement de la main de ses tueurs. Les
tueurs de dieu, en quelque sorte.
Ainsi naquit Final Fantasy VII
Deux ans plus tard, sortait un jeu que les
connaisseurs assimilèrent davantage comme la
suite de Chrono Trigger que comme celle de Final
Fantasy VI, soit Final Fantasy VII. En effet, qu’il
s’agisse du chara design du héros en passant par
les musiques du jeu, FFVII suintait l’empreinte de
CT, privilégiant toutefois les personnages à
l’histoire. Les ressemblances visuelles et sonores
n’étaient là que des leurres. En plongeant dans le
scénario, l’on pouvait se rendre compte que les
grandes lignes scénaristiques avaient emprunté
la voie laissée par son prédécesseur deux ans
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LES DOCTRINES SCIENTOLOGUES ONT FILTRÉ LES MEILLEURS RPG ?
Le clonage humain, sujet à controverse dans de
nombreux milieux...
Deus, pardon Lavos, enfin le premier essai d’une narration scientologue.
Deus ou Xenu, comme vous voulez.
auparavant : la plaie des cieux comme les
anciens l’appelaient, arriva sur Terre et transmit
un virus aux habitants, contaminant une bonne
partie de la population. Jénova, de son vrai nom,
nous rappelle d’une certaine manière Lavos. Car,
comme il est dit par Sephiroth lors de
l’affrontement final d’Advent Children, la terre est
un vaisseau dans lequel Jénova – mère pour les
intimes –, compte s’emparer de l’univers, tel un
parasite se développant dans une nouvelle
victime... Les liens semblent lointains, et pourtant.
Un an après le succès monumental de FFVII, vint
le bêta, Xenogears.
You shall be as god
Second rejeton de la famille Chrono Trigger,
Xenogears nous permettait d’incarner un
personnage réincarné ayant comme simple
mission de tuer dieu. Facile, à la portée de tous,
on pouvait facilement se mettre à son niveau...
Trêve d’humour, le début du jeu nous raconte
comment un vaisseau spatial passant au dessus
de la terre il y a des milliers (millions ?) d’années
se crasha avec à bord une créature dangereuse
et farouchement intelligente. Elle survécut au
crash de l’Elridge et reprogramma grâce à
l’ordinateur de bord une nouvelle race humaine.
Cette dernière devait servir à la fin du jeu à
nourrir Deus – notre créature extra-terrestre –
afin qu’elle puisse évoluer et partir de sa prison
qui n’est autre que notre petite planète bleue (il
s’en passe des choses sur la planète). Ainsi,
comme démontré dans un ancien Gameplay RPG
– rubrique bad guy sur Lavos –, Chrono Trigger
est l’exosquelette scénaristique de Xenogears.
Ce qui en trois ans de temps nous fait trois jeux
similaires niveau scénario. Pour quelle raison
vouloir à tout prix démontrer que Dieu est un
extra-terrestre ? Squaresoft se faisait-il à
Prêt à remonter le temps ?!
LES HOMMES DE L’OMBRE
Masato Kato, vous connaissez ? Cet
illustre scénariste a à son actif le script
des plus grands jeux de Square Enix.
Quel amateur de RPG n’a pas été séduit
par des grands crus tels que Chrono
Trigger, Chrono Cross, Xenogears ou
encore Final Fantasy 7 ? En effet,
derrière des idées révolutionnaires se
cacheraient
explicitement
des
messages provenant de la scientologie,
à l'insu des joueurs. Masato Kato ne
serait pas le seul à avoir été pris de
passion pour ce genre d’idéologie.
Plusieurs grands noms reviennent en
écho comme celui de l’instigateur de
: L’équipe d’Evangelion compterait parmi ses scénaristes cerMonolith Soft, Tetsuya Takahashi,
taines têtes pensantes de nos RPG cultes.
Yasunori Mitsuda, ami de longue date de Kato.
d’ailleurs le père de Xenosaga et
Xenogears. Un certain Mitsuda, grand
compositeur, figure parmi les amis de longue date de Kato. Il l'a également épaulé dans de nombreux projets tels que kiRite, projet sous forme
d’opéra, la série des Chrono, Xenogears et Xenosaga. Il est à noter que le studio Gainax, responsable de Nadia, fit également l’animé Evangelion,
reconnu comme le grand frère de Xenogears.
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LE JAPON SOUS LE
JOUG DE LA
SCIENTOLOGIE
Le saviez-vous ? Plus de
160 000 sectes sévissent
au Japon. Cependant, très
peu d’entre elles touchent
au sujet des extraterrestres. A l'exception
d'une qui sort
admirablement bien son
épingle du jeu : la
scientologie. Cette
dernière a fait son arrivée
au Japon en 1998, le 31
décembre pour être
exact. Cet essor vient
donc des Etats-Unis, pays
intimement lié au Japon.
Parallèlement, une
enquête fut menée par la
France entre 1995 et 1999
face aux sectes
japonaises prenant de
l’ampleur. De nombreuses
pièces disparurent comme
par enchantement,
annulant ainsi de
nombreux procès. Ces
dates nous poussent à
penser que les jeux venus
du Japon furent examinés
dans le détail, d’où la
probable interdiction pour
des jeux comme Chrono
trigger ou Xenogears de
passer nos frontières. La
scientologie fut sans
doute charmée par des
jeux importés aux States
tels que Xenogears.
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reflexion
l’époque financer par la secte de Raël ? Blague à
part, il est néanmoins troublant que les
concepteurs de ces titres se soient pris d’une
passion soudaine pour cette théorie, intéressante
soit, mais peu orthodoxe. Une question m’a alors
effleuré l’esprit : et si ces jeux avaient été écrits
par la même personne ? Après une enquête de
deux semaines – bon en fait trois minutes, merci
Wikipédia –, j’ai finalement mis la main sur le
scénariste de Chrono Trigger, un certain Masato
Kato. Plus troublant encore, en tapant Masato
Kato, je suis tombé sur une liste de jeux et même
de mangas dont il a écrit les grandes lignes.
FINAL FANTASY
VII OU XENOGEARS ?
Le saviez-vous ?
Initialement, le scénario
de Final fantasy VII devait
se rapprocher de
Xenogears. Les premières
lignes scénaristiques
offertes par le
concepteur nous narrait
un épisode de sciencefiction dont le décor
devait se passer sur
plusieurs planètes. Se
pourrait-il qu’à l’origine,
Xenogears devait être
Final Fantasy VII ? C’est
fort probable, car en bon
clin d’œil, Xenogears nous
propose de rencontrer
Edgar et son frère Sabin
de FF 6, tous deux rois.
Sans oublier le passage de
Lucca, la scientifique de
Chrono Trigger...
Elémentaire, mon cher Watson
L’apocalypse est inévitable à en écouter certains.
On commence dans l’ordre ? Premier scénario
rédigé par le monsieur qui a son importance pour
notre enquête, Nadia et le secret de l’eau trouble,
sorti en 1992. Vous savez, cet animé des studios
Gainax avec comme héroïne une jeune
demoiselle accompagnée d’un lionceau, d’un
jeune scientifique et du capitaine Némo (rien que
ça). Trop rarement un animé japonais pouvait se
targuer d’être aussi passionnant malgré
l’absence de manichéisme, de lutte entre bien et
mal. Car en effet, il est question dans Fushigi no
Umi no Nadia (en japonais dans le texte), d’un
règlement de comptes entre des individus n’ayant
pas les mêmes idéologies. Les thèmes abordés
gravitaient, entre autres, autour du thème de la
science. Ce scénario reflète-t-il la déception d’un
incompris ? Masato Kato se bat-il pour un idéal ?
Autant de questions qui trouveront des réponses
après un examen complet de certaines de ses
œuvres. En réexaminant ses œuvres de plus près,
" Where am i ? " en scientologie, pardi !
L’Elridge de Xenogears, encore une idée des scientologues.
FF VII, FAUSSE SUITE DE CHRONO TRIGGER ?
A sa sortie, Final fantasy VII a agréablement surpris les fans de la première heure. Très loin de Final Fantasy VI, cet opus se
voulait bien plus proche de Chrono Trigger, et ce pour plusieurs raisons que je m’empresse de vous citer : tout d’abord, la
dynamique scénaristique. FF VII, par son changement de
décor lors du passage à la world map et par Midgar, nous
rappelait avec nostalgie la dynamique et le renouvellement
de CT. Le passage en moto à la fin de Midgar fut tout
bonnement repris de l’an 2300 de CT, allant jusqu’à copier la
musique. Les thèmes des boss se ressemblent
étrangement, tout comme la coupe de cheveux du héros,
façon " Toriyama ". On retrouve un Magus pas forcément
ami avec sa mère, invoquant la météorite non pour la
détruire
mais
pour
fusionner
avec
(parallèle
Magus/Sephiroth). Tous deux ont d’ailleurs l’esprit du bad
guy en eux et la même coupe de cheveux. Dans ces deux
jeux, sortis à deux ans d’intervalle, il est question d’une
météorite tombant sur la terre. FF VII ne traitant pas de
voyages temporels, il était naturel de la balancer en cours
de partie. Jénova est une entité extra-terrestre, à l’instar
de Lavos. Pourquoi autant de coïncidences ? Tout
simplement parce qu’il s’agit du même auteur. Si vous aussi
vous trouvez d’autres points communs, écrivez-nous !
Jénova ressemble étrangement...
... à Lavos !
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XENOGEARS ET XENOSAGA : LA BIBLE DES SCIENTOLOGUES ?
DANS CHRONO TRIGGER, L’HUMANITÉ
ENTIÈRE ÉVOLUE COMME DU BÉTAIL,
DANS LE SEUL BUT D’ASSOUVIR L’ÉVOLUTION D’UNE CRÉATURE, LAVOS.
L’imposant Magus revu et corrigé dans CT résurrection. Un personnage qui en inspirera plus d’un !
on trouve dans l’ordre : Nadia, Chrono Trigger,
Final Fantasy VII, Xenogears et enfin Chrono
Cross. Pour toutes les créations citées, il occupait
le poste de script writer.
Le chaînon manquant
Faisons une parenthèse sur Chrono Cross. Lors de
la visite d’un certain niveau, vous tomberez nez à
nez avec un mur (pas très logique tout ça) sur
lequel apparaissent d’anciens dessins narrant
l’arrivée d’un dieu sur terre, éradiquant les
dinosaures et voué à diriger ce monde. Il s’agit
bien évidemment de Lavos. Ce détail anodin nous
incite à penser que le sieur Kato n’est sûrement
pas très catho. En effet, depuis son arrivée chez
Square Enix, il s’arrange toujours pour nous
pondre des scénarii dont lui seul semble
connaître la recette et même la finalité. Car, en y
regardant de plus près, la finalité se nomme
Xenogears. Son travail le plus parfait, le plus
proche de ses idées, à tel point qu’ils les
développa dans le script de ce dernier.
Seulement, avec aussi peu d’informations,
comment trouver la source de son inspiration ?
Mes expériences culturelles ne m’avaient jamais
mis face à ce type de scénario ailleurs que dans
un RPG. Mon enquête capotait...
Aidé par la providence
Récapitulons : quatre jeux sortis successivement
chez le même éditeur, tous géniaux, se
ressemblant étrangement, ayant le même script
writer et quelquefois le même event planner. Tous
ont un point commun, il y a peu de manichéisme
(surtout sur Xenogears, son œuvre ultime) ou tout
du moins il est distillé et confus. Précisément
douze ans après la sortie de CT, me revoilà parti
combattre Lavos à travers le temps du haut de
mes 25 ans. Fan que je suis, je m’empressais de
raconter à un ami les exploits de ce jeu, tel un
vendeur agissant sur les faiblesses d’un client
convaincu. Et là, une grande lumière vint illuminer
mon ami, pourtant un être doué de peu
d’intelligence (et hop, dédicace à toi Jo pour ta
lucidité). Il me dit d’un air convaincu qu’il avait vu
une émission sur la scientologie et que l’histoire
de Lavos, un extra-terrestre qui colonise la terre et
se sert des humains, ressemble trait pour trait à
la création selon les scientologues. Et pourtant,
croyez-moi, Jo n’est pas très cultivé (ça mange
pas de pain). Perplexe, je fais des recherches sur
la scientologie. J’apprends alors des faits qui ne
m’ont absolument pas fait sourire en tant
qu’aficionado invétéré du RPG.
Xenugears
Xenu,
(prononcez
zee-new),
selon
les
S’agit-il de Lavos ou Deus ?
scientologues (vous savez, cette secte américaine
dont les acteurs John Travolta et Tom Cruise font
partie), serait une puissante créature enfermée
sur terre il y a de cela soixante quinze millions
d’années. Attention spoilers, les représentants de
la scientologie pourraient porter plainte contre
moi en vous divulguant les informations que je
m’empresse de vous décrire. Seulement voilà, en
France cette secte est fermement punie. C’est
d’ailleurs pour cette raison que Xenogears n’est
pas sorti en France mais uniquement aux States
et au Japon (secte reconnue comme religion dans
ces pays). Avant que vous ne lisiez ce qui suit, je
vous préviens tout de suite. Son auteur, Ron
Hubbard, a indiqué que vous serez frappé par la
mort – une pneumonie – si vous lisez ce qui suit,
sa révélation ultime que Xenu (son dieu) lui aurait
conféré quand il a plongé dans un volcan (en fait
il était à l’hôpital pour un gros rhume). – Note
rédactionnelle : j’en ai la larme à l’œil – Il a baptisé
son texte sacré OT III, le mur de feu. Pour faire bref
(surtout par manque de place), ce zigoto a écrit
l’histoire de Xenosaga avant sa sortie ! Il y a 4 000
000 000 000 000 d’années (j’en perds mon latin),
l’univers, scindé en 76 planètes, avait à sa tête un
tyran du nom de Xenu. Les occupants des
planètes se nommaient les thétans (ne pas
confondre avec méthane), des êtres éthérés et
impalpables. Seulement voilà, un problème de
surpopulation se posa (la transparence prend
beaucoup de place). Pour remédier à cela, il leva
une armée qui envoya dans des vaisseaux
semblables à un certain USS Elridge construit par
les Américains au XXe siècle (tiens donc, le nom
même du vaisseau transportant les réfugiés et
Deus dans Xenogears). En les mélangeant à de
l’alcool et du glycol – produit pour voitures –, il les
empila et les déporta sur la planète terre (encore
elle !) autour de 17 volcans avec 17 bombes
atomiques pour les faire disparaître (c’est vrai, un
fantôme on s’en débarrasse pas avec un flingue).
Et vous savez quoi, notre audacieux auteur a eu le
courage de tous les nommer, ces volcans, et pour
cause, aucun d’entre eux n’existaient il y a 4 000
000 000 000 000 d’années (pour le plaisir). Suite
à cela et après de nombreuses transformations,
ils devinrent les clusters (Xenosaga encore et
toujours). Seulement voilà, d’autres thétans
clusters survivants se vengèrent et enterrèrent
Xenu dans la planète bleue, lieu où l’esprit des
thétans se réincarne en être de chair. Hors, Xenu
a modifié leur destinée, ces derniers devant servir
sa cause et l'aider à s’échapper un jour de sa
prison terrestre.
Voilà, je viens de vous résumer en un paragraphe
le scénario de Chrono Trigger, avec un soupçon
de FF7, Xenogears et Xenosaga. Certains en ont
fait une montagne de ces niaiseries. Et moi le
premier. Car, il est une question que l’on est en
droit de se poser. Square Enix (Squaresoft) et
71
Namco nous prendraient-ils pour des billes ?
Dans Xenogears et dans Xenosaga, le sujet traité
est indiscutablement le même que dans la
scientologie. Au fait, j’allais oublier. Comme dans
Xenogears et selon les scientologues, nous nous
réincarnons (voir encadré). La parenthèse est
close, place aux interrogations. Puisqu’il s’agit
d’une histoire puisée essentiellement d’une secte,
est-ce un endoctrinement sectaire qui a été
promu dans un jeu vidéo ? Pire encore, s’il s’agit
bel et bien d’endoctrinement, les premiers ciblés
sont donc les clients, des jeunes ! L’influence de
cette secte a-t-elle eu des effets sur chacun des
fans de Xenogears ? Comment en être sûr. Nous
avions connus les gentils ouvriers et les méchants
patrons dans les Pif et Hercule magazines
financés par des communistes – merci Brice –,
mais l’heure est plus grave, puisque Xenogears
reprend trait pour trait la bible des scientologues.
Autant de questions que nous sommes en droit
de nous poser et qui personnellement remettent
en cause mon intérêt pour certains de mes jeux
cultes. Une belle désillusion que voici. Pour finir,
1995, c’est aussi l’année d’une longue enquête
française sur les sectes internationales.
LES PETITS
HOMMES VERTS
Nos petits hommes verts
que sont les extraterrestres prennent des
formes bien variées
depuis Mars Attacks !
Square Enix semble
d’ailleurs affirmer qu’ils
sont d’origine divine. En
première place, nous
trouvons Lavos, un
hérisson géant aux
antipodes d’un certain
hérisson bleu qu’il est
inutile de présenter. Dieu
de son état mais avant
tout mutante, une femme
se nommant Jénova
tombe du ciel 2000 ans
avant l’épopée de Cloud.
Puis vint Deus, dieu en
latin, qui cette fois-ci
ressemble à une grosse
larve que Fei de
Xenogears aura la difficile
tâche de supprimer, tel un
bon scientologue. Il sera
d’ailleurs guidé par un
scientifique '"archange"
nommé Citan. Lucca, la
scientifique de Chrono
Trigger, viendra faire un
petit clin d’œil à nos
héros... Peut-être ont-ils
raison, seul Roswell le sait.
Un grand merci à Jo sans qui ce dossier et cette
vérité n’aurait jamais pu éclore et one up pour
Régis.
La théorie scientologue illustrée en Xenogears.
Le tueur de dieu face à son destin.